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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 13:53

 Le grand maître du Grand-Orient de France, Jean-Michel Quillardet soutient l'initiative de Sarkozy de confier, à partir de la rentrée prochaine, à chaque élève de CM2 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah. Nous n'en attendions pas moins de ce pseudo-grand-maître dont on ne compte plus les visites à l'organisation sioniste du Crif. Et qui ne cache pas sa sensibilité au judaïsme. A-t-il planché sur le judaïsme pour savoir exactement de quoi il retourne ? Nous en doutons fort. Là, n'est pas la question, de toute façon. Nous avons posé sur divers sites notre point de vue sur le sujet. En tant que juifs ou d'ascendance judaïque. Et nous estimons que Quillardet n'a pas à se mêler de cette question car ses accointances avec les sionistes n'est malheureusement pas une fable. Confondrait-il Judaïsme et Sionisme ? Les Vrais juifs ne sont pas sionistes nous tenons à lui signaler. Et les Vrais Francs-Maçons, pour rester fidèle à leur idéal humaniste, ne soutiennent pas le Sionisme ni les sionistes dont le but est de s'accaparer de toute la Palestine. Voilà déjà un "détail" qui fait que la franc-maçonnerie a mauvaise presse puisque certains commentateurs sont venus faire leurs critiques sur ce blog au sujet de l'article La Franc-Maçonnerie est-elle une secte ?

Aussi lorsque Quillardet approuve le projet de Sarkozy dont le communautarisme avec les juifs sionistes n'est plus à faire, il va dans le sens du Sionisme car tout ce qu'y a trait à la "mémoire" est l'oeuvre du Sionisme. Tout comme la création de l'Etat d'Israël est l'oeuvre de la Franc-Maçonnerie juive. Nous sommes bien placés pour le savoir. Allez donc sur le site de l'American Jewish Archives pour vous rendre compte du nombre de loges maçonniques juives présentes sur le sol américain dans l'année 1899-1900. A partir de la page 62 du document -29 sur votre PC-, vous trouverez la loge du B'nai Brith avec toutes ses filiales et toutes les loges maçonniques sionistes qui étaient en connexion directe avec celles déjà installées en Egypte et en Palestine.  Nous poserons un article juste après pour confirmer ce fait. Un article signé Léon Zeldis, qui fût grand commandeur de la loge d'Israël. En vous précisant qu'il y a de nombreux rabbins talmudistes sionistes qui sont aussi maçons. Et en précisant aussi puisqu'il faut tout préciser que sans les juifs, il n'y aurait pas de franc-maçonnerie occidentale. Il n'y a qu'à voir tout le vocabulaire employé pour comprendre qui est à l'origine de la FMO. Déjà le mot "consistoire" est tout un poème. Et le Temple de Salomon ? Nous qui sommes au courant de beaucoup de choses, nous rigolons grandement du bon tour joué !

Mais revenons à nos moutons... nous condamnons les propos de Jean-Michel Quillardet et en tant que juifs Initiés non sionistes, nous lui interdisons de parler à notre place. D'autant que quand on lit son pedigree sur Wikipedia, "En mars 2007, mis en cause par des membres de son obédience sur des questions de gestion des affaires internes, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de 1 000 euros avec sursis pour usage de faux." , nous ne le pensons pas habilité à parler ni de mémoire ni de morale.

A bon entendeur !

 

 

 

Proposition de Sarkozy sur la Shoah:

une idée "belle et saine" pour le grand maître du Grand Orient de France

 

Le grand maître du Grand Orient de France Jean-Michel Quillardet a estimé vendredi matin que l'idée du président Nicolas Sarkozy de confier, à partir de la rentrée prochaine, à chaque élève de CM2 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah était une proposition "belle et saine".

"Il me semble que le président de la République est parfaitement dans son rôle pour lancer un certain nombre d'idées et faire cette proposition qui me paraît belle et saine", "ce que je regrette, c'est qu'autour d'une idée qui est incontestable, il y ait polémique", a déclaré Jean-Michel Quillardet sur RTL. "Il faut qu'il y ait une discussion qui s'instaure sur les modalités".

"Là, je pense qu'il n'y a pas lieu de critiquer une initiative (...) qui ne peut que renforcer le pacte républicain, car (...) c'est aussi une mémoire commune", a-t-il ajouté. "Tout ce qui peut favoriser et encourager le devoir de mémoire, et en particulier concernant cette horreur absolument inconcevable quest la Shoah, est juste".

Le Sgen-CFDT voit en revanche une démarche "inquiétante" dans la proposition du chef de l'Etat. "Nul ne conteste la tragédie vécue par chacune des victimes ni la nécessité de se souvenir et de savoir ce que fut l'Holocauste", souligne-t-il dans un communiqué diffusé vendredi. "Mais précisément parce qu'il s'agir de savoir et pas seulement de commémorer, la démarche est inquiétante. (...) C'est d'histoire dont nous avons besoin, avec tout ce que cela suppose de mise en perspective, de compréhension collective de ce qui génère la tragédie, mais aussi des réponses apportées notamment au travers de la construction européenne. Pour humaine qu'elle soit, jamais la compassion ne pourra remplir le rôle de l'histoire".

Il estime surtout qu'"il faut mesurer les risques que l'on prend à vouloir transférer la culpabilité des générations passées sur les enfants d'aujourd'hui". "Plus qu'une aide à la compréhension, l'identification à une victime peut être un véritable traumatisme. Peut-on demander à un enfant de CM2 de porter sur ses épaules un tel fardeau?", lance l'organisation syndicale. "Prendre ce risque est une démarche parfaitement irresponsable". AP

Sources La Tribune

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 05:49

 A noter que les préceptes correspondent à ceux donnés par Moïse, notamment en ce qui concerne l'étranger, la veuve et l'orphelin...

 

Les sagesses dans la littérature pharaonique


Pascal Vernus

Directeur d'études à l'École pratique des hautes études

 

Assurer le culte funéraire de ses parents, fonder une famille, respecter les règles du savoir vivre et les convenances ; adresser une prière matinale au disque solaire, mais aussi éviter de truquer les mesures ou de déplacer les bornes du champ ; ne pas faire payer le péage du bac un pauvre ; aider la veuve et l'étranger… À un plus haut niveau, respecter l'ordre établi, faire preuve de réserve et de modestie : voilà ce que tout jeune Égyptien bien né devait apprendre de la bouche de son père, ce que toute personnalité reconnue devait transmettre aux jeunes générations. Comme nous l'explique ici Pascal Vernus, auteur de Sagesses de l'Égypte pharaonique (Paris 2001), ces recueils didactiques, ces « sagesses », sont aujourd'hui une source irremplaçable de documentation sur la société égyptienne et sur ses normes éthiques.


Le domaine de la sagesse

Au sens large, le terme de « sagesse », appliqué aux productions écrites du Proche Orient ancien, désigne des œuvres, de nature et de genre divers, qui ont en commun d'être dominées par une attitude éthique fondée sur une intelligence du monde et des principes qui le régissent, ou, à tout le moins, sur une aspiration à y parvenir. Au sens restreint, « sagesse » désigne un genre littéraire dont la finalité première est d'enseigner des normes de conduite et de comportement sur lesquelles régler sa vie, à partir d'une attitude éthique plus ou moins explicitée. La littérature de l'Égypte pharaonique comporte nombre d'œuvres littéraires susceptibles de correspondre à ces deux acceptions.

On emploie aussi comme synonymes de « sagesse » les termes « instruction », « enseignement », – en allemand Weisheitslehre, Lebenslehre, en anglais instruction, teaching. Ils éveillent des harmoniques moins prestigieuses, puisqu'ils évoquent en effet le didactisme là où « sagesse » convoque la philosophie.

Peuvent être classés comme participant des sagesses au sens large des textes comme Le dialogue d'un homme avec son ba, Les mots de Sasebek. Les mots de Khâkeperrêseneb, Les lamentations d'Ipouour. De même La prophétie de Néferty, ou encore le Conte de l'oasien, bien qu'il ait la forme d'une narration, visent fondamentalement à défendre une attitude éthique.

Pour la période pharaonique, de 3000 avant J.-C. à la conquête d'Alexandre, on dénombre dix-sept œuvres, outre quelques fragments, qui peuvent être classées comme relevant de la sagesse au sens restreint, parce qu'elles se présentent explicitement comme des enseignements ou des instructions à finalité éducative. Ce sont ces œuvres qui nous occuperont. En voici la liste :

– Pour le Moyen Empire (2000-1550 avant J.-C.)

L'enseignement d'Hordjedef ;
L'enseignement pour Kagemni ;
L'enseignement de Ptahhotep ;
L'enseignement pour Mérykarê ;
L'enseignement d'Amménémès I ;
L'enseignement de Chéty ;
L'enseignement loyaliste ;
L'enseignement d'un homme à son fils ;
L'enseignement de la tablette de l'Ashmolean Museum ;
Recueil d'aphorismes.

– Pour le Nouvel Empire (1550-1000 avant J.-C.)

L'enseignement d'Ani ;
L'enseignement du papyrus Chester Beatty IV ;
L'enseignement d'Amennakht ;
L'enseignement de Hori ;
Le recueil de prohibitions ;
L'enseignement d'Aménemopé.

– Pour la Basse Époque (VIIe siècle-IVe siècle avant J.-C.)

L'enseignement du papyrus Brooklyn.


Dénominations et formes de la sagesse en tant que genre

Pour désigner ces enseignements, l'égyptien utilise le terme sebayt, qui s'applique par ailleurs à des « instructions » formulées oralement sans mise en forme littéraire, y compris celles que le pharaon lui-même juge nécessaire d'adresser à son peuple. Le même terme désigne aussi des recueils de textes variés qu'un maître donne à copier à son apprenti ou encore des listes de termes nommant les réalités de l'univers égyptien, et qu'on infligeait aux étudiants pour leur inculquer un savoir encyclopédique sur le monde, un onomasticon. Le mot sebayt est formé sur le verbe seba, « instruire », dont les implications coercitives se manifestent à travers le classificateur sémantique qui entre dans sa graphie, à savoir le signe de l'homme brandissant un bâton, utilisé par ailleurs dans les mots désignant des notions où actions, énergie et force physique sont requises. Au demeurant, à partir du Nouvel Empire, il prend l'acception de « châtiment ». Ce n'est pas fortuit, la sagesse égyptienne impliquant avant tout un endoctrinement passif. Il s'agit d'inculquer des préceptes, au besoin par la contrainte, plutôt que de susciter l'éveil d'une créativité personnelle.

En tant que genre, la sagesse est caractérisée par sa forme explicitement didactique. Un « enseignant » parle à un « enseigné ». Mais, si le principe d'un dialogue est posé, ce dialogue n'est guère développé, la balance demeurant fort inégale entre l'énonciateur et son allocutaire. Il n'y a guère que dans L'enseignement d'Ani où, dans l'épilogue, l'allocuteur – l'« enseigné » – récepteur des instructions, s'exprime vraiment, à plusieurs reprises, dans un véritable débat. Le plus souvent, l'allocutaire est au mieux simplement nommé. Parfois, l'allocutaire n'est pas explicité, mais sa présence est présupposée par l'emploi de la seconde personne.

D'une manière générale, ce sont les prescriptions et prohibitions aux deuxièmes personnes qui prévalent dans les sagesses. Fréquents aussi les aphorismes, apophtegmes et sentences sont énoncés à la troisième personne au présent « général » ou « gnomique ». Par ailleurs, dans la mesure où l'énonciateur entend appuyer ses préceptes sur son expérience personnelle, il lui arrive de recourir occasionnellement à la narration, et quelquefois à la description.


Qui instruit qui?

Il est bon que le récepteur appartienne à une nouvelle génération et s'apprête à affronter un nouveau stade de sa vie. Ces réquisits sont pleinement satisfaits par la relation de père à fils, et c'est donc elle qui est, en quelque sorte, la relation prototypique de la sagesse, et la plus fréquente. Ce récepteur est quelquefois un adolescent en âge d'étudier l'écriture à la capitale, mais le plus souvent un jeune homme déjà engagé dans la vie professionnelle. Car il faut que celui à qui s'adressent les préceptes ait au moins l'âge de raison pour les comprendre, tout en étant assez jeune et à l'orée d'une carrière pour avoir besoin d'être éclairé sur la vie. La sagesse se reçoit à la manière d'un sacrement liminal, sanctionnant le passage à un nouveau stade de l'existence, et administré par la génération sortante à la génération montante.

Corrélativement, l'énonciateur doit être un homme d'expérience et d'autorité morale pour cautionner de manière crédible les préceptes qu'il formule. Un âge avancé sied donc à l'énonciateur, d'abord par ce qu'il implique l'expérience, mais aussi parce qu'elle est le signe de la faveur divine. Les hauts faits des hommes illustres indiquent qu'ils avaient été les médiateurs ou les instruments de la volonté du dieu dans son inconnaissable programme d'aménagement de la création, et les prédisposent ainsi à proférer des règles de vie qui, en dernière analyse, en reflétaient les lois.


Caution et paternité des enseignements

Par là, les sagesses posent, de manière plus aiguë encore que d'autres genres de l'Égypte pharaonique, le problème de leur attribution. Certains anachronismes flagrants dénonçaient ostensiblement la pseudépigraphie ; le cas topique étant L'enseignement pour Kagemni, où le vizir ainsi nommé est situé sous le pharaon Snéfrou, alors qu'il vécut au moins deux siècles après, nos sources sont indiscutables là-dessus ! Désormais, on s'accorde à tenir pour apocryphes les deux autres sagesses attribuées à des personnages de l'Ancien Empire, L'enseignement de Ptahhotep et L'enseignement de Hordjedef. Dans le même ordre d'idée, L'enseignement pour Mérykarê ; L'enseignement d'Amménémès ont été rédigés postérieurement à ceux qui sont censés les énoncer.

Pour les sagesses du Nouvel Empire, le problème est quelque peu différent. Qu'Ani ou Aménemopé soient des figures inventées ou aient réellement existé, peu importe. Ils sont vraisemblables, dans la mesure où le contenu de leurs enseignements est en accord avec leurs personnages – historiques ou fictifs. Enfin, il est un cas au moins où l'auteur mentionné dans le titre de la sagesse est bien l'auteur réel, c'est L'enseignement d'Amennakht. Pour une fois, nous pouvons entrevoir un auteur de sagesse pour ainsi dire en chair et en os. Cet Amennakht, en effet, est bien connu dans la nécropole thébaine. Du règne de Ramsès III au règne de Ramsès VI, il fut le scribe de la communauté des artisans de l'Institution de la Tombe, qui vivaient sur le site moderne de Deir el-Médina. C'est de là, au demeurant, que proviennent les manuscrits de sa sagesse. Il détint d'autres hautes charges administratives : scribe du trésor des temples, scribe du vizir, scribe royal, et surtout scribe de la « maison de vie ». La « maison de vie » était l'officine où s'effectuaient la copie, la lecture et la critique des textes religieux, magiques, « scientifiques » et littéraires, à la fois comme activités de recherche et d'érudition, mais aussi comme activité pédagogique pour la formation des spécialistes. Les travaux écrits d'Amenenakht correspondent à ce large éventail de responsabilités. On lui doit en effet la rédaction de ce long document administratif qui raconte les grèves des ouvriers, mais aussi des hymnes à des divinités et au pharaon Ramsès IV, une satire à l'encontre d'un débutant infatué et une sagesse. C'était une belle figure d'intellectuel, tout à la fois gestionnaire de bon rang et écrivain polygraphe.

En résumé, il faut distinguer quatre cas principaux dans la paternité des sagesses de l'Égypte pharaonique :

- 1. Elle n'a pas d'attributaire connu, soit parce qu'elle est anonyme, soit parce que la tradition manuscrite insuffisante ne nous en a pas conservé le nom.
- 2. Son intitulé mentionne un attributaire bien défini, mais inconnu par ailleurs, et dont on peut soupçonner qu'il est fictif, et créé
ad hoc.
- 3. Son intitulé mentionne un attributaire historiquement attesté, mais qui ne l'a jamais proférée en fait, et qui est convoqué à titre de garant.
- 4. Son intitulé mentionne un attributaire historiquement attesté, et qui en est bel et bien l'auteur.


La norme éthique

Les sagesses définissent les règles de comportement à travers des recommandations très précises et très concrètes. Il faut avoir sa propre maison et gérer efficacement son bien. Il faut aussi veiller à aménager sa tombe de son vivant tant l'espoir de la survie tenaillait les anciens Égyptiens. Aussi assurer le culte funéraire de son père et sa mère est-il un impératif de la piété filiale, laquelle doit se manifester particulièrement à l'égard de sa mère.

Fonder une famille s'impose, c'est-à-dire avant tout, comme chez beaucoup de peuple, avoir un fils. L'épouse doit être bien traitée. En revanche, méfiance à l'égard des femmes. Par ailleurs, un enseignement paraît prohiber la pédophilie. Bien entendu, l'attachement à la famille nucléaire doit être étendu aux proches. Il est bon d'avoir des amis et des partisans et de les respecter. Si on élargit le cercle de ses relations, mieux vaut choisir des personnes de son rang.

Dans la vie sociale, il faut du savoir vivre, non seulement en faisant preuve d'indulgence, de bienveillance et de générosité, mais aussi en suivant l'étiquette et les convenances ; bien se tenir à table en fonction de ses commensaux, marquer son respect à l'aîné et au supérieur, et surtout, agir en conformité avec son rang et sa condition. Dans un univers social où les mots priment la force, les sagesses s'attachent à donner des règles du savoir parler, au demeurant inséparable du simple savoir. Par ailleurs, il faut adresser une prière matinale au disque solaire, célébrer le culte ; respecter les biens du dieu ; éventuellement les accroître par des dons.

Il faut éviter la partialité et la corruption ; ne pas convoiter le bien du subalterne ; éviter aussi la falsification sous toutes ses formes, le faux en écriture, le faux témoignage ; éviter de truquer les mesures ou de déplacer les bornes du champ. Il faut pratiquer l'assistance du faible sous toutes ses formes ; ne pas exiger l'impôt du démuni ; ne pas faire payer le péage du bac un pauvre ; aider la veuve et l'étranger.

À un plus haut niveau de généralité, le bon comportement est réglé par un principe de base : la mesure en toute chose. Point d'outrecuidance, point de manigances, ni de projets à longue échéance. Point d'acoquinement avec le trublion et surtout point d'avidité et de goût du lucre qui ruinent le lien social. Mais, au contraire, respect de l'ordre établi, réserve, modestie, mesure en tout.

Le comportement idéal, par opposition à celui du « bouillant », est celui dit du « silencieux », c'est-à-dire celui qui sait laisser faire ou, à tout le moins, qui sait éviter toute réaction précipitée, impulsive, toute attitude déplacée, quelle que soit la situation. Faisant ce qu'il convient, mais sans excès, il sait garder du temps pour « suivre son désir ».


Les fondements de l'éthique

Cet ensemble de prescriptions et de prohibitions vise donc tout d'abord à définir un guide du comportement dans l'existence par l'apprentissage des codes sociaux. Il s'agit de fournir des repères pour baliser le « chemin de la vie ». Les sagesses égyptiennes sont donc avant tout pratiques, voire même utilitaristes. Certaines d'entre elles, loin de se borner au simple égrènement d'injonctions, s'efforcent néanmoins de justifier l'éthique qu'elles impliquent. Au premier degré, on fait valoir les conséquences positives ou négatives que suscite socialement le comportement recommandé ou prohibé. Mais les normes prescrites peuvent aussi être justifiées par rapport à une vision d'ensemble de la création et de la société humaine. L'homme ne doit pas agir inconsidérément tout simplement parce qu'il est dans un monde voulu par les dieux et régi par leur volonté. Respect et mesure s'imposent donc devant la destinée sociale de chacun, puisqu'elle est déterminée par eux.

Cela posé, si les principes fondamentaux sur lesquels repose l'éthique restent les mêmes, une importante évolution se laisse percevoir au cours du trajet qui va des sagesses les plus anciennes, en particulier L'enseignement de Ptahhotep, à celles du Nouvel Empire, en particulier L'enseignement d'Aménemopé. Anciennement, les dieux se contentent le plus souvent d'une gestion médiate de la société humaine à travers les mécanismes autorégulateurs qu'ils ont institués et qui participent de la maât, l'ordre de la création en général. Certes il leur arrive de se livrer ponctuellement à des interventions directes, mais de manière sporadique. En revanche, au Nouvel Empire, une crise des valeurs ayant mis en cause les institutions, les sagesses tendent à fonder les normes éthiques dans une relation personnelle directe avec la divinité. Conclusion inévitable, fermement martelée dans L'enseignement d'Aménemopé : le principe ultime des conduites terrestres est de se contenter de suivre règles et usages établis, sans nourrir d'ambitions excessives, mais en s'abandonnant à la toute puissance divine qui agit sur la destinée de chacun au gré d'un inconnaissable plan.


Le public des sagesses

Les sagesses étaient d'abord destinées à former les fils d'une minorité lettrée de la population, par opposition à la masse des travailleurs manuels. Souvent, elles prétendent définir les conduites plus particulièrement propres à ces gestionnaires subalternes, dominants par rapport à la masse non lettrée, mais en rapport de subordination avec l'élite dirigeante. Elles font du « haut dirigeant » l'instance supérieure immédiate, mais aussi le statut prestigieux auquel on peut espérer accéder.

Il serait toutefois caricatural de restreindre là leur portée. Le fait même que beaucoup de sagesses soient connues par des papyrus appartenant à des bibliothèques de lettrés indique qu'elles n'étaient pas confinées à des pratiques purement scolaires. De même, le grand nombre d'allusions aux sagesses, de citations, ou de références implicites dans des productions écrites de différentes catégories, y compris les textes de l'idéologie royale, tout au long de la période pharaonique, et l'accueil au parnasse des écrivains du passé de beaucoup de leurs auteurs réels ou fictifs, montrent que leur portée outrepassait la finalité didactique, et fictivement restreinte aux dominés des dominants, qui avait plus ou moins inspiré ou modelé leur teneur.

Souces Clio

Posté par Adriana Evangelizt


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Published by Adriana Evangelizt - dans Tradition Egypte
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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 05:23

La littérature de l'Égypte pharaonique


par
Pascal Vernus

Directeur d'études à l'École pratique des hautes études

 

Appliqué à une civilisation ancienne comme celle de l'Égypte pharaonique, le mot « littérature » tend à être utilisé sous deux acceptions. D'une part, selon un usage des sciences sociales anglo-saxonnes, il est pris au sens large pour désigner l'ensemble de la production écrite. D'autre part, une acception plus restreinte, que nous élirons ici, le réserve à des œuvres sélectionnées par les Égyptiens anciens eux-mêmes sous l'appellation « belles paroles » parce que, leurs agréments particuliers et l'intérêt qu'elles suscitaient transcendant leurs finalités originelles, quelles qu'elles fussent, elles créaient avec la connivence de leur public un univers de plaisir spécifique, proprement littéraire. Pascal Vernus éditeur, à l'Imprimerie nationale, de deux ouvrages : Chants d'amour de l'Égypte antique (1992), et Sagesse de l'Égypte pharaonique (2001), nous présente ce monde peu connu, mais fascinant, des belles-lettres dans l'Antiquité égyptienne.

Des œuvres dont nous n'avons qu'une connaissance très partielle

Non seulement certaines n'étaient transmises qu'oralement, mais encore, celles qui étaient fixées par écrit étaient éditées, sauf exception, sur des supports périssables, et donc fréquemment sujets aux destructions des hommes et des temps. Dans le meilleur des cas nous sont parvenus des rouleaux de papyrus – plus rarement de parchemin – provenant de bibliothèques, serrés dans des coffrets ou des jarres. L'égyptologue est alors en droit d'espérer un manuscrit lisible, écrit non en hiéroglyphes, écriture d'apparat, mais en « hiératique » ou, à Basse Époque, en « démotique », ces termes désignant des cursives plus appropriées aux activités de la vie quotidienne. Même si c'est le cas, il n'est pas forcément au bout de ses peines, car un copiste négligent ou ignare se déguise parfois sous une belle calligraphie. Par ailleurs, très souvent les belles-lettres nous sont connues à travers des versions d'origine scolaire, parce que leur étude était une des bases de l'enseignement. Passe encore quand il s'agit d'un manuscrit écrit en manière de chef-d'œuvre par un apprenti en fin d'études, et corrigé doctement par son maître, ou encore une tablette où un scribe a copié pour se distraire de ses mornes comptabilités un texte qui lui avait plu. Mais dans quelles affres sont plongés les philologues qui ne disposent pour reconstituer une œuvre par ailleurs inconnue que les devoirs sur ostraca – fragments de poterie ou éclats de calcaire présentant une surface lisse – laborieusement écrits par quelques cancres complètement imperméables à ses beautés ou tout simplement incapables d'en comprendre le libellé ! Imaginons la Chanson de Roland reconstituée à partir de quelques dictées d'écoliers d'une affligeante nullité. Tel est, hélas, trop souvent l'état, mutatis mutandis, de la documentation. On réalise alors les limites de nos connaissances sur la littérature égyptienne et l'intensité des débats qu'elle suscite.

En voici un d'importance. Les plus anciennes versions connues de textes proprement « littéraires », au sens restreint, ne sont pas antérieures à la XIIe dynastie (à peu près 2000-1784 avant J.-C.). C'est ancien, certes, mais relativement récent pour une civilisation qui a commencé vers 3000 avant J.-C., soit un millénaire auparavant, et culminé avec les grandes pyramides entre le vingt-sixième et le vingt-cinquième siècle avant J.-C., et ce d'autant plus que les premiers témoignages de l'écriture sont antérieurs à sa naissance même (vers 3200 avant J.-C.), et les premières notations de textes complexes attestées déjà vers 2700 avant J.-C. À quoi attribuer ce décalage ? Certains invoquent les aléas de la documentation : plus on remonte dans le temps, plus les papyrus et ostraca se font rares ; au seul hasard tiendrait donc l'absence des belles-lettres des temps les plus reculés. D'autres, de plus en plus nombreux, estiment que la littérature aurait été longtemps cantonnée dans une transmission orale ; elle aurait été fixée par écrit seulement un siècle et demi après l'effondrement de l'Ancien Empire, au début du deuxième millénaire avant J.-C., au terme d'une longue évolution. Et si la tradition attribue des œuvres à des personnages de cette glorieuse période comme Iymhotep, l'architecte qui conçut la pyramide à degrés pour le pharaon Djoser, ou Hordjedef, le fils de Chéops, c'est de manière apocryphe, par souci de fournir la caution de noms prestigieux. Cette thèse, bien qu'elle repose en définitive sur un argument a silentio, semble s'imposer dans l'égyptologie actuelle. Toutefois, longtemps avant les premiers manuscrits littéraires proprement dits, il existe des autobiographies comme celles d'Ouni (XXIIIe siècle avant J.-C.) ou des princes de la ville d'Assiout (XXIe siècle avant J.-C.), où se manifeste une élaboration stylistique extrêmement poussée, derrière laquelle point, consciemment ou non, une intention quasi littéraire. En effet, si cette recherche a pour origine le souci de rendre attrayants des textes donnant une image flatteuse de celui qui est censé les énoncer dans sa tombe afin d'en accroître l'efficacité et la publicité, elle déborde hors de cette finalité originelle pour trouver en elle-même sa justification. Et il n'est pas exclu que la postérité ait pu leur conférer le statut d'œuvres littéraires. Quoi qu'il en soit, si les belles-lettres apparaissent relativement tardivement dans la civilisation pharaonique, elles survivent à la fin de la période nationale marquée par la conquête d'Alexandre, puisqu'on connaît au IIe siècle de notre ère des manuscrits littéraires en « démotique », à l'heure où l'Égypte n'était plus guère qu'une province de Rome.

Des œuvres destinées à des représentations collectives…

Aux temps des pharaons, les conditions de consommation des belles-lettres étaient fort différentes de celles qui prévalent chez nous, modernes – en dehors du théâtre, elle est plutôt pour nous affaire individuelle, à travers une lecture silencieuse, dans l'intimité, au gré de l'humeur. Dans l'Égypte pharaonique, les œuvres littéraires sont souvent issues de productions orales collectives, impliquant mise en scène et célébration en des occasions institutionnalisées. Particulièrement révélateur, le cas de ces interrogations lyriques sur l'au-delà, présentées au Nouvel Empire comme « chants de harpiste », mais que leur formulation recherchée et leur diffusion dans des bibliothèques profanes placent indiscutablement au rang de belles-lettres. En effet, pour une fois, nous en pouvons retracer la genèse : à l'origine, les chants de harpiste, souvent accompagnés par des orchestres avec luthistes, flûtistes, joueurs de doubles hautbois, mais aussi choristes intervenant comme section rythmique par leurs claquements de mains, sont psalmodiés au cours de cérémonies religieuses visant à faire revenir le défunt de l'au-delà, pour un bref moment, afin qu'il se mêle aux festivités de sa postérité, ou s'insérant dans le déroulement de fêtes où on honorait les morts au cours des banquets tenus peut-être dans les chapelles des tombes. Progressivement s'érige en épisode autonome de ces cérémonies la psalmodie d'un poème par un harpiste le plus souvent aveugle – laquelle, après l'hérésie amarnienne, est constituée en célébration funéraire spécifique. Certains chants en viennent à être appréciés pour leur agrément proprement littéraire et prennent alors place dans le royaume des belles-lettres.

Bien entendu, à partir du moment même où une œuvre devient littéraire, sa consommation tend à s'affranchir d'une périodicité préétablie par les institutions. Mais elle n'en cesse pas pour autant d'être affaire collective : les beaux textes sont psalmodiés entre amis dans les moments de convivialité.

On ne peut certes exclure que les œuvres littéraires aient été aussi appréciées par lecture intérieure dans un moment d'intimité, comme dans notre civilisation, mais aucune allusion à cette pratique ne nous est parvenue. À tout le moins, nous possédons une indication sur la place qu'elles pouvaient tenir dans l'affectivité d'un individu : il arrivait en effet qu'on prît des dispositions pour que fût déposé dans sa sépulture, près de sa momie, un manuscrit, papyrus ou ostracon comportant une ou plusieurs œuvres de prédilection. Il n'en demeure pas moins que les belles-lettres sont fondamentalement conçues pour une appréhension par l'oral, quelles que soient les mises en scène de la récitation ou de l'exécution. D'où leur forme métriquement conditionnée, souvent explicitement marquée dans les manuscrits par des notations à l'encre rouge : « péricopes » (ou chapitres) délimités par la rubrication de leur incipit ou par un signe après le dernier mot, et surtout points au-dessus des lignes délimitant des stiches ou vers. Par-delà les incertitudes qui grèvent encore nos connaissances, la prosodie paraît reposer en dernière analyse sur des rythmes accentuels et des pauses respiratoires, ce qui indique clairement qu'elles sont conçues originellement pour être exécutées oralement.

… ce qui n'exclut pas toujours la transmission écrite

Cela posé, on se gardera bien de confondre mode de consommation et mode de transmission. À coup sûr, beaucoup d'œuvres étaient composées et transmises oralement. Certaines ne connurent pas d'autres manières d'être véhiculées et sont définitivement perdues. D'autres, à défaut d'être fixées par l'écrit, furent à tout le moins notées par l'image ; ainsi ces histoires d'animaux, et particulièrement ces récits de la guerre entre chats et souris, connus dans la civilisation pharaonique uniquement par des scènes illustrées le plus souvent sur des ostraca datant du XIIIe ou XIe siècle avant J.-C., et dont les derniers aboutissements survivent sous forme écrite dans l'œuvre du poète persan Obeid Zakani, au XIVe siècle de notre ère ! Mais d'autres œuvres orales n'ont pas attendu si longtemps une fixation écrite ; par exemple, le cycle narratif autour du roi Chéops, dont le style manifeste ostensiblement l'oralité originelle, fut consigné sur un papyrus dès le XVIe siècle avant J.-C. Enfin, il est des textes littéraires qui, même s'ils étaient destinés à une consommation orale, ont certainement été composés par écrit : tel le chef-d'œuvre de la littérature pharaonique, L'Histoire de Sinouhé, dont la forme fondamentale, l'autobiographie, est intrinsèquement liée aux inscriptions du monument funéraire de son énonciateur et prolonge sa personnalité par le texte, par l'image et, globalement, par sa matérialité même. Ainsi, les modes de production de la littérature sont complexes et ne sauraient se réduire à la simple opposition de l'oral à l'écrit.

Par ailleurs, dans le seul cadre de la transmission écrite, on entrevoit plusieurs motivations, donc plusieurs types d'édition – et d'abord un intérêt occasionnel, un coup de cœur inopiné qui pousse tel lettré à mettre dans sa bibliothèque personnelle une œuvre dont il a eu d'abord connaissance oralement, ou encore un texte qui l'a particulièrement frappé au cours de ses activités professionnelles, ou tout simplement en laissant flâner sa curiosité. Par exemple, un scribe du tout début du Nouvel Empire copia sur une tablette une stèle relatant le triomphe du roi Kamès sur les Hyksôs qui avaient trop longtemps tenu l'Égypte sous leur férule, transférant ainsi une production de l'idéologie royale dans le domaine des belles-lettres. De tels processus peuvent rendre compte – partiellement à tout le moins, car la part du hasard ne doit jamais être sous-estimée – de ce que tant de textes nous sont parvenus à travers un seul manuscrit, ou au mieux, un très petit nombre de manuscrits. Transmission aussi dans le cadre de ces officines du savoir qu'on appelait « maisons de vie » : une partie de leurs activités était consacrée à l'étude et à l'entretien des textes qui y étaient conservés, textes littéraires aussi bien que textes religieux, magiques, scientifiques – ce qui entraînait au minimum un travail de réédition des manuscrits que le temps ou les vers avaient endommagés. Enfin, les méthodes d'enseignement stimulaient la transmission de certaines œuvres littéraires, tout simplement parce qu'elles servaient d'instrument de base pour l'instruction. C'est en les apprenant par cœur, en les déclamant, en les recopiant que s'acquérait la maîtrise de l'écriture – d'où la multiplication de copies d'écoliers de différentes natures, brouillons de débutants ou travaux de fin d'études. Dans quelques cas privilégiés où les temps et les hommes ont épargné la documentation, comme c'est le pour le village des ouvriers de la tombe royale, sur le site actuel de Deir el Médina, on compte par centaines les manuscrits, souvent partiels, il est vrai, de certains textes littéraires jugés particulièrement propres à former les jeunes esprits.

Des œuvres rarement liées à un auteur précis

Dans de telles conditions de consommation et de transmission, on ne sera pas surpris que se révèle plutôt délicate la notion juridique moderne d'« auteur » qui, au demeurant, ne s'est vraiment affirmée définitivement qu'assez tardivement dans notre monde. Dans l'Égypte pharaonique, la grande majorité des œuvres sont anonymes. Certes, il arrive que des notices appelées techniquement colophons terminent les éditions luxueuses sur papyrus, mais c'est en fait le copiste, voire le propriétaire du manuscrit, qu'elles nomment. Toutefois, certaines œuvres donnent plus de précision parce que, en raison de leur teneur même, elles ont besoin plus que d'autres de la caution qu'apporte à un texte l'explicitation de son origine ; ainsi les livres de sagesse qui, énonçant des règles de vie, requièrent d'être attribués à un individu précis qui en garantisse la pertinence par son expérience. Elles font donc référence à un auteur, mais très souvent de manière apocryphe. Au demeurant, les Égyptiens eux-mêmes ne s'y trompaient guère ; un texte évoquant le scribe Chéty ne dissimule pas qu'il était l'auteur réel d'un enseignement célèbre dont le titre stipulait pourtant qu'il était proféré par le pharaon Amménémès I. Corrélativement, il est exceptionnel que les véritables auteurs soient historiquement documentés, comme cet Amennakht qui, au XIIe siècle avant J.-C., fut scribe du vizir, scribe de la « maison de vie », le centre de la vie intellectuelle déjà évoqué, scribe aussi de la communauté des ouvriers de la tombe royale ; il rédigea un long rapport sur les conflits sociaux qui mobilisaient ces derniers contre un pouvoir corrompu et, parallèlement, composa des hymnes, une satire et surtout un enseignement connu par plusieurs manuscrits, ce qui indique un certain rayonnement, du moins dans le cadre restreint de cette communauté. Ce cas suggère qu'il n'y a pas un métier d'écrivain en soi ; ceux qui composent des œuvres reçues dans les belles-lettres sont avant tout des spécialistes des écrits religieux, comme les « prêtres lecteurs », et/ou des écrits administratifs. Voilà pourquoi ces œuvres ont été copiées souvent sur les mêmes manuscrits ou serrées dans les mêmes bibliothèques que des textes liturgiques, magiques, administratifs… Ceci étant, même si elles ne se distinguaient pas à l'origine de la production écrite en général, même si leur diffusion était souvent limitée à l'échelle locale, même si leur paternité n'avait pas le fondement juridique que nous lui connaissons actuellement, d'où les anonymes, les apocryphes et les pseudépigraphes, la notion d'auteur ne doit pas être totalement révoquée. La meilleure preuve en est qu'à l'époque ramesside déjà, l'univers des belles-lettres avait conquis assez d'autonomie pour que se fût constitué dans la culture de l'élite dominante un « parnasse » d'écrivains, réels ou fictifs, peu importe pour notre propos – célébrés en tant que tels, et même hiérarchisés, le scribe Chéty étant salué comme le premier de tous.

Quatre grands genres littéraires

Des belles-lettres pharaoniques nous sont parvenues approximativement une centaine d'œuvres, dont beaucoup sous forme de fragments, sinon de lambeaux. C'est bien peu par rapport à l'ensemble, mais à coup sûr suffisant pour qu'on tente de les répartir en différents genres. Aussitôt se dresse l'épineuse question de leur définition. Certes, il y a des formes objectivement repérables, ne serait-ce que la situation d'énonciation : les récits, soit à la troisième personne, soit à la première personne s'opposent aux monologues, lamentations, prophéties, et aux situations d'interlocution – véritables dialogues avec prise de parole des protagonistes, adresse à un interlocuteur supposé présent mais qui reste silencieux ou quasiment, adresse à un interlocuteur par définition absent (lettres)… Mais ces formes ne suffisent évidemment pas à définir des genres littéraires, puisque plusieurs peuvent être utilisées dans la même œuvre ; par exemple. L'Histoire de Sinouhé a une forme autobiographique, mais comprend des dialogues, des hymnes ; Le Conte de l'oasien unit par la narration des morceaux d'éloquence ; inversement, Le Dialogue du désespéré avec son ba comporte des narrations… En fait, l'identification des genres et le classement subséquent des œuvres dépendent d'une reconstruction herméneutique prenant en compte différents critères, et hiérarchise les formes par rapport à ce qui apparaît comme la caractéristique fondamentale. Eu égard à ces difficultés, il est commode de répartir, grosso modo, les belles-lettres de l'Égypte pharaonique en quatre « genres » : les narrations ; les sagesses ; la littérature d'idée ; le lyrisme.

Les anciens Égyptiens avaient un goût prononcé pour le
genre narratif, dans lequel ils ont véritablement excellé en utilisant une grande diversité de matériaux. Les mythes, bien sûr, offrent un terrain de prédilection à la littérature : ainsi, notamment, Le Pâtre et la Déesse et Le Naufragé, au Moyen Empire ; Les Aventures d'Horus et de Seth, Le Prince prédestiné, Le Conte des deux frères, Vérité et Mensonge au Nouvel Empire ; Le Mythe de l'œil du soleil aux époques tardives. Les anecdotes historiques, en particulier les guerres civiles ou étrangères, sont aussi à la base de narrations comme La Prise de Joppé, La Querelle d'Apopi et de Seqenenrê. Nous saisissons sur le vif la transposition dans la littérature narrative des productions de l'idéologie royale dans le cas de la bataille de Qadesh, livrée et plus ou moins gagnée par Ramsès II contre les Hittites, dont l'une des relations officielles, originellement fixée en hiéroglyphes sur les murs de plusieurs temples, fit l'objet d'éditions à vocation littéraire en hiératique sur papyrus. La narration peut rapporter des événements à venir, comme dans La Prophétie de Néferty, et aussi simuler l'authenticité d'une expérience personnelle dans la bouche celui-là même qui l'a vécue ; ainsi Le Voyage d'Ounamon, à l'apparat « réaliste » si trompeur que plusieurs égyptologues s'y firent prendre et jugèrent qu'ils avaient affaire à un vrai rapport administratif ; ainsi, surtout L'Histoire de Sinouhé, chef-d'œuvre de la littérature pharaonique qui, quatre mille ans après, a suscité comme en écho celui de Mika Waltari.

La littérature narrative a produit des cycles dans lesquels le même héros revient, dans des histoires totalement différentes, mais aussi la technique des histoires dans l'histoire à la manière des
Mille et Une Nuits, où une situation sert de prétexte à une succession de narrations indépendantes ; ainsi dans le cadre d'un récit racontant comment Chéops avait réuni ses fils pour que chacun lui racontât une histoire – ce qu'ils firent complaisamment. Mais l'auteur est trop habile pour se contenter d'une simple juxtaposition de narrations ; astucieusement, la dernière des histoires implique directement Chéops en annonçant la fin de sa dynastie : le public doit alors réajuster les conventions de fiction établies au départ, excellent moyen pour relancer l'intérêt.

Très différent du genre narratif, le
genre sapiential n'a en pas moins été excellemment illustré par les anciens Égyptiens, comme par ailleurs au Proche-Orient ancien. Ce sont des recueils de préceptes pratiques selon lesquels régler son comportement. Quelquefois présentés de manière purement gnomique comme une simple succession d'aphorismes, ils sont le plus souvent proférés en situation d'interlocution – même s'il n'y a pas réplique effective – par une personne à l'adresse d'une autre en position d'infériorité par l'âge ou le statut social. La relation prototypique est bien évidemment celle d'un père à son fils – au demeurant une sagesse est simplement intitulée : L'Enseignement d'un homme à son fils –, et particulièrement dans une situation « liminale », le premier s'apprêtant à quitter sa fonction, le second à lui succéder. C'est le cas de L'Enseignement de Ptahhotep, l'œuvre fondamentale de la culture classique, à en juger par les nombreuses citations ou allusions, jusque chez les moines coptes ! Assurément, une sagesse est d'autant plus crédible que celui qui l'énonce est une autorité. D'où, souvent, une attribution prestigieuse du texte, réelle ou apocryphe : hommes illustres comme Iymhotep et Hordjedef, ou bien placés, scribes blanchis sous le harnois, sommités locales, vizirs et même pharaons, puisque deux enseignements censés émaner d'eux nous sont parvenus ; le premier, au nom d'Amménémès I de la XIIe dynastie (début du IIe millénaire avant J.-C.) est surtout
une mise en garde contre l'ingratitude des hommes ; le second, qui a pour récepteur supposé le pharaon Mérykarê de la Xe dynastie, est un véritable art de gouverner, qui s'élève de réflexions sur la politique du moment à une vision d'ensemble de la fonction monarchique en passant par les techniques du pouvoir. Il manque à cet enseignement une meilleure tradition manuscrite pour être reçu comme un chef-d'œuvre la littérature pharaonique. Même placées dans la bouche de moins importants personnages, certaines sagesses – entre autres L'Enseignement d'Ani – sont dignes d'intérêt parce qu'elles s'entrebâillent sur des aspects de la civilisation pharaonique plus humains que les monuments colossaux. Qui plus est, elles furent appréciées par leurs voisins ; dans la Bible, plusieurs passages des Proverbes de Salomon s'inspirent de L'Enseignement d'Aménemopé, composé sans doute vers la fin du deuxième millénaire avant J.-C., et passé chez les Hébreux avec toute une tradition administrative vers le VIIe siècle.

Les sagesses sont fondamentalement normatives ; elles posent des règles, éventuellement les expliquent ou les justifient, mais elles ne les discutent pas. Pourtant les anciens Égyptiens avaient le goût de la remise en cause, voire de la polémique. Ils l'ont exprimé dans une série d'œuvres qui relèvent de ce qu'on peut appeler la littérature d'idée, ou même du pamphlet. Elle utilise des formes différentes : d'une part, la lamentation, avec Les Lamentations d'Ipouour, longue déploration des malheurs du temps présent, mais aussi interpellation du créateur responsable du triste état des choses ; d'autre part, la méditation, avec Les Mots de Khâkheperrêseneb – œuvre qui, dans son introduction, revendique de l'originalité, au demeurant démentie par le reste du texte, le passé ne fournissant pas les moyens de rendre compte de la nouveauté irréductible de la situation. Une telle mise en cause de la tradition est exceptionnelle dans les civilisations du Proche-Orient ancien. Les idées peuvent être exprimées sous la forme d'un dialogue, où les protagonistes défendent des thèses opposées, comme dans Le Dialogue du désespéré avec son ba ; sur le thème : la vie vaut-elle d'être vécue ? ; ou encore d'un échange épistolaire, telle La Lettre satirique du scribe Hori, dans laquelle un scribe rompu aux mille difficultés de son métier raille un jeune prétentieux.

La polémique avait donc sa place dans la littérature égyptienne, mais le lyrisme aussi. On savait être poète dans la vallée du Nil quand on était amoureux. Dans quelques magnifiques poèmes d'amour, le « frère » et la « sœur », c'est-à-dire l'amant et sa maîtresse, murmurent tour à tour leurs émois ou en confient l'expression aux arbres des jardins où ils s'ébattent. Figures de styles raffinées, virtuosités formelles dignes des grands rhétoriqueurs, métaphores filées jusqu'à s'inverser au terme d'une délicate progression s'enchaînent dans une atmosphère de luxe et de volupté.

Aux poèmes d'amour, certains manuscrits associent des « chants de harpiste », comme Le Chant du harpiste qui est dans la demeure d'Antef, juste de voix qui est devant le joueur de harpe. Évoquant la labilité des monuments funéraires, l'incertitude de la destinée post mortem, ils invitent en conséquence à jouir du moment présent en des formulations si élégantes et si achevées qu'elles exhaussent l'intérêt de ces thèmes en leur fournissant pour ainsi dire l'écrin approprié.

Par ailleurs, les hymnes, utilisés régulièrement dans la liturgie et aussi dans l'idéologie royale, n'ont pas manqué de passer dans les belles-lettres, soit que certains aient fini par être perçus comme œuvres d'art – le plaisir esthétique qu'ils provoquaient prenant le pas sur leur finalité originelle – soit que la littérature se fût approprié la forme hymnique. Exemple topique : L'Hymne à l'inondation, devenu un classique à l'époque.

Sources Clio

Posté par Adriana Evangelizt

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 05:14

L'Avesta, Zoroastre et les sources des religions indo-iraniennes

par Jean Kellens


Professeur au Collège de France

 

Même si les historiens et les philosophes grecs avaient quelque connaissance de la religion de l'ancien Empire perse, il fallut attendre le milieu du XVIIIe siècle pour qu'un voyageur français, Anquetil-Duperron, puisse acquérir auprès des Parsis de Pondichéry des manuscrits en nombre suffisant pour que commence l'étude de la langue et des textes de l'Avesta, puis de la mythologie, de la religion et des philosophies recueillies dans ce livre sacré.

Les Grecs et la figure de Zarathushtra

Une génération après les guerres médiques, quand les Grecs purent jeter sur l'Empire perse un regard apaisé, ils furent sensibles à un certain exotisme religieux. Hérodote se plaît à faire le tableau d'un peuple pratiquant une religion toute naturelle. Les Perses, dit-il, n'ont ni temples, ni idoles, ni autels. Ils adorent, au sommet des montagnes, le ciel tout entier. Ils exposent les cadavres aux chiens et aux oiseaux, ou les enterrent après les avoir enduits de cire. Leur morale est simple et raisonnable : une faute isolée ne compte pas, mais bien la balance entre les bonnes et les mauvaises actions que l'on accomplit durant sa vie ; et ils enseignent aux enfants trois choses seulement : monter à cheval, tirer à l'arc et dire la vérité. La fonction sacerdotale est confiée à la tribu mède des mages.

Le premier à mentionner le nom de Zarathushtra sous sa forme hellénisée Zoroastrès – dont nous ferons Zoroastre – est apparemment Xanthos le Lydien, un historien contemporain d'Hérodote, un peu plus âgé que lui. Son œuvre ne nous est pas parvenue mais d'après ce que nous en savons par d'autres auteurs, il aurait parlé au moins deux fois de Zoroastre. D'une part un fragment cité par Nicolas de Damas (Ier siècle de notre ère) raconte la terreur qui envahit les Lydiens quand un orage violent interrompit un sacrifice offert par le roi Crésus : ils se rappelaient, dit Xanthos « les oracles de la Sibylle et les logia de Zoroastre ». D'autre part, Diogène Laërce, qui commença à écrire sous le règne d'Alexandre Sévère, attribue à Xanthos une tradition qui situe Zoroastre six mille ans avant l'expédition de Xerxès contre la Grèce.

Quelques dizaines d'années plus tard (vers 380), dans le Premier Alcibiade, Platon attribue la paternité de la science des mages à un certain « Zoroastre d'Ahura Mazdâ », mentionnant ainsi le nom du fondateur de la doctrine et celui de son dieu. Désormais, l'Antiquité ne cessera de placer Zoroastre aux origines de sa propre sagesse. Une tradition que Clément d'Alexandrie attribue à un écrivain du Ier siècle avant notre ère, Cornélius Alexandre Polyhistor, rapporte que Pythagore reçut à Babylone l'enseignement de Zoroastre. Les philosophes voient en lui l'inspirateur du dualisme platonicien. Le dualisme iranien, présentant le monde comme le théâtre du combat entre un dieu bon, Ahura Mazdâ ou Ohrmazd, et un dieu mauvais, Angra Manyu ou Ahriman, est décrit pour la première fois par Plutarque, qui dit tenir son information de Théopompe (IVe s. avant notre ère). À l'époque hellénistique, on attribue à Zoroastre la paternité de la magie, dont le nom dérive effectivement de celui des mages, et de la science ésotérique des astrologues de Chaldée. Tout ceci est parfaitement fantaisiste : Zarathushtra n'est pas le contemporain de Pythagore et rien n'est plus étranger à la vieille religion iranienne que la magie, l'astrologie ou l'alchimie.

La naissance de l'orientalisme

Léguée par la tradition hellénistique, la figure légendaire de Zoroastre, prince des mages, maître des astrologues chaldéens, initiateur de Pythagore, persistera durant le Moyen Âge et la Renaissance. Mais il passe aussi pour l'inspirateur du dualisme manichéen honni. Il faut attendre le XVIIe siècle pour que la perspective se modifie de manière radicale. En 1660, le capucin français Raphaël du Mans rapportait, d'un long séjour à Ispahan, la nouvelle qu'une secte d'adorateurs du feu, les Guèbres, perpétuait en Iran la religion des mages. Quelques années plus tard, deux autres voyageurs signalaient les affinités de leur doctrine avec la religion chrétienne : Tavernier notait que les Guèbres avaient une connaissance confuse des mystères du christianisme et Chardin leur reconnaissait la foi en un dieu suprême, supérieur à la fois à quelques autres divinités et aux deux principes personnifiant le bien et le mal. À l'aube du siècle des Lumières, ces nouvelles d'Orient ne pouvaient laisser indifférent. Dès 1670, les libres-penseurs anglais Marsham et Spencer mettaient l'accent sur les ressemblances entre certaines doctrines païennes et le christianisme et les expliquaient par le fait que les juifs avaient subi l'influence de leurs voisins.

Lorsque, en l'an 1700, l'évêque anglican d'Oxford, Thomas Hyde, entreprend la compilation de tout ce qui est connu de la religion préislamique de l'Iran, il nourrit aussi l'intention de trancher une question d'importance pour la théologie chrétienne. Fallait-il considérer Zarathushtra comme un prophète positif, qui avait reçu quelques lumières de la révélation monothéiste, ou comme un hérétique, qui avait scindé l'unité divine en deux forces contraires, l'une bonne, l'autre mauvaise – une doctrine que Hyde allait définir en forgeant, en latin, le mot « dualisme » ? Quelle que soit l'ampleur de son érudition, Hyde n'est pas véritablement en mesure d'aborder efficacement cette question. À la connaissance des sources classiques, il joint celle de l'orientalisme naissant qui lui donne accès aux textes arabes et persans. Il a su, nous ne savons toujours trop comment, se procurer des manuscrits avestiques et pehlevis, mais il ne sait pas les lire. Privée de l'apport des documents originaux, son œuvre reste donc encore pré-scientifique. Ainsi armé, Hyde a cru pouvoir conclure que Zarathushtra était un prophète comparable à Abraham, qui avait su préserver pour un temps son peuple de la dégénérescence polythéiste. Les accusations de dualisme ne sont pas sans fondement mais elles sont sans portée. Le dualisme du fondateur n'est pas de nature religieuse mais philosophique et cette philosophie est imprégnée de morale. Elle fonde une éthique du comportement qui exige le discernement entre le bien et le mal et est soumise à une rétribution posthume.

Anquetil-Duperron et la première traduction de l'Avesta

C'est dans ce climat que survient un événement essentiel. La vieille religion iranienne n'avait pas seulement survécu en Iran même mais aussi en Inde où la communauté des Parsis, fuyant la conquête musulmane, avait essaimé en quelques points de la côte occidentale. En 1723, un Parsi de Surate offrit un manuscrit à un marchand anglais, qui le fit parvenir à la bibliothèque bodléienne d'Oxford : l'Europe apprenait ainsi que le livre de Zoroastre n'était pas perdu. Encore fallait-il l'avoir tout entier sous la main, puis le comprendre, ce qui n'était possible qu'avec le consentement du clergé parsi. Ce fut l'œuvre du Français Anquetil-Duperron (1731-1805), le Champollion des études iraniennes, bien méconnu aujourd'hui, en dépit d'une excellente biographie de Raymond Schwab (1934) et d'une page émue de Michelet. En 1754, à vingt-trois ans, renonçant à attendre des subsides qui ne viennent pas, il s'engage dans les troupes de la Compagnie des Indes et s'embarque pour Pondichéry avec des compagnons d'armes recrutés dans les prisons. Pour reprendre une expression de Raymond Schwab, la philologie iranienne commence comme finit Manon Lescaut, par un convoi de prisonniers vers les colonies. Anquetil traverse à grand-peine et à grand risque une Inde déchirée par la guerre franco-anglaise, puis, jouant habilement des rivalités qui déchirent la communauté parsie de Surate, il vainc les réticences, se fait montrer les manuscrits, expliquer leur écriture et leur langue. De retour en France, le 15 mai 1762, il dépose à la Bibliothèque du roi cent quatre-vingts manuscrits. L'analyse de ces documents lui prendra encore dix ans : sa traduction de l'Avesta, le livre réputé de Zoroastre, paraît en 1771.

L'exhumation de l'Avesta par Anquetil-Duperron est un fait décisif qui marque un changement d'époque. Désormais, la religion iranienne et la personne de son fondateur présumé échappent au domaine de la querelle philosophique pour devenir objet de science et de philologie sévère. Le personnage de Zoroastre ne cessera pas pour autant de hanter l'imaginaire occidental. Il reste, jusqu'à la fin du XIXe siècle au moins, objet d'utilisation littéraire. En 1756, dans son Essai sur les mœurs, Voltaire manifeste un grand intérêt pour Zoroastre, qui lui paraît pouvoir être utilisé dans la lutte contre le christianisme en ce que sa doctrine permet de relativiser la tradition judéo-chrétienne : Moïse n'est pas unique, il n'a pas eu le monopole de la révélation monothéiste. En 1810, Kleist exhorte ses compatriotes à la liberté dans un poème intitulé Prière de Zoroastre. Shelley, dans le discours à la Terre de Prométhée délivré, évoque la rencontre de Zoroastre et de son âme. Nietzsche, enfin, trouve piquant, selon son propre aveu, de mettre l'expression de l'immoralisme dans la bouche du premier moraliste, celui qui considéra le conflit entre le bien et le mal comme le moteur des choses. Ce ne sont là que quelques exemples.

Les origines de l'Avesta

Au milieu du premier millénaire avant notre ère, l'Iran – c'est-à-dire l'Iran actuel, l'Afghanistan et une partie de l'Asie centrale ex-soviétique – et le bassin des deux grands fleuves de l'Inde septentrionale, l'Indus et le Gange, sont habités par des peuples parlant une langue indo-européenne. La langue des Indiens et celle des Iraniens sont donc apparentées au grec, au latin, aux langues celtiques, germaniques, slaves..., d'une parenté si précise qu'elle peut être définie par un ensemble de lois phonétiques invariables ; de plus, elles présentent entre elles des affinités si grandes qu'elles apparaissent, à cette date ancienne, comme de faibles variantes dialectales d'un unique idiome indo-iranien.

Les premiers documents originaux que les Indo-Iraniens ont laissés de leur langue et de leur histoire sont des inscriptions royales : en Iran, les inscriptions que les rois achéménides, à partir de Darius I, on fait graver dans les provinces occidentales de leur empire, qui jouxtait le monde mésopotamien ; en Inde, les inscriptions, disséminées des rives du golfe du Bengale à la région de Kaboul, dans lesquelles le roi Açoka proclame sa soumission à la loi morale ou dharma, ce qui signifie peut-être sa conversion au bouddhisme. Ainsi, les documents iraniens sont les plus anciens : si les inscriptions d'Açoka se situent aux alentours de 255 avant notre ère, la plus ancienne inscription achéménide peut être datée avec précision de 519. Les Iraniens sont aussi les premiers à avoir été mentionnés par leurs voisins, une priorité de hasard qu'ils doivent au contact de civilisations maniant l'écriture. Un roi assyrien rapporte, sur une tablette que l'on date communément de 835, une campagne qu'il mena contre les Madai, ceux que les Grecs appelleront Médoi et nous, d'après eux, les Mèdes. Nous savons ainsi qu'au milieu du IXe siècle avant notre ère, la tribu qui, durant l'Antiquité, occupa la frontière nord-ouest du monde iranien, aux lisières du Caucase et de l'Arménie, avant de se dissoudre dans la diaspora et les invasions de nomades, se trouvait installée dans son habitat historique.

L'histoire proprement dite ne permet pas de remonter plus haut. Il est certain que les peuples de langue indo-européenne ne sont pas, en Inde et en Iran, des autochtones mais nous ne connaissons ni la date de leur arrivée ni l'itinéraire de leur migration, comme les participants d'un colloque consacré à cette question au Collège de France, en janvier 2000, ont été unanimes à le rappeler.

La présence de peuples de langue indo-européenne en Inde et en Iran est cependant documentée bien avant le VIe et même le IXe siècle avant notre ère. En vertu d'une tradition culturelle commune, les Indiens et les Iraniens ont pareillement assuré par transmission orale la conservation d'un corpus de textes très anciens et considérés comme sacrés : le Veda en Inde, l'Avesta en Iran. Ces livres, qui n'ont été mis par écrit que des siècles plus tard, font du lointain passé indo-iranien une catégorie dont il n'existe aucun équivalent : une préhistoire documentée ou une sorte particulière de protohistoire. Leur composition ne peut être située avec précision ni dans l'espace ni dans le temps, leurs auteurs et la société dont ils étaient l'expression nous sont entièrement inconnus. Tout ce que nous pouvons faire, d'une manière générale, c'est établir une chronologie relative, avec toutes les incertitudes et les approximations que cela suppose. D'une part, nous considérons que des vestiges linguistiques indiens du Proche-Orient, signalent le moment à partir duquel se sont trouvés réunis les ingrédients de la littérature sacrée indo-iranienne ; d'autre part, nous cherchons à évaluer l'archaïsme de la langue des textes védiques et avestiques par rapport à celle des premiers documents originaux, les inscriptions de Darius et d'Açoka. Cette démarche empirique nous amène, si n'interfère aucun argument d'une autre nature, à situer les plus anciennes parties des deux livres entre 1500 et 1000 avant notre ère.

Deux livres sacrés : l'Avesta et le Véda

L'Avesta, dont le nom, repris tel quel aux Parsis modernes, est la déformation d'un mot ancien signifiant « éloge », présente un double intérêt linguistique et religieux. Sa langue, l'avestique, est l'un des deux dialectes iraniens anciens connus qui font pendant au témoignage indien du sanskrit védique, le second étant le vieux-perse des inscriptions achéménides. C'est aussi le livre sacré de la religion préislamique de l'Iran, que les spécialistes appellent, selon leur goût, « mazdéisme » en se référant au nom de son dieu dominant, Ahura Mazdâ, ou « zoroastrisme » d'après le nom de l'homme qui est censé l'avoir fondée et prêchée, Zarathushtra ou Zoroastre. Si proche qu'il soit du Véda par la langue, le style et les conceptions religieuses, l'Avesta s'en distingue du moins par deux particularités d'ordre général qui font qu'il relève d'une problématique scientifique sensiblement différente. Tout d'abord, il est de dimension beaucoup plus modeste. Alors que le Veda n'est pas un livre, mais une bibliothèque tout entière, l'Avesta représente à peu près un livre de poche classique de 250 pages, si bien que l'analyse se trouve embarrassée, non par l'abondance inhumaine du matériel à traiter, mais par sa ladrerie, qui refuse trop souvent la confrontation de passages parallèles, seule technique d'éclairage possible quand il n'y a pas évidence linguistique. Le texte est aussi beaucoup plus mal transmis, non par déficience des techniques iraniennes de transmission orale mais parce que la tradition mazdéenne a connu, semble-t-il, des crises et des solutions de continuité. L'une, en tout cas, est sûre et décisive. La conquête arabe et l'islamisation de l'Iran, au VIIe siècle, ont provoqué la dispersion des écoles théologiques et entraîné une irrémédiable décadence de l'élocution liturgique. En dépit de tous les efforts accomplis par les communautés restées fidèles à la vieille religion, qu'elles soient demeurées en Iran ou aient migré vers l'Inde, pour conserver à leur doctrine une certaine qualité théorique, la transmission orale et, à cette époque, écrite de l'Avesta n'a cessé de se détériorer jusqu'à l'intervention, au siècle dernier, de l'érudition scientifique. Alors que le Veda est un texte irréprochable, où les fautes sont exceptionnelles, l'Avesta est corrompu et, pour être compris, doit faire l'objet d'un travail lent et difficile de restitution philologique, travail parfois désespéré et, en raison de l'indigence des faits qui nourrissent l'argumentation, toujours guetté par l'arbitraire.

Les différents manuscrits

Ces vicissitudes, jointes à l'absence de tout témoignage extérieur, expliquent que nous connaissions si mal l'histoire de l'Avesta, depuis sa composition jusqu'à son exhumation par Anquetil-Duperron, et encore les quelques choses sûres que nous sachions ont-elles bien souvent été acquises tout récemment. L'édition critique de l'Avesta, qui a été faite par Karl-Friedrich Geldner dans les dernières années du XIXe siècle, est fondée sur l'ensemble de la documentation significative provenant des communautés parsies. Tous les manuscrits importants et la plus grande partie des manuscrits secondaires ont été dépouillés et il est totalement exclu que nous recueillions, dans l'avenir, la manne d'un matériel nouveau. Le classement des manuscrits par famille et la détermination de leurs liens de filiation a mis en lumière le caractère récent de la tradition manuscrite qui nous est parvenue. Les deux plus anciens des manuscrits importants (J2 et K5) ont été écrits par le même copiste et sont datés de 1323, le plus vieux manuscrit (K7a) pourrait remonter, selon l'estimation la plus extrême, à 1268 et la mémoire des scribes ne va pas au-delà d'un modèle perdu qu'on peut situer aux environs de 1020. De plus, des fautes généralisées démontrent à l'évidence que tous les manuscrits sans exception dérivent d'un original perdu qu'on appelle le « manuscrit de base » et que ses imperfections invitent à situer à l'époque troublée de la migration vers l'Inde, c'est-à-dire entre le VIIIe et le Xe siècle. Il est donc vain de se bercer de l'espoir qu'un manuscrit ait pu conserver, contre tous les autres, la leçon miracle. Tous sont pareillement les rejetons du manuscrit de base et leur confrontation ne permet rien de plus que la restitution d'une version déjà corrompue de la fin du premier millénaire. Non seulement la tradition manuscrite est récente mais elle est aussi extraordinairement ténue.

Un progrès significatif a été accompli à la fin des années soixante lorsque Karl Hoffmann, par une analyse paléographique rigoureuse, a pu remonter aux sources de la transmission manuscrite. Par sa structure et les caractéristiques formelles de ses signes, l'alphabet avestique est clairement une invention érudite ad hoc de l'époque sassanide. Il n'est pas le fruit de l'évolution historique aveugle d'un système d'écriture, mais une création délibérée menée dans le but exclusif de mettre l'Avesta par écrit. L'inventeur s'est inspiré de deux modèles. Du point de vue de la forme, il a puisé l'essentiel du stock de ses signes dans l'écriture du pehlevi des livres – une forme particulière du dialecte moyen-perse –, elle-même dérivée de l'écriture araméenne. Mais, alors que celle-ci ne note pas les voyelles et va jusqu'à confondre plusieurs consonnes sous le même signe, il a adopté le principe typologique « un signe égale un son » des alphabets grecs et latins, qu'il connaissait et auxquels il a d'ailleurs emprunté deux signes. Ce principe de travail fournit de précieuses indications. Une indication chronologique tout d'abord : les caractéristiques formelles de l'écriture pehlevie que l'alphabet avestique reproduit n'ont été acquises qu'au début du VIIe siècle. Le fait que l'inventeur anonyme ait pris pour modèle le système alphabétique gréco-latin et une écriture qui servait à noter le dialecte moyen-perse suggère qu'il a travaillé dans une ambiance « occidentale », c'est-à-dire en Perse, qui était la province autochtone du pouvoir politique sassanide. L'alphabet avestique n'a jamais été utilisé pour un autre texte que l'Avesta. Il a très probablement servi à mettre par écrit un exemplaire unique du canon – disons : l'archétype sassanide –, déposé en lieu sûr, auquel le clergé pouvait se référer en ultime recours pour dénouer d'éventuelles controverses théologiques. La minutie véritablement maniaque avec laquelle il rend les plus subtiles variations phonétiques montre qu'il a été prévu pour transcrire finement les nuances de l'élocution liturgique solennelle. L'alphabet avestique a été inventé pour donner une forme écrite à un texte récité : ceci démontre qu'il n'y eut jamais auparavant de tentative pour mettre l'Avesta par écrit. Ajoutons que tous les textes connus n'ont sans doute pas été confiés à l'écriture et que ceux qui ont été mis par écrit ne l'ont probablement pas été avant la conquête arabe.

Premières lectures et premières interprétations

Les manuscrits d'Anquetil-Duperron déposés à la Bibliothèque du roi en 1762 ne sont pas à proprement parler des morceaux de l'Avesta, quoique ce titre ait été donné à leur collection. À l'exception de quelques brefs fragments épars, le canon sassanide a disparu au début du IIe millénaire. Les textes d'Anquetil en sont des extraits choisis et assemblés pour les besoins de deux anthologies liturgiques distinctes. La première est le récitatif d'un long sacrifice qui associait, dans sa version maximale, les trois livres Yasna, Visprad et Vidêvdâd ; la seconde rassemble les hymnes sacrificiels consacrés aux divinités autres qu'Ahura Mazdâ (Yashts) et les assortit de quelques liturgies privées (Xorda Avesta). Il est probable que ces anthologies utilitaires étaient constituées avant la collation du canon sassanide.

Le premier déchiffrement de ces textes a paru justifier le vieux débat sur le système religieux du mazdéisme. C'est que ce système semble varier selon les livres constitutifs et, dans chaque cas, épouser des contours flous. Les Yashts témoignent d'un polythéisme soigneusement hiérarchisé, le cœur du Yasna d'un monothéisme indécis qui montre le dieu unique entouré d'abstractions divinisées. Les notations dualistes sont disséminées dans l'ensemble des textes, mais se font plus insistantes dans le Vidêvdâd. En somme, un beau désordre, qui explique qu'Anquetil-Duperron, tout en travaillant sur les textes originaux, n'ait pas remis en cause l'interprétation de Hyde.


Les travaux de Martin Haug…

Le premier philologue à qui le développement de la grammaire comparée indo-européenne et, plus spécifiquement, indo-iranienne ait permis de comprendre suffisamment l'Avesta pour tenter une analyse rigoureuse de son système religieux est l'Allemand Martin Haug. Aux alentours de 1860, il lui est apparu que le corpus métrique qui occupe les chapitres 29 à 34, 43 à 51 et 53 du Yasna, les Gâthâs ou « Chants », présentait une triple singularité : leur langue est nettement plus archaïque que celle du reste du corpus ; Zarathushtra n'y fait pas figure de héros légendaire, mais agit dans la réalité actuelle, sans majoration merveilleuse ; enfin, elles ne mentionnent jamais d'autre nom divin que celui d'Ahura Mazdâ. C'est sur la base de ces trois observations que Haug établit une chronologie des diverses expressions religieuses du mazdéisme. Puisque l'Avesta commence par les Gâthâs, le mazdéisme commence par le monothéisme. Celui-ci est l'œuvre d'une personnalité historique, Zarathushtra, et ses disciples l'ont laissée « se détériorer » soit en dualisme, soit en polythéisme hiérarchisé.

Haug ne peut cependant éluder le fait qu'il existe des rapports synchroniques entre le monothéisme des origines et le dualisme, puisque ce sont les Gâthâs elles-mêmes qui semblent esquisser la théorie des deux forces antagonistes dans une strophe (Y 30.3) que Haug traduit ainsi : « In the beginning, there was a pair of twins, two spirites, each of peculiar activity : these are the good and the base, in thought, word and deed. Choose one of these two spirites ! Be good, not base ! ». Haug est ainsi amené à reproduire l'interprétation de Hyde en présentant le monothéisme comme la théologie de Zarathushtra et le dualisme comme sa philosophie. Ayant pris conscience de l'unité de la personne divine, le prophète s'est trouvé contraint d'expliquer comment la création d'un être parfait pouvait être imparfaite. Il l'a fait philosophiquement, en supposant l'existence de deux causes primordiales inhérentes à l'homme et à Dieu lui-même. Appelées mainiiu ou « esprit », elles sont des forces de l'état mental et néanmoins créatrices, l'une de tout ce qui est bon, l'autre de tout ce qui est mauvais. Plus tard, confondant la théologie et la philosophie du fondateur, les docteurs mazdéens ont constitué une vraie religion dualiste. Le bon manyu a été confondu avec Ahura Mazdâ lui-même et le mauvais est devenu son adversaire frontal. Si grand et si durable qu'ait été son succès, on voit que cette manière de rendre le monothéisme compatible avec le dualisme est doublement suspecte. Elle reproduit une interprétation pré-scientifique et attribue à l'auteur des Gâthâs une spéculation qui n'est pas exhumée du texte mais d'une philosophie prétendument universelle. Haug a cependant le mérite et l'excuse d'avoir procédé avec une logique impeccable : il a lu la strophe Y 30.3 et a cru devoir en conclure que le vieux débat était justifié. C'était légitime à défaut d'être juste.

… et ceux de James Darmesteter

Quinze ans plus tard, le Français James Darmesteter faisait de la religion de l'Avesta une analyse radicalement différente de celle de Haug. Pour Darmesteter, il ne fait aucun doute que la religion préislamique de l'Iran a été, de manière constante, un dualisme. Mais ce dualisme ne peut avoir été original, puisqu'il est issu de la vieille religion indo-iranienne que l'on définissait alors comme un polythéisme naturaliste. L'évolution s'explique par l'histoire de la personnalité des deux protagonistes, Ahura Mazdâ et Angra Manyu. Le premier est un ancien dieu du ciel lumineux qui a évolué en dieu du bien parce que, comme son équivalent indien Dyaus pitar ou Varuna, il a créé l'ordre du monde et s'en est fait le gardien. Le dualisme mazdéen n'est pas le fruit d'une spéculation philosophique mais l'aboutissement d'une très ancienne représentation mythologique. L'ordre dans la nature ne va pas sans une lutte constante dans la nature contre les forces du désordre. Darmesteter situe les origines d'Angra Manyu dans un motif mythologique développé par les hymnes védiques : le ravissement de la lumière et des eaux par un serpent qui les enferme dans son étreinte. Un dieu lumineux abat le monstre et libère les captives. Cette péripétie a pour fondement naturaliste la lutte censée se livrer dans l'orage. Les ténèbres envahissent le monde mais, frappées par l'arme de l'éclair, elles en sont finalement expulsées, tandis que la pluie ruisselle. Angra Manyu est le serpent transfiguré par adaptation à la dimension spirituelle qu'a prise son adversaire et par transposition depuis un mythe cosmogonique ponctuel dans une représentation générale de l'histoire du monde. Le mal, comme les ténèbres, envahit l'univers. Son irruption met en marche le temps et les grands cycles naturels ; son élimination après 6 000 ans de conflit, en marque la fin. Le scénario de Darmesteter diffère donc de celui de Haug par trois aspects essentiels.
1. Le dualisme mazdéen ne relève pas d'une spéculation distincte du système religieux. C'est l'héritage d'une antique mythologie.
2. Son fondement n'est pas l'antagonisme entre les deux esprits du comportement, mais celui entre Rta et Druj, l'ordre et le désordre dans le monde. L'opposition n'est pas d'ordre éthique, mais d'origine cosmogonique.
3. Puisque le dualisme n'est pas greffé sur un monothéisme préexistant, dont les traces sont imperceptibles, il n'y a aucune raison de penser que le mazdéisme est le produit d'une révolution de la pensée religieuse. Comme Darmesteter l'écrivait si bien deux ans plus tôt : « Le mazdéisme est au même titre que le védisme un développement spontané et libre de la religion indo-iranienne, se transformant sans secousse, et sans qu'il soit besoin d'invoquer une invasion étrangère, ou une révolution intérieure. » En corollaire, la figure de Zarathushtra est sans consistance historique ; il serait lui aussi, comme adversaire d'Angra Manyu, un combattant de l'orage.

Vers de nouvelles lectures

Dans l'absolu, le scénario de Darmesteter n'est ni plus ni moins convaincant que celui de Haug mais il est survenu à contretemps dans l'histoire de notre discipline. L'usage monomaniaque de la mythologie de l'orage a indisposé ceux-là mêmes, les védisants, qui étaient les mieux préparés à percevoir les aspects mythologiques du mazdéisme et Darmesteter lui-même n'a pas tardé à prendre ses distances. L'abus de mythologie naturaliste a discrédité son interprétation mais, en la récusant, on a fait ce qu'on appelle « jeter le bébé avec l'eau du bain ». En fait, Darmesteter a eu l'intuition d'un mode de développement du mazdéisme qu'il n'avait pas les moyens adéquats d'investiguer : pouvait-on en 1877, aborder les mythes autrement qu'en appliquant la méthode à laquelle Max Müller a attaché son nom ? Pourtant, Darmesteter avait justement perçu que le fondement du dualisme mazdéen était l'antagonisme entre Rta et Druj et que cet antagonisme avait été inséré dans une histoire mythique du monde, où, débordant la cosmogonie dont il tient ses origines, il envahit la durée et se résout en eschatologie. Un tel scénario, s'il n'est pas la transposition du combat de l'orage, est néanmoins de nature mythologique, à charge pour nous d'en faire une nouvelle exégèse.

Sources Clio

Posté par Adriana Evangelizt


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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 22:06

        Des âmes douées d’Esprit

            par Richard Khaitzine   

                  Ses livres      

   

« … Le corps n’est rien d’autre qu’amour devenu matière… », dit l’Ange… Corps d’amour.

           Le corps d’amour

          L’âge du Verseau

 

     C’est par cette très belle phrase que s’achevait le superbe livre de  ma « consoeur » Diane Saunier, publié, en 1990 – déjà ! – par notre amie Florence Belfond. On pouvait y lire, également : «  La peau fut notre premier acte de connaissance terrestre. N’as-tu pas senti que les âmes se frôlaient mystérieusement, avec une grâce indicible… » C’est que les âmes se frôlent avant que les corps ne se touchent. La plupart du temps, nous ne sommes pas conscients de la présence de cet hôte discret qui nous habite et pourtant il est là, bien présent. C’est lui qui nous relie à notre essence véritable… notre origine divine – ou cosmique, si vous préférez user d’une terminologie moins connotée. Les plus sensitifs d’entre-nous sentent sa présence et surtout l’entendent lorsqu’il décide de murmurer, de nous prodiguer ses conseils. C’est lui qui est responsable de ce que l’on nomme des intuitions. C’est de lui que nous entretint l’écrivain américain Ross Lockridge (1914- 1946) dans son chef-d’œuvre Raintree County, dont l’action se situe durant la guerre de sécession, un roman plus profond et bien moins mièvre qu’Autant en emporte le vent. Il est dommage que l’adaptation cinématographique, sous le titre L’Arbre de vie, n’en ait pas restitué l’essentiel. Toujours est-il que, dans le livre Mr Shawhnessy – personnage interprété à l’écran par Montgomery Clift est confronté à un bien étrange phénomène : « Mr Shawnessy était un chef de famille et respectable citoyen (…) Seul son double entreprenant, m. shawnessy (sans majuscule) était capable d’imaginer de femmes nues dans des bureaux de poste. Mais ce monsieur shawnessy (sans majuscule) était d’une caste inférieure qui n’admettait ni les noms propres (fût-ce le sien), ni les convenances. Il était pourtant normal de l’appeler monsieur shawnessy (sans majuscule) puisqu’il passait son temps à entrer et sortir de Mr Shawnessy avec une surprenante rapidité et à user de  cet obligeant compagnon comme d’une gare. En réalité monsieur shawnessy se servait de Mr Shawnessy comme d’un homme de paille, d’un masque facile qu’il s’était efforcé pendant toute son existence d’adapter à sa vie sociale… »

Toutes les religions, toutes les philosophies, avant que leurs enseignements n’aient été déviés et pervertis, enseignaient que l’Homme était trois en un et qu’il était composé d’un corps, d’une âme et d’un esprit. Certains reprochent à la religion catholique d’avoir supprimé l’un des composants de cette « tripartion », en enseignant que l’être humain était composé d’un corps et d’une âme. Il y avait une raison à ce raccourci. Je vais m’efforcer d’expliquer ce point, non pas que je craigne d’être soupçonné de complaisance envers une confession ; ce que j’ai écrit de la chrétienté me met à l’abri d’une telle accusation. [1] En fait, si l’Église substitua à la notion d’esprit, en la faisant disparaître, celle d’âme, ce fut afin de mieux attirer l’attention sur l’identité qui existe entre la substance (le corps) et l’essence (l’esprit) qui lui donne naissance. Les traités alchimiques anciens font référence à une conception identique quant à la connaissance de la composition de la matière… à ceci près que, pour les savants de l’époque, ce qui était vrai pour l’Homme  l’était également pour les règnes animal et végétal ou minéral. Cela peut vous paraître surprenant et pourtant…

Lorsque les alchimistes évoquaient le sel, le soufre, et le mercure, ils n’entendaient pas parler de corps chimiques. Dans leur langage, le sel était un équivalent de « corps », d’où la phrase prêtée à Jésus par l’Évangile : « Vous êtes le sel de la terre », ce qui doit s’entendre : vous êtes la lumière, le feu ou l’esprit divin incarnée dans un corps physique. De même, la notion de soufre a trait à l’âme et celle de mercure à l’esprit. Pour ces mêmes alchimistes, dont on aurait tort de croire qu’ils étaient uniquement préoccupés de transmuter le plomb en or, il y avait unité de la matière, opinion qui leur valut de passer pour crédules aux yeux des scientifiques avant que la physique moderne ne cautionne ce point de vue. En réalité, l’alchimie, science à part entière est rationnelle dans ses buts comme dans les moyens qu’elle emploie et ses enseignements sont fortement imprégnés de métaphysique. L’alchimie se définit comme étant « une permutation de la forme par la lumière, le feu ou l’esprit ». Sa théorie se fonde sur le fait que tout ce qui existe est constitué à partir d’un élément unique : de la lumière, pour simplifier ou, pour être plus exact, du dynamisme vibratoire. Seules la vitesse de vibration de ce composant et sa densification expliquent la variété des formes qu’affecte la matière. Un exemple simple vous permettra de mieux comprendre ce point. Un cube de glace – forme matérielle tangible, possédant une forme, un poids et une certaine densité, constitue un corps (le sel alchimique). Pour un chimiste, la glace n’est que de l’eau solidifiée, soit deux atomes d’hydrogène plus un atome d’oxygène mêlés par de la chaleur ou du feu. Si vous chauffez ce cube de glace, il va fondre, adopter une autre forme, une autre densité, un autre poids ; pour autant le nouveau corps obtenu (l’eau ou âme du cube de glace, le soufre de cette glace) se résume par la même formule : H2 O plus de la chaleur. Continuez à chauffer votre eau. Elle disparaît à la vue, change de forme, de densité, de poids, elle se transforme en vapeur. Pour autant cette vapeur (l’esprit ou mercure de la glace et de l’eau) n’en demeure pas moins un composé  de formule identique : H2 O plus de la chaleur.

La philosophie alchimique reposait sur ces observations. Traduite dans un langage accessible au profane, elle enseignait que la lumière (esprit divin, mercure universel ou esprit saint de la chrétienté, tissait l’âme des êtres et des choses et que cette âme tissait à son tour ce que nous appelons la matière tangible : le corps. Il s’ensuit que le corps et l’âme ne sont que de l’esprit densifié à des stades différents et qu’il y a une parfaite identité entre le corps l’âme et l’esprit.

Dans cette composition, le corps est périssable, l’âme ou médiateur, votre moi, votre individualité ou esprit divin individualisé est perfectible. Quant à l’esprit, il n’est pas sujet à amélioration étant parfait et immortel. Tout le but de l’existence consiste à travailler sur notre part individuelle, l’âme, à la rendre meilleure afin qu’elle puisse participer aux « noces divines », c’est-à-dire s’unir à son principe créateur : l’esprit. Si vous avez bien intégré ce qui vient d’être exposé, vous comprendrez sans aucun doute pourquoi il vous est recommandé « d’aimer l’autre comme vous-même ». Vous êtes « l’autre » et l’autre est vous.   

La physique actuelle ne nous dit pas autre chose lorsqu’elle évoque la théorie dite de la lanière de botte (bootstrap). Ladite théorie énonce que la nature ne peut être comprise que dans son auto consistance, chaque composant étant consistant avec lui-même et avec tous les autres. Plus simplement, cela revient à dire que « Tous sont dans un et un dans tous. » Cette théorie fut développée depuis 1968 par Geoffrey Chew. Il s’agit d’un modèle spécifique de description de phénomènes subatomiques et d’une cosmologie « non scientifique ». Dans le langage de la physique, « la lanière de botte » expose que chaque particule consiste en toutes les particules. Les hadrons ou particules lourdes du noyau atomique sont des structures composées dont les composants sont à nouveau des hadrons, dont aucun n’est plus élémentaire que les autres. Chaque hadron est « maintenu » par des force associées avec l’échange d’autres hadrons, chacun de ces hadrons, étant maintenu à son tour par des forces émanant du premier hadron. Ainsi, chaque particule aide à créer les autres particules qui la créent elle-même. La globalité des hadrons s’auto génère de cette façon et, en quelque sorte, « se tire par ses lanières de botte. » Au niveau du langage philosophique, « la lanière de botte » adopte une signification cosmique et passe de la trame à l’hologramme. Chacun connaît ces médaillons vendus dans le commerce et présentant une image à trois dimensions, ou en relief, si vous préférez. Ces images possèdent une propriété remarquable, celle d’exister dans la plus petite parcelle du médaillon. Autrement dit, l’image figurant dans le médaillon est composée d’une multitude d’images semblables à elle-même. Ces quelques précisions vont nous permettre de comprendre la « théorie de la lanière de botte » appliquée à l’univers. Non seulement l’univers est semblable à une trame d’événements interconnectés mais, de plus, aucune des propriétés d’une quelconque partie de la trame n’est fondamentale ; elles sont toutes générées par les propriétés des autres parties et « la consistance globale » de leurs interrelations détermine la structure de la trame entière. Par conséquent, il n’existe pas de point de vue privilégié, ni de lois fondamentales de la nature. Pour comprendre un phénomène, il nous faut comprendre tous les autres. L’univers serait donc un hologramme d’entités en constante inter génération, dans lequel chaque entité doit savoir ce que toutes les autres font pour savoir ce qu’elle a à faire. L’holonomie correspond à la vision du Tout dans l’Un et à celle de l’univers dans le grain de sable. Cela ouvre bien de perspectives et devrait, notamment, amener les responsables – qu’ils soient politiques, scientifiques, industriels ou philosophes – à s’interroger quant à leur action sur la nature et aux répercussions dramatiques qui ne manqueront pas de s’ensuivre. [2]

Afin de conclure cette première partie, il me reste à vous faire part de quelques réflexions toujours bonnes à méditer. Vous pouvez vous interroger sur la présence de la racine hébraïque aour (lumière) dans le mot amour.  Vous pouvez, également, vous demander pourquoi les locutions « pousser un dernier soupir » et « rendre l’esprit » ou « rendre l’âme » sont passées dans le langage populaire. Rendre l’esprit ne revient-il à restituer ce qui nous a été prêté ?

Et pour finir sur une note humoristique,ce qui n’est nullement incompatible avec un sujet austère, j’ai été très étonné, récemment, d’entendre une chef d’entreprise, se prenant pour une personne cultivée, affirmer péremptoirement, sur une station radio que les animaux n’avaient pas d’anima ou d’âme. Proférer une telle ânerie avec autant d’assurance rend perplexe. Cette précieuse ridicule semblait ignorer que le mot animal possède justement pour source étymologique le latin anima. Comme quoi certains individus feraient bien de réfléchir avant de renvoyer l’image de leur ignorance et de se couvrir bêtement de ridicule.

Les animaux, comme les plantes – il y aurait beaucoup à dire sur le ressenti émotionnel de ces dernières – et même les minéraux, possèdent en commun avec l’Homme d’avoir un corps, une âme et un esprit, et d’éprouver des émotions lesquelles, pour être moins perceptibles que chez l’humain, n’en existent pas moins réellement.  

Espérant que ce texte vous aura donné matière à réflexion, et que vous en tirerez profit, je vous propose de nous retrouver prochainement afin d’évoquer l’étrange rencontre que fit, dans un village du Japon, un célèbre samouraï alors qu’il souhaitait faire aiguiser ses sabres. Certes, l’anecdote est trop belle pour être authentique, mais si belle qu’on souhaiterait qu’elle l’ait été…

Rendez-vous donc avec Miyamoto Mushashi et le rémouleur…    

 

 


1 . Lire Marie Madeleine et Jésus, de Richard Khaitzine - éditions M.C.O.R.

2. Sur ce sujet important et d’actualité, lire Quand la Terre gronde… de Richard Khaitzine – éditions M.C.O.R.

Posté par Adriana Evangelizt

 

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 14:06

 Alors qu'est devenue l'Antique Sagesse Egyptienne léguée par "Moïse" ??? En sachant que le nom même de Moïse -Mose- signifie Initié ? En sachant donc que chaque lettre possède son image propre et sa propre symbolique. En sachant enfin que 12 des lettres de l'écriture sacerdotale Egyptienne primitive sont chacune associée à un signe du zodiaque et que nous les retrouvons dans l'alphabet hébreu. Il nous est permis de penser que malgré les altérations, malgré les rajouts, malgré les mauvaises interprétations, l'Antique Sagesse est toujours là, dissimulée... car les scribes ont de tout temps reçu un ordre sacré "Ne jamais changer la loi d'un seul iota". Alors on a brodé autour des symboles, on a inventé... on a raconté qu'Enok avait vécu 365 ans... et ceux qui lisent la Torah sans en saisir l'Esprit croient dur comme fer cette balourdise. Alors que 365 est le nombre de jours dans une année, on revient toujours au zodiaque... et par là même, on sait qu'Enok est autre chose qu'un patriarche. Tout comme on peut se poser nombre de questions sur "l'Eternel dieu des armées"... quand on sait que les Anciens nommaient "armées" l'ensemble des constellations. Et pendant ce temps, des tas de frères cherchent dans la cabale et le zohar quelques mystères... comme si "Moïse" avait tracé ces signes de ses mains.

Nous avons pris la peine de coller des morceaux du livre pour une plus grande compréhension...

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

11ème partie

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

ALPHABETS SUCCESSIFS DE DOUZE, SEIZE ET VINGT-DEUX LETTRES.
ALPHABET ZODIACAL.

En 1820 je fis connaître cet alphabet : je vais extraire de l'essai ce que j'en disais alors. Le temps n'a point changé mes convictions, et les découvertes de M. Champollion, publiées en 1822, au mois de septembre , les ont confirmées au lieu de les détruire :

"En examinant l'alphabet de la langue hébraïque, en étudiant la signification de chacune de ses lettres, la première observation qui devait se présenter, et cependant celle à laquelle personne, je crois, n'a pensé, pas même Court de Gébelin, c'est que ces caractères conservent les éléments d'un alphabet zodiacal; alphabet par conséquent primitif, antérieur à celui de vingt-deux et même de seize lettres*. La tradition avait transmis aux cabalistes une idée confuse de ce fait ; mais il paraît qu'ils ne purent retrouver les véritables caractères alphabétiques du zodiaque, puisqu'ils les prirent des lettres qui entrent dans la composition de ces trois noms donnés à la divinité : 

IÉ           ALÉIM     TyBAOT,
L'Eternel        Dieux        des armées. »

On sait que par armée les anciens entendaient ici l'ensemble des constellations. »

* Je n'avais point alors arrêté mon attention sur les paroles de saint Irénée, et cherché la composition de l'alphabet sacerdotal.

L'auteur fort respectable d'une grammaire hébraïque publiée en 1836, répandue dans toute la France, avec un zèle et un désintéressement qui laissent apercevoir un but religieux, dit en transcrivant les lettres de l'alphabet hébreu : — « Par respect pour l'antiquité, nous conservons ces noms insignifiants, Aleph , Beth, Gimel, Daleth, etc., que jamais nous n'emploierons : nous dirons le b, le m, etc. » — Cet arrêt ressemble trop à une proscription, et l'on pourrait croire que l'auteur a compris ces noms et qu'il les redoute.

Les hommes qui imaginèrent les caractères devenus depuis alphabétiques, trouvèrent cette invention à une époque où tout signe d'idée était une image. Cette image désignait et imitait un objet physique, la chose ne pouvait pas être autrement.

Cependant on voudrait que ces hommes eussent abandonné cette marche, enseignée par la raison, commandée par la nature, exigée par l'infirmité de la mémoire: en sorte donc qu'ils auraient laissé tout signe figurant un objet, pour forger des signes de caprice ne ressemblant à rien, bien qu'il fût possible d'oublier du matin au soir la valeur de ces signes !

On voudrait qu'indépendamment de cela ils leur eussent donné des noms insignifiants, forgés comme ces signes, n'exprimant rien et n'offrant aucun secours à la mémoire ! Comment avec une pareille manière de procéder ces hommes se seraient-ils fait comprendre de ceux qu'il fallait instruire? Cela est fort difficile à expliquer.

Bien loin donc que les noms des lettres hébraïques soient insignifiants, ce sont ces noms Aleph, Beth, Mem, Nun, Tau, Et, Oïn, qui révélèrent l'alphabet zodiacal publié en 1820.
En effet,
« Si, laissant de côté tout système, on examine l'alphabet hébreu, on trouvera,
qu'ALPh ou Aleph est le nom du Taureau ;
BIT ou Beth, celui de la Vierge ;
MIM ou Mem, celui des ondes du Verseau ;
NYN ou Nun, celui des Poissons ;
TAU ou Thau, celui du Chevreau ;
ET ou Heth, celui des Gémeaux ;
OYN ou Aïn, celui du Bélier. »

Or, si le nom de ces sept lettres est le nom de sept signes du zodiaque, n'est-il pas probable que les noms des cinq signes restants doivent se trouver dans les autres lettres de l'alphabet, et que s'ils s'y font moins remarquer, cela tient sans doute à des circonstances qui ont un peu
changé la signification des noms donnés à ces lettres, et qui même ont pu la faire perdre entièrement ? Je vais prouver que les autres signes se trouvent designés de la manière suivante :

« Les serres, les crochets de l'Ecrevisse par la lettre Y, qu'on nomme UOU ou Vau, et qu'on écrit YY;
Le Lion, par le Lamed, LMD ;
La Balance, ou les bassins de la Balance, par le Caph ;
Le Scorpion, par ZIN ou Zaïn.
Le Sagittaire, par le GiMeL. »
L'Y hébreu, qui signifie pinces, crochets, en a la forme, et cette forme est encore plus approchante des pinces de l'Ecrevisse dans la lettre
grecque Y. »
La lettre L appartient au signe du Lion ; et, en effet, elle entre, comme radicale dans presque tous les noms de cet animal ; etc. »
Quant au mot LMD, nom grammatical de la lettre L, il fut composé pour désigner un lion plein de force, au milieu de sa carrière; mais il a perdu cette signification parce qu'elle existait déjà sous le mot LcBA. Lamed est, en effet, composé de La, nom primitif et monosyllabique du lion, et de MAD , qui veut dire force. »

 La lettre C appartient au signe de la Balance ; le nom de cette lettre, CaPh, désigne une chose cave, creuse, une coupe, un bassin, les bassins d'une balance, etc., etc.
Le mot ZIN est le nom d'une arme, d'une espèce de fouet armé de pointes en fer ou de nœuds en fer, et ayant la forme même de la lettre ZIN en hébreu . On nommait communément cette arme, ce fouet, OQReB, le Scorpion, à cause de cette forme même et des blessures douloureuses qu'il faisait. »
La lettre G convient au Sagittaire : le mot GI ou GlRA signifie lancer des flèches, ou simplement une flèche. GlRAÉ ou GRAÉ est le nom du Sagittaire. Ce mot est composé de GI et de IRÉ ou IRA, qui veut dire jeter, lancer un trait : en sorte que le monosyllabe GI est certainement le radical primitif qui désigne la flèche. La lettre hébraïque en a même la forme.
Le nom grammatical de la lettre est GlMeL. Ce mot est composé de GI et de MeL ou MUL, qui signifie briser, exterminer, couper, et qui s'emploie en parlant des flèches. La flèche, le trait, le dard, était chez les anciens le symbole de la mort et de celui qui la donne GI étant le nom de la flèche, GlMel signifie mot à mot flèche-exterminatrice, ou celui qui extermine à coups de flèches, significations qui rendent parfaitement l'idée que fait naître la vue du Sagittaire*. »


* Voyez ci-dessous cet alphabet zodiacal.

 

Certains qu'un alphabet zodiacal a dû exister, nous conclurons de l'existence également certaine d'un alphabet de dix lettres, que la division du zodiaque en douze parties est postérieure à l'invention des lettres sacerdotales.

Cette
division, augmentant le nombre des lettres de l'alphabet, fit éprouver au langage écrit un changement considérable. Elle fit même distinguer deux nouveaux alphabets.
Pour avoir l'alphabet zodiacal on emprunta six lettres à l'alphabet sacerdotal :
A, L, B, C, M et N ;
ce sont celles dont le son ou l'intonation convenait à
la dénomination des signes célestes, et on en ajouta six autres inventées pour cet objet, savoir :
È, Y, Z, G, T et Ô.
Quant à la manière dont ces six lettres nouvelles furent groupées avec les six lettres anciennes, elle est tellement régulière,
qu'on ne peut l'attribuer au hasard; en sorte que cette régularité même est presque équivalente à une preuve.
J'en fais l'œil juge.

                           Aleph,   A, le Taureau, lettre sacerdotale.
Lettre zodiacale,     Èth, È, les Gémeaux.
Lettre zodiacale,    Yy,   Y, l'Écrevisse.
                             Lamed, L, le Lion, lettre sacerdotale.
                                Beth, B, la Vierge, lettre sacerdotale.
                                Caph, C, la Balance, lettre sacerdotale.
Lettre zodiacale,   Zaïn, Z, le Scorpion.
Lettre zodiacale, Gimel, G, le Sagittaire.
Lettre zodiacale, Tau,    T, le Chevreau,
                                Mim, M, le Verseau, lettre sacerdotale.
                                Nun, N, les Poissons, lettre sacerdotale.
Lettre zodiacale, Ôïn,    Ô, le
Bélier.

 

Ces lettres, placées sur la bande zodiacale comme elles durent l'être, donnent cette figure :

 

Les six lettres inventées pour ce zodiaque, jointes aux dix lettres sacerdotales, élevèrent l'alphabet au nombre de seize. On sait que cet alphabet passe pour le plus ancien. Nous avons donc son origine.

ALPHABET PELAGIEN PRIMITIF.

Voici ces seize lettres, véritables pélagiennes, prenant leur nom de PhLG ou PéLaG, faire une division, une distinction, une séparation, comme on dirait : séparée de autres que celles de l'alphabet ancien ; soit que ce mot Pélag se rapporte à l'alphabet considéré sous le rapport du nombre des caractères, soit qu'il faille l'entendre de la forme même des lettres, qui alors put être changée ou se rapporter à de nouveaux symboles, à d'autres signes hiéroglyphiques.

Ces lettres furent aussi appelées cadméennes, de QDM, QaDM, ancien, qui a précédé, et l'oriental.




Après cette addition de six lettres, la langue créée par l'alphabet étant devenue une langue parlée dans les Temples, on put étudier beaucoup plus facilement les intonations du langage. On reconnut que seize lettres ne suffisaient pas pour les représenter toutes, et on ajouta au second alphabet six lettres nouvelles.

 

Les caractères hébreux furent ainsi portés à vingt-deux.

Les lettres de cet alphabet reçurent dès-lors le nom d'assyriennes, non-seulement de l'Assyrie ou plutôt du pays d'Assur, où l'on verra que le second alphabet fut inventé, mais de la signification de ce mot AShR, parfait, où il n'y a rien à reprendre, heureux par conséquent.

C'est pour cela que l'hébreu employé à côté de l'arabe a gardé ses vingt-deux lettres sans plus, tandis que l'arabe s'est enrichi de six lettres nouvelles*.  Cette progression senaire, ou création, par six, est encore une particularité dont l'esprit appartient à l'Egypte.

*Voyez la Gram. arabe de M. Silv. de Sacy, t. I. p. 10.— L'égyptien vulgaire en avait, dit-on, vingt-cinq.

1 ° L'alphabet zodiacal emprunte au sacerdotal six caractères et en ajoute six autres, ce qui fait par la réunion de toutes ces lettres un alphabet
de seize ;

2° L'hébreu ajoute ensuite six caractères nouveaux à ces seize lettres, ce qui donne un alphabet de vingt-deux. La division reste néanmoins la même, puisque cet alphabet a six voyelles et seize consonnes ;

3° Enfin l'Arabe augmente ce dernier alphabet de six autres lettres, ce qui porte le sien à vingt-huit.

Ce nombre six marquait primitivement le repos, la joie, le retour sur soi-même lorsqu'arrivé au dernier degré on reprend un nouveau nombre ; mais ces significations se sont perdues et ne se retrouvent plus que dans le syriaque et sous l'orthographe ShT, ShyT, pour ShSh.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 14:01

 Pour retrouver la Tradition venue d'Egypte léguée par Moïse, il faut retrouver le sens initial des lettres qu'il a utilisées. Après sa disparition, il y a eu une altération des symboles. Il y a eu les points massorétiques rajoutés qui ont obscurci davantage le sens initial. Nous avons vu ICI, que l'alphabet initial ne possédait que 10 lettres et que le dieu de l'Initié Abraham qui fut aussi révélé à "Moïse" se nommait AÉI que l'on retrouve dans ALEIM mais qui s'est transformé après Moïse en JÉOVÉ ou JÉOVA. Or, le caractère OV a complètement dénaturé le nom de la "divinité". Pour cacher quoi ? Pourquoi les continuateurs de "Moïse" ont-ils travesti ses paroles et ses mots ? Quand on sait, de surcroit, que Moïse était un prêtre d'Osiris, n'est-il pas étrange de n'en rien retrouver dans la Torah ou l'Ancien Testament ?

 

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

 

 

 ACCROISSEMENTS SUCCESSIFS DE L'ALPHABET HÉBREU.


ALPHABET SACERDOTAL

suite...

 

2° NOMBRE SEPT.

 

Le même alphabet de dix lettres présentait le nombre sept dans les intonations L—B, C, D, M, N,Sh.

Les intonations nouvelles qui furent ajoutées dans les alphabets qui suivirent ne sont que des modifications de celles-ci. Les enfants, par exemple, confondent l'intonation R avec L; des peuples entiers n'en ont pas la perception : tels sont les Chinois. Les Arabes prononcent l'intonation P comme B, et les Chinois B comme P.

Cependant le nombre sept n'est pas devenu sacré et mystérieux seulement par l'invention et l'usage de l'alphabet de dix lettres ; l'origine de cette consécration ne remonte pas si haut, j'en parlerai lorsque j'expliquerai les trois premiers versets du second chapitre de la Genèse.

Dans Horapollon, livre 2, hiéroglyphe 27, nous lisons :
sept lettres écrites sur deux doigts (EN DUSI DAKTULOÏS ) désignent la MUSE.

Cette interprétation est symbolique, et par la Muse il faut entendre
la science ou l'harmonie des sciences enseignées dans les temples égyptiens. MOSÉ, MOÏSE, le MUSÉ ou MUSÉE hébreu, avait appris, suivant une expression de Philon, toute la musique des Egyptiens*.

* La musique ne diffère en rien des mystères, des choses sacrées, dit l'étym— La philosophie est une excellente musique, dit Platon dans le Phaedon. — Le philosophe est seul musicien, dit-il encore, Rep. liv. 3. — La musique est une encyclopédie, dit le scoliaste d'Aristophane, etc.


J'ai dit le Musée hébreu :
tout initié de première classe s'appelait MOSE, MOÏSE, MUSÉ envoyé, missionnaire, de MUS et MUSÉ, être retiré, éloigné d'un lieu, être envoyé, être en mission. Les Grecs prononçaient mieux que nous et que les Massorettes en disant MUSEE : 0 vous MENÉS, MUSÉE, fils du soleil, disait le prêtre initiateur, écoutez mes paroles, je vais vous dire des vérités importantes ; prenez garde que vos préjugés et vos affections précédentes ne vous fassenl manquer la félicité que vous désirez.

Les sept lettres dont parle Horapollon désignaientaussi
l'inexpérimenté et le Destin; c'est-à-dire une chose encore obscure et cachée. Réquier traduit le mot DAKTULOÏS par anneaux, mais il n'a adopté cette interprétation que pour justifier la forme qu'il suppose avoir été celle de l'hiéroglyphe. Le texte porte DAKTULOÏS, et non DAKTULIOÏS.

Les doigts étaient le symbole de l'art de peindre, de celui de tracer ou de dessiner des caractères, des signes.

De même le nom de la main ID a désigné une figure, une statue , un therme (Voy. 2. Sam. 18.), une inscription., une chose écrite, un ouvrage de la main.

Celui des doigts ATzBO vient de TzBO, peindre, colorier, indiquer par des figures, et par des figures coloriées : les hiéroglyphes des Egyptiens et leurs bas-reliefs l'étaient ; en sorte que le signe hiéroglyphique qu'Horapollon dit signifier
Muse, inexpérimenté; Destin, désigne en termes plus clairs l'art de peindre la science cachée, ce que Philon appelle la Musique des prêtres égyptiens.

S'il nous fallait reproduire cet hiéroglyphe que pourrions-nous faire ? nous dessinerions une main ouverte ou à demi ouverte, et sur les deux premiers doigts nous écririons les
sept lettres qui désignent les sept Intonations primitives.

Hé bien, voici qui est très-remarquable : on trouve ce symbole chez le peuple le plus ancien de la terre, à la Chine. Cette
MAIN HARMONIQUE, qui porte sur ses doigts douze caractères, ne désigne pas seulement les sept tons de la musique, mais la circulation du son fondamental par chacun des douze LU ou demi-tons qui divisent l'octave; division connue à la Chine, dit le savant P. Amiot, avant Pythagore, avant l'établissement des prêtres d'Egypte, avant Mercure lui-même .

Je laisse les causes possibles de ce rapport singulier : le symbole chinois prouve l'exactitude d'Horapollon et la réalité, la haute antiquité du symbole égyptien, c'est tout ce que je voulais établir pour le moment.

Dans notre conviction,
la langue hébraïque étant la langue savante, la langue sainte des prêtres de l'Egypte, le mot ID que nous avons vu se rapporter à l'art d'écrire par des images, doit tenir par quelques-unes de ses significations ou par les significations de ses dérivés les plus simples, au symbole que traduit Horapollon. C'est ce que nous allons examiner.

Il faut observer que la signification main, du du mot ID, frappe toujours l'esprit lors même que celle des dérivés s'en éloigne. C'est ce qui arrive pour ce mot, même lorsque nous parlons à d'une main de papier; de mainforte; de main d'oeuvre, etc.; quand nous employons ces locutions de longue main, cheval de main, avoir la main, avoir tant de mains à un jeu.

ID prononcé IDD ou IDE, offre donc d'abord à notre esprit l'idée de main, puis nous lui trouvons celle d'objet chéri, parce qu'on le tient pour ainsi dire sous la main; puis celle de chant d'amour et de louanges, parce qu'on chante ce que l'on aime. — Ces significations nous donnent et produisent nécessairement cette idée ou image, main des chants d'amour et de louanges, ce qui revient à la première explication de l'hiéroglyphe,
LA MUSE.

Écrit ÉIDD ou ÉYD, c'est encore
un chant de joie et de louanges; mais prononcé ÉYD , il signifie alors paroles cachées, énigmatiques et qu'il faut deviner : ce qui produit cette idée ou image, main des paroles cachées, main énigmatique,main de divination, et s'accorde avec la seconde explication de l'hiéroglyphe, L'INEXPÉRIMENTÉ.

Cette expression,
main de divination, est remarquable, indépendamment du mot ÉYD, qui la justifie, elle l'est encore par un autre dérivé de ID, c'est IDÔ, lequel signifie voir, apprendre, prévoir, et IDÔN, devin. Elle l'est par IDÉ, qui désigne aussi ce qu'on fait voir, ce qu'on avoue ou fait connaître ; ce qu'on prévoit, la science cachée dont on donne connaissance. Ces significations répondent à celles d'Horapollon, AVENIR ou DESTIN.

Le radical ID produit donc encore ici l'idée ou image de
main de l'avenir, main de la science dont on donne connaissance, dont on fait l'aveu.

Ces mots,
MAIN DE DIVINATION, DU DESTIN, DE LA SCIENCE QU'ON RÉVÈLE, expliquent maintenant l'origine et la cause antique d'une erreur ou pratique superstitieuse, importée par des soi-disant Égyptiens, et qui consiste à chercher la connaissance de la vérité en étudiant les caractères, signes ou lettres formées par les lignes qui sillonnent l'intérieur de la main.

Je pourrais expliquer encore l'usage de
lever la main et de la diriger vers l'astre du jour pour affirmer qu'on révèle ce qu'on a vu et qui était caché ou douteux ; mais cela ne tient plus à mon sujet, les accroissements successifs de l'alphabet hébreu, et à ma proposition, l'origine du caractère mystérieux attaché au nombre sept.



3° NOMBRE DIX.


Enfin, nous trouvons dans l'
alphabet sacerdotal un nombre sacré désignant la perfection, la fin, le but, l'achèvement; ce nombre est dix. Il est doublement mystérieux , doublement saint, en ce qu'il réunit les deux premiers, trois et sept.

Son nom ÔChR ou ÔShR, dont l'étymologie et la puissance seraient trop longues à développer, tient au nom d'
OSiRis, et son pluriel ÔShR-lM , ne désigne qu'un nombre égal à celui des jours
des anciens mois, le nombre vingt. Nous verrons également ce qui est relatif à cette division de l'année en mois de vingt jours, quand nous étudierons les versets 1 , 2 et 3 du second chapitre de la Genèse.

En dehors, en apparence, de la signification numérique d'ÔShR, dix,

ce mot marquait la
suffisance, la richesse  ÔShR;

le
règne, la domination, la fête, la solennité, l'assemblée religieuse ÔTzR;

le
circuit, l'enceinte, le parvis du Temple,
l'ATRIUM, UBI POPULUS ADORANDUM CONVENIEBAT.   ÔZR- É;

le nombre primitif de jours entre les convocations religieuses,
faites de vingt en vingt. OShR—IM;

puisa
toutes les néoménies, pour
prier le Seigneur, le maître
... OShIR—IS ;

enfin,
le tribut qui lui est dû, la dime ÔShR.

C'est probablement parce que le nombre dix terminait, achevait le nombre des caractères sacerdotaux, comme il achève celui des doigts des mains, qu'il devint le signe de la perfection, de l'achèvement, de la
suffisance.

La lettre ShIN ou ÇhIN était la
dixième et la dernière de l'alphabet sacerdotal ; cette place semble lui être due, même en ne consultant que l'alphabet de vingt-deux lettres, car son signe primitif terminait cet alphabet, et elle se trouve derrière lui comme attendant sa place ou l'ayant cédée.

Sa forme hébraïque actuelle, je l'ai déjà dit, n'est pas primitive; elle a été substituée au caractère
+, conservé dans l'hébreu des médailles.

Ce signe cruciforme, cette unité barrée, répond dans les caractères chinois à l'articulation che, comme en hébreu CHIN , et vaut aussi dix : dans l'alphabet éthiopien il a conservé son rang, le dixième, et sa forme,
+ ; mais il répond à l'articulation T, qui le remplace dans l'alphabet hébreu. Il  y forme le pluriel OT ou OU, comme en hébreu. On peut y voir la racine de nos mots TOTAL, TOUT.

Puisque ce caractère cruciforme est incontestablement plus ancien que celui du Sh ou Çh actuel, il en tenait la place et en avait la valeur.

Comme il désignait la fin, l'achèvement de compte, la limite numérique, quand on eut des alphabets de seize et de vingt-deux lettres, il fallut nécessairement le déplacer et le porter à la fin de ces alphabets ; mais il laissa sa valeur Sh ou Çh au signe qui le remplaçait et en prit une qui modifie le son D, c'est cette intonation T.

De là vient que beaucoup de mots écrits primitivement par Sh dans l'alphabet de dix lettres, entr'autres modifications, l'ont été par T dans ceux de seize et de vingt-deux. Ce changement est commun chez les Chaldéens et les Syriens; ainsi, ce même mot ÔShR ou ÔÇhR, que nous venons de voir, a été écrit ÔTR ;—ÇhOUR, taureau, a été écrit TOUR; — ÇhÔR, porte de ville, TÔR; — ÇhB, retour, TB; — ÇhD, mamelle, TD; — ÇhOUM, de l'ail, TOUM; — ÇhCL, sans enfants, TCL;— ChQL, poids, sicle, TQL ; — ÇhLG, neige, TLG ; — ÇhMN, huit, huitième, TMN; — ÇhLÇh, trois, tripler, TLT; — etc., etc.

11ème partie

Posté par Adriana Evangelizt

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 11:04

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

30 ème partie

29ème partie

28e partie

27e partie

26e partie

  1ère partie

CHAPITRE XVIII. 2

Les premiers trinitaires ne furent dans l'origine que des Juifs qui propagèrent des notions puisées chez les Grecs, les Romains, les Phéniciens, les Babyloniens, les Perses et les Egyptiens.

Pendant que les Juifs, qui avaient embrassé le dogme du Christianisme et de la Trinité, s'occupaient à le répandre, les révolutions politiques préparèrent la chute des grands Empires et jetèrent l'Europe dans des guerres civiles et étrangères qui finirent par l'entraîner dans un abîme d'ignorance et la firent reculer devant les sciences cultivées par les Grecs et les Romains.

Dans ce désordre général, le nouveau culte trinitaire devint, pour ainsi dire, dominant dans toute l'Europe.

Trois siècles s'étaient écoulés depuis son origine; à cette époque de barbarie, dans cette Perse d'où étaient sortis tant de dogmes, parut un philosophe qui voulut ramener l'esprit humain égaré au culte du Dieu unique; il s'appelait Manès, que quelques personnes peu instruites ont cru être le premier type de notre Ordre, le créateur de notre dogme, peut-être par la conformité de son nom avec Menés, duquel nous avons parlé dans cet écrit.

Manès vécut sous Sophore, roi de Perse. Il s'efforça de faire revivre en toute leur pureté les mystères et religion de Zoroastre, en les unissant à la charitable et pure doctrine de Jésus-Christ.

La doctrine de Manès était libérale, tandis que la superstition et le despotisme dominaient l'Europe : il est aisé de croire que ceux qui professaient des principes démagogiques, une religion dépouillée de fantômes, devaient être persécutés. Ainsi , les Manichéens furent poursuivis à outrance par tous les despotes et par les prêtres de Rome, depuis le quatrième siècle et après leur apparition.

Remarquons que les signes gnosticiens acceptés par tous les anciens libéraux, furent ceux des Manichéens, comme par la suite ils le furent par les indépendans d'Angleterre, du temps de Cromwel, des Américains et dernièrement des Français.

Le zèle de Manès fut vivement combattu pas ses adversaires et même après sa mort. St Augustin l'Africain, élevé dans les mystères de Zoroastre adaptés à la Sainte Doctrine de Jésus, fut un des persécuteurs et des ennemis les plus acharnés de la doctrine de Manès, connue sous le nom de la Religion de l'Enfant de la Veuve.

On donne pour l'une des plus puissantes causes de la haine de St Augustin contre Manès, et de son zèle pour la religion trinitaire chrétienne, la douleur qu'il éprouva de n'avoir été admis dans les mystères de Manès qu'au premier grade et à l'ordre du croyant.

Les Mages, qui l'avaient reconnu pour un esprit ambitieux et inquiet, lui avaient refusé tout avancement, malgré neuf ans de postulat, et malgré les plus puissans efforts pour être admis aux ordres supérieurs. Ces faits sont constatés par Fleury, Baronius et Augustin lui-même dans ses Confessions.

Les critiques disent que St Augustin était Pyrrhonien, et qu'il voulait que ses Disciples suivissent cet axiome, duquel il fait parade dans plusieurs de ses écrits : « Credo quia absurdum. » Plus les choses sont incroyables, plus elles paraissent divines au croyant ; et plus elles sont absurdes, plus le croyant pense qu'il y a du mérite à les croire.

Scaliger assure que St Augustin manquait des talens nécessaires à un interprète de la Bible et de tout livre mystérieux. Il lui reproche (ce que firent aussi des critiques modernes) d'avoir voulu interpréter à sa manière des textes isolés de la Bible, et persuader à ses admirateurs que les nouveaux mystères du Christianisme trinitaire étaient annoncés, figurés et prophétisés dans l'Ancien-Testament de la manière suivante :

Qu'Abel était l'image positive de Jésus-Christ ; que les deux femmes d'Abraham* étaient les images des deux institutions divines et religieuses, la Synagogue et l'Eglise chrétienne catholique, nouvelle épouse de Jésus- Christ; que le drap rouge exposé à la fenêtre par cette fille de joie qui avait trahi Jéricho, sa patrie, pour être préservée du meurtre et du pillage auxquels elle avait livré ses concitoyens, était l'image du sang de Jésus ; que le Serpent d'Airain, que nous avons vu servir à la fourberie des Lévites, était l'image de Jésus, de son sacrifice sur la croix, et bien d'autres comparaisons et interprétations que nous n'osons contredire, et que l'on peut lire dans St Augustin, Sermon 98 et Epître 157, ainsi que dans les Saints-Pères de l'Eglise qui écrivirent après lui.

* Sara et Agar. Nous avons vu la première partager le lit de Pharaon, par la sagesse innocente (telle est l'expression biblique) d'Abraham . qui, au lieu de déclarer qu'elle était sa femme, fit croire aux Egyptiens qu'elle était sa sœur ; cette méprise coûta presque la vie à Pharaon , car elle lui causa de telles maladies , qu'il la renvoya à Abraham. Le Seigneur avait ainsi affligé Pharaon pour délivrer la pureté de Sara. Quant à Agar, son esclave, Sara pria Abraham de la prendre comme sa femme ; elle était jeune et belle ; le bon patriarche acquiesça aux vœux de sa femme, et rendit féconde sa servante Agar. (Gen., chap. 12 et 16.)

Comme nous l'avons dit, des écrivains anciens et modernes veulent que notre dogme soit orignaire de Manès* ; c'est pourquoi nous nous croyons obligés de parler de quelques-unes des circonstances les plus marquantes de sa vie.

* Entr'autres, l'abbé Lucagui , de Rome, et l'abbé Baruel.

Manès n'eut d'autre héritage de son père que l'honneur et le droit d'admission aux mystères de Mythra. La veuve de Syctien ( qui avait été aussi Mage), femme pieuse et sans enfans, douée d'une âme douce et supérieure, possédant une grande fortune, connaissant les talens et les bonnes dispositions de Manès, lui proposa de l'adopter pour son fils, afin qu'aidé de sa fortune et de ses biens, il pût sans obstacle suivre sa carrière scientifique, pour le bien de sa patrie et de l'humanité. Manès d'abord refusa ces offres; mais, pressé par ses amis, il les accepta.

C'est en conséquence de cette adoption qu'il voulut qu'on l'appelât l'Enfant de la Veuve ; et comme ceux qui suivent ses doctrines et le dogme de Zoroastre, par le second article de ses statuts, étaient tous frères, de la même manière et dans le même esprit que ceux qui suivaient la doctrine de Jésus, les Disciples de Manès s'appelèrent les Enfans de la Veuve.

La morale de la réforme religieuse de Zoroastre, mise au jour par Manès, adaptée à la doctrine de Jésus, lui attira une infinité de Disciples. Les plus renommés furent Addas, Hesman , Thomas ; ils obtinrent la permission du vivant de Manès, de porter ailleurs sa morale, sa doctrine et sa science.

Addas fut en Judée , et réunit à sa doctrine le peu de prêtres-juifs qui se trouvaient éparpillés après la destruction de Jérusalem, et qui suivaient les doctrines mosaïques réformées par Jésus.

Hesman fut en Egypte, où les prêtres coptes qui, dans Alexandrie et ailleurs, avaient adopté les doctrines des Juifs nouveaux Chrétiens établis dans ce pays, reçurent les principes de Manès, qui n'étaient, dans le fond, que ceux des Egyptiens, transmis et apportés aux Israélites par Moïse et ordonnés par Jésus.

Thomas fut à Babylone, et ramena dans le bon chemin les prêtres de Balaham, que nous avons vus dans Hérodote être très dépravés.

Tous les trois couronnèrent leur apostolat du plus brillant succès.

Le nombre des Disciples de Manès augmentait tous les jours, et partout, mais plus qu'ailleurs, en Perse et en Mésopotamie, où il avait établi son siège et son professorat. Mais sa science, sa vertu, sa renommée , lui attirèrent une foule d'ennemis. L'envie, la haine , le fanatisme aiguisèrent leur glaive.

Les Perses les plus accrédités s'empressaient de consulter Manès ; ils partaient satisfaits de la justesse de ses conseils. Les Mages dissidens ignorant l'art sublime et libéral que Manès professait et enseignait, le regardèrent comme un intrus ; ennemis de sa science et de son crédit, ils jurèrent sa perte. Un accident malheureux les fit triompher ; le fils unique de Sophore était depuis longtemps malade ; les Mages dissidens firent adroitement persuader au Roi que Manès seul était dans le cas de le guérir; ils savaient cependant très-bien que sa guérison était impossible , et qu'il devait succomber bientôt. La médecine était professée par le Sacerdoce, et les Israélites mêmes n'avaient pour médecins que des prêtres. Dans le Lévitique, ch. XIII, il leur est dévolu de soigner et de guérir la lèpre, maladie qui rongeait le peuple israélite. Da.ns Saint-Luc l'Evangéliste, ch. XVII, on voit dix lépreux qui vont au-devant de Jésus, dans un bourg de Samarie, pour être guéris de la lèpre ; mais Jésus , qui professait la loi de Moïse et savait que c'était aux seuls prêtres juifs qu'était dévolu ce pouvoir, leur ordonna d'aller se présenter à eux pour cet objet, et de se conformer à la loi.

Un des plus éminens pouvoirs que les Evangélistes attribuent à Jésus, était de guérir les maladies mêmes les plus incurables , et de ressusciter les morts. Ses représentans, les pasteurs de l'Eglise romaine, en bien des pays et dans beaucoup de langues, se nomment curés , en latin curare , guérir.

Ces curés, pendant les temps d'ignorance et de barbarie, ne purent s'adonner aux sciences comme les anciens Mages, prêtres égyptiens et juifs, ni par conséquent à la physique et à la médecine , à l'aide desquelles les anciens Mages et prêtres guérissaient les malades. Ils ont donc cherché à s'attribuer l'art de guérir (dans le sens mystique) les âmes malades; peut-être qu'à ces époques lointaines, ils opéraient des guérisons par l'exemple des vertus chrétiennes qu'ils prêchaient.

La visite que les prêtres catholiques font de nos jours aux malades,est un reste des usages orientaux. Heureux si, avec cette ancienne pratique, ils eussent conservé la science des Anciens ; leur apparition au lit du malade lui causerait un sentiment de joie et de consolation, tandis qu'il frissonne à leur vue, par les tristes peintures qu'ils lui font de la colère de Dieu, de son dernier jugement et des peines éternelles qui attendent les pécheurs dans l'autre monde, au moyen de l'Enfer et du Diable qu'ils tiennent toujours prêts pour les employer à leur profit. L'aspect sous lequel se présente aujourd'hui un prêtre chez un moribond, ne peut causer que des révolutions meurtrières sur un physique déjà affaibli. Quelques sa vans prétendent que, dans les pays où dominent de tels abus de l'Eglise de Rome, les derniers Sacremens font mourir plus de monde que les maladies et les empyriques ensemble.

Chez les peuples d'Orient, la médecine faisant partie de la physique, était, pour ainsi dire, l'apanage des prêtres et des Mages. Pline, Hist. Nat., XVI, 44, et XXIV, 113, dit que les simples salutaires ne pouvaient être touchées que par les prêtres, avec de certaines cérémonies.

Mélampe , qui apporta en Grèce les fêtes et les cérémonies de Bacchus , était à-la-fois prêtre et médecin. (Herod. II, 40; Diod. I, 96). Les Brames sont encore de nos jours les médecins de toute l'Inde. Les Mexicains, dans leurs maladies, ne consultent que les prêtres. En Egypte, la troisième classe des prêtres était chargée du traitement de tous les maux physiques, en se conformant aux six livres de Mercure trismégiste. Dans le Thibet, encore aujourd'hui les médecins sont tirés de la race des Gellongs ou prêtres. (Mayer, Mith , Lexic. , art. Gellong. )

Suivant cet ancien usage , Sophore fit appeler Manès qui, ayant examiné le jeune Prince, découvrit que sa constitution était minée par les remèdes qu'on lui avait donnés ; néanmoins, afin de ne pas nuire à ceux qui l'avaient soigné, il dit au Roi que, s'il y avait un moyen de guérison, ce dont il n'était pas assuré, c'était d'éloigner de son fils tout remède et tout médecin, donnant pour raison que la nature, à l'âge tendre de l'enfant, aurait plus de pouvoir que tous les secours de l'art.

Le Roi suivit ce conseil, venu malheureusement trop tard, et chargea Manès de veiller lui-même à la précieuse vie du Prince; mais la nature du mal était telle que, malgré les soins de Manès, le jeune Prince expira dans ses bras.

Après ce malheur, Manès, déchu de toute faveur royale, quitta la cour, et se retira en Mésopotamie. Alors ses ennemis s'unirent pour cabaler contre lui en son absence. Ils firent un rapport au Roi, dans lequel ils dénoncèrent Manès comme le meurtrier de son fils ; ils lui persuadèrent qu'il eût été guéri, si Manès ne s'était pas adroitement emparé de sa faveur pour éloigner tous les autres Mages; qu'il avait fait périr son fils unique, dans l'espoir de monter ensuite sur le trône après la mort de Sophore, soutenu par le peuple qu'il avait corrompu, et par les grands de la couronne qu'il savait flatter.

Cette calomnie réussit. Le Roi donna tête baissée dans le piège ; il fit instruire un procès secret, à la suite duquel on condamna Mânes par contumace à la peine de mort.

Manès en fut averti; il chercha à se dérober aux poursuites. Le Roi avait envoyé des chevaliers armés en plusieurs endroits pour l'arrêter.

Deux fois il fut sauvé par Archelaüs, évêque; mais enfin il fut pris en Mésopotamie et traduit devant Sophore qui, après lui avoir reproché sa prétendue trahison et la mort de son fils, pour s'emparer de la couronne, voulut que l'arrêt de mort s'exécutât sans aucun délai, et inventa même un tourment inoui, par lequel le sage Manès finit sa carrière.

Ce Roi cruel ordonna qu'on l'écorchât tout vif avec des pointes de roseaux ; que sa peau, remplie de paille, fût suspendue à la porte la plus fréquentée de la ville ; et de plus que sa chair fut jetée à la voirie pour être dévorée par les chiens.

Telle fut la fin de cet homme savant et juste.

Ce malheur rendu public, douze de ses Disciples se partagèrent la terre, et portèrent son dogme, ses mystères et sa doctrine dans tout l'Univers ; sa lumière se répandit comme un éclair en Asie, en Afrique et en Europe, ainsi qu'on le voit dans Baronius, Fleury et Bayle.

Les Egyptiens qui s'opposaient au dogme d'un Dieu mortel, représentaient Dieu immortel par un serpent qu'ils appelèrent Cneph , qui rendait par la bouche un œuf, symbole du monde qu'il avait produit.

Le dogme des deux principes et de Dieu , conformément à celui de Zoroastre et des Egyptiens, était répandu en Italie au temps des Romains. La Fig. 9, PL II, montre un œuf au milieu de deux serpens, dont l'un veut l'enlever à l'autre.

Voici l'inscription que portait cet hiéroglyphe : « Que Hernnulejus Hermès avait sacrifié aux mânes pour sa femme et pour lui, pour ses enfans et sa postérité, et qu'il admettait par le symbole de l'œuf le Dieu non mortel des Egyptiens, et par deux serpens qui se disputent l'œuf, les deux principes bon et mauvais, lumière et ténèbres ». Montfaucon, t. II.

Ces idées furent toujours suivies par les premiers Chrétiens.

Du vivant de Manès, Hesman, son Disciple, avait propagé son dogme en Egypte où les prêtres coptes et les autres Chrétiens le suivaient avec les mystères adoptés par leurs voisins et nouveaux hôtes juifs, qui déjà professaient les doctrines de Jésus. Il paraît que, dans ce temps-là, les Chrétiens indistinctement, tout en se tenant aux anciens mystères, établirent une quantité d'hiéroglyphes emblématiques, auxquels ils attachèrent leurs mystérieuses allégories, savoir :

L'Etoile pour indiquer les Rois Mages, ou les savans qui, les premiers, publièrent la doctrine de Jésus, ayant été guidés, par la lumière de la raison, à la recherche de la vérité.

L'Acacia, arbre commun en Palestine, qui figure dans le Maître Parfait, pour rappeler la Croix sur laquelle leur Divin Maître finit sa carrière mortelle. Nous le répétons, cette branche symbolique est le Lothus des mystères égyptiens, le Myrthe d'Eleusis , le Gui druidique , le Rameau d'or de Virgile, le Roseau d'or de l'Apocalypse.

Le Triple Triangle rappelant la gloire de l'Eternel qui a l'œil à tout et partout, composé de trois unités égales qui formaient la Trinité, base des mystères égyptiens, la génération, la destruction, la régénération, qu'on a dû représenter aux faibles yeux des Egyptiens dans les trois personnes d'Isis, Osiris, Orus, comme à ceux des Chrétiens dans les trois personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit, afin de leur donner une idée allégorique des trois vérités et de l'unité* du Grand Architecte de l'Univers, du Grand Gehovah.

* Le Dante, dans son Paradis; voit l'Eternel., qu'il décrit portant sous le symbole de trois cercles, desquels sortait une lumière colorée comme l'Iris qui l'éblouit.
Le poète, dans sa vision, voit une transfiguration de ces cercles lumineux en sa propre figure et ressemblance.
Les Anciens ont établi la forme de la Divinité sous celle d'un homme ; ainsi, avant le Cygne d'Italie, les Egyptiens représentèrent leurs Dieux Isis, Osiris, Orus, sous des formes humaines ; après eux, les Juifs firent Dieu le Père ; les Grecs et les Romains eurent Jupiter, Apollon, Cybèle, et les Chrétiens le Père et le Fils ; et dernièrement, Swedembourg a cru voir Dieu sous la même forme que lui, se conformant à la Genèse, ch. Ier, v. 37, de la Création de l'Homme.
Le philosophe Fontenelle disait quelquefois d'un ton railleur : « Dieu a fait l'homme à sou image, mais l'homme le lui a bien rendu » ; et Bossuet disait avec plus de gravité, d'une certaine époque, que « tout était Dieu alors, excepté Dieu même ».

L'équerre et le compas unis pour figurer la fusion de la Loi de Moïse avec la nouvelle Loi de Jésus, qui rendait par ses préceptes les hommes égaux. Clément d'Alexandrie, Strom VI, regarde le cubitus , c'est-à-dire la Règle comme un emblème de justice. Nous avons trouvé en main d'un Osiris et d'un Arpocrate une équerre.

Aux deux autels des pains et des parfums, ces Chrétiens ont ajouté l'autel des sacrifices, pour rappeler la fin sanglante de Jésus.

Il paraît qu'on attacha aux douze bouvillons de la Mer d'Airain une seconde commémoration , outre celle des douze Patriarches, celle de douze Apôtres de Jésus qui triomphent des obstacles la foi et les maximes libérales de leur maître dans l'Univers; comme aussi on a du attacher une seconde allégorie au Livre de la vraie lumière, rappelant par-là les Evangiles et l'Apocalypse, écrits tous mystérieux, que l'on prétend contenir la doctrine complète des Maçons du Temple mystique de Salomon, et qu'il n'était permis de lire qu'aux initiés des hauts Ordres ; ce qui était désigné par les sept sceaux que renfermait le Livre de la lumière (planche I, n.°26), lesquels sept sceaux étaient aussi les emblèmes des sept sciences requises et des sept degrés théosophiques et chrétiens, tout comme le sont les sept Sacremens des Chrétiens de Rome*.

* Le nouveau rite français paraît avoir adopté simplerant sept grades, comme le fac simile des sept grades des prêtres de Rome.

On attacha aux dix cuves l'allégorie des dix Commandemens des Tables de la Loi, qui étaient les préceptes de la religion des Juifs et des nouveaux Chrétiens, préceptes qui devaient être invariables.

Nous répétons que les emblèmes qui tiennent entièrement à l'art du Maçon furent établis, comme on l'a expliqué, lors de l'établissement de l'initiation juive en Babylone, pour indiquer l'Architecte éternel et expliquer l'allégorie du Temple de la Sagesse et de l'Amitié ; ils servaient aussi à expliquer la nécessité du travail imposé à l'homme. Pour ces emblèmes, voyez Pl. I, n° 34 ; mais tous ces emblèmes maçonniques multipliés firent tomber presqu'en oubli les enseignemens de l'imitation égyptienne, juive-chrétienne, qui perdit pour ainsi dire son nom, dans celui des simples signes ou emblèmes de la Maçonnerie. L'auteur de la Maçonnerie (poème) croit ces changemens arrivés du sixième au dixième siècle.

Dans un Ordre élevé, et dans différens rites maçonniques, pendant la représentation d'une des cérémonies, les signes symboliques sont les colonnes du Temple brisées, le voile déchiré, la pierre cubique renversée, couverte de taches de sang ; les accolytes tiennent à la main un roseau où , après l'explication des causes de ce désordre, quelquefois après les agapes, on brûle les quatre lettres initiales I. N. R. I., qui font la base des mystères de ce même degré.

Baruel et quelques autres auteurs de son opinion, ont cru voir dans cette allégorie celle de Manès, et ont prétendu que les instituteurs de cet Ordre avaient voulu établir, par cette cérémonie, que les persécuteurs de Manès avaient répandu les ténèbres, l'ignorance, le désordre sur la terre, et fait disparaître et brûler la sainte doctrine de Jésus, que Manès avait unie à celle de Zoroastre.

Tous les historiens ont rapporté les efforts qu'après la mort de Manès, les nouveaux trinitaires chrétiens mirent en œuvre du temps de Constantin-le-Grand et après lui, pour détruire le dogme réformé de Zoroastre, sur l'unité de Dieu et ses deux principes, ou la Religion des Enfans de la Veuve. Il s'en suivit une persécution violente contre ceux qui professaient de tels principes, et surtout lors de la décadence de l'empire grec, les derniers Empereurs accordèrent une protection sans bornes aux trinitaires.

32ème partie

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 10:44

 Nous reposons la question... Quelle est l'origine réelle de la Franc-Maçonnerie Occidentale ? Si nous posons ce livre qui est en III tomes, c'est parce qu'il en explique assez bien justement l'Origine et qu'il sera assez compréhensible au profane. Les symboles en sont sortis d'Egypte par l'intermédiaire de "Moïse" dont l'Egyptiannité ne fait plus aucun doute, n'est-ce pas ? Il est bien clair que s'il n'en avait pas livré les clefs au profane -au Peuple- par contre, les 72 lévites qui l'entouraient étaient fort bien Initiés. Est-il nécessaire de préciser qu'ils se sont transmis le secret de générations en générations jusqu'à nos jours ? Et que ceux qui ne font pas partie du "clan" ou de la "caste" n'y ont pas accès ? Quelques bribes en furent livrées aux Templiers, il est vrai, mais quelques bribes seulement. Et ceci fut fait dans un seul but : ils étaient censés être -à la base- les Chevaliers du Christ... ennemi juré de ceux qui détenaient la vraie Connaissance. Doit-on rappeler que le Sanhedrin comptait aussi 72 membres que l'on surnommait Sages ? Or, le mot Sage, dans le cas présent, est un Initié. Les bases de la FMO ont donc été posées par des Initiés Hébreux, que cela plaise ou non. Et c'est eux, qui en possèdent la Vraie Clef. Tout comme ils connaissent la Véritable Signification des symboles. La preuve principale de ce fait est que toute la symbolique tourne autour du Temple de Jérusalem. Le fameux Temple de Salomon dont on n'a jamais retrouvé trace ni de l'un ni de l'autre. Ni du temple, ni de Salomon. Rien ne prouve à l'heure actuelle qu'il a existé. C'est donc un mythe. Doit-on penser que la symbolique de la maçonnerie occidentale est fondée sur des mythes soigneusement entretenus par ceux-là même qui ont voulu les égarer ? Alors qu'est devenu le véritable Enseignement de "Moise" sorti tout droit des temples égyptiens, lui qui ne connaissait ni Salomon ni Jérusalem ? Aussi quand Frère Léon Zeldis, grand commandeur d'Israël dit en parlant du symbolisme : "Pourquoi croyez-vous que notre vénérable institution a survécu pendant que tant d'autres ont disparu dans les couloirs de l'histoire ? Ma réponse à cette question est que, c'est parce que le symbolisme nous touche directement, il pénètre aux plus profonds niveaux de l'être, parce que notre cerveau, notre esprit, fonctionnent d'une façon symbolique, analogique, et non pas logique et numérique. De là, l'attraction irrésistible du symbole, de là la force mystérieuse de notre ordre." Nous nous permettons de poser la question... mais de quel ordre parle-t-il ? Parce que le sens de cette phrase est bien évidemment double.  Et les fameux "conspirationnistes", eux, se demande "Mais de qui la Franc-Maçonnerie est-elle le jouet ?". La suite au prochain numéro...

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

30 ème partie

29ème partie

28e partie

27e partie

26e partie

  1ère partie

CHAPITRE XVIII.


Des Emblèmes maçonniques chrétiens. — Les premiers Chrétiens suivent le dogme de la résurrection , de la destruction et de la régénération des êtres. — Doctrine de Mânes combattue par S.t Augustin. — La doctrine de Zoroastre se propage en Egypte et ailleurs. — La Médecine professée par les Prêtres. — Inconvénient de l'approche de certains Prêtres près des malades et des moribonds. — Persécution des Mages dissidens envers Mânes, le dogme de Dieu et des deux principes établi en Italie avant Mânes. — De la multiplicité des Emblèmes chrétiens. — Des doctrines de l'initiation à laquelle il ne resta que les enseignes. — Les Empereurs grecs persécutent les religionnaires de Mânes.

Les premiers Chrétiens qui se trouvaient confondus avec les Grecs et les Romains, avaient adopté, pour signe de reconnaissance et pour cachet de leur correspondance, des bagues sur lesquelles était gravé le monogramme de Jésus, INRI, ou un des symboles suivans : un Agneau, une Colombe, un Phénix, un Poisson, une Ancre, une Lyre, le Serpent, le Serpent avec la Croix tronquée, la Croix à trois barres, la Croix avec la Rose, la Nacelle et deux Clefs en croix*. Comme tous ces emblèmes qui se trouvent dans différens rites maçonniques ont été savamment expliqués par plusieurs auteurs qui ont écrit sur la Maçonnerie, nous nous bornerons à donner quelques explications des plus essentielles.

* Ces deux derniers emblèmes, nous les avons vus communs à Janus et à St Pierre.

Le serpent chez les Egyptiens, outre ce que nous en avons dit, servait pour l'allégorie de la révolution du temps lorsqu'il tenait sa queue entre les dents ; il était le symbole de l'année, car tous les ans il se dépouille de sa peau; celui de la santé, car la décoction* des couleuvres et des vipères était fort utile à la guérison de la lèpre, maladie très-fréquente en Egypte et en Palestine.

* Encore de nos jours on fait à Venise une décoction de vipères avec des drogues : elle est appelée Thèriaque. C'est un objet de commerce précisément pour l'Egypte et les Echelles du Levant.

Cette Croix que nous avons vu occasionner des disputes entre les Payens et les Chrétiens; cette Croix, qui a tant embarrassé les antiquaires, n'est autre chose que le priepi mesure, et le phal élévation , mots égyptiens, desquels on a fait les priapes et le phalus. Ce symbole, si vénéré et si miraculeux, nous vient de l'Egypte. On avait observé à Memphis que, si l'élévation des eaux du Nil, lors de son débordement, montait à seize coudées, la récolte était très-abondante; si elle montait à quatorze, elle était moindre, et lorsqu'elle montait à dix-huit, il y avait disette. Pour faire une observation, on avait pris une verge de fer sur laquelle on avait porté et marqué nombre de fois la coudée, mesure usitée : on marquait sur cette verge les trois dimensions annoncées par trois barres en travers, en fixant les croisillons , dont le plus long était au milieu, à des angles droits sur la tige*, ce qui formait une vraie croix. On fit des croix ou des mesures, à un crosilion, à deux et à trois, que l'on appela phal, déphal, triphal, et comme l'élévation du Nil produisait la végétation, l'on perdit l'allégorie et l'idée de la mesure de la fécondité, et on en fit des figures arbitraires. Pour signifier cette fécondité , on substitua par cette idée un phal de forme naturelle ; on en a mis un, deux et trois ensemble.

* Cette mesure fut par la suite exposée dans les Temples ; elle variait tous les ans, ayant un, deux ou trois croisillons, selon l'inondation ; même elle variait de la haute à la basse Egypte.

A cette verge mesurante, on avait ajouté un anneau qui servait à la tenir. On portait en procession dans une petite pyramide, lors de l'élévation du Nil, ce phal qui servait à mesurer la fécondité du Nil ; on le plongeait perpendiculairement et on mesurait soigneusement la hauteur. Ainsi, par l'ignorance, à la suite des temps, une fête, une cérémonie qui, en soi-même, était utile, décente et religieuse, a pu devenir scandaleuse.

Si, dans un pays où il y avait des prêtres conservateurs des dogmes protégés par les Rois mêmes (car le Roi devait être initié avant de monter sur le trône, fût-il choisi même dans la caste militaire) ; si, dans ce pays, dis-je, la religion, par la suite des siècles, s'est défigurée, que doivent devenir toutes ces religions qui ont voyagé, fait le tour du globe, persécutées et accommodées suivant le bon plaisir et l'intérêt de leurs missionnaires?

La Croix, qui dés-à-présent fait aussi partie des mystères chrétiens, fut chez les Egyptiens l'hiéroglyphe de l'immortalité, ainsi que le rapportèrent Cedrenus, Socrate et Sozomène ; quelquefois elle était le signe de passion pour arriver à l'immortalité : ainsi Osiris était étendu sur l'immense Croix formée par l'intersection du méridien et de l'équateur. Cette Divinité était suspendue dans les mystères phrygiens à un arbre cruciforme que l'on découpait et que l'on distribuait* comme un talisman, et qui devenait le bois de la vie (comme le dit très-savamment l'auteur du poème de la Maçonnerie) ; ce qui est un équivalent du salut par le bois que nous avons vu être une partie de l'interprétation du mot Abraxas.

* Une infinité de fragmens de bois sont tenus pour des reliques par les Chrétiens de Rome.

Jovet rapporte une tradition d'après laquelle l'acacia était considéré, lors des Croisades, comme l'arbre avec lequel la Croix du Christ avait été faite.

Cette Croix, si vénérée chez les Juifs - Chrétiens, outre qu'elle était dans les mains des grandes Divinités égyptiennes , se trouve très - fréquemment dans tous les monumens anciens, sur les obélisques, dans l'intérieur des pyramides et même dans la Table Isiaque, qu'on a toujours regardé comme le livre qui renfermait tous les mystères d'Isis; elle se trouve aussi sur trois petits autels de sa bordure. (Voyez la Table Isiaque, pl. III.) Gheber, Raymond , Lulli, Albert-le-Grand, Arnaud de Villeneuve, Bacon et tous les auteurs d'alchimie opinent que la Rose est l'emblème du Secret. Si la Rose est l'emblème du Secret, on ne peut plus être surpris si les quatre faces du monument indiqué de la Table Isiaque sont fermées par quatre roses ; les anciens Hiérophantes égyptiens voulaient par-là faire entendre à leurs initiés que tout ce qui se trouvait écrit figurativement était divin, mystérieux et secret.

Il résulte de ces documens que lorsque l'on voit une rose au-dessus d'une croix, ces deux symboles unis donneront d'une manière très-simple et très-claire le résultat écrit secret de l'immortalité*. L'idée d'une vie à venir, née dans les sanctuaires de Thèbes et d'Eleusis, est restée concentrée dans le sein des mystères ; le Grand-Prêtre ne la communiquait qu'à ses adeptes et à ceux qui en étaient dignes. Cette idée ne pouvait s'associer avec l'ignorance ; ce système était hors de la portée des êtres matériels et ignorans. Il fallait un jugement supérieur**  pour sentir que la mort ne peut et ne doit jamais effacer le mérite, le génie et la vertu.

* Les écrivains qui ont cherché à faire croire que l'Ordre des Roses-Croix était récent, se trouveront bien contrariés dans leurs opinions par les renseignemens que nous avons pu obtenir, et que nous venons d'exposer : observons que, dans plusieurs langues, il y a des adages qui prouvent que des peuples même ont attaché à l'emblème de la Rose l'idée du secret. Nous en rapportons un qui est usité dans le royaume des Pays-Bas : Ik verzoet u de ivos daarop te houden -. «Je vous prie d'en garder le secret».

**Les matérialistes disent qu'il faut toujours recourir à la révélation de ce secret ; car les sens ne leur fournissent aucune preuve de l'immortalité de l'âme.

L'emblème de la Croix figure dans plusieurs rites maçonniques; il sert de décor aux plus éminens de ses Ordres. Le pélican est l'emblème de la Charité, de la Bienfaisance ; l'aigle, de la Sagesse. Des grades maçonniques sont accordés en récompense aux Frères qui possèdent éminemment ces vertus, et ces décorations doivent leur rappeler toujours que le but de l'institution est une parfaite sagesse jointe à la plus parfaite charité.

Tous les autres emblèmes chrétiens se conservent dans différens Ordres maçonniques avec leurs explications, et prouvent la fusion de l'Ancien et du Nouveau-Testament et l'union des deux lois. Les Catholiques de Rome admettent encore ces emblèmes allégoriques. Le n.° 22 de la planche I.re présente un billet qu'on délivre aux initiés à la première communion dans l'église de Ste- Gudule à Bruxelles ; les symboles des hauts initiés Maçons y sont en entier, rien n'y manque. Les diplômes maçonniques qu'on accorde aux hauts gradués n'en ont pas davantage.

Les vertus ordonnées et prêchées par le Divin Maître étaient :

1.° La foi en Dieu, Père des hommes;

2.° L'espérance d'une vie future et la rémission de nos fautes ;

3.° La charité envers les autres hommes.

Les Chrétiens se servirent de symboles pour expliquer ces préceptes et pour se les rappeler à la suite des siècles.

Les Maçons en agirent de même, et les branches les plus nouvelles s'en servent aussi. Nous donnons les emblèmes des trois vertus, comme on les voit dans des diplômes des Frères Maçons et comme ils sont dans ceux des Bons-Cousins. (Pl. I.re, n° 17 et 29.)

Un phénix gravé dans un Abraxas, rapporté dans l'Antiquité dévoilée, t. II, p. 375, porte l'inscription H. M. A. O., qui répond au mot hébreu Héma, le Soleil ; cet emblème est celui des Rose-Croix et des Chevaliers du Soleil.

Nous arrêtons ici l'explication des symboles, quoiqu'il nous serait facile de donner une très-grande étendue à cette matière.

Dans le Christianisme dévoilé, 1767, Londres, pag. 41, on lit : « Les différentes nations, auxquelles les Juifs furent réciproquement soumis, les avaient infectés d'une multitude de dogmes empruntés du Paganisme. Ainsi la religion judaïque, égyptienne dans son origine, emprunta les rites, les notions et une partie des idées religieuses des peuples avec lesquels les Juifs conversèrent. »

Les critiques osent soutenir que la religion de Rome a pris dans l'idolâtrie le culte de ses saints personnages, dont une partie est payenne, comme le démontre l'almanach, inséré dans l'ouvrage des Fêtes et Courtisannes de la Grèce, et de plus les eaux lustrales qu'elle a empruntées des Juifs, les exorcismes, les démons, le droit de les chasser; et plus, leurs chants, leurs ornemens pontificaux et leurs traditions ; enfin qu'elle s'est approprié, d'après le Paganisme et le Mahométisme, les miracles, les fables et les pèlerinages.

Un des principaux dogmes dont les Juifs-Chrétiens, les Carpocratiens, les Cabalistes, etc. etc., se servirent après la destruction de Jérusalem, fut celui d'Adonis avec le mystère de la résurrection* que nous avons vu établie au temps d'Elysée ; cette fête contentait ceux qui croyaient aux résurrections. Les Phéniciens, après avoir rempli l'air de leurs pleurs et de leurs gémissemens, après de longs jeûnes, et des macérations pour la mort de leur Adonis ou grand Dieu Androgyne, faisaient éclater une joie immodérée dans les fêtes qui suivaient à l'occasion de la résurrection de leur Dieu ; elles étaient célébrées le troisième jour après la pleine lune du mois Thischri. Les premiers Chrétiens adoptèrent cette fête en place de l'ancienne Pâque juive ; elle était célébrée comme par les Juifs eux-mêmes, le 4e jour de la lune Thischri ou mars; ce ne fut que deux siècles après l'établissement du Christianisme qu'on renvoya la Pâque chrétienne au dimanche suivant.

* Les anciens Hiérophantes égyptiens, phéniciens, grecs, ont toujours pris les allégories de la résurrection pour le renouvellement de la vigueur du Soleil à l'équinoxe du printemps.

Il paraît que ces fêtes et mystères n'avaient pour but, dans l'origine, que de rappeler les trois vérités égyptiennes, enseignées aux néophytes par les prêtres , dans l'histoire d'Osiris, qui ressuscite et triomphe des ténèbres et du mauvais principe; ce qui était répété en Perse, dans la mort et résurrection de Mythra, en Phénicie et en Grèce, dans la mort et résurrection d'Adonis, et postérieurement dans les provinces limitrophes de la Judée par les Juifs, en particulier par Paul (voyez les Actes des Apôtres, ch. xxv, vers. 23, et ch. XXVI) dans la mort et résurrection de Jésus-Christ, triomphant des ténèbres, de Satan, du mauvais principe et de la mort, et apportant la lumière au monde.

Des critiques ont prétendu que les trinitaires qui vinrent ensuite, lorsqu'ils constituèrent le symbole de leur foi, y placèrent la susdite doctrine égyptienne dans ces paroles : « Nous croyons à la résurrection de la chair » ; ce qui, selon eux, veut dire que nous croyons à la destruction et régénération des êtres, à la cause première, et aux deux principes lumière et ténèbres, au bien et au mal physique.

En analysant toutes les religions, disent-ils, et en les dépouillant de leurs mystères, elles présentent toutes le même système, et se réduisent au culte de la nature.

31è partie

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 05:42

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles

20ème partie
19ème partie
18ème partie
17ème partie
16ème partie
15ème partie
1ère partie

Chapitre 11

 

LES CHARS ET LES VAISSEAUX DU CIEL :
 LES VÉHICULES DES ANCIENS ASTRONAUTES

 

« Lorsque l'ange amena Lot et sa famille et les posa à l'extérieur de la ville, il leur dit de se sauver et ne pas regarder en arrière, de peur qu'ils aperçoivent le Shekinah qui descendit pour causer la destruction des villes ». Le Haggadah

Puisque les Anounnaki furent une civilisation avancée, capable de traverser l'immensité de l'espace pour atteindre cette planète, la coloniser, exploiter ses ressources et transférer ces métaux par avion-cargo à leur vaisseau orbitant, il doit sûrement y avoir des preuves dans la littérature religieuse et séculière qui se reporte, du moins en partie, aux véhicules utilisés par ces anciens astronautes.

L'allusion évidente qui vient à l'esprit est le « chariot ardent » d' Ézéchiel. Il est décrit plusieurs fois dans le « livre d'Ézéchiel » pour qu'il ne puisse pas être simplement rejeté comme une aberration du texte ou même une hallucination du prophète. [Note de l'éditeur : Une copie exacte d'un inventeur de l'aéronef d'Ézéchiel est exposé au Restaurant Warrick à Pittsburg, Texas, quelques milles au sud de la Route 30, en cas où vous traversiez le Nord-Est du Texas et souhaitiez la voir--aussi bien que manger dans ce merveilleux restaurant acadien. La copie est la deuxième interprétation en exposition. Le premier modèle a réellement volé pour une courte distance avant de s'écraser. Le deuxième modèle n'a jamais volé. Cette « sculpture » ressemble beaucoup à un planeur.]

Ézéchiel n'est pas une exception puisque ces machines volantes apparaissent partout dans les Saintes Écritures, bien qu'elles soient interprétées habituellement en termes religieux ou mystiques. Cela indique l'esprit des traducteurs qui refusèrent de les reconnaître pour ce qu'elles furent. [Note de l'éditeur : On doit comprendre qu'un individu qui ne connaît pas les principes du vol n'aurait pas pu savoir comment les interpréter autre que par la « religion » ou le « mysticisme ».]

Dans le cas d'Ézéchiel, cela est appelé un chariot ardent, comme si ce terme était plus acceptable, peut-être parce qu'il a une connotation mythologique et est la façon la plus inoffensive de rejeter une référence gênante. Les érudits bibliques n'ont jamais traduit ou fait référence aux diverses apparences de ces véhicules insolites comme des avions, des aéronefs ou même des vaisseaux spatiaux.

Il est intéressant de noter que les Hébreux vivant sur la terre ferme appelèrent les aéronefs des « chariots » tandis que les marins égyptiens les appelaient des « bateaux du ciel ».

Ce qui est rarement perçu est le fait qu'ils existent de nombreuses références à des aéronefs dans les Saintes Écritures, mais leurs apparences furent masquées par l'interprétation théologique et dans plusieurs cas, par de fausses traductions.

Plusieurs noms furent utilisés pour décrire les véhicules des anciens astronautes et nous tenterons de les identifier et de les séparer selon leurs fonctions. Dans les Saintes Écritures, la capsule spatial ou le logement personnel des dieux s'appelait soit un « Shekinah » ou un « kabod ». Dans les livres de l'Exode et d'Ézéchiel, le vaisseau personnel est appelé un « kabod », tandis que dans l'Apocryphe et le Haggadah, il est appelé un « Shekinah ». Les termes semblent être interchangeables puisque les deux reposent sur un véhicule plus grand appelé le « chérubin ».

Ce vaisseau composé fut nécessaire pour quitter le vaisseau mère orbitant ou pour voyager sur la Terre, bien que la capsule pouvait voyager par elle-même pour de plus courtes distances, comme dans le cas d'Ézéchiel.

Pour sortir de la gravité de la Terre et atteindre le vaisseau mère, la capsule de commande fut montée sur une fusée appelée un « shem » dans l'Ancien Testament et « shumu » dans la littérature sumérienne.

La capsule personnelle de commande--le « Shekinah » ou « kabod »--eut une signification spéciale parmi les anciens peuples du Moyen-Orient puisqu'elle fut considérée comme la résidence réelle des dieux et chaque civilisation la révéra comme un objet de forme conique selon ses propres traditions.

Cette capsule de commande de forme conique est le « beth-el » des Hébreux, le « betyl » des Cananéens et des Phéniciens, le « ben-ben » des Égyptiens et l'« omphal » des Grecs. Comme nous le verrons, le véhicule composé des anciens fut aussi la source de la légende égyptienne de l'oiseau Phénix qui s'éleva dans le feu de ses propres cendres.

LE VAISSEAU MÈRE ORBITANT : LA DEMEURE CÉLESTE

Il existe un grand nombre d'indications dans les Saintes Écritures, en particulier dans le livre hébreu d'Hénok, que la « demeure céleste » fut organisée comme une grande ville dans l'espace, ou plus significatif, comme un vaisseau mère orbitant. Ce livre décrit le voyage du prophète Ismaèl à la demeure céleste où il rencontre le patriarche Hénok qui lui fait faire une tournée guidée du vaisseau. Bien que ce livre soit écrit en termes spirituels dont le but est de créer une atmosphère de majesté imposante, lorsqu'on élimine le verbiage théologique, ce qui émerge est la description d'un grand et complexe vaisseau spatial.

Le vaisseau spatial contient sept « ciels » ou ponts. Chaque pont a sept « palais » arrangés en cercles concentriques avec des gardes placés aux entrées de chaque cercle de pièces. La comparaison évidente serait avec celle de l'édifice Pentagon à Washington.

Le centre du vaisseau fut appelé l'« Arabot » et fut la résidence de la divinité principale. C'est ici que le « Shekinah » ou la demeure de la divinité fut localisé sur une plate-forme appelée « chérubin ».

Diverses responsabilités sont assignées aux directeurs appelés des princes qui semblent être des chefs de différentes activités opérationnelles associés au vaisseau spatial. « Rikbi-el » est le « prince des roues », responsable des « roues du chariot » ou « Shekinah ». « Hayli-el » est le « prince des créatures sacrées » ou « hayyot ». Puisque le terme est dérivé de « Hayel » qui signifie une armée, ce sont vraisemblablement les soldats ou gardes. « Ribbi-el » est le « prince du chérubin », la plate-forme sur laquelle repose le « Shekinah ». « Opanni-el » est le « prince de l'opannim », l'aspect mécanique, car c'est sa responsabilité de maintenir le vaisseau : « Il polit leur plate-forme, il orne leurs compartiments, il adoucit leurs virages et nettoie leurs sièges ». Lorsque le vaisseau composé quitte la demeure céleste ou vaisseau mère, il y a une cérémonie impressionnante appelée « Qedussah », apparemment un syllogisme pour un compte à rebours du lancement.

LE QEDUSSAH OU LE DÉPART DE LA FUSÉE

Lorsque le Shekinah part, le personnel de la demeure céleste participe à une cérémonie appelée « Qedussah ». Citant le livre hébreu d'Hénok, il y a un « agitation cosmique au chant du Qedussah », qui ressemble étrangement au compte à rebours et aux activités frénétiques qui accompagnent le lancement d'une fusée. Il est dit que « tous les piliers des cieux et leurs bases sont secouées et les barrières des palais des cieux d'Arabot frémissent ».

Avant le commencement de cette grande activité, « de brillantes couronnes étoilées sont mises sur les têtes des anges et des princes ». Ce sont sans doute des appareils protecteurs contre l'assourdissant bruit et l'intensité de la luminosité.

Les participants sont prévenus que quand la procédure adéquate n'est pas suivie, un accident ou une tragédie peut survenir car on leur dit que lorsqu'ils « ne suivent pas la procédure adéquate du Qedussah, un feu dévorant sort des petits doigts de ceux qui sont sacrés et détruit les anges en fonction ». Ils sont prévenus que le gaz d'échappement de la fusée peut être très dangereux puisque quand le Shekinah bouge, «un feu le précède dévorant tous ceux autour de lui".

Il y a une référence intéressante dans le Haggadah, la tradition orale des Juifs, décrivant la destination d'un Shekinah lors d'un de ses voyages après avoir quitté le vaisseau mère. Dans la section qui décrit la destruction des villes de Sodome et Gomorre, on dit que le Shekinah vint du ciel et fit sauter ces villes.

Cette source décrit comment le Shekinah du Seigneur « descendit pour causer la destruction de ces villes ». Josèphe, dans ses Antiquités des Juifs, semble supporter ceci, puisque dans sa description de la destruction de ces villes, il affirme que « Dieu lança la foudre sur la ville et l'a mis en feu », suggérant que le vaisseau spatial détruit les villes avec une sorte de missile ou d'arme à rayons.

LE VAISSEAU SPATIAL COMPOSÉ : CAPSULE DE COMMANDE ET FUSÉE DE LANCEMENT

Partout dans l'Ancien Testament, le véhicule de la divinité est appelé un Kabod (parfois kavod ou kebod) qui est, comme nous verrons, un autre nom pour le Shekinah, le terme utilisé pour le chariot de feu d' Ézéchiel. [Note de l'éditeur : Tel que déjà cité auparavant, dans la linguistique, les voyelles « ne comptent pas ». Noter que, dans la terminologie précitée, seulement les voyelles changent d'un mot à l' autre, sauf pour les consonnes souvent interchangeables B et V, comme « Havana » ou « Habana » de Cuba.]

Quand Ézéchiel se trouva sur le bord du canal Kebar près de Nippour une journée de l'été, un vent violent apporta vers lui un nuage incandescent. Comme le nuage s'approcha, quatre créatures rougeoyantes devinrent visibles dans la partie inférieure, comme des êtres humains debout avec des jambes et des mains, mais différents par leurs quatre visages et quatre ailes. Les créatures furent disposées comme un carré et le bout de leurs ailes ne se touchaient pas.

Ils donnèrent l'impression de bouger comme une unité et regardant dans toutes les directions, ils allèrent toujours dans la direction dont ils faisaient face sans avoir le besoin de tourner. Une apparition de torche clignotante se situait parmi eux. Le prophète nota qu'au-dessous et le long de chaque créature se trouvait une roue complexe, encerclée avec des yeux qui bougèrent en unité avec les créatures. Au-dessus de leurs têtes se trouvait une étendue de glace éblouissante.

Comme ils s'approchèrent, il devint conscient du bruit produit par les ailes en mouvement. Alors, comme les ailes ralentirent et l'apparition cessa de bouger, le prophète entendit un son au-dessus de l'étendue. Il y vit un trône en saphir sur lequel fut assise une figure brillante, claire et ardente enfermée dans la radiance d'un arc-en-ciel. Ézéchiel réalisa qu'il avait vu le « Kabod du Seigneur ».

Une analyse remarquable des détails techniques fournis par le livre d' Ézéchiel a été faite par Josef F. Blumrich dans son livre, The Spaceships of Ezekiel, où l'ingénieur de la NASA décrit graphiquement le véhicule composé comme une capsule en forme de cône assis sur une fusée de lancement. Il suggéra que cette fusée de lancement fut composée de quatre unités (fusées), chacune ayant des lames de rotor et des bras escamotables.

La présence du vaisseau spatiale au canal Kebar à Nippour est aussi importante puisque Nippour fut le Centre de contrôle spatial avant le Déluge. La deuxième apparition du chariot à Ézéchiel fut à Jérusalem et la cohérence des détails des deux apparitions semble éliminer la possibilité de toutes erreurs de transcription. À Jérusalem, on dit ceci à Ézéchiel :

« 'Debout ! Sors dans la plaine et là je te parlerai.' Je me mis donc à sortir dans la plaine, et voici la gloire (Kabod) de Yahvé se tenais là, telle la gloire que j'avais vue près du fleuve Kebar ».

Ézéchiel décrit alors comment le Kabod s'éleva de sa fusée de lancement et vola sur la ville et, revint à la fusée de lancement, la plate-forme--le chérubin :

« Et la gloire du Dieu d'Israël s'éleva de dessus le chérubin sur lequel elle se tenait, pour aller vers le seuil de la maison ».

Il semble que, bien que la capsule personnelle de commande puisse voler indépendamment car elle eût besoin de la fusée de lancement ou la plate-forme pour voyager de plus grandes distances ou se déplacer librement sur la Terre.

Le Kabod apparaît aussi de nombreuses fois à Moïse et les Israélites pendant le temps de l'Exode. Par exemple, quand ils quittèrent la région de la Mer Rouge et marchèrent dans le désert du Sinaï, les gens grognaient et furent mécontents. Selon l'Exode 16, Moïse et Aaron essayèrent de les apaiser avec la nouvelle qu'ils verraient bientôt le « Kabod du Seigneur ».

« Moïse et Aaron dirent à toute la communauté des Israélites : 'Ce soir vous saurez que c'est Yahvé qui vous a fait sortir du pays d' Égypte et au matin vous verrez la gloire (Kabod) de Yahvé. Comme Aaron parlait à toute la communauté des Israélites, ils se tournèrent vers le désert, et voici que la gloire de Yahvé apparut dans la nuée ».

Quand le vaisseau spatial resta parmi les Israélites, il fut gardé dans la Tente de Réunion, une sorte de refuge temporaire ou de garage.

Bien que le terme Kabod semble ne pas avoir d'antécédents et n'ait pas été identifié sémantiquement, le mot Shekinah signifie littéralement, « une habitation physique ou place de repos ». Malgré cette signification sémite, il fut traduit comme la « gloire » dans les Saintes Écritures et il reçut une interprétation mystique signifiant une présence spirituelle plutôt que physique. En fait, une littérature cabalistique complète est survenue de cette signification spirituelle. Les Saintes Écritures et l'Apocryphe ne supportent pas cette signification, car partout où il est mentionné, il est décrit clairement comme une habitation physique ou le véhicule personnel utilisé par la divinité. Le Kabod et le Shekinah reposent sur une plate-forme (fusée de lancement) appelé le «chérubin ».

Le terme «chérubin» est un autre mot intéressant qui reçut des interprétations théologiques. Les origines ou les racines du mot sont inconnues ; habituellement, il est traduit comme un groupe d'êtres célestes ailés ou un type d'ange spécial. Une source dans l' Encyclopédie Judaica suggéra que le mot hébreu cherub ou « Keruv » puisse être une inversion des lettres pour chariot ou « rekhuv ». Cela est très probable et cette vue est supportée par les Saintes Écritures où le terme cherub est parfois rendu égal à un chariot aérien comme dans le deuxième livre de Samuel. Il est aussi répété dans le Psaume 18 :

« Il inclina les cieux et descendit, une sombre nuée sous ses pieds; il chevaucha un chérubin et vola, il plana sur les ailes du vent ».

Selon le philosophe médiéval Saadiah Gaon du premier siècle après J.-C., probablement le plus grand érudit de la communauté juive babylonienne, le Shekinah est identique au « kavod ha-shem », une expression généralement traduite en termes religieux comme « majesté de son nom ». En termes modernes, « kavod ha-shem » signifierait « le chariot du shem ». Comme nous le verrons, ce terme a aussi des connotations de vaisseau spatial, car il ne représente rien d'autre que la fusée de lancement principal.

LA FUSÉE DE LANCEMENT PRINCIPALE : LE SHEM DES HÉBREUX ET LE SHUMU DES SUMÉRIENS

Des générations d'érudits et de traducteurs tentèrent de donner à la référence « shem » du chapitre 11 de la Genèse seulement qu'une signification allégorique, puisque l'espèce humaine voulait se faire un « nom » ou une réputation en construisant une tour vers le ciel.

Le conte biblique de la Tour de Babel telle que racontée dans la Genèse traite d'événements qui suivirent le repeuplement de la Terre après le Déluge, lorsque certaines personnes, « voyageaient vers l'est et trouvèrent une plaine dans la terre de Shinar, et ils la colonisèrent ». La terre de Shinar, bien sûr, est la terre de Sumer et la plaine est celle entre les deux rivières de la Mésopotamie. Selon la Genèse :

« Ils dirent : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom [shem] et ne soyons pas dispersés sur toute la terre ! »

Cependant, ce projet alla à l'encontre de la divinité et il descendit immédiatement pour enquêter.

« Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâtie. Et Yahvé dit : Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises ! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux ».

[Note de l'éditeur : Vous vous rappellerez que le « Seigneur » est un « dieu jaloux ». On s'imagine ce que peut penser le « Seigneur » de la coopération des Américains et des Russes en rapport avec la Station Spatial Mir et ses difficultés.]

La divinité décida alors de prendre action et informa quelques collègues non identifiés :

« Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres. Yahvé les dispersa de là sur toute la face de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi la nomma-t-on Babel, car c'est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre et c'est de là qu'il les dispersa sur toute la face de la terre ».

Toutefois, ce chapitre de la Genèse soulève des questions au lieu d'y répondre. Pourquoi les anciens résidents de Babylone s'exercèrent-ils à se « faire un nom » et, pourquoi ce « nom » devait-il être placé sur une tour ou ziggourat dont le sommet atteindrait les cieux ?

Il est curieux que le fait de se faire un nom ou une réputation puisse causer les effets d'avoir été éparpillés sur la Terre et, pourquoi le Seigneur fut si bouleversé par le fait de se faire un nom et qu'un tel exploit rendrait possible n'importe quoi à l'homme. Évidemment, il manque quelque chose dans ce texte.

Les réponses à ces questions deviennent claires lorsque nous lisons « fusée » au lieu de « nom » pour le mot hébreu ou sémite « shem ». L' histoire est reliée au besoin de l'homme de construire une tour pour élever une fusée pour voler sur la Terre comme les dieux, essayant même d'atteindre le vaisseau mère orbitant pour rencontrer les dieux ainsi que d'atteindre l'immortalité. Cela ne pouvait pas être toléré par les dieux. Ils furent les seuls autorisés à posséder et opérer des fusées et des vaisseaux spatiaux.

Le mot hébreu « shem » est dérivé du terme akkadien sémite « shumu », qui curieusement, est utilisé dans l'Épique de Gilgamesh, dans un cas qui ressemble à la Tour de Babel.

En tant que roi de la ville d'Ourouk, Gilgamesh fut triste et déprimé à la pensée de mourir. Du haut des murs de la ville, il voyait les corps morts qui flottaient dessous sur la rivière. Étant en partie mortel, Gilgamesh craignait que cela aussi soit son destin. Il décida alors de chercher l'immortalité et oeuvra pour atteindre « la terre des vivants » ou le Liban, la terre de cèdres.

Gilgamesh confia à son compagnon Enkidou qu'il pénétrerait la terre de cèdres pour installer son « shumu », dans la « place où les shumus ont été élevés, j'élèverais mon shumu ».

Enkidou l'informa que cette terre fut sous la souveraineté d'Outou et qu'il devait avoir son autorisation, ce que fit Gilgamesh. Outou ou Shamash furent le chef de la terre de cèdres, la terre où se trouvait le centre spatial.

Il devient évident que de traduire « shumu » comme nom ou réputation a peu de sens. Comme dans la Genèse, l'homme imiterait les dieux et élèverait une fusée pour les atteindre, car ils possédaient tous les secrets, surtout ceux d'une longue vie.

Un emploi similaire du mot « shumu » se trouve dans le Conte d'Adapa. Après qu'il avoir été appelé au ciel par le dieu principal, Anou, et ayant vu les merveilles de la Terre et du Ciel dans son vol, le dieu veut savoir qui lui procura un « shumu » pour qu'il puisse atteindre la « demeure céleste » ou le vaisseau mère orbitant. L'utilisation du mot « shumu » ici signifie clairement une navette qui l'emmena de la Terre jusqu'au Ciel.

Le Shem fut apparemment la fusée de lancement qui porta le Shekinah ou le Kabod, la capsule de commande, quand ce fut nécessaire de quitter la Terre pour le vaisseau orbitant. Vraisemblablement, la fusée de lancement revint à la Terre à Baalbeck, prête pour la prochaine mission. Une telle fusée ne fut pas nécessaire pour que le Shekinah et le Chérubin quittent le vaisseau orbitant pour revenir sur la Terre. Dans un tel cas, seulement qu'une capacité de freiner fut nécessaire pour ralentir l'entrée de l'espace du vaisseau spatial !

La capsule personnelle ou le module de commande avait son propre système de propulsion, car elle pouvait s'élever de la plate-forme ou du chérubin et voler librement pour de courtes distances, telle qu' illustrée dans l'incident du chariot d'Ézéchiel à Jérusalem.

Cette capsule de commande fut l'habitation personnelle des anciens astronautes et comme telle, sa conception devint l'emblème ou la représentation de la maison des dieux partout au Moyen-Orient, en Mésopotamie, dans le Levant, en Égypte et en Grèce.

LA CAPSULE DE COMMANDE OU L'HABITATION DES DIEUX

La stèle de la victoire élevée par Naram-Sin de la dynastie d'Akkad vers le milieu du 23ème siècle avant J.-C. est censée représenter sa victoire aux dépens d'un peuple local. Il représente Naram-Sin portant la coiffe cornue d'un dieu et marchant triomphalement sur un ennemi prosterné. Il fait face à un grand objet conique qui est dominé par l' emblème de l'étoile de Shamash.

Dans une de ses conquêtes, Naram-Sin avait envahi une « terre montagneuse ». Dans une inscription, il se vante de détruire les villes de cette « terre montagneuse ». Cette terre fut le Liban comme nous le verrons (Chapitre 16) et l'objet conique signifiait les installations spatiales à Baalbeck. Cet objet conique fut considéré comme étant la place d'habitation des dieux et devint l'objet de révérence partout dans le Moyen-Orient.

Appelé « betyl » par les peuples sémites, une corruption de « beth-el », signifiant la maison du dieu, il apparaît sous diverses formes. Sur une pièce de monnaie de Byblos, le port de mer des Phéniciens, l'objet de forme conique se trouve dans une enceinte sacrée pour la vénération. Un objet semblable fut sacré pour les gens du Moyen-Orient comme la résidence du dieu local.

Pour trouver les origines du mot « baetyl » ou « betyl » tel qu'utilisé pour décrire la maison des dieux, nous devons examiner la légende du Phénix, l'oiseau légendaire qui s'éleva en flammes de la Pierre du Soleil au Temple du Soleil, à la Ville d'An dans le delta de l'Égypte, appelée Héliopolis par les Grecs.

Vingt et unième partie

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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