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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 16:57

 

 

Les éthiques abstraites

 

 

L'éthique " scientifique " et métaphysique

Les penseurs idéalistes qui affirment que l'univers empirique et objectif n'est que l'image d'un univers idéél supérieur, composé d'Idées-modèles, sont peu enclins à considérer que la norme de l'action juste puisse être trouvée dans l'univers de la sensibilité. C'est pour eux au contraire dans le domaine de l'idée pure que se trouve la seule norme à laquelle il soit possible de se référer lorsque l'on veut bien conduire sa vie. L'aspect contingent et toujours en mouvement du monde sensible empêche, en effet, que la conduite humaine puisse être indexée sur une valeur sûre.

Platon est sans doute le premier a avoir su donner à la pensée idéaliste, un shéma éthique extrêmement rigoureux. Pour lui le monde des Idées dont les choses empiriques ne sont que le reflet est gouverné par une idée supérieure, l'idée de Bien. Toute la science du philosophe qui tend à contempler et à connaître les idées les plus hautes s'organise donc autour de l'idée éthique d'un Bien à connaître et à poursuivre.
Si à sa manière l'éthique platonicienne est une éthique scientifique qui repose sur l'usage de la méthode dialectique de recherche de la vérité, elle est surtout une éthique de l'idéalité qui trouve l'essentiel de ses concepts et de ses références dans un univers séparé. En réaction à cette philosophie idéelle du Bien, Aristote, le disciple de Platon, produira une théorie plus concrète de la recherche du juste qu'il expose dans
L' Ethique à Nicomaque.

L'éthique de la vertu

Dans la conception stoïcienne, c'est la vertu et non pas le plaisir (opposition directe à la philosophie d'Epicure) qui est le seul moyen de parvenir authentiquement à l'état de bonheur , " d'ataraxie ", visé par tout homme.
Pour le philosophe stoïcien
il y a d'un côté ce qui dépend de soi et qui peut être un bien ou un mal (à l'exemple de nos pensées ou de nos mauvais désirs) et d'un autre côté ce qui ne dépend pas de soi et ne peut être ni un bien ni un mal (à l'exemple de la mort, de la santé, de la richesse ou des honneurs). Est vertueux et peut parvenir au bonheur celui qui en toute occasion sait distinguer entre ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi. Il trouve en effet le moyen de ne pas souffrir de ce qui ne dépend pas de lui (même si cela lui est contraire) car il sait que cela ne peut être pour lui ni un bien ni un mal.
Très rigoureuse mais aussi fortement déterministe, la philosophie éthique des stoïciens se caractérise par sa dimension de contrainte mais aussi de conciliation. Très populaire à la fin de l'antiquité, elle était aussi bien partagée par les esclaves (ex :
Epictète) que par les empereurs (ex : Marc Aurèle).
Dans
La Critique de la raison pratique (cf dialectique de la raison pratique), Kant donne un bon exposé de l'opposition qui existe entre les conceptions épicuriennes et stoïciennes. Ne manquez pas sa lecture, elle vous permettra de mieux cerner également la conception kantienne du bonheur.

L'éthique de la rationalité et du devoir

A l'opposé des théoriciens empiristes ou sensualistes qui considèrent qu'il est possible de partir de la réflexion sur l'expérience pour éléver et construire un édifice de pensée éthique, les philosophes rationalistes considèrent qu'il faut partir de la raison, comprise comme faculté de production des idées, pour normer la conduite humaine. A cet égard leur réflexion se développe autour de l'idée de liberté car ce n'est que si l'homme est un être rationnel autonome et par conséquent qu'il se trouve être libre (au sens de non dépendant de l'expérience) qu'il est possible de penser une action morale véritable. Tant qu'il est dépendant soit des affections de la sensibilité soit d'idées extérieures transcendantes, il ne peut être absolument libre et son action ne peut avoir de signification authentiquement morale.
Kant est le premier à avoir développé une conception universelle de la morale qui fait de l'homme un être totalement libre et capable de bien agir par le recours à la seule puissance de sa raison.

Dans La Critique de la raison pratique il énonce la loi morale fondée a priori sur la raison " agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d'une législation universelle ". En tant que cette loi constitue le seul fondement possible pour une action individuelle juste, elle est la source véritable de l'acte moral, l'expression authentique du devoir que tout homme doit observer. Enoncée a priori, c'est à dire indépendemment de l'expérience, la loi universelle de la raison pratique constitue la norme de la distinction entre le bien et le mal, le juste et l'injuste.
Celui qui agit toujours en l'ayant à l'esprit agit véritablement par devoir et se donne ainsi les moyens de parvenir à une béatitude authentique.
Très critiquée par Hegel, la
morale ou l'éthique kantienne a fait beaucoup pour la fondation d'une morale rigoureuse et rationnellement fondée. Son influence se fait sentir encore aujourd'hui à travers les ouvrages de Habermas ou de John Rawls.

L'éthique spiritualiste

Fondée sur l'idée qu'il existe un esprit qui préside à la réalisation de toute chose en ce monde, l'éthique spiritualiste se confond le plus souvent avec la morale religieuse. Le discours moral inspiré par l'Esprit est révélé à l'individu par l'intermédiaire d'un texte religieux dont les énoncés s'imposent comme des lois intemporelles de détermination de la conduite humaine. L'homme pour être heureux et juste se doit d'obéir aux commandements de l'Esprit : il doit suivre le chemin que celui-ci a tracé de toute éternité pour lui en vue de parvenir à la béatitutde.
Saint-Augustin, Saint-Thomas, et à leur manière Hegel et Bergson, ont défendu un point de vue spiritualiste en matière d'éthique. Pour les deux grands docteurs de l'église, c'est Dieu comme être spirituel qui doit servir de norme à la conduite humaine. Pour l'auteur de
La Raison dans l'histoire, l'éthique se réalise véritablement dans l'obéissance à la loi et à l'Etat qui ne sont rien d'autres que des manifestations objectives de l'Esprit. Pour Bergson c'est dans la communion avec la dynamique imprimée par l'élan vital que se trouve la possibilité de constituer une morale et une religion véritablement ouvertes (seules sources possible d'accès à la béatitude).
Fruit de visions originales l'éthique spiritualiste manque d'expériences concrètes pour illustrer ses thèses et apparaît souvent comme le produit de rêveries poétiques : il n'en demeure pas moins intéressant de l'étudier (en évitant de sombrer dans les aspects mystiques qu'elle recèle intrinséquement en elle).

Sources Heraclitea

 

Posté par Adriana Evangelizt

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 16:40

 

Les Ethiques concrètes

 

 

La théorie du " juste milieu "

L'éthique de la médiété défend l'idée selon laquelle, la vertu est toujours un milieu entre deux contraires, l'un par excès l'autre par défaut. Par exemple, le courage est le juste milieu entre la témérité (contraire par excès) et la lacheté (contraire par défaut). De même la libéralité est un juste milieu entre la prodigalité (contraire par excès) et l'avarice (contraire par défaut).
Ainsi l'homme juste est celui qui en toute chose sait discerner la voie moyenne et agir selon la mesure. Il agira " comme il faut, quand il faut et où il le faut ".
Ethique réaliste et empiriste, la théorie du juste milieu est élaborée par
Aristote dans son Ethique à Nicomaque. C'est dans cet ouvrage, en effet, qu'il définit la vertu comme juste milieu entre deux contraires, l'un par excès l'autre par défaut et se démarque de son maître Platon qui considérait que le principe de la vie éthique est à rechercher non pas dans l'expérience, toujours contingente et aléatoire mais dans le " monde des idées ".
Remise au goût du jour par Saint-Thomas, qui en un sens a christianisé la pensée d'Aristote, l'éthique de la médiété et du compromis est peut-être celle qui correspond le mieux au point de vue du sens commun.


L'éthique hédoniste

Les théoriciens de l'hédonisme posent l'identité entre le bonheur et le plaisir : la recherche du plaisir devant entraîner nécessairement celle du bonheur. L'éthique hédoniste qui insiste particulièrement sur l'aspect matériel et sensuel de nos plaisirs n'est cependant pas une théorie de la démesure et du désordre des sens. Elle prône au contraire la nécessité de faire un choix, un tri sélectif entre ses désirs afin de parvenir à un état de repos et d'équilibre authentique (que les grecs appelaient "l'ataraxie " et que nous appelons pour notre part le bonheur).
Epicure est le grand représentant de la philosophie hédoniste et matérialiste. Dans sa Lettre à Ménécée, il expose les principes de son éthique sensualiste et rationnelle et montre qu'il est possible de vivre en recherchant le plaisir sans pour autant être un débauché et un pervers. La distinction qu'il opère entre désir naturels et désirs non naturels ainsi qu'entre désirs naturels nécessaires et désirs naturels non nécessaires est restée très célèbre.
Violemment combattue par les théologiens et les grandes figures de la morale ecclésiale, la philosophie hédoniste a été réprimée et calomniée pendant tout le moyen-âge (au point qu'il ne nous reste plus aujourd'hui que quelques fragments de la pensée d'Epicure). Elle n'est véritablement réapparue en France qu'à partir du XVIII ème siècle à travers des philosophes comme La Metttrie.

L'éthique sensualiste

L'éthique sensualiste se veut avant tout explicative : elle prétend rendre compte à l'aide de l'analyse de nos sens du type de buts que nous poursuivons ainsi que des raisons qui nous font nous mouvoir. Ainsi ce sont nos sens qui sont considérés comme les critères de détermination du bien et du mal. Ce qui apporte satisfaction à nos sens est appelé " bien " et ce qui déplait à nos sens est appelé " mal ". L'homme recherche naturellement la satisfaction de ses sens : il a donc tendance à utiliser ses désirs et ses plaisirs comme normes de l'action juste.
Très critiquée par les philosophes idéalistes et religieux, la morale sensualiste tend à se rapprocher de la morale hédoniste.
Locke en angleterre mais aussi Diderot en France furent au dix-septième et au dix-huitième siècles les grands représentants de cette école.

L'éthique utilitariste

L'utilitarisme est du point de vue éthique, une théorie qui fonde ses principes de justice et de recherche du bonheur non pas sur une norme idéelle (opposition à la philosophie de Platon et de Kant) mais sur une norme réelle (issue de l'observation et de l'expérience). Le philosophe utilitariste affirme que la source de la justice se trouve dans l'accord avec la somme générale de satisfaction ou utilité moyenne. Ce qui est juste, en effet, c'est ce qui profite au plus grand nombre de personnes, ce qui accroit le solde total de satisfaction pour un groupe ou une communauté donnée.
L'utilitarisme qui n'affirme pas que le bien s'identifie à l'utile se présente comme une théorie du bien commun, fondée sur une conception libérale de la vie communautaire : ce qui est
bien et juste ce n'est pas ce qui est utile à une personne en particulier mais ce qui est utile au plus grand nombre.
John Stuart Mill est l'une des grandes figures de l'utilitarisme. Dans L'Utilitarisme il expose le fond de sa conception éthique et montre en quoi sa démarche se démarque aussi bien de la morale sensualiste (Locke, Bentham) que de l'éthique rigoriste de Kant.
Très appréciée dans le monde anglo-saxon, la philosophie utilitariste a fait
peu d'adeptes sur le continent.

Sources Héraclitea

Posté par Adriana Evangelizt

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 15:30

 Un beau texte... le ciel est dans le coeur de l'homme libre...

 

 

DE LA LOI MORALE ET DE LA LIBERTÉ

 

par Victor Cousin

 

Extrait de l'ouvrage Cours de l'histoire de la philosophie moderne

Tome I

1846

 


La loi morale ne peut commander qu'à une volonté libre. Le monde moral est celui de la liberté. La où il y a libre détermination, acte voulu et délibéré, là est le monde spirituel. Or nous ne vivons, nous ne subsistons que par des actes continuels de volonté et de liberté. Le monde spirituel est donc déjà pour nous sur cette terre. Nous vivons en quelque sorte sur les confins de deux empires séparés dont nous formons la mystérieuse réunion. Pour pénétrer dans le ciel, il n'est pas besoin de percer les ombres du tombeau ; le ciel est déjà dans le cœur de l'homme libre, et cœlum et virtus, dit Lucain. Je suis citoyen du royaume invisible des intelligences actives et libres. Mais quelle est la détermination de ma volonté qui éclaire à mes yeux ce monde invisible? Demandez-le à la conscience. Examinez-vous quand vous faites votre devoir, et le ciel vous apparaîtra au fond de votre cœur. Ce n'est pas par des raisonnements qu'on acquiert la conviction du monde spirituel : c'est par un acte libre de vertu, qui est toujours suivi d'un acte de foi a la beauté morale, et d'une vue intérieure de Dieu et du ciel. Le monde sensible agit sur moi, et l'impression que je reçois est pour moi une occasion de vouloir. Ma volonté détermine à son tour un changement dans le monde sensible. C'est là l'ordinaire de la vie humaine,le vouloir ne se manifeste qu'à la suite de mouvements sensibles et  par des mouvements sensibles. Faites plus : contenez votre vouloir en lui-même, qu'il agisse sans se manifester au dehors, que ses libres déterminations ne sortent pas du sanctuaire intérieur ; et votre vie est toute spirituelle, vous êtes parvenu à la source de la véritable activité; vous avez une vue intérieure de la vie divine qui se révèle dans la vôtre. Ou peut parler de liberté et de spiritualité : mais on ne combine que des mots lorsqu'on ne s'est point affranchi soi-même. On n'obtient, dit le christianisme, le sens de la vie éternelle qu'en renonçant au monde et a ses fins. Alors la foi en l'Éternel entre dans l'âme. Enfin, selon les images de la doctrine chrétienne, il faut mourir et être enfanté de nouveau pour entrer dans le royaume des cieux.

La philosophie n'est que la vue de l'âme généralisée. Si la volonté est
attachée au monde sensible, comment peut-on croire à l'esprit et a une autre vie? On traite l'immortalité de fable, ou on y croit par préjugé. Réformer la vie pour réformer la philosophie. Les lumières de l'entendement ne seraient que ténèbres sans la lumière de la vertu. Oh ! si l'âme du dernier des Brutus, si l'âme de saint Louis s'étaient racontées elles-mêmes, quelle belle psychologie morale nous aurions !

La volonté infinie et éternelle se révèle à nous
dans la conscience morale, dans ce commandement suprême : Veux le bien; et la volonté humaine individuelle se mêle à la volonté infinie en obéissant librement à sa voix. La est le grand mystère de l'éternité se découvrant à l'humanité, et de l'humanité se revêtant librement de l'éternité. L'homme est tout entier dans ce mystère : donc la morale est la source de toute vérité, et la vraie lumière réside dans les profondeurs de l'activité volontaire et libre.

Voici un fait de conscience incontestable, et en même temps simple et indécomposable :

« Fais le bien, sans égard aux conséquences; c'est-à-dire, veux le bien. »

Puisque ce commandement n'a pas d'objet terrestre, visible, matériel, applicable aux besoins de cette vie et de ce monde sensible, il suit que : ou il n'a pas de fin, de but, ou
il a une fin, un but invisible, et qu'il regarde un monde différent du nôtre, où les mouvements externes qui résultent des volitions sont comptés pour rien, et où les volitions elles-mêmes sont tout.

S'il n'y a pas un monde invisible, où toutes nos bonnes volontés nous sont comptées
, quel est donc sur la terre le but de la vertu ?

1° Sert-elle au mécanisme de l'univers?


2° A-t-elle pour fin la civilisation du globe?


3° L'amélioration de la destinée humaine sous le rapport des commodités matérielles et physiques?


4° La paix du monde?


5° Le
plus grand développement moral du genre humain, d'où sortirait sa plus grande perfection en général, avec son plus grand bonheur?

Pour tout cela il n'était
pas besoin de vertu. Dieu n'avait qu'à construire des machines sans liberté; il aurait eu un aussi beau spectacle, s'il ne voulait que le spectacle du bonheur. Mais, dira-t-on, il le voulait produit par nous-mêmes. Il ne l'aura jamais ; le bonheur universel sur la terre est une chimère. Ensuite Dieu, pour arriver à ce but, pouvait se dispenser de nous donner la loi morale el la conscience ; il suffisait de l'égoïsme. Remarquez que dans le monde sensible peu importe pourquoi un fait a lieu, pourvu qu'il ait lieu. Donnez plus de lumière à mon égoïsme, ou augmentez la force de ma sympathie naturelle, je ferai autant ou plus de bien aux autres que par le seul sentiment du devoir.

Il faudrait avoir toujours présentes à l'esprit les maximes suivantes :

1° Les conséquences d'une action, quelles qu'elles soient, ne la rendent ni bonne ni mauvaise moralement :
l'intention est tout. A parler rigoureusement, il n'y a pas d'action morale, il n'y a que des intentions morales.

2° Pour qu'une intention soit
bonne moralement, il faut qu'elle ne soit pas intéressée.

3° Sont regardées
comme intéressées toutes intentions où il y a un retour personnel. Ainsi, faire une chose pour avoir des honneurs, de la gloire, des applaudissements, des plaisirs, soit sensuels, soit intellectuels, des plaisirs externes ou internes, pour entendre dire que l'on est généreux ou pour pouvoir se le dire à soi-même, pour avoir des récompenses sur la terre ou même dans le ciel, tout cela est également en dehors de la morale.

4° Sont regardées comme moralement indifférentes les actions, même les plus utiles, qui viennent de l'impulsion de l'organisation.

5° Est regardé seulement comme
être vertueux celui qui, après avoir pesé une action et l'avoir trouvée juste, la fait uniquement parce qu'il croit qu'il faut la faire, et par cette seule raison qu'elle est juste.

Posté par Adriana Evangelizt

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 14:44

 

 

Et voilà, il faut y venir. Faire des voeux. Il y en tant à formuler pour ce monde où tant d'êtres souffrent. Et cette année, plus que toutes les autres années, j'ai beaucoup de mal à dire "Bonne Année !" Cela s'est traduit, d'ailleurs, par un texte violent sur un autre blog. N'oublions pas que je suis entrée depuis peu dans la Voie de la Sagesse et que la Rebelle est toujours présente. Je suis presque perpétuellement comme Ieschoua dans le Temple. Sourire... Je tiens à dire aux pharisiens, si présents sur cette terre et sous diverses formes, qu'Il n'est pas mort pour rien. Je mets en application le sens de Son message. Et celui qui fait du mal "au plus petit" me trouve sur sa route, si je suis à portée d'une scène qui dérange l'ordre pacifique dans lequel notre société devrait évoluer. Cela se traduit par des interventions spontanées dans l'environnement immédiat. Si mon voisin bat sa femme et que j'entends hurler la pauvresse, je surgis. Je suis d'ailleurs la seule. Il y en a beaucoup qui entendent ses cris mais qui n'osent pas intervenir. Ceci est un exemple parmi tant d'autres. Nous vivons dans un monde de lâchetés. On laisse faire pour préserver son petit bonheur égoïste et c'est pour cette raison principale, qu'à plus grande échelle, au sommet, l'Humanité a laissé s'instaurer quelque chose d'abominable contre lequel elle n'a plus prise. Cela se traduit par des dirigeants iniques portés au pouvoir pour causer encore davantage de dégâts. L'Humanité serait-elle masochiste ou bien naïve au point de faire confiance à des individus qui, somme toute, ne sont que traîtres à l'Idéal qu'elle porte au fond d'elle ?

Je connais bien sûr la réponse et je la formule vaguement ICI. L'Humanité n'en est qu'à sa période "adolescente"... il faut qu'elle grandisse encore mais bon dieu que c'est long ! Et comme la souffrance de ce monde devient de plus en plus difficile à supporter. Voilà mon état d'esprit à l'heure actuelle.

Malgré tout cela, je vous souhaite à tous le meilleur pour l'Année qui s'annonce. Je remercie les fidèles de ce blog qui me tient à coeur en espérant qu'il apporte un peu de "lumière" à ceux qui veulent échapper à l'Ombre ou du moins appréhender cette Obscurité pour mieux la combattre.

Bonne Année à tous...

Adriana Evangelizt

Admirez le talent... mon blog sur Sami, Azeri avec l'Âme soufi...

Sami Yusuf

My  Ummah

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Published by Adriana Evangelizt - dans Mes Textes et Réflexions
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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 16:23

Alchimie et évolution spirituelle


par Fernand Schwarz



LES ORIGINES DE L'ALCHIMIE SE PERDENT DANS LA NUIT DES TEMPS

Le mot alchimie évoque bien souvent la célèbre image du Moyen-Age qui nous montre un vieil homme affairé dans son laboratoire, autour d'instruments plus mystérieux les uns que les autres, et dont on dit qu'une seule obsession l'habitait : découvrir la pierre philosophale.

Or il s'avère que cette science des transmutations, qu'il s'agisse des métaux ou des plantes, n'était étrangère ni aux Arabes, ni aux Egyptiens, ni même aux Chinois ou aux peuples de l'Amérique précolombienne. Par sa caractéristique fondamentale qui est de construire une vision symbolique des mutations naturelles, elle prendrait ses racines dans les origines mêmes de l'homme.

Toutes les traditions magico-religieuses qui nous viennent de la plus haute antiquité, traduisent en effet le souci constant de nos ancêtres de donner un sens profond aux mutations naturelles, qu'ils en aient été les témoins ou les protagonistes.

Prenons par exemple l'extraction des métaux. Pour l'homme dit "primitif", le métal est le coeur vivant de la pierre inanimée. L'extraire de sa gangue matérielle n'est autre que décomposer et recomposer la nature par une suite de purifications. Face à la pierre brute, symbole d'inertie, de "lumière morte", le métal pur oppose son extraordinaire souplesse ainsi que sa dureté, toutes deux symboles d'une matière capable d'épouser les formes de l'esprit.

L'alchimie est donc, avant tout, la science et l'art des transmutations.

Elle apporte un changement profond à la nature des choses tout en restant dans un cadre naturel. Elle est en ce sens une science de l'être.

L'ALCHIMIE N'EST PAS UNE SCIENCE OBJECTIVE

On a souvent voulu donner à l'alchimie la qualité d'ancêtre de la chimie. Or cette conception de l'alchimie ne peut en aucun cas nous conduire à sa compréhension, la chimie étant une toute autre approche des phénomènes naturels.

Certes, dans un cas comme dans l'autre, il est question des mutations naturelles. Mais, alors que la chimie est basée sur l'observation des phénomènes, que sa démarche va donc de l'extérieur (observateur) vers l'intérieur de la matière (composants), l'alchimie aborde les phénomènes de l'intérieur vers l'extérieur, donc de l'essence vers l'apparence formelle.

Avec la chimie, nous pouvons parler de transformations, étudier le changement d'apparence des êtres et établir une classification basée sur le principe d'identité : A est A mais ne peut être B dès lors qu'ils diffèrent par la forme. Avec l'alchimie s'ouvrira à nous le mystère de la transmutation, accessible par le pouvoir d'analogie entre l'observateur et l'être en devenir. Il s'agit là de deux voies complémentaires dans l'accès à la compréhension de la vie, l'alchimie intégrant la chimie par le fait qu'elle traite, en dernier lieu, des transformations inhérentes à toute transmutation.

Il est aisé de comprendre, en effet, qu'un homme peut se transformer facilement s'il utilise toute sorte de déguisements, du plus grossier au plus noble, mais qu'il lui coûtera bien plus de changer sa nature profonde pour que la noblesse lui soit plus naturelle que la grossièreté...

Tel est le passionnant challenge qui s'offre à celui qui désire comprendre l'alchimie.

QUE SIGNIFIE COMPRENDRE UNE CHOSE DE L'INTÉRIEUR ?


Une science objective suppose l'acquisition d'une technique précise, sorte d'interface entre l'observateur et l'observé. Les résultats obtenus ne prennent nullement en compte l'état d'âme de l'observateur, celui-ci devant rester le plus "distant" possible par souci d'objectivité. C'est pourquoi il peut même être remplacé par un ordinateur.

Cette mécanique de l'esprit est accessible à tous sans profonde remise en question et c'est ce qui fait que la pédagogie d'une telle science est relativement simple.

Le langage alchimique semble être aux antipodes et nous nous trouvons devant une toute autre forme de pédagogie.

Le langage alchimique est en effet une poétique qui fait appel essentiellement à l'imagination :

on ne décrypte pas un texte alchimique comme un énoncé de mathématiques. Bien souvent il s'agit de rébus, d'histoires fantastiques mettant en scène des créatures qui n'existent que dans l'imaginaire. Ceci est déroutant et peut être un obstacle pour celui qui ne fera pas l'effort d'imaginer. Comprendre de l'intérieur implique donc que son propre monde intérieur soit suffisamment riche d'images symboliques, prêtes à entrer en résonance avec les suggestions du texte. On ne pourra comprendre si on ne voit pas ce qui est suggéré. Pourquoi cette apparente barrière qui fait parfois de l'alchimie une science rébarbative ?

Simplement, rappelons-le, parce qu'il s'agit de comprendre l'être vivant sans l'ouvrir, donc sans le faire mourir.

L'alchimie est un art avant d'être une technique. C'est l'art de l'amour, l'art royal comme disaient les alchimistes du Moyen-Age et son caractère hermétique n'est autre que la marque du respect pour le vivant : on peut toucher quelqu'un par un simple contact physique mais ceci ne nous en donnera qu'une connaissance superficielle, passagère et aléatoire. Toucher son coeur nous ouvre au contraire sa véritable dimension, celle de l'être dont le corps n'est qu'un vêtement.

Ainsi, pour reprendre le langage symbolique, la connaissance alchimique s'établira par l'aptitude à faire vibrer notre corde intérieure en harmonie avec celle de l'être que l'on désire connaître, qu'il s'agisse d'un humain, d'un animal, d'une plante ou pourquoi pas d'une pierre.

Tout est vivant pour l'alchimiste. Son souci est d'apprendre l'art de dialoguer avec ce qui est vivant en chaque chose, donc avec ce qui pourra la faire muter.

L'ALCHIMIE OU L'ART DE LA CIRCULATION

Nous pouvons maintenant mieux comprendre le credo fondamental de l'alchimiste :

"Délivrer l'esprit par la matière et délivrer la matière par l'esprit".

Cette double délivrance s'exprime par l'existence d'une très grande circulation entre les régions les plus denses de l'être et celles des plus subtiles. C'est en cela que parler d'alchimie matérielle ou d'alchimie spirituelle est un non-sens. Toute créature est une symbiose entre une idée et une substance. L'alchimie s'intéresse au rapport qui les unit, rapport qui ne peut être que paradoxal étant donné le caractère antithétique de ces deux mondes. Seule l'idée de la circulation peut soutenir ce paradoxe. "Solve et coagula", une autre devise alchimique, illustre bien cette circulation. Dissoudre et recomposer autant de fois qu'il sera nécessaire jusqu'à obtenir la symbiose la plus parfaite entre matière et esprit : la pierre philosophale.

Toute créature, qu'elle soit minérale, végétale, animale ou humaine peut ainsi devenir pierre philosophale.

PENSÉE ET ACTION

L'esprit et la matière appellent chez l'Homme deux conduites différentes : penser et agir.

On pense par l'esprit et on agit sur la matière.

Mais savons-nous vraiment relier tous nos actes à nos pensées et faire de nos actions le ferment de nouvelles idées ? Aussi simple qu'il paraisse, ce paradoxe est en fait la clé de toute oeuvre alchimique. Comment faire pour avoir la motivation nécessaire, exprimée en terme d'énergie, pour transformer son environnement selon l'idéal qu'on s'en fait.

En nos temps où l'outil devient de plus en plus déconnecté de la matière (citons par exemple l'informatique), mettre une idée en action devient toujours plus difficile et l'on voit souvent l'Homme renoncer à ses projets quand il ne renonce pas tout simplement à ses idéaux.

Or il n'y a que l'effort de concrétisation de nos idées qui puisse nous faire changer profondément.

Nous sommes le résultat de nos oeuvres. Modifier l'oeuvre c'est se modifier soi-même. C'est un gage d'épanouissement, et c'est en tout cas la meilleure "recette" anti-stress qui soit. Ne pas le faire est source de blocages intérieurs, d'amertume et de découragement. L'homme écartelé entre la pensée idéaliste et sa réalité concrète n'a plus d'autre échappatoire que le repli sur lui-même, dans un état qui se situe aux antipodes de l'amour : il agira sans conviction et pensera sans le souci d'une concrétisation. Devant lui se fermera inéluctablement l'accès au mystère alchimique.

COMMENT RÉCONCILIER L'INCONCILIABLE ?

Toute union peut se traduire en termes d'amour. Le problème de la circulation entre l'esprit et la matière se situe donc dans un plan qui n'est ni l'un, ni l'autre, une sorte d'intermonde caractérisé par l'affectivité. Toute paralysie dans la circulation exprime un "blocage de l'affectif". Lorsque par exemple nous sommes paralysés, en proie à la panique, nous sommes tous simplement bloqués affectivement : la solution qui pourrait nous sauver et qui se situe dans le plan mental (ex. : si je suis agressé je ferai ceci et cela !...) ne trouve aucun chemin ouvert pour atteindre le moteur de l'action.

Or ce chemin ne peut être qu'imagination. S'imaginer avec force ce qu'il faut faire pour franchir un obstacle permettra d'enclencher le moteur et d'agir. C'est ce même contact que l'on retrouve dans toutes les traditions lorsqu'elles nous présentent le monde dans une division ternaire et trifonctionnelle.

L'INTERMONDE, SIEGE DE L'IMAGINATION


Nous pouvons concevoir, dans la continuité de ce que nous venons d'exposer, que l'univers vivant auquel l'homme appartient fonctionne grâce à l'interaction de la pensée et de l'action dans un intermonde que nous appellerons, pour reprendre l'expression d'Henri Corbin, l'Imaginal.

PENSÉE

Principes, Archétypes, Modèles atemporels

IMAGINAL

Rêve, Conception, Symboles

ACTION

Concrétisation, Matière, Temporalité

Le monde imaginal est aussi réel qu'un objet ou qu'une idée peuvent l'être. Sans lui nous serions comme l'animal, incapables de croire par exemple au cinéma, de nous mettre à rire ou à pleurer parce qu'une simple image projetée sur un écran est en train d'évoquer comme contenu émotionnel ou affectif en nous-mêmes.

Monde des images que l'on conçoit en rêve ou dans l'état de veille,

l'Imaginal est le lieu de tous les paradoxes.

Il est donc à la fois cette région dangereuse par les fantômes qu'elle abrite mais aussi ce jardin secret, situé hors du temps, véritable âge d'or d'où nos actions puiserons l'enthousiasme comme on puise à une source d'énergie intarissable. Et quel homme pourrait vivre sans cet apport d'images structurantes qui donnent un sens à la vie depuis le plus petit grain de sable jusqu'à l'immensité de l'univers ? N'est-ce pas dans ce monde que se situe la réalité humaine, celle d'un acteur jouant un personnage dans le théâtre de la vie ?

L'IMAGINATION CRÉATRICE, LIEU DE L'ÉVOLUTION SPIRITUELLE

Revenons à cette conception de l'alchimie en tant que circulation incessante d'énergie. Nous parlions précédemment de cordes à faire vibrer en nous-mêmes pour faire vibrer tout ce qui nous entoure. Ces cordes sont nos images intérieures, quintessences du monde concret qui feront par exemple d'un arbre le symbole éternel de l'axe du monde, mais elles sont aussi les puissances de condensation des idées dans nos actes. Etre capables d'extraire de nos actes une énergie qui dépasse l'acte lui-même nous rend légers dans la plénitude de l'être. Agir autrement n'est que source d'usure dont nous sortirons vides et inanimés. L'art alchimique dégage un plus comme la transmutation de la matière dégage une énergie excédentaire. L'important est que cette énergie puisse être contrôlée pour qu'elle ne soit pas à l'image d'une bombe atomique, dispersée à tout vent et perdue à jamais.

"Solve et coagula" :

se transporter par l'enthousiasme d'un acte qui vivifie notre imagination et rassembler ces énergies pour les recycler dans de nouvelles actions, tel pourrait se définir l'art royal.

Alors le mystère de la pierre philosophale se dévoile à nos yeux comme l'être accompli dans la circulation des énergies et l'art de transfigurer tout ce qu'il vient à toucher : la pierre philosophale dans le règne minéral transmutera le plomb en or, dans le règne végétal elle accélérera la fabrication des élixirs et sur le plan humain elle sera cet être de lumière capable, par sa seule présence, d'ouvrir le coeur des hommes en quête de leur propre sommet. Comment comprendre autrement que le Christ ait pu être comparé, au Moyen-Age, à cette fameuse pierre philosophale ? Comment comprendre que d'autres hommes aient pu transfigurer à ce point l'histoire non seulement de leurs contemporains mais aussi des générations entières qui leur succédèrent ?

EN CONCLUSION

L'auteur nous rappelle la discipline inhérente à toute quête alchimique, véritable mise à l'épreuve du candidat. Cette discipline transparaît dans les lignes qui précèdent par le seul fait que nos lecteurs pourront se demander comment faire concrètement pour réaliser en soi cette pierre philosophale, source de toute évolution spirituelle. Ce à quoi l'auteur répondrait : "Demande-t-on comment on fait l'amour lorsque l'on désire s'unir à qui l'on aime ?"

L'amour, clé centrale de l'alchimie, ne devient affaire de technique que lorsqu'il est soit dévoyé au stade d'une jouissance plus qu'éphémère, soit lorsqu'il atteint un tel pouvoir de transfiguration que tout doit être mobilisé pour qu'il puisse irradier les couches les plus profondes des êtres. Entre ces deux extrêmes se situe le simple besoin du candidat. S'il désire connaître ce qui pour lui est devenu vital, la porte du mystère alchimique pourra s'ouvrir. Dans le cas contraire, simple curiosité intellectuelle, la porte restera close.

La question du "comment faire ?", intention artificielle née de l'intellect, cachera la réalité d'un "pourquoi ?" mal défini.

Pour citer Fernand Schwarz : "Celui qui n'a pas le pourquoi cherchera partout le comment". Et nous pourrions ajouter que de comment en comment cet homme perdra toujours plus l'opportunité de découvrir en lui le pourquoi.

Si les écoles initiatiques ont toujours imposé de dures épreuves à leurs candidats, il semble que c'était justement pour apprécier la nécessité qui était la leur d'acquérir cette connaissance : seraient-ils prêts, par la suite, aux sacrifices inhérents à toute transmutation intérieure ; seraient-ils suffisamment prudents pour être respectueux de l'extraordinaire savoir dont ils pourraient être les dépositaires ou seraient-ils de simples faussaires, enorgueillis de leurs diplômes mais incapables de ressentir la moindre compassion envers le drame de la vie ; et, pour citer une dernière devise alchimique, seraient-ils capables de :

"SAVOIR, POUVOIR, OSER ET PUIS SE TAIRE..."


Propos recueillis par Frédéric BLANCHARD

Sources Nouvelle Acropole

Posté par Adriana Evangelizt

 

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 16:09

 

 

À quoi sert la vie ?


par Fernand Schwarz

Tableau de Joséphine Wall


À quoi sert la vie ? Qu’est-ce que vivre ? Est-ce vivre en dépendant des circonstances, dans le confort, la satisfaction des pulsions et désirs ou est-ce agir en toute liberté, avec discernement et intelligence pour atteindre la sérénité et le bonheur ?

À qui sert la vie ?

La vie a la valeur que nous lui donnons, en fonction de ce que nous sommes. Pour une pierre, la vie sert à résister. Pour une plante, la vie sert à croître et à pousser. Pour un animal, la vie sert à sentir et à se faire plaisir. L’homme possède en lui des éléments minéraux, végétaux et animaux. Ce qui le différencie des trois règnes est la faculté qui lui permet de se poser la question : à quoi sert la vie ?

Pour Pierre Hadot, philosophe spécialiste de l’Antiquité, la philosophie n’est pas un système théorique mais une expérience vécue, une confrontation au réel, de ses idées, rêves et décisions et une remise en question, sans lesquelles il n’y a pas de vie.

La vie est un mouvement

Qu’est-ce que vivre ? Est-ce vivre en fonction de l’inertie des choses et de la facilité, ou vivre en se réalisant avec détermination, décision, responsabilité et intelligence ?

Vivre est un mouvement. Les choses sont vivantes parce qu’il y a mouvement. Mais si ce mouvement devient inertie, mécanicité, artificialité, répétition, dépendance, résistance et routine, la vie s’échappe et meurt. L’inertie est une force qui naît d’une autre : au billard, quand une boule en touche une autre, elle lui transmet sa force ; l’autre boule bouge par inertie et non par elle-même.

Pour sortir du confort, de la paresse, de la vie au jour le jour, de l’instinct de conservation qui nous protège, il faut prendre des risques, donner des finalités à nos mouvements. Plus ces finalités et ces rêves sont ambitieux, plus ils sont capables de nous mettre en mouvement.

Vivre en autonomie

La vie et le vivant se caractérisent par l’autonomie.

Le vivant se répare lui-même, panse ses plaies. Un objet ne peut pas le faire. Il faut une intervention humaine.

La vie s’auto-reproduit. Quand on se programme soi-même, on peut diriger son existence vers quelque chose d’autre. On peut se reproduire biologiquement ou par les idées et les sentiments. Un objet ne peut le faire.

La vie s’auto-régule et s’équilibre. C’est la base de l’écologie. Si notre corps n’arrivait pas à s’autoréguler, il serait tout le temps malade !

La vie sert à être en mouvement et à comprendre les lois du mouvement. Certains passent devant ces lois, en n’étant simplement qu’un effet de mouvement, comme la boule de billard. Ils courent derrière la vie mais ne vivent pas. Ils vivent de façon inconsciente et sont mus par les instincts et les pulsions D’autres s’interrogent : «Où vais-je, qui suis-je ? À quoi sert la vie ?» Ils cherchent une finalité, un sens. Ils s’émerveillent devant la vie, l’univers et tout ce qui les inspire et leur permet d’apprendre avec intelligence.

L’expression de la conscience

Le mouvement se trouve dans le mot «exprimer» qui veut dire faire sortir ce qu’on a de potentiel en soi pour le faire devenir.

Mais qu’exprime-t-on ? Ici intervient la notion de conscience. Nous pouvons exprimer ce que nous avons de bon et de bien en nous, notre besoin de reconnaissance sociale, notre désir de réalisation, notre quête du Bon, du Vrai, du Beau et du Bien et nous pouvons également exprimer le côté faux, artificiel et le laisser-aller. En résumé, exprimer l’être ou le paraître.

Socrate a inventé, en Occident, le concept de la conscience. Il dit : «J’ai en moi-même une petite voix, un daïmon, (pas un démon mais un génie, une conscience) qui me dit parfois ce qu’il ne faut pas faire mais pas ce qu’il faut faire.» Il y a une conscience en chacun de nous. Et parfois cette conscience fait souffrir et est refoulée dans l’inconscient, où elle continue encore à agir, même sans y penser, sur le corps ou les sentiments.

L’expression d’une destinée

L’expression implique l’acceptation de se confronter aux autres et d’expérimenter pour pouvoir améliorer ce que nous pensons être ou devenir. Vivre c’est exprimer ce qui est positif, créatif, harmonieux, simple mais beau et bon. Ce n’est pas s’exprimer sous l’effet de la pulsion ou du désir, c’est-à-dire se défouler et engendrer la violence pour soi et les autres. Exprimer une destinée n’est pas exprimer l’avenir ni l’horoscope. D’un point de vue philosophique, les auteurs classiques antiques expliquent que dans le théâtre des mystères, le genre de la tragédie grecque exprime l’histoire d’un personnage qui a le choix entre vivre tranquille et accomplir un exploit, qui le transcende, le transforme, parfois au prix de sa vie. Nous avons tous en potentiel une destinée. Celle-ci s’exprimera à condition de choisir de ne pas faire comme tout le monde, d’assumer sa propre vie, d’être ce que nous voulons devenir et non devenir ce que les autres attendent de nous. La vie, c’est affronter l’inconnu, accepter le mystère, vivre avec.

Le pouvoir de vie et de liberté

Un mouvement pour exprimer une destinée rappelle la maïeutique de Socrate ou l’art d’accoucher les âmes, c’est-à-dire se faire naître soi-même, vivre, chercher en soi-même un potentiel, un rêve, et le devenir. C’est ce que prône la philosophie pratique, expérimentale, art de vivre au quotidien et non la philosophie spéculative et académique.

Comme le dit Hegel, la vraie conscience n’est pas une faculté théorique mais un pouvoir de vie et liberté. La vie sert à exprimer un pouvoir sur soi-même qui affranchit vers la liberté. Pour qu’un être humain devienne libre, il ne doit être conditionné ni par les circonstances ni par ses passions. Il doit décider et agir avec intelligence.

On peut vivre comme un animal, une pierre ou un arbre. Pour vivre comme un être humain, il faut avoir de l’esprit. D’un point de vue philosophique, le mot esprit est cette capacité que nous avons de comprendre et de nous libérer du monde. Cette faculté peut être associée à l’intelligence (intellegere : pouvoir entrer). L’esprit permet à l’humain de comprendre le réel, d’agir sur lui en devenant indépendant des circonstances et non en étant submergé par elles. On garde notre esprit clair malgré les situations. La spiritualité est un combat pour garder l’intelligence, le discernement et la possibilité de voir les choses dans leur unité et non dans leur partialité. La raison nous permet de couper les choses, l’intelligence permet de les réunir. Vivre intelligemment n’est pas seulement vivre raisonnablement.

La finalité de la vie est pour chacun le bonheur. Non pas un bonheur immédiat, éphémère, satisfait par la pulsion, mais ce que Socrate appelle eudemonia, un état intérieur de sérénité, de sagesse et de calme, un état d’être sans attachement, tout en gardant sa faculté de discernement. Une opportunité pour chacun d’être heureux.

Sources Nouvelle Acropole

Posté par Adriana Evangelizt

 






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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 15:49

 

"Se tenir à l'écart de la mort est mauvais pour l'homme."

 

Par Fernand Schwarz

Président de la Fédération française des Nouvelle Acropole

Tableau de Duncan Long

 

Cette phrase de sagesse égyptienne, extraite des Textes des Pyramides, montre que les Ègyptiens avaient déjà compris que ce n'était pas en refusant l'idée de la mort que l'on pouvait bien réussir sa vie. En cela, ils se situaient à l'opposé de nos sociétés occidentales contemporaines qui veulent à tout prix occulter la mort, jusqu'à occulter leurs propres vieillards et tout ce qui pourrait rappeler cette confrontation inéluctable à soi-même et au temps.

 

L'on sait pourtant que c'est au moment où les hommes ont intégré la mort dans leur vie, à travers les rites funéraires, que l'homme est devenu véritablement humain. La conscience, telle que nous l'entendons, a pu émerger, devenant capable de faire face aux contradictions nées de l'impermanence de notre vie terrestre. À travers la prise de conscience de la mort, il est devenu possible de se questionner sur l'avenir, sur l'ici et l'ailleurs, et d'accepter les nécessaires transformations de l'existence en apprenant à mourir plusieurs fois dans une vie : mourir à l'ignorance, aux préjugés, à certains sentiments, etc. La mort-anéantissement peut alors devenir mort-transfiguration et stimuler la vie.

Se tenir à l'écart de la mort

Se tenir à l'écart de la mort, c'est d'abord se tenir à l'écart des autres. C'est ne pas vouloir regarder ni affronter les symptômes de la fin de l'existence : la douleur, la maladie et la vieillesse, jusqu'au point même, dans nos sociétés modernes, de réserver des quartiers aux personnes âgées. Ce refus nous isole des autres, entraînant un déracinement par rapport à nos familles, nos parents et nos enfants et une perte de solidarité générale.

Se tenir à l'écart de la mort, c'est aussi refuser la difficulté. C'est aussi vouloir fuir dans la quête de paradis artificiels, tels que l'utopie de l'éternelle jeunesse, cultivée grâce à des moyens technologiques de plus en plus sophistiqués. Nous vivons dans des sociétés qui cherchent à tel point l'effacement de la douleur, associée au vieillissement et à la mort, que nous sommes devenus très fragiles. Non seulement sommes-nous devenus petit à petit inaptes à supporter la souffrance, qu'elle soit physique ou psychologique, mais avons-nous également perdu de notre capacité à développer une force morale qui nous permette de faire face aux difficultés. Nous ne savons plus être sage parce que nous ne savons plus être vieux, comme le vieillard des sociétés traditionnelles, qui est sage parce que capable de résister à la difficulté.

Se tenir à l'écart de la mort, c'est encore perdre sa créativité. Du point de vue anthropologique, intégrer la mort dans la conscience, implique l'imagination en plus de la mémoire. Pour représenter quelque chose qu'il ne peut pas voir, quelque chose qui existe pourtant et qu'il ressent, l'homme commence à symboliser. C'est ainsi que l'émergence de la conscience de la mort a produit la découverte de la dimension du sacré et de l'art, associé depuis la nuit des temps aux rites funéraires. 

La mort cohabite avec nous tous les jours. Mieux vaut donc apprendre à l'apprivoiser pour qu'elle nous aide à nous transfigurer. C'est dans cette dialectique quotidienne que l'homme se transcendera et deviendra véritablement lui-même.

 

 

 

Sources Nouvelle Acropole
 

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 14:45

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
18ème partie
17ème partie
16ème partie
15ème partie
1ère partie

 

Chapitre 9

LES REPHAIM DE LA PALESTINE DE L'OUEST : LES PHILISTINS

Selon la tradition biblique, la terre des Philistins comprenait cinq villes fortifiées qui dominèrent les terres environnantes aussi loin que Bersabée et Debir. Leurs villes principales d'Ashdod, Éqrôn, Gat, Gaza et Ashqelon avaient repoussé tous les efforts des Israélites pour les déloger après l'Exode et dans la période qui suivit, surgissant de leurs citadelles, ils harcelèrent les tribus continuellement avec leurs chariots.

Le livre de Josué, chapitre 11, appelle ces Philistins, Anaqim ; Jérémie, chapitre 47, les appelle le reste des Anaqim. Qui donc sont ces Philistins, qu'on disait être apparentés aux Anaqim ? [Note de l' éditeur : Comme nous le savons des recherches de Zecharia Sitchin, les Anaqim de la Bible sont les mêmes êtres que les Anounnaki des registres sumériens.]

Le livre de la Genèse, chapitre 10, déclare que les Philistins furent des descendants de Kaphtor ou Crétins qui colonisèrent les régions côtières, déplaçant ainsi les Avvites natals. En fait, une référence curieuse dans le livre d'Amos indique que la divinité emmena les ancêtres des Philistins de Crète et les installa à Canaan, comme elle fit sortir les Israélites de la terre d'Égypte. Dans ce sens, il semble être un peuple « choisi ».

Ces individus de Crète se marièrent avec les Rephaïm, produisant une race de guerriers acharnés qui, pour les Hébreux, furent connus sous le nom de Philistins. Leur territoire chevaucha celui des Amalécites au sud et celui des Anaqim à l'ouest ; à certains moment, les Saintes Écritures semblent confondre les noms de ces trois groupes de gens.

Les Philistins furent aussi apparentés ou du moins alliés, aux gens des villes côtières du Nord, connus plus tard comme les Phéniciens. Jérémie 47 indique ceci en prophétisant le destin des Philistins :

« Les pères ne regardent plus leurs enfants, leurs mains défaillent, à cause du Jour qui est arrivé où tous les Philistins seront anéantis, où Tyr et Sidon verront abattre jusqu'à leurs derniers alliés. Oui, Yahvé anéantit les Philistins, le reste de l'île de Kaphtor. La tonsure a été infligée à Gaza, Ashqelon est réduite au silence. Toi qui restes de leur vallée, jusqu'à quand te feras-tu des incisions ? »

Les Philistins occupèrent le pays montagneux de l'ouest depuis le temps d'Abraham. Après la destruction de Sodome et les autres villes de la vallée de Siddim, Abraham et sa famille s'établirent près de Bersabée. Pour vivre là, ils devaient payer le tribut et faire un traité avec Abimélek, le roi des Philistins, qui contrôlait apparemment la région à ce temps.

Abraham dut acheter un droit de propriété et obtenir l'autorisation d' y vivre. Après que le pacte fut scellé, « Abimélek se leva, avec Pikol, le chef de son armée, et ils retournèrent au pays des Philistins ». Cette déclaration dit que les Philistins ne vivaient pas là mais contrôlaient la terre : il est aussi évident que la présence du chef des troupes d'Abimélek signifiait qu'ils avaient en place une grande force militaire pour faire respecter leurs revendications.

LE LIEN AMALÉCITE-HYKSOS

On croit que l'Exode survint au milieu du 15ème siècle avant J.-C., à un temps de catastrophes naturelles qui détériorèrent la fin du Royaume Central d'Égypte. Ce fut une période de chaos qui permit à Moïse de mener une armée de réfugiés pour tenter d'atteindre la terre de Canaan. [Note de l'éditeur : Cette période de chaos, incluant le cataclysme Thera/Santorini et le changement de l'axe polaire, ne s'est pas produite pendant le 15ème siècle mais plus tôt pendant le 16ème siècle avant J.-C. Voir « Ages In Chaos » du Dr Immanuel Velikovsky. Cet « âge de chaos » fut causé par le retour de la planète Nibirou pour son dernier périhélie, se poursuivant jusque environ 700 avant J.-C.]

La chute complète et subite du gouvernement et du pouvoir militaire en Égypte permit aux Amalécites de facilement pénétrer le pays de leur position dans le Néguev. Dans leurs tentatives de pénétrer la terre de Canaan, les réfugiés sous Moïse rencontrèrent cette force irrésistible de guerriers professionnels. Ils furent aussi en mouvement, mais vers l'ouest.

Une bataille féroce à Rephidim et de nombreuses escarmouches convainquit Moïse qu'ils ne pouvaient pas pénétrer cette armée redoutable. Les Amalécites colonisèrent le delta de l'Égypte et l'occupèrent presque sans opposition par un gouvernement en désintégration et une armée désorganisée.

Laissant l'Égypte, les Israélites entrèrent dans le désert de Shur et semblaient se diriger vers la terre de Canaan par l'itinéraire le plus direct. Ils campèrent près de Rephidim « le 15ème jour du deuxième mois » après avoir laissé l'Égypte.

C'est ici qu'ils affrontèrent le corps principal des Amalécites. Bien que Moïse l'ait réclamé comme une victoire, ils furent, à un certain moment, très près de la défaite. Ce ne fut qu'un d'une série de batailles avec les Amalécites.

La force émigrante menée par Moïse fut continuellement harcelée par les descendants des Rephaïm telle que racontée dans Deutéronome 25 :

« Rappelle-toi ce que t'a fait Amaleq quand vous étiez en chemin à votre sortie d'Égypte. Il vint à ta rencontre sur le chemin et, par derrière, après ton passage, il attaqua les éclopés... »

La férocité des attaques d'Amaleq ferma l'approche directe vers Canaan à Rephidim. De plus, ils seraient bloqués de nouveau avant qu'ils aient décidé de tourner vers le sud et tenter un itinéraire plus indirect vers la Palestine. C'est alors qu'une malédiction fut placée sur Amaleq, telle que narrée dans le livre de l'Exode, chapitre 17 :

« Écris cela dans un livre pour en garder le souvenir, et déclare à Josué que j'effacerai la mémoire d'Amaleq de dessous les cieux ».

La barbarie des attaques d'Amaleq est décrite dans les travaux du Haggadah. Cette bataille eut lieu apparemment après que les Amalécites eurent capturé les villes du delta égyptien. À cet endroit, ils avaient obtenu les archives où les Hébreux avaient vécu et leurs listes de descendance, le nom de leurs chefs et des différentes familles.

Les Amalécites se montrèrent devant les camps israélites et les accablèrent de sarcasmes en les appelant par leur nom et leur demandant de venir faire la paix avec eux et de transiger des affaires. Ceux qui prirent l'appât et répondirent à l'appel furent tués et leurs corps furent horriblement mutilés. [Note de l'éditeur : N'est-ce pas étonnant le nombre d'horreurs, de tueries et d'effusions de sang que cette planète a connu ? !]

Forcés de retourner dans le désert, les Israélites passèrent quarante ans avant qu'ils puissent entrer à la terre de Canaan par l'itinéraire indirect à travers la Cisjordanie. [Note de l'éditeur : Tel que déjà noté, à l'époque, le terme « quarante » fut une expression familière qui signifiait un « beaucoup » ou « longtemps ».]

S'installant parmi les Rephaïm et leurs alliés, les tribus hébraïques restèrent à la merci des Amalécites et leurs alliés pour la période de 400 ans, connues comme le temps des Juges. [Note de l'éditeur : La Bible affirme que la période de temps entre l'Exode et l'achèvement du Temple de Salomon à Jérusalem fut de 480 ans. Cependant, lorsque la chronologie exacte d'année par année de cette période est analysée, il devient apparent que cette période de 480 ans ne fut qu'une évaluation approximative. De nouveau, voir « Ages In Chaos » du Dr Immanuel Velikovsky, aussi bien que le traité, « June 15, 762 BCE : A Mathematical Analysis of Ancien History » par cet éditeur, publié par, « The Velikovskyan : A Journal of Myth, History and Science, August 1994 ». Ce traité sera bientôt reproduit dans son intégralité et disponible à mon site internet.]

Les Amalécites ne furent pas juste une confédération désunie de tribus nomades telle que suggérée par plusieurs commentateurs bibliques. Il existe un grand nombre de références bibliques qui débattent ce point de vue. Les plus importants sont les suivants. Nombres 24 déclare qu'à un certain moment, ce fut prédit d'Israël que, « leurs rois s'élèveront au-dessus d'Agag ». Cette déclaration dit qu'Agag, le dernier roi amalécite, fut si grand que les futurs rois d'Israël seraient mesurés contre lui. On ne dirait pas cela d'un simple chef de tribu.

Deuxièmement, lorsque Agag fut capturé par Saül, il était connu comme « Agag, le roi des Amalécites » (1 Samuel 15:8). Agag fut non seulement très grand mais aussi un roi. Si Agag fut un roi si puissant, alors il s'ensuit qu'il dut mener une grande nation.

Une troisième référence révèle que Saül assiégea et battit les Amalécites à un endroit appelé « la ville d'Amaleq » (1 Samuel 15:5). Logiquement, un prince si puissant menant une grande nation devait avoir une grande ville comme capitale. Ces preuves ne décrivent pas un groupe de tribus nomades désorganisées. Cela démontre que les tribus hébraïques furent contre une nation très puissante.

LE RÈGNE DES ROIS HYKSOS EN ÉGYPTE

Le pays que le Hyksos conquit fut une terre dévastée par des calamités naturelles. Après la perte du Pharaon et de son armée, il n'y avait plus de résistance et les envahisseurs colonisèrent la région du delta sans opposition. De là, ils allèrent vers le sud, conquérant les villes et les nomes (divisions administratives), plaçant des rois en tutelle pour gouverner les provinces.

Bien que l'Ancien Testament attribue la destruction de l'armée égyptienne à la poursuite des Hébreux en fuite, il est plus vraisemblable qu'elle fut détruite tentant d'arrêter l'invasion des Hyksos.

Occupant la vallée du Nil, les Hyksos construisirent une ville capitale forteresse à Avaris, située traditionnellement dans le delta, mais plus probablement située dans le Wadi El-Arish, aussi appelé le ruisseau d'Égypte, qui fut la frontière historique entre l'Égypte et la Palestine.

La capitale Hyksos fut stratégiquement située pour défendre les approches en Égypte de l'est, la direction des invasions dans le passé. En fait, puisque les Hyksos ou les Amalécites furent presque partout en Palestine aussi bien qu'en Égypte, l'emplacement dans le Wadi El-Arish leur permettait de contrôler la Palestine aussi bien que l'Égypte.

Les Hyksos ou « rois étrangers » ne sont pas mentionnés dans l'Ancien Testament par ce nom, mais des preuves archéologiques de leur occupation existent partout en Palestine et en Syrie--leurs villes forteresse de conception unique. Ce type de forteresse défense se trouve dans le delta de l'Égypte, partout dans la terre de Canaan et aussi au nord que l'Anatolie. Vraiment, les gens qu'on appelait les Hyksos furent connus dans l'Ancien Testament par un autre nom.

Une grande partie de l'information disponible sur les Hyksos provient de Josèphe, qui dans « Contre Apion », cite l'historien égyptien Manéthon sur le caractère de ces gens et leurs effets sur la culture égyptienne :

« Il vint, de manière surprenante, des hommes de naissances ignobles des parties de l'est qui eurent l'audace de faire des expéditions à notre pays et, avec une grande facilité, le subjugua par la force sans se hasarder dans aucune bataille. Alors, quand ils subjuguèrent nos dirigeants, ils brûlèrent nos villes par la suite et démolirent le Temple des Dieux et, utilisèrent tous les habitants de manière barbare ».

Josèphe raconte ensuite comment ils nommèrent un roi dont le nom fut Salatis qui fit sa capitale à Memphis. Il recouvra le tribut des deux régions, l'Égypte supérieur et inférieur et laissa des garnisons à des endroits stratégiques lui donnant le contrôle sur la terre entière. Josèphe déclare aussi que, craignant une invasion de l'est par les rois de l'est, il fonda la ville forteresse d'Avaris pour se protéger contre cette menace potentielle. Logiquement, elle serait à l'est du Delta où elle pourrait protéger les approches en Égypte.

On crédite les Hyksos avec l'introduction du chariot de guerre, de nouveaux types d'épées et d'arcs solides. Avec leurs armes supérieures et leur nature impitoyable, ils furent capables d'imposer leur volonté sur les Égyptiens pendant 400 ans, une période qui est l'équivalent de celle des Juges en Palestine.

LA VIE EN PALESTINE PARMI LES AMALÉCITES

Avec certains peuples natals comme alliés, les Amalécites contrôlèrent Canaan avec une main de fer. Les Saintes Écritures révèlent que les tribus hébraïques durent s'installer et vivre parmi les Amalécites qui habitaient et contrôlaient les plaines de Judée. Dans d'autres régions, ils attaquèrent souvent et harcelèrent les Hébreux, quelquefois conjointement avec d'autres peuples.

Selon le livre des Juges, ils se joignirent à Moab contre les Israélites pour capturer la ville de Jéricho ; une autre fois, ils se battirent avec les Hébreux qui vivaient dans la vallée de Yizréel.

Puisque la plupart des villes de Canaan furent entre les mains des gens natales, les émigrants hébreux furent forcés de coloniser dans des régions moins désirables entre les villes. Dans ces endroits, ils furent vulnérables aux attaques périodiques de toutes les directions. La plupart des tribus exprimèrent la frustration parce que les villes et les terres qui furent assignées par Josué furent encore sous le contrôle des gens natals.

Ainsi, la tribu de Manassé vivait parmi les villes fortifiées de Bet-Sheân , Dor, Yibleam, Megiddo et Tanak qui restèrent entre les mains des Cananéens. Les tribus d'Éphraïm, de Zabulon, d'Asher et de Nephtali ne pouvaient pas saisir les villes dans leurs terres assignées--par exemple, celles de Gézer, Nahalal, Akko, Sidon, Helbah, Rehob et Bet-Avèn. Les cinq villes des Philistins sont restées invaincues, aussi bien que toute la terre du Liban du mont Hermon à Harmath.

Derrière leurs fortifications imprenables, les Amalécites attendaient le bon moment et périodiquement, surgirent de leurs citadelles faisant une razzia dans leurs chariots de fer. Une de leurs tactiques favorites fut d'attendre le moment que les récoltes furent prêtes pour la moisson et alors, ils conduisaient leur bétail en avant d'eux et,

« Détruirent les produits alimentaires de la terre... Ils ne laisseraient aucun moyen de survie--moutons, boufs ou ânes... Ils pénétraient le pays pour le dévaster. Ainsi Israël devint complètement dépourvu ».

Pendant plus de quatre cents ans, les Amalécites et leurs alliés gouvernèrent de cette façon, les tribus hébraïques ne sachant jamais quand les féroces fils des Rephaïm sortiraient de leurs villes pour attaquer les colons.

De leur ville capitale à Avaris, ils pouvaient surgir dans le Néguev et dévaster la région à volonté. Josèphe décrit la citadelle des Hyksos construite par Salatis à l'est du Delta. Elle fut une ville...

« Il fit très solides les murs qu'il construisit autour d'elle et y plaça une garnison de 240,000 hommes armés pour la défendre. Salatis venait ici durant l'été, en partie pour amasser du maïs et payer le salaire de ses soldats et en partie pour exercer ses hommes armés et de cette façon, terrifier les étrangers ».

Les historiens sont perplexes à savoir comment les Hyksos/Amalécites purent maintenir le contrôle sur les terres de l'Égypte et de la Palestine pendant si longtemps. Cependant, cela peut être facilement expliqué par leur nature impitoyable, leur capacité militaire et leur politique de garder les gens des terres qu'ils occupaient dans la pauvreté et sans défense. [Note de l'éditeur : Je dois de nouveau répéter que les historiens traditionnels qui se moquent de Velikovsky n'ont pas fait le lien entre les Amalécites et les Hyksos, parce que les historiens traditionnels séparent ces deux peuples par une période de 600 ans. Je ne sais pas si R. A. Boulay était un disciple de Velikovsky ou s'il est arrivé seul aux même conclusions.]

Le premier livre de Samuel explique comment les Amalécites et les Philistins contrôlèrent la provision et l'utilisation du fer :

« Il n'y avait pas de forgeron dans tout le pays d'Israël, car les Philistins s'étaient dit : 'Il faut éviter que les Hébreux ne fabriquent des épées ou des lances'. Aussi tous les Israélites descendaient chez les Philistins pour reforger chacun son soc, sa hache, son herminette ou sa faucille. Le prix était de deux tiers de sicle pour les socs et les haches, d'un tiers de sicle pour aiguiser les herminettes et redresser les aiguillons. Aussi arriva-t-il qu'au jour de la bataille, dans l'armée qui était avec Saül et Jonathan, personne n'avait en main ni épée ni lance. Il y en avait cependant pour Saül et pour son fils Jonathan ».

Avec leurs chariots, leurs armes de fer et leurs arcs, les Amalécites et les Philistins furent pratiquement imbattables contre un ennemi qui au mieux, pouvait rassembler des armes de l'Âge de Pierre. Dans les premières batailles de Saül et de David contre ces ennemis redoutables, les seules armes disponibles aux Hébreux furent des massues, des frondes, de petits arcs simples et des lances au bout de pierre. Ce ne fut que plus tard, quand ils purent capturer et saisir suffisamment d'armes de fer que la marée tourna et les Israélites commencèrent à expulser les Amalécites de la terre.

RÉVOLTE EN ÉGYPTE ET EN PALESTINE

Le roi égyptien en tutelle, Sekenenre, qui gouverna à partir de Thèbes, commença la révolte contre les rois hyksos. À ce temps, ils gouvernèrent à partir d'Avaris et placèrent des rois en tutelle partout en Égypte pour exécuter leurs voeux. La révolte fut continuée par ses fils Kamose et Ahmose qui regagnèrent les terres d'Égypte. La guerre de Kamose contre le dernier roi hyksos, Apophis, est conservée sur une stèle qui fut d'abord élevée à Karnak. Elle décrit son attaque sur la forteresse d'Avaris, située sur le bord de la rivière et, comment il saisit des centaines de bateaux, certains contenant des « produits de la terre de la suite ». Kamose se vante, « d'avoir fait passer un mauvais temps à Apophis », et ajoute ensuite que, « le prince de la suite, affaiblit, tenta d'organiser plusieurs choses en son coeur, mais ne put les exécuter ».

Le terme 'suite' est habituellement identifiée comme la terre de Palestine. Donc le prince de la suite qui semble être alliés à Kamose ne fut probablement nul autre que Saül, qui à ce temps, assiégeait les Amalécites à El-Arish. Kamose fut capable de reprendre toute l'Égypte sauf leur citadelle à Avaris. Son successeur, Ahmose, compléta la défaite des Hyksos avec l'aide des Israélites. Ahmose expulsa les Hyksos et les poursuivit jusqu'à Saruhen, une ville forteresse sur la frontière de la terre de leurs alliés, les Philistins. Après un siège de six ans, Ahmose détruit cette forteresse et le reste des Hyksos. Nous pouvons lire un compte rendu direct de ces événements dans la biographie d'un de ses officiers, qui avec Ahmose, avait attaqué et détruit Avaris et, alla ensuite à Saruhen où il assiégea la ville.

Les Saintes Écritures décrivent aussi des batailles contre les Amalécites au Wadi El-Arish et d'autres endroits sur la frontière de l'Égypte. Dans le premier livre de Samuel, le prophète Samuel recommanda à Saül d'aller détruire les Amalécites.

« Saül convoqua le peuple et le passa en revue à Télam : deux cent mille fantassins et dix mille hommes de Juda. Saül s'avança jusqu'à la ville d'Amaleq et se mit en embuscade dans le ravin. Saül dit aux Qénites : 'Partez, séparez-vous des Amalécites, de peur que je ne vous fasse disparaître avec eux, car vous avez été bienveillants à tous les Israélites quand ils montaient d'Égypte'. Et les Qénites se séparèrent des Amalécites. Saül battit les Amalécites à partir de Havila en direction de Shur, qui est à l'orient de l'Égypte. Il prit vivant Agag, roi des Amalécites, et il passa tout le peuple au fil de l'épée, en exécution de l'anathème ».

[Note de l'éditeur : On s'imagine ce que faisaient les Néfilim et les Anounnaki, qui regardèrent ces événements de leur planète garée Nibirou, au sujet de cette tuerie de leurs frères et parents sauriens.]

Le conte maintient que la ville fut assiégée d'un Wadi. Il y a seulement qu'un lit de rivière (Wadi) dans le sud de la Palestine ou le nord de l'Égypte et c'est le Wadi El-Arish qui forme la limite traditionnelle entre l'Égypte et la Palestine. À certains temps de l' année, c'est une rivière ; il y a de fortes preuves que dans les temps anciens, elle fut inondée la plupart de l'année.

Dans les Saintes Écritures, le Wadi El-Arish est souvent juste appelé « le Wadi ». Saül lutta les Amalécites, « du Wadi vers Shur sur la frontière de l'Égypte ». Le désert de Shur est cette région entre le Wadi et l'Égypte ; ce fut le premier désert traversé par les Israélites après le passage de la Mer. Donc, la ville d'Amaleq devait être El-Arish comme la ville des Hyksos fut Avaris. C'est étrange que les historiens n'aient pas noté l'association philologique d'El-Arish et d'Avaris. [Note de l'éditeur : Le Dr Velikovsky remarqua ce rapport philologique. Considérant l'intransigeance des scientifiques de modifier leurs philosophies chronologiques, ce n'est pas étrange qu' ils n'aient pas noté ce fait. Puisque les traditionalistes placent les Hyksos 600 ans plus tôt dans le temps que les Amalécites, il n'y avait aucune nécessité pour eux de le noter.]

Le dernier roi Hyksos s'appela Apop ou Apophis (Grec). Le roi amalécite capturé par Saül au Wadi s'appela Agag. La ressemblance des deux noms est si remarquable que cela exige une explication supplémentaire. L'explication se trouve dans la façon que l'ancien Hébreu fut écrit. Il démontrait une ressemblance frappante entre la lettre G ou « gimel » et la lettre P ou « pei ». Aucune autre lettre hébraïque ne fut si semblable. Chaque lettre est une ligne oblique connectée à une ligne plus courte, plus oblique et, est semblable au nombre 7. La dimension de l'angle entre les deux lignes obliques constitue la seule différence. Puisque les voyelles dans l'ancien Hébreu furent interchangeables, Agag peut facilement devenir Apop. Il semble donc que le dernier roi hyksos et le roi amalécite Agag aient été la même personne.

Il est un fait connu que la 18ème dynastie qui commença l'époque du nouveau royaume en Égypte, commençant avec Ahmose et l'expulsion des Hyksos. Il est aussi vrai que le premier roi hébreu fut Saül qui, avec David, causa l'extinction des Amalécites. Plaçant ces monarques dans la même période de temps, plutôt qu'à des centaines d'années d'écart résout plusieurs casse-tête chronologiques de l'histoire égyptienne et biblique. Cette modification est nécessaire pour comprendre l'histoire du Moyen-Orient du temps du Déluge aux jours des rois de Judée. [Note de l'éditeur : C'est précisément la position du Dr Velikovsky. Cependant, rendant Saül le contemporain d'Ahmose impose automatiquement une période de 600 ans de reproduction historique dans l'histoire de l'Égypte et de l'Assyrie/Babylonie, aussi bien qu'une courte période de 20 ans de reproduction dans l'histoire de la Grèce suivant les Batailles de Thermopylae et d'Eurymedon. Toutes ces reproductions et « corrélations fantômes » sont discutées et esquissées en détail méticuleux dans le traité susmentionné : June 15, 762 BCE : A Mathematical Analysis of Ancient History par votre éditeur Roberto Solàrion.]

Dix-neuvieme partie

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 14:24

On continue l'histoire fantastique en cette période de Noël, ici il est question des Hyksos... mais la version de l'auteur n'est pas la bonne.

Nous vous souhaitons à tous de Joyeuses Fêtes.

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
17ème partie
16ème partie
15ème partie
1ère partie

 

Chapitre 9

 

LES REPHAÏM : DIEUX GUERRIERS DES TERRES OCCIDENTALES

  

« Les progénitures de l'alliance des anges et des femmes cananéennes furent les géants, connus pour leur force et leur caractère criminel. Ils ont plusieurs noms ; quelquefois, ils sont connus sous le nom Rephaïm ».

Le Haggadah dit qu'après le Déluge, une race de guerriers semi-divins habita les terres du Levant. Appelés les Rephaïm, ils furent apparemment placés comme défenseurs des terres occidentales et des installations spatiales au commencement du 3ème millénaire avant J.-C. À ce temps, leur loyauté fut aux rois de la Mésopotamie, surtout à Nannar/Sin, qui fut le chef suprême légitime de ces terres.

Quand leurs villes en Cisjordanie et ailleurs furent détruites par les rois de l'est qui envahirent durant le 21ème siècle avant J.-C., les Rephaïm perdirent toute fidélité à l'autorité légitime et devinrent une force martiale indépendante dans les terres occidentales. Ils devinrent ensuite une force redoutable et indisciplinée qui domina et persécuta les gens de ces terres pour mille ans à venir.

Les Rephaïm construisirent les fortifications imprenables dont les ruines sont trouvées partout dans le Levant, de l'Égypte à l'Anatolie. Leurs descendants, appelés les Hyksos, occupèrent l'Égypte pour plus de quatre cents ans et sous le nom biblique Amalécites, ils empêchèrent les tribus hébraïques sous Moïse d'entrer dans la terre de Canaan. [Note de l'éditeur : Le révisionnisme historique de l'École de Velikovsky dit aussi que les Hyksos furent les Amalécites, mais les historiens traditionnels placent ces deux événements à 600 ans d'écart. M. Boulay rajoute plus de crédibilité à toute sa théorie parce qu'il n'y a rien de contradictoire entre cette information et le scénario de Velikovsky. Le Dr Velikovsky déclare que les Hyksos furent les mêmes gens que les Chaldéens ou les Assyro-babyloniens, qui vinrent tous en premier lieu de la Mésopotamie.]

Sous plusieurs noms régionaux tels que les fils d'Anaq et les Philistins, ils contrôlèrent les terres colonisées par les tribus hébraïques pour la période connue comme celle des Juges. En tant que force politique et militaire, ils furent détruits par les efforts combinés des rois judéens Shaûl et David, de concert avec Kamose et Ahmose, les premiers rois de la 18ème Dynastie égyptienne. L'histoire des Rephaïm est, comme nous le verrons, entrelacée avec le destin des Hébreux des jours d'Abraham jusqu'à ceux de Salomon. [Note de l' éditeur : Le Dr Velikovsky synchronise aussi le commencement de la 18ème Dynastie égyptienne avec la période de Shaûl et de David. La reine Hatshepsout devient la reine de Saba ; la terre de Punt, la terre d'Israël. C'est étonnant. Un scientifique traditionnel pourrait attaquer la théorie de Boulay seulement que sur ce point. Aussi, le géant Goliath était un Philistin. Évidemment, Goliath était un Rephaïm hybride.]

LES GUERRIERS DIEUX : LES REPHAÏM

En 1929, les archéologues, qui excavent à Ras Shamra sur la côte de la Syrie, quelques milles au nord de la ville moderne de Latakia, trouvèrent une bibliothèque de tablettes d'argile datant du 15ème au 12ème siècles avant J.-C. Cet endroit s'avéra être l'emplacement de l' ancienne ville d'Ougarit, un centre commercial principal sur la route de commerce entre la Mésopotamie du Nord et la Méditerranée. [Note de l'éditeur : Le Dr Velikovsky basa aussi une grande partie de son révisionnisme historique sur les tablettes de Ras Shamra. Pour situé cela dans le temps, l'Exode/l'invasion Hyksos/le Cataclysme de Santorini se sont tous produits en 1,600 avant J.-C. Ajoutez à cela, 2,700 années pour une date de 4,300 avant J.-C., le commencement de notre histoire enregistrée quand la planète Nibirou quitta le Nuage Oort. Son retour en 1,600 avant J.-C. produisit ces cataclysmes. Les «géants «qui vivaient au Moyen-Orient entre 4,300 et 1,600 avant J.-C. auraient été ceux du dernier périhélie de Nibirou. La période des Juges correspondrait aux années de 1,500 à 1,100 avant J.-C. et, vers 1,000 avant J.-C., le roi Salomon fut sur le trône d'Israël. Environ 300 ans plus tard, la planète Nibirou fit son dernier retour au Nuage Oort.]

Quelques-unes de ces tablettes se reportent à un peuple énigmatique appelé « rpum ». Ces tablettes furent appelées les Textes Rephaïm à cause de l'étroite analogie avec le terme Hébreu « rpm » ou Rephaïm.

Les tablettes concernent une sommation pour assister à un grand banquet donné à une place non spécifiée pour honorer leur grand chef, le dieu El. Il décrit comment les Rephaïm préparent leurs chevaux et leurs chariots et, après avoir voyagé deux jours, ils arrivent le lendemain à l'endroit de la fête.

Un grand nombre d'animaux sont tué pour le banquet et de vastes quantités de vin sont fournies. Ce banquet dure sept jours. Dans ces tablettes, on nomme les héros les « Rephaïm de Baal », mais ils sont aussi considérés comme des divinités puisqu'ils sont appelés des « ilnym » ou des dieux. [Note de l'éditeur : Baal/Bel/Belus/Balder sont d'autres noms pour le Baron Mardouk de la planète Nibirou.]

Le distingué savant Biblique, Adrian Curtis, dans son livre « Ougarit (Ras Shamra) » suggéra que les Rephaïm des tablettes d'Ougarit doivent être distingués en trois catégories :

1. Les Rephaïm de la Terre ou les « rpians ». Ils semblent être les conducteurs élites de chariots qui vinrent au banquet.

2. Les anciens Rephaïm ou « rpim qdmyn » ou les ancêtres royaux. Ils furent probablement les Néfilim antédiluviens.

3. Les Rephaïm qui sont dieux ou « rpum ilnym » ou les Rephaïm célestes. Ce sont vraisemblablement les Anounnaki qui sont demeurés dans le vaisseau spatial, quelquefois appelé les « Igigi ».

[Note de l'éditeur : Voyez les Montagnes rhipaennes, puisque ces termes sont en quelque sorte raccordés linguistiquement. Le terme « Montagnes rhipéennes » fut important dans la topographie de l' Hyperboré, l'ego altéré de la planète Nibirou.]

Ici, nous nous intéressons aux Rephaïm de la Terre. Ils sont les descendants des Néfilim et leur tâche fut de protéger les terres occidentales en tant que race semi-divine de guerriers professionnels.

DEUX MILLE ANS DE DOMINATION

Les Rephaïm furent des gens de la terre de Canaan au 3ème Millénaire avant J.-C. Dans la Genèse 15, ils apparaissent en premier lieu lorsque, en les jours d'Abraham, ils sont inscrits comme un des peuples natals de Canaan. En l'an 2,068 avant J.-C., quand Yahvé conclut une convention avec Abraham à Hébron, il catalogua les gens de cette terre comme suit :

« Je donne à ta prospérité ce pays, de la rivière d'Égypte jusqu'au grand fleuve, la Rivière Euphrate : les Qénites, les Qenizzites, les Qadmonéens, les Hittites, les Perizzites, les Rephaïm, les Amorites, les Cananéens, les Girgashites et les Jébuséens ».

À ce temps, les Rephaïm sont inscrits comme une des nations majeures de la Terre. Quelque 600 ans plus tard, au temps de l'Exode, quand les Israélites traversèrent la rivière Jourdain pour se rendre en Canaan, Deutéronome chapitre 7 énumère les sept nations de Canaan comme les Hittites, les Girgashites, les Amorites, les Cananéens, les Perizzites, les Hivvites et les Jébuséens.

Les Rephaïm sont manifestes par leur absence. Durant les années intervenantes, il semble qu'ils furent éliminés comme nation ou force politique.

Comme nous le verrons, plusieurs de leurs villes de Cisjordanie furent détruites en les jours d'Abraham. Le vestige de ce peuple colonisa la partie Ouest et Sud de la Palestine ; comme force dispersée, ils furent encore une force puissante à affronter et ils furent connus sous plusieurs noms locaux tels que, les fils d'Anak, les Amalécites et les Philistins.

LA CLASSE DE GUERRIERS GÉANTS

Les Saintes Écritures expliquent clairement que les Rephaïm furent les descendants des Néfilim et qu'ils furent de féroces guerriers géants qui dominèrent les terres occidentales durant deux mille ans avec leurs armes de fer supérieures et leurs chariots, et que leurs villes forteresses furent pratiquement imprenables.

Dans le Livre des Nombres, ils sont décrits comme des géants quand, pendant l'Exode, Moïse décida d'envoyer des éclaireurs au nord dans la terre de Canaan pour l'explorer avant que toute pénétration sérieuse soit entreprise. Les douze éclaireurs revinrent avec un rapport très décourageant :

« Ils montèrent par le Négeb et parvinrent à Hébron, où se trouvaient Ahimân, Sheshaï et Talmaï, les Anaqim [les fils d'Anak]. ... Toutefois, le peuple qui l'habite est puissant ; les villes sont fortifiées, très grandes ; nous y avons même vu des descendants d' Anaq. ... Tous ceux que nous y avons vus sont des hommes de haute taille. Nous y avons aussi vu des géants les fils d'Anaq (Nefilim), descendance des Géants . Nous nous faisions l'effet de sauterelles, et c'est bien aussi l'effet que nous leur faisions ».

[Note de l'éditeur : Le mot « Ahiman » est curieusement semblable au mot « Ahriman », pouvant être l'équivalent linguistique hindou du prince Enki/Agni.]

Quarante ans plus tard, au moment où les Israélites entreprirent de pénétrer Canaan de nouveau, cette fois-ci prenant un détour à travers la Cisjordanie, ils rencontrèrent encore les fils d'Anak. [Note de l' éditeur : Selon les historiens des universités israéliennes, le terme « quarante » fut un terme familier de la période quand les Saintes Écritures furent écrites. « Quarante » signifiait seulement que le terme général « beaucoup ». Donc, « ils divaguèrent pendant quarante ans « signifiait réellement durant une longue période de temps « . Il plut durant quarante jours et quarante nuits signifie qu'il plut beaucoup. On peut même étendre cette expression familière dans les temps plus récents. Ali Baba et les Quarante Voleurs pourraient signifier Ali Baba et sa grande bande de voleurs.]

Comme ils contournèrent la terre de Moab, on leur dit ne pas harceler les Moabites ou de les provoquer à une guerre. On leur dit que cette terre fut « autrefois habitée par les Émins, un grand et nombreux peuple, aussi grands que les Anaqim. Comme les Anaqim, ils sont considérés comme des Rephaïm, mais les Moabites les appellent Émins ». Donc, les Anaqim ou fils d'Anak furent les Néfilim et les Rephaïm, Néfilim étant leur nom avant le Déluge et Rephaïm, après la catastrophe.

Les Rephaïm et leurs cousins furent une race martiale violente de géants, équipés d'armes de fer et des chariots de guerre. Bien que l'habitant moyen des terres occidentales mesure environ entre 5 et 5.5 pieds [environ 1,5 mètres], les Rephaïm entre 9 et 10 pieds [3 mètres] durent vraiment être imposants. Lorsque l'équipe d'éclaireurs israélites revint de Canaan, ils rapportèrent à Moïse que les Anaqim qu'ils avaient vu furent des géants ; « Nous nous faisions l'effet de sauterelles, et c'est bien aussi l'effet que nous leur faisions » disaient-ils.

Le roi Og de Bashon, le dernier des Rephaïm dans cette région, fut décrit comme un homme énorme dont le lit mesurait 9 coudées de long et 4 de large. Une coudée représentait la longueur de l'avant-bras d'un homme et variait légèrement parmi les anciens peuples. Utilisant une coudée de 18 pouces [45,54 centimètres], le lit mesurerait 13.5 pieds par 6 pieds [4,15 X 1,85 mètres]. Une coudée de 15 pouces [38 centimètres] le rendrait par 5 pieds [3,38 X 1,54 mètres].

Selon les Saintes Écritures, Goliath, le Philistin, qui se battit avec David mesurait six coudées et un empan. Selon les mesures précitées, il aurait été soit huit ou dix pieds de haut [2,46-3,08 mètres], dépendant de la dimension de la coudée utilisée. Goliath et ses frères furent appelés « rph » ou Rephaïm en Hébreu, bien que traditionnellement, le terme ait été traduit comme géant.

Le célèbre Samson fut probablement aussi un Rephaïm. Bien que l'Ancien Testament parle beaucoup de ses fabuleuses réalisations, il ne donne pas sa dimension. Cependant, dans le Haggadah, il est appelé un « rph » ou géant.

Né près de Beth Shemesh au Liban, son nom est clairement associé au « shemesh » hébreu signifiant soleil ou le dieu Shamash [prince Outou/Apollon, le dieu soleil]. On dit que sa mère fut fécondée par « le messager de Yahvé », un des demi-dieux. Samson refusa d'épouser une femme hébreux et choisit à sa place, une femme parmi les Philistins, vraisemblablement parce qu'elle fut une des Rephaïm.

Le Livre des Juges, chapitre 14, décrit un de ses exploits qui ressemblent aux fêtes des Rephaïm à Ougarit. Quand il fut à Timnah, une ville près de Beth Shemesh, «Samson organisa là une fête d'une durée de sept jours parce que c'est ce que faisaient les soldats élites". Il répète sans doute les exploits de ses ancêtres à Ougarit. La maison de Samson fut seulement à quelques milles de Baalbek ou Bet-Shémesh, la place sacrée où les dieux mésopotamiens se rencontrèrent et festoyaient durant les 4ème et 3ème millénaires. [Note de l'éditeur : Selon Sitchin, Baalbek fut les quartiers généraux des vaisseaux nibirouens, commandés par la princesse-royale Inanna, sous le commandement de son frère et amant secret, le commandant spatial, prince Outou.]

Comme guerriers, les Rephaïm furent une force imposante. Ils avaient une variété d'armes de fer qui surclassaient leurs adversaires. On disait que leurs grands arcs tiraient plus loin que tout autre arc.

Pendant le 2ème millénaire, leurs chariots du fer terrorisèrent toute la campagne. Protéger par leurs fortifications, leurs villes furent invulnérables ; de ces citadelles, ils surgirent et ravagèrent toutes les campagnes environnantes.

Au temps d'Abraham, les fortifications des Rephaïm furent stratégiquement localisées le long de la route du roi en Cisjordanie pour protéger les terres du nord, de l'est et du sud. En 2,085 avant J.-C., l'invasion des rois de l'est et la destruction de ces villes fortifiées marquent la fin de leur loyauté à l'autorité établie. Ils émigrèrent vers l'ouest et construisirent de nouvelles villes fortifiées du même type.

Dans l'Ancien Testament, la classe militaire fut connue par une variété de noms et cela dépendait de l'endroit où ils vivaient et de leurs associations tribales. Ils ne se mélangèrent pas avec les autres gens indigènes et furent donnés des noms natals tels que les Émins par les Moabites, les Zamzoummins par les Ammonites et les Avvites par les gens du Néguev.

Occupant originairement le Liban et la région du mont Hermon, ils s' étendirent au nord vers la Syrie et la Cisjordanie où ils construisirent un certain nombre de villes fortifiées. Dans la partie Ouest de la Palestine, ils devinrent alliés et se marièrent avec les Kaphtor qui vinrent de Crète et colonisèrent les régions côtières, connus plus tard comme les Philistins et les Phéniciens. [Note de l' éditeur : Bien qu'ils ne soient pas des Rephaïm physiquement de nos jours, ceux qui s'appelaient Philistins sont maintenant les Palestiniens. Or, il est probable que le penchant guerrier des Palestiniens pouvait être tracé génétiquement à leurs ancêtres Philistins.]

Ceux qui vivaient parmi les autochtones furent appelés les Anaqim ou les fils d'Anak. Hébron fut leur ville capitale. Un groupe particulier de Rephaïm colonisa le Néguev et la région de Seir et fut connu comme les Amalécites ou les descendants d'Amalek. Ceux-ci furent le fléau des Hébreux durant l'Exode.

LES FORTIFICATIONS DE TYPE GLACIS

Les excavations à Jéricho révélèrent qu'elle est une des plus anciennes villes du monde. Avec seulement quelques interruptions et destructions, elle fut continuellement occupée de 8000 jusque environ 1500 avant J.-C. quand elle fut définitivement détruite. C'est la période de l'Âge de Bronze.

Les ruines archéologiques démontrent que Jéricho prospéra comme ville importante d'environ 3,200 jusqu'à 2,200 avant J.-C. lorsqu'il y eut un arrêt subi. À ce temps, la ville fortifiée fut détruite par une chaleur si intense que les briques des murailles entourant la ville brûlèrent rouge jusqu'à leur centre.

Le site fut reconstruit et occupé de nouveau ; mais, après 2000 avant J.-C., un nouveau système de défense fut introduit--le type glacis ou escarpement abrupt artificiel devant la muraille. Ce système de défense est non seulement trouvé à Jéricho mais aussi partout en Palestine, le Nord de la Syrie et même dans le delta égyptien. Son invention est habituellement attribuée aux Hyksos.

Le système de défense consiste en un escarpement de terre incliné abruptement recouvert de briques, de tuiles ou de plâtre, entouré d'un mur de pierres et d'un fossé. Au sommet de l'escarpement ou du glacis se trouve un autre mur. Donc, à Jéricho, une reconstruction des défenses démontre un revêtement d'une hauteur de dix pieds [3,08 mètres] et une inclinaison plâtrée à un angle de 35 degrés jusqu'à une hauteur de 35 pieds [10,77 mètres] au-dessus du revêtement. Sur sa crête, il y a un haut mur de brique ; ce mur de brique se trouve donc en retrait de 65 pieds [20 mètres] du mur de pierres au bas de l' inclinaison. Une coupe transversale de la fortification révèle son apparence formidable.

Après 2,000 avant J.-C., plusieurs villes de l'Ouest furent défendues de cette façon. Cela signifie qu'il y avait une culture commune ou une organisation qui rattachait toutes ces villes ensemble. Ce trait commun fut le génie militaire des Rephaïm.

Ce type de défense fut découvert à Bet-Sheân , Shechem, Gezer, Megiddo, Hazor, Saruhen et, un grand nombre d'autres villes de la Palestine. On en trouve aussi en Anatolie et en Syrie du nord à Alalakh, Karchemish et Ougarit. Elles paraissent aussi en Égypte dans la région du Delta. Curieusement, les défenses de ce type ne paraissent pas en Cisjordanie où une civilisation importante prospéra entre les 23ème et 22ème siècles, quand une longue ligne de villes fortifiées exista le long de la route nord-sud principale connue comme la Route du roi.

Ces villes furent détruites à ce temps pour ne pas être reconstruites avant mille ans. Se déplaçant vers l'Ouest, ces Rephaïm apprirent de cette expérience et reconstruisirent leurs villes d'une certaine façon pour prévenir de nouveau une telle destruction.

En même temps, ils perdirent leur loyauté aux rois sumériens, réfutèrent l'autorité établie et devinrent des troupes rebelles, errants sur les terres comme des bandes de guerriers armés. Cela ressemble aux chevaliers itinérants du 14ème siècle en Europe, qui, ayant perdu toute fidélité au moment de l'écroulement du système féodal, terrorisèrent les terres du Nord de la France.

En sécurité derrière leurs défenses imprenables, les Anaqim, du 19ème à travers les 11ème siècles avant J.-C., terrorisèrent les terres environnantes. Ces incursions sont décrites dans le Livre des Juges.

Laissant leurs citadelles à bords leurs charriots de guerre, ils ravagèrent et pillèrent la campagne à volonté. N'importe quelle résistance fut réprimée immédiatement. Ils renforcèrent leur dominance de la terre en gardant le contrôle sur la fabrication et l'usage du fer.

Le premier Livre de Samuel révèle qu'aucun forgeron se trouvait dans toute la terre d'Israël et toutes réparations aux outils de métal tels que les socs de charrue et les faucilles devaient être faites par les Philistins et leurs alliés, les Qénites qui furent d'habiles métallurgistes. De cette façon, les Rephaïm gardèrent le contrôle des terres d'Égypte et de la Palestine pendant des siècles.

LA CISJORDANIE, LE PAYS DES REPHAÏM DE L'EST

Quand les rois de la Mésopotamie envahirent la Palestine en 2,085 avant J.-C., ils passèrent par Damas et suivirent ensuite la Route du roi qui se rendait, au sud, à Elath, sur le Golfe d'Aqaba. Avec cet itinéraire, ils durent faire face aux citadelles des Rephaïm, un type de Ligne Maginot, qui furent échelonnées à la longueur de la Cisjordanie pour protéger la terre de la Palestine d'une telle incursion.

Selon le Haggadah, le pouvoir des rois envahissants devait être accablant, comptant autant que 800,000 hommes, car ils n'ont pas seulement écrasé ces villes fortifiées mais elles ne furent jamais reconstruites et la terre resta inoccupée pendant mille ans. Le conte dans la Genèse donne leur itinéraire comme suit :

« Entrant par le nord de la Cisjordanie, ils vainquirent, en premier, les Rephaïm à Ashteroth-Karnaim. Allant vers le sud, ils tournèrent vers l'ouest pour détruire les Zuzim à Ham, la citadelle qui protégea le carrefour qui traversait la rivière Jourdan jusqu'à Megiddo et la Mer ».

Revenant à leur itinéraire premier, ils vainquirent ensuite les Émins à Shaveh-Kiriathaim dans le sud de la Cisjordanie. Pénétrant avec succès l'Arabah, ils détruisirent ensuite les Amalécites dans la région de Cadès. Bien que seulement quelques villes soient mentionnées dans le conte de la Genèse, vraisemblablement, plusieurs autres furent détruites.

L'identification de ces peuples est fournie par le conte biblique qui donne l'itinéraire des Israélites 600 ans plus tard. À ce temps, ils encerclèrent la Palestine pour entrer dans la vallée du Jourdain par le même itinéraire que celui des rois envahissants, sauf qu'ils le firent du sud.

Deutéronome, chapitre 2, déclare que la terre d'Ammon fut « comme un pays de Rephaïm, des Rephaïm y habitaient auparavant, et les Ammonites les appelaient Zamzoummin : peuple grand, nombreux et de haute taille, comme les Anaqim ». Auparavant, leur nation fut éliminée et leur terre fut colonisée par les Ammonites. Les Zouzim de la Genèse et les Zamzoummin de Deutéronome sont les mêmes gens. Dans la littérature juive midrashique, le nom Zamzoummin signifie « grands maîtres de la guerre » et les gens furent les progénitures de l'alliance entre femmes cananéennes et les anciens Néfilim.

Les Émins furent aussi mentionnés dans Deutéronome. Parlant de Moab, il affirme, « il fut autrefois habité par les Émins, un grand et nombreux peuple et, aussi grand que les Anaqim. Comme les Anaqim, ils sont connus comme des Rephaïm, mais les Moabites les appellent Émins ».

Après que les Israélites eurent contourné les terres de Moab et Ammon, ils arrivèrent au pays de Sihôn. À ce temps, la partie Est de la Palestine ou la Cisjordanie fut divisée comme suit : de Wadi Zered à la partie la plus au Sud de la Mer Morte à la rivière Arnon s'étendait la terre de Moab. Sa capitale fut Shaveh-Kiriathaim, la capitale forteresse des Émins détruite quelques siècles plus tôt.

La terre des Amorites se situait au nord de l'Arnon et jusqu'à Wadi Jabbok et c'est là que vivaient les Zamzoummin, aussi loin que la rivière Jourdan où leur capitale, Ham, fut détruite dans la même invasion.

En traversant le Jabbok, les Israélites défièrent les Amorites menés par le roi Sihôn qui avait fait sa capitale à Heshbôn. Au nord de ces terres, se trouvaient les royaumes d'Og et de Bashon dont les capitales furent Edrei et Ashtaroth. Astaroth-Karnaim avait été la première ville importante des Rephaïm à être défiée et détruite par l' invasion.

Le royaume d'Og comprenait Bashon et la région du mont Hermon et s' étendait à la rivière Jourdain à l'ouest. Salcah fut à son extrémité est et Dan, au nord-ouest.

Dans Deutéronome, Og est appelé le dernier des Rephaïm et une mention particulière est faite de sa taille énorme comme démontré par la dimension de son lit qui mesurait neuf coudées de long par quatre de large. Il fut saisi par les Israélites et exposé dans la ville de Rabbah. [Note de l'éditeur : C'est incroyable de penser que les forces inférieures des sapiens Cro-Magnons décidèrent de débarrasser cette planète de tous les vestiges du passé saurien sordide. On comprend pourquoi ils furent si émerveillés de capturer le lit du dernier roi et de l'exposer au public !]

La facilité avec laquelle Josué captura les terres de la Cisjordanie indique qu'elles furent peu peuplées par le reste des Rephaïm. Toutefois, ce ne fut pas toujours le cas.

À un emplacement de l'Âge de Bronze, Bab Edh-Dhra, juste au-dessus de la plaine côtière à l'Est de Lisan (la langue de la Mer Morte), les archéologues trouvèrent des preuves d'une civilisation qui prospéra de 3300 jusque environ 2100 avant J.-C. et qui fut détruite par une conflagration que l'on peut voir dans les ruines. La région semble avoir été abandonnée. Un vaste cimetière atteste d'une grande population durant l'Âge de bronze, le temps qu'elle fut occupée par les Rephaïm.

Ces gens utilisèrent le type d'enterrement de maison ossuaire, fait d' une structure circulaire construite de brique et de boue, parfois couverte de pierre. Ce type de maison fut placé dans une section de colline coupée à l'horizontale pour qu'une partie soit en dessous de la terre et l'autre, au-dessus de la surface. On en estime au moins 20,000 dans la région.

Entre 12 et 15 furent enterrés dans chaque tombe. Elles semblent avoir été toutes abandonnées à la même période. Avant que les habitants partent, ils brûlèrent un certain nombre de corps à l'intérieur. La plupart des bâtiments mortuaires contenaient un grand dépôt de cendre près de la porte, indiquant que ce fut le dernier événement qui s'est produit avant de sceller les tombes. Cela demeure un casse-tête à ce jour.

Vu la facilité de l'avance des rois envahissants en 2,085 avant J.-C. à travers une série de défenses redoutables des Rephaïm et les preuves que la région demeura non colonisée durant mille ans, je suggère que les envahisseurs utilisèrent une sorte d'armes qui contamina la terre.

La contamination des morts en Cisjordanie expliquerait la raison de brûler les corps et de sceller les tombes et, pourquoi la région demeura quasi inhabitée durant mille ans par la suite. La terre empoisonnée a peut-être eu besoin de cette période pour récupérer et pour effacer la mémoire de l'holocauste des esprits de la population natale. Cela explique aussi pourquoi les Rephaïm se déplacèrent vers l 'ouest et colonisèrent ses terres là.

Les Rephaïm : Guerriers-dieux des terres occidentales HÉBRON, MÉTROPOLE DES ANAKIM

Peu après l'arrivé d'Abraham à la terre de Canaan en 2,092 avant J.-C., il alla en Égypte où il resta un certain temps pour revenir soudainement à Canaan en 2,086, l'année avant l'invasion. À Béthel, il divisa ses forces et pendant que Lot alla à la vallée de Siddim avec une partie de l'armée, Abraham se retira au sud de Mambré dans la région d'Hébron. Avec l'aide des généraux Anaqim Eshkol, Aner et Mambré, Abraham poursuivit l'armée d'invasion qui s'apprêtait à partir. Qui donc, furent ces alliés d'Abraham ?

Dans le Livre de Josué, ils sont identifiés comme les Anaqim. Kiryat-Arba fut l'ancien nom de la ville d'Hébron et elle fut la « métropole des Anaqim ». Kiryat-Arba signifiait la « ville d'Arba » et reçut son nom du père des Anak.

Quand les espions israélites allèrent espionner Canaan durant l'Exode, ils arrivèrent à la région d'Hébron et rapportèrent qu'elle fut habitée par Ahimân, Sheshaï et Talmaï, tous appelés des fils d'Anaq. Ces fils sont décrits comme des Néfilim et furent extraordinaires en taille et en pouvoir.

Les noms des fils d'Anaq ne paraissent pas ailleurs dans l'Ancien Testament, probablement parce qu'ils ne sont pas d'origine sémite. Cependant, il est remarquable que, dans la Liste des rois hyksos qui gouvernèrent l'Égypte, un porte le nom de Sheshaï.

Comme les Amalécites, les Anaqim sont dénigrés par les Saintes Écritures hébraïques. Les Amalécites empêchèrent les Israélites d' entrer directement à Canaan après leur fuite d'Égypte. Selon Josué , quand les Israélites colonisèrent finalement Canaan quelque quarante ans plus tard, on leur dit que les Anaqim avait été éliminés des terres de Judée et d'Israël.

« ...Josué se mit en marche et il extermina les Anaqim de la Montagne, d'Hébron, de Debir et de Anab, de toute la montagne de Juda et de toute la montagne d'Israël. Il ne resta plus d'Anaqim dans le pays des enfants d'Israël ; il n'en resta qu'à Gaza, à Gat et à Achdod. Josué s 'empara de tous le pays ... »

Cependant, la revendication fut quelque peu prématurée puisque durant les 400 prochaines années, la période des Juges, les Anaqim et leurs alliés Amalécites et Philistins contrôlèrent et gouvernèrent la terre et causèrent beaucoup de difficulté aux tribus hébraïques.

Aucune raison n'est donnée pour une telle politique envers les fils d' Anaq et cette censure sévère est semblable à la malédiction contre les Amalécites. Les Anaqim semblent avoir empêché l'occupation des Israélites principalement dans les régions montagneuses de l'Ouest. Ces dernières inclurent les citadelles des Philistins.

Dix-huitième partie 

Posté par Adriana Evangelizt

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 19:24

 Alors on continue sur ce livre très intéressant même s'il peut paraître rébarbatif à ceux qui n'entendent rien à l'hébreu. L'auteur explique tout. En lettres françaises. Je pose ce livre car cous sommes complètement convaincus que le "dieu" d'Abraham n'avait rien à voir avec celui qui fut imposé aux ancêtres dans le désert. Et même là il faut rectifier car le dieu de Moïse a pris du plomb dans l'aile après sa mort -son assassinat ?- et effectivement Yaweh,  Yehova, etc... n'était pas le dieu d'Abraham. Il avait un autre nom. Souvenons-nous que l'auteur démontre dans les autres chapitres que l'alphabet israélite originel n'avait que 10 lettres. Que les points massorétiques ont été rajoutés faisant perdre le sens initial du symbole des mots. Le dieu du patriarche se nommait AÉI ou ÉIÉ auquel deux lettres ont été rajoutées... OV. Le nom initial fut aussi révélé à Moïse qui l'écrivait AÉI—É  avec la terminaison féminine E désignant l'Etre qui génère car Dieu pour les Anciens réunit les deux sexes. Or 0V a jeté le trouble et le blasphème dans le nom même de la Divinité. Il faut savoir que l'élite sacerdotale Egyptienne faisait adorer au Peuple des dieux qui semblaient bénéfiques mais qui étaient en fait maléfiques et seuls les Initiés le savaient. Nous possédons des livres qui parlent de cela et que nous poserons bientôt. Ainsi derrière "l'image" d'Osiris, par exemple, destinée au vulgaire, c'était en réalité un dieu de destruction qui était adulé dans les Temples. L'Inversion qui a eu lieu au Commencement s'est perpétuée de siècles en siècles. Tout comme il y a beaucoup à dire sur le fameux KNEPH. Le problème de cette substitution qui a lieu aussi dans les rites Hindous, c'est que les adeptes, les peuples, croient adorer une certaine déité mais en fait en adorent une autre, créant ainsi un Egrégore Ténébreux qui donne vie à des puissances destructrices. Or cette "déité" démoniaque qui est la même dans presque toutes les religions est associée au Prince de ce Monde. Ceci aide à mieux comprendre CE qui règne aujourd'hui sur la Terre... et pourquoi Yeshoua, l'Âme du Libérateur, a une fois de plus été jugulée. Il est bien évident que très peu d'Êtres sont conscients de cela, même chez les Initiés, nous permettons-nous d'ajouter. C'est une certitude... le dieu d'ici-bas en cache un autre...

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

9ème partie

8ème partie

7ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I

 

 

 

 

ACCROISSEMENTS SUCCESSIFS DE L'ALPHABET HÉBREU.


ALPHABET SACERDOTAL

suite...



On ne parle que pour affirmer ou pour obtenir une affirmation, que pour connaître ou faire connaître une pensée, une opinion relative à une chose, à un objet qui est ou qui n'est pas, car tout se meut dans la nature entre le oui et le non.

Oui et non, voilà la base primitive sur laquelle s'élève le langage écrit ; ils appartiennent à la première époque.

Or, entre ces deux affirmations s'élève le doute; mais le doute est un progrès, son expression en est un, il appartient donc à la seconde époque ou au second alphabet.

Le doute est un état de l'âme qui tient de la crainte, de la peine , et même de la douleur; son expression naturelle, produite par l'émission de la voix que comprime l'anxiété, est OU.

En français, OU et OÙ ; en hébreu, OU et AOU ; en grec, OU ; en latin, AOU-T ( aut ), OU-BI (ubi ); en italien, OV-E ; etc.

On concoit facilement
pourquoi il ne put venir dans la pensée des auteurs du premier alphabet d'y comprendre cette expression.

Des deux affirmations, celle qui répond au OU-I et qui dissipe le doute est
la seule susceptible de produire le langage, car on ne peut donner un nom à ce qui n'est pas. On a suppléé à cette impossibilité par le geste ; et le signe littéral ordinaire de ce geste négatif est en hébreu L, quelquefois N.

La négation, l'empêchement ou le refus pouvant être exprimés sans le secours du signe littéral, il en est résulté que
beaucoup de mots hébreux ont eu deux significations opposées, ou qu'ils ont eu une signification contraire à celle que présentent leurs racines primitives bien connues.

Puisque
le plus ancien alphabet de la langue hébraïque n'a été composé que de ces dix lettres : A, E, I, — L —, B, C, D, M, N et Sh, les racines hébraïques primitives, et les mots primitifs hébreux composés, doivent être ceux dans lesquels il n'entre que ces lettres.
 

Quelques exceptions sont possibles ; néanmoins, si l'on réunissait tous ces mots, on aurait alors l'hébreu primitif, ou pour mieux dire les mots qui nous sont restés de cette première époque, et que de nouveaux caractères introduits dans l'alphabet hébreu n'ont pas changés ou fait oublier (Environ trois cent quarante mots simples ou composés. ).

Cette fraction de l'hébreu antique, toute petite qu'elle est, pourrait jeter quelque lumière sur beaucoup d'usages, d'opinions, de préjugés religieux d'une haute antiquité, et dont on ignore la cause. Nous allons en donner les exemples qui se rapportent à l'objet que nous nous proposons.

Ainsi, cet
alphabet sacerdotal, alphabet sacré, considéré en lui-même, abstraction faite de la langue qu'il a créée, nous révélera le principe ou au moins une des causes qui firent couvrir d'un caractère saint et mystérieux les nombres


Trois,
Sept, 
Dix
(30).


1° NOMBRE TROIS

 
L'alphabet sacerdotal nous présente le nombre trois dans les sons vocaux A, E, I, les seuls que cet alphabet reproduise par des signes.

Les sons vocaux, les voix ou voyelles, n'appartiennent, avons-nous dit, qu'aux êtres animés ; ils sont, en effet, l'expression de leurs sensations. La signification de ces voix, soit qu'on les profère, soit qu'on les représente par des signes, se rapporte conséquemment à l'animalité, à la vie, à la sensation vitale, à l'action, à la manifestation de la vie.

Cette signification n'échappa point aux inventeurs des lettres sacerdotales, et l'on doit même penser que leur alphabet ne put être composé que parce qu'
on l'avait comprise. Les trois signes A., E, I, médités dans cet esprit par des hommes toujours occupés d'idées religieuses, car la science n'était encore que la religion, et livrés à l'étude du ciel, c'est-à-dire des astres, où l'on supposait que des Dieux habitent; ces trois signes, dis-je, servirent de dénomination symbolique pour désigner l'idée abstraite de l'être, de la vie, et par conséquent l'auteur abstrait, invisible, intangible, de toute sensation, de tout être, de toute vie.

De là vint l'usage de ne prier, de n'invoquer que par le nom de la Divinité, c'est-à-dire
par les voyelles de son nom, d'où naquit l'idée de l'écriture alphabétique (Genèse, ch. 4. v. 26).

Les Égyptiens
, par respect pour cette origine, à laquelle le genre humain fut si redevable, conservèrent encore après le perfectionnement de la langue sainte l'usage d'invoquer ainsi.

Ces voyelles proférées sans intervalle marqué, et par une seule émission de la voix, formèrent le mot
AÉI. Ce mot, incontestablement hébreu primitif, n'existe plus comme nom de la Divinité dans l'hébreu moderne, et il serait perdu si Moïse n'avait été conduit accidentellement à le placer dans l'Exode. Il signifie littéralement JE suis—JE SERAI, il s'est réfugié dans le grec, qui en a fait AÉI, toujours.

Ce fut
le premier nom de l'Éternel ; nom saint, nom ineffable, que Dieu garde pour lui seul, nom qui n'a point d'application raisonnable sur la terre, et qui semble en avoir été enlevé à dessein, car Dieu seul peut dire de lui JE SERAI. — JE SERAI ( AÉI ) ta ruine, ô mort ! JE SERAI ( AÉI ) ta destruction., ô sépulcre ! ( Osée 13. 14. )

Ce nom antique, connu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, fut abandonné, oublié depuis ces patriarches, par suite des changements survenus à l'orthographe des mots hébreux après l'accroissement de l'alphabet. Il fut révélé à Moise (Exode 3. 14) qui l'écrit de cette manière, AÉI—É, avec la terminaison féminine E désignant l'Être qui génère, car Dieu, selon les anciens, réunit les deux sexes ; et il répète ce mot pour lui donner sa signification présente et future; AÉI-E AShR. AÉI-E, JE suis— LEQUEL JE SERAI.

Ce mot sacré,
AÉI, considéré, selon l'idée de sainteté qui s'y rattache, selon le nombre des caractères qui le composent et qui néanmoins aboutissent à l'unité, fit naître insensiblement toutes les idées mystiques attachées au nombre trois: d'où le précepte de Pythagore, honore le ternaire, HONORA TRIOBOLUM. Le caractère triangulaire union, dans les anciens hiéroglyphes chinois, est composé, selon le Choue-ouen, de Gé (Clef. 11.), entrer, pénétrer, et de Ye, (Clef. 1. ) un, ce qui donne pour l'idée qui a présidé à la composition de ce signe, trois réunis en un.

Le respect que les peuples en ont conçu pour ce nombre est donc très ancien, et l'on s'explique maintenant pourquoi ils le regardaient comme le
principe du monde. Le nombre sept, que nous étudierons bientôt, en était au contraire la fin (Aristote. De cœlo et mundo).

On a vu que ce nombre
trois a exercé son influence sur l'ensemble de la langue hébraïque, et qu'il a donné lieu au système de transcription employé par Esdras, système adopté après lui pour les langues nées de l'hébreu.

Le mot JÉOVÉ, que l'on prononce chaldaïquement JÉOVA, selon la
ponctuation massorétique, a succédé à AÉI ; mais cette transformation ne fut pas heureuse sous plusieurs rapports étymologiques.

Ce mot, JÉOVÉ, est
si abusivement employé dans la Bible hébraïque, la politique sacrée l'a couvert d'un mystère si redoutable, tant elle en a redouté l'examen, qu'il est par cela même de la plus haute importance d'analyser et de bien faire connaître ce nom, qui souvent est joint au mot ALEIM et qui toujours lui commande. Compris enfin et interprété selon le sens caché qu'il a dans une infinité de circonstances, on verra s'éclaircir d'eux-mêmes et rentrer dans le domaine du possible un grand nombre de faits bibliques où l'emploi de ce nom mal interprété, attribue à Dieu des actions ou des paroles indignes de sa puissance et de sa sagesse.

Le mot
J-ÉOVÉ s'élève sur ÉOVÉ, chaldaïquement ÉOVA.

La lettre
J ou I qui le commence, passe pour héémanthe et caractéristique des noms propres dérivés d'un verbe. D'autres disent qu'elle tient lieu de l'article dans tous les noms qui commencent par un É, et que c'est pour cela que le mot J-ÉOVÉ ne prend pas l'article démonstratif É, attendu que ce J lui en tient lieu (Voy. Elém. prim. des langues, par l'abbé Bergier).

Cette lettre est le signe de
l'existence future, de l'existence devant se manifester à l'avenir. Elle est formative du futur dans tous les verbes, et elle joint à l'action indiquée par leur signification radicale, cette signification, il sera, il arrivera, ou il fera. Doublée en samaritain, JI, elle signifie en effet il sera; en chaldaïque, elle est par cette raison un des noms de l'Éternel; elle a donné lieu au triple III qui, lui aussi, désigne celui dont on peut dire IÉI, il sera, et dont un des noms est enfin IÉ.

ÉOVÉ est formé de ÉOV, qui appartient à la seconde époque de l'alphabet hébreu, puisque la voyelle 0V n'existait pas dans l'alphabet sacerdotal (Il ne faut pas oublier que OV, OU, U etYsont les différentes prononciations de cette voyelle.) .

ÉOVÉ a donc été employé pour ÉIÉ, de la première époque. Or, par la puissance dubitative du caractère 0V, il a jeté le trouble et le blasphème dans le nom même de la Divinité.

Dans ce mot
ÉOV-É, la lettre E est géminée ; elle l'a été également dans le primitif ÉIÉ, à cause des trois radicales.

Reste donc
ÉOV et EI.

ÉOV peint le doute quant à l'être, l'existence pouvant être ou ne pas être ; l'entraînement vers le néant, vers l'abîme, comme l'entraînement vers l'être en échappant au néant, à l'abîme. La différence dépend du signe qui précède; l'existence considérée de cette manière, ramène au T-ÉOV B-ÉOV, ou Téou Béau du monde ; elle est placée sous un point de vue fâcheux de douleur et de misère, et les interjections hé! hélas! lui conviennent. C'est pour cela qu'en arabe les idées d'air agité, de désordre de la nature et même d'enfer lui sont applicables.

Dominé, gagné par
les significations sinistres de la racine, le mot É-OV-É, qui littéralement devait exprimer
L'EXISTENCE LIÉE A L'EXISTENCE, en un mot l'être, l'exister, sans distinction de temps, a surchargé cette idée de celles d'Infortune, d'adversité, de calamité, de malheur, d'abîme, de maux, d'injustice, de chose pernicieuse, de peste.

Et ce serait
du sein de ces idés funestes, ce serait du milieu de ces dénominations qui peignent les calamités humaines, qu'il faudrait amener l'idée de Dieu ? Ce serait d'elles que les réformateurs contemporains de Moïse auraient fait sortir le nom auguste et saint de l'Éternel, JÉOVÉ ? Cela n'est pas possible.

Il faut donc admettre que
ce mot ne fut pas composé dans le principe pour être le nom de la Divinité, et qu'il ne put être appliqué que symboliquement à Dieu.

Toutes les incertitudes disparaissent devant le sens intime et rationnel de la mission de Moïse, et par la création de ce nom à l'époque et à l'occasion même de cette mission.

Le culte pur d'AÉI était perdu, oublié. L'idolâtrie avait prévalu, il fallait
la vaincre, l'abattre, la détruire; on s'y résolut.

Cette volonté
partait du Sacerdoce : le Sacerdoce était dirigé par un chef suprême, et dans les temples égyptiens ce chef était appelé ÉOVÉ ou ÉOVA, LUI, IL, parce qu'il n'était pas permis de prononcer son nom . (Dans les temps modernes il serait difficile d'observer cette défense, et le chef suprême du Sacerdoce à son intronisation change de nom.)

Comme on devait agir au nom du Dieu des ancêtres et pour ramener son culte à la pureté antique, il fallait faire venir l'ordre de la réforme de Dieu même, c'est-à-dire de celui que dans les temples, et même chez le peuple, on considérait comme le chef suprême et le président du tribunal des Dieux.

Or, pour cela même, il fallait désigner ce dieu par un nom. Le mot AÉI n'avait pas une signification assez énergique; aucune dénomination, malgré les inconvénients de ses significations sinistres et menaçantes, ne pouvait mieux convenir sous tous les rapports que celle adoptée depuis longtemps pour désigner le chef suprême, le président, le LUI du tribunal sacerdotal, du collège des Prêtres ; l'ADON, le maître du temple, celui qui permet ou qui accorde.

On
modifia ce nom par la lettre I, dont je viens d'expliquer la puissance et le sens; et l'on fit ainsi du mot ÉOVÉ un nom propre, particulier à la Divinité; on modifia de la même manière le mot ADON et l'on en fit ADON—I, le maître-futur ou devant être toujours.

La puissance mystérieuse qui déjà était attachée au mot
ÉOVÉ ou ÉOVA, devint plus grande et plus redoutable quand ce mot fut J —ÉOVÉ ou J—ÉOVA, L'ETERNEL-LUI.

Les
Initiateurs, en sanctifiant ce mot par la mission mosaïque, considérèrent le J—ÉOVÉ ou JÉOVÉ céleste, comme ils avaient considéré le ÉOVÉ du temple, c'est-à-dire comme le seul, la seule force, le seul fort, ayant le pouvoir de surmonter, d'affliger, de consumer, de vaincre, d'abattre, de détruire l'idolâtrie.

Le motif de ce choix, nécessairement tenu secret, fut bientôt oublié, et le mot JÉOVÉ, qu'entourait un mystère si profond et si effrayant, devint redoutable à tous ceux qui se seraient hasardés pour chercher sa véritable explication. Voyez au Lévitique, chapitre 24, 11, l'histoire du fils de la femme israëlite, égyptien d'origine, qui s'étant avisé d'expliquer ce nom, de percer, de pénétrer le mystère dont Moïse l'enveloppait, fut considéré comme blasphémateur et lapidé. Il paraît que ce malheureux, plus instruit que les Israelites de la signification de ce mot redoutable, s'était pris de dispute à ce sujet avec l'un d'eux.

Ne pouvant interdire ce nom à la vue,
on le défendit à l'ouïe : il ne fut plus permis de le prononcer, sous peine de mort. Le Grand-Prêtre lui- même ne pouvait le dire qu'une fois dans l'année.

On concevra qu'avec de
semblables moyens de répression, aidés de la superstition et du fanatisme, on pouvait insérer dans les livres de la Bible tout
ce qu'on voulait, et qu'il ne fallait qu'y faire intervenir la parole ou l'action de JÉOVÉ pour rendre toute discussion impossible ou très dangereuse.

Il suffisait, en effet, pour
arrêter un discuteur ou réformateur et pour le perdre, que le Grand-Prêtre l'interrompant au premier mot, comme dans une circonstance de triste souvenir, s'écriât; Vous l'entendez, il a blasphémé, que vous en semble?  Et tous, pour ne pas se perdre ou se compromettre eux-mêmes, devaient répondre: Il est coupable de mort.

Nous nous expliquerons maintenant
la répugnance que les hommes qui pratiquent la loi mosaïque ont toujours éprouvée quand il leur a fallu se servir de ce nom. — La facilité de blasphémer en le prononçant mal, et la peine capitale dont on était menacé, ont fait qu'il n'a plus été permis de le considérer que comme un signe, un symbole produit en lettres , un hiéroglyphe dont la vue doit rappeler le mot ADONI, et ne doit pas être lu autrement, à moins que ce mot ADONI ne lui soit joint; auquel cas il représentera les ALEIM, tous les Dieux, ses subordonnés.

JÉOVÉ est donc mis souvent pour désigner le chef suprême du temple, le chef ou président d'une compagnie savante, alors toujours formée dans le Sacerdoce même; et quelquefois pour le chef militaire, l'homme de guerre que dirige l'esprit sacerdotal ou une volonté émanée du temple.

La traduction littérale, rationnelle, souvent voulue par la nature des faits ou par le sens intime du texte, est donc pour ce mot J—ÉOVÉ, ÉTERNEL LUI, CELUI—QUI EST et QUI SERA, le ÉTANT, le LUI, LUI et IL.

Ce nom est le plus auguste, le plus saint,
le plus redoutable des noms secrets, ou qui ne doivent pas être proférés. Les rois, assimilés aux Dieux, les MLACIM et les MLCIM, ont eu par imitation leurs noms secrets; les anciens rois d'Egypte, qui étaient apothéosés après leur mort, avaient le leur. Aujourd'hui encore les empereurs de la Chine à leur avènement au trône, quittent leur nom primitif et en prennent un qui renferme l'idée de leur puissance ou de leurs attributions . Les petits noms de Confuscius et ceux de tous les empereurs chinois sont si saints, si sacrés, que la loi prononce une mort cruelle contre celui qui écrirait un seul de ces petits noms .

10ème partie

Posté par Adriana Evangelizt


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