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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 18:09

Rome, les chrétiens détrônent Jupiter

Par Catherine Salles




Au départ, l'intolérance est du côté chrétien : les adeptes de la nouvelle foi refusent d'honorer l'Empire, ses dieux et ses lois. Leur intransigeance dérange, ils troublent l'ordre public. Les autorités romaines, alertées par les citoyens, finissent par sévir.



Les Romains font une nette différence entre ce qu'ils qualifient de religio, culte reconnu d'un dieu romain ou étranger, et la superstitio, pratique religieuse illicite, qu'ils considèrent douteuse et dangereuse pour l'ensemble de la communauté. Ainsi, pour les autorités romaines, le judaïsme est une religio, et, même si leurs pratiques religieuses sont jugées incongrues et absurdes, les communautés juives sont reconnues par le pouvoir. En revanche, au moment du grand incendie de Rome en 64, Néron fait condamner les chrétiens de Rome - qui sont pour la plupart d'origine juive - pour leur « haine du genre humain » qui relève d'une superstitio.

Pourquoi les chrétiens sont-ils considérés comme subversifs ? Leur culte ne contient rien en lui-même susceptible d'être insupportable pour les autres. On le voit bien dans la correspondance échangée entre Pline le Jeune, gouverneur du Pont-Bithynie, et Trajan à partir de 111. Pline fait part à l'empereur de sa perplexité sur la conduite à tenir face aux communautés chrétiennes de sa capitale, Nicomédie. Ces chrétiens sont fort respectueux des lois et n'ont pour seule habitude que de se réunir à jour fixe pour chanter des hymnes en l'honneur du Christ. Ceux qui ont été arrêtés sous la foi de dénonciations anonymes ont accepté de rendre hommage à la statue de l'empereur. Rien de bien criminel, en somme ! Ce à quoi Trajan répond avec sagesse : « Mon cher Pline, tu as fait ce qu'il fallait dans l'examen des causes de ceux qui t'avaient été dénoncés comme chrétiens. En effet, il est impossible de fixer une règle générale qui ait en quelque sorte une forme fixe. Ils ne doivent pas être poursuivis systématiquement. S'ils sont dénoncés et convaincus de pratiques criminelles, ils doivent être punis. J'y mets cependant une restriction : celui qui aura nié être chrétien et en aura donné des preuves manifestes, c'est-à-dire en sacrifiant à nos dieux, même s'il a été suspect dans le passé, obtiendra le pardon comme prix de son repentir. Quant aux délations anonymes, elles ne doivent être acceptées dans aucune accusation. C'est en effet un procédé d'un détestable exemple, et qui n'est plus de notre temps. » De surcroît, la hiérarchie interne des communautés, avec ses surveillants (episcopoi) et son conseil des anciens (presbuteroi) n'a pas de rôle public : les prêtres ne se manifestent pas davantage que ceux d'autres religions, comme celles d'Isis ou de Mithra, qui s'exercent au grand jour. Ne possédant pas de lieu de culte spécifique, les chrétiens se réunissent dans les demeures de leurs coreligionnaires fortunés. Les femmes jouent dans ce domaine un rôle essentiel : en effet, la plupart du temps, ce sont elles qui prennent l'initiative de prêter leurs appartements pour les réunions hebdomadaires des fidèles.

A ses débuts, il est vrai, le christianisme a été caricaturé par les païens qui font courir des calomnies résultant d'une mauvaise compréhension de leurs rites. On les accuse d'anthropophagie, parce qu'ils « mangent un corps » et « boivent le sang », formules, on le sait, prononcés lors du partage de la Cène. Ils sont présentés comme des « incestueux », ce qui vient des appellations « frères » et « soeurs » utilisées par les fidèles entre eux. Les repas nocturnes des communautés sont évoqués comme donnant naissance à des turpitudes infâmes. Enfin, ce dieu des chrétiens qui n'a pas de représentation figurée est présenté comme ayant une tête d'âne. Ces calomnies ne sont pas l'apanage du seul christianisme. En leur temps, d'autres cultes étrangers ont subi les mêmes attaques visant à les interdire dans le monde romain. D'ailleurs, ces racontars datent des deux premiers siècles de notre ère ; par la suite, le culte chrétien est suffisamment connu pour ne plus se prêter à de telles sornettes. Enfin, les accusations d'impiété contre les hommes qui refusent d'honorer les dieux et l'empereur sont très ponctuelles. De plus, le culte de l'empereur ne devient véritablement obligatoire pour l'ensemble des habitants de l'Empire qu'à partir du IIIe siècle.

Comment expliquer alors que cette superstitio, « secte » obscure du judaïsme peu gênante pour la société romaine, provoque des poursuites judiciaires qui culminent lors de la Grande Persécution lancée par Dioclétien en 303 ? Pendant les deux premiers siècles, les autorités romaines interviennent fort peu pour contrôler les communautés chrétiennes. Bien entendu, la condamnation à mort des chrétiens de Rome par Néron après le grand incendie de 64 a frappé les esprits, mais ne donne pas naissance à une législation particulière, comme le prouvent les lettres de Pline le Jeune et de Trajan. Les quelques martyres du IIe siècle ont pour cause des catastrophes publiques suscitant la colère des foules contre les « athées » chrétiens qui ont irrité les dieux. C'est ainsi qu'à la suite d'un tremblement de terre, pour calmer la fureur populaire, le gouverneur de Smyrne fait brûler vif en 156 le jeune évêque de la ville, Polycarpe. La persécution de Lyon en 177 est le premier exemple d'une condamnation globale d'une cinquantaine de chrétiens, parmi lesquels se distinguent l'évêque Pothin et l'esclave Blandine. Il est encore difficile de préciser le fondement légal de ces exécutions, car il n'y a toujours pas de législation particulière contre les chrétiens et les condamnations relèvent en fait du maintien de l'ordre.

Au IIIe siècle s'ouvre une longue période d'anarchie dans l'Empire romain en proie aux guerres civiles, à une dépopulation grandissante, aux menaces du péril barbare. Pour resserrer les liens entre tous leurs sujets, les empereurs mettent au point une législation antichrétienne qui débouche sur des persécutions, les plus violentes ayant lieu sous les règnes de Dèce (249-251), de Valérien (253-260) et de Dioclétien (284-305). Dèjà les chrétiens représentent plus de la moitié de la population de l'Empire. Peu de temps après la Grande Persécution de Dioclétien, Constantin parvenu au pouvoir proclame la Paix de l'Eglise par l'édit de Milan (313) qui reconnaît la liberté de culte pour tous. Le christianisme devient alors licite avant d'être la religion officielle et seule autorisée sous le règne de Théodose en 391.

Ce n'est pas uniquement la multiplication des conversions qui fait du christianisme au IIIe siècle une force qu'il faut en un premier temps combattre, et en un second temps se résoudre à accepter. Ce qui devient un attrait pour les néophytes, c'est l'originalité des chrétiens face à la société établie : ils contestent les institutions sociales au nom de leur foi et s'affirment en s'opposant. Bien sûr, cette contestation n'a pas été systématique dans toutes les communautés chrétiennes. Cependant, les textes littéraires nous montrent bien comment s'est élaborée peu à peu une éthique proprement chrétienne qui entraîne le refus des us et coutumes du paganisme.

Les controverses s'appuient sur les textes saints de la nouvelle religion. Rappelons que le Nouveau Testament n'est véritablement constitué qu'au cours du IIIe siècle avec les livres canoniques que nous connaissons (Evangiles, Epîtres pauliniennes, Apocalypse). En conformité avec la tendance dualiste de la doctrine chrétienne - opposition de l'Eglise et du Monde, de l'Esprit et de la Chair - s'élabore une morale personnelle et sociable faisant souvent table rase des usages admis. Le fidèle doit renoncer au siècle, bannir le luxe et l'appât du gain, éviter l'immoralité. Bien souvent, les candidats au baptême doivent renoncer à certains métiers liés à l'idolâtrie païenne. C'est le cas des artistes de toute sorte appelés à confectionner des objets représentant les dieux, des professeurs obligés d'évoquer dans leur enseignement la mythologie, des prêteurs à gages qui, au mépris de la charité chrétienne, provoquent des situations dramatiques chez leurs débiteurs. Les communautés chrétiennes n'ont pas toutes la même attitude à l'égard de ces catéchumènes : certaines admettent qu'ils continuent à exercer leur profession, d'autres rappellent que le bon chrétien doit éviter toute compromission avec les cultes païens.

Le domaine de la vie privée et familiale est sans doute le secteur où s'affirme avec le plus de netteté et de façon durable la particularité de la morale chrétienne. Rappelons que, dans le monde romain, le mariage est quasi obligatoire (les célibataires sont soumis à une amende) et, pour les femmes, seules les prêtresses vestales doivent rester vierges pendant leur ministère. Le divorce est facilement pratiqué et n'est guère qu'une formalité qui permet les remariages. Pendant les premiers siècles, les chrétiens prennent à la lettre la prescription de Paul aux Corinthiens : « Il est bon pour l'homme de s'abstenir de la femme... Celui qui marie sa fille fait bien et celui qui ne la marie pas fera mieux encore. » Certains chrétiens vont même jusqu'à dénoncer le mariage comme une fornication légale. Ils ne sont pas très éloignés des règles d'ascèse formulées par des philosophies païennes, épicurisme et pythagorisme. Les honneurs accordés par les chrétiens aux vierges souvent consacrées à Dieu dès leur naissance ne peuvent que choquer.

Contre les excès provoqués par la recherche de la pureté à tout prix, la doctrine chrétienne se précise peu à peu et établit une hiérarchie : la virginité (et en conséquence, le célibat) devient la première vertu, le choix du mariage restant pourtant possible pour ceux dont la chair est faible ! Mais les relations sexuelles entre époux doivent être commandées par la nécessité de la procréation et il leur est vivement recommandé d'observer périodiquement des périodes de continence. Si, pour le mariage, les chrétiens respectent les formes juridiques en usage dans leur lieu de résidence, ils le transforment profondément en le rendant indissoluble. Ils suivent en cela l'enseignement même du Christ : « Si quelqu'un répudie sa femme et en épouse une autre, il est adultère à l'égard de la première ; et si la femme répudie son mari et en épouse un autre, elle est adultère. » Le divorce est donc formellement banni pour les chrétiens et bien des dirigeants de communauté s'opposent même au remariage des veuves.

Ces règles de morale ne posent guère de problème dans les ménages dont les deux époux sont chrétiens. En revanche, elles sont beaucoup plus difficiles à appliquer dans les mariages mixtes. La plupart du temps, c'est l'épouse qui est chrétienne. Il y a en effet plus de femmes chrétiennes que d'hommes, aussi les Pères de l'Eglise les autorisent à épouser un païen à condition de s'efforcer de le convertir. Mais l'intraitable Tertullien (v. 155-v. 225) interdit formellement de telles unions : « Il est sûr que les fidèles qui se marient à des païens sont coupables de fornication et doivent être écartés de toute participation avec la fraternité chrétienne. » On peut imaginer les difficultés internes à ces unions chrétiennes-païens : le divorce décidé par le mari, la consécration à Dieu par la mère d'une petite fille que son père veut marier, etc.

La femme chrétienne doit être à l'extérieur un exemple vivant pour ses contemporaines. C'est le cas en particulier des aristocrates de Rome qui sont visibles par tous lors des occasions officielles. Saint Jérôme (347-420), qui fut le directeur spirituel des femmes de la noblesse, est intransigeant et interdit aux chrétiennes de céder aux attraits de la mode. Les patriciennes romaines accordent beaucoup de soin à leur toilette : robes multicolores de tissus légers, abondance de bijoux, coiffures extravagantes échafaudant sur la tête boucles et nattes souvent teintes en blond, visages très fardés. Ce maquillage est l'objet des attaques les plus virulentes de Jérôme : « Que font sur le visage d'une chrétienne le fard de la pourpre et de la céruse ? L'une simule la rougeur des joues et des lèvres, l'autre la blancheur du teint et du cou : incendies pour les jeunes gens, aliments des passions, indices d'une conscience impudique. Comment peut-elle pleurer pour ses péchés, celle dont les larmes mettent à nu la peau et tracent des sillons dans son fond de teint ? Ce n'est pas là la parure du Christ, c'est le voile de l'Antéchrist. Comment a-t-elle l'audace de dresser vers le ciel un visage que son Créateur ne saurait reconnaître ? »

Tous les soins du corps sont proscrits et il est méritoire pour une chrétienne de négliger la propreté en ne se rendant pas quotidiennement aux bains comme le font tous les habitants de l'Empire. « Que la saleté des habits, écrit saint Jérôme, dénote la pureté de l'âme, qu'une misérable tunique prouve le mépris du siècle. » Les vêtements doivent être sombres, en tissu grossier, enveloppant hermétiquement le corps et en masquant les courbes. La chevelure, dont les Pères de l'Eglise connaissent la puissance érotique, doit être laissée à l'état négligé et serrée sous un voile épais, selon le précepte de saint Paul : « Que la femme porte le voile. » Pour résumer, une parfaite chrétienne doit être habillée comme une mendiante et être crasseuse !

Femme la plus riche de l'Empire au milieu du IVe siècle, sainte Mélanie a poussé à l'extrême cette recherche spectaculaire du dénuement absolu en ne portant qu'un seul vêtement toute l'année. Lors d'une manifestation publique à Rome, elle rompt avec le protocole qui exige des femmes de paraître la tête découverte. Elle refuse de quitter son voile pour se conformer à l'injonction paulinienne : « Ses habits en effet étaient des vêtements de salut et tout le cours de sa vie était pour elle une prière. Aussi ne supportait-elle pas de découvrir sa tête, même pour un moment, afin de ne pas affliger les anges qui l'accompagnaient. »

Dans la vie publique, les chrétiens sont amenés aussi à témoigner de leur différence. C'est le cas en particulier pour les spectacles, représentations théâtrales, courses de chars et combats de gladiateurs, que tous les auteurs chrétiens condamnent parce qu'ils sont rattachés aux cultes de dieux païens. De plus, les pièces de théâtre ont pour intrigue des situations scabreuses immorales, les travestissements et les fards des acteurs sont des atteintes à l'oeuvre du Créateur. Les combats de l'arène flattent les instincts les plus pervers des spectateurs.

En ce qui concerne le service militaire, les Pères de l'Eglise ont des positions contradictoires selon les références qu'ils adoptent. Pour Tertullien, le chrétien ne peut être enrôlé dans l'armée, car le service est incompatible avec les obligations chrétiennes d'amour mutuel et de respect du repos dominical. Le sacramentum (serment) que doit prêter chaque soldat à l'empereur est aussi un obstacle : « Il n'y a pas d'accord possible, écrit Tertullien, entre un serment divin et un serment humain, entre l'étendard du Christ et l'étendard du diable, le camp de la Lumière et le camp des Ténèbres : une âme ne peut pas servir deux maîtres, Dieu et César. »

Pendant les deux premiers siècles, le service militaire n'est pas obligatoire et les chrétiens peuvent se dispenser d'entrer dans l'armée. A partir du IIIe siècle, pour faire face aux invasions barbares, on enrôle de force des paysans, des fils de vétérans, des esclaves, des étrangers parmi lesquels se trouvent des chrétiens. Ce qui produit des crises dans l'armée ; le jeune conscrit Maximilien, patron avant la lettre des objecteurs de conscience, refuse de prêter serment : « Je ne serai pas soldat. Je ne servirai pas dans les armées du monde. Je suis soldat de mon Dieu. » Il est exécuté pour indiscipline. Le centurion Marcel refuse de participer aux cérémonies en l'honneur de l'empereur pendant lesquelles on invoque les dieux : « Il ne convient pas qu'un chrétien qui est soldat du Christ serve dans les armées du monde. » Il est lui aussi condamné à la peine capitale.

L'acte de rupture le plus spectaculaire de la contestation chrétienne est l'exaltation du martyre. Le supplicié, par un supplice infamant exécuté sous les yeux de la foule, s'identifie à Jésus dans ses souffrances. Le martyr « témoigne » (c'est le sens du mot grec marturos) de sa foi dans le mystère du salut éternel promis par Jésus. « J'aime la vie, affirme Apollonius au proconsul Perennis, mais l'amour de la vie ne me fait pas craindre la mort. Rien n'est meilleur que la vie, à l'exception de la vie éternelle ! » Le choc provoqué par le courage des martyrs entraîne de nombreuses conversions.

La ferveur des fidèles est entretenue par le culte des reliques et la célébration de l'anniversaire de la mort du martyr. Il faut parfois calmer l'ardeur des néophytes dont certains voudraient provoquer les autorités pour connaître l'exaltation d'une fin exemplaire ! A partir de la Paix de l'Eglise, le martyre « rouge » a pour substitut le martyre « blanc », c'est-à-dire le monachisme, qui marque une rupture avec le monde par la consécration de la vie à Dieu.

Dans un Empire qui se signalait par son syncrétisme religieux, c'est-à-dire par une tolérance un peu molle à l'égard de toutes les religions présentes, la contestation des chrétiens a été pour eux une arme de combat. En confrontant la morale de vie induite par les Evangiles à celle de leurs contemporains, ils ont choqué. A long terme, par leur refus d'adoucir leurs pratiques en fonction des critères du monde, ils ont permis à leur foi de devenir celle de l'ensemble de l'Empire.

Comprendre

Syncrétisme


Système religieux ou philosophique qui fait fusionner des doctrines différentes en une seule.


Agrégée de lettres classiques et docteur d'Etat, Catherine Salles a publié Les Mythologies grecques et romaines (Tallandier, 2003), La Rome des Flaviens (Perrin, 2002), Quand les dieux parlaient aux hommes. Introduction aux mythologies grecque et romaine (Tallandier, 2003).

Sources Historia

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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 18:04

Les druides, cauchemar des Romains

Par Jean Markale

Plutôt que d'une affaire purement religieuse, l'élimination des druides est une manoeuvre politique dirigée contre une classe sacerdotale respectée, capable d'entraîner la population à la résistance contre l'envahisseur.



En -58, Jules César se voit confier par le Sénat les pleins pouvoirs militaires sur la Gaule cisalpine, la Transalpine et l'Illyrie. Dans son ensemble, la Gaule compte alors environ 12 millions d'habitants, dispersés en 64 territoires indépendants les uns des autres. Sept années de campagnes militaires sont nécessaires au général pour soumettre le territoire : en -51, la Gaule tout entière fait soumission à Rome.

Champions du syncrétisme religieux, les Romains, comme toujours, ne vont pas imposer leurs dieux. A Rome, une dizaine de religions sont pratiquées : on vénère aussi bien l'Egyptienne Isis que Mithra le Perse. Alors, en Gaule, Jules César va commencer par étudier la religion celtique, dont il donne dans sa Guerre des Gaules de nombreux détails. Il demeure à ce sujet notre meilleur informateur. « Les druides, écrit-il, veillent aux choses divines, s'occupent des sacrifices publics et privés, réglementent ce qui concerne la religion. Un grand nombre de jeunes gens viennent s'instruire chez eux, et ils bénéficient d'une grande considération. En effet, ce sont eux qui tranchent tous les différends, publics et privés, et lorsqu'un crime a été commis, quand il y a eu meurtre, quand il y a contestation au sujet d'un héritage ou de limites, ce sont eux qui décident, qui évaluent les dommages et les peines. Si un individu ou un peuple n'accepte pas leur décision, ils lui interdisent les sacrifices, châtiment qui semble le plus grave chez les Gaulois. Les druides ont coutume de ne pas aller à la guerre et de ne pas payer d'impôts comme le font les autres Gaulois. Ils sont dispensés de service militaire et de toute autre obligation. »

En principe, chaque tribu, ou chaque peuple (les deux termes sont synonymes) a son druide placé au sommet de la hiérarchie, ce qui n'empêche nullement la présence à ses côtés d'auxiliaires chargés de diverses spécialisations, tels les bardes, poètes et historiens, témoins de la mémoire ancestrale, et les vates, les devins, qui ont pour mission de prédire l'avenir. Les auteurs grecs et latins les nomment tout à tour « philosophes » ou « mages » ou même « poètes chantants ». Ce qui est certain, c'est que le druide proprement dit est avant tout le maître de la spiritualité et de la connaissance. Diodore de Sicile, très informé sur la question, précise qu'aucun sacrifice ne peut se faire sans son assistance. Et par « sacrifice », il faut entendre rituel religieux aussi bien que civil, le sacré et le profane faisant partie d'un même domaine.

Chaque fois que les auteurs antiques parlent des druides, ils le font toujours avec une certaine admiration. En aucun cas, ils ne les confondent avec des sorciers de bas étage. Le druide éduen Diviciacos, dont César décrit abondamment le rôle politique, est mentionné par Cicéron qui se flatte de l'avoir connu et d'avoir longuement discuté avec lui : « Il prétendait connaître les lois de la nature, ce que les Grecs appellent physiologie, et il prédisait l'avenir, soit par les augures, soit par des conjectures. » Des auteurs plus tardifs en font même des métaphysiciens et des mathématiciens.

Cette classe sacerdotale druidique comprend des prêtres, des devins et des poètes philosophes, pratiquant la théologie et les spéculations métaphysiques, présidant les sacrifices, animant le culte et les rituels divers, transmettant par oral la doctrine aux disciples, et réglant la vie politique de la communauté comme intermédiaire entre le monde visible et le monde invisible. Cette religion est présente dans toute l'Europe occupée par les peuples celtes. Elle est unique, et cela suppose que la classe sacerdotale soit fortement structurée, selon des principes hiérarchiques immuables que César décrit ainsi : « A tous ces druides commande un chef unique qui exerce une autorité suprême sur eux. Quand ce chef meurt, si l'un d'eux l'emporte en dignité, il lui succède, mais si plusieurs sont à égalité, ils se disputent la première place par le suffrage des druides, parfois même par les armes. »

Il existe aussi une sorte de concile. « A une certaine époque de l'année, les druides se réunissent en un lieu consacré du pays des Carnutes, que l'on tient pour le centre de toute la Gaule. Là convergent de toutes parts ceux qui ont des contestations, et ils se soumettent à leur avis et à leur jugement. » Si l'on comprend bien, le sanctuaire du pays des Carnutes représente un centre symbolique et sacré que les Celtes appellent le nemeton. Est-ce Saint-Benoît-sur-Loire, ou Fleury-sur-Loire, comme on l'a souvent proposé ? Ou bien Suèvres, dans l'actuel Loir-et-Cher ? Personne n'en sait rien, mais cet endroit a joué un grand rôle dans l'histoire de la Gaule. Car ce sont les druides qui ont tenté de maintenir l'unité des peuples celtes face à l'occupant.

En 43, un siècle après la guerre des Gaules, l'empereur Claude organise de violentes persécutions contre les druides et décide finalement d'interdire leur culte. Un certain nombre d'entre eux vont se réfugier à l'extrême ouest de l'Europe, en Angleterre et en Irlande. L'expansion du christianisme aura raison des derniers de cette caste qui garde encore bien des secrets : certains druides deviendront alors prêtres.

Comprendre

Druide


Le mot se compose d'un préfixe superlatif, dru et du dérivé celtique qui a donné le latin videre. Les druides sont donc les "très voyants" ou les "très savants", ce qui correspond bien à leurs fonctions.

Sources Historia

 

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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 17:57

La religion gauloise


par Jean-Louis Brunaux

Chercheur au CNRS


Longtemps, la religion gauloise n'a été connue qu'à travers quelques images caricaturales, directement issues de la littérature antique. Citons notamment la célèbre cueillette du gui, l'image de druides vêtus de blanc et armés d'une faucille en or, quelques noms de divinités gauloises – Teutates, Esus, Taranis – auxquelles les historiens, depuis le XIXe siècle, ont associé une iconographie gallo-romaine souvent problématique. Aussi ce terrain demeura-t-il la proie des élucubrations les plus ésotériques : les Gaulois, toujours considérés comme des barbares, ne pouvaient pratiquer que des cultes naturistes dans des forêts profondes, au bord de quelque source, sur un sommet de montagne. La découverte, il y a vingt-cinq ans, du premier lieu de culte authentiquement gaulois, fonctionnant entre le IIIe et le IIe siècle av. J.-C., a révolutionné nos connaissances. Il est désormais possible d'opposer, de façon constructive, des textes antiques souvent difficiles à interpréter et une documentation archéologique de plus en plus riche, comme le fait pour nous aujourd'hui Jean-Louis Brunaux, auteur de l'ouvrage Les religions gauloises (éditions Errance, 2000).

Des autels de type « chthonien »

Les Gaulois ont la particularité de n'avoir laissé aucun écrit sur eux-mêmes et quasiment aucune représentation de leurs dieux. Mais un grand pas a été franchi avec la mise en évidence du premier lieu de culte attribuable à des Gaulois de l'époque de l'indépendance à Gournay-sur-Aronde, dans le département de l'Oise. Il s'agit d'un enclos de plan rectangulaire, de quarante à cinquante mètres de côté, matérialisé par un fossé précédant une puissante palissade en bois. Cette aire sacrée, véritable propriété divine, était commune aux hommes et aux dieux le temps du sacrifice ; dans sa conception, elle ne diffère nullement du temenos grec ou du templum romain. Les Gaulois, comme les Celtes d'une manière plus générale, ne représentaient pas leurs dieux par des statues anthropomorphes ; aussi n'avaient-ils pas besoin d'un temple qui soit, comme dans le monde gréco-romain, leur habitation, devant laquelle étaient accomplies les obligations religieuses. Ces divinités n'en manifestaient pas moins aux hommes leur présence sur terre à travers des bois sacrés, petits groupes d'arbres et d'arbustes plantés et entretenus à l'intérieur des enclos sacrés. À Gournay-sur-Aronde, c'est à côté d'un tel aménagement végétal que se trouvait l'autel, lequel, ainsi que tous ceux qui ont été découverts dans les autres sanctuaires gaulois fouillés par la suite, était d'une nature bien particulière : il se présente comme une fosse, de quatre mètres de longueur sur deux de profondeur, creusée dans le sol naturel. Le sacrifice se déroulait au bord de la fosse, au fond de laquelle les victimes étaient déposées. De tels autels dits « creux » sont connus en Grèce où ils sont qualifiés de « chthoniens », c'est-à-dire qu'ils s'adressent à des divinités, réputées résider sous la terre, auxquelles on offre des victimes entières. Les Gaulois, comme on le verra en évoquant le sacrifice proprement dit, semblaient avoir une idée assez semblable de ces divinités souterraines. Au moment de la création de ces sanctuaires, de la fin du IVe à la fin du IIIe siècle av. J.-C., les autels ne connaissaient que cette forme archaïque et simple, celle d'une fosse soigneusement creusée dans la terre et qui devait être fermée d'un couvercle destiné à la protéger des intempéries. Le temps passant, ils furent dotés d'une toiture ; apparut alors un bâtiment carré de cinq à six mètres de côté, aux allures de temple méditerranéen, à la différence que l'autel creux en occupait presque tout l'espace intérieur.

Un culte reposant sur le sacrifice d'animaux…

Mais c'est dans les formes du sacrifice que la religion gauloise montre les affinités les plus grandes avec ses contemporaines grecque et italique. Contrairement à ce que laissaient croire des textes antiques mal compris – tel celui de Pline décrivant la cueillette du gui ou l'iconographie tardive de l'époque gallo-romaine –, les Gaulois ne sacrifiaient pas les animaux sauvages qu'ils consommaient d'ailleurs fort peu, devant considérer que ceux-ci appartenaient au domaine divin. À l'inverse, comme dans les grandes civilisations antiques, ils offraient à leurs dieux les animaux domestiques qu'ils avaient eux-mêmes élevés. À Gournay, les ossements d'animaux exhumés en grande quantité montrent que les victimes sont presque exclusivement des bovidés, des moutons et des porcs – les trois espèces que l'on rencontre dans le sacrifice grec et surtout dans le suovetaurile romain. L'excellent état de conservation des os montre que les animaux ont subi des traitements divers, et par conséquent qu'ils ont été utilisés dans des sacrifices également distincts, essentiellement de deux types.

Le premier, le plus spectaculaire, ne concerne que les bovidés, dont on peut reconstituer les grandes étapes du rituel qui les mettait en scène ; ainsi, quelque cinquante taureaux, vaches et bœufs (à part quasi égales), tous extrêmement âgés, au point que leur chair ne devait plus être consommable par des humains, ont été sacrifiés régulièrement pendant près d'un siècle et demi. Leur mise à mort a été effectuée près de l'autel creux, mais avec des modes variés : égorgement, coup de merlin sur l'os frontal, coup de hache dans la nuque… L'animal mort était ensuite jeté entier dans la fosse où il demeurait à pourrir pendant six à huit mois – de cette façon, il était censé alimenter les dieux qui se trouvaient sous lui dans le sol. À l'issue de cette période la carcasse, dont seul le rachis était encore solidaire, était retirée de la fosse, et les os faisaient l'objet d'un partage rigoureux : les crânes étaient exposés sur le porche d'entrée pour une période déterminée, les rachis étaient déposés dans le fossé de clôture, le reste du squelette quittait l'enceinte sacrée. Ce sacrifice total d'animaux jetés dans une cavité où on les laissait pourrir présente les plus grandes ressemblances avec le sacrifice dit « chthonien » en Grèce qui, comme nous l'avons souligné, s'adresse aux divinités souterraines ou infernales.

À l'inverse, des os de porcs et de moutons relèvent d'un type de sacrifice plus habituel, celui d'une commensalité entre les hommes et les dieux, ces derniers étant peut-être cette fois des « ouraniens », résidant dans les cieux. Ces deux espèces animales sont, en effet, représentées par des animaux très jeunes, agneaux et porcelets, dont une partie, après avoir été découpée, a fait l'objet d'une consommation humaine. Il s'agissait certainement de festins élitaires entre quelques dizaines de chefs guerriers qui, à l'occasion, se réunissaient dans l'enceinte sacrée auprès des dieux.

… et l'offrande de trophées ennemis

L'autre caractéristique du sanctuaire de Gournay est, en effet, son aspect militaire que révèle la présence de milliers d'armes en fer, initialement déposées dans le porche d'entrée et sur ses parois. Sur la trentaine de sanctuaires gaulois fouillés ces vingt dernières années, beaucoup présentent une entrée aménagée soigneusement, un bâtiment souvent imposant enjambant le fossé de clôture : il s'agissait de véritables propylées – terme qu'emploie d'ailleurs Strabon pour désigner ces portes – où les Gaulois fixaient les crânes qu'ils avaient coupés des corps de leurs ennemis. À Gournay, de nombreux restes de crânes humains donnent raison à Strabon. Les vestiges archéologiques et le très riche matériel découvert à cet endroit indiquent que le bâtiment était élevé sur de gros poteaux de bois et possédait un étage où des armes, crânes d'hommes et de chevaux, débris de char avaient été entassés – à l'évidence des trophées amassés dans les batailles qui avaient précédé l'arrivée des Belges Bellovaques, créateurs du sanctuaire, au début du IIIe siècle av. J.-C.

Tous les lieux de culte découverts dans le nord de la Gaule, chez les peuples belges notamment, présentent un même caractère guerrier plus ou moins marqué et ne révèlent que ces deux types d'activité religieuse, le sacrifice animal et l'offrande d'armes.

Le sacrifice humain, véritable leitmotiv des textes antiques concernant les Gaulois, n'est en revanche nulle part attesté directement. Pour autant, les os humains se rencontrent parfois sur les lieux de culte. L'exemple le plus extraordinaire est donné par le site de Ribemont-sur-Ancre (Somme), en cours de fouille depuis une douzaine d'années. Là, plusieurs dizaines de milliers d'os humains et près de cinq mille armes gisent à l'intérieur et à la périphérie d'une enceinte sacrée, toujours de plan rectangulaire. Les fouilles ont montré qu'il s'agit en réalité d'un trophée monumental établi à la suite d'une grande bataille qui s'est déroulée au milieu du IIIe siècle av. J.-C., laquelle opposa des immigrants Belges Ambiens à un groupe de Gaulois Armoricains, plus précisément de Basse-Normandie, qui devaient contrôler l'arrière-pays de la Manche. Plusieurs dizaines de milliers de guerriers ont dû s'affronter, et probablement plusieurs milliers ont péri. Le trophée a été construit par les Ambiens, vainqueurs, sur le champ de bataille lui-même, dans les heures qui suivirent la bataille ; les guerriers découpèrent immédiatement au couteau, comme ils avaient coutume de le faire, les crânes des ennemis qu'ils avaient tués, crânes qu'ils considéraient comme leur propriété personnelle. De fait, nous n'en avons trouvé aucun fragment sur le site. Le reste des corps – les éléments de cinq cent d'entre eux ont déjà été dénombrés –, les armes, les chevaux, les débris de chars ont été apportés en un lieu où un enclos fossoyé délimitait une enceinte sacrée vouée de toute évidence à la divinité qui avait favorisé la victoire et devait être remerciée. Les restes furent alors disposés suivant leur appartenance à tel ou tel camp. Les dépouilles des ennemis furent exposées dans un vaste bâtiment de bois situé à l'extérieur de l'enceinte sacrée. Dressés debout, sans crâne et munis de leurs armes sur une sorte de plancher surélevé, ils furent laissés là jusqu'à ce qu'ils se démembrent naturellement. Les dépouilles des vainqueurs et de leurs montures furent introduites dans l'enceinte sacrée pour y subir un véritable traitement funéraire, exposition puis incinération collective des os desséchés – les héros de la cité morts au combat étant, en effet, particulièrement honorés chez les Gaulois. Si l'on en croit le poète Silius Italicus, une telle mort leur permettait d'échapper au cycle des réincarnations. Les découvertes de Ribemont montrent que leurs restes rejoignaient même sur terre le territoire des dieux.

Découvertes archéologiques et relecture des sources antiques

Les découvertes archéologiques donnent raison aux auteurs les plus crédibles – essentiellement Poséidonios d'Apamée et ses compilateurs César, Diodore de Sicile, Strabon et Athénée – qui déjà évoquaient les enceintes et bois sacrés, les riches offrandes qu'on y déposait, les rites de la victoire et la prise du crâne. Mais surtout, elles apportent une réalité matérielle à bien des descriptions qui paraissaient obscures ou allusives, notamment en livrant une chronologie à des sources souvent copiées, voire recopiées à plusieurs reprises : César dans son célèbre excursus ethnographique du Livre VI (chapitres 11-20) reproduit des informations pour la plupart dues à Poséidonios qui voyagea en Gaule dans les années 100 av. J.-C. ; cependant un certain nombre d'entre elles, notamment la description de l'armement et des mœurs religieuses, se rapporte à une époque sensiblement plus ancienne (IIIe, voire fin du IVe siècle av. J.-C.) et est donc dû à un auteur plus ancien, grec assurément.

Une évolution des structures religieuses de la société gauloise s'esquisse, la place du corps sacerdotal se précise. Il apparaît ainsi qu'une véritable révolution religieuse s'est produite au moins dans la moitié nord de la Gaule dans les années 300. La plupart des peuples, après de longs périples, ont alors trouvé le territoire qu'ils ont conservé jusqu'à l'arrivée de César. Aussi les guerriers laissent-ils aux prêtres le contrôle des affaires religieuses, mais encore de l'éducation, de la justice et d'une part des affaires politiques. C'est certainement l'époque de l'apogée des druides, ces étranges prêtres-philosophes qu'on compare parfois aux brahmanes de l'Inde, mais qui ne représentaient pourtant qu'une partie – certainement le sommet – de la hiérarchie sacerdotale. Les rituels complexes qui viennent d'être évoqués supposent qu'auprès d'eux se trouvaient de nombreux officiants spécialisés ou subalternes, sacrificateurs et devins, autrement dit les vates que signale Strabon. À l'évidence, César a fait l'amalgame entre ces différents corps pour ne retenir que les druides dont l'image qu'il donne se révèle étonnamment archaïque. Le seul connu historiquement était pourtant un contemporain et ami de César : l'Éduen Diviciac dont on sait qu'il était chef de guerre et l'un des principaux personnages politiques de sa cité ; grâce à Cicéron, qui l'a accueilli chez lui à Rome, nous savons qu'il était druide, spécialisé en divination, tout le contraire, en quelque sorte, de ces ermites en toge blanche que décrit César dans son fameux passage ethnographique.

Dans son résumé de l'œuvre poséidonienne, César oublie également une autre catégorie de personnages que les autres compilateurs placent pourtant au premier plan : les bardes, ces chantres sacrés, équivalents des anciens aèdes grecs, qui se situaient sur un terrain à la fois politique et religieux et avaient en charge la louange autant que le blâme des nobles. Autrement dit, ils jouaient un rôle assez proche de celui des censeurs de la Rome archaïque, cautionnant par leurs hymnes sacrés la place politique et honorifique de chacun.

Là encore, les découvertes archéologiques les plus récentes livrent un écho matériel à ces informations littéraires. Après avoir retrouvé les lieux de culte gaulois, les archéologues mettent au jour les premiers lieux d'assemblée politique et judiciaire. L'étude de la religion et de la société gauloise n'en est qu'à ses débuts…

Sources
Clio

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans RELIGION-INTEGRISME
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