Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
La Maçonnerie
considérée comme le résultat
des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne
par le Fr.°. Reghellini de Shio
1842
"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"
CHAPITRE XIV
- 2 -
Les Esséniens professaient la chasteté ; ils avaient des idées outrées de pureté et d'impureté ; elles se partageaient en quatre classes séparées les unes des autres. Si un membre de la caste supérieure était touché par un individu d'une caste inférieure, il se purifiait comme s'il eut été souillé par l'attouchement d'un étranger ou d'un profane. Les usages des Indiens et des Orientaux se trouvent suivis dans les mœurs de toutes les nations de l'antiquité. Les Esséniens se croyaient une caste élevée au-dessus des autres tribus d'Israël.
Les initiations et les mystères juifs eurent peu de célébrité dans l'histoire ; ils ne furent pas prônés par les écrivains de ces époques, comme les initiations et les mystères égyptiens et grecs. Néanmoins ces mystères sont pour nous bien plus intéressans, ils survécurent pour ainsi dire à ceux de Memphis et d'Eleusis, et se trouvent être la souche des mystères maçonniques.
Les Esséniens, ainsi que bien d'autres sociétés secrètes, n'accordaient pas indifféremment à tout profane proposé, l'entrée dans leur société. Joseph, témoin oculaire et qui vivait avec eux , nous donne les statuts qui les régissaient :
« Quand un postulant se présente, ils l'éprouvent pendant trois ans, un an dehors la maison , deux ans en-dedans. Avant de l'admettre, on lui fait promettre avec des sermens terribles de servir Dieu, d'aimer les hommes, de fuir les pervers, de protéger les gens de bien, de garder la foi envers tout le monde et surtout envers le Prince ; on lui fait jurer aussi qu'il ne découvrira jamais à d'autres les secrets de l'association, qu'il les tiendra cachés au péril de sa vie, et n'enseignera que ce qu'il a appris de ses maîtres, conservera les livres mystérieux de l'Ordre et les noms traditionnels des Anges. »
Ils ne parlent pas avant l'apparition du Soleil, si ce n'est quelques prières qu'ils ont reçues de leurs pères, comme pour inviter cet astre à se lever. Ils restent au travail jusqu'au soir, prennent pour le repas des vêtemens blancs ; ils font manger avec eux leurs hôtes, s'il en est survenu.
« Ils emploient de fréquentes purifications, et craignent de souiller les rayons du Soleil, image de Dieu. Eux seuls n'offrent point de sacrifices sanglans au Temple de Jérusalem. Les symboles, les paraboles, les allégories sont pour eux d'un usage très-familier ; ils imitent en cela les Anciens : habiles dans la connaissance des minéraux et des simples, ils prennent soin gratuitement des malades qu'on leur amène. Quoique sur tout le reste ils soient dans la dépendance de leurs supérieurs, on leur laisse la liberté de secourir d'eux-mêmes leur prochain, et de faire le bien autant et aussi souvent qu'ils veulent. »
Joseph est frappé de leur ressemblance avec les Pythagoriciens de l'Egypte : ce fut cette terre classique qui donna aux Juifs et aux Grecs ses lois religieuses, civiles et politiques. Plusieurs hommes d'autorité ont laissé par écrit que les mystères maçonniques tirent l'origine de ceux des Esséniens. Ils font remonter l'origine de cette société, comme nous l'avons dit, au temps de l'esclavage des Juifs dans Babylone. Les historiens des fastes hébreux ne nous indiquent aucunement l'époque de l'apparition de cette société ; ils en ont ignoré même le fondateur. Le même silence a été gardé, comme on l'a indiqué, par les premiers Chrétiens. Tous les auteurs modernes qui traitent de la Maçonnerie, s'accordent à dire que les deux fraternités ont toujours aimé la paix, qu'elles se sont toujours tenues loin de toutes ces disputes frivoles dont les anciennes sociétés juives s'occupaient entr'elles, et que les Esséniens n'eurent jamais de contestation avec notre Divin Maître.
Les Esséniens demandaient à Dieu que leur âme fût toujours remplie d'une lumière céleste, afin qu'élevés au-dessus de tout ce qu'il y a de sensible, ils pussent chercher et connaître la vérité.
Les Esséniens de la Judée, déportés avec les autres Juifs en Egypte, après la chute de Jérusalem, y parurent avec réputation et éclat, bien plus que les autres sectes judaïques. Ce sont eux qui enseignèrent que les mots étaient autant d'images sacrées ; par ce moyen, ils purent expliquer les livres de la Sagesse, si obscurs, et les rendre moins contradictoires par des allégories. Un célèbre écrivain les a comparés aux prêtres égyptiens ; nous empruntons ses paroles :
« Les prêtres esséniens n'étaient que de simples religieux, tandis que les prêtres d'Isis et de Sérapis cherchaient à devenir philosophes ; on les aurait néanmoins dit égaux dans les connaissances admirables de morale et dans le sentiment d'amour pour la Divinité et pour le genre humain. Cependant ils ne marchaient pas dans le même sentier : les premiers, modestes et obscurs, furent néanmoins grands : les autres, superbes et illustres, n'en furent pas moins estimables ; simples particuliers, les Esséniens n'étaient que des Sages sans ambition; les Egyptiens, conseillers des Rois, grands de l'Etat, dépositaires des lois et des choses secrètes, formèrent un corps puissant et redoutable : ils voulaient étonner le monde entier et inspirer à la postérité du respect et de la vénération à leur égard. Les épreuves pour parvenir à l'initiation chez les Esséniens étaient difficiles , mais sans éclat. Celles pour être admis aux mystères d'Isis et d'Osiris étaient compliquées, terribles et célèbres ».
Il est aisé de croire que les Esséniens, exerçant les vertus prêchées par Jésus et formant, pour ainsi dire, une des branches du Christianisme, durent aux mystères du Temple à réédifier de Salomon, ajouter les allégories et emblèmes de leurs co-religionnaires, qui puisaient leur morale dans la Bible ainsi que dans les Evangiles.
Ils portaient un tablier de peau, à l'instar des anciens initiés égyptiens ; les prêtres même d'Isis en portaient dans certaines circonstances. Nous nous bornons à donner dans la Pl. II, n.° 11, celui d'un prêtre égyptien qui paraît surpris d'un mouvement d'horreur, et que nous avons pris dans les Antiquités présentées par Mont-faucon. Les Loges les plus anciennes conservent ce costume sous la même forme triangulaire que l'Antiquité nous le représente, et dont elle revêtait différentes divinités égyptiennes. (Voyez la Table Isiaque, au n.° III, et à la Pl. II, n.°4, 11 et 12.)
THÉRAPEUTES
Philon, qu'on prétend contemporain de Jésus-Christ, a écrit le traité de Vitae contemptu sur les Esséniens-Thérapeutes, pour revendiquer l'opinion alors établie qu'ils professaient la seule philosophie des Grecs au mépris des institutions mosaïques.
Ces solitaires ne s'occupaient que de la contemplation de Dieu, dont ils faisaient leur unique félicité.
Les anciens Saints-Pères disaient que les Thérapeutes de l'Egypte, après la prédication de St Marc l'Evangéliste, se rangèrent du côté des Chrétiens sans quitter leur philosophie et leurs mystères. Ils furent les instituteurs de la vie monastique qui était sanctifiée par le travail le jour et par la méditation la nuit. Par la suite des temps, les moines, en quittant le travail qui leur était prescrit, comblés de richesses, en proie à la fainéantise et à la débauche, finirent par être en horreur aux peuples les plus civilisés.
Le même Philon dit que les Thérapeutes sortant de chez eux, « portaient la main droite entre la barbe et la poitrine, et la gauche ils la laissaient étendue le long de la hanche ». Tout Frère remarquera que les Thérapeutes, en marchant, se tenaient à l'ordre pour se connaître entr'eux dans le cas où ils se rencontreraient.
En commémoration des pains de proposition, ils avaient l'usage de mettre, les jours de fête, des pains sur des tables, pour les distribuer aux pauvres.
Séduits par la pratique des austérités, par la communauté des biens, par la charité qui régnait chez les Pythagoriciens et chez les Thérapeutes, Joseph et Eusèbe les confondirent tous en faisant leur éloge. Ces sociétés négligeaient les plaisirs de la vie, ne les trouvant pas dignes d'occuper l'homme sur la terre ; les deux sectes s'habillaient d'une simple étoffe blanche de laine, ne se nourrissaient que d'herbes crues ou bouillies, de pain, de miel, de lait, et n'avaient d'autre breuvage que de l'eau pure.
Les Egyptiens les ont toujours regardés comme des Saints, malgré la dépravation qui s'est introduite dans les mœurs de cette contrée : on a toujours eu une grande vénération pour des hommes qui pratiquaient de telles austérités. Mahomet emprunta d'eux l'abstinence du vin, l'éloignement de toute représentation de la Divinité sculptée ou peinte , et la simple adoration de Dieu.
On n'a jamais pu dire si les Thérapeutes d'Egypte étaient des Juifs ou des Chrétiens. Ce doute prouve qu'ils étaient très-tolérans en fait d'opinion religieuse ; or, l'on sait à quel point les Juifs et les Chrétiens du jour se haïssent charitablement jusqu'à la mort.
PHARISIENS ET SADUCÉENS.
Les deux sectes qui comptaient le plus de partisans dans Jérusalem, du vivant de Jésus, étaient celles des Pharisiens et des Saducéens.
Les Pharisiens admettaient la pluralité des femmes, suivaient une partie de la loi écrite et avaient une loi orale qu'ils disaient leur avoir été transmise depuis Moïse de père en fils. Ils prétendaient que Dieu avait confié verbalement à ce Législateur des Hébreux un grand nombre de rites et de dogmes, sans qu'ils aient jamais été écrits (112), et qu'eux seuls en étaient les dépositaires; ils n'admettaient des livres bibliques, ni l'Ecclésiaste, ni le Cantique des Cantiques, ni les Proverbes, et prétendaient que ces écrits souillaient et corrompaient l'âme.
Les Saducéens, au contraire, regardaient tous ces livres comme canoniques. Ils n'admettaient pas la Polygamie, s'en référant au ch. XVIII du Lévitique, qui dit : « Vous ne prendrez point une femme avec la soeur pour l'affliger en son vivant ». Les Saducéens, par cette loi, n'admettaient pas la pluralité des femmes, et étaient en opposition avec les Pharisiens qui prêchaient la polygamie et défendaient leur opinion et leur doctrine par l'histoire ancienne des Patriarches juifs, et par l'exemple de leurs grands Rois David et Salomon.
Jésus-Christ censura les Pharisiens et leurs traditions qui affaiblissaient la loi, et ne tendaient qu'à flatter les orgueilleux et les riches. Il leur opposa la doctrine de Pythagore ; son opinion triompha et la Polygamie fut proscrite par la religion chrétienne.
Les Saducéens n'admettaient ni l'immortalité de l'âme, ni l'Enfer, et moins encore le Paradis; mais, en revanche, ils avaient des mœurs, ils voulaient que les hommes fussent assujétis à une justice très-rigoureuse dans ce monde-ci. C'étaient de sévères stoïciens qui, tout en suivant la doctrine d'Epicure, admettaient à la lettre les écrits de Moïse et de Salomon. Les Saducéens, initiés dans les mystères de la nature, ne voyaient dans elle que l'anéantissement et la reproduction de toutes choses. A Athènes, à Rome, à Jérusalem, les doctrines du matérialisme étaient suivies par des hommes très-probes ; malgré de tels principes, un grand nombre de Juifs qui étaient Saducéens, furent élevés à la dignité de Grands-Prêtres; et quoique les Pontifes romains du jour représentent ces Sacrificateurs juifs, néanmoins si quelqu'un aujourd'hui professait de telles doctrines à Rome, il serait persécuté et courrait le risque d'être mis à mort par la Sainte-Inquisition, quoique Jésus n'ait jamais reproché aux Saducéens leur doctrine.
HÉRODIENS
Différens poètes latins nous parlent des Hérodiens ; cette secte regardait Hérode comme son Messie, lequel, indépendamment des villes qu'il fit construire dans les provinces que les Romains lui donnèrent à gouverner, bâtit encore un Temple (113) magnifique sur l'emplacement de celui de Salomon, le seul qui fût consacré au vrai Dieu et qui eût quelque splendeur à cette époque.
CARPOCRATIENS.
Quoique le Judaïsme et le Christianisme soient deux religions ennemies, dont l'une travaille à s'établir sur les ruines de l'autre, malgré ce qu'elle en dit, c'est une appendice de l'israélite, et ce n'est que la pratique des vertus prêchées par le Divin Maître, qui, dans son berceau, en faisait toute la différence. La théologie sur Dieu est la même ; le Dieu de Moïse est celui des Chrétiens; car pour le dogme de la Trinité, qui n'est pas admis dans toutes les communions chrétiennes, ni suivi par tous, il ne fut répandu par les Disciples que bien après l'origine de la religion chrétienne, et bien après S.tJean l'Evangéliste : nous l'avons démontré en rapportant l'observation de M. Leroir.
Les Carpocratiens naquirent avec le Christianisme ; ils professaient la doctrine de Jésus, n'admettaient que l'unité de Dieu, enseignaient à leurs initiés que Jésus-Christ avait choisi dans ses douze Apôtres, quelques fidèles amis auxquels il avait confié toutes les connaissances qu'il avait acquises dans le Temple d'Isis, où il était resté prés de seize ans à s'exercer à une étude pratique dont on lui avait donné la théorie pendant son enfance, instruite et formée par les prêtres égyptiens.
Ils disaient que Jésus avait été un de leurs frères. Ils s'exerçaient dans les études des simples et de la minéralogie, et avaient pour maxime qu'il faut cacher la vérité au vulgaire. Ils mettaient en avant une remarquable allégorie, et, comme les remèdes les plus salutaires contiennent une dose de poison, ils disaient que ce grand médecin, Jésus, au nom de l'humanité, leur avait défendu de communiquer la science du bien et du mal(114) à d'autres qu'aux hommes vertueux.
Les Carpocratiens avaient aussi un signe pour se reconnaître, ce qui était indistinctement commun à tous les initiés de Jésus ; les Chrétiens ont adopté le signe de la Croix qui, néanmoins, diffère de celui usité chez les Grecs et les Latins.
Les auteurs anciens nous laissèrent par écrit que les sociétés secrètes avaient toutes des secrets particuliers, que toutes avaient des signes et des paroles propres, et de plus qu'elles n'admettaient pas indistinctement toute personne à l'initiation ; ce qui est prouvé avoir existé après les premières sociétés chrétiennes; car par les Evangiles on n'admettait que celui qui se soumettait à certaines conditions. St Luc, ch. IV-X, v. 26, 33, 37.
Il paraît par l'Evangile, que Jésus avait communiqué des signes carpocratiens et gnostiques à ses Disciples et initiés : c'est par la manière avec laquelle il brisa son pain, qu'il fut reconnu en Emaùs par ses initiés; se prendre par la main de telle manière exigeait une réponse, un second attouchement, et cela plusieurs fois en forme de demande et de réponse, insensible pour tout étranger ou profane, comme cela se pratique par les Maçons.
Notes
(112) Les doctrines et la loi orale du rite philosophique ne furent jamais ni écrites ni imprimées.
(113) Le Temple de Salomon, qui, après tous les désastres de Jérusalem, fut restauré par les Musulmans, est converti aujourd'hui en mosquée. Aucun religionnaire d'un culte étranger ne peut y pénétrer. Un firman en accorde l'entrée ; mais pour en sortir, il faut qu'il embrasse la religion de Mahomet. (Voyez les Voyages de Belzoni.} Ce Temple aujourd'hui n'a plus de remarquable que ses anciens souvenirs.
(114) Ce système est celui du secret et des découvertes qu'on faisait dans la physique et la chimie, par la Société Maçonnique de Londres, au commencement du 17e siècle.
Posté par Adriana Evangelizt