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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 19:52

 

Abrégé de l'origine de tous les cultes 3

par Charles-François Dupuis

1830

1ère partie

2ème partie

CHAPITRE II.

Universalité du culte rendu à la Nature,

prouvé par l'histoire

et par les monuments politiques et religieux.

2ème partie

Les anciens Grecs, si l'on en croit Platon, n'avaient d'autres dieux que ceux qu'adoraient les Barbares du temps où vivait ce philosophe, et ces dieux étaient le Soleil, la Lune, les Astres, le Ciel et la Terre.

Épicharmis, disciple de Pythagore, appelle dieux le Soleil, la Lune, les Astres, la Terre, l'Eau et le Feu. Orphée regardait le Soleil comme le plus grand des dieux, et, montant avant le jour sur un lieu élevé, il y attendait l'apparition de cet astre pour lui rendre des hommages.

Agamemnon , dans Homère, sacrifie au Soleil et à la Terre.

Le chœur, dans l'Œdipe de Sophocle, invoque le Soleil, comme étant le premier de tous les dieux et leur chef.

La Terre était adorée dans l'ile de Cos : elle avait un temple à Athènes et à Sparte ; son autel et son oracle à Olympie. Celui de Delphes lui fut originairement consacré. En lisant Pausanias, qui nous a donné la description de la Grèce et de ses monuments religieux, on retrouve partout des traces du culte de la Nature; on y voit des autels, des temples, des statues consacrés au Soleil, à la Lune, à la Terre, aux Pléiades, au Cocher céleste, à la Chèvre, à l'Ourse ou à Calisto, à la Nuit, aux Fleuves, etc

On voyait en Laconie sept colonnes élevées aux sept planètes. Le Soleil avait sa statue, et la Lune sa fontaine sacrée à Thalma, dans ce même pays.

Les habitants de Mégalopolis sacrifiaient au vent Borée, et lui avaient fait planter un bois sacré.

Les Macédoniens adoraient Estia ou le Feu, et adressaient des prières à Bedy ou à l'élément de l'eau. Alexandre, roi de Macédoine, sacrifie au Soleil, à la Lune et à la Terre.

L'oracle de Dodôme, dans toutes ses réponses, exige que l'on sacrifie au fleuve Achéloùs. Homère donne l'épithète de sacrées aux eaux de l'Alphée.

Nestor et les Pyliens sacrifient un taureau à ce fleuve. Achille laisse croître ses cheveux en honneur du Sperchius ; il invoque aussi le vent Borée et le Zéphyr.

Les fleuves étaient réputés sacrés et divins , tant à cause de la perpétuité de leurs cours, que parce qu'ils entretenaient la végétation, abreuvaient les plantes et les animaux, et parce que l'eau est un des premiers principes de la Nature, et un des plus puissants agents de la force universelle du Grand-Être.

En Thessalie, on nourrissait des corbeaux sacrés en l'honneur du Soleil. On trouve cet oiseau sur les monuments de Mithra en Perse.

Les temples de l'ancienne Byzance étaient consacrés au Soleil, à la Lune et à Vénus. Ces trois astres, ainsi que l'Arcture ou la belle étoile du Bouvier, les douze signes du Zodiaque, y avaient leurs idoles.

Rome et l'Italie conservaient aussi une foule de monuments du culte rendu à la Nature et à ses agents principaux. Tatius, venant à Rome partager le sceptre de Romulus, élève des temples au Soleil, à la Lune, à Saturne, à la Lumière et au Feu. Le feu éternel ou Vesta était le plus ancien objet du culte des Romains : des vierges étaient chargées de l'entretenir dans le temple de cette déesse, comme les Mages en Asie dans leurs Pyrées ; car c'était le même culte que celui des Perses. C'était, dit Jornandès, une image des feux éternels qui brillent au Ciel.

Tout le monde connaît le fameux temple de Tellus ou de la Terre, qui servit souvent aux assemblées du sénat. La Terre prenait le nom de mère, et était regardée comme une Divinité avec les mânes.

On trouvait dans le Latium une fontaine du Soleil, auprès de laquelle étaient élevés deux autels, sur lesquels Énée, arrivant en Italie , sacrifia.

Romulus institua les jeux du cirque en honneur de l'astre qui mesure l'année dans son cours, et des quatre éléments qu'il modifie par son action puissante.

Aurélien fit bâtir à Rome le temple de l'astre du jour, qu'il enrichit d'or et de pierreries. Auguste, avant lui, y avait fait apporter d'Égypte les images du Soleil et de la Lune, qui ornèrent son triomphe sur Antoine et sur Cléopâtre.

La Lune avait son temple sur le mont Aventin. Si nous passons en Sicile, nous y voyons des bœufs consacrés au Soleil. Cette île elle-même porta le nom d'île du Soleil. Les bœufs que mangèrent les compagnons d'Ulysse en arrivant étaient consacrés à cet astre.

Les habitants d'Assora adoraient le fleuve Chrysas, qui coulait sous leurs murs, et qui les abreuvait de ses eaux. Ils lui avaient élevé un temple et une statue. A Enguyum on adorait les déesses-mères, les mêmes Divinités qui étaient honorées en Crète, c'est-à-dire la grande et la petite Ourse.

En Espagne, les peuples de la Bétique avaient bâti un temple en l'honneur de l'étoile du matin et du crépuscule. Les Accitains avaient élevé au Dieu Soleil, sous le nom de Mars, une statue dont la tête rayonnante exprimait la nature de cette Divinité. A Cadix, ce même dieu était honoré sous le nom d'Hercule dès la plus haute antiquité.

Toutes les nations du nord de l'Europe, connues sous la dénomination générale de nations celtiques, rendaient un culte religieux au Feu, à l'Eau, à l'Air, à la Terre, au Soleil, à la Lune, aux Astres, à la voûte des Cieux , aux Arbres, aux Rivières, aux Fontaines, etc.

Le vainqueur des Gaules, Jules-César, assure que les anciens Germains n'adoraient que la cause visible et ses principaux agents, que les dieux qu'ils voyaient et dont ils éprouvaient l'influence, le Soleil, la Lune, le Feu ou Vulcain, la  Terre sous le nom d'Herta.

On trouvait dans la Gaule narbonnaise un temple élevé au vent Circius, qui purifiait l'air. On voyait un temple du Soleil à Toulouse. Il y avait dans le Gévaudan le lac Hélanus, auquel on rendait des honneurs religieux.

Charlemagne, dans ses Capitulaires, proscrit l'usage ancien où l'on était de placer des chandelles allumées auprès des arbres et des fontaines pour leur rendre un culte superstitieux.

Canut, roi d'Angleterre, défend dans ses États le culte que l'on rendait au Soleil, à la Lune, au Feu , à l'Eau courante, aux Fontaines, aux Forêts, etc.

Les Francs qui passent en Italie sous la conduite de Theudibert, immolent les femmes et les enfants des Goths, et en font offrande au fleuve du Pô, comme étant les prémices de la guerre. Ainsi les Allemands, au rapport d'Agathias, immolaient des chevaux aux fleuves, et lesTroyens au Scamandre, en précipitant ces animaux tout vivants dans leurs eaux.

Les habitants de l'Ile de Thulé, et tous les Scandinaves, plaçaient leurs Divinités dans le Firmament, dans la Terre, dans la Mer, dans les Eaux courantes, etc.

On voit, par ce tableau abrégé de l'histoire religieuse de l'ancien continent, qu'il n'y a pas un point des trois parties de l'ancien Monde où l'on ne trouve établi le culte de la Nature et de ses agents principaux, et que les nations civilisées, comme celles qui ne l'étaient pas, ont toutes reconnu l'empire qu'exerçait sur l'homme la cause universelle visible, ou le Monde et ses parties les plus actives.

Si nous passons dans l'Amérique, tout nous présente sur la terre une scène nouvelle, tant dans l'ordre physique que dans l'ordre moral et politique. Tout y est nouveau : plantes, quadrupèdes, arbres, fruits, reptiles, oiseaux, mœurs, usages. La religion seule est encore la même que dans l'ancien Monde : c'est toujours le Soleil, la Lune, le Ciel, les Astres, la Terre et les Éléments qu'on y adore.

Les Incas du Pérou se disaient fils du Soleil ; ils élevaient des temples et des autels à cet astre, et avaient institué des fêtes en son honneur : il y était regardé, ainsi qu'en Égypte et en Phénicie, comme la source de tous les biens de la Nature. La Lune, associée à son culte, y passait pour la mère de toutes les productions sublunaires; elle était honorée comme la femme et la sœur du Soleil. Vénus, la planète la plus brillante après le Soleil, y avait aussi ses autels, ainsi que les météores, les éclairs, le tonnerre, et surtout la brillante Iris ou l'arc-en-ciel. Des vierges étaient chargées, comme les Vestales à Rome, du soin d'entretenir le feu sacré perpétuel.

Le même culte était établi au Mexique, avec toute la pompe que donne à sa religion un peuple instruit.

Les Mexicains contemplaient le Ciel, et lui donnaient le nom de Créateur et d'admirable ; il n'y avait point de partie un peu apparente dans l'Univers qui n'eût chez eux ses autels et ses adorateurs.

Les habitants de l'isthme de Panama, et de tout ce qu'on appelle terre-ferme, croyaient qu'il y a un Dieu au Ciel, et que ce Dieu était le Soleil, mari de la Lune; ils adoraient ces deux astres comme les deux causes suprêmes qui régissent le Monde. Il en était de même des peuples du Brésil, des Caraïbes, des Floridiens, des Indiens de la côte de Cumana, des sauvages de la Virginie, et de ceux du Canada et de la baie d'Hudson.

Les Iroquois appellent le Ciel Garonthia ; les Hurons, Sironhiata, et les uns et les autres l'adorent comme le grand génie, le bon maître, le père de la vie; ils donnent aussi au Soleil le titre d'Être suprême.

Les sauvages de l'Amérique septentrionale ne font point de traité sans prendre pour témoin et pour garant le Soleil, comme nous voyons que fait Agamemnon dans Homère, et les Carthaginois dans Polybe. Ils font fumer leurs alliés dans le calumet, et en poussent la fumée vers cet astre. C'est aux Panis, qui habitent les bords du Missouri, que le Soleil a donné le calumet, suivant la tradition de ces sauvages.

Les naturels de l'île de Cayenne adoraient aussi le Soleil, le Ciel et les Astres. En un mot partout où l'on a trouvé des traces d'un culte en Amérique, on a aussi reconnu qu'il se dirigeait vers quelques-unes des parties du grand tout ou du Monde.

Le culte de la Nature doit donc être regardé comme la religion primitive et universelle des deux Mondes. A ces preuves tirées de l'histoire des peuples des deux continents s'en joignent d'autres tirées de leurs monuments religieux et politiques, des divisions et des distribution s de l'ordre sacré et de l'ordre social, de leurs fêtes, de leurs hymnes et de leurs chants religieux, des opinions de leurs philosophes.

Dès que les hommes eurent cessé de se rassembler sur le sommet des hautes montagnes pour y contempler et y adorer le Ciel, le Soleil, la Lune et les autres Astres, leurs premières Divinités, et qu'ils se furent réunis dans les temples, ils voulurent retrouver dans cette enceinte étroite les images de leurs dieux et un tableau régulier de cet ensemble admirable, connu sous le nom de Monde ou du grand tout qu'ils adoraient.

Ainsi le fameux labyrinthe d'Égypte représentait les douze maisons du Soleil, auquel il était consacré par douze palais, qui communiquaient entre eux, et qui formaient la masse du temple de l'astre qui engendre l'année et les saisons en circulant dans les douze signes du zodiaque. On trouvait dans le temple d'Héliopolis ou de la ville du Soleil, douze colonnes chargées de symboles relatifs aux douze signes et aux Éléments.

Ces énormes masses de pierres consacrées à l'astre du jour avaient la figure pyramidale, comme la plus propre à représenter les rayons du Soleil, et la forme sous laquelle s'élève la flamme.

La statue d'Apollon Ageyus était une colonne terminée en pointe, et Apollon était le Soleil.

Le soin de figurer les images et les statues des dieux en Égypte n'était point abandonné aux artistes ordinaires. Les prêtres en donnaient les dessins, et c'était sur des sphères, c'est-à-dire, d'après l'inspection du Ciel et de ses images astronomiques, qu'ils en déterminaient les formes. Aussi voyons-nous que dans toutes les religions les nombres sept et douze, dont l'un rappelle celui des planètes et l'autre celui des signes, sont des nombres sacrés, et qui se reproduisent sous toutes sortes de formes. Tels sont les douze grands dieux ; les douze apôtres ; les douze fils de Jacob ou les douze tribus ; les douze autels de Janus; les douze travaux d'Hercule ou du Soleil; les douze boucliers de Mars; les douze frères Arvaux ; les douze dieux Consentes ; les douze membres de la lumière, les douze gouverneurs dans le système manichéen ; les douze adeetyas des Indiens; les douze azes des Scandinaves ; la ville aux douze portes de l'Apocalypse ; les douze quartiers de la ville dont Platon conçoit le plan ; les quatre tribus d'Athènes, sous divisées en trois fratries, suivant la division faite par Cécrops ; les douze coussins sacrés sur lesquels est assis le Créateur dans la cosmogonie des Japonais ; les douze pierres du rational du grand-prêtre des Juifs, rangées trois par trois, comme les saisons; les douze cantons de la ligue étrusque, et leurs douze lucumons ou chefs de canton ; la confédération des douze villes d'Ionie; celle des douze villes d'Éolie; les douze Tcheou dans lesquels Chun divise la Chine; les douze contrées entre lesquelles les habitants de la Corée partagent le Monde; les douze officiers chargés de traîner le sarcophage dans les funérailles du roi de Tunquin ; les douze chevaux de main ; les douze éléphants, etc. conduits dans cette cérémonie.

Quatrième partie

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans DIEU
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 11:54

 Il semblerait qu'il y ait des problèmes sur Over-Blog en ce moment et que le blog vous paraisse très bizarre, ce qu'il est en fait. Il ne ressemble à rien. Nous pensons qu'ils sont en train de nous passer en version V2 car d'autres ont aussi le même problème. Alors nous nous excusons de ce désagrément bien que nous n'y soyons pour rien...

On continue donc le voyage dans l'Origine de tous les cultes pour se rendre compte que nos ancêtres adoraient le Soleil, le Ciel, les Constellations et la Terre-Mère avec tous ses éléments. Aussi pour mieux comprendre la rouerie des religieux qui ont trafiqué non seulement la tradition orale mais aussi les premiers écrits tracés sur la pierre, vous remplacez l'Eternel ou Seigneur par le Soleil et vous avez la vraie signification des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament ou de l'Apocalypse. On prend un verset au hasard...

Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l'honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées.Apocalypse 4/11

Effectivement, c'est grâce au Soleil que tout a été créé.

 

Abrégé de l'origine de tous les cultes 2

par Charles-François Dupuis

1830

1ère partie

CHAPITRE II.

Universalité du culte rendu à la Nature,

prouvé par l'histoire

et par les monuments politiques et religieux.

1ère partie

 

Ce n'est plus par des raisonnements que nous chercherons à prouver que l'Univers et ses parties, considérés comme autant de portions de la grande cause ou du Grand-Être, ont dû attirer les regards et les hommages des mortels. C'est par des faits et par un précis de l'histoire religieuse de tous les peuples que nous pouvons démontrer que ce qui a dû être a été effectivement, et que tous les hommes de tous les pays, dès la plus haute antiquité, n'ont eu d'autres dieux que les dieux naturels, c'est-à-dire, le Monde et ses parties les plus actives et les plus brillantes, le Ciel, la Terre, le Soleil, la Lune, les Planètes, les Astres fixes, les Éléments, et en général tout ce qui porte le caractère de cause et de perpétuité dans la Nature.

Peindre et chanter le Monde et ses opérations, c'était autrefois peindre et chanter la Divinité. De quelque côté que nous jetions nos regards dans l'ancien comme dans le nouveau continent, partout la Nature et ses principaux agents ont eu des autels. C'est son corps auguste, ce sont ses membres sacrés qui ont été l'objet de la vénération des peuples. Chérémon et les plus savants prêtres de l'Égypte étaient persuadés, comme Pline, qu'on ne devait admettre rien hors le Monde ou hors la cause visible, et ils appuyaient leur opinion de celle des plus anciens Égyptiens, « qui ne reconnaissaient, disent-ils, pour dieux que le Soleil, la Lune, les Planètes, les Astres qui composent le zodiaque, et tous ceux qui, par leur lever ou leur coucher, marquent les divisions des signes, leurs sous-divisions en décans, l'horoscope et les astres qui y président, et que l'on nomme chefs puissants du Ciel. Ils assuraient que les Égyptiens, regardant le Soleil comme un grand Dieu, architecte et modérateur de l'Univers, expliquaient non-seulement la fable d'Osiris, mais encore toutes leurs fables religieuses, généralement par les astres et par le jeu de leurs mouvements, par leur apparition , leur disparition ; par les phases de la Lune, par les accroissements ou la diminution de sa lumière, par la marche progressive du Soleil, par les divisions du Ciel et du temps dans leurs deux grandes parties, l'une affectée au jour et l'autre à la nuit ; par le Nil; enfin, par l'action des causes physiques. Ce sont là, disaient-ils, les dieux arbitres souverains de la fatalité , que nos pères ont honorés par des sacrifices, et à qui ils ont élevé des images. »

Effectivement, nous avons fait voir, dans notre grand ouvrage, que les animaux mêmes, consacrés dans les temples de l'Égypte, et honorés par un culte, représentaient les diverses fonctions de la grande cause, et se rapportaient au Ciel, au Soleil, à la Lune et aux différentes constellations, comme l'a très-bien aperçu Lucien. Ainsi la belle étoile Sirius ou la Canicule fut honorée sous le nom d'Anubis, et sous la forme d'un chien sacré nourri dans les temples. L'épervier représenta le Soleil, l'ibis la Lune, et l'astronomie fut l'ame de tout le système religieux des Égyptiens.

C'est au Soleil et à la Lune, adorés sous les noms d'Osiris et d'Isis, qu'ils attribuaient le gouvernement du Monde, comme à deux divinités premières et éternelles, dont dépendait tout le grand ouvrage de la génération et de la végétation dans notre Monde sublunaire. Ils bâtirent, en l'honneur de l'astre qui nous distribue la lumière, la ville du Soleil ou d'Héliopolis, et un temple dans lequel ils placèrent la statue de ce dieu. Elle était dorée, et représentait un jeune homme sans barbe, dont le bras était élevé, et qui tenait en main un fouet, dans l'attitude d'un conducteur de chars ; dans sa main gauche était la foudre et un faisceau d'épis. C'est ainsi qu'ils désignèrent la puissance et tout ensemble la bienfaisance du dieu qui allume les feux de la foudre, et qui verse ceux qui font croître et mûrir les moissons.

Le fleuve du Nil, dont le débordement périodique vient tous les ans féconder par son limon les campagnes de l'Égypte, fut aussi honoré comme dieu ou comme une des causes bienfaisantes de la Nature. Il eut des autels et des temples à Nilopolis ou dans la ville du Nil. Près des cataractes, au-dessus d'Éléphantine, il y avait un collège de prêtres attachés à son culte. On célébrait les fêtes les plus pompeuses en son honneur, au moment surtout où il allait épancher dans la plaine les eaux qui tous les ans venaient la fertiliser. On promenait dans les campagnes sa statue en grande cérémonie ; on se rendait ensuite au théâtre ; on assistait à des repas publics ; on célébrait des danses, et l'on entonnait des hymnes semblables à ceux qu'on adressait à Jupiter, dont le Nil faisait la fonction sur le sol d'Égypte. Toutes les autres parties actives de la nature reçurent les hommages des Égyptiens.

On lisait sur une ancienne colonne une inscription en l'honneur des dieux immortels, et les dieux qui y sont nommés sont le Souffle ou l'Air, le Ciel, la Terre, le Soleil, la Lune, la Nuit et le Jour.

Enfin le Monde, dans le système égyptien, était regardé comme une grande Divinité, composée de l'assemblage d'une foule de dieux ou de causes partielles, qui n'étaient autre chose que les divers membresdu grand corps appelé Monde ou de l'Univers-Dieu.

Les Phéniciens, qui, avec les Égyptiens, ont le plus influé sur la religion des autres peuples, et qui ont répandu dans l'Univers leurs théogonies, attribuaient la divinité au Soleil, à la Lune, aux Étoiles, et ils les regardaient comme les seules causes de la production et de la destruction de tous les êtres. Le Soleil, sous le nom d'Hercule, était leur grande Divinité.

Les Éthiopiens, pères des Égyptiens, placés sous un climat brûlant, n'en adoraient pas moins la divinité du Soleil, et surtout celle de la Lune, qui présidait aux nuits, dont la douce fraîcheur faisait oublier les ardeurs du jour. Tous les Africains sacrifiaient à ces deux grandes Divinités. C'est en Éthiopie que l'on trouvait la fameuse table du Soleil. Ceux des Éthiopiens qui habitaient au-dessus de Méroë, admettaient des dieux éternels et d'une nature incorruptible, nous dit Diodore, tels que le Soleil, la Lune, et tout l'Univers ou le Monde. Semblables aux Incas du Pérou, ils se disaient enfants du Soleil, qu'ils regardaient comme leur premier père : Persina était prêtresse de la Lune, et le roi, son époux, prêtre du Soleil.

Les Troglodytes avaient dédié une fontaine à l'astre du jour. Près du temple d'Ammon on voyait un rocher consacré au vent du midi, et une fontaine du Soleil.

Les Blemmyes, situés sur les confins de l'Égypte et de l'Éthiopie, immolaient des victimes humaines au Soleil. La roche Bagia et l'île Nasala, situées au- delà du territoire des Ichtyophages, étaient consacrées à cet astre. Aucun homme n'osait approcher de cette île, et des récits effrayants en écartaient le mortel assez hardi pour y porter un pied profane.

C'est ainsi que, dans l'ancienne Cyrénaïque, il y avait un rocher sur lequel personne ne pouvait sans crime porter la main : il était consacré au vent d'orient.

Les divinités invoquées comme témoins dans le traité des Carthaginois avec Philippe, fils de Démétrius, sont le Soleil, la Lune, la Terre, les Rivières, les Prairies et les Eaux. Massinissa, remerciant les dieux de l'arrivée de Scipion dans son empire, s'adresse au Soleil.

Encore aujourd'hui les habitants de l'île Socotora et les Hottentots conservent l'ancien respect que les Africains eurent toujours pour la Lune, qu'ils regardaient comme le principe de la végétation sublunaire; ils s'adressent à elle pour obtenir de la pluie, du beau temps et de bonnes récoltes. Elle est pour eux une Divinité bienfaisante, telle que l'était Isis chez les Égyptiens.

Tous les Africains qui habitaient la côte d'Angola et de Congo révéraient le Soleil et la Lune. Les insulaires de l'île de Ténériffe les adoraient aussi, ainsi que les planètes et les autres astres, lorsque les Espagnols y arrivèrent.

La Lune était la grande Divinité des Arabes. Les Sarrasins lui donnaient l'épithète de Cabar ou de Grande : son croissant orne encore les monuments religieux des Turcs. Son exaltation sous le signe du taureau fut une des principales fêtes des Sarrasins et des Arabes sabéens. Chacune des tribus arabes était sous l'invocation d'un astre : la tribu Hamiaz était consacrée au Soleil; la tribu Cennah l'était à la Lune; la tribu Misa était sous la protection de l'étoile Aldebaran ; la tribu Taï, sous celle de Canopus ; la tribu Kaïs, sous celle de Sirius; les tribus Lachamus et Idamus honoraient la planète de Jupiter; la tribu Asad celle de Mercure et ainsi des autres.

Chacune révérait un des corps célestes, comme son génie tutélaire. Atra, ville d'Arabie, était consacrée au Soleil, et renfermait de riches offrandes déposées dans son temple. Les anciens Arabes donnaient souvent à leurs enfants le titre de serviteurs du Soleil.

Le Caabah des Arabes, avant Mahomet, était un temple consacré à la Lune ; la pierre noire que les Musulmans baisent avec tant de dévotion aujourd'hui, est, à ce qu'on prétend, une ancienne statue de Saturne. Les murailles de la grande mosquée de Koufah , bâtie sur les fondements d'un ancien Pyrée ou temple de feu, sont chargées de figures de planètes artistement sculptées. Le culte ancien des Arabes était le sabisme, religion universellement répandue en Orient : le Ciel et les Astres en étaient le premier objet.

Cette religion était celle des anciens Chaldéens, et les Orientaux prétendent que leur Ibrahim ou Abraham fut élevé dans cette doctrine. On trouve encore à Hellé, sur les ruines de l'ancienne Babylone, une mosquée appelée Mesched Eschams, ou mosquée du Soleil. C'est dans cette ville qu'était l'ancien temple de Bel ou du Soleil, la grande Divinité des Babyloniens; c'est le même dieu auquel les Perses élevèrent des temples et consacrèrent des images sous le nom de Mithra. Ils honoraient aussi le Ciel sous le nom de Jupiter, la Lune et Vénus, le Feu, la Terre, l'Air ou le Vent, l'Eau, et ne reconnaissaient pas d'autres dieux dès la plus haute antiquité.

En lisant les livres sacrés des anciens Perses, contenus dans la collection des livres Zends, on trouve à chaque page des invocations adressées à Mithra, à la Lune, aux astres, aux éléments, aux montagnes, aux arbres et à toutes les parties de la Nature. Le feu Éther, qui circule dans tout l'Univers, et dont le Soleil est le foyer le plus apparent, était représenté dans les Pyrées par le feu sacré et perpétuel entretenu par les Mages.

Chaque planète, qui en contient une portion, avait son Pyrée ou son temple particulier, où l'on brûlait de l'encens en son honneur : on allait dans la chapelle du Soleil rendre des hommages à cet astre et y célébrer sa fête ; dans celle de Mars et de Jupiter, etc., honorer Mars et Jupiter, et ainsi des autres planètes.

Avant d'en venir aux mains avec Alexandre, Darius, roi de Perse, invoque le Soleil, Mars et le feu sacré éternel. Sur le haut de sa tente était une image de cet astre, renfermée dans le cristal, et qui réfléchissait au loin des rayons. Parmi les ruines de Persépolis, on distingue la figure d'un roi à genoux devant l'image du Soleil ; tout près est le feu sacré conservé par les Mages, et que Persée, dit-on, avait fait autrefois descendre sur la Terre.

Les Parsis, ou les descendants des anciens disciples de Zoroastre, adressent encore leurs prières au Soleil, à la Lune, aux Étoiles, et principalement au Feu , comme au plus subtil et au plus pur des éléments.

On conservait surtout ce feu dans l'Aderbighian, où était le grand Pyrée des Perses, et à Asaac, dans le pays des Parthes. Les Guèbres établis à Surate conservent précieusement dans un temple, remarquable par sa simplicité, le feu sacré dont Zoroastre enseigna le culte à leurs pères. Niébuhr vit un de ces foyers où l'on prétend que le feu se conserve ; depuis plus de deux cents ans sans jamais s'éteindre.

Valarsacès éleva un temple à Armavir dans l'ancienne Phasiane, sur les bords de l'Araxe, et il y consacra la statue du Soleil et de la Lune, Divinités adorées autrefois par les Ibériens, par les Albaniens et les Colchidiens. Cette dernière planète surtout était révérée dans toute cette partie de l'Asie, dans l'Arménie et dans la Cappadoce, ainsi que le dieu Moïs, que la Lune engendre par sa révolution. Toute l'Asie mineure, la Phrygie, l'Ionie, étaient couvertes de temples élevés aux deux grands flambeauxde la Nature. La Lune, sous le nom de Diane, avait un magnifique temple à Éphèse. Le dieu Mois a vaitle sien près Laodicée et en Phrygie. Le Soleil était adoré à Thymbrée dans la Troade, sous le nom d'Apollon.

L'île de Rhodes était consacrée au Soleil, auquel on avait élevé une statue colossale connue sous le nom de Colosse de Rhodes.

Au nord de l'Asie, les Turcs établis près du Caucase avaient un grand respect pour le feu, pour l'eau, pour la terre, qu'ils célébraient dans leurs hymnes sacrés.

Les Abasges, relégués au fond de la mer Noire, révéraient encore du temps de Justinien, les bois, les forêts, et faisaient des arbres leurs principales Divinités.

Toutes les nations scytiques qui erraient dans les immenses contrées qui sont au nord de l'Europe et de l'Asie, avaient pour principale Divinité la Terre, d'où ils tiraient leur subsistance, eux et leurs troupeaux; ils la faisaient femme de Jupiter ou du Ciel, qui verse en elle les pluies qui la fécondent. Les Tartares qui habitent à l'orient de l'Imaüs adorent le Soleil, la Lumière, le Feu, la Terre, et offrent à ces Divinités les prémices de leur nourriture, principalement le matin.

Les anciens Massagètes avaient pour Divinité unique le Soleil, à qui ils immolaient des chevaux.

Les Derbices, peuples d'Hyrcanie, rendaient un culte à la Terre.

Tous les Tartares en général ont le plus grand respect pour le Soleil ; ils le regardent comme le père de la Lune, qui emprunte de lui sa lumière ; ils font des libations en l'honneur des éléments, et surtout en l'honneur du feu et de l'eau.

Les Votiaks du gouvernement d'Orenbourg adorent la divinité de la Terre, qu'ils appellent Mon-Kalsin; le dieu des eaux, qu'ils nomment Vou-Imnar : ils adorent aussi le Soleil, comme le siège de leur grande Divinité.

Les Tatars, montagnards du territoire d'Oudiusk, adorent le Ciel et le Soleil.

Les Moskaniens sacrifiaient à un Être suprême qu'ils appelaient Schkai : c'est le nom qu'ils donnent au Ciel. Lorsqu'ils faisaient leurs prières, ils regardaient l'orient, ainsi que tous les peuples d'origine tchoude.

Les Tchouvasches mettaient le Soleil et la Lune au nombre de leurs Divinités ; ils sacrifiaient au Soleil au commencement du printemps, au temps des semailles, et à la Lune à chaque renouvellement.

Les Toungouses adorent le Soleil, et ils en font leur principale Divinité ; ils le représentent par l'emblème du feu.

Les Huns adoraient le Ciel et la Terre, et leur chef prenait le titre de Tanjaou ou de fils du Ciel.

Les Chinois, placés à l'extrémité orientale de l'Asie, révèrent le Ciel sous le nom du grand Tien, et ce nom désigne, suivant les uns, l'esprit du Ciel ; suivant d'autres, le Ciel matériel : c'est l'Uranus des Phéniciens, des Atlantes et des Grecs. L'Être suprême, dans le Chou-King, est désigné par le nom de Tien ou de Ciel, et de Chang-Tien, Ciel suprême.

Les Chinois disent de ce Ciel qu'il pénètre tout et comprend tout.

On trouve à la Chine les temples du Soleil et de la Lune, et celui des étoiles du nord.

On voit Thait-Tçoum aller au Miao offrir un holocauste au Ciel et à la Terre. On trouve pareillement des sacrifices faits aux dieux des montagnes et des fleuves.

Agoustha fait des libations à l'auguste Ciel et à la Terre reine.

Les Chinois ont élevé un temple au Grand-Être résultant de l'assemblage du Ciel, de la Terre et des Éléments, être qui répond à notre Monde, et qu'ils nomment Tay-Ki : c'est aux deux solstices que les Chinois vont rendre un culte au Ciel.

Les peuples du Japon adorent les astres, et les supposent animés par des intelligences ou par des dieux. Ils ont leur temple de la splendeur du Soleil; ils célèbrent la fête de la Lune le 7 de septembre. Le peuple passe la nuit à se réjouir à la lumière de cet astre.

Les habitants de la terre d'Yeço adorent le Ciel.

Il n'y a pas encore neuf cents ans que les habitants de l'île Formose ne connaissaient point d'autres dieux que le Soleil et la Lune, qu'ils regardaient comme deux Divinités ou causes suprêmes, idée absolument semblable à celle que les Égyptiens et les Phéniciens avaient de ces deux astres.

Les Arrakanois ont élevé dans l'île de Munay un temple à la lumière, sous le nom de temple des atomes du Soleil.

Les habitants de Tunquin révèrent sept idoles célestes, qui représentent les sept planètes, et cinq terrestres consacrées aux éléments.

Le Soleil et la Lune ont leurs adorateurs dans l'île de Ceylan, la Taprobane des Anciens : on y rend aussi un culte aux autres planètes. Ces deux premiers astres sont les seules Divinités des naturels de l'île de Sumatra : ce sont les mêmes dieux que l'on honore dans l'île de Java, dans l'île Célèbes, aux îles de la Sonde, aux Moluques, aux îles Philippines.

Les Talapoins ou les religieux de Siam ont la plus grande vénération pour tous les éléments et pour toutes les parties du corps sacré de la Nature.

Les Indiens ont un respect superstitieux pour les eaux du fleuve du Gange ; ils croient à sa divinité, comme les Égyptiens à celle du Nil.

Le Soleil a été une des plus grandes Divinités des Indiens, si l'on en croit Clément d'Alexandrie. Les Indiens, même les spiritualistes, révèrent ces deux grands flambeaux de la Nature, le Soleil et la Lune, qu'ils appellent les deux yeux de la Divinité. Ils célèbrent tous les ans une fête en honneur du Soleil, le 9 janvier. Ils admettent cinq éléments, auxquels ils ont élevé cinq pagodes.

Les sept planètes sont encore adorées aujourd'hui sous différents noms dans le royaume de Nepale : on leur sacrifie chaque jour.

Lucien prétend que les Indiens, en rendant leurs hommages au Soleil, se tournaient vers l'orient, et que, gardant un profond silence, ils formaient une espèce de danse imitative du mouvement de cet astre. Dans un de leurs temples on avait représenté le dieu de la Lumière monté sur un quadrige ou sur un char attelé de quatre chevaux.

Les anciens Indiens avaient aussi leur feu sacré, qu'ils tiraient des rayons du Soleil, sur le sommet d'une très-haute montagne qu'ils regardaient comme le point central de l'Inde. Les Brames entretiennent encore aujourd'hui, sur la montagne de Tirouna- maly , un feu pour lequel ils ont la plus grande vénération.

Ils vont, au lever du Soleil, puiser de l'eau dans un étang, et ils en jettent vers cet astre, pour lui témoigner leur respect et leur reconnaissance de ce qu'il a voulu reparaître et dissiper les ténèbres de la nuit. C'est sur l'autel du Soleil qu'il allumèrent les flambeaux qu'ils devaient porter devant Phaotès, leur nouveau roi, qu'ils voulaient recevoir.

L'auteur du Bagawadam reconnaît que plusieurs Indiens adressent des prières aux étoiles fixes et aux planètes. Ainsi le culte du Soleil, des Astres et des Éléments a formé le fond de la religion de toute l'Asie, c'est-à-dire, des contrées habitées par les plus grandes, par les plus anciennes comme les plus savantes nations, par celles qui ont le plus influé sur la religion des peuples d'Occident, et en général sur celle de l'Europe. Aussi, lorsque nous reportons nos regards sur cette dernière partie de l'ancien Monde, y trouvons-nous le sabisme ou le culte du Soleil, de la Lune et des Astres également répandu, quoique souvent déguisé sous d'autres noms et sous des formes savantes qui les ont fait méconnaître quelquefois de leurs adorateurs.

Troisième partie

Posté par Adriana Evangelizt

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 11:15

 Nous commençons à poser un ouvrage passionnant qui dévoile l'origine des religions et d'où est né le mot DIEU. Où plus exactement qui vénéraient les premiers humains, nos ancêtres, les survivants d'un grand cataclysme qui les avait projeté à l'âge de pierre que nous nommons "Âge préhistorique". A l'heure où la planète est en train de basculer pour changer d'axe, il est important que tous les humains axés sur la Religion sache qu'ils ont été bernés. Comme vous avez pu le constater déjà, ce n'est point Dieu qui fait la loi sur terre mais ceux qui -au nom d'intérêts souvent personnels ou politique- mettent la planète à feu et à sang. Alors que devant l'imminence de ce qui se prépare -nommé symboliquement le retour du Grand Monarque- l'Humanité mériterait de vivre en paix et personne ne devrait crever de faim ni de soif. Et encore moins être chassé de son sol ou colonisé. Car notre planète n'appartient certainement pas à tous ces individus sans âme et sans conscience n'ayant aucun respect pour le genre humain. D'autant que notre thèse sur le basculement des pôles est plus que jamais renforcé comme nous en parlons sur d'autres sites. Hier encore, les scientifiques russes se sont exprimés sur le réchauffement climatique l'attribuant encore et toujours au soleil. Mais leur avis est rejeté, on les prend pour des ignares. Quand on ne les fait pas passer pour des fous. Car le réchauffement climatique est une histoire de gros sous visant à empêcher la modernisation des pays en voie de développement. Le Soleil flamboyant n'est certainement pas présent dans les symboles égyptiens ou maçonniques pour faire joli ! Il est le créateur. Le générateur de Lumière, de chaleur et de Vie. Depuis l'Origine, les premiers humains rescapés de la grande catastrophe lui vouaient un adoration sans pareille. Mais de génération en génération, sous l'impulsion des religieux toujours avides de puissance et de pouvoir, les symboles ont été kidnappés pour les recouvrir de mensonge et leurrer l'Humanité. Ceux qui savent la vérité et qui la cachent sont des criminels. Car devant l'impermanence de notre vie où tout peut basculer du jour au lendemain, l'empire de l'argent n'a aucune raison d'être. Chaque Être, sur cette planète, notre Mère, a le droit d'être heureux et de ne manquer de rien.

 

Abrégé de l'origine de tous les cultes 1

par Charles-François Dupuis

1830

Chapitre Premier

De l'Univers-Dieu et de son culte.

 

Fresque présente dans le tombeau vide d'Akhénaton


Le mot Dieu paraît destiné à exprimer l'idée de la force universelle et éternellement active qui imprime le mouvement à tout dans la Nature, suivant les lois d'une harmonie constante et admirable, qui se développe dans les diverses formes que prend la matière organisée, qui se mêle à tout, anima tout, et qui semble être une dans ses modifications infiniment variées, et n'appartenir qu'à elle-même. Telle est la force vive que renferme en lui l'Univers ou cet assemblage régulier de tous les corps qu'une chaîne éternelle lie entre eux , et qu'un mouvement perpétuel roule majestueusement au sein de l'espace et du temps sans bornes.

C'est dans ce vaste et merveilleux ensemble que l'homme, du moment qu'il a voulu raisonner sur les causes de son existence et de sa conservation, ainsi que sur celles des effets variés qui naissent et se détruisent autour de lui, a dû placer d'abord cette cause souverainement puissante qui fait tout éclore, et dans le sein de laquelle tout rentre pour en sortir encore par une succession de générations nouvelles et sous des formes différentes. Cette force étant celle du Monde lui-même, le Monde fut regardé comme Dieu ou comme cause suprême et universelle de tous les effets qu'il produit, et dont l'homme fait partie. Voilà le grand Dieu, le premier ou plutôt l'unique Dieu qui s'est manifesté à l'homme à travers le voile de la matière qu'il anime, et qui forme l'immense corps de la Divinité. Tel est le nom de la sublime inscription du temple de Sais : Je suis tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera, et nul mortel n'a encore levé le voile qui me couvre.

Quoique ce Dieu fût partout, et fût tout ce qui porte un caractère de grandeur et de perpétuité dans ce Monde éternel, l'homme le chercha de préférence dans ces régions élevées où semble voyager l'astre puissant et radieux qui inonde l'Univers des flots de sa lumière, et par lequel s'exerce, sur la Terre, la plus belle comme la plus bienfaisante action de la Divinité. C'est sur la voûte azurée, semée de feux brillants, que le Très-Haut paraissait avoir établi son trône; c'était du sommet des cieux qu'il tenait les rênes du Monde, qu'il dirigeait les mouvements de son vaste corps, et qu'il se contemplait lui-même dans les formes aussi variées qu'admirables sous lesquelles il se modifiait sans cesse.

« Le Monde, dit Pline, ou ce que nous appelons autrement le Ciel, qui dans ses vastes flancs embrasse tous les êtres, est un Dieu éternel , immense, qui n'a jamais été produit et qui ne sera jamais détruit. Chercher quelque chose au-delà est un travail inutile à l'homme et hors de sa portée. Voilà l'Être véritablement sacré, l'Être éternel, immense, qui renferme tout en lui ; il est tout en tout, ou plutôt il est lui-même tout. Il est l'ouvrage de la Nature et la Nature elle-même. »

Ainsi parle le plus philosophe comme le plus savant des naturalistes anciens. Il croit devoir donner au Monde et au Ciel le nom de cause suprême et de Dieu. Suivant lui, le Monde travaille éternellement en lui-même et sur lui-même; il est en même temps et l'ouvrier et l'ouvrage. Il est la cause universelle de tous les effets qu'il renferme. Rien n'existe hors de lui; il est tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera, c'est-à-dire, la Nature elle-même ou Dieu; car, par Dieu, nous entendons l'Être éternel, immense et sacré, qui, comme cause, contient en lui tout ce qui est produit. Tel est le caractère que Pline donne au Monde, qu'il appelle le grand Dieu , hors duquel on ne doit pas en chercher d'autre.

Cette doctrine remonte à la plus haute antiquité chez les Égyptiens et chez les Indiens. Les premiers avaient leur grand Pan , qui réunissait tous les caractères de la Nature universelle, et qui originairement n'était qu'une expression symbolique de sa force féconde.

Les seconds ont leur Dieu Vichnou, qu'ils confondent souvent avec le Monde lui-même, quoique quelquefois ils n'en fassent qu'une fraction de la triple force dont se compose la force universelle. Ils disent que l'Univers n'est autre chose que la forme de Vichnou; qu'il le porte dans son sein; que tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera, est en lui ; qu'il est le principe et la fin de toutes choses; qu'il est tout; qu'il est un Être unique et suprême, qui se produit à nos yeux sous mille formes. C'est un Être infini, ajoute le Bagawadam, qui ne doit pas être séparé de l'Univers, qui est essentiellement un avec lui ; car, disent les Indiens, Vichnou est tout, et tout est en lui ; expression parfaitement semblable à celle dont Pline se sert pour caractériser l'Univers-Dieu ou le Monde, cause suprême de tous les effets produits.

Dans l'opinion des Brames, comme dans celle de Pline, l'ouvrier ou le grand Demiourgos n'est pas séparé ni distingué de son ouvrage. Le Monde n'est pas une machine étrangère à la Divinité, créée et mue par elle et hors d'elle ; c'est le développement de la substance divine ; c'est une des formes sous lesquelles Dieu se produit à nos regards. L'essence du Monde est une et indivisible avec celle de Brama qui l'organise. Qui voit le Monde voit Dieu, autant que l'homme peut le voir ; comme celui qui voit le corps de l'homme et ses mouvements, voit l'homme autant qu'il peut être vu, quoique le principe de ses mouvements, de sa vie et de son intelligence reste caché sous l'enveloppe que la main touche et que l'œil aperçoit. Il en est de même du corps sacré de la Divinité ou de l'Univers-Dieu. Rien n'existe qu'en lui et que par lui ; hors de lui tout est néant ou abstraction.

Sa force est celle de la Divinité même. Ses mouvements sont ceux du Grand-Être, principe de tous les autres; et son ordre admirable, l'organisation de sa substance visible et de la partie de lui-même que Dieu montre à l'homme. C'est dans ce magnifique spectable que la Divinité nous donne d'elle-même que nous avons puisé les premières idées de Dieu ou de la cause suprême ; c'est sur lui que se sont attachés les regards de tous ceux qui ont cherché les sources de la vie de tous les êtres. Ce sont les membres divers de ce corps sacré du Monde qu'ont adorés les premiers hommes, et non pas de faibles mortels que le torrent des siècles emporte dans son courant. Et quel homme, en effet, eût jamais pu soutenir le parallèle qu'on eût voulu établir entre lui et la Nature?

Si l'on prétend que c'est à la force que l'on a élevé d'abord des autels, quel est le mortel dont la force ait pu être comparée à cette force incalculable répandue dans toutes les parties du Monde, qui s'y développe sous tant de formes et par tant de degrés variés, qui produit tant d'effets merveilleux, qui tient en équilibre le Soleil au centre du système planétaire, qui pousse les planètes et les retient dans leurs orbites, qui déchaîne les vents, soulève les mers ou calme les tempêtes, lance la foudre, déplace et bouleverse les montagnes par les explosions volcaniques, et tient dans une activité éternelle tout l'Univers?

Croyons-nous que l'admiration que cette force produit aujourd'hui sur nous n'ait pas également saisi les premiers mortels qui contemplèrent en silence le spectacle du Monde, et qui cherchèrent à deviner la cause puissante qui faisait jouer tant de ressorts? Que le fils d'Alcmène ait remplacé l'Univers-Dieu et l'ait fait oublier, n'est-il pas plus simple de croire que l'homme, ne pouvant peindre la force de la Nature que par des images aussi faibles que lui, a cherché dans celle du lion ou dans celle d'un homme robuste l'expression figurée qu'il destinait à réveiller l'idée de la force du Monde?

Ce n'est point l'homme ou Hercule qui s'est élevé à la hauteur de la Divinité; c'est la Divinité qui a été abaissée au niveau de l'homme, qui manquait de moyens pour la peindre. Ce ne fut donc point l'apothéose des hommes, mais la dégradation de la Divinité par les symboles et les images, qui a semblé déplacer tout dans le culte rendu à la cause suprême et à ses parties, et dans les fêtes destinées à chanter ses plus grandes opérations.

Si c'est à la reconnaissance des hommes pour les bienfaits qu'ils avaient reçus, que l'on croit devoir attribuer l'institution des cérémonies religieuses et des mystères les plus augustes de l'antiquité, peut-on penser que des mortels, soit Cérés, soit Bacchus, aient mieux mérité de l'homme que cette terre qui de son sein fécond fait éclore les moissons et les fruits que le Ciel alimente de ses eaux, et que le Soleil échauffe et mûrit de ses feux ? que la Nature, qui nous prodigue ses biens, ait été oubliée, et qu'on ne se soit souvenu que de quelques mortels qui auraient enseigné à en faire usage? Penser ainsi, c'est bien peu connaître l'empire que la Nature a toujours exercé sur l'homme, dont elle tient sans cesse les regards tournés vers elle, par l'effet du sentiment de sa dépendance et de ses besoins.

Il est vrai que quelquefois des mortels audacieux ont voulu disputer aux vrais dieux leur encens, et le partager avec eux ; mais ce culte forcé ne dura qu'autant de temps que la flatterie ou la crainte eut intérêt de le perpétuer. Domitien n'était déjà plus qu'un monstre sous Trajan. Auguste lui-même fut bientôt oublié ; mais Jupiter resta en possession du Capitole. Le vieux Saturne fut toujours respecté des descendants des antiques peuplades d'Italie, qui révéraient en lui le dieu du temps, ainsi que Janus ou le génie qui lui ouvre la carrière des saisons. Pomone et Flore conservèrent leurs autels; et les différents astres continuèrent d'annoncer les fêtes du calendrier sacré, parce qu'elles étaient celles de la nature.

La raison des obstacles qu'a toujours trouvés le culte d'un homme à s'établir et à se soutenir parmi ses semblables, est tirée de l'homme même, comparé au Grand-Être que nous appelons l'Univers.

Tout est faiblesse dans l'homme : dans l'Univers, tout est grandeur, tout est force, tout est puissance.

L'homme naît, croît et meurt, et partage à peine un instant la durée éternelle du Monde, dont il occupe un point infiniment petit. Sorti de la poussière, il y rentre aussitôt tout en entier, tandis que la Nature seule reste avec ses formes et sa puissance, et des débris des êtres mortels elle recompose de nouveaux êtres. Elle ne connaît point de vieillesse ni d'altération dans ses forces. Nos pères ne l'ont point vue naître ; nos arrière-neveux ne la verront point finir. En descendant au tombeau, nous la laisserons aussi jeune qu'elle l'était lorsque nous sommes sortis de son sein. La postérité la plus reculée verra le Soleil se lever aussi brillant que nous le voyons et que l'ont vu nos pères. Naître, croître, vieillir et mourir expriment des idées qui sont étrangères à la Nature universelle, et qui n'appartiennent qu'à l'homme et autres effets qu'elle produit.

« L'univers, dit Ocellus de Lucanie, considéré dans sa totalité, ne nous annonce rien qui décèle une origine ou présage une destruction : on ne l'a pas vu naître, ni croître, ni s'améliorer ; il est toujours le même, de la même manière, toujours égal et semblable à lui-même. »

Ainsi parlait un des plus anciens philosophes dont les écrits soient parvenus jusqu'à nous, et depuis lui nos observations ne nous en ont pas appris davantage. L'Univers nous paraît tel encore qu'il lui paraissait être alors. Ce caractère de perpétuité sans altérations n'est-il pas celui de la Divinité ou de la cause suprême ? Que serait donc Dieu s'il n'était pas tout ce que nous paraissent être la Nature et la force interne qui la meut? Irons-nous chercher hors du Monde cet Être éternel et improduit, dont rien ne nous atteste l'existence? Placerons- nous dans la classe des effets produits cette immense cause au-delà de laquelle nous ne voyons rien que les fantômes qu'il plaît à notre imagination de créer?

Je sais que l'esprit de l'homme, que rien n'arrête dans ses écarts, s'est élancé au-delà de ce que son oeil voit, et a franchi la barrière sacrée que la Nature avait posée devant son sanctuaire. Il a substitué à la cause qu'il voyait agir une cause qu'il ne voyait pas hors d'elle et supérieure à elle, sans s'inquiéter des moyens d'en prouver la réalité. Il a demandé qui a fait le Monde, comme s'il eût été prouvé que le Monde eût été fait; et il n'a pas demandé qui a fait son Dieu, étranger au Monde, bien persuadé qu'on pouvait exister sans avoir été fait; ce que les philosophes ont pensé effectivement du Monde ou de la cause universelle et visible.

L'homme, parce qu'il n'est qu'un effet, a voulu que le Monde en fût aussi un ; et dans le délire de sa métaphysique il a imaginé un être abstrait appelé Dieu, séparé du Monde et cause du Monde, placé au-dessus de la sphère immense qui circonscrit le système de l'Univers, et lui seul s'est trouvé garant de l'existence de cette nouvelle cause; c'est ainsi que l'homme a créé Dieu.

Mais cette conjecture audacieuse n'est point le premier pas qu'il a fait. L'empire qu'exerce sur lui la cause visible est trop fort pour qu'il ait songé sitôt à s'y soustraire. Il a cru longtemps au témoignage de ses yeux avant de se livrer aux illusions de son imagination , et de se perdre dans les routes inconnues d'un Monde invisible. Il a vu Dieu ou la grande cause dans l'Univers avant de le chercher au-delà, et il a circonscrit son culte dans la sphère du Monde qu'il voyait, avant d'imaginer un Dieu abstrait dans un Monde qu'il ne voyait pas.

Cet abus de l'esprit, ce raffinement de la métaphysique est d'une date très-récente dans l'histoire des opinions religieuses, et peut être regardé comme une exception à la religion universelle, qui a pour objet la Nature visible et la force active et intelligente qui paraît répandue dans toutes ses parties, comme il nous est facile de nous en assurer par le témoignage des historiens, et par les monuments politiques et religieux de tous les peuples anciens.

Deuxième partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 10:05

 Alors tout le monde sait que Marat fut assassiné dans sa baignoire mais qui connait son ouvrage Les Chaînes de l'esclavage ? Voilà un homme qui se voulait l'Ami du Peuple et qui dénonçait les abus de ceux qui nous gouvernent. Voir sa biographie ICI. Et quand on regarde effectivement dans quel état est le monde, tout ce que subissent les peuples, alors que notre planète se prépare à faire le grand saut, on a fortement envie, en effet, de se libérer des chaînes de l'esclavage que ces profiteurs tissent depuis des millénaires sur nous. Le moment de la Libération approche. Les esclaves ne peuvent plus continuer à payer chèrement des individus dont le principal atout est d'être incapables de comprendre les vrais besoins des populations. Le paradis terrestre est devenu un enfer pour les humains par leur faute. Nous en débarrasser devient nécessaire.

Il est à noter que Marat débute son ouvrage à s'adressant aux électeurs anglais en précisant qu'elle est valable aussi pour les Français. Ô combien on le comprend. De 1833 à 2008, rien n'a changé.

Les chaines de l'esclavage 1

Jean-Paul Marat

 

AUX ÉLECTEURS DE LA GRANDE-BRETAGNE*

* Ce discours peut très-bien s'appliquer aux électeurs français.

 

 1833


Dans les temps de calme et d'abondance, au milieu des succès d'un gouvernement paisible, les nations entraînées par le courant de la prospérité s'endorment sans défiance entre les bras de leurs chefs, et la voix d'un Dieu ne les réveillerait pas de leur léthargie. Mais dans les temps de troubles et de calamités, lorsque les princes, marchant au pouvoir arbitraire, foulent les lois à leurs pieds sans honte et sans remords, l'attention publique est réveillée par les moindres objets, et la voix d'un simple citoyen peut faire impression sur les esprits.

Messieurs, si en rassemblant sous vos yeux, dans un même tableau, les odieux artifices qu'emploient les princes pour se rendre absolus, et les scènes épouvantables du despotisme, je pouvais révolter vos cœurs contre la tyrannie, et les enflammer de l'amour de la liberté, je m'estimerais le plus heureux des hommes.

Le parlement actuel touche à sa fin, et jamais dissolution ne fut plus désirée par un peuple opprimé : vos droits les plus sacrés ont été violés avec audace par vos représentans ; vos remontrances ont été artificieusement repoussées par le trône ; vos réclamations ont été étouffées avec perfidie, en multipliant les griefs qui les excitèrent; vous mêmes avez été traités comme des sujets remuans, suspects et mal affectionnés. Telle est notre disposition ; et si bientôt elle ne change, le peu de liberté qui vous est laissé est prêt à disparaître. Mais l'heure des réparations s'avance, et il dépend de vous d'obtenir la justice que vous réclamez en vain depuis si longtemps.

Tant que la vertu règne dans le grand conseil de la nation, les droits du peuple et les prérogatives de la couronne se balancent de manière à se servir mutuellement de contre-poids. Mais, dès qu'on n'y trouve plus ni vertu ni honneur, l'équilibre est détruit; le parlement, qui était le glorieux boulevard de la liberté britannique, est métamorphosé en une faction audacieuse qui se joint au cabinet, cherche à partager avec lui les dépouilles de l'état, entre dans tous les complots criminels des fripons au timon des affaires, et appuie leurs funestes mesures; en une bande de traîtres masqués, sous le nom de gardiens fidèles, trafiquent honteusement des droits et des intérêts de la nation : alors le prince devient absolu, et le peuple esclave; triste vérité dont nous n'avons fait que trop souvent la triste expérience.

De vous seuls, messieurs, dépend le soin d'assurer l'indépendance du parlement; et il est encore en votre pouvoir de faire revivre cette auguste assemblée, qui, dans le dernier siècle, humilia l'orgueil d'un tyran, et rompit vos fers : mais pour cela, combien ne devez-vous pas vous montrer délicats, dans le choix de vos mandataires?

Rejetez hardiment tous ceux qui tenteraient de vous corrompre : ce ne sont que des intrigans qui cherchent à augmenter leurs fortunes aux dépens de leur honneur, et du bien être de leur patrie.

Rejetez tous ceux qui tiennent quelques places de la cour, quelque emploi des officiers de la couronne ; quelque commission que le roi peut améliorer :
comment des hommes aussi dépendans, et semblables à ceux qui remplissent aujourd'hui le sénat, vous représenteraient-ils avec intégrité?

Rejetez ceux qui mendient vos suffrages; vous n'avez rien de bon à attendre de ce côté-là : s'ils n'étaient jaloux que de l'honneur de servir leur patrie, descendraient-ils à un rôle aussi avilissant? Ces basses menées sont les allures du vice, non de la vertu : sans doute le mérite aime les distinctions honorables ; mais content de s'en montrer digne, il ne s'abaisse point à les solliciter, il attend qu'elles lui soient offertes.

Rejetez tous ceux qui sont décorés de quelques titres pompeux : rarement ont-ils des lumières, plus rarement encore ont-ils des vertus: que dis-je? ilsn'ont de la noblesse que le nom, le luxe, les travers et les vices.

Rejetez la richesse insolente; ce n'est pas dans cette classe que se trouve le mérite qui doit illustrer le sénat.

Rejetez la jeunesse inconsidérée, quel fond pourriez-vous faire sur elle? Entièrement livrée au plaisir dans ce siècle de boue, la dissipation, le jeu, la débauche absorbent tout son temps; et pour fournir aux amusemens dispendieux de la capitale, elle serait toujours prête à épouser la cause du cabinet. Mais fut-elle exempte de vices; peu instruite des droits du peuple, sans idée des intérêts nationaux, incapable d'une longue attention, souffrant avec impatience la moindre gêne, et détestant la sécheresse des discussions politiques, elle dédaignerait de s'instruire pour remplir les devoirs d'un bon serviteur.

Choisissez pour vos représentans des hommes distingués parleur habileté, leur intégrité, leur civisme; des hommes versés dans les affaires publiques, des hommes qu'une honnête médiocrité met à couvert des écueils de la misère, des hommes que leur mépris pour le faste garantit des appas de l'ambition, des hommes qui n'ont point respiré l'air infect de la cour, des hommes dont une sage maturité embellit une vie sans reproche, des hommes qui se distinguèrent toujours par leur amour pour la justice, qui se montrèrent toujours les protecteurs de l'innocence opprimée, et qui dans les différens emplois qu'ils ont remplis n'eurent jamais en vue que le bonheur de la société, la gloire de leur pays.

Ne bornez pas votre choix aux candidats qui se présenteront, allez au-devant des hommes dignes de votre confiance, des hommes qui voudraient vous servir, mais qui ne peuvent disputer cet honneur à l'opulent sans mérite, qui s'efforce de vous l'arracher; et prenez-vous y de manière que le désir de vous consacrer leurs talens ne soit pas acheté parla crainte de déranger leurs affaires ou de ruiner leur fortune : repoussez avec horreur toute voie de corruption, montrez-vous supérieurs aux largesses, dédaignez même de vous asseoir à des tables prostituées *.

* En Angleterre, les candidats tiennent table ouverte pour les électeurs , tant que durent les élections.

Le cabinet, suivant sa coutume, va déployer les plus grands efforts pour influencer votre choix. Les attraits de la séduction triompheront-ils de votre vertu? La fierté anglaise est-elle donc si fort avilie qu'il ne se trouve plus personne qui rougisse de se vendre? Lorsque de si grands intérêts commandent impérieusement, les petites passions oseront-elles élever leurs voix? méritent-elles donc d'être satisfaites à si haut prix? A quels désastres mène le mépris des devoirs! Voyez vos sénateurs passer les journées entières à préparer, corriger et refondre des bills pour consacrer la propriété de leurs lièvres ou de leurs chiens : tandis que la moitié du peuple périssant de misère par la surcharge des impôts ou les malversations des accapareurs leur demande du pain. Voyez votre patrie, couverte des blessures que lui ont faites les agens de la cour, épuisée d'inanition et baignée dans son sang!

Messieurs, la nation entière a les yeux sur vous, dont elle attend le terme de ses souffrances, le remède à ses maux. Si votre cœur, fermé à tout sentiment généreux, refusait à vos compatriotes la justice que vous leur devez : du moins, sachez sentir la dignité de vos fonctions, sachez connaître vos propres intérêts. C'est à vous qu'est confié le soin d'assurer la liberté du peuple, de défendre ses droits. Pendant le cours des élections, vous êtes les arbitres de l'état, et vous pouvez forcer à trembler devant vous ces mêmes hommes qui voudraient vous faire trembler devant eux. Serez-vous sourds à la voix de l'honneur? Ah! comment une mission aussi sublime pourrait-elle s'allier avec l'infamie de la vénalité ? Que dis-je? ces candidats qui prodiguent l'or et n'épargnent aucune bassesse pour vous mettre dans leurs intérêts, n'ont pas plutôt extorqué vos suffrages, qu'ils laissent percer leur orgueil, et vous accablent de dédain. Punissez-les de leur insolence, repoussez leurs caresses hypocrites, songez au mépris qui les suit, et faites tomber votre choix sur des hommes pénétrés de ce qu'ils doivent à leurs commettans.

Le parlement sous l'influence de la cour, ne s'occupera jamais du bonheur public. Ne concevez-vous pas que des intrigans qui ne doivent leur nomination qu'à l'or qu'ils ont semé, non contens de négliger vos intérêts, se font un devoir de vous traiter en vils mercenaires ? Cherchant à raccrocher ce qu'ils ont dépensé pour vous corrompre, ils ne feront usage des pouvoirs que vous leur avez remis que pour s'enrichir à vos dépens, que pour trafiquer impunément de vos droits. Quelques présens peuvent-ils donc être mis en parallèle avec les maux que cause la vénalité ? avec les avantages que vous procurerait un sénat pur et fidèle?

Songez aussi à ce que vous devez à la postérité. Combien vos ancêtres étaient jaloux de transmettre intacts à leurs enfans, les droits qu'ils avaient reçus de leurs pères! Ce qu'ils ont fait avec tant de peine, vous pouvez le faire avec tant de facilité ; ce qu'ils ont fait au mépris de tant de dangers, vous pouvez le faire sans péril. Le feu sacré qui brûlait dans leur sein, n'enflammera-t-il jamais vos cœurs? Ne laisserez-vous à vos descendans que des noms couverts d'opprobre? Ne frémirez-vous point à l'idée de faire le malheur des générations à venir? Les siècles de la liberté sont-ils donc passés sans retour? Et faudra-t-il que vos fils, en pleurant sur leurs chaînes, s'écrient un jour avec désespoir : « Voilà les fruits de la vénalité de nos pères! »

Messieurs, avec du désintéressement et du courage, un peuple peut toujours conserver sa liberté : mais une fois que ce trésor inestimable est perdu, il est presque impossible de le recouvrer: or, il est bien près de l'être, lorsque les électeurs mettent à prix leurs suffrages.

 

INTRODUCTION.


Il semble que ce soit le sort inévitable de l'homme, de ne pouvoir être libre nulle part : partout les princes marchent au despotisme, et les peuples à la servitude.

C'est un étrange spectacle que celui d'un gouvernement politique. On y voit, d'un côté, les hardis desseins de quelques ambitieux, leurs audacieuses
entreprises, leurs indignes menées, et les ressorts secrets qu'ils font jouer pour établir leur injuste empire : de l'autre, on y voit les nations qui se reposaient à l'ombre des lois, mises aux fers ; les vains efforts que fait une multitude d'infortunés pour s'affranchir de l'oppression, et les maux sans nombre que l'esclavage traîne à sa suite. Spectacle à la fois horrible et magnifique, où paraissent, tour à tour tour, le calme, l'abondance, les jeux, la pompe, les festins, l'adresse, la ruse, les artifices, les trahisons, les exactions, les vexations, la misère, l'exil, les combats, le carnage et la mort.

Quelquefois le despotisme s'établit tout-à-coup par la force des armes, et une nation entière est violemment asservie : mais ce n'est pas de cette marche de l'autorité légitime au pouvoir arbitraire, que j'ai à parler dans cet ouvrage; c'est des efforts lents et continus, qui, courbant peu à peu sous le joug la tête des peuples, leur font perdre à la longue et la force et l'envie de le secouer.

A bien considérer l'établissement du despotisme, il paraît être la suite nécessaire du temps, des penchans du cœur humain et de la défectuosité des constitutions politiques. Faisons voir comment, à leur faveur, le chef d'une nation libre usurpe le titre de maître, et met enfin ses volontés à la place des lois. Passons en revue cette multiplicité de machines auxquelles la sacrilége audace des princes a recours, pour saper la constitution : suivons leurs noirs projets, leurs basses intrigues, leurs sourdes menées; entrons dans les détails de leur funeste politique, dévoilons les principes de cet art trompeur, saisissons-en l'esprit général, et rassemblons dans un même tableau les atteintes portées en tous lieux à la liberté. Mais en développant ce vaste sujet, ayons moins égard à l'ordre des temps qu'à la connexion des matières.

Dès qu'une fois un peuple a confié à quelques-uns de ses membres le dangereux dépôt de l'autorité publique, et qu'il leur a remis le soin de faire observer les lois : toujours enchaîné par elles, il voit tôt ou tard sa liberté, ses biens, sa vie, à la merci des chefs qu'il s'est choisi pour le défendre.

Le prince vient-il à jeter les yeux sur le dépôt qui lui est confié? Il cherche à oublier de quelles mains il l'a reçu. Plein de lui-même et de ses projets, chaque jour il supporte avec plus d'impatience l'idée de sa dépendance, et il ne néglige rien pour s'en affranchir.

Dans un état nouvellement fondé ou reformé*, porter à découvert des coups à la liberté, et vouloir d'abord en ruiner l'édifice, serait une entreprise téméraire.

*   Les états sont tous fort bornés à leur naissance : ce n'est que par les conquêtes qu'ils étendent leurs limites.

Quand le gouvernement dispute à force ouverte la suprême puissance, et que les sujets s'aperçoivent qu'on veut les asservir, ils ont toujours le dessus. Dès ses premières tentatives, réunis contre lui, ils lui font perdre en un instant le fruit de tous ses efforts* ; et c'en est fait de son autorité, s'il ne témoigne la plus grande modération. Aussi n'est-ce point par des entreprises marquées que les princes commencent ordinairement à enchaîner les peuples ; ils prennent leurs mesures de loin, ils ont recours à la lime sourde de la politique ; c'est par des efforts soutenus, par des changemens à peine sensibles, par des innovations dont on peut difficilement prévoir les conséquences, qu'ils marchent en silence à leur but.

* C'est pour avoir voulu dominer trop impérieusement, que le sénat de Rome perdit son autorité : car alors le peuple sentit le besoin qu'il avait de protecteurs, et il eut des tribuns : puis les nouvelles violences du sénat mirent les tribuns à portée d'obtenir de nouvelles prérogatives. Ce furent les audacieux attentats de Charles 1er qui ruinèrent son pouvoir. Dans ses éternelles altercations avec le parlement, l'air despotique qu'il affectait alarma ses sujets, et ils anéantirent son autorité.

LES CHAINES DE L'ESCLAVAGE.


De l'amour de la domination.


Un bon prince est le plus noble des ouvrages du créateur, le plus propre à honorer la nature humaine, et à représenter la divine : mais pour un bon prince, combien de monstres sur la terre !

Presque tous sont ignorans, fastueux, superbes, adonnés à l'oisiveté et aux plaisirs. La plupart sont fainéans, lâches, brutaux, arrogans, incapables d'aucune action louable, d'aucun sentiment d'honneur. Quelques-uns ont de l'activité, des connaissances, des talens, du génie, de la bravoure, de la générosité ; mais la justice, cette première vertu des rois, leur manque absolument. Enfin, parmi ceux qui sont nés avec les dispositions les plus heureuses, et chez qui ces dispositions ont été le mieux cultivées, à peine en est-il un seul qui ne soit jaloux d'étendre son empire, et de commander en maître; un seul qui, pour être despote, ne soit prêt à devenir tyran.

L'amour de la domination est naturel au cœur humain, et dans quelque état qu'on le prenne, toujours il aspire à primer : tel est le principe des abus que les dépositaires de l'autorité font de leur puissance; telle est la source de l'esclavage parmi les hommes.

Commençons par jeter un coup d'œil sur l'aptitude plus ou moins grande des peuples à conserver leur liberté; nous examinerons ensuite les moyens mis en jeu pour la détruire.

De l'étendue de l'Etat.


C'est à la violence que les états doivent leur origine ; presque toujours quelque heureux brigand en est le fondateur, et presque partout les lois ne furent, dans leur principe, que des réglemens de police, propres à maintenir à chacun la tranquille jouissance de ces rapines.

Quelqu'impure que soit l'orignine des états, dans quelques-uns l'équité sortit du sein des injustices, et la liberté naquit de l'oppression.

Lorsque de sages lois forment le gouvernement, la petite étendue de l'état ne contribue pas peu à y maintenir le règne de la justice et de la liberté ; et toujours d'autant plus efficacement qu'elle est moins considérable.

Le gouvernement populaire paraît naturel aux petits états, et la liberté la plus complète s'y trouve établie.

Dans un petit état, presque tout le monde se connaît, chacun y a les mêmes intérêts; de l'habitude de vivre ensemble naît cette douce familiarité, cette franchise, cette confiance, cette sûreté de commerce, ces relations intimes qui forment les douceurs de la société, l'amour de la patrie. Avantages dont sont privés les grands états, où presque personne ne se connaît, et dont les membres se regardent toujours en étrangers. Dans un petit état, les magistrats ont les yeux sur le peuple, et le peuple a les yeux sur les magistrats.

Les sujets de plainte étant assez rare, sont beaucoup mieux approfondis, plus tôt réparés, plus facilement prévenus. L'ambition du gouvernement n'y saurait prendre l'essor sans jeter l'alarme, sans trouver des obstacles invincibles. Au premier signal du danger, chacun se réunit contre l'ennemi commun, et l'arrête. Avantages dont sont privés les grands états : la multiplicité des affaires y empêche d'observer la marche de l'autorité, d'en suivre les progrès; et dans ce tourbillon d'objets qui se renouvellent continuellement, distrait des uns par les autres, on néglige de remarquer les atteintes portées aux lois où on oublie d'en poursuivre la réparation. Or, le prince mal observé, y marche plus sûrement et plus rapidement au pouvoir absolu *.

* Cette manière d'envisager les grands et petits états, est un peu celle des publicistes du XVIIIe siècle. Sur ce point, leur politique a vieilli. Aujourd'hui nous voyons les choses de plus haut; partout, que l'état soit grand ou petit, les droits de l'homme, cette source de tout bien, peuvent être et seront respectés. Quand à la surveillance à exercer sur les gouvernemens, la France prouve qu'avec la presse, cet ancre de salut de la société moderne, l'étendue de l'empire ne fait absolument rien. Nos ministres savent cela mieux que nous.

A suivre...

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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 10:18

 A l'heure où la morale et la liberté semblent être en déliquescence dans notre pays avec CE qui la gouverne, nous posons ce texte dont pourrait s'inspirer Nicolas Sarkozy car il nous semble que son ambition première est de vouloir SIONISER la France. Si, en tant qu'ascendants judaïques, nous nous sommes fâchés avec nos parents à cause du Sionisme, ce n'est sûrement pas pour se faire "ensionister" de force par un agent du sionisme que la moitié du Peuple Français incrédule a porté au pouvoir. Son discours éloquent au CRIF n'est que l'arbre qui cache la forêt. Il parle de la mémoire et de la religion en individu inculte qu'il est (voir la video d'Alain Badiou) davantage taraudé par l'envie de plaire à ses amis juifs sionistes -en se foutant pas mal des judéens antisionistes- d'inféoder la France à leurs intérêts pro-israéliens quitte à la ruiner et à la déshonorer aux yeux du monde entier. Voilà quelques bribes de paroles du triste sire...

"Parce que toute votre culture et toute votre histoire trouvent leurs origines dans la mémoire. La mémoire de l’alliance de Dieu avec Abraham, avec Isaac et avec Jacob. Pour les croyants, c’est d’abord la mémoire d’une promesse, la mémoire d’une espérance, la mémoire d’une Loi, transmise de génération en génération..."

On a tout compris. La mémoire d'une espérance, c'est d'abord l'édification du Grand Eretz Israël sur les ruines de la Palestine. Quant à l'alliance de Dieu avec Abraham, que sait-il du sujet ? Sait-il, par exemple, que tout l'Ancien Testament s'est bâti sur le pillage d'autres traditions multi-millénaires ? Non. Sarkozy se contente de lire les textes que lui écrit Henri Guaino sans même savoir ce qu'ils signifient. Voilà la culture du pseudo-président de la République que nous refusons de reconnaître comme tel vu la direction qu'il fait prendre à la France.

 

 

DE LA LOI MORALE ET DE LA LIBERTÉ

 

par Victor Cousin

 

Extrait de l'ouvrage Cours de l'histoire de la philosophie moderne

Tome I

1846

 


La loi morale ne peut commander qu'à une volonté libre. Le monde moral est celui de la liberté. La où il y a libre détermination, acte voulu et délibéré, là est le monde spirituel. Or nous ne vivons, nous ne subsistons que par des actes continuels de volonté et de liberté. Le monde spirituel est donc déjà pour nous sur cette terre. Nous vivons en quelque sorte sur les confins de deux empires séparés dont nous formons la mystérieuse réunion. Pour pénétrer dans le ciel, il n'est pas besoin de percer les ombres du tombeau ; le ciel est déjà dans le cœur de l'homme libre, et cœlum et virtus, dit Lucain. Je suis citoyen du royaume invisible des intelligences actives et libres. Mais quelle est la détermination de ma volonté qui éclaire à mes yeux ce monde invisible? Demandez-le à la conscience. Examinez-vous quand vous faites votre devoir, et le ciel vous apparaîtra au fond de votre cœur. Ce n'est pas par des raisonnements qu'on acquiert la conviction du monde spirituel : c'est par un acte libre de vertu, qui est toujours suivi d'un acte de foi a la beauté morale, et d'une vue intérieure de Dieu et du ciel. Le monde sensible agit sur moi, et l'impression que je reçois est pour moi une occasion de vouloir. Ma volonté détermine à son tour un changement dans le monde sensible. C'est là l'ordinaire de la vie humaine,le vouloir ne se manifeste qu'à la suite de mouvements sensibles et  par des mouvements sensibles. Faites plus : contenez votre vouloir en lui-même, qu'il agisse sans se manifester au dehors, que ses libres déterminations ne sortent pas du sanctuaire intérieur ; et votre vie est toute spirituelle, vous êtes parvenu à la source de la véritable activité; vous avez une vue intérieure de la vie divine qui se révèle dans la vôtre. Ou peut parler de liberté et de spiritualité : mais on ne combine que des mots lorsqu'on ne s'est point affranchi soi-même. On n'obtient, dit le christianisme, le sens de la vie éternelle qu'en renonçant au monde et a ses fins. Alors la foi en l'Éternel entre dans l'âme. Enfin, selon les images de la doctrine chrétienne, il faut mourir et être enfanté de nouveau pour entrer dans le royaume des cieux.

La philosophie n'est que la vue de l'âme généralisée. Si la volonté est
attachée au monde sensible, comment peut-on croire à l'esprit et a une autre vie? On traite l'immortalité de fable, ou on y croit par préjugé. Réformer la vie pour réformer la philosophie. Les lumières de l'entendement ne seraient que ténèbres sans la lumière de la vertu. Oh ! si l'âme du dernier des Brutus, si l'âme de saint Louis s'étaient racontées elles-mêmes, quelle belle psychologie morale nous aurions !

La volonté infinie et éternelle se révèle à nous
dans la conscience morale, dans ce commandement suprême : Veux le bien; et la volonté humaine individuelle se mêle à la volonté infinie en obéissant librement à sa voix. La est le grand mystère de l'éternité se découvrant à l'humanité, et de l'humanité se revêtant librement de l'éternité. L'homme est tout entier dans ce mystère : donc la morale est la source de toute vérité, et la vraie lumière réside dans les profondeurs de l'activité volontaire et libre.

Voici un fait de conscience incontestable, et en même temps simple et indécomposable :

« Fais le bien, sans égard aux conséquences; c'est-à-dire, veux le bien. »

Puisque ce commandement n'a pas d'objet terrestre, visible, matériel, applicable aux besoins de cette vie et de ce monde sensible, il suit que : ou il n'a pas de fin, de but, ou
il a une fin, un but invisible, et qu'il regarde un monde différent du nôtre, où les mouvements externes qui résultent des volitions sont comptés pour rien, et où les volitions elles-mêmes sont tout.

S'il n'y a pas un monde invisible, où toutes nos bonnes volontés nous sont comptées
, quel est donc sur la terre le but de la vertu ?

1° Sert-elle au mécanisme de l'univers?
2° A-t-elle pour fin la civilisation du globe?
3° L'amélioration de la destinée humaine sous le rapport
des commodités matérielles et physiques?
4° La
paix du monde?
5° Le
plus grand développement moral du genre humain, d'où sortirait sa plus grande perfection en général, avec son plus grand bonheur?

Pour tout cela il n'était
pas besoin de vertu. Dieu n'avait qu'à construire des machines sans liberté; il aurait eu un aussi beau spectacle, s'il ne voulait que le spectacle du bonheur. Mais, dira-t-on, il le voulait produit par nous-mêmes. Il ne l'aura jamais ; le bonheur universel sur la terre est une chimère. Ensuite Dieu, pour arriver à ce but, pouvait se dispenser de nous donner la loi morale el la conscience ; il suffisait de l'égoïsme. Remarquez que dans le monde sensible peu importe pourquoi un fait a lieu, pourvu qu'il ait lieu. Donnez plus de lumière à mon égoïsme, ou augmentez la force de ma sympathie naturelle, je ferai autant ou plus de bien aux autres que par le seul sentiment du devoir.

Il faudrait avoir toujours présentes à l'esprit les maximes suivantes :

1° Les conséquences d'une action, quelles qu'elles soient, ne la rendent ni bonne ni mauvaise moralement :
l'intention est tout. A parler rigoureusement, il n'y a pas d'action morale, il n'y a que des intentions morales.

2° Pour qu'une intention soit
bonne moralement, il faut qu'elle ne soit pas intéressée.

3° Sont regardées
comme intéressées toutes intentions où il y a un retour personnel. Ainsi, faire une chose pour avoir des honneurs, de la gloire, des applaudissements, des plaisirs, soit sensuels, soit intellectuels, des plaisirs externes ou internes, pour entendre dire que l'on est généreux ou pour pouvoir se le dire à soi-même, pour avoir des récompenses sur la terre ou même dans le ciel, tout cela est également en dehors de la morale.

4° Sont regardées comme moralement indifférentes les actions, même les plus utiles, qui viennent de l'impulsion de l'organisation.

5° Est regardé seulement comme
être vertueux celui qui, après avoir pesé une action et l'avoir trouvée juste, la fait uniquement parce qu'il croit qu'il faut la faire, et par cette seule raison qu'elle est juste.

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 09:39

 Alors nous continuons ce livre qui est d'un importance capitale. On peut dire que l'auteur, Pierre Lacour, est sans doute un des seuls à s'être attaché à décrypter l'hébreu pour y retrouver la trace du vieil alphabet égyptien que "Moïse" avait ramené d'Egypte. Nous avons vu qu'ICI, il démontre que chaque signe correspond à un symbole astronomique. Et que l'Eternel des armées est le Soleil entouré de ses constellations. Ce Soleil que l'on retrouve sur les symboles maçonniques, nous en parlons ICI. Les Anciens nous ont laissé sur la pierre des témoignagnes de leur Savoir. Et par cela même, ils ont voulu nous éclairer sur les cycles de la Terre étroitement en relation avec le Soleil et la Lune. La Terre est un être vivant possédant sa propre horloge du temps. Elle a déjà connu plusieurs bouleversements majeurs dont des inversions de pôles et des précessions. C'est à dire qu'à une période donnée, toujours la même, elle change d'axe de rotation. Or, il semblerait qu'à la fin de l'ère des Poissons -qui se situe dans trois ans- elle va effectuer cette mutation qui va bien sûr entraîner la quasi destruction de la planète.

Un chercheur vivant au Canada nous a écrit pour nous faire part de ses recherches et de ses découvertes. Il est allé sur toutes les pyramides qui existent sur la planète et il a même décrypté la table de pierre qui est entre les pattes du Sphynx à Gizeh. Tout est basé sur les nombres et sur l'astronomie. Ainsi l'ère du Poissons équivaut à 2016 ans. Notre calendrier est faux, il manque 5 ans. Nous sommes donc en 2013. D'après ses calculs astronomiques, la terre devrait basculer au solstice d'hiver en 2016, ce qui correspondra pour nous en 2011. On pourrait penser que c'est une blague mais pourtant en y regardant bien... on voit bien qu'il se passe des choses pas normales sur notre planète. Ainsi les catastrophes naturelles ont augmenté de 60 % en dix ans. Avec un nombre impressionnant de séismes et d'éruptions volcaniques, ce qui signifie que la Terre est en plein travail à l'intérieur. Or on nous bassine à longueur de journée et l'on veut nous faire croire que le réchauffement climatique serait dû à l'activité humaine et à la pollution. C'est faux. Les chercheurs russes sont les seuls à pointer du doigt le problème et à en parler. Non seulement ils disent que la terre se prépare à changer de direction de rotation de son axe et que le soleil a accru son intensité. Le problème du réchauffement vient donc du Soleil. Son énergie rayonnante a augmenté de 1000 %. et son intensité magnétique atteint des niveaux records qui affecte toute la vie sur notre planète. Et d'ailleurs dans tout le système planétaire autour du soleil. Ainsi la planète Mars connait aussi un réchauffement climatique impressionnant. On ne peut pas dire que cela est dû à l'activité humaine car elle est inhabitée.

Sans le Soleil, il n'y aurait pas de vie sur terre. C'est lui le Créateur. On voit ce que les religieux ont fait du savoir laissé par Moïse-Akhénaton. On voit ce qu'est devenu l'enseignement Originel laissé par Abraham qui était un grand astronome. L'Humanité a été induite en erreur. Les symboles sont bien sûr cachés dans l'Ancien Testament et dans l'Apocalypse mais il faut les retrouver. Imaginons deux secondes que ceux qui tirent les ficelles de notre monde savent cela. Les vrais Initiés, dirons-nous. Ils savent que la planète va bientôt faire la grande pirouette et emmener presque tout le monde dans la mort, comme cela s'est déjà passé dans des temps antérieurs, mais malgré tout ils n'en parlent pas. Nous expliquons ICI pourquoi ils ne le font pas. Imaginez si on vous dit, dans trois ans, il faut se préparer à mourir. Qu'allez vous faire ? Pour nous, c'est clair et net, le reste de notre temps, on va le passer le plus agréablement du monde sans se casser la tête et sans se fatiguer. Imaginez que tout le monde du jour au lendemain dise on ne bosse plus ? Imaginez.

Le prince Charles vient de lancer un avertissement, nous en parlons ICI. Il dit que le jour du Jugement dernier se rapproche. Charles ne dit pas ça au hasard, c'est un Initié, il Sait. Là, il parle par métaphore.

Si vous lisez attentivement l'Apocalypse entre les lignes en décryptant les symboles astrologiques et astronomiques, vous verrez que tout ce qui est annoncé doit se produire à un moment précis... et les "quatre anges" sont bien évidemment les quatre éléments qui entre en action, l'Air, le Feu, la Terre et l'Eau. Tout est écrit là...

Et les quatre anges qui étaient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l'année, furent déliés afin qu'ils tuassent le tiers des hommes. (Apocalypse 9, 15)

Or, la pendule de la Terre est programmée. Si vous avez retenu nos leçons, nous ne sommes pas en 2008 mais en 2013 et...

La Terre doit basculer de 180 de degrés le jour du Solstice d'hiver de l'an 2016, ce qui représente la fin de l'Ère des Poissons.

 Depuis que l'humanité existe, ceux qui régnaient sur elle et notamment l'élite sacerdotale comme en Egypte, ont toujours caché la Vérité aux hommes. Ils parlaient en symboles qu'eux seuls comprenaient. Il en est de même aujourd'hui.On vous fait croire qu'un dieu existe alors que les vrais Maîtres de notre destin sont le Soleil Créateur et son épouse la Terre qu'il féconde de sa chaleur et de sa lumière mais il possède aussi un cycle dont notre planète est tributaire. Un cycle de 11 000 ans. Or, là, on arrive à la fin. Après chaque période de réchauffement climatique, il y a eu des époques glaciaires. Le basculement des pôles et la précession y sont forcément pour quelque chose... mais qui vous en parle ?

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

11ème partie

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

ÉPOQUES HISTORIQUES.


Les mots qui composent une langue augmentent en nombre et se modifient à mesure que cette langue augmente le nombre des lettres de son alphabet.

Un alphabet de dix lettres ne peut peindre qu'un petit nombre de mots, il ne comporte que cent monosyllabes.

Il résulte de cette observation que les langues qui s'écrivent en caractères alphabétiques sont nées de l'alphabet même et sont de création humaine ; qu'elles diffèrent entièrement de celles qui s'écrivent par des symboles ou hiéroglyphes, et que ces hiéroglyphes n'ont pas été créés dans le principe pour représenter des mots ou des sons.

Je n'étudierai point comment l'invention des premiers caractères devenus alphabétiques, celle des dix lettres sacerdotales, par exemple, put avoir lieu. La vérité quant à cette invention ne sera jamais qu'une hypothèse, car la démonstration positive, la démonstration historique ou par des faits, est, je crois, impossible.

Mais je suis persuadé que cette admirable découverte est sacerdotale; que son origine n'est pas naturelle, c'est-à-dire qu'il n'était pas impossible qu'elle n'eût pas lieu. Alors, je crois qu'elle n'appartient qu'à un peuple, qu'elle fut imprévue chez ceux qui la firent, et que par eux enfin elle se répandit ensuite sur toute la terre.

Le sens logique, l'abondance, la richesse et même l'harmonie des mots que l'invention de l'alphabet permettait de créer, effaça insensiblement l'usage du langage naturel, borné à un trop petit nombre de Voix ou de cris monosyllabiques. Le sacerdoce des peuples étrangers adopta cette langue sacrée, qui se dénatura en devenant vulgaire, et qui se modifia selon le génie, le goût, le caprice, la civilisation ou l'état barbare des peuples , et même par son mélange avec les éléments du langage naturel.

La langue hébraïque, dans un sens absolu , et bien moins la langue copte, ne furent donc pas la langue des hiéroglyphes égyptiens, pas plus qu'une langue alphabétique qui enrichirait de quatre mille mots la langue monosyllabique des Chinois, ne serait la langue des hiéroglyphes usités à la Chine*.

*Voyez ci-après les observations sur le système de M. Champollion.

Mais l'hébreu et le copte, comme toute autre langue, purent traduire ou plutôt expliquer les hiéroglyphes. Toutefois, quant à l'hébreu, ce que je sais, parce que j'en ai fait l'expérience, c'est que par le choix des signes hiéroglyphiques qui dans la suite représentèrent les caractères des lettres, on acquit la possibilité de composer des mots artificiels en transcrivant quelques hiéroglyphes où dominaient ces signes; mais alors l'écriture alphabétique était découverte depuis longtemps.

C'est ainsi qu'ont été formés les mots ShLSh ou TLT, trois, dans leur acception numérique, et dans celle qui les rattache à l'initiation.

Les mots MShÉ et ShMÉ, le premier désignant l'initié Sauvé par les eaux, mis hors des eaux, renvoyé après l'initiation, fait missionnaire, et devenu MoShÉ, MoïSE ou MuSÉe ; le second, ce même initié fait auditeur, astreint au silence, et devenu un homme éclairé, un homme illustre et tenant de la Divinité, un ShiMÉ, un ShiMO-IÉ, un auditeur de IÉ, de l'Eternel, comme fut Moïse, dont un des noms fut en effet Shimoié.

Ainsi ont été formés les mots ShMSh, nom du soleil;

IShO ou ISO, mot sacré d'où le nom de JÉSUS , désignant le sauveur, celui dont un ange annonça la naissance en criant : EN CE JOUR IL vous EST NÉ UN SAUVEUR, QUI EST LE CHRIST, LE SEIGNEUR;

Et le même mot renversé OShI ou OSI d'où OSI-ris, celui dont une voix annonca la naissance en criant : EN CE JOUR EST NÉ LE MAÎTRE SUPRÊME DE L'UNIVERS, LE GRAND OSIRIS, LE ROI BIENFAISANT, en égyptien le MeiSI*, en hébreu le MéShiÈ**.

* Voyez Horap., livre 1, hiérog. 57.

** A l'enfantement d'Osiris, dit Plutarque, fut ouye une voix, que le Seigneur de tout le monde venait en estre : et disent aucuns, qu'une femme nommée Pamyle, ainsi comme elle allait quérir de l'eau au temple de Jupiter, en la ville de Thèbes, ouyt cette voix, qui lui commandait de proclamer à haute voix que le grand roi bienfaiteur Osiris était né. (Voy. Traité d'Isis et Osiris, traduct. d'Amiot. )

Puisque la langue hébraïque compte trois et même quatre alphabets, elle a donc passé par trois et même quatre époques progressives; mais nous n'en compterons que trois, parce que la seconde et la troisième époque durent être si rapprochées, qu'on peut réduire leur influence à une seule.

Déterminer ces époques en ne recourant qu'à l'histoire profane, afin d'échapper au discrédit où sont tombées les anciennes traditions mosaïques, c'est chose impossible. Le peuple Juif, cette fraction du peuple Egyptien peu connue des nations Européennes, mal jugée et toujours méprisée, n'a pas assez intéressé les historiens profanes. ll s'agit d'ailleurs de la langue hébraïque, des progrès de cette langue depuis son organisation primitive la plus simple, jusqu'au jour où elle fut livrée aux hébreux et fut pour eux la langue ou l'écriture Assyrienne, ShPhT AShR, langue de perfection, parole de félicité.
C'est donc dans les livres hébraïques mêmes, et par conséquent dans la Genèse, qu'il faut chercher ces époques.

Pour arriver au premier alphabet, à celui dont les lettres sont appelées par saint Irénée lettres sacerdotales, ou lettres sacrées, nous sommes obligés de passer par l'étude des faits relatifs à l'origine du second. Seulement afin de ne pas revenir sur la dénomination de ce premier alphabet, nous remplacerons le nom de lettres sacerdotales, qui présente une qualification moderne, par le nom même qui résulte du nombre de ses lettres, OShlR, dix, et nous l'appellerons l'alphabet d'OSIRIS, ou osiridien, ou lettres osiridiennes.

Le second alphabet, composé de douze lettres, en supposant qu'il fût réservé pour la science astronomique, s'éleva en même temps pour tout autre usage à seize caractères en adoptant les six lettres osiridiennes dont l'alphabet zodiacal n'avait pu faire l'emploi.

 

BABEL


Nous laisserons à des curiosités tristement laborieuses, dit M. l'abbé Latouche, la tour de Babel et ses briques hiéroglyphiques. » Nous ne sommes pas si dédaigneux. M. l'abbé Latouche avait renoncé aux dénominations antiques des lettres de l'alphabet, et ces dénominations nous ont découvert l'existence d'un alphabet zodiacal. ll abandonne maintenant la tour de Babel : voyons, peut-être y trouverons-nous quelque chose.

Nous avons dit que le second alphabet, composé de seize lettres, est celui que les historiens ont appelé Pélagien. Le nombre de lettres de cet alphabet a varié plus tard.

Ce mot PeLaG ou PhaLeG doit nous apparaître maintenant comme une révélation entière.

En effet, ne suffit-il pas de ce mot pour rappeler à notre souvenir une époque célèbre dans l'histoire de la parole, et que l'auteur de la Genèse, quel qu'il soit, a caractérisée par ce nom symbolique, BABEL?

Cette époque, c'est celle où la langue parlée d'un peuple primitif éprouva une révolution générale par le surcroît d'un grand nombre de mots nouveaux.

La signification de ces mots n'étant pas bien déterminée, ou n'étant pas comprise du vulgaire, il en résulta ce qu'on a appelé la confusion des langues.

On concevra sans peine qu'une langue dont jusqu'alors dix caractères avaient peint toutes les articulations, tous les sons, dut être prodigieusement changée ou rendue méconnaissable par le mélange de six nouveaux caractères qui peignaient tous des sons nouveaux et des articulations nouvelles ; qui créaient enfin des mots étranges, illisibles, ou n'offrant aux yeux qu'une espèce d'hiéroglyphes inconnus.

Ainsi, c'est à Babel, c'est à l'occasion de cette tour célèbre, consacrée alors comme depuis aux observations astronomiques, qu'eut lieu la première réforme de la langue sacrée, de la langue hébraïque primitive.

Examinons d'abord le verset principal de cette précieuse tradition, à laquelle l'auteur a donné littéralement le sens et la forme d'un fait miraculeux; nous étudierons ensuite l'ensemble et le sens intime ou rationnel du récit.

Selon l'interprétation vulgaire du texte, il n'y avait autrefois sur toute la terre qu'une seule langue, et les hommes n'avaient qu'une seule manière d'exprimer leurs pensées.

Quelques-uns étant partis de l'Orient, arrivèrent dans la plaine de Sénaar, et s'y établirent.

Ils préparèrent les matériaux nécessaires pour une construction gigantesque, — et ils se dirent ensuite :
BATISSONS-NOUS UNE VILLE ET UNE TOUR DONT LE SOMMET TOUCHE AUX CIEUX, FAISONS-NOUS UN SIGNAL : PEUT-ÊTRE SERONS-NOUS DISPERSÉS SUR LA TERRE.

Voici le texte avec la traduction interlinéaire.
ÉBÉ      NBNÉ    LNOU    ÔIR             U-MGDL U-RAÇhOU
agite, œdificamus nobis civitatemet turrim    et caput ejus
B-ÇhMIM,   U-NÔÇhÉ     LNOU     ÇhM      PhN
incoelum,   et faciamus   nobis     nomen    ne forte
NPhOUTz      ÔL     PhNI   CL     EARTz.
dispergamur super faciès omnis terrœ.

La traduction de M. Cahen est plus exacte que cette version, et cette exactitude tient à l'emploi du mot signal pour rendre l'hébreu ÇhM; elle est surtout supérieure a celle de MM. Claire et Franc, que voici : « Essayons de nous construire une ville et une tour dont le sommet s'élève jusqu'au ciel, ( nous rendrons par là notre nom célèbre, ) afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de la terre. »

Néanmoins la traduction de M. Cahen ne reproduit que le sens apparent et littéral du texte ; elle ne nous offre encore rien de relatif à l'objet réel de ce monument.

Pour avoir le sens intime de ce texte, il ne faut que rapprocher davantage de leur signification primitive les mots ÔIR, MGDL, RAÇh et ÇhM.

ÔR, ÔIR ET ÔYR.

OYR ne signifie une ville que secondairement, et par une application de la valeur qu'il a dans le sens intime de ce passage. Il veut dire veiller et tenir éveillé ; tenir les yeux ouverts pour observer dans les ténèbres, dans l'absence d'AYR, de la lumière, car ce mot, qu'on peut prononcer AYR, est évidemment la transcription d'AYR, AUR prononcé négativement.

ÔYR, ÔIR, employé pour désigner un monument, un édifice, une construction haute et fermée (arcem) ne peut donner d'autre idée que celle d'un lieu où l'on veille, où l'on observe pendant la nuit, en un mot d'un observatoire; et même ce sens d'observer se rapporte aux astres : ainsi, ÔYR est aussi l'esprit qui veille sur un des astres, et le pluriel ÔYR-IM, les intelligences qui dirigent le mouvement des astres.

Ce mot, appliqué à l'ensemble d'une quantité de monuments élevés par les hommes, a dû signifier une ville : il s'est écrit ÔR et ÔIR, et même alors il fait naître la pensée d'une surveillance exercée autour de soi, de nuit d'abord , de jour ensuite, dans une enceinte entourée de murs, ou fermée de toute autre manière.

Quant au changement de la lettre Y en I, il ne doit plus étonner ; ce changement est d'ailleurs fort commun dans la langue hébraïque. Il ne faut en tenir compte dans l'étymologie; on les voit disparaître ici pour laisser à nu la racine ÔR, qu'on retrouve dans le pluriel ÔR-IM. Il suffit de comparer la forme de ces deux lettres Y et I,ו י, en hébreu, pour s'expliquer comment indépendamment du son souvent le même, elles peuvent être employées l'une pour l'autre.

13e partie

 

 

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 09:01

 Dans ce chapitre, il est question du pourquoi l'empereur romain Constantin choisit de laisser établir la religion chrétienne à Rome, vous verrez que cela ne manque pas de piquant. L'autre épisode marrant raconte comment furent choisis les quatre Evangiles... un grand miracle eut lieu suivi d'un second qui pourrait très bien s'intituler quand les trépassés apposent leur signature au bas d'un document... très instructif de l'honnêteté des religieux à la base de la religion chrétienne. De la même veine que les reliques de Pierre qui furent trouvées en leur temps... Ah miracle quand tu nous tiens !

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

31ème partie

30 ème partie

26e partie

  1ère partie

CHAPITRE XIX.


De Constantin ; pourquoi il protégea les Chrétiens. —Les premiers Chrétiens sont commercans ; de leur communion de biens ; l'administration accordée aux Prêtres ; cause du pouvoir de ces derniers. — Les Chrétiens favorisent Constant-le-Pâle à monter sur le trône des Césars. — Constantin préside le Concile de Nicée ; la Divinité de Jésus niée par les Ariens : ils s'appuient sur l'Evangile de Jean. —Le Concile de Nicée établit quatre Evangiles comme canoniques ; mode qu'on employa pour en faire le choix. — Deux Evêques, après leur mort, signent le protocole du Concile. —Préceptes de la Loi chrétienne et son dogme. — Symbole des Apôtres écrit au Concile de Nicée. — Jésus n'a rien écrit. Ténèbres qui entourent le berceau de la Religion chrétienne.— Donation de Constantin au Pape Silvestre ; remarques à ce sujet ; elle est démontrée comme étant apocryphe. — Des Reliques et des Iconoclastes. — Le pouvoir des Papes s'établit sur les ruines de l'Empire d'Orient. — Charlemagne accorde une autorité illimitée aux Papes qui aspirent à la domination universelle. — La Cour de Rome soudoie des écrivains apologistes de sa conduite. — L'Empire d'Orient déchiré par les Sectes chrétiennes.

M. Lenoir remarque avec beaucoup de sagacité que Constantin, souillé de tous les crimes, teint du sang de son épouse, après des parjures multipliés, se présenta aux prêtres payens pour se faire absoudre de tant de forfaits; ils lui répondirent qu'il n'y avait pas d'expiation à tant de crimes, et qu'aucune religion n'offrait de secours assez puissans pour désarmer la justice des Dieux qu'il avait outragés.

Un flatteur du palais, témoin de son trouble, lui apprend que les Chrétiens, qui avaient été les partisans de son père, et qui étaient très - zélés à son égard, avaient des purifications plus puissantes que celles de la religion payenne ; qu'ainsi son mal n'était pas sans remède.

Constantin, mu par ce criminel espoir, se déclara le protecteur d'une secte qui disait avoir non-seulement le pouvoir, mais le droit de l'absoudre.
C'est ainsi que de petites causes amènent de grands événemens ; c'est de là que Bysance devint le siège de l'Empire romain, et que
Rome et l'Italie purent tomber dans les mains d'un prêtre et devenir son apanage, en perdant ainsi leur antique grandeur et gloire.

Après ces curieuses recherches, nous observerons que Constantin s'est fait baptiser par Eusèbe, Evêque de Nicomédie, qui était Arien , et que Constantin porta toujours jusqu'au tombeau le titre de Grand-Pontife des Romains.

Les premiers Chrétiens s'adonnaient au commerce exclusivement, comme les Juifs ; ils s'enrichissaient extraordinairement, et comme ils devaient mettre en communion leurs biens, pour être administrés par leurs Evêques, ceux-ci devinrent par-là aussi puissans que des Rois. Gallus Pretextatus, Consul romain, disait qu'il se ferait Chrétien, si ou lui avait donné les rentes de l'Evêché aux sept montagnes. Les premiers Chrétiens, qui arrivèrent très-pauvres de la Judée en Italie et en France, devinrent assez riches pour prêter de l'argent à Constantin-le-Pâle, qu'on dit être le père de Constantin-le-Grand, qui par-là monta sur le trône des Césars et en prépara le chemin à Constantin, lequel en eut toujours de la reconnaissance et protégea indistinctement les Chrétiens qui l'avaient aidé à se débarrasser de ses ennemis.

C'est une erreur de croire qu'il était attaché aux Chrétiens orthodoxes. Il désapprouva les querelles qui les partageaient avec les Grecs sur la substance du Verbe, trouvant, comme il le dit lui-même, que c'était un sujet mince, indigne de la gravité du ministère chrétien. Cette querelle occasionna le Concile de Nicée; Constantin se trouva flatté de pouvoir y présider. Dans les controverses du Concile, tantôt il prit le parti d'Arius, tantôt celui d'Athanase ; néanmoins il les exila l'un après l'autre.

La grande question de ce célèbre Concile n'est pas encore terminée de nos jours ; car les Chrétiens sont encore partagés sur l'opinion de la divinité de Jésus- Christ. Les Ariens, qui figurent 300 ans après l'ère chrétienne, s'appuient sur l'Evangile de S. Jean, qu'on prétend avoir établi la divinité de Jésus, ainsi que nous l'avons vu; voici comme ils expliquent cet Evangile, au ch. XVII, § 3 :

« La vie éternelle est de connaître le seul vrai Dieu et son Apôtre (envoyé) Jésus-Christ ». Et au ch. xx, § 17 : «Jésus lui dit : Ne me touche point, car je ne suis point encore monté vers mon Père ; mais va à mes Frères et leur dis : Je monte vers mon Père et, vers votre Père, vers mon Dieu et vers votre Dieu ».

Les Ariens observent que Jean veut persuader que le Père est dans le Fils en parlant de Jésus ; il finit par en faire une distinction formelle qui n'admet aucunement sa divinité; dans le ch. XIV, v. 28 : « Je m'en vais au Père, car le Père est plus grand que moi ».

Plusieurs auteurs ont nié que l'Evangile de Jean fût véritablement écrit par lui ; car au ch. XXI, v. 24, il est dit : « C'est ce Disciple Jean qui rend témoignage de ces choses, et nous savons que son témoignage est digne de foi ».

Ce verset a induit les incrédules à croire, d'après le texte et la force de l'expression, que cet Evangile n'était qu'une tradition parue après S. Jean ; preuve nouvelle que le berceau de l'Eglise naissante est environné de ténèbres impossibles à dissiper.

Toutes ces contradictions devaient s'éteindre au Concile de Nicée qui a établi quatre Evangiles canoniques.

Néanmoins les Saints-Pères qui précédèrent ce Concile, n'ont rappelé dans leurs ouvrages que les Evangiles que le Concile déclara apocryphes ; ce qui a induit à croire que les Evangiles canoniques fussent postérieurs aux apocryphes.

Du reste, voici comment ce Concile s'est guidé dans le choix des quatre Evangiles qu'il voulait adopter dans l'innombrable quantité qui alors existait.

Les Saints-Pères du Concile assemblés, illuminés et éclairés par l'Esprit Saint, placèrent pêle-mêle, sur un autel devant lequel le Concile s'assemblait, tous les Evangiles alors connus. Ils prièrent ardemment le Seigneur Dieu pour qu'il daignât leur faire voir quels étaient les Evangiles inspirés par ledit Esprit Saint.

Après la prière, tout-à-coup arrive un miracle ; les Evangiles que Gelase devait faire brûler, tombent sous l'autel ; il ne reste au-dessus que les quatre qu'on déclare canoniques et qui sont suivis de nos jours par la presque généralité des Chrétiens.

Mais ce Concile devait se terminer par un miracle encore plus grand. On était convenu que pour la validité du Concile, tous les Saints-Pères devaient signer les actes. Or, pendant la durée du Concile moururent deux évêques, Musonius et Chrissante, sans avoir signé les actes; voilà la besogne comme on dit au Diable, car il fallait absolument leur signature pour la validité du Concile. Les Saints-Pères font placer des gardes autour du tombeau des Evêques ; ils déposent au-dessus les actes du Concile, qui, comme on sait, était divisé en sections. Les Saints-Pères passèrent la nuit en prière, et le lendemain ils trouvèrent que les trépassés avaient heureusement signé les actes du Concile.

Si l'on retranche les lois juives auxquelles les convertis à la foi de Jésus étaient soumis, la pure doctrine chrétienne se réduisait à très-peu de préceptes :

1.° Au dogme fondamental juif de l'unité de Dieu, auquel les Apôtres joignirent

2.° La récompense et les peines dans la vie future;

3.° La mission divine de Jésus le Christ et le Fils de Dieu ;

4.° Le résurrection de Jésus, cause de la résurrection des hommes;

5.° Le don mystérieux de l'Esprit-Saint par la permission de Dieu ;

6.° La croyance des esprits impurs répandus entre les hommes.

Voilà ce que croient les Apôtres dans leurs écrits.

Le Symbole des Apôtres ne fut écrit qu'au Concile de Nicée; il se perfectionna peu à peu , et l'article qui traite du Saint-Esprit fut établi postérieurement au Concile de Constantinople, qui se tint sous Théodose en 381. Grégoire de Nyssa, en Capadoce, est l'auteur de ce dogme.

Si le Symbole avait existé du temps des Apôtres et eût été établi par eux, il n'y aurait pas eu tant de disputes, tant de sectes, et les vrais iidèles auraient eu une règle à opposer aux novateurs.

Le Christianisme, à son berceau , ne fut signalé que par des disputes théologiques, en opposition les unes avec les autres, malgré la simplicité et le petit nombre de ses dogmes (Voyez les Actes des Apôtres et St. Paul, ad Coloss., ch. II, v. 4 , 8 ; Timoth I, ch. I, v. 4 et suivans; idem, Timoth. II, ch. II, 16, etc. etc.)

Jésus n'a rien écrit, on ignore pourquoi. Sa morale se trouve dans le Nouveau Testament qu'on dit écrite par ses Disciples. Les Chrétiens éclairés regretteront toujours le peu de lumières que leur culte présente précisément, lorsque le besoin s'en fait le plus sentir. Toutes ces incertitudes malheureusement firent placer la religion chrétienne dans le même rang que les sectes philosophiques en vigueur à ces époques lointaines, et ces disputes, en fait de dogmes, leur paraissaient comme des thèses scolastiques, où on ne s'occupait, et avec un parfait accord, que des préceptes de Jésus, de l'adoration de Dieu, de l'amour du prochain et de la pratique de la plus parfaite charité.

Nous engageons nos Frères de se procurer les Considérations sur l'histoire des principaux Conciles, par le Frère de Potter. Ils seront surpris de voir que le Christianisme, jusqu'au 6 ème siècle, a été toujours en contradiction avec lui-même.

La grande renommée que Constantin s'est acquise avec le temps, ayant été classé entre les bienheureux, ne provient pas de la présidence dont il fut honoré au célèbre Concile de Nicée; mais il la doit à cette fameuse donation de Rome et de l'empire d'Occident, que les Apostoliques soutiennent qu'il fit à Silvestre, Grand-Pontife des Chrétiens d'Occident à Rome.

Observons simplement que si cette donation avait existé dans le fait, les Papes n'auraient pas manqué de la mettre en avant lors des contestations qu'ils eurent à soutenir avec les Empereurs d'Orient, et en particulier avec Léon l'Isaurien, dont l'escadre envoyée pour réduire le Pape et Ravenne, fut engloutie par une tempête dans l'Adriatique ; ce qui est une preuve évidente que cette donation fut forgée par les dispensateurs des grâces divines.

Cette donation est d'un style pitoyable et démontre la maladresse de ses auteurs qui ignoraient entièrement l'histoire des siècles qui les précédèrent. Tout le monde sait que Constantin ne se fit Chrétien que quelques instans avant sa mort ; néanmoins dans cette donation, il se place sur le trône de Dieu, qui doit juger les vivans et les morts, condamne d'avance aux Diables et aux enfers tout homme qui oserait l'enfreindre.

« Nous ordonnons que cette donation demeure ferme jusqu'à la fin du monde ; et si quelqu'un désobéit à notre décret, nous voulons qu'il soit éternellement damné, et que les Apôtres Pierre et Paul lui soient contraires dans cette vie et dans l'autre, et qu'il soit plongé au plus profond de l'Enfer avec le Diable. Donné sous le consulat de Constantin et de Gallienus ».

A ces époques, toujours obscures dans l'histoire, trois dogmes s'établirent chez les Chrétiens :

1.° Celui des images;

2.° des prières pour les morts;

3.° des reliques.

Les Chrétiens, au temps des Apôtres, ne connaissaient ni temples ni simulacres d'aucune espèce; ils regardaient comme une folie le culte et les prières que les Payens adressaient à des choses inanimées.

Les Chrétiens ayant corrompu leur première doctrine, eurent la fureur des reliques, fureur qui dure encore aujourd'hui ; elle augmenta leur vénération pour ceux qui les possédaient et qui les accréditaient par des patentes. Par la suite , ils crurent qu'on pouvait participer aux indulgences chrétiennes, même après la mort. On a baptisé et communié des morts ; le dogme des images et celui des morts et des reliques se tenaient ensemble.

Léon, l'Isaurien, regardait les images comme des objets d'idolâtrie, et lança en 716 un décret contre leurs adorateurs. Les Iconoclastes triomphèrent en Orient. Grégoire II, Pape de Rome, sujet de l'Empereur, se refusa aux décrétales, et saisit cette occasion pour ordonner aux Romains de ne plus reconnaître dorénavant l'Empereur grec pour souverain et de lui refuser les tributs ordinaires. Il se ligua contre lui avec les Lombards. Les peuples d'Orient payèrent bientôt le refus du Pape aux ordres de l'Empereur. Tous les adorateurs des images furent recherchés avec soin et périrent dans les supplices.

Les Papes, plus avides de pouvoir après qu'ils se furent émancipés des Empereurs grecs, cherchèrent à empiéter sur le royaume des Lombards ; dans cette vue, ils se brouillèrent avec leurs alliés, recoururent aux Empereurs grecs qu'ils avaient méprisés, et contre lesquels ils s'étaient révoltés pour se délivrer des Princes lombards qu'ils craignaient.

Les Empereurs grecs, occupés de désastres privés, ne pouvaient pas accéder à ces demandes. Alors, Etienne II, Pape, s'adressa à Pépin qui fonda la légitimité papale aux dépens des Empereurs d'Orient.

Léon III, pour consolider son pouvoir, éleva à la plus haute dignité qu'on pouvait alors connaître, Charlemagne, qui, de son côté, favorisa le suprême pouvoir de l'Evêque de Rome ; ce qui fit que les Rois Francs conservèrent une certaine autorité et pouvoir près du Saint- Siège ; car, en 855, Louis-le-Pieux a pu juger dans Rome même un magistrat accusé d'intelligence avec le gouvernement grec au préjudice des Francs.

Par les intrigues des Pontifes de Rome, leur autorité profane se consolidait sur les débris du trône des Empereurs d'Orient.

Déjà, à ces époques lointaines, les prêtres de Rome, imbus des fatales doctrines que l'on rencontre à chaque pas dans la Bible, ont cru ou ont voulu se persuader que les Papes, qui représentent les Grands-Sacrificateurs juifs, ne devaient pas régner et dominer seulement sur les opinions de leurs croyans, mais qu'ils devaient disposer absolument des biens et des Royaumes de toute la terre.

Grégoire VII, s'appuyant sur ces maximes subversives de toute société, de toute autorité civile et politique, s'était arrogé le droit de disposer de toutes les couronnes des Princes chrétiens, et de déposer les Souverains selon son bon plaisir. Voici les termes précis de l'excommunication qu'il publia contre Henri II, Empereur :

« Je défends à Henri, fils de l'Empereur Henri, de gouverner le Royaume Teutonique et l'Italie. J'absous tous ses sujets du serment de fidélité. Je défends à toute personne de le servir comme Roi, et je charge Henri d'anathème».

Henri, pour empêcher la rébellion dans ses Etats et la guerre civile dont il était menacé, fut obligé de se soumettre au Pape.

Après ce Pape, voici comme s'explique le Concile de Florence, tenu en 1436 :

« Le Pape est au-dessus des Conciles et des Rois ; il a le pouvoir de déposer ces derniers, qui sont dans l'obligation de baiser ses pieds, et de ne baiser que les siens. Il est le juge en dernier ressort de tout le monde, et personne ne le peut juger. Il est infailliblement saint par les mérites de St Pierre; ceux qu'il a excommuniés n'ont plus rien à attendre de personne, l'autorité pontificale obligeant strictement tous les fidèles à violer le serment fait en leur faveur, et même à se soulever ouvertement contre eux ».

La Cour de Rome soudoie encore de nos jours des écrivains pour entretenir les ignorans et les faibles dans ces maximes subversives de tout ordre. Voici comme s'explique Lalande (qu'on ne doit pas confondre avec le célèbre astronome) sur l'obligation des Rois de baiser les pieds aux Papes; le paragraphe suivant est tiré de son ouvrage qui a pour titre Voyage en Italie :

« Cet acte est l'empreinte de la royauté et de la divinité à la fois. D'ailleurs l'usage de baiser les pieds au Pape était une suite naturelle de son exaltation au-dessus de toute autre puissance. Constantin baisa les pieds à Silvestre; Justin I er au Pape Constantin ; Charles V à Clément et à Paul III ; le Roi de Naples à Benoit XIV ; et une infinité de Monarques ont fait de même dans tous les siècles ».

L'histoire ecclésiastique fourmille de ces exemples où l'on voit toujours l'abus du pouvoir des Papes et de son clergé, qui est sans cesse aux prises avec l'autorité légitime des Souverains, et qui débite que Dieu dispose des biens et des couronnes de la terre, et que les Papes en sont les seuls dispensateurs.

L'Empereur Héraclius (d'après St Théophane , Cron. pag. 275), voyant son Empire déchiré par des sectes chrétiennes qui se disputaient après six siècles sur la nature de Jésus, ordonna de ne plus parler désormais ni des deux natures de Jésus , ni de sa volonté une ou double.

Les schismes des Eglises grecque et latine, leurs idées flottantes sur la divinité et sur les deux natures de Jésus, ces querelles de grand intérêt sur la soumission que le Clergé romain réclamait des Chrétiens, firent naître de toutes parts des sectes audacieuses, qui conservèrent dans leurs doctrines les dogmes et idées des Esséniens, des Gnosticiens et des Manichéens.

Dans ces circonstances, les thèses sur les mystères de la Trinité enflammèrent tous les esprits des deux Eglises du 4.e au 13.e siècle. Toutes ces disputes et toutes ces stériles recherches amenèrent la doctrine de l'unité de Dieu. Mais la puissance papale et le monachisme ayant prévalu, les unitaires furent persécutés, dépouillés de leurs biens, brûlés pour l'amour de la Trinité et l'édification des fidèles.

D'autre part, en Egypte, en Syrie et en Arabie, pendant que les Juifs s'occupaient à refondre leurs lois, attribuées à Moïse et à Salomon, une grande révolution religionnaire se préparait dans l'Arabie, où les Sabéens étaient très-répandus, et qu'on appelait les Chrétiens de S.t Jean. Cette religion était formée des débris religieux des Juifs et des Chrétiens.

33ème partie

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 00:17

 

 

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Les premières loges de Palestine

et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne

 

par Léon Zeldis

Ancien Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du REAA de l'Etat d'Israël


La Loge Palestine N° 157 fut fondée à Jaffa en 1910. Son premier Maître était un juif, Simon Moyal, et le deuxième un arabe, Abdallah Samari. On peut à nouveau se rendre compte des relations fraternelles existant alors entre les communautés dans le milieu de la Franc-maçonnerie. En 1928 les frères décidèrent de transférer leur allégeance de la Grande Loge Nationale d'Egypte à une autre Grande Loge rivale qui avait de bonnes relations avec la famille royale. Ces relations donnèrent du prestige à la loge, qui changea son nom en Loge Prince, recevant le numéro 286. Néanmoins, la loge ne survécut pas longtemps, et quand la Grande Loge de Palestine fut fondée en 1933, elle n'existait déjà plus.  

La Loge Jérusalem N° 262 fut établie dans la Ville Sainte en octobre 1924, et travaillait en français. Les membres comprenaient autant de Juifs que d’Arabes. Le premier Vénérable était juif, Samuel Hashimshony, qui contribua à l'établissement de plusieurs autres loges.* Hashimshony était l'agent local d'un grand bijoutier égyptien et ses affaires le conduisaient souvent au Caire, où il reçut tous les grades du REAA jusqu’au 33ème.  La Loge Jérusalem fut la première établie en Palestine par la Grande Loge Nationale d'Egypte après la première Guerre Mondiale. En 1936 la loge fusionna avec la Loge Pax pour finalement fermer ensemble. Parmi ses membres on doit signaler spécialement Choukry Houry, le deuxième Vénérable, et les frères Asher Koch, Mordechai Caspi et David Yellin, tous les quatre devenus Grand Maîtres.

* - Loge Saïd N°264,  Loge Har Zion N°279, Loge Reuven N°288 et Loge Har-Sinaï N°293.

La Loge El-Dugha  (“L'Aurore” ou “L'étoile du Matin”) N° 263 fut fondée à Jaffa en 1926, pour travailler en arabe. Certains frères de cette loge fondérent en 1928 la Logia Moriah de  Tel Aviv, qui existe encore aujourd'hui, N° 3 sous la Grande Loge de l'Etat d'Israël.

La Loge Said N° 264 fut fondée aux environs de 1926, mais nous n'avons pas d'autres renseignements à propos d'elle. La Loge Har-Zion (Mont Sion) N° 270 fut fondée à Jérusalem le 5 mars 1927. C’était la première loge parlant hébreu à Jérusalem, alors que sa langue officielle était l'anglais. Le changement de langue de travail déplut aux autorités du Caire, provoquant un vif échange de lettres. La plupart des frères qui fondèrent la Loge Rashbi en 1933 venaient de cette loge.* Parmi eux on peut signaler Raphaël Aboulafia, qui s'affilia à la loge dès son installation à Jérusalem. Aboulafia fut plusieurs années Vénérable de la Loge Hiram à Tel Aviv; il servit comme Grand Secrétaire de la Grande Loge Nationale de Palestine et fut aussi imprimeur éditeur du Haboneh Hahofshi, le journal officiel de la Grande Loge. En 1970 il fut élu Grand Maître de la Grande Loge de l'Etat d'Israël et tout suite après son installation donna le permis pour fonder la Loge La Fraternidad N° 62 de Tel Aviv, la première hispanophone en Israël.

* - Fondé à Jérusalem 16 janvier 1933 sous la Grande Loge Nationale de Palestine, pour travailler en hébreu,  et recevant le N°8.

La Loge Moriah N° 283 fut fondée à Tel Aviv le 20 juillet 1927, pour travailler en hébreu. Elle avait une composition mixte Arabes et Juifs. Le premier Vénérable était  le Dr. Abraham Abouchedid. Parmi ses membres on peut signaler S.A.R. le Prince Kadjar Salar ed-Dowleh de Perse, alors résident à Haifa, et Choukri Khouri de Jaffa.

La Loge Reuben N° 288 fut fondée à Haifa le 4 décembre 1927, pour travailler en hébreu. Le premier Vénérable fut Shabtai Levy, maire de Haifa (et plus tard Grand Maître), qui donna son nom à la loge pour honorer la mémoire de son beau-frère Reuben Israeli, mort très jeune.

La Loge El Halil (Le Patriarche Abraham) N° 289 fut fondée à Jérusalem en 1928, pour travailler en arabe. La loge ne rejoignit pas la Grande Loge de Palestine et disparut un peu plus tard.

La Loge Pax N° 291, fut fondée à Jérusalem en 1928 pour travailler en anglais. Le premier Vénérable fut Asher Koch. Parmi ses fondateurs on trouve le premier maire juif de Jérusalem, Daniel Oster. La majorité des frères étaient professeurs, Juifs et Arabes. En 1929 ils établirent une Loge d'instruction sous le nom Pythagore. La loge déclinant, s’unit à la Loge Jérusalem, mais les conflits réligieux et politiques en Terre Sainte la perturbèrent, et elle fut contrainte d'abattre ses colonnes.

Une patente constitutive du 15 janvier 1929 autorisait la création de la Loge Mont Sinai N° 293, pour travailler à Jérusalem en anglais. La loge fut officiellement consacrée le 25 janvier 1929. Elle était mixte, avec frères Arabes et Juifs, et en 1933 elle devint une des fondatrices de la Grande Loge Nationale de Palestine. Après un certain temps, elle passa sous la juridiction de la Grande Loge d'Ecosse, changeant son nom en Loge Mizpah (La tour de guet) N° 1383. Lors de la création de la Grande Loge de l'Etat d'Israël elle portait toujours son nom et reçut le numéro 6.

La Loge Hiram fut fondée en 1929 à Tel Aviv, et travaillait en hébreu. Son premier Vénérable était Nathan Inbar. Un des premiers initiés dans la loge était le Juge Joseph Michael Lamm, qui fut élu en 1964-65 Grand Maître de la Grande Loge de l'Etat d'Israël, et plus tard Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais Ancien et Accepté en 1971.*

* - Haboneh Hahofshi, septembre 1971, p. 148.

La Loge Roi Salomon N° 298 fut fondée à Jaffa-Tel Aviv en 1932. Nous n'avons pas d’information sur cette loge, qui probablement avait disparu lors de la fondation de la Grande Loge de l'Etat d'Israël.

Les relations sereines entre les diverses commnautés de Palestine sous le gouvernement turc furent bouleversées par la Grande Guerre. Le démantèlement de l'Empire Ottoman entraîna la création de diverses nations dans le Proche-Orient, et un partage des "zones d'influence" entre les puissances victorieuses, l’Angleterre et la France.  

La Palestine, à cette époque comprenait des territoires des deux côtés du Jourdain, rassemblant Israël, la Jordanie et l’Autorité Palestinienne d'aujourd'hui, placés sous contrôle de la Grande Bretagne, qui avait reçu mandat de la Société des Nations en 1922 pour gouverner le pays.

Les loges durent suspendre leurs travaux pendant la guerre, car un grand nombre de frères avaient été exilés par le Gouvernement Ottoman, qui craignait une coopération avec les forces britanniques. Après la guerre, et aussitôt ses portes réouvertes, la loge Barkai dut les fermer à nouveau à la suite du massacre de 47 Juifs à Jaffa le 1er mai 1921. La loge reprit ses travaux en janvier 1925 dans un autre local, à Tel Aviv. La plupart des frères arabes l’avaient quittée pour rejoindre une des loges sous la juridiction de la Grande Loge Nationale d'Egypte. Les violentes émeutes qui continuèrent par intermittence jusqu'au début de la Deuxième Guerre Mondiale perturbèrent sans doute les relations entre les loges de différentes juridictions, sans pourtant les interrompre totalement. Il faut rappeler que les loges sous juridiction égyptienne comportaient aussi un grand nombre de juifs.

 Au cours de l'année 1932, comme nous l’avons signalé, la Maçonnerie égyptienne subit une grave crise qui entraîna l’apparition de deux grandes loges concurrentes. Les loges en Palestine sous juridiction égyptienne, opéraient alors au sein d'un organisme administratif, le Comité Permanent, dirigé par le prince perse Salar Ed Dowlah Gadjar nommé par les autorités du Caire. Le prince habitait à Haifa en attendant que son frère récupérât son trône.

Le Comité Permanent aurait du fonctionner comme une Grande Loge Provinciale, mais le prince agissait de façon arbitraire, donnant des ordres sans consulter les frères locaux, qui se sentaient humiliés et tentaient de se libérer de son pouvoir. Une série de réunions de Vénérables des loges locales eut lieu au début 1928, et, tenant compte de la situation en Egypte, ils prirent la décision de se rendre indépendants en créant une Grande Loge. Le 12 mai 1932, sept des onze loges travaillant sous la juridiction égyptienne s’unirent, renvoyant leurs patentes et devenant de-facto la Grande Loge Nationale de Palestine. Trois des loges égyptiennes, El Dugha N° 263 de Jaffa, Nur el Hakmah N° 125 de Jérusalem et El Halil N° 289 de Jérusalem refusèrent de rejoindre la nouvelle Grande Loge, tandis que la Loge Reuven N° 288 de Haifa décida de rejoindre la juridiction écossaise, recevant le numéro 1376.

Une pétition fut envoyée à la Grande Loge du Caire pour consacrer la nouvelle Grande Loge et cette demande fut acceptée par les autorités égyptiennes. Bien que la majorité des frères en Palestine soient juifs, le caractère non sectaire de la maçonnerie locale est démontré par le fait qu'en tête de la délégation venue d'Egypte le 8 janvier 1933 se trouvait Fuad Bey Hussein, Grand Maître Passé de la Grande Loge d'Egypte, Procureur Général de la Cour Mixte d’Appel d'Alexandrie, accompagné par le Juif Albert Mizrahi, et Seddik Bey, Directeur Général de la Municipalité d'Alexandrie, qui servit comme Grand Chapelain Installateur.* Hassan Shoukry Khoury, promoteur de Jaffa (1877-1932) avait été élu premier Grand Maître mais il décéda avant d'être installé, et Marc Gorodisky, un avocat de Tel Aviv, fut élu à sa place. Neanmoins, pour honorer la mémoire de Shoukry Khoury, il fut cité dans le registre de la Grande Loge comme étant le premier Grand Maître et Gorodisky le second.  

* - Haboneh Hahofshi,  N°2, février 1933, p. 6.

La cérémonie de consécration fut conduite au siège du Young Men's Christian Association à Jérusalem, proche du mur de la Vieille Ville, le lundi 9 janvier 1933. Quelques jours après sa fondation, la Grande Loge autorisa la création de nouvelles loges à Jérusalem, Tibériade et Jaffa. Peu de temps après, la loge Nur el Hakmah décida elle aussi de rejoindre la Grande Loge, recevant le numéro 11, et quelques mois après la Loge El Shams N° 12 fut établie dans la ville arabe Ramallah. Moins d'un an après sa fondation, la Grande Loge Nationale de Palestine créa la Loge Kureish (Cyrus) N° 14 à Rabat Amon, aujourd’hui Amman, capitale de la Jordanie.

 Les loges anglophones, fondées avec patentes d'Angleterre et d'Ecosse, refusèrent de rejoindre la nouvelle Grande Loge et continuèrent de fonctionner dans les juridictions originales, tandis que les loges allemandes travaillaient dans le cadre de la Grande Loge Symbolique d'Allemagne en Exil, la maçonnerie ayant été supprimée dans l'Allemagne nazie.

En dépit des relations tendues entre les populations arabes et juives, la Grande Loge Nationale de Palestine faisait des efforts incessants pour attirer des candidats de toutes les communautés : Juifs, Arabes chrétiens, musulmans, Arméniens, Druses. Ainsi, plusieurs loges composées presque exclusivement d’Arabes furent établies.

La Loge Galilée de Nazareth mérite une mention spéciale. Cette loge reçut le numéro 31 lors de la création de la Grande Loge de l'Etat d'Israël en 1953. Fondée en 1950, elle travaille en arabe, avec des membres musulmans et chrétiens dans toute leur diversité, reflétant l'importance de cette ville pour la Chrétienté. La loge resta en sommeil quelques années et fut ouverte à nouveau en 2002 avec Samir Farran comme Vénérable Maître. En 1953 la maçonnerie israélienne fut réunie avec la création de la Grande Loge de l'Etat d'Israël. Des loges arabes additionelles furent établies au cours des années. La Loge Acco en Acre, forteresse des Croisades, la Loge Hidar à  Kfar Yassif, ville Druse près de Haifa, et la Loge Al-Salaam (La Paix) de Jaffa-Tel Aviv. Les loges Hidar et Acco sont encore actives.

La Loge Ha-Lapid (Le Flambeau) fut fondée à Jérusalem en 1974, c'est-à-dire, juste un an après la Guerre de Yom Kippur. Elle travaille en arabe et les membres sont musulmans, chrétiens et juifs. Le premier Maître fut David Greenberg, un Juif.

Une deuxième loge arabe fut fondée à Nazareth en 1983 : La Loge Nazareth, comprenant des membres musulmans et chrétiens.

 La Loge Na'aman N° 61, loge mixte associant des arabes et des juifs, travaillant en hébreu, fut fondée à Haifa en 1958. Haifa avait toujours eu une composition ethnique mixte. Parmi les 32 Vénérables Maîtres entre 1968 et 2003, plus de la moitié, 19, étaient arabes.

Afin de souligner le caractère non sectaire de la Franc-maçonnerie israélienne, le sceau de la Grande Loge présente au centre, entre l'équerre et le compas, la Croix chrétienne, le Croissant musulman et le Sceau de Salomon (ou Maguen David). Sur l'autel des loges israéliennes se trouvent trois Volumes de la Loi : la Bible, le Tanakh hébreu et le Coran. Trois Porteurs des livres sacrés avec le même grade maçonnique les portent à l'ouverture des travaux de la Grande Loge. Il y a aussi trois Grands Chapelains, un pour chaque religion monothéiste.

Les Officiers de la Grande Loge ont toujours inclus autant d’Arabes que de Juifs. Un avocat arabe de Haifa, Jamil Shalhoub, fut élu Grand Maître de la Grande Loge de l'Etat d'Israël en 1981 et en 1982 il fut élu pour une deuxième année.

J’appartiens à la loge, La Fraternidad N° 62 de Tel Aviv, première loge hispanophone d'Israël, fondée en 1970. Elle a pour tradition d'organiser chaque année un "week-end fraternel" dans un hôtel touristique, où les frères et leurs familles se réunissent pour trois jours de détente. Le programme inclut un colloque d’une matinée consacré à des sujets maçonniques et questions diverses, avec la participation active des dames. Nous visitons également les lieux touristiques voisins et, bien sùr, la bonne table n'est pas ignorée.

En 1993 nous réalisâmes le week-end fraternel à Nazareth, et pour le banquet qui marque la fin de l'événement, notre frère, le Dr. Juan Goldwaser eut une inspiration. Pourquoi ne pas inviter les frères de la loge locale, Loge Nazareth, à nous rejoindre? Aussitôt dit aussitôt fait. Une vingtaine de frères sont venus, quelques-uns avec leur femmes, portant d’énormes plateaux de gâteaux arabes. Ce fut une réussite qui inaugurait une série de nombreuses rencontres. Le Dr. Goldwaser invita chez lui un grand nombre de frères de Nazareth avec toute la loge La Fraternidad. Les frères arabes répondirent en ouvrant les portes de leurs maisons, et suivirent réunions, pique-niques, et des amitiés personnelles se développèrent entre les frères des deux loges et cela à une époque où le pays connaissait une situation permanente de tension et de terreur.

En 1995, le Dr. Eduardo Vaccaro, Grand Maître de la Grande Loge d'Argentine, et Gabriel Jesús Marín, Souverain Grand Commandeur, décidérent de créer une Academie Maçonnique de la Paix, dans le but de récompenser par un prix les personnes et les organisations qui oeuvraient pour la cause de la paix et la tolérance.  On m'avait demandé de soumettre des candidats pour ce prix, et j’ai proposé deux noms : le Dr. Juan Goldwaser, pour son action dans le rapprochement des loges La Fraternidad et Nazareth, et Joseph E. Salem, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil d'Israël, né en Iraq, qui parle l'arabe et s’efforce toujours pour renforcer les liens fraternels entre tous les maçons. Mes deux propositions furent acceptées. Goldwaser se rendit à Buenos Aires, mais pas Jospeh Salem pour raisons de santé.

La fois suivante, on me demanda à nouveau de soumettre des noms pour le Prix Maçonnique de la Paix. Cette fois je proposai deux frères arabes : Samir Victor Farran, de Nazareth, et Elias Mansour de Haifa. Farran était un des fondateurs de la Loge Nazareth et fut le Vénérable de la Loge Galilee 31. Il s’était illustré par son appui enthousiaste à des relations fraternelles entre tous, sans distinction de foi ou nationalité. Mansour, pour sa part, était un pilier de la famille maçonnique de Haifa, et toute sa vie il fut un exemple de tolérance et bienveillance. Mes propositions furent à nouveau retenues.

Malheureusement, cette merveilleuse initiative de la Maçonnerie argentine ne dura pas. Les prix de la Paix de 1997 furent les derniers.

L'an 2003, en pleine Intifada palestinienne, Juan Goldwaser et moi même fûmes reconnus par la Loge Galilee avec le titre de Vénérable Maître d'Honneur ad-Vitam de la loge, qui organisa une cérémonie spéciale à cet effet. Et cette année – 2005 - la Loge La Fraternidad honora le frère Samir Farran avec le même titre, bouclant ainsi le cercle de fraternité entre les deux loges, une arabe et l'autre juive.

Ce témoignage me paraît important et plus de nos jours qu’autrefois. Aujourd'hui, quand des forces d'intolérance et de fanatisme menacent les fondaments même de notre civilisation libre et démocratique, il est impératif de réfléchir à nouveau aux valeurs de la maçonnerie, la tolérance et la morale, et sur la contribution que cette Franc-maçonnerie est capable d’apporter dans la construction d'une société plus tolérante, plus libre et plus humaine, et cela même dans des circonstances les plus décourageantes.

FIN

Léon Zeldis, « Les premières loges de Palestine et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne », Cahiers de la Méditerranée, vol. 72, La Franc-Maçonnerie en Méditerranée (XVIIIe - XXe siècle), 2006, [En ligne], mis en ligne le 17 septembre 2007. URL : http://cdlm.revues.org/document1173.html. Consulté le 15 février 2008.

Sources CDLM REVUES

Posté par Adriana Evangelizt

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 23:59

 Voilà donc l'article où M. Léon Zeldis raconte la saga des loges en Palestine, à sa façon, bien évidemment et en passant sous silence quelquefois l'essentiel. Ainsi lorsqu'il dit que les loges israéliennes comptent autant de juifs que d'arabes, on sourit doucement ou amèrement, c'est selon. En tout cas, il passe sous silence toutes les loges juives sionistes sur le sol américain qui se comptaient par centaine en 1899-1900 et dont tous les noms sont en rapport avec la Palestine.

Le texte étant très long nous l'avons coupé en deux parties et mis les notes accompagnées d'* en dessous des paragraphes correspondants pour faciliter la lecture.

 

1

Les premières loges de Palestine

et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne

 

par Léon Zeldis

Ancien Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du REAA de l'Etat d'Israël

 

Dans une région frappée par la guerre et le terrorisme, profondément divisée politiquement et religieusement, les loges maçonniques constituent un oasis de paix et de tolérance, où les hommes de bonne volonté transcendent leur différences pour joindre leur mains et leur esprits, liés par leur aspiration commune de créer un monde meilleur, de s’améliorer eux-mêmes et de contribuer à la construction d'une société plus rationnelle, fondée sur les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.  

La Franc-maçonnerie en Terre Sainte, son dévelopement et ses relations avec les pays voisins réprésente un exemple brillant de la puissance des valeurs maçonniques et de leur capacité à surmonter les différences notées plus haut.

L’origine et le développement original des loges maçonniques en Palestine était intimement lié à la Franc-maçonnerie égyptienne ce qui était tout à fait naturel, puisque les deux formaient une part de l'Empire Ottoman jusqu’à la fin de la première Guerre Mondiale (1919). Cette communication tente de décrire les loges de Terre Sainte et leurs relations avec celles de l'Egypte, qui n'étaient pas forcément plus anciennes, mais plus nombreuses et mieux organisées.

Il n’existait pas de loges en Egypte quand Napoléon envahit la terre du Nil. L'appartenance de Napoléon à la maçonnerie est une question non tranchée, bien que quelques preuves disponibles tendent à donner une réponse positive. Ce qui est sûr, c’est que plusieurs de ses parents, de même que ses officiers d’armée, étaient maçons, y compris le Général Kléber, qui fut Gouverneur d'Egypte lorsque Napoléon retourna à Paris. A cette époque une loge Isis fut fondée à Alexandrie, avec Kléber comme Vénérable Maître. Toutefois, après son assassinat, la loge avait disparu. *

* André Combes, « Le rite de Memphis au XIXème siècle », in Symboles, signes, langages sacrés, pour une sémiologie de la Franc-maçonnerie, Actes de colloque franco-italien, Pise, Edizioni ETC, 1995.

Alexandrie était alors, comme durant toute son histoire, une ville cosmopolite, polyglote, et on peut juger de son caractère progressiste par le fait que la première projection cinématographique en Egypte (et probablement dans le Moyen-Orient tout entier) eut lieu dans cette ville en novembre 1896, à peine un an après la première mondiale présentée en France par les frères Lumière.* Plusieurs maçons italiens d’Alexandrie créent en 1830 une loge Carbonari  travaillant le Rite Ecossais.** Quelques années plus tard, en 1838, la Loge Memphis fut établie au Caire sous patente du Grand Orient de France.*** Une autre loge établie à Alexandrie en 1845, dépendante aussi du Grand Orient de France, s'appelait La Loge des Pyramides. L'auteur maçonnique américain Robert Morris visita cette loge en 1868 au cours de son voyage en Terre Sainte, et il signala qu'elle travaillait alternativement en français et en arabe, mais les rituels étaient imprimées en français.**** Le célèbre homme politique arabe Abd-el-Kader fut initié dans cette loge en Juin 1864.*****

* Sandro Manzoni, « Alexandrie, passerelle entre l’Orient et l’Occident », Los Muestros, Bruxelles, N°58, mars 2005. 
** - F.D. Stevenson, « Freemasonry  in Egypt –Part 1 »,
Ars Quator Coronatorum, Vol.81, 1968, p.210 

*** Nahdat Fathi Safwat, Freemasonry in the Arab World,  Arab  Research centre, ISBN 09097233031.

****  - Robert Morris, Freemasonry in the Holy Land,  Masonic Publishing Co., New York 1872, p.219.

*****  - Abd-el-Kader avait lutté contre les forces françaises en Algérie mais, après avoir été envoyé en exil à Damas, il donna refuge et sauva des centaines de familles chrétiennes au cours des émeutes de Damas. Cf. Stevenson, op.cit.

De nombreux ateliers furent établis au Caire, Alexandrie, Suez, Port-Said et Ismaïlia dans les années suivantes. En 1876, sur les instances de Salvatore Zola, le Grand Orient d'Italie autorisa la création du Grand Orient de l'Egypte, pour travailler les hauts grades du Rite Ecossais Ancient et Accepté, aussi que la fondation d'une Grande Loge d'Egypte pour les grades symboliques.

Un Grand Orient d'Egypte du Rite de Memphis fut fondé en 1867*, dirigé par le Marquis de Beauregard ; lui succéda le Prince Halim Pasha, fils de Mehmet Ali, Vice-roi d'Egypte, considéré comme le vrai fondateur de l'Egypte moderne. Halim Pasha succéda à son père à la tête du pays.

*- Stevenson fixe la date à 1876, confirmant une charte provisoire datée du 4 septembre 1864.

Le 21 mars 1873 les différentes loges fonctionnant en Egypte s'unissaient à  Alexandrie pour former la Grande Loge Nationale d'Egypte et le 5 mars 1878 son siège fut transféré au Caire mettant fin à l'état d'anarchie existant dans la maçonnerie égyptienne. Tawfiq Pasha, alors Khedive (Vice-roi) fut élu Grand Maître en 1881, et un grand nombre de personnalités égyptiennes, tels que Jamal ed'din al-Afhani, le grand érudit islamique et réformateur, rejoignirent les ateliers maçonniques, qui se sont multipliés au point qu'on en comptait plus de 500, "travaillant en anglais, français, grec, hébreu et italien, en plus de l'arabe."  *Al-Afghani et son disciple Mohammed Abdou s’adressèrent à leurs camarades dans les cercles libéraux de l'Egypte comme “'ikhawan al saffa wa khullan al wafd” (sincères fréres et fidèles compagnons).**

*  - Stevenson, ibid.

**  - Karim Wissa, article sur la Maçonnerie égyptienne, cité par Samir Raafat, « Freemasonry in Egypt is it still around ? », Insight Magazine, 1er mars 1999.  www.egy.com/community/99-03-01.shml.

On peut se rendre compte de la renommée de la Maçonnerie en ce temps-là par l’intérêt pour l'ouvrage Histoire Générale de la Franc-maçonnerie, du célèbre historien George Saidan, auteur d'une Histoire de l'Empire Ottoman réimprimée et vendu encore aujourd'hui. Saidan, maçon, publia son histoire de 256 pages chez les éditeurs "Al-Majrusa" du Caire en 1889. Le volume avait été épuisé longtemps mais il fut réédité en 2004.*

Un autre membre de la famille royale égyptienne, le Prince Muhammad Ali, en 1922 succéda à Idris Bey Raghib en tête de la Grande Loge Nationale d'Egypte, mais Idris Bey et quelques uns de ses partisans n'acceptèrent pas la décision de la Grande Loge et ils fondèrent une autre Grande Loge concurrente. Le conflit entre les deux puissances maçonniques aboutit au retrait de leur reconnaissance par les Grandes Loges d'Angleterre et d'Ecosse. Finalement, une solution fut trouvé sous l'égide du Grand Orient de France et une nouvelle Grande Loge Nationale d'Egypte fut fondé en 1932 avec Abdel Meguid Younis comme Grand Maître. En dépit de ses efforts pour rétablir l'ordre dans le monde maçonnique égyptien, plusieur loges irrégulières continuèrent à fonctionner et elles jetèrent le discrédit sur la Franc-maçonnerie par leurs actions.

En 1956, après la crise de Suez, le Président Gamal Abdel Nasser ordona la fermeture de toutes les loges maçonniques et la confiscation de leurs propriétés. La maçonnerie est encore interdite en Egypte aujourd'hui.

En Terre Sainte, la proximité de l'Egypte explique qu’une bonne part des premières loges avaient reçu leurs patentes de la Grande Loge Nationale d'Egypte, avant et après la première guerre mondiale. 

 Avant la guerre, la Palestine et l'Egypte appartenaient à l'Empire Ottoman, l'Egypte profitait d'un statut semi-autonome, tandis que la Palestine constituait une partie de la province Syrio-Palestinienne. Après la guerre, la Palestine fut placée sous mandat Britannique accordé par la Société des Nations.

En 1895 une loge Solomon (ou Suleiman) fut fondée à Jérusalem avec une patente de la Grande Loge Nationale d'Egypte. Malheureusement, nous n'avons aucun détail sur cette loge.

La première loge pour laquelle nous possédons des renseignements n'était pas sous juridiction égyptienne. La loge Royal Solomon Mother Lodge N° 292 fut établie en 1873 sous la juridiction de la Grande Loge du Canada, Province d'Ontario, pour travailler à Jérusalem et dans ses environs. Cette loge, créée grâce aux inlassables efforts de l'Américain Robert Morris,* constituait déjà un exemple de coopération multiraciale. Cinq des six fondateurs étaient chrétiens tandis que le sixième était juif. Le premier candidat initié dans la loge fut Moses Hornstein – un juif qui plus tard devint chrétien, probablement par l’intermédiaire du missionaire américain Dr. James Turner Barclay. Un autre maçon qui rejoignit la loge fut un Arabe chrétien d'origine libanais, Alexander Howard, de son véritable nom Iskander Awad.

* - L’historique détaillé de cette loge se trouve dans mon article « The first masonic lodge in the Holy Land », Ars Quator Coronatorum, Vol. 113 pour 2000 (publié en octobre 2001), pp.185-200.

Howard agissait comme l'agent local de Thomas Cook – fondateur de l'agence de tourisme anglaise – prennant en charge l’organisation des voyages au Proche Orient. Ce métier permit à Howard d’acquérir fortune et situation sociale. Il est devenu un des premiers entrepreneurs immobiliers de Jaffa au-delà du mur, bâtit un pâté de maisons dans une rue qui portait son nom. Aujourd’hui nommée Rue Raziel, on peut y voir encore la maison de Howard avec une frise sur la porte portant la devise "Shalom al Israel", c'est-à-dire "La paix soit sur Israel". Les historiens n'arrivent pas à comprendre pourquoi un Arabe avait mis à l'entrée de son logement une devise en hébreu. La maison servit de temple maçonnique et était aussi centre de réunion pour les immigrants juifs et autres qui arrivaient à la fin du XIXème siécle et au début du Xxème siècle. Encore plus surprenant – compte tenu de l'évolution ultérieure des relations entre les deux communautés – aux environs de 1890, la maison de ce maçon arabe devint la siège du Comité Central des Hovevei Zion (Les Amants de Sion), un mouvement pionnier de Sionistes russes qui promouvait l'immigration en Palestine.

Conjointement avec Rolla Floyd, un autre maçon américain membre de la loge, Howard établit le premier service de diligence entre Jaffa et Jérusalem ; il bâtit des hôtels à Jérusalem, Jaffa et Latrun, à mi-chemin entre les deux villes. Floyd succéda à Howard comme agent de Thomas Cook. Il est mentionné Vénérable Maître de la loge en 1884.*

* - Rev. Henry R. Coleman, Light from the East – Travels and Researches in Bible lands, Louisville, KY, 1884.

Un autre frère de la loge était Joseph Amzalak, membre d’une famille de riches juifs sépharades qui pendant ses pérégrinations après l'expulsion d'Espagne en 1492 avaient voyagés le long de la côte nord de l'Afrique pour arriver en Turquie. Puis, la famille s’était installée au Maroc pendant les XVI° et XVIII°siècles, revenant finalement dans la péninsule ibérique s'installer à Gibraltar.*  Joseph naquit là, mais en 1824 il résidait à Jérusalem, où il bâtit une maison dans l'enceinte de la ville près de la Porte de Jaffa, considérée à l’époque comme la plus belle de Jérusalem.**  La maison fut postérieurement  transformée en l'Hôtel Mediterranean, qui existe aujourd'hui, sous un autre nom. Le maçon Mark Twain et ses compagnons y résidèrent lorsqu’ils visitèrent Jérusalem en 1867.

*  - Joseph B. Glass & Ruth Kark, Sephardic Entrepreneurs in Eretz Istrael, The Amzalak Family 1816-1918, The Magnes Press, Jerusalem 1991, p. 52.

** - William Henry Bartlett, Walks about the City and Environs of Jerusalem, London 1884, p. 191.

La loge Royal Solomon eut une existence troublée. Le manque d'expérience en procédure et protocole maçonniques occassionna de fréquents écarts, et les rares contacts avec la Grande Loge de Canada se sont conjugués pour que la loge soit rayée de la liste de la Grande Loge.

Certains des frères, malgré tout, voulaient travailler d'une façon régulière ; ils décidèrent d'établir une autre loge, à Jaffa, où habitaient la plus part des frères. Ils soumirent une pétition à l'Ordre du Rite Oriental Misraim en Egypte et ils reçurent la patente en 1890 environ, pour la fondation de la Loge Le Port du Temple de Salomon. La loge acceptait des candidats de toutes religions, elle connut une période d'essor quand plusieurs ingénieurs français, maçons, venus pour construire le chemin-de-fer de Jaffa à Jerusalem, la rejoignirent.*  Toutefois, après leur départ, elle entra en déclin et disparut pratiquement.

*  - Quelques historiens ont affirmé à tord que la loge fut fondée par les ingénieurs français, mais un diplôme de la loge trouvé par Baruch Eldad est antérieur à leur arrivée.

Un groupe de frères, se réunirent en février de 1906 et décidèrent de fonder une nouvelle loge, choisissant le nom Barkai, ou L'Aurore en francais. Ce choix n’était pas un hasard,  L'Aurore était le nom du journal français qui avait publié le fameux "J’Accuse!" d'Emile Zola, dénonçant les irrégularités et l'anti-sémitisme de l'affaire Dreyfus, toujours présente dans la mémoire des frères.*

*  - Dreyfus avait été condamné  pour trahison en 1894. L’article de Zola dans le journal l’Aurore fut publié le 13 janvier 1898, et Dreyfus gracié en 1899. Cf. wikepedia.org/wiki/dreyfus-affair.

Un des frères de la loge, l'horloger Maurice Schönberg, avait installé l'horloge à quatre cadrans dans la tour de Jaffa véritable point de répère dans la ville. Schönberg visita souvent Paris pour ses affaires, où il prit contact avec le Grand Orient. Le 13 mars 1906 les membres de la nouvelle Loge Barkai adressèrent une pétition signée par douze frères. Le Vénérable proposé était Alexandre Fiani, un marchand chrétien né à Beyrouth, tandis que les autres étaient juifs, tels David Yudelovich journaliste et comptable, Marc Stein médecin né en Russie, et Yehuda Levy pharmacien né à Jaffa.*  La loge conduisait ses réunions à Jaffa, au numéro 1, rue Howard. La plupart des frères initiés dans la loge ne parlant pas le français, la langue des réunions et cérémonies était donc l'arabe, et seuls les rapports envoyées au Grand Orient étaient en français. Les rituels étaient des traductions en arabe, probablement imprimés en Egypte.**

*  - Yudelovich était un ami et assistant de Eliezer Ben Yehuda, le principal promoteur du renouvellement de l’hébreu comme langue usuelle. Ben Yehuda,  Yudelovich et David Yellin, un autre maçon, établissaient les équivalents en hébreu des termes de la vie moderne. Yudelovich était aussi éducateur et il géra la première école en hébreu à Rishon Le Zion, et ii fut l’auteur du premier ouvrage en hébreu sur la franc-maçonnerie, et du premier sur le journalisme hébreu.

** - André Combes,  op. cit., p. 34.

Le premier maçon qui s’affilia à la loge était un Arménien chrétien, César Araktingi, marchand, drogman et Vice-Consul de Grande Bretagne, né à Jaffa et initié le 18 octobre 1891. Son affiliation eut lieu le 13 mars 1906, c'est-à-dire, le même jour où les frères s’étaient réunis pour formuler leur pétition au Grand Orient. Araktingi remplaça bientôt Fiani comme Maître de la loge, et continua dans cette fonction jusqu'à 1929, c'est-à-dire, pendant 23 années !

Pendant les années d’avant-guerre (1914), la loge initia plus de 100 nouveaux membres. L'analyse de leur affiliation religieuse est incertaine, seuls leurs noms et, parfois, leurs métiers permettent d'avancer une hypothèse sur leur origine ethnique. Les loges israéliennes ne demandent pas la religion des candidats. Une estimation approximative donne un total de 82 frères arabes et turcs, pour la plupart musulmans, 29 juifs, 6 chrétiens arméniens et 6 étrangers, probablement chrétiens aussi. La loge comprenait beaucoup de personnalités, maires, gérants de banque, commandants de police, avocats, médecins, éducateurs et ingénieurs. Dans toutes les professions on trouvait des hommes de diverses religions et ethnicités.

Il est intéressant de noter la présence dans la loge de deux Consuls perses. On sait qu’en Iran la Maçonnerie était répandue avant la chute du Shah (1979), puis l'Ayatollah Khomeini a interdit l'Ordre. Une Grande Loge d'Iran en exil se trouve en Californie, et ses travaux se déroulent au Massachusetts. 

 La Grande Lodge Nationale d'Egypte établit treize loges en Palestine, ou quatorze, si on prend en compte la Loge Solomon mentionée plus haut.

La Loge Nur el Hachmat (Lumière de la Sagesse) N° 125 fut fondée en 1908 à Jérusalem. La loge travaillait en arabe ; elle avait cessé pendant la Première Guerre Mondiale, puis repris ses activités en 1924, mais elle ne rejoignit pas tout de suite la Grand Loge Nationale de Palestine quand celle-ci fut fondée en 1933. Au temps de la fondation de la Grande Loge de l'Etat d'Israël (1953) la loge n'existait pas.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 14:03

 Notre article présent sur de nombreux sites pour que Quillardet et ses semblables comprennent bien notre façon de voir...

 

 

Pas de devoir de mémoire et pas de repentance

 

 

par les Fils d'Abraham

 

 

La dernière invention de Sarkozy  : confier la mémoire d'un enfant victime de la shoah à un élève de CM2. Il ferait mieux de s'occuper de choses plus concrètes. Les dérives communautaristes de Nicolas Sarkozy commencent sérieusement à nous poser problème. Voire à nous énerver et à nous porter sur le système.Tout comme les diverses pressions exercées par l'organisation sioniste du Crif depuis quelques années. Pressions incessantes exercées sur le gouvernement français pour toujours quémander quelque chose "au nom de la mémoire". Quelle mémoire, ne pouvons-nous nous empêcher de demander quand on voit ce qui se perpètre en Palestine depuis justement la fin de la dernière guerre ? Où est-elle la mémoire des Crifiens qui soutiennent sans condition le gouvernement inique d'Israël ? Où est-elle ? Et où est leur morale pour ne pas dire leur moralité ? Il nous semble qu'ils sont bien mal placés pour imposer à nos enfants de France -quelle que soit leur nationalité et leur religion- quelque chose de mémoriel. Ces gens-là passent leur temps à vouloir criminaliser le monde entier et à faire culpabiliser tous les pays de la planète pour un drame qui s'est passé voilà bientôt 70 ans en oubliant copieusement qu'il n'y a pas que les juifs qui ont été victimes du nazisme. Il serait certainement plus porteur d'apprendre à notre jeunesse comment vivent les Gitans ou les Palestiniens. Les premiers ayant connu aussi les camps et vivant toujours comme des parias. Les seconds traités comme des sous-humains par les descendants de ceux-là même qui sortaient des mêmes camps. Où est la mémoire de ceux-là ? Que leur a-t-on appris ? La leçon a-t-elle été comprise ?

En tant que Juifs Français modernes, progressifs, libertaires, libres, libérés du sionisme et du joug de la religion, en tant qu'individus tournés vers l'avenir, nous refusons que ce devoir de mémoire soit imposé à nos enfants et s'il est imposé, nous donnerons l'ordre qu'ils transgressent ce diktat. Nous sommes certainement plus éclairés que les communautaristes pour savoir ce que nous avons à faire. Nous pensons, de surcroît, qu'ils n'ont pas à s'immiscer dans la scolarité des enfants de la République. C'est sans compter le ras-le-bol de ces éternelles récriminations. Il n'en ont jamais assez. La Shoah par ci, la mémoire par là. Un monument ou un mémorial. Un jour de souvenir en plus. On n'en finit pas. A force, cela devient vraiment lassant tant pour les non-juifs que pour les juifs comme nous. Qu'on nous foute la paix ! Oubliez-nous ! Oubliez les Juifs, par pitié. Vous nous faites honte. Et vous salissez la mémoire de ceux qui ne sont jamais revenus. Vous la salissez car, nul doute, que du haut de leur ciel, ils vous observent. Et ils voient tout ce que vous faites ou laissez faire en Palestine au nom de leur mémoire. Nous savons qu'ils ne sont pas fiers de vous. Ni de ce que vous avez fait d'eux. Et c'est parce qu'ils nous le disent que toutes vos initiatives sur le territoire de France nous dérangent. Parce que vous avez la sale manie de parler ou de penser au nom de tous les juifs. Nous vous disons "Ca suffit !" La coupe est pleine. Le vase déborde. Vous n'êtes pas représentatifs de l'esprit judéen et vous n'avez pas à parler à notre place.

Nous espérons donc fortement que tous les instituteurs monteront au créneau pour refuser ce passe-droit à une partie d'une communauté qui prend des initiatives au nom de tous ses membres sans les avoir consultés. Nous sommes contre le "devoir de mémoire" et contre la "repentance" dans la mesure où ceux qui les inspirent sont incapables de les appliquer. Sinon, il y a longtemps que la Palestine serait un Etat. Et non un monceau de cadavres.

Posté par Adriana Evangelizt

 
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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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