Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Texte libre

Archives

29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 13:51

Je n'oublie pas ce blog mais je suis dans une intense recherche ce qui me laisse peu de temps pour copier les vieux livres mais leur suite ne va pas tarder à venir. Je pose le texte ci-dessous dans la "police Harrington" que je trouve très belle... si elle n'est pas lisible pour tout le monde, faites-le moi savoir, je la changerai. Merci.

 

 

 

Adam-Aenosh

 

par André Savoret



     Les traductions les plus « orthodoxes » de la Genèse nous assurent que l'homme fut tiré « du limon de la terre ». À la suite de Fabre d'Olivet, auquel il faut toujours se reporter, lorsqu'il s'agit d'étudier le sens spirituel de ce livre, nous devons nous inscrire en faux contre une pareille interprétation du texte biblique.

     En effet, on a traduit par « terre » deux mots hébreux que Moïse emploie toujours de façon distincte et dont il ne fait jamais deux synonymes.

     Le premier est ADaME, ou adamah, le second AReTs ou arz.

     Dans le récit de la création (vers. I) Moïse oppose visiblement arz (le principe du monde sensible), à shamaïm (celui du monde céleste et glorieux).

     Lorsqu'il est question de la création d'Adam, Moïse, au second chapitre de sa cosmogonie, relate que l'universel Adam n'existait pas encore en acte pour mettre en œuvre (wabod) l'universelle adamah que l'on traduit généralement par « sol » ou « limon ». Mais, adamah n'est pas arz. Quelle est donc l'étymologie et le sens de ces deux termes ? La question est d'importance, puisque toutes les conséquences métaphysiques que l'on peut tirer du texte biblique, concernant l'âme humaine, sont entachées d'erreur, par suite d'une traduction fautive.

     Le mot adamah, comme le mot Adam, dont il est tiré (car Adam ne vient pas plus d'adamah que chien ne dérive de chienne ou que homme, grammaticalement, ne dérive d'humanité, c'est l'inverse qui est vrai, étymologiquement et logiquement), le mot adamah, donc, porte sur un radical DaM, forme nasalisée de DaV, DaB, et qui possède un sens générique analogue dans les langues sémitiques et dans les langues celtiques, depuis l'irl. domun « le monde », le gall. dwfn « profond », le gaél. dobar « eau », domhan « l'univers », le flamand diepzin « sombre », « profond », « mystérieux », « abstrait », jusqu'à l'arabe damous « souterrain », « profondeur », « citerne », et à l'hébr. damm « se taire », « être immobile, indiscernable », dam « similitude », « homogénéité », damah « un lieu vide et désert » (1) .

     L'idée primitive est celle d'une chose indiscernable par son étendue, son silence, sa subtilité, sa profondeur ; d'une chose universelle ou universalisable. Le A initial d'adamah et d'adam, est une particule emphatique qui spiritualise encore le sens de ces deux vocables. l'Adam universel, l'homme spirituel, a donc été tiré non pas du limon de la terre, mais de la spirituelle et universelle substance adamique : la « terre spirituelle ».

     Au contraire, arz, terme qui a perdu le digamma initial W, (2) , et est très vraisemblablement pour WaRTs, se réfère directement au sanskrit warsha qui signifie « terre » et « continent ». En sanskrit, le même mot signifie pluie, comme il le signifie dans notre mot français averse, et comme il signifie « rosée » dans le grec erse pour F-erse. C'est le terme d'un processus involutif, la partie descendante d'un circuit, le résultat d'une déviation, d'une inversion, d'un renversement. Dans son sens de terre, le mot hébreu arz représente donc le point le plus bas de l'involution élémentaire, l'élément sensible, le maximum de condensation et de matérialité.

     Si Moïse avait voulu dire que l'homme fut tiré de la poussière de la terre, c'est de ce terme qu'il se serait servi. Mais, il l'a évité avec soin.
   L'homme terrestre, possède d'ailleurs un autre nom, que Moïse n'emploie jamais comme synonyme d'Adam c'est ANOSh, ou Enosh, et que nous avons rapproché (3) du sanskrit nara et de l'italique ner (pour nes). (4) .

     La différence entre la terre spirituelle (adamah) et la terre matérielle (arz) est encore faite formellement par Moïse (Gen. VII, 23), où il montre l'Éternel, au moment du déluge universel, « effaçant tout ce qui subsistait sur la face d'adamah » et le déluge effaçant, alors seulement, tout ce qui subsistait sur la terre (arz). Il est pourtant normal de saisir ici que Dieu agit directement sur le plan spirituel et que la répercussion de cette action spirituelle se fait sentir dans le monde temporel et élémentaire, par voie de conséquence, sous forme d'un cataclysme. C'est pour avoir voulu absolument traduire adamah et arz par un même mot que les modernes ont vu une « interpolation » ou un « remplissage » dans ce verset pourtant explicite : « Ainsi, il (Iaveh) effaça tout être qui était sur la face du sol », lisons-nous dans la Légende des Origines de l'humanité (Éditions Rieder), et la seconde partie du verset 23 est gravement déclarée être un remplissage. Le remplissage en question est celui-ci : « de l'homme au bétail, au reptile, à l'oiseau des cieux, ils furent effacés de la terre ».

Si l'auteur de l'ouvrage, précité n'avait pas pris adamah et arz pour des synonymes, non seulement il aurait évité de voir un remplissage, là où il n'ya qu'une précision, mais il n'aurait pas esquivé la portée métaphysique de cette pseudo-répétition.

     Dans un texte où pas un mot n'est superflu, il est inconvenant de vouloir procéder au découpage de ceux qui y voient deux textes « Iavistes », intercalés parmi les fragments d'un texte « Eloïste ». Ce sont là des fantaisies, d'autant plus dangereuses qu'elles sont revêtues, aux yeux du public, du prestige accordé à la science.

     D'autre part, la théologie et la philosophie scholastique, en tant qu'elles s'appuient sur des traductions fallacieuses, ne sont nullement qualifiées pour nous faire accepter des conclusions logiques, mais faussées par un point de départ erroné.

    Une de ces conclusions, c'est celle de l'âme créée postérieurement au corps qu'elle doit animer. Elle est juste en tant que conclusion, si l'on prétend identifier adamah, la terre spirituelle dont provient Adam, à arz, la terre matérielle. Elle est fausse cependant, dans la mesure où adamah diffère de arz. Mais l'erreur a la vie dure, elle subsistera sans doute jusqu'au jour où un théologien, au sens strict du mot, qui sera à la fois savant selon les hommes et inspiré par l'Esprit de Vérité, nous apportera une version du texte sacré, conforme à la pensée profonde de Moïse.

(1) Le radical primitif DaB, DaM, formé des signes de l'action extérieure (D) et de l'action Intérieure (B), exprime fortement la faculté d'adaptation de l'interne à l'externe, d'où les sens de similitude, d'homogénéité, d'image. À un point de vue à peine différent il exprime le sens d'universalité, de profondeur, d'insondabllité, réunissant en lui les deux idées de monde externe et de monde interne. La divergence progressive des sens particuliers dans les langues sémitiques et dans les langues aryennes n'a rien que de très logique et ne saurait militer contre l'origine commune de cette racine.
La racine Tam ou Tham n'en est qu'une modification. Elle diffère peu de la racine Thab, et il serait fructueux de comparer, par exemple, le théom ou Tiamat ,(l'abîme primordial où furent jetées les semences de l'univers) avec la Théba ou « arche » dans laquelle Nohé conserva les semences de notre cosmos.
(2) (3) Voir pour détails : Du Menhir à la Croix (Additif).
(4) En un certain sens on peut donc rapprocher Adam (l'homme « universel ») d'Adamah (la terre spirituelle) et Aenosh (l'homme individuel) d'Arz (la terre matérielle).

Sources Livres Mystiques com

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 21:08

Nous nous sommes lancés dans une recherche qui nous entraîne dans un domaine que nous ne soupçonnions pas. Et ce livre justement Aelohim, les dieux de Moïse est un des rares à aborder le sujet qui nous intéresse. A savoir que les premières lettres tracées par les hommes le furent par rapport aux constellations. Ainsi le langage que l'on a nommé hébreu était un ancien Egyptien et au départ, il n'avait que 12 lettres, chacune correspondant à une constellation du zodiaque comme le montre le tableau que nous avons posé ICI. Donc dans l'Ancien Testament, tous les nombres ou presque se rapportent à quelque chose de similaire. Les âges des patriarches notamment comme nous l'avons déjà dit. Ainsi Henok qui mourrut à 365 ans ne veut pas du tout dire ce qui est écrit. 365 correspond au Zodiaque. Il est à noter qu'Henoch équivaut à l'Initié. Ici, il est question de la Tour de Babel qui était un observatoire astronomique comme pratiquement toutes les pyramides. Ce n'était certainement pas les tombeaux des pharaons...

Nous posons tout de suite après une video pour montrer comment les Anciens ont tracé l'Alphabet...

 


AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

15ème partie

14ème partie

13ème partie

1ère partie

 

Tome I

ÉPOQUES HISTORIQUES.


L'ÉPISODE DE LA TOUR DE BABEL  (Genèse, ch. XI)

 

TRADUIT MOT A MOT

Selon le SENS VULGAIRE et selon le SENS INTIME.

 


Observations étymologiques.

1° - ARTz, TERRE, PAYS, LE LIEU, L'EMPLACEMENT OCCUPÉ PAR UN PEUPLE, PAR UNE VILLE. (Regio, Patria) «retourne dans ton pays, L-ARTz-C.»
2° - AED, premier. « Le premier du mois. » B-AED LEDÇh.
3° -  Le pluriel de UN est PEU, EN PETIT NOMBRE.  « Quelyues jours, IMIM AÈDIM. « Jacob servit sept ans pour Rachel, et ils ne parurent à ses yeux que comme quelques jours, CIMIM AEDIM.

NOTES.

Le sens de ce premier verset éclaire celui de tous les autres. La tradition y établit que très anciennement (MQDM au verset suivant) les hommes du pays dont on
a parlé (chap. X, vers 11, le pays de ShiNOR) usaient encore de leur langage primitif et que les mots de cette langue étaient en petit nombre.

La langue chinoise, qui remonte certainement à l'époque où l'on peut placer ce fait, n'est composée que de 330 ou 340 monosyllabes; le nombre de ses articulations est incomplet et son écriture est hiéroglyphique.

L'accroissement de l'alphabet hébreu, et par conséquent des mots de la langue hébraïque, eut lieu dans la Babylonie, dans le pays d'Assur, en Assyrie, lors de l'érection de la tour astronomique de Bel.


4° - Olim, ab antiquitate, ab initia.

5° - NSO, PARTIR, PASSER DANS on AUTRE HEU, vient de NS, une enseigne, un étendard. NSO signifie LEVER , ÔTER , EMPORTER ; c'est LEVER L'ÉTENDARD ET SE TRANSPORTER DANS UN AUTRE PAYS, FAIRE UNE MIGRATION, ÉTABLIR UNE COLONIE.

6° BQO vient de BG puis BQ, qui désigne UN ESPACE VIDE ET RESSERRÉ, UN LIEU RESTÉ OUVERT, UNE PLACE, UN PRÉ, UN CHAMP BORDÉ, ENTOURÉ
COMME UN JARDIN, par suite L'INTERVALLE produit par UNE DIVISION, par une SCISSURE.

Les Chaldéens étaient originaires de l'Egypte. Diodore, Livre 1, § 11, dit : « On prétend que les Chaldéens n'ont rendu les divinations astronomiques si célèbres à Babylone, que parce qu'ils étaient originaires de l'Egypte. »

Une colonie Egyptienne, conduite par des savants sortis des collèges sacerdotaux de l'Egypte, vint s'établir dans les environs de Babylone, alors appelée de sa forme ShiN-OR, la ville-double, et cette colonie s'étendit jusqu'en Assyrie, où Assur avait fait lui-même une expédition. Les chefs de cette migration y firent prospérer l'astronomie, et l'on remarque que le commencement des observations chaldéennes coïncide avec le temps où l'on peut placer la construction de Babel.

Ces Egyptiens reçurent le nom de CÇh-DIIM, qui veut dire amenés, conduits,-- de chus (DD, amener d'un lieu dans un autre ), amenésde l'Ethiopie ; les Egyptiens étaient Chussites d'origine.

Le nom de Babylone, ÇhNOR ou ShNOR, que l'on prononce Shinar ou Sénaar, est composé de ÇhN, double, répété, et de OR, ville. Babylone était en effet partagée par l'Euphrate et formait une ville de chaque côté du fleuve ; URBS AB UTROQUE LATERE EUPHRATIS, UT MEDIUS INTERFLUAT, AEDIFICATA (Diodore).

Dans le centre et sur le bord du fleuve était la place où les Egyptiens élevèrent l'oeil  ou l'observatoire de Bel, BB__BL, en un mot BABEL, dont le nom signifie aussi la Porte de Bel avec le sens que Bacchylide attache à ce mot Porte : PORTA VERBORUM OCCULTORUM (en grec ARRÊTÔN).

« Le centre de la ville, dit Hérodote, est remarquable par le temple de Bel-us... c'est un carré régulier fermé par quatre portes d'airain, lequel a deux stades d'étendue en tout sens. Au milieu de cette enceinte, on voit une tour massive, qui a un stade en longueur comme en largeur. » Ainsi, comme j'ai prouvé que cela résultait du mot OIR, le temple de Bel était un lieu fortifié, une citadelle.

Le mot ÇhM employé pour désigner le lieu mérite une explication.

Un lieu quelconque ne peut être désigné que par un signe, un signal, un monument, une érection, une forme, une configuration, qui le signale et le fait connaître. Le nom donné à ce signe, à ce signal, à cette construction, etc., est lui un signe phonétique qui s'adresse à l'ouïe, comme la transcription de ce nom en caractères alphabétiques est un symbole pour la vue. ÇhM employé à cette intention offre donc encore le sens de signe, signal ou symbole, et doit être traduit selon le besoin au signe, au signal du lieu dont on parle,

 

là.

7 - (NOMINE AIÇh QUOQUE APPELLANTUR MAGNI ET DUCES; UT, VIR BELLI i.e MAGNUS BELLO, AUCTOR BELLI). - « JÉOVÉ est le chef, le maître, le héros, le commandant, AIÇh, de la guerre. » JÉOVÉ VIR BELLI.

8 - RÔE, PASCERE, PASCI, PASTOR, PASCENS ; MALUS, MALIGNUS, etc.

9 - LÉB tient à IBB et à ÉB, le premier exprimant un CRI DE GUERRE, AVERTIT LE SOLDAT DE VEILLER, DE SE PRÉPARER, DE SE TENIR ÉVEILLÉ, PRÊT A AGIR. Le second répond à l'idée de veiller, de s'éveiller et de venir, d'être mis en mouvement.

_____________

 

Le mot AIÇh est pris collectivement pour désigner tous les chefs, les hommes de choix, commandants de chaque compagnie dont se composait la colonie envoyée d'Egypte. Ce qui le prouve, c'est le pluriel IAMROU. Ainsi ces hommes étaient déjà distribués sous des chefs particuliers, soumis eux-mêmes, comme nous le verrons bientôt, à un chef suprême portant le nom des chefs de l'initiation et du sacerdoce, ÉOVÉ, déguisé sous celui de J-ÉOVÉ, VIR BELLI, le maître, le héros de l'entreprise.

Il faut remarquer l'emploi du mot RÔÉ, pasteur, pour désigner un homme qui fait invasion, qui émigre, qui se porte d'un lieu dans un autre, et qu'un chef commande.

Les Egyptiens appelaient Pasteurs les hommes d'origine étrangère, qui semblables aux pasteurs nomades, s'introduisent dans un pays et s'en emparent. L'histoire
de l'Egypte ancienne est pleine du souvenir des Rois pasteurs ; des pasteurs phéniciens, hébreux , grecs ; de Thèbes, etc.
La haine et l'aversion que leur inspiraient ces usurpateurs a donné l'idée du drame cosmogonique dont les détails occupent les dix-huit premiers versets du 4ème chapitre de la Genèse.

 

Cette aversion antique se décèle dans le choix même du mot RÔÉ, car il désigne le mal, la méchanceté, l'intention malfaisante et scélérate ; l'action de tourmenter, de nuire, de corrompre, d'exterminer, de détruire.

 

10 - OIR NON MALÉ DICITUR AB ÔYR EVIGILARE. ÔR VIGIL, VIGILANS.— ARX. OIR DOUD, arx Davidis).

11 - AEDIFICATA EST. 3. H. SING. DO PARFAIT NIPHAL. Le MOT OIR est ici masculin. USURPATUR AUTEM UTROQUE GENERE. FÉMIN. GEN. 10. MASCUL. LEV. 26., etc.

12 - MGDL ShYNÉ, la Tour deSyène, (Ezéch. 29. 10), était aussi un monument astronomique.— Syène passait pour être sous le tropique, d'après une tradition immémoriale, et cette ville y était effectivement deux mille sept cents ans environ avant l'ère vulguaire. Voy. Jom. Sysl. mét. des Égyp., p. 167.
Le chaldaïque, l'arabe et l'hébreu emploient le mot tour, BRG, pour désigner un édifice saillant, élevé, et ce mot désigne
le Zodiaque, les signes mêmes du Zodiaque.

13 - RAÇh. Rab. Moses dit : Il y a une grande différence entre TÈLT, premier, commencement, et RAÇh, principe : le principe se dit d'une chose qui est le principe d'une autre, quoiqu'elle ne la précède pas par rapport au temps, etc.

14 - ÇhM, un signe, un monument. (Dict. de M. l'abbé Latouche, et les autres: rappelez-vous l'analyse de ce mot. )

Je n'ai pas beaucoup d'observations à faire sur ce verset si intéressant et dont les mots ont été analysés. Je ne puis cependant m'empêcher de faire remarquer que les ouvrages qu'on avait entrepris sont entièrement terminés ; que l'édifice, l'observatoire muré, la citadelle fort mal-à-propos appelée ville, est achevée de bâtir ; que la tour astronomique l'est aussi, et que les auteurs de ces travaux ont fait aussi pour diriger, pour accorder leurs observations en quelque lieu qu'on les envoie, le ciel constellé, le planisphère céleste dont ils avaient besoin; en sorte qu'ils ne s'occupent plus maintenant que de leur dispersion prochaine sur différents points du pays.

Ce sens si positif, si clair, si naturel, si différent du sens vulgaire où se trouvent tant d'absurdités, résulte du mot NBNÉ, avec lequel s'accorde UNOÇhÉ.


15 - J-ÉOVÉ l'Éternel — LUI, CE-LUI—qui est et qui sera, LE—étant, le-LUI, LUI, IL. (Voy. l'étym. deuxième Étude.)

16 - U-IRD futconvertibledeRDÉ, IMPERAVIT,  DOMINATUS EST, PRESEDIT, Voyez ce mot, ch. 1, v. 26, avec cette signification: dominer, exercer La puissance, présider, à laquelle le sens littéral fait ici violence pour maintenir la tradition allégorique.

17 - (AT, OBTINET, SIGNIFICATIONEM NOMINALEM , QUA essentiam VEL substantiam UT PLURIMUM PATIENTIS EXFRIMIT, QUASI ipseitatem, illud
ipsum
DIXERIS).

18 - Trois. pers. plur. du prétérit, AEDIFICAVERUNT et AEDIFICAVERANT.

--------------------

Il ne faut pas se laisser détourner du sens intime d'un récit hébraïque par la rencontre du nom de JÉOVÉ. L'abus que les écrivains sacrés ont fait de ce nom explique assez qu'il ne désigne pas toujours la présence de Dieu, mais qu'il se rapporte à l'action de celui que l'esprit du gouvernement théocratique ou que des fonctions sacerdotales font agir comme représentant JÉOVÉ lui-même.

J'ai déchiré le voile qui nous cachait depuis si longtemps l'origine mystérieuse de ce nom; il n'est plus possible de se méprendre, et d'attribuer à Dieu, dans plusieurs circonstances, ce qui n'appartient qu'à ceux que le sacerdoce a faits ses ministres.

Le nom de JÉOVÉ est souvent, très-souvent même, em ployé pour désigner le scribe, le prophète qui rédige ou profère en style poétique ou même historique des avertissements qu'il suppose émanés de Dieu même. Ainsi, par exemple, ce mot est employé incontestablement de cette manière par Esdras, 2eme livre des Chroniques, chapitre 23, 10, lorsqu'il dit que JÉOVÉ parla à Manassès et au peuple, mais qu'ils ne voulurent point entendre. La chose est impossible : quel homme et quel peuple résisteraient à la voix de Dieu si Dieu même leur adressait la parole ?

JÉOVÉ, dans la pensée d'Esdras, désignait donc le Grand-Prêtre ou l'un des chefs du Sacerdoce, ou même quelqu'un exerçant la mission de prophète, et préchant, haranguant le peuple.

Si le mot JÉOVÉ ne devait désigner que la Divinité, serait-il attribué à l'ARCHE ? Dans Josué, chapitre 4,12, il est dit que quarante mille hommes équipés pour le
combat passèrent devant JÉOVÉ ; et là,
JÉOVÉ c'est l'Arche restée au milieu du Jourdain jusqu'à ce que les Hébreux aient passé le fleuve ; après quoi l'Arche portée par les Prêtres passe elle-même.

Ce nom de JÉOVÉ serait-il donné non seulement à des anges, mais à des localités comme le mont Moriah appelé JÉOVÉ IRAÉ (Genèse, 22,14.), à des objets matériels comme l'autel érigé par Moïse après la défaite des Almalécites, JÉOVÉ NSI (Exode, 17,15).

Serait-il attribué à l'un des trois hommes qui apparurent à Abraham dans le bocage de Mamré (Genèse, 18,2, 10, 13,14, 15). Les deux derniers versets prouvent par leur rédaction que ce nom est donné à l'un de ces hommes parce qu'il parle, promet, blâme, condamne et agit enfin au nom de l'Eternel.

JÉOVÉ est donc souvent pour le chef suprême,- c'est l'adoni, le maître; c'est l'homme qui a le pouvoir d'attaquer, de surmonter, d'affliger, de consumer, de détruire, de battre (LÈM ); JÉOVÉ—AIÇh—MLÈMÉ, c'est-à-dire JÉOVÉ—est l'homme, SUMMUS-SACERDOS, FORTIS— de la puissance d'attaquer, surmonter, etc.

Il ne faut pas perdre de vue cette explication et celles qui ont été données précédemment : elles aplanissent bien des difficultés. Ainsi donc, JÉOVÉ est ici le chef-suprême de la colonie égyptienne, il en est le héros, le commandant, vir belli.

Cet ancien envoyé d'Egypte, ce premier Mosé, Musée ou Moïse, par l'invention de nouveaux signes ou caractères astronomiques, enrichit le langage écrit, et même !e langage vulgaire, d'un grand nombre de mots dont le premier effet fut de produire du doute ou de la confusion.

C'est lui qui par le lieu où s'effectua ce changement, fit donner dans la suite aux lettres hébraïques le nom de lettres assyriennes et à la langue pour laquelle elles furent choisies celui de langue assyrienne, langage assyrien, ÇhPhT AÇhR. C'est ce que nous verrons bientôt.

19 -  De OMM, ÊTRE OBSCUR, INCONNU, CACHÉ, COUVERT, MYSTÉRIEUX.

20 - EL, PROFANUM, COMMUNE. ELL, COMMUNEM FECIT.

21 - D'ÔÇhE, toute opération produite sous l'inspiration de la pensée et de l'intelligence ; d'ÔChOUT, pensée, et ÔÇhT-OUT, avec la terminaison fém. ÔChT et ÔÇhIT, Chald., il a pensé; — la tradition relative à Babel est chaldaïque.

On retrouve ici l'idée des anciens sur le danger de divulguer inconsidérément les choses mystérieuses, les choses saintes, et qui ne sont révélées que dans le sanctuaire, dans l'adyte, sous le voile du Saint des Saints des temples.

Des hommes dont les pensées et le langage ne s'élèvent pas au-dessus du langage primitif et des connaissances vulgaires ne peuvent que profaner la doctrine dont ils parlent, et corrompre les expressions qui lui sont consacrées. C'est pour cette raison qu'il n'était permis qu'aux Rois, qu'aux chefs du peuple, et aux Prêtres d'enseigner et d'instruire, d'user de figures et de paraboles. Le mot MÇhL nous donnera peut-être l'occasion d'expliquer cela.

D'un autre côté, comme on ne doit point cacher, enlever aux hommes, vendanger, BTyR, à leur préjudice, le bénéfice des découvertes que l'esprit humain a faites, la science ou celui qui la préside, le chef du sacré-collège, en un mot le JÉOVÉ de la colonie scientifique, obviera à cet inconvénient en enrichissant le langage du peuple par le surcroît de nouvelles expressions, par la divulgation des nouveaux mots dus à l'accroissement de l'alphabet zodiacal.

Néanmoins, il établira une langue secrète, une langue savante, dont les chefs du peuple, les hommes supérieurs, devront avoir connaissance et user entr'eux.

 

22 - De RDÉ, 1ere pers. plur. du futur. L'expression devient collective,  JÉOVÉ agissant par délibération et accord avec tous les chefs de l'expédition.

23 - AÇhR, AÇhOUR, AShUR, d'Assur, la langue du peuple désignée par la langue du chef; mais ce chef était absent, ASSUR était parti de Shinor et était allé fonder Ninive (Genèse X, 10 et 11).

24 - ÇhMO vient de ÇhM, ÇhMÉ, NOMMER, DIRE LE NOM, APPELER; ÇhMO, FAIRE ENTENDRE, DIRE, ANNONCER, PROFÉRER.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 14:28


4 L'Égypte pharaonique, ou,

Histoire des institutions des Égyptiens sous leurs rois nationaux

 Par Dominique Marie Joseph Henry

1846

1ère partie

2ème partie

3ème partie

  PARTIE THÉOSOPHIQUE.


THÉOLOGIE.


CHAPITRE III.

 

Deux périodes dans l'histoire de l'Egypte. — Accord de la cosmogonie avec la géologie. — Transposition de versets dans le premier chapitre de la Genèse. — Idées cosmogoniques des Egyptiens communes aux peuples de l'Asie.

Nous avons présenté jusqu'ici les antédiluviens comme des hommes qui avaient su franchir les limites de l'intelligence vulgaire, se lancer dans les vastes champs des spéculations du génie, et arriver, à force de méditations, au plus haut point de ces connaissances qui dévoilent à l'entendement humain les voies mystérieuses dont la nature s'est servie pour produire nous les avons montrés comme les inventeurs de ces hautes sciences qui, se transmettant d'âge en âge , mais en s'affaiblissant toujours, en étaient réduites presque à leur seul nom, quaud une étincelle du même génie créateur de ces peuples primordiaux, rallumant, à une époque très-moderne, la dernière flamme de ce feu sacré, est venue rendre à l'intelligence tout son essor, a remis sur la route des découvertes perdues, et tend chaque jour à rendre à leur primitif éclat celles de ces connaissances que les ténèbres de l'ignorance avaient presque effacées du souvenir des hommes. Nous avons à justifier par des faits ce que nous n'avons appuyé jusqu'ici que sur des raisonnements : parler des connaissances des antédiluviens, c'est faire l'histoire de l'Egypte pharaonnique de la première période.

Il faut en effet reconnaître deux périodes très-distinctes dans l'histoire de l'Egypte sous ses rois nationaux : la première, commençant avec la monarchie et descendant jusqu'à la XVIIIe dynastie, période de troubles et d'agitation dans la vie politique, mais aussi période savante dans le calme et la paix des temples, et où les connaissances héritées des peuples submergés, brillantes de tout leur éclat, se soutinrent sans perdre considérablement ; la seconde, commençant avec la XIXe dynastie, et se traînant jusqu'à la chute de l'empire, période d'indivisibilité dans l'unité de la monarchie, mais aussi d'instabilité dans le sanctuaire, et pendant laquelle de grandes innovations en matière religieuse et de grands changements dans la politique suivie jusque là, amenant d'autres idées. Tout se matérialise dans la philosophie théognostique, et l'ignorance commence à se glisser au milieu des subtilités d'une mythologie astrologique, toute d'allégories, époque calamiteuse, où, de décadence en décadence, le sanctuaire avili et superstitieux finit par devenir la risée de ceux-là même dont les croyances étaient plus absurdes encore et plus extravagantes, des Romains, s'il faut le dire, qui se moquaient des chats divinisés en Egypte, eux dont la religion plaçait des dieux jusqu'au point le plus infect des cloaques.

L'histoire de la création suivant le système de Moïse, qui est celui de l'Egypte de la première époque ou de l'époque savante, n'est, avons-nous dit, que le résultat de l'étude suivie et comparée d'un grand nombre de terrains de formations différentes, que l'application de principes déduits de laborieuses explorations géognostiques : elle indique donc un état très-avancé des sciences physiques, chimiques et naturelles, et par conséquent des mathématiques.

En effet, si l'on porte une méditation attentive et sérieuse sur le premier chapitre de la Genèse, on ne peut pas sortir de cette alternative : Ou ce livre a été inspiré par l'auteur même de la création, ou celui qui en a décrit ainsi la marche n'a fait qu'analyser les connaissances acquises à la suite de nombreuses observations faites sur divers points du globe par des savants du premier mérite : nous avons déjà répondu à cette alternative. Vient ensuite le dilemme : C'est de l'Egypte que Moïse a tiré ce précieux résumé des sciences géognostiques; le sol de l'Egypte ne peut pas fournir la matière des observations qui ont servi à instituer cette doctrine et à en faire l'application : les Egyptiens les tenaient donc d'un autre peuple. Et si, dans le court intervalle qui sépare le grand désastre de la manifestation des sciences en Egypte, aucun peuple postdiluvien n'a pu fonder ce système, c'est donc aux peuples antérieurs à ce désastre qu'il faut le rapporter. C'est la solution de cet argument que les Égyptiens exprimaient sans doute par l'allégorie du second Thoth, transcrivant en caractères vulgaires les mémoires sur les sciences, écrits avant le déluge par le premier Thoth sur les colonnes de la terre de Seriad.

Le premier chapitre de la Genèse nous fait connaître le sentiment des Egyptiens de la première période et des savants antédiluviens sur l'origine de l'univers ; mais, pour comprendre les événements dont rend compte Moïse, on interrogerait vainement les versions si pauvres des Septante et de la Vulgate. Comment les auteurs de ces versions auraient-ils pu nous initier dans les secrets de sciences qui n'existaient plus de leur temps ? Dans l'examen que nous allons faire des vraies idées de l'auteur de ce livre immortel, nous ne pouvons en explorer le sens spirituel qu'en consultant, avec toute la prudence qu'exige le commentaire d'un tel écrit, la version littérale qu'en a donnée le docte mais trop systématique Fabre d'Olivet (La langue hébraïque restituée, partie II, Cosmogonie). « En principe de toutes choses, disait Moïse, OElohim (*) créa l'ipséité des cieux et de la terre. La terre était dans un état d'extrême diffusion et de rareté, et l'obscurité était sur la face de l'abîme, et le souffle d'OElohim exerçait un mouvement générateur sur la surface des eaux. —Et OElohim dit : La lumière sera faite, et elle fut faite. — Et considérant cette essence lumineuse comme bonne, OElohim détermina un moyen de séparation entre la lumière et entre l'obscurité. »

* Ce mot OElohim, rendu par celui de Dieu, est fondé sur la racine al ou oel, qui exprime l'élévation, la force, la puissance. Dans les langues de tous les peuples de l'Orient, le nom de Dieu était dérivé de l'élévation qu'on attribuait, tant au positif qu'au figuré, à cet être principe, auteur de l'univers. OElohim, OElion, OElh, Allah, sont les noms qu'on lui a toujours donnés dans l'Orient. Fabre d'Olivet.

Avant de passer outre, nous croyons devoir prévenir le lecteur qu'étranger aux langues orientales, toutes nos explications ou interprétations seront empruntées à Fabre d'Olivet, à Walton ou Arias Montanus dans la polyglotte, et à Edmond Castel dans son lexique heptaglotte. Nous aurons toujours soin d'indiquer celui de ces auteurs qui nous aura fourni l'interprétation.

Suivant la théorie la plus probable, et qu'a admise la science, au commencement une nébulosité très-diffuse dans l'immensité de l'espace, et renfermant en soi les éléments du calorique et de la lumière, se réunit, s'amoncelle, se condense, et forme un globe, qui, en conséquence de ses principes, répand une chaleur excessive et une très-vive lumière : c'est le soleil. L'extrême effervescence de cet astre produit une vapeur particulière qui s'étend très au loin, et qui, à mesure que cette effervescence le lui permet, se partage en plusieurs parties, par des divisions concentriques assujetties à certaines lois. La vapeur ainsi partagée se rapproche, se tasse, s'arrondit sous le mouvement de rotation et de révolution qui lui est imprimé; un noyau se forme au centre de cette masse et s'accroît, et la masse devient une planète. Telle est l'origine physique du soleil et des sphères qui se meuvent autour de lui, dans l'état actuel de la science (Laplace, Système de l'Univers.) : la terre produite ainsi ne fut d'abord qu'une masse ignée et fluide. Dans l'idée des auteurs du système cosmogonique des premiers peuples, comme dans la théorie de la science moderne, d'abord création ou concentration de la matière nébuleuse très-diffuse dans l'espace, de laquelle doivent sortir les globes de l'univers; matière dans laquelle nos astronomes reconnaissent les éléments du calorique et de la lumière, et que Moïse aussi qualifie d'essence lumineuse(*); ensuite, séparation de la lumière et de l'obscurité.

(*) « C'est un fait bien digne de remarque que le sens de calorique et celui de lumière se trouvent exprimés dans la Bible par un seul et même mot, comme étant une seule et même chose. On doit donc comprendre, dans le sens de l'hébreu, non-seulement la lumière, mais encore le calorique : il faut donc traduire le mot par lumière calorique, ce qui correspond à notre chimico-électro-magnétique pour ainsi dire née d'hier. La Bible était donc encore ici en avant de la science depuis plus de 3000 ans. On doit remarquer, parce que cela peut aider à concevoir ce que c'est que le phénomène auquel nous donnons le nom de lumière, que le mot pris dans son sens radical, porte avec lui l'idée d'un fluide sortant par effluves. » Éléments de Géologie, mis à la portée de tout le monde, etc., par L. A. Chaubard .

« Et déclarant sa volonté, OEIohim dit : II y aura une raréfaction au centre (du principe) des fluidités aqueuses; et il fit cette raréfaction ; et il fit exister une séparation entre les eaux qui étaient par en bas de l'espace éthéré, et les eaux qui étaient par en haut de cet espace; et ce fut ainsi. Et OElohim assigna à l'espace élhéré le nom de cieux (c'est-à-dire, les eaux vaporisées). »

Ces trois versets ( 6, 7 et 8 ), de la plus grande importance, appellent toute notre attention. Frappés d'une obscurité impénétrable dans le sens rapetissé des Septante et de la Vulgate, ils offrent, dans  le sens élevé que leur a donné Moïse, la preuve de connaissances en physique que ses interprètes ne laissent pas même soupçonner. Que signifie leur firmament, c'est-à-dire, un corps ferme et solide, transparent et de la nature du cristal, séparant les eaux d'en bas des eaux d'en haut? Il n'entrait ni dans les idées ni dans les doctrines des savants du monde primitif, que ce que nous appelons le ciel pût être une masse dure et solide; et quoique du temps de Xantes-Pagnino et d'Arias Montanus la physique fût encore celle qu'avaient transmise les Romains, ces savants n'hésitèrent pas, dans leur traduction littérale et consciencieuse de la Bible, à rendre par expansion des cieux le mot hébreu, si étrangement dénaturé par les Septante et saint Jérôme. Ce que produit la volonté créatrice, ce n'est donc pas un corps ferme et vitré, mais une dilatation, une raréfaction au milieu d'un corps élémentaire, afin d'en former deux corps nouveaux, ayant une origine commune et conservant ensemble les plus intimes affinités*.

* Pour l'intelligence de ce passage d'un si grand intérêt, nous devons puiser dans les notes de Fabre d'Olivet l'explication du mot maim, sur lequel repose tout le mystère. Ce mot hébreu, ainsi que la plupart de ceux dont se sert Moïse, est à double acception, c'est-à-dire qu'il a, suivant les expressions du savant grammairien, un sens hiéroglyphique ou allégorique, et un sens vulgaire; la phrase, mot à mot, est celle-ci : « Qu'il s'opère une expansion au centre de maim et qu'il se fasse une séparation entre maim envers maim. » Ce mot maim se trouve formé de deux racines : l'une ma, exprimant tout ce qui tend au développement de son être ; l'autre im, qui présente l'idée de toute multitude de choses de même espèce, et devient par là le signe du pluriel : cette dernière, dans un sens propre et restreint, signifie la mer, c'est-à-dire, la manifestation aqueuse universelle ( Fabre d'Olivet, Vocabulaire radical.)

Le mot composé de ces deux racines, qui, dans un sens vulgaire, exprime l'amas des fluidités aqueuses, des eaux, semble avoir reçu du sens hiéroglyphique l'idée de la réunion de principes élémentaires aqueux, convertibles en eau et en vapeur : c'est sous cette double forme qu'il se montre les deux dernières fois, dans cette phrase célèbre. Cette phrase équivaudrait donc à celle-ci : « Qu'il se fasse une séparation au centre de maim, principe des eaux, et qu'il se fasse une séparation entre maim, les fluidités convertibles en eau, et entre maim, les fluidités volatilisables en vapeur. » Ce même mot maim, précédé du même signe qui, phonétiquement, résonne i, devient le nom de l'immensité des eaux, les mers, i-maim, que par euphonie on prononce iammim ; précédé de la racine sham, qui entraîne l'idée de tout ce qui s'élève et brille dans l'espace, et, hiéroglyphiquement, d'une étendue circonférencielle  ( Fabre d'Olivet, Vocabulaire radical.). Le même mot forme sha-maim, traduit par cieux, mais qui, littéralement, signifie eaux élevées, sublimées ou vaporisées. Voilà le mystère des eaux d'en haut et des eaux d'en bas, d'au-dessus et d'au-dessous du firmament.

« Et OElohim dit : Les eaux tendront fortement, par en bas de l'expansion, vers un lieu déterminé, unique, et l'aridité paraîtra; et ce fut ainsi : et il assigna à l'aridité, iabascha, le nom de terre, arets ; et à la tendance des eaux il assigna le nom de mers, iammim. Et OElohim considéra cela comme bon. »

L'opération qui extrait d'un même principe provenant du feu, deux corps identiques par leur nature, mais à un état différent, les mers et les cieux, étant terminée, l'aridité est mise à découvert, et ce corps nouveau recoit le nom d'iabascha, dont la signification est celle d'un corps provenant du feu et continuant à brûler dans son intérieur, ce qui prouve que les antédiluviens avaient les mêmes idées que nous sur l'état d'incandescence du centre de la terre* : ainsi cette théorie du feu central, qu'ont rendue incontestable les expériences de Cordier et de Fourrier, se trouve déjà proclamée par les savants qui écrivaient peut-être cent siècles avant nous.

* « Tabascha, l'aridité. C'est une chose non-seulement aridisée par le feu, mais une chose que le feu continue à brûler intérieurement. » Fabre d'Olivet.
Cette théorie du feu central se perdit complétement avec toutes les autres sciences naturelles ; et dans les derniers temps la physique, au lieu d'admettre ce noyau toujours incandescent du centre du globe, lui substitua une masse de glace. Voyez Plutarque, De primo frigido.

En comparant la description que Moïse fait de la création avec les circonstances cosmogoniques sur lesquelles cette description est fondée, on ne peut s'empêcher de connaître qu'à une époque bien postérieure à celle du législateur des Hébreux, il y a eu un dérangement dans l'ordre que ce grand homme avait dû assigner à cette création. Cet ordre indique, après le dixième verset de ce premier chapitre de la Genèse, les versets quatorzième, quinzième, seizième, dix-septième et dix-huitième, complétant la formation des corps célestes, et ayant rapport au partage du temps. Ceux qui avaient su déduire de la science l'histoire de la composition mécanique de l'univers, n'avaient pas placé sans doute une alternance de jours et de nuits avant l'organisation des astres dont l'existence devait seule la produire. En faisant ce léger changement, rien n'interrompt plus l'harmonie parfaite qui règne entre le récit de Moïse et ce que nous apprend l'étude tant de la croûte du globe que de la mécanique de l'univers.

« Et OElohim dit : Il existera dans l'expansion éthérée des cieux des clartés extérieures pour faire le partage entre le jour et la nuit ; et elles seront en signes pour les divisions des temps. Et elles seront comme des lumières sensibles dans l'expansion des cieux, pour briller sur la terre : et ce fut ainsi. — Et Dieu fit ce couple de grandes clartés extérieures , la plus grande pour représenter le jour, et la plus petite pour représenter la nuit, ainsi que les étoiles. Et il les placa dans l'expansion des cieux, pour exciter la lumière à briller d'une manière sensible sur la terre. »

L'univers est organisé, les astres roulent dans leurs orbes, les temps s'écoulent, la matière du globe se refroidit, et sa croûte oxydée se forme. Les premiers phénomènes géologiques font sortir des montagnes du sein de l'Océan primitif universel : alors commence la création des corps pourvus d'organes. « Et OElohim dit : La terre fera végéter une herbe végétante germant son germe, substance fructueuse portant sou fruit selon son espèce, et ayant en soi sa propre semence : et ce fut ainsi. — Et OElohim dit : Les eaux émettront à foison des principes vermiformes, et le volatile volant rapidement au-dessus de la terre sur la surface de l'expansion descieux. Et Dieu créa l'existence des immensités corporelles (monstres marins), et celle de tout être animé se mouvant d'un mouvement reptiforme, dont les eaux émettaient à foison le principe, selon leurs espèces, et celle de tout volatile à l'aile forte et rapide, selon son espèce ; et il vit que cela était bon. « Et OElohim dit : La terre fera provenir une âme de vie (une animalité), suivant son espèce, ayant quatre jambes, se mouvant et vivant d'une vie terrestre, selon son espèce; et ce fut ainsi. — Et OElohim fit cette animalité terrestre, selon son espèce , et ce genre quadrupède, selon son espèce, et l'universalité de tout mouvement vital de l'adamah, selon son espèce ; et il vit que cela était bon. »

Après que la multitude des corps célestes a été organisée, et lancée dans l'espace par la main du Créateur, cette main divine s'occupe de l'organisation de la terre. D'abord doit pousser la verdure, sans laquelle rien de ce qui a vie ne peut exister : l'herbe couvre la terre , qui devient alors propre à recevoir les êtres qui viendront l'animer; ensuite commence l'existence animale, quand les moyens d'alimentation lui sont partout assurés*: les premiers individus du règne animal sont des poissons et des reptiles aquatiques; et cette observation de Moïse, ou plutôt de ceux dont il exposait la doctrine, est confirmée par les faits**. Les animaux vivant dans les eaux vaporisées, c'est-à-dire, dans les airs, accompagnent ces reptiles et ces poissons ; ainsi les mers et les cieux reçoivent les premiers habitants du globe. Pour assigner un pareil ordre à la création, les savants antédiluviens avaient-ils remarqué des débris fossiles de ces deux espèces zoologiques dans les couches les plus basses de certains terrains secondaires, ou n'attribuaient-ils ainsi aux oiseaux et aux poissons cette communauté d'origine dans le principe commun des fluidités aqueuses que par induction, sur la remarque des habitudes de déplacements périodiques auxquels sont assujettis quelques individus de ces deux espèces de l'animalité?

* « II est démontré que la vie, sur notre globe, a dû commencer par la végétation. Avant l'existence de toute animalité, la végétation, très simple, se composait principalement de fougères arborescentes, et de lépidodendrons qui avaient jusqu'à 20 et 25 mètres d'élévation, avec un diamètre de près d'un mètre à leur base, composant des forêts comparables à celles de nos sapins, mais dont les feuilles avaient quelquefois un demi-mètre de long, avec ces fougères et ces prêles étaient des cryptogrammes vasculaires très nombreuses. Ces plantes si simples et si peu variées, qui n'occupent qu'un rang très inférieur dans la végétation actuelle, constituaient, dans les premiers temps de la création des êtres organisés, la presque totalité du règne végétal. La rigidité des feuilles, l'absence des fruits charnus et des graines farineuses, les auraient rendus bien peu propres à servir d'aliment aux animaux; mais les animaux n'existaient point encore; les mers seules offraient de nombreux habitants. » L'auteur, après avoir fait remarquer que l'immense quantité de carbone accumulé dans le sein de la terre à l'état de houille, a dû être puisée par ces premiers arbres de la création dans l'acide carbonique, qui, existant en excès dans l'athmosphère, aurait rendu toute vie animale impossible, ajoute :

« Cet ensemble de végétaux si simples, si uniformes, aurait, en purifiant l'air de l'acide carbonique en excès qu'il contenait alors, préparé les conditions nécessaires à une création plus variée. « Elle semble (cette création) avoir eu pour but de préparer les conditions nécessaires à l'existence de l'homme, et d'accumuler ces immenses richesses de combustibles que son industrie devait plus tard mettre à profit. » Lecture faite par M. Ad. Brongniart à l'Académie des sciences, séance du 11 septembre 1837.

** Les poissons sauroïdes, ces reptiles gigantesques, premiers animaux vertébrés, et qui ont des rapports d'analogie si directs avec les crocodiles, se trouvent en effet avec les baleines dans les couches les plus anciennes ; et c'est une chose très digne de remarque, que la Genèse en place la création avec celle des immensités corporelles des eaux, suivant l'expression de Moïse, c'est-à-dire, avec celle des cétacés.

On sait en effet que, pendant que l'air renferme des oiseaux voyageurs, la mer contient des poissons qui, à des époques réglées invariablement par la nature, changent eux-mêmes de mers et de climat : dans l'un ou l'autre cas, il n'en est pas moins certain que cette doctrine est le fruit de l'étude et de l'observation.

Les eaux et les airs sont remplis d'êtres animés; Dieu s'occupe d'en peupler à son tour la terre. Mais ici il y a une remarque bien importante à faire sur la différence très -significative des termes qu'employait le sanctuaire égyptien pour exprimer le même objet, suivant la différence des circonstances. La terre, d'abord iabasha, matière aridifiée par le feu et continuant à brûler à l'intérieur, est devenue aretz quand la végétation est venue la couvrir pour la rendre habitable. Parvenue à cet état, elle perd ce nom d'aretz pour prendre celui d'adamah, le domaine adamique. Alors paraissent les reptiles terrestres, les quadrupèdes, tous les animaux qui complètent le règne animal. Enfin, quand tous les êtres irraisonnables ont pris consistance sur cet élément de l'homme, ce dernier être, dont les restes ne se trouvent en effet nulle part à l'état de fossile, vient couronner le grand acte de la toute-puissance du Créateur; cest l'Adam. S'il est vrai, comme nous pensons l'avoir logiquement démontré, que le système cosmogonique professé par Moïse nous vienne des peuples antédiluviens, les éléments doivent s'en retrouver plus ou moins conservés, plus ou moins matérialisés, plus ou moins obscurcis, chez les peuples les plus anciens du monde postdiluvien : c'est ce qui a lieu en effet. L'origine du monde, dans les idées des Phéniciens, suivant Sanchoniaton, des Chaldéens, suivant Bérose, des Perses, selon Zoroastre, n'est qu'une doctrine identique avec celle des Égyptiens, doctrine qu'on retrouve également dans les idées des Canadiens sur la création, au milieu des extravagances et des absurdites dont l'ignorance les a entourées.

On découvre pareillement un fond de doctrine identique avec la création de l'homme, selon la Genèse, dans un premier homme tiré de la boue, et dans l'ange armé de l'épée flamboyante pour chasser la race impie, suivant la cosmogonie des anciens Péruviens*; le dogme d'une âme immortelle, répandu dans tout le continent d'Amérique aussi bien que dans les îles de la mer du Sud ; l'idée d'une vie à venir avec des peines et des récompenses, établie chez les naturels des îles Sandwich et des îles des Amis, rattachent également toutes ces croyances à un principe commun ; et ce principe remonte nécessairement à des temps antérieurs à ceux où un grand désastre isola violemment ces peuples les uns des autres. C'est pour expliquer la conformité de principes tant sur la cosmogonie que sur la philosophie avant et après le déluge, qu'ils remarquaient entre la Bible et les écrits de certains moralistes de l'antiquité, conformité dont ils ne savaient comment se rendre compte, que des commentateurs de toutes les époques ont imaginé de faire puiser dans les livres des Hébreux, aussi inconnus hors du sanctuaire juif avant l'époque des Lagides que l'étaient à la même époque les livres du sanctuaire égyptien, leurs modèles, les Zoroastre, les Confucius,les Sanchoniaton, les Pythagore, les Platon, et même Orphée, quand on n'a pas contesté l'authenticité de ses fragments. Ce système cosmogonique, que Moïse avait recu de la caste savante de l'Egypte à une époque où le sacerdoce égyptien était encore imbu de la science des peuples primitifs, est bien différent de celui que donne Diodore ; mais, du temps de cet historien, il n'y avait plus, même en Egypte, unité dans la manière d'envisager l'origine des choses ; et ce dissentiment est pleinement confirmé par Porphyre, dans sa lettre au prêtre égyptien Anebon (In Jamblico).

* Garcilasso de la Vega dit que les Peruviens donnaient au premier homme le nom d'Apalcamasca, qu'il interprète par terre animée.

Les uns regardaient alors le monde comme éternel et incorruptible ; les autres croyaient à une création, mais la rendaient tellement obscure et matérielle qu'on a de la peine à en pénétrer le vrai sens. Toutes les notions scientifiques en sont effacées, et à leur place on ne voit plus qu'une émission d'insectes attribuée à la putréfaction, la sortie de terre d'animaux qui, après une sorte d'incubation solaire, rompent les membranes qui les retiennent, comme les foetus des crocodiles rompent, sous le soleil qui les a échauffés, la coque de leurs œufs, et se répandent sur le globe : ceux de ces animaux qui ont le plus participé à la chaleur de l'astre incubateur s'élèvent dans les airs; ceux en qui domine le principe terreux restent sur la terre ; ceux en qui prévaut la nature aqueuse se précipitent dans les eaux : la boue du Nil finit par donner aussi naissance aux hommes. Nous n'avons rien à dire sur un système aussi mesquin, tracé par Diodore comme appartenant à l'Egypte: à l'Egypte, oui, mais l'Egypte complétement dégénérée.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 22:42

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

14ème partie

13ème partie

12ème partie

11ème partie

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

ÉPOQUES HISTORIQUES.




Voici maintenant l'ensemble de la tradition relative à Babel, expliquée selon le sens intime. Je mets en garde la traduction de MM. l'abbé Glaire et Franck pour le sens vulgaire et convenu. J'aurais pu choisir celle de M. Cahen, qui est beaucoup plus littérale ; mais M. Cahen est israélite, et M. Glaire a si vivement critiqué cette traduction, qu'il faut croire celle de ces messieurs meilleure*.

 

* Fabre d'Olivet n'a point traduit l'épisode de Babel ; son livre hébraïque n'explique que les dix premiers chapitres de la Genèse.

Je placerai la version mot à mot et les notes à la fin de cette dissertation.

Remarquez d'abord et pesez la valeur, sous le rapport chronologique et religieux, de cette locution traditionnelle, échappée du temple de Jérusalem et trahie par Esaïe.

"Les Egyptiens reviendront vers JÉOVÉ ( UShBOU OD JÉOVÉ), il se laissera fléchir par leurs prières.

"Israël se joindra pour troisième à l'Egypte et à Assur (IN DIE ILLA ERIT ISRAEL TERTIUS AEGYPTO ET ASSUR). Et  JÉOVÉ bénira cette union en disant :

BENIS SOIENT

         L'EGYPTE,              mon peuple ;
         ASSUR,                  l'ouvrage de mes mains ;
    et ISRAEL,                  mon héritage.

 

 

Voilà donc comment s'opéra la divulgation de l'écriture alphabétique, voilà comment, par l'usage de cette écriture, le langage primitif qui jusqu'alors avait été borné à un petit nombre de mots, s'enrichit d'expressions nouvelles, qui d'abord purent produire quelque embarras, mais qui bientôt après enrichirent la pensée et donnèrent à l'entendement humain tout l'essor dont ilétait susceptible et qu'en effet il a pris depuis.

Ainsi s'explique également, d'une manière simple et raisonnable, et par la seule puissance des mots, la cause et l'intention qui firent ériger cette tour si célèbre et pourtant si mal connue. On n'a plus besoin d'un miracle préparé par une absurdité, justifié par une crainte qui dégrade l'idée que nous devons avoir de la puissance de Dieu, pour en expliquer les conséquences; c'est- à-dire pour comprendre la confusion, l'embarras introduit effectivement à cette époque dans le langage.

On entrevoit aussi, sans recourir aux citations et aux commentaires, la vérité de ces mots connus et qui ne sont qu'une tradition égyptienne : Tot, imitant le ciel, fit les caractères des lettres; ou : —l'antique chef du Sacerdoce égyptien symbolisé sous le nom de TOT (TAUT, les signes, à cause de l'invention des signes, fit, en imitant les signes des constellations, les caractères des lettres; — imitation qui remonte donc à Babel pour ce qui est relatif à l'alphabet zodiacal et à celui de seize lettres.

Il me semble que cette tradition historique, doit avoir produit la preuve que l'invention des signes célestes est antérieure à l'idée d'ériger un observatoire astronomique dans le centre de Shinôr, appelé depuis Babylone.

Comme l'alphabet que nous trouvons à Shinôr est celui de Phaleg ou Pelage, alphabet de seize lettres, il en résulte également que l'alphabet osiridien n'en ayant que dix, est antérieur; et de plus , que la division astronomique en douze signes zodiacaux a dû succéder à une division différente, et par dix. Il est probable que pour cette division on avait fait usage de ces dix lettres, puisque six d'entr'elles, Aleph, Lamed, Beth, Caph, Mim et Nun, sont pour le Taureau, le Lion, la Vierge, la Balance, le Verseau et les Poissons.

Ceci nous ramène à ce que j'ai dit de la division de l'année en mois de vingt jours; mais ce n'est pas le moment de nous y arrêter.

Les traditions attribuent à ShT, ou SeTh selon l'orthographe ordinaire, l'invention des signes astronomiques, et l'on parle de ST-èles, tables ou colonnes érigées par lui ou sur ses enseignements pour conserver les sciences de l'ancien monde.

Le nom de ce personnage est célèbre en Egypte comme nom de constellation. Suivant que les observations étaient relatives au cours annuel des astres ou aux révolutions qui ont lieu sur la terre par le changement des mois et des saisons, ce nom recevait une prononciation différente, on le prononçait SeTh, SeThos ou SoThis dans le ciel, c'est-à-dire lorsqu'il s'agissait de la science astronomique ou de la sainte doctrine. Son nom était ToTh, TeTh, TeThos, ou ToThès, ou même A- ToThès, sur la terre, c'est-à-dire lorsqu'il traitait des révolutions annuelles. Sous le nom de Sothis, il fermait, il finissait l'année, et c'est ce que signifiait ST, STY ou SoTY. Sous le nom de Toth ou de ToR, au contraire, il ouvrait l'année, il en était le portier, et c'était une des significations de son nomTÔR.

L'auteur de la Genèse a négligé ces traditions, qui sont fort anciennes et qu'il a dû connaître : elles n'étaient pas nécessaires à son plan, ou peut- être jugea-t-il qu'elles étaient suffisamment indiquées par les significations attachées au nom de SheT, et par l'ensemble du texte qui paraît expliquer ce nom.

Quoi qu'il en soit, Seth est connu dans l'histoire du langage et de l'invention des lettres. Pour se rendre compte de l'identité entre son nom et celui de Toth, il suffit de se rappeler le déplacement de la lettre Sh et son changement en T.

A côté de ce nom, sous celui d'Enosch, Moïse a placé cette observation :

AZ ÉOVÈL —QRA  B~ÇhM JÉOVÉ, tunc cœptum est ad invocandum in nominc Domini, dans laquelle se trouve le nom de JÉOVÉ, anachronisme manifeste et reconnu, erreur de rédaction, consentie pour remplacer un mot antique et oublié par un mot nouveau, par un mot nouvellement révélé aux Israelites, et sur lequel devait reposer tout l'esprit théosophique des lois mosaïques.

Cette phrase est connue sous le rapport des difficultés qu'elle présente ; car, indépendamment de l'anachronisme remarqué par tous les interprètes, ce mot JÉOVÉ avec ce qui précède, établit évidemment, selon le sens vulgaire, qu'avant Enosch les hommes n'avaient eu aucune idée de religion , de culte, de piété, de prière; et cependant, remarquez ceci, ce serait à partir de ces institutions religieuses que daterait l'excessive corruption des hommes, corruption tellement grande, qu'elle motive le déluge.

Il y a donc erreur, et très certainement, dans cette manière d'interpréter les mots de la phrase.

Voici la traduction de M. Cahen :

« Alors on commenca par nommer par le nom « de l'Eternel. »

MM. Glaire et Franck ont traduit :

« C'est de son temps qu'on commença a invoquer le nom de l'Eternel. »

Ces messieurs n'ont pas sans doute pensé à la conséquence fâcheuse d'une semblable traduction. M. Cahen a mieux choisi le sens de sa phrase. On voit cependant combien elle est obscure; elle ne présente réellement aucun sens positif : que veut dire on nomma par le nom de l'Eternel. Etait-ce donc un usage dans l'antiquité, de prodiguer ce nom et de l'attacher à tout? Ce n'est pas ce que Moïse a voulu dire, lui si fidèle au respect des initiés pour ce nom sacré, lui qui défend si expressément de prendre ce nom en vain, d'en user sans respect, LÇhOUA.

Pour retrouver le sens de cette phrase, il faut donc faire disparaître l'anachronisme, et voir sous le nom de JÉOVÉ le mot primitif AÉI, comme les Juifs y voient le nom du Dieu que leurs ancêtres adorèrent dans le désert, ADONI.

De l'aveu de Moïse, JÉOVÉ est un mot que n'ont point connu les patriarches, un mot que lui- même, lui si savant dans les lettres sacrées, eut mission et autorisation de divulguer pour remplacer AÉI, nom de l'Eternel, Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

Ce point établi il ne nous restera plus qu'à rendre au mot QRA sa signification primitive qui est lire à haute voix, et l'on aura cette phrase:

« Alors on commença à lire par le nom AÉI.

Ce nom, on se le rappelle, est composé des trois premières lettres de l'alphabet osiridien, alphabet sacerdotal; sans leur concours toute lecture s'adressant a l'ouïe est impossible. Commencer à lire par le motAÉI, revient à notre façon de parler, commencer à faire usage de l'ABC. Mais il exprime plus encore, puisqu'il explique un fait historique.

Jusqu'au temps d'Enosch, la lecture avait été pratiquée au moyen des signes symboliques et hiéroglyphiques qui ne frappent que la vue ; alors, on commença à faire usage, on découvrit l'usage qu'on pouvait faire des caractères astronomiques osiridiens pour suppléer à l'absence des signes figurés sur les monuments ; on concut l'idée de faire
pour l'ouïe ce qu'on avait fait pour les yeux.

On remarqua que les signes astronomiques figurés par les osiridiennes A, E et I, pouvaient bien être rappelés à la pensée par le son connu et caractérisé de ces lettres, et l'idée vint de les associer avec les sept autres signes osiridiens. On convint de marquer ces combinaisons par des articulations bien tranchées, et ces articulations furent, L, B, C, D, M, N, Sh.

Il n'était pas difficile de s'entendre pour cela : il ne s'agissait d'abord que des sept combinaisons LA, BA, ÇA, DA, etc., et enfin de quatorze autres. Ces combinaisons s'adressant à l'ouïe et à la vue en même temps, il ne fallait pas un grand effort de mémoire pour les retenir.

Voici ces vingt-et-un monosyllabes, les premiers mots alphabétiques que les hommes aient inventés et écrits: LA, LE, LI; BA, BE, BI; ÇA, CE, CI;DA, DE, DI; MA, ME, MI; NA, NE, NI; ShA, ShE, ShI. On serait tenté de demander s'il n'y aurait pas quelque rapport entre ces dénominations primitives et les vingt et une constellations septentrionales que les anciens comptaient hors du zodiaque (Voyez pag. 73, n. 4 el 5).

Ces vingt et un monosyllabes étant devenus familiers, on comprit la possibilité de créer de nouvelles combinaisons, qui parlassent comme les premières à l'ouïe ainsi qu'à la vue, et l'on eut bientôt une langue factice composée de cent mots scientifiques.

Ce fut la première langue alphabétique et l'origine de toutes les autres.

Cette langue si bornée s'accrut par l'invention qui eut lieu à Babel, et elle devint l'hébreu primitif, puis enfin l'hébreu de Moïse.

Les premières lettres de l'alphabet osiridien étaient le nom de l'Eternel.

Alors on commença à lire au moyen de ces lettres.

Il était donc bien vrai, bien exact de dire, comme Moïse : alors on commença à lire par le nom de l'Eternel; mais il fallait savoir quel était ce nom. Ce ne pouvait être JÉOVÉ, cette dénomination n'existait pas, c'était donc AEI.

Ce fut sous le fils de Seth, sous ENOSCH, que cette mémorable découverte eut lieu ; et c'est en effet à Enoch (par similitude du nom) qu'on attribue le premier, le plus ancien livre écrit; livre cité par saint Jude, par Tertullien, par Origène ; livre qui, dit-on, existe encore en éthiopien.

Remarquez enfin que ce mot ENOC signifie l'initié, l'initiateur, celui qui a reçu l'enseignement et celui qui le donne.

Ainsi, nous avons les époques précises de l'invention des deux premiers alphabets.

Le plus ancien, du temps d'Enosch, avant l'époque du grand cataclysme appelé le déluge.

Le second, après ce déluge, à l'époque où l'on met communément la tour de Babel et la confusion des langues.

On peut placer environ cinq siècles après Babel l'invention du troisième alphabet, celui dont les lettres furent nommées assyriennes, d'AÇhR. Il est plus ancien que Moïse, puisque, suivant Philon, Moïse apprit les lettres assyriennes en Egypte.

Cet alphabet fut donné aux Hébreux par Moïse avec la langue hébraïque. Les prêtres égyptiens qui l'avaient instruit, et dont il avait révélé les principes religieux et la langue sainte, l'appelèrent, de l'aveu de Manethon, prêtre égyptien lui-même, AShR-ShaPh, mot hébreu composé déjà vu, et qui signifie langue parfaite, parole de félicité et de bonheur.

Ce mot, échappé à un prêtre égyptien qui traite fort mal la population israëlite, et qui ment évidemment lorsqu'il donne les motifs de leur sortie d'Egypte, confirme ce que j'ai dit de la langue ambrique, la même que la langue hébraïque, et laisse entrevoir bien des mystères. Il resterait à déterminer historiquement cette troisième époque, mais elle importe peu maintenant et j'en réserve l'étude pour une autre occasion, si je dois continuer la version de la Génèse par le sens intime et rationnel.

Il résulte de ces alphabets, ainsi chronologi quement rapprochés, que les lettres Th, S, Ph, Tz, Q et R étant les dernières inventées, les mots où elles se trouvent sont modernes en comparaison des autres, et appartiennent à la troisième époque.

Que les racines ou mots écrits avec les seules osiridiennes appartiennent au contraire à la première époque.

Que les racines où ces lettres osiridiennes sont jointes aux caractères G, Y, Z, E, T et Ô, peuvent appartenir à l'alphabet zodiacal, ainsi qu'à la seconde et a la troisième époque.

Que les racines d'où sont banies les osiridiennes sont de la seconde ou de la troisième époque.

Et qu'enfin en poursuivant la racine monosyllabique d'un mot, il faut avoir égard à l'ordre successif et chronologique des caractères.
Chercher le mot par A, puis par Ô ;
par E, puis par E ;
par I, puis par Y ;
par B, puis par Ph ;
par D, puis par T et par Th ; ,
par C , puis par G et par Q ;
par L, puis par R ;
par M,
par N,
par Çh, puis par Z et par S et Tz.
Alors on trouvera :
100 racines de deux lettres pour 1ère époque,
156 idem — pour la 2ème époque,
228 idem — pour la 3ème époque.

En tout484 racines primitives de deux lettres. Si toutes ne sont pas usitées, elles ont pu l'être; mais il peut y avoir eu des rapprochements de lettres impossibles, comme, par exemple, celui de U première radicale avec toute autre lettre qu'elle même ; celui de l'A et de l'Ô, qu'on ne trouve que dans trois ou quatre mots orthographiés chaldaïquement.

Cette antipathie n'existe pas dans les mots soumis aux formes grammaticales, ce qui prouve que ces formes sont modernes, et qu'elles étaient primitivement des mots détachés, mis à côté de ceux sur lesquels elles devaient produire une action ou modification.

Quelle peut avoir été la cause de cette antipathie?

Provenait-elle de la signification radicale des caractères ?

En effet,
A peint le bruit, le son, l'éclat d'un objet;

É peint l'être, l'existence;

I peint la vue, la manifestation, l'indication d'un objet;

O ou A peint la voix, l'ouïe, la lumière;

E peint la vie, le mouvement vital;

Y, OU, peint la vue incertaine, le doute; l'indication vague, douteuse ; la situation entre plusieurs objets.

Enfin, il est très remarquable que toutes les inflexions grammaticales des verbes, que toutes les formes des pronoms postfixes ou préfixes, que les articles, prépositions et particules adjonctives ou conjonctives appartiennent toutes à l'alphabet de la première époque, et qu'il n'y ait d'exception que pour l'Y et pour le T, qui sont de la seconde :
Y, qui pour la forme hébraïque, pour la valeur et l'emploi, remplace si souvent et si facilement la lettre I de la première époque ;

T, qui figuré + dans l'hébreu ancien et sur les médailles, a pris cette forme du Çh ou Sh dans l'alphabet primitif; et qui remplace si facilement cette lettre Çh ou Sh dans une foule de noms devenus chaldaïques par ce changement.

Il y aurait quelques observations à faire sur l'usage du pronom préfixe Çh, que l'on dit postérieur au siècle de Moïse (Gramm. hébr. de l'Advocat. ) ; mais il suffit de considérer qu'AÇhR est un mot fort important, dont on n'a pu hasarder une abréviation que tard. La remarque est d'ailleurs inexacte : l'adverbe B-Çh-GM par-ce-que Genèse 6. 3. (sens littéral), est composé de B préposition, de Çh relatif et de GM; ainsi, la conséquence qu'on a tirée de l'absence de cette abréviation, pour prouver l'antériorité des livres de Moïse, tombe. Cette abréviation est au surplus fort rare, excepté dans les Psaumes, l'Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 21:55





AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

13ème partie

12ème partie

11ème partie

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

ÉPOQUES HISTORIQUES.



BABEL

 


Nous laisserons à des curiosités tristement laborieuses, dit M. l'abbé Latouche, la tour de Babel et ses briques hiéroglyphiques. » Nous ne sommes pas si dédaigneux. M. l'abbé Latouche avait renoncé aux dénominations antiques des lettres de l'alphabet, et ces dénominations nous ont découvert l'existence d'un alphabet zodiacal. ll abandonne maintenant la tour de Babel : voyons, peut-être y trouverons-nous quelque chose.

 

Nous avons dit que le second alphabet, composé de seize lettres, est celui que les historiens ont appelé Pélagien. Le nombre de lettres de cet alphabet a varié plus tard.

Ce mot PeLaG ou PhaLeG doit nous apparaître maintenant comme une révélation entière.

En effet, ne suffit-il pas de ce mot pour rappeler à notre souvenir une époque célèbre dans l'histoire de la parole, et que l'auteur de la Genèse, quel
qu'il soit, a caractérisée par ce nom symbolique, BABEL?

Cette époque, c'est celle où la langue parlée d'un peuple primitif éprouva une révolution générale par le surcroît d'un grand nombre de mots nouveaux.

La signification de ces mots n'étant pas bien déterminée, ou n'étant pas comprise du vulgaire, il en résulta ce qu'on a appelé la confusion des langues.

On concevra sans peine qu'une langue dont jusqu'alors dix caractères avaient peint toutes les articulations, tous les sons, dut être prodigieusement changée ou rendue méconnaissable par le mélange de six nouveaux caractères qui peignaient tous des sons nouveaux et des articulations nouvelles ; qui créaient enfin des mots étranges, illisibles, ou n'offrant aux yeux qu'une espèce d'hiéroglyphes inconnus.

Ainsi, c'est à Babel, c'est à l'occasion de cette tour célèbre, consacrée alors comme depuis aux observations astronomiques, qu'eut lieu la première réforme de la langue sacrée, de la langue hébraïque primitive.

Examinons d'abord le verset principal de cette précieuse tradition, à laquelle l'auteur a donné littéralement le sens et la forme d'un fait miraculeux; nous étudierons ensuite l'ensemble et le sens intime ou rationnel du récit.

Selon l'interprétation vulgaire du texte, il n'y avait autrefois sur toute la terre qu'une seule langue, et les hommes n'avaient qu'une seule manière d'exprimer leurs pensées.

Quelques-uns étant partis de l'Orient, arrivèrent dans la plaine de Sénaar, et s'y établirent.

Ils préparèrent les matériaux nécessaires pour une construction gigantesque, — et ils se dirent ensuite :
BATISSONS-NOUS UNE VILLE ET UNE TOUR DONT LE SOMMET TOUCHE AUX CIEUX, FAISONS-NOUS UN SIGNAL : PEUT-ÊTRE SERONS-NOUS DISPERSÉS SUR LA TERRE.

Voici le texte avec la traduction interlinéaire.
ÉBÉ      NBNÉ    LNOU    ÔIR             U-MGDL U-RAÇhOU
agite, œdificamus nobis civitatemet turrim    et caput ejus
B-ÇhMIM,   U-NÔÇhÉ     LNOU     ÇhM      PhN
incoelum,   et faciamus   nobis     nomen    ne forte
NPhOUTz      ÔL     PhNI   CL     EARTz.
dispergamur super faciès omnis terrœ.

La traduction de M. Cahen est plus exacte que cette version, et cette exactitude tient à l'emploi du mot signal pour rendre l'hébreu ÇhM; elle est surtout supérieure a celle de MM. Claire et Franc, que voici : « Essayons de nous construire une ville et une tour dont le sommet s'élève jusqu'au ciel, ( nous rendrons par là notre nom célèbre, ) afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de la terre. »

Néanmoins la traduction de M. Cahen ne reproduit que le sens apparent et littéral du texte ; elle ne nous offre encore rien de relatif à l'objet réel de ce monument.

Pour avoir le sens intime de ce texte, il ne faut que rapprocher davantage de leur signification primitive les mots ÔIR, MGDL, RAÇh et ÇhM.

ÔR, ÔIR ET ÔYR.

OYR ne signifie une ville que secondairement, et par une application de la valeur qu'il a dans le sens intime de ce passage. Il veut dire veiller et tenir éveillé ; tenir les yeux ouverts pour observer dans les ténèbres, dans l'absence d'AYR, de la lumière, car ce mot, qu'on peut prononcer AYR, est évidemment la transcription d'AYR, AUR prononcé négativement.

ÔYR, ÔIR, employé pour désigner un monument, un édifice, une construction haute et fermée (arcem) ne peut donner d'autre idée que celle d'un lieu où l'on veille, où l'on observe pendant la nuit, en un mot d'un observatoire; et même ce sens d'observer se rapporte aux astres : ainsi, ÔYR est aussi l'esprit qui veille sur un des astres, et le pluriel ÔYR-IM, les intelligences qui dirigent le mouvement des astres.

Ce mot, appliqué à l'ensemble d'une quantité de monuments élevés par les hommes, a dû signifier une ville : il s'est écrit ÔR et ÔIR, et même alors il fait naître la pensée d'une surveillance exercée autour de soi, de nuit d'abord , de jour ensuite, dans une enceinte entourée de murs, ou fermée de toute autre manière.

Quant au changement de la lettre Y en I, il ne doit plus étonner ; ce changement est d'ailleurs fort commun dans la langue hébraïque. Il ne faut en tenir compte dans l'étymologie; on les voit disparaître ici pour laisser à nu la racine ÔR, qu'on retrouve dans le pluriel ÔR-IM. Il suffit de comparer la forme de ces deux lettres Y et I,ו י, en hébreu, pour s'expliquer comment indépendamment du son souvent le même, elles peuvent être employées l'une pour l'autre.

MGDL


Le mot MGDL qui suit ÔIR, et qui lui est joint par la conjonction U, explique l'objet pour lequel on veut élever et bâtir cet observatoire. M-GDL signifie bien une tour, mais ce n'est que dans un sens dérivé; et la preuve que l'idée d'une construction colossale de ce genre ne lui convient pas d'une manière absolue, c'est qu'il signifie tout aussi bien une chaire, une tribune de laquelle on peut haranguer dans un temple ou ailleurs. Nous l'avons vu employé dans ce sens, à l'occasion de la lecture du nouveau Pentateuque revu par Esdras.
 

Pourquoi donc ces significations si opposées?

C'estqu'en les attribuantau mot MGDL*, on n'a eu égard qu'à la forme des objets construits; c'est que le mot GDL, sur lequel il s'élève, appelle l'idée d'une chose tournée, ou qui entoure et fait le tour; d'une bande, d'un cordon, d'une zone, d'un ruban déroulé, en forme circulaire, ce que représentent en effet les bords d'une tribune, et en grand les murs d'une tour.

* Ce mot MGDL avait été pris dans le sens d'obélisque : c'est une erreur, quant à ce passage du moins. (Essai, p. 285. )

Enfin, le mot GDL avait probablement, lorsque, l'auteur de ce récit en fit usage, la signification qu'il a gardée dans l'arabe, et il désignait une table astronomique, un calendrier.

Les Coptes avaient conservé l'idée de tour pour désigner les signes du zodiaque.

En arabe BRG ou BRGA, une tour, désigne le zodiaque et les douze signes du zodiaque*.

* Voyez entr'autres le Lexicon Pentaglotton de Schindler.

Cette zone, cette bande rubannée et arrondie pour laquelle on veut construire un obervatoire, est donc un cercie astronomique, un calendrier dans le genre du grand cercle élevé sur le tombeau (EPI TOU MNÈMATOS) d'ISO-mandès ou OSl-mandès, d'Osimandias, personnage allégorique par son
nom même ; et c'est probablement ce cercle célèbre que l'auteur avait présent à sa pensée lorsqu'il rédigeait cette partie de la Genèse.

Le sens des mots du verset est donc jusqu'ici : bâtissons-nous un lieu d'observation, un édifice pour veiller et pour observer les astres ; ou bâtissons-nous un observatoire et une tour, un cercle astronomique.

Ce sens modifie celui des mots qui suivent ; RAÇh-OU B-ÇhMIM, sa tête est ou sera dans les cieux : ce qui ne signifie pas positivement dont le
sommet touche aux cieux.

RAÇh.

Le mot RAÇh désigne le chef, la tête, mais il les désigne comme principe dirigeant et d'où découlent les choses ; comme le principe ( non le commencement) des choses, la cause qui les génère.

La signification de ce mot, on le sent bien, suppose un mouvement directif agissant de haut en bas, du commandant au commandé, du supérieur à l'inférieur, et non de bas en haut comme le sens vulgairement adopté l'indiquerait nécessairement.

ÇhMIM.


Il ne nous reste plus qu'un mot à étudier, mais ce mot est de la plus grande importance, c'est le singulier de ÇhMIM, les cieux.

 

Ce singulier estÇhM, en arabe ÇhM-A, le ciel ; on le traduit : signe, signal, nom; c'est la racine du grec SèMA, un signe, une marque, un astre, un signe horaire, une lettre.

Il signifie SIGNE, parce que le ciel est la partie de l'univers pour laquelle les hommes ont primitivement fait usage de signes.

Il se rend par NOM, parce qu'un nom est un signe ; et parce que les hommes n'ont inventé les lettres, au dire formel des anciens, que par l'imitation
même de ces signes.

ÇhM est donc bien réellement le singulier de ÇhM-IM, les cieux, et sa signification littérale et précise, bien qu'on l'ait communément négligée après l'invention de l'alphabet de vingt-deux lettres, est un ciel, un ciel signifère,un ciel astronomique, parce que dans le vieux langage hébraïque et dans l'hébreu de Moïse, l'idée de ciel ÇhM-IM, est inséparable de celle de signe, ÇhM.

Conçoit-on que la signification radicale d'un nom sorte d'un pluriel ? et conçoit-on qu'elle reste étrangère au singulier de ce nom? Mais alors, pourquoi et comment le pluriel ? pourquoi le pluriel de tel nom plutôt que de tout autre ? ÇhM est donc bien réellement encore un ciel figuré par la main des hommes. Or, que peut être un ciel astronomique fait par la main de l'homme sur une bande circulaire, sur une tour, si ce n'est un zodiaque et un planisphère céleste ?

On s'explique maintenant la singularité de ce mot ÇhMIM, les cieux, au pluriel, pour un objet qui est un dans la nature et qui ne permet même pas l'idée d'une pluralité, comme le permettent les mots Dieu, soleil, car on peut avoir l'idée de plusieurs puissances, de plusieurs Dieux, de plusieurs soleils: l'espace semble pouvoir en contenir un grand nombre ; mais les hommes n'ont jamais pu concevoir naturellement plusieurs cieux*. On voit que cette singularité est due à la multiplicité des signes astronomiques, et aux tableaux de ces signes, on voit également que dans plusieurs circonstances
ÇhM-IM doit signifier les signes du ciel, les signes astronomiques, l'ensemble des constellations figurées, un planisphère céleste.

* Le caractère chinois de ciel est composé de deux hiéroglyphes qui signifient LE GRAND-UN , tant l'idée du ciel tient à celle d'unité.

On voit enfin que la création de ce mot ÇhM pour désigner le ciel, est encore un ouvrage, une production de l'esprit de l'homme, qu'elle est étrangère au langage donné, inspiré par la nature et l'organisation vocale de l'homme ; que cette création est postérieure à l'invention des signes astronomiques, et qu'elle n'est due qu'à ces signes.

La division du ciel en trois ciels, ou trois zones superposées, a une autre origine que nous trouverons quand nous en serons aux premiers versets du second chapitre de la Genèse.

ÇhM n'a pu désigner un nom, comme nous entendons ce mot, que tard et après la divulgation de l'écriture alphabétique. Or l'usage commun de cette invention a presque effacé du mot ÇhM, même la signification de signe, caractère, marque, symbole, hiéroglyphe, et ne lui a laissé que celle de nom.

Venons-en à l'origine de ce mot, un des plus importants de la langue hébraïque.

L'invention de l'écriture provient de l'imitation des signes célestes ; les traditions égyptiennes et phéniciennes nous le disent, et nos études l'ont déjà suffisamment montré. ÇhM était le nom qui désignait ces signes, puisque son pluriel  ÇhM-IM signifie les cieux. Mais pourquoi ce mot ÇhM et non tout autre ? Le voici, et cette étymologie, qui explique la cause du choix qu'on fait, prouve aussi que ce mot doit avoir au singulier la signification que l'usage moderne lui refuse, ou que le sens convenu lui a enlevé.

ÇhM est le mot antique de l'araignée, dont l'ouvrage suspendu dans les airs au milieu des campagnes et se détachant sur le ciel, est travaillé en forme circulaire et divisé en rayons et en zones comme le tableau du ciel ou des signes du ciel, comme les premiers planisphères célestes. De là seulement est venu pour ce mot ÇhM l'ensemble des significations qui lui sont ici restituées, et qu'il doit prendre souvent dans le texte de Moïse et dans les paraboles ou allégories relatives à des usages qui se rapportent aux premières époques de la civilisation humaine.

Je néglige les inductions qui expliqueraient enfin l'origine et le comment de l'idée qui fit imaginer ces planisphères célestes. Je dirai seulement, parce que le mot araignée peut avoir paru trop peu noble à quelques personnes, et pour justification historique, qu'Eudoxe, qui séjourna si longtemps en Egypte, fit connaître un cadran fameux que l'on appelait l'araignée, à cause des signes horaires et des courbes qui y formaient une sorte de réseau*.

* Voy. M. Jomard, Syst. métrique des Égyptiens, pag. 239

Ainsi donc, la traduction précise de la première partie du verset sera : bâtissons-nous un observatoire et une tour, un cercle astronomique, dont le principe sera dans les constellations du ciel.

Après cette première partie, maintenant connue, viennent ces mots, U-NÔÇhÉ LNOU ÇhM, que l'on traduit : faisons-nous un signal, ou rendons notre nom célèbre, et qui ne peuvent l'être ainsi.

Il a fallu évidemment la contrainte de l'habitude et du sens convenu pour traduire U-NÔÇhÉ par faisons-nous.

Le mot NÔÇHÉ est un futur convertible et non un impératif; il ne signifie pas non plus nous ferons, puisqu'il faut le tourner par le passé, mais nous avons fait; et comme s'être fait une chose c'est l'avoir, OÇhÉ signifie aussi avoir : dans cette phrase, U NOÇhÉ est donc pour: or, nous avons; or, nous nous sommes fait.

J'ai parlé de futur convertible ; ceci mérite, exige même une digression.

Ce mot futur convertible signifie entraîné du futur au passé. Ce mouvement a lieu par la force de la conjonction U ou Y, que l'on traduit communément par et, or, etc.

J'ai déjà dit quelque chose de la puissance de cette voyelle (page 83) ; un plus grand détail est nécessaire, parce que dans les traductions qui vont suivre on verra presque partout le futur prendre la signification du passé, par la seule puissance de cette lettre.

OU, que l'on transcrit aussi U et Y, est une voyelle dubitative, c'est-à-dire exprimant le doute, l'incertitude. Elle se place entre deux idées, ou deux mots ayant un sens différent. Quand elle ne peut faire douter de la signification de l'un par la signification de l'autre, elle s'attache aux deux ; également et en même temps, elle les lie entr'eux, elle opère un mouvement qui les rapproche, elle saisit l'un et n'abandonne point l'autre. Quand elle se joint aux verbes, elle entraîne le temps connu et désigné vers celui qui ne l'est pas; elle opère ainsi une conversion, et c'est pour cela qu'on dit
qu'elle est convertible.

Elle attaque donc le futur énoncé, le rend douteux et par cela seul elle le tourne au passé, car les verbes en hébreu n'ont que ces deux temps. Elle change de même le passé en futur.

Elle saisit l'objet que la pensée considère en état de repos, ou de matière, ou d'inertie, et frappant de doute cette manière d'être, elle le produit au mouvement et à la vie: ainsi, lorsqu'elle s'ingère dans un nom, elle lui donne un mouvement vital et le fait verbe. C'est ainsi qu'elle opéra sur tous les mots et monosyllabes qui avaient précédé sa création ; et comme il faut qu'elle saisisse deux objets à la fois, elle se plaça entre les caractères de ces
monosyllabes.

Cette lettre si singulière appartient à la seconde époque de l'alphabet, à l'époque même dont nous nous occupons dans ce moment. Son origine est donc à Babel : qu'on juge de la confusion que sa puissance opéra dans le langage écrit et probablement dans la langue parlée!

Son nom et sa forme ont été choisis pour exprimer cette propriété de saisir et d'attirer à soi : ו en hébreu, Y dans les caractères grecs, donnent l'idée d'un croc, d'une pince ; dans l'alphabet zodiacal elle est représentée par les pinces ou serres de l'écrevisse, dont le mouvement est censé rétrograde ou reporter en arrière.

Tout le mystère de sa force convertible résulte de cette signification dubitative et rétrocessive OU ; elle peint un mouvement de bascule entre l'un ou l'autre, avoir clé ou devoir être. Ainsi, placée devant devoir être de cette manière ou devoir être elle lui fera signifier avoir été. Placée devant avoir été, elle lui fera signifier devoir être.

A la fin des noms et des verbes elle saisit l'objet dont on parle et le désigne, lui, il, de lui, à lui.

Ses valeurs comme relation conjonctive sont une conséquence de la signification de doute et d'accrochement à tout. On la traduit ou, et, mais, cependant, or, alors, puis, après que, quand, c'est pourquoi, etc.

Elle ne peut être première radicale dans aucun mot, si ce n'est son nom formé des deux pinces de l'écrevisse (Voyez l'alphabet zodiacal.). On conçoit cette exclusion, la place qu'elle occupe à la tête des mots ne lui est accordée que pour l'exercice de ses fonctions grammaticales -, dans le corps des racines où elle se trouve, elle agit par usurpation et remplace la lettre I.

Considérée sous le rapport générant et général de sa signification matérielle cette lettre désigne : la vue incertaine, l'indécision ; l'indication douteuse, produisant le rapport, le rapprochement de plusieurs objets.

L'invention de cette lettre et sa puissance sont, comme on voit, une production de l'esprit et du raisonnement; sa présence dans l'alphabet zodiacal fixe son origine à Babel. Elle est tout un système grammatical; elle confirme ce que j'ai dit : les langues alphabétiques sont des langues créées par l'usage de l'alphabet même, et autres que le langage naturel de l'homme.

14e partie

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 01:11

 

3 L'Égypte pharaonique, ou,

Histoire des institutions des Égyptiens sous leurs rois nationaux

 

 Par Dominique Marie Joseph Henry

1846

1ère partie

2ème partie

 

PARTIE THÉOSOPHIQUE.


THÉOLOGIE.

I. COSMOGONIE.

CHAPITRE II.


Le système cosmogonique de Moïse est antédiluvien. — Moïse l'a emprunté aux Égyptiens. — Quels furent les premiers habitants de l'Egypte. — Pourquoi les sciences des antédiluviens se perdirent hors de l'Egypte, et se conservèrent dans cette vallée.

Nul mortel n'a assisté à l'œuvre du Créateur, aucun regard humain n'a donc pu en dévoiler le mystère, et rapporter ce qui s'est passé à la grande époque de l'origine du monde. Les livres saints ne disent nulle part que les opérations et la marche de cette création aient été révélés à l'homme ; des communications entre Dieu et le chef de la race humaine n'ont eu lieu que pour ce qui était déjà , et non par rétrospection ; les derniers versets du premier chapitre de la Genèse le montrent clairement.

Moïse, cependant, raconte tout ce que la main de Dieu a opéré pour former l'univers; et ce qu'il nous rapporte est d'une exactitude telle, que les progrès que les sciences ont faits de nos jours viennent appuyer de leur irrécusable témoignage chacune de ses narrations. Si ce que ces écrits nous apprennent est précisément ce que l'état actuel de la science nous démontre, comment l'a-t-il appris ? Pour rendre raison de la manière dont Moïse a pu savoir ce qui s'était passé à la formation du monde, le savant dom Calmet en est réduit à supposer que le chef du peuple hébreu avait pu en puiser la connaissance dans des écrits et des mémoires conservés dans les familles des patriarches ; mais c'est là fuir devant la difficulté, et non pas la résoudre. Qui avait écrit ces mémoires? qui avait vu l'accomplissement des faits? Et si la nation juive n'a commencé qu'à Abraham, à qui Dieu dit qu'il le rendrait le père d'un grand peuple, quelle famille de cette nation avait pu conserver ces mémoires ou rédiger ces écrits? Veut-on remonter jusqu'à un premier homme? Alors qui avait appris à celui-ci ce qui s'était passé avant son existence? Il faudrait encore recourir ici à une foule de suppositions qui ne feraient que placer la difficulté sur un autre terrain, sans lui faire faire un seul pas vers la solution, sans en diminuer en rien la force.

La Bible de Vence ne voït pas d'empêchement à ce que Moïse ait appris ces choses dans les temples égyptiens (Tome I, page 151). Quoique le fait soit vrai, la question n'en revient pas moins la même pour les prêtres de ces temples; car de qui tenaient-ils cette connaissance? Puis donc que personne n'a pu assister comme témoin et historiographe à la création, et que Dieu n'en a pas révélé les procédés et les actes, il faut bien que le secret de ses opérations ait été surpris par les méditations des hommes, à la vue des résultats que leur montrait l'étude : la conséquence inévitable d'un tel fait, c'est que la science géologique avait été cultivée avec le plus grand succès par ceux qui purent d'après ces phénomènes, combiner le système entier de la cosmogonie.

Ce point principal convenu ( et il est impossible de se soustraire logiquement à sa démonstration ), il ne serait pas difficile de prouver, s'il en était encore besoin, que ce n'est pas le sol si borné de l'Egypte qui à pu devenir la matière de si savantes, si laborieuses, si immenses recherches ; de telles connaissances exigent de profondes et pénibles études, que des travaux, et des observations longtemps continuées et comparées sur divers points du globe, pouvaient talent seuls amener.

On est donc forcé de reconnaître que ces hautes connaissances, fruit de la civilisation la plus avancée, ne pouvaient pas sortir d'une misérable vallée entourée de montagnes qui n'auraient pu fournir que des notions géologiques très-bornées; vallée, d'ailleurs, dont l'existence remontait à trop peu de temps; que ces connaissances venaient de plus loin; qu'elles appartenaient à ces peuples premiers qu'une suite de siècles dont il est impossible d'apprécier le nombre, et de longues et sérieuses études sur l'organisation de l'univers, avaient rendus familiers avec toutes les sciences qui en sont le produit.

La question de savoir d'où venaient les peuples d'Ethiopie qui furent les premiers cultivateurs du sol égyptien, et qui transportèrent sur cette terre les institutions héritées des peuples primitifs, est la première qui se présente ici. Ces peuples n'appartenaient ni par la couleur ni par les traits du visage aux aborigènes de l'Afrique. Les langues que parlent les nègres n'ont aucun rapport avec celles de l'Orient, que des affinités font filles d'une langue mère, et par conséquent antédiluvienne; ces nègres n'ont conservé aucune trace, quelque légère qu'elle puisse être, des connaissances que nous reconnaissons aux peuples primordiaux, ce qui semble établir qu'ils étaient, même dans le premier âge, aussi étrangers à la civilisation qu'ils le sont de nos jours.

Les peuples qu'épargna le grand cataclysme furent, sans contredit, tout au moins ceux qui se trouvaient dans les parties les plus élevées du globe, à la limite des régions inhabitables. Ceux qui vivaient sur le grand plateau d'Asie, sur les versants des hautes chaînes du Taurus et du Caucase, durent être de ce nombre; et c'est par cette raison sans doute, que l'Asie a toujours été considérée par les postdiluviens comme la ruche mère du genre humain (*).

(*) En rendant compte dans le Journal des Savants, mai 1887, d'un ouvrage intitulé Sur les noms des mois chez quelques anciens peuples. M. Eugène Burnouf remarque que la filiation des peuples occidentaux avec ceux de l'Asie se reconnaît encore dans la langue irlandaise, qui a conservé plusieurs composés tout à fait analogues à ceux que forme le sanscrit. M. F. Lajard, dans le prospectus de l'ouvrage intitulé Recherches sur le culte de Vénus en Orient et en Occident, dit aussi que « les progrès brillants des langues orientales ont depuis quelque temps mis hors de doute la communauté d'origine qui existe entre certains idiomes de l'Asie et la plupart des idiomes de l'Europe ancienne et moderne, notamment le grec et le latin. »La communauté d'origine des langues indo-européennes n'est plus aujourd'hui un fait nouveau ni contestable, ou plutôt ni contesté. Les peuples asiatiques ne furent pas les seuls qui échappèrent en partie aux ravages du grand cataclysme : l'Amérique conserva aussi une partie de ses habitants; et il est bien constant que les insulaires de la mer du Sud sont aussi, eux-mêmes, les débris de la population du continent affaissé, dans cette partie, de la grande ile Atlantide. Cette observation modifie considérablement encore les idées sur la hauteur à laquelle les eaux du cataclysme portèrent leurs ravages. Dans les séances du mois de janvier et du mois de février 1843, de la Société ethnologique de Paris, M. d'Eichthal a lu un mémoire sur les rapports qui , d'après certaines analogies linguistiques, paraissent avoir existé entre l'ancienne Egypte, l'Océanie et l'Amérique. Journal de l'Institut, février et mars 1843.

 De cette région partirent les colonies qui passèrent en Ethiopie, et qui s'étendirent au nord des cataractes. Si nous considérons que l'historien Ephore plaçait, suivant Strabon, des peuples qualifiés d'Éthiopiens dans les environs de Joppé et dans la Palestine, et que c'était là que se trouvaient ceux dont parle Homère ; si nous remarquons qu'Hérodote place dans l'armée de Xerxès des Ethiopiens asiatiques qui n'étaient guère différents des Indiens (*), nous serons conduits à penser que ce titre d'Ethiopiens, c'est-à-dire brûlés, avait été donné d'abord à tous les peuples dont le teint basané semblait être un effet de l'ardeur du climat, et que parla suite le nom en resta aux seuls habitants des rives du Nil, au sud des cataractes, en souvenir de leur origine asiatique (**).

(*) Nous avons déjà montré que la Bible considère comme appartenant à l'Ethiopie asiatique le pays de Madian.

(**) Eusèbe fait venir les Éthiopiens des bords mêmes de l'Indus mais il place, on ne sait pourquoi, cet événement sous le règne d'Aménophis I.

Quant à la filiation des Éthiopiens et des Égyptiens, avouée par toute l'antiquité, elle est démontrée d'une manière qu'on peut qualifier d'incontestable, par la comparaison des traits du visage des momies avec ceux des habitants actuels de la Nubie et de l'Abyssinie. Le voyageur français M. Caillaud a prouvé, de plus, que les principaux objets qu'on voit figurer dans le culte des Egyptiens étaient des produits étrangers à l'Egypte, et exclusivement inhérents au sol de l'Ethiopie.

L'origine des Egyptiens et des Éthiopiens, se rattachant ainsi à l'un des peuples qui habitèrentl'Asie avant le déluge, partie du globe qui paraît avoir été, à cette époque, la plus avancée dans la civilisation et dans les connaissances acquises par l'étude (*), il n'est pas étonnant qu'il existe de si intimes rapports entre les institutions des divers peuples du second âge habitant les régions orientales. Héritiers les uns et les autres des mêmes sciences et de la même manière de les exprimer graphiquement, il n'est pas surprenant alors que les plus anciens caractères chinois aient eu tant de conformité avec les signes hiéroglyphiques des Egyptiens, qu'il se trouvât tant d'analogie entre certaines lois et certaines idées de ces peuples, si éloignés les uns des autres par leur position topographique; et, ce point constaté, on n'a plus à discuter si c'est l'Egypte qui a fourni à lu Chine et au Japon leurs premiers habitants, ou si une colonie de Chinois est allée porter ses mœurs et sa civilisation immobiles sur les rives du Nil. En avouant cette communauté d'origine, on a aussi la raison de la haute civilisation de l'Inde avant la sixième incarnation de Vichnou, époque qu'on fait remonter à plus de trois mille ans avant Jésus-Christ (Fortia d'Urban, Origine du Globe, Tome II, page 286).

* Les Tartares d'aujourd'hui sont les plus grossiers et les plus ignorants des hommes; ceux d'autrefois ont pu (ont dû) être éclairés et policés. On trouve dans quelques-unes de leurs solitudes des inscriptions en caractères inconnus, des débris d'édifices qui paraissent avoir été considérables, des vestiges de longs et péniblis travaux exécutés dans les mines que la terre y recèle. Il y a aussi, dans le peu que l'on connaît de la structure des langues, dans le sujet le plus ordinaire des livres, dans les dogmes religieux, et même dans quelques notions scientifiques qui, toutes tronquées et imparfaites qu'elles sont, semblent indiquer des connaissances d'astronomie et de géométrie, des traits plus caractéristiques, et qu'on ne saurait concilier avec l'état actuel de la civilisation chez les nations de la haute Asie. » Abel Remusat, Recherches sur la langue tartare ; discours préliminaire.

Les Chinois et les Indiens, ainsi que les Éthiopiens et les Égyptiens, ne furent pas les seuls peuples chez qui s'étaient conservées les connaissances antédiluviennes. A travers les ténèbres qui couvrent la plus haute antiquité, et à une époque où l'Egypte n'était pas encore sortie des marais, nous entrevoyons un empire déjà signalé comme éminemment illustre par sa puissance et ses exploits : c'est celui de Babel ou de Schin'ar (Sennar), sur lequel régnait alors Nimrod, deux siècles seulement, dit-on, après le déluge. Ce Nimrod , qui fonda plusieurs villes, fut l'auteur principal de la construction de cette très-haute et très-vaste tour, si célèbre dans les livres saints, dans laquelle les habitants de Babel se proposaient de se retirer, en cas d'un nouveau cataclysme semblable à celui dont la mémoire était si récente. Les dimensions gigantesques de cette tour, sa forme calculée pour la solidité et pour la durée, ses ornements, tout annonce que ceux qui en avaient combiné le plan et l'élévation, aussi bien que la résistance, étaient familiarisés avec les sciences mathématiques.

En même temps que l'Assyrie; ou Schin'ar de Nimrod, différent de l'Assyrie ou Aschour de Ninus, nous voyons paraître à la même époque des peuples nommés Zamzumnim, qualifiés de géants comme les Hanachim, ce qui témoigne de leur excessive antiquité. Avant même Nimrod , la Genèse signale l'existence de villes rivales de Babel, et florissantes comme elle; enfin, la plupart des noms donnés aux descendants de Noé sont évidemment des noms de lieux connus alors. Ce n'est pas en trois ou quatre siècles que ces villes, que ces empires auraient pu acquérir tant de splendeur : ces lieux avaient donc résisté, tout au moins en partie, à la grande destruction ; et leurs habitants avaient dû conserver, par conséquent, les connaissances de leurs devanciers. Mais leurs livres, leurs monuments, leur souvenir même, tout a péri.

S'il nous reste encore une faible idée des immenses travaux des peuples primitifs, nous ne le devons qu'à l'inconcevable immobilité qui a frappé la Chine à une époque excessivement reculée, à la vénération dont le peuple juif entoura les documents puisés par leur législateur dans le sanctuaire égyptien, et encore tout imbibés de la science de ceux qui les avaient fournis, malgré les pertes qu'ils ont éprouvées au milieu des cruelles vicissitudes auxquelles a été soumise la destinée de ce peuple.

Platon, instruit aussi par les prêtres égyptiens, nous a transmis également quelques notions sur les temps primitifs ; mais n'ayant en vue, comme Moïse, que sa propre nation, il nous a laissé dans la plus grande ignorance sur tout ce que les registres des temples pouvaient renfermer de l'histoire générale du premier âge du monde. Mais par quel concours heureux de circonstances, ou par quel prodige, lorsque les connaissances acquises par les peuples premiers, et parvenues jusqu'à ceux qui leur survécurent, se sont perdues de si bonne heure dans le reste du monde, l'Egypte a-t-elle eu le privilège de les conserver encore pendant une si longue suite de siècles ?

La cause, n'en doutons pas, en est due uniquement à la position de ce pays. Les sciences primitives se sont maintenues dans la vallée du Nil pendant très-longtemps, par cette même raison qui perpétue les usages, les mœurs, les traditions dans les vallées des hautes montagnes, que ne traverse aucune grande route, que ne fréquentent guère les étrangers, qui sont le moins en contact avec les populations des villes. Si l'Egypte n'avait pas été isolée entre des montagnes, au milieu des déserts; si, dans les premiers temps, son sol n'avait pas été presque complètement fermé aux autres nations, ces souvenirs s'y seraient éteints, comme ils s'éteignirent chez les autres peuples, comme ils commencèrent à s'éteindre en Egypte même, après l'époque où l'esprit conquérant des pharaons de la XVIIIe dynastie, mais surtout de Rhamsès le Grand , ayant mis ce pays eu rapport avec les contrées les plus lointaines, et ses soldats ainsi que ses peuples, les premiers par leurs voyages belliqueux, les seconds par la société des captifs amenés en grand nombre de toute part, en communication avec des régions et des populations qui leur étaient auparavant à peu près inconnues, une modification sensible s'ensuivit, tant dans les idées politiques que dans les idées religieuses; époque où les provinces égyptiennes purent aussi être ouvertes elles-mêmes à d'autres conquérants qu'à ceux de l'Ethiopie, placée dans les mêmes conditions que l'Egypte, c'est-à-dire, isolée aussi au milieu des déserts ou de peuples incivilisés; époque enfin où son sol ne fut plus inhospitalier à l'égard des hommes et des usages des autres nations. Cette cause, il faut la reconnaître aussi dans l'extrême fertilité de son sol et sa facile agriculture, qui, n'exigeant l'une et l'autre ni soins assidus ni fatigants travaux pour fournir en abondance à tous les habitants les choses nécessaires à la vie, procurait à la caste privilégiée de la nation de grandes richesses qui lui permettaient de se livrer, sans préoccupation étrangère, à la culture des sciences confiées à sa garde, et à la contemplation des phénomènes de l'univers.

Dans cette situation heureuse, ces prêtres purent continuer, aux premiers siècles de l'existence de l'Egypte, ces hautes études qui avaient été le partage des classes savantes des peuples primitifs, et auxquelles s'étaient d'abord livrés après eux les Ethiopiens leurs pères, tandis que dans les autres contrées les hommes échappés au déluge, ayant tous plus ou moins à se préoccuper péniblement de leur propre existence, durent glisser rapidement dans un abîme d'ignorance, d'autant plus grand qu'il était sans cesse augmenté par ces guerres, alors toujours barbares, dont les livres saints attestent la fréquence et nous révèlent les fureurs.

Les prêtres égyptiens voulant justifier près de Solon l'oubli dans lequel étaient tombées, chez ces peuples, les connaissances historiques sur le premier âge du monde, lui tiennent ce langage remarquable : « Ceux qui survécurent à la destruction étaient des gens rustiques et vivant dans les montagnes, qui ne connaissaient guère des hommes puissants que le nom, et n'avaient que des notions très-légères de leurs grandes actions ou des lois qu'ils avaient rendues. Manquant encore, durant bien des siècles, des choses les plus indispensables à la vie, ils ne travaillaient, eux et leurs enfants, qu'à se procurer le nécessaire, sans songer à rappeler à leur mémoire les anciens événements, ce qui leur en fit complètement négliger le souvenir. En effet, ce n'est que lorsqu'on est sans inquiétude sur les premiers besoins qu'on peut, dans l'oisiveté des villes, se livrer à la recherche des faits des temps passés, et en faire la matière de ses conversations (Platon, in Critias, page 559). » Quoique ce récit manque d'exactitude, puisque ce ne furent pas seulement des gens rustiques et ignorants des montagnes, mais des gens civilisés et instruits des villes, qui survécurent au grand désastre, les dernières réflexions aussi bien que l'ensemble n'en sont pas moins frappants de vérité; et ce que Platon rapporte ainsi aux seules notions de l'histoire s'applique encore mieux aux connaissances scientifiques.

4ème partie

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 19:08

 

 

2 L'Égypte pharaonique, ou,

Histoire des institutions des Égyptiens sous leurs rois nationaux

 

 Par Dominique Marie Joseph Henry

1846

1ère partie

PARTIE THÉOSOPHIQUE.


THÉOLOGIE.

I. COSMOGONIE.
CHAPITRE PREMIER.

 


Etat des sciences à l'époque de Menès. — Elles n'avaient pu éclore en Egypte. — Elles se montrent principalement dans la cosmogonie suivant les temples égyptiens.


En donnant une chronologie qui assigne à la durée de la monarchie égyptienne jusqu'à la seconde invasion des Perses, une durée de 4956 ans, Manéthon a élevé sur le tombeau de cette monarchie le seul monument qui puisse servir de phare dans l'exploration de ces temps si reculés. Ce monument fixe invariablement le départ de cette vaste carrière chronologique, la plus longue de l'histoire humaine, à la 5303e année avant notre ère.

De cette époque à cette autre époque terrible où la plus grande partie du genre humain périt victime de la dernière grande révolution du globe, et où deux immenses portions des continents du monde antédiluvien furent abîmées sous les eaux, on ne peut compter au plus qu'une période d'environ six à sept siècles, si, comme nous croyons l'avoir suffisamment établi dans les prolégomènes de ce travail, l'origine du sol égyptien se lie à cette grande catastrophe. Sept siècles sont un terme bien court pour amener la civilisation, de l'état purement négatif à un état très-avancé; et cependant nous voyons briller déjà, à l'origine même de la monarchie égyptienne, des connaissances qui ne laissent pas douter que le génie de l'homme n'eût alors pénétré fort avant dans la profondeur de toutes les sciences. Ici, deux grandes vérités sont mises dans toute leur évidence : l'une , que des siècles ont dû s'écouler en grand nombre avant que les peuples passassent de l'état nomade primitif, où nulle civilisation à peu près n'existait, à celui de cette civilisation urbaine qui seule peut conduire à la culture des sciences et à la pratique des beaux-arts; l'autre, que le sol de l'Egypte n'admet pas cette longue succession de siècles qui aurait pu produire, en civilisation , des résultats aussi immenses que ceux qui apparaissent déjà au berceau même de cette monarchie. Pour arriver de l'absence absolue des éléments des sciences à l'état de perfection où elles se montrent en Egypte dès les temps les plus reculés, il a fallu de nombreux siècles de méditations, d'observations, de comparaisons, au milieu d'un état social très-avancé : or, cette condition favorable à tous les développements de l'intelligence ne peut exister sans liberté, sans concurrence, sans émulation ; et, en Egypte, les peuples étaient esclaves de fait, s'ils ne l'étaient de nom; les classes étaient parquées; la population était séparée entre elle par d'infranchissables barrières.

S'il suffit d'une étincelle pour dénoncer un incendie, il suffit aussi d'un fait bien constaté dans une haute science pour démontrer qu'à l'époque où a eu lien ce fait,
cette science existait déjà, et, avec elle, toutes celles dont le cortège est indispensable à ses progrès. Toutes les connaissances humaines s'enchaînent mutuellement; et l'une ne peut pas faire de grands pas vers la perfection, si celles dont elle doit recevoir l'appui demeurent stationnaires.

Le premier roi d'Egypte, le fondateur de la monarchie, nous est connu parles immenses travaux qu'il fit exécuter, et qui attestent, non pas de simples notions, mais la connaissance la plus positive des sciences mathématiques. Ce prince
barre le cours du Nil ou en déplace la principale branche, et lui impose un nouveau lit ; il fait exécuter un vaste nivellement au milieu de terrains montagneux, pour jeter, à travers ces montagnes, une dérivation considérable du fleuve dans un bassin que la nature avait fermé de toute part; il fonde au milieu des marais, dont il prépare habilement le dessèchement, une ville qu'il couvre de fortes digues, parce qu'elle se trouve sur l'ancien passage du fleuve, qui peut la menacer sans cesse; et dans cette ville on élève un édifice qui, trente-six siècles après, mérite encore l'épithète de magnifique. Ce même prince donne des lois à son nouvel empire ; il va même jusqu'à faire pénétrer le luxe, qui est le superflu de l'aisance, dans la vie domestique : cet état de choses est loin d'indiquer un temps d'ignorance et de barbarie tel qu'il aurait dû exister après le grand cataclysme, si hommes et sciences avaient péri. Le successeur de ce premier roi, habile dans l'art de la médecine, écrit lui-même un traité sur la dissection du corps humain ; le quatrième successeur de Menés fait élever des pyramides. Que d'autres connaissances ne supposent pas celles de l'hydrodynamique, de l'architecture monumentale, de l'anatomie ! Ces nivellements, ces constructions gigantesques, ces écrits, dénotent donc un état complet de civilisation à cette époque si prodigieusement éloignée. Ce n'est pas dans l'espace de dix siècles, et dans un pays aussi resserré que l'était alors l'Egypte, concentrée dans sa seule vallée, que toutes les sciences auraient pu prendre naissance, faire des progrès nécessairement lents, et arriver à un degré si élevé de perfection : les Égyptiens les avaient donc reçues d'ailleurs.

Le déluge n'a pas été universel ; et ce sentiment, que le
célèbre Mabillon avait déjà soutenu il y a deux siècles, à Rome, au milieu de la congrégation de l'Index, ne répugne plus à la saine théologie ; mais, tout en défendant, à la face d'un tribunal dont la susceptibilité en matière de foi est si farouche et si prompte à s'alarmer, l'opinion émise sur cette non-universalité du déluge par Vossius, le savant bénédictin français s'était cru obligé de faire une concession à l'esprit de son siècle ; et il accorda, avec le célèbre Batave, que tous les hommes, généralement, avaient péri dans le désastre, moins une famille désignée par les livres saints comme seule arrachée au naufrage du genre humain par une exception toute divine. Mais c'était là se débattre contre une inflexible nécessité. Si le déluge n'a pas été universel, si le globe entier n'a pas été surmonté par les ondes, des populations ont pu , ont dû échapper à ses ravages : la conséquence découle forcément du principe. Moïse ne parle que d'une famille; mais cette famille est celle à laquelle se rattache la filiation d'un peuple réservé par la Providence aux plus hautes merveilles, et auquel il doit donner une nationalité ; la seule par conséquent qui intéresse le personnage qui se présente à nous comme le plus grand homme de l'antiquité, et que, dans un travail comme celui-ci, nous ne pouvons considérer que comme un homme supérieur à ses semblables par son génie, par sa science, par sa prudence et par son courage, en faisant abstraction de tout caractère prophétique. Envisagé de ce point de vue, n'oublions jamais qu'il sort d'un pays où les fictions allégoriques furent toujours l'enveloppe obligée de toute doctrine et de toute instruction.

Les sciences, dont nous reconnaissons l'état florissant chez les Égyptiens dès l'établissement de leur monarchie, n'ayant pu naître et se perfectionner dans cette étroite vallée, c'est des antédiluviens que ce peuple les avait nécessairement reçues ; aussi voyons-nous Platon, parlant des habitants de l'Atlantide, faire dire aux prêtres qui instruisaient Solon : « Vous observerez d'abord que leurs lois se rapportent aux nôtres, et vous en trouverez beaucoup des nôtres qui sont en tout semblables aux leurs (Plato, in Timaeo). »

Mènes avait donc
emprunté aux peuples primitifs, par la transmission des Ethiopiens, dont les Egyptiens étaient issus, les lois qu'il avait données à son peuple ; et ces lois ainsi que les sciences, qui venaient de la même source, les Ethiopiens les avaient reçues de leurs ancêtres asiatiques échappés au déluge.

Ces précieux monuments des connaissances du premier âge du monde étaient
restés en dépôt entre les mains du sacerdoce, en possession d'être le corps savant de la nation, et qui les conserva purs et sans altération pendant un certain temps. Mais les sciences, pour prospérer, doivent toujours tendre à de nouveaux perfectionnements; elles commencent à décliner du moment qu'elles restent stationnaires : mais aussi, pour tendre au perfectionnement, il leur faut la liberté la plus entière, la concurrence la plus étendue, l'émulation la plus illimitée, parce qu'elles ne s'avancent que par la diffusion et une honorable rivalité. En Egypte, pays presque sans commnications avec les autres contrées du globe, et où une caste seule pouvait se livrer, de père en fils, à l'étude des sciences, ces hautes connaissances devaient avoir pour apogée le point où elles se trouvaient quand elles y parvinrent : cette immobilité était le premier pas vers leur décadence, qui se consomma à mesure que les siècles s'amoncelèrent (*).

(1) Ce que nous avançons ici serait un paradoxe si on comparait les collèges des prêtres égyptiens à nos académies, où un nombre borné de savants fait avancer les sciences ; mais les académies se recrutent de tout ce qui, dans la masse entière de la nation, est organisé de manière à s'occuper avec succès de ces sciences, et acquiert de la célébrité. Qu'on rende les places d'académiciens héréditaires; que le fils de l'astronome, du naturaliste, du médecin, doive s'occuper exclusivement d'astronomie, d'histoire naturelle ou de médecine, et que ces savants par droit de succession soient privés de toute communication avec les savants des autres contrées, l'on verra si les sciences se soutiendront longtemps au même niveau.

Les sublimes fragments du livre qui, le plus ancien du monde, sortait de la plume d'un homme instruit dans toutes les connaissances que possédaient les Egyptiens, nous donnent, dans un petit nombre de lignes, les plus précieux aperçus du haut degré auquel les sciences physiques et naturelles avaient été poussées par les hommes qui vivaient avant la grande catastrophe : ce résumé, nous le trouvons dans les sept premiers chapitres de la Genèse (*).

(*) Les livres du pentateuque ont été évidemment rédigés sur des mémoires de Moïse et de ses successeurs, mais la rédaction ne lui en appartient pas. Quelques efforts qu'aient faits, pour prouver le contraire, ceux qui les croient sortis, tels que nous les avons, de la plume du grand homme, les réflexions, les gloses, les inégalités de doctrine scientifique, tout prouve que ce qu'avait laissé Moïse n'est pas ce que nous avons entre les mains : une véritable confusion qu'on y remarque, et qui est le fruit d'un ordre d'idées qui n'était plus celui que Moïse avait puisé dans l'instruction solide et complète par lui reçue dans les temples de l'Egypte, et qui dénote la perte des saines notions de haute physique, démontre que cette rédaction a eu lieu sur les écrits, déjà mal compris, de Moïse, et, par conséquent, longtemps après l'établissement des Hébreux dans la Palestine. Nous aurons à revenir plusieurs fois sur cette importante question. Voy. aussi Mém. de l'Acad. des inscr., tome III, le mémoire de Boivin ; Cuvier, Discours sur 1es révol. du Globe, page 81, édit. in-4°; ou 169, édit. in-8" ; Fortia d'Urban, Hist. univers. du Globe, tome X.

On rencontre , éparses dans les ouvrages des divers écrivains de l'antiquité, quelques-unes des idées des premiers peuples
sur l'origine des choses : deux de ces écrivains nous ont conservé avec plus de détail celles des Egyptiens; mais ces deux écrivains diffèrent tellement dans l'exposition des mêmes doctrines, qu'il serait difficile de deviner, si on ne le savait déjà, que ce qu'ils nous apprennent émane des mêmes instituteurs : ces deux écrivains sont Moïse et Diodore de Sicile. La cosmogonie de Moïse, simple, claire, naturelle, se fonde sur les plus savantes recherches ; il a fallu que l'auteur de ce système géogénique et uranogénique se livrât à de profondes méditations sur l'histoire du globe, et que la géologie fût parvenue, de son temps, à un bien rare point de perfection, pour que l'historien de la création pût suivre, comme il l'a fait, pas à pas tous les mystères de cette création, pour pénétrer dans les secrets du Créateur si intimement, qu'il semble , en l'entendant rendre compte de ces admirables opérations, qu'il en a été le témoin lui-même.

L'autre cosmogonie suivant les Égyptiens, telle que nous la raconte Diodore, n'est qu'une suite de rêves pleins d'absurdités, à travers lesquels on a bien de la peine à retrouver l'idée mère. La première, fondée sur le spiritualisme, se montre encore tout imprégnée de la science des antédiluviens; l'autre n'est qu'un plat matérialisme, déduit de la fausse contemplation de phénomènes naturels, dont on n'était plus en état de se rendre raison ou de pénétrer les principes. C'est que Moïse vivait dans un temps où l'Égypte, concentrée en elle-même, possédait encore ses savantes traditions, comme un feu qui, avant de s'éteindre, brûle encore longtemps sous la cendre dont il se couvre; tandis que Diodore a vu ce même pays à une époque où , après le plus haut période de gloire, après être parvenue au maximum de la puissance et de la splendeur, l'Egypte, tombée de revers en revers sous le joug des Assyriens, des Perses et des Grecs, avait vu gémir ses prêtres dans la servitude, dévaster ses temples magnifiques, profaner les somptueuses sépultures de ses rois, ruiner, saccager et disperser ses antiques archives, s'altérer son culte national, se matérialiser ses savantes allégories; et, par l'extinction des hautes sciences, résultat inévitable de tous ces désastres, aussi bien que de la perte du vrai sens de ces mêmes allégories, déguisant d'abord, étouffant complètement ensuite les vérités auxquelles elles étaient substituées, l'ignorance s'introduire dans le sanctuaire, et le charlatanisme y remplacer les connaissances qui n'y existaient plus.

3 ème partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

 
Repost 0
23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 19:03

De qui les Egyptiens tenaient-ils leur Science ? Voilà la question à laquelle va tenter de répondre l'auteur de ce livre passionnant. Il y est question des antédiluviens. Avant le grand cataclysme, il existait des civilisations. Tout comme il est quasiment certain que tout le monde n'a pas péri lors de ce déluge dont parlent toutes les traditions. Moïse-Akhenaton lui-même tenait sa cosmogonie des antédiluviens. Il en est longuement question dans cet ouvrage.

 

1 L'Égypte pharaonique, ou,

Histoire des institutions des Égyptiens sous leurs rois nationaux

 

 Par Dominique Marie Joseph Henry

1846

 

AVANT-PROPOS.


Nous essayons d'éclairer la source des institutions qui ont rendu si célèbre le peuple le plus renommé de l'antiquité, celui dont l'histoire est devenue, depuis l'immortelle découverte de Champollion, le sujet des études de tout ce qu'il y a d'érudit en Europe. Un travail si hérissé de difficultés ne nous a pas effrayé, quoique écrivant au fond de la province , et privé de quelques documents qui auraient pu le rendre moins pénible pour nous et plus complet pour les autres.

Ces recherches diffèrent essentiellement, quant au principe, de celles des autres écrivains qui ont traité la même matière. La marche que nous suivons, le plan que nous nous sommes tracé, le point de vue sous lequel nous envisageons cette terre classique de la civilisation, sont entièrement nouveaux. Contrairement à nos devanciers, nous montrons l'Egypte riche, à son aurore, de toutes les sciences, de toutes les connaissances humaines, et nous suivons cette haute instruction dans les degrés de sa décadence ; nous la remarquons s'affaiblissant à mesure que le temps marche, que les siècles s'amoncellent, que l'Occident se civilise. Mais pourquoi les connaissances ont-elles suivi dans ce pays une progression inverse à ce qui s'est passé dans tous les autres? Parce que l'Egypte, simple héritière de tout ce qu'avaient amassé de science, pendant la durée inappréciable de leur existence, les antédiluviens, bien que dans des conditions favorables à la conservation de ces sciences, manquait des moyens de les faire prospérer, et que les sciences ne peuvent pas rester stationnaires.

Nous venons de prononcer le nom des ANTÉDILUVIENS : ce mot fera sourire peut-être; car qu'est- ce que les antédiluviens? qui les connaît ? comment atteindre à leur histoire?

Les souvenirs de tous les peuples de la terre ont conservé dans leurs traditions la mémoire d'un grand cataclysme ; toutes les annales s'accordent sur cette vérité. Les bouleversements manifestes du globe attestent plusieurs de ces grands désastres ; mais c'est le dernier de tous qui a dû laisser une impression d'épouvanté dans l'esprit de ceux qui en furent témoins, et dont la terreur passa dans l'âme de leurs descendants : c'est ce dernier grand désastre qu'on qualifie du titre, consacré, de déluge. Ce déluge, on est convaincu qu'il n'a pas été universel, c'est-à-dire qu'il n'a pas effacé généralement de la surface de notre globe tous les peuples qui l'habitaient alors ; et cependant tout en repoussant, même systématiquement, cette universelle destruction , on a toujours raisonné dans l'hypothèse de sa réalité. On veut que le monde soit très-ancien , et on annule complètement l'existence de ces peuples primitifs. L'habitude de ne voir l'histoire que dans l'infidèle miroir des Grecs, fait qu'on ne tient aucun compte de tout ce qui a vécu et fleuri dans les sciences et dans les arts avant la tardive apparition de ce peuple, que les Égyptiens traitaient d'enfant. On veut que les hommes soient restés dans un état à peu près sauvage pendant (qui sait?) des myriades d'années, et jusqu'à ce qu'il ait plu à la Providence de susciter les Grecs, ce peuple de deux jours, pour inventer les arts, les sciences, la civilisation : c'est ce qu'a dit la vanité de leurs historiens, et ce qu'a adopté la bénévole crédulité des modernes. Consultez les écrivains qui ont parlé sur les inventeurs des choses : tout est, comparativement, moderne.

Les Assyriens, les Babyloniens, les peuples dont l'antique existence n'est pas contestée, ont vécu d'une vie animale ; ils ont construit des monuments sans connaître la géométrie, sans connaître les métaux, sans posséder les instruments les plus vulgaires, pas même la scie, qu'il était réservé à un élève de Dédale d'inventer! Si, laissant de côté les Grecs, leur folle vanité et leur ridicule amour-propre, nous portons nos regards plus haut, nous voyons que l'habitude de ne faire commencer les temps historiques qu'au déluge, fait attribuer aux peuples de ce second âge du monde toutes les inventions, toutes les découvertes. Le monde dure depuis des siècles innombrables, on en convient, et on établit en principe que les hommes qui ont vécu dans ce long intervalle ont végété comme des brutes, qu'ils n'ont pas même connu l'art de faire le pain ! Toutes les institutions humaines ont pris naissance en Egypte, au dire de l'antiquité; c'est-à-dire qu'un petit peuple resserré entre des montagnes, des déserts et des mers, a eu plus de génie que toutes les nations répandues sur le globe !

Los institutions bienfaisantes qui ont renouvelé la civilisation dont nous sommes héritiers sont sorties véritablement de l'Egypte; mais c'est parce que l'Egypte en avait hérité elle-même de ces antédiluviens dont on efface la mémoire. On n'a entrevu jusqu'ici ces antédiluviens que par une étroite ouverture de la porte des temps primordiaux : osons donc ouvrir entièrement cette porte. La Bible en nous parlant des patriarches, Platon en citant un peuple atlante, nous ont seuls fait soupçonner des peuples primitifs : ne bornons donc plus l'origine des temps historiques à l'empire de Nemrod, à la construction de la lourde Babylone, à l'usurpation de Menés; car la vérité n'est pas là, car les temps historiques remontent très-avant dans les temps antédiluviens. En jugeant les travaux de ces peuples primitifs, victimes d'une immense catastrophe du globe, par les travaux de leurs successeurs, qui tenaient d'eux les éléments de leurs connaissances, nous serons étonnés de retrouver leur histoire dans l'histoire même de leurs descendants.

Nous allons donc essayer de renouer le fil des temps postdiluviens aux temps considérés comme perdus, de retrouver les anneaux de la chaîne des siècles rompue au déluge, en retraçant l'histoire de toutes les institutions qui régirent l'Egypte pharaonique. En parlant de ces temps si énormément reculés, nous ne suivrons pas la division des âges établie par les chronologistes ; pour nous, il ne saurait en exister que deux : le premier âge, qui est la période antédiluvienne; le second âge, qui commence au déluge et se continue jusqu'à J. C. Nous allons donc nous efforcer de remonter à l'origine de ces institutions qui illustrèrent l'Egypte, et nous montrerons que les Égyptiens n'en furent que les dépositaires. Ces dépositaires en furent aussi les fidèles conservateurs pendant une longue suite de siècles; mais enfin ils finirent par en altérer aussi la pureté, et cela dans le temps où ceux qui leur soutiraient ce fluide sacré faisaient refleurir chez eux-mêmes la civilisation éteinte, et qu'ils dirigeaient vers la perfection les connaissances qui leur étaient rendues : nous indiquerons les causes qui déterminèrent chez les Égyptiens ces funestes résultats, et qui amenèrent enfin pour eux la perte complète de ces vastes connaissances qui les avaient distingués des autres nations, quand, par un concours providentiel de circonstances, ces autres nations étaient tombées dans la barbarie ; et, chose bizarre, ces Égyptiens, qui ont été les savants d'entre les hommes tout le temps que les autres peuples restent dans l'ignorance, se plongent à leur tour dans cette même ignorance dès que ces autres peuples sont parvenus à s'éclairer à la lumière puisée au foyer de l'Egypte : comme si, par une destinée inévitable, toutes les nations postdiluviennes avaient été condamnées à payer le fatal tribut.

Un fait ressort évident dans l'histoire : c'est que la philosophie égyptienne se montre sublime dans l'antiquité la plus reculée, et qu'aux derniers temps de la période antique, ce qu'il en reste encore n'est plus qu'un pâle et incolore reflet de cette SAGESSE tant célébrée par les auteurs sacrés et par les écrivains profanes. Jusque vers l'époque de Sésostris, cette sagesse égyptienne darde du centre du sanctuaire des rayons d'un éclat vif et pur : après cette époque, elle s'affaiblit sensiblement; et sous les Perses, sous les Grecs, sous les Romains, la décadence est si rapide, qu'un des plus grands empereurs finit par ne plus voir dans les prêtres égyptiens que les plus ignorants, les plus crédules et les plus superstitieux des hommes; et dans l'Egypte, que la plus abrutie et la plus dégradée des nations. Les temps antérieurs à Sésostris forment, sous le rapport des connaissances humaines, l'époque la plus brillante de l'Egypte; et pourtant cette époque est celle où une invasion formidable et désastreuse a, dit-on, ravagé tout le pays, l'invasion des pasteurs, et celle où l'anarchie et les guerres civiles l'ont le plus désolé: mais pendant ces temps de troubles, de violences et de brigandage, les collèges sacerdotaux, toujours respectés, concentraient en eux-mêmes toute leur existence, planaient au- dessus des misères humaines, et s'abandonnaient aux seuls travaux de l'esprit. Au temps de Sésostris commencent, avec plus d'éclat dans la monarchie, les longues et grandes guerres extérieures. En portant leurs armes loin de l'Egypte, les Pharaons de, la dix-huitième dynastie avaient appris aux autres nations le chemin de leur empire, et des invasions multipliées et toujours désastreuses se succédèrent.

Dans les déchirements intérieurs, et comme de famille, le sanctuaire égyptien, toujours vénéré, était toujours hors de cause; dans les invasions étrangères, les temples, livrés à la dévastation, au pillage, à l'incendie, les sciences héréditaires dans les maisons sacerdotales, durent suivre le sort de ceux qui avaient seuls le droit de les cultiver : elles périrent avec eux.

C'est donc l'état des connaissances humaines dans les temps primordiaux, qu'il nous a semblé curieux d'étudier; c'est la route que ces connaissances ont suivie pour arriver en Egypte, qu'il nous a paru intéressant d'explorer.

Nous diviserons nos recherches en deux grandes sections. La première, qui est la partie théosophique, comprendra tout ce qui tient à la religion et à la philosophie; la seconde, qui est la partie technologique, renfermera ce qui concerne les sciences et l'industrie humaine. Nous ferons précéder la partie théosophique par l'histoire du sol égyptien et par l'histoire chronologique de ses rois, prolégomènes indispensables d'un pareil ouvrage : car comment remonter à l'origine des institutions qui fleurirent sur le sol de l'Egypte, si nous ne sommes pas bien fixés d'abord sur la véritable antiquité de ce sol tout factice? et comment apprécier l'influence qu'ont pu exercer sur la prospérité ou la décadence de ces institutions les Pharaons qui ont maîtrisé les destinées de l'Egypte, si nous ne connaissons pas l'ancienneté relative des princes qui ont commandé sur ce sol ?

2ème partie 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 09:39

 Alors nous continuons ce livre qui est d'un importance capitale. On peut dire que l'auteur, Pierre Lacour, est sans doute un des seuls à s'être attaché à décrypter l'hébreu pour y retrouver la trace du vieil alphabet égyptien que "Moïse" avait ramené d'Egypte. Nous avons vu qu'ICI, il démontre que chaque signe correspond à un symbole astronomique. Et que l'Eternel des armées est le Soleil entouré de ses constellations. Ce Soleil que l'on retrouve sur les symboles maçonniques, nous en parlons ICI. Les Anciens nous ont laissé sur la pierre des témoignagnes de leur Savoir. Et par cela même, ils ont voulu nous éclairer sur les cycles de la Terre étroitement en relation avec le Soleil et la Lune. La Terre est un être vivant possédant sa propre horloge du temps. Elle a déjà connu plusieurs bouleversements majeurs dont des inversions de pôles et des précessions. C'est à dire qu'à une période donnée, toujours la même, elle change d'axe de rotation. Or, il semblerait qu'à la fin de l'ère des Poissons -qui se situe dans trois ans- elle va effectuer cette mutation qui va bien sûr entraîner la quasi destruction de la planète.

Un chercheur vivant au Canada nous a écrit pour nous faire part de ses recherches et de ses découvertes. Il est allé sur toutes les pyramides qui existent sur la planète et il a même décrypté la table de pierre qui est entre les pattes du Sphynx à Gizeh. Tout est basé sur les nombres et sur l'astronomie. Ainsi l'ère du Poissons équivaut à 2016 ans. Notre calendrier est faux, il manque 5 ans. Nous sommes donc en 2013. D'après ses calculs astronomiques, la terre devrait basculer au solstice d'hiver en 2016, ce qui correspondra pour nous en 2011. On pourrait penser que c'est une blague mais pourtant en y regardant bien... on voit bien qu'il se passe des choses pas normales sur notre planète. Ainsi les catastrophes naturelles ont augmenté de 60 % en dix ans. Avec un nombre impressionnant de séismes et d'éruptions volcaniques, ce qui signifie que la Terre est en plein travail à l'intérieur. Or on nous bassine à longueur de journée et l'on veut nous faire croire que le réchauffement climatique serait dû à l'activité humaine et à la pollution. C'est faux. Les chercheurs russes sont les seuls à pointer du doigt le problème et à en parler. Non seulement ils disent que la terre se prépare à changer de direction de rotation de son axe et que le soleil a accru son intensité. Le problème du réchauffement vient donc du Soleil. Son énergie rayonnante a augmenté de 1000 %. et son intensité magnétique atteint des niveaux records qui affecte toute la vie sur notre planète. Et d'ailleurs dans tout le système planétaire autour du soleil. Ainsi la planète Mars connait aussi un réchauffement climatique impressionnant. On ne peut pas dire que cela est dû à l'activité humaine car elle est inhabitée.

Sans le Soleil, il n'y aurait pas de vie sur terre. C'est lui le Créateur. On voit ce que les religieux ont fait du savoir laissé par Moïse-Akhénaton. On voit ce qu'est devenu l'enseignement Originel laissé par Abraham qui était un grand astronome. L'Humanité a été induite en erreur. Les symboles sont bien sûr cachés dans l'Ancien Testament et dans l'Apocalypse mais il faut les retrouver. Imaginons deux secondes que ceux qui tirent les ficelles de notre monde savent cela. Les vrais Initiés, dirons-nous. Ils savent que la planète va bientôt faire la grande pirouette et emmener presque tout le monde dans la mort, comme cela s'est déjà passé dans des temps antérieurs, mais malgré tout ils n'en parlent pas. Nous expliquons ICI pourquoi ils ne le font pas. Imaginez si on vous dit, dans trois ans, il faut se préparer à mourir. Qu'allez vous faire ? Pour nous, c'est clair et net, le reste de notre temps, on va le passer le plus agréablement du monde sans se casser la tête et sans se fatiguer. Imaginez que tout le monde du jour au lendemain dise on ne bosse plus ? Imaginez.

Le prince Charles vient de lancer un avertissement, nous en parlons ICI. Il dit que le jour du Jugement dernier se rapproche. Charles ne dit pas ça au hasard, c'est un Initié, il Sait. Là, il parle par métaphore.

Si vous lisez attentivement l'Apocalypse entre les lignes en décryptant les symboles astrologiques et astronomiques, vous verrez que tout ce qui est annoncé doit se produire à un moment précis... et les "quatre anges" sont bien évidemment les quatre éléments qui entre en action, l'Air, le Feu, la Terre et l'Eau. Tout est écrit là...

Et les quatre anges qui étaient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l'année, furent déliés afin qu'ils tuassent le tiers des hommes. (Apocalypse 9, 15)

Or, la pendule de la Terre est programmée. Si vous avez retenu nos leçons, nous ne sommes pas en 2008 mais en 2013 et...

La Terre doit basculer de 180 de degrés le jour du Solstice d'hiver de l'an 2016, ce qui représente la fin de l'Ère des Poissons.

 Depuis que l'humanité existe, ceux qui régnaient sur elle et notamment l'élite sacerdotale comme en Egypte, ont toujours caché la Vérité aux hommes. Ils parlaient en symboles qu'eux seuls comprenaient. Il en est de même aujourd'hui.On vous fait croire qu'un dieu existe alors que les vrais Maîtres de notre destin sont le Soleil Créateur et son épouse la Terre qu'il féconde de sa chaleur et de sa lumière mais il possède aussi un cycle dont notre planète est tributaire. Un cycle de 11 000 ans. Or, là, on arrive à la fin. Après chaque période de réchauffement climatique, il y a eu des époques glaciaires. Le basculement des pôles et la précession y sont forcément pour quelque chose... mais qui vous en parle ?

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

11ème partie

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

ÉPOQUES HISTORIQUES.


Les mots qui composent une langue augmentent en nombre et se modifient à mesure que cette langue augmente le nombre des lettres de son alphabet.

Un alphabet de dix lettres ne peut peindre qu'un petit nombre de mots, il ne comporte que cent monosyllabes.

Il résulte de cette observation que les langues qui s'écrivent en caractères alphabétiques sont nées de l'alphabet même et sont de création humaine ; qu'elles diffèrent entièrement de celles qui s'écrivent par des symboles ou hiéroglyphes, et que ces hiéroglyphes n'ont pas été créés dans le principe pour représenter des mots ou des sons.

Je n'étudierai point comment l'invention des premiers caractères devenus alphabétiques, celle des dix lettres sacerdotales, par exemple, put avoir lieu. La vérité quant à cette invention ne sera jamais qu'une hypothèse, car la démonstration positive, la démonstration historique ou par des faits, est, je crois, impossible.

Mais je suis persuadé que cette admirable découverte est sacerdotale; que son origine n'est pas naturelle, c'est-à-dire qu'il n'était pas impossible qu'elle n'eût pas lieu. Alors, je crois qu'elle n'appartient qu'à un peuple, qu'elle fut imprévue chez ceux qui la firent, et que par eux enfin elle se répandit ensuite sur toute la terre.

Le sens logique, l'abondance, la richesse et même l'harmonie des mots que l'invention de l'alphabet permettait de créer, effaça insensiblement l'usage du langage naturel, borné à un trop petit nombre de Voix ou de cris monosyllabiques. Le sacerdoce des peuples étrangers adopta cette langue sacrée, qui se dénatura en devenant vulgaire, et qui se modifia selon le génie, le goût, le caprice, la civilisation ou l'état barbare des peuples , et même par son mélange avec les éléments du langage naturel.

La langue hébraïque, dans un sens absolu , et bien moins la langue copte, ne furent donc pas la langue des hiéroglyphes égyptiens, pas plus qu'une langue alphabétique qui enrichirait de quatre mille mots la langue monosyllabique des Chinois, ne serait la langue des hiéroglyphes usités à la Chine*.

*Voyez ci-après les observations sur le système de M. Champollion.

Mais l'hébreu et le copte, comme toute autre langue, purent traduire ou plutôt expliquer les hiéroglyphes. Toutefois, quant à l'hébreu, ce que je sais, parce que j'en ai fait l'expérience, c'est que par le choix des signes hiéroglyphiques qui dans la suite représentèrent les caractères des lettres, on acquit la possibilité de composer des mots artificiels en transcrivant quelques hiéroglyphes où dominaient ces signes; mais alors l'écriture alphabétique était découverte depuis longtemps.

C'est ainsi qu'ont été formés les mots ShLSh ou TLT, trois, dans leur acception numérique, et dans celle qui les rattache à l'initiation.

Les mots MShÉ et ShMÉ, le premier désignant l'initié Sauvé par les eaux, mis hors des eaux, renvoyé après l'initiation, fait missionnaire, et devenu MoShÉ, MoïSE ou MuSÉe ; le second, ce même initié fait auditeur, astreint au silence, et devenu un homme éclairé, un homme illustre et tenant de la Divinité, un ShiMÉ, un ShiMO-IÉ, un auditeur de IÉ, de l'Eternel, comme fut Moïse, dont un des noms fut en effet Shimoié.

Ainsi ont été formés les mots ShMSh, nom du soleil;

IShO ou ISO, mot sacré d'où le nom de JÉSUS , désignant le sauveur, celui dont un ange annonça la naissance en criant : EN CE JOUR IL vous EST NÉ UN SAUVEUR, QUI EST LE CHRIST, LE SEIGNEUR;

Et le même mot renversé OShI ou OSI d'où OSI-ris, celui dont une voix annonca la naissance en criant : EN CE JOUR EST NÉ LE MAÎTRE SUPRÊME DE L'UNIVERS, LE GRAND OSIRIS, LE ROI BIENFAISANT, en égyptien le MeiSI*, en hébreu le MéShiÈ**.

* Voyez Horap., livre 1, hiérog. 57.

** A l'enfantement d'Osiris, dit Plutarque, fut ouye une voix, que le Seigneur de tout le monde venait en estre : et disent aucuns, qu'une femme nommée Pamyle, ainsi comme elle allait quérir de l'eau au temple de Jupiter, en la ville de Thèbes, ouyt cette voix, qui lui commandait de proclamer à haute voix que le grand roi bienfaiteur Osiris était né. (Voy. Traité d'Isis et Osiris, traduct. d'Amiot. )

Puisque la langue hébraïque compte trois et même quatre alphabets, elle a donc passé par trois et même quatre époques progressives; mais nous n'en compterons que trois, parce que la seconde et la troisième époque durent être si rapprochées, qu'on peut réduire leur influence à une seule.

Déterminer ces époques en ne recourant qu'à l'histoire profane, afin d'échapper au discrédit où sont tombées les anciennes traditions mosaïques, c'est chose impossible. Le peuple Juif, cette fraction du peuple Egyptien peu connue des nations Européennes, mal jugée et toujours méprisée, n'a pas assez intéressé les historiens profanes. ll s'agit d'ailleurs de la langue hébraïque, des progrès de cette langue depuis son organisation primitive la plus simple, jusqu'au jour où elle fut livrée aux hébreux et fut pour eux la langue ou l'écriture Assyrienne, ShPhT AShR, langue de perfection, parole de félicité.
C'est donc dans les livres hébraïques mêmes, et par conséquent dans la Genèse, qu'il faut chercher ces époques.

Pour arriver au premier alphabet, à celui dont les lettres sont appelées par saint Irénée lettres sacerdotales, ou lettres sacrées, nous sommes obligés de passer par l'étude des faits relatifs à l'origine du second. Seulement afin de ne pas revenir sur la dénomination de ce premier alphabet, nous remplacerons le nom de lettres sacerdotales, qui présente une qualification moderne, par le nom même qui résulte du nombre de ses lettres, OShlR, dix, et nous l'appellerons l'alphabet d'OSIRIS, ou osiridien, ou lettres osiridiennes.

Le second alphabet, composé de douze lettres, en supposant qu'il fût réservé pour la science astronomique, s'éleva en même temps pour tout autre usage à seize caractères en adoptant les six lettres osiridiennes dont l'alphabet zodiacal n'avait pu faire l'emploi.

 

BABEL


Nous laisserons à des curiosités tristement laborieuses, dit M. l'abbé Latouche, la tour de Babel et ses briques hiéroglyphiques. » Nous ne sommes pas si dédaigneux. M. l'abbé Latouche avait renoncé aux dénominations antiques des lettres de l'alphabet, et ces dénominations nous ont découvert l'existence d'un alphabet zodiacal. ll abandonne maintenant la tour de Babel : voyons, peut-être y trouverons-nous quelque chose.

Nous avons dit que le second alphabet, composé de seize lettres, est celui que les historiens ont appelé Pélagien. Le nombre de lettres de cet alphabet a varié plus tard.

Ce mot PeLaG ou PhaLeG doit nous apparaître maintenant comme une révélation entière.

En effet, ne suffit-il pas de ce mot pour rappeler à notre souvenir une époque célèbre dans l'histoire de la parole, et que l'auteur de la Genèse, quel qu'il soit, a caractérisée par ce nom symbolique, BABEL?

Cette époque, c'est celle où la langue parlée d'un peuple primitif éprouva une révolution générale par le surcroît d'un grand nombre de mots nouveaux.

La signification de ces mots n'étant pas bien déterminée, ou n'étant pas comprise du vulgaire, il en résulta ce qu'on a appelé la confusion des langues.

On concevra sans peine qu'une langue dont jusqu'alors dix caractères avaient peint toutes les articulations, tous les sons, dut être prodigieusement changée ou rendue méconnaissable par le mélange de six nouveaux caractères qui peignaient tous des sons nouveaux et des articulations nouvelles ; qui créaient enfin des mots étranges, illisibles, ou n'offrant aux yeux qu'une espèce d'hiéroglyphes inconnus.

Ainsi, c'est à Babel, c'est à l'occasion de cette tour célèbre, consacrée alors comme depuis aux observations astronomiques, qu'eut lieu la première réforme de la langue sacrée, de la langue hébraïque primitive.

Examinons d'abord le verset principal de cette précieuse tradition, à laquelle l'auteur a donné littéralement le sens et la forme d'un fait miraculeux; nous étudierons ensuite l'ensemble et le sens intime ou rationnel du récit.

Selon l'interprétation vulgaire du texte, il n'y avait autrefois sur toute la terre qu'une seule langue, et les hommes n'avaient qu'une seule manière d'exprimer leurs pensées.

Quelques-uns étant partis de l'Orient, arrivèrent dans la plaine de Sénaar, et s'y établirent.

Ils préparèrent les matériaux nécessaires pour une construction gigantesque, — et ils se dirent ensuite :
BATISSONS-NOUS UNE VILLE ET UNE TOUR DONT LE SOMMET TOUCHE AUX CIEUX, FAISONS-NOUS UN SIGNAL : PEUT-ÊTRE SERONS-NOUS DISPERSÉS SUR LA TERRE.

Voici le texte avec la traduction interlinéaire.
ÉBÉ      NBNÉ    LNOU    ÔIR             U-MGDL U-RAÇhOU
agite, œdificamus nobis civitatemet turrim    et caput ejus
B-ÇhMIM,   U-NÔÇhÉ     LNOU     ÇhM      PhN
incoelum,   et faciamus   nobis     nomen    ne forte
NPhOUTz      ÔL     PhNI   CL     EARTz.
dispergamur super faciès omnis terrœ.

La traduction de M. Cahen est plus exacte que cette version, et cette exactitude tient à l'emploi du mot signal pour rendre l'hébreu ÇhM; elle est surtout supérieure a celle de MM. Claire et Franc, que voici : « Essayons de nous construire une ville et une tour dont le sommet s'élève jusqu'au ciel, ( nous rendrons par là notre nom célèbre, ) afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de la terre. »

Néanmoins la traduction de M. Cahen ne reproduit que le sens apparent et littéral du texte ; elle ne nous offre encore rien de relatif à l'objet réel de ce monument.

Pour avoir le sens intime de ce texte, il ne faut que rapprocher davantage de leur signification primitive les mots ÔIR, MGDL, RAÇh et ÇhM.

ÔR, ÔIR ET ÔYR.

OYR ne signifie une ville que secondairement, et par une application de la valeur qu'il a dans le sens intime de ce passage. Il veut dire veiller et tenir éveillé ; tenir les yeux ouverts pour observer dans les ténèbres, dans l'absence d'AYR, de la lumière, car ce mot, qu'on peut prononcer AYR, est évidemment la transcription d'AYR, AUR prononcé négativement.

ÔYR, ÔIR, employé pour désigner un monument, un édifice, une construction haute et fermée (arcem) ne peut donner d'autre idée que celle d'un lieu où l'on veille, où l'on observe pendant la nuit, en un mot d'un observatoire; et même ce sens d'observer se rapporte aux astres : ainsi, ÔYR est aussi l'esprit qui veille sur un des astres, et le pluriel ÔYR-IM, les intelligences qui dirigent le mouvement des astres.

Ce mot, appliqué à l'ensemble d'une quantité de monuments élevés par les hommes, a dû signifier une ville : il s'est écrit ÔR et ÔIR, et même alors il fait naître la pensée d'une surveillance exercée autour de soi, de nuit d'abord , de jour ensuite, dans une enceinte entourée de murs, ou fermée de toute autre manière.

Quant au changement de la lettre Y en I, il ne doit plus étonner ; ce changement est d'ailleurs fort commun dans la langue hébraïque. Il ne faut en tenir compte dans l'étymologie; on les voit disparaître ici pour laisser à nu la racine ÔR, qu'on retrouve dans le pluriel ÔR-IM. Il suffit de comparer la forme de ces deux lettres Y et I,ו י, en hébreu, pour s'expliquer comment indépendamment du son souvent le même, elles peuvent être employées l'une pour l'autre.

13e partie

 

 

Posté par Adriana Evangelizt
Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
commenter cet article
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 14:06

 Alors qu'est devenue l'Antique Sagesse Egyptienne léguée par "Moïse" ??? En sachant que le nom même de Moïse -Mose- signifie Initié ? En sachant donc que chaque lettre possède son image propre et sa propre symbolique. En sachant enfin que 12 des lettres de l'écriture sacerdotale Egyptienne primitive sont chacune associée à un signe du zodiaque et que nous les retrouvons dans l'alphabet hébreu. Il nous est permis de penser que malgré les altérations, malgré les rajouts, malgré les mauvaises interprétations, l'Antique Sagesse est toujours là, dissimulée... car les scribes ont de tout temps reçu un ordre sacré "Ne jamais changer la loi d'un seul iota". Alors on a brodé autour des symboles, on a inventé... on a raconté qu'Enok avait vécu 365 ans... et ceux qui lisent la Torah sans en saisir l'Esprit croient dur comme fer cette balourdise. Alors que 365 est le nombre de jours dans une année, on revient toujours au zodiaque... et par là même, on sait qu'Enok est autre chose qu'un patriarche. Tout comme on peut se poser nombre de questions sur "l'Eternel dieu des armées"... quand on sait que les Anciens nommaient "armées" l'ensemble des constellations. Et pendant ce temps, des tas de frères cherchent dans la cabale et le zohar quelques mystères... comme si "Moïse" avait tracé ces signes de ses mains.

Nous avons pris la peine de coller des morceaux du livre pour une plus grande compréhension...

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

11ème partie

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

ALPHABETS SUCCESSIFS DE DOUZE, SEIZE ET VINGT-DEUX LETTRES.
ALPHABET ZODIACAL.

En 1820 je fis connaître cet alphabet : je vais extraire de l'essai ce que j'en disais alors. Le temps n'a point changé mes convictions, et les découvertes de M. Champollion, publiées en 1822, au mois de septembre , les ont confirmées au lieu de les détruire :

"En examinant l'alphabet de la langue hébraïque, en étudiant la signification de chacune de ses lettres, la première observation qui devait se présenter, et cependant celle à laquelle personne, je crois, n'a pensé, pas même Court de Gébelin, c'est que ces caractères conservent les éléments d'un alphabet zodiacal; alphabet par conséquent primitif, antérieur à celui de vingt-deux et même de seize lettres*. La tradition avait transmis aux cabalistes une idée confuse de ce fait ; mais il paraît qu'ils ne purent retrouver les véritables caractères alphabétiques du zodiaque, puisqu'ils les prirent des lettres qui entrent dans la composition de ces trois noms donnés à la divinité : 

IÉ           ALÉIM     TyBAOT,
L'Eternel        Dieux        des armées. »

On sait que par armée les anciens entendaient ici l'ensemble des constellations. »

* Je n'avais point alors arrêté mon attention sur les paroles de saint Irénée, et cherché la composition de l'alphabet sacerdotal.

L'auteur fort respectable d'une grammaire hébraïque publiée en 1836, répandue dans toute la France, avec un zèle et un désintéressement qui laissent apercevoir un but religieux, dit en transcrivant les lettres de l'alphabet hébreu : — « Par respect pour l'antiquité, nous conservons ces noms insignifiants, Aleph , Beth, Gimel, Daleth, etc., que jamais nous n'emploierons : nous dirons le b, le m, etc. » — Cet arrêt ressemble trop à une proscription, et l'on pourrait croire que l'auteur a compris ces noms et qu'il les redoute.

Les hommes qui imaginèrent les caractères devenus depuis alphabétiques, trouvèrent cette invention à une époque où tout signe d'idée était une image. Cette image désignait et imitait un objet physique, la chose ne pouvait pas être autrement.

Cependant on voudrait que ces hommes eussent abandonné cette marche, enseignée par la raison, commandée par la nature, exigée par l'infirmité de la mémoire: en sorte donc qu'ils auraient laissé tout signe figurant un objet, pour forger des signes de caprice ne ressemblant à rien, bien qu'il fût possible d'oublier du matin au soir la valeur de ces signes !

On voudrait qu'indépendamment de cela ils leur eussent donné des noms insignifiants, forgés comme ces signes, n'exprimant rien et n'offrant aucun secours à la mémoire ! Comment avec une pareille manière de procéder ces hommes se seraient-ils fait comprendre de ceux qu'il fallait instruire? Cela est fort difficile à expliquer.

Bien loin donc que les noms des lettres hébraïques soient insignifiants, ce sont ces noms Aleph, Beth, Mem, Nun, Tau, Et, Oïn, qui révélèrent l'alphabet zodiacal publié en 1820.
En effet,
« Si, laissant de côté tout système, on examine l'alphabet hébreu, on trouvera,
qu'ALPh ou Aleph est le nom du Taureau ;
BIT ou Beth, celui de la Vierge ;
MIM ou Mem, celui des ondes du Verseau ;
NYN ou Nun, celui des Poissons ;
TAU ou Thau, celui du Chevreau ;
ET ou Heth, celui des Gémeaux ;
OYN ou Aïn, celui du Bélier. »

Or, si le nom de ces sept lettres est le nom de sept signes du zodiaque, n'est-il pas probable que les noms des cinq signes restants doivent se trouver dans les autres lettres de l'alphabet, et que s'ils s'y font moins remarquer, cela tient sans doute à des circonstances qui ont un peu
changé la signification des noms donnés à ces lettres, et qui même ont pu la faire perdre entièrement ? Je vais prouver que les autres signes se trouvent designés de la manière suivante :

« Les serres, les crochets de l'Ecrevisse par la lettre Y, qu'on nomme UOU ou Vau, et qu'on écrit YY;
Le Lion, par le Lamed, LMD ;
La Balance, ou les bassins de la Balance, par le Caph ;
Le Scorpion, par ZIN ou Zaïn.
Le Sagittaire, par le GiMeL. »
L'Y hébreu, qui signifie pinces, crochets, en a la forme, et cette forme est encore plus approchante des pinces de l'Ecrevisse dans la lettre
grecque Y. »
La lettre L appartient au signe du Lion ; et, en effet, elle entre, comme radicale dans presque tous les noms de cet animal ; etc. »
Quant au mot LMD, nom grammatical de la lettre L, il fut composé pour désigner un lion plein de force, au milieu de sa carrière; mais il a perdu cette signification parce qu'elle existait déjà sous le mot LcBA. Lamed est, en effet, composé de La, nom primitif et monosyllabique du lion, et de MAD , qui veut dire force. »

 La lettre C appartient au signe de la Balance ; le nom de cette lettre, CaPh, désigne une chose cave, creuse, une coupe, un bassin, les bassins d'une balance, etc., etc.
Le mot ZIN est le nom d'une arme, d'une espèce de fouet armé de pointes en fer ou de nœuds en fer, et ayant la forme même de la lettre ZIN en hébreu . On nommait communément cette arme, ce fouet, OQReB, le Scorpion, à cause de cette forme même et des blessures douloureuses qu'il faisait. »
La lettre G convient au Sagittaire : le mot GI ou GlRA signifie lancer des flèches, ou simplement une flèche. GlRAÉ ou GRAÉ est le nom du Sagittaire. Ce mot est composé de GI et de IRÉ ou IRA, qui veut dire jeter, lancer un trait : en sorte que le monosyllabe GI est certainement le radical primitif qui désigne la flèche. La lettre hébraïque en a même la forme.
Le nom grammatical de la lettre est GlMeL. Ce mot est composé de GI et de MeL ou MUL, qui signifie briser, exterminer, couper, et qui s'emploie en parlant des flèches. La flèche, le trait, le dard, était chez les anciens le symbole de la mort et de celui qui la donne GI étant le nom de la flèche, GlMel signifie mot à mot flèche-exterminatrice, ou celui qui extermine à coups de flèches, significations qui rendent parfaitement l'idée que fait naître la vue du Sagittaire*. »


* Voyez ci-dessous cet alphabet zodiacal.

 

Certains qu'un alphabet zodiacal a dû exister, nous conclurons de l'existence également certaine d'un alphabet de dix lettres, que la division du zodiaque en douze parties est postérieure à l'invention des lettres sacerdotales.

Cette
division, augmentant le nombre des lettres de l'alphabet, fit éprouver au langage écrit un changement considérable. Elle fit même distinguer deux nouveaux alphabets.
Pour avoir l'alphabet zodiacal on emprunta six lettres à l'alphabet sacerdotal :
A, L, B, C, M et N ;
ce sont celles dont le son ou l'intonation convenait à
la dénomination des signes célestes, et on en ajouta six autres inventées pour cet objet, savoir :
È, Y, Z, G, T et Ô.
Quant à la manière dont ces six lettres nouvelles furent groupées avec les six lettres anciennes, elle est tellement régulière,
qu'on ne peut l'attribuer au hasard; en sorte que cette régularité même est presque équivalente à une preuve.
J'en fais l'œil juge.

                           Aleph,   A, le Taureau, lettre sacerdotale.
Lettre zodiacale,     Èth, È, les Gémeaux.
Lettre zodiacale,    Yy,   Y, l'Écrevisse.
                             Lamed, L, le Lion, lettre sacerdotale.
                                Beth, B, la Vierge, lettre sacerdotale.
                                Caph, C, la Balance, lettre sacerdotale.
Lettre zodiacale,   Zaïn, Z, le Scorpion.
Lettre zodiacale, Gimel, G, le Sagittaire.
Lettre zodiacale, Tau,    T, le Chevreau,
                                Mim, M, le Verseau, lettre sacerdotale.
                                Nun, N, les Poissons, lettre sacerdotale.
Lettre zodiacale, Ôïn,    Ô, le
Bélier.

 

Ces lettres, placées sur la bande zodiacale comme elles durent l'être, donnent cette figure :

 

Les six lettres inventées pour ce zodiaque, jointes aux dix lettres sacerdotales, élevèrent l'alphabet au nombre de seize. On sait que cet alphabet passe pour le plus ancien. Nous avons donc son origine.

ALPHABET PELAGIEN PRIMITIF.

Voici ces seize lettres, véritables pélagiennes, prenant leur nom de PhLG ou PéLaG, faire une division, une distinction, une séparation, comme on dirait : séparée de autres que celles de l'alphabet ancien ; soit que ce mot Pélag se rapporte à l'alphabet considéré sous le rapport du nombre des caractères, soit qu'il faille l'entendre de la forme même des lettres, qui alors put être changée ou se rapporter à de nouveaux symboles, à d'autres signes hiéroglyphiques.

Ces lettres furent aussi appelées cadméennes, de QDM, QaDM, ancien, qui a précédé, et l'oriental.




Après cette addition de six lettres, la langue créée par l'alphabet étant devenue une langue parlée dans les Temples, on put étudier beaucoup plus facilement les intonations du langage. On reconnut que seize lettres ne suffisaient pas pour les représenter toutes, et on ajouta au second alphabet six lettres nouvelles.

 

Les caractères hébreux furent ainsi portés à vingt-deux.

Les lettres de cet alphabet reçurent dès-lors le nom d'assyriennes, non-seulement de l'Assyrie ou plutôt du pays d'Assur, où l'on verra que le second alphabet fut inventé, mais de la signification de ce mot AShR, parfait, où il n'y a rien à reprendre, heureux par conséquent.

C'est pour cela que l'hébreu employé à côté de l'arabe a gardé ses vingt-deux lettres sans plus, tandis que l'arabe s'est enrichi de six lettres nouvelles*.  Cette progression senaire, ou création, par six, est encore une particularité dont l'esprit appartient à l'Egypte.

*Voyez la Gram. arabe de M. Silv. de Sacy, t. I. p. 10.— L'égyptien vulgaire en avait, dit-on, vingt-cinq.

1 ° L'alphabet zodiacal emprunte au sacerdotal six caractères et en ajoute six autres, ce qui fait par la réunion de toutes ces lettres un alphabet
de seize ;

2° L'hébreu ajoute ensuite six caractères nouveaux à ces seize lettres, ce qui donne un alphabet de vingt-deux. La division reste néanmoins la même, puisque cet alphabet a six voyelles et seize consonnes ;

3° Enfin l'Arabe augmente ce dernier alphabet de six autres lettres, ce qui porte le sien à vingt-huit.

Ce nombre six marquait primitivement le repos, la joie, le retour sur soi-même lorsqu'arrivé au dernier degré on reprend un nouveau nombre ; mais ces significations se sont perdues et ne se retrouvent plus que dans le syriaque et sous l'orthographe ShT, ShyT, pour ShSh.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
commenter cet article