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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 15:43

 

 

 

Chapitres extraits des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

CHAPITRE XV

Des personnages antédiluviens 2

11  - Des personnages antédiluviens 1

 10 - Du personnage appelé Abraham 2

9 - Du personnage appelé Abraham 1

8 - De la tour de Babel

7 - Examen de la Genèse en particulier 2

 6 -  Examen de la Genèse en particulier1 

 5 Suite de "Problèmes cités par l'époque citée"

4  Problèmes résolus par l'époque citée

3 - Suite des preuves

2 - Epoque de l'apparition du Pentateuque

1 - Des temps antérieurs à Moïse

Une première école d’astronomie avait divisé le grand cercle céleste (le zodiaque) en douze parties, subdivisées chacune en 30 degrés, faisant au total 360, et ce nombre avait été regardé comme suffisant aux horoscopes du calendrier. Une seconde école d’astronomes plus raffinés, le trouva insuffisant aux horoscopes bien plus nombreux de la vie humaine : elle divisa chaque signe zodiacal en douze sections, dites dodécatémories, puis chacune de ces sections en soixante particules ou minutes, partagées elles-mêmes en soixante secondes, etc. Cette division avait l’inconvénient de couper les 30 degrés de chaque signe par une première fraction de 2 ½. Une troisième école voulut y remédier en y appliquant un calcul décimal ; et elle partagea chaque signe en trois sections ou décatémories, comprenant chacune 10 degrés ; puis chaque section en soixante minutes, et chaque minute en soixante secondes, etc. Ptolémée, qui nous apprend ce fait, ajoute que cette dernière méthode est chaldaïque, c’est-à-dire qu’elle fut inventée par les Chaldéens ; de là ne semble-t-il pas résulter que les Arabes de Chaldée sont les inventeurs des chiffres qui la constituent, et qui portent le nom d'Arabes ; tandis que la méthode duodécimale appartiendrait aux astronomes égyptiens. Quoi qu’il en soit, la méthode chaldaïque, en donnant dix sections à chaque signe, divise le cercle zodiacal en 120 parties ; et parce que chaque section se subdivise en soixante multiplié par soixante, il en résulte une subdivision de 3.600 parties pour chacune, et une somme de 432.000 pour la totalité du cercle.

Maintenant il est remarquable que ce nombre 432.000 est précisément l’expression de la période antédiluvienne, c’est-à-dire du temps écoulé entre le commencement du monde et sa destruction par le déluge ; et que les parties élémentaires de ce nombre sont exactement les sares, les sosses et les nères mentionnés par le chaldéen Bérose. En effet, selon lui, le sare vaut 3.600 ans ; et nous voyons que la section décutémorie vaut 3.600 secondes : le nère valait 600 ans, et nous trouvons que chaque signe contient 600 minutes, savoir, 10 sares, de 60 minutes chaque : selon Bérose, le sosse, qui est la moindre période, vaut 60 ans ; et nous trouvons que 60 secondes sont la dernière sous division du sare. On voit que le logogriphe commence à se dévoiler ; mais d’où vient cette conversion du zodiaque mathématique en valeurs chronologiques ? Pour expliquer ceci, il faut savoir ou se rappeler que chez les anciens, le mot année, qui signifie un cercle, un anneau(2), une orbite, ne fut point restreint à l’année solaire, mais qu’il fut étendu à tout cercle dans lequel un astre, une planète quelconque, exécute, une révolution ; bien plus, il devint chez les astronomes l'expression des révolutions simultanées de plusieurs astres partis d’un même point du ciel, et s’y retrouvant après une longue série de leurs mouvements inégaux : ainsi ayant, appelé année de Mars, la révolution de cette planète, qui dure deux ans solaires ; année de Jupiter, celle qui dure 12 ans ; année de Saturne, celle qui dure 31 ans ; ils appelèrent encore année de restitution, et grande année, l’espace de temps que le soleil, les planètes et les étoiles fixes employaient ou étaient censés employer à revenir et à se trouver tous ensemble à un point donné du ciel ; par exemple, au premier degré dAries, d’où ils étaient partis. Cette dernière idée ne put avoir lieu que lorsque le phénomène de la précession des équinoxes eut été connu, et que l’on eut vu l’ordre du premier planisphère dérangé de plusieurs degrés, par l’anticipation que fait le soleil dans le cercle zodiacal à chacune de ses révolutions. Cette grande année fut d’abord estimée 25.000 ans, puis 36.000, puis enfin 432.000. Et voilà ces années divines dont nous venons de voir l’indication dans Moïse de Chorène, et dont les livres indous nous ont conservé une mention clairement détaillée, en disant : qu’une année de Brahma est composée de plusieurs années des nôtres, et qu’un jour des dieux est précisément une année des hommes(3), etc.

Ce premier équivoque n’a pu manquer d’occasionner beaucoup de confusions d’idées ; un second vint compléter le désordre. Dans la langue des premiers observateurs, le grand cercle s’appelait mundus et orbis, le monde. Par conséquent, pour décrire l’année solaire, ils disaient que le monde commençait, que le monde naissait dans le signe du Taureau ou du Bélier ; que le monde finissait, était détruit dans un tel autre signe ; que le monde était composé de 4 âges (les 4 saisons) ; et parce que leur année commençait, selon l’ordre rural, au printemps où tout naît, et finissait en hiver où tout dépérit, ils disaient que ces âges allaient en se détériorant ; que le monde allait de mal en dis. Ces idées naturelles et vraies, au sens physique, s"imprimèrent dans tous les esprits : Lorsque ensuite par le laps de temps, par les progrès ou l’altération du langage, les mots année et monde prirent un sens plus précis, les idées attachées à l’un ne se détachèrent pas de l’autre, et les astrologues et les moralistes profitèrent de l’équivoque pour dire que le monde subissait des naissances et des destructions successives ; que la méchanceté des hommes était la cause de ces destructions ; que, dans les premiers âges, les hommes étaient bons, mais qu’ensuite ils se pervertirent ; et ils ajoutèrent que le monde périssait tantôt par des incendies, tantôt par des déluges ; parce que, selon que nous l’apprend Aristote, la saison brûlante de l’été avait été appelée incendie, et que la saison pluvieuse de l’hiver avait été appelée déluge(4); or le monde, c’est-à-dire, l’année ayant eu son commencement tantôt au solstice d’été, comme chez les Égyptiens, tantôt au solstice d’hiver, on avait dû dire que sa fin arrivait dans ces saisons.

Ainsi c’est par l’équivoque des mots, et par l’association vicieuse des idées, que le Zodiaque matériel fut converti en Zodiaque chronologique, et que l’on supposa pour durée infinie du monde, ce qui ne fut primitivement que la durée limitée d’une révolution circulaire. Voilà toute l’illusion du calcul chaldéen et le mot de son logogriphe. Les 432.000 ans de Bérose ne sont qu’un calcul fictif de la grande période qui, selon les mathématiciens, devait rétablir toutes les sphères célestes dans un premier état donné. Cette grande période avait d’abord été supposée de 36.000 ans ; mais l'observation ayant fait connaître que le concours de toutes les sphères n’était pas parfait, qu’il restait des intervalles et des fractions, les mathématiciens, pour atténuer ces fractions et les rendre insensibles, imaginèrent de les reverser sur plusieurs révolutions ; multipliant 36.000 par 12, ils obtinrent le nombre cité 432.000. Ils ne s’en sont pas tenus là ; il paraît que leur doctrine s’étant introduite dans l’Inde, à une époque plus ou moins reculée, leurs successeurs, dans cette contrée, ont voulu ajouter un nouveau degré de précision, et ont, pour cet effet, multiplié ces 432.000 par 10, ce qui leur a produit les 4.320.000 qu’aujourd’hui les Indous nous présentent comme durée du monde, avec des circonstances semblables à celles des Chaldéens ; car ils terminent cette durée par un déluge, et ils remplissent le prétendu temps antérieur par dix avatars ou apparitions de Vishnou, qui répondent aux dix Rois antédiluviens. Ces analogies sont remarquables et mériteraient d’être approfondies ; mais elles nous écarteraient trop de notre sujet ; il doit nous suffire, pour terminer cet article, de dire que les 432.000 ans étant une fiction, les dix prétendus Rois en sont une autre du même genre : chacun d’eux doit désigner une période partielle ; et en effet, Alor et Dâon nous en offrent un exemple connu dans leur nombre 36.000, qui est une période élémentaire de 432.000 ans. Par cette analyse, les 10 patriarches de la Genèse , identiques aux 10 rois de Bérose, se trouvent jugés ; mais pourquoi portent-ils tous des noms et. des chiffres différents ? ne serait-ce pas que cette légende serait plus ancienne que celle de Bérose, et qu’elle aurait été faite avant l’ampliation décimale des nombres ? D’ailleurs les écoles arabe et chaldéenne étant diverses, chacune d’elles a pu avoir son système particulier calqué sur un fond commun. Celui qu’a préféré l’auteur de la Genèse doit être antérieur à Moïse, puisque le dogme des 7 jours qui se lie à l’histoire d’Adam, se trouve consacré dans la législation de ce réformateur : le nom même d’Adam se trouve dans son cantique(4), en admettant cette pièce comme autographe. Si les détails des légendes nous fussent parvenus sur chacun des rois et patriarches ; nous y eussions trouvé sur le monde leurs énigmes respectives(5); nous en sommes dédommagés par l’histoire d’Adam, d’Ève et de leur serpent, dont le caractère astrologique est d’une évidence incontestable.

La suite... Mythologie d'Adam et Eve

2 Voyez Asiatik Researches, tome II, pages III et suivantes.

3 Aristote, Meteor., lib. I, chap. 14, et Julius Firmicus, lib. III, chap. I, page 47, et Epiphan. hœres., chap. 19.

4 Deutéronome, chap. 32, v. 8.

5 Alexandre Polyhistor remarque (dans Eusèbe, Præpar. evang., lib. IX, chap. 17), qu’Enoch, selon plusieurs savants, est le même, qu’Atlas, par conséquent le même que Bootes, sur les épaules de qui, tourne le pôle, et qui, par cette raison, a été peint comme portant le globe. C’est saint Christophe. Voyez Bochart, sur Sem, Cham, Seth, etc.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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