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  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 16:10

 

La première partie se trouve ICI...

 

LA PRATIQUE QUOTIDIENNE DE LA VIE INTÉRIEURE

 

Chapitre 3 de La Mystique Chrétienne

par Sédir

 

2ème partie


1ère partie

 

 

 

 

 

Etre charitable, ce n'est pas laisser tomber deux sous dans la casquette du mendiant qui chante sous vos fenêtres; ce n'est pas donner cent sous aux Petites-Soeurs des Pauvres quand elles viennent; c'est prendre souci d'un affligé comme vous aimeriez que l'on s'occupe de vous si vous étiez à sa place. L'Évangile nous parle de notre prochain; qu'on se dérange donc, qu'on se prive même, qu'on fasse tout pour quiconque est proche de nous, voisin ou passant ou parent, mais qu'on ne croie pas avoir satisfait au précepte en gémissant sur le malheur des temps ou en plaignant les infortunes éloignées, ainsi que je vois faire à beaucoup de bonnes âmes.

Jésus ne demande pas
, comme le Bouddha ou le Bab, qu'on aime son prochain plus que soi-même, mais tout simplement comme soi-même, ce qui est déjà bien difficile, très difficile. Restons simples, pratiques, et de sens rassis; sans rien exagérer, connaissant quel travail nous incombe, décidons nettement de le mener à bien malgré tout; ceux qui s'y essaient savent les fatigues incessantes de l'entreprise. Interrogez vos souvenirs; vous avez tout regardé vivre autour de vous et vous-mêmes vous avez votre bagage d'expériences; or, combien nommeriez-vous de personnes desquelles vous pourriez dire qu'elles aiment réellement leur prochain, qu'elles le traitent comme elles-mêmes, sans calcul, sans amertume, sans lassitude ? Si, à nous tous, nous parvenons à réunir deux ou trois noms, ce sera tout; le travail demandé par l'Évangile suffit donc amplement à notre état actuel.

L'amour du prochain peut être négatif et d'abstention, ou positif et d'action : ne pas nuire, puis aider.

Ne pas nuire ni par l'acte, ni par la parole, ni par la pensée; que voilà déjà une entreprise qui semble au-dessus des forces humaines à quiconque s'y essaie, et quelle école pour la paresse, pour la cupidité, pour toutes les petites mesquineries qui pullulent dans chacune de nos heures ! Que nos actes ne nuisent point, c'est endiguer l'avarice et l'ambition; que nos paroles ne soient pas nuisibles, c'est supprimer l'envie, la jalousie, la vaine suffisance; que nos pensées ne nuisent plus, c'est semer de la bénévolence, de l'ardeur et de l'allégresse.

Avez-vous essayé ?
Pouvez-vous apaiser votre impatience lorsqu'un importun vous fait perdre votre temps ? Vous êtes-vous rendus insensibles aux piqûres de l'ingratitude ? Parvenez-vous à ne pas vous défendre quand on vous calomnie ? Faites-vous en cachette le travail que tel camarade paresseux n'expédie pas en temps voulu au risque de se faire renvoyer et de ne plus pouvoir nourrir sa famille ? Avez-vous soigné un enfant souffre-douleur de camarades ou de parents brutaux ? Savez-vous inventer des excuses pour ceux que l'on blâme justement, ou des défenses pour ceux que l'on persécute injustement ? Or, si vous faites toutes ces choses d'une façon habituelle, avez-vous remarqué comme de telles coutumes vous procurent un sentiment fort de bien-être intime et de paix ? Si même votre coeur, peu entraîné à la grande et douce indulgence des âmes qui ont beaucoup souffert, se trouve inapte à fournir spontanément ces gestes fraternels, contraignez-le de les accomplir, faites-lui violence; vous récolterez de votre despotisme contre vous-même les fruits les plus beaux de stabilité, d'énergie, d'humilité.

La pratique de l'amour fraternel
développe toutes les richesses de la sensibilité sentimentale ou esthétique, fertilise l'intelligence, et renferme tous les entraînements moraux. Des chercheurs non-chrétiens s'étonnent que
l'Évangile ne parle pas des animaux, et tirent de ce silence un argument en faveur du bouddhisme. Mais l'Évangile n'énonce pas tout le détail infini de nos devoirs; et ces critiques, probablement, n'ont pas mis à l'essai les formules qu'ils déprécient. J'ai bien souvent vu telle amie des chats ou des chiens laisser sans secours sa voisine malade; mais je n'ai jamais vu un homme capable de donner son lit à un misérable ramassé dans la rue se montrer cruel pour l'animal. Qui peut le plus peut le moins.

L'amour du prochain le plus facile, c'est celui de la famille;
toutes sortes d'attractions venues de la chair et du sang aident les époux, les pères, les mères, les enfants à s'entr'aimer. Mais la facilité implique la fragilité et le véritable amour conjugal ou familial commence avec les tentations de devenir infidèle ou impatient. Aimer des étrangers, des inconnus devient plus difficile; aussi cet exercice développe-t-il davantage le sens de la Vie. Quiconque se penche sur la douleur humaine apprend à soigner la plus infime créature, apprend à l'admirer, à vénérer Celui de qui elle exprime une parole ineffable, à découvrir en tout la Lumière originelle et le secret divin. Le contemplateur mystique fera donc aussi l'aumône aux êtres immatériels : aux mauvais destins, aux complications, aux incommodités, aux inimitiés, à tout enfin ce qu'engendre de désagréable le siècle et le milieu social.

Voilà
le rôle secret, le rôle essentiel de l'homme. Voilà par quels exercices il atteint sa stature entière et répond aux espérances que fondent sur lui les innombrables créatures. Si Dieu est Amour, l'homme, Son enfant, ne devrait être que charité.

* *

En vous promenant dans la campagne, vous reposant à l'hombre d'une haie, peut-être avez-vous donné un regard à ces herbes agrestes que tout le monde foule ? Sans doute alors l'admirable richesse de leurs formes vous a-t-elle surpris, et vous êtes-vous émerveillés devant leurs nuances délicates, les élégants enroulements de leurs tiges, les parfums souvent exquis de leurs corolles, devant toutes ces magnificences qui se cachent, ces suavités qui se retiennent de nous conquérir ? Vous êtes-vous souvenus que ce sont les sucs de toutes ces modestes plantes qui recèlent
les vertus médicinales les plus actives : bonté précieuse jointe à la plus candide beauté ? Et, laissant parcourir à votre rêverie l'horizon ascendant des splendeurs créées, vous vous êtes, je pense, inclinés devant leur Auteur unique, partout invisible et partout pressenti, et vous avez compris que, toujours, ce sont Ses bienfaits les plus nécessaires qu'Il sème avec le plus de profusion.

La charité, perle inestimable avilie par l'usage, est aussi une fleur du Ciel et Celui qui autrefois, sous la figure d'un jardinier, apparut à la courtisane pénitente, en répand les semences par tous les coins de la terre,
sur toutes les collines où travaillent les esprits, dans toutes les broussailles secrètes de nos coeurs encombrés. Mais, nous, futiles, parce que chaque pas nous découvre d'innombrables espèces nouvelles de cette plante divine, nous la méprisons, nous l'écrasons sous nos pieds dédaigneux.

Ainsi
, au lieu de ciseler à grand labeur des abstractions subtiles, au lieu de construire d'irréalisables utopies, ne devrions-nous pas nous mettre d'abord à l'école pratique de l'existence quotidienne que nous croyons trop élémentaire ? Chaque jour est un petit monde vivant avec lequel il nous faut correspondre; le physicien comme l'astronome, le chimiste, le naturaliste comme le visionnaire affirment tous que la vie, c'est de l'amour, de l'amour le plus haut : du sacrifice. Vous donc, qui voulez vivre davantage, avec une ardente intensité, avec la variété la plus vaste, apprenez d'abord à aimer, c'est-à-dire à répandre largement, comme fait le Père, les quelques forces qui vous sont échues et, sans cesse, des forces neuves remplaceront vos énergies usagées.

Ce que l'on entreprend, il faut, pour réussir, s'y employer à fond. Soyons charitables de toutes nos forces, avec toute la gravité de notre âme, avec toute la grâce de nos manières, avec soin, avec élégance, avec précaution. Pansez les plaies du coeur avec des paroles aussi douces que vos mains se font légères pour panser les plaies du corps. N'allez pas vers les pauvres
en vous croyant supérieurs à eux; si nous ne sommes pas nés dans les bas-fonds de l'enfer social, est-ce à nous de nous en faire un mérite ? Et puis, ne vous imaginez pas avoir des droits à la reconnaissance de vos obligés. Du point de vue de Dieu, entre le riche et le pauvre, le véritable bienfaiteur, c'est le pauvre; non pas que le pauvre rende toujours en bénédictions l'aumône qu'il reçoit, mais parce que le Christ, qui Se cache derrière lui, nous rend une aumône spirituelle dix fois plus précieuse que nos soins et notre argent.

* *

Voilà les principales directives de l'entraînement intérieur.

Mais la personne morale, comme la personne physique, a besoin de nourriture et de repos. Sa nourriture, c'est la prière; le repos, ce sont les réponses du Ciel et la foi.

La prière est un acte immense : l'homme se jetant pour y chercher quelque trésor inestimable et ramenant du fond des abîmes le trésor même dont il a besoin. Si nous pouvions apercevoir, à la lumière de l'Esprit,
le vaste drame que crée la demande d'un coeur pur, les houleuses multitudes qu'elle met en branle, jamais nous n'oserions prier. Là encore notre ignorance constitue notre sauvegarde.

On emplirait des bibliothèques à rassembler tout ce qui a été écrit sur la prière. Tous ces conseils sont utiles, et chaque suppliant présente sa requête comme il le peut. Je me bornerai ici aux indications indispensables.

Prier n'exige, en somme, qu'une seule condition, mais essentielle : c'est que notre voix monte jusqu'à Dieu. Je ne parle pas par métaphore; vous entendez bien qu'il s'agit de
tout autre chose que de méditation, ou d'auto-suggestion, ou de concentration volontaire. La prière est un cri d'appel et rien d'autre. Le tout, c'est de se faire entendre. Les formules, les attitudes, les heures, les lieux, ce sont des choses de second ou de troisième plan, car toujours et partout, que nous le voulions ou non, nous sommes sous le regard de Dieu.

Pour nous faire entendre, notre coeur doit
parler la langue du Ciel, et ce langage, c'est la charité; notre personne doit prendre conscience de son néant, et ce vide intérieur où l'infini se précipite à flots, c'est l'humilité. Ainsi, croire ne suffit pas; croire en Dieu et ne pas Lui obéir, voilà comment font trop de chrétiens; je préfère ceux qui prétendent ne pas croire et qui obéissent à la loi divine. Ce n'est pas la foi qui engendre la charité, c'est la charité qui engendre la foi; la foi n'est pas une opinion du cerveau, c'est une conviction du coeur. Avoir foi en quelqu'un, ce n'est pas croire que cette personne existe; c'est avoir confiance en elle, et lui vouer toute fidélité.

La foi signifie
amour de Dieu, comme la charité, amour des créatures. Ces deux flammes grandissent l'une par l'autre, et s'alimentent mutuellement. Vivre - car je n'oublie pas le sujet de notre entretien - vivre, c'est sortir de soi. Par la charité vous sortez hors de vous-mêmes, vers le monde en détresse; par la prière vous sortez en dedans de vous-mêmes, vers le Père très bon qui aime vos efforts.

La prière sans la charité préalable ne peut rien; tandis que la charité sans la foi émeut tout de même le Ciel. Souvenez-vous des admirables histoires de l'Enfant prodigue et du bon Samaritain; et, si vous rencontrez dans les grandes agglomérations populeuses quelqu'un de ces êtres auxquels on n'a pas su faire comprendre le Christ, mais qui cependant souffrent au spectacle des misères prolétariennes, qui donnent aux camarades leur travail, leur table, leur mansarde et leur fraternelle amitié, vous comprendrez comment ces grands coeurs, bien qu'ils se refusent à toute conception religieuse, sont près de Dieu,
bien plus près que tels dévots à l'âme sèche qui pressurent leurs employés ou qui jettent impitoyablement à la rue leur servante fautive. Sans la charité, point de religion vivante; cet axiome évident, nous voulons le dresser assez haut pour que tous l'aperçoivent.

Lorsqu'on se présente devant un souverain, on se conforme au cérémonial d'usage; lorsqu'on parle à Dieu, on doit suivre l'usage de Son royaume. Or, l'atmosphère surnaturelle,
c'est la Lumière, c'est l'effusion de soi, c'est le oui de l'enfant ingénu. Usez-en donc avec Dieu en sincérité parfaite, en confiance totale, puisqu'Il voit tout et qu'Il peut tout. Cela suffit pour rendre notre prière puissante; tout le reste, formules, liturgies, attitudes, heures, lieu; choisis, ce sont des étais pour nos doutes, des garde-fous pour nos inattentions.

A m'entendre simplifier ainsi nos rapports avec Dieu, vous me croirez peut-être novateur. Détrompez-vous. Aujourd'h
ui on donne quelquefois trop d'importance aux formes religieuses; les formes sont utiles certes; mais remontez aux sources du Christianisme, consultez les saints et les docteurs, scrutez l'Évangile, et vous vous persuaderez que je ne vous annonce là rien que de traditionnel et de vénérable.

* *

Dans l'univers spirituel, tout est en cohésion intime, tout s'interpénètre et communique; un
effort moral facilite la bienfaisance et la prière; un acte de bienfaisance nous aide à nous vaincre et à prier. En somme, tout naît du bon vouloir; or, la seule volonté au monde qui soit bonne, c'est celle de Dieu; la volonté des créatures les plus sublimes reste toujours trouble ou insuffisante; c'est pourquoi nous nous aveuglons lorsque nous suivons nos désirs personnels, nous rétrécissons nos perspectives, nous créons de la discorde.

La vie intérieure la plus haute et la plus intense serait celle qui se renoncerait continuellement et complètement, depuis
la première onde d'un désir jusqu'au dernier geste de l'acte. Lutter pour satisfaire ses convoitises demande un effort moindre que lutter contre elles et pour les transformer; mais n'oublions pas que la conquête d'un idéal devient un égoïsme quand elle ne vise que la satisfaction de soi-même.

Le vrai disciple n'agira donc que par obéissance et par amour; il oubliera complètement
ses propres besoins et son avenir spirituel; mais il retrouvera à chaque effort de ce total oubli une vigueur plus surhumaine et montera au-dessus de la Nature, jusqu'au Royaume de la Divinité.

De tels hommes existent, bien qu'encore plus rares que les rares humanitaires dont je vous parlais tout à l'heure; c'est eux qui forment, tout inconnus qu'ils soient les uns des autres,
cette mystérieuse Église intérieure que la théologie nomme la Communion des Saints et qui est le germe terrestre du Royaume de Dieu.

* *

Mais ceci, c'est tout autre chose. Résumons plutôt bien clairement les considérations précédentes et concluons.

Voici un grain de blé; son énergie vitale qui s'efforce
reçoit l'aide fraternelle de cette terre à qui le semeur l'a confié, de la pluie, de la neige, du soleil. Nos âmes aussi sont des semences vivantes confiées à la terre temporelle et que secourent les forces, les idées, puis les rayons du soleil de l'Esprit. En effet, le monde n'est pas une illusion; tout, au contraire, est réalité; il y a un univers physique et nos personnes physiques, un univers psychique et nos personnalités psychiques, un monde divin et notre flamme divine; si nous voulons atteindre les limites du possible, et les reculer en les dépassant, c'est Dieu seul qu'il faut viser hors de nous, c'est Dieu seul qu'il faut écouter en nous. La seule manière de chercher Dieu consiste à reproduire le pâle reflet que nous apercevons de Sa splendeur; la seule manière d'entendre Dieu, c'est de nous pencher sur les plaintes des créatures.

Croyez-moi, vous qui mêlez votre compassion aux larmes de vos frères, vous qui gémissez sur vos propres laideurs, vous qui aspirez de toutes vos forces au règne de la bonté,
que vos buts ne soient ni trop vastes, ni lointains. Car tous les hommes sont solidaires; toutes leurs existences à chacun sont cimentées, imbriquées, enchevêtrées les unes dans les autres. Attaquez le travail n'importe où, par le premier bout qui se présente; faites l'effort de tout de suite, car il se répercutera tout seul, il se propagera de lui-même; ce qui se présente à faire, c'est ce travail-là que Dieu nous destine personnellement.

Que toute forme de la vie vous devienne respectable, car où est l'homme qui peut créer un moucheron ? Que tout effort pour vivre trouve en vous une Providence; comme vous êtes aidés en tout, aidez les autres en tout; votre vie intérieure en deviendra belle et abondante, et votre vie extérieure en recevra des bénédictions.

Sachez-le bien, Dieu aime nous voir heureux et forts. Il ne nous a jamais condamnés à la souff
rance; le disciple du Christ n'est pas un martyr lamentable; il a eu assez de courage pour supporter les premières fatigues inhérentes à un changement radical d'existence; mais, une fois acclimaté à l'altitude mystique, il reçoit de cet air si pur, de ce soleil qui réchauffe sans jamais accabler, une merveilleuse abondance de forces. Ainsi se vérifie la promesse du Maître, que le joug du divin labour est doux, et léger le fardeau du divin labeur.

Sources Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 15:07

La pratique quotidienne de la vie intérieure n'est pas quelque chose de facile à appliquer dans notre monde où le Paraître est bien plus important que l'Être et où surtout l'Egoïsme et l'autosatisfaction règnent en maître. Et c'est là que nous, les Initiés Christiques, nous sourions doucement quand on regarde les fidèles de diverses Eglises et les Frères de divers "Cercles" ou "Sociétés Initiatiques"... parler c'est facile, agir beaucoup plus difficile. Nous pourrions citer des milliers d'exemples de trahisons à l'Enseignement Originel dont certains se proclament ou se revendiquent. Pour ne citer qu'un cas typique de générosité chrétienne, il y a dans notre petite ville un vieux marin, prénommé Raymond, qui faisait la manche le dimanche devant l'Eglise pour récolter quelques sous des fidèles... le prêtre qui officiait à l'époque, l'a viré un dimanche parce que la présence de Raymond gênait les fameux fidèles. Raymond, est venu nous trouver pour nous raconter la scène et JE -Adriana Evangelizt- me suis déplacée personnellement pour faire la leçon christique à l'ensoutanné. Et lui passer un bon savon par la même occasion de la part de Ieschoua. Avant de claquer la porte de sa maison, je lui ai dit texto, "Vous vous permettez de réciter la messe comme un perroquet au nom du Galiléen mais vous n'appliquez pas un iota de son Enseignement. Vous n'êtes qu'un suppôt de Satan ! A savoir, un bassement matérialiste sans une once de piété." Il n'est donc nul besoin d'être dans tel Eglise ou tel Cercle ni d'aller dans tel temple pour pratiquer la vie intérieure ou vie Mystique Christique. Le vrai Temple se trouve au fond du cœur. C'est là que vient se loger le Maître lorsqu'Il trouve un vrai disciple. Il est toutefois très difficile d'être charitable à chaque instant et avec tout le monde.

 

 

 

 

LA PRATIQUE QUOTIDIENNE DE LA VIE INTÉRIEURE

 

Chapitre 3 de La Mystique Chrétienne

par Sédir


1ère partie

 

 



Notre expérience de chaque jour nous démontre l'utilité, la nécessité d'une vie intérieure robuste. A toute minute, la vie extérieure nous entame comme l'incessant assaut des vagues entame le rivage, qu'il soit de sable ou de granit; à toute minute, nous laissons accrochés aux ronces du chemin des lambeaux d'intelligence, des flocons d'énergie et les minutes exceptionnelles où nous nous affirmons plus forts que le milieu rongeur sont tellement rares que nous les tenons pour héroïques, alors qu'elles devraient être les plus communes, alors que leurs victoires continues devraient remplir notre existence.

Tout être normal ressent profondément
la détresse de ses perpétuelles défaites. Mais on a beau savoir d'instinct que la vie, c'est de la force, que plus la vie est profonde, plus elle est puissante, et que la plus essentielle des mille vigueurs qui circulent en nous, c'est l'énergie morale, on ne se résout pas à vouloir, on ne considère pas cette énergie morale comme la plus nécessaire. L'exemple des grands hommes nous démontre pourtant cette primauté; c'est par le moral que l'athlète arrache de ses muscles recrus la suprême tension qui lui donne le triomphe; c'est par le moral que l'explorateur surmonte la faim, la terrible soif et l'affreuse solitude; c'est par le moral que le soldat épuisé remporte la victoire.

Aujourd'hui règne
une sourde crainte générale de l'avenir; on ne l'avoue pas, mais elle nous étreint tous, et nous cherchons avec inquiétude un code d'éducation morale, et mieux qu'un code, la force préalable de se soumettre à ses prescriptions. Vous voyez aux étalages des libraires de nombreux manuels qui offrent des recettes pour acquérir toutes les variétés d'énergies physiques, psychiques, intellectuelles; et ils trouvent des acheteurs dont beaucoup essaient d'appliquer ces diverses méthodes; bien souvent incomplètes ou fausses, elles se réduisent à des suggestions systématiques de confiance en soi ou en son étoile. Cet optimisme aveugle supprime l'idée de forces supérieures à nous, et biffe la notion du divin; tout cela est un peu rudimentaire, un peu barbare.

* *

Cependant, il faut l'avouer, les synthèses d'athlétisme moral que les Anciens nous ont transmises ne rendent tout le fruit que leurs inventeurs nous promettent, que si elles sont appliquées à des individus très exceptionnels; encore ces fruits se gâtent-ils à un certain moment.

Prenez Pythagore et Socrate, Epictète et Marc-Aurèle, prenez Goethe et Emerson, pour ne pas citer leurs plagiaires contemporains; étudiez les psychiatres et les psycho-thérapeutes, les officiels des universités, les empiristes américains, les vulgarisateurs trop souvent incompréhensifs des méthodes orientales; chez tous vous trouverez
ou bien l'exagération du moi ou bien son esclavage, sous l'empire de forces occultes imprudemment sollicitées. De ces deux récifs l'un, l'orgueil, nous pétrifie et nous aveugle, l'autre, la superstition, fait de nous des choses amorphes et divagantes. Quelque robuste, en effet, que soit la confiance d'un individu en sa propre valeur, il peut rencontrer des obstacles infranchissables, des ouragans qui l'abattent, des luttes qui l'épuisent; tôt ou tard, l'orgueilleux se voit renversé par la réaction irrésistible des êtres qu'il s'est indûment asservis. La justice immanente ne s'endort jamais; si la catastrophe ne se produit pas durant sa vie terrestre, elle n'en éclate qu'avec une violence plus implacable dans le Royaume des morts. Oui, la Providence nous conduit tous par le même chemin; elle nous laisse d'abord jouer avec des hochets : la richesse, le pouvoir, l'amour, la réputation; pour les conquérir nous violons toutes les lois et, comme des enfants têtus, rebelles aux remontrances, nous ne nous arrêtons que lorsque notre indiscipline nous a mis en danger; il faut que le malheur nous frappe, il faut que la douleur nous renverse, pour que nous consentions à reconnaître des forces plus fortes que nous et des maximes plus sages que nos impulsions.

« Le bon chevalier Malheur » doit souvent enfoncer sa lance jusqu'à ce que notre orgueil crie miséricorde; mais cette minute de désarroi, où nous tendons désespérément les mains vers l'espoir imprécis d'une aide surhumaine, si tardive soit-elle, c'est la minute du salut, c'est l'aurore enfin de notre future sagesse; et cette agonie nous annonce une royauté lointaine, mais indubitable.

Le recours à des êtres plus puissants que l'homme, voilà le principe du sentiment religieux; la crainte est bien le commencement de la sagesse, mais on ne doit pas s'y abandonner; elle se transforme avec lenteur, par la reconnaissance, puis par l'obéissance, en cette foi, en cet amour qui constituent la perfection morale. Tous les cultes sont nés de notre impuissance; mais seul le christianisme conduit nos frayeurs jusqu'au courage invincible de Celui qui, par l'ardeur de Son humanité, par la profondeur de Son humilité, S'est montré l'Enfant de Dieu et le Ministre de Ses sollicitudes.

* *

Dans la religion du Christ, seule, on trouve une aide toujours prête, toujours à point, toujours surabondante, toujours inépuisable, à la condition unique de faire le geste nécessaire pour saisir ce salut.

En effet, si soigneusement recuits, si puissamment tendus qu'on les imagine, les ressorts de notre volonté reste
nt soumis aux influences du temps, de la matière, des conditions organiques; l'homme n'est pas un pur esprit, sa santé corporelle réagit sur sa santé intellectuelle, sur sa santé morale; toutes les forces qui le composent appartiennent au relatif, et sont sujettes à l'usure; dans quel étau les fixer alors, à quel feu les soumettre et à quel forgeron ? Un étau solide dans tous les ébranlements de la création, un feu inextinguible et qui se nourrisse de lui-même, un ouvrier sans impatience et qui ne se repose jamais. Qu'y a-t-il de fixe dans l'Univers, sinon la loi divine ? Quel feu surnaturel, sinon l'Amour ? Quel ouvrier parfait, sinon le Christ ?

D'autre part, ceux qui, se sentant faibles,
saisissent n'importe quelle amarre psychique à leur portée, ne sont-ils pas bien imprudents ? Ne se jettent-ils pas entre les griffes de sauveurs intéressés ? Et puis, ces secours, à l'inverse de ceux qui viennent du Ciel, ne se distribuent pas sans quelque formalités. Les anciens avaient réduit la connaissance de ces protocoles en un système qu'ils appelaient la magie cérémonielle et qu'ils plaçaient à la base de leurs diverses religions. Chacun des dieux dont ils imploraient l'aide ne peut intervenir dans la vie matérielle qu'en certains jours, en certaines heures, moyennant certaines offrandes; les sacrifices antiques ressemblent à nos méthodes de laboratoire ou de chimie industrielle qui exigent des conditions rigoureuses d'agencement mécanique ou physique. Mais le plus grave inconvénient de ces appels aux énergies secrètes de la Nature, c'est que les réponses ne sont jamais gratuites; l'univers est un système fermé : qu'on déplace une forme X, ceci appelle fatalement une réaction égale et de sens contraire; quand il s'agit d'une locomotive ou d'une dynamo, l'ingénieur peut prévoir le sens et le moment de la réaction; mais la machinerie des dynamismes cosmiques est tellement complexe que personne ne peut en posséder le détail : il y a là une part formidable d'inconnu; un jour où l'autre, l'imprudent évocateur de ces énergies occultes doit leur rendre ce qu'il leur a pris; et ces échéances-là ne peuvent pas se proroger.

Non, quand la mauvaise fortune nous accable, quand nous tombons d'épuisement, quand tout paraît perdu sans recours, quand on touche le fond, alors, parmi les milliards d'êtres qui pourraient nous secourir, croyez-le bien, il n'y eu a qu'un seul qui cherche à nous sauver, il n'y en a qu'un seul qui puisse nous sauver, il n'y en a qu'un seul de qui la toute-puissante compassion soit gratuite, il n'y en a qu'un seul qui soit constamment à coté de chacun de nous : cet unique-là, c'est Dieu, et Sa figure de sauveur, c'est le Christ.

Examinez tous les systèmes, démontez toutes les architectures du savoir, interrogez les échos de tous les temples, si vous menez vos enquêtes avec l'impartialité, la loyauté, la modestie du vrai savant, il vous faudra reconnaître qu'entre l'Homme et la formidable Nature il n'y a qu'un arbitre, un défenseur possible, et que ce médiateur, c'est cet acte éternel de la bonté divine que nous nommons le Christ.

* *

Jésus est l'homme parfait; l'Évangile nous enseigne comment devenir parfaits. L'un comme l'autre sont unique
s; les ressemblances qu'on croit leur découvrir avec d'autres figures surhumaines et d'autres livres sacrés ne sont qu'apparentes; le fond des uns et des autres diffère essentiellement.

L'Évangile nous propose deux principes issus tous deux de la Réalité divine, humaine et naturelle, je veux dire du Verbe. Le premier, c'est que tout vit; le second, c'est que rien n'existe que par Dieu.

Du premier principe découle le sentiment, le respect et l'amour de la vie dans toutes ses formes particulières; d'où l'
obligation de la fraternité. Du second naissent le sentiment de notre néant propre et la certitude de ne rien pouvoir qu'avec Dieu; d'où la prière et l'humilité.

Or, aimer la vie, c'est aider à ce qu'autour de soi tout vive mieux; c'est aussi bien replacer dans le champ une motte de terre lancée sur la route que mettre un tuteur à une branche froissée, secourir un animal malade, vêtir un pauvre, consoler un chagrin que répandre une découverte ou lancer une industrie qui donnera de l'aisance à quelque bourg famélique.

Or, demander de l'aide implique qu'on se fasse entendre du Protecteur suprême duquel on espère tout; il faut donc que notre esprit entre dans le royaume de Dieu, c'est-à-dire que
nous en observions la loi, et que notre coeur soit assez pur pour que ses supplications montent vers les cieux immatériels.

Ces deux choses : la prière et la charité vous semblent-elles trop simples et bonnes pour les enfants ? Essayez-les donc. Que diriez-vous de ce jeune homme qui, désirant renouveler les exploits des athlètes célèbres, se bornerait à lire des manuels de culture physique ? L'athlétisme moral exige aussi des entraînements effectifs. Et, si
l'énergie avec une sensibilité riche et délicate sont les caractères d'une personne morale puissante et noble, je ne connais pas d'école d'énergie supérieure à l'exercice de l'amour du prochain, je ne connais pas de culture de la sensibilité plus intense et plus fructueuse que la pratique attentive et quotidienne de la prière.

Si ces déclarations vous surprennent, c'est que nous n'attribuons pas le même sens à ces deux mots. Expliquons-nous.



Deuxième partie

 

Sources Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 17:01

Il faut d'abord lire la 1ère partie...

Désolée pour le dérangement, il a fallu que je coupe l'article en 3. Il y a vraiment de gros problèmes chez Over-blog aujourd'hui...

 

 

 La mystique chrétienne

Chapitre II

L'enfant et les choses du Ciel

de Sédir

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Chapître II de La Mystique Chrétienne

 

 

A ce moment, tout ce qui pouvait subsister de mixte, de naturel, de cultivé, d'acquis dans la personnalité, toute sa mémoire, toutes ses expériences millénaires reste en deçà du voile.  Son coeur passe au delà, entre dans la Jérusalem céleste, reçoit une vie nouvelle.  Semblable au petit enfant, le régénéré ne se souvient plus de ses travaux; ses innombrables existences ne lui paraissent plus que des rêves imprécis; il a saisi la Réalité.  Il a laissé son vieux corps, ses vêtements usés; il a reçu un corps neuf, propre, pur, victorieux; il a laissé tous ses organes d'enquête et de recherches; le temps ni la distance n'existent plus.  Son lieu est dès lors le présent perpétuel; devenu incapable d'agir autrement que selon la volonté du Père, sa liberté atteint son entière vigueur.  Les obstacles, les ennemis, les retards n'existent plus pour lui.  Le mot impossible ne signifie plus rien.  Ayant achevé d'obéir au Père, le Père, en récompense, lui obéira dorénavant.  La présence divine lui est acquise, et la puissance divine aussi.  Reste-t-il dans le Royaume, son être y grandit sans arrêt, de béatitudes en béatitudes.  Demande-t-il à revenir sur l'un de ces mondes où il passa autrefois, il y apparait sur l'heure, mais en Maître et non plus en esclave.  Enfin, et pour tout dire en un mot, l'homme régénéré est un véritable Fils du Père, un nouveau Bien-aimé en qui le Seigneur met toutes Ses complaisances. 

     Quel est le chemin de ces splendeurs ?  Jésus l'indique : « Quiconque s'humilie comme un enfant sera le plus grand dans le Royaume des Cieux ».  L'humilité intérieure, non pas celle des paroles ni des attitudes; l'humilité véridique et sincère et profonde; la conviction de son propre néant; le goût de la dernière place; l'oubli de soi-même, le renoncement à soi-même, l'abnégation de soi-même.  Nous pouvons entrer dans cette voie; pour la parcourir, il faut qu'on nous y aide, qu'on nous y pousse, qu'on nous force d'y avancer.  Ce forcèment, ce sont les épreuves, les persécutions, les tentations. 

     L'humilité est l'arme des conquêtes impossibles.  C'est l'élixir qui transmue les poussières de ce monde en joyaux incorruptibles; c'est le feu qui sait extraire du mal les essences précieuses du bien; qui change les diables en anges, et les enfants de la matière en fils de l'Esprit.  L'homme humble jouit dès maintenant de la paix éternelle et du bonheur immuable des élus.  Sa charité l'aurait-elle jeté au fond même de l'Enfer, qu'il continuerait à y goûter la présence divine et, par ainsi, changerait cet enfer en paradis.  L'homme humble est omniscient, puisqu'il sait qu'il ne sait rien, et qu'il a renversé les barrières de son intelligence.  Il est omnipotent, puisqu'il se croit un zéro, et que, dès lors, Dieu est tout en lui.  Et le glaive d'aucun ennemi ne peut l'atteindre, parce qu'aucune créature ne peut en haïr une autre que dans les bornes du Créé, et que cet homme parfaitement humble a dépassé ces frontières, s'est abstrait, s'est transfiguré dans l'Incréé. 

* *

     Je vous ai parlé plusieurs fois de l'homme libre, de cet être énigmatique dont le coeur est réellement le tabernacle de Dieu, et qui n'apparaît, dans un monde ou dans l'autre, que pour y réinstaller le règne de Dieu.  Cet homme est la réalité dont Jésus nous entretient quand Il nous parle de l'enfant.  « Celui qui est né de l'Esprit, dit-il à Nicodème, à ce docteur en Israël qui L'écoute sans Le comprendre, celui1là ressemble au vent qui souffle où il veut, dont on sent le souffle, mais personne ne peut dire d'où il vient ni où il va ». 

     L'homme libre agit comme il lui plaît; il ne reçoit d'ordres de personne; il guide et n'est pas guidé; il commande, il est obéi sur l'heure; aucun être ne peut ne pas lui obéir.  Quelques-uns le voient vivre et agir, mais sans comprendre; ses motifs sont indiscernables, son point de vue est inaccessible; son habitat spirituel est infiniment éloigné du nôtre, et cependant il vit parfois au milieu de nous.  Comme le vent, il va partout, il touche à tout, il pénètre tout; mais personne ne peut l'arrêter, personne ne peut le saisir, personne ne peut le capter.  Comme l'enfant, il est spontané, il est un, il aime la vie, il est optimiste.  Comme l'enfant aussi, il paraît tout petit, faible, isolé.  Énigme indéchiffrable au psychologue, au théologien, à l'adepte, l'homme libre ne se révèle qu'à ceux qui se sont engagés sur la route étroite qui mène sans détours vers le Verbe. 

     Et cependant cet être, d'apparence insignifiante, est le plus grand, le plus puissant, le plus riche des êtres créés.  Le Père met à son service autant de légions de serviteurs qu'il en désire; il suscite des enthousiasmes et des dévouements que la mort même ne peut tuer; il peut puiser à pleines mains dans tous les trésors, dans les trésors de toute espèce.  Enfin le Père lui a donné pleins pouvoirs sur le monde où il est descendu. 

     Suis-je parvenu à vous faire sentir l'intimité familière où vivent avec l'Ami Ses amis, avec le Père Ses enfants, avec l'Esprit Ses récipiendaires ?  Je crains bien que ma parole malhabile n'ait presque constamment trahi mon désir. 

     Vous souvenez-vous du Maître sorti du tombeau, tout resplendissant de Son double et immense triomphe sur la souffrance et sur la mort ?  Le Prophète S'est déjà laissé revoir à plusieurs : sous la forme du Jardinier à Madeleine, sous la forme du Pèlerin aux voyageurs d'Emmaüs.  Le voici sur le bords du lac de Tibériade; Ses disciples sont en bateau et pêchent.  Et le Ressuscité hèle Pierre : « Enfant, n'as-tu rien à manger ?  » Voyez-vous la lumière commençante du jour; le firmament rose, or et bleu; les eaux de nacres et d'opales; et les maisons sur la grève dont le premier regard du soleil transmue la chaux blanche en pierres précieuses; et la barque immobile sur le silence du lac que souligne le clapotis de toutes petites vagues ?  Voici une haute stature dont l'ombre violette sur le sable rend plus lumineuses les longues draperies.  C'est notre Jésus, notre Verbe qui, dès l'aurore du monde, donne à ce monde Sa chair pour nourriture et Son sang pour breuvage.  Et Il crie à Pierre : « Enfant, as-tu quelque chose à manger ?  » Paradoxe sublime de l'Amour, renversement inouï des rôles, révélation pathétique des rapports mutuels du Maître véritable avec Ses véritables disciples. 

     Pierre répond qu'ils n'ont rien trouvé.  Alors Jésus lui dit de jeter le filet sur la gauche; le filet se remplit de poissons; les apôtres le tirent sur le sable; et ils préparent tout de suite un repas commun. 

     Voilà bien  - pardonnez-moi de toujours dire les mêmes mots  - voilà bien le miracle de l'Amour.  C'est nous qui devrions nourrir le Verbe, en nous et hors de nous; Il pourrait bien remplir à l'instant et nous-mêmes et tout l'univers; Il ne veut pas; ce qu'Il veut, plutôt, ce qu'Il souhaite, c'est de ne grandir que par nos soins.  Et encore c'est Lui qui nous donne la force de cet effort, c'est Lui qui rend cet effort fructueux.  Nous n'avons qu'un minimum à fournir : simplement lancer le filet.  C'est Jésus qui le remplit.  Et, en Lui donnant à manger, c'est Lui qui nous nourrit, surabondamment. 

     Voyez encore ce tout petit sur les bras de sa mère; il grignote un gâteau et, d'une main hésitante, il place sur les lèvres maternelles quelques miettes de la friandise.  La mère se nourrit-elle de ces miettes ?  Non, mais c'est l'amour dont témoigne ce geste charmant du petit être qui la nourrit mystérieusement et elle y puise la force des longues veilles et de tous ces soins par quoi elle verse la vie longtemps encore après l'avoir déjà toute donnée à son enfant. 

     Voilà nos relations avec le Père.  C'est de Lui que nous tenons tout; et les miettes que nous Lui rendons, quoique salies, Le touchent tellement qu'Il nous redonne une seconde fois la vie, avec plus de magnificence et de force. 

     Dans l'oeuvre de notre salut, tous nos travaux les plus durs et les plus héroïques ne sont que des simulacres.  Nous sommes de petits enfants avec leurs jouets.  C'est Dieu qui fait tout. 

     Puissions-nous au moins acquérir les qualités vraies de l'enfance; puissions-nous, comme elle, nous attacher de tout notre être à Celui de qui nous tenons tout ! 

Chapitre III : La pratique quotidienne de la vie intérieure

Sources Livres Mystiques

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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 16:44

Il faut d'abord lire la 1ère partie...

 

 

L'enfant et les choses du Ciel

de Sédir

2ème partie

1ère partie

Chapître II de La Mystique Chrétienne

 

L'enfant de Dieu bénit ceux qui le maudissent.  Et il imite en cela son Père doublement.  Maudire, c'est semer la mort; bénir, c'est semer la vie.  La mort et la vie sont même ici d'une espèce plus intense; car on peut détruire sans colère et faire croître sans amour.  Mais la malédiction ne part que poussée par la haine, et la bénédiction que soutenue sur les ailes de l'Amour.  Ainsi l'enfant de Dieu trouve la méthode la plus énergique de « rendre le bien pour le mal ».  Ceci d'ailleurs est sa formule par excellence.  Dans ces six mots se trouvent indiqués tous les mystères de la grâce, toutes ses énergies, toutes ses opérations.  Chacun de ces mots est un raccourci de mystères.  Chacune des vingt et une lettres de ces six mots est une porte à des arcanes.  La terre engendrera quelque jour des lignées de grands contemplatifs, analogue aux vieux rishis de l'Agarttâ, aux visionnaires vibrants de la Petite Assemblée Sainte, que les Anges de Jésus prendront par les cheveux et transporteront dans cet univers surnaturel, inconnaissable, incompréhensible, et insoupçonné jusqu'à l'ère chrétienne, et devant les yeux ravis desquels défileront les indescriptibles merveilles de l'Amour pur.  Cet univers, l'incarnation propre du Saint-Esprit, les voyants que j'annonce l'exploreront, protégés contre l'éclat de ses soleils par les ailes de leurs guides; et, revenus ici-bas, ils entendront un sens plus clair, un sens plus vaste, un sens plus vivant, en relisant les paroles immuables de l'Évangile.  C'est alors que, dans les caractères d'une sentence connue : « Rendre le bien pour le mal », les autres hommes apprendront à découvrir toutes sortes de secrets.  Mais pas des secrets ésotériques; pas des énumérations, des subdivisions, des classifications; pas des descriptions, ni des formules.  Des secrets vivants, des secrets qui seront comme des contacts, des entrées dans l'être même de l'Esprit, des baisers de l'Esprit, des ivresses versées par l'Esprit; et les coeurs se jetteront dans ces incandescences pour y mourir, pour y renaître, infiniment, indéfiniment, selon le mode ineffable de la Vie éternelle.  

     Parvenu à « faire du bien à ceux qui le haïssent », le disciple ne trouve plus de grandes difficultés.  Il peut prêter sans attendre rien en échange; sa fortune, son temps, sa science, sa sagesse, son coeur d'ami, tout cela et bien d'autres choses encore, il sait que cela ne lui appartient pas, qu'il n'en est que l'intendant.  Dirai-je que cette abnégation devient bientôt sans mérite ?  Pourquoi n'oserai-je pas dire cela ?  Si le disciple est un enfant de Dieu, ne possède-t-il pas la pleine certitude que son Père ne le laissera jamais manquer ?  C'est d'ailleurs parce que la foi nous enlèverait le mérite de l'effort, qu'elle ne nous est pas donnée.  

     L'enfant de Dieu « prie aussi pour ceux qui l'outragent » .  Il prononce trois prières.  La plus facile, c'est : Mon Père, je vous demande de pardonner à mes insulteurs.  La seconde, c'est : Mon Père, je vous remercie de m'avoir envoyé cette humiliation; je vous demande de ne pas en punir les auteurs.  La troisième prière, ce sera : Mon Père, je vous demande pour ces ennemis, mes bienfaiteurs, qui m'ont dit mieux que des amis ce que je suis, je vous demande de leur donner vos bénédictions et vos bienfaits. 

     Enfin, le dernier signe de l'enfant de Dieu, c'est qu'étant un ignorant selon la science humaine, il sache des choses « cachées aux sages et aux intelligents ».  Et ce privilège s'explique bien simplement.  Le savoir est quelque chose de substantiel.  Une notion occupe une place et dans notre pensée  - laquelle est un organisme circonscrit  - et dans notre cerveau.  Un grand nombre de notions peuvent donc remplir exactement ces organes, de sorte qu'aucune idée nouvelle ne puisse s'y insinuer.  Qu'avec cela le savant soit orgueilleux de sa science, il augmente sa pléthore mentale et ses congestions intellectuelles.  Il se rend incapable d'apprendre.  L'humble de Dieu  - il n'est pas toujours un ignorant, mais il croit l'être, cet humble se garde les yeux ouverts.  Il regarde autour de lui, et il apprend.  Le savant orgueilleux ne regarde que soi-même et son savoir.  Si, enfin, le Père veut envoyer sur la terre une idée nouvelle, elle ne pourra descendre que dans une intelligence fraîche, neuve, reposée, aérée; il faudra que cette idée s'acclimate, se nourrisse.  Pour tous ces motifs l'enfant de Dieu est apte à cet office, parce qu'il est libre, ouvert, accueillant, parce que, en rapport constant avec le Ciel, il offre les moindres chances possibles de corruption à ce mystère nouveau-venu. 

* *

     Comment devenir un tel Enfant ?  Jésus nous le dit encore : « Laissez venir à moi les petits enfants, parce que le Royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.  » « Il faut recevoir le Royaume comme un petit enfant.  » « Pour entrer dans le Royaume, il faut devenir comme un petit enfant.  »

     Cela, ce sont des orientations lointaines encore.  Remarquez que Jésus dit « un petit enfant », un enfant qui parle à peine, qui se tient tout juste debout.  Qu'a donc de si remarquable un tel petit être ?  Il est ignorant, il est innocent.  Il a pu être, sur cette terre ou ailleurs, un savant, un chef, un homme remarquable, aujourd'hui encore son âme se souvient des grandes choses qu'il a pu accomplir; mais lui a oublié tout cela, comme il a oublié les crimes qu'a peut-être perpétrés cette même menotte incertaine, et les blasphèmes sortis peut-être de cette pure petite bouche rose.  Il ignore, il oublie.  Ni le passé, ni l'avenir n'existent pour lui; il est entier dans la minute présente; c'est ce qui fait son élan, sa spontanéité, sa confiance et sa force.  L'enfant ne s'embarrasse pas de réfléchir; il ne se soucie point de l'opinion; il a la persévérance du désir unique; il sait ne vouloir qu'une seule chose à la fois; il vit dans l'unité.  Et, par là, il est la figure de toutes les forces simples, soudaines et précieuses qui s'envolent du tréfonds de nous-mêmes vers l'Absolu.  Comment acquérir, nous autres hommes, ces qualités ?  C'est difficile; le Christ nous en avertit : « Ce qui est impossible à l'homme et possible à Dieu »; et Il nous indique en même temps la voie : « Celui qui s'humilie comme cet enfant sera le plus grand dans le Royaume de Dieu ». 

     Le Royaume, le comprenez-vous, n'est pas dans une étoile, ou par delà une nébuleuse; ce n'est pas un monde a part parmi les astres invisibles.  Il est en nous; où que vivent notre corps, notre pensée, notre volonté, nos fluides, notre coeur peut habiter ce Royaume.  La vie éternelle est l'antipode de la vie créaturelle; comme la vie psychique de l'enfant est l'antipode de la vie psychique de l'homme fait. 

     Comprenez-vous qu'il faille l'aide du Père pour arriver à bout de cette tâche ?  Il s'agit là d'une mort de l'individualité et d'une renaissance définitive.  L'eau et l'esprit qui font renaître pour l'éternité n'appartiennent pas, ne peuvent pas appartenir à aucun des domaines de la matière ou de la force.  Ce qui nous rend capables de la vie divine, ce ne peut être que des remèdes divins.  Cette eau, c'est l'eau de la fontaine éternelle; cet esprit, c'est l'Esprit Saint.  Le difficile, c'est de subir ce lavage, de recevoir ce souffle, sans être à l'instant même volatilisé par le feu ardent qui palpite au sein de toutes les formes de la vie éternelle.  C'est un grave moment que ce dernier baptême.  C'est la certitude pour l'homme de la victoire finale.  Une assistance peu nombreuse mais magnifique participe à la célébration de ce mystère.  Le Verbe est là, avec Sa Mère à côté de Lui, et celui de Ses soldats qui fit germer autrefois, dans un coin de cet immense univers, les premières graines de Lumière au coeur du disciple.  Puis les anges gardiens : puis le cortège des démons tentateurs, et les images des grands travaux et des plus dures épreuves accomplis et soutenus par le récipiendaire.  Le Verbe vient à lui, verse sur lui l'eau de la Vie et, soufflant sur son front, lui communique l'Esprit. 

Troisième partie

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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 13:44

Le Premier chapître parlait de l'Incarnation des âmes... avant d'être un enfant, nous ne sommes qu'une Âme en attente d'incarnation. L'Enfant reste en contact avec le Cosmique jusqu'à sa 7ème année. Or, pour devenir un Être Régénéré, il faut être pareil à l'Enfant. Être neuf. Refaire le chemin à l'envers et Désapprendre pour se laisser pénétrer par le Véritable Enseignement... rares sont ceux qui y parviennent.

La mystique chrétienne

 

La mystique chrétienne

 

Chapitre II

L'enfant et les choses du Ciel

 

de Sédir

1ère partie

Chapître II de La Mystique Chrétienne

 

 

     La Mère-Nature ne corporise rien qui ne soit auparavant de toute éternité, dans l'Esprit.  Nous rechercherons donc, comme pendant de notre récente étude sur la Naissance, le type éternel de l'Enfant.  Nous nous guiderons par les paroles du seul Initiateur surnaturel; nous L'écouterons dans l'humble recueillement silencieux qui seul permet de recevoir dignement les échos terrestres des verbes éternels.  Permettez que je vous recommande cette attitude.  Nous ne lisons pas l'Évangile avec cet émoi sacré tout plein d'amour qui dessillerait les yeux de l'esprit et qui rendrait notre coeur sensitif.  Songez que ces simples versets ont traversé, pour parvenir jusqu'à nous, les abîmes, les firmaments et les terribles déserts où chaque grain de sable est une étoile et chaque fauve un dieu formidable.  Les cohortes angéliques se sont crié ces proclamations divines de l'un à l'autre bord des mers astrales, d'une cime à l'autre des empyrées.  Au bruit de ces longues houles, dont l'écume étincelante féconde sans relâche les rocs planétaires, les dieux se sont prosternés, les démons se sont enfuis.  Appelons, pour recueillir ces échos infinis du Verbe tout-puissant, appelons du sanctuaire de notre coeur à notre cerveau, à nos oreilles, tout ce qui dort en nous de grave, de noble, de vénérant et d'humble. 

     Nous découvrirons, dans l'enfance extérieure terrestre, l'image le l'humanité intérieure céleste; nous considérerons de quelle dignité Jésus couvre l'enfance, de quelle gloire Il décore l'homme spirituel; enfin comment il faut faire pour être transmué en cet être neuf, pur et libre. 

« Prenez garde, dit Jésus, de mépriser aucun de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges voient sans cesse, dans les cieux, la face de mon Père qui est dans les cieux.  » Quelles avenues cette déclaration ne nous ouvre-t-elle pas dans l'inextricable fort de l'Invisible !  Oui, chaque homme est confié aux mains scrupuleuses d'un ange, lequel communique immédiatement avec Dieu.  Il ne s'agit point ici de toute cette escorte d'auxiliaires, de surveillants, de guides, attachés à nos travaux matériels.  Collaborateurs temporaires, ouvriers à la solde des dieux, l'homme ne les intéresse que par ce qu'il produit de rémunérateur à leurs maîtres, et pour les bénéfices éventuels qu'ils en peuvent tirer.  Les anges gardiens sont tout autres.  Ils ne relèvent que de Dieu.  Ils sont Sa providence et Sa sollicitude vivantes.  Ils n'ont pas d'intérêts personnels; ils ne travaillent pas pour eux-mêmes, mais pour ceux qui leur sont confiés; et cela par obéissance; en s'occupant de nous, ils servent le Seigneur.  Cette obéissance les asservit; ils vont partout avec les hommes : dans les cieux de l'idéal, dans les enfers du crime, dans les marécages de la médiocrité.  Pendant des siècles parfois, ces créatures de candeur et de pureté se condamnent à souffrir les émanations putrides des bas-lieux où se complaisent les hommes dont ils ont la garde. 

     Bien rares les gardiens que l'accomplissement de leur office ne prive pas de la vision divine.  Si nous savions par combien de douleurs se traduit un de ces misérables plaisirs que sont nos péchés habituels, comme nous deviendrions vite des saints !  Les anges des tout petits enfants conservent à peu près seuls la faculté d'être à la fois au Ciel et sur la terre; les anges des régénérés possèdent aussi ce privilège.  C'est le signe de l'innocence parfaite. 

     Ces veilleurs tutélaires possèdent un triple mode de perception.  Par en haut, ils voient et entendent le Père; par en bas, ils voient et entendent nos actes et nos paroles; par la région médiane, ils voient et entendent les agents de notre destin, les clichés invisibles.  Ils ont donc en main toutes les commandes utiles à la machinerie compliquée de la Grâce.  Il nous faut donc agrandir l'idée que nous nous faisons de la vie.  Ainsi deux personnes s'entretiennent d'une troisième, absente; ce n'est pas deux interlocuteurs seuls en présence, c'en est six : car l'esprit de l'absent est là, et les trois anges gardiens aussi.  Que je méprise un enfant, son ange et le mien en seront affectés.  Ils ne le vengeront pas, ils ne tenteront rien contre moi; mais ma faute les empêchera d'avoir contact avec moi.  Le péché élève un mur entre nous et le Ciel; il nous laisse seuls en face des impitoyables ministres du Talion, lesquels prennent alors barre sur nous au moyen du germe morbide que ce mal effectué développe dans notre interne. 

     Le mépris est toujours une petitesse; et il devient grave dans la mesure où l'être que nous en accablons est humble et innocent.  Apprenons à apprécier la grandeur de l'enfance. 

* *

     Apprenons à respecter la candeur de l'enfance. 

     Jésus dit encore : « Qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux qu'on lui attachât au cou une meule d'âne et qu'on le jetât au fond de la mer ». 

     Les plus purs poètes et les plus sensitifs n'ont pu dire quel parfum précieux, quelle fleur de rêve, quelle aube ineffable est la foi de l'innocence.  Les élancements vers Dieu d'un coeur inapte au mal, la fervente étreinte dont il embrasse le Verbe, la joie bienheureuse dont la baignent les souffles de l'Esprit, la fixité des regards éblouis qu'il projette vers les cieux, ce sont les beautés les plus pures que la création entière puisse offrir.  Les souiller, c'est un crime presque irréparable. 

     Plus tard, quand l'Esprit nous aura initiés, nous saurons de quelle meule et de quel océan le Christ parle dans ce verset. 

     Quiconque converse avec un autre reste responsable de cet enseignement et des conséquences de cet enseignement, dans le coeur, dans l'intelligence, et dans les actes de son élève, jusqu'à la consommation des siècles.  Enseigner, ce n'est pas seulement prononcer des paroles qui frappent l'oreille physique de l'auditeur.  Tous les centres internes qui s'émeuvent chez le maître pendant sa leçon parlent à leurs correspondants chez le disciple.  Et il est impossible à l'homme de ne parler qu'avec son larynx et, en parlant, de n'émettre que des ondes acoustiques.  Nous parlons simultanément avec tout ce qui, en nous, est ému par le mobile affectif qui nous incite à parler.  Et plusieurs sortes d'oreilles recueillent les diverses espèces de paroles. 

   On parle aussi  - et de la façon la plus vivante  - par nos sentiments tacites, et surtout par nos actes.  L'éloquence de l'acte est grande, elle est terrible, si l'on en dénombre les ramifications. 

     Or, combien plus souvent nos mobiles ne sont-ils pas plus mauvais que bons ?  Et notre responsabilité persiste jusqu'à ce que la dernière ride du dernier ricochet exécuté par le caillou de l'acte à la surface de l'océan des effets soit éteinte.  C'est pourquoi nous souffrons si longtemps parfois pour réparer une seule minute de péché. 

     Celui donc qui apprend le mal à un innocent, combien son boulet ne doit-il pas être lourd ?  Il corrompt le présent, il corrompt l'avenir, il voue cet être jusqu'alors paisible à une suite indéfinie de luttes, de chutes, de salissures et de larmes.  Bien plus, il en corrompt le passé spirituel, puisqu'il tue en lui le germe de vertu.  La meule et le fond de la mer ne sont certes pas des termes exagérés. 

     Prenons garde lorsque nous nous présentons devant des enfants.  Les plus jeunes voient tout, entendent tout, remarquent tout.  Prenons garde à notre langage, à nos regards,   à nos gestes, à notre tenue, à notre physionomie.  Il n'y a pas d'observateur plus attentif et plus fin que l'enfant.  Il faudra, hélas !  puisque nous habitons la terre, il faudra que le jour vienne où cet enfant apprendra le mal.  Mais qu'au moins ce soit le plus tard possible, quand les racines de la vertu seront déjà en lui profondes et fortes. 

     Inclinons-nous maintenant devant la majesté de l'enfance.  Elle est déconcertante.  « Qui reçoit un tel enfant à cause de moi, dit Jésus, me reçoit...  ».  Sondez la profondeur de cette substitution.  Et le suprême Initiateur ajoute : « Et qui me reçoit, reçoit Celui qui m'a envoyé.  » Quoi donc !  voilà, au jardin public, un marmot qui a mal aux dents et qui pleure; je me trouve là juste pour l'empêcher de donner du nez contre la bordure du gazon; je le relève, je l'essuie, je l'amuse, pendant que sa bonne bavarde; je fais cela parce que c'est de la pauvre petite chair maladroite et souffrante, parce que mon Maître, le Christ, m'a appris à aimer la vie, parce qu'Il m'a montré la compassion, parce qu'Il a eu Lui1même mal aux dents, et qu'Il a dû trébucher souvent sur les cailloux du désert.  Je console ce petit en pensant à l'autre petit d'il y a deux mille ans, au petit enfant dont la mère était si jeune et le père grisonnant, au petit enfant blond qui ne savait pas parler encore, mais qui avait déjà lancé sur le néant de si formidables paroles; au petit enfant en chemise, jouant sur le pas de la porte, le même, le même être jouant aussi sur le seuil de l'Éternité, avec les mondes comme osselets, et les dieux immenses pour hochets. 

     Et, parce que mon imagination s'est complue à ces faciles rapprochements, parce qu'elle a soulevé en moi un peu d'attendrissement, l'insignifiante caresse que j'ai faite à ce bébé, c'est le Verbe qu'elle touche !  C'est le Père qu'elle émeut !  Effets infiniment disproportionnés à leur cause, selon la logique.  Mais l'amour n'a pas de logique; il en possède d'autant moins qu'il est davantage de l'amour, davantage éloigné de l'homme, davantage proche de Dieu. 

     Il est donc possible, Seigneur Jésus, Vous que je sais m'aimer et que j'ai cependant trahi, il est donc possible que les plus pâles lueurs sur les grisailles de mon âme Vous atteignent ?  Oui, c'est possible, oui, cela est, puisque Vous êtes tout amour.  Vous avez protesté quand on Vous a qualifié de « bon »; en effet, Vous n'êtes pas bon, Vous ne savez pas que Vous êtes bon; c'est la seule chose que Vous ignoriez, et Vous l'ignorez justement parce que vous êtes l'Amour.  Vous êtes l'Amour, et aucune des étincelles les plus fugaces de l'amour, chez les créatures les plus lointaines, les plus proches du Néant, ne peut Vous échapper. 

C'est pourquoi Vous avez promis, lorsque deux ou trois d'entres nous, nous réunirons en Votre nom, que Vous serez au milieu d'eux.  Voilà pourquoi Vous avez obtenu que Vos disciples, Vos amis, Vos enfants soient un entre eux, par là un avec Vous; et, étant un avec Vous, un avec Votre Père, ce Père que Vous nous avez fait connaître. 

     Si une telle merveille a lieu dans l'interne d'un passant quelconque, à propos d'un enfant quelconque, combien plus ne se reproduira-t-elle pas, si des époux en reçoivent un pour l'amour du Verbe, et en Sa mémoire ?  Pour l'initié, l'enfant arrive de telle sphère, par le moyen de tel aspect astrologique, en vertu de telles dispositions des phalanges spirituelles.  Pour le disciple de l'Évangile, l'enfant arrive du Ciel et parce que le Père l'a envoyé.  L'initié ne se trompe pas, pour son observatoire propre.  Mais le disciple est dans la vraie vérité; il voit les choses sous leur angle d'éternité; c'est lui qui a raison, absolument parlant.  Parents, admirer vos enfants, selon l'esprit; vénérez-les intérieurement; ce sont des êtres-précieux; ils sont translucides à la Lumière éternelle; ils ignorent tout de l'extérieur; ils sont ouverts, ils sont confiants, ils ne sont rien, et ils ont la force : un geste, un sourire, une petite plainte et tout le monde se précipite. 

     Ainsi, vu de la terre, apparaît le Verbe, et se manifeste dans le monde la Lumière.  C'est une petite lueur, qui semble courir çà et là, sans raison, sans but, sans utilité; elle va et vient, disparaissant dans cette caverne, tombant dans ce puits, voletant sur ces tourbières; personne ne peut l'atteindre; et si, d'aventure, elle touche quelqu'un, elle lui reste insaisissable.  Cependant, sans que nous, observateurs grossiers, nous en doutions, elle bouleverse, elle vivifie, elle réorganise, elle donne des ailes, et tout lui obéit. 

     Voilà pourquoi le Père aime les petits enfants.  Il a envoyé Son Fils, non pas pour augmenter la vigueur des forts, mais pour aider l'impuissance des faibles.  Le Père aime les petits.  C'est chez eux qu'Il dépose Ses dons les plus précieux.  Les médecines les plus actives s'extraient des herbes que chacun foule aux pieds, et non pas des grands arbres majestueux.  C'est pour un petit agneau que le pasteur laisse là toute sa bergerie.  C'est pour un pécheur converti qu'il éclate au Ciel plus de joie que pour le salut de cent justes.  C'est pour l'enfant prodigue que le patriarche tue le veau gras.  Et c'est l'ouvrier de la onzième heure que le maître favorise de sorte si injuste, humainement parlant. 

     Quelles explications donner à tous ces illogismes ?  Une seule, la même pour tous : c'est l'amour.  C'est le Père qui nous a tous créés; aux uns Il a donné des rôles moins ingrats qu'aux autres; ceux-ci, Il les a dirigés sur des routes plus commodes que ceux-là.  N'est-il pas évident qu'II aimera davantage ceux qui auront plus de travail, ou moins de facilités ? 

     Croyez-moi donc quand je vous affirme que, si le Père voyait l'âme innocente d'un de ces petits en danger, Il renverrait Son Fils S'incarner une seconde fois plutôt que de la laisser périr.  « La volonté de mon Père n'est pas qu'aucun de ces petits périsse.  » Et, pour concevoir toute la valeur de ce geste, souvenez-vous de l'immensité, de la complexité, de la quantité de mouvements et d'efforts que nécessita le voyage cosmique du Verbe depuis la création du monde jusqu'aux jours d'Hérode.

* *

     Les précisions ne manquent pas dans l'Évangile.  Enumérons-les au hasard des textes.  J'en trouve sept définitions. 

     D'abord, ceux qui procurent la paix.  La paix, c'est l'harmonie.  L'harmonie, c'est l'unité : non pas le un arithmétique, mais l'unité organique.  Le monde de l'unité, c'est le Royaume; et Dieu en est le roi.  Tout enfant imite son père.  L'enfant de Dieu s'efforce d'installer la paix autour de lui, comme il voit que le Ciel l'établit sur de plus vastes espaces.  Mais comment ?  Par cinq moyens dont l'emploi annoncera, proclamera précisément sa filiation divine, parce que ses moyens sont les méthodes mêmes du Verbe. 

     L'enfant de Dieu aime ses ennemis.  S'il leur rendait leur haine, il intensifierait le combat.  Mais il les aime; il ne veut pas qu'ils fassent mal plus longtemps, ni qu'ils se fassent mal davantage.  Il leur donne ce qu'ils réclament, tout ce qu'ils réclament : « Si on vous demande votre manteau, donnez encore votre tunique...  ».  Et le combat cesse faute de combattants. 

 Deuxième partie

 

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 17:37

 

 

LA PRÉPARATION A LA DESCENTE DIVINE

 

par Sédir

 




L'histoire du peuple juif, c'est le récit de la préparation d'un coin de la vie terrestre à la descente divine. Tous les livres d'Israël ne furent qu'une préface aux paroles éternelles.

Si nous connaissions la biographie de chacun des ancêtres du Christ, nous verrions en grand le même processus que celui par lequel se prépare la régénération individuelle.

Dans les deux cas, la créature ( le peuple élu et le disciple choisi ) développe par l'épreuve, la purification, le repentir, la pénitence, des qualités négatives contraires, mais analogues aux vertus actives que fomentera l'étincelle christique allumée.

Ainsi Jésus rayonna dans la pureté tout l'amour que David exhale du fond des fanges où il s'est complu; Jésus posséda réellement et par nature le Savoir dont Salomon eut à conquérir lentement les reflets occultes; Jésus exerça selon la douceur tous les pouvoirs dont Moïse ne put conquérir que des bribes et qu'il déploya selon la rigueur. C'est ici tout le contraire de l'hérédité biologique.

La seule chose qui importe, c'est de tirer de la vie de notre Dieu des exemples pour notre vie. En feuilletant le Livre de la Bonne Nouvelle, persuadons-nous que le travail unique, le chef-d'oeuvre, le grand'oeuvre c'est de faire venir Jésus en nous comme Il vint dans cette immense nature à l'origine, comme Il vint sur cette terre il y a deux mille ans.

Dans le plan de l'humanité terrestre, les quatre évangélistes correspondent, selon la tradition du Moyen Age, aux quatre grands prophètes de l'Ancien Testament: Daniel, Ezéchiel, Isaïe, Jérémie.

Les annonciateurs n'ont eu l'intuition du futur que parce qu'ils possédaient quelque mémoire du passé. Le Messie qu'ils prédisaient ne pouvait être annoncé par les sciences divinatoires puisqu'il est d'un pays où n'agissent plus ni l'espace ni le temps. Par suite, la prescience des prophètes est le fait d'un don et non pas le résultat d'un raisonnement.

D'autre part, poussés par une force impérieuse à exhorter le peuple et le prince pour que la venue de Celui qu'ils annonçaient arrive plus facilement, leur zèle attira la persécution. Il était donc juste que leur foi reçoive enfin une confirmation, et qu'un jour ils puissent voir, entendre et toucher Celui pour lequel ils avaient souffert antérieurement.

On comprendra ce que nous ne disons pas ici: les deux Testaments se complètent comme la matrice et la médaille; tout ce que le premier contient est réalisé dans le second; celui-ci est la réalité dont celui-là est la préfiguration.

Sources Livres Mystiques

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 17:04

Dernière partie où il est question du suicide fortement déconseillé car il est assimilé à une tâche que l'on a refusé de faire entièrement. Si vous signez un bail de 70 ans, il ne faut pas abdiquer à 35. Et enfin la mort n'est pas quelque chose de triste, se lamenter sur le sort d'un disparu empêche sa montée dans l'Autre plan... il faut aussi savoir que la crémation est néfaste au double qui reste accroché au cadavre au lieu de s'élever...

 

La mystique chrétienne

Chapitre I 

L'incarnation des âmes  

par Sedir  

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

  

Toute transformation est une mort; un philosophe qui change de système subit une mort dans son intellect; un coeur qui change d'amour, un organe qui subit une grave crise, un esprit qui s'ouvre au soleil d'une vérité nouvelle, tous subissent de certaines agonies et de certaines morts.  Comme je vous le disais en commençant, la mort, c'est un départ, annonciateur d'une arrivée et d'une naissance.  La mort physique n'est rien autre que le départ du moi conscient; il arrive d'ailleurs, par exemple, pour les vieillards qui retournent en enfance, pour certains aliénés, que ce moi s'éloigne plus ou moins du corps; ce sont-là, comme le sommeil, des images de la mort. 

Le suicide est défendu; c'est d'ailleurs un mauvais calcul inspiré par la peur, car, de même que l'écolier, s'il s'échappe de la classe, sera retenu les jours de congé, l'homme qui esquive son travail en retrouvera un autre, moins facile encore, dans un lieu quelconque de l'univers.  Avant que le Christ ne vînt apporter la miséricorde, l'heure de la mort était d'avance fixée.  Depuis Lui, cette heure suprême peut être reculée par grâce, parce que la vie terrestre est un grand bienfait; nous habitons un monde où, parce que l'effort est pénible, nous pouvons gagner de l'avance et nous acquérir du mérite en abondance.  Bien entendu, les procédés qui peuvent retarder notre mort ne sont pas tous légitimes; seuls, deux d'entre eux peuvent être employés sans crainte : c'est la médecine ordinaire et la prière.  Toutes les autres méthodes constituent des violations de la justice immanente dont il faudra rendre compte plus tard.

De même qu'il existe une catégorie d'auxiliaires invisibles préposés à la naissance, il en existe d'autres préposés à la mort.  Les ciseaux des Parques ne sont pas un mythe, mais bien l'image de réalités.  Toutes les mythologies racontent des formes différentes, mais le fond est le même.  A la minute écrite, accourent auprès du moribond, conduits par l'ange de la mort, une nombreuse assistance.  D'abord deux serviteurs qui notent tout le mal et tout le bien accomplis par le patient; puis les esprits de tous les êtres avec lesquels il a eu à faire pendant sa vie; tous, depuis le caillou jusqu'au dieu, depuis l'animal jusqu'au type intelligible de ses méditations, les plantes, les animaux, les humains, les invisibles; tous prêts à témoigner en sa faveur ou à demander justice s'il les a lésés.  L'esprit alors s'effraie dans ce corps épuisé qui le défend mal de la vengeance de ses victimes; et c'est pour de pareilles circonstances que l'aide des cérémonies religieuses devient efficace, pourvu que le prêtre et le fidèle soient sincères, croyants, humbles et purs. 

Pour comprendre ce qui se passe à la mort, souvenez-vous de ce qui s'est passé à la naissance.  En l'être humain, une partie vient de la terre et retourne à la terre : le corps physique.  Une autre partie vient de l'âme de la terre et y retourne : c'est le corps fluidique, le double qu'étudient les sciences métapsychiques, et dont les manifestations produisent les apparitions fantômales, les hantises, les phénomènes spirites.  Une troisième partie vient de l'intelligence de la terre et y retourne : ainsi l'humanité hérite des travaux même inconnus ou méprisés de l'inventeur, du savant, de l'artiste, du philosophe.  D'autres choses en nous nous sont prêtées par l'univers extra-terrestre; nous n'en parlerons pas pour ne pas allonger indéfiniment cette étude; mais il faut mentionner !e fruit capital de notre labeur sur la terre : les mérites ou les démérites, attachés à la qualité lumineuse ou ténébreuse des mobiles de nos actes; ceci reste attaché à notre moi et devient la force directrice de notre destin futur.   

Si le moribond se cramponne obstinément à l'une quelconque des forces qui ont fait sa vie, il souffre; pour éviter cette souffrance, il faut, le plus tôt possible, comprendre que toutes ces énergies, celles des muscles ou celles du cerveau, l'habileté de nos mains, la délicatesse de nos yeux ou de nos oreilles, la puissance de notre cerveau, ne sont que des prêts; nous sommes tous semblables à ces intendants de l'Évangile que le Maître nomme à la gérance d'une partie de ses biens, et qui sont punis surtout lorsqu'ils n'ont pas fait fructifier leur dépôt.  La sagesse pratique consiste donc à travailler de tout son coeur, en ne s'appropriant jamais le fruit de ce travail.  Ainsi on arrive, au jour de la reddition de comptes, les mains nettes et le Maître nous récompense par des trésors plus beaux que ceux qu'II nous avait confiés.   

La crémation inflige une torture au double qui reste attaché au cadavre; l'embaumement arrête l'évolution légitime des cellules du corps et du double; l'inhumation est le meilleur moyen d'aider la Nature et les cercueils des pauvres sont préférables au triples bières de bois et de métal par le luxe desquels les familles riches croient honorer leurs morts. 

A l'instant du décès l'esprit se trouve conduit devant un tribunal où siègent le Juste Juge, notre Christ, quelle qu'ait été la religion du défunt; parfois la Vierge de compassion vient intercéder, parfois aussi celui des serviteurs du Ciel qui a servi de guide au défunt; mais toujours, aux côtés de l'homme, son mauvais ange l'accuse et son ange gardien le défend.  Au surplus, face à face avec la Vérité, l'esprit du mort avoue spontanément ses fautes qui lui apparaissent comme son visage autrefois devant un miroir; il découvre de lui-même tout ce qu'il avait caché avec le plus de soin; son repentir et son remords l'obligent à demander de lui-même l'expiation de ses fautes. 

A la suite de la sentence, le moi part pour un séjour de repos ou de travail, pour un paradis ou pour un purgatoire, lesquels ne sont en réalité que des réalisations de l'idéal qui a dirigé ce moi pendant sa vie terrestre.  Si donc nous nous sommes montrés bons fils, bons époux, bons parents, bons amis, mais bons en actes et non pas seulement en paroles, nous retrouverons de l'autre côté ceux que nous avons aimés, je veux dire ceux pour lesquels nous nous sommes sacrifiés; car le seul amour est celui qui se sacrifie, et ceci explique pourquoi tant d'ardeurs s'évanouissent et tant de flammes s'éteignent aussitôt franchies les portes du tombeau. 

Ici se pose probablement pour la plupart d'entre vous une question profonde : quels rapports sont possibles avec nos morts, quelle conduite tenir avec eux ? 

 

 

Le catholique répond : Prier pour eux; et il a raison; le positiviste se tait; le spirite répond : Il faut les appeler; et ces deux derniers ont tort, qu'ils me permettent de le leur dire nettement.   

A la vérité, nous n'avons rien à faire avec les morts que de nous souvenir de leurs exemples et de leurs vertus, et de les remercier en imitant ce qu'ils ont fait de bien.  Quelque chose d'eux flotte souvent autour de nous, c'est vrai; mais ce quelque chose n'est pas eux-mêmes, n'est pas leur vrai moi; c'est une enveloppe, une partie d'eux-mêmes, c'est l'apparence sous laquelle nous les avons vus autrefois.  Les preuves les plus matérielles de l'identité d'un défunt se manifestant d'une façon quelconque, ne démontrent rien, car le double possède son intelligence et sa mémoire propres; le moi immortel d'un mort ne se manifeste que très rarement.  De plus, tout événement est dû à une cause, toujours juste et toujours légitime du point de vue de l'univers; nous ne pouvons discerner que quelques-unes des causes humaines et terrestres de la mort, tandis qu'il y en a des centaines qui, dans l'état actuel de notre intelligence et de nos sens, nous demeurent cachées.  Si donc un être chéri s'en va, c'est qu'il a quelque chose à faire ailleurs et que son travail ici-bas est terminé.  Pourquoi le distraire de sa mission nouvelle en l'évoquant, pourquoi le troubler, le fatiguer, empêcher son progrès ?  Nos gémissements même attachent nos morts ou les rappellent.  Laissons-les partir.  Où qu'ils aillent, ils ne sont pas seuls; partout des sympathies les attendent, des amis, des parents, des guides nouveaux.  Ne vous laissez donc aller, vous qui pleurez dans le deuil, ni à la révolte, ni au désespoir; le Père veille également sur vous.  Ceux que nous regrettons reviendront à nous, ici-bas ou ailleurs; nous les reverrons avec nos yeux, nous les presserons de nouveau dans nos bras, de nouveau nos oreilles entendront leur voix chérie.  Il se trouve parfois que l'aïeule ne sourit avec une tendresse si profonde à son arrière-petit-fils que parce que leurs esprits immortels se ressouviennent des années d'autrefois peut-être, où ils furent ensemble à la peine et à la joie. 

Et puis, ce n'est pas parce qu'un être meurt qu'il devient omniscient; les conseils et les secours que l'on attend des défunts ne valent guère plus que ceux de nos frères actuels.  Et, au surplus, dans les cas désespérés et lorsque, par un concours de circonstances fatales, nous nous trouvons complètement seuls pour faire face au danger, l'un de nos morts peut très bien recevoir la permission de revenir et la force de nous secourir. 

Non, l'unique moyen, efficace et légitime, d'aider nos morts et de vivre dans leur invisible présence, c'est de faire le bien silencieusement; seule la Lumière réunit réellement les êtres; toutes les unions, toutes les communions qui ne se font pas à l'ombre de la croix, c'est-à-dire par la patience, et au nom du Christ, c'est-à-dire par la prière, ne sont qu'apparentes et superficielles.  Seul l'amour de ce Christ peut tous les miracles.  

*

Ainsi la mort est douce à celui qui aime Dieu par-dessus tout; et, pour celui-là, naître est une précieuse bénédiction. 

Pour celui-là, la seule chose importante est de servir son Maître, que ce soit sur la terre ou sur Neptune, que ce soit avec les uns ou les autres de ses frères.  Pour celui-là, l'amertume de toutes les souffrances se change en douceur, et en force, la fatigue de tous les travaux.  Pour celui-là, la mort, la naissance, les cadres de l'existence ne sont que des formalités; autour de lui se tiennent les vrais anges du Ciel gui le gardent, non pas du labeur ni de la bataille, mais de l'illusion.  A travers les faits muables et vains il aperçoit l'essentielle Réalité dont la création tout entière n'est que l'immense vêtement.  Il possède le mot de toutes les énigmes et le glaive de toutes les victoires : c'est la Croix, je veux dire l'acceptation des volontés du Père et l'activité courageuse de l'amour fraternel.  Ainsi la crainte n'approche plus jamais de lui; et chacun des sacrifices qu'il consent pour les hommes qui souvent le méprisent, lui dévoile un des mystères de la vie, c'est-à-dire de la naissance et tous ceux de la mort. 

Vous le voyez, je ne vous ai pas prodigué de fades consolations.  La religion, vous le voyez, à la pratique de laquelle je vous invite n'est pas une dévotion doucereuse, mais un sentiment net et fort d'une présence du Christ et d'une collaboration avec Lui.  Cette religion-là est toute énergie, réalisme, équilibre et joie robuste.  C'est la religion du devoir, non plus par force mais par libre choix.  Cette attitude intérieure seule peut vous donner la force de tout surmonter et la patience de tout subir; c'est à l'acquérir qu'il faut que vous éduquiez ceux de vos frères qui ne la conçoivent pas encore; et c'est par elle que vous pourrez servir complètement les destins futurs de la France, ceux de l'humanité, et accomplir les projets du Christ. 

 

 Chapitre II : L'enfant et les choses du ciel

 

 

Sources Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

 

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 16:38

Dans ce troisième chapître, la symbolique du baptême de l'Eglise catholique et sa correspondance avec la Mystique Chrétienne dont est tiré cet article... d'où "Sur la terre comme au Ciel"... ou "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut..."

 

L'INCARNATION DES AMES

 

par Sédir

3ème partie

2ème partie

1ère partie

 

 

Que fait la religion devant cette grave fête de la naissance ?   

« Nul n'entrera au Ciel, s'il n'est baptisé d'eau et d'esprit ».  Tel est le principe du sacrement de baptême.  Versant de l'eau sur la tête de l'enfant, le prêtre y verse en même temps de l'esprit : telle est la doctrine théologique, d'accord avec elle-même, puisqu'elle affirme d'autre part dans l'être humain un seul corps et une seule âme, et d'accord aussi avec la doctrine unanime des très vieilles initiations.  Car, en Kabbale orthodoxe par exemple, Nephesch et les quatre autres âmes ne sont que les degrés de perfection d'une âme unique auxquels l'individu accède selon ses mérites.  De même pour les Koshas du védantisme et pour les diverses psychologies ésotériques dont les théologies prennent le Verbe comme principe.  L'usage d'un prénom unique dans l'habitude de la vie se fonde sur l'intuition de cette unité centrale de l'être.   

 La matière du baptême est l'eau naturelle, consacrée si possible les samedis de Pâques ou de la Pentecôte.  Sa forme, ce sont les paroles : Je te baptise au nom du Père, du Fils et de l'Esprit Saint.  Le ministre du baptême, c'est le prêtre.  Lorsque l'enfant est à l'article de la mort, les parents peuvent le baptiser.   

Le nouveau-né est tenu sur les fonts par le parrain et la marraine, que l'Église désigne expressément comme ses parents spirituels.  Voyez ici avec quel soin la liturgie s'applique à reproduire visiblement les scènes invisibles à la participation desquelles elle nous invite.  Nous avons vu, en effet, que l'être est formé pour une part de la terre, au moyen des parents; pour une seconde part, de l'astre d'où il descend; et, pour une troisième, de Dieu qui lui accorde, à chaque existence, une diminution de ténèbres et parfois une augmentation de Lumière.  Le parrain et la marraine représentent la lignée invisible; le prêtre avec l'esprit de l'Église représentent la parenté divine.   

Voici le cortège du baptême :  

Deux assistants : les parents, pour le corps de l'enfant, avec son génie et leurs anges;  

deux parrains, pour le moi de l'enfant, avec leurs anges gardiens;  

deux témoins : le prêtre et l'Église pour l'âme de l'enfant, avec une présence du Verbe pour chacun.  Plus les assistants et leurs anges.  

Le parrain et la marraine parlent au nom de l'enfant, de son moi.  Dans cette minute, les trois esprits de ces trois êtres sont un et s'engagent ensemble sur la même route; des anges écrivent la promesse du parrain et de la marraine, lesquels deviennent responsables de la renonciation à Satan; ils s'obligent à une surveillance morale, à des soins spirituels et même à des soins matériels si les parents viennent à manquer.  Beaucoup, dont l'existence devient difficultueuse à cause d'un enfant, ou parce que leur jeunesse a été sans surveillance, sont des parrains et des marraines qui n'ont pas tenu leur parole autrefois. 

Voici, en résumé, le très instructif développement du rite baptismal.   

Le cortège se présente au temple.  - Qui frappe à la porte de l'Église de Dieu ?  demande l'acolyte.  - Des fidèles, répond-on.  Avez-vous jamais réfléchi à la noblesse de ce titre : les fidèles ?  Ceux qui ont donné leur confiance, leur foi, leur tout.  Que possède, en effet, l'homme de plus haut que sa foi, cette vertu par laquelle il s'attache immuablement à son idéal, ne faisant plus avec cette entité céleste qu'un seul esprit ?  Cette vertu qui lui donne tous les courages, qui l'élève au-dessus de tous les doutes, qui lui fait vaincre toutes les impossibilités, qui, enfin, le rendant aveugle aux imperfections inévitables des représentants humains de Dieu, l'enlève d'un élan triomphal par delà les nuages, jusqu'à ce Ciel où il se pose dans l'ineffable allégresse de l'Amour.  Il est excellent que l'homme soit fidèle.  S'il ne peut pas encore l'être aux objets surnaturels, qu'il s'attache aux entités paradisiaques du Beau et du Vrai.  S'il ne peut encore s'élever si haut, qu'il soit fidèle à une entité terrestre, à sa patrie, à son épouse, à sa parole; qu'il soit fidèle à quelque chose.   

C'est le grand moyen que le Père indique sa conscience de croître en force et en noblesse. 

- Que demandez-vous ?  continue l'acolyte.  - La vie éternelle, répondent les assistants.  Quelle immense audace !  De pauvres êtres perdus de vices ou, plus souvent, accablés sous ces lâches faiblesses plus tristes que des crimes; des ignorants, des impuissants, des vaniteux réclament pour une petite créature, sans doute capable des mêmes laideurs, tout ce qu'ils espèrent de plus grand, de plus beau, de plus splendide : la vie éternelle, tout le savoir, tout le pouvoir, tout le créé, tout l'incréé.  Comme le sens du divin demeure malgré tout vivace au fond de notre coeur !  Et comme nous gardons obstinément une certitude entière de la miséricorde divine !   

A cette demande hardie le prêtre donne une réponse aussi grande et aussi vigoureuse : « Allez, dit-il, allez vers le Seigneur de tout votre coeur, de toute votre âme, de toute votre mentalité !  » D'abord le coeur : le centre, la Lumière, le principe volitif, l'organe du Verbe éternel.  Ensuite, l'animisme, la vitalité triple de l'individu.  Et, seulement en troisième lieu, la pensée.  Psychologie profonde et vraie, toute conforme à la parole évangélique qui commande la subordination de l'intellect à l'amour et à l'action.  L'amour et l'action, comme deux époux parfaits, se nourrissent et se vivifient l'un l'autre, et de leurs soins mutuels la pensée doit être le miroir limpide.  

Avant de conférer une force, la liturgie fait toujours maison nette.  Avant de baptiser, le prêtre chasse l'esprit immonde qui, d'après la doctrine du péché originel, habite le corps de l'enfant; il emploie pour cela le souffle, le signe de la croix sur le front et sur le coeur, l'imposition des mains et la prière.  Puis il dépose le germe de la sagesse dans ce coeur, en même temps que quelques grains de sel exorcisé et consacré, sur la langue.  Et les formules qu'il récite demandent à Dieu la joie et la paix pour Son futur serviteur.  Ensuite les assistants sont admis à entrer dans la communion des fidèles, et à réciter le Credo par des prières, des signes de croix et un exorcisme spécial.  Cet acte de foi proféré  est transmis à l'esprit de l'enfant par l'acte du prêtre lui ouvrant les oreilles, qui sont l'organe par lequel la Vérité entrera dans son intelligence.  Et le parrain prononce aussitôt la triple renonciation à Satan, à ses pompes et à ses oeuvres; et l'enfant reçoit la force nécessaire pour tenir cette promesse par l'onction cruciale de l'huile sainte sur la poitrine et sur les épaules.   

Voici les apprêts terminés.  La personnalité du néophyte est alors sortie de l'empire du Prince de ce monde, purifiée, prête à entrer dans le Royaume du Christ.  Alors le prêtre change de lieu spirituel; il le marque en remplaçant l'étole violette (pénitence, amertume) par l'étole blanche (joie céleste).  Le parrain affirme de nouveau sa foi en Dieu, en Jésus-Christ, en l'Église et le ministre prononce alors la formule sacramentelle.  Il ouvre ainsi à l'enfant la porte de la cité mystique terrestre, de l'Église représentante et déléguée de la Cité mystique divine.  L'aspersion d'eau et l'onction d'huile sont faites sur la tête, parce que au sommet du cerveau se localisent les puissances par lesquelles s'établit la communication avec le plan divin.  

C'est à ce moment que le ou les prénoms sont donnés, au moyen desquels les anges reconnaîtront l'enfant.  Nous avons déjà expliqué, autant qu'il est possible, la force du nom; inutile d'y revenir.  

L'enfant devrait être alors revêtu d'une robe blanche, symbole du vêtement blanc des élus qui représente le corps glorieux des êtres réintégrés.  Et le parrain devrait, en outre, tenir un cierge allumé pour sortir de l'Église on comprend que ceci préfigure l'entrée de l'élu dans la Jérusalem céleste.  

Si alors le prêtre est saint, si le parrain est homme de parole, toutes les chances sont à l'enfant pour qu'il soit chrétien.  Le baptême des adultes ne se distingue que par un nombre plus grand d'exorcismes et de psaumes.  

Je ne décrirai pas à nouveau la bénédiction de l'accouchée ni celle des relevailles.  Ces observances, communes d'ailleurs à toutes les religions, s'expliquent par ce fait que  la terre, comme une cité, comme notre corps, comme tout organisme vivant, repousse ses déchets à la périphérie.  Les faubourgs de notre planète ne sont pas sains, la voirie en est négligée.  Les esprits des enfants qui arrivent, de même que les esprits des mères qui viennent à leur rencontre, s'y salissent.  C'est pourquoi les maris devraient sauvegarder spirituellement leurs femmes avec des soins beaucoup plus attentifs qu'ils n'ont coutume de le faire.   

Voilà à peu près tout l'essentiel de cet important sujet.  Retenez-en que la naissance est bien autre chose qu'un phénomène physiologique.  Cet aspect-là, l'aspect social, l'aspect ethnique ne prennent leur juste valeur que lorsque l'aspect spirituel en a été aperçu.  Ici encore, le fait terrestre est le dernier maillon d'une chaîne dont les premiers anneaux sont rivés à la Pierre angulaire, au Verbe.  Pour que la chaîne tout entière soit solide, pour que les enfants nous viennent qui soient réellement nos enfants, pour que leur arrivée soit heureuse, pour que nous sachions être des parents dignes de ce grave ministère, efforçons-nous au bien-agir, efforçons-nous au bien-prier.   

Chaque fois qu'un être prend pied sur une terre nouvelle, Dieu espère qu'il y travaillera assez pour en sortir libre.  C'est pour cette raison mystérieuse que les cérémonies du baptême font allusion constante à cet état de pureté, de perfection.  Inversement, au départ, l'espoir du Ciel se reporte à l'école suivante et tout est disposé pour la purification, le lavage.   

Les cérémonies religieuses sont toutes fondées sur le principe de la correspondance exacte et réciproque du monde sensible avec le monde invisible.  De même que chaque religion s'étend sur un domaine géographique, ethnique, social, assez exactement délimité, elle possède une fraction de l'invisible, propre à chacune, et ne ressemblant pas à la partie possédée par les autres religions.  Ces nationalités spirituelles sont, entre parenthèses, le grand obstacle à l'unification des formes  religieuses, comme les parties invisibles sont le grand obstacle à l'internationalisme effectif.  Dès lors, tout ce qui se passe dans l'invisible se répercute dans le visible; et tout ce que le prêtre, c'est-à-dire le ministre que sa consécration a rendu capable d'agir sur les deux mondes à la fois, tout ce que le prêtre accomplit matériellement se transporte au spirituel.   

Ainsi, les anges chargés de ce soin amènent des âmes à l'incarnation et, ici-bas, ceux qui les reçoivent font le nécessaire pour qu'elles communiquent avec l'Église spirituelle : c'est le premier acte de la communion des saints dont nous parle le catéchisme.  La communion des vivants et des morts s'inaugure par le sacrement de l'Extrême-Onction; en vous en parlant, je pourrai vous dire tout ce qu'il importe de savoir sur la mort (I).  

(I) Les Forces mystiques et la Conduite de la Vie : Les bénédictions de la Mort 


Vous savez dans quelles circonstances on administre ce sacrement.  En voici les rites :  

Le prêtre bénit en entrant le malade, la chambre et les assistants; première purification.  Ensuite il demande à Dieu tous Ses bienfaits sur cette maison, qu'Il y envoie Ses anges et en chasse les mauvais esprits.  Il récite ensuite le Confiteor et procède aux onctions de l'huile consacrée qu'il fait sur les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains et les pieds du malade; il accompagne ces gestes, non pas d'une prière, mais d'un commandement appuyé sur l'autorité de toute l'Église invisible : anges et saints, à l'effet d'effacer les péchés ayant pu être commis par le malade au moyen de ces différents organes.  Enfin il récite quatre formules d'imploration à la miséricorde céleste.   

Rien de tout cela n'est très effrayant; et, en fait, la mort n'est pénible que pour le corps du malade et pour les assistants.  Pour l'esprit du malade, elle est au contraire la délivrance, l'entrée dans un monde nouveau où, en changeant de travail, il pourra se reposer.  A vrai dire, la mort n'existe pas, parce que l'inertie, l'immobilité n'existent pas non plus.   

Ne voyons-nous pas la plupart des jeunes gens l'affronter en effet avec un courage qui nous semble inexplicable, et la majorité des vieillards s'en défendre avec une crainte qui nous semble non moins inexplicable ?  C'est que nous sommes des êtres matériels, et que la matière a toujours peur de l'inconnu.  A mesure que nous avançons en âge, cette matière, notre corps, s'attache de plus en plus à ce monde matériel qui le sature et le charge de liens; l'on voit ici un motif peu connu pour nous entraîner sans arrêt au détachement intérieur de façon que, à chaque année qui s'écoule, nous nous sentions davantage vivre en ce monde comme le voyageur dans les contrées qu'il sait devoir quitter prochainement.   

Si l'on pense que connaître, c'est expérimenter, à ce compte-là personne ne connaît la mort.  Les voyants les plus sublimes n'ont aperçu que des bribes de ce grand drame, comme les enfants qui se pressent au trou du rideau aperçoivent quelques gestes et entendent quelques mots du drame qui se joue sur la scène où ils n'ont point accès.  Celui-là seul peut voir et entendre qui a payé; c'est le régénéré, c'est l'homme libre, introduit par le maître du lieu, par le Christ.  

Quatrième partie 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

 

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 16:06

La première partie se trouve ICI...

 

 

L'INCARNATION DES AMES  

 

par Sédir

 

2ème partie

1ère partie

Toutefois, si l'esprit en instance d'incarnation est âgé, s'il porte un bagage d'expérience et de sagesse, si son inscription sur le Livre de Vie s'annonce comme prochaine, il reçoit la faveur singulière de l'épreuve suivante.  Deux anges viennent et lui montrent le tableau exact de la vie qui l'attend, avec tous ses mécomptes, ses douleurs et ses obscurités.  Si l'esprit accepte, une force lui est donnée qui lui rendra les épreuves moins pénibles.  Si l'esprit prend peur et refuse l'incarnation, il se met en retard et contracte une forte dette.  En effet, tout ce qu'il aurait eu à combattre dans son existence manquée grandit, prend des forces, devient plus nocif.  De sorte que, un peu plus tard, quand, bon gré mal gré, il s'incarnera et se trouvera en face de ses ennemis, la lutte sera beaucoup plus sévère, les secours moins prompts et, dans l'ensemble de son existence, en désharmonie avec le milieu, puisque tout ce que la Nature avait préparé auparavant n'a pu servir, par suite du refus, et se trouve emporté par le mouvement général des êtres.  Sans compter que le refus de ces esprits devient quelquefois la cause d'accidents mortels à la naissance ou même avant la naissance. 

Le cerveau ne se souvient jamais de cette épreuve; elle se passe en dedans, au-dessus de la conscience.  Je vous en parle, non pas pour le plaisir de vous apprendre un mystère, mais parce qu'il est utile que certains d'entre vous sachent cela.  Plus tard, quand votre mémoire actuelle vous aura été reprise, quand rien de ce qui forme votre apparence aujourd'hui ne sera plus, votre esprit, qui m'entend à l'instant mieux que vos oreilles physiques, se souviendra; et cette lointaine réminiscence suffira peut-être à lui donner la force d'accepter le calice à la première présentation. 

Permettez-moi d'insister sur le caractère exceptionnel de cette épreuve pré-natale; elle n'est offerte qu'aux âmes d'élite.  Dans la presque totalité des cas, l'heure et le lieu de la venue d'une âme sur la terre sont fixés d'avance.  Que l'enfant naisse dans une mansarde, dans un palais ou sur la grand-route, trois, quatre, dix ans même auparavant, d'invisibles génies  - ces êtres mixtes dont parlent toutes les traditions, dont saint Thomas d'Aquin lui-même nous révèle l'existence  - sont au travail pour amener les parents la où il faut.  Ils croient avoir été libres de leur mariage, du choix de leur domicile; ils ne l'ont été que dans la mesure où la Lumière habite en chacun d'eux.  Car les Ténèbres, c'est-à-dire la matérialité des instincts, des préoccupations, l'égoïsme des actes sont des chaînes réelles; la liberté des ambitieux, des cupides, des arrivistes n'est qu'une illusion.

Ainsi le père et la mère ont les enfants qu'ils ont mérité d'avoir selon la justice immanente qui règle l'univers; et les enfants, de même, naissent dans la famille où ils ont mérité de naître.  Et cette logique du Destin offre aux uns comme aux autres le maximum d'occasions pour progresser ver la Lumière.  

L'atavisme, influence ancestrale, l'hérédité, influence des progéniteurs immédiats, ne sont pas des causes, mais des effets.  Un enfant ne devient pas un artiste, un ouvrier, parce qu'il naquit dans telle classe sociale; mais, au contraire, il  vint dans un milieu ouvrier ou artiste, parce que, là, il devait trouver les moyens de telles ou telles expériences.  Un enfant ne devient pas tuberculeux parce que ses parents le sont; mais il naît de parents tuberculeux parce que son destin, c'est-à-dire le résultat spirituel des activités pré-terrestres de son moi, le pousse à expérimenter la tuberculose.  

Symétriquement, si je puis dire, l'enfant n'est donc pas plus libre que ses parents.  Bien entendu, je ne mentionne ici qu'une loi générale qui comporte des exceptions.  Voici lesquelles.   

Le Bon Dieu, vous le savez, en nous envoyant dans le monde, a déposé en nous une petite graine précieuse, qui contient toutes les puissances, toutes les facultés qui feront de nous, plus tard, lorsque nous serons parfaits, des êtres plus splendides que les plus grands dieux.  Mais, dans l'état de toute première enfance spirituelle où nous sommes encore presque tous, nous craignons l'effort et la fatigue.  Nous ressemblons à la plupart des bambins qui détestent l'école, mais qui, plus tard, devenus des hommes, seront heureux d'avoir été obligés de suivre les classes.  

Si donc, quand un esprit humain ordinaire doit venir naître ici-bas, il apercevait les peines et les travaux qui l'attendent, il refuserait certainement et, par sa pusillanimité, perdrait ainsi d'excellentes occasions d'avancer.  Aussi ne lui dit-on rien; il arrive aux portes de la terre, insoucieusement, comme un promeneur séduit par le paysage, et il reçoit un corps de chair sans l'avoir demandé.

Toutefois, bien que les âmes viennent sur terre par ordre impératif, elles ont besoin tout de même qu'on s'y prépare à les accueillir.  

C'est un devoir de se créer une famille; c'est un devoir que d'adopter des orphelins quand il ne nous est pas accordé d'avoir des enfants.  On doit se faire collaborateur de la vie générale, rendre à la Nature au moins l'équivalent des forces vitales qu'elle nous a confiées.  Le philanthrope, il est vrai, demande que des parents pauvres ou malades ne jettent pas dans l'existence de petits êtres voués à la douleur.  Mais le chrétien, tout en souhaitant que de tels parents ne procréent  pas au hasard d'une ivresse ou d'un caprice, tout en désirant que les époux, à quelque condition sociale qu'ils appartiennent, mettent plus de gravité et plus de souci à remplir leur devoir racial, le chrétien sait la vertu rédemptrice de la douleur physique; il sait que les petites victimes de l'atavisme et de l'hérédité se rachètent en souffrant; il les plaint, il les aide, il les soulage; mais il ne conseille jamais de les empêcher de venir se purifier.  

Personne n'a jamais que les enfants qu'il doit avoir.  Mais aussi personne ne pense à Dieu, ou presque personne; et personne ne pense à la prière.  Je suis certain cependant que si un père ou une mère, physiquement tarés et craignant de transmettre leurs tares, se tournaient vers Dieu, Lui exposaient leur angoisse et leur humble souci de Lui obéir, la Nature pourrait bien leur envoyer un enfant taré comme eux, conformément à sa loi, mais Dieu effacera la tare, sinon tout à fait, au moins dans une large mesure.   

Les enfants qui nous viennent sont ceux que le juste et intègre Destin nous envoie; mais, si nous le Lui demandions, le Seigneur nous enverrait des enfants immérités; nous aurions une tâche plus belle et plus bénéfique; car la vie extérieure répond toujours à notre vie intérieure.  Que deux époux adoptent un orphelin parce que sa figure leur est sympathique, ce sera parce que cet enfant leur est proche selon la Nature.  Qu'ils le prennent par devoir, pour obéir au Ciel, malgré qu'il leur soit antipathique, cet enfant leur aura été envoyé spécialement et surnaturellement.

Refuser les charges de la paternité est une faiblesse lourde de conséquences, sinon un crime.  Il est d'une importance capitale pour les esprits des hommes qu'ils puissent rentrer sur la terre.  S'ils se voient refusés par leurs parents normaux, ils sont obligés d'en chercher d'autres.  Vous imaginez-vous leur angoisse, bien pire que celle du chemineau en quête d'un abri, et qui peut durer des années ?  En sus, les parents que ces esprits trouvent enfin ne leur seront jamais comme les premiers d'une convenance parfaite, ni le pays, ni la religion, ni le milieu.  De tout cela il est juste que les coupables portent la peine; et, plus tard, quand ces parents légitimes, mais fautifs, seront partis et prêts à revenir, les portes de la terre leur resteront fermées bien longtemps peut-être.  Or, les esprits humains ont soif de la vie terrestre, parce qu'ils savent combien elle leur est utile; ils y voient des lumières que nous, incarnés, n'y apercevons plus.  Une telle attente est un supplice, une forme de ces terribles ténèbres extérieures dont l'Évangile nous donne plusieurs fois le tremblement.

*

Si les mystères ne nous étaient pas trop lourds, nous dirions ce qui se passe sur la terre, dans l'au delà et dans l'en deçà, quarante ans, vingt-sept ans, sept ans, et trois jours avant la naissance.  Une naissance est à la fois un très léger déclic des engrenages occultes et la plus vaste épopée.  La dernière des âmes qui s'abat sur le sein pitoyable de la mère la moins digne est tout de même accompagnée d'une longue théorie d'ancêtres, de génies et d'anges.  Son voyage se déroule parmi des musiques et des parfums; les tribus infra-humaines accourent, ou pour la saluer ou pour l'assaillir; et leur aspect étrange n'est pas sans la jeter dans de brusques terreurs.  Mais, en même temps, la marche de son cortège refoule les atmosphères secondes, et elle laisse derrière soi des gémissements et des larmes, tandis que le génies terrestres viennent à sa rencontre avec des palmes et des chants.  Oui, la descente d'une âme est un des plus magnifiques spectacles dont puisse s'émerveiller le regard d'un voyant; mais, aperçue d'un observatoire plus central, plus proche des cimes spirituelles, ce n'est que la chute-rapide d'une étoile filante sur l'immobile obscurité de la nuit caniculaire.  Ainsi, même avant d'atterrir, l'homme est à la fois immense et tout petit.  

Les premiers informés de la date et du lieu d'une naissance sont les constructeurs du corps.  Ils commencent parfois dix ans à l'avance de canaliser vers la chambre natale  les fluides qui modèleront le double.  Celui-ci attire ensuite les particules semi-pondérables que la conception rendra matérielles, de même qu'un imperceptible fragment, déposé dans une solution sursaturée, en précipite la masse tout entière.  

Le moi est prévenu quatre ou six années auparavant de la date et du lieu de sa nouvelle incarnation; aussitôt il commence à prendre contact avec l'organisme fluidique en voie d'achèvement.

L'âme, qui habite un autre espace, ne joint le corps qu'au premier respir de l'enfant; elle le touche au coeur; lorsque le bébé ouvre les yeux, c'est le premier souffle sur le cerveau par lequel l'âme y attache la pensée.  L'union de l'âme avec le corps n'est jamais finie avant sept ans; elle est presque toujours complète à neuf ans.

L'instant de la naissance peut être très douloureux pour l'esprit, de même que la mort lui procure souvent une joie ineffable.  Les paradis et les purgatoires alternent régulièrement dans la vie du moi.  Qu'on se repose aujourd'hui, il faudra travailler demain.  Qu'on soit heureux de l'autre côté, on souffrira en revenant.  Qu'on ait subi dans les ténèbres des épreuves expiatoires, la vie terrestre sera calme.

A connaître ces lois, on voudrait faire quelque chose pour les esprits qui reviennent, les aider, les conforter, les secourir; on se les imagine frêles et attendrissants, comme les petits corps délicats où ils palpitent.  On voudrait manier les armes des psychurges; on aimerait que nos regards percent les voiles.  Mais tranquillisons-nous : aucune psychurgie n'égale l'amour maternel; la force de l'amour maternel, c'est qu'il est vivant; il faudrait que l'amour fraternel vive aussi fort.  Aucune science ésotérique ne vaut la prière.  Pardonnez-moi de me répéter sans cesse, mais vous ne savez pas encore, personne ne sait la valeur de la prière.

La prière est une rosée; elle mondifie, elle purifie, elle nourrit, elle panse, elle illumine, elle transfigure.  Priez donc sans cesse.  Priez si vous n'avez pas d'enfants; priez s'il vous en vient; priez quand ils s'annoncent; priez quand ils paraissent; priez avec eux quand ils exhalent leurs premières plaintes; prenez leur premier regard, leur premier sourire,  leur première parole et les offrez à leur Père véritable.  L'enfant est le grand maître de la prière.   

*

Notamment, les parents chrétiens devraient s'adresser à Dieu bien plus souvent qu'ils ne le font pour tout ce qui concerne leurs enfants futurs.  Presque toujours c'est le caprice, le hasard d'une circonstance banale, qui les fait aller à ce marché féerique où l'on achète les choux et les roses qui abritent les petits bébés.  Car, si le père ni la mère ne peuvent rien sur l'âme de leur futur enfant, ils peuvent beaucoup sur sa vie physique, sur sa sensibilité, sur ses qualités mentales ou psychiques.  Leur prière peut faciliter toute l'existence du petit être dont l'esprit flotte autour d'eux; elle peut faire descendre en lui un germe lumineux que son destin ne comportait pas, ils peuvent l'orienter vers le monde ou vers Dieu.  Au surplus, aucun acte de la vie, entre époux chrétiens, ne devrait être accompli sans la prière, sans la demande, sans le remerciement.  Vous vous rappelez que, selon Sa promesse, le Verbe Lui-même vient, lorsque deux êtres se réunissent en Son nom; or, le couple qui, par excellence, doit vivre au nom du Christ, n'est-il pas le couple conjugal ?

Durant la lente construction du corps de l'enfant, durant la longue élaboration dynamique qui la précède et la suit, que d'incidents possibles !  La porte par laquelle les âmes atterrissent ici-bas est surveillée, guettée, convoitée par des êtres peu scrupuleux; aussi ces mois d'attente devraient-ils s'écouler dans le calme, dans la parfaite entente, dans la société des chefs-d'oeuvre de tout ordre et sous le regard de la Vierge.  Je vous parlerai quelque jour de l'épouse du charpentier, de la mère du Christ, et tenterai de vous expliquer sa puissance sur ce monde et sa sollicitude envers nous; aujourd'hui il suffira de dire que toutes les femmes devraient prendre comme modèle sur elle; filles, épouses, mères, veuves, toutes trouveront en Marie l'exemple pratique et l'idéal.

Si la santé corporelle de la mère se reporte sur celle de  son enfant, sa santé morale et psychique influence encore bien davantage la personnalité en germe du petit être.  Durant ces longs mois descendent, se mêlent, s'entrecroisent, s'organisent autour de la future mère une foule de forces indiscernables et d'agents invisibles; il faudrait donc avant tout que tout ce travail s'effectue dans le calme, dans la sérénité; que les préoccupations anxieuses, les soucis, les hostilités n'aient pas de prise sur la mère; qu'elle prie sans cesse que de tout son être elle aspire la Beauté, la Bonté suprêmes, qu'elle en fasse descendre les effluves et les reflets jusque dans les profondeurs de sa vie corporelle.  

Le moment de la naissance est grave; de nombreux auxiliaires collaborent à ce passage pénible de l'esprit arraché aux affections anciennes qui jusqu'alors l'ont entouré, conduit sur un monde inconnu, et dont seules les effluves de l'amour maternel et les clartés jaillies de la prière peuvent rassurer les inquiétudes et raffermir le courage.  La religion est donc la bienvenue au berceau du nouveau-né; l'ondoiement et le baptême réconfortent son esprit dépaysé, et les parents qui, par rationalisme, par respect mal compris de son indépendance future, le privent de ces secours ne se doutent pas qu'ils lui infligent des souffrances superflues.

En effet, tout corps humain contient un esprit immortel, siège du moi, de la personnalité, de ses deux consciences psychologique et morale, et une âme éternelle qui est le germe encore imperceptible de sa filiation divine et de son salut.

Le corps du nourrisson doit être soigné avec prudence.  La coutume du maillot lui est souvent nuisible; cette tendre chair, en effet, toute neuve, ressent en entier les réactions des forces mystérieuses dont il procède.  Ce bébé est un voyant; il perçoit des choses auxquelles, plus tard, bien acclimaté à la matière terrestre, il deviendra insensible.  Des langes qui l'immobilisent augmentent ses effrois.  La mère devrait donc se contenter de le tenir dans un berceau d'où il ne puisse tomber; elle devrait aussi ne pas le laisser la nuit sans lumière; celle d'une veilleuse suffit; et orienter son petit lit la tête à l'est ou au nord. 

 

Troisième partie

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 15:05

 

Premier chapitre de la Mystique Chrétienne... Sédir nous dévoile le monde des âmes. Pourquoi se réincarne-t-on ? Et d'abord qu'est-ce que la Mort ? Après l'avoir frôlée de près au moins deux fois, je dis ce que j'en pense ICI... pour moi, la Mort n'existe pas. Lorsqu'un de mes amis s'en va, je n'éprouve pas de peine. Je sais que je le reverrai dans l'Autre Plan, lui et d'autres... ma mère, ma grand-mère adorée... tous ceux qui ont croisé ma route un jour et qui sont partis avant moi... S'incarner sur cette terre ou sur une autre, c'est signer un bail pour un certain nombre d'années. On a un travail à faire, une Mission peut-être... quelque chose d'utile mais si l'on se laisse entraîner à des actes répréhensibles, à des mauvais instincts, alors il faut revenir encore et encore jusqu'à ce que la leçon soit bien apprise, bien comprise et que l'on ne dévie plus de la Voie Royale de la Lumière...

Pour ceux que cela intéresse, voir ce que m'a inspiré la mort de Pinochet dans un roman de science-fiction... Angela Markus...  

 

L'INCARNATION DES AMES

 

par Sédir

 

1ère partie

      

 Chapître 1 de la Mystique Chrétienne

 

 

 

 

La Naissance et la Mort sont deux phénomènes réversibles et les deux aspects d'un même acte du drame cosmique de l'âme humaine, envoyée par le Père en voyage d'instruction parmi les mondes; écoles obscures ou éblouissantes de la Sagesse éternelle. 

Un voyageur s'embarque au Havre pour l'Amérique, au même moment où un autre quitte New-York pour venir en Europe; l'un disparaît de la France pour apparaître en Amérique, l'autre disparaît de l'Amérique pour apparaître sur les rivages français.  Ainsi une naissance sur la terre fait suite à une mort dans quelque planète indiscernable, et une mort sur cette terre inaugure une naissance à une forme de vie plus parfaite. 

Les religions occidentales ne nous renseignent que fort peu sur les existences extra-terrestres.  Si l'on est vraiment un chrétien, on approuvera ce mutisme, car le chrétien qui demande à comprendre avant de croire est-il un chrétien ?  Jésus nous a confirmé la tendresse et la miséricorde du Père; qu'avons-nous donc besoin de savoir, si nous nous fions entièrement à Lui ?  Et si notre confiance exige des explications, ce n'est plus une confiance, et nous ne sommes plus des chrétiens.  Jésus nous demande cette confiance; Il est venu pour nous faire passer du monde des effets au royaume de la cause première, pour nous faire franchir l'abîme réel qui sépare le fini de l'infini, le temps de l'éternité; nous devons pour cela sortir de nos propres limites, comprendre combien le savoir est précaire et nos pouvoirs impuissants.  Seule, la foi accomplit en nous cette transmutation miraculeuse; seul, le vrai chrétien, lorsqu'il ne comprend plus, adore et, lorsqu'il ne peut plus agir, demande à son Père céleste. 

Si donc je voulais observer avec rigueur la conduite évangélique, je ne vous parlerais pas de ces choses inconnues qu'il vous faudra accepter en prêtant confiance à mes dires.  Mais, à notre époque, et pour des raisons qu'il ne nous appartient pas de scruter en public, les êtres sont tels que, pour se décider à agir, ils ont besoin de comprendre ou, plus exactement, ils ont besoin de l'illusion de comprendre; c'est ainsi qu'une maman, pour que son petit enfant soit sage et fasse ses devoirs, répond à ses questions du mieux qu'elle peut et avec toute la prudence que lui inspire son amour. 

Le Ciel donc a bien voulu soulever un coin du voile de l'Au-Delà pour Ses serviteurs; c'est ce qu'ils ont aperçu que je vous transmets, espérant par là vous faire découvrir quelques aspects inconnus de la sagesse et de la bonté divines, et provoquer dans vos coeurs cette reconnaissance admirative seule capable de vous attacher à Lui et de vous faire Le servir par la prière et par la charité, ces deux formes de l'Amour. 

**

Le nombre des âmes humaines est limité, car la création est limitée.  Les voix diverses des plus vieilles traditions affirment ceci, et c'est un fait exact.  Chaque naissance demande une mort, ou plutôt deux morts : l'une sur quelque planète, l'autre sur cette terre, par la même raison que chaque mort se résout en une double naissance : une terrestre et une extra-terrestre.  Ainsi, toute souffrance n'est que le moyen d'une joie, belle en proportion; tout déchirement prépare l'éclat d'une fleur et la suavité d'un fruit précieux. 

Un pays, un continent, une planète peuvent bien voir leurs populations varier dans de larges limites; mais la population totale de l'Univers, quoique croissante, ne dépassera jamais le chiffre fixé par le Père en vue du dernier Jugement.  Nos exils auront une fin, croyez-le, fin d'autant plus triomphante qu'ils auront été plus précaires.  La route est longue, certes, qui nous mène à la vraie Ville éternelle; mais la Ville est là, immuable, magnifique mille fois davantage que nos rêves les plus splendides.  Avec quels transports n'en apercevrons-nous pas les remparts resplendissants ! 

 

En vérité, j'entends au point de vue absolu, il n'y a que deux sortes d'hommes : les enfants de la Nature et les enfants de Dieu. 

Les premiers sont tellement nombreux que, pour ainsi dire, ils composent les humanités universelles presque tout entières.  Ce sont les écoliers, les pèlerins, les évoluants, la foule entre des barrières, les sujets passifs du Destin.  Ils subissent, ils réparent, ils s'instruisent, ils prennent des forces.  Ils n'agissent pas, au sens réel du mot; ils ne peuvent pas, ni ne savent pas encore agir; leurs oeuvres sont d'argile; leurs paroles, des balbutiements; leurs volontés, des caprices.  Même les oeuvres des génies, les paroles des conducteurs de peuples, les vouloirs des héros, tout cela, ce sont des ébauches, car nous les regardons, n'est-ce pas ?  du point de vue de Dieu.  Les hommes avancent, certes, mais si lentement qu'il faut attendre des siècles pour mesurer leurs progrès.  Un jour cependant, ils découvriront les frontières du monde; leurs regards éblouis se rempliront des paysages éternels déployés tout près d'eux sur l'autre bord de l'abîme du Néant; un jour, le Verbe, avec Ses anges et Ses amis, paraîtra au détour du chemin et, par la vertu d'un baptême définitif, dans le silence total des créatures attentives, ces esclaves deviendront soudain des hommes libres; ces écoliers, des maîtres; ces piétons harassés, des athlètes calmes et forts.  On les vêtira de robes brillantes, on les saluera au titre d'Enfants de Dieu. 

Mais, pour maintenant, ces Enfants de Dieu sont rares : quelquefois, un par race; plus ordinairement, un seul par siècle, pour la terre entière. 

Le premier en date qui, dans la littérature initiatique, parle de ces mystères, c'est Jean le Vierge, car personne ne les avait pu soupçonner avant la révélation corporelle du Verbe; nul depuis, d'ailleurs, n'a non plus osé ou pu en dire un mot.  

 Voici ce qu'enseigne le Fils du Tonnerre : « Ceux qui ont cru deviennent, par une grâce du Verbe, enfants de Dieu; ceux-là ne naissent ni des sangs, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais par la volonté de Dieu.  »

Il ne faut pas entendre qu'on parle ici des âmes.  Les âmes sont la Lumière même; elles ne deviennent pas, elles demeurent; elles ne tombent pas, elles restent spectatrices et témoins; seul, leur éclat peut varier.  Jean parle du moi, de l'esprit individuel.  Le moi évolue, monte, descend, grandit, rapetisse, se salit, se purifie; il appartient au Naturel et l'âme au Surnaturel.  L'individualité est le produit de deux facteurs, l'enfant de deux parents; tout naît par un mariage.  Les parents, les véritables constructeurs de l'esprit, l'évangéliste les désigne comme pouvant être ou les génies de deux familles, ou un dieu avec une déesse de la matière, ou deux volontés exceptionnelles.  Le premier cas est le cas général.  Le second ne se présente que si, par exemple, telle forme de la matière va être assouplie à un ouvrage nouveau, parce que l'inventeur ne réussira que s'il possède une suprématie spirituelle sur les forces matérielles destinées à ce nouvel usage.  Le troisième cas est tout à fait rare : il a lieu quand un dévastateur doit venir sur terre en fléau de la Justice, ou lorsqu'un séducteur spirituel y descend, comme réponse aux égarements d'une race. 

Telle est la génération des esprits humains; on y retrouve la loi universelle qui exige, pour chaque progrès d'un inférieur, le sacrifice de deux supérieurs.  L'individualité a besoin, pour se construire, du double concours d'un génie qui s'exile et d'une âme qui s'enchaîne.  L'enfant ne peut naître que si sa mère a accepté de souffrir et si son moi veut bien se laisser conduire en prison. 

Dans l'intervalle de deux incarnations terrestres, ce qui, en nous, n'appartient pas à la terre passe le fleuve frontière du pays des ombres, et prend un repos durant lequel les poussières et les déchets se déposent peu à peu.  Toutes les parties de notre être bénéficient de ce calme, car en toutes, dans les plus matérielles même, scintillent des étincelles du Centre, des souffles de l'Esprit les traversent, des rayons de l'âme divine les illuminent.  Une alchimie délicate et mystérieuse règle cette opération.  L'ossature psychique de l'individualité demeure en l'état où les travaux de l'existence qui vient de finir l'ont amenée; tandis que les préjugés, les inutilités, les erreurs s'évaporent lentement au feu d'un soleil secret; car l'âme, parce qu'engendrée du Vrai, n'accepte et ne s'assimile que le Vrai. 

Avant de renaître, le moi retrouve donc ses organes de connaissance et d'action tels qu'il les a rendus à la Nature lors de son dernier départ.  Mais l'huile a été décantée, la lampe éclaire mieux, l'idéal apparaît plus net; l'élan inné de la vie améliore naturellement les canaux par où il descend à la rencontre de nos aspirations. 

Ici entre en jeu la loi des renaissances.  Faut-il accepter cette théorie ?  Les preuves philosophiques ou expérimentales, aussi bien que celles données comme inattaquables par les occultistes, sont impossibles à admettre rationnellement.  Il s'agit là d'une de ces nombreuses vérités dont l'intuition seule peut nous convaincre.  C'est une vérité consolante pour la foule des demi-spiritualistes qui ne croient pas d'une foi plénière et sereine à la bonté de Dieu, ni à Sa justice.  C'est une vérité inutile pour le disciple dans le coeur duquel palpite le sens du divin.  Les hommes, pour la plupart, pensent comme si les perfections divines étaient renfermées, bien à part, dans un coffret verrouillé, ne concevant pas qu'elles sont vivantes, réelles, mêlées au monde, ouvrières actives, forces positives.  Le disciple comprend ces choses d'une façon plus pratique.  La réincarnation lui paraît possible et logique, puisque tout est possible, et qu'il suffit que Dieu veuille pour que tout soit; mais il ne se préoccupe de rien que de son devoir immédiat.  Son coeur habite le royaume du Permanent.  Peu lui importe de prendre aujourd'hui le costume de l'ouvrier, demain celui de l'artiste, après-demain celui du prince; n'est-il pas partout avec son Seigneur, avec son Bien-Aimé ? 

Au reste, on ne découvre dans l'Évangile que des allusions à la pluralité des existences.  Toute l'antiquité y croyait, tout l'Orient y croit encore aujourd'hui.  Cette idée donne de l'espoir; elle peut aussi rendre indolent.  A l'inverse, la théorie catholique peut jeter le désespoir dans une conscience craintive, mais aussi elle fomente l'énergie des coeurs ardents. 

Quoi dire d'exact sur la réincarnation ?  Les vieux sages de l'Inde et de la Judée nous ont transmis quelques-unes de leurs recherches.  Mais ne savons-nous pas d'avance qu'elles sont approximatives et conditionnelles, au même titre qu'une expérience de laboratoire ?  Ne savons-nous pas que la venue du Verbe a bouleversé le Cosmos, détrônant les grands dieux, élevant les cohortes de l'abîme, peuplant les déserts, ruinant les populeuses cités de l'Invisible, mettant à gauche ce qui était à droite, et réciproquement ? 

Dès lors, sur quelles bases refaire les calculs des initiés ?  Comment guider nos voyants ?  Sur quelles cartes de l'Au-delà se conduire ?  Où élever l'observatoire pour l'immensité de la Création ?  Ne faudrait-il pas, au préalable, sortir de l'espace et s'abstraire du temps ?  Ne faudrait-il pas être, non seulement un délivré, mais encore un homme libre ? 

La réincarnation n'est pas un phénomène simple.  Une personnalité ne revient pas en bloc, telle quelle; elle subit des réductions et reçoit des additions.  Que sont ces changements, d'où viennent-ils, dans quel but ?  On ne peut pas le savoir.  Les adeptes même admis aux conseils des dieux ne savent que ce que ces dieux savent, ou ce qu'ils veulent bien leur dire.  L'homme ressemble à une grande ville où des voyageurs entrent sans cesse, tandis que d'autres en sortent.  Qui tiendra le registre de ces fluctuations ?  Dans certaines races, le moi garde constamment son destin; dans d'autres, plusieurs « mois » se relaient dans un ou plusieurs organismes; ailleurs, il y a des collaborations; ailleurs encore, l'esprit ne s'incarne pas, mais obombre le corps; et combien d'autres procédés ingénieux la Nature met en oeuvre !  Nous ne pouvons même pas les cataloguer. 

Il est plus digne de faire l'aveu de notre ignorance en nous jetant aux bras miséricordieux de l'Ami.  Ce serait Sa joie de nous promener dans les palais du Mystère, de merveille en merveille, et de secrets en secrets.  Mais nous ne saurions pas nous bien tenir, parmi les êtres resplendissants, les génies ailés, les gardiens taciturnes et magnifiques qui peuplent les salles de la Maison éternelle.  Regardons-nous; sachant à l'avance que dans une rue où un devoir nous appelle nous rencontrerons un créancier, combien d'entre nous ne remettront pas le devoir pour éviter l'ennui prévu ? 

Or, si nous connaissions nos existences antérieures, il serait facile de déduire à coup sûr les épreuves réparatrices qui nous attendent aujourd'hui; et personne, il faut bien l'avouer, ne serait assez courageux pour ne pas chercher à les fuir; de là s'ensuivraient, pour notre plus grand dommage, des retards considérables dans notre avancement spirituel.  

 Ce même exemple explique la raison profonde de toutes nos ignorances.  D'ailleurs, Jésus ne nous demande pas de devenir savants, mais bons.  

 

Deucième partie 

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
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