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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 05:31

 Nous poursuivons notre recherche sur les "Ancêtres" et nous avons trouvé des vieux livres étonnants par leurs révélations. Ici, Volney s'attaque à démontrer que Moïse n'a pas écrit le Pentateuque. Ce que nous savions déjà. Nous avons laissé le vocabulaire qu'il employait à l'époque où les règles orthographiques n'étaient pas les mêmes que maintenant.

 

 

 

Chapitres extraits des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

CHAPITRE V.


DES TEMPS ANTÉRIEURS A MOÏSE ET DES LIVRES ATTRIBUÉS A CE LÉGISLATEUR.


MAINTENANT si les Juifs n'ont pu conserver de notions exactes du temps écoulé entre le grand-prêtre Héli et Moïse, ni du temps que dura le séjour de leurs pères en Egypte (car rien n'est clair à cet égard ), comment peuvent-ils prétendre avoir mieux connu les temps antérieurs où n'existait pas encore leur nation, et qui plus est, les temps où n'existait aucune nation, c'est-à-dire , l'époque de l'origine du monde , à laquelle aucun témoin n'assista, et dont leur Genèse nous fait cependant le récit, comme si l'écrivain en eût eu sous les yeux un procès verbal ? Les Juifs nous disent que c'est une révélation faite par Dieu à leur prophète : nous répondons que beaucoup d'autres peuples ont tenu le même langage. Les Égyptiens, les Phéniciens, les Chaldéens, les Perses, ont eu, commele peuple juif, leurs histoires de la création, également révélées à leurs prophètes Hermès, Zoroastre, etc.
De nos jours les Indous ont présenté à nos missionnaires les Vedas et les Pouranas, avec des prétentions d'une antiquité plus reculée que la Genèse même, et que les autres livres attribués à Moïse.

Il est vrai que nos savans biblistes rejettent, ou du moins contestent l'authenticité de ces livres ; mais quand notre zèle convertisseur présente aux Indous la Bible , qu'aurons-nous à répondre, si les brahmes nous rétorquent nos propres argumens européens ? si, par exemple, ils nous disent : « Vous niez l'authenticité et l'antiquité de certains Pouranas et Chastras, par la raison qu'ils mentionnent des faits postérieurs aux dates présumées de leur composition : hé bien ! nous nions à notre tour l'authenticité des cinq livres que vous attribuez à Moïse, par cette même raison que nous y trouvons un grand nombre de passages et de citations qui ne peuvent convenir à ce législateur. »

La question se réduit donc à savoir si cette dernière assertion est fondée en preuve de faits ; et c'est une question qui doit se traiter avant tout autre ; car le système chronologique antérieur à Moïse, tirant son autorité principale de la supposition que ce prophète en a été le rédacteur, si cette supposition était démontrée fausse, l'autorité du système en serait considérablement affaiblie.

De savans critiques ont déjà traité ce sujet; mais parce qu'ils ne l'ont pas à beaucoup près épuisé, et que surtout ils n'ont pas bien saisi les conséquences qui découlent des preuves, nous allons reprendre la discussion dans ses fondemens, et dresser un tableau plus complet qu'aucun autre précédent, de tous les passages du Pentateuque, qui prouvent la posthumité de cet ouvrage relativement à Moïse, et qui indiquent la véritable époque de sa rédaction.


CHAPITRE VI.


PASSAGES DU PENTATEUQUE, TENDANS A INDIQUER

EN QUEL TEMPS ET PAR QUI

CET OUVRAGE A ÉTÉ OU N'A PAS ÉTÉ COMPOSÉ.


Au dernier chapitre du Deutéronome on lit un récit détaillé et circonstancié de la mort de Moïse, de son inhumation , et en outre ces phrases singulières : « Personne, jusqu'à ce jour, n'a connu le lieu de sa sépulture, et il ne s'est plus élevé dans Israël de prophète égal à Moïse. »
N'est-ce pas l'indice saillant d'un long temps déjà écoulé ? Personne jusqu'à ce jour.... il ne s'est plus trouvé de prophète.

On nous dit que ce chapitre a été ajouté après coup, qu'il ne fait point corps avec l'ouvrage. Admettons la réponse, parce qu'elle est naturelle et raisonnable ; mais comment expliquera-t-on tous les autres passages qui se trouvent au corps du livre, et qui ne sont pas moins incompatibles avec l'hypothèse reçue? Par exemple, le premier chapitre du Deutéronome débute par ces mots : « Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël
au delà du  Jourdain, (1) dans le désert, etc. »

On sait que Moïse ne passa point cette rivière, et qu'il mourut dans le désert qui est à son orient,(2)par conséquent le mot au delà désigne, relativement à  Moïse, la rive occidentale, le côté où est Jérusalem. Par inverse, la rive orientale où Moïse mourut, se trouve au delà du Jourdain, relativement au pays de Jérusalem. Donc cette phrase, Moïse mourut au delà, a été écrite du côté de Jérusalem ; donc ce n'est point Moïse qui l'a écrite : l'expression au delà se trouve trois autres fois : 1° Deutéronome (
chap. III, vers. 8), l'on fait dire à Moïse : « En même temps nous enlevâmes à deux rois amorrhéens leur pays situé au delà du Jourdain, entre le torrent Arnon et le mont Hermon. »
Puisque Moïse parlait dans ce pays-là même, il était en-deçà et
non au delà; et la note qu'il joint immédiatement, ne lui convient pas davantage— «Or, l'Hermon est appelé Cidrin par les Sidoniens, et Chinir par les Amorrhéens. »
Une telle note ne convient
qu'à un auteur posthume, qui explique la nomenclature du temps passé à ses contemporains, qui ne l'entendent plus. Il en est ainsi des versets suivans : «4° Et nous prîmes toutes les villes d'Og, roi de Basan , qui était resté seul de la race des Raphaïm ou géans : son lit est encore dans la ville de Rabat-Amon; et je donnai à Jaïr, fils de Manasse, le pays de Basan , qu'il nomma villages de Iaïr, et on les appelle ainsi jusqu'à ce jour, »
Et (chap. IV, vers. 21,), on lit :   « Moïse marqua trois villes
au delà du Jourdain, du côté du soleil levant. »
Et (idem, versets 45 et 46) , « Voilà les lois et statuts que Moïse donna aux enfans d'Israël, après la sortie d'Egypte,dans la vallée de
Bethphegor, au delà du Jourdain... Et les enfans d'Israël possédèrent au delà du Jourdain, les pays de, etc., etc. »

Ces versets, et en général tout ce chapitre, sont évidemment un récit historique
écrit longtemps après Moïse, par un rédacteur qui a résidé du côté de Jérusalem , au soleil couchant du Jourdain, et pour qui le soleil levant était au delà; qui parlant des faits anciens, y a joint les explications nécessaires à ses contemporains : poursuivons.

Dans la Genèse (chap. XII, vers. 6), en décrivant la route d'Abraham, depuis la Mésopotamie jusqu'à Sichem et à la vallée de Moria , il est dit : « Or les Kananéens
occupaient alors le pays : »(3) donc ils ne l'occupaient plus au temps de l'historien; donc cet historien écrivait après Josué, qui chassa les Kananéens de ce pays. Donc Moïse n'est pas l'historien.

Même Genèse ( chap. XXII, vers. 14), en parlant du lieu où Abraham voulut sacrifier son fils, on lit : « Abraham appela ce lieu
Iahouh-Ierah, c'est-à-dire, Dieu verra ; » d'où est venu ce mot usité jusqu'à ce jour : Sur la montagne Dieu verra. Notez ce mot, jusqu'à ce jour; et de plus, comment Abraham a-t-il pu appeler Dieu du nom de Iahouh, quand il est dit (chap. vide l'Exode, vers. 3) « que Dieu ne s'était fait connaître à personne avant Moïse, sous le nom de Iahouh...
L'auteur posthume ne se décèle-t-il pas à chaque instant ?

Même Genèse (chap. XVI, vers. 29 ), « Abraham poursuivit ses ennemis jusqu'à
Dan. »
Le Livre des Juges (chap. XVIII, vers. 29) nous apprend que jusqu'au temps des juges, on appela
Laïs la ville sidonienne qui fut surprise par 600  hommes de la tribu de Dan , et que ce fut seulement alors qu'elle reçut le nom de Dan. Certainement Moïse n'a point écrit cela : l'auteur est postérieur aux juges.

Deutéronome (chap. II, vers. 12), il est dit : « Nous tournâmes la montagne de Séir sans l'attaquer, parce qu'elle est habitée par nos frères, les enfans d'Esaù. Or Séir était d'abord habité par les Horiens, que chassèrent les enfans d'Esaù, qui ont habité ce pays jusqu'à ce jour (verset 32) ,
comme les enfans d'Israël ont habité celui que le Seigneur leur a donné. » Ceci est manifestement postérieur à la conquête par Josué.

L'auteur des Rois (livre 1er, chap. OX , vers, 9) , en parlant de Saùl qui alla consulter le voyant, dit : «Autrefois, lorsqu'on allait consulter Dieu, l'usage «était de dire,
allons au voyant; car on appelait voyant ce qu'aujourd'hui on appelle prophète. » Or puisque l'usage durait encore du temps de David , qui appela   Gad son voyant et non son prophète; et puisque dans tout le Pentateuque, Moïse est toujours appelé le prophète et non le voyant, il s'ensuit clairement que la rédaction du Pentateuque est postérieure au temps de David.

Enfin un passage frappant est celui du chapitre XXXVI de la Genèse , où, parlant de la postérité d'Esaù, l'auteur dit (verset 31 et suivans) : « Voici les rois qui régnèrent sur la terre d'Edon
avant qu'Israël eût des rois, etc. »
Or si, comme il est de fait,
Israël n'eut de rois que depuis Saùl, il est évident que l'auteur historien est postérieur à cette époque, et que cet auteur n'a pu être Moïse, par toutes les raisons ci-dessus.

Ainsi nous avons
une masse de preuves incontestables que le Pentateuque, tel qu'il est en nos mains, n'a point -été rédigé par Moïse, mais par un écrivain anonyme dont l'époque n'a pu précéder le temps des rois David et Salomon ; bientôt nous verrons encore d'autres preuves de cette posthumité, lorsque l'époque de cette rédaction nous sera connue : il s'agit maintenant de la connaître.

Quelques écrivains critiques, qui comme nous ont senti que
le Pentateuque n'a pu être rédigé par Moïse, ont essayé d'en deviner l'auteur, et ils ont cru l'apercevoir dans le lévite Esdras, qui, au temps d'Artaxercès, roi de Perse, ranima chez les Juifs attiédis l'observance et l'étude de la loi. Sur l'autorité accréditée de ces écrivains, nous avions d'abord admis cette opinion ; mais l'intérêt qu'excite ce sujet nous ayant engagé à de nouvelles recherches, nous avons trouvé, dans une lecture attentive des livres hébreux, des raisons de penser différemment, et d'attribuer le Pentateuque à un autre auteur, indiqué par les textes mêmes avec plus d'évidence que le lévite Esdras.

D'abord
on cherche vainement des indices quelconques de l'existence du Pentateuque, soit dans le livre de Josué, l'un des plus anciens, soit dans le livre dit des Juges ; soit dans les deux livres intitulés Samuel, soit enfin dans l'histoire des premiers rois juifs. Ce silence, surtout au temps de Salomon, est d'autant plus remarquable, que l'auteur de la Chronique, en nous apprenant que les Tables de la Loi de Moïse furent déposées dans le temple bâti par ce prince, ne dit pas un mot des livres de Moïse ; et cependant si le Pentateuque eût été l'ouvrage de Moïse, le manuscrit autographe devait encore exister, et il est inconcevable qu'un livre si précieux fût laissé dans un oubli absolu ; surtout lorsqu'en cette inauguration du temple, une foule d'objets moins importans, moins appropriés au sujet, sont relatés et mentionnés.

Une autre circonstance encore digne de remarque, est que dans les livres de Salomon, dans les psaumes réellement de David,(4) et même dans les prophéties d'Isaïe, l'on ne trouve presque aucune citation que l'on puisse rapporter avec évidence au Pentateuque. Il faut descendre jusqu'au règne de Josias, pour en découvrir une indication probable ; le passage qui la contient mérite d'être cité en entier, pour en bien scruter les détails. (Voyez Reg. , lib. II, cap. XXII. )

Suite... Epoque de l'apparition du Pentateuque

 Notes

1 Plusieurs traductions latines altèrent ici et ailleurs le vrai sens des mots, et au lieu de dire ultra, disent in transitu ou in ripa; mais il est avoué, de tous les hébraïsans, que b'aber signifie rigoureusement au delà,:

2 Deut. Chap. IV v. 22, Moïse dit : "Voici que je meurs dans cette terre, et je ne passerai point le Jourdain."

3 Cette phrase est répétée chapitre XIII, verset .7.

4 On sait, et le texte hébreu déclare, qu'un grand nombre ne sont pas de David : plusieurs chapitres d'Isaïe sont évidemment dans le même cas. Au chap. XII, v. 2, on trouve un demi-verset tiré du cantique composé à l'occasion du passage de la mer Rouge (Exod., ch. xv, v. 2) ; mais ce cantique, qui nous est indiqué par le texte même comme devenu chant populaire, a pu et dû se conserver en d'autres livres.

5 Son père se nommait Helqiah, comme le grand-prêtre:,

6 Cet an 13 de Josiah est l'an 626 ayant notre ère, ainsi que nous le prouverons par la suite.

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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