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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 22:01

Il existe des tas de vieux livres qui nous apprennent beaucoup de choses. Beaucoup plus que ce que l'on peut lire actuellement. Le moins que l'on puisse dire c'est que les écrivains du 19e siècle, versés dans la Tradition et cherchant la Vérité, possédaient moins la langue de bois que ceux de notre époque. Le Fr.°. Reghellini de Shio prouve que la Franc-Maçonnerie s'est inspirée de la Religion Egyptienne qui a elle-même inspirée la Religion de Moïse et que la religion Chrétienne tient des deux. Un livre très intéressant, fourmillant de détails certainement ignorés par le plus grand nombre et où la "Jeunesse" apprendra beaucoup...

 

 La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

 1ère partie

La haine, que la Cour de Rome porte à la paisible et bienfaisante Fraternité des Maçons, est prouvée par plusieurs bulles papales, par quantité d'articles de journaux apostoliques, et enfin par tous ces ouvrages ténébreux et remplis d'inepties, que l'on imprime tous les jours.


Le plus audacieux, le plus injuste, le plus éminemment calomniateur et faux de ces écrits, est sorti des presses de la veuve Duviviers et fils, à Liège, à la fin de 1826, et porte pour titre : Le Voile levé pour les Curieux, ou Histoire de la Franche-Maçonnerie. Cet ouvrage dénonce, à l'aide de fausses mputations, les Frères Maçons à tous les Souverains de la terre, les calomnie de toute manière , les accuse d'être les auteurs de toutes les révolutions qui ont eu lieu en Europe ; il les déclare ennemis de tout gouvernement et de toute religion, auteurs de tous les crimes : et par ces imputations calomnieuses, il signale des victimes innocentes au glaive des despotes soupçonneux, aux foudres de Rome et aux poignards de ses Séides; il tente d'armer et de soulever le monde entier contre la Fraternité, et jette l'alarme dans toutes les classes de citoyens et dans tous les pays.

 

 

 

 

Cette étrange et scandaleuse production, tout en flétrissant l'honneur de cette Société, s'érige en panégyriste des Jésuites, se plaint des gouvernemens qui les bannissent, particulièrement de celui des Pays-Bas, qui, veillant au maintien de ses lois et de la tranquillité publique, refoule, sur le pays dont ils sont sortis, ces vampires religieux et politiques que l'on voit, à chaque instant, chercher à pénétrer clandestinement parmi nous, armés des brandons de la discorde, mais couverts du masque de l'hypocrisie, et cachant leurs coupables projets sous les apparences de la religion.

La charité de cet écrivain apostolique a passé sous silence tous les procès intentés contre les Jésuites par les différens Princes de l'Europe, et qui constatent l'esprit de rébellion qui les a toujours animés ; elle a oublié l'histoire , qui représente partout ces apôtres comme visant à la domination de la terre, en conseillant et confessant les Rois, dont plusieurs périrent victimes de leur ambition, et nous laisse ignorer leurs nombreux parricides, et entr'autres ceux commis par leurs affidés Gérard et Parane.

Après tant d'incriminations contre la Fraternité , il a été nécessaire de soulever un coin du voile qui couvre toutes les machinations des ennemis de notre Ordre. On a même été conduit à démontrer sur quoi se fonde le pouvoir de la Cour de Rome et de ses orgueilleux mandataires; on a été obligé de remonter à l'origine de ces Lévites établis pour gouverner quelques tribus errantes, et de prouver que le gouvernement des Hébreux, comme celui des peuples nomades et sauvages, fut celui du Sacerdoce, et que, si les Juifs ont eu des Rois, ceux-ci n'avaient qu'un simulacre d'autorité publique, n'étaient que le jouet des prêtres et des ressorts cachés qu'ils faisaient mouvoir suivant leur volonté et dans leur intérêt.

Comme l'un de nos statuts défend de discuter les matières religieuses, se fondant sur les doctrines évangéliques (1), « que si quelqu'un aime à contester, nous n'avons pas une telle coutume, ni les Eglises de Dieu » (St. Paul, Epît. aux Corinth., ch. XI, § 16), nous qui croyons, par notre dévouement à la morale de Jésus, que nous sommes les vrais Chrétiens et les enfans de l'Eglise de Dieu, et qui n'aimons pas les disputes, nous déclarons que ce n'est que pour défendre notre Fraternité que nous écrivons sur cette matière, que nous dévoilons le tableau des usurpations et des envahissemens du pouvoir de ces héritiers présomptifs d'Aaron, et que nous prouvons leur conspiration permanente contre le pouvoir civil.

Nofre exposé s'appuie sur l'Ancien et le Nouveau-Testament ; nous nous sommes bornés à rassembler une petite portion des faits qui condamnent l'usurpation mondaine de ces dispensateurs des grâces du Ciel et des trônes de la terre.


Nous avons été forcés de parler des mystères et des doctrines Egyptiennes, que les Hébreux adoptèrent en partie ; nous avons fait mention des doctrines, dogmes et mystères des premiers Juifs-Chrétiens, tels qu'ils les pratiquaient il y a dix-huit siècles ; nous avons été obligés d'exposer de quelle manière s'est établi le colosse sacerdotal de Rome armé de toutes ses foudres.


Nous avons indiqué que la morale de Jésus et la pratique des vertus qu'il ordonne, sont les fondemens de la Fraternité des Maçons ; l'histoire a été notre guide pour prouver que les évêques et les prêtres de Rome ont toujours été et sont encore intolérans, qu'ils étaient les persécuteurs des sociétés chrétiennes et philosophiques qui parurent aux premiers siècles de la chrétienté ; que ces sociétés, et leurs doctrines répandues en Europe, furent restaurées par les Chevaliers Croisés , qui les prirent en Syrie, en Egypte et en Palestine.

Notre seul but est de nous rendre utiles, même à nos plus implacables ennemis. Nous leur démontrons leur orgueil, ainsi que le ridicule de leur prétendue infaillibilité, et que lors même qu'on voudrait s'en rapporter au Nouveau-Testament, tous les Chrétiens sont prêtres et sacrificateurs, avec un droit égal au Sacerdoce. (Révélation, ch. 1er, § 6.)

La lecture des livres saints prouve que l'autorité papale n'est qu'une chimère; les prêtres cachent avec mystère la Bible qu'ils disent leur accorder tant de pouvoir ; mais consolons-nous; grâce à la Société Biblique, ce livre se répandra partout et finira par éclairer les Chrétiens sur les vérités qu'on cherche à leur cacher. Après avoir démontré, par l'histoire et les Ecritures, les abus et les innovations de Rome, ses persécutions envers les Chrétiens, qui suivent la doctrine primitive et au nombre desquels sont comptés les Maçons, nous donnons ensuite les conventions qui ont réduit à une parfaite unité tous les rites de la Maçonnerie, et nous en offrons une espèce de statistique.

Nous terminons par un aperçu des cérémonies des Chrétiens de Rome, comparées à celles qui ont lieu dans différens rites maçonniques, afin que l'homme le plus instruit puisse en faire l'analyse par des comparaisons qui seront très utiles pour affermir sa conscience, éclairer sa dévotion et enfin fixer son jugement (que nous nous gardons bien de donner par anticipation), sur la préférence que ces cérémonies méritent les unes sur les autres. Nous concluons par l'ancienneté des mystères maçonniques, par l'évidence de notre morale, et donnons la preuve que la Maçonnerie conserve en elle bien des emblèmes, signes et doctrines des Religions Egyptienne, Juive et Chrétienne.

 

LA MAÇONNERIE, CONSIDÉRÉE COMME LE RÉSULTAT
DES RELIGIONS EGYPTIENNE, JUIVE ET CHRETIENNE.


CHAPITRE I


Opinion des différans écrivains sur l'origine de la Maçonnerie. Le plus grand nombre est d'opinion qu'elle dérive des Egyptiens. — L'Egypte , berceau des sciences et des arts. — Origine des initiations chez les differens peuples. De celles des Égyptiens , comparées avec la maçonnique. L'initiation n'était pas accordée indistinctement chez les premiers Chrétiens et chez les Grecs. L'initiation refusée à Néron et à Constantin. — Les doctrines communiquées aux anciens initiés en Egypte sont conservées dans les initiations maçonniques.


Si un grand nombre d'écrivains ont donné des Mémoires sur l'origine de la Maçonnerie. plusieurs ont extravague dans leurs narrations; M. de Saint-Martin prétend que cette institution et sa science ont été créées avec l'Univers. Smitz veut qu'Adam ait été le dépositaire de la science maçonnique, et qu'à sa création il ait reçu de Dieu même ses institutions, c'est-à-dire la Loi naturelle.

D'autres veulent que la Maçonnerie ait été fondée par Romulus, à Rome ; quelqu'un prétend même qu'elle fut seulement établie dans cette ville du temps de Jules-César, tandis que d'autres ont cru qu'Auguste se fit initier à Athènes après la bataille d'Actium. Warburston et Bartholi ont cru voir une allusion à l'initiation maçonnique dans la descente d'Énée (2) aux enfers, et bien des commentateurs de l'Enéide trouvent à chaque pas Auguste sous les traits d'Énée. Il y a même des auteurs qui établissent cette légende ainsi qu'il suit : « Que cet empereur ayant remarqué les erreurs du calendrier romain , voulut les réformer; que pour parvenir à son but, il fut obligé d'appeler des sa vans d'Alexandrie, lesquels n'étaient que des prêtres Coptes qui avaient conservé leur ancien culte, leurs mystères et sciences, entr'autres, l'astronomie à laquelle ils s'étaient toujours adonnés, malgré les désastres des guerres d'invasion et la soif de l'or de leurs conquérans, qui, en détruisant le temple du Soleil à Héliopolis , avaient fait disparaître les observations astronomiques que ces prêtres avaient recueillies depuis plus de mille ans. On prétendit même que ces savans, appelés par Auguste à Rome pour rectifier le calendrier, y apportèrent avec l'astronomie les mystères égyptiens qui renferment ceux de la Maçonnerie.

Des auteurs ont cru que les rites maçonniques provenaient des cérémonies et anciens mystères qui , de l'Egypte et de la Phénicie, passèrent directement en Europe ; d'autres supposent que la Maçonnerie a pris naissance dans les écoles de Pythagore et de Platon ; quelques-uns ont cru voir dans la principale allégorie l'origine des mystères institués par Salomon.

Quelques autres ont prétendu que l'initiation maçonnique était très moderne, et ont très légèrement écrit que toutes ces histoires n'étaient que de simples suppositions inventées pour donner à la Maçonnerie de l'importance et du lustre.

Il y en a qui regardent la Maçonnerie comme une institution religieuse et chrétienne ; ils appuyent leur opinion sur le respect que les Maçons ont pour la Bible, sur le grand cas qu'ils font de l'Évangile et de l'Apocalypse de St-Jean; ce qui induit à le croire , c'est l'usage immodéré qu'en font les Frères anglais et ceux de l'Amérique du nord ; ces auteurs croient même le prouver par la vénération que tous les Frères portent à Salomon qui, indépendamment qu'il construisit le Temple Saint, écrivit plusieurs ouvrages dévots dont on se sert encore dans plusieurs grades et rites.

Quelques auteurs ont fait de la Maçonnerie une invention des Jésuites, entr'autres Bode, homme de lettres allemand, qui prétendit que Hiéram, tué par deux compagnons rebelles, n'était que l'allégorie de la hiérarchie romaine, détruite par Luther et Calvin; qu'on devait venger ce crime , et que la feuille de la branche d'acacia , si chère aux Frères Maçons, ressemblait exactement au signe épiscopal de Rome.


M. de Launay donne ainsi son opinion sur l'origine et l'ancienneté de l'Ordre, dans son Essai sur la Maçonnerie , édition de Paris, 1820 , chez Hubert, page 4 : « Quels que soient les doutes élevés par plusieurs écrivains sur l'ancienneté de la Franc-Mac.'. , nous ne persistons pas moins à croire qu'elle a son berceau dans les mystères égyptiens. Les trois grades connus sous le titre de Maçonnerie Bleue, justifient notre opinion ; mêmes épreuves, même enseignement, mêmes résultats, tout y est semblable, à la différence cependant des machines qu'avaient à leur disposition les prêtres initians de l'antiquité, du temps qu'ils employaient pour la préparation du néophyte, et de celui qui lui était nécessaire pour l'étude des sciences, dont on se borne dans l'initiation Mac.'., à donner la nomenclature. »


Des écrivains font naître la Maçonnerie de la tour de Babel; ils se fondent sur la légende de l'ordre des Noachites et sur les instructions du rite de la Royale-Arche.

Grandidier, et bien d'autres, prétendent qu'elle prit son origine lors de la construction de la cathédrale de Strasbourg : c'est dans l'année 1015 que ce monument fut commencé par l'évêque Wernher, et terminé en 1275. Deux ans après, en 1277 , Ervin de Steinbach commença la flèche , qui fut finie en 1439, et qu'on voit élevée à 436 pieds. (Voyez la planche II, n.° 8). L'on prétend que toutes les confréries de Maçons allemands qui se formèrent depuis, durent leur institution à celle de Strasbourg, ce qu'on expliquera ultérieurement.

Preston, Anderson et Lawrie ont laissé des ouvrages raisonnés sur la Maçonnerie, et on doit leur en savoir gré, quoiqu'une grande partie des Maçons ne partagent point leur avis concernant l'introduction de cette religion en Angleterre : ceux-ci ne peuvent pas admettre que saint Albain, en 289 de l'ère vulgaire, ait été le premier grand-maître de l'Ordre en Angleterre, tel qu'il est de nos jours, ni que saint Augustin en ait été le second en 557. Ils ajoutent qu'il leur est impossible de placer ces saints à la tête des Frères Maçons ; car leurs doctrines devaient se trouver en opposition avec la théosophie des Egyptiens, des Persans, de Zoroastre et de Mythra, de laquelle on est obligé de croire que notre religion tire son origine, modifiée par Moïse et confirmée par les doctrines de notre divin Maître Jésus-Christ.


Quelques Anglais font naître l'institution maçonnique de l'édification de l'église de saint Paul de Londres ; mais ces derniers n'ont écrit que l'histoire de quelques corporations, composées d'ouvriers qui bâtissaient des temples, des tours, des châteaux ; ils ne se sont pas occupés de chercher si le nom de l'Ordre n'était pas plutôt une allégorie empruntée par une ancienne société secrète vouée à des mystères et à des sciences occultes autant qu'à l'architecture. Ils ont cru que la Mac.'. était primitivement composée de coteries semblables à celles des charpentiers, tailleurs de pierres et d'habits, qui étaient dans l'usage de recevoir mystérieusement ceux qui avaient fini leur apprentissage ; et ce qui les engageait à le croire, c'est que beaucoup de ces corporations avaient des emblèmes qui portaient le caractère et la devise des Francs-Maçons, comme il a paru, entr'autres, par un sceau qu'on indique , décrit parmi ceux du moyen âge, lequel, d'après son travail, date du XIV.e siècle, et présente des instrumens maçonniques, avec la légende S. artis Muratorum Paetrajolorum (sceau des maçons et tailleurs de pierres).

Ces coteries subirent bien des péripéties sous différens gouvernemens, à cause de leurs cérémonies clandestines ; elles furent persécutées par l'église romaine, parce que leurs mystères et leurs initiations étaient une imitation du baptême, de la consécration des prêtres, et de l'histoire de Jésus. La conformité des cérémonies et des mystères de l'Ordre maçonnique, avec les cérémonies et mystères modernes de l'église de Rome, occasionna la même persécution, et cette cour s'est efforcée constamment de répandre et de faire croire que, si les Frères Maçons recommandaient à leurs adeptes bien des vertus, ils ne se servaient d'un tel moyen que pour miner le fondement de la religion catholique, par la célébration de mystères et de cérémonies chrétiennes, et qu'ainsi ils introduisaient dans leur secte un esprit d'indifférence sur les mystères et les doctrines les plus saintes de l'église de Rome, tâchant par-là d'inculquer la religion naturelle, sous la forme de celle de Jésus-Christ.


Toutes les conjectures et les systèmes qu'on en a tirés ne sont propres qu'à éloigner de la vérité, nous semble-t-il , parce que les écrivains qui les ont formés n'ont pas recherché l'histoire maçonnique dans ses grades, dans ses mystères, dans ses diflérens rites ; ils n'ont pas voulu voir que tout, dans cette histoire, tire son origine des mystères égyptiens , des mosaïques, de la Bible, de Jésus-Christ, du Nouveau-Testament, des différentes sectes philosophiques chrétiennes, des chevaliers croisés, des chevaliers templiers , et d'autres novateurs ou protecteurs de cet Ordre. C'est avec de telles données seulement qu'on peut se guider dans les ténèbres de l'antiquité et dans le dédale des écrits qui ont vu le jour dans les premiers siècles du christianisme et jusqu'aujourd'hui.


Tous les historiens anciens et modernes sont d'avis que l'Egypte fut jadis le berceau des sciences et des arts , et que les peuples contemporains y puisèrent leurs principes religieux et politiques, comme l'a démontré le savant Dupuis. Semblable à un arbre aussi ancien que le globe, l'Egypte a élevé sa tête majestueuse dans le chaos de l'éternité, et a enrichi de ses produits toutes (3) les parties de la terre; elle a poussé ses racines vers la postérité, sous différentes formes , défigurées et hétérogènes en apparence , mais constantes dans l'essence , faisant parvenir jusqu'à nous sa religion, sa morale et ses sciences.


Les mages de la Perse, les philosophes grecs, les prêtres juifs ou les douze Patriarches qui précédèrent Moïse, pendant la captivité en Egypte, apprirent des prêtres égyptiens leurs dogmes, leurs mystères et leurs sciences avec l'art de gouverner les peuples, selon leurs dispositions morales, leur civilisation et la nature de leur climat.

Ces mystères et ces sciences étaient sévèrement gardés et enseignés par les prêtres qui étaient exclusivement chargés de leur pratique; et pour empêcher que des hommes sans caractère, sans fermeté ni science, ne pussent jamais parvenir à y être admis, ils établirent que les initiés seraient tenus de se soumettre aux épreuves des quatre élémens, épreuves si épouvantables qu'on n'y croirait pas de nos jours, si l'on n'en trouvait des descriptions détaillées chez différens écrivains anciens et modernes. Ces épreuves avaient pour but de s'assurer du courage, de la moralité et de la science du néophyte, et de repousser les Ilotes et la lie du peuple; ce qui a fait dire à Horace :

Odi profanum vulgus et arceo.


Nous conservons dans les épreuves maçonniques d'aujourd'hui encore les noms anciens des voyages auxquels le récipiendaire était soumis, lors de son initiation aux mystères ; et nous conservons également l'inscription égyptienne qu'on lit sur le sarcophage d'Hiram dans le souterrain, lors de l'admission au sublime degré d'inquisiteur, grand élu Ch. Kadosk : « Quiconque aura fait ces voyages seul et sans crainte, sera purifié par le feu , l'eau et l'air, et ayant pu vaincre la frayeur de la mort, ayant son âme préparée à recevoir la lumière, il aura droit de sortir du sein de la terre et d'être ad- mis à la révélation des grands mystères (4). »


Les prêtres d'Héliopolis, lorsqu'ils sacrifiaient au Soleil, devaient déposer leurs bagues et ornemens d'or, ou de métal quelconque ; ils scellaient la victime avec un sceau qui était analogue à leur initiation. La Loi punissait de mort celui qui aurait immolé une victime qui n'aurait point été marquée du sceau sacerdotal. Ce sceau représentait un homme à genoux, les mains liées derrière le dos, ayant à la gorge la pointe d'un glaive pour montrer la punition à laquelle serait soumis celui qui aurait dévoilé les mystères de l'initiation.


Remarquons que l'initié était nu, ayant un tablier (5) sur le devant. Il était nu pour expliquer qu'il devait laisser voir sans détour ses secrètes pensées; il était dépouillé de tout ornement profane, comme de tout métal, et cette privation devait faire comprendre au néophyte que sou nouvel état réclamait de lui la pratique de la vertu: que l'or et les choses précieuses sont presque toujours les instrumens de la corruption humaine, comme le fer l'est de sa vengeance. Nous ne nous occuperons pas à faire des rapprochemens minutieux avec les initiations maçonniques ; tout Frère y trouvera notre type.

Nous espérons même qu'après toutes ces considérations, il conviendra que l'objet de nos réunions doit être tout autre que des repas somptueux, mais avoir pour objet un but utile et élevé aussi moral que théosophique.


Le néophyte, après avoir surmonté les premiers obstacles, après être descendu dans le puits mystérieux (6), après avoir parcouru la voûte sacrée, était encore maître de revenir sur ses pas ; mais il n'en était pas ainsi lorsqu'il avait passé la porte défendue par les trois gardes, qui étaient des prêtres couverts d'armes et ayant des casques représentant des têtes, symboles des mystères qu'on y célébrait : ces casques étaient ou la tête d'un coq ou celle d'un serpent, si ces mystères représentaient Osiris ou le Soleil ; celle d'un bœuf, si les (7) mystères étaient relatifs au dieu Apis, et enfin celle d'un chien (8), si les cérémonies avaient rapport au dieu Anubis.


Le néophyte, après avoir franchi cette.porte, s'engageait à ne plus reculer. Si la fermeté lui manquait dans les épreuves qu'il devait subir, il passait le reste de sa vie dans les appartemens attachés au temple, où il pouvait cependant, par son zèle, monter encore au rang d'officier subalterne.

Dans les épreuves maçonniques, qui sont une imitation fidèle de l'initiation égyptienne, il y a un instant où l'on offre au néophyte le choix de se retirer ou d'aller plus avant.


Tout homme pouvait se présenter pour la réception égyptienne, néanmoins tous n'étaient pas indistinctement admis ; règle qui fut adoptée par les Grecs, par les premiers Chrétiens et par les Maçons, quoiqu'il y eût de temps à autre des exceptions après la corruption sacerdotale.

Deuxieme partie

Notes :

(1)  Les premiers Chrétiens savaient que les idées métaphysiques en théologie étaient des opinions explicatives des phénomènes de la Nature ; par là, aucune d'elles n'est sans contradiction ; car, le caractère des vérités est d'être immuable. Les religions étant un composé d'idées métaphysiques formulées par des dogmes et un culte, elles changèrent, changent et changeront par nations et par siècles ; c'est pourquoi la Fraternité des Maçons a toujours admis dans son sein tout honnête citoyen , et adopte une tolérance parfaite à l'égard de tous les cultes.

(2) L'auteur du poème la Maçonnerie, a fait une savante application du même système.

(3) On a trouvé la conformité de la religion égyptienne en Amérique et en particulier au Mexique. (Voyez Carli, Lett. Amér. t. I, pag. 4go).

(4) C'était la même inscription que l'initié aux grand smystères de la déesse Isis trouvait à la fin de ses courses. (Voyez Setos, liv. III, pag. a4o). Apukjus dit que l'initiation est la résurrection à une nouvelle vie.

(5) Planche II, n.° 4.

(6) II existe encore de ces puits dans des anciens bâtimens de la Thébaïde, occupés par des prêtres Coptes. (Voyez les Voyages de Paul Lucas.) Un tel puits était entièrement configuré dans le modèle de la pyramide découverte par le Frère Belzoni, et qu'où voyait à Londres en 1820.

(7) On ne saurait autrement expliquer les têtes dont les quatre Évangélistes sont armés dans le plafond, peint par le bienheureux Angelico de Fiessole, et qu'on voit dans la galerie de Florence. Planche IV, n.°1.

(8) C'est d'après cette représentation que les Grecs établirent leur enfer, gardé par le Cerbère à trois têtes de chien.

DEUXIEME PARTIE

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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