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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 08:11

Yeshoua est venu libérer l'Humanité du joug de la Servitude. Là, est sa Véritable Mission. La libérer du joug des Prêtres et des Puissants. On l'a vu, mal lui en a pris. L'élite sacerdotale des pharisiens a vu venir le danger. Si le peuple se ralliait au Prédicateur, qu'allait-il advenir des offrandes à "Dieu" et des "sommes demandées au Peuple" pour "Dieu" ? Il faut quand même imaginer CE qui régnait à l'époque et ce qu'il était advenu de la Loi de Moïse. Ainsi, par exemple, il fallait payer pour chaque nouveau né des humains ou des animaux sinon... il fallait lui briser la nuque. C'est vous dire la chappe de plomb qui pesait sur le Peuple israélite et à quoi il était soumis. Il ne faut pas oublier non plus que Moïse était Egyptien, ainsi que sa cour de Lévites. En Egypte l'élite sacerdotale possédait presque toute la Terre que le peuple labourait et cultivait. Moïse avait pris soin justement de faire en sorte que les prêtres ne possèdent plus rien. Or, comme par hasard, après sa mort, la propriété était revenue à la mode chez eux. On voit là déjà comment la Loi de Moïse avait pris du plomb dans l'aile. Or Yeshoua savait cela, bien évidemment. Il savait que la caste pharisienne et saducéenne vivait sur le dos du Peuple. Il avait donc l'intention d'y mettre un terme. A cause de cela, Il était devenu gênant. Ces corrompus n'avaient pas l'intention de se mettre à travailler pour gagner leur vie. C'est le même système qui sévit aujourd'hui. Les rabbins ont la main sur tout et notamment sur l'alimentation casher, fructueux marché qui leur permet de toucher des millions sans lever le petit doigt. Payez Peuple ! Néanmoins, il paraît qu'en ce moment, il y a rébellion dans le Casher, voir ICI... comme quoi Yeshoua voyait juste.




Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 6

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie



XII. — Qu'est-ce que l'Evangile ?

Le mot Évangile signifie bonne nouvelle ou bon message, ou bonne annonce.

Par conséquent, l'Évangile du Règne de Dieu signifie l'Annonce du Règne de Dieu.

L'Évangile, tout seul, signifie la Bonne Nouvelle.

Après la mort de Jésus, on écrira son histoire et sa Doctrine, et cette histoire s'appellera Évangile.— Mathieu, Marc, Luc et Jean, apôtres ou disciples d'apôtres, écriront chacun un Évangile, 6, 10, 30 et 63 ans après la mort de leur maître. Les Chrétiens adopteront ces quatre Évangiles et les considéreront comme n'en faisant qu'un seul, en sorte qu'on dira tantôt les Évangiles et tantôt l'Évangile, c'est-à-dire la collection des quatre Évangiles.

Les Chrétiens adopteront aussi les Actes des Apôtres rédigés par Luc, contenant en abrégé l'histoire des Apôtres après la mort de Jésus, des Épîtres ou Lettres écrites par les Apôtres Paul, Jacques, Pierre, Jean et Jude, contenant des instructions pour les Chrétiens, puis l'Apocalypse de Jean, contenant une prédiction énigmatique sur l'avenir.

Ces Évangiles, ces Épîtres, ces Actes des Apôtres et cet Apocalypse forment le Nouveau-Testament, ou l'exposé de la nouvelle Loi, tandis que la Bible s'appelle l'Ancien-Testament, ou l'exposé de la Loi ancienne.

XIII. — Faites Pénitence* !

* Le mot pénitence vient d'un mot latin qui signifie regret, repentir.

Faites pénitence, c'est-à-dire reconnaissez vos erreurs et vos vices, vos fautes et vos crimes ; ayez-en du regret et du repentir ; prenez la ferme résolution de les éviter désormais; abandonnez le monde du passé pour embrasser le monde de l'avenir ; fuyez le règne de Satan pour entrer dans le règne de Dieu. . . !

Faites pénitence, car le règne de Dieu s'approche !

Mais que votre pénitence ne soit pas hypocrite et simulée ! Manifestez-la par l'amélioration de votre conduite ! Faites de bons et dignes fruits de pénitence ! ( Mat., III, 8. ) §

XIV. — Langueurs parmi le Peuple.

Nous venons de voir ( Ch.XI ) que Jésus guérissait toutes les langueurs et toutes les maladies parmi le Peuple.

C'est-à-dire qu'il guérissait les maladies morales autant et plus encore que les maladies physiques ; il guérissait l'indifférence, le découragement, l'engourdissement, l'immobilité, le sommeil léthargique, la paralysie de l'esprit et du cœur, l'ignorance et l'égoïsme ; il ranimait les engourdis , réchauffait les refroidis, et, loin d'être un endormeur, il réveillait les endormis et presque les morts.

XV. — Nouvelle Doctrine.

Nous verrons tout à l'heure les prédications et les discours de Jésus: constatons d'abord que ces discours constituent une Doctrine *.

* Le mot Doctrine vient d'un mot latin qui signifie instruire : un homme docte est un homme instruit, un savant ; un docteur enseigne ou instruit les autres ; la Doctrine est l'instruction ou la Science ; la Doctrine de Jésus est une science morale ou philosophique et religieuse, sociale et politique.

« Or, Jésus ayant achevé tous ces discours, les Peuples étaient dans l'admiration de sa Doctrine; car il les instruisait comme ayant autorité...» (Math., VII, 33 et 29.)

Suivant Marc (1, 15-27), il disait :

« Le Royaume (ou le règne) de Dieu est proche. Faites pénitence et croyez à l'Évangile.

« Et ils étaient étonnés de sa Doctrine, parce qu'il les instruisait ayant autorité.

« Quelle est cette nouvelle DOCTRINE, s'écrie -t-on dans une Synagogue ? Il commande avec empire. »

« Le Grand-Prêtre interrogea Jésus touchant sa Doctrine.  » (Jean, XVIII, 19)

« Ma Doctrine n'est pas ma Doctrine ; elle est la Doctrine de Celui qui m'a envoyé. » (Jean, VII, 16.)

« Pourrions-nous savoir de vous, diront les Athéniens à un Disciple de Jésus dans l'Aréopage, quelle est cette nouvelle DOCTRINE que vous publiez? » (Actes des Apôtres, XVII, 19.)

Ainsi, c'est une Doctrine que Jésus vient enseigner et prêcher, une Doctrine nouvelle ; et nous verrons que cette Doctrine est à la fois religieuse et morale ou philosophique, sociale et politique ! — Auparavant, deux mots encore sur sa propagande.

XVI. — Propagande Pacifique.


Jésus veut délivrer le Genre humain asservi par Satan, et d'abord les Juifs asservis par les Romains : mais par quel moyen ? par la Révolution et la violence, par la conspiration et la société secrète, par l'insurrection et la guerre, ou par la Réforme et la Doctrine, par la discussion et la propagande pacifique ?Il sait bien que l'empereur Tibère qui règne à Rome depuis 15 ans (Luc III, 1), n'ignore pas les dispositions insurrectionnelles des Juifs ; qu'il est bien résolu à étouffer l'insurrection dans le sang des insurgés ; qu'il a tout prévu et tout préparé pour l'écraser ; que la garnison Romaine est nombreuse, suffisante, hostile ; et que toute tentative de révolte ne pourrait être que funeste.

C'est donc la Réforme par la propagande pacifique qu'il préfère, tout en indiquant que la Révolution par la force pourra devenir nécessaire et plus facile.

Beaucoup de Juifs, même parmi les disciples de Jean, repoussent Jésus comme trop pacifique et s'obstinent à attendre un Messie militaire qui délivrera sa Patrie du joug des Romains.

Mais voyez combien il a raison d'éviter la violence ! Quelques années après sa mort, les révolutionnaires aveugles et impatients , qui l'auront entravé, attaqué , livré à leurs communs ennemis et laissé périr, voudront enfin tenter l'insurrection ; et qu'arrivera-t-il ? L'armée Romaine en tuera 1 100 000, et détruira Jérusalem ! Le reste s'insurgera de nouveau sous les ordres d'un prétendu Messie militaire Barchochebas ; et qu'arrivera- t-il cette fois? Les Romains en tueront 600000, et forceront le reste à quitter la Judée pour être dispersés sur toute la Terre ! Voilà où peut arriver un Peuple en marchant d'émeute en émeute, d'insurrection en insurrection, de défaite, en défaite et de massacre en massacre !

Que ferait Jésus en France aujourd'hui, après tant d'émeutes écrasées, avec tant de divisions, devant tant de provocateurs, tant de traîtres, tant de nouveaux Pharisiens et Scribes, tant de soldats et tant de Bastilles ? ne ferait-il pas encore la propagande pacifique ?

XVII. — Propagande Populaire.

A qui va s'adresser Jésus pour répandre sa Doctrine nouvelle? aux classes élevées et supérieures de la Société, aux Rois et aux Courtisans, aux Prêtres et aux Scribes, aux Sénateurs et aux Riches, aux Pharisiens et aux Sadducéens ? Non ! Il sait que, fascinés et dominés par Satan , ils ont des yeux sans voir et des oreilles sans entendre, et qu'il leur est presque impossible de prendre l'initiative pour secouer le règne de Satan et accepter le règne de Dieu ; il croit et sait qu'il est plus facile de convertir d'abord la masse du Peuple, pour l'employer ensuite à convertir les Puisants, les Savants et les Privilégiés.

« Venez à moi, vous qui êtes fatigués et accablés de fardeaux, et je vous soulagerai. » (Mat., XI, 28.)

« L'Esprit du Seigneur m'a envoyé pour prêcher l'Évangile aux pauvres, pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour annoncer la liberté aux esclaves, pour délivrer les opprimés, pour rendre la vue aux aveugles, pour publier l'heureuse année du Seigneur et l'arrivée de sa Justice. » (I.uc, IV, 18 et 1g-)

« Je vous rends grâces, mon Père, de ce que vous avez caché ces choses aux savants et aux sages, et de ce que vous les avez révélées aux simples et aux plus petits. « (Mat., XI, 25. — Luc, X.-21-)

« Que sont devenus les Sages? Que sont devenus les Docteurs de la Loi? Que sont devenus ces esprits curieux des sciences de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce Monde?... Nul des Princes de ce Monde n'a connu la véritable sagesse» (Paul aux Corinthiens, I Epitre, I, 20; II, 7 et 8.)

Et Jésus est si convaincu que les Riches ne veulent rien écouter que quand un Riche, plongé dans l'Enfer, suppliera Abraham d'envoyer quelqu'un sur la Terre pour avertir d'autres Riches ses frères afin qu'ils puissent faire pénitence, il montrera Abraham répondant : « Non ! ils n'ont pas voulu écouter ni Moïse ni les Prophètes ; ils ne croiraient pas non plus quand même un mort ressusciterait pour aller les avertir. » (Luc, XVI, 27 à 31.)

Il s'adresse donc au Peuple, aux pauvres, aux exploités et aux opprimés pour les instruire et les moraliser.  — Il choisit d'abord 12 Apôtres, puis 72 disciples, pour les employer à propager sa Doctrine. — Il appelle de simples pêcheurs — A la différence des anciens Philosophes qui ne s'adressaient qu'aux riches et qui ne professaient que dans des Académies, il s'adresse de préférence aux simples et porte partout sa parole, dans les maisons et dans le temple, dans les synagogues et dans les réunions, sur les places publiques et dans les rues , dans la campagne en plein air comme dans les villes , au milieu des malheureux comme à Jérusalem au milieu des fêtes nationales, prêchant partout l' Évangile ou la Bonne nouvelle.

Et quand, dans les temps futurs, d'autres amis du Peuple se consacreront et se dévoueront à son instruction et à sa moralisation, comment, Rois et Prêtres qui reconnaissez en Jésus un Dieu, pourrez-vous flétrir et condamner ceux qui, à son exemple, ne négligeront aucun moyen d'éclairer les ignorants et les pauvres ?

XVIII. — Propagande orale.

Après la mort de Jésus, ses apôtres écriront l'Evangile, dont on répandra d'innombrables copies, et la propagande se fera par écrit : mais Jésus n'écrit rien lui-même ; et, pendant toute sa vie, la propagande est seulement orale ou verbale.

Il prêche, il enseigne, il instruit, tantôt assis sur une montagne, au milieu de la foule rassemblée autour de lui ; tantôt dans une barque, sur un lac ou sur une rivière, vis-à-vis la multitude réunie sur le rivage ; tantôt au milieu du Peuple qui se presse autour de lui dans le désert. (Math., IV, 23; V, 1 ; IX, 35; XIII, 1, 54; XIV, 13 ,15. — Luc, VI, 9, 17.)

S'il paraissait aujourd'hui, les Rois, les Prêtres et leurs Polices ne lui permettraient pas de rassembler ainsi le Peuple et de prêcher ainsi la foule !

XIX. — Douze Apôtres.


Jésus veut choisir des Apôtres pour les instruire plus particulièrement, les bien pénétrer de sa Doctrine et les employer à la soutenir et à la propager.

Il choisit d'abord deux PÊCHEURS, Simon, surnommé Pierre, et son frère André, auxquels il dit :

«   Quittez vos filets et suivez-moi ; je vous ferai pêcheurs d'hommes. » (Mat., IV, 18 à 20), ce qui signifie : nous chercherons des hommes, de véritables hommes, dignes du nom d'hommes, et nous ferons des hommes, de véritables hommes, en convertissant à nos Doctrines.

Il chosit ensuite deux autres pêcheurs, Jacques et Jean, son frère, à qui il fait abandonner leurs filets et leur père pour le suivre. (Ibid., 21 et 22.)

Il  choisit ensuite Mathieu, employé à la perception des impôts. (Mat., IX, 9.)

Puis, sa propagande s'agrandissant dans les villes et les villages, « la moisson est grande, dit-il, mais il y a peu d'ouvriers. » (Ibid., 35 à 38.) (Expressions énigmatiques, allégoriques et paraboliques, qui veulent évidemment dire : « La propagande grandit tellement que nous n'avons plus assez de cinq Apôtres) ; et il
en choisit alors sept autres : Philippe, Barthélémy, Thomas, Jacques, fils d'Alphée, Thaddée, Simon et Judas Iscariote (Mat., X, 2 à 4.)

Il les instruits et leur donne le pouvoir de chasser les esprits impurs et les démons, de guérir les langueurs et les maladies parmi le Peuple, c'est-à-dire d'instruire le Peuple, de le moraliser, de le convertir à la Nouvelle Doctrine.

Puis il envoie ses 12 Apôtres faire de la propagande, après leur avoir donné les instructions suivantes :

« N'allez point vers les Gentils (les étrangers ou les païens) et n'entrez point dans les villes des Samaritains.
Mais allez plutôt
aux brebis perdues de la maison d'Israël.
Et dans les lieux où vous irez, prêchez en disant que le
Royaume des Cieux est proche.
Guérissez les malades et les lépreux, ressuscitez les morts, chassez les démons, donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement.
Ne vous mettez point en peine d'avoir de l'or ou de l'argent, ou d'autre monnaie dans votre bourse.
Ne préparez ni sac pour le chemin, ni deux habits, ni souliers, ni bâton; car celui qui TRAVAILLE mérite qu'on le NOURRISSE. » (Mat., X, 5 à 10.)

Puis il leur recommande de s'informer quel est le plus digne dans chaque ville ou village, et d'aller loger chez lui ; d'être prudents et simples.

Il engage ainsi tous les nouveaux convertis à nourrir, vêtir et loger les Apôtres, qui travaillent pour le Peuple.

Il les prévient qu'on les fera comparaître dans les Assemblées, qu'on les fouettera dans les synagogues, qu'on les appellera devant les Gouverneurs et les Rois à cause de leur propagande.

« Et ne vous mettez pas en peine, leur dit-il, de savoir comment vous leur parlerez, ni ce que vous leur direz ; car ce que vous aurez à dire vous sera inspiré à l'heure même, puisque ce n'est pas vous qui parlez, mais que c'est l'Esprit de votre Père qui parle en vous, »

Il les prévient aussi que leur propagande leur fera des ennemis comme des amis, qu'ils seront haïs et persécutés, qu'ils seront quelquefois obligés de fuir, mais qu'ils triompheront en persévérant courageusement jusqu'au bout.

Il leur recommande enfin de prêcher haut sa Doctrine, de proclamer qu'ils sont ses Disciples, et de ne le renier jamais, déclarant que tout le bien qui leur sera fait à cause de lui, lui paraîtra fait à lui-même. (Mat.,X, 11 à 42.)

XX - Jésus ne parle qu'en Paraboles.

Jésus prêche la Réforme contre tous les vices et toutes les iniquités, contre les Pharisiens et les Scribes, contre les Rois et les Prêtres, au milieu d'ennemis qui s'efforcent de le perdre et qui le perdront.

Quoique Dieu, il cherche plusieurs fois à se soustraire à la persécution en se réfugiant dans le désert ou dans un autre lieu.

Pour échapper encore d'une autre manière à la persécution, il déguise ordinairement sa pensée, il emploie des paraboles ou des allégories, ou des énigmes, susceptibles de plusieurs sens, dont le véritable sens, caché pour ses ennemis, sera clair et parfaitement intelligible pour ses disciples, ses adeptes, ses initiés, ses prosélytes.

« Il leur disait beaucoup de choses en Paraboles, leur parlant de cette sorte : « Celui qui sème est sorti, pour semer, etc....»

« Ses Disciples s'approchant lui dirent : « Pourquoi leur parlez -vous en Paraboles

« Et leur répondant, il leur dit : « C'est parce que, Pour vous autres (tous ses prosélytes), il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux; mais pour eux (les Pharisiens, etc.), il ne leura pas été donné : c'est pourquoi je leur parle en Paraboles, parce qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en écoutant ils n'entendent ni ne comprennent point... Mais, pour vous, vos yeux sont heureux de ce qu'ils voient et vos oreilles de ce qu'elles entendent... .» (Math., XIII, 3 à 19.)

« Après avoir cité d'autres Paraboles, l'Évangile ajoute : Jésus dit toutes ces choses au Peuple en Paraboles, et il ne lui parle point sans Paraboles. »

Et après chaque Parabole, Jésus dit ordinairement :

« Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre ! » (Math. XIII, 43.)

Et quelquefois, il demande à ses disciples :

«  Avez-vous bien compris tout ceci ?  » A quoi les disciples répondent : « Oui,Seigneur . » (51 .)

Et quand ils ne comprennent pas, il leur reproche sévèrement quelquefois leur incrédulité ou leur inintelligence.

« Vous aussi, leur dit-il une fois, êtes-vous encore sans intelligence?» (Mat., XV, 16.)

« N'avez- vous point encore de sens ni d'intelligence ? leur dit-il une autre fois. Votre cœur est-il encore dans l'aveuglement? Aurez-vous toujours des yeux sans voir et des oreilles sans entendre ? Avez-vous perdu la mémoire? » (Marc, VIII, 17 et 18.)

On peut même dire que tous ses récits sont des Paraboles, et que presque toutes ses expressions sont des allégories , des figures et des
énigmes.
Ainsi, les mots le Ciel ou les Cieux et la Terre, sont pris tantôt au sens réel et tantôt au figuré.

Par exemple, quand après avoir entendu les Apôtres raconter les progrès de sa propagande, il s'écrie : « Je vois Satan tomber du Ciel comme un éclair » (Luc, X, 18), il veut évidemment dire : Je vois le Despotisme tomber du haut du trône ou l'Aristocratie tomber du sommet de la Société.

Quand il dit  : «  Gardez-vous du levain des Pharisiens, etc. »  le mot levain signifie doctrine. (Math. XVI, 12.)

Quand il dit : « Laissez les morts ensevelir leurs morts, » le premier de ces mots : morts, est évidemment employé dans un sens moral et figuré, et le second dans le sens matériel et réel.

XXI. — Prudence et adresse dans sa Propagande.

Pour échapper à la persécution, Jésus emploie encore un autre moyen : quand les Pharisiens ou les Scribes l'interrogent et lui adressent quelque question captieuse pour le perdre ou le compromettre, au lieu de leur répondre catégoriquement oui ou non, il leur adresse lui-même quelque autre question qui les déconcerte et déjoue leurs projets. Nous en verrons beaucoup d'exemples.

XXII. — Miracles.

Pour obtenir la confiance du Peuple et faire adopter sa Doctrine, Jésus fait beaucoup de miracles, qui consistent principalement en guérisons subites de maladies. Tous ceux qui nient la divinité de Jésus nient la réalité de ces miracles ou les expliquent comme des événements tout naturels. Ceux qui croient à la Divinité de Jésus admettent ces miracles comme surnaturels, et y trouvent même une preuve de sa Divinité. Pour nous, nous n'avons pas de raison pour contester ici les miracles, puisque nous ne contestons pas la Divinité.

XXIII. — Jésus vient accomplir la Loi.

Jésus déclare qu'il vient, non pas détruire la Loi (de Moïse), mais l'accomplir parfaitement, l'améliorer et la perfectionner ou la réformer sans la détruire. Et parmi les exemples d'amélioration, il dit :

« Vous avez appris qu'il a été dit dans la Loi : Vous aimerez votre prochain ct vous haïrez votre ennemi.

« Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent ; priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient. »

Nous reviendrons tout à l'heure sur ce sujet.

XXIV. — Loi nouvelle.

 

Et cependant, comme la Loi ancienne et la Doctrine ancienne sont perfectionnées, il annonce en même temps une Loi nouvelle, des Commandements nouveaux, une Doctrine nouvelle.

Voyons enfin quelle est cette Doctrine.


CHAP. III.
DOCTRINE DE JÉSUS- CHRIST.

Toute la doctrine de Jésus peut se résumer en ces mots Règne ou Royaume* de Dieu sur la Terre.

* Le mot latin regnum est traduit, dans l'Évangile, tantôt par règne, tantôt par royaume. — D'après Mathieu, Jésus disait toujours Royaume des Cieux; mais d'après Marc, Luc et Jean, il disait Royaume de Dieu ; Cieux et Dieu signifient donc ici la même chose. Nous préférons Règne de Dieu.

Elle peut se résumer aussi dans ce précepte : Fais à autrui tout ce que tu voudrais qu'on te fit  ou bien : Aime ton prochain comme toi-même. »

Elle peut se résumer encore dans un seul mot : Fraternité.

Nous allons l'examiner sous ces divers points de vue séparés, en commençant par le Règne de Dieu, qui comprend tout.

Et d'abord, qu'est-ce que Dieu, suivant Jésus?

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 07:34

Dans cette partie, topo de la vie de Yeshoua depuis sa Naissance. Nul doute qu'il a suivi une éducation Essenienne car c'était la seule communauté qui détestait les honneurs, était opposée donc aux Pharisiens, pratiquait l'ascèse, possédait la Science de la Guérison et appliquait la Loi de Moïse à la lettre en pratiquant la vie Communautaire où tout était partagé. Jean-Baptiste était aussi Essenien. Tous les deux se connaissaient car ils étaient cousins et nul doute que l'apparition de Baptiste dans le monde d'alors était quelque chose de préparé, par les Esseniens même. Yeshoua possédant toutes les aptitudes car le meilleur en préparation chez les thérapeutes, son apparition ne fut pas non plus un hasard. Il faut noter qu'il n'est jamais fait question des Esseniens dans le Nouveau Testament tout comme il n'est jamais fait question des Egyptiens -dont Moïse est pourtant issu- dans l'Ancien Testament. Ce qui est passé sous silence est donc de la plus haute importance pour qui veut comprendre la trame de ces deux destins dont les humains dans leurs Ecritures ont faussé l'existence. Mais l'Humanité porte aujourd'hui le fardeau de ces omissions volontaires, de ces mensonges et de cette Imposture. Car nul ne peut ignorer que ce qui règne aujourd'hui en Israël est à l'opposé de ce que voulurent instaurer les deux prophètes. A savoir la Fraternité.

 

Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 5

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie



CHAPITRE II.
DEPUIS SA NAISSANCE JUSQU'A SA PRÉDICATION.

 

§ I. — Naissance de Jésus-Christ.

On prétend que, dès le temps de Moïse, Dieu avait résolu :

  «   D'envoyer un autre Messie, Jésus, son propre Fils ;— de le faire annoncer par Moïse et par les Prophètes; — de le faire naître sous la figure humaine, dans le sein de Marie, jeune fille du Peuple, encore vierge, habitant Nazareth; — de la faire concevoir sans union corporelle avec aucun homme, par la seule influence spirituelle de sa volonté divine, en employant néanmoins l'Ange Gabriel, dans un songe ou rêve, comme l'agent et l'organe de sa parole; — de la faire épouser ensuite par le charpentier Joseph en lui laissant ignorer qu'elle était enceinte: — de lui envoyer de nouveau l'Ange Gabriel, encore dans un songe, pour calmer sa colère quand il découvrirait la grossesse et la conception antérieure au mariage, pour l'empêcher de répudier Marie et de la déshonorer, pour le déterminer au contraire à reconnaître et adopter l'enfant comme son propre fils ; — de la faire accoucher à Betléem, dans une étable, sur de la paille;— d'envoyer de nouveau l'Ange Gabriel à Joseph, toujours dans un songe, pour l'engager à se réfugier en Egypte en emmenant sur un âne Marie et Jésus, pour le soustraire à la barbarie du Roi Hérode qui ordonnera de tuer tous les enfants mâles à Bethléem, afin d'être sûr de tuer le Messie qui pourrait lui ravir sa couronne ;— et de donner a Marie et à Joseph plusieurs autres enfants qui seront les frères et sœurs de Jésus, charpentiers comme leur père, et avec lesquels il sera quelque temps charpentier lui-même.  » (Math., I et II. — Luc, I et II, — Jean, I.)

Voilà les faits racontés par les Évangélistes : nous les acceptons. Maintenant, réfléchissons et raisonnons !

Quand Dieu veut accorder à une femme l'honneur d'être la MERE du Messie, qui choisit-il ? Est-ce une Princesse ? UneVierge noble et riche? Non! c'est une jeune fille du Peuple, pauvre et obscure !

Qui choisit-il pour PÈRE adoptif ? Est-ce un Empereur romain , un Roi, un Pontife, un Sénateur, un Prêtre, un riche ? Non ! c'est un pauvre charpentier, qui donnera pour FRÈRES à Jésus d'autres charpentiers !

Où fait-il naître Jésus ? Dans un palais et sur la pourpre ? Non ! dans une étable, sur la paille, dans la persécution et la proscription !

Il fait naître le Messie, son fils bien-aimé, parmi les prolétaires, les pauvres, les travailleurs, les persécutés et les proscrits !

Il fait jouer au Roi le rôle d'un égoïste et d'un barbare qui, pour conserver son trône et sa dynastie, veut faire massacrer tous les enfants d'une de ses provinces, afin de tuer l'Enfant-Dieu et de l'empêcher de faire le jalut et le bonheur de l'Humanité ! Quel abominable Roi que cet Hérode!

§ II. — Noms de Jésus.


Les Évangélistes affirment que Dieu a résolu :

 

De faire nommer son fils tantôt Emmanuel (mot qui signifie Dieu avec vous), tantôt Jésus (mot qui signifie Sauveur), tantôt Christ ou le Christ (mot qui signifie Messie, Oint du Seigneur, Sacré ou consacré à Dieu, Roi, Pontife, Chef ou Conducteur du Peuple), tantôt Jésus-Christ, tantôt Nazaréen (consacré à Dieu ou habitant de Nazareth). » (Math. , I et II.)

§ III. — Jeunesse de Jésus.


L'Évangéliste dit :

 

« Jésus resta en Égypte jusqu'à la-mort d'Hérode avec Joseph et Marie, qui le ramenèrent alors à Nazareth, où il resta jusqu'à l'âge de 30 ans ( sans qu'on sache positivement ce qu'il y fit.)... — A l'âge de 12 ans, ayant été amené par ses parents à Jérusalem, et les ayant quittés pendant trois jours, sa mère le trouva dans le
Temple, assis au milieu des Docteurs de la loi, les écoutant, les interrogeant, les remplissant tous d'admiration par sa sagesse et par ses réponses. » (Luc, II, 41-52.)

Nous admettons. Ainsi, dès l'âge de 12 ans, Jésus est plus instruit et connaît mieux la Loi que les Prêtres, les Docteurs, les Scribes, ce qui n'est pas étonnant s'il est Dieu, mais ce qui doit toujours inspirer plus de respect pour ses opinions.

§ IV. — Jésus est Essénien.

Jésus a été conçu à Nazareth, où se trouvaient principalement les Esseniens, dont nous avons parlé tout à l'heure, qui professaient et pratiquaient le principe de la Fraternité et de la Communauté, qui étaient des savants, des médecins philosophes, des guérisseurs ou des sauveurs, et qu'on appelait aussi Nazaréens.

Retiré en Égypte, où se trouvaient des Esséniens, il est ramené à Nazareth avant l'âge de 12 ans, et y demeure jusqu'à 30 ans.

Nous venons de voir que l'un de ses noms était le Nazaréen (ou l'Essénien).

Son nom de Jésus, qui signifie Sauveur, signifie aussi guérisseur, médecin, Essénien.

Enfin, il est certain que les disciples de Jésus furent d'abord appelés les Nazaréens, puis les Esséniens, et que ce n'est que longtemps après sa mort (à Ântioche 8 ans, à Jérusalem 40 ou 50), qu'ils furent appelés Chrétiens (P. Leroux, De l'Humanité, Liv. IV, Chap. 9).

Que résulte-t-il de là ? Que, pour instruire et élever son Fils, Dieu aurait choisi, non la secte des Sadducéens ou le Parti de la Cour, ni la secte des Pharisiens ou le Parti des Prêtres, mais la secte qui professait et pratiquait la Fraternité et la Communauté ! Dieu lui-même aurait décidé que, pour réaliser le salut et le bonheur du Genre humain, son Fils proclamerait, enseignerait et prescrirait la doctrine de la Fraternité et de la Communauté !

Là, chez les Esséniens et comme eux, Jésus, qui d'abord exerçait la profession de charpentier avec son père et ses frères (Luc, II, 51 ; Marc, VI, 3), étudie la MÉDECINE, et devient un médecin; des plus habiles.

Il paraît que sa taille, sa personne et sa figure étaient aussi imposantes que gracieuses. Il parlait avec éloquence, avec puissance, avec autorité (Matth., VII, 28, 29).
C'est à 30 ans qu'il commence son ministère ou sa mission (Luc, III, 23).

Et il commence par se faire annoncer et baptiser par Jean-Baptiste, né quelques mois avant lui dans les environs de Nazareth, Essénien comme lui, et comme lui , dit-on , prédestiné et inspiré par Dieu.

V. Jésus se tait baptiser par Jean-Baptiste.

C'est alors que Jésus vient de Nazareth trouver Jean-Baptiste au désert, pour se faire baptiser par lui.

Donnant ici l'exemple de la modestie et du désintéressement, le Saint, qui connait bien Jésus et sa supériorité, veut d'abord le reconnaître pour chef et recevoir le baptême au lieu de le donner.

« C'est moi, s'écrie -t -il, qui dois être baptisé par vous, et vous venez à moi! » (Math., III, 13-15.)

Mais Jésus, donnant l'exemple de la déférence du jeune pour l'ancien, de la discipline et de l'ordre, insiste pour être baptisé lui-même dans le Jourdain.

Bientôt, les disciples de Jean voudront qu'il prenne le pas sur Jésus : mais Jean, persistant à reconnaître la supériorité de Jésus, mettra sa gloire à n'être que le précurseur de Jésus, à lui servir de témoignage et à proclamer sa puissance.

« Aussitôt après le baptême, dit Saint Mathieu, les Cieux furent ouverts à Jésus; il vit l'Esprit de Dieu qui descendit en forme de colombe et qui vint se reposer sur lui ; et au même instant une voix se fit entendre du Ciel qui disait : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis toute mon affection. »

Ces faits ne sont-ils qu'une allégorie, où sont-ils matériellement vrais, et constatent-ils la divinité de Jésus ? Nous l'admettons et nous poursuivons.

VI. — Jésus repousse toutes les Tentations

« Alors, dit Mathieu (IV, 1-4), Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert pour y être tenté par le DIABLE. Et ayant jeûné 40 jours et 40 nuits, il eut faim. Et le
tentateur lui dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains. » — Mais Jésus lui répondit : « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Jésus était alors parmi les bêtes sauvages (ajoute Marc, 1,13); mais les Anges le servaient. »

Nous n'examinerons pas si ce récit n'est qu'une allégorie signifiant que Jésus se retire dans la solitude pour y méditer, pour s'examiner et s'interroger lui-même, pour s'assurer s'il a le désintéressement, le courage et le dévouement nécessaires à sa mission ; qu'il hésite peut-être un moment entre la persécution et la fortune ; et qu'il préfère enfin à la vie et aux jouissances de la matière la vie et les jouissances de l'esprit, de l'âme et du cœur. — Nous ne voulons rien discuter ici, et nous admettons qu'il existe un Diable avec un Dieu ; que Dieu Père a résolu de soumettre son fils-Dieu à la tentation du Diable ou de Satan : mais écoutons bien ce que va dire le Diable :

   «   Le Diable transporta Jésus sur une montagne fort haute, et lui montrant tous les Royaumes du Monde et toute la gloire qui les accompagne, il lui dit : « Je vous donnerai toutes ces choses si, vous prosternant devant ami, vaut m'adorez. » Mais Jésus lui répondit : « Retire-toi, Satan ; car il est écrit : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu et vous ne servirez que lui seul.  »

Entendez-vous bien , Prêtres et Rois de la Terre, ce que Dieu dit ici ? Voyez-vous à qui, de Dieu ou de Satan, appartenaient alors les Royaumes, les Empires et les Gouvernements ? Voyez-vous que, pour les obtenir, il fallait se prosterner devant Satan et l'adorer ? Voyez-vous si les Rois et les Empereurs étaient les serviteurs et les agents de Dieu ou du Diable ; et s'il fallait adorer les Rois représentants du Diable au lieu d'adorer Dieu seul et sa justice ? Voyez-vous aussi que la gloire du monde, la gloire gouvernementale, la gloire militaire, n'est que la gloire du Diable !!!

Jésus repousse donc toutes les tentations du Diable, la fortune, la puissance, les honneurs et la gloire, et brave au contraire courageusement la persécution , dont Jean-Baptiste est la victime.

VII . — Avant l'arrivée du Règne de Bien, c'est le Diable qui règne.

Nous venons de voir le Diable offrir à Jésus les Royaumes du monde, s'il voulait l'adorer c'est donc le Diable qui est le maître et, le Roi de la Terre !

Nous avons vu Jean et nous allons voir Jésus annoncer le Règne de Dieu : c'est donc le Diable qui règne jusque-là !

Nous verrons aussi Jésus déplorer les ténèbres, l'ignorance, l'égoïsme, la cupidité, la domination, la corruption, l'iniquité, l'hypocrisie, l'orgueil, l'inhumanité, etc., etc., qu'il trouve sur la Terre.

Nous l' entendrons prier ainsi : « Notre Père . . . , ne nous abandonnez pas à la TENTATION, mais délivrez-nous du MAL.

« C'est donc le Mal ou Satan, ou la Tentation qui règne sur la Terre ! et c'est pour en DÉLIVRER l'Humanité que Jésus apparaît comme un libérateur et un sauveur !

Nous entendrons Jésus dire que le Diable est l'ennemi des hommes, toujours occupé à leur faire du mal. ( Mat., XIII. 39. )

Nous entendrons Jésus dire encore :

« Je vois SATAN tomber du Ciel »

« Si SATAN est divisé contre lui-même, comment son règne subsistera -t-il? » (Luc, X, 18.— XI, 18.)

Nous verrons SATAN entrer dans JUDAS et le pousser à trahir Jésus pour trente pièces d'argent (Luc XXII, 3 - Jean XIII, 27).

Nous verrons Jésus dire à Pierre, qui blâme son dévouement : Retire -toi, Satan l (Mat., XVI, 23. )

Nous entendrons continuellement parler de Démons possédant, pervertissant, tourmentant les hommes, causant leurs langueurs et leurs maladies, mais que Jésus a la puissance de chasser en délivrant leurs victimes des vices moraux ou physiques dont ils les remplissaient. (Mat., XV, 22, XVII, 17, 20, etc.)

Nous verrons notamment le Démon de la violence et de la guerre, appelé LÉGION, expulsé et puni. ( Marc, V, 7. — Luc, VIII, 30. )

Enfin, nous entendrons Jean dire que ceux qui commettent le Péché ou de mauvaises actions sont les enfants du Démon ou du Diable. (Jean, VÉpître, III, 8.)

§ VIII. — Dévouement de Jésus.


Jésus connaît
  les anciennes persécutions des Prophètes,l'emprisonnement et la mort de Jean-Baptiste ; il sait que le même sort lui est réservé dans le rôle de Réformateur choisi par Dieu pour lui; il connaît même les cruelles humiliations et l'horrible supplice qui l'attendent.

Dès lors, Jésus commença à découvrir à ses Disciples qu'il fallait qu'il allât à Jérusalem, qu'il y souffrit beaucoup de la part des Sénateurs, des Scribes et des ouPrinces des Prêtres, qu'il y fût mis à mort- (Mat., XVI, 21, XXVI, 2.)

« Or Jésus, s'en allant à Jérusalem, prit à part ses 12 Disciples et leur dit : Nous allons à Jérusalem, et k Fils de l'Homme sera livré aux Princes des Prêtres et aux Scribes, qui le condamneront à mort et le livreront aux étrangers, afin qu'ils le traitent avec moquerie, le fouettent et le crucifient.» (Mat. XX, 17 à 19.)

Le Fils de l'Homme, ajoute-t-il, est venu pour servir et donner sa vie pour la Rédemption des hommes. (Ibid , 28.)

Jésus sait même que Judas le trahira (Math. XXVI, 21 ) ; que Pierre le reniera (34) ; que tous ses Disciples l'abandonneront et s'enfuiront (56) ; que les Pharisiens l'insulteront, lui cracheront au visage, le fouetteront et le crucifieront (X, 34), en le mettant au rang des scélérats (Luc, XXIII, 37).

Mais il n'en continue pas moins sa mission de libérateur et de sauveur.

Voilà du dévouement ! Et puisque nous l'admettons Dieu, c'est un Dieu qui nous donne l'exemple du dévouement à l'Humanité!

§ IX. — Jésus est Sauveur.

Nous avons vu que son nom Jésus signifie Sauveur.

Nous venons de l'entendre dire qu'il vient donner sa vie pour la rédemption des hommes.

L'Évangile est rempli de cette idée.

« L'Ange dit : Je viens vous annoncer un grand sujet de joie à quoi tout le Peuple aura part; il vous est né un Sauveur, le Christ, le Seigneur. (Luc, II, 11.)

« Tout homme verra le Sauveur, envoyé de Dieu- »

« Le Fils de l'Homme est venu pour sauver les hommes, pour sauver ce qui était perdu... Votre Rédemption est proche... Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui sera répandu pour vous. » (Mat. ,XVIII,11; XX, 28; XXVI, 28. — Luc, III, 6; IX, 56; XIX, 10 ; XXI, 28; XXII, 20.— Marc, X, 45.)

« Jean-Baptiste voyant venir à lui Jésus, dit : Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du Monde.

« Dieu a tellement aimé le Monde qu'il a donné et envoyé son Fils unique, pour que le Monde fût sauvé par lui. »

« Nous savons que Jésus est le Sauveur du Monde. »

« Je suis venu pour sauver le Monde. »

« C'est pour détruire les oeuvres du Diable ou le Péché, que le Fils de Dieu est venu au Monde. » (Jean, I, 29; III, 16 et 17 ; IV, 42; XII, 47 ; 1er Épitre, III, 8.)

X. — Jésus commence sa mission. — Ténèbres et lumières.

 « Quittant la ville de Nazareth, Jésus vint demeurer à Capharnaüm, ville maritime, la Galilée des Nations. Ce Peuple, qui était assis dans les TENEBRES, a vu une 
grande lumière, et la lumière s'est levée sur ceux qui étaient assis dans la région de l'OMBRE DE LA MORT.  » (Matt. IV, 13 à 16)

Voilà donc une ville maritime et commerçante qui, comme tout le monde d'alors, dominée par Satan, se trouve plongée dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, c'est-à-dire dans le vice et la corruption. Et Jésus, qui vient y prêcher sa Doctrine, y va paraître comme la lumière dans les ténèbres.

§ XI. — Prédication.

« Depuis ce temps-là , Jésus commença prêcher, en disant : Faites pénitence, parce que le Royaume des Cieux  est proche.

« Et il allait par toute la Galilée, enseignant dans les Synagogues, prêchant l'Évangile du royaume de Dieu, guérissant toutes les langueurs et toutes les maladies parmi le Peuple.
« Et une grande multitude de Peuple le suivait... » (Math., IV, 17-25; VII, 28 et 29.)

Ainsi, voilà Jésus, le fils de Dieu, envoyé par Dieu, qui prêche, qui enseigne, qui instruit, qui se fait prêcheur ou prédicateur, instructeur, propagandiste.

C'est Dieu qui veut que son fils aille prêcher sur la Terre, c'est Dieu qui veut y faire de la propagande !

C'est Dieu qui veut que le Peuple s'instruise pour connaître ses droits, ses devoirs et ses intérêts.

C'est Dieu qui prescrit l'enseignement, l'instruction, la moralisation, la prédication, la discussion, la propagande!

« Vous êtes la lumière du Monde, dira Jésus à ses Disciples ; et on n'allume point une lampe pour la mettre sous le boisseau ou sous le lit; mais on la place sur un chandelier, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. » (Mat., V, 14 et 15.)

Oui, la Nature et Dieu n'ont pas donné à l'homme la lampe ou la lumière de l'intelligence pour qu'elle soit cachée et étouffée.

L'enseignement, la discussion, la propagande, sont donc une institution divine !

Mais si Jésus venait aujourd'hui prêcher et instruire, enseigner, discuter, combien d'Hé- rode et de Pharisiens, combien de ministres de Satan s'acharneraient contre lui pour l'en empêcher, pour l'emprisonner...!

Les lois contre l'enseignement, la discussion et les réunions pour entendre et s'instruire, sont donc des attentats contre la Nature, des lois anti-chrétiennes et impies, rebelles à la volonté de Dieu !

Revenons à Jésus qui prêche l'Evangile du Royaume de Dieu : qu'est-ce que l'Evangile ?

Sixième partie


Posté par Adriana Evangelizt

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 05:20

 

 

 

 

Et voilà le Libérateur... Moïse en avait été le précurseur. Il avait posé les bases de la Fraternité. Malheureusement, après sa Mort, plus rien ne subsistait de sa Loi. L'élite sacerdotale l'avait corrompue et maintenait le Peuple sous son joug avec un faux Enseignement. Yeshoua est venu réhabiliter la Loi en l'épurant. Il est à noter que lorsqu'Il parle du Royaume de Dieu, il entend la nouvelle configuration humaine qui règnera après la proche catastrophe planétaire qui va détruire toute vie sur terre comme il y a 12 960 ans. Ce qui symboliquement parlant correspond à l'épisode où "Adam et Eve" se font virer du Jardin d'Eden. Ils se sont retrouvés vêtus de peaux de bêtes car ils ne pouvaient pas faire autrement, de toute façon. Ils étaient les survivants de la dernière grande catastrophe antédiluvienne. L'épisode du Jardin d'Eden se situant, lui, à ce que l'on nomme l'Âge d'or,  avant le basculement. Pour dire que Yeshoua était un Initié, Il savait très bien que l'ère des Poissons était l'ère du démon, soit du Fric avec tout ce que cela comporte pour ceux qui le possèdent. Tout comme Il savait que cette ère se terminerait avec la destruction de la planète causée par les hommes mais aussi par la planète elle-même soumise à des cycles et réglée comme une horloge. C'est-à-dire qu'à une époque donnée, quoique fasse les hommes, elle reprend ses droits. Dans la prochaine configuration, le Soleil se lèvera à l'Ouest. Les survivants -les élus- instaureront donc la base de la société fraternelle dont Yeshoua avait posé les fondements. Ce sera le "Royaume de Dieu" ou royaume idéal où tous les hommes seront enfin frères et ceci ne se situe pas dans un hypothétique monde invisible, mais ici, sur notre Planète, dans un monde futur, juste après l'actuel. Nous posons tout cela sur le net, mieux expliqué...

 

Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 4

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

3ème partie

2ème partie

1ère partie

VRAI CHRISTIANISME.
Chapitre Ier.
JÉSUS-CHRIST.


Coup d'œil sur son histoire et sa doctrine.


Ce n'est plus, comme Moïse, le chef d'un petit Peuple d'esclaves qui veut le tirer d'Egypte et lui donner des lois : c'est un homme qui, au milieu de l'Empire romain et en face des légions romaines, entreprend de délivrer, non-seulement les Juifs, mais tout le Genre humain ; de supprimer l'oppression, l'esclavage et la misère ; de détrôner Jupiter et les Dieux du Paganisme ; de renverser leurs temples et leurs autels ; d'établir sur toute la Terre la Fraternité, l'Égalité et la Liberté.... Quelle entreprise ! Si cet homme n'est qu'un Ouvrier, un Prolétaire !... Quel spectacle !...

Et combien le spectacle ne sera-t-il pas plus grand si cet Homme, si ce Réformateur, si ce Libérateur, si ce Sauveur est un Dieu, le fils de Dieu, envoyé par Dieu, après la résolution formelle prise par lui d'envoyer son Fils sous une forme humaine pour délivrer le Genre humain et n'en faire qu'une grande famille de frères! N'est-ce pas l'événement capital dans l'histoire de l'Humanité?

Suivant les Évangélistes, transmettant au Monde l'histoire de Jésus-Christ, Jésus est le Messie annoncé par Moïse, le Christ annoncé par les Prophètes et par Jean-Baptiste, le Fils de Dieu , son fils bien-aimé, l'objet de toutes ses affections, inspiré de son Esprit, animé de son amour pour l'Humanité, envoyé pour détrôner Satan et ses Démons, pour supprimer tous les vices et tous les crimes, pour annoncer et préparer le Règne de Dieu sur la Terre.

Fils d'une jeune fille du Peuple mariée à un simple charpentier, né sur de la paille dans une étable, ayant des frères et des sœurs qui sont ouvriers et ouvrières, travaillant d'abord avec eux, demeurant à Nazareth (au milieu des Esséniens), plus instruit dans la Loi que les Docteurs de la Loi, c'est à 30 ans qu'il commence sa mission.



D'abord, il se fait baptiser par Jean-Baptiste, qui l'annonce comme le plus grand des Prophètes et des Réformateurs ; et l'Esprit de Dieu descend du Ciel pour demeurer en lui et l'inspirer dans toutes ses actions.

Puis il se prépare à son ministère par la retraite et la méditation, par l'examen de lui-même, pour s'assurer qu'il a bien la lumière et la force nécessaires pour le grand rôle qu'il veut accomplir.

Tenté par Satan, qui lui offre les royaumes du Monde et leur gloire s'il veut se prosterner devant lui et l'adorer, il dédaigne la puissance et les honneurs, la fortune et les délices.

Connaissant les persécutions du passé contre les Prophètes, la prison et le supplice de Jean-Baptiste , il connaît aussi les persécutions qui l'attendent lui-même dans l'avenir : il sait que les Rois et les Prêtres le poursuivront de leur haine et de leur vengeance ; qu'un de ses disciples le trahira et le livrera après l'avoir vendu ; que les autres le renieront et l'abandonneront ; que le Peuple, au salut duquel il se dévoue, trompé par les Prêtres, demandera sa mort ; et qu'il subira l'horrible supplice de la croix, entre deux voleurs, accablé de calomnies, d'outrages et de malédictions: mais, rempli d'amour pour les hommes, illuminé par l'Esprit de Dieu son père, il sacrifie volontairement sa vie pour délivrer le Genre humain, et donne ainsi l'exemple de la plus divine des vertus, le dévouement à l'Humanité.

Ce n'est pas par la violence, par l'insurrection et par la guerre qu'il veut délivrer cette Humanité, mais par une Doctrine nouvelle, par la prédication et la propagation de cette Doctrine.

La Propagande de Jésus est donc une Propagande pacifique, d'instruction et de moralisation, pour régénérer les esprits et les coeurs, pour transformer le vieil homme en un homme nouveau.

Elle est populaire, s'adressant non pas aux oppresseurs et aux heureux de la Terre, mais, aux opprimés, aux malheureux, aux travailleurs, aux prolétaires, au Peuple.

Elle est orale : il parle, il prêche, il enseigne, il instruit, aujourd'hui dans une synagogue, demain dans le temple, parcourant les villes et les villages, tantôt assis sur une montagne, tantôt assis sur une barque, tantôt debout au milieu du Peuple.

Et pour mieux répandre sa doctrine, il s'entoure de 12 apôtres, puis de 72 disciples, les choisit parmi les prolétaires pour inspirer confiance aux prolétaires, les instruit en particulier, et les envoie deux à deux pour préparer les esprits, pour l'appuyer et le soutenir.

Et comme sa Doctrine et sa Réforme doivent lui faire d'innombrables et redoutables ennemis parmi les Puissants et les Prêtres, il déguise sa pensée et n'emploie que des paraboles et des allégories, des expressions énigmatiques et mystérieuses, dont le véritable sens, parfaitement clair pour ses disciples et ses prosélytes, est inintelligible pour ses persécuteurs.

Et quelle est cette nouvelle Doctrine?

Elle est tout entière dans un seul mot : Règne de Dieu, ou dans cet autre : Amour du prochain, ou dans cet autre : Fraternité.

Il prêche l'Évangile du Règne de Dieu. Il prêche L'ÉVANGILE, c'est-à-dire la Bonne nouvelle, L'ÉVANGILE DU RÈGNE DE DIEU, c'est-à- dire l'annonce de la prochaine arrivée du Règne de Dieu.

Et par Dieu, il entend cette Cause première, cet Être suprême, cette Intelligence, cet Esprit, cette Toute-Puissance que le Monde appelle Dieu.

Il admet le Dieu de Moïse et des Juifs, Dieu unique, créateur et maître de l'Univers, Père de l'homme, qu'il a fait à son image.

Pour lui comme pour Moïse, Dieu c'est la Perfection, c'est la Sagesse infinie, c'est la Justice.

Mais pour lui plus que pour Moïse (et c'est ici l'innovation capitale ou la grande Réforme), le caractère prédominant dans Dieu, c'est celui de PÈRE du Genre humain, par conséquent celui d'Enfants de Dieu dans tous les hommes et celui de Frères entre eux.

Pour lui, la première qualité de Dieu c'est, envers le Genre humain, l'AMOUR PATERNEL dans toute sa puissance, la bonté, la miséricorde ou la clémence, comme le premier devoir des hommes est l'Amour filial envers Dieu, et, pour lui plaire, l'Amour fraternel des uns envers les autres ou la FRATERNITÉ.

Quand donc Jésus annonce la prochaine arrivée du Règne de Dieu, c'est la fin du Règne de Satan qu'il annonce, la fin du règne du vice et du crime, la fin du règne de l'oppression et de l'esclavage, une grande Réforme, une grande dévolution, l'ancien Monde disparaissant pour faire place à un Monde nouveau, l'ancienne société s'anéantissant devant une Société nouvelle.

Pour lui, le Règne de Dieu qu'il annonce, c'est la lumière remplaçant les ténèbres, c'est la vie remplaçant la mort, c'est le règne de la Justice sur la Terre, c'est surtout le règne de l'Amour sous toutes ses formes, de l'Amour paternel de Dieu pour l'Humanité, de l'Amour filial du Genre humain envers Dieu et de l'Amour fraternel entre les hommes; c'est une nouvelle Organisation sociale parfaite, basée sur le principe de la Fraternité.

S'il accepte l'Ancienne Loi, c'est pour la réformer, l'améliorer et la perfectionner, pour en prendre l'esprit plutôt que la lettre, pour en rejeter toutes les cérémonies devenues ou reconnues inutiles, et pour n'en conserver que l'essentiel , la substance utile et la quintessence.

Et cette quintessence qu'il extrait pour en faire la base de sa nouvelle pyramide ou le fanal de son nouveau phare, la source de ses perfectionnements, l'âme de sa nouvelle Doctrine ; c'est la Fraternité, non en théorie seulement et en paroles, mais en réalisation et en pratique. Sans cesse il répète : — «Aimez votre prochain,aimez vos frères,aimez-vous les uns les autres,aimez-vous comme je vous aime ; — . c'est là l'ESSENTIEL, c'est là TOUTE LA LOI et les Prophètes. »

Tout le reste de sa Doctrine est la conséquence de ce principe fondamental de Fraternité et d'amour on de charité fraternelle.

Et cette simplicité de Doctrine est précisément ce qui la rend sublime, parfaite et divine.

Car de ce principe, comme d'une source inépuisable, sortent naturellement l'Égalité, la Liberté, la Démocratie, tous les devoirs sociaux et toutes les vertus sociales.

Aussi, comme Moïse Jésus crie : « Vous êtes tous frères et égaux; » il prêche l'égalité des salaires, l'égalité politique, sans aucune domination et sans aucun privilège, la destruction de l'opulence et par conséquent de la misère.

« Si vous voulez être parfait, dit-il à un jeune homme très-riche, il ne vous suffit pas d'observer les Commandements formels de l'ancienne Loi ; il faut faire encore une autre chose plus importante; vendez vos biens, donnez-en le prix aux PAUVRES et suivez-moi : voilà la perfection. »

Et ce conseil, il le donne à tous les riches, il leur prescrit à tous de donner leurs biens aux pauvres, en sorte que, si tous les riches voulaient obéir, il n'y aurait plus d'opulence ni de misère.

L'une de ses idées dominantes, c'est de désapprouver et de condamner les richesses el les riches.

Toute sa sollicitude, au contraire, toute sa tendresse, tout son amour, sont pour les pauvres, pour les petits, pour les faibles, pour les souffrants , pour les malheureux, pour les opprimés; il les appelle ses frères, il s'identifie avec eux et proclame que tout ce qu'on fait pour eux on le fait pour lui-même, et que tout ce qu'on leur refuse on le refuse à lui-même.

Par suite du même principe de Fraternité, il prêche l' union et l'association, l'unité et la solidarité.

Tout cela c'est évidemment la Communauté.

Et il la met on pratique ; il en donne l'exemple, vivant en communauté avec ses disciples, mangeant avec eux, n'ayant qu'une bourse commune pour satisfaire à leurs besoins.

Par suite encore du principe de fraternité, c'est aux pécheurs, aux égarés, aux vicieux, qu'il s'attache le plus pour les faire rentrer dans la bonne voie, pour les éclairer et les moraliser.

Médecin habile (et ce n'est pas étonnant s'il est Dieu! ), il guérit beaucoup de malades; et les Évangélistes racontent de lui un grand nombre de prodiges et de miracles, affirmant qu'il guérit toutes sortes de langueurs et de maladies parmi le Peuple, qu'il rend la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, le mouvement à des paralytiques et même la vie à des morts, ce qui, dans le style mystérieux et figuré, s'applique au moral autant qu'au physique, ce qui signifie manifestement que sa Doctrine guérit les esprits et les coeurs, qu'elle éclaire et persuade, qu'elle échauffe et ranime, qu'elle réveille et ressuscite, qu'elle fait passer des ténèbres et de la mort du Monde d'autrefois à la lumière, à la vie et à l'espérance du Monde à venir.

Aussi, disent les Évangélistes, sa réputation s'étend bientôt partout, et partout le Peuple se presse sur ses pas pour l'entendre et se faire guérir par lui ; et quand il se rend à Jérusalem pour y proclamer sa Doctrine sur un plus grand théâtre, c'est comme en triomphe qu'il entre dans la capitale de la Judée.

Et il traite sévèrement les Prêtres et les Riches, les Pharisiens et les Sadducéens, les accusant de s'attacher à de vaines cérémonies sans pratiquer la Fraternité, les appelant tantôt loups dévorants, tantôt race de vipère, et les dévouant à l'enfer.

Mais les Pharisiens et les Sadducéens, les Prêtres et les Riches, tous les Conservateurs d'alors, conspirent sa perte, lui dressent mille embûches, et le font arrêter après avoir acheté un traître et des faux témoins.

Tout ce qu'on peut imaginer de prévarications de la part de Juges ennemis et d'outrages de la part d'un Peuple trompé et entraîné, il l'éprouve.

Les Prêtres le condamnent à mort comme un impie; tout en désapprouvant la sentence, le Roi Hérode le déclare insensé, visionnaire, fou; le Gouverneur Romain, qui le reconnaît innocent, a la lâcheté de céder à la fureur des Prêtres, dans la crainte d'être dénoncé à l'Empereur comme un serviteur infidèle qui ménage un séditieux et un révolutionnaire. Livré aux insultes de la soldatesque romaine, qui lui déchire la tête en y enfonçant une couronne d'épines, forcé de porter la croix qui doit être l'instrument de son supplice, il est crucifié sur le Golgotha ou le Calvaire, et expire au milieu des barbares moqueries des Prêtres, en pardonnant à ses bourreaux.

Ses Apôtres, ses Disciples et ses nombreux sectateurs sont d'abord consternés, effrayés, découragés, dispersés, prêts à tout abandonner; et sa Doctrine parait menacée de périr avec lui : quelques femmes seules l"accompagnent jusqu'au tombeau.

Mais bientôt, disent les Évangélistes, éclate un nouveau prodige, un nouveau miracle : trois jours après sa mort, Jésus ressuscite pour remonter au ciel et rentrer dans le sein de Dieu son Père ; et auparavant, il se montre à ses Apôtres, reste quarante jours au milieu d'eux, mange avec eux, les remplit de son Esprit, et leur ordonne d'aller prêcher par toute la Terre son Evangile et sa Doctrine, qui doit faire le salut de l'Humanité.

Remplis en effet de son souvenir et de sa Doctrine, le voyant toujours au milieu d'eux, nourris de ses sentiments et de ses pensées, animés de son Esprit, enflammés et transportés par lui, ses Apôtres prennent la résolution de se dévouer à son exemple, de s'unir de nouveau, de resserrer leurs liens dans l'association la plus fraternelle et la plus intime, de nformer entre eux et tous les disciples une Communauté, et de prêcher par toute la Terre l'Évangile, la Doctrine de Jésus-Christ, la Fraternité et la Communauté.

Désignés d'abord sous le titre de Nazaréens, puis sous celui d'Esseniens, ils prennent enfin celui de Chrétiens, invoquant sans cesse le nom de Jésus-Christ.

Pour eux, Jésus-Christ est le Messie, fils de Dieu, sorti de Dieu, retourné à Dieu, se confondant avec lui et même l'absorbant, car, désormais, c'est Jésus -Christ qu'ils invoqueront principalement comme Dieu.

Pour eux, la Doctrine de leur ancien maître devient une Religion, et le Christianisme ou la Religion du Christ remplace le Mosaisme et le Paganisme.

Et comme Jésus proclamait sans cesse que toute la Loi mosaïque et les Prophètes se résumaient dans la Fraternité, les Apôtres et les Chrétiens proclament que tout le Christianisme se résume dans la Communauté fraternelle.

Aussi l'Apôtre Jean, particulièrement, répète- t-il sans cesse : « Aimez-vous comme des frères, -- entr'aimez-vous, — aimez-vous les uns les autres, — dans ce seul mot, AIMEZ se trouvent tous les commandements de Jésus-Christ.

Nous verrons bientôt des persécuteurs du Christianisme devenir ses plus ardents propagateurs, et les femmes s'en montrer les plus enthousiastes propagandistes ; nous verrons ses persécutions et ses divisions intestines ; nous verrons ses progrès et son triomphe sur le Paganisme ; nous verrons se fonder les Églises et les Conciles ou Congrès, la Constitution ecclésiastique et le Culte. Mais, nous arrêtant ici pour revenir sur nos pas, nous nous bornerons à annoncer que le principe fondamental de la Doctrine Chrétienne est définitivement la Fraternité, réalisée par la Communauté ; que des milliers de Communautés s'organisent à Jérusalem, à Antioche, dans tout le monde civilisé ; et que la Divinité de Jésus-Christ, longtemps contestée par une grande partie des Chrétiens, reste enfin reconnue et proclamée par les Conciles.

Les uns ne veulent voir en Jésus-Christ qu'un homme, mais un homme de génie, le plus grand des hommes par son amour et son dévouement pour le peuple, comme par la sublimité de sa morale et de sa philosophie ; les autres ont voulu et veulent voir en lui le Fils de Dieu, Dieu lui-même.

Si c'est le plus grand des hommes, un homme tellement grand et tellement supérieur aux autres hommes qu'on l'adore sur toute la Terre comme un Dieu, ne faut-il pas écouter avec respect ses opinions et ses préceptes?

Si c'est Dieu lui-même, que reste-t-il à faire, si ce n'est écouter, comprendre, obéir, exécuter et pratiquer ?

Nous ne voulons pas discuter ici la question de la divinité de Jésus-Christ ; nous l'admettons comme Dieu.... Regardons, écoutons !

Quand nous le verrons aimer, consoler, soigner, guérir et ressusciter le pauvre Lazare, cet éloquent emblème du pauvre Peuple, ce Lazare presque nu, mourant de faim et de soif, dévoré d'ulcères, assis à la porte du riche un jour de festin, à qui le maître et les valets refusent les miettes tombées de la table, et dont les chiens seuls viennent lécher les plaies ; quand, disons-nous, nous verrons l'amour de Jésus pour ce malheureux Lazare, pourrons-nous hésiter à regarder cet amour comme sublime et divin?

Quand nous verrons Jésus donner sa vie pour ses disciples et leur dire : « Aimez-vous comme je vous ai aimés, » pourrons-nous ne pas appeler cet amour un amour divin ?

Et quand nous verrons ses Apôtres et des milliers de ses Disciples, inspirés par lui , mettre tout en commun, former entre eux une association fraternelle ou Communauté, n'ayant qu'un cœur et qu'une âme sans aucun pauvre, pourrons-nous ne pas voir dans cette inspiration de Jésus, une inspiration divine ?

Encore une fois, nous l'admettons Dieu....; et, déjà rempli d'admiration et de respect, nous allons étudier en détail sa vie et sa Doctrine, certain d'y trouver la règle qui seule peut délivrer le Genre humain et assurer le bonheur de l'Humanité.

Cinquième partie  

Posté par Adriana Evangelizt

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 05:05

Histoire du Peuple juif avec les despotes, les tyrans et les prêtres qui règnent sur lui. Oppression des peuples dans le monde entier, de toute façon. Ces peuples qui espèrent que quelqu'un viendra les sauver de cette misère. Entrée en scène de Jean-Baptiste qui annonce celle de Yeshoua...




 


Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 3

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

3ème partie

2ème partie

1ère partie



Chapitre VII

 

 

Deux mots sur l'histoire des Juifs

 

REPUBLIQUE JUDAÏQUE - Avec ses principes de Dieu unique et invisible, de Fraternité, d'Egalité, de Démocratie, de Propriété presque égale et inaliénable, le Mosaïsme pouvait former une Nation plus intelligente, plus sage et plus heureuse que les autres Nations ; et peut-être même, malgré tous ses vices et tous ses malheurs, le Peuple Juif fut-il généralement plus sage encore que les autres Peuples : mais, faible en nombre, entouré de grandes et puissantes Nations idolâtres et païennes, il resta longtemps comme emprisonné et étouffé par les Religions  et les civilisations voisines.

Chacun sait que, peu après la mort de Moïse (et toujours d'après la Bible), les Hébreux s'établirent, par la conquête, dans la Terre Promise, appelée désormais Judée, du nom d'un de leurs chefs Juda ; qu'ils se partagèrent à peu près également le territoire ; qu'ils conservèrent la République Mosaïque ou Judaique pendant près de 400 ans, ayant des Grands-Prêtres pour la Religion et des Juges ou Princes pour le gouvernement et pour la guerre. La Bible mentionne 17 Juges, tous élus, parmi lesquels se trouve une femme, Débora.

ROYAUTE - Mais Samuel, Grand-Prêtre ou Grand-Juge, ayant usurpé et cumulé tous les pouvoirs, les Juifs lui demandèrent un Roi, malgré la crainte qu'en avait manifesté Moïse, en disant, au nom de Dieu :

        "Si, quelques jours, à l'exemple des Nations voisines, vous voulez prendre un Roi, prenez le parmi vous et non parmi les étrangers qui ne sont pas vos frères : qu'il n'ait pas beaucoup d'or, d'argent et de chevaux ; qu'il n'ait pas un grand nombre de femmes ; qu'il écrive lui-même une copie de la Loi ; qu'il la lise tous les jours afin de se conformer à tous ces préceptes et pour que son orgueil ne s'élève pas au-dessus de ses concitoyens qui seront ses frères." (Deut. XVII, 19-20)

Redoutant les excès de la Royauté, Samuel dit à son tour, en parlant au nom de l'Eternel :

        "Quoi ! Vous voulez un Roi, vous rejetez Dieu  afin qu'il ne règne plus sur vous ! Eh bien, voici ce que fera votre Roi : il prendra vos enfants et les emploiera au service de ses chars et de ses chevaux ; ils courront devant lui et devant ses attelages de guerre ; il en fera des soldats ; il les emploiera à labourer ses champs, à faire ses moissons, à fabriquer ses instruments de combat, ses armes et ses chars ; il prendra vos filles , et en fera ses parfumeuses, ses cuisinières et ses boulangères; il s'emparera de vos champs de blé, de vos vergers d'oliviers et de vos clos de vignes ; et il les donnera aux gens de son service; il prendra la dîme de vos grains et de vos vins pour les donner à ses eunuques et à ses serviteurs ; il enlèvera vos esclaves mâles ou femelles, ainsi que vos ânes ; il dîmera sur vos troupeaux ; et de vos propres personnes il fera des esclaves. » (l Samuel, VIII, 6-17.)

La longue liste des Rois Juifs, d'abord électifs, puis héréditaires, ne présente, en effet, que des despotes et des tyrans, dont l'un, fils de Salomon, disait : « Mon père vous a châtiés avec des fouets; mais je vous châtierai avec des fouets garnis de pointes de fer. (I Rois, XII, 11-14.)

L'histoire de ces Rois ne fournit que des exactions, des révoltes, des guerres civiles, des massacres, des régicides commis par des Rois mêmes.

SCISSION. — Dix Tribus se séparent et prennent pour capitale Samarie, tandis que les deux autres conservent leur capitale, Jérusalem. Les deux Peuples Juifs ont chacun son Temple et sa Bible, ses Grands-Prêtres et ses Rois, qui se font presque continuellement la guerre, pillant, massacrant et dévastant.

CAPTIVITE — Ainsi divisés et affaiblis, les Juifs sont perpétuellement attaqués, envahis, subjugués, pillés, massacrés par les Nations voisines, par les Égyptiens, par les Syriens, par les Chaldéens on les Perses, qui brûlent ou détruisent leurs Temples, qui les réduisent en servitude et qui les déportent en Egypte, en Syrie, à Ninive, à Babylone, 600 ans avant Jésus-Christ.

RETOUR. — Renvoyés dans leur Patrie par le Roi de Perse Cyrus, après 70 ans de servitude à Babylone, les Juifs, au nombre cte 60.000 seulement, mêlés à des étrangers de toutes Nations, reconstruisent Jérusalem et son Temple.

RÉTABLISSEMENT DE LA REPUBLIQUE. — Le Prêtre Esdras, nommé Inspecteur par le Roide Perse, de concert avec Néhémias, nommé Gouverneur, publie une nouvelle édition de la Loi de Moïse, rédigée en chaldéen, propose de nouveau l'acceptation de cette Loi au Peuple assemblé, et rétablit la République Mosaïque ou Judaïque, qui dure encore 400 ans, et qui, 140 ans avant Jésus-Christ, sera remplacée par un Roi, puis par trois Rois.

DOMINATION GRECQUE

Deux siècles après le retour de Babylone, 330 ans av. Jésus-Christ, la Judée devient une Province Grecque sous Alexandre, tombe en partage à l'un de ses généraux, Antiochius le Dieu, devenu Roi de Syrie, qui fait tous ses efforts pour détruire la Religion et la civilisation Judaïques, en y substituant la Religion et la civilisation Grecques ou Païennes.

Deux Partis se forment alors, un Parti Grec ou Étranger, ou Païen, qui accepte les Dieux et la domination des Grecs, et un Parti National ou de l'Indépendance.

Le Parti National résistant à la domination étrangère, Antiochus prend deux fois Jérusalem et son Temple, les pille, massacre les Patriotes Juifs, en emmène un grand nombre comme esclaves, et met une garnison Grecque dans le pays (comme fait aujourd'hui Nicolas en Pologne).

Cependant, les frères Machabée, retirés dans les montagnes avec une armée de Patriotes fidèles, soutiennent longtemps la cause de l'indépendance et battent souvent soit les Grecs, soit le Parti Juif vendu à l'Étranger.

DOMINATION ROMAINE - L'indépendance triomphe enfin, mais avec l'alliance et la protection des Romains, qui bientôt, subjuguant et remplaçant les Grecs, réduisent la Judée en Province romaine, lui imposent un lourd tribut, et y envoient une garnison pour la contenir, avec un Préteur ou Gouverneur pour la gouverner souverainement, en lui donnant un Roi étranger (Hérode), qui détruit définitivement la République Judaïque, en appelant au pouvoir un nouveau Parti de l'Étranger ou Parti Romain, tandis que le Parti National ou de l'indépendance est repoussé, suspect, persécuté par les Romains et surtout par leurs complices.

Voilà donc la Judée , comme l'Espagne, la Gaule, l'Italie, la Grèce, la Syrie, l'Égypte et la Perse, sous la domination d'Auguste, de Néron et de Tibère !

INCRÉDULITÉ CHEZ LES JUIFS.

 Et quel est alors l'état des opinions religieuses, philosophiques et sociales ?

Quoique Moïse ait présenté sa Religion et ses Lois comme écrites ou dictées par Dieu lui-même, les Hébreux ou les Juifs n'ont jamais  été unanimes pour le croire, et toujours une partie d'entre eux, plus ou moins nombreuse, a été incrédule, idolâtre ou païenne ; beaucoup de croyants sont devenus infidèles; la Judée a souvent été couverte de temples, d'autels, d'idoles, de prêtres et de prophètes consacrés aux Dieux étrangers ; bien des Rois Juifs ont été idolâtres ; et souvent les dissidences religieuses ont amené des guerres, des proscriptions et des massacres, dans lesquels des Rois et des Prophètes font périr des centaines de Prophètes, tandis que des Grands-Prêtres et des Rois font assassiner des Rois ( Ier liv. des Rois, XVIII, 1 à 40).

Et quand la Judée est Province grecque, puis Province romaine, on y voit le Paganisme plus encore que le Mosaïsme.

On peut dire aussi que les Juifs, transportés dans les pays voisins ou gardés chez eux par les Peuples vainqueurs, connaissent parfaitement les Religions, les Philosophies, les civilisations et les organisations sociales des Egyptiens, des Babyloniens ou des Perses, des Indiens, des Syriens ou Phéniciens, des Grecs et des Romains, c'est-à-dire toutes les Religions, toutes les Philosophies, toutes les civilisations de l'Orient ou du Monde civilisé.

ÉTAT DE L'OPINION.

Et quelle est alors l'opinion de ce Monde civilisé ?

Partout la Religion sert d'instrument à la Politique et joue encore le premier rôle, quoique la Philosophie commence à le lui disputer.

Partout les Prêtres dominent.

Partout le Peuple est ignorant, crédule, superstitieux; partout on admet les fables les plus grossières, les contes les plus absurdes ; partout on croit aux Dieux, aux Demi-Dieux et aux Génies, à Satan, au Diable et aux Démons, aux Oracles et aux Mages, aux Augures et aux Aruspices , aux métamorphoses et aux miracles.

Partout aussi c'est la guerre, la force, la conquête et l'esclavage ; partout le Peuple est opprimé, dépouillé, tyrannisé par les Rois, par les Prêtres et par l'Aristocratie ; partout on désire un grand changement, une grande Réforme, une grande Révolution.

Partout on reconnaît et l'on sent que les anciens Dieux s'en vont; partout on croit à la fin du monde, à un jugement dernier, à une résurrection, à un règne de Dieu, à la prochaine arrivée d'un Messie ou Réformateur ou Libérateur.

TROIS SECTES — Toutes ces opinions de la Perse, de l'Egypte et de la Grèce, répandues en Judée depuis la captivité de Babylone et les invasions Grecque et Romaine, y ont formé trois Sectes principales , des Sadducéens, des Pharisiens, et des Esséniens ou Thérapeutes.

Les Sadducéens sont le Parti des Rois et de la Cour, qui admet les opinions étrangères, et qui rejette la croyance à la résurrection.

Les Pharisiens sont le Parti Prêtre, qui possède le pouvoir, qui ménage les Étrangers et les Rois pour conserver la puissance, qui s'attache à la lettre et aux pratiques de la Loi Mosaïque en violant son esprit, qui repousse toute réforme, qui veut conserver les abus, et qui flatte le Peuple pour l'exploiter : c'est le Parti le plus nombreux et le plus fort ; c'est aussi, avec les Sadducéens, le Parti conservateur ou ministériel.

ESSÉNIENS.— Les Esséniens sont le Parti des savants, des Philosophes, du progrès; ils s'attachent à l'esprit plus qu'à la lettre de la Loi, regardent le principe de la fraternité comme l'essentiel , admettent la Communauté ( adoptée déjà par Minos, Lycurgue, Socrate, Platon, etc. ), croient à la prochaine fin du monde ( c'est-à-dire à la destruction de l'organisation sociale d'alors), à une résurrection et au régne de Dieu ( c'est-à-dire à une réorganisation sociale sur la base de la Fraternité, de l'Unité dans le Genre humain, de l'Égalité et de la Liberté ou de la Démocratie ).

Ces Esséniens sont pour la plupart des médecins, et des médecins-philosophes, qui s'occupent de l' esprit autant que du corps.

Vivant en Communauté au nombre de plus de 4,000, en Égypte près d'Alexandrie, et en Judée dans plusieurs villages près de Nazareth dans la Galilée, cette vie commune leur donne un immense avantage pour l'étude et l'instruction.

Connaissant toutes les religions et toutes les philosophies, adoptant celles de Socrate et de Platon, ils forment le corps savant qui peut-être est le plus avancé.

Et c'est de cette Communauté des Esséniens que vont sortir le Prophète Jean-Baptiste et Jésus-Christ, fondateur du Christianisme.

Voyons d'abord Jean-Baptiste.

CHAP. VIII.


JEAN-BAPTISTE.

L'Essénien Jean-Baptiste, qui se donne la mission de Prophète, qui se dévoue à la régénération de l'Humanité, et qui se résigne à la vie la plus austère (vêtu d'une peau de chameau attachée avec une ceinture de cuir, se nourrissant de miel sauvage et de sauterelles) pour commander le respect et la confiance, vient prêcher au désert de la Judée, sur les bords du Jourdain, à Béthanie, signale les vices de l'époque, exhorte à se repentir, à devenir moins vicieux, à se dépouiller des vieilles erreurs, à se préparer pour une grande régénération sociale, et annonce une grande Réforme et un grand Réformateur.

Dans son style oriental et énigmatique, il s'écrie : (Matth., III ; Marc, I ; Luc, III ; Jean, I.)

"Faites pénitence (ou reconnaissez vos erreurs et vos fautes, repentez-vous en et prenez la résolution de les éviter) ; car le règne de Dieu s'approche... Préparez la voie du Seigneur ; rendez droit ses sentiers :"

Puis il annonce ainsi l'Egalité :

« Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline sera abaissée; les chemins tortus deviendront droits et les raboteux deviendront unis. »

Quand le Peuple lui demande ce qu'il doit faire, il répond en prescrivant la Fraternité :

« Que celui qui a deux vêtements en donne un à celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger partage avec celui qui n'a rien : »

Aux Publicains (capitalistes, usuriers) il répond :

« N'exigez pas d'intérêts!! »

Aux soldats il dit :

« N'usez point de violence ni de fraude envers personne, el contenter-vous de votre paye! » (Luc, III, 10-14)

Mais quand les Pharisiens et les Sadducéens (les Prêtres et les Courtisans) arrivent de Jérusalem à sa prédication, il les apostrophe en termes menaçants :

« Race de vipère, qui vous a avertis de fuir la colère qui doit tomber sur vous? Faites de dignes fruits de pénitence ! La coignée est déjà à la racine de l'arbre : tout arbre qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu! » (Math., III, 7-12.)

La foule accourt à ses prédications de toutes les parties de la Judée, même de Jérusalem, et se laisse convertir et endoctriner par lui.

Tous confessent ou reconnaissent et avouent leurs fautes et se font BAPTISER par lui dans le fleuve du Jourdain, c'est-à-dire se dépouillent de leurs habits et se lavent dans la rivière, pour indiquer qu'ils se dépouillent de leurs vices et peut-être qu'ils sont prêts à se dépouiller de leurs biens, et à pratiquer la Fraternité et la Communauté.
Et quel est ce Jean-Baptiste (Baptiste est un surnom qui signifie Baptiseur) qui prêche, exhorte, menace, convertit, baptise des hommes et non des enfants? On le dit un Prophète, un homme inspiré par Dieu. Nous l'admettons : mais alors, Prêtres et grands de la Terre, écoutez donc ses redoutables paroles !

Le voici qui annonce Jésus.

Jean-Baptiste annonce Jésus.

« Pour moi, dit- il, je vous baptise dans l'Eau pour vous porter à la pénitence ; mais celui qui doit venir après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier le cordon de ses souliers en me prosternant devant lui; c'est lui qui vous baptisera dans le Saint- Esprit et dans le feu.

« Il a son van à sa main et il nettoiera parfaitement son aire ; il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteindra point. » (Math., III, 11 et 12. — Marc. 1, 7.)

Ainsi, Jean-Baptiste prépare la Réforme en signalant le mal et en lavant le présent, et Jésus viendra consommer la Réforme en apportant le remède, en enflammant les esprits et les cœurs, en purifiant ou détruisant, en régénérant l'Avenir.

Courageuse indépendance de Jean-Baptiste .

Nous venons de voir Jean-Baptiste, le Prophète inspiré de Dieu, menacer les Pharisiens et les Sadducéens ( les Courtisans et les Prêtres ), et prêcher la Réforme malgré le Roi Hérode.

« Mais Hérode étant repris par lui, au sujet d'Hérodiade (sa belle-sœur, femme du Roi Philippe son frère), et de tous les autres maux qu'il avait faits, cet Hérode
ajouta à tous ses autres crimes celui de faire mettre Jean en prison. » (Luc, III, 19-20.)

Ainsi, voyez-le bien, Prêtres et Rois ! au lieu d'être un courtisan, un valet, un complice des débauches et des crimes d'Hérode, Jean, l'inspiré de Dieu, lui reproche ses débauches, ses scandales, tout le mal qu'il fait, tous ses crimes...! Mais cet homme de Dieu serait aujourd'hui flétri comme un brouillon, un factieux, un séditieux, un révolutionnaire!

Et Jésus-Dieu serait flétri de même, lui qui repoussera les offres de Satan et des Rois, et qui déclarera qu'il faut adorer et servir Dieu préférablement aux Princes !

Courageuse indépendance de Jean-Baptiste .

Nous venons de voir Jean-Baptiste, le Prophète inspiré de Dieu, menacer les Pharisiens et les Sadducéens ( les Courtisans et les Prêtres ), et prêcher la Réforme malgré le Roi Hérode.

« Mais Hérode étant repris par lui, au sujet d'Hérodiade (sa belle-sœur, femme du Roi Philippe son frère), et de tous les autres maux qu'il avait faits, cet Hérode
ajouta à tous ses autres crimes celui de faire mettre Jean en prison. » (Luc, III, 19-20.)

Ainsi, voyez-le bien, Prêtres et Rois ! au lieu d'être un courtisan, un valet, un complice des débauches et des crimes d'Hérode, Jean, l'inspiré de Dieu, lui reproche ses débauches, ses scandales, tout le mal qu'il fait, tous ses crimes...! Mais cet homme de Dieu serait aujourd'hui flétri comme un brouillon, un factieux, un séditieux, un révolutionnaire!

Et Jésus-Dieu serait flétri de même, lui qui repoussera les offres de Satan et des Rois, et qui déclarera qu'il faut adorer et servir Dieu préférablement aux Princes !

Persécution et Meurtre de Jean.

Nous venons de voir Jean, le Prophète, le Saint, mis en prison par le Roi Hérode ; mais ce n'est pas assez : la Reine Hérodiade, sa belle-sœur, qu'il a enlevée à son frère et avec laquelle il vit publiquement dans l'adultère et l'inceste, veut le supplice de Jean pour se venger de ses reproches ; elle emploie sa fille comme agent de sa vengeance, lui fait danser devant le Roi une danse voluptueuse, et demande la tête du Prophète pour prix du plaisir qu'elle procure. Le lâche Hérode fait décapiter le prisonnier, et présente sa tête sur un plat à son infâme maîtresse.

Voilà un Roi, une Reine, une maîtresse de Roi, une danseuse de Cour !

Voilà un persécuté, un proscrit, un martyr !

Et voici enfin Jésus-Christ.

Quatrième partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 04:44

On poursuit par la Genèse racontée par Moïse, sa Vraie Mission civilisatrice qui s'étend à l'Humanité entière et qui n'a rien à voir avec ce qu'elle est devenue aujourd'hui... nous ne posons pas ce livre par hasard...






Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 2

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

1ère partie


Chapitre VI

 

MOSAÏSME

Section 1ère - Caractère du Mosaïsme



 

Le Mosaïsme n'est pas seulement une Religion et une histoire de la création et du Genre Humain, mais en même temps une Organisation sociale et politique, une Constitution, un Code de lois ; et la loi se confond avec la Religion : les deux choses n'en font qu'une ; on pourrait ne parler que de Religion, comme on pourrait ne parler que de Loi ou de Constitution ou d'Organisation.

Nous devons même remarquer que Moïse ne prononce jamais le mot Religion (inventé bien des siècles après) et qu'il n'emploie que le mot Loi. Son principal objet, c'est de remplacer la Loi naturelle par une Loi écrite qui servira de règle et de guide pour tous.

Le Mosaïsme est donc le culte de la Loi ou de la Légalité ; aussi Jérusalem aura-t-elle un Palais de la Loi, et les Juifs invoqueront-ils sans cesse la Loi (et les Prophètes défenseurs de la Loi).

Quelles sont cette Religion et ces Lois de Moïse ? Nous allons les voir, en jetant un rapide coup d'oeil sur la Bible*.

*Tout le monde sait que le Mosaïsme est exposé dans la Bible, mot tiré du grec Biblos, qui signifie livre. La Bible est le livre sacré des Hébreux ou des Juifs, comme l'Alcoran est le livre sacré des Mahométans. Les cinq premiers livres de la Bible, appelés les Livres de Moïse (la Genèse ou la Création, l'Exode ou la sortie d'Egypte, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome ou seconde publication de la Loi) contiennent tout le Mosaïsme.

Section 2 - Système sur la Création

On connaît la Genèse ou le système de Moïse sur la Création. On sait comment Moïse raconte :

- Le temps antérieur à la Création ; l'existence de Dieu et l'existence de l'abîme, des eaux, des ténèbres ;

- Puis la création de l'Univers par la parole de Dieu ; la création de la lumière, du soleil, des astres, de la terre et des mers, des plantes et des fruits, des animaux et de l'Homme ;

- La formation d'Adam, avec un peu de limon que Dieu façonne à son image et qu'il anime en lui soufflant une âme de vie par les narines ;

        - puis la formation d'Eve, qu'il façonne avec une côte qu'il soustrait à Adam après avoir pris la précaution de l'endormir ;

        - leur séjour, leur innocence et leur bonheur dans l'Eden ou le Paradis terrestre situé vers le centre de l'Asie à la source de l'Euphrate ;

        - la défense de manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ;

        - le phénomène d'un animal, d'un reptile, d'un serpent, que Dieu vient de créer pour être soumis à l'homme, qui s'insurge contre Dieu, qui conseille à Eve la révolte, et qui parle la langue humaine ;

        - la tentation d'Eve par ce serpent, puis Adam par Eve ;

        - leur désobéissance à Dieu par le conseil du serpent, désobéissance qu'on appelle le péché originel (ou la faute originelle) ;

        - le courroux de Dieu ;

        - leur expulsion de l'Eden, et le moyen employé par Dieu pour les empêcher d'y rentrer en plaçant à la porte un Chérubin agitant une épée de flamme ;

        - la condamnation prononcée contre eux et contre leur postérité pour que l'homme travaille et gagne sa vie à la sueur de son front, pour que la femme enfante avec douleur et soit soumise à l'homme.

On sait comment Moïse raconte l'histoire de la postérité d'Adam et d'Eve ou l'histoire du Genre humain. On connaît :

- Leurs trois fils :

        - CAÏN (mot qui signifie le propriétaire) ;

        - ABEL (mot qui signifie le berger ou le pauvre)

        - SETH (mot qui signifie le savant ou le prêtre)

- La faveur de Dieu pour Abel malgré le péché originel ;

- le meurtre d'Abel par son frère Caïn ;

- la malédiction prononcée par Dieu contre Caïn et contre sa race ;

- le repentir qu'éprouve Dieu d'avoir créé l'homme ;

- le Déluge envoyé par Dieu pour détruire tout le genre humain parce qu'il ne veut pas l'adorer ;

- la conservation de Noé et de sa famille parce qu'il est pieux ;

- le partage de la terre entre ses trois fils Japhet, Cham et Sem, d'où sortent tous les Peuples du Globe ;

- la condamnation à l'esclavage prononcée contre la postérité de Cham, au profit de la postérité de Sem, pour punir une faute de Cham ;

- l'Alliance de Dieu avec Abraham, descendant de Sem, à condition d'établir la Circoncision ;

- la nouvelle Alliance avec Isaac, puis avec Jacob, à qui Dieu promet l'Empire du Monde pour sa postérité ;

- enfin l'établissement des 12 enfants de Jacob en Egypte fondant 12 tribus, leur multiplication pendant 400 ans, et l'Alliance de Dieu renouvelée avec Moïse et avec les 600 000 Hébreux.

Nous ne nous arrêterons pas à examiner s'il est possible d'admettre que Moïse entendait que ce récit fut éternellement pris à la lettre, ou si, dans l'intention de Moïse, ce récit n'était pas tout simplement une ALLEGORIE, un mythe (en grec mythos), ou fable religieuse, comme toutes celles de la mythologie païenne.

Nous n'examinerons pas si, comme le soutiennent quelques philosophes, notamment Pierre Leroux dans son  livre de l'Humanité (Tome II, page 544) qui contient des recherches profondes et curieuses, Moïse a voulu dire seulement que l'homme fut d'abord innocent, pur, bon ; qu'il ne devint coupable ou mauvais qu'ensuite, par une erreur, par une faute, par une tentation d'une espèce de Génie du mal ; et que cette erreur, cette faute, cette tentation, ce Génie du mal fut l'EGOÏSME ou l'INDIVIDUALISME ; que tous les maux qui accablèrent l'Humanité sont la conséquence de cet Egoïsme ou de cet Individualisme ; et que tous ces maux subsisteront tant que l'Humanité ne sera pas DELIVREE de cet Egoïsme ou de cet Individualisme ;

Ce qu'il importe de bien remarquer ici, en passant, c'est que, même en le prenant à la lettre, le récit de Moïse constitue

1- l'identité de la femme et de l'homme ;

2 - la fraternité, l'unité, et la solidarité entre tous les membres du Genre humain ou de l'Humanité. 

Une troisième chose bien importante à remarquer, c'est que l'erreur, la faute, le péché originel, n'empêcha pas Dieu de faire alliance avec Abel, avec Noé, avec Abraham, avec Isaac, avec Jacob, avec Moïse et son peuple Hébreu.

Section 3 - Loi principale - Décalogue

 Puis l'une des premières choses que fait Moïse, c'est le Décalogue, mot grec qui signifie dix lois ou loi en dix articles.

Et il affirme que cette loi a été gravée par Dieu, de sa propre main, sur deux tables de pierre, sur le mont Sinaï, au milieu d'un grand bruit et d'une grande lumière pendant que le peuple était au pied de la montagne.

Nous n'examinons pas les moyens qu'il emploie pour persuader que le Décalogue a été écrit par Dieu lui-même, et nous admettons que c'est bien Dieu qui l'a écrit : voyons ce que prescrit Dieu, parlant au Peuple comme à un seul homme.

        1 - Je suis le Seigneur ton Dieu.
       2 - Tu n'auras point des Dieux étrangers. Tu ne feras aucune image ni aucune figure ; tu n'en adoreras aucune,  car je suis le Dieu fort et jaloux qui punit sur les enfants l'iniquité des pères.
        3 - Tu ne prendras point en vain le nom de Dieu.        
        4 - Tu ne feras aucun travail le jour du Sabbat.
        5 - Tu honoreras ton père et ta mère.
        6 - Tu ne tueras point.
        7 - Tu ne commettras point d'adultère.
        8 - Tu ne voleras point.
        9 - Tu ne mentiras point.
      10 - Tu ne désireras ni la femme ni le bien de ton prochain.

Voilà donc ce que Dieu commande. Et que de bien ne ferait pas la pratique de ces commandements !

Mais qui les observe avec le respect et la terreur religieuse que devrait inspirer l'ordre de Dieu ? Les riches, les savants, les Prêtres, les Rois mêmes, ne donnent-ils pas journellement l'exemple de la désobéissance et de la révolte contre la Loi divine ?

Chacun sait que, outre ce Décalogue, promulgué comme écrit par Dieu lui-même, Moïse avait un grand nombre d'autres lois, religieuses, politiques, civiles, militaires, qu'il présente comme écrite par lui sous la dictée de Dieu. Nous  ne voulons pas contester ici ; nous admettons : eh bien ! quelles sont ces lois dictées par Dieu ?

Section 4 - Loi secondaire

Si nous pouvions les examiner, nous verrions qu'elles sont, sous tous les points, un immense progrès sur les législations de tous les autres peuples : mais nous ne pouvons parcourir à la hâte que les dispositions principales.

RELIGION : Et d'abord, qu'est-ce que Dieu pour Moïse ? Ce n'est plus comme pour le vulgaire Egyptien, un astre, une plante, un animal ; c'est, comme pour les Prêtres, la cause première dont tout le reste est l'effet ; c'est un Dieu unique, éternel, tout-puissant, créateur de l'Univers, invisible, à qui il donne cependant la figure humaine, et qu'il représente aussi comme un esprit, un souffle, une voix, une étoile, une flamme, une nuée, etc... qu'il appelle l'Eternel, le Seigneur, Jehovah, le Dieu du Ciel*.

* Notre mot français Dieu vient du mot latin Deus, qui vient du grec Zeus prononcé par les Doriens Deus, qui signifie Jupiter, ou l'air, le vent, le mouvement, la lumière. Le mot latin Dies, qui signifie Jour, a manifestement beaucoup d'analogie avec Deus ou Dieu. Dans leur hiéroglyphes, les Egyptiens représentaient Dieu par un mât avec une voile agitée par un grand vent.

ANGES, CHERUBINS - Moïse n'emploie que rarement les expressions Ange (qui signifie Messager) ou Cherubin ; et quand il les emploie, c'est sans y mettre d'importance ; ce sont des êtres imaginaires, comme la Voix de Dieu, la Colère de Dieu : ce n'est que beaucoup plus tard qu'on imaginera des armées d'Anges de tous rangs et de tous grades, qui troubleront les imaginations.

SATAN, DEMON, DIABLEMoïse n'en parle pas : ce n'est qu'une opinion des Religions étrangères, introduite longtemps après parmi les Juifs

ÂME, IMMORTALITE, PARADIS, ENFER - Moïse ne parle nulle part ni de l'âme, ni de son immortalité, ni d'une vie future, ni d'une récompense ou d'une punition dans une autre vie, ni d'un Paradis céleste ou d'un Enfer. Il ne s'occupe que de cette vie, de la Société actuelle, du temporel, comme on dit, du bonheur sur la Terre, sans dire jamais un mot sur un bonheur spirituel dans une autre vie toute spirituelle.

CULTE - Moïse consacre à Dieu, dans un temple, un autel, sur lequel on n'offrira plus de victimes humaines mais seulement des animaux et des fruits.

PRÊTRES - Moïse ou Dieu, ne leur attribue aucune propriété territoriale comme en Egypte, mais seulement la Dîme, ou la dixième partie de tous les fruits, soit de la terre, soit des animaux.
S'ils trouvent le moyen de devenir opulents, ce sera en transgressant la Loi. Ils peuvent et doivent se marier.

FRATERNITE - "Vous aimerez votre prochain comme vous-même, dit Dieu, suivant Moïse ; car vous êtes tous frères." (Lévitique chap. 19/17-18 et XXV, 46)
Ainsi
plus de castes, mais la fraternité, l'égalité, l'amour du prochain.
Et c'est Dieu qui dicte cette loi ! L'entendez-vous bien, riches et puissants de la Terre !

ORGANISATION SOCIALE, PROPRIETE - Nous avons vu le Peuple récolter la manne en commun et la partager également. Tous auront aussi une part égale dans le butin et dans la Terre promise. La propriété sera inaliénable ; "car la terre est à moi, dit Dieu suivant Moïse, et vous n'êtes tous que locataires chez moi." Par conséquent, le vendeur ou sa famille pourra toujours racheter la propriété vendue ; et même tous les cinquante ans, au Jubilé, toutes les ventes seront annulées de plein droit.
Moïse ou Dieu veut donc que tous les citoyens soient propriétaires et cultivateurs, et qu'il n'y ait
ni opulence ni misère. L'entendez-vous bien encore, riches accaparateurs de la Terre !

FEMMES - C'est le mari qui fournit une dot à son épouse. La prostitution est interdite aux femmes de la Nation.

PAUVRES - Laissez aux pauvres une part dans votre vigne et votre champ. Prêtez leur sans intérêt. Donnez-leur ce qu'ils désirent ; ouvrez votre main aux besoins de vos frères indigents ; aidez vos frères. (Ex. XXII, 25-26 - Lev. XIX, 9-10 - Deut. XV, 7-11 ; XXIII, 19) L'entendez-vous, cupides usuriers, cruels loups-cerviers du capital !

ESCLAVES - Si Moïse permet encore d'avoir des esclaves étrangers, comme c'est alors l'usage sur toute la terre, s'il autorise même à se vendre comme esclave, ou plutôt à se louer comme serviteur à un autre Juif, il veut du moins qu'on traite l'esclave avec douceur ; "car, dit Dieu suivant Moïse, vous êtes tous mes serviteurs ou mes esclaves." (Lev. XXV, 39 - Deut. XXV, 12 à 18 - XXIII, 15, 16.) L'entendez vous, barbares vendeurs de chair humaine !

ETRANGERS - Moïse recommande d'aimer l'étranger comme individu, et de lui donner des aliments et des vêtements ; "car, dit-il, vous avez été étrangers au pays d'Egypte." (Exode, XXII, 21 - Lev. XIX, 33,34 - Deut. X, 14 à 19)

ANIMAUX - Il prescrit même de traiter les animaux avec douceur (Exode, XXIII, 12 - Deut. XXII, 6 - XXV, 4) L'entendez-vous, vous tous qui traitez vos frères plus inhumainement que des chiens ou des chevaux !

GOUVERNEMENT - Si le gouvernement institué par Moïse paraît un mélange de théocratie, d'aristocratie et de démocratie, c'est néanmoins la Démocratie qui domine ; car tous les Hébreux sont considérés comme égaux et comme Frères.

« La Terre est à moi (dit Dieu suivant Moïse), vous êtes tous habitants et locataires chez moi, tous mes serviteurs, tous frères. Personne ne doit dominer les autres. » (Lévit., XXV, 23, 3g, 46,Deutér., XXIV, 10-22.)

L'entendez-vous enfin , Rois et Princes qui vous prétendez les maîtres de la Terre !

Moïse veut que chaque Tribu se divise, pour la guerre et la justice, par groupes ou compagnies de 10, 50, 100, 1000, et que chaque division choisisse des Juges pour les affaires ordinaires, en leur prescrivant de choisir des hommes vénérables et vertueux. (Exod., XVIII, 21.)

Il veut que les grandes affaires soient décidées par un Juge ou Grand-Juge ou Prince, qui sera le Chef, le Général, le Président ou le premier Magistrat du Peuple, élu par lui, sans pouvoir héréditaire, obligé de se conformer à la loi, surveillé par le Grand-Prêtre, et responsable de tous ses actes devant la Nation.

Il veut que les Anciens et les principaux de toutes les Tribus forment une espèce de sénat qu'on appellera Sanhédrin, et qui ne sera qu'un Conseil.

Il veut que le Peuple entier se réunisse en Assemblée nationale et décide souverainement de tous les intérêts populaires.

Point de bourreau ; c'est le Peuple tout entier qui exécutera les sentences capitales en lapidant le condamné.

Chaque citoyen pourra même condamner lui seul en appliquant la loi sur la déposition de deux témoins, à condition qu'il jettera lui-même la première pierre au coupable.

La Nation n'aura qu'un temple et se réunira tout entière à Jérusalem pour la fête de Pâques.

C'est donc une Démocratie, et la plus démocrate des Démocraties, quoique mélangée de théocratie et d'aristocratie ; c'est la République instituée par Moïse et, selon lui, par Dieu lui- même.

Lois CRIMINELLES. — Chacun connaît sa fameuse loi du talion, qui, dans certains cas, demande, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, vie pour vie ( Exodse XXI, 23 à 25. — Deutér., XIX, 16 à 21).

ACCEPTATION - Quoique ces lois, ce Code, cette Constitution, soient présentés comme l'oeuvre de Dieu, Moïse ne les impose pas au Peuple qui pourrait les rejeter. Dieu (raconte-t-il), leur dit : "Tu leur proposeras"(Exode XIX, 5 à 8 ; XXI, 1... ; XXIV, 3-7) ; et il les présente aux douze tribus assemblées, qui les acceptent. C'est la souveraineté du peuple reconnue et exercée ! c'est un véritable contrat social !

L'original est enfermé dans l'Arche (ou coffre de bois) pour rester déposé dans le sanctuaire sous la garde du Grand-Prêtre. Douze copies gravées sur douze tables de pierre, sont remises aux douze Tribus ; tous les sept ans, le Pontife devra lire la Loi au Peuple assemblé ; tous les citoyens devront l'apprendre et l'enseigner à leurs enfants.

Tel est, en substance, le Code Mosaïque.

Quelles que soient ses imperfections, c'est un magnifique ouvrage pour son époque et pour un Peuple abruti par l'esclavage, et ce sont même une Religion et une législation bien supérieures à celles des Nations d'alors, et peut-être même à des Nations d'aujourd'hui ; car quelle est la Nation ancienne et moderne qui, comme Moïse, a pris réellement pour base la fraternité, l'unité, la solidarité, l'égalité, la liberté, avec autant de garanties contre l'opulence et la misère ?

Aussi, comme sa Loi a été volontairement acceptée par le Peuple, Moïse l'appelle la sagesse et l'intelligence de la Nation.

REVISION, PERFECTIONNEMENT, PROGRES, NOUVEAU MESSIE - Et quoique Moïse déclare que, si les Juifs observent la Loi, ils deviendront le plus intelligent et le plus sage de tous les Peuples, il leur annonce un autre Messie, un nouvel envoyé de Dieu, qui réformera et perfectionnera sa Loi.

PROPHETES - Et en attendant, il institue des Prophètes, qui seront des prédicateurs, des instructeurs, des orateurs, des espèces de Tribuns du Peuple, qui l'avertiront, le conseilleront, l'exhorteront, recommanderont le respect pour la Loi, et répèteront l'annonce d'un Messie. On en verra des milliers avant l'apparition de Jésus-Christ ; et quand Jésus-Christ se présentera comme Réformateur, les Juifs seront préparés à l'arrivée d'un nouveau Messie.

Ecoutons maintenant Jésus-Christ : mais auparavant, deux mots encore sur l'histoire des Juifs depuis Moïse à Jésus-Christ.

 
Troisième partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 04:21

Voilà un livre qui se lit avec plaisir. Il faut dire qu'Etienne Cabet rêvait de construire la Société Idéale pour les hommes dont il prit souvent la défense. Voir sa biographie sur Wikipedia et lire son roman Voyage en Icarie qui eut un franc-succès et trace ce paradis utopique. Il faut aussi signaler qu'il eut quelques adeptes qui décidèrent de créer cet Eden au find fond du Texas où il les rejoignit et que ce fut un fiasco complet.

Les cinq premières parties relatent la condition humaine à ses débuts notamment chez les Egyptiens. Le Peuple faisait partie de la caste des parias... quelques mots sur les Hébreux et sur Moïse... selon Cabet qui invective les puissants de son époque quand ça lui chante... un vrai régal !




Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 1

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

 

PRÉFACE

 

"Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés."
(Parole de Jésus-Christ - Jean XIII - 34)


Jésus-Christ est-il un Dieu créateur et maître du Ciel et de la Terre, pouvant punir ou récompenser éternellement? Alors, les Rois et les Prêtres, les Nations et les Peuples, les riches comme les pauvres, ne sont que des atomes en sa présence ; nous n'avons plus qu'à nous prosterner et obéir, quelle que puisse être sa volonté !

N'est-il au contraire qu'un homme ? Dans ce cas même il faut avouer qu'il est le plus grand des hommes, un homme tellement grand que la Terre entière l'adore comme un Dieu !  Et alors ce n'est qu'avec un profond respect qu'il faut examiner ses opinions et ses préceptes !

Si le christianisme avait été interprété et appliqué dans l'esprit de Jésus-Christ ; s'il était bien connu et fidèlement pratiqué par la nombreuse portion des Chrétiens qui sont animés d'une piété sincère, et qui n'ont besoin que de bien connaître la vérité pour la suivre ; ce Christianisme, sa morale, sa philosophie, ses préceptes, auraient suffi et suffiraient encore pour établir une Organisation sociale et politique parfaite, pour délivrer l'humanité du mal qui l'accable et pour assurer le bonheur du Genre humain sur la terre : il n'y aurait personne qui pût refuser de se dire chrétien !

Vous allez en être convaincus tous, en examinant rapidement avec nous la doctrine, la morale, et surtout la conduite de Jésus-Christ, telles que nous les trouvant dans l'Evangile.

Aucune étude n'est assurément ploulons imaginer ; c'est le vrai Christianisme que nous voulons exposer.

Nous diviserons notre travail en deux parties. Dans la première, nous allons établir les principes essentiels et incontestables du Christianisme, tels qu'ils sont dans l'Evangile, et en transcrivant ou citant toujours dans le texte. Nous admettrons, sans discussion, la divinité de Jésus ; et nous constaterons la doctrine, le système, les préceptes et les actions de cet Homme-Dieu. Dans une seconde partie, qui sera publiée séparément, nous discuterons, expliquerons, interpréterons ce qui est susceptible de plusieurs sens et a besoin d'interprétation.

Nous y discuterons particulièrement la question de la divinité de Jésus, et nous comparerons le Catholicisme au Christianisme pour constater si le premier est contraire ou conforme au second.

 

III

 

Le Christianisme (ou la Religion de Christ) étant la REFORME du Mosaïsme (ou Religion de Moïse), nous commençons par exposer, le plus rapidement possible, la Religion précédente et Réformée ; ce sera notre Introduction.

Et comme le Mosaïsme, lui-même, sort de l'Egypte, nous dirons d'abord deux mots de la Religion et de l'Organisation sociale des Egyptiens et des  premiers Peuples.

IV

Cet ouvrage est le fruit de longues études commencées depuis plus de douze ans.

De nombreuses conférences avec un ami, CHARLES, profondément instruit dans l'Evangile, nous ont encore aidé dans notre travail et fortifié dans nos opinions.

Introduction

Chapitre 1er

PREMIERES IDEES RELIGIEUSES

 

Aujourd'hui, naissant et vivant au milieu de notre civilisation, de nos villes, de nos maisons, de nos arts et de notre luxe, avec notre éducation, avec notre expérience ou plutôt celle de l'Humanité, avec nos préjugés et nos habitudes, nos idées sont bien différentes de celles de nos pères, comme celles d'un Peuple civilisé sont bien différentes de celles des Peuples encore actuellement sauvages.

Mais reportons-nous, par la pensée, à l'enfance du Genre humain.

A la naissance de l'Humanité, l'homme était complètement nu, complètement ignorant, sans autre arme que son instinct et son intelligence, sa sociabilité et sa perfectibilité.

Aucune des innombrables inventions faites depuis pour la nourriture, le vêtement, le logement, l'ameublement, etc., etc., n'existait alors.

Point de villes ni de villages, point de châteaux ni de chaumières, point de routes ni de canaux, point de jardins ni de cultures.

La Terre était généralement couverte d'arbres, de plantes, de ronces, d'épines et d'herbes ; -d'animaux féroces, de serpents, de reptiles et d'oiseaux de proie ; -de volcans et de précipices ; -de torrents, de lacs, de marais et de marécages-.

Tout le genre humain fut d'abord chasseur, puis pasteur, puis agriculteur.

Toujours en pleine campagne et en plein air, toujours aux prises avec toutes les forces de la Nature, toujours exposé à toutes les intempéries des saisons et à d'innombrables dangers, toujours témoin de tous les phénomènes et de toutes les merveilles de la création, ne voyant partout que des effets sans en connaître les causes, nous pouvons nous imaginer son étonnement, son admiration, son inquiétude et son effroi... !

Tout lui paraît animé, le soleil, la lune, le vent, la tempête, l'éclair, la foudre, la pluie, la grêle, le feu...

Tout lui paraît une Puissance supérieure à lui, un être inconnu (qu'il appelle Dieu), une Divinité utile ou nuisible, bonne ou méchante, amie ou ennemie.

Il adore comme des Dieux  les astres, les éléments, les plantes, les animaux ; les uns pour obtenir leurs bienfaits, les autres pour détourner leur courroux.

De là, des milliers de superstitions et de folies, d'erreurs et de vices, qu'on trouve partout chez les premiers Peuples, sur la Religion et le culte, sur l'organisation sociale et politique.

Et nous ne pouvons nous en étonner ; car aujourd'hui, après une longue expérience, après d'innombrables progrès en tout, que d'ignorance encore, que de crédulité, que d'extravagance sur la question de la Divinité, que d'imperfections dans l'Organisation sociale et politique !

Les EGYPTIENS représentant tous les premiers Peuples, jetons sur eux un coup d'oeil.

Chapitre II

 

ANCIENS EGYPTIENS

 

C'est 1491 ans avant Jésus-Christ, suivant les uns, et 1900 suivant d'autres, que Moïse sortit d'Egypte avec les Hébreux, il y a trois à quatre mille ans.

A cette époque, les Egyptiens étaient divisés en trois castes, celle des Prêtres, celle des Guerriers, et celle du Peuple... Chacune de ces castes se subdivisait en beaucoup d'autres, qui toute avait leur rang de supériorité et d'infériorité.

La dernière classe du Peuple était, comme celle des Parias dans l'Inde, une classe maudite et proscrite.

La caste des prêtres comprenait tous les savants, les astronomes, les physiciens, les chimistes, les médecins, les littérateurs, les juristes, les magistrats, les fonctionnaires publics et les législateurs : c'était une Aristocratie sacerdotale et scientifique. La caste des Guerriers formait une Aristocratie militaire. Le Roi appartenait à une de ces deux castes.

Le Gouvernement était un mélange de théocratie, d'aristocratie et de monarchie.

Le Peuple comprenait les laboureurs et les artisans, dépouillés de tout droits et de toute instruction.

La Science était un mystère sacré interdit au vulgaire. Toutes les opérations scientifiques étaient appelées des miracles et considérées comme des oeuvres surnaturelles ou divines.

Le territoire était partagé en trois parts, l'une pour la caste des Prêtres, l'autre pour les Guerriers, la troisième pour le Roi et les dépenses du Gouvernement. Toutes les terres étaient cultivées par la classe des laboureurs, qui n'étaient que locataires ou fermiers.

Les Prêtres formaient une espèce de Communauté, possédaient la terre en commun, vivaient en commun. C'est chez eux que Minos, Lycurgue, Pythagore, les Esséniens, prirent l'idée de la Communauté pour la porter en Crête, en Grèce, en Italie, en Judée.

Les Prêtres étaient très instruits, mais le Peuple était très ignorant, comme un Peuple de nègres ou d'esclaves.

La langue des Prêtres, composée d'hiéroglyphes, de dessins, de figures, d'images, d'emblêmes, de symboles, d'énigmes, était un mystère pour le Peuple.

Les Prêtres avaient une Religion plus ou moins raisonnable et épurée : mais, pour enchaîner le Peuple, ils lui avaient donné une religion particulière et vulgaire, qui n'était qu'un amas de superstitions grossières, lui affirmant les fables les plus absurdes, les métamorphoses les plus bizarres, lui présentant des milliers de Dieux, lui faisant adorer comme des divinités, non seulement tous les hommes extraordinaires et les Rois, mais les astres, les animaux utiles ou nuisibles, les plantes, etc., élevant des autels et des statues au veau, au taureau, à la vache, à l'agneau, au crocodile, au rat, etc., etc.

Le Peuple était donc excessivement supersticieux et crédule.

Et pour perpétuer cette organisation sociale, les Prêtres la disaient imposée par les Dieux eux-mêmes et la présentaient comme la juste récompense des mérites des classes privilégiées, et comme la juste punition des fautes des ancêtres des classes déshéritées ; le Peuple était divisé en Provinces, dont chacune avait une langue et des Dieux différents ; personne ne pouvait se marier que dans sa classe, ni exercer une autre profession que celle de son père ; toute communication était interdite avec l'Etranger, signalé comme un barbare et un ennemi.

Et cette Organisation sociale était alors celle de l'Humanité presque toute entière.

Les nombreuses Colonies qui sortirent d'Egypte pour aller s'établir tout autour de la Méditerranée, et qui se composaient de l'Opposition d'alors, des hommes les plus indépendants et les plus avancés, portèrent partout cette organisation sociale en la perfectionnant.

Mais, malgré tous les progrès, depuis trois à quatre mille ans, on en trouve encore partout d'innombrables vestiges.

 

Chapitre III

 

HEBREUX

 

Les Hébreux, ainsi nommés d'Héber, un de leurs anciens chefs, établis en Egypte, comme pasteurs, depuis environ 400 ans, s'y trouvaient dans un état de servitude ou d'esclavage.

Pour les empêcher de devenir trop nombreux et trop redoutables, le Roi d'Egypte les employait à de gigantesques travaux qui les faisaient périr par milliers, ou qui ne leur laissaient pas le temps de penser à la révolte. Et quand un ministre français d'aujourd'hui (M. Guizot) dit que la Société n'a pas d'autres garanties de stabilité que le TRAVAIL INCESSANT des  prolétaires, il ne fait que répéter une maxime d'un antique ministre Egyptien, en assimilant nos Travailleurs aux esclaves d'Egypte.

Quand ceux-ci s'ameutaient ou murmuraient, on les tuait comme des mouches.

Le Roi d'Egypte fit même tuer leurs enfants nouveaux-nés.

Ces Hébreux étaient donc esclaves, opprimés, abrutis, ignorants, superstitieux, crédules. Et cependant, ils avaient le cou roide, dit Moïse ; ils aimaient l'indépendance, la liberté, l'égalité, et ne supportaient qu'impatiemment le joug de la servitude quand Moïse entreprit de les délivrer.

Chapitre IV

MOÏSE

Nous n'en dirons qu'un mot.

Hébreu de naissance ; adopté par la fille du Roi d'Egypte ; élevé par les Prêtres Egyptiens ; initiés dans tous leurs mystères ; connaissant leur science, leur philosophie, toutes leurs idées religieuses et leurs lois ; pouvant faire des miracles comme eux ; devenu populaire et puissant après une victoire remportée par lui comme Général égyptien contre une invasion étrangère ; devenu suspect comme Hébreu ; poursuivi et forcé de s'expatrier pour avoir tué un agent égyptien qui maltraitait un de ses compatriotes ; Moïse conçoit, dans l'exil, le projet de se dévouer au salut de ses frères, de délivrer les Hébreux, de les faire sortir d'Egypte, de les constituer en nation, de les établir dans un autre pays dont il ferait la conquête, de leur donner une constitution et des lois, une religion et un culte, une organisation sociale et politique.

C'est un des plus grands spectacles que présente l'histoire de l'Humanité !

Et Moïse va se donner pour un Messie, c'est-à-dire pour un envoyé de Dieu, en communication avec lui, organe et exécuteur de ses commandements, agent de sa sagesse et de sa puissance.

Et les Hébreux, les Juifs, tout le monde chrétien l'admettront comme tel.

Nous examinerons plus tard (dans notre 2e partie) si Moïse est autre chose qu'un homme de génie ; mais aujourd'hui nous voulons aussi l'admettre comme un Messie : voyons maintenant ce qu'il fait au nom de Dieu !

Nous dirons tout à l'heure ce qu'il entend par Dieu : mais remarquons d'abord quatre actions de Moïse.

La première, il prend la défense d'un esclave hébreu maltraité par un agent égyptien et tue celui-ci dans la lutte ;

La seconde : dans l'exil, apercevant plusieurs pasteurs qui veulent empêcher des jeunes filles de s'approcher d'un puits pour y puiser de l'eau, il brave tout pour les protéger ;

La troisième : il dit à Dieu : "Prends ma vie, pourvu que ce peuple soit sauvé !"

La quatrième : quoique Dieu lui ait déclaré qu'il mourrait sans avoir la jouissance d'entrer dans la Terre Promise, il n'en travaille pas moins à préparer la conquête de son Peuple.

Voilà l'exemple de l'amour de la justice, de la haine de l'oppression, du dévouement à l'Humanité !

Chapitre V

DELIVRANCE DES HEBREUX

Rentré secrètement en Egypte, à l'âge de 60 ou 80 ans, après un long exil et de longs voyages en Arabie, il commence à réunir son frère Aaron et les Anciens, ou les plus influents, et leur affirme :

        Que le Dieu de leurs pères, Abraham, Isaac, Jacob, a jadis fait alliance avec eux, les a choisis pour son Peuple et leur a promis l'Empire du monde ; que ce Dieu habite le ciel ; que dans leur servitude, leurs cris sont montés jusqu'à lui ; qu'il les a regardés et a connu leur servitude ; qu'il s'est souvenu de son alliance avec leurs ancêtres ; qu'il est descendu pour faire une nouvelle alliance avec eux, pour les délivrer et les établir dans le pays de Chanaan (appelé depuis la Terre Promise) où coulaient le lait et le miel ; qu'il lui est apparu, à lui Moïse, sur le mont Horeb dans le pays de Madian, sous la forme d'une flamme de feu arrêtée sur un buisson ; que Dieu lui a parlé et lui a dit : "Va délivrer mon Peuple ; dis-lui que c'est moi qui t'envoie et qui lui ordonne de sortir d'Egypte." (Exode, chap. III)

Nous n'examinons pas les moyens qu'emploie Moïse pour faire croire à sa mission divine : on y croit.

Tous les Hébreux l'acceptent pour Juge ou Prince, pour Prophète ou Messie, pour libérateur et législateur.

Nous n'examinons non plus les fléaux qui affligent alors l'Egypte et que Moïse dit envoyés par Dieu pour punir les oppresseurs des Hébreux : ces fléaux prouveraient combien Dieu hait l'oppression et les oppresseurs.

Voilà Moïse qui part, pendant la nuit, avec 600 000 Hébreux, leurs femmes, leurs enfants, leurs bestiaux et beaucoup d'objets enlevés à leurs oppresseurs pour indemnité d'une longue oppression ; le voilà qui traverse heureusement la mer Rouge, tandis que les Egyptiens qui les poursuivent s'y noient presque tous ; et le voilà qui chante un Te Deum, affirmant que les Hébreux doivent leur salut à la protection divine : ce serait une nouvelle preuve de l'amour de Dieu pour les esclaves et les opprimés, de sa haine contre les oppresseurs et les persécuteurs !

Arrivés dans le désert, les Hébreux y trouvent la manne, espèce de gomme qui se forme tous les matins comme la rosée et qui leur sert de pain pour se nourrir. Moïse leur affirme que c'est Dieu qui leur envoie ce pain quotidien. Mais remarquons bien un fait important.

Il ordonne que la récolte de la manne soit faite en commun, et que le partage s'en fasse fraternellement et également, suivant les besoins de chacun, sans privilège pour celui qui en a récolté plus, sans privation pour celui qui en a recueilli moins. (Exode XVI, 15-17) C'est un principe de fraternité, d'égalité, de communauté, qu'il l'établit ! et il l'établit au nom de Dieu, qui, suivant lui, ordonne lui-même la récolte commune et le partage fraternel !

Il constitue l'Unité, formant des 12 tribus, une seule armée, un seul Peuple, qu'il appelle tantôt le Peuple de Dieu, tantôt Israël comme si c'était un seul homme, tantôt les Enfants d'Israël.

Puis ils leur donnent une Constitution sociale et politique et un Code de lois, basés sur une nouvelle Religion, après leur avoir raconté l'histoire de la création ou l'histoire du Genre humain et leur propre histoire.

Ce sont cette histoire, cette religion, cette constitution, ce code, qui constituent le Mosaïsme.

Deuxième partie


Posté par Adriana Evangelizt

 

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 14:28


4 L'Égypte pharaonique, ou,

Histoire des institutions des Égyptiens sous leurs rois nationaux

 Par Dominique Marie Joseph Henry

1846

1ère partie

2ème partie

3ème partie

  PARTIE THÉOSOPHIQUE.


THÉOLOGIE.


CHAPITRE III.

 

Deux périodes dans l'histoire de l'Egypte. — Accord de la cosmogonie avec la géologie. — Transposition de versets dans le premier chapitre de la Genèse. — Idées cosmogoniques des Egyptiens communes aux peuples de l'Asie.

Nous avons présenté jusqu'ici les antédiluviens comme des hommes qui avaient su franchir les limites de l'intelligence vulgaire, se lancer dans les vastes champs des spéculations du génie, et arriver, à force de méditations, au plus haut point de ces connaissances qui dévoilent à l'entendement humain les voies mystérieuses dont la nature s'est servie pour produire nous les avons montrés comme les inventeurs de ces hautes sciences qui, se transmettant d'âge en âge , mais en s'affaiblissant toujours, en étaient réduites presque à leur seul nom, quaud une étincelle du même génie créateur de ces peuples primordiaux, rallumant, à une époque très-moderne, la dernière flamme de ce feu sacré, est venue rendre à l'intelligence tout son essor, a remis sur la route des découvertes perdues, et tend chaque jour à rendre à leur primitif éclat celles de ces connaissances que les ténèbres de l'ignorance avaient presque effacées du souvenir des hommes. Nous avons à justifier par des faits ce que nous n'avons appuyé jusqu'ici que sur des raisonnements : parler des connaissances des antédiluviens, c'est faire l'histoire de l'Egypte pharaonnique de la première période.

Il faut en effet reconnaître deux périodes très-distinctes dans l'histoire de l'Egypte sous ses rois nationaux : la première, commençant avec la monarchie et descendant jusqu'à la XVIIIe dynastie, période de troubles et d'agitation dans la vie politique, mais aussi période savante dans le calme et la paix des temples, et où les connaissances héritées des peuples submergés, brillantes de tout leur éclat, se soutinrent sans perdre considérablement ; la seconde, commençant avec la XIXe dynastie, et se traînant jusqu'à la chute de l'empire, période d'indivisibilité dans l'unité de la monarchie, mais aussi d'instabilité dans le sanctuaire, et pendant laquelle de grandes innovations en matière religieuse et de grands changements dans la politique suivie jusque là, amenant d'autres idées. Tout se matérialise dans la philosophie théognostique, et l'ignorance commence à se glisser au milieu des subtilités d'une mythologie astrologique, toute d'allégories, époque calamiteuse, où, de décadence en décadence, le sanctuaire avili et superstitieux finit par devenir la risée de ceux-là même dont les croyances étaient plus absurdes encore et plus extravagantes, des Romains, s'il faut le dire, qui se moquaient des chats divinisés en Egypte, eux dont la religion plaçait des dieux jusqu'au point le plus infect des cloaques.

L'histoire de la création suivant le système de Moïse, qui est celui de l'Egypte de la première époque ou de l'époque savante, n'est, avons-nous dit, que le résultat de l'étude suivie et comparée d'un grand nombre de terrains de formations différentes, que l'application de principes déduits de laborieuses explorations géognostiques : elle indique donc un état très-avancé des sciences physiques, chimiques et naturelles, et par conséquent des mathématiques.

En effet, si l'on porte une méditation attentive et sérieuse sur le premier chapitre de la Genèse, on ne peut pas sortir de cette alternative : Ou ce livre a été inspiré par l'auteur même de la création, ou celui qui en a décrit ainsi la marche n'a fait qu'analyser les connaissances acquises à la suite de nombreuses observations faites sur divers points du globe par des savants du premier mérite : nous avons déjà répondu à cette alternative. Vient ensuite le dilemme : C'est de l'Egypte que Moïse a tiré ce précieux résumé des sciences géognostiques; le sol de l'Egypte ne peut pas fournir la matière des observations qui ont servi à instituer cette doctrine et à en faire l'application : les Egyptiens les tenaient donc d'un autre peuple. Et si, dans le court intervalle qui sépare le grand désastre de la manifestation des sciences en Egypte, aucun peuple postdiluvien n'a pu fonder ce système, c'est donc aux peuples antérieurs à ce désastre qu'il faut le rapporter. C'est la solution de cet argument que les Égyptiens exprimaient sans doute par l'allégorie du second Thoth, transcrivant en caractères vulgaires les mémoires sur les sciences, écrits avant le déluge par le premier Thoth sur les colonnes de la terre de Seriad.

Le premier chapitre de la Genèse nous fait connaître le sentiment des Egyptiens de la première période et des savants antédiluviens sur l'origine de l'univers ; mais, pour comprendre les événements dont rend compte Moïse, on interrogerait vainement les versions si pauvres des Septante et de la Vulgate. Comment les auteurs de ces versions auraient-ils pu nous initier dans les secrets de sciences qui n'existaient plus de leur temps ? Dans l'examen que nous allons faire des vraies idées de l'auteur de ce livre immortel, nous ne pouvons en explorer le sens spirituel qu'en consultant, avec toute la prudence qu'exige le commentaire d'un tel écrit, la version littérale qu'en a donnée le docte mais trop systématique Fabre d'Olivet (La langue hébraïque restituée, partie II, Cosmogonie). « En principe de toutes choses, disait Moïse, OElohim (*) créa l'ipséité des cieux et de la terre. La terre était dans un état d'extrême diffusion et de rareté, et l'obscurité était sur la face de l'abîme, et le souffle d'OElohim exerçait un mouvement générateur sur la surface des eaux. —Et OElohim dit : La lumière sera faite, et elle fut faite. — Et considérant cette essence lumineuse comme bonne, OElohim détermina un moyen de séparation entre la lumière et entre l'obscurité. »

* Ce mot OElohim, rendu par celui de Dieu, est fondé sur la racine al ou oel, qui exprime l'élévation, la force, la puissance. Dans les langues de tous les peuples de l'Orient, le nom de Dieu était dérivé de l'élévation qu'on attribuait, tant au positif qu'au figuré, à cet être principe, auteur de l'univers. OElohim, OElion, OElh, Allah, sont les noms qu'on lui a toujours donnés dans l'Orient. Fabre d'Olivet.

Avant de passer outre, nous croyons devoir prévenir le lecteur qu'étranger aux langues orientales, toutes nos explications ou interprétations seront empruntées à Fabre d'Olivet, à Walton ou Arias Montanus dans la polyglotte, et à Edmond Castel dans son lexique heptaglotte. Nous aurons toujours soin d'indiquer celui de ces auteurs qui nous aura fourni l'interprétation.

Suivant la théorie la plus probable, et qu'a admise la science, au commencement une nébulosité très-diffuse dans l'immensité de l'espace, et renfermant en soi les éléments du calorique et de la lumière, se réunit, s'amoncelle, se condense, et forme un globe, qui, en conséquence de ses principes, répand une chaleur excessive et une très-vive lumière : c'est le soleil. L'extrême effervescence de cet astre produit une vapeur particulière qui s'étend très au loin, et qui, à mesure que cette effervescence le lui permet, se partage en plusieurs parties, par des divisions concentriques assujetties à certaines lois. La vapeur ainsi partagée se rapproche, se tasse, s'arrondit sous le mouvement de rotation et de révolution qui lui est imprimé; un noyau se forme au centre de cette masse et s'accroît, et la masse devient une planète. Telle est l'origine physique du soleil et des sphères qui se meuvent autour de lui, dans l'état actuel de la science (Laplace, Système de l'Univers.) : la terre produite ainsi ne fut d'abord qu'une masse ignée et fluide. Dans l'idée des auteurs du système cosmogonique des premiers peuples, comme dans la théorie de la science moderne, d'abord création ou concentration de la matière nébuleuse très-diffuse dans l'espace, de laquelle doivent sortir les globes de l'univers; matière dans laquelle nos astronomes reconnaissent les éléments du calorique et de la lumière, et que Moïse aussi qualifie d'essence lumineuse(*); ensuite, séparation de la lumière et de l'obscurité.

(*) « C'est un fait bien digne de remarque que le sens de calorique et celui de lumière se trouvent exprimés dans la Bible par un seul et même mot, comme étant une seule et même chose. On doit donc comprendre, dans le sens de l'hébreu, non-seulement la lumière, mais encore le calorique : il faut donc traduire le mot par lumière calorique, ce qui correspond à notre chimico-électro-magnétique pour ainsi dire née d'hier. La Bible était donc encore ici en avant de la science depuis plus de 3000 ans. On doit remarquer, parce que cela peut aider à concevoir ce que c'est que le phénomène auquel nous donnons le nom de lumière, que le mot pris dans son sens radical, porte avec lui l'idée d'un fluide sortant par effluves. » Éléments de Géologie, mis à la portée de tout le monde, etc., par L. A. Chaubard .

« Et déclarant sa volonté, OEIohim dit : II y aura une raréfaction au centre (du principe) des fluidités aqueuses; et il fit cette raréfaction ; et il fit exister une séparation entre les eaux qui étaient par en bas de l'espace éthéré, et les eaux qui étaient par en haut de cet espace; et ce fut ainsi. Et OElohim assigna à l'espace élhéré le nom de cieux (c'est-à-dire, les eaux vaporisées). »

Ces trois versets ( 6, 7 et 8 ), de la plus grande importance, appellent toute notre attention. Frappés d'une obscurité impénétrable dans le sens rapetissé des Septante et de la Vulgate, ils offrent, dans  le sens élevé que leur a donné Moïse, la preuve de connaissances en physique que ses interprètes ne laissent pas même soupçonner. Que signifie leur firmament, c'est-à-dire, un corps ferme et solide, transparent et de la nature du cristal, séparant les eaux d'en bas des eaux d'en haut? Il n'entrait ni dans les idées ni dans les doctrines des savants du monde primitif, que ce que nous appelons le ciel pût être une masse dure et solide; et quoique du temps de Xantes-Pagnino et d'Arias Montanus la physique fût encore celle qu'avaient transmise les Romains, ces savants n'hésitèrent pas, dans leur traduction littérale et consciencieuse de la Bible, à rendre par expansion des cieux le mot hébreu, si étrangement dénaturé par les Septante et saint Jérôme. Ce que produit la volonté créatrice, ce n'est donc pas un corps ferme et vitré, mais une dilatation, une raréfaction au milieu d'un corps élémentaire, afin d'en former deux corps nouveaux, ayant une origine commune et conservant ensemble les plus intimes affinités*.

* Pour l'intelligence de ce passage d'un si grand intérêt, nous devons puiser dans les notes de Fabre d'Olivet l'explication du mot maim, sur lequel repose tout le mystère. Ce mot hébreu, ainsi que la plupart de ceux dont se sert Moïse, est à double acception, c'est-à-dire qu'il a, suivant les expressions du savant grammairien, un sens hiéroglyphique ou allégorique, et un sens vulgaire; la phrase, mot à mot, est celle-ci : « Qu'il s'opère une expansion au centre de maim et qu'il se fasse une séparation entre maim envers maim. » Ce mot maim se trouve formé de deux racines : l'une ma, exprimant tout ce qui tend au développement de son être ; l'autre im, qui présente l'idée de toute multitude de choses de même espèce, et devient par là le signe du pluriel : cette dernière, dans un sens propre et restreint, signifie la mer, c'est-à-dire, la manifestation aqueuse universelle ( Fabre d'Olivet, Vocabulaire radical.)

Le mot composé de ces deux racines, qui, dans un sens vulgaire, exprime l'amas des fluidités aqueuses, des eaux, semble avoir reçu du sens hiéroglyphique l'idée de la réunion de principes élémentaires aqueux, convertibles en eau et en vapeur : c'est sous cette double forme qu'il se montre les deux dernières fois, dans cette phrase célèbre. Cette phrase équivaudrait donc à celle-ci : « Qu'il se fasse une séparation au centre de maim, principe des eaux, et qu'il se fasse une séparation entre maim, les fluidités convertibles en eau, et entre maim, les fluidités volatilisables en vapeur. » Ce même mot maim, précédé du même signe qui, phonétiquement, résonne i, devient le nom de l'immensité des eaux, les mers, i-maim, que par euphonie on prononce iammim ; précédé de la racine sham, qui entraîne l'idée de tout ce qui s'élève et brille dans l'espace, et, hiéroglyphiquement, d'une étendue circonférencielle  ( Fabre d'Olivet, Vocabulaire radical.). Le même mot forme sha-maim, traduit par cieux, mais qui, littéralement, signifie eaux élevées, sublimées ou vaporisées. Voilà le mystère des eaux d'en haut et des eaux d'en bas, d'au-dessus et d'au-dessous du firmament.

« Et OElohim dit : Les eaux tendront fortement, par en bas de l'expansion, vers un lieu déterminé, unique, et l'aridité paraîtra; et ce fut ainsi : et il assigna à l'aridité, iabascha, le nom de terre, arets ; et à la tendance des eaux il assigna le nom de mers, iammim. Et OElohim considéra cela comme bon. »

L'opération qui extrait d'un même principe provenant du feu, deux corps identiques par leur nature, mais à un état différent, les mers et les cieux, étant terminée, l'aridité est mise à découvert, et ce corps nouveau recoit le nom d'iabascha, dont la signification est celle d'un corps provenant du feu et continuant à brûler dans son intérieur, ce qui prouve que les antédiluviens avaient les mêmes idées que nous sur l'état d'incandescence du centre de la terre* : ainsi cette théorie du feu central, qu'ont rendue incontestable les expériences de Cordier et de Fourrier, se trouve déjà proclamée par les savants qui écrivaient peut-être cent siècles avant nous.

* « Tabascha, l'aridité. C'est une chose non-seulement aridisée par le feu, mais une chose que le feu continue à brûler intérieurement. » Fabre d'Olivet.
Cette théorie du feu central se perdit complétement avec toutes les autres sciences naturelles ; et dans les derniers temps la physique, au lieu d'admettre ce noyau toujours incandescent du centre du globe, lui substitua une masse de glace. Voyez Plutarque, De primo frigido.

En comparant la description que Moïse fait de la création avec les circonstances cosmogoniques sur lesquelles cette description est fondée, on ne peut s'empêcher de connaître qu'à une époque bien postérieure à celle du législateur des Hébreux, il y a eu un dérangement dans l'ordre que ce grand homme avait dû assigner à cette création. Cet ordre indique, après le dixième verset de ce premier chapitre de la Genèse, les versets quatorzième, quinzième, seizième, dix-septième et dix-huitième, complétant la formation des corps célestes, et ayant rapport au partage du temps. Ceux qui avaient su déduire de la science l'histoire de la composition mécanique de l'univers, n'avaient pas placé sans doute une alternance de jours et de nuits avant l'organisation des astres dont l'existence devait seule la produire. En faisant ce léger changement, rien n'interrompt plus l'harmonie parfaite qui règne entre le récit de Moïse et ce que nous apprend l'étude tant de la croûte du globe que de la mécanique de l'univers.

« Et OElohim dit : Il existera dans l'expansion éthérée des cieux des clartés extérieures pour faire le partage entre le jour et la nuit ; et elles seront en signes pour les divisions des temps. Et elles seront comme des lumières sensibles dans l'expansion des cieux, pour briller sur la terre : et ce fut ainsi. — Et Dieu fit ce couple de grandes clartés extérieures , la plus grande pour représenter le jour, et la plus petite pour représenter la nuit, ainsi que les étoiles. Et il les placa dans l'expansion des cieux, pour exciter la lumière à briller d'une manière sensible sur la terre. »

L'univers est organisé, les astres roulent dans leurs orbes, les temps s'écoulent, la matière du globe se refroidit, et sa croûte oxydée se forme. Les premiers phénomènes géologiques font sortir des montagnes du sein de l'Océan primitif universel : alors commence la création des corps pourvus d'organes. « Et OElohim dit : La terre fera végéter une herbe végétante germant son germe, substance fructueuse portant sou fruit selon son espèce, et ayant en soi sa propre semence : et ce fut ainsi. — Et OElohim dit : Les eaux émettront à foison des principes vermiformes, et le volatile volant rapidement au-dessus de la terre sur la surface de l'expansion descieux. Et Dieu créa l'existence des immensités corporelles (monstres marins), et celle de tout être animé se mouvant d'un mouvement reptiforme, dont les eaux émettaient à foison le principe, selon leurs espèces, et celle de tout volatile à l'aile forte et rapide, selon son espèce ; et il vit que cela était bon. « Et OElohim dit : La terre fera provenir une âme de vie (une animalité), suivant son espèce, ayant quatre jambes, se mouvant et vivant d'une vie terrestre, selon son espèce; et ce fut ainsi. — Et OElohim fit cette animalité terrestre, selon son espèce , et ce genre quadrupède, selon son espèce, et l'universalité de tout mouvement vital de l'adamah, selon son espèce ; et il vit que cela était bon. »

Après que la multitude des corps célestes a été organisée, et lancée dans l'espace par la main du Créateur, cette main divine s'occupe de l'organisation de la terre. D'abord doit pousser la verdure, sans laquelle rien de ce qui a vie ne peut exister : l'herbe couvre la terre , qui devient alors propre à recevoir les êtres qui viendront l'animer; ensuite commence l'existence animale, quand les moyens d'alimentation lui sont partout assurés*: les premiers individus du règne animal sont des poissons et des reptiles aquatiques; et cette observation de Moïse, ou plutôt de ceux dont il exposait la doctrine, est confirmée par les faits**. Les animaux vivant dans les eaux vaporisées, c'est-à-dire, dans les airs, accompagnent ces reptiles et ces poissons ; ainsi les mers et les cieux reçoivent les premiers habitants du globe. Pour assigner un pareil ordre à la création, les savants antédiluviens avaient-ils remarqué des débris fossiles de ces deux espèces zoologiques dans les couches les plus basses de certains terrains secondaires, ou n'attribuaient-ils ainsi aux oiseaux et aux poissons cette communauté d'origine dans le principe commun des fluidités aqueuses que par induction, sur la remarque des habitudes de déplacements périodiques auxquels sont assujettis quelques individus de ces deux espèces de l'animalité?

* « II est démontré que la vie, sur notre globe, a dû commencer par la végétation. Avant l'existence de toute animalité, la végétation, très simple, se composait principalement de fougères arborescentes, et de lépidodendrons qui avaient jusqu'à 20 et 25 mètres d'élévation, avec un diamètre de près d'un mètre à leur base, composant des forêts comparables à celles de nos sapins, mais dont les feuilles avaient quelquefois un demi-mètre de long, avec ces fougères et ces prêles étaient des cryptogrammes vasculaires très nombreuses. Ces plantes si simples et si peu variées, qui n'occupent qu'un rang très inférieur dans la végétation actuelle, constituaient, dans les premiers temps de la création des êtres organisés, la presque totalité du règne végétal. La rigidité des feuilles, l'absence des fruits charnus et des graines farineuses, les auraient rendus bien peu propres à servir d'aliment aux animaux; mais les animaux n'existaient point encore; les mers seules offraient de nombreux habitants. » L'auteur, après avoir fait remarquer que l'immense quantité de carbone accumulé dans le sein de la terre à l'état de houille, a dû être puisée par ces premiers arbres de la création dans l'acide carbonique, qui, existant en excès dans l'athmosphère, aurait rendu toute vie animale impossible, ajoute :

« Cet ensemble de végétaux si simples, si uniformes, aurait, en purifiant l'air de l'acide carbonique en excès qu'il contenait alors, préparé les conditions nécessaires à une création plus variée. « Elle semble (cette création) avoir eu pour but de préparer les conditions nécessaires à l'existence de l'homme, et d'accumuler ces immenses richesses de combustibles que son industrie devait plus tard mettre à profit. » Lecture faite par M. Ad. Brongniart à l'Académie des sciences, séance du 11 septembre 1837.

** Les poissons sauroïdes, ces reptiles gigantesques, premiers animaux vertébrés, et qui ont des rapports d'analogie si directs avec les crocodiles, se trouvent en effet avec les baleines dans les couches les plus anciennes ; et c'est une chose très digne de remarque, que la Genèse en place la création avec celle des immensités corporelles des eaux, suivant l'expression de Moïse, c'est-à-dire, avec celle des cétacés.

On sait en effet que, pendant que l'air renferme des oiseaux voyageurs, la mer contient des poissons qui, à des époques réglées invariablement par la nature, changent eux-mêmes de mers et de climat : dans l'un ou l'autre cas, il n'en est pas moins certain que cette doctrine est le fruit de l'étude et de l'observation.

Les eaux et les airs sont remplis d'êtres animés; Dieu s'occupe d'en peupler à son tour la terre. Mais ici il y a une remarque bien importante à faire sur la différence très -significative des termes qu'employait le sanctuaire égyptien pour exprimer le même objet, suivant la différence des circonstances. La terre, d'abord iabasha, matière aridifiée par le feu et continuant à brûler à l'intérieur, est devenue aretz quand la végétation est venue la couvrir pour la rendre habitable. Parvenue à cet état, elle perd ce nom d'aretz pour prendre celui d'adamah, le domaine adamique. Alors paraissent les reptiles terrestres, les quadrupèdes, tous les animaux qui complètent le règne animal. Enfin, quand tous les êtres irraisonnables ont pris consistance sur cet élément de l'homme, ce dernier être, dont les restes ne se trouvent en effet nulle part à l'état de fossile, vient couronner le grand acte de la toute-puissance du Créateur; cest l'Adam. S'il est vrai, comme nous pensons l'avoir logiquement démontré, que le système cosmogonique professé par Moïse nous vienne des peuples antédiluviens, les éléments doivent s'en retrouver plus ou moins conservés, plus ou moins matérialisés, plus ou moins obscurcis, chez les peuples les plus anciens du monde postdiluvien : c'est ce qui a lieu en effet. L'origine du monde, dans les idées des Phéniciens, suivant Sanchoniaton, des Chaldéens, suivant Bérose, des Perses, selon Zoroastre, n'est qu'une doctrine identique avec celle des Égyptiens, doctrine qu'on retrouve également dans les idées des Canadiens sur la création, au milieu des extravagances et des absurdites dont l'ignorance les a entourées.

On découvre pareillement un fond de doctrine identique avec la création de l'homme, selon la Genèse, dans un premier homme tiré de la boue, et dans l'ange armé de l'épée flamboyante pour chasser la race impie, suivant la cosmogonie des anciens Péruviens*; le dogme d'une âme immortelle, répandu dans tout le continent d'Amérique aussi bien que dans les îles de la mer du Sud ; l'idée d'une vie à venir avec des peines et des récompenses, établie chez les naturels des îles Sandwich et des îles des Amis, rattachent également toutes ces croyances à un principe commun ; et ce principe remonte nécessairement à des temps antérieurs à ceux où un grand désastre isola violemment ces peuples les uns des autres. C'est pour expliquer la conformité de principes tant sur la cosmogonie que sur la philosophie avant et après le déluge, qu'ils remarquaient entre la Bible et les écrits de certains moralistes de l'antiquité, conformité dont ils ne savaient comment se rendre compte, que des commentateurs de toutes les époques ont imaginé de faire puiser dans les livres des Hébreux, aussi inconnus hors du sanctuaire juif avant l'époque des Lagides que l'étaient à la même époque les livres du sanctuaire égyptien, leurs modèles, les Zoroastre, les Confucius,les Sanchoniaton, les Pythagore, les Platon, et même Orphée, quand on n'a pas contesté l'authenticité de ses fragments. Ce système cosmogonique, que Moïse avait recu de la caste savante de l'Egypte à une époque où le sacerdoce égyptien était encore imbu de la science des peuples primitifs, est bien différent de celui que donne Diodore ; mais, du temps de cet historien, il n'y avait plus, même en Egypte, unité dans la manière d'envisager l'origine des choses ; et ce dissentiment est pleinement confirmé par Porphyre, dans sa lettre au prêtre égyptien Anebon (In Jamblico).

* Garcilasso de la Vega dit que les Peruviens donnaient au premier homme le nom d'Apalcamasca, qu'il interprète par terre animée.

Les uns regardaient alors le monde comme éternel et incorruptible ; les autres croyaient à une création, mais la rendaient tellement obscure et matérielle qu'on a de la peine à en pénétrer le vrai sens. Toutes les notions scientifiques en sont effacées, et à leur place on ne voit plus qu'une émission d'insectes attribuée à la putréfaction, la sortie de terre d'animaux qui, après une sorte d'incubation solaire, rompent les membranes qui les retiennent, comme les foetus des crocodiles rompent, sous le soleil qui les a échauffés, la coque de leurs œufs, et se répandent sur le globe : ceux de ces animaux qui ont le plus participé à la chaleur de l'astre incubateur s'élèvent dans les airs; ceux en qui domine le principe terreux restent sur la terre ; ceux en qui prévaut la nature aqueuse se précipitent dans les eaux : la boue du Nil finit par donner aussi naissance aux hommes. Nous n'avons rien à dire sur un système aussi mesquin, tracé par Diodore comme appartenant à l'Egypte: à l'Egypte, oui, mais l'Egypte complétement dégénérée.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 01:42
Alors un extrait du premier chapitre du livre de Pierre Jovanovic mais pour connaître la suite, il faut acheter le livre... surle Jardin des livres...





Le Mensonge universel

 

 par Pierre Jovanovic

Son site 



"Le texte sumérien qui a servi à composer le jardin d'Eden
et comment il a été modifié par l'auteur de la Bible pour nous culpabiliser."

 

Chapitre 1 : Le secret bien gardé


Selon le
Livre de la Genèse, Adam et Ève ont été expulsés du paradis parce qu'ils avaient mangé une pomme. Et depuis ce terrible jour, vous et moi sommes voués au malheur : tels des Sysiphes, nous devons pousser ce « péché » tout au long de notre vie sans jamais pouvoir racheter la faute originelle de nos lointains parents, et encore moins ouvrir la porte du paradis.

C'est une condamnation éternelle, une malédiction divine, proférée par Dieu en personne à l'encontre de l'humanité, simplement parce que Ève a été trop curieuse... Nous sommes donc tous coupables, et la femme plutôt dix fois qu'une.

Pourquoi ?

Selon saint Paul, Tertullien et saint Augustin, parce que cette faute est retransmise de génération en génération par l'union sexuelle , elle-même n'étant qu'une pure répétition systématique du péché originel.

Ainsi, avant même de naître, tout être humain est d'office condamné puisqu'il n'est que le fruit d'une répétition constante de la faute !

Et tout cela à cause d'un serpent qui s'était distingué en vendant des Encyclopédies Universalis non pas en porte à porte mais d'arbre en arbre. Des milliers de commentateurs juifs, catholiques, protestants et musulmans ont écrit des kilomètres d'explications aussi savantes que bizarres sur cette « faute originelle », cette « chute de l'homme », cette « perte de la grâce », cette « perversion de la femme », etc., sans jamais convaincre véritablement.

Et pour cause... Ce « péché originel » a permis par exemple à saint Paul, le théologien favori du Vatican ( surtout aujourd'hui ), d'écrire que « la femme est un corps sans tête », et à saint Jérôme de dire que « la volupté avec une femme est un crime à classer juste après l'homicide ». Même au cours du XIXe siècle, pourtant plus éclairé, le prêtre catholique Lamennais a affirmé que « la femme est une statue vivante de la stupidité parce qu'en la faisant d'un reste de limon, Dieu en a oublié l'intelligence ». Seul problème, cette apologie du «  péché originel  » imposée par la Bible et tous ses prêtres ne repose sur rien !

Depuis presque trois mille ans, des millions d'hommes et de femmes ont été nourris d'un texte qui a été entièrement maquillé, truqué et transformé par un ou plusieurs scribes hébreux entre 1250 et 800 av. JC.

Il n'y a jamais eu de serpent.


Il n'y a jamais eu de péché de la femme.

En revanche, il y a bien eu un mensonge phénoménal grâce à un savant « mélange » de passages ôtés et d'autres réécrits. Le scribe qui a rédigé le
Livre de la Genèse a simplement pris un texte sumérien intitulé Enki et Ninhursag, antérieur d'au moins 1500 ans à la naissance de l'écriture hébraïque, et en a modifié toute la structure pour l'adapter à « ses » besoins comme vous allez le découvrir dans ce livre.


Au cours de l'histoire, ce mensonge a été plus meurtrier que le principe de l'esclavage, plus efficace que le principe du droit divin et plus neutralisant que toutes les bombes atomiques réunies.

Lorsque j'avais six ans et que je suivais les cours de catéchisme prodigués par les gentilles sœurs dominicaines, je fus marqué par leur obsession à nous parler du serpent, le « Prince du Mensonge ». Elles nous donnaient des crayons de couleur afin que nous dessinions la scène d'Adam, d'Ève et du serpent dans le jardin d'Éden. Celui ou celle qui dessinait le serpent le plus menaçant gagnait une image pieuse. Aujourd'hui, je sais d'avance qu'avec ce livre, je ne gagnerai pas d'image pieuse, sauf peut-être de mes lecteurs.

Le « Prince du Mensonge » n'est pas celui auquel on pense et qu'on nous montre avec tant de frénésie depuis des siècles ( afin de nous empêcher de regarder ailleurs ).

Le « Prince du Mensonge » est bien ce scribe hébreu qui a jeté les bases du plus grand holocauste intellectuel de l'Occident en désignant, entre autres, la femme comme responsable de tous les maux de l'existence humaine.

Ève n'a jamais mangé de pomme, ni donné d'interview à un serpent tentateur.

Elle ne nous a jamais condamnés.

En revanche, celui qui nous a menti, et gravement culpabilisés, est bien le rédacteur du jardin d'Éden , ce scribe-traducteur que les spécialistes nomment « J » et qui a saccagé le texte original sumérien pour l'arranger à sa façon, en enlevant les passages qui le gênaient.

Mais comment ce J. en est-il arrivé là ? En collant le texte sumérien original au texte hébreu, en analysant les passages enlevés, et en comparant les modifications, nous allons découvrir les véritables raisons qui l'ont amené à réécrire le texte et à changer son histoire ( et du même coup l'Histoire ).

La question qu'on pourrait alors se poser est la suivante : « Comment se fait-il que personne n'ait jamais parlé de ça ? ». Réponse :

1 ) parce que la première traduction de la tablette originale sumérienne a été faite en... 1915, c'est-à-dire en pleine Première Guerre mondiale, autant dire que c'est tombé à plat, et  :

2 ) parce que cela oblige à remettre en question tout ce qui nous a été enseigné sur le sujet depuis le début. Vous imaginez un prêtre annoncer à la fin de sa messe : « Mes chers fidèles, il n'y a jamais eu de péché originel. C'est ennuyeux, parce que j'ai fait sept années d'études la-dessus au séminaire » ou un imam dire aux musulmanes « Ève n'a pas péché. Vous n'avez pas à vous voiler, ni à être mariées de force »... ?

Les spécialistes du sumérien, eux, connaissent très bien ce texte puisqu'ils l'ont traduit dès le début du XXe siècle. Et c'est d'ailleurs leur vilain secret ! Mieux placés que tous les autres universitaires, ils savent depuis longtemps que la personnalité et les actions de la déesse Ninhursag ressemblent étrangement, et point par point, à celles de Yahvé. C'est également l'observation de Gwendolyn Leick, une grande spécialiste anglaise de la littérature sumérienne :

«  Il y a un remarquable manque de communication entre les spécialistes qui planchent sur leurs tablettes et le grand public. La pression de la vie académique contemporaine rend ce rôle de médiation et de communication encore plus difficile. En conséquence, la plupart des informations phénoménales de l'une des plus grandes civilisations reste confinée au monde fermé des sumérologues et des exégètes bibliques ».

En 1945, le grand sumérologue Samuel Noah Kramer l'a pourtant souligné avec infiniment de délicatesse, de peur que les fondamentalistes bibliques américains se servent de son origine juive pour l'attaquer, et aussi que les rabbins ultra-orthodoxes viennent à lui reprocher de remettre en cause leurs saints textes ( dictés soi-disant par Dieu en personne à Moïse ). Pas évident de se retrouver coincé entre deux forces antagonistes aussi puissantes.

Alors, comme une vérité impossible à développer, ils l'ont gardée et en discutent de temps à autre entre gens de bonne compagnie tout en attirant l'attention sur une autre tablette cunéiforme, celle qui raconte le Déluge. Pourquoi ? Parce que celle-ci montre que les faits rapportés par la Bible sont bien exacts.

Au début du XXe siècle, pour les universités anglo-saxonnes c'était l'argument choc pour obtenir les financements des riches veuves très pieuses. N'importe quel département d'assyrologie digne de ce nom aurait vu ses dons privés disparaître s'il s'était amusé à trop montrer que le texte hébreu du jardin d'Éden a moins de valeur que le plan original du jardin des Tuileries.

Et puis remettre en cause le texte mythique de la Bible, celui du Jardin d'Éden, c'est avant tout aller au casse-pipe académique, social, religieux, bref un enterrement ( universitaire ) de première classe... Pas de vagues.

C'est pour cela qu'on voit toujours aujourd'hui dans tous les dictionnaires cette phrase suffisamment floue : « Les textes bibliques ont des parallèles plus anciens ». La notice de l 'encyclopédie Encarta, consultée chaque jour par des centaines de millions d'écoliers et d'étudiants , en est le parfait exemple :

«  Le récit biblique de la création d'Adam et Ève diffère seulement par quelques détails de nombreux autres mythes semblables du Moyen-Orient ancien et d'ailleurs. Des thèmes semblables apparaissent également dans des sources mésopotamiennes anciennes comme l'Épopée de Gilgamesh, datant d'environ 1800-1700 av. JC. (...)

La plupart des spécialistes actuels de la Bible prennent cependant l'histoire d'Adam et Ève pour ce qu'elle semble être : une histoire hébraïque des origines humaines ayant beaucoup de points communs avec les mythes d'autres peuples anciens, mais un certain nombre de traits distinctifs.

La valeur religieuse du récit ne s'en trouve nullement diminuée mais simplement redéfinie » .

« Par quelques détails » et « nullement diminuée ».. Quant on pense qu'au concile de Constantinople, les évêques se sont physiquement battus pour l'emplacement d'une virgule dans une simple définition de l'Esprit saint !

Songez de plus qu'il n'existe même pas un livre grand public dédié exclusivement au texte sumérien du jardin d'Éden !

Certes, on trouve une trentaine d'analyses ( en 90 ans, c'est finalement très peu ) publiées dans des revues ultra-spécialisées du type Journal of Near Eastern Studies , des communiqués savants comme le très vieux Cuneiform Parallels to the Old Testament du professeur Rogers, ou des doctorats contemporains du genre « Le rôle mythologique d'Enki et de Ninhursag dans la perception du monde anté-diluvien » ou « Enki-Ea, analyse diachronicale des textes et images issues des toutes premières sources sumériennes », où le sujet qui nous préoccupe, lui, reste toujours mineur.

Dans cette dernière thèse de doctorat par exemple, soutenue par Peter Espak, le jardin d'Éden est expédié sans jamais insister sur l'extraordinaire détournement littéraire biblique dont l'auteur est pourtant le témoin. Il est vrai, sa thèse a été soutenue à la faculté de théologie de l'université finnoise de Tartuu. Et qui dit théologie, dit terrain glissant pour un étudiant qui veut obtenir sa thèse.

Les universitaires sont certes connus pour travailler les détails, et en assyriologie plus qu'ailleurs, mais cela explique-t-il qu'ils finissent parfois par ne plus voir l'ensemble ? Et dans le cadre du texte Enki & Ninhursag, on peut même se demander quelle est la part de l'auto-censure... Alors peut-on franchement dire que les grandes « Religions du Livre » ne reposent sur rien à partir du moment où le texte précis du Livre de la Genèse est un faux ?

Oui, absolument ( encore faut-il le courage d'oser l'écrire ) puisqu'elles se sont construites sur la notion transgressive du
péché d'Ève sur lequel les saint Paul, saint Augustin, saint Thomas d'Aquin et autres ont bâti toute leur démarche et construction intellectuelle ( notons que dans les évangiles, le Christ n'a strictement rien dit sur Adam et Ève  dans un autre chapitre ). Même aujourd'hui, les prédicateurs des églises évangéliques, comme tous les curés catholiques, vous disent d'une seule voix que pour vous racheter de la faute d'Adam et Ève, vous devez remettre votre vie entre les mains de Jésus, afin d'être « lavé » de leur péché...

Soulignons quand même que ce plagiat du Jardin d'Éden ne remet pas en cause les autres livres de l'Ancien Testament, et encore moins les textes évangéliques du Nouveau. Mais au XXIe siècle rien n'a changé depuis saint Paul et je ne parle même pas des chrétiens fondamentalistes qui en sont encore au monde formé en une semaine et à Ève sortant de la côte d'Adam - ils viennent même d'ouvrir un parc d'attractions biblique sur ce thème !

Ceux-là risquent de manger les pages de ce livre.

Les rabbins, eux, sont tout aussi catégoriques sur cette notion de disgrâce : l'homme s'étant dénaturé lors de sa chute d'Éden, seule l'observation de toutes les règles du judaïsme permet de retrouver un semblant de pureté... Traduisez : la femme juive n'a toujours pas le droit de poser son pied sur le sol de la synagogue où officie ce même rabbin  regarder ce qui se passe en bas en silence. C'est son prix à payer par héritage de dette spirituelle.
Le poids du péché originel « pèse » aujourd'hui 3000 ans pour les juifs et 2000 pour les chrétiens. Autant dire une éternité.

Alors pourquoi ce jardin sumérien est-il toujours aussi peu connu ?

Eh bien, supprimez le principe du péché et de la culpabilité, et vous n'avez plus aucune prise véritable, coercitive pourrait-on dire, sur vos fidèles en général et sur les femmes en particulier !

Pourtant, voici 5000 ans, cela n'empêchait pas les Sumériens de construire des temples dans lesquels ils rendaient hommage à leurs dieux. Et ils n'étaient pas culpabilisés par leurs prêtres, vu que leur texte du jardin d'Éden, le vrai, Enki & Ninhursag, ne montre avant tout qu'une seule chose, que l'amour empêche la mort. Les Sumériens rendaient hommage à leurs dieux parce que, selon eux, ces derniers ont créé l'homme pour être leur esclave. Point. Ils étaient conscients des forces supérieures et surtout du fait qu'ils n'étaient finalement que des fétus de paille entre les mains de ces dieux, les Anunaki.

Ce registre là donc, ils le connaissaient bien. Le très distingué W. G. Lambert, grand assyriologue devant l'Éternel, a ainsi traduit un texte intitulé « 
Ludlul Bel Némequi» et Samuel Noah Kramer a transposé « Un homme et son Dieu » : ô surprise, on retrouvera les deux textes plusieurs siècles plus tard chez les hébreux dans le Livre de Job, bien connu de tous les prêtres actuels car très pratique pour expliquer aux ouailles au chômage pourquoi Dieu les a abandonnés.

Autre question que l'on peut se poser : « Oui, et alors ? Qu'est-ce que ça va changer ? ». Réponse : rien et en même temps tout ! En lisant le vrai texte du jardin d'Éden, on se rend compte à quel point « on nous a menti », à quel point on a culpabilisé et menti à nos parents, grand-parents, aïeux, etc., et cela sur au moins 300 générations. Cela fait beaucoup d'êtres humains dont la vie a été brisée à cause de cette monstrueuse notion du péché originel. Pendant des générations, les filles-mères, les femmes divorcées et même les jeunes mariés ont payé un lourd tribut psychologique à cette notion par une vie malheureuse ou par des suicides.

Le roman Water for chocolate pourrait résumer à lui seul tous ces drames individuels, tous ces crimes et toutes ces souffrances induits par le péché d'Ève vécus de génération en génération. Cette saga familiale se déroule dans les années 1830 au Nouveau Mexique, époque pas si lointaine où les femmes vivaient leur sexualité dans la honte permanente, et où les jeunes pensaient que les bébés naissaient d'un simple baiser sur la bouche. L'une des filles se marie et arrive le moment de sa nuit de noces, préparée par le curé : la jeune mariée passe alors une épaisse robe de lin avec juste un trou brodé au niveau de son sexe, afin que son mari puisse « commettre le péché de chair » en toute légalité chrétienne mais sans jamais voir le corps nu de sa femme, parce que, ne l'oubliez pas, dans le Livre de la Genèse il est écrit qu'une fois le péché commis, « Adam et Ève se rendirent compte qu'ils étaient nus ».

Cette nudité et cette sexualité jugées sales et honteuses par l'Église , ont fait le bonheur des confessionnaux pendant des siècles et des siècles, et le malheur de tous ceux qui étaient obligés de s'y rendre.

Alors qu'est-ce que cela change de savoir que le texte fondateur du jardin d'Éden ne vaut plus un shekel parce qu'il est l 'œuvre d'un faussaire ?

Eh bien, en plus de la stricte vérité littéraire, religieuse et théologique, cela montre à quel point un péché originel qui n'a jamais existé a servi de levier pour manipuler des populations entières en maintenant simplement sur elles le joug de la punition divine...

Le scribe hébreu a mieux réussi que Karl Marx.

Le, ou plutôt, les responsables de cet holocauste intellectuel sont :

1 ) le scribe J., ou les scribes qui ont dépouillé le texte sumérien pour composer le leur, et qui va devenir a) le socle sur lequel s'établiront tous les autres, et b) le seul à expliquer les origines de l'humanité pendant 1900 ans à 60% de la population mondiale.

2 ) saint Paul qui va se servir de J. dans ses lettres et épîtres pour répandre au nom du Christ le mépris du corps et l'inutilité des femmes ( le Christ n'avait jamais rien dit de tel ).

3 ) Tertullien, « père de l'Église  » qui va utiliser les écrits de saint Paul pour condamner le remariage ( obligation de célibat ) et tenter d'obliger les femmes à porter un voile.

4 ) saint Augustin, qui va expliquer que le péché originel est la répétition systématique de la faute initiale, ce qui va culpabiliser la nudité et condamner l'acte charnel. Sa célèbre phrase à l'intention des seuls hommes : « 
Qui a une femme se détourne de Dieu » en dit long, et signifie que la femme, elle, ne représente rien pour Dieu puisque avec ou sans mari, elle est de toute manière irrécupérable. Pour tous ces braves gens, la femme est le diable en personne.

5 ) les prêtres ( toutes religions confondues ) qui vont amplifier le rejet de la nudité, de la sexualité et de la femme, en faisant lire chaque semaine que Dieu fait, un extrait des écrits misogynes de saint Paul, et ce depuis plus de 1400 ans.

« Il est encore préférable de se marier que de se brûler » a ainsi précisé Paul dans son Épître aux Corinthiens , faisant comprendre une nouvelle fois qu'il est quand même moins grave de se marier que de brûler en enfer.

Et selon saint Jérôme, Dieu condamne ce mariage encore plus lorsque le mari est amoureux de son épouse ( si, si ) :

« Rien n'est plus infâme que le mari qui aime sa femme comme une maîtresse : il commet le péché d'adultère ».

Autant dire que le seul mariage qui ait jamais trouvé grâce aux yeux de ce clergé catholique malade de sa chasteté est le « mariage blanc », celui qui n'est contracté que pour les seuls besoins de procréation , toujours à cause du péché d'Ève.

Et il suffit d'écouter les discours du dernier pape pour se rendre compte que rien n'a changé. Dieu merci, Benoît XVI ne dispose plus du pouvoir de ses prédécesseurs, mais s'il pouvait... Au Moyen-Âge, l'intimité de nos ancêtres a été entièrement régie par des décrets ecclésiastiques et ceux qui ne les respectaient pas étaient menacés d'excommunication, voire du bûcher. Ainsi, à cause du jardin d'Éden, nul n'avait le droit de faire l'amour le mercredi, le vendredi et le dimanche des temps ordinaires, et encore moins pendant les 40 jours avant la Pentecôte, Pâques puis Noël et les 10 jours qui les suivaient  avant et après les fêtes de la Vierge, le modèle absolu donné aux femmes par le clergé  certaines fêtes de grands saints  et surtout 180 jours avant l'accouchement et 40 jours après. Inutile d'ajouter que l'Église réglementait aussi la position du couple et ce qu'il pouvait « techniquement faire dans un lit... Quant au divorce, n'en parlons même pas.

La chape de plomb judéo-chrétienne était tombée pour 2000 ans.

On comprend alors encore mieux l'importance de savoir que le péché du jardin d'Eden n'a jamais existé. Il a simplement servi à des prêtres pour empêcher leurs semblables de vivre pleinement leur vie. Malheur au bébé qui mourait non baptisé. « Son âme partait directement en enfer » disaient-ils, persuadant les parents qu'ils étaient bons, eux aussi, pour l'enfer éternel. Sous Henri IV, ils risquaient même le bûcher. Au XIXe siècle, les prêtres et les médecins ont refusé de diffuser les nouvelles méthodes d'accouchement parce que le Livre de la Genèse disait que la femme « doit accoucher dans la douleur ». Au milieu du XXe, le Vatican s'était opposé à la diffusion de la pilule, parce qu'elle permettait de « pécher ». Et combien de bébés ont-ils été tués ou abandonnés parce que la maman ne voulait pas devenir une mère célibataire, signifiant « je suis une prostituée, j'ai couché sans être mariée », et ce jusqu'aux années soixante-dix ? Combien de mariages malheureux à cause de ce dogme criminel ? Le père d'un écrivain français du XIXe avait toujours imaginé « vivre dans le péché », parce que, marié, il était tombé amoureux d'une femme d'une condition inférieure ( sa servante ). Sa vie n'a été qu'une longue et douloureuse suite de culpabilisations sociales, l'empêchant de vivre pleinement son bonheur.

Au final, c'est une réplique de la série télévisée new-yorkaise Sex in the City qui résume le mieux la situation. En compagnie de son amie Miranda, la journaliste se rend dans une église épiscopalienne de New York. En constatant le côté coincé des fidèles, Miranda lui chuchote à l'oreille : « Catholiques, épiscopaliens, shakers, quakers, c'est du pareil au même, toutes ces religions sont faites pour bousiller la vie sexuelle ». Elle venait tout juste de se séparer d'un catholi­que parce qu'après l'amour, il se précipitait systématiquement sous la douche pour se laver du péché qu'il venait de commettre. Elle ne pensait pas si bien dire.

Pour lire la suite... Achetez le livre sur le site  Le Jardin des Livres

Posté par Adriana Evangelizt

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 00:49





La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"


33ème partie

32ème partie

31ème partie

30 ème partie

26e partie

  1ère partie




CHAPITRE XX. 1


Mahomet; causes qui établirent sa Religion. — Des Sabéens. — Des Iconoclastes. — Religion de Mahomet. Académie d'Achenau Caire. — L'Initiation conservée dans quelque coin de l'Ismaélisme. — Roman d'Habid et Dorathilgouse: (race en lui de l'Initiation égyptienne-juive - chrétienne. Intolérance des Prêtres grecs ; leurs vaines disputes causent la perte de l'Empire Grec. — Les Prêtres coptes conservateurs des Doctrines des premiers Chrétiens. — Désordres et anarchie dans l'Église d'Occident jusqu'au 8e siècle. — Ordres de chevalerie établis en Europe.

 

LORSQUE Mahomet parut sur l'horizon d'Arabie , il était environné d'Idolâtres, de Juifs, de Chrétiens et de Sabéens.

Les Idolâtres ne tenaient à aucun système théologique  , ils n'en avaient aucun. Les Juifs, sans commerce, dans un pays misérable, étaient divisés entre eux et méprisés par tous les autres. Les Chrétiens étaient partagés en Jacobites et Orthodoxes, ils se déchiraient. Les Sabéens, sans être divisés , étaient indifférents pour tous les cultes. Mahomet mit à profit ces circonstances pour amener tous les Arabes à sa religion, et lorsqu'il s'empara de la force physique du pays, il ne laissa à ses habitants d'autre alternative que de choisir de belles femmes ou d'être exterminés.

Plusieurs écrivains prétendent que Mahomet ne savait ni lire ni écrire, ce qu'on a soutenu aussi de notre divin Maître : ces auteurs ont ignoré que ce fut à la poésie du Saint Prophète, que l'Alcoran dut sa célébrité : il est constant que l'ignorance était commune à tous les Arabes, et le peu de lumières qu'il y avait dans ce pays s'affaiblit au milieu des armes, et ensuite s'éteignit au sein de la volupté.

L'Alcoran fut le seul livre que l'on conserva dans cette contrée, on brûla tous les autres, et, à Alexandrie, qu'envahirent les sectateurs de Mahomet*, on chauffa pendant six mois les bains publics avec les précieux manuscrits de ses bibliothèques.

* Amerou, lieutenant du calife Omar, crut, par cet acte d'intolérance et de fanatisme , rendre hommage à la sublimité de l'Alcoran.

Si Mahomet chercha à détruire tout germe de science, néanmoins, en politique, il ne heurta pas les usages de ses nouveaux croyans ; il se conforma même à quelques- uns en laissant aux habitans de l'Hiemen la grande vénération qu'ils avaient pour le Caaba de la Mecque, qu'ils croyaient bâti de temps immémorial, par Abraham, et il y ordonna des pèlerinages.

Les Sabéens avaient une Trinité, Allât, Allaza, Mana, le premier un simulacre de pierre, le second un morceau de bois, le troisième une pierre informe. C'est d'après les Egyptiens qu'ils ont représenté la Divinité sous le symbole d'une pierre noire, pour exprimer que sa source est obscure, ténébreuse et mystérieuse. Mahomet leur laissa leur dévotion pour la pierre noire.

Pendant que Mahomet et ses croyans arrêtaient tout progrès de civilisation et de science dans l'Afrique et dans l'Asie, d'un autre côté le Christianisme faisait des progrés très-rapides ; mais malheureusement plus il s'étendit, et plus les Chrétiens et le Clergé s'abrutirent et devinrent ignorans et fanatiques. Les résultats de ces deux religions étaient les mêmes ; les sectes philosophiques chrétiennes ou disparurent ou pratiquèrent leurs dogmes clandestinement et dans la crainte d'être persécutés.

Le Christianisme trinitaire triompha. Depuis lors disparurent les disputes, les écrivains, les savans, les artistes, les études anciennes, les lettres et les beaux-arts.

Après la naissance du Christianisme, et quelque siècles après, le goût des allégories avait commencé à devenir moins général en Asie ; d'autre part, la civilisation européenne marchait vers une grande crise. Les grands signes représentatifs des mystères égyptiens, grecs et chrétiens allaient être abolis.

Les Iconoclastes, par leurs fureurs, les firent disparaître dans la Grèce, la Syrie et l'Egypte, qui étaient dominées par ces sectaires*.

* L'an 314, sous Sylvestre 1er, un Concile improuva l'adoration des images et les défendit dans les Eglises, afin d'empêcher que, sur les murs, on peignit ce qu'on adorait. L'an 700, le septième Synode de Constantinople, non seulement défendit l'adoration des images, mais elles devaient être supprimées dans toutes les Eglises. L'an 754 , le Synode de Byzance, composé de 338 Pères de l'Eglise, en s'appuyant sur les décrets des premier et second Conciles de Constantinople, et sur les Conciles d'Ephèse, de Nicée et de Calcédoine, décida, à l'unanimité, que les images dans les Eglises étaient des abominations, et qu'elles devaient être éliminées.

Mahomet avait saisi l'instant de cette anarchie révolutionnaire pour établir, lui le premier, une religion sans mystères et sans emblèmes ; les arts, par là, périrent dans les lieux mêmes qui furent leur berceau et partout où le mahométisme s'établit.

Qui croirait que la superstition , mûrie par l'intérêt des Papes, qui se berçaient dans l'idée de se soustraire à la domination des Empereurs d'Orient, conserveraient le culte des images, en opposition aux ordres de Byzance et protégeraient les beaux-arts !... Il faut l'avouer, c'est à cette insubordination qu'on dut par la suite leur progrès et leur perfectionnement.

On remarque à ces époques un autre contraste frappant, c'est que les sciences bannies de l'Europe passèrent peu à peu chez les Musulmans, qui ne les avaient pas épargnées quelque temps auparavant. Les Sarrasins, dans la suite de ces temps barbares, purent établir de riches bibliothèques et des académies savantes en Asie, en Afrique, et en Espagne ; et quoique l'ismaélisme fût prêché et soutenu les armes à la main , néanmoins on a des preuves que les initiations se conservèrent même entre les Sarrasins.

Vers la fin du onzième siècle, Haken fonda au Caire, (ainsi que le témoigne Macrizie ) la Maison de Sagesse qu'on a cru toujours être un Temple maçonnique. On y enseignait la philosophie, les mathématiques ; la doctrine était orale et secrète. Les initiés passaient plusieurs grades, et, dans les derniers, ils étaient initiés à la connaissance de la nature. Cette maison fut décriée par les prêtres de Rome, qui disaient que dans ce Temple de sagesse, on apprenait à ne rien croire.

On a prétendu peut-être avec raison , que c'est de cette source que des missionnaires se sont répandus en Syrie et y ont formé le gouvernement des Absides et du Vieux de la Montagne; le célèbre voyageur Constantin l'Africain se fit initier à Bagdad dans cette confrérie.

L'initiation ne devait pas être étrangère aux Sarrasins, d'après la tolérance des Califes arabes : plusieurs de leurs ouvrages l'indiquent, entr 'autres l'Histoire arabe de Habid et de Dorathelgouse, que nous avons trouvée dans le poème de la Maçonnerie. On y découvre, sous des formes originales, les trois systèmes mystiques de la Perse, de l'Egypte et de l'Europe demi-moderne.

Il est dit que l'auteur de ce roman arabe paraît avoir fait partie d'une de ces sociétés, nées des initiations d'Ephèse et perpétuées en Orient, protégées même par Saladin , que nous verrons très-tolérant en fait de religion, et qui, à ce qu'on à cru , a été aussi initié.

Habid trouve trois cents et soixante-six hiéroglyphes dont il croit pénétrer la signification (nouvelle trace du système solaire); à la fin il découvre le glorieux trophée qui est ombragé encore après tant de siècles par les plumes du phénix.

Voici l'allégorie de l'Ame et du Soleil ; chaque pièce de l'armure porte une inscription; la fermeté est la vraie cuirasse de l'homme, la prudence sa visière , qui sont les vertus des Rose-Croix : « Couvrez-vous de fer, impuissans guerriers de la terre. Salomon marchait à la conquête du monde à l'aide de ses vertus ». Il voit ensuite un monarque pacifique transformé en vainqueur ; ses trophées sont ceux de l'initiation et de ses préceptes.

Dans les entrailles du Caucase, Habid voit comme Enée le Tartare et l'Elysée ; il connaît l'histoire du monde, la tradition cosmonogique sur les Devis , et la race d'Ellis ; dans ces souterrains tout est soumis à Salomon, tout se fait par lui.

Le chevalier Habid soulève enfin un grand voile derrière lequel il y a les sept îles et la ville de cristal de Thèbes, ou la Jérusalem mystique ; c'est le même rapport avec les sept îles fortunées de Lucien , avec les sept degrés de l'échelle du magisme et maçon  , avec les sept stations planétaires, qui sont sur la route pour les âmes qui de ce monde vont à la lumière éthérée d'Ormusd.

La première île qu'Habid doit conquérir est blanche comme la tenture du premier grade maçon : avant d'y parvenir, il faut qu'il subisse les épreuves ; ce sont celles des élémens. La nature est bouleversée autour de lui, le vent siffle, la foudre gronde, un combat affreux se présente entre les esprits bons et mauvais ; c'est par le secours du glaive du Roi philosophe et de la parole sacrée qu'il peut rester inébranlable. Voilà bien des rapprochemens avec les mystères perses, gnosticiens, esseniens et maçon .

A cette même époque où les Sarrasins étendaient leurs conquêtes et où ils figurèrent dans les sciences, les prêtres grecs avaient adopté les maximes de la Cour de Rome pour devenir puissans ; ils furent intolérans ; par-là, ils exclurent tout autre dogme, même l'ancien apporté de l'Egypte. Ces prêtres détruisirent les Temples où on avait adoré leurs anciennes Divinités tutélaires ; ils voulurent qu'on oubliât les anciens héros, leurs exploits, exemples mémorables de l'amour sacré de la patrie et du dévouement envers leurs gouvernemens.

A la suite de ce fatal système, les Empereurs grecs des différentes races, leurs Princes et les Grands-Prêtres qui se succédèrent, avaient, avec ce dogme, hérité de la manie des subtilités de la mysticité : ils s'occupèrent continuellement de ces questions inexplicables et vides de sens, persécutant et exterminant tous ceux qui n'étaient pas de leur opinion ; ils perdirent de vue l'intérêt de leur nation et de leur famille ; et presque sans combat, ils abandonnèrent, dans la suite des temps, leurs trônes, leurs provinces, leurs Temples aux Musulmans, qui, favorisés par ces ridicules disputes religieuses entre les Princes et les prêtres, plantèrent le Croissant sur les remparts de Constantinople, et le firent flotter sur les tours de Sainte-Sophie ; ainsi, par la faiblesse des Palléologues, et par les scissions et les persécutions des Théologues, la grandeur grecque, transplantée par les Romains du Tibre sur le Bosphore, disparut.

Malgré les changemens religieux et politiques, dus aux conquêtes des Sarrasins en Asie, en Afrique, en Europe ; malgré les persécutions qui en furent la suite, le dogme de l'Unité de Dieu put, à l'aide du secret et des mystères, se conserver en Palestine, en Syrie, en Egypte, et particulièrement dans la Thébaïde, par le moyen des Chrétiens et des prêtres coptes, successeurs des anciens prêtres égyptiens, qui, dans les temps barbares, au sein de leurs solitudes, conservèrent la vraie doctrine donnée par Hesman, Disciple de Manès, et qui, par la suite, fut rapportée en Europe,*

* On prétend que des familles coptes, vivant en commun, existèrent dans les souterrains des Pyramides jusqu'à la fin du 17e siècle ; elles s'y adonnaient entièrement aux pratiques de la Religion chrétienne. (Voyez les Voyages de Marc Lucas.)

On lit dans Arnobes, que les prêtres coptes vivaient, de son temps, exemplairement, séparés des profanes, se livrant aux études de la physique, de la géométrie, de l'astronomie, et à leurs anciens mystères. Ce fut par leur admirable conduite, qu'au temps des Califes ils obtinrent la plus grande considération parmi les plus puissans Arabes et Musulmans, qui désiraient que ces prêtres se chargeassent de l'éducation de leurs enfans, et qu'ils leur enseignassent l'adoration d'un Être-Suprême, les secrets de la Nature et du Ciel, la physique, l'astronomie, la morale la plus pure et l'art de vaincre leurs passions.

Les Egyptiens sont de tous les peuples ceux qui ont le plus conservé de leurs anciennes mœurs.

Hérodote nous raconte bien des choses du culte de Diane, tel qu'il était établi de son temps à Bubaste, et de celui de Minerve à Saïs. Nous lisons dans Savary, que les mêmes choses se répètent aujourd'hui, quoique sous les dehors d'une nouvelle religion. Dans les processions de Rosette, de Damiette, de Siouth, on voit le peuple pratiquer les mêmes extravagances que jadis : on y remarque le même concours et la même affluence d'étrangers, la même licence, nul respect pour les mœurs ; et si Hérodote dit que les musiciennes se prêtaient à toute espèce d'orgies, aujourd'hui ce sont les Almées qui les remplacent. Or, si, malgré la sévérité des mœurs musulmanes, ce peuple a pu conserver l'esprit et l'habitude des anciennes fêtes, des anciens usages, à plus forte raison les Coptes, les Chrétiens gnosticiens et manichéens, ont dû conserver le dogme et les mystères, eux qui vivaient et qui vivent encore dans leurs solitudes sans participer aux réjouissances et aux usages du peuple.

Le F Belzoni, qui de son vivant a fait un long séjour dans la Thébaïde, assure qu'encore de nos jours les prêtres coptes conservent leurs anciennes habitudes, et qu'ils possèdent des Codex qui remontent à plus de vingt-quatre siècles, quelques-uns même à des époques plus éloignées encore ; ils sont écrits dans leur première langue figurée, tels que certains Papirus, placés sur le sternum de quelque momie, que l'on découvre de temps à autre. En 1822, on faisait voir, dans la rue Picadilly, salle égyptienne, à Londres, une momie, la première qu'on eût observée avec les bras croisés, comme dans le signe de R R+ + dit du Bon Pasteur ; elle se trouvait avec le genou gauche plié et faisant l'équerre avec le droit, ayant une stolle ou collier à sept rangs peint sur le dehors de la caisse.

Des personnes qui possédaient des notions sur les hiéroglyphes égyptiens-coptes, assurèrent que cette momie avait été un grand personnage appartenant à la haute classe des prêtres.

Le thot, stolle ou collier des momies, à un, trois, cinq et sept rangs, étaient des signes et des indices d'un Ordre et de leur admission aux mystères. Ce même thot, qui s'appelait aussi hermés, était un symbole duquel le vulgaire fit une Divinité qui possédait les sciences de géométrie, d'astronomie, etc. , lorsque, dans le fait, ce symbole n'était que la signification de l'assemblée des sages, des sa vans, et même des produits littéraires des prêtres égyptiens, qui furent toujours sans nom d'auteur, qui s'appelaient hermès ou thot, et dont la quantité de volumes, selon Jamblique, montait à 365 25, ce qui répond à la durée de cent années solaires de 365 jours un quart. Ce résultat numérique nous indique que les anciens auteurs n'ont pas toujours donné dans le signe lors de leurs conjectures, et qu'ils ont pris souvent une chose pour une autre.

Il est à souhaiter que les peines que les savans se donnent pour se procurer la connaissance de l'ancienne langue sacrée copte, soient couronnées par le plus heureux succès ; elles serviront à nous faire connaître avec certitude la première religion des Coptes, les fonctions des sacrificateurs et des prêtres, les attributs qu'on donnait à Dieu Père, ou au Grand- Architecte de l'Univers, et aux deux principes, ce qui est relatif à Isis, Typhon, Osiris , ou à la génération, destruction, résurrection ou régénération ; nos savans obtiendraient cette connaissance par la comparaison des différens tableaux où les figures se trouvent réunies aux hiéroglyphes.

Ce travail répandrait la lumière sur tout ce qui est regardé comme fabuleux dans notre premier culte, dans nos dogmes et nos mystères.

Ce fut par l'entremise de ces mêmes prêtres coptes et des Chrétiens d'Orient, que la religion, les mystères des Enfans de la Veuve et le culte du Grand -Architecte parvinrent jusqu'à nous, par suite d'événemens tout-à-fait extraordinaires , et qui acquirent une plus grande consistance par les Chevaliers Croisés, comme on le verra à la suite.

Ces mystères se conservèrent toujours sous la dénomination du Culte du Grand Architecte de l'Univers, qui lui avait été donnée par l'allégorie d'Hiram, lequel représentait dans les mystères le Dieu inconnu, Eternel, seul Créateur de toute chose et Régénérateur de tout être.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 23:30




La langue hébraïque restituée

et le Véritable sens des mots hébreux rétabli et prouvé par leur analyse radicale

par FABRE-D'OLIVET

PREMIERE PARTIE

§. II. Langue hébraïque ; authenticité du Sépher de Moyse ;

vicissitudes que ce livre a éprouvées. (fin)



Chapitre I

Chapitre II - 1

Moyse avait pénétré dans les sanctuaires de l'Égypte, et il avait été initié aux mystères ; on le découvre facilement en examinant la forme de sa Cosmogonie. Il possédait sans doute un grand nombre d'hiéroglyphes qu'il expliquait dans ses écrits, ainsi que Phylon l'assure 55 ; son génie et son inspiration particulière faisaient le reste. Il se servait de la langue égyptienne dans toute sa pureté 56. Cette langue était alors parvenue au plus haut degré de perfection. Elle ne tarda pas à s'abâtardir entre les mains d'une peuplade grossière, abandonnée à elle-même au milieu des déserts de l'Idumée. C'était un géant qui s'était montré tout à coup au sein d'une troupe de pygmées. Le mouvement extraordinaire qu'il avait imprimé à sa nation ne pouvait pas durer, mais ils suffisait que le dépôt sacré qu'il lui laissait dans le Sépher fût gardé avec soin pour que les vues de la Providence fussent remplies. II paraît, au dire des plus fameux rabbins 57, que Moyse lui-même prévoyant le sort que son livre devait subir, et les fausses interprétations qu'on devait lui donner par la suite des temps, eut recours à une loi orale qu'il donna de vive voix à des hommes sûrs dont il avait éprouvé la fidélité, et qu'il chargea de transmettre, dans le secret du sanctuaire, à d'autres hommes qui, la transmettant à leur tour d'âge en age, la fissent ainsi parvenir à la postérité la plus reculée 58. Cette loi orale, que les Juifs modernes se flattent encore de posséder, se nomme Kabbale 59, d'un mot hébreu qui signifie ce qui est reçu, ce qui vient d'ailleurs, ce qui se passe de main en main, etc. Les livres les plus fameux qu'ils possèdent, tels que ceux du Zohar, le Bahir ; les Medrashim, les deux Gemares, qui composent le Thalmud, sont presque entièrement kabbalistiques.

55 De vitâ Mos.

56 Je ne me suis point arrêté à combattre l'opinion de ceux qui paraissent croire que le copte ne diffère point de l'égyptien antique ; car, comment s'imaginer qu'une pareille opinion soit sérieuse ? Autant vaudrait dire que la langue de Bocace et du Dante est la même que celle de Cicéron et de Virgile. On peut faire montre d'esprit en soutenant un tel paradoxe ; mais on ne fera preuve ni de critique, ni même de sens commun.

57 Moyse de Cotsi : Pref. au grand Livre des Command. de la Loi. Aben-Esra, Jesud Mora, etc.

58 Boulanger : Antiq. dev. L. I. c. 22.

59 קבל

Il serait très difficile de dire aujourd'hui si Moyse a réellement laissé cette loi orale, ou si, l'ayant laissée, elle ne s'est point altérée, comme paraît l'insinuer le savant Maimonides, quand il écrit que ceux de sa nation ont perdu la connaissance d'une infinité de choses sans lesquelles il est presque impossible d'entendre la Loi 60. Quoi qu'il en soit, on ne peut se dissimuler qu'une pareille institution ne fut parfaitement dans l'esprit des Égyptiens, dont on connaît assez le penchant pour les mystères.

60 Rambam. More. Nevoch. Part. I. c. 21.

Au reste, la chronologie peu cultivée avant les conquêtes de Kosrou, ce fameux monarque persan que nous nommons Cyrus, ne permet guère de fixer l'époque de l'apparition de Moyse. Ce n'est que par approximation qu'on peut placer, environ quinze cents ans avant l'ère chrétienne, l'émission du Sépher. Après la mort de ce législateur théocratique, le peuple auquel il avait confié ce dépôt sacré demeure encore dans le désert pendant quelque temps, et ne s'établit qu'après plusieurs combats. Sa vie errante influe sur son langage, qui dégénère rapidement. Son caractère s'aigrit ; son esprit turbulent s'allume. Il tourne les mains contre lui-même. Sur douze tribus qui le composaient, une, celle de Benjamin, est presque entièrement détruite. Cependant la mission qu'il avait à remplir, et qui avait nécessité des lois exclusives, alarme les peuples voisins ; ses moeurs, ses institutions extraordinaires, son orgueil, les irritent ; il est en butte à leurs attaques. En moins de quatre siècles, il subit jusqu'à six fois l'esclavage ; et six fois il est délivré par les mains de la Providence, qui veut sa conservation. Au milieu de ces catastrophes redoublées, le Sépher est respecté : couvert d'une utile obscurité, il suit les vaincus, échappe aux vainqueurs, et pendant longtemps reste inconnu à ses possesseurs mêmes. Trop de publicité eût alors entraîné sa perte. S'il est vrai que Moyse eût laissé des instructions orales pour éviter la corruption du texte, il n'est pas douteux qu'il n'eût pris toutes les précautions possibles pour veiller à sa conservation : On peut donc regarder comme une chose très probable, que ceux qui se transmettaient en silence et dans le plus inviolable secret, les pensées du prophète, se confiaient de la même manière son livre ; et, au milieu des troubles, le préservaient de la destruction.

Mais enfin, après quatre siècles de désastres, un jour plus doux semble luire sur Israël. Le sceptre théocratique est partagé ; les Hébreux se donnent un roi, et leur empire, quoique resserré par de puissants voisins, ne reste pas sans éclat. Ici un nouvel écueil se montre. La prospérité va faire ce que n'ont pu les plus effroyables revers. La mollesse, assise sur le trône, s'insinue jusque dans les derniers rangs du peuple. Quelques froides chroniques, quelques allégories mal comprises, des chants de vengeance et d'orgueil, des chansons de volupté, décorés des noms de Josué, de Ruth, de Samuel, de David, de Salomon, usurpent la place du Sépher. Moyse est négligé ; ses lois sont méconnues. Les dépositaires de ses secrets, investis par le luxe, en proie à toutes les tentations de l'avarice, vont oublier leurs serments. La Providence lève le bras sur ce peuple indocile, le frappe au moment où il s'y attendait le moins. Il s'agite dans des convulsions intestines ; il se déchire. Dix tribus se séparent et gardent le nom d'Israël. Les deux autres tribus prennent le nom de Juda. Une haine irréconciliable s'élève entre ces deux peuples rivaux ; ils dressent autel contre autel, trône contre trône : Samarie et Jérusalem ont chacune leur sanctuaire. La sûreté du Sépher naît de cette division.

Au milieu des controverses que fait naître ce schisme, chaque peuple rappelle son origine, invoque ses lois méconnues, cite le Sépher oublié. Tout prouve que ni l'un ni l'autre ne possédait plus ce livre, et que ce ne fut que par un bienfait du ciel qu'il fut trouvé, longtemps après 61, au fond d'un vieux coffre, couvert de poussière, mais heureusement conservé sous un amas de pièces de monnaie que l'avarice avait vraisemblablement entassées en secret, et cachées à tous les yeux. Cet évènement décida du sort de Jérusalem. Samarie privée de son palladium, frappée un siècle auparavant par la puissance des Assyriens, était tombée ; et ses dix tribus, captives, dispersées parmi les nations de l'Asie, n'ayant aucun lien religieux, ou, pour parler plus clairement, n'entrant plus dans les vues conservatrices de la Providence, s'y étaient fondues : tandis que Jérusalem, ayant recouvré son code sacré, au moment de son plus grand péril, s'y attacha avec une force que rien ne put briser. Vainement les peuples de Juda furent conduits à l'esclavage ; vainement leur cité royale fut détruite comme l'avait été Samarie, le Sépher, qui les suivit à Babylone, fut leur sauvegarde. Ils purent bien perdre, pendant les soixante-dix ans que dura leur captivité, jusqu'à leur langue maternelle, mais non pas être détachés de l'auteur pour leurs lois. Il ne fallait pour les leur rendre qu'un homme de génie. Cet homme se trouva, car le génie ne manque jamais là où la Providence l'appelle.

61 Voyez Chroniq. II. c. 34. v. 14 et suiv. : et conférez Rois. II ch. 12.

Esdras était le nom de cet homme. Son âme était forte, et sa constance à l'épreuve de tout. Il voit que le moment est favorable, que la chute de l'empire assyrien, renversé par les mains de Cyrus, lui donne la facilité de rétablir le royaume de Juda. Il en profite habilement. Il obtient du monarque persan la liberté des Juifs ; il les conduit sur les ruines de Jérusalem. Mais avant même leur captivité, la politique des rois d'Assyrie avait ranimé le schisme samaritain. Quelques peuplades cuthéennes ou scythiques, amenées à Samarie, s'y étaient mêlées à quelques débris d'Israël, et même à quelques restes de Juifs qui s'y étaient réfugiés. On avait à Babylone conçu le dessein de les opposer aux Juifs dont l'opiniâtreté religieuse inquiétait 62. On leur avait envoyé une copie du Sépher hébraïque, avec un prêtre dévoué aux intérêts de la cour. Aussi, lors qu'Esdras parut, ces nouveaux samaritains s'opposèrent de toutes leurs forces à son établissement 63. Ils l'accusèrent auprès du grand roi de fortifier une ville, et de faire plutôt une citadelle qu'un temple. On dit même que, non contents de le calomnier, ils s'avancèrent vers lui pour le combattre.

62 Rois, II. ch. 27. v. 17.

63 Joseph : Hist. Jud. L. XI. c. 4.

Mais Esdras était difficile à intimider. Non seulement il repousse ces adversaires, déjoue leurs intrigues ; mais les frappant d'anathème lève entre eux et les Juifs une barrière insurmontable. Il fait plus ne pouvant leur ôter le Sépher hébraïque, dont ils avaient reçu la copie de Babylone, il songe à donner une autre forme au sien, et prend la résolution d'en changer les caractères.

Ce moyen était d'autant plus facile, que les Juifs ayant, à cette époque, non seulement dénaturé, mais perdu tout à fait l'idiome de leurs aïeux, en lisaient les caractères antiques avec difficulté, accoutumés comme ils l'étaient au dialecte assyrien, et aux caractères plus modernes dont les Chaldéens avaient été les inventeurs. Cette innovation que la politique seule semblait commander, et qui sans doute s'attachait à des considérations plus élevées, eut les suites les plus heureuses par la conservation du texte de Moyse, ainsi que j'en parlerai  dans ma Grammaire. Elle fit naître entre les deux peuples une émulation qui n'a pas peu contribué à faire parvenir jusqu'à nous un livre auquel devait s'attacher de si hauts intérêts.

Esdras, au reste, n'agit pas seul dans cette circonstance. L'anathème qu'il avait lancé contre les Samaritains ayant été approuvé par les docteurs de Babylone, il les convoqua, et tint avec eux cette grande synagogue, si fameuse dans les livres des rabbins 64. Ce fut là que le changement de caractères fut arrêté ; qu'on admit les points-voyelles dans l'usage vulgaire de l'écriture, et que commença l'antique massore qu'il faut bien se garder de confondre avec la massore moderne, ouvrage des rabbins de Tibériade, et dont l'origine ne remonte pas au delà du cinquième siècle de l'ère Chrétienne 65.

64 R. Eleasar.

65 La première mashore dont le nom indique l'origine assyrienne, ainsi que je le démontrerai dans ma Grammaire, règle la manière dont on doit écrire le Sépher, tant pour l'usage du temple que pour celui des particuliers ; les caractères qu'on doit y employer, les différentes divisions en livres, chapitres et versets que l'on doit admettre dans les ouvrages de Moyse ; la seconde massore, que j'écris avec une orthographe différente pour la distinguer de la première, outre les caractères, les points-voyelles, les livres, chapitres et versets dont elle s'occupe également, entre dans les détails les plus minutieux touchant le nombre de mots et de lettres qui composent chacune de ces divisions en particulier, et de l'ouvrage en général ; note ceux des versets où quelque lettre manque, est superflue, ou bien a été changée pour une autre ; désigne par le mot Keri et Chetib les diverses leçons qu'on doit substituer, en lisant, les unes aux autres; marque le nombre de fois que le même mot se trouve au commencement, au milieu ou à la fin d'un verset; indique quelles lettres doivent être prononcées, sous-entendues, tournées sens dessus dessous, écrites perpendiculairement, etc. etc. C'est pour n'avoir pas voulu distinguer ces deux institutions l'une de l'autre, que les savants des siècles passés se sont livrés à des discussions si vives : les uns, comme Buxtorff qui ne voyait que la première mashore d'Esdras, ne voulaient point accorder qu'il y eût rien de moderne, ce qui était ridicule relativement aux minuties dent je viens de parler : les autres, comme Cappelle, Morin, Walton, Richard Simon même, qui ne voyaient que la massore des rabbins de Tibériade, niaient qu'il y eût rien d'ancien, ce qui était encore plus ridicule, relativement aux choix des caractères, aux points voyelles et aux divisions primitives du Sépher, parmi les rabbins, tous ceux qui ont quelque nom ont soutenu l'antiquité de la massore ; il n'y a eu que le seul Elias-Levita qui l'ait rapportée à des temps plus modernes. Mais peut-être n'entendait-il parler que de la massore de Tibériade. Il est rare que les rabbins disent tout ce qu'ils pensent.

Esdras fit plus encore. Tant pour s'éloigner des Samaritains que pour complaire aux Juifs qu'une longue habitude et leur séjour à Babylone avaient attachés à certaines écritures plus modernes que celle de Moyse, et beaucoup moins authentiques, il en fit un choix, retoucha celles qui lui parurent défectueuses ou altérées, et en composa un recueil qu'il joignit au Sépher. L'assemblée qu'il présidait approuva ce travail, que les Samaritains jugèrent impie ; car il est bon de savoir que les Samaritains ne reçoivent absolument que le Sépher de Moyse 66, et rejettent toutes les autres écritures comme apocryphes. Les Juifs eux-mêmes n'ont pas aujourd'hui une égale vénération pour tous les livres qui composent ce que nous appelons la Bible. Ils conservent les écrits de Moyse avec une attention beaucoup plus scrupuleuse, les apprennent par coeur, et les récitent beaucoup plus souvent que les autres. Les savants qui ont été à portée d'examiner leurs divers manuscrits, assurent que la partie consacrée aux livres de la Loi est toujours beaucoup plus exacte et mieux traitée que le reste 67.

66 Walton. Proleg. XI. Richard Simon : Hist. crit. L. I. Ch. 10.

67 Rich. Simon : Hist. crit. L. I. Ch. 8.

Cette révision et ces additions ont donné lieu de penser par la suite qu'Esdras avait été l'auteur de toutes les écritures de la Bible. Non seulement les philosophistes modernes ont embrassé cette opinion 68, qui favorisait leur scepticisme, mais plusieurs Pères de l'église, et plusieurs savants l'ont soutenue avec feu, la croyant plus conforme à leur haine contre les Juifs 69 : ils s'appuyaient surtout d'un passage attribué à Esdras lui-même 70. Je pense avoir assez prouvé par le raisonnement que le Sépher de Moyse ne pouvait être une supposition ni une compilation de morceaux détachés ; car on ne suppose ni ne compile jamais des ouvrages de cette nature : et quant à son intégrité du temps d'Esdras, il existe une preuve de fait qu'on ne peut accuser : c'est le texte samaritain. On sent bien, pour peu qu'on réfléchisse, que dans la situation où se trouvaient les choses, les Samaritains, ennemis mortels des Juifs, frappés d'anathème par Esdras, n'auraient jamais reçu un livre dont Esdras aurait été l'auteur. Ils se sont bien gardés de recevoir les autres écritures : et c'est aussi ce qui peut faire douter de leur authenticité 71. Mais mon dessein n'est nullement d'entrer dans une discussion à cet égard. C'est seulement des écrits de Moyse dont je m'occupe ; je les ai désignés exprès du nom de Sépher, pour les distinguer de la Bible en général, dont le nom grec rappelle la traduction des Septante, et comprend toutes les additions d'Esdras, et même quelques unes plus modernes.

68 Brolinbroke, Voltaire, Fréret, Boulanger, etc.

69 St. Basil. Epist. ad Chil. St. Clém. Alex. Strom. I. Tertull. de habit. mulier. c. 35. St. Iren. L. XXXIII. c. 25. Isidor. Etymol. L. VI. c. I. Leclerc : Sentim. de quelq. théolog. etc.

70 Esdras IV. c. 14. Ce Livre est regardé comme apocryphe.

71 Rich. Simon. Hist. crit. L. I. ch. 10.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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