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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 16:38

 

 

Chapitres extraits des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

CHAPITRE XIV

Du personnage appelé Abraham 1

8 - De la tour de Babel

7 - Suite d'Examen de la Genèse

6 -  Examen de la Genèse en particulier

 5 Suite de "Problèmes cités par l'époque citée"

4  Problèmes résolus par l'époque citée

3 - Suite des preuves

2 - Epoque de l'apparition du Pentateuque

1 - Des temps antérieurs à Moïse

 

 

 

 

 

BÉROSE, dit Josèphe(1), en supprimant le nom d’Abraham, notre ancêtre, l’a cependant indiqué par ces mots :

A la dixième génération après le déluge, exista chez les Chaldéens, un homme juste et grand, qui fut très versé dans la connaissance des choses célestes.

Effectivement, dans la généalogie juive, Abraham se trouve à la dixième génération depuis le déluge, et cela prouve, l’identité continue et l’origine commune des deux récits.

Josèphe ajoute : Hécatée a écrit sur Abraham un volume entier. Nicolas de Damas, au quatrième livre de son recueil d’histoire, dit : Abraham régna à Damas ; c’était un étranger venu du pays des Chaldéens ; au-dessus, de Babylone, à la tête d’une armée(2). Peu de temps après, il quitta le pays avec tout son monde, et il émigra dans la contrée appelée alors Canaan, aujourd’hui Judée.

D’autre part, Alexandre Polyhistor, citant Eupolème, dit(3) : Qu’Abraham naquit à Camarine, ville de la Babylonie , appelée Ouria, ou ville des Devins ; cet homme surpassait tous les autres en naissance et en habileté. Il inventa l’astrologie et la chaldaïque (4) ; par sa piété il fut agréable à Dieu. Les Arméniens ayant attaqué les Phéniciens, Abraham les chassa (comme le dit la Genèse ). Il eut en Égypte de longs entretiens avec les prêtres sur l'astrologie.

Artapan, écrivain persan, cité par Eusèbe (l. 9, chap. 18), parlait également de ce séjour d’Abraham en Égypte, où il enseigna pendant 20 ans l’astrologie ; il ajoutait qu’Abraham se rendit ensuite à Babylone chez les géants, qui furent exterminés par les dieux, à cause de leur impiété.

Enfin Josèphe parle, comme tous ces auteurs, de la grande connaissance qu’Abraham avait des changements qui arrivent dans le ciel ; et de ceux que subissent le soleil et la lune (les éclipses), etc.(5); ce qui signifie, en mots décents, qu’Abraham était versé en astrologie.

En examinant ces récits, l’on s’aperçoit que, semblables à ceux sur le déluge, ils viennent d’une source antique où la Genèse a puisé ; mais parce qu’ils ont mieux conservé le caractère mythologique qu’ils avaient originairement, ils suscitent plus de doutes et de soupçons sur l’existence d’Abraham, comme individu humain. En effet, dès lors que le déluge chaldéen n’est qu’une fiction astrologique, que peuvent être les personnages et les générations mis à la suite d’un événement qui n’a pas existé ? Si un déluge détruisait aujourd’hui la race humaine, à l’exception d’une famille de 8 personnes, cette famille, isolée et faible, accablée de tous ses besoins, ne vaquerait qu’aux soins pressants de sa conservation ; et avant 3 générations, sa race serait retombée dans un état sauvage, qui ne permettrait ni écriture, ni conservation de souvenirs anciens. Chez les peuples policés eux-mêmes, personne, sans l’écriture, n’a idée de la 6e génération antérieure ; comment donc la prétendue généalogie d’Abraham eût-elle pu se conserver ; surtout chez les Juifs, qui n’ont conserver aucun monument régulier et suivi, ni de la période des juges ; ni du séjour de leurs ancêtres en Égypte ? cette généalogie ne leur appartient point ; ils l’ont empruntée des Chaldéens ; elle est toute chaldéenne. Or chez les Chaldéens elle est du temps mythologique, comme le déluge et comme les géants avec qui Abraham eut des relations ; c’est pour cette raison que tous les détails ont tant de précision. Dans l’habitude où nous sommes de regarder Abraham comme un homme, il est choquant, au premier aspect de dire que ce personnage est fictif et allégorique, et qu’il n’est que le génie personnifié d’une planète ; cependant tel est le cas d’une foule de prétendus rois, princes et patriarches des anciennes traditions de l’Orient. Qui ne croirait qu’Hermès a été un sage, un philosophe, un astronome éminent chez les Égyptiens ? et néanmoins Hermès analysé, n’est que le génie personnifié, tantôt de l’astre Sirius, tantôt de la planète Mercure. Qui ne croirait que chez les Indiens, les 7 richis ou patriarches ont été de saints pénitents qui ont enseigné aux hommes des pratiques dévotes encore subsistantes ? et cependant les 7 richis ne sont que les génies des 7 étoiles de la constellation de l’ourse, réglant la marche des navigateurs et des laboureurs, qui la contemplent. Du moment que par la métaphore naturelle de leurs langues, les anciens Orientaux eurent personnifié les corps célestes, l’équivoque introduisit un désordre d’idées, qui s’accrut de jour en jour, et par l’ignorance d’un peuple crédule, superstitieux, et par l’usage mystérieux, énigmatique, qu’en firent les initiés à la science, et par la tournure poétique que lui donnèrent des écrivains à imagination. Il ne faudrait donc pas s'étonner si Abraham, roi, patriarche et astrologue chaldéen, analysé dans ses actions et son caractère ; ne fût que le génie d’un astre ou, d’une planète.

D’abord tout génie d’astre est loi : il gouverne une portion du ciel et de la terre soumise à son influence ; ses images on idoles portent toujours une couronne, emblème de son pouvoir suprême(6) : Abraham, nous dit-on, avait régné à Damas ; son nom y était resté. S’il n’eût été qu’un chef d’armée passager, il n’eût pas laissé une impression si durable. Il était allé en Égypte et y avait enseigné l’astrologie ; il l’avait même inventée, dit Eupolème, ainsi que la chaldaïque.

Un étranger enseigner l’astrologie aux Égyptiens, et cela 16 ou 17 siècles avant notre ère, quand les Égyptiens étaient, depuis tant d’autres siècles, les maîtres et les inventeurs de cette science ! cela est inadmissible et décèle la fable : Abraham a ici les caractères de Thaut ou Hermès, qui inventa l’astrologie et les lettres de l’écriture (7); surpassa tous les hommes dans la connaissance des choses célestes et naturelles ; qui fut un sage et un roi, mais qui, dans son type originel, n’est que le génie de l’astre Sothis ou Sirius, qui annonçait l’inondation du Nil, etc.

Abraham, dans le sacrifice homicide de son fils unique, retrace une autre divinité également célèbre par sa science.

Écoutons Sanchoniaton, qui écrivit environ 1300 ans avant notre ère.

Saturne, que les Phéniciens nomment Israël, eut d’une nymphe du pays, un enfant mâle qu’il appela Iêoud, c’est-à-dire un et unique. Une guerre survenue, ayant jeté le pays dans un grand danger, Saturne dressa un autel, y conduisit son fils paré d’habits royaux, et l’immola.

Or Saturne avait été roi en Phénicie, ayant pour secrétaire Thaut ou Hermès, et après sa mort on lui avait consacré l’astre de son nom.

Dira-t-on que Sanchoniaton, qui consulta un prêtre hébreu nommé Ierombal, a défiguré le récit de la Genèse ? Nous disons, au contraire, que les récits de cet écrivain tendent à prouver qu’elle n’existait pas de son temps, vu leur différence absolue. La vérité est que les Phéniciens, périple bien plus ancien que les Hébreux, ont eu leur mythologie propre et particulière, à laquelle ce trait appartient, et qu’ils ne l’ont pas emprunté des Juifs, qu’ils haïssaient : pourquoi donc cette ressemblance ? Parce qu’une tradition semblable existait chez les Chaldéens, peuple d’origine arabique, comme les Cananéens ; mais l’écrivain juif, auteur de la Genèse , a pris à tâche d’effacer tout ce qui retraçait l’idolâtrie, pour donner à son récit le caractère historique et moral convenable à son but.

L’analogie ou plutôt l’identité d’Abraham et de Saturne ne se borne pas à ce trait. Les plus savants auteurs persans, dit le docteur Hyde (8), assurent que dans les anciens livres chaldéens, Abraham porte le nom de Zerouan et Zerban, qui signifie riche en or, gardien de l’or (il est remarquable que la Genèse appelle Abraham, très riche en or et en argent(9); elle l’appelle aussi prince très puissant(10), ce qui se retrouve dans les anciens livres où il est appelé roi) ; ces mêmes livres l’appellent encore Zarhoun et Zarman (11), c’est-à-dire vieillard décrépit. Les Perses lui appliquent l’épithète spéciale de grand, et il est de tradition antique que l’on voyait son tombeau à Cutha en Chaldée : Sa réputation ne se bornait pas à la Judée , elle était dans tout l’Orient.

Maintenant rappelons-nous que le nom de Zerouan se trouve dans la Sibylle bérosienne, et dans le fragment de Mar I Bas, cités au 5e siècle de notre ère, par Moïse de Chorène, et copiés par le livre chaldéen traduit par ordre d’Alexandre. Déjà la bonne information des auteurs persans est prouvée : ajoutons qu’une autre sibylle, dans la même circonstance, au lieu de Zerouan, nomme Saturne ; qu’Abydène associe Saturne au lieu de Zerouan à Titan (12) ; l’identité de Saturne, de Zerouan et d’Abraham devient palpable. Les accessoires cités complètent la démonstration : Abraham est nommé Zerouan, Zerban, riche en or. Saturne fut le roi de l’âge d’or : Abraham est nommé Zarhoun et Zarman, vieillard décrépit ; Saturne, dans les légendes grecques, est un vieillard, emblème du temps que sa planète mesure par la marche la plus lente et la carrière la plus longue de toutes les planètes. L’on a donné à ce vieillard le caractère habituel de son âge ; on l’a peint avare, aimant l’or et entassant l’or : on lui a aussi donné la faux, parce qu’il moissonne tous les êtres, et qu’il fait mourir tout ce qu’il fait naître ; c’est sous ce rapport que, de temps immémorial ; les Arabes et les Perses l’ont appelé l’ange de la mort, Ezrail or Israël, chez les Phéniciens, était le nom de Saturne, dit Sanchoniaton : l’une des épithètes d'Abraham, en Bérose, est Mégas (13), grand ; son épithète spéciale chez les Perses, est Buzoug, qui signifie aussi grand. Sa femme Sarah  portait primitivement le nom d’Ishkah, signifiant belle et beauté : la Genèse en fait la remarque spéciale (chap. 12, v. 14) ; et dans le fragment de Sanchoniaton (14), Saturne épouse la beauté que son père avait envoyée pour le séduire. Enfin le nom primitif d’Abram (15)désigne Saturne ; car il est composé de deux mots, Ab-ram, signifiant père de l’élévation ; et dans l’hébreu, comme dans l’arabe, c’est la manière d’exprimer le superlatif très élevé, très haut, tel qu’est Saturne, la plus élevée, la plus distante des planètes.

La suite... Du personnage  nommé Abraham 2 

Notes

1 Antiq. jud., liv. I, chap. 7, § 11.

2 Nicolas de Damas, dans son propre texte, ajoute ici : Son nom est encore célèbre à Damas, où l’on montre un faubourg qui l’a retenu.

3 Eusèbe, Præpar. evang., liv. IX, chap. 17.

4 Probablement l’écriture chaldaïque.

5 Josèphe, liv. I, chap. 7.

6 Voyez Moses Maimonides, More Nebuchim, et le livre intitulé Dabistan, publié à Calcutta, 1789, dans le New-Asiatick Miscellany, tome Ier. Ce livre contient à ce sujet des détails qui se lient très bien avec ceux de Maimonides.

7 Voyez le fragment de Sanchoniaton, Eusèbe, Præpar. evang., lib. I, cap. ult.

8 De Religione veter. Persarum, pages 77, 78.

9 Genèse, chap. 13, v. 3.

10 Genèse, chap. 23, v. 6.

11 De Relig. veter. Persarum, pages 77, 78.

12 Voyez Moïse de Chorène, Histoire arménienne, page 16, note 2.

13 Josèphe, Antiq. jud.

14 Eusèbe, Præpar. evang., lib. II, page 37.

15 Selon la Genèse, chap. 17, v. 5, Dieu changea le nom d’ Abram en Abraham, comme signifiant père de la multitude ; mais ce mot Rahm manque dans les lexiques.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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