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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 15:58

  Jésus pharisien et kabbaliste

 

Le message de Jésus peut avoir deux lectures

par Patrick Levy

 

 

Dans le judaïsme, comme dans les autres religions, deux modes de rapports au religieux cohabitent : la religion “prêt-à-croire” et la mystique, l’affirmation et la foi ou le doute et l’interrogation. Ces deux niveaux de sens apparaissent au sein des mêmes textes selon l’interprétation qu’on en fait. Comme tout bon maître, Jésus enseignait à ces deux niveaux simultanément.


Dans l’exemple de sa conversation avec un scribe, nous pouvons ainsi comprendre ce que dit Jésus selon l’éclairage du judaïsme pharisien, c’est-à-dire de la foi juive traditionnelle, et selon celui du judaïsme dit secret. “ Un scribe s’approcha et interrogea Jésus : “Quelle est la première de toutes les mitsvah ?” Jésus répond par le Shema Israël que tous les juifs connaissent depuis l’enfance. Il dit : “Écoute Israël YHVH, notre Élohim, YHVH ékhad (Un)”.  ”(Mc 12, 28 ; Mt 22, 34 ; et Deut 6, 4) En hébreu le verbe être n’est pas toujours écrit. Comme ici, il est souvent supposé. On peut traduire ce verset : “Notre Élohim est l’unique YHVH”, ou “notre Élohim est YHVH Un (ékhad)”. Quoi qu’il en soit, l’enseignement du Shema Israël est centré sur ékhad, le mot sans doute le plus important de la Torah, si important qu’il est conseillé de le prononcer au moment de mourir.

 


Dieu est-il le Seul ou est-il Un ? L’enseignement exotérique du Shema Israël est simple : il n’y a qu’un Dieu, c’est YHVH, il est unique, extérieur à soi, personnel, et cette affirmation établie, dans notre rapport à Dieu, une relation de croyance pareille à celle que l’on trouve dans toutes les religions.
YHVH-ékhad peut aussi signifier que Dieu est cet Un qui ne suggère pas une quantité (“un” opposé au multiple), mais une qualité qui évoque l’union, l’unique, l’universel. L’enseignement mystique du Shema Israël est alors celui de la non-dualité : ce qui est divin, ce qui est sacré, c’est un rapport au réel qui unit tout en Un. Connaître l’Un, faire cette union, c’est connaître YHVH qui est Un et qui inclut tout.
Pour des raisons plus politiques que spirituelles, l’Évangile de Thomas n’a pas été retenu comme canonique par la plupart des Églises. Il est composé de sentences mystiques prononcées par Jésus et révèle un aspect de l’enseignement du maître ignoré par les autres.
En plusieurs occasions, Thomas rapporte des paroles de Jésus qui déclinent et explicitent de différentes manières l’affirmation du Shema Israël pour montrer comment réaliser cette union en l’Un : “Quand vous ferez le deux Un, et ferez le dedans comme le dehors et le dehors comme le dedans, et l’en haut comme l’en bas, en sorte que vous fassiez le masculin et le féminin comme un seul […], c’est alors que vous irez dans le Royaume.” (Thomas, logion 22) Quand vous aurez fait le deux Un vous serez fils de l’Homme.”(T 106).


L’Homme ressemble à Dieu, Dieu ne ressemble à rien.


Dans la deuxième des Dix Paroles, YHVH affirme fortement qu’aucune image ne peut le représenter : “Tu ne feras pour toi ni sculpture ni image de ce qui est dans les ciels en haut, ou sur la terre en bas, et dans les eaux sous terre ; tu ne te prosterneras pas devant elles.” (Ex 20, 4) Ce principe de l’invisibilité de Dieu est abondamment répété tout au long de la Torah. “YHVH, nul n’est semblable à toi ”, “Rien ne lui ressemble” et “Rien n’est en dehors de lui” (Ps 86, 8 ; Jr 10, 6 ; Dt 4, 39) Une image, une sculpture, une représentation quelconque qui le réduirait ne peut donc pas représenter ce Dieu Un, tout incluant, Père de tout.


Pourtant, la Genèse affirme qu’Élohim a conçu l’Homme à son image et selon sa ressemblance puis l’a créé à son image. (Gn 1, 27) Un Dieu sans image a donc créé l’homme à son image. À quoi l’homme ressemble-t-il ? La réponse à cette question cruciale se trouve dans le Shema Israël : YHVH-ékhad, Dieu est Un. Cet Un inclut tout et l’Homme ressemble à Dieu lorsqu’il est Un, lui aussi.


Des commentateurs juifs et chrétiens comme Maimonide ou maître Eckhart insisteront sur cette approche de la connaissance de Dieu par l’union de tout en Un. “Dieu, dit le maître juif, est celui qui connaît, il est le connu et il est la connaissance elle-même, tout est Un.”
Cette appréhension fait de Dieu, non une personne extérieure mais une qualité d’attention. Toute observation est faite de trois facteurs : l’observateur, l’observation et l’objet observé. Maimonide dit que, pour Dieu, ils sont unis. Pour connaître Dieu nous pouvons connaître comme Dieu, en unissant observateur, observé et observation.
Maître Eckhart, un catholique rhénan du xiiie siècle, disait : “Les gens simples s’imaginent qu’ils doivent voir Dieu, comme s’il était là et eux ici. Il n’en est point ainsi. Dieu et moi sommes Un dans la connaissance. Celui qui connaît, et ce qu’il connaît sont Un.” Faire cette union, voilà le chemin spirituel.

 

 

Aimer ce qui est autre


Dans sa réponse au scribe, après avoir cité le Shema Israël, Jésus poursuit : “Tu aimeras ton YHVH, ton Élohim, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force”, puis ajoute une deuxième mitsvah, en rappelant le Lévitique : “Tu aimeras ton réa (prochain) comme toi-même” (Lv 19, 18). Réa signifie autre, parent, voisin, étranger, prochain, tout objet, ce qui est autre.
Ordonner d’aimer Dieu ou son prochain est une exhortation vide de sens, car l’amour ne se commande pas. La première mitsvah citée par Jésus apporte le fondement conceptuel et la méthode de la seconde qui énonce la mise en pratique et la vérification de la première. Dieu est Un et cet Un inclut tout. Autant dire : “Tu aimeras tout autre et toi comme Un.” L’autre, ton prochain, est une forme de toi-même.
Le scribe apprécie la démonstration de Jésus, il s’exclame : “Beau ! Maître, tu as dit qu’Il est Un et sans autre que Lui.” Car, en effet, l’homme qui s’établit dans la conscience que le créateur et tout le créé ne sont qu’un seul phénomène, peut, sans difficulté, aimer tous ses prochains, c’est-à-dire les regarder comme une manifestation de Dieu ou de lui-même, et les aimer sans évaluer leur caractère, sans les juger, en décelant Dieu à travers eux. Cette qualité de l’amour qui ne pose aucune condition “couvre toutes les fautes” (Pr 10, 12) Il “est l’accomplissement de la loi” (Rm 13, 10). “Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui ”. (I Jn 4, 16).


Le Zohar est le texte le plus important de la Kabbale. Il fut rédigé au xiie siècle, mais il réunit des fragments éparts de la tradition mystique juive qui s’origine deux siècles avant notre ère. Lui aussi insiste sur l’Un : “L’ensemble des âmes du monde, œuvre du Saint, sont Une” (Z LL 85b p. 428). “Lorsque l’homme a compris que tout est Un et qu’il ne s’y insère plus aucune fragmentation, le monde lui-même se retire et ne l’influence plus” (Z P 12b p81).
Ailleurs, en se servant de la technique de la guématria (la réduction de mots à leurs valeurs numériques) le Zohar rassemble les deux mitsvots citées par Jésus en une seule explication.
En hébreu, amour se dit ahavah, mot qui a pour valeur numérique 13. Un autre mot a cette valeur, ékhad, Un. Si nous considérons tout comme Un, nous sommes amour. Lorsque nous contemplons toute chose avec amour, nous regardons l’Un. Si nous ajoutons cet Un à amour, nous trouvons YHVH, dont le nom a pour valeur numérique 26 : l’Amour qui inclut tout dans l’Un, est équivalent à l’innommable YHVH. Aimer Dieu ou son prochain, c’est être Un.

Sources : Nouvelles Clés

Posté par Adriana Evangelizt

 


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Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
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