Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Texte libre

Archives

23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 00:55

 

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

6ème partie

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I

DE LA MISSION DE MOÏSE,

ET EN PREMIER DE LA NOUVEAUTÉ DE LA LANGUE HÉBRAÏQUE
PARMI LES ISRAÉLITES.

 


Quelle était la mission de Moïse ? Question singulière, à laquelle il semble qu'on a répondu depuis plus de trois mille ans. La réponse a été faite sans doute, et même plusieurs fois ; mais on va voir si elle nous est parvenue. Cette question nous oblige à plus de développements que la précédente, et d'abord il faut nous assurer de la nouveauté de la langue hébraïque chez les Israelites.

La population de l'Egypte venait de l'Ethiopie méridionale, à l'occident de la Mer Rouge. Elle avait suivi le cours du Nil à mesure que les inondations de ce fleuve fécondaient le sol primitif de l'Egypte, sol composé de sable et de cailloux roulés.

La population israëlite de la basse Egypte était originaire de l'Ethiopie orientale sur l'autre bord de la Mer-Rouge. Ces deux Ethiopies avaient adopté anciennement la réforme que le culte avait subie par la mission d'Abraham. C'est pour cela que les Ethiopiens du midi prétendaient être les descendants des anciens Hébreux qui avaient pratiqué la loi avant que Moïse l'eût écrite (Eusèbe Prop. Évang. VII. 2. XIII. 1.)

Cette population israélite ne devint hébreue que par la mission de Moïse et par la révélation qu'il lui fit de la langue hébraïque. Les peuples voisins de la Palestine ne jugeaient pas autrement les Israélites, et c'est d'eux, reconnus égyptiens, que les Philistins parlent dans Samuel II. Ch. 4. 8. lorsqu'ils rappellent les maux que les Egyptiens ont souffert au désert.

Eupolème, historien des Rois juifs, était donc dans la vérité lorsqu'il affirmait que Moïse avait enseigné les lettres aux Hébreux, et que les Phéniciens les avaient apprises de ce peuple. L'enseignement des lettres à cette époque, en présence d'une écriture symbolique et hiéroglyphique, comprenait l'enseignement de la langue même ; c'est ce que l'origine de ces lettres et de cette langue prouvera.

Saint Grégoire de Nisse (Oratio 12. Voy. R. Simon, pag. 85.) remarque que les plus savants hommes de son temps assuraient avec connaissance positive que la langue hébraïque n'était pas si ancienne que la plupart des autres langues, et que les Hébreux ne la parlèrent que depuis leur sortie d'Egypte.

Mais si la nouveauté de cette langue chez les Hébreux était alors un fait constant pour les hommes véritablement instruits, ce fait a dû se perdre par la prétention suivie de siècle en siècle, reproduite dans tous les livres, et voulue, exigée par le dogme pour faire de l'hébreu la langue parlée par Adam même, ou si l'on a été embarrassé par ce nom, la plus ancienne langue du monde (21).

Les mêmes savants dont parle saint Grégoire, ne pénétrant pas ou ne voulant pas divulguer l'origine de l'hébreu, évidemment égyptien par leur dire même, attribuaient à un miracle son apparition lors de la sortie d'Egypte.

Saint Epiphane confirme l'opinion de ces savants hommes (Adr. Hœres, lib. 1) par la manière dont il classe les religions anciennes.

La première fut le Barbarisme,
La seconde le Scylhisme,
La troisième l'Hellénisme, ou la religion des Grecs,
Et enfin la quatrième le Judaïsme.
 

Pour s'expliquer cette classification , qui contrarie bien des préjugés, il faut considérer les faits suivants.

Les Scythes portèrent dans l'Inde leur religion et les symboles de leur culte, plus de trois mille six cents ans avant l'ère chrétienne. Les Indiens adoraient alors Ruder ; dans la suite ils attribuèrent à Brouma la puissance de Ruder, et lui consacrèrent pour symbole le bœuf.

Le nom de Brouma, Brama, porté dans l'Inde par les Scythes de la partie occidentale de l'Asie, le fut également dans la Grèce avec l'emblème du boeuf. Bacchus y fut appelé Broumos et ensuite Bromius. Les brumalia qui lui étaient consacrées sont appelées fêtes de Broumos par les Romains.

Il faut remarquer encore que les Pélages, originaires de là Boukarie, au nord de l'Indus, vinrent s'établir dans le Péloponèse, puis dans la Thessalie, mille neuf cent quarante ans avant JC., plus de cinq siècles avant Moïse. Ce sont les plus anciens habitants de la Grèce , et c'est d'eux que l'Italie reçut les lettres (Dans l'étude suivante nous verrons l'origine des premières lettres pélagiennes) . Leur langue se changea en la langue grecque.

Alors même la Grèce quitta ce nom qui se conserva dans la langue latine ; elle prit celui d'Helladie ou d'Hellénie, quinze cent vingt ans avant J. C., un siècle et demi avant Moïse. Le mot Grèce était d'origine scythique. Ce mot et le nom de grecs se perdirent tellement dans la Grèce même, qu'aucun auteur n'en a fait mention avant Aristote. Mais il se conserva en Italie où OEnotrus, suivant Pausanias, conduisit la plus ancienne colonie mille sept cent dix-neuf ans avant J.-C., trois siècles et demi avant Moïse.

« Il ne faut pas perdre de vue, dit le savant suédois Jean Ihre, que les Scythes ont habilé les pays limitrophes de ceux qui furent envahis par les Grecs, puisque même plusieurs nations scythiques connues sous le nom de Pélages, étaient déjà établies sur le territoire de la grande Grèce avant l'arrivée des Hellènes. Ce fait si connu dans l'histoire des premiers peuples sert à expliquer la grande affinité qui règne entre le scythe et le grec (22). »

La nouveauté de la langue hébraïque étant reconnue, il ne reste plus qu'à faire comprendre ce qu'elle a de relatif à la mission de Moïse.

La langue vulgaire de l'Egypte portait le nom CET, QBT ou GBT, que l'on a prononcés CoBTe, GoBTe, CoPTe, GyPTe, d'où É-GyPTe. Ce mot désignait l'imperfection relative de cette langue comparée à la langue sainte.

Celle-ci tirait le sien du mot OBR ou ABR, mot qui désignait les temps anciens ; le passage d'un lieu à un autre, d'un temps à un autre, d'un sens à un autre ; une transition quelconque. Il désignait aussi l'explication, l'Interprétation, le SENS allégorique des choses. Significations bien remarquables, avertissement positif, mais auquel on n'a pas fait attention, parce que ces significations se sont réfugiées dans le chaldaïque et dans l'arabe.

De ce mot OBR, prononcé plus ordinairement ABR, on a fait AmBR. La transcription qu'en donne Horapollon ajoute la terminaison Es. AmBR-ès est le nom du livre saint, de la langue sainte et de la sainte doctrine réservées pour l'initiation dans les mystères de l'Egypte.

Or, OBR ou ABR est le mot qu'avec la ponctuation massorétique on s'est accoutumé à ne prononcer qu'AEBeR. C'est le nom d'HÉBeR, le père de Pélage ou Phaleg (Gen. 11. 16). Il désigne la langue parlée par ce patriarche, la langue AmBRique, HÉBR-ique, HÉBRaïque, l'HÉBReu enfin. La langue qui fait passer d'un sens à un autre, qui explique, interprète, donne le sens allégorique.

Ainsi, par Hébreux
Moïse n'entend pas les Israëlites en général et sans distinction de temps ; mais les hommes, israëlites ou égyptiens, savants dans la langue hébraïque, dans la science de l'Ambrés, les initiés et les initiateurs.

C'est
d'eux qu'il parle et non des Israélites, lors qu'annonçant sa mission au roi d'Egypte, il lui dit : JÉOVÉ l'ALEIM des AMBRIIM s'est rencontré devant nous. Ce qu'il faut traduire selon le sens intime, Ce-LUI qui est les Dieux des hommes savants dans la science hébraïque, dans l'explication allégorique des choses. -— Ce-LUI qui est les Dieux des initiés, s'est rencontré devant nous , etc. (23).

Revenons maintenant à la mission de Moïse.

Le but de cette mission et le motif de l'opposition si vive et si influente que JANNÈS et JAMBRÈS employèrent contre elle, ressortent de ce qui est expliqué dans l'Exode, chapitres 3, 18. — 5, 3. — 7, 16. —8, 21, 22, 23 et 24.

Il s'agissait: d'affranchir le culte des symboles qui l'avaient envahi et qui avaient donné lieu à l'idolâtrie. Le plan conçu dans le secret des sanctuaires devait ramener l'Egypte à l'unité religieuse, et l'on aurait débuté par un sacrifice solennel offert au Dieu des ancêtres. On aurait initié le peuple de l'Egypte, et l'on devait commencer par ceux de No-AMON ou de Tanis, parce que la portion israélite de leur population pouvait être éloignée momentanément pour cette initiation.

C'est en effet à No-Amon, la Diospolis du Delta, dépendante de Tanis, que Moïse commença sa mission. Joseph, quatre siècles avant Moïse, avait été ministre du roi de Tanis, et son influence sur l'esprit de la religion avait été immense. Moïse dit expressément que Joseph était Nazaréen, un homme sur qui les bénédictions sont fixes et stables, comme

TAUT >>> les bornes >>> les obélisques >>>

GBOT>>> des collines >>> des édifices >>>                 

OULM >>> du secret >>> du mystère. >>>

Final >>>>>>>> Les obélisques des temples. (Gen. 49. 26. )

En un mot, un Initié, associé par conséquent aux plus secrets mystères des temples égyptiens.

Ce mot Nazaréen, qui s'écrit NZR et NTzR, désigne l'homme marqué d'une astérisque, d'un signe céleste-planétaire, d'une étoile errante ou en mission (Voy. Gen. 37. 3. ), symbole d'une destinée providentielle, de l'homme à part, de l'homme rayonnant et sanctifié, du gardien, du conservateur, du surveillant des choses saintes.

L'éducation de Moïse, son influence sur l'esprit du peuple, sur l'esprit même du Roi, ne permettent pas de douter qu'il ait été Nazaréen. Il fut lui aussi l'homme marqué d'une lumière sidérale; l'homme rayonnant, à la face lumineuse; comme plus tard, ISO, Jésus le Nazaréen , appelé d'Egypte (3 Math. 2.), fut lui aussi l'homme marqué d'une étoile en mission, d'un signe planétaire qui le précédait (ce que le texte grec a déguisé par la traduction EN TE ANATOLE, dans l'Orient -MQDM, prœveniens et ab Oriente.)

Mais il s'était élevé sur Tanis un Roi qui ne se serait pas accommodé d'un ministre aussi puissant que Joseph ; la pensée théosophique de l'initiation lui convenait peu, et quelques Prêtres l'avaient prévenu contre le projet de réforme. La prudence voulait donc que prévoyant des obstacles, ou même les dangers que ces Prêtres fanatiques pouvaient faire naître, on s'éloignât pour quelques jours seulement de l'Egypte.

Il fut donc convenu que parlant au nom du Dieu Suprême, désigné sous le nom nouveau JÉOVÉ, on demanderait au Roi une permission pour s'absenter, et qu'on lui dirait : JÉOVÉ l'ALEIM des AmBRIIM s'est rencontré devant nous ; c'est-à-dire Ce-LUI qui est les Dieux des hommes éclairés par la science hébraïque, des initiés; et selon ls version littérale, JÉOVÉ les Dieux des Hébreux s'est rencontré devant nous, afîn que maintenant nous allions dans le désert, trois jours de marche, que nous fassions des sacrifices a celui qui est nos Dieux (Exode 3.18 voir note 24).

Moïse rapporta les paroles convenues à Pharaon, et lui dit : l'ALÉIM des AmBRIM, les Dieux des hommes éclairés par science hébraïque, des initiés, ou les Dieux des Hébreux se sont manifestés à nous; nous voulons donc aller à une distance de trois jours dans le désert et y sacrifier à Ce-LUI qui est nos Dieux , de peur qu'il ne nous frappe de la peste ou du glaive (Exode 5. 8 - voir note 25).

Pharaon, pressé par l'insistance de Moïse et par celle des Prêtres Initiateurs qui s'étaient déclarés pour la réforme projetée, accorda la demande qui lui était faite ; mais l'éloignement hors de l'Egypte, contraire à la sainteté des usages, le blessait (26) ; il fit appeler Moïse et Aaron et dit : Allez, sacrifiez à vos dieux dans ce pays ; mais Moïse répondit : Il n'est pas convenable de faire ainsi car nous sacrifierions à ce-LUI qui est nos Dieux, ce qui est en horreur aux Egyptiens. Hé quoi !  nous sacrifierions ce qui est en horreur aux Egyptiens, à leurs yeux, et ils ne nous lapideraient pas !

C'est un voyage de trois jours dans le désert que nous voulons faire, pour sacrifier à ce-LUI qui est nos Dieux, comme il nous dira (Exode 8, 21, 22, 23) ;  car c'est une fête à ce-LUI qui est selon nous (Ex.. 10,9)..
Pharaon lui dit alors : Je vous renverrai, vous sacrifierez à ce-LUI qui est vos Dieux dans le désert ; seulement ne vous éloignez pas trop en vous en allant ; vous ferez faire la prière pour moi. (Exode 8, 24 -voir note 27)

Après tant d'affirmations, d'assurances données, solennellement répétées, d'un prompt retour; après cette observation qu'il ne s'agit que d'une fête à celui qui est Dieu selon les Hébreux ; après cette recommandation qui marque la bonne foi du Roi et son respect pour la sainteté des usages: seulement ne vous éloignez pas trop en vous en allant; vous ferez faire la prière pour moi, il devient démontré que Moïse n'avait pas alors l'intention de quitter l'Egypte et d'en faire sortir, pour l'établir ailleurs, la portion du peuple dont il allait être suivi, portion composée non-seulement d'Israelites, mais d'Égyptiens qui, sur l'autorisation du Roi, s'étaient joints à eux (Exode 12. 38.). Une pensée plus noble, plus grande, plus généreuse, l'inspirait, et préoccupait les chefs du Sacerdoce qui s'étaient associés à cette sainte entreprise.

Cette manière de ramener la vérité pure et simple des faits, exclut le merveilleux qui enveloppe tout ce qui a précédé la sortie d'Egypte et en premier la vision du buisson ardent à Horeb ; mais si, contre un témoignage qui est celui de Moïse même, on voulait conserver le sens littéral des prodiges, tels qu'ils sont décrits dans l'Exode, il faudrait convenir alors que les promesses si souvent faites d'un voyage de trois jours seulement dans le désert, pour une fête, étaient le plus impudent mensonge, la plus basse trahison dont un homme puisse se rendre coupable, et envers qui ? envers un peuple qui lui confie une partie de ses concitoyens et qui le considère (Exode 11. 3.) ; envers un roi auquel il doit tout, son pouvoir, sa science, la considération dont il jouit, sa vie même. L'esprit ne peut admettre cette dégradante politique. Attribuer à Moïse des procédés si peu dignes d'un grand homme, c'est ne l'estimer ni le comprendre ; les lui attribuer comme suggérés par Dieu même, c'est bien pis encore, c'est prêter à Dieu l'usage du mensonge et de la fourberie. Qu'on efface donc alors du livre de Jean (14, 6) ces mots : ego sum via, et veritas et vita ; qu'on efface ces paroles adressées par Jésus au Dieu même de Moïse : Sermo tuus veritas est (1 17. 7).

Cependant le retour promis n'eut pas lieu. Moïse ne revint point, ni lui ni personne de ceux qui l'accompagnaient. Quelle en fut la cause? Je l'ai expliquée, et le passage de Porphyre cité ci-dessus éclaire cette explication. Ajoutez, d'après l'observation de Moïse même, que l'acte religieux et purement théosophique qu'il avait en vue pouvait passer dans l'esprit des égyptiens mal informés pour une impiété digne de la mort. Quarante années perdues dans un désert qu'on aurait pu traverser en moins d'un mois, prouvent un grand embarras, parce que, surpris par les circonstances, on n'avait aucune idée positive sur le lieu où l'on s'arrêterait. Rien n'avait été prévu ni préparé pour une migration définiti
ve. La position des Israelites fut affreuse, et cette position désespérée, au milieu de tant de hordes ennemies, explique la guerre d'extermination qu'ils leur firent.

Septième partie

Notes

 

21 - Selon M. l'abbé Lalouche, « c'est la langue-mère, l'Eve des intelligences, par laquelle l'être suprême , IEOOUA , couronna l'œuvre dela création.— C'est la langue de Dieu, de l'Eden, des âmes sublimes, des langues silencieuses ou parlées encore sous tous les cieux.... »
Non-seulement on a fait la langue hébraïque la plus ancienne du monde, mais on a établi comme certain qu'elle était celle dans laquelle les esprits bienheureux chanteront éternellement les louanges de Dieu. ( Voy. pour exemple la Diss. d'An t. Hulsius, en tête de son Womenclator Biblicut Hebrœo-latinus.)

22 Ch. Pougens, Essai sur les ant. du Nord. — d'Hancarville, Rech. sur l'origine, l'esprit et les progrès des arts de la Grèce.

23 - L'expression JEOVÉ était nouvelle, convenue à Horeb. Pharaon eut droit de s'en étonner, et sa réponse : « Qui est JEOVE, dont je dois écouter la voix ? je ne connais pas JEOVE... » réponse qui, dans l'interprétation voulue, a le caractère de l'impiété , a , dans le sens intime, un tout autre caractère.

24 - Exode 3.18.— Étymologiquement JÉOVÉ ALEIM est le LUI de de CEUX-CI. Le dogme hébraïque, suivi par le dogme catholique, lit comme s'il y avait ADONI ALEIM , c'est-à-dire le Seigneur, le maître des Aléim, des Dieux. On traduit inexactement
le Seigneur Dieu l'étemel Dieu; la conséquence du rapprochement de ces mots ne frappe pas, l'habitude couvre tout. Mais la traduction exacte serait et doit être le maître des Dieux.

25 - Exode 5. 8. Par ces derniers mots Moïse fait allusion au sens intime du nom de JEOVE, (JEOVE VIR BELLI) comme nous le verrons dans l'étude suivante.

26 - Les Egyptiens, dit Porphyre, regardent comme une impiété de quitter l'Egypte. Cette faculté n'est accordée qu'à ceux qui sont chargés par le Roi d'une MISSION, encore s'ils sont convaincus de s'écarter tant soit peu des usages de leur patrie, ILS SONT REJETES DE SON SEIN."

27 - Exode 8, 24 - Vous ferez faire la prière pour moi, dans l'Hébreu EÔTIRI, impératif de la conjugaison Hiphil, forme excitative, exprimant l'action de faire faire. Dans les cérémonies religieuses on priait pour le Roi ; la recommandation énergique de Pharaon l'associe par la pensée à l'acte religieux que Moïse allait accomplir.

 

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
commenter cet article
22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 22:32

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I

 

LE PENTATEUQUE REVU PAR ESDRAS ( PAR ÔZRA, le secours 1).


D'où provenait le discrédit si constant dans lequel le texte mosaïque du Pentateuque était tombé? N'était-ce pas, ainsi que je l'ai dit, du doute où laissait le double sens de certaines parties de ce livre ? C'est même cela probablement, qui fit encore défendre, après le travail d'Esdras, la lecture du premier chapitre de la Genèse, aux jeunes gens qui n'avaient pas atteint leur vingt-cinquième année.

Ce discrédit ne pouvait-il pas résulter aussi d'un rapport trop marqué entre certaines narrations et le culte secret de l'Egypte ; de cette Egypte que Moïse avait toujours respectée, qu'il avait défendu aux Hébreux d'avoir en abomination, et qui passait dans l'esprit d'Isaïe et des Prophètes pour le peuple de Dieu, tandis qu'Israël, acquis par l'initiation au culte de JÉOVÉ, n'avait été que son héritage ?

C'est ce qu'Esdras comprit parfaitement. Son génie réformateur avait entrepris pour les Juifs de retour dans leur patrie la régénération du culte hébraïque antique, oublié pendant les soixante et dix années de la captivité. Il prévint pour l'avenir un abandon absolu du Pentateuque, en élevant le dogme régénéré sur le sens littéral apparent des récits et des paraboles de Moïse, et en confiant la garde de ce sens à la crédulité du vulgaire, toujours fidèle à l'impossible. Il couvrit d'un voile impénétrable le sens intime égyptien de ces mêmes récits; il confia ce sens, en secret, à un petit nombre de sages.

Une semblable révolution dans le sens des mots d'un livre nous paraît inconcevable, parce que, pour la raisonner, nous nous représentons ce livre entre les mains de tout le monde, et ce monde disposé au doute, ou en droit de douter; parce que nous n'arrêtons notre pensée que sur les langues modernes de l'Europe, où tous les sons vocaux des mots sont et doivent être représentés par des signes. Mais cette obligation était moins rigoureuse pour la langue de Moïse, langue presque en totalité forgée, ou philosophiquement inventée dans le secret des Temples ; langue base des sciences, et dont les mots, par cela même, riches en significations, étaient susceptibles de se prêter souvent, par l'analyse, à un développement d'idées fort étendu. Esdras n'avait qu'à faire disparaître un de ces signes vocaux partout où le sens intime égyptien était trop éclairé par eux, et qu'à livrer le sens littéral lui-même à la tradition orale, si ce sens devenait douteux ou difficile à reconnaître. C'est en cela que consiste la massore qu'on lui attribue, bien qu'on n'ait pu dire ce qu'elle fut.

Tout ce qu Esdras pouvait faire en ce genre, sans nuire à la fidélité matérielle de la rédaction primitive , très-probablement il le fit. Il est tout aussi raisonnable de dire qu'il supprima quelques voyelles que de dire qu'il en ajouta sous chaque lettre des mots. Or, il est certain qu'il n'en a pas ajouté ; il est certain cependant qu'il a fallu en ajouter pour pouvoir lire, il l'est donc également que d'autres avaient été supprimées. Mais alors, par qui l'avaient-elles été ? par Esdras sans doute.

On objectera la transcription du Pentateuque hébreu en caractères samaritains, parce qu'on la suppose antérieure à la transcription du Pentateuque en caractères assyriens ou chaldaïques. Et pourquoi suppose-t-on les caractères samaritains plus anciens que les autres caractères ? parce qu'on trouve des sicles en caractères samaritains où Jérusalem est appelée la sainte. Mais qui nous dit que ces sicles ne sont pas supposés? N'est-il pas également possible qu'Esdras ait fait faire une double transcription de son œuvre, l'une en caractères chaldaïques et l'autre en caractères samaritains. Le succès de son entreprise n'exigeait-il pas cette précaution?

Les mots générants de l'hébreu, appelés racines, sont au nombre de deux mille, tous ces mots sont composés de trois lettres. Un semblable accord n'a pu résulter que d'un système ; il n'a pu être effectué que par la volonté influente d'un seul homme placé dans des circonstances pareilles à celles où se trouvait Esdras.

Pour ramener deux mille mots à ce nombre fixe de trois lettres , il a fallu évidemment supprimer des caractères dans une infinité d'expressions, en ajouter dans d'autres ; or, on n'a pu supprimer et ajouter que des voyelles. La seule exception possible a eu lieu pour les mots primitifs de deux lettres, parce qu'alors il suffisait de géminer une des lettres voyelles ou consonnes, pour rentrer dans le système adopté.

Voici comment la révision des livres est racontée en style biblico-théocratique ( c'est-à-dire faisant toujours agir et parler la Divinité ), dans le quatrième livre d'Esdras, chap. 14 et 15. L'opération ne pouvait y être expliquée d'une manière précise. Confier ce mystère à l'Ecriture, c'eût été ne rien faire. Ce livre, quoique conservé par l'Église, a été mis au rang des apocryphes. Le récit qu'on va lire en est la principale cause. Les anciens pères de l'Église avaient pensé, avec raison, que le fait de la perte totale du Pentateuque n'aurait pas été avancé en présence des savants Rabbins de cette époque, si ce fait n'avait pas été constant et reçu traditionnellement. Ils en avaient conclu qu'Esdras est l'auteur des Saintes Écritures. C'était une opinion fort répandue, etsaint Jérôme lui-même, dans l'impossibilité de la combattre, affectait à ce sujet beaucoup d'indifférence. Ce père écrivant contre Helvidius, n'ose pas citer absolument, sous le nom de Moïse, les Livres de la Loi; mais il se sert de ces termes : SOIT QUE vous VOULIEZ DIRE QUE MOÏSE SOIT L'AUTEUR DU PENTATEUQUE, ou QU'ESDRAS L'AIT RÉTABLI, CELA M'EST INDIFFÉRENT (R. Simon, pag. 29).

Les interpolations qui furent faites à ce quatrième livre d'Esdras, dans l'intérêt du Christianisme, ne prouvent après tout qu'une chose, c'est que l'on comptait beaucoup sur son autorité. On pourrait presque expliquer la perte du texte original de ce livre par ces interpolations mêmes : ceux qui les avaient calculées étaient intéressés à la disparition du livre hébreu. Enfin, s'il fallait mettre au rang des apocryphes tout ouvrage où se trouvent des interpolations incontestables, il faudrait placer au premier rang les livres mêmes de Moïse.

Le quatrième livre d'Esdras porte donc ceci : « Le livre de la loi avait été consumé par les flammes ; et il ne se trouvait plus personne qui fût instruit des grandes choses que Dieu avait faites. Je (Esdras) dis alors au Seigneur: Si j'ai trouvé grâce devant vous, remplissez - moi de votre Esprit Saint et j'écrirai tout ce que vous avez opéré dans le monde dès le commencement, et tel qu'il était écrit dans le Livre de la Loi, afin que les hommes puissent marcher dans vos voies et vivre jusqu'à la fin des siècles, s'ils le veulent.— Et le Seigneur me répondit : Va, assemble ce peuple, et dis-lui qu'il ne te cherche point pendant quarante jours. Prépare plusieurs tablettes de buis , et prends avec toi GARIAS, DABRIAS , SELEMIAS , ÉCHANUS et AZREL , qui tous écrivent avec beaucoup de vitesse et de légèreté 17. Reviens ensuite ici, et je ferai luire dans ton cœur la lumière d'intelligence, et elle ne s'éteindra point que tu n'aies achevé d'écrire toutes les choses que je te dirai. — Tu en découvriras quelques-unes aux parfaits, et tu en diras d'autres en secret aux sages (PERFECTIS QUIDAM PALAM FACIES, QUIDAM SAPIENTIBUS ABSCONSE TRADES).

Je m'en allai comme il me l'avait ordonné , etc. — Le lendemain la voix m'appela et me dit : Esdras, bois ce que je te présente. — C'était une liqueur semblable à de l'eau et qui avait l'éclat du feu.

Je pris la coupe; aussitôt que je l'eus bue, je sentis naître dans mon esprit une foule de pensées; la sagesse croissait en moi et ma mémoire me retracait diverses choses 18.

« Le Très-Haut remplit aussi d'intelligence les cinq hommes que j'avais choisis, et ils écrivirent les merveilles qui leur étaient dictées dans le silence de la nuit; mais ils ne les comprenaient pas. — Dans l'espace de quarante jours ils remplirent deux cents quarante ( six fois quarante ) volumes (rouleaux); et quand ce temps fut expiré, le Très-Haut fit entendre sa voix et me dit : publie ceux de ces livres qui ont été écrits les premiers, afin qu'ils soient sus de ceux qui en sont dignes et de ceux qui ne le sont pas. — Mais tu réserveras les soixante et dix deniers pour les donner aux sages de mon peuple. »
Va annoncer à mon peuple les prédictions que je te mettrai à la bouche ; ayez soin de les écrire dans un livre, parce qu'elles sont certaines et véritables. — Ne crains point les desseins qu'ils peuvent former contre toi, et ne te troubles point des contradictions que leur Incrédulité opposera à tes paroles. »
Depuis Esdras, pour ôter aux dignes et aux indignes toute possibilité
de retour vers une signification primitive, et pour éloigner de ce sens intime révélé aux parfaits et en secret aux sages, on a étudié chaque mot du texte, on a déterminé,

ShB >>>>>> être rassasié, être nourri avec abondance, et la sainte doctrine ( Horap.),-
ShPh >>>>> le langage humain, la langue sainte, nourrissante, abondante, qui abreuve l'esprit et la pensée ;
SPh >>>>>> le jonc, symbole du Scribe sacré et de l'Écriture sainte ( Horapollon. )

forcé même quelquefois la signification de ce mot pour tel ou tel passage ; des traductions, des gloses, des commentaires, ont été entrepris et répandus pour servir d'autorité. Il n'a donc plus été possible de voir dans ces livres hébraïques autre chose que ce que l'autorité ecclésiastique, les surveillants, les EPI-SCOPOÏ, les évêques, permettaient d'y voir. Ou bien il fallait consentir à passer pour un ignorant, un visionnaire ou un impie, car la science ne pouvait être permise que dans l'intérêt du sens nouveau.

Ce n'est pas à dire que l'on ait interdit toute nouvelle interprétation, tout nouveau commentaire. Le sens convenu élevé sur l'ancien avait fait sortir de la lettre tant de nébulosités, tant de significations douteuses, que la langue hébraïque en a reçu depuis le nom de langue équivoque; il était donc naturel, au contraire, de chercher à dissiper ces obscurités, lorsqu'elles étaient susceptibles de contrarier le nouveau dogme, et c'est ainsi que les livres de Moïse ont pu servir de base, de principe, pour prouver la vérité de plusieurs croyances différentes et même ennemies.
Lorsque cela était trop difficile, on recourait aux allégories, aux sens figurés, prophétiques ou sublimes.

La conséquence de ceci est, que si vous vous livrez à l'étude de la langue hébraïque avec l'intention positive de vous renfermer dans les limites, qu'un dogme quel qu'il soit vous a tracées , il sera difficile de comprendre l'utilité de cette étude.
 

Lors même que vous seriez en état de lire toute la Bible hébraïque, sans hésiter sur un mot depuis le premier jusqu'au dernier ; si vous devez n'y voir que ce que vos dictionnaires, vos grammaires, vos traductions interlinéaires, les Septante ou la Vulgate vous ordonnent d'y voir, celui qui lit une traduction de ce livre faite dans cet esprit, remplissant toutes ces conditions, est aussi avancé que vous. Étudier ainsi, c'est s'enferrer et clouer sa chaîne pour ne pas sortir d'un cercle tracé. Peut-on croire qu'il n'y ait pas loin de ce cercle à celui dans lequel Moïse avait placé son peuple ?

Il me reste à parler de la mission de Moïse, et des faits ajoutés au Pentateuque pour cacher le but égyptien de cette mission. Le sujet est vaste, intéressant, néanmoins j'en dirai peu de chose : je dois en réserver l'étude approfondie, parce que cette étude tient au sens intime et rationnel des premiers chapitres de l'Exode.

 

CE QU'ÉTAIT MOÏSE;
SA MISSION,
ET LES FAITS AJOUTES AU PENTATEUQUE POUR CACHER
LE BUT ÉGYPTIEN DE CETTE MISSION.


On n'arrive point à la vérité par des miracles, car le miracle est lui-même un mensonge physique, un démenti donné au possible et par conséquent à la vérité, un déni de raison ( sola est in, miraculis ratio, polenlia facientis, dit saint Grégoire le Grand).

Écartons donc les circonstances miraculeuses, dont l'exagération judaïque et Tautothéisme habituel des récits hébraïques ont couvert le texte du Pentateuque, et la mission de Moïse devra se montrer probable et naturelle.


CE QU'ÉTAIT MOÏSE.


Établissons seulement les faits.
1 - Moïse était Égyptien, né, élevé en Egypte ; il fut employé au service de l'Egypte dans une guerre contre les Éthiopiens (Fl. Jos.) — Il avait été initié à toute la science des Égyptiens (éruditus est omni sapientia AEgyptiorum, disent les Actes des Apôtres, chap. 7).

2° Il fut élevé près du trône, à la cour même du Roi d'Egypte : on sait que la fille de ce Roi l'ayant trouvé abandonné sur le bord du fleuve, elle le fit nourrir et l'adopta pour son fils. L'ENFANT AYANT GRANDI , SA MÈRE (qui le nourrissait ) LE RAMENA A LA FILLE DE PHARAON , ET IL FUT A ELLE COMME UN FILS (Exode 2. 10). L'auteur de l'Épître aux Hébreux prétend que Moïse renonça au titre de fils adoptif de la fille de Pharaon, estimant, dit-il, plus grandes les richesses de CHRIST que les trésors de l'Egypte ; car il regardait à la rémunération. L'Exode, on le pense bien, ne dit rien de semblable, et l'on doit être fort surpris de voir figurer Christ et la Rémunération en Egypte au temps de Moïse; il faut plus que de l'imagination pour trouver un pareil principe à la mission de Moïse. Mais observons que cette épître, longtemps repoussée par plusieurs églises, n'est point de saint Paul, dont à tort elle porte le nom ; qu'on la croit de saint Clément, ou pour mieux dire qu'on ne sait de qui elle est.

3° Il fut instruit dans les sciences par les Prêtres de l'Egypte ; le texte des Actes des Apôtres ne permet pas d'en douter. Simplicius prétendait que Moïse avait reçu des Egyptiens, dans les mystères, la doctrine qu'il enseigna aux Hébreux. En effet, en Egypte le savoir et la sainte doctrine, appelés ShPhE ou ShBO (19), n'étaient professés que par les Prêtres et communiqués dans les mystères. Pythagore, Platon, Eudoxe le Gnidien, etc., avaient été instruits par des Prêtres egyptiens.

4° II avait fait lui-même partie du collège des Prêtres, il était Prêtre égyptien, dit Strabon, liv. 16. — Il était gendre d'un Prêtre étranger au culte de JÉOVÉ (Exode 18. 11. ) — Deux Prêtres égyptiens lui sont associés dans saint Paul, dans Pline, dans le Zohar, ancien commentaire allégorique sur le Pentateuque. — Moses erat théologus et propheta, sacrarum legum interpres, disent Clément d'Alexandrie et Philon. Or, la religion hébraïque n'existait pas en Egypte ; les Hébreux n'y avaient pas de loi écrite, il n'y avait pas de culte possible autre que le culte égyptien ( Exode 8. 21.22) : Moïse était donc Scribe sacré et interprète de la sainte doctrine professée dans les temples égyptiens. Les auteurs anciens l'ontconsidéré comme le véritable Hermès ( l'interprète par excellence), et lui ont attribué la fondation d'une des villes nommées Hermopolis (20).

-- LES PARENTS DE MOÏSE LE NOMMAIENT JOACHIM, et les initiés (0I MUSTAI), APRÈS QU'IL EUT ÉTÉ ENLEVÉ AU CIEL, LE NOMMAIENT MELCI (Clém. d'Alex. Strom. 1., pag. 412.)

— Il était prêtre d'Héliopolis ( ON ), dit Manethon, cité par Flavien Josèphe ; il se nommait ÀSERSAPH ou OSARSIPH ; mais il prit ensuite le nom de MOSÉ ou MOÏSE.
Remarquons tous ces mots :
JOACHIM est de IÉ - ÉQIM, l'Eternel l'a secouru et fait subsister.
MeLCI, MeLACY ou MeLCIÉ, déjà expliqué, signifie mon envoyé, l'envoyé de lui, ou l'envoyé de IÉ, de JÉOVÉ, de l'Éternel.
ASheR-SaPh, inversion pourShaPhT-ASheR, on le verra, désigne la langue de perfection , de félicité; la sainte doctrine ; la langue d'Assur ou Assyrienne; l'Hèbreu.
MSh, MoShÉ, nom de Moïse, indépendamment de ses autres significations, veut dire le renvoyé, celui qui a été mis hors ( DES EAUX), qui a été fait missionnaire,envoyé,
apôtre.

5° Moïse eut pour antagonistes, pour opposants dans une occasion décisive et solennelle, pour le fait même d'un renvoi, d'une mission relative à la réforme du culte chez les Israelites, deux de ses collègues ; leurs noms avaient force et crédit puisqu'ils sont restés malgré le soin qu'il a pris de les taire. Ce sont JANNÈS et JAMBRÈS (Jannès et Jambrès restiterunt Moysi). Voyez l'Essai cité ci-dessus.

Sixième partie A suivre...

Notes

16 Le nom primitif d'Esdras est inconnu ; celui par lequel il est désigné est un qualificatif, comme son autre nom Malachie.—OZRA, chaldaïque, pour OZRÉ, est parfaitement choisi pour qualifier ce scribe célèbre, qui fut d'un si grand secours aux Juifs sur la fin de la captivité, 536 ans avant J.-C. C'est par lui qu'ils furent rendus à leur patrie ; c'est par lui, que les livres de Moïse, brûlés avec le Temple ou perdus pendant la captivité, furent recherchés, appris, pour obvier à leur perte totale et possible en ce temps-là. C'est encore lui qui donna une nouvelle autorité à ces livres, et qui répara le tort que la tentative d'Elqieu leur avait fait.
Les Rabbins et saint Jérôme, plusieurs savants et dom Calmet lui-même, veulent qu'Esdras soit le même que Malachie. Le D. Lowth observe que le style de Malachie semble indiquer le déclin vers lequel la captivité de Babylone précipitait la poésie des Hébreux et la pente qui l'entraînait à une décadence totale.
Malachie est encore un surnom ; sa signification est même ici très-remarquable : c'est l'envoyé de Dieu ou mon envoyé. OZRA MLACIE ou OZRA MLACI, est le secours, l'aide envoyé de Dieu, ou le secours , l'aide que Je vous ai envoyé. — C'est aussi l'ouvrier industrieux de IÉ, de Dieu ; ou l'ouvrage fait avec art par le ministre ou l'envoyé de IÉ.

17 Tout nom hébreu ou chaldaïque a une signification, et ces cinq noms en ont une. — Le nom d'Esdras en a une qui convient parfaitement à la mission dont ce Scribe fut chargé. — Les significations de ces cinq noms méritent quelque attention ; elles prouvent l'origine hébraïque et ancienne de ce quatrième livre d'Esdras qu'on voudrait porter à la fin du premier siècle.
J'observe d'abord que la terminaison IA est plurielle et chaldaïque. Que celle ËL est chaldaïque également, et peut se rapporter à l'action de travailler, de faire un œuvre difficile, d'éclairer par des allocutions laudatives. Or, laissant au lecteur la liberté de se former une opinion sur la rencontre singulière et l'ordre de ces noms, je lui dirai que :
GAR-IA indique LES OBELES ou MARQUES que les commentateurs anciens employaient pour prévenir que le texte qu'on a sous les yeux est défectueux, ou susceptible d'un autre sens. Que :
DaBR-IA (de DaBR), ce sont DES PAROLES, DES MOTS composant une phrase, un texte. Que :
TzeLeM-IA.... (de TzLM) indique DES FIGURES, DES CHOSES FIGURÉES, TRACÉES D'UNE MANIÈRE ObSCURE. Que :
EÇhaNU (de ChNE) est la troisième personne plurielle comm. prétérit d'Hophal, indiquant l'action d'être, fait faire, en sorte que EChaNU veut dire qui ont été changées, doutées. Et que
ÂZR-EL est le nom d'OZRA ou AZRA d'ESDRAS, avec la terminaison EL ; en sorte ÂZRA-EL ou ÂW-EL, c'est l'OUVRAGE D'ESDRAS. . .
De manière que ces cinq noms considérés comme les mots d'une phrase donnent ce sens : — OBÉLES , MARQUES D'AVERTISSEMENT— DES  PAROLES — FIGURÉES D'UNE MANIÈRE OBSCURE — LESQUELLES ONT ÉTÉ CHANGÉES , doublées ; — ce qui est un TRAVAIL d'Esdras.

18 La circonstance de ce breuvage et de cette coupe est encore symbolique. — La sainte doctrine a été comparée à une boisson et à une nourriture de l'esprit, nous le verrons quand nous expliquerons le second et le troisième chapitre de la Genèse. — Toutes ces idées se trouvent réunies sûr le nom même de la langue sainte, ShPh-E en Hébreu; de la sainte doctrine, ShBO en Egyptien (Horap.). Ainsi, SPh est une coupe et une nourriture; ShPh ou ShB l'action de se désaltérer à l'eau pure d'une source;

19 - Voyez Horap. et ci-dessus pag. 39 et 40.

20 - Voyez l'Essai sur les hiér, ég., p. 33.

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
commenter cet article
22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 16:07

 

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

22ème partie

21 ème partie

17ème partie

  1ère partie

CHAPITRE XIV

- 2 -

Les Esséniens professaient la chasteté ; ils avaient des idées outrées de pureté et d'impureté ; elles se partageaient en quatre classes séparées les unes des autres. Si un membre de la caste supérieure était touché par un individu d'une caste inférieure, il se purifiait comme s'il eut été souillé par l'attouchement d'un étranger ou d'un profane. Les usages des Indiens et des Orientaux se trouvent suivis dans les mœurs de toutes les nations de l'antiquité. Les Esséniens se croyaient une caste élevée au-dessus des autres tribus d'Israël.

Les initiations et les mystères juifs eurent peu de célébrité dans l'histoire ; ils ne furent pas prônés par les écrivains de ces époques, comme les initiations et les mystères égyptiens et grecs. Néanmoins
ces mystères sont pour nous bien plus intéressans, ils survécurent pour ainsi dire à ceux de Memphis et d'Eleusis, et se trouvent être la souche des mystères maçonniques.

Les Esséniens, ainsi que bien
d'autres sociétés secrètes, n'accordaient pas indifféremment à tout profane proposé, l'entrée dans leur société. Joseph, témoin oculaire et qui vivait avec eux , nous donne les statuts qui les régissaient :

« Quand un postulant se présente, ils l'éprouvent pendant trois ans, un an dehors la maison , deux ans en-dedans. Avant de l'admettre, on lui fait promettre avec des sermens terribles de servir Dieu, d'aimer les hommes, de fuir les pervers, de protéger les gens de bien, de garder la foi envers tout le monde et surtout envers le Prince ; on lui fait jurer aussi qu'il ne découvrira jamais à d'autres les secrets de l'association, qu'il les tiendra cachés au péril de sa vie, et n'enseignera que ce qu'il a appris de ses maîtres, conservera les livres mystérieux de l'Ordre et les noms traditionnels des Anges. »

Ils ne parlent pas avant l'apparition du Soleil, si ce n'est quelques prières qu'ils ont reçues de leurs pères, comme pour inviter cet astre à se lever. Ils restent au travail jusqu'au soir, prennent pour le repas
des vêtemens blancs ; ils font manger avec eux leurs hôtes, s'il en est survenu.

« Ils emploient de fréquentes purifications, et craignent de souiller les rayons du Soleil, image de Dieu. Eux seuls n'offrent point de sacrifices sanglans au Temple de Jérusalem. Les symboles, les paraboles, les allégories sont pour eux d'un usage très-familier ; ils imitent en cela les Anciens : habiles dans la connaissance des minéraux et des simples, ils prennent soin gratuitement des malades qu'on leur amène. Quoique sur tout le reste ils soient dans la dépendance de leurs supérieurs, on leur laisse la liberté de secourir d'eux-mêmes leur prochain, et de faire le bien autant et aussi souvent qu'ils veulent. »

Joseph est frappé de leur
ressemblance avec les Pythagoriciens de l'Egypte : ce fut cette terre classique qui donna aux Juifs et aux Grecs ses lois religieuses, civiles et politiques. Plusieurs hommes d'autorité ont laissé par écrit que les mystères maçonniques tirent l'origine de ceux des Esséniens. Ils font remonter l'origine de cette société, comme nous l'avons dit, au temps de l'esclavage des Juifs dans Babylone. Les historiens des fastes hébreux ne nous indiquent aucunement l'époque de l'apparition de cette société ; ils en ont ignoré même le fondateur. Le même silence a été gardé, comme on l'a indiqué, par les premiers Chrétiens. Tous les auteurs modernes qui traitent de la Maçonnerie, s'accordent à dire que les deux fraternités ont toujours aimé la paix, qu'elles se sont toujours tenues loin de toutes ces disputes frivoles dont les anciennes sociétés juives s'occupaient entr'elles, et que les Esséniens n'eurent jamais de contestation avec notre Divin Maître.

Les Esséniens demandaient à Dieu que leur âme fût toujours
remplie d'une lumière céleste, afin qu'élevés au-dessus de tout ce qu'il y a de sensible, ils pussent chercher et connaître la vérité.

Les Esséniens de la Judée, déportés avec les autres Juifs en Egypte, après la chute de Jérusalem, y parurent avec
réputation et éclat, bien plus que les autres sectes judaïques. Ce sont eux qui enseignèrent que les mots étaient autant d'images sacrées ; par ce moyen, ils purent expliquer les livres de la Sagesse, si obscurs, et les rendre moins contradictoires par des allégories. Un célèbre écrivain les a comparés aux prêtres égyptiens ; nous empruntons ses paroles :

« Les prêtres esséniens n'étaient que de simples religieux, tandis que les prêtres d'Isis et de Sérapis cherchaient à devenir philosophes ; on les aurait néanmoins dit égaux dans les connaissances admirables de morale et dans le sentiment d'amour pour la Divinité et pour le genre humain. Cependant ils ne marchaient pas dans le même sentier : les premiers, modestes et obscurs, furent néanmoins grands : les autres, superbes et illustres, n'en furent pas moins estimables ; simples particuliers, les Esséniens n'étaient que des Sages sans ambition; les Egyptiens, conseillers des Rois, grands de l'Etat, dépositaires des lois et des choses secrètes, formèrent un corps puissant et redoutable : ils voulaient étonner le monde entier et inspirer à la postérité du respect et de la vénération à leur égard. Les épreuves pour parvenir à l'initiation chez les Esséniens étaient difficiles , mais sans éclat. Celles pour être admis aux mystères d'Isis et d'Osiris étaient compliquées, terribles et célèbres ».

Il est aisé de croire que les Esséniens, exerçant
les vertus prêchées par Jésus et formant, pour ainsi dire, une des branches du Christianisme, durent aux mystères du Temple à réédifier de Salomon, ajouter les allégories et emblèmes de leurs co-religionnaires, qui puisaient leur morale dans la Bible ainsi que dans les Evangiles.

Ils portaient
un tablier de peau, à l'instar des anciens initiés égyptiens ; les prêtres même d'Isis en portaient dans certaines circonstances. Nous nous bornons à donner dans la Pl. II, n.° 11, celui d'un prêtre égyptien qui paraît surpris d'un mouvement d'horreur, et que nous avons pris dans les Antiquités présentées par Mont-faucon. Les Loges les plus anciennes conservent ce costume sous la même forme triangulaire que l'Antiquité nous le représente, et dont elle revêtait différentes divinités égyptiennes. (Voyez la Table Isiaque, au n.° III, et à la Pl. II, n.°4, 11 et 12.)


THÉRAPEUTES


Philon, qu'on prétend contemporain de Jésus-Christ, a écrit le traité de Vitae contemptu sur les Esséniens-Thérapeutes, pour revendiquer l'opinion alors établie qu'ils professaient la seule philosophie des Grecs au mépris des institutions mosaïques.

Ces solitaires ne s'occupaient que de la contemplation de Dieu, dont ils faisaient leur unique félicité.

Les anciens Saints-Pères disaient que les Thérapeutes de l'Egypte, après la prédication de St Marc l'Evangéliste, se rangèrent du côté des Chrétiens sans quitter leur philosophie et leurs mystères. Ils furent les instituteurs de la vie monastique qui était sanctifiée par le travail le jour et par la méditation la nuit. Par la suite des temps, les moines, en quittant le travail qui leur était prescrit, comblés de richesses, en proie à la fainéantise et à la débauche, finirent par être en horreur aux peuples les plus civilisés.

Le même Philon dit que les Thérapeutes sortant de chez eux, « portaient la main droite entre la barbe et la poitrine, et la gauche ils la laissaient étendue le long de la hanche ». Tout Frère remarquera que les Thérapeutes, en marchant, se tenaient à l'ordre pour se connaître entr'eux dans le cas où ils se rencontreraient.

En commémoration des pains de proposition,
ils avaient l'usage de mettre, les jours de fête, des pains sur des tables, pour les distribuer aux pauvres.

Séduits par la pratique des austérités, par la communauté des biens, par la charité qui régnait chez les Pythagoriciens et chez les Thérapeutes, Joseph et Eusèbe les confondirent tous en faisant leur éloge. Ces sociétés
négligeaient les plaisirs de la vie, ne les trouvant pas dignes d'occuper l'homme sur la terre ; les deux sectes s'habillaient d'une simple étoffe blanche de laine, ne se nourrissaient que d'herbes crues ou bouillies, de pain, de miel, de lait, et n'avaient d'autre breuvage que de l'eau pure.

Les Egyptiens les ont toujours regardés comme des Saints, malgré la dépravation qui s'est introduite dans les mœurs de cette contrée : on a toujours eu une grande vénération pour des hommes qui pratiquaient de telles austérités. Mahomet emprunta d'eux l'abstinence du vin, l'éloignement de toute représentation de la Divinité sculptée ou peinte , et la simple adoration de Dieu.

On n'a jamais pu dire si les Thérapeutes d'Egypte étaient des Juifs ou des Chrétiens. Ce doute prouve qu'ils étaient très-tolérans en fait d'opinion religieuse ; or, l'on sait à quel point les Juifs et les Chrétiens du jour
se haïssent charitablement jusqu'à la mort.


PHARISIENS ET SADUCÉENS.


Les deux sectes qui comptaient le plus de partisans dans Jérusalem, du vivant de Jésus, étaient celles des Pharisiens et des Saducéens.

Les Pharisiens admettaient la pluralité des femmes, suivaient une partie de la loi écrite et avaient une loi orale qu'ils disaient leur avoir été transmise depuis Moïse de père en fils. Ils prétendaient que Dieu avait confié verbalement à ce Législateur des Hébreux un grand nombre de rites et de dogmes, sans qu'ils aient jamais été écrits (112), et qu'eux seuls en étaient les dépositaires; ils n'admettaient des livres bibliques, ni l'Ecclésiaste, ni le Cantique des Cantiques, ni les Proverbes, et prétendaient que ces écrits souillaient et corrompaient l'âme.

Les Saducéens, au contraire, regardaient tous ces livres comme canoniques. Ils n'admettaient pas la Polygamie, s'en référant au ch. XVIII du Lévitique, qui dit : « Vous ne prendrez point une femme avec la soeur pour l'affliger en son vivant ». Les Saducéens, par cette loi, n'admettaient pas la pluralité des femmes, et étaient
en opposition avec les Pharisiens qui prêchaient la polygamie et défendaient leur opinion et leur doctrine par l'histoire ancienne des Patriarches juifs, et par l'exemple de leurs grands Rois David et Salomon.

Jésus-Christ censura
les Pharisiens et leurs traditions qui affaiblissaient la loi, et ne tendaient qu'à flatter les orgueilleux et les riches. Il leur opposa la doctrine de Pythagore ; son opinion triompha et la Polygamie fut proscrite par la religion chrétienne.

Les Saducéens n'admettaient ni l'immortalité de l'âme, ni l'Enfer, et moins encore le Paradis; mais, en revanche, ils avaient des mœurs, ils voulaient que les hommes fussent assujétis à
une justice très-rigoureuse dans ce monde-ci. C'étaient de sévères stoïciens qui, tout en suivant la doctrine d'Epicure, admettaient à la lettre les écrits de Moïse et de Salomon. Les Saducéens, initiés dans les mystères de la nature, ne voyaient dans elle que l'anéantissement et la reproduction de toutes choses. A Athènes, à Rome, à Jérusalem, les doctrines du matérialisme étaient suivies par des hommes très-probes ; malgré de tels principes, un grand nombre de Juifs qui étaient Saducéens, furent élevés à la dignité de Grands-Prêtres; et quoique les Pontifes romains du jour représentent ces Sacrificateurs juifs, néanmoins si quelqu'un aujourd'hui professait de telles doctrines à Rome, il serait persécuté et courrait le risque d'être mis à mort par la Sainte-Inquisition, quoique Jésus n'ait jamais reproché aux Saducéens leur doctrine.

HÉRODIENS


Différens poètes latins nous parlent des Hérodiens ; cette secte regardait Hérode comme son Messie, lequel, indépendamment des villes qu'il fit construire dans les provinces que les Romains lui donnèrent à gouverner, bâtit encore un Temple (113) magnifique sur l'emplacement de celui de Salomon, le seul qui fût consacré au vrai Dieu et qui eût quelque splendeur à cette époque.


CARPOCRATIENS.


Quoique le Judaïsme et le Christianisme soient deux religions ennemies, dont l'une travaille à s'établir sur les ruines de l'autre, malgré ce qu'elle en dit, c'est une appendice de l'israélite, et ce n'est que la pratique des vertus prêchées par le Divin Maître, qui, dans son berceau, en faisait toute la différence. La théologie sur Dieu est la même ; le Dieu de Moïse est celui des Chrétiens; car pour le dogme de la Trinité, qui n'est pas admis dans toutes les communions chrétiennes, ni suivi par tous, il ne fut répandu par les Disciples que bien après l'origine de la religion chrétienne, et bien après S.tJean l'Evangéliste : nous l'avons démontré en rapportant l'observation de M. Leroir.

Les Carpocratiens naquirent avec le Christianisme ; ils professaient la doctrine de Jésus, n'admettaient que l'unité de Dieu, enseignaient à leurs initiés que Jésus-Christ avait choisi dans ses douze Apôtres, quelques fidèles amis auxquels il avait
confié toutes les connaissances qu'il avait acquises dans le Temple d'Isis, où il était resté prés de seize ans à s'exercer à une étude pratique dont on lui avait donné la théorie pendant son enfance, instruite et formée par les prêtres égyptiens.

Ils disaient que Jésus avait été un de leurs frères. Ils s'exerçaient dans les études des simples et de la minéralogie, et avaient pour maxime qu'il faut
cacher la vérité au vulgaire. Ils mettaient en avant une remarquable allégorie, et, comme les remèdes les plus salutaires contiennent une dose de poison, ils disaient que ce grand médecin, Jésus, au nom de l'humanité, leur avait défendu de communiquer la science du bien et du mal(114) à d'autres qu'aux hommes vertueux.

Les Carpocratiens avaient aussi un signe pour se reconnaître, ce qui était indistinctement commun à tous les initiés de Jésus ; les Chrétiens ont adopté le signe de la Croix qui, néanmoins, diffère de celui usité chez les Grecs et les Latins.

Les auteurs anciens nous laissèrent par écrit que
les sociétés secrètes avaient toutes des secrets particuliers, que toutes avaient des signes et des paroles propres, et de plus qu'elles n'admettaient pas indistinctement toute personne à l'initiation ; ce qui est prouvé avoir existé après les premières sociétés chrétiennes; car par les Evangiles on n'admettait que celui qui se soumettait à certaines conditions. St Luc, ch. IV-X, v. 26, 33, 37.

Il paraît par l'Evangile, que
Jésus avait communiqué des signes carpocratiens et gnostiques à ses Disciples et initiés : c'est par la manière avec laquelle il brisa son pain, qu'il fut reconnu en Emaùs par ses initiés; se prendre par la main de telle manière exigeait une réponse, un second attouchement, et cela plusieurs fois en forme de demande et de réponse, insensible pour tout étranger ou profane, comme cela se pratique par les Maçons.

24 ème partie

Notes

(112) Les doctrines et la loi orale du rite philosophique ne furent jamais ni écrites ni imprimées.

(113) Le Temple de Salomon, qui, après tous les désastres de Jérusalem, fut restauré par les Musulmans, est converti aujourd'hui en mosquée. Aucun religionnaire d'un culte étranger ne peut y pénétrer. Un firman en accorde l'entrée ; mais pour en sortir, il faut qu'il embrasse la religion de Mahomet. (Voyez les Voyages de Belzoni.} Ce Temple aujourd'hui n'a plus de remarquable que ses anciens souvenirs.

(114) Ce système est celui du secret et des découvertes qu'on faisait dans la physique et la chimie, par la Société Maçonnique de Londres, au commencement du 17e siècle.

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
commenter cet article
22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 16:02

 

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

22ème partie

21 ème partie

20ème partie

19ème partie

18ème partie

17ème partie

  1ère partie

CHAPITRE XIV

1

 


Histoire des Juifs lors de leur captivité en Babylone , et de leur rentrée en Judée ; leur haine pour les Samaritains. — Une colonie juive transportée en Egypte sous Alexandre-le-Grand. — Juifs égyptiens qui passent en Espagne. — Sectes Juives dans l'interprétation de la Bible. La Bible, base d'une grande partie des Religions sur le globe. St Judas réforme la Bible. La Bible réformée, suivie par les Juifs de Babylone et de la Palestine. Les Chrétiens sont restés fidèles à la Bible de Moïse et des Prophètes juifs. — Doctrines Platoniciennes suivies par les Juifs d'Alexandrie ; elles produisent le dogme du Verbe ou du Logos Fils de Dieu, dogme qui précéda le Christianisme. — St Jean-Evangéliste suit cette doctrine, et en fait l'application à Jésus. St Paul ne l'enseigne pas. — Les anciens Hébreux n'admettaient pas l'immortalité de l'âme. — Mœurs et initiations des Esséniens. On est persuadé qu'ils prirent leur origine des Maçons. Les Esséniens en Egypte, après la chute de Jérusalem, sont comparés aux prêtres égyptiens ; quelque conformité entre les Esséniens et les Maçons. — Des Thérapeutes sortis des Esséniens. Habitudes et doctrines de ces Chrétiens, et comparaison avec les Maçons. — Parallèle des Pharisiens avec les Saducéens ; la Polygamie approuvée par les premiers : elle n'est pas admise par les seconds. — Des Hérodiens qui ne furent connus qu'à Rome. — Des Carpocratiens et de leur doctrine.


L'ECRITURE SAINTE, Reg. 15, rapporte que les douze tribus d'Israël furent conduites captives en Syrie, et que Salmanazar, Roi assyrien, avait repeuplé le pays que jadis occupaient les Israélites par des peuplades assyriennes et babyloniennes.

Deux cents ans après cette déportation des Hébreux, deux tribus seulement, ou une partie de ces deux tribus, rentrèrent en Judée et à Samarie, sous la conduite d'Esdry. Les Juifs y trouvèrent ces peuples étrangers qui suivaient la religion de leurs pères, l'adoration de Dieu sous les emblèmes du Soleil et des deux principes ; ils les prirent en haine à cause de leur religion. Cette haine était surtout nourrie par la jalousie des prêtres d'Israël. Cette rivalité fit éclater des guerres sanglantes entre ces deux peuples. Les Samaritains succombèrent et furent même incorporés, pour ainsi dire, aux Juifs.

Malgré ces succès, les Juifs ne furent jamais
qu'une petite peuplade, tributaire des grandes puissances ; et lorsqu'ils voulurent se rendre indépendans, ils furent subjugués par les Assyriens, Babyloniens, Egyptiens, Romains, qui tour-à-tour les déportèrent chez eux.

Lorsqu'Alexandre-le-Grand entra à Samarie (selon l'Histoire des Juifs, par Bonaye, liv. 3, ch. III), il fut reçu par Ezéchias, Grand-Prêtre des Samaritains, qui lui promit la victoire sur les Perses.

Ce qu'il y a de certain dans cette histoire, c'est que les Samaritains jouirent de la faveur d'Alexandre, qui fit des présens au susdit Grand-Prêtre, et
qu'il ne donna rien au Grand-Prêtre des Juifs ; il envoya même une colonie de ces peuples à Alexandrie, en Egypte, qu'il venait de bâtir. Il est évident, malgré les opinions des apologistes hébraïsans, que, si Alexandre eût été bien disposé pour eux, il ne les eût pas condamnés à la déportation, eux qui étaient et qui sont aussi attachés à la Judée.

Alexandre accorda néanmoins aux Juifs déportés les mêmes droits qu'aux Macédoniens et aux Grecs qui y étaient établis. Il résulte de ces faits, malgré quelques opinions contraires, que les Juifs furent amenés par suite des émigrations
à porter des changemens dans leurs mystères et dans leurs initiations et doctrines. Ces dernières étaient très-secrètes et orales, comme la plus grande partie des initiations grecques et égyptiennes.

Après la mort d'Alexandre, Ptolomée, son général, devenu Roi d'Egypte, entra en Judée, s'empara de Jérusalem, et enleva à ce pays cent mille hommes de ses habitans qu'il transporta en Egypte. Il accorda quelques faveurs à ses captifs; ce qui fit que plusieurs de leurs compatriotes, résidans dans leur patrie, la quittèrent et s'établirent volontairement en Egypte.

Philadelphe, fils de Ptolomée, donna la liberté aux Juifs; quelques-uns retournèrent chez eux, mais la plus grande partie resta en Egypte, par attachement aux nouveaux systèmes philosophiques religieux, et plus encore par le bien-être que leur procurait ce sol heureux. Ceux qui prirent ce parti établirent les Synagogues hellénistes, comme le dit Scaliger, et ce furent ces Juifs qui composèrent la version grecque de la Bible dite des Septante, et par l'ordre de ce même Philadelphe, attendu que ceux qui se trouvaient en Egypte avaient
amené à leur religion et mystères une infinité de prosélytes grecs.

La ruine de Jérusalem par les Romains causa aux Juifs, outre
la perte des mystères, celle des sciences ; et ceux d'entr'eux qui échappèrent à l'épée des Romains et aux flammes, ou qui ne furent pas vendus comme esclaves, cherchèrent un asile et le trouvèrent soit en Orient, dans Babylone, où il y avait encore une grande partie des familles de leur nation qui avaient été déportées dans les anciennes guerres, soit en Occident, dans l'Egypte, qui en contenait de puissantes et de très riches ; mais ces Juifs, miraculeusement arrivés en Egypte, portèrent avec eux, là comme ailleurs, leur esprit d'intolérance et de rébellion, ce qui causa une sédition et le nouveau massacre qu'on en fit. Les familles les plus aisées s'échappèrent en Espagne ; elles s'appelèrent Sepharadt. Plus tard , elles prétendirent descendre du Roi David, et regardèrent avec mépris les Juifs des autres tribus qu'ils trouvèrent en Espagne.

Les Juifs ayant habité pendant longtemps l'Egypte, ont dû nécessairement
connaître les doctrines qui y étaient suivies. Ils durent même adopter la méthode qui existait de temps immémorial d'expliquer leurs Livres sacrés, comme les Egyptiens, par allégories. On est d'autant
plus fondé à le croire, que
la secte juive qui adopta ces maximes était originaire d'Egypte. Eusèbe, au ch. X, soutient que du temps de Ptolomée-Philometor, les Juifs égyptiens étaient partagés en deux factions, dont l'une tenait au sens littéral de la loi, tandis que l'autre, perçant à travers l'écorce, y trouvait une philosophie plus relevée.

Philon, Juif et Egyptien, qui vivait du temps de Jésus- Christ, trouvait
toute l'ancienne philosophie égyptienne dans le sens mystique de la Bible et dans ses allégories. La Bible servit de base aux religions modernes. Il est aisé de voir que ces religions chrétiennes et mahométanes qui couvrent le globe sortent de la juive ; tant il est vrai que la haute destinée de la religion judaïque, qui aujourd'hui est détestée presque par tout le genre humain, devait produire toutes les institutions des Musulmans et des Chrétiens, et de la catholicité passée, présente et future.

Quant à cette partie des Juifs qui, après la destruction de Jérusalem, se cachèrent en Judée et y restèrent clandestinement ou par autorisation, ils étaient gouvernés par un Prince de leur nation qui jugeait leurs différends ; ce qui se conserva même sous le règne des dominateurs qui la subjuguèrent. L'an 160 après l'ère chrétienne, les Juifs eurent pour Prince un certain Judas qu'ils appelèrent le Saint ; il écrivit une nouvelle Bible qu'il révisa, et donna à la nation une espèce de code civil et canonique à l'usage des fidèles. Il fut appelé le Misnah.

Après sa mort, ce livre fut commenté ; on l'appela le
Talmud de Jérusalem ; il eut aussi pour titre la Gamave, qui veut dire la doctrine. Cet ouvrage fut ensuite corrigé par le rabbin A. Azé, qui tenait école à Sora; car la langue qui existait alors à Jérusalem était très corrompue, par suite de la domination et par le séjour des étrangers qui s'y étaient établis. Le même rabbin entreprit de corriger les Œuvres de St Judas et d'y faire des
additions nécessaires.


La mort interrompit ses travaux ; ses Disciples y mirent la dernière main, et ce code étant rédigé à Sora, on l'a appelé le Gamave ou le Talmud de Babylone, qu'on préfère à celui de Jérusalem, par les raisons que je viens d'indiquer.

Les Chrétiens destinés à être toujours en opposition avec leurs anciens co-religionnaires, regardèrent la Bible, rejetée par les Hébreux savans, comme un livre divin ; i
ls anathémisèrent le Talmud, qui était honoré par les Juifs.

Les
Talmudistes disaient qu'on pouvait être absous de pécher contre Moïse, mais que celui qui contredisait les Docteurs mérite la mort ; ils décidèrent, par leur nouveau code, leurs cas de conscience, et l'établirent comme loi divine. Les Talmudistes de Babylone ont cru que cette nouvelle Bible contenait l'ancienne loi orale ; des Chrétiens, malgré l'opposition de Rome, après avoir bien examiné le Talmud, l'envisagèrent comme un livre
saint, religieux, mystérieux ;
ils y trouvèrent les métaphores des anciens Chrétiens, et même leurs paraboles, telles que celles des vierges folles, des ouvriers envoyés à la vigne et autres. Les Juifs publièrent que les Chrétiens avaient emprunté d'eux de telles idées, tandis que les Chrétiens en dirent autant des Juifs, et chacun crut avoir raison.

Il est constaté par l'histoire que, du temps de Pythagore, les sciences et les arts furent apportés en Grèce de l'Egypte, après plusieurs siècles. Les Grecs, plusieurs siècles après, devenus conquérans sous Alexandre-le- Grand, introduisirent leurs doctrines et leurs disputes scolastiques partout où les conquêtes, le commerce et leurs colonies les appelèrent.

Alexandrie, nouvellement bâtie, fut colonisée par les Juifs qui vinrent en foule pour peupler la nouvelle ville. Il en résulta un mélange d'hommes de différentes nations et religions ; elles donnèrent naissance à plusieurs associations philosophiques et religieuses dont nous allons parler.

Le platonicisme était publiquement enseigné par les Grecs à Alexandrie ; il fut reçu avidement par les Juifs-Alexandrins qui le communiquèrent à ceux de la Judée et de la Palestine ; de là, l'origine de toutes les sectes juives, dont une controversa même arec Jésus-Christ, comme le rapporte le Nouveau-Testament.

C'est de ce mélange des Juifs avec les Grecs qu'est sorti le Logos des premiers, que les Platoniciens enseignaient être le Verbe , le Dieu qui avait créé le monde; cette doctrine était connue et suivie par des .Juifs, même avant l'apparition des dogmes chrétiens.

Philon, Juif, qui vivait quelques années avant l'ère donnée à Jésus, a dit que Dieu se maria avec le Verbe, et que le monde nacquit de ce mariage : l'application que l'on avait faite de ce mot Verbe (Logos) à la divinité de Jésus, est dérivée de cette doctrine arrivée de la Grèce en Egypte.

Il est à remarquer aussi que toutes les sectes juives, dont nous parlerons, appelèrent les hommes justes Fils de Dieu. Il était naturel que, Jésus regardé par ses co-religionnaires comme l'homme juste par excellence, fut appelé aussi Verbe (Logos) et Fils de Dieu : il est désigné ainsi dans les nouvelles Saintes-Ecritures. L'Evangile de St Jean qui est tout-à-fait platonicien, a
tellement mêlé le Verbe, le Logos avec Dieu, que partout il y est confondu et pris indistinctement. St Paul qui prêchait le Christianisme dans des pays où ce dogme et les doctrines égyptiennes juives n'étaient pas encore connues ou suivies, s'est bien gardé de qualifier le Fils de Dieu Jésus, du nom de Logos, soit dans ses Epîtres aux Théssaloniciens. soit dans celles adressées aux Hébreux de l'Asie.

Néanmoins en Egypte et en Judée, avant le commencement du Christianisme, la philosophie de Pythagore et de Platon avait jeté de profondes racines parmi les Juifs, ce qui occasionna les dogmes des Esséniens, des Thérapeutes, des Saducéens, des Carpocratiens, des Cabalistes Gnosticiens, des Basilidiens, des Manichéens ; tous ces dogmatiques adaptèrent à la philosophie susdite, une partie des doctrines des mages et des prêtres égyptiens ; elles se répandirent avec le temps en Asie, en Afrique et en Europe. Ces différentes sectes juives-chrétiennes conservèrent les mystères du Temple de Salomon avec l'allégorie du Grand-Architecte qui était le Messie juif, idée que les Juifs conservent encore de nos jours. Elles arrivèrent derechef en Europe par le moyen des Ch.rsCroisés qui rapportèrent à leurs frères les Chrétiens d'Occident, les mystères du Temple à réédifier, avec le culte de l'unité de Dieu ; culte dont les institutions sont aussi anciennes que les premières traditions du monde, qui ont pour base l'adoration de Dieu, pour mystère l'étude de ses ouvrages, pour communication les signes et allégories, et pour résultat la bienfaisance.

Les Croisés en nous rapportant ce culte, nous
transmirent les mystères, les initiations , les emblèmes, les signes, les mots et les secrets connus par les Sages de l'Antiquité, qui se trouvaient, comme on l'a dit, en Palestine et en Egypte.
 

DES ESSÉNIENS

On est fondé à croire que les Esséniens datent de l'esclavage de Babylone; car l'on cite Zorobabel pour un des chefs de cette société religieuse, qui existait du temps de Jésus, et on y admit Joseph d'Arimanthée.

Quelques critiques ont cru que les premiers Chrétiens professaient exclusivement leur doctrine. Calmet observe avec beaucoup de sagacité, que ni Jésus, ni les Evangélistes, ni les autres Saints-Pères qui ont écrit au commencement de la religion chrétienne, le Nouveau-Testament, n'ont jamais prononcé une seule fois le nom de cette société si célèbre parmi les Juifs et qui leur faisait le plus grand honneur. Ce silence paraît un indice que les premiers Chrétiens en étaient ou une branche ou qu'ils étaient Esséniens dans le fait.

Le langage de Jésus, des Esséniens et des initiés est le même :

« Demandez et vous recevrez ».
«
Frappez et l'on vous ouvrira ».
«
Cherchez et vous trouverez ».

Nous avons lu cette inscription à Padoue. La croyance des Esséniens était
l'unité de Dieu, l'immortalité de l'âme et une vie future : ils avaient puisé cette opinion chez les philosophes grecs; car les anciens hébreux ne se sont jamais doutés de l'immortalité de l'âme ; ils croyaient simplement que l'âme n'était que la vitalité des corps, ils la plaçaient dans le sang ; c'est par cette raison qu'il était défendu de manger ce qui avait été étouffé, par la persuasion où ils étaient, que l'âme restait dans le corps avec le sang. Les premiers Chrétiens ne s'occupaient pas davantage de l'âme. St Paul, pour se conformer à la loi mosaïque, recommande aux Chrétiens de s'abstenir de chair suffoquée et de toute viande sacrifiée aux divinités payennes ; ajoutant qu'en se conformant à cette défense, ils faisaient bien.

Le Législateur des Juifs ne parle point d'âme immortelle, ni des récompenses ou des peines de la vie future. Il est vrai que quelques psaumes contiennent l'idée abstraite de l'immortalité de l'âme; mais tous ces passages sont susceptibles d'une double interprétation, et cette question paraît tranchée par des textes irrévocables et clairs qui prouvent que les Hébreux ne croyaient pas à l'immortalité de l'âme, ni à une vie future.

Voilà comme s'explique le Roi Salomon dans l'Eclésiaste, ch. III, v. 19 : «Car l'accident qui arrive aux hommes et l'accident qui arrive aux bêtes, est un même accident, telle est la mort de l'un, telle est la mort de l'autre, et ils ont tous
le même souffle, et l'homme n'a point d'avantage sur la bête, car tout est vanité ».
V. 20 : — « Tout va en même lieu, tout a été
fait de la poudre et tout retournera en poudre ».
V. 21 : — « Qui est-ce qui connaît que le souffle des hommes monte en haut et que le souffle de la bête descend en bas de la terre » ?
F. 22 : — « J'ai donc connu qu'il n'y a rien de meilleur à l'homme que de se réjouir en ce qu'il fait, parce que c'est là sa position? car qui est-ce qui le ranimera (111), pour voir ce qui sera après lui » ?

L'existence d'un Grand-Architecte est démontrée par ses œuvres dans l'examen desquelles
la faible raison humaine se perd. Les notions sur les moyens qu'il a employés dans ses merveilles manquent à l'intelligence humaine. La nature ou le symbole de Dieu Créateur, était voilé chez les Egyptiens. Quel théologue ancien ou moderne pourrait définir et résoudre plausiblement les questions présentées par M. Benjamin Constant, dans son ouvrage de la Religion, liv. IV, ch. 3?

« Quels êtres ont présidé à la création, à l'ordonnance de l'Univers? Pourquoi ces êtres ont-ils eu la volonté? comment ont-ils été investis de la force créatrice? de quelle substance sont-ils? d'où tiennent-ils la vie? Sont-ils un ou plusieurs ? dépendans ou indépendans? moteurs spontanés ou agens des lois nécessaires ? »

L
'existence de l'âme est démontrée par la vitalité, mais les notions de l'âme dans le sens qu'on nous le donne (à part la révélation ou la bonne foi, base de plusieurs religions), sont de simples hypothèses ou si l'on veut des abstractions métaphysiques. Il est impossible à l'homme d'obtenir sur cet objet aucune démonstration ni de se former même une idée positive.

Plusieurs siècles après la doctrine de Salomon, le Sage des Sages entre les Apôtres, ce même St Paul, déjà cité assez souvent, qui avait admiré le dogme de la résurrection, dit, dans son Epître I aux Corinthiens, ch. xv, § 53 : « II faut que
ce (corps) corruptible revête l'incorruptibilité et que ce (corps) mortel revête l'immortalité ». C'est de cette source et d'après cette doctrine que s'est établie la future résurrection chrétienne et la croyance de l'immortalité de l'âme ; opinion qui existait depuis plusieurs siècles en Grèce, en Perse, en Syrie, en Egypte, et ce qu'il y a de plus étonnant, à Rome même. Cicéron attribue la croyance de l'espérance d'une vie future à l'initiation ; voici comme il s'explique dans son Traité des Lois en forme de dialogue :

« En effet, comme nous l'apprenons par l'initiation, la vie nous est connue de telle façon que non seulement nous recevons des instructions pour passer gaiement notre vie, mais que nous recevons encore l'espoir d'une vie plus agréable après la mort ».

Quelle morale les premiers Chrétiens ne pouvaient- ils pas puiser chez les philosophes éclairés de leur temps, quoiqu'ils fussent Payens!

Vingt-troisième partie

Notes

(111) Salomon n'admettait ni la résurrection à une vie future, ni l'immortalité de l'âme : cela ressort évidemment de ce texte positif.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
commenter cet article
22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 15:44

 

 

 

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
13ème partie
12ème partie
11ème partie
10ème partie
9ème partie
8ème partie
1ère partie

 

 

 

Chapitre 7

 

 

LES DRAGONS ET LES DIEUX SERPENTS
 DANS LA MYTHOLOGIE MONDIALE

2

LES DIEUX SERPENTS DES ÉPIQUES HINDOUS

Tableau de Duncan Long

Une des grandes Épiques de l'Inde, le Ramayana, est l'histoire de Sita, l'épouse d'un prince du Nord appelé Rama, qui est enlevée par Ravana, le roi serpent du Ceylan [le Sri Lanka moderne]. [Note de l' éditeur : Mon hypothèse est que Rama est le prince nibirouen Outou (l' Apollon grec) et que Sita est la duchesse nibirouenne Aya (l'Artémis grec).]

Rama chasse l'armée de Ravana à travers l'Inde avec l'aide d'une force de singes sous l'ordre du général singe Hanuman. Ravana se retire à son royaume de l'Île de Ceylan, hypothétiquement hors de danger. Mais Hanuman construits un pont de galets en travers le détroit qui sépare l'Île de la terre ferme et Sita est secouru par Rama.

Partout dans l'histoire, Ravana est décrit en termes barbares--il se « nourrit d'êtres humains » et « boit le sang de ses ennemis ». Il est redoutable dans la bataille et réussit quasiment à battre Rama en utilisant son arme spéciale, Naga, décrit comme un « dard Naga collet de serpent », lequel semble paralyser ses ennemis et écouler leur énergie et leur force vitale. Comme toutes les créatures divines et semi-divines dans la mythologie, Ravana avait accès à des armes sophistiquées.

Le Ceylan, le royaume de Ravana, est la forteresse des Nagas. Il est décrit comme le pays des Nagas dans de très anciennes sources chinoises. Dans une des premières références littéraires du Ceylan, quand il y avait des relations commerciales avec la Chine avant l' occupation aryenne de l'Inde, il est décrit comme une terre de créatures reptiliennes étranges. À cause de ses pierres précieuses, de ses épices et de son emplacement, il devint populaire avec les négociants chinois.

Fa-Hsien, le négociant chinois, divulgua qu'au début, l'Île fut occupée par les Nagas ou les serpents divins avec qui les négociants de divers pays faisaient le commerce. Les Nagas ne se montrèrent jamais aux étrangers. Ils exposèrent leurs précieux produits qui furent tous étiqueter avec le prix de vente. Les négociants étrangers achetèrent selon le prix et apportèrent les produits.

L'autre grand Épique de l'Inde est le Mahabharata, le plus long et peut-être le plus grand poème Épique de toutes les langues. Plus vieux que le Ramayana, il contient 88,000 vers. Le thème principal est la rivalité entre deux branches de la même famille, les Kurus. Les Pandavas et les Kauravas se battent et cela fini par la destruction presque totale des deux branches de la famille à la grande bataille de Kuruksetra.

Comme l'histoire commence, le roi Pariksit des Kauravas tira un cerf en chassant à l'arc. Poursuivant le cerf, il demande à un ascète s'il avait vu le cerf blessé. Observant un voeu de silence, le sage ne répondit pas. Cela mis Pariksit en colère et alors, il pris un serpent mort et le plaça autour du cou du sage. Le fils de l'ascète, Srnga, devint fâché et mit une malédiction sur Pariksit. Ainsi commença la querelle de sang entre les deux familles.

Une troisième partie intervient. Fâchés du blasphème d'un des leurs, les dieux serpents entrent dans l'histoire. Taksaka, le roi des gens serpents, envoie des serpents causant la mort de Pariksit.

L'histoire de la querelle de sang est racontée comme quelque chose qui s'est passé dans le distant passé. Puisque l'ancien royaume des Kurus prospéra le long du cours supérieur du Gange durant les 14ème et 13ème siècles avant J.-C. [Note de l'éditeur : Encore dans la période 1,600-700 avant J.-C.], les événements purent se dérouler au début de l'invasion aryenne quand il y avait beaucoup de rapports sexuels avec les Nagas.

L'histoire du Mahabharata commence avec le grand sacrifice du roi Janamejaya. Comme l'histoire est racontée par le sage Vyasa, le fils de Pariksit, le roi Janamejaya entreprend une cérémonie pour venger la mort de son père, un sacrifice au serpent appelé le « yajna ». Son but est de totalement détruire les Nagas, les dieux serpents qui pouvaient hypothétiquement assumer à volonté soit la forme de serpent ou la forme humaine, dont un tua Pariksit.

Dans le rituel, le prêtre invoque les noms des serpents tout en lançant des serpents vivants dans le feu. Astika, le fils du roi serpent Taksaka, intervient et implore Janamejaya de laisser vivre sa parenté. Les histoires de guerre et autres narrations furent, par la suite, répétées comme des contes à ces sacrifices qui furent de longue durée. L'historien indien D. D. Kosambi dit que le « yajna » lui-même ne fut pas autant le conte d'une grande guerre mais plutôt l'histoire du grand sacrifice « yajna ». En d'autres termes, ce fut une cérémonie symbolique d'apaiser leurs ancêtres serpent et en même temps, de les éliminer de leur héritage culturel.

Dans la lutte entre les deux branches des Kurus pour contrôler les plaines du Gange supérieur, il y a une ressemblance avec les guerres des fils d'Enlil et Enki dans la Mésopotamie. Dans l'Épique hindou, les Pandavas paraissent être les vainqueurs puisqu'ils regagnent la plupart de leur royaume qui avait été perdu plus tôt. Cette lutte commença avec des armes conventionnelles de la période, telles que des lances, des épées, des arcs et des flèches, mais par la suite, l'utilisation d'armes plus puissantes et sophistiquées fournies par les dieux des deux côtés se rajoutèrent.

Ces armes ont toutes les caractéristiques de missiles modernes et de systèmes nucléaires. Dans un exemple, un côté lance un missile qui est contrecarré par un missile opposant. L'explosion des deux missiles cause un grand nombre de morts sur la Terre. La bataille a des connotations modernes.

C'est comme si un côté avait lancé un missile balistique qui est contrecarré par un missile nucléaire anti-balistique et détruit, causant une pluie mortelle de retombées radioactives.

Après une guerre prolongée, les Kauravas perdent la lutte et sont dans une situation désespérée. C'est alors qu'ils décident de terminer la guerre à travers l'emploi de tactiques défendues. Dans le milieu de la nuit, ils descendent sur les Pandavas endormis et tuent la plupart des guerriers. Enragés par l'infraction des règles de la guerre et la décimation de leur armée, les Pandavas décident qu'ils n'ont autre choix que d'utiliser l'arme ultime, « l'arme céleste » qui est capable de détruire toutes les autres armes.

Le chef des Kauravas décide de se servir d'une arme similaire qui pouvait produire de la radioactivité, car il déclare, « Je dirigerai cette arme sur les utérus des femmes Pandava ». Il prédit que la lignée des Kuru deviendrait éteint « puisque les fotus mourront ». Son avertissement est vrai puisque l'arme produit la stérilité chez toutes les femmes Pandava. La guerre entre cousins Kuru finit enfin dans une impasse avec la presque oblitération des deux branches de la famille.

LES DIEUX SERPENTS OU DRAGONS DANS L'HISTOIRE CHINOISE

Bien que le dieu serpent soit démontré comme un dragon dans l'histoire et la mythologie chinoise, il n'y a aucun doute que nous traitons de serpents avec des ailes et des jambes ou les Naga des Hindous. La Chine choisit le dragon comme symbole national pour des raisons très importantes. Ils croyaient que le Dragon Céleste fut le père de la première Dynastie des Empereurs Divins et comme résultat, le symbole du dragon inspirait la bienfaisance divine à la terre de Chine.

Selon l'histoire chinoise, les dragons asiatiques furent présents à la Création et partageaient la Terre avec l'espèce humaine. Comme le serpent occidental, le dragon fut rattaché au développement de l'homme ; et ce fut le dragon qui lui apprit les arts essentiels tels que comment faire le feu, comment tisser des filets de pêche et comment faire de la musique.

Le dragon chinois fut sans égal dans sa sagesse et son pouvoir de conférer des bénédictions et comme résultat, en est venu à symboliser le plus bienfaisant des hommes, l'empereur, qu'on croyait avoir du sang de dragon. Cette affinité avec le dragon est démontrée par les accoutrements impériaux : l'empereur s'asseyait sur un trône en forme de dragon, navigua dans un bateau en forme de dragon et dormait même dans un lit en forme de dragon.

Selon Charles Gould, dans son oeuvre classique sur la mythologie chinoise, la croyance en l'existence et l'amitié du dragon est tissée dans la vie de l'ancienne histoire chinoise. Le Yi-king, le plus ancien des livres chinois, dont les origines sont mystérieuses, décrit les jours quand l'homme et le dragon vivaient ensemble pacifiquement et même se marièrent entre eux, et comment les dragons vinrent à représenter l'empereur et le trône de Chine et, comment le Dragon principal avait sa demeure au ciel.

En l'année 212 avant J.-C., l'empereur Tsin-Shi Hwang-Ti ordonna que tous les livres anciens soient détruits et que soit entreprise la persécution de tous les sages pour une période de quatre ans [Note de l'éditeur : la première « révolution culturelle » ?]. Le résultat fut que 460 sages furent enterrés vivant ensemble. Pendant cette orgie de suppression d'anciennes connaissances, le Yi-king fut considéré si sacré qu'il fut spécifiquement exempté de l'édit. [Note de l'éditeur : Cela est intriguant--bien que ce soit une pure coïncidence que la Bibliothèque d'Alexandrie fut brûlée autour de cette même période. Cette bibliothèque logea aussi tous les textes les plus anciens et sacrés des civilisations du Moyen-Orient.]

Dans ce classique, plusieurs Empereurs anciens sont décrits comme ayant des traits de dragon comme, par exemple, Hwanti que Gould date à 2,697 avant J.-C. On dit que l'empereur Yaou (2,356 avant J.-C.) fut conçu par un père dragon et une mère humaine. L'empereur Shun (2,255 avant J.-C.) est décrit comme ayant la contenance d'un dragon.

LE SERPENT COMME LE BIEN ET LE MAL DANS L'ANCIENNE ÉGYPTE

La dualité du serpent comme une source du bien et du mal faisant partie de la religion égyptienne est probablement due à certains événements historiques singuliers. Dans le Vieux ainsi que le Royaume Central, il est bienveillant et associé aux dieux et à l'immortalité.

Plus tard, commençant avec le Nouveau Royaume, la 18ème Dynastie en particulier, il devient une créature sinistre et un objet à être détesté et exorcisé. [Note de l'éditeur : Si nous supposons que l' historique du Dr Immanuel Velikovsky est un fait réel, alors le Royaume Central cessa autour de 1,600 avant J.-C., étant le résultat direct de cataclysmes qui causèrent aussi l'Exode et l'explosion de Thera/Santorini, c.-à-d., l'arrivée de la Planète Nibirou dans ce voisinage. Alors, commença un « millénaire des dieux », lequel dura jusqu'à approximativement 700 avant J.-C., le temps du début de la célèbre 19ème Dynastie du Nouveau Royaume, celle de Seti le Grand et Ramsès le Grand. Si le départ de Nibirou causa des cataclysmes additionnels à ce temps, durant la campagne de génocide de Sargon d' Assyrie, il est facile à voir comment les derniers souverains de la 18ème Dynastie et ceux du début de la 19ème cesseraient de voir les « dieux sauriens » comme bienveillants et commenceraient à les condamner comme sinistres.]

Sur les murs des tombes des plus vieilles dynasties, le serpent est représenté comme une créature amicale portant le roi sur son dos jusqu 'au ciel. C'est le symbole du roi qui est emporté par le dieu serpent à la terre de l'immortalité, à la terre des dieux.

À ce temps, le serpent fut adopté comme symbole de royauté et commença à apparaître comme le « uræus », la vipère divine sur la coiffe du pharaon.

Mais, dans le nouveau royaume, après que les premiers rois de la 18ème dynastie expulsèrent les Hyksos détestés de leur pays, le serpent prend un caractère malveillant. Il devient un vilain objet devant être exorcisé pendant des rituels. Appelé Apep ou Apop (l'Apophis grec), il est la manifestation des Hyksos barbares qui avaient envahi et occupé l'Égypte pendant des centaines d'années. [Note de l'éditeur : Selon le Dr Velikovsky, les Hyksos envahirent l'Égypte au même moment que la fuite des Israélites, c.-à-d., autour 1,600 avant J.-C. Ils gouvernèrent l'Égypte conquise jusque environ 1,000 avant J.-C. quand le Roi Thutmose I de la 18ème Dynastie les expulsa à jamais et établit le Nouveau Royaume.]

Apop fut le souverain Hyksos original et, avec ses descendants, gouverna de la 14ème jusqu'à la 17ème dynastie. Plusieurs souverains adoptèrent le nom Apop et en particulier, le dernier roi Hyksos battu par Ahmose et Kamose, les fondateurs de la 18ème Dynastie.

Apop posséda plusieurs épithètes. Dans les cérémonies pour le détruire, il fut maudit par plusieurs noms. Le rituel est évocateur du « yajna » des Hindous qui donnèrent plusieurs noms aux serpents en les jetant dans le feu. La haine égyptienne fut profondément enracinée dans leur mémoire des règnes cruels des rois Hyksos qui détruisirent systématiquement la culture égyptienne et leurs monuments. Nous verrons que ces gens si détestés furent nul autre que les descendants des Rephaim, les progénitures des Néfilim antédiluviens qui gouvernèrent les terres du Moyen-Orient après le Déluge.

LES DIEUX SERPENTS DANS LA MYTHOLOGIE AMÉRICAINE

 ET AFRICAINE

Parmi les Mayas de l'Amérique Centrale, le symbolisme du serpent fut très courant. La plupart des serpents représentés dans leur art ont des plumes, indiquant la capacité de voler. L'ancien livre Maya « Chilam Balam », raconte que les premiers habitants du Yucatán furent les Chanes ou les « Gens du Serpent », qui traversèrent la mer de l' est, menés par Itzamna, un dieu serpent. [Note de l'éditeur : Itzamna est l'équivalent du prince héritier Enlil, le père du Prince Nannar/Quetzalcóatl.]

Il fut la divinité la plus importante du panthéon des Mayas ; et comme le dieu du ciel dominant, souverain des cieux, il est un des rares dieux Mayas à ne pas être associé à la mort ou à la destruction.

Itzamna fut le dieu créateur, celui qui donna le souffle de vie à l' homme. Comme tel, il décrit le dieu sumérien Enki parfaitement. [Note de l'éditeur : Selon ma recherche, l'équivalent Maya d'Enki est le dieu Tlaloc. Cependant, je suis d'accord avec Boulay concernant la logique de sa conclusion. Votre éditeur consultera de nouveau ses sources. Selon moi, Itzamna fut le « dieu du tonnerre et des éclairs » donc, le Zeus grec et Tlaloc fut leur « dieu de la mer » donc, Poséidon/Enki. Mais puisque Zecharia Sitchin, dans « The Lost Realms », place Enki/Poséidon en charge des mines d'or au Lac Titicaca et du centre spatial à Nazca, sa conclusion renforce celle de Boulay.]

Eric Thompson, le doyen des études sur les Mayas, maintient que le terme « itzem », duquel le nom d'un dieu est dérivé, devrait être traduit comme « lézard » ou « reptile ». En fait, Itzamnal, la ville du dieu Itzamna, signifie littéralement « la place du lézard ». Il y a aussi un grand nombre de formes anthropomorphiques du dieu Itzamna où il est représenté comme demi-être humain et demi-serpent.

Le dieu serpent bienveillant est aussi trouvé, plus tard, dans la mythologie mexicaine de la civilisation aztèque qui remplaça les Mayas. Quetzalcóatl est le dieu serpent de plumes qui apporta les bienfaits de la civilisation au Mexique et enseigna à l'homme l' astronomie et les mathématiques. [Note de l'éditeur : Sitchin identifie correctement Quetzalcóatl avec le Prince Nibirouen Nannar, le Thot égyptien et l'Hermès grec. J'inclus aussi une corrélation avec le Bouddha asiatique.]

Des légendes de dieux serpents abondent aussi partout dans la mythologie et la religion africaine. Pour les Dogons de Mali et de la Volta supérieure, leur ancien dieu créa le soleil et la lune, la terre d'un morceau d'argile et enfin les premiers êtres primitifs qui furent des jumeaux appelés Nummo, demi-humain et demi-serpent. [Note de l' éditeur : Et comme nous savons, les Dogons placent l'origine de leurs dieux dans le Système sirien de double étoile que les Égyptiens appelèrent Osiris et Isis.]

Dans la tribu Nyoro, les légendes disent que Dieu envoya le premier couple humain du ciel quand il fonda le monde. L'homme avait une queue et produit deux jeunes filles et un garçon. Ceux-ci en retour engendrèrent le caméléon, le père de l'espèce humaine.

D'autres tribus africaines tracent aussi leurs ancêtres à des gens ressemblant à des reptiles. Pour les Kumbis, les premiers hommes que Dieu créa possédaient des queues. La tribu Ewe-Ho décrit des hommes avec des queues qui descendirent sur la Terre à l'aide d'une corde. Pour les Jaggas, leurs ancêtres descendirent sur la Terre à l'aide d' un fil de toile d'araignée : l'ancêtre s'appela « celui à la queue ». [Note de l'éditeur : Bien sûr, nos anthropologues modernes nous feraient croire que nos coccyx sont des os résiduels de nos ancêtres, les grands singes. S'ils savaient... !]

Quatorzième partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
commenter cet article
22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 14:32

 

 

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
12ème partie
11ème partie
10ème partie
9ème partie
8ème partie
1ère partie

 

 

Chapitre 7

 

 

LES DRAGONS ET LES DIEUX SERPENTS
 DANS LA MYTHOLOGIE MONDIALE
1

 

Tableau de Bruce Pennington

 

 

« Les légendes anciennes de la tribu Nyoro en Afrique disent que les premiers êtres humains descendirent du ciel et ressemblèrent à des caméléons, et qu'ils fondèrent l'espèce humaine ». Source inconnue

LE SÉRAPHIN DE L'ANCIEN TESTAMENT

Dans l'Ancien Testament, des références explicites à nos ancêtres dieux serpents furent quasiment toutes éliminées par les siècles à travers un long processus de sélection et d'édition. Quand nous trouvons des allusions dans les Saintes Écritures, elles sont interprétées comme étant simplement des allégories. Dans le livre des Nombres, un incident étrange est raconté concernant un serpent impudent qui soulève plusieurs questions qui ne sont jamais complètement expliquées par les érudits bibliques.

Pendant la deuxième année de l'Exode, après qu'ils avaient laissé les conforts du mont Sinaï et peinèrent à travers le désert, les tribus eurent une escarmouche avec le roi d'Arad et prédominèrent après beaucoup de difficulté. L'incident du serpent eut lieu à ce temps :

« Ils quittèrent le mont Hor par la route à la Mer Rouge contournant la terre d'Édam. Mais, pendant le voyage, les gens sont devenus rétifs et parlèrent contre le Seigneur et contre Moïse. 'Pourquoi tu nous a faits quitter l'Égypte pour mourir dans le désert ? Il n'y a ni de pain ni eau et nous sommes venus à détester cette misérable nourriture '. Dieu envoya alors contre le peuple les serpents brûlants, dont la morsure fit périr beaucoup de monde en Israël. Les gens vinrent à Moïse et lui dirent, 'Nous avons péché en parlant contre Yahvé et contre toi. Intercède auprès de Yahvé pour qu'il éloigne de nous ces serpents'. Moïse intercéda pour le peuple et Yahvé lui répondit : 'Façonne-toi un Brûlant que tu placeras sur un étendard. Quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie'. Moïse façonna donc un serpent d'airain qu'il plaça sur l'étendard, et si un homme était mordu par quelque serpent, il regardait le serpent d'airain et restait en vie ».

Il est difficile de mal interpréter la conclusion que la signification de l'incident est sans doute de l'idolâtrie, une activité rigoureusement défendue dans les Saintes Écritures. Le mot hébreu « seraph » est exceptionnel et apparaît seulement quelques fois dans les livres de l'Ancien Testament.

Dans Isaïe, chapitres 14 et 30, le « séraphin » est rapporté « me ofef seraph » ou littéralement « serpent volant » et est associé avec la Philistie et le Néguev, des terres qui furent traditionnellement le pays des descendants des Néfilim après le Déluge. Le Serpent qui fut fabriqué par Moïse à l'ordre de Dieu fut révéré dans le sanctuaire du Temple jusqu'au 8ème siècle avant J.-C. qui, selon II Rois 18, le roi Ezéchias, affligé de l'adoration de l'idole, « brisa en morceaux le serpent de bronze que Moïse avait fait ». [Note de l'éditeur : Le 8ème siècle avant J.-C. aurait inclus l'année 762 quand, telle que noté auparavant, la série de cataclysmes commença accompagnant le départ de la Planète Nibirou de sa position au-dessus du Pôle Nord de la Terre.]

Ce ne fut probablement pas le « séraphin » original fait par Moïse vers 1,450 avant J.-C. et on doute qu'il ait survécu jusqu'à présent. De toute manière, cela démontre que l'adoration des dieux serpents fut bien établie parmi les Israélites pendant la période des Juges et des Rois et cela suggère aussi que Yahvé ait été identifié au moins une fois avec le dieu serpent.

Le terme « seraph » inquiéta les traducteurs et les commentateurs bibliques au fil des années. Il est traduit comme « serpent ardent » dans la version « King James ». Cependant, la tendance moderne est de ne pas le traduire et de le laisser comme tel. Le « seraph » ne fait pas partie d'aucune classification ou de traduction. Ce mot provient plutôt du Cananéen qui l'acquit de leur héritage mésopotamien.

Les racines du terme peuvent possiblement être de source mésopotamienne. Le « serpent ardent ou volant » sur le haut de cette perche, adoré pour ses propriétés curatives, représente Enki, le dieu sumérien de la guérison, qui fut souvent associé au symbole du serpent. Il y a aussi une ressemblance curieuse du serpent enroulé autour d'une perche avec le caducée des Grecs.

Dans l'Épique de Gilgamesh, le serpent qui vole la plante magique du héros est appelé un « seru » et la ressemblance des mots suggère une origine commune. Le terme est aussi utilisé dans la mythologie hindoue et a des antécédents sumériens. Les Nagas, les dieux serpents mystérieux qui vécurent en Inde furent appelés des « sarpa » ou serpents.

Dans ses études de la religion Hindoue, la théosophe Madame Helena Pavlovna Blavatsky affirme que les Nagas ou « sarpa » de l'Inde sont « indiscutablement les Séraphins juifs, dérivé de serapi ou sarpa signifiant serpent ».

Un ancien document religieux très peu connu réfère non seulement aux dieux serpents mais aussi énigmatiquement aux dieux du panthéon sumérien. Comme tel, ce cantique chrétien a probablement ses origines dans une prière sumérienne. Appelée la Prière de Joseph, il fait partie d'un groupe appelé les papyri magiques. Il est d'origine grecque et est daté du 2ème siècle après J. C. Il commence comme un cantique d'éloge :

« Père des patriarches, Père de toutes les choses, Père de tous les pouvoirs du Cosmos, Créateur de tout, Créateur des anges et des archanges, le Créateur des noms rédempteurs, je vous invoque ».

Après d'autres invocations, la prière continue dramatiquement :

« Vous qui êtes assis sur la montagne sacrée du Sinaï, Vous qui êtes assis sur la mer, Vous qui êtes assis sur les dieux serpents, le Dieu qui s'assied sur le dieu du soleil ».

Ce péan est intéressant et pertinent pour plusieurs raisons. À part la référence tacite aux dieux serpents, il fait référence aussi au dieu qui s'assied sur la mer. Bien que cette ligne soit incomplète (curieusement, tous les mots manquants sont aux places critiques !), il semble être une référence voilée au dieu de l'eau Enki et son palais d'eau. [Note de l'éditeur : Enki fut l'équivalent du Poséidon grec, Dieu de la Mer.] Le dieu du soleil est vraisemblablement Outou/Shamash de même que le dieu du mont Sinaï est Ishkour/Adad. [Note de l'éditeur : Outou fut l'équivalent du dieu soleil vert Apollon et Ishkour à Arès, dieu de la guerre.]

Donc, l'invocation semble être adressée à Enlil [Zeus], le dieu souverain du panthéon cananéen qui devint plus tard connu comme « El » dans l'Ancien Testament. De plus, les noms rédempteurs sont probablement les Tablettes de la Destinée ou des Noms Divins associés aux MEs sumériens.

Les dieux serpents ne se trouvent pas seulement dans l'histoire ou la mythologie des pays du Moyen-Orient. Des dragons, des serpents volants et des dieux serpents paraissent dans la mythologie des gens partout dans le monde et là, ils sont les créateurs et les ancêtres bienveillants d'homme. Certaines cultures conservent la mémoire d'une race de serpent qui fut cruelle et barbare.

LES DIEUX SERPENTS DANS LA CIVILISATION DE L'INDUS

Aratta est souvent mentionné dans la littérature sumérienne comme une terre lointaine contrôlée par la déesse Inanna de sa ville tutélaire d''Ourouk. Selon l'Épique Enmerkar et le seigneur d'Aratta, cette terre fut située au-delà d'Anshan (maintenant l'Iran) et un voyage à Aratta exigeait la traversée de sept montagnes et de la dangereuse rivière Kur.

Il fut suggéré qu'Aratta fut peut-être le même que le Harappa de la civilisation perdue de la vallée de l'Indus. Harappa, avec Mohenjo-daro, fut une ville des anciens Dravidiens, les gens serpents légendaires qui précédèrent la race aryenne de l'Inde.

Durant les années 1920, les archéologues furent quelques étonnantes découvertes dans la vallée de la rivière Indus. Les ruines de deux grandes villes anciennes furent excavées, une s'appelant Mohenjo-daro située directement sur la rivière Indus et l'autre, Harappa, sur la Ravi, une branche majeure de l'Indus localisée dans le Punjab ou terre des Cinq Rivières. Comme les villes de la Mésopotamie et de la vallée du Nil, elles furent construites sur les plaines alluviales. Cependant, contrairement à ces autres villes, Mohenjo-daro et Harappa paraissent avoir été complètement organisées dès le départ. En effet, leurs dispositions furent identiques. Bien qu'aucune ziggourat n'ait été trouvée, chaque ville avait un monticule de dix mètres de haut, une sorte de plate-forme artificielle.

Ces villes n'évoluèrent pas à partir de villages primitifs mais furent complétées en moins d'un siècle. Elles furent construites à partir de rien comme par une force extérieure. En d'autres mots, elles furent construites comme colonie, probablement par les Sumériens et vraisemblablement par Enki, leur ingénieur principal.

Les villes existent depuis environ 3500 à 3000 avant J.-C. et, selon les preuves archéologiques, en sont venues à une fin violente aux alentours de 2000 avant J.-C. Ce qui laisse les historiens perplexes est le fait que les gens qui y vivaient n'eurent pas de rapport avec les Aryens qui vinrent quelque 500 à 600 années plus tard s'établir dans la plaine de Punjab et de la Gange. Comme les anciens sumériens, les gens de Mohenjo-daro et d'Harappa parlèrent une langue inconnue. [Note de l'éditeur : En supposant que la Planète Nibirou fut pour la dernière fois dans notre système local de 1,600 à 700 avant J.-C., alors sa visite antérieure aurait été--ajouter 3,600 ans à cette date-aux alentours de 4,200 à 3,300 avant J.-C. Ces dates sont assez proches des années notées ci-dessus pour conclure que ces villes dravidiennes furent construites par les Nibirouens pendant leur avant dernière visite à la Terre/Tiamat.]

Les objets fabriqués découverts dans ces villes les lient avec la vallée de la Mésopotamie. Des sceaux en forme de bouton trouvés à ces emplacements sont semblables aux sceaux cylindres de Sumer. En fait, un de ceux-ci démontre un homme sauvage qui lutte avec deux bêtes, semblable à celui de Gilgamesh qui se tient debout entre deux lions. Ces deux villes sont probablement des colonies sumériennes établies après que la Terre devint inhabitable, après le Déluge. Certains historiens suggérèrent que ces villes furent le centre de la culture dravidienne et furent habitées par les Nagas, une race d'hommes serpents. [Note de l'éditeur : Si chaque fois que la Planète Nibirou arrive et part de cette région de notre système solaire, il y a des cataclysmes planétaires--ou des « déluges » en raison des anomalies gravitationnelles et électromagnétiques, cela supporte ce qui est suggéré ci-dessus que ces deux villes dravidiennes furent fondées par et pour l'usage des Nibirouens pendant leur avant-dernière visite ici.]
 

LES NAGAS, LA RACE SERPENT DE L'INDE ANCIENNE
 

L'ancien livre de Dzyan, probablement le plus vieux de source sanskrite, parle d'une race serpent qui descendit des cieux et enseigna l'espèce humaine. Madame H. P. Blavatsky passa trois ans au Tibet, au Bhoutan et au Sikkim, accumulant des milliers de sources sanskrites qui furent compilées dans le livre de Dzyan. Ces sources concernent les gens anciens appelés les Nagas ou Sarpa qui furent des êtres semi-divins au visage humain et une queue de dragon. Blavatsky croyait que ces Sarpa furent sans aucun doute les Séraphins de l' Ancien Testament ; les Séraphins auraient donc les mêmes racines étymologiques que les Sarpa de l'Inde ancienne.

La mythologie et la littérature hindoue sont aussi remplies de liaisons sexuelles entre les dieux et l'espèce humaine et de la procréation de nombreux êtres étranges appelés Dravidiens et Dasyus. Cette race habitait hypothétiquement dans de grandes villes fortifiées. Ils furent grossiers, cannibales, de peau foncée et camus. Les Aryens qui vinrent plus tard, rencontrèrent les descendants de cette race serpent ; ils sont décrits dans le Ramayana :

« Près de Bhogavata, il existe un endroit où demeurent les hôtes de la race serpent, une ville de boulevards, fortifiée et interdite dont les légions vigilantes gardent et défendent. Le plus violent des jeunes serpents, chacun affreux par sa dent de venin, et sur le trône dans son couloir impérial, Vasuki les gouverne tous ».

Les Dravidiens antédiluviens furent éliminés par le Déluge. Quand la Terre fut repeuplée, Harappa et Mohenjo-daro devinrent le centre de la culture dravidienne.

Une grande partie des preuves que Dravidien, Dasyus et Nagas furent tous des noms différents pour ces gens peut être trouvée dans les grandes Épiques de l'Inde, le Mahabharata et le Ramayana. Les deux Épiques concernent les contacts des Aryens avec cette race serpent, quelques-uns, amicaux et d'autres, hostiles. Dû au mariage des Aryens avec ces gens, une sorte d'ambiance, un rapport amour-haine se dégage de ces deux grands Épiques.

Dans l'Épique du Mahabharata, un groupe d'êtres « célestes » arrive par voiture aérienne pour assister à la fête de mariage des rois aryens :

« Les dieux arrivèrent en chariots ennuagés pour voir la belle scène. Des Suparnas ailés, des Nagas écailleux, des chariots célestes brillants, tous ensemble naviguaient dans le ciel sans nuages ».

Ces Nagas se marièrent avec les Aryens, produisant des rois et des héros. Par exemple, dans le Rig Veda, il y a des noms comme Divodasa qui indiquent qu'il y eut un croisement entre les Dasyus et les Aryens peu après 1,500 avant J.-C. [Note de l'éditeur : Cette date tombe dans la période 1,600-700 avant J.-C.]

Plusieurs anciens dieux hindous se marièrent avec les êtres humains et, comme à Sumer, produisirent un hybride mammifère reptile, les rois semi-divins que l'on trouve partout dans la littérature de Sumer et de l'Inde.

La littérature hindoue affirme que des gens divins descendirent et dirigèrent des expériences biologiques avec les singes. En fait, Hanuman, le dieu singe qui, avec Rama, le héros de l'Épique Ramayana, fut conçu quand le dieu Shiva donna un gâteau sacré à Anjan, le singe. Cette référence évidente à une expérience génétique produisit Hanuman, le super-singe, évocateur de l'Enkidou de l'Épique de Gilgamesh. [Note de l'éditeur : Selon ma recherche linguistique et mythologique, le dieu hindou Shiva serait l'équivalent d'Enki, le co-créateur d'Adam et Ève.]

Treizième partie

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
commenter cet article
19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 08:45

 

 

 

Quête du Graal et secrets de l'Eveil

(2ème partie)

par Guillaume DELAAGE

Son blog

LE SECRET  DE  MONTSALVAGE

 

Le Graal est un mot magique qui, depuis des siècles, se pare du manteau merveilleux de la légende. Son nom évoque l'épopée fantastique des valeureux chevaliers du roi Arthur qui partirent à sa Quête, affrontant mille périls, mille coups du sort. Aujourd'hui, tout cela paraît enfantin et désuet. Pourtant la Quête du Graal symbolise l'aventure spirituelle située en dehors du temps et de l'espace, qui correspond aussi bien au Moyen Age qu'à l'aube du XXIe siècle...

      Avant de considérer les aspects de la Quête, il faut brièvement faire un peu d'histoire pour rappeler comment les Anciens considéraient la Divine Coupe. D'aucuns penseront que le Graal est uniquement lié aux chevaliers de la Table Ronde puisque, d'après la légende, se serait le calice de la Sainte Cène que Joseph d'Arimathie aurait approché de la plaie du Christ en croix, afin d'y recueillir le Sang qui s'en écoulait. Il est bien évident que cela fait partie de la légende et qu'il fallait transposer pour le christianisme un symbole universel connu de toute antiquité.

      Chez les Egyptiens, le Graal est préfiguré par les cornes du dieu Apis portant le disque solaire ; pour les Mystères d'Eleusis, c'était le fameux Panier sacré ; pour la tradition judéo-chrétienne, c'est le lapis exillis (pierre tombée du front de Lucifer) ; ou encore, pour les Celtes, le chaudron de Dagda et la Coupe de Souveraineté ; et pour les Orientaux, la Corne d'abondance… Nous voyons donc que les religions et les civilisations n'ont fait qu'adapter à leur croyances ce symbole universel.

      Pour les auteurs du Moyen Age comme Chrétien de Troyes, Robert de Boron, Wauchier, Wolfram d'Esenhbach,
graal veut dire récipient, plat, coupe, puisque l'on retrouve sa racine dans des mots comme gruau, devenu ensuite grasal en langue d'oc. Mais arrêtons là ces considérations historiques pour arriver au thème même de cet exposé : la Quête du Graal.

      Nous venons de voir que cette quête conserve la même actualité qu'au Moyen Age. Au travers de ces paroles, certains pourraient objecter qu'il est difficile aujourd'hui de partir armé d'un écu, d'une lance d'un heaume et d'une épée, pour conquérir un vase sacré dans un royaume imaginaire. Rien n'est plus vrai. Mais alors qu'est-ce que la Quête ?


« Grimpez le long de cette brèche »


      La Tradition est très explicite à ce sujet puisqu'elle définit la Quête du Graal non comme une épopée extérieure à l'être, mais comme une grande aventure spirituelle intérieure offerte au chevalier prêt à l'affronter. D'après la légende du Graal, trois personnages réussirent cette Quête : Perceval, Bohort et Galaad. Leur aventure les met en présence de différents combattants, du Roi Pêcheur et enfin du château de Montsalvage. Ces trois thèmes se retrouveront dans toutes les traductions. En fait, il faut trouver, pour le chevalier, la brèche qui conduit d'un monde à un autre. Perceval l'a trouvée et son nom révèle cette découverte. N'est-il pas celui qui a percé le secret du Val ? En fait, il a su obéir au conseil du mystérieux Roi Pêcheur, à qui il rend visite dans le château du Graal :

      «
Grimpez le long de cette brèche, lui dit-il, qui est taillée dans le rocher, et, quand vous serez arrivé là-haut, vous verrez devant vous, dans une vallée, une maison où j'habite. Dans le roc, symbole de la densité, une brèche s'ouvre et monte : telle est la voie. »

      Nous n'insisterons pas sur les symboles propres à la chevalerie, mais cela fait certainement penser a Excalibur, l'épée du roi Arthur plantée dans la pierre. L'épée, symbole de la conscience, plantée dans la densité minérale, fait penser au plomb et à l'or. La coagulation de la matière censée représenter le corps physique mais aussi tout le psychisme de l'humain, et cette épée qui est la conscience aussi pure que l'or. Délivrer la conscience de la densité du corps et des multiples agrégats qui l'habitent, c'est le but de l'Eveil.

      La quête du Graal serait donc une transformation radicale de soi, la véritable alchimie. «
Découvre la pierre cachée au fond de toi... » dit le vieil adage alchimique. Il faut donc transformer le vieil homme en soi pour parvenir à découvrir l'Etre intérieur, c'est-à-dire le VÉRITABLE nous-mêmes. Trouver la faille qui permet de passer de ce monde d'apparences, où l'on croit être un EGO, à celui de la Réalité, où nous sommes une CONSCIENCE, tel est le secret du val ! Perce-val l'a trouvé, et après avoir grimpé vers la brèche sur la montagne qui symbolise la minéralité âpre du corps physique et de la densité du monde émotionnel, s'offre à lui le val -- c'est-à-dire cette étendue claire et paisible que connaissent tous les montagnards.

      Au fond, nous revenons ici sur un point très important de toute la quête initiatique transformer : notre être vil, c'est-à-dire équilibrer vertus et vices, canaliser l'énergie anarchique en nous-mêmes. Du reste, dans le
Perceval de Chrétien de Troyes, nous voyons le héros combattre à plusieurs reprises avec sept chevaliers gardant le château. Perceval les bat tous.

      Un vieil homme lui raconte ensuite que ces combats symbolisent le combat intérieur avec ce que l'Eglise nomme les 7 péchés capitaux. Nous avons là la clef qui permet de comprendre que la découverte de soi passe par le combat en soi., à travers le monde. C'est pour cette raison que la Table Ronde symbolise ce monde, et Arthur qui préside à cette Table, (à rapprocher du latin
arctus) associe ce roi aux constellations de la Grande et de la Petite Ourse, "sièges" stellaires les plus élevés puisque pôles du ciel et constituées chacune de sept étoiles. La Table Ronde et son Roi ne seraient autre que l'image du monde, gouverné par sept forces en l'homme.


Graal et magie divine  


      Dans les différents récits du Graal, les symboles sont nombreux. Il ne sera pas évoqué ici leurs aspects. Toutefois, arrêtons-nous une dernière fois sur un élément qui ne manque pas d'intérêt : le château au cinq tours. Le héros parvenant au terme de sa Quête arrive devant un château dont quatre tours sont blanches et la cinquième qui se dresse plus haut que les autres, au centre, est vermeille. Nous sommes ici dans ce que les anciens nommaient "le Saint des Saints".

      Par les quatre tours, la vision répartit cardinalement l'espace, et par la cinquième, le centre en l'homme : l'être divin, axe de notre propre monde intérieur. La Quête du Graal se situe donc en soi. Nous avons là l'équilibre créé par l'ajustement du pentagramme en l'homme : les quatre éléments plus l'Akasha ou esprit. La découverte du Graal permet d'obtenir l'équilibre des quatre éléments en soi pour exprimer parfaitement le cinquième. C'est ce que Franz Bardon dit dans ses ouvrages. Chez la majeure partie d'entre nous, ces forces sont déséquilibrées et ne permettent pas l'ouverture de notre véritable conscience. C'est pourquoi la Théurgie propose de "nettoyer" notre nature grossière en équilibrant nos éléments, comme Héraclès nettoya les écuries d'Augias. C'est ce que l'alchimie offre aussi, car la Tradition est Une, bien qu'elle puisse revêtir plusieurs vêtements.

      Tous les grands archétypes permettent de décliner un symbole selon plusieurs histoires. Nous avons vu sommairement que le Graal prit plusieurs formes selon les époques et les civilisations. Il serait donc intéressant de considérer cette notion alchimique à travers Jason et la Toison d'or sous cet aspect. Le propre d'un symbole authentique est de pouvoir coller à plusieurs formes de recherches, si bien que l'on peut l'orienter selon différents degrés d'expression. Nous l'avons dit : un symbole a plusieurs niveaux d'interprétation. Le Graal, par exemple, est un vase, mais aussi un livre, une pierre.
[Voir De Thot-Hermès à la Tradition primordiale, de Guillaume Delaage - Editions Ramuel]

      Un alchimiste trouvera dans le symbolisme de l'histoire tous les éléments expliquant le Grand Œuvre. Un théurge, les étapes de sa purification, etc. A titre d'exemple, analysons l'histoire de Jason et la Toison d'or, aventure mythologique bien connue. Nous n'allons pas ici détailler les différentes péripéties rencontrées par Jason, mais considérer quelques simples symboles. Jason, comme Arthur, prend 49 marins (49 chevaliers pour Arthur) afin de partir en Colchide pour chercher la Toison d'or. Il construit un bateau : Argos, dont la racine
arché signifie principal, comme l'axe est le principe même où tout se meut, comme Arthur est l'axe polaire. Ce bateau est rond, comme est rond le ballon alchimique, comme est ronde la Table d'Arthur.


Tuer le Roi pour s'éveiller
 


      Jason doit trouver la toison du bélier Chrysomèle (qui signifie pommes d'or), qui fut badigeonné d'or par Hermès lui-même. Lorsque Jason va gagner l'épreuve et revêtir la toison, il va d'abord voir se répandre le sang de Médée (dont la racine Méduse signifie le sang du dragon), rouge comme le Graal. C'est toujours cette même Médée qui découpa en morceaux Aeson, le père de Jason, en le faisant bouillir dans un énorme chaudron pour lui rendre ensuite la vie. Il en sort alors plus jeune et mieux portant. C'est ce qui se passe à la fin de l'œuvre alchimique ; il faut porphyriser le faux prophète. La mythologie alchimique dit : « On tue les vieux rois. » C'est le même langage, « mise à mort des vieux rois », que l'on trouve dans les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz. Et ils sont régénérés... C'est aussi ce qui se passe dans la Quête du Graal avec le Roi malade qu'il faut régénérer par le Graal.

      Comme nous pouvons le constater, un symbole authentique présente plusieurs niveaux d'interprétation et même plusieurs niveaux de conscience, c'est là toute sa force. Un symbole est un livre ouvert sur soi-même, et certains peuvent même communiquer directement avec l'esprit du symbole. C'est là le propre de certains initiés.

      Nous voyons donc que découvrir le Graal c'est découvrir l'être divin, le dieu vert en nous, tout comme la pierre du Graal est verte puisque émeraude. Le chevalier doit transmuter tous les métaux en lui, en comprenant bien le conseil du prud'homme qui claque comme une sentence : «
Il n'y a qu'une chose que le Graal et ses vertus secrètes ne pourront jamais tolérer en toi : la démesure dans les désirs. »

      Voilà une des clefs de la réussite, car la quête du Graal doit permettre au chevalier parti à sa découverte de dompter l'être inférieur en lui. Bientôt, pour Perceval, le château du Graal ouvre ses portes. Là, le roi pêcheur, assis sur une pourpre vermeille, l'attend. Le roi lui présente alors une épée nue qui par le milieu était tronçonnée, et lui dit : «
Je vous prie de la prendre et les deux pièces rejoignez. Puis, je vous conterai la légende du riche Graal et de la lance au fer royal. » Perceval prit les deux pièces et de cette lame « joint les aciers si parfaitement et avec tant d'adresse, que le jour qu'elle fut faite ne semble pas plus neuve ni plus belle. » Voyant cela, le roi prononça ces paroles qui concluent le périple de Perceval : « Beau Sire, ors écoutez. En armes vous avez pris beaucoup de peine, mais de par cette épreuve, je sais très bien que de par le monde, il n'en est aucun qui vous vaille. »

      La reconstitution de l'épée eut lieu sous un ciel d'or. Ce métal solaire confère à la quête sa pleine signification. L'épée surnaturelle, au contact du chevalier, se ressoude ; mais réciproquement, l'arme confirme la valeur exceptionnelle de celui qui en joint les tronçons. Perceval a donc réussi la quête. Il nous faut donc maintenant savoir ce qui, au-delà des textes et au-delà de la légende, se passe réellement pour celui qui veut tenter la quête du Graal.


L'ouverture de la conscience
 


      Transposée sur le plan spirituel et donc nécessairement à l'entendement humain, la démarche des chevaliers partant à la recherche du saint Graal trouve une concrétisation spirituelle par l'identification de l'homme à un chevalier parti pour affronter les différentes épreuves avant d'aboutir au château de Montsalvage qui est en réalité la forteresse qui sépare le monde de la conscience du monde physique et émotionnel dans lequel se complaît l'être humain. Il va alors rencontrer le Roi pêcheur.

      Après cette initiation par le saint Graal, le chevalier va s'insérer dans le monde qui est le sien. Mais de lui va jaillir une énergie qui va rayonner entre 2 et 20 mètres environ. Ce rayonnement, ou plutôt cette force d'amour (qui sera plus ou moins perçu par autrui), va donner une dimension particulière à l'être nouveau dans ses multiples actions dans la vie courante ; mais de plus, il permettra à toute personne ayant un contact avec cette aura d'être touché par un état de grâce par cet apport prodigieux que donne l'illumination du saint Graal. Dans ce groupe d'hommes ayant en son centre le chevalier illuminé va se créer une centrale qui donnera Vie, Amour et Lumière à tous ceux qui entreront et partageront le rayonnement de la personne.

      Vous l'aurez compris, la découverte du Graal se fait en soi, ce Divin Calice, c'est notre conscience que nos efforts et nos expériences de vie doivent permettre d'éveiller chaque jour davantage. Les Adeptes ont trouvé le Graal, car ils sont conscients d'eux-mêmes à 100%. Ce sont des Boudhhas, pour reprendre la terminologie orientale. Ils vivent dans ce monde comme tout un chacun, mais avec une perception des choses radicalement différente. Contrairement à l'homme commun, leur conscience est délivrée des contraintes de la matière, des contraintes du temps et de l'espace. Ils peuvent vivre ainsi sur plusieurs univers différents, voire rajeunir à volonté, mais nous n'aborderons pas cet aspect dans le présent article.

      Cet exposé aurait pu être plus complet, plus élaboré, mais à quoi bon enfler un texte par trop de détails ? Ce message d'Eveil que nous donne le Graal est d'une portée colossale. Si simplement, par la simple compréhension de notre nature, certains pouvaient considérer que nous croyons être éveillés mais que nous ne le sommes pas en réalité, un grand pas serait franchi vers la conquête intérieure.

      Un jour, il y a bien longtemps, un ami très proche m'a ouvert certaines portes sur ce chemin. Pourtant, à ce jour, je ne saurais dire qui il était vraiment. Je tenais, par reconnaissance, à lui rendre hommage ici car il nous a quittés. L'Eveil, le Graal, la conscience et les terres parallèles. Je me souviens de toi Lucien, en écrivant ces lignes...

Le blog de Guillaume Delaage

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans Chevalerie
commenter cet article
19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 07:28

Quelle heureuse surprise !  je cherchais sur Google un site afin d'y trouver une image d'un livre de Guillaume Delaage en rapport à un de ses textes sur le Graal -que je pose ci-dessous- et je découvre qu'il a un blog sur Over-blog. Je vous conseille vivement d'aller y lire le fruit de ses recherches et de son oeuvre spirituelle qui est particulièrement intelligente et brillante. C'est un Quêteur Inspiré sachant entraîner le lecteur dans ses récits profondément riches. Que cela soit L'Atlantide et le Cycle de l'Eternel Retour... ou bien A la recherche de la Lémurie... il possède le génie d'ôter le voile des mythes pour nous en livrer des clefs précieuses. Je viens de découvrir aussi Le grand mystère du Serpent, un de mes thèmes favoris.

Il vient d'éditer un nouvel ouvrage Thot-Hermès, les origines secrètes de l'Humanité - Alexandre Moryason Editeur - et nul doute qu'il sera aussi passionnant que De Thot-Hermès à la Tradition primordiale.

 

Quête du Graal et secrets de l'Eveil

(1ère partie)

par Guillaume DELAAGE


 

 

Lorsqu'on parle de la QUÊTE DU GRAAL, de nombreux personnages aux noms légendaires interviennent, et font rêver à travers leurs fabuleuses et extraordinaires aventures. Le récit tourne autour des compagnons d'Arthur, tous chevaliers partant en quête du vase sacré qui contiendrait le sang du Christ que Joseph d'Arimathie aurait porté en terre de Cornouailles. Le but pour ces chevaliers est donc de rechercher le Graal (de poser LA question) et de l'apporter au roi Pécheur pour le guérir de ses souffrances et de ses blessures. Tout le monde, bien sûr, connaît cette histoire directement liée à la chevalerie.

      Les héros les plus connus sont : Arthur bien sûr, mais aussi Lancelot, Perceval, Galaad et Bohort. Tout semble s'articuler autour d'eux. Pourtant, un personnage reste dans l'ombre tout au long de ces récits, que ce soit dans le
Perceval de Chrétien de Troyes ou le Parsifal de Wolfram von Eschenbach. Il s'agit, vous l'avez deviné, de Merlin l'Enchanteur ! C'est donc de lui dont il va être question ici, puisque c'est par lui que s'est constituée la Table Ronde et que les chevaliers d'Arthur sont partis à la Queste du Graal. Tout symbole possède trois sens d'interprétation : une interprétation physique, une interprétation mentale ou intellectuelle, une interprétation psychique ou spirituelle. Nous allons donc commencer par l'interprétation physique, donc historique, concernant le personnage de Merlin.

      On croit toujours que Merlin est un personnage folklorique dont le domaine est la forêt de Paimpont-Brocéliande en Bretagne armoricaine, alors qu'en réalité il est originaire de la Basse-Ecosse. Il n'appartient à aucun temps, à aucune époque, si l'on s'en tient à sa figure légendaire. Si l'on veut par contre serrer l'histoire de près, on s'apercevra qu'il a vécu au VIe siècle, chez les Bretons du Nord, c'est-à-dire chez les peuples celtes installés sur les Lowlands actuels, aux alentours de Glasgow. Chronologiquement, le texte le plus ancien où apparaît le nom latin de Merlinus, qui correspond au français Merlin et au gallois Myrddin, est un curieux ouvrage datant de 1132 la
Vita Merlini de Geoffroy de Monmouth. Il n'y a en fait rien d'arthurien dans ce texte.

      Du reste, il faut signaler qu'un roi Arthur a également existé et qu'il combattit les Pictes d'origine vraisemblablement scandinave. Ce roi Arthur n'avait du reste rien de commun avec celui, plus symbolique, de la légende du Graal. Certains éléments de recherche permettent d'affirmer aujourd'hui que Merlin a aussi existé, qu'il a assisté à la bataille d'Arderyd en 533 ou en 573, qu'il y est devenu fou, et qu'il s'est enfui dans une forêt. A partir de là, toute la légende a pu s'expliquer. C'est plus tard, vers l'an 1200, que Robert de Boron, reprenant les vieilles légendes celtes, s'en est inspiré pour écrire l'HISTOIRE DU SAINT GRAAL qui est aujourd'hui en partie perdue. Nous n'allons donc pas nous étendre sur cette partie historique qui n'avait uniquement peur but que de situer le personnage dans son contexte réel. Ce qui nous intéresse, et c'est ce que nous allons maintenant envisager, c'est l'aspect symbolique de Merlin attaché à toute la tradition chevaleresque du Graal par l'intermédiaire d'auteurs qui étaient soit des clercs soit des bardes.

      Il semble que la légende de Merlin l'Enchanteur soit en fait composée de deux thèmes très différents, et correspondant à deux personnages distincts. L'un est le "Fou des bois" et l'autre l'enfant "Prophète et magicien". La légende nous rapporte que Merlin serait né de l'accouplement monstrueux d'une mortelle et du démon. Sans entrer dans une suite d'explications inutiles, nous dirons simplement que la mère de Merlin eut la vie sauve car elle était inconsciente quand le démon la possédât. Le Diable voulait un enfant qui puisse régner sur terre. Lorsque Dieu vit cela il protégea la femme et l'enfant. Le texte dit à ce sujet :

      «
L'enfant naquit ; il eut de par le Diable la connaissance du passé, mais ce pouvoir qu'il eut de surcroît de connaître l'avenir, il le reçut de Notre Seigneur qui voulut ainsi contrebalancer le pouvoir du Diable. Sa mère l'appela du nom du grand-père de l'enfant : Merlin. »

      L'histoire de Merlin va ensuite d'extraordinaire en extraordinaire. L'enfant tout juste âgé d'un an se met à parler comme un savant adulte et se met même à prophétiser, ce qui lui doit d'ailleurs, devant le roi Vertigier, de sauver sa vie et celle de sa mère.

      Mais Merlin nous donne d'autres aspects de son personnage. Il a le don de berner les gens par son étrange faculté de transformation physique. Il apparaît tantôt jeune tantôt vieux, en moine, en vagabond, en autant de personnages qui peuvent faciliter l'exécution de ses plans. Mais un jour, sortant de sa tanière du fond des bois, Merlin rencontre le roi Uterpendragon, père du futur roi Arthur.

      Uter se prend d'amitié pour lui et pour lui avoir sauvé la vie, accède à la demande du mage en lui donnant son premier né conçu par la reine Ygerne. Cet enfant, que Merlin prend et place sous la garde d'Auctor, n'est autre qu'Arthur. Après d'autres aventures, l'Enchanteur exige de son ami le roi Uter qu'il construise une troisième Table Ronde -- la première étant celle du Christ et des apôtres pour la Cène, la seconde faite par Joseph d'Arimathie et la troisième qui devra être faite par Uterpendragon. Merlin joue ici le rôle d'initiateur et de mage investi d'un pouvoir temporel puissant. Ainsi donc fut constituée la Table Ronde que, plus tard, le roi Arthur reforma avec ses preux chevaliers.

      C'est donc à l'initiative de Merlin que toute l'épopée du Graal prit forme et donna à l'Occident chrétien un souffle et un esprit nouveaux. L'histoire de Merlin serait fort longue à conter et nous n'en retraçons ici que les faits essentiels pour revenir, par la suite, plus en détail, sur certains événements. Merlin, mage, conseiller, prophète, initiateur, domine toute la société de son temps par ses dons, son intelligence et sa ruse exceptionnels. Mais voilà qu'un fait surprenant va assombrir la fin de sa vie d'une manière peu compréhensible. Un jour, la jeune Viviane vint au château d'Arthur pour y séjourner. Merlin, voyant la beauté de la jeune fille, en tombe éperdument amoureux. Voyant ce pourvoir étrange qu'elle exerçait sur le mage, Viviane lui demande de lui transmettre ses pouvoirs et de l'initier à ses enchantements.

      La ruse prend si bien que Merlin lui livre tous ses secrets. La jeune fille avait Merlin en horreur, mais savait que seule la fascination qu'elle provoquait chez le prophète pouvait lui permettre d'arriver à ses fins. Merlin en devient comme obnubilé et aveugle. Ses pouvoirs semblent s'être amoindris alors que, dit le texte, les pouvoirs de Viviane deviennent si grands qu'ils dépassaient ceux du magicien. Viviane l'amène dans une grotte où gisent les cadavres de deux amants. Elle ensorcelle Merlin, l'hypnotise et le pousse dans la tombe en refermant sur lui la pierre tombale ; et Merlin reste prisonnier vivant dans cette tombe.

      Voici brièvement ce que l'Histoire nous conte de Merlin, le prophète dont la fin demeure énigmatique. Il nous faut donc maintenant avancer un peu plus dans l'explication de ce symbolisme. Lorsqu'on lit la légende du Graal, on est en droit de se poser certaines questions. Quelle signification peut-on donner à cette histoire ? Quelle signification peut-on donner aux personnages ? Puisque nous savons qu'ils n'ont pas réellement existé en tant que tels, qu'a-t-on bien voulu nous montrer par cette curieuse et fabuleuse histoire ? Nous n'allons pas tenter ici d'expliquer tout le symbolisme, un seul exposé n'y suffirait pas. Notre but est de définir un personnage particulier qui a pour nom Merlin et qui est à la base de toute l'histoire. Toutefois, il nous faut préciser certains points.

      La Quête du Graal représente un voyage intérieur, un voyage en soi pour tout chercheur parvenu à une certaine étape dans son cheminement intérieur à la découverte de lui-même. Celui ou celle qui entreprend ce voyage en soi rencontre des aventures extraordinaires, à la fois fantastiques et belles, mais aussi effrayantes. Le but en est de découvrir le Graal et d'être enveloppé de sa lumière et de sa beauté, tout autant que d'en saisir certains mystères. Il est invité à passer derrière le miroir et à revenir -- à ce point transcendé qu'une formidable puissance d'amour se dégage de l'initié dans un rayon qui peut varier entre 5 et 10 mètres.

      La quête du Graal représente donc ce voyage symbolique à la découverte de l'Etre réel. Chacun peut y prétendre, à condition qu'il progresse avec constance et détermination. Les personnages liés à cette Quête en soi sont nombreux, et en fait qui sont-ils ? Ils sont autant d'aspects de nous-mêmes, autant "d'aventures" que nous pouvons rencontrer dans ce périple illusoire à la recherche de notre nature profonde. Ils sont les aspects humains du chevalier. Ils peuvent représenter ceux qui réussissent et ceux qui échouent. Tout un chacun possède en lui Perceval et Lancelot, Galaad et Bohort, Merlin et Viviane.

      Merlin ! Nous sommes obligés d'y revenir, puisque c'est lui qui a conduit occultement la Quête. On peut chercher l'origine lointaine de Merlin dans le personnage de Merddyn, dieu gaulois, parent de Mercure, dont le nom provient de la racine Mercs ou Merx (commerce) que l'on retrouve dans Mercurius, Merzin, Marthin. Mercure qui a en fait des fonctions identiques à Gwyon et Teutates, dieu gaulois qui est le Hermès des Grecs et le Thot des Egyptiens. Merlin serait donc assimilé à Thot, celui là même qui transmit la Connaissance aux hommes par l'intermédiaire d'un fameux Livre. Au sens noble du terme, nous pouvons donc associer Merlin au Trismégiste ou du moins à son représentant symbolique.
[Voir : De Thot-Hermès à la Tradition Primordiale, de Guillaume Delaage - Editions Ramuel]

      Mais le nom de Merlin a une autre signification. Il est possible de le rapprocher du mot anglais du XIIe siècle
Merilun qui a donné précisément Merlin en anglais moderne et qui signifie émerillon, variété de faucon très connu à cette époque. Mais que viendrait faire un terme anglo-saxon dans une histoire franco-bretonne ? La seule solution possible reste alors de faire de Merlin un adjectif dérivé du mot français merle. Ce rapprochement des oiseaux est très significatif dans la tradition. Merlin serait donc un poète persifleur. Merlin le sage fou vivant dans les bois, qui connaît le langage des merles, des oiseaux si chers au celtisme et aux druides. Mais lorsqu'on siffle et que l'on est maître en cette technique, on est maître de son souffle. Merlin serait donc, comme Thot, le maître des souffles, donc du Verbe. Voici donc ce personnage à la fois sage et fou vivant dans les bois et connaissant le langage des oiseaux. Nous y reviendrons plus tard.

      Dans la Tradition, le sage est toujours considéré comme un fou, car sa sagesse n'est plus la sagesse des hommes. Il parle le langage des oiseaux c'est-à-dire la langue universelle des dieux. Nous retrouvons un peu les mêmes composantes de l'histoire de Merlin dans l'histoire du dieu Lug transposée d'une autre manière dans le héros arthurien Lancelot du Lac. Merlin est donc celui qui représente, par son grand âge, la Connaissance, celui qui est porteur de la Tradition. Mais il est tantôt jeune et vieux tantôt en des apparences différentes. De quelle sagesse est-il l'héritier ? Les vieillards qui jouent un rôle important dans la Quête du Graal ne sont pas nombreux. Selon les versions, on les appelle le Roi pêcheur, le Roi Méhégnié, le Roi Malade, le Roi Pellés. Ces quatre personnages qui n'en forment qu'un sont tous blessés gravement ou atteints d'une maladie.

      Le but des chevaliers qui partent à la quête du Graal est de rapporter le précieux liquide de la coupe pour permettre au vieux roi de retrouver jeunesse, vigueur et force. Ce roi très important dans la Quête n'est pas très présent dans le récit. Pourtant, c'est avec acharnement que les chevaliers risquent leur vie pour rapporter le précieux liquide. Le Roi Malade, le Roi blessé, c'est en fait le vieil homme qui est en chacun de nous, c'est-à-dire l'âme personnalité, vieille de toutes les expériences acquises lors de ses vies antérieures, l'âme personnalité avec laquelle le chevalier doit prendre contact -- en d'autres termes : nous-mêmes.

      La Quête du Graal permet donc, lorsqu'elle est réussie, d'entrer en relation avec ce vieil homme caché au fond de nous et qui est notre véritable personnalité. Elle est le dieu vert, l'Osiris des Egyptiens, qui, lors de la descente en soi, permet de revenir du voyage intérieur avec une partie de cette lumière, de cette sagesse propre au vieil homme. Le fait de le rencontrer permet d'ouvrir la brèche, comme l'a fait Perceval (celui qui a percé le secret du val) dans le corps psychique et d'apporter une parcelle de cette sagesse et de cette lumière depuis la conscience. Le Graal, donc l'être intérieur, est à ce moment précis le dispensateur de cette énergie divine qui transcende l'être en traçant un pont entre notre nature humaine et la conscience. Merlin est donc censé représenter une image de ce vieil homme sage. Il est un des aspects de l'Etre de lumière, l'aspect peut être le plus sage, le plus souverain. Il est une émanation qui nous fait toujours penser que la sagesse est égale à la folie, et que l'homme par son aspect psychique et émotionnel est soumis à la faiblesse ; mais il n'est pas que cela.

      A la fin de sa vie, Merlin a aussi besoin de se ressourcer dans la Connaissance, car il a été victime de l'amour des sens symbolisé par Viviane. Il est enfermé dans la tombe des amants malheureux, victime de sa propre science et de la nature même de son monde émotionnel. Merlin dans toute sa sagesse nous montre aussi que le psychisme n'est pas le bon moyen d'entrer en soi. Il ne nous montre pas qu'il faille abandonner le côté émotionnel de l'être humain mais qu'il faut rester vigilant pour ne pas être aveuglé illusoirement au risque de se perdre. Là encore, la loi d'équilibre doit jouer sur tous les plans.

      Voilà donc à quoi nous conduit la quête du Graal : à la rencontre avec Merlin, avec le sage fou caché au fond de chaque être humain. Tout dans ce vaste combat nous dit qu'il faut équilibrer les passions en nous, car c'est là le but que nous devons atteindre sur ce plan d'évolution. Du reste, n'est-il pas dit à Perceval : «
Sache que le Graal n'acceptera jamais la démesure de tes désirs. »

      C'est là une des clefs qui permet de franchir correctement les obstacles qui mènent à la forteresse de Montsalvage. Mais l'œuvre du Roman du Graal est une œuvre assez complexe, à plusieurs tiroirs, si l'on peut dire. D'une part parce qu'elle retrace l'histoire de la Tradition Primordiale (parce que l'on reprend de vieux thèmes que l'on réactualise), et d'autre part parce que l'on y trouve plusieurs niveaux d'interprétation.

      Le Graal du Moyen Âge est identique au chaudron de Dagda des Celtes, qui provient de l'Ile du Nord du monde. C'est dans ce chaudron que les blessés étaient soignés de leurs blessures, en retrouvant force et vitalité. Mais la vieille légende celte est inspirée d'un récit encore plus ancien qui trouve sa correspondance sur le plan des dieux quelque part dans l'univers. Cela se retrouve bien sur avec la fameuse épopée du roi Lug, le dieu solaire dont nous avons dit qu'il était plus ou moins représenté par Lancelot dans le Roman du Graal.

      Le Graal serait donc une Quête en soi, mais aurait aussi une relation directe avec quelque chose de bien physique de bien tangible. Encore une fois, c'est Merlin le sage qui nous conduit vers une demeure assez mystérieuse dont n'ont parlé que quelques initiés par le passé. Il s'agit vous l'avez compris de l'Ile tournoyante ! La Table Ronde tourne comme le monde, et Merlin en est l'initiateur. Lorsque Merlin part à la recherche de Viviane, il le fait par mer, dans un vaisseau qui doit le conduire dans
la maison de verre. Curieuse dénomination pour un lieu qui semble plus magique que bien des lieux déjà décrits. Du reste, dans de nombreuses épopées irlandaises -- notamment dans le récit La navigation de Bran fils de Fébal -- nous retrouvons les mêmes constantes qui rappellent la destination vers un lieu fabuleux où résident les fées. Ce monde dans lequel se déplace Merlin à la recherche de la Maison de Verre est un lieu où s'opèrent les échanges les plus invraisemblables. On ne peut s'empêcher de penser à "L'île tournoyante".

      Nous nous trouvons ici en présence d'un symbole qui vient véritablement s'ancrer dans le réel, et le récit nous plonge directement dans un fait traditionnellement historique. L'Ile tournoyante telle qu'elle est décrite dans l'histoire du Saint Graal est composée de cinq éléments, dont un qui est l'aimant, véritable champ de force. Or, pour rejoindre cette Maison de Verre, Merlin doit prendre un vaisseau. Il y a là un symbolisme alchimique sur lequel nous reviendrons ultérieurement. La maison de verre est le ballon alchimique dans lequel l'Adepte travaille sur les cinq éléments, mais elle est aussi, sur un autre plan de symbolisme, le non espace-temps en soi qui permet d'approcher la conscience véritable. A un autre niveau, elle est la grotte où est enfermé le Graal physique quelque part dans le monde. En fait, nous l'avons dit, le récit de Merlin est inspiré d'une très vieille légende celte, et l'on retrouve les mêmes sources d'inspiration aussi bien dans le voyage de Lug que dans le voyage de Bran où il est dit :

      «
Il y a une île lointaine. Alentour, les chevaux de la mer brillent, belle course contre les vagues écumantes ; quatre pieds la supportent, des pieds de bronze blanc brillant à travers DES SIÈCLES DE BEAUTÉ. Jolie terre à travers LES SIÈCLES DU MONDE : ...Arrivé dans cette île merveilleuse, la nourriture que l'on mettait dans chaque plat ne disparaissait pas. Ils n'étaient là d'après leur vison que depuis peu de temps, alors que plusieurs années s'étaient écoulées. »

      Cela montre bien que ce monde se situe en dehors de notre espace-temps conventionnel. En fait, nous l'avons dit, cette épopée de Merlin retrace une histoire aussi vieille que le monde et qui fait partie du royaume et de l'histoire des dieux. Merlin, les chevaliers de la Table Ronde, autant de symboles qui préfigurent la Quête de l'homme dans son monde intérieur, mais aussi la recherche de l'univers des dieux dans lequel l'humain qui a retrouvé sa véritable nature a le pouvoir de se hisser. Vous l'avez compris, la Tradition nous offre, sous une forme allégorique, des récits légendaires qui cachent toute la beauté du savoir humain. Seules les clés que nous donne la Connaissance nous permettent de saisir, sous une forme claire et limpide, l'extraordinaire vérité qui se cache toujours sous le mythe qui fait partie de la formidable mémoire humaine.

Le blog de Guillaume Delaage

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans Chevalerie
commenter cet article
19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 07:04

 

 

 

 

L'expérience de l'Ange


par Marie-Pascale Rémy

 



Après une Expérience de Mort Imminente, Marie-Pascale Rémy a entamé un long cheminement spirituel qui l’a menée à partager ses découvertes à travers des ouvrages et conférences. Pour elle, loin du folklore, la présence de l’Ange Gardien est bien réelle. Elle n’est autre que la présence de Dieu en nous. Comment communiquer avec lui ? Comment comprendre ses messages et s’éveiller dans sa présence ? C’est ce dont elle nous parle ici.

Outre son corps physique, l’être humain possède une réalité intérieure composée de ses pensées et de ses émotions de même que toutes les pulsions et les motivations qui le poussent à agir. Ce monde intérieur est invisible, c’est-à-dire qu’il ne peut être perçu avec les sens physiques : on ne peut pas voir ses pensées ni entendre le son de ses émotions, les toucher, les sentir, les goûter. Et pourtant, nous savons bien que ce monde existe. Pourquoi ? Parce que nous en faisons l’expérience intérieure, intime. Nous l’expérimentons en nous-mêmes grâce à notre Moi, à notre Je. C’est le Moi qui fait l’expérience des pensées, des sentiments et des pulsions qui me poussent à agir. Le Je ou moi inférieur est le porteur de la conscience de soi, basée sur la capacité de se souvenir. Nous avons conscience de nous-mêmes, nous savons que c’est à nous que les choses arrivent, que nous sommes nous et pas notre voisin.

La science matérialiste d’aujourd’hui tend à faire croire que le monde intérieur de l’être humain est le fruit de son corps physique : les pensées sont des sécrétions du cerveau et les émotions, le résultat d’échanges hormonaux ou chimiques.

Pour certains scientifiques, tout ce que nous éprouvons intérieurement vient du corps physique. Nous pleurons à cause d’un échange chimique qui se produit dans notre corps. La tristesse est la manifestation d’un déséquilibre entre certaines substances du corps. Mais on ne nous explique pas la raison de ce déséquilibre. Qui commande au corps cet échange qui fait pleurer nos yeux ? Ce n’est certainement pas le corps physique qui est à l’origine des pensées ou des émotions mais plutôt le Je.

Ce ne sont pas nos pensées, nos émotions ou nos volitions qui nous font exister. Nous existons indépendamment d’eux. C’est le Je qui éprouve les choses, qui pense, a des émotions, des motivations et des pulsions qui le poussent à agir.

Le corps physique est l’instrument du Je. C’est le Je qui façonne le corps physique pour qu’il devienne un instrument efficace pour agir dans le monde, conformément à ce qu’il est. La physionomie, les gestes et la façon d’agir sont l’expression du Je.

Certes, en ce qui a trait au corps physique, entrent en ligne de compte certains facteurs comme l’hérédité et l’éducation. On ressemble toujours plus ou moins à ses parents et on est façonné par notre éducation, mais il existe une part de soi qui n’est conditionnée ni par l’hérédité ni par l’éducation : c’est le Je. Les frères et soeurs sont eux-mêmes différents. Ces différences sont le fruit de l’individualité, du Je. On peut percevoir aussi une différence chez les jumeaux. Si on prête attention à leurs gestes, par exemple, des divergences se manifestent, que ce soit dans leurs mouvements, leur démarche, etc. Nous sommes tous différents les uns des autres, et c’est ce qui fait la grandeur de l’être humain.

Il reste à savoir d’où vient le Je ? Pourquoi je suis moi ? Pourquoi suis-je comme je suis ? Comment se fait-il que nous possédions des aptitudes innées ou des dispositions particulières que les autres n’ont pas ?

Si l’on refuse le hasard qui n’explique rien, on peut penser que le Je a sans doute un passé. A notre naissance, nous venons du monde spirituel et portons un bagage. Nous n’arrivons pas sur terre sans aucune expérience, mais avec certaines richesses et une Intention de vie bien précise. C’est ce qui fait notre génie, ce caractère distinctif qui forme la nature de notre individualité et fait son originalité. Nous préexistons à notre corps physique. Nos dispositions innées viennent de notre existence préterrestre. C’est la raison pour laquelle nous pouvons observer une grande différence entre les enfants qui viennent au monde.

En vérité, l’idée de préexistence va à l’encontre de ce que nous croyons aujourd’hui. Nous sommes en effet restés sur ce qu’en a dit l’Église puisque la préexistence ou l’innatalité a été déclarée hérétique par les religions chrétiennes. Celles-ci font commencer l’homme à la naissance ou à la conception. Pourtant, l’homme devra un jour reconnaître qu’il existait déjà avant d’être né ou même conçu dans le monde physique. Avec déférence, comme un don sacré, il devra accepter ce qui lui a été légué par les mondes divins avant sa naissance terrestre afin de se dégager et de ne jamais tomber sous l’emprise totale du matérialisme.

En résumé, ce que nous sommes dans cette vie est le résultat de ce que nous avons vécu dans le monde spirituel avant de nous incarner.

Le Petit Robert nous dit que le destin est «l’ensemble des événements qui arrivent par hasard ou non dans la vie d’un être humain, résultant de causes distinctes de sa volonté». Destin et destinée appartiennent à la famille des mots dont la racine est ester qui signifie être debout sur la base de - stin - c’est-à-dire fixer. La destinée concerne ceux qui se tiennent debout (les hommes) et fixe celui qui se tient debout dans une certaine direction.

La mythologie grecque faisait du destin une puissance supérieure aux dieux. Ainsi, le destin qui régit toutes choses avait décidé que Zeus aurait un jour un fils qui le détrônerait et chasserait les dieux de l’Olympe. Ce fils était Prométhée, celui qui, pour avoir donné le feu aux hommes, fut enchaîné à un pic rocheux du Caucase et condamné à se faire dévorer le foie par un aigle rouge. Zeus, tout Dieu qu’il était, ne put rien faire pour éviter le destin. Puissance souveraine réglant d’avance tout ce qui doit être, le destin est appelé karma chez les Orientaux et providence chez les chrétiens. La providence, du latin providere (prévision, prévoyance), est le sage gouvernement de Dieu sur sa création, orienté vers son accomplissement final.

Si les traditions et religions révèlent que de tout temps l’homme était lié par un destin, aujourd’hui la notion de prédestination met mal à l’aise la plupart de nos contemporains. Avoir un destin préétabli ne paraît pas compatible avec la liberté. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’Occidentaux refusent purement et simplement l’idée qu’ils puissent avoir un destin. Il est vrai que le non-choix quant au déroulement de sa vie n’est plus conforme à l’évolution. Comment se positionner par rapport à cette question essentielle de l’existence humaine : l’homme est-il libre ou soumis à une nécessité ?

L’homme est à la fois libre et soumis à une nécessité. Il est libre du fait qu’il peut devenir créateur à l’intérieur des objectifs qu’il s’est lui-même fixés (par rapport à la forme qu’il donnera à ses objectifs) ; non libre quant aux buts choisis dans l’entre-deux vies (par rapport à l’essence de ses objectifs). Une position d’équilibre entre liberté et nécessité peut être créée grâce à la compréhension et au développement de la responsabilité. C’est par elle que l’être humain devient libre et créateur, car il s’avère capable de tirer profit de ses erreurs.

Toute destinée demande avant tout de se transformer, de devenir meilleur, de développer certaines qualités qu’on s’était engagé à manifester dans l’entre-deux vies. La destinée invite à se révéler, à devenir créateur de soi-même et du monde.

Lorsqu’on ne parvient pas à entrer dans la dynamique créatrice de la destinée, on s’expose au sentiment d’impuissance. On a l’impression de subir sa vie et de ne rien comprendre au sens profond de son existence. Les épreuves ne sont pas des punitions, mais des opportunités pour rester dans le droit chemin. Si, par exemple, on conserve le même travail alors que tout nous indique qu’on devrait en changer, il peut survenir des événements nous menant à être licenciés. D’un point de vue extérieur, cela peut paraître une catastrophe, mais en réalité, c’est sans doute une occasion permettant l’accomplissement de la destinée.

La destinée prend toute une vie pour se révéler. Il faut concevoir celle-ci comme une lente métamorphose de l’être, un mouvement, un déploiement, non seulement par rapport à sa vie actuelle, mais aussi à ses vies passées et à ses vies futures.

Dans toute destinée, il y a un lot d’épreuves nécessaires pour que le Je puisse acquérir de la force, de la détermination et se rapprocher du Moi supérieur. Nous avons une maladie, par exemple. On peut se dire que c’est le karma, la destinée : peut-être que par elle, on règle quelque chose qu’on a mal fait dans une vie précédente mais peut-être aussi que l’obligation de se battre pour survivre fera naître en soi une qualité comme la force intérieure. Dans ce cas-ci, la maladie n’est pas une compensation mais un moyen d’acquérir une nouvelle capacité. C’est un choix fait délibérément dans l’entre-deux vies qui ne vient pas forcément d’une faute de la vie précédente, mais qui prépare la vie future. Comme la destinée englobe à la fois le passé et l’avenir, il ne faut jamais tirer de conclusions hâtives, mais arriver à écouter, à bien se mettre dans son coeur pour pressentir si on est bien sur sa route, son chemin de vie, en sachant que les tuiles qu’on reçoit sur la tête ne sont pas des punitions mais des occasions de grandir.

Prendre conscience de son destin ne signifie pas savoir ce qu’on va devenir (pianiste, savant, etc.) mais comment on va le devenir. C’est choisir d’accomplir sa vie en y prenant volontairement part, en essayant d’en faire une oeuvre d’art.

En réalité, la destinée est constituée de deux formes d’existence : une existence terrestre (entre la naissance et la mort) et une existence céleste (entre la mort et une nouvelle naissance). Ces deux existences, qui forment la totalité d’une vie humaine, se déterminent l’une l’autre.

Le fil conducteur qui fait le lien entre les deux formes d’existence se manifeste :

- sur terre où la vie se déroule conformément aux engagements pris vis-à-vis de soi-même dans le monde spirituel ;

- dans le monde spirituel où les fruits et les échecs de la vie terrestre sont transmutés en nouvelles occasions et facultés.

Ainsi, la destinée, élaborée dans le monde spirituel, est plus tard vécue sur terre, et la vie sur terre est une préparation et une fondation pour l’existence céleste après la mort.

Le passage entre les mondes spirituel et terrestre est toujours marqué par l’oubli. Avant de s’incarner (au niveau de la sphère lunaire qui correspond au temps de la conception), l’être humain boit symboliquement l’eau du Léthé, ou boisson de l’oubli. Il perd le souvenir de son origine divine, des mondes cosmiques dans lesquels il a vécu jusqu’alors, oublie le pourquoi de son incarnation, ce qu’il veut réparer et ce qu’il veut créer.

Cet oubli des mondes cosmiques a été connu de tout temps et dans plusieurs traditions. Ainsi, dans le Niddah 30b du Talmud (loi et tradition juives compilées à Jérusalem et à Babylone, puis rédigées entre 200 et 500 après J.- C.), on dit que chaque individu, en tant que pur esprit, sait tout avant de naître. Toutefois, à la naissance, dès qu’il voit la lumière du jour, un ange le frappe au-dessus de la lèvre et il oublie tout. Il passe donc sa vie à essayer de se rappeler ce qu’il savait jadis.

Du fait de cet oubli, le souvenir de la destinée humaine est confié aux soins de l’ange gardien. C’est l’ange qui, nuit après nuit, souffle dans le coeur humain les inspirations susceptibles de mener l’individu là où il doit aller pour réaliser sa destinée. Se souvenir de sa destinée signifie entendre et accomplir les messages de son ange, c’est-à-dire retrouver le sens de sa vie et agir conformément à celui-ci.

La destinée se révèle à travers l’Intention qui sous-tend toute notre vie. Nous venons sur terre avec une intention forgée quand nous étions dans le monde spirituel et dont nous n’avons plus conscience dans notre vie quotidienne.

Dans le langage courant, «avoir une Intention» signifie que l’on se propose un certain but, qu’il y a quelque chose que l’on souhaite atteindre, obtenir ou devenir. Se fixer un objectif est essentiel dans la vie, car c’est ce qui nous fait vivre, nous donne le courage de nous lever chaque matin pour commencer une nouvelle journée et aller de l’avant. Derrière le but que nous nous fixons se cache ce qu’on peut appeler une intention. L’intention est le moteur de notre vie même si cela n’est presque jamais conscient ou clairement formulé. C’est cette intention particulière qui nous porte, nous donne le souffle et nous fait nous accomplir. Sans cette intention, nous ne pourrions pas vivre. L’intention est ce qui sous-tend toute notre activité dans le monde, nos rencontres et notre devenir. C’est elle qui forge notre destin. Elle n’est pas d’ordre matériel, mais d’ordre moral.

Manger, boire, dormir, travailler, se reproduire ou avoir des relations épanouissantes ne suffisent pas pour donner du souffle à sa vie. Il faut avoir d’autres motivations, plus profondes, d’ordre plus individuel. Nous avons besoin de donner un sens à notre vie, d’avoir une Intention au-delà des besoins physiques et affectifs. Les buts matériels comme gagner de l’argent ou se construire une maison sont vides de sens et ne sont pas porteurs de vie à moins qu’ils ne soient sous-tendus par une intention morale comme devenir meilleur ou acquérir une qualité. C’est dans l’Intention morale que se trouve l’ange. L’ange est présent dans tout projet, dessein ou idée à caractère moral. L’ange est essentiellement une Intention morale. On peut même dire que retrouver son intention de vie revient à fusionner avec son ange.

C’est une grâce et une bénédiction que de saisir son intention morale, car il n’est pas encore donné à l’homme de notre époque de s’approcher consciemment de son intention ou haut Idéal. Cette possibilité ne deviendra naturelle que dans quelques centaines d’années, à l’époque culturelle placée sous le signe zodiacal du Verseau. Tout homme déterminé peut cependant y parvenir dès aujourd’hui pour peu qu’il travaille sur soi, étudie, prie et médite. Ainsi, trois axes de travail aident à retrouver le sens de sa vie :

1. L’ouverture du coeur et le développement des qualités favorisant le souvenir de sa destinée

2. L’apprentissage du langage de l’ange (développer une pensée spirituelle par la lecture méditative et la méditation créatrice).

3. Prendre soin de ses nuits pour se souvenir de la rencontre avec son ange, par les rituels et la prière.

Quand on parvient graduellement à découvrir son plus proche idéal spirituel, on peut dire qu’on prend de l’avance sur son temps, on devient un pionnier en quelque sorte, car l’ange agit à travers soi de façon consciente. On collabore réellement avec lui. Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui, car chez la plupart des hommes, l’ange ne peut agir que de façon inconsciente.

Lorsqu’on connaît le symbole de l’ère du Verseau : un ange qui verse de l’eau, celui qu’on appelle le Verseur d’eau, on peut effectivement supposer que, dans l’avenir, l’homme vivra la relation avec son ange de façon beaucoup plus consciente. Durant l’ère du Verseau, l’ange déversera son eau vive dans l’homme, comme il le fait déjà aujourd’hui, mais la différence est que l’homme recevra cette eau de façon consciente. Cette eau n’est rien d’autre que la connaissance vivante, innée et essentielle de l’intention morale. L’homme de l’ère du Verseau saisira son intention morale avec sa conscience de veille. Il accomplira dans une lucidité croissante ce qu’auparavant il faisait sans y voir clair, car il aura conscience de la raison de son incarnation terrestre. Il connaîtra naturellement son but de vie, l’idéal de ses aspirations spirituelles. Dégagé de plus en plus des contraintes extérieures, il sera capable de se déterminer par lui-même, acquérant ainsi plus de liberté qu’il n’en a aujourd’hui. À cet égard, le signe zodiacal du Verseau est aussi connu par les astrologues comme étant porteur de liberté.

La connaissance vivante de l’intention du coeur, répandue dans l’humanité, apportera beaucoup de bien sur terre, car les hommes feront l’expérience de leur place ici-bas. Ils sauront trouver leur place, rester à leur place, être à la bonne place et seront heureux d’y être...

Avoir une intention morale, c’est avoir la volonté d’édifier en soi et de donner au monde une nouvelle qualité, capacité ou faculté qui soit vraie, belle et bonne.

Dans l’intention morale, on a toujours la volonté de faire mieux, de progresser. On se ressent en devenir, non terminé et on travaille avec fermeté et endurance pour construire cette capacité en soi. Le regard intérieur est tourné vers l’avenir. L’Intention morale ne recherche pas la perfection en tant que telle, mais la progression, le fait de faire mieux, de toujours aller plus loin et plus haut. Et comme l’exprime si bien Saint-Exupéry dans Citadelle  : «Seule compte la démarche, c’est elle qui dure et non le but... Ce qui importe c’est d’aller vers et non d’être arrivé». Dans ce même livre, Saint-Exupéry écrit aussi : «Sur la terre, il n’y a pas d’aboutissement, rien que du travail d’enfantement...»

Dans l’envie de s’améliorer, on est vivant, car on reste en devenir, dans un éternel et perpétuel devenir. Tout peut encore arriver, tout reste toujours possible. Le nouveau, l’avenir peuvent se manifester chaque instant. Lorsqu’on cherche vraiment à s’améliorer, on est en contact avec son ange. On demeure humble, ouvert à l’apprentissage et à l’inconnu, car ce qu’on cherche à acquérir est nouveau pour soi. Cela appartient à l’avenir.

On peut ainsi résumer en disant que l’ange est une intention morale et qu’il se manifeste dans la volonté de progresser.

Posté par Adriana Evangelizt


Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans TEXTES A LIRE
commenter cet article
19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 06:38

 

 

 

 

Histoires secrètes du Graal

 


par Alain Desgris

 


 


Objet de la quête éternelle des hommes d’esprits, le Graal a pris au cours des âges mille et un visages. Alain Desgris nous propose un point de vue original à plusieurs niveaux de lecture.


La forme circulaire de la Table d’Arthur a immédiatement éveillé les chercheurs plus acharnés pour se référer, non seulement à un concept de roue, mais aussi à celui de cycle zodiacal.

Stonehenge, la présence autour de ladite table de douze chevaliers identiques en nombre à ceux de la Sainte-Cène où Jésus réunit ses apôtres pour son dernier repas, pourraient paradoxalement faire dépasser cette notion du nombre en lui substituant quelque chose de plus fort !

Car la corrélation entre les deux exemples ne se résout ni dans le nombre, ni dans la forme qui ne sont là que des symboles complémentaires (mais non essentiels destinés simplement à attirer l’attention, à égarer) mais dans celui du «centre». Dans un cas, ce sera le Graal qui marquera sa prépondérance, tandis que dans l’autre cas, ce sera Jésus qui en sera la particularité divine... R. Guénon fera remarquer que le nombre des apôtres : représente une marque, parmi une foultitude d’autres, de la parfaite conformité du christianisme avec la tradition primordiale, à laquelle serait donné le nom de «préchristianisme»...

Ce qui équivaut à une manière éminemment politique à défaut d’être astucieuse, de conforter à la fois certaines théories athéistes qui verront dans la formulation une adaptation «sectaire» de quelque chose de préexistant alors qu’une autre vision pourrait consister à ne parler que de système «christique» mais tout en ne niant pas la déité Dieu ou le Grand Architecte de l’Univers Guénonien ! A chacun suffira sa peine ! En quoi retrouve-t-on les marques du zodiaque dans le Graal ? Le nombre de chevaliers (douze signes du zodiaque) autour de la roue (solaire) marquera évidemment le début de nos remarques.

Il est certain qu’une route, une quête, se situent, tout comme l’homme se tient, à un moment précis, à un endroit donné signifié par des coordonnées mesurables et précises.

De même un lieu sacré est situé donc orienté et je ne ferai injure à quiconque en rappelant à titre d’exemple que nos aînés disposaient la plupart des sites sacrés selon les orientations solaires et stellaires... Ce sens architectural respectait primitivement quelques axes qui purent varier dans le temps selon la volonté d’expression que l’on attendait de ce site ; cela répondait bien entendu à l’immobilisme relatif du lieu considéré, par rapport à l’homme libre qui va où il l’entend et s’oriente selon ses sens et son esprit ! Les idées de volume, d’élévation firent évoluer certaines idées et, de sombres lieux cultuels, de cryptes aux monastères éclairés par de simples fenêtres, jaillirent bientôt des flèches où la lumière et la preuve de l’existence d’un Dieu devenaient primordiales. Il fallait en effet convaincre le peuple de se rallier à un culte sans doute meilleur que de simples lois abruptes mais il fallait aussi rappeler cette prédominance du Principe sur un peuple plus soucieux de survivre !

Comment ne pas imaginer que des quêtes, aussi illustres que celle du Graal, n’aient pas eu pour objet de désigner une route à la condition d’être bien orientées tant dans le plan que dans l’espace !

Pour cela nous aurons tout un éventail de données et de symboles qui, associés, nous donneront la route d’Arctarus, celle d’Arthur et du Graal ; de même que nos anciens appelaient et suivaient la voie lactée, «le chemin de Saint Jacques».

Si nous partons du principe que la Table Ronde est une roue zodiacale, nous sommes tentés d’attribuer à chaque chevalier un signe, à partir du signe royal et ce bien que le roi Arthur ne soit pas toujours représenté sur les enluminures; le chevalier, sous le «dais» étant habituellement Galaad (signification assez précise d’un transfert de royauté) !

Nous serions aussi tentés d’aborder un univers assez proche (astrologique) qui nécessiterait une étude attentive et partiale de tous les problèmes posés par cette «science traditionnelle» ; d’autant que la polémique née du propos n’a abouti qu’à séparer voire diversifier à l’extrême les opinions.

Toutefois, ne nous y trompons pas, s’il existe des sciences dites exactes à côté de quelques fumisteries notoires, les scientifiques se trouvent généralement toujours intéressés par des réflexions qui peuvent à la fois se traduire en statistiques et en probabilités, voire même les conduire à des considérations d’ordre philosophique qu’ils savent précurseurs de quelques nouvelles idées ! Le problème étant aujourd’hui que la rentabilité élimine toute potentialité de réflexion qui ne trouverait pas a priori d’applications immédiates ou à terme susceptibles d’ouvrir des marchés !

Il est donc probable que le Graal nous montre la voie stellaire pour accomplir le cycle ! Pour cela il faut d’abord être choisi, élu, car sans cela la queste devient gratuite, sans aucun intérêt. Par ce choix visant à un acte, une nécessité, il y a nécessairement «élection», un mode de vie, qui permet de distinguer autant la lumière que les eaux vives. À chaque fois, se trouve un cycle déterminé par l’accomplissement de sa tâche précédente, alors que le mouvement est inexorable, savoir que rien n’arrête le temps terrestre ; que l’être vive en effet dans le bien ou dans le mal ne conditionne que le chemin et les rencontres, mais rien ne viendra surseoir à sa mort relative ! Selon quelques auteurs, partant de l’Homme-Zodiaque, le Bélier se trouve placé face au crâne de l’homme ; pourquoi pas au front ?

De cette idée, quelques chercheurs ont parlé de symbole de l’unité qui, en tombant, s’est désagrégé, plongeant le monde dans le paradoxe du bien et du mal.

Les chrétiens ont parlé de la déchéance de l’ange, de la prévarication de l’homme qui a perdu le paradis ; mais toutes les traditions racontent que l’être a conservé une part de l’âge d’or, du paradis et que sa route, son destin peuvent lui permettre de s’en approcher. N’est-ce pas ce qu’exprime cette émeraude permettant aux hommes la clairvoyance ?

Imaginez que notre «temps» nous permette de différencier, dans cet imbroglio de quête, la route nécessaire pour passer d’un signe à un autre ; rien de plus simple, il suffit de connaître pour cela la période au cours de laquelle le soleil se trouvera «dans» ce signe puis on superposera les caractères astrologiques que nous ont laissés nos anciens ainsi que leurs correspondances traditionnelles, leurs analogies.

Alors et seulement la signification sera révélatrice et nous permettra de mieux appréhender ce que nos contemporains ont réinventé en lui donnant le nom de religion en tant qu’unificateur des hommes entre eux et leurs réalités intérieures; cette compréhension fera émerger les réalités informulées de l’inconscient sous forme de pensées exprimées par la parole... ce qui paraît la plus grande avancée que l’ère nous propose !

En disant cela j’assume le risque de déranger, de choquer plus d’un historien positiviste mais l’expérience a démontré que la vérité (ou celle que nos mathématiques ont campé comme telle) passe souvent par les chemins détournés de l’esprit habitué à s’exclure d’une gangue par trop prégnante.

Quant à la plupart de mes collègues universitaires, ils ont été les vivants animateurs de cette curiosité modale, conceptuelle dont ils m’ont fait valoir l’intérêt; malgré un certain goût pour les univers technologiques, je me suis campé résolument vers des chemins plus «ouverts» qui donnent en général cette joie de la découverte et en rend la curiosité stimulante... mais ce n’est là qu’une des multiples voies à explorer.

Le symbolisme du vase, de la matrice, est universellement lié à la manifestation, et même à la régénération spirituelle. Le puits, la caverne, les gouffres se trouvent tous avoir quelques analogies avec l’athanor des Sages.

De même en fut-il des mines dont on extrayait les minerais réputés être des embryons qui avaient mûri sous terre. Quant aux pierres précieuses, elles étaient aussi censées croître dans le rocher, comme l’enfant croît dans le ventre de sa mère et la science n’a guère fait ces dernières années que constater et étayer cette idée de bactérie qui «faisait» l’or.

Si toutes les traditions parlent d’une cavité censée garder les reliques comme la crypte en est l’image, les écrits védiques désignent ce Garbha (matrice) en tant que vase qui sert à contenir le feu sacrificiel (Agni). Les Francs-Maçons retinrent cette idée universelle pour laisser réfléchir le profane (ou le récipiendaire) dans la solitude d’un cabinet de réflexion où la devise: V.I.T.R.I.O.L. (Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem) se contente d’elle-même. Le séjour dans la matrice, dans la caverne, représente un séjour d’immortalité en même temps que ar-rahmâniyah s’exprimerait comme la matrice universelle...

En Égypte, Isis, cette femme née du Ciel et de la Terre, s’accouplera, selon la légende, dans le ventre de sa mère pour donner naissance à Horus. Cette triade Père-Mère-Fils sera un des principes de la religion égyptienne et plus tard donnera naissance à ces doctrines osiriennes de l’immortalité de l’âme.

Dans la tradition chrétienne, Marie est elle-même la cella du Temple, la caverne du coeur qui va contenir le Christ et exprimera la réalité amenée à l’existence propre d’une des possibilités contenues dans le divin. Marie, la Dame merveilleuse du chevalier Bernard de Clairvaux, pourrait être «le vase du Graal», celle qui contiendrait le fils, en gestation (l’embryon), en mûrissement (la pierre précieuse) et en mémoire (la manne transformée en hostie)...

Marie, c’est en quelque sorte la seconde des naissances merveilleuses : «Lorsque Dieu commença la création..., la terre était déserte et vide et la ténèbre à la surface de l’abîme ; le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.» (Genèse 1,1-2) or si on considère la première syllabe de (MAR)ie on voit qu’elle possède le même sens symbolique que dans d’autres traditions : le IAM de Myr(iam), le Mare latin et le Mor gaélique évoquent tous en effet une étendue d’eau d’où est venue la vie !

Les scientifiques parleront, quant à eux, de «soupe dense et chaude» où la matière était mêlée à l’énergie dont la dilatation et le refroidissement conduisirent à la naissance des galaxies, des étoiles, des planètes et de la vie».

L’eau, par sa nécessité, devint peu à peu l’archétype des origines, «l’eau primordiale» qui était là avant que naissent les astres ; elle revêt donc ce double symbolisme en ce sens qu’elle est la materia prima, celle par qui «est» mais aussi cette image allégorique de l’évocation du «avant», la période où tout était «noir».

Comme le symbole grandissait avec les traditions et le mûrissement des hommes, on évoqua cette création par des statues auxquelles on voua un culte particulier ; d’abord représentée seule, on donna à cette idée un nom : Artémis ou Diane, Annis la Noire, Dana... puis on accompagna leurs effigies d’un enfant !

Une autre tradition celtique plus récente, si on en croit le manuscrit, parle de Koridwenn qui, pour racheter le physique disgracieux d’un de ses enfants (Afang-Du), décida de faire bouillir dans un chaudron et durant un an et un jour, toute l’inspiration et la science que le monde comptait.. Il en sortit la quintessence magique sous forme de trois gouttes... qui donnèrent le don de clairvoyance au savant Gwyon Bach.

Cette allégorie du chaudron, soumis aux influences célestes durant plus d’une année (une révolution terrestre), manifeste cet accomplissement et ce dépassement qui permet cette re-naissance, cette connais sance, par un don de clairvoyance... ce qui est parfaitement assimilable à cette coupe visible «verte» du monde physique qui se transformera en une «Coupe blanche et lumineuse» de la Gwended druidique.

Sans doute sont-ce là les idées «primitives» de ce qui donnera naissance, plus tard à une forme plus élaborée dans la quête dite du Graal.

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans Chevalerie
commenter cet article