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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 22:32

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I

 

LE PENTATEUQUE REVU PAR ESDRAS ( PAR ÔZRA, le secours 1).


D'où provenait le discrédit si constant dans lequel le texte mosaïque du Pentateuque était tombé? N'était-ce pas, ainsi que je l'ai dit, du doute où laissait le double sens de certaines parties de ce livre ? C'est même cela probablement, qui fit encore défendre, après le travail d'Esdras, la lecture du premier chapitre de la Genèse, aux jeunes gens qui n'avaient pas atteint leur vingt-cinquième année.

Ce discrédit ne pouvait-il pas résulter aussi d'un rapport trop marqué entre certaines narrations et le culte secret de l'Egypte ; de cette Egypte que Moïse avait toujours respectée, qu'il avait défendu aux Hébreux d'avoir en abomination, et qui passait dans l'esprit d'Isaïe et des Prophètes pour le peuple de Dieu, tandis qu'Israël, acquis par l'initiation au culte de JÉOVÉ, n'avait été que son héritage ?

C'est ce qu'Esdras comprit parfaitement. Son génie réformateur avait entrepris pour les Juifs de retour dans leur patrie la régénération du culte hébraïque antique, oublié pendant les soixante et dix années de la captivité. Il prévint pour l'avenir un abandon absolu du Pentateuque, en élevant le dogme régénéré sur le sens littéral apparent des récits et des paraboles de Moïse, et en confiant la garde de ce sens à la crédulité du vulgaire, toujours fidèle à l'impossible. Il couvrit d'un voile impénétrable le sens intime égyptien de ces mêmes récits; il confia ce sens, en secret, à un petit nombre de sages.

Une semblable révolution dans le sens des mots d'un livre nous paraît inconcevable, parce que, pour la raisonner, nous nous représentons ce livre entre les mains de tout le monde, et ce monde disposé au doute, ou en droit de douter; parce que nous n'arrêtons notre pensée que sur les langues modernes de l'Europe, où tous les sons vocaux des mots sont et doivent être représentés par des signes. Mais cette obligation était moins rigoureuse pour la langue de Moïse, langue presque en totalité forgée, ou philosophiquement inventée dans le secret des Temples ; langue base des sciences, et dont les mots, par cela même, riches en significations, étaient susceptibles de se prêter souvent, par l'analyse, à un développement d'idées fort étendu. Esdras n'avait qu'à faire disparaître un de ces signes vocaux partout où le sens intime égyptien était trop éclairé par eux, et qu'à livrer le sens littéral lui-même à la tradition orale, si ce sens devenait douteux ou difficile à reconnaître. C'est en cela que consiste la massore qu'on lui attribue, bien qu'on n'ait pu dire ce qu'elle fut.

Tout ce qu Esdras pouvait faire en ce genre, sans nuire à la fidélité matérielle de la rédaction primitive , très-probablement il le fit. Il est tout aussi raisonnable de dire qu'il supprima quelques voyelles que de dire qu'il en ajouta sous chaque lettre des mots. Or, il est certain qu'il n'en a pas ajouté ; il est certain cependant qu'il a fallu en ajouter pour pouvoir lire, il l'est donc également que d'autres avaient été supprimées. Mais alors, par qui l'avaient-elles été ? par Esdras sans doute.

On objectera la transcription du Pentateuque hébreu en caractères samaritains, parce qu'on la suppose antérieure à la transcription du Pentateuque en caractères assyriens ou chaldaïques. Et pourquoi suppose-t-on les caractères samaritains plus anciens que les autres caractères ? parce qu'on trouve des sicles en caractères samaritains où Jérusalem est appelée la sainte. Mais qui nous dit que ces sicles ne sont pas supposés? N'est-il pas également possible qu'Esdras ait fait faire une double transcription de son œuvre, l'une en caractères chaldaïques et l'autre en caractères samaritains. Le succès de son entreprise n'exigeait-il pas cette précaution?

Les mots générants de l'hébreu, appelés racines, sont au nombre de deux mille, tous ces mots sont composés de trois lettres. Un semblable accord n'a pu résulter que d'un système ; il n'a pu être effectué que par la volonté influente d'un seul homme placé dans des circonstances pareilles à celles où se trouvait Esdras.

Pour ramener deux mille mots à ce nombre fixe de trois lettres , il a fallu évidemment supprimer des caractères dans une infinité d'expressions, en ajouter dans d'autres ; or, on n'a pu supprimer et ajouter que des voyelles. La seule exception possible a eu lieu pour les mots primitifs de deux lettres, parce qu'alors il suffisait de géminer une des lettres voyelles ou consonnes, pour rentrer dans le système adopté.

Voici comment la révision des livres est racontée en style biblico-théocratique ( c'est-à-dire faisant toujours agir et parler la Divinité ), dans le quatrième livre d'Esdras, chap. 14 et 15. L'opération ne pouvait y être expliquée d'une manière précise. Confier ce mystère à l'Ecriture, c'eût été ne rien faire. Ce livre, quoique conservé par l'Église, a été mis au rang des apocryphes. Le récit qu'on va lire en est la principale cause. Les anciens pères de l'Église avaient pensé, avec raison, que le fait de la perte totale du Pentateuque n'aurait pas été avancé en présence des savants Rabbins de cette époque, si ce fait n'avait pas été constant et reçu traditionnellement. Ils en avaient conclu qu'Esdras est l'auteur des Saintes Écritures. C'était une opinion fort répandue, etsaint Jérôme lui-même, dans l'impossibilité de la combattre, affectait à ce sujet beaucoup d'indifférence. Ce père écrivant contre Helvidius, n'ose pas citer absolument, sous le nom de Moïse, les Livres de la Loi; mais il se sert de ces termes : SOIT QUE vous VOULIEZ DIRE QUE MOÏSE SOIT L'AUTEUR DU PENTATEUQUE, ou QU'ESDRAS L'AIT RÉTABLI, CELA M'EST INDIFFÉRENT (R. Simon, pag. 29).

Les interpolations qui furent faites à ce quatrième livre d'Esdras, dans l'intérêt du Christianisme, ne prouvent après tout qu'une chose, c'est que l'on comptait beaucoup sur son autorité. On pourrait presque expliquer la perte du texte original de ce livre par ces interpolations mêmes : ceux qui les avaient calculées étaient intéressés à la disparition du livre hébreu. Enfin, s'il fallait mettre au rang des apocryphes tout ouvrage où se trouvent des interpolations incontestables, il faudrait placer au premier rang les livres mêmes de Moïse.

Le quatrième livre d'Esdras porte donc ceci : « Le livre de la loi avait été consumé par les flammes ; et il ne se trouvait plus personne qui fût instruit des grandes choses que Dieu avait faites. Je (Esdras) dis alors au Seigneur: Si j'ai trouvé grâce devant vous, remplissez - moi de votre Esprit Saint et j'écrirai tout ce que vous avez opéré dans le monde dès le commencement, et tel qu'il était écrit dans le Livre de la Loi, afin que les hommes puissent marcher dans vos voies et vivre jusqu'à la fin des siècles, s'ils le veulent.— Et le Seigneur me répondit : Va, assemble ce peuple, et dis-lui qu'il ne te cherche point pendant quarante jours. Prépare plusieurs tablettes de buis , et prends avec toi GARIAS, DABRIAS , SELEMIAS , ÉCHANUS et AZREL , qui tous écrivent avec beaucoup de vitesse et de légèreté 17. Reviens ensuite ici, et je ferai luire dans ton cœur la lumière d'intelligence, et elle ne s'éteindra point que tu n'aies achevé d'écrire toutes les choses que je te dirai. — Tu en découvriras quelques-unes aux parfaits, et tu en diras d'autres en secret aux sages (PERFECTIS QUIDAM PALAM FACIES, QUIDAM SAPIENTIBUS ABSCONSE TRADES).

Je m'en allai comme il me l'avait ordonné , etc. — Le lendemain la voix m'appela et me dit : Esdras, bois ce que je te présente. — C'était une liqueur semblable à de l'eau et qui avait l'éclat du feu.

Je pris la coupe; aussitôt que je l'eus bue, je sentis naître dans mon esprit une foule de pensées; la sagesse croissait en moi et ma mémoire me retracait diverses choses 18.

« Le Très-Haut remplit aussi d'intelligence les cinq hommes que j'avais choisis, et ils écrivirent les merveilles qui leur étaient dictées dans le silence de la nuit; mais ils ne les comprenaient pas. — Dans l'espace de quarante jours ils remplirent deux cents quarante ( six fois quarante ) volumes (rouleaux); et quand ce temps fut expiré, le Très-Haut fit entendre sa voix et me dit : publie ceux de ces livres qui ont été écrits les premiers, afin qu'ils soient sus de ceux qui en sont dignes et de ceux qui ne le sont pas. — Mais tu réserveras les soixante et dix deniers pour les donner aux sages de mon peuple. »
Va annoncer à mon peuple les prédictions que je te mettrai à la bouche ; ayez soin de les écrire dans un livre, parce qu'elles sont certaines et véritables. — Ne crains point les desseins qu'ils peuvent former contre toi, et ne te troubles point des contradictions que leur Incrédulité opposera à tes paroles. »
Depuis Esdras, pour ôter aux dignes et aux indignes toute possibilité
de retour vers une signification primitive, et pour éloigner de ce sens intime révélé aux parfaits et en secret aux sages, on a étudié chaque mot du texte, on a déterminé,

ShB >>>>>> être rassasié, être nourri avec abondance, et la sainte doctrine ( Horap.),-
ShPh >>>>> le langage humain, la langue sainte, nourrissante, abondante, qui abreuve l'esprit et la pensée ;
SPh >>>>>> le jonc, symbole du Scribe sacré et de l'Écriture sainte ( Horapollon. )

forcé même quelquefois la signification de ce mot pour tel ou tel passage ; des traductions, des gloses, des commentaires, ont été entrepris et répandus pour servir d'autorité. Il n'a donc plus été possible de voir dans ces livres hébraïques autre chose que ce que l'autorité ecclésiastique, les surveillants, les EPI-SCOPOÏ, les évêques, permettaient d'y voir. Ou bien il fallait consentir à passer pour un ignorant, un visionnaire ou un impie, car la science ne pouvait être permise que dans l'intérêt du sens nouveau.

Ce n'est pas à dire que l'on ait interdit toute nouvelle interprétation, tout nouveau commentaire. Le sens convenu élevé sur l'ancien avait fait sortir de la lettre tant de nébulosités, tant de significations douteuses, que la langue hébraïque en a reçu depuis le nom de langue équivoque; il était donc naturel, au contraire, de chercher à dissiper ces obscurités, lorsqu'elles étaient susceptibles de contrarier le nouveau dogme, et c'est ainsi que les livres de Moïse ont pu servir de base, de principe, pour prouver la vérité de plusieurs croyances différentes et même ennemies.
Lorsque cela était trop difficile, on recourait aux allégories, aux sens figurés, prophétiques ou sublimes.

La conséquence de ceci est, que si vous vous livrez à l'étude de la langue hébraïque avec l'intention positive de vous renfermer dans les limites, qu'un dogme quel qu'il soit vous a tracées , il sera difficile de comprendre l'utilité de cette étude.
 

Lors même que vous seriez en état de lire toute la Bible hébraïque, sans hésiter sur un mot depuis le premier jusqu'au dernier ; si vous devez n'y voir que ce que vos dictionnaires, vos grammaires, vos traductions interlinéaires, les Septante ou la Vulgate vous ordonnent d'y voir, celui qui lit une traduction de ce livre faite dans cet esprit, remplissant toutes ces conditions, est aussi avancé que vous. Étudier ainsi, c'est s'enferrer et clouer sa chaîne pour ne pas sortir d'un cercle tracé. Peut-on croire qu'il n'y ait pas loin de ce cercle à celui dans lequel Moïse avait placé son peuple ?

Il me reste à parler de la mission de Moïse, et des faits ajoutés au Pentateuque pour cacher le but égyptien de cette mission. Le sujet est vaste, intéressant, néanmoins j'en dirai peu de chose : je dois en réserver l'étude approfondie, parce que cette étude tient au sens intime et rationnel des premiers chapitres de l'Exode.

 

CE QU'ÉTAIT MOÏSE;
SA MISSION,
ET LES FAITS AJOUTES AU PENTATEUQUE POUR CACHER
LE BUT ÉGYPTIEN DE CETTE MISSION.


On n'arrive point à la vérité par des miracles, car le miracle est lui-même un mensonge physique, un démenti donné au possible et par conséquent à la vérité, un déni de raison ( sola est in, miraculis ratio, polenlia facientis, dit saint Grégoire le Grand).

Écartons donc les circonstances miraculeuses, dont l'exagération judaïque et Tautothéisme habituel des récits hébraïques ont couvert le texte du Pentateuque, et la mission de Moïse devra se montrer probable et naturelle.


CE QU'ÉTAIT MOÏSE.


Établissons seulement les faits.
1 - Moïse était Égyptien, né, élevé en Egypte ; il fut employé au service de l'Egypte dans une guerre contre les Éthiopiens (Fl. Jos.) — Il avait été initié à toute la science des Égyptiens (éruditus est omni sapientia AEgyptiorum, disent les Actes des Apôtres, chap. 7).

2° Il fut élevé près du trône, à la cour même du Roi d'Egypte : on sait que la fille de ce Roi l'ayant trouvé abandonné sur le bord du fleuve, elle le fit nourrir et l'adopta pour son fils. L'ENFANT AYANT GRANDI , SA MÈRE (qui le nourrissait ) LE RAMENA A LA FILLE DE PHARAON , ET IL FUT A ELLE COMME UN FILS (Exode 2. 10). L'auteur de l'Épître aux Hébreux prétend que Moïse renonça au titre de fils adoptif de la fille de Pharaon, estimant, dit-il, plus grandes les richesses de CHRIST que les trésors de l'Egypte ; car il regardait à la rémunération. L'Exode, on le pense bien, ne dit rien de semblable, et l'on doit être fort surpris de voir figurer Christ et la Rémunération en Egypte au temps de Moïse; il faut plus que de l'imagination pour trouver un pareil principe à la mission de Moïse. Mais observons que cette épître, longtemps repoussée par plusieurs églises, n'est point de saint Paul, dont à tort elle porte le nom ; qu'on la croit de saint Clément, ou pour mieux dire qu'on ne sait de qui elle est.

3° Il fut instruit dans les sciences par les Prêtres de l'Egypte ; le texte des Actes des Apôtres ne permet pas d'en douter. Simplicius prétendait que Moïse avait reçu des Egyptiens, dans les mystères, la doctrine qu'il enseigna aux Hébreux. En effet, en Egypte le savoir et la sainte doctrine, appelés ShPhE ou ShBO (19), n'étaient professés que par les Prêtres et communiqués dans les mystères. Pythagore, Platon, Eudoxe le Gnidien, etc., avaient été instruits par des Prêtres egyptiens.

4° II avait fait lui-même partie du collège des Prêtres, il était Prêtre égyptien, dit Strabon, liv. 16. — Il était gendre d'un Prêtre étranger au culte de JÉOVÉ (Exode 18. 11. ) — Deux Prêtres égyptiens lui sont associés dans saint Paul, dans Pline, dans le Zohar, ancien commentaire allégorique sur le Pentateuque. — Moses erat théologus et propheta, sacrarum legum interpres, disent Clément d'Alexandrie et Philon. Or, la religion hébraïque n'existait pas en Egypte ; les Hébreux n'y avaient pas de loi écrite, il n'y avait pas de culte possible autre que le culte égyptien ( Exode 8. 21.22) : Moïse était donc Scribe sacré et interprète de la sainte doctrine professée dans les temples égyptiens. Les auteurs anciens l'ontconsidéré comme le véritable Hermès ( l'interprète par excellence), et lui ont attribué la fondation d'une des villes nommées Hermopolis (20).

-- LES PARENTS DE MOÏSE LE NOMMAIENT JOACHIM, et les initiés (0I MUSTAI), APRÈS QU'IL EUT ÉTÉ ENLEVÉ AU CIEL, LE NOMMAIENT MELCI (Clém. d'Alex. Strom. 1., pag. 412.)

— Il était prêtre d'Héliopolis ( ON ), dit Manethon, cité par Flavien Josèphe ; il se nommait ÀSERSAPH ou OSARSIPH ; mais il prit ensuite le nom de MOSÉ ou MOÏSE.
Remarquons tous ces mots :
JOACHIM est de IÉ - ÉQIM, l'Eternel l'a secouru et fait subsister.
MeLCI, MeLACY ou MeLCIÉ, déjà expliqué, signifie mon envoyé, l'envoyé de lui, ou l'envoyé de IÉ, de JÉOVÉ, de l'Éternel.
ASheR-SaPh, inversion pourShaPhT-ASheR, on le verra, désigne la langue de perfection , de félicité; la sainte doctrine ; la langue d'Assur ou Assyrienne; l'Hèbreu.
MSh, MoShÉ, nom de Moïse, indépendamment de ses autres significations, veut dire le renvoyé, celui qui a été mis hors ( DES EAUX), qui a été fait missionnaire,envoyé,
apôtre.

5° Moïse eut pour antagonistes, pour opposants dans une occasion décisive et solennelle, pour le fait même d'un renvoi, d'une mission relative à la réforme du culte chez les Israelites, deux de ses collègues ; leurs noms avaient force et crédit puisqu'ils sont restés malgré le soin qu'il a pris de les taire. Ce sont JANNÈS et JAMBRÈS (Jannès et Jambrès restiterunt Moysi). Voyez l'Essai cité ci-dessus.

Sixième partie A suivre...

Notes

16 Le nom primitif d'Esdras est inconnu ; celui par lequel il est désigné est un qualificatif, comme son autre nom Malachie.—OZRA, chaldaïque, pour OZRÉ, est parfaitement choisi pour qualifier ce scribe célèbre, qui fut d'un si grand secours aux Juifs sur la fin de la captivité, 536 ans avant J.-C. C'est par lui qu'ils furent rendus à leur patrie ; c'est par lui, que les livres de Moïse, brûlés avec le Temple ou perdus pendant la captivité, furent recherchés, appris, pour obvier à leur perte totale et possible en ce temps-là. C'est encore lui qui donna une nouvelle autorité à ces livres, et qui répara le tort que la tentative d'Elqieu leur avait fait.
Les Rabbins et saint Jérôme, plusieurs savants et dom Calmet lui-même, veulent qu'Esdras soit le même que Malachie. Le D. Lowth observe que le style de Malachie semble indiquer le déclin vers lequel la captivité de Babylone précipitait la poésie des Hébreux et la pente qui l'entraînait à une décadence totale.
Malachie est encore un surnom ; sa signification est même ici très-remarquable : c'est l'envoyé de Dieu ou mon envoyé. OZRA MLACIE ou OZRA MLACI, est le secours, l'aide envoyé de Dieu, ou le secours , l'aide que Je vous ai envoyé. — C'est aussi l'ouvrier industrieux de IÉ, de Dieu ; ou l'ouvrage fait avec art par le ministre ou l'envoyé de IÉ.

17 Tout nom hébreu ou chaldaïque a une signification, et ces cinq noms en ont une. — Le nom d'Esdras en a une qui convient parfaitement à la mission dont ce Scribe fut chargé. — Les significations de ces cinq noms méritent quelque attention ; elles prouvent l'origine hébraïque et ancienne de ce quatrième livre d'Esdras qu'on voudrait porter à la fin du premier siècle.
J'observe d'abord que la terminaison IA est plurielle et chaldaïque. Que celle ËL est chaldaïque également, et peut se rapporter à l'action de travailler, de faire un œuvre difficile, d'éclairer par des allocutions laudatives. Or, laissant au lecteur la liberté de se former une opinion sur la rencontre singulière et l'ordre de ces noms, je lui dirai que :
GAR-IA indique LES OBELES ou MARQUES que les commentateurs anciens employaient pour prévenir que le texte qu'on a sous les yeux est défectueux, ou susceptible d'un autre sens. Que :
DaBR-IA (de DaBR), ce sont DES PAROLES, DES MOTS composant une phrase, un texte. Que :
TzeLeM-IA.... (de TzLM) indique DES FIGURES, DES CHOSES FIGURÉES, TRACÉES D'UNE MANIÈRE ObSCURE. Que :
EÇhaNU (de ChNE) est la troisième personne plurielle comm. prétérit d'Hophal, indiquant l'action d'être, fait faire, en sorte que EChaNU veut dire qui ont été changées, doutées. Et que
ÂZR-EL est le nom d'OZRA ou AZRA d'ESDRAS, avec la terminaison EL ; en sorte ÂZRA-EL ou ÂW-EL, c'est l'OUVRAGE D'ESDRAS. . .
De manière que ces cinq noms considérés comme les mots d'une phrase donnent ce sens : — OBÉLES , MARQUES D'AVERTISSEMENT— DES  PAROLES — FIGURÉES D'UNE MANIÈRE OBSCURE — LESQUELLES ONT ÉTÉ CHANGÉES , doublées ; — ce qui est un TRAVAIL d'Esdras.

18 La circonstance de ce breuvage et de cette coupe est encore symbolique. — La sainte doctrine a été comparée à une boisson et à une nourriture de l'esprit, nous le verrons quand nous expliquerons le second et le troisième chapitre de la Genèse. — Toutes ces idées se trouvent réunies sûr le nom même de la langue sainte, ShPh-E en Hébreu; de la sainte doctrine, ShBO en Egyptien (Horap.). Ainsi, SPh est une coupe et une nourriture; ShPh ou ShB l'action de se désaltérer à l'eau pure d'une source;

19 - Voyez Horap. et ci-dessus pag. 39 et 40.

20 - Voyez l'Essai sur les hiér, ég., p. 33.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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