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24 décembre 2006 7 24 /12 /décembre /2006 22:26

Alors poursuivons La Voie mystique de Sédir, le deuxième chapitre... après le corps, le travail où l'Invisible est aussi bien présent mais pas toujours lumineux notamment pour ceux qui sont dans les affaires, les jeux, les lois...

 

 

Le travail professionnel

 

par Sédir

 

1ère partie

 

 

L'homme a, en face de la collectivité, des droits et des devoirs.

Les premiers, on les connaît, et l'un des grands soucis de notre époque est de les défendre. Nous autres spiritualistes, donnons-nous un peu d'originalité; laissons nos droits et occupons-nous un peu de nos devoirs.
Aussi bien ne sera-ce que la vraie manière de devenir des hommes, de remplir la fin pour laquelle nous vinmes ici-bas, de collaborer à la progression du monde, de développer sainement toutes nos puissances, de soutenir enfin d'un regard calme la présence déconcertante de la mort. Et la chose en qui se confondent toutes ces prérogatives, c'est le travail.


Quoiqu'on le dise par plaisanterie, le travail, c'est réellement la liberté, ou, plus exactement, c'est le chemin qui mène à la liberté. Personne ne se libère de ses dettes en les niant, mais en les payant. Or quiconque vit est, par le fait, débiteur envers la Vie. On doit à ses parents, à ses maîtres, à sa patrie, au sol natal, au soleil, aux ancêtres, à sa religion, aux forces cosmiques, à la civilisation, à l'art, à la science, à bien d'autres entités encore extérieures à la conscience. La Nature, qui soupire vers l'harmonie comme l'océan vers l'équilibre de ses eaux, attend de l'individu qu'il restitue quelque peu de ce qu'elle lui a prêté. Et si l'homme ne veut pas s'acquitter de bonne grâce, elle sait le contraindre. Les huissiers ne sont pas une invention de nos législateurs; il y a des recors dans l'Invisible, plus impitoyables que ceux du Tribunal de Commerce.

Ce n'est donc que par des restitutions au moins équivalentes aux dépôts à lui confiés par les ministres du Père que l'homme évite l'étreinte de la dure Nécessité, ou plutôt la fait impuissante; et encore il lui faut payer spontanément, de bon cœur. Les paraboles évangéliques des économes disent cette loi. Bien peu comprennent cependant, et c'est pour cela que tant de chaînes, de barrières, d'ordonnances civiles, commerciales, religieuses, politiques, morales et physiques nous ligotent et semblent nous faire esclaves. A vrai dire, ces liens ne gênent que l'égoïsme en nous et la troupe turbulente et cruelle de ses enfants. Si les lois étaient inutiles, elles ne pourraient pas être dans l'Au-Delà, et les législateurs visibles et invisibles ne pourraient pas leur donner l'existence ici-bas.


L'individu se libère de ses dettes de deux façons. Par la première il subit les réactions de ses mauvaises actions passées, et rend aux autres ce qu'il leur prit autrefois indûment : la maladie, la catastrophe, le chagrin, la ruine, l'échec, l'inimitié. Voilà les modes principaux de cette restitution passive.


Par la restitution active il fait fructifier les prêts du Destin. Il gagne de l'argent, fonde des entreprises, crée une famille, développe la science, élève l'art, évertue les forces de la Nature, en un mot il travaille. Ainsi son être grandit après avoir été purifié, les bornes intérieures de son esprit reculent, comme le rayon augmente de sa puissance matérielle. Il vit, dans le sens le plus large et le plus auguste du mot. Et si son cœur est assez ferme pour que les fruits de ses fatigues ne l'entraînent pas dans l'esclavage d'une forme quelconque de l'avarice, l'homme accomplit vraiment la volonté du Père et prépare efficacement la descente du Règne céleste.

*
*   *

Je ne suis pas digne d'entonner un hymne au travail. Mais laissez-moi un instant élever vos regards vers le plus haut des Ciels. Là, dans les fleuves de clarté qui ruissellent des mains terribles du Verbe, s'entrevoit la forme vibrante et pathétique de l'Ange du Labeur. Il est le bras de Dieu; sur la trame des aurores cosmiques sa stature surnaturelle se dessine et bouge en flamboiements; et les montagnes de diamants qui sont les os spirituels du monde s'amollissent et fusent entre ses doigts, et des comètes en jaillissent. Il harcèle les créatures et verse aux tièdes les vins de feu des désirs; car il sait que l'inertie est le pire des maux. Infatigable, il brasse la pâte où fermente le levain de la vie éternelle; jamais il ne s'assied, jamais il ne s'arrête, ses regards allument des incendies, et sa voix d'orage porte par intervalles, de l'une à l'autre borne du monde, la terreur salutaire du néant primordial.


Parfois, sans quitter son séjour essentiel, il apparaît simultanément à divers points de l'Espace, à des milliards de lieues d'intervalle. Sous ses pieds nus incandescents la vie foisonne, il saisit les chaos à bras le corps, et le fracas des lutteurs monte jusqu'aux nuages. L'Ange jette un coup d'œil, alors, sourit et repart à plein essor vers quelque autre planète où se ralentit le goût de peiner.

 Ce fomentateur de la Vie mène toujours à sa suite un compagnon fraternel. La forme de celui- ci est trop éblouissante et trop subtile presque pour que les prunelles des élus mêmes puissent la réfléchir avec netteté. C'est une présence plutôt qu'une forme; il émane de lui une douceur victorieuse à qui aucune violence ne résiste; il presse contre son flanc le vaste calice d'or cristallin où il recueille les larmes de l'extase, les larmes des souffrances, les sueurs et le sang que versent les hommes ivres du philtre que leur verse l'Ange du Travail. Ainsi, dans les yeux qu'il éclaire de sa propre clarté, l'Ange de la Prière apparaît tendre, pitoyable et fraternel.


Voilà l'origine de l'intuition qui fait du travail une prière. Nous considérerons avec soin cet aphorisme un peu plus tard; aujourd'hui, sachons seulement la gravité, la grandeur, la vertu du travail, comment il nous hausse à notre véritable stature et nous fait accomplir la Volonté bénie de notre Père.
Dans quelle direction aiguiller les études de l'enfant ? Ou bien les parents lui imposent leur volonté, on bien on s'en remet au hasard des circonstances, ou, enfin, une vocation irrésistible le conduit envers et contre tout.

Dans le premier cas, très fréquent autrefois, l'enfant bénéficie de l'atavisme, des secrets gardés dans la famille, de l'expérience ancestrale. Cela donne une base plus solide au collectif social et contribue à l'unité nationale. Mais des formes conservatrices dégénèrent facilement en stagnation et elles préparent le pullulement des médiocrités, affaiblissent les initiatives, appesantissent les élans.
D'autre part, si les vocations impérieuses régénèrent à merveille les métiers, les professions et les carrières, si, parfois, elles exercent une influence salvatrice sur la fortune publique, sur la science, l'art ou la religion, elles épuiseraient bientôt, si elles se produisaient seules, les forces vitales d'un peuple. La Nature, les dieux ou le Père ont donné la preuve d'une sagesse admirable en faisant régner, sur la détermination des destins terrestres des individus, la même loi d'alternance harmonieuse qui mène l'Idée, la civilisation, la vie physique et, en général, toutes les révolutions biologiques de cet univers. Cette loi s'exprime toujours schématiquement par cette spirale conique dont la spirale logarithmique est la projection sur un plan (1).

Les trois méthodes précitées pour le choix d'une profession présentent donc chacune des avantages et des inconvénients. La perplexité augmente si, aux considérations pratiques et matérielles, on ajoute les incertitudes spirituelles. Où les parents, où les enfants, désireux de bien faire, trouveront-ils une règle ? «Soyez, dit jésus, prudents comme les serpents et simples comme les colombes. » Soyez précautionneux, réfléchis, avisés, comme ceux qui rampent sur le sol des intérêts temporels, soyez soucieux de réussir comme les cupides, examinez toutes les faces de vos projets comme ceux qui ne croient qu'au bon sens, à la considération, aux biens palpables; et, une fois vos plans mûris comme par le plus avisé des capitalistes, montez dans le ciel de l'intuition, comme la colombe. Oubliez vos prudences, reconnaissez votre ignorance, confiez-vous aux sollicitudes divines comme l'oiseau se fie au soleil, aux arbres et aux champs. Vous aurez fait votre possible, vous vous serez aidés; le Ciel, à Son tour, vous aidera en modifiant pour le mieux la courbe de votre destin.

Surtout, jeunes gens et hommes mûrs, ne vous croyez pas injustement enfermés dans un cadre indigne de vos talents. De nos jours, presque tout le monde a du talent; mais il y a moins de génie qu'à d'autres époques. On dirait que la Nature nivelle. Les « chers Maîtres » sont légion. Le talent s'acquiert; mais le génie est autre chose qu'une longue patience. Le talent produit des œuvres expressives, ingénieuses, savantes, pleines de goût même et de finesse; le génie possède le style; il n'est pas joli, mais beau; il n'est pas, correct, mais il parle à l'âme; il peut choquer la mode, mais il est poignant; il a peu de succès, mais il deviendra le phare des siècles futurs; il ne travaille pas sur des formules toutes prêtes, il invente ses procédés; et les critiques, les grammairiens, les commentateurs, les industriels, les hommes d'affaires le disséqueront et en fabriqueront des sciences, des formules et des rouages sociaux. Le sort de toute Lumière est d'être crucifiée.

Que de choses il faudrait dire ici! Mais retournons à notre sujet. Prenez seulement garde de ne pas repousser, quand il vient à vous, tel malheureux utopiste, malchanceux et obstiné. Aidez-le, tout au moins réconfortez-le; ses rêves, pour insensés qu'ils paraissent à ses contemporains, seront peut-être de magnifiques réalités pour la génération prochaine.

 
En aucun cas ne méprisez la tâche qui vous donne du pain, ne vous lassez pas des recommencements. L'inutile même a son utilité; c'est une plante dont nous n'apercevons pas les racines et dont nous ne prévoyons pas les fruits. Car tout se tient dans ce vaste univers. Le bûcheron ne fait pas qu'assurer le chauffage de quelques logis; il change de forme et de lieu des milliers de petites existences, non seulement quant à leur état solide, liquide ou gazeux, mais aussi quant à leur identité spirituelle. Voici un promeneur dans la campagne. Ses muscles et ses poumons travaillent; des cellules meurent; des toxines naissent, avec de la chaleur, de l'électricité et vingt autres choses; il use ses vêtements, il se met en gaité, il tue des insectes, des herbes; il modifie le milieu; il fait gagner un peu d'argent à la guinguette. Voici donc de la vigueur physique, de la force morale, des échanges hygiéniques, des morts, des souffrances et des joies. L'insecte écrasé, la tige fauchée, le cabaretier ont vu un corps énorme, une canne, quelques pièces de monnaie; et ces trois sont une même chose: la promenade.

Etendez à l'innombrable série des plans occultes de la Nature ces ramifications d'une seule cause, vous sentirez qu'un coup de bêche peut, çà et là, dans l'inconnu des espaces intérieurs, tuer, guérir, transformer, produire des sons, des couleurs, des catastrophes. Le prince qui signe en une demi-seconde un décret détermine peut-être des batailles; l'hécatombe et la signature ne sont que deux des formes de la même entité, du même cliché. Souvenons-nous que tout s'interpénètre; que, si je puis employer cette image, l'univers est un milieu élastique; mais nous n'avons pas encore donné à la Nature des preuves suffisantes de notre sagesse pour qu'elle nous laisse voir ses rouages mystérieux. Contentons-nous de savoir que le visible et l'invisible s'influencent réciproquement.


Tout travail est honorable par le simple fait que c'est du travail. La dignité de l'individu réside dans sa collaboration plus ou moins étroite à l'activité générale. Les êtres les plus vils ne sont pas ceux qui accomplissent des besognes répugnantes; ce ne sont pas les criminels, ces bourreaux du Destin; ce sont ceux qui, sans travailler, vivent du labeur d'autrui : parasites et vampires qu'on rencontre, hélas ! un peu partout, dans le palais et dans le ruisseau.

De plus, le Père veut que chacun d'entre nous passe par le plus grand nombre d'expériences possibles. Toutes les combinaisons physiques, sociales, sentimentales, intellectuelles et ontologiques nous attendent, comme le sillon espère le semeur. Il n'y a donc ni honte ni vanité à ressentir les fluctuations de l'existence. C'est le Père qui donne, c'est le Père qui reprend; béni soit-Il dans la fortune comme dans la détresse ! Ne nous préoccupons que de mener à bien la tâche qu'Il nous a aujourd'hui confiée.

*
*   *

Pour s'assurer qu'une influence secrète de l'Invisible existe bien, il faut chercher un groupement synthétique des formes de notre activité professionnelle.
Les unes ont pour objet le travail de la matière; tels sont les métiers. D'autres remuent et transforment l'argent : le commerce, l'industrie, la finance. D'autres surveillent les deux premières par les administrations civiles ou politiques, la magistrature, l'armée. Les dernières, enfin, sont les canaux par où s'élève la quintessence de l'activité nationale et descendent les forces inconnues qui vitalisent sans cesse le corps collectif de l'Etat. Ce sont les carrières du savant, du philosophe, de l'artiste, du prêtre.


Il vous suffira d'ouvrir un traité de physiologie élémentaire pour vous apercevoir que ces quadruples rouages offrent une analogie complète avec les fonctions de nutrition, de respiration, de relation et d'innervation de la vie animale; il vous suffira d'ouvrir un Abécédaire d'astronomie pour saisir la même loi gouvernant le jour, la lunaison, l'année et les grands cycles cosmiques. La pensée ne fonctionne que sur ce modèle et tout ce que l'œil du chercheur peut fixer dans l'univers se déroule dans l'ordre de ces quatre temps (2).
Voilà l'Invisible intelligible, celui que Lao Tze, Bouddha, Pythagore aperçurent et glorifièrent.

Si nous ajoutons à cette hâtive ébauche les types analogues du prince dans l'Etat et de la volonté dans l'individu, de l'esprit collectif de la nation avec ses deux conseilleurs, et de l'esprit de l'homme avec son bon et son mauvais ange, nous aurons une vue d'ensemble mystique sur l'origine et le mode des forces invisibles dont les forces et les actions visibles ne semblent être que les cristallisations.

Ainsi l'homme n'invente rien; il ne fait que copier les formes ontologiques qui l'entourent. La plupart du temps il n'aperçoit même pas qu'il est plagiaire; et les efforts les plus vigoureux de son génie n'arrivent qu'à reproduire ou adapter tel mécanisme admirable dont la Nature a multiplié autour de lui les exemplaires à profusion.
Cherchons maintenant les rapports de ces classes professionnelles avec l'Invisible central.
Chaque brin d'herbe a son génie, selon la Kabbale. Je dirai plus : chaque cellule, chaque molécule même, chaque atome même possède un esprit qui leur infuse, en proportions variables, la vie, l'intelligence et la volonté. Mais, pour qu'un observateur perçoive cet esprit, les instruments de laboratoire ne suffisent point, ni la voyance des fluides et des auras; il faut que ce chercheur ait pénétré dans le temple de la Vie universelle, que tout en lui, depuis les hauteurs mystérieuses de son esprit propre jusqu'aux dynamismes les plus infimes de sa physiologie, soient en accord avec la Loi organique du Monde, c'est-à-dire avec la Volonté du Père; il faut que son cœur batte à l'unisson avec le cœur de l'Univers, qu'il ait maîtrisé les myriades d'individualités dont l'assemblage constitue son individualité; qu'en un mot il ait, dès ici-bas, réintégré sa patrie éternelle, le Royaume de Dieu.

Un tel être est rarissime; en un siècle, à peine s'en trouve-t-il un seul sur la terre entière. Mais quittons ces hauteurs vertigineuses; redescendons dans notre sujet; aussi bien l'idée seule de cette possibilité, et le témoignage que j'en rends, suffisent pour aiguiller vos intuitions et raviver en vous l'ardeur vers le Ciel.
Rien n'est laissé au hasard dans cette immense Nature. L'arbre qui croît en silence dans la forêt profonde, le minerai qui sommeille dans les entrailles de la montagne maternelle, l'animal qui vague dans la jungle, l'heure est marquée pour chacun de la hache, de la dynamite ou de la flèche. La minute est fixée de même où le tronc énorme subira le suppliée de la scie, où le minerai souffrira le haut fourneau, le laminoir ou le marteau. Chose merveilleuse, le génie qui animait le chêne ou le rocher les quitte au moment où ils tombent et chacune des planches, chacun des objets en quoi l'industrie humaine les transforme reçoit un nouvel esprit, à l'instant de ces diverses transformations.
Et ce dernier est plus affiné que le premier, plus intelligent, plus réceptif des influences que les hommes qui l'emploient lui communiquent. De sorte que le poignard de l'assassin, le bâton du voyageur, le clou, la lime ou le rabot de l'ouvrier emmagasinent de la cruauté, de la fatigue, de la joie, de la paresse, et tous les états mentaux de ceux qui s'en servent.

Non seulement les objets que nous touchons, les lieux où nous vivons se saturent de nos émanations fluidiques, mais encore nous leur conférons la qualité spirituelle de nos cœurs. Si, dans la rue, se lève à l'improviste en moi une mauvaise pensée ou une bonne, c'est que, peut-être, un criminel ou un saint a posé le pied sur le pavé où je suis (3). Prenons ici conscience de notre pouvoir et de notre responsabilité, et comprenons combien il importe de vivre purement.


Ce qui touche au commerce, à l'industrie, à la finance ne vit pas avec moins d'intensité et n'entretient pas avec l'Invisible des rapports moins intimes. Mais c'est une autre qualité de la Vie. Dans cette sphère, les mouvements sont plus rapides; la fièvre y règne à l'état endémique; les convoitises y font rage, et les esprits qui dirigent tout ce vaste ensemble de transactions se meuvent, meurent et renaissent avec une rapidité qui éblouit, paraît-il, le regard du voyant. Tant qu'il ne s'agit que de mise en œuvre de matières premières et de commerce réel, les choses se passent encore à peu près normalement. Mais, si l'on s'approche de la spéculation pure, de la haute banque, tout s'affole; c'est pour cela que les sujets donnent des pronostics si incertains sur le jeu, la Bourse ou la loterie.

Le grand chef de toute cette armée de génies multiformes est appelé Mammon, dans le mysticisme occidental. Il est lui-même un des généraux du Prince de ce monde. La vertigineuse rapidité de mouvements de tous ces dispensateurs de richesses exige, chez les hommes qui veulent se les concilier, ou un coup d'œil excessivement mobile et fin ou une grande force de stabilité; tels sont, par exemple, les tempéraments mercuriens ou Jupitériens des astrologues.


Les professions qui se rapportent aux intérêts généraux de l'Etat, qui le légifèrent, l'administrent, le défendent, le surveillent, ont un invisible plus calme, mais guère plus accessible ni plus maniable. Elles forment le corps terrestre de la justice cosmique, de cette force équilibrante qui enchaîne les effets aux causes et les réactions aux actions. Les hommes qui la représentent ne sont pas sentimentaux; ils ne connaissent que le règlement, le texte, la consigne; ils ne comprennent pas l'indulgence ni la miséricorde. Tout ceci se voit d'ailleurs fort clairement à la forme que revêtent les génies des administrations, des ministères, des tribunaux, de la police, de l'armée et des divers corps de cet ordre, lorsqu'ils apparaissent dans la spontanéité du rêve ou dans le développement de certaines opérations théurgiques.

Mais la connaissance de ces formes jette un jour parfois trop vif sur les rouages secrets de la chose publique; c'est pourquoi nous nous abstiendrons d'en parler. je ne veux pas laisser entendre que la fonction du magistrat, du soldat, du gendarme est mauvaise en soi; mais que son état actuel est imparfait. Ce sont des organismes en progrès; il faut leur donner du temps; et d'ailleurs rien ne pourrait subsister sans l'autorisation du Père.


Quant aux professions où s'incarne l'intelligence du collectif social, ce sont les plus hautes, mais non les plus vivantes. Dans l'individu, l'intellect est le pôle opposé à la matière; mais l'abstrait spéculatif dont il découle le glace. La race blanche fut longtemps malade d'une hypertrophie de force brutale; aujourd'hui elle est peut-être plus dangereusement atteinte par l'hypertrophie cérébrale. Quoi qu'il en soit, le substratum invisible des professions libérales se trouve dans les régions supérieures de l'âme de la terre. Il est difficilement perceptible. Il est l'habitat des créatures qui reçoivent des sphères empyrées les inventions, les métaphysiques, les formes esthétiques des sons, des lignes et des couleurs, qui les acclimatent et qui les rendent assimilables à ceux des habitants de la terre dont l'esprit possède les qualités requises.

C'est parce que l'inventeur, le philosophe, l'artiste vraiment géniaux, vraiment dignes de porter ces noms comme des couronnes, appartiennent à l'aristie du genre humain, c'est parce que leur moi habite réellement des lieux où l'air est de diamant, où brillent des soleils inconnus, où les formes sont eurythmiques, que, sans cesse en extase involontaire, ces hommes tombent en dehors de la vie pratique, que tout de cette existence, nourrie uniquement des sucs de la matière, les heurte et les blesse en mille endroits, que les autres, prosaïques et « plus sérieux », les piétinent sans pitié dans la course commune à la richesse ou à la puissance.


Pour incarner les chérubins et les séraphins du Beau et du Vrai, il faut que l'on se donne tout entier. Cette offrande complète est quelquefois même insuffisante. Diviser en plusieurs parts ses forces, sa vie ou sa journée est un holocauste indigne de ces sublimités. Notre terre est infiniment loin du Beau et du Vrai; presque rien, en elle, ne provient de ces étoiles immatérielles. Le savant et l'artiste vrais ne trouvent donc, ici-bas, ni nourriture ni point d'appui; il leur faut se lancer à cœur perdu dans l'éther immense au fond duquel scintillent leurs idéals. Et toutes leurs puissances, physiques, intellectuelles et surtout animiques, ne sont pas superflues.

Puisque l'Etat moderne, méconnaissant leurs obligations, laisse ces hardis explorateurs livrés à leurs propres ressources, c'est aux individus à les aider. Vous donc, épouses, maris, frères, sœurs, enfants ou amis de quelqu'un de ces porteurs de flambeaux, prenez garde de ne point vous dérober au devoir dont le Destin vous charge en vous plaçant auprès d'eux. Ecartez de leurs pieds les cailloux du chemin, et de leur front les moustiques; donnez-leur du pain; pardessus tout versez-leur le vin très réconfortant de votre enthousiasme et de votre admiration.


Si l'exercice intègre des professions libérales exige une vertu aussi haute, combien plus pur et plus ardent ne doit pas être celui qui prétend devenir ici-bas le ministre de la Divinité ? Il faut qu'il soit un saint. Et si les religions se corrompent et meurent, c'est par l'insuffisance spirituelle de leur clergé. Il n'est pas nécessaire qu'un prêtre soit savant, éloquent, habile; il est indispensable qu'il soit disciple vrai du Christ. 


 L'Invisible religieux resplendit d'une clarté unique. Tout un monde nouveau se dévoile; l'émerveillement qu'il suscite place le contemplateur sur le chemin de ce Temple surnaturel où le Verbe Se tient en personne et en permanence.
Les fonctions sacerdotales sont les seules, dans la société, qui ne s'appuient pas sur la matière, ou qui ne devraient, en aucun cas, s'y appuyer. Leur racine est dans l'Invisible d'en-Haut, tandis que celle des autres corps de profession est dans l'Invisible d'En-Bas.

Mais quittons ces généralités; voyons les conséquences pratiques de ces hypothèses dans le travail de chaque jour.

 

2ème partie

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
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