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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 11:11

 

 

"Les textes gnostiques soulignent clairement

que Jéovah est le seigneur des archontes"

 

 

Interview de John Lash

 

Dans une interview limpide et puissante, John Lash, auteur et chercheur (metahistory.org) d'origine américaine, nous explique très clairement comment et pourquoi une “intelligence” extraterrestre parasiterait notre monde et notre conscience. Spécialiste et exégète des Evangiles du Nag Hammadi, John est porteur d'un message plus optimiste qu'il n'y paraît : même si les Archontes et autres reptiliens nous donnent l'impression de manipuler les cartes du jeu, nous restons les maîtres car ces Archontes ne savent se livrer qu'à une chose: une opération d'intoxication ayant pour but de nous faire croire qu'ils sont les “patrons”. Ceux que les Gnostiques désignaient sous le terme d'Archontes ne seraient rien d'autres que les Reptiliens et leurs serviteurs robotisés, les Gris des apparitions contemporaines. Et les religions du Livre ne seraient que des séquelles de cette manipulation et se révèleraient n'être finalement qu'un culte à une entité extraterrestre : Yahvé ou Yahveh (YHVH). Les textes des Gnostiques sont sans équivoques à ce sujet tout comme l'est John Lash : les religions dites révélées agissent comme des virus, des parasites spirituels. Certes, il n'est pas le premier auteur, chercheur ou philosophe (comme le philosophe Michel Onfray et son Traité d'Athéologie, Edition Grasset) à avoir discerné cette caractéristique des religions du «Livre» (et de bien d'autres) qui, sous couvert d'amour du prochain, prônent une soumission absolue et des règles répressives très dures. Le terme "islam" signifie d'ailleurs «soumission». Mais Lash est l'un des premiers à avoir mis en exergue le fait que le savoir gnostique contenait des avertissements clairs à l'égard de ce type de «spiritualité».

 

Autre point capital : les auteurs qui se sont penchés sur la question d'une manipulation de la conscience et de notre univers par une entité “étrangère” estiment, à l'instar d'un David Icke, que c'est l'entièreté de l'univers qui est le jeu de forces entropiques, destructrices et que par conséquent, ce parasitisme par une entité interdimensionnelle affecte l'univers dans sa globalité. Le fait de considérer l'univers dans sa totalité ainsi que les plans de conscience “éthérique” et autres univers parallèles comme faisant partie d'une seule et même illusion, une matrice qui nous piège démontre qu'il s'agit d'une vision très sombre. Pour Icke, les prédateurs et cette «matrice» se servent des consciences qui habitent ces univers comme nourriture. Cela ne nous laisse que peu de chances d'échapper à ce destin d'être une proie.

 

A l'inverse de cette perception très sombre, se basant sur les informations et les connaissances recueillies par les Gnostiques, John Lash a une vision bien plus positive: ce phénomène de prédation et de distorsion de la conscience n'est qu'une donnée particulière à la terre, une “anomalie locale” qui ne concerne que notre système solaire. Pour être plus précis, les consciences (c'est à dire «nous», entre autres choses) qui résident dans cette “anomalie” sont déviées par les Archontes. Ces derniers nous feraient croire que nous sommes sans recours face à cette prédation tout comme ils nous feraient croire qu'ils nous ont créés.

 

Reste enfin des informations capitales qui vous donneront une autre vision du Christianisme. Les Gnostiques nous mettent en garde. Ils nous avertissent du danger représenté par le culte d'un Dieu qui n'est qu'une interception, une image fabriquée par les Archontes. Une image soit disant inverse de l'homme où celui-ci n'est rien et Dieu est tout, l'homme est limité, Yahvé est infini etc… D'entrée de jeu, le potentiel de l'homme est nié par le Christianisme. L'homme doit expier ses fautes. Cette négation de l'homme et ce lien de dépendance installé entre le croyant et le clergé est une chose qui semble révolter les Gnostiques qui voient en l'homme lui-même les ressources pour échapper à l'emprise des Archontes. L'interview de John Lash laissera des marques, nous en sommes certains!

Karma One

L'entretien

Karma One : Ce dossier se focalise sur l'idée qu'un parasite existe et dirige notre conscience. Comment pourrions-nous démontrer à nos lecteurs que ce parasite existe réellement et que l'idée “d'une infection mentale” n'est pas une idée de fous ?

 

John Lash: Comme pour une infection, le parasite mental pourrait en réalité être détecté par une série de symptômes. La malaria, par exemple, produit de violents symptômes provoqués par une entité étrangère qui envahit notre corps. Pour percevoir clairement ces parasites, nous devons prendre en compte le fait que certains types de nos comportements pourraient être symptomatiques d'une infection générée par l'invasion de l'esprit humain par une entité étrangère.

 

Karma One : Quelle est la nature de ce parasite ainsi que son origine ? Est-ce qu'il s'agit d'une intelligence interdimensionnelle, est-il possible que ce parasite ait pris une forme organique?

 

John Lash : Selon les Gnostiques, les parasites que sont les Archontes, comme les Gnostiques les appellent, sont originaires de la première phase de formation du système solaire, avant même la formation de la terre. Ce sont des formes inorganiques dotées d'intelligence et de nature électrique, des cyborgs, pourrions-nous dire.

 

Karma One : Les textes gnostiques (Les codex du Nag Hammadi ou Nag Hammadi Codices, soit NHC) décrivent les Eons et les Archontes. Pour expliquer cela en termes simples à nos lecteurs, quelles sont les différences entre les Eons et les Archontes ?

 

John Lash : Dans la cosmologie gnostique, les Aeons ou Eons sont des Dieux, des déités ou divinités. Ce ne sont toutefois pas des Dieux créateurs, des entités focales. Il s'agit plutôt de formes massives de vie, de la conscience, des courants de conscience. Ce sont les forces qui forment le noyau central de la galaxie dans laquelle nous vivons, à savoir le plérôme. Les Archontes sont des anomalies, des espèces anormales d'êtres inorganiques qui surgissent d'au-delà du plérôme, dans les limbes ou encore dans les bras de la galaxie. On les appelle les Archontes (du Grec « Archai » ou “élémentaire, dès le début”) parce qu'ils ont surgi d'abord, avant que la terre ne soit formée. Leurs corps sont formés de matières élémentaires se trouvant dans un état pré-organique.

 

Karma One : Est-ce que vous pensez que les planeurs ou « flyers » décrits par Castaneda et les Archontes des Gnostiques sont une seule et même chose ?

 

John Lash: Oui, je suis convaincu qu'ils sont identiques.

 

Karma One : Quel événement de votre vie personnelle vous a amené à focaliser votre attention sur l'idée qu'un parasite comme les Archontes, les planeurs ou une sorte d'entité extraterrestre pouvait affecter notre perception de l'univers?

 

John Lash : Ce sentiment que quelque chose manipulait notre perception m'a envahi graduellement et n'a pas été suscité par un événement personnel et spécifique. Cependant, dès l'âge de 4 ans, j'ai eu des expériences “occultes” tels que des rêves éveillés dans lesquels je rencontrais des êtres magiques qui venaient pour m'aider et m'enseigner ainsi que d'autres entités qui m'ont attaqué. Dès cet âge précoce, j'étais conscient directement de l'existence de ces deux genres d'interventions.

 

Karma One : Pensez-vous que des entités extraterrestres comme les Annunakis ou les Gris sont les incarnations de ce parasite ou plutôt que ces entités sont plus “ombrées” ou possédées que nous ne le sommes par ce parasite, cette intelligence prédatrice ?

 

John Lash : Je me fie aux Gnostiques qui nous enseignent que la première intelligence prédatrice à laquelle l'humanité est confrontée s'avère être les Archontes. Je crois que ces Archontes sont identiques aux Annunakis et aux Gris contemporains.

 

Karma One : Les Gnostiques nous ont avertis au sujet de cette créature prédatrice : ils ont décrit les Archontes et nous ont dit comment nous sommes affectés par leur existence. Est-ce que les Archontes nous ont créés ? Quel héritage ces créatures nous ont-elles légués ?

 

John Lash : Les Gnostiques pensaient que les Archontes ne nous ont pas créés mais qu'ils sont en réalité piégés dans un mensonge et ils pensent en fait qu'ils sont nos créateurs. L'un de leurs buts principaux est de nous convaincre qu'ils nous ont créés – en fait, ils veulent nous amener à penser qu'ils sont nos créateurs. Pour ce que je sais, il n'y a aucun “héritage” que nous ayons reçus de ces Archontes extraterrestres. Ils nous sont inférieurs en volonté et en intelligence bien que supérieurs en technologies de navigation pour voyager entre les planètes tout comme ils nous dépassent en matière de télépathie et en techniques d'imitation (réalité virtuelle). Je crois que les Archontes sont identiques aux “Veilleurs” d'Enoch, ces entités à qui l'on attribue l'enseignement à l'humanité de la métallurgie ainsi que les techniques de parures cosmétiques et de maquillages. Si les Gnostiques ont raison, la tentative des extraterrestres Archontes d'endosser la paternité de nous avoir légué certaines connaissances et aptitudes est une manipulation et la prétention des Archontes de nous avoir enseigné de telles choses est fausse, je crois. Nous avons nous-mêmes découvert ces talents et techniques mais nous avons oublié comment nous nous y sommes pris. Par conséquent, nous sommes susceptibles d'accepter l'explication d'une intervention étrangère ou extraterrestre.

 

Karma One : Est-ce que vous pensez que les Archontes peuvent prendre une forme organique pour exister ? Est-ce que vous croyez que les Archontes et les Gris sont les mêmes choses ?

 

John Lash : Dans ma compréhension des choses, les Archontes sont une espèce inorganique. Peut-être sont-ils constitués de silicone et de mercure comme Nigel Kerner le suggère (ndtr: lire “The Song of the Greys” ainsi que l'interview de Kerner sur Karmapolis). Les Gris sont des cyborgs qui ressemblent à la forme humaine –ou pour être plus précis, la forme prématurée d'un fœtus. Les textes gnostiques décrivent la production de l'espèce “Archonte” comme un avortement, de là, la forme d'un corps humain né prématurément. Les Archontes ne sont qu'un corps, ils n'ont pas d'âmes. Oui, je suis convaincu que les Archontes gnostiques sont identiques au Gris contemporains de type embryonnaire. Whitley Strieber observait que les extraterrestres gris font montre d'un haut degré de néoténie (ndtr: coexistence chez un animal de caractères larvaires); à savoir qu'ils se présentent sous la forme d'une entité qui ne s'est pas entièrement développée lorsqu'elle est née.

 

Karma One : Dans leurs interprétations des textes gnostiques, les chercheurs académiques soulignent le rôle crucial joué par un personnage qu'ils appellent Jésus Christ. Ce personnage nous a avertis du rôle joué par les Archontes. Est-ce ce même Jésus que celui que l'on trouve dans le Nouveau Testament ? Pourquoi le message délivré par Jésus contenu dans le Nouveau Testament est-il si différent de celui contenu dans les Codex du Nag Hamadi ? Est-ce que l'on parle du même personnage? S'il ne s'agit pas du même personnage, est-ce que le “Christ” des écrits gnostiques représente-t-il une puissance qui investit certaines personnes (comme des prophètes)? Est-ce que cette puissance décrite dans les textes du NHC diffèrent complètement de la puissance du Christ décrite dans le Nouveau Testament ?

 

John Lash : Il s'agit de questions importantes et gênantes. Certains termes de ces questions reflètent la confusion typique ou la désinformation si vous préférez circulant à propos du matériel gnostique. En réalité, le terme “Christ” n'apparaît jamais dans les Codex du Nag Hammadi ni le nom de Jésus. On y trouve plutôt un code récurrent : XC ou encore XRC (traduit par les termes CHS ou CHRS) en copte ainsi que les codes IC et HC traduit par le terme IS. Par exemple, dans “Traité Tripartite” (117.10), le texte mentionne le terme HC en langue copte. Le traducteur a modifié cela en H(COY)C, “Isous” qui a lui-même été traduit par le nom de Jésus. Vous pouvez voir jusqu'où les chercheurs et traducteurs ont été pour manipuler les codes afin de les faire cadrer avec leurs préjugés. La plupart des textes gnostiques utilisent les termes comme “le Sauveur”, le “Seigneur” ou “celui qui révèle” sans spécifier du tout qu'il s'agit de Jésus ou du Christ.

 

Des chercheurs dont la carrière et la formation sont connotés par le christianisme et qui considèrent le NHC comme des écrits des premiers chrétiens décodent systématiquement le terme XRC en Christ ou encore Chrest et IC en Jésus. Il n'y a en réalité aucune base claire et solide qui permettrait une telle convention dans la traduction. Je suis convaincu que ces codes ne se réfèrent pas au “Christ” de St Paul ou au “Jésus historique” du Nouveau Testament. Ces codes sont précisément employés pour éviter que l'on ait recours à une telle identification.

 

L'expression “le Jésus vivant” trouvée dans le NHC se réfère à un guide intérieur, à une entité psychique, pas une personne historique. Pour les Gnostiques, “le Jésus vivant” indique une force spirituelle qui ne peut pas mourir, de là, il ne peut pas être une personne humaine réelle. Jésus Christ dans le Nouveau Testament affirme des choses qui ne pourraient jamais être dites par un initié gnostique. Ses paroles et ses actes n'ont aucune consistance face un enseignant qui a reçu une illumination à partir des Mystères. Le “Christos” gnostique n'est pas le Christ, le Fils Unique de Dieu dans la théologie de Jean et de Paul. Le Christos des Gnostiques est un Eon, une force divine qui ne prend pas de forme humaine. Les Gnostiques n'acceptent pas le principe de l'Incarnation à ce sujet. Selon leur conception, aucun être humain n'a le privilège d'incarner un Eon, une Divinité.

 

Karma One : Est-ce que vous percevez une tendance –même minime- dans l'église catholique romaine de reconnaître la légitimité des textes du Nag Hammadi, ce qui inclus l'existence des Archontes. Ou bien, ils nient complètement le contenu, la pertinence et l'intérêt des matériaux trouvés à Nag Hammadi ?

 

John Lash : Je ne discerne aucune tendance, aucun mouvement dans l'église catholique pour reconnaître l'authenticité du caractère non chrétien du NHC (Nag Hammadi) et certainement aucune tendance pour reconnaître les Archontes. Gardez à l'esprit que les enseignements gnostiques attribuent à l'église catholique romaine (le système de croyance du “sauveur”) l'existence de l'influence mentale déviante des Archontes. Si les autorités catholiques en venaient à reconnaître le message gnostique, ils devraient admettre que leur système de croyance s'avère être un implant extraterrestre dans l'esprit humain !

 

Karma One: On compare souvent l'importance de la découverte des textes du Nag Hammadi avec les manuscrits de la Mer morte. De ce que vous en savez, pouvons-nous trouver dans les rouleaux de la Mer morte, le même avertissement à propos des Archontes, à propos du fait que la création de l'univers est une erreur, une information contenue dans le NHC ? Qui a écrit les manuscrits de la Mer Morte et qui a rédigé les textes du Nag Hammadi. Etait-ce des ennemis?

 

John Lash : Grande question ! Cette relation entre les Manuscrits de la Mer Morte et le Nag Hammadi est cruciale. A ma connaissance, aucun chercheur n'a mis en exergue des références croisées entre ces anciens textes mais en fait, elles existent. Laissez-moi expliquer les choses de la sorte.

 

Les Manuscrits ne nous avertissent en rien à propos de la présence des Archontes parce qu'ils furent rédigés par une secte extrémiste qui étaient manipulées par les Archontes. Les Zaddikim (que l'on pourrait traduire par les “Rigoureux”) de la Mer morte étaient une secte violente, apocalyptique qui s'était dédiée à des êtres célestes appelés Kenoshim qui leur apparaissaient dans des chariots éblouissants. Certains textes des Manuscrits (surtout 4Q404 dans les Chants de Shabbat) décrivent l'apparence et le mouvement d'Ovnis de type soucoupe volante exactement comme on les décrirait aujourd'hui dans des apparitions contemporaines. En termes plus brefs, je suis convaincu que la secte de Qumram était un culte apocalyptique de contactés par des Ovnis, comparables à la secte au culte suicidaire de Heaven's Gate (ndtr : la tristement célèbre secte californienne dont les membres sont morts dans le cadre d'un suicide collectif ). Au sud de Qumram, il y avait un campement gnostique, un groupe qui s'appelait les “Archontiques”. Ils ont emprunté ce nom, je pense, parce que leur mission était d'espionner les Archontes qui contrôlaient les Zaddikim. Dans un texte gnostique, l'Apocalypse de Jean (25.15) “celui qui révèle” affirme que “Jérusalem est un endroit hanté et habité par de nombreux Archontes ”. Je suis certain que de nombreux Gnostiques des Temples des Mystères du Proche-Orient étaient conscients de cette intrusion des Archontes. Ils ont détecté les extraterrestres ainsi que leur effet, une infection psychique et mentale qui a pris la forme d'une folie religieuse. Jérusalem était hautement infectée au même titre que Qumram.

 

Le NHC n'affirme pas que “ l'univers est une erreur ”. Il déclare que notre monde, le système particulier que nous habitons est une anomalie causée par la présence des Archontes qui empiètent sur la vie qui s'est développée sur la terre. La cosmologie gnostique explique l'émergence des Archontes au niveau cosmique. Par conséquent, les Gnostiques ont pu comprendre l'origine et le comportement de ces entités extraterrestres. Les sectateurs des manuscrits de la Mer morte furent complètement dupés par les Archontes qu'ils ont perçus comme étant des Anges célestes. Ils croyaient que le dirigeant des Archontes, Jéhovah, était leur Dieu créateur. Les Gnostiques percevaient ces croyances comme du délire religieux causé par le virus idéologique essaimé par les Archontes. Plusieurs passages dans les manuscrits font directement référence aux Gnostiques qui sont considérés comme les insignes adversaires de la secte des Zaddikim. A ma connaissance, aucun chercheur n'a mis en évidence le fait que le culte gravitant autour des Manuscrits de la Mer morte avait pris pour cible les Gnostiques d'une telle manière. Les Zaddikim avaient l'ambition de complètement annihiler les Gnostiques. Si ma théorie s'avère exacte, nous pouvons en comprendre la raison.

 

Un autre point d'importance : les Codex de Nag Hammadi furent découverts en décembre 1945 mais leur importance ne fut reconnue qu'à l'été 1947, exactement au moment où l'on trouva les Manuscrits de la Mer Morte. Les lecteurs s'apercevront bien entendu que cet été 1947 était également l'époque des apparitions d'Ovnis observées par Kenneth Arnold ainsi que celle de l'affaire de Roswell. Il est étrange de constater que des textes rédigés par une secte qui vouait un culte à des extraterrestres et des Ovnis de même que d'autres textes qui mettaient en lumière la nature réelle de ce culte ont fait surface au moment précis de la vague d'apparitions d'Ovnis de 1947 ainsi qu'au moment de l'incident de Roswell. Ce sont de véritables “coïncidences cosmiques”.

 

Karma One : Pourquoi l'église catholique romaine était si rétive, réticente de donner accès aux Manuscrits de la Mer morte ? A-t-on constaté la même réaction à l'égard des matériaux du Nag Hammadi ?

 

John Lash : Le Vatican contrôlait l'équipe internationale de chercheurs qui était associée à l'Ecole biblique de Jérusalem. Ces chercheurs comme Roland de Vaux et Milil ont opéré une rétention sur les matériaux des Manuscrits parce que ces textes révèlent les vraies origines du Christianisme sous un éclairage très sombre et négatif. Les textes des Manuscrits mettent en lumière que l'idéologie “salvatrice” du Christianisme ne trouvait pas son origine avec Jésus mais trouvait ses racines dans le culte Zaddikim. C'est un mauvais coup asséné aux croyances chrétiennes dans le caractère unique de leur religion.

 

Concernant les matériaux du Nag Hammadi, une toute autre équipe de chercheurs fut engagée. Ils n'ont ni pris du retard, ni dissimulé leurs recherches. Toutefois, il faut noter le fait que l'interprétation habituelle des Codex du Nag Hammadi est très favorable au christianisme ou plutôt a été conçue pour en avoir l'air. Par conséquent, les NHC sont moins menaçants pour la foi chrétienne que ne le sont les Manuscrits de la Mer morte. Cependant, dans mon interprétation radicale des enseignements gnostiques, le message du Nag Hammadi est clairement anti-chrétien : il s'agit d'un message qui va contre l'idéologie d'une rédemption divine, d'un pardon divin mais qui ne va pas à l'encontre de l'amour, de la bonté et des bonnes actions, bien entendu. (De fait, l'amour, la bonté et les bonnes actions ne constituent pas un monopole des Chrétiens, n'est-ce pas ?)

 

Karma One: Des anthropologues comme Michael Harner ou Carlos Castaneda ont donné une description similaire d'une même créature : Harner a vu dans ses visions les « Maninkaris », une créature noire, sorte de mélange entre une baleine et un reptile, une sorte de ptérodactyle. Ces créatures ont besoin de se dissimuler et sont considérées par les Indiens d'Amazonie comme étant la source de toute vie sur terre. Castaneda décrit les "flyers" ou "planeurs" comme d'horribles créatures noires et ayant l'apparence d'une sorte de poisson, des créatures qui se nourrissent de la conscience du genre humain. Peut-on comparer ces créatures ? Pensez-vous qu'elles sont de même nature ?

 

John Lash : Non, je ne crois pas que cette comparaison soit valide. La vision des Indiens d'Amazonie est probablement le résultat d'une mémoire ancestrale sur les origines de la vie. Les enseignements gnostiques à propos de ce sujet sont semblables à ceux prônés par les peuplades indigènes qui affirment que “le premier homme” venait des cieux. Cette conception a reçu le nom de panspermie en science moderne : l'insémination des espèces humaines sur terre à partir d'une source extraterrestre. Dans l'imagination des peuples natifs comme ceux qui ont initié Harner, les semences de la vie sont arrivées dans d'énormes canoës, des vers, des dragons et d'autres formes comparables. C'est une façon de visualiser la panspermie. L'ADN lui-même peut-être visualisé comme un serpent en train de se lover, de s'enrouler.

 

La description de Castaneda au sujet des Flyers fait référence à un phénomène totalement différent, un type d'être prédateur qui ressemble à une chauve-souris, à un dragon. Tout au long de l'histoire, le dragon a été perçu comme une figure angélique positive, même comme une forme de conscience supérieure mais l'espèce “reptilienne” des Archontes décrite par les Gnostiques est bien différente. Nous devons faire preuve d'imagination et distinguer “l'archétype” universel du dragon de la forme spécifique du prédateur extraterrestre, l'Archonte reptilien, désigné dans les Codex du Nag Hammadi sous le terme de “draconique” (ndtr : « Drakonic » dans le texte original).

 

Karma One: Pourquoi comparez-vous la connaissance gnostique au chamanisme ? Les Gnostiques se sont-ils aussi engagés dans des recherches à propos de la cognition, à propos d'autres façons de percevoir la réalité ? Ont-ils fait usage de substances hallucinogènes à l'instar des shamans qui emploient de l'Ayahuasca, du peyotl ou de la psilocybine ?

 

John Lash : Don Juan affirme que le sujet de la sorcellerie (le chamanisme) se concentre sur le changement, le glissement des paramètres de la perception. Je crois que les Gnostiques étaient des maîtres dans cette pratique. Ils étaient les héritiers d'une longue tradition de chamanisme qui provenait des peuplades indigènes d'Europe, d'Asie et que l'on peut faire remonter aux temps paléolithiques. Dans la Gnose, c'est à dire le chemin de la perception accrue (pour reprendre les termes de Castaneda), nous pouvons y voir une méthode sophistiquée de chamanisme, une sorte de chamanisme « high tech » si vous préférez. Les techniques de perception paranormale ont été enseignées et transmises dans le cadre des Ecoles des Mystères créées et dirigées par les “gnostokoi”, “ par ceux qui connaissent les sujets divins et surnaturels ”.

 

Selon la “thèse de Wasson”, les rituels utilisant des plantes psycho-actives étaient à la base de toutes les religions véritables sur terre. Gordon Wasson et Albert Hofmann , le chimiste suisse qui a découvert le LSD, proposaient l'idée selon laquelle la kykeon , la potion sacrée ingérée lors des Mystères Eleusiniens, était un mélange de l'ergot du seigle, le champignon parasite qui s'avère être la base organique du LSD. Ainsi, il s'agissait d'une potion psychédélique. Des recherches plus solides ont été entreprises pour consolider cette idée. De plus, l'emploi de champignons psycho-actifs dans les Mystères est également une idée qui a été soulevée et qui se fonde sur des recherches pertinentes. Il est aujourd'hui certain que les anciens cultes chamaniques comme ceux des Mystères utilisaient des plantes psycho-actives pour parvenir à une mort temporaire de l'égo ainsi que pour un changement des paramètres de perception. Je crois que les Gnostiques étaient véritablement compétents dans l'usage de plantes hallucinogènes, en ce compris des champignons. Toutefois, je n'ai pas trouvé de preuves directes de cela dans les matériaux du Nag Hammadi.

 

Karma One : Certaines religions et philosophies affirment que notre univers de matière est une illusion ainsi qu'un piège et que notre conscience est prise dans un système entropique de manipulations et de mensonges. Si nous devons croire Castaneda, l'être humain est dirigé par une conscience qui n'est pas la sienne mais celle d'un prédateur. Cette vision semble très sombre et pessimiste. Quelle est la porte de sortie de ce piège ?

 

John Lash : En réalité, il n'y a pas de piège mais plutôt une confrontation avec le Manipulateur, l'Escroc, la présence extraterrestre qui se trouve dans notre esprit. Les Gnostiques n'enseignaient pas que le monde, cette planète physique et ce Royaume des sens est une illusion et une manipulation, une tromperie. Ils enseignaient plutôt qu'il s'agit d'un profond et beau mystère. Seulement, nous sommes empêchés de pénétrer ce mystère “de façon profonde et lucide” par des facteurs qui résident dans nos propres esprits. Les Archontes peuvent insinuer leur intelligence étrangère dans nos esprits mais ils ne peuvent en prendre le contrôle et les diriger par la force brute. Toutefois, si nous nous laissons aller sous l'emprise de leur sortilège, ils peuvent complètement prendre la direction de nos esprits. Cela arrive cependant par l'abdication de notre propre conscience et non par la force de leur domination.

 

La façon de sortir de ce piège est de pouvoir discerner ce qui est authentiquement humain dans nos esprits et ce qui est inhumain, stupide, mécanique, aveugle et procédant par simple imitation. En clair, nous devons prendre conscience de notre potentiel humain de façon à voir comment il est déformé et subverti. Imaginez par exemple que vous n'avez jamais entendu la 5ème Symphonie de Beethoven jouée comme elle doit l'être réellement mais que vous avez toujours écouté une version tronquée avec des notes complètement déformée. Vous pourriez seulement savoir que la musique était déformée si vous connaissiez la version originale et non tronquée. De la même manière, nous devons prendre conscience de nos esprits authentiques, de notre véritable potentiel humain de façon à voir comment nous sommes déviés. C'est le défi que nous offrent ces prédateurs. J'ai une petite phrase pour résumer cette situation. Je dis que le potentiel humain se présente comme s'il avait été mis en boite par un escroc.

 

Karma One : Les “lois” de la nature sont basées sur la prédation et la peur. C'est la même chose en ce qui concerne l'être humain même si cette prédation peut prendre des formes plus nuancées. Tout semble basé sur la dualité et le combat. Est-il possible que cet état de fait soit causé par l'influence et la manipulation de l'univers par les Archontes ou les Flyers ? Sans ces créatures, est-il possible de penser que notre monde puisse être différent, qu'il ne soit pas dualiste et prédateur ou bien, vous pensez que cette dualité constitue l'essence même de l'univers, que cela soit avec ou sans les Archontes ?

 

John Lash : Ce monde, je veux dire la vie sur terre, n'est en réalité pas comme vous le décrivez. Le mode de description que vous proposez est déjà le résultat d'une perception déviante. Il y a autant de preuves dans la nature, en fait bien plus, montrant l'existence de la symbiose et de la coopération qu'il n'y en a pour montrer l'existence de la prédation et de la peur. La manière dont la Terre fonctionne est un miracle de symbiose, c'est également un événement magique. Par conséquent, il n'est pas question que ce fonctionnement soit provoqué par “l'influence ou la manipulation de l'univers par les Archontes et les Flyers” . Les Archontes influencent la façon dont vous percevez le monde. Ils n'influencent pas le monde en lui-même. La Puissance première du monde dans lequel nous vivons s'avère être la Divinité qui réside dans notre planète, l'intelligence de Gaia, appelée Sophia (ndtr: sagesse) par les Gnostiques. Si vous vous alignez sur l'intelligence de Gaia, vous ne percevez plus le monde comme un endroit investi par la peur et la prédation mais comme un monde de beauté, de bonté et de magie.

 

Karma One : Dans la tradition gnostique, “Sophia” est l'entité divine qui aurait fait une “erreur” et créé l'univers et les Archontes. Comment pourrions nous retrouver notre chemin, notre connexion avec le principe “créateur” originel, le contact avec “Sophia” tout en évitant le contact avec les Archontes?

 

John Lash: Une façon de joindre Sophia est de se “rendre”, de se laisser aller à la beauté et à la majesté de la Nature pour se laisser pénétrer par la présence mystique de la Terre. Dans la nature, les aspects mystiques et physiques de la réalité sont fusionnés. La Beauté est surnaturelle. Le but des pratiques gnostiques et qui ont un lien avec les méthodes chamaniques sont de quitter, de sortir (en anglais «depart», en français «sortir», de là les termes comme un « sort» ou «sorcellerie») du domaine social humain, de se dépouiller du filtre du conditionnement et de communier directement avec l'intelligence planétaire, à savoir Gaia-Sophia. Je crois que cela fut pratiqué grâce à la dissolution temporaire de l'ego avec l'aide et l'assistance d'alliés sacrés telles des plantes de sagesse, des plantes “enseignantes”. Il n'y a aucun moyen d'éviter les Archontes mais face à eux, nous pouvons nous construire une immunité en renforçant notre lien vital avec Gaia-Sophia, la planète vivante. Les Archontes sont des extraterrestres qui nous ont retranchés et aliénés de Gaia.

 

Un langage précis est une chose importante pour exprimer une cosmologie vivante. Des termes poétiques précis, si vous préférez. L'Aeon qu'est Sophia n'a pas fait une erreur et créé l'univers ainsi que les Archontes. Elle a agi unilatéralement sans sa contrepartie masculine, un autre Aeon et elle s'est projetée elle-même au-delà du cœur de la galaxie. Les Aeons sont des puissances informes siégeant dans le cœur de chacune des galaxies. Il y a de nombreuses galaxies dans l'univers. Sophia n'a pas créé l'univers, elle est la source de l'ordre du monde que nous expérimentons sous la forme d'un triple système : le soleil, la lune, la terre. Sophia n'a pas commis une erreur, elle a exagéré son implication dans son “Rêve”. De là, elle s'est immergée et incorporée elle-même dans son Rêve. C'est un événement rare, pas du tout typique dont la façon dont les Aeons opèrent habituellement. Comme effet secondaire de son implication excessive dans son rêve, Sophia a plongé du cœur de la Galaxie (Imaginez une impulsion, une poussée sous la forme d'une pointe lumineuse d'une écume scintillante de matière venant du cœur de la galaxie dans ses bras déployés). L'impact qu'elle a provoqué sur la matière élémentaire des bras de la galaxie a généré des espèces inorganiques, les Archontes. Les Archontes ont alors commencé à fabriquer un système planétaire non organique, un mécanisme d'horlogerie. La Terre, la planète vivante qui a servi d'enveloppe à Sophia a été capturée dans un système sans vie. C'est là que réside “l'erreur” ou en terme plus clair, l'anomalie.

 

Karma One : Dans la tradition gnostique telle que je la comprends, Sophia (sagesse) n'est pas la seule “divinité” ou source d'éternité ou de perfection. Peut-on comparer Sophia à un être très avancé, sophistiqué et élaboré, une sorte de super intelligence extraterrestre ? Où nous devons admettre que la source de toute chose n'est pas une entité unique mais repose plus sur une conception polythéiste  ?

 

John Lash : Dans la cosmologie gnostique, Sophia est un Eon, une divinité au niveau cosmique mais elle n'est pas seule. Elle fait partie d'une compagnie d'Eons, les Dieux du Plérôme de la Plénitude. Mais il y a de nombreux Plérômes, de nombreuses galaxies dans l'univers. Le mythe gnostique de la Déesse déchue concerne notre galaxie et notre planète, pas l'univers dans son intégralité. Si nous ne comprenons pas ce qui arrive ici, localement, comment pouvons-nous comprendre ce qui se passe n'importe où ailleurs dans l'univers ? Le défi, le test est d'appréhender notre histoire directement avant de pouvoir élargir le sujet à une plus vaste histoire.

 

A cause de l'intensité toute particulière de son Rêve, Sophia en est venue à s'incarner dans la planète terre et par conséquent, elle représente, pour nous qui habitons la planète terre, la véritable divinité au sein de laquelle nous vivons. Elle est la vraie Matrice vivante. Sophia est la divinité de la Nature pour parler en termes théologiques. A quoi ressemble-t-elle ? C'est une chose que nous devons arriver à comprendre par des pratiques, par le chemin d'un apprentissage sacré, la Gnose. Tous les Mystères ont été dédiés pour en arriver à comprendre Gaia et pour servir la haute intelligence de l'Eon Sophia. La “source de toute chose” est un Mystère. Pourquoi spéculer sur ce que nous ne pouvons pas savoir et comprendre alors que nous nous confrontons à l'aventurière exploration de ce que nous sommes “ capables ” de comprendre ! ?

 

Karma One: Malgré les sombres rumeurs et perceptions relatives aux théories de la conspiration, d'autres conceptions du parasitisme représentées par des gens comme Branton, David Icke ou le shaman zoulou Credo Mutwa croient profondément dans le fait que le parasite est en réalité une entité reptilienne et que cette entité a investi ou possédé les corps des dirigeants de ce monde, des gens comme Georges Bush par exemple?

 

John Lash : Je pense que nous devons entraîner notre imaginaire afin de détecter la présence de ces entités extraterrestres ainsi que de pouvoir discerner ce qui est réel de ce qui est fantasmatique. Les alchimistes ont une règle: Agissez en harmonie avec la nature, observez les œuvres de la Nature et entamez le Grand Œuvre avec les puissances authentiques de l'imagination et non avec des pensées fantasmatiques . C'est une question de discipline à laquelle nous devons faire face sur le chemin d'une perception accrue. Je crois que certaines sources d'informations indigènes comme celles représentées par le shaman Credo Mutwa ont des informations valides à révéler au sujet des Archontes. En même temps, je suspecte le fait que le scénario reptilien a explosé en dehors de toute proportion raisonnable à cause de fantasmes et de manipulations mentales. Pour ce que je sais, les prédateurs extraterrestres appelés Archontes par les Gnostiques peuvent prendre deux formes: l'une embryonnaire (les extraterrestres Gris) et draconienne, un type reptilien mais ils ne peuvent pas posséder et donc ne possèdent pas les corps d'êtres humains. Il faut pouvoir faire preuve de bon sens lorsque l'on examine les phénomènes paranormaux et surnaturels. Georges Bush n'a pas besoin d'être un reptilien pour être un monstre. Nous devons pouvoir reconnaître le fait que des êtres humains puissent agir de façons monstrueuses parce qu'ils sont déviés par des prédateurs reptiliens sans pour autant croire dans le fantasme selon lequel ils se transformeraient en réalité en reptiliens. A mon sens, le scénario proposé par Icke et les autres donnent trop de pouvoirs aux prédateurs. Comment alors, Icke et ses témoins peuvent-ils proposer des témoignages de première main sur le changement de forme, la métamorphose en reptiliens? Et bien, la perception des choses est une construction. Toute perception ! Gardez à l'esprit que les Archontes sont des maîtres en matière de réalité virtuelle. En langue copte (qui est la langue du Nag Hammadi), ce phénomène est désigné sous le terme de HAL, “simulation” (ndr de Karmapolis: l'ordinateur de « 2001 Odyssée de l'espace » s'appelle Hal). Les textes gnostiques affirment que les Archontes “enlèvent les âmes la nuit”. Ils le font par le biais de la réalité virtuelle (ou RV), des techniques de simulation de RV. Bien entendu, la “RV” des Archontes est aussi réelle pour eux que ne l'est la réalité de notre terre pour nous. La différence réside dans le fait que nous ne pouvons interagir en symbiose avec cette RV. L'autre différence est que les Archontes manipulent des champs quantiques inorganiques alors que nous manipulons les bandes de perception qui façonnent, donnent forme à ces champs. Les Gnostiques estimaient que nous étions supérieurs aux Archontes par la pensée, la perception et l'intention.

 

Je dirais que ces rapports et témoignages sont vrais : les témoins ont perçu le changement de forme, d'apparence mais cette perception est un effet des pouvoirs des reptiliens en matière de réalité virtuelle plutôt qu'un phénomène réel, concret et authentique, un événement naturel. Les serpents naissent à partir d'œufs et ils muent et changent de peau. C'est ce que la nature nous montre. Elle peut alors nous dire quelque chose à propos de la manière dont les reptiliens se comportent si nous approchons ce sujet avec une imagination authentique et non pas avec des fantasmes.

 

Karma One : Certains auteurs (comme Paul Von Ward) dénoncent YHWH ou Yahveh comme étant un Etre Avancé, une entité extraterrestre qui a voulu dominer notre monde armé d'intentions qui ne semblaient pas bonnes et pures. Croyez-vous que YHWH est un Archonte ou encore un représentant des Archontes ?

 

John Lash : Les textes gnostiques soulignent clairement le fait que Jéhovah est “le seigneur Archonte”, un extraterrestre prédateur de type reptilien qui domine les extraterrestres Gris à l'aspect embryonnaire et qui se comportent avec une mentalité de ruche, de fourmilière, pareille à un essaim. Jéhovah que les Gnostiques appelaient Yaldabaoth, est véritablement une entité extraterrestre dont le royaume est le système planétaire indépendant de la terre, du soleil et de la lune. Il n'est pas un “Etre Avancé” (c'est à dire plus évolué que les humains) mais un extraterrestre tombé en pleine démence et doté de certains pouvoirs « surhumains » ou proche d'une divinité. Les Gnostiques pensaient que Jéhovah infecte l'humanité avec la croyance selon laquelle il affirme être le dieu créateur alors qu'en fait, il ne peut rien créer du tout. Le Nag Hammadi est très clair sur le fait que Jéhovah-Yaldabaoth est le commandant de l'espèce archonte.

 

Karma One : Les Gnostiques dénoncent le rôle joué par les Archontes. Avez-vous trouvé le même genre d'avertissement sur leur rôle dans d'autres traditions religieuses ?

 

John Lash : Non, je ne peux pas dire que j'ai trouvé cette information si clairement et si exhaustivement mentionnée dans d'autres traditions religieuses. Gardez à l'esprit que la Gnose est un chemin de connaissance, non une religion ! Les Mystères sont des écoles de savoir paranormal, pas des institutions religieuses. Je suis convaincu que toutes les religions dévient le potentiel humain mais les trois religions d'Abraham, le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam sont potentiellement mortelles. Elles mènent à une déviation terminale et sans issue de nos espèces. Vous ne trouverez aucune religion qui nous avertit que cela est dangereux pour votre santé mentale ainsi que pour votre survie physique. Les Gnostiques voyaient dans la religion rédemptrice et salvatrice (ndtr : la croyance en un Messie venu nous sauver de “nos” péchés) à la fois la preuve et l'instrument d'une intrusion extraterrestre.

 

Karma One : Les enseignements gnostiques et les Ecoles des Mystères sont une chose identique. Des théoriciens de la conspiration comme Springmeier et Icke pensent que les rituels sataniques proviennent des Ecoles des Mystères et que les Ecoles des Mystères constituent les sources des abus rituels et sataniques ainsi que des Illuminati et des traditions maçonniques. Comment et pourquoi ces auteurs font ce lien entre Ecoles des Mystères, Illuminisme et Satanisme ? Pourquoi dénoncent-ils avec tant de virulence à la fois les Gnostiques et les Ecoles des Mystères ainsi que la religion catholique romaine quand on sait que les Gnostiques furent persécutés par les Catholiques?

 

John Lash : Icke et d'autres théoriciens de la conspiration qui proposent la thèse d'une intervention extraterrestre ne sont pas familiers avec le sujet des Mystères et je crois cela pour deux raisons : d'abord, ils n'ont pas éprouvé l'expérience directe de la mort de l'ego et vécu une instruction par la Lumière comparable aux expériences des Mystères. Ensuite, ils n'ont pas fait de distinction entre les méthodes et les mobiles des Illuminati avec l'enseignement authentique des Gnostiques. Les Illuminati étaient des initiés dérangés qui avaient une connaissance profonde des pratiques des Mystères mais qui ont été mal employées afin d'acquérir un pouvoir social et politique. Les Ecoles des Mystères n'étaient pas des camps d'entraînement pour Illuminati comme Icke le croit. C'est une lourde erreur de sa part. A cause d'un manque d'expériences directes, Icke et les autres sont incapables de réaliser que les adeptes du Pouvoir du Serpent (Kundalini) étaient directement opposés aux Illuminati qui avaient fait un pacte avec les puissances reptiliennes. Comme je l'explique dans mes articles, on nous a donné la Kundalini comme une force pour repousser cette intrusion extraterrestre. Le Serpent bénéfique et guérisseur n'est pas une entité reptilienne mais un composant inné de notre héritage biologique divin. Les spéculations et les recherches (même les recherches aussi intéressantes que celles de Icke) ne peuvent nous enseigner comment faire la distinction. Seule l'expérience directe le peut.

 

Il était strictement interdit aux Illuminati de participer aux Mystères une fois qu'ils avaient été repérés et identifiés. En d'autres termes, les Illuminati étaient des pratiquants en sciences occultes (principalement la programmation et le contrôle de l'esprit) qui devaient être évincés des Mystères … mais c'est une histoire (une histoire extrêmement importante, j'ajouterais) que Icke et d'autres semblent totalement ignorer.

 

Karma One: Quelles sont les conceptions du paradis et de l'enfer chez les Gnostiques?

 

John Lash: Il n'y a aucune conception d'enfer et de paradis dans les enseignements gnostiques.

 

Karma One: Clive Prince et Lynn Pycknett, dans un livre appelé “La Porte des Etoiles” (éditions du Rocher pour l'édition française) dénoncent le fait qu'avec le Nouvel Âge, une manipulation globale va mettre en place un syncrétisme religieux (un mélange de Bouddhisme, d'Hindouisme et des trois religions du Livre), une religion pour un nouvel ordre mondial basée sur d'anciens cultes égyptiens et la vénération “du Conseil des 9”. Dans cette nouvelle religion, nous trouvons un livre comme “les Clés d'Enoch” et des gens comme James Hurtak, Andra Puharich, l'ordre de Melchisedech (que l'on retrouve également dans le culte Mormon). Que pensez-vous de cela? Est-ce une autre manipulation des Archontes?

 

John Lash : Je pense qu'il s'agit d'un fantasme partagé par des gens désespérés et en recherche de pouvoir et d'un statut spirituel dont certains éléments peuvent être affectés par une déviation des Archontes. Le défi que représente la confrontation avec ces escrocs extraterrestres a pour objet de pouvoir discerner ce qui est réellement dangereux et déviant de simples sottises et autres folies. Il y a pas mal de bêtises dans les théories conspirationnistes sur le nouvel ordre mondial. Il y a de nombreuses impostures spirituelles et des simulateurs parmi les personnes qui affirment être des « channelers » du “Conseil des 9”. Cela fait des années que cela dure… Le problème dans ce cas précis est que le matériel fantasmatique est semblable à des sables mouvants : vous vous y immergez et vous ne pouvez pas vous en sortir. Avec les indications précises et claires données par les Gnostiques sur les Archontes, nous pouvons commencer à voir ce qui se passe dans nos esprits afin de corriger la folie bien que nous devons nous y prendre individuellement, les uns après les autres car nous ne pouvons pas corriger la folie qui réside dans l'esprit des autres.

 

Karma One

 

Sources Karmapolis

 

Posté par Adriana Evangelizt

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 00:36

Dieu et la question du bien et du mal

par Oscar Panther

"Toute la force-lumière que l'homme a reçue depuis sa naissance et s'efforce d'utiliser lui est volée par les éons de la nature. Et ils émettent cette force en retour sur l'humanité par leurs propres radiations. Ainsi est née une grande confusion : l'homme est égaré, il prend la lumière pour son ennemi, et son ennemi pour la lumière. "

Jan Van Rijckenborgh, Les Mystères gnostiques de la Pistis Sophia, commentaires du Livre I.

 

Depuis plus de deux mille ans de grandes religions humanistes et humanitaristes, il nous est permis de nous poser une question essentielle quant au devenir de l'humanité : a-t-elle réellement évolué ? Avons-nous accompli des progrès ?

Oui, sommes-nous vraiment passés du stade de l'hominidé à celui de l'homme ?

A ces interrogations, nous pouvons répondre par l'affirmative si nous envisageons simplement les progrès matériels dont nous jouissons : nous goûtons un certain confort, aidés par les scientifiques et leurs prouesses. Nous sommes rusés, intelligents et ingénieux. Nous sommes sortis des cavernes, avons dompté les éléments et sommes capables de monter sur la lune.

Mais ces progrès se réalisent par le pillage de la planète, au détriment de notre milieu de vie ou de celui d'autres espèces. De plus, force nous est de constater que seule une partie assez restreinte de l'humanité, celle des pays riches, jouit de ce confort. La majeure partie des terriens, celle des nombreux pays en voie de développement, lutte toujours pour sa survie, en proie à la faim, la soif, la maladie, les guerres et la misère, ignorante des richesses de l'hémisphère Nord qui les parasite.

Les progrès semblent bien lents, malgré les ONG et les plans humanitaires de toutes sortes. A peine un problème semble-t-il résolu qu'un autre survient : nouvelle maladie, nouveau conflit, catastrophe naturelle ou non…

En outre, si nous voulons aborder cette équation de Dieu et la question du bien et du mal en toute honnêteté, nous devons bien reconnaître que nul d'entre nous n'est un ange… Certes, nous sommes capables de grands sentiments et de belles choses… Pourtant la massue est toujours à portée de main : il suffit qu'on nous coupe la priorité, qu'on marche un peu trop sur nos plates-bandes, que les intérêts d'un tiers heurtent les nôtres. Aussitôt, nous voici en proie à des conflits intérieurs : le roi moi se croit persécuté et nous nous sentons déchirés entre notre éducation, notre morale et notre instinct de protection de soi. Alors, le plus souvent, nous nous servons de l'agression verbale… Quand ce ne sont pas des nations entières qui utilisent leurs armées pour mieux affirmer leur bon droit… Si policés soient-ils, les ego se cabrent généralement : ils se font violence ou la projettent sur les autres. Nous brûlons seuls ou ensemble. Ou nous cédons bien souvent aux tourments et à l'animalité primaire. Voilà que le vieux cerveau reptilien reprend le contrôle total de la personnalité : fi ! de notre bonne volonté altruiste et de nos bons sentiments ... Et s'il reste encore en nous une flamme d'humanité, nous souffrons de ne pas coïncider entre une haute opinion de la vie, notre recherche de l'harmonie et du bonheur partagés et, notre égoïsme et la conscience de notre déchéance à répétition.

Or, d'où proviennent ces idéaux de noblesse, de beauté et d'altruisme ? Le plus souvent, ils se trouvent véhiculés par les grands textes sacrés : de décalogue en préceptes de sagesse, d'exemples de vies parfaites en hagiographies édifiantes, ils ont été à la base de la vie en groupes. Ils glorifient les plus hautes valeurs comme dans les contes et légendes. Ils rappellent les fondements des lois, l'incitation au respect mutuel pour que les humains s'unissent.

Aux sources des grandes civilisations ?

Sapience et ferments d'harmonie, recherche de l'unité qui se retrouvent dans les arts ... Evangiles en toutes langues, apocalypses ou même les manifestes révolutionnaires appellent à se dépouiller de l'ancien pour le renouveau par l'exaltation des plus hautes valeurs humaines. Se prétendant échos de la véritable noblesse en l'homme, la résonance d'un dernier vestige de divinité pré adamique, l'état d'avant la chute, les textes sacrés ont pétri nos inconscients durant des millénaires.

Mais si nos notions de bien et de mal se heurtent et sont fluctuantes, tant d'un pays à l'autre, d'un individu à l'autre qu'en nous-mêmes, la question de l'origine du mal reste posée.

Comment un Dieu bon, le dieu parfait présenté par les religions, peut-il laisser s'accomplir l'infamie sur terre ? Comment pourrait-il martyriser autant sa créature ? La cupidité, la convoitise, la rapacité, la souffrance et la mort seraient-elles sans fin ? Sommes-nous uniquement nés pour profiter au plus vite des bienfaits de la nature et mourir un jour ? Le mal et la mort sont-ils compris dans le plan divin ? Quelle pourrait alors y être notre place et celle d'enfants qui viennent de naître, innocents comme des agneaux qui progressivement se corrompent ? D'où vient le mal ? En effet, Paul n'écrit-il pas : " Le bien que je veux faire, je n'y arrive pas et je me retrouve en train de faire le mal que je voudrais éviter. "

A ces questions, les gnostiques ont de tout temps répondu sans les fuir : ils se sont par-là même différenciés des religions qui les esquivent en promettant aux troupeaux de leurs ouailles un paradis dans l'au-delà. Les gnostiques qui ont pu écrire " Faîtes mourir la mort ", ont donné à la question de l'origine du mal des réponses qui nous amèneront, durant cet article, à développer des notions cosmogoniques - macrocosmiques - rappelant notre véritable origine. Nous aborderons ensuite des aspects intérieurs et psychiques -microcosmiques. Ils déboucheront sur une vision du monde et de l'humanité exigeant de sa part la reconnaissance de son statut double, à la fois immortel et humain. Reconnaissance aussi de ses véritables vocation et devenir pour la mise en pratique d'une éthique et une transformation totale de l'être : la transfiguration paulinienne, le passage de l'hominidé de matière à l'homme Lumière.

En effet, les gnostiques prétendent que nous restons tiraillés d'incarnations en réincarnations entre nos pulsions animales et nos aspirations sublimes. Cependant nos ego révoltés ont ourdi tellement de ruses pour oublier leur possible origine divine et sa trahison initiale qui engendra le monde chuté dans lequel nous vivons, nos ego ont fourbi tellement d'armes pour s'aguerrir, se combattre, fuir le souvenir de l'éternité et s'adapter au monde du transitoire qu'est le nôtre qu'ils se sont habitués à la question du mal. Habitués, mais en surface seulement… Le désir de perfection, traduit et récupéré le plus souvent par une volonté de réussite matérielle, reste gravé en l'homme.

Abordons, dans un premier temps, la dimension cosmologique de la question :

La plupart des grands textes sacrés expliquent la naissance de l'humanité comme le résultat d'une chute : à la suite d'un incident dans le grand plan divin, le niveau vibratoire de certaines entités s'abaissa considérablement et elles chutèrent, soi pour s'être révoltées soi pour avoir été séduites. Elles se densifièrent et fut instauré pour elles, afin de les sauvegarder d'une pétrification irrémédiable, l'ordre de l'espace et du temps dans lequel vivent ces entités : nous-mêmes, dans le monde de la Chute qui n'est qu'une enclave dans la création macrocosmique. " Ainsi, comme a pu l'écrire le poète, l'homme est-il un dieu déchu qui se souvient des cieux " et notre âme est-elle coincée dans un " ordre de secours ", notre monde, qui, selon les gnostiques comprend aussi bien l'ici-bas que l'au-delà.

C'est dire que pour eux, les entités qui ont dû revêtir un corps de chair proviennent en fait d'un tout autre ordre de vie dont nous avons tout oublié. Dans le meilleur des cas, il ne nous en reste qu'un vague souvenir attisé par une dernière braise issue de l'Empyrée : l'atome étincelle d'Esprit, cette Rose du cœur qui s'exprime parfois par l'intense nostalgie d'un monde de perfection. Quant à notre corps physique qui retient prisonnière l'âme divine totalement étrangère aux cinq sens, notre " tente de chair " selon Paul, gnostique et véritable fondateur du christianisme, il est le pur produit des constellations de l'univers : des mélanges d'éthers et de matière de notre monde chuté, monde des opposés, de la colère, monde centripète et fermé sur lui-même tant dans ses aspects visibles qu'invisibles.

Aussi, est-il illusoire de rechercher le salut par de soi-disant bonnes actions dans ce monde faussé par un équilibre instable. Inutile aussi d'espérer le salut dans l'au-delà : ce n'est qu'un miroir du monde visible, la sphère réflectrice cadenassée par les archontes et les éons de la chute qui retiennent l'humanité prisonnière dans les rets de l'illusion des cinq sens. En fait, comme l'assurent les évangiles, " Il n'est de bien qu'en Dieu seul. "

Voici comment s'exprime la dimension morale de cette cosmogonie dans le Corpus Hermeticum attribué au sage Hermès Trismégiste :

" Chez les hommes, Asclépios, le Bien n'existe que de nom et nulle part en tant que réalité : ce qui est d'ailleurs impossible. Car le Bien n'a pas de place dans un corps matériel en proie de tous côtés aux tourments, aux tensions insupportables, aux douleurs et aux désirs, aux instincts, aux erreurs et aux perceptions des sens. "

Le texte ajoute, catégorique et pour bien stigmatiser la réalité des deux ordres de nature : " Le Beau et le Bien ne se trouvent pas en ceux qui sont dans le monde " compris comme l'ordre de nature enténébré de l'ici-bas et de l'au-delà. Hermès Trismégiste explique encore : " … Je remercie Dieu de ce qu'il a révélé à ma conscience sur la connaissance du Bien, qu'il est impossible de le trouver dans le monde. Car le monde est empli de la plénitude du mal, comme Dieu de la plénitude du Bien, ou le Bien de la plénitude de Dieu. " Ces derniers mots se rapportant clairement à la vision dualiste du monde et notamment à l'ordre originel de la surnature, du " Royaume qui n'est pas de ce monde " ainsi qu'en témoignait Jésus.

C'est pourquoi jésus affirmait : " Nul n'est bon, pas même moi. " Il entendait par-là, que selon sa personnalité issue de son être de chair et de sang, pur produit de la nature, ne peut ressortir aucune bonté véritable car elle est le résultat d'un monde biaisé, d'un champ magnétique impie. Le seul espoir provient uniquement du fait qu'il est possible de regagner le monde de l'unique bien, le monde du Père, du dieu bon : l'ordre de nature divin qui est d'une toute autre dimension et dont la chair et le sang ne peuvent hériter.

Jésus Christ et tous les envoyés de la Lumière rétabliraient cette liaison avec le Monde du Père. Tout d'abord, ils démasquent les mensonges et les manipulations liés aux conceptions humaines du bien et du mal. Puis par un processus dont ils délivrent l'enseignement à tous ceux qui le recherchent vraiment, ils permettent d'en franchir l'écran de fumée pour se relier à nouveau au monde de la surnature.

Par delà le bien et le mal, par delà les illusions et le miroir aux alouettes de l'au-delà, attirer et incarner progressivement les éthers nouveaux, les forces du Royaume du Père pour accélérer le sauvetage du monde et de l'humanité.

Le Corpus Hermeticum d'Hermès Trismégiste posant comme vérité que " Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ", étudions maintenant comment cet axiome alchimique si souvent répété, comment cette cosmogonie des deux ordres de nature antagonistes se retrouve en l'être humain.

Les deux mondes en l'homme : dimension intérieure de la question du divin, du bien et du mal

Hermès affirme que " De toute la création, seul l'homme est double " : mortel par sa chair et son corps physique mais dont le noyau spirituel est immortel. Raison pour laquelle les humains se sentiraient tiraillés entre les deux natures.

S'ils ont reconnu les beautés de la nature, les gnostiques auraient aussi démasqué le fait que l'humanité tourne en rond et qu'elle ne peut rien établir de durable et définitif dans ce monde. Ils doivent encore revenir de l'inanité de la vision du bien ici bas. Certes, altruisme, humanitarisme, amour humain sont indispensables au respect de soi comme des autres, à la vie en groupe, à la cohésion des sociétés ! Mais ils ne suffisent pas et se changent bien souvent en leur contraire. En effet, ils restent le fruit des humains qui sont eux-mêmes les produits du monde des opposés, des fils et des filles du mélange. C'est la raison pour laquelle on peut lire dans le Corpus Herméticum d'Hermès Trimégiste :

" Quant à l'homme, il arrive à des normes de bonté par comparaison au mal. Car ce qui n'est pas trop mauvais ici-bas vaut comme bon, et ce qui est jugé bon est un moindre mal. Il est donc impossible que le bien ici-bas ne soit pas entaché de mal.

Le bien ici-bas est toujours touché par le mal et cesse donc d'être le bien. C'est ainsi que le bien dégénère en mal. "

En effet, qui osera affirmer être prêt à répéter sans trêve des bonnes actions à chaque moment de sa vie ? D'autre part, ces bonnes actions changent-elles radicalement le cours de la vie de ceux qui les font et de ceux qui en bénéficient ? Ont-elles changé radicalement la face du monde ? Connaît-il moins de souffrances ? Ce qui est l'incarnation du bien pour l'un n'est-il pas le mal absolu pour l'autre ? Combien de peuples envahis et colonisés, souffrant au nom du bien du plus fort ? Et bien souvent, les héros reconnaissent que leurs actes de bravoure ont plus été provoqués par la peur et la détresse que par l'amour et l'altruisme…

Ainsi, comment se fait-il que les hommes ne puissent installer sur terre le Bien absolu ?

Parce que, tout comme le monde avec son ordre de nature du Royaume du Père et l'ordre de nature de la chute, matériel et invisible avec son domaine des morts dans la sphère astrale réflectrice, l'homme lui aussi est double. Pour les gnostiques, l'homme possède un noyau divin mais il reste latent pour se trouver enkysté dans une personnalité, une tente de chair aux aspects matériels et subtils. Ainsi, le corps physique est-il complété, entre autres, d'un corps astral. Chaque humain est doté en fait de sa propre sphère réflectrice. Elle est une porte ouverte, notamment durant le sommeil, sur la sphère réflectrice de toute la planète dans laquelle se projettent aussi bien les certitudes que les peurs, les angoisses, les rêves, les fantasmes de toute l'humanité.

Par ces liaisons, la vision des hommes est faussée : ils ne sont pas libres. Ils sont sans cesse conditionnés, manipulés par des influences invisibles provenant de la sphère réflectrice, de ce domaine des émotions, du monde des morts où les âmes les plus impies cherchent à se maintenir coûte que coûte dans un ersatz de vie au détriment des humains considérés comme des réservoirs d'énergie : ils les vampiriseraient grâce au pillage de leurs fluides émis par le système nerveux.

Les gnostiques assurent qu'il est ainsi impossible aux humains, sur la base unique de l'ego, de la personnalité moi résultant de ces mélanges, de démêler le bon grain de l'ivraie. Influencé par le monde astral de la sphère réflectrice, il est impossible de découvrir le Bien absolu, la vérité unique.

C'est pourquoi les évangiles répètent que " La chair et le sang ne peuvent hériter le Royaume " ; que " Le Royaume n'est pas de ce monde. " Pour le retrouver, le chercheur doit s'envisager comme un microcosme, un minutus mundus, la réduction en petit du macrocosme comprenant les deux ordres de nature : celui du Bien absolu et celui du monde de la chute dont proviennent nos personnalités.

C'est seulement à partir de cette nouvelle vision de lui-même que le chercheur véritable pourra accepter comme Jésus au bord du Jourdain, le baptême du Feu qui n'est pas de ce monde : la reconnaissance d'une tout autre dimension dont la semence christique le pousse à chercher la vérité et ne demande qu'à l'éveiller. Ainsi il pourra entreprendre sa "Via de la Rosa", accomplir ses douze travaux d'Hercule, son processus de Transfiguration sur la base intérieure de toutes nouvelles exigences et lois provenant de la Surnature.

En effet, une cosmogonie qui séparerait absolument la dimension du Bien absolu, celle du Dieu de perfection, et notre monde enténébré n'aurait aucune valeur : notre univers de l'espace-temps ne serait que chaos. Or, selon les gnostiques, il ne serait qu'une goutte d'eau dans la création divine. Ainsi, sa colère se trouve-t-elle contenue.

Comme le rappelle la Parabole du Fils prodigue, c'est à l'homme, le fils prodigue tombé dans la drêche des pourceaux, qu'il a été offert la possibilité d'un retour à la Maison du Père en devenant, de son vivant, consciemment, une passerelle entre les deux mondes puis un travailleur du vignoble. Car, " souvenez-vous, vous êtes le sel de la terre " est-il expliqué à ceux que la vie laisse insatisfaits et qui se sont engagés dans le processus de cette transfiguration dont parlait Paul. Cette cosmogonie se trouve donc résumée en l'homme et doit déboucher sur un tout nouveau comportement pour le sauvetage du monde et de l'humanité : le rachat des ténèbres par la Lumière comme nous allons l'aborder dans la dernière partie.

Dimension éthique du problème : Dieu et la question du bien et du mal

Dans ce monde où nous vivons, il n'est pas rare de voir des hommes s'entretuer au nom du seul Dieu bon qu'ils honorent et prient dans divers lieux saints. Ainsi, " Dieu avec nous ", " Got mit uns ", " God save the Queen ", " God bless America "... est-il déclaré aux soldats des belligérants ; au moment de partir semer la mort, les armées sont bénies par les prêtres au nom des certitudes théologiques de chaque pays,. Les aumoniers militaires, les représentants de dieu sur terre, n'assurent-ils pas la victoire toute proche ?

Ainsi, la plus grande confusion règne-t-elle entre les notions de bien et de mal. Le bien ne serait en fait que le résultat des intérêts régissant le plus grand nombre mais non pas la vérité. Le nombre, parfois la puissance, semblent bien avoir force de loi. Répétons les paroles d'Hermès Trismégiste :

" Quant à l'homme, il arrive à des normes de bonté par comparaison au mal. Car ce qui n'est pas trop mauvais ici-bas vaut comme bon, et ce qui est jugé bon est un moindre mal. Il est donc impossible que le bien ici-bas ne soit pas entaché de mal.

Le bien ici-bas est toujours touché par le mal et cesse donc d'être le bien. C'est ainsi que le bien dégénère en mal. "

Et Jan Van Rijckenborgh, gnostique transfiguriste moderne, a t-il pu écrire dans ses commentaires de l'évangile gnostique de la Pistis Sophia, en successeur des enseignements d'Hermès :

" Toute la force-lumière que l'homme a reçue depuis sa naissance et s'efforce d'utiliser lui est volée par les éons de la nature. Et ils émettent cette force en retour sur l'humanité par leurs propres radiations. Ainsi est née une grande confusion : l'homme est égaré, il prend la lumière pour son ennemi, et son ennemi pour la lumière. "

Jan Van Rijckenborgh, Les Mystères gnostiques de la Pistis Sophia, commentaires du Livre I, chap. 45. *

Or l'erreur répétée ne saurait devenir vérité. Le mal qu'elle contient reste le mal même si une erreur est l'apanage de la grande majorité. Tout le problème réside dans le fait que l'humanité s'est perdue dans le dédale des erreurs car elle manque du discernement pour lire la Vérité dans les hiéroglyphes de la nature : comment pourrait-il, d'ailleurs, en être autrement puisque, produit de la nature, l'humanité avance à l'aveuglette, guidée par ses sens et un empirisme biaisés par cette même nature qui n'est pas régie par le Dieu de Lumière mais par un ange révolté, un démiurge inférieur qui l'éclaire de sa lumière luciférienne.

C'est pourquoi, descendraient périodiquement dans notre monde faussé des Envoyés de la vraie Lumière : Zoroastre, Lao-tseu, Hermès, Platon, Jésus Christ, Bouddha, Mani, Jacob Boehme ... Ils ramèneraient du domaine de la Stabilité éternelle l'enseignement de la Transfiguration.

Dans un premier temps, leur message, toujours le même, a pour but de nous déciller, de nous arracher à notre hypnose collective : celle de la secte de l'humanité terrienne, de six milliards d'individus qui se violentent mutuellement… Au sens gnostique, toute l'humanité constituerait bel et bien une secte, l'étymologie de ce mot venant du latin " secare ", s'être coupé du monde divin.

Les humains qui sont prêts à écouter les envoyés de la Fraternité de la Vie véritable comprennent alors dans quels circuits de pensée ils sont prisonniers, comment ils sont manipulés et quel est le remède pour sortir de ces narcoses. Petit à petit, ils réalisent qu'il ne s'agit plus de mener la politique de l'autruche car bien et mal relatifs de cette nature sont démasqués, le bien de ce monde n'étant finalement qu'un moindre mal… Il ne serait plus question de fuir la réalité des enjeux d'une vie, de se montrer irresponsable ou de vouloir faire le vide : toutes tentations du néant qui ouvrent tout grand une porte sur la folie humaine en symbiose avec la sphère réflectrice qu'elle alimente.

L'adepte du christocentrisme, celui qui place le Christ au centre de sa vie, à nouveau nourri par la force christique du domaine de la surnature, a enfin compris qu'un combat doit être livré en lui-même. Il sait en effet qu'il est un résumé du monde qui l'entoure, qu'il ne peut pas se couper du mal et se gausser d'une supériorité d'initié : il sait que le mal le traverse de part en part et qu'il l'alimente ; que le mal extérieur n'est qu'un reflet de son comportement erroné, de ses mauvaises pensées, des jugements orgueilleux et des critiques qui émanent de lui comme du commun des mortels. Il sait qu'une guerre qui éclate est le résultat d'un karma plus ou moins lointain ou, la condensation sous forme de nuage électromagnétique orageux d'une multitude de tensions haineuses qui se matérialisent finalement et éclatent violemment. Il a reconnu qu'il est illusoire de vouloir changer les autres et ne perd plus son temps à chercher à retirer la paille dans l'œil du voisin alors que son propre regard est obscurci par les énormes poutres de son éducation, de son propre karma, de son hérédité et de ses préjugés. Il aurait pris conscience qu'il doit se vaincre lui même et aurait fait siennes les paroles de Lao Tseu qui déclare dans le Tao Te King :

" Grand est celui dont l'armée réussit à vaincre une ville. Mais plus grand encore celui qui se vainc lui-même. "

Le gnostique chrétien, l'adepte du christianisme originel, engagerait tout son être pour une renaissance d'Eau et d'Esprit car, comme l'assurait Jésus : " On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres. Si vous ne renaissez d'Eau et d'Esprit, vous n'entrerez pas dans le Royaume. " Il se sait ainsi co-responsable du destin de toute l'humanité et choisit dans la joie de la possibilité de son sauvetage, le sacrifice de sa personnalité terrestre pour la dispensation de l'amour divin à travers son être car : " Il faut qu'il croisse et que je diminue ; le Seigneur en moi doit croître et je dois diminuer."

Les douze commandements intégrés, sans vouloir abolir un iota de la loi mais pour l'accomplir sur la base du Sermon sur la Montagne, le but du gnostique chrétien est de rétablir la liaison avec le champ magnétique divin. Elle offrirait ainsi au candidat l'Eau vive et le vin nouveau de l'Esprit.

En lui conférant un nouveau prana, elle nourrit sa semence christique, sa Rose du cœur avec les éthers du domaine originel. Elle amène progressivement à une purification totale de ses pensées et à un tout nouveau comportement pour une transmutation de son corps physique. Pour que le plomb se transforme en or alchimique ; que l'homme matière devienne un homme lumière. Puis, en se reliant de son vivant au Royaume du Père, de plus en plus consciemment et durablement, le gnostique chrétien passerait de la transmutation à la transfiguration : il s'arracherait au champ magnétique terrestre pour incarner ici-bas les possibilités salvatrices pour toute l'humanité ; les rayonnements du champ magnétique du Royaume originel. Ce candidat, ou cette candidate, deviendrait ainsi en conscience un homme Christ, une femme Christ.

Il quitterait de son vivant son statut naturel d'homme du mélange et deviendrait un parfait : un homme de Lumière, une tour de l'Olympe. Le gnostique chrétien serait alors dans ce monde mais ne serait plus de ce monde pour avoir laissé Christ se déployer et pour l'avoir aidée à rompre toutes les attaches magnétiques qui en faisaient un esclave du monde de la chute. Dans la société du pays dans lequel il vit et qu'il sert de son mieux, dans sa profession et son foyer, dans sa vie de tous les jours, cet ancien homme matière est devenu le porteur conscient de l'Homme Lumière : sans le combattre, ce qui ne ferait que l'alimenter, il laisse le mal mourir de sa belle mort. Alors il incarnerait et dispenserait pour tous les forces de l'unique Bien.

 

Jan Van Rijckenborgh, Les Mystères gnostiques de la Pistis Sophia, commentaires du Livre I, chap. 45, éditions du Septénaire.*

Sources : Cercle Ernest Renan

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 00:12

La Gnose et les Gnostiques

Un christianisme différent

par Pierre Dane

La Gnose est née avant l'ère chrétienne chez les Juifs. Cette gnose dérivait de l¹Apocalyptique, laquelle était une révélation des secrets du monde céleste, de ses sphères, de ses émanations et de ses anges. Aussi, dès la mort de Jésus, les judéo-chrétiens cultivèrent-ils ces mêmes secrets. Il ne faut donc pas s'étonner qu'il y eut, à leur suite, une gnose spécifiquement chrétienne, un besoin d¹expliquer le monde divin avec la participation du Christ .

S'il me faut définir très schématiquement la Gnose chrétienne, du moins dans ses rapports avec le Christianisme naissant, je dirai que c'est un mouvement de penseurs chrétiens lesquels n'ont pu admettre que le sauveur Jésus-Christ soit le fils du Dieu de lAncien Testament, auteur du monde mauvais. Si ces Chrétiens ont pu prendre des positions gnostiques, c¹est en se posant les questions suivantes :

- Pourquoi Yahvé, que l'on dit tout puissant et omniscient, a-t-il pu créer un monde tellement mauvais qu'il soit obligé de le détruire pour sauver juste un petit nombre d¹élus ?

- Pourquoi a-t-il eu besoin, pour cela, d'envoyer son fils se faire crucifier, sinon parce qu'il n'était pas assez puissant lui-même pour effacer d'un trait le péché originel ?

- Et pourquoi n'a-t-il pas empêché que se produise ce péché, s'il était vraiment omniscient ?

- Et, dans ce cas, il n'est pas le vrai Dieu, même s¹il a voulu le paraître aux yeux des hommes .

Les gnostiques ont alors repensé le cas du salut en imaginant un autre dieu, transcendant et bon, qui délivrerait l'homme de sa dépendance du Dieu hébraïque. Mais, ce faisant, ils fâchèrent les chrétiens.

Voici les points qui les opposent :

Selon le Christianisme :

Le Dieu des Chrétiens est celui de l'Ancien Testament vivant sur une montagne. Il est le créateur de tout l'univers et de toutes les créatures. C'est un dieu jaloux, punisseur et sanguinaire.

Selon le Gnosticisme :

Yahvé a seulement créé le monde inférieur.

Le dieu des gnostiques est transcendant, inconnaissable, immensément bon, vivant dans le Plérôme. De lui émanent les esprits (éons ou anges).

Selon le Christianisme :

Il crée l'homme avec de la matière et lui interdit la connaissance.

Selon le Gnosticisme :

Le Démiurge fige l'homme dans la matière mais une étincelle du Plérôme s'y est mêlée.

Selon le Christianisme :

Le serpent mauvais conseiller permet à l'homme d'acquérir le savoir...en désobéissant.

Selon le Gnosticisme :

Le serpent est un bon conseiller. Des gnostiques lui accorderont un culte.

Selon le Christianisme :

La désobéissance entraîne la chute originelle.

Selon le Gnosticisme :

La chute est étrangère à l'homme. Il N'A PAS COMMIS DE FAUTE !

Selon le Christianisme :

L'homme est puni et exilé sur la terre ingrate.

Selon le Gnosticisme :

C'est un dysfonctionnement dans le Plérôme qui a exilé l'homme sur la terre.

Selon le Christianisme :

L'homme se culpabilise il s'accuse de la faute.

Selon le Gnosticisme :

L'homme n¹est pas coupable.

IL n'a pas besoin de Rédemption.

Selon le Christianisme :

Il doit faire pénitence pour mériter le ciel.

Selon le Gnosticisme :

Il mérite le ciel s¹il est pneumatique, c'est-à-dire s'il possède l'Esprit.

Selon le Christianisme :

Dieu a engendré le Sauveur dans le sein de Marie.

Selon le Gnosticisme :

J.-C. ne peut être le fils du Dieu mauvais, ni de Marie.

Selon le Christianisme :

Le Sauveur est homme. Il sera crucifié.

Selon le Gnosticisme :

Le Sauveur est une émanation, il est incorporel.

Selon le Christianisme :

Jésus a souffert en expiation de la faute.

Selon le Gnosticisme :

Ni sacrifice, ni souffrance, ni expiation.

 

Sources : Cercle Ernest Renan

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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 02:19

TEXTE ET DOCTRINE DE L' ÉVANGILE DE JUDAS

 

1. Découverte et publication du manuscrit de "L'Évangile de Judas".

Un évangile encore inconnu vient d' être publié partiellement en anglais (The gospel of Judas) par le National géographic sociéty à Washington le 5 avril 2006. Il sera bientôt publié en allemand et en français. Cet évangile est signé  "Judas", mais comme bien des textes de la Bible, il n'a pas été rédigé par celui dont il porte le nom. 

C'est un manuscrit sur papyrus découvert dans une grotte du désert de haute Égypte dans les années 70. Il comporte 25 feuillets en assez mauvais état. Il est passé de main en main dans le monde trouble des antiquaires. En 2001, Mario Jean Roberty achète le  document pour la Fondation Maecenas, de Bâle, qu'il dirige. Il confie l'étude du texte à une équipe de chercheurs sous la direction du professeur Rodolphe Kasser, Le texte a été authentifié par la datation au carbone 14 et par l'analyse de l'encre du manuscrit. Le manuscrit  est écrit en copte dialectal, l'antique langue des chrétiens d'Égypte. Il a été restauré et traduit par Rodolphe Kasser ancien professeur de coptologie à l'université de Genève.

2. Origine de "L'Évangile de Judas"

Le manuscrit est du 3ème ou du début du 4ème siècle. Le texte copte est une traduction d'un texte grec perdu composé entre 130 et 180 après J.C. Il était connu par St Irénée, premier évêque de Lyon, vers l'an 180. Celui ci en parle dans son traité "Contre les hérésies" en dénonçant le caractère hérétique de cet évangile qui est inspiré par le gnosticisme.

Selon Irénée, l’Évangile de Judas serait l’œuvre principale d’une secte appelée « Les Caïnites » (les héritiers de Caïn). En parlant de cette secte, Iréné a écrit :  «ils déclarent que Judas le traître était bien avisé de ces choses, et que lui seul, connaissant la vérité comme aucun autre, a accomplit le mystère de la trahison. Ils ont produit une histoire fictive de ce genre, qu’ils ont appelé l’Évangile de Judas». 

3. La relation entre Jésus et Judas

Ce texte donne une présentation de la relation entre Jésus et Judas très différente de celle qui se trouve dans les textes du Nouveau Testament. Il montre Judas non pas comme un traître, mais comme l'apôtre le plus proche de Jésus, le seul qui ait vraiment  compris son message.

Judas a accompli la volonté divine en livrant Jésus. Cet évangile présente Judas comme un initié. Il savait que le sacrifice de Jésus était indispensable à la rédemption du monde. Disciple bien aimé de Jésus, il aurait eu la plus difficile des missions à accomplir : livrer Jésus . En livrant Jésus, il aurait suivi une demande de Jésus.

4. Le contenu du texte de L'évangile de Judas

Le texte débute par ces mots: «Voici la parole cachée de la révélation dont Jésus s'est entretenu avec Judas Iscariote pendant une semaine trois jours avant qu'il ne célèbre la Pâques.» Le récit commence par montrer Jésus qui rejoint ses disciples en train de prépare la Pâque. Jésus leur explique que la Pâque est inutile, mais ils ne comprennent pas, sauf Judas. Jésus demande alors à Judas de le livrer. Le texte comporte une longue conversation entre Jésus et Judas. Jésus dit à Judas  "Écarte-toi des autres. Je t’enseignerai les mystères du royaume. Tu pourras l’atteindre, mais pour cela, tu souffriras beaucoup".  Il se termine par la rencontre entre Judas et Jésus quand on vient l'arrêter.

Jésus révèle le vrai Dieu qui est bon et qui veut sauver le monde. Mais pour cela le sacrifice de Jésus est nécessaire, et c'est pourquoi il  demande à Judas de le livrer. Jésus a choisi Judas pour accomplir son destin et le libérer de son corps matériel, de son enveloppe terrestre. Jésus dit à Judas : "Tu surpassera tous les autres, car tu sacrifieras l'homme qui me sert d'habit". Comment interpréter cette phrase ? Elle est typique de la conception gnostique. Les gnostiques cherche la manière de libérer leur énergie vitale du corps matériel dans lequel l'âme est emprisonnée.    

5. La gnose

La gnose est un courant de pensée complexe qui a pris des formes  diverses  et comporte différents aspects. C'est d'abord  une philosophie ésotérique ou l'on trouve le salut par l'initiation aux mystères cachés. C' est aussi  une conception dualiste qui oppose l'esprit et la matière qui est mauvaise, en particulier l'âme est emprisonnée dans un corps mauvais.

Pour la gnose, le Dieu véritable est caché aux yeux des hommes par un dieu inférieur créateur du monde, le dieu de la Bible. La gnose rejette  donc le dieu de l'Ancien testament qu'elle considère comme un démiurge diabolique. Ce démiurge est responsable de toute les imperfections du monde. Le monde crée est infecté par le mal, les ténèbres et le péché. Pour la gnose, Jésus est un maître spirituel chargé de guider les hommes vers la connaissance du vrai Dieu caché.  

Le mouvement gnostique est apparu au alentour de 70 après J-C et c'est développé jusqu'au 4ème siècle. Il comprend de nombreuses sectes. Le monde chrétien était très divers à ses début. Après 313, date ou le culte chrétien est autorisé par l'empire romain, l'Église à écarté les textes gnostiques du canon officiel des textes bibliques et les appelé apocryphes. Beaucoup de manuscrits de ces textes ont peu à peu disparu. 

LA SECTE DES CAÏNITES  

L’Évangile de Judas est l’œuvre principale d’une secte gnostique appelée « Les Caïnites » (les héritiers de Caïn). Quelqu'un de bien informé (Jean Paul) m'a envoyé une documentation précise sur cette secte.

          

Les Caïnites, membres d'une secte apparue vers l'an 159, vénéraient Caïn et les Sodomites, et pos­sédaient un évangile de Judas dans lequel ce dernier était présenté comme un initié ayant trahi Jésus, à sa demande, pour assurer la rédemption de l'humanité. Le 2ème évêque de Lyon, Saint Irénée (v. 130-208) dénonça cet évangile comme hérétique : « ils (les Caïnites) déclarent que Judas le traître était bien avisé de ces choses, et que lui seul, connaissant la vérité comme aucun autre, a accompli le mystère de la trahison. Ils ont produit une histoire fictive de ce genre, qu’ils ont appelé l’Evangile de Judas » (Adversus Haereses). Dans son Panarion (1,31), Épiphane de Salamine (v. 315-403) confirme que cet « évangile » fait partie des écritures de la secte gnostique des Caïnites. Les Caïnites avaient pour Judas une vénération particulière et le louaient comme un homme admirable : le plus illustre des fils de Caïn.

 

Selon les conceptions gnostiques, le créateur, le démiurge, est un dieu mauvais, le malin, responsable de toutes les imperfections du monde. Pour les Caïnites, Judas seul savait le mystère de la créa­tion des hommes et c'est pour cela qu'il avait livré le Christ à ses ennemis. Par là il avait rendu un grand service à l'humanité, car le Christ voulait réconcilier les hommes avec le Dieu créateur, alors qu'il fallait, au contraire, envenimer la haine des hommes contre celui-ci. La mort de Jésus devant procurer de grands biens au monde, Judas avait fait une bonne action en la précipitant. 

 

Une copie de la version plus ancienne rédigée en grec, a été découverte par un paysan près de El Minya dans le désert égyptien en 1978. Elle fait partie d'un papyrus d'une soixantaine de feuillets (entre 62 et 66 suivant les sources) appelé « Codex de Tchacos », qui contient également 2 autres textes apocryphes : l'Épître de Pierre à Philippe et la Première Apocalypse de Jacques. L’évangile de Judas, écrit en copte dialectal (sahidique), restauré et traduit par Rodolphe Kasser, ancien professeur de coptologie à l'université de Genève, et publié à Washington le 5 avril 2006 par la revue américaine The National Geographic, a été authentifié comme datant du IIIe siècle ou du début du IVe.

 

Plusieurs sectes antérieures au caïnisme avaient expliqué l'origine du bien et du mal en supposant une intelligence bienfaisante, qui tirait de son sein des esprits heureux, in­nocents, et une intelligence malfaisante, qui emprisonnait ces esprits dans des organes matériels. Mais d'où venait la différence qui existe entre les esprits et les caractères ? Cette différence restait toujours un mystère, quand, parmi les sectateurs des deux principes, s'éleva quelqu'un qui entreprit de donner cette explication. Selon lui, les deux principes avaient produit Adam et Eve, puis chacun d'eux ayant revêtu un corps, avait eu com­merce avec Eve ; de cette union étaient sortis des enfants qui avaient le caractère de la puissance à laquelle ils devaient la vie. Par ce moyen on comprenait la différence du ca­ractère de Caïn et d'Abel et de tous les hommes. Comme Abel s'était montré très soumis au Dieu créateur de la terre, il était regardé comme l'ouvrage d'un Dieu qu'ils appelaient Histère. Au contraire, Caïn, le meurtrier d'Abel, était l'ouvrage de la sagesse et du prin­cipe supérieur ; il devait être vénéré comme  le premier des sages.

 

Les partisans de cette doctrine, conséquents avec eux-mêmes, ho­noraient tous ceux que l'Ancien Testament avait condamnés : Caïn, Esaü, Coré, les So­domites ; ils les regardaient comme des enfants de la sagesse et des ennemis du principe créa­teur. Dans leurs livres saints, comme l'Evangile de Judas et le récit de l'Ascension de saint Paul, les Caïnites avaient inséré des choses horribles. Ils prétendaient que la perfection consistait à commettre le plus d'infamies possibles. D’après Théodoret (+ vers 453/458), ils affirmaient que chacune des actions infâmes avait un ange tutélaire qu’ils invoquaient en la commettant. Une femme de cette secte, nommée Quintille, étant venue en Afrique du temps de Tertullien (155-225), s'y fit beaucoup d'adeptes, qui pri­rent le nom de quintillianistes. Tertullien indique que Quintille avait ajouté des pratiques abo­minables aux infamies des Caïnites. 

 

 

LA TRAHISON DE JUDAS

Ce texte donne donc une interprétation  de la "trahison" de Jésus par Judas très différente de celle des Évangiles canoniques. Mais selon Rodolphe Kasser qui a restauré et traduit le texte, l'Évangile de Judas, qui est du milieu du 2ème siècle,  ne donne aucune information historique nouvelle sur Judas. C'est une interprétation gnostique postérieure aux évènements. Il ne remet pas en question le Nouveau Testament.

La trahison de Judas selon les évangiles "canoniques"

 Selon les évangiles synoptiques et l'évangile de St Jean, la cupidité et la possession diabolique seraient les motifs de la trahison de Judas. 

Mais certains exégètes donnent une autre explication de la trahison de Judas à partir de son nom Judas " L'Iscariote" qui pourrait signifier qu'il était un "sicaire", à savoir un membre des "Zélotes". Ceux ci voulaient chasser les occupants romains par des actions terroristes. Judas aurait suivi Jésus en croyant qu'il serait le "Messie" qui rétablirait le royaume juif, alors que Jésus annonçait que son Royaume n'était pas de ce monde. Judas déçu l'aurait livré comme traître à sa cause.

LA MORT DE JUDAS : suicide ou accident ?

 Selon les textes du Nouveau Testament, il y a deux versions différentes de la mort de Judas.

D'après l'Évangile de Mathieu 27/3-10, Judas pris de remord se serait pendu après avoir rendu les deniers d'argent aux grands prêtres qui les lui avaient donnés. Ceux ci, avec cet argent, achetèrent un champ.

Dans les Actes des apôtres 1/16-19, Pierre raconte que Judas, ayant acquis un champ avec le salaire de son iniquité, est tombé la tête en avant, s'est rompu par le milieu du corps et toutes ses entrailles se sont répandues.

Nous ne savons pas encore ce que dit à ce sujet l'Évangile de Judas. Mais d'après Mario J. Roberty, directeur de la Fondation Maecenas, Judas ne s'est pas pendu après avoir livré Jésus.

La contradiction sur la mort de Judas  http://www.anti-religion.net/mort_judas.htm 

Sources : Catholique Nanterre

Posté par Adriana Evangelizt

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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 01:50

Voilà un entretien d'Emile Gillabert, le gnostique, dont j'ai publié deux extraits de son livre "Jésus et la Gnose" sur la réhabilitation de Judas... Emile est mort en 1995.

Entretien avec Emile Gillabert

Émile Gillabert a vécu une série d'expériences de transformation entre les âges de 8 et 10 ans. Ces expériences de "lumière intérieure" ont rempli son être pendant toute sa jeunesse et aussi à un âge plus avancé, alors qu'il était éditeur à Paris. À 55 ans, un ami lui fit connaître l'Évangile selon Thomas. Ceci fût, selon ses propres mots, "une révélation sans précédent". Émile continue: "J'y ai trouvé la claire confirmation de cette présence qui illumine et unit toutes choses. À partir de ce moment, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour approfondir ma compréhension de ce nouvel Évangile."

Émile a participé de près à l'une des traductions française de l'Évangile selon Thomas, et en 1975, il a créé l'Association Métanoïa pour aider à approfondir et investiguer le sens des logia de l'Évangile selon Thomas. Le mot métanoïa veut dire littéralement "changement de mentalité".

Dans ses discussions, Émile utilise les termes Gnose et gnostique avec le sens suivant: Gnose réfère à la Vérité ou Connaissance universelle et intemporelle. Un gnostique est quelqu'un qui comprend la pensée non-duelle et qui dédie sa vie à vivre la Gnose. Émile dit: "Les gnostiques sont rares."

Émile Gillabert fait beaucoup de similitudes entre l'Évangile selon Thomas et la spiritualité orientale. Il dit: "Alors que la Christianité émergeait du Judaïsme et se bâtissait à l'intérieur du contexte apocalytique, la Gnose, fondamentalement autonome, rejetait toute fuite vers un espace-temps "ailleurs". L'Ouest a ignoré la notion de "présent libérateur" qui est un thème essentiel des principaux enseignements orientaux, tel les Védas, le Bouddhisme, le Taoisme, le Tch'an, et le Soufisme. De plus, un autre fait très révélateur est que l'Évangile selon Thomas ressemble aux enseignements orientaux en ce sens qu'il met l'accent sur le "ici-maintenant". Chercher à l'extérieur, c'est se condamner à ne pas trouver. "Mais le Royaume du Père s'étend sur la terre et les hommes ne le voient pas." Logion 113.

"La Gnose transcende l'espace et le temps, ce qui est contraire à la conviction typiquement chrétienne du devenir dans le temps ainsi qu'à l'idéalisme grec qui prône la fuite. Cette notion, que l'Occident a ignoré, constitue un des thèmes fondamentaux des principaux textes orientaux. Et ce qui est très révélateur, c'est que cette même notion (transcendance de l'espace et du temps) se trouve être l'essence des paroles de Jésus dans l'Évangile selon Thomas. Il faut beaucoup de temps et de travail afin d'aiguiser la capacité de discernement qui nous rend apte à reconnaître les importantes altérations successives qu'ont subi les Évangiles Canoniques tout au long des années. Dans l'Évangile selon Thomas, Jésus ne se place pas dans la perspective apocalyptique. Il s'ensuit que tout ce qui est écrit dans les Évangiles Canoniques, et dans cette perspective apocalyptique, vient des altérations faites par les différents rédacteurs successifs.

Inner Direction Journal: Pourriez-vous nous introduire à l'Évangile selon Thomas? Qu'elle en est la source et comment se compare-t-il aux autres évangiles?

Émile Gillabert: L'Évangile selon Thomas fait partie de manuscrits coptes découverts à Nag Hammadi (en Haute Égypte) en 1945. Il s'est fait connaître en France en 1959 suite à sa publication par Jean Doresse et Henri-Charles Puech. Plusieurs commentateurs comparent les logia de Thomas avec les paroles de Jésus telles que rapportées par les évangiles canoniques. Cette comparaison se fait parce que la moitié des 114 logia se retrouvent dans les Canoniques, quoiqu'avec certaines variantes. De là, la grande question: Est-ce que ce nouvel Évangile est plus vieux, ou contemporain, ou plus récent que les Évangiles Canoniques?

C'est par l'examen de cet Évangile d'un point de vue gnostique que nous sommes à même d'apprécier pleinement sa profondeur et son originalité lorsque comparé aux Évangiles Canoniques. De plus, beaucoup de choses doivent être révisés sur ce sujet car la Gnose a connu une mauvaise réputation parmi les Chrétiens durant les premiers siècles de la Chrétienté. Les Gnostiques étaient accusés d'être hérétiques par les hérésiologues (adversaires des Gnostiques dès le second et le troisième siècle), tel Épiphane, Hippolyte et St-Irénée. Ce dernier, qui était Évêque de Lyon, nous a laissé un important ouvrage intitulé Adversus Haereses (Contre les hérésies) dans lequel il réfute les croyances gnostiques et montre leur dualisme.

Avant la découverte de l'Évangile selon Thomas, le seul moyen par lequel il était possible de connaître les oeuvres des Gnostiques c'était par ceux-là mêmes qui les dénoncaient. La découverte de Nag Hammadi change radicalement l'image que les gens se font des Gnostiques et de la Gnose. La Gnose est davantage qu'une simple branche hérétique du Christianisme. C'est un arbre indépendant duquel le Christianisme est une branche.

Les premiers critiques qui ont parlé de l'Évangile selon Thomas l'ont accusé d'être gnostique, donnant à ce terme le sens dualiste utilisé par les hérésiologues pour décrire les écrits hérétiques. Ainsi, plus tard, nous parlons de connotation gnostique, parce que le nouvel Évangile accorde beaucoup d'importance au corps comme outil nécessaire de réalisation intemporelle; mais finalement la qualification de dualiste est impropre. En fait, c'est tout à fait le contraire. C'est à cette tâche que j'ai décidé de me dévouer dans toutes mes activités.

IGJ: Comment peut-on vivre l'enseignement de Jésus à partir de l'Évangile selon Thomas dans notre vie de tous les jours, à la maison, au travail, et plus spécialement dans la société actuelle?

EG: Pour moi ce qui caractérise le mieux les paroles de Jésus dans l'Évangile selon Thomas, c'est leur sens d'imminence et de transcendance. En d'autres mots, ils établissent un lien intime entre le divin et l'humain. Dans le nouvel Évangile, le corps occupe une place très prévilégiée qu'il n'a pas dans d'autres textes, ni orientaux ni occidentaux. C'est seulement quand le corps est dé-lié du mental que l'Esprit ou le Soi peut se reconnaître lui-même. Aussi longtemps que l'on se croît différent de l'Esprit, on empêche cette révélation; aussi longtemps que l'on vit comme une entité séparée, on se prive soi-même de la vision.

Dans son invitation à prendre le "faible" en exemple, Jésus nous montre la simplicité requise pour la découverte de notre vraie nature. C'est une sorte d'innocence qui est à l'abri des concepts. La présence de cette simplicité et de cette innocence annulle, invalide, la fuite dans le temps, et elle est plus facilement saisie par les gens simples, qui vivent une vie quotidienne ordinaire, que par les intellectuels, plus doués à jouer avec les concepts.

IDJ: Pensez-vous qu'il y ait d'autres maîtres qui enseignent la vision non-duelle de la Gnose? Pourriez-vous nous dire quelques mots à leur sujet?

EG: En même temps qu'ils enseignent la simplicité de la vision non-duelle, les grands maîtres, comme Ramana Maharshi, Nisargadatta Maharaj et H.W.L. Poonja parlent de la rareté des êtres vraiment éveillés. Ils mettent bien en évidence le caractère illusoire de l'individu. Aussi longtemps qu'une différence existe entre l'individu et le Soi ou l'Esprit, l'éveil ne peut prendre place. Un être réalisé bénéficie de la vision unitaire.

Selon Ramana Maharshi, la clé de la Gnose consiste à se poser la question "Qui suis-je?". La réponse vient lorsque l'on découvre notre unité intérieure: "Je suis le Soi". Nisargadatta met l'emphase sur l'affirmation de notre vrai nature: "Nous devons développer la conviction: 'Je suis l'Absolu'; ceci est très important." Poonja ne se fatigue jamais de dire: "Je suis Cela, Je suis Cela" et il décrit ainsi l'attitude qui permet à la connaissance spontanée de se révéler elle-même à elle-même: "Être sans passé et sans devenir". En d'autres mots, être libre".

IDJ: Est-ce que l'enseignement de l'Évangile selon Thomas est non-duel ? Et si oui, de quelle manière?

EG: Ce que ces Maîtres disent peut être trouvé dans l'Évangile selon Thomas. L'invitation de Jésus à faire le deux Un est tout à fait dans la tradition de la non-dualité orientale: "Quand vous ferez le deux Un, vous serez Fils de l'homme, et si vous dites: montagne éloigne-toi, elle s'éloignera." Log.106. Il va sans dire que l'image de la montagne représente le mental que l'Esprit, notre vraie nature, peut déplacer. Ce qui est particulièrement mis en lumière c'est le processus d'éveil dans un contexte de non-dualité. En d'autres mots, l'Esprit se reconnaît lui-même, n'appellant nul autre que lui-même. Si quelqu'un comme Nisargadatta Maharaj dit et re-dit: "Je ne suis pas ce corps, je ne suis pas ce mental," il ne dit pas clairement comment cette prise de conscience s'est faite. Et comme lui, les Maîtres bouddhistes et hindous ne clarifient pas ce "mystère". Les Upanishads disent seulement: "Le non-né donne naissance au non-né." Et les maîtres Tch'an disent simplement: "Depuis le commencement aucune chose n'est".

Sur ce même sujet, l'Évangile selon Thomas est de manière surprenante très concis et ce qui est d'autant plus remarquable c'est que ce soit contraire à l'idéalisme grec et au judéo-christianisme.

IDJ: Pourriez-vouz commenter: "Le Gnostique est au monde sans être du monde." Que signifie cette phrase?

EG: On peut même spécifier que le Gnostique est le seul à être vraiment "au monde" parce que pour lui la réalisation ne peut pas survenir dans un "ailleurs", ni dans le futur. Situer la réalisation au moment de la résurrection du corps, c'est se condamner à ne jamais la trouver. On ne peut être au monde si on se tourne vers la passé ou le futur. C'est cette même fuite du monde qui nous empêche d'être dedans.

Le Gnostique n'est pas "du monde" parce que sa vraie nature n'est pas cette personne à laquelle il s'était illusoirement identifié. En fait, il est l'Être originel, le créateur de la manifestation. " Je suis l'Être de toutes choses, rien n'est mon être," dit Abd El Kader. Le principe ne peut pas être un élément du tout.

EDJ: Avez-vous vu Dieu?

EG: Si voir Dieu c'est avoir la révélation de sa propre présence, en d'autres mots, être conscient de notre vraie nature, alors je peux répondre dans l'affirmative. Mais, si Dieu est un être tout puissant, différent de moi, alors je suis étranger à cette vision. Seule la vision unitaire supprime la perception dualiste. Si l'individu est effacé, seul Dieu demeure.

(Émile Gillabert est décédé, le 6 juin 1995, quelques temps avant la publication de cet entretien.)

Sources : Les passants

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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 15:32

Je tiens à rappeler que ce site n'est pas un site religieux mais Hermétiste. Qu'il ne s'adresse pas à ce que l'on nomme les profanes mais aux Initiés qui, eux,  justement ne voient pas avec leurs yeux de chair. Alors critiquer sans comprendre ne sert à rien. D'autant que ceux qui critiquent n'en sont malheureusement pas à notre niveau d'évolution spirituelle mais qu'ils portent des jugements sans comprendre la portée des messages.

Je pose ici une belle allocution d'Henri Corbin, gnostique et orientaliste hors pair... lire Henry Corbin, message de la philosophie islamo-iranienne en Occident  

 

Les yeux de chair et les yeux de feu : La science et la Gnose

Allocution de Henri Corbin en Juin 1978

Le thème que nous nous proposons pour ces journée d'études s'enchaîne étroitement à notre thème de l'aimée dernière. Prenant les mots "Orient" et "Occident" non point en leur sens géographique ou ethnique, mais au sens spirituel et métaphysique que leur donne la tradition, nous avions mis en contraste les "pèlerins de l'Orient et les vagabonds de l'Occident". Il s'agit maintenant de savoir comment tenter le pèlerinage vers l'Orient et nous arracher au vagabondage. Avant tout, il faut découvrir la voie. Avec quels yeux faut-il regarder pour découvrir cette voie et s'y engager?

Commençons par nous rappeler que dans les visions bibliques, les Anges se signaient par leurs yeux de feu (cf. Daniel 10/6, Apoc. 19/12, etc.). Quand on oppose les yeux de l'âme aux yeux de chair, c'est à ces yeux de feu que l'on se réfère. La particularité de notre thème de cette année est de marquer par le contraste entre le regard des yeux de chair et le regard des yeux de feu, le contraste entre le regard que la "science" de nos jours porte sur les êtres et les choses, et le regard que porte sur eux ce qui est traditionnellement désigné sous le nom de " gnose".

Pour justifier l'extension que nous donnons au concept de gnose, je rappellerai que depuis le Congrès de Messine (avril 1966), les chercheurs se sont mis d'accord pour différencier l'emploi du mot "gnosticisme" et du mot "gnose". Il est entendu que le gnosticisme des premiers siècles de notre ère ne constitue qu'un chapitre dans l'ensemble de la gnose (il y a une gnose juive, une gnose chrétienne, une gnose islamique, une gnose bouddhique, etc.). Notre thème ne propose donc pas de prendre position quant aux problèmes soulevés autour du gnosticisme par les historiens des religions et les historiens des dogmes. Et moins encore de reprendre ces discussions.

Autre chose est de proposer, en historien, des hypothèses sur les origines de la gnose, autre chose est de nous demander ce que signifie pour nous aujourd'hui, théoriquement et prati-quement, le concept de gnose, parce que la gnose n'est pas un phénomène lié aux conditions historiques du II ème siècle, mais un phénomène religieux qui se perpétue de siècle en siècle.

Il s'agit essentiellement de recueillir le sens du mot gnose sur lequel l'accord est général, comme désignant un certain type ou mode de connaissance, corrélatif du phénomène du monde auquel correspond ce type de connaissance, et d'en disposer comme d'un critère pour porter un jugement sur le concept de « science » tel qu'il domine notre époque. Autrement dit, il s'agit essentiellement de spécifier avec quels yeux cette « science » (dans tous ses domaines) regarde le monde, et avec quels yeux la gnose, elle, le regarde. C'est qu'en effet le phénomène du monde, ou plutôt le phénomène des mondes, varie de façon décisive en fonction de ce regard même. Le phénomène du monde ne peut se constituer identiquement au regard des yeux de chair et au regard des yeux de feu.

Qu'il soit entendu que la gnose, la gnôsis, se caractérise comme étant la connaissance salvifique, rédemptrice, sotério-logique, parce qu'elle a la vertu d'opérer la métamorphose, la mutation intérieure de l'homme. Le monde qui est l'objet de cette connaissance implique dans son propre schéma le rôle et la fonction de cette connaissance elle-même. L'aspect dramatique de la cosmogonie dont l'âme humaine est elle-même un protagoniste, est en effet le drame même de la gnôsîs : la chute hors du monde de Lumière, l'exil et le combat dans le monde de l'aveuglement et de l'ignorance, la triomphale rédemption finale.

C'est pourquoi l'on reste frappé de stupeur, lorsque de nos jours, des historiens ou des philosophes réputés sérieux par ailleurs se font de la gnose une idée qui est peut-être de seconde ou de troisième main, mais qui est précisément tout le contraire de la gnose. Nous avons entendu émettre cette opinion que l'idéologie est par rapport à la science moderne, ce que la gnose est par rapport à la foi religieuse. Cette analogie de rapports est complètement fausse, pour la première raison que la laïcisation de la foi religieuse, ce n'est pas la science moderne, mais précisément l'idéologie. La gnose n'a rien à y voir; elle eût précisément évité cette laïcisation. Elle n'est pas une dogmatique, mais une symbolique. On est même allé jusqu'à faire d'un idéologue et dirigeant politique aujourd'hui disparu, quelque chose comme un gnostique, sous prétexte que, si le croyant sait qu'il croit, l'idéologue croit qu'il sait. Sophisme encore, car le mot « croire » n'est pas employé chaque fois dans le même sens, et, soyons-en sûrs, l'idéologue ne croit pas savoir, il sait qu'il sait.

Ce sont ces confusions catastrophiques qui conduisent à dire, par exemple, que la gnose prétend donner une « connaissance positive » des mystères, et que cette connaissance serait on contradiction avec la foi. Loin de là! La gnose et sa théosophie n'ont rien de commun avec ce que l'on entend de nos jours par « connaissance positive ». Mais un symptôme irritant de ces confusions impertinentes est l'emploi que l'on fait à tort et à travers, de nos jours, du mot «manichéisme», quand il s'agit simplement de dualité et de dualisme, comme si tout dualisme n'était qu'une laïcisation du manichéisme, alors que ni la religion ni la gnose manichéenne n'ont rien à y voir. Tout se passe comme Si l'ignorance et un ressentiment anti-gnostique, tacite et inexpliqué, s'appliquaient à franchir les limites de l'absurde.

Puisque nous allons parler de gnose au cours de ces journées d'études, ces mises on garde s'imposent d'emblée. il m'apparaît que toutes ces pseudo-critiques se méprennent, simplement et absolument, sur le sens du mot gnose. Elles l'identifient avec le savoir tout court, et elles l'opposent au croire. Or précisément, nous venons de le rappeler, à la différence de tout autre savoir ou connaissance, la gnose est une connaissance saivifique. Parler de la gnose comme d'un savoir théorique est une contradiction dans les termes. Ii faut donc admettre qu'à la différence de tout autre savoir ou connaissance théorique, la gnose est une connaissance qui change et métamorphose le sujet connaissant. C'est ce que ne peut admettre, je le sais, une science agnostique, voire une philosophie ou une théologie qui ne peuvent, en quelque sorte, parler de la gnose qu'à la troisième personne. Mais quand on on parle ainsi, ce n'est plus de la gnose que l'on parle, et toutes les critiques tombent à côté.

Il est donc nécessaire de dénoncer préalablement ces confusions et leurs sources.

Une première source de confusion tient au fait que les critiques de la gnose ne disposent que de ces deux catégories : le croire et le savoir, et ils identifient la gnose avec le savoir tout court. On perd ainsi complètement de vue qu'entre le croire et le savoir, il y a un troisième terme médiateur, tout ce que connote le terme de vision intérieure, ordonné lui-même à ce monde intermédiaire et médiateur oublié de la philosophie et de la théologie officielles de nos jours, le mundus imaginalis, le monde imaginaire. La gnose islamique dispose ici du schéma triadique nécessaire : il y a la connaissance intellective ('aql), il y a la connaissance des données traditionnelles qui sont objet de foi (naql), et il y a la connaissance qui est vision intérieure, révélation intuitive (kashf). La gnose est vision intérieure. Son mode d'exposition est narratif; c'est un récital. En tant qu'elle voit, elle sait. Mais en tant que ce qu elle voit ne relève pas des évidences "positives", empiriques ou historiques, elle croit. Elle est Sagesse et elle est foi. Elle est Pistis Sophia.


Une autre source de confusion est le manque de discernement entre les Ecoles de gnose au Il' siècle, entre un Valentin et un Marcion. Un Valentin n'a jamais professé l'antisémitisme métaphysique d'un Marcion à l'égard du Dieu de l'Ancien Testament. Tout au contraire. De plus il y a une gnose juive originelle, que l'on retrouve dans la littérature judéochrétienne dite pseud-clémentine. dans un livre comme le 3 Enoch hébreu, premier document de la mystique de la Merkabah. Quelques chercheurs tendent même à donner à la gnose comme telle une origine judaïque.

Enfin autre confusion à dénoncer : la cosmologie de la gnose n'est nullement un nihilisme, quelque chose comme une "décréation" de l'acte créateur. Comment le serait-elle, puisque le but de la gnose est le salut cosmique, la restauration des choses en l'état qui précéda le drame cosmique ? Le gnostique est un étranger captif en ce monde, certes, mais comme tel sa mission est d'aider à la libération des autres captifs. Et cette mission ne va pas sans beaucoup d'efforts.


Ces mises en garde formulées, nous voici à l'aise pour situer un phénomène de nos jours qui inflige un singulier démenti aux critiques impertinentes de la gnose. Il est significatif qu'un certain nombre de seientifiques constatant avec bonne foi que le rationalisme est impuissant à donner une explication rationnelle du monde et de l'homme, tendent à retrouver une vision du monde se référant à celle des cosmologies traditionnelles. On parle d'une "conscience cosmique", parce qu'il faut qu'une Intelligence soit à l'oeuvre pour que le phénomène soit explicable, et l'on prononce le mot de gnose et de nouvelle gnose.

Alors, nous avons ici, à l'Université Saint Jean de Jérusalem, à poser une question grave, ou mieux dit une double hypothèse. Va-t-il s'agir vraiment d'un renouveau de la gnose, témoignant que la gnose ne peut rester indéfiniment absente et que son bannissement fut une catastrophe ? Dans ce cas, nous sommes prêts à venir en renfort. Mais ce renouveau a-t-il une armature suffisante pour que le mot  "gnose" ne soit pas usurpé et pour que ne soit pas mise on péril l'authenticité du concept de gnose ? S'il en allait malheureusement ainsi, notre tâche serait de dénoncer le péril.

Pour une première approche, il nous faut commencer par mettre à profit le schéma commun à toutes les formes de gnose. Pour définir avec rigueur d'une part le situs de la science agnostique, d'autre part le situs d'une science aspirant à une nouvelle gnose.

De nombreux aspects peuvent illustrer ce status quaestionis.

Il y a, par exemple, à restituer la véritable figure de la science d'un Newton. On a fait de lui un des grands responsables de la conception mécanique de l'univers, de la science aux yeux de chair, alors que les trois quarts de son oeuvre, mystique et alchimie, ressortissent à la connaissance aux yeux de feu.

Il s'agit, avec l'exemple de Jacob Boehme et de tous les apparentés, de déterminer ce que pourrait signifier l'alchimie comme science spirituelle, dès lors qu'elle disposerait des res-sources des laboratoires et observatoires de nos jours.

Il y a à expliciter la vision gnostique du monde des visionnaires aux "yeux de feu", par exemple Williarn Blake, Wordsworth, Goethe, etc.

Il y a par là même à juger si ce que l'on nous apprend d'une gnose dite de Princeton tend vraiment à une gnose aux "yeux de feu", ou bien au contraire ne tente pas le compromis mortel d'une gnose "aux yeux de chair". En revanche un Nicolas Berdiaev pouvait à juste titre être considéré comme un gnostique moderne ».

Il y a enfin, ou plutôt surtout, pour rester dans la ligne de la vocation fondamentale et du programme spécifique de notre U. S. J.J., à dégager, pour la première fois, la convergence des visions cosmogoniques et sotériologiques du type de gnose commun aux trois rameaux abrahamiques.
Bien entendu, il est imipossible d'examiner tous ces aspects d'un seul coup. Notre programme de cette année en propose quelques-uns, pour préparer les développements futurs.

Finalement il doit apparaître clairement à chacun pourquoi nous avons associé le concept de gnose et le regard des yeux de feu. Dans toute la mesure où le regard de la gnose est un regard "visionnaire", et non pas celui d'un savoir théorique, son regard l'apparente à celui des prophètes, porte paroIes de l'invisible. Ouvrir les "yeux de feu", c'est dépasser toute fausse et vaine opposition entre le croire et le savoir, entre la pensée et l'être, entre la connaissance et l'amour, entre le Dieu des prophètes et le Dieu des philosophes. Les gnostiques de l'islam, rejoignant les Kabbalistes juifs, ont particulièrernent insisté sur idée d'une "phi1osophie prophétique". C'est d'une philosophie prophétique que notre monde a besoin. Elle est par excellence celle à laquelle doit appeler notre U. S J. J. Tel était le sens de la page du philosophe Theodore Roszak que je citais déjà l'an dernier, et qui a la portée d'un programme : "Peut-étre laisserai-je entendre, écrivait-il, que sa résurrection (celle de la gnose) figure au nombre des projets les plus urgents de notre époque."

Juin 1978.

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 20:28

L'arbre généalogique des religions



La Divinité s'exprime de multiples façons. La partie la plus pure de l'homme en est d'ailleurs une représentation.

Il existe 7 grandes religions et 5000 sectes. Il y a beaucoup de groupes spirituels et chacun d'eux dit que ce qu'il professe est l'unique vérité.

Généralement, les gens se demandent quel est le véritable chemin spirituel ou dans quelle religion se trouve la vérité.

Si l'on est chrétien, on dit que notre religion détient l'unique réalité. Si l'on est bouddhiste, on dit que le Bouddhisme est la véritable religion.

Mais, le moment d'en finir avec tout ce faux dogmatisme est arrivé. Nous devons enfin comprendre qu'il n'y a qu'une seule religion. Elle est donnée sous différentes formes, en accord avec les époques et les circonstances,
mais il n'y a qu'une seule Vérité.

Si l'on décompose le mot "Religion", on trouve "Re" qui signifie "Faire de nouveau" et "Ligare" qui veut dire "Lier, attacher", on peut donc traduire "relier l'homme à la divinité".

Le terme Yoga signifie "Union", mais union avec qui ? Union de l'homme avec Dieu soit à l'intérieur, soit à l'extérieur de lui.

La véritable religion est celle qui conserve les principes immuables, inchangés depuis la Création, celle qui a pour objet de ramener l'homme à l'endroit qu'il a quitté et qui favorise l'impulsion évolutive afin de fusionner avec son Dieu individuel.

La Gnosis ne s'oppose à aucune religion, ni école spirituelle. Elle enseigne, de façon objective, une synthèse de toutes les religions et systèmes d'auto-réalisation et permet l'étude approfondie de leurs principes.
Ces principes sont universels, invariables, éternels et renferment les formules scientifiques de la Vérité.

L'étudiant gnostique doit arriver à comprendre que "toutes les religions sont des perles précieuses enfilées sur le fil d'or de la Divinité" et que la Gnosis est une synthèse de connaissances religieuses universelles qui se projette au-delà de la mystique, puisqu'on y étudie la philosophie, la science et l'art. C'est une
connaissance intégrale qui a comme axe principal l'analyse en profondeur de l'Homme.

A travers la mystique,
on respecte les hiérarchies célestes et l'on essaie de suivre leurs exemples, pour atteindre la paix de l'esprit.

La philosophie donne des réponses à toutes les questions sur l'origine de l'homme et de l'univers, le but de la vie et d'autres énigmes ayant préoccupé l'homme à toutes les époques.

On dit que la Gnosis est scientifique parce qu'elle donne des techniques pour faire des investigations,
enquêter, rechercher et ensuite constater, palper, vérifier par soi-même. Elle conçoit la science, avec conscience.

A travers l'art, la Gnosis nous montre comment nous pouvons faire de notre vie une oeuvre d'art. De même que le sculpteur donne une forme déterminée à sa création, nous pouvons faire notre travail intérieur, à notre propre manière.

Nous savons, en accord avec la tradition chrétienne et d'autres croyances religieuses antiques, que l'homme a été dans un état supérieur de conscience, avec toutes les facultés mentales et spirituelles développées. Mais, à cause de la désobéissance et de la fornication, l'homme est sorti de cet état paradisiaque et a perdu sa condition d'homme céleste.

La Gnosis dit que l'homme peut récupérer ce degré spirituel supérieur originel. Dieu, avec son infinie bonté et son amour, laisse toujours à l'homme l'opportunité de sa rédemption.
A chacune des époques, il a envoyé différents messagers (Le Christ, Moïse, Fu-Hi, Mahomet, Noé, Bouddha, Krishna, Quetzalcoatl, Saint-Germain, Confucius, Lao-Tseu, Samaël Aun Weor...) pour l'aider à retrouver son état perdu.

Il est important de comprendre que chaque Avatar est venu pour accomplir une mission, à une certaine époque : Mahomet a créé l'Islamisme, Bouddha le Bouddhisme, Moïse le Judaïsme... Tous ont parlé la Langue d'or de l'Univers, la langue sacrée universelle, la langue créatrice.

L'enseignement gnostique dit qu'il n'existe qu'une seule religion, celle de la Vérité. Il révèle les principes cosmiques et éternels contenus dans toutes les religions. Il est alors absurde de dire que la religion de notre voisin n'est pas réelle puisque dans ses croyances se trouvent les mêmes principes religieux que dans la nôtre.

De nos jours, la religion n'est pratiquée que par les religieux.
Un homme qui ne se rappelle ni de lui-même, ni de son propre Etre réel et oublie la vérité qui est en lui, devient matérialiste, cruel et inhumain. Un homme équilibré, non seulement pense et dit qu'il est croyant, mais vit, en plus, selon les principes de sa religion (sa foi se manifeste à travers ses paroles et ses actions).

Personne ne peut se prétendre "chrétien" s'il n'accomplit pas les préceptes christiques. Quelle que soit notre religion, on doit être capable d'accomplir ses énoncés.

Il faut faire une nette distinction entre les principes religieux et les formes religieuses. Les principes sont les formules cosmiques universelles et éternelles. Les formes sont les différents systèmes permettant d'apprendre ces principes et changent selon les époques et les races. Chaque race a besoin d'une forme de culte représentant les différents modes d'expression de la vérité comme le Bouddhisme, le Christianisme, l'Islamisme, le Judaïsme, le Taoïsme et l'Hindouisme.

Toutes les religions qu'il y a sous le soleil naissent, se développent, se divisent en sectes et meurent. Il en a toujours été ainsi et cela sera toujours ainsi.

Les formes peuvent mourir, mais les principes sont éternels et de ce fait ne mourront jamais ; ils perdureront et s'exprimeront sous de nouvelles formes.

La Gnosis nous les enseigne.

Une étude approfondie nous montre comment ces principes s'expriment dans les différentes expressions religieuses. Toutes parlent du Ciel, de l'Enfer, de l'aspect féminin de la Divinité, d'un Christifié, de la Trinité, du bien et du mal. Toutes ont un, ou plusieurs livres sacrés où est enseignée leur doctrine (la Bible, le Coran, le Bhagavad-Gita, le Popol-Vuh, le Coran, les Védas, les Upanishads, le Tao Te King)

Le Ciel.

Nous le trouvons, bien que sous différents noms, dans toutes les religions confessionnelles. Il représente un état de Conscience supérieur et également l'extase, où se trouve notre Etre Réel ainsi que Dieu ; c'est l'Olympe des Grecs, le Chouan des Bouddhistes et le Ciel des Chrétiens.

L'Enfer.

On peut le voir comme un endroit où règne la souffrance. Il représente aussi un état de Conscience. Lorsque l'Ego nous mène à la violence, la dispute, le manque de compréhension, à sa prison psychologique... s'exprime alors en nous notre propre Enfer. Dante, le disciple de Virgile, le poète de Mantoue, relate en sa "Divine Comédie" les 9 cercles dantesques en rapport avec l'Enfer. Chez les Romains il s'agissait de l'Enfer, chez les Grecs du Tartarus, chez les Indoustans de l'Avichi...

Angéologie.

Le Cosmos entier est dirigé et animé par une série presque interminable de hiérarchies divines et d'Etres Conscients (Anges, Archanges, Devas...), chacun d'eux ayant une mission à accomplir. Chaque Elohim travaille dans sa spécialité. Les multiples services angéliques caractérisent l'amour divin.

Dieu.

Il est aussi appelé "Créateur de tout ce qui existe". Chaque institution professe l'amour de celui qui fut, est et sera. L'ésotérisme admet un Logos créateur de l'Univers ou Démiurge architecte. Ce n'est pas une divinité personnelle mais collective. Dieu est Dieux. Dieu est l'Armée de la Voix, qui peut créer au moyen de son Verbe. Selon les différentes croyances, il s'appelle Allah, Brahma, Tao, Zen, Dieu, INRI...

Lucifer.

L'antithèse du Démiurge créateur, son ombre vivante, est projetée sur le fond du Microcosme Homme. Son nom se compose de "Lumière" et "Force", mystérieuse symbiose du Logos Solaire, Unité Multiple Parfaite.

Le Christ.

C'est un principe cosmique, jamais absent d'une religion quelle qu'elle soit. C'est aussi un degré ésotérique très, très élevé que les peuples ont pris comme guide et exemple. Le divin Rabbi de Galilée a les mêmes attributs que Zeus, Fuji, Jupiter, Krishna, Hermès Trismégiste, Paul de Tarse, Babaji...
Il a été adoré dans les Mystères de Mithra, Apollon, Aphrodite.

La religion est inhérente à la vie comme l'est l'humidité à l'eau.
A toutes les époques, des Maîtres ont assimilé le principe christique universel et ont été vénérés dans tous les cultes : le Christ Cosmique en Egypte était Osiris et celui qui l'incarnait était un Osirifié, au Mexique il s'agissait de Quetzalcoatl, en Inde sacrée de Krishna et chez les Perses d'Ormuz.

Jésus est un Dieu parce qu'il a totalement incarné le Christ cosmique.

Le principe christique est toujours et partout le même. Les Maîtres qui l'incarnent sont des Bouddhas vivants.

L'Initié le plus exalté de la Fraternité Blanche, Jésus-Christ, fut en fait, l'Initiateur d'une nouvelle Ere. Il répondait à une nécessité spirituelle de son époque, mais sa doctrine est l'Esotérisme Christique, la religion solaire de tous les âges et de tous les siècles. Le Gnosticisme qu'il enseignait est la Religion du Soleil, le Christianisme Essénien primordial.

La Trinité.

Ce sont les trois forces nécessaires à la concrétisation d'une Création.

Dans le Catholicisme, il s'agit de Père, Fils et Saint-Esprit, dans l'Hindouisme, c'est Brahma, Vishnu et Shiva, en Egypte, Osiris, Isis et Râ...

Le Purgatoire.

C'est la région où les Ames descendent pour annihiler leurs défauts et se purifier.

Divinité féminine.

Marie représente l'aspect féminin de Dieu : c'est Dieu-Femme, la Mère Divine, l'Eternel Féminin Cosmique.

Jésus et tous les Etres qui ont incarné le Christ sont nés d'une Vierge. En réalité le Christ naît toujours de la Vierge Mère (Marie, Maya, Isis, Déméter, Stella Maris...). Symboliquement, nous pouvons affirmer que le Christ naît dans le ventre de l'épouse-prêtresse.
Il est impossible d'incarner le Christ Cosmique sans la Magie alchimique, la mort psychologique et le service à l'humanité.

Sources :
Gnose

 

 

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23 octobre 2005 7 23 /10 /octobre /2005 00:00

LE GNOSTICISME

Le gnosticisme est l'enseignement basé sur la gnose,qui est une connaissance intérieure issue de l'intuition. La gnose est donc une expérience personnelle qui s'exprime à travers le mythe .

Le mythe étant l'expression symbolique de ce qui ne peut s'exprimer par le dogme.

Le Cosmos

De nombreuses religions s'entendent pour dire que le monde est imparfait. Mais elles diffèrent le plus souvent dans leurs propositions face à cette imperfection

Les Gnostiques , à l'image des boudhistes pensent que le monde est imparfait par nature parce que le principe même de sa création est générateur d'imperfection.

Le Monde est souffrance et l'une des premières prises de conscience de l'être humain est celle qui l'amène à constater qu'il vit dans un monde absurde lié à la mort et à l'entropie.

Si la Bible lie l'imperfection du Monde à une faute originelle, une faute de l'homme,les gnostiques la lient à la Nature aliénante de la création et donc du créateur, ce qui pour la religion judéo-chrétienne est un blasphème.

Si l'on compare la gnose à la philosophie orientale, on constate que des notions telle que celle du Karma sont assez proches de la conception gnostique.

Cette roue du karma illustre l'enchaînement des causes et des effets qui entraînent la souffrance et l'imperfection .

Pour les gnostique, il existe bien un Dieu transcendant mais ce Dieu n'est pas le Dieu créateur ou plutôt pas directement. Ce n'est pas de lui mais de ses émanantions que découle la création.

Ces émanation sont les Aeons, intermédiaires entre le Dieu ultime et la création.

Un de ses aeons, Sophia la Sagesse est d'une importance primordiale pour les gnostiques.Elle est la dernière émanation donc la plus proche de la manifestation et de son Créateur.

L'être humain

 

La Nature de l'Homme est double comme celle du Monde, à la fois être de chair et être de Lumière,il participe à la Nature du monde et à celle du Vrai Dieu.

Cette part de Lumière est l'essence divine ou l'atome divin

L'Homme est en général inconscient de la présence de cet atome divin en lui. Cette ignorance est entretenue par le Créateur et ses Archons qui maintiennent l'humanité dans l'illusion d'une réalité matérielle

La mort en défaisant les liens libère, temporairement l'atome divin de sa prison de chair.

Mais tous les êtres humains ne sont pas égaux vis à vis de la spiritualité.

On distingue les penumatiques (spirituels) les matérialistes ( hylétiques) et les psychiques L'évolution humaine part de l'esclavage du matérialisme passe par le biais de la religiosité et de la moraleet aboutit à la libération spirituelle

Le Salut

L'évolution naturelle est lente, elle est ralentie par l'inertie de notre nature matérielle.

Pour évoluer sur le chemin spirtituel l'Homme a besoin d'aide.

Les êtres de Lumière, messagers divins ont pour fonction d'aider le genre humain dans leur quête de la Gnose.

Parmi eux, Mani,Seth,Jésus,incarnations du Christ, le Logos.

Le potentiel d'évolution spirituel quoique présent individuellement en chaque Homme est facilité par les "sacrements" enseignés par les messagers divins.

Comportements

La gnose s'oppose à l'éthique et à la morale telles que nous les entendons.

De tels systèmes font partie du Monde, celui du Démiurge et le servent.

Pour le gnostique les commandements et les lois morales ne conduisent pas au salut mais à des modes de comportements acceptables d'un point de vue social.

La Morale du gnostique est fonction de son évolution , surtout elle implique le respect des autres et de leur liberté.Il importe que chacun se forge sa propre loi morale en regard de son évolution.

Toujours le gnosticisme encouragera le détachement et le non-conformisme à l'égard des choses du Monde.

"Etre dans le monde, mais non du monde".

Destinée

Dans l'évangile de Thomas , Jésus dit que l'être humain doit arriver par la gnose à connaître l'innéfable réalité Divine d'où il est issu et où il doit retrouner"

La mort ne libère pas l'Homme de l'emprise du Démiurge.

Ceux qui n'ont pas atteint la libération par la gnose doivent revivre une nouvelle existence.

Cette doctrine de la réincarnation est implicite dans les écrits gnostiques.

Conclusion

La gnose est plus une "affaire de coeur" qu'une question de concepts.

Les mythes gnostiques peuvent être interprètés de différentes faons en fonction de l'expérience spirituelle de chacun.

Ils portent toujours en eux une part de vérité profonde et font appel à l'"intelligence du coeur" plus qu'à l'usage de la raison.

Voir aussi : La Gnose de Valentin et Homélie par Jules Stany Doinel

Sources : APH

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by EVANGELIZT - dans GNOSE
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