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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 14:47

 Explication intéressante de la fameuse marque de Caïn... portait-il déjà la marque de la Bête ?

 

 

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
14ème partie
13ème partie
9ème partie
8ème partie
1ère partie

 

 

 

Chapitre 8

 

 

LES PATRIARCHES :
DEMI-DIEUX DE LA PÉRIODE ANTÉDILUVIENNE 1

 

 

 

« Et un enfant sorti de Sopanim qui fut morte et il s'assied sur le lit à ses côtés. Et Noé et Nir vinrent pour enterrer Sopanim et ils virent l'enfant assis aux côtés de Sopanim qui fut morte essuyant ses vêtements. Et Noé et Nir furent terrifiés puisque que l'enfant fut développé physiquement comme un enfant de trois ans. Et il parla avec ses lèvres et bénit le Seigneur. Et Noé et Nir le regardèrent et hélas, l'insigne de la prêtrise fut sur sa poitrine et il fut glorieux en apparence ».

On se souvient des jours antédiluviens comme étant le règne des dieux rois de la Liste des rois sumériens et comme l'époque des patriarches du livre de la Genèse. Les sources disent que les chefs qui formaient l'aristocratie gouvernante en ces jours furent de sang divin, c' est-à-dire, en partie sauriens.

Un deuxième groupe sur la Terre fut soit les Néfilim ou les Anounnaki qui descendirent vivre ici et se marièrent avec les femmes humaines.

Le troisième groupe à peupler la Terre fut l'espèce humaine, l'Homo sapiens, produit par les Anounnaki comme force de main-d'oeuvre pour faire toutes les tâches secondaires.

De ces trois groupes, ici nous nous concernons de celui des demi-dieux, les prêtres-rois de la période antédiluvienne qui sont connus dans l'Ancien Testament comme les descendants d'Adam et Ève.

DEUX LIGNÉES DE DESCENDANCE : CAÏN ET SETH

La lignée de descendances d'Adam et Ève fournie par le Livre de la Genèse pose un grand nombre de problèmes, puisqu'elle énumère non seulement les progénitures de Caïn mais inclut aussi la lignée parallèle de Seth. Elle duplique même quelques-uns des noms Caïnites et se rapproche de certains autres.

Par conséquent, il semble y avoir deux lignées traditionnelles séparées dérivant de la même source distante. Le centre originel de la dissémination fut manifestement en Mésopotamie. Bien que le nom Methusael soit clairement Akkadien (MUTU-SA-ILI ou « homme de dieu »), les autres noms n'ont rien de commun avec leurs antécédents mésopotamiens ; et il semble qu'avant qu'ils atteignent les Hébreux, ils traversèrent un centre de dissémination secondaire où ils furent transformés dans les registres et traditions locales.

Une troisième liste longtemps négligée est mentionnée dans la littérature apocryphe, vraisemblablement parce qu'elle ne correspond pas à la proposition dans la Genèse qu'Abraham hérita de la cape de prêtrise de Noé. Provenant du deuxième livre d'Hénok, cette liste de prêtres-rois se termine avec le patriarche Melchisédech qui est transporté au ciel juste avant du Déluge. Elle contient plusieurs noms étranges et peu familier qui ne paraissent pas ailleurs dans les Saintes Écritures. Aussi appelé l'Apocalypse slave d'Hénok, elle est datée au premier siècle après J.C. et décrit la montée d'Hénok au ciel, sa déification et son retour sur Terre. Elle est peut-être mieux connue pour sa lignée de succession qui évite Noé, la faisant passer à son frère Nir et ensuite à son fils, Melchisédech.

Dans la Genèse, la lignée de Caïn fut interrompue soudainement et sans doute ce changement fut en relation du meurtre de son frère Abel. Caïn fut exilé aux terres à l'est de l'Éden où, plus tard, il produisit un fils appelé Hénok qui, dit-on, construisit des villes, sept en fait, toutes nommées d'après ses fils. C'est peut-être une coïncidence que les Sumériens avaient aussi construit sept villes majeures avant le Déluge et cela suggère une source d'origine commune.

Sans événements précis, la Genèse continue la lignée de Caïn à travers Irad, Mehujael, Methusael et finit alors avec Lamek. Mais les Saintes Écritures laissèrent derrière un casse-tête, un mystérieux verset qui fut un énorme problème pour les érudits bibliques. Le verset qui termine la lignée de Caïn se lit comme suit :

« Lamek dit à ses femmes : Ada et Çilla, entendez ma voix, femmes de Lamek, écoutez ma parole : J'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. C'est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, septante-sept fois ! »

La Genèse ne mentionne plus la lignée caïnite et commence abruptement la généalogie de Seth. Évidemment, le verset contient les indices de ce changement de politique. Si la lignée avait été condamnée, pourquoi ? La solution de ce verset énigmatique qui termine la lignée de Caïn est probablement le fait qu'il existe deux, même trois lignées de descendances parallèles.

LE MYSTÈRE DU MEURTRE CAÏN-ABEL

L'explication biblique du premier meurtre enregistré dans l'histoire de l'espèce humaine n'est pas convaincante puisque, selon la Genèse, Caïn tua Abel parce que son sacrifice fut snobé par le Seigneur en faveur de celui d'Abel. Logiquement, cela ne semble pas être une assez grande provocation pour que Caïn commette un fratricide. Cela semble être plus une fausse explication inventée par les anciens chroniqueurs. La réponse se trouve ailleurs dans les travaux apocryphes. Une version plus complète et sinistre du crime est fournie dans cet ancien document, La vie d'Adam et Ève.

Quand Ève conçut et porta Caïn, elle dit, selon la Genèse, « J'ai acquis un homme de par Yahvé ». Cependant, dans le cas d'Abel, le texte dit simplement, « Elle donna aussi le jour à Abel, frère de Caïn ». La genèse suggère donc, bien que de billet, que, des deux, la naissance de Caïn impliqua la divinité !

D'autres éclaircissements de la paternité de Caïn sont trouvés dans l' Apocalypse d'Adam, un document gnostique du premier siècle après J.C., où Adam révèle à son fils Seth que « le Seigneur qui nous créa, créa un fils pour lui et Ève, votre mère ».

Si la divinité fut le père de Caïn, et que Abel fut engendré par Adam, cela explique plusieurs des événements qui se sont produits par la suite. Si la divinité fut son père, Caïn serait semi-divin, en partie reptilien et plus comme Dieu. Cela expliquerait aussi sa nature violente et sanguinaire causant le meurtre de son frère Abel.

Au sujet de la naissance de Caïn, ce document observe qu'Ève « donna naissance à un fils et qu'il fut brillant et lumineux ». C'est une bonne description de la peau brillante et lumineuse des dieux reptiliens.

Une description exceptionnelle et quelque peu bizarre du crime de Caïn est aussi inclue dans ce document qui raconte des épisodes de la vie d 'Adam. Il y a deux versions--la version latine ou Vita et la version grec ou l'Apocalypse. Dans la version Vita, Ève a une vision où, « comme si le sang de notre fils Abel fut dans les mains de Caïn qui l'avalait dans sa bouche ». La version Apocalypse est encore plus dramatique, comme Ève dit à Adam :

« Mon Seigneur, j'ai vu un rêve hier soir, le sang de mon fils Amilabes, appelé Abel, entrant dans la bouche de Caïn son frère et il le buvait sans pitié... Et il n'est pas resté dans son estomac mais est sorti de sa bouche. Ils allèrent voir et trouvèrent Abel tué par Caïn ».

Le crime de Caïn fut, apparemment, non seulement le fratricide mais aussi manger la chair et boire le sang de son frère. Ce comportement paraît plus reptilien qu'humain, puisque Caïn fut engendré par la divinité, non comme son frère qui avait Adam comme père. Par conséquent, Caïn fut demi-saurien. C'est peut-être la raison principale pour terminer la lignée de Caïn et la remplacer par celle de Seth.

Qu'il ait été provoqué ou non, Caïn commit un crime sérieux, beaucoup plus sérieux qu'une simple erreur en offrant un sacrifice. Caïn, non seulement tua Abel mais mangea sa chair et bu son sang. Pour cette action barbare, Caïn fut banni à l'est à la terre de Nod. Et comme signe que Caïn fut sous la protection du Seigneur, il plaça une marque sur Caïn qui n'est pas décrite dans la Genèse.

Pour protéger sa progéniture semi-divine, la divinité avertie que « quiconque tue Caïn souffrira sept fois plus de vengeance ». Étrangement, cette même formulation est répétée dans le verset sur Lamek qui termine la lignée de Caïn et il est évident que les deux versets sont associés.

La divinité considère que Caïn est une mauvaise expérience ; mais puisque lui et sa progéniture sont semi-divins, il ne peut pas le détruire mais peut seulement l'exiler à une terre lointaine pour que ni lui et ses progénitures ne puissent plus faire aucun mal. On dit que Caïn épousa sa soeur Awan à la fin du Quatrième Jubilé ou vers la 200ème année de la vie d'Adam.

Les sources rabbiniques indiquent qu'il est mort en sa 930ème année, c 'est-à-dire, un an avant la mort d'Adam. Dans l'Apocryphe, Caïn fut tué accidentellement par Lamek, accomplissant ainsi la malédiction de la septième génération.

LA LIGNÉE DE SETH : ÉNOSH, QÉNÂN, MAHALALÉEL ET YÉRED

Après la mort d'Abel et le bannissement de Caïn, un troisième fils arrive sur la scène. Comme Abel, Seth naquit d'Adam et Ève. Il semble que la divinité décida de ne pas intervenir dans les affaires de l' homme et de lui permettre de produire sa propre progéniture. Seth épouse sa soeur et Hénok naît. Ainsi commence la lignée des patriarches qui continue sans interruption jusqu'au temps du Déluge. Les héros de l'Ancien Testament, souvent et fièrement, revendiquent leur descendance de cette lignée de Seth.

Qui furent alors ces patriarches ? Et puisqu'ils furent sans aucun doute des résidents de la Mésopotamie, quelles preuves y a-t-il dans les Saintes Écritures et autres écrits anciens pour les lier étroitement aux Anounnaki ou astronautes étrangers ?

Très peu d'information est disponible dans l'Ancien Testament au sujet des quatre premiers patriarches. Hénok signifie « mortel » ou « être humain » et selon les Saintes Écritures, il fut considéré comme le premier mortel ou humain. Selon les sources rabbiniques anciennes, c' est pendant cette époque que les « visages des hommes devinrent semblables à celles des singes ». Il semble que la contenance humaine soit devenue moins reptilienne et plus comme celle des mammifères ou des singes durant les années d'Hénok.

C'est peut-être pour cette raison que la génération d'Hénok n'est pas bien expliquée dans les sources anciennes. Le Haggadah l'appelle la génération du « conseil des impies » puisque les contemporains d'Hénok furent accusés de pratiquer « les arts de la divination et le contrôle des forces célestes ». L'homme commençait à démontrer un esprit d' indépendance et de curiosité intellectuelle qui, apparemment, ne plaisait pas ses maîtres reptiliens. [Note de l'éditeur : Je crois que la hiérarchie nibirouenne aurait préféré ne pas créer l'homme du tout. L'homme fut une créature nécessitée par leur avidité et leur paresse. Cependant, une fois créé, l'homme devait être civilisé et instruit. Donc, ces Dieux sauriens avaient cette responsabilité, que cela fasse leur affaire ou non. Aujourd'hui, je crois qu'ils espèrent être libres de nous à jamais et que nous ne soyons plus leur fardeau.]

Les jours d'Hénok furent aussi marqués par un grand nombre de tremblements de terre causant beaucoup de malheur. La sécheresse et la famine suivirent et alors il y eut la mort en masse de la population. Selon le troisième livre d'Hénok, en les jours d'Hénok, le Seigneur décida de retirer son « shekinah » ou vaisseau spatial de la région du jardin d'Éden et de retourner aux cieux.

Les sources sumériennes révèlent qu'en premier lieu, le dieu principal Anou résida à Ourouk, l'Érek de la Bible, mais, pour des raisons non mentionnées, il décida de retourner à sa demeure céleste, pour ne jamais y revenir sauf quelques occasions spéciales. Il est peut-être parti à cause des nombreux tremblements de terre et des mauvaises conditions au temps d'Hénok.

On dit qu'Hénok vécut 905 années. À l'âge de 90 ans, il engendra Qénân ou Caïnan, signifiant « métallurgiste » ou « artisan », dont très peu est connu des anciennes sources. Puisque la deuxième ville construite s'appela Badtibira ou « ville de transformation du métal », il semble y avoir une association dont la signification a été perdue.

Qénân vécu 910 ans et engendra Mahalaléel à l'âge de 70 ans. Mahalaléel ou « glorifiant le Seigneur » vécu 895 ans ; on ne sait rien à son sujet. À 65 ans, Yéred est né ou 460 ans après qu'Adam eut laissé l'Éden. Donc, Adam, Hénok, Qénân, Mahalaléel, aussi bien que Caïn, vivraient tous au temps de l'époque de Yéred.

Yéred fut le premier patriarche à ne pas épouser sa soeur. C'est peut-être symbolique de la fin d'une époque où le mariage entre frères et soeurs fut non seulement pardonné mais pratiqué comme coutume générale, comme par exemple, par la famille royale égyptienne. Selon le calcul des chiffres donnés dans la Genèse, les jours de Yéred seraient de l'an 460 AA à 1422 AA ( AA signifie, Après Adam, ou les années écoulées depuis la naissance d'Adam).

William W. Hallo, dans son article sur les villes antédiluviennes (Journal of Cuneiform Studies, Vol. 23, No. 3) suggère que Yéred ou Yered, signifie « celui d'Éridou ». Cela placerait Yéred à la ville d' Éridou, comme Hénok fut à Badtibira et Hénok à Sippar.

Les jours de Yéred sont d'une grande signification à l'histoire humaine puisque ce fut à cette époque que les Néfilim descendirent la première fois. Les Jubilés disent, « en ses jours, les anges du Seigneur, appelés des observateurs (Néfilim), descendirent sur la Terre pour enseigner aux fils de l'homme et exécuter le jugement et la droiture sur la Terre ». L'arrivée de ces astronautes pendant les jours de Yéred est aussi rapportée dans le premier Livre d'Hénok et est observée plus tard dans d'autres documents trouvés parmi les Manuscrits de la Mer Morte.

HÉNOK OU ENMEDURANNA, LE FAVORI DES DIEUX

Dans la Genèse, l'information au sujet d'Hénok est rare et on parle de lui très peu. Hénok avait 165 ans lorsque son fils Mathusalem est né. Deux cents ans plus tard, « Hénok marcha avec Dieu, puis il disparut, car Dieu l'enleva ». L'expression « marcha avec Dieu » fut souvent interprétée pour signifier qu'il monta au ciel pendant sa vie. Cette expression mystérieuse implique, néanmoins, l'existence d'une autre narration plus complète au sujet d'Hénok, perdue ou omise de l'Ancien Testament.

Hénok devint un héros dans la littérature apocalyptique juive et deux livres lui sont attribués, les livres « éthiopien » et « slave ». Son personnage fut très important dans le mouvement spirituel duquel provinrent les manuscrits de la Mer Morte. Son histoire et ses écrits sont narrés dans le livre des Jubilés et il joue un rôle actif dans l' Apocalypse hébraïque d'Hénok qui est attribuée à l'érudit palestinien Ismaèl.

La montée d'Hénok au ciel est en réalité juste le commencement d'une carrière fabuleuse pendant laquelle Hénok devint « divin » et principal chef des cieux, second seulement à la divinité. Après sa montée, il revint brièvement à sa famille pour enseigner à son fils Mathusalem la sagesse qu'il avait apprise et écrite au ciel.

Après un bref séjour ici, il retourna au vaisseau spatial pour six années de Jubilé. Pendant cette période, il faisait apparemment la navette entre le vaisseau spatial et la Terre. La littérature apocalyptique mentionne sa résidence à l'Éden et sur le mont Qatar, un endroit non identifié qui pourrait très bien être la ville de Sippar en Mésopotamie.

LA « MONTÉE » DE POUVOIR D'HÉNOK

L'élévation d'Hénok au statut de dieu est racontée dans l'Hénok slave. Hénok lui-même révèle l'expérience :

« Quand 165 ans furent complétés pour moi, j'ai engendré mon fils Mathusalem ; et, après cela, j'ai vécu 200 ans... Au jour assigné du premier mois, j'étais seul dans la maison ... Et je me suis couché sur le lit ... Alors, deux hommes énormes me sont apparus que je n'avais jamais vu sur la Terre ... Et ils furent debout à la tête de mon lit et m'appelèrent par mes noms ».

Hénok s'éveilla terrifié.

« Alors ces hommes me dirent, 'Soyez courageux Hénok, en vérité ne craignez pas, le dieu éternel nous a envoyés. Voyez, vous monterez avec nous au ciel aujourd'hui' ».

On lui dit de dire à ses fils et à sa maisonnée qu'il les quittait. Il fut alors amené « sur leurs ailes » aux cieux.

Hénok fit le tour du vaisseau spatial. À un certain endroit, il vit deux cents « anges » découragés et on lui dit qu'ils furent ceux qui descendirent, qui commirent plusieurs crimes et qui attendaient leur procès. On enleva les vêtements d'Hénok et il fut « oint » et, on lui donna des « vêtements de gloire », un symbolisme démontrant qu'il fut changé physiquement ressemblant maintenant aux dieux.

C'est exactement le contraire de ce qu'Adam avait vécu dans le jardin d'Éden ; il perdit son « nuage de gloire » et on lui donna ensuite des vêtements. Concernant ce qui arriva par la suite, il semble qu'à ce moment, Hénok reçut une forme de « divinité ». Alors, on lui donna un « stylo pour écrire à grande vitesse «et on lui lut des livres pendant qu'il prit des notes au sujet des merveilles et des secrets du ciel ».

Il resta dans le vaisseau spatial pendant soixante jours et fut alors retourné à la Terre pour trente jours pour partager sa connaissance à ses fils. On le prit alors et il retourna au vaisseau spatial où il devint l'investigateur principal pour l'enquête des crimes des Néfilim.

L'Hébreu du troisième livre d'Hénok contient le témoignage du rabbin Ismaèl, le célèbre érudit palestinien, où il rêve qu'il est emmené au ciel et rencontre Metatron qui semble être là l'être le plus puissant. « Pourquoi votre nom est-il comme celui de votre Créateur avec soixante-dix noms ? » demande Ismaèl. « Vous êtes plus grand que tous les princes, plus exalté que tous les anges, plus bien-aimé que tous les ministres ». Hénok répond, « Parce que je suis Hénok, fils de Yéred ». Il décrit alors comme on a fait de lui le chef des cieux sur les objections des anges.

Hénok devient le chef suppléant avec tous les titres et pouvoirs de cette fonction.

On lui donne les « noms divins », les soixante-dix noms qui confèrent le pouvoir du Ciel et de la Terre. Ces noms ressemblent aux Tablettes de la Destinée ou les MEs des dieux sumériens. Ils sont des formules d 'appareils qui donnent, au propriétaire, le contrôle absolu sur certains aspects et catégories de la vie. [Note de l'éditeur : Nous trouvons encore des ressemblances aux attributs des mystérieux « Archons de la destinée ».]

Hénok servit comme Metatron (du Grec « metathronos » ou « celui qui sert derrière le trône ») pendant six années de Jubilé ou 300 ans. Selon ce document, il revint s'établir à l'Éden ; et bien que peu soient connu des 300 ans qu'il servit comme Metatron, il faisait vraisemblablement la navette entre une ville de la Terre et le vaisseau spatial.

Quinzième partie

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 23:51

 Un texte trouvé à Nag Hammadi comme L'Authentikos Logos posé il y a quelques jours. Hermès Trimégiste discute avec Asclepios dans le sanctuaire d'un temple Egyptien et ce qui est très curieux c'est qu'il dit des choses qui sont dans notre monde actuellement. Exemple... l'inversion des valeurs. Quand on voit ce qu'il se passe, effectivement, ce texte caché depuis au moins 1600 ans laisse songeur... d'autant que la tradition d'Hermès est beaucoup plus ancienne...

On préférera les ténèbres à la lumière
et l’on préférera la mort à la vie.
Personne n’élèvera plus son regard vers le ciel ;
mais
l’homme pieux sera compté pour fou
,
l’homme impie sera honoré comme un sage
,
le couard sera compté pour vaillant
et
l’on châtiera l’homme de bien comme un malfaiteur.

 

Résumé. Le texte grec en partie perdu du Logos Teleios, et traduit en latin dans l’Asclepius, correspond aux pages 152-200 du volume. La version latine est donnée avec le texte copte et sa traduction française. Ce texte, prétendument un dialogue entre Hermès Trismégiste et son disciple Asclépius, commence avec une surprenante comparaison très explicite entre une union charnelle et la transmission de mystères sacrés (65,35). Cette association est également présente dans le texte 7 du codex VI, mais de façon beaucoup moins explicite. Suit une discussion sur l’origine et la nature de l’homme. Dans cette discussion, les humains sont dits supérieurs aux dieux, parce qu’ils sont à la fois mortels et immortels. L’immortalité s’acquiert par l’apprentissage et la connaissance. Ce passage semble être une défense du culte des idoles.

Par la suite, l’Égypte est exaltée comme étant une image du ciel (70,4-5), mais le texte prédit de terribles choses pour cette terre. Le dialogue prend prétendument place dans un passé lointain, son auteur utilise cette fiction pour donner son opinion sur des événements passés: la désacralisation de la terre d’Égypte et son abandon par les dieux (71,12-13). Dans le passage suivant, Hermès se lamente sur le monde qui deviendra bientôt un fardeau pour l’homme alors qu’il était une si belle chose (71,35-72,26). Cependant, après ces fléaux, une régénération du monde est à venir «et telle est la naissance du monde[….], le rétablissement des choses saintes et bonnes» (74,6-74,9). Le texte fini par la description du grand démon qui a été assigné «pour être inspecteur ou juge des âmes humaines» (76,24-20). En quittant son corps, l’âme monte vers le ciel où elle rencontre le grand démon. Si l’âme est bonne, elle pourra continuer son ascension, mais «les âmes qui sont entièrement remplies de méchanceté ne seront pas admises à circuler dans l’air, mais seront établies dans les lieux (relevant) des démons» et seront punies cruellement (78,24-27).

 

 

 

EXTRAIT DU DISCOURS PARFAIT

 

Traduit du copte par Jean-Pierre Mahé

 

 

 

 

(Trismégiste dialogue avec Asclépius dans le sanctuaire d’un temple égyptien . Tat et Ammon assistent silencieusement à l’entretien)

I. L’HOMME ET LE DIVIN

 

1° L’homme et le Dieu suprême

Le mystère de fécondité

(TRISMÉGISTE) (Ascl 21…) Et si tu veux contempler la réalité de ce mystère, regarde l’image merveilleuse de l’union consommée par  le mâle et la femelle : une fois arrivée à son terme, la semence jaillit. Alors, la femelle reçoit la puissance du mâle et le mâle, de son côté, reçoit pour lui la puissance de la femelle, car tel est bien l’effet de la semence !

C’est pourquoi le mystère de l’union est accompli en secret, de crainte que les deux sexes ne semblent indécents à la foule qui ne sait pas vraiment à quoi s’en tenir en cette matière. En effet, c’est en particulier que chacun transmet son principe générateur. Car, pour ceux qui ignorent ce qu’est vraiment cette œuvre,  si elle se produit en leur présence, elle devient un objet de raillerie  et d’incrédulité ! Pourtant, tout au contraire, il s’agit de mystères sacrés  en paroles et en actes : non seulement on ne saurait les entendre, mais on ne saurait non plus les voir.

La science et la gnose, remèdes de l’âme

Aussi,  les gens de cette espèce, (les ignorants), sont des blasphémateurs, des athées et des impies. Quant à ceux de l’autre sorte, les hommes pieux, ils ne sont pas nombreux, mais bien peu qu’on puisse dénombrer !

La raison pour laquelle la malice se rencontre en beaucoup, c’est qu’ils n’ont pas la science des choses qui existent réellement. Car la gnose des choses qui existent réellement est, en vérité, le remède aux vices de la matière. C’est pourquoi  la science est issue de la gnose.

Or, quand il y a de l’ignorance et que la science fait défaut à l’âme humaine,  les vices y persistent et n’ont point de remède, tandis que la malice les accompagne, à la façon d’une blessure irrémédiable. Cette blessure gangrène  l’âme, qui s’empuantit, rongée aux vers par la malice.

La création de l’homme

Toutefois, Dieu est innocent de ces maux, car il a envoyé aux hommes la gnose et la science.

ASCLÉPIUS - Ô Trismégiste, est-ce seulement aux hommes qu’il les a envoyées ?
TRISMÉGISTE - Oui, ô Asclépius, il ne les a envoyées qu’à eux ! Mais il vaut la peine que nous te disions pourquoi c’est seulement aux hommes, qu’il a accordé en grâce la gnose et la science, comme leur part de sa bonté.

Maintenant donc, écoute :

Le Dieu, Père et Seigneur, a créé l’homme après les dieux, et il l’a tiré de  l’élément matériel. Comme il a introduit dans sa fabrication la matière en quantité égale 3à son souffle, les vices y demeurent. De là, ils se répandent sur son corps, car il ne saurait subsister sans user de cette matière comme nourriture, lui qui est un être vivant. Puisqu’il est mortel, il est en outre inévitable que des désirs lui viennent hors de propos et lui fassent du mal.

Mais les dieux, qui sont tirés d’une matière pure, n’ont pas besoin de science ni de gnose. Car l’immortalité des dieux est pour eux la science et la gnose : puisqu’ils sont tirés d’une matière pure, c’est elle qui leur a tenu lieu de gnose et de science, conformément à la Nécessité.

L’homme, au contraire, Dieu l’a distingué, il l’a établi dans la science et la gnose. Pour les raisons que nous avons dites avant, il a porté ces facultés à leur perfection afin que, grâce à elles, l’homme éloignât les vices et les malices d’ici-bas, selon sa divine volonté.

2° L’homme et les dieux-astres

La nature mortelle de l’homme, Dieu l’a menée vers l’immortalité. L’homme est devenu  bon et immortel, ainsi que je l’ai dit. Dieu lui a créé en effet, deux  natures : l’immortelle et la mortelle ; et il est arrivé ainsi selon la volonté de Dieu, que l’homme est supérieur aux dieux, car les dieux, pour leur part, sont seulement  immortels, mais les hommes, eux, sont immortels et mortels à la fois.

C’est pourquoi l’homme est devenu parent des dieux, et ils ont mutuellement connaissance de leurs affaires, avec certitude. Les dieux, de leur côté, connaissent ce qui est aux hommes, et les hommes connaissent ce qui est aux dieux.

Je ne parle cependant, ô Asclépius, que des hommes qui ont reçu la science et la gnose : quant à ceux qui en sont dépourvus, il vaut mieux que nous n’en disions rien de fâcheux, car, puisque nous sommes consacrés aux dieux il nous sied de tenir des propos épurés.

3° L’homme créateur de dieux sur terre

Puisque nous en sommes venus à parler de la communion des dieux et des hommes, apprends, ô Asclépius, ce que l’homme aura de puissance grâce à cela !

De même, en effet, que le Père, Seigneur du Tout, fait des dieux, ainsi l’homme, de son côté – cet être qui vit au ras du sol, ce mortel qui ressemble également à Dieu – lui aussi, à son tour, il fait des dieux ! Non seulement il est fortifié, mais il fortifie, non seulement il est divinisé, mais il fait des dieux ! Admires-tu cela, ô Asclépius, ou es-tu, toi  aussi, incrédule comme la foule ?

ASCLÉPIUS -Ô Trismégiste, je ne trouve pas de paroles à répondre ; je te crois bien quand tu parles, mais je suis stupéfait de ce que tu dis là, et je compte l'homme pour bienheureux d’avoir reçu cette grande puissance !

TRISMÉGISTE -De fait, lui qui est plus grand que tous ces êtres, ô Asclépius, il est digne d’admiration !

Ce qui nous apparaît pour l’engeance des dieux – et nous en tombons d’accord, ainsi que tout un chacun – c’est qu’elle est tirée d’une matière pure. Leurs corps sont donc uniquement des têtes. Mais ce que les hommes façonnent, c’est la ressemblance des dieux. Puisque les hommes sont tirés du dernier élément de la matière, et que ce qui est façonné est issu de l’essence inférieure des hommes, non seulement ces dieux ont des têtes, mais aussi toutes les autres parties du corps, à la ressemblance de leurs auteurs.

De même que Dieu a voulu que l’homme intérieur fût fait à son image, de même, pour sa part, l’homme fait des dieux sur terre, à sa ressemblance.

ASCLÉPIUS -Ô Trismégiste, n’est-ce pas des statues que tu parles ?
TRISMÉGISTE -Ô Asclépius, c’est toi qui parles de « statues » !

Tu vois comme, toi aussi, ô Asclépius, tu es incrédule à l’égard de la parole quand tu dis, à propos d’êtres qui ont en eux âme et souffle : « les statues » !
Elles qui accomplissent de si grands miracles !
Tu dis, à propos d’êtres qui délivrent des prédictions : « les statues » !
Elles qui causent des maladies et qui les guérissent, qui envoient aussi les épidémies !

 

II. PRÉDICTION SUR L’ÉGYPTE ET SES DIEUX

1° Annonce d’une catastrophe

DÉPART DES DIEUX

Ne sais-tu pas, ô Asclépius, que l’Égypte est une image du ciel, bien plutôt la demeure du ciel et de toutes les puissances qui sont dans le ciel ?
S’il nous convient de dire la vérité, notre pays est le temple du monde !

Il ne faut pas non plus que tu ignores qu’un temps viendra où les Égyptiens sembleront avoir déployé en vain leur zèle envers la divinité, et leur application toute entière au culte divin sera méprisé.
En effet, la divinité toute entière quittera l’Égypte et remontera au ciel, et l’Égypte sera veuve, elle sera désertée des dieux.

Invasion étrangère

Car les étrangers entreront en Égypte et ils domineront sur elle. L’Égypte, et, avant tout, les Égyptiens, seront empêchés de rendre un culte à Dieu. Bien plus, ils encourront le suprême châtiment, comme quiconque, parmi eux, sera pris à honorer Dieu pieusement.

Et en ce jour-là ce pays, qui est pieux au-dessus de tous les pays, se verra devenir  impie.
Il ne sera plus rempli de temples, mais rempli de tombeaux et il ne sera plus rempli de dieux, mais de cadavres.

O Égypte, Égypte !

Mais tes dévotions passeront pour des fables, et tes cultes divins, nul n’y croira plus, bien qu’il s’agisse d’œuvres prodigieuses et de paroles saintes.
Or, si tes mots qui font merveille ne sont plus que des pierres gravées,
alors le barbare l’emportera contre toi, ô Égyptien, par sa piété :
qu’il soit Scythe ou Indien, ou tout autre du même genre !
Mais pourquoi même parler de l’Égyptien ?
Car ceux-ci quitteront eux-aussi l’Égypte. Une fois, en effet, que les dieux auront abandonné l’Égypte et seront remontés au ciel, alors, tous les Égyptiens périront et l’Égypte sera vidée des dieux et des Égyptien.

Et toi, ô fleuve !

Un jour viendra où tu couleras de sang, plutôt que d’eau ; quant aux cadavres, ils iront jusqu’à s’entasser au-dessus des digues !
Pourtant, on ne pleurera pas le mort autant que le vivant : pour celui-ci, on ne le reconnaîtra comme Égyptien qu’à sa langue et en s’y prenant à deux fois – à quoi bon pleurer, ô Asclépius – car il aura tout l’air d’un étranger, d’après son comportement !

Inversion des valeurs

Mais la divine Égypte endurera des maux encore plus grands que ceux-là :
L’Égypte, l’amante des dieux,
la demeure des dieux,
 l’école de la piété,
deviendra l’image de l’impiété !

Alors, en ce jour-là, l’univers ne sera plus admiré.
On ne l’adorera plus quand nous disons : « il est aussi beau que bon, et il n’y en a jamais eu un semblable ni pareil spectacle ! »
Au contraire, le voilà qui risque de devenir un fardeau pour tous les hommes.

C’est pourquoi, on le méprisera, ce monde magnifique créé par Dieu,
œuvre qui n’a pas sa pareille,
 réalisation pleine de vertu,
spectacle multiforme,
chorégie exercée sans envie,
remplie de tout objet de contemplation !
On préférera les ténèbres à la lumière
et l’on préférera la mort à la vie.
Personne n’élèvera plus son regard vers le ciel ;
mais l’homme pieux sera compté pour fou,
l’homme impie sera honoré comme un sage,
le couard sera compté pour vaillant
et l’on châtiera l’homme de bien comme un malfaiteur.

Quant à l’âme et aux choses de l’âme, ainsi qu’à celles de l’immortalité et au reste de ce que je vous ai dit, ô Tat, Asclépius et Ammon, non seulement on pensera qu’il s’agit là de choses ridicules, mais encore, on les bafouera.
Bien plus, croyez-moi sur ce point, les spirituels de cette sorte encourront, pour leur vie, le suprême péril.

Une loi nouvelle sera établie :
rien de saint, rien de pieux,
rien de digne du ciel ni des dieux célestes
ne s’entendra ni ne se croira plus.

CATASTROPHE COSMIQUE

Ils s’en  iront alors, les génies bienfaisants, et les mauvais anges resteront avec les hommes, se joignant à eux pour les entraîner au mal en toute impudence, à l'impiété, aux guerres, aux brigandages, leur enseignant ce qui est contre nature.

En ces jours-là,
la terre n’aura plus d’assise
et l’on ne naviguera plus sur la mer,
on ne connaîtra plus les étoiles au ciel.

Toute voix sainte ou parole de Dieu,
on sera  forcé de s’en taire,
et l’air sera malade.

Telle est la vieillesse du monde :
athéisme et déshonneur,
dédain de toute parole de bien
 !

2° Rétablissement de l’ordre

Renaissance du monde

Quand cela se produit, ô Asclépius, alors le Seigneur, Père et Dieu, Démiurge du Premier Dieu unique, commence par observer ce qui est arrivé.
Puis, dressant contre les désordre, son conseil qui est le bien, il extirpe l’erreur et retranche la malice : tantôt il la consume dans un feu violent, et tantôt, il l’écrase sous les guerres et les pestilences, jusqu’à ramener
et rétablir son univers à l’état ancien, de sorte qu’il paraisse à nouveau digne d’adoration et d’émerveillement et que Dieu lui-même soit glorifié comme Créateur de cette œuvre.

Telle est donc la naissance du  monde :
le rétablissement de  la nature
des choses saintes et bonnes,
qui se produira par l’effet
du mouvement circulaire du temps
qui n’a  jamais eu de commencement.

La volonté divine

Car  la volonté de Dieu n’a pas de commencement, non plus que sa nature, qui est sa volonté. En effet, la nature de Dieu, c’est  la volonté, et sa volonté, c’est le bien.


ASCLÉPIUS - Ô Trismégiste, son conseil, est-ce sa volonté ?
TRISMÉGISTE -Oui, ô Asclépius, puisque sa volonté est dans son conseil.
En effet, ce qu’il a, ce n’est pas dans la déficience qu’il le veut : étant de partout Plénitude, il veut ce qu’il possède en plénitude et c’est tous les biens qu’il possède. Or, l’objet de sa volonté, il le veut, et il a le bien qu’il veut ; donc il a le Tout.
Ainsi, Dieu conçoit sa volonté et le monde, qui est bon, est l’image d’un Dieu bon.

Hiérarchie des dieux

ASCLÉPIUS -Ô Trismégiste, est-ce que le monde est bon ?
TRISMÉGISTE -Ô Asclépius, il est bon, comme je vais te l’enseigner.
De même, en effet, que pour tous les genres et individus qui sont au monde, tous ces bienfaits, l’intellect, l’âme et la vie proviennent de Dieu, de même le Soleil dispense les biens dans la matière : les changements de l’atmosphère, et la beauté de la maturation des fruits et tout ce qu’il y a de semblable.
C’est pourquoi  Dieu règne au-dessus de la cime du ciel : il est partout et regarde partout. Mais, au lieu qui est sien, il n’y a ni ciel ni étoiles ; il est bien éloigné des corps !
Quant au Démiurge,  il domine le lieu qui est entre la terre et le ciel. C’est lui qu’on appelle Zeus, c’est-à-dire  la Vie.
Et Zeus-Ploutonios, c’est lui qui est Seigneur sur la terre et la mer. Mais il ne détient pas la nourriture de tous les vivants mortels, car c’est Korè qui porte  les moissons.
Ces puissances, en tout temps, exercent leur pouvoir tout autour de la terre ; celles des autres dieux, en tout temps, sur tout ce qui existe.

Retour des dieux tutélaires

Mais ils se retireront de là-bas,
les Seigneurs de la terre,
et ils s’établiront dans une ville
située à l’extrémité de l’Égypte,
que l’on construira du côté du soleil couchant :
tous les hommes y entreront
soit ceux qui arriveront par mer,
soit ceux qui arriveront par la terre ferme !

ASCLÉPIUS  -Ô Trismégiste, pour l’instant, ces dieux-là, où seront-ils établis ?
TRISMÉGISTE Ô Asclépius, dans la grande ville qui est sur la montagne de Libye. Mais en voilà assez sur cette question.

III. l’au-delà et le jugement des Âmes

 

Ne pas craindre la mort

Il nous faut maintenant parler de la mort, car la mort effraie la foule comme le plus grand mal, par  ignorance de la réalité.
En fait, la mort survient comme le détachement des souffrances du corps, et une fois accompli le nombre d’années imparti aux jointures du corps. Le nombre est en effet la jointure du corps, et le corps meurt quand il ne peut plus soutenir l’être humain.
Voici donc ce qu’est la mort : dissolution du corps et suppression de la sensibilité corporelle. Il ne faut craindre ni l’une ni l’autre, mais bien plutôt ceci, que l’on ignore par incrédulité.

Le jugement

ASCLÉPIUS -Qu’est-ce donc, ô Trismégiste, que l’on ignore et qui laisse incrédule ?
TRISMÉGISTE -Écoute, ô Asclépius !
Il y a un Grand Démon que le Grand Dieu a préposé comme inspecteur ou juge des âmes humaines. Or, Dieu l’a installé au milieu de l’air, entre la terre et le ciel. Quand donc l’âme sortira du corps, inéluctablement, elle rencontrera ce Démon.
Alors, il fera rebrousser chemin à cet homme, l’examinant sur la façon dont il aura agi durant sa vie : et, s’il trouve qu’il a accompli avec piété toutes les œuvres en vue desquelles il est venu au monde, cet homme-là, il le placera
dans la région qui lui sied. Mais s’il voit, qu’un tel homme a passé sa vie dans les œuvres mauvaises,  il l’attrape au moment où il prend son essor vers les hauteurs, et il le précipite vers le bas, en sorte que le voilà suspendu dans le ciel inférieur, où on lui inflige un grand  châtiment ;

L’enfer aérien

Or, cet homme-là sera privé de son espérance, demeurant en grande affliction : et cette âme-là n’a pu trouver assiette ni sur terre, ni dans le ciel, mais elle a abouti dans la mer aérienne, là où il y a un grand feu, avec de l’eau glacée, ainsi que des traînées de flammes et un grand tourment, où les corps se voient supplicier, jamais semblablement entre eux : tantôt ils sont précipités dans des eaux courantes, tantôt ils sont jetés au fond du feu, qui doit les anéantir.
Toutefois, je ne dirai pas que c’est là la mort de l’âme – car voilà qu’elle serait délivrée du mal – mais c’est là une sentence de mort.
Ô Asclépius, il faut croire à ces peines, et tu dois bien les redouter, de crainte que nous n’y tombions. Car, pour les incrédules, ils sont impies et ils pèchent. Mais après, ils seront contraints d’y croire. En effet, il n’y aura plus seulement des discours à entendre, mais ils subiront la réalité  même : aussi bien, ils ne croyaient pas qu‘ils endureraient cela !

Équité des sentences

ASCLÉPIUS -N’est-ce pas seulement la loi humaine qui punit les péchés des hommes, ô Trismégiste ?


TRISMÉGISTE -Tout d’abord, ô Asclépius, tout ce qui est terrestre est mortel et corps ... qui sont mauvais. Toute forme qui est bonne auprès des gens de cette sorte.
Car les choses de ces lieux-ci, ne ressemblent pas à celles de là-bas. Comme les génies [  ]  les hommes, méprisent [  ] de là-bas n’est pas de même espèce. Mais, en réalité, les dieux de ce lieu-là puniront spécialement le coupable qui est resté caché ici-bas, lui infligeant chaque jour un rude châtiment.


ASCLÉPIUS -O Trismégiste, de quelle nature est  l’impiété la plus grande ?
TRISMÉGISTE -Ne penses-tu donc pas, ô Asclépius, que si quelqu’un vole un objet dans un temple, il se comporte en impie, – car c’est un brigand que l’homme de cette espèce, et un voleur – et de cette affaire-là, dieux et hommes en sont affligés ?
Mais les choses d’ici-bas et celles de l’autre lieu, ne les compare pas entre elles !

Supplice des âmes perverses

Or, je veux te tenir ce propos comme un mystère, car il ne recevra absolument aucun crédit : les âmes qui sont entièrement remplies de méchanceté ne seront pas admises à circuler dans l’air, mais seront établies dans les lieux relevant des démons qui ont abondance de supplices. En tout temps ils sont pleins de sang et de meurtre et leur nourriture, c’est les larmes, le deuil et le sanglot !


ASCLÉPIUS -Ô Trismégiste, qui sont-ils ?
TRISMÉGISTE -Ô Asclépius, ceux qu’on appelle les « Étrangleurs » et ceux qui roulent les âmes du haut des collines vers le bas, et ceux qui leur donnent le fouet, qui les jettent à l’eau, qui les jettent au feu, et qui travaillent aux tourments des  hommes et à leur malheur.
Car ces maux-là ne sont pas conçus d’une âme divine, ni d’une âme raisonnable et humaine, mais ils sortent du plus mauvais de la malice.

La piété, unique sauvegarde

Or, il n’y a qu’une seule sauvegarde, et qui est de soi nécessaire, c’est la piété ; car sur l’homme pieux, saint et vénérable, ni mauvais génie, ni Fatalité ne sauraient jamais dominer ou avoir prise ! Dieu, en effet, protège de tout mal l’homme qui est ainsi véritablement pieux. Le seul et unique bien parmi les hommes, c’est la piété.

Sources : Bibliothèque de Nag Hammadi

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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 13:43

 

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

8ème partie

7ème partie

6ème partie

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I



ACCROISSEMENTS SUCCESSIFS DE L'ALPHABET HÉBREU.


ALPHABET SACERDOTAL.

 


Le plus ancien alphabet de la langue hébraïque n'avait que dix lettres.

Saint Irénée, à qui nous devons la conservation de ce fait très-important, appelle les lettres de cet alphabet LETTRES SACERDOTALES.

Ântiquœ et primœ hebrœorum litterœ et
sacerdotales nuncupatœ , decem quidem sunt numero (Advenus hœreset. Lib, 2).

Les auteurs, et Court de Gébelin entr'autres, qui ont cité ce passage ne s'y sont point arrêtés, n'en comprenant pas l'intérêt et la portée, ou ne présumant pas qu'un alphabet de dix lettres seulement eût jamais été d'un usage naturel et sérieux.

Ils peuvent avoir été conduits à penser ainsi par l'explication singulière et affirmative qui accompagne le texte de saint Irénée. Suivant l'auteur de ces annotations, ces dix lettres sont les dix premières de l'alphabet hébreu, depuis A jusqu'à I. Illœ decem sunt ab A , Aleph, usque ad  I, jod.

Il serait en effet impossible de concevoir la langue hébraïque, ou toute autre langue, avec ces seules lettres A, B, G, D, É, U, Z, È, Th et I. En ce cas, saint Irénée aurait été induit en erreur; mais loin de là : il rapporte un fait pour lui certain, une tradition antique et de son temps reçue.

On verra combien nous lui avons obligation de nous l'avoir conservée. Sans cette tradition, l'origine de l'alphabet, celle des langues alphabétiques, restaient inexplicables; et c'est parce qu'on ne l'a point méditée qu'on n'a point expliqué cette origine.

Remarquons d'abord la dénomination de cet alphabet : elle n'annonce point une langue vulgaire, connue de tous, et usitée par tous ; ces mots
lettres sacerdotales disent tout le contraire.

Observons encore qu'un alphabet hébreu de dix lettres, est par cela même
fort antérieur à Moïse : aussi dit-on que ce sont les premières et les plus anciennes lettres de l'hébreu. ANTIQUAE ET PRIMAE HEBRAEORUM LITTERAE :

Que
l'hébreu qui en résulte n'est point l'hébreu du Pentateuque, qui en a vingt deux ;

Que la langue est la même, mais que
l'orthographe des mots est différente ;

Que par conséquent dans l'hébreu de vingt-deux lettres, beaucoup de mots
écrits avec les lettres les dernières inventées, peuvent et doivent appartenir à des mots qui existent encore, écrits avec les lettres sacerdotales.

Enfin, cette observation doit expliquer mieux qu'aucun système le rapport de signification qui se trouve exister entre un grand nombre de mots qui ne diffèrent que par le changement de quelques lettres en leurs analogues, comme de B en Ph ; de L en R ; de Sh ou Çh en Tz , S et Z ; de D en T et Th ; de G en C et Q. Ces mots ne sont que des expressions générées successivement d'un seul et même mot générant ; et la signification qui nous paraît avoir été cédée exclusivement à l'un d'eux peut avoir appartenu à tous dans le principe , ou leur avoir appartenu encore depuis dans quelques circonstances qui nous sont inconnues, soit parce que les textes nous manquent, soit parce que dans les textes existants
cette signification a été écartée.

Il est donc présumable que les
lettres sacerdotales ne furent ainsi qualifiées que parce que la langue hébraïque, usitée seulement parmi les Prêtres, était devenue :

La langue sainte, en hébreu. ShPhÉ. ( Voyez ce qui se rapporte à ce mot dans la 1re étude, p. 39 et 40.)

2° La langue
supérieure, éminente, élevée au-dessus du langage vulgaire.... ShPhÉ.

3° La langue des
Surveillants, de ceux qui examinent, contemplent, observent, qui considèrent avec attention d'un lieu élevé, du haut d'une tour, comme une sentinelle TzPhÉ.

4° Comme un homme qui observe les astres, et particulièrement le Nord TzPh-ON. (On verra bientôt que l'accroissement de l'alphabet et du langage
a dépendu du progrès de l'astronomie. )

Qui lit dans le ciel, qui connaît l'avenir, qui pénètre les choses cachées TzPh-N. (Ce qu'était le Nazaréen Joseph, auquel Pharaon donna, pour cette raison, le nom composé TzPh-NT PhÔNE ; c'est-à-dire interprète des SPhINX. AEgyptii ante templa ponunt SPhIN-Gas, quia Doctrina quœ de Deo est, œnigmata est et obscura.. (Clém. Alex. Str. 5. p 664.)
 

6° Enfin, la langue DES JUGES, de ceux qui commandent, gouvernent, qui sont éminents en sagesse, en puissance, en savoir, comme l'était Joseph, en un mot, DES SUFFETES ShPh-T-IM.

On voit par cette série de significations générées du mot ShPÉ, que cette langue était véritablement
réservée pour le Sacerdoce, pour les hommes savants, puissants et initiés qui lui appartenaient.

Les caractères inventés pour l'écrire étaient
cachés au vulgaire dans la crainte qu'il ne les employât d'une manière profane ; ils ne lui furent découverts que très tard. La divulgation de l'écriture alphabétique et de la langue née de l'alphabet fut regardée comme une profanation (Voyez Genèse 4. 26. et 11. 6).

Retrouver la forme antique des lettres sacerdotales, serait heureux pour l'histoire des progrès des arts et des sciences ; la rechercher, ce serait entreprendre un travail sans résultat probable et satisfaisant. Une seule de ces lettres paraît être parvenue jusqu'à nous et n'avoir pas changé cette forme, parce que
cette forme était peu susceptible d'être remplacée par une autre ; mais en revanche elle a changé de valeur. Ce caractère existe dans l'éthiopien, dans l'hébreu des médailles ; c'est l'unité barrée, le signe cruciforme,
+.

Dans l'alphabet sacerdotal, sa valeur comme son répondait à Sh ou Çh. Dans les alphabets qui suivirent, sa valeur répondit à la lettre T ; néanmoins , ce caractère garda son rang : il était le dernier dans l'alphabet de dix lettres, il est resté le dernier dans celui de vingt-deux.

Dans l'impossibilité où nous sommes de retrouver la forme des autres lettres sacerdotales, bornons-nous donc à chercher le nombre de voix et d'intonations primitives qui composaient cet alphabet; car il n'y a pas d'alphabet sans voyelles et
je ne reconnais pas pour voyelles de l'alphabet hébreu des points imperceptibles, dont on ne s'est avisé de faire usage que vingt siècles après Moïse.

Le langage humain et celui de tous les animaux qui expriment leurs passions par des cris ne se composent que de voix.

Le passage de ces voix par l'
ORGANUM vocal est plus ou moins libre, plus ou moins ouvert, resserré, comprimé, entravé, suivant le jeu que la passion plus ou moins vive, que l'intention ou l'attention portée sur telle ou telle autre idée, tel ou tel autre objet, imprime à cet organe et aux parties qui l'avoisinent; c'est-à-dire en raison du rapprochement ou de l'éloignement instantané des dents, et des lèvres, de la position de la langue, et des contractions du gosier.

Ainsi, par exemple, la voix A, qui sans ces obstacles se produit telle A, modifiée par eux, moulée dans la forme qu'ils donnent à l'organum, à l'instrument vocal, sonne à l'ouïe BA, DA, ÇA, LÀ, MA, NA, SA.
 

Ces formes, B, D, C, L, M, N, S, ne font qu'envelopper, que revêtir la voyelle; et sans cette voyelle elles ne sont qu'une forme, qu'un moule, une disposition, une configuration matérielle qui n'a pas de son, qui ne produit aucun bruit appréciable, ou qu'une oreille humaine puisse entendre et classer.

C'est ainsi que le moule d'une figure n'est pas une figure, mais il donne à la matière qu'on y coule la forme, la figure qu'elle doit avoir. C'est ainsi qu'une flûte, suivant la position des doigts, n'est ni un Ut, ni un , ni en Mi, etc., mais la forme, le moule qui donnera à la voix que l'on forcera de traverser cet instrument le son d'un Ut, d'un ou d'un Mi.

Il y a cette immense différence, c'est que l'instrument de musique est sous nos yeux, sous notre main, que nous voyons, que nous palpons la forme ou les formes nécessaires pour produire un Ut, un , un Mi ou un Fa; et que l'instrument vocal échappe à toute inspection de ce genre : nos yeux ne verront point, nos mains ne palperont jamais les formes qu'il prend pour produire les sons BA, DA, ÇA, LA, MA, NA, SA(29).

Cependant,
au dire des mainteneurs des points- voyelles, ce sont ces formes, ces configurations que les inventeurs de l'écriture ont seules apercues; chose aussi difficile que de les entendre. Ce sont elles seules qu'ils se sont proposées lorsqu'ils ont composé le premier alphabet ; mais des sons vocaux, seuls appréciables par l'ouïe, seules expressions possibles des sensations, des passions, du plaisir, de la douleur, de la vie, enfin ; seuls moyens de connaître ces formes mêmes, ils n'en ont tenu compte ; ils les ont jugés indignes d'occuper une place dans la série des lettres ; et quand enfin, dans la suite des temps, deux ou trois mille ans après, on a exigé que les sons vocaux fussent représentés, on les a indiqués, par grâce, au moyen de quelques points imperceptibles.

Mais cette marche,
cette manière de procéder est impossible !

Comment veut-on que des hommes qu'étourdissaient journellement dans leurs relations sociales les cris A , É , E, l,0, OU , U, n'aient rien pu imaginer de mieux pour représenter ces cris que de figurer, quoi ? l'air , le souffle, l'air chassé des poumons , l'aspiration, mouvement muet qui n'a par lui-même
aucune valeur comme son ! On veut que ces hommes, qui n'ont pu entendre ou distinguer une à une ces différentes voix, aient eu l'ouïe assez fine, assez délicate, pour apprécier, indépendamment de seize espèces de formes ou intonations, six manières d'aspirations. Moins heureusement organisées sans doute, d'autres nations civilisées n'en ont pu compter qu'une seule, dans notre alphabet nous la représentons ainsi H. Oubliez l'orthographe des mots où la grammaire et l'usage vous ont dit de l'écrire et où elle n'est pas l'esprit rude des Grecs, cherchez-la avec l'ouïe, vous ne pourrez pas la trouver. Au dire des hébraïsants, les inventeurs de l'écriture en ont trouvé six.

Mais si les caractères A , É , È, I, 0, OU, ne sont dans l'alphabet hébreu que des signes d'aspirations différentes, pourquoi lorsqu'on veut représenter par des lettres de l'alphabet français ces six aspirations, pourquoi ne pas les écrire ainsi ? H,HH, HHH, HHHH, HHHHH,HHHHHH ? C'est que cette manière d'en produire la valeur ferait ressortir le ridicule et l'impossibilité du système.

Cependant cela serait très-rationnel, et M. l'abbé Latouche, dans sa grammaire (Paris 1836), en a supporté franchement les conséquences. Néanmoins, effrayé par cet alignement d'aspirations, il les a remplacées par des chiffres, A c'est 1, É c'est 2, E c'est 3, et 0 c'est 4. L'auteur rend au JOUD sa valeur I, et fait du signe Uou un V consonne.

Puisque les voix font les langues, la peinture de ces voix doit être la première partie du tableau des signes. Tout alphabet devrait donc commencer par les voyelles, et le savant Volney dans la Simplification des Langues orientales publiée à Paris, en l'an III, a classé méthodiquement de cette manière les voyelles de l'alphabet arabe.

Revenons à la recherche du nombre de voix et d'intonations qui composaient l'alphabet sacerdotal. Le texte de saint Irénée ne peut rien nous apprendre, et son commentateur suppose un alphabet impossible en nous offrant les cinq voyelles A, É, È, U, I, et les cinq consonnes B, G , D , Z, Th. Les intonations simples produites par le jeu de l'instrument vocal s'élèvent à sept, il n'y avait donc dans l'alphabet sacerdotal que trois voix ou trois voyelles.

Ce point reconnu, il en résulte que ces voyelles étaient A, É, I, car ce sont les plus simples; la suite le fera suffisamment comprendre. On peut observer pour le moment :

Que la voyelle 0 n'est qu'une modification de la voyelle A. Ainsi, la lettre 0 de l'alphabet hébreu se prononce souvent Â; son nom est Aïn dans toutes les grammaires. Cette modification pouvait être sentie dans la langue parlée, elle pouvait être produite par l'accent, par l'expression aidée du geste ; mais c'est pour cela même qu'elle n'était pas figurée, qu'elle n'avait pas alors de signe particulier dans la langue écrite, car cette expression n'était pas une voix, mais une prononciation différente.

La voyelle U prononcée aussi OU et Y, modifie la voyelle I, et dans l'hébreu de vingt-deux lettres ces voyelles se mettent fréquemment l'une pour
l'autre.

Enfin, la voyelle E est une modification sensible de É.

Voici maintenant cet
alphabet sacerdotal; j'en place les caractères dans l'ordre même qu'ils devaient avoir. Cette assertion peut paraître hardie, mais cet ordre est indiqué par l'alphabet zodiacal dont nous parlerons bientôt.

Voix primitives. A E I = Signes affirma tifs. Affirment l'être, l'existence, la vie, la sensation.

Formes où se moulent ces voix : .L =  Signe négatif, isolé. B C D M N Sh = Signes modificatifs = Formes differentes des voix selon l'action de Yorganum vocal, modifié par un sentiment ou une intention instantanée.

Il faut se rappeler ici ce que nous avons dit de l'origine des lettres en commençant, savoir :
qu'elles n'ont pas été inventées pour décomposer les mots et les écrire. J'ajoute maintenant qu'elles l'ont été pour l'astronomie; qu'elles le furent pour servir de signes symboliques, et pour devenir un moyen d'affirmation, d'affermissement, de transmission et de conservation appliqué aux connaissances acquises par l'observation des astres. J'observe par anticipation que les astres étaient alors considérés comme des Dieux, comme des esprits supérieurs, comme des forces, comme des puissances déléguées pour donner la vie, influant sur la vie ; en un mot, comme les juges de la vie, et que l'astronomie était une science sainte, religieuse et réservée pour les Prêtres.

Si les trois sons vocaux A, É, I, furent placés à la tête de l'alphabet, cette place leur appartenait donc comme s
ignes affirmatifs de l'être, de la vie, et cette place leur est en effet assignée par l'alphabet zodiacal.

Ils furent un moyen de lecture ; ils créèrent, on peut dire, l'écriture alphabétique, mais ce ne fut que longtemps après leur invention.

Or, à la suite des trois signes qui affirmaient l'être et la vie, devait se présenter nécessairement
le signe qui nie l'un et l'autre, et c'est la lettre L, dont on fit ensuite la négation hébraïque LA, non, ne pas.

J'aurais pu placer pour cette raison seule le signe négatif à la tête des formes appelées consonnes , si cette place ne lui était pas désignée par l'alphabet zodiacal, et si ce n'était pas encore son rang dans l'alphabet éthiopien.

Après lui viennent les lettres B, C, D, M et N. L'ordre dans lequel on les trouve s'est maintenu dans nos alphabets anciens et modernes, et cet ordre, chose singulière et probante, est encore celui de l'alphabet zodiacal.

Reste la lettre Sh, qui par conséquent se trouve la dernière et la dixième ; mais l'alphabet éthiopien lui assigne également une place au dixième rang. Remarquez d'ailleurs sa forme, c'est celle de l'
unité barrée
+, c'est le signe de la fin, de l'achèvement de compte, du nombre dix.
 

ll manquait à l'alphabet sacerdotal le signe du doute.

Ce signe ou caractère appartient au second alphabet : il ne fut créé que lorsque les observations astronomiques eurent fait naître la
science des choses cachées, la science de l'avenir. Ce n'est pas que l'expression du doute manquât à la langue vulgaire, mais on peut dire que dans la langue écrite tout fut d'abord affirmatif : le doute ne pouvait pas entacher la sainte science. La science dans son origine ne pouvait être qu'une succession d'affirmations, le savoir n'était pas encore autre chose, et en fait de sainte doctrine ce fut toujours un crime de douter. Quand on parla, ou plutôt quand on lut alphabétiquement la langue écrite, le doute fut exprimé, s'il y existait pourtant, par la modification de la voix ou par le geste.

Ceci demande un premier aperçu, nous en traiterons à fond plus tard.

29 - La musique est une langue à laquelle il manque des caractères alphabétiques. Un alphabet musical n'est peut-être pas impossible.

30 - Les Pères de l'Eglise ont reconnu qu'il existe quelquefois des mystères dans les nombres de la Bible ; et saint Augustin, parmi les choses qu'il croit nécessaires pour l'intelligence du sens littéral des livres saints, place la connaissance de la nature des nombres.

Neuvième partie

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AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

7ème partie

6ème partie

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I

DES FAITS AJOUTÉS AU PENTATEUQUE
POUR CACHER LE BUT ÉGYPTIEN
DE LA MISSION DE MOÏSE.


Cependant il fallait donner à ce déplacement forcé d'une population si considérable une origine qui la fît respecter. On sait combien les peuples anciens étaient jaloux de la noblesse de leur origine. Ils attribuaient aux Dieux la fondation de leurs empires, afin de la sanctifier et de rendre légitime la possession du pays. Les Scribes sacrés, dits prophètes hébreux devaient d'autant plus se conformer à cet usage, que le gouvernement était théocratique. Il fallait aussi créer un esprit national chez ces hommes repoussés de toute part comme exilés; il fallait imprimera l'usurpation du territoire où ils s'établiraient un caractère providentiel, et la supposer prédite dans les siècles passés ; il fallait enfin la sanctifier à jamais en lui assignant un but indéterminé dans l'avenir. Ce fut l'objet pour lequel on résuma les mémoires contenus dans la Genèse.

Ce fut aussi dans cette grande et noble intention que Moïse, ou peut-être
quelques Scribes sacerdotaux après lui, écrivirent les faits qui se rapportent à la sortie d'Egypte, aux motifs de cette sortie, tels que nous les voyons dans l'Exode. Au reste, si Moïse est l'auteur de ces récits, où la vérité est couverte sous une apparence de miracles, il ne devait pas craindre qu'ils fussent démentis par le peuple; quel besoin avait-il de les lui faire immédiatement connaître ? D'ailleurs jamais son livre n'est sorti des mains des Prêtres : eux seuls savaient y lire, et la langue dans laquelle il était écrit était nouvelle pour le peuple. Les paroles du Deutéronome 7, 18, 19 : Rappelle-loi bien ce que JEOVË, les Dieux ,fit à Pharaon et à toute l'Egypte, etc., etc., et toutes celles qui dans le Pentateuque se rapportent aux prodiges opérés avant et après le passage de la Mer-Rouge, ne prouvent rien. La rédaction de ces phrases isolées, et qui peut-être sont d'Élqieu ou d'Esdras, est combinée dans l'intention que j'indique. Quant à la génération née dans le désert, si l'on accepte le séjour de quarante ans dans cette contrée , l'Egypte lui était absolument inconnue, elle ne pouvait se la rappeler que par des oui-dire.
C'est tout au plus si ces nouveaux Israelites
se souvenaient du Dieu de Moïse et de son culte. Ils n'y avaient jamais été sincèrement attachés, ils n'en avaient pas même recu le stygmate, la circoncision (Josué 5, 4 et 5). Rappelez-vous les reproches d'Amos. Les prêtres étaient toujours les seuls qui connussent le Pentateuque et qui en comprissent bien la langue, si pourtant le Pentateuque existait alors tel qu'il nous est donné, ce qui n'est pas probable.. Dans tous les temps, on l'a vu, les copies de ce livre furent-très rares; et faites seulement pour le sacerdoce, elles l'étaient à plus forte raison alors, et jamais dans les temps anciens elles ne furent populaires. Or, les Prêtres étaient intéressés à confirmer par leur témoignage les prodiges attribués à Moïse. Ces Prêtres devaient à la croyance du vulgaire le pouvoir colossal dont ils étaient revêtus. Lorsque ces faits furent plus anciens, les nier leur devint impossible. On aurait passé pour un impie ou pour un insensé en les niant. Néanmoins , les déclamations si fréquentes dans les livres saints contre les mauvais plaisants, les railleurs et les incrédules, l'entraînement continuel des Hébreux vers le culte des idoles, font présumer que bon nombre d'Israelites n'étaient pas dupes de ces prétendus prodiges, dont l'Egypte, si près d'eux, ne leur offrait aucune tradition.

Dans les temps modernes il serait difficile d'en imposer au peuple en déguisant sous forme de miracles des faits, ou naturels en principe, ou physiquement impossibles : mille voix s'élèveraient pour dénoncer le mensonge, et mille réfutations écrites circuleraient partout où ces voix ne pourraient se faire entendre ; mais sous le gouvernement des Hébreux les choses se passaient bien différemment. Il n'y était
pas permis à chacun d'écrire, et surtout d'écrire des annales; ce droit était réservé aux Prophètes chez lesquels le Sacerdoce affectait de reconnaître une inspiration divine ; ce qui veut dire qu'il s'était assuré qu'ils écrivaient sous l'influence du Sacerdoce même. Les fonctions de ces hommes appelés prophètes étaient celles d'écrivains, de scribes, car dans les paraphrases chaldaïques les mots scribe et prophète sont synonymes.

Ce qu'il y a de plus fort encore, c'est qu'il était également
interdit de juger du mérite ou de la véracité de ces écrivains. Ce droit n'appartenait aussi qu'à fort peu de personnes, ce qui veut dire qu'il fallait encore que le Sacerdoce eût reconnu dans ces personnes une sorte d'inspiration. Alors ces nouveaux Scribes pouvaient abréger la rédaction des faits anciens et remplacer les détails par d'autres. Il a fallu par exemple, une succession d'inspirations de ce genre pour amener les abréviateurs et les copistes à ce point d'oser écrire que la construction du temple de Salomon occupa pendant sept ans, cent cinquante-trois mille six cents ouvriers, une fois et demie et plus la population entière, hommes, femmes, vieillards, enfants, d'une ville comme Bordeaux.

Les livres hébraïques sont
remplis d'impossibilités de ce genre, de lacunes qui proviennent du caprice autorisé des copistes, et de versets qui trahissent des interpolations. Avec un système semblable on comprend que rien n'était plus facile que de surcharger les annales de faits miraculeux, de faire de Moïse polythéiste un monothéiste intolérant, et d'un homme doux un chef inexorable et sans entrailles.

« Parmi les Juifs , dit Flavien Josèphe, il n'était pas permis à chacun d'écrire des annales ; cela était réservé aux seuls Prophètes, qui connaissaient les choses futures et éloignées d'eux par une inspiration divine, et qui écrivaient aussi ce qui arrivait de leur temps. »

Eusèbe confirme ce que dit Josèphe lorsqu'il remarque que parmi les Hébreux il n'appartenait pas à toutes sortes de gens de juger de ceux qui étaient dirigés par l'esprit divin pour écrire les livres sacrés ; mais qu'il y avait peu de personnes qui eussent cet emploi, lesquelles étaient aussi Inspirées de Dieu ; qu'il était, de plus, réservé  à elles seules de juger les livres sacrés et prophétiques, et de rejeter ceux qui ne relaient pas (Voyez R. Simon. Histoire crit. du V. T., p. t6).

 

ÉTUDES PRÉLIMINAIRES.
ORIGINES ET ACCROISSEMENTS SUCCESSIFS DE L ALPHABET
HÉBREU ET DE LA LANGUE HÉBRAÏQUE.


Le sujet de cette seconde étude appartient à l'histoire et à l'origine du langage; je ne dis pas du langage tel que la nature l'a donné aux hommes, mais du langage tel que l'homme l'a créé par l'invention des caractères qui lui donnèrent l'idée de l'écriture alphabétique.

J'ai déjà heurté bien des préjugés par d'étranges paradoxes, je vais encore avancer une opinion contraire à l'opinion commune ; la suite fera connaître ce qu'elle peut valoir, et s'il faut l'adopter ou la laisser dans l'oubli.



C'EST UNE ERREUR DE CROIRE, COMME ON L'A FAIT JUSQU'A PRÉSENT, QUE LES LETTRES FURENT INVENTÉES POUR DÉCOMPOSER LA PAROLE ET EN TRACER LES ÉLÉMENTS VOCAUX.

LES MOTS, A L'EXCEPTION D'UN PETIT NOMBRE DE MONOSYLLABES, SONT POSTÉRIEURS A L'INVENTION DES LETTRES.

ILS FURENT LE PRODUIT DE CETTE INVENTION, ET N'EXISTAIENT POINT DANS LE LANGAGE PRIMITIF QUE NOUS A DONNE LA NATURE


On verra que l'alphabet a été concu dans un tout autre esprit, par un tout autre système, sous de tout autres vues et inspirations qu'on se le figure communément.

J'avoue que ce sujet était susceptible de plus de développements que je ne lui en ai donné. Il y avait là, pour un savant et pour un hébraïsant de profession, matière à plus d'un volume ; mais je prie le lecteur de ne pas oublier que je ne suis ni l'un ni l'autre. Mes études ont amené quelques idées qui me paraissent vraies; un sentiment intérieur me dit qu'elles peuvent être utiles, je les publie
au risque d'être mal compris et d'être jugé avec prévention.



DE LA TRANSCRIPTION DES MOTS HÉBREUX EN CARACTÈRES FRANÇAIS

 


Les personnes qui lisent l'hébreu doivent avoir remarqué qu'en transcrivant les mots de cette langue pour les produire en caractères français, je ne tiens pas compte des points-voyelles de la massore.

Je préviens; que je n'y ai point égard non plus en étudiant la signification de ces mots.

Il s'agit en effet du texte de Moïse, et les points massorétiques n'ont été inventés que plus de deux mille ans après Moïse. Nous devons par force accepter ce texte dans l'état d'imperfection où la massore d'Esdras l'a mis, et c'est déjà bien assez. Or, la massore d'Esdras n'est pas l'invention des points-voyelles, c'est une chose depuis longtemps prouvée ; elle est au contraire une suppression de voyelles, et c'est ce qui serait susceptible d'être prouvé si le dogme était intéressé à cette preuve.

C'est pour
empêcher l'ambiguïté favorable au Christianisme qui résultait de cette suppression, que les points massorétiques ont été inventés.

Ces points-voyelles abandonnés, il devient facile de transcrire l'hébreu en caractères français, et
d'éviter ainsi un bariolage avec prétention qui non seulement fatigue la vue du lecteur, mais qui rend l'impression d'un livre dispendieuse et difficile.

Voici, pour modèle de la transcription suivie dans cet ouvrage, l'alphabet hébreu reproduit en lettres majuscules, avec le nom primitif de chaque lettre ; j'y joins la prononciation que les voyelles des Massorettes assignent à chacun de ces noms. Elle servira d'exemple pour faire concevoir la manière dont leur invention peut défigurer les mots.
 

En tout, vingt-deux caractères, six voyelles et seize consonnes.

La langue hébraïque n'a
pas toujours eu ce nombre de caractères.

On verra combien cette observation est importante.

L'hébreu, malgré sa pauvreté, a donc
été beaucoup plus pauvre encore ; de nouvelles lettres ont facilité la création de nouvelles expressions.

Ces expressions résultèrent du progrès de quelques arts et de quelques sciences.

On en dut aussi quelques-unes au besoin de faire distinguer dans l'écriture les nuances ou les différences de significations attachées aux mots du langage parlé ; le jeu de la physionomie et le geste les faisaient sentir et comprendre, mais elles n'existaient pas dans la langue écrite.

Les mots de la langue écrite n'étant connus que des Prêtres seulement, ces mots créèrent une langue savante, langue de doctrine, d'enseignement.

Comme elle n'était lue et interprétée que
dans les temples, et pour le Sacerdoce, on la nomma aussi langue sainte, langue sacrée et sainte doctrine 28.
Il est donc utile, sous tous les rapports, de connaître l'ordre dans lequel cet accroissement de l'alphabet a eu lieu; et l'on doit y avoir égard quand on veut recourir aux racines primitives et monosyllabiques de l'hébreu. C'est bien souvent le seul moyen de s'assurer du sens propre et générant d'un mot qui, traduit
selon le sens vulgaire et généré que l'usage lui donne dans certains passages, produirait une absurdité.

Quelques observations sur l'origine et sur les accroissements de l'alphabet hébreu étaient donc nécessaires : elles doivent naturellement précéder des études où le sens des mots hébreux répandra j'espère la lumière. Mes assertions seront nouvelles, ce n'est pas à dire qu'elles seront fausses.
Ne nous a-t-onrien caché ? N'a-t-on donc rien oublié ou laissé perdre depuis trois mille ans ?

Notes

 

28 - Je suis forcé d'employer le mot temple, pour des temps où les temples comme nous les concevons n'existaient pas ; mais par temple il faut alors entendre un terrain consacré et entouré d'un mur ou d'une enceinte pour le défendre.

Huitième partie

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 23:26

 J'ai déjà posé deux fois la 5e symphonie de Beethoven dirigée par Karajan et là, je l'ai trouvée avec Daniel Barenboim, juif d'origine argentine, un homme de coeur qui a créé le West-Eastern Divan Orchestra où les musiciens sont de jeunes Palestiniens, Israéliens et de divers pays Arabes. Quelqu'un que j'aime beaucoup et qui oeuvre à sa manière pour la paix. Son site.

 

 

 

 

 Cinquième symphonie de Beethoven

par Daniel Barenboim

 

 

Daniel Barenboim l'Universaliste  

Contre la haine et l’enfer de la guerre, un seul mot d’ordre : musique ! Ce mot lâché avec sérieux aurait pu tomber à l’eau, or il tombe à pic dans le contexte plus que tendu du conflit israélo-palestinien. Un homme relève le défi : contrer la fatalité des vendettas, éradiquer les foyers de violence. Réapprendre à vivre ensemble, en harmonie.
Le chef israélien Daniel Barenboim avec l’intellectuel palestinien Edward Saïd (décédé après le lancement du projet, en 2003), ont composé un duo exemplaire destiné à rompre la guerre entre frères ennemis. Leur initiative s'est pleinement réalisée lors du concert historique à Ramallah (en août 2005, dont les enregistrements CD et DVD son parus chez Warner), mais aussi en 2006, avec le nouveau concert diffusé en direct sur Arte, le 20 août, depuis l'Alhambra de Grenade.

Pour se faire, est né l’orchestre des jeunes musiciens originaires des deux camps : le
West-Eastern Divan Orchestra.

Weimar, 1999. Dans le ville de Goethe, première session d’orchestre : une phalange composée de 80 musiciens isréaliens et palestiniens, de 13 à 26 ans. Jouer ensemble, apprendre à suivre une partition en frères d’esprit et de cœur. Le symbole est fort et son enjeu de taille. Et si la musique pouvait indiquer une nouvelle issue ?

Après Weimar, Séville acueille en 2002 le mois de répétition qui prélude à la tournée en Europe mais aussi dans les pays originaires des instrumentistes : Proche-Orient, Espagne.
L’Espagne en particulier le gouvernement autonome d’Andalousie veut apporter sa contribution pour la reconnaissance de l’apport culturel que Juifs et Arabes ont prodigué au prestige culturel et à l'économie du pays. Phalange symbole d’une musique de réconciliation et pacificatrice, mais aussi tremplin école pour de jeunes instrumentistes désireux d’intégrer les orchestres. Certains ont déjà rejoint les ensembles professionnels comme membres permanents. Le projet est aussi un moyen de professionnalisation.

2005, concert à Ramallah en Palestine. Nouvelle étape : le symbole pacificateur du Divan orchestra prend tout son sens. Au programme, symphonie de Symphonie concertante de Mozart et 5ème Symphonie de Beethoven. Barenboim pose sa baguette et explique aux journalistes le message qui est le sien : atténuer la haine. Donner en héritage aux générations pacifiées, un monde plus humain, pacifié. Il crée un jardin musical pour enfants afin d’encourager et repérer les vocations musicales précoces.
En terre palestinienne, le chef israélien donne la mesure d’une action résolument combattante… pour la paix. Pourquoi jouer Beethoven ? Parce qu’il parle de la condition humaine, une condition fragile.

Eté 2006, nouveau chapitre d’un projet qui se construit pas à pas tant les obstacles sont nombreux. Arte, associé au projet déjà l’an dernier où la chaîne culturelle diffusait le concert de Ramallah, retransmet cet été, en direct, le concert programmé depuis l’Egypte. Le désir de concilier les haines ancestrales par la musique est digne d’admiration mais Barenboim va plus loin encore. C’est la place de la musique et sa perception qui est en jeu : une musique professionnelle certes mais vivante et engagée, voilà qui change des salles de concerts et des conditions classiques de son audition. Voilà un défi d’envergure pour la musique du XXIème siècle. Son seul et véritable défi, en définitive.

Saison 2007 sur son site en anglais.

Sources Classic news


 

Daniel Barenboïm


Le maestro qui veut rapprocher Israéliens et Palestiniens

 

Croyez-vous qu'un musicien peut jouer un rôle significatif dans un conflit politique?

Il importe de recréer des liens culturels entre nos deux peuples. Ce n'est pas une démarche naïve. Pendant quelques heures, j'ai réussi à réduire le niveau de la haine à zéro. Ni plus ni moins. La fin du conflit passe par une solution humaine et morale.

Vous parlez souvent de morale...

Je suis un artiste, pas un politicien. Mais j'ai le droit de penser que l'occupation israélienne est moralement inacceptable et stratégiquement dangereuse. La sécurité d'Israël passe par la création d'un Etat palestinien. Mon pays aurait dû avoir l'intelligence et la générosité d'offrir aux Palestiniens une terre qu'ils ne voudront pas perdre. Aujourd'hui, une ex-minorité, persécutée pendant deux millénaires, opprime une autre minorité, au mépris de l'éthique juive. Pour être plus clair, je pense que la politique d'Ariel Sharon gaspille le capital moral du peuple juif. Il ne faut pas promettre qu'on va arrêter la violence pour arriver au pouvoir.

Vous n'allez pas jusqu'à justifier les attentats terroristes?

Evidemment non. Le drame, c'est que les deux camps utilisent des moyens qui vont contre leurs intérêts. La violence palestinienne ne fait qu'aggraver la haine et nuit gravement à son image. Yasser Arafat est un autocrate dépassé par sa base. Avant la deuxième Intifada, il était au plus bas dans les sondages. Je crois que l'opposition doit jouer un rôle plus important, d'un côté avec l'émergence d'un mouvement démocratique en Palestine et, de l'autre, en Israël, avec un parti laïque de gauche, moins nationaliste

La remise en cause de la politique de Sharon est souvent taxée d'antisémitisme...

On ne doit pas confondre la politique actuelle d'Israël avec le judaïsme. Même si certains en profitent pour laisser libre cours à leur antisémitisme. Tout le problème provient d'une confusion entre le civil et le religieux en Israël. L'histoire du peuple juif a toujours été déchirée entre deux tendances: celle d'un repliement sur soi-même et celle d'une aspiration à l'universel, représentée, notamment, par Einstein et Spinoza.

Comment définir alors, l'identité juive en 2003?

En tant que juif séculaire, je pense que c'est un mélange de peuple, de tradition et de nation. Sans nation pendant deux mille ans, nous avons toujours été caractérisés par les autres, avec les horreurs que nous connaissons. Mais nous ne sommes plus dans un ghetto en Pologne. Depuis la création de l'Etat d'Israël, nous devons nous définir par nous-mêmes et, pour certains, cela reste difficile. Membre d'une nation démocratique exemplaire, chaque Israélien devrait accepter que l'on puisse défendre un point de vue différent du sien.

Lors de votre candidature à la Philharmonie de Berlin, on a évoqué une cabale antisémite contre vous.

C'est faux: je ne sens pas d'antisémitisme en Allemagne. En revanche, je crois qu'on peut trouver des similitudes entre Berlin et Jérusalem, dans la mesure où les deux villes sont chargées de symboles historiques. Les anciens de Berlin-Ouest, porte-drapeau de la liberté, ont du mal à accepter la réunification avec l'Est, comme certains Israéliens refusent de cohabiter avec les Palestiniens.

Sources L'Express

 

LE CHEF D’ORCHESTRE DANIEL BARENBOIM A RAMALLAH

 

 

 

"Pour tendre une main et partager la musique afin de réduire la haine au silence". C’est par ces mots que le musicien israélien le plus célèbre, Daniel Barenboïm, explique la raison pour laquelle il est venu à Ramallah jouer devant de jeunes palestiniens.

Pendant une vingtaine de minutes mardi 10 septembre 2002, M. Barenboïm, juif originaire d’Argentine, a interprété la "Sonate au clair de lune" de Beethoven devant les élèves de l’Ecole des Amis, tenue par des quakers -protestants prêchant le pacifisme- dans la ville de Ramallah (Cisjordanie), occupée par l’armée israélienne depuis la mi-juin.

Le chef d’orchestre, directeur artistique de l’opéra de Berlin (Staatsoper) avait souhaité se produire en mars à Ramallah, mais les autorités israéliennes lui en avaient interdit l’accès "pour des raisons de sécurité". "Partout dans le monde, des gens me demandent pourquoi je voulais être à Ramallah aujourd’hui. La réponse est très simple : je ne suis pas un homme politique, je n’ai pas de solution pour ce conflit, mais je crois que chacun d’entre nous doit réfléchir à sa responsabilité en tant qu’être humain et cesser de dépendre des gouvernements", a dit M. Barenboïm. Très critique vis-à-vis du Premier ministre israélien Ariel Sharon, le chef d’orchestre est connu pour ses position pacifistes concernant le conflit israélo-palestinien. L’amitié qui le lie à l’intellectuel américain d’origine palestinienne Edward Saïd a débouché sur le concert qu’il avait donné en 1999 à l’université palestinienne de Bir Zeit, près de Ramallah, et sur la création du West Eastern Divan, orchestre rassemblant des jeunes musiciens palestiniens, israéliens, syriens, libanais ou égyptiens qui se sont produits en août en Europe et aux Etats-Unis. Dans l’auditorium de l’Ecole des Amis, l’atmosphère dissipée s’est vite transformée en silence attentif lorsque le musicien a entamé les premières mesures. A la fin du morceau, les adolescents, en uniforme, se sont levés pour l’applaudir. Puis trois jeunes filles ont joué après M. Barenboïm, l’une d’entre elles faisant forte impression en interprétant une valse de Chopin. "J’étais nerveuse quand je suis montée sur scène, mais M. Barenboïm m’a demandé s’il pouvait s’asseoir à côté de moi. J’ai dit oui et je mes suis sentie immédiatement rassurée", dit Céline Khoury, 15 ans. "Je pense que d’autres enfants auraient dû êtres invités aussi. Certains n’ont pas autant de chance que nous", ajoute-t-elle, plus grave. "Je suis content qu’il soit ici ; comme ça il pourra raconter ce qui se passe en Palestine", dit Saleh Amra, 12 ans, qui ignorait jusque là tout du musicien. Pour le militant palestinien des droits de l’Homme Moustafa Barghouthi, qui a invité M. Barenboïm, ce jour a permis de "percer le siège (imposé par l’armée) et d’apporter à ces enfants de la musique et un message de paix". "Nous devons apprendre à faire la différence entre nos amis et nos ennemis, entre ceux qui veulent la paix et ceux qui préfèrent la guerre", souligne-t-il. La visite du chef d’orchestre à Ramallah a été très critiquée dans les médias israéliens, mais l’intéressé ne veut pas que son geste prenne une tournure politique : "Je suis venu ici en tant qu’individu (...), je sais seulement qu’israël ne peut pas résoudre le conflit de manière militaire, tant d’un point de vue moral que stratégique". "Demain, la paix viendra. Les deux camps devront à nouveau échanger, économiquement et culturellement. Pourquoi devrais-je attendre", se demande-t-il, alors que "la musique peut faire passer ce sentiment de communauté sur le champ ?" RAMALLAH (AFP)

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 22:14

 Alors pour vous faire patienter un peu, de la belle musique... avec Von Karajan... pour ceux qui voudraient directement passer au morceau le plus connu de la Symphonie n°7, c'est à 11mn et 12 s...

 

 

 Symphonie N 7 de Beethoven

par Herbert Von Karajan

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 12:47

 

 

Moyens de connaître l’avenir par les songes

par Henri Delaage

Texte extrait du Monde prophétique ou moyens de connaître l’avenir, (1853)

« Le songe est la vision d’une âme qui veille dans un corps endormi »

 

C’est une croyance commune de tous les peuples, et, de plus, une vérité primordiale que nous allons entreprendre de rendre visible dans ce chapitre, aux yeux de l’intelligence en lui prouvant victorieusement que, dans le silence des sens endormis, le réveil de l’âme se manifeste par un acte miraculeux de vision que l’on nomme songe. L’avenir est caché, Dieu seul le connaît ; néanmoins l’âme, dégagée par un sommeil bienfaisant de la servitude du corps, déchiffre quelquefois d’une manière pénible quelques lignes du livre de l’avenir.

La lumière, il est vrai, qui éclaire l’âme pendant le sommeil est trop fugitive, pas assez nette ni assez brillante pour qu’elle puisse saisir dans l’ensemble de leurs détails les événements futurs ; ensuite elle n’est pas assez dégagée des sens et de leur domination aveugle pour qu’elle ne participe pas en quelque chose à ce phénomène de vision surnaturelle. C’est pour cette raison que les songes présentent l’avenir d’une manière symbolique, car le songe ne peut le saisir qu’à travers le voile d’une révélation qui le lui montre en le recouvrant d’une allégorie propre à impressionner les sens et à graver son image sur les tables de la mémoire.

Nous croyons nécessaire de signaler une confusion déplorable parmi les hommes d’un esprit superficiel qui leur fait employer le mot rêve dans le même sens que le mot songe. La différence entre ces deux phénomènes du sommeil a cependant l’immensité qui existe entre le ciel et la terre, le fini et l’infini. Le songe est une vision de notre âme débarrassée, par l’assoupissement des sens et le sommeil des organes matériels, de l’empire exercé durant l’état de veille par le corps sur elle ; le rêve, au contraire, n’est qu’un travail incohérent du cerveau qui n’est pas guidé par la raison. Aussi, tandis que les songeurs ont été vénérés par tous les peuples comme des prédestinés et des interprètes de la Divinité, les rêveurs, au contraire, ont toujours été considérés comme des infortunés dont le cerveau, dérangé dans son invisible mécanisme, ne pouvait plus penser. En un mot, le titre de songeur est sublime, celui de rêveur est ridicule.

Les rêves étant presque toujours déterminés par la concentration de l’esprit de vie, source de la pensée, sur une faculté, on peut en tirer cette conclusion que le cerveau continue, dans le sommeil, le travail commencé dans l’état de veille, et le poursuit avec la divagation effrénée d’un coursier qui a cessé d’être guidé par la sage main de la raison qui sommeille en ce moment.

Les songes ont eu, dans la plus haute antiquité, un crédit si considérable, qu’ils servaient de motif aux plus importantes déterminations, et, dans leur croyance, songer était synonyme de converser avec Dieu. Cependant, les anciens étaient loin de considérer tous les songes comme célestes. Ainsi, Platon fait dire à Socrate : « Ecoute le songe que j’ai eu afin de décider s’il a passé par la porte de corne ou par celle d’ivoire, c’est-à-dire s’il est vrai ou faux ».

Pour tout esprit intuitif l’erreur n’a pas la même apparence que la vérité, et il est impossible de confondre les fantaisies chimériques de l’imagination avec une vision de l’âme. C’est pour cela que saint Augustin rapporte que sa sainte mère discernait aisément, dans les songes qu’elle avait, les révélations qui lui venaient de Dieu d’avec les suggestions de son imagination. Le peuple grec croyait aux songes, mais il n’y croyait pas en aveugle, il y croyait en peuple éclairé de la lumière de la vérité, comme nous le voyons dans ce passage si remarquable de Xénophon où il dit : « Rien ne ressemble plus à la mort que le sommeil : c’est alors que l’âme se montre toute divine, et qu’elle voit les choses futures comme si elle était entièrement libre ». Et Platon, que les siècles ont nommé le Divin, et que nous nommerons en changeant une lettre, le Devin, a proclamé que « la fureur de l’inspiration divine l’emportait sur la sagesse des hommes ».

Chaque jour nous rencontrons des femmes qui nous disent : « Dieu m’envoie en songe l’avertissement de tout ce qui doit m’arriver ». Au lieu de regarder ces femmes comme des esprits faibles et superstitieux, nous les regardons comme des êtres chéris de la Divinité, qui daigne converser avec leur âme réveillée par le sommeil des sens.

Ce qui a répandu la croyance que Dieu dévoilait les événements futurs à l’âme pendant le sommeil du corps, ce sont les nombreux passages de la Bible, livre qui se trouve dans toutes les mains, et dont les opinions passent généralement pour les oracles de la divine vérité. Nous avouons qu’il est difficile de ne pas y croire après ces paroles du livre de Job : «Dieu parle pendant les songes et dans les visions de la nuit. Lorsque les hommes sont accablés de sommeil et qu’ils dorment dans leur lit, c’est alors que Dieu leur ouvre l’oreille, qu’il les avertit et les instruit de ce qu’ils doivent savoir. » Et ces mots du livre de Joël : « Je répandrai mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards seront instruits par des songes et vos jeunes gens auront des visions ».

Fils du dix-neuvième siècle, nous avons dans notre enfance sucé le lait de la sagesse dans les saintes Écritures ; ce fait est devenu la chair de nos os, le sang de nos veines : l’inspiration qui dégage l’âme du corps endormi ou simplement engourdi est donc trop inhérente à notre nature pour la réfréner, aussi, nous arrive-t-il souvent, semblables au coursier de race, qui mord rageusement son frein et frappe la terre d’un pied fringant, impatient qu’il est de s’élancer bondissant à travers la campagne, de sentir l’esprit se saisir de nous, et nous emporter dans les régions inconnues du monde surnaturel. C’est une suprême béatitude d’aller ainsi chercher la vérité au-delà des sphères créées sur l’aile de l’inspiration : c’est une prédestination divine.

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 15:29

La dernière partie du Livre I avec tous les noms des généraux de Satan que l'on a retrouvé en son temps à Canaan mais aussi en Egypte. John Milton au travers de cette oeuvre poétique cite notamment Osiris, Isis, Orus détournés il faut le savoir pour camoufler autre chose. Comme je l'ai déjà dit, les hieroglyphes égyptiens possédaient deux sens. J'ai commencé à en parler ICI. Il est à noter que Milton a écrit cet ouvrage ou plutôt dicté -à ses filles- alors qu'il était aveugle. Mais quel voyant ! Je tiens aussi à dire que j'ai rajouté l'argument dans la première partie où il est question -tout comme ici- du fameux Peuple -non pas le Peuple élu mais le Peuple de l'Elu- que Satan s'est donné pour mission de corrompre en le détournant de l'Enseignement Originel. Enseignement que Ieschuoa était venu réhabiliter... on y revient toujours.

 

Le paradis perdu

 

de John Milton

 

Traduction de Chateaubriand

1857

Livre I

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tableau de Boris Vallejo

 


Avec ces divinités, vinrent celles qui du bord des flots de l'antique Euphrate jusqu'au torrent qui sépare l'Egypte de la terre de Syrie, portent les noms généraux de Baal et d'Astaroth; ceux-là mâles, celles-ci femelles : car les esprits prennent à leur gré l'un ou l'autre sexe, ou tous les deux à la fois; si ténue et si simple est leur essence pure : elle n'est ni liée ni cadenassée par des jointures et des membres, ni fondée sur la fragile force des os, comme la lourde chair; mais dans telle forme qu'ils choisissent, dilatée ou condensée, brillante ou obscure, ils peuvent exécuter leurs résolutions aériennes, et accomplir les œuvres de l'amour ou de la haine. Pour ces divinités, les enfants d'Israël abandonnèrent souvent leur force vivante, et laissèrent infréquenté son autel légitime, se prosternant bassement devant des dieux animaux. Ce fut pour cela que leurs têtes inclinées aussi bas dans les batailles, se courbèrent devant la lance du plus méprisable ennemi.

Avec ces divinités en troupe, parut Astoreth, que les Phéniciens nomment Astarté, reine du ciel, ornée d'un croissant; à sa brillante image, nuitamment en présence de la lune, les vierges de Sidon payent le tribut de leurs vœux et de leurs chants. Elle ne fut pas aussi non chantée dans Sion, où sontemple s'élevait sur le mont d'Iniquité : temple que bâtit ce roi, ami des épouses, dont le cœur, quoique grand, séduit par de belles idolâtres, tomba devant d'infâmes idoles.

A la suite d'Astarté vint Thammuz, dont l'annuelle blessure dans le Liban attire les jeunes Syriennes, pour gémir sur sa destinée dans de tendres complaintes, pendant tout un jour d'été ; tandis que le tranquille Adonis, échappant de sa roche native, roule à la mer son onde supposée rougie du sang de Thammuz, blessé tous les ans. Cette amoureuse histoire infecta de la même ardeur les filles de Jérusalem, dont les molles voluptés sous le sacré portique, furent vues d'Ézéchiel, lorsque conduit par la vision, ses yeux découvrirent les noires idolâtries de l'infidèle Juda.

Après Thammuz, il en vint un qui pleura amèrement, quand l'Arche captive mutila sa stupide idole, tête et mains émondées dans son propre sanctuaire, sur le seuil de la porle où elle tomba à plat, et fit honte à ses adorateurs : Dagon est son nom; monstre marin, homme par le haut, poisson par le bas. Et cependant son temple, élevé haut dans Azot, fut redouté le long des côtes de la Palestine, dans Gath et Ascalon, et Accaron, et jusqu'aux bornes dela frontière de Gaza.

Suivait Rimnon, dont la délicieuse demeure était la charmante Damas sur les bords fertiles d'Abbana et de Pharphar, courants limpides. Lui aussi fut hardi contre la maison de Dieu : une fois il perdit un lépreux et gagna un roi, Achaz son imbécile conquérant, qu'il engagea à mépriser l'autel du Seigneur et à le déplacer pour un autel à la syrienne, sur lequel Achaz brûla ses odieuses offrandes, et adora les dieux qu'il avait vaincus.

Après ces démons, parut la bande de ceux qui, sous des noms d'antique renommée, Osiris, Isis, Orus et leur train, monstrueux en figures et en sorcelleries, abusèrent la fanatique Egypte et ses prêtres qui cherchèrent leurs divinités errantes, cachées sous des formes de bêtes plutôt que sous des formes humaines.

Point n'échappa Israël à la contagion, quand d'un or emprunté il forma le veau d'Oreb. Le roi rebelle doubla ce péché à Béthel et à Dan, assimilant son Créateur au bœuf paissant; ce Jehovah qui, dans une nuit, lorsqu'il passa dans sa marche à travers l'Egypte, rendit égaux d'un seul coup ses premiers-nés et ses dieux bêlants.

Bélial parut le dernier; plus impur esprit, plus grossièrement épris de l'amour du vice pour le vice même, ne tomba du ciel. Pour Bélial, aucun temple ne s'élevait, aucun autel ne fuma : qui cependant est plus souvent que lui dans les temples et sur les autels, quand le prêtre devient athée comme les fils d'Éli qui remplirent de prostitutions et de violences la maison de Dieu ? Il régne aussi dans les palais et dans les cours, dans les villes dissolues où le bruit de la débauche, de l'injure et de l'outrage, monte au-dessus des plus hautes tours : et quand la nuit obscurcit les rues, alors vagabondent les fils de Bélial gonflés d'insolence et devin; témoin les rues de Sodome, et cette nuit dans Gabaa, lorsque la porte hospitalière exposa une matrone pour éviter un rapt plus odieux.

Ces démons étaient les premiers en rang et en puissance; le reste serait long à dire, bien qu'au loin renommé; dieux d'Ionie que la postérité de Javan tint pour dieux, mais confessés dieux plus récents que le Ciel et la Terre, leurs parents vantés : Titan, premier-né du ciel avec son énorme lignée et son droit d'aînesse usurpé par Saturne, plus jeune que lui ; Saturne traité de la même sorte par le plus puissant Jupiter, son propre fils et fils de Rhée; ainsi Jupiter, usurpant, régna. Ces dieux d'abord connus en Crète et sur l'Ida, de là sur le sommet neigeux du froid Olympe, gouvernèrent la moyenne région de l'air, leur plus haut ciel, ou sur le rocher de Delphes, ou dans Dodone,et dans toutes les limites de la terre Dorique. L'un d'eux, avec le vieux Saturne, fuit sur l'Adriatique aux champs de l'Hespérie, et par delà la Celtique, erra dans les îles les plus reculées.

Tous ces dieux, et beaucoup d'autres, vinrent en troupe, mais avec des regards baissés et humides, tels cependant qu'on y voyait une obscure lueur de joie d'avoir trouvé leur chef non désespéré, de s'être trouvés eux-mêmes non perdus dans la perdition même. Ceci refléta sur le visage de Satan comme une couleur douteuse : mais bientôt reprenant son orgueil accoutumé, avec de hautes paroles qui avaient l'apparence, non la réalité de la dignité, il ranime doucement leur défaillant courage et dissipe leur crainte.

Alors sur-le-champ il ordonne qu'au bruit guerrier des clairons et des trompettes retentissantes, son puissant étendard soit levé. Cet orgueilleux honneur est réclamé comme un droit par Azazel, grand chérubin ; il déferle de l'hast brillant l'enseigne impériale, qui haute et pleinement avancée brille comme un météore s'écoulant dans le vent : les perles et le riche éclat de l'or y blasonnaient les armes et les trophées séraphiques. Pendant tout ce temps l'airain sonore souffle des sons belliqueux, auxquels l'universelle armée renvoie un cri qui déchire la concavité de l'enfer, et épouvante au delà, l'empire du Chaos et de la vieille Nuit.

En un moment, à travers les ténèbres, sont vues dix mille bannières qui s'élèvent dans l'air avec des couleurs orientales ondoyantes. Avec ces bannières se dresse une forêt énorme de lances; et les casques pressés apparaissent, et les boucliers se serrent dans une épaisse ligne d'une profondeur incommensurable. Bientôt les guerriers se meuvent en phalange parfaite, au mode dorien des flûtes et des suaves haut-bois : un tel mode élevait à la hauteur du plus noble calme les héros antiques, s'armant pour le combat; au lieu de la fureur, il inspirait une valeur réglée, ferme, incapable d'être entraînée par la crainte de la mort, à la fuite ou à une retraite honteuse. Cette harmonie ne manque pas de pouvoir pour tempérer et apaiser, avec des accords religieux, les pensées troublées, pour chasser l'angoisse, et le doute, et la frayeur, et le chagrin, et la peine des esprits mortels et immortels.

Ainsi respirant la force unie, avec un dessein fixé, marchaient en silence les anges déchus, au son du doux pipeau qui charmait leurs pas douloureux sur le sol brûlant ; et alors avancés en vue, ils s'arrêtent; horrible front d'effroyable longueur, étincelant d'armes, à la ressemblance des guerriers de jadis, rangés sous le bouclier et la lance, attendant l'ordre que leur puissant général avait à leur imposer. Satan, dans les files armées, darde son regard expérimenté, et bientôt voit à travers tout le bataillon la tenue exacte de ces guerriers, leurs visages, et leurs statures comme celles des dieux : leur nombre finalement il résume.

Et alors son cœur se dilate d'orgueil, et, s'endurcissant dans sa puissance, il se glorifie. Car depuis que l'homme fut créé, jamais force pareille n'avait été réunie en corps; nommée auprès de celle-ci, elle ne mériterait pas qu'on s'y arrêtât plus qu'à cette petite infanterie combattue par les grues; quand même on y ajouterait la race gigantesque de Phlégra avec la race héroïque qui lutta devant Thèbes et Ilion où, de l'un et de l'autre côté, se mêlaient des dieux auxiliaires; quand on y joindrait ce que le roman ou la fable raconte du fils d'Uther entouré de chevaliers bretons et armoricains; quand on rassemblerait tous ceux qui depuis, baptisés ou infidèles, joutèrent dans Aspremont, ou Montauban, ou Damas, ou Maroc, ou Trébisonde, ou ceux que Biserle envoya de la rive africaine, lorsque Charlemagne avec tous ses pairs tomba près de Fontarabie.

Ainsi cette armée des esprits, loin de comparaison avec toute mortelle prouesse, respectait cependant son redoutable chef. Celui-ci, au-dessus du reste par sa taille et sa contenance, superbement dominateur, s'élevait comme une tour. Sa forme n'avait pas encore perdu toute sa splendeur originelle ; il ne paraissait rien moins qu'un archange tombé, un excès de gloire obscurcie : comme lorsque le soleil nouvellement levé, tondu de ses rayons, regarde à travers l'air horizontal et brumeux; ou tel que cet astre derrière la lune, dans une sombre éclipse, répand un crépuscule funeste sur la moitié des peuples, et par la frayeur des révolutions tourmente les rois ; ainsi obscurci, brillait encore au-dessus de tous ses compagnons l'archange. Mais son visage est labouré des profondes cicatrices de la foudre, et l'inquiétude est assise sur sa joue fanée ; sous les sourcils d'un courage indompté et d'un orgueil patient, veille la vengeance.

Cruel était son œil ; toutefois il s'en échappait des signes de remords et de compassion, quand Satan regardait ceux qui partagèrent, ou plutôt ceux qui suivirent son crime, (il les avait vus autrefois bien différents dans la béatitude ) condamnés maintenant pour toujours à avoir leur lot dans la souffrance ! millions d'esprits mis pour sa faute à l'amende du ciel, et jetés hors des éternelles splendeurs pour sa révolte, néanmoins demeurés fidèles combien que leur gloire flétrie. Comme quandle feu du ciel a écorché les chênes de la forêt ou les pins de la montagne, avec une tête passée à la flamme, leur tronc majestueux, quoique nu, reste debout sur la lande brûlée.

Satan se prépare à parler ; sur quoi les rangs doublés des bataillons se courbent d'une aile à l'autre aile, et l'entourent à demi de tous ses pairs : l'attention les rend muets. Trois fois il essaye de commencer ; trois fois, en dépit de sa fierté, des larmes telles que les anges en peuvent pleurer, débordent. Enfin des mots entrecoupés de soupirs forcent le passage.

« O myriades d'esprits immortels ! ô puissances, qui n'avez de pareils que le Tout-Puissant ! il ne fut pas inglorieux, ce combat, bien que l'événement fût désastreux, comme l'attestent ce séjour et ce terrible changement, odieux à exprimer. Mais quelle faculté d'esprit, prévoyant et présageant d'après la profondeur de la connaissance du passé ou du présent, aurait craint que la force unie de tant de dieux, de dieux tels que ceux-ci, fût jamais repoussée? Car qui peut croire, même après cette défaite, que toutes ces légions puissantes, dont l'exil a rendu le ciel vide, manqueront à se relever, et à reconquérir leur séjour natal ? Quant à moi, toute l'armée céleste est témoin, si des conseils divers, ou des dangers par moi évités, ont ruiné nos espérances. Mais celui qui régne monarque dans le ciel était jusqu'alors demeuré en sûreté assis sur son trône, maintenu par une ancienne réputation, par le consentement, ou l'usage; il nous étalait en plein son faste royal, mais il nous cachait sa force, ce qui nous tenta à notre tentative et causa notre chute.

« Dorénavant nous connaissons sa puissance et nous connaissons la nôtre, de manière à ne provoquer ni craindre une nouvelle guerre, provoquée. Le meilleur parti qui nous reste est de travailler dans un secret dessein, à obtenir de la ruse et de l'artifice ce que la force n'a pas effectué, afin qu'à la longue il apprenne du moins ceci de nous : Celui qui a vaincu par la force, n'a vaincu qu'à moitié son ennemi.

« L'espace peut produire de nouveaux mondes : à ce sujet un bruit courait dans le ciel, qu'avant peu le Tout-Puissant avait l'intention de créer, et de placer dans cette création une race, que les regards de sa préférence favoriseraient à l'égal des fils du ciel. Là, ne fut-ce que pour découvrir, se fera peut-ètre notre première irruption ; là ou ailleurs : car ce puits infernal ne retiendra jamais des esprits célestes en captivité, ni l'abîme ne les couvrira longtemps de ses ténèbres. Mais ces projets doivent être mûris en plein conseil. Plus d'espoir de paix, car qui songerait à la soumission? Guerre donc ! guerre ouverte ou cachée, doit être résolue. »

Il dit; et pour approuver ses paroles, volèrent en l'air des mil
lions d'épées flamboyantes, tirées de dessus la cuisse des puissants chérubins ; la lueur subite au loin à l'entour illumine l'enfer : les démons poussent des cris de rage contre le Très-Haut, et furieux, avec leurs armes saisies, ils sonnent sur leurs boucliers rententissants le glas de guerre, hurlant un défi à la voûte du ciel.

A peu de distance s'élevait une colline dont le sommet terrible rendait, par intervalles, du feu et une roulante fumée; le reste entier brillait d'une croûte lustrée; indubitable signe que dans les entrailles de cette colline était cachée une substance métallique, œuvre du soufre. Là, sur les ailes de la vitesse, une nombreuse brigade se hâte, de même que des bandes de pionniers armés de pics et de bêches, devancent le camp royal pour se retrancher en plaine, ou élever un rempart. Mammon les conduit; Mammon, le moins élevé des esprits tombés du ciel, car dans le ciel même ses regards et ses pensées étaient toujours dirigées en bas; admirant plus la richesse du pavé du ciel où les pas foulent l'or, que toute chose divine ou sacrée dont on jouit dans la vision béatifique. Par lui d'abord, les hommes aussi, et par ses suggestions enseignés, saccagèrent le centre de la terre, et avec des mains impies pillèrent les entrailles de leur mère, pour des trésors qu'il vaudrait mieux cacher. Bientôt la bande de Mammon eut ouvertune large blessure dans la montagne et extrait de ses flancs des côtes d'or. Personne ne doit s'étonner si les richesses croissent dans l'enfer ; ce sol est le plus convenable au précieux poison. Et ici que ceux qui se vantent des choses mortelles et qui s'en émerveillant disent Babel et les ouvrages des rois de Memphis ; que ceux-là apprennent combien leurs plus grands monuments de renommée, de force et d'art, sont aisément surpassés par des esprits réprouvés : ils accomplissent en une heure ce que dans un siècle les rois, avec des labeurs incessants et des mains innombrables, achèvent à peine.

Tout auprès, sur la plaine, dans maints fourneaux préparés sous lesquels passe une veine de feu liquide, éclusée du lac, une seconde troupe avec un art prodigieux fait fondre le minerai massif, sépare chaque espèce, et écume les scories des lingots d'or. Une troisième troupe aussi promptement forme dans la terre des moules variés, et de la matière des bouillants creusets, par une dérivation étonnante, remplissent chaque profond recoin : ainsi dans l'orgue, par un seul souffle de vent divisé entre plusieurs rangs de tuyaux, tout le jeu respire.

Soudain un immense édifice s'éleva de la terre, comme une exhalaison, au son d'une symphonie charmante et de douces voix : édifice bâti ainsi qu'un temple, où tout autour étaient placés des pilastres et des colonnes doriques surchargées d'une architrave d'or : il n'y manquait ni corniches, ni frises avec des reliefs gravés en bosse. Le plafond élait d'or ciselé. Ni Babylone, ni Memphis, dans toute leur gloire, n'égalèrent une pareille magnificence pour enchâsser Bélus ou Sérapis, leurs dieux, ou pour introniser leurs rois, lorsque l'Égypte et l'Assyrie rivalisaient de luxe et de richesses.

La masse ascendante arrêta fixe sa majestueuse hauteur : et sur-le-champ les portes ouvrant les battants de bronze, découvrent au large en dedans ses amples espaces sur un pavé nivelé et poli : sous l'arc de la voûte pendent, par une subtile magie, plusieurs files de lampes étoilées et d'étincelants falots qui nourris de naphte, d'asphalte, émanent la lumière comme un firmament.

La foule empressée entre en admirant, et les uns vantent l'ouvrage, les autres l'ouvrier. La main de cet architecte fut connue dans le ciel par la structure de plusieurs hautes tours où des anges portant le sceptre faisaient leur résidence et siégeaient comme des princes : le Monarque Suprême les éleva à un tel pouvoir, et les chargea de gouverner, chacun dans sa hiérarchie les milices brillantes.

Le même architecte ne fut point ignoré ou sans adorateurs dans l'antique Grèce ; et dans la terre d'Ausonie, les hommes l'appelèrent Mulciber. Et la Fable disait comme il fut précipité du ciel, jeté par Jupiter en courroux par-dessus les créneaux de cristal : du matin jusqu'au midi il roula, du midi jusqu'au soir d'un jour d'été ; et avec le soleil couchant, il s'abattit du zénith, comme une étoile tombante, dans Lemnos, île de l'AEgée : ainsi les hommes le racontaient, en se trompant, car la chute de Mulciber, avec cette bande rebelle, avait eu lieu longtemps auparavant. Il ne lui servit de rien à présent d'avoir élevé de hautes tours dans le ciel; il ne se sauva point à l'aide de ses machines; mais il fut envoyé la tête la première, avec sa horde industrieuse, bâtir dans l'enfer.

Cependant les hérauts ailés, par le commandement du souverain pouvoir, avec un appareil redoutable, et au son des trompettes, proclament dans toute l'armée la convocation d'un conseil solennel qui doit se tenir incontinent à Pandaemonium, la grande capitale de Satan et de ses pairs. Leurs sommations appellent de chaque bande et de chaque régiment régulier les plus dignes en rang ou en mérite ; ils viennent aussitôt, par troupes de cent et de mille, avec leurs cortéges. Tous les abords sont obstrués; les portes et les larges parvis s'encombrent, mais surtout l'immense salle (quoique semblable à un champ couvert, où de vaillants champions étaient accoutumés à chevaucher en armes, et devant le siége du soudan, à défier la fleur de la chevalerie païenne, au combat à mort ou au courre d'une lance). L'essaim des esprits fourmille épais, à la fois sur la terre et dans l'air froissé du sifflement de leurs ailes bruyantes.

Au printemps, quand le soleil marche avec le Taureau, des abeilles répandent en grappes autour de la ruche leur populeuse jeunesse : elles voltigent ça et là parmi la fraîche rosée et les fleurs, ou sur une planche unie, faubourg de leur citadelle de paille, nouvellement frottée de baume, elles discourent et délibèrent de leurs affaires d'État : aussi épaisse la troupe aérienne fourmillait et était serrée, jusqu'au moment du signal donné.

Voyez la merveille! Ceux qui paraissaient à présent surpasser en grandeur les géants, fils de la Terre, à présent moindres que les plus petits nains, s'entassent sans nombre dans un espace étroit : ils ressemblent à la race des pygmées au delà de la montagne de l'Inde, ou bien à des fées dans leur orgie de minuit, à la lisière d'une forêt, ou au bord d'une fontaine, que quelque paysan en retard voit ou rêve qu'il voit, tandis que sur sa tête la lune siége arbitre et incline plus près de la terre sa pâle course : appliquées à leurs danses ou à leurs jeux, ces esprits légers charment l'oreille du paysan avec une agréable musique ; son cœur bat à la fois de joie et de frayeur.

Ainsi des esprits incorporels réduisirent à la plus petite proportion leur stature immense, et furent au large, quoique toujours sans-nombre, dans la salle de cette cour infernale. Mais loin dans l'intérieur, et dans leurs propres dimensions, semblables à eux-mêmes, les grands seigneurs séraphiques et chérubins se réunissent en un lieu retiré, et en secret conclave; mille demi-dieux assis sur des siéges d'or, conseil nombreux et complet ! Après un court silence et la semonce lue, la grande délibération commença.

Asuivre...

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LUCIFER
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 14:02

 

 

Le paradis perdu

 

de John Milton

 

Traduction de Chateaubriand

1857

Livre I

2ème partie

1ère partie

Tableau de Christophe Sivet

Ainsi parlait Satan à son compagnon le plus près de lui, la tête levée au-dessus des vagues, les yeux étincelants; les autres parties de son corps affaissées sur le lac, étendues longues et larges, flottaient sur un espace de plusieurs arpents. En grandeur il était aussi énorme que celui que les fables appellent, de sa taille monstrueuse, Titanien, ou né de la terre, lequel fit la guerre à Jupiter; Briarée ou Tiphon, dont la caverne s'ouvrait près de l'ancienne Tarse. Satan égalait encore cette bête de la mer, Léviathan, que Dieu, de toutes ses créatures, fit la plus grande entre celles qui nagent dans le cours de l'Océan : souvent la bête dort sur l'écume norwégienne ; le pilote de quelque petite barque égarée au milieu des ténèbres la prend pour une île (ainsi le racontent les matelots) : il fixe l'ancre dans son écorce d'écaille, s'amarre sous le vent à son côté, tandis que la nuit investit la mer, et retarde l'aurore désirée. Ainsi, énorme en longueur le chef ennemi gisait enchaîné sur le lac brûlant ; jamais il n'eût pu se lever ou soulever sa tête, si la volonté et la haute permission du régulateur de tous les cieux ne l'avaient laissé libre dans ses noirs desseins; afin que par ses crimes réitérés il amassât sur lui la damnation, alors qu'il cherchait le mal des autres; afin qu'il pût voir, furieux, que toute sa malice n'avait servi qu'à faire luire l'infinie bonté, la grâce, la miséricorde sur l'homme par lui séduit; à attirer sur lui-même, Satan, triple confusion, colère et vengeance.

Soudain au-dessus du lac l'archange dresse sa puissante stature : de sa main droite et de sa main gauche les flammes repoussées en arrière, écartent leurs pointes aiguës, et, roulées en vagues, laissent au milieu une horrible vallée. Alors, ailes déployées, il dirige son vol en haut, pesant sur l'air sombre qui sent un poids inaccoutumé, jusqu'à ce qu'il s'abatte sur la terre aride, si terre était ce qui toujours brûle d'un feu solide, comme le lac brûle d'un liquide feu.

Telles apparaissent dans leur couleur (lorsque la violence d'un tourbillon souterrain a transporté une colline arrachée du Pelore ou des flancs déchirés du tonnant Etna), telles apparaissent les entrailles combustibles et inflammables qui là concevant le feu, sont lancées au ciel par l'énergie minérale à l'aide des vents, et laissent un fond brûlé, tout enveloppé d'infection et de fumée : pareil fut le sol de repos que toucha Satan de la plante de ses pieds maudits. Béelzébuth, son compagnon le plus proche, le suit, tous deux se glorifiant d'être échappés aux eaux stygiennes comme des dieux par leurs propres forces recouvrées, non par la tolérance du suprême pouvoir.

« Est-ce ici la région, le sol, le climat, dit alors l'archange perdu ; est-ce ici le séjour que nous devons changer contre le ciel, cette morne obscurité contre cette lumière céleste? Soit ! puisque celui qui maintenant est souverain, peut disposer et décider de ce qui sera justice. Le plus loin de lui est le mieux, de lui qui, égalé en raison, s'est élevé au-dessus de ses égaux par la force. Adieu, champs fortunés où la joie habite pour toujours ! salut horreurs ! salut, monde infernal ! Et toi, profond enfer, reçois ton nouveau possesseur. Il t'apporte un esprit que ne changeront ni le temps ni le lieu. L'esprit est à soi-même sa propre demeure, il peut faire en soi un ciel de l'enfer, un enfer du ciel. Qu'importe où je serai, si  je suis toujours le même et ce que je dois être, tout, quoique moindre que celui que le tonnerre a fait plus grand ! Ici du moins nous serons libres. Le Tout-Puissant n'a pas bâti ce lieu pour l'envier; il ne voudra pas nous en chasser. Ici nous pourrons régner en sûreté; et, à mon avis, régner est digne d'ambition, même en enfer ; mieux vaut régner en enfer que servir dans le ciel.

« Mais laisserons-nous donc nos amis fidèles, les associés, les copartageants de notre ruine, étendus, étonnés sur le lac d'oubli? Ne les appellerons-nous pas à prendre avec nous la part de ce manoir malheureux, ou, avec nos armes ralliés, à tenter une fois de plus s'il est encore quelque chose à regagner au ciel, ou à perdre dans l'enfer? »

Ainsi parla Satan, et Béelzébuth lui répondit :

« Chef de ces brillantes armées, qui par nul autre que le Tout-Puissant n'auraient été vaincues, si une fois elles entendent cette voix, le gage le plus vif de leur espérance au milieu des craintes et des dangers; cette voix si souvent relentissante dans les pires extrémités, au bord périlleux de la bataille quand elle rugissait; cette voix, signal le plus rassurant dans tous les assauts, soudain elles vont reprendre un nouveau courage et revivre, quoiqu'elles languissent à présent, gémissantes et prosternées sur le lac de feu, comme nous tout à l'heure assourdis et stupéfaits : qui s'en étonnerait, tombées d'une si pernicieuse hauteur ! »

Béelzébuth avait à peine cessé de parler, et déjà le grand ennemi s'avançait vers le rivage : son pesant bouclier, de trempe éthérée, massif, large et rond, était rejeté derrière lui; la large circonférence pendait à ses épaules, comme la lune dont l'orbe, à travers un verre optique, est observé le soir par l'astronome toscan, du sommet de Fiesole ou dans le Valdarno, pour découvrir de nouvelles terres, des rivières et des montagnes sur son globe tacheté. La lance de Satan (près de laquelle le plus haut pin scié sur les collines de Norwège pour être le mât de quelque grand vaisseau amiral, ne serait qu'un roseau) lui sert à soutenir ses pas mal assurés sur la marne brûlante; bien différents de ces pas sur l'azur du ciel ! Le climat torride voûté de feu, le frappe encore d'autres plaies : néanmoins il endure tout, jusqu'à ce qu'il arrive au bord de la mer enflammée. Là il s'arrête.

Il appelle ses légions, formes d'anges fanées, qui gisent aussi épaisses que les feuilles d'automne jonchant les ruisseaux de Vallombreuse, où les ombrages Étruriens décrivent l'arche élevée d'un berceau; ainsi surnagent des varechs dispersés, quand Orion, armé des vents impétueux, a battu les côtes de la mer Rouge; mer dont les vagues renversèrent Busiris et la cavalerie de Memphis, tandis qu'ils poursuivaient d'une haine perfide les étrangers de Gessen, qui virent du sûr rivage les carcasses flottantes, les roues des chariots brisés : ainsi semées abjectes, perdues, les légions gisaient, couvrant le lac, dans la stupéfaction de leur changement hideux. Satan élève une si grande voix, que tout le creux de l'enfer en retentit.

« Princes, potentats, guerriers, fleurs du ciel jadis à vous, maintenant perdu ! une stupeur telle que celle-ci peut-elle saisir des esprits éternels, ou avez-vous choisi ce lieu après les fatigues de la bataille, pour reposer votre valeur lassée, pour la douceur que vous trouvez à dormir ici, comme dans les vallées du ciel ? ou bien, dans cette abjecte posture, avez-vous juré d'adorer le vainqueur? Il contemple à présent chrérubins et séraphins, roulant dans le gouffre, armes et enseignes brisées, jusqu'à ce que bientôt ses rapides ministres, découvrant des portes du ciel leur avantage, et descendant nous foulent aux pieds ainsi languissants, ou nous attachent à coups de foudre au fond de cet abîme. Éveillez-vous! levez-vous! ou soyez  à jamais tombés! »

Ils l'entendirent et furent honteux et se levèrent sur l'aile, comme quand des sentinelles accoutumées à veiller au devoir, surprises endormies par le commandant qu'elles craignent, se lèvent, et se remettent elles-mêmes en faction avant d'être bien éveillées. Non que ces esprits ignorent le malheureux état où ils sont réduits, ou qu'ils ne sentent pas leurs affreuses tortures ; mais bientôt ils obéissent innombrables à la voix de leur général.

Comme quand la puissante verge du fils d'Amram, au jour mauvais de l'Egypte, passa ondoyante le long du rivage, et appela la noire nuée de sauterelles, louées par le vent d'orient, qui se suspendirent sur le royaume de l'impie Pharaon de même que la nuit, et enténébrèrent toute la terre du Nil : ainsi, sans nombre furent aperçus ces mauvais anges, planant sous la coupole de l'enfer, entre les inférieures, les supérieures et les environnantes flammes, jusqu'à ce qu'à un signal donné, la lance levée droite de leur grand sultan, ondoyant pour diriger leur course, ils s'abattent, d'un égal balancement, sur le soufre affermi, et remplissent la plaine. Ils formaient une multitude telle que le Nord populeux n'en versa jamais de ses flancs glacés pour franchir le Rhin ou le Danube, alors que ses fils barbares tombèrent comme un déluge sur le Midi, et s'étendirent, au-dessous de Gibraltar, jusqu'aux sables de la Libye.

Incontinent de chaque escadron, et de chaque bande, les chefs et les conducteurs se hâtèrent là où leur grand général s'était arrêté. Semblables à des dieux par la taille et par la forme, surpassant la nature humaine, royales dignités, puissances, qui siégeaient autrefois dans le ciel, sur des trônes : quoique dans les archives célestes on ne garde point maintenant la mémoire de leurs noms, effacés et rayés, par leur rébellion, du livre de vie. Ils n'avaient pas encore acquis leurs noms nouveaux parmi les fils d'Eve ; mais lorsque, errant sur la terre, avec la haute permission de Dieu pour l'épreuve de l'homme, ils eurent, à force d'impostures et de mensonges, corrompu la plus grande partie du genre humain, ils persuadèrent aux créatures d'abandonner Dieu leur créateur, de transformer souvent la gloire invisible de celui qui les avait faits, dans l'image d'une brute ornée de gaies religions pleines de pompes et d'or, et d'adorer les démons pour divinités : alors ils furent connus aux hommes sous différents noms et par diverses idoles, dans le monde païen.

Muse, redis-moi ces noms alors connus : qui le premier, qui le dernier se réveilla du sommeil sur ce lit de feu, à l'appel de leur grand empereur; quels chefs, les plus près de lui en mérites, vinrent un à un où il se tenait sur le nuage chauve, tandis que la foule pêle-mêle, se tenait encore au loin.

Ces chefs furent ceux qui, sortis du puits de l'enfer, rôdant pour saisir leur proie sur la terre, eurent l'audace, longtemps après, de fixer leurs siéges auprès de celui de Dieu, leurs autels contre son autel, dieux adorés parmi les nations d'alentour; et ils osèrent habiter près de Jehovah, tonnant hors de Sion, ayant son trône au milieu des chérubins : souvent même ils placèrent leurs châsses jusque dans son sanctuaire, abominations et avec des choses maudites, ils profanèrent ses rites sacrés, ses fêtes solennelles, et leurs ténèbres osèrent affronter sa lumière.

D'abord s'avance Moloch, horrible roi, aspergé du sang des sacrifices humains, et des larmes des pères et des mères, bien qu'à cause du bruit des tambours et des timbales retentissantes, le cri de leurs enfants ne fût pas entendu, lorsque à travers le feu ils passaient à l'idole grimée. Les Ammonites l'adorèrent dans Rabba et sa plaine humide, dans Argob et dans Basan, jusqu'au courant de l'Arnon le plus reculé : non content d'un si audacieux voisinage, il amena, par fraude, le très sage cоeur de Salomon à lui bâtir un temple droit en face du temple de Dieu, sur cette montagne d'opprobre; et il fit son bois sacré de la riante vallée d'Hinnon, de là nommée Tophet et la noire Géenne, type de l'enfer.

Après Moloch vient Chamos, l'obscène terreur des fils de Moab, depuis Aroer à Nébo et au désert du plus méridional Abarim ; dans Hésébon et Héronaïm, royaume de Soon, au delà de la retraite fleurie de Sibma, tapissée de vignes, et dans Éléalé, jusqu'au lac Asphaltite, Chamos s'appelait aussi Peor, lorsqu'à Sittim il incita les Israélites dans leur marche du Nil, à lui faire de lubriques oblations qui leur coûtèrent tant de maux. De là il étendit ses lascives orgies jusqu'à la colline du Scandale, près du bois de l'homicide Moloch, l'impudicité tout près de la haine; le pieux Josias les chassa dans l'enfer.

Troisième partie

Posté par Adriana Evangelizt


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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 13:18

En attendant la suite de Aelohim ou les dieux de Moïse, livre très intéressant dont le but est de montrer ce qu'est devenu l'Enseignement de Moïse au fil du temps, je commence à poser le Paradis perdu de John Milton pour la "jeunesse". Comme vous avez pu le constater, j'ai à coeur de réhabiliter les vieux livres où l'on trouve toujours quelque indice pouvant ouvrir une porte ou lever un coin du voile. Car le constat amer aujourd'hui, c'est que dans les nouveaux ouvrages, on apprend rien. Rares sont ceux qui apportent des idées nouvelles. On se contente de ressasser les idées cent fois rebattues sans chercher à élargir le sens initial de ce qui fût donné.

Alors le Paradis perdu conte symboliquement la chute des anges. Il y a eu plusieurs traductions de l'oeuvre de Milton qui est un long poème à la base. J'ai opté pour celle de Chateaubriand, elle n'est point versifiée et se lit aisément avec tout le lyrisme dont fut capable celui qui nous livra un jour l'oeuvre sublime Le génie du Christianisme...

On commence donc par la Chute de l'Ange Satan et de son armée et un dialogue avec son lieutenant Belzebuth...

 

 

 LIVRE PREMIER.
ARGUMENT.


Ce premier livre expose d'abord brièvement tout le sujet, la désobéissance de l'homme, et d'après cela la perte du Paradis où l'homme était placé. Ce livre parle ensuite de la première cause de la chute de l'homme, du serpent, ou plutôt de Satan dans le serpent qui, se révoltant contre Dieu et attirant de son côté plusieurs légions d'anges, fut, par le commandement de Dieu, précipité du ciel avec toute sa bande dans le grand abîme. Après avoir passé légèrement sur ce fait, le poème ouvre au milieu de l'action : il présente Satan et ses anges maintenant tombés en enfer.
L'enfer n'est pas décrit ici comme placé dans le centre du monde (car le ciel et la terre peuvent être supposés n'être pas encore faits et certainement pas encore maudits, mais dans le lieu des ténèbres extérieures, plus convenablement appelé Chaos. Là, Satan avec ses anges, couché sur le lac brûlant, foudroyé et évanoui, au bout d'un certain espace de temps revient à lui comme de la confusion d'un songe. Il appelle celui qui, le premier après lui en puissance et en dignité, gît a ses côtés. Ils confèrent ensemble de leur misérable chute. Satan réveille toutes ses légions, jusqu'alors demeurées confondues de la même manière. Elles se lèvent : leur nombre, leur ordre de bataille : leurs principaux chefs, nommés d'après les idoles connues par la suite en Chanaan et dans les pays voisins. Satan leur adresse un discours, les console par l'espérance de regagner le ciel ; ¡l leur parle enfin d'un nouveau monde, d'une nouvelle espèce de créatures qui doivent être un jour formées, selon une antique prophétie ou une tradition répandue dans le ciel. Que les anges existassent longtemps avant la création visible, c'était l'opinion de plusieurs anciens Pères. Pour discuter le sens de la prophétie, et déterminer ce qu'on peut faire en conséquence, Satan s'en réfère à un grand conseil ; ses associés adhèrent à cet avis. Pandemoninm, palais de Satan, s'élève soudainement bâti de l'abîme : les pairs infernaux y siègent en conseil.

 

 

Le paradis perdu

 

de John Milton

 

Traduction de Chateaubriand

1857

Livre I

1ère partie

Tableau de Julie Bell

 

La première désobéissance de l'homme et le fruit de cet arbre défendu, dont le mortel goût apporta la mort dans le monde, et tous nos malheurs, avec la perte d'Éden, jusqu'à ce qu'un homme plus grand nous rétablît et reconquit le séjour bienheureux, chante, Muse céleste ! Sur le sommet secret d'Oreb et de Sinai tu inspiras le berger qui le premier apprit à la race choisie comment, dans le commencement, le ciel et la terre sortirent du chaos. Ou si la colline de Sion, le ruisseau de Siloë qui coulait rapidement près l'oracle de Dieu, te plaisent davantage, là j'invoque ton aide pour mon chant aventureux : ce n'est pas d'un vol tempéré qu'il veut prendre l'essor au-dessus des monts d'Aonie, tandis qu'il poursuit des choses qui n'ont encore été tentées ni en prose ni en vers.

Et toi, ô Esprit! qui préfères à tous les temples un cœur droit et pur, instruis-moi, car tu sais! Toi, au premier instant tu étais présent : avec tes puissantes ailes éployées, comme une colombe tu couvas l'immense abîme et tu le rendis fécond. Illumine en moi ce qui est obscur, élève et soutiens ce qui est abaissé, afin que de la hauteur de ce grand argument je puisse affirmer l'éternelle Providence, et justifier les voies de Dieu aux hommes.

Dis d'abord, car ni le ciel ni la profonde étendue de l'enfer ne dérobent rien à la vue; dis quelle cause, dans leur état heureux si favorisé du ciel, poussa nos premiers parents à se séparer de leur Créateur, à transgresser sa volonté pour une seule restriction, souverains qu'ils étaient du reste du monde. Qui les entraîna à cette honteuse révolte? L'infernal serpent. Ce fut lui, dont la malice animée d'envie et de vengeance, trompa la mère du genre humain : son orgueil l'avait précipité du ciel avec son armée d'anges rebelles, par le secours desquels aspirant à monter en gloire au-dessus de ses pairs, il se flatta d'égaler le Très-Haut, si le Très-Haut s'opposait à lui. Plein de cet ambitieux projet contre le trône et la monarchie de Dieu, il alluma au ciel une guerre impie et un combat téméraire, dans une attente vaine.

Le souverain pouvoir le jeta flamboyant, la tête en bas, de la voûte éthérée; ruine hideuse et brûlante : il tomba dans le gouffre sans fond de la perdition, pour y rester chargé de chaînes de diamant, dans le feu qui punit : il avait osé défier aux armes le Tout-Puissant ! Neuf fois l'espace qui mesure, le jour et la nuit aux hommes mortels, lui, avec son horrible bande, fut étendu vaincu, roulant dans le gouffre ardent, confondu, quoique immortel. Mais sa sentence le réservait encore à plus de colère, car la double pensée de la félicité perdue et d'un mal présent à jamais, le tourmente. Il promène autour de lui des yeux funestes, où se peignent une douleur démesurée et la consternation, mêlées à l'orgueil endurci et à l'inébranlable haine. D'un seul coup d'œil et aussi loin que perce le regard des anges, il voit le lieu triste, dévasté et désert : ce donjon horrible, arrondi de toute part, comme une grande fournaise flamboyait.

De ces flammes point de lumière! mais des ténèbres visibles servent seulement à découvrir des vues de malheur; régions de chagrins, obscurité plaintive, où la paix, où le repos, ne peuvent jamais habiter, l'espérance jamais venir, elle qui vient à tous ! mais là des supplices sans fin, là un déluge de feu, nourri d'un soufre qui brûle sans se consumer. Tel est le lieu que l'éternelle justice prépara pour ces rebelles; ici elle ordonna leur prison dans les ténèbres extérieures ; elle leur fit cette part trois fois aussi éloignée de Dieu et de la lumière du ciel, que le centre de la création l'est du pôle le plus élevé. Oh ! combien cette demeure ressemble peu à celle d'où ils tombèrent !
 

Là bientôt l'archange discerne les compagnons de sa chute, ensevelis dans les flots et les tourbillons d'une tempête de feu. L'un d'eux se vautrait parmi les flammes à ses côtés, le premier en pouvoir après lui et le plus proche en crime : longtemps après connu en Palestine, il fut appelé Béelzébuth. Le grand ennemi ( pour cela nommé Satan dans le ciel ) rompant par ces fières paroles l'horrible silence, commence ainsi :

« Si tu es celui... Mais combien déchu, combien différent de celui qui, revêtu d'un éclat transcendant parmi les heureux royaumes de la lumière, surpassait en splendeur des myriades de brillants esprits !... Si tu es celui qu'une mutuelle ligue, qu'une seule pensée, qu'un même conseil, qu'une semblable espérance, qu'un péril égal dans une entreprise glorieuse, unirent jadis avec moi, et qu'un malheur égal unit à présent dans une égale ruine, tu vois de quelle hauteur, dans quel abîme, nous sommes tombés ! tant IL se montra le plus puissant avec son tonnerre ! Mais qui jusqu'alors avait connu l'effet de ces armes terribles! Toutefois, malgré ces foudres, malgré tout ce que le vainqueur dans sa rage peut encore m'infliger, je ne me repens point, je ne me change point : rien (quoique changé dans mon éclat extérieur) ne changera cet esprit fixe, ce haut dédain né de la conscience du mérite offensé, cet esprit qui me porta à m'élever contre le plus Puissant, entraînant dans ce conflit furieux la force innombrable d'esprits armés qui osèrent mépriser sa domination : ils me préférèrent à lui, opposant à son pouvoir suprême un pouvoir contraire; et, dans une bataille indécise au milieu des plaines du ciel, ils ébran- lèrent son trône.

Qu'importe la perte du champ de bataille ! tout n'est pas perdu. Une volonté insurmontable, l'étude de la vengeance, une haine immortelle, un courage qui ne cédera, ni ne se soumettra jamais, qu'est-ce autre chose que n'être pas subjugué? Cette gloire, jamais sa colère ou sa puissance ne me l'extorquera. Je ne me courberai point; je ne demanderai point grâce d'un genou suppliant; je ne déifierai point son pouvoir qui, par la terreur de ce bras, a si récemment douté de son empire. Cela serait bas en effet; cela serait une honte et une ignominie au-dessous même de notre chute ! Puisque par le destin, la force des dieux, la substance céleste ne peut périr ; puisque l'expérience de ce grand événement, dans les armes non affaiblies, ayant gagné beaucoup en prévoyance, nous pouvons, avec plus d'espoir de succès, nous déterminer à faire, par ruse ou par force, une guerre éternelle, irréconciliable, à notre grand ennemi, qui triomphe maintenant, et qui, dans l'excès de sa joie, régnant seul, tient la tyrannie du ciel. » 

Ainsi parlait l'ange apostat, quoique dans la douleur; se vantant à haute voix, mais déchiré d'un profond désespoir. El à lui répliqua bientôt son fier compagnon :

« 0 prince ! ô chef de tant de trônes! qui conduisis à la guerre sous ton commandement les séraphins rangés en bataille! qui, sans frayeur, dans de formidables actions, mis en péril le Roi perpétuel des cieux et à l'épreuve son pouvoir suprême, soit qu'il le tint de la force, du hasard, ou du destin; ô chef! je vois trop bien et je maudis l'événement fatal qui, par une triste déroute et une honteuse défaite, nous a ravi le ciel. Toute cette puissante armée est ainsi plongée dans une horrible destruction, autant que des dieux et des substances divines peuvent périr; caria pensée et l'esprit demeurent invincibles, et la vigueur bientôt revient, encore que toute notre gloire soit éteinte et notre heureuse condition engouffrée ici dans une infinie misère. Mais quoi? Si lui notre vainqueur (force m'est de le croire le Tout-Puissant, puisqu'il ne fallait rien moins qu'un tel pouvoir pour dompter un pouvoir tel que le nôtre), si ce vainqueur nous avait laissé entiers notre esprit et notre vigueur, afin que nous puissions endurer et supporter fortement nos peines, afin que nous puissions suffire à sa colère vengeresse, ou lui rendre un plus rude service comme ses esclaves par le droit de la guerre, ici, selon sos besoins, dans le cœur de l'enfer, travailler dans le feu, ou porter ses messages dans le noir abîme? Que nous servirait alors de sentir notre force non diminuée ou l'éternité de notre être, pour subir un éternel châtiment?»

Le grand ennemi répliqua par ces paroles rapides :

« Chérubin tombé, être faible et misérable, soit qu'on agisse ou qu'on souffre. Mais sois assuré de ceci : faire le bien ne sera jamais notre tâche; faire toujours le mal sera notre seul délice, comme étant le contraire de la haute volonté de celui auquel nous résistons. Si donc sa providence cherche à tirer le bien de notre mal, nous devons travailler à pervertir cette fin, et à trouver encore dans le bien des moyens du mal. En quoi souvent nous pourrons réussir de manière peut-être à chagriner l'ennemi, et, si je ne me trompe, détourner ses plus profonds conseils de leur but marqué.

Mais vois! le vainqueur courroucé a rappelé aux portes du ciel ses ministres de poursuite et de vengeance. La grêle de soufre lancée sur nous dans la tempête passée, a abattu la vague brûlante qui du précipice du ciel nous reçut tombants. Le tonnerre, avec ses ailes de rouges éclairs et son impétueuse rage, a peut-être épuisé ses traits, et cesse maintenant de mugir à travers l'abîme vaste et sans bornes. Ne laissons pas échapper l'occasion que nous cède le dédain ou la fureur rassasiée de notre ennemi. Vois-tu au loin cette plaine sèche, abandonnée et sauvage, séjour de la désolation, vide de lumière, hors de celle que la lueur de ces flammes noires et bleues, lui jette pâle et effrayante? Là, tendons à sortir des ballottements de ces vagues de feu; là, reposons-nous, si le repos peut habiter là. Rassemblant nos légions affligées, examinons comment nous pourrons dorénavant nuire à notre ennemi; comment nous pourrons réparer notre perte, surmonter cette affreuse calamité; quel renforcement nous pouvons tirer de l'espérance, sinon, quelle résolution du désespoir. »

Deuxième partie

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