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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 16:53

 

 

 

Chapitres extraits des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

CHAPITRE XIV

Du personnage appelé Abraham 2

9 - Du personnage appelé Abraham 1

8 - De la tour de Babel

7 - Examen de la Genèse en particulier 2

6 -  Examen de la Genèse en particulier1

 5 Suite de "Problèmes cités par l'époque citée"

4  Problèmes résolus par l'époque citée

3 - Suite des preuves

2 - Epoque de l'apparition du Pentateuque

1 - Des temps antérieurs à Moïse

 

 

 

Tout s’accorde donc à démontrer qu’Abraham n’a point été un individu historique, mais un être mythologique, célèbre sous divers noms chez les anciens Arabes que nous nommons Phéniciens et Chaldéens, et chez leurs successeurs, les Mèdes et les Perses. Si l’auteur juif de la Genèse en a fait un personnage purement historique, c’est parce que voulant faire remonter l’origine de sa nation jusqu’aux temps les plus reculés, il a, sciemment ou par ignorance, commis une méprise qui se retrouve à d’autres égards chez la plupart des historiens de l’antiquité.

Mais, nous dira-t-on, si l’histoire d’Abram-Zérouan n’est réellement qu’une légende astrologique, comme celle d’Osiris, d’Hermès, de Ménou, de Krishna, etc., l’histoire de son fils Isaak, de son petit-fils Jacob, et même des 12 fils de celui-ci, tombera dans la même catégorie ; alors où s'arrêtera la mythologie des Hébreux ? à quelle époque commencera leur histoire véritable, et comment expliquerez-vous la tradition immémoriale d'après laquelle ils se sont appelés enfants de Jacob, d’Israël et d’Abram ?

Ces difficultés puisent leur solution dans la nature même des choses.

D’abord il est dans le génie des langues arabiques, dont l’hébreu est un dialecte, que les habitants d’un pays, les partisans d’un chef, les sectateurs d'une opinion, soient appelés enfants de ce pays, de cette opinion, de ce chef : c’est le style habituel de tous leurs récits, de toutes leurs histoires.

2° Chez les anciens, comme chez les modernes, un usage presque général fut que chaque peuple, chaque tribu, chaque individu eussent un patron ; et ce patron fut le génie d’un astre, d’une constellation on d’une puissance physique quelconque. Tous les clients ou sectateurs de cette divinité tutélaire étaient appelés et se disaient ses enfants ; la Grèce , dans ses origines soit disant historiques, offre de nombreux exemples de ce cas.

En troisième lieu, l’origine des anciens peuples est généralement obscure, comme celle de tous les êtres physiques, parce que ce n’est qu’avec le temps que ces êtres ; d’abord petits et faibles, font des progrès et acquièrent un volume ou une action qui les font remarquer. D’après ces principes, combinant les récits divers sur ls Hébreux avec les faits avérés, nous pensons que ce peuple dérive d’une secte on tribu chaldéenne qui, pour des opinions politiques ou religieuses, émigra de gré ou de force de la Chaldée , et vint, à la manière des Arabes, camper sur la frontière de Syrie, puis sur celle de l’Égypte, où elle trouvait à subsister. Ces étrangers durent être appelés par les Phéniciens, Eberim, c’est-à-dire gens d’au delà, parce qu’ils venaient d’au delà du grand fleuve (l’Euphrate), et encore béni Abram, béni Israël, enfants d’Abram et d’Israël, parce qu’Abram et Israël étaient leurs divinités patronales. Ce que l’Exode raconte de leur servitude sous le roi d’Héliopolis, et de l’oppression des Égyptiens, leurs hôtes, est très vraisemblable : là commence l’histoire ; tout ce qui précède, c’est-à-dire le livre entier de la Genèse , n’est que mythologie et cosmogonie.

Les chances de la fortune voulurent qu’un individu de cette race fût élevé par les prêtres égyptiens, fût instruit de leurs sciences, alors si secrètes, et que cet individu fût doué des qualités qui font les hommes supérieurs. Moïse, ou plutôt Moushah, selon la vraie prononciation, conçut le projet d’être roi et législateur, en affranchissant ses compatriotes ; et il l’exécuta avec des moyens appropriés aux circonstances et une force d'esprit vraiment remarquable. Son peuple, ignorant et superstitieux, comme l’ont toujours été et le sont les Arabes errants, croyait à la magie dont est encore infatué tout l’Orient ; Moïse exécuta des prodiges, c’est-à-dire qu’il produisit des phénomènes naturels, dont les prêtres astronomes et physiciens avaient, par de longues études et par d’heureux hasards, découvert les moyens d’exécution.... Quand on lit comment des feux lancés du tabernacle s’attachèrent aux séditieux qui le voulaient lapider au retour des espions, et comment ces feux les dévorèrent, on touche au doigt et à l’œil ce feu grégeois, composé de naphte et de pétrole, qui d’époque en époque s’est remontré dans l’Orient.

On pourrait ramener à un état naturel tous les miracles dont Moïse sut grossir les apparences ; mais il faudrait écarter de leur récit les circonstances exagérées et fausses dont lui-même ou les écrivains posthumes ont entouré les faits réels. Ainsi l’on verrait le passage de la mer Rouge fait par les Hébreux à gué et à basse marée, comme il se fait encore ; tandis que les Égyptiens voulant passer au moment du flux, en furent surpris, comme ils le seraient encore, car à peine le connaissent-ils. On verrait le passage du Jourdain, projeté par Moïse, exécuté par Josué, en dérivant cette petite rivière, comme Krœsus dériva l’Halys ; les murailles de Jéricho renversées par une mine pratiquée, et par le feu mis aux étançons dont on les avait étayées ; on verrait Coré, Dathan et Abiron engloutis dans une fosse recouverte, où des combustibles cachés prirent feu par leur chute ; et enfin l’on verrait que cette voix qui parlait dans le propitiatoire (16), et que l’on croyait être la voix de Dieu causant avec le prophète, n’était que la voix du jeune Josué, fils de Noun, qui (17) ne sortait point du tabernacle où il servait Moïse, et qui fut son successeur plus habile et plus heureux que ne fut Ali, le Josué de Mahomet. Mais ce sujet curieux nous écarterait trop de notre sphère ; qu’il nous suffise de dire que Moïse a dû être le véritable créateur du peuple hébreu, l’organisateur d’une multitude confuse et poltronne (18), en un corps régulier de guerriers et de conquérants. Le séjour dans le désert fut employé à cette œuvre difficile. La division en douze corps ou tribus fut très probablement son ouvrage ; mais lors même qu’elle eût existé auparavant, elle ne prouverait point encore la réalité de l’histoire de Jacob et de ses enfants ; d'abord, parce que nous n’avons qu’un seul témoin déposant, l’auteur juif, qui, après toutes les déceptions que nous avons vues sur d’autres articles, ne peut mériter notre confiance ; et ensuite parce que la légende de Jacob porte des détails du genre fabuleux, tels que sa vision des anges montant au ciel avec des échelles, ses conversations avec Dieu, sa lutte contre l’homme divin qui lui paralysa la cuisse, et lui donna le nom d’Israël, tout à fait suspect en cette occasion. Si l’on nous eût transmis sur Jacob des détails vraiment chaldéens, comme sur Abraham, nous y trouverions sûrement la preuve de son caractère mythologique déguisé par le rédacteur juif. Mais revenons aux analogies de la Genèse avec la cosmogonie chaldéenne.

Notes

16 Or quand Moïse entrait dans le tabernacle, la nuée descendait à l’entrée et parlait à Moïse, en présence de tout le peuple prosterné en adoration ; et Dieu parlait à Moïse comme un ami à son ami ; et quand il revenait au camp, le jeune Josué, fils de Noun, qui l’assistait, dans le tabernacle, y restait et n’en sortait point. (Exode, chap., 33, v. 10.)

17 Il est encore dit, au chap. 32, v. 17, que lorsque Moïse descendit du mont Sinaï, Josué l’accompagnait : preuve qu’il y fut, avec lui pendant les 40 jours que Moïse y resta ; qu’il y fut l’interlocuteur et le scribe de la loi attribuée à Dieu ; et l’on a le droit de dire qu’il y prépara tout l’appareil de pyrotechnie dont l’Exode nous montre les effets, en même temps qu’il y porta les provisions dont Moïse et lui vécurent pendant les 40 jours du prétendu jeûne, également raconté et cru sans preuves ni témoins.

18 Il y a une exagération, palpable dans le nombre de six cent mille hommes portant les armes, qui, selon le texte, sortirent d’Égypte avec Moïse. Ce nombre suppose une quantité proportionnelle d’enfants, de femmes et de vieillards invalides ; il est même ajouté qu’une populace innombrable suivit avec des troupeaux (Exode, chap. 12, v. 37).

Cette quantité ne peut pas être évaluée moins de trois têtes pour chaque homme armé ; ainsi ce serait une masse de 2.400.000 âmes, sans les troupeaux. Pour qui connaît l’Égypte et le désert, cela est une pure absurdité, et cette absurdité est décelée par plusieurs circonstances. 1° Dieu est censé dire (Exode, chap. 24) : Je n’exterminerai point les Cananéens devant votre face en une seule année, de peur que le pays ne soit réduit en un désert, et que, les bêtes féroces ne se multiplient contre vous. Nous remarquons que le pays de Canaan n'a pas plus de 30 lieues de long sur autant de large, faisant 900 lieues carrées environ, dont beaucoup en terres rocailleuses et désertes ; ce serait près de 3.000 âmes par lieue carrée, ce qui ne se voit en aucun pays. 8 à 900 âmes par lieue carrée sont une forte population : toute la Syrie , toute l’Égypte, qui ont plus de 3.000 lieues carrées chacune, ne contiennent pas plus de 2.000.000 âmes chaque. 2° Au Deutéronome, chap. 7, v. 1, il est dit que la terre de Canaan contenait 7 peuples plus forts et plus nombreux chacun que le peuple hébreux. Ce petit pays de 900 lieues carrées aurait donc contenu 16.800.000 âmes ! On voit l'extravagance. Mais quel peut être le nombre vrai ? Nous croyons qu’il y a une erreur de décimale, et qu’au lieu de 600.000 il faut lire 60 000. le calcul décimal paraît avoir été très usité chez les Chaldéens, les Perses et les Mèdes ; l’on trouve répétées dans le Zend Avesta les progressions décuples : Ormuzd, y est-il dit, donne-moi 100 chevaux, 1.000 bœufs, 10.000 lièvres, 9 bénédictions, 90 bénédictions, 900 bénédictions, etc. Dans le cas dont nous traitons, le signe décuple se serait introduit mal à propos. 60.000 hommes armés supposeraient 240.000 âmes en tout, ce qui est déjà trop de monde à nourrir dans le désert : ce nombre eût donné 266 têtes par lieues carrées au pays de Canaan, qui en aurait eu déjà plus de 1.700. (C’est trop.) Un passage du livre de Josué indique un nombre plus modéré, et ce témoignage a d’autant plus de poids, que ce livre, étranger au Pentateuque, a été hors de l’influence d’Helqiah. Il est dit, chap. 7 et 8, que Josué voulant attaquer la ville de Haï, ses éclaireurs lui rapportèrent que le nombre d’hommes qu’elle contenait ne méritait pas la peine de faire marcher toute l’armée, et que 2 ou 3.000 hommes suffiraient. Josué envoya 3.000 hommes qui furent battus avec perte de 36 hommes. Cet échec, tout léger qu’il était, effraya beaucoup les Hébreux. Pour les rassurer, Josué imagina l’expiation dont Achan fut victime ; puis il dressa, pendant la nuit, une embûche de 30.000 hommes en un ravin près la ville, avec l’instruction que le lendemain, lorsqu’il aurait attiré au dehors le roi et ses gens armés par une fuite simulée ; ils eussent à y entrer et à la saccager. Cela fût fait ; la ville fut prise : tout fut égorgé, et le nombre total, y compris vieillards, femmes et enfants, fut de douze mille. Ces 12.000 âmes supposent au plus trois mille hommes en état de combattre. Les premiers 3.000 que Josué, envoya supposent encore moins, puisqu’ils furent regardés comme plus forts. L’embuscade de trente mille est improbable ; ce dut être aussi trois mille. Il est encore dit que Josué embusqua 5.000 hommes entre Haï et Bethel, et qu’il se présenta avec tout le reste : il ne dut pas présenter un nombre beaucoup plus fort que la veille, de peur d’effrayer trop le roi et son monde : supposons encore 3 ou 4.000 hommes, cela ne produit pas plus de 12.000 hommes. Josué n’a pas dû avoir une réserve plus considérable, et tout ce récit n’indique pas 30.000 combattants. Il est étonnant que la perte de trente-six hommes ait pu effrayer cette armée ; c’était encore moins pour soixante mille. Si toute l’armée de Josué ne fut que de 25 à 30.000 hommes, sa population totale ne dut être que de 120 à 130.000 têtes. Les 7 peuples plus nombreux donneraient alors 1.050.000 âmes, c’est-à-dire, plus de 1.000 âmes par lieue carrée. Au lieu de 600.000 hommes armés, ne serait-ce pas plutôt 60.000 âmes qui seraient sorties de l’Égypte, et qui ensuite se seraient recrutées dans le désert arabe ? Les exemples de ces exagérations décimales se reproduisent dans les 1.000 livres d’argent qu’Albimelek donne à Sara (au lieu de 10), les 1.000 Philistins que tue Samson, les 3.000 qu’il précipite de la terrasse d’un temple ; les 50.000 Betsamites qui périssent pour avoir regardé dans l’arche (peut-être 50) ; les 300.000 guerriers que Saül mena contre Nahas, roi des Ammonites (sans doute 30.000) ; et voilà comme s’écrit l’histoire ! et l’on y croit !

La suite... Des personnages antédiluviens 1

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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