Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
Il faut bien sûr lire la 1ère partie d'abord...
LA DIETETIQUE SELON L'EVANGILE
de Sédir
2ème partie

Nous venons de parcourir les perfectionnements que la sagesse humaine a cru introduire dans les ordonnances si simples de la Sagesse divine. Si nous avions eu le loisir de feuilleter les innombrables prescriptions du Talmud, les recueils brahmaniques, zoroastriens, confucéens, mahométans on chrétiens, nous aurions été profondément découragés par une telle montagne de règles, de distinctions, d'exceptions et de subtilités. Il vous suffira de relire l'Evangile pour vous convaincre que notre Jésus n'exige point autre chose que la pureté du cœur. Et le simple bon sens est d'accord avec le Maître.
« Ce n'est pas ce qui entre en l'homme qui le souille. » Rien n'est donc impur pour le disciple, ni une viande, ni une boisson, ni une sensation, ni une idée, ni même une tentation. Ce qui souille, c'est l'emploi de cet aliment physique ou mental après qu'il a été assimilé. C'est l'usage des muscles après qu'ils ont été restaurés, c'est l'usage de la force passionnelle que l'Adversaire est venu mettre en nous par la tentation, c'est l'usage de la pensée après que la sensation ou l'intuition ont nourri notre cerveau. Saint Paul explique longuement ceci.
Permettez-moi d'ouvrir, à ce propos, une parenthèse. Beaucoup d'entre vous, déjà versés dans les. études initiatiques, peuvent, à bon droit, être surpris du peu de cas que je parais faire des trésors de connaissances sacrées que les diverses traditions nous transmettent. J'admire ces monuments vénérables de la Sagesse antique, tout en lui déniant le titre de «Sagesse divine » qu'on lui a presque constamment décerné. C'est une sagesse humaine et naturelle; humaine, parce que ce n'est pas Dieu qui la dispense immédiatement; naturelle, parce qu'elle ne peut pas sortir des bornes de la Nature créée, si tant est qu'elle les atteigne. je ne méprise pas cet extraordinaire effort intellectuel et volitif par lequel certains hommes ont atteint une stature spirituelle gigantesque; j'admire ces athlètes avec une sincérité d'autant plus grande que j'ai eu la chance de joindre quelques-uns d'entre eux. Mais j'ai eu la plus grande chance, imméritée, inestimable, effrayante aussi à cause des lourds devoirs qu'elle entraîne, de ne pas succomber à la fascination des magnificences occultes et de rencontrer la Lumière du Christ dans toute la splendeur surnaturelle de sa très pure et permanente beauté; Lumière qui apaise à toujours la soif et la faim des cœurs avides d'ineffable, Force insaisissable qui annule l'impossible; Science surintellectuelle; Béatitude plus profonde que toute douleur; Liberté de l'Amour, Esclavage de l'Amour, Absolu de l'Amour.
Jésus occupe, dans la glorieuse phalange des sauveurs, une position unique; Son titre de Christ est le simple qualificatif d'un état spirituel, comme les noms des autres messies. Les mots : Manou, Rama, Bouddha, Zoroastre, Lao Tse, Dionysos, Orphée, Osiris, Hermès, etc. ne sont pas des noms propres, mais des titres de fonctions spirituelles, comme on dit : un maire, un professeur, un préfet. Le Christ, dis-je, depuis que cette terre existe, est le seul être qui soit descendu du plan de l'Absolu, qui Se soit construit Lui-même des corps pour Son action intellectuelle, amimique et physique, qui ait parlé en maître à toutes les autres créatures, qui ait tout su sans avoir rien appris, qui ait tout pu sans avoir jamais suivi aucun entraînement.
On a dit que jésus serait un homme ayant reçu, à sept ans, à douze ans ou à trente ans, un principe divin, ou qu'Il Se serait servi des travaux des justes antérieurs à Lui, ou qu'Il aurait appris tels secrets initiatiques de l'un ou de l'autre collège, égyptien, essénien, kabbaliste, brahmaniste, bouddhiste on taoïste. On Le représente comme un rêveur dont le peuple a travesti en faits objectifs les enseignements symboliques, comme un missionné bon seulement pour son temps et que d'autres, postérieurs à lui, remplacent et dépassent, comme un simple agitateur populaire, ou, enfin, comme un personnage mythique, créé de toutes pièces. Tous ces systèmes, dont je m'abstiens de vous donner les noms et les protagonistes pour ne faire de réclame à personne, tous ces systèmes ont été élaborés par des gens presque toujours sincères, souvent très instruits, mais que des obstacles intérieurs que je ne nommerai pas non plus, pour ne pas les juger, ont empêchés d'apercevoir la simple lumière du Vrai.
Quelle preuve, demanderez-vous, de ces affirmations ? Quand un chimiste communique à ses collègues une analyse nouvelle, ceux-ci, pour la vérifier, commencent par reproduire les mêmes conditions. Quand Gabriel Delanne ou le Docteur Breton ont observé un fait psychique certain, que les officiels ne veulent pas admettre, ils leur répliquent : «Mettez-vous dans les conditions nécessaires et suffisantes de ce phénomène. » je vous ferai la même réponse. Vous voulez savoir ce qu'est le Christ ? Allez dans le royaume invisible où Il séjourne et, pour cela, employez la méthode que Lui-même nous a donnée : « Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il renonce à lui- même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. » Celui donc qui, en toute circonstance, a fait le contraire de ce qui lui aurait souri, qui a tout subi sans jamais se plaindre, celui-là, si notre Jésus ne S'est pas manifesté à lui, a le droit de jeter à Dieu la protestation la plus véhémente pour sa confiance déçue.
Jésus vit en nous dans un centre situé en dehors de l'intellect; le raisonnement, bien que beaucoup de théologiens et de philosophes aient cru le contraire, le raisonnement est impuissant à nous prouver quoi que ce soit de Sa divinité. Pour que ceux d'entre vous qui ne sont pas de mon avis sur ce dernier point s'y rangent, il faudrait on bien qu'ils emploient le procédé que je viens de dire tout à l'heure, ou bien que Jésus Lui- même, prenant leur esprit, le transporte une seconde dans le lieu où Il resplendit.
Celui qui parle confère à ses paroles quelque chose de sa ténèbre ou de sa lumière intérieures. Les paroles de notre Jésus sont donc aussi au-dessus des enseignements des autres sauveurs que Sa personne est antérieure à leurs personnes et Sa résidence intérieure à leurs palais. Les paroles d'un financier agissent dans le domaine de la finance; les paroles d'un conducteur de peuples ont leur répercussion dans tous les plans de la vie sociale; celles d'un adepte, qui est allé visiter, par l'extase, un soleil ou une étoile, sont imprégnées de la lumière propre à ce soleil; mais le verbe de Celui qui, habitant l'Absolu, est descendu parmi nous, éveille en nos coeurs attentifs des échos d'éternité.
C'est ainsi que les mots de l'Evangile expriment l'approximation la plus approchée du Vrai, du Bien et du Beau prototypes qu'il soit possible de nous faire sentir; et telles sont, en bref, les raisons pour lesquelles vous me voyez si souvent en appeler aux paroles et aux actes du Fils de l'Homme.
Revenons à notre sujet. Nous ne nous en sommes écartés d'ailleurs qu'en apparence.
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Le simple bon sens nous révèle que, créatures de chair et d'os, vivant dans la matière, ce sont les besoins de l'estomac qui doivent nous indiquer les heures de repas, comme le besoin de dormir nous indique le moment d'aller au lit. je ne saurais vous le redire assez souvent: c'est la perfection de notre vie physique qui importe actuellement et non pas la perfection de notre vie astrale ou extatique, à condition toutefois que cette perfection soit obtenue par une conformité, une obéissance aussi complètes que possible à la loi organique de cette existence terrestre.
On a remarqué que, en affaires, le succès accompagne généralement celui qui sait saisir les occasions. L'occasion est le signe matériel que, de l'autre côté du rideau, sont groupés tous les auxiliaires invisibles chargés de faire aboutir un événement, une entreprise encore dans les limbes du futur. De même toutes les sollicitations de la trame extérieure du Destin attendent que nous comprenions leur demande. Ainsi le clairon qui sonne à la caserne pour la soupe indique qu'on a épluché les pommes de terre, que le rata est cuit et que, si on ne descend pas tout de suite le chercher, c'en sera fini jusqu'au lendemain. Il suffit d'écouter les réclamations de l'estomac; elles signifient que, à ce moment, dans notre double et dans notre atmosphère seconde, se tiennent prêts tous les petits génies nécessaires à l'accomplissement mécanique et chimique des fonctions de nutrition.
L'Evangile ne donne pas de liste d'aliments défendus; on y voit que le Christ Se nourrissait plutôt de pain, de poissons et de fruits, comme le menu peuple au milieu duquel Il vivait. Nous sommes libres de manger ce qui nous plaît, sauf les restrictions indiquées par la charité. Saint Paul expose excellemment la doctrine.
Le premier devoir est la charité; le second, en l'espèce, est de soigner son corps. Nous pouvons donc suivre le régime qui nous plaît ou que le médecin nous prescrit, dans les limites où cela ne gênera personne et où notre manière de vivre ne provoquera pas la médisance. S'abstenir ou user de viande, d'une viande spéciale, de vin, d'alcool, de café, de tabac, à notre gré si nous sommes seuls; au mieux des convenances et des commodités de ceux qui nous entourent, dans le cas contraire. La paix du Ciel ne dépend pas d'un aliment, quoi qu'en .disent les initiations naturalistes.
Quand un homme se sent une confiance plénière en la bonté divine, il ne se préoccupe plus du régime alimentaire ni de ses réactions sur le psychique. Il partagera le riz et l'eau de l'ascète, le ragoût et l'alcool de l'ouvrier, la venaison et les vins trop généreux du riche, s'il juge qu'une abstention porterait préjudice au Maître dont il porte la parole.
Si l'on veut servir Dieu, il faut plus de courage que de crainte de la maladie ou de la tentation. Et puis, nous ne sommes pas ici-bas pour faire notre salut au moyen des œuvres bonnes, mais d'abord pour faire des œuvres de charité. Notre salut, c'est la récompense et non le but: « Qui veut sauver son âme la perd. »
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Nous savons maintenant que l'Evangile ne nous oblige à aucun rite avant de prendre nos repas. Toutefois le Christ ne rompait jamais le pain sans avoir remercié Son Père; et si cependant un être au monde a gagné sa nourriture, ce fut bien Lui. J'ai connu un homme qui passait ses jours et ses nuits à travailler pour les autres, à inventer des remèdes, à prier, à exercer les pouvoirs de guérison les plus extraordinaires; sa vie était un miracle incessant; tout son argent allait aux pauvres et tout son cœur aux affligés. Un jour il mangeait debout un morceau de pain sec, et il me dit : « Vois-tu comme le Ciel est bon; je n'ai pas mérité ce pain et pourtant je le mange, et ce soir j'aurai aussi de quoi manger. »
Voilà dans quels sentiments vivent les êtres de Lumière. N'oublions donc jamais de remercier Dieu pour ce qu'Il nous permet d'avoir sur notre table. Essayons de lutter contre la gourmandise; si notre corps a le droit d'être sustenté, il n'est pas nécessaire qu'il soit suralimenté, sauf en cas de maladie.
L'Evangile n'indique pas non plus les heures de repas. Le disciple du Christ, ayant son être tout entier en relation avec le plan central du monde, n'a pas besoin d'observer les aspects astrologiques ni les mouvements magnéto-telluriques. Il obéira simplement à l'ordre de son supérieur, à la coutume du pays, aux convenances de ses commensaux et, s'il est seul et libre, à l'appel du besoin physique. Le matérialiste, en effet, n'aperçoit, dans chaque événement, que la chaîne des circonstances; celui qui attribue à l'homme une place prépondérante voit des volontés dans les événements; mais le mystique estime que tout n'est qu'un signe de l'action providentielle. Il laissera tomber ses antipathies, ses sympathies, ses inquiétudes, ses raisonnements, ses désirs et ses craintes et se conduira, dans les cas les plus graves comme dans les plus insignifiants, par cette seule règle : la renonciation à sa volonté personnelle et l'amour du prochain.
Mais, par-dessus toute prière, l'acte d'amour fraternel et pur sanctifie.
Comme l'enseigne le Zohar, faites, au festin, la part de Dieu, c'est-à-dire des pauvres, sans quoi l'ange accusateur entrera dans votre maison. Mieux encore, obéissez au précepte évangélique : invitez à votre table non pas tant vos égaux, vos supérieurs, ni ceux dont vous attendez quelque avantage, mais vos inférieurs et surtout ceux qui ne peuvent pas rendre votre politesse. Ainsi vous imiterez notre Maître jésus et, n'espérant pas de votre bonté une récompense visible, vous en obtiendrez une à la Table du Père.
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Occupons-nous maintenant du jeûne.
Les religions et les initiations ont toutes considéré cette pratique comme très efficace, et l'Evangile n'omet pas d'en souligner l'importance dans les cas exceptionnels.
De même que chacun de nos corps se nourrit à sa façon, il y a autant d'espèces correspondantes de jeûne. Pour en traiter, il faudrait d'abord écrire une anthropologie complète, décrire le corps physique, le double, le corps astral, le mental, le spirituel, le volitif, l'âme et les rapports réciproques de ces divers organismes. Ensuite il faudrait faire la bio-chimie des substances nutritives correspondantes : une hyperphysique, une hyperchimie, une hyperpsychique complètes. Je n'ai pas cette présomption. Occupons-nous plus simplement des deux sortes de jeûne que tout le monde conçoit : le jeûne corporel et le jeûne moral.
Quand un repas est supprimé, le corps répare son usure en faisant appel aux cellules graisseuses de réserve. Le pneumogastrique et ses dérivés ne travaillant pas, puisqu'il n'y a pas de digestion, il se forme un excédent de force nerveuse dont la pensée, la passion on la volonté peuvent se servir. Les liens de la vie animale qui attachent l'esprit au corps se distendent. Les activités psychiques deviennent plus faciles et la méditation plus intense; ce que les occultistes appellent la sortie en corps astral, la télépathie, la télépsychie, la médiumnité, l'effort magique peuvent se produire, soit sous l'influence de la volonté pure, soit sous celle de l'exaltation animique, quelle qu'en soit l'origine, passionnelle ou dévotionnelle.
D'une façon analogue, toute abstinence engendre sur le plan où elle a lieu une fièvre, avec apport du plan immédiatement inférieur et descente du plan immédiatement supérieur. De plus, les forces et les êtres externes, objectifs du non-moi, envoyés comme collaborateurs naturels à l'acte dont on s'est abstenu, passent au pouvoir de l'intention, de la volonté ou de la passion déterminantes et en deviennent des auxiliaires énergiques, quoique temporaires. Voilà comment le jeûne corporel aide la prière ou la lutte contre la tentation.
Plus le plan où l'abstinence a lieu est subtil ou profond, plus les dynamismes émis seront actifs. Ainsi le jeûne du moi est le plus puissant, puisqu'il développe ses réactions dans la sphère centrale de notre être. Toute discipline corporelle, magnétique, mentale et psychique n'est, en somme, qu'une série systématique d'abstinences. Le jeûne du moi constitue la plus haute culture de la volonté; néanmoins soyez attentifs à l'intention dans laquelle vous pourriez entreprendre ces travaux. Souvenez-vous, avant de mettre la main à la charrue, de ces trois sentences éternelles :
« Qui veut sauver son âme la perd; mais qui la perd à cause de moi la trouvera. »
« Cette sorte de démons ne peut être chassée que par la prière et par le jeûne. »
« Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive.»
Enfin, pour que les pratiques de pénitence, volontaires ou involontaires, les épreuves aient, leur plein effet, pour qu'elles effacent vraiment le péché en nous et hors de nous, pour qu'elles portent du fruit dans l'éternité, il faut obéir au conseil christique : « Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme font les hypocrites, car ils se rendent le visage tout défait pour faire voir aux hommes qu'ils jeûnent. En vérité je vous le dis, ils ont leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, oins ta tête et lave ton visage, afin que les hommes ne voient pas que tu jeûnes, mais seulement ton Père qui est dans le secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »
Il faut que cette précaution soit importante pour avoir été transmise d'une façon aussi explicite. En effet, qu'est venu faire le Christ sur terre? Nous a-t-Il apporté le moyen de conquérir l'une des citadelles d'où les dieux nous gouvernent ? les secrets de la Nature ? le bonheur matériel ? Non, mais Il nous a indiqué la route inconnue, abrupte et solitaire qui mène directement à Dieu. Messager de l'Absolu, le Sauveur nous fait revenir à l'Absolu. Les splendeurs des soleils, des étoiles, des paradis, les ivresses des mystères cosmiques découverts, la beauté des princes invisibles qu'exaltent les prêtres et les adeptes, Jésus désire que nous laissions tout cela. Là n'est pas le Père; ce ne sont que des créatures et Lui-même S'est constitué le trait d'union vivant entre le Père inconnaissable, indicible, ineffable et nous-mêmes. Il importe donc extrêmement que nous ne défassions pas ce que le Sauveur a pris la peine de faire. Veillons à ce que toutes nos pensées, nos sentiments et nos actes soient dirigés, par l'intention, vers le Dieu unique et non vers aucun des dieux qui peuplent l'Invisible, si fascinants soient-ils.
La nouvelle naissance à la vie éternelle, voilà le terme de nos travaux. C'est le Christ qui nous transplantera dans la terre des vivants, mais c'est nous-mêmes qui devons nous arracher de la terre de ce monde. Voilà pourquoi tout athlète spirituel, pour appuyer sa domination, est obligé de sortir des cercles de la Nature, de la vie animale, instinctive, de renoncer à l'argent, aux honneurs, aux formes basses de l'amour. Mais on peut sortir de ce cercles par deux portes. La première est extérieure, par les disciplines alimentaire, respiratoire, passionnelle et mentale, par l'étouffement des désirs, par l'établissement de la volonté dans un état fixe, impassible et immobile. C'est la mauvaise manière. Nous verrons plus tard pourquoi.
L'autre porte est centrale; on la passe en retirant notre cœur des attraits naturels pour les diriger vers le surnaturel, sans cesser néanmoins d'entretenir la flamme par l'aliment de l'action; en ne s'arrêtant pas de vivre de la vie domestique, familiale, sociale, intellectuelle et artistique. C'est ici la bonne voie. On ne cherche plus, comme tout à l'heure, un abri égoïste, mais on dirige une foule d'êtres et de forces, tant visibles qu'invisibles, vers le centre éternel d'où ils sont partis. Si je jeûne, si je me prive de plaisirs licites pour augmenter la force de ma volonté, j'avance vers le royaume de l'orgueil. Si je fais ces mêmes choses pour donner au Père une marque de soumission, d'amour et de prière, je vais vers le Ciel. Pardonnez-moi d'insister sur cette distinction; elle est essentielle pour bien comprendre la nécessité du secret dans les actes de vertu. Il faut apprendre à être muet dans ce cas; mieux encore, à les oublier; car on peut s'enorgueillir d'avoir réussi à tenir caché le bien qu'on a cru faire; l'orgueil s'insinue dans les replis les plus profonds de la conscience.
N'oublions pas, enfin, que toutes ces précautions d'intégrité morale n'influent pas seulement sur nous-mêmes, mais aussi sur les témoins invisibles de notre conduite; et ce n'est pas là une des moindres prérogatives du disciple.
Comme nous l'avons vu en commençant, chacune des enveloppes de l'être humain reçoit sa nourriture propre. Le mot enveloppe n'est pas très exact, parce qu'il n'entraîne pas l'idée d'organisme; le mot corps est meilleur. Il y a, en effet, en dehors de l'homme de chair, un homme de fluide, un homme de matière astrale, un homme de matière mentale, beaucoup d'autres encore, attachés au même moi; à son tour l'âme divine régit souvent plusieurs mois planétaires. Elle est attachée à chacun d'eux par ce cœur spirituel qui est le temple intérieur; et ce temple est localisé dans le coeur de chair.
Pendant l'existence terrestre, c'est donc le moi terrestre, la personnalité terrestre qu'il importe d'éduquer. Cette éducation consiste essentiellement à plier toutes les énergies des corps prêtés par la terre à la loi de l'homme éternel, de l'âme. Les nourritures physiques, fluidiques, astrales on mentales sont donc bien moins importantes que les nourritures spirituelles; et cependant c'est de celles-ci qu'on se préoccupe le moins.
L'âme en soi est libre, éternelle, divine. Elle ne peut donc se nourrir que de divin. Or comment le divin se manifeste-t-il dans le monde ? Par le sacrifice. Qui l'a manifesté d'une façon parfaite ? Jésus. Comme Il a donné Sa vie pour nous, donnons de nous-mêmes à autrui. Cela implique des souffrances constantes, mais c'est le seul moyen de fournir de l'huile à la lampe éternelle dont nous sommes les indignes porteurs.
Cette charité d'action, le Christ seul en a donné l'exemple. Il ne suffit pas de donner des conseils aux ignorants et aux vicieux; il faut se résoudre à vivre avec eux, à supporter leur sottise et leur grossièreté pour les en guérir lentement; ainsi le Verbe ne S'est pas contenté de nous envoyer des forces du haut de Son trône céleste; Il S'est abaissé à notre niveau biologique, souffrant les promiscuités, les laideurs et les méchancetés des hommes. C'est par là qu'Il surpasse infiniment tous les autres missionnés. Efforçons-nous de faire de même dans le petit cercle de notre existence et nous n'aurons besoin de rien apprendre; le Ciel à Son tour descendra dans notre cœur et transfigurera tout en nous et autour de nous. « Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé. »
Sources Livres Mystiques
Posté par Adriana Evangelizt