Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
On continue sur le livre de Volney avec la mythologie d'Adam et Eve qui n'était pas dans la Torah au commencement. Cet épisode a été rajouté après. Nous poserons tout de suite en suivant un extrait de livre qui en parle.
Chapitre extrait des Oeuvres complètes de Volney Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne Tome I 1821 par Constantin François Volney
En effet, prenez une sphère céleste dessinée à la manière des anciens ; partagez-la par le cercle d’horizon en deux moitiés : l’une supérieure, qui sera le ciel d’été, le ciel de la lumière, de la chaleur, de l’abondance, le royaume d’Osiris, dieu de tous les biens ; l’autre moitié sera le ciel inférieur (infernus), le ciel d’hiver, le séjour des ténèbres ; des privations et des souffrances, le royaume de Typhon, dieu de tous les maux. A l’occident et vers l’équinoxe d’automne, la scène vous présente une constellation figurée par un homme tenant une faucille1, un laboureur qui chaque soir descend de plus en plus, dans le ciel inférieur, et semble être expulsé du ciel de lumière ; après lui vient une femme, tenant un rameau de fruits beaux à voir et bons à manger : elle descend aussi chaque soir et semble pousser l’homme, et causer sa chute : sous eux est le grand serpent, constellation caractéristique. des boues de l’hiver, le Python des Grecs, l’Ahriman des Perses, qui porte l’épithète d’Aroum dans l’hébreu. Près de là est le vaisseau attribué tantôt à Isis, tantôt à Jason, à Noé, etc. ; à côté se trouve Persée, génie ailé, qui tient à la main une épée flamboyante, comme pour menacer : voilà tous les personnages du drame d’Adam et d’Ève, qui a été commun aux Égyptiens, aux Chaldéens, aux Perses, mais qui reçut des modifications selon les temps et les circonstances. Chez les Égyptiens, cette femme (
L’auteur juif, qui sans cesse écarte les indices de l’idolâtrie, et substitue un sens moral au sens astrologique, a supprimé ici plusieurs détails ; mais il a conservé un trait qui forme un nouveau lien de sa version à celles des Égyptiens et des Perses ; lorsqu’il fait dire à Dieu, maudissant le serpent : J'établirai la haine entre la race de la femme et entre la tienne, et son rejeton écrasera ta tête3. Ce rejeton est l’enfant que dans les anciennes sphères célestes, la vierge (Isis, Ève) portait dans ses bras ; et dont l’histoire, prise en contresens, est devenue si célèbre dans le monde. Le lecteur qui désirera plus de détails sur ce sujet, en trouvera de démonstratifs dans l’ouvrage de Dupuis, aux articles Apocalypse et Religion chrétienne. Et nous bornant au récit de
Le quatrième, appelé Phishoun ou Philon, n’est point aussi facile à désigner, parce que la terre d’Hevila, qu’il entoure, n’a pas une position claire, ainsi que nous le dirons bientôt ; seulement on peut assurer qu’il n’y a point de raison solide à le prendre pour le Phase de Colchide. D’ailleurs lorsque le texte nous dit que ces quatre fleuves sortaient d’une même source, il nous avertit qu’il y a encore ici de l’allégorie, puisque rien de tel n’existe dans la géographie connue, à moins qu’il n’ait voulu indiquer, pour cette source l’Océan, duquel les anciens peuples ont souvent cru que sortaient les fleuves et les rivières ; mais ici le mot de l’énigme est plus compliqué, plus ingénieux : il faut, le trouver dans cette même doctrine astrologique qui vient de nous en éclaircir d’autres. Or dans cette doctrine, et conformément au génie oriental, qui exprime tout par figures, il paraît que les adeptes représentèrent le Zodiaque sous l’image d’un fleuve dont le cours entraîne tous les événements du ciel et de la terre. Pour exprimer ce qui se passe pendant la saison d’été, ils peignirent au bord de ce fleuve, à la porte, c’est-à-dire à l’équinoxe du printemps qui ouvre la belle saison, ils peignirent un arbre, vêtu de ses feuilles, emblème sensible de la végétation, ce fut l’arbre de vie, le lignum vitæ de l’Apocalypse, portant 12 fruits, un pour chaque mois. Jusqu’à l’automne le jardin où étaient ce fleuve et cet arbre, était un lieu de délices ; mais venait ensuite le semestre d’hiver, saison de ténèbres, de souffrances, empire du mal. L’homme qui goûta les fruits de cette seconde période, acquit l’expérience des deux états ; il eut la science du bien et du mal ; et lorsqu’il revint à la porte du printemps, l’arbre de vie ne fut plus que l’arbre de cette science. Ce texte fut trop riche pour être négligé par les prêtres moralistes ; en suivant cette première idée du Zodiaque, devenu fleuve, le monde se trouva entouré de l’Océan ; par la raison que Océan et fleuve s’expriment par un seul et même mot chaldéen arabe, Bahr. De là cette antique opinion exprimée par Hésiode et par Homère, que l’Océan est comme une ceinture autour de la terre ; ici nous avons la sphère terrestre (la géographie) confondue avec la haute sphère : cette confusion dont nous voyons un trait dans les quatre fleuves de
Au reste les Indiens ont aussi leur paradis, et les 4 fleuves qui en sortent, viennent également d’une source commune, placée au point de partage des eaux de l’Indus, de l’Oxus (appelé Gihoun par les Arabes) et de deux autres rivières. Chaque peuple a dû chercher et trouver chez lui ces fleuves d’un monde primitivement fictif, et la ressemblance des noms qu’ils portent est un indice de la source commune de toutes ces idées. Prétendre, avec les missionnaires chrétiens, que cette source est dans les livres de Moïse, d’où elle se serait répandue chez tous les peuples, est une hypothèse insoutenable, surtout quand ces livres sont une énigme qui ne s’explique que par les livres des autres peuples. La vérité est que le petit peuple hébreu, plus obscur chez les anciens que les Druses chez les modernes, a pris sa part des idées que le commerce et la guerre répandirent dès la plus haute antiquité, et rendirent communes aux grandes nations civilisées, telles que les Égyptiens, les Chaldéens, les Assyriens, les Mèdes, les Bactriens, et les Indiens, qui tous eurent leurs collèges de prêtres astronomes et astrologues, livrés aux mêmes travaux, par conséquent soumis aux mêmes révolutions de découvertes, de disputes, d’erreurs de perfectionnement que nous voyons dans tous les siècles agiter les corps savants et même ignorants. Plus on a pénétré, depuis 30 à 40 ans, dans les sciences secrètes, et spécialement dans l'astronomie et la cosmogonie des Asiatiques modernes, les Indous, les Chinois, les Birmans, etc., plus on s’est convaincu de l’affinité, de leur doctrine avec celle des anciens peuples nommés ci-dessus5 ; l’on peut dire même qu’elle s’y est transmise plus complète à certains égards, et plus pure que chez nous, parce qu’elle n’a pas été aussi altérée par des innovations anthropomorphiques qui ont tout dénaturé... Cette comparaison du moderne à l’ancien est une mine féconde, qui n’attend que des esprits droits et dégagés de préjugés pour fournir une foule d’idées également neuves et justes en histoire ; mais, pour les apprécier et les accueillir, il faudra aussi des lecteurs affranchis de ces mêmes préjugés ennemis de toute idée nouvelle, etc.
La suite... Mythologie de la Création 1ere partie
1 Voyez la sphère de Coronelli.
2 A proprement parler, le système des deux principes, considéré relativement à l’hiver et à l’été, ne convient point au climat de l’Égypte, où l’hiver est une saison douce et agréable : l’on peut dire qu’il n’y est point un système primitif et naturel.... Mais lorsque les prêtres furent parvenus à la connaissance générale des phénomènes du globe, tant par leurs propres recherchés que par les relations des Phéniciens et des Scythes ; alors, embrassant sous un seul point de vue les opérations de la nature végétante et animée, ils imaginèrent l’hypothèse de la diviser en un principe de vie, qui fut le soleil, et un principe de mort qui fut le froid et les ténèbres ; et c’est sur cette base, vraie à bien des égards, que se sont échafaudées des fictions qui ont tout défiguré ! Quant au changement des signes du Zodiaque par la précession des équinoxes, on l’estime à 2130 ans par signe, à raison de 71 ans pour chaque degré, et de 50 secondes par an.
3 Genèse, chap. 3, v. 15.
4 Voyez Alphabetum thibetanum, in-4°, page 186. L’auteur missionnaire fait cette remarque intéressante, que le système des Bouddhistes du Thibet diffère de celui des Brahmes, en ce que, dans ce dernier, les figures des 7 mers et des 7 montagnes qui sont les 7 sphères célestes, et leurs intervalles, sont elliptiques ou ovales, tandis que dans le premier elles sont purement circulaires : c’est une raison de penser (ajoutée à plusieurs autres), que la secte de Bouddha est plus ancienne que celle des Brahmes, les formes elliptiques étant un perfectionnement des premières idées, qui furent les circulaires pures.
5 De là, le mot latin fretum.
6 Voyez Bailly, Astronomie indienne, et l’Histoire de l’astronomie ancienne. Voyez aussi les Mémoires asiatiques.
Posté par Adriana Evangelizt