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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 00:49





La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"


33ème partie

32ème partie

31ème partie

30 ème partie

26e partie

  1ère partie




CHAPITRE XX. 1


Mahomet; causes qui établirent sa Religion. — Des Sabéens. — Des Iconoclastes. — Religion de Mahomet. Académie d'Achenau Caire. — L'Initiation conservée dans quelque coin de l'Ismaélisme. — Roman d'Habid et Dorathilgouse: (race en lui de l'Initiation égyptienne-juive - chrétienne. Intolérance des Prêtres grecs ; leurs vaines disputes causent la perte de l'Empire Grec. — Les Prêtres coptes conservateurs des Doctrines des premiers Chrétiens. — Désordres et anarchie dans l'Église d'Occident jusqu'au 8e siècle. — Ordres de chevalerie établis en Europe.

 

LORSQUE Mahomet parut sur l'horizon d'Arabie , il était environné d'Idolâtres, de Juifs, de Chrétiens et de Sabéens.

Les Idolâtres ne tenaient à aucun système théologique  , ils n'en avaient aucun. Les Juifs, sans commerce, dans un pays misérable, étaient divisés entre eux et méprisés par tous les autres. Les Chrétiens étaient partagés en Jacobites et Orthodoxes, ils se déchiraient. Les Sabéens, sans être divisés , étaient indifférents pour tous les cultes. Mahomet mit à profit ces circonstances pour amener tous les Arabes à sa religion, et lorsqu'il s'empara de la force physique du pays, il ne laissa à ses habitants d'autre alternative que de choisir de belles femmes ou d'être exterminés.

Plusieurs écrivains prétendent que Mahomet ne savait ni lire ni écrire, ce qu'on a soutenu aussi de notre divin Maître : ces auteurs ont ignoré que ce fut à la poésie du Saint Prophète, que l'Alcoran dut sa célébrité : il est constant que l'ignorance était commune à tous les Arabes, et le peu de lumières qu'il y avait dans ce pays s'affaiblit au milieu des armes, et ensuite s'éteignit au sein de la volupté.

L'Alcoran fut le seul livre que l'on conserva dans cette contrée, on brûla tous les autres, et, à Alexandrie, qu'envahirent les sectateurs de Mahomet*, on chauffa pendant six mois les bains publics avec les précieux manuscrits de ses bibliothèques.

* Amerou, lieutenant du calife Omar, crut, par cet acte d'intolérance et de fanatisme , rendre hommage à la sublimité de l'Alcoran.

Si Mahomet chercha à détruire tout germe de science, néanmoins, en politique, il ne heurta pas les usages de ses nouveaux croyans ; il se conforma même à quelques- uns en laissant aux habitans de l'Hiemen la grande vénération qu'ils avaient pour le Caaba de la Mecque, qu'ils croyaient bâti de temps immémorial, par Abraham, et il y ordonna des pèlerinages.

Les Sabéens avaient une Trinité, Allât, Allaza, Mana, le premier un simulacre de pierre, le second un morceau de bois, le troisième une pierre informe. C'est d'après les Egyptiens qu'ils ont représenté la Divinité sous le symbole d'une pierre noire, pour exprimer que sa source est obscure, ténébreuse et mystérieuse. Mahomet leur laissa leur dévotion pour la pierre noire.

Pendant que Mahomet et ses croyans arrêtaient tout progrès de civilisation et de science dans l'Afrique et dans l'Asie, d'un autre côté le Christianisme faisait des progrés très-rapides ; mais malheureusement plus il s'étendit, et plus les Chrétiens et le Clergé s'abrutirent et devinrent ignorans et fanatiques. Les résultats de ces deux religions étaient les mêmes ; les sectes philosophiques chrétiennes ou disparurent ou pratiquèrent leurs dogmes clandestinement et dans la crainte d'être persécutés.

Le Christianisme trinitaire triompha. Depuis lors disparurent les disputes, les écrivains, les savans, les artistes, les études anciennes, les lettres et les beaux-arts.

Après la naissance du Christianisme, et quelque siècles après, le goût des allégories avait commencé à devenir moins général en Asie ; d'autre part, la civilisation européenne marchait vers une grande crise. Les grands signes représentatifs des mystères égyptiens, grecs et chrétiens allaient être abolis.

Les Iconoclastes, par leurs fureurs, les firent disparaître dans la Grèce, la Syrie et l'Egypte, qui étaient dominées par ces sectaires*.

* L'an 314, sous Sylvestre 1er, un Concile improuva l'adoration des images et les défendit dans les Eglises, afin d'empêcher que, sur les murs, on peignit ce qu'on adorait. L'an 700, le septième Synode de Constantinople, non seulement défendit l'adoration des images, mais elles devaient être supprimées dans toutes les Eglises. L'an 754 , le Synode de Byzance, composé de 338 Pères de l'Eglise, en s'appuyant sur les décrets des premier et second Conciles de Constantinople, et sur les Conciles d'Ephèse, de Nicée et de Calcédoine, décida, à l'unanimité, que les images dans les Eglises étaient des abominations, et qu'elles devaient être éliminées.

Mahomet avait saisi l'instant de cette anarchie révolutionnaire pour établir, lui le premier, une religion sans mystères et sans emblèmes ; les arts, par là, périrent dans les lieux mêmes qui furent leur berceau et partout où le mahométisme s'établit.

Qui croirait que la superstition , mûrie par l'intérêt des Papes, qui se berçaient dans l'idée de se soustraire à la domination des Empereurs d'Orient, conserveraient le culte des images, en opposition aux ordres de Byzance et protégeraient les beaux-arts !... Il faut l'avouer, c'est à cette insubordination qu'on dut par la suite leur progrès et leur perfectionnement.

On remarque à ces époques un autre contraste frappant, c'est que les sciences bannies de l'Europe passèrent peu à peu chez les Musulmans, qui ne les avaient pas épargnées quelque temps auparavant. Les Sarrasins, dans la suite de ces temps barbares, purent établir de riches bibliothèques et des académies savantes en Asie, en Afrique, et en Espagne ; et quoique l'ismaélisme fût prêché et soutenu les armes à la main , néanmoins on a des preuves que les initiations se conservèrent même entre les Sarrasins.

Vers la fin du onzième siècle, Haken fonda au Caire, (ainsi que le témoigne Macrizie ) la Maison de Sagesse qu'on a cru toujours être un Temple maçonnique. On y enseignait la philosophie, les mathématiques ; la doctrine était orale et secrète. Les initiés passaient plusieurs grades, et, dans les derniers, ils étaient initiés à la connaissance de la nature. Cette maison fut décriée par les prêtres de Rome, qui disaient que dans ce Temple de sagesse, on apprenait à ne rien croire.

On a prétendu peut-être avec raison , que c'est de cette source que des missionnaires se sont répandus en Syrie et y ont formé le gouvernement des Absides et du Vieux de la Montagne; le célèbre voyageur Constantin l'Africain se fit initier à Bagdad dans cette confrérie.

L'initiation ne devait pas être étrangère aux Sarrasins, d'après la tolérance des Califes arabes : plusieurs de leurs ouvrages l'indiquent, entr 'autres l'Histoire arabe de Habid et de Dorathelgouse, que nous avons trouvée dans le poème de la Maçonnerie. On y découvre, sous des formes originales, les trois systèmes mystiques de la Perse, de l'Egypte et de l'Europe demi-moderne.

Il est dit que l'auteur de ce roman arabe paraît avoir fait partie d'une de ces sociétés, nées des initiations d'Ephèse et perpétuées en Orient, protégées même par Saladin , que nous verrons très-tolérant en fait de religion, et qui, à ce qu'on à cru , a été aussi initié.

Habid trouve trois cents et soixante-six hiéroglyphes dont il croit pénétrer la signification (nouvelle trace du système solaire); à la fin il découvre le glorieux trophée qui est ombragé encore après tant de siècles par les plumes du phénix.

Voici l'allégorie de l'Ame et du Soleil ; chaque pièce de l'armure porte une inscription; la fermeté est la vraie cuirasse de l'homme, la prudence sa visière , qui sont les vertus des Rose-Croix : « Couvrez-vous de fer, impuissans guerriers de la terre. Salomon marchait à la conquête du monde à l'aide de ses vertus ». Il voit ensuite un monarque pacifique transformé en vainqueur ; ses trophées sont ceux de l'initiation et de ses préceptes.

Dans les entrailles du Caucase, Habid voit comme Enée le Tartare et l'Elysée ; il connaît l'histoire du monde, la tradition cosmonogique sur les Devis , et la race d'Ellis ; dans ces souterrains tout est soumis à Salomon, tout se fait par lui.

Le chevalier Habid soulève enfin un grand voile derrière lequel il y a les sept îles et la ville de cristal de Thèbes, ou la Jérusalem mystique ; c'est le même rapport avec les sept îles fortunées de Lucien , avec les sept degrés de l'échelle du magisme et maçon  , avec les sept stations planétaires, qui sont sur la route pour les âmes qui de ce monde vont à la lumière éthérée d'Ormusd.

La première île qu'Habid doit conquérir est blanche comme la tenture du premier grade maçon : avant d'y parvenir, il faut qu'il subisse les épreuves ; ce sont celles des élémens. La nature est bouleversée autour de lui, le vent siffle, la foudre gronde, un combat affreux se présente entre les esprits bons et mauvais ; c'est par le secours du glaive du Roi philosophe et de la parole sacrée qu'il peut rester inébranlable. Voilà bien des rapprochemens avec les mystères perses, gnosticiens, esseniens et maçon .

A cette même époque où les Sarrasins étendaient leurs conquêtes et où ils figurèrent dans les sciences, les prêtres grecs avaient adopté les maximes de la Cour de Rome pour devenir puissans ; ils furent intolérans ; par-là, ils exclurent tout autre dogme, même l'ancien apporté de l'Egypte. Ces prêtres détruisirent les Temples où on avait adoré leurs anciennes Divinités tutélaires ; ils voulurent qu'on oubliât les anciens héros, leurs exploits, exemples mémorables de l'amour sacré de la patrie et du dévouement envers leurs gouvernemens.

A la suite de ce fatal système, les Empereurs grecs des différentes races, leurs Princes et les Grands-Prêtres qui se succédèrent, avaient, avec ce dogme, hérité de la manie des subtilités de la mysticité : ils s'occupèrent continuellement de ces questions inexplicables et vides de sens, persécutant et exterminant tous ceux qui n'étaient pas de leur opinion ; ils perdirent de vue l'intérêt de leur nation et de leur famille ; et presque sans combat, ils abandonnèrent, dans la suite des temps, leurs trônes, leurs provinces, leurs Temples aux Musulmans, qui, favorisés par ces ridicules disputes religieuses entre les Princes et les prêtres, plantèrent le Croissant sur les remparts de Constantinople, et le firent flotter sur les tours de Sainte-Sophie ; ainsi, par la faiblesse des Palléologues, et par les scissions et les persécutions des Théologues, la grandeur grecque, transplantée par les Romains du Tibre sur le Bosphore, disparut.

Malgré les changemens religieux et politiques, dus aux conquêtes des Sarrasins en Asie, en Afrique, en Europe ; malgré les persécutions qui en furent la suite, le dogme de l'Unité de Dieu put, à l'aide du secret et des mystères, se conserver en Palestine, en Syrie, en Egypte, et particulièrement dans la Thébaïde, par le moyen des Chrétiens et des prêtres coptes, successeurs des anciens prêtres égyptiens, qui, dans les temps barbares, au sein de leurs solitudes, conservèrent la vraie doctrine donnée par Hesman, Disciple de Manès, et qui, par la suite, fut rapportée en Europe,*

* On prétend que des familles coptes, vivant en commun, existèrent dans les souterrains des Pyramides jusqu'à la fin du 17e siècle ; elles s'y adonnaient entièrement aux pratiques de la Religion chrétienne. (Voyez les Voyages de Marc Lucas.)

On lit dans Arnobes, que les prêtres coptes vivaient, de son temps, exemplairement, séparés des profanes, se livrant aux études de la physique, de la géométrie, de l'astronomie, et à leurs anciens mystères. Ce fut par leur admirable conduite, qu'au temps des Califes ils obtinrent la plus grande considération parmi les plus puissans Arabes et Musulmans, qui désiraient que ces prêtres se chargeassent de l'éducation de leurs enfans, et qu'ils leur enseignassent l'adoration d'un Être-Suprême, les secrets de la Nature et du Ciel, la physique, l'astronomie, la morale la plus pure et l'art de vaincre leurs passions.

Les Egyptiens sont de tous les peuples ceux qui ont le plus conservé de leurs anciennes mœurs.

Hérodote nous raconte bien des choses du culte de Diane, tel qu'il était établi de son temps à Bubaste, et de celui de Minerve à Saïs. Nous lisons dans Savary, que les mêmes choses se répètent aujourd'hui, quoique sous les dehors d'une nouvelle religion. Dans les processions de Rosette, de Damiette, de Siouth, on voit le peuple pratiquer les mêmes extravagances que jadis : on y remarque le même concours et la même affluence d'étrangers, la même licence, nul respect pour les mœurs ; et si Hérodote dit que les musiciennes se prêtaient à toute espèce d'orgies, aujourd'hui ce sont les Almées qui les remplacent. Or, si, malgré la sévérité des mœurs musulmanes, ce peuple a pu conserver l'esprit et l'habitude des anciennes fêtes, des anciens usages, à plus forte raison les Coptes, les Chrétiens gnosticiens et manichéens, ont dû conserver le dogme et les mystères, eux qui vivaient et qui vivent encore dans leurs solitudes sans participer aux réjouissances et aux usages du peuple.

Le F Belzoni, qui de son vivant a fait un long séjour dans la Thébaïde, assure qu'encore de nos jours les prêtres coptes conservent leurs anciennes habitudes, et qu'ils possèdent des Codex qui remontent à plus de vingt-quatre siècles, quelques-uns même à des époques plus éloignées encore ; ils sont écrits dans leur première langue figurée, tels que certains Papirus, placés sur le sternum de quelque momie, que l'on découvre de temps à autre. En 1822, on faisait voir, dans la rue Picadilly, salle égyptienne, à Londres, une momie, la première qu'on eût observée avec les bras croisés, comme dans le signe de R R+ + dit du Bon Pasteur ; elle se trouvait avec le genou gauche plié et faisant l'équerre avec le droit, ayant une stolle ou collier à sept rangs peint sur le dehors de la caisse.

Des personnes qui possédaient des notions sur les hiéroglyphes égyptiens-coptes, assurèrent que cette momie avait été un grand personnage appartenant à la haute classe des prêtres.

Le thot, stolle ou collier des momies, à un, trois, cinq et sept rangs, étaient des signes et des indices d'un Ordre et de leur admission aux mystères. Ce même thot, qui s'appelait aussi hermés, était un symbole duquel le vulgaire fit une Divinité qui possédait les sciences de géométrie, d'astronomie, etc. , lorsque, dans le fait, ce symbole n'était que la signification de l'assemblée des sages, des sa vans, et même des produits littéraires des prêtres égyptiens, qui furent toujours sans nom d'auteur, qui s'appelaient hermès ou thot, et dont la quantité de volumes, selon Jamblique, montait à 365 25, ce qui répond à la durée de cent années solaires de 365 jours un quart. Ce résultat numérique nous indique que les anciens auteurs n'ont pas toujours donné dans le signe lors de leurs conjectures, et qu'ils ont pris souvent une chose pour une autre.

Il est à souhaiter que les peines que les savans se donnent pour se procurer la connaissance de l'ancienne langue sacrée copte, soient couronnées par le plus heureux succès ; elles serviront à nous faire connaître avec certitude la première religion des Coptes, les fonctions des sacrificateurs et des prêtres, les attributs qu'on donnait à Dieu Père, ou au Grand- Architecte de l'Univers, et aux deux principes, ce qui est relatif à Isis, Typhon, Osiris , ou à la génération, destruction, résurrection ou régénération ; nos savans obtiendraient cette connaissance par la comparaison des différens tableaux où les figures se trouvent réunies aux hiéroglyphes.

Ce travail répandrait la lumière sur tout ce qui est regardé comme fabuleux dans notre premier culte, dans nos dogmes et nos mystères.

Ce fut par l'entremise de ces mêmes prêtres coptes et des Chrétiens d'Orient, que la religion, les mystères des Enfans de la Veuve et le culte du Grand -Architecte parvinrent jusqu'à nous, par suite d'événemens tout-à-fait extraordinaires , et qui acquirent une plus grande consistance par les Chevaliers Croisés, comme on le verra à la suite.

Ces mystères se conservèrent toujours sous la dénomination du Culte du Grand Architecte de l'Univers, qui lui avait été donnée par l'allégorie d'Hiram, lequel représentait dans les mystères le Dieu inconnu, Eternel, seul Créateur de toute chose et Régénérateur de tout être.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 09:01

 Dans ce chapitre, il est question du pourquoi l'empereur romain Constantin choisit de laisser établir la religion chrétienne à Rome, vous verrez que cela ne manque pas de piquant. L'autre épisode marrant raconte comment furent choisis les quatre Evangiles... un grand miracle eut lieu suivi d'un second qui pourrait très bien s'intituler quand les trépassés apposent leur signature au bas d'un document... très instructif de l'honnêteté des religieux à la base de la religion chrétienne. De la même veine que les reliques de Pierre qui furent trouvées en leur temps... Ah miracle quand tu nous tiens !

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

31ème partie

30 ème partie

26e partie

  1ère partie

CHAPITRE XIX.


De Constantin ; pourquoi il protégea les Chrétiens. —Les premiers Chrétiens sont commercans ; de leur communion de biens ; l'administration accordée aux Prêtres ; cause du pouvoir de ces derniers. — Les Chrétiens favorisent Constant-le-Pâle à monter sur le trône des Césars. — Constantin préside le Concile de Nicée ; la Divinité de Jésus niée par les Ariens : ils s'appuient sur l'Evangile de Jean. —Le Concile de Nicée établit quatre Evangiles comme canoniques ; mode qu'on employa pour en faire le choix. — Deux Evêques, après leur mort, signent le protocole du Concile. —Préceptes de la Loi chrétienne et son dogme. — Symbole des Apôtres écrit au Concile de Nicée. — Jésus n'a rien écrit. Ténèbres qui entourent le berceau de la Religion chrétienne.— Donation de Constantin au Pape Silvestre ; remarques à ce sujet ; elle est démontrée comme étant apocryphe. — Des Reliques et des Iconoclastes. — Le pouvoir des Papes s'établit sur les ruines de l'Empire d'Orient. — Charlemagne accorde une autorité illimitée aux Papes qui aspirent à la domination universelle. — La Cour de Rome soudoie des écrivains apologistes de sa conduite. — L'Empire d'Orient déchiré par les Sectes chrétiennes.

M. Lenoir remarque avec beaucoup de sagacité que Constantin, souillé de tous les crimes, teint du sang de son épouse, après des parjures multipliés, se présenta aux prêtres payens pour se faire absoudre de tant de forfaits; ils lui répondirent qu'il n'y avait pas d'expiation à tant de crimes, et qu'aucune religion n'offrait de secours assez puissans pour désarmer la justice des Dieux qu'il avait outragés.

Un flatteur du palais, témoin de son trouble, lui apprend que les Chrétiens, qui avaient été les partisans de son père, et qui étaient très - zélés à son égard, avaient des purifications plus puissantes que celles de la religion payenne ; qu'ainsi son mal n'était pas sans remède.

Constantin, mu par ce criminel espoir, se déclara le protecteur d'une secte qui disait avoir non-seulement le pouvoir, mais le droit de l'absoudre.
C'est ainsi que de petites causes amènent de grands événemens ; c'est de là que Bysance devint le siège de l'Empire romain, et que
Rome et l'Italie purent tomber dans les mains d'un prêtre et devenir son apanage, en perdant ainsi leur antique grandeur et gloire.

Après ces curieuses recherches, nous observerons que Constantin s'est fait baptiser par Eusèbe, Evêque de Nicomédie, qui était Arien , et que Constantin porta toujours jusqu'au tombeau le titre de Grand-Pontife des Romains.

Les premiers Chrétiens s'adonnaient au commerce exclusivement, comme les Juifs ; ils s'enrichissaient extraordinairement, et comme ils devaient mettre en communion leurs biens, pour être administrés par leurs Evêques, ceux-ci devinrent par-là aussi puissans que des Rois. Gallus Pretextatus, Consul romain, disait qu'il se ferait Chrétien, si ou lui avait donné les rentes de l'Evêché aux sept montagnes. Les premiers Chrétiens, qui arrivèrent très-pauvres de la Judée en Italie et en France, devinrent assez riches pour prêter de l'argent à Constantin-le-Pâle, qu'on dit être le père de Constantin-le-Grand, qui par-là monta sur le trône des Césars et en prépara le chemin à Constantin, lequel en eut toujours de la reconnaissance et protégea indistinctement les Chrétiens qui l'avaient aidé à se débarrasser de ses ennemis.

C'est une erreur de croire qu'il était attaché aux Chrétiens orthodoxes. Il désapprouva les querelles qui les partageaient avec les Grecs sur la substance du Verbe, trouvant, comme il le dit lui-même, que c'était un sujet mince, indigne de la gravité du ministère chrétien. Cette querelle occasionna le Concile de Nicée; Constantin se trouva flatté de pouvoir y présider. Dans les controverses du Concile, tantôt il prit le parti d'Arius, tantôt celui d'Athanase ; néanmoins il les exila l'un après l'autre.

La grande question de ce célèbre Concile n'est pas encore terminée de nos jours ; car les Chrétiens sont encore partagés sur l'opinion de la divinité de Jésus- Christ. Les Ariens, qui figurent 300 ans après l'ère chrétienne, s'appuient sur l'Evangile de S. Jean, qu'on prétend avoir établi la divinité de Jésus, ainsi que nous l'avons vu; voici comme ils expliquent cet Evangile, au ch. XVII, § 3 :

« La vie éternelle est de connaître le seul vrai Dieu et son Apôtre (envoyé) Jésus-Christ ». Et au ch. xx, § 17 : «Jésus lui dit : Ne me touche point, car je ne suis point encore monté vers mon Père ; mais va à mes Frères et leur dis : Je monte vers mon Père et, vers votre Père, vers mon Dieu et vers votre Dieu ».

Les Ariens observent que Jean veut persuader que le Père est dans le Fils en parlant de Jésus ; il finit par en faire une distinction formelle qui n'admet aucunement sa divinité; dans le ch. XIV, v. 28 : « Je m'en vais au Père, car le Père est plus grand que moi ».

Plusieurs auteurs ont nié que l'Evangile de Jean fût véritablement écrit par lui ; car au ch. XXI, v. 24, il est dit : « C'est ce Disciple Jean qui rend témoignage de ces choses, et nous savons que son témoignage est digne de foi ».

Ce verset a induit les incrédules à croire, d'après le texte et la force de l'expression, que cet Evangile n'était qu'une tradition parue après S. Jean ; preuve nouvelle que le berceau de l'Eglise naissante est environné de ténèbres impossibles à dissiper.

Toutes ces contradictions devaient s'éteindre au Concile de Nicée qui a établi quatre Evangiles canoniques.

Néanmoins les Saints-Pères qui précédèrent ce Concile, n'ont rappelé dans leurs ouvrages que les Evangiles que le Concile déclara apocryphes ; ce qui a induit à croire que les Evangiles canoniques fussent postérieurs aux apocryphes.

Du reste, voici comment ce Concile s'est guidé dans le choix des quatre Evangiles qu'il voulait adopter dans l'innombrable quantité qui alors existait.

Les Saints-Pères du Concile assemblés, illuminés et éclairés par l'Esprit Saint, placèrent pêle-mêle, sur un autel devant lequel le Concile s'assemblait, tous les Evangiles alors connus. Ils prièrent ardemment le Seigneur Dieu pour qu'il daignât leur faire voir quels étaient les Evangiles inspirés par ledit Esprit Saint.

Après la prière, tout-à-coup arrive un miracle ; les Evangiles que Gelase devait faire brûler, tombent sous l'autel ; il ne reste au-dessus que les quatre qu'on déclare canoniques et qui sont suivis de nos jours par la presque généralité des Chrétiens.

Mais ce Concile devait se terminer par un miracle encore plus grand. On était convenu que pour la validité du Concile, tous les Saints-Pères devaient signer les actes. Or, pendant la durée du Concile moururent deux évêques, Musonius et Chrissante, sans avoir signé les actes; voilà la besogne comme on dit au Diable, car il fallait absolument leur signature pour la validité du Concile. Les Saints-Pères font placer des gardes autour du tombeau des Evêques ; ils déposent au-dessus les actes du Concile, qui, comme on sait, était divisé en sections. Les Saints-Pères passèrent la nuit en prière, et le lendemain ils trouvèrent que les trépassés avaient heureusement signé les actes du Concile.

Si l'on retranche les lois juives auxquelles les convertis à la foi de Jésus étaient soumis, la pure doctrine chrétienne se réduisait à très-peu de préceptes :

1.° Au dogme fondamental juif de l'unité de Dieu, auquel les Apôtres joignirent

2.° La récompense et les peines dans la vie future;

3.° La mission divine de Jésus le Christ et le Fils de Dieu ;

4.° Le résurrection de Jésus, cause de la résurrection des hommes;

5.° Le don mystérieux de l'Esprit-Saint par la permission de Dieu ;

6.° La croyance des esprits impurs répandus entre les hommes.

Voilà ce que croient les Apôtres dans leurs écrits.

Le Symbole des Apôtres ne fut écrit qu'au Concile de Nicée; il se perfectionna peu à peu , et l'article qui traite du Saint-Esprit fut établi postérieurement au Concile de Constantinople, qui se tint sous Théodose en 381. Grégoire de Nyssa, en Capadoce, est l'auteur de ce dogme.

Si le Symbole avait existé du temps des Apôtres et eût été établi par eux, il n'y aurait pas eu tant de disputes, tant de sectes, et les vrais iidèles auraient eu une règle à opposer aux novateurs.

Le Christianisme, à son berceau , ne fut signalé que par des disputes théologiques, en opposition les unes avec les autres, malgré la simplicité et le petit nombre de ses dogmes (Voyez les Actes des Apôtres et St. Paul, ad Coloss., ch. II, v. 4 , 8 ; Timoth I, ch. I, v. 4 et suivans; idem, Timoth. II, ch. II, 16, etc. etc.)

Jésus n'a rien écrit, on ignore pourquoi. Sa morale se trouve dans le Nouveau Testament qu'on dit écrite par ses Disciples. Les Chrétiens éclairés regretteront toujours le peu de lumières que leur culte présente précisément, lorsque le besoin s'en fait le plus sentir. Toutes ces incertitudes malheureusement firent placer la religion chrétienne dans le même rang que les sectes philosophiques en vigueur à ces époques lointaines, et ces disputes, en fait de dogmes, leur paraissaient comme des thèses scolastiques, où on ne s'occupait, et avec un parfait accord, que des préceptes de Jésus, de l'adoration de Dieu, de l'amour du prochain et de la pratique de la plus parfaite charité.

Nous engageons nos Frères de se procurer les Considérations sur l'histoire des principaux Conciles, par le Frère de Potter. Ils seront surpris de voir que le Christianisme, jusqu'au 6 ème siècle, a été toujours en contradiction avec lui-même.

La grande renommée que Constantin s'est acquise avec le temps, ayant été classé entre les bienheureux, ne provient pas de la présidence dont il fut honoré au célèbre Concile de Nicée; mais il la doit à cette fameuse donation de Rome et de l'empire d'Occident, que les Apostoliques soutiennent qu'il fit à Silvestre, Grand-Pontife des Chrétiens d'Occident à Rome.

Observons simplement que si cette donation avait existé dans le fait, les Papes n'auraient pas manqué de la mettre en avant lors des contestations qu'ils eurent à soutenir avec les Empereurs d'Orient, et en particulier avec Léon l'Isaurien, dont l'escadre envoyée pour réduire le Pape et Ravenne, fut engloutie par une tempête dans l'Adriatique ; ce qui est une preuve évidente que cette donation fut forgée par les dispensateurs des grâces divines.

Cette donation est d'un style pitoyable et démontre la maladresse de ses auteurs qui ignoraient entièrement l'histoire des siècles qui les précédèrent. Tout le monde sait que Constantin ne se fit Chrétien que quelques instans avant sa mort ; néanmoins dans cette donation, il se place sur le trône de Dieu, qui doit juger les vivans et les morts, condamne d'avance aux Diables et aux enfers tout homme qui oserait l'enfreindre.

« Nous ordonnons que cette donation demeure ferme jusqu'à la fin du monde ; et si quelqu'un désobéit à notre décret, nous voulons qu'il soit éternellement damné, et que les Apôtres Pierre et Paul lui soient contraires dans cette vie et dans l'autre, et qu'il soit plongé au plus profond de l'Enfer avec le Diable. Donné sous le consulat de Constantin et de Gallienus ».

A ces époques, toujours obscures dans l'histoire, trois dogmes s'établirent chez les Chrétiens :

1.° Celui des images;

2.° des prières pour les morts;

3.° des reliques.

Les Chrétiens, au temps des Apôtres, ne connaissaient ni temples ni simulacres d'aucune espèce; ils regardaient comme une folie le culte et les prières que les Payens adressaient à des choses inanimées.

Les Chrétiens ayant corrompu leur première doctrine, eurent la fureur des reliques, fureur qui dure encore aujourd'hui ; elle augmenta leur vénération pour ceux qui les possédaient et qui les accréditaient par des patentes. Par la suite , ils crurent qu'on pouvait participer aux indulgences chrétiennes, même après la mort. On a baptisé et communié des morts ; le dogme des images et celui des morts et des reliques se tenaient ensemble.

Léon, l'Isaurien, regardait les images comme des objets d'idolâtrie, et lança en 716 un décret contre leurs adorateurs. Les Iconoclastes triomphèrent en Orient. Grégoire II, Pape de Rome, sujet de l'Empereur, se refusa aux décrétales, et saisit cette occasion pour ordonner aux Romains de ne plus reconnaître dorénavant l'Empereur grec pour souverain et de lui refuser les tributs ordinaires. Il se ligua contre lui avec les Lombards. Les peuples d'Orient payèrent bientôt le refus du Pape aux ordres de l'Empereur. Tous les adorateurs des images furent recherchés avec soin et périrent dans les supplices.

Les Papes, plus avides de pouvoir après qu'ils se furent émancipés des Empereurs grecs, cherchèrent à empiéter sur le royaume des Lombards ; dans cette vue, ils se brouillèrent avec leurs alliés, recoururent aux Empereurs grecs qu'ils avaient méprisés, et contre lesquels ils s'étaient révoltés pour se délivrer des Princes lombards qu'ils craignaient.

Les Empereurs grecs, occupés de désastres privés, ne pouvaient pas accéder à ces demandes. Alors, Etienne II, Pape, s'adressa à Pépin qui fonda la légitimité papale aux dépens des Empereurs d'Orient.

Léon III, pour consolider son pouvoir, éleva à la plus haute dignité qu'on pouvait alors connaître, Charlemagne, qui, de son côté, favorisa le suprême pouvoir de l'Evêque de Rome ; ce qui fit que les Rois Francs conservèrent une certaine autorité et pouvoir près du Saint- Siège ; car, en 855, Louis-le-Pieux a pu juger dans Rome même un magistrat accusé d'intelligence avec le gouvernement grec au préjudice des Francs.

Par les intrigues des Pontifes de Rome, leur autorité profane se consolidait sur les débris du trône des Empereurs d'Orient.

Déjà, à ces époques lointaines, les prêtres de Rome, imbus des fatales doctrines que l'on rencontre à chaque pas dans la Bible, ont cru ou ont voulu se persuader que les Papes, qui représentent les Grands-Sacrificateurs juifs, ne devaient pas régner et dominer seulement sur les opinions de leurs croyans, mais qu'ils devaient disposer absolument des biens et des Royaumes de toute la terre.

Grégoire VII, s'appuyant sur ces maximes subversives de toute société, de toute autorité civile et politique, s'était arrogé le droit de disposer de toutes les couronnes des Princes chrétiens, et de déposer les Souverains selon son bon plaisir. Voici les termes précis de l'excommunication qu'il publia contre Henri II, Empereur :

« Je défends à Henri, fils de l'Empereur Henri, de gouverner le Royaume Teutonique et l'Italie. J'absous tous ses sujets du serment de fidélité. Je défends à toute personne de le servir comme Roi, et je charge Henri d'anathème».

Henri, pour empêcher la rébellion dans ses Etats et la guerre civile dont il était menacé, fut obligé de se soumettre au Pape.

Après ce Pape, voici comme s'explique le Concile de Florence, tenu en 1436 :

« Le Pape est au-dessus des Conciles et des Rois ; il a le pouvoir de déposer ces derniers, qui sont dans l'obligation de baiser ses pieds, et de ne baiser que les siens. Il est le juge en dernier ressort de tout le monde, et personne ne le peut juger. Il est infailliblement saint par les mérites de St Pierre; ceux qu'il a excommuniés n'ont plus rien à attendre de personne, l'autorité pontificale obligeant strictement tous les fidèles à violer le serment fait en leur faveur, et même à se soulever ouvertement contre eux ».

La Cour de Rome soudoie encore de nos jours des écrivains pour entretenir les ignorans et les faibles dans ces maximes subversives de tout ordre. Voici comme s'explique Lalande (qu'on ne doit pas confondre avec le célèbre astronome) sur l'obligation des Rois de baiser les pieds aux Papes; le paragraphe suivant est tiré de son ouvrage qui a pour titre Voyage en Italie :

« Cet acte est l'empreinte de la royauté et de la divinité à la fois. D'ailleurs l'usage de baiser les pieds au Pape était une suite naturelle de son exaltation au-dessus de toute autre puissance. Constantin baisa les pieds à Silvestre; Justin I er au Pape Constantin ; Charles V à Clément et à Paul III ; le Roi de Naples à Benoit XIV ; et une infinité de Monarques ont fait de même dans tous les siècles ».

L'histoire ecclésiastique fourmille de ces exemples où l'on voit toujours l'abus du pouvoir des Papes et de son clergé, qui est sans cesse aux prises avec l'autorité légitime des Souverains, et qui débite que Dieu dispose des biens et des couronnes de la terre, et que les Papes en sont les seuls dispensateurs.

L'Empereur Héraclius (d'après St Théophane , Cron. pag. 275), voyant son Empire déchiré par des sectes chrétiennes qui se disputaient après six siècles sur la nature de Jésus, ordonna de ne plus parler désormais ni des deux natures de Jésus , ni de sa volonté une ou double.

Les schismes des Eglises grecque et latine, leurs idées flottantes sur la divinité et sur les deux natures de Jésus, ces querelles de grand intérêt sur la soumission que le Clergé romain réclamait des Chrétiens, firent naître de toutes parts des sectes audacieuses, qui conservèrent dans leurs doctrines les dogmes et idées des Esséniens, des Gnosticiens et des Manichéens.

Dans ces circonstances, les thèses sur les mystères de la Trinité enflammèrent tous les esprits des deux Eglises du 4.e au 13.e siècle. Toutes ces disputes et toutes ces stériles recherches amenèrent la doctrine de l'unité de Dieu. Mais la puissance papale et le monachisme ayant prévalu, les unitaires furent persécutés, dépouillés de leurs biens, brûlés pour l'amour de la Trinité et l'édification des fidèles.

D'autre part, en Egypte, en Syrie et en Arabie, pendant que les Juifs s'occupaient à refondre leurs lois, attribuées à Moïse et à Salomon, une grande révolution religionnaire se préparait dans l'Arabie, où les Sabéens étaient très-répandus, et qu'on appelait les Chrétiens de S.t Jean. Cette religion était formée des débris religieux des Juifs et des Chrétiens.

33ème partie

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 00:17

 

 

2

Les premières loges de Palestine

et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne

 

par Léon Zeldis

Ancien Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du REAA de l'Etat d'Israël


La Loge Palestine N° 157 fut fondée à Jaffa en 1910. Son premier Maître était un juif, Simon Moyal, et le deuxième un arabe, Abdallah Samari. On peut à nouveau se rendre compte des relations fraternelles existant alors entre les communautés dans le milieu de la Franc-maçonnerie. En 1928 les frères décidèrent de transférer leur allégeance de la Grande Loge Nationale d'Egypte à une autre Grande Loge rivale qui avait de bonnes relations avec la famille royale. Ces relations donnèrent du prestige à la loge, qui changea son nom en Loge Prince, recevant le numéro 286. Néanmoins, la loge ne survécut pas longtemps, et quand la Grande Loge de Palestine fut fondée en 1933, elle n'existait déjà plus.  

La Loge Jérusalem N° 262 fut établie dans la Ville Sainte en octobre 1924, et travaillait en français. Les membres comprenaient autant de Juifs que d’Arabes. Le premier Vénérable était juif, Samuel Hashimshony, qui contribua à l'établissement de plusieurs autres loges.* Hashimshony était l'agent local d'un grand bijoutier égyptien et ses affaires le conduisaient souvent au Caire, où il reçut tous les grades du REAA jusqu’au 33ème.  La Loge Jérusalem fut la première établie en Palestine par la Grande Loge Nationale d'Egypte après la première Guerre Mondiale. En 1936 la loge fusionna avec la Loge Pax pour finalement fermer ensemble. Parmi ses membres on doit signaler spécialement Choukry Houry, le deuxième Vénérable, et les frères Asher Koch, Mordechai Caspi et David Yellin, tous les quatre devenus Grand Maîtres.

* - Loge Saïd N°264,  Loge Har Zion N°279, Loge Reuven N°288 et Loge Har-Sinaï N°293.

La Loge El-Dugha  (“L'Aurore” ou “L'étoile du Matin”) N° 263 fut fondée à Jaffa en 1926, pour travailler en arabe. Certains frères de cette loge fondérent en 1928 la Logia Moriah de  Tel Aviv, qui existe encore aujourd'hui, N° 3 sous la Grande Loge de l'Etat d'Israël.

La Loge Said N° 264 fut fondée aux environs de 1926, mais nous n'avons pas d'autres renseignements à propos d'elle. La Loge Har-Zion (Mont Sion) N° 270 fut fondée à Jérusalem le 5 mars 1927. C’était la première loge parlant hébreu à Jérusalem, alors que sa langue officielle était l'anglais. Le changement de langue de travail déplut aux autorités du Caire, provoquant un vif échange de lettres. La plupart des frères qui fondèrent la Loge Rashbi en 1933 venaient de cette loge.* Parmi eux on peut signaler Raphaël Aboulafia, qui s'affilia à la loge dès son installation à Jérusalem. Aboulafia fut plusieurs années Vénérable de la Loge Hiram à Tel Aviv; il servit comme Grand Secrétaire de la Grande Loge Nationale de Palestine et fut aussi imprimeur éditeur du Haboneh Hahofshi, le journal officiel de la Grande Loge. En 1970 il fut élu Grand Maître de la Grande Loge de l'Etat d'Israël et tout suite après son installation donna le permis pour fonder la Loge La Fraternidad N° 62 de Tel Aviv, la première hispanophone en Israël.

* - Fondé à Jérusalem 16 janvier 1933 sous la Grande Loge Nationale de Palestine, pour travailler en hébreu,  et recevant le N°8.

La Loge Moriah N° 283 fut fondée à Tel Aviv le 20 juillet 1927, pour travailler en hébreu. Elle avait une composition mixte Arabes et Juifs. Le premier Vénérable était  le Dr. Abraham Abouchedid. Parmi ses membres on peut signaler S.A.R. le Prince Kadjar Salar ed-Dowleh de Perse, alors résident à Haifa, et Choukri Khouri de Jaffa.

La Loge Reuben N° 288 fut fondée à Haifa le 4 décembre 1927, pour travailler en hébreu. Le premier Vénérable fut Shabtai Levy, maire de Haifa (et plus tard Grand Maître), qui donna son nom à la loge pour honorer la mémoire de son beau-frère Reuben Israeli, mort très jeune.

La Loge El Halil (Le Patriarche Abraham) N° 289 fut fondée à Jérusalem en 1928, pour travailler en arabe. La loge ne rejoignit pas la Grande Loge de Palestine et disparut un peu plus tard.

La Loge Pax N° 291, fut fondée à Jérusalem en 1928 pour travailler en anglais. Le premier Vénérable fut Asher Koch. Parmi ses fondateurs on trouve le premier maire juif de Jérusalem, Daniel Oster. La majorité des frères étaient professeurs, Juifs et Arabes. En 1929 ils établirent une Loge d'instruction sous le nom Pythagore. La loge déclinant, s’unit à la Loge Jérusalem, mais les conflits réligieux et politiques en Terre Sainte la perturbèrent, et elle fut contrainte d'abattre ses colonnes.

Une patente constitutive du 15 janvier 1929 autorisait la création de la Loge Mont Sinai N° 293, pour travailler à Jérusalem en anglais. La loge fut officiellement consacrée le 25 janvier 1929. Elle était mixte, avec frères Arabes et Juifs, et en 1933 elle devint une des fondatrices de la Grande Loge Nationale de Palestine. Après un certain temps, elle passa sous la juridiction de la Grande Loge d'Ecosse, changeant son nom en Loge Mizpah (La tour de guet) N° 1383. Lors de la création de la Grande Loge de l'Etat d'Israël elle portait toujours son nom et reçut le numéro 6.

La Loge Hiram fut fondée en 1929 à Tel Aviv, et travaillait en hébreu. Son premier Vénérable était Nathan Inbar. Un des premiers initiés dans la loge était le Juge Joseph Michael Lamm, qui fut élu en 1964-65 Grand Maître de la Grande Loge de l'Etat d'Israël, et plus tard Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais Ancien et Accepté en 1971.*

* - Haboneh Hahofshi, septembre 1971, p. 148.

La Loge Roi Salomon N° 298 fut fondée à Jaffa-Tel Aviv en 1932. Nous n'avons pas d’information sur cette loge, qui probablement avait disparu lors de la fondation de la Grande Loge de l'Etat d'Israël.

Les relations sereines entre les diverses commnautés de Palestine sous le gouvernement turc furent bouleversées par la Grande Guerre. Le démantèlement de l'Empire Ottoman entraîna la création de diverses nations dans le Proche-Orient, et un partage des "zones d'influence" entre les puissances victorieuses, l’Angleterre et la France.  

La Palestine, à cette époque comprenait des territoires des deux côtés du Jourdain, rassemblant Israël, la Jordanie et l’Autorité Palestinienne d'aujourd'hui, placés sous contrôle de la Grande Bretagne, qui avait reçu mandat de la Société des Nations en 1922 pour gouverner le pays.

Les loges durent suspendre leurs travaux pendant la guerre, car un grand nombre de frères avaient été exilés par le Gouvernement Ottoman, qui craignait une coopération avec les forces britanniques. Après la guerre, et aussitôt ses portes réouvertes, la loge Barkai dut les fermer à nouveau à la suite du massacre de 47 Juifs à Jaffa le 1er mai 1921. La loge reprit ses travaux en janvier 1925 dans un autre local, à Tel Aviv. La plupart des frères arabes l’avaient quittée pour rejoindre une des loges sous la juridiction de la Grande Loge Nationale d'Egypte. Les violentes émeutes qui continuèrent par intermittence jusqu'au début de la Deuxième Guerre Mondiale perturbèrent sans doute les relations entre les loges de différentes juridictions, sans pourtant les interrompre totalement. Il faut rappeler que les loges sous juridiction égyptienne comportaient aussi un grand nombre de juifs.

 Au cours de l'année 1932, comme nous l’avons signalé, la Maçonnerie égyptienne subit une grave crise qui entraîna l’apparition de deux grandes loges concurrentes. Les loges en Palestine sous juridiction égyptienne, opéraient alors au sein d'un organisme administratif, le Comité Permanent, dirigé par le prince perse Salar Ed Dowlah Gadjar nommé par les autorités du Caire. Le prince habitait à Haifa en attendant que son frère récupérât son trône.

Le Comité Permanent aurait du fonctionner comme une Grande Loge Provinciale, mais le prince agissait de façon arbitraire, donnant des ordres sans consulter les frères locaux, qui se sentaient humiliés et tentaient de se libérer de son pouvoir. Une série de réunions de Vénérables des loges locales eut lieu au début 1928, et, tenant compte de la situation en Egypte, ils prirent la décision de se rendre indépendants en créant une Grande Loge. Le 12 mai 1932, sept des onze loges travaillant sous la juridiction égyptienne s’unirent, renvoyant leurs patentes et devenant de-facto la Grande Loge Nationale de Palestine. Trois des loges égyptiennes, El Dugha N° 263 de Jaffa, Nur el Hakmah N° 125 de Jérusalem et El Halil N° 289 de Jérusalem refusèrent de rejoindre la nouvelle Grande Loge, tandis que la Loge Reuven N° 288 de Haifa décida de rejoindre la juridiction écossaise, recevant le numéro 1376.

Une pétition fut envoyée à la Grande Loge du Caire pour consacrer la nouvelle Grande Loge et cette demande fut acceptée par les autorités égyptiennes. Bien que la majorité des frères en Palestine soient juifs, le caractère non sectaire de la maçonnerie locale est démontré par le fait qu'en tête de la délégation venue d'Egypte le 8 janvier 1933 se trouvait Fuad Bey Hussein, Grand Maître Passé de la Grande Loge d'Egypte, Procureur Général de la Cour Mixte d’Appel d'Alexandrie, accompagné par le Juif Albert Mizrahi, et Seddik Bey, Directeur Général de la Municipalité d'Alexandrie, qui servit comme Grand Chapelain Installateur.* Hassan Shoukry Khoury, promoteur de Jaffa (1877-1932) avait été élu premier Grand Maître mais il décéda avant d'être installé, et Marc Gorodisky, un avocat de Tel Aviv, fut élu à sa place. Neanmoins, pour honorer la mémoire de Shoukry Khoury, il fut cité dans le registre de la Grande Loge comme étant le premier Grand Maître et Gorodisky le second.  

* - Haboneh Hahofshi,  N°2, février 1933, p. 6.

La cérémonie de consécration fut conduite au siège du Young Men's Christian Association à Jérusalem, proche du mur de la Vieille Ville, le lundi 9 janvier 1933. Quelques jours après sa fondation, la Grande Loge autorisa la création de nouvelles loges à Jérusalem, Tibériade et Jaffa. Peu de temps après, la loge Nur el Hakmah décida elle aussi de rejoindre la Grande Loge, recevant le numéro 11, et quelques mois après la Loge El Shams N° 12 fut établie dans la ville arabe Ramallah. Moins d'un an après sa fondation, la Grande Loge Nationale de Palestine créa la Loge Kureish (Cyrus) N° 14 à Rabat Amon, aujourd’hui Amman, capitale de la Jordanie.

 Les loges anglophones, fondées avec patentes d'Angleterre et d'Ecosse, refusèrent de rejoindre la nouvelle Grande Loge et continuèrent de fonctionner dans les juridictions originales, tandis que les loges allemandes travaillaient dans le cadre de la Grande Loge Symbolique d'Allemagne en Exil, la maçonnerie ayant été supprimée dans l'Allemagne nazie.

En dépit des relations tendues entre les populations arabes et juives, la Grande Loge Nationale de Palestine faisait des efforts incessants pour attirer des candidats de toutes les communautés : Juifs, Arabes chrétiens, musulmans, Arméniens, Druses. Ainsi, plusieurs loges composées presque exclusivement d’Arabes furent établies.

La Loge Galilée de Nazareth mérite une mention spéciale. Cette loge reçut le numéro 31 lors de la création de la Grande Loge de l'Etat d'Israël en 1953. Fondée en 1950, elle travaille en arabe, avec des membres musulmans et chrétiens dans toute leur diversité, reflétant l'importance de cette ville pour la Chrétienté. La loge resta en sommeil quelques années et fut ouverte à nouveau en 2002 avec Samir Farran comme Vénérable Maître. En 1953 la maçonnerie israélienne fut réunie avec la création de la Grande Loge de l'Etat d'Israël. Des loges arabes additionelles furent établies au cours des années. La Loge Acco en Acre, forteresse des Croisades, la Loge Hidar à  Kfar Yassif, ville Druse près de Haifa, et la Loge Al-Salaam (La Paix) de Jaffa-Tel Aviv. Les loges Hidar et Acco sont encore actives.

La Loge Ha-Lapid (Le Flambeau) fut fondée à Jérusalem en 1974, c'est-à-dire, juste un an après la Guerre de Yom Kippur. Elle travaille en arabe et les membres sont musulmans, chrétiens et juifs. Le premier Maître fut David Greenberg, un Juif.

Une deuxième loge arabe fut fondée à Nazareth en 1983 : La Loge Nazareth, comprenant des membres musulmans et chrétiens.

 La Loge Na'aman N° 61, loge mixte associant des arabes et des juifs, travaillant en hébreu, fut fondée à Haifa en 1958. Haifa avait toujours eu une composition ethnique mixte. Parmi les 32 Vénérables Maîtres entre 1968 et 2003, plus de la moitié, 19, étaient arabes.

Afin de souligner le caractère non sectaire de la Franc-maçonnerie israélienne, le sceau de la Grande Loge présente au centre, entre l'équerre et le compas, la Croix chrétienne, le Croissant musulman et le Sceau de Salomon (ou Maguen David). Sur l'autel des loges israéliennes se trouvent trois Volumes de la Loi : la Bible, le Tanakh hébreu et le Coran. Trois Porteurs des livres sacrés avec le même grade maçonnique les portent à l'ouverture des travaux de la Grande Loge. Il y a aussi trois Grands Chapelains, un pour chaque religion monothéiste.

Les Officiers de la Grande Loge ont toujours inclus autant d’Arabes que de Juifs. Un avocat arabe de Haifa, Jamil Shalhoub, fut élu Grand Maître de la Grande Loge de l'Etat d'Israël en 1981 et en 1982 il fut élu pour une deuxième année.

J’appartiens à la loge, La Fraternidad N° 62 de Tel Aviv, première loge hispanophone d'Israël, fondée en 1970. Elle a pour tradition d'organiser chaque année un "week-end fraternel" dans un hôtel touristique, où les frères et leurs familles se réunissent pour trois jours de détente. Le programme inclut un colloque d’une matinée consacré à des sujets maçonniques et questions diverses, avec la participation active des dames. Nous visitons également les lieux touristiques voisins et, bien sùr, la bonne table n'est pas ignorée.

En 1993 nous réalisâmes le week-end fraternel à Nazareth, et pour le banquet qui marque la fin de l'événement, notre frère, le Dr. Juan Goldwaser eut une inspiration. Pourquoi ne pas inviter les frères de la loge locale, Loge Nazareth, à nous rejoindre? Aussitôt dit aussitôt fait. Une vingtaine de frères sont venus, quelques-uns avec leur femmes, portant d’énormes plateaux de gâteaux arabes. Ce fut une réussite qui inaugurait une série de nombreuses rencontres. Le Dr. Goldwaser invita chez lui un grand nombre de frères de Nazareth avec toute la loge La Fraternidad. Les frères arabes répondirent en ouvrant les portes de leurs maisons, et suivirent réunions, pique-niques, et des amitiés personnelles se développèrent entre les frères des deux loges et cela à une époque où le pays connaissait une situation permanente de tension et de terreur.

En 1995, le Dr. Eduardo Vaccaro, Grand Maître de la Grande Loge d'Argentine, et Gabriel Jesús Marín, Souverain Grand Commandeur, décidérent de créer une Academie Maçonnique de la Paix, dans le but de récompenser par un prix les personnes et les organisations qui oeuvraient pour la cause de la paix et la tolérance.  On m'avait demandé de soumettre des candidats pour ce prix, et j’ai proposé deux noms : le Dr. Juan Goldwaser, pour son action dans le rapprochement des loges La Fraternidad et Nazareth, et Joseph E. Salem, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil d'Israël, né en Iraq, qui parle l'arabe et s’efforce toujours pour renforcer les liens fraternels entre tous les maçons. Mes deux propositions furent acceptées. Goldwaser se rendit à Buenos Aires, mais pas Jospeh Salem pour raisons de santé.

La fois suivante, on me demanda à nouveau de soumettre des noms pour le Prix Maçonnique de la Paix. Cette fois je proposai deux frères arabes : Samir Victor Farran, de Nazareth, et Elias Mansour de Haifa. Farran était un des fondateurs de la Loge Nazareth et fut le Vénérable de la Loge Galilee 31. Il s’était illustré par son appui enthousiaste à des relations fraternelles entre tous, sans distinction de foi ou nationalité. Mansour, pour sa part, était un pilier de la famille maçonnique de Haifa, et toute sa vie il fut un exemple de tolérance et bienveillance. Mes propositions furent à nouveau retenues.

Malheureusement, cette merveilleuse initiative de la Maçonnerie argentine ne dura pas. Les prix de la Paix de 1997 furent les derniers.

L'an 2003, en pleine Intifada palestinienne, Juan Goldwaser et moi même fûmes reconnus par la Loge Galilee avec le titre de Vénérable Maître d'Honneur ad-Vitam de la loge, qui organisa une cérémonie spéciale à cet effet. Et cette année – 2005 - la Loge La Fraternidad honora le frère Samir Farran avec le même titre, bouclant ainsi le cercle de fraternité entre les deux loges, une arabe et l'autre juive.

Ce témoignage me paraît important et plus de nos jours qu’autrefois. Aujourd'hui, quand des forces d'intolérance et de fanatisme menacent les fondaments même de notre civilisation libre et démocratique, il est impératif de réfléchir à nouveau aux valeurs de la maçonnerie, la tolérance et la morale, et sur la contribution que cette Franc-maçonnerie est capable d’apporter dans la construction d'une société plus tolérante, plus libre et plus humaine, et cela même dans des circonstances les plus décourageantes.

FIN

Léon Zeldis, « Les premières loges de Palestine et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne », Cahiers de la Méditerranée, vol. 72, La Franc-Maçonnerie en Méditerranée (XVIIIe - XXe siècle), 2006, [En ligne], mis en ligne le 17 septembre 2007. URL : http://cdlm.revues.org/document1173.html. Consulté le 15 février 2008.

Sources CDLM REVUES

Posté par Adriana Evangelizt

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 23:59

 Voilà donc l'article où M. Léon Zeldis raconte la saga des loges en Palestine, à sa façon, bien évidemment et en passant sous silence quelquefois l'essentiel. Ainsi lorsqu'il dit que les loges israéliennes comptent autant de juifs que d'arabes, on sourit doucement ou amèrement, c'est selon. En tout cas, il passe sous silence toutes les loges juives sionistes sur le sol américain qui se comptaient par centaine en 1899-1900 et dont tous les noms sont en rapport avec la Palestine.

Le texte étant très long nous l'avons coupé en deux parties et mis les notes accompagnées d'* en dessous des paragraphes correspondants pour faciliter la lecture.

 

1

Les premières loges de Palestine

et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne

 

par Léon Zeldis

Ancien Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du REAA de l'Etat d'Israël

 

Dans une région frappée par la guerre et le terrorisme, profondément divisée politiquement et religieusement, les loges maçonniques constituent un oasis de paix et de tolérance, où les hommes de bonne volonté transcendent leur différences pour joindre leur mains et leur esprits, liés par leur aspiration commune de créer un monde meilleur, de s’améliorer eux-mêmes et de contribuer à la construction d'une société plus rationnelle, fondée sur les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.  

La Franc-maçonnerie en Terre Sainte, son dévelopement et ses relations avec les pays voisins réprésente un exemple brillant de la puissance des valeurs maçonniques et de leur capacité à surmonter les différences notées plus haut.

L’origine et le développement original des loges maçonniques en Palestine était intimement lié à la Franc-maçonnerie égyptienne ce qui était tout à fait naturel, puisque les deux formaient une part de l'Empire Ottoman jusqu’à la fin de la première Guerre Mondiale (1919). Cette communication tente de décrire les loges de Terre Sainte et leurs relations avec celles de l'Egypte, qui n'étaient pas forcément plus anciennes, mais plus nombreuses et mieux organisées.

Il n’existait pas de loges en Egypte quand Napoléon envahit la terre du Nil. L'appartenance de Napoléon à la maçonnerie est une question non tranchée, bien que quelques preuves disponibles tendent à donner une réponse positive. Ce qui est sûr, c’est que plusieurs de ses parents, de même que ses officiers d’armée, étaient maçons, y compris le Général Kléber, qui fut Gouverneur d'Egypte lorsque Napoléon retourna à Paris. A cette époque une loge Isis fut fondée à Alexandrie, avec Kléber comme Vénérable Maître. Toutefois, après son assassinat, la loge avait disparu. *

* André Combes, « Le rite de Memphis au XIXème siècle », in Symboles, signes, langages sacrés, pour une sémiologie de la Franc-maçonnerie, Actes de colloque franco-italien, Pise, Edizioni ETC, 1995.

Alexandrie était alors, comme durant toute son histoire, une ville cosmopolite, polyglote, et on peut juger de son caractère progressiste par le fait que la première projection cinématographique en Egypte (et probablement dans le Moyen-Orient tout entier) eut lieu dans cette ville en novembre 1896, à peine un an après la première mondiale présentée en France par les frères Lumière.* Plusieurs maçons italiens d’Alexandrie créent en 1830 une loge Carbonari  travaillant le Rite Ecossais.** Quelques années plus tard, en 1838, la Loge Memphis fut établie au Caire sous patente du Grand Orient de France.*** Une autre loge établie à Alexandrie en 1845, dépendante aussi du Grand Orient de France, s'appelait La Loge des Pyramides. L'auteur maçonnique américain Robert Morris visita cette loge en 1868 au cours de son voyage en Terre Sainte, et il signala qu'elle travaillait alternativement en français et en arabe, mais les rituels étaient imprimées en français.**** Le célèbre homme politique arabe Abd-el-Kader fut initié dans cette loge en Juin 1864.*****

* Sandro Manzoni, « Alexandrie, passerelle entre l’Orient et l’Occident », Los Muestros, Bruxelles, N°58, mars 2005. 
** - F.D. Stevenson, « Freemasonry  in Egypt –Part 1 »,
Ars Quator Coronatorum, Vol.81, 1968, p.210 

*** Nahdat Fathi Safwat, Freemasonry in the Arab World,  Arab  Research centre, ISBN 09097233031.

****  - Robert Morris, Freemasonry in the Holy Land,  Masonic Publishing Co., New York 1872, p.219.

*****  - Abd-el-Kader avait lutté contre les forces françaises en Algérie mais, après avoir été envoyé en exil à Damas, il donna refuge et sauva des centaines de familles chrétiennes au cours des émeutes de Damas. Cf. Stevenson, op.cit.

De nombreux ateliers furent établis au Caire, Alexandrie, Suez, Port-Said et Ismaïlia dans les années suivantes. En 1876, sur les instances de Salvatore Zola, le Grand Orient d'Italie autorisa la création du Grand Orient de l'Egypte, pour travailler les hauts grades du Rite Ecossais Ancient et Accepté, aussi que la fondation d'une Grande Loge d'Egypte pour les grades symboliques.

Un Grand Orient d'Egypte du Rite de Memphis fut fondé en 1867*, dirigé par le Marquis de Beauregard ; lui succéda le Prince Halim Pasha, fils de Mehmet Ali, Vice-roi d'Egypte, considéré comme le vrai fondateur de l'Egypte moderne. Halim Pasha succéda à son père à la tête du pays.

*- Stevenson fixe la date à 1876, confirmant une charte provisoire datée du 4 septembre 1864.

Le 21 mars 1873 les différentes loges fonctionnant en Egypte s'unissaient à  Alexandrie pour former la Grande Loge Nationale d'Egypte et le 5 mars 1878 son siège fut transféré au Caire mettant fin à l'état d'anarchie existant dans la maçonnerie égyptienne. Tawfiq Pasha, alors Khedive (Vice-roi) fut élu Grand Maître en 1881, et un grand nombre de personnalités égyptiennes, tels que Jamal ed'din al-Afhani, le grand érudit islamique et réformateur, rejoignirent les ateliers maçonniques, qui se sont multipliés au point qu'on en comptait plus de 500, "travaillant en anglais, français, grec, hébreu et italien, en plus de l'arabe."  *Al-Afghani et son disciple Mohammed Abdou s’adressèrent à leurs camarades dans les cercles libéraux de l'Egypte comme “'ikhawan al saffa wa khullan al wafd” (sincères fréres et fidèles compagnons).**

*  - Stevenson, ibid.

**  - Karim Wissa, article sur la Maçonnerie égyptienne, cité par Samir Raafat, « Freemasonry in Egypt is it still around ? », Insight Magazine, 1er mars 1999.  www.egy.com/community/99-03-01.shml.

On peut se rendre compte de la renommée de la Maçonnerie en ce temps-là par l’intérêt pour l'ouvrage Histoire Générale de la Franc-maçonnerie, du célèbre historien George Saidan, auteur d'une Histoire de l'Empire Ottoman réimprimée et vendu encore aujourd'hui. Saidan, maçon, publia son histoire de 256 pages chez les éditeurs "Al-Majrusa" du Caire en 1889. Le volume avait été épuisé longtemps mais il fut réédité en 2004.*

Un autre membre de la famille royale égyptienne, le Prince Muhammad Ali, en 1922 succéda à Idris Bey Raghib en tête de la Grande Loge Nationale d'Egypte, mais Idris Bey et quelques uns de ses partisans n'acceptèrent pas la décision de la Grande Loge et ils fondèrent une autre Grande Loge concurrente. Le conflit entre les deux puissances maçonniques aboutit au retrait de leur reconnaissance par les Grandes Loges d'Angleterre et d'Ecosse. Finalement, une solution fut trouvé sous l'égide du Grand Orient de France et une nouvelle Grande Loge Nationale d'Egypte fut fondé en 1932 avec Abdel Meguid Younis comme Grand Maître. En dépit de ses efforts pour rétablir l'ordre dans le monde maçonnique égyptien, plusieur loges irrégulières continuèrent à fonctionner et elles jetèrent le discrédit sur la Franc-maçonnerie par leurs actions.

En 1956, après la crise de Suez, le Président Gamal Abdel Nasser ordona la fermeture de toutes les loges maçonniques et la confiscation de leurs propriétés. La maçonnerie est encore interdite en Egypte aujourd'hui.

En Terre Sainte, la proximité de l'Egypte explique qu’une bonne part des premières loges avaient reçu leurs patentes de la Grande Loge Nationale d'Egypte, avant et après la première guerre mondiale. 

 Avant la guerre, la Palestine et l'Egypte appartenaient à l'Empire Ottoman, l'Egypte profitait d'un statut semi-autonome, tandis que la Palestine constituait une partie de la province Syrio-Palestinienne. Après la guerre, la Palestine fut placée sous mandat Britannique accordé par la Société des Nations.

En 1895 une loge Solomon (ou Suleiman) fut fondée à Jérusalem avec une patente de la Grande Loge Nationale d'Egypte. Malheureusement, nous n'avons aucun détail sur cette loge.

La première loge pour laquelle nous possédons des renseignements n'était pas sous juridiction égyptienne. La loge Royal Solomon Mother Lodge N° 292 fut établie en 1873 sous la juridiction de la Grande Loge du Canada, Province d'Ontario, pour travailler à Jérusalem et dans ses environs. Cette loge, créée grâce aux inlassables efforts de l'Américain Robert Morris,* constituait déjà un exemple de coopération multiraciale. Cinq des six fondateurs étaient chrétiens tandis que le sixième était juif. Le premier candidat initié dans la loge fut Moses Hornstein – un juif qui plus tard devint chrétien, probablement par l’intermédiaire du missionaire américain Dr. James Turner Barclay. Un autre maçon qui rejoignit la loge fut un Arabe chrétien d'origine libanais, Alexander Howard, de son véritable nom Iskander Awad.

* - L’historique détaillé de cette loge se trouve dans mon article « The first masonic lodge in the Holy Land », Ars Quator Coronatorum, Vol. 113 pour 2000 (publié en octobre 2001), pp.185-200.

Howard agissait comme l'agent local de Thomas Cook – fondateur de l'agence de tourisme anglaise – prennant en charge l’organisation des voyages au Proche Orient. Ce métier permit à Howard d’acquérir fortune et situation sociale. Il est devenu un des premiers entrepreneurs immobiliers de Jaffa au-delà du mur, bâtit un pâté de maisons dans une rue qui portait son nom. Aujourd’hui nommée Rue Raziel, on peut y voir encore la maison de Howard avec une frise sur la porte portant la devise "Shalom al Israel", c'est-à-dire "La paix soit sur Israel". Les historiens n'arrivent pas à comprendre pourquoi un Arabe avait mis à l'entrée de son logement une devise en hébreu. La maison servit de temple maçonnique et était aussi centre de réunion pour les immigrants juifs et autres qui arrivaient à la fin du XIXème siécle et au début du Xxème siècle. Encore plus surprenant – compte tenu de l'évolution ultérieure des relations entre les deux communautés – aux environs de 1890, la maison de ce maçon arabe devint la siège du Comité Central des Hovevei Zion (Les Amants de Sion), un mouvement pionnier de Sionistes russes qui promouvait l'immigration en Palestine.

Conjointement avec Rolla Floyd, un autre maçon américain membre de la loge, Howard établit le premier service de diligence entre Jaffa et Jérusalem ; il bâtit des hôtels à Jérusalem, Jaffa et Latrun, à mi-chemin entre les deux villes. Floyd succéda à Howard comme agent de Thomas Cook. Il est mentionné Vénérable Maître de la loge en 1884.*

* - Rev. Henry R. Coleman, Light from the East – Travels and Researches in Bible lands, Louisville, KY, 1884.

Un autre frère de la loge était Joseph Amzalak, membre d’une famille de riches juifs sépharades qui pendant ses pérégrinations après l'expulsion d'Espagne en 1492 avaient voyagés le long de la côte nord de l'Afrique pour arriver en Turquie. Puis, la famille s’était installée au Maroc pendant les XVI° et XVIII°siècles, revenant finalement dans la péninsule ibérique s'installer à Gibraltar.*  Joseph naquit là, mais en 1824 il résidait à Jérusalem, où il bâtit une maison dans l'enceinte de la ville près de la Porte de Jaffa, considérée à l’époque comme la plus belle de Jérusalem.**  La maison fut postérieurement  transformée en l'Hôtel Mediterranean, qui existe aujourd'hui, sous un autre nom. Le maçon Mark Twain et ses compagnons y résidèrent lorsqu’ils visitèrent Jérusalem en 1867.

*  - Joseph B. Glass & Ruth Kark, Sephardic Entrepreneurs in Eretz Istrael, The Amzalak Family 1816-1918, The Magnes Press, Jerusalem 1991, p. 52.

** - William Henry Bartlett, Walks about the City and Environs of Jerusalem, London 1884, p. 191.

La loge Royal Solomon eut une existence troublée. Le manque d'expérience en procédure et protocole maçonniques occassionna de fréquents écarts, et les rares contacts avec la Grande Loge de Canada se sont conjugués pour que la loge soit rayée de la liste de la Grande Loge.

Certains des frères, malgré tout, voulaient travailler d'une façon régulière ; ils décidèrent d'établir une autre loge, à Jaffa, où habitaient la plus part des frères. Ils soumirent une pétition à l'Ordre du Rite Oriental Misraim en Egypte et ils reçurent la patente en 1890 environ, pour la fondation de la Loge Le Port du Temple de Salomon. La loge acceptait des candidats de toutes religions, elle connut une période d'essor quand plusieurs ingénieurs français, maçons, venus pour construire le chemin-de-fer de Jaffa à Jerusalem, la rejoignirent.*  Toutefois, après leur départ, elle entra en déclin et disparut pratiquement.

*  - Quelques historiens ont affirmé à tord que la loge fut fondée par les ingénieurs français, mais un diplôme de la loge trouvé par Baruch Eldad est antérieur à leur arrivée.

Un groupe de frères, se réunirent en février de 1906 et décidèrent de fonder une nouvelle loge, choisissant le nom Barkai, ou L'Aurore en francais. Ce choix n’était pas un hasard,  L'Aurore était le nom du journal français qui avait publié le fameux "J’Accuse!" d'Emile Zola, dénonçant les irrégularités et l'anti-sémitisme de l'affaire Dreyfus, toujours présente dans la mémoire des frères.*

*  - Dreyfus avait été condamné  pour trahison en 1894. L’article de Zola dans le journal l’Aurore fut publié le 13 janvier 1898, et Dreyfus gracié en 1899. Cf. wikepedia.org/wiki/dreyfus-affair.

Un des frères de la loge, l'horloger Maurice Schönberg, avait installé l'horloge à quatre cadrans dans la tour de Jaffa véritable point de répère dans la ville. Schönberg visita souvent Paris pour ses affaires, où il prit contact avec le Grand Orient. Le 13 mars 1906 les membres de la nouvelle Loge Barkai adressèrent une pétition signée par douze frères. Le Vénérable proposé était Alexandre Fiani, un marchand chrétien né à Beyrouth, tandis que les autres étaient juifs, tels David Yudelovich journaliste et comptable, Marc Stein médecin né en Russie, et Yehuda Levy pharmacien né à Jaffa.*  La loge conduisait ses réunions à Jaffa, au numéro 1, rue Howard. La plupart des frères initiés dans la loge ne parlant pas le français, la langue des réunions et cérémonies était donc l'arabe, et seuls les rapports envoyées au Grand Orient étaient en français. Les rituels étaient des traductions en arabe, probablement imprimés en Egypte.**

*  - Yudelovich était un ami et assistant de Eliezer Ben Yehuda, le principal promoteur du renouvellement de l’hébreu comme langue usuelle. Ben Yehuda,  Yudelovich et David Yellin, un autre maçon, établissaient les équivalents en hébreu des termes de la vie moderne. Yudelovich était aussi éducateur et il géra la première école en hébreu à Rishon Le Zion, et ii fut l’auteur du premier ouvrage en hébreu sur la franc-maçonnerie, et du premier sur le journalisme hébreu.

** - André Combes,  op. cit., p. 34.

Le premier maçon qui s’affilia à la loge était un Arménien chrétien, César Araktingi, marchand, drogman et Vice-Consul de Grande Bretagne, né à Jaffa et initié le 18 octobre 1891. Son affiliation eut lieu le 13 mars 1906, c'est-à-dire, le même jour où les frères s’étaient réunis pour formuler leur pétition au Grand Orient. Araktingi remplaça bientôt Fiani comme Maître de la loge, et continua dans cette fonction jusqu'à 1929, c'est-à-dire, pendant 23 années !

Pendant les années d’avant-guerre (1914), la loge initia plus de 100 nouveaux membres. L'analyse de leur affiliation religieuse est incertaine, seuls leurs noms et, parfois, leurs métiers permettent d'avancer une hypothèse sur leur origine ethnique. Les loges israéliennes ne demandent pas la religion des candidats. Une estimation approximative donne un total de 82 frères arabes et turcs, pour la plupart musulmans, 29 juifs, 6 chrétiens arméniens et 6 étrangers, probablement chrétiens aussi. La loge comprenait beaucoup de personnalités, maires, gérants de banque, commandants de police, avocats, médecins, éducateurs et ingénieurs. Dans toutes les professions on trouvait des hommes de diverses religions et ethnicités.

Il est intéressant de noter la présence dans la loge de deux Consuls perses. On sait qu’en Iran la Maçonnerie était répandue avant la chute du Shah (1979), puis l'Ayatollah Khomeini a interdit l'Ordre. Une Grande Loge d'Iran en exil se trouve en Californie, et ses travaux se déroulent au Massachusetts. 

 La Grande Lodge Nationale d'Egypte établit treize loges en Palestine, ou quatorze, si on prend en compte la Loge Solomon mentionée plus haut.

La Loge Nur el Hachmat (Lumière de la Sagesse) N° 125 fut fondée en 1908 à Jérusalem. La loge travaillait en arabe ; elle avait cessé pendant la Première Guerre Mondiale, puis repris ses activités en 1924, mais elle ne rejoignit pas tout de suite la Grand Loge Nationale de Palestine quand celle-ci fut fondée en 1933. Au temps de la fondation de la Grande Loge de l'Etat d'Israël (1953) la loge n'existait pas.

A suivre...

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 14:03

 Notre article présent sur de nombreux sites pour que Quillardet et ses semblables comprennent bien notre façon de voir...

 

 

Pas de devoir de mémoire et pas de repentance

 

 

par les Fils d'Abraham

 

 

La dernière invention de Sarkozy  : confier la mémoire d'un enfant victime de la shoah à un élève de CM2. Il ferait mieux de s'occuper de choses plus concrètes. Les dérives communautaristes de Nicolas Sarkozy commencent sérieusement à nous poser problème. Voire à nous énerver et à nous porter sur le système.Tout comme les diverses pressions exercées par l'organisation sioniste du Crif depuis quelques années. Pressions incessantes exercées sur le gouvernement français pour toujours quémander quelque chose "au nom de la mémoire". Quelle mémoire, ne pouvons-nous nous empêcher de demander quand on voit ce qui se perpètre en Palestine depuis justement la fin de la dernière guerre ? Où est-elle la mémoire des Crifiens qui soutiennent sans condition le gouvernement inique d'Israël ? Où est-elle ? Et où est leur morale pour ne pas dire leur moralité ? Il nous semble qu'ils sont bien mal placés pour imposer à nos enfants de France -quelle que soit leur nationalité et leur religion- quelque chose de mémoriel. Ces gens-là passent leur temps à vouloir criminaliser le monde entier et à faire culpabiliser tous les pays de la planète pour un drame qui s'est passé voilà bientôt 70 ans en oubliant copieusement qu'il n'y a pas que les juifs qui ont été victimes du nazisme. Il serait certainement plus porteur d'apprendre à notre jeunesse comment vivent les Gitans ou les Palestiniens. Les premiers ayant connu aussi les camps et vivant toujours comme des parias. Les seconds traités comme des sous-humains par les descendants de ceux-là même qui sortaient des mêmes camps. Où est la mémoire de ceux-là ? Que leur a-t-on appris ? La leçon a-t-elle été comprise ?

En tant que Juifs Français modernes, progressifs, libertaires, libres, libérés du sionisme et du joug de la religion, en tant qu'individus tournés vers l'avenir, nous refusons que ce devoir de mémoire soit imposé à nos enfants et s'il est imposé, nous donnerons l'ordre qu'ils transgressent ce diktat. Nous sommes certainement plus éclairés que les communautaristes pour savoir ce que nous avons à faire. Nous pensons, de surcroît, qu'ils n'ont pas à s'immiscer dans la scolarité des enfants de la République. C'est sans compter le ras-le-bol de ces éternelles récriminations. Il n'en ont jamais assez. La Shoah par ci, la mémoire par là. Un monument ou un mémorial. Un jour de souvenir en plus. On n'en finit pas. A force, cela devient vraiment lassant tant pour les non-juifs que pour les juifs comme nous. Qu'on nous foute la paix ! Oubliez-nous ! Oubliez les Juifs, par pitié. Vous nous faites honte. Et vous salissez la mémoire de ceux qui ne sont jamais revenus. Vous la salissez car, nul doute, que du haut de leur ciel, ils vous observent. Et ils voient tout ce que vous faites ou laissez faire en Palestine au nom de leur mémoire. Nous savons qu'ils ne sont pas fiers de vous. Ni de ce que vous avez fait d'eux. Et c'est parce qu'ils nous le disent que toutes vos initiatives sur le territoire de France nous dérangent. Parce que vous avez la sale manie de parler ou de penser au nom de tous les juifs. Nous vous disons "Ca suffit !" La coupe est pleine. Le vase déborde. Vous n'êtes pas représentatifs de l'esprit judéen et vous n'avez pas à parler à notre place.

Nous espérons donc fortement que tous les instituteurs monteront au créneau pour refuser ce passe-droit à une partie d'une communauté qui prend des initiatives au nom de tous ses membres sans les avoir consultés. Nous sommes contre le "devoir de mémoire" et contre la "repentance" dans la mesure où ceux qui les inspirent sont incapables de les appliquer. Sinon, il y a longtemps que la Palestine serait un Etat. Et non un monceau de cadavres.

Posté par Adriana Evangelizt

 
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 13:53

 Le grand maître du Grand-Orient de France, Jean-Michel Quillardet soutient l'initiative de Sarkozy de confier, à partir de la rentrée prochaine, à chaque élève de CM2 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah. Nous n'en attendions pas moins de ce pseudo-grand-maître dont on ne compte plus les visites à l'organisation sioniste du Crif. Et qui ne cache pas sa sensibilité au judaïsme. A-t-il planché sur le judaïsme pour savoir exactement de quoi il retourne ? Nous en doutons fort. Là, n'est pas la question, de toute façon. Nous avons posé sur divers sites notre point de vue sur le sujet. En tant que juifs ou d'ascendance judaïque. Et nous estimons que Quillardet n'a pas à se mêler de cette question car ses accointances avec les sionistes n'est malheureusement pas une fable. Confondrait-il Judaïsme et Sionisme ? Les Vrais juifs ne sont pas sionistes nous tenons à lui signaler. Et les Vrais Francs-Maçons, pour rester fidèle à leur idéal humaniste, ne soutiennent pas le Sionisme ni les sionistes dont le but est de s'accaparer de toute la Palestine. Voilà déjà un "détail" qui fait que la franc-maçonnerie a mauvaise presse puisque certains commentateurs sont venus faire leurs critiques sur ce blog au sujet de l'article La Franc-Maçonnerie est-elle une secte ?

Aussi lorsque Quillardet approuve le projet de Sarkozy dont le communautarisme avec les juifs sionistes n'est plus à faire, il va dans le sens du Sionisme car tout ce qu'y a trait à la "mémoire" est l'oeuvre du Sionisme. Tout comme la création de l'Etat d'Israël est l'oeuvre de la Franc-Maçonnerie juive. Nous sommes bien placés pour le savoir. Allez donc sur le site de l'American Jewish Archives pour vous rendre compte du nombre de loges maçonniques juives présentes sur le sol américain dans l'année 1899-1900. A partir de la page 62 du document -29 sur votre PC-, vous trouverez la loge du B'nai Brith avec toutes ses filiales et toutes les loges maçonniques sionistes qui étaient en connexion directe avec celles déjà installées en Egypte et en Palestine.  Nous poserons un article juste après pour confirmer ce fait. Un article signé Léon Zeldis, qui fût grand commandeur de la loge d'Israël. En vous précisant qu'il y a de nombreux rabbins talmudistes sionistes qui sont aussi maçons. Et en précisant aussi puisqu'il faut tout préciser que sans les juifs, il n'y aurait pas de franc-maçonnerie occidentale. Il n'y a qu'à voir tout le vocabulaire employé pour comprendre qui est à l'origine de la FMO. Déjà le mot "consistoire" est tout un poème. Et le Temple de Salomon ? Nous qui sommes au courant de beaucoup de choses, nous rigolons grandement du bon tour joué !

Mais revenons à nos moutons... nous condamnons les propos de Jean-Michel Quillardet et en tant que juifs Initiés non sionistes, nous lui interdisons de parler à notre place. D'autant que quand on lit son pedigree sur Wikipedia, "En mars 2007, mis en cause par des membres de son obédience sur des questions de gestion des affaires internes, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de 1 000 euros avec sursis pour usage de faux." , nous ne le pensons pas habilité à parler ni de mémoire ni de morale.

A bon entendeur !

 

 

 

Proposition de Sarkozy sur la Shoah:

une idée "belle et saine" pour le grand maître du Grand Orient de France

 

Le grand maître du Grand Orient de France Jean-Michel Quillardet a estimé vendredi matin que l'idée du président Nicolas Sarkozy de confier, à partir de la rentrée prochaine, à chaque élève de CM2 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah était une proposition "belle et saine".

"Il me semble que le président de la République est parfaitement dans son rôle pour lancer un certain nombre d'idées et faire cette proposition qui me paraît belle et saine", "ce que je regrette, c'est qu'autour d'une idée qui est incontestable, il y ait polémique", a déclaré Jean-Michel Quillardet sur RTL. "Il faut qu'il y ait une discussion qui s'instaure sur les modalités".

"Là, je pense qu'il n'y a pas lieu de critiquer une initiative (...) qui ne peut que renforcer le pacte républicain, car (...) c'est aussi une mémoire commune", a-t-il ajouté. "Tout ce qui peut favoriser et encourager le devoir de mémoire, et en particulier concernant cette horreur absolument inconcevable quest la Shoah, est juste".

Le Sgen-CFDT voit en revanche une démarche "inquiétante" dans la proposition du chef de l'Etat. "Nul ne conteste la tragédie vécue par chacune des victimes ni la nécessité de se souvenir et de savoir ce que fut l'Holocauste", souligne-t-il dans un communiqué diffusé vendredi. "Mais précisément parce qu'il s'agir de savoir et pas seulement de commémorer, la démarche est inquiétante. (...) C'est d'histoire dont nous avons besoin, avec tout ce que cela suppose de mise en perspective, de compréhension collective de ce qui génère la tragédie, mais aussi des réponses apportées notamment au travers de la construction européenne. Pour humaine qu'elle soit, jamais la compassion ne pourra remplir le rôle de l'histoire".

Il estime surtout qu'"il faut mesurer les risques que l'on prend à vouloir transférer la culpabilité des générations passées sur les enfants d'aujourd'hui". "Plus qu'une aide à la compréhension, l'identification à une victime peut être un véritable traumatisme. Peut-on demander à un enfant de CM2 de porter sur ses épaules un tel fardeau?", lance l'organisation syndicale. "Prendre ce risque est une démarche parfaitement irresponsable". AP

Sources La Tribune

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 11:04

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

30 ème partie

29ème partie

28e partie

27e partie

26e partie

  1ère partie

CHAPITRE XVIII. 2

Les premiers trinitaires ne furent dans l'origine que des Juifs qui propagèrent des notions puisées chez les Grecs, les Romains, les Phéniciens, les Babyloniens, les Perses et les Egyptiens.

Pendant que les Juifs, qui avaient embrassé le dogme du Christianisme et de la Trinité, s'occupaient à le répandre, les révolutions politiques préparèrent la chute des grands Empires et jetèrent l'Europe dans des guerres civiles et étrangères qui finirent par l'entraîner dans un abîme d'ignorance et la firent reculer devant les sciences cultivées par les Grecs et les Romains.

Dans ce désordre général, le nouveau culte trinitaire devint, pour ainsi dire, dominant dans toute l'Europe.

Trois siècles s'étaient écoulés depuis son origine; à cette époque de barbarie, dans cette Perse d'où étaient sortis tant de dogmes, parut un philosophe qui voulut ramener l'esprit humain égaré au culte du Dieu unique; il s'appelait Manès, que quelques personnes peu instruites ont cru être le premier type de notre Ordre, le créateur de notre dogme, peut-être par la conformité de son nom avec Menés, duquel nous avons parlé dans cet écrit.

Manès vécut sous Sophore, roi de Perse. Il s'efforça de faire revivre en toute leur pureté les mystères et religion de Zoroastre, en les unissant à la charitable et pure doctrine de Jésus-Christ.

La doctrine de Manès était libérale, tandis que la superstition et le despotisme dominaient l'Europe : il est aisé de croire que ceux qui professaient des principes démagogiques, une religion dépouillée de fantômes, devaient être persécutés. Ainsi , les Manichéens furent poursuivis à outrance par tous les despotes et par les prêtres de Rome, depuis le quatrième siècle et après leur apparition.

Remarquons que les signes gnosticiens acceptés par tous les anciens libéraux, furent ceux des Manichéens, comme par la suite ils le furent par les indépendans d'Angleterre, du temps de Cromwel, des Américains et dernièrement des Français.

Le zèle de Manès fut vivement combattu pas ses adversaires et même après sa mort. St Augustin l'Africain, élevé dans les mystères de Zoroastre adaptés à la Sainte Doctrine de Jésus, fut un des persécuteurs et des ennemis les plus acharnés de la doctrine de Manès, connue sous le nom de la Religion de l'Enfant de la Veuve.

On donne pour l'une des plus puissantes causes de la haine de St Augustin contre Manès, et de son zèle pour la religion trinitaire chrétienne, la douleur qu'il éprouva de n'avoir été admis dans les mystères de Manès qu'au premier grade et à l'ordre du croyant.

Les Mages, qui l'avaient reconnu pour un esprit ambitieux et inquiet, lui avaient refusé tout avancement, malgré neuf ans de postulat, et malgré les plus puissans efforts pour être admis aux ordres supérieurs. Ces faits sont constatés par Fleury, Baronius et Augustin lui-même dans ses Confessions.

Les critiques disent que St Augustin était Pyrrhonien, et qu'il voulait que ses Disciples suivissent cet axiome, duquel il fait parade dans plusieurs de ses écrits : « Credo quia absurdum. » Plus les choses sont incroyables, plus elles paraissent divines au croyant ; et plus elles sont absurdes, plus le croyant pense qu'il y a du mérite à les croire.

Scaliger assure que St Augustin manquait des talens nécessaires à un interprète de la Bible et de tout livre mystérieux. Il lui reproche (ce que firent aussi des critiques modernes) d'avoir voulu interpréter à sa manière des textes isolés de la Bible, et persuader à ses admirateurs que les nouveaux mystères du Christianisme trinitaire étaient annoncés, figurés et prophétisés dans l'Ancien-Testament de la manière suivante :

Qu'Abel était l'image positive de Jésus-Christ ; que les deux femmes d'Abraham* étaient les images des deux institutions divines et religieuses, la Synagogue et l'Eglise chrétienne catholique, nouvelle épouse de Jésus- Christ; que le drap rouge exposé à la fenêtre par cette fille de joie qui avait trahi Jéricho, sa patrie, pour être préservée du meurtre et du pillage auxquels elle avait livré ses concitoyens, était l'image du sang de Jésus ; que le Serpent d'Airain, que nous avons vu servir à la fourberie des Lévites, était l'image de Jésus, de son sacrifice sur la croix, et bien d'autres comparaisons et interprétations que nous n'osons contredire, et que l'on peut lire dans St Augustin, Sermon 98 et Epître 157, ainsi que dans les Saints-Pères de l'Eglise qui écrivirent après lui.

* Sara et Agar. Nous avons vu la première partager le lit de Pharaon, par la sagesse innocente (telle est l'expression biblique) d'Abraham . qui, au lieu de déclarer qu'elle était sa femme, fit croire aux Egyptiens qu'elle était sa sœur ; cette méprise coûta presque la vie à Pharaon , car elle lui causa de telles maladies , qu'il la renvoya à Abraham. Le Seigneur avait ainsi affligé Pharaon pour délivrer la pureté de Sara. Quant à Agar, son esclave, Sara pria Abraham de la prendre comme sa femme ; elle était jeune et belle ; le bon patriarche acquiesça aux vœux de sa femme, et rendit féconde sa servante Agar. (Gen., chap. 12 et 16.)

Comme nous l'avons dit, des écrivains anciens et modernes veulent que notre dogme soit orignaire de Manès* ; c'est pourquoi nous nous croyons obligés de parler de quelques-unes des circonstances les plus marquantes de sa vie.

* Entr'autres, l'abbé Lucagui , de Rome, et l'abbé Baruel.

Manès n'eut d'autre héritage de son père que l'honneur et le droit d'admission aux mystères de Mythra. La veuve de Syctien ( qui avait été aussi Mage), femme pieuse et sans enfans, douée d'une âme douce et supérieure, possédant une grande fortune, connaissant les talens et les bonnes dispositions de Manès, lui proposa de l'adopter pour son fils, afin qu'aidé de sa fortune et de ses biens, il pût sans obstacle suivre sa carrière scientifique, pour le bien de sa patrie et de l'humanité. Manès d'abord refusa ces offres; mais, pressé par ses amis, il les accepta.

C'est en conséquence de cette adoption qu'il voulut qu'on l'appelât l'Enfant de la Veuve ; et comme ceux qui suivent ses doctrines et le dogme de Zoroastre, par le second article de ses statuts, étaient tous frères, de la même manière et dans le même esprit que ceux qui suivaient la doctrine de Jésus, les Disciples de Manès s'appelèrent les Enfans de la Veuve.

La morale de la réforme religieuse de Zoroastre, mise au jour par Manès, adaptée à la doctrine de Jésus, lui attira une infinité de Disciples. Les plus renommés furent Addas, Hesman , Thomas ; ils obtinrent la permission du vivant de Manès, de porter ailleurs sa morale, sa doctrine et sa science.

Addas fut en Judée , et réunit à sa doctrine le peu de prêtres-juifs qui se trouvaient éparpillés après la destruction de Jérusalem, et qui suivaient les doctrines mosaïques réformées par Jésus.

Hesman fut en Egypte, où les prêtres coptes qui, dans Alexandrie et ailleurs, avaient adopté les doctrines des Juifs nouveaux Chrétiens établis dans ce pays, reçurent les principes de Manès, qui n'étaient, dans le fond, que ceux des Egyptiens, transmis et apportés aux Israélites par Moïse et ordonnés par Jésus.

Thomas fut à Babylone, et ramena dans le bon chemin les prêtres de Balaham, que nous avons vus dans Hérodote être très dépravés.

Tous les trois couronnèrent leur apostolat du plus brillant succès.

Le nombre des Disciples de Manès augmentait tous les jours, et partout, mais plus qu'ailleurs, en Perse et en Mésopotamie, où il avait établi son siège et son professorat. Mais sa science, sa vertu, sa renommée , lui attirèrent une foule d'ennemis. L'envie, la haine , le fanatisme aiguisèrent leur glaive.

Les Perses les plus accrédités s'empressaient de consulter Manès ; ils partaient satisfaits de la justesse de ses conseils. Les Mages dissidens ignorant l'art sublime et libéral que Manès professait et enseignait, le regardèrent comme un intrus ; ennemis de sa science et de son crédit, ils jurèrent sa perte. Un accident malheureux les fit triompher ; le fils unique de Sophore était depuis longtemps malade ; les Mages dissidens firent adroitement persuader au Roi que Manès seul était dans le cas de le guérir; ils savaient cependant très-bien que sa guérison était impossible , et qu'il devait succomber bientôt. La médecine était professée par le Sacerdoce, et les Israélites mêmes n'avaient pour médecins que des prêtres. Dans le Lévitique, ch. XIII, il leur est dévolu de soigner et de guérir la lèpre, maladie qui rongeait le peuple israélite. Da.ns Saint-Luc l'Evangéliste, ch. XVII, on voit dix lépreux qui vont au-devant de Jésus, dans un bourg de Samarie, pour être guéris de la lèpre ; mais Jésus , qui professait la loi de Moïse et savait que c'était aux seuls prêtres juifs qu'était dévolu ce pouvoir, leur ordonna d'aller se présenter à eux pour cet objet, et de se conformer à la loi.

Un des plus éminens pouvoirs que les Evangélistes attribuent à Jésus, était de guérir les maladies mêmes les plus incurables , et de ressusciter les morts. Ses représentans, les pasteurs de l'Eglise romaine, en bien des pays et dans beaucoup de langues, se nomment curés , en latin curare , guérir.

Ces curés, pendant les temps d'ignorance et de barbarie, ne purent s'adonner aux sciences comme les anciens Mages, prêtres égyptiens et juifs, ni par conséquent à la physique et à la médecine , à l'aide desquelles les anciens Mages et prêtres guérissaient les malades. Ils ont donc cherché à s'attribuer l'art de guérir (dans le sens mystique) les âmes malades; peut-être qu'à ces époques lointaines, ils opéraient des guérisons par l'exemple des vertus chrétiennes qu'ils prêchaient.

La visite que les prêtres catholiques font de nos jours aux malades,est un reste des usages orientaux. Heureux si, avec cette ancienne pratique, ils eussent conservé la science des Anciens ; leur apparition au lit du malade lui causerait un sentiment de joie et de consolation, tandis qu'il frissonne à leur vue, par les tristes peintures qu'ils lui font de la colère de Dieu, de son dernier jugement et des peines éternelles qui attendent les pécheurs dans l'autre monde, au moyen de l'Enfer et du Diable qu'ils tiennent toujours prêts pour les employer à leur profit. L'aspect sous lequel se présente aujourd'hui un prêtre chez un moribond, ne peut causer que des révolutions meurtrières sur un physique déjà affaibli. Quelques sa vans prétendent que, dans les pays où dominent de tels abus de l'Eglise de Rome, les derniers Sacremens font mourir plus de monde que les maladies et les empyriques ensemble.

Chez les peuples d'Orient, la médecine faisant partie de la physique, était, pour ainsi dire, l'apanage des prêtres et des Mages. Pline, Hist. Nat., XVI, 44, et XXIV, 113, dit que les simples salutaires ne pouvaient être touchées que par les prêtres, avec de certaines cérémonies.

Mélampe , qui apporta en Grèce les fêtes et les cérémonies de Bacchus , était à-la-fois prêtre et médecin. (Herod. II, 40; Diod. I, 96). Les Brames sont encore de nos jours les médecins de toute l'Inde. Les Mexicains, dans leurs maladies, ne consultent que les prêtres. En Egypte, la troisième classe des prêtres était chargée du traitement de tous les maux physiques, en se conformant aux six livres de Mercure trismégiste. Dans le Thibet, encore aujourd'hui les médecins sont tirés de la race des Gellongs ou prêtres. (Mayer, Mith , Lexic. , art. Gellong. )

Suivant cet ancien usage , Sophore fit appeler Manès qui, ayant examiné le jeune Prince, découvrit que sa constitution était minée par les remèdes qu'on lui avait donnés ; néanmoins, afin de ne pas nuire à ceux qui l'avaient soigné, il dit au Roi que, s'il y avait un moyen de guérison, ce dont il n'était pas assuré, c'était d'éloigner de son fils tout remède et tout médecin, donnant pour raison que la nature, à l'âge tendre de l'enfant, aurait plus de pouvoir que tous les secours de l'art.

Le Roi suivit ce conseil, venu malheureusement trop tard, et chargea Manès de veiller lui-même à la précieuse vie du Prince; mais la nature du mal était telle que, malgré les soins de Manès, le jeune Prince expira dans ses bras.

Après ce malheur, Manès, déchu de toute faveur royale, quitta la cour, et se retira en Mésopotamie. Alors ses ennemis s'unirent pour cabaler contre lui en son absence. Ils firent un rapport au Roi, dans lequel ils dénoncèrent Manès comme le meurtrier de son fils ; ils lui persuadèrent qu'il eût été guéri, si Manès ne s'était pas adroitement emparé de sa faveur pour éloigner tous les autres Mages; qu'il avait fait périr son fils unique, dans l'espoir de monter ensuite sur le trône après la mort de Sophore, soutenu par le peuple qu'il avait corrompu, et par les grands de la couronne qu'il savait flatter.

Cette calomnie réussit. Le Roi donna tête baissée dans le piège ; il fit instruire un procès secret, à la suite duquel on condamna Mânes par contumace à la peine de mort.

Manès en fut averti; il chercha à se dérober aux poursuites. Le Roi avait envoyé des chevaliers armés en plusieurs endroits pour l'arrêter.

Deux fois il fut sauvé par Archelaüs, évêque; mais enfin il fut pris en Mésopotamie et traduit devant Sophore qui, après lui avoir reproché sa prétendue trahison et la mort de son fils, pour s'emparer de la couronne, voulut que l'arrêt de mort s'exécutât sans aucun délai, et inventa même un tourment inoui, par lequel le sage Manès finit sa carrière.

Ce Roi cruel ordonna qu'on l'écorchât tout vif avec des pointes de roseaux ; que sa peau, remplie de paille, fût suspendue à la porte la plus fréquentée de la ville ; et de plus que sa chair fut jetée à la voirie pour être dévorée par les chiens.

Telle fut la fin de cet homme savant et juste.

Ce malheur rendu public, douze de ses Disciples se partagèrent la terre, et portèrent son dogme, ses mystères et sa doctrine dans tout l'Univers ; sa lumière se répandit comme un éclair en Asie, en Afrique et en Europe, ainsi qu'on le voit dans Baronius, Fleury et Bayle.

Les Egyptiens qui s'opposaient au dogme d'un Dieu mortel, représentaient Dieu immortel par un serpent qu'ils appelèrent Cneph , qui rendait par la bouche un œuf, symbole du monde qu'il avait produit.

Le dogme des deux principes et de Dieu , conformément à celui de Zoroastre et des Egyptiens, était répandu en Italie au temps des Romains. La Fig. 9, PL II, montre un œuf au milieu de deux serpens, dont l'un veut l'enlever à l'autre.

Voici l'inscription que portait cet hiéroglyphe : « Que Hernnulejus Hermès avait sacrifié aux mânes pour sa femme et pour lui, pour ses enfans et sa postérité, et qu'il admettait par le symbole de l'œuf le Dieu non mortel des Egyptiens, et par deux serpens qui se disputent l'œuf, les deux principes bon et mauvais, lumière et ténèbres ». Montfaucon, t. II.

Ces idées furent toujours suivies par les premiers Chrétiens.

Du vivant de Manès, Hesman, son Disciple, avait propagé son dogme en Egypte où les prêtres coptes et les autres Chrétiens le suivaient avec les mystères adoptés par leurs voisins et nouveaux hôtes juifs, qui déjà professaient les doctrines de Jésus. Il paraît que, dans ce temps-là, les Chrétiens indistinctement, tout en se tenant aux anciens mystères, établirent une quantité d'hiéroglyphes emblématiques, auxquels ils attachèrent leurs mystérieuses allégories, savoir :

L'Etoile pour indiquer les Rois Mages, ou les savans qui, les premiers, publièrent la doctrine de Jésus, ayant été guidés, par la lumière de la raison, à la recherche de la vérité.

L'Acacia, arbre commun en Palestine, qui figure dans le Maître Parfait, pour rappeler la Croix sur laquelle leur Divin Maître finit sa carrière mortelle. Nous le répétons, cette branche symbolique est le Lothus des mystères égyptiens, le Myrthe d'Eleusis , le Gui druidique , le Rameau d'or de Virgile, le Roseau d'or de l'Apocalypse.

Le Triple Triangle rappelant la gloire de l'Eternel qui a l'œil à tout et partout, composé de trois unités égales qui formaient la Trinité, base des mystères égyptiens, la génération, la destruction, la régénération, qu'on a dû représenter aux faibles yeux des Egyptiens dans les trois personnes d'Isis, Osiris, Orus, comme à ceux des Chrétiens dans les trois personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit, afin de leur donner une idée allégorique des trois vérités et de l'unité* du Grand Architecte de l'Univers, du Grand Gehovah.

* Le Dante, dans son Paradis; voit l'Eternel., qu'il décrit portant sous le symbole de trois cercles, desquels sortait une lumière colorée comme l'Iris qui l'éblouit.
Le poète, dans sa vision, voit une transfiguration de ces cercles lumineux en sa propre figure et ressemblance.
Les Anciens ont établi la forme de la Divinité sous celle d'un homme ; ainsi, avant le Cygne d'Italie, les Egyptiens représentèrent leurs Dieux Isis, Osiris, Orus, sous des formes humaines ; après eux, les Juifs firent Dieu le Père ; les Grecs et les Romains eurent Jupiter, Apollon, Cybèle, et les Chrétiens le Père et le Fils ; et dernièrement, Swedembourg a cru voir Dieu sous la même forme que lui, se conformant à la Genèse, ch. Ier, v. 37, de la Création de l'Homme.
Le philosophe Fontenelle disait quelquefois d'un ton railleur : « Dieu a fait l'homme à sou image, mais l'homme le lui a bien rendu » ; et Bossuet disait avec plus de gravité, d'une certaine époque, que « tout était Dieu alors, excepté Dieu même ».

L'équerre et le compas unis pour figurer la fusion de la Loi de Moïse avec la nouvelle Loi de Jésus, qui rendait par ses préceptes les hommes égaux. Clément d'Alexandrie, Strom VI, regarde le cubitus , c'est-à-dire la Règle comme un emblème de justice. Nous avons trouvé en main d'un Osiris et d'un Arpocrate une équerre.

Aux deux autels des pains et des parfums, ces Chrétiens ont ajouté l'autel des sacrifices, pour rappeler la fin sanglante de Jésus.

Il paraît qu'on attacha aux douze bouvillons de la Mer d'Airain une seconde commémoration , outre celle des douze Patriarches, celle de douze Apôtres de Jésus qui triomphent des obstacles la foi et les maximes libérales de leur maître dans l'Univers; comme aussi on a du attacher une seconde allégorie au Livre de la vraie lumière, rappelant par-là les Evangiles et l'Apocalypse, écrits tous mystérieux, que l'on prétend contenir la doctrine complète des Maçons du Temple mystique de Salomon, et qu'il n'était permis de lire qu'aux initiés des hauts Ordres ; ce qui était désigné par les sept sceaux que renfermait le Livre de la lumière (planche I, n.°26), lesquels sept sceaux étaient aussi les emblèmes des sept sciences requises et des sept degrés théosophiques et chrétiens, tout comme le sont les sept Sacremens des Chrétiens de Rome*.

* Le nouveau rite français paraît avoir adopté simplerant sept grades, comme le fac simile des sept grades des prêtres de Rome.

On attacha aux dix cuves l'allégorie des dix Commandemens des Tables de la Loi, qui étaient les préceptes de la religion des Juifs et des nouveaux Chrétiens, préceptes qui devaient être invariables.

Nous répétons que les emblèmes qui tiennent entièrement à l'art du Maçon furent établis, comme on l'a expliqué, lors de l'établissement de l'initiation juive en Babylone, pour indiquer l'Architecte éternel et expliquer l'allégorie du Temple de la Sagesse et de l'Amitié ; ils servaient aussi à expliquer la nécessité du travail imposé à l'homme. Pour ces emblèmes, voyez Pl. I, n° 34 ; mais tous ces emblèmes maçonniques multipliés firent tomber presqu'en oubli les enseignemens de l'imitation égyptienne, juive-chrétienne, qui perdit pour ainsi dire son nom, dans celui des simples signes ou emblèmes de la Maçonnerie. L'auteur de la Maçonnerie (poème) croit ces changemens arrivés du sixième au dixième siècle.

Dans un Ordre élevé, et dans différens rites maçonniques, pendant la représentation d'une des cérémonies, les signes symboliques sont les colonnes du Temple brisées, le voile déchiré, la pierre cubique renversée, couverte de taches de sang ; les accolytes tiennent à la main un roseau où , après l'explication des causes de ce désordre, quelquefois après les agapes, on brûle les quatre lettres initiales I. N. R. I., qui font la base des mystères de ce même degré.

Baruel et quelques autres auteurs de son opinion, ont cru voir dans cette allégorie celle de Manès, et ont prétendu que les instituteurs de cet Ordre avaient voulu établir, par cette cérémonie, que les persécuteurs de Manès avaient répandu les ténèbres, l'ignorance, le désordre sur la terre, et fait disparaître et brûler la sainte doctrine de Jésus, que Manès avait unie à celle de Zoroastre.

Tous les historiens ont rapporté les efforts qu'après la mort de Manès, les nouveaux trinitaires chrétiens mirent en œuvre du temps de Constantin-le-Grand et après lui, pour détruire le dogme réformé de Zoroastre, sur l'unité de Dieu et ses deux principes, ou la Religion des Enfans de la Veuve. Il s'en suivit une persécution violente contre ceux qui professaient de tels principes, et surtout lors de la décadence de l'empire grec, les derniers Empereurs accordèrent une protection sans bornes aux trinitaires.

32ème partie

Posté par Adriana Evangelizt

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 10:44

 Nous reposons la question... Quelle est l'origine réelle de la Franc-Maçonnerie Occidentale ? Si nous posons ce livre qui est en III tomes, c'est parce qu'il en explique assez bien justement l'Origine et qu'il sera assez compréhensible au profane. Les symboles en sont sortis d'Egypte par l'intermédiaire de "Moïse" dont l'Egyptiannité ne fait plus aucun doute, n'est-ce pas ? Il est bien clair que s'il n'en avait pas livré les clefs au profane -au Peuple- par contre, les 72 lévites qui l'entouraient étaient fort bien Initiés. Est-il nécessaire de préciser qu'ils se sont transmis le secret de générations en générations jusqu'à nos jours ? Et que ceux qui ne font pas partie du "clan" ou de la "caste" n'y ont pas accès ? Quelques bribes en furent livrées aux Templiers, il est vrai, mais quelques bribes seulement. Et ceci fut fait dans un seul but : ils étaient censés être -à la base- les Chevaliers du Christ... ennemi juré de ceux qui détenaient la vraie Connaissance. Doit-on rappeler que le Sanhedrin comptait aussi 72 membres que l'on surnommait Sages ? Or, le mot Sage, dans le cas présent, est un Initié. Les bases de la FMO ont donc été posées par des Initiés Hébreux, que cela plaise ou non. Et c'est eux, qui en possèdent la Vraie Clef. Tout comme ils connaissent la Véritable Signification des symboles. La preuve principale de ce fait est que toute la symbolique tourne autour du Temple de Jérusalem. Le fameux Temple de Salomon dont on n'a jamais retrouvé trace ni de l'un ni de l'autre. Ni du temple, ni de Salomon. Rien ne prouve à l'heure actuelle qu'il a existé. C'est donc un mythe. Doit-on penser que la symbolique de la maçonnerie occidentale est fondée sur des mythes soigneusement entretenus par ceux-là même qui ont voulu les égarer ? Alors qu'est devenu le véritable Enseignement de "Moise" sorti tout droit des temples égyptiens, lui qui ne connaissait ni Salomon ni Jérusalem ? Aussi quand Frère Léon Zeldis, grand commandeur d'Israël dit en parlant du symbolisme : "Pourquoi croyez-vous que notre vénérable institution a survécu pendant que tant d'autres ont disparu dans les couloirs de l'histoire ? Ma réponse à cette question est que, c'est parce que le symbolisme nous touche directement, il pénètre aux plus profonds niveaux de l'être, parce que notre cerveau, notre esprit, fonctionnent d'une façon symbolique, analogique, et non pas logique et numérique. De là, l'attraction irrésistible du symbole, de là la force mystérieuse de notre ordre." Nous nous permettons de poser la question... mais de quel ordre parle-t-il ? Parce que le sens de cette phrase est bien évidemment double.  Et les fameux "conspirationnistes", eux, se demande "Mais de qui la Franc-Maçonnerie est-elle le jouet ?". La suite au prochain numéro...

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

30 ème partie

29ème partie

28e partie

27e partie

26e partie

  1ère partie

CHAPITRE XVIII.


Des Emblèmes maçonniques chrétiens. — Les premiers Chrétiens suivent le dogme de la résurrection , de la destruction et de la régénération des êtres. — Doctrine de Mânes combattue par S.t Augustin. — La doctrine de Zoroastre se propage en Egypte et ailleurs. — La Médecine professée par les Prêtres. — Inconvénient de l'approche de certains Prêtres près des malades et des moribonds. — Persécution des Mages dissidens envers Mânes, le dogme de Dieu et des deux principes établi en Italie avant Mânes. — De la multiplicité des Emblèmes chrétiens. — Des doctrines de l'initiation à laquelle il ne resta que les enseignes. — Les Empereurs grecs persécutent les religionnaires de Mânes.

Les premiers Chrétiens qui se trouvaient confondus avec les Grecs et les Romains, avaient adopté, pour signe de reconnaissance et pour cachet de leur correspondance, des bagues sur lesquelles était gravé le monogramme de Jésus, INRI, ou un des symboles suivans : un Agneau, une Colombe, un Phénix, un Poisson, une Ancre, une Lyre, le Serpent, le Serpent avec la Croix tronquée, la Croix à trois barres, la Croix avec la Rose, la Nacelle et deux Clefs en croix*. Comme tous ces emblèmes qui se trouvent dans différens rites maçonniques ont été savamment expliqués par plusieurs auteurs qui ont écrit sur la Maçonnerie, nous nous bornerons à donner quelques explications des plus essentielles.

* Ces deux derniers emblèmes, nous les avons vus communs à Janus et à St Pierre.

Le serpent chez les Egyptiens, outre ce que nous en avons dit, servait pour l'allégorie de la révolution du temps lorsqu'il tenait sa queue entre les dents ; il était le symbole de l'année, car tous les ans il se dépouille de sa peau; celui de la santé, car la décoction* des couleuvres et des vipères était fort utile à la guérison de la lèpre, maladie très-fréquente en Egypte et en Palestine.

* Encore de nos jours on fait à Venise une décoction de vipères avec des drogues : elle est appelée Thèriaque. C'est un objet de commerce précisément pour l'Egypte et les Echelles du Levant.

Cette Croix que nous avons vu occasionner des disputes entre les Payens et les Chrétiens; cette Croix, qui a tant embarrassé les antiquaires, n'est autre chose que le priepi mesure, et le phal élévation , mots égyptiens, desquels on a fait les priapes et le phalus. Ce symbole, si vénéré et si miraculeux, nous vient de l'Egypte. On avait observé à Memphis que, si l'élévation des eaux du Nil, lors de son débordement, montait à seize coudées, la récolte était très-abondante; si elle montait à quatorze, elle était moindre, et lorsqu'elle montait à dix-huit, il y avait disette. Pour faire une observation, on avait pris une verge de fer sur laquelle on avait porté et marqué nombre de fois la coudée, mesure usitée : on marquait sur cette verge les trois dimensions annoncées par trois barres en travers, en fixant les croisillons , dont le plus long était au milieu, à des angles droits sur la tige*, ce qui formait une vraie croix. On fit des croix ou des mesures, à un crosilion, à deux et à trois, que l'on appela phal, déphal, triphal, et comme l'élévation du Nil produisait la végétation, l'on perdit l'allégorie et l'idée de la mesure de la fécondité, et on en fit des figures arbitraires. Pour signifier cette fécondité , on substitua par cette idée un phal de forme naturelle ; on en a mis un, deux et trois ensemble.

* Cette mesure fut par la suite exposée dans les Temples ; elle variait tous les ans, ayant un, deux ou trois croisillons, selon l'inondation ; même elle variait de la haute à la basse Egypte.

A cette verge mesurante, on avait ajouté un anneau qui servait à la tenir. On portait en procession dans une petite pyramide, lors de l'élévation du Nil, ce phal qui servait à mesurer la fécondité du Nil ; on le plongeait perpendiculairement et on mesurait soigneusement la hauteur. Ainsi, par l'ignorance, à la suite des temps, une fête, une cérémonie qui, en soi-même, était utile, décente et religieuse, a pu devenir scandaleuse.

Si, dans un pays où il y avait des prêtres conservateurs des dogmes protégés par les Rois mêmes (car le Roi devait être initié avant de monter sur le trône, fût-il choisi même dans la caste militaire) ; si, dans ce pays, dis-je, la religion, par la suite des siècles, s'est défigurée, que doivent devenir toutes ces religions qui ont voyagé, fait le tour du globe, persécutées et accommodées suivant le bon plaisir et l'intérêt de leurs missionnaires?

La Croix, qui dés-à-présent fait aussi partie des mystères chrétiens, fut chez les Egyptiens l'hiéroglyphe de l'immortalité, ainsi que le rapportèrent Cedrenus, Socrate et Sozomène ; quelquefois elle était le signe de passion pour arriver à l'immortalité : ainsi Osiris était étendu sur l'immense Croix formée par l'intersection du méridien et de l'équateur. Cette Divinité était suspendue dans les mystères phrygiens à un arbre cruciforme que l'on découpait et que l'on distribuait* comme un talisman, et qui devenait le bois de la vie (comme le dit très-savamment l'auteur du poème de la Maçonnerie) ; ce qui est un équivalent du salut par le bois que nous avons vu être une partie de l'interprétation du mot Abraxas.

* Une infinité de fragmens de bois sont tenus pour des reliques par les Chrétiens de Rome.

Jovet rapporte une tradition d'après laquelle l'acacia était considéré, lors des Croisades, comme l'arbre avec lequel la Croix du Christ avait été faite.

Cette Croix, si vénérée chez les Juifs - Chrétiens, outre qu'elle était dans les mains des grandes Divinités égyptiennes , se trouve très - fréquemment dans tous les monumens anciens, sur les obélisques, dans l'intérieur des pyramides et même dans la Table Isiaque, qu'on a toujours regardé comme le livre qui renfermait tous les mystères d'Isis; elle se trouve aussi sur trois petits autels de sa bordure. (Voyez la Table Isiaque, pl. III.) Gheber, Raymond , Lulli, Albert-le-Grand, Arnaud de Villeneuve, Bacon et tous les auteurs d'alchimie opinent que la Rose est l'emblème du Secret. Si la Rose est l'emblème du Secret, on ne peut plus être surpris si les quatre faces du monument indiqué de la Table Isiaque sont fermées par quatre roses ; les anciens Hiérophantes égyptiens voulaient par-là faire entendre à leurs initiés que tout ce qui se trouvait écrit figurativement était divin, mystérieux et secret.

Il résulte de ces documens que lorsque l'on voit une rose au-dessus d'une croix, ces deux symboles unis donneront d'une manière très-simple et très-claire le résultat écrit secret de l'immortalité*. L'idée d'une vie à venir, née dans les sanctuaires de Thèbes et d'Eleusis, est restée concentrée dans le sein des mystères ; le Grand-Prêtre ne la communiquait qu'à ses adeptes et à ceux qui en étaient dignes. Cette idée ne pouvait s'associer avec l'ignorance ; ce système était hors de la portée des êtres matériels et ignorans. Il fallait un jugement supérieur**  pour sentir que la mort ne peut et ne doit jamais effacer le mérite, le génie et la vertu.

* Les écrivains qui ont cherché à faire croire que l'Ordre des Roses-Croix était récent, se trouveront bien contrariés dans leurs opinions par les renseignemens que nous avons pu obtenir, et que nous venons d'exposer : observons que, dans plusieurs langues, il y a des adages qui prouvent que des peuples même ont attaché à l'emblème de la Rose l'idée du secret. Nous en rapportons un qui est usité dans le royaume des Pays-Bas : Ik verzoet u de ivos daarop te houden -. «Je vous prie d'en garder le secret».

**Les matérialistes disent qu'il faut toujours recourir à la révélation de ce secret ; car les sens ne leur fournissent aucune preuve de l'immortalité de l'âme.

L'emblème de la Croix figure dans plusieurs rites maçonniques; il sert de décor aux plus éminens de ses Ordres. Le pélican est l'emblème de la Charité, de la Bienfaisance ; l'aigle, de la Sagesse. Des grades maçonniques sont accordés en récompense aux Frères qui possèdent éminemment ces vertus, et ces décorations doivent leur rappeler toujours que le but de l'institution est une parfaite sagesse jointe à la plus parfaite charité.

Tous les autres emblèmes chrétiens se conservent dans différens Ordres maçonniques avec leurs explications, et prouvent la fusion de l'Ancien et du Nouveau-Testament et l'union des deux lois. Les Catholiques de Rome admettent encore ces emblèmes allégoriques. Le n.° 22 de la planche I.re présente un billet qu'on délivre aux initiés à la première communion dans l'église de Ste- Gudule à Bruxelles ; les symboles des hauts initiés Maçons y sont en entier, rien n'y manque. Les diplômes maçonniques qu'on accorde aux hauts gradués n'en ont pas davantage.

Les vertus ordonnées et prêchées par le Divin Maître étaient :

1.° La foi en Dieu, Père des hommes;

2.° L'espérance d'une vie future et la rémission de nos fautes ;

3.° La charité envers les autres hommes.

Les Chrétiens se servirent de symboles pour expliquer ces préceptes et pour se les rappeler à la suite des siècles.

Les Maçons en agirent de même, et les branches les plus nouvelles s'en servent aussi. Nous donnons les emblèmes des trois vertus, comme on les voit dans des diplômes des Frères Maçons et comme ils sont dans ceux des Bons-Cousins. (Pl. I.re, n° 17 et 29.)

Un phénix gravé dans un Abraxas, rapporté dans l'Antiquité dévoilée, t. II, p. 375, porte l'inscription H. M. A. O., qui répond au mot hébreu Héma, le Soleil ; cet emblème est celui des Rose-Croix et des Chevaliers du Soleil.

Nous arrêtons ici l'explication des symboles, quoiqu'il nous serait facile de donner une très-grande étendue à cette matière.

Dans le Christianisme dévoilé, 1767, Londres, pag. 41, on lit : « Les différentes nations, auxquelles les Juifs furent réciproquement soumis, les avaient infectés d'une multitude de dogmes empruntés du Paganisme. Ainsi la religion judaïque, égyptienne dans son origine, emprunta les rites, les notions et une partie des idées religieuses des peuples avec lesquels les Juifs conversèrent. »

Les critiques osent soutenir que la religion de Rome a pris dans l'idolâtrie le culte de ses saints personnages, dont une partie est payenne, comme le démontre l'almanach, inséré dans l'ouvrage des Fêtes et Courtisannes de la Grèce, et de plus les eaux lustrales qu'elle a empruntées des Juifs, les exorcismes, les démons, le droit de les chasser; et plus, leurs chants, leurs ornemens pontificaux et leurs traditions ; enfin qu'elle s'est approprié, d'après le Paganisme et le Mahométisme, les miracles, les fables et les pèlerinages.

Un des principaux dogmes dont les Juifs-Chrétiens, les Carpocratiens, les Cabalistes, etc. etc., se servirent après la destruction de Jérusalem, fut celui d'Adonis avec le mystère de la résurrection* que nous avons vu établie au temps d'Elysée ; cette fête contentait ceux qui croyaient aux résurrections. Les Phéniciens, après avoir rempli l'air de leurs pleurs et de leurs gémissemens, après de longs jeûnes, et des macérations pour la mort de leur Adonis ou grand Dieu Androgyne, faisaient éclater une joie immodérée dans les fêtes qui suivaient à l'occasion de la résurrection de leur Dieu ; elles étaient célébrées le troisième jour après la pleine lune du mois Thischri. Les premiers Chrétiens adoptèrent cette fête en place de l'ancienne Pâque juive ; elle était célébrée comme par les Juifs eux-mêmes, le 4e jour de la lune Thischri ou mars; ce ne fut que deux siècles après l'établissement du Christianisme qu'on renvoya la Pâque chrétienne au dimanche suivant.

* Les anciens Hiérophantes égyptiens, phéniciens, grecs, ont toujours pris les allégories de la résurrection pour le renouvellement de la vigueur du Soleil à l'équinoxe du printemps.

Il paraît que ces fêtes et mystères n'avaient pour but, dans l'origine, que de rappeler les trois vérités égyptiennes, enseignées aux néophytes par les prêtres , dans l'histoire d'Osiris, qui ressuscite et triomphe des ténèbres et du mauvais principe; ce qui était répété en Perse, dans la mort et résurrection de Mythra, en Phénicie et en Grèce, dans la mort et résurrection d'Adonis, et postérieurement dans les provinces limitrophes de la Judée par les Juifs, en particulier par Paul (voyez les Actes des Apôtres, ch. xxv, vers. 23, et ch. XXVI) dans la mort et résurrection de Jésus-Christ, triomphant des ténèbres, de Satan, du mauvais principe et de la mort, et apportant la lumière au monde.

Des critiques ont prétendu que les trinitaires qui vinrent ensuite, lorsqu'ils constituèrent le symbole de leur foi, y placèrent la susdite doctrine égyptienne dans ces paroles : « Nous croyons à la résurrection de la chair » ; ce qui, selon eux, veut dire que nous croyons à la destruction et régénération des êtres, à la cause première, et aux deux principes lumière et ténèbres, au bien et au mal physique.

En analysant toutes les religions, disent-ils, et en les dépouillant de leurs mystères, elles présentent toutes le même système, et se réduisent au culte de la nature.

31è partie

Posté par Adriana Evangelizt

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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 13:32

Frères Maçons... ce message s'adresse à vous tous mais plus particulièrement à ceux qui ne sont pas dans la Maçonnerie spéculative. Bien que tout le monde soit concerné. A ceux qui cherchent la Vérité.  Vous croyez que sur ce blog, ON vous dénigre. Nous recevons des mails en ce sens. Vous qui devriez savoir décrypter les symboles, il nous semble que vous devriez comprendre le message que l'on essaie de faire passer. Et quel est-il ? A notre dernier détracteur dont nous attendons toujours la réponse, nous avons posé une question : Quelle est l'origine réelle de la Franc-Maçonnerie Occidentale ? On est bien d'accord que c'est aux Templiers que VOUS la devez. Mais les Templiers d'où tenaient-ils leur Initiation ? Et surtout leur avait-ON vraiment TOUT dit en ce qui concerne le Symbolisme, les Rites et la Signification exacte d'une Tradition réservée aux seuls membres d'une Caste qui se la transmettaient oralement depuis des générations quand ON sait que le "Secret" ne devait pas sortir du Clan ? Le noeud du problème se situe à ce point précis. Connaissez-vous, par exemple, l'exacte signification du G ? Où bien ne faites-vous que répéter ce qui a été dit -sous prétexte de dévoilement- aux Templiers ? Réfléchissez... réfléchissez... nous sommes là pour ouvrir la Porte pas pour vous la fermer.

La Franc-Maçonnerie menace Nicolas Sarkozy et elle a raison. Bien évidemment, NOUS en sommes et pour diverses raisons que nous expliquons en détail ICI... ICI... et ICI... en précisant que notre Ascendance Judaïque nous donne accès à des "clefs" que n'ont pas forcément le commun du mortel. Faut-il un dessin, Frères ? Nicolas Sarkozy n'oeuvre pas pour la France. Nous l'expliquons ICI. Bien au contraire. Il a une Mission précise. La Loi 1905 est sa principale cible car il veut introduire le financement des cultes et la construction des édifices pour aller dans le sens de Sa Communauté préférée qui n'est pas la Nôtre puisque nous ne sommes ni sionistes ni religieux mais vraiment laïcs, à savoir Hermétistes. Il faut bien saisir là la nuance et comprendre ce qui l'aiguillonne et ce qui le taraude. Même s'il est intronisé chez les Frères . Simulacre et rouerie. Car l'homme est un Roué et un Sournois. Sa véritable Loge, c'est Ailleurs qu'elle se situe. Et ceux qui le conseillent n'oeuvrent pas pour notre République. Seulement ils sont mâlins. Ils ont commencé par s'intéresser au culte Musulman, pensant que tout le monde n'y verrait que du feu car, pour eux, seul importe la finalité ou le But et plus particulièrement comment y parvenir. Ils prennent toujours des chemins tortueux pour faire avaliser leur Plan. Nous les connaissons bien. Le second point qu'il faut aborder dans le tour que veut nous jouer Sarkozy, c'est qu'il a bien l'intention de faire comme avec le "Révisionnisme" où il est interdit aux historiens de "chercher", il sera bientôt aussi, sans doute, interdit de chercher l'Origine du Judaïsme, car ceci se trouvera irrémédiablement associé à de la Critique, comme critiquer les agissements du gouvernement Israélien est presque associé à de l'Antisémitisme. Là aussi, ILS essaient d'aller dans ce sens pour mieux museler tout le monde. Il faut faire attention aux mots prononcés par Sarkozy ou David Martinon, ils sont importants...  un "principe de respect de toutes les croyances et non un combat contre les religions", "tous ceux qui ont des convictions philosophiques, morales et religieuses devraient avoir à coeur de faire preuve de respect pour les convictions qu'ils ne partagent pas"... ON va commencer par nous imposer le respect puis nous interdire de faire des recherches pour prouver l'Imposture. Or, il est essentiel pour nous de la prouver. Parce que quand nous voyons qui oriente le monde aujourd'hui dans la politique et les guerres au nom d'un lopin de terre, il est très Important que la Vérité voit le jour.

Il faut donc être Vigilants, Frères... très Vigilants. Sarkozy est loin d'être catholique, si on peut se permettre ce jeu de mots... et Unir nos forces pour contrecarrer les plans du Mâlin...

 

 

La franc-maçonnerie menace Nicolas Sarkozy

 

Lorsque les frères ennemis des loges maçonniques publient un communiqué commun, c’est que l’affaire est grave. La dernière fois qu’ils s’étaient ainsi réunis, c’était le 6 avril 2005, pour dénoncer « la contradiction entre le peu d’éclat de la commémoration de la loi de 1905 et la participation des plus hautes autorités de l’Etat » aux célébrations autour de la mort de Jean Paul II, soulignant que « l’amalgame entre le statut de chef religieux et de chef d’Etat du Pape permet de renouer avec des traditions antérieures à la République ».

Aujourd’hui, le Grand Orient de France, le Droit humain, la Grand Loge féminine de France, la Loge nationale française, la Grande Loge mixte universelle, la Grande Loge mixte de France et la Grande Loge féminine de Memphis se réunissent pour condamner ensemble les propos de Nicolas Sarkozy à Rome sur la morale et la transmission des valeurs : « Ces interprétations du président de la République sont contraires aux fondements de notre Pacte Républicain ».

Elles condamnent également ses propos sur la « laïcité positive ».

Enfin, elles « prennent acte » des propos de Nicolas Sarkozy au Grand Maître du Grand Orient « assurant que la loi de 1905 ne serait pas modifiée », ajoutant :
« Si des aménagements techniques paraissent envisagés, ces obédiences maçonniques tiennent à faire savoir qu’elles seront très vigilantes, quant au contenu de ceux-ci. »

Sources Journal Chrétien

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 22:45

 Ici, l'on découvre que le "dieu" de tradition est devenu un dieu de destruction dans la Bible...

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

28e partie

27e partie

26e partie

  1ère partie

CHAPITRE XVII. 2

C'est en Italie que ces doctrines anciennes se trouvent professées avant qu'elles le fussent autre part; résultat des progrès de sa civilisation. Le Dante, lorsqu'il a peint la Divinité, ne s'est servi que des symboles des Abraxas ; il n'a point donné à la figure de la Divinité, suivant les descriptions (*) bibliques et de l'Apocalypse :


Lunga la barbà, e di pel bianco mista
Portava a suoi capelli simigliante
Li raggi delle quatro luci sante ;
Fregian si la sua faccia di lume
Ch'io 'l credea come 'l sot fosse devante.

(*) Nous exposons textuellement de quelle manière la Bible représente le Dieu des Hébreux, et l'Apocalypse celui des Chrétiens. C'est le Roi David qui parle, PS. XVIII, v. 8 : « Une fumée sortait de ses mains, et de sa bouche sortait un feu dévorant, et des charbons en étaient embrasés ». Le prophète Habacuc dit, ch. III, v. 4, 3 : « Sa splendeur était comme la lumière même, et des rayons sortaient de sa main, c'est là où réside sa force ; la mortalité marchait devant lui, et le charbon vif sortait à ses pieds ».

Partout le Dieu des Juifs est une image de destruction ; voyons si la peinture que nous en donne St Jean est moins désolante. Apoc., ch. I, § 13 : « Et au milieu de sept chandeliers d'or. Un personnage semblable à un homme, vêtu d'une longue robe, et ceint d'une ceinture d'or à l'endroit de ses mamelles. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche et comme de la neige, et ses yeux étaient comme une flamme de feu ; ses pieds étaient semblables à de l'airain très-luisant, comme s'ils eussent été embrasés ; et sa voix était comme le bruit des grosses eaux ; et il avait en sa main droite « (le système astronomique brille continuellement dans l'Apocalypse) » sept étoiles ; et de sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchans ; et son visage était semblable au Soleil en sa plus grande force ».

Il est tout simple, par des comparaisons faciles à se faire, que les symboles des Abraxas étaient, sans contredit, plus nobles et plus propres à donner une idée de Dieu Père des hommes, que les portraits juifs et chrétiens qui le présentaient comme un être destructeur.

Ces vers nous indiquent que le Dante avait vu des Abraxas ; et le dernier, où il dit qu'il voyait la Divinité comme si le Soleil était devant lui, démontre qu'il était initié dans les doctrines que nous avons expliquées sur le Soleil, emblème de la Divinité, doctrines suivies par les Cabalistes et Rose-Croix, établies depuis ces époques lointaines, comme nous le dirons, à Florence, à Vicence et ailleurs. L'Abraxas que nous donnons, sous la figure Tab. II, n." 2 , prise loco citato de Montfaucon, a le même Père Eternel Créateur, avec l'Oglade gnosticienne et les huit étoiles ; de l'autre côté, le même Père Eternel est couronné de cinq pointes relatives au pentagone, ayant deux étoiles à côté de sa tête, pour expliquer les deux principes, et en bas une sphère annulaire, sur laquelle s'appuyent quatre figures, les quatre élémens, dont deux, l'air et le feu, avec des ailes, les deux autres, la terre et l'eau, sans. On y voit sur la droite la pierre cube, et sur la gauche l'équerre. A ces époques, la Bible et l'Apocalypse étaient toujours mises en avant par ces philosophes ; ainsi bien des Abraxas ont des Eons, des Séphirotes et des Anges pour représenter soit les quatre Vertus par excellence, soit les quatre Elémens, ou les quatre Anges qui, suivant les rabbins, entouraient sans cesse le trône de la Divinité, Michel, Gabriel, Uriël et Raphaël, auxquels on attribuait aussi des vertus ; les abstractions juives étaient toujours unies à la philosophie de Platon ; elles jouissaient d'un grand crédit chez les sectes par nous nommées.

Tous ces monumens, très-curieux, servent à lever le voile que l'histoire de ce temps n'a pas déchiré, et nous montrent de combien se trompèrent les auteurs anciens qui, jusqu'au 17 e siècle, traitèrent ces signes parlans de l'ancienne science et des mystères
comme des signes de la magie noire, ce qui est rapporté par Maffei, Montfaucon et autres.

L'équerre maçonnique que nous avons vue dans les emblèmes antécédens, se trouve dans plusieurs monumens sacrés des Egyptiens ; cet emblème était dans leurs mystères.

M. Spor possédait les deux pierres n. 6, 21, pl. II, qui représentent, la première, un Osiris-Apis sur la fleur de Lotus ; il a la tête de lion ; c'est le Soleil dans la constellation du Taureau ; d'une main il supporte la Lune, et de la droite il tient une équerre ; les oiseaux qui l'environnent sont l'emblème de l'Air.
L'autre représente un Harpocrate qui est assis sur le tronc d'un cou d'âne, la tête renversée ; il tient une équerre dans sa main droite. Nous pourrions rapporter bien d'autres documens qui nous donnent le même emblème.

Un Abraxas tout-à-fait maçonnique est celui de la collection Capello : c'est un buste d'homme avec bras et mains, ayant la tête de coq, symbole du Soleil, auteur de toute vitalité, et ayant pour jambes
deux serpens, symbole des deux principes bon et mauvais. Sa main droite est armée d'un fouet, comme Phébus, lorsqu'il guide ses chevaux, et comme il est représenté sur bien des médailles, et en particulier sur celles du Bas-Empire ; il tient de la main gauche un bouclier qui est environné d'une couronne de laurier, arbre consacré à Jupiter, et dans le centre du bouclier, on lit le mot Jao, qui est aussi le Jéhovah des Hébreux. Mais ce qui surprendra tout Frère admis au 3.° grade, c'est l'inscription de cet Abraxas qui a rapport au mystère maçonnique de la Parole Perdue, et dit : « Donnez-moi la grâce et la victoire, puisque j'ai prononcé votre nom caché et ineffable. » Voilà de la maçonnerie toute pure que l'on pratiquait il y a 17 ou 18 cents ans. (Planche II, n.° 20.)

La figure n° 3 de la Pl. II, tirée de Montfauçon, nous présente un Abraxas très-intéressant : à des branches d'arbres, que, par la feuille, on doit dire d'acacia, se trouvent pendues trois têtes avec la légende
Jao. Voilà des traces pour croire que les anciens initiés avaient d'autres assassins à venger que ceux trop légèrement attribués aux Maçons en vue des Templiers, ce qu'on a remarqué en parlant de l'allégorie d'Hiram.

Un Abraxas qui mérite la considération de nos profonds critiques, est celui tiré de Montfauçon ( n.° 18, Pl. II), il assure que l'estampe lui avait été envoyée d'Italie ; elle représente d'un côté la tête d'Alexandre couverte de la peau du lion, avec l'inscription, partie latine, partie grecque, Alexandri; au revers sont une ânesse et un ânon qui tète. Au-dessus un
scorpion, signe du Zodiaque, avec l'inscription : Dominus noster Jesus-Christus Dei filius.
Bien des Abraxas portaient des noms de héros, comme Alexandre; mais que penser de ce monument d'antiquité ? Ne serait-il pas
pour nier la divinité de Jésus et pour le désigner pour le mauvais principe? car sous quel emblème plus méprisable pouvait-on symboliser et mystifier notre Divin-Maître ?

D'abord toute personne, un tant soit peu versée dans les anciens mystères égyptiens, sait que dans l'écriture symbolique, l'âne était établi comme l'emblème du mauvais principe. Harpocrate, Dieu du silence, et dans lequel on représentait la Divinité silencieuse, est assis sur le tronc détaché du corps d'un âne. On montrait par-là que la Divinité taciturne, mais immuable dans ses opérations, triomphe du mauvais principe, rétablissant l'équilibre dans les élémens par le triomphe sur Typhon.

L'Histoire d'Occhus, Roi de Perse, nous fait connaître que ce Roi qui dominait en Egypte, ayant appris que les Egyptiens l'appelaient âne, fit tuer leur Dieu Apis et commanda aux Egyptiens qu'ils dussent, dans leurs adorations externes, y substituer l'âne, qui était regardé comme l'emblème du mauvais principe. Bagoas, son eunuque, de nation égyptienne et prêtre, indigné de l'injure qu'Occhus faisait à sa nation, le tua et donna sa chair à dévorer à des chats, afin qu'un animal consacré à Isis, réparât l'injure faite à la même Divinité.

A Coptos, l'âne dans une cérémonie était fort maltraité; c'était le bouc israélite chargé de l'exécration religieuse.

Bien des Abraxas prouvent
l'opinion peu favorable que plusieurs sectes avaient de la divinité de Jésus. Le scorpion se trouve dans différens monumens. Les anciens mythologues le regardent toujours comme un symbole de mort et de destruction. Dans l'estampe, frontispice de l'excellent ouvrage de M. Lenoir, de la Maçonnerie, il se trouve dans un coin un tableau qu'on voit dans Montfaucon, v. 1er, pag. 378; il représente Mythras, image du Dieu Soleil, en habit sacerdotal, sacrifiant le taureau ; pendant le sacrifice, le scorpion est prêt à dévorer les parties génitales du taureau. C'est l'allégorie de la mauvaise saison qui détruit tout germe de génération; en Egypte, en Perse et dans l'Inde, les parties de la génération étaient des symboles des bienfaits de la Divinité, et par-là, elles étaient une haute vénération; elles étaient sacrées. Il est bien naturel qu'on regardât avec dédain le scorpion comme Typhon, allégorie du principe destructeur.

Nous ne pouvons finir cet article sans une observation de St Jérôme, qui, dans une lettre à Théodore, dit qu'un sectateur de Basilide, Marc, qui donna le nom aux Marcassiens, s'adonnait à la magie pour séduire les faibles, sous prétexte de les faire entrer dans la connaissance des mystères les plus profonds de sa doctrine ; que cette curiosité avait été d'une grande amorce en France et en Espagne, et que ces contrées étaient infectées de faux dogmes par de telles initiations.

Après la quantité énorme d'Abraxas qu'on trouve semés dans toute l'Europe, on croirait que la propagation des systèmes de Basilide, des Gnosticiens et autres, eut le plus grand succès, même entre les personnes aisées ; car la gravure de ces pierres dures ne pouvait se faire à ces époques que par un grand travail et par une jdépense remarquable.

Le tombeau de Childéric, Roi des Francs, mort en 464, découvert à Tournay, en 1653, sert à renforcer l'opinion de St Jérôme, que les initiés de Basilide ou des mystères égyptiens, juifs-chrétiens, se répandirent en Europe, et que les mystères des premiers Chrétiens, unis aux Egyptiens, que nous appelons maçonniques, y trouvaient des adeptes dans la haute classe de la Gaule ; dans cette Gaule, où les prêtres druides enchaînaient l'élan même de l'imagination de leurs propres sectateurs par la plus oppressive superstition, pour perpétuer l'ignorance de leurs administrés et pour conserver leur pouvoir funeste*.

* Il paraît que leurs descendans, les prêtres qui servent à la Religion de nos jours, n'ont pas abandonné ce principe. Dans un ouvrage imprimé en 1791, à Anvers, portant pour titre : Les Masques arrachés, ou Histoire sectété de la Révolution et Contre- Révolution , etc. etc., du Brabant, on lit, et il y est dit positivement que les prêtres jouèrent le premier rôle dans cette révolution ; qu'ils la machinèrent pour y établir une domination théocratique, au lieu de l'autrichienne ; qu'ils employèrent tous les moyens que leur crédit, leur hypocrisie , leur procurait ; qu'ils dominent sur ces peuples en les entretenant dans la plus stupide croyance, et dans l'ignorance la plus grossière. Les religions changèrent ; mais les préceptes des Druides y restèrent. L'esprit d'intérêt, la cagotterie et l'ignorance se succédèrent. Heureuse la postérité de ces belles contrées ! car un sage et paternel gouvernement cherche dès-à-présent, par tous les moyens possibles , à y introduire les lumières par une soigneuse éducation.

On lit dans la Collection des Costumes, par Vial Castel, à la première livraison, qu'on a trouvé dans ce tombeau une bague, une tète de bœuf creusée du haut en bas, une épée, un stilet à écrire, de petites figures qu'on a prises pour des abeilles, une boucle et deux médailles ovales représentant l'une un scarabée, l'autre une grenouille ». (Pl. II, N.°» 30-31.)

La tête de bœuf peut avoir été l'emblème du Dieu
Apis, et avoir servi à Childéric dans l'initiation, comme on l'a dit, des prêtres égyptiens et perses, qui, dans la représentation des mystères, portaient pour casque une tête d'animal relatif au culte du Soleil ; et de même que l'on a vu des quatre Evangélistes du bienheureux Angélique. L'épée peut avoir été aussi bien le glaive du Sacrificateur comme un signe de guerrier. La boucle doit avoir servi à serrer (*) la ceinture sacrée accordée aux hauts initiés : le scarabée et la grenouille devaient être des emblèmes qui avaient été admis par la science égyptienne; ces emblèmes (PL II, nos 30, 31) se trouvent aussi dans la Table Isiaque qui renfermait tous les mystères des prêtres d'Isis. Le premier emblème était le symbole de la Divinité ; il n'a besoin pour sa reproduction que de soi-même ; il était aussi un emblème du Soleil et du Feu élémentaire, comme la grenouille (**) représentait l'élément humide de l'Eau; tous les deux premiers principes de la fécondation universelle. Les  Croix, qui étaient sur une des faces latérales du style, se trouvent dans des monumens de huit cents ans avant l'ère chrétienne. Souvent la Croix désignait l'immortalité.

(*) Cette ceinture et huppe dentelée, tire son origine des Egyptiens et passa aux Juifs. Exode, ch. XXIX, v. 9: « Et tu les ceindras du baudrier Aaron et ses Fils, et tu leur attacheras des calottes, et ils posséderont la sacrificature». Les prêtres égyptiens portaient déjà des calottes avant l'Exode, et avaient la ceinture sacrée.

(**) Les Grecs slaves, croates, etc. etc., par un reste de l'ancienne tradition, ne mangent pas de grenouilles. Cet emblème est arrivé de la Chine aux Egyptiens : une infinité de Divinités chinoises portent ce symbole sur leur main ; quelquefois la grenouille divinisée a trois jambes, et se trouve souvent dans l'intérieur d'une petite pagode ou chapelle., que ces Dieux portent sur leurs mains.

Par les emblèmes ci-dessus indiqués et qu'on a trouvés dans ledit tombeau, on peut déduire que Childeric a été initié aux mystères et doctrines juives-chrétiennes que nous avons vu recherchées avidement en Europe aux temps ci-dessus énoncés, que le culte égyptien fut introduit en France dans ces temps reculés ; il est prouvé même par un fait de nos jours.

Le Courrier des Pays-Bas, des jeudi et vendredi 16 et 17 août 1827, sous la rubrique de France, dit : « Des ouvriers creusant dans le lit de la rivière d'Erdre, pour y construire une écluse du canal de Bretagne, ont trouvé à vingt pieds au-dessous du fond actuel de la rivière deux idoles qui paraissent égyptiennes, avec des têtes de bélier et des cornes d'Amnon. Elles sont en terre cuite qui ressemble à celle des briques dont nous nous servons. Dieu sait à quelle époque ces statues ont été jetées dans l'Erdre ; la profondeur à laquelle on les a trouvées et les dépôts qui se sont formés au-dessus par couches, au nombre desquelles s'en trouve une argileuse, prouvent qu'il doit y avoir bien des siècles. Serait-ce des divinités étrangères que les Druides auraient fait précipiter dans l'Erdre ? Serait-ce des idoles apportées d'Egypte, par des Romains, que l'établissement du Christianisme aurait fait détruire ? C'est aux savans antiquaires à fixer nos idées à cet égard. »

30ème partie

Posté par Adriana Evangelizt

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