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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 19:18

Le nom de Moïse est déjà tronqué. Il signifie "né de" ou "issu de". Il manque donc le nom de son géniteur. Et cela ne doit pas être un hasard. Il y a eu une volonté manifeste de dissimuler la véritable origine du personnage dont l'histoire a été inventée et copiée sur celle de Sargon. Nous poserons sous peu un autre livre qui s'attachera à démontrer le véritable sens des meurtres de masse qui eurent lieu dans le désert. Moïse n'est donc pas sortie les mains vides d'Egypte comme nous le disions ICI... il est même parti comme "un voleur" en emportant après avoir tué l'Egyptien -Sekenenrê ?- les deux piliers et la cérémonie de résurrection conjointe de Sekenenré et il en aurait fait le secret de la maison royale d’Israël. Il est question ici aussi du véritable symbolisme de l'Etoile dite de David, deux pyramides représentant l'une le messie sacerdotal, l'autre le messie royal En tant que tel, c’est le véritable signe de Jésus. Le signe des Israélites étant la croix de leur Dieu ou Tau. Beaucoup de choses intéressantes dans cette avant-dernière partie...

NOTES SUR LE LIVRE : « LA CLE D’HIRAM »

aux éditions Dervy

de Chistopher Knight et Robert Lomas

2ème partie

1ère partie

 

 

LA BIBLE

Le livre de la Genèse fut transcrit pour la première fois il y a environ 2700 ans, bien avant l‘époque du roi Salomon, les étymologistes ont démontré que l’histoire du jardin d’Eden est celle de Sumer.

En outre, des ville comme Ur, Larsa et Haram, mentionnées dans la genèse, se trouvaient réellement à Sumer. La preuve d’une inondation majeure, vieille de 6000 ans environ, a été trouvée autour d’Ur.

MOÏSE

Le nom Moïse (Moses ou Moshé sous forme hébraïque et Musa sous forme arabe) devrait signifier selon la Bible catholique romaine de Douai « sauvé des eaux », alors que ce terme signifie simplement en égyptien « né de ». Normalement, il réclamait un autre nom en préfixe comme dans Thoutmosis (ou Thoutmose) « né de Thot », Ramsès « né de Râ » ou Amenmosis « né d’Amen ». Pour information, MacDonald signifie « fils de Donald ». Il est possible que le nom complet de Moïse est été « né du Nil » auquel cas il se serait agi d’Hapymosis.

D’après le livre de l’Exode 1,22, le pharaon donna l’ordre de jeter dans le Nil tous les nouveaux nés israélites mâles. Il est pratiquement impossible d'imaginer qu’il s’agisse là d’un événement historique car un décret aussi barbare aurait été totalement en contradiction avec le concept de Ma’at si cher aux égyptiens. L’histoire de la naissance de Moïse a certainement été inventée à partir de celle de Sargon (3ème millénaire avant J.C.) prince sémite fondateur de la dynastie d’Akkad. Elle aurait été créée au VI ième siècle avant notre ère pour adapter à la naissance de la nation juive le vieux thème d’une création émergeant des eaux. Ce fut aussi une excellente manière d’expliquer rationnellement comment un général de l’armée égyptienne membre de la famille royale d’Egypte devient le père fondateur du peuple juif.

La lecture attentive et objective de l’histoire de l’exode est un déconcertant catalogue de pratiques de démonologie primitive, de trahisons, de meurtres de masse, de viols, de vandalisme et de vols en tous genres. L’histoire de Moïse commence par un meurtre. Un jour, il aperçoit un égyptien en train de frapper un Habiru. Après avoir regardé autour de lui, et s’être assuré que personne ne l’observait, il tua l’égyptien : c’était le premier de dizaines de milliers de meurtres dont cet ex soldat allait se rendre responsable. Devenu un homme recherché, il s’enfuit vers l’Est et le Sinaï, là il fut accueilli par les Madiânites (ou Quénites) et épousa la fille du roi Cipporha.

Moïse aurait emporté en Israël les deux piliers et la cérémonie de résurrection conjointe de Sekenenré taa et il en aurait fait le secret de la maison royale d’Israël.

L’assomption de Moïse est un texte Qumrânien qui donne instruction à la communauté de dissimuler ses manuscrits les plus précieux dans ce lieu précis.

YAHVE

Yahvé n’était pas un doux bienfaiteur, c’est un dieu de la tempête, un dieu de guerre des tribus Madiânites dont le symbole était un motif en forme de crucifix qu’ils arboraient sur leur front. Plus tard, on appela ce signe la marque de Yahvé. Si l’on prend littéralement les paroles de l'ancien testament, les Juifs et leur Dieu étaient des êtres tout à fait iniques, malfaisants. Aucune justification surnaturelle ne peut excuser le massacre d’autant d'habitants originels de Canaan qu’évoque l’ancien testament.

Craignant pour sa liberté, le dieu madiânite refusa de répondre à Moïse sur la question de son nom. En effet, pour un égyptien, connaître le nom d’une divinité c’est obtenir un pouvoir sur elle car les dieux ne sont pas toujours supérieurs aux humains. Le livre de l’exode nous dit que la réponse du dieu à la question portant sur son nom fut « ehyeh asher ehyeh », cette réponse est généralement traduite par « je suis celui que je suis » et pas « je suis celui qui est ». On comprend que cette réponse n’en est pas une. Les noms de Yahvé (Yahweh) ou Jehovah sont tous deux des descriptions hébraïques de dieu (Yhwh, la langue hébraïque n’ayant pas de voyelle). D’après la bible, Moïse retourna finalement en Egypte pour libérer de l’esclavage les communautés d’asiatiques que les égyptiens désignaient collectivement sous le nom d’Habiru. Il aurait soit disant utilisé les pouvoirs de son nouveau Djinn/Dieu de la tempête pour amener misère et mort sur les infortunés égyptiens.

NAASENES

De « Naas » qui signifie serpent en hébreu, ils formaient un courant gnostique âprement combattu par les pères de l’Eglise. Irénée et Epiphane en parlent : « Dieu accoucha du penser puis s’unit au penser et accoucha de la première femme, à savoir l’Esprit Sain. Mais de la femme s’écoula une rosée appelée Sophie qui se précipita dans les eaux et pris corps, Sophie eu un fils qui en engendra 6 autres, l’un d’eux Ialdabaoth était mauvais et c’est lui qui créa la Terre, c’est lui notre Dieu biblique et le serpent s’étant révolté contre lui, les naassènes lui reconnaissaient une valeur positive. Les hommes de cette secte prétendaient que leur croyance remontait à Jacques, le frère de Jésus, par Mariamne.

Le terme naassenien est une autre forme de nazôréen, le nom adopté par le fidèles originels de Jésus qui constituaient l’église de Jérusalem, il est d'ailleurs étonnant qu’on ait traduit Jésus de Nazareth à une époque où la ville de Nazareth n’existait pas encore. Le véritable qualificatif était bienévidemment Jésus le nazôréen.

 

LE TEMPLE DU ROI SALOMON

 

Les Juifs n’ayant pas de tradition architecturale, le temple de Jérusalem fut construit par des artisans empruntés à Hiram, le roi Phénicien de Tyr. Le temple ne fut pas construit pour être visité par des hommes : il était littéralement la maison de Dieu. Il fut construit en pierres mais l'intérieur était complètement recouvert de cèdre apporté de Tyr.

La caractéristique particulière du temple était la quantité d’or qui recouvrait le sol, les murs et le plafond au milieu de gravures de chérubins et de fleurs épanouies. L’intérieur faisait 60 coudées de long et 20 de large. Une paroi, formée par un double porte rideau, divisait l’intérieur en 2/3 1/3, le dernier 1/3 formait un cube de 30 pieds. C’était l’Oracle de l’ancien testament également appelé Saint des saints et connu dans le rituel maçonnique comme « le sanctum sanctorum ». Il était totalement vide à l’exception d’un coffre rectangulaire de bois de Sethim (acacia) de 4 pieds de long sur 2 pieds de large et 2 de haut, placé exactement au centre, c’était l’arche d’alliance qui ne renfermait que 3 choses : 2 tablettes de pierre portant les 10 commandements et le dieu Yahvé lui même. A son sommet, se trouvait une épaisse couche d’or et 2 chérubins de bois de style égyptien recouverts d’or avec les ailes déployées qui gardaient leur précieux contenu.

L’histoire nous a appris qu’il avait existé 3 temples de pierre sur le site dont le premier est le temple originel construit par Salomon, un petit édifice de type Sumérien.

Salomon, vers la fin de son règne, se détourna complètement de Yahvé pour ne plus vénérer que d’autres dieux. Plus tard cette péripétie fut rationalisée après coup par les rédacteurs de la Bible : ils expliquèrent que ce comportement coupable de Salomon ne fut pas puni par Yahvé eut égard pour son père David.

JESUS CRIST

Pour comprendre la naissance du Christ, voici quelques anciennes figures considérées comme des dieux :

- Gautama Bouddha : né d’une vierge maya 600 ans avant J.C.

- Dionysos : dieu grec né d’une vierge dans une étable qui transforma l’eau en vin, antérieur à J.C.

- Quirinus : un sauveur romain primitif né d’une vierge

- Attis : né d’une vierge Nama en Phrygie en 200 avant J.C.

- Indra : né d’une vierge au Tibet vers 700 avant J.C.

- Adonis : dieu Babylonien né d’une vierge Ishtar

- Krishna : divinité indoue née d’une vierge Devaki vers 200 avant J.C.

- Zoroastre : né d’une vierge vers 1500-1200 avant J.C., forme grecque de Zarathoustra.

- Mithra : né d’une vierge dans une étable le 25 décembre vers 600 avant notre ère, sa résurrection était célébrée à Pâques. Son culte est particulièrement embarrassant pour les chrétiens qui ne souscrivent pas à la théorie du voyage de Satan dans le temps. Le Mithraïsme est une ramification Syrienne d’un culte perse plus ancien, celui de Zoroastre, celui-ci fut introduit dans le monde romain vers 67 avant J.C. sa doctrine incluait le baptême, un repas sacramentel, une croyance en l’immortalité, un Dieu sauveur qui mourrait et ressuscitait pour servir de médiateur entre l'homme et Dieu, un jugement dernier et enfin un Paradis et un Enfer.

Le titre « Christ » est une traduction grecque du titre juif de messie (messiah) auquel on donnait le sens de sauveur en dépit du fait que le terme hébreu araméen signifiait simplement « celui qui deviendra le roi légitime des juifs ». Le fait que le mot messie ne soit pas du tout utilisé dans le nouveau testament ne peut s’expliquer que d’une seule manière : les traducteurs ont utilisé le mot grec Christ (christos) partout où le mot hébreu messie apparaissait dans les textes antérieurs. Il faut insister sur le fait que les Juifs n’attendaient pas un Dieu ou un sauveur du monde, mais un chef politique avec des références remontant à leur premier roi, David.

Dans la langue de l’époque, Barabbas ( bar = fil de, abba = père ou Dieu ) est un titre signifiant fils de Dieu. L’évangile de Mathieu au verset 27,16 utilise cette désignation sous sa forme complète : Jésus Barabbas. Les évangiles établissent que Jésus Barabbas était accusé d’être un rebelle Juif qui avait tué des gens au cours d’une insurrection. Ce n’était donc pas un criminel de droit commun mais un fanatique Juif. Les Musulmans d'aujourd’hui tiennent Jésus en très haute estime ; ils le voient comme un prophète condamné à être crucifié mais dont la place fut prise par un autre. Qui a donc été crucifié ?

Le Jésus de Marie prétendait être Messie parce qu’il venait de la lignée royale de David et qu’il été supposé né dans la ville de David, Bethléem. Cependant, comme on peut le lire dans les premiers versets du nouveau testament, cette ascendance est fondée sur la généalogie de Joseph, qui n'était pas le père de Jésus. S’il était le fils de Dieu, il ne pouvait être le Messie royal, mais il pouvait être le messie sacerdotal, sa mère étant connue comme parente de Jean le Baptiste qui était lévite. Il serait clair que ce ne fut pas lui qui mourut sur la croix. Le jeune frère de Jésus, Jacob (Ya’acov ou Jacques dans la version grecque) survécut à Jésus d’environ 30 ans et fut responsable de la préservation de ses enseignements authentiques.

Du fait de sa grande intelligence, Jésus savait depuis le commencement que le temps ne jouait pas en sa faveur. Il avait besoin d’accélérer la « fin des temps » et de se protéger de puissants ennemis qui avaient déjà abattu un pilier (Jean la Baptiste, son cousin). Il commença donc par désigner quelques gardes du corps attachés à sa personne en appliquant une stratégie de déplacement permanente. Ses 5 principaux gardiens étaient Jacques et Jean qu'il appelait les fils du tonnerre, Simon le Zélote et Simon le terroriste et enfin Judas le long couteau (Sicarius). Ce n’étaient pas des hommes de paix. Dans l’évangile de Luc 22,35-38, on nous dit que Jésus demande à ses apôtres de vendre leurs vêtements pour acheter des armes et ils répondent qu’ils possèdent déjà deux glaives.

Changer l’eau en vin est une expression commune. Dans le contexte de la Bible, cela devait signifier simplement que Jésus utilisa le baptême pour transformer des individus ordinaires en personnes prêtes à pénétrer dans le royaume des cieux en vue de la fin des temps. Dans la terminologie Qumrânienne, les profanes étaient l’eau alors que les initiés et les purifiés étaient le vin.

Lazare flancha lorsque les évènements commencèrent à se durcir vers la fin de la vie de Jésus. Il expliqua à ses sœurs Marie et Marthe qu’il avait peur et qu’il allait quitter le cercle interne. Quatre jours plus tard, Jésus arriva sur les lieux, il alla trouver Lazare et le persuada d’être courageux et de revenir parmi les « vivants ». Il a été démontré que ce type d’expression, « les vivants » et « les morts », était le terminologie utilisée à l’époque de Jésus pour définir ceux qui faisaient partie du cercle de la communauté et les autres. L’aspect sectaire de cette communauté est renforcé dans Luc 14,26 où Jésus demande explicitement à ses fidèles de haïr leur famille : « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple ».

Jésus était connu sous le nom de Yehoshua Ben Joseph, c’est à dire Sauveur fils de Joseph. Il faut se rappeler que le nom de Jésus que nous prêtons au messie royal n’était pas son véritable nom. Le nom hébreu de Jacques était certainement J’acov mais il pouvait également être appelé sauveur, autrement dit Jésus. Ainsi, Jacques, le frère de Jésus était certainement Barabbas, fils de Dieu par opposition à Jésus roi des juifs, Yehoshua. Ce dernier fut donc déclaré coupable, fouetté, couronné d’épines et crucifié sur une croix en forme de T avec les mots « Rois des juifs » placé au dessus de sa tête. Il mourut inhabituellement vite pour une mise en croix. Mais s’il était bossu comme le signalait l’avis de recherche, cette rapidité peut s'expliquer. En effet, le processus de crucifixion rend la respiration difficile ; il est nécessaire de soulever sa poitrine continuellement pour expulser l'air des poumons. Avec un dos voûté ou bossu, ce mouvement devenait particulièrement ardu et la suffocation devait intervenir rapidement.

Sur deux Jésus, un seul est mort – Jacques est le survivant, le fils de Dieu et de Marie. Dans le sourate 4 : 156, le coran dit : « ils disent nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’apôtre de Dieu. Non ils ne l’ont pas tué, ils ne l’ont point crucifié ; un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué et ceux qui se disputaient à son sujet ont été eux mêmes dans le doute. »

LES SYMBOLES

etoile.jpg

La pyramide pointée vers le haut est un ancien symbole du pouvoir royal. Celle pointée vers le bas, incarne le pouvoir du prêtre. L’étoile dite de David incarne ces deux pyramides, forme complexe où l’on retrouve la marque du double messie : le messie sacerdotal ou tsedeq et le messie royal ou mishpat. En tant que tel, c’est le véritable signe de Jésus. Si on l’appelle l’étoile de David, ce n’est pas parce que David l’inventa, mais parce que Jésus l’utilisa et qu’il se positionna comme « l’étoile de David » prophétisée. Il est curieux de retrouver cette étoile sur des édifices construits par les chevaliers templiers. Si l’étoile de David est le symbole de la messianité unifiée de Jésus, elle devrait être la marque du christianisme, mais alors quel devrait être le symbole du judaïsme ? réponse : la croix ou plutôt le tau, qui est la marque de Yahvé et que les quénites portaient sur leur front avant que Moïse ne les rencontra dans le désert du Sinaï. La croix de type crucifix, utilisée par l’Eglise chrétienne est un ancien hiéroglyphe égyptien qui signifie « sauveur ». La forme du crucifix n’est pas un symbole de Jésus mais son nom lui même.

Le symbole du poisson, quant à lui, représente les pêcheurs et servait à désigner les premiers chrétiens.

poisson.jpg

Jacques le juste, qui devint le premier évêque (mebakker, en hébreu), se mit à porter une mitre comme insigne de sa charge : elle est venue d'Egypte avec Moïse. La mitre est le hiéroglyphe représentant « amen ». Est-il donc possible qu’à l’origine, il se soit agi de faire venir la bénédiction du dieu Amen sur la requête pour que celle-ci se réalise ?

LE CODE ET LES ECRITURES

Le terme « Midrash » correspond pratiquement au mot Exégèse et il peut être définit comme « l’étude et l’interprétation des écritures hébraïques dans le but de découvrir les vérités et instructions théologiques à suivre ». C’est un concept intimement lié à une technique de compréhension des événements appelée « pesher ». Celle-ci peut se traduire comme l’interprétation ou l’explication d’un verset des écritures dans lequel une formulation donnée serait censée avoir une signification concernant un événement présent ou futur. Les hébreux croyaient que les événements ne devaient rien au hasard, mais qu’ils se conformaient à des schémas types structurés pouvant être déchiffrés grâce à l’étude des écritures. Le terme parabole, quand à lui, peut se définir comme une explication imagée pouvant contenir soit une allégorie, soit une métaphore, tous les deux permettant de transmettre un enseignement plus profond dissimulé sous le récit apparent.

Dans de nombreux manuscrits, le docteur Hung Schonfield découvrit un code hébreu qu’il appela le code « atbash », utilisé pour crypter les noms d'individus. De manière stupéfiante, il s’aperçut que des mots clés utilisés tant par les templiers que par la franc-maçonnerie étaient eux-mêmes des codes atbash  qui une fois déchiffrés révélaient un sens caché. Par exemple, « Baphomet », après avoir appliqué le code atbash, laisse apparaître le terme Sophia, le mot grec pour sagesse.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 18:10

Une synthèse du livre La clé d'Hiram pour ceux qui ne l'auraient pas lu. En plusieurs parties car elle est longue.  Il y a des éléments interessants pour les chercheurs,  d'autres avec lesquels nous ne sommes pas d'accord. Il est vrai que chaque nom de l'Ancien Testament n'est souvent pas lié à une personne mais allégorique avec la véritable signification sous le voile. Interessant et qui va dans notre sens de l'origine des Israélites, Abraham serait un Hyksos. Il faut trier entre ce que disent ou ont pu dire les rabbins et les premiers religieux catholiques. Abraham dont on sait par ce qu'en conserve la tradition qu'il était une sorte d'astrologue, devin, versé dans la cosmogonie. A rapprocher donc du "personnage" allégorique de Joseph qui fut lui même dans la divination. Et aussi Hyksos, c'est une certitude. Ou tout du moins ministre d'un des rois usurpateurs qui réduisit les ancêtres en esclavage. Ce point est important. Car les auteurs de la Clef d'Hiram accrédite la thèse que les pyramides n'ont pas été construites par des esclaves hébreux car il n'existait pas d'hébreu à cet époque.  Effectivement le mot "hébreu" n'a fait son apparition qu'après l'épisode "Exode" avec la langue appelée de même. Mais il y avait quand même une lignée sémite possédant une tradition des ancêtres et effectivement, ils n'ont pas pu être esclaves des Egyptiens mais ils le furent des Hyksos. Nicolas P. Wiseman explique bien ce fait dans un vieux livre que nous poserons bientôt... il dit...

 "Ainsi, par exemple, Abraham arriva en Egypte vers 1900, c'est-à-dire sous les rois pasteurs. Des rois de race égyptienne n'auraient point permis à un étranger d'entrer dans leur pays; c'est également sous un roi pasteur que Joseph est ministre en Egypte et y établit ses frères, ce qui n'eût pu avoir lieu sous des rois de race égyptienne."

et pourquoi cela n'aurait pas pu avoir lieu sous des rois Egyptiens... vous allez voir que ça coule de source quand on connait l'aversion des Egyptiens pour tout ce qui était pasteur...  

" Remontant à une époque plus ancienne, nous trouvons une coïncidence extraordinaire entre les faits rapportés dans l'histoire de Joseph et l'état de l'Egypte à l'époque où lui et sa famille y entrèrent. Il est rapporté, dans les livres de la Genèse, que Joseph, présentant son père et ses frères à Pharaon, eut soin de lui dire qu'ils étaient des bergers et que leur profession consistait à nourrir des bestiaux, ajoutant qu'ils avaient amené avec eux leurs brebis et leurs bœufs ( Genèse XLVI, 33, 34). Mais, dans les instructions qu'il donne à ses parents, il semble exister avec ceci une contradiction extraordinaire : « Quand Pharaon viendra vous visiter, et dira : Quelle est votre occupation? vous répondrez : L'industrie de tes serviteurs a été pour nous et nos pères, depuis notre enfance jusqu'à présent, de nourrir des bestiaux. Vous direz cela, afin que vous demeuriez dans la terre de Gessen ; car les Egyptiens ont en abomination tous les pasteurs de brebis (Genèse XLVI, 34; XLVII, 6, 2). On se demande pourquoi Joseph attache tant d'importance à ce que ses parents disent à Pharaon que tous les membres de leur famille sont des pasteurs de brebis, puisque tous les pasteurs de brebis étaient en abomination chez les Egyptiens. Une circonstance explique cette apparente contradiction : c'est que, lorsque Joseph était en Egypte, la plus grande partie de ce royaume se trouvait sous la domination des Hyksos, ou rois pasteurs, race étrangère, probablement d'origine Scythe, qui s'était emparée du pays."

D'autre part, le dieu des Hyksos était Seth. A rapprocher du troisième "enfant" allégorique du coupe édenique... frère ennemi d'Osiris. Seth à rapprocher d'Apophis... le dieu serpent mauvais. Or Apophis fut aussi le nom d'un roi usurpateur Hyksos.. qui tua le pharaon Egyptien nommé Sekenenrê parce qu’il n’avait pas voulu révéler les secrets du sacre royal aux Hyksos. Sekenenrê dont le nom pour les Initiés est Hiram Abif appelé aussi Le Roi Perdu. Cet épisode étant associés habituellement à l'épisode de la Genèse où les frères de Joseph tuent un homme parce qu'il ne veut pas révéler un secret. Et plus particulièrement Siméon et Lévi. (Genèse 49/6) Lévi étant un autre indice important. Mais qui dit que Sekenenrê n'a pas révélé le secret ? D'autant que cette allégorie pourrait en cacher une autre ou même plusieurs ? Le susdit Moïse n'a-t-il pas tué un Egyptien ? Et après avoir été en possession du secret, n'aurait-il pas pu fuir ? Et faire après ce que nous savons, dans le désert, avec ses semblables pour assujettir les ancêtres à leur dogme ? N'oublions pas son serpent d'airain... n'oublions pas les mesures de l'Arche... n'oublions pas toute la Connaissance de Moïse. Mais ne se pourrait-il pas aussi que "Moïse" ait été assassiné par un Lévi -lévite- et un comparse ? Quand on voit la tournure que prend le Lévitique justement en faveur des Lévites et comme par miracle alors qu'à la base, Moïse leur avait interdit de posséder de la terre ? La vérité est là, quelque part.

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Quand les auteurs de ce livre, eux-mêmes francs-maçons, décidèrent d'étudier les origines de la Franc-Maçonnerie, ils ne se doutaient pas des extraordinaires révélations qu'ils allaient mettre à jour et des remous qu'ils causeraient. Ils ont ainsi redécouvert la tradition écossaise, héritée des Templiers, beaucoup plus ancienne que l'histoire officielle sur laquelle a préféré se baser la Grande Loge d'Angleterre. De nos jours encore, ces révélations sur les origines égyptienne et chrétienne des rituels Maçonniques vont certainement bouleverser beaucoup d'idées reçues. Des mythes égyptiens à celui de l'Homme Vert, en passant par le mystère du trésor des Templiers, les auteurs ont trouvé confirmation de leurs hypothèses dans le véritable livre de pierre qu'est la chapelle de Rosslyn, haut lieu de la spiritualité Maçonnique. Un des points forts de " La Clé d'Hiram ", c'est que s'il existe un trésor de l'Ordre du Temple, il doit se trouver dans cette chapelle, enterré avec des chevaliers et les Evangiles secrets. En effet, le premier grand Maître de l'Ordre du Temple, Hugues de Payns, qui avait des terres en Ecosse, y aurait apporté des reliques découvertes à Jérusalem, sous le Temple d'Hérode, qui appartenait à l'Eglise primitive de Jérusalem. " La Clé d'Hiram " est un livre fascinant dont l'histoire, sensationnelle est racontée comme un récit policier. C'est bien là un travail de détective auquel se sont livrés Christopher Knight et Robert Lomas. L'aspect original de cette recherche est qu'elle est avant tout basée sur des rituels Maçonniques et qu'elle a été étayée par des méthodes plus conventionnelles telles que l'archéologie, l'histoire et certaines traditions religieuses. A la fin de ce livre, le lecteur, d'accord ou non, n'a qu'une envie, c'est de continuer cette recherche. Ce sentiment partagé par Christopher Knight et Robert Lomas débouchera sans doute sur de nouvelles révélations dans un futur proche. 

 

NOTES SUR LE LIVRE : « LA CLE D’HIRAM »

aux éditions Dervy

de Chistopher Knight et Robert Lomas

1ère partie

                                

 

Egyptiens

Le fait que les égyptiens utilisèrent des esclaves hébreux pour construire les pyramides est un non sens, d’autant plus qu’il n’existait pas d’hébreux à cette époque précoce.

Les égyptiens croyaient que la matière avait toujours existé. Pour eux, il était illogique d’imaginer un Dieu créant quoique ce soit à partir de rien, totalement ex nihilo. Dans leur conception, le monde avait commencé quand l’ordre avait surgi du chaos (nun) , amené par un dieu qui avait toujours été.

Ce pouvoir latent qui se trouvait dans la substance du chaos ignorait qu’il existait ; c’était une probabilité, un potentiel qui était emmêlé dans ce chaos de désordre.

img1.jpg

 

Dans Héliopolis, et Hermopolis, l’esprit qui avait donné l’étincelle de vie amenant l’ordre était le Dieu soleil (Râ). Dans la grande ville de Memphis, il était identifié sous le nom de Ptah, le dieu de la terre. L’histoire du dieu Osiris nous raconte comment le cycle des dieux et de leurs fils commença. La déesse du ciel Nut avait 5 enfants, l’aîné Osiris était simultanément homme et dieu ; il épousa sa sœur Isis. Aidé par son bras droit Thoth, il gouverna le pays sagement et le peuple prospéra. Cependant, son frère Seth était jaloux de son succès et l’assassina mettant son corps en pièces qu’il jeta à différents endroits du Nil. Isis devint folle de douleur et de colère d’autant qu’elle n’avait pas donné d’héritier à Osiris et que de ce fait, le forfait de Seth allait donner à ce dernier le droit de régner. Isis localisa les morceaux du corps d’Osiris et les récupéra puis magiquement, elle les rassembla et insuffla un ultime et bref instant de vie dans Osiris, elle laissa le Phallus du dieu la pénétrer et la semence d’Osiris se répandit en elle. La déesse donna naissance à un fils, Horus, qui défia l’assassin de son père en duel et lui coupa les testicules en perdant lui même un œil, ce fut lepremier roi d’Egypte. Depuis lors, chaque pharaon est considéré comme le dieu Horus lui même. Quand ce dernier mourrait, il devenait Osiris et son fils immédiatement Horus.

Les égyptiens empruntèrent certainement une bonne partie de leur théologie et de leur technologie aux bâtisseurs des cités de Sumer. La sécurité de tout l’état dépend du fait que les 2 royaumes (basse et haute Egypte) oeuvrent de concert. Cette coopération fut symbolisée par 2 colonnes, l’une au Nord et l’autre au Sud, réunies par un linteau céleste formant une porte qui faisait face au soleil levant. Ce puissant concept de force par l’unité de 2 colonnes est encore un thème central du rituel maçonnique. Le concept de Ma’at signifiant rectitude, vérité et justice à l’intérieur d’une représentation symétrique, nivelée et ordonnée réunit les principes suivis par les Francs-maçons.

A la fin de l’âge de bronze moyen (fin du 3ème millénaire avant J.C.), l’Egypte est entrée dans une période de déclin continuel : gouvernement faible, crise sociale…. Arrivant du désert, des étrangers se répandaient dans tout le pays. Le vol devenait une pratique ordinaire. Le style de vie ouvert et détendu des égyptiens laissait la place à la méfiance et à une tendance à ne compter que sur soi, pour sa propre sécurité au lieu de faire confiance à l’Etat. Les Hyksos ne signifiaient pas « rois pasteurs ». Ce mot provient de l’égyptien « Hikau Khoswet » signifiant simplement princes du désert. Ces derniers adoptèrent comme Dieu Seth.

Joseph, l’asiatique, vint à occuper en Egypte la plus haute fonction juste derrière le roi. On connaît bien l’histoire de Joseph, de sa vente comme esclave par ses frères jusqu’à son ascension au pouvoir et son célèbre manteau multicolore. Joseph né en 1620 avant J.C., fils de Jacob (nom découlant du sumérien « Ia-a-gub » signifiant pilier ou plus littéralement pierre levée1), né en 1680 avant J.C., fils d’Isaac né en 1740, fils d’Abraham qui arriva en Egypte pour la première fois en 1780 selon toute vraisemblance, Abraham devait donc être un Hyksos.

Thoth

Dieu lune égyptien ( Hermès pour les Grecs), il incarne la sagesse. Frère de Ma’at, ce dieu possède toute la connaissance secrète sur 36535 rouleaux cachés sous la voûte céleste et qui ne peuvent être découverts que par des hommes dignes qui utiliseraient une telle connaissance pour le seul bien de l’humanité. Il est remarquable que le nombre de manuscrits soit presque exactement le nombre de jours dans un siècle. Hermès (surnommé Trismégiste ou trois fois grand) récupéra la fonction de Thoth en tant qu’inventeur de l’écriture, de l’architecture, de l’arithmétique, de l'arpentage, de la géométrie, de l’astronomie, de la médecine et de la chirurgie.

APOPHIS

 

Le roi Hyksos Apepi était également connu sous le nom d’Apophis, le dieu serpent. Il porte d’autres noms comme Apopis, Rerek, Isfet, Apep. Dans la lutte cosmogonique, le serpent a toujours la même fonction : il est placé sur le chemin du dieu soleil. Apophis est un serpent gigantesque qui vit dans les eaux primordiales, chaque jour, il tente d’empêcher le passage de la barque solaire qui doit parcourir les heures de la nuit. Pour survivre dans le monde inférieur, l’âme du mort (Kâ) a besoin de protection. Le serpent doit être tranché et nous en avons des témoignages figurés où le chat de Ré (avatar de Bastet) tranche la tête du serpent Apophis. Le Kâ doit ainsi comprendre que Ré vient de triompher des ténèbres. Apophis est la personnification même du chaos primordial.

HIRAM ABIF

hiram.jpg

 

Le roi Sekenenrê livrait une grande bataille mentale avec Apophis, le roi Hyksos, il avait donc besoin de la pleine puissance du dieu soleil Amon-Ré pour lui donner la force d’être victorieux. Siégeant à Thèbes, il quittait chaque jour le palais royal de Malkata pour se rendre au temple d’Amon-Ré à l'heure du grand midi, quand le soleil était à son zénith et qu’un homme ne projetait pratiquement aucune ombre, aucune zone de ténèbres sur le sol. Lorsque le soleil était au zénith, le pouvoir de Rê atteignait son apex et celui du dieu Apophis, son point le plus bas. Les secrets du sacre royal égyptien disparurent avec Sekenenrê, l’homme que nous appelons Hiram Abif (le roi perdu). Lorsqu’on découvrit en 1881 la momie de Sekenenrê Taâ, à côté de la momie de Ramsès II plus jeune de quelques 300 ans, il était évident que ce premier avait connu une fin violente. le milieu de son front avait été enfoncé, un autre coup avait fracturé l’orbite de son œil droit, sa pommette droite et son nez. Un 3ème avait été porté derrière son oreille gauche fracassant son mastoïde et terminant sa course dans la première vertèbre du cou. Sekenenrê a été tué parce qu’il n’avait pas voulu révéler les secrets du sacre royal aux Hyksos, c’est tout du moins ce que l’on peut en déduire en fonction de l’histoire d’Hiram Abif.

 Tête du roi Seqenenrê Taâ avec ses traces de blessures encore visibles

Dans la légende maçonnique, les tueurs d’Hiram Abif sont nommés Jubelo, Jubela et Jubelum, ces deux derniers sont certainement Siméon et Levi (confère Genèse 49 :6 qui fait référence à l’assassinat d’un homme par les frères de Joseph alors qu’ils essayaient de lui arracher un secret), les frères de Joseph, l’asiatique. Jubelo quant à lui, était un jeune prêtre égyptien2. Pour le châtier, on commença par le plonger longuement dans du lait suri et on l'exposa en plein soleil. A la chaleur du désert, la protéine en décomposition, lui infligea bientôt des piqûres et il fut ainsi recouvert de la marque distinctive du mauvais. A moitié fou, il fut amené nu aux embaumeurs, d’un adroit coup de couteau, ses organes génitaux furent arrachés furent jeté sur le sol par Kamês, Jubelo, geignant fut alors enroulé dans les bandages de la momification et placé dans le cercueil. Il mourut en quelques minutes par suffocation. Aujourd’hui, on peut trouver sa momie au musée du Caire n° de catalogue 610-23 à coté de Sekenenrê Taâ n°610-51.

Sans aucun doute, la mort de Sekenenrê Taâ marqua la résurrection de la plus grande civilisation du monde. Mais elle marqua également la perte définitive des véritables secrets de la lignée royale d’Egypte.

Deuxième partie

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 15:45

Où l'on voit que le dieu de Moïse a pris du plomb dans l'aile ainsi que ce qu'il aurait pu dire... car rien ne reste de ses écrits s'il a écrit quelque chose...

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I

AELOÏM

LE PENTATEUQUE, DEPUIS MOÏSE JUSQU'A ESDRAS (ÔZRA )
APRÈS LA CAPTIVITÉ.

(suite et fin...)

Deux cent neuf ans s'étaient écoulés depuis la construction du Temple, et le culte de JÉOVÉ n'avait pu vaincre l'entraînement du peuple vers les hauts lieux et son attachement au culte des faux dieux. Cent quatre-vingt-huit ans s'écouleront encore de la sorte. Le retour des Hébreux vers le Dieu de leurs pères se maintiendra pendant douze ans, et l'idolâtrie triomphera de nouveau jusqu'à la captivité (Il est cruel d'avoir à noter que les années d'un monothéisme pur furent marquées, sous Asa et sous Josias, par d'affreuses persécutions religieuses. (Voy. H. Chr. 15,14 et suiv.; et u. Rois, ch. 23. )
.A l'occasion des actes d'Amazias, on trouve (II. Rois. 14. 6) une citation textuelle du Deutéronome (Ch. 24.16). Mais les livres des Rois ont été rédigés depuis la captivité ; on les attribue à Esdras, et c'est l'opinion de Dom Calmet. Le Deutéronome lui-même porte en quelques parties un caractère qui indique la fin de l'exil, et cette citation n'est, pour ainsi dire, que trop exacte.

Les règnes d'Osias et de Joathan offrent une durée de cinquante-huit ans, pendant lesquels le culte de JÉOVÉ est mieux suivi, ou semble l'être avec plus de persévérance ; néanmoins Osias ne se montre pas scrupuleux observateur des ordonnances du Seigneur; et sous Joathan, le peuple se fourvoie encore (II. Chron. 26. 16. — 27. 2). Le Temple était toujours un monument fort négligé, puisque ce dernier fut obligé d'y faire faire la principale porte.

Achas, qui leur succède, règne seize ans. Non seulement
il s'abandonne à l'idolâtrie, mais encore il enlève les trésors du Temple, en ferme les portes après avoir fait éteindre les lampes ; empêche qu'on y brûle les parfums et qu'on y offre des holocaustes. La dégradation fut grande, et seize années de délaissement complet durent l'accroître considérablement.

Lorsque Ezéchias, son successeur, rouvrit le Temple, cet édifice était
en si mauvais état, qu'il fallut en réparer jusqu'aux portes, et l'on convoqua les Sacrificateurs sur une place publique, en dehors du Temple (II Chron. 29. 4). Les Prêtres et les Lévites l'avaient si complètement abandonné, qu'on le trouva plein d'ordures; il fallut le nettoyer, le balayer d'un bout à l'autre, et ce ne fut pas peu de chose. La masse des immondices qu'on en tira fut portée au torrent de Cedron. Ensuite on employa huit jours pour purifier et sanctifier le lieu. Quant aux Lévites, ils étaient si peu touchés de la sainteté de leurs fonctions, si peu disposés à les reprendre, qu'ils ne s'empressèrent nullement de se sanctifier eux-mêmes. Cette indifférence est très significative. Plus tard, les cérémonies prenant un caractère imposant et solennel, ils éprouvèrent de la confusion, c'est-à-dire de la crainte ; mais Ezéchias pria pour eux, et JÉOVÉ leur pardonna.

Si les chroniques, si les livres des Rois, interrompus au règne d'Ézéchias, ne nous apprenaient rien des règnes:, qui vont suivre, on serait fondé à croire qu'après ce prince, l'idolâtrie, vaincue dans le cœur du peuple et des Rois, ne reparut qu'avec précaution et longtemps après.

Or, Manassès, successeur d'Ezéchias, régna 55 ans. Il rétablit entièrement le culte des idoles ; il protégea l'idolâtrie, jusqu'à renverser les autels de JÉOVÉ et à élever à leur place, dans le Temple, ceux des faux dieux ; et même , il y mit une idole de ces Dieux. C'était pousser la profanation aussi loin qu'elle pouvait l'être, et cependant cette statue et ces autels ne furent pas renversés, brisés, comme autrefois la statue de Dagon! Qu'était devenue la puissance talismanique de l'Arche et des Tables de la Loi? Elles étaient encore dans le Temple, nous dit-on (II Chron. 35. 3.) .Elles ne faisaient donc plus de miracles? Quels étaient donc alors le crédit, la croyance, l'influence morale et la sollicitude religieuse des Prêtres de JÉOVÉ? pourquoi les Prophètes ne fulminaient-ils pas les malédictions du Deutéronome : maudit soit l'homme qui fera une sculpture, et qui la placera dans un lieu secret qui la protège ; maudit soit qui se détourne de JÉOVÉ pour marcher après d'autres Dieux ? Qu'avaient-ils fait du livre de Moïse ? Hélas ! ils n'y pensaient plus, il était oublié depuis longtemps !

Enfin, Manassès, pendant sa captivité à Babylone, se sentit ramené par le malheur à la connaissance du vrai Dieu ; mais
le peuple ne partagea point son zèle, et Amon, après lui, gagna l'attachement de ce peuple en favorisant l'idolâtrie.

Après Amon,
Josias, agé de huit ans, monte sur le trône. La 18me année de son règne ouvre la porte à bien des conjectures ; quant à nous, elle nous révèle le peu de cas qu'on faisait du livre de la loi de JÉOVÉ, de celui même attribué à Moïse, rédigé par lui, selon l'auteur des Chroniques. Ce livre, remis en crédit pendant les douze dernières années du règne de Josias, fut oublié ensuite, et disparut 22 ans après, dans l'incendie du Temple de Jérusalem.

A cette époque le Pentateuque était vieux de près de neuf siècles. Beaucoup de
mots de la langue de Moïse avaient vieilli, leur signification primitive avait disparu, et des significations dérivées avaient prévalu. Ainsi, les paraboles en particulier avaient perdu leur sens rationnel ou intime, et une signification conduisant au merveilleux, parce qu'elle menait à l'impossible, était la seule qu'on pouvait entrevoir. Cette obscurité, cette ambiguïté du texte, avait causé depuis longtemps le discrédit véritable dans lequel était tombée l'œuvre de Moïse. Si l'on en lisait quelque chose, c'étaient probablement des extraits relatifs à la Doctrine proprement dite, comme le Décalogue, et ce qui concernait les cérémonies religieuses, ou les prérogatives du Sacerdoce. C'étaient les seules parties que les Scribes du Temple transcrivissent de temps à autres ; mais ils n'en multipliaient les copies que pour l'usage et l'instruction des Lévites.

Il n'était
plus besoin pour cela de recourir au Pentateuque entier. Il suffisait de recopier les extraits qu'on en avait faits. Le reste était abandonné, oublié; on lui avait naturellement préféré des narrations plus modernes et moins obscures.


Le livre de Moïse était donc bien rarement consulté, et la preuve en effet qu'on y tenait peu, c'est qu'on le sépara de l'Arche, à côté de laquelle il aurait dû rester (Deut. 31. 96. — Si cette ordonnance est de Moïse.). Il en résulta que bientôt les Scribes et les Prêtres perdirent jusqu'au souvenir du lieu où il avait été déposé, ou plutôt jeté. Enfin, il disparut entièrement !

Ne croyez pas que cette perte mit le trouble et la désolation dans le Temple, qu'elle porta l'effroi dans le cœur et l'imagination des voyants, des Prophètes et des Prophétesses.
On n'en parla même pas; on ne fit aucun effort pour retrouver cette loi de JÉOVÉ; et il n'en aurait jamais été question , les livres du Pentateuque ne nous seraient pas connus, même de nom, si le hasard n'eût fait découvrir l'ouvrage de Moïse ; où ? sous un tas d'ordures, selon saint Chrysostôme, dans un grand coffre, sous un amas de vieilles pièces de monnaie, comme cela semble résulter de la rédaction des Chroniques, livre 2, chapitre 34. Les Lévites avaient cumulé cet argent depuis le règne de Manassès, c'est-à-dire depuis plus de quarante ans.

Cette découverte inattendue, et dans un pareil endroit, découverte qui par nous serait considérée comme un indice positif des intentions de la Providence, ne produisit dans le Temple
aucune sensation. Le Grand-Prêtre ELQIEU, au lieu de porter lui-même au Roi, avec des manifestations de joie et de respect, ce livre si précieux, le remit simplement comme un livre curieux, mais autrement sans importance, à un Scribe, avec l'état des dépenses faites pour réparer le Temple, depuis si longtemps négligé, et négligé même, à ce qu'il paraît, pendant les dix-huit premières années du règne de Josias.

Il est évident
qu'Elqieu avait gardé ce livre un assez grand nombre de jours, ou sans trop y faire attention, ou pour en méditer l'effet, ou pour une raison que nous dirons tout à l'heure. On avait eu le temps de distribuer l'argent trouvé dans le trésor du Temple, de s'entendre sur les réparations, et d'avancer même tous les travaux commandés, avant qu'il eût dit un mot du livre;

Le Scribe, à l'exemple du Grand-Prêtre, commença par rendre compte au Roi de l'emploi de l'argent et de l'état des travaux ; après quoi il aborda ce qui concernait le livre, et par singularité en lut quelques passages. Au reste, voici les paroles mêmes de l'auteur des Chroniques :

« Or, comme on tirait l'argent qui avait été apporté dans la maison de JÊOVÉ, Elqieu (Helqias'), le grand prêtre, trouva le livre de la loi de JÉOVÉ, de la main de Moïse. Et Elqieu prenant la parole dit à Chaphan le scribe : j'ai trouvé le livre de la loi en la maison de JÉOVÉ ; et Elqieu donna le livre à Chaphan. Et Chaphan apporta le livre au Roi, et il fit de plus un rapport au Roi, disant : tout ce qu'on a donné à faire à tes serviteurs ils le font. Et ils ont amassé l'argent qui a été trouvé en la maison de JÉOVÉ, et l'ont délivré entre les mains des commissaires et entre les mains de ceux qui ont charge de l'oeuvre.
Et Chaphan le scribe parla au Roi, disant : « Elqieu le grand-prêtre
m'a donné un livre, et Chaphan y lut devant le Roi. »

Il faut remarquer que la rédaction de ce fait dans le second livre des Rois, chapitre 22,
supprime la qualification de livre de la main de Moïse.
Cette rédaction est par cela même antérieure à celle des Chroniques, et dénonce dans celle-ci
une addition faite avec intention, ce qui n'est qu'une fraude pieuse. Postérieure, la rédaction du livre des Rois supposerait une suppression par correction , et le livre trouvé par Elqias ne serait plus avoué pour le livre de Moïse.
Quant au reste du récit, même tactique, même précaution de la part du Scribe qui commence par la reddition des comptes, et qui n'ajoute qu'ensuite , par surabondant : Elqias le grand-prêtre
m'a donné un livre.

Cette découverte
si froidement annoncée, ce peu d'empressement du Grand-Prêtre, le rôle visiblement appris du Scribe, la conduite de Josias si peu conforme à cette piété timorée qu'on lui suppose ; car après avoir été prévenu d'un si grand événement ( selon les Chroniques seulement ) , au lieu de s'en occuper de suite, il attend qu'on lui ait rendu compte de l'exécution de ses ordres et de la distribution de l'argent trouvé dans le Temple; tout cela , dis-je, a fait soupconner qu'un accord avait eu lieu entre le Grand-Prêtre, le Scribe et Josias lui-même, afin d'essayer, sous l'autorité du nom de Moïse, l'usage d'un code menaçant qui pût mettre fin à l'idolâtrie. C'était l'opinion de Volney, et celle de plusieurs critiques qui ne s'en sont point cachés ; c'est en secret celle de beaucoup de savants.

Èlqias serait donc l'auteur du Pentateuque. Prouver positivement qu'il ne l'est pas serait, il faut en convenir, fort difficile. Cette difficulté ne peut disparaître que devant le sens intime, primitif ou rationnel des scènes cosmogoniques de la Genèse et devant beaucoup d'autres parties du Pentateuque, où ce sens ramène à l'Egypte antique fort antérieure à Josias. Le livre d'Elqieu ne fut probablement que l'essai malheureux d'une nouvelle rédaction de l'œuvre de Moïse ; je dis malheureux, car cet essai, loin de ramener au culte de JÉOVÉ, en éloigna à ce qu'il paraît tous les Rois depuis Josias jusqu'à l'époque de la captivité. On peut supposer que la rédaction du livre devenue trop claire et trop facile avait perdu ce caractère obscur et douteux qui convenait à une narration vieille de neuf cents ans, ce qui ajoutait même à son autorité.

Il n'est donc pas présumable que dans les trente-quatre ans qui suivirent on ait entrepris beaucoup de copies de ce livre resté sans-influence après Josias, et brûlé dans l'incendie du Temple. Ce n'est probablement pas non plus ce livre qu'Esdras avait étudié et dont il avait confié le texte à son heureuse mémoire. Mais il put être pour lui une leçon. Elqias avait rendu le texte de Moïse tellement facile, que Josias qui ne le connaissait pas, le comprit sur-le-champ ; Esdras, au contraire, le rendit plus obscur que le temps n'avait pu le faire, et on ne put plus le comprendre sans une tradition orale et une paraphrase chaldaïque.

Èlqias avait probablement
retrouvé le livre depuis plusieurs années, il en avait revu la rédaction en secret, et quand tout avait été fini, il avait amené les choses pour expliquer sa découverte. Il avait aussi communiqué son projet aux personnes intéressées à le soutenir ; il en fit hasarder l'effet par une d'elles, et se tint à l'écart, pour répondre après le premier moment aux observations et aux demandes qui ne pouvaient manquer d'avoir lieu : cette conduite était nécessaire afin qu'il eût le temps de concerter ses réponses avec les Scribes ou Prophètes prévenus.

Je crois Josias étranger
au coup d'état politique et religieux qu'Elqias et Chaphan s'étaient proposé. Ce prince nous fait l'effet d'un néophyte resté sous la domination sacerdotale, et dont le zèle aveugle et la confiance permettent de tout oser.

On trouve la preuve de ce dévot abandon dans la manière dont il ordonne l'emploi de l'argent retiré du trésor du Temple. « Qu'on délivre, dit-il, l'argent aux charpentiers, bâtisseurs, maçons même, pour acheter du bois et des pierres de taille pour réparer le Temple15. Toutefois, qu'on ne leur fasse point rendre compte de l'argent qu'on leur délivre entre les mains, d'autant qu'ils s'y portent loyalement(II. Rois.22. 6. 7.).»

La rédaction du second livre des Rois, plus simple que celle des Chroniques, ne dit point que Chaphan annonça d'abord la découverte du livre, et reprit avant de le lire le compte-rendu des travaux et de l'emploi de l'argent. Au contraire, le Scribe semble n'aborder qu'avec précaution ce sujet délicat. Il fit voir ensuite le livre au Roi, le lui mit sous les yeux (UIGD), en disant :
le grand-prêtre Elqieu m'a donné un livre; sans expliquer ce que c'est que ce livre; et ayant ainsi piqué la curiosité du Roi, il en lut quelques parties. Ici la ruse se découvre. Il paraît qu'il porta son attention à l'endroit des malédictions du Deutéronome. Or, comme elles sont à la fin de ce livre, le dernier du Pentaleuque, au chapitre 28, il est impossible d'attribuer cette rencontre au hasard : car, pour lire un livre de cette étendue, écrit sur une suite de peaux cousues et roulées, il fallait le dérouler entièrement pour choisir avec affectation ou avec intention un long passage écrit vers la fin. Le rouleau pouvait avoir été disposé d'avance pour qu'on arrivât sûrement et de suite à ce passage ; mais par cette préparation même, il y aurait indice de fraude.

Ainsi se montrent dans tout leur jour
la supercherie d'Elqias, celle du Scribe placé sous ses ordres, et la bonne foi de Josias.

Ces malédictions, si terribles, que lorsque Moïse les prononca elles firent trembler la terre, assombrirent le soleil, couvrirent le ciel et la lune de nuages, firent perdre aux étoiles leur éclat, et ranimèrent les morts qui jetèrent un cri du fond de leurs tombeaux; ces malédictions, dis-je,
intimidèrent le pieux Josias, qui fit courir aux informations sur JÉOVÉ et sur ce qu'on devait penser de ses menaces. « Allez, enquérez-vous de JÉOVÉ pour moi et pour ce qui est de reste en Israël et en Juda, touchant les paroles de ce livre qui a été trouvé » (II. Chron. 34. 21.). On envoya consulter une devineresse du pays, où cependant les prophètes ne manquaient pas. Ce trait seul donnerait lieu à réfléchir, et dénote de la part de Josias un esprit bien faible. Il eût été plus naturel et plus raisonnable de s'adresser directement et uniquement au Grand-Prêtre. Mais le Grand-Prêtre n'étant pas venu lui-même, Josias suspectait peut-être sa sincérité, ou ses intentions, ou même l'authenticité du livre. Quoi qu'il en soit, on peut dire en faveur de ce prince, que les défections continuelles du Sacerdoce sous les règnes précédents, l'indifférence visible des Prêtres pour cette découverte, expliquent et excusent en quelque sorte le ridicule de sa démarche.

Cinquième partie

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 15:23

 

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I

AELOÏM

LE PENTATEUQUE, DEPUIS MOÏSE JUSQU'A ESDRAS (ÔZRA )
APRÈS LA CAPTIVITÉ.

1

 


Près de trente-trois siècles se sont écoulés depuis ces événements, si petits en eux-mêmes et devenus si grands par leur influence. Le monde, changé tant de fois par les révolutions morales et politiques, ne ressemble en rien aujourd'hui au monde d'alors : les peuples, leurs lois et leurs Dieux même, tout a disparu ; et cependant, la nation Juive, le peuple de Moïse, avec ses lois et son Dieu, existe encore ; il existe, quoique mêlé comme alors avec des nations étrangères. Les progrès immenses du Christianisme et de l'Islamisme, les persécutions du moyen âge, rien n'a pu l'anéantir.

A côté de ce phénomène social, si difficile à comprendre, se présente un phénomène littéraire en apparence aussi inexplicable : ces livres entrepris à une époque si reculée, pour un peuple si différent de tous les peuples, ont depuis servi de base, de principe constituant, d'autorité sainte et irrécusable, pour prouver la vérité et le mérite de plusieurs systèmes religieux opposés à celui que Moïse avait en vue. Comment concevoir cette particularité unique sur la terre ? Le texte de ces livres est resté le même, nous dit-on : les mots de ce texte sont restés les mêmes ; il ne s'y trouve pas une lettre, pas un point, qui ne cache quelque grand trésor: comment les mêmes mots, les mêmes phrases et par conséquent une même signification, ont-ils pu justifier le pour et le contre, et prouver la vérité de croyances differentes et, de plus, ennemies 13 ?

Pour qu'un phénomène de ce genre ait eu lieu, une seule condition est possible: il faut, si le texte n'a pas été changé,
que la signification des mots ait été changée, ou plutôt il faut que dès le principe ce texte ait été susceptible en plusieurs endroits d'une double interprétation 14 . Il faut que dans la suite une volonté forte, une puissance législatrice jointe à un grand savoir, s'accommodant de l'un des sens, ait effacé et fait oublier l'autre, devenu ainsi le sens primitif ou intime.

Néanmoins cette singulière révolution dans le sens des mots suppose encore d'autres circonstances. Elle exige que
les livres de Moïse aient été excessivement rares, et pour ainsi dire perdus longtemps, afin que la langue hébraïque ayant cessé d'être en usage, quelques hommes seulement, dirigés par un chef, en aient reçu en dépôt l'intelligence.

Or, il se trouve que les choses arrivèrent ainsi par la captivité de Babylone. Pendant cette captivité, les Juifs oublièrent pour ne plus y revenir la forme et le sens hébraïque de la langue de Moïse ; c'est un fait que l'on ne conteste pas. Ils s'habituèrent aux formes grammaticales, aux significations chaldaïques et syriaques des mots de cette langue ; et les livres du Pentateuque n'étant plus compris par le peuple, il fallut, pour lui en donner l'intelligence, que les Scribes en modifiassent quelques expressions, ou que les Lévites les traduisissent en les lisant.

On trouve dans Néhémie, chapitre 8, verset premier et suivants, le détail circonstancié de la manière dont cette explication fut faite la première fois depuis le retour de la captivité, et après qu'OZRA ou
Esdras, scribe dont le nom signifie le secours, eut revu, rétabli et réformé le texte de Moïse.
On avait dressé sur une place publique, appelée la place des eaux, un MGDL, une tribune en bois, afin qu'il pût parler au peuple et en être vu. Au jour indiqué, tout ce peuple s'assembla comme s'il n'eût été qu'un seul homme. Alors on alla chercher Esdras, le scribe, pour qu'il apportât le livre de la loi de Moïse. Evidemment il n'en existait pas d'autre exemplaire.
Esdras, debout sur cette tribune faite en forme de chaire ou de tour, lisait au livre le tenant ouvert (déroulé) devant tout le peuple; et des Lévites placés dans les groupes expliquaient chaque phrase de la loi, l'interprétant en langue chaldaïque.— Ils lisaient, ils nommaient (UIQRAOU), chaque chose distinctement et séparément (MPhRSh, de PhRSh et PhRS), ils en donnaient l'intelligence, ils en faisaient faire l'explication (UlRiNOU ) dans l'assemblée.

Les Lévites transmettaient ainsi au peuple, soit directement soit par des interprètes qui les aidaient, les explications dont ils s'étaient assurés en recourant eux-mêmes à Esdras. Ils s'assemblaient vers Esdras, le scribe, et cela afin d'avoir l'intelligence des paroles de la loi; AD INTELLIGENDUM AD VERBA LEGIS '(Nehémie8/13).

Il reste donc à nous assurer de la rareté, ou même de la disparition des exemplaires du Pentateuque.

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Le mot livre nous trompe. Tous les jours nous tenons sans embarras dans la main, sous une forme carrée peu volumineuse, non seulement le Pentateuque, mais tous les livres de la Bible. En moins de vingt-cinq secondes nous arrivons au verset que nous y cherchons ; et lorsque nous parlons de l'usage d'un livre chez les anciens, du Pentateuque par exemple, il ne nous vient pas en pensée que l'usage de ce livre n'était pas aussi facile pour eux que pour nous. Notre imagination nous présente toujours un volume in-4° ou in-8°, et nous prononçons d'après cette fausse idée.

Mais ce n'est pas cela : les livres chez les anciens étaient écrits sur des feuilles de palmier, sur l'écorce intérieure du tilleul ou du papyrus, sur des tablettes minces et enduites de cire, et sur des peaux de boucs ou de moutons.

Quand on avait des matières un peu longues à traiter, comme la Genèse ou les autres livres du Pentateuque, ou même le Pentateuque entier, on se servait communément de feuilles ou de peaux cousues les unes au bout des autres, on les nommait rouleaux, en latin volumina. Cette coutume était suivie par les Juifs, les Grecs, les Romains , les Perses et même les Indiens , et elle a continué quelques siècles après la naissance de Jésus-Christ. On comprend que ces peaux déroulées pour arriver à la fin d'un volume, pour y chercher une citation, un passage, devaient occuper une grande étendue, et de là est venue pour le mot volumineux la signification qu'il a en français. ll faut bien remarquer aussi que la forme carrée des livres était peu usitée chez les anciens, et il faut se souvenir qu'elle n'a été inventée que deux siècles et demi après Esdras, par Attale, roi de Pergame, à qui l'on attribue aussi l'invention du parchemin. Les volumes ainsi composés de feuilles ou de peaux attachées les unes aux autres, étaient roulés autour d'un bâton qui servait de centre à la colonne ou cylindre que formait le rouleau . Pour arriver tout de suite à un passage écrit vers la fin d'un livre considérable, comme un des livres du Pentateuque, il fallait opérer un grand développement du volume, et à moins d'une remarque faite d'avance, se livrer à une investigation longue et difficile.


Indépendamment de cela,il ne faut pas se figurer, et ce système de livres le fait aisément présumer, qu'avant l'époque de la captivité les livres du Pentateuque fussent aussi répandus qu'ils l'ont été un siècle ou deux après la version des Septante, lors de l'invention attribuée à Attale. Depuis Moïse jusqu'au temps de Josias, pendant neuf-cents ans, 36 ans avant la captivité, il ne paraît pas qu'il y ait eu jamais plus d'un seul exemplaire entier. Il serait impossible de prouver le contraire, parce qu'il faudrait d'abord prouver l'existence du livre.

Or, il n'est question du Pentateuque dans aucun livre canonique hébreu antérieur à la captivité : le livre de Josué, qui fait suite au Pentateuque, paraît appartenir au temps de cette captivité même, avant la révision des livres de Moïse par Esdras. L'auteur de la traduction des Apocryphes, pour faire suite à la Bible de Sacy, aurait été bien embarrassé s'il lui avait fallu prouver et expliquer comment avant l'incendie du Temple et pendant la captivité les livres de la loi étaient entre les mains des Prêtres, des Lévites et du peuple. La transcription de ces livres sur des peaux préparées formait deux cent quarante volumes ou rouleaux aux temps même d'Esdras.

Quant au Pentateuque, l'expression le livre de la loi ou plutôt de la doctrine, dans laquelle on croit le reconnaître, suppose un recueil d'ordonnances et non de livres historiques comme la Genèse et une grande partie de l'Exode. Dans Josué, le livre de la loi, TOURÉ, désigné deux fois, est autre que le Pentateuque, puisque les choses que Josué y écrivit (Jos. ch. 24. 25) ne se trouvent point dans le Pentateuque, puisque les bénédictions dont il parle (Ch. 8. 24) ne s'y trouvent pas non plus. Et probablement
ce mot était générique pour désigner tout livre sacré sans distinction du scribe ou du prophète auquel il était dû.

On peut se demander
où le livre de Moïse était déposé. Dans le Temple de Jérusalem apparemment, puisqu'il devait accompagner l'Arche (Deut. 31.26). La même question, en remontant aux temps antérieurs à la construction du Temple serait plus embarrassante. Ce livre n'a-t-il jamais été perdu de vue ? Cette seconde question peut étonner, on va voir si elle est ou non motivée. Je ne parle pas d'une copie que les Rois de Juda devaient avoir de ce livre ou d'une partie de ce livre pour leur usage : l'histoire de ces Rois, et en particulier celle du pieux Josias, prouve qu'ils ne l'avaient pas.

Si le Temple avait toujours été pour le peuple un lieu saint et sacré ;
si les Rois, les Sacrificateurs et les Lévites avaient toujours entretenu ce Temple avec soin, on concevrait difficilement que la perte du Pentateuque ait été possible. Mais qu'il s'en faut que les choses fussent ainsi ! Ce qui ressort évidemment des livres des Rois et du récit des chroniques, c'est que l'idolâtrie prévalait toujours dans le cœur des Hébreux sur le culte du vrai Dieu. Les Grands-Prêtres ou Sacrificateurs et les Lévites passaient avec une facilité singulière de l'un à l'autre. La plupart du temps le Temple était fermé, négligé, abandonné, quelquefois sans lumière, sans parfums et sans holocaustes.

Lorsque ce monument fut achevé, on y transporta l'Arche,
dans laquelle n'étaient que les deux tables de la loi (II Chron. 5. 10— I. Rois, 8. 9). Cette rédaction poussée dans ses conséquences, conduirait à nier l'existence du Pentateuque.

Mais n'est-il pas bien extraordinaire, bien inexplicable, que Salomon, parvenu à l'âge où la crainte religieuse se développe davantage dans l'esprit de l'homme ; que Salomon, qui avait tout vu, tout raisonné, tout étudié, abandonne le culte du Dieu dont il avait fait construire le Temple, et qu'il élève des hauts lieux à Camoush et à Moloc sur la montagne en face même de Jérusalem ? (Rois 11. 7. Les autels des faux dieux ne restèrent pas en dehors de Jérusalem ; on les éleva dans Jérusalem même. Sous Ezéchias, disent les Chroniques, liv. 2, ch. 30, 14, « on ôta les autels des faux dieux qui étaient dans Jérusalem, on ôta aussi tous les tabernacles où le peuple leur faisait des encensements, et on les jeta au torrent de Cedron. »)

Ainsi, le premier exemple d'infidélité auTemple et au culte du Dieu pour lequel il avait été erigé, fut donné par Salomon même.

Cinquante-sept ans après sa dédicace, le Temple, négligé depuis longtemps par Roboam, fils de Salomon est pillé par Sesac, roi d'Egypte, qui prit tout ce qui s'y trouvait (II. Chro. ch. 12. 9). Roboam, disent les Chroniques, abandonna la loi de JÉOVÉ, et tout Israël avec lui.— Ils bâtirent des hauts lieux, des images et des bocages sur toute haute colline et sous tout arbre verdoyant (I. Rois. 14. 23).

Après Roboam, sous Abias, le culte de JÉOVÉ étant encore abandonné, le Temple l'est aussi par conséquent. Asa, successeur d'Abias, fut même obligé d'employer la peine de mort sans distinction d'âge ni de sexe, pour détourner les Hébreux de l'idolâtrie ; CE QUI RÉJOUIT BEAUCOUP LE PEUPLE DE JUDA, disent les Chroniques, liv. 2. chap. 15, 13, 14, 15. Et toutefois, ajoutent-elles quelques lignes plus bas, verset 17, les hauts lieux ne furent point ôtés d'entre Israël, bien que le coeur d'Asa fût entier tout le temps de sa vie.

Sous Josaphat,
cinquante-sept ans après la dévastation du Temple, on voit apparaître un livre de la loi ou de la doctrine de JÉOVÉ ; ce livre n'a point le nom de Moïse (II Chro. 17. 9.). Les Lévites chargés de prêcher, d'endoctriner le peuple et de le ramener au culte du vrai Dieu, portaient, avec eux ce livre, ou plutôt la nouvelle ordonnance relative à la doctrine. Toutefois ces prédications n'eurent pas un grand succès, car les hauts lieux ne furent point ôtés et le peuple sacrifiait encore et faisait encensements sur les hauts lieux, n'ayant pas encore disposé son coeur envers le Dieu de ses pères (I Rois. 22. 44., et II. Chron. 20. 23), et pourtant il y avait cent vingt-deux ans que le Temple avait été construit.

Sous Joram, Achazias et Athalie,
pendant quinze ans, le culte des idoles domine, et par conséquent le Temple est négligé ; il est même pillé par Athalie.

Après Athalie, un enfant de sept ans est proclamé roi par le grand-prêtre Joada.
Toutefois les hauts lieux ne furent point ôtés (II.Rois. 12.3). A peine Joada est-il mort, que Joas suit l'exemple de ses prédécesseurs, et le Temple est encore abandonné.

Amazias régna vingt-neuf ans. Il fit ce qui est droit devant Jéovè,
mais non pas de coeur entier. Les hauts lieux ne furent point ôtés ; le peuple y sacrifiait toujours et y faisait des encensements (II. Rois. 14. 4. ).

Notes

13 In divinis litteris nihil superfluum, nec onerosum, nihilque rationi contrariam continetur. — Non est syllaba, vel apiculus in sacris litteris in cujus profundo non sit grandis quispiam thesaurus.

 
14 La
prétendue intégrité du texte hébraïque est un point de doctrine abandonné depuis qu'on est parvenu à détruire l'autorité absolue de ce texte.

15 On voit que ces dégradations du Temple n'étaient pas peu de chose, même après 16 ou 18 ans du règne d'un roi aussi pieux, aussi dévoué que Josias : qu'on juge par-là de l'état du Temple sous les règnes précédents.

 

Quatrième partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 12:03

 Là on aborde une des principales cause qui provoqua la mort de Ieschoua dont j'ai commencé à parler ICI. Comme nous l'avons déjà vu sur cette partie du livre, les Lévites profitaient allègrement du Peuple judaïque et de sa crédulité en imposant dîmes, offrandes et sacrifices soit-disants exigés par Dieu... Dieu a dit donnez de l'or, rachetez tout premier né en bétail ou humain sinon il sera tué, allez trois fois par an au Temple avec quelque chose à offrir... si vous êtes atteint de la lèpre, apportez une offrande à Dieu, je vous ferai quelques simagrées et si vous n'êtes pas guéri dans quelques jours revenez encore avec une offrande et ainsi de suite sans que la lèpre bien évidemment ne parte... si vous commettez quelque chose de grave, apportez une offrande et vous serez "corban", pardonné, etc... en tenant d'ailleurs à souligner que cette pratique a toujours lieu en moins sanglante chez les judaïques orthodoxes et ultra-orthodoxes... ils se mettent une poule, par exemple, au-dessus de la tête en priant dieu qu'il les pardonne...

les enfants étant très tôt aussi élevés dans cette pratique...

au lieu d'apprendre la bonne conduite et les vrais dix commandements, de chercher à s'améliorer soi-même, on fait passer son "péché" sur la poule... et le lendemain on recommence à faire du mal à autrui, qui nous en empêche ? Une poule fera l'affaire pour effacer toute faute. Il faut bien saisir là ce que Ieschoua était revenu mettre en cause lorsqu'Il s'adresse aux Pharisiens, scribes et autres élites mafieuses...

Vous abandonnez le commandement de Dieu,

et vous observez la tradition des hommes.

Il leur dit encore: Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu,

 pour garder votre tradition.

Car Moïse a dit: Honore ton père et ta mère; et:

Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.

Mais vous, vous dites: Si un homme dit à son père ou à sa mère:

Ce dont j'aurais pu t'assister est corban,

c'est-à-dire, une offrande à Dieu,

vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère,

annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition,

 que vous avez établie.

Et vous faites beaucoup d'autres choses semblables. (Marc 7, 8 à 13)

J'explique bien là pour la jeunesse... les autres savent. Car originellement, les sacrifices n'étaient pas de mise et la première alliance que la "déité" fait à Abraham est l'arc en ciel.

Et Dieu dit: C'est ici le signe de l'alliance que j'établis entre moi et vous,
et tous les êtres vivants qui sont avec vous
, pour les générations à toujours:

j'ai placé mon arc dans la nue,

et il servira de signe d'alliance entre moi et la terre.

Quand j'aurai rassemblé des nuages au-dessus de la terre,

 l'arc paraîtra dans la nue;
(Gen. 9, 12 à 14)

Pour dire ce qu'est devenu la tradition au fil du temps sous la férule des diverses instances sacerdotales. Vous noterez qu'il n'est question ici ni de circoncision ni de sacrifices sanglants. Et bien avant Ieschoua, Isaïe avait aussi essayé de mettre en garde...

Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices? dit l'Eternel.

Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux;

Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs.

Quand vous venez vous présenter devant moi,

Qui vous demande de souiller mes parvis?

Cessez d'apporter de vaines offrandes:

J'ai en horreur l'encens,

Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées;

Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités.
Esaïe 1, 11 à 13

Souvenez vous ce qu'il s'est dit au Sanhédrin...

"vous ne réfléchissez pas qu'il est dans votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas."

 

 

Et souvenons nous aussi d'Ezechiel...

Les sacrificateurs ne connaissent plus la loi,

Les anciens n'ont plus de conseils.

En remettant à cause les  préceptes pharisianniques et le gagne-pain des religieux dévoyés, Ieschoua a signé son arrêt de mort...

 

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

21 ème partie

20ème partie

19ème partie

18ème partie

17ème partie

  1ère partie

CHAPITRE XIII


Les Juifs persistent dans leur incrédulité , même après la mort de Jésus. — Facilité des anciens à se créer des divinités et des saints ; ce titre donné gratuitement par les premiers Chrétiens aux Fidèles. — Les Instituteurs des dogmes philosophiques regardés comme saints ou comme thaumaturges. — Histoire de la naissance de Pythagore et de Platon, que les incrédules prétendent se rapporter à celle de Jésus. — De la Virginité des femmes , crue par quelques nations, même après leur enfantement. — Epreuves pour être admis dans les sectes philosophiques, suivies de leurs préceptes. — Les Miracles admis indistinctement par les anciens sectaires chrétiens ; cause de cette adoption générale, même par les Saints-Pères. — Miracles attribués aux Pharisiens et au Diable sur Jésus. — Cause de la substitution de la Cène mystique aux Sacrifices sanglans. — Doctrine de Jésus sur le droit de la généralité des hommes au Sacerdoce.

Après la mort de Jésus,
les Juifs persistèrent dans leur incrédulité. On lit dans les Actes des Apôtres, ch. II, v. 12-17, que les Apôtres, sur lesquels l'esprit de Dieu s'était répandu, parlaient plusieurs langues selon les promesses du prophète Joël, qui dit que Dieu répandrait son esprit sur toute chair aux derniers jours du monde. Les habitans de Jérusalem s'en moquèrent; ils disaient, en parlant des Apôtres et Disciples de Jésus, qu'ils étaient pleins de vin ; que l'esprit de Dieu ne descend pas et que celui du propitiatoire avait donné de faux oracles.

D'autre part,
les Pharisiens et les Sacrificateurs juifs n'attendaient pas cette prochaine fin du monde (107), et regardaient comme fabuleuse la résurrection du corps. Ils jetaient de la défaveur sur la divinité de Jésus ; ils soutenaient qu'on avait donné des Dieux pour pères à Hercule, Thésée, Sémiramis, Romulus, Platon, Pythagore et autres, dont la naissance et la vie furent accompagnés d'événemens et de dénouemens miraculeux.

Ils avaient sous les yeux les médailles de leur temps, et les anciennes monnaies grecques, romaines et égyptiennes, qui leur faisaient voir que les Rois et les Empereurs aspiraient aussi à
se faire honorer par des titres divins seulement en usage pour les Dieux. Ils y lisaient Basiléus Ptolemaios et Basilissae Cleopatrae, Divo Julio Cœsari, etc. etc. ; et quoique ces inscriptions fussent adoptées par ces Souverains, et qu'ils s'attribuassent les épithètes de saints et de divins , ils ne cessaient pas d'être mortels.

Les premiers Chrétiens avaient aussi
un penchant incroyable à honorer par des titres sublimes, des hommes vivans. St Paul, dans sa première Epître aux Corinthiens, ch. XVI, v. 1 et suivans, appelait saints, les Chrétiens pauvres qui habitaient Jérusalem. Le même St Paul, dans son Epître aux Philippiens, ch. VII, § 2 , appelle saints ceux qui croyaient à la résurrection ; dans un autre sens, il dit dans sa première Epître aux Corinthiens, §
14 : « Le mari infidèle est sanctifié en sa femme, et la femme infidèle est sanctifiée en son mari (108), autrement vos enfans seraient impurs, et maintenant ils sont saints ».

Il était bien facile à un Empereur ou à un chef de parti,
de se faire donner le titre de Divin , et d'appeler saints ceux auxquels il commandait, ou qui avaient la même croyance ; et dans l'Histoire profane, on voit des prêtres qui eurent la faiblesse d'encenser les Rois et de les qualifier Fils de Dieu, comme il arriva à Alexandre : ils donnaient ces noms aux bons Rois par reconnaissance, et aux tyrans par crainte.

Lors de l'introduction
des sectes chez les Juifs, les partisans de la philosophie de Platon et de Pythagore, pour donner un plus grand poids à leur dogme et à leur doctrine, publièrent que leurs maîtres étaient des saints, et que leur naissance avait été accompagnée de prodiges et de miracles extraordinaires. Lorsque le Christianisme parut, ils osèrent dire qu'on avait emprunté à la naissance de leurs Sages, celle qu'on venait d'attribuer à Jésus, Fils de Marie, afin d'imprimer un caractère divin à ses doctrines et à son dogme. Ammonius, Jamblique, Plotin, Julien ont envisagé la naissance de Pythagore comme divine, et ont comparé sa vie à celle de Jésus : ils disaient que Pythagore était fils du dieu Apollon, qu'un oracle avait annoncé sa naissance, que l'âme de Dieu était descendue du ciel pour l'animer, qu'il fut le médiateur et le conciliateur entre Dieu et l'homme, qu'il avait connu ce qui se passait dans l'Univers, qu'il avait commandé aux élémens, prêché les vertus les plus éminentes à l'humanité, et qu'enfin âgé de cent quatre ans, il avait été égorgé comme Jésus par de féroces assassins qui en avaient fait une Divinité. Enfin, que Théane, sa femme, après sa mort, présida ses Disciples, de même que la Vierge-Mère avait présidé dans le cénacle les premiers Chrétiens. Plusieurs admirateurs de Platon établirent aussi sa divinité ; ils débitèrent que sa mère Perictione avait conçu et mis au monde cet enfant sans cesser d'être vierge, qu'elle avait accouché en sacrifiant aux Muses ; ils imaginèrent que Platon naquit entre des myrthes, que des abeilles voltigeant autour de sa tête enduisirent ses lèvres de miel, et ces faits sont rapportés par des auteurs très-graves.

C'est chez les anciens peuples de l'Orient que l'on trouve toutes ces rêveries. Dans la Chine,
l'union de la virginité et de l'enfantement se trouve dans les légendes de ses différentes religions. Nous lisons dans l'ouvrage de M. Benjamin Constant, que Loui-Ztu, mère de Chao-Hao, devint grosse à l'aspect d'une étoile. Ton-Pao devint grosse en voyant une nuée brillante. Hou-Su, fleur attendue, la fille du Seigneur, est rendue féconde par un arc-en-ciel qui l'entoure et lui cause de l'émotion ; elle donna la lumière à No-Hi au bout de douze ans. Niu-Oua est la plus célèbre des vierges-mères ; elle est surnommée la souveraine des Vierges; ses prières lui valurent aussi des enfantemens miraculeux : des critiques ont établi quelques parallèles entr'elle et l'Hécate des Grecs qui paraît postérieure à la Vierge chinoise. Les Vierges des Indiens étaient placées sur le Nénuphar ; dans leurs mystères, cette plante était le symbole sacré de la virginité. Les Egyptiens y substituèrent le Lotus sur lequel était assise la chaste Isis, symbole de la nature et mère des grâces.

Les premiers Chrétiens qui arrivèrent après les Chinois et les Egyptiens, ont symbolisé la virginité par la Rose, sur laquelle ils placèrent la Vierge-Mère ; ils enlevèrent cette fleur sacrée à Vénus, et si le Nénuphar et le Lotus avaient pu perdre la signification de leur symbole chez les Chinois et chez les Egyptiens, les Chrétiens ont conservé la leur dans la Rosa Mystica.

Tous les miracles dont nous venons de parler passèrent des Grecs aux Juifs avec la philosophie de Platon et de Pythagore, et on suivit dans toutes les initiations à ces sectes les pratiques de ces philosophes : on éprouvait
la discrétion, la pénétration de celui qu'on devait initier, bien avant de lui accorder la connaissance de la vérité et de la nature : les initiés passaient de l'étude des mathématiques à celle de la nature, et de celle-ci à la théologie.

Platon, même après s'être instruit dans les sciences chez les Egyptiens et avoir appris chez les Italiens la philosophie de Pythagore, de retour à Athènes, établit et ouvrit une école qu'on appela Académie : on lisait au- dessus de la porte : «
On n'est point admis ici sans être géomètre». Nous connaissons un rite maçon dans lequel, pour obtenir un Ordre, il faut démontrer que le carré de l'hypothénuse est égal aux carrés des catètes. (Voyez le Grade Master-Maçon, pag. 187, dans la Bibliothèque Maconique, Baltimore 1817); tant il est vrai que, dans les différentes pratiques de la Maçonnerie, on trouve les traces de toutes les sciences qui faisaient partie des anciennes initiations.

Les philosophes et leurs disciples enseignaient oralement
les sciences de la vérité et de la nature : Pythagore n'a laissé rien d'écrit sur celles qu'il communiquait à ses initiés, il a toujours voilé sa doctrine dont la partie morale est consignée dans les sentences suivantes :

« Il est défendu de quitter son poste sans la volonté de celui qui commande ».

« Il faut éviter l'intempérance dans les choses nécessaires à la conservation et l'excès en tout ».

« La tempérance est la force de l'âme, l'empire des passions, elle fait sa lumière; avoir la continence, c'est être riche et puissant ; la continence s'étend aux besoins du corps, à ses voluptés, aux alimens et à l'usage des femmes : réprimez tous les appétits vains et superflus. L'homme est mort dans l'ivresse du vin; il est furieux dans l'ivresse de l'amour ».

« Il faut s'occuper de la propagation de l'espèce en hiver et au printemps ; cette fonction est funeste en été et nuisible en tout temps. Quand l'homme doit-il approcher de la femme ? lorsqu'il s'ennuyera d'être fort ».

« La volupté est la plus dangereuse des enchanteresses. Lorsqu'elle nous sollicite, voyons d'abord si la chose est bonne et honnête ; voyons ensuite si elle est utile et commode ».

« Il faut exercer l'homme dans son enfance à fuir ce qu'il devra toujours éviter (109), et à pratiquer ce qu'il aura toujours à faire, à désirer ce qu'il devra toujours aimer, à mépriser ce qui le rendra en tout temps malheureux et ridicule ».

En poursuivant l'histoire des miracles, on se convaincra que les écrivains qui nous laissèrent des mémoires sur les opinions des philosophes grecs introduites chez les Juifs, nous parlent de quantité de miracles opérés par beaucoup d'autres individus que les Chrétiens.

Tous les Chrétiens s'accordent à dire que Simon le Magicien, de nation Samaritaine, avait fait des miracles ; un auteur en a fait le parallèle avec ceux de Jésus ; il dit que, comme Jésus et Moïse, il fut
instruit et initié en Egypte. Les Samaritains l'appelaient grande vertu de Dieu, et le crurent le libérateur du genre humain, tandis que les Chrétiens et une partie des Juifs appliquaient ces qualifications à Jésus. (Voyez les Actes des Apôtres, ch. VII et IX. )

St Epiphane de Haeres, pag. 54, dit que Simon prêchait aux Samaritains qu'il était Dieu le Père, tandis qu'il se faisait passer chez les Juifs pour n'être que le Fils de Dieu. Cette contradiction ne pouvait exister dans des localités aussi rapprochées, et
les Juifs se seraient soulevés contre Simon, comme ils le firent contre Jésus, pour avoir pris le titre de Fils de Dieu. Simon s'est borné à faire des miracles, il ne s'est pas arrogé le titre de Messie, il ne s'est pas mis à la tête de ceux qui conspiraient contre leur gouvernement. Les Actes des Apôtres, loco citato, disent qu'il avait ébloui les Samaritains par sa magie ; ils ajoutent qu'il s'est fait baptiser et que, surpris des miracles de Philippe, il avait donné de l'argent aux Apôtres pour obtenir, par l'imposition des mains, le don d'en faire aussi. Mais St Pierre s'y refusa et lui répondit que les grâces du Ciel ne se vendaient point.

On lit dans les Actes des Apôtres, que Simon, à l'aide de sa magie, avait séduit à Rome un grand nombre de personnes ; il tâcha même d'en imposer à Pierre et à Paul, qui se trouvaient dans cette ville ; Simon avait promis de voler et de monter au ciel comme Jésus. Il s'éleva en effet, mais St Pierre et St Paul se mirent à genoux en voyant le miracle, et prièrent ensemble. Simon alors tomba, eut les jambes brisées et ses Disciples l'emportèrent en un autre lieu ; enfin ces mêmes Actes rapportent que Simon, honteux de sa défaite, se précipita d'un comble très-élèvé
.
Les critiques s'étonnent que de pareils contes puissent être reçus comme des vérités chez bien des religionnaires ; ils les disent extravagans et forgés sur la mythologie d'Icare ; mais ce qui les révolte encore plus, c'est qu'ils ne trouvent
aucun auteur profane antérieur au troisième siècle, qui ait parlé de Simon, si l'on excepte les Actes det Apôtres; ce qui leur fait croire encore que ces Actes sont bien postérieurs aux auteurs auxquels on les attribue; car, disent-ils, si de tels faits étaient arrivés à Rome, ils auraient été écrits par vingt auteurs contemporains ; il n'en manquait pas dans une ville qui était alors la plus renommée pour les sciences et les lettres.

Si on lit avec attention les livres qui nous rapportent ces miracles, il paraît qu'à ces époques il s'était fait une convention réciproque entre les différentes religions en fait de miracles. Les Saints-Pères voyant que tous les croyans tenaient aux miracles de leurs instituteurs, se persuadèrent qu'il y avait moins d'inconvénient et de danger à admettre tous ces miracles samaritains, grecs et égyptiens,
qu'à les nier, ce qui eût été impolitique. Ces Saints-Pères étaient tout-à-fait des hommes simples; ils se sont pour lors bornés à déclarer la supériorité des miracles opérés par Jésus et ses Disciples, sur ceux des dissidens et des Payens. Ils se modelèrent sur la Bible, qui, en parlant des miracles opérés par Moïse, les déclare supérieurs à ceux opérés par les prêtres égyptiens devant Pharaon, lors de l'esclavage des Israélites. Ces Saints-Pères avaient lu que les Pharisiens même faisaient des miracles. St Mathieu, ch. XII, v. 27, le dit positivement, qu'ils chassaient les Démons ; n'importe , Jésus les chassait aussi par Béelzebuth : c'est de là, sans doute, que nous est venu l'adage qu'un Diable en chasse un autre. Ils avaient lu que les Diables se mêlaient aussi de faire des miracles extraordinaires. L'Evangile disait que Knabul emmena Jésus dans le désert, et qu'il le tînt sept semaines à une diète rigoureuse; que du désert, il le porta en l'air sur les créneaux du Temple, et de là sur la plus haute montagne.

Quelque pouvoir que le Diable ait eu sur le Dieu des Chrétiens, on ne trouve nulle part que le Prince des ténèbres ait eu autant de puissance sur aucun autre fondateur de religion, fût-il Turc ou idolâtre. Dans toutes les religions anciennes, les prêtres se sont arrogé le pouvoir exclusif de disposer à leur gré des forces de la nature et de celles de son Grand-Architecte; à l'aide de cette croyance généralement établie, il s'exemptaient de porter le fardeau commun à tous les autres membres de leur religion. Ces prétentions, qui compromettaient le droitd'égalité dans les castes existantes, furent attaquées par Jésus-Christ, ainsi que le rapporte l'Apôtre Jean. Jésus voulait que les hommes fussent conséquens, qu'ils abolissent à jamais ce genre sacrilège de caste privilégiée, qui a été le type de toutes les castes orgueilleuses et privilégiées de l'Univers, qui furent et seront toujours liguées entr'elles pour arrêter les progrès de la (110) civilisation et des sciences, et pour exister aux dépens de leurs croyans. Qui peut lire le Rituel des Juifs dans le Lévitique et autres, sans avoir le cœur soulevé des sanglantes et révoltantes cérémonies prescrites aux prêtres de la religion mosaïque, et ne pas plaindre les autres Juifs chargés de contribuer à un
impôt aussi onéreux
!

Les premiers Chrétiens qui, d'abord, avaient été Juifs, assistaient à
ce sacrifice et au partage des viandes qui étaient cuites sur ces autels mêmes, où plus d'une fois on avait fait couler le sang des victimes humaines : on en trouve la preuve dans St Paul, dans les Actes des Apôtres et dans les écrits des premiers Saints-Pères.

Le
nouveau culte de Jésus-Soleil, emblème mystique de la justice, avait substitué aux victimes l'offrande du pain ; c'est ainsi qu'il avait changé ces sacrifices sanglans en paisibles agapes, qui se soutenaient à très-peu de frais. Ce nouveau système, prêché loin même de la Judée, avait attiré une infinité de prosélites d'entre les Juifs qui ne pouvaient pas assister aux sacrifices de Jérusalem , étant établis ailleurs ; et dans la Judée et la Palestine, il attira tous ceux qui n'avaient aucun droit de participer aux viandes des sacrifices, malgré qu'ils y contribuassent. Les Esséniens furent les premiers qui ne voulurent ni contribuer, ni assister, ni participer à ces sanglans sacrifices.

D'un autre côté, la philosophie grecque qu'on commençait à professer, faisait faire quelques progrés à la civilisation. Ces hommes éclairés ne voyaient dans ces Temples si renommés
que de vastes boucheries, des autels dégoûtans de sang ; ils y trouvaient une mauvaise odeur par la graisse qu'on y brûlait, par les entrailles et par la fiente qu'on était obligé de répandre.

Les Juifs les plus éclairés avaient connu par leur histoire les atrocités commises par les Lévites ; ils attribuaient toutes ces horreurs des temps anciens à l'usage de répandre avec joie le sang des victimes. Aussi la généralité désirait-elle que l'on fît disparaître ces usages sanguinaires et barbares.

Le changement de culte et de sacrifices devint une nécessité générale : c'est une des causes principales de l'apparition de toutes ces sectes juives-chrétiennes qui s'élevèrent
en opposition aux anciens Sacrificateurs.

Tous ceux qui suivaient les nouveaux dogmes pouvaient participer à des sacrifices simples ; c'est ainsi qu'ils se
dispensaient de payer le tribut aux Lévites et aux Sacrificateurs. Les Juifs qui professaient le Christianisme disaient que Jésus avait consacré tout homme prêtre devant le Père céleste ; ce qui fit dire à Tertullien de Baptismo : « Non ne et laïci sacerdotes sumus !...» II était bien naturel que les prêtres juifs regardassent la doctrine de Jésus et de St Paul comme contraires au Deutéronome, au Sacerdoce et aux lois divines. Moïse avait établi pour Sacrificateurs les fils d'Aaron, et la tribu de Lévi à la garde du Tabernacle, avec tous les privilèges, droits et bénéfices dont nous avons déjà parlé ; les descendans de ces castes privilégiées haïssaient indistinctement tous ceux qui professaient des doctrines subversives de leurs intérêts, et les Chrétiens étaient surtout détestés à cause de la doctrine de St Jean-Evangéliste, qui disait clairement que Jésus revendiquait tous ces droits et privilèges, pour tous ceux qui suivaient sa doctrine. Voici comment, au v. 6 de l'Apocalypse, il parle de son maître :

« A lui, dis-je, qui nous a aimés, qui nous a lavés de nos péchés dans son sang et nous a faits Rois et Sacrificateurs ; à Dieu son Père, à lui soit gloire et force aux siècles des siècles. Amen ».

Numa avait nommé soixante prêtres à Rome ; le choix devait en être fait par les Patriciens. Ceux-ci avaient conservé
exclusivement ce droit du Sacerdoce jusqu'à l'instant où le peuple eut obtenu le droit de participer indistinctement à toutes les dignités de l'Etat ; néanmoins, en ce qui regarde les anciens prêtres de Rome, quoique les Patriciens romains exerçassent le Sacerdoce, les anciens Rois présidaient aux sacrifices ; et si nous n'avions pas le témoignage des écrivains, l'ancienne fresque des Noces Allobrandines nous le prouverait.

Les
droits du Sacerdoce, après que le peuple romain eut perdu une partie des siens, passèrent dans les mains des Empereurs, lorsqu'ils s'emparèrent de toute l'autorité romaine ; ils se créèrent les Grands-Prêtres de Jupiter et Janus, et exercèrent les fonctions des Souverains- Pontifes. Il est aisé de croire, après cela, que la doctrine de St Jean, qui admettait tout le monde indistinctement au Sacerdoce, devait avoir bien des prosélytes.

Comme on l'a pu observer, les premiers Chrétiens étaient imbus des principes d'égalité de droits au Sacerdoce ; ces idées avaient prévalu soit en Grèce, soit en Italie. A Syracuse, colonie grecque, le Sacerdoce s'obtenait par l'élection du peuple ; cette dignité durait un an. En plusieurs endroits, les prêtres étaient élus par le peuple ; cet usage dura chez les Chrétiens d'Alexandrie et de Constantinople. On a vu aussi qu'après que Judas, Apôtre et traître, se fut pendu, un Concile, composé des autres Apôtres et de cent vingt Disciples de Jésus, procéda à l'élection d'un nouveau Prince de l'Eglise. On y suivit l'exemple qu'avait donné Samuel, et le sort décida que Mathias remplacerait Judas.

Pour nous, dans nos Ordres et rites , le Sacerdoce et le Souverain-Pontificat est accordé indistinctement aux Frères qui suivent les travaux, qui sont
zélés, éclairés et bienfaisans ; il n'y a pas de trace que le sort, comme chez les Juifs et les premiers Chrétiens, nous ait fourni le choix d'un seul de nos Grands-Maîtres.

Vingt-deuxième partie

Notes


Suite de la note 104 - Signé ROBERT TAYLOH, B. A.; et M. R. C. S., secrétaire de la Société.

Voilà la réponse de l'auteur du Voile levé, à Liège, 1826 , qui détruit toutes les puérilités de cette provocation, par un texte de l'Apocalypse : « Que les vrais Chrétiens ne se scandalisent point en entendant les blasphèmes horribles révélés dans cet écrit, la prédiction doit s'accomplir. Satan sera délié ; il sortira de sa prison , il séduira les nations qui sont aux quatre coins du monde. Apoc. 18 , ch. xx, v. 7.

(105) A Thèbes, entre le Memnomium et Médinet - Abou, on trouve, de nos jours, des fragmens de statues colossales avec des têtes d'animaux ; et dans le tombeau Psametique, l'escalier qui succède au premier passage , a, de part et d'autre, une petite niche ornée de figures curieuses : ce sont des corps humains avec des têtes de divers animaux, comme celles des Evangélistes du Plafond du Bienheureux Angelico da Frissole : tout le monde sait que la divinité protectrice de l'Egypte est une figure humaine à tête d'épervier (voyez la Planche n." III), et bien des critiques soutiennent que l'Egypte a fourni des matériaux aux religions grecques et chétiennes, et que les Evangélistes ne sont que des divinités égyptiennes appliquées aux systèmes des anciens Chrétiens.

(106) Le faîte d'une infinité de dômes et de clochers des églises chrétiennes, est décoré ou d'un Coq qui est l'emblème du Soleil, ou même d'un Soleil qui est l'emblème de Dieu.

(107) M. du Séjour a publié, en 1776 , un ouvrage sur les Comètes ; il a pour but de rassurer le monde sur les craintes qu'il pourrait avoir d'un nouveau choc d'un de ces corps. Par une précision, par une clarté et une solidité de raisonnemens qui surpassent celle de tous ceux qui ont écrit sur cette matière, il réduit la probabilité à 1/752 730. Déjà M. de Irlande l'avait évaluée, par approximation, à 1/76 000.

(108) St Paul devait, par cette doctrine, attirer à son parti toutes les femmes galantes qui auraient dû subir les épreuves des eaux amères ; n'y aurait-il pas eu communauté de biens et de femmes chez les premiers Chrétiens ? ou cette doctrine ne serait-elle pas une conséquence de l'Histoire d'Abraham, de Sara et de Pharaon , qu'on a rapportée ?

(109) Les critiques disent que la morale évangélique découle de ces doctrines philosophiques, et que c'est des préceptes de l'ancienne Grèce que les Esséniens et les Cénobites tirèrent leurs idées de chasteté.

(110) Voyez des Destinées futures de l'Europe , par d'Herbigny.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 11:13

 Partie intéressante en ce qui concerne le début du christianisme et la façon dont les premiers disciples répandirent l'idée de la Résurection, rejetée par l'élite sacerdotale judaïque...

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

20ème partie

19ème partie

18ème partie

17ème partie

  1ère partie

CHAPITRE XII - suite et fin

L'idée de la résurrection attachée à celle de la fin du monde, était débitée par les philosophes et par les prêtres , aux mêmes époques et au commencement du Christianisme ; ils s'en servaient même pour faire allusion aux grandes catastrophes qui se préparaient dans les Empires ; l'on découvre cette idée dans les Géorgiques de Virgile, lorsqu'il veut représenter allégoriquement les combats dont l'Empire Romain est le théâtre entre César et Pompée ; Lucain, Ovide, Lucrèce parlent de la fin prochaine du monde et l'annoncent également.

Cette idée voyageait de l'orient à l'occident, du sud au nord, et elle se trouve dans St Luc, ch. XXI, et dans St Pierre, Epître II, ch. III et autres, et plus particulièrement
dans l'Apocalypse.

Il paraît que dans l'antiquité on conservait la tradition de la révolution que notre globe avait éprouvée. Des physiciens infatigables dans leurs recherches se sont exposés aux plus grands dangers pour tirer notre siècle de la léthargie des âges précédens. Ils ont étudié l'histoire de notre globe dans son sein ; ils nous ont fait connaître la structure des chaînes immenses de montagnes qui le couvrent de l'une à l'autre de ses extrémités ; ils nous ont mis sous les yeux les différentes couches de la terre, leur nature, leur caractère et situation respectifs qui sont les preuves les plus lumineuses de plusieurs variations auxquelles le globe fut soumis et qui se perdent dans la nuit des temps. Cette terre n'est plus ce qu'elle a été d'abord ; elle a peut-être changé de forme des milliers de fois, et elle changera encore après nous : l'eau, le feu l'ont visiblement travaillée dans ses plus vastes parties. Des inondations, des effervescences, des fusions, des volcans, des tremblemens de terre qui accompagnèrent la confusion de ses élémens, ont haussé, baissé, emporté, déchiré tantôt une partie, tantôt l'autre (98). Il paraît démontré que notre planète a subi quantité de révolutions; tout naturaliste les trouve consignées dans ces couches de coquillages, dans ces couches calcaires, dans ces forêts réduites en charbon de terre que l'on trouve à des profondeurs très-considérables, dans ces quadrupèdes, et ces hommes pétrifiés qu'on trouve dans des rochers énormes. Ces phénomènes effrayans, que les savans de l'antiquité ont dû connaître avant nous, lors de la grande civilisation égyptienne et grecque, les ont persuadés que notre hémisphère fut d'abord submergé, ensuite volcanisé, et que la terre, après toutes les traces de sa haute antiquité, peut subir à tout instant une nouvelle catastrophe imprévue, même par la raison humaine qui se borne à attribuer les commotions antérieures à des comètes et à des déluges.

Ce n'était pas sans raison qu'à ces époques, on cherchait, par un système religieux, à mettre devant les yeux des hommes l'instabilité de ce monde. L'idée et l'esprit de conquêtes et d'invasion dominait les grandes nations. Les philosophes cherchaient à donner des leçons de modération à ces orgueilleux conquérans, en leur faisant voir que l'homme si fier de lui-même et de son séjour, où il a répandu à grands flots le sang de son semblable pour la possession d'un coin de terre, d'un vil métal, est moins assuré de son existence qu'un ver de terre.

L'allégorie
de la résurrection se trouve dans la mythologie grecque, ainsi qu'elle existait en Egypte, comme nous l'avons vu.

Le Phénix ressuscite de ses cendres. Alcyonée, ce fameux géant qui secourut les Dieux contre Jupiter, jeté par Minerve hors du globe de la lune, avait la vertu de se ressusciter.
St Epiphane, pour prouver aux Samaritains la résurrection matérielle des corps, se sert de preuves qui n'admettent pas de réplique ; il les convainct avec deux faits rapportés dans la Sainte-Ecriture; il allègue l'exemple de
Sara qui conçut dans un âge où la femme n'a plus l'espoir d'engendrer. Il cite encore à l'appui dé son opinion, la Verge d'Aaron qui reverdit. Pour nous, il nous manque la subtilité de ce savant Saint-Père, pour concevoir comment il pouvait concilier ensemble l'exemple qu'il rapporte d'une vieille qui eut des enfans, et d'une Verge qui aurait refleuri tout-à-coup, et cela pour expliquer la réunion des cendres dispersées et le rétablissement d'un corps humain pourri et réduit à des débris informes depuis plusieurs siècles. Nous ne savons pas comment on peut lier de telles idées et en tirer une conséquence raisonnable ; il n'y a qu'une foi supérieure qui puisse faire admettre de telles comparaisons.

La légende de St Bruno, instituteur des Chartreux, dit que pendant qu'il vivait assez mondainement, s'adonnant aux plaisirs de la vie, il assistait un jour à l'office des morts fait au cadavre de Raimond, diacre de l'église de Notre-Dame de Paris. Cet office dura trois jours, et chaque fois que le clergé disait : Responde mihi quantas habes iniquitates, le mort ressuscitait pour répondre qu'il était condamné par un juste jugement de Dieu. Cette légende assure que ces résurrections d'un homme mort depuis plusieurs jours avaient conduit Bruno à une vie régulière et chrétienne.

Si on lit les Vies des Saints, si l'on parcourt les cloîtres des cénobites en Espagne, en Italie, on y voit peintes encore de nos jours des résurrections de morts opérées par une infinité de saints. St Benoît, St François, St Pierre, St Antoine, et mêmeSt Nicolas, ressuscitent des morts. La légende de ce dernier évêque fut dernièrement dessinée par Blaisot, et gravée par Renard. On lit au bas de la gravure que ce grand saint calma un orage par ses prières, et qu'il ressuscita même un des matelots mort subitement, et avec lequel il naviguait.

Les incrédules disent que l'introduction de toutes ces résurrections ne sert qu'à infirmer celle de Jésus-Christ ; que ces miracles sont des inepties, des contes forgés à plaisir par des esprits faibles, en contradiction avec l'ordre constant de la nature; et que les hommes, il y a vingt siècles, n'étaient pas plus sorciers que ceux de nos jours. La Judée et les provinces limitrophes de l'Asie — Mineure étaient partagées en une infinité de sectes qui s'étaient élevées après la doctrine de Jésus- Christ. Une des plus répandues était celle de Corinthe et d'Elbion, qui, en admettant la loi mosaïque, s'opposait au dogme de la Trinité, lequel était adopté par une partie des évoques d'Asie. Les Elbioniens et Corinthiens enseignaient simplement que Jésus était le Fils de Dieu, parce que Dieu est le Père de tous les hommes; ils disaient que Jésus était l'homme par excellence, mais ils n'admettaient aucunement sa divinité; ils soutenaient que Jésus étant né de Marie (qui eut plusieurs enfans), ne pouvait aucunement avoir été procréé de toute éternité et exister comme Dieu éternel, Père des hommes ; ils n'admettaient ni les miracles , ni les résurrections que l'on attribuait aux Apôtres et aux Disciples de Jésus.

Le dogme de la résurrection avait fait des progrès prodigieux en Judée ; car Hérode, qui était Roi des Juifs, croyait aussi aux résurrection. Dans les Evangiles, remarque qu'il crut que St Jean - Baptiste, qu'il avait fait décapiter lui-même, était ressuscité dans la personne de Jésus. Les Epîtres et les Actes des Apôtres ne parlent que de morts ressuscités ; les Elbioniens et les Corinthiens s'opposèrent fortement à ces innovations.

A propos de ces dissentions entre ceux mêmes qui suivaient et prêchaient la doctrine de Jésus, on lit dans St Jérôme et dans Royaumont, pag. 324, à l'article de St Jean-Evangéliste, « que Jean, pressé par les évêques d'Asie, fut obligé de parler plus hautement de Jésus-Christ, et d'établir particulièrement sa divinité (99). » St Jean, ne pouvant résister aux prières desdits évêques, leur accorda leur demande, à condition qu'ils imploreraient le secours du Ciel par un jeûne et des prières publiques; après cela, étant plein de Dieu, il établit la divinité du Verbe par les premières paroles de son Evangile, ce que ses prédécesseurs n'avaient pas fait. (Voyez S.Augustin, St Jérôme et Royaumont, édition d'Arthur Bertrand, 1817, aux Evangiles.

Jésus est né, a vécu et est mort Juif; ses Apôtres furent toujours Juifs. Les douze premiers évêques de Jérusalem et les premiers Chrétiens en Judée, en Palestine et en Syrie, étaient mêlés et confondus de manière à ne pas savoir si réellement les Chrétiens faisaient une religion différente ; car la soumission aux cérémonies et lois religieuses juives fut toujours imposée aux Chrétiens par les Apôtres mêmes.

Aux Actes des Apôtres, ch. II, v. 41, 47, on lit que St Pierre, dans un jour, convertit trois mille Juifs étrangers, arrivés dans Jérusalem, et que tous furent trois fois plongés dans le Jourdain, ou baptisés dans un seul jour; mais on lit aussi, loco citato, que tous les jours suivans ces nouveaux Chrétiens, pour accomplir la loi mosaïque, allaient après leur baptême prier Dieu dans le Temple juif de Jérusalem. C'est dans le Temple de Salomon que se rassemblaient également les premiers Chrétiens pour prier.

M. de Potter, dans ses Réflexions sur les Conciles, vol I, pag. 138 et suivantes, observe savamment que Jésus ne s'est jamais expliqué sur la nature de sa divinité; qu'il n'a rien dit à ses Disciples touchant un point aussi intéressant ; qu'en conséquence, ceux-ci ne pouvaient rien nous laisser de positif sur le sujet qui divise l'Europe encore de nos jours. En supposant les Apôtres assez instruits sur cette thèse, ils seraient blâmables de ne pas nous avoir appris si Jésus était un Dieu, et ils devaient nous dire s'ils venaient au nom et de la part de ce Dieu pour nous instruire. Bien des passages dans les Divines-Ecritures sont favorables à cette opinion ; tandis que d'autres, puisées dans les mêmes autorités, lui sont contraires ; ce qui occasionna toutes ces sectes qui nièrent la divinité de Jésus à la naissance du Christianisme, comme on l'a vu d'Elbion et de Corinthus, qui soutenaient que Jésus n'était qu'un homme ordinaire.

Les monumens historiques de Jésus comme être humain sont au nombre de trois : 1° un passage de Joseph, dans ses Antiquités de la Judée, lib. XVIII ch. 3; malheureusement le savant M. Gillet, dans la traduction qu'il donne de cet ouvrage, démontre que ce passage est reconnu pour apocryphe , et pour y avoir été intercallé seulement à la fin du 3e siècle ; 2°une phrase de Tacite, dans ses Anal., lib. XV, ch. 34; mais cette pièce est fautive, elle ne fait que rapporter ce que les Chrétiens disaient devant les tribunaux près desquels ils étaient accusés, et se bornaient à reproduire ce qu'ils avaient appris des Evangiles : ce que les Chrétiens introduisaient alors n'était aucunement fondé sur des écrivains profanes ; mais ces dépositions se réfèrent au troisième monument, qui sont les Evangiles et Actes des Apôtres.

L'homme le plus savant du troisième siècle, Fauste, qui, quoique Manichéen , était Chrétien , s'explique de la sorte sur ces légendes : « Tout le monde sait que les Evangiles n'ont été écrits ni par Jésus-Christ, ni par ses Apôtres, mais longtemps après par des inconnus. »

 Il dit ensuite que ces écrivains, dans la crainte de n'être pas crus en décrivant des événemens dont ils n'avaient pas été les témoins, publièrent ces écrits, du reste trés-édifians, sous le nom d'hommes contemporains à Jésus, ses Apôtres et ses Disciples. Nous avons vu que Royaumont lui-même convenait de l'incertitude qui règne à cet égard. Beausobre, dans son premier tome, et Barigni, dans l'Histoire des Apologistes de la Religion chrétienne, démontrent l'incertitude absolue des bases du Christianisme. Toutes ces fluctuations d'opinions firent dire aux incrédules anciens, que l'existence de Jésus était aussi incertaine que celle d'Osiris, d'Hercule , de Mythras , d'Adon-Hiram , etc. etc

Néanmoins St Justin (Dialog. cum Triphon), et Lactance, liv. II, ch. 8, et liv. IV, ch. 14, qui vivaient du temps de Constantin, ont regardé Jésus comme un envoyé de Dieu même pour enseigner les hommes; qu'il n'y avait qu'un seul Dieu, Jéhovah ; que sa fidélité fut récompensée par Dieu même, qui l'a investi de la dignité de Prêtre perpétuel, avec l'honneur de Roi suprême, avec la puissance de juge; que Jésus avait conservé le nom de Dieu , et que c'est par ce nom, comme le disent plusieurs Pères de l'Eglise, que Jésus opéra tous ses miracles (100)

Les premiers Chrétiens en Judée suivaient en toute rigueur la loi mosaïque; ils voulaient même que tout Chrétien fut circoncis ; mais comme la nouvelle réforme était prêchée aux Gentils, qui, tous ne voulaient pas se soumettre à cette douloureuse amputation, après les doléances des Antiochiens dans le premier Concile des Apôtres, par nous déjà cité, les nouveaux initiés au Christianisme furent exemptés de cette pénible opération; néanmoins on a toujours conservé pour l'initiation chrétienne, la formalité de l'imposition des mains, et celle des jeûnes et prières, comme chez les Egyptiens. Si nous suivons les nouveaux Chrétiens à Rome, sous les premiers Empereurs, la même incertitude nous accompagne. On trouve que leur culte était mêlé à celui des Juifs, et même on peut facilement se persuader que la religion chrétienne, ses mystères et initiations étaient inconnus à Rome ; car ce culte étant prôné par les seuls Juifs, les premiers Chrétiens furent toujours regardés à Rome comme des Sectateurs de Moïse.

Ce sont les Juifs qu'Horace raille sur leur stupidité, Sat. V, v. 100; Juvénal, sur leur superstition et leur crédulité, Sat. VI, v. 546 ; Martial, sur leurs jeûnes, liv. IV, Epig. 4. Ils sont traités de même par Ammien Marcellin et par Perse ; or, il y a toute apparence que, si ces critiques eussent su que les Juifs et leur fraction les Chrétiens formaient deux sociétés religieuses différentes, ils n'auraient pas gardé le silence à ce sujet.

La généralité des historiens de l'Eglise parle toujours des persécutions qu'éprouva le Christianisme dès sa naissance à Rome ; elle garde le silence sur celles qu'éprouvèrent les Juifs.

Ne doit-on pas déduire, d'après ces remarques, que les Chrétiens et les Juifs ne faisaient qu'une et seule société religieuse ? L'Apocalypse même, si on la veut regarder comme œuvre chrétienne, désigne les Chrétiens comme de vrais Juifs. On lit, ch II, § 9 : « Ceux qui se disent Juifs ne le sont point, mais de la Synagogue de Satan. » Selon cette Apocalypse, les Chrétiens par excellence sont les Juifs.

Cet écrit date pour le moins de 70 ans après la mort qu'on donne à Jésus ; si les Chrétiens d'alors n'étaient autre chose que des Juifs, il devait y avoir dans St Jean une ligne de démarcation entre les uns et les autres.

Les Romains, très-tolérans en fait de religion, apportèrent chez eux les cultes des peuples vaincus ; les Divinités égyptiennes avaient des Temples à Rome. L'année 686, Pison et Gabinius, consuls, cherchèrent à l'empêcher : sous l'Edile Agrippa, il fut défendu d'exercer le culte égyptien plus près qu'à 500 pas de la ville et des faubourgs. Sous Tibère, on chercha de nouveau à les détruire ; néanmoins, le culte d'Isis, d'Osiris, d'Anubis, s'établit dans Rome, et grand nombre de lieux publics prirent leurs noms. On nationalisa comme en Grèce ce culte étranger, et l'on habilla ces Divinités à la romaine.

Sous un Isis de M. Boissard, rapporté parMontfaucon, on lisait une inscription latine, qui porte : « Que les Dieux de la République romaine, les gardiens secrets de la ville, par le secours desquels tous les Royaumes ont cédé à l'Empire Romain, soient favorables aux vœux du Pontife. » C'était Isias qui l'avait consacrée à Isis.

Le
Sacerdoce à Jérusalem était en opposition à l'autorité civile, de là devait sortir la réforme prêchée par Jésus et par Jean. Ces mêmes abus se trouvaient aussi à Rome.

Les Empereurs romains, c'est-à-dire, Jules-César et après lui Auguste, ayant senti que le trône et la souveraineté étaient toujours en danger, lorsque l'esprit du peuple est
subordonné à une autorité différente de celle du Souverain, et même plus respectable, en apparence, que l'autorité civile, ces Empereurs crurent, pour leur sûreté , devoir se garantir de cette puissance occulte : le seul moyen était de se mettre eux-mêmes à la tête de ceux (101) qui prêchaient la religion, et qui se disaient les interprètes de la volonté du Ciel. Ces mêmes Empereurs, en s'établissant les Grands-Prêtres, voulurent par la suite s'environner souvent des attributs des Divinités; ils voulurent passer pour saints, pour divins, quelquefois même ils ont prétendu se faire vénérer comme des Dieux, tant à Rome que dans les pays où ils dominaient.

Caligula
avait ordonné que
sa statue fût placée dans le Temple de Jérusalem, pour y être adorée par les Juifs. La loi mosaïque s'y opposait formellement. De crainte que la tranquillité publique ne fût troublée, Agrippa, surnommé le Grand, persuada à Pétrone, gouverneur de Syrie, de représenter les inconvéniens de cette démarche envers un peuple imbu de ses anciens principes religieux ; Caligula se laissa fléchir aux prières du petit-fils d'Hérode et aux raisons de Pétrone.

Néanmoins les Romains, avec le temps ,
élevèrent un Temple à Jupiter dans Jérusalem ; alors les Sacrificateurs et les Lévites qui conservaient toujours leur influence sur le peuple, le soulevèrent contre (102) les Romains sous la domination desquels ils se trouvaient.

Les Israélites,
excités par leurs prêtres, tinrent tête aux Romains ; mais en trois campagnes ils furent exterminés. Il en périt 585 000 ; ceux qui survécurent furent condamnés comme rebelles à la déportation en des contrées lointaines, et vendus comme esclaves. Jérusalem fut de nouveau détruite sous l'Empire de Vespasien, par l'opiniâtreté de ses habitans, soixante-dix ans après le commencement du dogme chrétien.

Sous Adrien, Jérusalem fût rebâtie ; elle changea de nom, on l'appela
Hélia, du nom de l'Empereur ; elle ne fut, depuis ce temps-là , qu'une ville de peu d'importance (103), et les Juifs ne purent s'y rétablir : voilà comment périrent les cérémonies et les mystères établis par Moïse, et que les Grands-Sacrificateurs, les prêtres et les Lévites avaient pratiqués si longtemps en Judée et ailleurs, et qui font la matière de différens livres
de la Bible.

Les Israélites se trouvant sans terre et sans patrie, pour pourvoir à leur existence,
s'adonnèrent de plus en plus au commerce, choisissant pour entrepôts de leurs marchandises les villes les plus riches et les plus peuplées. Là, ceux qui suivaient les nouveaux dogmes les communiquèrent verbalement à leurs enfans avec les mystères, les miracles et la légende de Jésus.

Cette légende n'était
pas uniforme, étant écrite chez différentes nations, ce qui fut l'origine de tant de sectaires qui suivaient différens Evangiles. Suivant la tradition, il en existait cinquante et quelques ; l'Eglise Romaine n'en a adopté que les quatre dont nous avons parlé, quoiqu'il nous soit rapporté qu'avant St Justin, il ne se trouve pas un seul des Pères apostoliques qui ait parlé des Evangiles de Mathieu, Luc, Marc, Jean. Les premiers Patriarches des Chrétiens ne se sont servis et n'ont parlé d'autres Evangiles que de ceux condamnés au feu par Gelase et qui furent reconnus au 4e siècle pour apocryphes après le Concile de Nicée.

Les incrédules se récrient toujours sur
les ténèbres qui enveloppent le commencement de l'ère chrétienne, et précisément dans l'époque la plus voisine de Jésus-Christ, où l'on devait être bien plus à portée que dans la suite de savoir sa vie, sa mort et ses miracles.

Nous respectons les vérités évangéliques, mais nous sommes
forcé de rapporter les versions des critiques qui trouvent que les Evangélistes ne se suivirent pas toujours dans leurs énumérations, et que quelquefois ils se contredisent sur bien des choses, comme sur l'époque de la naissance de Jésus. St Mathieu la donne à la fin du règne d'Hérode, tandis que St Luc la place au temps du dénombrement de Cyrenius, gouverneur de Syrie, qui eut lieu la dixième année du régne d'Archelaus, successeur d'Hérode.

Millius, qu'on regarde comme un des premiers chronologistes, dans un ouvrage qu'il écrivait exprés, fait voir que
les Evangiles restèrent ensevelis dans les lieux qui les virent naître, jusqu'au temps des conquêtes de Trajanus sur les Parthes, et qu'alors, seulement, ils commencèrent à devenir publics (104). Nous avons annoncé qu'il y avait des traces d'environ cinquante Evangiles ; ce fut après le 3e siècle, après qu'on eut établi le canon des Ecritures évangéliques, que St Irenèe, le premier, insinua qu'il fallait s'en tenir à quatre Evangélistes, ni à plus ni à moins ; et comme à ces époques lointaines tous les cultes se référaient au Soleil et aux élémens, St Irenèe regarde ces Evangélistes comme des êtres allégoriques, enfans des mystères égyptiens, symboles relatifs aux vents et aux saisons. Voici comme il s'explique : « Il y a quatre Evangélistes, ni plus ni moins, parce qu'il y a quatre parties du monde et quatre vents principaux ; car, comme l'Eglise est répandue par toute la terre, il faut qu'elle ait quatre colonnes qui la soutiennent. Dieu est assis sur un Chérubin qui a la forme de quatre animaux différens, et les quatre animaux sont la figure de nos quatre Evangélistes (105). »

Il est bien naturel, après ce texte, de conclure que jusqu'à cette époque il y avait plusieurs Evangiles qui étaient suivis par les Chrétiens, et que la manière d'écrire de ce Saint-Père est tout-à-fait allégorique et a même un grand rapport avec les mystères maçonniques du jour. Il parait que St Irenée n'a vu dans les Evangélistes que les quatre animaux des quatre saisons égyptiennes et les quatre vents cardinaux. Il fait asseoir Dieu sur ces quatre animaux, et l'on sait que c'était le Soleil représenté par la constellation de l'Agneau qui présidait à ces quatre animaux ou aux quatre saisons.

L'adoration de Dieu sous l'emblème du Soleil, se conserve encore de nos jours chez des Chrétiens : on le disait après St Irenée (106). (Voyez la Planche II, n.° 15.) C'est une médaille frappée à l'exaltation du royaume d'Espagne de Charles IV, par la Collégiale Major de S. Thomas-d'Acquino, eu 1789. C'est un Soleil qui représente l'Être créateur, protecteur du chapitre.

Vingt-et-unième partie

Notes

97 C'est un fait assez remarquable de trouver même les Disciples de Jésus aussi peu persuadés de sa divinité et de ses miracles, à ces époques et au commencement de la nouvelle religion.

 

 

98 Buffon nous donne le résultat d'une excavation faite par M. Dalibard, dans le terrain de Marly-la-Ville :
Après les premiers,
13 pieds sable calcinable ;
5 pieds après, une marne dure, faisant effervescence avec l'acide muriatique oxigéné ;
4 pieds plus bas , une pierre marneuse, après de la marne en poudre, ensuite du sable fin., de la marne, de la terre, de la marne dure, du gravier ;
23 pieds après, sable fin vitriable avec des coquilles , marne, gravier, marne en poudre, pierre dure, sable et coquilles ;
13 pieds plus profonds, huîtres spondiles non pétrifiées ;
41 pieds plus outre, cinq couches de sables et coquillages;
101 pieds; et en dernier, des cailloux, limailles et du sable.
Par ces derniers, il est indiqué que la mer avait pris place là avant la rivière.
Dans nos montagnes près de Schio, entre Vérone et Vicence, on trouve, à de certaines profondeurs, des corps marins, et des poissons dans la vallée de Bolca ; quelques-uns de nos mers, d'autres qui sont propres à l'Océan du Magellan et de la Chine, et finalement quelques-uns inconnus. L'Océan a séjourné sur nos hautes montagnes : Fortis et Spalanzani ont donné des descriptions très-savantes de l'état de ces montagnes et de ce qu'elles
recèlent.
Autre part, on lit, dans l'Essai sur la Géographie-Minéralogie des environs de Paris, par Cuvier et Brongniart, pag. 1 : « Cette contrée est la plus remarquable par la succession des divers terrains qui la composent, et par les restes extraordinaires d'organisation ancienne qu'elle recèle. Des coquillages marins qui attestent régulièrement des coquillages d'eau douce, des ossemens d'animaux terrestres entièrement inconnus , même par leur genre, remplissent certaines parties. Des ossemens d'espèces considérables par leur grandeur, et dont on trouve des espèces dans des pays fort éloignés , sont épars dans les couches les plus superficielles; des caractères très-marqués d'une grande irruption venue du sud-est, sont empreints dans les formes des caps et des collines. Voilà de grands documens pour nous instruire sur les grandes révolutions qui ont terminé la formation de nos continens. »
Ces mêmes minéralogistes donnent les différons bancs de Montmartre. Trois bancs sable un peu quarcueux, coquilles, marines et balanes, dont on a reconnu 14 espèces ; plus, un banc argilleux, un marne calcaire et un marne argilleux de la surface de la terre à 28 mètres.
Ensuite différens bancs avec débris de crabes, de coquilles à 23 m.
A la suite il y a trois masses gypseuses :
1ere Masse .Gypse marneux et marne calcaire. Dans ces couches on a trouvé un tronc de palmier pétrifié, d'un volume considérable à 18 m.

2e Masse. Huit bancs gypse. Après une couche de marne argilieuse, verdâtre, qui a 10 m.
Elle ne contient aucune trace du séjour des eaux maritimes ; elle n'offre non plus de productions d'eau douce.
3e Masse. Gypseuse, 31 bancs, au 18, il y a le témoignage le plus authentique de la présence de l'eau de la mer : dans un banc de marne calcaire, il y a un grand nombre de coquilles, des oursins, des débris de crabes et d'un polypier rameux ; toutes productions maritimes : on n'a pas donné le résultat de cette profondeur.
Il n'entre pas dans notre sujet de mentionner tous les animaux que M. Cuvier a déterrés et découverts, et dont les espèces sont perdues ; nous nous bornerons à parler un instant des carrières de Paris qui se trouvent placées dans un sol inférieur à Mont-Rouge.
Dans ces carrières on trouve les bancs ci-après :
 BANCS.                                        NATURE.                                              ÉPAISSEUR.
met. c.
1.                    Terre végétale argilleuse, sableuse, sable quarceux.             2m 50
2.                   Marne gypseuse, coquilles                                                         1m 95
3.                   Marnes syliciteuses spaliques sans coquilles. . .                        5m 10
4.                   Marnes calcaires, à coquilles marines                                       2m 95
5.                   Pierre calcaire, marnes à coquilles                                          16m 00
6.                   Glaise ou argile plastique                                                         10m 50
7.                   Craie, chaux, charbonatie vaseuse de formation marine          40m
                                                                                                         Total             79m
Il résulte de ces notions qui offrent sur la profondeur des couches supérieures de Montmartre et de Mont-Rouge, qu'à trois époques séparées entr'elles par des milliers de siècles, l'Océan a successivement inondé cette partie du globe ; c'est une vérité que les géologues, dans le dernier siècle, ont commencé à découvrir, et la terre conserve dans ses entrailles la plus ancienne chronique du Monde et la moins suspecte. C'est dans son sein qu'il faut chercher les lumières que la Bible et l'histoire nous refusent.

99 Une grande partie de Chrétiens et de ceux qui ne professent pas la religion de Rome, s'appuient de ce texte pour soutenir que la divinité de Jésus fut établie par St Jean-Evangéliste, bien longtemps après la mort de notre Divin Maître.

100 Voilà, dans les mystères maçonniques, une des causes de la recherche de la parole sacrée conservée par Jésus. D'après ce système, on ne doit plus être surpris que les Maçons attachent tant d'importance aux differens noms du Dieu des Hébreux.

(101) II est étonnant que les Princes européens du jour, instruits par tant d'autorités irréfragables, semblent ignorer combien de fois des Souverains ont été renversés du trône, non par la vraie religion de Jésus, mais bien par la superstition et l'abus du pouvoir théocratique élevé contre le pouvoir légitime, et qu'ils n'aient pas eu la politique des Rois perses, égyptiens et éthiopiens, des Empereurs de la Chine et du Thibet, où la dignité de chef de l'Empire fût réunie à celle de Souverain-Pontife.

(102) Un écrivain , peut-être partisan des Juifs, attribue la cause de cette révolution à l'avarice et à la cruauté de Florus , gouverneur de la Judée.

(103) De nos jours , Jérusalem est peuplée de 30 000 Turcs, et de 20 000 Hébreux, Chrétiens d'Europe , Grecs, Arméniens, etc.

(104) Il paraît que l'examen des Evangiles de nos jours a produit bien des controverses. Voici l'extrait du Manifeste de la Société de l'Evidence chrétienne établie à Londres :

A tous les Ecclésiastiques , Ministres et Prédicateurs de l'Evangile.


Les évidences de la religion chrétienne, comme elles sont indiquées par Paley, Watson, Loslie et Doddrige, y ont été examinées avec calme et impartialité. Des ecclésiastiques de toute croyance chrétienne y ont été invités pour coopérer et prendre part aux discussions, et ont été solennellement requis de donner les motifs de leur foi, et de permettre qu'il leur soit adressé des questions pour être répliqué de suite à leur réponse relativement aux graves et importantes matières sur lesquelles tout homme a droit d'aspirer à être convaincu. Les opinions de vos compatriotes assemblés jusqu'à ce jour ont établi à la presqu'unanimité que les argumens employés jusqu'à présent en faveur du Christianisme, ont été faux et sophistiques ; que le révérend secrétaire de cette Société, en réfutant ces argurmens et sophismes, a complètement démontré :

1° Que les écritures du Nouveau-Testament ne sont pas les œuvres des personnes dont elles portent le nom ;

2° Qu'elles n'ont pas paru aux époques qu'elles indiquent ;

3° Que les personnes dont elles font mention n'ont jamais existé.

Les lumières qui éclairent aujourd'hui le genre humain font apercevoir que les prédicateurs de l'Evangile n'y croient pas eux-mêmes , et cela nous est d'autant plus démontré, que ces ministres n'osent pas prendre la défense de leur religion ailleurs que dans la chaire de leurs Temples, où ils sont bien assurés de ne rencontrer ni discussion , ni contradiction, et où ils peuvent s'adresser, sans aucun danger, à une portion d'auditeurs qui se trouvent heureux de rester ignorans et trompés. C'est pourquoi vous êtes de nouveau respectueusement invités à venir vous défendre de cette accusation publique et sincère que nous vous portons ; de venir justifier les vérités de l'Evangile que vous professez, et de faire connaître au peuple, qui ne veut plus être abusé par des apparences de dévotion , ni par la présomption de l'infaillibilité, qu'on établit comme puissante raison pour croire à une révélation écrite. »
A cet effet, votre présence aux assemblées de cette Société sera vue avec plaisir, vos argumens y seront entendus avec attention et déférence ; comme aussi votre absence sera interprêtée comme l'abandon d'une mauvaise et méchante cause, et comme l'aveu de votre conviction que l'Evangile n'est pas susceptible d'être défendu par des moyens raisonnables. »

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 00:25

 

 

 

LA COSMOGONIE DE MOYSE

Selon Fabre d'Olivet

Traduction des 10 premiers chapitres de la Genèse,

et de ses 243 versets

5ème et dernière partie

4ème partie 

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Chapitre IX

La restauration cimentée

 

1. Ensuite, il bénit, LUI-les-Dieux, l'existence de Noé, et celle des êtres émanés de lui, et il leur dit fructifiez et multipliez-vous, et remplissez entièrement l'étendue terrestre.

2. Que la splendeur éblouissante, que l'éclat terrifiant qui vous entourera, frappe de respect l'animalité entière, depuis l'oiseau des régions les plus élevées jusqu'au reptile qui reçoit le mouvement originel de l'Élément adamique, et jusqu'au poisson des mers : sous votre puissance ils sont tous également mis.

3. Usez pour aliment de tout ce qui possède en soi le principe du mouvement et de la vie : je vous l'ai donné sans exception de même que l'herbe verdoyante :

4. Mais quant à la substance corporelle qui possède en son âme même le principe homogène de son assimilation sanguine, vous n'en ferez pas aliment :

5. Car je poursuivrai la vengeance de cette assimilation sanguine, dont le principe réside en vos âmes, de la main de tout être vivant ; j'en poursuivrai la vengeance et de la main de l'Homme universel, et de la main de son frère, l'homme individualisé par son principe volitif ; je leur demanderai compte à l'un et à l'autre, de cette âme adamique.

6. Celui qui répandra l'assimilation sanguine d'Adam, l'Homme universel, verra son sang répandu par le moyen même d'Adam : car c'est en son ombre universellement réfléchie, que LUI-les-Dieux a fait l'existence d'Adam, l'Homme universel.

7. Et vous, existence universelle, fructifiez et multipliez-vous, propagez-vous sur la Terre, et étendez-vous en elle.

8. Ensuite, l'Être des êtres, déclarant sa volonté à Noé et aux êtres émanés de lui, leur dit :

9. Voici que, selon ma promesse, je vais établir substantiellement ma force créatrice en vous, et en la postérité à naître de vous, après vous.

10. Je vais l'établir également en toute âme de vie qui se trouvait avec vous, tant volatile que quadrupède ; en toute l'animalité terrestre, en tous les êtres enfin issus de la Thebah, selon leur nature animale et terrestre.

11. Je la ferai exister en vous, cette Loi créatrice, dans l'ordre corporel ; en sorte que l'eau de la grande intumescence ne pourra plus, comme autrefois, briser la forme corporelle et la détruire, ni causer encore un déluge qui oppresse la Terre et la dégrade entièrement..

12. Et il ajouta, LUI-les-Dieux : voici le signe caractéristique de cette Loi créatrice que j'établis entre moi et entre vous, et entre toute âme vivante : Loi pour jamais inhérente en vous, dans les âges de l'immensité des temps.

13. Cet arc que j'ai mis dans l'espace nébuleux, sera le signe caractéristique de cette force créatrice existante entre moi et la Terre.

14. Lorsque j'obscurcirai la Terre et que je la couvrirai de nuages, cet arc paraîtra dans l'espace nébuleux.

15. Je me rappellerai cette Loi créatrice établie entre moi et entre vous, et entre toute âme vivante, en toute corporéité : et il n'y aura point une révolution nouvelle des eaux de la grande intumescence, pour la suppression entière de la substance corporelle.

16. Cet arc, paraissant dans l'espace nébuleux, je le considérerai en mémoire de la Loi créatrice établie pour l'immensité des temps entre l'Être des êtres et toute âme de vie, et toute forme corporelle existante sur la Terre.

17. Ensuite, il dit de nouveau, LUI-les-Dieux : voici le signe de la force créatrice que j'ai fait exister substantiellement entre moi et entre toute forme corporelle existante sur la Terre.

18. Or, tels avaient été les enfants de Noé, repos de la Nature élémentaire sortant de la Thebah, l'enceinte sacrée : Shem, ce qui est élevé et brillant ; Cham, ce qui est courbe, incliné, obscur et chaud ; et Japheth, ce qui est étendu : et ce fut Cham, lui-même, qui fut le père de Chanaħan, l'existence physique et matérielle.

19. Ainsi les êtres émanés de Noé, par qui la Terre fut partagée, furent donc au nombre de trois.

20. Ce fut Noé, qui, dégageant avec effort le principe volitif intellectuel, de l'Élément adamique, le rendit à la liberté, et cultiva les productions élevées de la spiritualité.

21. Mais s'étant trop abreuvé de l'esprit de cette production, il enivra sa pensée, et dans son exaltation, se révéla au centre même et dans le lieu le plus secret de son tabernacle.

22. Et Cham, père de l'existence physique et matérielle, ayant considéré les mystères secrets de son père, les divulgua à ses deux frères, et les profana à l'extérieur.

23. Alors Shem prit avec Japheth, le vêtement de gauche, et l'ayant élevé au-dessus d'eux, ils allèrent à reculons en couvrir les mystères secrets de leur père : en sorte que, comme ils avaient le visage tourné en arrière, ils ne virent pas ces mystères qui devaient leur rester cachés.

24. Cependant Noé, étant sorti de son ivresse spiritueuse, connut ce qu'avait fait le moindre de ses enfants.

25. Et il dit : maudit soit Chanaħan l'existence physique et matérielle ; il sera le serviteur des serviteurs de ses frères :

26. Et béni soit IHÔAH, LUI-les-Dieux de Shem ; et que Chanaħan soit le serviteur de son peuple.

27. Qu'il étende, LUI-les-Dieux, l'étendue de Japheth, et le fasse habiter dans les tabernacles de Shem, l'élévation brillante ; et que Chanaħan, l'existence physique et matérielle, le serve lui et son peuple.

28. Or, Noé, exista encore après la grande intumescence des eaux, trois centaines entières de mutation temporelle, ontologique, et huit décuples de mutation.

29. Ainsi les périodes lumineuses de Noé, le repos de la Nature élémentaire, furent ensemble au nombre de neuf centaines de mutation temporelle, et de huit décuples de mutation ; et il passa.

 

Chapitre X

La puissance agrégative et formatrice

 

1. Maintenant Voici quelles furent les générations caractéristiques des enfants de Noé, repos de la Nature élémentaire : Shem, Cham, et Japheth ; et les productions émanées d'eux, après la grande intumescence des eaux.

2. Or, les productions émanées de Japheth, l'Étendue absolue, furent : la Cumulation élémentaire ou la force agrégative, l'Élasticité, la Divisibilité, la Ductilité générative, la Diffusibilité, la Perceptibilité, et la Modalité ou la faculté de paraître sous une forme déterminée.

3. Et les productions émanées de la Cumulation élémentaire, furent : le Feu latent ou le calorique, la Rarité ou la cause de l'expansion, et la Densité ou la cause de la corporisation universelle.

4. Et les productions émanées de la Ductilité générative, furent : la Force délayante et pétrissante, et le Principe sympathique des Répulsions et des Affinités naturelles.

5. C'est au moyen de ces deux dernières facultés, l'une répulsive, et l'autre attractive, que les centres de volonté, furent différenciés sur la Terre, dans les corps organisés tant particuliers que généraux, intelligibles ou naturels.

6. Et les productions émanées de Cham, l'inclinaison ténébreuse et chaude, furent : la Force ignée ou la combustion, les Facultés subjuguantes et captivantes, la Mofete ou l'azote, et l'Existence physique et matérielle.

7. Et les productions émanées de la Force ignée, furent : l'Humide radical, cause universelle de toute sapidité, l'Énergie naturelle, le Mouvement déterminant ou la cause, le Tonnerre, et le Mouvement déterminé ou l'effet. Le Tonnerre enfanta à son tour, la Réintégration des principes, et l'affinité élective ou l'Électricité.

8. Et la Force ignée donna aussi naissance au Principe de la Volonté désordonnée, principe de rébellion, d'anarchie, de despotisme, de toute puissance, tant particulière que générale, n'obéissant qu'à sa propre impulsion : lui qui fit de violents efforts pour être le dominateur de la Terre.

9. Lui qui, superbe adversaire aux yeux de IHÔAH, donna lieu à ce proverbe : semblable au Principe de la volonté anarchique, superbe adversaire aux yeux de IHÔAH.

10. Or, l'origine de son empire fut au sein des Révolutions civiles, la Vanité, la Mollesse ou le relâchement des mœurs, l'Isolement ou l'égoïsme, et l'Ambition ou le désir de tout posséder.

11. Mais ce fut du sein de ces mêmes Révolutions civiles, que sortit le Principe harmonique, le Principe éclairé du gouvernement, l'ordre, le bonheur résultant de ce principe ; lequel établit ce qui concerne l'accroissement extérieur, la Colonisation, l'éducation de la jeunesse ; et ce qui concerne les Institutions intérieures de la Cité ; et ce qui concerne le perfectionnement des lois, le rassemblement des vieillards, le Sénat :

12. Et ce qui concerne la Puissance législative, ou les Rênes du gouvernement, placée entre la force extérieure et intérieure, l'action et la délibération, la jeunesse et le sénat : Puissance très-grande, et boulevard de la société.

13. Cependant les Facultés subjuguantes et captivantes, nées de la Force ignée, produisirent l'existence des Propagations physiques, celle des Appesantissements matériels, celle des Exhalaisons enflammées, et celle des Cavernosités.

14. Elles produisirent aussi le principe des Brisures infinies, et celui des Épreuves expiatoires, d'où sortirent les Rejetés et les Convertis.

15. Et l'Éxistence physique et matérielle produisit l'Insidieux adversaire ou la Ruse, son premier né, et l'Affaissement moral ou l'avilissement.

16. Elle produisit aussi les Refoulements intérieurs, les Exprimations extérieures, et les Remâchemens réitérés :

17. Elle donna naissance aux Vies animales, aux Passions brutales, aux Passions haineuses :

18. Elle enfanta enfin, les Ardeurs du butin, la Soif du pouvoir, et l'Avarice insatiable : ensuite ses tribus furent dispersées.

19. Or, voici les limites générales qu'atteignirent les émanations de l'Existence physique et matérielle, depuis la naissance de l'Insidieux adversaire : à force de convulsion intestine, elles parvinrent à l'affermissement de leur empire : à force de détours obscurs, d'intrigues, de sourdes menées, de tyrannie, d'insensibilité et de guerres, elles devinrent le gouffre des richesses.

20. Voilà tous les enfants de Cham, ce qui est courbe, incliné, ténébreux et chaud ; selon leurs tribus, leurs langues, leurs régions, leurs organisations diverses.

21. Et voici quels furent ceux de Shem, l'élévation brillante, frère aîné de Japheth, l'Étendue absolue ; auquel il fut accordé d'être le père de toutes les productions ultra-terrestres.

22. Or, les productions émanées de Shem, furent donc : la Durée infinie ou l'Éternité ; le Principe du pouvoir légal, et l'ordre immuable, l'harmonie, la béatitude qui en résultent ; le Principe médiateur de la Providence, la Propagation intellectuelle, et l'Universelle Élémentisation :

23. Et les productions émanées de l'Universelle Élémentisation, furent : la Substantiation, le Travail virtuel, la Pression abondante, et la Récolte des fruits spirituels.

24. Et le Principe médiateur de la Providence donna naissance à l'émission active : et l'Émission active ou la grâce divine, produisit ce qui est Ultra-terrestre ; c'est-à-dire, ce qui passe au de là de ce Monde.

25, Or, il fut accordé à ce qui est Ultra-terrestre, de générer deux enfants. Le premier reçut le nom de Pheleg, c'est-à-dire la dialection, la classification ; à cause que ce fut à l'époque de son apparition que la Terre fut divisée en différentes classes : et le second fut appelé Jaktan, c'est-à-dire l'Atténuation ou la réduction en atomes spirituels.

26. Et la Réduction en atomes spirituels, donna l'existence à la Mensuration probatoire et divine, à l'Émission réfléchie, à la Scission opérée par la mort, à la Manifestation radieuse et fraternelle ou la Lune.

27. Cette Atténuation spirituelle produisit la Splendeur universelle, le Feu épuré et divin, la Raréfaction éthérée et sonore :

28. Elle enfanta l'Orbe infini, le Père de la Plénitude, et la Réintégration ou la Rédemption :

29. Et enfin, elle fut l'origine de la Fin Élémentaire, de la Vertu éprouvée, et de la Jubilation céleste.

30. Et tel fut le cours et le lieu de la Réintégration de ses produits, depuis l'époque de la Récolte des fruits spirituels, à force de travail d'esprit, jusqu'au principe générateur de l'Antériorité des Temps.

31. Voilà tous les enfants de Shem, ce qui est direct, élevé, sublime et brillant ; selon leurs tribus, leurs langues, leurs régions, leurs organisations diverses.

32. Voilà les tribus entières des Enfants de Noé, repos de l'Existence élémentaire, selon leurs générations caractéristiques, et leurs organisations constitutionnelles ; et c'est par leur moyen que les organisations particulières et générales ont été diversifiées sur la Terre, après la grande intumescence des eaux.

FIN DU LIVRE

 

 

 

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 00:22

 

 

 

LA COSMOGONIE DE MOYSE

Selon Fabre d'Olivet

Traduction des 10 premiers chapitres de la Genèse,

et de ses 243 versets.

4ème partie

 

3ème partie

2ème partie

1ère partie

 

Chapitre VII

La consommation des choses

Tableau de Boris Vallejo

 

 

 

 

1. Ensuite, IHÔAH dit à Noé : viens toi ! et tout l'intérieur à toi, en la Thebah, l'asile mutuel ; car ta nature s'est montrée juste à mes yeux en cet âge de perversion.

2. Prends, du genre quadrupède, sept couples de chaque espèce pure, chaque couple composé du principe et de sa faculté volitive efficiente : et deux couples de chaque espèce non pure, chaque couple également composé du principe et de sa faculté volitive efficiente.

3. Prends aussi du genre volatile des cieux, sept couples de chaque espèce, mâle et femelle, afin d'en conserver l'existence sementielle sur la Terre.

4. Car, dans la septième période actuelle des manifestations phénoméniques, moi-même je vais faire mouvoir l'élément aqueux sur la Terre, quatre décuples de jour, et quatre décuples de nuit ; afin d'effacer entièrement de l'Élément adamique cette Nature substantielle et plastique que j'y ai faite.

5. Et Noé se conforma avec exactitude à tout ce que lui avait sagement recommandé IHÔAH.

6. Or, Noé était fils de six centaines entières de mutation temporelle ontologique ; c'est-à-dire, qu'il en émanait comme repos de la Nature élémentaire, lorsque la grande intumescence des eaux commença d'avoir lieu sur la Terre.

7. Et Noé, accompagné des être émanés de lui, de sa faculté volitive efficiente, et des facultés physiques dépendantes de ses productions, alla vers la Thebah, la demeure mystérieuse, afin d'éviter les eaux de la grande intumescence.

8. Du genre quadrupède pur, et du genre quadrupède non pur, et du genre volatile, et de tout ce qui est animé d'un mouvement reptiforme sur l'Élément adamique

9. Les couples de toute espèce se rendirent vers Noé, le repos de l'existence, en l'asile mutuel de la Thebah, mâle et femelle, selon ce qu'avait sagement recommandé l'Être des êtres.

10. Ainsi ce fut à la septième des manifestations phénoméniques, que les eaux de la grande intumescence furent sur la Terre.

11. Dans la mutation ontologique des six centuples de mutation des vies de Noé, en la seconde Néoménie, en la dix-septième période lumineuse de cette Néoménie, en ce jour même, furent ouvertes toutes les sources de l'abîme potentiel, furent déliées dans les Cieux les forces multiplicatrices des eaux livrées à leur propre mouvement de dilatation.

12. Et la chute de l'atmosphère aqueuse, tombant en masse et sans discontinuité sur la Terre, fut de quatre décuples de jour, et de quatre décuples de nuit.

13. Dans le principe même de cette septième manifestation phénoménique, Noé, le repos de l'existence élémentaire, s'était retiré ainsi que Shem, l'élévation brillante, et Cham, l'inclination ténébreuse, et Japheth, l'espace étendu, productions émanées de lui, sa faculté volitive efficiente, et les trois facultés physiques de ses productions, vers la Thebah ; l'enceinte mutuelle, la place de refuge.

14. Et avec eux, la Vie entière de la Nature animale, selon son espèce ; tout quadrupède, tout reptile rampant sur la terre, tout volatile ; chacun selon son espèce : tout être courant, tout être volant

15. Tous, couple à couple, s'étaient rendus auprès de Noé, en la Thebah, de quelque forme qu'ils fussent, possédant en soi le souffle des Vies :

16. S'avançant ensemble mâle et femelle, de toute figure extérieure, dociles à suivre le mouvement imprimé par l'Être des êtres, et dont IHÔAH marqua la conclusion par son éloignement.

17. Cependant la grande intumescence continuant d'avoir lieu sur la Terre, quatre décuple de jour, les eaux grossirent de plus en plus et portèrent dans leur sein la Thebah, exhaussée au dessus de la Terre.

18. Elles envahirent, elles dominèrent la Terre entière ; elles s'y multiplièrent en tout sens ; tandis que, suivant tous leurs mouvements, la Thebah flottait à la face des ondes.

19. Les eaux prévalurent enfin, selon tonte l'étendue de leurs forces, et tellement que les montagnes les plus élevées qui se trouvent sous les cieux, en furent couvertes.

20. Elles dominèrent au-dessus de leurs sommets de cinq et un décuple de mesure-mère, et couvrirent entièrement les montagnes.

21. Ainsi fut dissoute et s'évanouit, toute forme corporelle se mouvant sur la Terre, dans l'oiseau et dans le quadrupède, et dans l'existence animale, et dans la Vie originelle et vermiforme, issue de la Terre, et dans tout l'Homme universel, tout Adam !

22. Tout ce qui possédait une essence émanée de l'esprit des Vies dans sa compréhension spirituelle, atteint par le fléau destructeur, passa.

23. La trace même de la nature substantielle et plastique fut effacée de l'Élément adamique, depuis le règne hominal jusqu'au quadrupède, depuis le reptiforme jusqu'à l'oiseau des cieux : et tous ces êtres, également effacés, disparurent de la Terre. Il ne resta que Noé seul, le repos de la Nature élémentaire, et ce qui était ensemble lui dans la Thehah, la retraite sacrée.

24. Et les eaux prévalurent sur la Terre, et y dominèrent cinq décuples et une centaine de périodes lumineuses.

 

 

Chapitre VIII –

L'entassement des espèces

 

 

1. Mais il se souvint, LUI-les-Dieux, de l'existence de Noé, et de celle de la vie animale, et de tout le genre quadrupède, renfermés ensemble dans la Thebah, cet asile sacré ; et il fit passer de l'Orient à l'Occident, un souffle sur la Terre qui réprima la dilatation des eaux.

2. Les sources de l'abîme potentiel indéfini furent fermées, les forces multiplicatrices des eaux s'arrêtèrent dans les cieux ; et l'atmosphère aqueuse tombant en masse, s'épuisa.

3. Agitées d'un mouvement périodique de flux et de reflux, les eaux balancées sur la Terre, revinrent enfin à leur premier état : elles se retirèrent en elles-mêmes au bout de cinq décuples et une centaine entière de périodes lumineuses.

4. Et dans le septième renouvellement lunaire, au dix-septième jour de ce renouvellement, la Thebah s'arrêta sur les hauteurs de l'Ararat ; C'est-à-dire, aux premières lueurs du cours réfléchi de la lumière.

5. Mais les eaux, toujours agitées d'un flux et reflux continuel, furent en proie à ce double mouvement de se porter en avant et de se retirer en elles-mêmes, jusqu'au dixième renouvellement lunaire. Ce ne fut que le premier de cette dixième Néoménie, que parurent les prémices des éléments, les principes des enfantements naturels, les sommets des montagnes.

6. Là se terminèrent les quatre décuples de jour ; et Noé, dégageant la lumière qu'il avait faite à la Thebah,

7. Lâcha l'Erebe, l'obscurité occidentale, qui, prenant un mouvement alternatif de sortie et de rentrée, suivit et suivra ce mouvement périodique jusqu'à l'entier dessèchement des eaux de dessus la Terre.

8. Ensuite, il laissa aller d'avec lui, l'Iônah, la force plastique de la Nature ; afin de reconnaître si les eaux s'allégeaient sur la face de l'Élément adamique.

9. Mais l'Iônah ne trouvant point de lieu de repos pour communiquer son action génératrice, revint vers lui, vers la Thebah, parce que les eaux occupaient encore toute la surface terrestre : il déploya donc sa puissance, et l'ayant retirée, la fit venir à lui vers la Thebah.

10. Et lorsqu'il eut attendu un septenaire d'autres périodes lumineuses, il émit de nouveau l'Iônah hors de la Thebah.

11. Mais elle ne revint à lui, cette faculté plastique de la Nature, qu'au temps même de l'Erebe, telle qu'une colombe fuyant le noir corbeau : une sublimation de l'essence ignée avait été saisie par sa faculté conceptive ; en sorte que Noé reconnut à ce signe que les eaux s'étaient allégées sur la Terre.

12. Néanmoins il attendit encore un septenaire d'autres jours, après lesquels il émit de nouveau l'Iônah ; mais cette faculté génératrice étant sortie, ne revint plus vers lui.

13. Ce fut donc dans l'unité et six centaines de mutation temporelle, dans le principe principe, au premier du renouvellement lunaire, que les eaux se défirent et s'usèrent sur la Terre : alors Noé élevant le faite de la Thebah, considéra, et vit qu'en effet, les eaux s'étaient séparées et défaites à la surface de l'Élément adamique.

14. Ainsi la Terre étant séchée au second renouvellement lunaire, au vingt-septième jour de ce renouvellement,

15. Il parla, LUI-les-Dieux, à Noé, disant :

16. Sors de la Thebah, toi ! et ensemble avec toi, ta faculté volitive efficiente, tes productions émanées, et les facultés physiques de tes productions.

17. Et fais sortir ensemble toi, toute Vie animale, de toute forme corporelle, en oiseau, en quadrupède, en toute sorte de reptile serpentant sur la Terre : qu'ils y pullulent, y fructifient, y multiplient en abondance.

18. Noé sortit donc de la Thebah, lui et les productions émanées de lui, sa faculté volitive, et les facultés physiques de ses productions ; ensemble lui.

19. Toute l'espèce animale, reptiforme ou volatile, tout ce qui se meut d'un mouvement contractile sur la Terre ; ces êtres divers se produisirent hors de la Thebah, selon leurs tribus diverses.

20. Alors Noé édifia un autel à IHÔAH, et prenant de toute espèce pure de quadrupède, et de toute espèce pure d'oiseau, il fit exhaler vers les cieux une exhalaison sainte de ce lieu de sacrifice.

21. Et IHÔAH, respirait l'esprit odorant de cette suave offrande, dit au fond de son cœur ; Je ne maudirai plus désormais l'Élément adamique dans le seul rapport d'Adam ; car le cœur de cet être universel a, conçu le mal dès ses premières impulsions. Je ne frapperai pas non plus toute l'existence élémentaire aussi violemment que je l'ai fait.

22. Pendant que les périodes lumineuses se succéderont sur la Terre, la sémence et la récolte, le froid et le chaud, l'été et l'hiver, le jour et la nuit, ne cesseront point de s'entresuivre.

Cinquième partie

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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 23:38

 

LA COSMOGONIE DE MOYSE

Selon Fabre d'Olivet

Traduction des 10 premiers chapitres de la Genèse,

et de ses 243 versets.

3ème partie

2ème partie

1ère partie

 

Chapitre V

 La compréhension facultative

 

1. Ceci est le Livre des caractéristiques générations d'Adam, l'Homme universel, dès le jour où le créant, LUI-les-Dieux, suivant les lois de son action assimilante, il en détermina l'existence potentielle :

2. Le créant d'une manière collective mâle et femelle, cause et moyen ; le bénissant sous ce rapport collectif, et lui donnant le nom universel d'Adam, au jour même où il l'avait universellement créé.

3. Or, Adam existait depuis trois décuples et une centaine de mutations ontologiques temporelles, lorsqu'il lui fut accordé de générer, au moyen de sa faculté assimilatrice, en son ombre réfléchie, un être émané auquel il donna le nom de Sheth, comme étant destiné à être la base et le fond même des choses.

4. Et les périodes lumineuses d'Adam, après qu'il lui eut été accordé de produire l'existence de Sheth, furent au nombre de huit centaines de mutation ; et il produisit d'autres êtres émanés.

5. Ainsi, le nombre total des périodes lumineuses d'Adam, pendant lesquelles il exista, fut de neuf centaines entières et de trois décuples de mutation ontologique temporelle ; et il passa.

6. Cependant Sheth, la base des choses, existait depuis cinq mutations temporelles et une centaine de mutation, lorsqu'il généra Ænôsh, l'être muable, l'homme corporel.

7. Et Sheth exista encore après cette génération, sept mutations temporelles et huit centaines entières de mutation ; et il produisit d'autres êtres émanés.

8. Or, les périodes lumineuses pendant lesquelles Sheth exista, furent ensemble au nombre de deux mutations temporelles, un décuple et neuf centaines entières de mutation ; et il passa.

9. Cependant Ænôsh, l'homme corporel existait depuis neuf décuples de mutation temporelle, lorsqu'il produisit l'existence de Kaînan, c'est-à-dire celui qui s'approprie, qui envahit, qui enveloppe la généralité des choses.

10. Et Ænôsh exista encore après cette génération, cinq mutations temporelles, un décuple et huit centaines entières de mutation ; et il produisit d'autres êtres émanés.

11. Ainsi le nombre total des périodes lumineuses d'Ænôsh, s'éleva à cinq mutations temporelles, et neuf centaines entières de mutation ; et il passa.

12. Cependant Kaînan, l'envahissement général, existait depuis sept décuples de mutation temporelle lorsqu'il produisit l'existence de Mahollâel, l'exaltation puissante, la splendeur.

13. Et Kaînan exista encore, après cette génération, quatre décuples de mutation temporelle, et huit centaines entières de mutation ; et il produisit d'autres êtres émanés.

14. Or, les périodes lumineuses de Kaînan, furent ensemble au nombre de dix mutations temporelles, et de neuf centaines entières de mutation ; et il passa.

15. Cependant Mahollâel, l'exaltation puissante, la splendeur, existait depuis huit mutations et six décuples de mutation temporelle, lorsqu'il généra Ired, le mouvement persévérant en exaltation ou en dégénérescence.

16. Et Mahollâel exista encore après cette génération, trois décuples de mutation temporelle, et huit centaines entières de mutation ; et il produisit d'autres êtres émanés.

17. Ainsi le nombre total des périodes lumineuses de Mahollâel, l'exaltation glorifiée, fut de cinq mutations temporelles, de neuf décuples, et de huit centaines entières de mutation ; et il passa.

18. Cependant Ired, le mouvement persévérant, avait existé pendant deux mutations temporelles, six décuples, et une centaine entière de mutation lorsqu'il produisit l'existence de Ħenôch, le mouvement de centralisation et de contrition, qui rend stable et consolide le bien ou le mal.

19. Or, Ired exista encore après cette génération, huit centaines entières de mutation temporelle ; et il produisit d'autres êtres émanés.

20. Ainsi toutes les périodes lumineuses d'Ired, le mouvement persévérant en exaltation ou en dégénérescence, furent au nombre de deux mutations temporelles, six décuples et huit centaines entières de mutation ; et il passa.

21. Cependant Ħenôch, le mouvement de centralisation, avait déjà existé pendant cinq mutations temporelles et six décuples, lorsqu'il produisit l'existence de Methoushalê, l'émission de la mort.

22. Or, Ħenôch, mouvement de contrition et sentiment de pénitence, suivit constamment les traces d'Ælohîm, LUI-les-Dieux, après cette génération, et il produisit d'autres êtres émanés.

23. Et le nombre de ses périodes lumineuses fut de cinq mutations temporelles, six décuples, et trois centaines de mutation.

24. Comme il continua toujours à suivre les traces d'Ælohîm, LUI-les-Dieux, il cessa d'exister sans cesser d'être ; car, l'Être des êtres le retira à LUI.

25. Cependant Methoushalê, le trait de la mort, existait depuis sept mutations temporelles, huit décuples, et une centaine entière de mutation, lorsqu'il produisit l'existence de Lamech, le nœud qui lie la dissolution, et l'arrête.

26. Or, Methoushalê exista encore, après cette génération, deux mutations temporelles, huit décuples, et sept centaines entières de mutation ; et il produisit d'autres êtres émanés.

27. Ainsi les périodes lumineuses de Methoushalê, l'émission de la mort, furent ensemble au nombre de neuf mutations temporelles, six décuples, et neuf centaines de mutation ; et il passa.

28. Cependant Lamech, le flexible lien des choses, avait existé pendant deux mutations temporelles, huit décuples, et une centaine entière de mutation, lorsqu'il généra un fils.

29. Il lui assigna le nom même de Noé, le repos de la Nature élémentaire, en disant : celui-ci reposera notre existence, et allégera les travaux dont le poids insupportable accable nos facultés, à cause de l'Élément adamique dont IHÔAH a maudit avec force le principe.

30. Or, Lamech exista encore, après avoir donné naissance à ce fils, cinq mutations temporelles, neuf décuples, et cinq centaines entières de mutation : et il généra d'autres êtres émanés.

31. Et le nombre total des périodes lumineuses de Lamech, le flexible lien des choses, fut de sept mutations temporelles, sept décuples, et sept centaines entières de mutation ; et il passa.

32. Ainsi Noé, le repos de l'existence élémentaire, était le fils de cinq centuples de mutation temporelle ontologique, lorsqu'il produisit l'existence de Shem, ce qui est élevé et brillant, celle de Cham, ce qui est courbe et chaud, et celle de Japheth, ce qui est étendu.

 

Chapitre VI

La mesure proportionnelle

 

1. Mais c'était une suite nécessaire de la chute d'Adam et de la dissolution de cet Homme universel, que des formes sensibles et corporelles naquissent de ses divisions sur la face de la Terre, et en fussent abondamment produites.

2. Or, les êtres émanés d'Ælohîm, LUI-les-Dieux, effluences spirituelles, ayant considéré ces formes sensibles, les trouvèrent agréables, et s'unirent comme à des facultés génératrices, à toutes celles qui leur plurent de préférence.

3. Cependant IHÔAH avait dit : mon souffle vivifiant ne se prodiguera plus désormais durant l'immensité des temps, chez l'Universel Adam, dont la dégénérescence est aussi rapide que générale ; puisqu'il est devenu corporel, ses périodes lumineuses ne seront plus qu'au nombre d'une centaine et de deux décuples de mutation temporelle.

4. Dans ce temps-là, les Néphiléens, les élus parmi les hommes, les Nobles, existaient sur la Terre ; ils étaient issus de la réunion des effluences spirituelles aux formes sensibles, après que les êtres émanés de LUI-les-Dieux eurent fécondé les productions corporelles de l'Universel Adam : c'étaient ces illustres Ghiboréens, ces héros, ces hyperboréens fameux, dont les noms ont été célèbres dans la profondeur des temps.

5. Alors IHÔAH, considérant que la perversité d'Adam s'augmentait de plus en plus sur la Terre, et que cet être universel ne concevait plus que des pensées mauvaises, analogues à la corruption de son cœur, et portant avec elles la contagion du vice sur toute cette période lumineuse :

6. Renonça entièrement au soin conservateur qu'il donnait à l'existence de ce même Adam, sur la Terre, et se réprimant lui-même en son cœur, il se le rendit sévère :

7. Disant : j'effacerai l'existence de cet Homme universel que j'ai créé, de dessus la face de l'Élément adamique ; je l'effacerai depuis le règne hominal jusqu'au quadrupède, depuis le reptile jusqu'à l'oiseau des cieux ; car j'ai renoncé tout à fait au soin conservateur à cause duquel je les avais faits.

8. Noé seul, le repos de la Nature élémentaire, trouva grâce aux yeux de IHÔAH.

9. Or, telles avaient été les générations caractéristiques de Noé : de Noé, principe intellectuel, manifestant la justice des vertus universelles dans les périodes de sa vie : de Noé, toujours occupé à suivre les traces d'Ælohîm, LUI-les-Dieux.

10. Noé, le repos de l'existence, avait généré une triade d'êtres émanés ; Shem, l'élévation brillante ; Cham, l'inclination obscure ; et Japheth, l'étendue absolue.

11. Ainsi donc, la Terre avilie, ravalée, se dégradait aux yeux de l'Être des êtres, en se remplissant de plus en plus d'une ardeur ténébreuse et dévorante.

12. Et considérant la Terre, LUI-les-Dieux, il vit que sa dégradation avait pour cause l'avilissement de toute corporéité vivante, dont la loi s'y était dégradée.

13. Alors manifestant sa parole, il dit à Noé : le terme de toute corporéité vivante s'approche à mes yeux : la Terre s'est comblée d'une ardeur ténébreuse et dévorante qui la dégrade et l'avilit d'une extrémité à l'autre : me voici, laissant naître de cette même dégradation, l'avilissement qu'elle entraîne et la destruction.

14. Fais-toi une Thebah, une enceinte sympathique ; fais-la d'une substance élémentaire conservatrice ; compose-la de chambres et de cavaux de communication ; et lies-en la circonférence tant intérieure qu'extérieure, avec une matière corporisante et bitumineuse.

15. C'est ainsi quel tu feras cette demeure mystérieuse, cette Thebah : tu lui donneras trois centuples de mesure-mère en longitude, cinq décuples en latitude, et trois décuples en solidité.

16. Selon la même mesure régulatrice, tu feras l'étendue orbiculaire de cette enceinte sympathique, en sa partie supérieure, accessible à la lumière et la dirigeant ; tu mettras sa dilatation en la partie opposée ; et tu feras les parties basses, doubles et triples.

17. Et me voici, moi-même, conduisant sur la Terre la grande intumescence des eaux pour y détruire et consumer entièrement toute substance corporelle possédant en soi le souffle des Vies : tout ce qui est sur la Terre, au dessous des Cieux, expirera.

18. Mais je laisserai subsister ma force créatrice auprès de toi : et tu viendras en la Thebah, toi et tes fils, les êtres émanés de toi, et ta faculté volitive efficiente, et les facultés corporelles des êtres émanés de toi, ensemble toi.

19. Et tu feras aussi venir en la Thebah, en cette demeure mystérieuse, couple à couple, les êtres de toute existence, de toute forme, afin qu'ils continuent d'exister en toi : ils seront, tout ces êtres, mâle et femelle.

20. Du genre volatile et du quadrupède, selon leur espèce, et de tout animal reptiforme provenu de l'élément adamique, les couples de chaque espèce, viendront près de toi pour y conserver l'existence.

21. Et toi, cependant, prends de tout aliment capable d'alimenter ; rassemble-le en toi, afin qu'il te serve de nourriture et pour toi-même et pour eux.

22. Et Noé, en faisant toutes ces choses, se conforma en tout à ce que lui avait sagement prescrit Ælohîm, LUI-les-Dieux.

Quatrième partie

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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 23:10

 

LA COSMOGONIE DE MOYSE

Selon Fabre d'Olivet

Traduction des 10 premiers chapitres de la Genèse,

et de ses 243 versets.

2ème partie

1ère partie

Chapitre III

 

L'extraction

Tableau de Ilaya

 

1. Cependant, Nahash, l'attract originel, la Cupidité, cette ardeur interne, appétante, était la passion entraînante de la vie élémentaire, le principe intérieur de la Nature, ouvrage de IHÔAH. Or, cette Passion insidieuse dit à Aîshah, la faculté volitive d'Adam, pourquoi vous a-t-il recommandé, LUI-les-Dieux, de ne pas vous alimenter de toute la substance de la sphère organique ?

2. Et la Faculté volitive répondit à cette Ardeur cupide : nous pouvons sans crainte nous alimenter du fruit substantiel de l'enceinte organique.

3. Mais quant au fruit de la substance même qui est au centre de cette enceinte, il nous a dit, LUI-les-Dieux, vous n'en ferez pas aliment ; vous n'y aspirerez pas votre âme, de peur que vous ne vous fassiez inévitablement mourir.

4. Alors Nahash, l'attract originel, reprit : non, ce n'est pas de mort que vous vous ferez inévitablement mourir.

5. Car, sachant bien, LUI-les-Dieux, que dans le jour où vous vous alimenterez de cette substance, vos yeux seront ouverts à la lumière, il redoute que vous ne deveniez tels que LUI, connaissant le bien et le mal.

6. Aîshah, la faculté volitive, ayant considéré qu'en effet cette substance, mutuellement désirée par le sens du goût, et par celui de la vue, paraissait bonne, et la flattait agréablement de l'espoir d'universaliser son intelligence, détacha de son fruit, s'en nourrit ; et en donna aussi avec intention à son principe intellectuel, Aîsh, auquel elle était étroitement unie ; et il s'en nourrit.

7. Et soudain leurs yeux s'ouvrirent également, et ils connurent qu'ils étaient dénués de vertu, de lumière propre, stériles, révélés dans leur obscur principe. Ils firent alors naître au-dessus d'eux une élévation ombreuse, voile de tristesse mutuelle et de deuil ; et se firent de vêtements passagers.

8. Cependant ils entendirent la voix même de IHÔAH, l'Être des êtres, se portant en tous sens dans l'enceinte organique, selon le souffle spiritueux de la lumière du jour. L'universel Adam se cacha de la vue de IHÔAH, avec sa faculté volitive, au centre de la substance même de l'enceinte organique.

9. Mais IHÔAH, l'Être des êtres, se fit entendre à Adam, et lui dit : où t'a porté ta volonté ?

10. Et Adam répondit : j'ai entendu ta voix dans cette enceinte ; et voyant que j'étais dénué de vertu, stérile, révélé dans mon obscur principe, je me suis caché.

11. Et l'Être des êtres reprit : qui t'a donc enseigné que tu étais ainsi dénué, si ce n'est l'usage de cette même substance dont je t'avais expressément recommandé de ne t'alimenter nullement ?

12. Et Adam répondit encore : Aîshah, la faculté volitive que tu m'as donnée pour être ma compagne, c'est elle qui m'a offert de cette substance, et je m'en suis alimenté.

13. Alors, IHÔAH, l'Être des êtres, dit à la Faculté volitive, pourquoi as-tu fait cela ? et Aîshah répondit : Nahash, cette passion insidieuse, a causé mon délire, et je me suis alimentée.

14. Et IHÔAH, l'Être des êtres, dit à Nahash, l'attract originel : puisque tu as causé ce malheur, tu seras une passion maudite au sein de l'espèce animale et parmi tout ce qui vit dans la Nature : d'après ton inclination tortueuse tu agiras bassement, et d'exhalaisons élémentaires tu alimenteras tous les moments de ton existence.

15. Je mettrai une antipathie profonde entre toi, Passion cupide, et entre Aîshah, la faculté volitive ; entre tes productions et ses productions : les siennes comprimeront en toi le principe du mal, et les tiennes comprimeront en elle les suites de sa faute.

16. S'adressant à Aîshah, la faculté volitive, il lui dit : je multiplierai le nombre des obstacles physiques de toutes sortes, opposés à l'exécution de tes désirs, en augmentant en même temps le nombre de tes conceptions mentales et de tes enfantements. Avec travail et douleur tu donneras l'être à tes productions ; et vers ton principe intellectuel, entraînée par ton penchant, tu subiras son empire, et il se représentera en toi.

17. Et à l'Homme universel, Adam, il dit ensuite : puisque tu as prêté l'oreille à la voix de ta faculté volitive, et que tu t'es nourri de cette substance, de laquelle je t'avais expressément recommandé de ne l'alimenter nullement, maudit ! Soit l'élément adamique, homogène, et similaire à toi, relativement à toi : avec angoisse tu seras forcé d'en alimenter tous les moments de ton existence.

17. Et les productions tranchantes, et les productions incultes et désordonnées, germeront abondamment pour toi : tu te nourriras des fruits âcres et desséchés de la Nature élémentaire.

18. Tu t'en nourriras dans l'agitation continuelle de ton esprit, et jusqu'au moment de ta réintégration à l'Élément adamique, homogène et similaire à toi : car, comme tu as été tiré de cet élément, et que tu en es une émanation spiritueuse, ainsi c'est à cette émanation spiritueuse que tu dois être réintégré.

20. Alors l'universel Adam, assigna à sa faculté volitive Aîshah, le nom de Hewah, existence élémentaire ; à cause qu'elle devenait l'origine de tout ce qui constitue cette existence.

21. Ensuite IHÔAH, l'Être des êtres, fit pour Adam et pour sa compagne intellectuelle, des sortes de corps de défense dont il les revêtit avec soin.

22. Disant, IHÔAH, LUI-les-Dieux : voici Adam, l'Homme universel, devenu semblable à l'un d'entre nous, selon la connaissance du bien et du mal. Mais alors, de peur qu'il n'étendît la main, et qu'il ne se saisît aussi du principe substantiel des Vies, qu'il ne s'en nourrit, et qu'il ne vécût en l'état où il était, durant l'immensité des temps ;

23. IHÔAH, l'Être des êtres, l'isola de la sphère organique de la sensibilité temporelle, afin qu'il élaborât et servit avec soin cet Élément adamique, hors duquel il avait été tiré.

24. Ainsi il éloigna de son poste cet Homme universel, et fit résider du principe de l'antériorité des temps, à la sphère sensible et temporelle, un être collectif appelé Cherubim, semblable à la puissance multiplicatrice universelle, armé de la flamme incandescente de l'extermination, tourbillonnant sans cesse sur elle-même, pour garder la route de la substance élémentaire des Vies.

Chapitre IV

La multiplication divisionnelle

 

1. Cependant, Adam, l'Homme universel, connut Hewah, l'existence élémentaire, comme sa faculté volitive efficiente ; et elle conçut, et elle enfanta Kaîn, le fort et le puissant transformateur, celui qui centralise, saisit et assimile à soi ; et elle dit : j'ai formé, selon ma nature, un principe intellectuel de l'essence même, et semblable à IHÔAH.

2. Et elle ajouta à cet enfantement celui de son frère Habel, le doux et pacifique libérateur, celui qui dégage et détend, qui évapore, qui fuit le centre. Or, Habel était destiné à diriger le développement du Monde corporel ; et Kaîn, à élaborer et servir l'Élément adamique.

3. Or, ce fut de la cime des mers, que Kaîn fit monter vers IHÔAH une oblation des fruits de ce même élément :

4. Tandis qu'Habel offrit aussi une oblation des prémices du Monde qu'il dirigeait, et des vertus les plus éminentes de ses productions : mais IHÔAH s'étant montré sauveur envers Habel et envers son offrande,

5. Ne reçut point de même Kaîn, ni son oblation ; ce qui causa un violent embrasement dans ce fort et puissant transformateur, décomposa sa physionomie, et l'abattit entièrement.

6. Alors, IHÔAH dit à Kaîn : pourquoi cet embrasement de ta part ? et d'où vient que ta physionomie s'est ainsi décomposée et abattue ?

7. N'est-ce pas que si tu fais le bien, tu en portes le signe ? et que si tu ne le fais pas, au contraire, le vice se peint sur ton front ? qu'il t'entraîne dans son penchant qui devient le tien ; et que tu te représentes sympathiquement en lui ?

8. Ensuite, Kaîn déclarant sa pensée à Habel, son frère, lui manifesta sa volonté. Or, c'était pendant qu'ils étaient ensemble dans la Nature productrice, que Kaîn, le violent centralisateur, s'éleva avec véhémence contre Habel son frère, le doux et pacifique libérateur, l'accabla de ses forces, et l'immola.

9. Et IHÔAH dit à Kaîn : où est Habel ton frère ? A quoi Kaîn répondit : je ne le sais pas. Suis-je donc son gardien, moi ?

10. Et IHÔAH lui dit encore : qu'as-tu fait ? la voix des générations plaignantes, qui devaient procéder de ton frère, et lui être homogène, s'élève jusqu'à moi de l'Élément adamique.

11. Maintenant, sois maudit ! toi-même par ce même élément, dont l'avidité a pu absorber par ta main ces générations homogènes qui devaient procéder de ton frère.

12. Lorsque tu le travailleras, il ne joindra point sa force virtuelle à tes efforts. Agité d'un mouvement d'incertitude et d'effroi, tu seras vaguant sur la Terre.

13. Alors, Kaîn dit à IHÔAH, que mon iniquité doit être grande ; d'après la purification !

14. Vois ! tu me chasses aujourd'hui de l'Élément adamique ; je dois me cacher avec soin de ta présence ; agité d'un mouvement d'incertitude et d'effroi, je dois être vaguant sur la Terre : ainsi donc ; tout être qui me trouvera pourra m'accabler.

15. Mais IHÔAH, déclarant sa volonté, lui parla ainsi tout être qui croira accabler Kaîn, le fort et puissant transformateur, sera, au contraire, celui qui l'exaltera sept fois davantage. Ensuite, IHÔAH mit à Kaîn un signe, afin que nul être qui viendrait à le trouver, ne pût lui nuire.

16. Et Kaîn se retira de la présence de IHÔAH, et il alla habiter dans la terre de l'exil, de la dissension et de l'effroi, le principe antérieur de la sensibilité temporelle.

17. Cependant Kaîn connut sa faculté volitive efficiente, et elle conçut, et elle enfanta Ħenôch, la force centrale et fondatrice ; ensuite il se mit à édifier un circuit sphérique, une enceinte fortifiée, à laquelle il donna le nom de son fils Ħenôch.

18. Et il fut accordé et ce même Ħenôch de produire l'existence de Wħirad, le mouvement excitateur, la cause motrice ; et Wħirad, produisit celle de Meħoujâel, la manifestation physique, la réalité objective ; et Meħoujâel produisit celle de Methoushâel, le gouffre appétant de la mort ;

et Methoushâel produisit celle de Lamech, le nœud qui arrête la dissolution, le lien flexible des choses.

19. Or, Lamech prit pour lui, comme ses épouses corporelles, deux facultés physiques : le nom de la première était Wħadah, l'évidente ; et celui de la seconde, Tzillah, la profonde, l'obscure, la voilée.

20. Wħadah donna naissance à Jabal, principe aqueux, celui d'où découlent l'abondance et la fertilité physique, père de ceux qui habitent les demeures fixes et élevées, et qui reconnaissent la propriété.

21. Et Jabal eut pour frère Joubal, fluide universel, principe aérien, d'où découlent la joie et la prospérité morale, père de ceux qui se livrent aux conceptions lumineuses et dignes d'amour : les sciences et les arts.

22. Et Tzillah aussi donna naissance à Thoubal-Kaîn, la diffusion centrale, principe mercuriel et minéral, instructeur de ceux qui s'adonnent aux travaux mécaniques, qui fouillent les mines et forgent le fer. Et la parenté de Thoubal-Kaîn fut Nawħomah, le principe de l'agrégation et de l'association des peuples.

23. Alors Lamech, le nœud qui arrête la dissolution, dit à ses deux facultés physiques, Wħadah et Tzillah écoutez ma voix, épouses de Lamech, prêtez l'oreille à ma parole : car, de même que j'ai détruit l'intellectuel individualisé par sa faculté volitive, pour me dilater et m'étendre ; de même que j'ai détruit l'esprit de lignée pour me constituer en corps de peuple.

24. Ainsi, comme il a été dit que celui qui voudrait accabler Kaîn, le puissant transformateur, en septuplerait les forces constitutives centralisantes ; celui qui voudra accabler Lamech, le flexible lien des choses, en augmentera septante sept fois la puissance ligatrice.

25. Cependant Adam, l'Homme universel, avait encore connu sa faculté volitive efficiente ; et elle avait enfanté un fils auquel elle avait donné le nom de Sheth, la base, le fond des choses ; parce qu'elle avait dit : il a placé en moi, LUI-les-Dieux, la base d'une autre génération, émanée de l'affaissement d'Habel, au moment où il fut immolé par Kaîn.

26. Or, il fut accordé aussi à Sheth de générer un fils auquel il donna le nom d'Ænôsh, c'est-à-dire l'être muable, l'homme corporel ; et dés lors il fut permis d'espérer et d'attendre un soulagement à ses maux dans l'invocation du nom de IHÔAH.

Troisième partie

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