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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 01:50

Voilà un entretien d'Emile Gillabert, le gnostique, dont j'ai publié deux extraits de son livre "Jésus et la Gnose" sur la réhabilitation de Judas... Emile est mort en 1995.

Entretien avec Emile Gillabert

Émile Gillabert a vécu une série d'expériences de transformation entre les âges de 8 et 10 ans. Ces expériences de "lumière intérieure" ont rempli son être pendant toute sa jeunesse et aussi à un âge plus avancé, alors qu'il était éditeur à Paris. À 55 ans, un ami lui fit connaître l'Évangile selon Thomas. Ceci fût, selon ses propres mots, "une révélation sans précédent". Émile continue: "J'y ai trouvé la claire confirmation de cette présence qui illumine et unit toutes choses. À partir de ce moment, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour approfondir ma compréhension de ce nouvel Évangile."

Émile a participé de près à l'une des traductions française de l'Évangile selon Thomas, et en 1975, il a créé l'Association Métanoïa pour aider à approfondir et investiguer le sens des logia de l'Évangile selon Thomas. Le mot métanoïa veut dire littéralement "changement de mentalité".

Dans ses discussions, Émile utilise les termes Gnose et gnostique avec le sens suivant: Gnose réfère à la Vérité ou Connaissance universelle et intemporelle. Un gnostique est quelqu'un qui comprend la pensée non-duelle et qui dédie sa vie à vivre la Gnose. Émile dit: "Les gnostiques sont rares."

Émile Gillabert fait beaucoup de similitudes entre l'Évangile selon Thomas et la spiritualité orientale. Il dit: "Alors que la Christianité émergeait du Judaïsme et se bâtissait à l'intérieur du contexte apocalytique, la Gnose, fondamentalement autonome, rejetait toute fuite vers un espace-temps "ailleurs". L'Ouest a ignoré la notion de "présent libérateur" qui est un thème essentiel des principaux enseignements orientaux, tel les Védas, le Bouddhisme, le Taoisme, le Tch'an, et le Soufisme. De plus, un autre fait très révélateur est que l'Évangile selon Thomas ressemble aux enseignements orientaux en ce sens qu'il met l'accent sur le "ici-maintenant". Chercher à l'extérieur, c'est se condamner à ne pas trouver. "Mais le Royaume du Père s'étend sur la terre et les hommes ne le voient pas." Logion 113.

"La Gnose transcende l'espace et le temps, ce qui est contraire à la conviction typiquement chrétienne du devenir dans le temps ainsi qu'à l'idéalisme grec qui prône la fuite. Cette notion, que l'Occident a ignoré, constitue un des thèmes fondamentaux des principaux textes orientaux. Et ce qui est très révélateur, c'est que cette même notion (transcendance de l'espace et du temps) se trouve être l'essence des paroles de Jésus dans l'Évangile selon Thomas. Il faut beaucoup de temps et de travail afin d'aiguiser la capacité de discernement qui nous rend apte à reconnaître les importantes altérations successives qu'ont subi les Évangiles Canoniques tout au long des années. Dans l'Évangile selon Thomas, Jésus ne se place pas dans la perspective apocalyptique. Il s'ensuit que tout ce qui est écrit dans les Évangiles Canoniques, et dans cette perspective apocalyptique, vient des altérations faites par les différents rédacteurs successifs.

Inner Direction Journal: Pourriez-vous nous introduire à l'Évangile selon Thomas? Qu'elle en est la source et comment se compare-t-il aux autres évangiles?

Émile Gillabert: L'Évangile selon Thomas fait partie de manuscrits coptes découverts à Nag Hammadi (en Haute Égypte) en 1945. Il s'est fait connaître en France en 1959 suite à sa publication par Jean Doresse et Henri-Charles Puech. Plusieurs commentateurs comparent les logia de Thomas avec les paroles de Jésus telles que rapportées par les évangiles canoniques. Cette comparaison se fait parce que la moitié des 114 logia se retrouvent dans les Canoniques, quoiqu'avec certaines variantes. De là, la grande question: Est-ce que ce nouvel Évangile est plus vieux, ou contemporain, ou plus récent que les Évangiles Canoniques?

C'est par l'examen de cet Évangile d'un point de vue gnostique que nous sommes à même d'apprécier pleinement sa profondeur et son originalité lorsque comparé aux Évangiles Canoniques. De plus, beaucoup de choses doivent être révisés sur ce sujet car la Gnose a connu une mauvaise réputation parmi les Chrétiens durant les premiers siècles de la Chrétienté. Les Gnostiques étaient accusés d'être hérétiques par les hérésiologues (adversaires des Gnostiques dès le second et le troisième siècle), tel Épiphane, Hippolyte et St-Irénée. Ce dernier, qui était Évêque de Lyon, nous a laissé un important ouvrage intitulé Adversus Haereses (Contre les hérésies) dans lequel il réfute les croyances gnostiques et montre leur dualisme.

Avant la découverte de l'Évangile selon Thomas, le seul moyen par lequel il était possible de connaître les oeuvres des Gnostiques c'était par ceux-là mêmes qui les dénoncaient. La découverte de Nag Hammadi change radicalement l'image que les gens se font des Gnostiques et de la Gnose. La Gnose est davantage qu'une simple branche hérétique du Christianisme. C'est un arbre indépendant duquel le Christianisme est une branche.

Les premiers critiques qui ont parlé de l'Évangile selon Thomas l'ont accusé d'être gnostique, donnant à ce terme le sens dualiste utilisé par les hérésiologues pour décrire les écrits hérétiques. Ainsi, plus tard, nous parlons de connotation gnostique, parce que le nouvel Évangile accorde beaucoup d'importance au corps comme outil nécessaire de réalisation intemporelle; mais finalement la qualification de dualiste est impropre. En fait, c'est tout à fait le contraire. C'est à cette tâche que j'ai décidé de me dévouer dans toutes mes activités.

IGJ: Comment peut-on vivre l'enseignement de Jésus à partir de l'Évangile selon Thomas dans notre vie de tous les jours, à la maison, au travail, et plus spécialement dans la société actuelle?

EG: Pour moi ce qui caractérise le mieux les paroles de Jésus dans l'Évangile selon Thomas, c'est leur sens d'imminence et de transcendance. En d'autres mots, ils établissent un lien intime entre le divin et l'humain. Dans le nouvel Évangile, le corps occupe une place très prévilégiée qu'il n'a pas dans d'autres textes, ni orientaux ni occidentaux. C'est seulement quand le corps est dé-lié du mental que l'Esprit ou le Soi peut se reconnaître lui-même. Aussi longtemps que l'on se croît différent de l'Esprit, on empêche cette révélation; aussi longtemps que l'on vit comme une entité séparée, on se prive soi-même de la vision.

Dans son invitation à prendre le "faible" en exemple, Jésus nous montre la simplicité requise pour la découverte de notre vraie nature. C'est une sorte d'innocence qui est à l'abri des concepts. La présence de cette simplicité et de cette innocence annulle, invalide, la fuite dans le temps, et elle est plus facilement saisie par les gens simples, qui vivent une vie quotidienne ordinaire, que par les intellectuels, plus doués à jouer avec les concepts.

IDJ: Pensez-vous qu'il y ait d'autres maîtres qui enseignent la vision non-duelle de la Gnose? Pourriez-vous nous dire quelques mots à leur sujet?

EG: En même temps qu'ils enseignent la simplicité de la vision non-duelle, les grands maîtres, comme Ramana Maharshi, Nisargadatta Maharaj et H.W.L. Poonja parlent de la rareté des êtres vraiment éveillés. Ils mettent bien en évidence le caractère illusoire de l'individu. Aussi longtemps qu'une différence existe entre l'individu et le Soi ou l'Esprit, l'éveil ne peut prendre place. Un être réalisé bénéficie de la vision unitaire.

Selon Ramana Maharshi, la clé de la Gnose consiste à se poser la question "Qui suis-je?". La réponse vient lorsque l'on découvre notre unité intérieure: "Je suis le Soi". Nisargadatta met l'emphase sur l'affirmation de notre vrai nature: "Nous devons développer la conviction: 'Je suis l'Absolu'; ceci est très important." Poonja ne se fatigue jamais de dire: "Je suis Cela, Je suis Cela" et il décrit ainsi l'attitude qui permet à la connaissance spontanée de se révéler elle-même à elle-même: "Être sans passé et sans devenir". En d'autres mots, être libre".

IDJ: Est-ce que l'enseignement de l'Évangile selon Thomas est non-duel ? Et si oui, de quelle manière?

EG: Ce que ces Maîtres disent peut être trouvé dans l'Évangile selon Thomas. L'invitation de Jésus à faire le deux Un est tout à fait dans la tradition de la non-dualité orientale: "Quand vous ferez le deux Un, vous serez Fils de l'homme, et si vous dites: montagne éloigne-toi, elle s'éloignera." Log.106. Il va sans dire que l'image de la montagne représente le mental que l'Esprit, notre vraie nature, peut déplacer. Ce qui est particulièrement mis en lumière c'est le processus d'éveil dans un contexte de non-dualité. En d'autres mots, l'Esprit se reconnaît lui-même, n'appellant nul autre que lui-même. Si quelqu'un comme Nisargadatta Maharaj dit et re-dit: "Je ne suis pas ce corps, je ne suis pas ce mental," il ne dit pas clairement comment cette prise de conscience s'est faite. Et comme lui, les Maîtres bouddhistes et hindous ne clarifient pas ce "mystère". Les Upanishads disent seulement: "Le non-né donne naissance au non-né." Et les maîtres Tch'an disent simplement: "Depuis le commencement aucune chose n'est".

Sur ce même sujet, l'Évangile selon Thomas est de manière surprenante très concis et ce qui est d'autant plus remarquable c'est que ce soit contraire à l'idéalisme grec et au judéo-christianisme.

IDJ: Pourriez-vouz commenter: "Le Gnostique est au monde sans être du monde." Que signifie cette phrase?

EG: On peut même spécifier que le Gnostique est le seul à être vraiment "au monde" parce que pour lui la réalisation ne peut pas survenir dans un "ailleurs", ni dans le futur. Situer la réalisation au moment de la résurrection du corps, c'est se condamner à ne jamais la trouver. On ne peut être au monde si on se tourne vers la passé ou le futur. C'est cette même fuite du monde qui nous empêche d'être dedans.

Le Gnostique n'est pas "du monde" parce que sa vraie nature n'est pas cette personne à laquelle il s'était illusoirement identifié. En fait, il est l'Être originel, le créateur de la manifestation. " Je suis l'Être de toutes choses, rien n'est mon être," dit Abd El Kader. Le principe ne peut pas être un élément du tout.

EDJ: Avez-vous vu Dieu?

EG: Si voir Dieu c'est avoir la révélation de sa propre présence, en d'autres mots, être conscient de notre vraie nature, alors je peux répondre dans l'affirmative. Mais, si Dieu est un être tout puissant, différent de moi, alors je suis étranger à cette vision. Seule la vision unitaire supprime la perception dualiste. Si l'individu est effacé, seul Dieu demeure.

(Émile Gillabert est décédé, le 6 juin 1995, quelques temps avant la publication de cet entretien.)

Sources : Les passants

Posté par Adriana Evangelizt

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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 23:16

Et voilà donc la deuxième partie de la Réhabilitation de Judas d'Emile Gillabert. Il est vrai que lorsque l'on se penche avec sérieux sur le cas de l'apôtre Pierre, il y a vraiment plusieurs choses qui dérangent. Et plusieurs questions que l'on se pose... Le moins que l'on puisse dire c'est que son comportement vis-à-vis du Galiléen est plus que douteux. Il semble d'abord vraiment limité dans l'intelligence et la compréhension de l'Enseignement dispensé par Jésus. Sa fidélité a son égard laisse aussi vraiment perplexe. Non seulement, il Le renie trois fois comme l'avait prédit l'Initié visionnaire mais, après Son arrestation, on le retrouve en train de se réchauffer chez le grand-prêtre -ennemi de Jésus- et c'est lui qui -d'après ce qu'en dit l'Eglise Catholique Romaine- fut le premier pape. Quand on sait comment fonctionne le Vatican -lire Le Vatican... cité de Dieu ou maison du diable ?- on émet de sérieux doutes quant à la validité de Pierre qui ne fut sans doute qu'une marionnette manipulée par des gens pour servir de troubles intérêts. Et quand on sait que Jésus n'a jamais voulu fonder d'Eglise, tout s'éclaircit. Pierre aura trahi le Galiléen jusqu'au bout...

« La diplomatie du Vatican, disait le brillant latiniste puis cardinal Antonio Bacci, est née un triste soir à Jérusalem, dans le vestibule du grand prêtre, lorsque l’apôtre Pierre, qui se réchauffait auprès du feu tomba sur une soubrette qui, pointant le doigt, lui demanda : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen ! » Et Pierre, tressaillant, répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire ! » * Réponse diplomatique qui ne compromettait ni la foi ni la morale. »

* Matthieu 26, 69/70

Tiré du livre "Le Vatican mis à nu"

 

 

Réhabilitation de Judas

 

par Emile Gillabert

 

2ème partie

1ère partie

L'identité s'exprime symboliquement dans la forme pur signifier l'identité dans l'inexprimable : Le pain que je donnerai c'est ma chair (Jean 6/51). La bouchée trempée que Jésus donne à Judas c'est sa chair trempée dans son sang. Judas est le premier à communier au corps et au sang du Maître car il est le premier à avoir réalisé le sens profond de la parole : Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. C'est du reste le vrai et seul sens que nous pouvons donner à la formule trop usée de présence réelle. Judas est également le premier à avoir bu à la bouche de Jésus, aussi est-il le premier à comprendre que l'Amour postule l'unité :

Celui qui boit à ma bouche

sera comme moi ;

moi aussi, je serai lui,

et ce qui est caché lui sera révélé.

Log. 108

Maintenant Judas peut partir. Il a reçu Jésus, et par là, celui qui a envoyé Jésus. Désormais, celui qui reçoit Judas reçoit Jésus. La filière est établie.

Judas va réapparaître fugitivement une dernière fois du vivant de Jésus pour l'embrasser juste avant son arrestation et juste avant les reniements de Pierre. Quelle extraordinaire coïncidence, quelle merveilleuse connivence ! Dans Matthieu (26/50), Jésus dit à Judas : Fais ce pourquoi tu es là ; et dans Luc : Judas, par un baiser tu livres le Fils de l'homme. Une fois l'inversion repérée et le redressement opéré, ce qui est signe de trahison devient témoignage de fidélité.

Judas est donc parti seul, la nuit.(1) Le Prince de ce monde ne veut plus entendre son nom, car, si à ses yeux Judas est l'accusé, il devient dans l'inconscient de celui qui a fait son procès, l'accusateur. Néanmoins, même si Judas n'est plus nommé, il continue à être présent, d'une présence accusatrice. Et là où sa trace n'a pas été bien maquillée, il reste le témoin de Jésus, son alter ego.

Lorsqu'on évoque le cas de Judas, on se rend compte que le chrétien a retenu habituellement deux traits du personnage, deux traits qui ont frappé son imagination enfantine : Judas a trahi Jésus et Judas, pris de remords, s'est pendu. Nous savons ce qu'il faut penser de cette trahison mais qu'en est-il de l'histoire de la pendaison ?

Notons tout d'abord que, des quatre évangiles, Matthieu est le seul à relater la pendaison de Judas. Les Actes (1/15-20) racontent aussi l'évènement mais d'une façon fort différente : Judas ne s'est pas pendu, il est tombé la tête la première et a éclaté par le milieu et toutes ses entrailles se sont répandues. Fort discordants, les deux récits ont en commun le fait que la mort de Judas est présentée comme une suite logique de son forfait. Cependant, une autre question se pose à la lecture des textes. Ceux-ci nous rapportent le récit de la préparation de la pâque qui commence par l'entrée solennelle de Jésus à Jérusalem en tant que roi messianique au milieu de foules très nombreuses chantant le psaume 118 : Hosanna au fils de David ! Béni celui qui vient au nom du Seigneur !  Cette manifestation grandiose n'est pas conciliable avec les récits rapportés par Jean (11/57 et 18/2) qui nous signalent que Jésus, recherché par la police à cette même date, se cache chez des amis, sans doute à Béthanie. Or, c'est cette dernière version seule qui permet d'expliquer et la trahison de Judas et son remords suicidaire. Il est évident en effet que Jésus n'avait pas à être recherché du moment qu'il était présent au milieu des foules qui l'acclamaient. La scène qui suit son entrée triomphale à Jérusalem où il chasse les vendeurs du Temple montre que Jésus agissait au vu et su de tout le monde. Matthieu et Luc placent le récit le jour même de l'entrée à Jérusalem, Marc le lendemain, tandis que Jean le place plus tôt. Ainsi les faits démentent à la fois le rôle qu'on a fait jouer à Judas et son suicide. Que penser de ces contradictions ? Matthieu veut montrer ici, comme en d'innombrables autres occasions, que la mort de Judas, consécutive à la trahison, s'inscrit dans le plan divin qu'annonçaient les prophètes (ZA 11/12-13) ; mais pourquoi Matthieu parle-t-il de pendaison ? Tout simplement pour faire correspondre son récit avec celui du deuxième livre de Samuel (17/ISS) Matthieu veut rapprocher deux traîtres : Ahistophel et Judas. Le premier se pendit lorsqu'il apprit qu'Absalon n'avait pas suivi son conseil qui devait amener la mort de David. L'un se pend par dépit, l'autre par remords. Ainsi les intentions qui sont à l'origine du texte matthéen expliquent le scénario qui aboutit à la pendaison. Encore une fois, le mythe s'est imposé, mais la malversation foncière réside dans le fait que celui-ci a été présenté comme un évènement historique. La tradition a transmis un mythe et non un fait historique. Néanmoins, longtemps encore le mythe prévaudra sur la réalité.

Si maintenant, nous allons plus loin encore dans la remise en question d'un passé qui se prétend historique, alors qu'il est du domaine de la fabulation, nous avons de bonnes raisons de croire que Jésus a célébré la pâque non avec ses "disciples" mais avec Judas. Pierre vient en effet de renier ostensiblement par trois fois son Maître et cela, notons-le bien, après la cène "officielle" qui a fourni l'occasion de désigner le "traître". Mais la Cène elle-même n'a-t-elle pas réuni les disciples sans Jésus ? La question, nous allons le voir, est désormais posée car nous lisons dans Jean (18/28), à propos des anciens du peuple, grands prêtres, scribes et tout le Sanhédrin : Ils mènent Jésus de chez Caïphe au prétoire. C'était le matin. Et eux-mêmes n'entrèrent pas dans le prétoire afin de ne pas se souiller mais de manger la pâque. Ainsi, d'après Jean, la pâque juive n'a pas encore eu lieu au moment où Jésus est livré à Pilate, alors que selon les synoptiques, c'est au cours de ce repas pascal que le traître a été désigné.

En tentant d'harmoniser les textes disparates, les rédacteurs évangéliques ont laissé subsister par oubli des contradictions qui nous viennent en aide pour réhabiliter celui dont il fallait effacer la trace. L'imbroglio ne doit pas nous décourager dans notre tâche qui veut rendre à César ce qui lui appartient et à Jésus ce qui lui revient.

En continuant la lecture des textes à l'endroit, on se rend compte que le disciple que Jésus aimait ne peut être que son jumeau, Judas. La fidélité et l'amitié se prouvent. Après avoir voulu mourir avec Jésus, après avoir été à table tout près de lui, après avoir reçu la bouchée, après être sorti pour continuer sa mission -il ne fallait pas que tous deux soient arrêtés-, nous le retrouvons, seul homme, au pied de la Croix pour accueillir la   Mère de celui qui allait mourir. Qui mieux que Judas-Thomas, pouvait s'acquitter de cette tâche filiale ? Judas assiste à l'agonie de Jésus et lorsque les soldats viennent pour briser, selon la coutume juive, les jambes des trois sacrifiés, ils voient que Jésus est déjà mort et qu'il n'y a pas lieu d'accomplir cette besogne. Du reste, le coup de lance au côté achève de les rassurer. Et ce n'est pas Jean, le disciple et l'auteur de l'Evangile qui est le témoin de cette scène suivant de peu celle de l'agonie, puisque l'évangéliste invoque le récit d'un témoin direct : Celui qui a vu a rendu témoignage afin que vous croyiez vous aussi (Jean 19/35).

Les historiens accordent peu de crédit aux apparitions du Christ après sa mort car le caractère hallucinatoire de ce genre de manifestations invite à la réserve et à la prudence. Elles ont été multipliées pour renforcer la croyance en la résurrection. Lors de l'une d'entre elles, Thomas, appelé Didyme, n'est pas avec les autres disciples. Lorsqu'il apprend la nouvelle, il proteste : Si je ne vois pas à ses mains la marque des clous, et si je ne mets ma main à son côté, je ne croirai pas (Jean 20/24-25). Huit jours après, lors d'une nouvelle apparition, Thomas est présent et Jésus l'invite à se rendre à l'évidence. La scène se termine par l'admonestation : Parce que tu as vu tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru  (Jean 20/29). L'épisode a pour but d'édifier en invitant à croire sans condition. Il se trouve justement que Thomas veut voir avant de croire. Il ne cède pas à l'hallucination collective parce que sa connaissance transcende le monde de l'imaginaire. En rapportant l'épisode pour faire ressortir l'incrédulité du disciple, l'auteur du récit ne se rend pas compte qu'il lui rend indirectement hommage.

Une autre scène à la fin du même évangile achèvera, si besoin est, de nous convaincre ; elle montre que ce n'est pas non plus Jean qui est le témoin direct des faits rapportés. et, comme un fait exprès, le passage évoque Pierre, le Prince de ce monde, qui a renié Jésus -mais qui entre temps aura été réhabilité pour les besoins de la cause- et le disciple que Jésus aimait, celui qui, par sa seule présence, accuse l'autre : Pierre donc, en le voyant, dit à Jean : Seigneur, mais celui-ci, qu'en sera-t-il ?  La réponse de Jésus est manifestement un ajout car elle fait allusion au retour du Fils de l'homme : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je revienne, qu'importe ? Toi, suis-moi. La suite du récit montre bien que la répartie de Jésus a été rapportée, qu'elle este sans lien ni avec ce qui la précède ni avec ce qui la suit : Le bruit se répandit parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas (c'est nous qui soulignons...) C'est ce disciple (et non Jean) qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que vrai est son témoignage (Jean 21/20-24). Ici, le Jean du récit primitif atteste que celui qui ne mourra pas est le témoin de Jésus et a écrit ce qu'il a dit que son témoignage est vrai. Le nom du témoin n'est toujours pas prononcé car il fallait que le Prince de ce monde pût régner.

Maintenant, lisons ou relisons, dans l'optique de réhabilitation dans laquelle nous nous sommes résolument placé, cette fin de l'Evangile de Jean (21/20-24) :

Pierre alors se retourne et aperçoit, marchant à leur suite le disciple que Jésus aimait, celui qui, durant le repas, s'était penché vers sa poitrine et lui avait dit : "Seigneur, qui est-ce qui va te livrer ?" En le voyant, Pierre dit à Jésus : "Et lui, Seigneur ?" Jésus lui répond : "S'il me plaît qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi." Le bruit se répandit alors parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Pourtant Jésus n'avait pas dit à Pierre : "Il ne mourra pas",  mais : "S'il me plait qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne".

C'est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits et nous savons que son témoignage est véridique. Bien que le texte primitif ait subi des ajouts et des manipulations, aisément repérables du reste, ce qui affleure témoigne avec force du cheminement souterrain.

Les vivants ne mourront pas (Log. 11/5). Didyme Judas Thomas, jumeau de Jésus le Vivant, son témoin, a transcrit ses paroles. Il faut arriver tout à la fin d'un autre évangile, celui de Jean, pour que le témoin qi a écrit soit confirmé. Confirmé par qui ? Par celui-là justement qui a rapporté, sur l'Unité du Père et du Fils et sur notre identité de Fils du Père, les paroles amirables que nous connaissons, paroles qui sont restées à travers les tribulations dont le quatrième évangile, plus encore que les synoptiques, fut la victime.

Le plaidoyer en faveur de la réhabilitation de Thomas est aussi celui de la réhabilitation de Jésus. On a dissocié les deux personnages pour les affaiblir et permettre ainsi le triomphe de l'Ennemi. L'un a servi de bouc émissaire, l'autre a été récupéré en vue d'une mission qui lui est par nature étrangère.

Comme le dit Pascal -mais dans un contexte qui n'a rien de gnostique - : Il y a de l'évidence et de l'obscurité pour éclairer les uns et obscurcir les autres.

 

(1) ...et son message connaîtra la nuit de Nag-Hammadi !

Tiré du livre d'Emile Gillabert : "Jésus et la gnose" pages 177 à 182

Posté par Adriana Evangelizt

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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 19:22

Non, Judas n'a pas trahi le Galiléen...

A l'heure où tout le monde glose sur l'Evangile de Judas que le National Geographic vient de traduire, je ne peux m'empêcher de sourire car tout Gnostique sait depuis longtemps que Judas n'a jamais trahi Jésus. N'en déplaise à l'Eglise grecque orthodoxe qui voit là un complot sioniste... je vais même dire mieux, si les idéologues sionistes -qui ne sont pas mes amis et qui sont passés maîtres dans l'art des complots, certes- ont voulu vraiment comploter pour réhabiliter Judas, alors, pour une fois, sans le vouloir ils ont fait une bonne action.

On connaît, de toute façon, l'aversion de l'Eglise Chrétienne pour les textes "apocryphes". Depuis le départ, l'Eglise Catholique Romaine a choisi elle-même quel texte est légitime à ses yeux et tous les autres sont systématiquement mis à l'index. Même s'ils sont de la même époque que les fameuses Evangiles arrangées façon romaine. Quel crédit peut-on franchement apporter à un Saul de Tarse qui n'a jamais cotoyé de son vivant le Galiléen... a persécuté les chrétiens avec les Romains alors qu'il était hébreux ? Que doit-on penser franchement d'un individu qui trahit son peuple pour pactiser avec l'ennemi et qui sur un chemin nommé Damas eu soudain la Révélation ? N'est-il pas pire qu'un Judas que l'on a noirci à dessein pour, une fois de plus, cacher une Vérité qui dérangeait ? Paradoxalement pourtant, ce n'est pas l'Evangile apocryphe de Judas qui permit de découvrir le subterfuge, c'est celui de Thomas. Et en 1981, Emile Gillabert écrivit un livre qui se nomme "Jésus et la Gnose" où un chapitre est consacré à la réhabilitation de Judas en parallèle de son autre livre sur l'Evangile de Thomas. Je possède ce livre et j'ai commencé à vous taper la première partie... on y découvre des choses très intéressantes et qui intéresseront sûrement ceux qui cherche la Vérité... bonne lecture...

 

Réhabilitation de Judas

 

par Emile Gillabert

 

La tradition a dissocié Judas de Thomas pour faire du premier le traître qui livre Jésus et du second l'incrédule qui ose mettre en doute le bien-fondé des bruits qui courent sur la résurrection de Jésus.

Dans l'incipit de l'Evangile selon Thomas, les deux hommes sont réunis dans la personne dénommée Didyme Judas Thomas. Au logion 13, nous retrouvons Thomas, sans autre prénom, et, fait remarquable, il nous est présenté comme l'initié, celui qui détient les clefs de la gnose, celui qui ne peut faire part aux autres disciples de ce que Jésus vient de lui dire sous peine de très graves dangers :

Si je vous disais une des paroles qu'il m'a dites,

vous prendriez des pierres,

vous les jetteriez contre moi ;

et le feu sortirait des pierres

et elles vous brûleraient.

(Log. 13/22-26)

De son côté, Jésus, qui est censé nous rendre les clefs de la gnose que les pharisiens et les scribes ont prises et cachées, nous invite à être prudents comme les serpents et simples comme les colombes (log. 39/8-9) A une autre occcasion, il demande de ne pas donner ce qui est pur aux chiens... et de ne pas jeter les perles aux pourceaux... (log.93). Lorsque le mental fait sien ce qui relève de l'Autre, il opère un renversement complet des "valeurs". En d'autres termes, il blasphème contre l'Esprit (Log. 44/6). L'inversion est totale ; c'est Satan ou le Prince de ce monde qui se substitut à Dieu. L'initié, l'éveillé, devient le diable, le traître, le corrupteur.

Le personnage qui accueille et transcrit les paroles de Jésus, qui apparaît comme l'initié, est par la force des choses Satan aux yeux du monde. Le nom qu'il porte est déjà révélateur : Didyme Judas Thomas. On sait que le terme grec didumos veut dire jumeau. Il souligne d'entrée de jeu le lien, pour ne pas dire l'identité de vision, entre Jésus et Judas Thomas ; ainsi Judas Thomas est l'alter ego de Jésus. Le thème du jumeau est du reste fréquent dans la littérature gnostique. Ainsi, par exemple, le Prince dans le Chant de la Perle a un frère qui ne descend pas en ce monde. Mais c'est surtout dans la gnose manichéenne que nous trouvons le jumeau céleste. Mani, mourant, contemple son Double qui n'est autre que le Christ.

Si donc Judas Thomas est Satan pour le monde, il l'est également pour l'entourage de Jésus qui n'a pas accès à son enseignement "caché". Par contre, aux yeux de Jésus, c'est exactement l'inverse qui se produit. Dans Matthieu (16/22-23) et dans Marc (8/32-33), c'est Pierre que Jésus traite de Satan dans un contexte qui montre que le disciple pense non les choses de Dieu mais celles du monde. Cette réprimande très dure apparaît en filigrane dans Jean, où Jésus se contente de dire l'un de vous est un diable (6/70) ; mais le narrateur a le souci révélateur de préciser : Or, il parlait de Judas fils de Simon Iscariote, car celui-ci allait le livrer (6/71)

Luc omet l'épisode qu'il trouve sans doute trop dur à l'égard de celui qui deviendra le chef de l'Institution, tandis que l'ultime rédacteur johannique le met sur le compte de Judas, ce qui révèle l'embarras de l'un et de l'autre. Mais l'embarras lui-même garantit, comme le souligne le Père Boismard (Synopse des quatre Evangiles, ed. du Cerf, 1972, t.II, p. 247), l'authenticité de cette parole de Jésus contre Pierre. Cependant, il s'agissait de ne pas faire perdre la face à Satan, et Pierre, à la suite de sa profession de foi, sera désigné pour être le chef de l'Eglise. Le triple reniement qui suivra ne renversera plus la situation. Le nom de Judas Thomas sera dédoublé dans les textes canoniques et Judas sera désormais le traître. Le souci quasi-obsédant chez l'auteur de la dernière version johannique de dénoncer le traître montre bien le parti pris d'inverser les rôles de Pierre et de Judas. Il n'est pour s'en convaincre que de relire d'un oeil neuf le chapitre 13 de Jean. Mais Matthieu (26/14-16 et 26/21-25), Marc (14/10-11 et 14/18-21) et Luc (22/3-6 et 22/21-23) désignent à leur tour Judas qui allait livrer Jésus. Livrer, transmettre son enseignement, sa substance vive, san chair et son sang (Jean 6/53-56 ; Thomas 108) ? Ou bien trahir, dénoncer, lâcher, abandonner ? Le mot grec didômi et le mot latin trahere autorisent l'une ou l'autre interprétation, de quoi satisfaire le profane et l'initié. Néanmoins, même s'il faut traduire le mot grec par trahir, il reste que c'est Pierre qui doit être visé puisqu'il va renier dans quelques heures, ouvertement et par trois fois, son Maître. Le gnostique sait qu'il est dans un domaine où l'inversion est totale. Il ne perd pas de vue que l'initié est Satan aux yeux du profane, tandis que Satan est le profane aux yeux de l'initié, tout comme le Serpent de la Genèse est l'initiateur pour le gnostique et Satan pour le profane.

Curieusement, le traitre étant désigné, il n'est pratiquement pas fait mention de Thomas dans les évangiles canoniques. En Jean (11/16), il y a tout de même une réflexion de Thomas qui parle en faveur de son rôle de témoin. Jésus est aux prises avec les juifs qui veulent le lapider et les disciples le dissuadent d'aller au-devant de l'ennemi (Jean 11/8). Là dessus, intervient sans préambule le début de la scène de résurrection de Lazare après quoi on retrouve le fil des évènements. Jésus est en danger de mort ; alors Thomas, qui est appelé Didyme, dit aux autres disciples : Allons nous aussi afin de mourir avec lui (Jean 11/16). Thomas, jumeau de Jésus, est prêt à apporter à son Maître le suprême témoignage de l'amitié et de la fidélité en donnant sa vie pour lui. Thomas apparaît sous ce nom une dernière fois avant la mort de Jésus. Celui-ci, après avoir dit qu'il allait préparer à ses disciples une place dans la maison du Père -passage qui a déjà une connotation apologétique- ajoute : Et du lieu où je vais vous connaissez le chemin. Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment en connaîtrions-nous le chemin ? La réflexion peut à nouveau révéler ou l'initiation de Thomas ou son obscurantisme, suivant le niveau où ces paroles sont appréciées. Cependant, la réponse de Jésus est éclairante : Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne va au Père que par moi. Si vous me connaissez, vous connaissez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez et vous l'avez vu. (Jean 14/6-7)

Il n'y a pas lieu d'aller quelque part puisque Jésus l'a dit et répété, le Royaume est déjà là. La réflexion de Thomas paraît autrement avisée que celle de Philippe qui dit : Seigneur, montre-moi le Père et cela me suffit. Du reste la réponse de Jésus le souligne : Voilà si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ? Qui m'a vu a vu le Père, comment peux-tu dire : montred-moi le Père ? (Jean 14/8-9)

Si, aux yeux du profane, l'initié est Satan, nous avons toutes les chances de le trouver sous le nom et les traits de Judas.  Nous avons vu que celui qui transcrit les paroles de Jésus est Didyme Judas Thomas. Et voici que la philologie vient à notre aide pour nous faire découvrir que le Judas des textes canoniques qui livre Jésus est bien le même personnage que Thomas. En effet, H. CH. Puech, dans son ouvrage En quête de la Gnose, (t?. II, p. 213) précise que Didumos est l'équivalent grec de toma en araméen, de tauma en syriaque... surnom attribué à Jude, Judas, Ioudas. Ce n'est donc pas fortuitement que Jean précise : Thomas appelé Didyme. Qu'il soit appelé par son nom ou par son surnom, que ce soit Thomas ou Judas, il s'agit du même disciple. Dans notre développement, la philologie éclaire l'ésotérisme. Le fidèle témoin que nous avons vu prêt à donner sa vie pour son Maître est l'homme de confiance qui a la "caisse" du groupe (Jean/12-6 ; 13/29). Mais lorsque nous l'apprendrons, il s'appellera Judas et sera déjà le "traître" en puissance, qui livrera Jésus. Cependant le gnostique, qui doit inverser les signes pour rétablir la Vérité, parlera de l'initié qui transmettra le message après la mort de Jésus. Du reste, par une curieuse coïncidence, juste avant la mise en scène pour souligner la "forfaiture imminente du traître", Jésus dit : "En vérité, en vérité, je vous le dis : qui reçoit celui que j'envoie me reçoit, mais qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé (Jean 13/20). La filiation est bien indiquée et assurée ; en effet, quelques instants après, Judas, comme unique ou premier envoyé, va partir seul la nuit (Jean 13/30).

Relevons encore quelques indices qui ne peuvent être compris qu'en fonction de notre ouverture à la gnose car le maquillage de la scène est de nature à satisfaire celui qui voit non les choses de dieu mais celles des hommes (Mat. 16/23 ; Marc 8/33). Le texte dit que Jésus donna la bouchée à Judas (Jean 13/26). Pourquoi ce geste au symbolisme si fondamental ? Pour désigner le traître, laissera croire le texte. Pour que Judas, qui va partir seul la nuit transmettre l'enseignement caché au profane, puisse, tout en recevant les prémisses du repas par une attention qui n'échappe pas au gnostique, se restaurer avant le départ ; le gnostique lira également en filigrane que le départ de l'initié est urgent car Jésus, qui renonce maintenant à se protéger -n'a-t-il pas un continuateur ?- va bientôt être arrêté, d'où la réflexion de Jésus à Judas : Ce que tu as à faire, fais le vite (Jean 13/27). Le narrateur ajoute : Mais cette parole, aucun des convives ne comprit pourquoi il la lui disait (13/28). Et pour cause, Jésus va être arrêté. Il le sait - c'est du reste lors d'une évocation de sa mort, révoltante por Pierre qu'il dira à celui-ci : Passe derrière moi Satan.

Mais la vraie Cène, c'est celle où Jésus donne la bouchée à Judas. L'autre est, par rapport à celle-ci, la contre-initiation, ou, si l'on veut, le simulacre destiné à camoufler la réalité. Tout au plus, peut-on y voir le rite que pratiquait déjà le Maître de Justice chez les Esseniens ; il bénissait avant le repas le pain et le vin. Saint-Paul reprend le rite en y ajoutant ce qu'on peut bien appeler son trait de génie propre, le mémorial de la Passion. L'Apôtre en fait du reste une affaire personnelle : Pour moi, en effet, j'ai reçu du Seigneur ce qu'à mon toure je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain et, après avoir rendu grâce, le rompit et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi... (ICor. 11/23-25). L'exégèse confessionnelle fera remarquer que le texte correspondant de Luc (22.19-20) est proche de celui de Paul. Rien d'étonnant à cela quand on sait combien Luc est tributaire de Paul.

Le geste de Jésus en faveur de Judas ne peut pas, honnêtement, être interprété comme une dénonciation. A la rigueur on désigne du doigt le traître, on ne lui offre pas les prémisses du repas. Judas reçoit la bouchée afin que le symbolisme si riche de la chair et du sang reçoive toute sa signification.

Jean et Thomas nous rapportent les paroles de Jésus destinées à nous ouvrir à l'indicible réalité en partant des images les plus suggestives qui soient : le pain et le vin, la chair et le sang, la salive. Ce qui est palpable et visible, ce qui peut être goûté, ce qui exprime le plus intime de l'être nous est offert par Jésus pour que, le recevant, nous soyons identiques à lui. C'est comme si, voulant nous soulager, il nous faisait faire l'économie de l'opération mentale par le passage sans transition du physique au métaphysique. Comme il a réalisé l'unité avec le Père, Jésus veut que nous la réalisions avec lui et il dispose pour nous du Royaume comme son Père en a disposé pour lui (Luc 22/29). Or être un avec Jésus, c'est faire le deux UN, à l'exemple de Jésus et du Père : le Père et moi somme un (Jean 10/30).

La suite

Tiré de "Jésus et la Gnose" d'Emile Gillabert page 172 à 177

Posté par Adriana Evangelizt

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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 02:13

Alors qui a écrit la Bible ? On a déjà du mal à trouver les auteurs des Evangiles et du Nouveau Testament. J'aurais bien aimé que le Galiléen tienne un journal de bord où il aurait inscrit au jour le jour, Son quotidien, Son Enseignement, ce qu'IL savait de "l'Autre Monde" par rapport à la perception qu'Il possédait de son Âme et qu'IL décrive avec application le but exact de Sa Mission sur terre. Bien que les Eveillés savent exactement à quoi s'en tenir sur le sujet. Et je trouve bien étrange qu'IL n'ait rien écrit à moins que... certaines "troubles instances" se soient évertuées à tout faire disparaître pour que rien ne reste de Lui, précisément. C'est là une "option" qu'il ne faut pas occulter lorsque l'on sait combien les forces de l'Ombre sont à l'oeuvre sur notre planète pour faire triompher le matérialisme sous toutes ses formes au détriment des valeurs qui seraient salutaires à l'Humanité. N'oublions pas non plus que dès le départ, les symboles ont été inversés. Le Mal est devenu le Bien et tout ce qui est bien est devenu mauvais. Ainsi en ont décidé les Maîtres du monde qui s'arrogent le Droit de régner sur les Hommes et d'en tirer profit pour parvenir à leur richesse personnelle et assouvir leur soif de puissance et d'ambition.   

En tout cas, s'ils ont vraiment voulu pervertir l'Enseignement du Galiléen, c'est peine perdue, voire même raté car des fragments de Ses paroles nous sont quand même parvenus. Et un oeil exercé n'aura aucun mal à trouver ce qui a été ajouté par des mains faussement divines... mais plus sûrement machiavéliques. Et nous ne parlerons pas de ce qui a été copieusement effacé pour passer sous silence les traits essentiels tant de Sa personnalité que de Sa Vie ou de Ses véritables Préceptes. Je prendrai pour exemple les écrits de Flavius Josèphe qui parle vaguement de LUI en trois lignes à peine comme s'IL avait à peine existé. Des esprits mâlins se sont évertués à faire disparaître tout ce qui avait trait à Son Enseignement, à Sa personne, à nier Son existence voire même à LE salir dans un but bien précis que je développerai plus tard... quant à certains textes classés "apocryphes" par l'Eglise Catholique Romaine, elles offrent le privilège d'offrir une image dérangeante du Galiléen qui ne correspond pas tout à fait au remaniement que les religieux ont effectué sans vergogne. Qu'à cela ne tienne, il faut bien savoir que l'ère de l'obscurantisme et du Mensonge touche à sa fin et que ceux qui ont vraiment reçu l'Appel de Ieshoua se battront jusqu'à leur dernier souffle pour que surgissent la Vérité et la Lumière. Et ce qu'ils ne pourront terminer dans cette vie-ci, ils le finiront dans une autre, tel est le Chemin des âmes lumineuses...

Mais revenons aux Evangiles... il faut quand même savoir que la première enquête effectuée sur le Galiléen fut diligentée par le Sanhédrin qu'IL dérangeait beaucoup. Et pour cause. "Le Sanhédrin était le Conseil juif suprême de 71 membres. Lui seul réuni au grand complet, pouvait juger le cas d'un faux prophète, crime religieux normalement puni de mort (Dt 18,20 ; Michna San. 1,5). Pour obtenir la condamnation, il fallait une majorité d'au moins deux voix."  C'est dire le pouvoir que s'était arrogé cette élite jalouse de ses prérogatives formant un cénacle secret que nous pourrions plus ou moins comparer à une loge maçonnique composée "d'Initiés". Et dont certaines loges maçonniques israéliennes ou judaïques se réclament encore actuellement. Cela fera l'objet d'un autre article... car n'oublions pas Ses paroles qui ont un sens bien précis et que j'appliquerai à la lettre et à sang pour sang, quitte à défriser quelques moustaches...

"Ne les craignez donc point ; car il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu." Matthieu 10/26

Il me semble que moment est venu de rendre au Galiléen ce qui lui appartient et de démasquer les imposteurs et mystificateurs qui se sont arrogés le droit de salir Son image pour certains et pour d'autres de trahir Son Enseignement...

Je disais donc plus haut que c'est le Sanhédrin qui fit la première enquête sur Jésus, on reconnaîtra dans le texte ci-dessous, les mêmes méthodes appliquées aujourd'hui par ceux qui se mêlent de tout mais surtout de vouloir changer la Vérité en Mensonge... 

"Comme la renommée de Jésus se répandait rapidement dans toute la Judée et que quelques disciples commençaient à le suivre, de hauts fonctionnaires du Temple envoyèrent auprès de lui des personnes sûres pour l'espionner. Elles se mêlaient discrètement à la foule, regardaient et écoutaient tout, puis allaient faire leur rapport à Jérusalem. Le tribunal du Sanhedrin constitua une commission de vingt membres chargés d'examiner plus en détail le cas du Nazaréen. Des recherches généalogiques furent entreprises pour vérifier la lignée davidique de ses parents. On nota que souvent il fréquentait et touchait des gens que la Loi déclarait impurs ; qu'il faisait plutôt bon accueil aux publicains, aux esclaves et même à des païens traditionnellement hostiles aux  juifs. Plusieurs membres influents du Sanhédrin le soupçonnait de vouloir soulever le peuple et d'en profiter pour se faire proclamer messie et roi. On ne lui contestait pas un certain savoir, mais on mettait cela sur le compte du diable. Ne l'avait-on pas vu se retirer souvent la nuit dans des endroits déserts et montagneux ? C'était certainement, disaient-ils, pour se livrer en cachette aux maléfices de Satan. Parmi les vingt membres de la commission, quelques-uns étaient pourtant de ses sympathisants, mais ils s'en cachaient soigneusement. Plus tard, ce sont eux qui prévinrent les Douze de l'hostilité déclarée des notables de Jérusalem à l'encontre de Jésus et de ses oeuvres." Le Cinquième Evangile par  Frère Bernard-Marie.

Comme on le voit donc, les premiers qui ont certainement écrit quelque chose sur l'Initié sont les membres du Sanhédrin qui ne voulurent pas le reconnaître comme Messie allant même jusqu'à alléguer que les dons de Jésus lui venaient de Satan...

"Mais les pharisiens dirent : C'est par le prince des démons qu'il chasse les démons." Matthieu 9/34 

"Les pharisiens, ayant entendu cela, dirent : Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons." Matthieu 12/24

On voit là l'esprit qui régnait dans cette caste... pas chez tous les membres heureusement -n'oublions pas qu'il y a des bons et des mauvais partout et dans tous les peuples- et il nous est même permis de penser que c'est grâce à l'un deux que Jésus ne mourut pas sur la croix. Un membre du Sahnédrin suffisamment puissant et qui ne fut pas insensible au charisme du Maître Galiléen.  Je reviendrai plus tard sur ce sujet... car pour ceux qui savent la Vérité, ne leur a pas échappé que des trois crucifiés, Jésus fut le seul à ne pas avoir les jambes brisées, ce qui accélérait le trépas. Et si les soldats chargés de cette besogne ne l'exécutèrent pas c'est qu'ils en avaient reçu l'ordre en haut lieu. Qui lui sauva la vie ? Voilà l'intéressante question à se poser... et à laquelle je vous promets de répondre très bientôt...

Ce qui aurait pu donc constituer un des tous premiers témoignages fut consigné par le Sanhédrin mais ne nous fut jamais donné à lire parce qu'il dérangeait cette élite qui prêchait une Loi que Jésus était venu réformer. Ils ont préféré l'accuser de n'importe quoi, allant même jusqu'à vouloir prouver qu'il était un enfant illégitime ou un "bâtard" pour aggraver son cas, et le faire exécuter pour continuer dans leur voie délétère et garder leurs privilèges. Toujours la guerre de l'Ombre et de la Lumière. Du matériel contre le Spirituel. Et du matérialisme contre l'Humanisme.

La seconde personne qui fit effectuer une recherche sur Lui, et pas la moindre se nomme Ponce-Pilate. Et l'évènement se situe juste après la crucifixion :

"L'évènement qu fait émerger le mouvement chrétien est donc une rumeur ; ce n'est pas la prédication des disciples, c'est une nouvelle qui se répand, sans doute à partir d'elle : "Il est ressuscité."

L'administration romaine a l'habitude des rumeurs qui agitent les foules, elle laisse dire, au début ; mais, cette fois, son effet se prolonge, elle ne retombe pas ; et même, elle crée une mouvance nouvelle qui s'amplifie et qui finit par intriguer le procurateur Ponce-Pilate. Tous ces gens qui croient que Jésus est ressuscité se mettent à en faire leur dieu. Pilate est perplexe : il a l'habitude de la diversité des dieux et des cultes, mais il n'a jamais été témoin de la naissance d'un culte nouveau. Et le mouvement continue à prendre de l'ampleur, dans cette Jérusalem tumultueuse, où il se trouve bien loin de Rome. Que faire ?

Pilate trouve la parade. Ce nouveau culte est à la fois insolite et bienvenu. La religion juive, dont les dirigeants sont ses partenaires forcés, est monothéiste : quel bon tour il jouerait à ces notables prétentieux s'il pouvait leur imposer un deuxième dieu, né du premier et devenu maintenant son rival auprès du peuple ! Pilate ne s'intéresse pas plus à l'un qu'à l'autre ; mais politiquement, il devrait profiter d'une scission religieuse du judaïsme.

Justement, une loi romaine vient providentiellement lui tendre une perche. Tout nouveau culte, déclare-t-elle dans son style sentencieux, doit recevoir l'aval du Sénat romain et être autorisé par décret avant d'être appliqué. Les ressuscité n'est pas encore un dieu officiel, la piété que lui témoigne une foule grandissante n'a encore aucun caractère légal ; Pilate, qui se souvient d'avoir fait mourir Jésus, pourrait maintenant réprimer cette foule et étouffer dans l'oeuf le jeune culte nouveau-né ; mais il se soucie, au contraire, de le faire exister. On retiendra, plus tard, que sa femme, plus éprise de justice que d'ordre public, était intervenue pour tenter de le sauver, prétextant un songe prémonitoire j; en cette occasion, sans doute aida-t-elle son mari à prendre sa décision : la loi peut, quelquefois, réparer ce que le souci de l'ordre détruit trop facilement.

Pilate donc s'emploie à constituer un dossier, pour obtenir du Sénat la reconnaissance du nouveau culte. Il charge une de ses relations mondaines, le pharisien Nicodème, indépendant des grands prêtres, de faire une enquête et de lui fournir une relation du procès : Jésus n'était pas de ces rares citoyens fortunés qui avaient droit à un procès écrit ; et Pilate ne pouvait se contenter de noter maintenant des souvenirs déjà lointains. Nicodème se souvient de Jésus, il connait la rumeur et lui non plus n'est pas fâché des difficultés qu'une décision favorable du Sénat pourrait causer aux grands prêtres... Il s'acquitte donc au mieux de sa tâche, donne un visage agressif aux accusateurs -ces grands prêtres justement-, tandis que Pilate fait preuve d'une modération sympathique ; lui-même se présente sous le jour le plus avantageux, intervenant au procès avec le double souci de l'ordre et de la justice -de quoi peut-être obtenir les faveurs de Rome, quelque charge diplomatique... sait-on jamais ? Nicodème confie ses notes à son secrétaire et celui-ci en fait deux copies : l'une en araméen, que garde Nicodème et l'autre en latin, qui est remise à Pilate quelques jours plus tard.

Pilate s'est pris au jeu de cette démarche administrative ; impatient de clore le dossier, il revoit avec soin, à peine arrivée, la copie reçue de Nicodème. Un instant, il se souvient de la haine lue sur le visage des accusateurs, si grande qu'il devra, en plein procès, les faire sortir et rejoindre la foule ; ils avaient d'abord tenté de tromper le procurateur, par une ruse qui accusait Jésus d'être un enfant illégitime, ce qui évidemment aggravait son cas ; un  moment, Pilate avait pensé expédier le procès ; mais la ruse avait été déjouée à temps, par un nombre respectable de témoins, venus attester qu'ils avaient bien assisté aux fiançailles des parents ; on avait d'ailleurs trouvé la trace de son foyer dans le recensement de Quirinius, où son père Joseph figurait au nombre des contribuables de Bethléem ; et le prévenu avait ainsi échappé à leur calomnie. Pilate poursuit sa lecture ; voici, à présent, les deux griefs portés jcontre Jésus : sa faute était extrême, car il complotait à la fois contre l'autorité de Rome et contre celle du Temple ; les grands prêtres l'accusaient sans nuance de sédition. Un instant, Pilate lève les yeux ; il se rappelle, maintenant, les traits de l'accusé et il sourit : manifestement, tout ce complot était pure médisance ; la seule arme de Jésus était sa parole, il n'avait rien d'un meneur prêt à tout pour soulever la foule ; dehors les gens attendaient, plutôt par curiosité que pour prendre le parti de l'accusé... Pilate reprend sa lecture ; avec satisfaction, il voit que l'image que Nicodème donne de lui ne peut que plaire à l'empereur. La mort ne lui est pas imputable ; au fond, il a cédé par souci de l'ordre public, il a fait son devoir. Pilate appelle alors son secrétaire et ajoute au récit du procès une brève relation de l'exécution, plate et dépourvue d'émotion ; il n'a pas le talent de Nicodème. D'ailleurs, ce n'est pas là l'essentiel, mais l'évocation du supplice est nécessaire pour faire le lien entre le procès et la rumeur qui persiste, source d'un nouveau désordre potentiel, que Pilate, en écrivant, se montrait soucieux de prévenir, en tenant Rome informée.

La relation complétée est alors recopiée ; par courtoisie, Pilate communique ses ajouts à Nicodème ; puis il écrit au président du Sénat, c'est-à-dire à l'empereur lui-même, et, sans attendre, dépêche un courrier à Rome. Pilate était pressé d'obtenir le décret d'autorisation et il ne voulait pas que la chose s'ébruite avant d'être faite. Mais les choses ne devaient pas se passer comme il l'espérait.

Quelques jours plus tard, Tibère reçoit le courrier de Pilate ; il lit la relation du procès de Jésus, trouve sa mort bien explicable, quoique regrettable. Ce n'est pas, à vrai dire, le sort du supplicié qui importait, mais la pression des pouvoirs religieux barbares avaient le don de l'agacer ; et l'idée de donner un signe de tolérance, conforme à l'idéal grec, tout en mettant les grands prêtres en difficulté, lui semblait excellente. Aussi commit-il l'imprudence de transmettre le rapport aux sénateurs en donnant son opinion. L'empereur, qui passait le plus clair de son temps à imposer sa volonté aux sénateurs, fut accueilli fraîchement. Pour une fois, il fallait un vote, la décision relevait donc des sénateurs et non de l'empereur. Et le Sénat profita du faux pas pour s'opposer. Le décret ne fut pas voté ; Tibère n'y pouvait rien, il classa le dossier dans les Archives Impériales, au rayon des affaires de Judée, à côté du registre du cens établi, quelque vingt-cinq années plus tôt, par Quirinius. Et le courrier de Pilate repartit, avec la réponse du Sénat. Pilate, à son tour, classa le dossier. A Rome comme à Jérusalem, les Archives contenaient désormais un important document sur Jésus. Jamais, au cours de son ministère, il n'avait eu affaire à l'autorité romaine ; seule l'enquête sur sa naissance, lors du procès, avait permis d'établir qu'au moment du recensement de Quirinius, Jésus devait avoir une douzaine d'années. A présent, la cause était entendue, Pilate ne pouvait ni autoriser le nouveau culte, ni s'opposer aux éventuelles menaces des grands prêtres contre la jeune communauté ; il en prit son parti et oublia l'affaire...

Le premier document évangélique, ainsi, n'est ni chrétien, ni en grec, ni surtout en hébreu ; c'est un écrit administratif romain, fait en latin, avec un simple brouillon en araméen ; l'auteur qui croit à un échec de sa manoeuvre contre les grands prêtres, ne soupçonne pas l'avenir de ces premières lignes." La Parole qui devint Evangile par Christian-Bernard Amphoux

Ensuite, il faut attendre à peu près 80 ans pour qu'apparaissent -comme par enchantement- les premiers écrits relatant Son passage sur terre. Pour moi, l'Enseignement de Jésus -qui n'a jamais voulu fonder ni une Religion ni une Eglise- a donné naissance au Christianisme et les scribes et religieux qui ont copié et recopié les textes ne se sont pas gênés pour enlever certains passages et en rajouter d'autres dans le seul but de manipuler les foules par leurs doctrines sévères, leurs commandements,  leurs tabous sur le sexe et sur les femmes. On peut déjà dire qu'ils ont trahi Son Enseignement sur ce dernier point, certains de Ses disciples étant mariés et surtout, nombre de Ses disciples étant des femmes.  Marie de Magdala, par exemple, que l'Eglise Catholique Romaine a transformé en prostituée. Ce qui nous semble déjà éloquent mais en remontant encore plus loin dans le temps, Eve subit presque le même sort avec l'histoire du Serpent dans le Jardin d'Eden. C'est dire que les rabbins et moines copistes avaient l'imagination bien fertile. Ou qu'ils ont voulu cacher la véritable signification du Serpent associé à la Connaissance. De là à imaginer qu'elle copule avec un serpent et donne naissance au péché Originel, quelle affabulation.

Pour le Nouveau Testament donc, comme l'Ancien, il faut bien se dire que s'il reste certaines traces de faits qui ont pu se dérouler, la Bible est pour une bonne partie composée de mythes empruntés à d'anciennes traditions. Mais c'est vraiment ailleurs et avec d'autres "méthodes" qu'il faut chercher la Vérité...

Adriana Evangelizt

 

 

La Bible n'appartient à personne

 

par Henri Tincq

 

On croit tout savoir de la Bible. Comment ignorer encore que sa rédaction a duré plus d'un millénaire ? Qu'elle a donné forme et vie aux civilisations inspirées par la foi en un Dieu unique ? Qu'elle a guidé des générations de croyants, façonné des modèles de vivre, de penser, de peindre, de construire, d'écrire et de mourir ? Et pourtant, on lira, avec une impression de fraîcheur renouvelée, le récit que vient de faire Jaroslav Pelikan de la monumentale carrière de ce livre traduit en plus de 2 000 langues, qui est encore le plus diffusé au monde.

Ancien professeur à l'université Yale (Etats-Unis), Jaroslav Pelikan, Américain d'origine slovaque, né dans le luthéranisme et converti à l'orthodoxie, est l'un des plus grands historiens de la doctrine chrétienne. Son oeuvre est plus connue dans le monde anglo-saxon que dans les pays latins. Mais si son livre sur la Bible, qui vient d'être traduit en France par Denis-Armand Canal, est bien la synthèse attendue de décennies de recherches historiques, linguistiques et exégétiques, son écriture limpide le rend accessible à tous.

Le plus réconfortant est qu'il montre combien la Bible est d'abord un livre d'hommes racontant des histoires d'hommes. Histoires d'alliances, d'amours, de schismes, de guerres. La Bible est un ensemble de matériaux oraux, écrit M. Pelikan, qui ont été "immobilisés dans un livre comme une mouche dans l'ambre". Ce qui ne veut pas dire qu'elle soit restée immuable. Elle a subi toutes les transformations, déviations, trahisons liées au passage de l'oral à l'écrit, à la diversité des interprétations humaines, aux mutations de la langue, à la pénétration du texte dans la diversité des aires culturelles. Rien n'est plus étranger à l'histoire qu'un fondamentalisme qui chercherait dans des textes sacrés la légitimation d'une cause pour le présent.

La principale révolution est la traduction (à partir du IIIe siècle avant J.-C.) de la Bible hébraïque en langue grecque, qui était alors la langue universelle du bassin méditerranéen et des juifs en diaspora. C'est la "Septante" d'Alexandrie. "Moïse se met à parler en grec", écrit plaisamment l'auteur. La Torah et les Prophètes, livres offerts par Dieu au peuple hébreu, sont désormais à la portée de tous. Les récits fondateurs du christianisme, le "renouvellement" de l'alliance entre Dieu et les hommes, l'"accomplissement" de la promesse d'un Messie vont puiser dans la tradition prophétique, surtout celle d'Isaïe. Proche des thèses du traducteur Henri Meschonnic, Jaroslav Pelikan ose affirmer : "Le principal héritier de la Septante juive ne fut pas le judaïsme, mais le christianisme."

Dès lors, deux confessions, liées par un même texte, ne vont plus cesser de diverger. La Bible avait été une "mère" pour le judaïsme. Elle devient une "marâtre". C'est en grec que les Evangiles sont traduits et connaissent la prodigieuse expansion ? au détriment du judaïsme ? dont M. Pelikan retrace, jusqu'au Moyen Age et à l'époque moderne, toutes les étapes, notamment l'affranchissement par Luther d'une Bible monopolisée par la Tradition romaine et son développement dans le "nouveau monde".

Cet ouvrage offre une mise en perspective dépassionnée. Il démontre la vanité de toutes les tentatives d'appropriation de ces écritures sacrées et leur "polysémie", capable d'atteindre tous les hommes jusqu'à aujourd'hui, au-delà de leurs querelles de chapelles. Les Psaumes, le Cantique des cantiques et bien d'autres ont gardé leur pureté originelle. La Bible est "une beauté à jamais ancienne et toujours nouvelle", disait saint Augustin. Plus modestement, Jaroslav Pelikan conclut : "Même dans une période matérialiste comme la nôtre, la Bible se révèle être le seul antidote contre le cynisme."

A qui appartient la Bible ? Le livre des livres à travers les âges de Jaroslav Pelikan. La Table ronde, 334 pages, 22 euros.

Sources : LE MONDE

Posté par Adriana Evangelizt

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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 00:07

Il y aurait, certes, beaucoup à dire sur les douze apôtres dont on ne sait rien, il faut bien l'avouer. La première chose qui frappe c'est que l'Initié Jésus les a presque tous choisis dans un milieu fruste, plutôt rustre pour ne pas dire grossier mais certainement inculte. Et il y a bien sûr une raison à cela. Son choix était justifié. L'âme du Galiléen ne s'est pas incarnée pour pactiser avec les riches ni avec l'élite des pharisiens engoncés dans leurs privilèges et figés dans la Loi taillée à leur juste mesure à force d'être galvaudée. Ils ne faisaient que la lire et n'appliquaient rien du tout.

Matthieu

23:1 Alors Jésus, parlant à la foule et à ses disciples, dit:

23:2 Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse.

23:3 Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas.

23:4 Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt.

23:5 Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements;

23:6 ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues;

23:7 ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi.

23:8 Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères.

Sa Mission précise était justement "d'ouvrir les yeux" aux plus petits comme IL les appelle lui-même...

"Et quiconque donnera seulement un verre d'eau froide à l'un de ces petits parce qu'il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense." Matthieu 10/42

"Jésus dit à ses disciples: Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux." Matthieu 19/23

"Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu"  Matthieu 19/24

Qui pouvait mieux le comprendre que les gens humbles, démunis de tout et peinant sous le joug des puissants ? Le Galiléen possédait un grand charisme. Son âme venait du 7ème plan. Le plus élevé. Or les grandes âmes vivant dans ce Plan Supérieur ne s'incarnent que pour une grande Mission visant à Eveiller l'Humanité. IL possédait dans le regard cette flamme qui apaise et Ses mots se voulaient beaume pour les coeurs tourmentés.

Ses premiers disciples furent donc des gens simples à qui IL dispenserait bien sûr quelques bribes de Son Enseignement en apparté. La tâche ne fut pas aisé car ils avaient du mal à saisir le sens de Ses paraboles, ce qui parfois Lui faisait perdre patience... et il ne se gênait pas pour leur dire Ses quatre vérités...

16:8 Jésus, l'ayant connu, dit: Pourquoi raisonnez-vous en vous-mêmes, gens de peu de foi, sur ce que vous n'avez pas pris de pains?

16:9 Etes-vous encore sans intelligence, et ne vous rappelez-vous plus les cinq pains des cinq mille hommes et combien de paniers vous avez emportés,

16:11 Comment ne comprenez-vous pas que ce n'est pas au sujet de pains que je vous ai parlé?

Le pire de tous au niveau compréhension étant certainement Pierre en qui pourtant IL avait fondé de grandes espérances...

16:23 Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre: Arrière de moi, Satan! tu m'es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes

Dans l'Enseignement qu'IL leur dispensait, se trouvait aussi les séances de magnétisme pour apprendre à guérir... or, il se trouve que là aussi, les disciples eurent quelques échecs, ce qui mit LE mit particulièrement en colère...

17:16 Je l'ai amené à tes disciples, et ils n'ont pas pu le guérir.

17:17 Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi ici.

Il guérit lui-même le malade qu'on lui amène et...

17:19 Alors les disciples s'approchèrent de Jésus, et lui dirent en particulier: Pourquoi n'avons-nous pu chasser ce démon?

17:20 C'est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait; rien ne vous serait impossible.

Le principal problème des disciples étant leur manque de foi. Ils s'extasiaient devant les guérisons ou les "miracles" de Jésus mais étaient bien incapables d'en faire autant... parce qu'ils voyaient "l'homme" mais non "Son âme"...

21:20 Les disciples, qui virent cela, furent étonnés, et dirent: Comment ce figuier est-il devenu sec en un instant?

21:21 Jésus leur répondit: Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point, non seulement vous feriez ce qui a été fait à ce figuier, mais quand vous diriez à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait.

Je passerai, pour finir, le chant du coq ou Pierre le renie trois fois... comme le lui avait prédit le Maître... décidément, jusqu'au bout, le Galiléen fut déçu par ces drôles d'apôtres...

Les douze apôtres : "Un groupe bizarre, hétéroclite..."

 

Entretien avec Daniel Marguerat

Exégète protestant, professeur de Nouveau Testament à l'Université de théologie de Lausanne.

Propos recueillis par Henri Tincq

On connaît Pierre, Jacques, Thomas ou Judas... Mais que savons-nous vraiment aujourd'hui des "compagnons" de Jésus, dont les chrétiens célèbrent ce dimanche de Pâques la Résurrection ?

 

Nous nous représentons le plus souvent les disciples sous l'image d'Epinal du cercle des douze apôtres assemblés autour de Jésus. C'était un groupe bizarre, hétéroclite, où l'on trouve des noms à consonance grecque, comme Philippe et André, et des noms hébreux comme Jacques, Barthélemy, Thaddée ou Simon. De ces douze Galiléens, les noms apparaissent dans les Evangiles dès le début de la vie publique de Jésus. Ils sont tout le contraire d'une élite. Rien ne les qualifiait, d'un point de vue intellectuel ou religieux, pour suivre un prophète itinérant, sinon qu'ils ont rompu pour lui tous leurs liens sociaux, quitté la famille, la maison.

De certains, comme Thaddée, nous ne savons que le nom. D'autres, comme Pierre et Jacques, vont devenir chefs de file de la première génération chrétienne. Pierre - qui, comme Jésus, n'a rien écrit directement - a cédé à Jacques la direction de l'Eglise de Jérusalem pour amorcer en Syrie une mission ouverte aux non-juifs (les païens). Mais le missionnaire par excellence fut Paul, un contemporain de Jésus, mais qui ne fut pas son apôtre. Il fut son persécuteur avant de devenir son propagandiste.

Quant à Judas, son surnom, "l'Iscariote" est énigmatique : signifie-t-il qu'il vient de Karioth, une ville de Judée, ou qu'il faisait partie des sicaires, les hommes au poignard, comme l'historien Flavius Josèphe appelle les zélotes ? Visiblement, Jésus a voulu rassembler des hommes dépareillés, dont le seul point commun était qu'ils faisaient confiance à celui qui les appelait.

 

Mais pourquoi l'Eglise n'a-t-elle retenu que ces Douze et gardé ses distances avec d'autres figures des Evangiles, canoniques (officiels) autant qu'apocryphes qui, comme Marie-Madeleine ou Thomas, ont aussi suivi Jésus ?

 

En réalité, il y a eu trois cercles d'adhérents autour de Jésus. Une lecture attentive des Evangiles permet de les distinguer. Le premier est formé des Douze. Au deuxième cercle appartiennent des femmes dont, pour ma part, je ne doute pas qu'elles furent disciples : Marie de Magdala, Marie, soeur de Lazare, la femme de Chouza, l'intendant d'Hérode, Marie, mère de Jacques. Les Evangiles ont scrupuleusement conservé leurs noms. Elles suivent Jésus, participent à son enseignement et assistent le groupe de leurs biens. Et, surtout, ce sont elles qu'on retrouve au pied de la Croix et devant le tombeau vide à la Résurrection - alors que le cercle des Douze s'est volatilisé, par peur ou par sentiment d'échec. Le mérite de ces femmes est d'autant plus grand - et ce fut un scandale pour les contemporains de Jésus - qu'elles ont accepté de suivre sans leur mari un maître masculin, contrairement aux habitudes rabbiniques. Jésus a délibérément transgressé les conventions sociales de son temps.

Le troisième cercle est celui des sympathisants qui ont participé ponctuellement à l'activité de Jésus. Je citerai Lazare, qu'il a réanimé, Nicodème, Zachée, le chef des collecteurs d'impôts, Joseph d'Arimathie, qui demande à Pilate de recueillir le corps du Crucifié. Ceux-là ont suivi le groupe des Douze, mais sans accomplir ce geste symbolique de rupture avec les liens sociaux et familiaux.

 

Pourquoi l'Eglise a-t-elle occulté ce rôle des femmes pourtant égal à celui des apôtres hommes ? S'agit-il déjà d'une volonté de marginalisation ?

Ce qui frappe, c'est que ces femmes ne sont jamais appelées "disciples". Or cette lacune, de mon point de vue, tient à la linguistique : le terme "disciple", que Jésus et les premiers chrétiens ont emprunté à la tradition rabbinique, n'est utilisé - et pour cause - qu'au genre masculin. Le mot "disciple", en hébreu "talmid", en araméen "talmida", n'a pas de forme féminine... Ces femmes furent donc disciples de fait, mais pas de nom !  

Et pourtant la tradition chrétienne n'a retenu que les hommes 

Ce ne fut pas ainsi au commencement. Paul, qui n'était absolument pas l'antiféministe souvent décrit - quelle injustice crasse que cette étiquette de macho qui lui colle à la peau ! - a fondé des communautés de "disciples égaux", où hommes et femmes partagent la même dignité de croyants et les mêmes fonctions en Eglise. A la lecture de sa première lettre aux Corinthiens, on constate que les femmes prient, participent au culte et prophétisent à l'égal des hommes. 

Or, déjà du temps de Paul, l'Eglise va progressivement se fixer sur le cercle des Douze...

Parce que ce cercle fait le lien entre les douze tribus d'Israël et le christianisme. Les Douze jouent dans la mémoire chrétienne un rôle idéologique premier : ils permettent à l'Eglise de revendiquer l'héritage des promesses d'Israël. Les Douze étaient un Israël en miniature, un micro-Israël, et c'est ainsi que l'a voulu Jésus : il voulait recomposer symboliquement l'Israël des douze tribus, pour signifier sa volonté de réformer la foi du peuple élu, à partir de douze individus choisis par grâce pure.

Que faire alors des personnages périphériques qu'on va redécouvrir dans les Evangiles apocryphes ?

 

On voit, d'un côté, la "grande Eglise", celle qui se forme au IIe siècle sous l'égide de Pierre et Paul, afficher l'image des Douze et se réclamer de cette tradition. Que restait-il, de l'autre, pour les communautés marginales, celles qui échappaient à l'orthodoxie naissante ? Je pense au judéo-christianisme crispé sur la tradition juive ou à une spiritualité gnostique axée sur le salut des âmes. Ces communautés vont, par force, exploiter les figures secondaires des Evangiles que sont Judas, Thomas, Nicodème ou les femmes disciples : Thècle, Maximilla, Marie-Madeleine. s le milieu du IIe siècle vont naître des Evangiles que la grande Eglise n'a pas reconnus et qui deviendront apocryphes (cachés) : Evangiles de Judas, de Thomas, de Marie, de Nicodème, des Hébreux, etc.

Ces personnages secondaires vont devenir des figures emblématiques dont s'emparent ces chrétientés marginales pour afficher leur compréhension du message et l'enraciner dans l'histoire de Jésus. Et nous touchons là le drame des femmes dans l'Eglise des premiers siècles. En luttant contre ce qu'elle estimait être des hérésies, la grande Eglise va non seulement lutter contre ces théologies jugées déviantes, mais elle va refuser la place éminente qu'accordaient aux femmes ces groupes marginaux. Et le cercle vicieux est amorcé : plus l'Eglise va se crisper sur des figures masculines, plus les chrétientés marginales vont mettre en avant des figures féminines, qui seront à leur tour combattues par l'orthodoxie.

D'où la fortune de Marie-Madeleine, jusqu'au Da Vinci Code...

Oui, après Marie, Marie de Magdala est la femme la plus célèbre du Nouveau Testament. Elle deviendra l'inspiratrice de nombreuses communautés dès le IIe siècle. Sa célébrité ne faiblira pas durant le Moyen Age et connaîtra une période de grâce dans la piété populaire des XVIIe et XVIIIe siècles. Ce qui lui vaut cet honneur, c'est qu'elle fait partie, avec Marie et la mère de Jacques, du groupe des trois femmes qui ont suivi Jésus au Calvaire et ont été témoins de sa crucifixion. François Bovon parle à son propos du "privilège pascal" de Marie-Madeleine. Je rappelle aussi qu'elle suit Jésus, qui l'a délivrée de sept démons.

 

Ce statut particulier justifie qu'elle ait pu avoir une relation affective particulière avec Jésus ; mais cela ne légitime pas, à son propos, les hypothèses de relations sexuelles avec lui, qui ne datent pas d'aujourd'hui - même si, je l'avoue, je ne serais nullement choqué si j'apprenais que Jésus a eu de l'attirance pour cette femme : je crois à l'Incarnation et, que je sache, l'Incarnation signifie que Dieu habite l'humanité dans son intégralité, sexualité comprise !

Revenons à Marie-Madeleine. Elle est devenue la figure de proue d'une mouvance gnostique, comme Thècle devient l'égérie d'une chrétienté missionnaire. Les gnostiques vont se greffer sur la rencontre dans le jardin racontée par l'Evangile de Jean entre Marie-Madeleine et Jésus ressuscité. Selon eux, Jésus aurait donné à Marie-Madeleine un enseignement privilégié, qui a été refusé aux premiers disciples. Mais il s'agit, comme souvent chez les apocryphes, d'une construction narrative visant à légitimer l'enseignement de ces traditions particulières. L'Evangile de Pierre, au IIe siècle, la qualifie déjà de "disciple du Seigneur". Elle est une figure de légitimité dans l'Evangile de Marie (IIe siècle), dans l'Evangile de Philippe (IVe siècle), dans l'Evangile secret de Marc. Mais, soyons clair : cette construction narrative n'a aucune prétention à l'historicité. Ces écrits ne prétendent pas reconstruire à plusieurs siècles de distance la vie du Jésus de l'histoire. Ils émanent plutôt d'une tradition chrétienne qui se cherche une légitimité et se trouve, par la fiction, une niche dans l'histoire de Jésus.

 

Comment expliquez-vous la fascination de l'homme moderne pour ces Evangiles apocryphes, non officiels ?

 

On assiste aujourd'hui à une exhumation sans précédent de la littérature apocryphe, due notamment à des recherches de réputation mondiale en France et en Suisse. Ce phénomène s'explique culturellement : il y a, d'une part, un vif intérêt pour la spiritualité dans toutes ses orientations, d'autre part un soupçon grandissant face à l'institution et au magistère. J'y vois une envie d'explorer sous leurs diverses facettes les potentialités d'interprétation qu'offre la tradition chrétienne, sans qu'un magistère vienne dicter, limiter ou interdire cette exploration.

Cette curiosité m'apparaît plutôt réjouissante, même si le soupçon systématique à l'égard de l'institution religieuse n'est guère productif. Mais il y a là une chance à saisir. Si la chrétienté parvenait à mieux accepter sa diversité, à reconnaître la part de vérité présente dans ses différentes composantes, elle serait mieux armée pour entrer dans le dialogue interreligieux que requiert urgemment le temps présent.

Sources : LE MONDE

Posté par Adriana Evangelizt

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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 15:32

Je tiens à rappeler que ce site n'est pas un site religieux mais Hermétiste. Qu'il ne s'adresse pas à ce que l'on nomme les profanes mais aux Initiés qui, eux,  justement ne voient pas avec leurs yeux de chair. Alors critiquer sans comprendre ne sert à rien. D'autant que ceux qui critiquent n'en sont malheureusement pas à notre niveau d'évolution spirituelle mais qu'ils portent des jugements sans comprendre la portée des messages.

Je pose ici une belle allocution d'Henri Corbin, gnostique et orientaliste hors pair... lire Henry Corbin, message de la philosophie islamo-iranienne en Occident  

 

Les yeux de chair et les yeux de feu : La science et la Gnose

Allocution de Henri Corbin en Juin 1978

Le thème que nous nous proposons pour ces journée d'études s'enchaîne étroitement à notre thème de l'aimée dernière. Prenant les mots "Orient" et "Occident" non point en leur sens géographique ou ethnique, mais au sens spirituel et métaphysique que leur donne la tradition, nous avions mis en contraste les "pèlerins de l'Orient et les vagabonds de l'Occident". Il s'agit maintenant de savoir comment tenter le pèlerinage vers l'Orient et nous arracher au vagabondage. Avant tout, il faut découvrir la voie. Avec quels yeux faut-il regarder pour découvrir cette voie et s'y engager?

Commençons par nous rappeler que dans les visions bibliques, les Anges se signaient par leurs yeux de feu (cf. Daniel 10/6, Apoc. 19/12, etc.). Quand on oppose les yeux de l'âme aux yeux de chair, c'est à ces yeux de feu que l'on se réfère. La particularité de notre thème de cette année est de marquer par le contraste entre le regard des yeux de chair et le regard des yeux de feu, le contraste entre le regard que la "science" de nos jours porte sur les êtres et les choses, et le regard que porte sur eux ce qui est traditionnellement désigné sous le nom de " gnose".

Pour justifier l'extension que nous donnons au concept de gnose, je rappellerai que depuis le Congrès de Messine (avril 1966), les chercheurs se sont mis d'accord pour différencier l'emploi du mot "gnosticisme" et du mot "gnose". Il est entendu que le gnosticisme des premiers siècles de notre ère ne constitue qu'un chapitre dans l'ensemble de la gnose (il y a une gnose juive, une gnose chrétienne, une gnose islamique, une gnose bouddhique, etc.). Notre thème ne propose donc pas de prendre position quant aux problèmes soulevés autour du gnosticisme par les historiens des religions et les historiens des dogmes. Et moins encore de reprendre ces discussions.

Autre chose est de proposer, en historien, des hypothèses sur les origines de la gnose, autre chose est de nous demander ce que signifie pour nous aujourd'hui, théoriquement et prati-quement, le concept de gnose, parce que la gnose n'est pas un phénomène lié aux conditions historiques du II ème siècle, mais un phénomène religieux qui se perpétue de siècle en siècle.

Il s'agit essentiellement de recueillir le sens du mot gnose sur lequel l'accord est général, comme désignant un certain type ou mode de connaissance, corrélatif du phénomène du monde auquel correspond ce type de connaissance, et d'en disposer comme d'un critère pour porter un jugement sur le concept de « science » tel qu'il domine notre époque. Autrement dit, il s'agit essentiellement de spécifier avec quels yeux cette « science » (dans tous ses domaines) regarde le monde, et avec quels yeux la gnose, elle, le regarde. C'est qu'en effet le phénomène du monde, ou plutôt le phénomène des mondes, varie de façon décisive en fonction de ce regard même. Le phénomène du monde ne peut se constituer identiquement au regard des yeux de chair et au regard des yeux de feu.

Qu'il soit entendu que la gnose, la gnôsis, se caractérise comme étant la connaissance salvifique, rédemptrice, sotério-logique, parce qu'elle a la vertu d'opérer la métamorphose, la mutation intérieure de l'homme. Le monde qui est l'objet de cette connaissance implique dans son propre schéma le rôle et la fonction de cette connaissance elle-même. L'aspect dramatique de la cosmogonie dont l'âme humaine est elle-même un protagoniste, est en effet le drame même de la gnôsîs : la chute hors du monde de Lumière, l'exil et le combat dans le monde de l'aveuglement et de l'ignorance, la triomphale rédemption finale.

C'est pourquoi l'on reste frappé de stupeur, lorsque de nos jours, des historiens ou des philosophes réputés sérieux par ailleurs se font de la gnose une idée qui est peut-être de seconde ou de troisième main, mais qui est précisément tout le contraire de la gnose. Nous avons entendu émettre cette opinion que l'idéologie est par rapport à la science moderne, ce que la gnose est par rapport à la foi religieuse. Cette analogie de rapports est complètement fausse, pour la première raison que la laïcisation de la foi religieuse, ce n'est pas la science moderne, mais précisément l'idéologie. La gnose n'a rien à y voir; elle eût précisément évité cette laïcisation. Elle n'est pas une dogmatique, mais une symbolique. On est même allé jusqu'à faire d'un idéologue et dirigeant politique aujourd'hui disparu, quelque chose comme un gnostique, sous prétexte que, si le croyant sait qu'il croit, l'idéologue croit qu'il sait. Sophisme encore, car le mot « croire » n'est pas employé chaque fois dans le même sens, et, soyons-en sûrs, l'idéologue ne croit pas savoir, il sait qu'il sait.

Ce sont ces confusions catastrophiques qui conduisent à dire, par exemple, que la gnose prétend donner une « connaissance positive » des mystères, et que cette connaissance serait on contradiction avec la foi. Loin de là! La gnose et sa théosophie n'ont rien de commun avec ce que l'on entend de nos jours par « connaissance positive ». Mais un symptôme irritant de ces confusions impertinentes est l'emploi que l'on fait à tort et à travers, de nos jours, du mot «manichéisme», quand il s'agit simplement de dualité et de dualisme, comme si tout dualisme n'était qu'une laïcisation du manichéisme, alors que ni la religion ni la gnose manichéenne n'ont rien à y voir. Tout se passe comme Si l'ignorance et un ressentiment anti-gnostique, tacite et inexpliqué, s'appliquaient à franchir les limites de l'absurde.

Puisque nous allons parler de gnose au cours de ces journées d'études, ces mises on garde s'imposent d'emblée. il m'apparaît que toutes ces pseudo-critiques se méprennent, simplement et absolument, sur le sens du mot gnose. Elles l'identifient avec le savoir tout court, et elles l'opposent au croire. Or précisément, nous venons de le rappeler, à la différence de tout autre savoir ou connaissance, la gnose est une connaissance saivifique. Parler de la gnose comme d'un savoir théorique est une contradiction dans les termes. Ii faut donc admettre qu'à la différence de tout autre savoir ou connaissance théorique, la gnose est une connaissance qui change et métamorphose le sujet connaissant. C'est ce que ne peut admettre, je le sais, une science agnostique, voire une philosophie ou une théologie qui ne peuvent, en quelque sorte, parler de la gnose qu'à la troisième personne. Mais quand on on parle ainsi, ce n'est plus de la gnose que l'on parle, et toutes les critiques tombent à côté.

Il est donc nécessaire de dénoncer préalablement ces confusions et leurs sources.

Une première source de confusion tient au fait que les critiques de la gnose ne disposent que de ces deux catégories : le croire et le savoir, et ils identifient la gnose avec le savoir tout court. On perd ainsi complètement de vue qu'entre le croire et le savoir, il y a un troisième terme médiateur, tout ce que connote le terme de vision intérieure, ordonné lui-même à ce monde intermédiaire et médiateur oublié de la philosophie et de la théologie officielles de nos jours, le mundus imaginalis, le monde imaginaire. La gnose islamique dispose ici du schéma triadique nécessaire : il y a la connaissance intellective ('aql), il y a la connaissance des données traditionnelles qui sont objet de foi (naql), et il y a la connaissance qui est vision intérieure, révélation intuitive (kashf). La gnose est vision intérieure. Son mode d'exposition est narratif; c'est un récital. En tant qu'elle voit, elle sait. Mais en tant que ce qu elle voit ne relève pas des évidences "positives", empiriques ou historiques, elle croit. Elle est Sagesse et elle est foi. Elle est Pistis Sophia.


Une autre source de confusion est le manque de discernement entre les Ecoles de gnose au Il' siècle, entre un Valentin et un Marcion. Un Valentin n'a jamais professé l'antisémitisme métaphysique d'un Marcion à l'égard du Dieu de l'Ancien Testament. Tout au contraire. De plus il y a une gnose juive originelle, que l'on retrouve dans la littérature judéochrétienne dite pseud-clémentine. dans un livre comme le 3 Enoch hébreu, premier document de la mystique de la Merkabah. Quelques chercheurs tendent même à donner à la gnose comme telle une origine judaïque.

Enfin autre confusion à dénoncer : la cosmologie de la gnose n'est nullement un nihilisme, quelque chose comme une "décréation" de l'acte créateur. Comment le serait-elle, puisque le but de la gnose est le salut cosmique, la restauration des choses en l'état qui précéda le drame cosmique ? Le gnostique est un étranger captif en ce monde, certes, mais comme tel sa mission est d'aider à la libération des autres captifs. Et cette mission ne va pas sans beaucoup d'efforts.


Ces mises en garde formulées, nous voici à l'aise pour situer un phénomène de nos jours qui inflige un singulier démenti aux critiques impertinentes de la gnose. Il est significatif qu'un certain nombre de seientifiques constatant avec bonne foi que le rationalisme est impuissant à donner une explication rationnelle du monde et de l'homme, tendent à retrouver une vision du monde se référant à celle des cosmologies traditionnelles. On parle d'une "conscience cosmique", parce qu'il faut qu'une Intelligence soit à l'oeuvre pour que le phénomène soit explicable, et l'on prononce le mot de gnose et de nouvelle gnose.

Alors, nous avons ici, à l'Université Saint Jean de Jérusalem, à poser une question grave, ou mieux dit une double hypothèse. Va-t-il s'agir vraiment d'un renouveau de la gnose, témoignant que la gnose ne peut rester indéfiniment absente et que son bannissement fut une catastrophe ? Dans ce cas, nous sommes prêts à venir en renfort. Mais ce renouveau a-t-il une armature suffisante pour que le mot  "gnose" ne soit pas usurpé et pour que ne soit pas mise on péril l'authenticité du concept de gnose ? S'il en allait malheureusement ainsi, notre tâche serait de dénoncer le péril.

Pour une première approche, il nous faut commencer par mettre à profit le schéma commun à toutes les formes de gnose. Pour définir avec rigueur d'une part le situs de la science agnostique, d'autre part le situs d'une science aspirant à une nouvelle gnose.

De nombreux aspects peuvent illustrer ce status quaestionis.

Il y a, par exemple, à restituer la véritable figure de la science d'un Newton. On a fait de lui un des grands responsables de la conception mécanique de l'univers, de la science aux yeux de chair, alors que les trois quarts de son oeuvre, mystique et alchimie, ressortissent à la connaissance aux yeux de feu.

Il s'agit, avec l'exemple de Jacob Boehme et de tous les apparentés, de déterminer ce que pourrait signifier l'alchimie comme science spirituelle, dès lors qu'elle disposerait des res-sources des laboratoires et observatoires de nos jours.

Il y a à expliciter la vision gnostique du monde des visionnaires aux "yeux de feu", par exemple Williarn Blake, Wordsworth, Goethe, etc.

Il y a par là même à juger si ce que l'on nous apprend d'une gnose dite de Princeton tend vraiment à une gnose aux "yeux de feu", ou bien au contraire ne tente pas le compromis mortel d'une gnose "aux yeux de chair". En revanche un Nicolas Berdiaev pouvait à juste titre être considéré comme un gnostique moderne ».

Il y a enfin, ou plutôt surtout, pour rester dans la ligne de la vocation fondamentale et du programme spécifique de notre U. S. J.J., à dégager, pour la première fois, la convergence des visions cosmogoniques et sotériologiques du type de gnose commun aux trois rameaux abrahamiques.
Bien entendu, il est imipossible d'examiner tous ces aspects d'un seul coup. Notre programme de cette année en propose quelques-uns, pour préparer les développements futurs.

Finalement il doit apparaître clairement à chacun pourquoi nous avons associé le concept de gnose et le regard des yeux de feu. Dans toute la mesure où le regard de la gnose est un regard "visionnaire", et non pas celui d'un savoir théorique, son regard l'apparente à celui des prophètes, porte paroIes de l'invisible. Ouvrir les "yeux de feu", c'est dépasser toute fausse et vaine opposition entre le croire et le savoir, entre la pensée et l'être, entre la connaissance et l'amour, entre le Dieu des prophètes et le Dieu des philosophes. Les gnostiques de l'islam, rejoignant les Kabbalistes juifs, ont particulièrernent insisté sur idée d'une "phi1osophie prophétique". C'est d'une philosophie prophétique que notre monde a besoin. Elle est par excellence celle à laquelle doit appeler notre U. S J. J. Tel était le sens de la page du philosophe Theodore Roszak que je citais déjà l'an dernier, et qui a la portée d'un programme : "Peut-étre laisserai-je entendre, écrivait-il, que sa résurrection (celle de la gnose) figure au nombre des projets les plus urgents de notre époque."

Juin 1978.

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 20:28

L'arbre généalogique des religions



La Divinité s'exprime de multiples façons. La partie la plus pure de l'homme en est d'ailleurs une représentation.

Il existe 7 grandes religions et 5000 sectes. Il y a beaucoup de groupes spirituels et chacun d'eux dit que ce qu'il professe est l'unique vérité.

Généralement, les gens se demandent quel est le véritable chemin spirituel ou dans quelle religion se trouve la vérité.

Si l'on est chrétien, on dit que notre religion détient l'unique réalité. Si l'on est bouddhiste, on dit que le Bouddhisme est la véritable religion.

Mais, le moment d'en finir avec tout ce faux dogmatisme est arrivé. Nous devons enfin comprendre qu'il n'y a qu'une seule religion. Elle est donnée sous différentes formes, en accord avec les époques et les circonstances,
mais il n'y a qu'une seule Vérité.

Si l'on décompose le mot "Religion", on trouve "Re" qui signifie "Faire de nouveau" et "Ligare" qui veut dire "Lier, attacher", on peut donc traduire "relier l'homme à la divinité".

Le terme Yoga signifie "Union", mais union avec qui ? Union de l'homme avec Dieu soit à l'intérieur, soit à l'extérieur de lui.

La véritable religion est celle qui conserve les principes immuables, inchangés depuis la Création, celle qui a pour objet de ramener l'homme à l'endroit qu'il a quitté et qui favorise l'impulsion évolutive afin de fusionner avec son Dieu individuel.

La Gnosis ne s'oppose à aucune religion, ni école spirituelle. Elle enseigne, de façon objective, une synthèse de toutes les religions et systèmes d'auto-réalisation et permet l'étude approfondie de leurs principes.
Ces principes sont universels, invariables, éternels et renferment les formules scientifiques de la Vérité.

L'étudiant gnostique doit arriver à comprendre que "toutes les religions sont des perles précieuses enfilées sur le fil d'or de la Divinité" et que la Gnosis est une synthèse de connaissances religieuses universelles qui se projette au-delà de la mystique, puisqu'on y étudie la philosophie, la science et l'art. C'est une
connaissance intégrale qui a comme axe principal l'analyse en profondeur de l'Homme.

A travers la mystique,
on respecte les hiérarchies célestes et l'on essaie de suivre leurs exemples, pour atteindre la paix de l'esprit.

La philosophie donne des réponses à toutes les questions sur l'origine de l'homme et de l'univers, le but de la vie et d'autres énigmes ayant préoccupé l'homme à toutes les époques.

On dit que la Gnosis est scientifique parce qu'elle donne des techniques pour faire des investigations,
enquêter, rechercher et ensuite constater, palper, vérifier par soi-même. Elle conçoit la science, avec conscience.

A travers l'art, la Gnosis nous montre comment nous pouvons faire de notre vie une oeuvre d'art. De même que le sculpteur donne une forme déterminée à sa création, nous pouvons faire notre travail intérieur, à notre propre manière.

Nous savons, en accord avec la tradition chrétienne et d'autres croyances religieuses antiques, que l'homme a été dans un état supérieur de conscience, avec toutes les facultés mentales et spirituelles développées. Mais, à cause de la désobéissance et de la fornication, l'homme est sorti de cet état paradisiaque et a perdu sa condition d'homme céleste.

La Gnosis dit que l'homme peut récupérer ce degré spirituel supérieur originel. Dieu, avec son infinie bonté et son amour, laisse toujours à l'homme l'opportunité de sa rédemption.
A chacune des époques, il a envoyé différents messagers (Le Christ, Moïse, Fu-Hi, Mahomet, Noé, Bouddha, Krishna, Quetzalcoatl, Saint-Germain, Confucius, Lao-Tseu, Samaël Aun Weor...) pour l'aider à retrouver son état perdu.

Il est important de comprendre que chaque Avatar est venu pour accomplir une mission, à une certaine époque : Mahomet a créé l'Islamisme, Bouddha le Bouddhisme, Moïse le Judaïsme... Tous ont parlé la Langue d'or de l'Univers, la langue sacrée universelle, la langue créatrice.

L'enseignement gnostique dit qu'il n'existe qu'une seule religion, celle de la Vérité. Il révèle les principes cosmiques et éternels contenus dans toutes les religions. Il est alors absurde de dire que la religion de notre voisin n'est pas réelle puisque dans ses croyances se trouvent les mêmes principes religieux que dans la nôtre.

De nos jours, la religion n'est pratiquée que par les religieux.
Un homme qui ne se rappelle ni de lui-même, ni de son propre Etre réel et oublie la vérité qui est en lui, devient matérialiste, cruel et inhumain. Un homme équilibré, non seulement pense et dit qu'il est croyant, mais vit, en plus, selon les principes de sa religion (sa foi se manifeste à travers ses paroles et ses actions).

Personne ne peut se prétendre "chrétien" s'il n'accomplit pas les préceptes christiques. Quelle que soit notre religion, on doit être capable d'accomplir ses énoncés.

Il faut faire une nette distinction entre les principes religieux et les formes religieuses. Les principes sont les formules cosmiques universelles et éternelles. Les formes sont les différents systèmes permettant d'apprendre ces principes et changent selon les époques et les races. Chaque race a besoin d'une forme de culte représentant les différents modes d'expression de la vérité comme le Bouddhisme, le Christianisme, l'Islamisme, le Judaïsme, le Taoïsme et l'Hindouisme.

Toutes les religions qu'il y a sous le soleil naissent, se développent, se divisent en sectes et meurent. Il en a toujours été ainsi et cela sera toujours ainsi.

Les formes peuvent mourir, mais les principes sont éternels et de ce fait ne mourront jamais ; ils perdureront et s'exprimeront sous de nouvelles formes.

La Gnosis nous les enseigne.

Une étude approfondie nous montre comment ces principes s'expriment dans les différentes expressions religieuses. Toutes parlent du Ciel, de l'Enfer, de l'aspect féminin de la Divinité, d'un Christifié, de la Trinité, du bien et du mal. Toutes ont un, ou plusieurs livres sacrés où est enseignée leur doctrine (la Bible, le Coran, le Bhagavad-Gita, le Popol-Vuh, le Coran, les Védas, les Upanishads, le Tao Te King)

Le Ciel.

Nous le trouvons, bien que sous différents noms, dans toutes les religions confessionnelles. Il représente un état de Conscience supérieur et également l'extase, où se trouve notre Etre Réel ainsi que Dieu ; c'est l'Olympe des Grecs, le Chouan des Bouddhistes et le Ciel des Chrétiens.

L'Enfer.

On peut le voir comme un endroit où règne la souffrance. Il représente aussi un état de Conscience. Lorsque l'Ego nous mène à la violence, la dispute, le manque de compréhension, à sa prison psychologique... s'exprime alors en nous notre propre Enfer. Dante, le disciple de Virgile, le poète de Mantoue, relate en sa "Divine Comédie" les 9 cercles dantesques en rapport avec l'Enfer. Chez les Romains il s'agissait de l'Enfer, chez les Grecs du Tartarus, chez les Indoustans de l'Avichi...

Angéologie.

Le Cosmos entier est dirigé et animé par une série presque interminable de hiérarchies divines et d'Etres Conscients (Anges, Archanges, Devas...), chacun d'eux ayant une mission à accomplir. Chaque Elohim travaille dans sa spécialité. Les multiples services angéliques caractérisent l'amour divin.

Dieu.

Il est aussi appelé "Créateur de tout ce qui existe". Chaque institution professe l'amour de celui qui fut, est et sera. L'ésotérisme admet un Logos créateur de l'Univers ou Démiurge architecte. Ce n'est pas une divinité personnelle mais collective. Dieu est Dieux. Dieu est l'Armée de la Voix, qui peut créer au moyen de son Verbe. Selon les différentes croyances, il s'appelle Allah, Brahma, Tao, Zen, Dieu, INRI...

Lucifer.

L'antithèse du Démiurge créateur, son ombre vivante, est projetée sur le fond du Microcosme Homme. Son nom se compose de "Lumière" et "Force", mystérieuse symbiose du Logos Solaire, Unité Multiple Parfaite.

Le Christ.

C'est un principe cosmique, jamais absent d'une religion quelle qu'elle soit. C'est aussi un degré ésotérique très, très élevé que les peuples ont pris comme guide et exemple. Le divin Rabbi de Galilée a les mêmes attributs que Zeus, Fuji, Jupiter, Krishna, Hermès Trismégiste, Paul de Tarse, Babaji...
Il a été adoré dans les Mystères de Mithra, Apollon, Aphrodite.

La religion est inhérente à la vie comme l'est l'humidité à l'eau.
A toutes les époques, des Maîtres ont assimilé le principe christique universel et ont été vénérés dans tous les cultes : le Christ Cosmique en Egypte était Osiris et celui qui l'incarnait était un Osirifié, au Mexique il s'agissait de Quetzalcoatl, en Inde sacrée de Krishna et chez les Perses d'Ormuz.

Jésus est un Dieu parce qu'il a totalement incarné le Christ cosmique.

Le principe christique est toujours et partout le même. Les Maîtres qui l'incarnent sont des Bouddhas vivants.

L'Initié le plus exalté de la Fraternité Blanche, Jésus-Christ, fut en fait, l'Initiateur d'une nouvelle Ere. Il répondait à une nécessité spirituelle de son époque, mais sa doctrine est l'Esotérisme Christique, la religion solaire de tous les âges et de tous les siècles. Le Gnosticisme qu'il enseignait est la Religion du Soleil, le Christianisme Essénien primordial.

La Trinité.

Ce sont les trois forces nécessaires à la concrétisation d'une Création.

Dans le Catholicisme, il s'agit de Père, Fils et Saint-Esprit, dans l'Hindouisme, c'est Brahma, Vishnu et Shiva, en Egypte, Osiris, Isis et Râ...

Le Purgatoire.

C'est la région où les Ames descendent pour annihiler leurs défauts et se purifier.

Divinité féminine.

Marie représente l'aspect féminin de Dieu : c'est Dieu-Femme, la Mère Divine, l'Eternel Féminin Cosmique.

Jésus et tous les Etres qui ont incarné le Christ sont nés d'une Vierge. En réalité le Christ naît toujours de la Vierge Mère (Marie, Maya, Isis, Déméter, Stella Maris...). Symboliquement, nous pouvons affirmer que le Christ naît dans le ventre de l'épouse-prêtresse.
Il est impossible d'incarner le Christ Cosmique sans la Magie alchimique, la mort psychologique et le service à l'humanité.

Sources :
Gnose

 

 

Posté par Adriana Evangelizt

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 19:17

Pourquoi Jésus parlait en paraboles ?

 

L'enseignement du plus grand Initié

 

 

Contrairement à ses proches disciples, Jesus enseignait à la foule uniquement sous forme paraboles.

"C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent." (Mat.13:13

Que l’on soit chrétiens ou non, les hommes n’écoutent pas Dieu. Ils font la volonté de l’Ego.

Ils ne font pas ainsi la Volonté du Père.

"Car le coeur de ce peuple est devenu insensible ; Ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, De peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles" (Mat.13:15)

Si un homme pouvait voir de ses yeux tel qu’est l’Ego dans son intérieur, il réaliserait, non sans effroi, que c’est l’Ego qui souille l’homme. Il verrait une aberration psychologique qui n’a rien de divin. Mais l’homme ne la voit pas car il est hypnotisé par l’Ego.

L’Ego nous auto-trompe en pensant que la Connaissance est à sa portée.

 


En réalité, seule la croyance est son domaine.

"Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous affranchira" (Jean 8:32)

L’Ego ne peut pas connaître la Vérité, car
la Vérité n’est pas du domaine de l’intellectuel.

L’Ame possède les facultés de l’Etre pour connaitre la Vérité en soi.

L’Ame agit par l’intuition ; l’Ego par la pensée.

Mais il faut être honnête avec nous mêmes, nous sommes identifiés à l’Ego et non à l’Ame.

Qu’est-ce-que l’Ego ? L’Ego est l’ensemble de nos facettes pychologiques qu’elles soient perçues comme bien ou mal. Des milliers de défauts vivent dans notre monde intérieur : colère, fierté, paresse, envie, jalousie, prétention, ambition, vanité, préoccupation, auto-suffisance, fantaisie, luxure, convoitise, etc

Quant à l’Ame, elle est au-délà du concept de bien et de mal de l’entendement humain.

L’Ego croit pouvoir connaître l’amour, l’Ego croit souvent donner par amour,
alors qu’il n’agit que par intérêt plus ou moins subtile à notre Conscience. L’Amour émane de l’Ame et non de l’Ego.

En nous identifiant à notre Ego, nous nous oublions de nous-même, et nous ne voyons pas la Réalité.

Nos défauts nous voilent la Vérité et nous devons dissoudre ce voile dans nos yeux si nous voulons voir de nos propres yeux.

L’Ego doit mourir car l’Ego constitue des noeuds fatals dans l’écoulement de la Vie.

L’Ego et l’Ame sont comme l’huile et l’eau, ils ne peuvent pas se mélanger.

L’Ame est l’habitant légitime de notre temple intérieur.

Quand Jésus chassa les marchands du Temple, Jésus n’est pas devenu fou furieux, tapant les marchands. C’est un message symbolique.
Jésus nous invite à chasser de notre temple intérieur les différents Moi representatifs de nos défauts qui marchandent les valeurs de la Conscience.

"Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée." (Mat.10:34)

Jésus n’est pas venu vers nous pour que nous nous réconcilions avec l’Ego.
Par son enseignement, Jésus a donné à ses disciples l’épée pour décapiter les défauts psychologiques personnifiés par l’Ego.

Jésus dit bien dans la Bible que
c’est un chemin difficile, il n’y en que peu qui le trouve et encore moins qui emprunte ce chemin.

"Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent." (Mat.7:14)

Malheureusement, en ces temps difficiles, l’Ego s’auto-trompe en croyant que ce chemin s’est converti en une autoroute.

 

Ne nous contentons pas de croyances et d’aider les autres car l’Ego aime la reconnaissance, les gratifications, les flatteries, la fierté et les remerciements.

Le concept de Moi Supérieur est un subterfuge de l’Ego qui veut persister dans notre intérieur.

L’humanité a rendu l’Ego aussi dure que de l’acier, en le justifiant.

Beaucoup prétendent que si on ne se mettrait jamais en colère, on n’avancerait pas.

Mais c’est la preuve évidente que l’Ego est incapable de trouver les mots justes pour faire avancer correctement les choses.

L’Ego réagit de façon purement mécanique : si quelqu’un nous insulte, l’Ego va nous inciter à penser et à agir de la même façon.

 

Vous croyez ainsi que nous somme libres ?

 

Les comportements des autres nous manipulent et nous mettent hors de nous-même.

"Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges" (Mat.5:22)

Beaucoup pensent que pour ne pas avoir le défaut de la colère, il suffit de calmer sa colère afin de ne pas la manifester. C’est une erreur d’en rester là, car la colère est toujours présent à l’état latent.

 

Une personne peut être en colère, et ne pas le montrer en pensant à la morale par exemple. Ainsi, il pourrait alors faire croire à son frère qu’il est calme, zen, doux et philosophe. L’ego aime le maquillage.

Dans l’Evangile de Mathieu, Jésus nous dit bien que le fait de penser du mal est aussi grave que le fait de passer à l’acte. Les gens ne parlent pas beaucoup de ce passage. Pourquoi ? Parce que cela va à l’encontre de ce qu’on veut entendre. La pensée de la colère est le germe, la source de l’acte.

Tant qu’on abritera le germe de la colère, la colère sera bel et bien présente, déformant subtilement notre jugement.

Nos défauts doivent être dissous si nous voulons réellement voir et entendre.

Il faut comprendreque le chemin qu’enseignait Jésus à ses disciples ne se limitait pas à croire en lui. Jésus leur a donné un enseignement concret pour qu’ils puissent parvenir à se libérer de l’Ego qui est le meurtrier du Réel.

Beaucoup n’ont retenu des paraboles de Jesus qu’une simple éthique.

 


Nous ne devons pas nous voiler la face en nous contentant d’être plus gentils, nous devons engager héroïquement une révolution psychologique contre notre Goliath intérieur.

L’enseignement de Jésus s’oppose à l’Ego, c’est pourquoi Jésus parle en parabole.

Sous forme de parabole,
l’ego reste attaché à des interprétations littérales ou intellectuelles. Le sens profond lui échappe si bien que le message parvient alors plus profondément dans notre intérieur.

Ce serait radicalement différent si Jésus parlait clairement sans parabole : l’Ego est mécaniquement réactif, il ne veut pas se voir lui-même et se rendre compte de ses propres erreurs, illusions et ignorances. L’ego n’aime pas être blessé, et encore moins disparaître.

"Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne." (Mat.5:29)

Jésus invite à comprendre que nos défauts doivent être déracinés car l’aveuglement de l’Ego nous conduit à la pensée et l’action incorrecte.

Les gens communs ne veulent pas comprendre cela, et croient bien se comporter. Ils ne veulent pas voir que
les malades que Jésus guérissait dans les Evangiles sont le reflet profond de chacun de nous. En effet, nous sommes les aveugle, les muets, les lépreux, les boiteux, lunatiques et les possédés des Saints Evangiles.

"Le soir, on amena auprès de Jésus plusieurs démoniaques. Il chassa les esprits par sa parole, et il guérit tous les malades, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète : Il a pris nos infirmités, et il s’est chargé de nos maladies." (Mat8:16-17)


La plupart des gens ne se rend pas compte que l’Ego nous fait croire qu’on agit, alors qu’en réalité il nous paralyse.

 

Les gens refusent de croire que l’Ego les possède, les rend aveugles et lunatiques. Croire alors seulement en la personnalité de Jésus est un compromis illusoire de l’ego qui désire subsister après la mort en rêvant d’une belle place au Ciel.

"Celui qui dit : je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur et la Vérité n’est point en lui" (1er Ep.Jean 2-4)


Jésus-Christ nous as donné un commandement :
"Aime ton prochain comme toi-même"

Mais ce n’est pas aimer seulement celui qui nous aide, celui qui nous flatte. Ce n’est pas se contenter d’aimer notre ami, notre frère et notre créditeur.

 


C’est surtout aimer celui qui nous insulte, qui nous déteste, celui qui nous dévisage et nous tourne le dos.

Sincèrement, vous en connaissez des personnes comme cela ?

"Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent." (Luc 6:26-27)

Certes, nous pouvons faire croire aux autres et à nous même qu’on aime nos ennemis, mais face à la personnne, il y a aura toujours une certaine saveur désagréable dans notre intérieur. Nous ne pouvons pas aimer sincèrement nos ennemis tant que nous continuerons à abriter dans notre temple intérieur le Moi de la haine, le Moi de la rancune, le Moi de la vengeance et le Moi de la médisance. Ces Moi sont les marchands du temple qui jouent avec notre Conscience.

Les Saintes Evangiles appelent ces Moi "Légion".

"Car c’est du coeur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l’homme ; mais manger sans s’être lavé les mains, cela ne souille point l’homme."(Mat.15:19-20)

L’ego nous auto-trompe en croyant bien agir seulement à l’extérieur, mais il ne soucie pas de notre propre maison intérieure. Tout simplement parce que ce n’est pas sa demeure.

"Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs médiront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité." (Mat.7:21-23)

L’ego aime bien se faire voir de l’extérieur, prouver à ses frères qu’il est un bon serviteur, en lui faisant voir de belles choses qu’il fait au nom du Seigneur.

C’est pourquoi les Evangiles nous avertissent qu’il y aura beaucoup de pleurs et de grincements de dents.

Jésus a sacrifié sa vie sur la croix pour nous montrer le chemin. Il nous invite à renoncer à notre Ego pour le suivre.

 

"Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même" (Mat.16:24)

Mais peu sont prêt à le suivre, car nous sommes attachés à notre cher Ego.

 

Se remettre au Seigneur en espérant dans sa crainte est la manifestation raffinée de l’ego qui veut qu’on le laisse tranquille, car il désire subsister dans notre intérieur.

 

Vous comprenez maintenant pourquoi l’Ego peut revêtir la peau d’une brebis ou d’un loup pour ne pas qu’on puisse faire notre travail intérieur.

 

"j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, prends ce qui est à toi. Son maître lui répondit : Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné"(Mat.25:25)

Le Seigneur attend de nous
un travail sur nous-même, car ce travail est indispensable et inajournable pour devenir un Homme véritable, c’est-à-dire Roi de la Création et maître de lui-même.

Pierre

L’enseignement de Jésus ne doit pas être réduit à des recommandations humanistes, car son enseignement, venant de son Père, ébranle toutes les littératures humanistes, morales, et philosophiques de l’entendement humain.

"Soyez donc parfait comme votre Père céleste est parfait" (Mat.5-48)

"Caron donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, maisà celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. " (Mat.13:12)

N’hésitez à me confier vos critiques et à découvrir

http://fr.groups.yahoo.com/group/la_gnose

Sources EZOOCULT

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 13:16

Lire religieux : Judas, mon frère

 

par Louis Cornellier

 

 

Et si, finalement, de tous les apôtres, Judas était le plus intéressant, le plus ardent, le plus humain? Oui, lui, Judas, le traître, diabolisé par une certaine tradition chrétienne? La version officielle, inspirée de l'évangile de Jean, en a fait un voleur qui se servait de son statut d'économe des Douze pour puiser dans la caisse. Ainsi, s'il critique la complaisance de Jésus à l'égard de Marie lui lavant les pieds avec un parfum cher, ce serait essentiellement par cupidité. Matthieu et Marc, pourtant, parlent plutôt de l'indignation de l'ensemble des disciples devant ce mauvais usage des richesses et laissent entendre qu'il a éveillé le désir de trahison de Judas.

Dans «une épître imaginaire» attribuée à Judas, l'autre disciple, le prêtre alsacien Charles Singer joue de ces obscurités pour nous présenter un Iscariote saisissant dont la totale passion pour le Christ est tragiquement criblée de doute et de détresse.

C'est lui qui écrit, le petit commerçant de céréales qui a suivi ce Jésus promettant de cuire «le pain qui apaise toutes [les] faims». Lui, le révolté devant le joug des Romains et l'ostentation du Temple. Homme de la libération, Judas est subjugué par ce Messie qui chante «la bonne nouvelle portée aux pauvres». À Cana, écrit-il quelques heures avant d'aller se pendre, il a découvert, grâce au Maître, «ce que sera le monde/ lorsque enfin son Royaume/ sera instauré sur la terre./ Le monde sera une fête».

Le Jésus qui donne l'eau vive à la Samaritaine, qui redonne la vue aux aveugles, qui fait revivre Lazare, qui expulse les marchands du Temple et qui tue l'hypocrisie en sauvant la femme adultère est le sien. Pourtant, quand ce même Maître se laisse séduire par le parfum cher de Marie et s'adonne à d'abstraites promesses -- «Celui qui mange ma chair/ et boit mon sang,/ demeure en moi/ et moi en lui» --, quelque chose se brise chez l'apôtre.

C'est aux pauvres que l'argent doit aller et les illusions spirituelles ont assez duré. D'où la trahison. Norman Mailer, dans son troublant L'Évangile selon le Fils, fait dire à Jésus, à la suite de l'épisode du parfum : «Des disciples vinrent m'assurer que Judas parlait en mal de moi dans la rue. J'étais prêt à trahir les pauvres, avait-il dit. J'étais comme les autres. Je n'étais pas resté fidèle à mes convictions. Pourtant, j'étais obligé de pardonner à Judas. Car, en vérité, n'avais-je pas méprisé les pauvres ?»

Le Judas de Charles Singer, qui a l'argent en horreur, n'agit pas autrement et veut faire taire le Maître. Sa trahison, il le sait au moment où il écrit ces lignes et alors que Jésus agonise sur le Golgotha, sera sans retour. Adressée à l'apôtre Jean, le pur et l'intransigeant, son épître est un cri déchirant de remords et de foi blessée : «Moi, Jean,/ depuis ma naissance,/ je suis un être divisé,/ séparé, désuni,/ attiré par le bien/ et dansant autour du mal./ Pas un jour n'a passé/ sans que je sois obligé/ de lutter/ contre les puissances de nuit/ à l'affût de mes parts de lumière.»

Évocation puissante et magnifique des déchirements qui gisent au coeur de la foi, même la plus brûlante, l'épître imaginaire que nous offre Charles Singer nous entraîne dans les abysses de l'expérience chrétienne où la joie est sans cesse traversée d'errements. Toujours, en effet, le chrétien veut boire l'eau vive des paroles et du visage du Christ, mais, comme Judas, son frère, l'idéal immaculé lui échappe : «Je n'ai pas l'habit de noce/ dont tu parlais si souvent./ Je n'ai/ que mon habit de trahison/ et que mon désir éperdu/ d'être avec toi.»

Je n'hésite pas à l'affirmer : Judas, l'autre disciple est une grande oeuvre littéraire et religieuse. Une oeuvre de vérité dont on ne sort pas indemne.

Judas, l'autre disciple

Une épître imaginaire

Charles Singer

Novalis

Montréal, 2005, 176 pages

Sources : LE DEVOIR

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22 janvier 2006 7 22 /01 /janvier /2006 13:24

 

Extrait de l'ouvrage

"Parole de Maître Arion"

Réponse de Franz Bardon à des questions posées par ses élèves

Quelle est la forme du Temple de Salomon et quelles sont
ses correspondances symboliques sur les plans mental, astral et physique ?


Les Quatre Piliers fondamentaux du Temple de Salomon sont la Connaissance, le Courage, la Volonté et le Silence [Note d'Alexandre Moryason : Traduits par la sentence : "Connaître, vouloir, oser, se taire".]. Nous prenons conscience mentalement de ces Quatre Qualités ; nous méditons sur elles pour les transformer ensuite en actes.

      Nous acquérons la Connaissance par nos études quotidiennes, par la reconnaissance des Lois Universelles agissant dans le Macrocosme et le Microcosme. Mentalement, nous prenons une ferme détermination de cultiver le courage et la volonté en nous, convaincus que nous les possédons déjà. Quand le mental atteint le silence, nous restons, avec nos pensées, sur le Plan Astral ; ceci est un état qui ne peut être atteint qu'en faisant le vide mental.

      Nous condensons, sur le Plan Astral, notre Connaissance mentale au moyen de l'Elément Air, qui est neutre. A cette fin, nous visualisons que toutes les Connaissances relatives à la Vérité, aux Lois régissant le Macrocosme et le Microcosme, sont déjà profondément inscrites dans notre mémoire, que nous portons celles-ci en nous pour l'Eternité en tant que possession définitive. La Connaissance est exprimée [Note d'Alexandre Moryason : Sur le Plan Physique.] habituellement par le discours ; elle se manifeste sur le Plan Astral par une pensée formulée à voix haute dans la tête.

      Le courage grandit sur le Plan Astral par l'action de l'Elément Feu. Il est un attribut de ce dernier, et il augmente aussi longtemps que nous visualisons qu'il existe suffisamment de force et d'énergie contenues en lui pour vaincre tous les obstacles et atteindre nos buts à tout prix.

      Nous condensons, sur le Plan Astral, la volonté [Note d'Alexandre Moryason : Qui a été déterminée sur le Plan Mental, par notre mental.] grâce au magnétisme, attribut de l'Elément Eau. A cet effet, nous créons en nous le sentiment que tout ce que nous voulons -- des souhaits uniquement nobles, bien sûr -- est déjà devenu une réalité aussitôt que nous prenons conscience de ce sentiment.

      Nous considérons et garantissons, sur le Plan Astral, le silence par la ferme détermination de ne pas révéler tout ce que nous considérons comme un Secret Saint, détermination à laquelle nous lie un serment que nous n'avons fait ni par la pensée, ni par un sentiment, encore moins par un acte, ni même en rêve. Nous avons, en effet, prêté ce serment devant la Providence Universelle représentée par notre Maître ou Enseignant. La dynamique qui garantit le silence surgit de la tension et de l'action du Fluide Electromagnétique œuvrant dans l'Elément Terre [Note d'Alexandre Moryason : C'est-à-dire dans notre Conscience.], où les deux polarités, active et passive, agissent.

      Ainsi avons-nous exprimé les Quatre Piliers. Grâce à ce travail, les qualités et les capacités sont condensées sur le Plan Astral à un degré tel que celles-ci peuvent être densifiées sur le Plan Physique via la matrice astrale.

      La Connaissance, projetée à l'extérieur, s'exprime elle-même sur le Plan Physique sous la forme de discours, que celui-ci soit dit à voix haute ou couché par écrit. Ce faisant, la Conscience s'enveloppe du son, du discours, de l'écriture et du mouvement ; autrement dit, elle suit un certain rythme (dans l'interruption du courant électrique et du courant magnétique). C'est donc dans cette forme densifiée que la Connaissance est la plus efficiente.

      Le courage que nous avons développé sur les Plans Mental et Astral nous apporte ses fruits sur le Plan Physique. Nous réalisons tout ce qui nous ennoblit et nous mène au but le plus élevé avec une ferme volonté, la puissance de notre visualisation en notre "foi manifestée". C'est un acte créateur qui permet au Créateur de se refléter en nous.

      La volonté se manifeste sur le Plan Physique par des actes ; ce que nous voulions voir se réaliser l'est. L'énergie du Fluide Magnétique est accumulée avec une telle puissance qu'elle doit se décharger par la partie active de l'Elément Feu, le Fluide Electrique.

      Le silence est un pouvoir que manifeste sur tous les Plans tout Mage qui comprend les procédés permettant de le tenir. Si un Mage sait, en effet, comment taire ses pensées et ses sentiments, il sera tout aussi apte à rester silencieux sur le Plan Physique où les règles relatives au silence sont particulièrement sévères, surtout face à des personnes qui n'ont pas été appelées à fouler la Voie Initiatique. Si le pouvoir du silence se condense trop fortement sur le Plan Physique, à l'aide du Fluide Electromagnétique et divers obstacles inhérents à l'Elément Terre, il peut se changer en une taciturnité absolue, mais sa force y grandira tout autant.



 Qu'est-ce qui anime, stimule et émousse les sens physiques ?


      Tous les sens physiques sont stimulés par des activités qui leur correspondent. Ils sont émoussés par des stimulants artificiels tels que les narcotiques, le tabac, l'alcool et par une trop forte condensation de la substance d'un Elément donné. Nous émoussons également nos sens si, par exemple, nous regardons longuement le soleil sans verres protecteurs ou que nous chargions puissamment et gardions en nous un Elément ou encore que nous buvions trop d'alcool ou de café, etc.



Qu'est-ce que l'Aura émanée par le Plan Physique
et qu'est-ce que l'Aura du corps physique ?


      L'Aura qu'émane le Plan Physique est la somme des radiations colorées liées aux attributs des Eléments ; elle enrobe tout ce qui a été créé sur Terre. Nous traitons ici des capacités visibles et agissantes des Eléments formant l'Aimant Quadripolaire sur le Plan Physique.

      L'Aura du corps physique représente elle aussi le travail coloré et radiant des Eléments formant cet Aimant [Note d'Alexandre Moryason : Au plan individuel, dans le corps physique d'un individu.]. La radiation de l'Aura physique correspond exactement en qualité à celle de l'Aura du corps astral.



18 - Comment Brahma respire-t-Il ?


      La Respiration de Brahma est la Respiration de la Vie [Note d'Alexandre Moryason : De même que la respiration humaine maintient la vie, de même dans l'Univers, la Respiration Divine est la Vie-Même. Lorsque la Divinité dans Un de Ses Aspects (Inconnaissable à jamais) Se manifeste, Elle sort d'un Etat de Non-Manifestation qui ne signifie pas néant ou inexistence "per se" ; on appelle cet Etat de l'Etreté Divine "Parabhram". On dit que Dieu ou Brahma "exhale" ou "expire", engendrant l'Univers qu'Il manifeste. Cet Expir et toute la durée de vie de l'Univers ainsi Manifesté est appelé "le jour de Brahma" ou "Mahamanvantara". Lorsque la Soi-Conscience est conquise par les créatures, après des parcours incessants à travers les Plans et les Mondes, Dieu "inspire", ramenant les Consciences en Sa Conscience Inconnaissable, dans la Non-Manifestation : l'Univers Manifesté est alors résorbé, tout entre dans un long sommeil. C'est "la Nuit de Brahma" ou "Mahapralayâ". Lorsque certains textes sacrés orientaux disent (la traduction peut être fautive également) que la Création est "la souillure", "l'Illusion", etc., parce que les êtres sont séparés de leur état d'union originelle en Dieu, sous-entendant que le seul Etat souhaitable pour l'être est celui du Mahapralayâ, le Grand Sommeil, ils inoculent une connotation de "mort" à tout ce qui vit dans l'Univers et ceci est préjudiciable pour avancer avec Joie sur le Sentier. En effet, l'Etreté Divine Absolue (et, par conséquent, la nôtre aussi) ne réside ni dans l'Inspir (la Non-Manifestation) ni dans l'Expir (la Manifestation) mais dans cet ensemble indissociable : comment pourrait-on vivre en gardant notre souffle constamment en nous (sans expirer donc ; état analogique à la Non-Manifestation) ? Il nous faut "expirer", "exhaler", pour vivre (état analogique à la Manifestation) ! Or, il est dit : « Ce qui est En-bas est comme ce qui est En-Haut » ; par conséquent, la Vie Cosmique ne peut-être sans ce Rythme Premier qu'est l'Expir / Inspir de Dieu.], Vie que Dieu a créée, en Sa Qualité de Créateur, en exhalant son Energie Vitale et insufflant celle-ci en toute chose venant à l'existence.



 Comment se déclinent, pendant un cycle de 24 heures,
les influences électromagnétiques, et comment utiliser ce cycle ?


      L'efficience, l'action et la dominance d'un Elément particulier changent chaque 24 minutes. Ce changement se déroule ainsi :

De 0 à 24 minutes Akasha
De 25 à 48 minutes Air
De 49 à 72 minutes Feu
De 73 à 96 minutes Terre
De 97 à 120 minutes Eau


      Ce cycle commence à minuit. [Note d'Alexandre Moryason : Il s'agit de l'heure réelle (au soleil) et non de l'heure légale. Pour la France : ôter 2 heures de l'heure légale pour trouver l'heure réelle au printemps et en été ; ôter 1 heure de l'heure légale pour trouver l'heure réelle en automne et en hiver.]

      Un cycle complet des Eléments prédominants (Tattvas) dure deux heures, puis il commence à nouveau. Vous réussirez mieux vos exercices relatifs à la vue lorsque l'Elément Feu domine, vos exercices liés à l'ouïe lorsque l'Air domine, ceux qui ont trait au sentiment quand l'Eau domine, et ceux qui accroissent la Conscience lorsque la Terre prévaut ; en d'autres termes, parcourez le cycle en faisant les exercices relatifs à l'odorat et au goût ainsi que ceux qui sont liés à l'ouïe et au sentiment. Pendant la prédominance de l'Akasha, vous réussirez mieux en adoptant un état passif et en prenant conscience de tout ce qui forme le Présent, l'Eternel Maintenant.

      Si donc nous voulons obtenir un succès plus notoire dans nos exercices ou si nous voulons réussir un travail magique, nous devons appliquer ce cycle à notre travail avec les Eléments.

© Editions Moryason

Sources : France-Spiritualités

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans OCCULTISME
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