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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 15:45

Où l'on voit que le dieu de Moïse a pris du plomb dans l'aile ainsi que ce qu'il aurait pu dire... car rien ne reste de ses écrits s'il a écrit quelque chose...

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I

AELOÏM

LE PENTATEUQUE, DEPUIS MOÏSE JUSQU'A ESDRAS (ÔZRA )
APRÈS LA CAPTIVITÉ.

(suite et fin...)

Deux cent neuf ans s'étaient écoulés depuis la construction du Temple, et le culte de JÉOVÉ n'avait pu vaincre l'entraînement du peuple vers les hauts lieux et son attachement au culte des faux dieux. Cent quatre-vingt-huit ans s'écouleront encore de la sorte. Le retour des Hébreux vers le Dieu de leurs pères se maintiendra pendant douze ans, et l'idolâtrie triomphera de nouveau jusqu'à la captivité (Il est cruel d'avoir à noter que les années d'un monothéisme pur furent marquées, sous Asa et sous Josias, par d'affreuses persécutions religieuses. (Voy. H. Chr. 15,14 et suiv.; et u. Rois, ch. 23. )
.A l'occasion des actes d'Amazias, on trouve (II. Rois. 14. 6) une citation textuelle du Deutéronome (Ch. 24.16). Mais les livres des Rois ont été rédigés depuis la captivité ; on les attribue à Esdras, et c'est l'opinion de Dom Calmet. Le Deutéronome lui-même porte en quelques parties un caractère qui indique la fin de l'exil, et cette citation n'est, pour ainsi dire, que trop exacte.

Les règnes d'Osias et de Joathan offrent une durée de cinquante-huit ans, pendant lesquels le culte de JÉOVÉ est mieux suivi, ou semble l'être avec plus de persévérance ; néanmoins Osias ne se montre pas scrupuleux observateur des ordonnances du Seigneur; et sous Joathan, le peuple se fourvoie encore (II. Chron. 26. 16. — 27. 2). Le Temple était toujours un monument fort négligé, puisque ce dernier fut obligé d'y faire faire la principale porte.

Achas, qui leur succède, règne seize ans. Non seulement
il s'abandonne à l'idolâtrie, mais encore il enlève les trésors du Temple, en ferme les portes après avoir fait éteindre les lampes ; empêche qu'on y brûle les parfums et qu'on y offre des holocaustes. La dégradation fut grande, et seize années de délaissement complet durent l'accroître considérablement.

Lorsque Ezéchias, son successeur, rouvrit le Temple, cet édifice était
en si mauvais état, qu'il fallut en réparer jusqu'aux portes, et l'on convoqua les Sacrificateurs sur une place publique, en dehors du Temple (II Chron. 29. 4). Les Prêtres et les Lévites l'avaient si complètement abandonné, qu'on le trouva plein d'ordures; il fallut le nettoyer, le balayer d'un bout à l'autre, et ce ne fut pas peu de chose. La masse des immondices qu'on en tira fut portée au torrent de Cedron. Ensuite on employa huit jours pour purifier et sanctifier le lieu. Quant aux Lévites, ils étaient si peu touchés de la sainteté de leurs fonctions, si peu disposés à les reprendre, qu'ils ne s'empressèrent nullement de se sanctifier eux-mêmes. Cette indifférence est très significative. Plus tard, les cérémonies prenant un caractère imposant et solennel, ils éprouvèrent de la confusion, c'est-à-dire de la crainte ; mais Ezéchias pria pour eux, et JÉOVÉ leur pardonna.

Si les chroniques, si les livres des Rois, interrompus au règne d'Ézéchias, ne nous apprenaient rien des règnes:, qui vont suivre, on serait fondé à croire qu'après ce prince, l'idolâtrie, vaincue dans le cœur du peuple et des Rois, ne reparut qu'avec précaution et longtemps après.

Or, Manassès, successeur d'Ezéchias, régna 55 ans. Il rétablit entièrement le culte des idoles ; il protégea l'idolâtrie, jusqu'à renverser les autels de JÉOVÉ et à élever à leur place, dans le Temple, ceux des faux dieux ; et même , il y mit une idole de ces Dieux. C'était pousser la profanation aussi loin qu'elle pouvait l'être, et cependant cette statue et ces autels ne furent pas renversés, brisés, comme autrefois la statue de Dagon! Qu'était devenue la puissance talismanique de l'Arche et des Tables de la Loi? Elles étaient encore dans le Temple, nous dit-on (II Chron. 35. 3.) .Elles ne faisaient donc plus de miracles? Quels étaient donc alors le crédit, la croyance, l'influence morale et la sollicitude religieuse des Prêtres de JÉOVÉ? pourquoi les Prophètes ne fulminaient-ils pas les malédictions du Deutéronome : maudit soit l'homme qui fera une sculpture, et qui la placera dans un lieu secret qui la protège ; maudit soit qui se détourne de JÉOVÉ pour marcher après d'autres Dieux ? Qu'avaient-ils fait du livre de Moïse ? Hélas ! ils n'y pensaient plus, il était oublié depuis longtemps !

Enfin, Manassès, pendant sa captivité à Babylone, se sentit ramené par le malheur à la connaissance du vrai Dieu ; mais
le peuple ne partagea point son zèle, et Amon, après lui, gagna l'attachement de ce peuple en favorisant l'idolâtrie.

Après Amon,
Josias, agé de huit ans, monte sur le trône. La 18me année de son règne ouvre la porte à bien des conjectures ; quant à nous, elle nous révèle le peu de cas qu'on faisait du livre de la loi de JÉOVÉ, de celui même attribué à Moïse, rédigé par lui, selon l'auteur des Chroniques. Ce livre, remis en crédit pendant les douze dernières années du règne de Josias, fut oublié ensuite, et disparut 22 ans après, dans l'incendie du Temple de Jérusalem.

A cette époque le Pentateuque était vieux de près de neuf siècles. Beaucoup de
mots de la langue de Moïse avaient vieilli, leur signification primitive avait disparu, et des significations dérivées avaient prévalu. Ainsi, les paraboles en particulier avaient perdu leur sens rationnel ou intime, et une signification conduisant au merveilleux, parce qu'elle menait à l'impossible, était la seule qu'on pouvait entrevoir. Cette obscurité, cette ambiguïté du texte, avait causé depuis longtemps le discrédit véritable dans lequel était tombée l'œuvre de Moïse. Si l'on en lisait quelque chose, c'étaient probablement des extraits relatifs à la Doctrine proprement dite, comme le Décalogue, et ce qui concernait les cérémonies religieuses, ou les prérogatives du Sacerdoce. C'étaient les seules parties que les Scribes du Temple transcrivissent de temps à autres ; mais ils n'en multipliaient les copies que pour l'usage et l'instruction des Lévites.

Il n'était
plus besoin pour cela de recourir au Pentateuque entier. Il suffisait de recopier les extraits qu'on en avait faits. Le reste était abandonné, oublié; on lui avait naturellement préféré des narrations plus modernes et moins obscures.


Le livre de Moïse était donc bien rarement consulté, et la preuve en effet qu'on y tenait peu, c'est qu'on le sépara de l'Arche, à côté de laquelle il aurait dû rester (Deut. 31. 96. — Si cette ordonnance est de Moïse.). Il en résulta que bientôt les Scribes et les Prêtres perdirent jusqu'au souvenir du lieu où il avait été déposé, ou plutôt jeté. Enfin, il disparut entièrement !

Ne croyez pas que cette perte mit le trouble et la désolation dans le Temple, qu'elle porta l'effroi dans le cœur et l'imagination des voyants, des Prophètes et des Prophétesses.
On n'en parla même pas; on ne fit aucun effort pour retrouver cette loi de JÉOVÉ; et il n'en aurait jamais été question , les livres du Pentateuque ne nous seraient pas connus, même de nom, si le hasard n'eût fait découvrir l'ouvrage de Moïse ; où ? sous un tas d'ordures, selon saint Chrysostôme, dans un grand coffre, sous un amas de vieilles pièces de monnaie, comme cela semble résulter de la rédaction des Chroniques, livre 2, chapitre 34. Les Lévites avaient cumulé cet argent depuis le règne de Manassès, c'est-à-dire depuis plus de quarante ans.

Cette découverte inattendue, et dans un pareil endroit, découverte qui par nous serait considérée comme un indice positif des intentions de la Providence, ne produisit dans le Temple
aucune sensation. Le Grand-Prêtre ELQIEU, au lieu de porter lui-même au Roi, avec des manifestations de joie et de respect, ce livre si précieux, le remit simplement comme un livre curieux, mais autrement sans importance, à un Scribe, avec l'état des dépenses faites pour réparer le Temple, depuis si longtemps négligé, et négligé même, à ce qu'il paraît, pendant les dix-huit premières années du règne de Josias.

Il est évident
qu'Elqieu avait gardé ce livre un assez grand nombre de jours, ou sans trop y faire attention, ou pour en méditer l'effet, ou pour une raison que nous dirons tout à l'heure. On avait eu le temps de distribuer l'argent trouvé dans le trésor du Temple, de s'entendre sur les réparations, et d'avancer même tous les travaux commandés, avant qu'il eût dit un mot du livre;

Le Scribe, à l'exemple du Grand-Prêtre, commença par rendre compte au Roi de l'emploi de l'argent et de l'état des travaux ; après quoi il aborda ce qui concernait le livre, et par singularité en lut quelques passages. Au reste, voici les paroles mêmes de l'auteur des Chroniques :

« Or, comme on tirait l'argent qui avait été apporté dans la maison de JÊOVÉ, Elqieu (Helqias'), le grand prêtre, trouva le livre de la loi de JÉOVÉ, de la main de Moïse. Et Elqieu prenant la parole dit à Chaphan le scribe : j'ai trouvé le livre de la loi en la maison de JÉOVÉ ; et Elqieu donna le livre à Chaphan. Et Chaphan apporta le livre au Roi, et il fit de plus un rapport au Roi, disant : tout ce qu'on a donné à faire à tes serviteurs ils le font. Et ils ont amassé l'argent qui a été trouvé en la maison de JÉOVÉ, et l'ont délivré entre les mains des commissaires et entre les mains de ceux qui ont charge de l'oeuvre.
Et Chaphan le scribe parla au Roi, disant : « Elqieu le grand-prêtre
m'a donné un livre, et Chaphan y lut devant le Roi. »

Il faut remarquer que la rédaction de ce fait dans le second livre des Rois, chapitre 22,
supprime la qualification de livre de la main de Moïse.
Cette rédaction est par cela même antérieure à celle des Chroniques, et dénonce dans celle-ci
une addition faite avec intention, ce qui n'est qu'une fraude pieuse. Postérieure, la rédaction du livre des Rois supposerait une suppression par correction , et le livre trouvé par Elqias ne serait plus avoué pour le livre de Moïse.
Quant au reste du récit, même tactique, même précaution de la part du Scribe qui commence par la reddition des comptes, et qui n'ajoute qu'ensuite , par surabondant : Elqias le grand-prêtre
m'a donné un livre.

Cette découverte
si froidement annoncée, ce peu d'empressement du Grand-Prêtre, le rôle visiblement appris du Scribe, la conduite de Josias si peu conforme à cette piété timorée qu'on lui suppose ; car après avoir été prévenu d'un si grand événement ( selon les Chroniques seulement ) , au lieu de s'en occuper de suite, il attend qu'on lui ait rendu compte de l'exécution de ses ordres et de la distribution de l'argent trouvé dans le Temple; tout cela , dis-je, a fait soupconner qu'un accord avait eu lieu entre le Grand-Prêtre, le Scribe et Josias lui-même, afin d'essayer, sous l'autorité du nom de Moïse, l'usage d'un code menaçant qui pût mettre fin à l'idolâtrie. C'était l'opinion de Volney, et celle de plusieurs critiques qui ne s'en sont point cachés ; c'est en secret celle de beaucoup de savants.

Èlqias serait donc l'auteur du Pentateuque. Prouver positivement qu'il ne l'est pas serait, il faut en convenir, fort difficile. Cette difficulté ne peut disparaître que devant le sens intime, primitif ou rationnel des scènes cosmogoniques de la Genèse et devant beaucoup d'autres parties du Pentateuque, où ce sens ramène à l'Egypte antique fort antérieure à Josias. Le livre d'Elqieu ne fut probablement que l'essai malheureux d'une nouvelle rédaction de l'œuvre de Moïse ; je dis malheureux, car cet essai, loin de ramener au culte de JÉOVÉ, en éloigna à ce qu'il paraît tous les Rois depuis Josias jusqu'à l'époque de la captivité. On peut supposer que la rédaction du livre devenue trop claire et trop facile avait perdu ce caractère obscur et douteux qui convenait à une narration vieille de neuf cents ans, ce qui ajoutait même à son autorité.

Il n'est donc pas présumable que dans les trente-quatre ans qui suivirent on ait entrepris beaucoup de copies de ce livre resté sans-influence après Josias, et brûlé dans l'incendie du Temple. Ce n'est probablement pas non plus ce livre qu'Esdras avait étudié et dont il avait confié le texte à son heureuse mémoire. Mais il put être pour lui une leçon. Elqias avait rendu le texte de Moïse tellement facile, que Josias qui ne le connaissait pas, le comprit sur-le-champ ; Esdras, au contraire, le rendit plus obscur que le temps n'avait pu le faire, et on ne put plus le comprendre sans une tradition orale et une paraphrase chaldaïque.

Èlqias avait probablement
retrouvé le livre depuis plusieurs années, il en avait revu la rédaction en secret, et quand tout avait été fini, il avait amené les choses pour expliquer sa découverte. Il avait aussi communiqué son projet aux personnes intéressées à le soutenir ; il en fit hasarder l'effet par une d'elles, et se tint à l'écart, pour répondre après le premier moment aux observations et aux demandes qui ne pouvaient manquer d'avoir lieu : cette conduite était nécessaire afin qu'il eût le temps de concerter ses réponses avec les Scribes ou Prophètes prévenus.

Je crois Josias étranger
au coup d'état politique et religieux qu'Elqias et Chaphan s'étaient proposé. Ce prince nous fait l'effet d'un néophyte resté sous la domination sacerdotale, et dont le zèle aveugle et la confiance permettent de tout oser.

On trouve la preuve de ce dévot abandon dans la manière dont il ordonne l'emploi de l'argent retiré du trésor du Temple. « Qu'on délivre, dit-il, l'argent aux charpentiers, bâtisseurs, maçons même, pour acheter du bois et des pierres de taille pour réparer le Temple15. Toutefois, qu'on ne leur fasse point rendre compte de l'argent qu'on leur délivre entre les mains, d'autant qu'ils s'y portent loyalement(II. Rois.22. 6. 7.).»

La rédaction du second livre des Rois, plus simple que celle des Chroniques, ne dit point que Chaphan annonça d'abord la découverte du livre, et reprit avant de le lire le compte-rendu des travaux et de l'emploi de l'argent. Au contraire, le Scribe semble n'aborder qu'avec précaution ce sujet délicat. Il fit voir ensuite le livre au Roi, le lui mit sous les yeux (UIGD), en disant :
le grand-prêtre Elqieu m'a donné un livre; sans expliquer ce que c'est que ce livre; et ayant ainsi piqué la curiosité du Roi, il en lut quelques parties. Ici la ruse se découvre. Il paraît qu'il porta son attention à l'endroit des malédictions du Deutéronome. Or, comme elles sont à la fin de ce livre, le dernier du Pentaleuque, au chapitre 28, il est impossible d'attribuer cette rencontre au hasard : car, pour lire un livre de cette étendue, écrit sur une suite de peaux cousues et roulées, il fallait le dérouler entièrement pour choisir avec affectation ou avec intention un long passage écrit vers la fin. Le rouleau pouvait avoir été disposé d'avance pour qu'on arrivât sûrement et de suite à ce passage ; mais par cette préparation même, il y aurait indice de fraude.

Ainsi se montrent dans tout leur jour
la supercherie d'Elqias, celle du Scribe placé sous ses ordres, et la bonne foi de Josias.

Ces malédictions, si terribles, que lorsque Moïse les prononca elles firent trembler la terre, assombrirent le soleil, couvrirent le ciel et la lune de nuages, firent perdre aux étoiles leur éclat, et ranimèrent les morts qui jetèrent un cri du fond de leurs tombeaux; ces malédictions, dis-je,
intimidèrent le pieux Josias, qui fit courir aux informations sur JÉOVÉ et sur ce qu'on devait penser de ses menaces. « Allez, enquérez-vous de JÉOVÉ pour moi et pour ce qui est de reste en Israël et en Juda, touchant les paroles de ce livre qui a été trouvé » (II. Chron. 34. 21.). On envoya consulter une devineresse du pays, où cependant les prophètes ne manquaient pas. Ce trait seul donnerait lieu à réfléchir, et dénote de la part de Josias un esprit bien faible. Il eût été plus naturel et plus raisonnable de s'adresser directement et uniquement au Grand-Prêtre. Mais le Grand-Prêtre n'étant pas venu lui-même, Josias suspectait peut-être sa sincérité, ou ses intentions, ou même l'authenticité du livre. Quoi qu'il en soit, on peut dire en faveur de ce prince, que les défections continuelles du Sacerdoce sous les règnes précédents, l'indifférence visible des Prêtres pour cette découverte, expliquent et excusent en quelque sorte le ridicule de sa démarche.

Cinquième partie

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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