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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 14:35

La double chaîne du caducée d'Hermès

par Spartakus Freeman

Le mouvement des serpents autour du Caducée indique la formation d’une chaîne.

Cette chaîne existe sous deux formes : la forme droite et la forme circulaire. Partant d’un même centre elle coupe d’innombrables circonférences par d’innombrables rayons. La chaîne droite c’est la chaîne de transmission. La chaîne circulaire c’est la chaîne de participation, de diffusion, de communion, de religion. Ainsi se forme cette roue composée de plusieurs roues tournant les unes dans les autres, que nous voyons flamboyer dans la vision d’Ezéchiel. La chaîne de transmission établit la solidarité entre les générations successives.

Le point central est blanc d’un côté et noir de l’autre.

Au côté noir se rattache le serpent noir ; au côté blanc se rattache le serpent blanc. Le point central représente le libre arbitre primitif, et à son côté noir commence le péché originel.

Au côté noir commence le courant fatal, au côté blanc se rattache le mouvement libre. Le point central peut être représenté allégoriquement par la lune et les deux forces par deux femmes, l’une blanche et l’autre noire.

La femme noire c’est Eve déchue, c’est la forme passive, c’est l’infernale Hécate qui porte le croissant et la lune sur le front.

La femme blanche, c’est Maïa ou Maria qui tient à la fois sous son pied le croissant de la lune et la tête du serpent noir.

Nous ne pouvons nous expliquer plus clairement, car nous touchons au berceau de tous les dogmes. Ils redeviennent enfants à nos yeux, et nous craignons de les blesser.

Le dogme du péché originel, de quelque façon qu’on l’interprète, suppose la préexistence de nos âmes, sinon dans leur vie spéciale, du moins dans la vie universelle.

Or, si l’on peut pécher à son insu dans la vie universelle, on doit être sauvé de la même manière ; mais ceci est un grand arcane.

La chaîne droite, le rayon de la roue, la chaîne de transmission rend les générations solidaires les unes des autres et fait que les pères sont punis dans les enfants, afin que par les souffrances des enfants, les pères puissent être sauvés.

C’est pour cela que, suivant la légende dogmatique, le Christ est descendu aux enfers d’où ayant arraché les leviers de fer et les portes d’airain, il est remonté vers le ciel entraînant après lui la captivité captive.

Et la vie universelle criait : Hosannah ! Car il avait brisé l’aiguillon de la mort !

Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Osera-t-on l’expliquer ? Pourra-t-on le deviner ou le comprendre ?

Les anciens hiérophantes grecs représentaient aussi les deux forces figurées par les deux serpents sous la forme de deux enfants qui luttaient l’un contre l’autre en prenant un globe de leurs pieds et de leurs genoux.

Ces deux enfants étaient Eros et Anteros, Cupidon et Hermès, le fol amour et l’amour sage. Et leur lutte éternelle faisait l’équilibre du monde.

Si l’on n’admet pas que nous ayons existé personnellement avant notre naissance sur la terre, il faut entendre par le péché originel une dépravation volontaire du magnétisme humain chez nos premiers parents, qui aurait rompu l’équilibre de la chaîne, en donnant une funeste prédominance au serpent noir, c’est-à-dire au courant astral de la vie morte et nous en souffrons les conséquences comme les enfants qui naissent rachitiques à cause des vices de leurs pères, portent la peine des fautes qu’ils n’ont pas personnellement commises.

Les souffrances extrêmes de Jésus et des martyrs, les pénitences excessives des saints auraient eu pour but de faire contrepoids à ce manque d’équilibre, assez irréparable d’ailleurs pour devoir entraîner finalement la conflagration du monde. La grâce serait le serpent blanc sous les formes de la colombe et de l’agneau, le courant astral de la vie chargé des mérites du rédempteur ou des saints.

Le diable ou tentateur serait le courant astral de la mort, le serpent noir taché de tous les crimes des hommes, écaillé de leurs mauvaises pensées, venimeux de tous leurs mauvais désirs, en un mot LE MAGNETISME DU MAL.

Or, entre le bien et le mal, le conflit est éternel, Ils sont à jamais inconciliables. Le mal est donc à jamais réprouvé, il est à jamais condamné aux tourments qui accompagnent le désordre, et cependant dès notre enfance il ne cesse de nous solliciter et de nous attirer à lui. Tout ce que la poésie dogmatique affirme du roi Satan s’explique parfaitement par cet effrayant magnétisme d’autant plus terrible qu’il est plus fatal, mais d’autant moins à craindre pour la vertu qu’il ne saurait l’atteindre, et qu’avec le secours de la grâce elle est sûre de lui résister.

Sources : Ezoocult

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 00:36

Dieu et la question du bien et du mal

par Oscar Panther

"Toute la force-lumière que l'homme a reçue depuis sa naissance et s'efforce d'utiliser lui est volée par les éons de la nature. Et ils émettent cette force en retour sur l'humanité par leurs propres radiations. Ainsi est née une grande confusion : l'homme est égaré, il prend la lumière pour son ennemi, et son ennemi pour la lumière. "

Jan Van Rijckenborgh, Les Mystères gnostiques de la Pistis Sophia, commentaires du Livre I.

 

Depuis plus de deux mille ans de grandes religions humanistes et humanitaristes, il nous est permis de nous poser une question essentielle quant au devenir de l'humanité : a-t-elle réellement évolué ? Avons-nous accompli des progrès ?

Oui, sommes-nous vraiment passés du stade de l'hominidé à celui de l'homme ?

A ces interrogations, nous pouvons répondre par l'affirmative si nous envisageons simplement les progrès matériels dont nous jouissons : nous goûtons un certain confort, aidés par les scientifiques et leurs prouesses. Nous sommes rusés, intelligents et ingénieux. Nous sommes sortis des cavernes, avons dompté les éléments et sommes capables de monter sur la lune.

Mais ces progrès se réalisent par le pillage de la planète, au détriment de notre milieu de vie ou de celui d'autres espèces. De plus, force nous est de constater que seule une partie assez restreinte de l'humanité, celle des pays riches, jouit de ce confort. La majeure partie des terriens, celle des nombreux pays en voie de développement, lutte toujours pour sa survie, en proie à la faim, la soif, la maladie, les guerres et la misère, ignorante des richesses de l'hémisphère Nord qui les parasite.

Les progrès semblent bien lents, malgré les ONG et les plans humanitaires de toutes sortes. A peine un problème semble-t-il résolu qu'un autre survient : nouvelle maladie, nouveau conflit, catastrophe naturelle ou non…

En outre, si nous voulons aborder cette équation de Dieu et la question du bien et du mal en toute honnêteté, nous devons bien reconnaître que nul d'entre nous n'est un ange… Certes, nous sommes capables de grands sentiments et de belles choses… Pourtant la massue est toujours à portée de main : il suffit qu'on nous coupe la priorité, qu'on marche un peu trop sur nos plates-bandes, que les intérêts d'un tiers heurtent les nôtres. Aussitôt, nous voici en proie à des conflits intérieurs : le roi moi se croit persécuté et nous nous sentons déchirés entre notre éducation, notre morale et notre instinct de protection de soi. Alors, le plus souvent, nous nous servons de l'agression verbale… Quand ce ne sont pas des nations entières qui utilisent leurs armées pour mieux affirmer leur bon droit… Si policés soient-ils, les ego se cabrent généralement : ils se font violence ou la projettent sur les autres. Nous brûlons seuls ou ensemble. Ou nous cédons bien souvent aux tourments et à l'animalité primaire. Voilà que le vieux cerveau reptilien reprend le contrôle total de la personnalité : fi ! de notre bonne volonté altruiste et de nos bons sentiments ... Et s'il reste encore en nous une flamme d'humanité, nous souffrons de ne pas coïncider entre une haute opinion de la vie, notre recherche de l'harmonie et du bonheur partagés et, notre égoïsme et la conscience de notre déchéance à répétition.

Or, d'où proviennent ces idéaux de noblesse, de beauté et d'altruisme ? Le plus souvent, ils se trouvent véhiculés par les grands textes sacrés : de décalogue en préceptes de sagesse, d'exemples de vies parfaites en hagiographies édifiantes, ils ont été à la base de la vie en groupes. Ils glorifient les plus hautes valeurs comme dans les contes et légendes. Ils rappellent les fondements des lois, l'incitation au respect mutuel pour que les humains s'unissent.

Aux sources des grandes civilisations ?

Sapience et ferments d'harmonie, recherche de l'unité qui se retrouvent dans les arts ... Evangiles en toutes langues, apocalypses ou même les manifestes révolutionnaires appellent à se dépouiller de l'ancien pour le renouveau par l'exaltation des plus hautes valeurs humaines. Se prétendant échos de la véritable noblesse en l'homme, la résonance d'un dernier vestige de divinité pré adamique, l'état d'avant la chute, les textes sacrés ont pétri nos inconscients durant des millénaires.

Mais si nos notions de bien et de mal se heurtent et sont fluctuantes, tant d'un pays à l'autre, d'un individu à l'autre qu'en nous-mêmes, la question de l'origine du mal reste posée.

Comment un Dieu bon, le dieu parfait présenté par les religions, peut-il laisser s'accomplir l'infamie sur terre ? Comment pourrait-il martyriser autant sa créature ? La cupidité, la convoitise, la rapacité, la souffrance et la mort seraient-elles sans fin ? Sommes-nous uniquement nés pour profiter au plus vite des bienfaits de la nature et mourir un jour ? Le mal et la mort sont-ils compris dans le plan divin ? Quelle pourrait alors y être notre place et celle d'enfants qui viennent de naître, innocents comme des agneaux qui progressivement se corrompent ? D'où vient le mal ? En effet, Paul n'écrit-il pas : " Le bien que je veux faire, je n'y arrive pas et je me retrouve en train de faire le mal que je voudrais éviter. "

A ces questions, les gnostiques ont de tout temps répondu sans les fuir : ils se sont par-là même différenciés des religions qui les esquivent en promettant aux troupeaux de leurs ouailles un paradis dans l'au-delà. Les gnostiques qui ont pu écrire " Faîtes mourir la mort ", ont donné à la question de l'origine du mal des réponses qui nous amèneront, durant cet article, à développer des notions cosmogoniques - macrocosmiques - rappelant notre véritable origine. Nous aborderons ensuite des aspects intérieurs et psychiques -microcosmiques. Ils déboucheront sur une vision du monde et de l'humanité exigeant de sa part la reconnaissance de son statut double, à la fois immortel et humain. Reconnaissance aussi de ses véritables vocation et devenir pour la mise en pratique d'une éthique et une transformation totale de l'être : la transfiguration paulinienne, le passage de l'hominidé de matière à l'homme Lumière.

En effet, les gnostiques prétendent que nous restons tiraillés d'incarnations en réincarnations entre nos pulsions animales et nos aspirations sublimes. Cependant nos ego révoltés ont ourdi tellement de ruses pour oublier leur possible origine divine et sa trahison initiale qui engendra le monde chuté dans lequel nous vivons, nos ego ont fourbi tellement d'armes pour s'aguerrir, se combattre, fuir le souvenir de l'éternité et s'adapter au monde du transitoire qu'est le nôtre qu'ils se sont habitués à la question du mal. Habitués, mais en surface seulement… Le désir de perfection, traduit et récupéré le plus souvent par une volonté de réussite matérielle, reste gravé en l'homme.

Abordons, dans un premier temps, la dimension cosmologique de la question :

La plupart des grands textes sacrés expliquent la naissance de l'humanité comme le résultat d'une chute : à la suite d'un incident dans le grand plan divin, le niveau vibratoire de certaines entités s'abaissa considérablement et elles chutèrent, soi pour s'être révoltées soi pour avoir été séduites. Elles se densifièrent et fut instauré pour elles, afin de les sauvegarder d'une pétrification irrémédiable, l'ordre de l'espace et du temps dans lequel vivent ces entités : nous-mêmes, dans le monde de la Chute qui n'est qu'une enclave dans la création macrocosmique. " Ainsi, comme a pu l'écrire le poète, l'homme est-il un dieu déchu qui se souvient des cieux " et notre âme est-elle coincée dans un " ordre de secours ", notre monde, qui, selon les gnostiques comprend aussi bien l'ici-bas que l'au-delà.

C'est dire que pour eux, les entités qui ont dû revêtir un corps de chair proviennent en fait d'un tout autre ordre de vie dont nous avons tout oublié. Dans le meilleur des cas, il ne nous en reste qu'un vague souvenir attisé par une dernière braise issue de l'Empyrée : l'atome étincelle d'Esprit, cette Rose du cœur qui s'exprime parfois par l'intense nostalgie d'un monde de perfection. Quant à notre corps physique qui retient prisonnière l'âme divine totalement étrangère aux cinq sens, notre " tente de chair " selon Paul, gnostique et véritable fondateur du christianisme, il est le pur produit des constellations de l'univers : des mélanges d'éthers et de matière de notre monde chuté, monde des opposés, de la colère, monde centripète et fermé sur lui-même tant dans ses aspects visibles qu'invisibles.

Aussi, est-il illusoire de rechercher le salut par de soi-disant bonnes actions dans ce monde faussé par un équilibre instable. Inutile aussi d'espérer le salut dans l'au-delà : ce n'est qu'un miroir du monde visible, la sphère réflectrice cadenassée par les archontes et les éons de la chute qui retiennent l'humanité prisonnière dans les rets de l'illusion des cinq sens. En fait, comme l'assurent les évangiles, " Il n'est de bien qu'en Dieu seul. "

Voici comment s'exprime la dimension morale de cette cosmogonie dans le Corpus Hermeticum attribué au sage Hermès Trismégiste :

" Chez les hommes, Asclépios, le Bien n'existe que de nom et nulle part en tant que réalité : ce qui est d'ailleurs impossible. Car le Bien n'a pas de place dans un corps matériel en proie de tous côtés aux tourments, aux tensions insupportables, aux douleurs et aux désirs, aux instincts, aux erreurs et aux perceptions des sens. "

Le texte ajoute, catégorique et pour bien stigmatiser la réalité des deux ordres de nature : " Le Beau et le Bien ne se trouvent pas en ceux qui sont dans le monde " compris comme l'ordre de nature enténébré de l'ici-bas et de l'au-delà. Hermès Trismégiste explique encore : " … Je remercie Dieu de ce qu'il a révélé à ma conscience sur la connaissance du Bien, qu'il est impossible de le trouver dans le monde. Car le monde est empli de la plénitude du mal, comme Dieu de la plénitude du Bien, ou le Bien de la plénitude de Dieu. " Ces derniers mots se rapportant clairement à la vision dualiste du monde et notamment à l'ordre originel de la surnature, du " Royaume qui n'est pas de ce monde " ainsi qu'en témoignait Jésus.

C'est pourquoi jésus affirmait : " Nul n'est bon, pas même moi. " Il entendait par-là, que selon sa personnalité issue de son être de chair et de sang, pur produit de la nature, ne peut ressortir aucune bonté véritable car elle est le résultat d'un monde biaisé, d'un champ magnétique impie. Le seul espoir provient uniquement du fait qu'il est possible de regagner le monde de l'unique bien, le monde du Père, du dieu bon : l'ordre de nature divin qui est d'une toute autre dimension et dont la chair et le sang ne peuvent hériter.

Jésus Christ et tous les envoyés de la Lumière rétabliraient cette liaison avec le Monde du Père. Tout d'abord, ils démasquent les mensonges et les manipulations liés aux conceptions humaines du bien et du mal. Puis par un processus dont ils délivrent l'enseignement à tous ceux qui le recherchent vraiment, ils permettent d'en franchir l'écran de fumée pour se relier à nouveau au monde de la surnature.

Par delà le bien et le mal, par delà les illusions et le miroir aux alouettes de l'au-delà, attirer et incarner progressivement les éthers nouveaux, les forces du Royaume du Père pour accélérer le sauvetage du monde et de l'humanité.

Le Corpus Hermeticum d'Hermès Trismégiste posant comme vérité que " Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ", étudions maintenant comment cet axiome alchimique si souvent répété, comment cette cosmogonie des deux ordres de nature antagonistes se retrouve en l'être humain.

Les deux mondes en l'homme : dimension intérieure de la question du divin, du bien et du mal

Hermès affirme que " De toute la création, seul l'homme est double " : mortel par sa chair et son corps physique mais dont le noyau spirituel est immortel. Raison pour laquelle les humains se sentiraient tiraillés entre les deux natures.

S'ils ont reconnu les beautés de la nature, les gnostiques auraient aussi démasqué le fait que l'humanité tourne en rond et qu'elle ne peut rien établir de durable et définitif dans ce monde. Ils doivent encore revenir de l'inanité de la vision du bien ici bas. Certes, altruisme, humanitarisme, amour humain sont indispensables au respect de soi comme des autres, à la vie en groupe, à la cohésion des sociétés ! Mais ils ne suffisent pas et se changent bien souvent en leur contraire. En effet, ils restent le fruit des humains qui sont eux-mêmes les produits du monde des opposés, des fils et des filles du mélange. C'est la raison pour laquelle on peut lire dans le Corpus Herméticum d'Hermès Trimégiste :

" Quant à l'homme, il arrive à des normes de bonté par comparaison au mal. Car ce qui n'est pas trop mauvais ici-bas vaut comme bon, et ce qui est jugé bon est un moindre mal. Il est donc impossible que le bien ici-bas ne soit pas entaché de mal.

Le bien ici-bas est toujours touché par le mal et cesse donc d'être le bien. C'est ainsi que le bien dégénère en mal. "

En effet, qui osera affirmer être prêt à répéter sans trêve des bonnes actions à chaque moment de sa vie ? D'autre part, ces bonnes actions changent-elles radicalement le cours de la vie de ceux qui les font et de ceux qui en bénéficient ? Ont-elles changé radicalement la face du monde ? Connaît-il moins de souffrances ? Ce qui est l'incarnation du bien pour l'un n'est-il pas le mal absolu pour l'autre ? Combien de peuples envahis et colonisés, souffrant au nom du bien du plus fort ? Et bien souvent, les héros reconnaissent que leurs actes de bravoure ont plus été provoqués par la peur et la détresse que par l'amour et l'altruisme…

Ainsi, comment se fait-il que les hommes ne puissent installer sur terre le Bien absolu ?

Parce que, tout comme le monde avec son ordre de nature du Royaume du Père et l'ordre de nature de la chute, matériel et invisible avec son domaine des morts dans la sphère astrale réflectrice, l'homme lui aussi est double. Pour les gnostiques, l'homme possède un noyau divin mais il reste latent pour se trouver enkysté dans une personnalité, une tente de chair aux aspects matériels et subtils. Ainsi, le corps physique est-il complété, entre autres, d'un corps astral. Chaque humain est doté en fait de sa propre sphère réflectrice. Elle est une porte ouverte, notamment durant le sommeil, sur la sphère réflectrice de toute la planète dans laquelle se projettent aussi bien les certitudes que les peurs, les angoisses, les rêves, les fantasmes de toute l'humanité.

Par ces liaisons, la vision des hommes est faussée : ils ne sont pas libres. Ils sont sans cesse conditionnés, manipulés par des influences invisibles provenant de la sphère réflectrice, de ce domaine des émotions, du monde des morts où les âmes les plus impies cherchent à se maintenir coûte que coûte dans un ersatz de vie au détriment des humains considérés comme des réservoirs d'énergie : ils les vampiriseraient grâce au pillage de leurs fluides émis par le système nerveux.

Les gnostiques assurent qu'il est ainsi impossible aux humains, sur la base unique de l'ego, de la personnalité moi résultant de ces mélanges, de démêler le bon grain de l'ivraie. Influencé par le monde astral de la sphère réflectrice, il est impossible de découvrir le Bien absolu, la vérité unique.

C'est pourquoi les évangiles répètent que " La chair et le sang ne peuvent hériter le Royaume " ; que " Le Royaume n'est pas de ce monde. " Pour le retrouver, le chercheur doit s'envisager comme un microcosme, un minutus mundus, la réduction en petit du macrocosme comprenant les deux ordres de nature : celui du Bien absolu et celui du monde de la chute dont proviennent nos personnalités.

C'est seulement à partir de cette nouvelle vision de lui-même que le chercheur véritable pourra accepter comme Jésus au bord du Jourdain, le baptême du Feu qui n'est pas de ce monde : la reconnaissance d'une tout autre dimension dont la semence christique le pousse à chercher la vérité et ne demande qu'à l'éveiller. Ainsi il pourra entreprendre sa "Via de la Rosa", accomplir ses douze travaux d'Hercule, son processus de Transfiguration sur la base intérieure de toutes nouvelles exigences et lois provenant de la Surnature.

En effet, une cosmogonie qui séparerait absolument la dimension du Bien absolu, celle du Dieu de perfection, et notre monde enténébré n'aurait aucune valeur : notre univers de l'espace-temps ne serait que chaos. Or, selon les gnostiques, il ne serait qu'une goutte d'eau dans la création divine. Ainsi, sa colère se trouve-t-elle contenue.

Comme le rappelle la Parabole du Fils prodigue, c'est à l'homme, le fils prodigue tombé dans la drêche des pourceaux, qu'il a été offert la possibilité d'un retour à la Maison du Père en devenant, de son vivant, consciemment, une passerelle entre les deux mondes puis un travailleur du vignoble. Car, " souvenez-vous, vous êtes le sel de la terre " est-il expliqué à ceux que la vie laisse insatisfaits et qui se sont engagés dans le processus de cette transfiguration dont parlait Paul. Cette cosmogonie se trouve donc résumée en l'homme et doit déboucher sur un tout nouveau comportement pour le sauvetage du monde et de l'humanité : le rachat des ténèbres par la Lumière comme nous allons l'aborder dans la dernière partie.

Dimension éthique du problème : Dieu et la question du bien et du mal

Dans ce monde où nous vivons, il n'est pas rare de voir des hommes s'entretuer au nom du seul Dieu bon qu'ils honorent et prient dans divers lieux saints. Ainsi, " Dieu avec nous ", " Got mit uns ", " God save the Queen ", " God bless America "... est-il déclaré aux soldats des belligérants ; au moment de partir semer la mort, les armées sont bénies par les prêtres au nom des certitudes théologiques de chaque pays,. Les aumoniers militaires, les représentants de dieu sur terre, n'assurent-ils pas la victoire toute proche ?

Ainsi, la plus grande confusion règne-t-elle entre les notions de bien et de mal. Le bien ne serait en fait que le résultat des intérêts régissant le plus grand nombre mais non pas la vérité. Le nombre, parfois la puissance, semblent bien avoir force de loi. Répétons les paroles d'Hermès Trismégiste :

" Quant à l'homme, il arrive à des normes de bonté par comparaison au mal. Car ce qui n'est pas trop mauvais ici-bas vaut comme bon, et ce qui est jugé bon est un moindre mal. Il est donc impossible que le bien ici-bas ne soit pas entaché de mal.

Le bien ici-bas est toujours touché par le mal et cesse donc d'être le bien. C'est ainsi que le bien dégénère en mal. "

Et Jan Van Rijckenborgh, gnostique transfiguriste moderne, a t-il pu écrire dans ses commentaires de l'évangile gnostique de la Pistis Sophia, en successeur des enseignements d'Hermès :

" Toute la force-lumière que l'homme a reçue depuis sa naissance et s'efforce d'utiliser lui est volée par les éons de la nature. Et ils émettent cette force en retour sur l'humanité par leurs propres radiations. Ainsi est née une grande confusion : l'homme est égaré, il prend la lumière pour son ennemi, et son ennemi pour la lumière. "

Jan Van Rijckenborgh, Les Mystères gnostiques de la Pistis Sophia, commentaires du Livre I, chap. 45. *

Or l'erreur répétée ne saurait devenir vérité. Le mal qu'elle contient reste le mal même si une erreur est l'apanage de la grande majorité. Tout le problème réside dans le fait que l'humanité s'est perdue dans le dédale des erreurs car elle manque du discernement pour lire la Vérité dans les hiéroglyphes de la nature : comment pourrait-il, d'ailleurs, en être autrement puisque, produit de la nature, l'humanité avance à l'aveuglette, guidée par ses sens et un empirisme biaisés par cette même nature qui n'est pas régie par le Dieu de Lumière mais par un ange révolté, un démiurge inférieur qui l'éclaire de sa lumière luciférienne.

C'est pourquoi, descendraient périodiquement dans notre monde faussé des Envoyés de la vraie Lumière : Zoroastre, Lao-tseu, Hermès, Platon, Jésus Christ, Bouddha, Mani, Jacob Boehme ... Ils ramèneraient du domaine de la Stabilité éternelle l'enseignement de la Transfiguration.

Dans un premier temps, leur message, toujours le même, a pour but de nous déciller, de nous arracher à notre hypnose collective : celle de la secte de l'humanité terrienne, de six milliards d'individus qui se violentent mutuellement… Au sens gnostique, toute l'humanité constituerait bel et bien une secte, l'étymologie de ce mot venant du latin " secare ", s'être coupé du monde divin.

Les humains qui sont prêts à écouter les envoyés de la Fraternité de la Vie véritable comprennent alors dans quels circuits de pensée ils sont prisonniers, comment ils sont manipulés et quel est le remède pour sortir de ces narcoses. Petit à petit, ils réalisent qu'il ne s'agit plus de mener la politique de l'autruche car bien et mal relatifs de cette nature sont démasqués, le bien de ce monde n'étant finalement qu'un moindre mal… Il ne serait plus question de fuir la réalité des enjeux d'une vie, de se montrer irresponsable ou de vouloir faire le vide : toutes tentations du néant qui ouvrent tout grand une porte sur la folie humaine en symbiose avec la sphère réflectrice qu'elle alimente.

L'adepte du christocentrisme, celui qui place le Christ au centre de sa vie, à nouveau nourri par la force christique du domaine de la surnature, a enfin compris qu'un combat doit être livré en lui-même. Il sait en effet qu'il est un résumé du monde qui l'entoure, qu'il ne peut pas se couper du mal et se gausser d'une supériorité d'initié : il sait que le mal le traverse de part en part et qu'il l'alimente ; que le mal extérieur n'est qu'un reflet de son comportement erroné, de ses mauvaises pensées, des jugements orgueilleux et des critiques qui émanent de lui comme du commun des mortels. Il sait qu'une guerre qui éclate est le résultat d'un karma plus ou moins lointain ou, la condensation sous forme de nuage électromagnétique orageux d'une multitude de tensions haineuses qui se matérialisent finalement et éclatent violemment. Il a reconnu qu'il est illusoire de vouloir changer les autres et ne perd plus son temps à chercher à retirer la paille dans l'œil du voisin alors que son propre regard est obscurci par les énormes poutres de son éducation, de son propre karma, de son hérédité et de ses préjugés. Il aurait pris conscience qu'il doit se vaincre lui même et aurait fait siennes les paroles de Lao Tseu qui déclare dans le Tao Te King :

" Grand est celui dont l'armée réussit à vaincre une ville. Mais plus grand encore celui qui se vainc lui-même. "

Le gnostique chrétien, l'adepte du christianisme originel, engagerait tout son être pour une renaissance d'Eau et d'Esprit car, comme l'assurait Jésus : " On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres. Si vous ne renaissez d'Eau et d'Esprit, vous n'entrerez pas dans le Royaume. " Il se sait ainsi co-responsable du destin de toute l'humanité et choisit dans la joie de la possibilité de son sauvetage, le sacrifice de sa personnalité terrestre pour la dispensation de l'amour divin à travers son être car : " Il faut qu'il croisse et que je diminue ; le Seigneur en moi doit croître et je dois diminuer."

Les douze commandements intégrés, sans vouloir abolir un iota de la loi mais pour l'accomplir sur la base du Sermon sur la Montagne, le but du gnostique chrétien est de rétablir la liaison avec le champ magnétique divin. Elle offrirait ainsi au candidat l'Eau vive et le vin nouveau de l'Esprit.

En lui conférant un nouveau prana, elle nourrit sa semence christique, sa Rose du cœur avec les éthers du domaine originel. Elle amène progressivement à une purification totale de ses pensées et à un tout nouveau comportement pour une transmutation de son corps physique. Pour que le plomb se transforme en or alchimique ; que l'homme matière devienne un homme lumière. Puis, en se reliant de son vivant au Royaume du Père, de plus en plus consciemment et durablement, le gnostique chrétien passerait de la transmutation à la transfiguration : il s'arracherait au champ magnétique terrestre pour incarner ici-bas les possibilités salvatrices pour toute l'humanité ; les rayonnements du champ magnétique du Royaume originel. Ce candidat, ou cette candidate, deviendrait ainsi en conscience un homme Christ, une femme Christ.

Il quitterait de son vivant son statut naturel d'homme du mélange et deviendrait un parfait : un homme de Lumière, une tour de l'Olympe. Le gnostique chrétien serait alors dans ce monde mais ne serait plus de ce monde pour avoir laissé Christ se déployer et pour l'avoir aidée à rompre toutes les attaches magnétiques qui en faisaient un esclave du monde de la chute. Dans la société du pays dans lequel il vit et qu'il sert de son mieux, dans sa profession et son foyer, dans sa vie de tous les jours, cet ancien homme matière est devenu le porteur conscient de l'Homme Lumière : sans le combattre, ce qui ne ferait que l'alimenter, il laisse le mal mourir de sa belle mort. Alors il incarnerait et dispenserait pour tous les forces de l'unique Bien.

 

Jan Van Rijckenborgh, Les Mystères gnostiques de la Pistis Sophia, commentaires du Livre I, chap. 45, éditions du Septénaire.*

Sources : Cercle Ernest Renan

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans GNOSE
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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 00:12

La Gnose et les Gnostiques

Un christianisme différent

par Pierre Dane

La Gnose est née avant l'ère chrétienne chez les Juifs. Cette gnose dérivait de l¹Apocalyptique, laquelle était une révélation des secrets du monde céleste, de ses sphères, de ses émanations et de ses anges. Aussi, dès la mort de Jésus, les judéo-chrétiens cultivèrent-ils ces mêmes secrets. Il ne faut donc pas s'étonner qu'il y eut, à leur suite, une gnose spécifiquement chrétienne, un besoin d¹expliquer le monde divin avec la participation du Christ .

S'il me faut définir très schématiquement la Gnose chrétienne, du moins dans ses rapports avec le Christianisme naissant, je dirai que c'est un mouvement de penseurs chrétiens lesquels n'ont pu admettre que le sauveur Jésus-Christ soit le fils du Dieu de lAncien Testament, auteur du monde mauvais. Si ces Chrétiens ont pu prendre des positions gnostiques, c¹est en se posant les questions suivantes :

- Pourquoi Yahvé, que l'on dit tout puissant et omniscient, a-t-il pu créer un monde tellement mauvais qu'il soit obligé de le détruire pour sauver juste un petit nombre d¹élus ?

- Pourquoi a-t-il eu besoin, pour cela, d'envoyer son fils se faire crucifier, sinon parce qu'il n'était pas assez puissant lui-même pour effacer d'un trait le péché originel ?

- Et pourquoi n'a-t-il pas empêché que se produise ce péché, s'il était vraiment omniscient ?

- Et, dans ce cas, il n'est pas le vrai Dieu, même s¹il a voulu le paraître aux yeux des hommes .

Les gnostiques ont alors repensé le cas du salut en imaginant un autre dieu, transcendant et bon, qui délivrerait l'homme de sa dépendance du Dieu hébraïque. Mais, ce faisant, ils fâchèrent les chrétiens.

Voici les points qui les opposent :

Selon le Christianisme :

Le Dieu des Chrétiens est celui de l'Ancien Testament vivant sur une montagne. Il est le créateur de tout l'univers et de toutes les créatures. C'est un dieu jaloux, punisseur et sanguinaire.

Selon le Gnosticisme :

Yahvé a seulement créé le monde inférieur.

Le dieu des gnostiques est transcendant, inconnaissable, immensément bon, vivant dans le Plérôme. De lui émanent les esprits (éons ou anges).

Selon le Christianisme :

Il crée l'homme avec de la matière et lui interdit la connaissance.

Selon le Gnosticisme :

Le Démiurge fige l'homme dans la matière mais une étincelle du Plérôme s'y est mêlée.

Selon le Christianisme :

Le serpent mauvais conseiller permet à l'homme d'acquérir le savoir...en désobéissant.

Selon le Gnosticisme :

Le serpent est un bon conseiller. Des gnostiques lui accorderont un culte.

Selon le Christianisme :

La désobéissance entraîne la chute originelle.

Selon le Gnosticisme :

La chute est étrangère à l'homme. Il N'A PAS COMMIS DE FAUTE !

Selon le Christianisme :

L'homme est puni et exilé sur la terre ingrate.

Selon le Gnosticisme :

C'est un dysfonctionnement dans le Plérôme qui a exilé l'homme sur la terre.

Selon le Christianisme :

L'homme se culpabilise il s'accuse de la faute.

Selon le Gnosticisme :

L'homme n¹est pas coupable.

IL n'a pas besoin de Rédemption.

Selon le Christianisme :

Il doit faire pénitence pour mériter le ciel.

Selon le Gnosticisme :

Il mérite le ciel s¹il est pneumatique, c'est-à-dire s'il possède l'Esprit.

Selon le Christianisme :

Dieu a engendré le Sauveur dans le sein de Marie.

Selon le Gnosticisme :

J.-C. ne peut être le fils du Dieu mauvais, ni de Marie.

Selon le Christianisme :

Le Sauveur est homme. Il sera crucifié.

Selon le Gnosticisme :

Le Sauveur est une émanation, il est incorporel.

Selon le Christianisme :

Jésus a souffert en expiation de la faute.

Selon le Gnosticisme :

Ni sacrifice, ni souffrance, ni expiation.

 

Sources : Cercle Ernest Renan

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13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 23:08

Le Sablier

ou

La frontière du visible et de l'invisible

par Marcos Drake

 

 

 

Au seuil du sanctuaire de l’initiation, le futur initié sera confronté à une première allégorie, celle d’ISIS lui révélant son premier secret : «Aucun mortel ne m'a jamais ôté mon voile». Le futur initié comprendra alors qu’il lui faut soulever le voile d’Isis afin d’avoir accès à ses mystères ; ainsi suite à cette première révélation, il gravira la première des trois marches qui se trouve au seuil du temple, ce qui fera de lui un initié.
Le nouvel initié sera alors confronté à une deuxième allégorie, celle du VOILE qui recouvre la belle Isis. Il apprendra comment Isis, la Déesse mystérieuse, a fait sien le secret de tout les secrets, comment après le meurtre d’Osiris, elle lui redonna la vie. Alors au fond de lui, une petite étincelle prendra racine… Isis représente en réalité un être immortel, possédant le secret de la vie et de la mort, voilà le grand mystère, celui de la mort. Le voile représente aussi le linceul, qu’il faut soulever pour connaître le monde des morts, mourir pour renaître à nouveau. Alors l’initié gravira la seconde marche de l’initiation, ce qui fera de lui un adepte, il sera alors invité à soulever le voile de la Déesse et à gravir la troisième marche, car à cet instant il accepte de mourir  à son ancienne forme, afin de renaître sous la forme d’un fils du feu, maître roi possédant les secrets de la connaissance et de l’immortalité.
La mort apparaît donc sous la forme du grand mystère qu’il nous faut comprendre et connaître, et le sablier qui désigne traditionnellement l’écoulement du temps, qui nous conduit immanquablement à l’heure de notre mort, est un symbole qui y est étroitement lié.
Le sablier sur le plan strictement matériel, représente en premier lieu le temps et son écoulement, matériellement symbolisé par le sable qui s’écoule d’une fiole à l’autre, ces deux fioles sont très importantes car elles représentent un aspect du temps très important. En effet, depuis la nuit des temps l’homme a toujours cherché à comprendre le temps pour le maîtriser, la première manifestation naturelle qu’il en eut, fut l’alternance du jour et de la nuit, qu’il utilisa comme premier repère, il associa donc le temps au passage de la lumière aux ténèbres et des ténèbres à la lumière. Cette vision du temps permit aux hommes de comprendre que ce phénomène était régulier et qu’ils ne pouvaient rien contre. Ainsi les alternances du sable, allant successivement d’une fiole à l’autre, font du sablier un instrument qui se rapproche parfaitement de cette première vision qu’avaient les anciens du temps qui s’écoule et qu’on ne peux arrêter.
Mais le sablier de par sa forme nous apprend encore autre chose.
Le sable qui s’écoule d’une fiole à l’autre est bien sûr le symbole du temps, mais celui-ci s’écoule dans un espace bien défini,  matérialisation parfaite dans un objet, de l’espace-temps.
L’espace est ici figuré par les deux fioles, et le temps par le sable qui s’écoule. L’espace est scientifiquement défini comme possédant trois dimensions que l’homme peut percevoir, la longueur, la largeur et la hauteur, souvent assimilée à l’épaisseur.
L’espace-temps est ainsi, d’un point de vue strictement matériel, parfaitement représenté par le sablier. L’homme est incapable de dissocier le temps de l’espace, et cherche continuellement à les vaincre, et  pour ce faire il utilise des moyens strictement matériels, ce qui est une grave erreur.
L’ univers dans lequel nous vivons ne peut être totalement défini au travers des trois dimensions scientifiques purement matérielle, et c’est là que rentre en compte la dimension spirituelle que possède l’homme, qui est indépendante et au-delà des contraintes de l’espace-temps.
Ainsi, le sablier représente d’un point de vue matériel le temps qui s’écoule et qui nous rapproche de notre mort, ce qui fait que ce symbole est souvent associé à la mort et représenté sur les tombes dans de nombreux cimetières, lié à l’ange de la mort.
D’un point de vue ésotérique, le sablier prend une signification qui transcende la vision purement matérialiste de ce symbole.
Lorsque dans une imperturbable concentration, j’observe un sablier, la vision du sable qui lentement s’écoule d’une fiole à l’autre me laisse toujours la sensation d’une chute, cette chute de l’homme archétype qui fut ainsi privé des ses prérogatives primordiales dont les plus grandes étaient la connaissance et l’immortalité, il devint de par cette chute un mortel soumit à la loi du temps, symbolisé par ce même sablier.
Mais voilà, de la même façon qu’on inverse le sens du sablier une fois le dernier grain de sable tombé, celui-ci nous indique la voie à suivre afin de renaître à nouveau après notre mort  pour que nous puissions réintégrer le paradis perdu.
Le sablier est un des attributs du dieu  grec Cronos, fils d'
Ouranos et de Gaïa et père de Zeus, Cronos a souvent été assimilé au dieu du temps, l’erreur provient du fait qu’en grec chronos avec un « h » veut dire temps et que lors de la transmission orale des traditions un amalgame c’est produit.
La légende de Cronos raconte que celui-ci émascula son père Ouranos et régna à sa place, puisque par crainte qu’un de ses enfants ne lui fasse subir le même sort, il les dévora tous à la naissance. Le dieu Zeus échappa à ce triste sort avec l’aide de sa mère Rhéa qui utilisa un subterfuge afin de tromper Cronos. Après une longue bataille que se livreront les deux générations, Zeus l’emportera et régnera à la place de Cronos.
Saturne est l'équivalent romain du dieu grec Cronos, et sa légende est identique à celui-ci, il dévore également ses enfants de peur d’être un jour détrôné, ce qui lui arrivera finalement, lorsque sa femme Cybèle accoucha du petit Jupiter elle présenta à Saturne une pierre au lieu du nouveau-né, celui-ci ne déjoue pas la ruse et mange la pierre, plus tard Jupiter devenu grand, affronte Saturne et remporte le combat, ainsi Jupiter finit par régner.
Saturne a également comme attribut le sablier, car en tant que dieu il est le symbole d’une fin et d’un début, de la succession d’un règne comme des saisons.
Il est souvent assimilé au dieu du temps.
En tant qu’astre, Saturne est la dernière planète visible à l’œil nu de notre système solaire, comme le sablier, elle est à la frontière du visible et de l’invisible et les anciens la considérait comme la porte des Dieux, donnant accès à la transformation de l’homme ancien en homme nouveau et régénéré.
La planète Saturne est à l’opposé du Soleil, car là où le Soleil représente la vie, Saturne en représente la fin.
Lorsque l’impétrant rentre pour la première fois dans le cabinet de réflexion, il se trouve confronté à plusieurs symboles dont celui du Sablier, celui-ci est là pour faire savoir au futur apprenti que la route et longue et que ce n’est que le premier pas qu’il vient d’accomplir sur le chemin d’une nouvelle vie qui jusqu’au jour de sa mort devra être riche en expériences, le sablier est là aussi comme symbole du temps, celui de la patience et de la rigueur qu’il devra faire preuve sur le chemin de l’initiation.
Mais il ne faut pas oublier que le cabinet de réflexion représente également la caverne alchimique, et que tous les symboles qui s’y trouvent possèdent un message alchimique important qu’il ne faudrait surtout pas négliger.
Nous avons vu plus haut que le sablier correspondait à Saturne, en alchimie Saturne a pour métal le plomb, mystère central de l’alchimie, qui cherche la transmutation du plomb en or.
Dans le cabinet de réflexion le plomb (sablier) symbolise le futur apprenti qui par l’action de la putréfaction, symbolisé par Saturne qui mange ses enfants, doit se changer en or, représenté par le coq qui est un symbole solaire, le Soleil a pour métal, en alchimie, l’or.
Le futur apprenti  doit mourir à son état vil de profane, image du plomb, afin de renaître à la vie spirituelle symbolisée par l’or, lumière dorée du monde initiatique.
Ainsi le sablier est le symbole de l’aspect matériel qu’il nous faut transcender pour atteindre l’état de perfection de l’homme primordial.

Sources : Le site de Marcos Drake

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13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 21:17

Le cabinet de réflexion ou la caverne alchimique

par Markos Drake

 

 

Le profane qui demande a être initié aux mystères de la Franc-Maçonnerie peut il imaginer ce qui l’attend et les épreuves que celui-ci devra surmonter afin de recevoir la lumière ? Non, mais son instinct lui laisse entrevoir un « changement », une « transmutation » qui se prépare au plus profond de lui. Le chemin qu’il vient de prendre c’est celui de l’Initiation, du latin Initiare qui veut dire commencer, car c’est bien une quête initiatique que celui-ci vient d’entreprendre. Pourquoi cherche t-il à être Initié ? Peut être que son inconscient, fil conducteur de la plupart de ses actions, au travers d’un imperceptible murmure, que seul celui qui écoute avec son cœur peut espérer entendre, lui a révélé le but ultime de l’ « Homme » : la PURIFICATION. En effet, l’Initiation c’est la purification, purification de l’ « Homme Cosmique » qui après le drame de la Chute édénique, entraînant sa propre destruction, cherche à se régénérer afin de réintégrer le paradis perdu. La première épreuve que le profane vivra pour entrer en Franc-Maçonnerie sera celle du cabinet de réflexion, nom étrange qui cache une pratique bien plus ancienne que la Maçonnerie elle-même. Le cabinet de réflexion est à mon sens, une des épreuves la plus importante sur le chemin de l’Initiation, car c’est en son sein qu’il faudra « procéder à une sorte de décrassement intellectuel et moral ayant pour but de débarrasser l’esprit de tout ce qui empêche la lumière de parvenir jusqu’à lui » (1)

Le cabinet de réflexion utilise le langage universel de la symbolique, afin de faire vivre au profane sa première épreuve, qui est celle de la terre. Il est écrit quelque part dans la bible « tu es sorti nu du ventre de ta mère et tu retourneras nu dans le ventre de la terre. Tu n’emporteras rien en mourant, tu n’emporteras pas tes richesses avec toi », et en effet, avant que le profane ne rentre dans le cabinet de réflexion, on lui demande de ce défaire de son argent et de déposer tous ses objets métalliques. A l’intérieur du cabinet de réflexion, le profane découvrira plusieurs symboles évoquant la mort, puis le postulant est invité à rédiger son « testament philosophique » car à cette instant précis il va mourir à sa vie profane, mais avant de renaître et de vivre pleinement sa seconde naissance, il se doit de faire un bilan et de répondre par écrit à trois questions :

Quels sont les devoirs de l’homme envers lui-même ?

Quels sont les devoirs de l’homme envers Dieu ?

Quels sont les devoirs de l’homme envers l’humanité ?

Dans cette étroit cabinet de réflexion, aux murs peints en noir, dont la seule source lumineuse se trouve être une simple bougie dont la flamme vacille lentement, le profane, une fois que le bandeau lui est retiré, se trouve rapidement confronté aux nombreux symboles et inscriptions qui l’entourent. Puis peu à peu, il découvre un autre symbole, dont aucun support matériel ne peut exprimer la présence et qui pourtant est le plus important des symboles : le SILENCE. Il est dit que « quand se taisent les bruyantes passions du monde, le cherchant peut enfin écouter », ainsi le profane est invité à faire le silence, afin qu’il puisse écouter au plus profond de lui-même les paroles de sagesse que lui inspire son cœur. Le cabinet de réflexion est comme une caverne alchimique où se déroule un rite de purification, une matrice dans laquelle notre être renaîtra purifié, c’est un lieu où, si nous y passions plusieurs jours, nous pourrions y atteindre l’illumination intérieure. Lorsque le profane aura fait le silence sur les passions du monde qui l’entoure, et que par un savant contrôle de sa respiration il aura atteint une tranquille méditation, alors il commencera à devenir sensible aux messages qui l’entourent. Face à lui, une inscription énigmatique l’invite à un voyage au plus profond de lui-même, et sans même le savoir il s’y prêtera, guidé dans sa démarche par le rythme du silence. V.I.T.R.I.O.L, énigme indéchiffrable, dont le profane ne comprendra intellectuellement le sens que bien plus tard, mais à cet instant précis, lorsqu’il se trouve dans l’œuf primordial, caverne alchimique aux pouvoirs de transmutations infinie, son inconscient n’aura aucune peine a comprendre cette inscription dont la valeur alchimique ne fait plus aucun doute. Les sept initiales, V.I.T.R.I.O.L, sont la révélation de l’opération du Grand Œuvre, aide-mémoire indispensable au profane, comme à l’Initié, car il révèle le processus alchimique de la transmutation de l’être comme des métaux. V.I.T.R.I.O.L, septénaire mystérieux dont le sens dévoilé révèle une parfaite connaissance des processus qui mène à l’éveil, « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem » : « Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». Cette pierre que le profane doit trouver n’est autre que la pierre philosophale des alchimistes, et celle-ci se trouve au plus profond de chacun d’entre nous, elle ne se dévoile qu’à ceux qui par un travail intérieur sincère, sont arrivés au parfait équilibre pour ne faire qu’un : "Omnia ab uno, omnia ad unum", "Tout procède de l’Unité, tout tend vers l’Unité". Le ternaire alchimique est également présent, car indispensable au processus alchimique de formation de la pierre philosophale. Le Sel, le Souffre, et le Mercure exprime ensemble le véritable équilibre, auquel le profane doit tendre afin de se régénérer. Le Souffre représente l’énergie expansive, principe actif masculin et le Mercure représente l’énergie attractive, principe passif féminin, tandis que le Sel qui résulte de l’action du Soufre sur le Mercure, est neutre, résulta des deux principes, il est donc l’agent équilibrant, comme l’exprime avec perfection son symbole, un cercle divisé en deux par une diagonale qui le traverse, image parfaite de l’équilibre. Le sablier qui se trouve posé devant le profane, est un attribut de Saturne, il symbolise le temps, il représente sur le plan matériel, donc terrestre, le temps qui s’écoule et qu’on ne peut inexorablement pas arrêter, chaque grain de sable qui tombe nous rapprochant irréversiblement du jour de notre mort. Le sablier représente encore autre chose, qui pour le profane n’est peut être pas tout de suite perceptible, ce qui n’enlève rien à sa force évocatoire, car le sablier qui a tout pouvoir sur le plan terrestre ( matériel ), n’en a aucun sur le plan astral ou cosmique. Ce qui signifie, qu’une fois l’homme libéré des chaînes matérielles du temps terrestre, il pourra enfin réintégrer le temps initial, c’est-à-dire celui du commencement, de la création, l’instant primordial d’avant la chute, là ou le péché et les servitudes n’existaient pas. Pour que ce rite de vie et de mort puisse être efficace et aboutir à la purification du profane, il lui faut encore un puissant symbole, un « témoin » psychique permettant de relier les vivants aux morts, un lien puissant exprimant la chaîne ininterrompue entre les Maîtres passés à l’Orient Eternel et le profane qui aspire à reprendre le flambeau en devenant Franc-Maçon à son tour. Ce « témoin » psychique est un véritable crâne humain posé près du profane, et devant lui se trouve écrit ces mots : « J’étais ce que tu es, tu seras ce que je suis ! », des mots lourds de significations. Ce crâne, réceptacle des forces supérieures, transmettra alors un dernier message au profane, comme le faisaient autre fois les têtes de morts parlantes qui enseignaient aux vivants. Elle lui dira : Ce que tu vas voir, je l’ai déjà vu ; ce que tu vas vivre, je l’ai déjà vécu ; ce que tu vas entendre, je l’ai déjà entendu, je suis « la réalité telle qu’elle apparaît dépouillée de son décor sensible ; la vérité brutale, privée du voile des illusions », (O. Wirth) alors courage et bonne route ! Mais dans cette demeure alchimique, le crâne possède encore un autre secret, qui n’apparaît qu’au moment délicat de la sublimation alchimique, c’est celui du Caput mortem, lorsqu’il faut couper la tête, Caput mortem, afin de voir apparaître le cygne blanc, thème alchimique de la putréfaction. Mourir pour renaître à nouveau, c’est une loi universelle : "En vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruits" (Jean 12 : 24). Puis le profane, qui peu à peu sortira de sa profonde méditation, lèvera les yeux vers le Coq, symbole solaire qui lui annoncera la fin de sa nuit éternelle, et le triomphe prochain de la lumière sur les ténèbres.

1)Oswald Wirth- L’apprenti. (2)Bible

Sources : Le site de Marcos Drake

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13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 19:57

Le Sphynx égyptiaque

par Marcos Drake

 

Tête humaine, poitrine de femme, flancs de taureau, griffes de lion et ailes d’aigle, cet animal fabuleux a pour nom Sphinx égyptiaque. Pour le non Initié cet animal est un mystère, et en effet le Sphinx est le gardien des mystères, ce indépendamment de la culture dont il provient. La légende Grecque raconte que ce "monstre" exerçait ses ravages aux portes de Thébes, sur le mont Phicée, d’où se jetant sur les passants il leur proposait des énigmes difficiles, mettant en pièces ceux qui ne pouvaient y répondre. De cette légende, l’Initié comprendra que ce n’est qu’une métaphore dont il devra extraire le sens profond. Le Sphinx se trouve aux Portes, de quelles portes s’agit-il ? L’Initié verra, selon l’expression de William Blake, « les Portes de la perception », ou bien encore les portes du Temple de la Tradition primordiale, source de toutes connaissances, dont le Sphinx se trouve être le gardien. Qui sont ces "Passant" qui se présentent aux Portes, si ce n’est des profanes qui cherchent à être initiés, et c’est là que nous avons la preuve que tout le monde n’est pas initiable, car ceux qui ne peuvent répondre à l’énigme posée par le Gardien se voient réduit en pièces par celui-ci.

Quelle était l’énigme posée par le Sphinx à ceux qui osaient se présenter devant lui ?

La voici :

« Quel est l’animal qui a quatre pieds le matin, deux sur le midi, et trois le soir ? »

La réponse est l’Homme, car dans son enfance, qui est le matin de la vie, celui-ci se traîne à l’aide de ses pieds et de ses mains, puis dans la force de l’âge, qui est son midi, il n’a besoin que de ses deux jambes, et enfin dans la vieillesse, représenté pas le soir, il a besoin d’un bâton, comme d’une troisième jambe pour se soutenir. L’Initié devra voir dans cette énigme et dans sa réponse, la clef indispensable pour accéder à l’Initiation, car avant d’être Franc-maçon, Rose Croix, Bouddhiste, Martiniste ou autre, il faut être "HOMME" !

Et c’est là que nous pouvons tous nous poser cette question :

Est-il si facile d’être "HOMME" ?

Je ne répondrai pas ici à cette question, car je vous laisse le soin d’y penser, et que celle-ci mériterait un autre travail. L’Initié aux mystères verra encore dans le symbole du Sphinx égyptiaque d’autres indices qui le guideront sur le chemin de l’Illumination. Ainsi, il comprendra que la tête humaine du Sphinx signifie : intelligence et savoir ; que ses griffes signifient : audace et action ; ses flancs signifient : volonté, persévérance et labeur ; ses ailes repliées signifient : le silence.

C’est de là que vient le quaternaire des Mages :

« Savoir, oser, vouloir, se taire. »

Ainsi que les cinq lois de la Magie de Zoroastre :

« Savoir-Audace-Volonté-Pouvoir-Silence »

L’Initié trouvera également dans le Sphinx égyptiaque les quatre éléments l’invitant à un voyage alchimique :

Le feu représenté par les griffes du lion.

L’eau représentée par les seins de la femme.

La terre représentée par les flancs du taureau.

L’air représenté par les ailes de l’aigle.

L’on peut parfois voir le Sphinx brandissant une épée, celle-ci est un symbole de pouvoir, elle est le lien au travers duquel s’exprime la puissance divine, dans l’Apocalypse de St Jean, on voit une épée sortant de la bouche du Christ (I,16) symbolisant la force invincible de la vérité divine qui descend du ciel comme un éclair. Le Sphinx en brandissant l’épée avertit également l’imprudent qui ose se présenter à lui sans être prêt, du sort qui l’attend. Mais pour l’Initié, cette épée est le symbole du pouvoir divin qui lui sera transmis lors de l’Initiation. Le Boddhisattva qui est la manifestation du Bouddha renonçant à entrer dans le Nirvana, tant que tout les hommes ne seront pas sauvés de l’empire des ténèbres, porte également une épée flamboyante destinée à trancher le royaume de l’obscurité.

Ainsi, le Sphinx représente « la lumière astrale et ses propriétés » et symbolise ainsi l’énigme que l’humanité doit résoudre pour découvrir le sens de son existence.

Sources : Ezzocult

Posté par Adriana Evangelizt

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13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 17:26

Je ne suis pas d'accord avec certains points de vue de Jean Lechaczinsky mais un texte à lire pour la "soumission" et la "repentance"... et pour la Rebelle insoumise que je suis, ces mots n'ont jamais fait partie ni de mon vocabulaire ni de ma vie. Ce qui me valut, bien sûr, de nombreux avatars dans une sociéré balisée par des codes moraux astreignants, des lois parfois stupides ou même iniques et des commandements édictés par ceux-là même qui nous élèvent et pensent posséder la science infuse. Le Rebelle finalement n'obéit qu'à son Âme et à sa conscience...

LE JOUG DE LA REPENTANCE


par Jean LECHACZINSKY

 

 

Ce texte, " coup de gueule ", extrait d’une réflexion approfondie de Jean Lechaczinsky  correspond à une facette souvent négligée des comportements internationaux.

Mea culpa, mea maxima culpa … C'est ma faute, c'est ma très grande faute… Respectable et purificatrice contrition ou acte d'allégeance, de soumission à l'autorité à laquelle cette culpabilité est déclarée ?

Coupable, on l’est toujours par rapport à un système de valeur dont quelqu'un est le dépositaire. Le procédé est vieux comme le monde, le fautif, le coupable qui avoue ses fautes, ses turpitudes, devient presque automatiquement un soumis, un dominé. Les états, les églises, les institutions ont compris cela depuis longtemps et en on fait un remarquable outil de management, de subordination, d'obéissance à l'autorité.

La culpabilité individuelle ressortit à l'artisanat alors que dans la culpabilité collective d'une communauté, on peut industrialiser le processus et nous voilà arrivé au concept de la repentance. Des millions de coupables à la fois, voilà de la productivité.

La systématisation, la mode diront certains de l'exigence de repentance qui fait florès depuis quelque temps n'est pas innocente.
La systématisation, la mode diront certains de qui fait florès depuis quelque temps

Et si, ce qui apparaît comme un désir de moralisation, n'était en fait qu'une manipulation ?

Dans notre monde où les idéologies se sont effondrées il faut bien revenir aux fondamentaux pour forger de nouveaux outils de domination, de pouvoir. Si tant est que l'exercice du pouvoir et la domination soit le propre de l'homme ce grand prédateur qui n'a de cesse dans ses actes quotidiens que de dominer, la nature comme ses semblables.
Repentance et communautarisme voilà les deux procédés par lesquels en l'absence d'idéologie crédible,
tous les révolutionnaires espèrent à l'heure actuelle battre en brèche le réformisme trop lent et timoré à leur goût : le communautarisme pour briser le consensus sociétal comme l'a analysé Gabriel Macé-Scaron dans son essai "La tentation communautaire", et la repentance, pour dominer les communautés provenant de l'éclatement de la société.

Dans les démocraties, la repentance se substitue à la force comme, outil de domination, de conquête du pouvoir.



SOUMISSION A L'AUTORITE :
Le ressort caché de la repentance



Comme toutes les espèces animales, l'espèce humaine a des caractéristiques spécifiques. Notre cerveau reptilien induit chez nous des comportements spontanés, inscrits dans nos gènes, diront certains.
Il est commun d'étudier ces comportements chez les animaux comme l'instinct de meute, celui de la dominance chez les chiens ou les loups.
Plus rare sont les études, les observations concernant l'homme et ses comportements sociaux naturels ou "inscrits dans les gènes".
Une équipe de chercheurs de l'université de Yale s'était posé la question de la soumission ou de l'obéissance à une autorité. Dirigée par Stanley Milgram, elle a procédé à une recherche très importante sur le sujet, au cours d'une période allant de 1950 à 1963.
La question qui se posait à l'époque était celle du phénomène du nazisme.
Nous sortions de la seconde guerre mondiale, et les milieux de chercheurs en psychologie sociale s’interrogeaient sur la participation du peuple germanique à une œuvre de destruction totalitaire commandité par un parti ou un dictateur.

L'édifice social a comme élément fondamental, comme ciment, l'obéissance.Un individu dans une société ne peut réagir aux exigences d'autrui que par la soumission ou la révolte.
Toute une série de protocoles ont été déroulés pour étudier l'obéissance en faisant donner des ordres à un sujet étudié, par un autre sujet appelé moniteur. Par une série d’injonctions, le moniteur infligeait sur ordre, des souffrances à un élève sans défense. Les scientifiques notaient le moment ou il y aurait soumission ou révolte du moniteur. Le recrutement s'était fait en prétextant une étude sur la mémoire. Les participants étaient recrutés par annonce moyennant une rétribution de 4 $ pour une heure de travail.
L'échantillon choisi représentait les 300 000 habitants de la ville de New Haven dont l'âge était compris entre 20 et 50 ans. L'expérimentateur et l'élève faisaient partie du personnel de l'université. Le sujet naïf étudié ou moniteur était censé étudier ou tout au moins c'est ce que l'on lui avait proposé : l'influence de la punition sur les facultés d'apprentissage.
Pour cela il disposait d’un appareil infligeant des décharges électriques dont l'amplitude  variait de 15 volts à 450 volts à un élève pour chaque erreur que celui-ci commettait dans des exercices d'association de mots.
Un tirage au sort truqué affectait le rôle de moniteur au sujet naïf ;  l'élève était un comédien ne recevant aucun choc, avec des réactions définies par avance, jusqu'à la simulation de l'évanouissement. Différents protocoles de l'expérimentation faisaient varier les paramètres de la situation étudiée : comme la proximité de l'élève par rapport au moniteur, l'état de santé de l'élève, les conditions extérieures de l'expérimentation et surtout  le niveau des décharges à appliquer à l'élève.
Résultat remarquable et tout à fait étonnant : le  pourcentage d'obéissance fut de 67% pour une décharge de 250 volts. Si elle en a reçu l’ordre d’une autorité reconnue, 67% de la population, serait capable d’infliger sans sourciller une décharge de 250 volts à un sujet défaillant.
L'équipe de Stanley Milgram a tiré des conclusions de cette expérimentation et essayé de répondre à la question fondamentale que pose ces expériences : Pourquoi l'homme est-il si obéissant ? Les réponses proposées sont diverses.
Une première explication présente la hiérarchie comme facteur de survie. Dans la meute préhominienne, dans le clan préhistorique, les hommes qui ont survécu sont ceux qui ont été capables d'obéir à un chef qui a permis de rendre plus efficace la chasse qui devait se faire en groupe pour être productive. La sélection naturelle a donné des individus ayant une potentialité d'obéissance.
D'un autre côté, des êtres autonomes ne fonctionnent dans une organisation complexe que si un facteur inhibiteur les empêche d'exprimer leurs pulsions agressives ou destructrices.
Pour agir en groupe, non indépendamment, il faut laisser le contrôle à un agent coordonnateur, l'individu est modifié.
Enfin une autre explication considère qu'un individu entrant dans un système d'autorité ne se voit plus comme l'auteur de ses actes, mais plutôt, comme l'agent exécutif des volontés d'autrui. C'est le fameux coupable, responsable, responsable mais pas coupable.
Plus près de nous un film d'Henri Verneuil avec Yves Montand, "I comme Icare" a repris une grande partie du livre que Stanley Milgram a écrit sur ses expériences et qui a été publié sous le titre  "Soumission à l'autorité".

L'homme se soumet, obéit, s’il est en présence d’ une autorité incontestée.
Cette autorité naturelle ou fabriquée peut être celle de la blouse blanche de l'expert ;  mais l'autorité  peut être aussi celle du détenteur du système de valeur, du dépositaire des tables de la loi.
Cela va du Président de la République en passant par le juge, jusqu'à l'organisateur d'une réunion. La culpabilité se référant toujours à un système de loi ou de valeur, il suffit dans la majorité des cas, d'en être le détenteur ou le dépositaire pour que le coupable se soumette.  La repentance généralisant le phénomène de la culpabilité est un outil de massification de la culpabilité donc de soumission  à l'autorité.
De là à généraliser le phénomène de repentance pour mieux exercer le phénomène d'autorité, il n'y a qu'un pas franchi par beaucoup.


REPENTANCE, RELIGION ET MANAGEMENT


L'église a depuis très longtemps utilisé le principe de la culpabilité et de la repentance pour soumettre, diriger les fidèles. Le pêché originel. l'humanité responsable de la faute du premier homme. le paradis perdu, les malheurs du monde, sont imputés à l’humanité, à cause d'Adam et Eve. La confession est une " invention géniale". On s’accuse et Dieu pardonne. Le pécheur n’a plus qu’à se soumettre à Dieu et à son représentant.
L’invention est renouvelable au gré de la piété des fidèles. Le processus est continu car la notion de péché, de fautes, donc de culpabilité repose sur des tendances naturelles  de l'espèce humaine :  agressivité, colère, envie, sexe, etc..
Le monde de l'entreprise a su récupérer le procédé, l'appliquer à sa propre finalité. C'est le principe même de l'évaluation professionnelle.
Une fois par an ou plus, si besoin, une réunion formelle rassemble dans un entretien d'évaluation le manager et son subordonné. Au cours de ce face à face,  le but  apparent du jeu est de faire admettre au subordonné les imperfections, les défauts, les fautes qu'il a commises dans l'exécution des tâches qui lui on été confiées. Une appréciation, une note est attribuée quant aux performances de l'intéressé qui doit donner son accord sur ce jugement. C’est tout  le système hiérarchique qui est ainsi renforcé.

L’Histoire demeure porteuse de mémoire sujette à servir d’instrument de repentance comme le fut la collaboration de l’Etat Français avec les nazis et la vague d’anti sémitisme qui s’en est suivi et  dont la responsabilité est retombée sur les républiques qui en ont assumé l’héritage. Il en va de même pour la colonisation, la guerre d’Algérie et les problèmes d’éthique collective que peuvent poser des méthodes comme la torture à des institutions nationales comme l’armée. Pourquoi vouloir faire de tout le peuple français des repentis, et les soumettre coupables, à une domination, une autorité, par définition lavée de toutes fautes car dénonciatrice.
Il faut continuer de dénoncer la barbarie, la veulerie, la collaboration,  mais  arrêter  de se  servir des avatars de l’histoire   pour manipuler  une  population qui n'en peut mais !


REPENTANCE ET ECOLOGIE

Les mouvements écologistes ont très bien utilisé le processus qui est toujours le même. Tout d'abord on induit une culpabilité, puis on regroupe les coupables dans une communauté de pensée, dans laquelle on induit une repentance.
Car il faut bien que cette culpabilité soit pérennisée et globalisée.
Le mouvement écologiste se présente à la base comme un mouvement de défenseurs de la nature, de rousseauistes, c'est en fait un mouvement de conservateurs comme le décrit très bien Luc Ferry dans un essai, "le nouvel ordre économique", un mouvement de ralentisseur des partisans du progrès à toute vitesse.
L'homme serait coupable au fond d'essayer de maîtriser la nature, coupable de perturber l'équilibre naturel dans sa dérive actuelle. Le mouvement écologiste en arrive même à lutter contre des périls qui n'existent pas encore, avec le célèbre principe de précaution, principe qui, si il était appliqué, inhiberait tout progrès, toute évolution.
C'est ainsi que les anti-mondialisation s'en prennent aux instances, aux organes qui essayent de réguler la mondialisation pour éviter les excès et la domination sans partage du plus fort sur le plus faible dans un monde qui ne serait soumis à aucune règle. L'exemple le plus caractéristique est celui des OGM, comme l'a décrit Guy Sorman dans un récent livre, "les ennemis du progrès". Car enfin rien n'a encore démontré la nocivité réelle des OGM,  maïs ou tomate mis sur le marché après de nombreux tests.
Le seul contre-exemple toujours cité est celui de papillons américains migrateurs qui seraient sensibles aux OGM et en mourraient. C'est l'exemple même d'une désinformation ; il s'agit d'une expérience en laboratoire dont l'auteur lui-même ne reconnaît pas les conclusions qui en ont été tirées.
Et quand bien même il y eût un danger. Le problème à résoudre pour l'agriculture de notre siècle n’est-il pas celui de devenir suffisamment productive pour nourrir les habitants de la planète ?

Nous sommes arrivés aux limites extrêmes de la Révolution Verte caractérisée par les hybrides, les pesticides et les engrais.
La course aux pesticides pour contrecarrer les  générations résistantes de prédateurs  induit une pollution insupportable et dangereuse pour la planète. Jusqu'à preuve du contraire, les OGM permettent d'arrêter cette course funeste vers la destruction de la nature. Ils permettent aussi de continuer à nourrir les affamés dans le monde.
Par principe la lutte contre  les OGM est une préoccupation de pays riches. Placés devant le problème de la faim et du développement,  l’ Inde, comme la Chine et les pays africains n'ont pas les réticences de nos élites intellectuelles ou politiques. On se sert des OGM pour lutter contre les multi nationales, le capitalisme, les grands coupables à éradiquer plutôt que la faim et la misère.
Et qu'on ne parle pas de manipulation de la nature !  Depuis qu'il existe, l'  homme a toujours manipulé la nature. Il n'y a plus rien de commun entre le blé que nous produisons actuellement et l'herbe sauvage qui a donné naissance aux différents hybrides que l'homme a domestiqués depuis des millénaires. Rien à voir non plus pour le maïs avec la plante originelle. Quant aux animaux, la vache, le mouton, le cheval, le chien, ils ne ressemblent en rien aux animaux sauvages qui sont à l'origine de ces espèces. Maîtriser la nature c'est le propre je crois de l'homme ; comment pourrait-il en être coupable ?

REPENTANCE ET NUCLEAIRE

Je suis, vous êtes responsable, coupable des morts d'Hiroshima, de Nagasaki et de Tchernobyl. Vous devez vous repentir de cela et décider l'éradication du nucléaire, de cette terre. Pour le remplacer par quoi ? On ne sait pas… Le soleil, le vent ! Les solutions proposées ne sont pas disponibles et hors de proportion avec les besoins, qu'à cela ne tienne…
Peu importe les études, les statistiques,  l'opinion du monde scientifique, comme le souligne Georges Charpak dans "Feux follets et champignons nucléaires". Le principe de précaution  et le respect des générations futures, obligent l'humanité à devenir anti-nucléaire.
Ce même respect des générations futures n'empêche pas d'être partisan de l'utilisation des énergies fossiles ; il faut bien fournir  les quantités d'énergie réclamées. Cela n'est pas un problème ; les réserves de charbon quasiment épuisées, on exploite celles de gaz et de pétrole sans que le sort des générations futures ne mobilise les bonnes consciences nucléaires. Quant à la dangerosité !
L'auteur a vécu toute sa jeunesse dans un coron minier où se sont étouffés des milliers de mineurs qui décédaient vers 45 ans de silicose: maladie professionnelle provoquée par les poussières de silices inhalées en extrayant le charbon. Vers la fin des années 50, début des années 60, le "palmarès" des décès en France de silicose était annuellement de 2000 à 2500.  En 1945, après la seconde guerre mondiale, les thuriféraires de la bataille de charbon, les mêmes qui prônent l'anti-nucléaire, ne se sont pas embarrassés de préjugés, ni de principes de précaution. Si, la seule précaution prise était de faire plutôt descendre dans les mines des immigrants que des autochtones.

En dehors des accidents de Tchernobyl, qui est plus un accident du régime soviétique que celui de l'industrie nucléaire, il est certain qu'on ne peut comparer le nombre de morts du nucléaire à celui de l'extraction du charbon. La position a priori antinucléaire ne peut s'expliquer rationnellement, sans cet arrière pensée de domination, par la création d’une culpabilité repentance.


REPENTANCE COMME SUBSTITUT D'IDEOLOGIE

Les idéologies qui s'étaient bipolarisées en Collectivisme et Libéralisme pour faire court, se sont effondrées avec le mur de Berlin et l'implosion du système politique des pays de l'Est.
Le vide créé par cette implosion fut tellement sidéral que le philosophe américain Fukuyama osa parler de la "fin de l'histoire". Dans la sphère idéologique, la confrontation collectivisme  libéralisme disparaissait comme l’affrontement planification contre loi du marché dans la sphère économique.  
Pour retrouver des schémas rationnels de domination, de pouvoir, il a fallu rechercher des substituts : Désormais on possède  le pouvoir, non pas parce que  on est le dépositaire d'une orthodoxie idéologique, mais parce qu’on s’est érigé en censeur d'une faute, si possible collective, de la communauté que l’on veut dominer.
Pour ce qui est de la France d’avant 1789, le problème était simple : l'essence du pouvoir du roi était de nature divine. La légitimité du pouvoir s'est posé avec la république. Le pouvoir au nom du peuple certes mais pour quoi faire ? La primauté du collectif, de la régénération d'un homme nouveau conforme à l'idéal que s'en faisait certains penseurs contre une vue plus libérale, plus pragmatique, tel a été le débat de plus d'un siècle. Des avatars divers et variés ont conduit le pays des dérives totalitaires de la Terreur, à l'Empire, au retour à la Monarchie en passant par divers épisodes républicains.


Le monde entier a été agité par la recherche d'une idéologie de gouvernance politique des sociétés. De 1917 à 1989,  le 20ème siècle a vu le paysage idéologique se "simplifier" et se "stabiliser" en une alternative :

Le régime communiste avec la primauté du collectif pour faire un homme nouveau avec comme objectif une société idéale d'égalité sans domination économique de classe. Une économie planifiée pour fournir " à chacun selon ses besoins". Le pouvoir était alors détenu par les gardiens du " dogme" , ceux qui avaient défini la société idéale.  Ceux qui étaient chargés de prévenir toutes les dérives, car il n'y avait qu'une vérité, celle du parti : tous ceux qui s'y opposaient, qui critiquaient, devenaient des ennemis, des parasites à éliminer ou à rééduquer.

D'un autre côté une vue que l'on  qualifiera de libérale, pragmatique de la société et des hommes.
Une politique de "laisser faire" et de régulation des pouvoirs par des contre-pouvoirs. La société idéale n'existe pas. Les hommes sont ce qu'ils sont. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent à condition que leur liberté s'arrête où commence celle des autres. Une économie libérale où le marché régule les flux sans planification. Ce système libéral, par essence sans idéologie,  ne peut donc dans ce cadre là, se référer à la conformité à une idéologie comme source de pouvoir. Le système communiste a implosé du fait de ses contradictions, de ses dérives totalitaires, de sa faillite économique.
Par nature, le système libéral, laisse démunis  les quémandeurs d’une source de pouvoir. En démocratie, il faut trouver autre chose que l'idéologie pour légitimer l'exercice du pouvoir.
La repentance est une des pistes explorées pour cette légitimation.


La Tentation Nihiliste


A partir d'un ensemble, par essence, divers, fabriquer des sous ensembles en mettant l'accent sur les différences des composantes de ces diverses sous catégories.
Combattre
la diversité et sublimer la différence. Fabriquer par ces sous ensembles des communautés historiques, ethniques, sociales, linguistiques au choix …
Faire en sorte
que ces différences tout en soudant les communautés, les opposent entre elles.
Brandir
un slogan fédérateur indiscutable, tel que liberté, droit des peuples à disposer d'eux même, a bas les riches, vive les pauvres etc… Dans les diverses communautés, créer un désir d'exclusion des autres par la sublimation des caractères propres à cette communauté.

Dans un deuxième temps, ou en même temps,
pour dominer ces diverses communautés qui n'ont plus rien en commun entre elles (c'est le vieux précepte de diviser pour régner)  créer un sentiment de culpabilité par rapport à des valeurs dont on se prétend implicitement le dépositaire.
Enfin créer une psychose, un désir profond de se purifier par rapport à des fautes passées ou présentes, des manquements culturels et historiques.


La repentance ainsi institutionnalisée, la frappe de coulpe généralisée, l’initiateur du mouvement devient le chef des coupables repentis. Le processus doit être continu, il y a toujours dans le passé des actes qui ne sont pas conforme aux réalités, aux valeurs du présent.  Puisque l'idéologie, la lutte des classes ne marche plus, en avant pour une repentance collective, institutionnelle. Ce mouvement ne repose pas comme le marxisme sur une idéologie, une théorie a priori  de la société à laquelle on va s'efforcer de faire coller les réalités des sociétés humaines. Non c'est plus tôt le fait d' esprits révolutionnaires à qui la société actuelle ne convient pas, par rapport à des valeurs abstraites, utopiques, absolues, mais assez vagues. Ils ne savent pas exactement ce qu'ils veulent ; en revanche, à la manière des maoïstes, gauchistes ou anarchistes, ils ont pour objectif de saper l'existant, de le faire exploser en comptant sur leur action pour reconstruire une société idéale à partir du chaos.

C'est ce que André Glucksman dans son essai "Dostoievski à Manhattan". qualifie de tentation nihiliste.

Jean Lechaczinsky

. Outre une formation scientifique dans une école d'ingénieurs, Jean Lechaczinsky, industriel, membre de notre conseil éditorial,  a acquis une formation en sciences humaines. Il est titulaire d’ un Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA)  de "Dynamique des organisations".
 
Sources : GEOPOLITIS
 
Posté par Adriana Evangelizt
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Published by Adriana Evangelizt - dans TEXTES A LIRE
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13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 15:52

Un  texte qui pousse à la réflexion et incite à une autre vision... très intéressant...

 

La Quête de l'Humanité: Entre Juridique et Mystique

Réflexion sur la Cité Terrestre

par René-Jean Dupuy

 

Perçue comme un argument dans une lutte pour un développement inaccessible, comme un enjeu du conflit mondial, comme un malentendu générateur du babélisme, la Cité terrestre atteint le seuil du désespoir.

Pour la première fois, la suite de ses échecs conduit l'humanité à s'interroger sur ses chances de survie. Comment échappera-t-elle à l'épreuve fatale vers laquelle elle semble courir ? Par sa science et la technologie qu'elle n'a pas su jusqu'ici, vouer à la justice et à la paix ? Le chaos restera-t-il le dernier mot de l'enclos ? Ou la lucidité fera-t-elle surgir des profondeurs où elle gît, une générosité qui parfois émerge dans l'histoire et transfigure alors un décor affligeant ?


L'imagination créatrice


L'ampleur des changements intervenus en un siècle qui a suscité autant de créations que de ruines, ne facilite pas la prospective. Cependant, sans gambader allègrement sur les crêtes du devenir, on peut, compte tenu des mutations déjà entamées, tenter certaines anticipations. Il semble que le déclin de l'État se poursuivra. Les avantages que les multinationales tirent d'une structure autrement fluide inspireront d'autres formules dans des domaines divers. Les internationales du terrorisme ont mis fin au monopole de la violence du pouvoir d'Etat. Des entités nouvelles regrouperont plus qu'aujourd'hui les hommes de nationalités diverses pour des finalités multiples. Les associations internationales de chercheurs, de savants, de créateurs, d'artistes, de femmes et d'hommes engagés dans des actions humanitaires, iront se multipliant.


Exerçant des pressions sur les gouvernements, encore que le droit international ne leur reconnaisse aucun pouvoir, elles puisent dans l'opinion publique leur autorité.


Elles devraient se développer d'autant mieux que l'âge informatique va multiplier des moyens de communication de plus en plus faciles. Les lourds appareils étatiques, installés sur le modèle des vastes entreprises concentrées et rigides de l'ère industrielle, pourront-ils contrôler ou rompre tous les réseaux que tissera l'intelligence, naturelle ou artificielle ?


On a abusé du mythe de l'apprenti sorcier.


L'homme n'est pas nécessairement ensorcelé par ce qu'il invente. Son génie est aussi au service de son rêve de dépassement. Mais il se concrétise trop souvent dans des prodiges technologiques, réalisés au rythme d'une recherche quotidienne, sans poursuivre un projet d'organisation du monde. Savoir et pouvoir ne travaillent pas toujours de conserve. Pour nombre de savants, les percées à attendre dans quelques domaines clés devraient renouveler les conditions de la vie des hommes.


Dans cette perspective sera assurée la maîtrise complète de l'énergie grâce à la fusion thermonucléaire. L'avènement de cette énergie sûre, peu polluante et bon marché, mettrait à la disposition de l'humanité, nous dit-on, l'équivalent d'un milliard d'années de pétrole. Ces ressources énergétiques quasi  illimitées devraient ouvrir des possibilités, jusqu'ici insoupçonnables, de transformation de la terre pour la rendre mieux habitable et par la dessalinisation y déverser l'eau douce. L'investissement de l'espace cosmique, où l'homme s'installera en permanence, avant la fin de ce siècle, assurera une connaissance plus complète de la Terre, permettra des progrès nouveaux dans les télécommunications, la mèdee et, Plus tard, dispensera des matières premières à volonté.


La célébration de l'ordinateur, premier outil destiné à accroître non la force physique, mais les facultés cérébrales de l'homme, sa mémoire et la mise en oeuvre des informations, commence à faire face à l'émerveillement attendu de l'intelligence informatique. Alors, l'ordinateur ne manipule plus des nombres, mais des symboles. Il engendrera des  " systèmes experts " permettant l'accès à la simulation de la rationalité.


Enfin, l'angoisse alimentaire de Malthus sera versée au musée terreurs mythiques.


La découverte de la structure de l'ADN et du code génétique, permet le développement des technologies. Désormais capable de modifier le patrimoine du vivant, de créer des espèces nouvelles, l'homme peut escompter des avancées prodigieuses dans les domaines agro-alimentaires et pastoraux, médicaux, cependant que l'exploitation du milieu naturel relèvera de méthodes plus conformes aux grands équilibres écologiques.
N'y a -t' il plus qu'à attendre l'arrivée et la consolidation de ce nouvel âge d'une humanité sauvée par la magie technologique ? Les dangers qui peuvent résulter de ces innovations, spécialement des actions sur le cycle du vivant, feront aux sociétés le devoir de s'assujettir à des normes culturelles et éthiques, si l'on veut notamment éviter de rejoindre le meilleur des mondes, par la sélection individus absolument identiques, à partir du partage d'un embryon.


La prétention faustienne de changer la nature se nourrit du rêve de l'abondance


Ce rêve  fait de la qualité un sous-produit de la quantité. Capitalisme et marxisme ont chacun prétendu lui donner :ses meilleures chances d'incarnation. Il n'y a plus besoin aujourd'hui du soutien d'une idéologie. Les promesses technologiques annoncent une humanité nouvelle. On avance parfois qu'une énergie, des matières premières et des aliments à volonté, pourraient libérer de la guerre. Pour ceux qui se réfèrent à l'hypothèse des trois cerveaux, le reptilien, pulseur des forces vitales, de l'animalité, de l'agressivité, serait maîtrisé par le cerveau analytique animé du génie créateur. Ces perspectives optimistes n'apaisent pas ceux qui s'interrogent sur l'avenir du cerveau inspiré, censé embrasser la création par la poésie, l'art, la spiritualité.


La réponse sera-t-elle dans un sursaut religieux, comme le prophétisait Malraux pour le Ille millénaire ?


En tout état de cause, à supposer que, dans l'ordre temporel, les nouveaux temps apportent plus d'abondance, celle-ci ne pourra, à elle seule, établir la justice, toujours conditionnée par l'aménagement de la répartition. L'extraction des ressources minérales de l'Antarctique, des fonds océaniques ou de la Lune, une fois acquise leur rentabilité, ne réduira-t-elle pas à la ruine les pays de l'actuel Tiers Monde dans lesquels leurs équivalents terrestres sont concentrés ? Les affres de la pénurie écartées, de quelle distorsion sociale devra-t-on payer l'avènement de la quantité?  Pour l'heure, rien ne permet de penser que le retard sur les sciences physiques, des sciences politique et économique appliquées, aura alors été comblé. Il est imputable à la perspective des décideurs à s'immobiliser sur le court terme pour privilégier l'intérêt national.
Ainsi s'expliquent les entraves opposées à l'organisation du monde. Et cependant le seul fait qu'on l'ait tentée est bien la preuve que l'humanité est en quête d'elle-même.


L'humanité en recherche de soi


Alors qu'au siècle passé, la Nation croyait pouvoir atteindre sa plénitude dans l'Etat, à l'approche du Ille millénaire et de ses défis, l'humanité ressent confusément le besoin de s'accomplir dans des ceuvres à sa mesure. Le buissonnement d'institutions internationales, universelles ou régionales, à vocation générale ou spécialisée, témoigne d'efforts systématiques pour établir un certain ordre politique, économique, social et pour organiser le colloque permanent des cultures.
Même si le passage de la communauté fruste à la société rationnelle se trouve contrarié par la contradiction des exigences de la coopération et les traditions de l'individualisme étatique, on passe de la juxtaposition à la coexistence, et maintenant à la cohabitation. Du monde des cités à la Cité du monde. La maturation de cette Cité en élaboration continue permettra- t-elle aux peuples et aux gouvernants de prendre une plus complète conscience, du moins sur les points vitaux pour elle, de l'intérêt général de l'humanité ?
Question majeure qui conditionne toute réflexion sur les chances du développement de la paix et des droits de l'homme, envisagés, cette fois, à partir de leur situation présente.


L'enclos fait aux pauvres une condition carcellaire.


Sur cinq hommes, quatre sont  affamés ou mal nourris. Considérée dans son ensemble, l'économie du monde en développement ne paraît pas aux experts condamnée à péricliter indéfiniment. Elle est, certes, extrêmement sensible aux mouvements de l'économie mondiale, et tout examen isolé du Tiers Monde serait déformant. Son endettement, apparu chez des pays désireux d'accélérer leur rythme de croissance, a été démultiplié par la baisse du volume et des prix de leurs exportations. On estime cependant qu'il se réglera d'ici une dizaine d'années. Encore faut-il prendre en compte un fait essentiel : la fragmentation du Tiers Monde en zones différenciées de développement. L'Asie, l'Amérique latine et l'Afrique ne peuvent être envisagées sur le même Plan.
Les perspectives africaines sont les plus inquiétantes, tant du fait d'une explosion démographique non suivie d'une production agricole suffisante, que de la stagnation de son industrialisation. Il est encore plus préoccupant de réaliser que ces diagnostics ne suscitent pas, dans les pays industriels, un projet pour l'Afrique des temps qui viennent, continent abandonné aux initiatives charitables comme un pauvre irrécupérable. Y a-t-il une conscience universelle pour le développement ?


L'humanité porte en elle un projet de paix


L'humanité porte en elle un projet de paix qui éveille la convoitise des Machiavel. Ils évaluent le profit à tirer de l'accaparement du mythe : la paix rêvée devient une arme réelle. L'Initiative de Défense stratégique en est une illustration. Proposée à l'opinion comme l'amorce du rêve de guerre impossible, elle prend le relais des utopies antérieures, de la paix par le droit, par l'économie, par le désarmement. Mais à supposer qu'un jour les deux Grands parviennent à s'abriter chacun derrière un bouclier invisible, les conflits armés persisteraient ailleurs dans le monde. L'humanité n'est pas vouée à s'affronter, jusqu'à la fin des temps, sur le marxisme et le capitalisme. Sans attendre les mythes nouveaux qui viendront la tourmenter, elle voit d'ores et déjà les sociocultures prêtes à entrer en ébullition. Les deux Grands parviendront-ils à les contenir encore longtemps ? Question d'autant plus justifiée que les Etats leaders du Tiers Monde se dotent d'arsenaux substantiels. Les critères traditionnels de la puissance militaire, l'importance de la population, l'étendue du territoire, la position géographique, le développement industriel, ont été balayés par l'arme atomique. Des Etats de moyenne dimension ont pu compenser leurs désavantages naturels dès lors qu'ils étaient capables de s'en doter.


Telle est la fonction égalisatrice du nucléaire. Dans certaines limites, il accorde à des Etats comme l'Angleterre et la France une promotion stratégique que la nature leur refuse dans l'hypothèse d'une guerre classique de théâtre. On saisit la signification que revêtaient à leurs yeux les déclarations arnéricano-soviétiques qui envisagaient une élimination des armements nucléaires. Une telle décision aurait permis aux deux superpuissances, et spécialement à l'URSS, de récupérer les atouts qu'elles tiennent de la démographie et des dimensions de leur territoire respectif, tout en imputant la persistance de l'arme nucléaire aux Etats auxquels l'atome avait apporté une promotion contre nature. Sans doute ne s'agissait-il, à Washington et à Moscou, que d'action psychologique, destinée à montrer tout à la fois la latitude que l'on gardait à l'égard du nucléaire et la position dominante qu'en tout état de cause l'on conserverait même une fois l'atome évacué.


L'Interrogation


Pour l'heure, on s'interroge : la dissémination des armes nucléaires va-t-elle s'étendre ? Elle existe déjà. L'effet égalisateur de l'atome va-t-il ériger, à côté des habitués de la puissance, des parvenus inexpérimentés, démunis de culture stratégique ? La technologie n'est pas entièrement subordonnée au développement : les déserts se hérissent de fusées rutilantes. Sans doute, la détention de l'atome n'ouvre pas, à elle seule, l'accès à la plénitude de la dissuasion. Faute de sous-marins porteurs d'engins prêts à la seconde salve, l' Etat lanceur ne peut, sauf à imposer à son peuple le rôle de kamikaze collectif, affronter les puissances plénières du nucléaire. En revanche, l'atome lui vaudra la prééminence dans  sa région si ses voisins en sont démunis. Rien ne garantit qu'il ne cédera pas à la tentation de les détruire. Les forces morales qui ont retenu la démocratie américaine d'utiliser son privilège contre l'Union soviétique lorsque celle-ci en était privée, ne se retrouvent pas dans les systèmes clos centrés sur une idole toujours avide de sacrifices humains. Au surplus, en dépit d'une sophistication de plus en plus poussée, sont qualifiées de classiques, pour les distinguer du nucléaire, des armes que leur perfectionnement et leurs performances écartent radicalement de la panoplie traditionnelle et tendent à rapprocher des armes atomiques tactiques.


Dès maintenant, les grandes puissances ne sont plus les seules pourvoyeuses du Tiers Monde en armement de ce type. En son sein, les "Nouveaux pays industriels"  en font commerce avec les premiers comme avec les Etats relevant du second. On peut donc s'attendre à des guerres de pauvres. Elles marqueront les crises régionales qui, inévitablement, affecteront la sécurité de l'Occident. Comme l'avait annoncé Arnold Toynbee, au lendemain de la seconde guerre, accusé d'avoir été le grand agresseur, l' Occident est aujourd'hui le grand agressé. Certains de ses ennemis, dépassant le ressentiment politico-économique et brûlant d'intolérance, réintroduisent dans les relations internationales une haine qui, depuis Hitler, n'y paraissait plus. L'antagonisme soviétoaméricain relève de l'Histoire, non de l'exécration. En fait, les Grands se battent par haines interposées. Ceux qu'elles possèdent se veulent la seule incarnation valable d'une humanité dont doit être exclu l'ennemi.
En fin de compte, le débat porte sur la définition de l'homme. Proclamés historiquement à la face du roi, puis à celle de Dieu, à qui les droits de l'homme sont-ils aujourd'hui opposés ? A l'homme lui-même : tyran, terroriste, criminel de droit commun. A la société dont la pression écrase sa personnalité, finit par le dissoudre dans l'uniformité. Comment instituer sa transcendance en pleine immanence ? Au nom de quelle vérité ? On sait celle de Pascal : " L'homme passe infiniment l'homme. " Certes, la formule repose sur une foi : l'homme est habité par l'Esprit. Pour l'humanisme athée, la majuscule cède la place à la minuscule, mais l'individu, comme tel, puise dans l'esprit et sa dignité et sa liberté. Seul être, dans la création, à se voir vivre, il est le seul à s'interroger sur lui-même et sur l'humanité. Or, le respect des droits de l'homme lui prescrit de ne donner qu'une réponse provisoire. Une affirmation définitive disqualifierait toutes les autres, serait réductrice, sinon oppressive. Comme la vérité scientifique, constamment corrigée, jalonne de ses formulations successives l'histoire du savoir, la réponse sur l'homme se cherche tout au long de sa propre histoire. Cette question de chaque conscience fonde l'égalité de tous. La reconnaissance de la pluralité des cultures conduit au respect de l'autre réponse. Ce schéma idéal est, dans la réalité, compromis par les entraves dressées par les systèmes clos dont la raison d'être est d'imposer une réponse définitive.


Conditionné par l'évolution, l'homme est toujours à découvrir. Au coeur de cette recherche, fermente le désir de fonder l'homme nouveau. L'expression s'est étendue du langage spirituel au vocabulaire politique : nombreux ont été, dans les années 60, les leaders de la pensée tiers-mondiste à annoncer son avènement par la décolonisation et le développement, oubliant parfois la place à faire à la liberté.
La question sur l'homme et sur l'humanité apparaît d'autant plus ouverte que l'on connait, aujourd'hui, la vanité des déterminismes, scientistes ou historicistes, qui s'efforçaient de rassurer le XiXe Siècle sur l'avenir de l'espèce. Sans doute cet affranchissement se produit-il en Occident. Attaqué pour ses conquêtes anciennes, il le sera désormais pour sa libération des esprits. Il existe d'ailleurs dans le monde des signes de cette délivrance de l'intelligence. L'avenir est dans ce combat entre clôture et ouverture, fin et recommencement.


L'utopie des fins


Sans doute la vie génétique s'enroule-t-elle selon une fonction cyclique qui boucle toujours le même cercle, selon un processus précis. Mais il est aussi chez l'homme une fonction de renouvellement et de diversification. La volonté des systèmes totalitaires d'imposer une culture uniformisante impliquant des alignements de robots, ignore les exigences de la vie, qui va en se complexifiant, en se diversifiant. Car, étant inachevé, l'homme est promesse.  Telle est la raison de sa sacralisation par la philosophie des droits de l'homme; tous s'ordonnent autour de son droit à la vie, valeur sacrée transmise de génération en génération, en dépit des entraves et des régressions. Etrange ténacité qui soutient l'humanité tout au long de son cheminement. Certes, le ressort biologique est puissant. Mais cette vigueur, toujours retrouvée, ne vient pas que de lui. Elle procède aussi de la pulsion utopique. Il est un bon usage de l'utopie. L'humanité le pratique à son insu. Cette réserve de songes engrange depuis toujours des images. La paix y fleurit sans entrave : " l'enfant jouera avec le cobra, la chèvre dormira dans les bras du lion ". La paix est un état de grâce. A l'opposé, c'est l'état de nature. S'évader dans l' utopie, est-ce opter pour la grâce en ignorant la nature ? Choisir le réalisme, est-ce n'accepter que la nature en méprisant la grâce ? N'existe-t-il pas une utopie qui, refusant la fuite, se voudrait active dans l'histoire, pour ouvrir à la grâce son chemin dans la nature ?



Telle est l'utopie des fins.


Sa chance est d'espérer contre tout espoir. Voulant évacuer la violence du monde, elle se grise de l'audace du défi. Elle participe du mythe mobilisateur sublimé par Georges Sorel. Faisceau d'images motrices, il anime des ferveurs, au service d'une volonté créatrice. En rupture avec un monde qu'elle rejette, mais en travail pour le transformer. Destiné à alerter l'opinion, il semble plus riche d'inquiétudes salutaires que de solutions précises. Mais il y a une ambivalence dans l'utopie. A celle qui désigne des objectifs jusqu'ici considérés comme inaccessibles, s'oppose l'utopie des moyens. Besogneux agenceur de structures complexes, celui qu'elle captive construit des modèles dont la perfection le ravit : son utopie est mécaniste. Elle se veut recette de paix universelle, de bonheur éternel. Ces deux démarches paraissent parfois guider les mêmes hommes. Elles sont pourtant antinomiques.



L'utopie des fins risque de se dégrader en utopie des moyens, lorsqu'elle se fixe sur un modèle préfabriqué et définitif, censé détenir la formule magique. Son erreur est une rationalisation excessive qui enferme l'homme dans l'utopie alors que sa fonction est l'ouverture. La force de l'utopie des fins vient du désir de garder son élan et, refusant de se laisser clôturer dans un schéma définitif, d'en réinventer toujours un. Elle ne peut dès lors se limiter à la paix conçue comme une non-guerre; elle sait que la paix est une stratégie globale imposant de multiples combats : contre le sous développement, contre le désordre démographique, contre le mépris pour l'homme. Aussi éloignée du songe, puisqu'elle affronte le réel, que du procédé, puisqu'elle restera toujours à approfondir, cette utopie veut ouvrir une lucarne dans le huis clos. Elle est au départ de toutes les avancées du monde. De la découverte de l'Amérique comme de la démocratie. De Pasteur dans son laboratoire comme d'Amstrong pointant sur la Lune.


L'Humanité a vocation à créer


Cette fonction utopique entretient l'humanité dans sa vocation à créer, dans son ardeur à vouloir atteindre une transcendance. Cet acharnement à rêver d'elle-même, au delà de sa condition présente, exprime sa conviction d'un droit à la survie. L'enjeu de la Cité terrestre est clair : va-t-elle dépasser le quadrillage étatique et s'assumer comme une communauté de peuples rassemblés en un être collectif ? La prise en compte des menaces qui pèsent sur l'humanité supposerait, de la part des gouvernements, qu'ils se voient non plus entre eux, mais en elle. Ce passage d'une attitude commune, à la recherche d'une convergence, impliquerait qu'ils renoncent à amplifier leurs contradictions pour adopter une même visée des objectifs majeurs qui conditionnent leur survie. Cette mutation des mentalités participe de l'utopie de la Cité harmonieuse. Elle a déjà pénétré ce monde. Elle anime les efforts pour la protection de l'environnement; elle a conçu le patrimoine commun de l'humanité. Il lui faudrait aussi commander l'examen et le traitement des risques accumulés par la démographie, la sous-alimentation, le surarmement.


Etre membre des Nations Unies est une qualité juridique; se sentir membre de l'humanité procède d'une mystique suscitée par la conscience de périls sans précédents.


L'analyse de Bergson s'applique ici : passer de l'homme aux groupes, familial, régional, national, international résulte d'une progression quantitative; accéder à l'humanité suppose un saut qualitatif. Dès lors qu'il est franchi, elle doit, elle-même, jouir de droits, faute de quoi les hommes perdraient les leurs. Certes, elle n'est pas une simple somme des vivants puisque, lourde encore de tous ceux qui l'ont faite, elle est déjà porteuse de ceux qui viendront. Voilà pourquoi elle constitue une entité propre. Mais il ne peut y avoir de contradictions entre ses droits et ceux des individus puisque, en les niant, ils se nieraient eux?mêmes. Ceux de l'humanité convergent dans sa vocation à survivre. A elle se rattachent des droits indissociables à l'unité et à la diversité. Le vieux mythe de l'unité du genre humain qui, en Occident, s'est perpétué à travers la Révolution française et les Romantiques se retrouve dans la charte des Nations Unies. Les périls universels l'ont régénéré. Il se pense maintenant en termes de fatalité plutôt que par référence au mythe du premier homme, ancêtre commun. La stratégie nucléaire, tenant les peuples en otage sous la menace unifiante d'une disparition collective, leur interdit la prière d'Erik Maria Rilke : "Seigneur, donne à chacun sa propre mort ".


La croissance de l'humanité s'est accomplie dans une diversité qui justifie son droit à la pluralité ethnique et culturelle.


La Cité ne souffre aucune amputation, ni ne tolère la discrimination qui frapperait l'une des communautés composantes; elle ne peut vivre au détriment d'une partie d'elle-même. Aussi est-elle tout entière concernée par les catastrophes et calamités, naturelles ou accidentelles, qui accablent une population, comme pour toute offense portée à un homme. Car une seule injustice entache toute la Cité. La tendance actuelle à situer les droits de l'homme dans le patrimoine commun de l'humanité s'inspire de cette utopie finaliste. Le droit de l'humanité à sa mémoire s'y rattache. Sa vie antérieure révèle les généalogies dont elle est issue, mais aussi ouvre des perspectives sur le milieu humain : "Je cherche l'homme et non des pierres", affirmait Leroy Gouran. On comprend la consécration des biens culturels par leur affectation au patrimoine commun. Ce faisant, les Nations Unies entendent souligner l'égale vocation des peuples à poursuivre ensemble l'enrichissement de la culture.

L'histoire "promesse"  prend le relais de l'histoire "héritage".

Sans doute ces droits de l'humanité ne sont pas formulés, mais, du fond des subconscients, ils nourrissent son espoir, sinon son espérance.  Tout se passe comme si le genre humain était convaincu qu'un jour la misère, la guerre et les oppressions seront évacuées. Le dynamisme de l'espèce dépasse le scepticisme des individus. Les hommes savent qu'ils ne sortiront de l'enclos que par la mort. Cette fatalité avive leurs rivalités. Mais ils perçoivent aussi, à l'horizon de la Cité terrestre, l'humanité qui vient.

Dans un univers où se cache l'enchevêtrement des antagonismes, l'homme la découvre, à travers les oeuvres de son génie créateur. C'est du jour où il a pu atteindre l'inaccessible, l'espace cosmique et les fonds marins, qu'il a compris la nécessité d'en donner la maîtrise au genre humain. La découverte de sa vulnérabilité nouvelle a poussé à en écarter la guerre. Le patrimoine commun est, pour l'humanité, un défi à sa mortalité. Un défi théorique, certes, mais un signe. Le signe d'une ténacité qui refuse de considérer le pouvoir de l'homme sur la nature comme fatalement funeste à l'espèce.

Cependant, multiples sont les comportements incohérents qui viennent compenser ces réactions rationnelles. Ordre et désordre ne sont pas une alternative. Leur tension mutuelle dynamise l'évolution de l'humanité, poussée par sa volonté de puissance dans des directions incoordonnées où s'engendrent des faits de domination et de résistance, sans direction déterminée. Mais ce désordre ne va pas inexorablement au néant. Il est aussi créateur. Dans le chaos se cherche une organisation nouvelle, insaisissable dans son schéma idéal, mais projet fascinant. Au moins pour un temps. D'où la fréquente réclamation d'un « nouvel ordre » par le Tiers Monde.

La justice ne régnera jamais sans partage dans la Cité terrestre,

Pour survivre, les hommes ont besoin de mimer la construction de son Royaume. A travers ces gestes pathétiques, des pans imposants s'échafaudent parfois. Et lors même qu'ils se lézardent ou s'écroulent, on rebâtit l'édifice précaire. Au-delà des échos et des ombres laissés par les échecs accumulés, cette persévérance entretient un espoir angoissé qui fraye un chemin à cette Cité d'épreuves.

On évoquerait Sisyphe si cette référence n'était, à elle seule, imparfaite.

Le mythe qu'il incarne reste répétitif : on revient à la même pierre pour la pousser vers le même sommet. Or, oubliant ses revers, l'humanité repart toujours vers des projets nouveaux, ajoute chaque fois à son ambition. Prométhée vient au secours de Sisyphe. Par le feu arraché aux dieux, il continue la création. L'énergie des hommes se recharge à cette dialectique de la répétition et de l'invention. Ce n'est pas l'éternel retour. C'est l'éternelle relance.


Pr. René-Jean Dupuy


Courtoisie du Professeur Charles ZORGBIBE, directeur du Centre de Politique Internationale de Paris I  Sorbonne


NDLR. René-Jean-Dupuy professeur au Collège de France, membre de l'Institut nous a quittés avant l'irruption du 21ème siècle. Sa réflexion si éclairante des évènements que nous venons de vivre, nous incite à aller au delà des apparences et à faire un retour sur nous même pour nous remettre en question.

Sources : GEOPOLITIS

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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 08:47

Et bien évidemment, le Vicaire de Dieu suivi de tous ses saints  ont donné leur avis sur l'Evangile selon Judas. Et l'ont condamné comme ils ont condamné en son temps Galilée qui affirmait que la terre tournait ou d'autres encore qui remettait sérieusement en doute l'historicité et l'authenticité des récits mythiques -pour la plupart- de la Bible. Et c'est parce que les Templiers avaient découvert la Vérité sur la Résurrection de Jésus qu'ils furent aussi cloués au pilori. Alors quand ces messieurs nous parlent de la "base historique de la foi", on a envie de leur demander "Où sont les preuves de ce que vous affirmez ?" Où se situe la "base historique de la foi" ? Où doit-on la chercher ? Dans le récit fantastique de la Genèse où l'Eternel aurait créé le Ciel et la Terre en 6 jours ? Est-ce qu'on nom de cette "base historique" plus que douteuse, on doit gober toutes les couleuvres que l'on veut nous faire avaler ? Qui a écrit l'Ancien Testament et le Nouveau ? Où sont les témoins de la Genèse ? Doit-on croire aveuglément ces romans de science-fiction où un pseudo-dieu vindicatif passe son temps à donner de mauvais conseils à son soit-disant "peuple élu" ? Les êtres Eclairés savent qu'il y a eu une inversion depuis le Commencement... le Serpent était le Véritable Initiateur et l'Autre un imposteur malveillant et malfaisant qui ne voulait pas de bien aux hommes. Sinon aurait-il jeté le couple Adam-Eve en dehors du Jardin d'Eden dans le plus simple appareil et démuni de tout ? On voit ce qu'il est advenu aujourd'hui de leur descendance... les religions créées par les hommes sont le plus grand fléau de notre terre. Elles sont les dictateurs des consciences et suppriment peu à peu la Liberté à l'Humanité. L'Eglise Catholique Romaine a trahi l'Enseignement du Galiléen... Pierre n'était qu'un judas inféodé aux Romains comme Paul. Et la base de l'édifice se trouve plus que chancelant aujourd'hui... le moment approche, là aussi, de rendre à Jésus ce qui lui appartient... pas la pourpre et l'or en tout cas.

 

Le Pape condamne l'Evangile selon Judas

par Matthieu Perreault

Le pape Benoît XVI a profité de la messe de la dernière cène, jeudi soir dernier, pour condamner l'évangile selon Judas, dévoilé en grande pompe la semaine dernière par la revue National Geographic. Dans ce document du IVe siècle, Jésus charge Judas de le dénoncer afin de pouvoir souffrir pour l'humanité, mourir et ressusciter.

Balivernes, répond Benoît XVI. Judas « jauge Jésus selon les catégories du pouvoir et du succès: pour lui, seul le pouvoir et le succès sont des réalités, l'amour ne compte pas, a dit le pape durant son homélie. Il est avide: l'argent est plus important que la communion avec Jésus, plus important que Dieu et son amour. Et ainsi, il devient aussi un menteur qui joue un double jeu et rompt avec la vérité; quelqu'un qui vit dans le mensonge et perd ainsi le sens de la vérité suprême, de Dieu. De cette façon, il s'endurcit, devient incapable de conversion, du retour confiant de l'enfant prodigue, et il jette sa vie détruite. »

Même s'il n'a pas directement fait allusion à l'évangile selon Judas, le pape visait clairement ce document, selon des vaticanistes italiens. Judas, dit Benoît XVI, fait réfléchir au « mystère obscur du refus » de l'amour. « L'amour du Seigneur ne connaît pas de limites, mais l'homme peut y mettre une limite. »

Jésus, fils de Seth

La dénonciation de Benoît XVI n'est pas surprenante. C'est que la réévaluation du rôle de Judas n'est pas le seul accroc au dogme catholique que commet le document du National Geographic. On y lit aussi que Jésus n'est pas le fils du dieu de l'Ancien Testament, mais de Seth, le troisième fils d'Adam. Seth fait partie d'une autre catégorie de divinités, au sommet de laquelle trône Barbelo, un dieu androgyne bienveillant. Le dieu de l'Ancien Testament, lui, est méchant et jaloux.

Ces théories ont été échafaudées par les sectes gnostiques, qui ont prospéré aux premiers temps du christianisme. En réaffirmant que Judas est un traître, Benoît XVI vise aussi le gnosticisme, qui a été à la source de plusieurs courants « nouvel âge ».

Sources : Cyberpresse



Evangile de Judas, Da Vinci Code: Mgr Williams dénonce la théorie du complot
L'archevêque de Canterbury Rowan Williams a dénoncé dimanche la fascination grandissante pour les théories du complot, nourries notamment par des ouvrages comme le "Da Vinci Code" ou par le supposé manuscrit de l'Evangile selon Judas récupéré récemment par l'Egypte.

Dans un discours prononcé à l'occasion de la messe de Pâques, à la cathédrale de Canterbury (sud-est de l'Angleterre), le patron de l'église anglicane a critiqué la façon dont la société moderne" célèbre les grandes fêtes chrétiennes (...) en remuant les braises de la controverse sur les bases historiques de la foi".

"C'est pourquoi cela n'a pas été une grande surprise de voir la couverture médiatique accordée récemment à la découverte de +l'Evangile selon Judas+, un texte qui évidemment ébranle les fondations traditionnelles de la croyance chrétienne en donnant une autre version de l'histoire de la passion et de la résurrection", a ironisé l'archevêque.

Rowan Williams faisait référence à un manuscrit en papyrus récemment récupéré par le Conseil supérieur des antiquités égyptiennes et présenté comme la seule copie connue de l'Evangile selon Judas. Dans cet Evangile, Judas n'apparaît pas comme un traître mais comme un initié qui aurait dénoncé Jésus aux Romains, à la demande de ce dernier et pour la rédemption du monde.

"Cela nous ramène à la couverture médiatique exacerbée du Da Vinci Code", le roman ésotérique de Dan Brown, a insisté Mgr Williams dans son sermon.

"Nous sommes instantanément fascinés par toutes les suggestions de conspirations ou de manipulations", et dès que nous tombons sur d'anciens textes, et notamment d'anciens textes bibliques,» nous les considérons comme si ils étaient des communiqués de presse peu convaincants émanant de je ne sais quelle source officielle, dont l'intention serait de cacher la vraie histoire», a insisté l'archevêque de Canterbury.

Sources : Tageblatt

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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 02:19

TEXTE ET DOCTRINE DE L' ÉVANGILE DE JUDAS

 

1. Découverte et publication du manuscrit de "L'Évangile de Judas".

Un évangile encore inconnu vient d' être publié partiellement en anglais (The gospel of Judas) par le National géographic sociéty à Washington le 5 avril 2006. Il sera bientôt publié en allemand et en français. Cet évangile est signé  "Judas", mais comme bien des textes de la Bible, il n'a pas été rédigé par celui dont il porte le nom. 

C'est un manuscrit sur papyrus découvert dans une grotte du désert de haute Égypte dans les années 70. Il comporte 25 feuillets en assez mauvais état. Il est passé de main en main dans le monde trouble des antiquaires. En 2001, Mario Jean Roberty achète le  document pour la Fondation Maecenas, de Bâle, qu'il dirige. Il confie l'étude du texte à une équipe de chercheurs sous la direction du professeur Rodolphe Kasser, Le texte a été authentifié par la datation au carbone 14 et par l'analyse de l'encre du manuscrit. Le manuscrit  est écrit en copte dialectal, l'antique langue des chrétiens d'Égypte. Il a été restauré et traduit par Rodolphe Kasser ancien professeur de coptologie à l'université de Genève.

2. Origine de "L'Évangile de Judas"

Le manuscrit est du 3ème ou du début du 4ème siècle. Le texte copte est une traduction d'un texte grec perdu composé entre 130 et 180 après J.C. Il était connu par St Irénée, premier évêque de Lyon, vers l'an 180. Celui ci en parle dans son traité "Contre les hérésies" en dénonçant le caractère hérétique de cet évangile qui est inspiré par le gnosticisme.

Selon Irénée, l’Évangile de Judas serait l’œuvre principale d’une secte appelée « Les Caïnites » (les héritiers de Caïn). En parlant de cette secte, Iréné a écrit :  «ils déclarent que Judas le traître était bien avisé de ces choses, et que lui seul, connaissant la vérité comme aucun autre, a accomplit le mystère de la trahison. Ils ont produit une histoire fictive de ce genre, qu’ils ont appelé l’Évangile de Judas». 

3. La relation entre Jésus et Judas

Ce texte donne une présentation de la relation entre Jésus et Judas très différente de celle qui se trouve dans les textes du Nouveau Testament. Il montre Judas non pas comme un traître, mais comme l'apôtre le plus proche de Jésus, le seul qui ait vraiment  compris son message.

Judas a accompli la volonté divine en livrant Jésus. Cet évangile présente Judas comme un initié. Il savait que le sacrifice de Jésus était indispensable à la rédemption du monde. Disciple bien aimé de Jésus, il aurait eu la plus difficile des missions à accomplir : livrer Jésus . En livrant Jésus, il aurait suivi une demande de Jésus.

4. Le contenu du texte de L'évangile de Judas

Le texte débute par ces mots: «Voici la parole cachée de la révélation dont Jésus s'est entretenu avec Judas Iscariote pendant une semaine trois jours avant qu'il ne célèbre la Pâques.» Le récit commence par montrer Jésus qui rejoint ses disciples en train de prépare la Pâque. Jésus leur explique que la Pâque est inutile, mais ils ne comprennent pas, sauf Judas. Jésus demande alors à Judas de le livrer. Le texte comporte une longue conversation entre Jésus et Judas. Jésus dit à Judas  "Écarte-toi des autres. Je t’enseignerai les mystères du royaume. Tu pourras l’atteindre, mais pour cela, tu souffriras beaucoup".  Il se termine par la rencontre entre Judas et Jésus quand on vient l'arrêter.

Jésus révèle le vrai Dieu qui est bon et qui veut sauver le monde. Mais pour cela le sacrifice de Jésus est nécessaire, et c'est pourquoi il  demande à Judas de le livrer. Jésus a choisi Judas pour accomplir son destin et le libérer de son corps matériel, de son enveloppe terrestre. Jésus dit à Judas : "Tu surpassera tous les autres, car tu sacrifieras l'homme qui me sert d'habit". Comment interpréter cette phrase ? Elle est typique de la conception gnostique. Les gnostiques cherche la manière de libérer leur énergie vitale du corps matériel dans lequel l'âme est emprisonnée.    

5. La gnose

La gnose est un courant de pensée complexe qui a pris des formes  diverses  et comporte différents aspects. C'est d'abord  une philosophie ésotérique ou l'on trouve le salut par l'initiation aux mystères cachés. C' est aussi  une conception dualiste qui oppose l'esprit et la matière qui est mauvaise, en particulier l'âme est emprisonnée dans un corps mauvais.

Pour la gnose, le Dieu véritable est caché aux yeux des hommes par un dieu inférieur créateur du monde, le dieu de la Bible. La gnose rejette  donc le dieu de l'Ancien testament qu'elle considère comme un démiurge diabolique. Ce démiurge est responsable de toute les imperfections du monde. Le monde crée est infecté par le mal, les ténèbres et le péché. Pour la gnose, Jésus est un maître spirituel chargé de guider les hommes vers la connaissance du vrai Dieu caché.  

Le mouvement gnostique est apparu au alentour de 70 après J-C et c'est développé jusqu'au 4ème siècle. Il comprend de nombreuses sectes. Le monde chrétien était très divers à ses début. Après 313, date ou le culte chrétien est autorisé par l'empire romain, l'Église à écarté les textes gnostiques du canon officiel des textes bibliques et les appelé apocryphes. Beaucoup de manuscrits de ces textes ont peu à peu disparu. 

LA SECTE DES CAÏNITES  

L’Évangile de Judas est l’œuvre principale d’une secte gnostique appelée « Les Caïnites » (les héritiers de Caïn). Quelqu'un de bien informé (Jean Paul) m'a envoyé une documentation précise sur cette secte.

          

Les Caïnites, membres d'une secte apparue vers l'an 159, vénéraient Caïn et les Sodomites, et pos­sédaient un évangile de Judas dans lequel ce dernier était présenté comme un initié ayant trahi Jésus, à sa demande, pour assurer la rédemption de l'humanité. Le 2ème évêque de Lyon, Saint Irénée (v. 130-208) dénonça cet évangile comme hérétique : « ils (les Caïnites) déclarent que Judas le traître était bien avisé de ces choses, et que lui seul, connaissant la vérité comme aucun autre, a accompli le mystère de la trahison. Ils ont produit une histoire fictive de ce genre, qu’ils ont appelé l’Evangile de Judas » (Adversus Haereses). Dans son Panarion (1,31), Épiphane de Salamine (v. 315-403) confirme que cet « évangile » fait partie des écritures de la secte gnostique des Caïnites. Les Caïnites avaient pour Judas une vénération particulière et le louaient comme un homme admirable : le plus illustre des fils de Caïn.

 

Selon les conceptions gnostiques, le créateur, le démiurge, est un dieu mauvais, le malin, responsable de toutes les imperfections du monde. Pour les Caïnites, Judas seul savait le mystère de la créa­tion des hommes et c'est pour cela qu'il avait livré le Christ à ses ennemis. Par là il avait rendu un grand service à l'humanité, car le Christ voulait réconcilier les hommes avec le Dieu créateur, alors qu'il fallait, au contraire, envenimer la haine des hommes contre celui-ci. La mort de Jésus devant procurer de grands biens au monde, Judas avait fait une bonne action en la précipitant. 

 

Une copie de la version plus ancienne rédigée en grec, a été découverte par un paysan près de El Minya dans le désert égyptien en 1978. Elle fait partie d'un papyrus d'une soixantaine de feuillets (entre 62 et 66 suivant les sources) appelé « Codex de Tchacos », qui contient également 2 autres textes apocryphes : l'Épître de Pierre à Philippe et la Première Apocalypse de Jacques. L’évangile de Judas, écrit en copte dialectal (sahidique), restauré et traduit par Rodolphe Kasser, ancien professeur de coptologie à l'université de Genève, et publié à Washington le 5 avril 2006 par la revue américaine The National Geographic, a été authentifié comme datant du IIIe siècle ou du début du IVe.

 

Plusieurs sectes antérieures au caïnisme avaient expliqué l'origine du bien et du mal en supposant une intelligence bienfaisante, qui tirait de son sein des esprits heureux, in­nocents, et une intelligence malfaisante, qui emprisonnait ces esprits dans des organes matériels. Mais d'où venait la différence qui existe entre les esprits et les caractères ? Cette différence restait toujours un mystère, quand, parmi les sectateurs des deux principes, s'éleva quelqu'un qui entreprit de donner cette explication. Selon lui, les deux principes avaient produit Adam et Eve, puis chacun d'eux ayant revêtu un corps, avait eu com­merce avec Eve ; de cette union étaient sortis des enfants qui avaient le caractère de la puissance à laquelle ils devaient la vie. Par ce moyen on comprenait la différence du ca­ractère de Caïn et d'Abel et de tous les hommes. Comme Abel s'était montré très soumis au Dieu créateur de la terre, il était regardé comme l'ouvrage d'un Dieu qu'ils appelaient Histère. Au contraire, Caïn, le meurtrier d'Abel, était l'ouvrage de la sagesse et du prin­cipe supérieur ; il devait être vénéré comme  le premier des sages.

 

Les partisans de cette doctrine, conséquents avec eux-mêmes, ho­noraient tous ceux que l'Ancien Testament avait condamnés : Caïn, Esaü, Coré, les So­domites ; ils les regardaient comme des enfants de la sagesse et des ennemis du principe créa­teur. Dans leurs livres saints, comme l'Evangile de Judas et le récit de l'Ascension de saint Paul, les Caïnites avaient inséré des choses horribles. Ils prétendaient que la perfection consistait à commettre le plus d'infamies possibles. D’après Théodoret (+ vers 453/458), ils affirmaient que chacune des actions infâmes avait un ange tutélaire qu’ils invoquaient en la commettant. Une femme de cette secte, nommée Quintille, étant venue en Afrique du temps de Tertullien (155-225), s'y fit beaucoup d'adeptes, qui pri­rent le nom de quintillianistes. Tertullien indique que Quintille avait ajouté des pratiques abo­minables aux infamies des Caïnites. 

 

 

LA TRAHISON DE JUDAS

Ce texte donne donc une interprétation  de la "trahison" de Jésus par Judas très différente de celle des Évangiles canoniques. Mais selon Rodolphe Kasser qui a restauré et traduit le texte, l'Évangile de Judas, qui est du milieu du 2ème siècle,  ne donne aucune information historique nouvelle sur Judas. C'est une interprétation gnostique postérieure aux évènements. Il ne remet pas en question le Nouveau Testament.

La trahison de Judas selon les évangiles "canoniques"

 Selon les évangiles synoptiques et l'évangile de St Jean, la cupidité et la possession diabolique seraient les motifs de la trahison de Judas. 

Mais certains exégètes donnent une autre explication de la trahison de Judas à partir de son nom Judas " L'Iscariote" qui pourrait signifier qu'il était un "sicaire", à savoir un membre des "Zélotes". Ceux ci voulaient chasser les occupants romains par des actions terroristes. Judas aurait suivi Jésus en croyant qu'il serait le "Messie" qui rétablirait le royaume juif, alors que Jésus annonçait que son Royaume n'était pas de ce monde. Judas déçu l'aurait livré comme traître à sa cause.

LA MORT DE JUDAS : suicide ou accident ?

 Selon les textes du Nouveau Testament, il y a deux versions différentes de la mort de Judas.

D'après l'Évangile de Mathieu 27/3-10, Judas pris de remord se serait pendu après avoir rendu les deniers d'argent aux grands prêtres qui les lui avaient donnés. Ceux ci, avec cet argent, achetèrent un champ.

Dans les Actes des apôtres 1/16-19, Pierre raconte que Judas, ayant acquis un champ avec le salaire de son iniquité, est tombé la tête en avant, s'est rompu par le milieu du corps et toutes ses entrailles se sont répandues.

Nous ne savons pas encore ce que dit à ce sujet l'Évangile de Judas. Mais d'après Mario J. Roberty, directeur de la Fondation Maecenas, Judas ne s'est pas pendu après avoir livré Jésus.

La contradiction sur la mort de Judas  http://www.anti-religion.net/mort_judas.htm 

Sources : Catholique Nanterre

Posté par Adriana Evangelizt

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