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  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
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23 décembre 2006 6 23 /12 /décembre /2006 14:58

Laissons nous entraîner par Sédir dans L'existence Invisible, premier chapitre de son oeuvre fabuleuse La Voie Mystique... où il est question du corps et de son importance par rapport à tout ce qui ne se voit pas à l'oeil nu...

 

 

L'EXISTENCE DE L'INVISIBLE

 

par Sédir

 

1ère partie...



Tableau de Bruce Huffman




Avant tout, je vous dois des remerciements cordiaux pour la faveur avec laquelle vous accueillez ces causeries. Acceptez-les, je vous prie, en souvenir du Messager de Lumière à la suite duquel les plus secrets désirs de nos cœurs se hâtent dans la nuit de l'existence. Les objets de nos recherches, vastes comme l'Infini, exhalent un attrait impérieux, inépuisable et toujours plus enflammé, comme le Mystère divin dont ils sont les efflorescences indéfiniment renaissantes.

Tous, vous êtes informés des points théoriques principaux du psychisme et de l'ésotérisme; un bon nombre d'entre vous ont même approfondi telle ou telle tradition de l'antique Sagesse. Vos âmes, fatiguées des monotones horizons quotidiens, se sont lancées, avec la ferveur la plus candide, à la recherche des cimes idéales, des sublimités lointaines pressenties, des paysages de rêve où les dieux se meuvent, où resplendissent des statures surhumaines dans des gloires de volonté dont chaque rayon est un triomphe sur les êtres et les choses de la matière. Vous avez soupiré vers les tours d'ivoire de la Connaissance intégrale. Vous avez convoité l'extase du contemplatif, la baguette de l'Hiérophante, le glaive invincible du mage, la nudité toute-puissante du solitaire anachorète, immobile et muet dans la luxuriance innombrable de la jungle. Rêves sublimes, espoirs qu'il faut vénérer.

C'est un peu comme cela que pense le bambin amené à la revue du 14 juillet et qui, voyant les généraux et leurs panaches et leurs montures piaffantes , s'écrie qu'il veut devenir officier. Et, pendant trois jours au moins, il s'applique, il est sage et il rapporte des bons points. Il ne prévoit pas les années d'études, le dur internat de Saint-Cyr, les besognes fastidieuses, les marches forcées, les privations de la guerre, les blessures. Ainsi
le débutant du spiritualisme se voit tout de suite général. Et cet enthousiasme est heureux, parce qu'il nous faut des illusions par intervalles, pour réchauffer notre zèle. L'homme n'aime pas Dieu assez pour travailler par pure obéissance.

Quand certains initiateurs disent :
«Ce que tu veux être, tu l'es», c'est une hyperbole grandiloquente. La Vérité, plus raisonnable, prononce : « Ce que tu veux être, tu le deviendras, si tu le veux avec persévérance.»
Nous allons nous entretenir de ces vouloirs inlassablement réitérés, de ces persévérances obscures, de ces gênes silencieusement souffertes. Nous verrons comment ennoblir les bas soucis de l'existence, comment en rendre attrayantes les mornes besognes, comment, enfin, y découvrir les plus hautes lumières qu'il soit donné à l'homme d'apercevoir et les mystères les plus profonds sur lesquels il puisse pencher son intelligence.



* * *




Quand certaines traditions enseignent que la matière est une scorie de l'esprit, une telle vue n'est pas conforme à la réalité intérieure; elle n'est conforme qu'à l'opinion a priori que tel occultiste a conçue de la nature des choses. Si l'on admet les philosophies naturelles, les panthéismes émanationistes ou subjectivistes, comme l'ont fait beaucoup de systèmes ésotériques qui ne sont que des membres dispersés de la synthèse patriarcale antédiluvienne, l'univers apparaît logiquement comme un immense assemblage de sphères concentriques et dépendantes où la pure clarté de l'esprit s'obscurcit en approchant des limites de la Création. et cependant ce tableau n'est visible que lorsque l'on contemple le monde avec le seul regard de l'intellect, lorsqu'on l'étudie par le procédé progressif de l'expérience externe et interne et du raisonnement; lorsque, en un mot, on aperçoit dans l'œuvre du Créateur des forces mouvantes et non des êtres vivants.

Si l'on pouvait découvrir la plate-forme centrale de notre Moi et s'y asseoir pour observer de là l'Univers, si l'on pouvait regarder les créatures ave
c l'œil de lumière éternelle toujours ouvert dans notre cœur, on s'apercevrait avec surprise que tout est égal aux yeux du Père, que tout Lui est, au même degré, proche et précieux, ce caillou comme Sirius, et le bandit comme le saint, qu'il n'y a ni haut ni bas, ni distance ni durée, selon le mode éternel de la Création; on s'apercevrait surtout, avec une félicité sereine, que la connaissance expérimentale du Vrai est facile comme de voir le soleil au milieu du jour. Prenons acte de ceci; simplifions-nous; oublions, pour entendre la voix de l'Évangile, les voix mêlées qui nous arrivent des Écoles et des Sanctuaires; souvenons-nous enfin que, pour bien faire quelque chose, il faut s'y adonner de toutes ses forces.

Les misères constitutionnelles nous entourent et nous pressent de toutes parts; quelle infirmité est la nôtre! Mais si, alentour, vont et viennent des Invisibles pour qui nous sommes de fort petites choses, d'autres invisibles également voisins nous regardent comme des dieux splendides et très puissants. L'homme est une antithèse déconcertante; semblable à Dieu, il réunit, comme Lui, en sa personne, tous les couples d'antinomies.
L'homme est tout et rien; actuellement il
est l'ignorance, un jour il sera l'omniscience; j'entends parler de cette science vivante et vécue, spéculative et réalisée par les actes, qu'aucune créature ne peut nous enseigner, serait-elle des millions de fois plus spiritualisée que nous, mais que le Messie nous a descendue du Trésor de Son Père et qu'Il nous offre chaque jour encore, frappant à la porte de notre âme avec une patience divine.

C'est parce que nous sommes si faibles, si gauches,
si près encore de l'animalité, que le Père S'émeut au spectacle de nos misérables efforts, dont Il est pourtant le principe et le but secrets; et, parce qu'Il est l'Absolu, chaque battement de compassion de Son cœur insondable crée un ange de miséricorde, de sollicitude et d'amour, et notre pauvre cœur tremblant se calme au vent frais des grandes ailes de l'invisible Envoyé. Or le chef de ces multitudes consolatrices, c'est notre Jésus, le Fils éternel, l'Alpha et l'Oméga.
Ainsi, nous sommes aidés; une force longanime balance la force rigide de ce Destin qu'aux pays de Bharat on nomme le Karma. Toutefois, pour apercevoir la compassion divine, il faut lui être un peu apparenté, c'est-à-dire avoir accompli des actes de compassion humaine.

D'autre part, le Seigneur n'est pas un tyran fantasque ou capricieux. Quand Il nous donne un travail, Il nous en fournit les instruments; ceci est de toute évidence. Toutefois certains hommes, qu'on appelle des sages, ne pensent pas ainsi. Ce corps physique, ce sensorium, ce mental, tout ce qui nous procure la conscience pleine du plan physique, selon eux,
tout cela n'existerait que pour que nous ayons la peine de le détruire, afin d'entrer en relation avec des plans autres que ceux sur lesquels la Nature nous a fait naître. Quand un apprenti a gâché un travail, le patron ne lui en donne cependant pas un autre plus difficile; il lui fait recommencer le même. Ces sages dénient à Dieu une sagesse aussi simple.
C'est donc sur cette terre que se tiennent nos premiers devoirs, les inévitables, les indispensables; c'est notre personnalité terrestre qu'il faut d'abord connaître, pratiquement; ce sont enfin les rapports de ce moi avec le milieu où il habite qu'il faut expérimenter.
Voilà la carrière que nous allons parcourir ensemble.




* * *



Toutefois, si l'on sépare l'Univers pondérable de l'impondérable, il ne reste plus, dans les creusets et dans les balances de l'analyse, que du vide. Les savants officiels admettent aujourd'hui une thèse que les initiés des anciens temples enseignaient depuis toujours - c'est l'existence d'un véritable monde de forces inconnues, imperceptibles, incompréhensibles. De cela les psychistes sont convaincus. Mais les savants se révoltent à l'idée que cet univers puisse être habité; et toutes les preuves qu'accumulent les chercheurs spirites ne les convainquent pas. Ces négations n'ont pas d'importance; elles sont dans l'ordre. Rappelez-vous l'accueil que les académiciens ont fait à la vapeur, au chemin de fer, au téléphone. L'impossible d'aujourd'hui est le banal de demain.

Et cependant je veux vous entraîner au delà de ces régions que dévoilent le magnétisme, le spiritisme, la magie et les sciences occultes. Vous êtes des pionniers; il vous faut avancer, sans arrêt, toujours plus loin, sans plus de crainte des horizons que nous allons découvrir ensemble que de ceux que vous avez déjà explorés.
L'Invisible existe, mais le monde des fluides n'en constitue qu'une des mille divisions Les fluides sont dans l'impondérable ce qu'étaient, dans les pondérables les quatre éléments des Anciens: ce sont des milieux, des habitats. Et c'est avec les êtres qui peuplent ces pays inconnus que nous allons essayer de converser. Entreprise hardie, certes, mais moins chimérique peut-être que
d'établir des relations matérielles avec les habitants de Mars. L'ethnologie décore des noms de fétichisme, d'anthropomorphisme, les manières d'envisager l'invisible dont nous allons nous occuper, et elle les donne comme caractéristiques des civilisations les plus rudimentaires. Ayons le courage ou la modestie de l'avouer, les sauvages n'ont pas toujours tort; ce ne sont pas des ignorants complets; ils savent des choses que nous avons oubliées, ils possèdent des sensitivités que nous avons oblitérées au profit d'autres développements.

Le sauvage croit que toute chose a son esprit; il adore les phénomènes naturels, les forces météorologiques, taudis que l'homme très civilisé ne voit en tout que principes métaphysiques ou combinaisons d'énergies. Nous autres spiritualistes qui, par définition, par vocation plutôt, sommes des chercheurs impartiaux, des libres penseurs au sens étymologique du mot, sachons reconnaître que le philosophe et le nègre ne font qu'apercevoir chacun l'aspect contraire d'une vérité centrale.
Oui, l'idée abstraite existe, le concept métaphysique est un être vivant; mais aussi bien des mondes invisibles évoluent autour de notre terre, au travers de notre terre, peuplés de races innombrables, parmi lesquelles se trouvent des créatures plus fantastiques que toutes celles dont les mythologies et les folklores nous disent les hauts faits.

L'Invisible est partout, pénètre tout, vivifie tout. Ce monde tangible, même s'il contient les quatre cent cinquante mille étoiles du catalogue de Bonner, n'est en face de la création universelle que comme un grain de sable sur une plage. De même que dans les vides inter-moléculaires des corps les plus compacts on trouve de l'air, de même le monde physique est baigné, pénétré, saturé par d'invisibles océans de forces inconnues, sur les terres et dans les cieux fluides desquels vont et viennent, se battent, s'aiment, hurlent et chantent des armées de créatures mystérieuses. Les solitaires contemplatifs en aperçoivent parfois quelques unités, et cette rapide vision suffit à éblouir pour toujours leurs prunelles désormais aveugles aux spectacles d'ici-bas.

Sans l'Invisible, le visible serait en une seconde vaporisé dans le Néant originel. L'Invisible est le grand réservoir de la vie, le générateur des forces terrestres, la semence de toutes les formes, l'alambic immense où elles accomplissent leurs incessantes métamorphoses.
Nous nageons dans l'Invisible comme les poissons dans la mer, comme les oiseaux dans l'air; c'est par lui que tout nous arrive : aliments, idées, passions, maladies, catastrophes et joies; c'est en lui que se déversent tous nos rayonnements. Intellect, magnétisme, intuition, volonté sont construits avec les matériaux que ses ouvriers nous apportent. Notre corps, nos œuvres, nos sciences, nos arts ne subsistent qu'avec le ciment plastique qu'il nous fournit.
Tels sont les objets que nous allons examiner ensemble. Comment l'Invisible intervient dans la physiologie, la famille, la société, la science, l'art, la religion; comment il est la trame même de toutes ces choses; comment c'est lui qui fait descendre les âmes, comment il les emmène vers d'autres demeures cosmiques, comment il prépare en nous les élargissements nécessaires de notre conscience; comment enfin il dessille les yeux de notre âme et les habitue à fixer les splendeurs extasiantes de notre véritable patrie : voilà la carrière immense qui s'ouvre à nos investigations. Mais j'ai besoin de votre aide pour la parcourir; je vous demande de faire lever en vous le fervent désir de la Lumière et la vocation impérieuse d'en devenir les serviteurs fidèles.




* * *




Quels rapports notre être physique entretient-il avec l'Invisible? Autant à coup sûr que notre intelligence ou notre passionnalité. L'Invisible est partout, il est également proche de tout; ses adaptations seules diffèrent.
L'individu a, en face de son milieu, des droits et des devoirs. Nos droits, nous ne les connaissons que trop bien; nous en inventons même, selon les besoins de nos égoïsmes. Aussi nous occuperons nous uniquement de nos devoirs.
Au préalable, qu'est-ce que l'individu? Ce n'est pas notre corps physique, puisque, sans la vie, il demeure inerte; ce n'est pas non plus notre mentalité, puisqu'elle ne déploie ses forces qu'au moyen du réactif psychique qu'on appelle la conscience. C'est donc le Moi qui est la racine de l'individu.

Toutes les forces qui entourent ce centre ne sont que des instruments, des organes pour la perception, l'émotion, l'intelligence et l'action. Nos premiers devoirs se rapporteront dès lors au plus nécessaire de ces instruments, à notre corps physique. C'est ce que les Anciens avaient admirablement compris. Mais ici se cache un piège assez subtil que je voudrais vous démasquer.
Puisque, disaient ces sages, - et leurs successeurs le répètent encore aujourd'hui - puisque la pure lumière de l'âme a besoin, pour se manifester à la conscience, de se tamiser sur les écrans de plus en plus opaques de l'organisme intellectuel, de l'animique et du sensoriel, si l'on rend ceux-ci diaphanes, le travail de celle-la est grandement facilité. En conséquence furent instituées plusieurs séries de règles pour obtenir une coordination plus parfaite, une aisance plus souple des mouvements biologiques des trois enveloppes terrestres du Moi.

Et cela semble d'une logique irréfutable. Mais avisons-nous d'une toute petite remarque.
Le mécanicien qui veut perfectionner son moteur doit d'abord le connaître à fond; si la plus petite vis ne lui est pas familière, s'il ne sait pas donner ici un coup de lime, verser là une goutte d'huile, démonter et remonter chaque pièce, il tâtonnera et provoquera des accidents. Le disciple qui soumet son corps physique à un régime alimentaire, son corps fluidique à un régime pneumatologique, son corps mental à un régime psychologique, son corps sentimental à un régime contemplatif, si scrupuleusement réglés à l'avance que soient ces régimes, ce disciple est un mécanicien qui lime, qui plane, qui tape et qui graisse au petit bonheur, et qui finit
par faire tout sauter. Si son moteur marche, ce sera par hasard.

C'est ainsi que l'immense majorité de ceux qui suivent
des entraînements pseudo-ésotériques aboutissent à de la consomption, à de la phtisie, ou à une pathogénie nerveuse et même mentale plus redoutable encore, parce qu'elle entame l'avenir post mortem du sujet. Cherchons le juste milieu. J'essaie de vous faire toucher du doigt les risques du végétarisme fanatique, du magnétisme personnel, de la magie cérémonielle, de la méditation systématique. Mais je ne veux pas dire que tout soin du corps est superflu, toute hygiène inutile et toute thérapeutique négligeable. Il ne faut pas rendre au corps un culte à la façon de certains Grecs, ni le condamner à un martyre perpétuel à la façon de certains ascètes religieux.

Ici encore la maxime de suprême sagesse se trouve dans notre Évangile. Quand cesserons-nous de chercher au loin les perles que la Providence a placées sous nos yeux? « Vous valez bien plus qu'un passereau, dit Jésus, et tous les cheveux de votre tête sont comptés. » Le problème est bien simple. Purifier un organisme matériel avec de la matière demande une connaissance complète de notre corps et du médicament; le purifier par des fluides, par le pouvoir mental, par la volonté, exige la même connaissance complète de ces forces, parce qu'elles ne sont que secondaires; mais employer dans ce but la force-principe dont ce corps et ces forces tirent leur origine nous donnera à coup sûr un résultat parfait, parce qu'alors la purification sera spontanée, automatique, libre des soins maladroits de notre immense ignorance.

Qu'est-ce que cette force-principe? C'est l'Esprit. Aurions-nous donc à notre disposition plénière ce qui est le but suprême de tous les travaux des sages? Oui, parce que l'Esprit, c'est l'Amour, c'est la Vie, et que notre Jésus nous a donné tout cela depuis deux mille ans.
La conquête du Ciel ne dépend point d'un régime physiologique, mais
de la transformation de notre cœur. Ce cœur seul nous appartient; tout le reste de notre personne n'est que dépôts confiés à notre gérance. Il faut soigner son corps, lui donner la nourriture, le vêtement, le sommeil, les remèdes et aussi les travaux; tout cela est nécessaire pour le garder sain, pour en faire évoluer les principes vitaux. Donnons-lui même, quand l'occasion est favorable, un peu de superflu, sous forme d'élégance et d'eurythmie; mais n'hésitons pas, quand le devoir l'exige, à lui imposer, avec la permission du Ciel, des fatigues et des privations.

Ornez votre corps parce qu'il est le chef-d'œuvre de la Nature;
arrachez-en toutes les paresses parce qu'il est le temple du Saint-Esprit.
Et si tout temple recèle un mystère, bien plus notre corps contient-il la cristallisation même du grand mystère cosmique. Il faut se souvenir que c'est Dieu qui a donné aux dieux l'ordre et le pouvoir de construire notre corps. Le plus élémentaire des livres de physiologie nous confond en nous détaillant la complexité, la richesse, l'ingéniosité et la délicatesse des différentes parties de ce corps; la science humaine, l'industrie humaine n'ont fait, dans leurs plus grands efforts, que
copier une fonction ou un organe de l'homme physique. Un muscle, c'est toute la mécanique; une artère, c'est toute l'hydraulique; un courant nerveux, c'est toute l'électricité; une sensation qui devient consciente, une idée qui s'exprime, c'est toute la cosmologie. Et combien d'autres fonctions que nous n'avons pas pu encore comprendre ni reproduire !

Matières brutes que l'âme façonne, fleurs de l'évolution naturelle, cristallisations du Verbe,
nos corps sont, en vérité, les membres du Christ.
Chacun de nous peut devenir physiquement, par une alchimie divine, une molécule de ces gemmes vivantes et intelligentes dont sera bâtie la Cité céleste. Ce corps de chair peut devenir, par le feu sublimant du travail vrai, une cellule étincelante du corps glorieux du Verbe, et le Saint- Esprit y résidera en réalité.
Permettez-moi de préciser. Ce Saint-Esprit, dont le Christ annonce au monde l'existence,
n'est pas la lumière astrale des Paracelse, ni des Eliphas Lévi; il diffère de la Shekinah des Kabbalistes, des Éléments hindous, de l'Ame du monde platonicienne ou hermétique; il n'est ni les grandes déesses de la Chine ou de l'Égypte, ni le Paradis des Chrétiens, ni les océans lumineux des Soufis; il est la réalité essentielle et indicible dont toutes ces substances splendides et tous ces grands êtres éclatants ne sont que des ombres réfléchies sur les voiles des royaumes mystiques des différentes religions.

Nous ne nous imaginons pas
la très haute dignité de l'homme vrai; l'homme peut tout ce qu'il veut; et ce privilège terrible nous impose du coup la surveillance la plus assidue et le contrôle le plus rigoureux de nos volontés.
Le désir, père de la volonté, et l'intention, sa mère, donnent aux actes leurs valeurs dans le relatif et dans l'absolu. Ici le goût de l'analyse devient néfaste. Ne séparez pas, unissez; ne calculez pas les dynamismes physico-chimiques, électriques, magnétiques, émotifs, intellectuels, volitifs, pour l'examen des mobiles de vos déterminations; car, plus vous serez savants, plus le nombre de ces facteurs augmentera. Notez-en six cent treize comme les kabbalistes, quatre mille trente deux comme les taoïstes, moins comme les memphites, beaucoup plus comme certains yogis, vous serez toujours au-dessous du nombre possible des divisions du composé humain, et toujours aussi distants du réel point de vue.

La Nature a, en effet, concentré
autour du Moi des énergies de toutes provenances, par dizaines de mille; l'homme ne doit pas disséquer cet ensemble organique si harmonieux; par-dessus tout il n'a pas le droit de supprimer un certain nombre de ces énergies sous le prétexte de les faire revivre sous une forme plus élevée. Le boxeur qui transforme en fibres musculaires trop de cellules graisseuses est un tyran cruel, au même titre que l'alchimiste qui fait parcourir en un an la courbe que la Nature met un siècle à laisser suivre au minéral, au même titre que le fakir qui mue en ondes magnétiques les forces sexuelles. C'est la sagesse humaine, des savants et des initiés, sagesse à courte vue et à long col.
Si les dieux rassemblent dans la circonférence d'une seule individualité tant d'êtres, de fluides et de substances disparates, c'est pour les conduire à un état de synthèse homogène.
Ne trahissons pas les vues providentielles; ne séparons pas ce que Dieu a uni. Donner au Père son intelligence, par exemple, et, pour rendre l'offrande plus digne, l'enrichir par la suppression d'une faculté physique, c'est vouloir entrer dans le lieu de la Paix avec des armes encore sanglantes à la main; c'est faire pousser en serre les plantes spirituelles; le premier vent de la montagne les fera périr.



 

2ème partie

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
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