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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 17:30

Un très beau texte... car si Jésus fut tant aimé des femmes c'est qu'il qu'il avait lui-même l'apparence d'un homme mais un coeur féminin. C'était l'Être parfait qui possède les deux pôles -yin et yang- à égale mesure. L'Androgyne initial.

 

 

 

 

Jésus et les femmes

 

par Jacqueline Kelen

 

 

 

 

Je les imagine, ces femmes de Galilée, de Samarie, de Canaan.
Je vois leurs robes aux couleurs vives, leurs visages ensoleillés et meurtis. Il y a si longtemps qu’elles subissent l’opprobe, qu’elles portent toutes seules la blessure et l’espérance du monde. Je les entends rire, chanter, et aussi étouffer leurs plaintes dans leurs voiles. Voici celle, un peu lasse, qui puisse de l’eau et s’épuise en éphémères amours. Un passant étranger s’approche et pose sur elle un regard qui éclaire sa soif. Abandonnant sa cruche, la Samaritaine s’en va au village proche clamer sa rencontre inouïe.


Là, c’est une femme un peu courbée qui perd son âme avec son sang. Elle s’avance dans la foule pour toucher un pan du manteau de Jésus. Cela suffit à sa guérison puisque éperdue est sa confiance. Il y a cette mère qui implore Jésus pour son enfant qu’un démon malmène. Et l’épouse de Zébédée qui avec audace fait sa requête pour le salut de ses deux garçons. Aucune d’elles n’a besoin d’être convaincue par des preuves et des arguments. La préséance du cœur tient en cet abandon.


Je tremble avec celle qu’on va lapider et qu’on dit adultère (le péché de chair est toujours imputé au femme). Dans ses habits bariolés, la chevelure défaite, elle a l’air effrayée et sa bouche est muette. Les insultes pleuvent déjà avant les pierres, mais Jésus rompt le cercle de la haine, il la prend par la main et ouvre le chemin.


Et puis voici cette femme excessive qui entre en trombe dans un banquet compassé et qui devant Jésus verse son cœur avec un flot de parfum très precieux avant de se briser à ses pieds. On dit qu’elle habite une riche maison dans le port de Magdala, qu’elle est bien trop belle et trop libre pour être honnête. Jésus accueille comme il convient cette magnifique ardeur : en lui rendant hommage. La Madeleine dès lors ne quittera plus son bien- aimé, non pour se l’attacher mais pour brûler en lui. Je dénombre encore la vigilante Marthe, Salomé, l’épouse de l’intendant Chouza, sans oublier Marie la mère ni toutes celles dont le nom s'est perdu dans le vent. Elles accompagnent Jésus, non pas humbles servantes mais fidèles jusqu'à la mort, plus fières et plus tenaces que les apôtres masculins.


Certes, elles lavent aussi le linge, préparent les repas et pétrissent le pain, mais surtout elles l’écoutent, lui, et ses merveilles. Pour la première fois, elles entendent et elles voient un homme qui non seulement a des propos et des gestes pleins de respect pour elles, mais parle aussi d’un amour absolu, irréversible et fou comme elles en rêvent toutes, comme elles en meurent aussi.
Je pleure et me déchire avec les filles de Jérusalem quand le jeune homme de lumière trahi est crucifié. Je suis avec ces trois femmes, portant des aromates au matin de la Pâque. Je cours, le cœur battant. Moi, je sais qu’il m’attend, je sens qu’il est vivant. Si l’amour déroule des extravagances, il fait naître aussi des songes démesurés.
“Pourquoi pleures-tu ?” murmure le jardinier à Madeleine, décontenancée devant le tombeau vide. Il l’appelle par son nom et elle le reconnaît.
Et je suis devenue plus resplendissante que l’aurore et la grenade mûre ; plus légère qu’une aile de colombe. Et je suis tombée en adoration.
La femme est faite pour cela. À Jésus je dois ce ravissement, lui qui a rendu à jamais glorieux son corps et mon nom de femme.

Sources : Nouvelles clés

Posté par Adriana Evangelizt

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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 17:13

  Jésus : Richesse et individuation

Pourquoi Jésus annonce l’économie post-moderne ;  l’ère du win-win, les réseaux de partage de bien et de savoir

par Didier Girault

 

Jésus annonce la richesse pour tous par la reproduction du même : l’industrie. Le prophète de l’ère des Poissons multiplie pains et poissons pour nourrir son auditoire. Il avertit aussitôt : l’avoir ne doit pas étouffer l’être, de la même manière que l’ivraie empoisonne le bon grain.


La question est d’actualité : la négation insidieuse de la nature divine de l’homme a abouti à une horizontalisation de l’être, à une psychotisation à caractère boulimique. L’obésité des Occidentaux n’est pas anodine.
La richesse oui, l’inféodation à la richesse -
du point de vue du consommateur comme du producteur - non !


Si les biens matériels peuvent relever de la quantité, l’humain, lui, appartient au monde de la qualité. Rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ! Le message de Jésus est un plaidoyer pour l’individuation et la réalisation de l’être par le biais de l’échange. Le Christ est impitoyable dans sa dénonciation de la stagnation : chacun doit impérativement développer ses aptitudes.


Dans la parabole des talents, il fustige le prudent qui, étant peu pourvu, préfère mettre son unique don sous le boisseau. Il s’agit d’oser sa richesse, de participer au concert du monde, de contribuer à l’enrichissement matériel et immatériel de tous. Dans cette optique, le capitalisme moderne ne peut être qu’une étape. Si on ne peut servir Dieu et Mammon, on peut utiliser Mammon pour servir Dieu. Le problème surgit lorsque l’outil, oubliant son statut, prétend devenir finalité.


L’évolution de l’être, selon le Christ, lie cheminement personnel et progression de l’autre. Psychanalyste avant la lettre, Jésus dénonce toute atteinte à l’identité de la personne : penser ou dire du “mal” de l’autre.


Les projections et les inféodations perverses biaisent la relation à l’autre et aggravent les incohérences du dialogue que chacun entretient avec diverses parties de lui-même. Les propositions du Christ dépassent les querelles comptables. Il se veut le précurseur d’une “net-économie” de partage des ressources, et d’entraide en vue de la réalisation des rêves de chacun. Ainsi, le discours de Jésus plaide pour la mise en place de combinaisons “win-win” entre pensée et acte, entre individus et organismes.


Le Christ est le porte-parole d’une ère associative guidée par l’amour - compris comme la forme la plus intelligente, la plus accomplie de l’économie, de l’échange. Pas si simple ! L’émergence d’une telle économie suppose la redéfinition de la notion de richesse individuelle. Ce concept devra intégrer, outre le matériel, les aspects culturels, sociaux, affectifs…


En outre, Jésus insiste sur le don comme facteur structurant. Celui qui ne peut plus donner perd son identité, son humanité. Aussi, à l’heure où les médias nous informent, “en temps réel”, de tout ce qui se passe sur la planète, l’émergence d’une nouvelle économie reprenant le message du Christ, devra avoir pour objectif de garantir à chaque humain, une sphère d’action égale à la sphère de réception de celui-ci. Cette nécessité de don - qui est action - fait tomber le diktat du “struggle for life" qui régit encore toutes les institutions, même l’Église. Jésus plaide pour l’avènement d’une ère conviviale et joyeuse.

Sources : Nouvelles Clés

Posté par Adriana Evangelizt

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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 17:00

 Jésus et Bouddha

Entre bouddhistes et chrétiens, une affinité et beaucoup à découvrir,
par Nguyen Huu Khoalt.

Pour maître Thich Nhat Hanh, la fraternité de Jésus et de Bouddha est une évidence lumineuse. Il en fait l’expérience quotidienne avec le regard et la lucidité de la pleine conscience : " Nous pouvons dire que lorsqu’un bouddhiste rencontre un chrétien, le Bouddha rencontre Jésus. De plus, Bouddha et Jésus doivent se rencontrer à chaque instant en nous. Dans notre pratique quotidienne, nous avons besoin de toucher l’esprit du Bouddha et l’esprit de Jésus pour qu’ils se manifestent. Nous avons besoin de leurs énergies pour pouvoir embrasser notre peur, notre désespoir et notre anxiété.


Un livre, composé de six enseignements donnés par maître Thich Nhat Hanh lors de célébrations de Noël, nous engage à redécouvrir la source de l’expérience spirituelle dans Bouddha et Jésus sont des frères aux éditions du Relié. Maître Thich Nhat Hanh sait non seulement parler aux bouddhistes et aux chrétiens un langage dans lequel ils se reconnaîtront, mais il leur montre une voie de fraternité féconde et authentique, qui est un chemin de vie.


Car, dans la réalité de la pleine conscience, Jésus n’est pas forcément chrétien, ni Bouddha bouddhiste. Au contraire.


Les notions que nous avons de Jésus et de Bouddha sont peut-être bien les obstacles qui nous empêchent de nous relier à eux et de les laisser vivre à l’intérieur de nous. Un maître zen déclare avec un ton provocateur, propre à ce type d’enseignements qui bousculent les idées reçues et le prêt-à-croire : “Chers amis, savez-vous que chaque fois que je prononce le mot Bouddha, je dois aller aux toilettes me rincer la bouche au moins trois fois ?” Maître Thich Nhat Hanh commente : “Avez-vous une notion de Bouddha ? Si tel est le cas, prenez garde !” Car les leçons de l’histoire montrent qu’on tue, on massacre, on détruit au nom de la foi en Bouddha ou en Jésus, au nom de l’amour de Bouddha et de Jésus.
Mais une telle foi, un tel amour, capables de donner la mort, ne sont que des notions, des concepts fabriqués par le mental qui n’est pas en prise avec la réalité. Tout l’enseignement de maître Thich Nhat Hanh est de nous rappeler qu’en embrassant la vérité intime de la foi nous entrons sur la voie de l’union, corps et esprit réunis dans l’énergie de l’amour.

 

Lire les évangiles ?

Par Sanafraj Bey

Il est rare que des non-chrétiens aient lu les Évangiles.
Les bouddhistes comme les autres, quand ils parlent de Jésus, sont souvent réductionnistes : ils ne connaissent pas. Mais voilà qu’un livre est paru, signé par le Dalaï-Lama, “coaché” par Laurence Freeman : ce bénédictin américain, rompu aux spiritualités orientales, dirige à Londres l’Association mondiale de méditation chrétienne.
Chaque année, ils invitent une personnalité à s’entretenir pendant une semaine… après avoir effectué une vraie préparation. Le résultat est rapporté dans
Le Dalaï-Lama parle de Jésus, chez Brépols (et en poche). Enfin une parole vraiment intéressante d’un bouddhiste sur le christianisme. Enfin des chrétiens qui osent parler du Christ sans le réduire à une éthique. Parce que dire qu’on est pour la compassion, contre la violence, etc., c’est sympa, mais ça ne fait rien avancer.

Sources : Nouvelles Clés

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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 16:34

Un très bel entretien avec le Cheikh Bentounès...

 

Jésus dans le Coran

 

Entretien avec le Cheikh Bentounès, propos recueillis par Bruno Solt.

Pour comprendre la place de Jésus (sur lui le salut et la paix) dans l’islam, il faut aller à la source, revenir au Coran : message divin révélé au Prophète Mohammed (sur lui le salut et la paix).
À l’avènement de l’islam, il y avait de nombreux sujets de division entre les différentes communautés chrétiennes (les monophystes, les nestoriens, les priscilliens, les aryanistes…) se réclamant du message de Jésus. Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ? Quelle place lui accorder ? Dans ce contexte le Prophète Mohammed, à travers la révélation coranique, va honorer et réhabiliter Marie et préciser la mission de Jésus.


Dans l’Arabie pré-islamique, deux événements majeurs, en relation avec les chrétiens, marquent le destin du Prophète : le premier, lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib en Syrie à l’âge de sept ans quand Mohammed est reconnu, à certains signes, par le moine chrétien nestorien Bahira. Le second a lieu lors de la première révélation du Coran au mont Hira, qui troubla le Prophète. C’est alors un chrétien dénommé Warraka, parent de sa femme Khadija, qui lui confirmera sa mission prophétique.


On peut aussi ajouter qu’au cours de la période mecquoise, où les musulmans étaient opprimés, le Prophète Mohammed recommandait à ses compagnons d’émigrer vers l’Abyssinie chrétienne, avec qui il entretenait une relation amicale. En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et de Marie. Ayant été touché par la vénération et le respect du Coran parlant de Jésus et de sa mère, il accorda sa protection aux premiers émigrés de l’islam, malgré la réprobation répétée des Mecquois avec lesquels pourtant il entretenait un fructueux commerce. À sa mort, le Prophète Mohammed réunit ses compagnons et il fit avec eux une prière dans la mosquée de Médine pour le repos de son âme. Un autre événement donne à réfléchir sur les relations entre les deux communautés. Une délégation du Najrân (région se situant actuellement au Yémen) arriva un jour à Médine, avec soixante personnes et à sa tête un évêque pour voir le Prophète et passer avec lui un pacte d’alliance. Voulant prier, ils demandèrent un lieu pour célébrer l’office. Le Prophète leur suggéra que le meilleur lieu pour cela était sa mosquée : la maison dédiée à l’adoration de Dieu. Et, pour la première fois, la messe fut célébrée dans l’un des lieux les plus saints de l’islam.


On le voit, la reconnaissance et le respect de Jésus et de sa communauté existent dès le début de la mission du Prophète. Comme les textes le prouvent, il existait un rapport fécond, d’une grande richesse d’échanges tant du point de vue intellectuel qu’artistique, commercial et spirituel, malgré les affrontements d’intérêts politiques, économiques, qui jalonnent l’histoire, chacun utilisant ses références religieuses et dogmatiques pour justifier sa domination.


Cela dit, quel regard porte le musulman ouvert et sincère sur Jésus (Sidna Aissa), très souvent associé à Marie (Myriam). De fait, Jésus est considéré comme un être spirituel exceptionnel. Le Prophète annonce même le retour de Jésus pour les temps messianiques, où la paix, la justice, l’égalité triompheront enfin sur terre.
Donc dans la conscience musulmane, le retour de Jésus est une espérance. C’est la fin d’un cycle apocalyptique, le germe d’un renouveau. Dès lors, les hommes s’uniront pour œuvrer au bien de l’humanité et terrasser le mal. Ce que je viens d’évoquer concerne l’aspect extérieur, temporel, lié au sens de l’histoire. Il existe un autre aspect peu connu : c’est celui de la place accordée à Jésus par l’ésotérisme musulman. Celui relatif au verbe incarné de Dieu, comme le dit le Coran, sourate 4, verset 171 :


 “… Le messie, Jésus, fils de Marie est l’envoyé de Dieu et son Verbe, qu’Il projeta vers Marie, il est un esprit venant de Dieu…” Cela signifie qu’il est intemporel et ne peut être ni cerné, ni connu, ni localisé. Le message spirituel de Jésus ne peut pas se révéler à celui qui ne va pas à la source même d’où émane cette réalité divine. Dans l’ésotérisme musulman (taçawwuf- soufisme), il y a des stations (degrés spirituels) pour chaque prophète évoqué dans la Bible, et dans le Coran.


La station de Jésus est particulière et parmi les plus élevées. Son enseignement délivre une spiritualité pure, sans lien déterminé dans le temps et dans l’espace.
Cette réalité se révèle à celui qui fait l’effort soutenu d’arriver à cette station, à ce maqqam de Sidna Aïssa (Jésus). Celui-ci, délivre un message extraordinaire : la force de l’amour a puissance sur tout. Par sa naissance, Jésus nous apprend que les lois physiques et temporelles qui gèrent la création peuvent être bouleversées, voire inversées par le divin, telle la résurrection des morts. Notre conception du divin se référant uniquement aux lois qui gèrent le monde manifesté est si limitée, qu’elle nous empêche de comprendre la mission de Jésus et sa “station”. De ce fait, son message demeure inconnu pour le plus grand nombre. Pour les soufis, Jésus est l’émanation ou la démonstration physique que par une voie initiatique l’être peut retrouver l’essence universelle qui donne équilibre et harmonie au monde manifesté, mystère de la création.


L’avènement du message mohammadien vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message christique.


Comme le dit le prophète Mohammed : “Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète”. Ainsi le message mohammadien devient le miroir révélateur de Jésus, c’est donc dans l’équilibre entre ses deux pôles que le mystère de la vérité se dévoile à l’homme. Ce qu’on peut encore retenir du message de Jésus, c’est que les valeurs matérielles du monde ne sont que l’ombre trompeuse des illusions qui nous égarent et exacerbent nos passions. À l’exemple de son entrée dans le temple pour le purifier, Il nous invite à nous situer à la verticalité du Divin, symbole du soleil au zénith où nulle ombre n’est perçue, où nulle illusion n’est permise. Par là, l’homme est habité par l’esprit divin. Quant à Mohammed, il apporte, lui, l’équilibre de l’horizontalité, symbole du serviteur qui accepte totalement son appartenance au divin. Il se confie à Lui, et assume cette responsabilité d’en être le témoin dans le monde. Ainsi, l’homme habité par le divin réalise et manifeste l’état parfait de l’homme universel.


Selon l’ésotérisme musulman, si Jésus de par sa naissance échappait aux lois physiques de la vie, sa mort devait aussi échapper au commun. Car il existe une réciprocité. Pour les musulmans en général et les soufis en particulier, Jésus a été élevé à Dieu, n’étant d’ailleurs pas le seul puisque d’autres prophètes sont dans le même cas : Élie, Idris, Énoch… Cette élévation est une occultation mais aussi une présence, une permanence. Il était, n’est plus, mais personne ne peut dire où il se trouve, ni qu’il n’existe plus.


On ne peut le situer dans l’espace ni dans le temps sans nier sa présence. Si on lui assigne une place, un rôle, une fonction même la plus sacrée, elle demeure en dessous de la vérité qu’il incarne, car le message spirituel de Jésus est élevé et intemporel. Mais chacun, par une démarche intérieure de purification, d’humilité, de pardon, d’amour, peut retrouver l’essence de ce message, son parfum et sa béatitude.


J’ajoute qu’on pourrait aussi qualifier le message de Jésus de radical. Il ébranle la forteresse des croyances, des dogmes, des certitudes… notre conception limitée des choses de ce monde, qui n’ont de réelles valeurs qu’en étant rattachées à l’essence, à Dieu. Sans ce rattachement, les pouvoirs, les savoirs, les connaissances ne sont qu’illusoires. Le message de Jésus ne se comprend et ne se vit que dans l’amour absolu intransigeant et décapant.


Cette vertu, cet état d’être, sont très difficiles à concevoir et à réaliser. Il suffit de voir comment nous vivons. Le constat est affligeant ! Quelles sont les valeurs qui déterminent notre époque ? Jésus est le verbe divin et les valeurs qu’il enseigne ne sont pas celles sur lesquelles reposent notre monde. Nous ne comprendrons son message et réaliserons cette transformation alchimique que par la quête de ces valeurs spirituelles et chevaleresques qu’il est venu nous enseigner. Un message prophétique où l’homme est prêt à se sacrifier pour le bien-être d’autrui afin que la Vérité demeure parmi nous. Ainsi il triomphe de l’absurdité de son égocentrisme, il renaît et il vit dans le monde parfait de l’Essentiel.

La force du pardon


Qui laisse croire qu’il n’existe aucune réalité, hormis celle que l’homme s’impose dans ce conflit permanent avec lui-même et avec son prochain ? Incapable de pardonner car incapable de se pardonner.
Aujourd’hui nous sommes dans les situations où le message de Jésus semble d’une urgence capitale, voire vitale. Notre monde est gravement malade, seule une médecine radicale peut le soigner. Pourquoi tant de misère et de haine, de conflits et de corruption ? Au nom de qui ?


Pour servir quels intérêts ? Au nom de Dieu ? Au nom d’Allah ?… Quel est le sens d’un monde en démence où personne n’ose dire la vérité par peur d’être incapable de la vivre et d’en assumer la responsabilité et les conséquences. La vérité est exigeante comme l’est le message de Jésus. Dans l’atmosphère dramatique de notre époque qui peut concevoir que pour trouver Dieu il faut tout donner. Quel est le pays, la communauté, l’être capable de tout donner pour tout recevoir ?


Dans le monde actuel, ne pas tricher avec soi-même soulève mépris, ironie et sarcasme. Pourtant nous allons vers un monde qui nous impose d’être et non de paraître. Humain se conjugue au verbe être et non au verbe avoir. C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend. Que Dieu accorde sa grande miséricorde à tous les innocents qui périssent par la faute de l’incompréhension et de la bêtise humaine.

Dans le monde actuel, Pourtant nous allons vers un monde qui nous impose Humain se conjugue C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend. Que Dieu accorde sa grande miséricorde à

Sources : Nouvelles Clés

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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 15:58

  Jésus pharisien et kabbaliste

 

Le message de Jésus peut avoir deux lectures

par Patrick Levy

 

 

Dans le judaïsme, comme dans les autres religions, deux modes de rapports au religieux cohabitent : la religion “prêt-à-croire” et la mystique, l’affirmation et la foi ou le doute et l’interrogation. Ces deux niveaux de sens apparaissent au sein des mêmes textes selon l’interprétation qu’on en fait. Comme tout bon maître, Jésus enseignait à ces deux niveaux simultanément.


Dans l’exemple de sa conversation avec un scribe, nous pouvons ainsi comprendre ce que dit Jésus selon l’éclairage du judaïsme pharisien, c’est-à-dire de la foi juive traditionnelle, et selon celui du judaïsme dit secret. “ Un scribe s’approcha et interrogea Jésus : “Quelle est la première de toutes les mitsvah ?” Jésus répond par le Shema Israël que tous les juifs connaissent depuis l’enfance. Il dit : “Écoute Israël YHVH, notre Élohim, YHVH ékhad (Un)”.  ”(Mc 12, 28 ; Mt 22, 34 ; et Deut 6, 4) En hébreu le verbe être n’est pas toujours écrit. Comme ici, il est souvent supposé. On peut traduire ce verset : “Notre Élohim est l’unique YHVH”, ou “notre Élohim est YHVH Un (ékhad)”. Quoi qu’il en soit, l’enseignement du Shema Israël est centré sur ékhad, le mot sans doute le plus important de la Torah, si important qu’il est conseillé de le prononcer au moment de mourir.

 


Dieu est-il le Seul ou est-il Un ? L’enseignement exotérique du Shema Israël est simple : il n’y a qu’un Dieu, c’est YHVH, il est unique, extérieur à soi, personnel, et cette affirmation établie, dans notre rapport à Dieu, une relation de croyance pareille à celle que l’on trouve dans toutes les religions.
YHVH-ékhad peut aussi signifier que Dieu est cet Un qui ne suggère pas une quantité (“un” opposé au multiple), mais une qualité qui évoque l’union, l’unique, l’universel. L’enseignement mystique du Shema Israël est alors celui de la non-dualité : ce qui est divin, ce qui est sacré, c’est un rapport au réel qui unit tout en Un. Connaître l’Un, faire cette union, c’est connaître YHVH qui est Un et qui inclut tout.
Pour des raisons plus politiques que spirituelles, l’Évangile de Thomas n’a pas été retenu comme canonique par la plupart des Églises. Il est composé de sentences mystiques prononcées par Jésus et révèle un aspect de l’enseignement du maître ignoré par les autres.
En plusieurs occasions, Thomas rapporte des paroles de Jésus qui déclinent et explicitent de différentes manières l’affirmation du Shema Israël pour montrer comment réaliser cette union en l’Un : “Quand vous ferez le deux Un, et ferez le dedans comme le dehors et le dehors comme le dedans, et l’en haut comme l’en bas, en sorte que vous fassiez le masculin et le féminin comme un seul […], c’est alors que vous irez dans le Royaume.” (Thomas, logion 22) Quand vous aurez fait le deux Un vous serez fils de l’Homme.”(T 106).


L’Homme ressemble à Dieu, Dieu ne ressemble à rien.


Dans la deuxième des Dix Paroles, YHVH affirme fortement qu’aucune image ne peut le représenter : “Tu ne feras pour toi ni sculpture ni image de ce qui est dans les ciels en haut, ou sur la terre en bas, et dans les eaux sous terre ; tu ne te prosterneras pas devant elles.” (Ex 20, 4) Ce principe de l’invisibilité de Dieu est abondamment répété tout au long de la Torah. “YHVH, nul n’est semblable à toi ”, “Rien ne lui ressemble” et “Rien n’est en dehors de lui” (Ps 86, 8 ; Jr 10, 6 ; Dt 4, 39) Une image, une sculpture, une représentation quelconque qui le réduirait ne peut donc pas représenter ce Dieu Un, tout incluant, Père de tout.


Pourtant, la Genèse affirme qu’Élohim a conçu l’Homme à son image et selon sa ressemblance puis l’a créé à son image. (Gn 1, 27) Un Dieu sans image a donc créé l’homme à son image. À quoi l’homme ressemble-t-il ? La réponse à cette question cruciale se trouve dans le Shema Israël : YHVH-ékhad, Dieu est Un. Cet Un inclut tout et l’Homme ressemble à Dieu lorsqu’il est Un, lui aussi.


Des commentateurs juifs et chrétiens comme Maimonide ou maître Eckhart insisteront sur cette approche de la connaissance de Dieu par l’union de tout en Un. “Dieu, dit le maître juif, est celui qui connaît, il est le connu et il est la connaissance elle-même, tout est Un.”
Cette appréhension fait de Dieu, non une personne extérieure mais une qualité d’attention. Toute observation est faite de trois facteurs : l’observateur, l’observation et l’objet observé. Maimonide dit que, pour Dieu, ils sont unis. Pour connaître Dieu nous pouvons connaître comme Dieu, en unissant observateur, observé et observation.
Maître Eckhart, un catholique rhénan du xiiie siècle, disait : “Les gens simples s’imaginent qu’ils doivent voir Dieu, comme s’il était là et eux ici. Il n’en est point ainsi. Dieu et moi sommes Un dans la connaissance. Celui qui connaît, et ce qu’il connaît sont Un.” Faire cette union, voilà le chemin spirituel.

 

 

Aimer ce qui est autre


Dans sa réponse au scribe, après avoir cité le Shema Israël, Jésus poursuit : “Tu aimeras ton YHVH, ton Élohim, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force”, puis ajoute une deuxième mitsvah, en rappelant le Lévitique : “Tu aimeras ton réa (prochain) comme toi-même” (Lv 19, 18). Réa signifie autre, parent, voisin, étranger, prochain, tout objet, ce qui est autre.
Ordonner d’aimer Dieu ou son prochain est une exhortation vide de sens, car l’amour ne se commande pas. La première mitsvah citée par Jésus apporte le fondement conceptuel et la méthode de la seconde qui énonce la mise en pratique et la vérification de la première. Dieu est Un et cet Un inclut tout. Autant dire : “Tu aimeras tout autre et toi comme Un.” L’autre, ton prochain, est une forme de toi-même.
Le scribe apprécie la démonstration de Jésus, il s’exclame : “Beau ! Maître, tu as dit qu’Il est Un et sans autre que Lui.” Car, en effet, l’homme qui s’établit dans la conscience que le créateur et tout le créé ne sont qu’un seul phénomène, peut, sans difficulté, aimer tous ses prochains, c’est-à-dire les regarder comme une manifestation de Dieu ou de lui-même, et les aimer sans évaluer leur caractère, sans les juger, en décelant Dieu à travers eux. Cette qualité de l’amour qui ne pose aucune condition “couvre toutes les fautes” (Pr 10, 12) Il “est l’accomplissement de la loi” (Rm 13, 10). “Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui ”. (I Jn 4, 16).


Le Zohar est le texte le plus important de la Kabbale. Il fut rédigé au xiie siècle, mais il réunit des fragments éparts de la tradition mystique juive qui s’origine deux siècles avant notre ère. Lui aussi insiste sur l’Un : “L’ensemble des âmes du monde, œuvre du Saint, sont Une” (Z LL 85b p. 428). “Lorsque l’homme a compris que tout est Un et qu’il ne s’y insère plus aucune fragmentation, le monde lui-même se retire et ne l’influence plus” (Z P 12b p81).
Ailleurs, en se servant de la technique de la guématria (la réduction de mots à leurs valeurs numériques) le Zohar rassemble les deux mitsvots citées par Jésus en une seule explication.
En hébreu, amour se dit ahavah, mot qui a pour valeur numérique 13. Un autre mot a cette valeur, ékhad, Un. Si nous considérons tout comme Un, nous sommes amour. Lorsque nous contemplons toute chose avec amour, nous regardons l’Un. Si nous ajoutons cet Un à amour, nous trouvons YHVH, dont le nom a pour valeur numérique 26 : l’Amour qui inclut tout dans l’Un, est équivalent à l’innommable YHVH. Aimer Dieu ou son prochain, c’est être Un.

Sources : Nouvelles Clés

Posté par Adriana Evangelizt

 


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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 15:10

Là où nous ne sommes pas d'accord avec le texte ci-dessous, c'est lorsqu'il est dit que Jésus était proche des Pharisiens ou presque un pharisien, il est évident que c'est faux. Il ne pouvait pas être proche d'eux vu qu'Il prêchait exactement le contraire...

 Ce que le rabbin Jésus dit aux chrétiens

Une figure plus que jamais incontournable, par Jean Mouttapa.

Jean Mouttapa, chrétien engagé dans le dialogue interreligieux, dirige avec Marc de Smedt le département Spiritualités d’Albin Michel. Il a publié en 1996 "Dieu et la révolution du dialogue : l’ère des échanges entre les religions", et édité plusieurs ouvrages récents sur les rapports entre judaisme et christianisme.

Que l’homme Jésus ait été juif au sens ethnique du terme, les chrétiens l’ont toujours admis, même lorsqu’ils traitaient son peuple de “déicide” en lui faisant porter la culpabilité de la Crucifixion. Que le texte évangélique soit truffé de références à la Torah hébraïque, point n’est besoin d’être exégète patenté pour le constater. Tout cela est passé maintenant dans les têtes et dans les mœurs, et même dans les cœurs, depuis l’extraordinaire prestation du pape Jean-Paul II à Jérusalem, qui a sidéré le monde entier par sa puissance symbolique. Mais la nouveauté, depuis quelques années, c’est que des Juifs de plus en plus nombreux, chercheurs, penseurs et même rabbins, ont commencé à s’intéresser à ce rabbi original, malgré et au-delà des crimes commis à leur encontre par ses disciples, et à le réintégrer d’une manière ou d’une autre à leur propre histoire. Dans le même temps, les études bibliques et historiques ont montré que Jésus n’est pas seulement juif jusqu’au bout des ongles, mais qu’il l’est jusqu’au bout de l’âme et de sa parole : même ses polémiques avec les pharisiens relèvent de la querelle de famille - d’une famille dont il est certainement très proche -, et si on peut le qualifier de dissident, sa différence en tant que rabbi n’est ni unique, dans le bouillon de culture de la Palestine de l’époque, ni surtout schismatique. Mais alors ce Jésus juif, ce Jésus quasi pharisien, participant pleinement aux controverses judéo-juives qui donnèrent naissance au Talmud dans les premiers siècles de notre ère, qu’a-t-il à dire aux hommes d’aujourd’hui ? Et qu’aurait à nous apporter un christianisme ainsi refondé sur un Jésus si peu fondateur de religion, si éloigné de ce qu’est devenue la religion chrétienne ? On touche là, peut-être, à la question spirituelle - et politique ! - la plus essentielle du siècle qui vient. Au temps des intégrismes délirants, en effet, au temps de ce que certains appellent le clash des civilisations, il se pourrait bien que l’Évangile nous soit d’une nécessité vitale. Car Jésus - précisément parce qu’il reste, dans sa marginalité, un juif pratiquant et sincère - nous enseigne de façon unique une certaine attitude, à la fois respectueuse et distancée, vis-à-vis de toutes les normes religieuses, morales et culturelles.


Les traditions, nous dit-il en paraboles et en actes, deviennent des idoles, c’est-à-dire des obstacles entre l’humain et le divin, dès lors qu’elles ne sont plus au service de la seule cause qui peut les justifier : la justice et la compassion.
Ce faisant, Jésus le juif nous ouvre un horizon nouveau. Un horizon supra-religieux, ou méta-religieux, ou même non religieux, comme l’on voudra, en tout cas une dimension de l’humanité vraiment universelle, apte à féconder la vie d’un musulman ou d’un bouddhiste par exemple, voire d’un agnostique. Le jeu qu’il introduit entre la liberté intérieure de chacun et tout ce qui relève du social, y compris le religieux, ce jeu impertinent qui fit tant scandale à son époque, est toujours porteur d’une subversion explosive. Et salutaire : la “Bonne Nouvelle” nous parle d’une libération à la fois intérieure et sociale qui concerne tout homme et toute femme, quelle que soit sa culture.

Le Seigneur des non-religieux

L’universalisme de l’Évangile ainsi conçu ne peut plus être impérialiste : pas question d’aller déraciner culturellement des populations entières pour leur imposer les normes et le vocabulaire de la religion chrétienne. La religion particulière nommée “christianisme”, avec sa logique (aristotélicienne), son vocabulaire (grec), sa morale et ses croyances (issues du judaïsme hellénisé du premier siècle), cette religion-là, en tant que phénomène socio-culturel historiquement daté et géographiquement situé, c’est un crime contre l’esprit que de vouloir la diffuser dans le monde entier et d’en proclamer la supériorité ! Non, s’il y a quelque chose d’universel dans le Nouveau Testament, si le Christ parle à tout être, c’est précisément parce qu’il rompt avec une certaine idée du sacré, parce qu’il est le “Seigneur des non-religieux” - pour reprendre l’expression employée dans ses lettres de prison par le théologien Dietrich Bonhoeffer, grand résistant contre le nazisme.


Voilà comment la prise de conscience de la judéité de Jésus, assumée dans toutes ses conséquences, pourrait constituer une seconde naissance pour le christianisme en crise. Vouloir sortir de la crise en se conformant à la mode ambiante, chercher l’ouverture universaliste - et notamment en direction de l’Orient - sans se confronter à la question des sources juives serait en effet la pire erreur que pourraient commettre les chrétiens “ouverts” et “progressistes”. L’Évangile serait alors réduit à une vague morale humaniste, politiquement et religieusement correcte, alors qu’il est fait pour bouleverser toutes les normes ! Comme les prophètes hébreux qui ont toujours été des empêcheurs de prier en rond, Jésus, en tant que juif, ne cesse de nous dire que le monde est inachevé, qu’il est en un sens inacceptable, que rien ne va plus, qu’il faut changer la vie. Il n’a rien d’un sage oriental tourné vers l’harmonie : il pleure, il proclame l’état d’urgence, se met souvent en colère, et le récit de la Passion, qu’on le veuille ou non, est une tragédie. Ce serait trahison que d’enlever à Jésus son ton tragique de juif, et de le faire sourire de force sous prétexte de le rapprocher de Bouddha, comme s’évertuent à le faire des chrétiens trop pleins de bonne volonté.

 


L’apprentissage du rapport à l’autre

Le dialogue interreligieux fondé sur la recherche d’un “plus petit commun dénominateur” à toutes les religions ne donne jamais rien de bon. Cette quête éperdue du “point commun” tend à réduire l’Autre au Même, et naturellement on en vient à minimiser, voire à occulter ce qu’il y a de scandaleux dans l’altérité de l’Autre, dans l’étrangeté de l’Étranger. Un seul exemple : beaucoup de chrétiens considèrent comme “positif” le fait que le Coran reconnaisse Jésus comme Messie et Marie comme la Vierge Mère, sans s’interroger outre mesure sur leur statut réel dans l’islam. Mais même lorsqu’il est élevé au rang de “Sceau de la sainteté” chez un soufi comme Ibn ‘Arabî, le Isa musulman n’est qu’un prophète qui n’a rien à voir avec le Christ du christianisme ! Cette différence peut paraître gênante… et si l’on creuse encore plus, par exemple en direction des accusations du Coran contre la falsification de l’Évangile par les chrétiens, la gêne devient vite malaise, puis vertige ! Mais nous n’avons pas le choix : il faut creuser, car il n’y a que la différence qui est susceptible de nous enrichir, fût-elle scandaleuse.

L’apprentissage difficile de l’altérité passe forcément, pour les chrétiens, par une confrontation avec la judéité de Jésus et avec le judaïsme. D’abord parce que la Bible hébraïque marque une rupture dans l’histoire des religions en présentant Dieu non seulement comme unique, mais surtout comme le Tout-Autre. Le Livre de la Genèse déclarant que chaque homme porte en lui l’image de cette altérité absolue, le judaïsme a naturellement quelque chose à dire sur cette question. Et puis, n’oublions pas que le judaïsme fut le premier Autre de l’Église naissante - un autre d’autant plus incompréhensible qu’il avait été au départ un Même, puisque Jésus et les apôtres étaient juifs pratiquants. L’Église ayant décidé de se définir comme “vrai Israël” - précisément au moment où sa composante juive devenait minoritaire - le judaïsme ne pouvait apparaître que comme un imposteur. La visée usurpatrice de l’Église ne pouvait devenir que meurtrière. Et elle le fut, hélas ! Reprendre cette relation totalement ratée à partir de zéro, décortiquer les mécanismes de vingt siècles de haine antijudaïque (qui ne sont évidemment pas sans lien de cause à effet avec l’antisémitisme païen des nazis, contrairement à ce que prétend le Vatican), voilà un rude programme pour le christianisme du xxie siècle. Mais un tel travail sur l’histoire n’est pas une calamité, c’est au contraire une chance unique pour les chrétiens. Il peut leur donner l’expérience de ce qui, après tout, semble le plus difficile pour chacun de nous : reconnaître l’autre en tant qu’autre, sans le phagocyter, sans le récupérer, sans l’inférioriser, et sans non plus se perdre en lui.

Tout cela ne relève pas seulement d’une problématique judéo-chrétienne, et ne se limite même pas au domaine religieux. Au contraire, en filigrane, il y a là toutes les urgences politiques les plus profanes a priori de ce début de millénaire : respecter les cultures dans leurs singularités, sans pour autant passer par perte et profits l’idée d’universel ; promouvoir l’unification de la planète, sans pour autant fondre les peuples dans un magma informe de non-culture ; assumer les acquis évidents de l’Occident sur le plan de la liberté et de l’égalité, sans en faire des armes pour écraser les autres… N’est-ce pas là toute la question de la mondialisation ? Notre génération a pour charge d’assurer ce grand tournant, ou alors ce sera l’enfer… qui a déjà commencé et qui crève les écrans de nos télés. Pour relever le défi, Jésus le juif se révèle plus que jamais incontournable.


Sources : Nouvelles Clefs

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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 14:07

Alors là, nous sommes tombés sur un article qui nous intéresse au plus haut point car dans notre confrérie les Chevaliers du Graal, nous "planchons" justement sur le sujet et allons même poser une page pour mieux expliquer notre pensée, ce soir... et nous allons vous en faire un petit résumé.

Pour nous, l'âme de Ieschoua s'est incarnée en Palestine et chez le Peuple Hébreu. Il est venu réhabiliter la vraie Loi qui ne ressemble en rien à la Loi de Moïse. Ieschoua fait souvent référence à Abraham, rarement à Moïse ou quand Il en parle c'est pour entériner un discours où il critique celui que les Pharisiens ont pris comme modèle pour les critiquer eux-mêmes d'ailleurs... car ils ont le nez plongé dans la Torah mais ils n'appliquent aucun commandement...  

Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse.

 

Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas (Matthieu 23/2-3)

Mais d'ailleurs les commandements, quels sont-ils ? Sont-ils ceux de Moïse ? Et il y a une phrase très importante qu'il dit à ce propos...

 

Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge. (Matthieu 8/44)

Quand Ieschoua est vraiment entré dans votre coeur, il vous livre les secrets de Son énigme et de Ses  Paroles... dans ces quelques mots qu'Il a prononcé se trouve Sa vraie Mission. Qui était Moïse ? D'où venait-il ? Nous ne répondrons pas à ces questions ici mais le fait est qu'il a tué. Et qu'après il s'est enfui. Ieschoua dit :

"Vous avez pour père le diable..." Ce qui laisse sous-entendre que le père donne l'exemple mais si le père est le diable, quel exemple avons nous ? Quels commandements appliquons nous ? Celui du diable. Donc ils sont mauvais.

"Il a été meurtrier..." Effectivement, Moïse a tué...

..Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu d'entre ses frères.
Il regarda de côté et d'autre, et, voyant qu'il n'y avait personne, il tua l'Égyptien, et le cacha dans le sable. (Exode 2/11-12)

"Il ne se tient pas dans la Vérité parce qu'il n'y a pas de Vérité en lui." Là, les propos de Ieschoua sont clairs, il n'y a pas de vérité en lui, dit-il. Et pourtant la Loi que suivent aveuglément les Pharisiens est celle de Moïse...

"Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge." La Loi de Moïse est-elle vraiment la Loi de Dieu... -ne pas oublier que le "dieu" est en nous- ou bien est-ce une loi dictée par son "ego" "Il parle de son propre fonds", il n'est donc pas inspiré par la vraie Voix... l'Enseignement que suivent les Hébreux à l'époque est donc un faux enseignement, c'est ce que veut dire Ieschoua. Et si son âme s'est incarnée c'est pour redonner vie à la vraie Loi. Pour ouvrir les yeux des Hébreux et les mener à la paix. Mais à la base, c'est bien pour les Hébreux qu'il est là. Et non pour être récupéré par une Eglise qui se trouve en territoire ennemi... n'oublions pas l'occupant Romain et l'Eglise de Rome qui viendra plus tard sous l'impulsion de Constantin...

Il est donc très intéressant que des talmudistes s'intéressent à Ieschoua, le vrai Prophète... mais Juif et Palestinien...

 

 

Les nouveaux visages de Jésus

Comment les Juifs le redécouvrent

 

En Israël, des rabbins, des philosophes, des scientifiques s’intéressent vraiment à Jésus et à sa vie. On ne compte plus les ouvrages sur le sujet.


Ils ne sont pas attirés par la figure christique : ils voient Jésus comme un hassid, un prophète. Cette relecture talmudique est passionnante et nouvelle. Les passages relevés proviennent d’une oralité concomitante à la tradition qui a donné naissance au Talmud, durant les deux ou trois premiers siècles de notre ère. De nombreuses formules sont d’ailleurs strictement les mêmes, par exemple : “De la mesure dont tu mesures tu seras mesuré.” Même les invectives de Jésus à l’encontre des pharisiens - dont il est en fait très proche - doivent s’entendre au sein de la controverse de l’époque sur la loi.


Certes, il ne faut pas être naïf : il subsistera toujours de fortes différences dans les lectures juive et chrétienne du Nouveau Testament. Mais est-ce un problème ? Parlant de cette différence, Emmanuel Levinas usait d’une métaphore empruntée au
Petit Prince de Saint- Exupéry - quand l’aviateur, lassé d’entendre le mystérieux enfant lui dire qu’il n’aime pas ses dessins de mouton, finit par croquer un cube avec trois trous d’aération et lance : “Ça, c’est la caisse, le mouton que tu veux est dedans !” Les relations entre juifs et chrétiens, suggère Levinas, sont tout entiers contenus dans cette caisse.

Le juif errant trouve enfin son but

Traditionnellement, le sujet “Jésus” était tabou chez les juifs, qui trimbalaient d’ailleurs tout un ramassis de diffamations médiévales (sur “Jésus fils d’une prostituée”, etc.), réactions normales, vu les persécutions. Mais il y avait aussi des choses beaucoup plus subtiles. Dans le Talmud, par exemple, on trouve un rabbi auquel les provocations de Jésus avaient déplu et qui l’avait repoussé. Jésus revient le voir, mais le maître, en train de prier, fait le geste “Stop !” du plat de la main. Du coup, Jésus repart pour de bon, alors qu’en fait le rabbi lui demandait simplement d’attendre la fin de sa prière. Bref, c’est l’histoire d’un rendez-vous raté. Ainsi se serait perdue l’ultime possibilité d’entente entre Jésus et les siens. Depuis, dit le Talmud, les juifs en payent les conséquences… Pendant des siècles, ils ne prononceront même pas le nom de Jésus, disant seulement “l’autre”, ou “celui-là”, s’il faut absolument évoquer celui par qui le malheur s’est abattu sur le peuple élu.


Jusqu’à Joseph Klausner… En fait, quasiment tous les sionistes s’intéressent à Jésus, à commencer par Théodore Herzl lui-même. Mais le premier sioniste à avoir mené ce travail de façon vraiment sérieuse, c’est Klausner, dans les années 30, qui se lance dans une biographie juive de Jésus. C’est un sioniste de droite, qui ne songe surtout pas à remettre sa religion en question (alors qu’à la même époque, un mystique tel que Buber voit Jésus comme un “grand frère” et s’interroge gravement). Depuis, il y en a eu beaucoup d’autres, depuis André Chouraqui, dans les années 80 (Procès à Jérusalem) jusqu’à Salomon Malka en l’an 2000 (dans son Jésus rendu aux siens, il raconte comment Jésus est redevenu fréquentable après la fondation d’Israël en 1947). Sans oublier Edmond Fleg et son extraordinaire Jésus raconté par le juif errant, publié en 1933 (et réédité en 1953, puis en 97 avec un chapitre supplémentaire qui raconte l’histoire de la recherche de Jésus par le juif errant dans le nouvel État d’Israël) -, où le héros croit sans cesse avoir trouvé Jésus, mais où celui-ci s’échappe toujours derrière l’horizon.


En fait, le livre de Fleg marque le début d’une vraie fascination juive pour Jésus. Si vous ne l’avez déjà fait, c’est un roman qu’il faut lire ! Vous connaissez l’histoire du juif errant ?


C’est cet homme à qui Jésus a demandé de l’aider à porter sa croix et qui a refusé - du coup, le ciel l’a condamné à errer ad vitam æternam sans jamais trouver la paix. C’est une histoire antisémite, bien sûr, qui prétend justifier les malheurs qui arrivent aux juifs errant de nations en nations. Jésus a maudit cet homme : “Tu marcheras ainsi jusqu’à ce que je revienne !” - donc jusqu’à la Parousie. Mais Edmond Fleg retourne génialement l’histoire antisémite en expliquant que ce juif errant est en fait le paralytique que Jésus a sauvé en faisant un miracle et qui, après avoir suivi la troupe des apôtres jusqu’au bout, a quitté le Nazaréen à la toute fin parce que ce dernier avait commis des gestes impossibles pour un juif. De même, tous les autres personnages du roman sont des figures des Évangiles, dont chaque passage est réinterprété à la lumière du Talmud. En un mot comme en cent, ce livre peut vous changer la vie.

Une vertu doublement thérapeutique


Sur le fond, qu’apporte cette relecture des Évangiles par des talmudistes ? Pour les juifs, elle a incontestablement une valeur thérapeutique. Collective et individuelle. Très peu, pour l’instant, sont à même de le reconnaître publiquement. Mais c’est sans doute pour les chrétiens que l’affaire pourrait être la plus lourde de conséquence : une fois qu’on a mis  le doigt dans le processus, on est obligé d’aller jusqu’au bout de cette lecture judaïsante  des Évangiles !


Question naïve : Jésus voulait-il que l’humanité entière devienne juive ? Bien sûr que non, ni grecque ! En principe, on est juif par le sang. Certains ont donc suggéré que l’Eucharistie (“Ceci est mon sang”) pouvait être une façon de franchir cet obstacle pour élargir le peuple élu à l’humanité… Que répondre ? “Ceci est mon sang” est la phrase la moins juive de l’Évangile ! “Ceci est mon corps”, à la rigueur, parce que Jésus s’identifie à la Torah et que, dans la tradition, on “mange” la Torah. Mais le sang, non. Le tabou est trop fort. Alors surgit un problème : soit ce rituel est faux, inventé après, soit Jésus lui-même a décidé à ce moment, de rompre avec la religion de ses pères ! C’est ce que lui dit le rabbin Grunewald : “Soit tes disciples t’ont trahi, ils sont passés à l’absolu, en rajoutant le sang au corps. Soit tu l’as  dit, et alors je ne peux te suivre davantage” - et pourtant il se sent très proche de lui, le prend pour un frère, etc.


Les chrétiens vraiment ouverts au dialogue interreligieux estiment, eux, qu’il y a quelque chose d’universel dans l’évangile, une dimension d’ordre supra-religieuse, qui pourrait donc se dire, de manière subversive certes, mais à l’intérieur de la culture juive, comme de la culture hindouiste, ou bouddhiste, ou taoïste, ou africaine, etc.

Sources : Nouvelles Clés

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1 août 2006 2 01 /08 /août /2006 23:38

JESUS, HOMME OU DIEU ?

 

par André Monjardet

Ancien prêtre catholique, ex dominicain, ex « prêtre-ouvrier », docteur en sociologie, diplômé de l’Ecole Nationale de la Santé publique. A ce dernier titre, il a dirigé plusieurs établissements médico-sociaux et se consacre actuellement à des travaux de réflexion et d’analyse concernant les problèmes de société.

 

 

 

Dire aujourd’hui de Jésus qu’il est dieu, ou bien le regarder comme UN homme parmi les hommes ayant cristallisé sur sa personne l’espérance multiséculaire des hommes et ayant donné corps, par sa "manière de vivre", à l’increvable utopie de la fraternité universelle, n’est pas sans impliquer d’importantes conséquence à l’heure de la mondialisation.

Car voir en Jésus de Nazareth l’incarnation d’un Dieu Unique, mort et ressuscité pour le salut de l’humanité toute entière, proclamer par là sa foi de chrétien et la proposer comme vérité universelle, c’est à la fois se couper des autres religions monothéistes et se distinguer de tous ces hommes qui, nés dans d’autres cultures, adhèrent à d’autres croyances, ces dernières étant d'ailleurs aussi exotiques pour les chrétiens que les leurs le sont pour eux... C’est se couper radicalement du Judaïsme et de l’Islam pour qui une telle croyance est scandaleuse, voire blasphématoire en ce qu’elle porte atteinte à la transcendance absolue du Dieu unique. C’est aussi se couper de tous ces hommes qui ne partagent pas la conception chrétienne de l’existence. C’est prétendre détenir les clés de la connaissance, celles de la vie et de la mort...

Une telle attitude est-elle encore recevable aujourd’hui? Ne dénote-t-elle pas à la fois une grande naïveté et une intolérable prétention, celle de dire le vrai sur tout à tous et pour tous les temps?

On entend souvent dire aujourd’hui dans certains milieux chrétiens de moins en moins à l’aise dans des constructions dogmatiques théologiques manifestement obsolètes, qu’être chrétien consisterait, d’abord et avant tout, à se comporter comme Jésus. Peu importerait donc pour eux en définitive, qu’il soit dieu ou non. "Vivre selon l’évangile", serait le plus important. L’adhésion à des "articles de foi" ou à des dogmes serait donc secondaire.

C'est d'ailleurs le point de vue de la plupart des autres "religions", des animismes au bouddhisme, qui donnent le pas aux pratiques comportementales, à la "manière de vivre" voire aux rites collectifs, sur le contenu intellectuel de leurs croyances ou sur un quelconque corps doctrinal théologique. C'est d'ailleurs pourquoi elles récusent le plus souvent la dénomination de religion.

Mais alors, si certains chrétiens en viennent à privilégier le "faire" sur le "croire", la pratique sur la proclamation, que ne le crient-ils pas sur les toits alors que reviennent en force les fondamentalismes scripturaires, les décrets disciplinaires et les affirmations dogmatiques!?

Libérer Jésus de la divinité incongrue dont certains de ses disciples l'ont revêtu après sa mort, reconnaître que, bien loin d'avoir voulu instituer une nouvelle religion, il a voulu avant tout libérer ses corréligionnaires des contraintes disciplinaires et des carcans rituels imposés par les docteurs de la loi et les prêtres qui, au nom de leur savoir ou de leurs titres, exerçaient durement sur eux leurs pouvoirs, n'est-ce pas aujourd'hui la tâche la plus importante qui soit impartie à ceux qui se réclament encore de lui et des "valeurs évangéliques" qu'il a mis en pratique?

Mais accepter de libérer Jésus de sa divinité mythique, libérer l'évangile de la théologie, serait pour les clercs ou les théologiens renoncer à leurs pouvoirs, à leurs fonctions, à leur statut social, à leur raison d'être et jusqu' à leurs moyens d'existence… Ne faut-il pas y voir là l'une des raisons principales de leur silence face aux derniers développements des sciences exégétiques et historiques?

On dira que les dogmes chrétiens ne sont pas des démonstrations rationnelles mais ne peuvent être appréhendés que dans la foi et que la foi est pur don de Dieu… Un tel "raisonnement" est-il bien sérieux? La foi chrétienne n'est-elle pas liée à une institution, à une civilisation, à une prédication, bref à un "milieu" socio-culturel donné?

Alors que l'humanité sort péniblement de son adolescence et s'efforce de s'émanciper, dans les larmes et dans le sang, des pouvoirs patriarcaux qui l'ont opprimée durant des millénaires, n'est-il pas temps pour les hommes de ce temps de remettre à l'heure les pendules de ces religions qui les maintiennent dans l'enfance et dans la soumission en leur faisant miroiter un autre monde merveilleux et surnaturel ?

Les hommes se sont en effet récemment découverts les seuls vrais responsables de leur destin. Il est urgent pour eux de se libérer des angoisses archaïques, des superstitions séculaires et des croyances mythiques qui continuent de les opposer les uns aux autres. Rejetant les vieux clivages religieux et idéologiques, sources de division et de haines qui les font encore s'entre déchirer aujourd'hui au nom de "vérités révélées" ou de traditions ethniques, l'heure n'a-t-elle pas sonné, pour les hommes et pour les femmes du village planétaire qu'est devenue la planète Terre, d'entrer enfin dans l'âge adulte du partage, de l'échange et du don?

Libérer Jésus de son encombrante divinité, ne serait-ce pas pour les chrétiens d'aujourd'hui, proposer son "message" de fraternité et d'amour à tous les hommes, au même titre que ceux d'un Moïse, d'un Bouddha, d'un Mahomet, d'un Confucius, d'un François, au nom de ces nombreux "justes", anonymes ou obscurs qui, tour à tour et chacun selon leur propre charisme, ont marqué nos vies personnelles comme ils ont forgé l'Histoire des hommes en la faisant peu à peu émerger de la barbarie et en nous permettant de ne pas désespérer de l'Homme, en nous-mêmes et dans les autres?

Libérer Jésus de la divinité, n'est-ce pas aussi pour nous, occidentaux, inventeurs d'une "pensée unique" qui livre aujourd'hui plus de cinq milliards" d'individus à l'omnipotence du "Marché et aux diktats du nouveau et unique vrai dieu actuel de la planète, l'Argent, reconnaître que notre vieille prétention occidentale de détenir les vérités dernières n'est sans doute pas étrangère à notre actuelle volonté impérialiste de mettre la planète en coupe réglée sous une seule et unique férule monétaire des pays riches présentée comme la nouvelle et seule voie de salut pour l'humanité entière?

Libérer Jésus de la divinité, c'est libérer le "spirituel", dont sont assoiffés ces mêmes occidentaux englués dans un consumérisme échevelé, du carcan religieux qui leur interdit l'accès aux sources de l'esprit et dans lequel les maintiennent les clercs de tout poil. C'est libérer le spirituel de la sphère intimiste et privée, voire moraliste et conservatrice, dans laquelle la religion l'a tenue captive: c'est enfin et surtout donner au spirituel sa dimension politique. Car du "spirituel"qui ne s'incarne pas dans du "politique" est une imposture.

Jésus n'est pas un guide intérieur, une sorte de gourou à usage d'un "développement personnel" élitiste devant conduire à une meilleure connaissance de soi. Les "psy" de tous bords font très bien cela aujourd'hui. Le "message évangélique" est d'abord un message public d'amour, d'altérité, d'altruisme, un appel au bonheur, à l'échange et à la fraternité universelle devant se traduire pour se réaliser par des actions concretes de solidarité (envers le plus pauvres), par des affrontements sociaux (envers les oppresseurs et les exploiteurs), bref, par des actes et par des paroles publiques

C'est cette "façon de vivre" que Jésus a payé de sa vie.

Jésus n'a rien à "apporter" à nos petites personnes d'occidentaux repus en quête d'approfondissement spirituel. Il nous a appris à nous "porter" vers les autres, à nous porter les uns les autres, à nous supporter mutuellement… et, plus simplement sans doute, mais plus difficilement sûrement… à "nous aimer les uns les autres"… et peut-être par là, comme en prime, à mieux nous connaître nous-mêmes… ! Cela ne peut aller sans heurts, pour nous et pour les autres. Mais cela ne va pas non plus sans une profonde joie. Tel semble être l'alpha "et l'oméga d'un message qui, pour être crédible et efficace pour le prochain millénaire, doit être libéré de toute religion, fut-elle chrétienne.

Sources : Site d'André Monjardet

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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 23:07

Texte très intéressant sur l'Anté-Christ dont l'Eglise Catholique Romaine a fait l'Anti-Christ et enfin le Galiléen tel que nous le concevons...

 

 

L'Anté-Christ

 

par Roger Guasco

Son site

Extrait de "Quand le Ciel te tombera sur la tête"


Ce mot Anté-Christ apparaît souvent à propos du jugement Dernier.
Selon l´Apocalypse, l´Anté-Christ est un personnage qui doit venir quelques temps avant la Fin du Monde et fonder une religion opposée à celle du Christ ; donc diabolique. Qu´en est-il en réalité ?
Une autre définition plus véridique n´est pas sans intérêt.
Volontairement, on a fait de l´ANTE-CHRIST et de l´ANTI-CHRIST un même personnage. Or,
l´Anté-Christ est celui qui viendra apporter la Révélation, rétablir la Vérité. Mais redoutant cette révélation plutôt gênante pour elles, les religions ont semé la confusion dans l´esprit de leurs fidèles pour que, lors de sa venue, l´Anté-Christ soit pris pour l´Anti-Christ ou ennemi du Christ, et qu´il ne soit pas écouté.


Il faut essayer de comprendre ce que représentait le Christ et comment cette représentation s´est manifestée au cours des âges. La faillite de ceux qui se disaient désignés de Dieu est connue et ils ne peuvent invoquer un Anté-Christ tel qu´ils le décrivent ; à maintes occasions, ils ont prouvé qu´ils incarnaient eux-mêmes le contraire de la définition du Christ et cela doublement en le maintenant crucifié.

Le parcours de la vie de Jésus.

Le Christ lui-même et sa fonction ont été interprétés et transformés au cours des âges.
Il disait : « Je suis homme » et non « Je suis dieu ».
D´abord prétendant à la royauté juive, il a combattu l´envahisseur romain. Petit à petit, Il prit conscience d´un travail de haute qualité qui l´amena à se métamorphoser et put lui faire espérer être l´élu de Dieu.
Il commença alors à parler ; ce n´étaient plus des paroles de guerrier mais la recherche d´une justice l´amenant même à juger les siens.
Ses conceptions étaient différentes de celles qu´il avait au début.
Il a sûrement reçu un enseignement de valeur en Egypte dans la période qui a suivi sa fuite et il est devenu une sorte de personnage révolutionnaire refusant les enseignements des anciens, s´en prenant plus à ses proches qu´aux envahisseurs. Rebelle, il est devenu dissident religieux et le comportement des prêtres à son égard l´a amené à se rendre compte des inconvénients, des erreurs de cette religion et à concevoir par conséquence les fondements d´une nouvelle.
Il a essayé de comprendre ceux qui l´entouraient mais sa façon de faire des miracles n´allait pas avec son personnage réel. Avant lui, les prêtres utilisaient la crédulité des gens pour faire accepter leurs tours de passe-passe. N´oublions pas qu´à cette époque nombreux étaient les faiseurs de miracles. Ce ne sont pas ceux de Jésus qui ont gêné les rabbins de l´époque mais plutôt ses paroles venues droit du cœur témoignant d´une connaissance profonde de l´humain. Elles dénotaient une droiture oubliée, liée à un désespoir, un ras-le-bol en quelque sorte. Jésus révolté devenait dangereux.
En voulant détruire le temple de Jérusalem en trois jours, il était sincère ;
il sentait que de sa vérité pouvait naître une grande force. Il pensait que Dieu interviendrait en sa faveur et détruirait le temple impie qui, à ses yeux ne représentait plus rien. Il se sentait proche d´une pureté qu´il n´est pas difficile d´éprouver quand on a contre soi un débordement de haine et de méchanceté. Plusieurs fois il a souhaité la destruction de Jérusalem : c´était l´appel désespéré d´un être croyant oublié mais qui malgré tout espérait que son souhait se réaliserait.
Jésus avait
conscience de la déchéance humaine et par sa vision de Dieu, il savait que s´il n´était en Lui, il ne pourrait rien faire tout seul. Vers sa fin, il ne faisait plus de miracles ; il n´y croyait plus, bien qu´en ce temps, au milieu de ce peuple malheureux, il n´avait pas la possibilité de se faire comprendre d´une autre manière.
Dans son cheminement, s´il était suivi par quelques-uns
il était surtout renié par les siens, trop pur dans sa conception des choses pour être accepté. Renié par Pierre pour qui - contrairement à Jésus - la famille était primordiale, délaissé par les autres apôtres dont certains dormaient pendant sa crucifixion, il a impressionné ses bourreaux. Et si on l´a fait ressusciter, c´est pour pouvoir lui attribuer des paroles qui, comme par hasard, ne leur étaient pas défavorables. En fait, ils se sont pardonné à eux-mêmes, preuve flagrante qu´ils avaient grand besoin d´être lavés de leur crime.
Il était normal que ce « faiseur de miracles » soit pris comme modèle avant et après sa mort.

Cette résurrection était indispensable car Jésus mort devenait un martyr gênant qu´il fallait venger.
Ressuscité, il donnait bonne conscience à ceux qui avaient voulu sa perte ou l´avaient laissé mourir. Ils ont pu en toute tranquillité greffer une religion sur le Pardon. Après sa mort, on lui a même fait dire : « Si on te frappe sur la joue droite, tend la joue gauche...». On a volontairement transformé l´image de Jésus afin qu´il soit au même niveau que l´homme c´est-à-dire conforme à sa bassesse. Autrement dit, vous pouvez accomplir vos "saletés" en toute quiétude car le Rédempteur viendra souffrir pour vous, mourir pour vous afin d´effacer et pardonner vos péchés. Voici Jésus tel qu´il a été présenté après sa mort, pardonnant toutes les offenses subies.
Pour ajouter au merveilleux,
on a fait en sorte que cette mort soit symbolique et concorde avec les dates de la fête de ses persécuteurs, sachant qu´il était bien mort et qu´il n´y aurait personne pour contester.
Ce Dieu souffrant à la place de l´homme a dû subir toutes les méchancetés, la pourriture, la cruauté que des indulgences parfois payantes, permettent de racheter. Tel qu´il apparaît à travers les Evangiles, le rôle de Jésus a été d´absoudre et l´homme n´a aucun souci à se faire jusqu´au retour du Messie.
On est bien loin de la pesée des morts égyptiens où il est nullement question de pardon et où tout se paie.

Jésus a-t-il eu le temps d´être Messie ?

Question qui a soulevé bien des contestations. Il est certain que s´il avait continué à vivre, on ne parlerait pas de lui comme on l´a fait, le supplantant par Marie ou les vierges noires. S´il avait vécu, il aurait été le Messie et impossible de le crucifier. Mais on l´a tué avant, consciemment ou non, posez-vous la question.

On se demande pourquoi on a inventé des apocalypses antérieures au Christ, avec un Anté-Christ ressemblant à Gog et Magog. Il semble que l´on ne sache plus de quoi ou de qui on parle.
On savait très bien qu´à un moment donné
il y aurait une prise de conscience permettant à un individu de comprendre la raison d´être d´un Christ, de réfléchir à l´Anté-Christ et de penser que si un messager se présentait et voulait parler, il éviterait de se faire crucifier comme Jésus.
Si on l´a gardé cloué sur la croix pendant des millénaires,
on l´a fait par magie, comme certains sorciers clouant l´effigie d´un être qu´ils veulent faire disparaître. Cette opiniâtreté à maintenir Jésus en croix envers et contre tout, fait penser à un Anté-Christ que l´on veut garder éternellement à disposition sans qu´il puisse agir. L´Anté-Christ tel que le conçoivent les chrétiens est celui qui se décloue, Jésus ressuscité, celui qui dit : « Ce n´est pas la vérité ». Il viendra non pas pour pardonner à l´homme mais pour lui dire qu´il est un salaud, pour le punir car tout se paiera.
Il viendra pour rétablir l´exactitude du passé, pour dénoncer l´imposture de ceux qui lui ont attribué des paroles qu´il n´a jamais prononcées, pour dire qu´il n´est pas mort afin de pardonner à l´homme mais parce que
celui-ci n´a pas voulu de lui et qu´il a été trahi par presque tous les siens. Il dira qu´il est mort désespéré, lui qui a prononcé ces mots : « Dieu, pourquoi m´as-tu abandonné ? », car c´est l´homme qui s´est alors manifesté à travers son corps.

Si un Messie vient remettre les choses en place, il n´apportera pas la parole du Christ telle qu´elle a été interprétée. Il viendra pour définir
ce qu´est un Christ et il sera peut-être heureux d´être appelé ANTE-CHRIST.
Bien des philosophes ont précisé qu´il ne fallait
pas confondre Anté-Christ et Anti-Christ. Bien des gens essaieront de se justifier en disant : « C´est du passé ; nous ne sommes responsables ni des cruautés des guerres de religions, ni des bûchers », mais cela traduira un refus de prendre en compte
la religion à laquelle on appartient et ses méfaits. Tout comme ceux qui, estimant que l´on ne peut en vouloir aux communistes actuels parce que Staline a fait périr des millions de personnes, refusent de prendre en compte la doctrine communiste et ses méfaits.
Cette façon de pardonner est trop facile : on met sur le dos des disparus d´anciens crimes et atrocités revus et corrigés, comme s´ils n´existaient plus. On oublie tout simplement les génocides actuels, les guerres de religion du monde entier dans lesquelles les prêtres, en sous-mains, instruisent et font tuer.
Ne parlons pas de l´Iran, de l´Irak, d´Israël ou du Liban, des Etats d´Amérique du Sud, de l´Irlande, du Pakistan, d´Indochine ; partout se font des génocides où des chrétiens, musulmans, bouddhistes et juifs sont toujours présents. Comment oublier que de l´an mille à nos jours, ces religions sont toujours les mêmes ; Que cela plaise ou non, ces génocides sont des coups de couteau dans le dos de Dieu. Ce n´est pas parce que l´on parle d´amour et de paix les mains encore ensanglantées que l´on peut tenter de fuir ses responsabilités.

On ne peut tromper et crucifier impunément. Il est impossible de vendre des armes sans rendre de comptes. Tout se paiera.
Personne ne sera oublié. Ce n´est pas une malédiction du Messie ; le jugement le plus sévère pour l´homme sera de pouvoir constater
qu´il a bafoué Dieu au point de l´avoir transformé en Diable et en Anti-Christ.

L´Anté-Christ ne peut être que la
mémoire de l´homme en fonction de l´homme et, si à un moment donné l´humain se sent capable de comprendre, s´il est sincère, il pourra avec orgueil prétendre faire partie de cet Anté-Christ. Il essaiera d´aller plus loin car tout homme libre peut-être le représentant du Christ dans la vérité, en refusant d´être trahi, crucifié ; il voudra enfin parler de Dieu et non du Diable. Il refusera que l´on adore les vierges noires en parlant du Christ.
Il dira que la mère de Jésus n´a rien à voir dans la quête qu´il fait puisque de son vivant elle n´a pas compris la mission de son fils. Elle n´a rien de divin et si la religion, telle celle de Paul, l´a prise en compte c´était dans l´espoir qu´au cours des âges, l´image de Marie serait reprise et confondue avec les vierges noires, idoles souterraines que Jésus rejetait.

La religion actuelle n´est pas représentative du Christ et
ses paroles d´amour sentent la mort. Absoudre les morts est une insulte à Dieu car c´est se faire juge à sa place. Un prêtre ne se fabrique pas comme un écolier dans un établissement agréé. L´Antéchrist représentera tout ce Savoir et paradoxalement c´est par lui que le Diable pourra être « mis à terre » car il pourra prétendre, comme Jésus, avoir le Ciel avec lui. Sa présence sera l´annonce de la fin de toutes les duperies, de toutes les atrocités passées et présentes. On comprend pourquoi il n´est pas souhaité par les religions actuelles, ni même par les gourous car tous ces gens devrons rendre à César ce qui lui appartient.
Elles peuvent essayer de dissocier le Messie de l´Anté-Christ mais n´y parviendront pas car c´est un même personnage et tous deux seront l´annonce de l´Apocalypse révélatrice.
La politique comme la religion auront à répondre de leurs actes. Tous ont oublié volontairement que Dieu existe car ce Dieu leur déplaît profondément. D´ailleurs ils ont toujours lutté contre Lui et font tout pour l´effacer de l´esprit de l´homme.
Ils luttent contre la Nature, ont peur de la subir et veulent malgré tout en être les maîtres. Cette lutte est quotidienne. Le Temps est leur ennemi et ils n´hésitent pas à le maudire lorsqu´il ne correspond pas à leurs désirs. Et pourtant,
le Temps c´est Dieu ! Il suffirait de pluies diluviennes les submergeant pour que les gens se demandent : « N´est-ce pas Dieu qui se manifeste ? ». Ils pouraient alors faire un bilan autre que celui de leurs biens perdus et comprendre qu´ils ne sont que des microbes dans l´Univers et qu´ils auront des comptes à rendre, un jour ou l´autre !

Sources : Site de Roger Guasco

Posté par Adriana Evangelizt

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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 23:16

Et voilà donc la deuxième partie de la Réhabilitation de Judas d'Emile Gillabert. Il est vrai que lorsque l'on se penche avec sérieux sur le cas de l'apôtre Pierre, il y a vraiment plusieurs choses qui dérangent. Et plusieurs questions que l'on se pose... Le moins que l'on puisse dire c'est que son comportement vis-à-vis du Galiléen est plus que douteux. Il semble d'abord vraiment limité dans l'intelligence et la compréhension de l'Enseignement dispensé par Jésus. Sa fidélité a son égard laisse aussi vraiment perplexe. Non seulement, il Le renie trois fois comme l'avait prédit l'Initié visionnaire mais, après Son arrestation, on le retrouve en train de se réchauffer chez le grand-prêtre -ennemi de Jésus- et c'est lui qui -d'après ce qu'en dit l'Eglise Catholique Romaine- fut le premier pape. Quand on sait comment fonctionne le Vatican -lire Le Vatican... cité de Dieu ou maison du diable ?- on émet de sérieux doutes quant à la validité de Pierre qui ne fut sans doute qu'une marionnette manipulée par des gens pour servir de troubles intérêts. Et quand on sait que Jésus n'a jamais voulu fonder d'Eglise, tout s'éclaircit. Pierre aura trahi le Galiléen jusqu'au bout...

« La diplomatie du Vatican, disait le brillant latiniste puis cardinal Antonio Bacci, est née un triste soir à Jérusalem, dans le vestibule du grand prêtre, lorsque l’apôtre Pierre, qui se réchauffait auprès du feu tomba sur une soubrette qui, pointant le doigt, lui demanda : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen ! » Et Pierre, tressaillant, répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire ! » * Réponse diplomatique qui ne compromettait ni la foi ni la morale. »

* Matthieu 26, 69/70

Tiré du livre "Le Vatican mis à nu"

 

 

Réhabilitation de Judas

 

par Emile Gillabert

 

2ème partie

1ère partie

L'identité s'exprime symboliquement dans la forme pur signifier l'identité dans l'inexprimable : Le pain que je donnerai c'est ma chair (Jean 6/51). La bouchée trempée que Jésus donne à Judas c'est sa chair trempée dans son sang. Judas est le premier à communier au corps et au sang du Maître car il est le premier à avoir réalisé le sens profond de la parole : Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. C'est du reste le vrai et seul sens que nous pouvons donner à la formule trop usée de présence réelle. Judas est également le premier à avoir bu à la bouche de Jésus, aussi est-il le premier à comprendre que l'Amour postule l'unité :

Celui qui boit à ma bouche

sera comme moi ;

moi aussi, je serai lui,

et ce qui est caché lui sera révélé.

Log. 108

Maintenant Judas peut partir. Il a reçu Jésus, et par là, celui qui a envoyé Jésus. Désormais, celui qui reçoit Judas reçoit Jésus. La filière est établie.

Judas va réapparaître fugitivement une dernière fois du vivant de Jésus pour l'embrasser juste avant son arrestation et juste avant les reniements de Pierre. Quelle extraordinaire coïncidence, quelle merveilleuse connivence ! Dans Matthieu (26/50), Jésus dit à Judas : Fais ce pourquoi tu es là ; et dans Luc : Judas, par un baiser tu livres le Fils de l'homme. Une fois l'inversion repérée et le redressement opéré, ce qui est signe de trahison devient témoignage de fidélité.

Judas est donc parti seul, la nuit.(1) Le Prince de ce monde ne veut plus entendre son nom, car, si à ses yeux Judas est l'accusé, il devient dans l'inconscient de celui qui a fait son procès, l'accusateur. Néanmoins, même si Judas n'est plus nommé, il continue à être présent, d'une présence accusatrice. Et là où sa trace n'a pas été bien maquillée, il reste le témoin de Jésus, son alter ego.

Lorsqu'on évoque le cas de Judas, on se rend compte que le chrétien a retenu habituellement deux traits du personnage, deux traits qui ont frappé son imagination enfantine : Judas a trahi Jésus et Judas, pris de remords, s'est pendu. Nous savons ce qu'il faut penser de cette trahison mais qu'en est-il de l'histoire de la pendaison ?

Notons tout d'abord que, des quatre évangiles, Matthieu est le seul à relater la pendaison de Judas. Les Actes (1/15-20) racontent aussi l'évènement mais d'une façon fort différente : Judas ne s'est pas pendu, il est tombé la tête la première et a éclaté par le milieu et toutes ses entrailles se sont répandues. Fort discordants, les deux récits ont en commun le fait que la mort de Judas est présentée comme une suite logique de son forfait. Cependant, une autre question se pose à la lecture des textes. Ceux-ci nous rapportent le récit de la préparation de la pâque qui commence par l'entrée solennelle de Jésus à Jérusalem en tant que roi messianique au milieu de foules très nombreuses chantant le psaume 118 : Hosanna au fils de David ! Béni celui qui vient au nom du Seigneur !  Cette manifestation grandiose n'est pas conciliable avec les récits rapportés par Jean (11/57 et 18/2) qui nous signalent que Jésus, recherché par la police à cette même date, se cache chez des amis, sans doute à Béthanie. Or, c'est cette dernière version seule qui permet d'expliquer et la trahison de Judas et son remords suicidaire. Il est évident en effet que Jésus n'avait pas à être recherché du moment qu'il était présent au milieu des foules qui l'acclamaient. La scène qui suit son entrée triomphale à Jérusalem où il chasse les vendeurs du Temple montre que Jésus agissait au vu et su de tout le monde. Matthieu et Luc placent le récit le jour même de l'entrée à Jérusalem, Marc le lendemain, tandis que Jean le place plus tôt. Ainsi les faits démentent à la fois le rôle qu'on a fait jouer à Judas et son suicide. Que penser de ces contradictions ? Matthieu veut montrer ici, comme en d'innombrables autres occasions, que la mort de Judas, consécutive à la trahison, s'inscrit dans le plan divin qu'annonçaient les prophètes (ZA 11/12-13) ; mais pourquoi Matthieu parle-t-il de pendaison ? Tout simplement pour faire correspondre son récit avec celui du deuxième livre de Samuel (17/ISS) Matthieu veut rapprocher deux traîtres : Ahistophel et Judas. Le premier se pendit lorsqu'il apprit qu'Absalon n'avait pas suivi son conseil qui devait amener la mort de David. L'un se pend par dépit, l'autre par remords. Ainsi les intentions qui sont à l'origine du texte matthéen expliquent le scénario qui aboutit à la pendaison. Encore une fois, le mythe s'est imposé, mais la malversation foncière réside dans le fait que celui-ci a été présenté comme un évènement historique. La tradition a transmis un mythe et non un fait historique. Néanmoins, longtemps encore le mythe prévaudra sur la réalité.

Si maintenant, nous allons plus loin encore dans la remise en question d'un passé qui se prétend historique, alors qu'il est du domaine de la fabulation, nous avons de bonnes raisons de croire que Jésus a célébré la pâque non avec ses "disciples" mais avec Judas. Pierre vient en effet de renier ostensiblement par trois fois son Maître et cela, notons-le bien, après la cène "officielle" qui a fourni l'occasion de désigner le "traître". Mais la Cène elle-même n'a-t-elle pas réuni les disciples sans Jésus ? La question, nous allons le voir, est désormais posée car nous lisons dans Jean (18/28), à propos des anciens du peuple, grands prêtres, scribes et tout le Sanhédrin : Ils mènent Jésus de chez Caïphe au prétoire. C'était le matin. Et eux-mêmes n'entrèrent pas dans le prétoire afin de ne pas se souiller mais de manger la pâque. Ainsi, d'après Jean, la pâque juive n'a pas encore eu lieu au moment où Jésus est livré à Pilate, alors que selon les synoptiques, c'est au cours de ce repas pascal que le traître a été désigné.

En tentant d'harmoniser les textes disparates, les rédacteurs évangéliques ont laissé subsister par oubli des contradictions qui nous viennent en aide pour réhabiliter celui dont il fallait effacer la trace. L'imbroglio ne doit pas nous décourager dans notre tâche qui veut rendre à César ce qui lui appartient et à Jésus ce qui lui revient.

En continuant la lecture des textes à l'endroit, on se rend compte que le disciple que Jésus aimait ne peut être que son jumeau, Judas. La fidélité et l'amitié se prouvent. Après avoir voulu mourir avec Jésus, après avoir été à table tout près de lui, après avoir reçu la bouchée, après être sorti pour continuer sa mission -il ne fallait pas que tous deux soient arrêtés-, nous le retrouvons, seul homme, au pied de la Croix pour accueillir la   Mère de celui qui allait mourir. Qui mieux que Judas-Thomas, pouvait s'acquitter de cette tâche filiale ? Judas assiste à l'agonie de Jésus et lorsque les soldats viennent pour briser, selon la coutume juive, les jambes des trois sacrifiés, ils voient que Jésus est déjà mort et qu'il n'y a pas lieu d'accomplir cette besogne. Du reste, le coup de lance au côté achève de les rassurer. Et ce n'est pas Jean, le disciple et l'auteur de l'Evangile qui est le témoin de cette scène suivant de peu celle de l'agonie, puisque l'évangéliste invoque le récit d'un témoin direct : Celui qui a vu a rendu témoignage afin que vous croyiez vous aussi (Jean 19/35).

Les historiens accordent peu de crédit aux apparitions du Christ après sa mort car le caractère hallucinatoire de ce genre de manifestations invite à la réserve et à la prudence. Elles ont été multipliées pour renforcer la croyance en la résurrection. Lors de l'une d'entre elles, Thomas, appelé Didyme, n'est pas avec les autres disciples. Lorsqu'il apprend la nouvelle, il proteste : Si je ne vois pas à ses mains la marque des clous, et si je ne mets ma main à son côté, je ne croirai pas (Jean 20/24-25). Huit jours après, lors d'une nouvelle apparition, Thomas est présent et Jésus l'invite à se rendre à l'évidence. La scène se termine par l'admonestation : Parce que tu as vu tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru  (Jean 20/29). L'épisode a pour but d'édifier en invitant à croire sans condition. Il se trouve justement que Thomas veut voir avant de croire. Il ne cède pas à l'hallucination collective parce que sa connaissance transcende le monde de l'imaginaire. En rapportant l'épisode pour faire ressortir l'incrédulité du disciple, l'auteur du récit ne se rend pas compte qu'il lui rend indirectement hommage.

Une autre scène à la fin du même évangile achèvera, si besoin est, de nous convaincre ; elle montre que ce n'est pas non plus Jean qui est le témoin direct des faits rapportés. et, comme un fait exprès, le passage évoque Pierre, le Prince de ce monde, qui a renié Jésus -mais qui entre temps aura été réhabilité pour les besoins de la cause- et le disciple que Jésus aimait, celui qui, par sa seule présence, accuse l'autre : Pierre donc, en le voyant, dit à Jean : Seigneur, mais celui-ci, qu'en sera-t-il ?  La réponse de Jésus est manifestement un ajout car elle fait allusion au retour du Fils de l'homme : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je revienne, qu'importe ? Toi, suis-moi. La suite du récit montre bien que la répartie de Jésus a été rapportée, qu'elle este sans lien ni avec ce qui la précède ni avec ce qui la suit : Le bruit se répandit parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas (c'est nous qui soulignons...) C'est ce disciple (et non Jean) qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que vrai est son témoignage (Jean 21/20-24). Ici, le Jean du récit primitif atteste que celui qui ne mourra pas est le témoin de Jésus et a écrit ce qu'il a dit que son témoignage est vrai. Le nom du témoin n'est toujours pas prononcé car il fallait que le Prince de ce monde pût régner.

Maintenant, lisons ou relisons, dans l'optique de réhabilitation dans laquelle nous nous sommes résolument placé, cette fin de l'Evangile de Jean (21/20-24) :

Pierre alors se retourne et aperçoit, marchant à leur suite le disciple que Jésus aimait, celui qui, durant le repas, s'était penché vers sa poitrine et lui avait dit : "Seigneur, qui est-ce qui va te livrer ?" En le voyant, Pierre dit à Jésus : "Et lui, Seigneur ?" Jésus lui répond : "S'il me plaît qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi." Le bruit se répandit alors parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Pourtant Jésus n'avait pas dit à Pierre : "Il ne mourra pas",  mais : "S'il me plait qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne".

C'est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits et nous savons que son témoignage est véridique. Bien que le texte primitif ait subi des ajouts et des manipulations, aisément repérables du reste, ce qui affleure témoigne avec force du cheminement souterrain.

Les vivants ne mourront pas (Log. 11/5). Didyme Judas Thomas, jumeau de Jésus le Vivant, son témoin, a transcrit ses paroles. Il faut arriver tout à la fin d'un autre évangile, celui de Jean, pour que le témoin qi a écrit soit confirmé. Confirmé par qui ? Par celui-là justement qui a rapporté, sur l'Unité du Père et du Fils et sur notre identité de Fils du Père, les paroles amirables que nous connaissons, paroles qui sont restées à travers les tribulations dont le quatrième évangile, plus encore que les synoptiques, fut la victime.

Le plaidoyer en faveur de la réhabilitation de Thomas est aussi celui de la réhabilitation de Jésus. On a dissocié les deux personnages pour les affaiblir et permettre ainsi le triomphe de l'Ennemi. L'un a servi de bouc émissaire, l'autre a été récupéré en vue d'une mission qui lui est par nature étrangère.

Comme le dit Pascal -mais dans un contexte qui n'a rien de gnostique - : Il y a de l'évidence et de l'obscurité pour éclairer les uns et obscurcir les autres.

 

(1) ...et son message connaîtra la nuit de Nag-Hammadi !

Tiré du livre d'Emile Gillabert : "Jésus et la gnose" pages 177 à 182

Posté par Adriana Evangelizt

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