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  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 13:55

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

19ème partie

18ème partie

17ème partie

16ème partie

15ème partie

  1ère partie

CHAPITRE XII - 2



L'idée de la résurrection attachée à celle de la fin du monde, était débitée par les philosophes et par les prêtres , aux mêmes époques et au commencement du Christianisme ; ils s'en servaient même pour faire allusion aux grandes catastrophes qui se préparaient dans les Empires ; l'on découvre cette idée dans les Géorgiques de Virgile, lorsqu'il veut représenter allégoriquement les combats dont l'Empire Romain est le théâtre entre César et Pompée ; Lucain, Ovide, Lucrèce parlent de la fin prochaine du monde et l'annoncent également.

Cette idée voyageait de l'orient à l'occident, du sud au nord, et elle se trouve dans St Luc, ch. XXI, et dans St Pierre, Epître II, ch. III et autres, et plus particulièrement
dans l'Apocalypse.

Il paraît que dans l'antiquité on conservait la tradition de la révolution que notre globe avait éprouvée. Des physiciens infatigables dans leurs recherches se sont exposés aux plus grands dangers pour tirer notre siècle de la léthargie des âges précédens. Ils ont étudié l'histoire de notre globe dans son sein ; ils nous ont fait connaître la structure des chaînes immenses de montagnes qui le couvrent de l'une à l'autre de ses extrémités ; ils nous ont mis sous les yeux les différentes couches de la terre, leur nature, leur caractère et situation respectifs qui sont les preuves les plus lumineuses de plusieurs variations auxquelles le globe fut soumis et qui se perdent dans la nuit des temps. Cette terre n'est plus ce qu'elle a été d'abord ; elle a peut-être changé de forme des milliers de fois, et elle changera encore après nous : l'eau, le feu l'ont visiblement travaillée dans ses plus vastes parties. Des inondations, des effervescences, des fusions, des volcans, des tremblemens de terre qui accompagnèrent la confusion de ses élémens, ont haussé, baissé, emporté, déchiré tantôt une partie, tantôt l'autre (98). Il paraît démontré que notre planète a subi quantité de révolutions; tout naturaliste les trouve consignées dans ces couches de coquillages, dans ces couches calcaires, dans ces forêts réduites en charbon de terre que l'on trouve à des profondeurs très-considérables, dans ces quadrupèdes, et ces hommes pétrifiés qu'on trouve dans des rochers énormes. Ces phénomènes effrayans, que les savans de l'antiquité ont dû connaître avant nous, lors de la grande civilisation égyptienne et grecque, les ont persuadés que notre hémisphère fut d'abord submergé, ensuite volcanisé, et que la terre, après toutes les traces de sa haute antiquité, peut subir à tout instant une nouvelle catastrophe imprévue, même par la raison humaine qui se borne à attribuer les commotions antérieures à des comètes et à des déluges.

Ce n'était pas sans raison qu'à ces époques, on cherchait, par un système religieux, à mettre devant les yeux des hommes l'instabilité de ce monde. L'idée et l'esprit de conquêtes et d'invasion dominait les grandes nations. Les philosophes cherchaient à donner des leçons de modération à ces orgueilleux conquérans, en leur faisant voir que l'homme si fier de lui-même et de son séjour, où il a répandu à grands flots le sang de son semblable pour la possession d'un coin de terre, d'un vil métal, est moins assuré de son existence qu'un ver de terre.

L'allégorie
de la résurrection se trouve dans la mythologie grecque, ainsi qu'elle existait en Egypte, comme nous l'avons vu.

Le Phénix ressuscite de ses cendres. Alcyonée, ce fameux géant qui secourut les Dieux contre Jupiter, jeté par Minerve hors du globe de la lune, avait la vertu de se ressusciter.
St Epiphane, pour prouver aux Samaritains la résurrection matérielle des corps, se sert de preuves qui n'admettent pas de réplique ; il les convainct avec deux faits rapportés dans la Sainte-Ecriture; il allègue l'exemple de
Sara qui conçut dans un âge où la femme n'a plus l'espoir d'engendrer. Il cite encore à l'appui dé son opinion, la Verge d'Aaron qui reverdit. Pour nous, il nous manque la subtilité de ce savant Saint-Père, pour concevoir comment il pouvait concilier ensemble l'exemple qu'il rapporte d'une vieille qui eut des enfans, et d'une Verge qui aurait refleuri tout-à-coup, et cela pour expliquer la réunion des cendres dispersées et le rétablissement d'un corps humain pourri et réduit à des débris informes depuis plusieurs siècles. Nous ne savons pas comment on peut lier de telles idées et en tirer une conséquence raisonnable ; il n'y a qu'une foi supérieure qui puisse faire admettre de telles comparaisons.

La légende de St Bruno, instituteur des Chartreux, dit que pendant qu'il vivait assez mondainement, s'adonnant aux plaisirs de la vie, il assistait un jour à l'office des morts fait au cadavre de Raimond, diacre de l'église de Notre-Dame de Paris. Cet office dura trois jours, et chaque fois que le clergé disait : Responde mihi quantas habes iniquitates, le mort ressuscitait pour répondre qu'il était condamné par un juste jugement de Dieu. Cette légende assure que ces résurrections d'un homme mort depuis plusieurs jours avaient conduit Bruno à une vie régulière et chrétienne.

Si on lit les Vies des Saints, si l'on parcourt les cloîtres des cénobites en Espagne, en Italie, on y voit peintes encore de nos jours des résurrections de morts opérées par une infinité de saints. St Benoît, St François, St Pierre, St Antoine, et mêmeSt Nicolas, ressuscitent des morts. La légende de ce dernier évêque fut dernièrement dessinée par Blaisot, et gravée par Renard. On lit au bas de la gravure que ce grand saint calma un orage par ses prières, et qu'il ressuscita même un des matelots mort subitement, et avec lequel il naviguait.

Les incrédules disent que l'introduction de toutes ces résurrections ne sert qu'à infirmer celle de Jésus-Christ ; que ces miracles sont des inepties, des contes forgés à plaisir par des esprits faibles, en contradiction avec l'ordre constant de la nature; et que les hommes, il y a vingt siècles, n'étaient pas plus sorciers que ceux de nos jours. La Judée et les provinces limitrophes de l'Asie — Mineure étaient partagées en une infinité de sectes qui s'étaient élevées après la doctrine de Jésus- Christ. Une des plus répandues était celle de Corinthe et d'Elbion, qui, en admettant la loi mosaïque, s'opposait au dogme de la Trinité, lequel était adopté par une partie des évoques d'Asie. Les Elbioniens et Corinthiens enseignaient simplement que Jésus était le Fils de Dieu, parce que Dieu est le Père de tous les hommes; ils disaient que Jésus était l'homme par excellence, mais ils n'admettaient aucunement sa divinité; ils soutenaient que Jésus étant né de Marie (qui eut plusieurs enfans), ne pouvait aucunement avoir été procréé de toute éternité et exister comme Dieu éternel, Père des hommes ; ils n'admettaient ni les miracles , ni les résurrections que l'on attribuait aux Apôtres et aux Disciples de Jésus.

Le dogme de la résurrection avait fait des progrès prodigieux en Judée ; car Hérode, qui était Roi des Juifs, croyait aussi aux résurrection. Dans les Evangiles, remarque qu'il crut que St Jean - Baptiste, qu'il avait fait décapiter lui-même, était ressuscité dans la personne de Jésus. Les Epîtres et les Actes des Apôtres ne parlent que de morts ressuscités ; les Elbioniens et les Corinthiens s'opposèrent fortement à ces innovations.

A propos de ces dissentions entre ceux mêmes qui suivaient et prêchaient la doctrine de Jésus, on lit dans St Jérôme et dans Royaumont, pag. 324, à l'article de St Jean-Evangéliste, « que Jean, pressé par les évêques d'Asie, fut obligé de parler plus hautement de Jésus-Christ, et d'établir particulièrement sa divinité (99). » St Jean, ne pouvant résister aux prières desdits évêques, leur accorda leur demande, à condition qu'ils imploreraient le secours du Ciel par un jeûne et des prières publiques; après cela, étant plein de Dieu, il établit la divinité du Verbe par les premières paroles de son Evangile, ce que ses prédécesseurs n'avaient pas fait. (Voyez S.Augustin, St Jérôme et Royaumont, édition d'Arthur Bertrand, 1817, aux Evangiles.

Jésus est né, a vécu et est mort Juif; ses Apôtres furent toujours Juifs. Les douze premiers évêques de Jérusalem et les premiers Chrétiens en Judée, en Palestine et en Syrie, étaient mêlés et confondus de manière à ne pas savoir si réellement les Chrétiens faisaient une religion différente ; car la soumission aux cérémonies et lois religieuses juives fut toujours imposée aux Chrétiens par les Apôtres mêmes.

Aux Actes des Apôtres, ch. II, v. 41, 47, on lit que St Pierre, dans un jour, convertit trois mille Juifs étrangers, arrivés dans Jérusalem, et que tous furent trois fois plongés dans le Jourdain, ou baptisés dans un seul jour; mais on lit aussi, loco citato, que tous les jours suivans ces nouveaux Chrétiens, pour accomplir la loi mosaïque, allaient après leur baptême prier Dieu dans le Temple juif de Jérusalem. C'est dans le Temple de Salomon que se rassemblaient également les premiers Chrétiens pour prier.

M. de Potter, dans ses Réflexions sur les Conciles, vol I, pag. 138 et suivantes, observe savamment que Jésus ne s'est jamais expliqué sur la nature de sa divinité; qu'il n'a rien dit à ses Disciples touchant un point aussi intéressant ; qu'en conséquence, ceux-ci ne pouvaient rien nous laisser de positif sur le sujet qui divise l'Europe encore de nos jours. En supposant les Apôtres assez instruits sur cette thèse, ils seraient blâmables de ne pas nous avoir appris si Jésus était un Dieu, et ils devaient nous dire s'ils venaient au nom et de la part de ce Dieu pour nous instruire. Bien des passages dans les Divines-Ecritures sont favorables à cette opinion ; tandis que d'autres, puisées dans les mêmes autorités, lui sont contraires ; ce qui occasionna toutes ces sectes qui nièrent la divinité de Jésus à la naissance du Christianisme, comme on l'a vu d'Elbion et de Corinthus, qui soutenaient que Jésus n'était qu'un homme ordinaire.

Les monumens historiques de Jésus comme être humain sont au nombre de trois : 1° un passage de Joseph, dans ses Antiquités de la Judée, lib. XVIII ch. 3; malheureusement le savant M. Gillet, dans la traduction qu'il donne de cet ouvrage, démontre que ce passage est reconnu pour apocryphe , et pour y avoir été intercallé seulement à la fin du 3e siècle ; 2°une phrase de Tacite, dans ses Anal., lib. XV, ch. 34; mais cette pièce est fautive, elle ne fait que rapporter ce que les Chrétiens disaient devant les tribunaux près desquels ils étaient accusés, et se bornaient à reproduire ce qu'ils avaient appris des Evangiles : ce que les Chrétiens introduisaient alors n'était aucunement fondé sur des écrivains profanes ; mais ces dépositions se réfèrent au troisième monument, qui sont les Evangiles et Actes des Apôtres.

L'homme le plus savant du troisième siècle, Fauste, qui, quoique Manichéen , était Chrétien , s'explique de la sorte sur ces légendes : « Tout le monde sait que les Evangiles n'ont été écrits ni par Jésus-Christ, ni par ses Apôtres, mais longtemps après par des inconnus. »

 Il dit ensuite que ces écrivains, dans la crainte de n'être pas crus en décrivant des événemens dont ils n'avaient pas été les témoins, publièrent ces écrits, du reste trés-édifians, sous le nom d'hommes contemporains à Jésus, ses Apôtres et ses Disciples. Nous avons vu que Royaumont lui-même convenait de l'incertitude qui règne à cet égard. Beausobre, dans son premier tome, et Barigni, dans l'Histoire des Apologistes de la Religion chrétienne, démontrent l'incertitude absolue des bases du Christianisme. Toutes ces fluctuations d'opinions firent dire aux incrédules anciens, que l'existence de Jésus était aussi incertaine que celle d'Osiris, d'Hercule , de Mythras , d'Adon-Hiram , etc. etc

Néanmoins St Justin (Dialog. cum Triphon), et Lactance, liv. II, ch. 8, et liv. IV, ch. 14, qui vivaient du temps de Constantin, ont regardé Jésus comme un envoyé de Dieu même pour enseigner les hommes; qu'il n'y avait qu'un seul Dieu, Jéhovah ; que sa fidélité fut récompensée par Dieu même, qui l'a investi de la dignité de Prêtre perpétuel, avec l'honneur de Roi suprême, avec la puissance de juge; que Jésus avait conservé le nom de Dieu , et que c'est par ce nom, comme le disent plusieurs Pères de l'Eglise, que Jésus opéra tous ses miracles (100)

Les premiers Chrétiens en Judée suivaient en toute rigueur la loi mosaïque; ils voulaient même que tout Chrétien fut circoncis ; mais comme la nouvelle réforme était prêchée aux Gentils, qui, tous ne voulaient pas se soumettre à cette douloureuse amputation, après les doléances des Antiochiens dans le premier Concile des Apôtres, par nous déjà cité, les nouveaux initiés au Christianisme furent exemptés de cette pénible opération; néanmoins on a toujours conservé pour l'initiation chrétienne, la formalité de l'imposition des mains, et celle des jeûnes et prières, comme chez les Egyptiens. Si nous suivons les nouveaux Chrétiens à Rome, sous les premiers Empereurs, la même incertitude nous accompagne. On trouve que leur culte était mêlé à celui des Juifs, et même on peut facilement se persuader que la religion chrétienne, ses mystères et initiations étaient inconnus à Rome ; car ce culte étant prôné par les seuls Juifs, les premiers Chrétiens furent toujours regardés à Rome comme des Sectateurs de Moïse.

Ce sont les Juifs qu'Horace raille sur leur stupidité, Sat. V, v. 100; Juvénal, sur leur superstition et leur crédulité, Sat. VI, v. 546 ; Martial, sur leurs jeûnes, liv. IV, Epig. 4. Ils sont traités de même par Ammien Marcellin et par Perse ; or, il y a toute apparence que, si ces critiques eussent su que les Juifs et leur fraction les Chrétiens formaient deux sociétés religieuses différentes, ils n'auraient pas gardé le silence à ce sujet.

La généralité des historiens de l'Eglise parle toujours des persécutions qu'éprouva le Christianisme dès sa naissance à Rome ; elle garde le silence sur celles qu'éprouvèrent les Juifs.

Ne doit-on pas déduire, d'après ces remarques, que les Chrétiens et les Juifs ne faisaient qu'une et seule société religieuse ? L'Apocalypse même, si on la veut regarder comme œuvre chrétienne, désigne les Chrétiens comme de vrais Juifs. On lit, ch II, § 9 : « Ceux qui se disent Juifs ne le sont point, mais de la Synagogue de Satan. » Selon cette Apocalypse, les Chrétiens par excellence sont les Juifs.

Cet écrit date pour le moins de 70 ans après la mort qu'on donne à Jésus ; si les Chrétiens d'alors n'étaient autre chose que des Juifs, il devait y avoir dans St Jean une ligne de démarcation entre les uns et les autres.

Les Romains, très-tolérans en fait de religion, apportèrent chez eux les cultes des peuples vaincus ; les Divinités égyptiennes avaient des Temples à Rome. L'année 686, Pison et Gabinius, consuls, cherchèrent à l'empêcher : sous l'Edile Agrippa, il fut défendu d'exercer le culte égyptien plus près qu'à 500 pas de la ville et des faubourgs. Sous Tibère, on chercha de nouveau à les détruire ; néanmoins, le culte d'Isis, d'Osiris, d'Anubis, s'établit dans Rome, et grand nombre de lieux publics prirent leurs noms. On nationalisa comme en Grèce ce culte étranger, et l'on habilla ces Divinités à la romaine.

A suivre...

 

 

98 Buffon nous donne le résultat d'une excavation faite par M. Dalibard, dans le terrain de Marly-la-Ville :
Après les premiers,
13 pieds sable calcinable ;
5 pieds après, une marne dure, faisant effervescence avec l'acide muriatique oxigéné ;
4 pieds plus bas , une pierre marneuse, après de la marne en poudre, ensuite du sable fin., de la marne, de la terre, de la marne dure, du gravier ;
23 pieds après, sable fin vitriable avec des coquilles , marne, gravier, marne en poudre, pierre dure, sable et coquilles ;
13 pieds plus profonds, huîtres spondiles non pétrifiées ;
41 pieds plus outre, cinq couches de sables et coquillages;
101 pieds; et en dernier, des cailloux, limailles et du sable.
Par ces derniers, il est indiqué que la mer avait pris place là avant la rivière.
Dans nos montagnes près de Schio, entre Vérone et Vicence, on trouve, à de certaines profondeurs, des corps marins, et des poissons dans la vallée de Bolca ; quelques-uns de nos mers, d'autres qui sont propres à l'Océan du Magellan et de la Chine, et finalement quelques-uns inconnus. L'Océan a séjourné sur nos hautes montagnes : Fortis et Spalanzani ont donné des descriptions très-savantes de l'état de ces montagnes et de ce qu'elles
recèlent.
Autre part, on lit, dans l'Essai sur la Géographie-Minéralogie des environs de Paris, par Cuvier et Brongniart, pag. 1 : « Cette contrée est la plus remarquable par la succession des divers terrains qui la composent, et par les restes extraordinaires d'organisation ancienne qu'elle recèle. Des coquillages marins qui attestent régulièrement des coquillages d'eau douce, des ossemens d'animaux terrestres entièrement inconnus , même par leur genre, remplissent certaines parties. Des ossemens d'espèces considérables par leur grandeur, et dont on trouve des espèces dans des pays fort éloignés , sont épars dans les couches les plus superficielles; des caractères très-marqués d'une grande irruption venue du sud-est, sont empreints dans les formes des caps et des collines. Voilà de grands documens pour nous instruire sur les grandes révolutions qui ont terminé la formation de nos continens. »
Ces mêmes minéralogistes donnent les différons bancs de Montmartre. Trois bancs sable un peu quarcueux, coquilles, marines et balanes, dont on a reconnu 14 espèces ; plus, un banc argilleux, un marne calcaire et un marne argilleux de la surface de la terre à 28 mètres.
Ensuite différens bancs avec débris de crabes, de coquilles à 23 m.
A la suite il y a trois masses gypseuses :
1ere Masse .Gypse marneux et marne calcaire. Dans ces couches on a trouvé un tronc de palmier pétrifié, d'un volume considérable à 18 m.

2e Masse. Huit bancs gypse. Après une couche de marne argilieuse, verdâtre, qui a 10 m.
Elle ne contient aucune trace du séjour des eaux maritimes ; elle n'offre non plus de productions d'eau douce.
3e Masse. Gypseuse, 31 bancs, au 18, il y a le témoignage le plus authentique de la présence de l'eau de la mer : dans un banc de marne calcaire, il y a un grand nombre de coquilles, des oursins, des débris de crabes et d'un polypier rameux ; toutes productions maritimes : on n'a pas donné le résultat de cette profondeur.
Il n'entre pas dans notre sujet de mentionner tous les animaux que M. Cuvier a déterrés et découverts, et dont les espèces sont perdues ; nous nous bornerons à parler un instant des carrières de Paris qui se trouvent placées dans un sol inférieur à Mont-Rouge.
Dans ces carrières on trouve les bancs ci-après :
 BANCS.                                        NATURE.                                              ÉPAISSEUR.
met. c.
1.                    Terre végétale argilleuse, sableuse, sable quarceux.             2m 50
2.                   Marne gypseuse, coquilles                                                         1m 95
3.                   Marnes syliciteuses spaliques sans coquilles. . .                        5m 10
4.                   Marnes calcaires, à coquilles marines                                       2m 95
5.                   Pierre calcaire, marnes à coquilles                                          16m 00
6.                   Glaise ou argile plastique                                                         10m 50
7.                   Craie, chaux, charbonatie vaseuse de formation marine          40m
                                                                                                         Total             79m
Il résulte de ces notions qui offrent sur la profondeur des couches supérieures de Montmartre et de Mont-Rouge,
qu'à trois époques séparées entr'elles par des milliers de siècles, l'Océan a successivement inondé cette partie du globe ; c'est une vérité que les géologues, dans le dernier siècle, ont commencé à découvrir, et la terre conserve dans ses entrailles la plus ancienne chronique du Monde et la moins suspecte. C'est dans son sein qu'il faut chercher les lumières que la Bible et l'histoire nous refusent.


99 Une grande partie de Chrétiens et de ceux qui ne professent pas la religion de Rome, s'appuient de ce texte pour soutenir que la divinité de Jésus fut établie par St Jean-Evangéliste, bien longtemps après la mort de notre Divin Maître.

100 Voilà, dans les mystères maçonniques, une des causes de la recherche de la parole sacrée conservée par Jésus. D'après ce système, on ne doit plus être surpris que les Maçons attachent tant d'importance aux differens noms du Dieu des Hébreux.

Vingtième partie  

Posté par Adriana Evangelizt

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
commenter cet article
28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 13:27

 Où il est question des pharisiens qui interdisaient de croire à la résurrection des âmes... c'est dire qu'ils gardaient la Vérité sous le boisseau pour continuer de maintenir le Peuple dans l'ignorance...

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

18ème partie

17ème partie

16ème partie

15ème partie

  1ère partie

CHAPITRE XII - 1


La ville natale de Jésus ne croit pas à ses miracles ni à ses doctrines. Les sacrificateurs juifs demandent sa mort. — Origine du dogme de la résurrection; son antiquité. — Jésus interprête la Bible. — De la sanctification du sabbat. — Les prêtres juifs obtiennent la mort de Jésus. — St Pierre et St Paul enseignent la résurrection. — Origine des idées de la fin du monde. — Dogme de la résurrection chez différentes nations. Explication de la résurrection par St Epiphane. — Les résurrections opérées par de simples Chrétiens infirment celles de Jésus. — St Jean établit la divinité de Jésus. — Mélange des premiers Chrétiens avec les Juifs. — Les Empereurs romains s'élèvent au pontificat ; causes. — Destruction de Jérusalem. — Opinions diverses sur les Evangiles ; celle de S. Irénée.

On lit dans l'Evangile de St Luc, chap. II, que Jean étant en prison par ordre d'Hérode, quelques-uns de ses Disciples se présentèrent à Jésus, sur la renommée de ses miracles, et d'après les avis de Jean même, pour savoir s'il était le Messie. Jésus, sachant que les Disciples de Jean « avaient quelque jalousie contre lui , évita de rien dire de lui-même qui pût paraître trop avantageux. » Il paraît par ce texte que ni Jean ni ses Disciples n'avaient une grande confiance en Jésus. Mais les Disciples de Jean-Baptiste n'étaient pas les seuls qui fussent sans foi pour notre Divin Maître ; car on lit dans l'Evangile de St Marc, chap. VI, que la ville de Nazareth, lieu de la naissance et domicile de Jésus jusqu'à ce qu'il eût trente ans, témoigna une incrédulité prononcée, et une obstination semblable à celle du reste de la Judée pour tous les miracles qu'il opérait.

Jésus fit bien des miracles dans sa patrie pour fortifier la croyance de ses concitoyens, les Evangiles le disent à chaque page ; mais
ce fut en vain : ni ses miracles, ni ses prédications ne purent les convertir (94), et il finit par s'éloigner pour toujours de cette ville incrédule. Il est même dit dans l'Evangile de St Marc , que les Nazaréens s'étaient proposé de jeter Jésus en bas du rocher sur lequel leur ville était bâtie.

La
même incrédulité, la même obstination ont été décrites par St Luc , chap. VIII, v. 41-49, dans la fille de Jaïre, que Jésus ressuscita, et dont le père était prince de la Synagogue. Ni la fille, quoique de l'âge de douze ans, ni le père, ni les personnes qui se trouvaient présentes à ce miracle, ne montrèrent le moindre étonnement, la moindre reconnaissance ; on y lit même qu'ils se moquèrent de Jésus, disant qu'ils ne croyaient pas à la résurrection des morts, et traitant tous ces miracles de contes de revenans.

Les doctrines de Jésus étaient libérales ; elles firent dire à quelques détracteurs, qu'il n'aimait pas le pouvoir étranger, qui était alors celui des Césars. Cette opinion a été adoptée encore par Milton, dans son Paradis reconquis; au premier chant, il met dans la bouche du fils de Marie un discours sublime et profond : Jésus ne veut que la liberté de ses frères; il ne prêche que droits de l'égalité, il projette aussi
la destruction de la théocratie juive. Le jeune enfant est indigné de la tyrannie des Romains ; il se propose de briser les fers de sa patrie, de donner des lois basées sur l'égalité, de terrasser l'insolente audace du Sacerdoce de ce temps-là. Rien n'échappe à sa pénétration ; il sait unir le passé au futur pour donner une haute destinée à ses frères.

On lit dans St Mathieu, chap. XVIII, que ceux qui levaient les impôts, demandèrent un jour à l'apôtre
Pierre, lorsqu'il entrait à Capharnaum, si son maître ne payait point de tribut : Pierre, en homme prudent, répondit néanmoins affirmativement, et se tira ainsi d'affaire. Cependant, arrivé au logis, il demanda à Jésus si on devait, d'après les institutions mosaïques et d'après sa doctrine libérale, payer le tribut. Si Jésus eût répondu affirmativement, il aurait été en opposition avec sa doctrine et avec la loi mosaïque, qui déclaraient le peuple hébreu libre et indépendant ; s'il eût répondu négativement, il était rebelle à l'autorité des Césars, qui alors dominait. C'est pourquoi, sans attaquer les lois anciennes ni sa prédication, il répondit par une interrogation, et s'écria : « De qui les princes de la terre exigent-ils le tribut? Est-ce de leurs enfans ou des étrangers ? » Malgré cette réponse, qu'on pourrait croire évasive, il enseigna au même instant à l'univers qu'il faut se soumettre aux lois de ceux qui gouvernent.

Le Nouveau-Testament est rempli de paraboles et d'allégories. Jésus n'ayant pour Disciples, selon cet écrit, que de pauvres ouvriers et des pêcheurs, auxquels il enseignait sa doctrine libérale, commandait le travail pour pouvoir payer les tributs. Il leur ordonna dans cette circonstance de jeter de suite leurs filets ; et le premier poisson qu'on prit, avait dans sa gueule la monnaie qui devait servir à l'impôt: sublime allégorie, qui prescrit aux hommes,
pour premier devoir, le paiement des tributs servant à la gloire de leur patrie, à l'entretien de l'ordre, à la sûreté publique et individuelle, à celle des propriétés et à la conservation des établissemens utiles.

Les
Pharisiens demandèrent encore dans une autre circonstance à Jésus, si l'on devait payer le tribut à César, afin de pouvoir l'accuser de félonie, ou d'enseigner des doctrines contraires à la loi de Moïse. Jésus se fit donner par les personnes présentes une pièce de monnaie ; l'argent en circulation alors était frappé au coin de l'Empereur. Jésus en fit remarquer l'exergue, et résolut la question par ces mots dont on a fait un adage : Date Cœsari, quod est Cœsari.

Dans l'ouvrage numismatique le plus soigné qu'on connaisse, celui de M. Mionet, où l'on trouve des milliers de médailles qui remontent à une très-haute antiquité grecque, arménienne, perse, égyptienne, phénicienne, il n'y en a
pas une seule qui appartienne à la nation israélitique, à sa théocratie ou à sa royauté; ce qui a fait croire à quelques critiques que le peuple hébreu ne fut ni aussi policé, ni aussi riche, ni aussi ancien que la Bible le dit positivement.

Jésus, pendant sa prédication, fait continuellement des miracles. Tout Chrétien réclamait dans l'origine du Christianisme le pouvoir de chasser les démons. Greg. Naz. Carm. 65 ad Nemes. Dans l'Extrait de la Bible, par La Croix, t. II, p. 390, il est dit que les Disciples de Jésus faisaient aussi des miracles, et que l'Apôtre saint Pierre ressuscita un mort à Joppé.

Il paraît que l'art de faire des miracles n'était pas exclusif aux seuls croyans à la résurrection ; car Appollonius de Tyane fit aussi beaucoup de miracles, et
les premiers Chrétiens l'accusèrent de sorcellerie, tandis que les critiques le désignaient comme un imposteur, comme un fabricateur de faux miracles, ainsi que tant d'autres instituteurs théosophiques.

Les
grands Sacrificateurs, les Princes et les prêtres persécutèrent Jésus, comme le disent les Evangiles, à cause de son dogme de la résurrection, mais surtout à cause de sa doctrine qui prêchait l'égalité, attaquait les droits et le pouvoir du sacerdoce, en prescrivant la communauté des biens entre ses Disciples et ses Sectateurs.

Le sage par excellence avait réduit la religion à aimer et adorer Dieu, à aimer sincèrement son prochain, et à rendre à César ce qui est à César. C'est sans doute
la religion la plus pure, la plus vraie, la seule digne de Dieu et de l'homme éclairé ; mais, lorsque le peuple était ignorant, elle était trop simple. Synerius et d'autres ont dit, peut-être avec raison, qu'on ne peut plaire au peuple qu'avec des absurdités (95). Ainsi les Chrétiens orientaux et occidentaux ont renchéri sur cet enseignement.

Quoique le dogme de la résurrection, enseigné par Jésus,
fût contredit par les Juifs, néanmoins les Hébreux ne furent pas toujours incrédules aux résurrections : ils admettaient comme véritable la résurrection opérée par Elisée sur le fils de son hôtesse, que quelques critiques lui donnent pour maîtresse; ce qui, du reste, n'infirmerait en rien la vérité de ce miracle. Les Israélites croyaient à la résurrection, témoin ce qu'ils nous rapportent de ce mort dont le corps étant conduit à sa sépulture, fut jeté par le convoi qui l'escortait, à la vue d'une bande de voleurs, dans la caverne où Elysée était enterré. Dès que le corps toucha le tombeau d'Elisée, il ressuscita et se leva sur ses pieds. Ainsi le système de la résurrection et sa croyance avaient été établis chez les Hébreux par Elisée et par les prêtres postérieurs, bien avant Jésus.

Cet Elisée est regardé par la Sainte-Ecriture comme un saint et un bomme selon le cœur du Dieu des Hébreux. Néanmoins les critiques ne peuvent lui pardonner, après avoir quitté la Judée pour opérer des miracles en Syrie, d'avoir donné les mains à un parricide. On lit dans le livre II des Rois, ch. VIII, »v.7 et suivans, que Ben-Hadad, Roi de Syrie, étant malade et sachant qu'Elisée était dans ses Etats, lui envoya Hazaël, un de ses généraux, pour le complimenter et lui faire des présens dignes d'un souverain généreux : quarante chameaux chargés d'objets précieux, devaient obtenir de l'homme du Dieu des Israélites sa guérison.

Elisée reçoit les présens, et en même temps dit à l'envoyé que Dieu lui a montré que son Roi doit mourir ; et, sans aucun ménagement, il charge le même Hazaël de débiter à son souverain légitime un mensonge « que certainement il pourra guérir. » Dans cette entrevue, Elisée persuade à Hazaël qu'il sera bientôt lui-même Roi de Syrie.

Hazaël, de retour, donne à son Roi de bonnes paroles de la part d'Elisée, et l'espoir de sa guérison. Il attend cependant qu'on lui apporte pendant la nuit la nouvelle de la mort de Ben-Hadad, que le prophète lui avait annoncée. Le jour suivant, lui-même va s'assurer de la santé du Roi : les gardes le laissent passer ; il trouve son Roi endormi.

Hazaël, voyant que, malgré les promesses d'Elisée, Ben-Hadad vivait encore, et qu'il n'y avait pas d'apparence qu'il dût bientôt mourir, prend un drap épais, le trempe dans l'eau, le met sur le visage de son Roi et l'étouffe, pour accomplir sans délai la sainte prophétie d'Elisée ; après ce crime horrible, il se place sur le trône des Syriens.

Que les Rois et les Princes apprennent à tirer une sage leçon de ce fait ;
qu'ils craignent que leurs dons multipliés aux prêtres, ne soient tournés contre eux-mêmes, ainsi que le prouve l'histoire d'Elisée.

On lit dans la Chronique des Samaritains l'éloge que Josué fit de Moïse après sa mort ; il énumère les miracles qu'il a opérés; il dit qu'il est le seul qui ait ressuscité les morts. Cependant la Bible ne dit pas qu'il eût ce pouvoir ; et les Hébreux, quoiqu'ils considèrent Moïse comme le premier des législateurs,
n'osent pas le comparer aux Prophètes, ni à Josué qui arrêta le Soleil dans sa course, ni à Elisée qui ressuscitait les morts.

Les Samaritains croyaient à la résurrection des morts du temps de Jésus ; néanmoins Méandre, que nous avons cité et qui était de cette secte, pensait que ce dogme n'était qu'une allégorie ; son dogme théosophique se basait sur cette opinion.

Mais revenons à notre Divin Maître.
Sa doctrine n'admettait pas la Bible telle que l'interprètent les Chrétiens d'aujourd'hui ; ses exceptions sur son contenu et ses interprétations furent même une des causes de la haine que lui portaient les Pharisiens.

Les critiques soutiennent que Jésus était d'avis que l'on n'avait pas besoin d'interprète dans la lecture qu'il prescrit du Testament donné par Dieu, qu'il fait parler ainsi : «  C'est moi qui vous aiderai à l'entendre ; je n'ai pas besoin d'interprète. Je savais ce que je faisais en donnant ma parole aux hommes, mieux que ceux qui veulent l'expliquer ; j'ai prévu tout. Soyez assurés que
tout homme qui lira mon Ecriture pour s'instruire, ne pourra jamais errer. » De son vivant Jésus s'était opposé aux querelles des théologues ; il disait que l'Ecriture-Sainte était donnée par Dieu, comme un bâton aux aveugles pour se conduire, et que les théologues enorgueillis de le tenir en main, se disputaient souvent sur sa longueur et sa grosseur, et finissaient toujours par se battre.

Jésus, ou pour mieux dire, les Evangélistes, ont désigné un livre (la Loi et les Prophètes) comme le code du dogme des Israélites; les historiettes profanes qu'on lit actuellement dans la Bible, sont étrangères à ce qu'indique son ancien titre, outre que quelques-unes sont souvent absurdes et même indécentes.

C'était ce livre de la Loi et des Prophètes, suivant le Deutéronome, VI, v. 4, que le peuple d'Israël devait méditer sans relâche, et qu'on devait enseigner aux enfans , afin de graver dans leur cœur les commandemens de la Loi.

On devait les inscrire sur les poteaux des maisons et sur les portes. Cette Ecriture-Sainte devait servir, suivant le sage instituteur, à ce qui est le plus nécessaire dans la vie, à la gloire de Dieu , père des hommes, et à la direction de nos actions.

Outre que Jésus n'admettait pas la Bible telle que les Pharisiens l'entendaient, il ne suivait pas les préceptes du Décalogue en ce qui regarde la sanctification du sabbat, comme il est dit au ch. III, v. 14 : « Mais le septième jour est le repos de l'Eternel ton Dieu, tu ne feras aucune œuvre en ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes. »

II fut
accusé avec ses Disciples par les Pharisiens de transgresser la loi de Moïse sur la sanctification du sabbat. S Luc, ch. VI, v. 1-2. Ce délit était prévu par le code mosaïque, et Jésus devait être lapidé. Il se justifia par les exemples de David et de tous les Sacrificateurs, qui tuaient les victimes le jour de sabbat. Observons que, dans l'Evangile de St Mathieu , au ch. XII, v. 8, Jésus interpellé sur cette question, répondit : « Car le fils de l'homme est seigneur même du sabbat. » Ce qui veut dire, d'après les accusations dont il était l'objet, sur le précepte de sanctifier ce jour, qu'il pensait que l'homme a le droit de le célébrer ou non.

Le chef d'accusation de Jésus était cette transgression : ceux qui écrivirent les Evangiles et les Actes des Apôtres, nous apprennent qu'il fréquentait régulièrement les Synagogues et le Temple avec les autres Juifs le jour du sabbat : ce jour-ci Jésus enseigne et est honoré en Galilée (Luc, ch, IV, § 15) : dans ce jour il entre dans la Synagogue de Nazareth, lieu de sa naissance (Luc, ch, IV, § 16). A Capharnaum Jésus prêche sa doctrine le jour du sabbat (Luc, ch, IV, § 17).

Il paraît que les prêtres juifs ne se contentèrent ni des raisons de Jésus ni de ses marques extérieures de dévotion ; la violation du sabbat étant évidente, elle méritait d'après leurs principes une punition exemplaire (96).

Les Grands-Prêtres et les Sacrificateurs juifs, pour obtenir la mort de Jésus, l'accusèrent de prêcher une doctrine contraire aux lois mosaïque et civile ; ils la demandèrent et l'obtinrent. Leur haine poursuivit Jésus jusqu'au tombeau et au - delà. Un des Evangélistes nous rapporte que les Sacrificateurs demandèrent à Pilate, le lendemain de l'enterrement de Jésus, de placer une garde à son tombeau, de crainte que ses Disciples et ceux qui suivaient le dogme de la résurrection, n'emportassent le corps mort du crucifié et ne répandissent la nouvelle d'une résurrection imaginaire ; assurant que cette imposture produirait de plus extravagans effets parmi ses Sectateurs, que toutes celles qu'il débitait de, son vivant, par exemple, quand il voulut se faire passer pour le Fils de Dieu et le Roi des Juifs.

Dans le même Evangile, on lit que
les Sacrificateurs donnèrent de l'argent aux gardes, afin qu'ils eussent soin de répandre que les Disciples de Jésus avaient emporté et caché son corps, et que ce bruit étant répandu, la résurrection de Jésus ne fut pas crue par beaucoup de ses Disciples (97). Les Sacrificateurs juifs, après la mort de Jésus, conservèrent un pouvoir incroyable sur le peuple. Aux Actes des Apôtres, ch. V, 15-25, on lit que l'Apôtre Pierre faisait des miracles et enseignait le peuple ; les Sacrificateurs le firent enfermer dans la prison publique, mais l'Ange du Seigneur lui ouvrit les portes de la prison. Pierre rendu à la liberté, se mit de nouveau à prêcher près du Temple ; alors les Sacrificateurs le firent derechef enfermer dans la prison.

Les Actes n'indiquent pas comment il en sortit la seconde fois, mais ils disent seulement qu'à la suite de ce second emprisonnement, il prêcha encore dans le Temple même. Alors les Sacrificateurs eurent recours à un autre expédient; ils firent sortir Pierre et ses Disciples avec ordre de ne plus enseigner la résurrection des morts, et de ne plus parler au nom de Jésus. Le zèle de cet Apôtre se trouvant arrêté dans sa mission à Jérusalem, il porta ailleurs la doctrine de notre Divin Maître. On croit qu'il fut crucifié à Rome, et qu'on lui fit subir le supplice selon les lois des Juifs. Nous rapporterons par la suite l'opinion d'un auteur, qui regarde St Pierre comme un être allégorique. Nous le répétons, nous avons bien des rites et degrés qui rappellent notre Divin Maître Jésus, la cène, la passion et sa résurrection; ce qui est observé par les Bons-Cousins et presque par tous les Roses-Croix : nous donnons une planche cabalistique qui fait voir la fusion de l'Ancien et du Nouveau-Testament, la résurrection occupe le faîte de la pyramide.
On lit dans les Actes des Apôtres, v. 28 , que St Paul voulant soutenir
le dogme de la résurrection des morts dans Jérusalem, fut battu de verges par ordre du Tribun, à l'instance des prêtres juifs, qui voulaient arrêter une telle doctrine. Paul s'étant déclaré citoyen romain, on sursit à son supplice ; il se fit alors conduire dans le Temple Saint, où il voulut persuader de sa croyance les Sacrificateurs et les Pharisiens ; mais il eut contre lui l'opinion des prêtres, et Ananias, leur prince, lui fit donner un soufflet et le chassa du Temple.

Dix-neuvième partie

Notes

94 Il paraît que c'est d'après ce fait qu'on a adopté cet adage : Nemo prophète in patria. Remarquons à ce propos l'exemple de modération que donna notre Divin Maître à ses incrédules concitoyens ; il ne fait pas pleuvoir le feu du ciel sur la ville coupable. Ennemi de la persécution, il ne l'ordonna jamais pour opinions religieuses ; il se borne à dire à ses Disciples, quand ils rencontreront un incrédule : Sit tibi sicut ethnicus et publicanus; ou bien, il leur prescrit « de les quitter, en secouant la poussière de leurs souliers.» Voilà la seule peine civile qu'il ait jamais infligée.

95 C'est ce qui explique l'existence de deux religions en Egypte et à la Chine : une pour le peuple, remplie de toutes les extravagances possibles ; l'autre toute simple, pour les hommes éclairés et les initiés.  

 96 Après la mort de Jésus, on voit, par les Actes des Apôtres, ch. XIII, § 14 et 44 ; ch. XIV, §V.1, et ch. XV, § 21 , que Pierre et Paul fréquentaient la Synagogue le jour du sabbat. Le Concile de Jérusalem, qui est le premier de la chrétienté, n'a pas parlé du dimanche. Dans ce Concile, les premiers Chrétiens-Juifs, pour faciliter l'admission des acolytes, établirent qu'il n'était pas nécessaire de la circoncision pour entrer dans la fraternité ; ici on ne parle point du dimanche qui dut être établi comme jour de fête bien postérieurement à ce Concile. Quelques critiques en trouvent la cause dans ce que les Chrétiens, par la suite des temps, établirent ce jour-là pour représenter leurs mystères, comme étant celui où, selon la Bible, la lumière fut créée ; ce qui aurait encore une analogie apparente avec le culte du Soleil.

Il paraît que
les Juifs-Chrétiens de Rome l'admirent fort tard ; on se fonde sur ce que Joseph n'a pas parlé de cette innovation. Tertullien, dans son Apologie des Chrétiens, ch. XXI, dit : Que les Chrétiens s'assemblaient le jour du Soleil au matin pour vaquer aux exercices religieux, en haine des Juifs qui se rassemblaient le jour du sabbat. Les Chrétiens ne devaient pas s'abstenir du travail ce jour-là, pour ne pas imiter les Juifs. Justin , dans son Apologie à Marc-Antoine, qu'il publia vers la moitié du 2eme siècle, nous détaille ainsi les occupations des fidèles de la première Eglise, le jour du Soleil, « Réunions publiques des fidèles, lecture des écrits des Apôtres, des Evangélistes, oblation du pain et de l'eau , prière, action de grâce, collecte libre en faveur des pauvres, des veuves et des frères emprisonnés. » Tertullien en dit autant quarante ans après Justin. Au 4.me siècle, Constantin, tant pour marquer son attachement aux prêtres chrétiens que pour augmenter sa puissance, fit une loi de l'empire du précepte créé par le clergé, de célébrer la fête dominicale. Les prêtres, après cette époque, surent retenir leurs croyans dans une occupation spirituelle toute la journée ; les Chrétiens s'accoutumèrent à ne plus travailler le dimanche. Des gouvernemens fléchirent devant le Sacerdoce, et l'on voit, même de nos jours, que le lord-maire, à Londres, punirait celui qui chanterait ou jouerait le dimanche.
On s'abstenait de tout travail ce jour-là ; l'ouvrier, après qu'il a été au sermon, dépense le gain de la semaine au cabaret, et arrive, à la fin de ses jours , dans la misère. Si l'on observait l'esprit de la doctrine de Jésus, l'obligation du repos, le sabbat ou le dimanche cesserait, l'aisance remplacerait la pauvreté, comme on le voit dans des cantons suisses et allemands, où on a adopté ce principe. S'il faut des jours de repos aux hommes laborieux, et après des occupations une distraction agréable, il faut aussi que ces jours soient offerts et non commandés, et qu'ils ne soient pas trop fréquens. A Macao, qui n'est pas éloigné des Philippines, les Portugais ont le dimanche tel jour, tandis qu'aux Philippines les Espagnols ont le samedi au même jour. Les premiers y arrivèrent par l'Orient et le cap de Bonne-Espérance, et les Espagnols par l'Occident et la mer du Sud. — Si deux Juifs eussent pu, en partant de Jérusalem, faire le tour de la terre, l'un allant par l'Orient, l'autre par l'Occident, de retour chez eux, le premier aurait fêté le dimanche pour le samedi ; car marchant vers l'Orient, à chaque 13eme degré il aurait gagné une heure, et vingt-quatre après avoir fait le tour de la terre : il aurait donc vu le Soleil un jour de plus qu'à Jérusalem. L'autre aurait fêté le vendredi, et il l'aurait pris pour le sabbat, par la raison inverse ; que de querelles alors à Jérusalem ! car il y aurait eu trois jours de sabbat l'un après l'autre.

97 C'est un fait assez remarquable de trouver même les Disciples de Jésus aussi peu persuadés de sa divinité et de ses miracles, à ces époques et au commencement de la nouvelle religion.

 

Posté par Adriana Evangelizt

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 13:05

 

 

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
9ème partie
8ème partie
7ème partie
6ème partie
5ème partie
4ème partie
3ème partie
2ème partie
1ère partie

 

 

 

Chapitre 5

 

LA CHUTE DE L'HOMME OU LA CRÉATION DE L'HOMO SAPIENS

L'événement que les érudits bibliques appellent la « chute de l'homme » commence avec Adam et Ève qui furent placés dans le jardin d' Éden par la divinité pour le labourer et l'entretenir. Parmi le grand nombre de choses savoureuses à manger fut le fruit de deux arbres dans le milieu du jardin : « l'arbre de la vie et l'arbre de la connaissance du bien et du mal ». On dit à Adam et Ève :

« Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? La femme répondit au serpent : Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort ».

Alors, les Saintes Écritures ajoutent laconiquement « Or tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre ». Plus tard, lorsqu'ils mangèrent le fruit défendu, le seul et l'unique résultat fut, « Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus. ».

On se demande pourquoi toute cette emphase est placée sur la nudité. C 'est comme si l'expulsion d'Adam et Ève du jardin fut un moyen dramatique d'expliquer comment l'espèce humaine en est venue à porter des vêtements. Il est évident que le fait de porter des vêtements fut tout simplement une manifestation d'autre chose, l'acquisition de la « connaissance ».

La racine hébraïque « YD » qui est utilisée partout dans à travers la Genèse ne signifie pas seulement la « connaissance » mais plus spécifiquement, « faire l'expérience de ». Telle qu'appliquée aux relations conjugales, la racine « YD » signifie connaître sexuellement, c'est-à-dire, avoir des relations sexuelles. En fait, elle s'applique non seulement aux relations maritales normales mais aussi à une conduite clandestine, même à l'homosexualité et au sexe parmi les animaux.

Donc, ayant la « connaissance », l'homme acquit une sorte de force sexuelle ou de prouesse. La connaissance qui fut retenue de l'homme fut d'une nature plus profonde et sérieuse que de juste être conscient de sa nudité. Pour l'homme, ce fut quelque chose de bien, mais quelque chose que les créateurs ne voulaient pas qu'il ait. Avant qu'Adam et Ève ne l'eussent, ils vivaient dans le jardin d'Éden sans progéniture. L'ayant obtenue, Ève fut condamnée à souffrir les douleurs de l' accouchement. Le conte d'Adam et Ève est l'histoire d'un pas crucial dans l'évolution de l'homme : l'acquisition de la capacité de procréer comme un mammifère. Cependant, ayant cette capacité, l'homme perdit certains traits sauriens, sa soi-disant divinité.

L'HOMME PERD SON APPARENCE SAURIENNE ET SA DIVINITÉ

La Genèse décrit sommairement les changements physiologiques qui résultèrent de la punition d'Adam et Ève. Comme châtiment, Ève devait souffrir les douleurs de l'accouchement tandis qu'Adam devait gagner son pain à la sueur de son front. Logiquement, il semble qu' auparavant, Ève n'eût pas produit de progénitures et Adam ne transpirait pas. [Note de l'éditeur : À propos de cette discussion de Boulay, pour plus de détail, voir : http://www.apollonius.net/physiology.html]

D'autres sources religieuses révèlent quelques-uns des changements qui furent provoqués par cet événement important. Dans la section sur la Création du Monde, le Haggadah explique ce qui se passa dans le jardin après qu'ils eurent pris le fruit défendu :

« Le premier résultat fut qu'Adam et Ève devinrent nus. Avant, leurs corps avaient été couverts avec une peau écailleuse et enveloppés avec l'auréole de la gloire. Aussitôt qu'ils eurent violé le commandement, l'auréole de la gloire et la peau écailleuse tombèrent d'eux et ils se trouvèrent là nus, ressentant la honte ».

Il est évident que leur nudité devait être associé à la perte de leur « peau écailleuse » et de « l'auréole de la gloire ».

Des descriptions similaires se trouvent dans les vieilles légendes rabbiniques. Décrivant l'homme avant la Chute, ils disaient que, « sa peau fut aussi claire que la lumière du jour et couvrait son corps comme un vêtement lumineux ».

Selon ces sources, par la suite, lorsque Ève mangea de la pomme, le résultat immédiat fut, « qu'à ce moment, toutes les parures que Dieu avait données à la femme d'Adam disparurent et elle vit qu'elle fut nue ! »

Cette peau lumineuse fut « l'auréole de gloire ». D'autres légendes disent que le changement provoqué par la Chute fut que, « la luminosité de sa peau qui l'avait couvert comme un vêtement, disparut ».

La nudité qui est tant mise en évidence dans les anciens documents est de quelque façon, en rapport avec une sorte de peau protectrice externe, lumineuse et brillante, l'auréole de gloire. La nudité de l' homme fut le fait de perdre cette peau écailleuse protectrice, en d'autres mots, son apparence reptilienne ou divine. Désormais, l'homme devait porter des vêtements pour protéger sa peau vulnérable de mammifère. L'homme commencerait alors à transpirer comme un mammifère, une fonction physiologique qui nest pas intrinsèque aux reptiles.

L'HOMME CRÉÉ À L'IMAGE DES DIEUX REPTILIENS

Le livre de la Genèse rend abondamment clair que l'homme fut originairement créé à l'image de son dieu :

« Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance, ... Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa ».

Puisque l'Adam de la Genèse et les « lulus » sumériens furent créés à l'image du dieu serpent, trouve-t-on des traces de ce fait dans les Saintes Écritures ? En effet, dans la version gnostique de la création de l'homme. Il y en a un qui décrit la réaction d'Ève dans le jardin d 'Éden :

« Elle regarda l'arbre. Et elle vit qu'il fut beau et magnifique et elle le désirait. Elle prit un de ses fruits et le mangea et elle le donna aussi à son mari et il en mangea aussi. Alors, leurs esprits s' ouvrirent. Lorsqu'ils en mangèrent, la lumière de la connaissance brilla sur eux lorsqu'ils portèrent la honte et ils savaient qu'ils furent nus puisqu'ils avaient la connaissance. Lorsqu'ils revinrent à leur sens, ils virent qu'ils furent nus ; et ils s'amourachèrent l'un l'autre. Quand ils virent leurs créateurs, ils les détestèrent puisqu' ils avaient une forme bestiale. Ils comprirent plusieurs choses ».

Donc, une description appropriée d'Adam et Ève et leurs créateurs serait comme suit : Ils avaient une peau écailleuse ou calleuse ; elle fut brillante et lumineuse comme on voit chez certains reptiles ; ils ne transpiraient pas, cela étant un trait de mammifères ; ils ne portaient pas de vêtements puisque ce fut inutile ; ils avaient une peau de couleur verte pâle.

La preuve pour la couleur de leur peau se trouve dans le Haggadah qui décrit comment Adam fut créé de poussière prise des quatre coins du monde :

« La poussière fut de plusieurs couleurs --rouge, noir, blanc et vert. Le rouge fut pour le sang, le noir pour les intestins, le blanc pour les os et le vert pour la peau pâle ».

Si Adam avait été un Homo-sapiens, la couleur de poussière utilisée pour la peau aurait été vraisemblablement le rose ou le brun.

L'Homo saurien ou l'homme reptile fut probablement beaucoup plus grand que l'homme moderne. Plusieurs sources anciennes lui font références comme ayant la taille d'un géant avant l'incidentd'Éden. Par exemple, les registres rabbiniques divulguent que, « Adam, qui avait été un géant, diminua en taille jusqu'à la dimension d'un homme ordinaire ».

Les patriarches antédiluviens et les rois sumériens furent en partie des Sauriens et furent apparemment de très grands hommes qui ressortirent physiquement parmi les hordes de l'espèce humaine. Les Rephaïm, les descendants des Néfilim vivant après le Déluge, furent aussi des géants ; et comme les antédiluviens, leur durée de vie semble avoir diminué étant donné le fait que leur sang saurien se diluait de plus en plus.

L'HOMME PERD LA LONGÉVITÉ POUR DEVENIR UN MAMMIFÈRE

Bien qu'il y ait eu deux arbres dans le Jardin, seulement l'arbre de la connaissance fut tabou. Apparemment, l'homme avait l'accès à l' arbre de vie ou l'immortalité puisque cela ne lui a pas été défendu. Maintenant qu'il possédait la capacité de procréer, la divinité biblique s'inquiétait qu'il pourrait aussi prendre de l'arbre de vie pour devenir immortel : « Puis Yahvé Dieu dit : Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu'il n'étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l'arbre de vie, n'en mange et ne vive pour toujours ! Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d'Éden pour cultiver le sol d'où il avait été tiré. Il bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie ».

Selon les Saintes Écritures, l'homme ne pouvait pas revenir en arrière. Il avait maintenant pris le pas décisif et possédait la « connaissance » et pouvait commencer la race de mammifère connue comme l'espèce humaine ou Homo-sapiens. Cependant, ayant obtenu ceci, il devait perdre la longue vie ou l'immortalité. Les deux furent mutuellement exclusifs tel qu'indiqué dans le Livre de la Genèse. L' homme aurait pu retenir sa forme divine et sa longue vie tout en demeurant un mulet, un type d'Homo saurien limité.

Voyant que l'homme avait besoin de vêtements pour se protéger contre les éléments, une divinité apparemment compatissante, « fabriqua des chemises faites de peaux pour l'homme et sa femme et les vêtit ». Cependant, cette divinité généreuse avait probablement d'autres raisons en tête, puisque le Haggadah révèle, les vêtements furent fabriqués des peaux muées délaissées par les serpents. [Note de l' éditeur : Selon John Baines dans « The Stellar Man », n'importe quelle race de Dieux Créateurs, tels ces Sauriens, sont responsables sous la Loi Galactique à voir au bien-être des créatures qu'ils peuvent choisir de concevoir et à qui ils donnent la vie. Par conséquent, ce fut nécessaire que ces Sauriens de Nibirou créent une nouvelle « peau externe », des vêtements pour Adam et Ève et tous leurs descendants subséquents. Ces Sauriens n'avaient pas d'autres choix.]

Est-ce que cela fut accompli pour rappeler à l'homme ses origines reptiliennes ? Ce fut un moyen ironique pour graver dans la mémoire de l'homme le fait qu'il provenait de source saurienne et qu'il existait selon la tolérance des dieux serpents. Ce thème se répète plusieurs fois dans les relations subséquentes de l'homme avec ses dieux sauriens et fut formalisé dans le rituel de la circoncision. [Note de l'éditeur : ce qui fut sans doute une rébellion socio-politique et culturelle contre les organes sexuels couverts des reptiles, aussi bien que plus tard contre les pratiques des anciens grecs dont la culture fut grandement influencée par le prince Outou de Nibirou ou le Dieu Soleil Apollon des Grecs.]

LE MYTHE DE LA CRÉATION DANS LE CONTE D'ADAPA

Bien qu'aucun Mythe sumérien n'ait pas encore été trouvé qui est un parallèle à la chute de l'homme tel que raconté dans l'Ancien Testament, il existe un poème qui raconte une histoire qui est probablement la source de la narration de la Genèse.

Le Conte d'Adapa fut découvert dans les archives des rois égyptiens à El-Armana, aussi bien que dans la bibliothèque du roi assyrien, Asshourbanipal. En ces jours, il fut sans doute connu universellement. Comme celui de l'Épique de Gilgamesh, son thème principal est que l' homme rate l'occasion de se donner l'immortalité.

Adapa fut un spécimen Homo sapiens modèle créé par Enki dans l'Abzou. Comme l'Adam de la Genèse, Adapa possédait la connaissance mais non l''immortalité. Le conte commence avec l'affirmation :

« Avec une grande sagesse, Enki lui avait donné la sagesse, mais non la vie éternelle ».

Enki avait entraîné Adapa à faire des corvées spécialisées pour sa maisonnée : il procura la nourriture pour la table, faisait la cuisson et prépara et servit la table au palais d'eau d'Enki. Comme se poursuit l'histoire, un jour, Adapa fut dans son bateau en train de pêcher pour obtenir de la nourriture pour la table d'Enki, quand, le « vent du sud » s'éleva et inonda le bateau. Adapa maudit le vent et, comme l'histoire le raconte, « brisa l'aile du vent du sud ».

Cette phrase est en effet curieuse et, à la lumière d'un autre poème sumérien, elle semble être l'aile d'un avion. Dans le Mythe de Zu, une des armes utilisées contre Zu et celle qui le battit fut le « vent du sud ». Ce contexte le fait paraître comme une sorte de vaisseau inhabité. Dans le cas d'Adapa, il semble l'avoir mis hors de fonction par hasard. [Note de l'éditeur : Quelque chose m'est venu à l'esprit comme j'écrivais. Ce livre ne semble-t-il pas être comme un document préparé par un fonctionnaire du gouvernement ? On se demande si Boulay reçut la directive de compiler ce « rapport gouvernemental » pour la « Defense Intelligence Agency » pour qui il travaillait.]

Pendant ce temps, dans sa « demeure céleste », le dieu principal Anou s'inquiète que « le vent du sud n'a pas soufflé sur la terre depuis sept jours » et demande que son vizir fasse une enquête. Quand il rapporta qu'un simple mortel l'avait mis hors de fonction, Anou fut furieux et appela Adapa à son vaisseau spatial pour s'expliquer. Enki, qui fut non seulement le créateur de l'homme mais aussi souvent son défenseur et son bienfaiteur, mit Adapa au courant de comment agir en la présence du grand dieu.

Adapa se fait dire comment atteindre le bateau céleste d'Anou. Dans le conte, Enki « lui fit prendre la route du ciel et au ciel il se rendit », prenant évidemment une navette de Sippar, la ville spatiale. Il est prévenu qu'il lui sera offert le pain de la mort : « tu ne le mangeras pas ». Ensuite, te seras offert l'eau de la mort : « tu ne le boira pas », lui dit Enki.

Adapa fut introduit au dieu Anou qui lui demanda directement pourquoi il avait brisé le vent du sud. Adapa lui expliqua qu'il fut en train d 'attraper du poisson pour la table de son maître. La mer fut comme un miroir jusqu'au moment où le vent du sud s'éleva et renversa son bateau, démontrant donc que son bateau avait été inondé par le jet de vent du « vent du sud » qui volait très bas.

Anou fut impressionné par l'intelligence d'Adapa et de plus, par le fait qu'il avait appris des « choses défendues », c'est-à-dire, des informations réservées aux dieux et leurs enfants semi-divins. Il questionna Adapa à savoir pourquoi Enki avait divulgué le « plan du Ciel et de la Terre » à un être humain, sans valeur, comme lui. Anou demanda pourquoi Enki lui avait fabriqué un « shumu ».

Le dieu principal songea quoi faire avec Adapa maintenant qu'il connaissait le chemin des dieux, puisqu'il avait voyagé de la terre au ciel dans un « shumu », un voyage seulement permis aux dieux. Dans ce sens, le mot sumérien « shumu » fait référence à une fusée ou une navette spatiale pour atteindre le vaisseau orbitant dans les cieux. Ce terme est discuté en détail dans le Chapitre 11.

Pour continuer l'histoire d'Adapa, il fut décidé de le joindre aux rangs des dieux en lui fournissant le pain et l'eau de vie. De cette façon, Adapa posséderait l'immortalité et deviendrait comme un des dieux. En réalité, cela signifiait revenir en arrière à sa nature reptilienne. C'est peut-être la raison pour laquelle Enki l'avait prévenu, ne voulant pas que sa création soit altérée.

Quand Adapa refusa la nourriture et l'eau de l'immortalité, Anou voulait savoir pourquoi. Adapa lui dit l'avertissement d'Enki, ce qui rendit Anou furieux et il envoya un messager pour châtier Enki. Anou s'est finalement calmé mais ce fut trop tard pour Adapa ; symboliquement, l'homme avait manqué sa chance de posséder la vie éternelle.

Adapa retourna à la Terre, un voyage pendant lequel il vit les merveilles de l'espace, « comme Adapa regarda de l'horizon du ciel à son zénith, il vit sa splendeur ».

Adapa fut décrété un haut prêtre à Éridou et il reçut la promesse que, désormais, la déesse de la guérison soignerait aussi les maladies de l 'espèce humaine. Mais ce qui est encore plus important à l'histoire d'Adapa comme parallèle à celle d'Adam à l'Éden, est qu'il fut décidé par les dieux qu'il, comme Adam, serait l'ancêtre de l'espèce humaine. Anou décréta que, comme destin, Adapa serait « la semence de l'espèce humaine ».

La nourriture et l'eau de vie sont souvent dépeintes sur les sceaux-cylindres et les murales sumériens. Les dieux sont parfois démontrés avec une pomme de pin dans une main et un seau d'eau ou « situla » dans l'autre, représentant la nourriture et eau de vie éternelle ou l'immortalité.

La triste histoire est que l'homme ne pouvait pas avoir le meilleur de deux mondes, une forme de mammifère et une longue vie. Cela explique pourquoi les durées de vie de l'homme se raccourcissent progressivement comme chaque génération dilua de plus en plus les gènes sauriens. Les dieux furent malheureux avec la détérioration des traits sauriens et dans les années à venir, ne laisseraient pas l' homme oublier son choix. Cela se répète partout dans les chapitres de l'Ancien Testament comme « la faiblesse de la chair ».

Plus l'homme s'éloignait de ses origines sauriennes, moins il s 'en souvenait. À travers un long processus d'amnésie sélective, encouragé par une prêtrise qui se perpétuait et qui fut bien dissimulée, l'espèce humaine en est arrivée à perdre toute connaissance de son ascendance saurienne. [Note de l'éditeur : N' est-ce pas une triste et pitoyable histoire ? Voyant cela de la perspective du vingtième siècle, je suis quasiment soulagé que ce fut ainsi. Ces « dieux sauriens » ont maintenant complètement perdu le contrôle de notre évolution ultime comme mammifères « hommes » et « femmes ». Jamais plus pourrons-nous les reconnaître comme « dieux » ou « déesses ». D'une certaine façon, maintenant, pour nous, ils ne signifient rien.]

LA GÉNÉALOGIE DE L'HOMME

Notre thèse est que nos ancêtres furent des formes reptiliennes qui vinrent à la Terre d'une autre planète pour obtenir, il y a longtemps, certains métaux. Trouvant le climat bénin, ils y fondèrent une colonie en Mésopotamie. Comme le climat changea, tel que démontré par le décès des dinosaures, il devint insupportable pour les Anounnaki. Ils décidèrent ainsi de produire un ouvrier primitif mieux adapté au climat. Le résultat fut un Homo saurien, demi-homme singe et demi-reptile. Cependant, cette créature ne pouvait pas se reproduire.

Pour résoudre ce problème de main-d'oeuvre, l'Adam ou le « lulu » reçut des caractéristiques dominant de mammifères et le résultat fut le premier Homo-sapiens.

Quant à l'évolution, l'homme moderne apparu sur la scène il y a quelque 40,000 ans comme par magie. L'Homo sapiens, ou l'homme de Cro-Magnon, ne fut pas un homme-singe et fut si différent de la forme qu'il replaça que cela avait nécessité un saut quantique dans le processus de l'évolution.

Le problème complexe du « manque de lien » confondit les évolutionnistes depuis plus de 100 ans. Est-ce possible que le soi-disant manque de lien ne soit jamais trouvé ? Et plus important encore, si ce manque de lien est découvert un jour, ce sera sans doute dans les ruines de l'ancienne civilisation de la vallée mésopotamienne.

Dixième partie

Posté par Adriana Evangelizt

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 12:17

En attendant la suite de Moïse que je finis de taper...

 

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
8ème partie
7ème partie
6ème partie
5ème partie
4ème partie
3ème partie
2ème partie
1ère partie

 

Chapitre 5

 

 

LA CRÉATION ET LA "CHUTE" DE L'HOMME

 

 

 

Tableau de Chris Achilleos

« Je ferai un sauvage. Son nom sera homme. Vraiment, je créerai l'homme sauvage. Il sera au service des Dieux pour qu'ils puissent être à l'aise ». L'Épique de la Création sumérienne

Un des plus vieux fragments de la mythologie sumérienne décrit les conditions sur la Terre lorsque les astronautes étrangers ou Anounnaki arrivèrent et avant qu'ils descendirent pour construire les villes en Mésopotamie. Il parle d'un temps quand le visage du soleil et la lune ne pouvaient pas être vus, quand la surface de la Terre fut abondamment arrosée et les nuages descendaient jusqu'à la surface de la Terre. Ce fut alors, comme la tablette déclare, que « les reptiles descendirent vraiment ». [Note de l'éditeur : Si, comme Sitchin l' affirme, la Planète Terre/Tiamat fut localisée plus loin du soleil au temps de l'arrivée de Nibirou dans ce système, dans ce qui est appelé aujourd'hui « la ceinture d'astéroïdes », et si rien que plus tard après la collision de la lune de Nibirou avec ce qui est connu aujourd 'hui comme l'Océan Pacifique, alors ceci pourrait très bien être une description des conditions climatiques de cette « autre Terre ».]

Dans les Épiques de la Mésopotamie, la création de l'homme fut secondaire et accessoire à la création de l'univers et à la colonisation de cette planète par les visiteurs étrangers. Après le débarquement des astronautes, la récupération des marais et la construction des villes commencèrent sous la direction d'Enki. Toutes les villes construites eurent un but spécifique de supporter les opérations minières dont le centre de traitement fut à Badtibira. La construction des villes, la réparation constante, la reconstruction des canaux et des digues et les opérations minières exigèrent tous un effort considérable de la part des fils d'Anou.

C'est avec cette origine que l'homme arrive sur la scène. La création de l'homme fut conçue et exécutée non comme une fin en soi, ni comme développement naturel de la civilisation de la Mésopotamie. Plus tôt, l'homme fut créé comme moyen de satisfaire un groupe d'étrangers mécontents. Le but de l'homme fut de servir les dieux ; il fut créé pour alléger le fardeau des dieux et assumer les tâches laborieuses et déplaisantes qui furent exécutées par les Anounnaki de plus en plus malheureux et rebelles. L'homme devait être le gagne-pain, le travailleur et le concierge des dieux.

Les Saintes Écritures décrivent le travail accomplit dans le jardin d' Éden avant la création de l'homme. C'est le serpent qui l'exécutait et plus tard, ce fut l'homme. En plus de l'agriculture, les dieux serpent minaient les minéraux pour « fournir Élohim avec de l'argent, de l'or, des pierres précieuses et des perles », démontrant ainsi une des activités principales des dieux serpents avant la venue de l'homme.

LES PREMIÈRES TENTATIVES DE CRÉER UN HOMME PRIMITIF

Les difficultés de leurs enfants d'en dessous ne furent pas négligées par les dieux orbitant dans leur vaisseau spatial. La végétation fut si abondante qu'ils n'avaient pas à produire beaucoup de nourriture et ils vivaient littéralement de la terre. Avec le changement de climat et d'environnement, ils devaient maintenant cultiver une grande partie de leur nourriture. Ils ne furent pas très compétents à l'accomplir.

Un des Mythes sumériens, « la dispute entre le bétail et le grain », décrit les premières tentatives d'alléger la souffrance des Anounnaki. Comme le poème le raconte, les fils d'Anou ne savaient pas comment cultiver le grain, faire du pain, ni fabriquer des vêtements. Ils mangeaient des plantes comme les animaux et buvaient de l'eau des fossés. [Note de l'éditeur : Si c'est vrai, pouvez-vous le croire ? : -)] Aussi longtemps que la végétation fut abondante, ils n'eurent aucun problème à se nourrir ; mais comme la terre commençait à s' assécher et que le nombre d'humains croissait, ils durent trouver d'autres moyens pour s'alimenter. Il fut maintenant nécessaire de cultiver leur propre nourriture.

Ce Mythe décrit des tentatives dans la « chambre de la création » du vaisseau spatial pour trouver des moyens pour les fournir de grains et de viandes. Deux déesses sont créées pour leur apprendre des méthodes pour cultiver leur propre nourriture et comment élever les animaux --Lahar, la déesse du bétail et Ashnan, la déesse du grain.

Ces déesses tentèrent d'enseigner aux Anounnaki les arts de l' agriculture et de l'agronomie animale, mais sans succès. Alors, réalisant que cette expérience fut un échec total, les dieux réunis en conseil décidèrent de faire le grand pas de créer un ouvrier primitif. Donc, par égard au bien-être des Anounnaki, « l'homme reçu le souffle ».

Ce Mythe semble être en rapport avec une période datant 100,000 ans dans le passé quand les terres ne supportaient plus les énormes reptiles végétariens et l'assèchement de la terre avaient apporté l'évolution des dinosaures mangeurs de viande et des grands mammifères. Le Mythe indique que les Anounnaki devinrent des carnivores nécessitant l'introduction de l'agronomie animale.

Donc, les dieux assemblés dans les cieux décidèrent que le meilleur moyen d'alléger la souffrance de leurs enfants sur la Terre fut de produire une nouvelle créature. Anou, le dieu principal, décréta qu'un sauvage serait créé, et « l'homme sera son nom ». Il serait chargé du service des dieux pour qu'ils puissent avoir leur repos. Puisque les expériences antérieures dans le vaisseau spatial ne furent pas couronnées de succès, il fut décidé de mettre Enki et Ninhoursag, l'infirmière principale, responsable de produire un être primitif. Cette nouvelle création, appelée un « lulu » par les Anounnaki, fut le premier homme primitif.

Enki et Ninhoursag dirigèrent plusieurs expériences dans l'Abzou, le laboratoire flottant d'Enki près d'Éridou, toutes visées à la création d'un ouvrier primitif. Dans un de ces Mythes, la création de types imparfaits est décrite.

Ninhoursag façonna des variétés d'individus de sexes différents de « l 'argile », mais ceux-ci se sont toutes avérées être anormales et furent des échecs complets. Le meilleur parmi eux fut décrit comme étant faible et débile de corps et d'esprit. Elle donna du pain à la créature mais il le refusa. Elle ne pouvait ni s'asseoir, ni se tenir debout et ni plier ses genoux. Éventuellement, ils abandonnèrent et décidèrent que cette créature fut un échec complet. Enfin, après plusieurs tentatives et erreurs, Enki et Ninhoursag trouvèrent une formule fonctionnelle.

CRÉATION DE L'HYBRIDE HOMME-SINGE-REPTILE

Au début, il y eut plusieurs tentatives et erreurs. En fin de compte, une méthode fonctionnelle fut découverte. Utilisant un groupe d'animaux primitifs féminins, vraisemblablement le singe femelle, les oeufs furent fécondés par les jeunes astronautes et alors extraits et réimplantés dans les utérus de quatorze déesses de la naissance.

Cette procédure est décrite dans l'Épique d'Atrahasis qui traite de la création de l'homme. L'histoire raconte que « quatorze utérus furent rassemblés ensemble », fécondés avec « l'essence » des dieux et le résultat fut la création de sept mâles et de sept femelles.

Bien que le processus ait effectivement produit un être primitif viable, les événements subséquents démontrèrent un inconvénient majeur --les créatures produites furent des clones et ne purent se reproduire. Le fait que les deux sexes aient été produits, sept mâles et sept femelles, suggère que l'intention ait été de les rendre capables de se reproduire. Pour une raison biologique inconnue, de ce côté, le processus fut un échec.

L'homme primitif ou Adam fut créé ainsi, une combinaison mammifère-reptile hybride. La procédure utilisée par les Sumériens est décrite dans la Genèse lorsqu'elle affirme que l'image de Dieu fut imposée dans « l'argile », la matière génétique de base telle que dans les tablettes sumériennes. L'essence de Dieu est mélangée avec l' argile malléable de la terre --l'homme singe. Dans les contes cunéiformes, l'argile est mélangée à l'essence des dieux et avec cette création, ils « introduisent l'image des dieux ». Dans les deux cas, il devrait être observé que l'homme est créé à l'image de son dieu.

Par conséquent, la question suivante se pose : Quelle fut la provenance de la matière génétique qui produisit les caractéristiques mammifères de l'hybride ?

L'homme de Neandertal avait été sur la scène depuis des centaines de milliers d'années, étant le résultat d'un lent processus d'évolution. Ce fut vraisemblablement cet homme singe qui fut utilisé dans les expériences des Anounnaki. Cet homme singe est décrit dans l'Épique de Gilgamesh comme l'homme sauvage qui est précisément « converti » en être civilisé pour enfin devenir le compagnon de Gilgamesh dans ses nombreuses d'aventures.

Appelé Enkidou, il est une créature sauvage qui se nourrit d'herbe et vit parmi les animaux. Dans le conte, un chasseur malheureux se plaint alors à Gilgamesh qui est roi de la ville d'Ourouk. Gilgamesh se fait dire que cette créature ne porte pas de vêtements et qu'elle est couverte de poils. Il est assez intelligent pour remplir les fosses que le chasseur avait creusées pour attraper des animaux sauvages. Cet homme sauvage libère aussi le gibier de leurs pièges. Il vit avec les animaux, court avec les gazelles et partage l'endroit où ils s' abreuvent.

Cette créature sauvage est sans doute le Neandertal qui est mêlé avec les Anounnaki reptiliens. De cette combinaison, on espérait produire un hybride qui pouvait s'adapter à l'environnement changeant. L' assèchement de la Terre et les changements apportés à la flore et à la faune rendirent cela nécessaire de produire un ouvrier primitif.

L'Adam de la Bible ne fut pas l'Homo sapiens d'aujourd'hui. Il fut ce qu'on peut appeler « Homo saurien », une créature hybride mammifère-saurienne qui allait devenir notre ancêtre et le premier pas dans la création de l'homme moderne. En quelques années seulement, l'homme avait fait un saut géant dans l'évolution. Il avait soudainement évolué de l'homme singe sauvage à un hybride qui deviendrait une nouvelle espèce connue comme l'homme de Cro-Magnon.

L'hybride qui fut créé ressemblait probablement aux reptiles puisqu'il fut créé à l'image de ses dieux. La Genèse est très spécifique à ce sujet, car elle affirme, « Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance, . » Adam fut donc créé à la fois à l'image ou « selem » et la ressemblance ou « dmut » de son créateur. L'usage des deux termes dans le texte biblique ne voulait laisser aucun doute que l'homme fut semblable en apparence aux dieux. C'est cette ressemblance, ou son absence comme nous verrons, qui est à la base de plusieurs des réprimandes de la Bible et de la littérature sumérienne.

Plus tard, quand les hommes se marièrent avec ceux de la même espèce, les caractéristiques reptiliennes s'éliminèrent graduellement et ils développèrent ainsi, de plus en plus, leurs caractéristiques mammifères. Les gènes des mammifères dominèrent les gènes reptiliens et l'homme devint plus « humain », ressemblant moins à dieu. Cela explique la nature « pécheresse » et la « chute » de l'homme. Le péché originel fut la déviance de l'homme de son origine de base reptilienne ou de dieu. Cela explique aussi pourquoi l'homme fut défendu de reproduire toute ressemblance de ses dieux.

À travers la manipulation biologique, les Anounnaki ou Néfilim prirent un singe mâle existant et lui donnèrent une partie de leur divinité, leur sang saurien. Certains versets des Saintes Écritures confirment le fait que les expériences biologiques prirent place sur la Terre et que quelques-unes devinrent hors de contrôle. Ces expériences semblent avoir été exécutées de routine par les Néfilim, qui possédèrent non seulement des moyens techniques avancés dans le transport et les communications, mais aussi dans les sciences biologiques. [Note de l' éditeur : John Baines, dans les connaissances hermétiques secrètes récemment révélées dans « The Stellar Man », «déclare que ces Néfilim adressèrent une pétition aux « plus hauts dieux » pour recevoir également le statut de « dieux créateurs ». Il y eut beaucoup de discussion parmi les plus hauts dieux créateurs à savoir s'ils permettraient aux Néfilim d'avoir cette capacité. Finalement, après beaucoup de différence d'opinion et de discussion, ils reçurent ces pouvoirs ; mais ils demeurèrent avec le rang le plus bas de tous les « dieux créateurs » de l'Univers. Nous, les Cro-Magnon, sommes leur premier produit. La loi universelle leur a donné la responsabilité de « prendre soin de nous ».]

Dans le premier livre d'Hénok, les infractions des Néfilim sur la Terre avant le Déluge sont divulguées en détail. Daté du 2ème siècle avant J.-C., ce livre avait perdu son importance dans l'Église occidentale au 4ème siècle après J.-C., et, il est considéré canonique seulement dans l'Église éthiopienne. Originairement en hébreu et en araméen, il fut traduit en grec et puis en éthiopien où il fut conservé et non retrouvé par les Européens jusqu'au 18ème siècle. C' est le plus vieux des trois livres apocryphes attribués à Hénok et certaines parties furent découvertes dans les manuscrits de la Mer Morte.

Selon le premier livre d'Hénok, les Néfilim reçurent la mission d'apporter les arts salutaires et les métiers à l'espèce humaine. Mais ce qui commença comme un effort élogieux tourna rapidement en vinaigre.

Les Néfilim commencèrent à enseigner les arts martiaux à l'homme, « la fabrication d'épées, de couteaux, de boucliers et d'armures corporelles ». Ils enseignèrent aussi à l'homme les sciences défendues de « l'incantation, l'alchimie et l'astrologie ». Mais la pire des infractions dont ils sont accusés fut de jouer avec la génétique, de « changer l'homme en cheval, en mulet ou vice versa, ou de transférer un embryon d'un utérus à un autre ». Cette pratique de réimplanter un embryon dans un autre utérus est semblable aux activités décrites dans l'Épique de la Création sumérienne. Il semble que les Néfilim ou Anounnaki connaissaient très bien la manipulation génétique et la croissance sélective.

HOMO SAURIEN, L'HOMME PRIMITIF DE L'ÉDEN

La genèse répète à maintes reprises qu'avant la «chute », l'homme fut nu pendant qu'il occupait le jardin d'Éden. Ce ne fut qu'au moment où il mangea le fruit défendu qu'il se rendit compte de sa nudité et mit des vêtements. D'autres sources religieuses anciennes confirment ceci, mais elles révèlent aussi la raison pour laquelle il fut nu. Selon le Haggadah, les corps d'Adam et Ève « avaient une peau écailleuse », et de plus, on disait de la peau d'Adam, « elle fut aussi brillante que la lumière du jour et couvrait son corps comme un vêtement lumineux ». Adam avait donc l'apparence d'un reptile avec sa peau écailleuse et brillante. Ce fut pour cette raison qu'Adam et Ève ne portaient pas de vêtements comme protection ou confort.

Le Livre de la Genèse dit aussi qu'Adam ne transpirait pas dans le jardin d'Éden avant la « chute ». Ce fut sa punition d'avoir mangé le fruit défendu, car on lui avait dit, « par la sueur de ton visage gagneras-tu ton pain ». Avant la « chute », Adam ne transpirait pas puisque la transpiration est caractéristique des mammifères et non des reptiles.

Aussi longtemps qu'ils restèrent dans le jardin d'Éden, Adam et Ève ne procréèrent pas. Les tablettes sumériennes expliquent pourquoi --parce qu'ils furent des « mules » et ne pouvaient pas reproduire leur propre espèce. L'incident que la Bible appelle la « chute de l'homme » fut son habileté à acquérir la capacité de procréer en se donnant plus de traits des mammifères. Dans la punition d'Ève, cela est explicite dans le fait qu'elle doit maintenant subir les douleurs de naissance comme tous mammifères.

Le changement génétique définitif fut accompli par Enki. Cela ne fut pas autorisé et causa beaucoup de dissension parmi les dieux, et demeura un différend majeur entre Enlil et Enki. Enki est le Créateur, le défenseur et le bienfaiteur de l'espèce humaine. Enlil méprisait l'espèce humaine comme une abomination et une détérioration de la génétique saurienne. Il fut un dieu cruel et malveillant et, celui qui produisit le Déluge.

L'homme primitif ou Homo saurien fut placé dans le jardin d'Éden pour cultiver de la nourriture ; la Genèse dit, «Yahvé Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé ». Puisque l'homme fut créé dans l'Abzou d'Enki à sa ville d'Éridou et étant la partie la plus à l'Ouest de la plaine mésopotamienne entre les deux rivières, il semble que la région fertile à l'Est d'Éridou soit le jardin d'Éden. Par coïncidence, les Sumériens appelèrent cette région E-DIN ou « la maison de ceux qui sont vertueux ».

Selon les Jubilés, Adam et Ève furent placés dans le jardin d'Éden pour le labourer et le récolter. « Ils protégeaient le jardin des oiseaux, des bêtes et du bétail et, ramassaient les fruits et la nourriture ». Les obligations d'Adam sont décrites en termes similaires dans une des versions babyloniennes de la création de l' homme : il fut de son devoir de maintenir les canaux et les cours d' eau et de cultiver des plantes en abondance pour remplir les entrepôts de grains des Anounnaki.

Jusqu'à l'événement connu énigmatiquement comme la « chute de l'homme », l'homme primitif cohabitait dans le jardin d'Éden avec les dieux serpents et, ensemble, ils accomplirent le travail nécessaire. Apparemment, cette main-d'oeuvre ne fut pas suffisante pour accomplir le travail essentiel et une modification fut nécessaire pour rendre l' Homo saurien plus efficace. Pour avoir une plus grande main-d'oeuvre, il fut décidé de rendre à l'Adam ou au «lulu » sa capacité de se reproduire.

Neuvième partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 02:02

 

 

L'EXODE - LE DESERT - MAGIE ET THEURGIE (suite...)

par Edouard Schuré

Extrait du livre "Les grands Initiés", chapitre Moïse

Chapitre V

Tableau de Boris Vallejo

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

 

 

Nous l'avons dit, Moïse ne fut pas un patriote, mais un dompteur de peuple ayant en vue les destinées de l'humanité entière. Israël n'était pour lui qu'un moyen, la religion universelle était son but, et par-dessus la tête des nomades sa pensée allait aux temps futurs. Depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la mort de Moïse, l'histoire d'Israël ne fut qu'un long duel entre le prophète et son peuple.

Moïse conduisit d'abord les tribus d'Israël au Sinaï, dans le désert aride, devant la montagne consacrée à Aelohim par tous les Sémites, où lui-même avait eu sa révélation. Là où son Génie s'était emparé du prophète, le prophète voulut s'emparer de son peuple et lui imprimer au front le sceau d'Iévé : les dix commandemnts, puissant résumé de la loi morale et complément de la vérité transcendante renfermée dans le livre hérmétique de l'arche.

Rien de plus tragique que ce premier dialogue entre le prophète et son peuple. Là se passèrent des scènes étranges, sanglantes, terribles, qui laissèrent comme l'empreinte d'un fer chaud dans la chair mortifiée d'Israël. Sous les amplifications de la légende biblique on devine la réalité possible des faits.

L'élite des tribus est campée au plateau de Pharan, à l'entrée d'une gorge sauvage qui conduit aux rochers du Serbal. La tête menaçante du Sinaï domine ce terrain pierreux, volcanique, convulsé. Devant toute l'assemblée, Moïse annonce solennellement qu'il va se rendre à la montagne pour consulter Aelohim et qu'il en rapportera la loi écrite sur une table de pierre. Il commande au peuple de veiller et de jeûner, de l'attendre dans la chasteté et la prière. Il laissa l'arche portative, que recouvre la tente du tabernacle, sous la garde des soixante-dix Anciens. Puis il disparaît dans la gorge, n'emmenant avec lui que son fidèle disciple Josué.

Des jours se passent ; Moïse ne revient pas. Le peuple s'inquiète d'abord, puis il purmure : "Pourquoi nous avoir emmenés dans cet affreux désert et nous avoir exposés aux traits des Amalécites ? Moïse nous a promis de nous conduire aux pays de Canaan où coulent le lait et le miel, et voici que nous mourons au désert. Mieux valait la servitude en Egypte que cette vie misérable. Plût à Dieu que nous eussions encore les plats de viande que nous mangions là-bas : Si le Dieu de Moïse est le vrai Dieu, qu'il le prouve, que tous ses ennemis soient dispersés et que nous entrions sur-le-champ aux pays de promission." Ces  murmures grossissent ; on se mutine ; les chefs s'en mêlent.

Et voici venir un groupe de femmes qui chuchotent et murmurent entre elles. Ce sont des filles de , à la peau noire, corps souples, aux formes opulentes, concubines ou servantes de quelques chefs edomites associés à Israël. Elles se souviennent qu'elles ont été prêtresses d'Astaroth et qu'elles ont célébré les orgies de la déesse dans les bois sacrés du pays natal. Elles sentent que l'heure de reprendre leur empire est venue. Elles viennent parées d'or et d'étoffes voyantes, le sourire à la bouche, comme une troupe de beaux serpents qui sortent de terre et font chatoyer au soleil leurs formes onduleuses aux reflets métalliques. Elles se mêlent aux rebelles, les regardent de leurs yeux luisants, les enlacent de leurs bras où sonnent des anneaux de cuivre, et les enjôlent de leurs langues dorées : "Qu'est-ce après tout que ce prêtre d'Egypte et son Dieu ? Il sera mort au Sinaï. Les Refaïm l'auront jeté dans un gouffre. Ce n'est pas lui qui mènera les tribus en Canaan. Mais que les enfants d'Israël invoquent les dieux de Moab : Belphégor et Astaroth !  Ce sont des dieux qu'on peut voir, ceux-là, et qui font des miracles ! Ils les mèneront au pays de Canaan !" Les mutins écoutent les femmes moabites, ils s'excitent les uns les autres et ce cri part de la multitude : "Aaron, fais-nous des dieux qui marchent devant nous ; car pour ce qui est de Moïse qui nous a fait monter du pays d'Egypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé."

Aaron essaie en vain de calmer la foule. Les filles de Moab appellent des prêtres phéniciens venus avec une caravane. Ceux-ci apportent une statue en bois d'Astaroth et l'élèvent sur un autel de pierre. Les rebelles forcent Aaron sous menace de mort à fondre le veau d'or, une des formes de Belphégor. On sacrife des taureaux et des boucs aux dieux étangers, on se met à boire et à manger et les danses luxurieuses, guidées par les filles de Moab, commencent autour des idoles, au son des nébels, des kinnors et des tambourins agités par les femmes.

Les soixante-dix Anciens élus par Moïse pour la garde de l'arche ont vainemnet essayé d'arrêter ce désordre par leurs objurgations. Maintenant ils s'assoient par terre, la tête couverte d'un sac de cendre. Serrés autour du tabernacle de l'arche, ils entendent avec consternation les cris sauvages, les chants voluptueux, les invocations aux dieux maudits, démons de luxure et de cruauté. Ils voient avec horreur le peuple en rut de joie et de révolte contre son dieu. Que va devenir l'Arche, le Livre et Israël, si Moïse ne revient pas ?

Cependant Moïse revient. De son long recueillement, de sa solitude sur le mont d'Aelohim, il rapporte la Loi sur des tablettes de pierre(13). Entré dans le camp, il voit les danses, la bacchanale de son peuple devant les idoles d'Astaroth et de Belphégor. A l'aspect du prêtre d'Osiris, du prophète d'Aelohim, les danses s'arrêtent, les prêtres étangers s'enfuient, les rebelles hésitent. La colère bouillonne en Moïse comme un feu dévorant. Il brise les tables de pierre et l'on sent qu'il briserait ainsi tout ce peuple et que Dieu le possède.

Israël tremble, mais les rebelles ont des regards de haine dissimulés sous la peur. Un mot, un geste d'hésitation de la part du chef-prophète, et l'hydre de l'anarchie idolâtre va dresser contre lui ses mille têtes et balayer sous une grêle de pierres l'arche sainte, le prophète et son idée. Mais Moïse est là et derrière lui les puissances invisibles qui le protègent. Il comprend qu'il faut avant tout redresser l'âme des soixante-dix élus à sa propre hauteur et par eux tout le peuple. Il invoque Aelohim-Iévé, l'Esprit mâle, le Feu-principe, du fond de lui-même et du fond du ciel.

"A moi les soixante-dix ! s'écrie Moïse. Qu'ils prennent l'arche et montent avec moi à la montagne de Dieu. Quant à ce peuple, qu'il attende et qu'il tremble. Je vais lui rapporter le jugement d'Aelohim."

Les lévites enlèvent de dessous la tente l'arche d'or enveloppée de ses voiles, et le cortège des soixante-dix disparaît avec le prophète dans les défilés du Sinaï. On ne sait qui tremble le plus, ou les lévites de ce qu'ils vont voir, ou le peuple du châtiment que Moïse laisse suspendu sur sa tête comme une épée invisible.

Ah ! si l'on pouvait échapper aux mains terribles de ce prêtre d'Osiris, de ce prophète de malheur ! disent les rebelles. Et hâtivement la moitié du camp plie les tentes, selle des chameaux et se prépare à fuir. Mais voilà qu'un crépuscule étrange, un voile de poussière s'étend sur le ciel ; une bise aigre souffle de la mer Rouge, le désert prend une couleur fauve et blafarde, et derrière le Sinaï s'amoncellent de grosses nuées. Enfin le ciel devient noir. Des coups de vent amènent des flots de sable et des éclairs font crever en torrents de pluie les tourbillons de nuages qui enveloppent le Sinaï. Bientôt la foudre reluit et sa voix répercutée par toutes les gorges du massif éclate sur le camp en détonations successives avec un fracas épouvantable. Le peuple ne doute pas que ce soit la colère d'Aelohim évoqué par Moïse. Les filles de Moab ont disapru. On renverse les idoles, les chefs se prosternent, les enfants et les femmes se cachent sous le ventre des chameaux. Cela dure toute une nuit, tout un jour. La foudre est tombée sur les tentes, elle a tué des hommes et des bêtes et le tonnerre gronde toujours.

Vers le soir, la tempête s'apaise, les nuages fument toujours sur le Sinaï et le ciel reste noir. Mais voici qu'à l'entrée du camp reparaissent les soicante-dix, Moïse à leur tête. Et dans la vague lueur du crépuscule, le visage du prophète et celui de ses élus rayonnent d'une lueur surnaturelle, comme s'ils rapportaient sur leur face le reflet d'une vision éclatante et sublime. Sur l'arche d'or, ses les chérubs aux ailes de feu oscille une lueur électrique, comme une colonne phosphorescente. Deant ce spectacle extraordinaire, les Anciens et le peuple, hommes et femmes, se prosternent à distance.

"Que ceux qui sont pour l'Eternel viennent à moi", dit Moïse.

Les trois-quarts des chefs d'Israël se rangent autour de Moïse ; les rebelles restent cachés sous leurs tentes. Alors le prophète s'avance et ordonne à ses fidèles de passer au fil de l'épée les instigateurs de la révolte et les prêtresses d'Astaroth afin qu'Israël tremble à jamais devant Aelohim, qu'il se souvienne de la loi du Sinaï et de son premier commandement : "Je suis l'Eternel ton Dieu qui t'ai tiré du pays d'Egypte, de la maison de servitude. Tui n'auras point d'autre Dieu devant ma face. Tu ne te feras point d'images taillés ni aucune ressemblance de choses qui sont là-haut dans les cieux, ni dans les eaux, ni sous la terre."

C'est par ce mélange de terreur et de mystère que Moïse imposa sa loi et son culte à son peuple. Il fallait imprimer l'idée de Iévé en lettres de feu sur son âme, et sans ces mesures implacables, le monothéisme n'eût jamais triomphé du polythéisme envahissant dela Phénicie et de Babylone.

 

A suivre..

Notes

 

 

13 - Dans l'antiquité, les choses écrites sur la pierre passaient pour les plus sacrées. L'hiérophante d'Eleusis lisait aux initiés d'après des tablettes de pierre des choses qu'ils juraient de ne dire à personne et qui ne se trouvaient nulle part ailleurs.

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 00:21

La véritable Mission de Moïse, donner une base solide à la religion Universelle... et pour cela il a choisi les descendants d'Abraham....

LA VISION DU SINAÏ

par Edouard Schuré

Extrait du livre "Les grands Initiés", chapitre Moïse

Chapitre IV

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

 

 

 

 

 

 

Une sombre masse de granit, si nue, si ravinée sous la splendeur du soleil qu'on la dirait sillonnée d'éclairs et sculptée par la foudre. C'est le sommet du Sinaï, le trône d'Aelohim, disent les enfants du désert. En face, une montagne plus basse, les rochers du Serbal, abrupte et sauvage aussi. Dans ses flancs, des mines de cuivre, des cavernes. Entre les deux montagnes, une vallée noire, un chaos de pierres, que les Arabes appellent l'Horeb, l'Erèbe de la légende sémitique. Elle est lugubre, cette vallée de désolation quand la nuit y tombe avec l'ombre du Sinaï, plus lugubre encore quand la montagne se coiffe d'un casque de nuages, d'où s'échappent des lueurs sinistres. Alors un vent terrible souffle dans l'étroit couloir. On dit que là, Aelohim renverse ceux qui essaient de lutter avec lui et les lance dans les gouffres où s'effondrent les trombes de pluie. Là aussi, disent les Madianites, errent les ombres malfaisantes des géants, des Refaïm qui font crouler des rochers sur ceux qui tentent de gravir le lieu saint. La tradition populaire veut encore que le Dieu du Sinaï apparaisse quelquefois dans le feu fulgurant comme une tête de Méduse à pennes d'aigle. Malheur à ceux qui voient sa face. Le voir c'est mourir.

Voilà ce que racontaient les nomades, le soir, dans leurs récits sous la tente, quand dorment les chameaux et les femmes. La vérité est que seuls les plus hardis parmi les intités de Jétro montaient à la caverne du Serbal et y passaient souvent plusieurs jours dans le jeûne et la prière. Des sages de l'Idumée y avaient trouvé l'inspiration. C'était un lieu consacré depuis un temps immémorial aux visions surnaturelles, aux Ealohim ou esprits lumineux. Aucun prêtre, aucun chasseur n'eût consenti à conduire le pèlerin.

Moïse était monté sans crainte par le ravin d'Horeb. Il avait traversé d'un coeur intrépide la vallé de la mort et son chaos de rochers. Comme tout effort humain, l'initiation a ses phases d'humilité et d'orgueil. En gravissant les marches de la montagne sainte, Moïse avait atteint le sommet de l'orgueil, car il touchait au sommet de la puissance humaine. Déjà, il croyait se sentir un avec l'Etre suprême. Le soleil d'un pourpre ardent s'inclinait sur le massif volcanique du Sinaï et les ombres violettes de couchaient dans les vallées, quand Moïse se trouva à l'entrée d'une caverne dont une maigre végétation de térébinthes protégeait l'entrée. Il s'apprêtait à y pénétrer, quand il fut comme aveuglé par une lumière subite qui l'enveloppa. Il lui sembla que le sol brûlait sous lui et ques les montagnes de granit s'étaient changées en un mer de flammes. A l'entrée de la grotte, une apparition aveuglante de lumière le regardait et du glaive  lui barrrait la route. Moïse tomba foudroyé, la face contre terre. Tout son orgueil s'était brisé. Le regard de l'Ange l'avait transpercé de sa lumière. Et puis, avec ce sens profond des choses qui s'éveille dans l'état visionnaire, il avait compris que cet être allait lui imposer des choses terribles. Il eût voulu échapper à sa mission et rentrer sous terre comme un reptile misérable.

Mais une voix dit : "Moïse ! Moïse !" Et il répondit : "Me voici !

-Ne t'approche point d'ici. Déchausse les souliers de tes pieds. Car le lieu où tu te tiens est une terre sainte."

Moïse cacha son visage dans ses mains. Il avait peur de revoir l'Ange et de rencontrer son regard.

Et l'Ange lui dit : "Toi qui cherches Aelohim, pourquoi trembles-tu devant moi ?

-Qui es-tu ?

-Un rayon d'Aelohim, un ange solaire, un messager de Celui qui est et qui sera.

-Qu'ordonnes-tu ?

-Tu diras aux enfants d'Israël : L'Eternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu de Jacob m'a envoyé vers vous, pour vous retirer du pays de servitude.

-Qui suis-je, dit Moïse, que je retire les enfants d'Israël de l'Egypte ?

-Va, dit l'Ange, car je serai avec toi. Je mettrai le feu d'Aelohim dans ton coeur et son verbe sur tes lèvres. Depuis quarante ans tu l'évoques. Ta voix à retenti jusqu'à lui. Voici, je te saisis en son nom. Fils d'Aelohim, tu m'appartiens à jamais."

Et Moïse enhardi s'écria :"Montre-moi Aelohim ! Que je voie son feu vivant !"

Il releva la tête. Mais la mer de flammes s'était évanouie et l'Ange avait fui comme l'éclair. Le soleil était descendu sur les volcans éteints du Sinaï ; un silence de mort planait sur le val d'Horeb ; et une voix qui semblait rouler dans l'azur et se perdre dans l'infini disait : "Je suis Celui qui suis."

Moïse sortit de cette vision comme anéanti. Il crut un instant que son corps avait été consumé par le feu de l'Ether. Mais son esprit était plus fort. Quand il redescendit vers le temple de Jétro il se trouva prêt pour son oeuvre. Son idée vivante marchait devant lui comme l'Ange armé du glaive de feu.

Chapitre V

L'EXODE - LE DESERT - MAGIE ET THEURGIE

Le plan de Moïse était un des plus extraordinaires, des plus  audacieux qu'homme ait jamais conçus. Arracher un peuple au joug d'une nation aussi puissante que l'Egyte, le mener à la conquête d'un pays occupé par des populations ennemies et mieux armées, le traîner pendant dix, vingt ou quarante ans dans le désert, le brûler par la soif, l'exténuer par la faim ; le harceler comme un cheval de sang sous les flèches des Hittites et des Amalécites prêts à le tailler en pièces ; l'isoler avec son tabernacle de l'Eternel au milieu de ces nations idolâtres, lui imposer le monothéisme avec une verge de feu et lui inspirer une telle crainte, une telle vénération de ce Dieu unique qu'il s'incarnât dans sa chair, qu'il devînt son symbole national, le but de toutes ses aspirations et sa raison d'être. Telle fut l'oeuvre inouïe de Moïse.

L'exode fut concerté et préparé de longue main par le prophète, les principaux chefs israélites et Jétro. Pour mettre son plan à exécution, Moïse profita d'un moment où Ménephtah, son ancien compagnon d'études devenu pharaon, dut repousser l'invasion redoutable du roi des Lybiens Mermaïoui. L'armée égyptienne tout entière occupée du côté de l'Ouest ne put contenir les Hébreux et l'émigration en masse s'opéra paisiblement.

Voilà donc les Béni-Israël en marche. Cette longue file de caravanes, portant les tentes à dos de chameaux, suivie de grands troupeaux, s'apprête à contourner la mer Rouge. Ils ne sont encore que quelques milliers d'hommes. Plus tard l'émigration se grossira "de toutes sortes de gens" comme dit la Bible, Cananéens, Edomites, Arabes, Sémites de tout genre, attirés et fascinés par le prophète du désert, qui de tous les coins de l'horizon les évoque pour les pétrir à sa guise. Le noyau de ce peuple est formé par les Béni-Israël, hommes droits, mais durs, obstinés et rebelles. Leurs hags ou leurs chefs leur ont enseigné le culte du Dieu unique. Ils constituent chez eux une haute tradition patriarcale. Mais dans ces natures primitives et violentes le monothéisme n'est encore qu'une conscience meilleure et intermittente. Dès que leurs mauvaises passions se réveillent, l'instinct du polythéisme, si naturel à l'homme, reprend le dessus. Alors ils retombent dans les superstitions populaires, dans la sorcellerie et dans les pratiques idolâtres des populations voisines d'Egypte et de Phénicie, que Moïse va combattre par des lois draconiennes.

Autour du prophète qui commande à ce peuple, il y a un groupe de prêtres présidés par Aaron, son frère d'initiation, et par la prophétesse Marie qui représente déjà dans Israël l'initiation féminine. Ce groupe constitue le sacerdoce. Avec eux soixante-dix chefs élus ou initiés laïques se serrent autour du prophète de Iévé, qui leur confiera sa doctrine secrète et sa tradition orale, qui leur transmettra une partie de ses pouvoirs et les associera quelquefois à ses inspirations et à ses visions.

Au coeur de ce groupe on porte l'arche d'or. Moïse en a emprunté l'idée aux temples égyptiens où elle servait d'arcane pour les livres théurgiques ; mais il l'a fait refondre sur un modèle nouveau pour ses desseins personnels. L'arche d'Israël est flanquée de quatre chérubs en or semblables à des sphinx, et pareils aux quatre animaux symboliques de la  vision d'Ezechiel. L'un a une tête de lion, l'autre une tête de boeuf, le troisième une tête d'aigle et le dernier une tête d'homme. Ils personnifient les quatre éléments universels : la terre, l'eau, l'air et le feu ; ainsi que les quatre mondes représentés par les lettres du tétragramme divin. De leurs ailes les chérubs recouvrent le propitiatoire.

Cette arche sera l'instrument des phénomènes électriques et lumineux produits par la magie du prêtre d'Osiris, phénomènes qui, grossis par la légende, enfanteront les récits bibliques. L'arche d'or renferme en outre le Sépher Béréhit ou livre de Cosmogonie rédigé par Moïse en hiéroglyphes égyptiens, et la baguette magique du prophète, appelée verge par la Bible. Elle contiendra aussi le livre de l'Alliance ou la loi du Sinaï. Moïse appellera l'arche le trône d'Aelohim ; car en elle repose la tradition sacrée, la mission d'Israël, l'idée de Iévé.

Quelle constitution politique Moïse donna-t-il à son peuple ? A cet égard il faut citer l'un des passages les plus curieux de l'exode. Ce passage a l'air d'autant plus ancien et plus authentique qu'il nous montre le côté faible de Moïse, sa tendance à l'orgueil sacerdotal et à la tyrannie théocratique, réprimée par son initiateur éthiopien.

Le lendemain, comme Moïse siégeait pour juger le peuple, et que le peuple se tenait devant Moïse depuis le matin jusqu'au soir,
Le beau-père de Moïse ayant vu
tout ce qu'il faisait au peuple, lui dit : Qu'est-ce que tu fais au peuple ? D'où vient que tu es seul assis et que le peuple se tient devant toi depuis le matin jusqu'au soir ?
Et Moïse répondit à son beau-père : C'est que le peuple vient à moi pour s'enquérir de Dieu.
Quand ils ont quelque cause, ils viennent à moi ; alors je juge entre l'un et l'autre et je leur fais entendre les ordonnance de Dieu et ses lois.
Mais le beau-père de Moïse lui dit :
Tu ne fais pas bien.
Certainement tu succomberas, et toi, et même
ce peuple qui est avec toi ; car cela est trop pesant pour toi, et tu ne sauras faire cela à toi seul.
Ecoute-donc mon conseil ; je te conseillerai, et Dieu sera avec toi. Sois pour le peuple auprès de Dieu, et rapporte les causes à Dieu ;
Instruis-les des ordonnances et des lois, et
fais-leur entendre la voix par laquelle ils doivent marcher, et ce qu'il auront à faire.
Et choisis d'entre tout le peuple
des hommes vertueux, craignant Dieu, des hommes véritables haïssant le gain déshonnête, et établis sur eux des chefs de milliers, des chefs de centaines, des chefs de cinquantaines, et des chefs de dizaines ;
Et
qu'ils jugent le peuple en tout temps ; mais qu'ils te rapportent toutes les grandes affaires, et qu'ils jugent toutes les petites causes. Ainsi ils te soulageront et ils porteront une partie de la charge avec toi.
Si tu fais cela, et Dieu te le commande,
tu pourras subsister, et même tout le peuple arrivera heureusement en son lieu.
Moïse donc obéit à la parole de son beau-père, et fit tout ce qu'il avait dit -Exode, XVIII, 13-24(12)

Il ressort de ce passage que dans la constitution d'Israël établie par Moïse, le pouvoir exécutif était considéré comme une émanation du pouvoir judiciare et placé sous le contrôle de l'autorité sacerdotale. Tel fut le gouvernement légué par Moïse à ses successeurs, sur le sage conseil de Jétro. Il resta le même sous les juges, de Josué à Samuël jusqu'à l'usurpation de Saül. Sous les rois, le sacerdoce déprimé commença à perdre la véritable tradition de Moïse, qui ne survécut que dans les prophètes.

Nous l'avons dit, Moïse ne fut pas un patriote, mais un dompteur de peuple ayant en vue les destinées de l'humanité entière. Israël n'était pour lui qu'un moyen, la religion universelle était son but, et par-dessus la tête des nomades sa pensée allait aux temps futurs. Depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la mort de Moïse, l'histoire d'Israël ne fut qu'un long duel entre le prophète et son peuple.

La suite - L'Exode - Le désert - Théurgie et Magie (suite)

Notes

9 - Souffle... Aelohim... Lumière. Ces trois noms sont le résumé hiéroglyphique du second et du troisième verset de la Genèse? Voici en lettres françaises le texte hébreu du 3e verset : Wa, -iaômer Aelohim iêhi-aoûr, wa iêhi aoûr. Voici la traduction littérale qu'en donne Fabre d'Olivet. "Et il dit Lui l'Être des êtres : sera fait lumière ; et fut faite lumière (élémentisation intelligible)." On remarquera que le mot aour qui signifie lumière, est le mot roua renversé. Le souffle divin en revenant sur lui-même créé la lumière intelligible.

10 - Genèse, II, 23. Aïsha, l'Âme, assimilée ici à la Femme, est l'épouse d'Aïsch, l'Intellect, assimilé à l'Homme. Elle est prise de lui, elle constitue sa moitié inséparable ; sa faculté volitive. - Le même rapport existe entre Dionysos et Perséphone dans les Mystères orphiques.

11 - Dans la version samaritaine de la Bible, au nom d'Adam est jointe l'épithète d'universel, d'infini. C'est donc bien du genre humain qui'l s'agit, du règne hominal dans tous les cieux.

12 - L'importance de ce passage au point de vue de la constitution sociale d'Israël a été justement relevée par M. Saint-Yves dans don beau livre : La Mission des Juifs.

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 17:54

 Comme on peut le lire tout en bas de la page ICI, "Il est impossible d'accorder la science qu'on donne à Moïse avec sa Genèse, qui défigure toute idée astronomique..." ou "Ce n'est pas dans l'Astronomie égyptienne que Moïse a puisé ces rêves ridicules..." Il était Initié, il connaissait la Tradition Universelle mais qu'en est-il resté après sa disparition et qu'en reste-t-il aujourd'hui ? On se le demande. On découvre dans la suite des Grands Initiés, la Véritable signification de IEVE, d'Adam et Eve, de la Chute...  et de Roua Eelohim aour... en remarquant qu'aour est l'inverse de roua... ce qui nous incite aussi à penser que l'Enseignement de Moïse a également été inversé et que "aour" -la lumière- est devenu l'Ombre... pour perdre le Peuple de l'Elu... et non le peuple élu.

 

Le Sépher Béréshit 2 et fin

par Edouard Schuré

Extrait du livre "Les grands Initiés", chapitre Moïse

Chapitre III

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Pour la science moderne, la cosmogonie se réduit à une cosmographie. On y trouvera la description d'une portion de l'univers visible avec une étude sur l'enchaînement des causes et des effets physiques dans une sphère donnée. Ce sera par exemple le système du monde de Laplace, où la formation de notre système solaire est devinée par son fonctionnement actuel et déduite de la seule matière en mouvement, ce qui est une pure hypothèse. Ce sera encore l'histoire de la terre, dont les couches superposées du sol sont les témoins irréfutables. La science antique n'ignorait pas ce développement de l'univers visible, et si elle avait sur lui des notions moins précises que la science moderne, elle en avait formulé intuitivement les loi générales.

Mais ce n'était là pour les sages de l'Inde et de l'Egypte que l'aspect extérieur du monde, son mouvement réflexe. Ils en cherchaient l'explication dans son aspect intérieur, dans son mouvement diret et originaire. Ils le trouvaient dans un autre ordre de lois qui se révèle à notre intelligence. Pour la science antique, l'univers sans bornes n'était pas une matière morte régie par des lois mécaniques, mais un tout vivant doué d'une intelligence, d'une âme et d'une volonté. Ce grand animal sacré avait des organes sans nombre correspondant à ses facultés infinies. Comme dans le corps humain les mouvements résultent de l'âme qui pense, de la volonté qui agit - ainsi, aux yeux de la science antique, l'ordre visible de l'univers n'était que la répercussion d'un ordre invisible, c'est-à-dire des forces cosmogoniques et des monades spirituelles, règnes, genres, espèces qui, par leur perpétuelle involution dans la matière, produisent l'évolution de la vie. Au lieu que la science moderne ne considère que le dehors, l'écorce de l'univers, la science des temples antiques avait pour but d'en révéler le dedans, d'en découvrir les rouages cachés. Elle ne tirait pas l'intelligence de la matière, mais la matière de l'intelligence. Elle ne faisait pas naître l'univers de la danse aveugle des atomes, mais elle générait les atomes par les vibrations de l'âme universelle. En un mot, elle procédait en cercles concentriques de l'universel au particulier, de l'Invisible au Visible, de l'Esprit pur à la Substance organisée, de Dieu à l'homme. Cet ordre ascendant des Forces et des Âmes inversement proportionnel à l'ordre ascendant de la Vie et des Corps était l'ontologie ou la science des principes intelligibles et faisait le fondement de la cosmogonie.

Toutes les grandes initiations de l'Inde, de l'Egypte, de la Judée et de la Grèce, celles de Krishna, d'Hermès, de Moïse et d'Orphée ont connu sous des formes diverses cet ordre des principes, des puissances, des âmes, des générations qui descendent de la cause première, du Père ineffable.

L'ordre descendant des incarnations est simultané de l'ordre ascendant des vies et seul il le fait comprendre. L'involution produit l'évolution et l'explique.

En  Grèce, les temples mâles et doriens, ceux de Jupiter et d'Apollon, surtout celui de Delphes furent les seuls qui possédèrent à fond l'ordre descendant. Les temples ioniens ou féminins ne le connurent qu'imparfaitement. Toute la civilisation grecque étant ionienne, la science et l'ordre dorien s'y voilèrent de plus en plus. Mais il n'en est pas mons incontestable que ses grands initiateurs, ses héros et ses philosophes, d'Orphée à Pythagore, de Pythagore à Platon et de celui-ci aux Alexandrins relèvent de cet ordre. Tous ils reconnurent Hermès pour Maître.

Revenons à la Genèse. Dans la pensée de Moïse, cet autre fils d'Hermès, les dix premiers chapitres de la  Genèse constituaient une véritable ontologie selon l'ordre et la filiation des principes. Tout ce qui commence doit finir. La Genèse raconte à la fois l'évolution dans le temps et la création dans l'éternité, la seule digne de Dieu.

Je me réserve de donner dans le livre de Pythagore un tableau vivant de la théogonie et de la cosmogonie ésotérique, dans un cadre moins abstrait que celui de Moïse et plus voisin de l'esprit moderne. Malgré la forme polythéiste, malgré l'extrême diversité des symboles, le sens de cette cosmogonie pythagoricienne selon l'initiation orphique et les sanctuaires d'Apollon sera identique pour le fond à celle du prophète d'Israël. Chez Pythagore, elle sera comme éclairée par son complément naturel : la doctrine de l'âme et son évolution. On l'enseignait dans les sanctuaires grecs sous les symboles du mythe de Perséphone. On l'appelait aussi : l'histoire terrestre et céleste de Psyché. Cette histoire qui correspond à ce que le christianisme appelle la rédemption manque complètement dans l'Ancien Testament. Non que Moïse et les prophètes l'ignorassent, mais la jugeaient trop haute pour l'enseignement populaire et la réservaient à la tradition orale des initiés. La divine Psyché ne restera si longtemps cachée sous les symboles hermétiques d'Israël que pour se personnifier dans l'apparition éthérée et lumineuse du Christ.

Quant à la cosmogonie de Moïse, elle a l'âpre concision du génie sémitique et la précision mathématique du génie égyptien. Le style du récit rappelle les figures qui revêtent l'intérieur des tombeaux des rois ; droites, sèches et sévères, elles renferment dans leur nudité dure un mystère impénétrable. L'ensemble fait penser à une construction cyclopéenne ; mais çà et là, comme un jet de lave entre les blocs géants, la pensée de Moïse jaillit avec l'impétuosité du feu initial entre les versets tremblants des traducteurs. Dans les premiers chapitres d'une incomparable grandeur on sent passer le souffle d'Aelohim qui tourne une à une les lourdes pages de l'univers.

Avant de les quitter, jetons encore un coup d'oeil sur quelques-unes de ces puissants hiéroglyphes composés par le prophète du Sinaï. Comme la porte d'un temple souterrain , chacun d'eux s'ouvre sur une galerie de vérités occultes qui éclairent de leurs lampes immobiles la série des mondes et des temps. Essayons d'y pénétrer avec les clefs de l'initiation. Tâchons de voir ces symboles étranges, ces formules magiques dans leur puissance évocatrice, telles que les vit l'Initié d'Osiris, alors qu'elles sortirent en lettres de feu de la fournaise de sa pensée.

Dans une crypte du temple de Jétro, Moïse assis sur un sarcophage médite seul. Murs et pilastres sont couverts d'hiéroglyphes et de peintures qui représentent les noms et les figures des Dieux de tous les peuples de la terre. Ces symboles résument l'histoire des cycles évanouis et prédisent les cycles futurs. Une lampe de naphte posée à terre éclaire faiblement ces signes dont chacun lui parle sa langue. Mais déjà il ne voit plus rien du monde extérieur ; il cherche en lui-même le Verbe de son livre, la figure de son oeuvre, la Parole qui sera l'Action ; la lampe s'est éteinte ; mais devant son oeil intérieur, dans la nuit de la crypte, flamboie ce nom :

IEVE

 

La première lettre I a la couleur blanche de la lumière, -les trois autres brillent comme un feu changeant où roulent toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Et quelle vie étrange dans ces caractères !  Dans la lettre initiale, Moïse perçoit le Principe masculin. Osiris, l'Esprit créateur par excellence, - dans Evé la faculté conceptive, l'Isis céleste qui en fait partie. Ainsi les facultés divines, qui renferment en puissance tous les mondes, se déploient et s'ordonnent dans le sein de Dieu. Par leur union pafaite le Père et la Mère ineffables forment le Fils, le Verbe vivant qui créé l'univers.Voilà le mystère des mystères, fermé pour les sens, mais qui parle par le signe de l'Eternel comme l'Esprit parle à l'Esprit. Et le tétragramme sacré brille d'une lumière toujours plus intense. Moïse en voit jaillir par grandes effulgurations les trois mondes, tous les règnes de la nature et l'ordre sublime des sciences. Alors son oeil ardent se concentre sur le signe masculin de l'esprit créateur. C'est lui qu'il invoque pour descendre l'ordre des créations et puiser dans la volonté souveraine la force d'accomplir sa création à lui, après avoir contemplé l'oeuvre de l'Eternel.

Et voici que dans les ténèbres de la crypte reluit l'autre nom divin :

ELOHIM

Il signifie pour l'initié : Lui, - les Dieux, le Dieu des dieux(7). Ce n'est plus l'Etre replié en lui-même et dans l'Absolu, mais le Seigneur des mondes dont la pensée s'épanouit en millions d'étoiles, sphères mobliles de flottants univers. "En principe Dieu créa les cieux et la terre." Mais ces cieux ne furent d'abord que la pensée du temps et de l'espace sans bornes, habités par le vide et le silence. "Et le souffle de dieu se mouvait sur la face de l'abîme(8)." Qu'est-ce qui va sortir d'abord de son sein ? un soleil ? une terre ? une nébuleuse ? Une substance quelconque de ce monde visible ? Non. Ce qui naquit d'abord de lui ce fut Aour, la lumière. Mais cette lumière n'est pas la lumière physique, c'est la lumière intelligible, née du tressaillement de l'Isis céleste dans le sein de l'Infini ; âme universelle, lumière astrale, substance qui fait les âmes et où elles viennent éclore comme dans un fluide éthéré ; élément subtil par qui la pensée se transmet à d'infinies distances, lumière divine, antérieure et postérieure à celle de tous les soleils. D'abord elle s'épand dans l'Infini, c'est le puissant respir de Dieu ; puis elle revient sur elle-même d'un mouvement d'amour, profont aspir de l'Eternel. Dans les ondes du divin éther, palpitent comme sous un voile translucide les formes astrales des mondes et des êtres. Et tout cela se résume pour le Mage-Voyant dans les paroles qu'il prononce et qui reluisent dans les ténèbres en caractères étincelants.

ROUA AELOHIM AOUR (9)

"Que la lumière soit et la lumière fut." Le souffle d'Aelohim est la Lumière !

Du sein de cette lumière primitive, immatérielle, jaillissent les six premiers jours de la Création, c'est-à-dire les semences, les principes, les formes, les âmes de vie de toute chose. C'est l'Univers en puissance, avant la lettre et selon l'Esprit. Et quel est le dernier mot de la Création, la formule qui résume l'Être en acte, le Verbe vivant en qui apparaît la pensée première et dernière de l'Être absolu ? C'est :

ADAM EVE

L'Homme-Femme. Ce symbole ne représente nullement, comme on l'enseigne dans nos églises et comme le croient nos exégètes, le premier couple humain de notre terre, mais Dieu en acte dans l'univers et le genre humain typifié ; l'Humanité universelle à travers tous les cieux. "Dieu créa l'homme à son image ; il le créa mâle et femelle." Ce couple divin est le verbe universel pour lequel Iévé manifeste sa propre nature à travers les mondes. La sphère qu'il habite primitivement et que Moïse embrasse de sa pensée puissante n'est pas le jardin de l'Eden, le légendaire paradis terrestre, mais la sphère temporelle sans bornes de Zoraosatre, la terre supérieure de Platon, le royaume céleste universel, Héden, Hadama, substance de toutes les terres. Mais quelle sera l'évolution de l'Humanité dans le temps et dans l'espace ? Moïse la contemple sous une forme concentrée dans l'histoire de la chute. Dans la Genèse, Psyché, l'Âme humaine, s'appelle Aïsha, autre nom d'Eve -Genèse, II, 23(10). Sa patrie est Shamaïm, le ciel. Elle y vit heureuse dans l'éther divin, mais sans connaissance d'elle-même. Elle jouit du ciel sans le comprendre. Car pour le comprendre, il faut l'avoir oublié et puis s'en ressouvenir ; pour l'aimer, il faut l'avoir perdu et le reconquérir. Elle ne saura que par la souffrance, elle ne comprendra que par la chute. Et quelle chute autrement profonde et tragique que celle de la Bible enfantine que nous lisons ! Attirée vers le gouffre ténébreux par le désir de la connaissance, Aïsha -l'Âme- se laisse tomber... Elle cesse d'être l'âme pure n'ayant qu'un corps sidéral et vivant du divin éther. Elle se revêt d'un corps matériel et entre dans le cercle des générations. Et ses incarnations ne sont pas une, mais cent, mais mille, en des corps de plus en plus grossiers selon les astres qu'elle habite. Elle descend de monde en monde... elle descend et elle oublie... Un voile noir couvre son oeil intérieur : noyée la conscience divine, obscurci le souvenir du ciel, dans l'épais tissu de la matière. Pâle comme une espérance perdue, un faible ressouvenir de son ancien  bonheur luit en elle ! De cette étincelle elle devra renaître et se régnénérer elle-même !

Oui, Aïsha vit encore dans ce couple, nu qui gît sans défense sur une terre sauvage, sous un ciel ennemi où gronde la foudre. Le paradis perdu ? - C'est l'immensité du ciel voilé, derrière et devant elle !

Moïse contemple ainsi les générations d'Adam dans l'univers (11). Il considère ensuite les destinées de l'homme sur la terre. Il voit les cycles passés et le présent. Dans l'Aïsha terrestre, dans l'âme de l'humanité, la conscience de Dieu avait relui jadis avec le feu d'Agni, au pays de Koush, sur les versants de l'Himalaya.

Mais la voilà prête à s'éteindre dans l'idôlatrie, sous d'infernales passions, sous la tyrannie assyrienne, parmi les peuples dissociés et les dieux qui s'entre-dévorent. Moïse se jure à lui-même de la réveiller en établissant le culte d'Aelohim.

L'humanité collective comme l'homme individuel devraient être à l'image de Iévé. Mais où trouver le peuple qui l'incarnera et qui sera le Verbe vivant de l'humanité ?

Alors Moïse, ayant conçu son Livre et son Oeuvre, ayant sondé les ténèbres de l'âme humaine, déclare la guerre à l'Eve terrestre, à la nature faible et corrompue. Pour la combattre et la redresser, il invoque l'Esprit, le Feu originaire et tout-puissant, Iévé, à la source duqueil il vient de remonter. Il sent que ses effluves l'embrasent et le trempent comme l'acier. Son nom est Volonté.

Et dans le silence noir de la crypte, Moïse entend une voix. Elle sort des profondeurs de sa conscience, elle vibre comme une lumière et dit : "Va à la montagne de Dieu, vers Horeb."

La suite... La vision du Sinaï

6 - Voici comment Fabre d'Olivet explique le nom d'IEVE : "Ce nom offre d'abord le signe indicateur de la vie, doublé et formant la racine essentiellement vivante EE. Cette racine n'est jamais employée comme nom et c'est la seule qui jouisse de cette prérogative. Elle est, dès sa formation, non seulement un verbe, mais un verbe unique dont les autres ne sont que des dérivés ; en un  mot, le verbe (EVE) être étant. Ici, comme on le voit et comme j'ai eu soin de l'expliquer dans ma grammaire, le signe intelligible Vau est au milieu de la racine de vie. Moïse, prenant ce verbe par excellence pour en former le nom propre de l'Être des êtres, y ajoute le signe de la manifestation potentielle et de l'Eternité(I), il obtient IEVE dans lequel le facultatif étant se trouve placé entre un passé sans origine et un futur sans terme. Ce nom admirable signifie donc exactement : l'Être qui est, qui fut et qui sera.

7 - Aelohim est le pluriel d'Aelo, nom donné à l'être suprême par les Hébreux et les Chaldéens et dérivant lui-même de la racine AEl qui peint l'élévation, la force et la puissance expansive et qui signifie dans un sens universel Dieu. - Hod, c'est-à-dire Lui, est en hébreu, en chaldaïque, en syriaque, en éthiopien, en arabe, un des noms sacrés de la divinité. - Fabre d'Olivet, la Langue Hébraïque restituée.

8 - "Rouah Aelohim, le souffle de Dieu, indique figurativement un mouvement vers l'expansion, la dilatation. C'est, dans un sens hiéroglyphique, la force opposée à celle des ténèbres. Que si le mot obscurité caractérise une puissance compressive, le mot rouach caractérisera une puissance expansive

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 14:24

 

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

17ème partie

16ème partie

15ème partie

14ème partie

13ème partie

12ème partie

11ème partie

10ème partie

  1ère partie

CHAPITRE XI


Jésus a enseigné la Résurrection. — Jean enseignait la Pénitence, la Purification ou le Baptême. — Histoire de différentes Colombes. — Elisée a pratiqué la Purification par les Eaux du Jourdain. — Doctrine de Jean tolérée par les Pharisiens. — Manière dont s'administre le Baptême en Egypte et en Grèce. — Consécration de l'Eau. — Attributs donnés à différentes Eaux de rivières dans l'Antiquité. — Analogie du Baptême avec une cérémonie maçonnique.


L'APOCALYPSE parle de deux Résurrections. D'après tous les Evangélistes, Jésus enseigna la Résurrection : cette doctrine ne fut suivie ni par les Pharisiens, ni par les Saducéens, qui, du temps même de Jésus, la regardaient comme fabuleuse.

Jean le baptiseur enseignait la Pénitence, et pour purifier les croyans il les faisait plonger et baptiser dans le Jourdain. Les Juifs étaient obligés de se laver souvent pour satisfaire à leurs cérémonies. Jésus, pour donner une preuve qu'il admettait ces purifications, se fit baptiser par Jean. Après cette soumission de Jésus aux pratiques de Jean , on lit dans les Evangélistes que ses Disciples baptisaient du côté opposé au Jourdain ; tous ces différens baptiseurs
ne s'inquiétaient nullement de quelle croyance étaient leurs nouveaux prosélytes (88).

Observons que Jésus n'a jamais baptisé personne ; St Jean l'Evangéliste le dit positivement, Ev., ch. IV, v. 2. Les Actes des Apôtres et les trois autres Evangélistes
gardent le silence sur ce fait. Il est clair que si ces Evangélistes en eussent eu connaissance, ils ne l'auraient pas passé sous silence.

A cette époque, il s'était introduit quantité de missionnaires baptiseurs en Judée, en Syrie et en Arabie, les uns acquéraient quelque réputation , tandis que les autres n'obtenaient guère de crédit ; par exemple, Méandre, le principal Disciple de Simon le Magicien, se disait envoyé par la Vertu inconnue pour le salut des hommes, et enseignait que tous pouvaient être sauvés s'ils se faisaient baptiser par lui et en son nom ; que son baptême était la vraie Résurrection, et que ceux qui le recevaient seraient immortels ; malgré ces belles promesses, ce baptiseur n'eut pas beaucoup de Disciples.

Les bassins à l'entrée des Temples, les aspersions, les eaux lustrales, le baptême, ont existé chez les Grecs, chez les Egyptiens et les Romains. Le baptême avait pour objet la propreté et la santé.

L'eau sert partout à laver et à nettoyer : l'on sait que la peau des enfans est longtemps imprégnée du sédiment des eaux de la matrice, pia mater ; par cette raison et autres, les enfans, dans leur premier âge, sont sujets à des éruptions cutanées
. Les prêtres, les mages, les devins anciens, qui profitèrent toujours de l'ignorance du peuple, purent, en saisissant des circonstances favorables, mettre du mystère à une lotion naturelle et nécessaire.

Les immersions dans l'eau et les bains servent, dans les pays chauds, à entretenir la transpiration si nécessaire à la santé de l'homme. On se demande de nos jours, en Egypte et en Orient : avez-vous bien sué ? au lieu de se servir de
la formule bannale usitée en Europe : comment vous portez-vous ? Moïse et Mahomet firent de l'immersion dans l'eau un des articles essentiels de leur loi : ils en firent un rite, persuadés que les ablutions étaient le seul moyen de maintenir la santé dans un pays chaud.

Ceux qui ont retrouvé toutes les pratiques chrétiennes dans la Bible , prétendent que le baptême a été prophétisé par le Tibulle israélite, Ezéchiel, qui dit au ch. XXXVI, § 26 : « Et je répandrai sur vous des eaux nettes, et vous serez nettoyés ; je vous nettoyerai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. » Des Chrétiens ont trouvé que
le baptême était une institution bien antérieure à la prophétie d'Ezéchiel ; car, St Paul dit que les Juifs furent baptisés sous Moïse en traversant la mer Rouge ; Jean, en imitation de ce baptême maritime, baptisait le long du Jourdain, et transmit cette cérémonie aux Chrétiens hébraïsans. Un de leurs livres les plus respectés, dit que celui qui a été baptisé sans être circoncis, n'est pas moins fidèle que celui qui a été seulement circoncis : ce qui est répété par les Juifs talmudistes. (Voyez le Talmud, au Traité Jebahmmoth , distinction Hacholetz. ) Homère nous indique que cet usage de la purification par l'eau était établi de son temps. Les Grecs, après un homicide involontaire, s'expatriaient pour se faire expier chez ceux qui voulaient leur rendre ce service.

Apulée fut purifié par les eaux lustrales avant d'être initié. Lucien fut conduit au Tigre par le prêtre chaldéen, avant de descendre aux enfers. Néanmoins des hommes célèbres de l'antiquité
se moquèrent justement de ceux qui pensaient se purifier des souillures de l'âme en se plongeant dans l'eau ; nous nous bornons à indiquer Stace et Julien. La purification par l'eau aux initiations payennes était commune pour tous ; c'est ce qui explique pourquoi St Cyrille ne voulait pas qu'on parlât de la purification chrétienne par l'eau, ou du sacrement de baptême en présence des payens, car ils le tournaient en dérision.

Pierre Martyr, membre du conseil des Indes sous Charles V, ensuite sous Philippe II, homme de la plus haute considération, assure qu'au Yucatan, lors de la découverte de l'Amérique espagnole , on apportait l'enfant au Temple payen, où le prêtre lui versait sur la tête de l'eau destinée à cet usage, et c'était dans cette circonstance qu'on donnait un nom à l'enfant, et qu'
aux Canaries les femmes remplaçaient les prêtres dans la même fonction.

Chez les premiers Chrétiens, le baptême était
le gage, le sceau à l'aide duquel on était admis à la fraternelle association. Les initiés qui possédaient des terres et des maisons les vendaient, et en apportaient fidèlement tout le prix aux pieds des Apôtres.

Les prêtres de Rome ont raison de vanter cet âge d'or et cette cérémonie. Dans nos tableaux, sculptures et gravures, on représente Jésus tenant ses mains croisées sur la poitrine (comme dans le signe du bon pasteur chez les Rose-Croix), et saint Jean versant de l'eau sur sa tête ; on place au-dessus une Colombe ; la scène est au milieu du Jourdain. Cette Colombe, rayonnante de lumière, représente le Saint-Esprit (89). Les critiques observent que bien des Colombes jouérent un grand rôle dans les chroniques théosophiques.

Une Colombe sort de l'Arche de Noé, et lui apporte
une petite branche de l'arbre consacré à Minerve. Sémiramis (mot qui signifie Colombe) est nourrie par des Colombes, et, en reconnaissance, lorsqu'elle monta sur le trône, elle plaça cet oiseau sur ses étendards. Après sa mort, les Assyriens l'adorèrent sous le symbole d'une Colombe (90), comme le rapporte Diodore de Sicile, liv. II,pag. 65-92.

C'était une Colombe qui donnait les oracles célèbres de Dodone ; cette
Colombe avait des autels, des sacrifices, des grands-prêtres, des grandes-prêtresses ; ses pompes étaient majestueuses, son culte imposant. Le symbole de la paix, de l'amitié, de l'amour le plus pur, a été vénéré et divinisé avant que les Juifs-Chrétiens en fissent la troisième personne de la Trinité.

Les
prêtres d'Ammon sont avertis par des Colombes de l'arrivée d'Alexandre, qu'ils saluent fils de Jupiter ; ayant su par ce moyen l'objet du voyage d'Alexandre, ils purent en imposer aux crédules.

Une Colombe, symbole du Saint-Esprit, troisième personne de la Trinité, est présente à l'annonciation de la Vierge. Une Colombe assiste à la miraculeuse conception de Marie.

Une Colombe personnifiant la troisième personne de la Trinité, paraît au milieu de la première assemblée chrétienne, qui reçoit le Saint-Esprit.

Une Colombe, en 4g6, apporta du paradis à saint Remy, évêque de Reims, l'huile sainte destinée à sacrer Clovis, Roi de France, que quelques auteurs cependant prétendent être
mort payen. C'est avec les restes de cette huile qu'on a sacré depuis les Rois de France (91).

Une quantité de Colombes apparaissent encore, et sont rappelées dans les légendes des saints (92).

Une Colombe allait instruire Mahomet des volontés divines.

Des Colombes entretenaient la correspondance des califes de Bagdad avec ceux du Grand-Caire, quoiqu'éloignés de 3oo lieues.

Dans la vie de
notre Divin Maître Jésus, on remarque que (93) la cérémonie du baptême, introduite par Jean , a délivré Jésus des importunités des prêtres et des Pharisiens. Un jour, Jésus interrogé par quelques-uns d'eux, qui lui demandaient de quelle autorité il prêchait et enseignait le peuple, pénétra aisément le fond de cette demande, qui tendait à le convaincre d'abus ou d'illégitimité ; car, selon la loi de Moïse, aucune autorité humaine ne pouvait lui accorder une telle fonction, n'étant pas de l'Ordre des sacrificateurs et des prêtres, seuls chargés de l'instruction publique, des mystères et cérémonies religieuses. Il ne pouvait non plus répondre que sa prédication était un ordre de l'autorité divine ; car elle était opposée aux lois reçues. Jésus éluda la question par une demande embarrassante qu'il fit à son tour aux Pharisiens. Il leur demanda au nom de qui Jean baptisait sans que personne s'y opposât.
 

Les Pharisiens savaient que toutes les institutions juives leur venaient de l'Egypte. Ils savaient que la loi de Moïse ordonnait de fréquentes ablutions, nécessaires dans leur climat; ainsi ils ne pouvaient s'opposer au baptême de Jean, fondé sur les rites mosaïques et égyptiens, et qui ne différait de ceux-ci que dans les formalités. Jean prescrivait à ceux qui voulaient se purifier par l'élément de l'eau, de se plonger tout nus trois fois dans le Jourdain, et il leur versait de l'eau sur la tête, pendant qu'ils tenaient les mains croisées sur la poitrine, en forme de croix de Saint-André d'Ecosse.

Le Canon 49 des Apôtres ordonne trois immersions : telle était l'opinion de Tertullien, d'Anastase et d'Ambroise Augustin.

Ce fut le péril auquel on exposait les enfans dans les pays froids, qui
engagea l'Eglise de Rome à réformer le baptême de Jean, en lui substituant les cérémonies qui se pratiquent de nos jours; on s'est peu-à-peu relâché de l'ancien rigorisme, et on baptise même avec de l'eau chaude.

Tertullien, de Prescriptione, ch. 4o , dit que les prêtres de Mythras promettaient la délivrance des péchés par l'aveu des péchés et par le baptême. Ils marquaient leurs croyans au front avec le crême.

La cérémonie du baptême se pratiquait aussi dans les mystères de Mythras ; elle faisait allusion à une nouvelle régénération. Ce culte était très répandu. Les Apôtres adoptèrent, après Jean, cette cérémonie, quoique
St Paul, qu'on peut regarder comme l'Apôtre qui a établi les règles du Christianisme en Grèce et en Italie, en s'en rapportant toutefois à ce qu'on a écrit de lui, paraisse n'avoir pas suivi rigoureusement cette innovation juive, car il ne voulut pas faire baptiser les Corinthiens.

Dans les Actes des Apôtres, ch. XVI, v. 1 et suivans, on lit : « Que St Paul se préparant à la prédication,
adopta pour Disciple Timothée, fils d'une Juive et d'un Grec ; et pour attirer les Juifs à son Evangile, il circoncit lui-même Timothée, afin de satisfaire à la loi mosaïque. »

Dans sa première Epître aux Corinthiens, v. 14, St Paul se glorifie de n'avoir baptisé d'autre Corinthien que Crispus Gajus, de la famille de Stephanos : il paraît même
qu'il regardait le baptême comme une cérémonie indifférente, car il dit qu'il ignore s'il en a baptisé d'autres, déclarant qu'il fut envoyé par le Christ pour évangéliser, et non pour baptiser. Si on veut jeter un coup-d'oeil sur l'Histoire Grecque de ce même temps, on y voit que les initiés aux grands mystères d'Eleusis, auxquels les seuls Athéniens pouvaient être admis, étaient obligés de se purifier auparavant dans le fleuve Ylyssus, qu'ils devaient offrir des sacrifices et vivre dans la continence pendant un temps fixé.

Dans la cérémonie de Memphis, lors de l'initiation aux mystères, les néophytes devaient être nus jusqu'à la ceinture ; on les faisait approcher de la mer d'Airain remplie d'eau, dans laquelle l'Hidranos ou prêtre baptiseur, avait jeté de l'orge, du sel et du laurier pour la consacrer ; on faisait en sorte que l'acolyte y plongeât les mains, et pendant que le prêtre lui versait de l'eau sur la tête, il lui soufflait l'esprit divin en faisant des prières. Nous avons la même cérémonie dans l'Ecossais et autres Ordres.

Les Grecs, au lieu de la mer d'Airain dans certains Temples, et prés de certaines Divinités, se servaient d'un vase appelé Trépied, qui était destiné chez les uns,
à-peu-près comme chez les Juifs, à laver les entrailles des victimes, et chez d'autres à contenir les libations : on les nommait trépieds, parce qu'ils étaient portés par trois pieds.

Dans les initiations aux grands mystères d'Eleusis, outre le baptême, il y avait encore les eaux lustrales ; l'acolyte portait,
pendant l'initiation , une couronne de myrthe, et prenait de l'eau sacrée en entrant dans le Temple. Les anciens Romains avaient leur eau lustrale dont leurs prêtres se servaient pour faire des aspersions dans certaines circonstances. Ces mêmes prêtres, au lieu de faire ces aspersions sur leurs Empereurs, les faisaient sur les viandes qui leur étaient servies. Cette cérémonie avait une grande affinité avec celle des Egyptiens ; le culte catholique l'admit également. Les prêtres égyptiens y éteignaient un tison ardent, qui était sacré ; les prêtres de Jésus y plongent un flambeau en cire, en exorcisant l'eau et les ingrédiens qu'on y a jetés , comme le sel ; après quoi ils soufflent dessus.

Les premiers ont regardé les eaux du Nil comme purifiantes quelques minutes avant la mort d'un Roi, dans sa dernière agonie ; en cet état, il recevait du prêtre purificateur une ablution dans cette eau :
nouvelle preuve que les prêtres presque partout ont cherché à dominer les souverains, en influençant leur naissance, leur sacre et leur mort. Hammer, Min. de l'Orient.

C'était sous le signe du Canope que les Chrétiens orientaux étaient dans l'usage de puiser de l'eau à minuit, le 6 janvier, en mémoire du baptême de Jésus et de la purification des eaux qui en fut la suite ; l'eau ainsi puisée était conservée dans deux grands vases de terre, plus larges par leur sommet que par leur base, et qu'on plaçait dans les Eglises, l'un au nord, l'autre au midi,
comme dans les mystères égyptiens, où l'acolyte allait de l'un à l'autre réservoir, en faisant des prières pour sa purification.

Les aspersions que l'on pratique dans certains endroits, lorsqu'on entre dans une église, rappellent les aspersions auxquelles les Egyptiens étaient soumis, lorsqu'ils se présentaient devant un de leurs prêtres. Or, si Moïse avait prescrit de fréquentes ablutions ou des bains,
les Pharisiens ne pouvaient pas trouver le baptême de Jean en contradiction avec les anciennes lois qui prescrivaient des ablutions avec certaines formalités ; il n'y avait pour lors que quelque différence dans la cérémonie, et quoique les Pharisiens fussent contraires à toutes les innovations, ils ne pouvaient pas regarder celle-ci comme en étant une, d'autant plus que Jean était fils de Zacharie, prêtre juif, et ces prêtres disaient qu'ils conservaient après Moïse la loi orale qui n'était pas écrite. Jean avait pu persuader au peuple que son baptême était d'institution divine, et qu'il était fondé sur les lois orales mosaïques. Les Pharisiens, quoiqu'ils désapprouvassent cette cérémonie, ne pouvaient pas s'y opposer, ni la censurer, car ils se seraient attiré l'inimitié du peuple. Ils répondirent donc à Jésus, qu'ils ignoraient au nom de qui Jean baptisait ; et de cette manière, notre Divin Maître ne fut plus obligé de répondre à leurs questions.

Dans nos mystères, nous conservons le souvenir de la cérémonie du baptême antique et moderne, dans le degré du Grand-Architecte et dans plusieurs autres Ordres et rites. Le Tout-Puissant fait approcher le néophyte de la mer d'Airain ; en lui versant de l'eau sur le côté gauche, il lui dit : Soyez purifié. Et dans les instructions du premier degré, dans plusieurs rites, on demande à l'Apprenti : D'où venez-vous ? A quoi la réponse uniforme est : De la Loge Saint-Jean ; voulant dire par-là, qu'il vient d'être purifié par l'élément eau, et par les eaux  baptismales. Nous donnerons la cérémonie du baptême maçonnique.

C'est par cette raison qu'on a établi dans différens rites et grades, la commémoration de St Jean-Baptiste et de St Jean l'Evangéliste. Ces deux fêtes de la chrétienté, qui tombent aux solstices, sont aussi les plus solennelles de la Maçonnerie ; c'est en leur honneur qu'on a établi et nommé les degrés de l'Aigle-Noir, de l'Aigle- Blanc, de l'Aigle - Rouge, et que Zinnendorf a nommé son sixième degré, qui est le premier de son chapitre, le Favori de St Jean. On a établi aussi en leur honneur le degré de Favori de St Jean, ou du Cordon-Blanc, dont le rite fut institué par Charles XII, roi de Suéde ; cette commémoration se trouve dans d'autres Ordres et rites, et même dans les sceaux du 62eme degré de l'Ecossais ancien et accepté.

Dix-huitième partie

Notes

88 Les Disciples de Jean et de Jésus ne s'occupaient aucunement à demander de quelle religion étaient ceux qui demandaient à être baptisés, ni celle de leurs parrains. Aujourd'hui, en France, et même en quelques endroits de la Belgique, les prêtres renchérissent leur eau lustrale, la refusent aux enfans dont les pères ou parrains ne seraient pas inscrits sur leur livre d'or.

 89 Cette méthode de baptême ne fut pas celle à laquelle s'est soumis Jésus-Christ. Le baptême de Jean s'accomplissait par trois immersions entières du corps. (Voyez ce que les Saints-Pères en écrivirent.) Si la cérémonie se pratiquait ainsi, Jésus a dû se soumettre à ces immersions.  

 90 L'Ecriture-Sainte, dans Jérémie, conseille aux Hébreux de fuir la colère de la Colombe, c'est-à-dire des Assyriens, qui portaient une Colombe dans leurs étendards de guerre

 91 Quoique Clovis eût une grande confiance dans l'évêque saint Remy, son armée ne partageait pas son enthousiasme. On lit dans les Observations sur l'Histoire de France, par Mably, que ce même Clovis ayant fait un butin considérable après le gain de la bataille de Soissons, on procéda à son partage avec l'armée. Le sort devait assigner les lots. Parmi les objets destinés au partage, il se trouvait un vase très-précieux enlevé à la cathédrale de Reims. L'évêque envoya un exprès au Prince, pour en obtenir la restitution. Clovis proposa à l'armée assemblée de lui assigner ce vase en sus de sa part. Un soldat, auquel cette demande déplaisait, s'approcha du vase, lui donna un grand coup du tranchant de son ëpée, et le mit en morceaux, afin qu'il fût partagé avec le reste. Le roi de France n'osa pas se venger de ce procédé. Après ce fait, il paraît bien difficile de penser que les anciens soldats français aient cru réellement aux miracles de saint Remy, de la Colombe et de la Sainte-Ampoule.

92 Dans des RRet autres grades, on retrouve encore l'emblème de la Colombe.

93 Au livre II des Rois ,v. 1, 2, 3, on lit qu'un certain Naaman, Syrien, qui était très lié avec son Roi, étant attaqué de la lèpre, se présenta à la porte de la maison d'Elisée, Prophète juif, pour en être guéri. Elisée lui prescrivit de se baigner sept fois dans le Jourdain ; après ces ablutions, il guérit. Comme les Juifs étaient toujours en proie à cette maladie, il aurait pu se faire que cette eau eût, dans certaine saison, cette propriété, ce qui aurait donné lieu au baptême de Jean. Les instructions de quelques degrés maçonniques rappellent la guérison de Naaman par Elisée.

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 13:57

 J'intercale ici volontairement le dernier article du livre de Volney pour prouver combien la loi de Moïse a été trahie comme tend à le prouver Les Grands Initiés de Schuré. Ainsi avait-il prescrit une année sabbatique -encore en vigueur dans le langage occidental quand on veut "se consacrer à autre chose,"- tous les 7 ans. Qu'en est-il ? Imaginez un peu la révolution. Tous les 7 ans, le Peuple fait ce qui lui plaît. Hormis travailler. Oisiveté et repos absolu. Qu'en est-il en Israël aujourd'hui ?

 

 

Chapitre extrait des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

23ème partie

22 - Division de Sem 5 et fin 

 21 - Division de Sem 4 

20 - Division de Sem 3

19 - Division de Sem 2

18 - Division de Sem 1

 17 - Le système géographique des Hébreux 2 

16 - Le système géographique des Hébreux 1

15 - Mythologie de la Création 2

14 - Mythologie de la Création 1 

13 - Mythologie d'Adam et Eve

12 Des personnages antédiluviens 2

1 - Des temps antérieurs à Moïse 

CHAPITRE IV

Y a-t-il eu un cycle sabbatique ?

 

PLUSIEURS chronologistes, pour dernière ressource, ont eu recours au cycle sabbatique, c’est-à-dire à ce jubilé prescrit par Moïse, qui avait ordonné que chaque 7e année, à l’imitation du 7e jour de la semaine, fût une année de Sabbat ; c’est-à-dire d’oisiveté et de repos absolus, même pour la culture de la terre. Moïse avait de plus ordonné1 qu’en cette 7e année toute créance d’argent prêté serait annulée ; que le débiteur serait libre, et de plus encore, que tout Hébreu réduit en esclavage, pour dette ou autre cause, serait remis en liberté, et, renvoyé avec des provisions capables de l’entretenir pendant du temps.

Il est certain que si une telle loi eût eu son exécution, elle eût produit une sensation et constitué une époque aussi remarquable par ses retours septénaires que la période olympique chez les Grecs ; mais on cherche en vain dans tous les livres hébreux une mention, une indication même légère de ces jubilés. L’on n’en trouve pas la moindre trace ni dans le Livre des Juges, ni dans celui de Samuel, quoique très détaillé dans une durée de plus de 60 ans, ni dans le Livre des Rois ; au contraire, Jérémie, dans le chapitre 34 de ses prophéties, nous fournit la preuve positive de la négligence et de l’inobservation de cette loi dès son origine.

Jérémie, est-il dit, engagea le roi Sédéqiah, les grands et le peuple de Jérusalem à renvoyer leurs esclaves hébreux ; ils s’y engagèrent par la cérémonie d’un sacrifice, et ils renvoyèrent leurs esclaves hébreux ; puis s’en étant repentis, ils les reprirent et les contraignirent de force ; et Jérémie leur dit : Écoutez les paroles du Dieu d’Israël :

Au jour où je retirai vos pères de l’Égypte, je fis un pacte avec eux et je leur dis : Lorsque 7 ans seront écoulés, que chacun de vous renvoie l’esclave hébreu qui lui a été vendu et qui a servi 6 ans ; que l’esclave soit libre ; et vos pères n’ont point écouté ma paroles ils n’ont point incliné leur oreille (à m’obéir) ; vous, aujourd’hui, vous vous êtes retournés (de leur sentier) et vous avez fait le bien, vous avez fait alliance avec moi, mais ensuite vous l’avez violée (comme vos pères) ; maintenant je vais amener sur vous tous les maux, etc.

Pour tout lecteur qui pèsera bien ces mots : Vos pères n’ont point écouté ma parole, n’ont point obéi à mon ordre de renvoyer libre ; vous, aujourd’hui, vous vous êtes retournés (de leur sentier, etc.) ; pour tout lecteur, disons-nous, il sera prouvé que jusqu’au temps de Sédéqiah, les Juifs avaient. imité leurs pères et n’avaient point observé le jubilé septénaire ; par conséquent il n’y a point eu chez eux de cycle sabbatique avant la captivité de Babylone. Ce ne fut qu’alors et au retour dans leur patrie, qu’ayant pris à tâche d’exécuter littéralement les lois de Moïse, celle-ci devint en usage avec plusieurs autres. De savants chronologistes, quoique très pieux, n’ont pu s’empêcher de reconnaître ces faits ; entre autres, le Père Petau, jésuite, dans son Traité de la doctrine des temps, livre IX, chapitre 26, s’avoue réduit à la nécessité de révoquer en doute l’observance des années sabbatiques2 avant le règne d’Antiochus Eupator ; mais beaucoup d’autres ont cru leur religion intéressée à en soutenir la croyance. Le savant Desvignoles présente, à cet égard, une inconséquence remarquable ; car après avoir exposé avec candeur une masse de raisons négatives, il finit par dire3 que comme il faut avoir une mesure de temps, il se range au gros des chronologistes qui ont admis les Sabbats ; ce qui ne l’empêche point de convenir ailleurs, que les cycles sabbatiques, produits par les Samaritains et les Juifs, et remontant jusqu’à la création, sont des cycles fictifs et inventés après coup4.

Par une autre inconséquence, Desvignoles fournit un argument ingénieux de calculer le temps de la monarchie, en admettant la non-existence ou l'inobservance des Sabbats. Tout le monde connaît la célèbre prophétie de Jérémie, concernant l’exil et la captivité du peuple hébreu pendant 70 ans, et cela pour avoir négligé et méprisé les ordonnances de Dieu. En comparant à ce texte celui des Paralipomènes, qui dit (chap. 36, vers. 10) : Que le peuple hébreu fut déporté à Babylone, afin que la terre (d’Israël) prît plaisir à célébrer ses sabbats, et qu’elle eût 70 ans de repos ; » Desvignoles a pensé que Jérémie dans sa prédiction avait eu spécialement en vue la loi de Moïse sur les jubilés de 7 ans, et que par le nombre 70 il avait entendu établir une compensation des sabbats que l’on avait omis ou négligé de célébrer : il est bien vrai que ces 70 jubilés de 7 ans donnent une somme totale de 490 ans, et que si l’on prend ces 490 ans pour la durée des rois, en y ajoutant 604, qui sont la date première de la prophétie en question, l’on a pour première année de Saül, l’an 1094 avant J.-C. Or, les calculs de Josèphe donnent pour ce même intervalle 1091, et l’analogie est frappante ; mais nous avons vu que la Chronologie détaillée des Rois, en nous produisant la somme totale de 493, jusqu’à Sédéqiah (en 587), ne donne jusqu’à l’an 604, que 475 ans ; ce qui fait 15 ans de moins que 490. Jérémie aurait-il aussi compris dans son calcul le temps de Samuel, qui fut de 12 ans ? Il y aurait encore déficit de 3 ans. D’ailleurs il a donné à ses 70 ans de captivité, deux points de départ différents ; tandis qu’au chapitre 25, verset 11(5), il les fait partir de l’an 4 de Ihouaqim, au chapitre 31, verset 5-10(6), dans sa lettre aux émigrés qui suivirent Iechonias à Babylone, il les fait partir de l’an 598 ; ce qui donne 481 ans depuis l’an 1er de Saül, et 493 depuis l’an 1er de Samuel : 4 ans de plus que les 490. Néanmoins, comme nous ignorons de quelle manière Jérémie a pu établir son calcul de la durée des rois, et qu’il a pu compter comme Josèphe7, l’idée de Desvignoles reste plausible, et tend à constater ce qui nous paraît vrai ; savoir que la loi des années sabbatiques n’a point eu d’exécution sous les rois.

Un fait positif vient aussi prouver qu’elle n’en eut point sous les juges, qui furent un véritable temps d’anarchie ; car lorsque Josué entre en Palestine, on le voit admettre les Gabaonites à vivre au milieu d’Israël à titre d’esclaves et d’ilotes, malgré la loi de Moïse qui ordonnait l'extermination ; et ces mêmes Gabaonites sont cités au temps de David ; comme subsistants dans le même état(8), ce qui n’aurait pu être si la loi des jubilés eût été exécutée. De plus, il est dit dans le Livre des Juges(9), qu’après le partage des terres, chaque tribu accorda aux Chananéens de son arrondissement, la faculté d’habiter avec le peuple de Dieu, en payant un tribut qu’ils payaient encore au temps de Salomon. On est en droit de conclure de ce double fait, que la loi des Jubilés sabbatiques, cette loi étrange d’oisiveté, de stérilité, de famine organisée pour chaque huitième année, fut abrogée dès le début de la conquête par les Hébreux, qui, après tant de peine et de danger, trouvèrent sans doute trop dur de relâcher des esclaves et des biens achetés au prix de leur sang : dans ce premier état anarchique ou démocratique, personne n’eut intérêt de réclamer contre l’inobservance ; personne n’eût eu le pouvoir de faire exécuter ; dans le second état, c’est-à-dire, sous le règne monarchique, lorsque les rois investis d’un pouvoir arbitraire eurent cette faculté, leur prudence dut trouver trop dangereux de rétablir une loi qui eût tout bouleversé.

Ainsi il est constant que depuis Josué jusqu’au temps du roi Sédéqiah, les Juifs n’observèrent point la loi sabbatique, et cela est fâcheux pour la science chronologique, qui eût trouvé dans ce cycle, une mesure précise du temps.

En résumé de toute notre discussion sur le temps des juges, le lecteur voit qu’au delà du grand-prêtre Héli, le système des Juifs est brisé et dissous ; que tout y est vague, incertain, confus, que leurs annales ne remontent réellement d’un fil continu, que jusqu’à l’an 1131 ; enfin, qu’il est impossible d’assigner, à 20 ou 30 ans près, le temps où Moïse a vécu, et qu’il est seulement permis, par un calcul raisonnable de probabilité, de le placer entre les années 1420 et 1450.

1 Deutéronome, chap. 15, v. 1, 12 et suivants.

2 Nihil in sacris litteris aut in historicis exteris satis expressum legi unde sciri possit, utrum jubileus etiam in Judœa ipsa, necdum in aliena regione ac deportatione, Judœi servaverint. — Primas est is quo Antiochus Eupator, Epiphanis filius, Hierosolymam obsedit. (Voyez chap. 26, p. 59). Voyez, aussi : Johan. Davidis Michaelis Commentationes ; Bremœ, 1774, Commentatio nona : de anno Sabbatico, où ce savant auteur déclare aussi que cette loi n’a point eu d’exécution.

3 Tome I, p. 694.

4 Desvignoles, tome I, p. 709, où il cite les solides raisons de Godefroi Vendelin.

5 [Chap. 25 v. 11] Depuis 23 ans, je vous ai porté la parole de Dieu, vous ne m’avez point écouté ; voici ce que dit aujourd’hui le Seigneur : J’amène Nabuchodonosor, roi de Babylone ; il va dévaster cette terre ; elle restera déserte, et tous ses peuples seront en servitude 70 ans, et quand 70 ans seront écoulés, je visiterai Babylone à son tour, et je la détruirai.

6 [Chap. 29, v. 5-10]. Bâtissez des maisons à Babylone ; plantez-y, semez-y ; mariez-vous-y, etc. ; car voici ce que dit le Seigneur : Lorsque 70 ans seront écoulés (pendant votre séjour) à Babylone, je vous visiterai et vous ramènerai ici.

7 La différence de 2 ou 3 ans que nous avons citée n’aurait-elle point pour cause l’intercalation de quelques années, faite dans cet espace de près de 500 ans, par des procédés que nous ignorons ; car, quoique l’on en ait dit, nous ne connaissons pas exactement la forme de l’année juive avant la captivité de Babylone ?

8 Samuel, lib. II, cap. 24, v. 2.

9 Tout le chapitre premier.

 Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 22:46

 La suite pour comprendre combien s'est égaré l'Enseignement de Moïse et ce que ses successeurs en ont fait. On peut le dire, sa Parole s'est perdue. Ses suivants l'ont transformée en quelque chose qui n'a rien à voir avec l'Original. Dans ce que nous lisons aujourd'hui dans la Torah, il ne reste que des bribes. A noter quelque chose dont nous avons déjà parlé, c'est que Moïse, Initié en Egypte, avait gardé la méthode de dissimulation du Sacré. Il y avait donc trois façons de lire ses mots et tout comme en Egypte, le "Vulgaire" ou le "Peuple" n'y avait pas accès. Il est question ici aussi de la véritable signification du nom EVE et du Serpent qui n'a rien à voir bien entendu avec le "péché originel"... et ce Serpent là n'est pas Apophis.

 

 

Le Sépher Béréshit 1

par Edouard Schuré

Extrait du livre "Les grands Initiés", chapitre Moïse

Chapitre III

2ème partie

1ère partie

 

Moïse épousa Séphora, la fille de Jétro, et séjourna de longues années auprès du sage de Madian. Grâce aux traditions éthiopiennes et chaldéennes qu'il trouva dans son temple, il put compléter et contrôler ce qu'il avait appris dans les sanctuaires égyptiens, étendre son regard sur les plus anciens cycles de l'humanité, et le plonger par induction dans les horizons lointains de l'avenir. Ce fut chez Jétro qu'il trouva deux livres de cosmogonie cités dans la Genèse : Les Guerres de Jéhovah et Les générations d'Adam. Il s'abîma dans cette étude.

Pour l'oeuvre qu'il méditait il fallait se ceindre les reins. Avant lui, Rama, Krishna, Hermès, Zoroastre, Fo-Hi avaient créé des religions poor les peuples ; Moïse voulut créer un peuple pour la religion éternelle. A ce projet si hardi, si nouveau, si colossal, il fallait une base puissante. C'est pour cela que Moïse écrivit son Sépher Béréshit, son Livre des Principes, synthèse concentrée de la science passée et cadre de la science future, clef des mystères, flambeau des initiés, point de ralliement de toute la nation.

Essayons de voir ce que fut la Genèse dans le cerveau de Moïse. Certes, là, elle irradiait une autre lumière, elle embrassait des ondes autrement vastes que le monde enfantin et la petite terre qui nous apparaissent dans la traduction grecque des Septante ou dans la traduction latine de saint Jérôme !

L'éxégèse biblique de ce siècle a mis à la mode cette idée que la Genèse n'est pas l'oeuvre de Moïse, que même ce prophète pourrait bien n'avoir pas existé et n'être qu'un personnage purement légendaire, fabriqué quatre ou cinq siècles plus tard par le sacerdoce juif, pour se donner une origine divine. La critique moderne fonde cette opinion sur la circonstance que la Genèse se compose de fragments divers (élohistes etj éhoviste) cousus ensemble, et que sa rédaction actuelle est postérieure d'au moins quatre cents ans à l'époque où Israël sortit d'Egypte. -Les faits établis par la critique moderne, quant à l'époque de la rédaction des textes que nous possédons, sont exacts ; les conclusions qu'elle en tire sont arbitraires et illogiques. De ce que l'Elohiste et le Jéhoviste ont écrit quatre cents ans apèrs l'Exode il ne s'ensuit pas qu'ils aient été les inventeurs de la Genèse et qu'ils n'aient pas travaillé sur un document antérieur peut-être mal compris. De ce que le Pentateuque nous donne un récit légendaire de la vie de Moïse, il ne s'ensuit pas qu'il ne contient rien de vrai. La mission du prophète s'explique replacée dans son milieu natal : le temple solaire de Memphis. Enfin, les profondeurs mêmes de la Genèse ne se dévoilent qu'à la lueur des flambeaux arrachés à l'intitiation d'Isis et d'Osiris.

Une religion ne se constitue pas sans un initiateur. Les Juges, les Prophètes, toute l'histoire d'Israël prouvent Moïse ; Jésus même ne se conçoit pas sans lui. Or, la Genèse contient l'essence de la tradition moïsiaque. Quelques transformations qu'elle ait subies, la vénérable momie doit contenir, sous la poussière des siècles et les bandelettes sacerdotales, l'idée mère, la pensée vivante, le testament du prophète d'Israël.

Israël gravite autour de Moïse aussi sûrement, aussi fatalement que la terre tourne autour du soleil. -Mais, cela posé, autre chose est de savoir quelles furent les idées mères de la Genèse, ce que Moïse a voulu léguer à la postérité dans ce testament secret du Sépher Béréshit. Le problème ne peut être résolu qu'au point de vue ésotérique, et se pose ainsi : en sa qualité d'initié égyptien, l'intellectualité de Moïse devait être à la hauteur de la science égyptienne, qui admettait, comme la nôtre, l'immutabililité des lois de l'univers, le développement des mondes par évolution graduelle, et qui avait en outre, sur l'âme et la nature invisible, des notions étendues, précises, raisonnées. Si telle fut la science de Moïse - et comment le prêtre d'Osiris ne l'aurait-il pas eu ? - comment les concilier avec les idées enfantines dela Genèse sur la création du monde et sur l'origine de l'homme ? Cette histoire de la création, qui, prise à la lettre, fait sourire un écolier de nos jours, ne chacherait-elle pas un profond sens symbolique, et n'y aurait-il pas une clef pour l'ouvrir ? Ce sens, quel est-il ? Cette clef, où la trouver ?

Cette clef se trouve :

1°) dans la symbolique égyptienne ;

2°) dans celle de toutes les religions de l'ancien cycle ;

3°) dans la synthèse de la doctrine des initiés, telle qu'elle résulte de la comparaison de l'enseignement ésotérique depuis l'Inde védique jusqu'aux initiés chrétiens des premiers siècles.

Les prêtres de l'Egypte, nous disent les auteurs grecs, avaient trois manières d'exprimer leur pensée. "La première était claire et simple, la seconde symbolique et figurée, la troisième sacrée et hiéroglyphique. Le même mot prenait, à leur gré, le sens propre, figuré ou transcendant. Tel était le génie de leur langue. Héraclite a parfaitement exprimé cette différence en la désignant par les épithètes de parlant, de signifiant et de cachant (Fabre d'Olivet, Vers dorés de Pythagore.)."

Dans les sciences théogoniques et cosmogoniques, les prêtres égyptiens employèrent toujours la troisième manière d'écrire. Leurs hiéroglyphes avaient alors trois sens correspondants et distincts. Les deux derniers ne se pouvaient comprendre sans clef. Cette manière d'écrire énigmatique et concentrée tenait elle-même à un dogme fondamental de la doctrine d'Hermès, selon lequel une même loi régit le monde naturel, le monde humain et le monde divin. Cette langue, d'une concision prodigieuse, inintelligible au vulgaire, avait une singulière éloquence pour l'adepte ; car, au moyen d'un seul signe, elle évoquait les principes, les causes et les effets dans la conscience humaine et dans le monde des purs esprits. Grâce à cette écriture, l'adepte embrassait les trois mondes d'un seul coup d'oeil.

Nul doute étant donnée l'éducation de Moïse, qu'il écrivit la Genèse en hiéroglyphes égyptiens à trois sens. Il en confia les clefs et l'explication orale à ses successeurs. Lorsque, au temps de Salomon, on traduisit la Genèse en caractères phéniciens ; lorsque, après la captivité de Babylone, Esdras la rédigea en caractères araméens chaldaïques, le sacerdoce juif ne maniait déjà plus ces clefs que très imparfaitement. Quand vinrent finalement les traducteurs grecs de la Bible, ceux-ci n'avaient plus qu'une faible idée du sens ésotérique des textes. Saint Jérôme, malgré ses sérieuses intentions et son grand esprit, lorsqu'il fit la traduction latine d'après le texte hébreu, ne put pénétrer jusqu'au sens primitif ; et, l'eut-il fait, il aurait dû se taire. Donc, quand nous lisons la Genèse dans nos traductions, nous n'en avons que le sens primaire et inférieur. Bon gré mal gré, les exégètes et les théologiens eux-mêmes orthodoxe ou libres penseurs, ne voient le texte hébraïque qu'à travers la Vulgate. Le sens comparatif et superlatif, qui est le sens profond et véritable, leur échappe. Il n'en demeure pas moins mystérieusement enfoui dans le texte hébreu, qui plonge, par ses racines, jusqu'à la langue sacrée des temples, refondue par Moïse, langue où chaque voyelle, chaque consonne avait un sens universel en rapport avec la valeur acoustique de la lettre et l'état d'âme de l'homme qui la produit. Pour les intuitifs, ce sens profond jaillit quelquefois, comme une étincelle, du texte ; pour les voyants, il reluit dans la structure phonétique des mots adoptés ou créés par Moïse : syllabes magiques où l'initié d'Osiris coula sa pensée, comme un métal sonore dans un moule parfait. Par l'étude de ce phonétisme qui porte l'empreinte de la langue sacrée des temples antiques, par les clefs que nous fournit la Kabbale et dont quelques-unes remontent jusqu'à Moïse, enfin par l'ésotérisme comparé, il nous est permis aujourd'hui d'entrevoir et de reconstituer la Genèse véritable. Ainsi, la pensée de Moïse sortira brillante comme l'or de la fournaise des siècles, des scories d'une théologie primaire et des cendres de la critique négative (5).

Deux exemples vont mettre en pleine lumière ce qu'était la langue sacrée des temples antiques, et comment les trois sens se correspondent dans les symboles de l'Egypte et dans ceux de la Genèse. Sur une foule de monuments égyptiens, on voit une femme couronnée, tenant d'une main la croix ansée, symbole de la vie éternelle, de l'autre un sceptre à fleur de lotus, symbole de l'initiation. C'est la déesse ISIS. Or, Isis a trois sens différents. Au propre, elle typifie la Femme, et, par suite, le genre féminin universel. Au comparatif, elle personnifie l'ensemble de la nature terrestre avec toutes ses puissances conceptives. Au superlatif, elle symbolise la nature céleste et invisible, l'élément propre des âmes et des esprits, la lumière spirituelle et intelligible par elle-même, qui seule confère l'initiation. -Le symbole qui correspond à Isis dans le texte de la Genèse et dans l'intellectualité judéo-chrétienne c'est EVE, Héva, la Femme éternelle. Cette Evé n'est pas seulement la femme d'Adam, elle est encore l'épouse de Dieu. Elle constitue les trois quarts de son essence. Car le nom de l'Eternel IEVE dont nous avons fait improprement Jéhovah et Javeh, se compose du préfixe Jod et du nom d'Evé. Le grand prêtre de Jérusalem prononçait une fois par an le nom divin en l'énonçant, lettre par lettre, de la manière suivante : Jod, hé, vau, hé. La première exprimait la pensée divine (La natura naturans de Spinoza.), et les sciences théogoniques ; les trois lettres du nom d'Evé exprimaient trois ordres de la nature (La natura naturata du même.), les trois mondes dans lesquels cette pensée se réalise et par suite les sciences cosmogoniques, psychiques et physiques qui y correspondent(6). L'ineffable renferme en son sein profond l'Eternel masculin et l'Eternel féminin. Leur union indissoluble fait sa puissance et son mystère. Voilà ce que Moïse, ennemi juré de toute image de la divinité, ne disait pas au peuple, mais ce qu'il a consigné figurativement dans la structure du nom divin en l'expliquant à ses adeptes. Ainsi la nature voilée dans le culte judaïque se cache dans le nom même de Dieu. L'épouse d'Adam, la femme curieuse, coupable et charmante, nous révèle ses affinités profondes avec l'Isis terrestre et divine, la mère des dieux qui montre dans son sein profond des tourbillons d'âmes et d'astres.

Autre exemple. Un personnage qui joue un grand rôle dans l'histoire d'Adam et d'Eve, c'est le serpent. La Genèse l'appelle Nahash. Or, que signifiait le serpent pour les temples antiques ? Les mystères de l'Inde, de l'Egypte et de la  Grèce répondent d'une seule voix : le serpent disposé en cercle signifie : la vie universelle, dont l'agent magique est la lumière astrale. Dans un sens plus profond encore Nahash veut dire : la force qui met cette vie en mouvement, l'attraction de soi pour soi, en laquelle Geoffroy Saint-Hilaire voyait la raison de la gravitation universelle. Les Grecs l'appelaient Erôs, l'Amour ou le Désir. -Appliquez maintenant ces deux sens à l'histoire d'Adam, d'Eve et du Serpent, et vous verrez que la chute du premier couple, le fameux péché originel devient tout à coup le vaste enroulement de la nature divine, universelle, avec ses règnes, ses genres, ses espèces dans le cercle formidable et inéluctable de la vie.

Ces deux exemples nous ont permis de jeter un premier coup d'oeil dans les profondeurs de la Genèse moïsiaque. Déjà nous entrevoyons ce qu'était la cosmogonie pour un initié antique et ce qui la distinguait d'une cosmognoie dans le sens moderne.

La suite... Le Sépher Béreshit de Moïse 2

 Notes


5° une traduction française et anglaise des dix premiers chapitres de la Genèse qui contiennent la cosmogonie de Moïse. Cette traduction est accompagnée d'un commentaire du plus haut intérêt. je ne puis ici que résumer les principes et la substance de ce livre révélateur. Il est pénétré de l'esprit ésotérique le plus profond, et construit selon la méthode scientifique la plus rigoureuse.

La méthode dont Fabre d’Olivet se sert pour pénétrer
le sens intime du texte hébraïque de la Genèse est la comparaison de l'hébreu avec l'arabe, le syriaque, l’araméen et le chaldéen, au point de vue des racines primitives et universelles, dont il fournit un lexique admirable, appuyé d'exemples pris dans toutes les langues, lexique qui peut servir de clef pour les noms sacrés chez tous les peuples. De tous les livres ésotériques sur l’Ancien Testament, celui de Fabre d’Olivet donne les clefs les plus sûres. il donne, en outre, un lumineux exposé de l'histoire de la Bible, et les raisons apparentes pour lesquelles le sens caché s'en est perdu et est, jusqu’à nos jours, profondément ignoré de la science et de la théologie officielles.

Ayant parlé de ce livre, je dirai quelques mots d'un autre ouvrage plus récent qui en procède et qui, outre son mérite propre, a eu celui ramener l'attention de quelques chercheurs indépendants sur son premier inspirateur. Ce livre est La Mission des Juifs, de M. Saint-Yves d'Alveydre (1884, Calmann - Lévy). M. Saint-Yves doit son initiation Philosophique aux livres de Fabre d'Olivet. Son interprétation de la Genèse essentiellement celle de La Langue hébraïque restituée, sa métaphysique, celle des Vers dorés de Pythagore, sa philosophie de l'histoire et le cadre général de son ouvrage sont empruntés à l'Histoire philosophique du genre humain. Reprenant ces idées mères, y joignant ses matériaux et les taillant à sa guise, il a construit un édifice nouveau d'une grande richesse, d'une valeur inégale et d'un genre composite. Son but est double : prouver que la science et la religion de Moïse furent la résultante nécessaire des mouvements religieux qui l'ont précédé en Asie et en Égypte, ce que Fabre d'Olivet avait déjà mis en lumière dans ses oeuvres géniales ; prouver ensuite que le gouvernement ternaire et arbitral, composé des trois pouvoirs,
économique, judiciaire et religieux ou scientifique, fut de tout temps un corollaire de la doctrine des initiés et une partie de l'ancien cycle, avant la Grèce. Telle est l'idée propre de M. Saint-Yves, idée féconde et digne de la plus haute attention. Il l'appelle : synarchie, ou gouvernement selon les principes ; il y trouve la loi sociale organique, l'unique salut de l'avenir. Ce n'est pas icic le lieu d'examiner jusqu'à quel point l'auteur a démontré historiquement sa thèse. M. Saint-Yves n'aime pas à citer ses sources ; il procède trop souvent par simples affirmations et ne craint pas les hypothèses risquées, lorsqu'elle favorisent son idée préconçue. Mais son livre, d'une rare élévation, d'une vaste science ésotérique, abonde en pages d'un grand souffle, en tableaux grandioses, en aperçus profonds et nouveaux. Mes vues diffèrent des siennes sur beaucoup de points, notamment pour la conception de Moïse, auquel M. Saint-yves a donné, selon moi, des proportions trop gigantesques et trop légendaires. Cela dit, je m'empresse de reconnaître la haute valeur de ce livre extraordinaire, auquel je dois beaucoup. Quelle que soit l'opinion qu'on ait de l'oeuvre de M. Saint-Yves, il a un mérite devant lequel il faut s'incliner : celui d'une vie vie tout entière consacrée à une idée. Voir sa Mission des Souverains et sa France vraie, où M. Saint-Yves a rendu justice, quoique un peu tard et comme malgré lui, à son maître Fabre d'Olivet.

6 Voici comment Fabre d'Olivet explique le nom d'IEVE : "Ce nom offre d'abord le signe indicateur de la vie, doublé et formant la racine essentiellement vivante EE. Cette racine n'est jamais employée comme nom et c'est la seule qui jouisse de cette prérogative. Elle est, dès sa formation, non seulement un verbe, mais un verbe unique dont les autres ne sont que des dérivés ; en un  mot, le verbe (EVE) être étant. Ici, comme on le voit et comme j'ai eu soin de l'expliquer dans ma grammaire, le signe intelligible Vau est au milieu de la racine de vie. Moïse, prenant ce verbe par excellence pour en former le nom propre de l'Être des êtres, y ajoute le signe de la manifestation potentielle et de l'Eternité(I), il obtient IEVE dans lequel le facultatif étant se trouve placé entre un passé sans origine et un futur sans terme. Ce nom admirable signifie donc exactement : l'Être qui est, qui fut et qui sera.

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

 

 

 

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