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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 05:54

 Alors qui a écrit le Pentateuqe ou plutôt qui l'a réécrit ? Mais surtout dans quel but ?

 

 

Chapitres extraits des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

CHAPITRE VII

 

ÉPOQUE DE L'APPARITION DU PENTATEUQUE.

APRÈS la mort du roi Amon, son fils Josiah devient roi à l'âge de 8 ans; on sent qu'un roi de 8 ans eut un tuteur régent, qui n'est point nommé, mais qui, naturellement et par l'indication des faits , fut le grand-prêtre Helqiah.

La 18e année de son règne, Josiah envoie, sans motif apparent,
Saphan, scribe ou secrétaire du temple, vers le grand-prêtre, pour lui dire de recueillir tout l'argent donné par le peuple aux portiers du temple, et de le remettre aux entrepreneurs et ouvriers des réparations, sans leur en faire rendre compte, et en se reposant sur leur bonne foi. Pour réponse, le grand-prêtre Helqiah dit au secrétaire : «J'ai trouvé un livre (ou le livre) de la loi dans le temple du Seigneur ; » et il donne ce livre au secrétaire, qui le lit. Saphan retourne vers le roi, et lui dit: «Vos ordres sont exécutés — ; (de plus), Helqiah m'a remis un livre;» et il (commença) de le lire devant le roi.... ; et lorsque le roi entendit les paroles de la loi, il déchira ses vêtemens, et il dit à Helqiah, à Ahiqom, à Akbour, à Saphan, secrétaire, et à Achih, serviteur du roi : « Allez et consultez Dieu sur moi et sur tout le peuple juif, au sujet des paroles de ce livre qu'on a trouvé : car la colère de Dieu est allumée contre nous de ce que nos pères n'ont point pratiqué ses préceptes... Et ils se rendirent tous ensemble chez Holdah, prophétesse, qui demeurait à Jérusalem, et dans la rue Seconde. Holdali leur annonça, de la part de Dieu, de grands maux contre le pays et la ville. Mais, ajouta-t-elle, parce que le roi a écouté la parole du Seigneur, qu'il a pleuré et déchiré ses vêtemens, ces maux n'arriveront point de son vivant— Helqiah et les autres envoyés portent cette réponse au roi.... Le roi envoie de tous côtés des ordres dans la ville. Tous les anciens et gens notables se rassemblent dans le palais Le roi va ensuite au temple, et il y est suivi des prêtres et des anciens, et de tout le peuple depuis le plus grand jusqu'au plus petit; et là on fait une lecture solennelle de ce livre trouvé. Le roi monte ensuite aux degrés (de l'autel), et fait un sacrifice d'alliance pour pratiquer tout ce qui est dans le livre ; et le peuple en prend l'engagement.... Alors en exécution de ce pacte et des préceptes du livre, l'on jette hors du temple les vases de Baal; on souille les lieux hauts où l'on sacrifiait, et celui où l'on passait les enfans par la flamme ; on chasse des portiques du temple les chevaux sacrés que les rois entretenaient en l'honneur du soleil ; on brûle les chars consacrés au soleil ; on détruit les autels élevés par Achaz et Manassé, et ceux élevés par Salomon sur les hauts lieux aux dieux de ses femmes. Josiah, présent à tous ces actes qu'il commande et dirige, fait déterrer même les morts sur les hauts lieux, et égorger tous les prêtres de Baal qu'il y trouve— De retour à Jérusalem, il fait célébrer une pâque si solennelle, qu'il n'y en eut point de telle depuis les juges d'Israël et pendant tout le temps des rois. »

Pesons les mots et les circonstances de ce récit; et d'abord remarquons que Josiah, enfant
couronné dès l'âge de 8 ans, fut élevé par le grand- prêtre Helqiah, qui pendant 10 ou 12 ans fut le véritable régent de l'État et du prince : par conséquent Josiah, maintenant âgé de 25 à 26 ans , est encore sous l'influence morale du pontife et de l'éducation sacerdotale qu'il en a reçue. A cet âge et en l'an 18 de son règne, il fait un message solennel au grand-prêtre : l'objet de ce message est de remettre aux entrepreneurs des réparations du temple, des sommes d'argent sans leur en faire rendre compte. Pourquoi cette faveur d'un genre singulier, même injuste et imprudent?

Elle a certainement un motif, un objet en vue ; cet objet est de se concilier ces gens et leurs familles, et, par suite, leurs amis et le peuple dont ils font partie : pour réponse, le grand-prêtre présente un livre, qu'il dit être le livre de la loi, et qu'il dit avoir trouvé dans le temple. Où est la preuve qu'il a trouvé ce livre ? a-t-il des témoins? On ne le dit pas; mais il est clair que s'il a besoin d'appui, tous les ouvriers du temple qu'il a gratifiés lui seront dévoués. Admettons qu'il ait trouvé ce livre, et qu'il ne l'ait pas lui-même composé; du moins il l'a eu en main , seul et aussi longtemps qu'il a voulu : n'y a-t-il pas fait des changemens ? C'est un manuscrit unique ; personne ne l'a contrôlé; rien n'établit son authenticité. Ce manuscrit dut être un rouleau de papyrus ou de vélin ; quelle main l'a écrit ? est-ce la main de Moïse? Helqiah ne le dit pas ; il dit seulement le livre de la loi : cela est remarquable. S'il fût venu de Moïse, Helqiah eût-il supprimé une circonstance si propre à ajouter au respect? D'ailleurs, s'il fût venu de Moïse, ce manuscrit aurait eu à cette époque plus de 800 ans d'existence ; et depuis tant de temps, oublié dans quelque armoire, il eût dû être rongé des vers et de poussière, dans un climat aussi rongeur que l'est la Judée. Il y aurait eu des lacunes ; l'écriture même aurait dû être différente, et beaucoup de mots tombés en désuétude ; car il est sans exemple qu'une langue et qu'une forme d'écriture aient subsisté 800 ans sans altération. Cependant le secrétaire Saphan le lit couramment et à livre ouvert : il porte le livre au roi, et le roi entendant le contenu, est surpris, effrayé au point de déchirer ses vêtemens ! Quoi, le roi Josiah, élevé par le grand-prêtre, ne connaissait pas la loi de Moïse ! cette loi, dont tout prince, à son avènement, devait avoir une copie transcrite à son usage par les prêtres, selon un ordre exprès du Deutéronome, chapitre XVII.
Tout était donc oublié ;
ou bien tout est simulé. Le roi Josiah de suite fait consulter Dieu; l'oracle auquel on s'adresse est une vieille femme, exerçant le métier de devineresse, et jouissant d'un grand crédit sur le peuple, c'est-à-dire , dans la classe des ouvriers que le roi a gratifiés. Le grand-prêtre, le secrétaire Saphan, Akbour et d'autres prêtres, se rendent en pompe chez cette femme.... N'est-il pas clair que l'intention d'une telle démarche est de produire une vive sensation sur le peuple et de donner de l'éclat à une chose nouvelle?
La prophétesse répond dans le sens désiré...
Elle annonce que
Iahouh,Dieu d'Israël, va envoyer contre Jérusalem et ses habitans, toutes les calamités écrites dans le livre que le roi a entendu, et cela parce que les Juifs ont abandonné leur Dieu, et qu'ils ont sacrifié à des dieux étrangers.

Ces expressions nous deviendront bientôt utiles; mais pour le présent remarquons que cette pro phétie de
Holdah a une analogie frappante avec les autres prophéties que depuis cinq ans proclamait Jérémie : or, dans sa qualité de prêtre et de fils de prêtre, Jérémie avait des rapports nécessaires avec le pontife ; il était, comme Holdah, dans la dépendance plus ou moins médiate de Helqiah (5); et lorsque nous trouvons que peu d'années après les fils de Saphan et d'Akbour furent les amis et protecteurs zélés de Jérémie contre la colère de Ihoua-qim, nous avons lieu de soupçonner que déjà il avait des liaisons avec Sapkan et Àkbour, qui figurent dans cette affaire ; que par conséquent il était lui-même, comme Holdah, l'un des confidens de ce drame concerté ; qu'en un mot il y a eu dans cette occasion un pacte secret, un plan combiné entre le grand-prêtre, le roi, le secrétaire Saphan, le prêtre Akbour, le prophète Jérémie et la prophétesse Holdah ; et cela, pour un motif, une affaire d'état.de la plus haute importance, puisqu'il s'agissait de sauver la nation du danger imminent d'une destruction absolue ou d'une dispersion prochaine. En effet, à l'époque dont nous parlons, l'an 621, le royaume de Jérusalem se trouvait dans les circonstances les plus désastreuses. Depuis quatre ans les Scythes, venus du Caucase, exerçaient ces ravages dont parle Hérodote, et dont leurs pareils, lesTatars de Genghizkan et de Tamerlan, nous ont fourni d'effrayables exemples dans les temps modernes.

Vainqueurs de Kyaxare et de ses Mèdes, maîtres de la haute et de la basse Asie, les Scythes n'avaient pu parvenir à Azot, où les arrêta Psammitik, sans inonder la Syrie et la Palestine : leur cavalerie innombrable avait ravagé tout le pays plat, avec cette cruauté féroce et impitoyable qui a toujours caractérisé les Tatars ; le pays montueux, investi de toutes parts, privé de toutes communications,attaqué, dans ses postes faibles, menacé dans toute sa masse, ressemblait à une grande place assiégée, et subissait tous les maux attachés à cette situation : or voilà premièrement le tableau que trace Jérémie dans ses dix-sept premiers chapitres :
« L'an 13 de Josiah, dit cet écrivain, le (Dieu de Moïse) lahouk, m'adressa la parole,(6)Et il me dit (ch. 1er) : « Que vois-tu? Je vois une chaudière bouillante; elle est dans le nord (prête à verser), et Dieu dit : Du nord accourt le mal sur tous les habitans de cette terre ; car voici que j'appelle toutes les familles des royaumes du nord, et elles viennent établir chacune leur tente aux portes de Jérusalem, autour de ses rnurs et dans » toutes les villes de Juda, et
je prononcerai mes décrets contre les pervers qui m'ont abandonné, et qui ont sacrifié aux dieux étrangers. »
Cette dernière phrase est mot pour mot,
le motif allégué par la prophétesse Holdah. Les chapitres suivans sont remplis de reproches, de menaces
et d'exhortations.
Le prophète s'écrie (ch. IV) : « Annoncez dans Juda ; publiez dans Jérusalem ; sonnez de la trompette ; criez et dites : Rassemblez-vous ; retirez6vous dans les villes fortes ; élevez des signaux de fuite; ne restez pas, parce que, dit le Seigneur, voici que j'apporte du nord une calamité , une grande destruction ; le lion a quitté son repaire ; le destructeur des peuples est parti de son pays pour réduire cette terre en solitude. »

Ceci convient parfaitement aux Scythes ; ce qui suit les caractérise encore mieux : « Voici qu'un peuple vient du nord ; une grande nation est sortie des flancs de la terre ; ils portent l'arc et le bouclier; ils brisent et déchirent sans pitié ; leur bruit ressemble au bruissement des flots ; ils montent des chevaux armés (et bardés ) eux-mêmes comme un guerrier, etc. : »

voilà bien les cavaliers scythes... « Voici que (l'ennemi) monte comme une nue, ses chars (volent) comme un tourbillon; ses chevaux sont plus légers que les aigles Malheur à nous! nous sommes ravagés.—Un cri d'alarme vient du côté de Dan; on apprend des horreurs ( iniquitatem ) de la montagne d'Ephraïm... Faites entendre dans Jérusalem que des troupes d'éclaireurs viennent d'une terre lointaine...

«J'ai regardé le pays, il est désert— J'ai vu les montagnes, et elles tremblent; les collines, et elles se choquent; j'ai regardé (partout), il n'y a plus d'hommes ; les oiseaux du ciel se sont envolés J'ai regardé
le Carmel, il est désert, et toutes les villes détruites devant la face de Iahouh et de sa fureur. » (Ch. v, v. i5) : « J'amène sur vous une nation lointaine, une nation robuste, antique, dont vous ne connaissez point le langage, dont vous ne comprenez point les paroles— : son carquois est un sépulcre ouvert— ; tous ses guerriers sont forts. Ils mangeront votre pain , votre moisson, vos enfans, vos bœufs, vos figues, vos raisins, etc. »
(Ch. VI, v. 1er. ) « Enfans de Benjamin, fuyez de Jérusalem; sonnez de la trompette, parce que de l'aquilon vient un fléau, une dévastation. »
Et (ch.  VIII, v. 16 à 20) : « Du côté de Dan on entend le bruit de leurs chevaux ; la terre retentit de leurs violens hennissemens ; ils accourent; ils dévorent la terre et son abondance, la ville et ses habitans.... La moisson est passée,
l'été est fini, et nous ne sommes pas délivrés. »

Nous verrons ailleurs que cette dernière circonstance cadre très bien avec la date de l'irruption des Scythes , que nous plaçons en 625.

Tous ces maux dépeints par Jérémie duraient donc depuis quatre ans, lorsque Helqiah tira de l'oubli ou du néant un livre qui devait sauver la  nation en la régénérant ; et cependant le danger qu'elle éprouvait de la part des Scythes n'était pas le seul. Deux puissances voisines, devenues plus ambitieuses depuis quelques années , menaçaient dans leur choc prochain d'écraser le petit royaume de Jérusalem :
l'Egypte, d'une part, délivrée des guerres étrangères et civiles qui l'avaient longtemps déchirée, venait de concentrer toutes ses forces dans les mains de Psammitique ; et ce prince heureux et habile, avait, par la prise d'Azot et de la Palestine, annoncé à la Syrie les projets d'agrandissement que poursuivit Nekos son fils. D'autre part, les rois de Babylone, héritiers de l'empire ninivite, renouvelaient, sur la Phénicie et la Judée, les prétentions et les attaques de Sennacherib et de Salmanasar. Selon la chronique des Jours (les Paralipomènes), l'un d'eux avait fait saisir et emmener captif le roi Manassé, grand-père de Josiah. Helqiah, grand-prêtre
et régent en 638, avait pu être témoin de cet événement arrivé 18 ou 20 ans auparavant. — A l’époque présente, c’est-à-dire l’an 621, Nabopolasar, père de Nabuchodonosor, régnait depuis 4 ans, et son règne préparait le règne de son fils. Une grande lutte s’annonçait entre l’Égypte et la Chaldée ; et dans cette lutte, les politiques juifs ne pouvaient manquer de sentir, que leur nation faible et d’ailleurs divisée d’opinions, était menacée d’une entière dissolution.

Si le salut était possible, ce n’était qu’en réunissant les esprits, en ressuscitant le caractère national ; et si cette pensée dut venir à quelqu’un, ce dut être au grand-prêtre Helqiah, qui, par la minorité du prince, se trouvant chef politique et religieux, eut l’avantage de réunir en sa personne, et les connaissances, et l’intérêt, et les moyens d’exécuter une réforme, une régénération urgente. Cette idée une fois conçue, il ne lui resta plus à imaginer que le moyen. Un administrateur purement politique eût pu en apercevoir plusieurs ; mais un homme de famille sacerdotale, imbu, dès son berceau, de la prééminence des institutions religieuses, qualifiées divines, ne pouvait en apercevoir que dans la religion et par la religion : celle de Moïse avait eu le pouvoir magique de changer une multitude esclave et poltronne en un peuple de conquérants fanatiques ; il fut naturel à un prêtre juif, de penser qu’en rétablissant les institutions anciennes, l’on rétablirait la même ferveur.

La religion de Moïse, comme toute autre et plus que toute autre, enseignait que tous les maux qui arrivaient au peuple, provenaient de ce qu’il violait ou négligeait la loi : un successeur de Moïse ne put avoir une autre doctrine, et il ne dut éprouver d’embarras que dans le moyen d’exécution. S’il eût été possible d’évoquer le législateur, de ressusciter Moïse lui-même, ce moyen eût été le premier employé. Evoquer son livre, ressusciter sa loi, ne fut qu’une modification de cette idée assez naturelle...... Lors donc que Helqiah, sans un motif d’abord apparent, annonce avec éclat qu’il a trouvé le Livre de la loi, nous avons lieu et droit de penser que ce n’est point une invention fortuite, mais une opération méditée et préparée depuis du temps, concertée même avec quelques personnes nécessaires à l’exécution, spécialement avec Jérémie ; dont le rôle et les écrits ont plusieurs rapports frappants avec certains textes du livre produit, ainsi que nous le verrons.

La Suite... Suite des preuves

Notes

5 Son père se nommait Helqiah, comme le grand-prêtre:,

6 Cet an 13 de Josiah est l'an 626 ayant notre ère, ainsi que nous le prouverons par la suite.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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