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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 14:49

 

 

 

ABRAHAM

Extrait du dictionnaire des Sciences Occultes et des Idées superstitieuses

de Jacques-Albin Simon Colin de Plancy

1846

 

Tout le monde connaît l'histoire de ce saint patriarche, écrite dans les livres sacrés; mais on ignore peut-être les contes dont il a été l'objet.

Les Orientaux voient dans Abraham un habile astrologue et un puissant magicien.

Suidas et Isidore lui attribuent l'invention de l'alphabet et de la langue des Hébreux.


Les rabbins font encore Abraham auteur d'un livre De l'explication des songes, que Joseph, disent-ils, avait étudié avant d'être vendu par ses frères. On met aussi sur son compte un ouvrage intitulé Jetzirah, ou la Création , que plusieurs disent écrit par le rabbin Akiba. Les Arabes possèdent ce livre cabalistique, qui traite de l'origine du monde ; ils l'appellent le Sepher. On dit que Vossius , qui raisonnait tout de travers là-dessus, s'étonnait de ne pas le voir dans les livres canoniques. Postel l'a traduit en latin : on l'a imprimé à Paris en 1552 ; à Mantoue en 1562, avec cinq commentaires ; à Amsterdam en 1642. On y trouve de la magie et de l'astrologie. — « C'est un ouvrage cabalistique très-ancien et très-célèbre, dit le docteur Rossi. Quelques-uns en font auteur Akiba; d'autres le croient composé par un écrivain antérieur au Thalmud , dans lequel il en est fait mention. » — Le titre de l'ouvrage porte le nom d'Abraham ; mais ajoutons qu'il y a aussi des opinions qui le croient écrit par Adam lui-même.

Légendes orientales d'Abraham.

Les Orientaux ne racontent donc pas l'histoire d'Abraham aussi simplement que nos livres saints. Ils disent que Nemrod, régnant à Babylone, vit en songe une étoile dont l'éclat effaçait le soleil. Ses devins lui conseillèrent là-dessus de prendre garde à lui, parce qu'un tel songe annonçait qu'il devait naître dans son royaume un enfant de qui il aurait tout à craindre.

Nemrod ordonna aussitôt qu'on épiât bien les femmes enceintes , et qu'on mit à mort tous les enfants mâles qui viendraient à naître. Adna (appelée Emtelaï dans le Thalmud), femme d'Azan, l'un des principaux seigneurs du pays , était grosse ; mais aucun indice n'accusait sa grossesse. Elle s'en alla un jour dans une grotte écartée, mit au monde Abraham, et s'en revint à sa maison, après avoir soigneusement fermé l'entrée de la grotte. Elle allait tous les soirs visiter son enfant pour l'allaiter et le trouvait toujours occupé à téter ses deux pouces, dont l'un lui fournissait du lait et l'autre du miel. Elle ne fut pas moins surprise de reconnaître qu'il croissait en un jour comme les autres enfants en un mois. Dès qu'il fut grand, elle le conduisit à la ville, ou son père lui fit voir Nemrod, qu'on adorait. Il le trouva trop laid pour être un dieu: et miraculeusement éclairé, il tira ses parents de l'idolâtrie (1).

Comme il faisait des choses prodigieuses, on l'accusa de magie. Nemrod, excité par ses devins, condamna Abraham à être jeté dans une fournaise ardente. Mais la fournaise se changea en fontaine, la flamme en eau limpide, et Abraham ne prit qu'un bain. Un courtisan, frappé de cette merveille, dit à Nemrod :

—Seigneur, ce n'est pas là un magicien , mais un prophète.

Nemrod, irrité, fit jeter le courtisan dans une autre fournaise, qui se changea pareillement en une source d'eau fraîche ; et le voyageur Thévenot rapporte qu'on montre encore ces deux fontaines auprès d'Orfa.

Il y a sur ce point une autre version. Des écrivains mahométans content qu'Abraham, ayant connu le vrai Dieu, saisit le moment où son père était absent pour mettre en pièces toutes ses idoles, excepté celle de Baal, au cou de laquelle il pendit la hache qui avait fait tout le dégât. Son père élant de relour, il lui dit que ses idoles s'étaient querellées à l'occasion d'une offrande de froment, et que Baal, le plus gros, avait exterminé toutes les autres... C'est pour cela, ajoutent quelques doctes, que Nemrod voulut brûler Abraham.

Suidas et Isidore attribuent à Abraham, comme nous l'avons dit l'invention de l'alphabet et de la langue des Hébreux. Les Rabbins mettent sur son compte des livres cabalistiques et magiques, des psaumes, un testament et beaucoup d'autres pièces apocryphes. Les Guèbres soutiennent qu'il est le même que leur Zoroastre, qu'ils appellent Zerdust, c'est-à-dire l'ami du feu, nom qui lui fut donné, disent-ils, à cause de l'aventure de la fournaise. Philon fait d'Abraham un habile astrologue. Josephe dit (2) qu'il régna à Damas, où il tirait des horoscopes et pratiquait les arts magiques des Chaldéens. Tous ces doctes, venus longtemps après Moïse, savent toujours des histoires saintes beaucoup plus de particularités que Moïse même. Ils racontent gravement que le patriarche Abraham était profondément versé dans l'aruspicine ; qu'il enseignait une prière au moyen de laquelle on empêchait les pies de manger les semailles ; et qu'il eut affaire avec le diable en dix tentations dont il sortit toujours à son honneur.

Voici la plus curieuse de ces aventures :

Le diable un jour, considérant le cadavre d'un homme que la mer avait rejeté sur le rivage, et dont les bêtes féroces, les oiseaux de proie et les poissons avaient dévoré des lambeaux, songea que c'était une belle occasion pour
tendre un piège à Abraham sur la résurrection : il ne comprendra jamais, disait-il, que les membres de ce cadavre, séparés et disséminés dans le ventre de tant d'animaux différents, puissent se rejoindre pour former le même corps, au jour de la résurrection générale.

Dieu, sachant le projet de l'ennemi du genre humain, le seconda aussitôt ; car il dit à Abraham d'aller se promener au bord de la mer. Le patriarche obéit. Le diable ne manqua pas de se présenter à lui sous la figure d'un homme inquiet; et lui montrant le cadavre, il lui proposa le doute où il était au sujet de la résurrection. Mais Abraham, après l'avoir écouté, lui répondit :

— Quel motif raisonnable pouvez-vous avoir de douter ainsi? Celui qui a pu tirer toutes les parties de ce corps du néant, n'aura pas plus de peine à les retrouver dans l'univers pour les rejoindre. Le potier met en pièces un vase de terre, et le refait de la même terre, quand il lui plaît.

Dieu, satisfait d'Abraham, voulut achever de le convaincre. Il lui dit, s'il faut maintenant en croire le Coran : — Prenez quatre oiseaux , mettez-les en pièces, et portez-en les diverses parties sur quatre montagnes séparées; appelez-les ensuite, ces oiseaux viendront tous quatre à vous.

Les interprètes musulmans ajoutent que ces quatre oiseaux étaient une colombe, un coq, un corbeau et un paon ; que le patriarche, après les avoir mis en pièces, enfit un partage exact : quelques-uns disent même qu'il les pila dans un mortier, n'en fit qu'une masse et la divisa en quatre portions qu'il porta sur la cime de quatre montagnes différentes. Après cela, tenant à la main les quatre têtes qu'il avait réservées, il appela séparément les quatre oiseaux par leurs noms; chacun d'eux revint incontinent se rejoindre à sa tête et s'envola (3).

Abraham était devenu le père des pauvres du pays qu'il habitait. Une famine l'obligea de vider ses greniers pour les nourrir. Lorsqu'il eut épuisé cette ressource, il envoya ses gens et ses chameaux en Egypte, pour acheter du grain à un de ses amis qui était puissant dans la contrée ; mais cet ami répondit : « Nous craignons aussi la famine. D'ailleurs, Abraham a des provisions suffisantes, et je ne crois pas qu'il soit juste, pour nourrir les pauvres de son pays , de lui envoyer la subsistance des nôtres. »

Ce refus causa beaucoup de chagrin aux gens d'Abraham. Pour se soustraire à l'humiliation de reparaître les mains vides, ils remplirent leurs sacs de sable très-blanc et très-fin. Arrivés à la maison de leur maître, l'un d'eux lui dit à l'oreille le mauvais succès de leur voyage. Abraham cacha sa douleur et entra dans son oratoire. Sara reposait et n'avait rien appris ; voyant à son réveil des sacs pleins, elle en ouvrit un, vit de la bonne farine, et sur-le- champ se mit à cuire du pain pour les pauvres.

Abraham, après avoir fait sa prière, sentant l'odeur du pain nouvellement cuit, demanda à Sara quelle farine elle avait employée. — « Celle de votre ami d'Egypte, apportée par vos chameaux.

— Dites plutôt celle du véritable ami, qui est Dieu ; car c'est lui qui ne nous abandonne jamais au besoin. »

Dans ce moment qu'Abraham appela Dieu son ami, Dieu, disent les musulmans. le prit aussi pour le sien.

Il y a aussi des traditions orientales qui placent Abraham en qualité de juge à la porte de l'enfer (3), tandis que l'Eglise chrétienne, avec plus de vérité, met les élus dans son sein.

(1) Bibliothèque orientale de d'Hcrbelot

(2) Antiquités jud., liv. I, ch. 8.


(3) Bibliothèque orientale de dTferbelot

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 12:09

 

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
11ème partie
10ème partie
9ème partie
8ème partie
1ère partie

 

 

Chapitre 6
LES DIEUX SERPENTS ET L'IMMORTALITÉ
Suite...

Dans la recherche de l'homme pour la panacée de la longévité et la vitalité, la science n'a pu encore fournir la réponse. Comme processus naturel, la régénération n'est pas très développée chez l'homme et les plus hauts mammifères sont capables de régénérer seulement que les cheveux, la peau, les ongles, le foie et certains autres tissus. Ce processus est beaucoup plus prononcé chez les animaux inférieurs, par exemple, les salamandres et les lézards qui peuvent remplacer leurs queues, les homards et les crabes qui peuvent régénérer de nouveaux membres et le plathelminthe qui créé plusieurs nouveaux individus lorsqu'il est coupé en morceaux.

Bien que la régénération ait été défendue par les dieux partout à travers les âges, on retrouve parfois certaines références voilées dans la littérature. Quand le serpent vola la plante magique de Gilgamesh et mua immédiatement sa peau, il démontrait une forme d' immortalité. Le fait de muer la peau de cette façon fit partie de la théologie des Hébreux et des Chrétiens dans le rite de la circoncision.

Faisant partie intégrante de la convention entre Abraham et son dieu et renforcée par la suite en étant répétée plusieurs fois à ses descendants, Dieu lui dit, «Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera le signe de l'alliance entre moi et vous ».

Comme le serpent parvient à la longue vie en sacrifiant et en laissant derrière une partie de lui-même, ainsi l'homme peut aussi y parvenir en sacrifiant rituellement une partie de lui-même. Le rite de la circoncision servit aussi de rappel perpétuel que ses vraies origines proviennent du dieu serpent créateur et qu'il existait à la longanimité de ces dieux. [Note de l'éditeur : Souhaitant éviter une discussion au sujet des pour et des contres de la circoncision, il devrait être noté que bien que ce fût peut-être l'intention originelle de la coutume, plusieurs cultures chrétiennes d'Europe rejetèrent cette pratique par la suite, ce qui a pour toute fin pratique presque disparue de la vie européenne moderne. C'est encore une pratique universelle parmi les Juifs et les Musulmans comme ce l'est encore parmi plusieurs peuples traditionnellement animistes d'Afrique. Elle est aussi relativement populaire aux États-Unis, mais plus à cause de la tradition culturelle que religieuse. Ailleurs dans le monde, la pratique de la circoncision est pratiquement non-existante.]

De ceux qui ont atteint l'immortalité et joint les dieux, seulement deux sont enregistrés dans la littérature ancienne. Les dieux disaient que cet attribut ne fut pas donné à la légère. Utnapishtim en fut un à qui ils donnèrent l'immortalité.

Après le Déluge, Utnapishtim et sa femme furent emmenés au vaisseau spatial où Enlil le fit passer à travers un rituel : « Jusqu'ici, Utnapishtim eut été seulement qu'un homme, mais maintenant Utnapishtim et sa femme seront pour nous des dieux ». Il fut envoyé vivre « à la source des deux rivières où Shamash s'élève », dans la terre de Dilmun. Non pas comme son équivalent, Noé n'a pas atteint l' immortalité. Les dieux de l'Ancien Testament furent des dieux beaucoup plus jaloux et intransigeants.

Avant le Déluge, un des patriarches atteignit cette distinction. La Genèse en parle énigmatiquement en disant que, « Hénok marcha avec Dieu. Il disparut alors puisque Dieu le prit ». Néanmoins, les trois livres apocalyptiques d'Hénok fournissent toute l'histoire--des détails qui furent omis de la Bible.

Hénok fut non seulement rendu immortel mais aussi déifié et il devint second en pouvoir à la divinité principale. Cette métamorphose exceptionnelle fut accomplie pour fournir un magistrat objectif qui pourrait présider au procès des Néfilim qui avait été accusé de toutes sortes d'infractions sur la Terre.

DE LONGUES DURÉES DE VIE SONT-ELLES POSSIBLES ?

La longévité parmi les anciens est proverbiale. Le nom du patriarche Mathusalem est le synonyme d'une très longue durée de vie. Si on croit les anciens registres religieux et séculiers, les rois et les patriarches antédiluviens jouirent d'une durée de vie exceptionnelle. Ces revendications sont si cohérentes et même en admettant une certaine exagération, on doit concéder qu'il doit y avoir un peu de vérité. Tacitement, l'homme moderne commence à prendre ces revendications au sérieux puisque aujourd'hui, il joue avec les possibilités que le vieillissement peut être contrôlé, même renversé et, la durée de vie peut être grandement étendue.

Les théories de vieillissement actuellement étudiées par la science moderne vont du concept de contrôle purement génétique au concept de réduire les effets de l'environnement sur l'organisme humain. Les scientifiques croient maintenant que les mécanismes qui causent le vieillissement sont extrêmement complexes et variables et, plutôt que d'avoir une seule cause, un grand nombre de phénomènes sont sans doute en cause.

La plupart des théories de vieillissement peuvent être mises en deux catégories générales : les théories d'erreurs et les théories de programmation. Les théories d'erreurs sont basées sur la prémisse que des événements aléatoires, tels que les effets de l'environnement, causent du dommage aux cellules du corps. Ce dommage s'accumule avec le temps et crée le mauvais fonctionnement des cellules, des molécules et des organes. Les théories de programmation sont basées sur la supposition que le vieillissement est programmé à l'intérieur même de la cellule et est le résultat attendu d'une séquence préméditée d'événements écrits dans les gènes.

Une des plus vieilles théories de vieillissement est la théorie de l'usure qui dit qu'au niveau moléculaire, l'A.D.N. est continuellement endommagé mais le corps ne peut pas réparer le dommage et, qu'il s' accumule menant au mauvais fonctionnement moléculaire et enfin, celui des organes. La théorie du métabolisme dit que plus que l'organisme vit rapidement, plus rapidement il mourra. [Note de l'éditeur : Vivre vite, mourir jeune !] Les restrictions caloriques semblent être le seul facteur qui, à maintes reprises, change le taux de vieillissement chez les animaux et la nutrition semblerait contrôler le changement de certaines hormones responsables du métabolisme.

La théorie des radicaux libres se concentre sur les effets préjudiciables des radicaux libres, des fragments chimiques très instables produits pendant le métabolisme normal qui réagissent et endommagent d'autres molécules. Avec l'âge, l'accumulation du dommage des radicaux libres peut perturber les fonctions vitales des structures clefs de la cellule.

Donc, les nombreux partisans de la théorie d'erreurs déclarent que le corps produira des produits chimiques défectueux et des protéines qui seront synthétisées et accumulées. Ce processus conduit à des cellules, des tissus et des organes endommagés entraînant ainsi la mort.

Par contre, la théorie de la sénescence programmée énonce que le vieillissement et la mort sont dus aux événements programmés, le résultat de l'activation et de l'inhibition séquentielle de certains gènes. Certains peuvent agir comme une horloge biologique, tels ceux qui contrôlent la puberté et la ménopause. Si le vieillissement est programmé, le système endocrine ou hormonal et le système immunitaire sont les deux candidats possibles contrôlant le vieillissement.

Des événements se produisant dans l'hypothalamus et la glande pituitaire peuvent être responsables pour certains processus importants de vieillissement. La glande pituitaire, localisée à la base du cerveau, sécrète des hormones qui stimulent d'autres glandes à produire des hormones. Il est possible qu'une horloge biologique dans l'hypothalamus (une région du cerveau) ordonne la glande pituitaire à sécréter une hormone qui perturbe la capacité des tissus du corps de réagir aux hormones thyroïdiennes. Cette hormone théorique, que quelques-uns appellent « l'hormone de la mort », n'a jamais été identifiée.

Le système immunitaire défend le corps contre les bactéries, les virus et les autres organismes envahissants. La glande thymus, localisée dans le thorax est une composante essentielle du système immunitaire. Elle atteint sa dimension maximale pendant l'adolescence et décline au point où elle est à peine visible à l'âge de 50 ans. Les partisans de la théorie du système immunitaire croient qu'en diminuant la capacité du corps à lutter contre l'infection, de se défendre du cancer et même réparer l'A.D.N. endommagé, le déclin de ce système peut être l'élément le plus important dans le processus de vieillissement.

Comme nous pouvons le voir, l'étude du vieillissement est toujours dans son enfance, bien qu'elle semble être une discipline en croissance. Le fait de comprendre le mécanisme du vieillissement aidera sans doute à éliminer des maladies et des désordres associés au vieillissement et à allonger vraisemblablement la durée de vie. La science est aussi au seuil de pouvoir modifier les gènes.

Peut-être un jour, atteindrons-nous la sophistication technique de nos ancêtres, les dieux serpents qui semblent avoir résolu ces problèmes scientifiques troublants ?

Quelle ironie qu'une race d'êtres intelligents puisse vraiment exister dans notre voisinage de l'espace qui soit reptilienne et répulsive mais qui fonda la civilisation humaine ! Mais, ces créatures « répugnantes » doivent avoir une technologie suffisamment avancée pour leur permettre de voyager dans l'espace. Une race qui pourrait traverser l'espace aurait certainement la capacité de modifier les gènes et la capacité de se régénérer et, de ce fait, d'avoir une durée de vie prolongée.

Douzième partie

Posté par Adriana Evangelizt

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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 11:42

 

 

 

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
9ème partie
8ème partie
1ère partie

 

Chapitre 6

 

 

LES DIEUX SERPENTS ET L'IMMORTALITÉ

 

 

 

« Faites un séraphin et montez-le sur une perche. Et si quelqu'un qui est mordu, le regarde, il recouvra ». Livre des Nombres

LA PERCEPTION DU SERPENT COMME ÉTANT MALVEILLANT

En plus d'Adam et Ève, l'autre hôte important du jardin d'Éden fut le serpent. On lui donne des qualités qui rivalisent avec et surpassent celles d'Adam. Même la Genèse concède ce point en affirmant que « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits ». Le Haggadah décrit le serpent comme étant grand, ayant deux jambes, et avec des pouvoirs mentaux supérieurs. Il fut le seigneur de toutes les bêtes de l'Éden : « Dieu parla au serpent, 'Je vous ai créé pour être le roi de tous les animaux. Je vous ai créés pour être debout' ». Dans le Haggadah, il semble avoir peu de doute qu 'il ait marché comme un homme.

Dans la Genèse, le serpent fut puni sévèrement pour son rôle dans la chute d'Adam et Ève. Désormais, son destin fut de ramper sur son ventre. De cette façon, la Genèse sous-entend, qu'à un certain moment, le serpent fut une créature avec des jambes et qu'il les perdit en mangeant du fruit défendu. Le Haggadah est plus explicite et dit carrément que, « ses mains et ses pieds furent coupés ».

En apparence, le serpent avec des jambes dut être une créature effrayante, dominant tous les animaux aussi bien que l'homme. En fait, quand Adam et Ève furent expulsés de l'Éden, ils portèrent des « chemises de peau ». Mais puisque Adam et Ève furent végétariens pendant cette période et que l'homme n'avait pas eu la permission de manger de la viande jusque après le Déluge, ces « peaux » durent être celles qui furent muées par les reptiles. Ce fait est confirmé par plusieurs sources anciennes.

Les anciennes légendes juives indiquent que les vêtements portés par Adam et Ève furent non seulement faits de peaux reptiliennes mais qu' elles les protégèrent des prédateurs : « Quand ils portèrent les manteaux, disait-on à Adam et Ève, toutes les créatures de la Terre les craindraient ». Les peaux de serpent furent symboliques de la race souveraine et leur rappelèrent non seulement leur origine mais agissaient aussi comme un talisman pour les protéger des créatures sauvages. [Note de l'éditeur : Encore aujourd'hui, nous portons des peaux reptiliennes de serpent, d'alligator, de crocodile--qui sont dispendieuses et distinguent le porteur de la multitude générale. Et le serpent, surtout le cobra, fut très révéré dans les anciennes cultures comme celles de l'Égypte et l'Inde.]

La notion du serpent représentant le mal est plutôt récente, car elle se développa au début de l'époque chrétienne. En réalité, le serpent biblique est souvent associé à la connaissance divine, la guérison et l'immortalité. Le mot hébreu pour la créature qui tenta Ève est « nahash » lequel est souvent traduit comme serpent mais signifie littéralement « celui qui résout les secrets ».

Même dans l'ancien Grec, le mot serpent posa des problèmes dans la traduction. Dans la Septante, la première version grecque de l'Ancien Testament, le serpent s'appelle « drakon ». En Grèce ancienne, le mot le « drakon » fut utilisé pour toutes les créatures effrayantes tels que les serpents, les grands reptiles et autres animaux terrifiants. Donc le terme « drakon » fut utilisé dans la sémantique et devint associé à un serpent ailé avec de grandes jambes comme un dragon dans la littérature et la culture occidentale. [Note de l'éditeur : Aujourd 'hui, la monnaie grecque s'appelle « drakma ». Il serait intéressant d 'enquêter sur la source étymologique de ce terme moderne.]

En toute probabilité, les dragons et autres créatures fabuleuses de la mythologie ne sont que des créatures déformées du dieu serpent. C'est un problème de sémantique provenant de la répulsion de l'homme à sa descendance saurienne. Deux écoles de pensée différentes semblent avoir contribué à la légende du serpent comme étant malfaisant et répulsif.

La première est le rapport maître esclave. L'homme remplaça les Anounnaki comme ouvriers et commença à exécuter toutes les tâches domestiques et déplaisantes. La mémoire de cette domination par les reptiles cruels et impitoyables fut exacerbée par la descente des Néfilim avant le Déluge. Ces hommes de l'espace vécurent et se marièrent avec l'espèce humaine et à la fois, les Saintes Écritures et les sources sumériennes révèlent qu'ils furent une race de barbares et de cannibales.

Au moment de la venue du Déluge, l'homme en fut arrivé à mépriser et à même persécuter ces progénitures sauriennes. Les sources anciennes suggèrent fortement que quiconque démontrant des signes de descendance des dieux serpents fut traqué et détruit.

Le deuxième facteur majeur dans l'évolution de l'idée qu'il représentait le mal fut l'inimitié entre Enlil et Enki. Quand les terres furent réclamées après le Déluge, Enlil plaça ses fils responsables des terres du Moyen-Orient et les fils d'Enki reçurent les terres étrangères telles que l'Égypte et la vallée de l'Indus. Cependant, les fils d'Enki revinrent au Moyen-Orient et, son fils aîné Mardouk, saisit le contrôle de Babylone et réclama le titre si convoité de «50».

On se souvient d'Enki comme le créateur et le bienfaiteur de l'espèce humaine et il est associé à la connaissance divine, la guérison et l'immortalité --exactement les mêmes qualités attribuées au serpent dans le jardin d'Éden. Donc, la « chute de l'homme » biblique revêt le caractère d'une confrontation entre Enlil, l'Élohim de l'Ancien Testament et Enki, le dieu serpent usurpateur. [Note de l'éditeur : Dans le livre, « The Stellar Man » de John Baines, l'Archon de la destinée qui dupa Moïse et devint par la suite l'usurpateur de pouvoir de cette planète, remplaçant l'Archon souverain précédent « amical » envers l'homme, fut connu par la lettre Y. Ce Y réfère-t-il à Yahvé et par conséquent, au prince héritier Enlil ?]

On trouve le même conflit dans le Conte d'Adapa lorsque Enki prévint Anou (plus tard, Enlil représentait Anou puisqu'il devint le dieu aîné) de ne pas altérer sa création. Cette dissension se trouve dans le troisième livre d'Hénok lorsque au patriarche devait être donné le statut de dieu et l'immortalité. Les « anges », représentant le plus vieil ordre, protestèrent que Dieu révélait des secrets divins à l' homme. Ils lui rappelèrent à la mémoire, « les dieux primordiaux n' ont-ils pas donné un bon conseil lorsqu'ils dirent, 'ne créer pas l' homme' ? »

Pour les dieux conservateurs et plus anciens, l'homme fut considéré un animal inférieur, car à plusieurs reprises, il est critiqué pour sa transpiration et sa saleté, des traits typiques de mammifères. Dans le troisième livre d'Hénok, l'homme est méprisé par les dieux mineurs ou les anges qui le caractérisent comme « l'espèce humaine née de la femme, tachée, malpropre, salie par le sang et le flux impur, des hommes qui transpirent des gouttes putrides ». Ce dégoût des anges envers leurs cousins mammifères puants et poilus est réitéré partout dans l'Ancien Testament d'où cette aversion est masquée sous l'image de la « faiblesse de la chair ».

Les Anounnaki furent fiers de leur apparence reptilienne--leur corps lisse et brillant--et les traits de mammifères leur furent répugnants. D'un point de vue objectif, l'élégance et la beauté de la forme reptilienne ont beaucoup de mérite. Il est difficile de voir comment se développa la répugnance physique envers ces créatures.

Le problème de répugnance est difficile à traiter et nous le laissons aux psychanalystes. Dans une large mesure, il semble être une expérience acquise, le résultat de ce que l'on nous enseigne quand nous sommes jeunes. D'un autre côté, le lointain souvenir du traitement bestial et barbare par les ancêtres reptiliens peut exister dans notre subconscient et contribuer à l'aversion des reptiles. [Note de l'éditeur : Nous pouvons encore démontrer une autre différence entre la culture des anciens grecs et celle des Hébreux. En Grèce, les dieux et les déesses représentaient l'ultime dans la beauté physique et la perfection. Et tel que déjà mentionné, une des raisons fondamentales pour la création du Judaïsme fut une rébellion contre tout ce qui fut grec. Donc, cette répulsion envers les Dieux sauriens provient peut-être de l'événement que Moïse et ses prêtres vécurent faisant face aux conséquences de son pacte avec le « vilain » Archon, menant en fin de compte, aux traditions religieuses judaïques et cette notion de « répulsion » de quoi que ce soit de reptilien.]

L'IMMORTALITÉ À TRAVERS LA RÉGÉNÉRATION

Dans les légendes anciennes, l'homme semble avoir eu une sorte de « connaissance » mais, il perdit l'immortalité. C'est quasiment comme si les deux furent mutuellement exclusifs.

Adam obtient la « connaissance » mais est expulsé du jardin et on lui défend de prendre le fruit de l'arbre de Vie. Il en est ainsi pour Adapa qui reçoit la « connaissance » d'Enki mais est dupé de l'eau et de la nourriture de vie qui l'aurait rendu immortel. Plusieurs des aventures de Gilgamesh furent des tentatives d'obtenir l'immortalité. On lui nie un voyage jusqu'au ciel pour implorer les dieux pour une longue vie. On lui refuse de nouveau lorsqu'il trouve Utnapishtim, son grand-père. Il obtient enfin la plante magique qui guérit et prolonge la vie, mais un serpent la lui vole, sans doute une image des dieux serpents.

Dans la mythologie mondiale, le serpent fut toujours le symbole de la longue vie, de la guérison, de la régénération et de l'immortalité. Partout ailleurs, les serpents furent associés avec la guérison. Par exemple, le « Chilam Balam » des Mayas raconte que les premiers habitants du Yucatán furent les Chanes ou « Gens du Serpent » qui vinrent de l'est en traversant l'eau avec leur chef Itzamna qui fut appelé par hasard le « Serpent de l'est ». Il fut un guérisseur et pouvait guérir par l'imposition des mains et même ranimer les morts. [Note de l'éditeur : Même aujourd'hui, le symbole de l'Association médicale américaine porte le symbole de deux serpents enroulés autour d'une perche. Itzamna est le nom Maya du prince-héritier Enlil. Son fils, le prince Nannar mena la première expédition des Anounnaki (ou Olmèques) de l'Afrique du Sud vers les Amériques. Nannar fut connu comme le légendaire Quetzalcóatl, le dieu serpent volant. Pour plus de détails, voir « The Lost Realms » par Zecharia Sitchin.]

Dans l'Ancien Testament, le rôle du serpent comme guérisseur est illustré dans l'incident du « serpent impudent » ou « séraphin » qui s'éleva sur une perche et devint une cure pour les maladies des tribus pendant leur exode d'Égypte.

Dans les sources anciennes, on ne trouve pas beaucoup de détails sur la dualité de la connaissance et de l'immortalité, telle que représentée par les deux arbres dans le jardin d'Éden. À part les brèves références dans le conte d'Adapa, la littérature ancienne concentre sur les efforts de l'homme à réaliser l'immortalité et la longévité. L'arbre de Vie symbolique et la nourriture et la boisson magiques sont des sujets populaires parmi les diverses cultures du Moyen-Orient et paraissent souvent dans leurs arts.

Le contraire est vrai de l'Ancien Testament où l'immortalité est presque oubliée et l'emphase est placée sur les péchés de l'homme causé par sa chute quand il acquit la connaissance. Une exception se trouve dans le document pseudopigraphique appelé, « La vie d'Adam et Ève », qui raconte des épisodes de leur vie après qu'ils eurent laissé l'Éden.

Datant du 1er siècle après J.C., il est disponible en Grec et en Latin. Il fournit un événement peu connu de la tentative d'Adam d'obtenir quelques remèdes de rajeunissement. Selon le texte, Adam fut vieux et malade et approchait la fin de sa vie. Il demanda à Ève et à son fils Seth de retourner au jardin d'Éden pour « l'huile de l'arbre de la pitié » avec laquelle il pourrait être oint, soulagé de sa douleur et peut-être même allongé sa durée de vie. À l'entrée de l' Éden, ils furent reçus par l'ange Michel qui refusa le plaidoyer de Seth disant que l'élixir magique n'est pas pour l'homme.

La concentration hébraïque contraire à celle des traditions séculières anciennes suggérerait que l'emphase sur la « connaissance » par la prêtrise fut une déviation délibérée pour imposer sur leurs gens une doctrine de « péché originel » ainsi que la « chute de l'homme », se donnant un grand contrôle de leurs esprits et de leurs comportements. [Note de l'éditeur : Amen !]

La recherche de la régénération, une forme d'immortalité, fut un thème commun de la littérature ancienne et de la mythologie. Dans l'Épique de Gilgamesh, ce fut un sous-thème où, après avoir dit à son petit-fils que les dieux lui avaient refusé l'immortalité, Utnapishtim eut de la compassion pour son petit-fils ; et, pour ne pas le laisser retourner les mains vides, il est informé d'une plante magique qui restaure la jeunesse et la vitalité et où la trouver. [Note de l' éditeur : Et, depuis ce temps, nous avons recherché « la fontaine de jouvence » !]

Donc, à son retour, Gilgamesh suit les directions de son grand-père et réussit à obtenir cette plante magique. Quelque peu imprudemment, il décide ne pas l'avaler immédiatement mais plutôt, de l'apporter à la ville d'Ourouk pour la partager avec ses amis. Cela s'avère être une erreur, puisque quand Gilgamesh arrête près d'une mare d'eau pour se baigner, la plante lui est volée.

Pour enlever la saleté de son long voyage, Gilgamesh décida de prendre un bain bien mérité. Sottement, il laisse la plante magique sur le rivage sans surveillance. Pendant qu'il se baigne et à sa grande consternation, un serpent ou « seru » sentit le parfum de la plante, traversa sur l'eau et l'emporta. Comme le serpent parti, il mua et laissa derrière sa peau. De cette façon, l'histoire représente la capacité régénératrice du serpent d'allonger sa vie en muant périodiquement sa peau. [Note de l'éditeur : Dans la terre d'Érythrée, autrefois l'Éthiopie du Nord, il y a une légende étrange qui est évocatrice de cette mésaventure. Un serpent vit près du littoral et possède une perle brillante et magique qu'il utilise comme un radar pour se guider dans la vie. Occasionnellement, un homme est capable de voler cette perle forçant ainsi le serpent à revenir au littoral pour trouver une autre perle. Cette légende est annexée à celui-ci comme document séparé.]

Onzième partie Les Dieux serpents et l'Immortalité suite...

Posté par Adriana Evangelizt

 

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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 01:02

 Alors points massorétiques pour fixer le sens du côté religieux judaïque  et traduction biaisée par les instances catholiques au travers de la Vulgate qui était interdite au vulgaire ne sachant pas lire le latin. L'auteur parle aussi de l'Inquisition qui fit brûler les livres judaïques parce qu'ils n'allaient pas dans le sens de l'Eglise Catholique Romaine. Mais s'ils l'ont fait c'est qu'il y avait une raison. Il ne faut pas trouver la Vérité. Parallèlement, l'auteur nous offre ici une version inédite de l'Exode, Moïse réformateur et dissident qui eut à faire à de nombreux ennemis...

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

2ème partie

1ère partie

Tome I

Mais les Septante, mais la Vulgate, dira-t-on !

Les Septante, la Vulgate, pourquoi s'en préoccuper? Ce mot Vulgate, la DIVULGUÉE, indique d'ailleurs une interprétation convenue. La lecture n'en a
pas même été toujours permise. Au commencement du Xlllme siècle, il était expressément défendu aux laïques d'avoir les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'Eglise ne permettait que le Psautier, le Bréviaire ou les Heures de la bienheureuse Marie, encore fallait-il que ces livres ne fussent point traduits en langue vulgaire. Des sentences d'évêques ont même interdit l'étude de la Grammaire.

Tant de précautions, tant de craintes prouvent
qu'une interprétation autre que l'interprétation voulue est possible. Le sens que révélerait, que divulguerait à son tour cette version, est ce que j'appelle le sens intime ou rationnel, de RATIONALIS, raisonnable, conforme à la raison. En le cherchant, je ne prétends pas déclarer faux celui donné par la Vulgate ou les Septante; mais persuadé qu'indépendamment du sens littéral et massorétique, un autre sens existe, je le cherche, parce que je crois qu'il est non seulement intéressant, mais qu'il est utile de le chercher.
Veritatis studiosus semper et Deo placet, et cunctis hominibus utilis est.

Que ce sens ne soit
pas toujours conforme à ce que voudrait le dogme, on peut donc facilement le croire. Le craindre, ce serait douter du sens reçu. En 1490, l'lnquisition fît brûler les Bibles hébraïques; c'est-à-dire, à défaut de l'auteur, l'oeuvre ; à défaut de Moïse, le Pentateuque. Ce fut un acte de déraison, va-t-on dire, un trait de fanatisme poussé jusqu'à la démence. Ce fut tout ce qu'on voudra, n'importe : je ne relève pas ce fait pour le juger, mais comme moyen de sécurité. Ainsi j'observe, pour ma conscience et pour celle du lecteur qui craindrait de me suivre, que cette condamnation si extraordinaire, si grave dans ses conséquences, n'a pas été infirmée par la cour de Rome ; ce qui veut dire apparemment qu'en secret elle l'approuve, ou que le texte hébreu ne lui importe guère, puisqu'en fait d'actes de cette gravité, tout ce qu'elle ne désavoue pas, ne condamne pas, elle l'approuve. (La quantité des livres hébraïques brûlés par l'ordre de l'Inquisition est immense, et les pertes que la science a faites, tant sous le rapport de la langue hébraïque et de plusieurs interprétations, que sous celui des sciences en général, doivent l'être également. A Salamanque, Torquemada fit brûler plus de six mille volumes hébraïques. Quarante ans avant, le dominicain Lope de Barrientos avait fait brûler également la bibliothèque de Henri d'Aragon. En Italie, même fureur contre les livres hébraïques. — « Sixtus Senensis,dit Gaffarel à ce sujet, cet homme qui a écrit avec tant de violence et d'injustice contre les juifs, pensait probablement qu'après tant de bibliothèques hébraïques qu'on avait brûlées en Italie, et après douze mille volumes que lui-même vit réduire en cendres à Crémone; qu'après, dit-il, une si rigoureuse inquisition, il ne resterait plus de livres dans lesquels nous pussions lire et juger si ce qu'il avançait était véritable. Mais il avait oublié de faire brûler aussi les oeuvres de Galatin, ou pour mieux dire de Sebonde, qui montrent clairement que la plus grande partie de ce qu'il dit contre les Thalmudistes et les premiers Rabbins est faux. » )
 

Il est certain d'ailleurs que le dominicain Torquemada, malgré l'atrocité sans bornes de son fanatisme, n'était point un insensé. Sa conduite, au contraire, était très raisonnée ; le texte hébraïque mieux compris le prouvera. J'ignore quelle connaissance il pouvait en avoir, ou quels renseignements il avait eus, mais on observe, en effet, et nous venons de le voir, que ce texte n'a jamais été cité par Jésus ni par ses Apôtres, ou qu'il ne l'a jamais été d'une manière conforme à l'hébreu moderne de la Bible. On l'avait sans doute remarqué aussi, et c'en était assez (conséquence téméraire à la vérité) pour qu'on le regardât comme dangereux, comme anathématisé.

Torquemada ne pouvait agir que
conformément aux instructions qu'il avait reçues de Rome, et ce qui le prouve, c'est qu'il ne fut point révoqué, c'est qu'il n'encourut aucun blâme, c'est qu'il fut maintenu dans ses terribles, ou plutôt horribles fonctions, jusqu'à sa mort, arrivée huit ans après.

Or, le texte hébreu de la Bible, jugé et condamné par le Saint Tribunal, brûlé en acte de foi à Séville et sur la place Saint-Etienne à Salamanque,
mis à l'index en quelque sorte pendant le XVI siècle, proscrit dans les chaires des prédicateurs catholiques, déclaré dangereux, infecté de judaïsme et faisant judaïserles chrétiens qui le lisent, se trouve, attendu cette condamnation solennelle dont il ne pourrait être purgé que par l'adoption d'une version nouvelle, faite uniquement sur l'hébreu, sans recourir pour le sens à la traduction des Septante ou de la Vulgate ; ce texte, dis-je, a perdu le caractère et l'autorité que, dans le principe du Christianisme, les Pères lui attribuaient. On peutdonc, après tout, étudier ce texte sous un point de vue nouveau, purement philosophique et philologique; en chercher une nouvelle interprétation, sans s'effrayer du sens que cette interprétation pourra produire. L'anathème qui l'a frappé l'abandonne à là critique et aux investigations du monde, tradidit dispjutationi; son témoignage n'est plus qu'un témoignage humain, sujet à l'erreur comme tout ce qui vient des hommes.

Mais, il faut en convenir néanmoins, le sort de ce livre est bien étrange ! La doctrine religieuse qui
sans lui n'existerait pas, qui sans lui n'a point de base, est précisément celle qui le repousse. C'est elle qui voudrait le condamner au néant, et qui le fait brûler publiquement par la main des dominicains ou frères prêcheurs.

Son origine, sa conservation jusqu'au jour où ce dogme sort de son sein, ne sont pas moins extraordinaires.

Même la langue dans laquelle il est écrit. Elle est, dit-on, la langue primitive, celle que Dieu donna à Adam , a l'aurore de la vie et de la nature, celle avec laquelle il communiquait avec lui et ses enfants 10 : eh bien, l'oeuvre de Dieu et l'ouvrage de l'homme,
tout a été condamné, brûlé comme judaïque, dangereux et impie! Et le jugement n'a pas été infirmé par l'Eglise soulevée, et il n'a pas été cassé avec indignation, et il n'a pas été déclaré nul pour consoler le coeur etla conscience des fidèles ! Etait-il donc juste ? C'est par cette langue, c'est dans ce livre, que doit se révéler à nous l'existence réelle des ALÉIM ou Dieux de Moïse ; arrêtons-nous donc à quelques études préliminaires , et cherchons à connaître :

1° La cause de l'existence du Pentateuque et l'histoire de ce livre singulier;

2° L'origine et les progrès de la langue dans laquelle il est écrit.

 

ELOIM, LES DIEUX DE MOÏSE.


ÉTUDES PRÉLIMINAIRES.

I
LE PENTATEUQUE ET SON ORIGINE.


On attribue à Moïse les cinq premiers livres de la Bible hébraïque, appelés le Pentateuque.
Ce sont :
LA GENÈSE, en hébreu SPhR BRAÇhIT;
L'EXODE, — SPhR ÇhMOUT;
LE LÉVITIQUE , — SPhR UIQRA ;
LES NOMBRES, — SPhR BMDBR;
ET LE DEUTÉRONOME, — SPhR DBRlM.
Si ces livres sont réellement de lui,
ils appartiennent à l'Egypte et au siècle d'Amenoph, car Moïse, dont on place l'existence sous le règne de ce prince, est un égyptien, né, élevé et instruit en Egypte.

On peut supposer encore la composition de ces livres beaucoup plus ancienne, si l'on adopte l'époque où Fl. Josêphe place la sortie des Hébreux d'Egypte et le passage de la Mer-Rouge.

Il semble, en effet, que cette sortie doit être antérieure au règne de Sésostris. L'Exode dit que le Pharaon qui poursuivit les Hébreux employa six cents charriots choisis, et Hérodote rapporte que Sésostris fit creuser en Egypte une si grande quantité de canaux, qu'il fallut renoncer à se servir de charriots, et qu'on en faisait un grand usage avant ce prince.

Le premier livre du Pentateuque, la Genèse, contient
des extraits de différents mémoires, dont plusieurs ne peuvent avoir été pris que dans les archives des temples égyptiens. Néanmoins, la Genèse n'a pas été composée pour des Égyptiens proprement dits : l'auteur y prépare en faveur des Israelites ou Hébreux, descendants de Jacob, le droit d'envahir un jour la terre de Chanaan (Gen. 9.25. — 15. 21., etc..).

Mais ces Israelites faisaient alors partie, depuis plus de quatre siècles, de la population égyptienne. Forcés par sept années consécutives de famine (Gen. 45.9 et suiv.) d'abandonner une des terres de Chus, l'Ethiopie orientale, au nord de la Mer-Rouge, ils avaient été reçus avec intérêt par les habitants de TZÔN ou Tânis et par ceux de NOPh ou MOPh, appelée depuis Memphis. Les paturages de Géshen leur avaient même été
généreusement cédés pour leurs troupeaux (Gen. 47. 6.). Une sorte de parenté attachée au souvenir de Chus, et la puissance de Joseph, leur avaient mérité cette bienveillante hospitalité. Les Égyptiens, même ceux de la Basse-Egypte, n'avaient point oublié qu'ils étaient, eux aussi, originaires de l'Ethiopie méridionale, autre pays de Chus à l'occident de la Mer-Rouge.

Séduits par cet accueil, les Israelites, quand la disette fut passée,
ne songèrent plus à quitter l'Egypte : témoins chaque jour des cérémonies religieuses les plus saintes et les plus solennelles, continuellement en relations avec un peuple chez qui l'attachement à la terre natale était un sentiment comparable à la piété filiale, ils avaient oublié, sans beaucoup de peine, leurs habitudes nomades, leur vieux langage, et jusqu'au nom du Dieu qu'avaient adoré leurs pères (Exod. 3. 13.).

Mais le bien-être dont ils jouissaient ne pouvait pas toujours durer ; de nouvelles circonstances, un nouveau règne, pouvaient le détruire. Après quelques siècles la terre de Géshen ne put suffire à leur population, devenue considérable ; ils se rapprochèrent alors des grandes villes, principalement de Tânis, de Memphis, de NO-AMON, l' habitation des ouvriers, des artistes, depuis la Diospolis du Delta ; de ON ou Héliopolis, et enfin de Phitom et de Rômses (Exod. 1. 11).

Accoutumés à une vie oisive, paresseux comme le sont tous les peuples pasteurs (Exod. 5. 17),
inhabiles dans les arts, ignorants dans les sciences, ils n'avaient la tradition d'aucune profession industrielle ; ils ne pouvaient même en exercer aucune, car dans ce pays, où les hommes étaient classés, la profession était la propriété de l'individu qui l'exerçait ; le Père la léguait aux enfants, et la loi défendait, même aux Égyptiens indigènes, de l'usurper : quitter l'état de ses pères pour en prendre un autre, c'était voler l'héritage d'autrui; ceux qui l'osaient étaient sévèrement punis.(Diod.) Ces étrangers ne purent donc assurer leur subsistance qu'en se livrant à des travaux humiliants et pénibles, que les souverains faisaient alors exécuter par des peuples vaincus et menés en captivité (Voy. Diod.,liv. 1).

Ainsi , la position sociale des Israëlites en Egypte avait pu devenir naturellement et sans animosité de la part des Égyptiens,
semblable à celle des esclaves, avilissante, et par conséquent odieuse, insupportable. Ils gémissaient sous le travail (5 Exod. 2, 23), et leurs plaintes , que n'écoutaient point les exacteurs du peuple et les inspecteurs des travaux publics (Exod. 5. 6.9. 10. 11), touchèrent les chefs principaux du Sacerdoce (Exod. 2. 24. 25).

A cette époque,
l'initiation égyptienne, méconnue par les princes que l'idolâtrie entraînait dans ses voies (Exod. 5.2), avait projeté une réforme théosophique semblable à celle qui avait eu lieu par l'influence d'Abraham. Le moyen qu'on devait employer pour l'obtenir était d'initier en quelque sorte les peuples, et de les éclairer en masse; de les faire sacrifier au Dieu de leurs pères (Exod. 3. 12.), et de leur révéler ensuite la doctrine professée dans le secret des Temples sur la nature et les attributions des intelligences célestes, appelées Dieux, ALÉIM, et selon la ponctuation des Massorettes AELOÏM.

Il fallait nécessairement choisir, pour conduire cette entreprise, un homme indépendant par sa naissance, car les Égyptiens naissaient stationnaires, liés au sol, attachés à une classe dont ils ne pouvaient sortir, et voués par la loi à une profession héréditaire. Il fallait donc que ce chef, que ce guide, fût étranger aux obligations qui retenaient les chefs ou prêtres initiateurs dans la localité où ils exercaient
leurs fonctions sacerdotales. Et cependant cet homme devait appartenir à l'Egypte, il fallait même qu'il y fût puissant, qu'il y fût en faveur près du Pharaon, et qu'il pût compter sur l'estime et la confiance du peuple.

Moïse l'israëlite, le fils adoptif de la fille du Pharaon même
, l'élève du Temple, l'allié du Sacerdoce (Exode. 18. 1), l'initié à toutes les sciences des Égyptiens, l'homme puissant en intelligence (Act. desAp. 7. 31), puissant en actions (Act. desAp. 7. 31), et qui avait commandé avec tant de succès l'armée que le roi d'Égypte avait envoyée contre les Éthiopiens (Fl. Jos.,liv.2.,ch. 5.), Moïse fut cet homme extraordinaire. La mission dont il fut chargé (MSÉ) et dont il eut le nom, MSÉ, MuSÉ, MUSÉE ou MOÏSE, exige d'autres explications ; j'y reviendrai en terminant.

Il fallait aussi pouvoir, par prudence (Exod. 8. 21. 22.) et sans blesser la sainteté des usages (Voy. ce que dit Porphyre),
éloigner momentanément du sol natal la portion du peuple par laquelle on devait commencer la réforme. Les Israélites furent choisis, parce qu'ils n'étaient point Egyptiens aborigènes. Leur ancienne habitation, avant qu'ils entrassent en Egypte, avait été sous la tente, dans le désert, à l'orient de la Mer-Rouge. Les conduire dans le désert par un voyage de quelques jours (Exod. 3. 18), pour y sacrifier solennellement au Dieu des ancêtres, ce n'était ni les ramener dans leur antique patrie, ils avaient été nomades, ni déserter l'Egypte.

Mais les vues philosophiques des chefs de cette sainte entreprise devaient malheureusement rencontrer des obstacles. Quelques prêtres, que leurs fonctions faisaient appeler Jannès et Jambrès (Épit. à Tim ., ch. 3. 8) , plus superstitieux ou moins avancés que les autres dans leurs vues sociales, ou craignant le départ définitif d'une population dont on se servait avec tant d'avantage pour construire des monuments, élever des chaussées et creuser des canaux, blâmèrent vivement ce projet en présence même du Pharaon ; ils en nièrent l'opportunité ; et opposant avec adresse raison à raison, puissance à puissance, ils retardèrent l'adhésion du Roi, ils endurcirent son coeur, comme dit Moïse (Le plan de réforme et l'opposition à ce plan partirent également du Sacerdoce. Chacun, selon l'esprit sacerdotal, s'expliquant et agissant sous l'inspiration des Dieux et par conséquent comme Dieu et au nom de Dieu, le texte de Moïse est exact lorsqu'il fait solliciter au nom de JÉOVÉ la liberté d'initier les Israélites, et lorsqu'il fait en même temps endurcir le coeur de Pharaon par JÉOVÉ. C'est l'opinion pour et contre agissant en même temps et émanant du même corps délibérant. Voilà tout le mystère de cette singulière expression : J'endurcirai le coeur de Pharaon..)

Cependant, il fallut céder à la supériorité de ce grand homme, à son influence politique et religieuse, et il se retirèrent. Rien ne pouvait plus empêcher
l'essai projeté, et toute la population riche et éclairée de No-Amon , de Tànis, de Moph et d'autres villes, s'associant à l'esprit de cette sainte pérégrination , offrit aux Israelites des dons et des facilités sans nombre.

Mais Moïse avait à peine gagné les frontières, atteint les gués de la Mer Rouge, près Suez, et profité de la marée basse pour passer dans le désert,
que
ces mêmes prêtres, usant de leur influence, fanatisèrent la populace de Tânis et de No-Amon et la soulevèrent contre lui. Le Pharaon de Tànis, naturellement disposé contre la réforme projetée, profita de ces circonstances, et trouvant près du Sacerdoce une excuse dans le soulèvement et les cris du peuple, dans les rapports intéressés de quelques chefs militaires ennemis d'un Israelite qui, dans la guerre d'Ethiopie, les avait devancés ; de quelques intendants des travaux qui perdaient à l'émancipation inévitable des Hébreux après l'initiation, ce Roi, dis-je, feignit de considérer les Israelites comme de véritables fugitifs, et se mit à leur poursuite. Ce prince, dont l'esprit et l'obstination ont été caractérisés par tous les maux allégoriquement décrits dans l'Exode, et qui ne cédait que vaincu par la présence même du mal, périt bientôt, ainsi qu'une partie de ceux qui l'avaient entraîné, en s'aventurant avec imprudence, après un trop long délai et au moment de la marée montante, sur les bas-fonds où Moïse avait passé la Mer-Rouge.11 (Note intéressante)

Témoin de ce désastre, Moïse ne pouvait douter du ressentiment profond que les Egyptiens en conserveraient contre lui et contre les Israelites. Il s'enfonca dans le désert, et alla camper au pied du Sinaï, aujourd'hui si célèbre. Devenu le chef militaire et le législateur d'un peuple exilé sans cause politique et pour un acte religieux, il continua la mission dont il était chargé et dont il garda le nom. Il prit alors la résolution de tourner l'esprit et les voeux des Israelites vers le pays de Chanaan, opposant aux regrets que leur inspirait le souvenir de l'Egypte l'espoir d'une terre promise. Il parvint à leur démontrer, par les traditions qu'il inséra plus tard dans la Genèse, que dès les premiers âges du monde, la possession de ce pays avait été annoncée à leurs pères par JÉOVÉ, le Dieu de leurs ancêtres, pour lequel ils avaient quitté l'Egypte.

 

C'est dans cette pensée qu'il rédigea les cinq livres qui lui sont attribués, et qui ne sont devenus si volumineux que par les additions qui y furent faites en divers temps après lui. Ces livres constituèrent en corps de nation cette population si longtemps nomade. Ce qu'il y a de très remarquable, c'est qu'au milieu des difficultés de sa position, malgré le penchant à peu près invincible des Hébreux vers l'idolâtrie; malgré leurs regrets et leurs murmures, malgré leurs révoltes, malgré leur misère de plus en plus pressante, Moïse eut la force de ne considérer que l'avenir de son peuple. Il prolongea, évidemment dans un but politique, le séjour des Hébreux dans le désert. Ils y passèrent un nombre d'années sur lesquelles il a jeté une obscurité impénétrable, et que l'on détermine à quarante (Deut. 2. 7-Josué 5. 6.), parce que ce nombre est symbolique des épreuves, de la privation, de la correction ou de la régénération morale 12. Il en profita pour habituer leur esprit aux formes d'un gouvernement théocratique pur, où Dieu, agissant, parlant, commandant lui-même pour l'exécution de la plus simple ordonnance, met la responsabilité sacerdotale à l'abri de toute enquête.

On lui reproche de ne leur avoir promis que des récompenses temporelles : mais
selon la pensée égyptienne antique, et selon la sienne par conséquent, l'homme ne peut pas engager la Divinité, lui imposer des obligations, la contraindre à payer un salaire, enchaîner sa liberté et forcer le don de sa grâce ; car cela aurait lieu si l'homme méritant par lui-même, la Divinité lui devait forcément une récompense. Suivant Moïse, le bonheur, la fortune, l'estime publique et la paix de l'âme, suivent toujours la fidélité aux devoirs, la piété, le travail, le mérite et le courage. Si par hasard le contraire se présente, la susceptibilité des dogmes théocratiques peut toujours soupçonner, ou découvrir même, une cause secrète du mal, car tout est péché au besoin.

Les conséquences de ce système, pour nous si étrange, sont QUE LE BONHEUR TEMPOREL ET LA PROSPÉRITÉ NATIONALE D'UN PEUPLE DÉPENDENT DE SA FIDÉLITÉ A SUIVRE LE DIEU QU'ONT, suivi SES PÈRES (Josué 24. 20.). Les Hébreux,ont été longtemps sans comprendre ce précepte, et leur histoire depuis Moïse jusqu'à la captivité,semble n'avoir été écrite que pour leur en démontrer la vérité.

La suite...

Notes

10 Préf. de la Clef des Lang., par M. l'abbé Latouche.

11  Cette explication naturelle du passage de la Mer Rouge était commune chez les Juifs, puisque Fl. Josèphe, qu'un miracle n'effrayait pas, termine son récit (liv. 2 ch. 7) sous son influence. C'était la manière dont un écrivain Caraïte, cité par Aben-Ezra ( Exode de M. Cahen), expliquait le miracle. C'était celle du Ch. Raleigh, cité par Rob. Cleyton ; de Joachim Vadian, etc. En 1650 on appelait encore cette opinion une exécrable impiété; et pour le prouver, on disait que la mer Rouge par son flux et reflux ne délaisse jamais son auge, étant toujours pleine et couverte d'eau de fond en comble.
Mais voici une affirmation d'un autre genre et qui est de fait. L'auteur du tableau de l'Egypte pendant le séjour de l'armée française, A. Galland, membre de la commission des sciences et arts séant au Caire pendant l'expédition (t. 1. p. 111. ), parle du voyage de Bonaparte à Souez, et dit :—« Le général en chef, accompagné d'une escorte considérable, a été voir ce port. Je ne parlerai point du canal... dont il a fait le premier la découverte,... ni des fontaines de Moïse;... je tais aussi quelques petites antiquités observées dans la route;... je me contenterai d'observer que le général passa la Mer- Rouge à cheval, et aussi heureusement que Moïse ; qu'à son retour, la marée se trouvant beaucoup plus haute, il fut sur le point d'éprouver le sort de Pharaon ; car le gué n'était plus praticable. Plus heureux ou plus habile, Bonaparte se tira d'affaire ; mais le général Caffarelli, privé d'une jambe, aurait couru des dangers sans l'intelligence et le courage d'un guide à cheval, qui fut de suite élevé au grade de brigadier. » ( Tableau de l'Egypte, etc., suivi de l'état militaire et civil de l'armée d'Orient. A Paris, an xui.— 1804.

12 Les épreuves des mystères chez les Perses étaient au nombre de deux fois 40. — Les Egyptiens avaient 40 juges des morts ; les épreuves dans la solitude, dans le désert, étaient de 40jours ou temps ; les mêmes par la privation ou le jeûne étaient de 40 jours.— La correction par la flagellation était de 40 coups moins un, crainte d'excéder.— Dans la régénération morale symbolisée par le déluge, le nombre 40 figure deux fois, avec les nombres 7, 17, 27 et 150.

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 00:23

  Un livre très intéressant dans la mesure où il démontre, entre autre, que les inventeurs des points-voyelles ou points massorétiques ajoutés à l'alphabet hébreu de Moïse avait pour but de fixer la signification des mots afin de ne pas permettre une autre interprétation que celle des inventeurs... ainsi le voile s'est épaissi encore davantage pour masquer le vrai sens des mots ou images du prophète. D'autre part cette invention fut conçue lorsque furent constatés par les instances religieuses judaïques les progrès du Christianisme... on voit là le bon esprit...


 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

1ère partie

Tome I

OBSERVATIONS

 

AELOÏM ou les Dieux de Moïse !

Le rapprochement de ces mots est insolite, j'en conviens ; mais on comprendrait bien mal ma pensée, si, la jugeant d'après le choix que j'ai dû faire du mot AELOÏM , ou plutôt ALÉIM , on présumait que cet ouvrage n'a été entrepris et publié que dans des vues hostiles au Christianisme.

Mes vues se portent sur l'Egypte contemporaine de Moïse , et ne s'arrêtent qu'accidentellement et secondairement ailleurs.

Quant a ma pensée, je vais la dire; la voici :
Je ne crois pas que la nature humaine, que l'origine des êtres , que le mystère de la création, soit qu'on les considère chronologiquement selon le récit de Moïse, soit qu'on les étudie géologiquement d'après les découvertes modernes, deviennent plus inexplicables qu'ils ne le sont, parce qu'il aura été démontré, je le suppose, que le premier chapitre de la Genèse est le programme de six actes cosmogoniques que l'on jouait
devant les initiés dans les mystères de l'Egypte.

Je ne crois pas que le dogme de l'unité de Dieu soit compromis, parce qu'il aura été démontré, je le suppose également, que
Moïse met en action dans le Pentateuque un grand nombre de divinités subalternes, bien qu'il ne permette d'adorer que JEOVE, L'ADONI., le maître, le chef suprême, l'AUTOS, le LUI, qui domine tous ces ALLOÏ , tous ces autres, dits en hébreu ALOÏM ou ALEIM, ceux-ci. Je crois, au contraire, que le polythéisme de Moïse, avoué enfin et bien compris, serait un salutaire exemple de tolérance religieuse, et qu'il mettrait un terme à la fausse opinion que dans beaucoup de livres, excellents du reste, on se croit obligé de donner sur le mérite des vertus et de la morale des peuples païens.

Je ne crois pas que le Christianisme, cette institution si belle , si sainte, si pure, si aimable dans son auteur, puisse être moins aimé, puisse devenir moins cher aux esprits droits, aux âmes tendres et généreuses, à tous les gens de bien enfin, parce qu'il aura été démontré, je le suppose encore, qu'il n'est point une conséquence de la scène qui se passe dans le Jardin d'Eden, attendu que
cette scène est relative à l'initiation égyptienne, à l'enseignement professé dans les temples et aux obligations imposées au nouvel initié.

Enfin, je ne crois pas que la chaîne historique des temps primitifs, des temps antédiluviens, soit moins facile à expliquer, et surtout à croire et à comprendre, parce qu'il aura été démontré que cette prétendue chaîne généalogique n'est qu'un tableau systématique de la marche progressive de la société humaine dans une durée de 1650 à 1700 ans,
Etc., etc., etc.
Mais je crois qu'il serait temps de signaler
les récits appartenant à l'Egypte ou à la Chaldée, et ceux qui, purement allégoriques, ont été introduits dans le corps même des livres de Moïse. Je crois que ces récits peuvent être ramenés à leur signification vraie par une nouvelle étude des mots du texte, et j'en produis quelques preuves, en attendant mieux de la part des savants et des hébraïsants de profession. Je crois, en considérant le scepticisme ou l'esprit de réforme qui commande à la raison du siècle, qu'il n'y aurait point de danger à abandonner le sens littéral et convenu de ce texte partout où il blesse cette même raison, je dis plus, je crois cette détermination nécessaire, malgré toutes les difficultés qu'elle présente : salutaire aujourd'hui, elle sera sans effet plus tard.

Quant au paradoxe sur lequel repose cet ouvrage, le Polythéisme de Moïse, je ne veux ni le préparer dans une préface, ni le défendre contre les prejugés qu'il pourra heurter. Un temps vient où des opinions que l'ignorance avait posées comme bases, comme principes, compromettent les institutions sous lesquelles on les a placées : il faut qu'elles redeviennent ce qu'elles étaient, l'opinion de l'ignorance. Vouloir empêcher une réforme quand elle est nécessaire, c'est s'exposer à tout perdre. Refuser de toucher à des fondements qui compromettent l'existence d'un édifice, c'est vouloir que la ruine de l'édifice prouve que
les fondements étaient mauvais.

Apres cet exposé sincère, que le lecteur consulte ses opinions ou ses préjugés, et qu'il prenne ou laisse ce livre. Je ne lui ai point déguisé la nature des faits et des observations qu'il peut espérer ou qu'il doit craindre d'y trouver. S'il aime la vérité, si comme saint Augustin il entend au fond de son ame la voix de cette vérité qui lui crie : On se trompe ! on se trompe ! qu'il prenne et qu'il lise : peut-être sera-t-il frappé de quelques rayons lumineux assez vifs pour lui indiquer la route antique qui conduisait les hommes vers cette même vérité.

 

AVANT-PROPOS.


DE L'AUTORITÉ DU TEXTE HÉBREU DU PENTATEUQUE

 TEL QU'IL EST AUJOURD'HUI.


RENDEZ AUX DIEUX LE CULTE CONSACRÉ PAR LES LOIS, disait Pythagore.
Peut-on aujourd'hui, sans manquer à l'esprit de ce précepte, étudier le texte hébreu des livres de Moïse, et ne point se référer à l'interprétation reçue, base du culte consacré par les lois ?
Telle est la question qui se présente.

S'arrêter dès l'abord devant une difficulté semblable, n'est peut-être pas de ce siècle ; mais pour nous, qui tenons un peu du siècle passé, il n'est pas indiffèrent que nous soyons fixés d'une manière affirmative et rassurante. Comment, en effet, arriverions-nous jusqu'à la pensée intime d'un écrivain sacré, s'il nous fallait craindre de jeter un coup d'œil investigateur au-delà du sens apparent de ses paroles? Il n'est pas facile, disait Bacchylide, de trouver la porte des mots dont il n'est pas permis de parler.

Mais une interdiction de ce genre pour les mots des livres de Moïse, en tant que livres sacrés, ne peut plus exister, il faut que j'en prévienne le lecteur. Je ne parle pas du libre examen pour l'interprétation et le vrai sens des Écritures, suivant l'antidote du concile de Trente, ni de l'émancipation philosophique, ni du doute qu'elle oppose aux propositions les plus respectées et les mieux établies; je veux dire que le texte primitif de nos livres saints, que le texte hébreu, car je n'entends parler que de celui-là, a
perdu, comme autorité irréfragable, le caractère qu'il avait lorsque saint Jérôme disait : « On peut appeler hérétique quiconque explique l'Écriture autrement que le sens de l'Esprit- Saint le demande. » Ou saint Jérôme se trompait, ou le texte hébraïque n'est plus le même.

Depuis trois siècles et demi ce texte est placé sous le préjudice d'une condamnation prohibitoire, ou au moins expurgatoire, sans que la cour de Rome ait pensé à le réhabiliter.
Et d'ailleurs : 
Il y a toujours eu, suivant Richard Simon, de savants hommes dans l'Église, qui ont
accusé les juifs d'avoir corrompu à dessein le texte de l'Écriture, pour s'opposer plus fortement à la religion chrétienne.
Le P. Morin, dit-il, qui produit les témoignages des Pères et d'un grand nombre d'autres auteurs qui sont de ce sentiment, n'a pas pourtant osé se déclarer en leur faveur; ce qui est assurément
un grand préjugé pour les juifs, d'autant que le P. Morin a fait tout son possible pour diminuer l'autorité du texte hébreu et pour relever la version des Septante et de la Vulgate.

Vossius n'a pas en tant de modération dans le livre qu'il a écrit pour autoriser les Septante, et pour
diminuer en même temps l'autorité de l'exemplaire des juifs. Il ne s'est pas contenté de dire que la traduction grecque des Septante était divine, et faite par des prophètes inspirés de Dieu 1 , mais il a apporté tout ce qui lui a été possible pour décrier le texte hébreu d' aujourd'hui. Il prétend que les juifs ont corrompu malicieusement leurs exemplaires, tant dans la chronologie que dans les prophètes; et afin qu'on ne doute pas de ce qu'il avance, il marque le temps de cette corruption, qu'il assure être arrivée un peu après la destruction de Jérusalem 2.

Ainsi, nous pouvons chercher l'entrée de ce texte et marcher avec sûreté de conscience.

Cela étant, j'observerai que lorsqu'on étudie certaines expressions du texte hébraïque, et qu'on le fait avec l'intention de rétablir la force, le sens profond, le sens intime que l'étymologie peut leur donner dans certains passages, on se trouve alors dans l'impossibilité absolue de traduire mot pour mot la phrase que l'on a en vue ; et néanmoins, comme on ne peut plus se confier à l'interprétation voulue par l'habitude et quelquefois par le dogme, on tombe nécessairement dans le doute sur le sens réel de ces passages.

Cette difficulté, qui peut mener plus loin qu'on ne pense, se fait principalement sentir dans les premiers chapitres de la Genèse; Les faits qui s'y trouvent ont une apparence historique, et en réalité ce sont
des enseignements allégoriques dont le sens intime est couvert, soit par la massore attribuée à Esdras, soit par la transcription imparfaite de quelques mots hébreux privés de leurs voyelles primitives, soit enfin parce que ces mots sont naturellement équivoques et veulent, pour être compris, qu'on les explique par une périphrase.

Toutes les traductions deviennent sinon inexactes, du moins incomplètes, quand elles abordent ces narrations ; elles ne mettent en évidence que le sens matériel et apparent, tel qu'on le donne depuis vingt et un ou vingt-deux siècles, et
le sens intime, le sens rationnel, reste caché. Vouloir le trouver en ne consultant que des traductions, ce serait peine perdue; les paraboles ou allégories hébraïques ne s'expliquent pas par un cela veut dire. Leur signification est en grande partie dans le double sens des mots. Cette signification est fort souvent éclipsée par d'autres plus en faveur; mais soyons persuadés qu'elle ne peut pas être un mystère impénétrable ; et c'est ici le cas de rappeler le mot de la Pythie, invenies si quaesieris. Surtout souvenons-nous que cette signification ne doit pas être ce que les pères allégoristes appelaient des sens sublimes. On la trouvera en recourant aux dictionnaires et à l'analyse étymologique des mots; en sorte qu'on pourrait presque dire qu'il n'y a réellement rien de caché dans ce texte, et qu'il ne faut que regarder pour voir, qu'écouter pour comprendre, si, pour voir, il ne fallait écarter le sens vulgaire ou restreint de quelques expressions, et si, pour comprendre, il ne fallait éloigner de sa pensée des propositions auxquelles on est habitué depuis l'enfance, propositions qu'on reçoit et qu'on n'examine pas.

Ainsi, par exemple, on rend très imparfaitement l'idée que Moïse avait en vue, lorsqu'on traduit EShC ou ÈÇhC du verset deuxième, chapitre premier de la Genèse, par ce seul mot ténèbres- et AOUR ou AUR du troisième verset, par lumière 3.

EÇhC exprime dans cet endroit l'idée d'une résistance compressive ; d'un empêchement qui ne permet pas d'avancer, qui arrête le développement d'une chose ; et l'ensemble du texte indique qu'il faut faire sentir toute la puissance de cette signification.

Le AOUR, AUR 4, se dit de la lumière et du feu producteur de la lumière ; mais dans le verset trois il indique principalement la lumière qui précède de quelque temps le lever du soleil. C'est l'aurore ou l'aube du jour. Le soleil, créé dan s la quatrième époque cosmogonique et après la lumière, prouve qu'il faut conserver au mot AOUR ce sens très remarquable. On voit alors que Moïse entendait, par la lumière, l'aube du monde, l'aurore de la création. L'idée est assez grande, assez belle, pour qu'on ne la dédaigne pas.


Ce sens restreint, cette interprétation superficielle, dont il n'est pas permis de s'écarter, par la raison même qu'on pourrait le faire, car la loi ne défend pas l'impossible, a été fixée par l'invention des points-voyelles, appelés points massorétiques. L'alphabet hébreu se compose, dit-on, de vingt-deux consonnes. — Comme un mot qui n'a point de voyelles peut se prononcer de plusieurs manières différentes, on a inventé de petits points, qui servent de voyelles, et qui ne changent rien dans les lettres hébraïques ni dans le texte sacré. Ces points-voyelles sont au nombre de quatorze; savoir : cinq longs, cinq brefs et quatre très-brefs. ( Gram. de Ladvocat. )

Ainsi, par ce système, le nom de Moïse, qui s'écrit MShÉ ou MSÉ, et qui pourrait être lu MuSÉ ou MuSÉe, ce qui, dans bien des circonstances, serait un trait de lumière, nous est imposé par la ponctuation massorétique avec la prononciation MoSÉ, et toute voie à des rapprochements heureux nous est fermée.

Nous restituerons à l'alphabet hébreu les voyelles dont on l'a privé fort mal à propos, et qui sont A, 0, É, È, I et OU , que nous venons d'expliquer. Ce sont la 1ère, la 16me, la 5me, la 8me, la 10me et la 6me, dans l'ordre ordinaire des lettres de l'alphabet.

Mais l'objet principal de la ponctuation massorétique était de fixer la signification des mots, de manière à ne pas permettre une autre interprétation que celle que les inventeurs de ces points avaient choisie pour tel ou tel passage.

Cette invention judaïque fut conçue et méditée en présence des progrès du Christianisme. Il semble donc qu'un sentiment de jalousie l'ait suggérée. Elle eut pour but d'entraver la facilité que les premiers chrétiens tiraient de l'interprétation allégorique ou rationnelle, pour amener au Christianisme des hommes de mérite et influents, comme l'avaient été tant de philosophes platoniciens. Le sens littéral, absurde ou impossible, imposé par cette invention, les en aurait éloignés 5.


Mais il était trop tard; et, dans le fait, il ne serait pas facile de dire ce que serait le Christianisme si les Saducéens s'étaient avisés des points voyelles un siècle avant l'ère chrétienne, et si les Pharisiens, contrariés par cette invention, avaient fini par l'adopter. « Les juifs, au temps de Notre Seigneur, ne s'appliquaient qu'à leurs traditions, aux allégories et aux paraboles. Le sens littéral de l'Écriture y était entièrement négligé ; et, par conséquent, on se souciait peu d'avoir des exemplaires corrects. Les Pharisiens, qui étaient alors les plus considérés de tous les docteurs juifs, ne consultaient pas dans les difficultés qui se rencontraient sur la loi, le texte de l'Écriture, mais les traditions de leurs pères ... Nous sommes redevables aux Pharisiens des exemplaires de la Bible que nous avons présentement- et les juifs d'aujourd'hui sont les successeurs de ces anciens Pharisiens, dont la doctrine a prévalu sur toutes les autres sectes. Au reste, bien que Notre Seigneur ait reproché aux Pharisiens de préférer les traditions à la parole de Dieu, il ne les a pas pourtant rejetées entièrement au contraire, il a suivi leur méthode dans l'explication de l'Écriture, et il a seulement condamné l'abus des traditions mal fondées.

«Saint Paul, qui avait été de la secte des Pharisiens, a aussi interprété l'Écriture par les préjugés de la tradition 6 ; et il semble même que
l'Eglise, dès le commencement, ait préféré cette manière d'expliquer la Bible, à celle de quelques nouveaux grammairiens qui ne s'attachent qu'aux mots. Aussi, ne voyons-nous pas que Notre Seigneur ni les Apôtres se soient mis en peine de citer les passages de l'Écriture, mot pour mot; ils ont eu  plus d'égard au sens qu'à la lettre du texte. Saint Jérôme remarque dans ses commentaires sur le prophète Michée, que quelques écrivains de son temps prétendaient que la plupart des passages du Vieux Testament, qui sont dans le Nouveau, n'y étaient point rapportés avec exactitude; mais que les paroles ou l'ordre étaient changés, et quelquefois même le sens, parce que les Apôtres ou Evangélistes se fiaient à leur mémoire. Il est néanmoins plus à propos de dire, que Notre Seigneur et les Apôtres citaient les passages du Vieux Testament, selon la méthode des Pharisiens, qui ne comptaient pas les mots du texte quand ils le citaient, étant persuadés que la religion dépendait plus des préjugés de la Tradition que des paroles simples de l'Ecriture, qui étaient sujettes à diverses explications. Si l'on examine avec quelque application la manière dont les apôtres argumentent dans le Nouveau Testament, on sera convaincu qu'ils n'ont eu égard dans leurs citations qu'au sens, et non à une certaine rigueur de grammaire qui éloigne quelquefois du véritable sens. Ils ont accommodé les témoignages qu'ils prenaient du Vieux Testament aux explications reçues et autorisées par la Tradition ; et leurs preuves ne sont même quelquefois que des allusions et des allégories. En quoi on ne peut pas les condamner, puisqu'ils suivaient une méthode approuvée par les principaux docteurs de ce temps-là 7. »

Il est évident que la plupart des pères auxquels le Christianisme doit tant, se seraient renfermés dans le platonisme pur, s'il leur avait fallu accepter
le sens littéral du texte hébraïque comme on le reçoit aujourd'hui. Saint Augustin lui-même n'aurait peut-être pas abandonné entièrement le manichéisme, puisqu'il avoue qu'il n'y a pas moyen de conserver le sens littéral des trois premiers chapitres de la Genèse sans blesser la piété, sans attribuer à Dieu des choses indignes de lui 8 : 0rigène, quem postapostolos ecclesiarum magistrum nemo nisi imperitus negabit, dit saint Jérôme, le fléau des hérétiques, comme l'appelle de Beausobre, aurait embrassé le platonisme, lui qui a si souvent usé de l'allégorie, lui qui convient que si l'on prend l'histoire de la création dans le sens littéral, elle est absurde, contradictoire.

Le Christianisme continuera-t-il à s'enchevêtrer
dans un système de ponctuation inventé pour le perdre ? Cela est présumable, mais assurément cela pourrait ne pas être, si l'on savait et si l'on osait le vouloir ; car enfin cela n'était pas du temps des Pères, c'est-à-dire, depuis les Apôtres jusqu'à l'époque de l'invention de ces points insidieux au commencement du VI siècle 9.

L'Église de ce temps-là avait compris
l'intention cachée sous l'apparence spécieuse de conserver la véritable interprétation du texte. C'est dans cette pensée, que le concile général de Constantinople, en 553, condamna Théodore, évêque de Mopsueste, qui avait expliqué les petits prophètes d'une manière purement historique, et selon la méthode des juifs. On appelait alors judaïsans ceux qui s'attachaient au sens littéral de la Bible.   Le T ou To de l'alphabet hébreu avait encore dans les premiers siècles du Christianisme la forme d'une croix ; quelques savants qui, sans doute, avaient deviné l'intention des Massorettes, leur ont attribué le changement de cette lettre en la forme actuelle du To hébreu. Son nom signifiait le signe, la marque, et dans quelques circonstances, comme on le voit dans Ezechiel, 9, cette forme, la croix, était appelée le signe du salut. On comprend que cette lettre ainsi figurée favorisait trop le christianisme, il fallut le changer.

Le P. Houbigant, dont les biographes signalent la piété, fait une observation qui me paraît fort raisonnable, et qui laisse entrevoir comment on devrait traduire.

Les Massorettes
en ponctuant le texte hébreu , dit-il, ont souvent limité à une seule idée le discours des auteurs sacrés ; souvent l'écriture présente à la fois plusieurs bons sens qu'apparemment les auteurs sacrés y voyaient eux-mêmes. Ces hommes prophétiques auraient pris sans doute un autre tour, s'ils avaient jugé à propos de restreindre leur texte à une seule et unique interprétation légitime. Ils ne l'ont point fait : appartenait-il aux Massorettes de le faire pour eux ? Leur convenait-il de limiter la profondeur des Écritures ? et nous sied-il bien, à nous chrétiens, de ne voir avec eux dans les livres saints qu'une lettre sèche et souvent concentrée en un sens grammatical, pour fermer l'entrée a plusieurs sens allégoriques et aux autres points de vue que présente la Sainte Ecriture ?

Il est donc évident que,
pour avoir le sens d'un passage hébraïque, dont l'interprétation restreinte par la ponctuation massorétique présente ou une absurdité ou une impossibilité morale, il faut chercher ce sens dans les différentes significations du mot et rapprocher ces significations lorsqu'il est impossible de trouver une expression qui rende la valeur et l'énergie que le mot hébreu paraît avoir. La narration est beaucoup moins concise, il est vrai, mais elle est plus facile à comprendre ; et comme il ne s'agit pas de la forme mais de l'esprit du texte, mieux comprendre est ce qui importe.

La suite...

Notes

1 Saint Jérome a fait perdre aux Septantes cette qualité.

2 Hist. critiq. de l'Anc. Test., p. 101.

3 Pour rendre possible la lecture d'un mot hébreu où ne se trouvent pas de voyelles, et faire sentir l'orthographe de ce mot, supposez après la consonne un E muet, prononcé EU.

4 Dans tout le cours de cet ouvrage, les transcriptions OU, U, Y et 0 simple, sans accent, répondent à la sixième lettre de l'alphabet hébreu, appelée OUAOU, UOU et VAU. Cette variété de prononciation ne doit pas étonner: c'est ainsi que de DU, deux en grec, on fait DUO ; en latin, DUO ; en italien, DUE et DOPPIO ; en français, DOUBLE; en grec, DUAS; en latin, DYAS. — Ainsi, AUR-ORE, écrit en italien AUR-ORA, se prononce AOUR-ORA, comme ici le mot hébreu AOUR et AUR.

5 R. Sim. H. C., du V. T., p. 391.

6 « Dieu nous a rendus capables, dit-il, d'être les ministres, les serviteurs — non de la lettre, mais de l'esprit ; car la lettre tue , mais l'esprit vivifie. MOÏSE SE COUVRAIT LE VISAGE D'UN VOILE , afin que les enfants d'Israël ne comprissent pas le mystère de ce qui était rendu inutile. » ( Du sens abrogé, caché, couvert), 2de ép. aux Corinth., ch. 3. 6-13.

7 R. Simon, prêtre de la congrég, de l'Oratoire, Hist. crit. de l'Anc. Tes., pag. 97 et 98.

8 Saint Augustin, qui était savant dans la philosophie des Platoniciens, est sujet à se jeter dans des sens allégoriques. R. Sim., p. 388.

9 M. Cahen , après avoir traduit les ch. 2 et 3 de la Genèse, hasarde le mot allégorie: aussitôt, critique de tous côtés et sans miséricorde ; il semble que le Christianisme est perdu si l'histoire d'Adam et de la fatale pomme n'est véritable, et l'on oublie les découvertes de la géologie. Quelle maladresse!

Posté par Adriana Evangelizt


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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 23:36

 

 

 

Les Rômes

Histoire vraie des vrais Bohémiens

par Jean-Alexandre Vaillant

1857

2ème partie

 1ère partie

Selon eux, leur langue est sonore, malléable, harmonieuse, et leur misère seule la rend rauque et glapissante. Nous parlons, m'ont-ils dit souvent, comme les oiseaux chantent, nous chantons comme les lions rugissent. C'est donc dans leur langue que j'ai cherché leur origine; car c'est là qu'ils se cachent tout entiers, et s'abritent contre les atteintes de notre civilisalion liberticide. Quoique restée pauvre, quoique bigarrée de mots étrangers, quoique dégénérée, elle n'en a pas moins conservé son mécanisme originel, son bizarre génie, son cachet antique sur lequel on peut lire, comme sur le plus vieux des schâles dc Cas'mir, sinder Vaïom, je viens de l'Inde.

En effet, ainsi que nous le ferons entrevoir ici, jusqu'à ce qu'il nous soit permis de le démontrer au livre de la Parole, les Romes sont un mélange de Zath, de Meyd et de Bhodas, devenus Pali, Mèdes et Boutains. Tous d'abord Ianak indiens ou Anaki tartares, c'est-à-dire parfaits, ils devinrent plus tard Sagia ou sakia, c'est-à-dire sages. Ils restèrent parfaits tant que, sinon dans la croyance de la réalité du moins dans le positif de l'évidence, sinon dans la certitude des causes du moins dans la connaissance des effets, ils demeurèrent sinon dans toute la vérité des faits du moins dans toute la sincérité de la science; mais quand leur imagination, plus active que leur jugement, eut substitué l'idée à la vue, le possible au réel, l'image au type, la fiction au fait, quand ainsi les fantasiastes se furent substitués aux réalistes, les poëtes aux vates, les fabulistes aux historiens, ils devinrent sages et conservènent improprement à leur nouveau nom le sens du premier.

Mais le sage, sagia sanscnit ou sakia tartare, n'est pas plus parfait, ianak ou anaki, que le menteur n'est véridique. Le vrai sens de sage est celui qu'il avait chez les Latins, celui de couvreur ou fabuliste, de revoileur ou mythologue, de découvreur ou oracle, et de dévoileur ou devin. Le sage (sagus) est au propre celui qui fait du silence (sige) le voile ou la saie (sagum) de son savoir; le sage, Salomon le dit, cache ce qu'il sait (1); et la sagesse (sigae) latine est l'art et le talent de couvrir pour se faire un mérite de découvrir. Elle est le résultat de la sagacité avec laquelle le sage, devin ou sorcier, cache sa pensée sous le silence de la parole et fait de la lettre une lettre morte, une fable, en jetant sur la réalité de l'histoire le manteau allégorique de la fable, et sur la vérité des faits ce muet langage de la fiction, qui fait qu'en tous pays la religion, qui devrait être la science, n'en est précisément que l'inéffable ou muet langage, la mythologie.

C'est ce que démontrera jusqu'à l'évidence le livre de la Parole, dont l'arithmologie, raison mathématique des mots, a pour but principal de prouver ce qu'affirment Moïse, saint Jean et saint Athanase, savoir : 1° qu'au commencement il n'étaitqu'une LEVRE, c'est-à-dire qu'une langue chiffrée et mathématique; 2° qu'au commencement la parole était, qu'elle était en Dieu, qu'elle était Dieu, que Dieu était la parole; 3° que le JUDAÏSME, quoique diamétralement opposé à l'HELLENISME, n'en est pas moins faux et comme lui hors de la vérité; conséquemment, comme l'ont pressenti Arnobe, Onigène el les plus savants Pères de l'Eglise chrétienne, que la BIBLE n'est autre chose qu'une cosmosophie mythologique où les hommes jouent prosaïquement le rôle poétique des dieux et des héros d'Homère, personnifications des devas, astres du Meru des Indes et des soreh, astres de l'Omer d'Arabie; et que la révélation de la vérité de Dieu n'est autre chose que la revoilation de la science des astres par la substitution de l'allégorie à l'autogorie, c'est-à-dire du sens figuré au sens propre, de la fiction au fait.

Quoi qu'il en soit, si, complétement déchus en Europe de leur condition de curi (guerriers) ou de fils du soleil (raïput) en leur qualité de Zath, les Romes en sont venus à ne plus être, comme les Meydes, que des artisans, ils n'exercent cependant aucun des états réputés vils aux Indes; ainsi ils ne sont ni potiers (sukali), ni pelletiers (mucieri), ni cordonniers (s'akili), à moins qu'un maître ne les y oblige; mais ils sont vaniers (kos'ari), orpailleuns (nhudari), et aussi forgerons, fondeurs, serruriers, marechaux, fourbisseurs, graveurs. C'est que Pelo-pes et Pelas-ges, c'est-à-dire maîtres de la terre, dont ils ont fait le cycle ou le tour, ce qui leur valut le nom de Cycl-opes, ces Rômes, anciens Titans indo-tartares, sont les restes des zak-indi de Sicile, issus de la Sindi-kie du Pont et de ces Sindi de Pysidie, de Lybie, de Carie, de Lemnos et de Thrace, en si grande réputation dans l'antiquité pour leur habileté dans les arts que les Grecs la personnifièrent sous le nom de POLYPHEME, et en firent un géant immense et monstrueux n'ayant qu'un oeil au milieu du front, l'intelligence, oeil du genie. D'où l'on conçoit comment, pour les Grecs comme pour les Hebreux, la prudence et la ruse constituant la sagesse, le prudent et rusé Ulysse, type de la sagesse hellénique, dut crever cet oeil du genie qui ne découvre la vérité, science de Dieux, que pour en faire l'évidence, science de l'homme.

D'ailleurs, les Romes sont restés ce qu'ils étaient, pâtres et nomades, musiciens et poetes, artisans et artistes, sigans ou sagans, oracles ou devins, sages ou sorciers; et ni le temps, ni la misère, ni l'esc!avage n'ont pu détruire complètement leur langue, leur croyance, leurs traits; Indo-tartares, ils sont bruns de peau, d'un brun foncé, bistre ou olivâtre, et quelquefois même presque noirs, presque aussi noirs que les Abussari du Tagh-orma Thibétain, leurs ancêtres, que les Habes d'Abyssinie, que les Malli ou montagnards de ce Porus qu'Alexandre traita en roi, que ces tribus du Togh-arma biblique, le Caucase, que le roi des Perses plaça dans son armée à côté des indiens; mais ils sont sveltes, bien faits, souples, agiles, vigoureux; ils ont le visage ovale, le front haut, les yeux noirs, grands et bien fendus, de longs cils qui versent sur leur visage une teinte de melancolie, le nez presque grec, les dents blanches et bien rangées, les lèvres minces et vermeilles, les mains et les pieds plus petits que grands, les bras et les jambes gréles, les cheveux noirs et épais, durs et mats, généralement longs et droits, mais souvent aussi frisés et bouclés comme ceux de Pâris et d'Ascagne; et qui a vu ce Vulcain gravé sur les antiques monnaies de Lemnos, qui leur doit son nom, a vu leur portrait le plus frappant et le mieux frappé. Voir les GRAVURES,
ICI...

Doués au plus haut point du sentiment instinctif de la literté, ils ont toujours été nomades; ils ont toujours aimé les tentes, les chevaux et les chars ; mais doués également des facultés de l'esprit, au lieu de se laisser abrutir par l'exercice continu du corps, ils ont conservé les précieux dons que la nature leur a répartis. Ils élèvent des chevaux, travaillent les métaux, composent des danses, improvisent de la musique et des chansons; chansons lubriques, musique lascive, danses dythyrambiques, qui échappent à leurs instincts comme malgré eux, et deviennent l'expression la plus vraie de leur violent amour des sens; car ils aiment comme ils marchent, dès qu'ils peuvent et tant qu'ils peuvent, de bonne heure et longtemps.

C'est parce qu'ils ont toujours marché que la science s'est faite, et c'est parce qu'ils l'ont apportée avec eux des Indes dès la plus haute antiquité, qu'en recherchant leurs origines j'ai pu délier le noeud des siècles, et que je ferai toucher du doigt l'origine réelle des choses d'ici-bas. Leurs pythons, penseurs ou savants, ont rempli le Kanaan, l'Egypte et la Grèce; leurs curi, lettrés ou militants de la science, ont civilisé la Colchide et la Crête, l'Italie et les Gaules; tout Saxon pour qui talk et tell signifient dire et conter peut comprendre sans peine que leurs oracles Telkas et Telmas descendent de ces Telchines de Colchide, qui donnèrent à la Grèce sa première civilisation et instituèrent chez les Rhodiens, comme chez les Gaulois, le culte d'Ogarn ou d'Ogmion, c'est-à-dire la navigation océanique, le culte de Neptune. C'est d'eux que les dames anglaises tiennent leur qualité de lady, expression du sexe d'Eve dont elle cache l'abîme et dont chez les Grecs Ladon exprime la pudeur et Léda l'impudicité. C'est d'eux que les Montmorency tirent leur titre de premier baron chrétien, synonyme pour eux de grandeur, éminence, altesse; et que dire de plus? De même que le culte de Diane et d'Apollon a été importé de Dioscure en Grece par leurs telchines de Colchide, et de même que le mythe de Késu Chris'ten naquit aux Indes, il y a trois mille ans, au milieu des Zatha ou Jatha, leurs ancêtres, c'est du milieu des Esséniens, leurs pères, qu'est sorti, il y a dix-huit siècles, le mythe hébraïco-grec, qui fait le mystère de Jesus-Christ.

Si, semblables à un père de famille qui, par excès de tendresse, se dépouille pour ses enfants et reste pauvre et nu, ils paraissent n'avoir rien gardé de ce qu'ils ont donné aux hommes, c'est qu'ils ne leur ont donné que l'art et qu'ils ont gardé pour eux la nature ; c'est qu'ils ne leur ont donné que la lettre et qu'ils leur ont gardé pour eux l'esprit; c'est qu'ils ne leur ont donné que la fable du livre et qu'ils ont gardé pour eux la vérité du ciel. En effet, ils n'ont d'autre livre que le ciel, d'autres lettres que les étoiles, d'autres anges que la lumière des astres, d'autres prophètes que les saisons et les mois, d'autres sacerdotes et d'autres pontifes que le soleil et la lune, d'autre Dieu que la lumière, d'autre maître que Dieu, d'autre temple que le monde. Et c'est ainsi que, hommes de la nature et faisant du ciel leur bible ou leur livre de la lumière et du temps le dieu de leur temple et le temple de leur Dieu, ils savent se passer et de livre et de temple.

Je ne traite ici que leur histoire, afin de coopérer autant qu'il est en moi de les tirer de l'abjection dans laquelle ils vivent, et de leur mériter une place sur la terre. Peut—être ai-je déjà contribué par la parole à en asseoir quelques uns ; puissent ces quelques pages, les faisant mieux connaitre qu'ils ne le sont, les aider à devenir tous selassi, c'est-à-dire fixes ou sédentaires, et partie intégrante des populations au milieu desquelles ils vivent. L'Europe y gagnera pnès d'un million d'âmes, qui lui font honte et la gênent; et je n'aurai point à regretter les dix-huit années que j'ai employées à la bible de leur science. Je regrette de ne pouvoir y renvoyer dés à  present le lecteur, désireux de s'expliquer, par leurs origines, celles de la plupart des choses d'ici-bas; mais ce livre est la PAROLE, cette Parole qui au commencement était et par qui tout a été fait ; cette Parole qui était en Dieu, parce qu'elle était dans la vérité de la science physique, intellectuelle et morale; cette Parole qui était Dieu, parce qu'elle était la lumière morale, intellectuelle et physique du ciel et de la terre, des astres et des hommes; cette Parole enfin que les sages ont si bien révélée ou
revoilée en l'embellissant, et qu'ils ont tant d'intérêt à révéler ou à revoiler de la saie de leurs allegories et de la sagacité de leurs fables, qu'ils ne la comprennent plus eux-mêmes.

Peut-étre ne m'est-il pas moins dangereux de la révéler aux hommes qu'il ne leur est nécessaire de la connaître; car, chose singulière, les hommes, qui de tous côtés cherchent Dieu, se détournent de la parole de vérité, qui est la science, et ont en horreur la vérité de la Parole, qui est Dieu. Mais, courage! car, sinon tout ce qui est ancien et vieux, comme dit l' Apôtre, du moins tout ce qui est fictif et mensonger, doit être aboli; or le temps est proche où la Parole doit enlever la saie de la fable, et mettre à nu les mysteres des dogmes qui, en revoilant l'évidence des axiomes, font de la vénité de Dieu un mensonge dont, en tous pays, le sage fait la religion de l'homme. La présomption de cette vérité ressortira du moins de cette histoire; car si c'est d'Onient que nous vient la lumière, c'est aussi d'Orient que nous viennent les ténèbres, et la patrie des Rômes est le berceau des vérités et des fables de l'Occident.

Oui, l'lnde, cette vaste contrée où tout est grand, où les plaines sont sans limites, où les montagnes touchent au ciel, où les fleuves sontdes dieux, où un seul arbre abrite des tribus entières, où un seul animal porte toute une famille; l'Inde, ce puissant climat où tout bruite, tout chante, tout vit, où le serpent siffle, où l'oiseau parle, où rugit le tigre, où rit le singe, où le ver luisant est un flambeau ; l'lnde, cette officine des peuples, où la race humaine fermente et foisonne, on les mangues se pétrissent et se forment, où chaque corps d'etat constitue une société à part; l'Inde, cette terre des diamants, des perles et de l'or, des sorciers, des pèlerins et des bayadères, des pagodes, des fétiches et des dieux, l'Inde est la patrie des Rômes; et ni la haine ni la tyrannie qui les en ont chassés, ni les espaces immenses de temps et de lieux qui les en séparent, n'auraient jamais pu la leur faire oublier, car elle est tout entière dans leur langue, car leur langue est leur science et leur science est la vérité. Ce qu'elle demeura de temps dans le calme de l'âge d'or, personne ne le sait, parce qu'alors elle travaillait seule aux calculs du temps, à la confection de l'astronomie, à l'invention de l'anneau zodiacal, à la fabrication du mandu, à la creation du monde, dont en Egypte osi-mand-ias est l'ombre de la lumiere, et dont en Nubie ocu-mand-ueï est la vue et la parole, et qu'elle n'en sortit que pour tomber dans l'anarchie des mythes et des dieux, des doctrines et des cultes dont elle embellit et couvrit son oeuvne. Agitée depuis par les schismes qui naquirent dans son nom, elle s'épancha continuellementau dehors; chaque secousse qui l'ébranla fit faire au reste du monde un pas de plus vers la civilisation ; et ses peuples et ses langues, ses mythes et ses dieux, ses doctrines et ses cultes, ses sciences et ses fables, ainsi semés sur toute la terre, y prirent plus ou moins racine. Si l'histoire ne l'a point écrit, c'est qu'elle ne pouvait l'écrire, car elle n'existait pas, mais les langues de tous les peuples nous le témoignent; et, pour tout homme de bon sens, ce témoignage vaut mieux qu'un récit, car, ou les langues n'expriment pas ce qu'elles disent, ou elle sont elles-mêmes l'histoire; et cette histoire, exempte de toute partialité, est naturellement la plus vraie, parce qu'elle est la plus ingenue, la seule vraie, parce qu'elle est mathématique. D'ailleurs, elle ne commente pas, elle traduit, comnme un, dix, cent, traduisent 1, 10, 100; aussi sol-eil venant du latin sol, celui-ci traduisant le grec el-ios, et sol et ios exprimant l'unité, la monade, la sol-itude de l'astre du jour, ces mots offrent une tiliation de faits plus authentiques et plus réels que les vingt et une premières, que les rois et les patriarches anté-diluviens de la Chine, de l'Assyrie et des Juifs, que les premiers sièges de Troie et de Tyr, que la conquête de la Toison-d'Or par Jason et le massacre du minotaure par Thésée, que les sept premiers rois de Rome et les trois premiers rois de France, toutes choses auxquelles les Rôm-muni m'ont appris à ne pas croire, et auxquelles personne ne croira plus quand j'aurai parlé.

Mais, je le sais, il n'est que trop de gens sur l'esprit desquels un écrit, quel qu'il soit, s'il date de loin, a plus d'empire que tout ce que le bon sens peut découvrir de mensonger dans ce qu'ils appellent documents des siècles. Pour eux Ktésias est un historien, et l'auteur du Livre de la Parole, s'il n'est visionnaire, ne sera peut-être qu'un homme ingénieux; pour moi, ils ne sont, eux, que des enfants crédules qui regardant sans voir, veulent prendre la lune dans le seau d'eau où elle se mire, et qui, lisant sans comprendre, acceptent aussi bien le mensonge que la vérité. Entre eux et le bohémien Narad, fils de Nun, il y a toute la distance de l'imagination au discernement, de la foi éclairée à la foi brute, de la defense hébraïque de cueillir les fruits de l'asvata, grande science indienne du bien et du mal, et la recommandation indienne de s'en nourrir; de la sagesse qui fait la ruse, du mystère à l'évidence qui fait la sincérité de la science, de la Judée aux Indes; car tout en s'appuyant, comme eux, sur des documents, et sur les leurs propres, le Bohémien ne se contente pas de lire la lettre, il en veul comprendre l'esprit. La lettre est pour lui le sam-scrita, le signe formé par les étoiles, écrit par la lune et le soleil, parole du ciel et verbe de Dieu, sur le DEVA NAGARI, divin lac du ciel où la lumière des astres reflète l'intelligence de Dieu, lac lumineux de la terre où l'intelligence de Dieu fait refléter la lumière des astres. Oui, pour lui, l'écriture est le miroir de la parole, comme la parole est le miroir de la pensée, comme le chiffre est le miroir du nombre : elle est pour lui le vaste miroir où toute image se reflète et c'est cette image qu'il veut voir et quand il en a vu la pile et la face, il a vu la vérité.  C'est cette vérité dont il m'a donné la clef que je ferai connaître au monde dès qu'il le voudra. En attendant, et pour me preparer la voie, j'interprèterai si clairement dans cette courte et lamentable histoire de ceux de sa race, certains faits et certaines expressions qui leur sont propres, que chacun y reconnaîtra leur origine indo-tartare, leur vie cyclopéenne, monade et nomade, l'antiquité de leur invasion en Europe, le noeud qui les unit à la plupart des peuples de tout l'ancien continent et enfin leur affinité avec les Abas de Perse et les Anak de Tartarie, avec les Abantes de l'Eubée et les Anax de la Grèce, avec les Pythons et les Anakins du Kanaan, avec les Curètes de Colchide et de Crète, avec les Curi du Latium et les Curils des Gaules, avec les artisans et les savants, avec les sorciers ou devins, avec les militants de la science et de la sagesse antique chez tous les plus anciens peuples de la terre.
 
C'est avec un sentiment profond d'estime et de sympathie que j'ai choisi pour textes à mes quinze chapitres les admirables couplets de notre illustre chansonnier ; et ce livre n'est que l'analyse d'une longue et cruelle misère dont sa chanson est la synthèse la plus vraie.

Troisième partie

Posté par Adriana Evangelizt


 

 

 

 

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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 22:55

 Un cadeau pour mes amis Gitans... et là où je vis, ils se nomment Hofmann, Ziegler ou Weiss... étrange comme leur nom est semblable à ceux de nos "ancêtres". Intimement je suis persuadée qu'ils sont la treizième tribu égarée. J'ai trouvé un livre fabuleux mais il manque quelques pages... un ouvrage à la gloire des Roms, de leur histoire, de leur race qui a gardé la tradition orale et la façon de vivre des temps immémoriaux. J'avais déjà posé La symbolique gitane. Alexandre Vaillant a passé quinze ans de sa vie avec les Rômes. Il en est sorti un livre éclatant de beauté. J'espère qu'il fera plaisir à tous mes frères tziganes qui passent sur mon blog.

 

Les Rômes

Histoire vraie des vrais Bohémiens

par Jean-Alexandre Vaillant

1857

 1ère partie

 

Vous qui, au récit d'une femme sublime par le coeur et par la pensée, versez encore des pleurs de compassion sur les Nègres d'Afrique, dont l'Amérique républicaine fait ses esclaves, jetez un regard charitable sur cette courte histoire des Romes de 1'Inde, dont l'Europe monarchique fait ses Nègres, et ces hommes, pelerins d'Asie, ne seront plus routiers, et ces esclaves blancs seront libres.

Pour nous, nous nous estimons d'autant plus heureux d'avoir enregistré dans les annales de l'Histoire les actes de leur affranchissement en Roumanie, que cette contrée, qui nous est chère, s'est ainsi mérité les justes sympathies de l'Europe; et nous félicitons les princes A. D. Ghyka, de Valaquie, et G. A. Ghyka, de Moldavie, d'avoir entrepris et achevé cette oeuvre humanitaire qui doit porter leurs noms à la postérité et les couvrir d'une gloire immortelle.

 

AVANT-PROPOS


Sorciers, bateleurs et filous,
Reste immonde
D'un ancien monde,
Sorciers, bateleurs et filous,
Gais Bohémiens, d'où venez-vous?

 


Tout le monde a entendu parler des Romes sous les différents noms de Gypsi, Bohémiens, Gitanos; beaucoup en ont vu; bien peu les connaissent. Ceux-là même qui croient en savoir le plus sur leur compte sont encore à se demander leur nom, leur origine, leur croyance; leur noms, parce que chaque peuple les ayant qualifiés  à sa guise, ils semblent en avoir trop pour en avoir un ; leur origine, parce qu'il n'est résulté des recherches des savants qu'hypothèses plus ou moins fausses, conclusions trop exclusives et souvent absurdes, en un mot, rien de certain ; leur croyance, parce qu'elle est au fond de leurs coeurs, que leurs coeurs, fermés à notre indifference et à notre tyrannie, ne peuvent se trahir que par leur langage, que leur langage, seul critérium de leur origine, est inconnu, et que dès lors toute comparaison est impossible.

Si comme les particuliers, comme les Espagnols surtout, les peuples pouvaient faire de la multiplicité de leurs noms autant de titres de noblesse, les Romes seraient assurément la race la plus noble, comme elle est aussi la plus ancienne de la terre; car on peut compter jusqu'à soixante et plus les différents noms qu'on leur donne, et dont la plupart ne leur appartiennent point.

Ainsi selon les temps et les lieux, on les a appelés : Bohémiens, Egyptiens, Gitanos, Gypsi, Philistins, Pharaoniens, Iatars, Taterpak, Skoeier-pak, Splinter-pak, Spukaring, Kieldering, Nads-moends-folk, Heidenen, Ceard ou Caird, Sarrazins, Agariens, Pagani, Sani, Tsani, Kieni, Cieni, Sicani, Secani, Siguni, Sinti, Sindi,. Siah-Indous, Zind-Cali, Cali, Siku1i, Cal—Indi, Luri, Caras'mar, Cinquanes, Cingesi, Ciagisi, Cingari, Gingari, Zinguri, Zingari, Zogori, Zechi, Zendji, Zidzuri, Gindani, Dandari, Dardani, Zigenner, Ziegeuner, Zeygeunen, Djaï, Daïas, Biadjaks, Vangari, Gadjar, Korbut, Madjub, Harami, Astingi, Asdingi, Athingani, Tsigani, Zâth, Zoth, Tshigani, Rom-cali, Romnic'aï.

On conçoit donc, leur nom n'étant point connu, que leur origine ne pouvait l'être davantage. En effet, les uns la croyent toute récente et les autres fort ancienne; ceux-ci les font venir d'Asie en Europe, ceux-là d'Afrique; les premiers par l'Orient, les seconds par l'Occident; tel les fait descendre du Zendji-Bar ou côte des Zendji  par l'Egypte, tel les fait passer de la Tangi-Tan, montrueuse contrée d'Afrique, en Espagne; quelques-uns les font descendre du Caucase ou sortir des Palus Méotides. A en croire ceux-ci, ils sont Kalmouks, venus de la Dsongarie; à en croire ceux-là ils sont Scythes, et probablement le reste des Daces vaincus par Trajan; qui ne voient en eux que les debris des Avars et des Pétchénègues, qui les tiennent pour les ilotes de Sparte ou les bacchantes de Thrace ; qui les croient les Aborigènes de la vallée du Danube, les Siguni d'Hérodote; qui, enfin, les confondent, au contraire, avec les colons romains de ces contrées dont ils ne sont que les esclaves.

Que dire encore de l'opinion des savants sur leur croyance? Ils divaguèrent au point qu'après les avoir traités en Pauliciens, en Manichéens, parce que, selon les ideologues, les Déistes sont pires que les Athées. Dès qu'ils les surent danseurs, nomades, maraudeurs, ils les firent Tourlaks, Fakirs, Calenders; puis, à l'aspect de leur peau tannée, à la vue de leur misère, à l'examen de leurs penchants et de leurs aptitudes, il fut décidé qu'ils étaient ou Ethiopiens, d'Egypte on de Colchos, ou Troglodites, ou Phrygiens, peut-être même Canaanites, enfants de Chus; mais, à coup sûr, fils de Caïn et condamnés à errer comme lui jusqu'à la fin des temps.

Certes, à la vue de conclusions si diverses, il faudrait s'étonner, si l'on ne savait que l'histoire n'est que trop souvent à côté de la fable, que l'examen est moins un levier qu'une sonde et que la vérité jaillit parfois de l'erreur comme l'étincelle du caillou, et n'en brille qu'avec plus d'éclat, comme le diamant au sortir de la mine. Cependant, il faut le dire, si chacune de ces conclusions est trop absolue, elles sont généralement justes dans leur ensemble, car si les Romes ne sont pas exclusivement
ce que chacun isolément les croit, ils sont à peu près tout ce que, tous ensemble, ils les disent.

L'Egyptien, s'est-on dit, est noir et mange la chair de porc, donc ils sont Egyptiens; le Troglodite était orpailleur, donc ils sont Troglodites; ils dansent, s'enivrent et s'abandonnent à la lasciveté des sens, donc ils sont les satyres et les bacchantes de Thrace; ils disent la bonne aventure, donc il sont les prêtres ou les prêtresses d'Isis.

Etranges conclusions qui montrent à quel point peuvent divaguer et la science étymologique, lorsque, violentant la raison pour n'avoir pas tort, elle se renferme dans le cercle étroit d'un fait, d'une idée, d'un mot, et la science d'examen, quand elle s'appuie sur des faits particuliers, communs à des races diverses, au lieu de s'appuyer sun des faits généraux, propres à chaque race.

On en conviendna volontiers quand par leur langue, tout mot ayant sa raison, disent Cicéron et Saint-Paul, je pourrai découvnir le sens vrai d'une multitude de faits dont la sagesse antique a forgé des fables, dont la science a composé des dogmes, dogmes et fables qu'elles ne sont plus en état d'expliquer; on en conviendra quand on se sera convaincu que, si
peu nombreux qu'ils soient restés en Europe, les Rômes sont un peuple; que, bien que vagabonds depuis les siècles, ils ont cependant une patrie; que, quoique loin d'elle, ils en ont conservé la langue autant qu'ils l'ont pu; on en conviendra quand on aura reconnu comment leur histoire est liée à celle de tous les peuples; comment la plupart des émigrations de la haute Asie n'étaient pas encore en Europe qu'ils étaient déjà aux colonnes d'Hercule; comment ils étaient en Afrique en même temps qu'en Espagne; en Thrace et en Dacie avant de se répandre en Germanie et jusqu'aux confins du pays des Celtes; au Caucase et sur les bords de la mer Noire, avant de pénétrer en Sarmatie et jusqu'en Scandinavie; dans toute la Moesie, avant de coloniser la Grèce; en Macédoine, avant de monter en Illyrie et de là en Italie; aux Indes, avant de se répandre, d'un côté en Tartanie, en Perse, en Syrie, de l'autre en Arabie, au Caucase, en Egypte, et de ces diverses contrées par toute la terre. Et que, si ceci étonne, ceci est pourtant la vérité, car ainsi m'a dit NARAD, fils de NUN, l'lnde est ma gemma bhu, ma terre natale.

Cette vérité fut confirmée vers le milieu du XVIII siècle par un jeune Roumain d'Omlash en Ardialie : Valé était son nom. Comme il étudiait à Leyde, il y fit la connaissance de trois jeunes Malabarais , étudiants comme lui. Etonné d'abord de la ressemblance de ses amis avec les Romes ou T-sigans de son pays, Valé le fut davantage lorsqu'il entrevit l'analogie de leur langue, et son étonnement fut au comble quand, de retour à Omlash, il se fut assuré que les Romes comprenaient au moins a demi les quelques mots malabarais qu'il avait eu soin de recueillir.

Ce fut sur ces données, qu'il se procura, que Grellman publia, en 1782, son histoire des T-sigans, seul et premier livre sérieux sur cette malheureuse race. Pour corroborer son travail, il prit soin de le faire suivre d'un petit vocabulaire et de courtes observations grammaticales de Valé. Ce premier pas fut un pas immense. La langue des Romes cessa d'être ce qu'on la croyait généralement, un Argot, et son analogie avec le malabarais donna naturellement à ceux qui la parlent une origine commune avec les peuples de l'Inde. Après lui, Fessler va plus loin sous le rapport philologique. Ayant naturellement à parler des Romes dans son histoire de la Hongrie, où il en est plus de cent mille, il met leur langue en rapport avec les principaux idiomes de l'Indoustan et corrobore si bien, par son tableau comparatif, l'opinion de Grellman, que de présomption elle devient certitude.

Des lors, plus de doute, les Rômes sont Indiens, Indoustans, Multans, Bengaliens ou Malabarais; ces nouvelles idées émises, Richardson essaie de découvrir la caste à laquelle i!s appartiennent, et croit la trouver dans celle des Baziguri, parce que ceux-ci sont ménétriers, danseurs et vagabonds; mais cette analogie, pareille à tant d'autres, ne prouve encore rien, sinon que parmi les Romes ii est assurement des Baziguri; et les Romes restent ce qu'ils sont, des indiens dont l'origine est un mystère que leur langue seule peut dévoiler. Mais pour connaitre leur langue, ii faut les voir de près, vivre avec eux, vivre de leur vie; et ils sont si misérables que la plupart de ceux à qui cette heureuse idée peut venir y renoncent à la vue de la dégoutante misère qui les entoure.

Cependant, en 1803, le docteur Godefroy Hasse semble les étudier de si près qu'il les voit loin dans le passé et les aperçoit partout dans Hérodote, en même temps que Robertson les retrouve partout au Kanaan, a l'aide des livres hébreux. Si, par de simples rapprochements de moeurs, ils ont su se faire de nombreux adherents, j'ose espérer m'attirer tous ceux de l'un et de l'autre. En 1835, M. Graffunder publie à Erfurth son essai grammatical de leur langue, et M. Kogalniceano en fait imprimer à Iassi la traduction française. Par cet essai grammatical, M. Graffunder fait voir les règles et la construction de la langue des Romes et comprendre comment, en leur conservant leur haine et leur amour traditionnels., leur lasciveté et leur
nomaderie immémoriales, elle les a séparés des autres peuples au milieu desquels ils se glissent et campent comme des ronces et des taupes dans un jardin.

Restée longtemps en arrière de la simple curiosité, la philanthropie s'empare enfin de toutes les précieuses découvertes opérées jusqu'en 1835, et M. Borrow, jaloux de répandre la foi anglicane parmi les Romes d'Espagne, ne craint pas d'aller étudier leur langue au milieu d'eux. Dc ses longs et généreux efforts il est résulté un livre riche de faits et de pittoresque, d'expérience et de savoir. On y voit les Romes tels qu'ils sont, car il ne les peint que comnme il les a vus, et sa connaissance de leur dialecte m'a convaincu, plus que le pittoresque des deux premieres parties, qu'il n'a pu faire autrement que de les bien voir. Il interprète plus qu'il ne commente; il raconte plus qu'il n'expose; il ne présume pas, il démontre; il ne disserte pas, il prouve. Il prouve que le dialecte zincali n'est langue de filou d'aucune sorte, ni l'argot français, ni le gergo d'ltalie, ni le cant, ni le slang, ni le latin-voleur d'Angleterre, ni le germania des Espagnes, ni l'italien rouge des Allemands, ni même le more.

Tandis que M. Borrow s'occupe ainsi au milieu de ceux d'Espagne, et qu'après les avoir étudiés en Dacie, je m'en occupe en Turkie, M. Bataillard les cherche dans les documents historiques, s'empare de tous les textes connus sur leur apparition en Europe et juge raisonnable de ne les y fixer que vers 1417, parce que, ignorant leur langue, il est amené à révoquer en doute les monuments les plus précieux, et ceux-là même qui pourraient le tirer de son erreur sur l'époque, non pas de leur apparition en Occident, mais de leur établissement en Orient.

D'un autne côté, M. A.-F. Pott de Hall les étudie et dans les chartes et dans les livres, recueille, traduit, impnime en un volume in-8° tous les mots, toutes les expressions qu'il a pu découvrir de la langue des Rômes et mérite, en 1845, de la part de l'Académie française, le prix de philologie. 

Il est certain que cette langue n'a pu demeurer invariable; que, disséminé comme il l'est, le peuple qui la parle a dû, malgré son aversion pour tout ce qui n'est pas lui, subir la loi de nature, adapter à son usage plus d'un mot étranger, et façonner les siens à certaines modifications hétérogènes; mais il n'en est pas moins vrai que, si la forme en varie, le fond en est toujours un partout et pour tous, et ce fond est le sanscrit. II est vrai que l'analogie du Rômmanès et du sanscnit est devenu presque imperceptible, quant a la forme grammaticale; mais elle est évidente et presque complète dans la valeur des lettres et dans la composition; ainsi, comme en sanscrit, le mouvement s'exprime par r, la profondeur et la hauteur par g, le fluide par l, etc. Comme en sanscrit, les mots se composent par simple juxta-position et le dernier seul se modifie.


Ainsi Uri-gaben, s'habiller, mot à mot : passer ses chausses ; mus'in-kero, chapelier, mot à mot : faiseur de chapeaux ; ma-garu, âne, mot à mot : longue oreille; kar-pu, melon, mot à mot : fruit de la terre; kol-pu, tour, golfe, mot à mot : rond-terre; kris'tal, cnistal, mot à mot : transparente et solide surface.

Un fait remarquable et qui peut servir à montrer comment, malgré leur ignorance et leur disséminement, leur langue les a fait rester eux, c'est qu'ils ne nous méprisent pas moins que nous les méprisons; c'est que, si nous les appelons payens, ils nous appellent gacni (Prononcez : gatchni); c'est que, si nous nous disons fils de l'homme, Adam, ils se disent fils de la femme, Romni.

La suite...

Posté par Adriana Evangelizt

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 18:04

 

 

VI

La mort de Moïse

par Edouard Schuré

Extrait du livre "Les grands Initiés", chapitre Moïse

7ème partie

6ème partie

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

 

 

Quand Moïse eut conduit son peuple jusqu'à l'entrée de Canaan, il sentit que son oeuvre était accomplie. Qu'était-ce que Iévé-Aelohim pour le Voyant du Sinaï ? L'ordre divin du haut en bas, à travers toutes les sphères de l'univers et réalisé sur la terre visible à l'image des hiérarchies célestes et de l'éternelle vérité. Non, il n'avait pas contemplé en vain la face de l'Eternel, qui se réfléchit dans tous les mondes. Le Livre était dans l'Arche, et l'Arche gardée par un peuple fort, temple vivant du Seigneur. Le culte du Dieu unique était fondé sur la terre ; le nom de Iévé brillait en lettres flamboyantes dans la conscience d'Israël ; les siècles pourront rouler leurs flots dans l'âme changeante de d'humanité, ils n'en effaceront plus le nom de l'Eternel.

Moïse, ayant compris ces choses, invoqua l'Ange de la Mort. Il imposa les mains à son successeur, Josué, devant le tabernacle d'assignation, afin que l'Esprit de Dieu passât en lui, puis il bénit toute l'humanité à travers les douze tribus d'Israël et gravit le mont Nébo, suivi seulement de Josué et de deux lévites. Déjà Aaron avait été "recueilli vers ses pères", la prophétesse  Marie avait pris le même chemin. Le tour de Moïse était venu.

Quelles furent les pensées du prophète centenaire, lorsqu'il vit dispararaître le camp d'Israël et qu'il monta dans la grande solitude d'Aelohim ? Qu'éprouva-t-il en promenant ses yeux sur la terre promise, de Galaad à Jéricho, la ville des palmes ? Un vrai poète (Alfred de Vigny) peignant en maître cette situation d'âme, lui fait pousser ce cri :

O Seigneur, j'ai vécu puissant et solitaire,
Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre.

Ces beaux vers en disent plus sur l'âme de Moïse que les commentaires d'une centaine de théologiens. Cette âme ressemble à la grande pyramide de Giseh, massive, nue et close au-dehors, mais qui renferme les grands mystères dans son intérieur et porte à son centre un sarcophage, appelé par les initiés le sarcophage de la résurrection. De là, par un couloir oblique on apercevait l'étoile polaire. Ainsi cet esprit impénétrable regardait de son centre le but final des choses.

Oui, tous les puissants ont connu la solitude que créé la grandeur ; mais Moïse fut plus seul que les autres parce que son principe fut plus absolu, plus transcendant. Son Dieu fut le principe mâle par excellence, l'Esprit pur. Pour l'inculquer aux hommes il dut déclarer la guerre au principe féminin, à la déesse Nature, à Hévé, à la Femme éternelle qui vit dans l'âme de la Terre et dans le coeur de l'Homme. Il dut la combattre sans trève et sans merci, non pour la détruire, mais pour la soumettre et la dompter. Quoi d'étonnant si la Nature et la Femme, entre lesquelles règne un pacte mystérieux, tremblaient devant lui ? Quoi d'étonnant si elles se réjouissaient de son départ et attendaient pour relever la tête que l'ombre de Moïse eût cessé de jeter sur elles le pressentiment de la mort ? Telles furent sans doute les pensées du Voyant, tandis qu'il montait le stérile mont Nebo. Les hommes ne pouvaient l'aimer, car il n'avait aimé que Dieu. Son oeuvre vivrait-elle du moins ? Son peuple resterait-il fidèle à sa mission ? Ah ! fatale clairvoyance des mourants, don tragique des prophètes qui soulève tous les voiles à l'heure dernière ! A mesure que l'esprit de Moise se détachait de la terre, il vit la terrible réalité de l'avenir ; il vit les trahisons d'Israël ; l'anarchie redressant la tête ; la royauté succédant aux juges ; les crimes des rois souillant le temple du Seigneur ; son livre mutilé, incompris, sa pensée travestie, rabaissée par des prêtres ignorants ou hypocrites ; les apostasies des rois ; l'adultère de Juda avec les nations idolâtres ; la pure tradition, la doctrine sacrée étouffées et les prophètes, possesseurs du verbe vivant, persécutés jusqu'au fond du désert.

Assis dans une caverne du Mont-Nébo, Moïse vit tout cela en lui-même. Mais déjà la Mort étendait son aile sur son front et posait sa main froide sur son coeur. Alors ce coeur de lion essaya de rugir encore une fois. Irrité contre son peuple, Moïse appela la vengeance d'Aelohim sur la race de Juda. Il leva son bras pesant. Josué et les lévites qui l'assistaient entendirent avec épouvante ces paroles sortir de la bouche du prophète mourant : "Israël a trahi son Dieu, qu'il soit dispersé aux quatre vents du ciel !"

Cependant les lévites et Josué regardaient avec terreur leur maître qui ne donnait plus signe de vie. Sa dernière parole avait été une malédiction. Avait-il rendu le dernier soupir avec elle ? Mais Moïse ouvrit les yeux une dernière fois et dit "Retournez vers Israël. Quand les temps seront venus, l'Eternel vous suscitera un prophète comme moi d'entre vos frères et il mettra son verbe dans sa bouche, et ce prophète vous dira tout ce que l'Eternel lui aura commandé. Et il arrivera que quiconque n'écoutera pas les paroles qu'il vous aura dites, l'Eternel lui en demandera compte." (Deutéronomme, XVIII, 18 et 19)

Après ces paroles prophétiques, Moïse rendit l'esprit. L'Ange solaire au glaive de feu, qui d'abord lui était apparu au Sinaï, l'attendait. Il l'entraîna dans le sein profond de l'Isis céleste, dans les ondes de cette lumière qui est l'Epouse de Dieu. Loin des régions terrestres, ils traversèrent des cercles d'âmes d'une splendeur grandissante. Enfin l'Ange du Seigneur lui montra un esprit d'une beauté merveilleuse et d'une douceur céleste, mais d'une telle radiance et d'une clarté si fulgurante que la sienne  propre n'était qu'une ombre auprès. Il ne portait pas le glaive du châtiment, mais la palme du sacrifice et de la victoire. Moïse comprit que celui-là accomplirait son oeuvre et ramènerait les hommes vers le Père, par la puissance de l'Eternel féminin, par la Grâce divine et par l'Amour parfait.

Alors le Législateur se prosterna devant le Rédempteur, et Moïse adora Jésus-Christ.

Fin

Posté par Adriana Evangelizt

 

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 16:16

 Avant-dernière partie du chapitre consacré à Moïse... il est question ici des "miracles" de Moïse dont il se servit pour juguler le Peuple.

 

 

L'EXODE - LE DESERT - MAGIE ET THEURGIE (suite et fin)

par Edouard Schuré

Extrait du livre "Les grands Initiés", chapitre Moïse

Chapitre V -

6ème partie

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Mais les soixante-dix, qu'avaient-ils vu sur le Sinaï ? Le Deutéronome (XXXIII, 2) parle d'une vision colossale, de milliers de saints apparus au milieu de l'orage, sur le Sinaï, dans la lumière de Iévé. Les sages de l'ancien cycle, les antiques initiés des Aryas, de l'Inde, de la Perse et de l'Egypte, tous les nobles fils d'Asia, la terre de Dieu, vinrent-ils assister Moïse dans son oeuvre et exercer une pression décisive sur la conscience de ses associés ? Les puissances spirituelles qui viellent sur l'humanité sont toujours là, mais le voile qui nous en sépare ne se déchire qu'aux grandes heures et pour de rares élus. Quoi qu'il en soit, Moïse fit passer dans les soixante-dix le feu divin et l'énergie de sa propre volonté. Ils furent le premier temple, avant celui de Salomon : le temple vivant, le temple en marche, le coeur d'Israël, lumière royale de Dieu.

Par les scènes du Sinaï, par l'exécution en masse des rebelles, Moïse acquit une autorité sur les Sémites nomades qu'il tenait sous sa main de fer. Mais des scènes analogues suivies de nouveaux coups de force durent se reproduire pendant les marches et les contremarches vers le pays de Canaan. Comme Mahomet, Moïse dut déployer à la fois le génie d'un prophète, d'un homme de guerre et d'un organisateur social. Il eut à lutter contre les lassitudes, les calomnies, les conspirations. Après la révolte populaire, il eut à terrasser l'orgueil des prêtres-lévites qu voulaient égaler leur rôle au sien, se donner comme lui pour les inspirés directs de Iévé, ou les conspirations plus dangereuses de quelques chefs ambitieux comme Coré, Datan et Abiram, fomentant l'insurrection populaire pour renverser le prophète et proclamer un roi, ainsi que le feront plus tard les Israélites avec Saül, malgré la résistance de Samuël. Dans cette lutte, Moïse a des alternatives d'indignation et de pitié, des tendresses de père et des rugissments de lion contre le peuple que se débat sous l'étreinte de son esprit et qui malgré tout le subira. Nous en trouvaons l'écho dans les dialogues que le récit biblique établit entre le prophète et son Dieu, dialogues qui semblent révéler ce qui se passait au fond de sa conscience.

Dans le Pentateuque, Moïse triomphe de tous les obstacles par des miracles plus qu'invraisemblables, Jéhovah, conçu comme un Dieu personnel, est toujours à sa disposition. Il apparaît sur le tabernacle comme une nuée brillante qui s'appelle la gloire du Seigneur. Moïse seul peut y entrer ; les profanes qui s'en approchent sont frappés de mort. Le tabernacle d'assignation, qui renferme l'arche, joue dans le récit biblique le rôle d'une gigantesque batterie électrique qui, une fois chargée du feu de Jéhovah, foudroie des masses humaines. Les fils d'Aaron, les deux cent cinquante adhérents de Coré et de Datan, enfin quatorze mille hommes du peuple en sont tués du coup. De plus, Moïse provoque à heure fixe un tremblement de terre qui engloutit les trois chefs révoltés avec leurs tentes et leurs familles. Ce dernier récit est d'une poésie terrible et grandiose. Mais il est empreint d'une telle exagération, d'un caractère si visiblement légendaire qu'il serait puéril d'en discuter la réalité. Ce qui par-dessus tout donne un caractère exotique à ces récits, c'est le rôle de Dieu irascible et changeant qu'y joue Jéhovah. Il est toujours prêt à fulminer et à détruire, tandis que Moïse représente la miséricorde et la sagesse. Une conception aussi enfantine, aussi contradictoire de la divinité n'est pas moins étrangère à la conscience d'un initié d'Osiris qu'à celle d'un Jésus.

Et cependant, ces colossales exagérations paraissent provenir de certains phéomènes dus aux pouvoirs magiques de Moïse et qui ne sont pas sans analogue dans la tradition des temples antiques. C'est ici le lieu de dire ce que l'on peut croire des soi-disant miracles de Moïse, au point de vue d'une théosophie rationnelle et des points élucidés de la science occulte. La production de phénomènes électriques sous diverses formes par la volonté de puissants initiés n'est pas seulement attribuée à Moïse par l'antiquité. La tradition chaldéenne l'attribuait aux mages, la tradition grecque et latine à certains prêtres de Jupiter et d'Apollon(14). En pareil cas, les phénomènes sont bien de l'ordre électrique. Mais l'électricité de l'atmosphère terrestre y serait mise en mouvement par une force plus subtile et plus universelle partout répandue et que les grands adeptes s'entendraient à attirer, à concentrer et à projeter. Cette force est appelée akasa  par les brahmanes, feu principe  par les mages de la Chaldée, grand agent magique par les Kabbalistes du moyen-âge. Au point de vue de la science moderne, on pourrait l'appeler force éthérée. On peut, soit l'attirer discrètement, soit l'évoquer par l'intermédiaire des agents invisbles, concscients ou semi-conscients dont regorge l'atmosphère terrestre et que la volonté des mages sait s'asservir. Cette théorie n'a rien de contraire à une conception rationnelle de l'univers, et même elle est indispensable pour expliquer une foule de phénomènes qui sans sans cela demeureraient incompréhensibles. Il faut ajouter seulement que ces phénomènes sont régis par des lois immuables et toujours proportionnés à la force intellectuelle, morale et magnétique de l'adepte.

Une chose antirationnnellle et antiphilosophique serait la mise en mouvement de la cause première, de Dieu par un être quelconque, ou l'action immédiate de cette cause par lui, ce qui reviendrait à une identification de l'individu avec Dieu. L'homme ne s'élève que relativemnt à lui par la pensée ou par la prière, par l'action ou par l'extase. Dieu n'exerce son action dans l'univers qu'indirectement et hiérarchiquement par les lois universelles et immuables qui expriment sa pensée, comme à travers les membres de l'humanités terrestre et divine qui le représentent partiellement et proportionnellement dans l'infini de l'espace et du temps.

Ces points posés, nous croyons parfaitement poossible que Moïse, soutenu par les puissances spirituelles qui le protégeaient et maniant la force éthérée avec une science consommée, ait pu se servir de l'arche come d'une sorte de réceptacle, de concentrateur attractif pour la production de phénomènes électriques d'un caractère foudroyant. Il s'isolait lui, ses prêtres et ses affidés, par des vêtements de lin et des parfums qui le défendaient des décharges du feu éthéré. Mais ces phénomènes ne purent être que rares et limités. La légende sacerdotale les exagéra. Il dut suffire à Moïse de frapper de mort quelques chefs rebelles ou quelques lévites désobéissants par une telle projection de fluide, pour terroriser et mater tout le peuple.

 

A suivre..

Notes

14 - Deux fois un assaut du temple de Delphes fut repoussé dans les mêmes circonstances. En 480 avant Jésus-Christ, les troupes de Xerxès l'attaquèrent et reculèrent épouvantées devant un orage, accompagné de flammes sortant du sol et de la chute de grands quartiers de reoc (Hérodote). En 279 avant Jésus-Christ, le temple fut attaqué de nouveau par une invasion de Galls et de Kimris. Delphes n'était défendu que par une petite troupe de Phocéens. Les barbares donnèrent l'assaut ; au moment où ils allaient pénétrer dans le temple, un orage éclatait et les Phocéens culbutèrent les Gaulois. (Voir le beau récit dans l'Hitoire des Gaulois d'Amédée Thierry, livre II).

Posté par Adriana Evangelizt

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 14:59

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, une biographie de Moïse Maïmonide dont nous poserons bientôt des extraits de son oeuvre majeure Le Guide des Egarés. personnage  riche et haut en couleur, né en Andalousie, médecin, penseur mystique, conseiller de Saladin et sans doute un des rares à avoir saisi le message "hermétique" de Moïse l'Initié Egyptien... notamment en ce qui concerne l'Âme...

 

 

 

Moïse Maïmonide

1135 - 1204

par Bernard Hoedts

 



Moïse Maïmonide est né en 1135 à Cordoue, en Andalousie, dans la maison familiale située à proximité du fleuve Guadalquivir. Son premier compagnon de jeux, alors qu'il avait à peine trois ou quatre ans, s'appelait Ali. C'est ainsi que très jeune, il apprit les rudiments de la langue arabe.

   Des années se passèrent dans la sérénité jusqu'à ce que Moïse eut l'âge de la Bar-Mitsva. La fête se déroula dans la joie et l'allégresse ; mais très vite, à cause de la maladie de sa mère, Rebecca, la peine et l'inquiétude prirent le relais. En effet, celle-ci s'affaiblissait de plus en plus, malgré les soins prodigués par l'oncle d'Ali, Abbas, le Mufti de Cordoue. C'est Moïse qui apportait à Rebecca les plantes médicinales préparées par Abbas pour son plus grand soulagement. La maladie fut quand même la plus forte et elle s'éteignit sans souffrir. Cet événement douloureux détermina Moïse à devenir médecin, mais aussi à se poser la question du devenir de l'âme et à poser les bases d'une quête mystique.

   Un autre événement inquiétait la communauté juive : la menace d'invasion des Almohades. Le père de Moïse, Rabbi Maïmon, voulait prendre contact avec les Juifs de Fès, qui pourrait être une ville d'asile, encore fallait-il pouvoir envoyer une missive jusque là-bas. Grâce à son fils, le messager fut Kader, le fils d'Abbas, qui justement était en instance de départ pour Fès.

Plusieurs années passèrent pendant lesquelles Moïse travailla intensément pour approfondir ses connaissances médicales, mais aussi pour noter ses réflexions concernant l'ésotérisme et la spiritualité, le Talmud et la Torah demeurant les deux piliers sur lesquels il élaborait ses recherches. Le jour de sa majorité, il quitta soudainement la maison familiale en laissant son père interloqué. Il alla vers Samuel, le rabbin qui l'avait formé pour sa Bar-Mitsva. Celui-ci l'hébergea un soir, et pour éviter que Moïse n'allât vers le monde musulman, il lui proposa d'habiter une maisonnette qui lui appartenait, proche d'un village voisin. C'est là qu'il commença à prodiguer ses premiers soins, tout en poursuivant ses recherches médicales, notamment par l'étude des plantes, en collaboration avec les marabouts. Ce n'est que deux ans plus tard qu'il retourna à Cordoue, retrouvant ainsi son père qui lui octroya son pardon.

   Kader était revenu de son long périple avec la réponse tant attendue. Les informations ainsi transmises confirmaient les inquiétudes émises : les Almohades, qui avaient évité Fès, se trouvaient à Gibraltar d'où ils allaient poursuivre leurs conquêtes sans pitié vers le nord. La décision était prise : il fallait partir, mais quand ? Samuel Ibn Soussan, qui avait rédigé le texte de la missive, estimait que les almohades allaient mettre deux à trois ans pour arriver à Cordoue. Abbas, qui aurait pourtant bien aimé que Moïse restât à ses côtés, l'incita cependant à quitter Cordoue avec sa famille. Un an s'écoula pendant lequel Moïse continua à travailler avec Abbas et les marabouts. Il était devenu un fin lettré en arabe, sans pour autant négliger l'Hébreu. Il participa à des réunions secrètes avec un prêtre et un marabout pendant lesquelles ils étudiaient et commentaient la philosophie d'Aristote.

   Ils quittèrent Cordoue au cours du mois d'avril, en une période où la nature était magnifique, ajoutant encore au déchirement du départ. Ce fut Kader, aidé de son serviteur Rachid, qui leur servit de guide. Sarah et Léa les servantes, qui depuis la mort de Rebecca s'étaient occupées avec affection de Moïse et de son frère David, furent également du voyage. Abbas s'occupa de tout et leur procura des tentes, dix ânes et cinq chevaux. La veille du départ, le père de Moïse avait offert sa demeure à Abbas, en pensant qu'elle servirait un jour de foyer à Kader.

   La première étape fut Grenade où Moïse devait rencontrer le marabout El Mansour, un médecin réputé et respecté dans toute la région. La lettre d'Abbas les fit accepter d'emblée par El Mansour qui leur proposa d'habiter une demeure proche de la sienne, car la transmission de son savoir alchimique se déroulerait sur plusieurs semaines. C'est en cette période que Rabbi Maïmon fit part de son inquiétude à son fils et la lui exprima en ces termes : « Nous avons pour chaque acte de notre vie des interprétations par trop différentes. Le fidèle s'y perd car, tu le sais Moïse, l'intelligence de nos savants ne va pas uniquement dans une direction mais dans de multiples voies. Tout cela dans le mélange invraisemblable et touffu de nos lois qui sont différentes, selon les personnes, les villes, les pays. Une œuvre grandiose et ambitieuse est à accomplir pour servir toutes les communautés : codifier toutes les règles en vigueur sur un même sujet afin d'établir une voie unique, et ensuite avoir l'autorité nécessaire pour l'imposer à tous. » Cette réflexion marqua Moïse pour la vie, et le travail qu'il accomplit en ce sens le fit connaître et admirer dans le monde, et pendant des siècles jusqu'à nos jours.

   Pendant ce temps, David se servait de son talent naturel pour négocier de nouvelles montures afin de poursuivre le voyage dans de bonnes conditions. Quand ils arrivèrent à Alméria, leur première démarche fut de trouver un bateau pour le Maroc. Grâce au trafic important avec Tanger, ils purent embarquer rapidement. Le trajet Tanger-Fès dura une douzaine de jours. La chaleur de l'accueil à Fès par Ibn Soussan et son entourage effaça la fatigue du voyage et laissa présager une installation heureuse. Très rapidement Moïse prit contact avec Ali Ben Hadge que lui avait recommandé son ami de Cordoue, Abbas. Moïse s'imposa un emploi du temps rigoureux, partagé entre l'étude médicale avec Ali, l'étude approfondie du Talmud et ses consultations de l'après-midi.

   Quelques semaines plus tard, Kader décida de retourner voir son père à Cordoue. Les adieux furent émouvants mais ils gardaient l'espoir de se revoir. Un an après, Rabbi Maïmon se remaria avec Myriam, fille d'un riche négociant en laine, Jéhuda Lévy. Moïse fut le parrain du fils né de cette union. Par un matin glacial du mois de décembre, des cavaliers Almohades vinrent chercher Moïse, pour qu'il soigne leur prince Omar, immobilisé près de Meknès ; c'est dire si la notoriété du toubib était grande. Difficile pour Moïse de ne pas obtempérer. Il vit donc le prince, le soigna pendant cinq semaines. Omar retrouva la santé et, pour remercier son toubib , lui offrit une somme très importante. Moïse refusa, préférant lui demander de protéger sa famille et tous les juifs de Fès. Ce fut oui pour la famille, mais non pour les autres. Omar voulut montrer sa détermination de « propagateur de la foi » en enlevant Ibn Soussan pour le contraindre à abandonner sa religion et devenir musulman. Devant son refus, il le fit décapiter.

   Dans ce contexte, la famille Maïmonide décida de quitter le Maroc pour aller en terre sainte. Grâce à un laissez-passer qu'Omar avait remis à Moïse pour qu'ils aillent se reposer à Centa, ses proches purent quitter Fès sans difficultés. C'est à Centa que Moïse rencontra un de ses correspondants, Ibn Aknine, qui allait devenir son fils spirituel. Ils embarquèrent très vite sur un bateau dont le capitaine était un homme sûr. Leur première escale fut Syracuse en Sicile. David, toujours en quête de négoce, alla en ville prendre contact avec la population. Dans une taverne, il fit la connaissance de chrétiens qui cherchaient un bon médecin pour soigner leur roi. David fit transporter ce dernier jusqu'au bateau où Moïse le soigna et le guérit. Pour le récompenser, un document dicté à un scribe lui fut remis immédiatement. En voici le texte : « Par la grâce de Dieu, en l'an 1165, le 25 avril, je délivre à Moïse Ben Maïmon, sa famille et sa suite un laissez-passer pour Jérusalem. Le très chrétien Richard cœur de lion ordonne, par le présent édit, à toute personne de favoriser leurs déplacements et ce, par tous les moyens. »

   Quelques jours plus tard, le bateau reprit la mer et rejoignit Acre. De là, très rapidement, ils se rendirent à Jérusalem qui était aux mains des Croisés, et grâce à leur laissez-passer, ils purent visiter la ville à leur guise et notamment se rendre au mur des lamentations. Y séjourner définitivement était impossible. Ils n'envisagèrent pas non plus de s'implanter à Saint-Jean-d'Acre. Ils décidèrent alors, d'un commun accord, de se rendre en Égypte où la communauté juive était importante. David y alla d'abord en éclaireur. Il revint d'Alexandrie enthousiasmé par l'accueil qu'il y reçut.

   C'est pendant le voyage en bateau qui les transporta à Alexandrie que Moïse conçut les grandes lignes de son œuvre majeure, le guide des égarés . David, avec sa célérité habituelle, trouva une demeure confortable où ils s'installèrent, croyaient-ils, définitivement. Encore une fois, la tristesse et la peine les atteignirent. Myriam mourut en mettant au monde une fille que Rabbi Maïmon prénomma Rebecca en souvenir de la mère de David et de Moïse. Les nouvelles du Maroc et d'Espagne n'étaient pas bonnes non plus, les conversations forcées se multipliaient. Ibn Aknine avait été contraint de devenir musulman pour éviter la mort. Tout cela n'empêcha pas Moïse de travailler intensément. Sa notoriété s'amplifia et s'étendit jusqu'à Nurédine, le roi d'Égypte, qui ne tarda pas à le faire venir pour qu'il soigne sa favorite Yasmina. Le diagnostic fut rapide : Yasmina était asthmatique, une affection que Moïse connaissait bien et qu'il savait soigner. Les remèdes réussirent au-delà de toute attente ; quelques mois plus tard, Yasmina fut enceinte. Le roi nomma Moïse médecin officiel et lui demanda de venir habiter avec sa famille à Fostat, près du Caire et du roi.

   Une période heureuse s'intaura. Kader, l'ami de Cordoue, vint les rejoindre. Il remit à Moïse un manuscrit faisant état des dernières découvertes de son père Abbas, en alchimie et en médecine. Moïse, à la quarantaine, se maria avec Rachel, la fille du bibliothécaire du roi. De cette union naquit un fils qu'ils nommèrent Abraham. Moïse poursuivit avec opiniâtreté la rédaction de ses œuvres, le Commentaire de la Mishneh et le Guide des égarés . Après cette période heureuse, la tristesse arriva de nouveau avec la mort de Rabbi Maïmon. C'est le vizir Al Fadil qui fit son éloge funèbre, marquant ainsi tout l'intérêt du souverain pour la famille de Moïse et, au-delà, pour tous les juifs d'Égypte. Alors que David et Kader préparaient leur prochain voyage d'affaires, ils eurent l'agréable surprise de voir arriver Ibn Aknine. Sur cette terre tolérante d'Égypte, il put reprendre sa religion.

Lors d'un entretien avec le roi, dont la santé déclinait, celui-ci demanda à Moïse s'il avait une idée sur la personne qui avait les qualités pour lui succéder. Très sensible à cet insigne honneur qu'un souverain arabe accordait à un “chef” d'une petite communauté, Moïse lui demanda une semaine de réflexion. Dans la nuit qui précéda son rendez-vous avec le roi, Moïse vit en rêve Saladin sur un cheval blanc, triomphant, majestueux, auréolé de gloire. Ce rêve confirmait ce que pensait Moïse au sujet de Saladin, qu'il avait apprécié lors de différents entretiens. Sa réponse au roi était donc toute trouvée. Nurédine s'éteignit peu après, en l'an de grâce 1171, par une belle nuit d'été. Saladin prit donc la suite, aidé par le dévoué vizir Al Fadil.

   Un peu plus d'un an après, Moïse vit le roi préoccupé et lui en demanda la raison. « Connais-tu le sens de mon nom : Saladin, ou Salâh al Din ? Il signifie « le défenseur de la religion ». Je dois mériter mon nom, il me faut donc une victoire au nom de celui-ci. Tant que cette mission qui m'est dévolue ne sera pas accomplie, je ne serai pas à l'aise.

– Conquiers Jérusalem. Les croisés y ont fait beaucoup de mal, il est temps que tu libères le deuxième lieu saint de l'Islam.

– Et les premiers lieux saints d'Israël, n'est-ce pas, Moïse ? »

   Saladin prit conseil auprès de son vizir qui lui fit remarquer que les finances du royaume ne permettaient pas, dans l'immédiat, d'entreprendre quoi que ce soit. Saladin décida alors de conclure une trêve avec Renaud de Châtillon, qui tenait Jérusalem.

   Moïse, quant à lui, arrivait à la fin de sa première œuvre. Ayant rédigé 639 commandements pour régir la vie sociale et religieuse des juifs, il pouvait maintenant se consacrer corps et âme à son œuvre personnelle, le Guide des égarés . Saladin prit son temps pour construire une armée puissante. En automne de l'année 1187, il engagea une attaque décisive contre les Francs, prétextant la violation, par Renaud de Châtillon, de la trève conclue deux ans auparavant. Le 31 janvier 1188, Jérusalem tomba. Saladin, magnanime et prudent, évita un bain de sang et respecta les vaincus. Il décréta que les Juifs pouvaient s'y installer pour pratiquer librement leur religion. Ainsi, les Chrétiens avaient Rome, les musulmans avaient la Mecque et Médine, et les Juifs Jérusalem . Inch'Allah !

   Quelques années plus tard, Saladin chercha un nouveau moyen d'entretenir l'enthousiasme populaire. Il fit part de son souci à son conseil restreint où siégeait Moïse. Il fut envisagé de conquérir l'Irak, voire d'autres territoires... Mais le vizir et Moïse lui proposèrent une autre idée : « Saladin, tu as accompli le Djihad du second degré, la guerre pour libérer Jérusalem. Il te reste à accomplir le Djihad du premier degré : celui de l'âme et de l'élévation spirituelle. Organises donc une croisade religieuse pacifique, un pèlerinage vers les trois lieux saints, la Mecque, médine et Jérusalem. Un immense mouvement populaire se créera ; les gens se lanceront dans ce périple et oublieront leurs soucis quotidiens. Ils reviendront avec le titre de « Hadj » dévolu à ceux qui se sont rendus à la Mecque une fois dans leur vie. »

   Saladin approuva et demanda à Al Fadil de faire proclamer en Égypte et en Syrie que le roi irait en pèlerinage et que les sujets auraient à faire de même. Les espoirs placés dans ce triple pèlerinage furent plus que bénéfiques pour tous. Pendant ce temps, profitant de l'absence du roi, Moïse mit la dernière main à son œuvre. S'entretenant journellement avec Joseph Ibn Aknine, il lui confia ceci : « Il existe une union, une rencontre, entre la recherche ésotérique, à laquelle je me consacre depuis toujours, et l'intellect, l'intelligence. Dans cet état de grâce, l'homme devient un ange car il s'unit à la compréhension cosmique. On s'échappe de notre terre pour embrasser l'univers. »

   Au retour de Saladin, le Guide des égarés était terminé. Rédigé en arabe, et diffusé tout autour de la Méditerranée, il reçut partout un accueil enthousiaste. Samuel Ibn Tiboun, un des rabbins les plus lettrés de Syrie, écrivit à Moïse pour lui rendre hommage et lui demanda la permission de traduire son œuvre en hébreu. Moïse la lui accorda et lui demanda de venir le voir avec sa traduction. Puis Saladin, approchant de la soixantaine, contracta la malaria. Mais malheureusement, Moïse ne connaissait pas de remède à cette maladie-là. Il ne put que soulager le malade qui mourut en novembre 1193. Le successeur choisi par Saladin était Al Kamil, renommé en Syrie pour l'administration remarquable de cette partie du royaume. Il eut toute la confiance du vizir Al Fadil.

   Très affaibli, Moïse Maïmonide ne lira jamais la traduction de son œuvre en hébreu. Son âme quitta son corps en 1204. Le roi ordonna trois jours de deuil pour tous les habitants d'Égypte et de Syrie et décréta que Moïse devait être enterré en terre sainte. Les grands rabbins consultés proposèrent Tibériade car c'est là qu'avait vécu le grand Kabbaliste Rabbi Simon Bar Oharaï. Le roi fit graver en lettres d'or sur sa tombe ce court texte mis au point par Ibn Aknine et les rabbins :

« De Moïse à Moïse, il n'y eut que Moïse. »

Sources Rose-Croix org

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