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Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?

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Le déséquilibre du monde 3

 Il est question ici de l'incapacité de l'Occident à comprendre l'âme musulmane...

 

Le déséquilibre du monde 2

par Gustave Le Bon

1924

3ème partie

2ème partie

Première partie

Livre I : Le déséquilibre politique


Chapitre IV



Le réveil de l'Islam



La série des erreurs de psychologie auxquelles nous venons de consacrer plusieurs chapitres n'est pas close. Nous allons en examiner d'autres encore.

Depuis plusieurs siècles, la politique britannique eut pour but constant l'agrandissement de la domination anglaise aux dépens de divers rivaux : l'Espagne d'abord, la France plus tard, qui prétendaient s'opposer à son extension. Elle a successivement conquis sur eux l'Inde, le Canada, l'Égypte, etc. La dernière de ses grandes rivales, l'Allemagne, s'étant effondrée, elle put s'emparer de toutes ses colonies.

Ce n'est pas ici le lieu d'examiner les qualités de caractère et les principes qui ont déterminé d'aussi persistants succès. On remarquera seulement que, confinés dans la préoccupation exclusive de buts utilitaires, les hommes d'État anglais professent
un absolu dédain pour toutes les idéologies et tâchent toujours d'adapter leur conduite aux nécessités du moment. Ils se trompent quelquefois, mais n'hésitent pas à réparer les erreurs commises en modifiant leur ligne de conduite, sans se soucier des blessures d'amour propre et des critiques pouvant résulter de telles oscillations.

Un exemple récent et d'une prépondérante importance, puisque
l'avenir de l'Orient en dépend, montre quels profonds et rapides revirements peut subir la politique anglaise.

Après avoir soutenu en Mésopotamie de durs combats et co
nstaté qu'une armée de soixante-dix mille hommes n'avait pu triompher de la résistance indigène, l'Angleterre renonça brusquement à une expédition aussi coûteuse et improductive que la nôtre en Syrie. Retirant ses troupes, elle les remplaça par un souverain indigène, l'émir Fayçal, que nous avions dû chasser de Damas en raison de sa persistante hostilité.

Le but apparent de cette solution fut indiqué dans un discours prononcé à la Chambre des Communes :

«
Établir, avec l'ancienne Bagdad pour capitale, un État musulman qui puisse faire revivre l'ancienne gloire du peuple arabe. »

L'installation
d'un ennemi déclaré au voisinage de nos frontières de Syrie ne constituait pas, évidemment, une manœuvre amicale envers la France ; mais, dans la politique anglaise, l'utilité étant toujours mise très au-dessus de l'amitié, aucun compte ne fut tenu des observations du gouvernement français.

La nouveau souverain fut
installé en grande pompe à Bagdad et, par privilège exceptionnel, le roi d'Angleterre lui envoya une lettre de chaleureuses félicitations.

Cette annexion, sous une forme à peine déguisée,
d'une des contrées les plus riches en pétrole de l'univers, figurait parmi les gains nombreux dont la diplomatie britannique a, depuis la fin de la guerre, doté l'Angleterre.

Les soldats anglais étaient
remplacés par des ingénieurs exploitant le pays au profit de la Grande-Bretagne.

Le nouveau roi de Mésopotamie régnera
non seulement sur Bagdad, mais aussi sur l'ancien emplacement de Ninive et Babylone, c'est-à-dire sur un territoire aussi grand que l'Angleterre et jadis célèbre par sa fertilité.

Cette brillante opération aurait eu, si le protectorat anglais avait réussi à s'imposer dans tout l'Orient, des résultats plus importants encore que de simples bénéfices commerciaux. Le plus manifeste eût été d'assurer à l'Angleterre
une route terrestre la reliant à la Perse et à l'Inde. Si elle était parvenue ensuite à conquérir Constantinople, soit directement, soit par l'intermédiaire des Grecs, la domination britannique sur l'Orient fût devenue complète et son hégémonie, à laquelle nos pâles diplomates résistèrent si peu, eût pesé de plus en plus lourdement sur le monde.


*
* *


L'Angleterre avait donc réparé très habilement quelques-unes des fautes commises en Orient, mais
des erreurs psychologiques aujourd'hui irréparables sont venues ruiner pour longtemps sa puissance en Orient.

Soutenir
les aspirations contradictoires des musulmans en Mésopotamie, des Juifs en Palestine, des Grecs en Turquie constituait une politique d'aspect machiavélique mais que, cependant, Machiavel eût sûrement désavouée. L'illustre Florentin savait bien, en effet, qu'il est toujours imprudent de s'attaquer aux dieux ou à leurs représentants.

Les Anglais oublièrent complètement ce principe, quand ils prétendirent
démembrer la Turquie et détruire à Constantinople le pouvoir du sultan considéré par tous les musulmans comme le « Commandeur des Croyants », représentant de Dieu ici-bas.

Les conséquences de cette conception furent immédiates. Du Bosphore au Gange en passant par l'Égypte,
le monde musulman se souleva.

Les politiciens anglais n'ayant évidemment
pas compris la grande puissance de l'Islam sur les âmes, il ne sera pas inutile d'en rappeler sommairement les origines et le développement.


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Les dieux nouveaux ne furent pas rares dans l'Histoire. Leur destinée habituelle fut de
périr avec la puissance politique des peuples qui les avaient vus naître.

Par une rare fortune,
le sort de l'Islamisme a été tout autre. Non seulement il survécut à la chute de l'immense empire créé par ses fondateurs, mais le nombre de ses adeptes n'a cessé de s'accroître. Du Maroc au fond de la Chine, deux cent cinquante-millions d'hommes obéissent à ses lois. On compte, aujourd'hui, soixante-dix millions de musulmans dans l'Inde, trente millions en Chine, vingt millions en Turquie, dix millions en Égypte, etc.

La création de l'Empire arabe, que
les Anglais prétendaient faire revivre à leur profit en imposant à Bagdad un calife choisi par eux, est une des plus merveilleuses aventures de l'Histoire. Si merveilleuse, même, que de grands écrivains comme Renan ne réussirent pas à la comprendre et contestèrent toujours l'originalité de la civilisation que cette religion fit surgir.

Cette fondation de l’Empire arabe, que je vais rappeler en quelques lignes, restera toujours intelligible d'ailleurs aux esprits convaincus que la logique rationnelle gouvernant l'Histoire, ne tient pas compte
de l'immense pouvoir des forces mystiques dont tant de grands événements dérivent.


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Aux débuts du VIIe siècle de notre ère, vivait à La Mecque
un obscur chamelier du nom de Mahomet. Vers l'âge de quarante ans, il eut des visions dans lesquelles l'ange Gabriel lui dicta les principes de la religion qui devait bouleverser le monde.

On comprend que les compatriotes du nouveau prophète, qui professaient alors sans convictions profondes un polythéisme un peu vague, aient adopté facilement
une religion nouvelle, d'ailleurs très simple, puisqu'elle se bornait à proclamer qu'il n'y a qu’un dieu dont Mahomet est le prophète.

On s'explique moins aisément
la foudroyante rapidité avec laquelle cette foi se répandit dans tout le monde alors connu et comment ses adeptes trouvèrent en elle la force nécessaire pour fonder un empire plus grand que celui d'Alexandre.

Chassés de la Syrie dont ils se croyaient les maîtres éternels, les Romains virent avec stupeur
des tribus nomades électrisées par la foi ardente qui unifiait leurs âmes conquérir, en quelques années, la Perse, l'Égypte, le nord de l'Afrique et une partie de l'Inde.

Le vaste empire ainsi formé se maintint pendant plusieurs siècles. Il ne constituait pas une création éphémère analogue à celles de divers conquérants asiatiques
tels qu'Attila puisqu'il fut l'origine d'une civilisation entièrement nouvelle brillant d'un vif éclat, alors que toute l'Europe occidentale était plongée dans la barbarie.

En fort peu de temps, les Arabes réussirent à
créer des monuments tellement originaux que l'œil le moins exercé les reconnaît à première vue.

L'empire des Arabes était trop vaste pour ne pas se désagréger. Il se divisa donc en petits royaumes qui s'affaiblirent et furent conquis par divers peuples, Mogols, Turcs, etc.

Mais
la religion et la civilisation musulmanes étaient si fortes que tous les conquérants des anciens royaumes arabes adoptèrent la religion, les arts et, souvent aussi, la langue des vaincus. C'est ainsi, par exemple, que l'Inde, soumise aux Mogols, continua à se couvrir de monuments musulmans.

Et non seulement la religion des Arabes survécut à la disparition de leur puissance politique, mais loin de s'affaiblir, elle continue à s'é
tendre. La foi de ses adeptes reste si intense que chacun d'eux est un apôtre et agit en apôtre pour propager sa croyance.

La grande force politique de l'Islamisme fut de donner à des races diverses cette communauté de pensée qui constitua toujours un des plus énergiques moyens de solidariser des hommes de races différentes.

Les événements actuels ont montré la puissance d'un tel lien. Nous avons vu qu'il réussit à faire reculer en Orient la formidable Angleterre.

Les gouvernants britanniques
ignoraient cette force de l'Islamisme quand ils rêvaient de chasser les Musulmans de Turquie. Ils ne commencèrent à la soupçonner qu'en voyant non seulement les Turcs, mais les Musulmans du monde entier se soulever contre eux.

Les Anglais, qui s'imaginaient pouvoir garder Constantinople, où ils avaient déjà installé un commissaire parlant en maître, découvrirent alors la grandeur de leur illusion. Ils la comprirent surtout quand les Turcs, vaincus et presque sans armes, refusèrent la paix qu'on voulait leur imposer et chassèrent les Grecs de Smyrne. Aujourd'hui
l'Islam est redevenu assez fort pour tenir tête à l'Europe.







Livre I : Le déséquilibre politique


Chapitre V

L'incompréhension européenne de la mentalité musulmane.



Le réveil de l'Islam qui vient d'être sommairement rappelé a profondément étonné l'Europe. La mentalité musulmane est généralement si incomprise qu'il ne sera pas inutile de lui consacrer quelques pages.

L'Orient a toujours
charmé ses visiteurs. Il me séduisit dans ma jeunesse, au point qu'après l'avoir parcouru, j'écrivis un livre sur La Civilisation des Arabes .

Malgré bien des instances, je n'ai jamais consenti à le rééditer parce qu'il aurait demandé trop de travail pour être complété. Si je le mentionne ici, c'est simplement pour indiquer que l'auteur du présent ouvrage n'est
pas tout à fait incompétent sur les questions relatives à l'Orient.

En ce qui concerne
les Musulmans modernes, héritiers des Arabes, je me trouvais quelquefois, avant la guerre, en rapport avec eux à propos des traductions turques et arabes de plusieurs de mes livres. Peu de mois avant les hostilités, le grand vizir, ministre des Affaires Étrangères de l'Empire ottoman, Saïd Halim pacha, me fit demander par son ambassadeur à Paris, d'aller faire quelques conférences de philosophie politique à Constantinople.

J'ai toujours regretté que ma santé m'ait empêché d'accepter cette proposition, restant persuadé – et c'était aussi l'opinion de mon éminent ami Iswolsky, alors ambassadeur de Russie à Paris –
qu'il n'eût pas été impossible de maintenir les Turcs dans la neutralité. La lutte même déchaînée, il eût suffi, comme l'a constaté plus tard un ministre anglais devant le Parlement, que se fût trouvé un amiral assez hardi pour suivre Le Gœben et Le Breslau quand ils entrèrent à Constantinople. Ce fut un de ces cas où la valeur d'un homme peut représenter des milliards, car la neutralité des Turcs eût sans doute abrégé la guerre de deux ans. Nelson fut jadis, pour l'Angleterre, un de ces hommes. Combien s'en rencontre-t-il par siècle ?


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« Se connaître soi-même est difficile », disait un adage antique ; connaître les êtres qui nous entourent, plus difficile encore. Déterminer la mentalité, et par conséquent les réactions, dans des circonstances données, d'un peuple dont le passé et les croyances diffèrent des nôtres, semble presque impossible. C'est, en tout cas, une connaissance dont la plupart des hommes d'État actuels se montrent dépourvus à un rare degré.

Les événements écoulés depuis dix ans justifient pleinement cette assertion.

Si les Allemands perdirent la guerre, c'est que, de tous leurs dirigeants, pas un seul ne fut assez pénétrant pour deviner les réactions possibles de la Belgique, de l'Angleterre et de l'Amérique devant des actes dont des esprits suffisamment perspicaces eussent facilement prévu les conséquences.

Le Congrès de Lausanne a fourni un nouvel exemple
d'incompréhension totale de l'âme d'un peuple.

Cette incompréhension est d'autant plus surprenante que
la France et l'Angleterre constituent, par leurs colonies, de grandes puissances musulmanes. Des relations fréquentes avec des Musulmans auraient dû permettre de les connaître.

Or le premier Congrès de Lausanne et le second aussi, prouvèrent qu'on ne les connaissait pas du tout. L'incompréhension n'eût guère été plus complète si des barons du temps de Charlemagne et des professeurs d'une école de droit moderne se fussent trouvés en présence.

Un insuccès aussi total que facile à prévoir résulta de cette incompréhension. La discussion qui aurait dû se terminer en quelques heures n'était pas achevée après des mois de discussions.


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Personne ne parla
ni du Croissant ni de la Croix au cours de ces conférences. Ce fut, cependant, la lutte entre ces deux symboles qui en constitua l’âme secrète.

Nous avons précédemment rappelé que, par son incompréhension de l'Islam, l'Empire britannique perdit la Perse, la Mésopotamie, l'Égypte et voit l'Inde menacée. Presbytérien ardent, le ministre anglais, M. Lloyd George, véritable auteur de tous ces
désastres, rêvait comme revanche sur le Croissant d'expulser les Turcs de l'Europe en poussant les Grecs vers Constantinople. Il se heurta à une foi mystique aussi forte que la sienne et toute la puissance coloniale de l'Angleterre fut ébranlée du même coup.


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Les moyens
d'unifier les intérêts et les sentiments d'une poussière d'hommes pour en faire un peuple ne sont pas nombreux, puisqu'ils se réduisent à trois : la volonté d'un chef, des lois respectées, une croyance religieuse très forte.

De la volonté d'un chef
dérivent tous les grands empires asiatiques, ceux des Mogols notamment. Ils durent ce que durent les capacités du chef et de ses successeurs.

Ceux
fondés sur une religion acceptée restent beaucoup plus forts. Si le code religieux subsiste il continue le rôle d'unification.

Cette action d'une foi religieuse devient dans des cas, rares d'ailleurs,
assez forte pour unifier des races différentes et leur donner une pensée commune génératrice de volontés identiques.

Pour
les disciples du Coran, le code civil et le code religieux, si complètement séparés en Occident, sont entièrement confondus.

Aux yeux du Musulman,
toute force vient d'Allah et doit être respectée quel qu'en soit le résultat, puisque ce résultat représente la volonté d'Allah.

En permettant aux Turcs de chasser de Smyrne les infidèles, il était visible
qu'Allah rendait sa protection à ses disciples. Cette protection parut s'exercer plus manifestement encore à Lausanne, puisque les délégués européens ne purent résister aux délégués musulmans.

Les Alliés cédèrent, effectivement, sur tous les points importants.
Comprenant mieux l’âme musulmane, ils auraient su qu'elle ne s'inclinait que devant la force. La nécessité de s'entendre pour imposer une volonté européenne commune sur des sujets fondamentaux fut alors devenue évidente et la paix en Orient, si menacée aujourd'hui, établie pour longtemps.


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On ne saurait contester, d'ailleurs,
la justesse de certaines réclamations musulmanes. Leur civilisation valant certainement celle des autres peuples balkaniques : Serbes, Bulgares, etc., ils avaient le droit d'être maîtres de leur capitale, Constantinople, malgré les convoitises de l'Angleterre. D'un autre côté ils n'avaient pas le droit de renier leurs dettes et, notamment, les nombreux milliards que la France leur prêta.

Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, les exigences des délégués turcs à Lausanne passèrent toute mesure. Leur ton fut souvent
celui de vainqueurs devant des vaincus.

Grâce à
la pauvre psychologie des mandataires de l'Occident, le prestige européen en Orient est détruit pour longtemps. Or, le prestige fut toujours la plus solide base de la puissance d'un Peuple.

L'excuse des Turcs, en dehors des motifs religieux expliqués plus haut, est
l'incontestable injustice de l'Angleterre à leur égard lorsqu'elle rêvait de les expulser de l’Europe et surtout de Constantinople, par l'intermédiaire des Grecs.

L'unique raison donnée à cette expulsion était
l'habitude attribuée aux Turcs de massacrer constamment leurs sujets chrétiens. On a justement remarqué que si les Turcs avaient commis la dixième partie des massacres dont les accusait le gouvernement anglais, il n'y aurait plus de chrétiens en Orient depuis longtemps.

La vérité est que
tous les Balkaniques, quelle que soit leur race ou leur croyance, sont de grands massacreurs. J'eus occasion de le dire à M. Venizelos lui-même. Égorger l'adversaire est la seule figure de rhétorique admise dans les Balkans.

Cette méthode n'a pris, d'ailleurs, sa considérable extension que depuis l'époque où la politique britannique donna l'indépendance à des provinces jadis soumises à la Turquie, On sait avec quelle fureur Bulgares, Serbes, Grecs, etc., se précipitèrent les uns contre les autres, dès qu'ils furent libérés des entraves pacifiques que le régime turc opposait à leurs violences.

La faiblesse des Alliés à Lausanne aura bien des conséquences funestes. Parmi les documents permettant de les prévoir je vais citer la lettre pleine de judicieuses observations d'un de nos meilleurs chefs militaires en Syrie :

« Du côté politique et militaire, je crois que nous aurons une année mouvementée. Il ne faut
traiter avec des Turcs que quand on leur fait sentir qu'on est le plus fort, la force étant le seul argument qui compte avec eux. Or, à Lausanne, on leur a laissé prendre figure de vainqueurs. Résultat : ils sont intransigeants et se figurent que le monde tremble devant eux.

« Les gens d'Angora revendiquent ouvertement
Alexandrette, Antioche et Alep, quoique ces régions aient été reconnues comme appartenant à la Syrie par le dernier accord franco-turc et qu'elles soient peuplées d'Arabes. Bien que les Turcs y soient en minorité ils essaient de les reprendre. On doit s'attendre à voir se reproduire les mêmes événements qu'en Cilicie : pas de guerre officiellement déclarée, mais des bandes de plus en plus actives, composées soi-disant d'habitants insurgés contre la domination française, en réalité de réguliers turcs déguisés et commandés par des officiers turcs ou allemands. Ces bandes attaqueront les petits postes, les convois, couperont routes et chemins de fer ; elles seront de plus en plus nombreuses, auront même des canons, et nous obligeront à une guerre de guérillas pénible et difficile, où les Turcs espèrent atteindre le résultat qu'ils ont annoncé : dégoûter les Syriens des Français et les Français de la Syrie. »


*
* *


Pour un philosophe, cette nouvelle attitude des musulmans est pleine d'enseignements. Elle montre, une fois de plus, à quel point
les forces mystiques qui ont toujours régi le monde continuent à le régir encore.

L'Europe civilisée, qui croyait en avoir fini avec les luttes religieuses, se trouve, au contraire, plus que jamais menacée par elles.

Ce n'est
pas seulement contre l'Islamisme, mais contre le socialisme et le communisme, devenus des religions nouvelles, que les civilisations vont avoir à combattre. L'heure de la paix et du repos semble bien lointaine.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

 

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