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Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?

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Les cinq livres secrets de la Bible - 5ème partie

 

 

Dernière partie et c'est dans celle-ci qu'il est question de Ieschoua et des demandes très curieuses de Dieu en ce qui concerne les offrandes, notamment lorsqu'il exige une coupe d'argent de soixante-dix sicles. C'est bien ce que nous disions précédemment, à la place du mot Yahweh, on met Lévite et effectivement on se rend compte de beaucoup de choses. Notamment lorsque Dieu dit qu'il a fait sortir le peuple d'Egypte... le tout est de savoir pourquoi il l'a fait sortir ? C'est le but de notre recherche...

 

 

Les Cinq livres secrets dans la Bible

 

par Gérald Messadié

 

5ème partie

4ème partie

 3ème partie

 2ème partie

1ère partie

La lecture diacritique du Pentateuque permet alors de comprendre l'une des énigmes les plus tenaces du Nouveau Testament : l'hostilité du clergé à l'égard de Jésus. En effet, l'interprétation ouverte de la Torah que propose Jésus et son prophétisme (les pharisiens les traitent de magicien, accusation à l'époque dangereuse, exposant même à la lapidation, puisque Dieu a interdit la magie), contreviennent de la manière la plus provocatrice à leur ritualisme sclérosé. De même qu'ils ont calomnié Moïse lui-même, ils vont calomnier Jésus, dont il est évident qu'il fut grand lecteur du Deutéronome et qui est, lui, défenseur à la fois d'une Loi plus ouverte ("Lequel d'entre vous si sont veau vient à tomber dans le fossé un jour de sabbat n'ira l'en faire sortir.."), plus populaire et d'un renouvellement de celle-ci.

 Dans les pages qui suivent, chacun des quatre courants a été différencié par un code typographique spécifique. Mais, même dans la traduction d'hébreu en français, qui comporte forcément des infidélités, un lecteur un peu attentif apprend rapidement à les distinguer l'un de l'autre ; non seulement par l'usage des noms Yahweh ou Elohim, dans les trois premiers Livres, mais aussi par le ton et l'idéologie à laquelle ils se réfèrent.

 

De la poésie de J et E au légalisme de P et au prophétisme de D :
les styles des quatre courants
  

 

Les noms de Dieu offrent certes une différenciation immédiate entre J et E, mais non absolue ; ainsi le courant yahwiste n'utilise jamais une autre forme que Yahweh, mais en deux points au moins (Ex. III, 13 et 15), le courant élohiste utilise ce nom, de même que d'autres formes du nom divin, telles que El Shaddaï. Il apparaît également que, dans les textes élohistes incorporés dans de vastes ensembles, comme le Livre des Nombres, les textes élohistes utilisent l'appellation Elohim.

 

La distinction entre les appellations Yahweh et Elohim n'est donc qu'un des nombreux fils conducteurs que permettent de distinguer les textes des quatre courants, mais ce n'est pas le seul ; il y a surtout les styles et les biblistes recourent aussi souvent à leur analyse qu'à celle du vocabulaire et des tournures.

 

 

Aussi le courant yahwiste est plus réaliste et romanesque que l'élohiste ; ses portraits sont presque provocateurs. Les hommes y sont souvent dépeints comme cruels, fourbes, lâches et même criminels (tels les frères de Joseph) et Yahweh lui-même, sublimation masculine du chef patriarcal, y est représenté comme une divinité capricieuse, indéchiffrable et volontiers outrancière (ainsi, il tue Onan parce que celui-ci se refuse au coït avec la veuve de son frère, motif assez mince, étant donné que la loi du lévirat l'y autorisait parfaitement, fût-ce au prix d'un crachat rituel à la face). Peu d'hommes échappent à un préjugé évident de l'auteur contre la gent masculine ; ce sera le cas de Jacob, déconcertant manipulateur qui, après avoir acheté le droit d'aînesse de son frère Esaü, lui dérobe la bénédiction paternelle en se couvrant les mains et la nuque de peau de chèvre pour prendre l'apparence velue de son frère. Son fils Joseph n'est guère en reste à cet égard, et sa comédie cruelle à l'égard de ses frères, quand il est arrivé au pouvoir en Egypte, qu'ils viennent lui acheter du blé et ne le reconnaissent pas, le dépeint comme retors et même sadique. Les femmes, en revanche, constituent une galerie de personnages souvent saisissants ; ne citons pour témoin que Sara, formidable matrone qui chasse son esclave Agar, bien que celle-ci ait donné un enfant à son mari,  parce qu'elle n'entend pas sacrifier sa lignée légitime à des considérations de descendance.

Telle est d'ailleurs la raison pour laquelle le critique littéraire américain Harold Blomm attribue les textes J à une femme qui aurait vécu à la cour du roi Réhoboam.

 Outre sa fidélité à l'égard de la légitimité du royaume d'Israël, c'est-à-dire du nord, le courant élohiste témoigne d'une bien plus grande révérence à l'égard d'Elohim. Même quand Celui-ci est-devenu Yahweh après la Révélation à Moïse dans le désert, c'est un Dieu beaucoup moins passionnel, beaucoup plus politique, et très tôt soucieux de donner à un peuple décidément indiscipliné les structures institutionnelles qui le rendront gouvernable. On reconnaît l'idéologie du courant élohiste, que le courant sacerdotal reprendra avec une détermination sans faille ; seule une religon structurée, ancrée par des rites, peut garantir l'identité politique et culturelle des juifs. L'un des piliers évidents de sa théologie est la sagesse immanente du Seigneur, qui se manifeste au-delà de la compréhension des hommes, ainsi qu'on le voit dans le récit du sacrifice d'Isaac. Son style est nettement plus solennel et parfois, épique, comme en témoigne l'extraordinaire dialogue entre Dieu et Moïse dans le chapitre XI du livre des Nombres, dont on ne relève nulle part l'équivalent dans les textes yahwistes, note R. R. Friedman (27).
 

Bien avant les grandes épreuves d'Israël, J et E avaient jeté les bases de la grande saga hébraïque où Dieu avait tiré son peuple des déserts de la Mésopotamie à droite  et de l'esclavage égyptien à gauche pour le conduire vers la Terre promise. C'était essentiellement une oeuvre poétique retraçant l'histoire de ce peuple avec son Dieu et l'intercession de ses héros, Abraham, Jacob, Moïse... Le courant J, en particulier, nous avait donné ces récits réalistes, intimes ou dramatiques, qui contribuent tant au charme savoureux, "littéraire", du Pentateuqe ; l'épisode où Dieu accompagné de visiteurs mystérieux mange des petits gâteaux devant la tente d'Abraham, le désespoir d'Agar dans le désert, le cheminement d'Abraham vers la montagne où il va égorger son fils unique et les mensonges qu'il lui fait...

 

Le rite sacerdotal se reconnait d'emblée à son autorité et à un ton juridique, ainsi qu'à une propension frappante pour les énumérations et les généalogies. Les textes sacerdotaux surprennent souvent le lecteur contemporain par leur faible spiritualité ; ils ne sont en grande partie que destinés à asseoir les pouvoirs et privilèges des prêtres sous couvert de divination divine, et l'on ne peut qu'être surpris de l'exploitation qu'ils font du sentiment de révérence à l'égard des Livres ; quel lecteur peut admettre que Dieu se soit vraiment soucier de dicter le poids exact des offrandes qu'on devait lui faire, comme dans ce verset du Livre  des Nombres où Il exige une coupe d'argent de soixante-dix sicles ? (Nb. VII, 13) Ou que, tel un commandant de la garde, Il se soit occupé de dicter le code des sonneries de trompettes, distinguant entre appel et fanfare ? (Nb. X, 11-10)

 

Enfin, le style deutéronomique se reconnaît par sa simplicité et une propension au lyrisme exalté étonnamment proche des prophètes. Impossible d'oublier le monologue terrible et bien plus humain que divin de Yahweh qui voit les Hébreux franchir le Jourdain pour conquérir la terre qu'il leur a promise et qui devine déjà qu'ils vont l'oublier, et qui prévoit qu'Il leur pardonnera quand même...

Ouvrir le Livre

Que gagnera-t-on à la connaissance de ces travaux ? Si l'on y perd l'illusion, à vrai dire déjà bien ternier, qu'il fut écrit par un seul homme, son principal héros, Moïse, mon sentiment est qu'à travers les contradictions, les incertitudes, les omissions, les partis pris, les outrances scandaleuses, et peut-être même parce qu'il les percevra encore plus clairement, le lecteur y trouvera l'image encore plus vive, plus émouvante et parfois pathétique d'une épopée qui semblait politique et qui n'était en vérité que spirituelle : Israël ne trouva son identité qu'en trouvant Dieu. Son itinéraire est certes très ancien ; en réalité, il est moderne et quotidien. Il est celui de tous, hommes et femmes, qui s'interrogent et s'interrogeront longtemps sur ce qu'est une identité privée d'axe.

Les pages que voicise proposent d'offrir une lecture critique du Pentateuque. La décomposition du texte selon les quatre courants y est commentée dans les notes marginales et les renvois de ces notes en fin de chapitre. Etablies sur la base des travaux poursuivis dans les trente dernières années et dans le cadre de la nouvelle hypothèse documentaire, en dépit de leur compétence, de leur sagacité et de leur érudition, et même au terme d'un siècle d'études les biblistes modernes aient percé tous les secrets du Pentateuque. Leur modestie est perceptible dans tous leurs travaux et leuers conclusions préliminaires.

Qu'on ne voit donc ici qu'un reflet de leurs travaux, inspirés par la volonté d'inciter une fois de plus le lecteur à ouvrir le Livre.

 

FIN

 Notes

(27) Who Wrote the Bible ? op. cit.

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

 

 

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