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  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 08:08

Il faut d'abord lire la 1ère partie...

 

 

 

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

 

CHAPITRE VI  

 

2ème partie

 

112. - Sujets de méditation.
113. - Ce qu'est la méditation.
114. - Le monoïdéisme.
115. - Comment méditer.
116. - Insuffisance de la méditation.
117. - L'Amour divin.
118. - Sujets de contemplation.
119. - Idem.
120. - L'extase.
121. - Applications.

CONCLUSION

122. - L'homme total.
123. - L'Idéal grandit en même temps que nous.
124. - L'étude de soi-même.
125. - Les grandeurs selon l'Esprit.
126. - Énergétique psychique.
127. - Objets du vouloir : le repos.
128. - La possessivité.
129. - L'obéissance à Dieu.
130. - Liberté et puissance.
131. - Petitesse de l'existence.
132. - Grandeur de l'existence.
133. - BIBLIOGRAPHIE.



 

- 112 Il y a trois grands sujets de méditation.

Celle du matin : sur les
intuitions nocturnes et les projets pour le jour qui commence.

Celle du soir :
examen de conscience et préparation au sommeil.

Celle de l'étude où on est sollicité, quand l'accomplissement de nos devoirs nous en laisse le temps.

Les deux premiers sujets sont pour tout le monde; le premier (sic) n'est utile qu'aux spécialistes.

- 113 - Les observations, les expériences, la lecture sont
l'aliment.

La méditation est une
digestion.

La pensée, une
procréation.

Car il y a
un corps mental, construit avec une substance éthérique et pourvu d'organes analogues à ceux de notre corps physique.

Il faut donc exercer ce corps mental, par la
concentration. Et le faire travailler, lui faire donner un rendement utile par la méditation.

- 114 - La concentration, comme le mot l'indique, consiste à fixer sur un seul objet, une seule perception,
toute la force mentale; c'est un développement de l'attention, donc une oeuvre de volonté.

Contre l'association des idées : il faut
ne pas la combattre avec brusquerie, ne pas contracter ses muscles, ramener doucement et patiemment l'attention, l'onde mentale sur l'objet choisi, jusqu'à ce qu'on en ait une perception nette, complète et exacte.

Ce résultat obtenu, il faut, toujours par le même procédé, rendre cette image immobile; car
la foule des images mentales antérieures et contemporaines tend à la chasser. Ici, la vue intérieure commence à prendre contact avec la forme invisible de l'objet contemplé.

Enfin, il faudrait pouvoir
chasser toutes les images formelles, et arriver à tenir une seconde, une fraction de seconde, l'attention en face de Dieu.

- 115 - Après quelques mois de pratique journalière, le mental peut devenir capable d'un travail méthodique. Ici, commence la méditation proprement dite. On peut la réduire à six opérations volontaires :

Un sujet étant donné :

1) L'intellect attentif le perçoit par individualisation.

2) Il le réfléchit par analyse.

3) Il le compare à d'autres par analogie et synthèse.

4) Il se le rappelle par classification méthodique.

5) Il l'assimile, le comprend, par induction et déduction.

6) Il en rapproche les dépendances par l'imagination, et crée sa pensée.

La durée d'une telle méditation ne peut pas être fixe.

- 116 - Arrêtons-nous un moment, une fois ce magnifique résultat obtenu : la création d'une pensée; il est bon de comprendre q
ue ce n'est qu'un provisoire. Car le mental conscient ne peut nous donner du non-moi qu'une connaissance proportionnelle :

A l'apparence de l'objet;

A l'état du milieu où se posent le percepteur et le perçu;

A la qualité individuelle du mental.

Nous arrivons à
la troisième école, la plus saine, la plus harmonieuse, la plus féconde, l'école de l'amour, l'école par excellence de la volonté; celui-là est la flamme et celle-ci la chaleur.


- 117 - L'amour
le plus haut est celui qui désire le plus haut objet : Dieu.

Le
plus pur, c'est celui qui s'oublie soi-même le plus.

Le
plus fort, c'est celui qui travaille, c'est-à-dire qui affronte le plus la souffrance.

Pour préparer cette ascèse, il faut une série d'entraînements progressifs des mobiles de nos actes. C'est la purification de la volonté : en voici un exemple; chacune des idées des neuf canevas qui suivent doit être apprise, réfléchie, contemplée sous toutes ses faces.

- 118 - 1) Dieu est le Père, le Vrai, le Beau, le Bien, le Puissant, le Permanent, le Réel.
Tout ce qui n'est pas Lui est une forme muable.

2) Tous les objets, toutes les sciences, toutes les existences
ne sont que des écoles. Inutile de s'y attacher, non plus qu'à soi, ni à ses propres désirs, ni aux résultats de nos actes. Devenir stable en Dieu. Pratiquer la vertu pour elle-même.

3) Que la pensée ininterrompue de Dieu ramène à Lui tous nos actes, toutes nos émotions, toutes nos cogitation
s. On gouvernera ainsi les impulsions des cinq sens, et les émotions, par la fixité du mental sur Dieu.

4) Le moi s'observant sans cesse sentir et agir, on obtiendra la maî
trise de ses mouvements psychiques, de ses paroles et de ses actes.

- 119 - Parti de l'idée d'Absolu pour arriver au contrôle de soi-même, c'est-à-dire à une réalisation individuelle de cette Unité première, nous allons essayer d'obtenir la même unité quant aux influences externes.

5)
Si tout n'est qu'une école, les formes, les rites, les systèmes sont vains : les quitter en soi, tout en les gardant selon la compréhension d'autrui. Accepter toutes les manières de voir : nos frères sont aussi dans les écoles; telle est la tolérance.

6) On devient donc impassible, endurant, patient, serein : on
supporte tout sans colère, sans envie, sans hâte.

7)
Garder cette constance dans l'épreuve; vaincre la tentation, par une fixité immobile; devenir incapable de sortir de la route : telle est l'origine de la foi.

8) Ayant conquis l'équilibre, s'enquérir de tout; trouver en tout le bien, le beau, le vrai qui s'y cachent.
Sentir que le Maître nous a pris par la main.

- 120 - 9) Ici
le Maître suscite dans le coeur du disciple le premier frémissement de son approche; le désir du Ciel se lève; le Maître est là; l'Amour s'allume; rien d'autre ne peut se dire.

Mais, je le répète, ces neuf exercices, qui d'ailleurs, pour être parfaitement suivis, peuvent prendre des années, et même des existences, ne sont qu'un exemple. Chacun peut se faire à lui-même son programme.

- 121 - Ces thèmes de méditation et de contemplation s'appliquent à toutes les circonstances de la vie, et à tous les états d'âme. L'acte n'est que leur conséquence logique et nécessaire.

Il n'y a donc pas, à proprement parler, des entraînements pour agir; ceux qui pensent
avec justesse et qui sentent avec noblesse agissent toujours bien.

D'ailleurs,
dès que nous générons le désir sincère de suivre la Loi du Ciel, il s'offre toujours à nous, même sans que notre conscience s'en aperçoive, une collaboration invisible, effective, et de plus en plus continue.

Jamais personne n'est seul.

CONCLUSION

- 122 -
L'homme désire toujours ce qu'il ne possède pas; ce qu'il possède, il en fait fi. C'est-à-dire que notre idéal à chacun est notre complémentaire analogique. Si, nous plaçant par l'imagination plus haut que le tourbillon de notre planète, nous embrassons d'un coup d'oeil la série des existences que subit une âme avant d'avoir peut-être appris complètement sa leçon terrestre, nous apercevons cette âme comme un soleil, et ses différentes personnalités comme des satellites de révolution qu'éclaire à tour de rôle la vie propre de ce globe terraqué. Ces satellites psychiques sont des aspects de l'âme centrale immobile; ils ont leur libre arbitre propre et par suite leur idéal particulier, avec lequel ils se fusionnent plus ou moins; et le système d'ensemble a aussi son idéal plus synthétique vers lequel il se dirige, comme notre soleil se dirige vers la constellation d'Hercule entraînant avec lui tout son cortège planétaire.

- 123 - Plus l'être humain évolue, plus il devient complet et complexe,
plus son idéal, c'est-à-dire son complémentaire invisible, monte aussi vers la perfection; plus il revêt un caractère vénérable et sacré, plus ces deux entités se rapprochent, et plus graves deviennent les conséquences des infractions à ce contrat hiératique qui relie l'homme au Dieu qu'il a élu. Mentir à son idéal est donc presque irréparable; cela ravale notre dignité, cela aveugle notre conscience, cela empoisonne en nous la source vive de l'Esprit.

Contemplez ici notre dignité à nous tous.

- 124 - Agissez d'abord selon la voix secrète et infaillible de la conscience. Ensuite cherchez le pourquoi de votre impulsion intime; enfin, quand l'action vous laisse du temps, méditez sur la cause de ce pourquoi, sur le fonctionnement de la faculté rationnelle. Telle est la marche qu'Epictète, écho inconscient de Sankaratcharya, recommande, pour découvrir les sommets de notre psychologie;
" Le vrai moi, dit-il, c'est notre volonté, tout le reste n'est pas nous ".

- 125 -
La grandeur réelle de l'homme selon l'Éternité, est l'inverse de sa grandeur apparente selon le Temps. Le roi, qui veut connaître le coeur de son peuple, dépouille pour parler avec le prolétaire, son costume d'apparat. Celui qui sait les mystères cache sa science sous la parabole; celui qui peut enveloppe sa puissance de l'humble manteau de la prière. Celui-là est terriblement fort : ne garde-t-il pas close, par amour, sa main remplie de perles ? Quel martyre pour cet Aîné, que son silence voulu !

- 126 - Connaissant que tout remue et bouge à l'infini, dans cet Univers, que tout s'interpénètre, qu'enfin
selon l'axiome hermétique, tout est dans tout, considérez l'homme qui oeuvre. Ses forces musculaires, sensorielles, nerveuses, magnétiques, passionnelles, intellectuelles sont mises en branle par une décision volontaire. Celle-ci à son tour est produite par sa volonté générale, qui se projette, se lance en avant, vers un point du futur matériel ou invisible. Cette flèche psychique entraîne avec soi dans sa trajectoire les facultés plus externes énoncées ci-dessus; et toutes réunies, actives et passives, subissent les mêmes péripéties, endurent les mêmes fatigues, reçoivent les mêmes clartés, vivent ensemble en un mot, selon les paysages invisibles que le roi Désir leur fait traverser dans ses recherches aventureuses.

- 127 -
De quels objets est-il possible que le désir, père de la volonté, s'inquiète ? Il y en a trois catégories. La première et la plus basse c'est la matière, le confort, la paresse, le repos, l'inertie, le sommeil, le non-agir en un mot, dans tous les plans, pour le corps, pour l'âme et pour l'intellect : c'est la couleur noire.

- 128 - La seconde,
c'est la soif de posséder, de conquérir, de jouir, de découvrir, de lutter, d'agir : c'est l'exaltation de soi-même; on travaille alors sans repos, on apprend à sacrifier une joie pour en obtenir une autre, dans le domaine religieux, social, économique ou individuel. C'est la couleur rouge.

- 129 - La troisième
ne se découvre qu'à l'aube grise de la satiété. Quand le moi sait que l'inertie est suicide, et l'activité propre une illusion, il cherche ailleurs la vie et le réel. Ayant connu que le travail lui est nécessaire et obligatoire, il s'enquiert d'un but éternel, puisque tous les buts temporels lui échappent plus ou moins vite; et il ne trouve ce but, en dehors de l'argent, de la puissance, de la gloire, de la science, de l'amour et des créatures, qu'en Dieu seul; telle est la couleur blanche, l'attitude du spiritualiste, la vraie trajectoire de la volonté.

- 130 -
C'est ici la liberté : plus de désirs personnels, ni pour des résultats terrestres, ni en vue d'un paradis ultérieur, ni pour paraître héros, ou saint, ou dieu; renoncer à soi et suivre l'Esprit : ainsi n'étant plus rien, on peut tout par la puissance de l'Amour.

- 131 - A la regarder du zénith,
tout est misérable dans l'existence humaine; la minute présente seule nous appartient; " petit est le coin de terre où nous la vivons, petite est la renommée qu'on laisse après soi, " même la plus durable; elle se transmet par une succession d'hommes de chétive nature, destinés à mourir bientôt, et qui, ne se connaissent pas eux-mêmes, bien loin de connaître celui qui est mort avant eux" ( Marc Aurèle.) .

- 132 - Mais à
regarder cette existence, du nadir, elle est magnifique, car elle s'ouvre sur l'infini, sur l'éternel, sur l'absolu. La fenêtre intérieure par où arrive en nous la Lumière incréée suffit, dès qu'aperçue, à ouvrir l'appétit mystérieux du divin; alors, dans notre âme, tout s'éclaire d'un jour nouveau; les images temporelles rentrent dans leur grise tonalité; les fruits de ce monde deviennent insipides; et chaque minute, chaque sensation, chaque geste, chaque parole, chaque parole, chaque idée, chaque rencontre enfin, est à l'ami de Dieu comme une ascension, un élargissement et une béatitude.

Telle est l
a vie selon l'Esprit, la vie dans la clarté, la vie dans la joie, la vie dans la bonté.

BIBLIOGRAPHIE

133 - Voici une liste de quelques ouvrages, pour certains faciles à trouver, et qui donnent, dans un langage simple, des méthodes et des directions pratiques pour l'édification du caractère. Cette courte énumération a été faite sans aucun esprit de chapelle; elle ne comporte que des oeuvres occidentales, écrites pour la mentalité européenne et libres, autant qu'il a été possible
, de toute tendance sectaire : n'importe quel homme, vivant de la vie ordinaire, peut en tirer son profit. Elles sont énumérées dans un ordre ascendant.

1. MARC-AURELE. - Pensées. Paris, Charpentier.
2. EPICTETE. - Manuel.
3. C. MARTHA. - Les Moralistes Romains, in-18. Paris, C. Lévy.
4. AMIEL. - Journal, Paris, Fischbacher, 2 vol.
5. SAILLANS. - Discours. Paris, Société biblique.
6. L'Action Morale. Paris, impasse Ronsin.
7. P. DESJARDINS. - Le Devoir Présent, in-16, A. Colin.
8. CARLYLE. - Le Culte des Héros, in 18.
9. EMERSON. - Les Surhumains, in-l 8.
10. MÆTERLINCK. - Le Trésor des Humbles. Paris, Charpentier.
11. S. AUGUSTIN. - De Magistro, in Opera. Paris, Oudin.
12. HELLO. - L'Homme. Paris, Palmé ou Perrin.
13. NICOLE. - Traités de Morale.
14. LE P. GRATRY. - Les Sources, in 18. Téqui.
15. BALZAC. - Le Médecin de Campagne.
16. Le Combat Spirituel.
17. L'Imitation de J.-C.
18. PASCAL. - Pensées.
19. St. FRANÇOIS DE SALES. - La Vie Parfaite. Tours. Mame.
20. BOSSUET. - Manière courte et facile de faire Oraison.
21. DE CAUSSADE. - L'Abandon à la Providence. Paris, Gabalda.
22. S. VINCENT DE PAUL - Maximes, chez Bray-Retaux.

Sources
Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 06:33

Le dernier chapître du Devoir spiritualiste. Sédir donne quelques méthodes pour parvenir à se rendre meilleur. Devenir un disciple du Christ, un Chevalier de Lumière... et il y a beaucoup de combats à mener ici bas contre l'Ombre, contre l'Obscurantisme... contre toutes les obscurités qui aveuglent l'Humanité. Mais le premier combat à mener est contre soi-même. Et pour celui qui y parvient s'ouvre un chemin lumineux.

Je vais maintenant vous expliquer pourquoi j'ai choisi Sédir comme maître à penser, comme guide... c'est parce que je me reconnais dans ce qu'il a dit ou écrit. J'ai moi-même navigué dans de nombreuses sphères -y navigue encore- Franc-Maçonnerie, Rose-Croix... les gens s'imaginent beaucoup de choses sur les Sociétés dites Secrètes... et lorsque vous possédez un esprit un peu éclairé, vous êtes forcément sollicité. Je ne ferai pas la liste de tous les corrompus qui sont au pouvoir et qui appartiennent à diverses loges. L'Idéaliste dira que de nombreux frères ont trahi l'Idéal de beaucoup de Sociétés Initiatiques qui n'ont plus d'Initiatique que le nom. La plupart sont devenues malheureusement davantage spéculatives et n'ont d'autres fonctions que d'être le réservoir d'ambitieux pensant davantage à leur propre ascension qu'à celles de leurs Frères crevant dans le besoin et la misère... ce n'est pas ainsi que je conçois le monde tant terrestre qu'immanent...

On se réunit... on parle... on fait de bons gueuletons mais où sont les actes ? Parler c'est bien beau... agir, c'est bien mieux... mais essayer de donner vie à l'Idéal que l'on porte au fond de soi, un Idéal Fraternel, c'est une des plus belles choses au monde. Tout le reste n'est que bla bla bla qui enfonce davantage l'humanité dans les ténèbres. Or, le temps nous est compté. Et les individus obscurs qui règnent sur cette planète en donnant des ordres iniques -tranquillement planqués dans leur forteresse du Pouvoir- n'ont rien à nous imposer et rien à exiger de moi, de nous... ils vont à contre-sens de ma conscience. Ils trahissent tous les prophètes et tous les Enseignements. Ils n'oeuvrent pas pour la Lumière. Ils travaillent pour l'Ombre bassement matérialiste, se complaisent dans le Crime et le sang... et chaque fois que quelqu'un meurt par leur faute, c'est le Galiléen qu'ils crucifient encore... devons-nous laisser faire ?

Je peux vous l'assurer... en traversant toutes les zones de turbulence au nom de l'Absolu que je cherchais sans même plus croire que je le trouverai un jour... je me suis retrouvée un jour comme Paul sur le chemin de Damas... j'ai eu la révélation. Je ne pouvais plus continuer à cheminer sur les voies pavées par l'Adversaire. Le Crucifié s'est imposé à moi comme une évidence. De son Epée de Lumière, IL a touché mon coeur... ouvert la Porte... S'y est installé et personne ne pourra L'en déloger. Ni gloire, ni honneur, ni argent, ni homme, ni femme. Le Miracle étant qu'en me montrant le chemin de mon âme, IL a aussi changé ma vie. Ce qu'explique Sédir dans La vie du Christ dans l'âme humaine. Et notamment dans ce passage : "Ici commence une période heurtée d'obscures inquiétudes, de dégoûts, de lassitudes, qui se termine soudain par l'intuition salvatrice de la miséricorde divine... Le repentir est un sentiment complexe où entrent des retours divers et imprévus. Il commence par le regret, souvent teinté de peine et de plainte; puis le remords, comme un regret plus incisif, frappe la conscience à coups redoublés; on dirait qu'un scalpel de Lumière incise et tranche les corruptions de notre personne morale." Pour expliciter un peu ces commentaires, je dirai qu'à un moment de mon existence, en proie à un intense mal de vivre que rien ne comblait, je ne pouvais plus supporter ni la vie que je menais, ni les gens qui m'entouraient. Il aura fallu un grave accident, quelques jours de coma et un voyage dans l'Autre Monde pour qu'à mon réveil le voile se déchire. C'est très curieux comme impression. On pourrait dire que c'est une sorte de prise de conscience. Non seulement défilaient dans ma tête les images de cet Ailleurs mais en me penchant sur mon passé s'est imposée une triste réalité... "Etait-ce bien moi, cet être qui avait fait n'importe quoi ?".  Pour un peu, je me serais reniée. Mais il m'a fallu faire ce que l'on nomme l'examen de conscience. Il s'est imposé à moi tout seul. Autant de coups de cravaches qui s'accompagnent de regrets, de remords pour une existence menée superficiellement au nom de son Ego et de son Egoïsme... ceci n'est pas la Voie droite. C'est une route qui sème beaucoup de malheur et de douleur aux êtres qui nous entourent. Tout est important, les pensées, les paroles, les actes...

Pour un monde meilleur, il faut se "réformer" soi-même... dès que vous faites un pas dans ce sens, il se produit encore d'autres miracles. On sent comme une force qui nous accompagne. On la sent tellement fort que parfois, des larmes de bonheur montent jusqu'à vos yeux. Votre fidélité à la Lumière est toujours récompensée. Aucun effort n'est vain. Je le dis en mots simples car, comme le Christ, c'est aux plus petits que je m'adresse. Pour qu'ils comprennent. Que peuvent comprendre les puissants qui oeuvrent pour le Prince de ce monde ?

J'en profiterais aussi pour remercier tous ceux qui m'écrivent... des personnes jeunes souvent touchées par les textes que je pose. Puissent ces textes ouvrir en Vous une porte de Lumière... car c'est par Vous que tout sera possible Demain. Vous êtes l'Avenir de ce monde et nous comptons sur Vous pour le changer... moi, j'ai hélas compris et pris trop tard le Sentier Lumineux... mais c'est volontairement que je reviendrai lorsque j'aurais achevé ce contrat terrestre...  

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir  

CHAPITRE VI

 

1ère partie

99. - Moyens d'entendre l'appel
100. - Règle.
101. - But de l'ascèse spiritualiste.
102. - L'homme conscient.
103. - La volonté.
104. - Ses hésitations.
105. - Méthode de sa détermination.
106. - Trois entraînements.
107. - Exemples antiques.
108. - Régimes psychiques.
109. - Leur danger.
110. - Comment le vaincre.
111. - Entraînement intellectuel.




- 99 - Il existe, disent les " Délivrés " indous, quatre moyens de connaître la direction qu'il faut suivre et entendre l'appel du Maître.

Le plus facile et le plus général, c'est la fréquentation des gens de bien, à l'exemple desquels on obéit peu à peu, et qu'on se met à suivre tout naturellement.

Le second, c'est l'étude de la Doctrine écrite, l'audition de l'enseignement oral d'un maître humain; un plus petit nombre d'hommes peuvent l'employer.

Encore moins peuvent se servir du troisième, qui est l'effort personnel et solitaire de la réflexion et de la demande intérieures.

Mais la méthode la plus certaine, la plus efficace et la plus saine, c'est la pratique de la vertu durant une longue suite d'existences antérieures.

- 100 - Or, pour donner un sens aux longues considérations des chapitres précédents, il semble convenable de les résumer en un code d'observances pratiques, où les trois premiers de ces moyens prennent place, et que le
spiritualiste sincère et désireux d'avancer puisse suivre jour par jour, et heure après heure.

Les pages suivantes sont l'esquisse d'une règle, encore à formuler, qui permettrait au laïque de jouir, dans le tumulte de la vie mondaine et malgré les soins qu'elle comporte,
de la paix intérieure et de l'aide surnaturelle que tant d'âmes ont cherchées sous les voûtes des cloîtres.

- 101 - Le but que le spiritualiste se propose d'atteindre, c'est :

 

Pour rendre cette étude tout à fait claire, ne prenons que les éléments psychologiques les plus simples. Il ne s'agit ici que du travail de la volonté sur l'être conscient, en vue d'une meilleure assimilation des lumières divines qui se présentent à lui par l'âme et ses enveloppes sur-conscientes; telle est la thèse mystique de la vie intérieure.

- 102 Dans cette sphère consciente, se distinguent, de bas en haut, de dehors en dedans, trois sphères circonscrites :

- 103 - Les tendances de ces trois sphères sollicitent la volonté, qui se détermine : ou bien au gré de la plus puissante, ou par le choix élaboré dans la méditation sereine, ou par l'élan d'un amour spirituel idéal

Il est évident que le spiritualiste ne se décidera que par le second ou le troisième motif.

- 104 - Chacune de ces trois sphères est soumise à deux tendances divergentes, centripète ou centrifuge,
individualisante ou universalisante, que l'on peut caractériser comme suit :

Pour la physiologie : La paresse, la sensualité, la gourmandise, - l'activité, la continence, la frugalité.

Pour le caractère : L'ambition, l'orgueil, la colère, - le contentement, la modestie, la bonté.

Pour l'intellect : Le préjugé, l'insensibilité, l'avarice, - la tolérance, la compassion, la charité.

Chacun de ces caractères a des répercussions dans l'organisme tout entier, mais ce ne sont là, qu'on le sache bien, que des exemples, en vue de fixer les idées.

- 105 - La physiologie, le caractère et l'intellect doivent donc être ramenés à l'unité de l'obéissance à Dieu : trois questions se posent dès lors :

1) Comment sentir ou aimer ?

2) Comment penser ?

3) Comment agir ?

Les deux premières demandes donneront la réponse à la troisième, soit ensemble, soit séparément; c'est ce que nous allons voir de suite.

- 106 - Or, on peut préparer les modifications morales et intellectuelles en
changeant le physique;

Effectuer
les modifications physiques et intellectuelles en changeant le moral; projeter les modifications morales et physiques en éclairant l'intellectuel.

De là, trois entraînements :

Un physiologique, de bas en haut.

Un intellectuel, de haut en bas.

Un moral, du centre ou pivot.

C'est
le dernier le plus normal et le plus efficace.

- 107 - Toutes les anciennes initiations ont reconnu cette vérité; les Brahmanes, par exemple, qui ordonnent
le premier de ces trois entraînements, l'inaugurent toujours par une observance éthique; et après la maîtrise de laquelle viennent seulement les régimes alimentaire, respiratoire, cinétique, magnétique, mental et enfin métapsychique.

Les prêtres égyptiens
faisaient de même, en imposant une règle de vie avant de commencer les périodes d'entraînement pour leurs opérations sacerdotales; les voici d'ailleurs, en substance.

- 108 - Pour augmenter la vie physiologique, l'étude des révolutions, des tempéraments indique des
aliments lourds, une respiration lente et superficielle; la musique facile et paisible; le travail du soir.

Pour développer la vie
animique, sensitive, passionnelle : la viande, le vin; respiration rapide; musc; musique vive; le travail de suite après le repas.

Pour enfin
faciliter le travail intellectuel : des fruits, des oeufs, du sucre, de l'eau; du café; la respiration lente et ralentie; l'encens, l'oeuvre d'art grave, le plain-chant; le travail à jeun.

- 109 - Ces entraînements, ou d'autres analogues, préparent
une qualité de force nerveuse concordante avec la qualité de l'énergie psychique, soit pour l'action, soit pour la sensitivité, ou l'enthousiasme, soit pour l'étude.

Mais
cette méthode, qui semble si rationnelle puisqu'elle paraît procéder du concret à l'abstrait et du matériel au spirituel présente deux inconvénients :

Comme nous ne connaissons que l'aspect physico-chimique de notre organisme, et non pas l'ontologie de nos cellules, leur qualité biologique, ni leur force de résistance,
ni leur destin spirituel, nous risquons de leur imposer un travail systématique, de les torturer, de les affaiblir, de les pervertir.

Et ensuite,
imposant à la vie corporelle une direction, la vie magnétique, la psychique et la mentale, si elles ne suivent pas une direction semblable - et nous n'avons pas de moyen de les contraindre, puisque c'est justement pour cela que nous effectuons l'entraînement physique - nous avons une partie de nous-mêmes dans un plan, et une autre partie ailleurs : d'où déséquilibres, dispolarisations, ingressus morbide.

- 110 - Donc, c
e dressage physiologique ne peut être que l'école élémentaire de la volonté; il faut le balancer par un entraînement d'indifférence aux régimes, et puis l'abandonner.

Par exemple, que l'on force l'enthousiasme en suivant le régime alourdissant; que l'on garde le calme intellectuel tout en usant des excitants, et ainsi de suite.

Il est donc préférable d'entraîner d'abord le centre intellectuel, lequel à son tour réagira sur les deux autres, successivement. Mais le mieux, c'est de gouverner de suite le centre animique qui, étant le pivot de toute la machine, communique aux autres sphères le mode qui lui est propre.

La seconde école sera donc d'apprendre à méditer; la troisième d'apprendre à sentir, ou si l'on préfère, à aimer.

- 111 - Ici, le travail devient plus délicat; il ne faut
ni hâte, ni perte de temps; ne faites rien à demi.

La première phase est l'habitude de la conscience : Apprendre à
regarder les objets, à observer.

- Il faut que cela se fasse sans effort, involontairement.

- Donner des réponses réfléchies au lieu de se contenter
des réflexes mnémotechniques ou habituels.

- Chercher l'idée sous l'objet et sous le fait.

- Chercher les rapports des idées entre elles.

Ceci doit se faire au cours et à l'occasion de la vie quotidienne.

La deuxième phase choisit une heure, un endroit, un régime (§ 108) pour la méditation.

La troisième phase
supprime ces commodités.


Deuxième partie 

 
Posté par Adriana Evangelizt

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 04:43

Avant dernier chapître donc du Devoir Spiritualiste... et ne l'est pas qui veut forcément. Ainsi, je le dirai sans ambages, nombre de gens que ce soit dans les milieux Esotériques, Franc-maçonnique, nombre de chrétiens, de juifs, de musulmans professant leur religion propre ne l'appliquent pas. Ils ont beau se congratuler en se nommant "Frères"... ils ne voient pas la Fraternité qui est en dessous-d'eux et qui a besoin d'eux. Car nous faisons tous partie du maillon d'une chaîne où les pensées, les paroles et les actes des uns rejaillissent sur les autres en bien ou en mal selon ce que vous aurez pensé, dit ou fait. Il n'y a qu'à voir les agissements de ceux qui gouvernent le monde et leurs répercussions. J'ai bien sûr en tête l'Irak, la Palestine, la Tchétchénie, le Soudan... la liste est longue. Celui qui donne un ordre entraînant des millions de malheurs et qui ose se réclamer du Christ, croit-il vraiment qu'il participe à la Fraternité ? A l'Amour du prochain ? Et ce qui se passe en haut, se passe aussi en bas. Qui n'a pas une mauvaise pensée pour son voisin parce que sa façon de vivre est différente ? Devenir bon ou s'améliorer n'est pas une mince affaire. Il faut se réformer totalement et désapprendre ce que nos éducateurs nous ont inculqué. Bien souvent, ils ignoraient leur Âme. Or, c'est elle qui fait tout... et c'est par rapport à elle qu'il nous faut vivre avec les autres et non avec notre Ego. Vaste chantier.

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

CHAPITRE V

 84. - Liens spirituels entre les hommes.
85. - Ne pas craindre le mal.
86. - Le devoir pour le devoir.
87. - Le stoïcisme.
88. - L'Union avec l'absolu.
89. - L'Adoration.
90. - L'essence du devoir.
91. - Alchimie psychique.
92. - Le héros et le saint.
93. - Le coeur, foyer de la vie.
94. - Importance de la pratique.
95. - Esthétique.
96. - L'acte matériel est nécessaire à l'amélioration psychique.
97. - L'âme et Dieu.
98. - L'oeuvre du Christ.




- 84 Le spiritualiste doit regarder l'indiscrétion, l'ingratitude, l'insolence, la fourberie, l'envie, l'agressivité, d'un oeil calme et bienveillant; mais non pas comme le recommande Senèque : " Ainsi que le médecin regarde ses malades ", car il sait qu'il ne peut pas guérir les autres par lui-même, mais bien par la vertu de l'Esprit dont il s'efforce d'être le truchement. Jusqu'à ce que le spiritualiste soit saturé de Lumière, jusqu'à ce que le mal extérieur lui soit devenu imperceptible, qu'il s'efforce au moins de voir en cet homme qui le blesse, son frère, non seulement parce qu'il provient de la même souche, parce que son corps, son sang, ses fluides, son mental même lui arrivent du corps, des fluides et de l'intelligence de la commune mère terrestre, mais aussi parce que tous deux participent à l'Esprit universel, tous deux sont identiques devant le Divin, tous deux sont des collaborateurs voués à une oeuvre mutuelle, tous deux enfin, qu'ils le sachent ou l'ignorent, sont les ouvriers d'un même Maître.

- 85 Que le spiritualiste ne craigne pas davantage
la contagion du mal; non qu'il se tienne pour impavide, mais il sait, il est persuadé que, puisqu'il le désire avec une ferveur active et incessante, l'Esprit le soutient, l'immunise et le rend invulnérable.

- 86 Tout ce qui arrive, arrive justement; soyons attentifs à saisir la seconde opportune pour pousser à la roue; que les yeux du corps, de l'intelligence, du mental, regardent sans cesse tout autour de soi;
que les yeux de notre puissance volitive fixent le but, sans jamais dévier. La médisance ne blesse pas notre moi essentiel, ni la louange ne l'orne; nous seuls pouvons quelque chose sur cette flamme royale et directrice ! Faisons notre devoir, sans autre considération que le souci d'obéir à l'impérieux attrait qui nous monte jusqu'à notre idéal.

- 87 Quant aux peines, si elles sont insupportables, " elles nous font périr sur le champ; si elles durent, c'est qu'elles sont supportables " (MARC-AURELE).

- 88 Mais comment faire pour être prêt sans cesse à secourir toute infortune, pour avoir toujours la parole qui réconforte, l'indulgence donneuse d'espoir au misérable repentant, le rayonnement de la force auxiliatrice ? Il faut se tenir soi-même en rapport ininterrompu avec la source de toute puissance, de toute science, de toute beauté, de toute bonté. Et
comment réussir cette évocation permanente de l'infini, du surnaturel, de l'Etre absolu en un mot ? En l'imitant de notre mieux, dans notre sphère minuscule, en vivant comme Lui, en oeuvrant comme Lui, en nous donnant comme Lui. Le serviteur de l'Esprit doit se souvenir toujours qu'il n'a rien à craindre de personne, que s'il veut, il peut; que s'il ose avancer contre l'obstacle, celui-ci s'évanouira.

- 89 Résumons les six devoirs du spiritualiste dans le septième qui les contient tous. Jésus a dit qu'une seule chose est nécessaire, et
tous ses prédécesseurs avaient déjà fait pressentir cette grande vérité. Le principe de l'Univers est un, le principe de l'homme est un, le principe des actes doit être également un. Ainsi nos sensations, nos pensées, nos sentiments, nos désirs, nos oeuvres demandent d'être ramenés à un seul but; et tous les buts possibles se fondent à leur tour dans une fin suprême qui est en même temps leur raison d'être. Nous hausser jusqu'à l'Éternel, exalter notre enthousiasme jusqu'à l'adoration, s'attacher à l'absolu par toutes les fibres, des plus grossières aux plus fines : telle doit être l'attitude de notre existence. Rien ne compte, même la mort, que comme un moyen d'approcher Dieu; il est tout, en nous et hors de nous; quoi de plus simple que de chercher tout en Lui.

- 90
Voilà la vraie religion, essence et principe de toutes les religions révélées. Elle est la simplicité même parce que et puisqu'elle est la vérité.

- 91 La véritable révérence que l'on doit rendre au Pouvoir suprême,
c'est l'accomplissement le plus complet de nos devoirs envers ses autres administrés. Si on le veut, tout est un hommage à ce plus sublime Idéal; il suffit de penser à Lui avant l'action, avant l'émotion, avant la méditation. Les traverses de la vie même lui peuvent être présentées. Car notre principe hégémonique, le vouloir, cet organe recteur que l'exercice développe, et dont, dans l'Invisible on pourrait saisir les formes et la croissance, est un feu qui s'alimente de tout ce qui ne lui est pas semblable. Nos fatigues, nos craintes, nos douleurs, nos opprobres, nos épreuves, tout cela, ce sont en vérité des substances réelles quoique imperceptibles; c'est, suivant le cas, des ordures, des brindilles, du minerai; le feu de la volonté les dévore, et en porte l'essence avec lui jusqu'au soleil divin vers qui sa flamme s'élève invinciblement.

- 92 Le philosophe fait
de la théorie; le héros fait de la pratique intermittente; le saint réalise continuellement : il atteint seul la stature humaine. Le héros est un saint laïque, comme le saint est un héros religieux; mais leurs opinions et leurs étiquettes importent peu; c'est dans leurs actes que réside leur force à l'un et à l'autre; c'est par leurs actes qu'ils entraînent des imitateurs, qu'ils subjuguent des hostiles, qu'ils sèment des graines fécondes aux quatre vents des coeurs, aux quatre coins des champs intellectuels; leurs actes sont les formes de matière où leur enthousiasme ardent force l'Idéal à s'incarner; leurs actes sont la nourriture de cet Idéal, par quoi il grandit et il s'acclimate au milieu des enfants des hommes.

- 93 Le travail indispensable,
c'est la culture morale. Aucune oeuvre ne remplace celle-là; c'est la clé de tous les mystères, le phare dans toutes les incertitudes, le soleil de toutes les actions. On peut bien faire quelque chose de remarquable dans l'industrie, dans la science, dans l'art, dans la politique, avec un moral frelaté, mais rien ne sera viable, ni fructueux, ni bénéfique. La netteté du jugement, l'énergie de la volonté, la santé physique même sont obscurcies, affaiblies, compromises par une bassesse du caractère. Notre sens moral est l'essentiel de nous-mêmes, et les Anciens savaient cela puisque tous, depuis Fo-Hi jusqu'à Vyasà, jusqu'au dernier Zoroastre, jusqu'à Gautama, à Orphée, à Moïse, à Pythagore, jusqu'à leur chef enfin : notre Jésus, tous ont donné à ce sens intime le nom de coeur. Cette vérité transparaît à toutes les périodes de l'histoire; c'est elle qui inspire Zénon, et Marc Aurèle et Boëce; c'est elle que les Pères de l'Église énoncent avec abondance et que les saints catholiques confirment de leurs ascétismes; c'est elle qu'exprime le dernier disciple de Platon, Marsile Ficin, lorsqu'il écrit à un jeune élève : " Ecoute-moi : je veux t'apprendre gratuitement et avec concision, ce qu'est l'éloquence, la musique et la géométrie. Persuade-toi de ce qui est honnête et tu seras parfait orateur; tempère les mouvements de ton âme et tu sauras la musique; mesure tes forces et tu seras un vrai géomètre ". C'est elle enfin qu'avouent comme malgré eux les plus modernes de nos psychologues matérialistes ( Cf. Les travaux de MM. Ribot et Payot)..

- 94 Il est bon d'avoir de la théorie; il est meilleur pour le monde d'avoir de la pratique, parce que celle-ci est plus proche de la chair vivante et souffrante.

- 95 Il est convenable de rechercher dans les choses et les êtres ce qu'ils contiennent de bien, de vrai, de beau. De
même que pour découvrir le bien hors de soi il faut l'avoir en soi, - que pour apercevoir le vrai, il faut l'avoir conçu, - pour devenir sensible à la beauté dans les oeuvres de la Nature, il faut avoir établi une harmonie entre la méditation, le sentiment et l'acte. Il n'y a point de beauté parfaite puisque tout se transforme sans cesse; cependant, les êtres les plus laids à première vue, un spectateur aimant et bénévole leur découvre toujours une grâce, une noblesse, une force. L'éducation de nos yeux, mieux encore l'inquiète ardeur de notre intelligence, et par-dessus tout la grave tendresse d'un coeur où vibre la sympathie sont les instruments indispensables à la recherche, à la compréhension de la Beauté.

- 96 De même que l'erreur s'évanouit de soi-même en face du Vrai, que le mal se transmue à la longue dans le Bien qu'il a poursuivi de sa fureur,
le laid, le banal, le joli même, s'épurent à force de vouloir la grâce, l'originalité, la beauté. Mais, gardez-vous, spiritualistes, de l'erreur commune à notre temps. Tout, chez l'homme, se tient par un rigide assemblage. Le philosophe qui se conduit bassement, en vient à ne plus penser juste; le réalisateur qui agit mal s'obscurcit la compréhension; l'artiste qui aime son art, mais ne s'abstient ni de paresse, ni de vulgarités, ni d'ignorance, voit l'idéal s'enfuir d'auprès de lui.

- 97
L'homme est le médiateur universel. Notre âme est l'épouse du Verbe. Il y a une centaine de siècles que ceci a été dit sur terre pour la première fois, et la cohorte des sages et des saints que cette formule mystique a nourris, est loin d'en avoir exprimé tout le suc. Les livres sacrés sont des torrents jamais taris, parce qu'ils prennent leur source à la fontaine de la vie divine; ce sont des trésors jamais épuisés, parce qu'ils communiquent avec le trésor de la Lumière éternelle; ce sont des combattants jamais vaincus, parce qu'ils tirent leur énergie de " la Force forte de toutes les forces ".

- 98 On a cru longtemps que ces livres ne sont susceptibles que d'interprétations morales, intellectuelles, métaphysiques, ésotériques; et voici cependant vingt siècles que
Quelqu'un est venu tout exprès pour rendre clair ce qui était obscur, manifeste l'occulte et tangible l'ineffable.

Ne rendons pas inutile ce prodigieux effort.

Sources
Livres Mystiques

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 20:05

 

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

CHAPITRE IV


72. - Gagner sa vie.
73. - L'héroïsme.
74. - Sa bonté familière.
75. - Lutter contre le mal.
76. - La charité doit être pure.
77. - Et prudente, et aimable.
78. - Ne pas se faire esclave de l'opinion.
79. - Donner de soi-même.
80. - La joie intérieure
81. - La science de la charité.
82. - Son principe divin.
83. - Sa raison humaine.




- 72 Notre devoir est d'exercer de toutes manières toutes les charités. Pour pouvoir donner, il faut avoir; pour avoir, il faut acquérir; pour acquérir, il faut travailler. Travailler, c'est fournir quelque chose au milieu, à tous les milieux; à la famille, à la société, à la patrie, à la religion, aux arts, aux sciences. Avant donc de songer à faire l'aumône, veillez à ce que les autres ne soient pas obligés de vous la faire. Ne craignez pas le travail matériel, ni l'humilité d'une petite profession.

- 73 Il n'y a jamais lieu de craindre d'ailleurs. Le dieu que vous avez choisi, vous, spiritualiste, n'est-ce pas l'Esprit ? N'est-ce pas le plus ancien, le premier, l'éternel, le plus fort, le plus savant, le meilleur ? Donnez-vous donc en entier à LUI, afin que, vous prenant dans sa main, vous aspirant avec le remous de ses ailes innombrables, il vous maintienne exalté par dedans, à une hauteur surhumaine. Soyez un héros.
" L'héroïsme est le triomphe éclatant de l'âme sur la chair, c'est-à-dire sur la crainte : crainte de la pauvreté, de la souffrance, de la calomnie, de la maladie, de l'isolement, de la mort. L'héroïsme est la concentration éblouissante et glorieuse du courage " (Amiel).

- 74 Ayez donc, même dans le martyre, même dans la défaite, ayez dans les yeux l'éclair du triomphe, et sur les lèvres le sourire de la toute-puissante douceur. Ainsi vous vivrez totalement, parfaitement, complètement, avec une simplicité plus expressive : mais soyez ainsi sans cesse dans la boutique, au bureau, avec les passants, avec la servante, avec tous les quelconques; essayez d'être bon.

- 75 Toutefois, quand le mal se déploie, s'y résigner en soupirant même s'il ne nous attaque point,
c'est de la paresse; s'en irriter est un manque de raison; il faut engager le combat avec franchise, avec calme, avec constance.

- 76 Exercez la juste compassion, soyez pitoyables avec une raison calme;
gardez-vous des entraînements d'une sensiblerie fumeuse; les vapeurs de la chair ont une inquiétante subtilité; elles pénètrent les chambres intérieures les mieux closes; redoutez par-dessus tout comme une bassesse, comme une avarice odieuse, de faire quelque profit sur le pauvre à qui vous êtes secourable. Que votre charité soit charitable : qu'elle soit un don. Vous avez le droit de demander un travail à celui que vous aidez; mais si vous sollicitez de lui une complaisance, vous souillez votre altruisme et vous légitimez son ingratitude. Gardez-vous des voix chuchotantes de la chair.

- 77
Faites attention comment vous donnez; car votre secours ne va-t-il point accroître chez le pauvre le désir de l'existence ? Ajoutez peu de paroles à votre aumône; salez votre offrande avec le sel de la gêne qu'elle vous occasionne; alors seulement elle sera pure, et n'engendrera point le trouble dans le coeur du malheureux. Si le don d'argent ne vous coûte rien, cherchez quelque chose en vous qui vous soit précieux pour l'ajouter à cet argent inerte.

- 78 Prenez en considération les étiquettes que les hommes ont collées sur les actes; sachez cependant que ce ne sont que des à peu près; ne craignez pas, si vous croyez bien faire, de porter vous-même un acte désigné d'un nom peu honorable : Celui qui voit le fond de votre coeur vous jugera;
l'opinion des créatures n'est qu'une vapeur volatile.

- 79 Le spiritualiste, en somme, se sent tenu de vivre
pour la collectivité et non pour lui-même. Qu'il offre à son prochain une aumône, un conseil, un remède, une consolation, un abri, un emploi, c'est toujours un peu de son propre bonheur qu'il sacrifie. Or, le don matériel n'est qu'un secours momentané si une ferveur morale ne le dynamise. Dès lors, si nous voulons offrir de la joie aux autres, il faut que nous la possédions d'abord en nous-mêmes.

- 80 La joie physique est un signe de santé physique.
La joie intérieure est un signe de santé morale. Tous les sages dont la sapience fut vivante, prêchèrent la gaîté. Voyez les statuettes chinoises des vieux ancêtres au front proéminent : ils sourient, et leurs rides sont aimables; voyez le dernier Bouddha, comme il recommande à ses mendiants d'avoir la sérénité dans le coeur et l'amabilité sur le visage; voyez notre Jésus, comme il accueille les rires des petits, comme il accepte la beauté, comme il ne parle que d'espérances; voyez le touchant François d'Assise, comme il sourit aux bêtes, aux plantes, aux astres et aux hommes. La joie est un rayonnement, et la force seule peut rayonner. Celui qui incarne un idéal est fort de toute la puissance de son Dieu; combien donc celui qui sert l'unique Créateur des dieux ne reçoit-il pas de paix et combien ne doit-il pas rayonner cette paix en lumière et en bonheur ?

- 81 Il est de règle que, si vous semez des bienfaits, vous récolterez l'ingratitude. Sachez-le d'avance afin de ne pas être surpris, de ne pas vous en décourager,
de ne pas accueillir le mépris envers vos débiteurs. Vivre pour les autres est facile à dire mais difficile à faire. Il faut d'abord savoir ce dont ils ont besoin, savoir comment le leur offrir, savoir comment il faut en profiter; c'est la théorie de l'altruisme. Ensuite il faut aimer autrui, comprendre ses errements, ses faiblesses, ses fautes, ses maladresses, et ses beautés aussi. Cela, c'est la réalisation intérieure de l'altruisme. Enfin, il faut pouvoir donner de la science, c'est-à-dire être instruit; il faut pouvoir donner des conseils, c'est-à-dire avoir vécu.

- 82 Si le sage antique " se montre facilement exorable, toujours prêt au pardon dès l'instant que ceux qui l'ont offensé veulent revenir à lui ", le spiritualiste chrétien peut, s'il est humble, si son coeur brûle, s'il aime son frère comme un autre soi-même, s'il se sent les entrailles déchirées au seul soupçon que ce frère va peut-être se pervertir davantage, - ce disciple de Jésus, dis-je, peut sans doute faire plus par la divine folie de l'Amour. Il n'attendra point l'offenseur, il ira à sa rencontre, lui affirmant sa persistante amitié, quitte à subir peut-être un refus injurieux,
ou l'hypocrite tyrannie d'une exploitation cynique de sa bonne volonté.

- 83 Si nous n'aimons pas assez Dieu pour trouver dans cet amour la force du pardon, que l'humaine sympathie tout au moins nous la procure. " S'il arrive à quelqu'un de pécher envers toi, réfléchis aussitôt à l'opinion qu'il a dû se faire du bien ou du mal pour manquer ainsi. A cette pensée tu auras pitié de lui; tu ne sentiras plus ni étonnement, ni colère. Ou, en effet, tu as la même opinion que lui sur ce qui est bien et sur ce qui est mal, ou tu as une autre opinion, mais analogue à la sienne. Tu dois donc pardonner. Mais si tu ne partages pas son opinion sur les biens et sur les maux, il te sera plus facile encore de te montrer indulgent pour un homme qui a si mauvaise vue ". (MARC-AURELE.) " Et, dit autrefois Antisthène à Cyrus,
c'est chose royale quand on fait le bien, d'entendre dire du mal de soi ".

Sources
Livres Mystiques

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 11:36

 

 

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

 

CHAPITRE III

 

2ème partie

 

55. - Accepter l'aide que le destin nous envoie.
56. - Principe vivant de l'association.
57. - Maladies sociales.
58. - Utilité de la guerre.
59. - La religion.
60. - Les religions.
61. - La morale comme unificatrice.
62. - L'ange gardien.
63. - Suivre
64. - En premier, faire l'effort moral.
65. - Choix de notre idéal.
66. - Critique de nos mobiles d'action.
67. - Devoirs envers le genre humain.
68. - L'aide divine, ses formes
69. - Aide-toi.
70. - La vie universelle.
71. - La religion, levier d'énergie.

 

- 55 Ne refuse pas, pour atteindre un but civique, social ou général, l'aide que d'autres hommes peuvent t'offrir. Des forces mises en commun sont puissantes en proportion géométrique et non arithmétique, sous-entendu que rien ne s'y mêle de vaine gloire, de suprématie ou d'égoïsme. Considère la promesse que le Verbe fait d'être au milieu de quelques-uns dès qu'ils se réunissent " en son nom ", c'est-à-dire, pas pour leur science, leur fortune ni leur gloire personnelles, mais pour concevoir plus clairement et réaliser plus sainement un idéal commun.


- 56 Toute association qui ne repose que sur la matière et qui ne se propose que la matière, se trouve condamnée à une prompte mort. Si la valeur essentielle d'un homme est en raison des objets qu'il affectionne, haussons le concept de famille jusqu'à la cité; haussons celle-ci jusqu'à la province, jusqu'à l'État, jusqu'à la race, jusqu'au genre humain terrestre, jusqu'au total des créatures. Plus les sujets de nos inquiétudes grandissent, plus aussi les avenues de notre esprit s'élargissent, les horizons de l'intelligence s'étendent, plus les flèches de la volonté portent juste et loin (1).


- 57 Il y a donc beaucoup à réformer dans l'ordre social. La politique, l'extérieure surtout n'est que ruses, cruautés, crimes, embuscades lâches; l'homme d'État ne peut plus se permettre le luxe d'une idée généreuse, d'une entreprise humanitaire. Les nouveautés actuelles sont des pièges, des nids de discorde. Le socialisme n'est qu'une déification de l'Etat-Trésorier, de la manie administrative. Le syndicalisme est une caricature impudente de la fraternité des anciens compagnonnages.
(1 ) Cf. Barlet :
Sociologie.

Le féminisme fonctionnariste est une aberration. Seuls nous restent quelques flambeaux, des enthousiasmes individuels, le désintéressement de l'inventeur, le travail inlassable du savant, la passion de l'artiste. On s'endort dans la torpeur du confortable. L'ouvrier n'est plus qu'une sorte de bourgeois dissipateur; la femme du peuple, ne croyant plus à rien, n'a d'attrait que pour les magasins de nouveautés; le bourgeois ne cherche qu'à faire des économies et à tromper le fisc.

- 58 Dans ces conditions, le révolutionnaire devient utile, et la guerre est un bien. Les peuples ont aussi des opérations chirurgicales nécessaires; ce n'est pas parfait, mais c'est ce qui se trouve de moins mal, quand la médecine est impuissante. La guerre est un excitant, un coup de fouet, une flambée d'énergies; et tant que dans le plus humble des hameaux, le voisin attaquera son voisin, elle sera inéluctable entre les provinces, les peuples et les races. Les pacifistes oublient qu'un palais se construit de bas en haut et pierre à pierre, mais non pas en commençant par le toit ni par les angles.


- 59 Quant à nos devoirs religieux, voyons d'abord qu'est-ce que la religion : " Ce matin les accents d'une musique de cuivre arrêtée sous mes fenêtres, m'ont ému jusqu'aux larmes. Ils avaient sur moi une puissance nostalgique indéfinissable. Ils me faisaient rêver d'un autre monde, d'une passion infinie, d'un bonheur suprême. Ce jour-là les échos du paradis dans l'âme, les ressouvenirs des sphères idéales dont la douceur douloureuse enivre et ravit le coeur. O Platon, ô Pythagore, vous avez entendu ces harmonies, surpris ces instants d'extase intérieure, connu ces transports divins ! Si la musique nous transporte ainsi dans le ciel, c'est que la musique est l'harmonie, que l'harmonie est la perfection, que la perfection est notre rêve, et que notre rêve c'est le ciel. Ce monde de querelles, d'aigreurs, d'égoïsme, de laideur et de misère, nous fait involontairement soupirer après la paix éternelle, après l'adoration sans bornes et l'amour sans fond. Ce n'est pas tant de l'infini que nous avons soif que de la beauté. Ce n'est pas l'être et les limites de l'être qui nous pèsent, c'est le mal, en nous et hors de nous. Il n'est point nécessaire d'être grand pourvu qu'on soit dans l'ordre. L'ambition morale n'a point d'orgueil; elle ne désire qu'être à sa place, et bien chanter sa note dans le concert universel du Dieu d'amour (AMIEL) ".


- 60 Une religion est un ensemble des règles instituées pour que telle fraction du genre humain puisse s'unir dans l'invisible à un aspect de Dieu et lui donner dans le visible une forme familiale, sociale, esthétique et intellectuelle. Toutes les religions sont donc bonnes si on en observe le principe essentiel et commun; mais toutes n'indiquent pas la même route ni n'offrent les mêmes secours.


- 61 Regardez les uns après les autres les divers systèmes de morale : les chrétiens, les stoïciens, les platoniciens et les vénérables orientaux, tous s'inaugurent par la fixation d'un but; il faut une cible, un centre, une cime; il faut ramener les modifications du non-moi et les tourbillons du moi à la commune unité d'un idéal.


- 62 Cet idéal est, comme toute chose, à la fois intrinsèque et extrinsèque; les anciens savaient que l'homme marche toujours en compagnie d'un invisible guide; Socrate et son daïmon forment un couple annonciateur de celui du catholique avec son ange gardien; ce génie est en dehors de nous, mais sa correspondance avec notre individualité, ses dialogues avec elle, lui donnent l'air d'en être un hôte.


- 63 Or puisqu'une religion est l'oeuvre d'une des puissances directrices du monde, cette puissance donne quelque chose à ceux qui naissent dans son empire terrestre, et par suite, ces derniers ont envers elle un devoir de reconnaissance. Il ne faut pas de moyen terme; ou bien on accomplira strictement tous les préceptes de son Église, ou bien on s'en abstiendra complètement, si l'on est incrédule; le mieux c'est d'agir selon l'opinion des gens avec lesquels on se trouve. Dieu nous voit, et Il nous a commandé de ne pas faire de scandale. Appliquons les règles suivantes.


- 64 Ne vous amoindrissez pas à observer un rituel de tenue et de contenance, comme les Jésuites l'imposaient à leurs novices; procédez du dedans au dehors; que notre extérieur soit l'expression libre et spontanée de notre interne : Celui qui n'a pas dans son coeur la bienveillance, le courage, la gravité, ne peut pas sans un mensonge visible, exprimer ces vertus sur son visage; qui porte en soi l'éternelle Beauté, ne peut pas ne pas être beau dans ses gestes et dans sa figure; qui utilise toutes les minutes, n'aura jamais de paroles oiseuses ni de rires puérils. Enfin, distinguez avec soin la religion et le cléricalisme; les ministres d'une foi sont des hommes, hélas, et non pas des saints. Ne chargez pas de leurs fautes le Dieu qu'ils représentent.


- 65 Non seulement il faut agir, réfléchir et aimer beaucoup; mais il faut faire tout cela le plus tôt possible; la quantité ne suffit pas; il faut que nos oeuvres soient de la meilleure qualité; choisissons dès lors parmi les centres de force, le plus profond, le plus haut, le plus immuable; notre effort nous modèlera à son image; et plus notre but sera proche de l'Unité primordiale, plus notre être reproduira cette Unité harmonieuse.


66 Passons nos mobiles à la pierre de touche. Nous voulons ne pas vouloir; mais cette abnégation peut être une paresse; nous voulons de notre chef, cette volonté propre peut être un héroïsme saint. Si notre obéissance, si notre martyre consenti tendent à notre salut personnel, ce sont des égoïsmes; et ces fruits à la belle apparence portent en eux leur ver rongeur. Prenons garde de subir la tyrannie au moyen du secret espoir d'être un jour tyrans. Prenons garde que l'épigramme de Nietzsche ne se vérifie par nous : " Celui qui s'abaisse veut se faire élever ". Prenons garde enfin; Jésus n'ordonna jamais que nous nous rendions les jouets inertes et passifs des circonstances et des caprices de nos voisins, mais tout le contraire : que nous agissions dès que nous avons envie de nous reposer, que nous prenions justement dans une alternative le parti qui nous déplaît, et que, quand l'action nous enivre, nous sachions nous arrêter pour une autre oeuvre plus prosaïque.


- 67 Ici, prennent place nos devoirs envers le genre humain total; ce sont les mêmes que tout à l'heure, leur horizon seulement devient plus vaste. Agir, se résigner, pardonner, c'est en cela que tout se résume.


- 68 D'abord, comprenez le sens de cette parole : " Aide-toi, le Ciel t'aidera ". Il faut remuer, il faut agir; il faut " ne pas se laisser aller, surtout devant soi-même " (Nietzsche). L'aide du Ciel vient ensuite, mais seulement alors; et elle peut prendre les formes les plus diverses; l'aspect d'un paysage, le mouvement d'un animal, la structure d'une fleur, le regard du passant, le hasard d'une parole, tout cela sont les voiles de la collaboration divine; tout cela c'est la Nature entière, les hommes y compris, qui nous offre son multiple concours. Le Non-moi imite l'attitude que le Moi prend avec lui.


- 69 Le plus essentiel des devoirs est de n'être que le moins possible à charge aux gouvernants de cet univers; et pour cela, il ne faut pas s'en retirer. " C'est un déserteur, celui qui se dérobe à l'empire des lois de la cité; un aveugle, celui qui a les yeux de l'intelligence fermés; est indigent, celui qui a besoin d'autrui; un abcès dans le corps du monde, celui qui s'en retire à cause des chagrins que lui font éprouver les accidents de la vie; un lambeau, celui qui a arraché son âme de la société a des êtres raisonnables ". (MARC-AURELE.)


- 70 Dire que le monde est un tout organisé ne frappe pas l'imagination; voyez le monde comme un animal, comme un homme immense, et d'une forme trop vaste pour que notre regard puisse l'embrasser tout entière; c'est ainsi que le comprenaient les anciens sages chinois, hindous et sémites. Voyez le cosmos, avec la diversité infinie des substances qui le composent, comme un être étonnamment complexe, mais vitalisé par une âme unique; voyez-en tous les modes d'existence comme des fonctions physiologiques et psychologiques, soumises à une loi centrale qui est la volonté de Dieu. Voyez cette créature immense en train d'accomplir un travail dont la nature nous échappe, comme le sens et le but d'une montre échappent à tel atome de l'index de l'horloger, et bien plus encore. Songez enfin, que vous pouvez coopérer à cet oeuvre inconnu; et que cette loi rectrice de l'animal cosmique dont vous êtes un ion infinitésimal, se manifeste à vous directement par votre conscience; et que ceci vous confère la noble attitude du soldat.


- 71 L'individu est uni à son milieu par des liens multiples et résistants; la lutte entreprise contre soi-même est aussi une lutte contre la contemporanéité, et inversement, une victoire sur soi-même est un triomphe sur le monde.

De sorte que l'on a pu écrire, avec quelque justesse, que la morale pusillanime de la foule est en somme une négation de la vie. On a eu le tort de n'apercevoir dans les religions que l'aspect purgatif, pénitentiel, immobilisant, terrorisant même; il faut découvrir aussi leur force d'énergie; il faut y voir des ferments d'activité, des encouragements vers un plus bel avenir; qu'elles soient le vin vieux qui chauffe nos enthousiasmes; que nous y trouvions l'ardeur des découvertes, le courage qui fait la victoire; que, par elles, notre espérance s'enflamme, que nous brûlions généreusement pour le succès de toutes les tentatives, aussi bien esthétiques que philosophes, que sociales, qu'industrielles. Qu'enfin, on ne se serve plus de la morale comme d'un soporifique, mais comme du plus sain et du plus fort des excitants. Telle doit être l'attitude du vingtième siècle.

Sources Livres Mystiques

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 08:27

Troisième chapître sur le devoir des parents envers les enfants pour qu'ils s'intéressent aux choses de l'Invisible... quand on voit effectivement, l'éducation que l'on a reçu, il n'est pas trop de dire qu'une sérieuse réforme et innovation dans le domaine s'impose. Qui nous parle de l'Âme dès notre plus jeune âge ? Qui nous dit que c'est par rapport à Elle qu'il faut vivre et non par rapport à son corps et donc au matériel ? Personne. Je n'ai qu'à prendre l'exemple de mes voisins, il n'est question que de sapes de marques et de play station...

Là, une fois encore on dirait que Sédir a prononcé ce discours hier tellement il est d'actualité. Que ce soit dans le domaine de la politique ou de la religion... tout  fout le camp, il n'y a plus de valeurs... il va falloir que l'Humanité se réveille, pour son plus grand bien.

Je suis obligée de couper ce chapitre en deux car lorsque les articles sont trop longs, ils n'entrent pas dans leur totalité sur le blog... c'est ainsi sur Over-Blog...  

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

 

CHAPITRE III

1ère partie

 

41. - Les devoirs familiaux.
42. - Nécessité d'y satisfaire complètement d'abord.
43. - L'état de mariage.
44. - L'âme-soeur.
45. - L'amour fraternel.
46. - Devoirs des parents.
47. - Éducation religieuse.
48. - Instruction religieuse.
49. - Bon exemple dû par les parents.
50. - Concorde et estime réciproque dans la famille.
51. - Rôles spéciaux du père et de la mère.
52. - Instruction scolaire.
53. - L'individu et la nation.

54. - La sagesse pratique.

 

- 41 L'entité la plus proche envers qui nous avons des devoirs, c'est notre famille. Que les enfants ne jugent pas leurs parents; les vieux codes religieux ont trouvé tous une formule parfaite de la conduite filiale : Honore ton père et ta mère. Et en fait, les roues des générations sont tellement enchevêtrées que celui-là qui, par extraordinaire, connaît quelque chose à l'ontologie secrète d'une famille, la prudence clôt ses lèvres, et la crainte de renverser le fragile édifice de la paix domestique lui commande de ne dire que le précepte général énoncé plus haut.


- 42 Ce n'est que plus tard, quand parents et enfants ont montré tour à tour leur affection réciproque en donnant leurs peines et jusqu'à leur vie les uns pour les autres, que commence l'application du conseil évangélique : quitter la famille pour suivre Dieu. Ne soyons pas vains; n'entreprenons pas un travail ardu parce qu'un plus commode nous est déjà insupportable; pas de présomption en nulle circonstance.

Quand les petits labeurs nous deviennent trop faciles, la Nature se charge bien de nous en apporter de moins agréables; et c'est à faux qu'une oeuvre nous paraît commune ou fastidieuse Si le Destin nous donne pour la millième fois la même tâche, il est hors de doute que les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf premières fois, nous ne l'avons pas assez bien faite. Notre altitude morale ne se mesure pas au retentissement de nos actes, mais à l'exaltation de notre coeur.


- 43 Le mariage aussi est une oeuvre difficile; voyez-le comme une collaboration, comme un colloque, comme un mutuel dévouement. La femme doit aimer l'homme à fond, qu'elle ne craigne rien; le beau rôle lui appartient si elle fait cela; qu'elle l'aime pour lui et non pour elle; les inquiétudes, les espoirs, les triomphes, les lassitudes du mari doivent être ses inquiétudes, ses espoirs, ses triomphes et ses lassitudes. Qu'elle surmonte ses craintes; qu'elle sache que la gêne matérielle est nécessaire à la réussite spirituelle; que ce soit elle qui élève le coeur de l'époux. Quant à celui-ci, qu'il demeure fidèle à sa parole, exact à son travail, attentif aux intuitions de son épouse.


- 44 Le mariage véritable serait l'union de deux êtres dans tous les modes de leur existence, dans tous les départements de leurs esprits, dans toutes les aspirations de leur coeur; cette utopie platonicienne n'est cependant, en réalité, qu'une vue de l'intellect; car tant que nous sommes quelque part dans la création, nous avons des corps; si beaux et si sublimes soient-ils, ce sont toujours des formes matérielles qui portent, par définition, l'indestructible ferment du mal et de l'égoïsme; Platon est le suprême effort de la raison humaine haussée jusqu'au seuil de l'Amour.


- 45 Le mariage est une étape avant de parvenir à la pure concorde, où rien de particulier ne subsiste, qui est l'atmosphère même du royaume de Dieu. L'homme et la femme sont des étrangers; le Destin les assemble, pour que, se connaissant, ils deviennent amis et unis, dans la mesure où ils perdront ce qui les constitua homme et femme.


- 46 Les parents ont envers leurs enfants trois sortes de devoirs : physiques, éducatifs, instructifs. En théorie, ils devraient les leur rendre eux-mêmes tous trois; en pratique, les nécessités de l'existence font qu'ils ne peuvent s'occuper que de la première de ces séries. Le prêtre est là, ou devrait y être, pour la seconde; et l'instituteur pour la troisième. Nous ne parlerons pas de l'assistance corporelle due par un couple à sa progéniture.

- 47 Quant à l'assistance morale, dans une société synarchique, elle appartiendrait au prêtre, parce que la religion est le principe réel de l'éducation. Chez nous, les parents doivent assumer cette charge, et ceci est peut-être un bien, car ils trouvent là un motif de reprendre leur attitude essentielle de ministres de Dieu à leur foyer, et d'intermédiaires naturels entre l'Idéal et l'organisme domestique. Ils ont ici un devoir grave et sacré; leur exemple est le plus efficace des enseignements.


- 48 L'enfant est imitateur : il obéit bien plus à ce qu'il voit qu'à ce qu'on lui commande. Si donc les parents ont, par la triple loi naturelle, civile et religieuse, pouvoir sur lui, il est préférable qu'ils s'attachent en outre à acquérir de l'autorité, c'est-à-dire à faire naître en lui le respect, l'admiration et l'amour. Ils arriveront à ceci en donnant le bon exemple. Il ne faut pas que ce petit trouve jamais chez eux la moindre contradiction; il ne faut pas qu'il les voie versatiles, impatients, capricieux; leurs actes et toutes leurs paroles doivent lui sembler parfaits. Que leur tendresse ne les entraîne pas; qu'ils sachent en rester maîtres, qu'ils la mesurent, qu'elle ne dégénère pas en sensibleries; qu'ils se surveillent sans cesse, car l'enfant est observateur attentif et psychologue pratique; il possède d'instinct la patience, la simplicité de vouloir, la ténacité qui lui feront obtenir ce qu'il convoite. Donc les parents doivent se montrer devant lui ce qu'ils sont dans l'Idéal : sages, parfaits, calmes et bons.


- 49 Les premières leçons à donner à l'enfance sont des leçons de choses, des commentaires aux phénomènes quotidiens, des comparaisons extraites de la vie des animaux, des pierres, des plantes; des rappels fréquents à la cause première, à l'action de l'Invisible, de quelque nom qu'on le désigne, des conclusions de morale pratique. L'enfant ne raisonne pas, il sent. Ce n'est donc pas des théories qu'il lui faut, mais des images dont on lui extrait la signification.


- 50 " Les affections les plus pures, dit Epictète, sont celles de la famille ". Mais à condition que les membres du foyer se purifient; surtout qu'ils apprennent à se connaître; rien n'est plus rare que les parents qui voient juste les aptitudes et les ressources morales de leur progéniture; et l'inverse est aussi vrai trop souvent.


- 51 Aucun soin n'est indigne ou superflu dans l'éducation des enfants; les moindres paroles, les actes les plus minces trouvent dans cette terre vierge une merveilleuse facilité de germination; le père et la mère doivent paraître comme ces deux aspects de Dieu, dont parle la Kabbale, et qui s'expriment par la libration perpétuelle de toutes choses. Le Pouvoir et l'Autorité, la Loi et la Grâce, la Justice et la Miséricorde, tels sont le père et la mère parfaits.


- 52 L'instruction des enfants exige de profondes réformes; la tendance actuelle qui recommande l'usage des leçons de choses est excellente; il faut noter et publier les louables et ingénieux efforts de M. Laisant dans cet ordre d'améliorations. M. Barlet, dans un livre trop peu connu, l'Instruction intégrale a élaboré un admirable système d'études, en cercles synthétiques, de plus en plus complets, où les matières des examens actuels sont réparties de telle sorte que l'élève puisse toujours sentir des vues d'ensemble et des notions générales organiques. Nos gouvernants devraient aussi s'inspirer des méthodes d'instruction que la Suisse et les États-unis emploient, et connaître les soins scrupuleux que demandent ces masses scolaires qui représentent l'espérance, l'avenir et la fleur d'un pays.


- 53 La règle d'un état libre est l'égalité naturelle de tous les citoyens et de leurs droits; les gouvernants doivent, comme première obligation, prouver qu'ils respectent la liberté de leurs administrés; ils sont leurs égaux; seule, la différence occasionnelle de leurs fonctions sociales les en distingue. Aussi, nos devoirs civiques sont des offices, au sens stoïcien du mot; des fonctions réciproques, comme celle de la polarité physique, de l'équilibre moléculaire, de la balance des orbes sidéraux. Nous sommes des atomes de l'état social; ce soleil nous entraîne dans sa course, et chacun de nous influe sur sa biologie générale. C'était un lieu commun de l'école de Zénon, c'est encore un principe inné de l'âme chinoise que cette dépendance du tout avec chacune de ses parties, et de chacune de ces dernières avec l'entité collective qui les agrège. Tout acte de l'individu " qui ne se rapporte pas, soit immédiatement, soit de loin, à la vie commune, met le désordre dans notre vie, lui ôte son unité, rend le citoyen factieux ". (MARC-AURELE.)


- 54 Il vaut mieux travailler pour sa famille que pour soi seul, pour ses amis, que pour sa famille, pour ses concitoyens inconnus que pour ses amis, pour l'humanité que pour sa patrie, pour Dieu que pour l'humanité. Mais on ne peut entreprendre raisonnablement le difficile qu'après avoir accompli le facile. Donnons donc à nos devoirs une hiérarchie, ou plutôt, comme nous ne connaissons pas les rapports mystérieux des choses, et que notre système, quelque sage qu'il soit, risque fort de les altérer, obéissons à l'ordre divin qui se manifeste sans cesse à nous par l'appel des événements, des circonstances et des rencontres que le hasard apparent place devant nos pas. Ceci est la sagesse la plus universelle.


Deuxième partie

 

 

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 07:01

 

 

Après la Morale, il est question ici du Devoir vis-à-vis de son Idéal avec des explications sur le processus de réincarnation de l'âme. Très intéressant. Il faut savoir que Sédir avant de devenir un mystique christique ou un christique mystique avait beaucoup lu, beaucoup étudié et beaucoup navigué dans les sphères de l'Occultisme notamment avec Papus et Guaita. Il s'affilia tant à l'Ordre Martiniste que celui des Rose-Croix et y acquit les différents grades. Dans l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, il devint docteur en Kabbale et, dans L'ordre martiniste, il fut membre du suprême Conseil.

Par l'entremise de Barlet, il devînt membre de l'H. B. of L. (
Hermetic Brotherhood of Luxor) dont Barlet était le représentant officiel pour la France. Cette association prétendait se rattacher à une tradition spécifiquement occidentale.

Plus tard Le Loup s'inféoda
au gnosticisme et fut consacré, sous le nom de T Paul, évêque de Concorezzo dans l'Église gnostique de Doinel. Par la suite, Marc Haven le fit entrer dans la « F. T. L. » dont il était un des fondateurs.

Avec Philipon
il rénova la Maçonnerie de Mizraïm. Et il fut membre du Conseil de la Société alchimique de France, de Jollivet-Castelot.

Lire une de ses biographies ICI.

Tout ça pour dire que si son cheminement l'amena au Christ, c'est qu'il en avait bien perçu tout l'Enseignement... et tout le Message...

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

CHAPITRE II

16. - Continuité des séries ontologiques.
17. - Évocation de l'Idéal.
18. - Choix de l'Idéal.
19. - Union mystique.
20. - Pureté du désir.
21. - Conception spirituelle.
22. - Enfantement spirituel.
23. - Le culte du Moi.
24. - L'athéisme.
25. - Sa morale.
26. - Le devoir.
27. - Quels sont nos devoirs.
28. - Qu'est-ce qu'est l'homme ?
29. - Sa triplicité.
30. - Voyage de l'âme, les réalités.
31. - Nous sommes des intendants.
32. - Gravité de la vie terrestre.
33. - Devoir envers le corps.
34. - Cultiver le centre.
35. - La Nature aide l'homme actif.
36. - Valeur de l'activité et de la patience.
37. - Le balancement des activités. Le scrupule; la liberté d'esprit.
38. - La tentation et le sens de l'équilibre.
39. - L'alternance de l'inspiration et de la réalisation : la paix du coeur.
40. - La simplicité intérieure.

  


- 16 Car, à vrai dire, il n'y a réellement pas dans l'univers les classifications, les genres, les systèmes, par quoi les hommes essaient d'en rendre la compréhension plus facile. Les hiérarchies des êtres sont reliées les unes aux autres par des transitions insensibles; entre les sphères, entre les plans, entre les mondes, ont lieu de continuels échanges, des pénétrations, des fusions, des dislocations incessantes : rien n'est fixe de ce qui se trouve dans la limite de l'enquête humaine.

Les seuls cadres immuables, nous ne pouvons pas les percevoir; ils sont faits d'une substance trop subtile pour notre conscience actuelle. De sorte que ceux qui veulent avancer et s'agrandir ne doivent pas accorder aux mots une trop grande importance; qu'ils ne soient pas pusillanimes; qu'ils ne craignent point le nouveau, sans cesser d'avoir pour le traditionnel le respect qui lui est dû.


- 17 Mais par dessus tout l'effort indispensable à celui qui veut servir un idéal est de le désirer. Cela ne suffit pas de s'en ressouvenir de temps à autre quand le vide de l'existence nous opprime; un désir constant, toujours plus fort, qui creuse en soi, qui s'élance hors de soi, qui consume les autres inquiétudes, qui nous relève quand nous tombons, qui nous alimente : c'est par un tel feu que l'Idéal demande d'être honoré. Tous les soupirs de l'homme vont vers des êtres vivants; on ne peut rien pressentir, rien concevoir, rien souhaiter qui ne soit, sous son aspect essentiel, un individu intelligent, libre et responsable.
La débilité de notre coeur et l'obscurité de notre intellect nous empêchent d'écarter les voiles dont se couvrent ces anges; cependant, qu'ils revêtent une forme d'art, d'harmonie, de philosophie, de science, d'invention, de génie ethnique, de sentiment passionnel, d'aura magnétique, de substance corporelle, - si notre culte est pur et fervent, c'est-à-dire sans égoïsme ni paresse, - ces créatures idéales nous permettent de les découvrir, elles nous adoptent dans leur famille; comme l'a dit la vieille sagesse védique : tout dévot se transforme en l'être même du dieu qu'il adore.


- 18 Choisissez donc votre dieu, avec précaution, avec prudence, avec larmes, avec flamme.


- 19 Tout, dans cet Univers, est apparié, bien qu'il y ait des créatures qui se multiplient autrement que
par la fusion temporaire de deux en un. Notre mariage n'est que la plus grossière et la plus facile des nombreuses sortes d'union par lesquelles les êtres s'élèvent le long des chemins du Monde. Le vouloir humain est l'époux des êtres inférieurs, qui le suivent et qui l'adorent. La personnalité humaine est l'épouse plus ou moins fidèle d'êtres plus forts, qu'elle désire avec une ardeur presque toujours cupide.


- 20 Ayant choisi votre dieu, appliquez-vous donc à épurer les motifs de votre amour.


- 21 Quand la graine a germé dans le sein de la vieille mère commune, elle s'y nourrit du plasma qui l'entoure. Quand notre esprit a conçu une idée, il doit la nourrir de toutes ses forces environnantes, avant de pouvoir l'extérioriser. Cette période d'enfantement psychique s'appelle la compréhension; quant à l'intellect, c'est la méditation par quoi s'élaborent les pensées; dans le passionnel, c'est le désir inconscient qui aboutit à l'explosion de l'amour; dans le physique,
c'est le travail obscur de l'instinct qui prend par l'acte une forme sensible.


- 22 Une fois donc l'idéal compris et conçu, il faut le faire vivre; il faut qu'il s'exprime dans notre vie extérieure avec la même totalité qu'il sature notre vie intérieure. Nous l'enfantons ainsi; nous lui donnons des formes physiques; nous le matérialisons; et cela s'opère par l'accomplissement de nos devoirs.


- 23 Toutes les routes que suivent les créatures aboutissent à deux voies, toutes les méthodes d'éthique sont déduites de deux théories : la première est
le culte du moi, la seconde est la guerre contre le moi.

Les traités de Zénon, le système du " Je " de Fichte, le surhumanisme d'Emerson et de Nietsche, l'Unique de Stirner rayonnent une beauté
par l'autocratie où ils tendent, par leur convoitise de tout posséder, par leur rejet de toute influence extérieure, par leur liberté indomptable, par leur méthode originale de développement personnel; toutefois, ils conduisent à l'orgueil; ils érigent l'homme en dieu, et tyrannisent la portion du monde la plus grande possible. Ils oblitèrent le sens moral : celui qui se croit plus fort, se met au-dessus de la loi, et combien y a-t-il alors de chances pour qu'il se tienne dans le bien ? Enfin, et c'est là le plus grave tort de ces conceptions, elles tuent en nous l'idée de Dieu.


- 24 On se rend mal compte de la gravité de cette dernière tare. L'athéisme, vu du plan de l'Esprit, est réellement
une monstruosité et ravale l'homme au niveau de la brute ; je ne prétends pas que parce qu'on ne croit pas à l'existence d'une entité divine personnelle, rien de ce qu'on peut faire de bien, de beau et de vrai, ne soit plus valable. Au contraire, l'incrédule qui se conduit tout de même en honnête homme, offre un spectacle émouvant au premier chef et donne un exemple héroïque, que bien des gens à vagues religiosités, à molles aspirations, devraient regarder avec un respect admiratif.


- 25 De tels athées prouvent d'une façon irréfutable l'existence du Dieu qu'ils méconnaissent. Ils expriment pleinement la grandeur de l'âme humaine et sa noblesse originelle;
ils sont la noble fleur des générations qui les précédèrent; ils sont un reproche vivant à tous ceux qui croient et qui n'agissent pas; peut-être un jour, en seront-ils les juges. Vous donc qui avez choisi la seconde route, celle qui est une bataille incessante contre le moi, prenez garde que vous devez vous battre; prenez garde que vous devez à votre Maître de susciter l'admiration autour de vous; vous n'êtes plus seuls, vous avez une responsabilité formidable, celle d'être les représentants de votre idéal.


- 26 De quelque côté que l'on envisage la vie, nous sommes amenés à la conclusion que, si même il n'existait pas de Dieu personnel, si même, par impossible, il n'existait pas de cause première, le Devoir serait encore le mot de l'énigme, et l'étoile polaire sur laquelle nous conduisons notre marche.

Voyons maintenant quel est ce Devoir.

- 27 Logiquement, à cause de la faiblesse de notre état actuel, - car l'homme le plus fort reste tout de même très petit en face de ce qu'il sera dans sa perfection, - le premier être envers lequel nous avons des devoirs c'est nous-mêmes. Ensuite, et toujours proportionnant notre travail à notre force, c'est de notre famille qu'il faut nous occuper. Puis viennent les devoirs envers la cité et envers la patrie. Puis ceux envers la religion. Puis ceux envers le genre humain tout entier. Et enfin, nos devoirs envers Dieu achèvent, complètent et harmonisent l'ensemble des six premières oeuvres qui viennent d'être énumérées.


- 28 L'idée des devoirs auxquels on est tenu envers soi-même doit prendre sa source dans la conception suivante. L'homme réel n'est ni l'individu physique, ni la personne morale, ni même l'entité libre et volontaire à quoi les plus subtils philosophes assignent la première place dans le composé humain.
L'homme, selon l'absolu, est quelque chose d'extrêmement haut, de surnaturellement grand. Une minime fraction de cette vaste lumière arrive seule à se faire jour sur l'écran de la stase de vie terrestre : c'est ce qui constitue le champ de la conscience.

- 29 Pour la commodité du langage, j'appellerai
âme, l'homme éternel, idéal et absolu; j'appellerai esprit, l'homme très complexe qui développe ses activités dans le champ de la surconscience; enfin la portion de l'être que circonscrit le champ de la conscience se divisera tout naturellement en un foyer intellectuel, un foyer animique et un foyer physique. L'intellectuel évertue toutes les activités pensantes; l'animique rayonne tous les feux du désir, de la passion, du sentiment; le physique comporte toute la physiologie physico-chimique et fluidique.


- 30 Ceci posé, il faut concevoir que l'âme voyage à travers toutes les stases de la vie objective, en se vêtant, pour chacune d'elle
s, d'organismes qu'elle leur emprunte. Son arrivée dans une place du monde est une naissance; son départ y est une mort. Par suite, au point de vue de l'Absolu, l'âme détient seule la réalité permanente; mais, au point de vue des relatifs, chacun des modes d'existence qu'elle traverse est une réalité temporaire.


- 31 De là, et pour nous borner à cette vie terrestre, se déduisent deux conclusions. La première, c'est que
rien de nous n'appartient en propre au moi actuel : le corps, la sensibilité, les fluides, les affections, les facultés psychiques, intellectuelles et morales, ne sont que des instruments de travail prêtés par la Nature, pour une certaine période, dans un certain but. Nous sommes des intendants, des gérants, des commissionnaires.


- 32 La seconde conclusion, c'est que l'existence présente n'est pas illusoire, ni insignifiante. Elle est réelle, elle est grave, elle est pleine à éclater de semences vitales, qui n'attendent pour jaillir dans le champ du cosmos que la chaleur
de notre bon vouloir. Elle attend dans l'angoisse notre collaboration; nous sommes son Dieu, son sauveur, son messie; elle nous aime, elle nous vénère; elle nous prie, nous pouvons lui procurer sa béatitude.


- 33 Ainsi nous devons en premier lieu à notre corps la nourriture, le vêtement, l'abri, le sommeil, l'hygiène. Ce n'est pas le cas d'entrer ici dans le détail de ces devoirs; on a beaucoup écrit là-dessus ces dernières années; et la médecine préventive a été l'objet d'abondantes et d'ingénieuses vulgarisations. Il suffit de savoir qu'il faut rendre notre corps sain, robuste et beau, afin que l'idéal intérieur soit bien accueilli de nos frères : habillons-le d'un vêtement aimable et noble, que l'attitude et les traits soient le miroir véridique de la grandesse de nos sentiments, de l'élévation de nos pensers. " La beauté du corps, dit Marsile Ficin, ne consiste pas
dans l'ombre matérielle, mais dans la lumière de la forme; non dans la masse ténébreuse du corps, mais dans une lucide proportion, non dans la paresseuse lourdeur de cette chair, mais dans le nombre et la mesure ".


- 34 Écoutez un motif de Rossini, regardez une peinture de David; voici à côté un air analogue de Bach et une figure semblable de Giotto : les premiers sont jolis et corrects; les seconds nous émeuvent et nous transportent; ceux-là témoignent d'un métier parfait; ceux-ci portent la griffe sublime du génie. Ainsi l'externe obéit à l'interne; faites de même : que votre corps devienne beau à cause de votre beauté intérieure; mais que
votre âme ne subisse point l'influence de votre corps. Tout, dans la Nature, croît du centre à la circonférence, du dedans au dehors : suivez cette loi, dans votre culture et dans vos travaux.


- 35 " Pour la conduite de la vie, dit Amiel,
les habitudes font plus que les maximes, parce que l'habitude est une maxime vivante, devenue instinct et chair. Reformer ses maximes n'est rien, c'est changer le titre du livre. Prendre de nouvelles habitudes, c'est tout, car c'est atteindre la vie dans sa substance.

La vie n'est
qu'un tissu d'habitudes ".

Si je cite souvent cet écrivain, c'est que son modernisme rend sa pensée plus proche de la nôtre et plus compréhensible. La Nature, - ou Dieu, - nous prépare toujours à portée de notre main, tout ce qui nous est nécessaire.
L'homme le plus isolé, le plus pauvre, le plus ignorant, trouve à côté de lui, dans sa solitude, l'aide morale dont il a besoin, comme il lui arrive pour sa nourriture matérielle. Mais il est nécessaire de chercher.


- 36 Le travail est la condition sine qua non, non seulement de notre progrès, mais de notre existence même. Reconnaissons la valeur inestimable du temps que la Nature nous accorde.

Il ne s'agit
pas de s'impatienter, de s'énerver, de perdre la tête. Ayons de la présence d'esprit, c'est-à-dire une perpétuelle possession de nous-mêmes dans le calme de la prévoyance, la rapidité du jugement et l'énergie de la décision. En effet, cet art suppose une longue expérience préalable. Il faut avoir appris à connaître les choses, les besoins, les événements, les hommes; il faut sentir l'essentiel; il faut avoir de l'ordre dans les idées comme dans les actes; il faut savoir finir un travail avant d'en commencer un autre. Chaque jour est un oeuvre complet; c'est dans ce sens que Jésus dit : " A chaque jour suffit sa peine ", et que la sagesse païenne ajoute : " Hâte-toi lentement ".


- 37 On ne se repose pas dans une immobilité absolue, mais dans l'alternance des occupations. Une flânerie, une rêverie, ces récréations de la pensée, sont encore des travaux sains, si on ne se les permet pas trop souvent; il faut laisser des fenêtres ouvertes.

Ce n'est pas tant une analyse constante, minutieuse, approfondie, qui nous perfectionne, que l'effort pratique vers le devoir quotidien. Employer trop de soins à la critique de soi-même fait oublier
les besoins des autres et empêche d'agir. Etre consciencieux augmente l'énergie; avoir la maladie du scrupule anémie la volonté.

De plus, il faut se rappeler de temps en temps, que l'enfant ne marche pas à la suite d'un cours de mécanique et d'anatomie; c'est l'expérience qui le guide. Or, nous ne pouvons jamais raisonner que sur le connu;
l'inconnu échappe à notre examen mental; pour renouveler notre provision de concepts, d'idées, d'opinions, il est donc indispensable de ne pas nous construire de barrières et d'accueillir l'inconnu, l'improbable, l'inouï. C'est cette liberté intérieure qui assure la paix aux incubations de l'inconscient. Tout est possible; soyons hospitaliers, ouvrons toutes les chambres de notre esprit.


- 38
La tentation est en nous par le fait même que nous existons; elle y travaille par une fermentation analogue aux fermentations microbiennes; le commencement du mal, aussi bien psychique que physique, est presque imperceptible; c'est pour cela que les moralistes se montrent si méticuleux. Là encore, il faut que la résistance vienne du dedans, et que l'impavidité morale assure la stabilité physique. Nous sommes des créatures, et à cause de cela, notre perfection c'est l'équilibre. Tel est l'enseignement essentiel des sages de tous les temps et de toutes les races; si on nous dit qu'ils ont professé une autre doctrine, soyons certain que c'est une opinion fausse d'un commentateur trop hâtif. Et si un excès nous paraît indispensable, veillons à le balancer par un autre de sens contraire; réalisons l'harmonie dans chacun de nos principes et dans les relations réciproques de ces principes. C'est le meilleur moyen de ne pas donner prise aux ennemis visibles et invisibles.


- 39 Sachons que toute pratique est précédée d'une théorie; que
tout acte procède d'une pensée; que toute réalisation jaillit d'une contemplation. Si l'on contemple, l'esprit cherche et s'inquiète, mais le corps est dans le calme; si l'on réalise, le corps se passionne, mais l'esprit reste serein. Telle est la balance des activités dans le champ de la conscience mentale. Si l'on va plus profondément en soi, c'est une nouvelle vibration qui s'inaugure : le mental et le physique sont alors deux bielles qui travaillent alternativement, mais sans relâche; cependant qu'au fond de l'être, la source d'énergie demeure calme, immobile, sereine; c'est la paix du coeur.

Voilà l'attitude qu'il faut prendre pour ne rien perdre de la conversation de l'Idéal et pour réaliser avec force
les fruits de ce mystérieux colloque.

- 40 Si ingénieuses que soient
les théories psychologiques connues, sachons que toutes ne sont que des classifications, c'est-à-dire des analyses à un point de vue particulier. La science vraie de l'homme verra autre chose; ces strates que l'analyse sépare ont, comme les couches géologiques, des pénétrations, des causes et des prolongements inconnaissables à l'intellect, et que l'inspiration seule peut découvrir. Là donc encore, la clavicule, l'arcane, le mot de passe et le signe de reconnaissance, c'est la nudité du coeur pur, qui force les choses à se dévoiler. En d'autres termes, tous nos devoirs envers nous-mêmes se résument de la sorte : travailler pour l'idéal, soigner nos organes et nos puissances, de façon à ce qu'ils rendent le meilleur travail et le plus utile.

Sources
Livres Mystiques

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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 19:25

Le devoir spiritualiste

 

de Sédir

 

 

CHAPITRE PREMIER

1. - La morale.
2. - Sa définition.
3. - Puissance créatrice de l'acte pour la biologie des êtres futurs.
4. - La vie; emmagasinement des expériences.
5. - Le Verbe, source vitale universelle; son omniprésence.
6. - L'harmonie spirituelle.
7. - La simplicité du langage.
8. - Le véritable spiritualiste.
9. - L'esclavage de l'idéal; la révélation de nos devoirs est
      toujours opportune.
10.- Choix du devoir l'Absolu en vous.
Il. - Unité totale de la Création.
12 - Le binaire et sa bataille, la volonté de vivre, l'Amour.
13 - Passion de l'Idéal; la force qu'elle donne.
14 - Culture psychique.
15 - Elle s'exerce à toute occasion, et ne refuse aucune expérience.




- 1 Toute créature a des droits et des devoirs. Ses droits : c'est ce que le reste de l'univers est dans l'obligation de lui fournir. Ses devoirs : c'est ce qu'il faut qu'elle donne à cet univers sous peine d'enfreindre la Loi, de détruire l'harmonie, de léser les autres êtres.

Le fonctionnement du monde peut donc passer par trois états :

L'un :
négatif, où le cosmos est en voie de disparition vers le Néant; c'est quand les êtres ne s'occupent que de leurs droits.

Le second : neutre, où se maintient l'équilibre du régime de la Justice; c'est quand les êtres savent balancer exactement leurs droits et leurs devoirs; ceci est l'idéal scientifique et humain.

Le troisième :
positif, où les êtres se soucient plus de leurs devoirs que de leurs droits. L'univers tend alors vers la vie absolue : c'est le régime de l'Amour, que prêchent les religions, et nommément l'Évangile.


- 2 Chacune de ces trois classes de volonté s'affirme en agissant; mais les modes de cette affirmation sont divers. Sans disséquer ici tous les éléments connus de ce corps très complexe, de ce principe central individuel, qu'est
la puissance volitive, nous pouvons nous rendre compte qu'il est pourvu d'organes de réception et d'organes de manifestation. Suivant le point où il en est de son cycle de développement, il emploie un groupe d'organes plutôt qu'un autre. Ainsi, tel homme vit, c'est-à-dire veut, avec son intelligence, ou avec l'une des facultés de son intelligence; tel autre avec l'un de ses pouvoirs corporels, et ainsi de suite.

De sorte que chaque phénomène vital est en somme un acte de volonté, aux racines plus ou moins profondes.

D'autre part,
notre organisme le plus extérieur étant le corps physique, l'acte le plus extérieur aussi que nous puissions accomplir est donc l'acte physique. Et il sera le plus complet, le plus saturé d'énergies, le plus fécond, puisque, pour mouvoir l'instrument corporel, le courant volitif aura eu à traverser, à évertuer, à ébranler tous les organismes intellectuels, animiques, magnétiques et sensoriels intermédiaires.


- 3 L'acte matériel est donc le plus sain, le plus normal, le plus équilibrant. Si j'avais le moyen et le loisir d'esquisser un manuel de psychologie spirituelle, ce serait ici le lieu de faire voir quelle armée d'énergies, quelle suite séculaire d'efforts furent nécessaires pour que, par exemple, notre enfant pût mettre un pied devant l'autre. Toutes les puissances du monde sont ici en action. La plus misérable des formes de la vie mérite infiniment d'être étudiée, d'être admirée, d'être aimée.

Il serait aussi important de faire pressentir que tel artiste, en dessinant le pli d'une robe, tel potier en tournant un vase, tel poète qui exprime l'ineffable par des mots, tel musicien qui nous apporte un accord de l'harmonie des sphères, tel philosophe qui cultive une fleur de méditation, jettent chacun dans le vaste champ du futur le germe d'un organe, d'une possibilité physique pour les races de l'avenir. La vie est partout.

Mais il faut circonscrire nos imaginations.

- 4 Tout est un être, en dernière analyse; il faut comprendre ici que les plus grands mystères ne sont pas cachés, mais fleurissent en foule sous nos pas. Marcher, dormir, vivre, en un mot : qu'y a-t-il de plus inexplicable ? Quel savant dénombrera tous les efforts, toutes les souffrances, les sensations, les sentiments, les pensées innombrables, qui, répétées durant des millénaires, nous permettent aujourd'hui de mouvoir notre main instantanément ? Que d'efforts n'y a-t-il pas sous la spontanéité d'un mouvement réflexe ?

Telle est l'expression de la seconde face du formidable axiome que la vie est en tout. L
es sages du vieux temps connurent cette vérité, et quelques-uns en firent le grand arcane de leurs initiations, arcane d'autant plus occulte qu'il est découvert, d'autant plus difficile à saisir qu'on le trouve exprimé à chaque seconde et partout, d'autant plus inaccessible à la convoitise cupide, que le seul dragon qui en défende l'approche est le propre égoïsme de l'homme.

- 5 Si la notion vive de la vie universelle inspira le communisme métaphysique du Jaune, la mansuétude de l'Aryen, et l'âpre activité du Sémite, la véritable forme et la plus compréhensible s'en trouve fixée dans le verset divinement simple de l'évangile joannite :
" Tout ce qui est, a été fait par le Verbe, et rien de ce qui est n'a été fait sans Lui ".

Le Verbe est Dieu, le Verbe est la vie; la vie est partout; le Verbe est partout. Les états de l'être ne sont que des vêtements; et comme les créatures sont elles-mêmes ces modes infinis de l'Etre, toutes : de la plus microscopique à la plus immense, de la plus belle à la plus monstrueuse, sont
les robes dont Il cache à nos yeux clignotants la radieuse splendeur de Ses membres ineffables.

En chaque créature, Il réside, bienfaisant, très pur, très secret; Il est, en elles, leur âme unitaire et unifiante; mais toutes les puissances, tous les halos, tous les organes de l'individu, ses ciels, ses terres et ses cloaques, sont les habits de ce Verbe omniprésent; tout cela Lui appartient et tout cela est donc encore Lui-même.

Si le règne minéral fournit à la plante sa substance, celle-ci fait de même pour l'animal, et ces trois ordres s'unissent pour offrir à l'esprit humain le chef-d'oeuvre organique de leur silencieuse collaboration. Ils sont, je le répète,
les vêtements de ce Verbe dont l'esprit de l'homme doit devenir un jour le corps glorieux.

- 6 Ne vous effarouchez pas de cette phraséologie d'illuminé; si
dans la matière, les forces s'entre-dévorent; si dans l'animique, les passions s'incendient mutuellement; si dans l'intellectuel, les idées se choquent, dans l'Esprit tout s'ordonne, tout se concilie, tout s'harmonise.

Le langage y est
surhumain, les émotions angéliques, et les pensées universelles. Ne prenez donc pas les mots dont on use ici dans le sens que l'usage des sectes et des écoles leur a conféré; voyez-les comme des signes tout neufs; comprenez-les comme on les comprit aux anciens siècles, quand ces très vieilles idées vinrent pour la première fois sur terre.


- 7 Il est peu utile, sauf pour les spécialistes pourvus de dons particuliers et investis d'un caractère d'ambassadeur, de se servir, dans l'étude des questions morales, d'un vocabulaire bien savant. La langue usuelle nous offre tous les termes nécessaires à la notation des phénomènes intérieurs. Les mystiques de notre race nous montrent excellemment ceci. Quand, par exemple, Amiel explique que le sauvage civilisé fait un homme; que l'homme cultivé fait un sage; que le sage éprouvé fait un juste; que le juste, qui a mis la
volonté divine à la place de sa volonté propre est un saint; et que ce saint est le régénéré, le spirituel, le céleste, le libre, dont parlent toutes les religions, il décrit, en termes compréhensibles à la masse, l'ascèse des vieux ésotérismes, et l'ascension des mystiques.

Donc, à notre époque,
où l'abus des termes excessifs est devenu d'un usage si général, réagir en restituant aux mots leur valeur primitive, simple, absolue, est une bonne chose. Ainsi, dans l'ordre d'idées qui nous occupe en ce moment, on ne devrait pas classer sous le vocable de spiritualistes, cette masse énorme d'individus qui sentent remuer en eux des tendances plus ou moins vagues, plus ou moins faibles, plus ou moins latentes, vers des formes d'idéal; ou plutôt, si : tous ceux-là sont des spiritualistes en ébauche; le critique est obligé de les ranger sous cette dénomination; mais c'est eux-mêmes qui ne devraient pas s'accorder ce titre, car on ne tire jamais que des bénéfices d'une excessive sévérité envers soi.


- 8 Un spiritualiste est, par étymologie,
celui qui croit à l'existence, à la primauté, à la permanence de l'Esprit; c'est un homme qui sait cet agent partout actuel, en tout actif, principe et fin de tout; c'est un coeur assez sensible pour en percevoir les effets mondiaux; c'est une intelligence assez vaste pour en connaître les modes les plus contraires; c'est, pardessus tout, une volonté assez royale pour faire obéir les instincts de la chair, les tendances du moi, les paresses de la pensée, à ce qu'elle a pu reconnaître, dans les voix que sa conscience entend, comme l'appel très sage de cet Esprit. Si tout homme porte en soi un idéal, même obscur, même bas, celui qui se réclame de l'Esprit, doit concevoir le plus haut, le plus neuf, le plus lointain des Idéals, et il le doit nourrir de son amour, de toute son intelligence, de toutes ses forces, et de tout son sang.

C'est
un tel serviteur qui a seul le droit à la qualification de spiritualiste; il paraît à la foule un surhumain, parce qu'il est exceptionnel, bien que cependant le simple titre d'homme soit le plus beau et le plus difficile à conquérir.

- 9 Or, si celui qui parcourt ces lignes pressent, malgré leur maladresse, quelque peu
du Beau, du Flamboyant, de l'Ineffable, dont elles procèdent, il est élu, dès lors, à la béatitude et au martyre. Car, " le devoir qu'on devine nous lie dès cet instant ".

En réfléchissant à cette sentence, on à l'intuition nette que le vrai principe de notre moi vit plus haut que notre conscience ordinaire; et, en effet, la personnalité n'est qu'une partie de nous-mêmes, celle où luit, pour l'instant,
le soleil de la vie psychique terrestre; chacun des organes de l'individu n'est en rapport qu'avec la sphère du Non-Moi qui lui est analogue et correspondante; ces rapports, alternativement passifs et actifs, constituent les droits et les devoirs des créatures; ils existent en dépit de la connaissance que nous pouvons en acquérir, mais dès que cette connaissance a lieu, ils s'imposent à nous comme la loi même de notre santé totale.

Ou, plus exactement, ces rapports ne se dévoilent qu'à l'heure où nos forces physiques, intellectuelles et morales sont assez développées pour que nous collaborions dans le sens actif ou passif qu'ils indiquent;
la loi de nature est appliquée par des puissances invisibles qui graduent l'effort selon notre degré d'évolution. Aussi, quand nous sommes aptes à suivre telle classe de l'École du Monde, on nous y conduit, et il serait maladroit et puéril de ne pas vouloir entrer : un devoir est un instituteur.


- 10 Sachant donc que chaque jour de notre existence est préparé par des guides capables, sachant que nos contacts avec le dehors sont toujours opérés par ce qu'il y a dans le sujet de semblable à l'objet, comme d'ailleurs les anciennes sagesses ésotériques le répètent à l'envi, - nous autres, qui aspirons à devenir les réceptacles, les serviteurs et les propagateurs de l'Esprit, de la Force des forces, de Dieu, sachons aussi, entre les guides, - entre les devoirs, - qui s'offrent à nous,
choisir les plus durs; sachons, entre les demandes que nous font les autres êtres, choisir les plus exigeantes, les plus hautes.

Nous reconnaîtrons alors
la vérité de l'enseignement des sages : rabbins à la barbe fourchue, philosophes à la parole fleurie, brahmanes immobiles, Pères romains d'abondante éloquente, moines enfiévrés de jeûnes, tous s'accordent à dire que, selon la nette formule de Marsile Ficin et d'Angelus Silesius : " Comme l'oreille emplie d'air entend les vibrations de l'air, comme l'oeil rempli de lumière voit la lumière, c'est Dieu qui, dans l'âme, voit Dieu ".

Ne jugez pas cet axiome panthéiste. N'accordez jamais grande importance aux étiquettes; elles s'usent, et elles se décollent; étudiez plutôt l'objet qu'elles prétendent décrire.

Dieu est en nous : non pas comme la forme de l'eau et dans chacune des gouttes de l'Océan; Il est en nous individuellement, personnellemen
t, comme lumière distincte, comme feu central particulier, - et tous les composants du genre humain sont uns, parce que la lampe sacrée qu'abrite leur coeur à chacun vient de Dieu et est Dieu, mais pour comprendre ceci, il faudrait comprendre comment le zéro devient l'unité, comment le Point mathématique devient la forme géométrique, comment le monde est créé, comment l'infini devient fini et l'absolu relatif.

Ce n'est pas cela qu'il est nécessaire de savoir; c'est plutôt ce que je vais essayer de décrire.

- 12 Dieu est en nous l'organe essentiel; avec lui nous sommes tout; sans lui, nous nous évaporons dans le néant. Mais, par la même raison que ce vaste univers fut manifesté, il faut, pour la croissance de ce germe ineffable, pour la splendeur de cette étincelle, des efforts et un aliment; c'est à cause de cela qu'il y a en nous le
moi qui n'est pas Dieu, qui lutte contre son Père, qui cherche à le détrôner; si ce moi se transforme, il y a régénération, renaissance mystique, salut et vie.

La bataille est donc nécessaire, inévitable, bénie.

La vie c'est le mouvement; l'immobilité c'est la mort; plus le mouvement est subtil, plus la vie est haute, puissante, parfaite; plus l'immobilité est intérieure, plus la mort est néfaste et grave. Il faut donc vivre, c'est-à-dire vouloir sans cesse, sans relâche,
le plus hautement possible, dans l'Esprit et non dans aucun des aspects de la Matière.

Que le spiritualiste comprenne à fond ceci : car. s'il est un signe auquel la foule le doit reconnaître, c'est qu'il aura la stature d'un homme de volonté; et comme nul ne peut vouloir extraordinairement, S'il n'aime extraordinairement, l'amour vrai sera le réactif de sa puissance volitive, et
les oeuvres de celle-ci les aliments de sa flamme mystique.


- 13 C'est
son idéal que le spiritualiste doit chérir d'une tendresse inlassable : c'est à lui qu'il doit tout rapporter, c'est de lui qu'il doit tout attendre.

A l'amant, rien n'a de prix que le sourire de l'être qu'il aime. Le serf d'une idée ne s'inquiètera donc pas de ses échecs, de ses déboires, de ses recommencements : Ce jourd'hui ne semble pas promettre de récolte ? Qu'est-ce que cela fait ? Demain en donnera peut-être : n'est-ce pas le désir de l'Ami que Son esclave s'efforce ? Le grand charme du travail est la certitude, qui l'idéalise, d'être le geste que l'Aimé souhaite qu'on fasse. Que ce geste n'ait point d'effet apparent, qu'il soit à répéter cent et cent fois, qu'il nous amène la moquerie ou la haine, qu'il nous épuise, jusqu'à la mort même ? Eh oui ! L'Ami est là qui le fera resplendir quand il le jugera bon, qui nous aimera au centuple de ce que nous aurons été haïs, qui nous recréera beaux de sa beauté, forts de sa puissance, savants de toute son intelligence, lucides de toute sa clairvoyance. Avançons, non pas dans une heure, mais de suite; marchons sans regrets, sans fièvre, sans plainte. Qui n'avance pas recule; et c'est, en vérité, par la patience que nous pourrons nous posséder nous-mêmes.


- 14 " Aucune chose - écrit le prestigieux Pic de la Mirandole, - aucune chose n'est plus profitable que de lire, jour et nuit, les Saintes Écritures; il y a en elles une certaine
force céleste, vive, efficace, qui, animée d'un pouvoir merveilleux, convertit l'âme du lecteur à l'amour divin ".

L'oeuvre du savant, de l'artiste, du musicien, du prophète est toujours oeuvre d'inspiré; l'auteur est toujours l'interprète d'un invisible, et si la puissance d'expression du livre, de l'édifice, ou de l'objet d'art dépend de la maîtrise technique et de la compréhension animique du travailleur, si sa puissance de rayonnement se proportionne à la réceptivité du public, - la puissance cultivatrice, l'émotion, l'émulation, l'ardeur que l'oeuvre va susciter, dépendront de
l'altitude, de la pureté, de la beauté intrinsèque de l'invisible inspirateur.

Un homme robuste et qui travaille, jouit d'un bon appétit; il faut que notre sensibilité, que notre esprit, que notre mental travaillent pour avoir faim. La faim intellectuelle, cela s'appelle le désir d'apprendre; la faim psychique s'appelle l'admiration; la faim passionnelle se nomme l'amour; la faim du coeur spirituel,
c'est l'adoration de Dieu.

Il faut donc que l'aspirant spiritualiste
s'apprenne à apprendre, s'apprenne à aimer, s'apprenne à admirer, s'apprenne à adorer.

- 15 Regardons les herbes des champs; combien d'entre elles, répandues à foison, contiennent, pour le thérapeute sagace, les vertus curatives les plus énergiques ! Ne faisons pas comme le promeneur désoeuvré, ni comme le savant à système-; les vieux alchimistes disent que la matière de leur poudre philosophale est commune et que les enfants s'en servent tous les jours dans leurs jeux. Illustration ingénieuse d'une vérité générale, cette remarque doit nous rendre attentifs à tout autour de nous. Il n'est pas de monstre qui ne révèle quelque beauté à l'oeil du peintre; il n'est pas d'homme vulgaire chez qui l'amant du divin ne puisse faire jaillir quelque étincelle d'idéal.

Ne rejetons rien; tout s'offre à nos enquêtes; ne refusons aucune aide; ne fuyons aucun travail; et comme l'enseigne le vieux théodidacte, Jacob Boehm,
" que le disciple apprenne à ne dire jamais : Non, dans la Colère, - et à dire toujours : Oui, dans l'Amour ".

Le grand Alchimiste emploi une substance extrêmement vile; les perles et les gemmes que sa divine industrie sait en extraire, n'en sont que plus précieuses; pourquoi serions-nous plus difficile que Lui dans nos petits travaux, tâtonnants et hasardeux ?

Sources
Livres Mystiques

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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 01:48

Dernier chapitre de La Voie Mystique de Sédir... ici il donne divers conseils pour que la Lumière descende dans le Coeur... un texte d'une grande beauté et qui touche vraiment l'Âme...

 

 

De la Vie  Contemplative
ou  l'Epuration de l'Amour 

 

par Sédir

 

Chapitre XI de La Voie Mystique


  

Tableau de Scott Grimando
 

Le double Visage de la Vie.

 

 

     Dans la maison fraîche, Marthe s'affaire aux soins domestiques; Marie, assise aux pieds du Maître, L'écoute en adorant. «Elle a choisi la meilleure part », dit Jésus. Les théologiens se sont autorisés de cette parole pour exalter la vie monastique aux dépens de la vie séculière. Mais cela veut dire tout simplement qu'il y a une heure pour chaque chose. Quand la Lumière daigne Se tenir auprès de nous, il faut tout quitter pour Elle; quand Elle Se voile à nos regards, c'est le temps du travail. Marthe est devenue sainte Marthe, d'ailleurs; et Marie, de même, est devenue sainte Marie.
     L'un des purs archanges qui, par intervalles,
descendent sur cette terre d'exil pour y semer la nostalgie des cieux, disait un jour. « La contemplation et l'action, c'est le double visage de la vie. » La première illumine la seconde, en effet, et la guide; celle-ci prépare à celle-là son pain quotidien. L'une et l'autre évertuent nos puissances, les entraînent, les reposent tour à tour par un balancement harmonieux et les conduisent à l'équilibre. Comme la théologie est un regard sur Dieu de la raison rectifiée, comme la liturgie est un envol vers Dieu de l'affectif discipliné, ainsi la contemplation va chercher l'eau des fontaines éternelles pour le rafraîchissement de sa sœur aux mains calleuses, ainsi l'action tonifie la contemplation, redonne la vigueur à ses élans et la mesure à ses rêves.

     Comme la théologie et la liturgie sont les deux visages de la religion vraie, la vie active et la vie contemplative, parallèlement pratiquées, aménagent au disciple une existence mystérieuse, à laquelle ceux du dehors ne comprennent rien et dont les rares élus ne racontent que de très brefs récits.
     L'Amour est le principe de tout cela; il s'agit d'en agrandir l'étincelle que le Père nous confia, de l'approfondir, de la discipliner, de la transmuer. Nous aimons l'argent, les sciences, les arts, les machines, la réputation, les grands paysages, l'orgueil d'être obéis, les chaînes de la fortune, l'oisive liberté du vagabond, le cœur de nos amis.
Mais c'est nous-mêmes que nous chérissons à travers ces objets. Toutes ces amours voilent l'Amour; il faut greffer ces sauvageons, extraire de ces venins la médecine de la Sagesse, atteindre, au delà de ces fantômes décevants, la Réalité permanente, toujours identique à elle-même.
     L'Amour, bon ou mauvais, r
epose dans les ténèbres de l'inconscient; il préexiste à la rencontre extérieure dont le choc semble le faire naître. Uni à l'imagination, il engendre le désir; celui-ci, épousant son objet, génère la volonté; cette dernière, enfin, s'incarne dans l'acte, qui assure l'équilibre de tout le système. Prenons donc pour règle de toujours poursuivre jusqu'à l'acte le prolongement de nos pensées, de nos désirs, de nos impressions. Dès que l'un de ces mouvements émerge à la surface de notre conscience, demandons-nous immédiatement à quelle œuvre il nous sollicite.
 
 

La Volonté.


 

     Notre esprit est un caravansérail. Toutes sortes de voyageurs s'y coudoient, avec leurs suites, leurs animaux de somme, leurs nouvelles et leurs curiosités. On y entend mille langages, on y respire les odeurs les plus rares, on y apprend des secrets . Mais les gardiens ne comprennent pas toujours ce que viennent leur dire les hôtes. Aussi aucune psychologie n'est complète et les sages qui ont voulu disséquer l'être humain, qui ont tenté d'expliquer l'Homme aux hommes, ressemblent à des astrologues qui prétendraient explorer tout le firmament avec une lunette immobile.
     Notre conscience n'enregistre qu'une très petite part des visites que notre esprit reçoit; encore ignore-t-elle l'identité authentique des visiteurs. Nos perceptions sensorielles, affectives ou mentales ne nous procurent que les images réfractées des objets; et encore ces apparences varient selon le jeu compliqué des réactions internes; un concept métaphysique peut naître à la suite d'une sensation;
une sensation corporelle peut venir même de l'Esprit pur.
     Il paraît donc préférable,
au lieu de contrôler séparément nos instincts, nos passions ou nos idées, d'agir sur le pivot central de tout le mécanisme : sur le vouloir. C'est lui qu'il faut assainir dans son principe, qui est l'Amour; qu'il faut parfaire dans ses moyens : la méditation et l'oraison; qu'il faut rendre, vivant par l'œuvre.

     Pour ce quadruple travail, une foule de collaborateurs nous sont commis. Depuis la pierre du chemin jusqu'à l'ange radieux, depuis notre frère le plus proche jusqu'à l'insaisissable génie qui plane aux bornes du Zodiaque, toute créature nous offre son secours. A nous de savoir l'utiliser, par l'étude et la méditation, par un cœur purifié à force de renoncements, par des œuvres embellies à force de zèle. Ainsi l'importance du Moi diminue, l'horizon intellectuel s'élargit, les paresses meurent et les souffles de l'Esprit pénètrent en nous à grands flots avec la lumière du Soleil divin.


L'Amour.

     Les systèmes de psychologie sont tellement nombreux qu'il est aussi difficile d'en choisir que d'en inventer. Après tout, la connaissance analytique de l'être humain n'est pas indispensable pour nous élever à Dieu. Là aussi une seule chose est nécessaire. Les entraînements, l'ascétisme, la méditation, les pratiques religieuses ont été surabondamment enseignés dans leurs plus petits détails. Il importe au plus haut point de ne pas perdre les grandes directives, de ne pas cacher le but sous les moyens, ni le résultat sous les méthodes.

     L'Amour pour Dieu est à la fois le moyen central, la direction droite, le résultat unique et le but suprême.
     Il nous libère des systèmes, nous intériorise, nous rend actifs en toute circonstance.
     Il nous montre la présence divine universelle, nous donne la maîtrise de nos instincts et la patience et la confiance; il unifie les mille mouvements de notre interne; il simplifie nos attraits.
     Il lave notre cœur, le débarrasse de ses parures artificielles et lui apprend la prière.
     Cette triple opération, c'est
la triple ascèse intérieure que suivaient autrefois les néophytes de l'antique ésotérisme et que les docteurs de l'Église ont rajeunie, pour les besoins des fidèles catholiques, sous les noms de voie purgative, de voie illuminative et de voie unitive.

     N'oublions pas cependant que Jésus, par Sa descente sur la terre, a frayé d'innombrables routes nouvelles. Chacun peut, par Lui, cheminer jusqu'au Ciel. Dès lors les cadres du vieil ésotérisme éclatent et ceux des théologiens ne correspondent plus toujours à l'épanouissement libre de la vie. Une illumination peut être reçue durant les rigueurs de la période purgative et, au milieu des extases unitives, le disciple peut s'infliger les plus rudes dépouillements.
     Souvenons-nous : le Père désire qu'on L'adore en esprit; Jésus conseille que, pour la prière, on se retire dans la chambre secrète. Les livres et les exhortations
échauffent seulement le zèle du disciple. Ainsi des acteurs sur une scène prestigieuse élèvent vers la noblesse les pensées du public. Le mystère de votre vie intérieure, qu'il reste entre Jésus et vous; si vous avez vraiment besoin d'un guide visible, vos guides invisibles le conduiront à vous.
     Enfin, la prière au dedans, la charité au dehors; et même la charité avant la prière. N'hésitez pas à sortir de la plus haute extase si la plus humble créature a besoin du moindre secours. Le Ciel peut vous donner en une seconde infiniment plus que ce que vous amasseriez en un siècle
d'efforts psychiques et de contemplations.
 
 

L'Ascétisme.


 

     L'ascétisme est la lutte contre soi-même entreprise pour transformer en vertus chacune des forces égoïstes. Aussi le travail ascétique dure-t-il toute la vie; jamais il ne se termine, car le mauvais ferment subsistera en nous jusqu'à la minute lointaine du baptême en Esprit.
     Tous les artistes affirment que la maîtrise ne s'obtient que par un certain nombre d'exercices inlassablement répétés. Mais la maîtrise spirituelle exige bien d'autres efforts et une tout autre persévérance. L'ascète a entendu la voix de sa vocation, il se dirige vers elle avec toutes ses énergies, qui sont les aspects multiformes de l'Énergie fondamentale :
l'Amour. Et chacun de ses efforts ascendants évoque irrésistiblement la descente d'un mode, de plus en plus parfait, de l'Idéal auquel son cœur brûle de donner asile.
     Il exalte son vouloir au feu de son amour et, plus son amour est ardent, plus son vouloir est fort, plus il cingle, haut et ferme, vers les cimes. La matière de son travail, c'est lui-même, et cette matière, il la façonne par ses renoncements, il l'affine par sa vigilante patience, il la pénètre d'incorruptibilité par son adhérence à la Volonté divine. Certain que, dans la poursuite de ce grand œuvre, toute sa ferveur, tout son héroïsme, toute sa ténacité ne sont que le geste malhabile mais sincère de sa toute-faiblesse s'élevant, pour lui permettre de descendre, vers la Toute-Puissance de son éternel Ami.
     Ainsi
le disciple sculpte en lui-même la statue que l'Esprit animera. Ainsi la confiance grandit. On aperçoit par intervalles le miracle continu qui soutient l'Univers et le retient. La reconnaissance et l'admiration pour l'œuvre divine engendrent un enthousiasme tranquille et pur qui vous envahit totalement et qui rayonne alentour.
 
 

Règles pour la vie purgative.


 

     Pour plus de clarté, les formules qui suivent sont réparties sous les trois titres traditionnels : vie purgative, vie illuminative, vie unitive. Non parce que leur usage doive être successif, mais pour en faciliter l'application aux différents phénomènes de la vie intérieure. Il ne s'agit pas, comme nous l'avons dit déjà, d'un plan de travail systématique. Nous devons nous attacher à suivre uniquement les appels de l'Esprit.
     Chacune des maximes qu'on va lire représente
l'acquisition d'une vertu, je veux dire la croissance d'un organe de notre esprit, dont le développement se prépare dans l'effort méditatif, se facilite dans la prière et se parachève dans l'acte. Chacun des points ci-après devra donc fournir le sujet d'une méditation, d'une prière et d'un acte.

     I. Distinction du Naturel et du Surnaturel, du Relatif et de l'Absolu, du Créé et de l'Incréé, dans tous les ordres. Recherche des caractères de l'Absolu en tant qu'accessible à notre compréhension : le sacrifice, la rédemption. Diagnostic de la part divine et de la part naturelle dans les créatures, les faits, les pensées, les sentiments.
     II. Détachement du bénéfice de l'action, puisque
notre intérêt nous lie, quelque haut qu'il soit. Pratiquer la vertu pour elle-même, sans espoir de récompenses, par obéissance, par amour de Dieu : c'est ainsi que nous deviendrons libres.
     III. Gouvernement des pensées en se tenant dans le calme. Se garder de la rêverie. Examiner les idées qui arrivent, les rejeter ou les accepter. Se démontrer s
a propre étroitesse de vues.
     IV. Gouvernement des actes.
Couper les impulsions et des gestes et du langage. Examiner auparavant le tort qu'elles peuvent faire à quelqu'un ou à quelque chose. Agir et parler contre ses inclinations naturelles.
     V. Pratique de la patience. La perte de la santé, de la fortune, de la réputation, des amours, de l'intelligence, de la confiance en Dieu, du courage, apprendre à les subir sans plaintes extérieures, sans plaintes intérieures, avec une joie intime, avec une joie visible aux autres. Supporter les dissentiments, les querelles philosophiques, religieuses et autres. Rétablir la concorde. Se faire tout à tous. Tout vient à son heure; nous avons le temps de tout faire; tout possède sa raison d'être et sa part de vérité.
     VI. Ne pas se distraire du but. Si les distractions viennent des objets sensibles, en rechercher les rapports avec Jésus, type du Bien;
si des sentiments naturels, les hausser jusqu'à l'Amour, type du Beau; si des idées, en asseoir l'équilibre par des idées contraires, et l'harmonie par l'établissement du Vrai. (« je suis la Voie, la Vérité et la Vie. ») Analyse du péché. Transmutation des énergies mauvaises en vertus. Affaiblissement de l'égoïsme. Refus de ce qui est naturellement agréable. Conscience de notre petitesse.
     VII. Créer la foi;
nier l'impossible. Dans la lutte contre le mal invisible (tentations) et le mal visible (action familiale et sociale), être certain de la victoire. Ne pas s'exalter. Démonstration de l'aide incessante que le Ciel nous envoie. Théorie intellectuelle et sentiment intime de la présence de Dieu. Tout ceci représente l'action volontaire dans le champ de notre conscience. Vient ici l'ouverture des portes de l'inconscient par :
     VIII.
Désir du Ciel. Création de l'enthousiasme par la contemplation de la beauté des pierres, des plantes, des animaux, des objets, des femmes, des hommes, des œuvres d'art. des sciences physiques et naturelles, des idées philosophiques, des sentiments généreux, des formes religieuses. Recherche de ces douze modes esthétiques dans leur type idéal, Notre Seigneur Jésus-Christ. L'enthousiasme, pour être vivant, doit se faire sentir de notre chair jusqu'à la cime de l'intellect. Pour qu'il se rénove, il faut l'exprimer, le semer, le faire partager aux autres.
 
 

Règles Pour la vie illuminative.


 

     « Dans la pleine nuit, l'Époux vient; sortez à Sa rencontre. » Et encore: « Rentrez dans la chambre la plus secrète. »
     C'est ici l'école de la méditation vivifiée par la prière; c'est la contemplation. Elle doit toujours aboutir à un perfectionnement de la vie active.

     I. Parfaire les huit pratiques précédentes par la simplification du cœur. S'analyser à fond. Pourchasser le Moi jusque dans les antres les plus obscurs de la conscience. Vivre en la présence de Jésus: « Que ferait-Il à ma place, en telle circonstance ? »
     II. Se tenir dans un état de demande constante. Tous actes, toutes émotions, toutes pensées
peuvent être accomplis, sentis et construits infiniment mieux que nous ne le fîmes jusqu'à présent. Attirer les idéals de toutes choses qui resplendissent dans le Trésor de Lumière sous des formes angéliques, en implorant la bonté du Maître.
     III. Se dénuder. Établir logiquement et intuitivement
la faiblesse de nos facultés, la grossièreté de nos perceptions,, l'étroitesse de notre intellect, l'infirmité de notre vouloir. Accepter tous les phénomènes psychiques, comme on accepte tous les événements extérieurs. Détruire les préjugés. Se démontrer que tout est possible. Analyse et critique de nos observations.

     Tel est le côté volontaire de la contemplation. L'Esprit descend ensuite, ou Il ne descend pas; Il est le Maître. Quant Il descend, Il nous possède à divers degrés: soit par la quiétude, soit par le ravissement qui laisse les sens actifs, soit par l'extase qui enlève l'être conscient dans sa totalité.

     Ces leçons vivantes embrassent tout entier le champ du monde. L'ange conduit le disciple partout : dans le sein de la terre, dans les abîmes, dans les soleils, dans les océans fluidiques, dans le passé, dans l'avenir, jusqu'aux confins du Néant. Dans la mesure où le disciple se renonce lui-même - et les possibilités de ce renoncement croissent en profondeur et en étendue selon la ferveur du travail -, les vérités descendent en lui, les êtres lui disent leurs secrets, et les choses aussi; et, pour soutenir le poids formidable de ces mystères, il ne peut s'appuyer que sur l'approfondissement de sa petitesse et sur la solidité de sa faiblesse. Car toute notion est une charge; toute connaissance entraîne une responsabilité. Nous sommes tous des saints Christophes au petit pied; l'Enfant Jésus, que nous portons sans le savoir, deviendrait vite trop lourd, s'Il ne donnait Lui-même à nos épaules la vigueur nécessaire.
     Ceci, le contemplateur le sait. En Jésus, dans Sa vie, dans Ses travaux, dans Ses souffrances sont exprimés toutes les sciences, tous les arts, tous les arcanes, non pas en allégories, mais en évidentes réalités. Il faut seulement que nos yeux soient ouverts.
     Que
cette compréhension mystique ait lieu par le sensible ou le psychique ou l'intellectuel, elle reste indicible et ineffable. Venant de l'Esprit, elle arrive à notre esprit; elle est expérimentale; elle donne d'un coup la science et son application, l'idée et le pouvoir; elle trouve le mal et administre le remède; elle est vraie, c'est-à-dire toujours harmonieuse avec l'objet, le milieu et le sujet; elle est toute belle, enfin, parce que toute bonne.
     Au cours de cette école passent, par intervalles,
les éclairs de l'Union.
 
 

La vie unitive.


 

     Tout ce qu'on pourrait dire de celle-ci est vain. Ceux que l'on raconte y avoir été plongés n'y sont réellement pas parvenus.
    
Car être uni à Dieu, c'est vivre par delà le temps et l'espace, tous les temps et tous les espaces; c'est avoir subi sans mourir l'horreur indicible du Néant; c'est soutenir la vue de Dieu sans que cette fulguration nous volatilise.
     Être uni à Dieu ne peut se faire
sans que tout ce qu'il y a de naturel en l'homme ait été purifié, régénéré, recréé, que tous nos corps et nos fluides et nos intelligences aient été lavés de toute trace du mal.
     Être uni à Dieu exige qu'on n'ignore plus rien des choses de la terre, des secrets du zodiaque et des mystères des constellations; qu'on ait expérimenté toutes les formes de l'existence, que toutes les joies, même les plus augustes, aient perdu leur saveur, et toutes les souffrances, leur âpreté.
     Être uni à Dieu,
c'est savoir aimer, c'est-à-dire savoir s'oublier, constamment, partout, spontanément; c'est ne plus connaître la crainte de se perdre; c'est ne plus pouvoir se troubler.
     Être uni à Dieu,
c'est ne plus rien désirer : ni la beauté des archanges, ni la vie glorieuse des dieux, ni la vie abstraite des puissances transcendantes.
     Être uni à Dieu, c'est se sentir un néant; c'est s'être travaillé si à fond, c'est être recuit au feu de tant d'épreuves qu'en nous il ne reste plus rien qui soit nous. C'est avoir si longtemps traîné nos chaînes qu'elles se soient usées, qu'elles tombent de nos chevilles.
C'est être capable de recevoir la Liberté.
     Être uni à Dieu,
c'est pouvoir distinguer Jésus sous tous les vêtements, sous les plus splendides et sous les plus vils. C'est avoir reconquis l'innocence primitive, si bien que nulle humble bête de la terre ne s'effarouche plus à notre aspect et que nul formidable démiurge ne nous fasse plus trembler..

     Cependant quiconque accomplit l'une des sept perfections possède les six autres.
     Les états que décrivent les docteurs: le rapt, le ravissement, l'ivresse céleste, le sommeil mystique, les touches divines, les blessures d'amour, les noces spirituelles, la vision béatifique ne constituent
qu'un fragment de la très longue liste des expériences de l'Union. Si le simple corps physique est un organisme tellement compliqué que les plus savants n'arrivent pas à le connaître, notre personnalité complète, qui communique avec la multitude des mondes, apparaît comme indéchiffrable; tout ce que les plus sages, parmi les hommes ont dit de l'homme n'est qu'une fraction infinitésimale de ce qu'il y aurait à savoir.
     C'est pour cela qu'il faut ici poser la plume et se tenir dans le silence. Ici s'élève seul le chant toujours neuf de l'Amour, ici ses ailes se déploient librement, il répand avec une abondance plénière tout son sang, il enflamme l'Univers du zénith au nadir, il lui verse sa splendeur omnipénétrante, il comble tous les abîmes, il réalise tous les impossibles.
     Ici la créature a payé sa dette aux pierres, aux plantes, aux animaux, aux instincts, aux passions, aux idées, aux hommes, aux patries, aux religions, aux démons, aux esprits et aux dieux.
Elle est libre. Libre, elle peut s'envoler d'Aldébaran à Antarès, de Neptune à la Lune, du Ciel à l'Enfer. Libre, elle peut s'entretenir avec tous les êtres, se réjouir de toutes les beautés, s'enrichir de tous les trésors. Mais libre, elle donne tout parce que le Père lui a tout confié. Elle est plus forte que les dieux, plus splendide que les anges; elle est l'Homme.

     Et, dans le suprême effort de toutes ses puissances intégralement reconquises, elle offre au Père cette liberté précieuse, au Père qui l'a aidée, par le moyen du Fils, à parfaire lentement le long des siècles le grand œuvre intégral. Elle se charge librement des chaînes bénies de l'Amour. Elle peut tout; mais elle ne fera plus un geste sans en demander la permission à son Seigneur. Tous les secrets lui sont ouverts; mais elle n'interrogera plus jamais que pour les besoins de sa mission. Toutes les portes tombent devant elle; mais à chaque gardien elle paiera quand même le prix de son passage.

     Puisse Notre Jésus, après avoir encore lavé nos pieds, nous prendre tous dans Ses Bras miséricordieux et nous faire asseoir à Sa Table, pour l'Éternité !

 

Sources Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt


 

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26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 23:10

 

 

 

LA VIE DU CHRIST DANS L'AME HUMAINE

 

par Sédir

Chapitre X de La Voie Mystique

 

 

 


Tableau de Dali



Toute incarnation du Verbe est une vie inconnue du Christ; tout acte du Christ est une incarnation du Verbe. A l'origine, la Vie universelle dont le Père ensemence une partie du Néant, c'est la première incarnation du Verbe comme Créateur. Au milieu des temps, le salut que le Père envoie au monde en détresse, c'est la seconde incarnation du Verbe comme Rédempteur. En chacun de nous, lorsque nous quittons la route descendante pour prendre le chemin ascendant, c'est la troisième sorte d'incarnation du Verbe comme Illuminateur individuel.


Dans notre cœur, en le formant, le Père a mis deux cœurs : un cœur de Lumière, un cœur de Ténèbres. C'est celui-ci qui prend le gouvernail tout d'abord et qui le garde jusqu'à ce qu'il ait épuisé sa provision d'énergie. A ce point extrême de notre course descendante, parvenus aussi près de l'Abîme que la force de notre être nous a permis d'en approcher, nous nous arrêtons, et la crainte s'empare de nous, cette crainte particulière que David dit être le commencement de la Sagesse. Ici commence une période heurtée d'obscures inquiétudes, de dégoûts, de lassitudes, qui se termine soudain par l'intuition salvatrice de la miséricorde divine; et voici que s'ouvre le long travail de la repentance, précurseur de l'Amour, comme Jean-Baptiste est le précurseur de Jésus.

Le repentir est un sentiment complexe où entrent des retours divers et imprévus. Il commence par
le regret, souvent teinté de peine et de plainte; puis le remords, comme un regret plus incisif, frappe la conscience à coups redoublés; on dirait qu'un scalpel de Lumière incise et tranche les corruptions de notre personne morale. Les motifs du remords peuvent être la honte d'un blâme public, la honte plus noble d'avoir agi laidement, la crainte d'être puni; ces considérants égoïstes se nomment, en théologie, l'attrition. Quand ces motifs deviennent la pure douleur d'avoir désobéi à Dieu, déplu au Christ, lésé nos frères, et qu'ils s'accompagnent de la ferme résolution de ne plus retomber, cela s'appelle la contrition.


Notre être moral étant ainsi en proie aux élans du vrai repentir, notre volonté décide qu'elle réparera tout ce mal; elle revient
vers l'acte délictueux, essaie d'en atténuer les dommages, en soi et hors de soi, et ne retrouve son calme que lorsque le sentiment d'être pardonnée lui descend du Ciel. Ces réparations, ces restitutions constituent la pénitence; la volonté convertie joue, dans l'Israël intérieur, le rôle de Jean-Baptiste et appelle la foule de nos énergies diverses au baptême des larmes.


Ce
broiement du cœur par la contrition, ce feu ardent du remords qui, de la pierre glacée de ce cœur, fait jaillir les larmes bienheureuses du repentir suppliant et l'humble ferveur pour mieux agir, telles sont les preuves de notre sincérité, de notre véracité. Elles seules montent jusqu'à la miséricorde du Père pour qu'en descende le pardon. Elles seules attendrissent la juste rigueur impitoyable des gardiens de la Loi.

De même que l'enfant Jésus apercevait de loin, dans les déserts, la silhouette du Baptiste enfant,
l'étincelle christique en nous jette par intervalles son éclair sur nos tumultes et sur nos nuits intérieures. Notre vie spirituelle véritable, quelque vaste que soit notre vie intellectuelle, ne commence qu'avec la certitude installée en nous de Jésus Fils unique de Dieu venu en chair. Cette certitude est un don, Jésus nous l'affirme à plusieurs reprises; c'est le premier des dons de l'Esprit; notre effort ne peut le conquérir, mais seulement nous rendre aptes à le recevoir; c'est le premier pas sur la voie étroite,
La généralité des fidèles
croit que cette certitude constitue toute la régénération et implique le salut. C'est une opinion exagérée. La foi au Christ est simplement le premier acte du vaste drame de la régénération intérieure; c'est la naissance du Verbe dans l'étable de notre conscience, entre la Vierge, notre âme, Joseph, notre moi, devenu silencieux et patient, le bœuf et l'âne instinctifs, les bergers de l'intuition et les mages de l'intellect illuminé.
Désormais notre croissance spirituelle
va suivre phase après phase les épisodes historiques de la vie du Christ.
La Lumière en nous, après avoir jeté son premier éclat,
va se retirer dans l'Égypte de l'inconscient. Elle réapparaîtra pour reconstruire notre édifice intellectuel, comme fit Jésus répondant aux docteurs du Temple, et elle disparaîtra de nouveau. pendant une longue période de labeurs prosaïques, comme ceux de l'enfant divin à Nazareth, croissant silencieusement devant Dieu en force et en sagesse, et étant soumise aux facultés normales de notre conscience ordinaire, comme Jésus était soumis à Ses parents.

Cette Lumière si secrète du Verbe enfoui très humblement au sein de notre misère parvient donc à sa trentième année symbolique, à la plénitude relative que lui permet de prendre
l'imperfection individuelle de notre Moi à chacun. Ce terme est marqué par deux gestes: l'un, de soumission superflue aux lois de la nature humaine ou sociale : c'est le baptême du Jourdain; l'autre, d'affirmation de puissance en face du monde des Ténèbres : c'est la tentation. Le disciple régénéré reçoit alors du Père une ambassade et en commence l'accomplissement, comme Jésus fait, aussitôt reçue la double onction simultanée de l'eau et de l'Esprit.
Nous Le voyons d'abord élire Ses apôtres; le Verbe intérieur
transmue au spirituel les douze facultés maîtresses de l'homme naturel. je ne puis pas entrer dans tout le détail d'une psychologie entièrement inconnue; permettez-moi de ne vous donner que de brèves indications éparses; il vous sera loisible de les relier plus tard en systèmes cohérents.
Le Pierre intérieur, c'est la Foi; nous le verrons, en effet, reconnaître le premier son Maître comme Dieu,
puis le renier; Jean, c'est la charité; Jacques, c'est l'espérance; Judas, c'est l'orgueil immortel qui ne disparaît qu'au jour de notre rentrée dans le Ciel; et chaque apôtre est, subjectivement, une énergie de l'homme spirituel régénéré. Le Verbe circule dans tout notre être, le réorganise, le purifie, l'élève et en fait progressivement passer les facultés de toute sorte, y compris les corporelles, à une stase de vie surhumaine, ou plutôt surnaturelle.
De même que nous entendons Jésus révéler aux foules des mystères insoupçonnés, que nous Le voyons guérir les incurables, enlever les cœurs jusque dans l'Absolu et tout réinstaller sur un mode nouveau,
Sa Lumière vivante opérant en nous béatifie notre intelligence, nous débarrasse de nos tares corporelles les plus invétérées, change nos opinions et nos concepts, nous éclaire la vie aux rayons d'un soleil merveilleux et, nous communiquant Sa patience souveraine et Son inlassable abnégation, nous Procure la joie intérieure, la certitude et la paix.

Je voudrais vous dire quelques exemples précis
de cette transsubstantiation ascendante aussi merveilleuse que la transsubstantiation descendante de l'eucharistie; malheureusement les mots manquent pour caractériser des faits observés par une toute petite minorité d'expérimentateurs. Personne encore n'a réduit en nomenclatures exactes les phénomènes de la vie mystique; on peut le regretter; quant à moi, je serai plutôt incliné à m'en réjouir, d'abord parce que cette imprécision obligatoire est la meilleure protectrice des réalités sacrées dont l'âme du disciple devient le temple, et ensuite parce que la vie mystique étant essentiellement la vie de l'esprit en nous, et l'esprit étant le plus libre des mobiles, le plus imprévisible, le moins enchaînable, essayer de faire tenir ses explosions et ses envols dans le cadre rigide d'un système serait le dénaturer sûrement et fausser l'intelligence que nous pourrions en acquérir.
La mystique ne se raconte pas; ceux qui la vivent se taisent. Aussi veuillez bien considérer ce que j'essaie de vous en dire, non pas comme des descriptions exactes, mais seulement comme de simples allusions, des images, des indications. je vous ai montré le chemin de ce sanctuaire; nul que vous-mêmes ne peut vous y engager.
Tous les disciples du Christ suivent une même route, mais en s'y livrant à des travaux différents sur la nature desquels il est assez difficile de donner des précisions. Les uns sont agriculteurs; les autres, soldats; d'autres, ouvriers;
d'autres enfin, plus rares, sont pêcheurs d'âmes. Ils portent tous un signe sur le front; tout homme d'ailleurs est marqué au front du signe du roi qu'il sert. Mais ce signe n'est visible qu'aux yeux des chefs de l'un ou l'autre Royaume. Tout au plus nous, la foule, pouvons-nous discerner dans certains regards une clarté spéciale; mais il nous est aussi difficile de différencier les prunelles où luit la Lumière de celles où luisent les Ténèbres qu'il est difficile à un Fuégien de distinguer une verroterie d'un diamant. Aussi, je vous le recommande encore, tenons-nous en à notre seul Christ, à Sa seule parole certaine.

Les hommes que nous sentons supérieurs, de deux choses l'une :
ou ils appartiennent en réalité aux Ténèbres, par le caractère d'orgueil ou d'insensibilité de leur prééminence, et alors nous courons de grands risques à les suivre, même sous prétexte de ne prendre d'eux que ce qu'ils ont de bon; car comment distinguerons-nous ce qui est bon et vrai en eux, nous qui plongeons presque tout entiers dans l'erreur ou dans le mal? Ou bien ces hommes supérieurs appartiennent à la Lumière; dans ce cas, plus profondément ils lui appartiennent, moins ils accepteront de garder pour eux nos admirations ou nos docilités, plus instamment nous presseront-ils toujours de nous adresser à Dieu, de ne demander qu'au Christ de ne rien vouloir prendre que de Lui ou de Sa Mère, la Vierge.
Ainsi donc, encore une fois, écoutez ce que je vous dis : Jésus-Christ est en tout, dans vos larmes et dans vos joies, dans vos sécheresses et dans vos ferveurs, dans vos compassions et dans vos impuissances. Et, lorsque la nuit devient trop noire ou que le fardeau vous semble trop lourd - ce n'est pas vrai, ce sont des apparences: la nuit n'est jamais plus noire ni le fardeau plus lourd qu'il ne faudrait; mais enfin,
nous sommes de pauvres choses -, alors demandez à la Vierge; elle demandera à son Fils et son Fils n'a jamais rien su lui refuser.
Ces défaillances , ces hésitations dans le service divin appartiennent à la période de l'enfance intérieure du Verbe. Lorsque l'étincelle éternelle a pris tout son développement, lorsque sa clarté pénètre toutes les cachettes de notre personne physique et psychique, alors nous avons dûment compris le caractère entier de notre travail. Laboureurs, soldats, ouvriers ou pêcheurs, l'œuvre de Dieu est devenue notre œuvre à nous, ou plutôt nous nous sommes identifiés à elle. Nous savons qu'il n'y a réellement rien autre chose à faire pour nous, jusqu'au dernier jour, que de conduire la charrue, de semer, de sarcler, de manier la faux ou le marteau, de mener les brebis, de revêtir la cuirasse de la patience, de saisir le glaive de l'Amour.
Je dis « nous », mais vous m'entendez : je ne parle pas de moi ni de vous tous, ni de la foule de nos semblables; les serviteurs de Dieu sont toujours en toute petite minorité. Il n'y a point là d'ailleurs de quoi nous inquiéter, car ce sont toujours les minorités qui ont accompli les plus grandes choses; et, entre toutes les minorités sociales ou politiques, la minorité des vrais disciples est la plus faible, la moins bruyante, la plus dédaignée; son triomphe ne m'en apparaît que plus certain.

Ainsi ces serviteurs secrets, ces âmes assez mûries pour donner naissance au Fruit éternel, restent perdus dans la masse comme un levain minime dans toute la pâte d'une fournée. Encore la plupart n'en sont-elles qu'à la période préparatoire correspondant aux trente premières années de la vie de Jésus. Celles qui atteignent
l'âge mystique de trente ans, nous pourrions les comparer, suivant la nature de leur mission, à des fermiers, à des patrons, à des officiers.
L'ensemble de ces quatre catégories de disciples forme ce que l'on a appelé
l'Église intérieure. Il ne faut pas prendre cette dénomination dans un sens antithétique à celle d'église extérieure. L'une et l'autre sont utiles, légitimes et voulues par le Christ; celle-ci est l'assemblée des corps, la collection des actes liturgiques et sacramentels, l'ensemble des rouages administratifs nécessaires; celle-là est l'assemblée des cœurs, l'union des volontés désireuses de servir, la communion des saints, en un mot, vivants et morts, Les différences de doctrines théologiques restent secondaires pourvu que subsiste la foi en Jésus-Christ Fils unique de Dieu et la volonté de Lui obéir en tout.
Quelles que soient les fonctions propres des membres de cette Église mystique, leur dignité spirituelle se mesure à leurs renoncements et à leur énergie d'action extérieure.
Le chrétien qui travaille pour son salut, qui, en aidant ses frères, songe à sa récompense temporelle ou paradisiaque
, se cantonne dans le vestibule du Temple; il s'expose à chaque instant à en sortir, car les spectacles de la place publique peuvent le distraire.
Le chrétien qui, triomphant de l'inquiétude de l'avenir, observe l'Évangile en se fiant à Dieu pour tout ce qui lui adviendra, devient un serviteur fidèle; Jésus nous parle de lui dans deux paraboles, je crois. Il n'est plus exposé à la nonchalance, au doute que rarement, lorsqu'un obstacle lui devient utile pour rassembler ses forces et monter d'un degré, quand l'orgueil le menace, cet orgueil qui reste à perpétuité le grand empêchement de notre purification profonde, ou bien quand, à force de se dévouer à des œuvres bonnes, il se met à les chérir, s'y attacher, à les vouloir telles que son jugement humain les lui montre.

L'ami du Christ a vaincu ce dernier reste de la volonté propre. Profondément humble, persuadé de sa maladresse et de son ignorance, il se laisse mouvoir en tous sens par le Ciel sans que son Moi fasse jamais obstacle aux impulsions divines. Il sait que les œuvres sont nécessaires; mais celle même qui lui paraît la meilleure, s'il s'aperçoit que Dieu ne l'approuve pas, il y renonce y eût-il consacré des années d'effort, et sans regrets. Cette liberté, ou plutôt ce non-attachement lui évite bien des chutes, lui donne une forte stabilité et lui rend toutes choses claires et lisibles. L'Esprit alors lui communique Ses dons; il voit les vertus des êtres, déchiffre les consciences, il prévoit, enseigne, réconforte, guérit. Cependant il reste encore trop riche pour devenir un chef dans l'armée de son Christ, un fermier des domaines du Père. Voici quelle est la richesse qui l'alourdit et l'enchaîne : il sait qu'il s'efforce, qu'il travaille, qu'il monte. Il s'attache à ses dons et les croit indispensables dans la forme sous laquelle l'Esprit les lui communique. Il reste encore particulariste. Il n'est pas tout à fait pauvre, tout à fait nu, tout à fait rien.
Le Judas psychique respire encore en lui, tout au fond.
Tandis que le parfait Ami marche dans un oubli complet de soi-même. Il est impeccable et infaillible. Lui seul entre tous les hommes a le droit de dire :
« Ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus qui vit en moi. » Il est un frère cadet de Jésus; du moins il nous paraît tel, à nous les débutants qui le regardons du dehors; tout lui est également le Ciel, même l'Enfer, même les limbes, parce que, partout, il passe identifié à la Volonté du Père qui l'envoie en ces lieux différents. Il demeure avec son Maître aux déserts de la sécheresse dévastatrice, comme aux cieux de l'extase éblouissante. La tempête et le calme, l'admiration des hommes et leur haine, l'échec et le triomphe le trouvent également impassible; ou plutôt non, l'impassibilité implique une certaine dureté; il n'est pas dur, il n'est jamais froid; il brûle, mais d'une flamme tellement toujours égale que nous n'en mesurons plus l'incandescence. Il peut guérir, il peut enseigner; comme Jésus, il a gravi son Calvaire; comme Jésus, il est remonté en Haut; mais, comme Jésus, il est redescendu en nous abandonnant tout le butin, de ses batailles, toutes les gemmes de ses explorations, toutes les joies de ses douleurs. C'est un homme libre.

En vous traçant cette description sommaire de l
'assemblée spirituelle des disciples, je vous ai promenés en même temps, vous vous en êtes aperçus sans doute, à travers les paysages intérieurs de l'âme où le Verbe mystique reproduit les gestes historiques de Jésus. je vous dis ces choses pour guider ceux d'entre vous - je désire de tout mon cœur qu'ils soient très nombreux - que le Ciel appellera expressément à Son service. Quand la Lumière éternelle en nous porte sa splendeur jusqu'au champ de notre mentalité consciente, tout l'Évangile se développe dans ce champ. Le Christ mystique parle à la Samaritaine psychique, aux scribes de notre intellect, aux foules cellulaires de nos corps; Il guérit nos cécités, nos lèpres et nos infirmités animiques; Il triomphe et Il subit une Passion secrète par la vertu de laquelle Il conquiert sur toute notre personne Sa royauté définitive; Il exalte notre cœur dans la gloire, et nous désenchaîne à jamais.
Qu'il me suffise de vous indiquer ces rapports, ces correspondances, ces harmonies; permettez-moi de vous encourager à les poursuivre, non par d'ingénieuses spéculations, mais par la recherche précise, expérimentale de vos cœurs et de vos volontés.

Sources : Livres mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

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