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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 12:19

Et voici enfin la quatrième partie et dernière partie des Oraisons du Serpent, un fabuleux travail accompli par Spartakus FreeMann...

Les oraisons du Serpent

par Spartakus FreeMann

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Gnostique : Fou cherchant la Connaissance de la divinité plutôt que la vérité figée de dieu. Gnose, ce terme dérive du grec "gnôsis" et signifie "connaissance". Et nous ne résistons pas au plaisir de citer Jean Blum, ce cathare du XXème siècle, qui en son "Mystère et message des Cathares (Editions du Rocher 1993), nous parle en ces termes de la Connaissance : "Quoique puissent en comprendre les mentalités modernes, cette Connaissance n'a rien à voir avec l'intellect... La Gnose érige en système la nature double de l'Humain. Son corps, sa pensée même, ses processus d'appréhension du monde sensible appartiennent à un monde transitoire et fantomatique, voué au temps,et, donc, à la finitude. Mais, bien caché sous la boue multiforme des apparences, l'étincelle divine est présente, endormie, captive. Elle échappe aux finitudes humaines et aux illusions. Elle "est". Voilà pour le postulat.

L'humain connaîtra nécessairement, ou bien sa finitude humaine, ou bien l'éternité qui est en lui. Ou bien il connaîtra la mort, c'est à dire qu'il mourra. Ou bien il deviendra ce qu'il est et il connaîtra l'éternité...

Comprendre intellectuellement ne sert à rien, la Connaissance dont il s'agit est question de ressortir à l'illumination par laquelle s'opère le transfert du transitoire vers l'éternel, de l'illusion vers l'Être. Dès lors, le corps pourra bien mourir, l'âme sera attouchée par son principe et, dès la présente existence, sera passée de l'autre côté de la barrière".

La Gnose est "la conception de la présence en l'Homme d'une étincelle divine [...] tombée dans le Monde soumis au Destin, à la Naissance et à la Mort, et qui doit être réveillée par la contre-partie du Soi, pour être finalement réintégrée dans le Tout Universel (66)".

Au sein du monde, on nous enseigne à nous perfectionner et à obéir à la loi. Mais la Gnose dit à l'Homme : "Purifies-toi sans trêve ni relâche et cherche en toi la divinité qui est ton centre. Ici et maintenant."

La pensée gnostique à l'imitation du serpent, n'est pas une ligne droite mais un cercle qui va de la divinité à la divinité à travers le monde issu d'elle; de l'esprit à l'esprit en passant par la matière, de la vie à la vie en passant par la mort. L'Un produisant le Tout et le Tout retournant à l'état d'Un, c'est là le sens de l'ouroborique serpent.

A notre sens, les courants gnostiques sont les tal-talim de la chevelure de dieu, des boucles noires s'accrochant à son front... Il serait fastidieux de brosser un tableau des différentes écoles gnostiques mais que l'on sache seulement que les naasènes actuels sont sans doute des gnostiques dans le sens où ils cherchent la Connaissance de la Divinité, de leur divinité.

Hérétique : Un hérétique est toujours défini comme tel par l'Autre, par celui qui pense détenir la vérité absolue, éternelle et infinie, par celui qui joue à être tel qu'il est pensé par les autres et non par lui-même. Un hérétique peut dire avec joie, "l'Enfer c'est les Autres", car il est jugé par ceux qui ne veulent comprendre ce qui sort de leur champ d'expérience et de leurs routines théologiques mortifères. En ce sens, nous, rédacteur de ce texte, sommes votre dévoué hérétique.

Manichéisme : Née au troisième siècle e.v., cette doctrine ennemie des ophiens modernes distingue deux principes, l'un bon et l'autre mauvais, et deux royaumes - celui de la Lumière et celui des Ténèbres. L'on verra par là que les ophiens ne peuvent que rejeter cette doctrine bipolaire qui ne peut mener qu'a une division supplémentaire au lieu de ramener à l'Unité.

Lucifer : Ce phosphorique fantasme est un fourre-tout qui regroupe un ensemble de croyances qui font référence plus ou moins proche à l'énergie sous sa forme prométhéenne. Rejeté par les uns, adoré par les autres, il n'en est pas moins certain qu'"aussi vrai que la pesanteur, l'électricité, le magnétisme, sont des forces qui participent aujourd'hui à la formation de la terre, l'influx luciférien est également une force sans laquelle la terre n'aurait pu poursuivre son évolution, et il faut la compter au nombre des éléments constitutifs de la terre (67)".

Les gnostiques font une grande place à Lucifer dans leur système en le faisant coïncider avec la figure du Christ. On lui adjoint parfois Lilith, et ensemble ils forment alors l'androgyne qui est invoqué lors de certains rituels sorciers.

Lucifer n'a que peu de place dans le système ophien, du moins sous cette figure spécifique aujourd'hui dénaturée. Mais, Lucifer pourrait toutefois - et si l'on oublie que les naasènes actuels refusent toute divinité inférieure - être un avatar de Na'hash dans sa fonction d'Illuminateur. Par contre, Samaël prend toute sa place comme nous l'avons vu dans la recherche de l'Unité en Adam.

Samaël : Les extraits du Bahir nous ont déjà offert un tableau assez fidèle de Samaël, l'Ange de la Mort vêtu de feu et armé d'un glaive empoisonné. On le confond souvent par erreur avec Na'hash alors qu'il n'est qu'une division de l'Adam Primordial. Il est dit aveugle et, représentant le côté Sombre de l'Anthrophos, il est le récipient de toutes les haines, envies, désirs stériles et autres mauvais penchants de l'homme. Cette "énergie" est alors invoquée par ceux qui veulent la récupérer et l'utiliser pour leurs oeuvres. Dans le cheminement de la réintégration, il s'agit de le connaître et de le dompter sans le détruire afin de reconstituer l'Adam qui doit mener à la "réunion" finale des genres et des "opposés".

 

ANNEXES

Le Bahir (68) et le Serpent

Nous donnons ici à lire la vision du serpent par les rabbins hébreux afin d'éclairer le lecteur sur les différences d'approche entre le judaïsme et le naasènisme mais aussi afin de dévoiler une partie des éléments qui couvent dans le sein de la Kabbale et que les naasènes utilisent afin de mieux comprendre leur Œuvre.

Mishnah 199

"L'âme de la femme vient du principe féminin et celle de l'homme du principe masculin. Voici pourquoi le serpent courtisait Ève. Il se disait: "puisque son âme provient du Nord, je la séduirai facilement". Et en quoi consiste cette séduction ? Ceci afin qu'elle couchât avec lui. ”

Sur l'Arbre de Vie, le féminin est conventionnellement porté du côté de la rigueur, à gauche, soit le côté Nord du Temple, ou bien l'ouverture à gauche de la lettre bet. C'est par là qu'entre le "yetser hara", le mauvais penchant.

Mishnah 200

“ Ses disciples demandèrent (il s'agit de Rabbi Amoraï): Comment cela s'est-il passé ? Il leur dit: Samaël le méchant, en accord avec toutes les armées célestes, ourdit un complot contre son Maître, car le Saint Béni Soit-Il avait dit à l'homme dans Genèse 1/28: "remplissez la terre et soumettez la ! Commandez aux poissons de la mer..."

Samaël se dit: Comment pourrions-nous inciter l'homme à commettre des péchés et le chasser ainsi de devant de D. ? Samaël descendit avec toutes ses armées et se mit à chercher sur la terre un complice. Il rencontra le serpent qui avait l'apparence d'un chameau. Il le monta et se rendit chez la femme. Il lui dit: "Est-il vrai que D. a dit "Vous ne mangerez rien de tous les arbres du jardin ?" (Genèse 3/1). Il se dit: Je vais surenchérir pour qu'elle diminue. Elle répondit: Il nous a interdit seulement de manger le fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin. Elohim a dit: "Vous n'en mangerez pas et vous n'y toucherez pas sous peine d'en mourir." Elle a ajouté deux choses. Elle a dit "du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin" et dans l'Ecriture, il est dit seulement "de l'arbre de la connaissance". Et elle a dit encore "vous n'y toucherez pas sous peine d'en mourir"

Que fit Samaël le méchant ?

Il s'approcha et toucha l'arbre. L'arbre s'écria: Méchant ! Ne me touche pas !, comme il est dit dans Psaumes 36/12-13 : "Que le pied de l'orgueil ne m'atteigne point; que la min des méchants ne me mette point en fuite ! Au contraire, qu'ils tombent, les malfaiteurs; qu'ils soient renversés, sans pouvoir se relever !" Il vint vers la femme et lui dit: Vois ! J'ai touché l'arbre ! Je n'en suis pas mort ! Touche le toi aussi, tu n'en mourras pas. La femme s'approcha de l'arbre, le toucha et vit l'Ange de la mort venir à sa rencontre. Elle dit : Malheur sur moi ! Je vais peut-être mourir, et le Saint Béni Soitil va faire une autre femme pour la donner à Adam. Je vais lui donner le fuit défendu. Qu'il en mange avec moi. Si nous devons mourir, que nous mourrions ensemble, et si nous restons en vie, que nous vivions tous eux.

Elle prit des fruits de cet arbre, en mangea et donna à son mari. Alors les yeux d'Adam se dessillèrent et se dents s'émoussèrent. Il lui dit: Que m'as-tu donné là à manger ? Comme mes dents se sont émoussées, ainsi s'émousseront les dents de tous les hommes !

Alors Celui dont il est dit dans Psaumes 9/5: "Oui ! tu as fait triompher mon droit, ma cause, pris place sur ton trône en juge équitable", s'assit et appela Adam et lui dit: "Pourquoi t'es-tu enfui de devant Moi ?" Adam répondit: "Il répondit: J'ai entendu ta voix dans le jardin (et mes os se sont mis à trembler), et j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché (Genèse 3/10). Je suis nu devant mon créateur. Je suis "dénudé" à cause de l'interdiction que j'ai transgressée, je suis nu par suite de mes actes répréhensibles, comme il est écrit dans Genèse 3/10.

Quel était le vêtement d'Adam?

Un vêtement en corne. Aussitôt après avoir mangé des fruits de l'arbre, il s'est trouvé dépouillé de sa peau de corne, et il se vit nu, ainsi qu'il est dit dans Genèse 3/11: "Alors il dit: Qui t'a appris que tu étais nu ? Cet arbre dont je t'avais défendu de manger, tu en as donc mangé ?" Adam parla devant le Saint Béni Soit-Il : Béni soit le Maître de tous les univers ! Quand j'étais tout seul, est-ce que j'ai péché? La femme que Tu m'as donnée, c'est elle qui m'a poussé à me détourner de tes paroles, comme il est dit dans Genèse 3/12: "L'homme répondit : "La femme que tu m'as associée, c'est elle qui m'a donne du fruit de l'arbre, et j'ai mangé" Alors le Saint Béni Soit-Il lui dit: Non seulement tu as péché, amis tu as incité Adam à commettre un péché. Elle dit alors: Maître de tous les univers! C'est le serpent qui m'a incitée à pécher contre Toi !

Alors D. les fit venir tous trois et prononça contre eux neuf malédictions, ainsi que la mort. Il précipita Samaël le méchant ainsi que toute sa cohorte du lieu saint qu'il occupait aux cieux, et il amputa les pieds du serpent. Il le maudit plus que toutes les bêtes des champs et tous les animaux, et il lui ordonna de se dépouiller, tous les sept ans de sa peau.

Samaël fut puni en ce qu'il devint le "prince" d'Esaü le méchant. Aux temps à venir, avant d'extirper le royaume d'Edom; puisse l'événement se produire de nos jours -- le Saint Béni Soit-Il abaissera d'abord le prince d'Esaü le méchant, ainsi qu'il est dit dans Isaïe 24/21: "En ce jour, l'Éternel châtiera les milices du ciel au ciel, et les rois de la terre sur la terre", à cause de l'ordre transgressé et de la mort qui s'inscrit. Ce châtiment fut infligé parce qu'Ève avait ajouté à l'ordre donné par le Saint Béni Soit-Il. C'est à ce propos qu'il est dit "celui qui ajoute, ôte".

Que le Nom éclaire nos yeux par le luminaire de sa Torah ! Qu'il mette dans notre cœur sa crainte et nous trouve dignes d'accueillir celui qui éclairera tous les cœurs, les remplira de crainte et les rendra dignes de le recevoir. Celui qui va illuminer les cœurs, réveillera l'intelligence et fera éclater la grande splendeur !"

Par ces lignes nous pouvons voir très clairement que le rabbinisme traditionnel donne toujours une image négative du Serpent en l'associant à l'image du Satan Tentateur, adversaire de Dieu. Toutefois, malgré la tradition religieuse à laquelle elle se rattache, la Kabbale hébraïque reste l'outil de base des naasènes, car celle-ci permet de découvrir ce qui est derrière le mot et derrière la lettre dans une absence de dogmatisme absolue. Du moins pour celui qui ne veut pas rester aveugle et qui "ruse" avec le texte.

LIBER 65 - Liber Cordis Cincti Serpente

Frater Perdurabo.

1. Je suis le Cœur ; et le Serpent est lové

Autour du centre invisible de l'esprit.

Redresse-toi, Ô mon serpent! C'est l'heure

De la fleur chaperonnée, sainte et ineffable!

Redresse-toi, Ô mon serpent, dans l'éclat de la floraison

Sur la dépouille d'Osiris qui flotte dedans la tombe!

Ô cœur de ma mère, de ma sœur, cœur mien,

Tu es livré au Nil, à la terreur Typhon!

Ah moi! mais la gloire de l'orage dévorant

Qui t'enveloppe et t'enclôt dans le délire de la forme.

Sois sage, Ô mon âme! que le charme se puisse dissoudre

Comme les baguettes sont dressées, et que tournent les éons.

Vois! comme Tu es joyeux en ma beauté,

Ô Serpent qui la couronne de mon cœur caresses!

Vois! nous sommes un, et la tourmente des années

S'abîme dans le crépuscule, et le Scarabée fait son apparition.

Ô Scarabée! le bourdonnement de Ta chagrine mélopée,

Qu'à jamais il soit extase de cette gorge frémissante!

J'attends le réveil! L'appel d'en haut,

L'appel du Seigneur Adonaï, du Seigneur Adonaï!

[...]

18. Idem en ce qui concerne la lumière qui est absorbée. L'on absorbe un peu, et l'on est dit blanc et étincelant ; l'on absorbe tout et l'on est dit noir.

19. Pour cela es-tu noir, Ô mon aimé.

[...]

III

4. Mais je me souvins. Oui, Than, oui, Théli, oui, Lilith! ces trois-là m'entouraient depuis longtemps. Car ils sont un.

5. Splendide étais-tu, Ô Lilith, toi femme-serpent!

6. Tu étais souple et d'une saveur exquise, et ton parfum était de musc mêlé d'ambre gris.

7. Tu enserrais fermement le cœur de tes anneaux, et c'était comme la joie de tout le printemps.

8. Or j'aperçus en toi une certaine souillure, et même d'icelle me réjouis-je.

[...]

V

61. Et le Seigneur Adonaï de moi se délecte, et j'apporte la Coupe de Son allégresse aux accablés de la vieille et morne contrée.

62. Ceux qui en boivent sont frappés de maladie ; l'abomination a prise sur eux, et leur tourment est telle l'épaisse et noire fumée de la funeste demeure.

63. Mais les élus en burent, et devinrent comme mon Seigneur, mon splendide, mon désirable. Il n'est pas de vin semblable à ce vin.

64. Ils sont ensemble réunis dans un cœur embrasé, tel Râ qui rassembla au soir ses nuées autour de Lui en une mer de joie en fusion ; et le serpent qui est la couronne de Râ les lia en gerbe par la ceinture dorée des baisers de mort.

65. Telle est aussi la fin du livre, et le Seigneur Adonaï l'entoure de toutes parts comme un Coup de Foudre, et comme un Pylône, et comme un Serpent, et comme un Phallus, et en leur milieu Il est telle la Femme qui fait gicler de ses mamelons le lait des étoiles ; oui, de ses mamelons le lait des étoiles.

Le Tonnerre : Parfait Esprit

(CG VI.2:13,1-21,32)

Extraits - Traduction libre

Le Tonnerre n'existe qu'en sa version copte trouvée à Nag Hammadi. L'auteur, la date et le lieu de sa composition nous sont inconnues. Toutefois, les spécialistes proposent comme période plausible le deuxième ou le troisième siècle et le lieu Alexandrie.

Le discours de ce texte est une révélation faite par une divinité féminine qui parle alternativement à la première et à la deuxième personne. Le texte se présente sous la forme d'un hymne et la structure antagonistique ainsi que l'utilisation de paradoxes renforcent encore cette interprétation.

Le texte est assurément gnostique et développe le mystère de la Divinité inconnue et la relation entre Elle et ceux à qui Elle s'adresse. Le Tonnerre fixe l'attention sur la relation entre ceux qui écoutent et la Divinité au travers des proclamations faites à la première et à la deuxième personne et il fait appel aux capacités intellectuelles et cognitives mais aussi au cœur de ceux à qui la Divinité s'adresse.

Na'hash, avril 2003 e.v.

J'ai été envoyée par la Puissance.

Et je suis venue à ceux qui pensent à moi.

Et j'ai été trouvée parmi ceux qui me cherchent.

Regardez-moi, vous qui pensez à moi.

Et vous ceux qui écoutez, écoutez !

Vous qui m'attendez, menez-moi à vous.

Et ne me poursuivez pas de vos visions.

Et que vos paroles ne me haïssent point, ni votre écoute.

Ne soyez pas ignorant de moi, en aucun lieu, en aucun temps.

Soyez sur vos gardes !

Ne soyez pas ignorant de moi.

Car je suis la première et la dernière.

Je suis l'honorée et l'honnie,

Je suis la putain et la sainte.

Je suis la femme et la vierge.

Je suis la mère et la fille.

Je suis les membres de ma mère.

Je suis la stérile et celle aux nombreux enfants.

Je suis celle dont les mariages sont multiples, et je n'ai pris nul époux.

Je suis la sage-femme et celle qui ne donne pas la vie.

Je suis la consolatrice de mes douleurs.

Je suis la fiancée et la jeune mariée.

C'est mon mari qui m'a engendrée.

Je suis la mère de mon père et la sœur de mon mari.

Et il est ma progéniture.

Je suis la servante de celui qui m'a apprêtée et je suis le seigneur de ma progéniture.

Mais il est celui qui m'a engendrée avant le temps et il est ma progéniture dans le temps,

et ma puissance vient de lui.

Je suis la domestique de sa puissance en sa jeunesse et il est la canne de mes vieux

jours.

Et tout ce qu'il désire m'arrive.

Je suis le silence incompréhensible et la pensée omniprésente.

Je suis la voix de multiples sons et le logos de nombreuses formes.

Je suis l'articulation de mon nom.

Pourquoi, vous qui me haïssez, m'aimez-vous ?

Et haïssez-vous ceux qui m'aiment ?

Vous qui me niez, confessez-moi,

Et vous qui me confessez, niez-moi.

Vous qui dites la vérité sur moi, dites des mensonges sur moi.

Et vous qui avez dit des mensonges sur moi, dites la vérité sur moi.

Vous qui me connaissez, devenez ignorant de moi; et puissent ceux qui étaient ignorants

de moi me connaître.

Car je suis la connaissance et l'ignorance.

Je suis la honte et la pureté.

Je suis sans honte, je suis honteuse.

Je suis la force et je suis la peur.

Je suis la guerre et je suis la paix

Faites attention à moi.

Je suis l'exilée et l'exaltée.

Prenez garde à moi en ma pauvreté et en ma richesse.

Ne soyez pas arrogant quand je suis abandonnée sur terre,

Et vous me trouverez parmi ceux qui sont à venir.

Et ne me regardez pas sur le tas d'ordures et ne partez pas en me laissant abandonnée.

Et vous me trouverez dans les royaumes.

Et ne me regardez pas lorsque je suis abandonnée avec ceux qui sont en disgrâce dans

des lieux les plus pauvres.

Et alors riez de moi.

Je suis miséricordieuse et cruelle,

Soyez sur vos gardes !

Ne haïssez pas mon obéissance,

Et n'aimez pas mon contrôle dans ma faiblesse.

Ne me délaissez pas,

Et ne soyez pas effrayé de ma puissance.

Je suis celle qui existe dans toutes les peurs.

Je suis celle qui est faible et je suis à l'aise dans les lieux de plaisirs.

Je suis folle et je suis sage.

Pourquoi m'avez-vous haïe en vos conseils ?

Est-ce parce que je suis silencieuse parmi ceux qui sont silencieux,

Et que j'apparais et parle ?

Pourquoi alors m'avez-vous haïe, vous les Grecs ?

Est-ce parce que je suis une non grec parmi les non-grecs ?

Parce que je suis la Sagesse des Grecs ?

Et la Gnose des non Grecs ?

Je suis le jugement pour les Grecs et les non-Grecs.

Je suis celle dont l'image est multiple en Egypte.

Et celle qui n'a aucune image parmi les non-Grecs.

Je suis celle qui a été haïe partout et qui a été aimée partout.

Je suis celle appelée Vie et que vous avez appelé Mort.

Je suis celle qui est appelée Loi et que vous appelez Sans Loi.

Je suis celle que vous avez poursuivie et celle qui vous avez retenu.

Je suis celle que vous avez éparpillée et celle que vous avez rassemblée.

Devant moi vous avez été rendu honteux et avec moi vous avez été libéré de la honte.

Je suis celle qui n'observe aucune fête et celle dont les fêtes sont nombreuses.

Moi, je suis sans dieu et je suis celle dont le Dieu est multiple.

Je suis sans connaissance et de moi ils apprennent.

Je suis celle qui vous avez ignoré et celle à laquelle vous pensez.

Je suis celle dont vous vous êtes cachés et celle à qui vous êtes manifestés.

Mais chaque fois que vous vous cacherez, je me rendrai manifeste.

Car chaque fois que vous serez manifestés, je me cacherai de vous.

Recevez-moi en vous-même en dehors des endroits sans grâce et contrition.

Et saisissez-moi de ceux qui sont bons bien qu'en disgrâce.

Sans honte, recevez-moi en vous-mêmes sans honte.

Et sans honte et dans la honte, blâmer les membres parmi vous-mêmes.

Et venez à moi, vous qui me connaissez et connaissez mes membres.

Faites des grands parmi les moindres des créatures.

Redevenez des enfants et ne fuyez pas cela parce que c'est petit.

Et ne ramenez pas la grandeur à la petitesse,

Car la petitesse est connue à partir de la grandeur.

Pourquoi me haïssez-vous et m'honorez-vous ?

Je connais les premiers et ceux après moi me connaissent.

Je suis la gnose de mes recherches et la découverte de ceux qui me cherchent.

Et le commandement de ceux qui demandent après moi.

Et le pouvoir des pouvoirs par ma gnose des anges qui ont été envoyés par mon logos.

Et les dieux en leurs saisons par mon commandement,

Et c'est en moi qu'existent les esprits de tous les humains,

Et c'est en moi qu'existent les femmes.

Je suis celle qui est honorée et priée et celle qui est rejetée.

Je suis la paix et à cause de moi la guerre adviendra.

Et je suis une étrangère et je suis de la cité.

Je suis la substance et l'absence de substance.

Ceux qui naissent de mon corps sont ignorants de moi,

Et ceux qui sont de ma substance me connaissent.

Ceux qui sont proches de moi sont ignorants de moi

Et ceux qui sont loin de moi me connaissent.

Le jour où je suis proche de vous, vous êtes loin de moi,

Et le jour où je suis loin de vous, je suis proche de vous.

Je suis l'union et la dissolution.

Je suis le lien et l'absence de lien.

Je descends et ils montent à moi.

Je suis la condamnation et l'acquittement

Moi, je suis sans péché et la racine du péché est en moi.

Je suis le désir dans l'apparence et le contrôle du cœur existe en moi.

Je suis l'écoute qui est par tous et une parole inaccessible.

Je suis muette et mes paroles sont multiples.

Ecoutez-moi dans la douceur et apprenez dans la dureté.

Je suis celle qui crie,

Et je suis rejetée sur la surface de la terre.

Je prépare le pain et mon esprit qui est en lui.

Je suis la gnose de mon nom.

Je suis celle qui crie et je suis celle qui écoute.

Vous qui êtes battus,

Jugez-les avant qu'ils ne vous jugent.

Car le juge et la partialité sont en vous.

Si vous êtes condamnés par cela, qui vous acquittera ?

Ou si vous êtes acquittés par lui, qui sera capable de vous condamner ?

Car ce qui est en vous est en dehors de vous.

Et celui qui vous a modelé à l'extérieur a imprimé cela à l'intérieur de vous.

Et ce que vous voyez en dehors de vous, vous le voyez à l'intérieur de vous.

Ceci est manifeste et ceci est votre joyau.

Ecoutez-moi, vous qui écoutez et soyez enseignés par les paroles, vous qui me connaissez

!

Je suis l'écoute qui est acceptable en toutes choses;

Je suis une parole qui ne peut être retenue.

Je suis le nom de la voix et la voix du nom.

Je suis le signe écrit et la manifestation de la différence.

Mais je dirai son nom.

Soyez attentif, alors, à ses paroles et à tous les signes écrits qui ont été complétés.

Faites attention vous qui écoutez et vous aussi les anges,

Et vous qui avez été envoyés,

Et vous esprits qui vous êtes relevés d'entre les morts,

Car je suis celle qui seule existe,

Et il n'y en a aucun pour me juger.

Car nombreuses sont les formes agréables qui existent en d'innombrables péchés

Et en des actes injustes et en de disgracieuses passions, et en de temporels plaisirs,

Qui sont maîtrisés jusqu'à ce qu'ils soient devenus sobres.

Et qu'ils courent vers leur lieu de repos

Et ils m'y trouveront là,

Et ils vivront et ils ne mourront plus de nouveau.

 

Les Lois de l'Amour Spirituel selon l'Ordre de la + et du S.

Suivent ici les règles à appliquer par l'aspirant de l'Ordre de la + et du S s'il veut ouvrir les Portes menant à la réintégration de la divinité.

1- Chaque aspirant à la réintégration ne doit jamais oublier la fidélité due à la Femme, suzeraine, mais se rappeler ce qu'elle est réellement : le Joyau de la Couronne de la Divinité.

2- Que l'homme le plus vulgaire devrait toujours être attentionné et doux envers la Femme. Jamais il ne devra être rude, violent, brutal, grossier, impatient ou par sa stupidité rester incapable à répondre au désir passionnel et sensuel de la Femme.

3- Se souvenir constamment et ad vitam que c'est la partie féminine de l'esprit et elle seule qui contient en puissance les germes de toute vraie Splendeur. La Sagesse de l'Amour sera alors accessible.

4- La Sophia d'Amour (Agapé) est inconditionnelle, sans limite, elle n'est plus "encerclée", limitée par les objets vers lesquels Elle peut se porter et il s'agit bien ici d'un Amour spirituel (pneumatique) et non point psychique ou physique uniquement.

5- L'homme qui ne peut aimer - spirituellement, mentalement, sensuellement ou sexuellement - est un monstre inhumain. Idem de la femme.

Ceci étant fait dans le souvenir de ces vers d'Ibn Arabi :

"L'Amant divin est Esprit sans corps;

l'Amant physique est un corps sans esprit,

l'Amant spirituel possède Esprit et Corps."

 

 

 Notes des parties 2/3/4

38 Cité par Salomon Reinach dans un article paru en 1918 dans la Revue de l'histoire des religions.

39 Bina est la troisième sephira de l'Arbre de Vie et signifie Intelligence.

40 'Hochmah est la seconde sephira de l'Arbre de Vie

41 Kether est la Couronne, première sephira de l'Arbre de Vie. Avec Bina et 'Hochmah elle constitue la triade supernelle.

42 M. l'abbé Loisy : "Le pluriel Faisons n'est pas un pluriel de majesté; c'est plutôt l'indice d'une source plus ancienne où le Créateur n'était pas seul et parlait à son entourage" (in "Les mythes babyloniens et les premiers chapitres de la genèse", Paris, Picard, 1901).

43 Unité primordiale.

44 Il s'agit de la contraction de la Lumière divine qui est à l'origine du monde. Dieu se retire de lui-même, en lui-pour laisser place à l'Autre et à la Création.

45 Lettre sur la Sainteté (Lagrasse, Verdier, 1986)

46 Holy Guardian Angel ou Saint Ange Gardien.

47 Celse, "Discours Véritable", IV, 62-69.

48 Pan est la divinité hellénistique des bergers et des troupeaux. D'apparence mi-humaine, mi-animale, il représente l'activité sexuelle intense et exprime la ruse bestiale. Pan en grec signifie "tout" et ce nom lui fut donné car il incarne une tendance propre à tout l'univers. Il est le grand principe régulateur, le premier principe d'amour, ou créateur, incorporé dans la matière universelle et formant le monde.

49 Abrasax, Abracax ou Abraxas est une entité gnostique qui préside au 365 jours de l'année (365 étant sa valeur arithmosophique). Abrasax est un dieu polymorphe au corps d'homme à tête de coq et dont les jambes sont des serpents, il est vêtu d'une armure et tient un fouet et un bouclier.

50 Déesse de la terre, fille du ciel, épouse de Saturne. Cybèle symbolise l'énergie enfermée dans la terre et elle est la source primordiale de toute fécondité. Elle est souvent représentée coiffée d'une étoile à sept branches ou d'un croissant de lune. Cybèle est le Déesse Mère, la Magna Mater dont le culte se confond avec ceux de la fécondité.

51 [Tome 1, pp. 200 à 206 (J.J. Pauvert, 3ème édition, 1965) Livre second, la Salamandre de Lisieux, sous-titreVI].

52 Mackey's Encyclopaedia of Freemasonry

53 The Compleat Rite of Memphis by Allen H. Greenfield

54 Le symbolisme du corps humain, A. de Souzenelle

55 Sepher Yetsirah VI, 7 : "Le Dragon dans l'univers est comme un roi sur le trône."

56  La Fraternité des Fidèles d'Amour était vouéé à réussir l'harmonie entre les pôles sexuels émotionnels de la Nature, de l'Intellect et de la Mystique.Les Fidèles d'Amour, compagnons de Dante, professaient une religion secrète... l'Union qui joint l'intellect des âmes humaines avec l'Intelligence Active... L'Ange de la Connaissance, ou Sophia, est visualisé et expérimenté comme une union amoureuse" Henry Corbin.

57  Ce Désir est le désir chanté par l'hymne védique : "Le Désir tout d'abord remua en Lui. Le Désir qui fut la première semence de l'Esprit". "Du Désir est né l'Action, et de l'Action le Verbe", R. de Becker, "L'hindouisme".

58  Serge Hutin, "L'immortalité magique", Marabout, Liège, 1973.

59 Selon R.P. Knight, "Le Culte de Priape", 1786.

60 Platon, Le Banquet.

61 De laude caritatis, patrologie latine.

62Au cours de ces mystères, le myste caressait une statue d'un serpent enroulé autour de Démeter.

63 Protrept., II, 16.

64 Le Prince de ce Monde, N-N et Anubis, Editions Savoir pour Être.

65 D'autres extraits sont disponibles dans les annexes.

66 extrait du Congrès de Messine sur la Gnose, 1966, cité in "Le Prince de ce Monde"

67 Les mystères de la Création, Rudolph Steiner.

68 Le Bahir, Le Livre de la Clarté, traduction par Joseph Gottfarstein, éditions Verdier, 1983.

Sources : Morgane World

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 12:00

Les oraisons du Serpent

par Spartakus FreeMann

3ème partie

2ème partie

1ère partie

6- LE SERPENT D'AIRAIN

 

Nombres XXI 6-9 : "Alors l'Éternel envoya contre le peuple des serpents brûlants; ils mordirent le peuple et il mourut beaucoup de gens d'Israël.

L'Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une perche; quiconque aura été mordu et le regarda, conservera la vie.

Moïse fit un serpent d'airain et la plaça sur une perche".

Comme les mots hébreux pour serpent et airain sont les même lorsque l'on enlève les points massorètiques (N H Sh), certains y ont vu une interprétation que ces serpents étaient les Séraphins dont Isaïe a dit qu'ils avaient 6 ailes.

"Avec la tête d'un faucon, [le serpent] est de nature divine et un symbole du Soleil. C'est pourquoi une secte gnostique [les ophites] l'a choisi comme leur divinité tutélaire et c'est pourquoi le serpent d'airain fut élevé par Moïse dans le désert afin que les Israélites le regardent et vivent" (Pike, M&D, p. 278, "Lecture du 18ème degré").

On peut rapprocher la nature des Séraphins, qui se tiennent le plus près de Dieu, de na'hash seraph, na'hash ne'hoshet, serpent brûlant. SARAPH, Shin Resh Phe, est la racine du verbe brûler. Le séraphin reçoit le feu divin et le transmet aux hiérarchies angéliques inférieures qui elles-mêmes le distribuent à l'Homme. Seuls les serpents pervertis apportent la mort, tandis que le serpent d'airain apporte la Vie éternelle, posé comme il l'est sur le bâton, tel le Christ sur la croix. Ceci est renforcé par le fait que l'airain est une transmutation du bois (selon Isaïe 60, 17) et qu'ainsi le Christ identifie-til le bois de la croix et lui-même au na'hash ne'hoshet pour que "tout homme qui croit en Lui ait la vie éternelle..."

Tout comme le Serpent est lié à la Connaissance, à la sagesse et à la magie, le cuivre ou l'airain est-il connecté depuis des temps immémoriaux par toutes les écoles mystiques à la planète Vénus qui contrôle et dirige le manas humain supérieur - le manas étant tout autant le sauveur que le tentateur de l'humanité, car c'est en l'esprit qu'ils naissent. Avec Vénus, nous revenons aux rituels naasènes de la hiérogamie sacrée de l'homme et de la femme. Il est d'ailleurs intéressant de noter ici que les rituels naasènes actuels se déroulent toujours avec la présence d'objets sacrés en airain marquant par là l'attachement de leur courant à la Femme symbolisée par Vénus, Déesse de l'Amour.

Pour finir, nous retrouvons encore le symbole du Serpent d'Airain dans la Franc- Maçonnerie au sein des Degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté. En effet, le 25ème degré est celui dit du "Chevalier du Serpent d'Airain". Ce degré est dit avoir pour origine un Ordre hospitalier fondé lors des Croisades par un certain John Raph (52). Or, voici le mot de passe du grade est INRI et mot du grade est IOHAN RAPH (53). Or, Raph en hébreu signifie soigner, guérir et le référant au serpent d'airain est alors ici très clair. Avec IOHAN nous touchons aux mythes et symboles Johannites. Lors des cérémonies de ce grade, l'effigie du Serpent crucifié sur le Tau est placée à l'Est du Temple. Pour finir, notons que le bijou du grade est un Tau surmonté par un cercle - la Croix Ansée - sur lequel un serpent est accroché. Sur la croix elle-même sont gravés les mots ytlx (KhaLaTI) (Il a souffert), et sur la partie supérieure de la croix, le mot ]tsxn (NeKhuShTaN) (Serpent d'Airain).

 

7- LE LEVIATHAN

 

Le Léviathan est le serpent des mers des hébreux. Son nom signifie "enroulé". Cette figure proviendrait du mythe de Lotan et du Tiamat Mésopotamien et apparaît dans le Livre d'Hénoch et dans le Livre de Job, où l'on y décrit ainsi sa puissance : "Pour lui, le fer n'est que paille et l'airain du bois pourri... Il fait bouillonner le gouffre comme une chaudière. Il laisse après lui un sentier lumineux; l'Abîme prend la chevelure d'un vieillard. Sur la terre nul n'est son maître; il a été créé pour ne rien craindre. Il regarde avec dédain ce qui est élevé. Il est le roi des plus fiers animaux" (Job XLI).

"Son cœur est coulé comme la pierre, fondu comme l'enfantement sacré des profondeurs" (Job XLI, 16).

"Un immense mystère entoure ce dernier monstre. Monstre de ce côté-ci de l'abîme, n'est-il pas le Séraphin, "celui qui brûle", et qui avec les Chérubins et les Trônes, forme la dernière triade des neuf hiérarchies angéliques (54)".

La Bible ne donne aucune indication quant au moment où le Leviathan fut créé, est-il même antérieur à l'homme ? La seule chose qui soit sûre c'est que sa chair nourrira les justes dans le monde à venir.

Cependant, le Leviathan est le gardien des profondeurs et il est ainsi à rapprocher de la lettre Teth, qui est le Bouclier ou le Serpent (cfr. "La Lettre Teth...").

Le Leviathan est à rapprocher du Téli, ou dragon céleste dont il est dit dans le Bahir, 106 : "Que signifie téli ? C'est une Demuth (ressemblance), qui se trouve devant le Saint, béni soit-Il, comme il est écrit (Cant. des Cant. 5, 11) Ses cheveux sont des taltalim [boucles]".

Le Téli est une figure céleste et zodiacale centrale, qui est assimilée à un grand serpent circulaire qui entoure l'espace. On le considérait comme étant la constellation du dragon (55).

Ce dragon n'est-il pas le gardien des trésors, au corps doté d'écailles et d'anneaux, tel le serpent, d'ailes fantastiques, à la tête éclatante comme le métal, la gueule armée d'une triple rangée de dents ? Le dragon n'est-il pas l'ultime gardien de la terre, du ciel et des enfers ? Le Dragon blanc, sous la forme de l'Aigle n'est-il pas le Gardien de la Porte des Dieux ? (Nous renvoyons le lecteur au texte "La Lettre Teth et le Serpent" pour l'explication de la place de l'Aigle dans le système naasène).

"Si l'homme se rencontre lui-même dans sa profondeur du plus bas, du plus méchant, et, se trouvant face à face au Dragon qu'il est au fond de lui-même, s'il est capable d'embrasser ce Dragon, de s'unir à lui, c'est alors qu'éclate le divin, et c'est la Résurrection !", Père Grégoire.

8- LA LETTRE THET ET LE SERPENT.

La lettre Teth forme le mot THYT : tyu, "Serpent" et sa valeur arithmosophique est de 419.

Le Teth est un idéogramme très ancien qui désigne un Serpent qui se mord la queue ou encore, un bouclier.

"La neuvième lettre de l'alephbeth, en même temps qu'elle exprime la perfection de la Création, la réintégration quasi totale des énergies au divin, symbolise aussi la protection - nouvelle barrière - devant le divin", A. de Souzenelle.

"Que le bouclier soit confondu avec le serpent est là le profond mystère du serpent... Cet animal symbolise la montée de l'énergie. Il rampe d'abord, puis est appelé à se redresser (avec la croix rédemptrice) et à monter le long de la colonne vertébrale, pour arriver à la tête où ayant achevé son cycle, le langage symbolique dit du serpent qu'il se mord la queue".

Ici, nous rejoignons le symbole de la Kundalini. Telle une ligne à haute tension, la Kundalini canalise l'énergie provenant de l'union de deux principes conjoints : Shiva, le principe masculin et Shakti, le principe féminin. La Kundalini est souvent représentée sous la forme d'une serpente lovée au bas de la colonne vertébrale, elle se déroule à l'intérieur du corps. L'élévation de la Kundalini permet d'atteindre à la Conscience Supérieure et donc à un état de plus grande perfection.

Si donc, le Thet est le symbole d'une perfection atteinte, il introduit aussi inexorablement la nécessité d'une destruction pour atteindre à une plus grande perfection encore.

Le dessin du serpent dont la tête rejoint la queue n'est donc jamais fermé car, si la perfection absolue était atteinte, ce serait aussi la mort absolue. Car, la perfection absolue n'est qu'en dieu.

En raison de sa place dans l'alephbeth cette lettre rappelle la 'Ho'khmah, l'intelligence conceptuelle et contemplative. 'Ho'khmah est la neuvième sephira à partir de Malkuth (la terre) et à partir de Kether c'est Yesod (la lune). Et c'est en Yesod que se condensent toutes les valeurs des autres Sephiroth avant de descendre vers Malkuth.

Cette lettre symbolise la Bonté - car elle est l'initiale de TOV - et aussi la pauvreté. Ce double caractère se retrouve dans les mots TOUME'AH, impureté, et de TAHARAH, pureté.

"Yesod est la contrepartie spirituelle de Malkuth, tout comme la Lune est la contrepartie spirituelle de la Terre... L'influence du cycle de la lune sur la terre et ses habitants ayant déjà été maintes fois prouvées, il est inutile de s'étendre plus sur la relation qu'il existe entre les deux planètes.

En observant la Lune, il est aisé de se rendre compte qu'elle n'émet pas de lumière propre. Comme tout le monde le sait, elle reflète l'éclat du Soleil (Tiphereth placée juste au-dessus de Yesod dans le schéma classique de l'Arbre) durant les heures sombres de la nuit. Le Serpent pourrait donc être une réflexion du Messie [d'ailleurs, la valeur de Messie et de Na'hash est de 358, identité jusqu'en la réalité arithmétique]. Celui-ci brille en plein jour, mais c'est par l'intermédiaire de Yesod / du Serpent qu'il brille dans l'obscurité" Khryssaeus.

Selon la Genèse III, 15 : "une inimitié je placerai entre toi et Isha, dit Dieu au serpent, entre ta semence et sa semence. Celle-ci te blessera en tant que toi-tête, et toi tu blesseras Isha en tant que elle-talon". Nous devrions comprendre ceci comme une malédiction lancée par Dieu sur le Serpent à cause de son intervention dans le plan divin concernant la soumission de l'homme au sein du jardin de l'Eden. Mais regardons l'image donnée par Isha et le Serpent : la femme le blesse à la tête, ailleurs dans la Bible il est écrit qu'elle l'écrasera, tandis que le Serpent lui mordra les pieds. La tête du serpent est aux pieds tandis que les pieds d'Isha sont sur la tête du serpent. Belle représentation du symbole de l'Ouroboros, ce Serpent qui se mord la queue ou parfois représenté sous la forme de deux serpents se mordant mutuellement la queue. Nous voulons voir ici le lien qui unit la femme au serpent dans le cycle cosmique de vie-mort. Mais nous retrouvons aussi le symbole de la lettre Thet, ce serpent se mordant la queue, et qui symbolise donc les énergies accomplies. Sa valeur est 9, symbole de perfection et préside comme nous l'avons vu au mot Tov, bon. L'union de la femme et du serpent serait donc un signe du bon et de la perfection. Mais nous retrouvons aussi une loi universelle de l'incarnation qui est d'épouser la terre pour être épousé au ciel...

Le serpent serait un ange jaloux de l'amour de Dieu pour l'Homme. Si nous acceptons le postulat que les anges ne peuvent être doué du libre-arbitre, nous ne pouvons que nous interroger sur l'acte "libre" de cet ange. Selon un certain courant occulte, le serpent serait non un ange rebelle, car la rébellion signifierait aussi possession du libre-arbitre, mais un agent de Dieu dont la mission aurait été de libérer l'Homme, de lui montrer le chemin sur l'Arbre de la Vie. Le Serpent connu Ève, selon cette source cette connaissance fut sexuelle, et il lui posa la question de savoir où était l'interdit de manger des fruits de l'Arbre : "vraiment, est-ce qu'Elohim t'a dit de ne pas manger de tout arbre du jardin ?" Le questionnement introduit la réflexion qui fait naître un monde de possibles. De cette union de la femme et du serpent, qui devrait selon le principe d'omniscience de Dieu être connue de Dieu et donc arrêté, il s'ensuit une prise de conscience de la femme qui décide d'initier son époux. Le résultat du passage de l'interdit et de la prise de liberté de l'Homme a pour conséquence la Mort. Mais cette mort est également le début du cycle de transformation de l'humanité-enfant au sein du Paradis vers l'Humanité- adulte, réalisée par elle-même. Ainsi, la pseudo-chute d'Adam du fait d'Ève participe à un plan connu et prévisible de transmutation de la Création, de l'Homme et de Dieu lui-même. Cette transmutation qui aurait été impossible sous tutelle et sans liberté. La mort ainsi acquise par la transgression devient un élément de la mise en marche du cycle cosmique vie-mort et donc de la possibilité de changement.

Le serpent Na'hash devient également pourvoyeur de la vie lorsqu'il est sous sa forme de Na'hash Ne'hosheth, ou serpent d'airain qui, dressé au sommet d'un bâton, guérit et donne la vie. Na'hash, sxn, est accompli avec l'adjonction de la lettre t (Tav) dans le mot Ne'hosheth, Airain. Sous cette forme, le Serpent est identifié au Messie sur la croix "pour que tout homme qui croit en lui ait la vie éternelle". Ainsi, encore l'on signifie qu'en la mort apparente, au travers du cycle, la vie est donnée. Et Thet se lit alors comme le Bouclier, Thet, qui protège le Yod menant à la fin, la contraction signifiée par le Tav. Ici, nous arrivons à la symbolique du Tsimtsoum, que nous ne développerons pas dans le cadre de cet article, mais qui y prend toute sa valeur. Le Thet est ainsi le cycle par lequel l'Homme achèvera son évolution. Nous arrivons ainsi à l'essence du Serpent qui est double, féminin et masculin, terre et eau, lune et soleil, vie et mort, bien et mal... Sauf que ces contradictions apparentes se voient sublimées en Yesod... Tout en Un.

La Lame XIII du Tarot de Crowley représente la Mort : "L'Univers est Changement; tout Changement est l'effet d'un Acte d'Amour; tout acte d'Amour contient de la Joie Pure. Meurs chaque jour. La Mort est le sommet d'une courbe du Serpent “ Vie ”; regarde tous les opposés comme compléments nécessaires et réjouis-t'en". Cette Lame symbolise la transformation, le changement, le développement volontaire ou involontaire de conditions existantes. Sur cette lame, apparaît le Serpent accompagné du poisson et du scorpion ainsi que de l'aigle. L'Aigle étant dans cette optique le Gardien de la Porte des Dieux...

Quant au fruit, il nous est décrit comme "bon à manger, désirable pour les yeux et réconfortant" (Gen, III, 6). Ainsi, il rappelle : 1- que l'Homme est appelé à jouir de la Connaissance 2- que l'Homme est appelé à acquérir la Connaissance 3- qu'il est appelé à la toute-puissance sur la Création que lui confère la Connaissance. Mais jouir de la Connaissance n'est pas avoir la Connaissance, et avoir la Connaissance ce n'est pas être Connaissant. Le véritable travail pour l'Homme commence donc avec le serpent qui offre la jouissance de la Connaissance à Ève. Ainsi, l'Homme doit passer d'un état passif, jouir de la Connaissance à un état actif, Connaître en passant par la prise de possession de la Connaissance.

Nous retrouvons ici aussi cette poussée vers le changement, dur labeur qui exige de se changer soi-même. Le but serait d'atteindre à la divinité de l'Homme, qui ayant cueilli les fruits de l'Arbre de la Connaissance doit en transmuter la substance afin de s'en approprier les principes avant que d'accéder à l'Immortalité que conférera l'état de Connaissant.

Pour conclure sur le Serpent, il est, en l'homme, "le plus sage des hayyat hassadeh" (vivants des champs). Ainsi, le serpent est la plus sage barrière du champ de conscience de l'homme car, dans la profondeur, le serpent se fait aussi barrière divine car son nom, Na'hash est construit autour de la lettre x, barrière [x est aussi la huitième lettre de l'alephbeth, et ce 8 couché représente le Grand Serpent Originel ∞, l'Ouroboros, ou couché, le caducée d'Hermès, symbole de son rôle de messager divin !]. Le Serpent dans cette question posée qui débute l'Œuvre, devient aussi celui qui ne permet à l'Homme de continuer son chemin vers la perfection que s'il est capable de partir à l'assaut d'Issah, et de réaliser ici-bas les Épousailles Célestielles futures. Na'hash est donc aussi le gardien de la toute-puissance qui devra être alors livrée à l'Homme. Na'hash, wsxn, est celui qui "conduit (hxn) au s" qui l'oblige à conquérir son noyau. Sous le nom de Satan, ]us, le serpent symbolise, par le u qui remplace le y du s, la dernière barrière pour vérifier l'Homme avant sa reconquête du y, de valeur numérique 10, où le 1 symbolise l'Homme et le 0 la Femme. La reconquête du y est donc la Hiérogamie divine.

Il y a aussi identité numérique, 358 [qui est une suite de Fibonacci et donc nous donne le Nombre d'Or, Clé Universelle du beau et du bon, Tov], et donc principielle entre Na'hash et Masiah (Messie), xysm. Le Serpent conduit au s, comme nous venons de le voir; il constitue aussi une barrière, x, et travaille avec hvhy sur l'homme qui se fait poisson, n. Lorsqu'il est redressé, le serpent devient "aigle", neser rsn, gardien de la dernière porte, lumière, ner rn, du s. Avec l'aigle, nous dépassons toutes les contradictions apparentes du monde, nous sommes au-dessus de toute dualité qui se caractérise dans les luttes des frères ennemis. Ces frères - frère en hébreu se dit 'ah, xa - ennemis ne sont autres que l'Homme et Dieu, le Serpent et Dieu, l'Homme et l'Homme. Et la dualité dépassée nous revenons à l'Unité, echad, dxa, lorsque le frère, 'ah, aura passé la porte, d.

 

9- SERPENTESQUES DEDICACES

 

“ Toutes les Bibles, ou codes sacrés, ont été cause des erreurs suivantes :

1- Que l'homme a deux réels principes existants, à savoir un corps et une âme.

2- Que l'Énergie, appelée le Mal, ne procède que du corps, et que la Raison appelée Bien ne procède que de l'Âme.

3- Que Dieu torturera l'homme durant l'Éternité pour avoir suivi ses énergies.

Mais, contraires à celles-ci, les choses suivantes sont vraies :

1- L'homme n'a pas un corps distinct de son âme, car ce que l'on appelle corps est une partie de l'Âme perçue par les cinq sens, principales entrées de l'Âme dans cette période de vie.

2- l'Énergie est seule Vie; Elle procède du corps, et la Raison est la borne de l'encerclement de l'Énergie.

3- Énergie est Éternel Délice. ” W. Blake - Le Mariage du Ciel et de l'Enfer.

 

“... on verra par là que je ne considère ni le Juste ni l'Impie comme étant dans un État Suprême, mais comme étant des États du Sommeil dans lesquels l'Âme peut tomber en ses rêves mortels du Bien et du Mal lorsqu'elle quitte le Paradis. ” W. Blake, Notebook pages 91-92.

 

"... Et Eth [Aleph Tav] : remise en ordre du masculin et du féminin et tout est UN. Eth haShamaim, c'est ce qu'il ne faut pas disjoindre : le masculin et le féminin sont réunifiés" (Zohar, folio 15b). - "Eth haArets : union du masculin et du féminin gravée dans l'empreinte des lettres" (Zohar, folio 29b).

Arrivé au terme de notre développement, voici le message que nous voudrions laisser : "Homme détruits tes idoles, toutes, celles de pierre et celles de papier, les idoles fantasmatiques de nos esprits conditionnés. Ces idoles qu'elles soient diaboliques ou saintes doivent disparaître afin que l'homme se retrouve enfin face à sa propre divinité... Aum Ha" [Spartakus FreeMann]

Maintenant, il y a bien des autels à briser dans une vie et dans un cheminement. "Briser ses idoles est un premier devoir : tu ne te feras pas des dieux à partir des hommes, des idées et des écrits... Ne te forge pas les chaînes de ta propre prison. Ne t'attaches jamais à ces fantasmes au risque de t'enfermer dans des labyrinthes sans issues" [Spartakus FreeMann].

Il n'y a de dieu que l'homme. L'homme est dieu et Dieu est l'Homme.

Et, le Naasène terminant son Œuvre dit alors : "Je le dis, Vous êtes des dieux et tous enfants du Très Haut" [Ps. LXXXII, 6; Luc VI, 35; 1 Jean X, 34].

 

QUELQUES LIMINAIRES CONSIDERATIONS

 

"Celui qui n'ajoute pas à ses connaissances les diminue, celui qui ne cherche pas à s'instruire n'est pas digne de vivre" Mishna Avot, I, 13.

Nous pensons qu'il peut être bon de donner au lecteur quelques conceptions quant à certains termes qui n'auraient pas été explicités au cours de ce texte. Loin d'être des définitions ce sont plutôt des idées lancées un peu follement sur le papier.

Sophia : Forme suprême de Bina ou de ‘Hochmah (la Sagesse divine) et est considérée comme divinité féminine. Elle fonctionne comme un créateur et un sauveur sur les plans supérieurs en tant que Pensée Divine. A un niveau plus bas, elle fonctionne comme la Mère du démiurge ignorant et illuminatrice et sauveur de l'image divine capturée par le démiurge dans la forme humaine. Sophia est la Mère du Logos et prend donc place entre Dieu le Père et le Logos, le Fils. Pour les naasènes, Elle est la Source divine et Son message est : "Je donne naissance au père. C'est moi qui suis la tête. Je naquis des Eaux Primordiales" (Rig Veda).

L'existence d'une Sophia supérieure et d'une Sophia inférieure avec un Logos supérieur et un Logos inférieur et de l'Archonte nous donne une idée de la cosmogonie et de l'anthropogonie selon les gnostiques. L'homme et la femme doivent prendre possession de l'Esprit ou du Souffle supérieur afin de réintégrer leur qualité divine.

Sophia est parfois aussi nommée "Père-Mère" et Elle crie en ce monde :

"Je suis une étincelle de la Grande Vie. Qui donc m'a jetée dans la misère des Anges ?" (Ginzâ : CDLXIII, 27-28)

Dans la Triade, Sophia est Sagesse, hvhy est le Père et Adam le Logos.

Nous la retrouvons dans la figure de la Femme des Fidele d'Amore (56) et chez Dante :

"Je vois une Porte, et, au-dessus, trois marches pour y monter, de diverses couleurs, et aussi un portier, qui gardait le silence, et, à mesure que j'ouvrais plus les yeux, je vis qu'il se tenait sur la plus haute marche mais je ne puis souffrir l'éclat de son visage : il avait à la main une épée nue qui reflétait si fort les rayons vers nous que plusieurs fois en vain j'y portai mes regards, "Répondez d'où vous êtes : que voulez-vous ?" commença-t-il à dire, "où est l'escorte ? Prenez garde : car monter peut vous nuire."

"Une Dame du Ciel qui connaît ces choses" lui répondit mon maître, "tout à l'heure nous a dit : allez par là : là est la Porte" - Dante, La Divine Comédie, Purgatoire, Chant IX.

O Beata Béatrix, nous T'aimons et T'invoquons !

Myriam : Marie Madeleine, Myriam de Magdala, Marie, Notre Dame... Nombreux sont ses noms, d'Elle, il est dit : "Trois marchaient toujours avec le Seigneur. Marie sa mère, et la sœur de celle-ci, et Myriam de Magdala, que l'on nomme sa compagne, car Myriam est sa sœur, sa mère et sa compagne." (Évangile de Philippe 59. 6-11). Nous pouvons relier Myriam aux Vierges Noires et selon Pierre Plantard de Saint-Clair : "La Vierge Noire est Isis et son Nom est Notre Dame de Lumière". Elle est disciple et compagne ["l'Enseigneur l'a aimée" Jean 11,5] de Jésus et aurait reçu les enseignements secrets de Celui qui Enseigne; elle sera d'ailleurs le premier témoin de la résurrection de celui-ci [Jean 20, 18]. Elle est, selon l'Évangile de Philippe, Koinonos, compagne, du Christ.

Dans ce même Évangile, il est dit que le Christ l'aimait plus que ses autres disciples et qu'il l'embrassait souvent sur la bouche. Par là, nous voyons la place spéciale de Myriam dans le cénacle car le baiser sur la bouche est symbole de l'échange du Souffle et il n'est pas besoin de s'étendre sur la profonde signification de cette communication du Souffle.

Ici aussi, Myriam est l'Amante chantée par le Cantique des Cantiques, "Qu'il me baise des baisers de sa bouche..." (Cant. des Cant. I, 2). Yeshoua avait donc une "connaissance" charnelle certes mais aussi affective, intellectuelle, spirituelle et initiatique avec Myriam.

"Myriam, nous encore dit J-Y Leloup, c'est la femme de Désir (57), de tous les désirs, ceux de la chair sans doute, mais aussi ceux de l'âme et de l'esprit (le nous), et aussi de l'Esprit (Pneuma), car elle est comme l'Épouse qui se joint à Lui pour dire : "Viens !"" (Évangile selon Marie, J-Y Leloup).

Adam : [,da] C'est l'Homme Primordial, celui créé à l'image de la divinité, mâle et femelle. "Elohim dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine... Elohim créa l’homme à son image, à l’image d’Elohim" (Gen. 1, 26-27). Selon le Zohar du Cantique des Cantiques, Adam est constitué de tous les côtés - le Monde d'En haut et le Monde d'En bas- et son secret est en eux tous. C'est pourquoi le mot image est répété afin de signifier l'attachement aux deux Mondes mais aussi afin de montrer qu'"il y a deux Elohim, l'un mâle, l'autre femelle."

L'Homme transcendant, Adam ilaah ou Adam Qadmon, est la divinité dans Son Essence; l'Homme immanent, Metraton, est Sa Manifestation spirituelle ; et l'Homme primordial, Adam ha-Rischon, est Sa Manifestation sous la forme Esprit, Âme et Corps.

"Il y a deux genres d'hommes : l'homme terrestre et l'homme céleste. L'homme céleste, en tant que né à l'image de Dieu, n'a pas de part à une substance corruptible et en général terrestre. L'homme terrestre est issu d'une matière éparse, qu'il a appelée une motte. Aussi, dit-il que l'homme céleste a été non pas façonné, mais formé à l'Image de Dieu, et que l'homme terrestre est un homme façonné, et non pas engendré par l'Artiste. Mais il faut réfléchir que l'homme de la terre, c'est l'intelligence au moment où elle s'introduit dans le corps. "C'est celle qui est née de la terre et amie du corps, et que Dieu a jugée digne d'un souffle divin", et non pas "l'Intelligence née à sa Ressemblance et à son Image" (Philon, Commentaire allégorique des Saintes Lois, à propos de la Genèse II, 7)."

Origène, en son Entretien avec Héraclide, nous avoue d'Adam : "l'Ecriture dit que l'homme est deux hommes". Et Dom Rousseau de conclure en son "Origène : Homélie sur le Cantique des Cantiques" : "Origène s'étend longuement sur cette idée. Sur ces deux hommes, il établira comme deux structures, deux vies, l'une charnelle, l'autre spirituelle, deux intelligences : pûké et noùs, deux amours : éros et agapé."

"Le Saint Unique, béni soit-Il, a un Fils, dont la Gloire éclaire l'Univers d'une extrémité à l'autre ; c'est un grand Arbre puissant, dont le sommet touche au Ciel et dont les racines plongent dans la Terre Sanctifiée" (Mischpatim 105a). L'Adam personnifie donc l'Arbre sephirothique et c'est pourquoi le Zohar dit que le "divin Nom ADaM embrasse ce qui est en haut et en bas, grâce à ses trois lettres Aleph, Dalet et Mem."

"Ayons du repentir, et devenons l'Être humain [Anthropos] dans son entièreté ; laissons-Le prendre racine en nous et croître comme Il l'a demandé." (Évangile de Marie, 15-20)

Repentir et donc retour, techouva vers le Pneuma, LA Saint-Esprit, le Souffle, la Roua'h en dépassant l'intelligence et la pensée ordinaire, en allant au-delà du nous [métanoïa]. Laissons de côté le vieil homme afin de devenir l'homme nouveau, le théanthropos, Homme et Dieu, Fils de Dieu et de l'Homme...

Adam est l'État de réintégration accessible que cherchent les ophiens. Adam est androgyne... Et théanthrope.

L'Androgyne : Adam conçu à l'image de la divinité est androgyne, il est l'Homme et le Fils de l'Homme. De la dissociation naquirent Ish et Isha, l'homme de la terre en quelque sorte. Ceux-ci furent illuminés par la Connaissance grâce à l'intervention de la Sophia et de son agent Na'hash. L'homme de la terre doit chercher à réintégrer son état androgynal et ainsi se rapprocher de la Sagesse ultime. Les adeptes naasènes sont tous Fils de l'Homme en puissance. Devenir mâle et femelle ou ni mâle ni femelle décrivent la métanoia, ou conversion, le renversement total des valeurs. Les états mâle et femelle ne sont que deux aspects d'une multiplicité d'opposés appelés à s'unir et à s'interpénétrer.

Par ailleurs, dans certains courants tantriques, c'est le couple humain qui s'efforce de réaliser les noces divines, de manière à parvenir à une reconstitution de l'unité originelle, de l'androgynat divin.

Et nous conclurons sur l'Androgyne en citant ces passages du "Visage Vert" de Gustav Meyrink : "Si un homme réussit à franchir le pont de vie, il fait le bonheur du monde. C'est presque plus que si un libérateur lui était envoyé. Mais une chose est nécessaire : un seul ne peut atteindre ce but; il a besoin pour cela d'une "compagne de route". Par l'union d'une force masculine et d'une force féminine, seulement cela est possible. Là se trouve le secret du mariage que l'humanité a perdu depuis des milliers d'années".

Le Tantrisme - La Rose et la Kundalini : Loin de nous l'idée d'oser même brosser un tableau succinct du tantrisme. Nous manquons et de place et, surtout de connaissance. Toutefois, que l'on sache que nous ne développerons ici que le courant s'attachant à l'union des corps et des âmes

"Celui qui cherche l'amour dans l'espoir d'une jouissance est la victime du désir. Le sage accepte les plaisirs sensuels quand ils viennent, mais avec un cœur détaché. Il n'est pas victime du désir" (Gopala-Uttara-Tapini Upanishad).

La Kundalini est l'énergie subtile, identifiée parfois à l'énergie sexuelle, de caractère cosmique, latente et assoupie au bas de la colonne vertébrale et que certaines pratiques tantriques cherchent à éveiller. Dans le Yoga, sont mentionnés les nadis (canaux) - selon les yogins, il en existerait 72 - et les   (centres d'énergie) au travers desquels, du bas de la colonne vertébrale jusqu'au sommet du crâne, une énergie, appelée Kundalini, s'élèverait tout du long grâce à la pratique de certaines formes du Yoga. C'est au travers du nadi médian, le susumna, que monte la Kundalini, la Serpente...

Serge Hutin58 nous la décrit ainsi : "La Déesse-Serpent Kundalini, par laquelle les initiés tantriques symbolisent la force endormie tout en bas du corps humain, méthodiquement cultivée, procure l'illumination tout d'abord, mais bel et bien ensuite, la régénération corporelle, le rajeunissement et l'immortalité physique... Le Tantrisme suppose, sous sa forme ascétique radicalement solitaire, la totale "reconversion" de l'énergie sexuelle vers des buts supérieurs. Il s'agirait sans doute de faire servir le prodigieux capital énergétique individuel qu'est la sexualité à dominer totalement les mécanismes corporels jusqu'à pouvoir remodeler le corps de l'adepte".

La rose que Rome connaissait comme Fleur de Vénus était le signe de leurs prostituées sacrées. Les choses révélées sub rosa faisaient partie des mystères sexuels de Vénus qui ne devaient pas être révélés aux profanes.

On retrouvera plus tard le symbole de la Rose dans les cathédrales dédiées à Notre-Dame, la Rose Mystique... Sophia.

"L'image de Dieu est la Vierge masculine, et non la femme ou l'homme", Jacob Boehme.

Selon l'ancienne théologie de la Grèce, conservée dans les fragments orphiques, Éros, ou principe primordial d'amour, a été produit par le Temps et la Nécessité, agissant sur la matière inerte. On le représentait comme engendrant éternellement et il est, en termes latins, le Lucide parce qu'il se manifeste avec Éclat. On le dit aussi de nature double : mâle et femelle, active et passive. La lumière est son attribut primordial et on le nomme le Père de la Nuit car il attire à lui toute la lumière et en étant la fontaine qui la distribue au monde, il produit la nuit (59).

Dans le Banquet de Platon, l'Amour est dit être le plus ancien des dieux, sans père ni mère, "de tous les dieux, l'Amour fut le premier qu'enfanta la Prudence". "Ainsi donc, je le déclare, l'Amour est entre les dieux celui qui a le plus d'ancienneté, le plus de dignité, le plus d'autorité pour conduire les hommes à la possession de la vertu et du bonheur, aussi bien dans leur vie qu'après leur mort" (60).

En occident, les troubadours seraient les tantrika de la chrétienté.

Pour les initiés aux mystères, le Féminin était un concept à la fois corporel, mystique et religieux. Son énergie et sa puissance proviennent de sa sexualité et sa sagesse - la Sainte Sagesse - provient de la Connaissance de la Rose... d'Éros donc. Des auteurs modernes comme Margo Anaud et son "Art de l'Extase Sexuelle" ou A.T. Mann en sa "Sexualité Sacrée" célèbrent à nouveau le sexe comme moyen d'illumination spirituelle et de transformation.

La Rose des troubadours, symbole de l'Éros et de l'Amour, nous la retrouvons chez les Fidèles d'Amour, dont nous avons déjà parlé auparavant. A l'origine des Fidèles d'Amour est l'expérience amoureuse qui sera le début du développement spirituel qui transformera l'amour en amour de passion. Cet Amour doit ensuite être vécu de toutes les fibres de son corps, de l'esprit et de l'âme afin d'atteindre à l'état décrit par Dante comme étant le "cœur purifié", qui est l'illumination du cœur qui est vide de tout ce qui concerne les choses de l'extérieur et par là même de recevoir l'illumination intérieure et de donner son assentiment total à l'Amour. Ceci étant la condition absolue selon laquelle l'initié peut devenir un Fidèle d'Amour et recevoir alors les visions merveilleuses. Mais ce "choc initiatique" est lié à l'amour inspiré par la Beauté cachée de l'être aimé selon ce que Ruzbehan Baqli nous signifie en disant : "Tu es pour moi l'apparition de la beauté, ô mon Amie". Et l'on peut dire que la beauté même de l'être aimé suffit à conférer l'initiation à l'Ordre Invisible des Fidèles d'Amour. Cette beauté est une beauté cachée que découvre le Fidèle parce que l'Amour a ouvert en lui les yeux de l'âme. Cette expérience de la beauté de l'aimée est retrouvée chez la plupart des Fidèles d'Amour "connus", tels Dante, Roumi ou Ibn Arabi, ou même chez les plus modernes tels Raphaël, Nergal ou Novalis.

L'Amour, cette puissance absolue, maîtresse du monde et des destinées, indomptable et pourtant Lumière de l'Humanité, "car tu possèdes une grande puissance, ô Amour, toi seul as le pouvoir de faire descendre Dieu du ciel sur la terre. O combien puissant est ton lien, puisqu'il a pu enchaîner même Dieu... Tu l'as fait venir enchaîné par ton lien, blessé par tes flèches... Tu as blessé l'être qui ne peut souffrir, tu as enchaîné celui qu'on ne peut dompter, tu as attiré l'immuable, tu as rendu mortel l'être éternel... O Amour, combien grande est Ta victoire ! (61)"

Zagreus : Il est le serpent à corne de la mythologie grecque. Selon Nonnus, Zeus transformé en Dragon viole sa fille Perséphone. De cette union est produit un œuf cosmique d'où naît Zagreus, nommé le "petit cornu". Ces cornes font de lui un souverain, un roi à l'égal de Zeus et Héra, l'épouse de Zeus, jalouse, excite alors contre Zagreus les Titans qui se jettent sur lui pour le dévorer. Zagreus essaye de leur échapper en se métamorphosant en divers animaux, mais en vain. Les Titans le mettent en pièce alors qu'il s'est métamorphosé en taureau, ils font bouillir les morceaux de viande et le mangent, ne laissant intact que le cœur. Zeus avale alors ce cœur, et Zagreus renaît sous la forme d'un chevreau, et est connu alors sous le nom de Dionysos. Le culte de Dionysos- Zagreus aurait été introduit dans les Mystères d'Eleusis (62).

On peut rapprocher Zagreus-Dionysos d'Orphée par sa mise à mort par les Ménades et son nom en phénicien est Sabazios, le dieu de la végétation (qui était la primordiale fonction de Dionysos). Dans les mystères de Sabazios, le serpent jouait un grand rôle sous le nom de "dieu à travers le sein", ce qui nous est signalé par Clément qui en parle comme "le dieu à travers le sein, mais c'est un serpent et celui-ci est tiré à travers le sein du myste (63)". De plus, les cultes de Dionysos et d'Orphée sont réunis dans de nombreuses régions hellènes de l'Antiquité et selon Apollodore, c'est Orphée lui-même qui institua le culte de Dionysos.

Zagreus est le symbole de l'immortalité et reproduit les drames osiriens de la mort - par démembrement - et de la résurrection, drames qui perdureront jusqu'à aujourd'hui sous leurs formes christiques. Nous retrouvons aussi, dans une variation de ce mythe, l'homme comme étant le détenteur de l'énergie divine. Lorsque les Titans dévorèrent Zagreus, Zeus les foudroya et de la cendre des Titans naquirent les hommes. Chaque homme possède ainsi en lui une parcelle de Dionysos et quand l'univers prendra fin et que tous les hommes auront rejoint le royaume de l'au-delà, ces milliards de parcelles seront enfin réunis et Dionysos ressuscitera alors en son entier. C'est pourquoi les hommes aspirent à l'élévation des cieux car elles aspirent à se rassembler afin de retrouver leur demeure d'origine au sein du Dieu.

Le Nous : "Ton apparition, est-ce par la psyché [âme] qu'il voit ? Ou par le Pneuma [Esprit, Souffle] ?" "Ni par la psyché ni par le Pneuma ; mais le nous entre les deux, c'est lui qui voit..." (Évangile de Marie, 17-25). Donc, il existe un mode de perception qui n'est d'ordre ni spirituel ni psychique et donc ni naturel ni surnaturel. Il existe ainsi un troisième terme qui est intuition, imagination, vision , connaissance et amour, le nous... Ce troisième terme ne peut prendre sa place que dans l'Anthropos quaternel constitué du Pneuma [l'Esprit], de l'esprit [nous], de la Psyché [âme] et du Soma [Corps]. C'est par le nous que l'homme est ouvert à une dimension non spatiotemporelle pneumatique. En comprenant bien que le Pneuma ne soit pas véritablement une composante de l'homme mais la Réalité ultime qui en vivifie et anime l'ensemble. Avec la spiritualité il ne s'agit donc pas sortir de sa réalité corporelle et de ses corollaires émotionnels mais bien de recevoir une information donnée au corps, à l'âme et à l'esprit [nous] par la présence de l'Esprit [Pneuma] en vue d'une transmutation du corps et de l'âme et d'un éclaircissement de l'esprit-nous.

Le Pneuma ou Roua'h donne en fait le Souffle de vie qui offre la cohésion de l'Anthropos et lui donne par là la Vie. Le "bonheur" est par conséquent un état où l'homme tourne son esprit vers le Pneuma et en entend véritablement le souffle qu'il lui communique. L'esprit éclaire alors la Psyché qui transmet la lumière vivifiante au Soma. La nature du nous est de l'ordre de l'expérience mystique qu'Ibn Arabi nomme "l'imagination créatrice", l'Imaginal...

Cette connaissance "présentielle" où le perçu est l'image elle-même, là où les idées ne sont plus des états du moi mais des entités immatérielles distinctes de l'âme, et non une simple manière d'être de notre moi.

Le Baptême : Il existe en réalité deux baptêmes dans ce courant particulier. Le Baptême de l'Eau est celui de la mort et de la résurrection de l'adepte et celui de l'Eau de Vie ou Eau de Feu est le baptême secret révélé lors de l'Illumination finale de l'adepte. Que le lecteur se souvienne de ce que nous avons dit de l'amrita...

Ce texte est lu lors du baptême naasène :

"L'Esprit et l'Épouse disent : "Viens !"

Que celui qui entend dise "Viens !",

Et que l'humain assoiffé s'approche,

Que l'homme de désir reçoive

L'Eau de Vie, gratuitement"

(Ap. 22, 17)

Lilith : Nous reportons le lecteur à notre texte "Lilith au sein du mysticisme juif" pour une description plus large de cette forme "lumineusement sombre" de la féminité. Démon femelle, vampire et succube nocturne, rebelle à dieu et à l'homme inférieur, n'est-elle pas l'essence de la Femme libre, de cette Femme qui cherche l'Exil plutôt que le joug ? N'est-Elle pas Rose Noire au milieu des ronces, imaginale et introuvable comme la Lune Noire, et pourtant si présente en nos Inconsciences... Dans ses formes altérées Elle devient l'animatrice des pulsions sexuelles animales primaires, la parèdre de Pan dans les excès du sexe. Mais dans sa forme première, Elle est la "championne du matriarcat, de la féminité et du féminisme (64)".

Faisons ici référence - et non révérence ! - à Steiner qui, dans "Les mystères de la Genèse", nous donne un indice supplémentaire sur la Noire : "Nous devons donc considérer la collaboration des forces solaires de la lumière et des forces saturniennes des ténèbres comme une nécessité de l'existence. Lorsque les Elohim eurent mis à leur place les Esprits de la personnalité comme leurs subordonnés, ils durent leur adjoindre pour ce travail que la lumière allait accomplir sur les hommes et tous les êtres vivants de la terre, les entités saturniennes demeurées en arrière. Le travail de l'univers s'accomplit par l'action commune des Archés normalement évolués et de ceux qui étaient restés en arrière et agissaient dans les ténèbres. C'est ce que la Genèse décrit avec un réalisme étonnant lorsqu'elle dit : "Et Elohim nomma YOM (le jour) les esprits qui exerçaient leur action dans la lumière; quant à ce qui s'exprimait dans les ténèbres, il le nomma LILITH"... Ce sont eux qui agissent encore aujourd'hui pendant notre sommeil, la nuit, en exerçant sur nos corps physiques et éthériques une action régénératrice".

"Qu'il me baise des baisers de sa bouche..." (Cant. des Cant. I, 2) et Rashi d'expliquer le baiser par "Bouche de la Shekhina" et aussi "la Shekhina qui s'identifie à Lilith" dit "Je suis Noire" et le Saint lui répond "Tu es la plus belle des Femmes" (Zohar, II 97). Elle est noire du côté de l'Obscurité d'en haut, de la sephira Gueboura lorsqu'elle se renforce et Elle est belle du côté de la Première Lumière, c'est à dire la sephira Hessed. Et Elle s'écrie "Je suis Noire" du côté du Prépuce, "et belle" du côté de ce fil de grâce célestielle qui s'épanche sur Moi.

Voici ce que dit d'Elle ce texte gnostique, "Le Tonnerre"65 :

“ Je suis une étrangère,

et je suis de la cité.

Je suis l'être

et celle qui n'a pas d'être...

Ceux qui sont près de moi ne m'ont pas connue,

et ceux qui sont loin de moi, eux m'ont connue.

Quand je suis près de vous je suis loin,

et quand je suis loin je suis près de vous... ”

Et dont le destin peut être résumé par ce passage du poème de Francis Guibert

(in "Je Te Salue Lilith Pleine de Vide") : "Elle aura quinze ans à la fin du monde. Elle

se branle avec la main empaillée du cadavre de Dieu".

La Shekhina : La Shekhina possède une nature double, l'une divine avec la Divinité et l'autre terrestre et ténébreuse avec le monde d'en bas. Il existe ainsi selon le Zohar, deux Shekhina. Celle d'en haut représentée par le premier He du nom divin et celle d'en bas représentée par le second He du nom divin. Par le premier He, la Shekhina est la Mère Supernelle, la Déesse Inconnaissable. Par le He d'en bas, la Shekhina est l'Épouse de Samaël en exil. "Ces deux He en Dieu sont les deux Shekhina qui se retrouvent à l'origine dans la création de l'homme fait à son image en tant que Ève-Lilith" (Michel Desimon - in Lilith La Lune Noire).

Elohim : "Dieu, renfermant toutes les forces, tous les attributs, dieux, juges, anges, avec le sens de divin, excellent" (Dictionnaire Rabbinique hébreu-français, Sanders, Paris 1859). Tous les écrits traditionnels, qu'il s'agisse du corpus zoharique, des textes de Maïmonide, des écrits plus récents des mystiques et penseurs d'Europe Centrale, donnent comme signification première au Nom divin Elohim : "Maître de toutes les forces" (Roland Bermann, " Voie des Lettres, voie de Sagesse", Dervy).

Dans le second chapitre de la Genèse, son nom est hvhy-Elohim, celui dont les gnostiques disent : "... Le Démiurge voulut imiter la Nature Infinie, Éternelle, étrangère à toute limite et à tout temps. Aussi créa-t-il des temps, des moments, d'innombrables séries d'années, etc." (Hippolyte de Rome, Philosophumena, VI, 55).

"Pourtant, éveillons-les, comme des gens qui viennent de rêver de Dieu dans le plus beau des songes... Et exerçons-les à monter plus haut, pour avoir de la DIVINITE PURE une vision réelle, et contempler, enfin, Son Essence..." (Plutarque).

Templiers : Groupe de V.R.P., fondé par Hugues de Payns et institutionnalisé par Bernard de Clairvaux, qui s'implanta un peu partout dans la chrétienté dès le XIIème siècle avant que le roi de France, Philippe le Bel, ne lance une OPA agressive et qu'il n'en purge les effectifs trop peu flexibles au marché féodal. Leur philosophie eut une certaine influence qui perdure aujourd'hui encore dans les techniques de vente de Rien... On leur prête à tort ou à raison le culte du Baphomet et bien d'autres choses, dont le croisement des sabres... On en rencontre encore parfois entre midi et minuit.

Sources : Morgane World

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 21:12

Les oraisons du Serpent

2ème partie

1ère partie

par Spartakus Freemann

Dans le Jardin d'Éden, le Serpent ne s'adresse nullement à Ève mais à Isha, la femme créée d'Adam, mais non d'une côte mais de son côté : “ WaYiqah ‘Achat Mitsale'otayw ” Et donc, hvhy se saisit d'un côté d'Adam, le côté féminin, l'Épouse de l'Androgyne car ylo (Tsela') est le côté, ce côté qui va donc être révélé à Adam. Cette théorie avait été reprise et développée en son temps par François Lenormant dans son ouvrage inachevé, Les origines de l'histoire d'après la Bible et les traditions des peuples orientaux. Selon Lenormant, la traduction des Septante et de la Vulgate du verset 21 du chapitre II de la Genèse est fausse et il faut lire côté au lieu de côte et ainsi, le premier représentant de l'humanité aurait été créée avec une nature double, mâle et femelle, et la naissance d'Ève lors du sommeil d'Adam signifierait le dédoublement par section de l'Androgyne primitif (38).

L'Épouse Isha [hsa] est aussi le Feu, Esh [sa] et donc LA Feu !!! D'où le baptême du Feu Secret donné aux ophiens et dont nous reparlerons plus tard.

L'Adam est créé mâle et femelle et ceci nous est bien révélé par les noms Ish [sya], l'homme, et Isha [hsa], la femme. L'homme possédant le Yod divin, lettre du Tétragrammaton, lettre masculine par essence alors que la femme possède le h (He) Divin, lettre faisant également partie du nom divin, mais lettre d'essence féminine. Il nous faut toutefois préciser selon les termes de Paul Evdokimov ("La femme et le salut du monde", Paris, 1958) : "Ces deux mots, masculin et féminin, ne se limitent donc point à l'expression de la sexualité. Ils symbolisent deux aspects complémentaires ou parfaitement unifiés, de l'être, de l'homme, de Dieu".

Isha est assimilée à Bina (39), l'Intelligence, la Mère Divine, Ama. Alors qu'Adam est assimilé à ‘Hochmah (40), la Sagesse, le Père Divin, Abba. Mais, ils sont aussi les deux luminaires de la Création, le Soleil et la Lune.

Nous touchons ici à un point essentiel de la doctrine ophienne, doctrine qui relie le culte de la Femme comme vecteur de l'Éveil à la Connaissance.

Isha est l'Épouse qui doit s'unir à Ish son Époux afin de réaliser la hiérogamie divine. Mais avant cela, Isha doit réunir ses deux faces que sont Ève et Lilith alors qu'Ish doit réunir ses deux visages que sont l'Adam d'en bas et Samaël. De cette hiérogamie doit naître la Couronne, Kether (41). L'Adam Primitif, Androgyne primordial que nous sommes tous en puissance. "Au moment où elle se débarrasse de ses vêtements elle s'unit à son époux dans une proximité de la chair, comme il est dit “ Os de mes os et chair de ma chair, celle-ci sera appelée Isha car de l'homme Ish elle a été prise, c'est ainsi que l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et ils seront une chair une" (Gen. II, 23).

"Quitter" [‘Azob, bzi] c'est s'arracher une peau ! Car "peau" se dit ‘Or [rvi]. Nous retrouvons à nouveau le personnage du serpent avec cette symbolique de la peau que l'on doit quitter afin de devenir éveillé. Car ‘Or prononcé Our, éveillé, est le symbole d'un champ de conscience dont la lumière n'est que ténèbres par rapport à celle d'un champ nouveau qui nous appelle. Cet acte de quitter signifie donc abandonner nos critères de jugement, renoncer aux idées reçues, "ce que l'on croyait sage nous semble fou; ce que l'on croyait vrai devient relatif, voire faux", A. de Souzenelle.

Quitter le père et la mère et donc la conscience et l'inconscient auxquels nous sommes identifiés afin de prendre notre propre chemin.

Ish et Isha unit deviennent alors UN, Adam Supérieur en contact avec les Æons Supérieurs.

Nous voyons une intimité très profonde entre hvhy, Ish, Isha et sxn :

hvhy = 26

ISHA = 306

ISH = 311

sxn = 358

Et donc, 26 + 306 + 311 + 358 = 1001 !!! 1 est la valeur pour a (Aleph) et 1000 est la valeur de l'Aleph final, D'Aleph à l'Aleph nous sommes en présence du Point Initial et Unité Ultime et Primordiale. Ceci nous enseigne que le Serpent, IHVH, l'homme et la femme participent à l'unité en nous ramenant à l'UN, Achad, la Divinité. L'Aleph qui symbolise encore Kether, l‘Ultime Sephira de l'Arbre de Vie. Ils forment donc le stauros sacré avec ses quatre branches tournant autour d'un point central présent mais inconnaissable, croix tournant sur elle-même signifiant les cycles cosmiques de la création. Et comme l'a si bien écrit A. de Souzenelle : "BARA [arb], créer, contient le commencement et la fin. En créant, Dieu pose déjà la couronne [a] sur la tête [r] de la Création [b]. Créant sa fille, son royaume, dieu l'épouse."

L'Union de l'homme et de la femme donne aussi 306 + 311 = 617 = 14 = 5 par réduction arithmosophique. Le 5 est la valeur du Pentagramme et donc du microcosme. Alors que le Serpent et hvhy unis donnent 26 + 358 = 384 = 15 = 6, et le 6 est la valeur de l'hexagramme et donc du macrocosme. La divinité ne pourrait donc être complète sans l'homme et comme Marcile Ficin, ce Kabbaliste du XVe siècle, l'a écrit : "l'homme n'est qu'une syllabe du nom de dieu". De là, la certitude que le monde d'en haut n'est pas totalement séparé du monde d'en bas, tel ce fameux principe de la Table d'Emeraude : "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas" ou encore selon le principe kabbalistique "Malkhut est en Kether et Kether est en Malkhut".

Après l'épisode de la Tentation, Isha devient donc Ève, ‘Hawah [hvx], la "Mère de toute vie", ce qui est signifié par le lien entre ‘Hawah et ‘Hayah [hyx], vivant, vie. Toutefois, Isha n'est dès lors plus entière et ne peut plus remplir le rôle de l'Isha Primordiale. Adam est également séparé d'une part de lui-même. Car, ils ont évolués, l'un vers la création de la vie par le h (He) en un cycle où Adam participe de son y (Yod). Cependant, l'homme étant co-naturel de la divinité, comment pourrait-il, par sa propre "faute", échapper à la nature divine dont il est partie intégrante ? Car, nous devons nous souvenir que l'homme est un "Demuth", une ressemblance de dieu [tvmd] de racine DAM [,d], le sang comme il est écrit : "Faisons (42) l'homme à notre image et comme notre ressemblance" (Gen. I, 26). De là, le nom d'Adam prend sa valeur ,da (Aleph Daleth Mem), et donc il est bien la matrice [signifiée par le m] de la vapeur [AED, da], ressemblance de dieu qui lorsqu'il est accompli est "kelohim" [myhlak], "comme Elohim", de valeur 666 !!!

Il faut à présent essayer de comprendre pourquoi Sophia Achamoth au travers du Serpent a   utilisé la femme et non l'homme dans le but de passer à ce nouveau stade de la création. Car, après tout, n'est-ce pas la femme, sous la forme d'Isha-Mère de tous les vivants, qui, pour la première fois a envisagé de devenir l'égale de la divinité en touchant à l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal ? Toutefois, cet acte serait resté stérile sans l'homme, l'Epoux. Concernant le but recherché par le serpent, nous reportons le lecteur à notre article "La lettre Teth et le Serpent". Toutefois, soulignons que ce "défaut" dans la création a toute son importance dans la transmutation d'Adam qui doit acquérir la divinité par un travail personnel car, que vaudrait une divinité offerte sans la compréhension et la sagesse que l'on acquiert en la recherchant ? Ainsi, toute l'aventure humaine sera de "réparer" ce défaut du plérôme (43) afin de transmuter dieu et de se transmuter lui-même. Nous retrouvons chez les kabbalistes ce concept dans la théorie du TSIMTSOUM d'Isaac Louria44 et plus particulièrement dans le TIKKUN (réparation) dans laquelle l'homme et dieu cherchent à parfaire la création. 

Mais quel serait ce moyen de se réparer si ce n'est la hiérogamie de l'homme, Époux, et de la femme, Épouse. Cette hiérogamie doit être union des corps autant qu'union des esprits. "Adam connut Ève, sa femme, elle conçut et enfanta Caïn." (Gen. IV, 1)

Nous arrivons donc au moyen que l'homme et le femme peuvent utiliser afin de se parfaire et d'évoluer tout en remontant vers leur nature divine.

Selon les kabbalistes naasènes, il ne s'agit pas simplement, lors de l'acte sexuel, de connaître sa femme mais également d'en connaître sa part de divinité. Se connaître lors de la relation sexuelle reviendrait à "reconnaître" mutuellement l'étincelle divine sertie en chacun de nous.

Il existe donc un secret des relations de l'homme et de la femme qui serait le fondement de la vérité intelligible et constituante de la relation spéciale entre l'humanité et la divinité. La "Lettre sur la Sainteté (45)" explique ainsi la relation de Connaissance entre l'homme et la femme : "Sache que la conjonction de l'homme et de la femme comprend deux modes. Le premier mode : cette relation est quelque chose de sain et de propre lorsque la chose se passe comme il convient, aux temps convenables et avec une intention juste. Que nul ne pense qu'une relation convenable comporte quoique ce soit de vil ou de laid... car la relation convenable est appelée Connaissance".

L'acte sexuel permet de connaître dieu et de lui ressembler. "La relation sexuelle comprendrait donc le secret de la vie divine, non seulement de la vie comme structurant l'existence divine, mais comme la spécificité même du dieu vivant" (Gérard Israël, Volupté et crainte du ciel, Payot).

La relation sexuelle est spirituellement indispensable à l'établissement et à la conservation du lien intime qui rapproche les deux pôles de la création. De même, la "Lettre" dit : "La conjonction selon les formes requises, de l'homme et de la femme est comparable à la création du ciel et de la terre." Et le Talmud de poursuivre : "Quand l'homme se joint à sa femme dans la sainteté, la Chekhina est entre eux selon le secret de Ish et Isha." (Traité Sota 17A). "Toute âme mâle est déjà unie à une femelle, de sorte que le mariage d'ici-bas ne fera que confirmer cette union céleste." (Zohar, I 85 G)

Ainsi, l'acte sexuel est Connaissance et donne la Connaissance qui mène à la divinité.

"Comme grain de semence de la connaissance, l'Amour" Rig Veda, 10, 129.

Et la "Lettre" de continuer : "Quant au secret de la Connaissance que je t'indique, il s'agit du secret de l'homme en tant qu'il est composé du secret de la Sagesse de l'intelligence et de la Connaissance; car l'homme est le secret de la sagesse (‘Hochmah); la femme le secret de l'Intelligence (Bina) et de la relation sexuelle pure, le secret de la Connaissance. Tel est le secret de l'homme et de la femme, selon le secret des chemins de la tradition intérieure." La tradition intérieure étant cet état suprême recherché par les kabbalistes.

Nous voyons ainsi, sans entrer dans les considérations moralisatrices des rabbis, que l'union du serpent et de la femme participe à une initiation à la Connaissance et que cette Connaissance est le secret révélé par la relation sexuelle de l'homme et de la femme. Dans ce cadre, le Serpent n'est que le véhicule de la Sagesse Suprême, la Sophia Achamoth que l'on peut assimiler à la Source Ayin (i)...

Et en hébreu, Ayin, la source, est également l'œil et a pour valeur 70, shivaïte. Et shiv'aim nous ramène à la racine shive'a. Et de là, nous sommes devant Shiva qui de son "oeil" détruit tout ce qui ne ressort pas de l'éternité. Shive'a se traduit aussi par le nombre 7 traduisant l'abondance. Nous sommes donc devant ce feu de l'amour divin, LA Saint-Esprit, qui détruit ce qui a été fait afin d'aller plus loin...

Les Ophiens, ou Naasènes n'adorent donc pas le Serpent pour lui-même mais pour sa fonction et en tant que véhicule de la Sophia. Ils adorent donc la Femme Supernelle au travers de toutes les femmes et ils disposent l'image de Celle-ci à l'Est avec le He et le Shin, place de Bina et de l'Intelligence.

Le rôle de la Femme dans ce système est donc central et comme il est dit dans l'Évangile de Thomas : "Simon Pierre leur dit : que Marie [Madeleine] sorte de parmi nous car les femmes ne sont pas dignes de la vie ! Jésus dit : voici, moi aussi je l'attirerai pour que je la rende homme afin qu'elle aussi devienne un esprit vivant, pareil à vous les hommes ! Car toute femme qui se fera homme entrera dans le Royaume des Cieux" (Logion 118). La femme est ainsi liée à Isha par sa nature et à l'image divine scellée dans sa chair elle est donc pneumophore. "Son sacerdoce lui est intrinsèque" nous dit A. de Souzenelle (Le Féminin de l'Être).

Les Portes mystiques ne peuvent donc s'ouvrir que par la pure union sexuelle de l'âme afin de lui permettre à nouveau d'atteindre, par le cœur fidèle de la femme, le "Véritable Homme Parfait". Au travers de l'homme, la femme ; au travers de la femme, le monde ; au travers des deux, les espaces de la vie céleste ; au travers de ceux-ci la Divinité elle-même.

Dieu étant à l'image de l'homme et donc mâle et femelle, on ne peut dissocier Bina de ‘Hochmah, ‘Hochmah qui est la Gloire de Dieu, "Bénie soit la Gloire de IHVH en son lieu" (Ez. XIII, 12) Et le Bahir 132 de conclure : "Et que signifie "en son lieu" ? Cela se compare à la fille d'un roi venue de loin. L'on ne savait d'où jusqu'à ce que l'on vit qu'elle était une femme forte, belle et opportune dans tout ce qu'elle faisait. On disait alors : Elle vient sûrement du côté de la lumière puisque par ses actes le monde devient lumière. On lui demanda : D'où viens-tu ? Elle répondit : De mon lieu..."

Donc, la Sagesse est masculine, la gauche, et l'Intelligence féminine, la droite. Dans le récit biblique, Salomon est synonyme de Sagesse alors que la Reine de Saba vient de la droite et incarne l'Intelligence qui vient tester la Sagesse.

La Sagesse dit encore : "Moi, la Sagesse j'habite la ruse et je découvre la Connaissance des projets." (Prov. 25, 2)

Et Salomon, la Sagesse, de s'exclamer devant la Sulamite, Bina, l'Intelligence : "C'est elle, l'UNIQUE, ma colombe, ma parfaite [...] elle apparaît comme l'aurore, belle comme la lune, immaculée comme le soleil, terrible comme les étendards [...]" (Cant. des Cant. XI, 12).

"Il n'a pas vécu ici-bas celui qui a vécu sans ivresse et celui-là n'a pas de raison qui n'est pas mort de son ivresse" (Al Faridh, "Al-Kamziya"), ivresse source du Chant des Chants, symbole de la jouissance et du Jardin de jouissance, l'Éden, ‘eden, jouissance, mot qui retourné donne le verbe "connaître", et donc, la connaissance est impliquée dans la jouissance et la jouissance dans la connaissance. La jouissance est par conséquent créatrice. Et la Connaissance totalement acquise sera ivresse au-delà de l'ivresse telle que chantée et dansée par les soufis !

Et écoutons pour finir Annick de Souzenelle (Le Féminin de l'Être) : "Interdire la relation érotique et l'identifier au mal, de la part des “ autorités ” religieuses - car tel est le mode relationnel de l'Église occidentale -, était confondre la spiritualité avec la religiosité et identifier la mystique au mal. Limiter les relations dites amoureuses aux besoins de la procréation et en éradiquer la jouissance était couper l'être de son orient, donc de lui-même, et lui interdire l'Éden, voire le réduire à une fonction animale pour mieux l'asservir. [...] Il existe une technique des jeux de l'amour comme il y a une technique de la prière, et je n'associe pas fortuitement les deux. [...] elle implique que l'homme sache reconnaître l'UNIQUE au milieu de la multitude, sa femme-sœur qui, devenant épouse, sera une; elle implique la réciprocité de la femme et, sans faiblesse, sa miséricorde."

"Je suis Toi et Tu es Moi

Là où Tu es, Je suis.

Et d'où que Tu le désires

Tu Me rassembles

Mais en Me rassemblant

Tu Te rassembles Toi-même".

L'Évangile d'Ève

 

La Fraternité du Serpent aujourd'hui.

Le texte qui suit est un manifeste naasène moderne dans lequel nous pouvons lire les fondements de la vision du monde et du champ initiatique qu'ils développent

aujourd'hui.

"Nous travaillons avec le Serpent car il est l'Unique, celui dont parle la Bible, Nun 'Heth Shin, Na'hash, d'où parfois naaséniens est le nom donné à ses adeptes.

Ce groupe travaille principalement, mais pas exclusivement, à partir du matériel de la Kabbale extatique, sa doctrine est basée sur l'idée que NHS est l'agent de libération, libération par la Connaissance. Donc Gnose. Comme l'a dit très justement un jour notre Ami B.N. : "On nomme ainsi la Fraternité gnostique de l'Egypte et du Proche-Orient, connue aujourd'hui comme alors sous divers noms, et possédant des mystères et des rites secrets particuliers. Un serpent vivant, représentant le principe du Christ (et non pas une vulgaire incarnation matérielle) était, et est toujours utilisé lors des mystères et vénéré comme symbole de la Sagesse, ou Sophia. Le Christ des Ophites n'est en rien le dieu fait homme mais plutôt l'Éternel Initié, le Pèlerin signifié par des centaines de symboles ophidiens au cours des milliers d'années ayant précédé l'ère vulgaire".

Selon nous, il n'y a aucun antagonisme entre dieu et diable en tant qu'énergies participant à l'univers. D'ailleurs, dieu en tant que créateur y est présenté comme perfectible, l'homme et la création étant libres en raison de l'acte de rébellion consentie par dieu lui-même afin de permettre à l'homme et à la création de poursuivre le chemin libre et propre qu'il se choisira. Le but restant une amélioration de l'homme - non au point moral - mais disons sous forme de réintégration de sa propre divinité.

Nous rejetons tous les dogmes religieux, le péché originel, le péché tout court, car comme nous le dit si bien l'Évangile selon Marie : "Il n'y a pas de péché. C'est vous qui faites exister le péché...". Nous rejetons le diabolisme comme contre culture, l'angélisme comme sous forme du déisme, nous n'acceptons aucun intermédiaire entre nous et NHS, nous ne cherchons pas à convaincre, ni à convertir, nous sommes. Nous n'acceptons pas plus les théories gnostiques prônant une vision maléfique de la matière ou une dichotomie esprit-matiere. Nous n'adorons aucune idole, aucun livre, aucun saint ou contre saint, aucun ange ou démon. Nous nous assimilons à NHS.

Nous n'avons aucun grade, aucun chef, aucun lieu de réunion, car nous sommes par nous mêmes, libérés des causalités de la religion et du grégarisme sociétal. Nous sommes enfin les fils du serpent au même titre que tous les humains. Nous ne sommes ni supérieurs ni inférieurs ni autres. Notre seule particularité est d'avoir cherché le contact et l'union avec NHS.

Nous ne pratiquons aucune magie collective autre que celle pratiquée par l'initié et l'initiateur. Nous ne pratiquons pas la Magie Sexuelle même si le Serpent connut Ève et que ce fut le premier mode d'initiation. Nous pratiquons les trois oeuvres de la nature, noire, blanche et rouge avant que d'être homme-vert en une quatrième phase. Nous cheminons sur l'Arbre de Vie à la recherche de l'Arbre d'Éternité, non pour être immortels toutefois.

Nous voulons des êtres libres de leurs propres fantasmes mais aussi des êtres autonomes et conscients de leurs conditions.

Au sens de la recherche de la gnose et de l'union avec NHS, au sens où nous cherchons la voie mystique et extatique avec la magie et la méditation, nous sommes des illuminés mais ni de Bavière ni d'Avignon...

Nous sommes ceux qui rampent et mangent la poussière, ceux qui se dressent pour frapper, ceux qui se lovent pour méditer, ceux qui s'enfouissent sous terre pour éviter les rayons de la curiosité.

Nous sommes sans maîtres, sans dieux, sans religions, nous sommes sans liens entre nous car tout groupe est vampirique par essence et l'homme est seul de sa naissance à sa mort, seul il sera dans la tombe comme il l'était dans le ventre de sa mère. Il n'y a pas de sauveur, il n'y a pas de corrupteur, il n'y a pas de racheteur ni d'intercesseur, il n'y a que l'homme.

Nous lisons et méditons tous les livres sacrés car ils sont l'essence de l'Un qui n'est pas définissable en bien ou mal. Nous n'acceptons aucune morale imposée, nul jugement des dieux ou des gueux. Notre venin enfin nous protège contre les fous et les adorateurs, les scientistes et les folles de dieu-diable. Voilà ce que nous sommes... Nous sommes brûlants et nous sommes les Beni Na'hash ou Aroumim."

 

3- LE BIEN ET LE MAL SELON LA VISION NAASENE

 

[le texte qui suit provient d'une discussion avec un naasène moderne, nous le plaçons ici afin de faire comprendre leur vision du bien et du mal par rapport à notre culture judéochrétienne]:

"Ce qui est fou c'est ce besoin de séparer le bon et le mauvais. Comme si dieu se foutait d'être bon ou mauvais. Quand je dis dieu, je ne parle pas des représentations humaines mais de ce qui est à la source de tout. Dieu est et se contente d'être. Pourquoi se soucierait-il de nos petits malheurs ou bonheurs de fourmis ? Le plan est bien plus global que nos humeurs et désirs d'anthropomorphisation de lui. Mais l'homme veut se retrouver dans ses dieux, c'est pourquoi ils sont tous aussi imparfaits en nature ou en essence. Ils sont bons ou mauvais ou crétins... Pâles reflets ou sublimations de nous... Toujours... Satan ? Un réservoir humain de natures mortes, une antithèse pitoyable de dieu car toujours humaine. Les égrégores "dieu" et "diable" sont les inconscients de l'homme. Cet inconscient peut faire l'équilibré ou le désaxé... Selon...

Diabolein et Sumbolein : Ils ne sont pas opposes mais représentent deux reflets d'une même réalité. Je ne reviendrai pas ici sur la sémantique des deux termes : diable et symbole ce qui n'avancerait à rien. Mais un sumbolon est au départ un morceau de pièce d'argile qui permettait une fois réuni à son COMPLEMENTAIRE d'obtenir la pièce en son ENTIER. Ce n'est pas une réunion des contraires mais des complémentaires qui aurait pour objet de découvrir une réalité inconnaissable par la détention des deux morceaux pris isolement. L'acte symbolique serait alors de reconstruire ce qui a été séparé. On pourrait dire que faire un puzzle serait sumbolon.

Un Diabolein est une séparation d'un TOUT en morceaux séparés avec l'intention de ne point les réunir. Ici, on pourrait dire que le Diabolein c'est détruire un vase de chine avec cette seule idée. Diabolein dans ce contexte serait alors le mal ? A voir... Acte de séparation au lieu de réunion.

Diabolein et Sumbolein sont donc deux forces opposées ET complémentaires, un peu comme les forces centrifuges et centripètes qui font que la terre tourne autour du soleil.

Ainsi, le "diable" serait celui qui empêche l'homme de revenir à dieu... Ainsi, avant de découvrir son HGA46 (Sumbolein de l'homme intégral), l'homme doit d'abord passer par la création, la connaissance et conversation avec son Satan (Diabolein)... Avant le blanc, le noir..., puis le rouge et le vert... Disons que l'image du diable donnée par le judéo-christianisme n'est que le résultat de la fusion de différentes figures antiques. Regardons Diane, par exemple, que l'on a récupérée dans le courant sorcier mais en oubliant que son visage éternel et véritable n'est pas la Diane des sorciers qui résulte d'un abâtardissement d'anciens cultes divins, de légendes etc... La Grande Diane est bien plus que ce qui est invoqué par les wiccans. Lilith est plus qu'un démon... Le Grand Cornu et le Petit Cornu sont bien, bien plus... L'oublier c'est périr... Les rites de Dionysos par exemple pourraient bien être les ancêtres des sabbats sorciers...

Ce que nous voulons dire, c'est que le diable ou Satan sont une invention de la culture judéo-chrétienne qui voulait fixer les limites entre SON bien et SON mal... Nous pensons que les dieux doivent bien en rire... Ou en pleurer.

Le "Mal" est-il une déficience du "Bien" ? Non, le "Mal" n'est pas une déficience du bien dans l'absolu. Le Mal est une des manifestations de l'univers. L'entropie est nécessaire pour qu'un ancien monde se meure et qu'un nouveau naisse. Sans ce balancement de forces, pas d'évolution. C'est pourquoi il ne pouvait pas ne pas y avoir ce que les cagots appellent la "chute" car sans elle, pas d'histoire, pas d'évolution, pas d'Œuvre humaine... Un troupeau d'anges et deux humains au milieu d'un verger passant leur temps à contempler Sa Face... Pas très dynamique comme espoir en la Création.

Tout est outil dans l'absolu. Ainsi, il est certain que l'énergie "négative" produit des égrégores dits "malins" mais cela n'a rien à voir avec le Cosmos... C'est un outil perverti ou utile - cela dépend - que les HOMMES ont créé... Créé à partir d'une énergie positive ou négative, positive et négative, qui est neutre moralement. C'est nous qui confondons moyens et buts... Pas Lui ou Eux ou Elle...

Les guerres, la maladie etc... Sont-ce des émanations du "Mal" ou des symptômes d'une perfectibilité de l'homme et de la nature ? Le lion qui tue pour manger, bienou mal ? Ni l'un ni l'autre. Sans mort, il ne peut y avoir de renouveau... La douleur ne vient pas uniquement de notre esprit. Et si notre esprit est d'essence supérieure alors cela signifie que nous souffrons de ne pouvoir mieux équilibrer les forces en présence ou d'en comprendre encore la finalité. De l'insensibilité à la sensibilité, première évolution de l'homme. De la sensibilité à la compréhension, deuxième évolution à prévoir.

Selon nombre de gnostiques, le monde est méchant. Nous ne sommes pas d'accord avec cette vision car c'est un jugement purement humain et subjectif qui démontre une incompréhension de la vie elle-même. Il y a la germination, la vie, la mort, la putréfaction et la renaissance. Ceci depuis des Æons et pour encore bien des Æons. En tant qu'humain, nous sommes le produit de l'Amour, d'une fusion de deux êtres, après la maturation interne, nous naissons et ensuite nous vivons pour une période plus ou moins longue. La mort est une conséquence de la vie, un passage nécessaire, plus ou moins douloureux mais nécessaire. De notre corps en putréfaction surgiront de nouvelles vies, microscopiques ou plus évoluées, de la dissolution de tout cela nous participons alors au Grand Tout. Penser que le monde est méchant parce que le lion mange la gazelle est un postulat tout aussi irrecevable. Nous participons tous, des microbes aux dieux, à la ronde de l'existence. La Vie est Énergie, ni bonne ni mauvaise, c'est nous qui collons l'étiquette "mal" sur ce qui ne nous convient pas...

Écoutons donc ces paroles pleines de sagesse de Celse (47) : "Il ne saurait y avoir ni plus ni moins de mal dans le monde, autrefois, aujourd'hui, à l'avenir : car la nature de l'univers est UNE et la même, et l'origine du mal est toujours la même [...] Il ne peut y avoir plus ou moins de mal dans les êtres mortels."

Maladies, injustices, guerres, meurtres, il est trop facile de chercher un coupable...

En ce sens, NHS est le révélateur de la Lumière et de la Ténèbre [LA Ténèbre car elle est une et non multiple et néfaste comme le sont LES ténèbres] qui ne sont que des émanations de l'un. La Connaissance est connaissance des oeuvres, des origines, des buts et surtout l'outil de la libération. La Connaissance a offert la liberté de choisir entre le bien et le mal et donc d'évoluer sur l'Arbre de Vie. Bien et mal ne se concevant que comme des vibrations différentes d'une même mélodie cosmique. Le mal est ce qui t'enchaîne et te fait involuer et le bien serait ce qui te libère et te fait évoluer.

Passer l'interdit du Maître [que représente dieu] c'est la première porte de l'adepte. Sans une remise en cause de cela tu ne peux évoluer. Ainsi, dieu ayant créé NHS lui-même, NHS n'étant qu'un ange et donc sans libre arbitre comme l'homme, il ne pouvait que participer à un schéma inclus dans l'œuvre de la Création elle-même. NHS libère l'homme de la tutelle de dieu parce que dieu l'a ainsi voulu. NHS est à ce moment un déclencheur. Et dieu peut alors dormir sur ses deux oreilles car nous sommes à même de comprendre nos actes et d'évoluer ou d'involuer selon notre propre liberté. Un dieu tutélaire serait intolérable...

Lumière - Ténèbres : nous disons LES ténèbres pour signifier la division du mal, la multitude et de la multitude naît le désaccord etc... Alors que LA Lumière est une car issue de dieu. Seulement il y a aussi LA Ténèbre qui est elle aussi émanée de dieu. On utilise LA Ténèbre par opposition aux ténèbres pour marquer l'unicité de la démarche. Rien à voir avec les fantasmes démonomaniaques. La Ténèbre est belle et aimante mais est-elle absence de lumière ou concentration de lumière en son sein ? Ou bien comme lorsque l'on regarde le soleil en face, un trop plein de lumière ? La Ténèbre existait avant la Lumière, la Ténèbre n'est pas mauvaise, elle est celle qui couve la lumière, l'écrin de la lumière. En To Pan...

La morale est-elle divine ? Nous n'en savons rien et des milliers de philosophes avant nous n'ont pu mieux répondre. En fait, la question n'a pas de sens. Comme de savoir si dieu ou diable est bon ou méchant... Car en fait, la Vie est avec sa sœur Mort. Et citons alors l'Évangile des Égyptiens : "Marie demanda au Seigneur : Maître, quand finira le règne de la Mort ? Et Jésus répondit : Lorsque vous autres femmes ne ferez plus d'enfants... Lorsque vous aurez déposé le vêtement de honte et d'ignominie, lorsque les deux deviendront un, que le mâle et la femelle seront unis, qu'il n'y aura plus ni homme ni femme, alors finira le règne de la Mort..."

C'est un peu la théorie des qlipoth. En fait la Création n'était pas parfaite dès le départ car, si elle l'avait été, il n'y aurait pas eu brisure des vases [chevirah] et donc possibilité de réparation [tiqqoun]. Ce qui laisse penser que notre état ici et maintenant est de retrouver le chemin de la perfection par la voie kabbalistique et alchimique. Pour le Créateur quel aurait été l'intérêt d'une Création parfaite et immuable, d'un homme soumis tels les anges ? Cela n'a rien de cruel mais au contraire c'est une éducation qui doit nous faire atteindre à l'état de dieu.

Mais la Création est nécessaire comme Voie de Purification. Dieu est peut-être imparfait et sa Création venant de lui ne pouvait donc qu'être imparfaite... Et si l'on avait été créé afin de nous perfectionner et aider le créateur à se perfectionner avec nous ? Ou alors, si rien n'est bien ou mal, parfait ou imparfait, la Création ne serait-elle pas acte d'Amour absolu ?

Cela ne pouvait être un plan d'action valable et donc, la Création, ou son processus, contenait une part de hasard qui ne pouvait que causer une imperfection. Et que cette imperfection soit un cadeau devant permettre à la Création de trouver SON PROPRE chemin en toute liberté et donc de permettre à l'homme de choisir son destin ? Construction merveilleuse ou fin pitoyable... Selon le chemin que l'homme se sera choisi...

"Tu partiras de chez ton père et ta mère...", tu quitteras donc les pas tracés par le créateur afin d'arpenter ton chemin... "Dieu" peut aider ou faire chuter mais c'est à l'homme, libre et pouvant choisir, qu'il appartiendra de retrouver l'Arbre d'Éternite... Encore une fois, imaginons dieu nous poussant comme des enfants et donnant les réponses à notre place... Pas très illuminant, si ? Et imaginons un être dont le but serait de chuter et de faire chuter... Afin de disparaître dans l'entropie de son propre combat ?

Le mal est une dysharmonie mais il y a-t-il une harmonique sans disharmonique ?

Le mal est donc une conception humaine qui n'a pas vraiment sa place ici. Il y a ce qui nous fait évoluer et ce qui nous fait involuer. L'involution pouvant s'approcher de notre conception du mal... Par rapport aux animaux, notre intellect [ou esprit ou âme ou les trois] nous permet de concevoir ce qui fait du bien et ce qui fait du mal. La douleur est associée au mal mais est-ce un mal ?

D'où la nécessite de revenir à l'Unité qui est la source, oui c'est pourquoi il faut se sortir du moule pour être soi et peut-être alors être dieu véritable sur terre. Il ne faut pas de morale ou de contre-morale il faut être a-moral, et peut-être est-ce le sens donné par Nietzsche à son surhomme. A-moral, n'accepter que ce qui est nous et non ce qui est extérieur et mort. Nous sommes tous, enchaînés aux bords de la rivière, nous sommes des Morts qui croient être vivants... Seuls ceux qui nagent dans le courant, dans cette eau fraîche de la Vie, savent ce qu'est être vivant et libre.

Corps, âme, esprit, tout est Un. Si notre corps meurt, notre esprit meurt. Si notre esprit meurt, notre corps meurt, si notre âme nous quitte, tout est perdu. Refouler son corps est aussi faux que de refouler son esprit. La matière n'est pas mauvaise per se, mais un outil. Idem avec le corps, c'est un outil et un ami. Et pour citer nos frères soufis : "Le paradis du connaissant fidèle, c'est son corps même, et l'enfer de l'homme sans foi ni connaissance, c'est également son corps même".

Le dualisme corps-esprit ou matière-idée est une erreur. Il faut réunir le tout. La matière est-elle un résidu de l'imperfection inhérente à la Création ? Oui, mais elle est tout aussi d'essence divine. D'où la nécessite de transmuter l'âme, l'esprit mais aussi le corps. Ainsi nous transmutons dieu [âme], l'humanité [esprit] et la "Création" [corps]... Pas d'avancement sans cette triple oeuvre en trois étapes...

La Sophia, Sagesse, est en tout et en tous... Parfois un peu plus engluée ou endormie... La Sophia est cette part de "dieu" que nous devons transmuter en nous et dans le monde. Attention ici, lorsque nous parlons de reconstruction, de réintégration etc. nous ne parlons nullement de morale. C'est un processus quasi physique ou mysticophysique. Nous aimons bien la gnose dans le sens où c'est une forme de récit "hérétique" qui nous parle de la réalité du monde. Mais il faut s'en détacher au niveau de la morale et des narrations mythologiques absconses.

L'immortalité existe-t-elle ? Non, pas vraiment selon nous. Car si notre esprit meurt notre corps est éternel en ses milliards de transformations, nourriture pour les  insectes, ferment, enfin, engrais qui permet à la fleur de pousser... Et l'initié de dire alors "JE SERAI TOUT CELA ALORS ET DEPUIS TOUJOURS". Chaque partie de notre corps est le fruit d'une offrande faites par d'autres parties et d'autres êtres... Nous serons offrande à notre tour...

Notre esprit survivra-t-il si nous échouons à découvrir la divinité intérieure ? Mais l'esprit survit-il dans tous les cas ? L'âme sans doute, âme au sens de "ligne de force de destinée", une forme de codage...

Il y a chez nos Frères les Druses une doctrine qui est très proche de la nôtre. En voici une synthèse aussi fidèle que notre mémoire le peut.

Le Père envoya des serpents venimeux afin qu'ils mordent et tuent ses enfants. Et pourtant Il nous demande Il nous commande de pardonner ceux qui nous font du mal. Et cette loi n'est pas un mandat de Sa Volonté mais une expression de Sa Nature.

Un autre Serpent, le Saraph, sur Terre, est le Ministre de la Mort. L'image d'un autre, le Nehushtan, hissé sur un signe de pouvoir, est le contraire de la mort.

Les premiers Sages qui cherchèrent la Cause des Causes virent le Bien et le Mal en ce monde : ils observèrent les Ténèbres et la Lumière; ils comparèrent l'Hiver et le Printemps, les Anciens Âges avec les Nouveaux, la Vie avec la Mort, et ils dirent, "la Première Cause est Bienveillante et Cruelle car Elle donne la vie et la détruit."

"Existe-t-il par conséquent deux Principes contraires, un Bon et un Mauvais ?" crient les disciples de Manès.

Non, les deux Principes de l'Équilibre Universel ne sont pas contraires l'un par rapport à l'autre, même s'ils sont en opposition apparente. C'est en vérité une Unique Sagesse qui les oppose l'un à l'autre.

Le Bien se tient sur la Droite, le Mal se tient sur la Gauche, mais le Bien Suprême se tient au-dessus d'Eux et il fait servir le Mal au Triomphe du Bien, et le Bien à la réparation du Mal.

L'équilibre humain requiert deux pieds, les mondes évoluent au moyen de deux forces, la naissance nécessite deux sexes. Ainsi est la signification de l'Arcane de Salomon figurée par les deux colonnes du Temple.

L'équilibre est la résultante de deux Forces. Si les deux forces sont absolument et toujours égales, l'équilibre sera l'immobilité et la conséquence, la non-vie. Le Mouvement est le résultat d'une prépondérance en alternance. L'impulsion donnée à un fléau de la balance détermine le mouvement de l'autre. Les contraires agissent donc sur les contraires par connexion analogique et par correspondance.

La Vie consiste en l'inhalation et en l'expiration du Souffle. La Création est un sous-positionnement de la Ténèbre qui sert de limite à la Lumière; du vide qui sert de réceptacle à la plénitude de l'Être; d'un Principe passif afin de soutenir et de manifester dans la réalité la puissance inhérente du Principe actif générateur.

La Nature en son entier est des deux sexes et le mouvement qui produit l'apparence de la vie et de la mort est une génération perpétuelle.

Les Lois Occultes sont souvent diamétralement opposées aux idées ordinaires. Ainsi, par exemple, le vulgaire croit en la sympathie de ceux qui se ressemblent et en l'antagonisme des dissemblables alors que le contraire est la Véritable Loi.

Il est habituel de dire "la Nature a horreur du vide" alors que l'on devrait dire "la Nature est amoureuse du vide", si le vide n'était, en physique, une absurdité totale. Dieu aime le Vide qu'Il a créé afin de le remplir; la Connaissance aime l'Ignorance qu'Elle illumine; la force aime la Faiblesse qu'Elle soutient; le Bien aime le Mal Apparent qui Le rend Glorieux; le Jour aime la Nuit et la poursuit sans cesse autour du monde. L'Amour est une soif extrême et un trop plein qui cherche à s'écouler. Ce qui donne le mouvement, le reçoit et ce qui le reçoit le donne. C'est un échange perpétuel. Qui peut expliquer ce grand mystère ?

Dans la nature existent quatre mouvements produits par deux forces qui se soutiennent les unes les autres par leurs tendances opposées. Et la loi qui régit les corps est à la fois analogue et proportionnée à celle qui gouverne les Esprits. Et la loi qui gouverne les Esprits est la manifestation de la Divinité Occultée, c'est à dire le mystère de la Création.

Connaître cette Loi c'est être en possession du premier des Principes du Grand Secret qui constitue la Véritable Divinité Humaine. C'est à vous de découvrir cette Loi et ce Secret qui sont en vous-même. L'Initié apprend par réflexion et non comme les enfants par accumulations de mots et de connaissances.

La Divinité, Une en Essence, possède deux conditions essentielles comme fondements de son Être, la Nécessité et la Liberté. La Loi de la Raison Suprême nécessite, en Dieu, et la régule aussi, la Liberté qui est nécessairement raisonnable et sage. Afin de rendre visible la Lumière, et pour cela seulement, Dieu a fait la Ténèbre. Afin de manifester la Vérité, Il a rendu le Doute possible. La Ténèbre est le repoussoir de la Lumière et la possibilité de l'Erreur est une nécessité car Elle démontre la Vérité.

Par conséquent, comme nous l'avons dit plus haut, l'Univers est équilibré par deux Forces qui maintiennent l'équilibre entre la force qui attire et la force qui repousse. C'est l'Équilibre de la Montagne d'Or que les Dieux d'un côté et les Démons de l'autre maintiennent avec le Serpent Symbolique de l'Inde. Et ceci nous est démontré par le phénomène de la Polarité et par la loi universelle des Sympathies et des Antipathies.

Deux affirmations rendent possible ou nécessaire deux négations correspondantes. "L'Existence est" est une inversion de "la non-existence ou rien n'est pas". L'affirmation, comme le Verbe, produit l'affirmation comme Réalisation ou Incarnation du Verbe et à chacune de ces affirmations correspondent les négations de leurs contraires.

4- LE BAPHOMET

 

Nous arrivons à présent au cœur d'une figure mythique liant les rites secrets des Templiers à ceux des Ophiens, nous voulons parler du Baphomet, ce "dieu" ou symbole des Templiers. Nous insistons ici pour que le lecteur comprenne bien que nous ne voulions pas lier la Baphomet en tant que fantasme au courant Naasène. Nous voulons prendre distance avec ces rêveurs, chasseurs de gueuses considérations, qui, s'imaginant fils de Baphomet, pensent être les dieux de leurs frères humains. Nous voulons simplement montrer que le fluide coule depuis toujours, sub terraneus ou publicitaire, ayant traversé les fleuves du temps et de l'espace, afin de nous effleurer de ses vertes volutes. Les Chercheurs de Lumière ne ressentent que peu de plaisir dans les jeux généalogiques...

Le terme de Baphomet remonte au procès des Templiers, ce serait la fameuse "tête magique", prétendue idole des pauvres chevaliers du Christ. Cet objet du culte templier était tantôt une idole ayant une seule tête barbue et tantôt une idole possédant trois têtes, mais il n'est jamais fait mention - à notre connaissance - de son corps. Une de ces têtes sera d'ailleurs retrouvée avec l'inscription "CAPUT LVIII". Dans les comptes rendus du procès, ces têtes étaient censées donner la richesse, le pouvoir et la santé aux chevaliers. Selon Hugh Schonfield, dans son "The Essene Odyssey", on ne peut qu'admettre, en considérant les implications de ces têtes et du décodage du Baphomet comme étant la Sagesse qu'"il ne peut y avoir que peu de doutes sur le fait que l'idole des Templiers représentait la Sophia en son aspect féminin et isiaque et qu'elle était liée à Marie Madeleine dans son aspect chrétien".

Baphomet n'en reste pas moins le champ psychique généré par l'ensemble des êtres vivants sur cette planète. Depuis l'Ère Shamanique, on l'a souvent représenté comme Pan (48), Pangenitor, Pamphage, le Destructeur, Shiva-Kali - le phallus créateur et l'abominable et destructrice mère - comme Abrasax (49) comme le Démon du sexe et de la mort à tête d'animal, comme l'Archonte démoniaque qui dirige ce monde, comme Ishtar ou Astarté - déesse de l'amour et de la guerre - comme l'Anima Mundi ou Monde des Âmes ou simplement comme la "Déesse". D'autres représentations comprennent l'Aigle, ou le Baron Samedi, ou Thanateros, ou Cernunnos.

Aucune image ne peut représenter la totalité de ce que cette force est, mais on la montre conventionnellement comme un dieu hermaphrodite, divinité sous la forme d'un homme qui comprend diverses caractéristiques mammaires ou reptiliennes. L'image contient souvent des éléments floraux et minéraux ainsi que des éléments ramenant au concept de la mort car cette force comprend aussi la mort. Vie et Mort ne sont que de simples phénomènes au travers desquels la force vitale se réincarne continuellement. Nier la mort c'est nier la vie. Les aspects de la divinité mâle et femme qu'est Baphomet sont toujours soulignés car c'est par le sexe que la vie est créée et la sexualité mesure la force vitale ou la vitalité, quelle que soit la manière dont elle est exprimée.

Presque toutes les mythologies gardent en mémoire des légendes relatives aux énergies reptiliennes qui précédèrent les dieux eux-mêmes. Ainsi, dans de nombreuses cosmologies, nous avons des serpents-Leviathans entourant l'univers, ou des Tiamatdragons d'où émergent toutes les existences. Les dieux sont souvent décrits comme ayant emprisonné ces forces reptiliennes, ou cherchant à les détruire.

Il existe un ensemble de documents templiers sur lesquels on peut examiner des symboles et des personnages dont l'essence remonterait aux cultes de Priape ou du Serpent.

Sur l'un de ces documents, l'on peut examiner une figure nue portant une coiffure à la Cybèle (50) qui tient une chaîne de ses deux mains et qui est entourée de symboles divers, le soleil et la lune au-dessus d'elle, en dessous, le Pentagramme et l'Hexagramme et sous ses pieds un crâne humain. Cette chaîne est le symbole des anneaux du serpent et donc de la fraternité des ophiens.

On trouve aussi un texte en langue arabe que l'on ne peut traduire directement, mais, toutefois, si l'on applique une grille de décodage, le sens est : "Que Meté soit loué ! Il fait germer et fleurir toutes choses ! Il est notre principe qui est un et sept ! Abjure ta foi et abandonne-toi à tous les plaisirs".

Sur un autre document, on peut examiner deux personnages androgynes :

- le premier est plutôt féminin mais pourvu d'un sexe masculin. Il tient une chaîne dans chaque main.

- le second est de type masculin portant une barbe et ayant un sexe féminin. Il porte également une chaîne dans chaque main. Sur les côtés sont disposées 12 étoiles, à gauche en bas, il y a un Pentagramme et à droite un Hexagramme. Sous ses pieds, il y a un crâne humain.

 

Lisons à présent un extrait de "Les demeures philosophales" (51) de Fulcanelli :

"Dans l'expression hermétique pure, correspondant au travail de l'Œuvre, Baphomet vient des racines grecques Bapheus, teinturier, et mès, mis pour mètè, la lune, à moins qu'on ne veuille s'adresser à mèter, génitif mètros, mère ou matrice, ce qui revient au même sens lunaire, puisque la lune est véritablement la mère ou la matrice mercurielle qui reçoit la teinture ou semence du soufre, représentant le mâle, le teinturier, - Bapheus - dans la génération métallique. Baphè a le sens d'immersion et de teinture. Et l'on peut dire, sans trop divulguer, que le soufre, père et teinturier de la pierre, féconde la lune mercurielle par immersion, ce qui nous ramène au baptême symbolique de Mété exprimé encore par le mot baphomet. Celui-ci apparaît donc bien comme l'hiéroglyphe complet de la science, figurée ailleurs dans la personnalité du dieu Pan, image mythique de la nature en pleine activité.

Le mot latin Bapheus, teinturier, et le verbe meto, cueillir, recueillir, moissonner, signalent également cette vertu spéciale que possède le mercure ou lune des sages, de capter, au fur et à mesure de son émission, et cela pendant l'immersion ou le bain du roi, la teinture qu'il abandonne et que la mère conservera dans son sein durant le temps requis. C'est là le Graal, qui contient le vin eucharistique, liqueur de feu spirituel, liqueur végétative, vivante et vivifiante introduite dans les choses matérielles.

Quant à l'origine de l'Ordre, à sa filiation, aux connaissances et aux croyances des Templiers, nous ne pouvons mieux faire que citer textuellement un fragment de l'étude que Pierre Dujols, l'érudit et savant philosophe, consacre aux frères chevaliers dans sa "Bibliographie générale des Sciences occultes".

"Les frères du Temple, dit l'auteur, - on ne saurait plus soutenir la négative, - furent vraiment affiliés au Manichéisme. Du reste, la thèse du baron de Hammer est conforme à cette opinion. Pour lui, les sectateurs de Mardeck, les Ismaéliens, les Albigeois, les Templiers, les Francs-maçons, les Illuminés, etc., sont tributaires d'une même tradition secrète émanée de cette Maison de la Sagesse (Dar-el-hickmet), fondée au Caire vers le XIe siècle, par Hakem. L'académicien allemand Nicolai conclut dans un sens analogue et ajoute que le fameux baphomet, qu'il fait venir du grec Baphomètos, était un symbole pythagoricien. Nous ne nous attarderons point aux opinions divergentes de Anton, Herder, Munter, etc., mais nous nous arrêterons un instant à l'étymologie du mot baphomet. L'idée de Nicolai est recevable si l'on admet, avec Hammer, cette légère variante: Baphè Mètèios, qu'on pourrait traduire par baptême de Mété. On a constaté, justement, un rite de ce nom chez les Ophites. En effet, Mété était une divinité androgyne figurant la Nature naturante. Proclus dit textuellement que Métis, nommé encore Epikarpaios, ou Natura germinans, était le dieu hermaphrodite des adorateurs du Serpent. On sait aussi que les Hellènes désignaient, par le mot Métis, la Prudence vénérée comme épouse de Jupiter. En somme, cette discussion philologique avère de manière incontestable que le Baphomet était l'expression païenne de Pan. Or, comme les Templiers, les Ophites avaient deux baptêmes: l'un, celui de l'eau, ou exotérique; l'autre, ésotérique, celui de l'esprit ou du feu. Ce dernier s'appelait le baptême de Mété. Saint Justin et saint Irénée le nomment l'illumination. C'est le baptême de la Lumière des Francs-maçons".

5- NAHASH

On traduit ordinairement le mot Na'hash par serpent, alors que son sens en hébreu est plus large et peut désigner aussi toute espèce de reptiles et même des animaux tels que le dragon. Ce terme de dragon a de plus l'avantage d'être suggéré par saint Jean (Ap. 12, 20) lorsqu'il parle du grand dragon, de l'antique Serpent. Pour l'auteur de la Genèse l'animal merveilleux qui parle à Ève et la trompe est tout d'abord pourvu de pattes comme les animaux supérieurs, sans doute à la manière du dragon qui réunit les perfections de plusieurs espèces, possédant pattes et parfois ailes.

La nature sexuelle du serpent Na'hash reste tout aussi imprécise et ceci nous est dévoilé par ce passage du Zohar du Cantique des Cantiques : "La Femme de Prostitution descendit ainsi que celui qui la chevauche et la domine", où la femme de prostitution est assimilée au Serpent primordial et celui qui la chevauche à l'ange Samaël.

Le mot Serpent défini en hébreu nous offre les éléments suivants :

- Nachash - naw-khawsh'; un serpent.

- Nachuwsh - naw-khoosh'; (dans le sens de sonner - comme sonner une cloche

ou aussi couleur rouge de la gorge d'un serpent quand il se prépare à frapper); cuivre.

- Nechuwshah - nekh-oo-shaw'; féminin; cuivre.

- Nechash - nekh-awsh'; cuivre, airain.

- Nachash - nakh'-ash; une incantation ou augure : - enchantement.

- Nachash - naw-khash'; jeter un sort magique; faire des pronostications, enchanteur, apprendre par expérience.

A suivre...

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 14:58

Voila donc la première partie d'une très très belle analyse du Symbolisme du Serpent depuis les temps les plus anciens...

Les oraisons du Serpent

par Spartakus Freeman

1ère partie

"Vous soyez attentifs comme le Serpent et simples comme la Colombe"

Évangile de Thomas, Log. 39.

"Car il est nécessaire de bien comprendre pour croire véritablement, même s'il est encore

plus nécessaire de croire pour bien comprendre."

 

Saint Augustin, sermon 43.

PROLEGOMENES

Nous allons tenter, au travers des pages qui vont suivre, de brosser un tableau, non de croyances simples, mais, d'un courant infra-historique, voire d'une légende vivante qui se meut "reptilignement" depuis des millénaires dans l'ombre, décrié et maudit tel le génésique Serpent, pourchassé et nié mais toujours renaissant comme le dieu Priape (1). Toutefois, malgré le titre, nous ne composerons pas non plus une symbolique nouvelle ou surannée du serpent. L'on comprendra également que nous ne voulions pas parler au travers de ce travail des antiques naasènes mais bien des actuels et modernes... Malgré les termes utilisés ici, nous rejetons toute volonté déiste dans nos propos et nous exposons des idées et une vision du monde qui se veulent libres du dogme habituel du dieu mièvre, aimant, de colère ou encore de ses adversaires ténébreux.

Que le lecteur ne se méprenne donc point, nous n'annonçons aucune Nouvelle Parole, aucune cosmogonie figée, mais bien plutôt une histoire qui peut, tel est notre unique vœu, donner une piste de réflexion à "ceux qui cherchent afin d'être étonnés." Ce texte se veut donc une sorte de rébus mystique ou un morceau de psychothérapie taillé par l'auteur pour lui-même, selon...

1 - Son symbole

"Pourquoi t'es-tu attiré

Dans le paradis du vieux serpent ?

Pourquoi t'es-tu glissé

Dans toi-même, dans toi-même ?"

 

Nietzsche, Ecce Homo, p. 269.

Le symbolisme du serpent est très ancien et a toujours été associé à l'idée de la Mort et de la Vie mais également à la notion d'Éternité - car il peut changer de peau régulièrement retrouvant ainsi l'apparence de la jeunesse. Pour les Anciens, cette mue représente le principe de l'éternel retour, du passage permanent de la vie à la mort et vice-versa. Ainsi, de la mort sort la vie comme la désagrégation d'une graine dans le sol annonce la venue d'une vie nouvelle.

Au niveau individuel, l'homme se doit de réaliser le renouveau du monde et de vaincre la mort et il personnifiera alors "la force créatrice de l'univers qui, se couvant elle-même dans l'introversion, serpent enlaçant son propre oeuf, menace la vie de sa morsure empoisonnée pour la conduire à la mort et se réenfanter elle-même de cette nuit, en se surmontant" (2).

Déjà Philon nous dit du serpent qu'il est, de tous les animaux, le plus spirituel, sa nature étant du feu, sa vie longue et qu'en même temps de sa peau, il se dépouille de sa vieillesse.

Son venin provoque le passage de la vie à la mort, mais, utilisé à de faibles doses, il avait aussi la réputation d'être un remède (3) . Le serpent était également souvent associé aux forces secrètes de la terre d'où il surgissait et aux énergies sexuelles car, "le Serpent est phallique par sa forme. Caché, lové dans les anfractuosités de la terre, on le voit s'élancer soudain. Il est mythiquement le fils de la Terre, le dynamisme mâle engendré par la Grande Femelle" (4).

Lisons à présent ce qu'en dit le Dictionnaire des Symboles (5) : " Il joue des sexes comme de tous les contraires; il est femelle et mâle aussi, jumeau en lui-même, comme tant de grands dieux créateurs qui sont toujours, dans leurs représentations premières des serpents cosmiques... Le serpent visible n'apparaît donc que comme la brève incarnation d'un Grand Serpent Invisible, causal et atemporel, maître du principe vital et de toutes les forces de la nature. C'est un vieux dieu premier que nous retrouvons au départ de toutes les cosmogénèses, avant que les religions de l'esprit ne le détrônent. ".

A la fois mortel et guérisseur, symbole du bon et du mauvais démon (Agatho-daïmon et Kokadaïmon), de Satan et du Christ, les Gnostiques faisaient de lui le symbole du bulbe cérébral et de la colonne vertébrale, lui conférant ainsi une identité certaine avec la psyché et l'inconscient.

Le principal symbole attaché au serpent reste le caducée, et son explication réside dans l'association serpent-bâton. En tant que symbole d'Esculape (6), le serpent y représenterait le remède, la médecine tandis que le bâton symboliserait l'Arbre de Vie, vie que le praticien essaye de maintenir grâce à ce remède.

En Grèce, une légende relate qu'Hermès découvrit le premier la puissance de son bâton magique quand il l'utilisa pour séparer deux serpents engagés dans un combat mortel. Les reptiles cessèrent immédiatement le combat, s'enlacèrent autour du bâton et s'embrassèrent. Il faut voir dans l'enlacement des serpents qui se font face, l'équilibre des forces antagonistes utilisé par l'hermétisme et sa discipline-fille, l'alchimie, pour décrire la notion d'unité dans l'opposition. On rejoint ici la figure de l'AMPHISBENE qui comporte deux serpents enlacés dont l'un a une tête blanche qui symbolise l'initié qui a dégagé le volatil du fixe et a ainsi vaincu sa nature inférieure symbolisée par la tête noire de l'autre serpent.

Les correspondances entre le serpent, les forgerons et l'alchimie - et il suffit de lire l'ouvrage magistral "Forgerons et alchimistes" de Mircea Eliade pour s'en convaincre - sont soulignées par cette sentence du peuple Dogon : "Tout forgeron lorsqu'il travaille est comme assis sur la tête du serpent". Et l'on nous indique alors l'existence de rites magiques funéraires qui ont pour fonction de transmettre aux vivants les pouvoirs et connaissances issues du monde des morts. Selon René Alleau (7), "Le nom de "serpent" a été donné, à toutes les époques et en des aires culturelles diverses, aux initiés eux-mêmes, qui recevaient le double pouvoir de "faire monter ou descendre" la force magique universelle. C'est pourquoi, dans les sociétés traditionnelles anciennes, le roi divinisé, qui avait reçu son pouvoir sacré par une transmission directe du démiurge ou de l'ancêtre, appartenait, comme l'attestent des textes abyssins archaïques donnant la liste des pharaons, à la "progéniture" du serpent".

A propos du caducée encore, Chevalier et Gheerbrandt, dans leur Dictionnaire des Symboles, écrivent : "le serpent possède ce double aspect symbolique : l'un bénéfique l'autre maléfique, dont le caducée présente, si l'on veut, l'antagonisme et l'équilibre; cet équilibre et cette polarité sont surtout ceux des courants cosmiques, figurés d'une façon plus générale par la double spirale; Dans l'ésotérisme bouddhique, par exemple, le bâton du caducée correspond à l'axe du monde et les serpents à la Kundalini, cette énergie cosmique qui se trouve à l'intérieur de chacun". Enfin, la Tradition conserve un certain nombre de techniques afin d'éveiller le serpent ou le dragon endormi en dirigeant les forces vitales vers le sommet du crâne. Ainsi, dans l'ésotérisme oriental, l'acte de libérer la puissance du serpent est appelé la Montée de la Kundalini (8). Conscients des dangers de cette technique, l'oriental insiste toutefois sur le fait que la Kundalini ne doit pas être gardée prisonnière de l'épine dorsale mais qu'elle doit se voir ouvrir les Portes des sphères supérieures afin de permettre au pratiquant d'Éveiller sa conscience au monde supérieur. Dans cette tradition, l'association symbolique entre le phallus, le serpent et la langue (verbe) sont très présente et elle est significative du lien qui existe entre énergie vitale, sexe et connaissance, comme nous le verrons plus loin.

Selon Bayard, les deux serpents enroulés du caducée, le yin et le yang du T'ai Chi et le swastika ou croix gammée des Hindous, symbolisent tous une force cosmique, avec ses deux sens de rotation inversés. Dans ce caducée, les deux serpents reposent leur tête sur ‘Hesed (9) et Gebourah (10) et, ce sont justement ces deux Sephiroth que relie la Voie de Teth (11), la Voie du Serpent (confer "La Lettre Teth et le Serpent" 12). Au sein du caducée, les ondulations des deux serpents forment la lettre Aleph, symbole de l'Air, par laquelle dieu insuffla la vie dans les narines d'Adam. Leurs queues forment le Mem, lettre symbolisant l'Eau, et les ailes au sommet du caducée forment la lettre Shin, symbole du Feu de la Vie.

Enfin, le Serpent symbolise également le NUMEN de l'Acte de Métamorphose en même temps que la substance métamorphosée elle-même. Et on le retrouve ainsi dans la légende de GABRICUS et de BEYA, couple royal frère-sœur. Lors du hiérogamos, le frère pénètre entièrement dans le corps de sa sœur où il disparaît complètement, il se métamorphose alors en son sein en SERPENS MERCURIALIS (13).

2- LES OPHITES OU NAASENES

"De Toi, un Père, et au travers de Toi une Mère, les Deux Noms Immortels, géniteurs des Æons. O Toi citoyen des Cieux, Homme de grand nom".

Le terme d'Ophite (14) dérive du mot grec pour serpent tout comme Naasène dérive du mot hébreu désignant le serpent, na'hash (15). Le terme de naasène fut tout d'abord donné aux prêtres du culte des adorateurs du serpent. Ce mot pourrait avoir également comme origine l'image du cobra égyptien qui était de couleur bronze, avec la gorge rouge que l'on pouvait voir lorsqu'il se préparait à cracher son venin.

"Il est impossible d'ignorer les fortes affinités qui existent entre les doctrines ophites et celles des sectes païennes qui nous sont connues par les littératures hermétiques. Ces sectes furent probablement pré-chrétiennes et, sans doute, antérieures à l'émergence de la Gnose historique... En dépit de détails occasionnels qui suggèrent l'influence de grandes écoles gnostiques, nous ne trouvons qu'une faible trace au sein de l'Ophisme de développements plus caractéristiques - par exemple, l'aeonologie, la chute de la Sophia. Si les mythes ophites sont nés d'une recombinaison de systèmes plus vastes, des traces en auraient été certainement trouvées dans un endroit ou l'autre.

Sur ces considérations, on peut conclure que l'Ophisme, bien qu'il ait pu être modifié ultérieurement par l'influence d'autres écoles gnostiques, représente la phase primitive du mouvement gnostique. Il prend ses racines dans ces sectes théosophiques qui naquirent en Egypte et dans le Proche-Orient durant l'époque du syncrétisme, et il marque le début de l'alliance de ces sectes étrangères au Christianisme. Et c'est ici que consiste l'importance historique de l'Ophisme. Il reflète le mouvement gnostique à ses débuts et nous aide à déterminer les sources et le caractère intrinsèque de ses croyances. Nous pouvons donc assumer que la Gnose, bien qu'elle ait revêtu une forme d'hérésie chrétienne, était en substance non chrétienne, et que ses spéculations étaient pour l'essentiel mythologiques et syncrétiques" (16).

Pour les Ophites ou les naasènes le Serpent était le messager d'un dieu inconnu (souvent appelé Bythos ou encore Sagesse ou Sophia-Achamoth dans son émanation la plus matérielle) plus ancien que IHVH (17), qui aurait eu pour mission de transmettre secrètement le Savoir à l'homme. IHVH commençant à devenir orgueilleux au point de s'affirmer unique, le dieu inconnu a décidé de le contrecarrer en donnant aux hommes la possibilité de voir la Vérité. À ce titre, ils considèrent le Serpent comme un des principaux véhicules du divin, mais non comme un dieu à part entière. Il est révéré car il a fait don de la Connaissance - Gnosis - que le démiurge voulait garder pour lui afin d'asservir ses créatures. Au IVe siècle e.v., Julien l'Apostat (selon l'Église catholique officielle bien sûr), l'empereur romain qui avait essayé de rétablir les anciens cultes face aux chrétiens, nous donne un commentaire sur le récit de la Genèse qui est fortement teinté de pensée valentinienne et qui semble influencé par les enseignements ophiens et gnostiques de cette époque : "Ils adoraient le serpent qui, en incitant Ève à manger du fruit défendu de l'arbre de la science (Gnose), avait permis aux hommes d'accéder à la connaissance".

"Dieu défend aux hommes formés par lui la GNOSE qui distingue le bien et le mal. N'est-ce pas excessivement étrange ? Car qu'y aurait-il de plus stupide que l'incapacité de discerner le bien et le mal ? Il est évident, en effet, qu'on n'arrivera pas à éviter l'un, je veux dire le mal, ni à suivre l'autre, je veux dire le bien. En somme, Dieu a défendu à l'homme de goûter de la sagesse, alors que rien ne pourrait être plus précieux pour l'homme. Car la GNOSE qui distingue le bien et le mal est l'œuvre propre à la Sagesse. Voilà ce qui est évident, je crois, même pour les insensés ! Par conséquent, le serpent est plutôt un bienfaiteur, et non un fléau pour la race humaine" (18). On voit tout de suite ici la différence entre la pensée gnostique et ophienne et les canons et dogmes de l'église catholique et romaine. Point de péché, point de faute, mais une action se déroulant dans les plans divins du développement de l'humanité.

Et Julien de continuer : "En outre, on raconte que Dieu est jaloux. Car ayant vu que l'homme avait eu part à la Sagesse, et pour qu'il ne goûte pas, dit-il, de l'arbre de vie, il le jeta hors du Paradis, en disant expressément : "Voici qu'Adam est devenu comme un d'entre nous, connaissant le bien et le mal. Et maintenant, qu'il ne tende jamais la main pour prendre de l'arbre de vie, pour manger et vivre éternellement (Gen. III, 22). Et bien ! Si chacune de ces choses n'est qu'un mythe contenant un enseignement secret, ce dont je suis pour ma part convaincu, alors ces paroles sont chargées de beaucoup de blasphèmes à l'égard de Dieu. Car ignorer que celle qui est créée comme aide sera responsable de la chute, et interdire la GNOSE du bien et du mal, la seule chose qui semble contenir l'intellect humain, et en outre être jaloux et empêcher l'homme mortel de devenir immortel par la participation à l'arbre de vie, tout cela appartient à un être extrêmement jaloux et envieux" (19). Nous retrouvons ici les éléments de base de la pensés gnostique mais surtout ophite, pensée qui s'est transmise au travers des enseignements polymorphes jusqu'aux naasènes actuels.

Voyons maintenant ce que nous en disent les auteurs chrétiens, qui sont, malheureusement, les rares sources disponibles, sur le courant historique du moins. Saint Thomas d'Aquin, dans son ouvrage "Sur les Articles de la Foi" opuscule V, nous relate les choses suivantes à leur propos : "La cinquième [hérésie] est celle des Ophidiens ou Ophites qui, pensant que le Christ est un serpent, ont un serpent accoutumé à lécher le pain avec sa langue, et le leur sanctifie comme l'eucharistie". On peut comparer ces rituels, où les ophiens embrassaient également les serpents, à ceux des mystères de Démeter joués lors des Mystères d'Éleusis. On retrouve encore ces rites dans les cultes d'Asclepios, dans les orgies Dionysiaques ou dans les mystères de Sabazios dans lesquels, selon Arnobius (20), on faisait usage de l'image du serpent. Ou ces rites seraient-ils des restes des antiques cultes voués à la constellation d'Ophiuchus lors desquels les adeptes tenaient des serpents sur leurs poitrines et les caressaient comme étant les symboles vivants de l'image célestielle qu'ils adoraient ?

Origène lui nous dit : "Il y a une certaine secte qui n'admet pas un nouveau membre avant qu'il n'ait prononcé un anathème contre Jésus; et cette secte est digne du  nom qu'elle s'est choisie; car c'est la secte des Ophites, qui blasphème dans ses prières au serpent" (21).

Selon les auteurs chrétiens Clément (22), Tertullien (23) et Irénée (24), on les nomme Ophites car ils magnifient le serpent à un tel degré qu'ils le préfèrent au Christ lui-même car c'est lui qui est à la source de la Connaissance du bien et du mal. Moïse en ayant perçu la puissance fit le serpent d'airain. Selon eux, de l'Æon (25 )originel émanèrent plusieurs Æons inférieurs. A tous ceux-ci toutefois ils opposent un Æon dont le nom est Ialdabaoth (26), le Démiurge (27). Il provient du mélange d'un Æon second avec des Æons inférieurs et après avoir essayé de s'élever dans les régions célestes supérieures il fut dégradé par le mélange de la matière avec lui-même. Ialdabaoth descendu plus bas encore se fit sept fils (28) et il leur cacha la vision des régions supérieures du ciel afin qu'ils ne sachent pas ce qui se trouvait au-dessus d'eux. Ces Vertus et Anges inférieurs firent alors l'homme. Mais l'Æon dont était issu Ialdabaoth descendit sur terre avec envie et injecta en l'homme une étincelle qui le fit plus sage et le rendit capable de comprendre certaines des choses d'en haut. Alors, l'Æon supérieur émit de lui-même la Vertu- Serpent qui conféra à l'homme au travers d'Ève la Connaissance du Bien et du Mal. Le sauvant ainsi de l'état d'indigence morale et spirituelle qui devait être sien du fait de sa création matérielle par Ialdabaoth.

L'"Hypostase des Archontes", un écrit gnostique, nous fait le récit de la Création sous des termes semblables : "[12] Alors, le Principe féminin pneumatique s'introduisit dans le Serpent, l'Instructeur, qui se mit à les enseigner, disant "Que vous a-t-on dit ? Etait-ce : de tous les arbres du jardin vous en mangerez mais de l'Arbre de la Connaissance du Mal et du Bien, n'en mangerez pas ?" Mais le Principe instructeur féminin se retira du Serpent et le quitta, ne laissant derrière lui qu'un être de terre."

Et la Pistis Sophia, un autre ouvrage gnostique, de continuer "Il la jetèrent (l'Âme) dans le Chaos dont la moitié est de flammes et l'autre moitié de ténèbres, là où se trouve l'Archonte à face de lion dont je vous ai parlé bien des fois. Et celui-ci est Ialdabaoth...".

Un autre texte gnostique nous raconte une version quelque peu différente, mais qui garde toute sa valeur dans notre compréhension du système ophite : "Le Père Elohim, voyant qu'Edem était pleine de concupiscence, fut pris de désir pour Elle. Edem et Elohim s'unirent en une commune passion en une couche nuptiale d'Amour. Et de cette union le Père généra à partir d'Edem et de Lui-même 12 Anges paternels et douze Anges maternels qui sont : Babel [ou Babalon], Achamoth [Sophia-Zoé], Naas, Bel, Bélias, Satan, Sael, Adonaeus, Leviathan, Pharao, Carcamenos et Lathen.

Ces Anges et une multitude d'autres résident ensembles au Paradis et étaient le Paradis. Et selon les écritures Dieu planta un Jardin en Eden vers l'Est (Gen II, 8), c'est à dire vers la Face d'Edem afin qu'Elle puisse regarder pour l'éternité ses Anges. Allégoriquement, les Anges sont les Arbres de ce Jardin et Naas est ainsi l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. Naas connut Ève mais il connut aussi Adam, et il eut des rapports contre nature avec lui."

Selon les Pères de l'Église, Bythos était la Première Emanation du système ophite. Bythos, qui signifie abîme, est une émanation féminine et représente le Vide intérieur qui est cerné par la Ténèbre. On peut y reconnaître le Voile de la Shekhinah (29) pour l'En-Sof (30) dans le système kabbalistique. De cette région Abyssale sort un cercle formé de spirales qui est le symbole du serpent, de l'Androgyne et d'Agathodaïmon, l'Ombre de la Lumière. Le but des Ophites semble d'avoir été une tentative de produire un système unifié qui devait réconcilier les traditions immémoriales du Proche-Orient avec les cultes des dieux hellénisés de l'Asie Mineure, et les enseignements chrétiens (31). Pour ce faire, ils décidèrent de revenir à l'antique croyance selon laquelle avant tous les autres dieux, existait Dieu, mais Dieu conçu comme un océan infini de divinités, trop grand et trop éloigné pour être appréhendé par l'intelligence humaine vulgaire. De cette Puissance inconnaissable et inaccessible, les Ophites disent qu'Elle est par trop ineffable et donc impossible à nommer, et ils s'y réfèrent seulement sous le vocable général de Bythos.

Hymne à Bythos :

"Toi le Mâle, Toi la Femelle,

Toi la Voix, Toi le Silence,

Nature engendrée de la Nature.

Toi, Roi, Æon des Æons,

Comment est-il permis de t'appeler ?

Père de tous les Pères,

Père de Toi-méme,

Propator qui n'a aucun père,

O Fils de Toi-même.

Mais l'Esprit initié

Dit ceci et cela,

Célébrant par des danses

L'Ineffable Bythos."

 

Pour résumer la théo-cosmogonie selon les ophites, nous pouvons dresser le schéma suivant :

Unité en la Trinité.

IAO -- le Nom Ineffable de la Divinité Inconnue -- Abraxas, et le "Soleil Spirituel Éternel". Bythos, le principe féminin -- le cercle sans limites, au sein duquel reposent toutes les Formes Idéales. De cette Unité est émanée la

Seconde Trinité.

1. Ennoia -- l'Esprit.

2. Ophis, l'Agathodaïmon.

3. Sophia Androgyne -- la Sagesse qui, à

son tour, fécondée par la Lumière Divine,

produit :

Christos et Sophia-Achamoth

De Sophia-Achamoth émane Ialda-

Baoth -- le Démiurge, qui produit

la création matérielle et sans

âme. C'est le lieu de l'"Œuvre sans

Foi" (ou Grâce).

Les Ophites accordent donc au Serpent un rôle de rédempteur au travers de la figure de l'OPHIS-CHRISTOS (32). Le Serpent a voulu éclairer l'homme sur sa nature et son pouvoir divin en lui révélant l'immortalité de l'Union. D'ailleurs, on peut rapprocher les pratiques ophites du tantrisme par l'idée que le salut peut être obtenu par l'accouplement sensuel et l'échange de l'Élixir de Vie. Ainsi, le Serpent Na'hash est assimilé au Christ au travers de la figure de l'Agathodaïmon ou du Kokadaïmon ainsi que par le symbole du Serpent cloué sur la Croix (33), le Serpent est alors le Rédempteur. Il est à noter d'ailleurs que la Première Cause s'est toujours révélée Elle-même par la Croix; la Croix par Un tracée à partir de deux, et chacun des deux étant divisé afin que deux constituent quatre; la Croix, qui est la clé des mystères de l'Inde et de l'Égypte, le TAU des Patriarches, le symbole divin d'Osiris, le Stauros des Gnostiques, la Pierre Angulaire du Temple, le symbole de la Sagesse divine, du Verbe divin, la Puissance divine rayonnante à partir du centre, manifestée dans l'Univers; la Croix, ce point central de la jonction des angles droits de quatre Triangles.

Les Ophites sont censés avoir dit : "Nous vénérons le Serpent car Dieu en a fait la source de la Connaissance pour l'humanité. Ialdabaoth ne voulait pas que les hommes puissent retourner à la Mère ou au Père. C'est le serpent qui, ayant tenté l'homme, apporta la Connaissance, enseigna à l'homme et à la femme la connaissance totale des mystères des Cieux. C'est pourquoi leur père Ialdabaoth rendu fou de fureur les exila du Paradis" (34).

Jean III, 12 : "Et comme Moïse éleva le Serpent d'airain dans le désert, il faut de même que le Fils de l'Homme soit élevé". Ceci explique la représentation naasène du Serpent-Christ cloué sur la croix et à quoi fait écho ce qui nous est rapporté par Saint Hippolyte : "... personne ne peut être sauvé et relevé sans le Fils, qui est le Serpent. Car c'est Lui qui apporta les sources du Père et c'est Lui qui emporte jusqu'aux Cieux ceux qui ont été éveillés de leur sommeil et ont revêtu les attributs du Père" (35).

Le Serpent dans la figure du Sauveur est également représenté enroulé autour du Tau Sacré. Comme symbole d'Unité, Ennoia et Ophis sont le Logos; lorsqu'ils sont séparés, l'un est l'Arbre de la Vie (Spirituelle) et l'autre l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. Par conséquent, nous trouvons Ophis poussant le premier couple humain - la production matérielle de Ialdabaoth contenant toutefois le principe spirituel de Sophia- Achamoth - à manger le fruit défendu.

Et selon un ancien manuscrit : "Apprends à manger à l'Arbre de la Science et savoure le fruit de l'Arbre de Vie. Cherche les dieux en toi-même et si tu les reconnais et découvres le lieu de leur demeure, tu as gravi la marche supérieure de l'échelle des douze degrés.

Ainsi sera éveillé l'amour "divin" qui ne demeure pas dans les hallucinations de l'homme mais dans son "cœur"; et cet amour divin donne naissance à la force libératrice qui nous permettra la contemplation de la lumière éternelle et qui détruira toutes les erreurs."

 

Selon les Naasènes, l'Âme est la cause de toute chose, toute chose qui est nourrie et qui se développe demande une âme. Même les pierres sont animées selon les naasènes car elles possèdent une âme et ainsi, selon eux, toutes les choses terrestres, célestes et infernales désirent une âme. Il faut comprendre ici âme dans le sens de Souffle divin et non point d'une quelconque qualité morale ou supra-terrestre.

Les Naasènes pensaient que le moyen pour reproduire l'hermaphrodite originel résidait dans la pratique sensuelle dont les rites basés sur la musique et le vin avaient pour but de réunir l'homme à la femme en une hiérogamie divine. Cette hiérogamie se manifestait enfin par l'absorption de l'amrita (36) qui est l'Élixir de Vie et source de Toute Vie. Lors de ces rituels, l'homme est le Serpent initiateur de la femme avant que d'être lui-même l'homme initié par la femme. Ce rituel reproduit également l'initiation conférée par Jésus à Myriam, qui sera l'initiatrice de Jean. Selon les paroles du Christ même : "Si vous ne buvez mon sang et ne mangez ma chair, vous ne connaîtrez le royaume des cieux." Et encore : "celui qui ne boira pas à la même coupe que moi, là où j'irai, celui-là n'entrera pas" [Jean VI. 53 ; Marc X. 38.].

Les Naasènes participaient donc aux mystères de Zoé, la Grande-Mère, cérémonies musicales durant lesquelles était adoré NAAS qui n'est autre que Na'hash, le Serpent. Les Temples (Naos ou Nous, Noun Vav Samek, refuge) sont dits situés "Sous les Etoiles" - car ainsi, ils n'étaient jamais à découvert et n'avaient pas d'existence véritable - et en leur sein se déroulaient les cérémonies d'initiation et les mystères de la Grande- Mère. Un rituel nous est d'ailleurs rapporté par Épiphane (37), qui le déforme sans en comprendre la portée : "Ils ont un véritable serpent et ils le gardent dans un panier. Lorsque le temps est venu de pratiquer leurs mystères, ils sortent ce panier et posent du pain sur la table en appelant le serpent; lorsque le panier s'ouvre, le serpent sort. Et ensuite le serpent rampe sur la table et sur le pain". Le rituel se poursuit ensuite avec des "hymnes au Père". Ceci, toujours selon notre auteur, serait l'eucharistie suprême des ophiens avec les "baisers au serpent".

Les Naasènes possédaient, et possèdent encore, des serments qui peuvent être adaptés aux époques et aux lieux où ils doivent être prêtés. Ils sont aussi parfois absents afin de laisser les adeptes face à leur liberté et à leur conscience. En voici un particulier, ancien mais toujours d'actualité :

"Je jure par le Dieu Bon qui est au-dessus de tout, de garder ces mystères et de ne les divulguer à quiconque, et de ne point être relaps au Dieu Bon de toutes les créatures".

Et lorsqu'il a donné ce serment, l'adepte se rend devant l'image du Dieu Bon et regarde alors "tout ce que les yeux n'ont pas vu et ce que les oreilles n'ont pas entendu, et qui ne sont pas entrées dans le cœur de l'homme" (1 Cor. II 9) et il boit alors l'eau de la Fontaine de Vie qui est le Baptême de l'Eau qui donne la Vie. Car, il y a eu une séparation faite entre l'eau et l'eau, et il y a l'eau qui est sous le firmament, l'eau avec laquelle les hommes terrestres sont lavés, et les eaux au-dessus du firmament, l'Eau qui donne la Vie, l'Eau qui est Feu, l'Eau du Dieu Bon, en laquelle les hommes spirituels vivants sont lavés et dans laquelle Elohim lui-même s'est lavé au début des temps. Ce baptême est le Baptême du Feu.

Hymne Sacré Naasène :

"La Loi de la création de l'Univers fut l'Esprit Primordial,

Ensuite, vint le Premier-Né, le Chaos;

En troisième lieu, l'Âme reçut la Loi de l'Esprit :

Entourée d'une forme aqueuse.

La Mort la prend.

Ses yeux regardent la Lumière

A présent elle éructe sa Peine, elle éructe sa Joie,

A présent elle entend Son Tonnerre,

A présent elle entend Son Tonnerre, et elle meurt,

A présent elle nous quitte sans pouvoir jamais revenir.

Mais Na'hash-Christos dit : Père, regardez,

Une Âme se meut à la surface de la Terre,

Cherchant à monter le long de Votre Poitrine,

Mais le Chaos cherche à l'arrêter,

Et Elle ne sait comment passer.

Père, envoyez-moi;

Portant les Sceaux, je descendrai;

À travers les Âges je me mouvrai,

Je révélerai tous les mystères,

Et je montrerai toutes les formes de Dieu,

Et l'expliquerai les secrets du chemin saint,

Dont le Nom est Gnosis."

Nous retrouvons dans le "Contre Celse" d'Origène les traces d'une cérémonie individuelle qui devait permettre à l'initié ophite de passer les différentes Portes du Mal afin d'entrer en contact avec la Sophia. Nous en donnons ici une version légèrement différente.

L'initié est dans son oratoire ou dans le temple, après les purifications d'usage, il visualise le Premier Archonte, le plus bas, sous la Forme d'un Bouc et dit :

"Je Te salue Horaeus, ô Toi qui as passé le Mur du Feu et qui possède le Pouvoir sur la Première Porte. Laisse-moi passer, je porte le Symbole de Ton Pouvoir vaincu par l'Image de l'Arbre de Vie, je suis Homme sans Péché. Que la grâce soit avec moi, Mère !"

L'initié visualise alors le Second Archonte sous la Forme d'un Taureau et dit :

"O Toi, Ailoaeus, Archonte de la Seconde Porte, laisse-moi passer car je t'apporte le symbole de Ta Mère, une Grâce cachée en ce monde par les Principautés. Que la grâce soit avec moi, ô Mère !"

L'initié visualise alors le Troisième Archonte sous la Forme d'un Amphibien et dit:

"O Toi, Astaphaeus, Surveillant de la Source Originelle des Eaux, regarde l'initié présent devant Toi et laisse-le passer, lui qui a été lavé par l'Esprit de la Vierge et a vu l'Essence du Monde. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

 

Ensuite, l'initié visualise le Quatrième Archonte sous la Forme d'un Aigle et dit :

"O Toi, Thartapharoth, Archonte des Airs, regarde l'initié qui se présente en Ton Royaume et laisse-le passer, lui qui s'est élevé au-dessus de l'Éther purifié par le Souffle de la Vierge. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

L'initié visualise alors le Cinquième Archonte sous la Forme d'un Ours et dit :

"O Toi, Puissant Sabaoth, Archonte de la Cinquième Principauté, par La Puissance qui est plus élevée encore, regarde l'initié devant Toi et admets-le, lui qui est sans reproche et protégé par le Symbole de la Pentade, à passer la Porte que Tu gardes. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

 

L'initié visualise ensuite le Sixième Archonte qui a un visage de Chien et dit :

"O Toi, IAO, Seigneur de la Mort, Archonte des Mystères cachés du Père et du Fils, Toi qui luit dans la nuit, je porte ma propre barde comme Ton symbole, et je suis prêt à passer au-delà de Ton Pouvoir, car par le Verbe Vivant j'ai vaincu celui qui est né de Toi. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

L'initié visualise le Premier Archonte sous la Forme d'un Vieillard Aveugle et dit:

"O Toi, Ialdabaoth, Premier et Dernier, né pour la Puissance et la Gloire, Gouverneur du Monde du Père et du Fils, je porte un symbole de Vie et, ayant ouvert au Monde les Portes que Tu as fermé en Ton éternité, je passe par mon seul Pouvoir, à nouveau libre. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

L'initié ayant vaincu les Sept Archontes peut alors s'écrier devant la Figure Sainte:

"O Toi Reine Sainte, O Sagesse, je Te salue, Puissance Suprême de l'Esprit, je suis envoyé à Toi en état de pureté et faisant partie de la Lumière du Fils et du Père. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère ! Oui que Ta Grâce soit avec moi, ô Mère !"

"Le Seigneur est posé sur ma tête comme une Couronne ! Et la Couronne est Vérité et vit sur ma tête. Ses fruits sont parfaits."

"Je suis parti pour Te rejoindre et l'amoureux a trouvé son Aimée. Celui qui rejoint l'Immortelle devient immortel à son tour. Mes yeux sont ouverts, j'ai bu l'Eau de Vie. Une Coupe de Vin fut offerte et je l'ai bue, une Coupe de Lait fut offerte et je l'ai bue. La Coupe est le Fils et le Lait est le Père."

"L'Esprit a ouvert la Matrice de la Vierge et Elle a reçu le Lait."

"O Mère, Tu es mon Soleil et Tes rayons m'ont élevé jusqu'à Toi. J'ai acquis la Connaissance, je suis libéré du Monde et de moi-même !"

 

1 Dieu toujours en érection symbolisant les forces de la nature. Priape et le serpent sont parfois représentés ensemble, comme nous pouvons l'admirer sur la statue du dieu "Priape au serpent" exposée au Musée d'archéologie de Vérone. Les termes demandant plus de développements sont expliqués à la fin du présent texte dans les "Liminaires Considérations".

2 C.G. Jung, "Métamorphoses de l'âme et ses symboles", Georg éditeurs, 1953, traduction d'Yves Le Lay.

3 Il existait ainsi une tribu, les Ophiogènes, qui se croyait apparentée aux serpents et descendant d'un héroserpent. Dans cette tribu, nous raconte Strabon, les mâles passaient pour pouvoir guérir les morsures de serpents par l'imposition des mains. Les Psylles, un autre peuple, exposaient leurs enfants nouveau-nés au contact des serpents pour s'assurer de leur légitimité

4 Suares cité dans "La Déesse Sauvage" de J. de Gravelaine

5 Dictionnaire des Symboles - Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Editions Robert Laffont 2002.

6 En grec, Asclépios, fils d'Apollon et de la nymphe Coronis, était le dieu guérisseur d'Epidaure.

7 in "Les Sociétés Secrètes", Livre de Poche, Paris, 1969.

8 Pour une description plus détaillée de la Kundalini, nous renvoyons le lecteur aux "Liminaires considérations" à la fin de cet ouvrage.

9 'Hesed, la Grâce, quatrième sephira de l'Arbre de Vie.

10 Gebourah, la Sévérité est la cinquième sephira de l'Arbre de Vie.

11 Teth, neuvième lettre de l'alephbeth hébreu, cette Voie correspond à la Justice et à l'Intelligence de l'activité spirituelle.

12 Voir paragraphe 7 ci-après.

13 Serpent de Mercure.

14 Tout au long de cet article nous utiliserons indifféremment les termes ophites, naasènes ou ophiens afin de parler des "adorateurs du serpent".

15 Pour une définition plus détaillée, le lecteur se référera au chapitre "Na'hash" où il pourra lire les différentes significations du mot.

16 E. F. Scott. in Hastings, "Encyclopaedia of Religion and Ethics" [Ophitism, Volume IX, pp. 501a].

17 Nous écrirons IHVH, Yod He Vav He, afin de parler du dieu de la Bible que les chrétiens appellent Jehova.

18 Julien en son "Contre les Galiléens" - 89a-94a

19 Julien en son "Contre les Galiléens" - 89a-94a

20 Adversus nationes, V.21

21 Origène, Catena, fragment 47.

22 In Stromata VII, 17, par, 108.

23 In "Contre toutes les Hérésies".

24 In "Contre les Hérésies", I, 31, par. 2.

25 Les diverses écoles gnostiques désignent ainsi les Emanations sorties de l'Essence de la Divinité inconnaissable. Le terme dérive du grec aion, temps, durée, éternité.

26 Ialdabaoth, "yalda bahut", le "fils du chaos". Ialdabaoth est associé à la planète Saturne et est identifié par les ophites au dieu mauvais, donc saturnien par nature.

27 Du grec demiourgos, artisan. "Nom sous lequel on désigne, dans la philosophie platonicienne, l'artisan qui a organisé l'Univers matériel, selon le plan idéal décidé par le Dieu Suprême." (R. Ambelain "La notion gnostique du Démiurge")

28 Dont six des noms nous sont parvenus : Iao, Sabaoth, Adoneus, Eloeus, Oreus et Astaphaeus, qui sont les manifestations du dieu de l'Ancien Testament.

29 Nous reportons le lecteur aux Liminaires Considérations qui suivent ce texte.

30 Mot hébreu très usité dans la Kabbale, ce terme désigne l'Infini, le Dieu caché.

31 Francis Legge, in "Forerunners and Rivals of Christianity" (Volume II, Chapitre 8, pages 28 - 37).

32 Le Serpent-Christ, le Serpent Oint.

33 Nous renvoyons le lecteur à la reproduction en tête de cet ouvrage.

34 Épiphane, Adversus Haereses.

35 Hippolyte, Elenchos V. 17

36 Dans l'hindouisme, l'amrita est le breuvage de vie qui provient du barattage de la mer de lait. Dans son sens

ésotérique, il signifie le chemin initiatique et enfin l'immortalité.

37 Épiphane, Panarion, 37, 5-7.

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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 14:35

La double chaîne du caducée d'Hermès

par Spartakus Freeman

Le mouvement des serpents autour du Caducée indique la formation d’une chaîne.

Cette chaîne existe sous deux formes : la forme droite et la forme circulaire. Partant d’un même centre elle coupe d’innombrables circonférences par d’innombrables rayons. La chaîne droite c’est la chaîne de transmission. La chaîne circulaire c’est la chaîne de participation, de diffusion, de communion, de religion. Ainsi se forme cette roue composée de plusieurs roues tournant les unes dans les autres, que nous voyons flamboyer dans la vision d’Ezéchiel. La chaîne de transmission établit la solidarité entre les générations successives.

Le point central est blanc d’un côté et noir de l’autre.

Au côté noir se rattache le serpent noir ; au côté blanc se rattache le serpent blanc. Le point central représente le libre arbitre primitif, et à son côté noir commence le péché originel.

Au côté noir commence le courant fatal, au côté blanc se rattache le mouvement libre. Le point central peut être représenté allégoriquement par la lune et les deux forces par deux femmes, l’une blanche et l’autre noire.

La femme noire c’est Eve déchue, c’est la forme passive, c’est l’infernale Hécate qui porte le croissant et la lune sur le front.

La femme blanche, c’est Maïa ou Maria qui tient à la fois sous son pied le croissant de la lune et la tête du serpent noir.

Nous ne pouvons nous expliquer plus clairement, car nous touchons au berceau de tous les dogmes. Ils redeviennent enfants à nos yeux, et nous craignons de les blesser.

Le dogme du péché originel, de quelque façon qu’on l’interprète, suppose la préexistence de nos âmes, sinon dans leur vie spéciale, du moins dans la vie universelle.

Or, si l’on peut pécher à son insu dans la vie universelle, on doit être sauvé de la même manière ; mais ceci est un grand arcane.

La chaîne droite, le rayon de la roue, la chaîne de transmission rend les générations solidaires les unes des autres et fait que les pères sont punis dans les enfants, afin que par les souffrances des enfants, les pères puissent être sauvés.

C’est pour cela que, suivant la légende dogmatique, le Christ est descendu aux enfers d’où ayant arraché les leviers de fer et les portes d’airain, il est remonté vers le ciel entraînant après lui la captivité captive.

Et la vie universelle criait : Hosannah ! Car il avait brisé l’aiguillon de la mort !

Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Osera-t-on l’expliquer ? Pourra-t-on le deviner ou le comprendre ?

Les anciens hiérophantes grecs représentaient aussi les deux forces figurées par les deux serpents sous la forme de deux enfants qui luttaient l’un contre l’autre en prenant un globe de leurs pieds et de leurs genoux.

Ces deux enfants étaient Eros et Anteros, Cupidon et Hermès, le fol amour et l’amour sage. Et leur lutte éternelle faisait l’équilibre du monde.

Si l’on n’admet pas que nous ayons existé personnellement avant notre naissance sur la terre, il faut entendre par le péché originel une dépravation volontaire du magnétisme humain chez nos premiers parents, qui aurait rompu l’équilibre de la chaîne, en donnant une funeste prédominance au serpent noir, c’est-à-dire au courant astral de la vie morte et nous en souffrons les conséquences comme les enfants qui naissent rachitiques à cause des vices de leurs pères, portent la peine des fautes qu’ils n’ont pas personnellement commises.

Les souffrances extrêmes de Jésus et des martyrs, les pénitences excessives des saints auraient eu pour but de faire contrepoids à ce manque d’équilibre, assez irréparable d’ailleurs pour devoir entraîner finalement la conflagration du monde. La grâce serait le serpent blanc sous les formes de la colombe et de l’agneau, le courant astral de la vie chargé des mérites du rédempteur ou des saints.

Le diable ou tentateur serait le courant astral de la mort, le serpent noir taché de tous les crimes des hommes, écaillé de leurs mauvaises pensées, venimeux de tous leurs mauvais désirs, en un mot LE MAGNETISME DU MAL.

Or, entre le bien et le mal, le conflit est éternel, Ils sont à jamais inconciliables. Le mal est donc à jamais réprouvé, il est à jamais condamné aux tourments qui accompagnent le désordre, et cependant dès notre enfance il ne cesse de nous solliciter et de nous attirer à lui. Tout ce que la poésie dogmatique affirme du roi Satan s’explique parfaitement par cet effrayant magnétisme d’autant plus terrible qu’il est plus fatal, mais d’autant moins à craindre pour la vertu qu’il ne saurait l’atteindre, et qu’avec le secours de la grâce elle est sûre de lui résister.

Sources : Ezoocult

Posté par Adriana Evangelizt

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28 septembre 2005 3 28 /09 /septembre /2005 00:00

LES BUTS DE L'ORDRE ILLUMINATI

De tous temps il a été de la mission de quelques rares personnes choisies de préserver le trésor de l’antique connaissance qui fut transmise des temps anciens & qui ne fut jamais révélée aux masses. Ils ne durent pas seulement préserver mais également les mettre à disposition à ceux qui en sont dignes.


En portant ce fardeau ils devinrent Porteurs de Culture.

Des personnes telles Adam Weishaupt, professeur à l’université d’Ingolstadt qui en 1776 réorganisa l’Ordre, & Léopold Engel & Théodore Reuss qui 120 années plus tard firent de même & engagèrent un âpre combat pour les idées de l’Ordre.

Les origines de l’Ordre doivent être recherchées dans l’Antiquité. Les Mystères de la Grèce & de l’Egypte possédaient dans leurs rites d’initiation les mêmes préceptes dont le plus important était gravé sur la principale porte du Temple de Delphes.

CONNAIS-TOI TOI-MEME !

Au Moyen-Age, au XVème siècle, Thomas Vaughn fut élu en tant que Général de l’Ordre des Illuminés.

De même, Ignace de Loyola fut un membre des Illuminati d’Espagne, les Allumbrados, avant qu’il ne renonce à son statut de membre lorsqu’il fonda la Societas Jesu - L’Ordre des Jésuites.

Au travers du temps, tout particulièrement au temps de Weishaupt, les Jésuites firent tout pour pousser le Prince Karl Théodore de Bavière à dissoudre l’Ordre des Illuminati. Ils réussirent & déchaînèrent les persécutions sur l’Ordre.

Les Jésuites commencèrent une telle campagne de dénigrement contre les Illuminati que les membres de l’Ordre furent considérés comme responsables de toutes sortes de choses. Lorsqu’en 1809, une tentative d’assassinat échoua contre Napoléon à Shoenbrunn, la première question de Napoléon fut : « Etes-vous un Illuminati ? ».

Durant le Troisième Reich, l’Ordre des Illuminati fut, comme la Franc-Maçonnerie & nombre d’autres organisations, dissout par le régime Nazi. Les membres durent se rencontrer en secret afin que leurs enseignements ne soient pas oubliés.

Dans les enseignements de l’Ordre nous trouvons
la Sagesse de la R+C, la Gnose & les Templiers.

La Tradition & les découvertes les plus modernes des sciences contribuent à la perfection de l’humanité.

Les devises de l’Ordre sont :

CONNAISSANCE DE SOI & CONNAISSANCE DE LA NATURE HUMAINE

DECLARATION DE LA FOI EN UNE PURE EXISTENCE L’existence ne peut nier l’essence de l’homme. L’existentialisme est la base de la démarche révolutionnaire de nos FF & SS, mais la reconnaissance de l’Essence Primordiale, union dans le Tout est la base de l’Enseignement.

DECLARATION DE FOI EN DIEU Ce Dieu est le Tout, le Rien & le Un, qui est, fut & sera. Ses noms multiples ne sont que les Voiles de Ses Secrets, & représentent Ses modes de dévoilement aux divers peuples.

AMOUR FRATERNEL L’Amour est la Loi, l’Amour sous la Volonté.

ILLUMINATION DANS TOUS LES DOMAINES DES DESIRS HUMAINS Le Mot de Péché est Restriction !

TOLERANCE POUR TOUTES LES CROYANCES & IDEOLOGIES. L’Initié sait ce que nous voulons dire par cela :
les Frères Noirs aux croix gammées & leurs fils putrides & les cohortes de capitalistes encravatés & les foules de fous de dieu & du diable recevront de nous ce qu’ils méritent : Dédain & Haine.

Dans tous ses actes, l’Illuminati doit chercher à s’élever, même au risque de descendre dans les enfers de son être, l’Univers est en expansion et ne possède PAS de haut PAS de bas, il est & s’élever est une image qui signifie sortir du CONSENSUS bêlant de notre société aseptisée & consumériste. Dans son œuvre, l’Illuminati ne doit & ne peut se séparer des choses terrestres & se perdre dans les délire du monde à venir ou du verbiage des philosophes qui ne connaissent la misère de l’homme que de nom. La Réalité est ICI & MAINTENANT ! Par l’application pratique des enseignements de la connaissance de soi & de la connaissance de la nature humaine, l’Illuminati doit se tenir plus fermement sur le sol de la réalité, au sein de ses FF & SS, & participer aux choses de monde.

De cette ferme base, l’Illuminé cherche & fouille les forces du monde invisible, qui peut être scientifiquement expliqué. Science n’étant que l’autre mot de la Foi, unie aux Dessins de la Création par RIEN.

Ses champs d’études seront : la philosophie, les religions comparatives, la psychologie, la propagande, l’histoire des peuples & des empires, la Kabbale, la Magie & les Philosophies Hermétiques dans leur ensemble.

Toute croyance est acceptable si elle se marie harmonieusement aux dessins de l’Humanité & tend à lui assurer une plus grande Liberté, Joie & Satiété.

Les Races n’existent pas, il n’y a que l’Humain, sous ses deux sexes, mâle & femelle, harmonie de l’image de Dieu. Nul ne sera le maître de son frère ou de sa sœur sur la base de la politique, de la croyance ou de la soi-disant race. Le concept de race est un fantasme ogre de ses propres enfants.
Le but des Illuminati est de prôner parmi les Humain la fin de telles stupidités.

Si l’Ordre reste neutre relativement aux croyances politique & religieuses,
elle ne tolère pas les déviances dangereuses & voue une guerre sans fin aux Frères Noirs & aux Fous de Dieu. Engeances maléfiques & anti-Humaines qui devront être extirpées de ce monde & de l’autre.

Si l’Illuminati peut & doit aider ses FF & ses SS humains, en aucun cas il ne peut devenir gourou, chef, policier de la morale ou des mœurs.
Fais ce que tu veux sera la tout de la Loi.

L’OTO & l’Eglise Gnostique ne FONT PAS partie de l’Ordre des Illuminati. Mais les enseignements de leurs penseurs & prophètes sont une des bases de nos enseignements.

L’Ordre des Illuminati est libre comme ses membres & ne dépend d’aucune organisation « supérieure », « de cercle intérieur » ou « de supérieurs inconnus ».

Toute personne cherchant à nous aider dans ces missions décrites ci-dessus peut nous rejoindre comme ces hommes illustres du passé : Kro-Ma-Gnon, Lucy in the Sky, le Chat Botté, l’inventeur du Lambrusco, le page de Jacques de Molay, la lingère de Weishaupt, Ravachol, ...Et tous ces anonymes du passés reposant aujourd’hui à l’ombre des saules pleureurs.

Savoir pour Oser, Oser pour Vouloir, Vouloir recevoir le Royaume, Afin de régner être Silencieux.

Ligue Mondiale des Illuminati

Traduction du Martien par Fr. Spartakus FreeMann, Homme de la Terre. Révision des Hérésies par Fr. Spartakus, anno NO.

Sources :
HERMESIA

Voir notre site L'INITIATEUR

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1 juin 2005 3 01 /06 /juin /2005 00:00

 

LE  SERPENT

DANS LA RELIGION EGYPTIENNE

 

La signification symbolique du cobra dans l’art égyptien est associé de façon très forte à la religion. Durant l'Antiquité Egyptienne, les forces dangereuses étaient vénérées soit pour gagner leur bonnes grâces, soit pour vaincre les ennemis. C'est la raison pour laquelle le serpent fut vénéré sous forme de différentes divinités.
Les artisans égyptiens représentèrent souvent le serpent en Egypte comme une déesse protectrice, symbole de la vie divine et de l’ordre.


En tant que Ouadjet, le cobra est la déesse de Bouto, l’ancien sanctuaire du Delta. Sa « contrepartie » est le vautour, symbole de Nekhbet, déesse de Nekhen ou Hierakonpolis, ancien sanctuaire de la Haute Egypte (le vautour et le cobra deviendront les symboles de l’unification du pays). Ces deux déesses furent considérées comme des protectrices et des gardiennes des peuples des deux « contrées ». A travers les temps, le cobra restera en Egypte un symbole puissant de protection royale et divine.


L’importance du cobra est en fait expliqué dans le fameux « Papyrus Bremner-Rhind », texte remontant au 4ème siècle av.J-C. Ce texte contient deux versions du mythe de la création « héliopolitaine ». Dans les deux versions, Atoum créa Shou (l’air) et Tefnout (l’humidité) en « expectorant » ou en « se masturbant » à l’intérieur des eaux primordiales. Puis il envoya son oeil pour récupérer Shou et Tefnout. Quand son oeil retrouva et ramena « l’air » et « l’humidité », l’unité primordiale de la puissance divine fut atteinte. Cependant, l’oeil du démiurge devint enragé quand il s’apperçut qu’il avait été remplaçé par « un objet plus brillant que lui » : le soleil.
L’oeil se transforma de façon magique en cobra, puissance féminine (le hiéroglyphe utilisé pour décrire le serpent se terminant par un t, déterminatif féminin) servant à protéger les dieux et les rois contre les puissances des ténèbres dans le monde crée. Le dieu de la création apaisa l’oeil, devenu cobra, en le plaçant sur son front. La pacification du cobra marqua ainsi l’établissement de la monarchie, et le serpent devint le symbole de la protection et de l’unité de la royauté légitime.


Plus tard, Apophis sera l’ennemi serpent du dieu solaire qui incarne la menace continue de désordre pour le monde organisé.
Le serpent apparait donc à l’origine de la mythologie expliquant la création du monde.


Sur une fresque de la XXIème dynastie (Papyrus « De Herub »), on voit un serpent qui se mord la queue : c’est l’Ouroboros. Que signifie ce symbole ? Le serpent qui se mord la queue est l’emblème du monde, ou plus exactement de la perpétuelle rénovation de la nature. On trouve dans le premier livre des hiéroglyphes d’Horapollon : « Quand les Egyptiens veulent représenter le monde, ils peignent un serpent qui mord sa queue. Chaque année cet animal se dépouille et perd sa vieillesse; de même, dans le monde, chaque période annuelle rajeunit en opérant un changement ».


On peut lire dans un texte égyptien traduit par G.Maspéro ceci : « le dieu Râ avec sa barque passe à travers le corps et les entrailles de ce serpent.... Le serpent qui fait peau neuve, chaque année, et semble ainsi renaître de lui-même, est indiqué pour jouer le rôle d’entrepôt de la vie divine ».


Oscar Pfouma dans « Histoire culturelle de l’Afrique » nous apprend qu’Atoum a été représenté en une forme particulière d’Ouroboros : un serpent à cinq têtes se mordant la queue. L’image sert à illustrer la multiplicité d’essences du dieu. Puis il cite un texte égyptien : « Je suis Tum, celui qui a fait le ciel, le créateur des choses qui y sont, qui sortent de terre; qui fait venir à l’existence les graines ensemencées, le seigneur des choses qui seront; qui donne naissance aux dieux; je suis le grand dieu qui se fait lui-même.... Je suis dans le ciel, dans la terre, dans l’eau, dans l’air, je suis dans les animaux, dans les plantes; dans le ventre, avant le ventre, après le ventre, partout ».


Dans le chapitre 175 du Livre des Morts, on peut lire que: « Cette terre retournera à l’eau primordiale, au flux infini qui fut son premier état. Je (Atoum) demeurerai avec Osiris après m’être transformé en un autre serpent que les hommes ne connaissent pas et que les dieux ne voient pas ». Prenons l’explication de Erik Hornung : « Seuls Atoum et Osiris sont capables de reprendre la forme durable, originale du serpent, c’est à dire la même forme-ou plûtot absence de forme-que l’ennemi éternel des dieux, Apophis, puissance du chaos; on retrouve ce symbole dans l’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, la non-existence régénérante qui encercle le monde. Ici, le serpent demeure, mais le monde qu’il enserre s’enfouit dans l’eau primordiale et disparait avec les dieux et tous les êtres vivants : retour à la situation d’avant la création ».


Citons un autre passage du Livre des Morts : « L’âme pénétrera dans le corps du serpent par la queue, qui est dirigée du côté des ténèbres et sortira par sa gueule, qui est toujours du côté de la lumière ». Selon Albert Champdor, l’âme, après avoir traversé le Serpent, symbole de l’éternité et de la réincarnation, acquiert de nouveaux pouvoirs magiques.


Terminons ce chapitre en disant que des momies de serpents ont été trouvées dans les nécropoles thébaines; il s’agit de serpents divinisés, nommés Pa-neb-ânkh « les maîtres de la vie ».

Sources : http://membres.lycos.fr/nebetbastet/symboleanimaux.htm

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Published by Adriana EVANGELIZT - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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31 mai 2005 2 31 /05 /mai /2005 00:00

Alors nous allons entrer là dans un domaine qui risque fort écarquiller les yeux des profanes. Il y est question du Serpent. Le Serpent de la Genèse a été diabolisé par l'Eglise Catholique romaine. Il serait l'animal maudit qui a induit la femme en tentation. Ce qui nous reste de la vérité historique de la Création du monde dans la Bible est bien sûr à prendre avec des pincettes. Il faut lire entre les lignes car bien souvent le sens littéral en cache un autre beaucoup plus profond.

Le Serpent à l'Origine était le symbole de la Connaissance. Il faut donc bien réfléchir sur le Serpent du Jardin d'Eden. Qui était-il exactement ? Et que révéla-t-il à Eve qui provoqua le courroux de Yahvé ? Il faut savoir que dans tous les milieux gnostiques, hermétiste, ésotériques, le vrai Dieu n'est pas Yahvé...  nous n'en dirons pas plus pour l'instant mais peu à peu le secret vous sera délivré...

 

 

ELEVER LE SERPENT INTERIEUR

 

ou la Vision Kabbalistique du Serpent de la Genèse

par Rabbi Yakob Funès

 

Un texte transmis par un ami sur le Serpent de la Genèse en une vision unifiante. Une autre manière de dire ce que nous avons déjà dit au sujet de l’utilisation des symboles au sein de Torah.

Au travers de l’histoire, le serpent reste le symbole le moins bien connus des éléments bibliques, souvent associé au mal et aux forces de la tentation et de la chute. Mais, si nous regardons le serpent avec des yeux de kabbalistes et non de simples croyants, alors les enseignements qu’il recèle sont nombreux et l’histoire du Jardin d’Eden prend une coloration bien différente : de la chute nous trouvons alors une transformation spirituelle et un développement possible de l’homme dans la liberté de la Création.

Dans la tradition des maîtres hassidim, un des principes afin d’obtenir une compréhension plus pénétrante et plus grande de la Torah est d’utiliser celle-ci comme un manuel qui par l’alchimie de la psychologie intime de l’âme peut être compris plus aisément. Chaque personne, lieu, événement, objet représentent un élément organique de la psyché humaine et divine. Par ce mode de connaissance, le serpent du Jardin peut être symboliquement un représentant des instincts primitifs qui se cachent en chacun de nous. En fait, les sages nous disent « le serpent était à l’origine destiné à un grand serviteur de l’homme » (Sanhédrin 59b).

Nos sages, de mémoire bénie, nous donnent ici une vision étonnante qui développe plus avant notre compréhension du serpent. Ils disent que le serpent avait à l’origine des jambes et qu’il fut maudit (Zohar I 171a). Symboliquement, cela signifie que la condition première au sein de tout un chacun est de pouvoir se mouvoir et de grimper, de s’élever afin d’atteindre des sommets dans l’illumination et la compréhension du divin. Cela signifie aussi que nous sommes capables intrinsèquement de remplir notre vie, de faire vivre le royaume de Dieu en nous et autour de nous. A ce niveau, la bénédiction spirituelle ultime est possible. Mais lorsque le serpent est maudit par Dieu afin de « ramper sur son ventre et de manger la poussière de la terre » (Genèse 3, 14), la condition première change drastiquement et nous sommes alors enfermés dans les formes inférieures de la passion.

Afin de comprendre ce changement profond, nous devons à nouveau nous tourner vers les maîtres de la tradition kabbalistique. La Kabbale (Zohar II, 23b et Midrash Rabba baMidbar 14, 12) enseigne en effet qu’il existe quatre niveaux de compréhension et que pour faire un être humain intégral, l’on doit avoir quatre niveaux ou quatre éléments de la nature : l’élément physique (terre), la nature émotionnelle (eau), l’abilité intellectuelle (air) et la dimension spirituelle (feu). En ôtant les jambes au serpent et en le forçant à ramper sur le sol, l’élément ou la pulsion physique est confiné, selon nos maîtres bénis, à la dimension terrestre et physique. Le résultat de cette malédiction est que notre énergie première qui est de réaliser le potentiel transformatif spirituel est à présent dans un état de confinement terrestre, au sein des énergies les plus basses du corps qui sont associées à la sexualité, aux passions physiques et aux désirs terrestres.

C’est la raison pour laquelle nombre de traditions dans le monde ont compris que ce stade inférieur est la source de nos obstacles à atteindre des niveaux de spiritualité supérieurs. Comme résultat, le serpent a été condamné comme maléfique.

 

Délivrer le Serpent intérieur.

 

Heureusement, la vision conventionnelle qui appelle à la suppression de l’énergie sexuelle ou serpentesque doit être réexaminée sous les feux de la pensée kabbalistique. La Torah nous donne une vision très puissante de ce que peut être notre énergie primale si nous pouvons la faire s’élever à nouveau et la canaliser dans la bonne direction. Relisons en ce sens la rencontre de Moïse et de Dieu sous la forme du Buisson Ardent, il lui est commandé de laisser tomber son bâton sur le sol et de l’élever à nouveau (Shemoth 4, 3-4).

C’est là le symbole du Tikkun ou de la réparation du bris des vases qui est nécessaire à l’évolution spirituelle véritable. En son état de chute, la Torah nous dit que le bâton était un serpent qui faisait peur à Moïse, mais qu’une fois élevé il devint le bâton de Dieu par lequel Moïse réalisa ses miracles (Zohar I, 27a). Cela nous enseigne donc que lorsque nos besoins primaires sont réprimés, nous sommes sans contrôle sur eux, tandis que si nous élevons cette énergie primaire, les mêmes passions sont élevées et transformée et Dieu opère ses miracles au travers de nous (Keter Shem Tov 69).

L’idée est simple voire simpliste : en canalisant nos passions vers le haut, vers les pshères spirituelles nous pouvons transformer un potentiel destructeur en une chose sainte et bonne. Cependant, nos sages, de mémoire bénie, nous mettent en garde que mal dirigée nos passions mènent à l’irresponsabilité et peuvent se révéler dangereuses. Les passions doivent donc être guidées par l’élément de l’air (intellect) avant de pouvoir se transformer et se réaliser en feu (spiritualité) par l’utilisation du modèle kabbalistique des quatre éléments.

 

La passion comme moyen de transformation.

 

Le Yetzer haRa - le mauvais penchant - n’est rien de plus que l’énergie réprimée qui doit être transformée et sublimée dans son expression en une énergie spirituelle.

Le Baal Shem Tov, maître de mémoire bénie et que l’huile coule sur ses descendants, soyons dignes d’exprimer sa pensée, explique ainsi que deux lettres hébraïques - Resh et Ayin - épellent le mot « mal » - ra - qui inversé donne le mot « er » qui signifie « être éveillé ». Le yetzer haEr serait alors l’inclinaison à l’éveil qui repose en chacun de nous. Comme le serpent dont les yeux restent toujours ouverts, il y a une part en nous qui doit toujours rester en éveil et être sans cesse stimulée. Par conséquent, lorsque l’on ne participe pas sous une forme ou une autre à la spiritualisation ou à l’expression spirituelle de notre intimité. Nous devons chercher une stimulation extérieure par l’étude, la danse, les chants, l’art. La Kabbale nous enseigne que la sexualité et la spiritualité sont une énergie UNE. Sous sa forme inférieure, elle se manifeste comme un instinct primaire et se manifeste par le stupre. Dans sa forme élevée elle se manifeste comme un amour intense et illimité de l’amour divin, une passion pour la vie et l’éclosion de la beauté de l’être intérieur. En sa forme élevée de joie et de bonheur, elle nous permet d’atteindre les sphères prophétiques de l’inspiration divine (Likkutei Moharan I, 24).

Nos sages, de mémoire bénie, disent que lorsque deux mots hébreux ont une même valeur numérique, ils sont en fait de même essence, mais à un niveau plus subtil et plus occulté. Peut-être est-ce pour cela que les mots hébreux Mashiach (messie) et Na’hash (serpent) ont la même valeur numérique de 358. En surface, ils semblent représenter deux forces opposées, en essence ils sont liés. La tradition nous explique que lorsque l’ère messianique arrivera, nos instincts primaires seront « enlevés » et que tout sera transformé en bon. Cela signifie que ces instincts seront élevés et ne seront plus réprimés mais que la pulsion intime retournera à sa passion originelle de trouver sa réalisation dans la vie spirituelle de l’amour du Dieu vivant (Tikkunei Zohar 21 43a).

La vie est une célébration qui doit être vécue et si l’on nie sa propre nature et ses désirs, alors on nie sa nature divine et humaine, on nie la gloire intrinsèque de notre essence divine. L’individu spirituel a besoin d’éléments positifs pour se transformer, il utilise ses désirs terrestres afin de les sublimer en des expressions créatrices et divines. Il élève le serpent afin de reprendre la route du royaume divin qui est en nous et autour de nous.

 

Sources : EZOOCULT    Excellent site Hermétiste

http://www.ezooccult.net/article.php3?id_article=271

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