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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 08:25

 

 

 

Chapitres extraits des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

 CHAPITRE X

5 - Suite du précédent

 4  - Problèmes résolus par l'époque citée

3 - Suite des preuves

2 - Epoque de l'apparition du Pentateuque

1 - Des temps antérieurs à Moïse

 

 

La rédaction du Pentateuque par Helqiah, explique encore pourquoi l’on trouve dans ce livre quelques faits chronologiques des temps anciens, que l’on ne peut concilier avec les temps postérieurs ; par exemple, il est dit dans l’Exode, (Ch. XVI, v. 1er et 13) :

Que les Hébreux étant arrivés dans le désert de Sinaï le quinzième jour du second mois depuis la sortie d’Égypte, le peuple murmura de la disette des vivres, et que le soir il vint une si grande quantité de cailles, qu’il put en manger à satiété.

Et dans les Nombres (comparez ch. IX, v. 1er, 3, 5, chap. X, v. 11, et chap. XI, v. 31), il est encore dit :

Que l’an II, au deuxième mois, peu après le vingtième jour, le peuple étant campé dans le désert, à 3 jours de marche de Sinaï, il arriva encore une volée de cailles si abondante, que chaque famille put s’en rassasier et en faire sécher pour sa provision.

Ce fait d’histoire naturelle n’est point changé ; il y a encore, chaque année, 2 passages de cailles dans ce désert et dans l’Égypte. L’un de ces passages a lieu vers la mi-septembre, lorsque les cailles craignant l’hiver, quittent l’Europe pour se rendre en Afrique et en Arabie ; l’autre vers la fin de février, lorsque les cailles reviennent en Europe chercher l’abondance de la belle saison.

De ces 2 passages, celui qui s’applique à l’exemple cité est le passage en février, par les raisons suivantes. Peu avant la sortie d’Égypte, il y avait eu une grêle terrible qui avait détruit l’orge parce qu’il était déjà grandi et le lin, parce qu’il montait en tuyaux(1 ); elle n’avait point détruit le froment, parce qu’il est plus tardif. Cet état de choses n’a lieu en Égypte que dans le cours de février : l’épi du blé se forme vers la fin de ce mois. Le texte ajoute peu après : Et Dieu dit : Voici le premier de vos mois (qui arrive), et (ch. XIII, v. 4) aujourd’hui vous sortez dans le mois des nouveaux blés.

L’année commençait donc en hiver. Le passage des cailles n’était donc pas celui de septembre, qui placerait le premier mois en août : c’était le passage de février, qui étant arrivé vers le vingt ou vingt-cinquième jour du second mois, nous indique le commencement de l’année vers la fin de décembre ou le début de janvier : les circonstances de la grêle n’y seraient point discordantes, lors même que l’on supposerait exact ; tout ce récit, ce qui ne peut s’admettre, vu les prodiges magiques qui y sont joints. Nous avons donc lieu de croire qu’à l’époque de Moïse, l’année commençait au solstice d’hiver, selon un usage des Égyptiens, dont ce législateur emprunta beaucoup d’idées. Cependant tous les livres juifs, y compris le Pentateuque, indiquent que l’année commençait à l’équinoxe du printemps.... Ce n’est pas tout le livre intitulé Josué, écrit sur des matériaux anciens, et rédigé, à ce qu’il semble, avant le temps de Salomon, porte un autre passage tout à fait contraire à celui-ci. On y lit(2) : que Josué, devenu chef, s’approcha du Jourdain pour le passer ; qu’il trouva cette rivière gonflée, parce que le Jourdain au temps de la moisson, a coutume de remplir son lit ; et que le peuple le traversa le dixième jour du premier mois(3). Notez ces circonstances ; le peuple passe le Jourdain le dixième jour du premier mois, et le Jourdain est gonflé parce que c’est son usage au temps de la moisson ; ce qui a encore lieu de nos jours, à raison de la fonte des neiges. L’année commençait donc à cette époque : or, la moisson dans le pays de Jéricho se fait, selon Josèphe(4), 14 jours avant le pays de Jérusalem ; et dans ce pays, comme dans la Palestine , elle a lien vers la fin de mai : tout est fini du 1er au 5 juin. La date du passage est donc indiquée vers le solstice d’été ; et cette date, vu l’importance du fait, a dû être notée et conservée même par la tradition.

Nous avons ici deux textes clairs et positifs, indiquant chacun le commencement de l’année à une époque différente ; l’une au solstice d’hiver, l’autre au solstice d’été. D’où peut venir une telle contradiction ? Selon nous, elle vient de ce qu’à l’époque de Moïse et de Josué, les Hébreux avaient une manière de compter le temps, qui fut changée sous le régime obscur et anarchique des juges ; et que le grand-prêtre Helqiah eu rédigeant son livre, a fait disparaître la méthode des temps anciens et des livres originaux, parce qu’elle n’était plus d’usage et qu’elle eût contrarié ses récits en d’autres occasions, spécialement à l’occasion du déluge. Notre opinion pourra sembler singulière à quelques lecteurs ; mais ceux qui connaissent certains passages de Pline, de Plutarque ; de Macrobe, et surtout le Traité de Censorin, de Die natali, pourront admettre avec nous, que les Hébreux, dans l’origine, ont, été du hombre de ces peuples qui ne mesuraient point le temps par la double révolution du soleil dans l’écliptique, et qui trouvaient plus simple d’employer de moindres révolutions de cet astre ou de la lutte, telles que les mois, les saisons de 3 mois, et la durée de 6 mois que le soleil met à se rendre d’un tropique à l’autre, on de l’un à l’autre équinoxe : de là est venue l’expression singulière d’années d’un mois, d’années de trois mois, d’années de six mois, dont les anciens citent beaucoup d’exemples.

L’an le plus ancien usité en Égypte, dit Censorin(5), fut de 2 mois : Orus le fit de 3 ; le roi Pison le porta à 4. Les Cariens et les Arcarnaniens ont eu des années de 6 mois ; les Arcadiens des années de 3 mois, etc.

Chez les anciens, dit Pline(6), l’année a eu des valeurs bien différentes de celle que nous lui donnons aujourd’hui ; les uns faisaient un an de l’été et un an de l’hiver ; d’autres, comme les Arcadiens, composaient l’année de 3 mois ; d’autres, comme les Égyptiens, avaient des années d’un mois.

En raisonnant d’après ces exemples, qu’il nous serait facile de multiplier(7), nous pensons que les Hébreux eurent d’abord des années de 6 mois ; prises d’un solstice à l’autre(8). Le passage de Josué que nous avons cité, et ceux de l’Exode relatifs aux cailles, en offrent l’indication formelle ; et nous en trouvons d’autres indices dans l’analyse de quelques autres faits de l’Histoire des Juifs. Par exemple, au temps de Moïse, le Pentateuque donne pour terme ordinaire et moyen de la vie humaine, 120 ans de 12 mois : Moïse meurt à cet âge ; Josué vit 110 ans ; Amram, 137 ; Caat, fils de Lévi, 133, etc. Cet état prodigieux est d’autant moins admissible, qu’environ 4 siècles plus tard, David dit expressément que 70 ans sont le terme habituel de la vie humaine ; et qu’au delà ce n’est qu’infirmité et misère(9). Supposons qu’il y ait équivoque de mots ; et qu’au temps de Moïse l’année fût de 6 mois, tous les âges cités se réduiront à l’état naturel, tel que l’indique David, et que nous le voyons encore réglé par l’organisation de l’homme ; Moïse aura vécu 66 de nos années, Josué, 55, Amram 68, etc. À l’appui de notre idée vient la remarque faite par dom Calmet, que les Juifs semblent n'avoir connu que deux saisons, puisque leurs anciens livres ne nomment jamais que l’hiver et l’été, lesquels présentent cette division de l’année solaire en deux parties, comme nous le disons.

Un fait cité dans le livre de Josué, ch. 14, v, 6, vient à l’appui de notre opinion. Kaleb, fils de Iephoné, dit à Josué :

Tu sais que j’avais 40 ans lorsque Moïse m’envoya avec toi reconnaître le pays des Cananéens il y a environ de cela 45 ans.... Maintenant je suis âgé de 85, et je suis aussi fort que j’étais alors ; j’ai la même vigueur pour combattre et pour marcher.... Donne-moi, pour mon partage, cette montagne d’Hébron que Moïse m’a promise.

(Ch. 15, v. 13). Josué ayant donné ce lot à Kaleb, celui-ci marcha avec ses parents pour s’en emparer. Je donnerai, dit-il, ma fille à celui qui prendra Kariath Sepher ; et Othoniel, fils de Kenez, frère cadet de Kaleb, prit la ville d’assaut, et il eut sa cousine Oxa pour épouse.

Si dans ce récit on prend les 85 ans de Kaleb pour des années, de 12 mois, sa vigueur est hors de vraisemblance, bien plus, le mariage de sa fille avec son neveu est une autre circonstance choquante, en ce que ce même neveu (Othoniel) après la mort de Josué, après celle des vieillards, après 8 ans d’oppression de Cusan, chasse ce roi et gouverne pendant 40 ans ; il en eut vécu plus de 100. Prenons les pour des années de 6 mois, tout devient naturel. Kaleb partit âgé de 20 ans (moitié de 40), et il est dit qu’il était le plus jeune avec le jeune Josué, serviteur de Moïse.... 22 ½ après (moitié de 45) Kaleb, âgé de 42 ½, est aussi vigoureux qu’à 20 ans, et cela est naturel.... Il donna sa fille âgée de 16 à 18 ans, au fils de son frère cadet : ce frère put être âgé de 40 à 41 ans, son fils Othoniel put en avoir 20, tout cela est dans l’ordre.... ; et il put, 20 ou 30 ans après, gouverner encore 20 ans (moitié de 40) sans être âgé de plus de 60 à 70.

Une seule objection raisonnable se présente. Si des années de 6 mois eurent lieu sous Moïse, pourquoi ses lois font-elles une mention expresse des fêtes placées au 7e mois ?  Par exemple au Lévitique (ch. 23, v. 27), il est dit : Au premier jour du 7e mois vous célébrerez une grande fête.... ; le 1er jour du 7e mois sera la fête des expiations, et le 15e sera la fête des tentes ou tabernacles.... : ce jour, en recueillant le produit de la terre, vous prendrez les fruits du plus bel arbre, etc.

Nous répondons que cela est une conséquence naturelle de la refonte des livres originaux, faite par Helqiah, et de la réforme qui s’introduisit tacitement dans le calendrier au temps des jugés.... Helqiah écrivant selon les usages de son temps, a fait disparaître les expressions anciennes et autographes qu’avait pu employer Moïse ; et quant à la célébration de la Pâque qui, dans notre hypothèse, ne revient que tous les deux ans, rien n'empêche que Moïse l’ait désignée par le passage du soleil dans le signe du bélier, et que connaissant l’année de 12 mois, employée par les Égyptiens, ses maîtres, il se soit conformé à l’usage populaire des Hébreux dans la désignation des fêtes.

A l’égard de la réforme que nous disons s’être introduite tacitement du temps des juges, elle a dû réellement se faire et elle a pu se faire sans laisser de traces apparentes, à raison de l’anarchie et du défaut de monuments ; car le livre des Juges n’est pas une chronique. Cette réforme expliquerait très bien la surabondance d’années que donne ce livre dans les sommes partielles ; les premiers juges et les premières servitudes ayant compté des années de 6 mois, il s’ensuivrait que 2 ou 300 de leurs années ne vaudraient que moitié ; et c’est la non distinction des unes et des autres qui, par l'ignorance de l’écrivain, a introduit un désordre maintenant irrémédiable. Il est probable que Helqiah lui-même n’a pas trouvé de matériaux suffisants à cet égard.... D’ailleurs la période des juges n’était pas dans son plan : l’auteur du livre des Rois ne nous semble pas avoir été plus heureux.

Le temps écoulé en Égypte est une autre période obscure sur laquelle le Pentateuque ne fournit point de documents admissibles. Selon l’Exode (ch. 12, v. 40), ce temps fut de 430 ans ; mais outre que ce calcul est entièrement dénué de preuves, il est encore incompatible avec le nombre de 2 ou 3 générations que veulent compter les Évangiles, et même avec les quatre que nous donne la Genèse dans la vision où Dieu dit à Abraham, que sa race, pendant 400 ans, servira un peuple étranger et qu’à 4e génération seulement, elle reviendra posséder le pays de Canaan10. Il est impossible d'admettre 100 ans pour une génération, et outre que cette prophétie est évidemment faite, après coup comme nous verrons celles de Jacob et de Noé, il est apparent que l’auteur n’a pas eu d’autres renseignements que ceux de l’Exode, qui sont nuls.

Josèphe qui eut sous les yeux11 des chroniques égyptiennes, ne compte que 230 ans ; et ce nombre qui avoisine la moitié de 430 viendrait à l’appui de notre opinion pour les années de 6 mois ; nous, aurions, encore en notre faveur, l’emploi inverse qu’il en fait lorsqu’il donne : à Salomon 80 ans de règne au lieu de 40, et nous dirions que l’ancien usage se serait conservé dans quelque chronique qu’il aurait consultée12 ; au reste, en admettant, les années de 6 mois, le séjour en Égypte n’en reste pas moins un temps incertain, inconnu.... ; et l’ignorance où nous laisse le Pentateuque sur l’emploi de ce temps, est une nouvelle preuve que Moïse n’est pas l’auteur de ce livre : il eût eu, et il nous eût donné, à cet égard, des renseignements qui ont manqué à Helqiah cette observation s’applique encore mieux aux 40 années du désert, dont 38 se passent dans un silence absolu ; car entre les chap. 9, 11, 13, 14 du livre des Nombres, où il est parlé des événements arrivés l’an 2, et le chap. 20 du même livre, où les Israélites se trouvent près d’entrer en Canaan (l’an 40 de la sortie d’Égypte), il y a une lacune manifeste, que le Deutéronome répète et rend plus sensible dans la fin du chap. 1er jusqu’au verset 14 du chap. 2, et cette lacune, qui ne saurait avoir existé dans le Journal de Moïse, s’explique naturellement de la part de Helqiah, soit que réellement il ait manqué de documents sur l’emploi de ce temps, soit qu’il ait volontairement supprimé des détails qui eussent contrarié d’autres parties de son travail, et indiqué, par exemple, l’usage des années de 6 mois.

Ainsi nous nous voyons sans cesse ramenés à nos deux propositions fondamentales, savoir :

Que Moïse n’est point l’auteur du Pentateuque, et que Helqiah est cet auteur indiqué par une foule de circonstances.

La suite... Examen de la Genèse en particulier

1 Exode, chap. 9, v. 23, 31, 32.

2 Chap. 3, v. 1, 15.

3 Chap. 4, v. 19.

4 De Bello judaico.

5 Censorinus, de Die natali par Lindenbroq. Cantabrigiæ, 1695, in-12, chap. 19. Et in Ægypto antiquissimum ferunt annum bimestrem fuisse ; deinde a Pisone rege quadrimestrem factum. Diodore, liv. I, pas. 22, dit, d’un mois, d’accord avec Plutarque, Pline, Augustin, Varron et Proclus. Item in Achaia, Arcades trimestrem habuisse ; Cares autem et Acarnanes semestres habuerunt annos, et inter se dissimiles quibus alternis dies augescerent aut senescerent, eosque conjunctos veluti trieterida annum magnum.

6 Hist. nat., lib. VII., cap. 49.

7 Voyez Plutarque, de Numa ; Diodore, lib. I, Varron ; Proclus, Comment. in Timeum.

8 Cela serait d’autant plus naturel, que n’étant point laboureurs, mais pâtres errants, ils n’avaient pas besoin du calendrier écliptique.

9 Lorsque ce roi, fuyant Absalon, passe le Jourdain, il est accueilli par un vieillard de 85 ans, que l’historien peint décrépit, tel qu’il serait de nos jours.

10 Genèse, chap. 15.

11 Josèphe, Antiq. jud., liv. II, ch. 6 et 15.

12 Voyez Mémoires de l’Acad. des Inscrip., tome XXXIV, un Mémoire de Gibert sur les années des Juifs.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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