Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Texte libre

Archives

21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 20:22

Quand je pose mes yeux sur le monde et que je vois ce que les hommes en ont fait, je ne suis pas fière du tout d'appartenir à cette race qui ne respecte plus rien à 99,9 pour cent. Notre Mère la Terre est en train d'agoniser sous les coups de boutoir des faiseurs de politique qui l'éventrent pour lui voler ses richesses, la polluent ou l'empoisonnent avec des produits qui enrichissent ceux qui les fabriquent au détriment de l'Humanité entière. Les seuls peuples conscient de ce problème sont ceux que l'on nomme "primitifs" mais qui sont bien plus évolués que tous les occidentaux réunis. Au moins sont-ils restés dans le seul Enseignement dont nous n'aurions jamais du nous égarer si les religions et fausses croyances n'avaient pas lobotomisé l'esprit des humains jusqu'à leur faire oublier d'où ils viennent et qui ils sont vraiment. L'exemple type de peuples génocidés, pour leur voler la terre où ils sont nés, sont bien sûr les indiens...

Le vieux chef indien Lakota -- Luther Standing Bear.

C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement... Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le cœur de l'homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l'oubli du respect dû à ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l'homme. Pourtant, prenez garde, murmure-t-il de sa tombe : chaque fois que nous portons atteinte à la nature, nous nous amputons d'un morceau de notre propre chair. La terre n'appartient pas aux êtres humains, ces forêts, ces champs, cette vie et bien d'autres choses encore, ne sont pas nos propriétés.

Déclaration d'un chef indien en 1894


Dans le catalogue des idées reçues, on associe habituellement à la notion de société primitive le respect de l'environnement naturel. L'expression la plus émouvante de cet idéal fut peut-être donnée par le chef Seattle, en réponse au président Cleveland qui proposait, au nom des Etats-Unis d'Amérique, d'acheter les dernières terres du peuple indien en 1894 :

" Comment peut-on vendre ou acheter le ciel, la chaleur de la terre ? Cela nous semble étrange. Si la fraîcheur de l'air et le murmure de l'eau ne nous appartient pas, comment peut-on les vendre ? "

" Pour mon peuple, il n'y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacré. Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume légère, tout est saint aux yeux et dans la mémoire de ceux de mon peuple. La sève qui monte dans l'arbre porte en elle la mémoire des Peaux-Rouges. Les morts des Blancs oublient leur pays natal quand ils s'en vont dans les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre si belle, puisque c'est la mère du Peau-Rouge. Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs qui sentent si bon sont nos sœurs, les cerfs, les chevaux, les grands aigles sont nos frères ; les crêtes rocailleuses, l'humidité des Prairies, la chaleur du corps des poneys et l'homme appartiennent à la même famille. Ainsi, quand le grand chef blanc de Washington me fait dire qu'il veut acheter notre terre, il nous demande beaucoup... "

" Les rivières sont nos sœurs, elles étanchent notre soif ; ces rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler tout cela et apprendre à vos enfants que les rivières sont nos sœurs et les vôtres et que, par conséquent, vous devez les traiter avec le même amour que celui donné à vos frères. Nous savons bien que l'homme blanc ne comprend pas notre façon de voir. Un coin de terre, pour lui, en vaut un autre puisqu'il est un étranger qui arrive dans la nuit et tire de la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas sa sœur, mais son ennemie ; après tout cela, il s'en va. Il laisse la tombe de son père derrière lui et cela lui est égal ! En quelque sorte, il prive ses enfants de la terre et cela lui est égal. La tombe de son père et les droits de ses enfants sont oubliés. Il traite sa mère, la terre, et son père, le ciel, comme des choses qu'on peut acheter, piller et vendre comme des moutons ou des perles colorées. Son appétit va dévorer la terre et ne laisser qu'un désert... "


" L'air est précieux pour le Peau-Rouge car toutes les choses respirent de la même manière. La bête, l'arbre, l'homme, tous respirent de la même manière. L'homme blanc ne semble pas faire attention à l'air qui respire. Comme un mourant, il ne reconnaît plus les odeurs. Mais, si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est infiniment précieux et que l'Esprit de l'air est le même dans toutes les choses qui vivent. Le vent qui a donné à notre ancêtre son premier souffle reçoit aussi son dernier regard. Et si nous vendons notre terre, vous devez la garder intacte et sacrée comme un lieu où même l'homme peut aller percevoir le goût du vent et la douceur d'une prairie en fleur... "

" Je suis un sauvage et je ne comprends pas une autre façon de vivre. J'ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie, laissés là par l'homme blanc qui les avait tués d'un train qui passait. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment ce cheval de fer qui fume peut-être plus important que le bison que nous ne tuons que pour les besoins de notre vie. Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes avaient disparu, l'homme mourrait complètement solitaire, car ce qui arrive aux bêtes bientôt arrive à l'homme. Toutes les choses sont reliées entre elles. "


" Vous devez apprendre à vos enfants que la terre sous leurs pieds n'est autre que la cendre de nos ancêtres. Ainsi, ils respecteront la terre. Dites-leur aussi que la terre est riche de la vie de nos proches. Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris aux nôtres : que la terre est notre mère et que tout ce qui arrive à la terre arrive aux enfants de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, c'est sur eux-mêmes qu'ils crachent. Ceci nous le savons : la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Ceci nous le savons : toutes les choses sont reliées entre elles comme le sang est le lien entre les membres d'une même famille. Toutes les choses sont reliées entre elles... "

" Mais, pendant que nous périssons, vous allez briller, illuminés par la force de Dieu qui vous a conduits sur cette terre et qui, dans un but spécial, vous a permis de dominer le Peau-Rouge. Cette destinée est mystérieuse pour nous. Nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont tous massacrés, pourquoi les chevaux sauvages sont domestiqués, ni pourquoi les lieux les plus secrets des forêts sont lourds de l'odeur des hommes, ni pourquoi encore la vue des belles collines est gardée par les fils qui parlent. Que sont devenus les fourrés profonds ? Ils ont disparu. Qu'est devenu le grand aigle ? Il a disparu aussi. C'est la fin de la vie et le commencement de la survivance. "

Même la plus belle prose du chef Seattle n'arrêtera pas la détermination triomphante des ingénieurs, des financiers, des industriels et des fermiers ; tous armés des principes protestants du respect de la libre entreprise et du profit. Peut-être un jour, l'homme se rendra-t-il compte que les billets de banque et les cartes de crédit ne peuvent pas se manger !

Et pour les irréductibles, je propose qu'on leur donne une mallette avec un million de $ ou d'€ -- billets imprimés et marqués d'un point rouge exprès pour eux -- et qu'on les envoie en Antarctique.

Sources : Le site de Marc Jutier

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans DERIVES DE LA RELIGION CATHOLIQUE
commenter cet article
21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 15:48

Bien que cet article pourrait sembler sortir du contexte Hermétiste, il ne l'est pas. Il tend à démontrer que la Franc-Maçonnerie originelle s'est dévoyée au fil du temps. Pour diverses raisons. D'abord parce qu'elle est infiltrée depuis de nombreuses années déjà par des éléments qui ne sont en son sein que pour l'espionner et pour lui nuire. Nous entendons par "nuire" la discréditer en la corrompant. Et en se laissant corrompre, elle corrompt à son tour toutes les strates de notre société. Il n'est pas un vain mot de dire que tout notre gouvernement, hélas, se trouve entièrement vicié à cause de cela. Et que c'est fait sciemment, ajouterons-nous...

Bernard Méry : Les nouveaux parrains

Selon maître Bernard Méry, la justice française est gangrénée par la franc-maçonnerie

Peut-on être à la fois juge et franc-maçon ? Ce débat a été relancé début 1998 en Grande-Bretagne par Jack Straw, alors ministre de la Justice du gouvernement Blair, puis en France par Jean-Marie Le Pen dès le 17 février 98 alors que personne n'avait osé poser cette question sacrilège depuis près d'un siècle. Le dernier a l'avoir fait, un avocat du barreau de Paris, fut radié en 1911. Ses héritiers voudraient obtenir sa réhabilitation mais l'Ordre des avocats bloque à ce jour la restitution du dossier. C'est dire si le sujet est tabou dans notre pays depuis que la IIIe République maçonnique et anticléricale a installé ses hommes et ses réseaux aux principaux postes d'influence et de commandement.

Bernard Méry, avocat dynamique et courageux, auteur de deux livres truffés de révélations saisissantes, Justice, franc-maçonnerie, corruption (août 1998, Spot éditions) et Les Nouveaux parrains (août 1999, La Liberté d'expression; l'un et l'autre disponibles dans toutes les librairies), est actuellement persécuté pour avoir mis en cause directement l'appartenance de certains magistrats à des Loges. C'est ainsi qu'il est aujourd'hui purement et simplement menacé de radiation par le Conseil de l'Ordre des avocats, qui l'auditionnera le 17 septembre.

J. B.

RIVAROL : Comment expliquezvous l'actuelle discrétion du procureur Eric de Montgolfier, après ses tonitruantes déclarations sur la maçonnerie à Nice ? D'aucuns affirment que loin d'être le chevalier blanc antimaçon, ce juge très médiatique jouerait en fait le jeu du Grand Orient, lequel a tout intérêt à "charger" la Grande Loge nationale de France pour tenter de faire accroire que les affaires de corruption ne touchent que la GLNF. Qu'en pensez-vous ?

Bernard MÉRY : Je ne crois pas à cette thèse. Il faut savoir que celui qui parle de la franc-maçonnerie en termes négatifs est quelqu'un qu'il faut discréditer par tous les moyens. On fera ainsi allusion à de supposés antécédents maçonniques de Montgolfier, mais c'est là une confusion volontairement entretenue. Nous ne disons pas, Montgolfier et moi, qu'être franc-maçon est quelque chose d'ignoble ou d'insupportable ; nous affirmons simplement qu'il ne faut pas mélanger les genres et que la notion de serment de fraternité entre les maçons s'oppose à la notion de service public, laquelle est incompatible avec un système de préférence pour un petit groupe.

L'ALIBI DE L'ANTISÉMITISME

Or, à partir du moment où l'on met le doigt sur cette incompatibilité des serments, on fait sauter tout un réseau de fraternité. Lequel est alors prêt à tout pour vous déprécier. Ainsi l'une des méthodes favorites des maçons, et singulièrement du Grand Orient, pour disqualifier un adversaire, c'est de dire qu'il est antisémite. Comment procède-t-on pour ce faire ? C'est très simple : on fait appel à Vichy et aux lois antisémites et antimaçonnes, les unes et les autres promulguées à trois semaines d'intervalle en juillet 1940. La maçonnerie se protège derrière ces lois antisémites, ce qui lui permet d'être intouchable. Et si jamais un téméraire ose la critiquer, c'est l'infamante accusation d'antisémitisme qui est aussitôt lancée sans vergogne. Ce qui est très facile pour plusieurs raisons. D'abord les sigles et les formes matériels du culte franc-maçon rappellent par beaucoup d'analogies des sigles hébraïques (par exemple le triangle avec l'oeil central symbolise Dieu, Moïse et les tables de la Loi). D'autre part, il y a des obédiences telle le B'nai B'rith qui sont spécialement réservées aux israélites. Par ailleurs, il est vrai que le pourcentage de juifs francs-maçons (surtout membres du Grand Orient) est très élevé. Enfin, les maçons évoquent sans cesse le fameux Protocols des sages de Sion pour stigmatiser les prétendues arrière-pensées, évidemment épouvantables, de ceux qui osent s'attaquer à eux.

L'objectif est toujours le même : il s'agit par l'amalgame et par la diffamation de détruire, de casser, de museler ceux qui critiquent la maçonnerie ; notez bien qu'il ne s'agit pas même d'être antimaçon, mais d'émettre simplement un jugement dépréciatif.

PUISSANTS RÉSEAUX FRATERNELS

R.: Comment expliquez-vous une telle hargne à votre égard ?

B.M. : Le moyen de défense imparable du franc-maçon est le suivant : aussi longtemps que vous n'apporterez pas la preuve que je le suis, vous me diffamez en disant que je le suis. Ce qui est un jeu extrêmement facile, puisque la maçonnerie est la seule association en France où il soit impossible en raison du secret d'apporter la preuve formelle que quelqu'un en est membre. On suppute qu'un tel est franc-maçon et celui qui est supputé l'être pourra vous attaquer en diffamation et vous réclamer de lourds dommages et intérêts au motif que la preuve formelle n'aura pas été apportée. C'est sur ce principe-là qu'on essaie de m'éliminer, moi qui suis le premier en France à avoir soulevé le lièvre.

Le problème principal auquel on se heurte aujourd'hui, c'est précisément l'alliance des juges et des avocats au travers de réseaux fraternels. Ce qui est une violation caractérisée de leurs serments ; en effet, le juge fait serment de servir la République, donc tous les citoyens et l'avocat fait serment d'indépendance au regard du juge mais aussi de l'appartenance. Or, à Paris surtout, on ne dira jamais assez la puissance de réseaux qui relient les auxiliaires de justice, les avocats et les magistrats, si bien que les affaires sont traitées à l'intérieur du réseau et non pas devant les tribunaux, chacun s'engageant à défendre l'autre.

LES AFFAIRES SCHWEITZER ET DSK

Les exemples sont légion dans l'actualité récente : lorsqu'une chambre d'instruction déclare un non-lieu dans le dossier des victimes du sang contaminé, il n'est pas inintéressant de se demander si l'accusé, Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Fabius et actuel PDG de Renault, n'aurait pas bénéficié d'une certaine complaisance pour son appartenance supposée à un réseau fraternel. Même chose pour l'affaire DSK où vous conviendrez comme moi qu'il est quand même étrange d'assister à la soudaine relaxe de l'ancien ministre des Finances alors que les charges contre lui semblaient accablantes.

Dès qu'une décision importante est prise, surtout si elle est à consonance étatique, il faut faire preuve de la plus grande suspicion, car on n'est jamais assuré qu'il y ait véritablement indépendance. Or, comme j'ai mis en cause nommément un certain nombre de magistrats, ce sacrilège ne m'est pas pardonné. Et l'on veut m'abattre d'autant plus rapidement que je suis sur le point de gagner une importante affaire mettant en cause tout un réseau fraternel dans la région de Pau.

R. : Des politiques ont mis en cause récemment les tribunaux de commerce, juridictions au sein desquelles régneraient en maître corruption, gabegie et incompétence. Quel est votre point de vue ?

B.M. : Je crains qu'il n'y ait là beaucoup d'hypocrisie. Car on attaque seulement les tribunaux de commerce composés de juges non professionnels en oubliant de dire que toutes les cours d'appel sont, elles, composées de magistrats professionnels et que, s'il y a effectivement corruption, elle concerne tout autant les cours d'appel que les tribunaux de commerce. En fait, l'objectif de toute cette campagne est de professionnaliser ces derniers pour pouvoir mieux les contrôler.

J'ai d'ailleurs rencontré les socialistes François Colcombet et Arnaud Montebourg, très en pointe dans l'offensive contre les tribunaux de commerce. L¹un et l'autre étant francs-maçons, j'ai immédiatement compris que leur combat n'était pas le mien : ils ne veulent surtout pas que l'on critique les frères ; leur combat contre la corruption est donc de la poudre aux yeux. Ni plus ni moins.

LA PLAIE DU CARRIÉRISME

R. : Il semble que depuis sa réélection plébiscitaire il ne soit plus possible de critiquer Chirac comme en témoignent les poursuites disciplinaires contre un avocat de Thionville. Que pensez-vous de cette incroyable affaire ?

B.M. : La vérité, c'est qu'il est aujourd'hui devenu quasiment impossible d'exercer normalement sa profession d'avocat, tant la liberté d'expression et d'action se réduit comme peau de chagrin. Par carriérisme, par volonté de se faire bien voir de leurs supérieurs, des magistrats sont prêts à toutes les infamies. Pour avoir défendu un automobiliste qui, lors d'un contrôle routier, avait manifesté son agacement envers la maréchaussée (" vous feriez mieux de mettre Chirac en prison "), Me Delrez avait fait valoir que le le 1er mai des centaines de milliers de citoyens avaient défilé en traitant le président sortant d "'escroc" et qu'il fallait donc relaxer son client. Le président du tribunal de grande instance de Thionville ne l'a pas entendu de cette oreille, puisqu'il a immédiatement transmis une plainte contre cet avocat au procureur général, lequel s'est empressé de saisir l'Ordre des avocats pour une éventuelle radiation. Fort heureusement, le bâtonnier de l'Ordre a finalement décidé, par lettre du 21 juin au procureur, de ne prendre aucune sanction disciplinaire contre Me Deirez. Mais voyez dans quelle ambiance il nous faut travailler et quelles chaussetrapes il faut sans cesse éviter. Lajustice est vraiment sinistrée en France. Et ce n'est pas la réforme Perben qui chanaera quoi nue ce soit pour l'essentiel, le
nouveau gouvernement prétendument de droite comptant dans ses rangs comme parmi ses soutiens de nombreux francs-maçons qui sauront sauvegarder leurs intérêts, avouables ou non.

Sources :  SITE DE MARC JUTIER

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
commenter cet article
13 décembre 2005 2 13 /12 /décembre /2005 23:38

ART, VERITE ET POLITIQUE

 

par Harold Pinter

En 1958 j'ai écrit la chose suivante : "Il n'y a pas de distinctions tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une chose n'est pas nécessairement vraie ou fausse ; elle peut être tout à la fois vraie et fausse."

Je crois que ces affirmations ont toujours un sens et s'appliquent toujours à l'exploration de la réalité à travers l'art. Donc, en tant qu'auteur, j'y souscris encore, mais en tant que citoyen je ne peux pas. En tant que citoyen, je dois demander : Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ?

La vérité au théâtre est à jamais insaisissable. Vous ne la trouvez jamais tout à fait, mais sa quête a quelque chose de compulsif. Cette quête est précisément ce qui commande votre effort. Cette quête est votre tâche. La plupart du temps vous tombez sur la vérité par hasard dans le noir, en entrant en collision avec elle, ou en entrevoyant simplement une image ou une forme qui semble correspondre à la vérité, souvent sans vous rendre compte que vous l'avez fait. Mais la réelle vérité, c'est qu'il n'y a jamais, en art dramatique, une et une seule vérité à découvrir. Il y en a beaucoup. Ces vérités se défient l'une l'autre, se dérobent l'une à l'autre, se reflètent, s'ignorent, se narguent, sont aveugles l'une à l'autre. Vous avez parfois le sentiment d'avoir trouvé dans votre main la vérité d'un moment, puis elle vous glisse entre les doigts et la voilà perdue.

On m'a souvent demandé comment mes pièces voyaient le jour. Je ne saurais le dire. Pas plus que je ne saurais résumer mes pièces, si ce n'est pour dire voilà ce qui s'est passé. Voilà ce qu'ils ont dit. Voilà ce qu'ils ont fait.

La plupart des pièces naissent d'une réplique, d'un mot ou d'une image. Le mot s'offre le premier, l'image le suivant souvent de près. Je vais vous donner deux exemples de répliques qui me sont venues à l'esprit de façon totalement inattendue, suivies par une image, que j'ai moi-même suivie.

Les pièces en question sont Le Retour1 et C'était hier. La première réplique du Retour est "Qu'est-ce que tu as fait des ciseaux ?" La première réplique de C'était hier est "Bruns".

Dans un cas comme dans l'autre je n'avais pas d'autres indications.

Dans le premier cas, quelqu'un, à l'évidence, cherchait une paire de ciseaux et demandait où ils étaient passés à quelqu'un d'autre dont il soupçonnait qu'il les avait probablement volés. Mais d'une manière ou d'une autre je savais que la personne à qui on s'adressait se fichait éperdument des ciseaux, comme de celui qui posait la question, d'ailleurs.

"Bruns" : je présumais qu'il s'agissait de la description des cheveux de quelqu'un, les cheveux d'une femme, et que cela répondait à une question. Dans l'un et l'autre cas, je me suis trouvé contraint de poursuivre la chose. Tout se passait visuellement, un très lent fondu, passant de l'ombre à la lumière.

Je commence toujours une pièce en appelant les personnages A, B et C.

Dans la pièce qui est devenue Le Retour je voyais un homme entrer dans une pièce austère et poser sa question à un homme plus jeune, assis sur un affreux canapé, le nez dans un journal des courses. Je soupçonnais vaguement que A était un père et que B était son fils, mais je n'en avais aucune preuve. Cela s'est néanmoins confirmé un peu plus tard quand B (qui par la suite deviendrait Lenny) dit à A (qui par la suite deviendrait Max), "Papa, tu permets que je change de sujet ? Je voudrais te demander quelque chose. Ce qu'on a mangé au dîner tout à l'heure, ça s'appelait comment ? Tu appelles ça comment ? Pourquoi tu n'achètes pas un chien ? Tu es un cuisinier pour chiens. Franchement. Tu crois donc que tu fais la cuisine pour une bande de chiens." Donc, dès lors que B appelait A "Papa", il me semblait raisonnable d'admettre qu'ils étaient père et fils. A, manifestement, était aussi le cuisinier et sa cuisine ne semblait pas être tenue en bien haute estime. Cela voulait-il dire qu'il n'y avait pas de mère ? Je n'en savais rien. Mais, comme je me le répétais à l'époque, nos débuts ne savent jamais de quoi nos fins seront faites.

"Bruns." Une grande fenêtre. Ciel du soir. Un homme, A (qui par la suite deviendrait Deeley), et une femme, B (qui par la suite deviendrait Kate), assis avec des verres. "Grosse ou mince ?" demande l'homme. De qui parlent-ils ? C'est alors que je vois, se tenant à la fenêtre, une femme, C (qui par la suite deviendrait Anna), dans une autre qualité de lumière, leur tournant le dos, les cheveux bruns.

C'est un étrange moment, le moment où l'on crée des personnages qui n'avaient jusque-là aucune existence. Ce qui suit est capricieux, incertain, voire hallucinatoire, même si cela peut parfois prendre la forme d'une avalanche que rien ne peut arrêter. La position de l'auteur est une position bizarre. En un sens, les personnages ne lui font pas bon accueil. Les personnages lui résistent, ils ne sont pas faciles à vivre, ils sont impossibles à définir. Vous ne pouvez certainement pas leur donner d'ordres. Dans une certaine mesure vous vous livrez avec eux à un jeu interminable, vous jouez au chat et à la souris, à colin-maillard, à cache-cache. Mais vous découvrez finalement que vous avez sur les bras des êtres de chair et de sang, des êtres possédant une volonté et une sensibilité individuelle bien à eux, faits de composantes que vous n'êtes pas en mesure de changer, manipuler ou dénaturer.

Le langage, en art, demeure donc une affaire extrêmement ambiguë, des sables mouvants, un trampoline, une mare gelée qui pourrait bien céder sous vos pieds, à vous l'auteur, d'un instant à l'autre.

Mais, comme je le disais, la quête de la vérité ne peut jamais s'arrêter. Elle ne saurait être ajournée, elle ne saurait être différée. Il faut l'affronter là, tout de suite.

Le théâtre politique présente un ensemble de problèmes totalement différents. Les sermons doivent être évités à tout prix. L'objectivité est essentielle. Il doit être permis aux personnages de respirer un air qui leur appartient. L'auteur ne peut les enfermer ni les entraver pour satisfaire le goût, l'inclination ou les préjugés qui sont les siens. Il doit être prêt à les aborder sous des angles variés, dans des perspectives très diverses, ne connaissant ni frein ni limite, les prendre par surprise, peut-être, de temps en temps, tout en leur laissant la liberté de suivre le chemin qui leur plaît. Ça ne fonctionne pas toujours. Et la satire politique, bien évidemment, n'obéit à aucun de ces préceptes, elle fait même précisément l'inverse, ce qui est d'ailleurs sa fonction première.

Dans ma pièce L'Anniversaire il me semble que je lance des pistes d'interprétation très diverses, les laissant opérer dans une épaisse forêt de possibles avant de me concentrer, au final, sur un acte de soumission.

Langue de la montagne ne prétend pas opérer de manière aussi ouverte. Tout y est brutal, bref et laid. Les soldats de la pièce trouvent pourtant le moyen de s'amuser de la situation. On oublie parfois que les tortionnaires s'ennuient très facilement. Ils ont besoin de rire un peu pour garder le moral. Comme l'ont bien évidemment confirmé les événements d'Abu Ghraib à Bagdad. Langue de la montagne ne dure que vingt minutes, mais elle pourrait se prolonger pendant des heures et des heures, inlassablement, répétant le même schéma encore et encore, pendant des heures et des heures.


Ashes to Ashes, pour sa part, me semble se dérouler sous l'eau. Une femme qui se noie, sa main se tendant vers la surface à travers les vagues, retombant hors de vue, se tendant vers d'autres mains, mais ne trouvant là personne, ni au-dessus ni au-dessous de l'eau, ne trouvant que des ombres, des reflets, flottant ; la femme, une silhouette perdue dans un paysage qui se noie, une femme incapable d'échapper au destin tragique qui semblait n'appartenir qu'aux autres.

Mais comme les autres sont morts, elle doit mourir aussi.

Le langage politique, tel que l'emploient les hommes politiques, ne s'aventure jamais sur ce genre de terrain, puisque la majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s'intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l'ignorance, qu'ils vivent dans l'ignorance de la vérité, jusqu'à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons.

Comme le sait ici tout un chacun, l'argument avancé pour justifier l'invasion de l'Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d'armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak entretenait des relations avec Al-Qaida et avait donc sa part de responsabilité dans l'atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai.

La vérité est totalement différente. La vérité est liée à la façon dont les États-Unis comprennent leur rôle dans le monde et la façon dont ils choisissent de l'incarner.

Mais avant de revenir au temps présent, j'aimerais considérer l'histoire récente, j'entends par là la politique étrangère des États-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Je crois qu'il est pour nous impératif de soumettre cette période à un examen rigoureux, quoique limité, forcément, par le temps dont nous disposons ici.

Tout le monde sait ce qui s'est passé en Union soviétique et dans toute l'Europe de l'Est durant l'après-guerre : la brutalité systématique, les atrocités largement répandues, la répression impitoyable de toute pensée indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté.

Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période n'ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés à des crimes tout court. Je crois que la question doit être abordée et que la vérité a un rapport évident avec l'état actuel du monde. Bien que limitées, dans une certaine mesure, par l'existence de l'Union soviétique, les actions menées dans le monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu'ils avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu'ils voulaient.

L'invasion directe d'un état souverain n'a jamais été, de fait, la méthode privilégiée de l'Amérique. Dans l'ensemble, elle préférait ce qu'elle a qualifié de "conflit de faible intensité". "Conflit de faible intensité", cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d'un seul coup. Cela veut dire que vous contaminez le cour du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s'étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis - ou battu à mort - ça revient au même - et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l'a emporté. C'était monnaie courante dans la politique étrangère américaine dans les années auxquelles je fais allusion.

La tragédie du Nicaragua s'est avérée être un cas extrêmement révélateur. Si je décide de l'évoquer ici, c'est qu'il illustre de façon convaincante la façon dont l'Amérique envisage son rôle dans le monde, aussi bien à l'époque qu'aujourd'hui.

J'ai assisté à une réunion qui s'est tenue à l'Ambassade des États-Unis à Londres à la fin des années 80.

Le Congrès américain était sur le point de décider s'il fallait ou non donner davantage d'argent aux Contras dans la campagne qu'ils menaient contre l'État du Nicaragua. J'étais là en tant que membre d'une délégation parlant au nom du Nicaragua, mais le membre le plus important de cette délégation était un certain Père John Metcalf. Le chef de file du camp américain était Raymond Seitz (alors bras droit de l'ambassadeur, lui-même nommé ambassadeur par la suite). Père Metcalf a dit : "Monsieur, j'ai la charge d'une paroisse au nord du Nicaragua. Mes paroissiens ont construit une école, un centre médico-social, un centre culturel. Nous avons vécu en paix. Il y a quelques mois une force de la Contra a attaqué la paroisse. Ils ont tout détruit : l'école, le centre médico-social, le centre culturel. Ils ont violé les infirmières et les institutrices, massacré les médecins, de la manière la plus brutale. Ils se sont comportés comme des sauvages. Je vous en supplie, exigez du gouvernement américain qu'il retire son soutien à cette odieuse activité terroriste."

Raymond Seitz avait très bonne réputation, celle d'un homme rationnel, responsable et très bien informé. Il était grandement respecté dans les cercles diplomatiques. Il a écouté, marqué une pause, puis parlé avec une certaine gravité. "Père, dit-il, laissez-moi vous dire une chose. En temps de guerre, les innocents souffrent toujours." Il y eut un silence glacial. Nous l'avons regardé d'un oeuil fixe. Il n'a pas bronché.

Les innocents, certes, souffrent toujours.

Finalement quelqu'un a dit : "Mais dans le cas qui nous occupe, des 'innocents' ont été les victimes d'une atrocité innommable financée par votre gouvernement, une parmi tant d'autres. Si le Congrès accorde davantage d'argent aux Contras, d'autres atrocités de cette espèce seront perpétrées. N'est-ce pas le cas ? Votre gouvernement n'est-il pas par là même coupable de soutenir des actes meurtriers et destructeurs commis sur les citoyens d'un état souverain ?"

Seitz était imperturbable. "Je ne suis pas d'accord que les faits, tels qu'ils nous ont été exposés, appuient ce que vous affirmez là", dit-il.

Alors que nous quittions l'ambassade, un conseiller américain m'a dit qu'il aimait beaucoup mes pièces. Je n'ai pas répondu.

Je dois vous rappeler qu'à l'époque le président Reagan avait fait la déclaration suivante : "Les Contras sont l'équivalent moral de nos Pères fondateurs."

Les États-Unis ont pendant plus de quarante ans soutenu la dictature brutale de Somoza au Nicaragua. Le peuple nicaraguayen, sous la conduite des Sandinistes, a renversé ce régime en 1979, une révolution populaire et poignante.

Les Sandinistes n'étaient pas parfaits. Ils avaient leur part d'arrogance et leur philosophie politique comportait un certain nombre d'éléments contradictoires. Mais ils étaient intelligents, rationnels et civilisés. Leur but était d'instaurer une société stable, digne, et pluraliste. La peine de mort a été abolie. Des centaines de milliers de paysans frappés par la misère ont été ramenés d'entre les morts. Plus de 100 000 familles se sont vues attribuer un droit à la terre. Deux mille écoles ont été construites. Une campagne d'alphabétisation tout à fait remarquable a fait tomber le taux d'analphabétisme dans le pays sous la barre des 15 %. L'éducation gratuite a été instaurée ainsi que la gratuité des services de santé. La mortalité infantile a diminué d'un tiers. La polio a été éradiquée.

Les États-Unis accusèrent ces franches réussites d'être de la subversion marxiste-léniniste. Aux yeux du gouvernement américain, le Nicaragua donnait là un dangereux exemple. Si on lui permettait d'établir les normes élémentaires de la justice économique et sociale, si on lui permettait d'élever le niveau des soins médicaux et de l'éducation et d'accéder à une unité sociale et une dignité nationale, les pays voisins se poseraient les mêmes questions et apporteraient les mêmes réponses. Il y avait bien sûr à l'époque, au Salvador, une résistance farouche au statu quo.

J'ai parlé tout à l'heure du "tissu de mensonges" qui nous entoure. Le président Reagan qualifiait couramment le Nicaragua de "donjon totalitaire". Ce que les médias, et assurément le gouvernement britannique, tenaient généralement pour une observation juste et méritée. Il n'y avait pourtant pas trace d'escadrons de la mort sous le gouvernement sandiniste. Il n'y avait pas trace de tortures. Il n'y avait pas trace de brutalité militaire, systématique ou officielle. Aucun prêtre n'a jamais été assassiné au Nicaragua. Il y avait même trois prêtres dans le gouvernement sandiniste, deux jésuites et un missionnaire de la Société de Maryknoll. Les "donjons totalitaires" se trouvaient en fait tout à côté, au Salvador et au Guatemala. Les États-Unis avaient, en 1954, fait tomber le gouvernement démocratiquement élu du Guatemala et on estime que plus de 200 000 personnes avaient été victimes des dictatures militaires qui s'y étaient succédé.

En 1989, six des plus éminents jésuites du monde ont été violemment abattus à l'Université Centraméricaine de San Salvador par un bataillon du régiment Alcatl entraîné à Fort Benning, Géorgie, USA. L'archevêque Romero, cet homme au courage exemplaire, a été assassiné alors qu'il célébrait la messe. On estime que 75 000 personnes sont mortes. Pourquoi a-t-on tué ces gens-là ? On les a tués parce qu'ils étaient convaincus qu'une vie meilleure était possible et devait advenir. Cette conviction les a immédiatement catalogués comme communistes. Ils sont morts parce qu'ils osaient contester le statu quo, l'horizon infini de pauvreté, de maladies, d'humiliation et d'oppression, le seul droit qu'ils avaient acquis à la naissance.

Les États-Unis ont fini par faire tomber le gouvernement sandiniste. Cela leur prit plusieurs années et ils durent faire preuve d'une ténacité considérable, mais une persécution économique acharnée et 30 000 morts ont fini par ébranler le courage des Nicaraguayens. Ils étaient épuisés et de nouveau misérables. L'économie "casino" s'est réinstallée dans le pays. C'en était fini de la santé gratuite et de l'éducation gratuite. Les affaires ont fait un retour en force. La "Démocratie" l'avait emporté.

Mais cette "politique" ne se limitait en rien à l'Amérique centrale. Elle était menée partout dans le monde. Elle était sans fin. Et c'est comme si ça n'était jamais arrivé.

Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l'issue de la seconde guerre mondiale. Je veux parler de l'Indonésie, de la Grèce, de l'Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d'Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L'horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée.

Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays. Ont-elles eu lieu ? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique étrangère des États-Unis ? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n'en savez rien.

Ça ne s'est jamais passé. Rien ne s'est jamais passé. Même pendant que cela se passait, ça ne se passait pas. Ça n'avait aucune importance. Ça n'avait aucun intérêt. Les crimes commis par les États-Unis ont été systématiques, constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement parlé. Rendons cette justice à l'Amérique : elle s'est livrée, partout dans le monde, à une manipulation tout à fait clinique du pouvoir tout en se faisant passer pour une force qui agissait dans l'intérêt du bien universel. Un cas d'hypnose génial, pour ne pas dire spirituel, et terriblement efficace.


Les États-Unis, je vous le dis, offrent sans aucun doute le plus grand spectacle du moment. Pays brutal, indifférent, méprisant et sans pitié, peut-être bien, mais c'est aussi un pays très malin. À l'image d'un commis voyageur, il ouvre tout seul et l'article qu'il vend le mieux est l'amour de soi. Succès garanti. Écoutez tous les présidents américains à la télévision prononcer les mots "peuple américain", comme dans la phrase : "Je dis au peuple américain qu'il est temps de prier et de défendre les droits du peuple américain et je demande au peuple américain de faire confiance à son président pour les actions qu'il s'apprête à mener au nom du peuple américain."

Le stratagème est brillant. Le langage est en fait employé pour tenir la pensée en échec. Les mots "peuple américain" fournissent un coussin franchement voluptueux destiné à vous rassurer. Vous n'avez pas besoin de penser. Vous n'avez qu'à vous allonger sur le coussin. Il se peut que ce coussin étouffe votre intelligence et votre sens critique mais il est très confortable. Ce qui bien sûr ne vaut pas pour les 40 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ni aux 2 millions d'hommes et de femmes incarcérés dans le vaste goulag de prisons qui s'étend d'un bout à l'autre des États-Unis.

Les États-Unis ne se préoccupent plus des conflits de faible intensité. Ils ne voient plus l'intérêt qu'il y aurait à faire preuve de réserve, ni même de sournoiserie. Ils jouent cartes sur table, sans distinction. C'est bien simple, ils se fichent éperdument des Nations unies, du droit international ou des voix dissidentes, dont ils pensent qu'ils n'ont aucun pouvoir ni aucune pertinence. Et puis ils ont leur petit agneau bêlant qui les suit partout au bout d'une laisse, la Grande-Bretagne, pathétique et soumise.

Où est donc passée notre sensibilité morale ? En avons-nous jamais eu une ? Que signifient ces mots ? Renvoient-ils à un terme très rarement employé ces temps-ci - la conscience ? Une conscience qui soit non seulement liée à nos propres actes mais qui soit également liée à la part de responsabilité qui est la nôtre dans les actes d'autrui ? Tout cela est-il mort ? Regardez Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d'accusation depuis plus de trois ans, sans représentation légale ni procès équitable, théoriquement détenus pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue au mépris de la Convention de Genève. Non seulement on la tolère mais c'est à peine si la soi-disant "communauté internationale" en fait le moindre cas. Ce crime scandaleux est commis en ce moment même par un pays qui fait profession d'être "le leader du monde libre". Est-ce que nous pensons aux locataires de Guantanamo ? Qu'en disent les médias ? Ils se réveillent de temps en temps pour nous pondre un petit article en page six. Ces hommes ont été relégués dans un no man's land dont ils pourraient fort bien ne jamais revenir. À présent beaucoup d'entre eux font la grève de la faim, ils sont nourris de force, y compris des résidents britanniques. Pas de raffinements dans ces méthodes d'alimentation forcée. Pas de sédatifs ni d'anesthésiques. Juste un tube qu'on vous enfonce dans le nez et qu'on vous fait descendre dans la gorge. Vous vomissez du sang. C'est de la torture. Qu'en a dit le ministre des affaires étrangères britannique ? Rien. Qu'en a dit le premier ministre britannique ? Rien. Et pourquoi ? Parce que les États-Unis ont déclaré : critiquer notre conduite à Guantanamo constitue un acte hostile. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Résultat, Blair se tait.

L'invasion de l'Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d'État patenté, témoignant d'un absolu mépris pour la notion de droit international. Cette invasion était un engagement militaire arbitraire inspiré par une série de mensonges répétés sans fin et une manipulation flagrante des médias et, partant, du public ; une intervention visant à renforcer le contrôle militaire et économique de l'Amérique sur le Moyen-Orient et ce faisant passer - en dernier ressort - toutes les autres justifications n'ayant pas réussi à prouver leur bien-fondé - pour une libération. Une redoutable affirmation de la force militaire responsable de la mort et de la mutilation de milliers et de milliers d'innocents.

Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables tueries commises au hasard, la misère, l'humiliation et la mort et nous appelons cela "apporter la liberté et la démocratie au Moyen-Orient".

Combien de gens vous faut-il tuer avant d'avoir droit au titre de meurtrier de masse et de criminel de guerre ? Cent mille ? Plus qu'assez, serais-je tenté de croire. Il serait donc juste que Bush et Blair soient appelés à comparaître devant la Cour internationale de justice. Mais Bush a été malin. Il n'a pas ratifié la Cour internationale de justice. Donc, si un soldat américain ou, à plus forte raison, un homme politique américain, devait se retrouver au banc des accusés, Bush a prévenu qu'il enverrait les marines. Mais Tony Blair, lui, a ratifié la Cour et peut donc faire l'objet de poursuites. Nous pouvons communiquer son adresse à la Cour si ça l'intéresse. Il habite au 10 Downing Street, Londres.

La mort dans ce contexte devient tout à fait accessoire. Bush et Blair prennent tous deux bien soin de la mettre de côté. Au moins 100 000 Irakiens ont péri sous les bombes et les missiles américains avant que ne commence l'insurrection irakienne. Ces gens-là sont quantité négligeable. Leur mort n'existe pas. Un néant. Ils ne sont même pas recensés comme étant morts. "Nous ne comptons pas les cadavres" a déclaré le général américain Tommy Franks.

Aux premiers jours de l'invasion une photo a été publiée à la une des journaux britanniques ; on y voit Tony Blair embrassant sur la joue un petit garçon irakien. "Un enfant reconnaissant" disait la légende. Quelques jours plus tard on pouvait trouver, en pages intérieures, l'histoire et la photo d'un autre petit garçon de quatre ans qui n'avait plus de bras. Sa famille avait été pulvérisée par un missile. C'était le seul survivant. "Quand est-ce que je retrouverai mes bras ?" demandait-il. L'histoire est passée à la trappe. Eh bien oui, Tony Blair ne le serrait pas contre lui, pas plus qu'il ne serrait dans ses bras le corps d'un autre enfant mutilé, ou le corps d'un cadavre ensanglanté. Le sang, c'est sale. Ça salit votre chemise et votre cravate quand vous parlez avec sincérité devant les caméras de télévision.

Les 2 000 morts américains sont embarrassants. On les transporte vers leurs tombes dans le noir. Les funérailles se font discrètement, en lieu sûr. Les mutilés pourrissent dans leurs lits, certains pour le restant de leurs jours. Ainsi les morts et les mutilés pourrissent-ils, dans différentes catégories de tombes.

Voici un extrait de "J'explique certaines choses"2, un poème de Pablo Neruda :

Et un matin tout était en feu,
et un matin les bûchers
sortaient de la terre
dévorant les êtres vivants,
et dès lors ce fut le feu,
ce fut la poudre,
et ce fut le sang.

Des bandits avec des avions, avec des Maures,
des bandits avec des bagues et des duchesses,
des bandits avec des moins noirs pour bénir
tombaient du ciel pour tuer des enfants,
et à travers les rues le sang des enfants
coulait simplement, comme du sang d'enfants.

Chacals que le chacal repousserait,
pierres que le dur chardon mordrait en crachant,
vipères que les vipères détesteraient !

Face à vous j'ai vu le sang
de l'Espagne se lever
pour vous noyer dans une seule vague
d'orgueil et de couteaux !

Généraux
de trahison :
regardez ma maison morte,
regardez l'Espagne brisée :
mais de chaque maison morte surgit un métal ardent
au lieu de fleurs,
mais de chaque brèche d'Espagne
surgit l'Espagne,
mais de chaque enfant mort surgit un fusil avec des yeux,
mais de chaque crime naissent des balles
qui trouveront un jour
l'endroit de votre cour.

Vous allez demander pourquoi sa poésie
ne parle-t-elle pas du rêve, des feuilles,
des grands volcans de son pays natal ?

Venez voir le sang dans les rues,
venez voir
le sang dans les rues,
venez voir
le sang dans les rues !

Laissez-moi préciser qu'en citant ce poème de Neruda je ne suis en aucune façon en train de comparer l'Espagne républicaine à l'Irak de Saddam Hussein. Si je cite Neruda c'est parce que je n'ai jamais lu ailleurs dans la poésie contemporaine de description aussi puissante et viscérale d'un bombardement de civils.

J'ai dit tout à l'heure que les États-Unis étaient désormais d'une franchise totale et jouaient cartes sur table. C'est bien le cas. Leur politique officielle déclarée est désormais définie comme une "full spectrum dominance" (une domination totale sur tous les fronts). L'expression n'est pas de moi, elle est d'eux. "Full spectrum dominance", cela veut dire contrôle des terres, des mers, des airs et de l'espace et de toutes les ressources qui vont avec.

Les États-Unis occupent aujourd'hui 702 installations militaires dans 132 pays du monde entier, à l'honorable exception de la Suède, bien sûr. On ne sait pas trop comment ils en sont arrivés là, mais une chose est sûre, c'est qu'ils y sont.

Les États-Unis détiennent 8 000 ogives nucléaires actives et opérationnelles. 2 000 sont en état d'alerte maximale, prêtes à être lancées avec un délai d'avertissement de 15 minutes. Ils développent de nouveaux systèmes de force nucléaire, connus sous le nom de "bunker busters" (briseurs de blockhaus). Les Britanniques, toujours coopératifs, ont l'intention de remplacer leur missile nucléaire, le Trident. Qui, je me le demande, visent-ils ? Oussama Ben Laden ? Vous ? Moi ? Tartempion ? La Chine ? Paris ? Qui sait ? Ce que nous savons c'est que cette folie infantile - détenir des armes nucléaires et menacer de s'en servir - est au cour de la philosophie politique américaine actuelle. Nous devons nous rappeler que les États-Unis sont en permanence sur le pied de guerre et ne laissent entrevoir en la matière aucun signe de détente.

Des milliers, sinon des millions, de gens aux États-Unis sont pleins de honte et de colère, visiblement écourés par les actions de leur gouvernement, mais en l'état actuel des choses, ils ne constituent pas une force politique cohérente - pas encore. Cela dit, l'angoisse, l'incertitude et la peur que nous voyons grandir de jour en jour aux États-Unis ne sont pas près de s'atténuer.

Je sais que le président Bush emploie déjà pour écrire ses discours de nombreuses personnes extrêmement compétentes, mais j'aimerais me porter volontaire pour le poste. Je propose la courte allocution suivante, qu'il pourrait faire à la télévision et adresser à la nation. Je l'imagine grave, les cheveux soigneusement peignés, sérieux, avenant, sincère, souvent enjôleur, y allant parfois d'un petit sourire forcé, curieusement séduisant, un homme plus à son aise avec les hommes.

"Dieu est bon. Dieu est grand. Dieu est bon. Mon Dieu est bon. Le Dieu de Ben Laden est mauvais. Le sien est un mauvais Dieu. Le Dieu de Saddam était mauvais, sauf que Saddam n'en avait pas. C'était un barbare. Nous ne sommes pas des barbares. Nous ne tranchons pas la tête des gens. Nous croyons à la liberté. Dieu aussi. Je ne suis pas un barbare. Je suis le leader démocratiquement élu d'une démocratie éprise de liberté. Nous sommes une société pleine de compassion. Nous administrons des électrocutions pleines de compassion et des injections létales pleines de compassion. Nous sommes une grande nation. Je ne suis pas un dictateur. Lui, oui. Je ne suis pas un barbare. Lui, oui. Et lui aussi. Ils le sont tous. Moi, je détiens l'autorité morale. Vous voyez ce poing ? C'est ça, mon autorité morale. Tâchez de ne pas l'oublier."

La vie d'un écrivain est une activité infiniment vulnérable, presque nue. Inutile de pleurer là-dessus. L'écrivain fait un choix, un choix qui lui colle à la peau. Mais il est juste de dire que vous êtes exposé à tous les vents, dont certains sont glacés bien sûr. Vous ouvrez tout seul, isolé de tout. Vous ne trouvez aucun refuge, aucune protection - sauf si vous mentez - auquel cas bien sûr vous avez construit et assuré vous-même votre protection et, on pourrait vous le rétorquer, vous êtes devenu un homme politique.

J'ai parlé de la mort pas mal de fois ce soir. Je vais maintenant vous lire un de mes poèmes, intitulé "Mort".

Où a-t-on trouvé le cadavre ?
Qui a trouvé le cadavre ?
Le cadavre était-il mort quand on l'a trouvé ?
Comment a-t-on trouvé le cadavre ?

Qui était le cadavre ?

Qui était le père ou la fille ou le frère
Ou l'oncle ou la sour ou la mère ou le fils
Du cadavre abandonné ?

Le corps était-il mort quand on l'a abandonné ?
Le corps était-il abandonné ?
Par qui avait-il été abandonné ?

Le cadavre était-il nu ou en costume de voyage ?

Qu'est-ce qui a fait que ce cadavre, vous l'avez déclaré mort ?
Le cadavre, vous l'avez déclaré mort ?
Vous le connaissiez bien, le cadavre ?
Comment saviez-vous que le cadavre était mort ?

Avez-vous lavé le cadavre
Avez-vous fermé ses deux yeux
Avez-vous enterré le corps
L'avez-vous laissé à l'abandon
Avez-vous embrassé le cadavre

Quand nous nous regardons dans un miroir nous pensons que l'image qui nous fait face est fidèle. Mais bougez d'un millimètre et l'image change. Nous sommes en fait en train de regarder une gamme infinie de reflets. Mais un écrivain doit parfois fracasser le miroir - car c'est de l'autre côté de ce miroir que la vérité nous fixe des yeux.

Je crois que malgré les énormes obstacles qui existent, être intellectuellement résolus, avec une détermination farouche, stoïque et inébranlable, à définir, en tant que citoyens, la réelle vérité de nos vies et de nos sociétés est une obligation cruciale qui nous incombe à tous. Elle est même impérative.

Si une telle détermination ne s'incarne pas dans notre vision politique, nous n'avons aucun espoir de restaurer ce que nous sommes si près de perdre - notre dignité d'homme.

Harold Pinter, dramaturge, prix Nobel de littérature 2005

© La Fondation Nobel 2005.
Traduction de l'anglais par Séverine Magois.


+++

Notes
1. Harold Pinter : Le Retour. Traduction Éric Kahane. Gallimard, 1969.
2. Pablo Neruda : "J'explique certaines choses", dans Résidence sur la terre, III. Traduction Guy Suarès. Gallimard, 1972.

Sources :  ANTI IMPERIALISME

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans TEXTES A LIRE
commenter cet article
13 décembre 2005 2 13 /12 /décembre /2005 23:25

Nous posons ce très beau texte d'un grand philosophe qui fait honneur à la France par la richesse de sa pensée mais aussi le mordant de sa plume superbe digne de Zola ou du grand Harold Pinter. Quand les porteurs de lumière dénoncent la Vérité, c'est le coeur des plus petits qui bat...

EUROPE, DEBOUT !

L'HUMILIATION ET LA HONTE

par Manuel de Diéguez


La planète changée en déversoir et en dépotoir des centres de torture de l'empire américain


L'Europe se trouve désormais doublement colonisée : d'un côté, elle joue le rôle de dépotoir des camps de torture du Nouveau Monde ; de l'autre, elle garde le silence des esclaves sur l'occupation militaire américaine de la Roumanie, candidate à l'entrée en Europe en 2007, qui se trouve changée d'avance en une puissante forteresse américaine .

Face à la lâcheté et à la peur d'une Europe dont l'humiliation renvoie à la honte de la servitude acceptée, Harold Pinter a fait entendre à Stockholm la voix de la littérature que j'appelle de mes vœux depuis tant d'années. Mais c'était avant que le Vieux Continent parût soulagé de ce que la planète tout entière fût disposée à prendre le relais du déversoir que l'Europe est devenue et avant que Mme Rice fît accepter par les Ministres des affaires étrangères de la civilisation de la justice qu'on fît silence sur les crimes de la " liberté ". Or, depuis cinq siècles le génie de la littérature française est de clouer l'humanité sur le gibet de son hypocrisie.

J'ai pensé que la modestie de ma plume ne m'interdisait pas d'adresser un signal aux écrivains qui se diraient : "Qu'écriraient Balzac, Stendhal, Zola, Bloy, Hugo aujourd'hui ? Demeureraient-ils aveugles, muets et sourds devant le naufrage de l'âme même de l'Europe ? "

1 - Aux spectres de la vassalité

Nous avions installé dans l'éternité le télescope de nos prophètes. L'œil des astronomes de nos désastres suivait encore du regard de minuscules insectes trottinant dans le désert sous la bannière d'un Pharaon du Texas. Une valetaille d'Etats du Vieux Monde suait de servitude dans les sables et la cendre. Nous avions placé les fourmis de leur vassalité sous la lentille d'un créateur herculéen du cosmos ; nos microscopes avaient compté un par un les fourgons de la débâcle de leur roi entre le Tigre et l'Euphrate : Italiens empêtrés des fantômes de Dante et de Galilée, Portugais pliant l'échine sous les crachats de leur Lope de Vega, Espagnols livides d'humiliation sous l'armure de Cervantès, vain pêle-mêle de Roumains, de Bulgares, de Hongrois, de Tchèques emportés dans la souillure et la déroute sous le soleil de Babylone, Hollandais couverts de boue sous le regard glacé d'Erasme de Rotterdam, Anglais écorchés sous le fouet de Swift et de Shakespeare, Polonais confits en dévotions sous la chiquenaude de Copernic, et vous, peuples du Nord que votre Belle au bois dormant avait frappés d'amnésie, apprenez que votre créateur crachait sur vos harnais et pleurait des larmes de rage et de sang sur le gibet où vous avez cloué Andersen et Ibsen.

Harold Pinter a écrit : En tant que citoyen, je dois demander : Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ?

2 - Aux spectres de la servitude

L'Europe humiliée, l'Europe torturée, l'Europe baignant dans la lâcheté et la honte pleure sur une autre potence encore de sa vassalité . Continent des vainqueurs de la terre, royaume des astres et des nombres, ciel d'Homère le voyant et d'Œdipe aux yeux crevés, qu'as-tu donc oublié dans les décombres de ton histoire ? Crois-tu que les peuples et les nations demeurent vivants sous le protectorat de l'étranger ? Dans ce cas, voici quel sera ton destin : ta seule accoutumance à la présence de ton maître suffira à te faire perdre le regard de ta raison sur ton abaissement.

Harold Pinter a écrit : Comme le sait ici tout un chacun, l'argument avancé pour justifier l'invasion de l'Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d'armes de destruction massive, donc certaines pouvaient être déchargées en quarante-cinq minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak entretenait des relations avec Al-Qaida et avait donc sa part de responsabilité dans l'atrocité du 11 septembre 2001 à New-York . On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai.

3 - Aux spectres de Chateaubriand et de Victor Hugo

Déjà tu ne vois plus les garnisons de ta servitude venues d'au delà des mers camper à demeure sur ton sol, déjà, l'écho de tes cris d'enfant épouvanté revient des plaines de l'Asie jusqu'à tes oreilles apeurées, déjà tu marmonnes les prières des crucifiés sur le gibet de leur abaissement : " La Russie et la Chine m'auraient-elles jeté un regard de travers ? Suis-je bien à l'abri dans le cocon du criminel de guerre dont le sceptre moelleux me rend complice de ses camps de concentration sur toute la surface du globe ? Le protecteur sanglant de mon gîte demeurera-t-il mon armure si je tremble à sa vue et si je me jette à ses genoux, le front dans la poussière ?"

Europe des tombes et des cierges, Europe des paniques d'entrailles de tes derniers chefs, je te le dis : si tu as peur de vivre sans un maître à servir, la mort deviendra le souverain de ton esprit et de ton cœur. Déjà, tu suis ton propre cercueil les yeux fermés, déjà tu goûtes aux richesses et à la pompe des peuples dont le pas lent de leurs chevaux de trait ne conduit que le corbillard.

Harold Pinter a écrit : La majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s'intéressent pas à la vérité, mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir, il est essentiel que les gens demeurent dans l'ignorance, qu'ils vivent dans l'ignorance de la vérité, jusqu'à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons.

3 - Aux spectres d'Elseneur

Face à cette situation, peut-être l'heure a-t-elle sonné du débarquement de l'âme même de l'Europe dans l'histoire souffrante de la vassalisation du continent de l'esprit ; parce que la reconquête de la liberté de regarder et de penser passe désormais par l'école cruelle de l'introspection critique. Car si l'esclave est honteux de son humiliation, c'est que sa propre lâcheté est le gibet caché sur lequel il se voit cloué ; et s'il semble honnir son colonisateur, c'est qu'il pleure et gémit au spectacle du prix de sa servitude, celui de sa poltronnerie.

Or, l'âme introspective de l'Europe est celle de sa littérature ; et son génie n'a pas attendu saint Augustin, Rousseau, Benjamin Constant, Proust, Freud ou Nietzsche pour faire de la confession le cœur de l'univers de l'écrit, parce que l'origine du regard accusateur sur soi-même n'est autre que la philosophie occidentale tout entière, qui repose depuis vingt-quatre siècles sur l'introspection la plus douloureuse, mais aussi la plus féconde, celle qui enfante le regard socratique de l'encéphale humain sur lui-même. Et voici que le nouveau prix Nobel de littérature prend le relais du regard socratique de la civilisation européenne sur elle-même.

Harold Pinter a écrit : L'invasion de l'Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d'Etat patenté , témoignant d'un absolu mépris pour la notion de droit international. (…) Regardez Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d'accusation, (…) théoriquement pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue au mépris de la convention de Genève. Non seulement on la tolère, mais c'est à peine si la soi-disant " communauté internationale " en fait le moindre cas.

Dessin de MARIALI

5 - Aux spectres de l'épouvante

Contemplons du haut de nos tombeaux nos cargaisons d'esclaves enchaînés au char d'un empire de la torture. Autrefois, le regard des rois de notre mémoire éclairait la fange des âmes prosternées devant leur maître . En ce temps-là, le créateur du monde que nous avions hissé au sommet de nos âmes obéissait à la voix des artistes de sa foudre, en ce temps-là, le Titan de notre intelligence que nous avions forgé siècle après siècle écrasait de son mépris sa créature vautrée dans la poussière ; en ce temps-là , la bassesse de nos esprits rencontrait dans l'immensité le géant dont les verdicts exterminaient la sottise de nos idiots de village ; en ce temps-là, nos Lilliputiens de la politique quittaient la scène les pieds devant. Et maintenant, la planète entière sert de dépotoir aux crimes de la " Liberté " ; et maintenant, nous sommes devenus les hommes de main du crime sur toute la terre. Par qui les esclaves sont-ils colonisés, sinon par la honte qui leur monte à la gorge au spectacle de leur propre lâcheté ?

Harold Pinter a écrit : Des milliers, sinon des millions de gens aux Etats-Unis sont pleins de honte et de colère, visiblement écoeurés par les actions de leur gouvernement, mais en l'état actuel des choses, ils ne constituent pas une force politique cohérente - pas encore.

6 - Aux spectres des regardants

Nos guetteurs sont sceptiques. A l'horizon, nul soleil de notre naufrage ne fait resplendir les flambeaux de la mort. Et pourtant notre histoire s'était forgée sur l'enclume de la parole. Nous attendons la voix qui arracherait le Continent à l'enfer de son effroi. Mais en l'an 2005 de notre deuil, aucun homme d'Etat de l'Europe du glaive n'a soufflé sur les braises de notre honte, aucun incendiaire de notre silence n'a fait le don de son soleil à nos tombes, aucune semence de notre résurrection n'a fécondé nos peuples agonisants.

Harold Pinter a écrit : Tout le monde sait ce qui s'est passé en Union soviétique et dans toute l'Europe de l'Est durant l'après-guerre : la brutalité systématique, les atrocités largement répandues, la répression impitoyable de toute pensée indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté. Mais je soutiens que les crimes commis par les Etats-Unis durant cette même période n'ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés à des crimes tout court.

7 - Aux spectres de la dictature

Qui aurait cru que Hitler emporterait l'Europe de la pensée et de la raison politique dans sa tombe? Qui aurait seulement imaginé que, six décennies après le suicide d'un tyran dans les ruines de Berlin, les peuples du Vieux Continent feraient un piteux peloton de vénérateurs d'un empire et qu'aucun homme politique des pays libérés de la folie d'un terrible despote n'oserait évoquer les souffrances et les larmes des rescapés d'une autre servitude. Regardez-les, les enchaînés à une démocratie planétaire que son évangélisme vaniteux a rendue césarienne et dont le messianisme est censé avoir fait au globe terrestre le don de la " justice " et du " droit ".

Harold Pinter a écrit : Les Etats-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré , toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l'issue de la seconde guerre mondiale. Je veux parler de l'Indonésie, de la Grèce, de l'Uruguay, du Brésil, du Paraguay , d'Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Salvador, du Guatemala et bien sûr, du Chili .

8 - Aux spectres de notre oubli

C'est désormais vainement que la civilisation née à Athènes des premières fulgurances de la raison occidentale tend ses mains suppliantes au seul vainqueur de la guerre de la " liberté ". Le malheureux cortège des alliés attachés au char d'un pseudo apôtre de la démocratie arrachera-t-il au nouvel empire quelques lambeaux de vérité sur une terre orageuse, ou bien la barbarie aurait-elle fait seulement ses premiers pas avec les camps nazis et les goulags stalinienne ? Notre astéroïde erratique regardera-t-il sombrer les épaves des témoins menottés de la mémoire du monde ?

Harold Pinter a écrit : Mais vous n'en savez rien. Ca ne s'est jamais passé. Rien ne s'est jamais passé. Même pendant que cela se passait, cela ne se passait pas. Cela n'avait aucune importance. Cela n'avait aucun intérêt .

9 - Aux spectres de notre servitude

Si nous reconquérions l'indépendance et la fierté de nos héros, notre désastre d'aujourd'hui donnerait du moins ses derniers feux à notre grandeur immolée. Alors, du fond de la nuit sans gloire et sans lumière des vaincus, nous verrions du moins les torches de notre honte faire étinceler l'éclat de notre naufrage. Mais l'Europe des crimes de la servitude attend en vain les joyaux de sa laideur sous la plume de ses derniers poètes. Qui chantera la noirceur des laquais de leur propre infamie ? Hélas, nous descendons dans les ténèbres sans superbe et sans force. Nous avons oublié que les feux altiers de la pensée jaillissent de nos tombes. Où sont les trésors ensevelis des Ezéchiel, des Isaïe et des Homère de notre débâcle?

Harold Pinter a écrit : Il serait donc juste que Bush et Blair fussent appelés à comparaître devant la cour internationale de justice

 

Sources : MANUEL DE DIEGUEZ

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans TEXTES A LIRE
commenter cet article
24 novembre 2005 4 24 /11 /novembre /2005 23:29

 

DIEU RESIDE DANS L'HOMME DE BIEN

 

par SENEQUE

Extrait
« Si vous voyez un homme que n'enraye aucun péril, que ne souille aucune passion, heureux dans l'adversité, calme au sein des tempêtes, qui voit les hommes à ses pieds, les dieux à son niveau, ne serez-vous pas saisi d'admiration pour lui ? ne direz-vous pas : Il y a dans cet être quelque chose de grand, de sublime, qui ne saurait être de même nature que ce misérable corps ? »

Texte
« Votre conduite est louable, elle est salutaire, si, comme vous le dites, vous continuez à marcher vers la perfection. Il est insensé de la demander aux Dieux, quand on peut la tenir de soi-même. A quoi bon élever vos mains vers le ciel ? supplier le gardien du temple de vous approcher du simulacre, afin d'en être mieux entendu ? Dieu est près de vous, il est avec vous, il est en vous. Oui, Lucilius, un esprit saint réside en nous, qui observe et note nos bonnes et nos mauvaises actions. Comme nous l'avons traité, il nous traite à son tour. Point d'homme de bien en qui Dieu ne réside. Sans cet appui, comment s'élever au-dessus de la fortune ? De lui nous viennent les nobles conseils, les hautes inspirations. Dans le cœur de tout homme de bien,

 

Habite un Dieu : quel est-il ? on l'ignore.

S'il s'offre à vos regards une forêt peuplée d'arbres antiques dont les cimes montent jusqu'aux nues, et dont les rameaux entrelacés ferment l'accès à la clarté du jour, cette hauteur prodigieuse, le mystère de cette solitude, ces masses imposantes de verdure qui s'étendent à perte de vue, tout vous révélera la présence d'une divinité. Et cette caverne dont le temps a miné les flancs, et au-dessus de laquelle s'élève une montagne, pour ainsi dire suspendue dans les airs, cette caverne que n'a pas faite la main de l'homme, mais que la nature a si profondément creusée, n'inspirera-t-elle pas à votre âme une religieuse terreur ? Les sources des grands fleuves sont l'objet de notre culte ; l'éruption subite d'une rivière souterraine a fait dresser des autels ; on vénère les fontaines d'eaux chaudes, et il est des marais qu'a consacrés leur profondeur immense, ou la sombre épaisseur de leurs eaux. Si vous voyez un homme que n'enraye aucun péril, que ne souille aucune passion, heureux dans l'adversité, calme au sein des tempêtes, qui voit les hommes à ses pieds, les dieux à son niveau, ne serez-vous pas saisi d'admiration pour lui ? ne direz-vous pas : Il y a dans cet être quelque chose de grand, de sublime, qui ne saurait être de même nature que ce misérable corps ? Ici Dieu se révèle. Oui, une âme grande et modérée qui regarde en pitié toutes les choses d'ici-bas, qui se rit des sujets de nos craintes et de nos espérances, est mue par une impulsion divine. Sans l'appui de la divinité, comment se maintiendrait-elle à cette hauteur ? La plus belle partie de cet être est donc au lieu de son origine. Les rayons du soleil touchent la terre, mais tiennent encore au foyer d'où ils émanent ; de même cette âme sublime et sainte envoyée sur la terre pour nous montrer la divinité de plus près, tout en vivant au milieu de nous, reste encore attachée à la céleste patrie. Elle y tient, elle la regarde, elle y aspire ; c'est un génie supérieur descendu parmi nous. Quelle est cette âme ? celle qui ne se repose que sur ses propres biens.

Quelle folie en effet d'admirer dans un homme ce qui lui est étranger ! de s'extasier devant ce qui peut en un moment passer à un autre ! Le frein d'or ne rend point un cheval meilleur. Autre est le lion à la crinière dorée, que l'on manie, que l'on force à subir l'affront d'une parure qui l'outrage ; autre le lion du désert, la crinière en désordre, avec sa rude et sauvage fierté. Voyez-le : il bondit, il se précipite ; il est tel que la nature l'a fait, terrible, mais beau de la terreur qu'il inspire. Quel contraste avec cet animal languissant et couvert d'or ! On ne doit se glorifier que de ce qui est sien. On aime une vigne dont les sarments sont chargés de grappes, dont les appuis succombent sous le faix. Ira-t-on lui préférer une vigne, au raisin, au feuillage d'or ? Non, le mérite de la vigne est dans sa fertilité ; chez l'homme, il faut louer ce qui est de l'homme. Il a de beaux esclaves, un palais magnifique, des moissons abondantes, un ample revenu ; tout cela n'est pas lui, mais bien son entourage. Admirez en lui ce qu'on ne peut ni lui donner ni lui ravir, ce qui est propre à l'homme ; c'est-à-dire son âme, et, dans son âme, la sagesse. L'homme est un être raisonnable ; il fait son bonheur en remplissant sa destination. Or, que veut de lui la raison? Rien que de très-facile; qu'il vive conformément à sa nature. Mais la folie générale y met de grands obstacles ; on se pousse mutuellement au vice ; et comment ramener à la raison des hommes que personne ne retient, et que la foule entraîne ? »

Source imprimée
SÉNÈQUE, Lettre XLI: «Dieu réside dans l'homme de bien», in Oeuvres complètes de Sénèque. Tome I. Lettres à Lucilius. Traduction française de la collection Panckoucke, révisée par Jean-Pierre Charpentier et Félix Lemaistre. Paris, Garnier, 1899-1905, pp. 127-130.

Sources : ENCYCLOPEDIE DE L'AGORA

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans DIEU
commenter cet article
23 novembre 2005 3 23 /11 /novembre /2005 05:52

Voici un texte qui en dit long sur le fanatisme religieux. A l'heure où l'on entend gloser certaines communautés sur l'Islam et contre lui, il serait bon qu'ils posent un regard lucide sur le judaïsme orthodoxe et ses dérives. Grave. Très grave.

 

ANALYSE PSYCHOLOGIQUE DES RITUELS DU JUDAÏSME

 

"Je crois qu'il faudrait longtemps avant qu'un enfant à qui l'on n'en aurait rien dit commençât à s'inquiéter de Dieu et des choses de l'au-delà".

Sigmund Freud

 Nous abordons sous cette rubrique un des facteurs conditionnant les mieux rôdés du Judaïsme orthodoxe, ce qui fait le juif en particulier dans sa vie de tous les jours et le rattache à son identité religieuse : le Rituel.

Que faut t-il entendre par rituel, en effet, si on analyse la chose comme l’on fait bons nombres de psychologues ou de psychanalystes nous pourrions limiter simplement sa définition à des troubles obsessionnels compulsifs ayant pour objectifs de rassurer la personne ou de canaliser une certaine pulsion inconsciente. Mais à mon sens bien que le rituel comporte bien entendu de telles pathologies psychologiques, il serai incomplet de s’en restreindre à cela. En particulier, dans une religion comme le Judaïsme qui comporte une grande variété de rituels, chacun possédant un rôle bien précis.

Je vais traiter sous cette rubrique des différents rites initiatiques comme la circoncision, la communion ou le mariage, mais principalement sous leurs aspects psychologiques.

La circoncision

Evidemment d'un point de vue psychologique, les rites initiatiques ont des influences majeures sur la vie du juif, ils conditionnent fortement son appartenance au groupe. Si on prend pour commencer le cas de la circoncision, par exemple, ce rituel était déjà pratiqué à l'époque des Egyptiens qui jugeaient l'ablation du prépuce comme un signe esthétique digne descastes les plus élevées. Par la suite, les Hébreux qui descendent des Egyptiens (cette explication concernant l'origine égyptienne des Hébreux sera développée dans la partie "histoire" du site), gardèrent ce rituel mais en modifièrent sa provenance en l'attribuant à Abraham le père fondateur qui aurait pactisé ainsi avec dieu par cette marque de reconnaissance. Lorsque dieu éprouva Abhaham par certains ordress et que celui-ci les eût accomplis, dieu dit : "Je vais faire de toi un guide pour les hommes". Un des ordres donnés à Abraham pour l'éprouver serait la circoncision. Dieu dit à Abraham "... et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, ton peuple après toi : que tous vos mâles soient circoncis. Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera le signe de l'alliance entre moi et vous... Quand ils auront huit jours, tous vos mâles seront circoncis, de génération en génération. ... Mon alliance sera marquée dans votre chair, comme une alliance perpétuelle. L'incirconcis, le mâle dont on aura pas coupé la chair du prépuce, cette vie-là sera retranchée de sa parenté : il a violé mon alliance". Genèse 17/9-4

Pour ma part, un dieu qui exige de ses croyants de se mutiler pour les marquer, par leur sexe, comme on marque du bétail, est un dieu d'une morale douteuse.

Donc, le juif est marqué dès ses premiers jours, (la circoncision se déroulant si le nouveau-né ne présente pas de complication huit jours après la naissance), dans sa chair par l’appartenance à la communauté religieuse. Aujourd’hui, avec l’avancé de la pédopsychiatrie, nous savons que l’acte de la circoncision affecte le cerveau de l’enfant et provoque certains traumatismes violents. Une atteinte à son sexe peut provoquer certains troubles inconscients du comportement sexuel par la suite. Les autorités religieuses prétendent que la circoncision est entre autre un acte religieux hautement symbolique mais aussi une action importante sur l’hygiène sexuelle de l’enfant car elle est censée éviter la masturbation, et le comble, prévenir du cancer. Voici un immanquable manque de connaissance scientifique sur l’anatomie humaine, propre à l’époque obscure qui érigea ces pratiques. Le prépuce sert pour l'enfant de préservatif empêchant le gland de baigner en permanence dans l’urine et le protégeant des irritations et des inflammations aux contacts avec des vêtements, langes, couches. La circoncision à la naissance est presque toujours responsable du rétrécissement inflammatoire du méat urétral (conduis urinaire). Cette protection du gland et de la verge se prolonge dans les actes érotiques, d'où l'intérêt du prépuce dans la vie affective pendant l'enfance, l'adolescence et à l'âge adulte sur ce plan. Il n'y aucune raison [médicale] de priver systématiquement les nouveau-nés d'une partie intégrante de l’anatomie humaine normale. Même pour les prépuces malades, les chirurgiens déconseillent la circoncision et lui préfèrent des interventions chirurgicales simples sauvegardant le prépuce.

Ce qui se passe aussi autour de l’enfant pendant la circoncision (mila en hébreux) est propre à marquer l’inconscient du petit garçon. Les adultes glorifient la douleur de l’enfant par des prières, des champs de joies, ainsi, l’enfant se retrouve confronté à des personnes qui l’espace d’un instant aiment à le voir souffrir. Une des phases de la circoncision qui est maintenant de moins en moins pratiquée est celle où un rabbin ou un proche est autorisé à venir sucer le pénis de l’enfant pour y boire le sang censé être un élixir divin pour celui qui le boit. Tout cela n’aide pas l’enfant à ce sentir bien dans sa peau et dans sa vie sexuelle par la suite, disons que c’est une première des phases castratrices.

 2 - LA COUPE DE CHEVEUX

Après sa circoncision viendra une phase d’apprentissage progressive de l’appartenance religieuse du petit juif. Dans la tradition juive l’enfant doit laissait pousser ses cheveux jusqu’à l’âge de trois ans, c’est un héritage antique de l’époque de Samson (shimchone) qui faisait partie d’une caste de saints hommes (les nasires) s’engageant à ne pas boire de vin et à ne pas se couper les cheveux en signes de dévotion envers dieu. L’enfant laisse pousser ses cheveux jusqu’à l’âge de trois ans, puis lors d’une cérémonie religieuse on lui coupe des mèches de cheveux que l’on offre aux proches. Là encore l’enfant se sent dépouillé de ce qui lui appartient, et il se retrouve à nouveau en face d’adultes qui apprécient qu’on lui prenne une partie de son être. Ensuite, une phase que j’ai constaté uniquement au sein des sectes Loubavitchs consiste à faire lire l’alphabet hébreu à l’enfant, et à chaque bonne réponse de sa part concernant la lecture d’une lettre on lui donne une cuillère de miel, en lui disant que la Torah est douce comme le miel. Voilà, des expériences qui auraient plus à Pavlov, mais dans notre cas précis elle implique un enfant innocent de trois ans que l’on conditionne à percevoir l’idéologie religieuse d’adulte égocentrique comme bonne et douce pour son apprentissage de la vie. Cette phase est très marquante pour l’enfant, toute sa vie s’il ne lutte pas contre, des volitions inconscientes lui rappelleront que toutes douceurs doivent être associées à la Torah, voilà certes une prison dorée, mais une prison malgré tout.

Bien sûr ensuite on offre des cadeaux à l’enfant, bien sûr on déguise la médiocrité de l’adulte par des sourires empreint de gratitudes envers l’enfant qui s’est docilement plié aux exigences parentales. Mais le traumatisme est bien là, et la dépendance affective commence à prendre sournoisement racine dans l’esprit du petit enfant qui n’avait toujours rien demandé.

3 - L'EDUCATION RELIGIEUSE

Après la coupe de cheveux désignée comme une phase entre la petite enfance et l’enfance, le garçon juif va entreprendre une étude plus progressive de la religion de ses pères. Après l’apprentissage du Alèph Béth (alphabet hébreu), il va commencer à être bercé par les contes mythologiques de la bible. Afin de préparer son cerveau à un certain conditionnement plus intense qui viendra par la suite. De trois ans à environ six ans pour la plupart des enfants, on enseignera à l’enfant le judaïsme dans sa version la plus douce, en voilant volontairement les passages bibliques qui pourraient heurter sa sensibilité. Il commencera par le biais de jeux éducatifs à apprendre des rudiments de lois hébraïques, comme le respect du Shabbat ou la prière pour se laver les mains. Tout cela dans une ambiance plaisante et doucereuse qui place déjà dans l’esprit de l’enfant un certain conditionnement affectif dont il aura du mal à se défaire plus tard, car lié à une période de sa vie qui est une des plus tendre.

Vers l’âge de six ans, à son entrée au cour primaire il va commencer à apprendre à écrire l’hébreu et à le lire. C’est là que l’on commencera à lui enseigner les textes bibliques d’une manière différente de celle qu’il connut étant plus jeune. L’enfant devra commencer à apprendre les prières et à les réciter autant de fois qu’il faudra pour qu’il les assimile. Il apprendra une partie des bénédictions à réaliser sur la nourriture et commencera à découvrir un monde d’interdits et d’obligations envers dieu, la communauté et la famille. On tâchera de bien lui enseigner en particulier les bienfaits de dieu envers lui, on insinuera certaines prémices culpabilisatrices nécessaires à son attachement envers dieu, la religion et sa famille. En commençant par la prière qui est enseignée comme un devoir envers dieu qui donne la vie à l'enfant, qui lui offre ses faveurs et qui en échange exige d’être remercié.

Il devra mettre tous les jours sa Kippa sur la tête, même parfois pour dormir, ainsi que les Tsitsit Katane qui le prépare psychologiquement déjà à avoir sur son corps la présence divine. Dans certaines traditions juives, en particulier du nord de l'Europe (les Askénazes) les enfants doivent laisser pousser les pâtes de cheveux, les Paillotes, en signe de reconnaissance à l'ordre qu'avait donné Moise à son peuple de ne pas couper cette partie de cheveux.

Les classes vont se succéder ensuite, à chaque étapes précédent la majorité religieuse (13 ans), on va apprendre à l’enfant des lois toujours plus complexes, des récits bibliques de plus en plus violents. Afin de le sortir de l’enfance pour le faire grandir plus vite en lui mettant de plus en plus de pression culpabilisatrice qui le retiendront prisonnier de son appartenance à la religion, à dieu et à la communauté. Il va apprendre les interdits et les obligations du juif de manière de plus en plus profonde, jusqu’à le façonner émotionnellement et affectivement, en faire un clone dépersonnalisé qui exécutera docilement les injonctions religieuses et l’autorité dogmatique des prêtres. Lorsqu’il abordera les Dinimes (c’est à dire les lois juives), il sera plus amplement conditionné par les récits violents d’une époque barbares où les sanctions étaient sanglantes envers ceux qui se détournés de la lois divine. Bien entendu au masquera toujours cela par des sourires et des voix mielleuses, mais le fond est bien transmis et le conditionnement établi.

4 - LES COMMUNIONS

Arrivé à l’âge de 12 ans, l’enfant juif commence à préparer sa communion (Bar-Mitsva) qui sera son passage à la majorité et la responsabilité religieuse de ses actes. Le rite de passage oblige l’enfant à apprendre par cœur la lecture d’une partie de la bible, relative à sa date d’anniversaire hébraïque. Pendant un an environ, l’enfant va devoir s’entraîner à réciter avec un air spécifique à sa tradition une grande partie de la Paracha (chapitre biblique d’un des livres du Pentateuque) de sa naissance. Puis pendant une cérémonie religieuse initiatique, l’enfant entouré de ses parents, amis et autorité religieuse devra récité sa Paracha à haute voix et dans un cadre bien précis. Tout d’abord on va lui demander quelques temps avant de mettre quotidiennement pendant la prière du matin un Tallith (châle de prière) et les Téfillines (boîtier contenant l’ancien testament que l’enfant place sur la tête et sur le bras droit, accroché par des lanières de cuirs). Les Téfillines sont à mon sens un des objets de conditionnements religieux des plus puissant du Judaïsme. L’enfant porte symboliquement sur son front et sur son bras (c.f schéma) toute la Torah sacrée censée avoir été transmise par dieu lui-même aux Béné Israel (les fils d’Israël) par l'intermédiaire de Moise (Moché). La pression est importante pour le jeune enfant, lors de la mise des Téfillines, car des années avant sa majorité religieuse, les rabbins et autres enseignants religieux ont peu à peu façonné tout un imaginaire de crainte et de respect autoritaire autour des Téfillines. Les Téfillines ne doivent pas être posés par terre, doivent être embrassés avant et après la prière puis rangés dans leurs boîtiers protecteurs. Tout un cérémonial accompagne cet acte religieux,obligeant ainsi l'enfant à se conformer à la règle prescrite par la peur respectueuse émanant de l'imaginaire religieux.  

La communion des garçon se déroule en deux étapes principales : la première est la lecture de la Torah, elle se déroule suivant le calendrier hébraïque. Pendant cette cérémonie, l’enfant participe comme les adultes à la prière, met le Tallith et les Téfillines et doit se mettre dans une configuration psychologique propre à la réception d’un grand hommage que dieu lui octroi.

L’enfant lit les différents verset de la bible, est fait monter près de lui par ordre, un Cohen (pontife du royaume hébreu d’antan), un Lévi (assistant du Cohen), puis un membre de sa famille (en général le père) et ainsi de suite...

Après la lecture de la Torah l’enfant est considéré comme un adulte aux yeux de la loi juive et est totalement responsable de ses actes religieux.

Quelques jours plus tard, il est organisé une soirée en son honneur, ou l’enfant reçoit des cadeaux des proches et autres bénédictions des rabbins.

Chez la fille, la communion se fait vers l’âge de 12 ans, c’est la Bat mitsva, elle est bien moins d’importance aux yeux de la famille et de la communauté que la Bar mitsva du garçon. On organise une cérémonie religieuse ou la fille doit réciter les Shéva bérarote, c’est à dire « les vœux » qu’elle s’engage à accomplir afin de devenir une bonne femme juive.

5 - LE MARIAGE

Après sa Bar-mitsva, dans les familles religieuses, l’enfant est envoyé en Yéshiva (école talmudique), afin de lui apprendre la Torah, et aussi en partie afin de le détourner du monde qui est censé être mauvais car dépourvu de la sainte Torah. Pour qu’il ne tombe pas dans les affres de l’adolescence, pour canaliser en partie ses pulsions sexuelles il est envoyé dans une Yéshiva réservée exclusivement aux hommes. Il y passera la plus grande partie de son temps à étudier la Torah et aussi le Rhol (l’étude profane des matières classiques comme les maths, le français, etc.). Les enfants sont donc envoyés en Yéshiva afin d’être dirigés dans le sens de l’étude de la Torah, une éducation dirigiste et autoritariste leurs est enseignée. Dans l’objectif de les formater au moule religieux et brimer leurs instincts sexuels, qu’ils refoulent violemment la plupart du temps et cause des troubles comportementaux. Cette éducation est totalement liberticide, il faut le voir pour le croire, c’est terrible ce que l’on fait subir aux enfants, le poids psychologiques qu’on leurs imposes est odieux. Ils se lèvent très tôt pour la prière du matin, ensuite ils prennent rapidement leurs petit déjeuner, puis ils enchaînent sur une étude ou un cours de Torah, ils mangent à midi sans tarder et replongent dans la Torah, puis des cours de Rhol et l’après-midi la prière, le soir la prière, plus les prières sur la nourriture, sur le lavage des mains, avant de se coucher etc. Toute leur vie est dirigées de A à Z, ils ne doivent pas en sortir, ils doivent se plier aux règles sans rétorquer sinon ils sont exclus. Ils sont conditionnés à être enchaînés à leur religion pour vivre, on cultive cette terrible dépendance, les rendants esclaves soumis. On leurs dit que c’est pour leurs biens, que sans la Torah ils seraient perdu et incapable de s’en sortir dans la vie. On ajoute de nombreuses couches d’ethnocentrisme, en valorisant à outrance la mission importante du peuple élu sur terre.

Lorsque l’enfant arrive vers l’âge de 18 ou 20 ans, afin de ne pas le faire sortir du vase clos religieux. Un rabbin le présente à une femme, et lui dit qu’il serait une grande chose pour la communauté qu’il la prenne pour épouse. Donc, sans avoir connu d’autres expériences amoureuses, sans connaissance de la vie de couple on lui impose une femme, mais on préfère lui dire comment se comporter avec elle, régler soigneusement sa relation, même sexuelle plutôt que de laisser faire son expérience lui même et de le responsabiliser. Une fois que le rabbin a désigné la femme et l’homme, ils doivent rapidement se fiancer, puis ne pas attendre plus de 6 mois/1 an avant de se marier, afin d’éviter les tensions sexuelles qui pourraient amener le couple à une certaine tendresse plus charnelle, la relation sexuelle étant strictement interdite avant le mariage bien sûr.

La cérémonie du mariage est comme toutes les cérémonies religieuses, très ritualisées, les femmes préparent la mariée (Kala) et les hommes préparent le marié (Rhatane). Devant les rabbins le marié opère un rituel de bénédiction sur une coupe de vin pour sceller l’union devant dieu. Puis, le rabbin les unis un peu de la même façon que pour les Chrétiens, le folklore juif en plus. Puis, après la récitation des voeux de chacuns des époux, le mari brise sous son pied un verre, qui est censé symboliser la destruction du temple de Jérusalem.

Ensuite seulement, le couple peu emménager librement et surtout rapidement songer à avoir des enfants, c’est une obligation divine très importante, avoir une descendance la plus grande possible pour étendre les membres du peuple. En moyenne dans les familles religieuses on compte six enfants, les males étant bien entendu privilégiés. Le grand problème des préceptes religieux sur le devoir d'une grande descendance, et qu'il fut là encore rédigé à une époque où la mortalité infantile était très fréquente. C'est pour cette raison que les écrits anciens imposèrent un grand nombre d'enfant, pour multiplier les chances de perduration de la lignée. La vie de famille va s’organiser autour des conditionnements religieux des époux et reproduire le schéma que les autorités religieuses leur ont inculquées. Dès qu’un problème va surgir au sein de leurs couples, problème de n’importe quel ordre ils vont en tenir compte à leurs rabbins qui leurs fixera l’attitude à suivre en fonction des préceptes religieux. Le couple prolonge une dépendance envers ses choix, et se refuse de faire l’expérience par lui-même. Premièrement parce qu'on leur a appris que seule la Torah était une source de vie pour eux et que les autorités religieuse étaient garante du sacré sur terre. Deuxièmement par une peur irrépressible de l’inconnu, du monde extérieur de ce qui n’est pas juif. Le monde extérieur est vu comme hostile est remplis de pièges obscurs pour les juifs orthodoxes. Tout cela remonte bien loin dans un conditionnement qui remonte à l’enfance et qui commença par « Tu craindras tes parents comme tu crains ton dieu », tout est là…

La peur qui est un phénomène instinctif propre à l’humain est exacerbée dans le Judaisme orthodoxe, tout ce qui n’est pas juif est dangereux et impur. C’est un drame humain, la peur de l’autre est la source de nos conflits, en cultivant la différence comme le fait le Judaïsme il entraîne ce peuple dans une spirale d’intolérance toujours plus marquée où j’ai vu la haine apparaître trop souvent, masquée par des paroles que l’on jugea sacrées. Il est urgent de comprendre ce phénomène religieux juif et de permettre à ceux qui en sont prisonniers de s’éveiller à autre chose, pour ne pas qu’ils deviennent de simples robots répétant inlassablement sans comprendre, mais des hommes et des femmes libres et pleins de vie qui contribueront à l’avènement d’une société plus humaine

Sources : CRITIQUE JUDAÏSME Un site excellent que nous recommandons de lire de A à Z...

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
commenter cet article
15 novembre 2005 2 15 /11 /novembre /2005 00:00

Cet article pour mieux comprendre qui est Moïse mais surtout pourquoi l'Ame de Jésus s'est incarnée pour démystifier la légende... plusieurs phrases attribués au Galiléen dans le Nouveau Testament montre bien qu'il "est bien venu" pour remettre les pendules à l'heure... à savoir que la loi de Moïse n'est pas la bonne. Et que le dieu auquel croient les hébreux n'est pas le "vrai dieu"... que leur croyance est faussée... je reviendrai sur le sujet en temps voulu.

TROIS CIVILISATIONS, UN MÊME HOMME

"On est bien forcé de croire au doigt de Dieu, quand on voit comment il se le met dans l'œil".

Jean Richepin

Vers l'an 1372 av J-C le pharaon Aménophis IV souhaite réformer la religion égyptienne en remplaçant le culte d'Amon par celui d'Aton, et ainsi il change son nom pour Akhénaton qui signifie en égyptien "Dévot envers Aton". Il réforme le polythéisme égyptien et le simplifi en un monohéisme ou Aton en est l'axe central. On peut ainsi en déduire que Moise et Akhenaton étaient des contemporains, même qu'ils aient pu échanger des idées sur les principes religieux. Ou tout simplement être le même homme qui s'enfuit du royaume égyptien afin de propager sa conception monothéiste de la religion avec un petit groupe de fidèle.

Hermes trismegistus (le trois fois trois fois grand) est-il Moise=Akhenaton=Oedipe ? Un des plus grands defis de la comprehension de la scene humaine s'exerce dans l'acquis d'informations credibles, qui puisse donner de notre histoire un tableau convainquant. Par l'etude et la recherche dans les domaines de la mythologie, de l'histoire, de la litterature, de l'archeologie, de la theologie et de la psychologie, un nouveau savoir est a notre portée, offrant une mise-à-jour majeure de notre héritage Occidental. Durant le Moyen-Age, nos notions d'histoire sont restées basées sur des mythes et des légendes. Un mythe, par exemple, était celui d'Oedipe, un symbole ou un fantasme qui n'avait peut-être pas existé. Un exemple de légende etait Moise, un héros ou un idéal qui aurait existé en tant que personne humaine.

L''egyptologie naquit après la révolution française, elle nous permit de mettre en avant certaines découvertes majeures. Comme celle d'une tombe d'un pharaon du nom d'Akhenaton. Sigmund Freud, a soupconné une certaine parenté entre Akhenaton et Moise dans son célebre ouvrage "L'homme moise et la religion monothéiste". Puis en 1960, l'astronome Immanuel Velikovsky, identifia sur les ruines du théâtre de Sophocle, des pieces historiques qui decrivaient le pharaon actuellement connu comme Akhenaton, comme Oedipe, à l'époque. Il a fallut attendre l'egyptologue Ahmed Osman qui en 1990 publia un livre consacré à l'étroite relation entre Akhenaton et Moise, pour avoir des arguments solides sur l'identité d'un même personnage. Durant ce temps, William Theaux passait vingt années à déchiffrer les trois stades de la vie d'Akhenaton: pharaon d'Egypte, prophète des Hebreux, et finalement initiateur en Grèce.

Aujourd'hui le mystère d'Akhenaton semble être devenu une certitude scientifique. Sigmund Freud établit l'hypothèse que Moise aurait été le disciple d'un pharaon -Akhenaton- dont le règne et l'histoire étaient alors découverts par les egyptologues. Mais il ne parut pas réaliser que son hypothèse n'excluait pas la possibilité que Moise avait pu être - non seulement un disciple d'Akhenaton - mais ce pharaon de 1300 av JC lui-même. En marge de l'hypothèse de Freud, un autre scientifique, Immanuel Velikovsky a montré que les trois pièces relatives à Oedipe que Sophocle écrivit vers les 400 av JC, décrivaient avec précision la vie d'Akhenaton. Si Velikovsky eut raison, la pièce Oedipe à Colone décrit l'exil d'Akhenaton et son influence sur Athènes. Dans ce cas, Akhenaton ayant été obligé de fuir hors d'Egypte, aurait laissé sa marque sur le Sinai ou il initia les Hebreux avec une écriture et un certain nombre de lois, puis de nouveau fuit plus loin, ainsi que la pièce le décrit, pour initier Thésée le fondateur d'Athenes. En vue d'explorer cette hypothèse frappante, Unefpe lance une investigation collective, employant l'outils www pour exprimer la connaissance collective a ce sujet. Il donne aussi accés a une information de pointe; à commencer par une conférence que vous pouvez commander, prononcée a l'Organisation des Nations Unies le lundi 24 avril 1995

La découverte d'anciens écrits d'Akhenaton récemment découverts coincident avec des textes majeurs de la Bible attribués à Moise et de nombreux indices révèlent qu'Akhenaton quitta l'Egypte. Toutefois le lien Akhenaton-Moise demeura estompé, et la disparition elle-même de Moise resta un secret aussi longtemps que le témoignage d'Athènes fut retenu. C'est un millénaire plus tard, que Sophocle divulgua le secret Athénien avec son histoire d'OEDIPE qui révèle qu'Akhenaton-Moise initia Thesée, le fondateur d'Athènes. Sophocle fut si précis qu'il put même décrire la politique qui devait préserver la tombe de Toutankhamon. Sa découverte au 20eme siècle indique la puissance du tabou qui marquait la scène originelle de notre histoire contemporaine.

Durant ce millénaire, la puissance Egyptienne déclina regulierement, tandis qu'Israël apparaissait et devenait une puissance moyenne du Proche-Orient, en même temps qu'Athènes en Grèce, qui devint, elle, plus puissante. Alors qu'elle était a son apogée, Athènes s'effondra (Socrate), mais toutefois s'étendit, avec Alexandre qui établit une dynastie Grecque (Ptolemeenne) en Egypte. A partir de ce moment (300 av JC), les historiens Egyptiens commencèrent à révéler que Moise, le prophète de leurs voisins israéliens, avait été un Pharaon (dépeint avec les éléments qui correspondent à l'"Akhenaton" que nous connaissons aujourd'hui), tandis qu'était établie Hermopolis Magna (la ville du Culte d'Hermes, le Messager) sur la rive du Nil faisant face a la vieille cité détruite d'Akhenaton. En 30 av JC, la dernière des Ptolémées, Cleopatre, fut défaite par Rome qui était devenue puissante depuis 300 av JC, et qui combattait les Greco-Egyptiens pour la domination de la Méditerranée. La librairie d'Alexandrie fut détruite, et tous signes de l'influence culturelle de l'Egypte sur la région et dans l'histoire furent éliminés de nouveau.

Après un séjour en Egypte Jésus révéla lors de la Scene de la Transfiguration son but, de lever le voile couvrant l'identité de Moise pour le peuple d'Israël. Mais son message ne se répandit finalement que parmi les Gentils, et au début du Christianisme, les Pères de l'Eglise célébrèrent le Roi Egyptien Monotheiste qu'ils appelaient Hermés Trismegiste (Triplex, Triple Maitre ou Trois fois Grand - aussi Hermes Thoth). Ce savoir fut perpétré autour du bassin méditerranéen et en Europe durant le Moyen-Age au titre de l'Hermetisme qui se réclamait d'anciens textes sacrés (Hermetica). A la Renaissance, de nouveaux documents venus d'Orient appuyèrent l'idée que le Triplex etait Moise (et non pas son initiateur), remémoré en Grece comme Orphee. Un grave conflit opposa les historiens. L'indice Orphique était faible et en 1600 ap JC, l'Inquisition usa finalement d'une thèse (dite Datation de Casaubon) pour discréditer et détruire le souvenir du Triplex.

-Au vingtième siècle, la découverte des manuscrits de Nag Hammadi en Egypte invalide la Datation de Casaubon. De plus, l'égyptologie découvre Akhenaton qui répond à toutes les caractéristiques du Triplex (Chretien) et du roi Egyptien (Ptolemeen). Tandis que par d'autres voies encore l'egyptologie montre que Moise etait un Roi Egyptien Monotheiste, Akhenaton, la croyance en Hermes Trismegiste peut par consequent etre reconsidérée - d'autant plus que la référence Orphique est renforcée sous les traits d'Oedipe (Freud, Velikovsky), tandis que le passage d'Orphée à Oedipe est explicitée par l'initié francais Jean Cocteau (Orphee, Le Testament d'Orphee).

L'entrecroissement de toutes ces données historiques nous permettent de conclure qu'une coincidence très frappante rapproche les vies d'Akhenaton, de Moise et d'Oedipe. De plus nous connaissons à présent l'histoire du souvenir lui-même, découverte sous la référence d'Hermes Trismegiste, permettant aux psycho-historiens de révéler l'origine unique de notre civilisation "plurielle".

Sources : EXAMEN CRITIQUE DU JUDAÏSME

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by EVANGELIZT - dans LE JUDAÏSME
commenter cet article
15 novembre 2005 2 15 /11 /novembre /2005 00:00

Voilà un texte intéressant quand on sait ce qui se passe en Palestine depuis plus d'un demi-siècle. Les Initiés savent bien sûr qui était Moïse mais il est bon aussi que le commun du mortel entre en possession de certaines lumières de ce côté-là. Nous ne pouvons pas décemment faire changer le monde en maintenant la vérité sous le boisseau. Plus il y aura de gens à savoir et mieux ce sera. Car il faut bien savoir que ce ne sont pas ceux qui nous gouvernent qui changeront le monde mais bien l'humanité...

 

LES HEBREUX ETAIENT-ILS DES COLONS EGYPTIENS ?

Une interview de Roger Sabbah, co-auteur de l'ouvrage "Les secrets de l'Exode"
Paris, 2000, Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 8, rue Mandar, 75002 Paris

Tous droits réservés par l'IREP

Poursuivant la piste ouverte par le dernier ouvrage de Sigmund Freud (1) et répondant à l'invitation de Champollion à chercher dans la Bible l'histoire de l'Egypte ancienne (2), Messod et Roger Sabbah ont fait la synthèse des recherches sur le sujet et établi l'origine égyptienne non seulement de Moïse, mais de tous les acteurs de l'Exode (3). Bien des énigmes bibliques et historiques sont résolues par ce travail qui en dépit du silence dont on l'entoure encore est appelé à faire date dans l'épistémologie moderne.

----- La Judée fut fondée par les yahouds, prêtres monothéistes (ou monolâtres) chassés d'Egypte, et non pas enfuis (4), après la mort d'Akhenaton (Aménophis IV), la destitution du dieu unique qu'il avait imposé (Aton, derrière le disque solaire) et la restauraion du polythéisme d'Amon. La "tourbe nombreuse" (5) qui accompagne dans l'exode les prêtres yahouds est appelée dans la Bible "fils d'ISRAEL" qui d'après les frères Sabbah signifie en égyptien "fils de Aï, fils de Râ" et s'appliquerait indifféremment à tous les enfants d'Egypte (6). L'exode rejoint ainsi un phénomène maintes fois rencontré dans l'histoire connue, celui de la colonisation de contrées nouvelles par des populations déportées pour quelque raison que ce soit. La colonisation en question est celle de Canaan, c'est-à-dire des marches du Nord de l'empire égyptien, au contact des menaces extérieures. Enfin, la distinction entre les yahouds et la "tourbe nombreuse" explique que cette dernière ait été reléguée le plus au Nord (Israël) et se soit par la suite révoltée contre la Yahouda (la Judée) (7). Richard Elliott Friedman y ajoute l'hypothèse qu'entre temps Salomon aurait chassé les yahouds eux-mêmes vers Israël (8).

----- La transposition par les scribes hébraïques d'un passé égyptien dans un contexte mésopotamien s'explique, selon les frères Sabbah, par le souci de conserver pour les initiés la mémoire de cette histoire, tout en cherchant, dans un but de sécurité, à complaire au maître babylonien pour qui l'Egypte est l'ennemi héréditaire.

Un certain nombre de mystères et de contradictions néanmoins demeurent. Ils ont fait l'objet de l'interview qui suit

irép - Pour commencer, voudriez-vous éclaircir le mystère du changement de nom d'Abram en Abraham ?

Roger Sabbah - Dieu dit à Abram : "tu vas changer de nom, tu vas devenir Abraham". Il y a un Hé de différence, ce n'est pas grand-chose, mais c'est très grave. Changer le nom, cela signifie renier le nom que nous a donné notre père. Le seul qui en Egypte ait touché au nom du père, c'est Akhenaton. Le seul qui dans la Bible touche au nom du père, c'est Abraham. Il y a donc là une hérésie commune, entre Abraham et Akhenaton. Abraham se décompose en Ab, Râ, H'Amon, mais la Bible prend soin de nous parler de Ab et de H'Amon, mais ne parle pas de Ra, parce que Ra veut dire le mal en hébreu, mais c'est aussi le nom du Dieu d'Egypte. Donc la Bible occulte volontairement l'Egypte. Elle dit Ab H'Amon et elle prononce phonétiquement le nom d'Amon qui a une signification globale générale qui veut dire "humanité". Parce que "tu es le père de l'humanité". Lorsque nous disons "humanité", "man", "woman", etc. nous perpétuons la phonétique égyptienne d'Amon, le dieu des dieux, le père de l'humanité. Ne sommes-nous pas en présence d'une égyptologie sémantique qui nous ramène vers les dieux de l'Egypte, d'une manière très subtile en passant par cette décomposition des mots ?

Autre exemple. La Bible nous parle de Potifar, mais ensuite, il s'appelle Poti-Féra. Et Féra, en égyptien, cela veut dire "pharaon". C'est un "prince d'Egypte" qui a tous les attributs d'Akhenaton.

Autre recoupement : Joseph, c'est YoSeph, et Seph veut dire "roseau", et Yod c'est le roseau. On retrouve le double Yod, du nom de Aïe. Aï et Joseph ont tous deux été décorés par Pharaon, l'un a une fille qui s'appelle Ankhensen-Aton, l'autre Asnath. Quand on lit le hiéroglyphe d'Ankhensen-Aton, et qu'on lit le Ankh comme un aleph, phonétiquement, on lit "Asnath". Devant ces exemples, on se dit : n' y a-t-il pas d'autres recoupements à faire dans la bible, pour retrouver des racines hiéroglyphiques ?

Si on donne à Abraham une chance d'être égyptien, alors on comprend mieux pourquoi Abraham a épousé Sarah qui est devenue reine d'Egypte que pharaon lui a rendue avec excuses et de nombreux présents comme si c'était quelqu'un de sa famille. Parce que s'il avait été un étranger, Pharaon ne lui aurait pas rendu la femme magnifique qu'était Sarah. Maintenant Abraham épouse Agar qui est la fille de Pharaon. Pharaon lui donne sa fille. Qui est ce pharaon ? Qui est cet Abraham ? On est interpellé par la Bible elle-même qui nous dit qu'Abraham est mésopotamien mais nous donne des indices pour découvrir qu'il est peut-être égyptien. On sait que dans la loi sacrée de l'Egypte, et Amenophis III le dit lui-même dans une lettre d'Amarna, il est interdit aux princesses égyptiennes de quitter l'Egypte et il ne veut pas donner même une égyptienne simple au roi Khadashman-Enlil de Babylone. Or si le roi de Babylone avait connu Abraham, il aurait pu objecter, depuis qu'il négociait avec Amenophis III, qu'il y avait un précédent. Avec ce document, on se trouve en présence d'un roi de Babylone et d'un pharaon qui sont tous deux dans l'ignorance de l'existence d'un personnage qui se serait appelé Abraham et qui aurait très facilement emmené en Canaan une reine et une princesse d'Egypte. Si ces souverains ne connaissent pas Abraham, on est amené à penser que la Bible nous donne des indices pour chercher en Egypte les origines d'Abraham. Et là, on est amené à décomposer le nom d'Abraham en Ab Ra H'Amon. Ab, c'est mésopotamien, mais cela veut dire le père. Ra on le prend tel qu'il est, le nom de Dieu, parce que cela ne peut pas vouloir dire le "mal" dans le nom d'Abraham. On revient à H'amon, l'humanité. Donc "tu es Ra, le père de l'Humanité", titre que se donnait Akhenaton. H'Amon Ra, "père de l'humanité", est inclus dans le nom d'Abraham.

Dans mon prochain ouvrage, je vais m'attaquer au Zohar, à la kabbale. Je me suis arrêté sur un texte de la kabbale, du premier tome du Zohar, commentaire de la Bible transmis par des rabbins. Il concerne le passage où la Bible nous dit qu'Abraham a brisé les idoles de son père. Or c'est ce qu'a fait également Akhenaton. Mais quelles étaient ces idoles ? Ce texte dit : "Abraham adorait le soleil à l'horizon doré. Il a vu le soleil se lever, il a suivi la course du soleil, il a vu le soleil se coucher. Ensuite, Abraham a vu la lune se lever, il s'est mis à adorer la lune. Et la lune s'est couchée. Puis le soleil s'est levé de nouveau et Abraham a dit "assurément, le dieu est caché derrière le soleil".

Donc le Midrash nous enseigne en même temps la religion d'Amon et la religion d'Aton. La religion d'Amon c'était l'adoration du soleil et de la lune, les dieux multiples, et ensuite Abraham réfléchit et dit Adonaï, Aton, est caché derrière le soleil. On sait qu'Amon était déjà un dieu caché, puisque Amon signifie caché, mais Abraham va beaucoup plus loin, il va vers le secret solaire de la divinité. J'ai donc découvert là qu'il y a une relation entre Abraham, Adonaï et le soleil. Certains passages du Zohar ne se retrouvent d'ailleurs que dans les textes des pyramides.

La Bible nous donne une explication du nom d'Abraham et nous donne le nom caché d'Amon, caché derrière le nom d'Abraham, avec la même signification. Tu émanes de Dieu, parce que le nom d'Abraham a été donné par Dieu, comme le nom des pharaons était donné par Ra. Ramses, c'est l'enfant de Ra. Chaque nom dans la Bible et dans l'Egypte ancienne possède une explication sémantique et une symbolique profonde.

irép - Mais c'est Abram, nom babylonien qui d'après Edouard Dhorme signifie "le père est très haut", qui devient Abraham, et non pas l'inverse, ce qui semble en contradiction avec la chronologie historique du passage de la culture égyptienne à la culture babylonienne.

R. S. - Le Midrash parle d'un couronnement d'Abraham. Loin de dire qu'Abraham était un simple nomade, il en fait un personnage important. C'est le roi des rois. Et la kabbale, n'en parlons pas, elle le couvre d'attributs royaux. Alors, ou bien Abraham est un nomade qui n'a donc aucun droit à évoluer dans la noblesse, ni mésopotamienne, ni égyptienne, ou bien c'est un grand roi, un roi caché derrière des informations mésopotamiennes qui sont invérifiables historiquement. Mais on a donné des informations égyptiennes qui elles sont vérifiables. Et c'est également valable pour Moïse et Aaron. Et l'on s'aperçoit que les noms Harran, Nachor, etc. qui correspondent à des références mésopotamiennes cachent en fait non pas une historicité mésopotamienne mais une historicité égyptienne. Maintenant, pourquoi l'égyptianité d'Abraham est-elle cachée, parce qu'à l'époque l'information appartenait à une caste minimale d'initiés. Déjà, dans l'Egypte ancienne, le clergé représentait trois ou quatre pour mille par rapport à la population. Cela veut dire que l'information et la connaissance suprêmes appartenaient à une caste. Les membres de cette caste qui s'appelaient "les yahouds" ont été déportés depuis Assarhadon, Assurbanipal, Nabuchodonosor et j'en passe. Tous ces rois assyro-babyloniens qui ont voulu être considérés comme des rois dieux, et se sont approprié les beautés de la civilisation égyptienne. Et l'on sait qu'en Babylonie sont apparus énormément de symboles égyptiens, à partir de la conquête de l'Egypte : des obélisques, des anges ailés ; parce qu'il y a eu déportation de milliers de prêtres, donc d'une intelligentsia égyptienne. Cette intelligentsia qui possédait une culture et un passé prestigieux se trouva devant un immense problème : celui de renier ses origines. Cette intelligentsia va créer des monuments et des textes babyloniens, mais en y introduisant leur culture, et ils vont par ailleurs conserver, et non pas adopter, une écriture qui est d'origine hiéroglyphique ainsi que nous l'avons démontré.

irép - Mais le dernier rédacteur et metteur en forme de la Bible vit dans une Jérusalem libérée de Babylone et à qui Cyrus reconnaît expressément la liberté de culte. Quelle est donc alors l'origine de la nécessité du camouflage ?

R. S. - Il y a certainement eu un profond traumatisme avec Nabuchodonosor, et une volonté féroce de se soumettre à la culture babylonienne. La Bible dit "obéissez à Nabuchodonosor et vous aurez la vie sauve". Et cela dure un demi-siècle. Il y a certainement eu de la part de cette intelligentsia, qui ne voulait pas mourir et ne voulait pas perdre son passé, une volonté de se soumettre et de s'adapter. Pendant ce demi-siècle il y eu perte des valeurs égyptiennes et également une volonté de réadapter la culture babylonienne à sa culture. C'est ce mélange qui a donné le judaïsme. C'est un mélange. L'humanité s'est toujours mélangée, mais elle s'est trouvée en même temps confrontée à des empires qui se considéraient chacun comme élus des dieux. On passait d'un peuple élu à un autre peuple élu.

irép - Il reste à expliquer la référence à Ur, qui n'est pas une localité quelconque mais la capitale culturelle de Sumer, d'abord, puis de la Mésopotamie avant Babylone, et à Harran qui est une succursale religieuse d'Ur.

R. S. - On a affaire à des gens qui ont intégré une culture symbolique mésopotamienne. Le problème c'est qu'on n'en trouve aucune trace matérielle. On se demande si les scribes n'ont pas essayé de faire des jeux de mots pour nous donner des informations égyptiennes. Alors là, j'ai recours au talmud, au midrash, à la kabbale, au Zohar, à tous ces commentaires bibliques transportés par les rabbins et dont l'origine est une transmission orale. On a placé Abraham à Ur, ville éloignée, pour qu'on n'aille pas vérifier. Cette symbolique a-t-elle été mal lue et mal comprise ? Par exemple Fabre d'Olivet fait remarquer que le buisson ardent est en réalité le soleil. Ur Khasdim, cela veut dire montagne sacrée, et cela veut dire également "or lumière" et on y trouve la racine Sodome. Alors on se demande : est-ce qu'on a voulu nous cacher qu'Abraham était le roi d'une ville qui s'appelle Sodome ? Parce qu'il a défendu Sodome contre vents et marées, il a demandé à Dieu de ne pas la détruire. Et là j'ai recours au Zohar qui dit non seulement que le fief d'Abraham c'était Sodome, mais que Sodome est "comme un jardin d'Adonaï en Egypte".

On a utilisé une légende mésopotamienne et intégré des symboles égyptiens dans cette légende.

Abraham vient d'Ur Khasdim, il va en Canaan, il y a une famine, et Abraham va alors en Egypte. Là se trouve intégrée une vision de l'Egypte et de Pharaon, celui qui donne l'abondance. Quand le monde a faim, c'est Pharaon qui donne l'abondance. Et Abraham est prêt à donner sa femme à Pharaon en échange de cette abondance. Là se trouve une symbolique que l'on n'a pas encore suffisamment approfondie.

irép - Que pensez-vous de l'hypothèse de Freud, selon laquelle il y aurait eu deux Moïse, l'un venant d'Egypte et porteur d'un message messianique, et l'autre déjà sur place et adorant le volcan ?

R. S. - C'est tout à fait génial de la part de Freud pour son époque d'avoir découvert les deux personnalités de Moïse. Le premier Moïse, c'est le prince d'Egypte qui veut aider le peuple, tandis que le deuxième Moïse, plus sanguinaire, va punir le peuple. L'explication, c'est que le premier Moïse va se transformer en monstre, parce qu'il va vouloir se venger, parce qu'on lui a pris quelque chose qu'il voulait avoir. Qu'est-ce qu'on a bien pu prendre à Moïse pour qu'il se mette en colère et qu'il change de personnalité ? Voilà ma thèse : on lui a pris la royauté pharaonique. Et c'est l'histoire du veau d'or.

Je peux le démontrer en expliquant simplement ce qu'est le veau d'or, non comme symbole babylonien, mais comme symbole égyptien. Le Talmud dit que ce sont les égyptiens qui ont fait le veau d'or. Donc, le veau d'or est un symbole égyptien. J'ai cherché, jusqu'au jour où je suis tombé sur la traduction de Christian Jacq des textes des pyramides. La seule fois qu'il y est question du veau d'or, c'est à propos de la déesse Hathor qui met au monde le dieu Râ sous la forme d'un veau d'or. Cela veut dire que la renaissance pharaonique, le couronnement d'un pharaon, a pour symbole un veau d'or. Une inscription fait dire à Sethi Ier, fils de Ramses Ier, donc de Moïse, "je suis sorti du ventre de ma mère comme le taureau de Maât". C'était donc un veau, et comme le pharaon est symbole de l'or, c'était un veau d'or. Donc si le veau d'or est la symbolique du couronnement d'un pharaon, cela veut dire que quand Moïse revient d'un deuil pharaonique de quarante jours, il voit le peuple en train de faire la fête, et cette fête, c'est le couronnement d'un pharaon. Donc ça s'est passé à Thèbes, ça ne s'est pas passé dans le désert. Aaron invite le peuple à faire le veau d'or, parce qu'il est le premier intéressé, c'est lui qui va être couronné. Et le peuple va lui donner ce qu'il a de plus précieux pour faire ce veau d'or. Ce qui symbolise l'importance du veau d'or pour le peuple égyptien. Le peuple présente le veau d'or à Aaron, et il ne l'appelle plus Aaron, il l'appelle "Israël", et là, on tombe sur quelque chose de phénoménal. Il lui dit "Voici tes dieux, Ô Israël, qui t'ont fait sortir d'Egypte". Mais littéralement, en hébreu, on lit "qui t'ont élevé au-dessus de l'Egypte".

irép - "Sortir" était donc une interprétation, destinée à coller à la légende.

R. S. - Le verset est clair, quand on le lit de la manière la plus simple possible. C'est faire un sacrifice, c'est entrer en contact avec Dieu. Le peuple appelle Aaron Israël, parce qu'Israël c'est "fils de Râ". Le peuple va couronner Aaron fils de Râ. Moïse est parti quarante jours et, quand il revient, il voit le veau d'or et le peuple qui chante et qui danse. Cela n'a donc pas pu se passer dans le désert, puisqu'il y a en abondance de quoi manger et boire. Et il fallait les moyens de fondre l'or et de fabriquer le veau d'or. Ces moyens n'auraient pas été disponibles dans le désert. Ici, la Bible nous donne des indices permettant de comprendre que cette histoire qui se passe prétendument dans le désert se passe en réalité à Thèbes, près de la zone désertique où se trouvent les tombes de la vallée des rois, d'où revient précisément Moïse après un deuil de quarante jours. Il va de colère retourner dans la vallée des rois, et il va y casser les "tables de la loi" non pas sur la montagne, mais sous la montagne. Le verset dit "tahat". Et les rabbins disent "Moïse a soulevé la montagne". Symboliquement, puisqu'il est passé dessous. Dieu avait dit à Moïse : "Viens avec moi quarante jours sur la montagne, et je te donnerai LE commandement", sur deux tables, comme les cartouches pharaoniques. Et Moïse va marteler les inscriptions de la tombe du pharaon Aïe qui lui avait promis le trône.

Puis Moïse va se venger des prêtres. Le futur Ramsès Ier va passer un compromis avec Horemheb (Aaron), aux termes duquel ceux qui l'ont couronné et dont il n'a plus besoin, vont être dispersés, chassés.

irép - Il y aurait donc un exode à partir de Thèbes ?

R. S. - L'Exode s'est fait en plusieurs fois. Un premier à la mort d'Akhenaton, dont la ville monothéiste est maudite. Une partie de cette population va à Thèbes et les autres vont être déportés. Il y a même semble-t-il une histoire de prise en otage. Le texte dit "pourquoi as-tu amené nos familles dans le désert ?" Il y a donc encore matière à recherche dans ces textes.

Le premier exode, celui d'El Amarna (Akhetaton) précède de quarante année la campagne militaire de Sethi Ier, qui porte dans sa symbolique le nom de Josué, ce qui nous permet de comprendre que cette campagne de Sethi Ier avait pour but de donner des terres. Il s'agit donc de colonisation, et Ramses II, fils de Sethi Ier, faisait la même chose, donnant des villes aux hébreux, mais à des hébreux qui étaient en réalité des égyptiens. D'ailleurs les cananéens eux-mêmes s'étaient toujours considérés comme des sujets de Pharaon, comme en témoigne une lettre adressée à Amenophis III, convié à venir défendre SES terres du Nord. Cette soumission était politique, économique et religieuse.

1 L'homme Moïse et la révolution monothéiste, Paris, Gallimard, 1986.

2 Champollion J-F : Grammaire égyptienne, Arles, Solin-Actes Sud, 1997, pp.XIX-XX.

3 Messod et Roger Sabbah : Les secrets de l'Exode, Paris, Jean-Cyrille Godefroy, 2000.

4 "Ils firent cuire la pâte qu'ils avaient emportée d'Egypte en galettes azymes, car elle n'était pas levée, quand ils avaient été chassés d'Egypte ; ils n'avaient pu s'attarder et n'avaient même pas fait de provisions pour eux." (Exode, XII, 39).

5 Exode, XII, 38.

6 Les secrets de l'Exode, pp. 123 et 165.

7 idem p.121.

8 Friedman R.E. : Qui a écrit la Bible ? (Who wrote theBible?), Chambery, Exergue, 1997.

Sources : EXAMEN CRITIQUE DU JUDAÏSME

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by EVANGELIZT - dans LE JUDAÏSME
commenter cet article
15 novembre 2005 2 15 /11 /novembre /2005 00:00

LES REALITES BIBLIQUES CONTROVERSEES

"Dieu est une solution qui multiplie les problèmes en feignant de les résoudre".

Robert Sabatier

 

L'ancien testament présente le royaume des hébreux comme un royaume souverrain unis en un seule peuple, réunis dans une seule capitale et sous la protéction d'un seul dieu, Yahvé. D'après les récentes découvertes de deux chercheurs Israéliens (Israel Finkelstein et Neil Asher Silberman) tous ceci n'est qu'une histoire racontée dans le but de servir les ambitions territoriales et religieuses du royaume de Juda du VIIe siècle.

Depuis des décennies de recherche scientifique rien ne prouve les faits mentionnés dans l'ancien testament, et rien atteste la véracité des faits biblique concernant particulièrement l'eslavage et la sortie d'Egypte et la conquête de la terre sainte. On peut donc considéré la bible comme une oeuvre politico-religieuse stratégique concernant le prise de pouvoir de tout un peuple. C'est après la réunification du royaume de Juda du sud et d'Israel du nord que le roi Josias, roi de Juda de 640 à 609 avant J.-C. va impulser la compilation des textes bibliques des deux royaumes dans le but d'unifier un seul peuple autour d'un roi, avec une seule capitale, Jerusalem. Ainsi cette compilation des textes devint l'élément fédérateur de tout un peuple pratiquant une religion à un seul dieu, symbolisant cette réunification.

Dans leurs livres les chercheurs relisent de manière critique l'ancien testament en partant des récits des Rois, des Prophètes et du Deutéronome jusqu'aux textes les plus anciens, portant le plus à confusion concernant leurs véracités. Et établissent la cohérence entre le Deutéronome et les premiers Livres du Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome), récits que les siècles ont transportés depuis la famille fondatrice d'Abraham jusqu'à la nation juive et à l'époque des Rois. Récits légendaires, amplifiés, enjolivés pour servir le projet du roi Josias de réconcilier les deux royaumes israélites et de s'imposer face aux grands empires régionaux, l'Assyrie, l'Egypte, la Mésopotamie.

Les chercheurs montrent aussi qu'aucunes preuves archéologiques ne permet d'avancer la réalité des noms des personnages bibliques et de lieux cités. Pas plus que le récit des pères ne s'avèrent exacte, il est plus logique de l'assimiler à une forme de légende juif nécessaire à créant un arrière plan mythique solide à la pensée religieuse. Tous ceci apparait comme un assemblage de plusieurs légendes empruntés aux peuples de la région, associé à divers coutumes, où se sont ajouter les préocupations militaires des chefs des armées. Le récit de la sortie d'Egypte est tout aussi fictif. Compte tenu du rapport des forces à l'époque présumée de l'événement vers 1300 an av. J-C : "il est impossible d'imaginer la fuite hors d'Egypte de 600 000 esclaves hébreux qui auraient franchi des frontières alors puissamment gardées, et traversé le désert jusqu'à Canaan malgré la présence des troupes égyptiennes. Toutes les explorations archéologiques le prouvent, y compris dans la région la plus proche du mont Sinaï, lieu supposé de la révélation de Dieu à Moïse et des Dix Commandements." citent les chercheurs.

Ils ajoutent que des lieux bibliques de grandes importanceses comme Beersheba et Edom n'existaient pas à l'époque de l'Exode, et surtout qu'aucun roi ne se trouvait à Edom pour affronter les Israélites. Les auteurs concluent brillament : "Les sites mentionnés dans l'Exode ont bien existé. Certains étaient connus et furent apparemment occupés, mais bien après le temps présumé de l'Exode, bien après l'émergence du royaume de Juda, quand les textes du récit biblique furent composés pour la première fois."


En conclusion l'ancien testament apparait simplement comme un livre de propagande militaire dans le but de renforcer l'unité nationale du peuple juif afin de faire face aux menaces des empires voisins. Un Israël fort et unifié autour de son Dieu unique et de sa capitale unique, Jérusalem, alors en pleine expansion démographique et économique. L'épopée biblique sert la vision militaro-religieuse du roi de Juda, elle attise la haine des autres nations par le concept d'élection divine afin de façonner un peuple enragé et vaillant au combat. Ainsi les récits des souffrances des juifs en égyptes justifient leurs haines viscérales contre ce royaume, et ensuite de nombreuses histoires mettent en avant la laideur et l'impureté des nations voisines afin de valoriser la pseudo-pureté dont les Hébreux s'autoproclamaient.


-A lire absolument pour se faire un avis : La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie, d'Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman. Traduit de l'anglais par Patrice Ghirardi. Bayard Editions, 432 p., 24 € .

Sources : EXAMEN CRITIQUE DU JUDAÏSME

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by EVANGELIZT - dans LE JUDAÏSME
commenter cet article
9 novembre 2005 3 09 /11 /novembre /2005 00:00

La Tradition Universelle.

Parler de Tradition, c'est supposer la persistance d'un contenu préexistant. L'Esotérisme et, plus particulièrement encore, les sociétés initiatiques se réclament d'une Tradition, à tort ou à raison. Les traditionalistes sont ceux qui s'attachent aux valeurs et notions transmises par cette Tradition écrite ou orale. La Tradition pour eux est le pré supposé des informations transmises de génération en génération, de doctrines enfermées dans certaines sphères, de pratiques développées dans l'Eglise depuis le début du christianisme. Pour d'autres, comme Guenon et Tourniac, cette Tradition est bien antérieure à tout récit biblique ; elle appartient au plus lointain des siècles, elle transcende toutes valeurs actuelles.

La Chute

Au-delà des vérités historiques, la Tradition, ou plutôt le recours à la Tradition, a valeur de mythe. La Tradition primordiale est celle de l'âge d'or, celui d'avant la chute, lorsque l'Homme disposait de tous ses pouvoirs. Ce mythe se retrouve dans de nombreuses écoles, religions et sociétés. C'est aussi le mythe de l'Eden, du Paradis perdu, Paradis où l'Homme avait un statut divin. Cet état l'amenait sinon en Dieu, du moins en présence de Dieu. Puis vint la chute, par erreur ou par sacrifice. La chute engendre la création telle que nous la connaissons. La chute explique et excuse la faiblesse humaine, mais en même temps lui donne la certitude d'une réintégration possible.C'est parce qu'il a été que l'Homme pourra être. Promesse d'un retour, retour de l'enfant prodigue, résurrection lors du jugement dernier. La Tradition prend toute sa valeur à travers le mythe qu'elle véhicule.

La Tradition Universelle

Certains auteurs, comme Madame H.P. Blavatsky, ont tenté une synthèse des traditions, traditions d'Orient comme d'Occident, tentant par là de découvrir une Tradition Universelle. En créant la Théosophie, Madame Blavatsky et à sa suite Annie Besant affirment que les religions sont des méthodes pour la recherche de Dieu. L'homme parfait doit acquérir les perfections inhérentes à chacune des religions. La Théosophie prenant pour base la Morale et la Religion, disposant d'enseignements spécifiques des Maîtres devenait la base de la religion et de la morale, en se référant à un passé plus lointain, au-delà de l'ère chrétienne où Théosophie signifiait Brahmavidya.Pour Guenon, la Tradition Primordiale égalise la tradition chrétienne avec les autres traditions. Mais Guenon préfère utiliser le terme de "Religio perennis" ou Religion primordiale, car le premier terme exprime une réalité intrinsèque en reliant le terrestre au céleste. Il s'agit de la recherche d'une réintégration et d'une quête d'un état originel perdu, où Guenon veut établir des Centres dépositaires du Graal et des centres secondaires en relation avec la Connaissance.Les anti-guénoniens, les religieux, les mystiques et les rationalistes, s'opposant aux traditionalistes ont démontré les contradictions, les erreurs et les fictions d'une telle démarche.

La quête

Cette recherche, qui équivaut à la recherche symbolique de la Parole perdue, débouche sur un assemblage transculturel qui se voudrait universel parce que transcendant les particularismes de chacun des systèmes étudiés. Sans négliger les apports de telles démarches, il nous paraît plus opportun de chercher à dégager les apports de chaque Tradition au regard de son propre champ symbolique. Faire référence à une tradition consiste à se rattacher à une lignée, à un sens, parfois même un contre-sens. Le sens donné par l'histoire ou par une histoire n’est jamais le même. Nombre de sociétés dites initiatiques font référence à une histoire plus ou moins ancienne où se mêlent des faits avérés et d'autres mythiques. Si tel est le cas, c'est dire l'importance que prend pour certains ce "chaînage" dans le travail initiatique. Le sentiment d'appartenir à une chaîne ininterrompue, qui relie l'adepte à de grands ancêtres fondateurs, est certainement un élément qui flatte l'Ego. Mais nul ne peut remonter bien loin sans dévoyer. Si l'initié en reste là, ce n'est pas très efficace d'un point de vue ésotérique.En abordant le problème de la Tradition d'un point de vue technique, se relier à elle équivaut à se situer hors de l'espace et du temps profanes. C'est changer de système de référence et donc avoir accès à une réalité différente, ce qui est le premier pas sur le chemin. Il s'agit de l'abandon des métaux, de l'abandon des principes de réalité et du champ référentiel ordinaire. Déstructuration sans laquelle aucune avancée ne peut se faire sur le chemin de l'initiation. A partir de là, guidé par le mythe fondateur, le néophyte peut commencer à parcourir le chemin initiatique.

L'Egrégore.

Un autre aspect développé autour de la Tradition est la notion d'Egrégore. L'efficacité d'un Egrégore repose sur la cohérence du groupe. Cohérence au niveau de l'identité, des objectifs, cohérence dans le temps et par delà le temps. L'Egrégore peut être comparé à une entité autonome, vivante, ayant une qualité, une personnalité, un type d'action spécifique et disposant d'une énergie propre plus ou moins grande. L'Egrégore tire son énergie de l'énergie psychique de chacun des membres de l'association qui le nourrit. Etant autonome, il perdure tant qu'il est alimenté. Et pour nourrir un égrégore, quoi de mieux que le recours à la Tradition qui assure le maintien des formes à travers le temps. Ainsi, se relier à une tradition, c'est pouvoir encore bénéficier ou subir l'énergie d'un égrégore. Chaîne qui relie les adeptes d'une société par-delà le temps et l'espace. C'est l'Egrégore qui donne sa coloration, son esprit, son "ambiance" à une assemblée humaine. L'énergie disponible sur un chemin spécifique dépend de la qualité d'intégration de l'individu à l'Egrégore qui préside à ce chemin. Mais toute médaille à son revers : ce qui relie est aussi ce qui enchaîne. Ce qui peut être une aide dans une voie spécifique est également une entrave pour tous ceux qui veulent s'en écarter.

Contenus, rituels et symboles.

Assez proche de la notion précédente est la supposée efficacité des contenus traditionnels. Autrement dit, le recours à la tradition suppose la faculté de bénéficier de l'expérience des aînés qui nous ont précédés sur la voie. Notion très proche de celle de la transmission d'un savoir profane, si les modes d'apprentissage de la connaissance ésotérique se limitaient à ceux d'un savoir technique, ce qui est loin d'être le cas. L'approche suivante est plus intéressante. L'efficacité des rituels dépendrait de leur répétition. L'utilisation de certains symboles, consacrée par l'usage, serait d'autant plus efficace qu'elle reposerait sur une tradition ininterrompue. La persistance des formes agissantes par-delà le temps et l'espace tirerait sa force de son "inscription" dans un champ cohérent. On parlera d'inscription dans l'Astral ou de champ morphogénétique selon que l'on s'intéresse aux vieilles formules ou à des travaux scientifiques plus récents (cf. R. Sheldrake "Une nouvelle science de la vie").Un autre abord nous est proposé par la psychologie classique. Les symboles sont le langage de l'inconscient. Ils nous permettent une certaine forme d'échange avec lui. Les symboles traditionnels sont d'autant plus puissants qu'ils reposent sur des archétypes, constituants structurels de la psyché humaine.A l’inverse certaines formes usées n’ont plus aucune efficacité et les utiliser s’avère sans effet.L'Hermétisme se différencie de la psychologie classique lorsqu'il utilise le symbolisme de façon active, inductive. Ce sont le rituel, les figures magiques, les mandalas orientaux ou occidentaux. Représentations du Monde et de l'Homme, du Macrocosme et du microcosme qui, parce qu'ils ont une structure essentielle commune, peuvent se répondre. Flux incessant qui va de l'intérieur vers l'extérieur, du haut vers le bas. C'est aussi l'étroite interdépendance qui existe dans le travail alchimique entre le travail opératif et le travail sur soi. Ainsi, le Grand Oeuvre est autant une réalisation spirituelle que matérielle et cette dernière ne peut exister sans la première.Le recours à la Tradition primordiale, c'est s'enquérir du fond premier (de nature des archétypes), commun à toutes les traditions. En échange, toutes les traditions ne sont pas équivalentes, ce qui est en haut n’est plus toujours comme ce qui est en bas. C'est aussi rechercher une certaine pureté et transfiguration, celle supposée des Origines, mais surtout celle qui résulte du travail de séparation, après que la matière soit passée au Feu. Ainsi l'homme s'oriente vers la perfection, même si elle reste constamment à parfaire.

Sources : APH

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by EVANGELIZT - dans HERMETISME
commenter cet article