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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 12:55

 

 

Chapitre extrait des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

CHAPITRE XVII

 

Mythologie de la création 1

13 - Mythologie d'Adam et Eve

12 Des personnages antédiluviens 2

11  - Des personnages antédiluviens 1

 10 - Du personnage appelé Abraham 2

9 - Du personnage appelé Abraham 1

8 - De la tour de Babel

7 - Examen de la Genèse en particulier 2

 6 -  Examen de la Genèse en particulier1 

 5 Suite de "Problèmes cités par l'époque citée"

4  Problèmes résolus par l'époque citée

3 - Suite des preuves

2 - Epoque de l'apparition du Pentateuque

1 - Des temps antérieurs à Moïse

 

POURSUIVONS nos recherches sur la Genèse, et montrons que son récit de la création se retrouve, comme les précédents presque littéralement exprimé, dans les cosmogonies anciennes, et toujours spécialement dans celles des Chaldéens et des Perses. Notre traduction va être plus fidèle que celles du grec et du latin :

Au commencement, les dieux (Elahim) créa (bara) les cieux et la terre. Et la terre était (une masse) confuse et déserte, et l’obscurité (était) sur la face de la terre.... Et le vent (où esprit) des dieux s’agitait sur la face des eaux. Et les dieux dit : Que la lumière soit ! et la lumière fut ; et il vit que la lumière était bonne ; et il la sépara de l’obscurité. Et il appela jour la lumière, et nuit l’obscurité ; et le soir et le matin furent un Premier jour.

Et les dieux dit : Que le vide (Raqîa) soit (fait) au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux des eaux ; et les dieux fit le vide séparant les eaux qui sont sous le vide, des eaux qui sont sur le vide ; et il donna au vide le nom de cieux ; et le soir et le matin furent un second jour ; et les dieux dit : Que les eaux sous les cieux se rassemblent en un seul lieu, et que la terre sèche se montre ; cela fut ainsi ; et il donna le nom de terre à la sèche, et le nom de mer à l’amas d’eaux ; et il dit : Que la terre produise les végétaux avec leurs semences ; et le soir et le matin furent un troisième jour, etc.

Et le quatrième jour, il fit les corps lumineux (le soleil et la lune), pour séparer le jour de la nuit, et pour servir de signes aux temps, aux jours et aux années.

Au cinquième jour, il fit les reptiles d’eau, les oiseaux et les poissons.

Au sixième jour, les dieux fit les reptiles terrestres, les animaux quadrupèdes et sauvages, et il dit : Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance, et il créa (bara) l’homme à son image ; et le créa (bara) à son image ; et il les créa (bara) mâle et femelle ; et il se reposa au septième jour, et il bénit ce septième jour.

Or, il ne pleuvait point sur la terre ; mais une source (abondante) s’élevait de la terre, et arrosait toute sa surface.

Et il avait planté le jardin d’Éden (antérieurement ou à l’Orient) ; il y plaça l’homme. Au milieu du jardin était l’arbre de vie : et l’arbre de la science du bien et du mal. Et du jardin d’Éden sortait un fleuve qui se divisait en 4 têtes appelées le Phison, le Gihoun ; le Tigre et l’Euphrate.

Et Iahouh-les-dieux1 dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; et il lui envoya un sommeil, pendant lequel il lui retira une côte, de laquelle il bâtit la femme, etc., etc.

Si un tel récit nous était présenté par les brahmes ou par les lamas, il serait curieux d’entendre nos docteurs contrôler ses anomalies. Voyez, diraient ils, quelle étrange physique ! Supposer que la lumière existe avant le soleil, avant les astres, et indépendamment d’eux ; et ce qui est plus choquant, même dans le langage, dire qu’il y a un soir et un matin, quand le soir et le matin ne sont que l’apparition ou disparition de l’astre qui fait le jour ! Et ce vide produit au milieu des eaux, qui suppose qu’au-dessus du ciel visible, il y a un amas d’eaux subsistant ! aussi cette physique nous parle-t-elle des cataractes du ciel ouverte au déluge ; et l’un de ses interprètes ne craint pas de nous dire que la voûte du ciel est de cristal2. Et cette terre sans pluies, sans nuages, par conséquent, sans évaporation, ayant une seule source qui arrose sa face ! et cet homme créé tout seul et cependant mâle et femelle ! en vérité ces Indous avec leurs Shastras et leurs Pouranas nous font des contes arabes.

Nous le pensons comme nos docteurs ; mais parce que ce côté de la question est jugé pour tout esprit de sens rassis et non imbu des préjugés de l'enfance, nous allons nous borner à considérer le côté allégorique, et à développer le sens : Tout lecteur aura été choqué de notre traduction les dieux créa ; néanmoins telle est la valeur du texte, de l’aveu de tous les grammairiens. Pourquoi ce pluriel gouvernant un singulier ? parce . que le rédacteur juif, pressé par deux autorités contradictoires, n’a vu que ce moyen de sortir d’embarras. D’une part, la loi de Moïse proscrivait la pluralité des dieux ; d’autre part, les cosmogonies sacrée, non seulement des Chaldéens, mais de presque tous les peuples, attribuaient aux dieux secondaires, et non à ce grand Dieu unique, l’organisation du monde. Le rédacteur n’a osé chasser un mot consacré par l’usage. Ces Elahim étaient les décans des Égyptiens, les génies des mois et des planètes chez les Perses et les Chaldéens, génies-dieux cités sous leur propre nom par l'auteur phénicien Sanchoniaton, lorsqu’il dit : les compagnons d’Il ou El qui est Kronos (Saturne), furent appelés Eloïm ou Kroniens3 et on les disait les égaux de Kronos.

Or Kronos ou Saturne est, comme on sait, l’emblème du temps, mesuré par la planète de ce nom : ses égaux furent donc naturellement des génies de la même espèce. La lettre h manquant à l’alphabet grec, le mot Eloïm a rendu le mieux possible le phénicien arabe Elahim, pluriel hébreu de Elah, Dieu. Mais pourquoi leur attribuait-on l’organisation de la création du monde ? Par la raison simple et naturelle, que le monde dans son sens primitif fut le grand orbe des cieux, et spécialement l’orbe ou cercle du Zodiaque. Or, comme à partir de l’équinoxe du printemps les êtres terrestres, engourdis et comme morts pendant l’hiver, prenaient une vie nouvelle, que la production des feuilles, des fleurs et de tout le règne végétal, semblait être une véritable création, les génies qui présidaient à chaque signe du Zodiaque furent considérés comme les auteurs et moteurs de tout ce mouvement de vie ; et parce que cette période de vie, d’abondance et de délices, ne durait que jusqu’à l’équinoxe d’automne, la création fut dite ne durer que six mois, qui, par d’autres équivoques, ont été appelés dans les diverses cosmogonies tantôt des jours, tantôt des mille, etc.

Avec le progrès des connaissances, les astronomes physiciens ayant considéré le monde sous un point de vue plus vaste, des esprits subtils raisonnèrent sur l’origine de tous les êtres visibles ; et alors naquirent ces systèmes plus ou moins extravagants qui de l’Inde et de la Chaldée passèrent dans l'ancienne Grèce, et qui, commentés par Pythagore, par Thalès, par Platon, par Zénon, par Aristote, ont donné naissance à d’autres systèmes que l’on peut appeler des délires organisés. Quant au mot création, pris dans ce sens de produire de rien, de tirer du néant des substances solides et sensibles, il est douteux que cette idée abstraite, due à l’exaltation des cerveaux jeûneurs des pays chauds, ait été connue ou reçue par les anciens juifs ; ce qu’il y’a de certain, c’est que le mot bara ; traduit par (les dieux) créa, ne comporte point ce sens, puisqu’on le trouve en beaucoup d'occasions employé comme dans le sens de fabriquer, former : nous en avons trois exemples dans le morceau cité, où il est dit que Dieu créa l’homme à son image, qu’il les créa mâle et femelle, etc. Le limon rouge dont l’homme fut formé existait, et la distinction du sexe n’est qu’une disposition de la matière déjà formée : il n’y eut donc point là une création dans le sens de tirer du néant, de produire quelque chose avec rien.

Nous avons dit que les six mois de la création furent considérés sous des rapports et sous des noms divers, selon les divers systèmes des anciens astrologues. Leurs livres, chez les Perses et chez les Étrusques, nous en offrent deux exemples d’une analogie sensible avec la Genèse.

Un auteur toscan très instruit, dit Suidas4, a écrit que le grand Démi-ourgos, ou architecte de l’univers, a employé 12.000 ans aux ouvrages qu’il a produits, et qu’il les a partagés en 12 temps distribués dans les 12 maisons du soleil (les 12 signes du Zodiaque).

[Notez que ce grand architecte, ou son type originel, est le soleil, qui dans toutes les premières théogonies, est le créateur, le régulateur du monde supérieur et inférieur.]

 

 

 

 

Au premier mille, il fit le ciel et la terre. Au deuxième mille, il fit le firmament (le grand vide) qu’il appela le ciel.

Au troisième mille, il fit la mer et les eaux qui coulent dans la terre.

Au quatrième, il fit les deux grands flambeaux de la nature.

Au cinquième, il fit l’âme des oiseaux, des reptiles, des quadrupèdes, des animaux qui vivent dans l’air, sur la terre et dans les eaux.

Au sixième mille, il fit l’homme.

Cette distribution des ouvrages est d’une telle ressemblance, qu’on ne peut douter qu’elle ne vienne de la même source. Or, et si l’on considère, d’une part, que tout ce que nous connaissons des arts et de la religion étrusques, a une analogie frappante, avec les arts et la religion de l’Égypte5; d'autre part, que Moïse a imité une foule d’institutions de ce dernier pays, l’on sera porté à y placer l’origine de ces idées, surtout lorsqu’elles se lient à l’institution de la semaine qui est attribuée aux Égyptiens et qui date de la plus haute antiquité. Dans la citation que nous venons de faire, nous avons des mille à la place des jours ; mais il ne faut pas oublier que les anciens théologues ou cosmologues ont donné des acceptions très diverses aux mots jours et années.

Le soleil, dit l’ancien livre indien attribué à Manou, cause la division du jour et de la nuit qui sont de deux sortes, ceux des hommes et ceux des dieux. Le mois (où temps d’une lune) est un jour ou nuit des Richis (ou Patriarches). La moitié brillante est destinée à leurs occupations, et la moitié obscure à leur sommeil. Une année est un jour et une nuit des dieux (censés habiter le pôle ou mont Merou) ; leur jour a lieu quand le soleil se meut (de l’équateur) au nord (en effet le pôle nord est éclairé, six mois) ; (de l’équateur) au midi (ou pôle sud) ; or 4.000 années des dieux, composées de tels jours, font un âge appelé krïta, etc.6

Quant aux mille employés ici comme synonymes des mois et des signes du Zodiaque ; nous avons vu et nous allons voir encore que cette division décimale de chaque signe fut usitée par les Chaldéens, sans néanmoins prétendre en exclure les Égyptiens. Avec un tel langage et de telles acceptions de mots, l’on sent que les mystiques anciens et modernes ont pu se faire un dictionnaire très embarrassant pour ceux qui n’en ont pas la clef. En cette occasion, elle nous donne le moyen de reconnaître entre les six jours des Hébreux et les six mille des Étruriens, une synonymie difficile à contester. L’auteur étrurien ajoute que les six premiers mille ans ayant précédé la formation de la race humaine, elle semble ne devoir subsister que pendant les six mille autres qui complètent la période de douze mille ans au bout desquels le monde finit.

Ici nous avons la source de l’Opinion des millénaires si célèbres dans les premiers siècles du christianisme, et qui fut commune à presque tout l’Orient : en même temps nous voyons l’effet bizarre produit par l’équivoque du monde ou orbe zodiacal avec le monde pris pour une durée systématique de l'univers.

D’un autre côté, cette durée de douze mille, et cette création pendant six, se retrouve chez les Parsis, successeurs des anciens Perses, et dans leur Genèse intitulée Boun Dehesch.

Le temps, dit ce livre ancien, page 420, est de douze mille ans ; il est dit dans la loi que le peuple céleste fut trois mille ans à exister, et qu’alors l'ennemi (Ahriman) ne fut pas dans le monde. Kaïomorts et le Taureau furent trois autres mille ans dans le monde, ce qui fait six mille ans....

Les mille de Dieu parurent dans l’Agneau, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion et l’Épi, ce qui fait six mille ans. (Ici l’allégorie est sans voile.) Après les mille de Dieu, la Balance vint ; Ahriman (ou le mal) courut dans le monde (l’hiver commença.)

Idem, page 345. Le temps (ou destin) a établi Ormuzd, roi borné pendant l’espace de douze mille ans.

Page 348. Des productions du monde, la première que fit Ormuzd fut le ciel. La deuxième fut l’eau ; la troisième fut la terre ; la quatrième furent les arbres ; la cinquième furent les animaux ; la sixième fut l’homme. »

Page 400. Ormuzd parlant dans la loi dit encore, j’ai fait les productions du monde en 365 jours ; c’est pour cela que les 6 gahs gahanbars (les mois) sont renfermés dans l’année.

Enfin, dans l’origine de toutes choses, l’auteur dit, page 344 et suivantes, que les ténèbres et la lumière étaient d’abord mêlées et formant un seul tout ; qu’ensuite étant séparées par le temps (ou destin), elles formèrent Ormuzd et Ahriman, etc.

Ces passages nous offrent, d’une part, l’explication la plus claire de la période de douze mille ans, supposée devoir être la durée physique du monde ;d'autre part, une analogie marquée avec le récit que la Genèse fait de la création : la différence principale est que, dans l’hébreu, le premier oeuvre est la séparation de la lumière, tandis que dans le Parsi, c’est la formation du ciel ; mais abstractivement de l’ordre numérique, l’un et l'autre placent d’abord le chaos ténébreux, puis la séparation de la lumière, et l’auteur juif semble faire une allusion directe aux idées zoroastriennes, quand il dit que la lumière fut bonze : néanmoins, comme le dogme du bien et du mal existe également dans le système égyptien d'Osiris et de Typhon, cette allusion ne peut faire preuve pour la date de la composition.

Une comparaison suivie de la Genèse juive juive avec la Genèse parsie, multiplierait les exemples d’analogie ; mais ce travail nous écarterait trop de notre but ; nous nous bornerons à remarquer avec le traducteur (Anquetil du Perron) que le Boun Dehesch7 est une compilation évidente de livres anciens dont il s’autorise, et que cette compilation, quoiqu’elle cite dans ces trois derniers versets les dynasties Sasanide, Aschkanide, et le règne d'Alexandre, doit néanmoins remonter à une époque antérieure : ces trois versets ont dû être ajoutés après coup, comme il est arrivé aux livres de l'Inde. On a droit de croire, vu l’analogie de plusieurs de ses passages avec certaines citations des anciens auteurs grecs, et entre autres de Plutarque, que le compilateur eut sous les yeux quelques livres de Zoroastre ; mais en lisant le Boun Dehesch avec attention, nous y trouvons d'autres citations singulières qui ne peuvent venir de cette source. Par exemple, à la page 400, ch. XXV, il est dit : que le plus long jour de l’été est égal aux deux plus courts de l’hiver ; et que la plus longue nuit d’hiver est égale aux deux plus courtes nuits d’été.

La suite... Mythologie de la Création 2ème partie

Notes

1 Ce nom de Iahouh n’est employé, pour la première fois, qu’au 4e verset du chap. 2 ; le latin le rend par Dominus, il devrait dire existens per se.

2 Flavius Josèphe, Antiq. jud., liv. I, chap. i.

3 Eusèbe, Præpar. evang., lib. I, page 37.

4 Article Tyrrhenia.

5 Les peintures découvertes par nos savants français dans les catacombes des rois de Thèbes, achèvent de certifier cette opinion. Les vases, les meubles et les ornements que représentent ces peintures, sont absolument du même style que ceux des vases étrusques ; voyez le tome II de la Commission d’Égypte ; et relativement à Moïse, son arche d’alliance a totalement la forme du coffre ou tombeau d’Osiris.

6 Asiatick researches, tome I.

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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