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Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?

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7 - Examen de la Genèse en particulier - Suite

 

 

Chapitres extraits des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

CHAPITRE XI

Examen de la Genèse en particulier Suite..

6 -  Examen de la Genèse en particulier

 5 Suite de "Problèmes cités par l'époque citée"

4  Problèmes résolus par l'époque citée

3 - Suite des preuves

2 - Epoque de l'apparition du Pentateuque

1 - Des temps antérieurs à Moïse

 

 

 

 

Au moment du solstice et au début de l’inondation, la planète de Kronos ou Saturne, qui avait son domicile dans le cancer, ou plutôt le génie ailé, gouverneur de cette planète, était censé avertir l’homme ou le laboureur de s’embarquer. Il avertissait pendant la nuit, parce que c’était le soir ou la nuit que l’astre était consulté. Le calendrier des Égyptiens et leur science astrologique ayant pénétré dans la Grèce encore sauvage, ces tableaux non appropriés au pays y furent mal. compris, et ils y devinrent les fables mythologiques de Deucalion, d’Ogygès et d’Inachus, dont le nom est Noh même, écrit en grec Noch et Nach. La Chaldée avait aussi son déluge, par les débordements du Tigre et de l’Euphrate, au moment où le soleil fond les neiges des monts Arméniens. Mais ce déluge avait un caractère malfaisant, par la rapidité et l’incertitude de son arrivée. Ce pays, d’une fertilité extrême, par conséquent peuplé de toute antiquité, dut avoir son calendrier propre ainsi que ses légendes : cependant les historiens nous assurent que les rites de l’Égypte y furent introduits avec une colonie de prêtres, peut-être par le moyen de Sésostris qui, vers l’an 1350, traversa ces régions en conquérant ; peut-être par la voie des Ninivites ou, plus anciennement, ce put être déjà une cause de variantes dans les légendes chaldéennes. Les déluges du Nil et de l’Euphrate n’arrivaient pas aux mêmes époques ; une autre cause fut la précession des équinoxes qui, tous, les 71 ans, change d’un degré la position du soleil dans les signes. Enfin les physiciens ayant étendu leurs connaissances géographiques, et ayant constaté que l’hémisphère du nord était comme noyé de pluies dans l’intervalle hybernal des cieux équinoxes, il en résulta que l’idée et le nom de déluge furent appliqués au semestre d’hiver, tandis que le nom d’incendie fut donné au semestre d’été, ainsi que nous l’apprend Aristote. De là l’expression amphibologique que le monde éprouvait des révolutions alternatives d’incendie et de déluge ; de là aussi une nouvelle source de variantes adoptées par l’écrivain juif, lorsqu’il fait durer la pluie 150 jours (près de 6 mois), après avoir dit qu’elle n’en dura que 40 ; il n’est donc pas étonnant qu’il y ait des discordances entre les divers compilateurs des monuments, puisqu’il a dû s’en introduire très anciennement entre les monuments eux-mêmes et entre les calendriers tant indigènes qu’étrangers.

La différence la plus remarquable entre le récit chaldéen et le récit hébreu, est que le premier conserve le caractère astrologico-mythologique, tandis que le second est tourné dans un sens et vers un but moral. En effet selon l’hébreu, dont nous n’avons donné qu’un extrait, puisque le texte contient plus de 100 versets, le genre humain s’étant perverti, et des géants, nés des anges de Dieu et des filles des hommes, exerçant toutes sortes de violences, Dieu se repent d’avoir créé l’espèce ; il se parle, il délibère, il se fixe au parti violent d’exterminer tout ce qui a vie. Cependant il aperçoit un homme juste, il en a pitié ; il veut le sauver : il lui fait part de son dessein, il lui annonce le déluge, lui prescrit de bâtir un navire, etc. Quand le déluge a tout détruit, l’homme fait un sacrifice d’animaux purs (selon la loi de Moïse) ; Dieu en est si touché, qu’il promet de ne plus faire de déluge ; il donne des bénédictions, des préceptes, un abrégé de loi ; il fait alliance avec tous les êtres vivants ; et pour signe de cette alliance, il invente l'arc-en-ciel qui se montrera en temps de pluie, etc. ; tout cela chargé de redites avec quelques contradictions. Par exemple, la pluie dura 40 jours.... ; les eaux crûrent 150 jours, un vent souffla, et la pluie cessa. Le premier jour du dixième mois, l’on vit les cimes des monts ; 40 jours après, la colombe ne trouve pas où poser le pied, etc.

Tout ce récit n’est-il pas un drame moral, une leçon de conduite que donne au peuple un législateur religieux, un prêtre ? Sous ce rapport, on pourrait l’attribuer à Moïse ; mais le nom pluriel Elahim, les dieux, très mal traduit au singulier, Dieu, ne saurait se concilier avec l’unité dont Moïse fait la base de sa théologie. Le Dieu de Moïse est Iahouh : on ne voit jamais que ce nom dans ses lois et dans les écrits de ses purs sectateurs, tels que Jérémie. Pourquoi l’expression Elahim, les dieux, se trouve-t-elle si souvent et presque uniquement dans la Genèse ? Par la raison que le monument est chaldéen, et parce que dans le système chaldéen comme dans la plupart des théologies asiatiques, ce n’est pas un Dieu seul qui créait, c’étaient les dieux, ses ministres, ses anges, et spécialement les décans et les génies des 12 mois qui créèrent chacun une partie du monde (le cercle de l’année). Le grand-prêtre Helqiah empruntant cette cosmogonie, n’a osé y changer une expression fondamentale qui peut-être avait cours chez les Hébreux, depuis leurs relations avec les Syriens ; il est même possible qu’il n’ait rien ajouté de son chef à ce texte, quoique les animaux purs (selon la loi), et le nombre 7, indiquent une main juive, avec d’autant plus de raison, que le nom de Iahouh y est joint.

Longtemps avant Helquiah ; la Grèce avait l’apologue de Ioupiter irrité contre les géants et contre la génération coupable, lui annonçant la fin du monde, submergeant la terre de torrents qui se précipitent des cataractes du ciel, etc. (Voyez Nonnus, Dionysiaq., lib. VI, vers. 230.)

Tout le système du Tartare et de l’Élysée tenait à cette théologie d’origine égyptienne et d’antiquité assez reculée, puisqu’elle était la base des mystères et des initiations : ce fut dans ces mystères que la science astrologique prit un caractère moral qui altéra de jour en jour le sens physique de ses tableaux hiéroglyphiques, etc.

Selon l’hébreu, après le déluge, Noh cultive la terre ; plante la vigne ; en cela, il est Osiris et Bacchus qui tous deux sont le soleil dans la constellation Arcturus ou le Bouvier qui, après la retraite du Nil, annonçait au plat pays le temps de semer ; et sur les coteaux du Fayoum, le temps de vendanger.

Ici les fragments de Bérose et de ses copistes ont une lacune qui correspond au chapitre X de la Genèse, où l’auteur juif décrit le partage de la terre entre les trois prétendus enfants de Noh, et donne la nomenclature de leurs prétendus enfants, selon leurs langues et nations : nous disons prétendus, parce que toute cette apparente généalogie est une véritable description géographique des pays et des peuples connus des Juifs à cette époque ; description dans laquelle chaque nation est désignée, tantôt par un nom collectif, selon le génie de la langue, tantôt par un nom pluriel ; et cela, dans un ordre méthodique de localités contiguës et d’affinités de langage. Imaginer que les noms pluriels de Medi, les Mèdes, Saphirouim, les Saspires, Rodanim, les Rhodiens, Amrim, les Amorrhéens, Aradim, les Aradiens, Masrim, les Égyptiens, Phélastim, les Philistins, etc., etc., soient des noms d’individus, et imaginer que ces individus fussent la troisième ou quatrième génération de trois familles qui seules sur le globe s'en seraient fait le partage, est un excès de crédulité et d’aveuglement qui passe toutes bornes ; mais ce sujet nous écarterait trop : nous le traiterons dans un article particulier.

La suite... De la tour de Babel ou pyramide de Bel à Babylone

Notes

[8] Areturus, Bootes.

Posté par Adriana Evangelizt

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