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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 08:47

Et bien évidemment, le Vicaire de Dieu suivi de tous ses saints  ont donné leur avis sur l'Evangile selon Judas. Et l'ont condamné comme ils ont condamné en son temps Galilée qui affirmait que la terre tournait ou d'autres encore qui remettait sérieusement en doute l'historicité et l'authenticité des récits mythiques -pour la plupart- de la Bible. Et c'est parce que les Templiers avaient découvert la Vérité sur la Résurrection de Jésus qu'ils furent aussi cloués au pilori. Alors quand ces messieurs nous parlent de la "base historique de la foi", on a envie de leur demander "Où sont les preuves de ce que vous affirmez ?" Où se situe la "base historique de la foi" ? Où doit-on la chercher ? Dans le récit fantastique de la Genèse où l'Eternel aurait créé le Ciel et la Terre en 6 jours ? Est-ce qu'on nom de cette "base historique" plus que douteuse, on doit gober toutes les couleuvres que l'on veut nous faire avaler ? Qui a écrit l'Ancien Testament et le Nouveau ? Où sont les témoins de la Genèse ? Doit-on croire aveuglément ces romans de science-fiction où un pseudo-dieu vindicatif passe son temps à donner de mauvais conseils à son soit-disant "peuple élu" ? Les êtres Eclairés savent qu'il y a eu une inversion depuis le Commencement... le Serpent était le Véritable Initiateur et l'Autre un imposteur malveillant et malfaisant qui ne voulait pas de bien aux hommes. Sinon aurait-il jeté le couple Adam-Eve en dehors du Jardin d'Eden dans le plus simple appareil et démuni de tout ? On voit ce qu'il est advenu aujourd'hui de leur descendance... les religions créées par les hommes sont le plus grand fléau de notre terre. Elles sont les dictateurs des consciences et suppriment peu à peu la Liberté à l'Humanité. L'Eglise Catholique Romaine a trahi l'Enseignement du Galiléen... Pierre n'était qu'un judas inféodé aux Romains comme Paul. Et la base de l'édifice se trouve plus que chancelant aujourd'hui... le moment approche, là aussi, de rendre à Jésus ce qui lui appartient... pas la pourpre et l'or en tout cas.

 

Le Pape condamne l'Evangile selon Judas

par Matthieu Perreault

Le pape Benoît XVI a profité de la messe de la dernière cène, jeudi soir dernier, pour condamner l'évangile selon Judas, dévoilé en grande pompe la semaine dernière par la revue National Geographic. Dans ce document du IVe siècle, Jésus charge Judas de le dénoncer afin de pouvoir souffrir pour l'humanité, mourir et ressusciter.

Balivernes, répond Benoît XVI. Judas « jauge Jésus selon les catégories du pouvoir et du succès: pour lui, seul le pouvoir et le succès sont des réalités, l'amour ne compte pas, a dit le pape durant son homélie. Il est avide: l'argent est plus important que la communion avec Jésus, plus important que Dieu et son amour. Et ainsi, il devient aussi un menteur qui joue un double jeu et rompt avec la vérité; quelqu'un qui vit dans le mensonge et perd ainsi le sens de la vérité suprême, de Dieu. De cette façon, il s'endurcit, devient incapable de conversion, du retour confiant de l'enfant prodigue, et il jette sa vie détruite. »

Même s'il n'a pas directement fait allusion à l'évangile selon Judas, le pape visait clairement ce document, selon des vaticanistes italiens. Judas, dit Benoît XVI, fait réfléchir au « mystère obscur du refus » de l'amour. « L'amour du Seigneur ne connaît pas de limites, mais l'homme peut y mettre une limite. »

Jésus, fils de Seth

La dénonciation de Benoît XVI n'est pas surprenante. C'est que la réévaluation du rôle de Judas n'est pas le seul accroc au dogme catholique que commet le document du National Geographic. On y lit aussi que Jésus n'est pas le fils du dieu de l'Ancien Testament, mais de Seth, le troisième fils d'Adam. Seth fait partie d'une autre catégorie de divinités, au sommet de laquelle trône Barbelo, un dieu androgyne bienveillant. Le dieu de l'Ancien Testament, lui, est méchant et jaloux.

Ces théories ont été échafaudées par les sectes gnostiques, qui ont prospéré aux premiers temps du christianisme. En réaffirmant que Judas est un traître, Benoît XVI vise aussi le gnosticisme, qui a été à la source de plusieurs courants « nouvel âge ».

Sources : Cyberpresse



Evangile de Judas, Da Vinci Code: Mgr Williams dénonce la théorie du complot
L'archevêque de Canterbury Rowan Williams a dénoncé dimanche la fascination grandissante pour les théories du complot, nourries notamment par des ouvrages comme le "Da Vinci Code" ou par le supposé manuscrit de l'Evangile selon Judas récupéré récemment par l'Egypte.

Dans un discours prononcé à l'occasion de la messe de Pâques, à la cathédrale de Canterbury (sud-est de l'Angleterre), le patron de l'église anglicane a critiqué la façon dont la société moderne" célèbre les grandes fêtes chrétiennes (...) en remuant les braises de la controverse sur les bases historiques de la foi".

"C'est pourquoi cela n'a pas été une grande surprise de voir la couverture médiatique accordée récemment à la découverte de +l'Evangile selon Judas+, un texte qui évidemment ébranle les fondations traditionnelles de la croyance chrétienne en donnant une autre version de l'histoire de la passion et de la résurrection", a ironisé l'archevêque.

Rowan Williams faisait référence à un manuscrit en papyrus récemment récupéré par le Conseil supérieur des antiquités égyptiennes et présenté comme la seule copie connue de l'Evangile selon Judas. Dans cet Evangile, Judas n'apparaît pas comme un traître mais comme un initié qui aurait dénoncé Jésus aux Romains, à la demande de ce dernier et pour la rédemption du monde.

"Cela nous ramène à la couverture médiatique exacerbée du Da Vinci Code", le roman ésotérique de Dan Brown, a insisté Mgr Williams dans son sermon.

"Nous sommes instantanément fascinés par toutes les suggestions de conspirations ou de manipulations", et dès que nous tombons sur d'anciens textes, et notamment d'anciens textes bibliques,» nous les considérons comme si ils étaient des communiqués de presse peu convaincants émanant de je ne sais quelle source officielle, dont l'intention serait de cacher la vraie histoire», a insisté l'archevêque de Canterbury.

Sources : Tageblatt

Posté par Adriana Evangelizt

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21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 20:22

Quand je pose mes yeux sur le monde et que je vois ce que les hommes en ont fait, je ne suis pas fière du tout d'appartenir à cette race qui ne respecte plus rien à 99,9 pour cent. Notre Mère la Terre est en train d'agoniser sous les coups de boutoir des faiseurs de politique qui l'éventrent pour lui voler ses richesses, la polluent ou l'empoisonnent avec des produits qui enrichissent ceux qui les fabriquent au détriment de l'Humanité entière. Les seuls peuples conscient de ce problème sont ceux que l'on nomme "primitifs" mais qui sont bien plus évolués que tous les occidentaux réunis. Au moins sont-ils restés dans le seul Enseignement dont nous n'aurions jamais du nous égarer si les religions et fausses croyances n'avaient pas lobotomisé l'esprit des humains jusqu'à leur faire oublier d'où ils viennent et qui ils sont vraiment. L'exemple type de peuples génocidés, pour leur voler la terre où ils sont nés, sont bien sûr les indiens...

Le vieux chef indien Lakota -- Luther Standing Bear.

C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement... Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le cœur de l'homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l'oubli du respect dû à ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l'homme. Pourtant, prenez garde, murmure-t-il de sa tombe : chaque fois que nous portons atteinte à la nature, nous nous amputons d'un morceau de notre propre chair. La terre n'appartient pas aux êtres humains, ces forêts, ces champs, cette vie et bien d'autres choses encore, ne sont pas nos propriétés.

Déclaration d'un chef indien en 1894


Dans le catalogue des idées reçues, on associe habituellement à la notion de société primitive le respect de l'environnement naturel. L'expression la plus émouvante de cet idéal fut peut-être donnée par le chef Seattle, en réponse au président Cleveland qui proposait, au nom des Etats-Unis d'Amérique, d'acheter les dernières terres du peuple indien en 1894 :

" Comment peut-on vendre ou acheter le ciel, la chaleur de la terre ? Cela nous semble étrange. Si la fraîcheur de l'air et le murmure de l'eau ne nous appartient pas, comment peut-on les vendre ? "

" Pour mon peuple, il n'y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacré. Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume légère, tout est saint aux yeux et dans la mémoire de ceux de mon peuple. La sève qui monte dans l'arbre porte en elle la mémoire des Peaux-Rouges. Les morts des Blancs oublient leur pays natal quand ils s'en vont dans les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre si belle, puisque c'est la mère du Peau-Rouge. Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs qui sentent si bon sont nos sœurs, les cerfs, les chevaux, les grands aigles sont nos frères ; les crêtes rocailleuses, l'humidité des Prairies, la chaleur du corps des poneys et l'homme appartiennent à la même famille. Ainsi, quand le grand chef blanc de Washington me fait dire qu'il veut acheter notre terre, il nous demande beaucoup... "

" Les rivières sont nos sœurs, elles étanchent notre soif ; ces rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler tout cela et apprendre à vos enfants que les rivières sont nos sœurs et les vôtres et que, par conséquent, vous devez les traiter avec le même amour que celui donné à vos frères. Nous savons bien que l'homme blanc ne comprend pas notre façon de voir. Un coin de terre, pour lui, en vaut un autre puisqu'il est un étranger qui arrive dans la nuit et tire de la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas sa sœur, mais son ennemie ; après tout cela, il s'en va. Il laisse la tombe de son père derrière lui et cela lui est égal ! En quelque sorte, il prive ses enfants de la terre et cela lui est égal. La tombe de son père et les droits de ses enfants sont oubliés. Il traite sa mère, la terre, et son père, le ciel, comme des choses qu'on peut acheter, piller et vendre comme des moutons ou des perles colorées. Son appétit va dévorer la terre et ne laisser qu'un désert... "


" L'air est précieux pour le Peau-Rouge car toutes les choses respirent de la même manière. La bête, l'arbre, l'homme, tous respirent de la même manière. L'homme blanc ne semble pas faire attention à l'air qui respire. Comme un mourant, il ne reconnaît plus les odeurs. Mais, si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est infiniment précieux et que l'Esprit de l'air est le même dans toutes les choses qui vivent. Le vent qui a donné à notre ancêtre son premier souffle reçoit aussi son dernier regard. Et si nous vendons notre terre, vous devez la garder intacte et sacrée comme un lieu où même l'homme peut aller percevoir le goût du vent et la douceur d'une prairie en fleur... "

" Je suis un sauvage et je ne comprends pas une autre façon de vivre. J'ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie, laissés là par l'homme blanc qui les avait tués d'un train qui passait. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment ce cheval de fer qui fume peut-être plus important que le bison que nous ne tuons que pour les besoins de notre vie. Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes avaient disparu, l'homme mourrait complètement solitaire, car ce qui arrive aux bêtes bientôt arrive à l'homme. Toutes les choses sont reliées entre elles. "


" Vous devez apprendre à vos enfants que la terre sous leurs pieds n'est autre que la cendre de nos ancêtres. Ainsi, ils respecteront la terre. Dites-leur aussi que la terre est riche de la vie de nos proches. Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris aux nôtres : que la terre est notre mère et que tout ce qui arrive à la terre arrive aux enfants de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, c'est sur eux-mêmes qu'ils crachent. Ceci nous le savons : la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Ceci nous le savons : toutes les choses sont reliées entre elles comme le sang est le lien entre les membres d'une même famille. Toutes les choses sont reliées entre elles... "

" Mais, pendant que nous périssons, vous allez briller, illuminés par la force de Dieu qui vous a conduits sur cette terre et qui, dans un but spécial, vous a permis de dominer le Peau-Rouge. Cette destinée est mystérieuse pour nous. Nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont tous massacrés, pourquoi les chevaux sauvages sont domestiqués, ni pourquoi les lieux les plus secrets des forêts sont lourds de l'odeur des hommes, ni pourquoi encore la vue des belles collines est gardée par les fils qui parlent. Que sont devenus les fourrés profonds ? Ils ont disparu. Qu'est devenu le grand aigle ? Il a disparu aussi. C'est la fin de la vie et le commencement de la survivance. "

Même la plus belle prose du chef Seattle n'arrêtera pas la détermination triomphante des ingénieurs, des financiers, des industriels et des fermiers ; tous armés des principes protestants du respect de la libre entreprise et du profit. Peut-être un jour, l'homme se rendra-t-il compte que les billets de banque et les cartes de crédit ne peuvent pas se manger !

Et pour les irréductibles, je propose qu'on leur donne une mallette avec un million de $ ou d'€ -- billets imprimés et marqués d'un point rouge exprès pour eux -- et qu'on les envoie en Antarctique.

Sources : Le site de Marc Jutier

Posté par Adriana Evangelizt

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16 mai 2005 1 16 /05 /mai /2005 00:00

DE JEAN-PAUL II À BENOÎT XVI

L'Église catholique et le projet états-unien de

« guerre des civilisations »

 

Comme il existait un tandem Jean-Paul II/ Ronald Reagan, il existe désormais un tandem Benoît XVI / George W. Bush. Cependant le nouveau pape ne devrait pas marquer de rupture avec son prédécesseur, mais poursuivre un virage qu'il a amorcé depuis plusieurs mois, en sa qualité de régent de fait du Saint-Siège. L'Église catholique espère que la croissance démographique de la communauté hispanique lui permettra de devenir rapidement majoritaire aux États-Unis et de devenir la religion officielle du nouvel Empire. Elle se propose aussi d'exclure l'islam de l'Europe pour faire entrer le continent dans la « guerre des civilisations ».

L'agonie de Jean-Paul II et l'élection de Benoît XVI ont été l'occasion de vastes célébrations du culte de la personnalité dont on ne sait si elles relèvent d'une forme d'idolâtrie archaïque ou des totalitarismes du XXe siècle. La presse occidentale, oubliant soudainement ses principes déontologiques, s'est vautrée dans des torrents hagiographiques. Les seules critiques autorisées ont porté sur les questions de discipline interne de l'Église catholique et jamais sur les questions politiques ou sociales. L'appétit d'éditorialistes non-croyants à discuter de savoir si des religieuses peuvent se marier entre elles et célébrer la messe n'a d'égal que leur désintérêt devant l'action du Saint-Siège dans la politique intérieure des États comme dans les institutions intergouvernementales. Nous voudrions, pour notre part, conserver la tête froide et analyser l'action politique de ces pontifes, seul aspect de leur activité qui soit de notre compétence.

En premier lieu, il convient de rappeler que l'action politique et diplomatique du Saint-Siège [1] est d'une extraordinaire continuité, quelque soient les papes. La marge de manoeuvre individuelle des pontifes est limitée. C'est sur l'usage qu'ils en font que doit être jugée leur contribution personnelle, qui doit être distinguée de l'oeuvre de leur Église.

Il est aujourd'hui de bon ton de magnifier le rôle supposé de Jean-Paul II dans l'effondrement de l'Union soviétique et d'ignorer tout ce qui l'a opposé aux États-Unis. Or, Jean-Paul II n'a joué aucun rôle en URSS, pour la simple et bonne raison que l'Église catholique y était largement absente. Il n'a pas plus joué de rôle dans l'effondrement du Mur de Berlin, sachant que les manifestations qui secouèrent la République démocratique allemande furent conduites par des organisations protestantes. Il fut par contre l'artisan de l'indépendance de la Pologne, qu'il pilota en s'appuyant sur le syndicat Solidarnosc, non pas dans un affrontement avec le général Jaruselski, mais dans un véritable partenarait avec lui face aux Soviétiques.

Curieusement, ses fidèles ignorent aujourd'hui son action remarquable pour prévenir les guerres contre l'Irak de 1991 et 2003. Et ils passent sous silence son soutien actif à l'Organisation de libération de la Palestine face au colonialisme israélien.

Ces distortions ne sont pas le fait du défunt pape, mais des choix effectués par les services de communication du Saint-Siège pour publiciser son successeur. Elles nous apprennent avant tout que la papauté souhaite inscrire dans les mémoires l'existence mythique d'une alliance entre Rome et le nouvel Empire, et au contraire effacer le souvenir de sa politique arabe pour rendre possible la stratégie de « guerre des civilisations ».

En outre, les communiquants avaient depuis longtemps forgé le mythe d'une adhésion du Saint-Siège aux principes des Droits de l'homme, alors même que ceux-ci restent condamnés par les textes officiels de l'Église catholique. Ainsi, à l'occasion de ses multiples voyages, Jean-Paul II fut qualifié de « pèlerin des Droits de l'homme », comme si leur propagation était le but de ses déplacements. En réalité, le Magistère catholique rejette la notion de « Droits de l'homme et du citoyen », issue de la Révolution française, pour lui préférer celle de « Droits de l'homme et de l'Église ». Au passage, la liberté humaine est limitée par sa dignité, laquelle n'est pas définie par l'individu, mais par le Magistère ; l'égalité des individus se heurte à l'élection de certains d'entre eux par la grâce divine, à commencer par le Souverain Pontife doué de l'infallibilité en matière dogmatique ; et la fraternité n'est plus la conquête collective des opprimés devenus citoyens en étant frères d'armes, pour être ravalée à la simple solidarité des enfants d'un même Dieu. Dès lors, les « Droits de l'homme» ont été instrumentalisés par Jean-Paul II, comme par d'autres, pour vendre son action politique contre les dictatures non-chrétiennes. Mais ce bilan, bien réel,  ne doit pas occulter le soutien systématique aux dictatures catholiques, notamment au Chili et en Argentine.

Enfin, on peut penser que l'Histoire retiendra bien autre chose du défunt pape. De même qu'elle n'a retenu de Pie XII que son assourdisant silence face à la « solution finale », au massacre industriel des juifs, des Tsiganes, des malades incurables, des opposants politiques etc. par le IIIe Reich, de même elle ne retiendra probablement de Jean-Paul II que son absence lorsque ses prêtres organisaient le génocide rwandais.

Ces élèments étant posés, le programme de Benoît XVI marque à la fois une continuité et des nouveautés. On n'observera aucune rupture entre les successeurs de Pierre, dans la mesure où le cardinal Joseph Ratzinger exerçait de fait une régence depuis des années, à la faveur de la maladie de Jean-Paul II. Et pour prendre tout son poids, cette remarque doit inclure le fait que le défunt pape a été encouragé à se maintenir au pouvoir malgré son incapacité à l'exercer, et qu'il a été maintenu en vie avec acharnement thérapeutique pour que le cardinal exerce cette régence et organise cette sucession à son profit. En réalité, ce n'est pas avec la mort de Jean-Paul II que le Saint-Siège va infléchir sa politique, il l'a déjà fait au cours de sa maladie.

Lorsqu'il accéda au trône pontifical, Karol Wojtyla hérita d'une Église dont le centre de gravité venait de se déplacer de l'Europe vers l'Amérique latine.

Paul VI avait conclu un accord avec la Maison-Blanche pour lutter conjointement contre les théologiens de la libération. Il avait autorisé la pénétration des pentecôtistes dans la mesure où ils pouvaient saper l'influence des Églises populaires. Jean-Paul II avait poursuivi cette alliance en l'étendant à l'Europe de l'Est et singulièrement à la Pologne. Il avait alors formé un parfait tandem avec Ronald Reagan. Mais une fois l'influence soviétique dissipée, aussi bien en Europe qu'en Amérique latine, il avait adoptéune stratégie de reconquête qui l'avait placé en rivalité avec la Maison-Blanche. D'abord face à George H. Bush (le père) à propos de la guerre du Golfe, puis face à Bill Clinton à propos du contrôle des naissances et de la lutte contre le sida, enfin face à George W. Bush (le fils) à propos du leadership spirituel mondial et de l'invasion de l'Irak. Mais la donne a changé en 2004 avec la prise de conscience simultanée de la domination sans partage de Washington sur le reste du monde et de l'hispanisation de ce nouvel empire. À moyen terme, la pression démographique fera des États-Unis un pays hispanophone et catholique. Les intérêts du pape de Rome et du président états-unien convergent aujourd'hui comme jadis ceux de l'Église et de l'Empire romain, de  sorte qu'à terme, le catholicisme pourrait devenir la religion officielle du nouvel Empire. Comme à l'époque des empires coloniaux, le catholicisme s'étendrait au fur et à mesure que le nouvel empire entreprendrait des conquêtes, selon un processus qui actuellement favorise les sectes évangéliques. Or, dans ce type de situation, la papauté a toujours su nouer des alliances personnelles sur la base d'allégeances réciproques. De plus, elle considère qu'elle sera d'autant plus puissante qu'elle saura maintenir les WASP [2] au pouvoir à Washington en lesrendant dépendants d'un électorat catholique.

C'est pourquoi, en 2004, le cardinal Ratzinger a appelé les catholiques états-uniens à reconduire George W. Bush à la Maison-Blanche, bien qu'il soit baptiste et que son rival, John Kerry, soit catholique. En retour, M. Bush a fait part aux cardinaux états-uniens de tout le bien qu'il pense du cardinal Ratzinger. De ce point de vue, le tandem Benoît/George W. Bush devrait être aussi fort que celui formé par Jean-Paul II et Ronald Reagan.

Venons-en au choix du nom Benoît XVI. La presse occidentale a longuement glosé l'interprétation que la salle de presse du Saint-Siège lui suggérait : le nouveau pape se veut le successeur de Benoît XV, un pape pacifique qui tenta d'empêcher la Première Guerre mondiale. Il va de soi que cette piste est fausse : d'une part Benoît XV, loin d'être pacifiste, fut un soutien aveugle de la Triplice ; d'autre part, si l'on feint de croire qu'il était pacifiste, il faut poursuivre en admettant qu'il a échoué à prévenir la Grande Guerre et l'on ne place pas un nouveau pontificat sous le signe d'un échec.

En réalité, comme on ne tardera pas à le voir affiché, le cardinal Ratzinger s'est placé dans la lignée de saint Benoît, patron de l'Europe. C'est en effet dans ce domaine que l'on trouve la grande oeuvre politique personnelle de celui qui était jusqu'ici préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Si, à l'intérieur de son Église, on retient de Joseph Ratzinger sa lutte méthodique et sans pitié pour éradiquer la théologie de la libération en Amérique latine, on se souvient à l'extérieur de son implication dans la rédaction de la Charte européenne des droits fondamentaux et dans le Traité constitutionnel.

Joseph Ratzinger a piloté le lobbying des organisations catholiques au sein des institutions européennes pour faire reconnaître dans les traités l'héritage  chrétien de l'Europe. Il a partiellement gagné son pari, puisque ces traités ont finalement admis de fonder l'Union sur un héritage spirituel, humaniste et culturel. Contrairement aux apparences, l'enjeu n'est pas de qualifier cet héritage de « chrétien », ce qui serait déjà un aveu d'échec pour les catholiques puisqu'il intégrerait des cultes hérétiques ou schismatiques, mais de fonder l'Europe sur une identité et non sur un contrat politique ou social. Rayant d'un simple coup de plume les acquis de la Révolution française, le cardinal Ratzinger a marqué une victoire idéologique en modifiant dans les traités la source de la légitimité. Les choix politiques n'appartiennent pas aux peuples, qui ne sont pas souverains, ils sont conditionnés par la sociologie et l'histoire, à travers lesquels Dieu se manifeste.

De cet engagement personnel et de son alliance avec George W. Bush, il devrait surgir une modification du projet anglo-saxon pour l'Europe. Washington devrait renoncer à faire coïncider l'Union et l'OTAN, donc à faire entrer la Turquie musulmane dans l'Union. En outre, Washington devrait cesser de favoriser les mouvements protestants de sécularisation et devrait au contraire soutenir le Vatican dans son combat bicentenaire contre la laïcité. À l'issue de ces réajustements, le Saint-Siège pourrait purger l'Église catholique de tous ses éléments favorables à un dialogue avec l'islam. Sa participation au projet états-unien de « guerre des civilisations » ne consisterait donc pas à partir en croisade contre l'islam, mais à exclure l'islam de l'Europe pour « séparer le bon grain de l'ivraie ».

Même si, au sein du conclave, la majorité des cardinaux a dû se déterminer en fonction d'intérêts de clans et de plans de carrière dans la Curie romaine, les questions politiques internationales ont sûrement pesé sur les scutins. D'autant que les modifications interventues dans le mode de désignation du pape, avec l'introduction d'une phase préalable de concertation, ont rendu le Sacré Collège vulnérable aux pressions extérieures, comme c'était le cas avant l'institution de la clôture. L'afflux de diplomates étrangers au Vatican durant cette semaine témoigne de la volonté retrouvée des grandes puissances de corrompre les cardinaux-électeurs et de s'acheter un pape. Bien qu'il soit impossible de savoir comment les choses se sont passées, force est de constater que le nouveau pape est issu de l'Église allemande, la plus riche de la catholicité, et qu'il est en phase avec les États-Unis, puissance dominante de l'époque.

Thierry Meyssan

Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire.

[1] Le Saint-Siège est l'entité juridique politico-religieuse qui chapeaute l'Église

catholique d'une part et l'État de la Cité du Vatican d'autre part.

[2] Les WASP sont les Anglo-Saxons blancs et puritains (White Anglo-Saxons Puritans).

Sources : RESEAU VOLTAIRE DU 2 MAI

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