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Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?

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2 - La Science, l'Art et la Philosophie

La première partie se trouve ICI... l'homme de génie  s'incarne souvent dans une famille avec laquelle il n'a aucune affinité et ses comportements peuvent même sembler étranges à son entourage car il peut être très original voire excentrique... c'est qu'il vient "d'un autre monde" et que dans le nôtre, il est comme décalé...

 

 

 

La Science, L'Art et la Philosophie dans les rapports avec le Ciel

 

par Sédir

Chapitre V de La Voie Mystique

 

2ème partie

 

1ère partie

 

 

 

Laissons la métaphysique. Le mystique est le naturaliste de l'Absolu; il ne regarde que l'aspect vivant des êtres. Il ne verra donc, dans l'effusion des entités platoniciennes du Beau et du Vrai, que la descente d'anges ou même la trajectoire de véritables mondes spirituels, imperceptibles à nos sens, insensibles à notre méditation, mais tout de même aussi denses, aussi réels, aussi objectifs que les planètes de l'astronome.
Et il aura pleinement raison. Voyez les anciennes théogonies, les mythologies effondrées; on y mentionne des dieux et des déesses de la science, de toutes les sciences et de la Beauté. Voyez les systèmes
des Sephiroth de la Kabbale, un des plus beaux efforts qu'ait tentés le génie humain pour se rendre compte du mystère du Monde. L'une de ces Sephires, la sixième, c'est-à-dire celle de l'harmonie, le plan où toutes forces et toutes formes s'équilibrent sans heurt, se nomme Tiphereth : la Beauté.
Or, rien de ce que nous possédons, nous hommes,
ne naît de notre propre fonds; toutes nos puissances sont des rejetons, des marcottages de plantes dont la terre d'origine est ailleurs qu'en nous, dans des plantes visibles ou invisibles, dans des océans fluidiques, dans les champs presque infinis du Cosmos.
La pensée est un être qui vient de Dieu. Il existe un monde dont les habitants ne vivent que par la pensée; ils ne sont cependant pas, comme nous pourrions nous l'imaginer, de pures abstractions métaphysiques; ils possèdent des corps; mais leur vie, leurs relations, leurs perceptions, leurs fonctions organiques ne sont que des activités intellectuelles semblables à ce que nous appelons ici-bas la numération, la mémoire, l'analyse, la synthèse, le raisonnement, la généralisation, la méditation en un mot. La vie du démon, c'est haïr; la vie de l'ange, c'est aimer; la vie de la brute, c'est jouir; la vie de ces êtres, c'est réfléchir.

Chacune des applications de la pensée
à l'une des classes d'objets donne lieu à une science. Pour nous, une science, c'est une collection de faits, de raisonnements et de conclusions. Dans le plan un, une science est un être vivant. C'est pour cela que, dans certains états de conscience, tels adeptes peuvent apprendre une science en en évoquant le génie, sans autre étude discursive de l'entendement. je ne dis pas qu'un tel procédé soit à la portée de tout le monde; il demande des travaux bien autrement ardus que ceux par lesquels nous obtenons d'ordinaire notre savoir. Nous en reparlerons tout à l'heure.
De même il est des planètes
dont les habitants vivent de couleurs ou d'harmonies; elles ont avec l'âme de la terre des conjonctions et des aspects plus ou moins propices à l'échange de leurs fluides réciproques. Quand les contacts se bornent à ce mélange d'énergies vitales, il en résulte pour nous, dans celle des nations qui est capable d'en bénéficier, un pas en avant de la civilisation dans la littérature ou la philosophie ou la musique ou telle autre branche de la culture humaine. Mais, très souvent, ces influences collectives sont précédées comme par un héraut; de la planète initiatrice descend par exception un de ses habitants de bonne volonté et de grand courage qui consent à passer ici-bas une incarnation pour accomplir une mission de précurseur ou d'annonciateur. C'est ce que sont, en général, nos hommes de génie; ils viennent dans des familles, en dehors pour ainsi dire de la volonté des parents; et c'est parce que, étrangers à cette terre, dépaysés au milieu de nos usages, de nos opinions, de nos préjugés, de nos catégories mentales, ne pouvant porter le flambeau spirituel dont ils ont assumé la charge qu'avec un effort anormal, les artistes et les sommités intellectuelles nous semblent si souvent excentriques, bizarres, déséquilibrés, anormaux, demi-fous.
Ceci est encore
une raison capitale pour ne juger personne autour de nous.
Il y aurait ici bien des choses à dire
sur la naissance et l'identité spirituelle des hommes de génie, mais ce seraient des détails un peu techniques, un peu étranges et qui n'auraient d'utilité pratique que pour un bien petit nombre d'entre vous. Restons-en donc aux généralités.




* *



Il y a
deux sortes d'hommes d'élite : les dilettantes et les créateurs. Les premiers ne peuvent que comprendre, qu'assimiler; ils ne possèdent que l'intelligence. Les seconds peuvent ensemencer le champ de l'esprit humain; ils ont de ce feu qu'on a nommé le génie; c'est à eux seuls que les dieux confient la mission redoutable d'acclimater ici-bas les sciences, les arts, les inventions, les institutions sociales. Et, comme tous les porteurs de Lumière, ils ont un calvaire à gravir et des supplices à endurer.
Pourquoi cette cruelle nécessité que ceux-là même que l'humanité vénérera un jour comme des bienfaiteurs aient auparavant à subir tant de haines et de persécutions ? Nous avons vu pour quelle raison ces êtres de génie semblent étranges et se plient mal aux petites règles de vertus moyennes et de bienséances des gens comme il faut. Mais, semble-t-il, la Nature, le Destin ne pourraient-il les faire naître à l'abri de la misère et de la maladie pour qu'ils puissent consacrer toutes leurs forces à l'œuvre pour laquelle ils sont ici-bas ?
Eh bien ! non.
Leurs souffrances sont une condition presque nécessaire à l'éclat de cette oeuvre.
Bien loin de distraire leur attention, d'éparpiller leurs forces et de tarir en eux les sources de l'inspiration,
la misère, la maladie, les privations des commodités matérielles, les chagrins moraux sont les coups de cravache au Pégase qui emporte leur esprit vers les cimes. Le moi terrestre se lamente et se désespère, mais l'esprit, dans ces sombres occurrences, brille d'une lumière plus éclatante et s'épanouit d'une béatitude surnaturelle.

La souffrance, sous n'importe laquelle de ses formes, est le pain de l'âme, si le plaisir est le pain du moi. Un jeune poète qui, pour obéir à sa vocation, brave les foudres paternelles et meurt de faim dans des mansardes pendant des années, nourrit son idéal ainsi, avec sa propre chair et son propre sang; tandis qu'installé dans une confortable bibliothèque, il ne pourrait que meubler sa mémoire ou affiner son gout. Mais la souffrance fait jaillir en lui des sources vives et chauffe son enthousiasme. L'enthousiasme, le dieu en nous, quel beau mot pour désigner une chose plus belle encore! Qu'importent le froid, la faim, les déboires, si l'Idéal nous tient le cœur tout enflammé ? Il n'y a pas de grand artiste qui n'ait pleuré. Lisez la vie de Michel-Ange; essayez de sentir entre les lignes de ses manuscrits palpiter l'âme du divin Léonard; rappelez-vous Beethoven, Schumann et Bach et Wagner, Coleridge et Shelley, Villiers de l'Isle-Adam, tous ceux enfin qui furent des messagers d'une Vérité inconnue ou d'une Beauté nouvelle; leur vie à tous fut un martyre.

Ainsi
le dieu qui habite en nous demande des holocaustes et le parfum de nos souffrances lui est agréable. Toutefois les exemples de quelques rares hommes d'élite qui ont enfanté ici de la beauté très pure et de la vérité immortelle et dont le destin ne fut ni tragique ni magnifique ni pitoyable, ces exemples doivent nous faire soupçonner que peut-être un chemin existe plus sain que celui par lequel passent d'ordinaire les «porteurs de flambeaux ».
Que fait l'homme de science, l'homme de pensée ?
Il s'écarte des tumultes de la vie, il renonce à l'activité matérielle, aux affaires, aux expériences sentimentales, aux conquêtes sociales, pour n'être point distrait du soin de ses constructions intellectuelles. Que fait l'artiste ? Il se plonge à corps perdu dans la vie sensible ou sentimentale pour en observer ou en expérimenter les mouvements les plus délicats, les plus pathétiques, et les plus beaux. C'est-à-dire que ces êtres d'élite suivent, dans leurs enquêtes, une méthode analogue à celle du positivisme. Ils induisent la vie intérieure d'après la vie extérieure; et par là leurs travaux portent un stigmate indélébile d'incomplet, de provisoire et parfois d'anormal. Il faudrait qu'ils puisent leurs inspirations dans l'Esprit et non dans aucune des sources plus ou moins pures du Créaturel; qu'ils comprennent, les uns, les hommes d'intelligence, que le Savoir réel est une plante qui ne fleurit qu'au pied de la Croix; les autres, les hommes de sensibilité, que l'Art n'est rien autre que la lumière irradiée par cette Croix.

A quoi se réduit, en somme
, l'effort de l'artiste comme celui du philosophe ? A rendre sensibles des entités morales ou intellectuelles. Ils sont les hiérophantes d'une magie très pure aux clartés de laquelle nulle vapeur de chair ni de sang ne se doit mélanger. Il faut donc qu'ils offrent aux anges dont ils désirent la visite des demeures dans leur intelligence et dans leur sensibilité où rien n'offusque ces hôtes divins, où il y ait l'activité silencieuse des seuls familiers du temple intérieur, où le Père seul soit adoré, où tout soit net et noble, où le tumulte vain du monde meure au pied des murs élevés sur le roc de l'action bonne.
Bien que composés d'une multitude de vies individuelles,
nous sommes un, cependant, et tout ce que fait l'esprit réagit sur le corps, comme tout ce que fait le corps réagit sur l'esprit. Ainsi le philosophe qui ne cultiverait que son intellect ou le poète qui ne purifierait que ses sentiments, en laissant leurs instincts corporels satisfaire tous leurs caprices, vicieraient la pureté de leurs méditations et alourdiraient l'envol de leurs enthousiasmes.

Le mal accompli par le corps ne tue pas que l'énergie corporelle; il corrompt de proche en proche, parce que la vie physique, la vie fluidique, la vie astrale, la vie mentale se pénètrent réciproquement; et parce que, aussi, nos cellules ne sont pas immobiles. Tel esprit du tissu fibreux ou de la peau ou du globule sanguin aujourd'hui situé dans un doigt, l'année prochaine sera peut-être dans la rétine ou dans le cerveau; et, s'il a été corrompu dans ce doigt, il sera mauvais enregistreur de la couleur, de la ligne ou de l'idée.
La Croix est bien la fontaine de ce jardin paradisiaque d'où jaillit l'eau vive, une et multiforme de la vie éternelle et de la sagesse divine. Que
ces amants de la Beauté et de la Vérité contemplent donc d'un regard constant et immuable le Maître de cette Croix, la fleur indescriptible épanouie sur le tronc dur de cet arbre mystique. Le Verbe est la Volonté même de Dieu; Il est donc, pour le monde, sa Vérité éternelle et toutes ses vérités relatives, sa Vie absolue et chacun des modes passagers de l'Existence universelle. Il est le type physique, intellectuel, moral ou esthétique du Monde, car Il est la Voie, la Vérité, la Vie.

Pourquoi chacune des pensées de Jésus qui nous sont parvenues nous émeuvent-elles,
même quand notre ténèbre intérieure ne nous permet pas de les comprendre ? Parce qu'elle éveille, par delà notre pauvre intelligence infirme, un écho profond sous les voûtes du sanctuaire de notre cœur. Pourquoi ce qui nous a été transmis de Ses actions enchante-t-il les sources secrètes de notre sensibilité ? Parce que chacune de ces scènes, malgré les maladresses de l'écrivain et les coups de ciseaux de la censure humaine, chacune de ces scènes remue, par delà notre sens d'analyse ou de critique, les harmonies du Beau qui sommeillent au sommet de notre esprit.
Est-ce que, par exemple,
ce drame de Jésus marchant sur les eaux, vers la barque où tremblent les disciples, ne nous présente pas, en un raccourci énergétique, l'image de l'immense épopée du Salut universel ?
Est-ce que nous ne sentons pas, à cette lecture, des murailles s'abattre en nous ?
L'œil de notre âme n'aperçoit-il pas ce Verbe, tout éclatant d'une insupportable splendeur, traverser les fleuves et les mers cosmiques en posant les pieds sur les soleils de l'éther, comme nous traversons le torrent dans la montagne en passant sur les pierres dérochées ? Et notre cœur ne sent-il pas alors tout le divin de l'acte du Verbe cosmique concentrant son mystère dans l'harmonie sereine et pourtant surhumaine de l'acte du Verbe incarné ?

Voilà comme sont
la Vérité belle et la Beauté vraie. Pour tous les hommes sans exception, la réalisation du Bien est l'indispensable, le nécessaire, le fondement de granit et la substructure immuable. Le troupeau moyen ne peut que cela - et encore -; seuls les êtres d'exception reçoivent, en les payant de quelle monnaie douloureuse ! des dons spéciaux qui leur permettent d'élever le temple de la Science et celui de la Beauté. A notre époque, tout le monde a du talent et se prévaut de cette petite qualité pour s'installer sur un trône, mais le sage et l'artiste sont, en réalité, les fleurs rares de toute une génération; et combien de célébrités contemporaines la postérité ne se hâtera-t-elle pas d'enfouir dans l'oubli ?
Des trois types de la perfection relative à laquelle notre humanité peut prétendre,
la sainteté est la moins difficile à atteindre, car tout homme peut devenir. un saint, s'il le veut. Et combien y a-t-il de saints autour de nous ? dans cette ville ? dans ce pays ?

Tandis que
le Beau esthétique et le Vrai intelligible demandent des énergies extraordinaires pour être conçus, compris, assimilés et exprimés. Il faudrait, pour qu'ils atteignent la limite de leurs possibilités, que le philosophe et l'artiste fussent d'abord des saints. Alors seulement l'un connaîtrait sa propre intelligence et pourrait l'entraîner avec méthode et certitude; et le second saurait, pour les avoir subis chez lui-même et consolés chez autrui, les passions des sens et des sentiments, les désespoirs et les enthousiasmes, les violences et les renoncements.
Il serait superflu que je vous indique ici par le détail les travaux propres à chacun de ces deux grands oeuvres. Ce que j'ai désiré vous faire apercevoir, c'est
la dignité de la Science, la sublimité de l'Art, la gravité qu'exigent de leurs fidèles ces deux divinités et le respect plein de reconnaissance que nous autres, troupeau anonyme aux vertus anémiques et aux vices falots, devons professer envers les héros audacieux qui gravissent péniblement, dans la nuit de l'Esprit, les sentiers rocailleux au haut desquels se dressent les sanctuaires de l'Idéal.
Malgré que
les écarts, peut-être, de leurs vigoureuses personnalités scandalisent notre prosaïsme, si nous rencontrons de ces pionniers, aidons-les de tout notre cœur, avec notre bourse si nous sommes riches, avec notre affection si nous sommes pauvres. Car quiconque apporte ici-bas le moindre reflet des soleils de l'Absolu est essentiellement un serviteur du Père.

Sources : Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt


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