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Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?

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Aimons notre prochain - 2ème partie

A lire d'abord la 1ère partie...

 

 

Aimons notre prochain

 

par Sédir

 

Chapitre VII de La Voie Mystique

 

2ème partie

 

 

1ère partie

 

 

Beaucoup de personnes bien intentionnées ne s'aperçoivent pas qu'elles vont vers les pauvres avec des manières protectrices et condescendantes. Leur cœur est bon, certes, mais elles s'imaginent que leur naissance, leur éducation, leur fortune constituent un privilège. Elles se trompent; elles ne tiennent de leur mérite aucun de ces avantages et, en toute justice, celui que le destin favorise est le débiteur du déshérité; mystiquement, celui qui souffre plus est supérieur à celui qui souffre moins. Allons aux misérables humblement, simplement, avec bonhomie.
D'autres personnes compatissantes tombent
dans l'excès inverse; elles usent d'une grosse familiarité vulgaire, qu'elles croient être cordiale et bon enfant. Or le pauvre a sa dignité; sa misère ne le rend pas forcément stupide; le bon sens est presque toujours vif chez lui et le tact délicat. Témoin muet de beaucoup d'injustices apparentes, privé de s'instruire, tout son temps pris par le dur gagne-pain, il demande d'être traité en homme et non pas en serf.

D'autres philanthropes se croient tenus à discourir; ils ne peuvent
s'empêcher de faire des remontrances et des sermons, et ils ne s'aperçoivent pas qu'on les écoute mal; ventre affamé n'a pas d'oreilles. Ce que la misère réclame d'abord, c'est du pain, un abri, des vêtements; après, les théories qu'on fera pourront être entendues. Rien n'aiguise le sens critique comme le malheur ou la rudesse de l'existence; d'un regard le pauvre découvre les travers, les ridicules ou la valeur morale de la dame patronnesse qui entre chez lui.
Or nous savons combien la force du caractère et la hauteur de l'esprit peuvent rendre supportables les peines du corps. En soulageant les souffrances matérielles, la charité parfaite du Christ purifiait l'âme et illuminait l'intelligence. Voilà où nous devons tendre; ne touchons aux blessures du corps, à celles du cœur qu'avec des mains respectueuses, des sentiments modestes et de délicates précautions. Tout cet ensemble, dont la réalisation paraît à première vue si difficile, découle du grand axiome mystique dont je veux vous entretenir maintenant. Ce vous sera un exemple entre mille de la marche unitive que Jésus nous enseigne, et vous vous convaincrez par l'expérience que
, quelle que soit la situation à dénouer, le travail à fournir, le trajet à parcourir, l'Evangile nous indique le chemin le plus court et la meilleure méthode.


* *



Le Christ prescrit la charité à maintes reprises, et en donne l'exemple bien plus souvent encore; mais Il ne parle qu'une fois du résultat que produit en nous l'exercice de cette vertu essentielle : «Ce captif, dit-Il, que vous avez consolé, ce malade que vous avez soigné, ce vagabond de qui vous avez étanché la soif, c'est Moi-même que vous avez ainsi visité, pansé, désaltéré. » De telles paroles merveilleuses où respire toute la divine tendresse, sur lesquelles se déploie la splendeur de la Gloire, ne sont pas l'expression littéraire d'une vérité métaphysique; elles énoncent simplement une vérité réelle, vivante, substantielle et sensible avec évidence à ceux que l'Esprit illumine.
Quittant l'Absolu par un sacrifice définitif de Lui-même à la totalité des créatures,
le Verbe sauveur Se présente sur chacun des mondes qu'Il visite comme le Pauvre parfait. Les créatures sont des pauvresses récalcitrantes, si riches qu'elles se croient; le Verbe, par contre, riche de tous les trésors de Son Père, est le seul vrai pauvre, parce qu'Il S'appauvrit volontairement et parce qu'Il connaît le prix de ce qu'Il donne. Il Se tient à l'affût auprès de chacun de nous, guettant les plus minces fissures de notre carapace d'égoïsme pour y faire passer un rayon de Son inlassable amour; et la plus fugitive de nos pitiés, c'est Lui-même qui, secrètement, nous l'inspire.

D'autre part, Se voulant martyr universel, chacune des souffrances possibles, chaque particularité de la Douleur universelle propre à chaque individu, est la gangue d'une étincelle de ce même Verbe. Dans toute angoisse, Il est là; dans toute compassion, Il est là; dans tout acte de secours, Il est là. Tout misérable et tout bienfaiteur ne peuvent se rencontrer qu'en Son nom, si même ils l'ignorent. Et Son indulgence est telle que la résignation de l'un, la docilité de l'autre à l'impulsion divine leur valent un mérite et une récompense. Voilà comment
ni le savoir ni le vouloir ne nous rendent capables de suivre le Verbe; seule la charité permet de L'atteindre et de s'unir à Lui.
Dans l'ordre liturgique, le Verbe est à la fois
l'autel et la victime, le sacrifice et le sacrificateur, le suppliant et le Dieu supplié. Dans l'ordre de l'Amour fraternel, le Verbe est à la fois l'aumône et le pauvre, le bienfaiteur et l'occasion en apparence fortuite, la souffrance et la joie du soulagement. Par le Verbe, par le Christ, celui qui donne et celui qui reçoit désormais deviennent des frères; leurs esprits, sinon leurs personnes, se retrouvent en maintes étapes des itinéraires cosmiques; le Ciel leur ménage des occasions de plus en plus nombreuses de s'unir par de mutuels sacrifices, par des gratitudes et aussi par des ingratitudes. Les sympathies, les antipathies spontanées indiquent ces retours et ces réunions; les motifs que nous donnons à ces sentiments sont des effets, non pas des causes que nous n'avons pas, d'ailleurs, à chercher. Le chrétien ne doit jamais obéir à ses antipathies; s'il ne peut les arracher de son cœur, qu'il se conduise comme s'il aimait celui qui l'offusque; mais ce modeste effort est déjà si difficile que le Christ doit souvent intervenir.


* *



Au reste, notre Maître est toujours présent à côté de chaque âme, parce qu'Il est la Vie et que la vie selon Dieu se nomme l'Amour. Là règne la fraternité de fait; ce qui arrive à l'un, tous le ressentent et Jésus, centre de ce monde homogène, éprouve dans Son esprit glorieux tout ce que ressentent Ses disciples. Voilà comment la charité parfaite peut devenir thaumaturgique. Sous certaines conditions de ferveur et de limpidité interne, le verre d'eau offert peut guérir un malade et la phrase la plus courante peut retremper une conscience; il suffit qu'on vive dans le royaume du Christ.
Sans doute de telles affirmations trouvent incrédules même des spiritualistes; sans doute, pour expliquer le miracle, on parlera de magnétisme, d'esprits, de suggestion, même de magie. Ces divers agents ne sont que des forces naturelles plus ou moins connues; elles ne peuvent pas produire des miracles; elles ne peuvent produire que des prodiges. Le miracle - car, enfin, il faut bien donner aux mots un sens précis -,
le miracle est l'effet d'une force sur-naturelle, extra-naturelle, incréée: c'est un acte immédiat de Dieu.

Mais nous concevons mal un Dieu si proche de nous, si incliné sur nos petites affaires;
nous concevons mal l'unité humaine aussi. Nous sommes des analystes, des êtres divisionnels; nous apercevons les différences avant les ressemblances; tous ces mots: synthèse, union, unification, régénération, nous ne parvenons pas à les entendre comme des réalités palpables. C'est que notre personnalité est faite de fragments hétéroclites; seule la conscience du moi ramène à une unité approximative ces millions de minuscules flammes vitales qui, par leurs divergences, tendent inconsciemment vers l'harmonieuse unité de l'âme éternelle, reflet humain du Verbe divin. Ainsi, à l'encontre de ce dont nos sens témoignent, plus un fait est interne, plus il est réel.

Chaque fois donc que
nous diminuerons les distances sociales ou individuelles entre nos frères et nous, et qu'au geste matériel nous ajouterons toute la chaleureuse tendresse jaillie du plus profond de nous-mêmes, nous avancerons vers l'Identique et nous entraînerons ces frères. Depuis Jésus, à cause de Jésus, chacune de ces avances devient un contact avec l'unité vivante du monde qui est Lui-même. Selon la force avec laquelle notre amour et notre foi nous maintiennent en Lui - force que seuls nos actes charitables mesurent avec actitude - , les différents modes de notre personnalité deviennent homogènes, chacun en soi d'abord, les uns avec les autres ensuite, et enfin cette personnalité elle-même s'harmonise avec les personnalités voisines. Ainsi avance lentement l'unification du genre humain.
En outre, tous ceux de ces efforts qui sont accomplis sous l'invocation du Verbe Jésus, Ses anges les Lui portent, et commence le miracle suprême de la régénération. Les doigts mêmes qui donnent le verre d'eau ou la pièce de monnaie, les lèvres, les mains qui reçoivent l'un ou l'autre, la langue qui prononce la parole bonne, les oreilles qui l'écoutent, les bras qui se tendent pour une réconciliation fraternelle, le cœur qui s'ouvre à cette paix, tous ils reçoivent une lumière du Christ; le fluide qui meut ces membres, l'élan, la pensée, la volonté qui délèguent ces gestes, tout cela reçoit une lumière du Christ; les témoins de ces scènes, les ancêtres des acteurs et quelquefois leurs descendants, les choses mêmes, les animaux, les arbres, le sol, les meubles, les murs, tous, par le spectacle dont ils sont témoins, reçoivent une lumière du Christ. Et ainsi se propage de proche en proche, dans les six directions de l'espace, dans les nombreux rythmes du temps,
l'œuvre secrète de l'universelle et totale régénération.

Dès que commencé, l'obscur travail de chacune de ces infinies lumières christiques se poursuit sans arrêt jusqu'au jour suprême. Çà et là, le long de ce cheminement souterrain, un rameau pousse, une fleur s'épanouit; c'est un chef-d'œuvre, une cathédrale, une loi tutélaire; c'est le remède à quelque affreuse maladie, quelque désert fertilisé, quelque rêve de poète descendant sur la terre, ou l'âme limpide de quelque saint, souriant et humble et ardent.
Les promesses et les paroles du Christ sont de même toutes créatrices; elles peuplent l'univers, elles le béatifient et l'assument jusqu'à la Gloire en lui conservant sa réalité physique entière. L'unité intellectuelle ne ressemble pas à l'unité divine; celle-ci est organique, celle-là artificielle; la première est une reconstitution, la seconde une constitution de l'interne vers l'externe qui s'exprime en descendant de l'être jusqu'au néant par une multitude de formes spontanées dont les plus sages des hommes déchiffrent avec peine quelques rapports. Ainsi une machine, un poème, une fleur, une aumône, un mariage, une méditation, un sacrifice, une naissance, un meurtre, un accident peuvent n'être que les réfractions différentes d'un même éclair jailli de l'unité suprême. Mais seul l
e baptème de l'Esprit donne au regard humain assez de force pour saisir une série entière de ces correspondances; et seule la réalisation journalière de l'Amour fraternel rend capable de recevoir ce baptème.


* *



L'amitié antique était un pacte fraternel. entre deux hommes, que chacun pouvait rompre, quitte à prendre figure de traître. L'amitié chrétienne est un engagement unilatéral que contracte le disciple seul avec tous les hommes, où il garde pour lui toutes les charges, laissant aux autres tous les bénéfices. C'est un marché de dupe volontaire, mais que la duperie cimente; l'ingratitude et la trahison, au rebours de ce qui a lieu pour les contrats humains, rendent ce pacte imprescriptible; car l'obligé du disciple, s'il répond aux bienfaits par le mépris ou le mauvais vouloir, devient débiteur spirituel et se trouve lié dans l'avenir à celui qui l'a secouru. Ainsi, comme pour la société antique, pour la pensée, pour la religion, pour la beauté antiques, Jésus, Se plaçant entre Achille et Patrocle, a étendu leur sentiment à tout le genre humain, l'a transformé, l'a divinisé enfin en lui ouvrant l'hospitalité de Son propre cœur divin.

Comme Il S'est mis
dès l'origine des siècles au service de la Création, Il demande à ceux qui ont pu le comprendre de servir leurs frères plus jeunes. Il a voulu que ces serviteurs bénévoles portent Son sceau : la grâce et la liberté, et les a nommés Ses Amis. Voilà pourquoi la philanthropie chrétienne se nomme la charité, c'est-à-dire le bon vouloir, l'aisance, la bonne humeur et le sourire; voilà pourquoi le serviteur de Dieu vit dans une atmosphère qui s'appelle la joie parfaite.
On se figure l'Evangile triste parce qu'il parle de renoncement. On se trompe. Sans doute, rien de pur ici-bas; mais c'est notre faut
e; comment les hommes reçoivent-ils la perfection lorsqu'elle les visite ? Ils la détestent, ils la chassent, ils la crucifient. Et cependant, au fond de leur être, palpitent le souvenir nostalgique et l'espoir invincible d'une patrie par delà les étoiles, sans frontières, et dont les paysages se déploient sous les feux d'immuables soleils, où la splendeur des formes jamais ne dissimule quelque monstre ténébreux, où l'enchantement des nuances ne repose que sur de la clarté, où les parfums ne s'exhalent que de la lumière, où la beauté des êtres ne recouvre pas d'humeurs empoisonnées, où l'harmonie des musiques ne masque plus de basses convoitises.

Cette nostalgie est juste, et cette espérance légitime. N'imputons pas cependant les fièvres de nos attentes à d'autres qu'à nous-mêmes. Cette terre de béatitude, qui existe puisque nous la désirons, nous allons vers elle
de mauvaise grâce et d'une marche maladroite; nous nous essayons aux gestes du Ciel avec les allures renfrognées de l'enfant qu'on traîne à l'école. Vers les nues translucides où planent les anges souriants nous ne levons que des visages maussades; la Matière et ses appâts nous engluent si fort que nous pouvons à peine concevoir les bonheurs spirituels.
Il faut nous détendre. Dieu n'est pas que dans l'infini; Il Se tient en même temps sur la terre; ne voir que celle-ci est un aveuglement; mais la maudire, maudire ses modestes bonheurs légitimes, ses pauvres beautés à peu près nobles,
c'est un autre aveuglement. Nous sommes craintifs et méfiants. Presque toujours, lorsque nous décidons d'aller vers le Christ, ou bien nous nous donnons à lui avec des réticences, ou bien nous tirons une espèce de misérable lettre de change sur l'au-delà. Contraints, engoncés, peureux, nous est-il possible de recevoir la joie du Père, jaillissante, libre, libératrice ?

Non, il faut se donner sans réserve; il faut s'épanouir, ouvrir en soi les portes et les fenêtres, faire doux accueil à tout être et à toute chose. S'aimer les uns les autres,
ce n'est pas s'imposer des gènes réciproques, mais bien s'offrir les uns aux autres une détente et un allègement; il faudrait que la rencontre de deux hommes soit toujours une fête pour chacun, et la magnificence du cœur devrait suppléer à la misère du porte-monnaie.
Autant la véritable foi chrétienne excède l'impassibilité stoïcienne, autant
la fraternité christique excelle sur la noblesse des amitiés humaines. Celles-ci comportent l'estime, la confiance, la communauté des goûts, le partage de la bonne et de la mauvaise fortune; l'amitié chrétienne, c'est tout cela, mais offert sans attente de réciprocité, tout cela surabondant, survivant à l'ingratitude et à la trahison, donné à tous sans distinction; c'est l'école de cette future société divine où chacun sera le serviteur de tous, où tous s'uniront à l'envi pour aider l'un d'eux, serviteurs et non esclaves, frères plutôt que serviteurs.

L'égoïsme refroidit, ossifie, pétrifie; entraînons-nous avec patience à retrouver la souplesse et la chaleur; quelque misérable que soit notre état présent, nous portons tous un chef-d'œuvre merveilleux, une clarté certaine et pure, toute élan, offrande et accueil. Regardez, au centre de vous-mêmes, cette lueur qui dort, parcelle de la splendeur du Christ, délégation de la Sagesse divine, tabernacle où, plus tard, naîtra le Verbe. Montez votre conscience à cette altitude, modelez votre caractère sur les augustes proportions de cet idéal, rendez vos membres dociles à sa discrète influence; habituez-vous à vouloir, à sentir, à vivre dans ce jour limpide, et l'univers, peu à peu, changera de sens et d'aspect sous vos regards renouvelés.
A la place d'une falaise s'étendra l'horizon céleste; là où vous aurez cru tout votre devoir accompli, vous découvrirez de grands travaux encore à entreprendre; et cette perspective qui,
autrefois, vous aurait abattus, décuplera votre courage et vos forces.


* *



Que la longueur de la route, que la hauteur du but ne vous fassent point hésiter; Dieu aime que l'on tente quelque chose, si téméraire, si maladroite que soit la tentative. Continuons la tâche entreprise, jour après jour, année après année; il importe moins de faire une chute que de se relever; il importe moins d'obtenir le succès que de tenter l'effort. Nous nous tiendrons paisiblement à l'ombre du Christ et, serviteurs inutiles, nous nous inclinerons toujours sous Ses directions. Notre obéissance immédiate, fille de notre amour, nous donnera ce calme puissant, cette joie silencieuse que Jésus nous promit à la veille de Son martyre.
Pensez à ces choses dans vos minutes solitaires, accoutumez-vous à ces contemplations, élancez-vous vers les Cieux, je vous le demande avec instance. La vie vous deviendra douce alors; ses pauvres fleurettes vous émerveilleront, car vous trouverez en elles les images des étoiles; et vous répandrez
sur vos frères encore dans l'ombre les lueurs avant-courrières de l'aurore éternelle.

 

Sources Livres mystiques

Posté par Adriana Evangelizt


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