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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 16:38

Dans ce troisième chapître, la symbolique du baptême de l'Eglise catholique et sa correspondance avec la Mystique Chrétienne dont est tiré cet article... d'où "Sur la terre comme au Ciel"... ou "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut..."

 

L'INCARNATION DES AMES

 

par Sédir

3ème partie

2ème partie

1ère partie

 

 

Que fait la religion devant cette grave fête de la naissance ?   

« Nul n'entrera au Ciel, s'il n'est baptisé d'eau et d'esprit ».  Tel est le principe du sacrement de baptême.  Versant de l'eau sur la tête de l'enfant, le prêtre y verse en même temps de l'esprit : telle est la doctrine théologique, d'accord avec elle-même, puisqu'elle affirme d'autre part dans l'être humain un seul corps et une seule âme, et d'accord aussi avec la doctrine unanime des très vieilles initiations.  Car, en Kabbale orthodoxe par exemple, Nephesch et les quatre autres âmes ne sont que les degrés de perfection d'une âme unique auxquels l'individu accède selon ses mérites.  De même pour les Koshas du védantisme et pour les diverses psychologies ésotériques dont les théologies prennent le Verbe comme principe.  L'usage d'un prénom unique dans l'habitude de la vie se fonde sur l'intuition de cette unité centrale de l'être.   

 La matière du baptême est l'eau naturelle, consacrée si possible les samedis de Pâques ou de la Pentecôte.  Sa forme, ce sont les paroles : Je te baptise au nom du Père, du Fils et de l'Esprit Saint.  Le ministre du baptême, c'est le prêtre.  Lorsque l'enfant est à l'article de la mort, les parents peuvent le baptiser.   

Le nouveau-né est tenu sur les fonts par le parrain et la marraine, que l'Église désigne expressément comme ses parents spirituels.  Voyez ici avec quel soin la liturgie s'applique à reproduire visiblement les scènes invisibles à la participation desquelles elle nous invite.  Nous avons vu, en effet, que l'être est formé pour une part de la terre, au moyen des parents; pour une seconde part, de l'astre d'où il descend; et, pour une troisième, de Dieu qui lui accorde, à chaque existence, une diminution de ténèbres et parfois une augmentation de Lumière.  Le parrain et la marraine représentent la lignée invisible; le prêtre avec l'esprit de l'Église représentent la parenté divine.   

Voici le cortège du baptême :  

Deux assistants : les parents, pour le corps de l'enfant, avec son génie et leurs anges;  

deux parrains, pour le moi de l'enfant, avec leurs anges gardiens;  

deux témoins : le prêtre et l'Église pour l'âme de l'enfant, avec une présence du Verbe pour chacun.  Plus les assistants et leurs anges.  

Le parrain et la marraine parlent au nom de l'enfant, de son moi.  Dans cette minute, les trois esprits de ces trois êtres sont un et s'engagent ensemble sur la même route; des anges écrivent la promesse du parrain et de la marraine, lesquels deviennent responsables de la renonciation à Satan; ils s'obligent à une surveillance morale, à des soins spirituels et même à des soins matériels si les parents viennent à manquer.  Beaucoup, dont l'existence devient difficultueuse à cause d'un enfant, ou parce que leur jeunesse a été sans surveillance, sont des parrains et des marraines qui n'ont pas tenu leur parole autrefois. 

Voici, en résumé, le très instructif développement du rite baptismal.   

Le cortège se présente au temple.  - Qui frappe à la porte de l'Église de Dieu ?  demande l'acolyte.  - Des fidèles, répond-on.  Avez-vous jamais réfléchi à la noblesse de ce titre : les fidèles ?  Ceux qui ont donné leur confiance, leur foi, leur tout.  Que possède, en effet, l'homme de plus haut que sa foi, cette vertu par laquelle il s'attache immuablement à son idéal, ne faisant plus avec cette entité céleste qu'un seul esprit ?  Cette vertu qui lui donne tous les courages, qui l'élève au-dessus de tous les doutes, qui lui fait vaincre toutes les impossibilités, qui, enfin, le rendant aveugle aux imperfections inévitables des représentants humains de Dieu, l'enlève d'un élan triomphal par delà les nuages, jusqu'à ce Ciel où il se pose dans l'ineffable allégresse de l'Amour.  Il est excellent que l'homme soit fidèle.  S'il ne peut pas encore l'être aux objets surnaturels, qu'il s'attache aux entités paradisiaques du Beau et du Vrai.  S'il ne peut encore s'élever si haut, qu'il soit fidèle à une entité terrestre, à sa patrie, à son épouse, à sa parole; qu'il soit fidèle à quelque chose.   

C'est le grand moyen que le Père indique sa conscience de croître en force et en noblesse. 

- Que demandez-vous ?  continue l'acolyte.  - La vie éternelle, répondent les assistants.  Quelle immense audace !  De pauvres êtres perdus de vices ou, plus souvent, accablés sous ces lâches faiblesses plus tristes que des crimes; des ignorants, des impuissants, des vaniteux réclament pour une petite créature, sans doute capable des mêmes laideurs, tout ce qu'ils espèrent de plus grand, de plus beau, de plus splendide : la vie éternelle, tout le savoir, tout le pouvoir, tout le créé, tout l'incréé.  Comme le sens du divin demeure malgré tout vivace au fond de notre coeur !  Et comme nous gardons obstinément une certitude entière de la miséricorde divine !   

A cette demande hardie le prêtre donne une réponse aussi grande et aussi vigoureuse : « Allez, dit-il, allez vers le Seigneur de tout votre coeur, de toute votre âme, de toute votre mentalité !  » D'abord le coeur : le centre, la Lumière, le principe volitif, l'organe du Verbe éternel.  Ensuite, l'animisme, la vitalité triple de l'individu.  Et, seulement en troisième lieu, la pensée.  Psychologie profonde et vraie, toute conforme à la parole évangélique qui commande la subordination de l'intellect à l'amour et à l'action.  L'amour et l'action, comme deux époux parfaits, se nourrissent et se vivifient l'un l'autre, et de leurs soins mutuels la pensée doit être le miroir limpide.  

Avant de conférer une force, la liturgie fait toujours maison nette.  Avant de baptiser, le prêtre chasse l'esprit immonde qui, d'après la doctrine du péché originel, habite le corps de l'enfant; il emploie pour cela le souffle, le signe de la croix sur le front et sur le coeur, l'imposition des mains et la prière.  Puis il dépose le germe de la sagesse dans ce coeur, en même temps que quelques grains de sel exorcisé et consacré, sur la langue.  Et les formules qu'il récite demandent à Dieu la joie et la paix pour Son futur serviteur.  Ensuite les assistants sont admis à entrer dans la communion des fidèles, et à réciter le Credo par des prières, des signes de croix et un exorcisme spécial.  Cet acte de foi proféré  est transmis à l'esprit de l'enfant par l'acte du prêtre lui ouvrant les oreilles, qui sont l'organe par lequel la Vérité entrera dans son intelligence.  Et le parrain prononce aussitôt la triple renonciation à Satan, à ses pompes et à ses oeuvres; et l'enfant reçoit la force nécessaire pour tenir cette promesse par l'onction cruciale de l'huile sainte sur la poitrine et sur les épaules.   

Voici les apprêts terminés.  La personnalité du néophyte est alors sortie de l'empire du Prince de ce monde, purifiée, prête à entrer dans le Royaume du Christ.  Alors le prêtre change de lieu spirituel; il le marque en remplaçant l'étole violette (pénitence, amertume) par l'étole blanche (joie céleste).  Le parrain affirme de nouveau sa foi en Dieu, en Jésus-Christ, en l'Église et le ministre prononce alors la formule sacramentelle.  Il ouvre ainsi à l'enfant la porte de la cité mystique terrestre, de l'Église représentante et déléguée de la Cité mystique divine.  L'aspersion d'eau et l'onction d'huile sont faites sur la tête, parce que au sommet du cerveau se localisent les puissances par lesquelles s'établit la communication avec le plan divin.  

C'est à ce moment que le ou les prénoms sont donnés, au moyen desquels les anges reconnaîtront l'enfant.  Nous avons déjà expliqué, autant qu'il est possible, la force du nom; inutile d'y revenir.  

L'enfant devrait être alors revêtu d'une robe blanche, symbole du vêtement blanc des élus qui représente le corps glorieux des êtres réintégrés.  Et le parrain devrait, en outre, tenir un cierge allumé pour sortir de l'Église on comprend que ceci préfigure l'entrée de l'élu dans la Jérusalem céleste.  

Si alors le prêtre est saint, si le parrain est homme de parole, toutes les chances sont à l'enfant pour qu'il soit chrétien.  Le baptême des adultes ne se distingue que par un nombre plus grand d'exorcismes et de psaumes.  

Je ne décrirai pas à nouveau la bénédiction de l'accouchée ni celle des relevailles.  Ces observances, communes d'ailleurs à toutes les religions, s'expliquent par ce fait que  la terre, comme une cité, comme notre corps, comme tout organisme vivant, repousse ses déchets à la périphérie.  Les faubourgs de notre planète ne sont pas sains, la voirie en est négligée.  Les esprits des enfants qui arrivent, de même que les esprits des mères qui viennent à leur rencontre, s'y salissent.  C'est pourquoi les maris devraient sauvegarder spirituellement leurs femmes avec des soins beaucoup plus attentifs qu'ils n'ont coutume de le faire.   

Voilà à peu près tout l'essentiel de cet important sujet.  Retenez-en que la naissance est bien autre chose qu'un phénomène physiologique.  Cet aspect-là, l'aspect social, l'aspect ethnique ne prennent leur juste valeur que lorsque l'aspect spirituel en a été aperçu.  Ici encore, le fait terrestre est le dernier maillon d'une chaîne dont les premiers anneaux sont rivés à la Pierre angulaire, au Verbe.  Pour que la chaîne tout entière soit solide, pour que les enfants nous viennent qui soient réellement nos enfants, pour que leur arrivée soit heureuse, pour que nous sachions être des parents dignes de ce grave ministère, efforçons-nous au bien-agir, efforçons-nous au bien-prier.   

Chaque fois qu'un être prend pied sur une terre nouvelle, Dieu espère qu'il y travaillera assez pour en sortir libre.  C'est pour cette raison mystérieuse que les cérémonies du baptême font allusion constante à cet état de pureté, de perfection.  Inversement, au départ, l'espoir du Ciel se reporte à l'école suivante et tout est disposé pour la purification, le lavage.   

Les cérémonies religieuses sont toutes fondées sur le principe de la correspondance exacte et réciproque du monde sensible avec le monde invisible.  De même que chaque religion s'étend sur un domaine géographique, ethnique, social, assez exactement délimité, elle possède une fraction de l'invisible, propre à chacune, et ne ressemblant pas à la partie possédée par les autres religions.  Ces nationalités spirituelles sont, entre parenthèses, le grand obstacle à l'unification des formes  religieuses, comme les parties invisibles sont le grand obstacle à l'internationalisme effectif.  Dès lors, tout ce qui se passe dans l'invisible se répercute dans le visible; et tout ce que le prêtre, c'est-à-dire le ministre que sa consécration a rendu capable d'agir sur les deux mondes à la fois, tout ce que le prêtre accomplit matériellement se transporte au spirituel.   

Ainsi, les anges chargés de ce soin amènent des âmes à l'incarnation et, ici-bas, ceux qui les reçoivent font le nécessaire pour qu'elles communiquent avec l'Église spirituelle : c'est le premier acte de la communion des saints dont nous parle le catéchisme.  La communion des vivants et des morts s'inaugure par le sacrement de l'Extrême-Onction; en vous en parlant, je pourrai vous dire tout ce qu'il importe de savoir sur la mort (I).  

(I) Les Forces mystiques et la Conduite de la Vie : Les bénédictions de la Mort 


Vous savez dans quelles circonstances on administre ce sacrement.  En voici les rites :  

Le prêtre bénit en entrant le malade, la chambre et les assistants; première purification.  Ensuite il demande à Dieu tous Ses bienfaits sur cette maison, qu'Il y envoie Ses anges et en chasse les mauvais esprits.  Il récite ensuite le Confiteor et procède aux onctions de l'huile consacrée qu'il fait sur les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains et les pieds du malade; il accompagne ces gestes, non pas d'une prière, mais d'un commandement appuyé sur l'autorité de toute l'Église invisible : anges et saints, à l'effet d'effacer les péchés ayant pu être commis par le malade au moyen de ces différents organes.  Enfin il récite quatre formules d'imploration à la miséricorde céleste.   

Rien de tout cela n'est très effrayant; et, en fait, la mort n'est pénible que pour le corps du malade et pour les assistants.  Pour l'esprit du malade, elle est au contraire la délivrance, l'entrée dans un monde nouveau où, en changeant de travail, il pourra se reposer.  A vrai dire, la mort n'existe pas, parce que l'inertie, l'immobilité n'existent pas non plus.   

Ne voyons-nous pas la plupart des jeunes gens l'affronter en effet avec un courage qui nous semble inexplicable, et la majorité des vieillards s'en défendre avec une crainte qui nous semble non moins inexplicable ?  C'est que nous sommes des êtres matériels, et que la matière a toujours peur de l'inconnu.  A mesure que nous avançons en âge, cette matière, notre corps, s'attache de plus en plus à ce monde matériel qui le sature et le charge de liens; l'on voit ici un motif peu connu pour nous entraîner sans arrêt au détachement intérieur de façon que, à chaque année qui s'écoule, nous nous sentions davantage vivre en ce monde comme le voyageur dans les contrées qu'il sait devoir quitter prochainement.   

Si l'on pense que connaître, c'est expérimenter, à ce compte-là personne ne connaît la mort.  Les voyants les plus sublimes n'ont aperçu que des bribes de ce grand drame, comme les enfants qui se pressent au trou du rideau aperçoivent quelques gestes et entendent quelques mots du drame qui se joue sur la scène où ils n'ont point accès.  Celui-là seul peut voir et entendre qui a payé; c'est le régénéré, c'est l'homme libre, introduit par le maître du lieu, par le Christ.  

Quatrième partie 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

 

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 16:06

La première partie se trouve ICI...

 

 

L'INCARNATION DES AMES  

 

par Sédir

 

2ème partie

1ère partie

Toutefois, si l'esprit en instance d'incarnation est âgé, s'il porte un bagage d'expérience et de sagesse, si son inscription sur le Livre de Vie s'annonce comme prochaine, il reçoit la faveur singulière de l'épreuve suivante.  Deux anges viennent et lui montrent le tableau exact de la vie qui l'attend, avec tous ses mécomptes, ses douleurs et ses obscurités.  Si l'esprit accepte, une force lui est donnée qui lui rendra les épreuves moins pénibles.  Si l'esprit prend peur et refuse l'incarnation, il se met en retard et contracte une forte dette.  En effet, tout ce qu'il aurait eu à combattre dans son existence manquée grandit, prend des forces, devient plus nocif.  De sorte que, un peu plus tard, quand, bon gré mal gré, il s'incarnera et se trouvera en face de ses ennemis, la lutte sera beaucoup plus sévère, les secours moins prompts et, dans l'ensemble de son existence, en désharmonie avec le milieu, puisque tout ce que la Nature avait préparé auparavant n'a pu servir, par suite du refus, et se trouve emporté par le mouvement général des êtres.  Sans compter que le refus de ces esprits devient quelquefois la cause d'accidents mortels à la naissance ou même avant la naissance. 

Le cerveau ne se souvient jamais de cette épreuve; elle se passe en dedans, au-dessus de la conscience.  Je vous en parle, non pas pour le plaisir de vous apprendre un mystère, mais parce qu'il est utile que certains d'entre vous sachent cela.  Plus tard, quand votre mémoire actuelle vous aura été reprise, quand rien de ce qui forme votre apparence aujourd'hui ne sera plus, votre esprit, qui m'entend à l'instant mieux que vos oreilles physiques, se souviendra; et cette lointaine réminiscence suffira peut-être à lui donner la force d'accepter le calice à la première présentation. 

Permettez-moi d'insister sur le caractère exceptionnel de cette épreuve pré-natale; elle n'est offerte qu'aux âmes d'élite.  Dans la presque totalité des cas, l'heure et le lieu de la venue d'une âme sur la terre sont fixés d'avance.  Que l'enfant naisse dans une mansarde, dans un palais ou sur la grand-route, trois, quatre, dix ans même auparavant, d'invisibles génies  - ces êtres mixtes dont parlent toutes les traditions, dont saint Thomas d'Aquin lui-même nous révèle l'existence  - sont au travail pour amener les parents la où il faut.  Ils croient avoir été libres de leur mariage, du choix de leur domicile; ils ne l'ont été que dans la mesure où la Lumière habite en chacun d'eux.  Car les Ténèbres, c'est-à-dire la matérialité des instincts, des préoccupations, l'égoïsme des actes sont des chaînes réelles; la liberté des ambitieux, des cupides, des arrivistes n'est qu'une illusion.

Ainsi le père et la mère ont les enfants qu'ils ont mérité d'avoir selon la justice immanente qui règle l'univers; et les enfants, de même, naissent dans la famille où ils ont mérité de naître.  Et cette logique du Destin offre aux uns comme aux autres le maximum d'occasions pour progresser ver la Lumière.  

L'atavisme, influence ancestrale, l'hérédité, influence des progéniteurs immédiats, ne sont pas des causes, mais des effets.  Un enfant ne devient pas un artiste, un ouvrier, parce qu'il naquit dans telle classe sociale; mais, au contraire, il  vint dans un milieu ouvrier ou artiste, parce que, là, il devait trouver les moyens de telles ou telles expériences.  Un enfant ne devient pas tuberculeux parce que ses parents le sont; mais il naît de parents tuberculeux parce que son destin, c'est-à-dire le résultat spirituel des activités pré-terrestres de son moi, le pousse à expérimenter la tuberculose.  

Symétriquement, si je puis dire, l'enfant n'est donc pas plus libre que ses parents.  Bien entendu, je ne mentionne ici qu'une loi générale qui comporte des exceptions.  Voici lesquelles.   

Le Bon Dieu, vous le savez, en nous envoyant dans le monde, a déposé en nous une petite graine précieuse, qui contient toutes les puissances, toutes les facultés qui feront de nous, plus tard, lorsque nous serons parfaits, des êtres plus splendides que les plus grands dieux.  Mais, dans l'état de toute première enfance spirituelle où nous sommes encore presque tous, nous craignons l'effort et la fatigue.  Nous ressemblons à la plupart des bambins qui détestent l'école, mais qui, plus tard, devenus des hommes, seront heureux d'avoir été obligés de suivre les classes.  

Si donc, quand un esprit humain ordinaire doit venir naître ici-bas, il apercevait les peines et les travaux qui l'attendent, il refuserait certainement et, par sa pusillanimité, perdrait ainsi d'excellentes occasions d'avancer.  Aussi ne lui dit-on rien; il arrive aux portes de la terre, insoucieusement, comme un promeneur séduit par le paysage, et il reçoit un corps de chair sans l'avoir demandé.

Toutefois, bien que les âmes viennent sur terre par ordre impératif, elles ont besoin tout de même qu'on s'y prépare à les accueillir.  

C'est un devoir de se créer une famille; c'est un devoir que d'adopter des orphelins quand il ne nous est pas accordé d'avoir des enfants.  On doit se faire collaborateur de la vie générale, rendre à la Nature au moins l'équivalent des forces vitales qu'elle nous a confiées.  Le philanthrope, il est vrai, demande que des parents pauvres ou malades ne jettent pas dans l'existence de petits êtres voués à la douleur.  Mais le chrétien, tout en souhaitant que de tels parents ne procréent  pas au hasard d'une ivresse ou d'un caprice, tout en désirant que les époux, à quelque condition sociale qu'ils appartiennent, mettent plus de gravité et plus de souci à remplir leur devoir racial, le chrétien sait la vertu rédemptrice de la douleur physique; il sait que les petites victimes de l'atavisme et de l'hérédité se rachètent en souffrant; il les plaint, il les aide, il les soulage; mais il ne conseille jamais de les empêcher de venir se purifier.  

Personne n'a jamais que les enfants qu'il doit avoir.  Mais aussi personne ne pense à Dieu, ou presque personne; et personne ne pense à la prière.  Je suis certain cependant que si un père ou une mère, physiquement tarés et craignant de transmettre leurs tares, se tournaient vers Dieu, Lui exposaient leur angoisse et leur humble souci de Lui obéir, la Nature pourrait bien leur envoyer un enfant taré comme eux, conformément à sa loi, mais Dieu effacera la tare, sinon tout à fait, au moins dans une large mesure.   

Les enfants qui nous viennent sont ceux que le juste et intègre Destin nous envoie; mais, si nous le Lui demandions, le Seigneur nous enverrait des enfants immérités; nous aurions une tâche plus belle et plus bénéfique; car la vie extérieure répond toujours à notre vie intérieure.  Que deux époux adoptent un orphelin parce que sa figure leur est sympathique, ce sera parce que cet enfant leur est proche selon la Nature.  Qu'ils le prennent par devoir, pour obéir au Ciel, malgré qu'il leur soit antipathique, cet enfant leur aura été envoyé spécialement et surnaturellement.

Refuser les charges de la paternité est une faiblesse lourde de conséquences, sinon un crime.  Il est d'une importance capitale pour les esprits des hommes qu'ils puissent rentrer sur la terre.  S'ils se voient refusés par leurs parents normaux, ils sont obligés d'en chercher d'autres.  Vous imaginez-vous leur angoisse, bien pire que celle du chemineau en quête d'un abri, et qui peut durer des années ?  En sus, les parents que ces esprits trouvent enfin ne leur seront jamais comme les premiers d'une convenance parfaite, ni le pays, ni la religion, ni le milieu.  De tout cela il est juste que les coupables portent la peine; et, plus tard, quand ces parents légitimes, mais fautifs, seront partis et prêts à revenir, les portes de la terre leur resteront fermées bien longtemps peut-être.  Or, les esprits humains ont soif de la vie terrestre, parce qu'ils savent combien elle leur est utile; ils y voient des lumières que nous, incarnés, n'y apercevons plus.  Une telle attente est un supplice, une forme de ces terribles ténèbres extérieures dont l'Évangile nous donne plusieurs fois le tremblement.

*

Si les mystères ne nous étaient pas trop lourds, nous dirions ce qui se passe sur la terre, dans l'au delà et dans l'en deçà, quarante ans, vingt-sept ans, sept ans, et trois jours avant la naissance.  Une naissance est à la fois un très léger déclic des engrenages occultes et la plus vaste épopée.  La dernière des âmes qui s'abat sur le sein pitoyable de la mère la moins digne est tout de même accompagnée d'une longue théorie d'ancêtres, de génies et d'anges.  Son voyage se déroule parmi des musiques et des parfums; les tribus infra-humaines accourent, ou pour la saluer ou pour l'assaillir; et leur aspect étrange n'est pas sans la jeter dans de brusques terreurs.  Mais, en même temps, la marche de son cortège refoule les atmosphères secondes, et elle laisse derrière soi des gémissements et des larmes, tandis que le génies terrestres viennent à sa rencontre avec des palmes et des chants.  Oui, la descente d'une âme est un des plus magnifiques spectacles dont puisse s'émerveiller le regard d'un voyant; mais, aperçue d'un observatoire plus central, plus proche des cimes spirituelles, ce n'est que la chute-rapide d'une étoile filante sur l'immobile obscurité de la nuit caniculaire.  Ainsi, même avant d'atterrir, l'homme est à la fois immense et tout petit.  

Les premiers informés de la date et du lieu d'une naissance sont les constructeurs du corps.  Ils commencent parfois dix ans à l'avance de canaliser vers la chambre natale  les fluides qui modèleront le double.  Celui-ci attire ensuite les particules semi-pondérables que la conception rendra matérielles, de même qu'un imperceptible fragment, déposé dans une solution sursaturée, en précipite la masse tout entière.  

Le moi est prévenu quatre ou six années auparavant de la date et du lieu de sa nouvelle incarnation; aussitôt il commence à prendre contact avec l'organisme fluidique en voie d'achèvement.

L'âme, qui habite un autre espace, ne joint le corps qu'au premier respir de l'enfant; elle le touche au coeur; lorsque le bébé ouvre les yeux, c'est le premier souffle sur le cerveau par lequel l'âme y attache la pensée.  L'union de l'âme avec le corps n'est jamais finie avant sept ans; elle est presque toujours complète à neuf ans.

L'instant de la naissance peut être très douloureux pour l'esprit, de même que la mort lui procure souvent une joie ineffable.  Les paradis et les purgatoires alternent régulièrement dans la vie du moi.  Qu'on se repose aujourd'hui, il faudra travailler demain.  Qu'on soit heureux de l'autre côté, on souffrira en revenant.  Qu'on ait subi dans les ténèbres des épreuves expiatoires, la vie terrestre sera calme.

A connaître ces lois, on voudrait faire quelque chose pour les esprits qui reviennent, les aider, les conforter, les secourir; on se les imagine frêles et attendrissants, comme les petits corps délicats où ils palpitent.  On voudrait manier les armes des psychurges; on aimerait que nos regards percent les voiles.  Mais tranquillisons-nous : aucune psychurgie n'égale l'amour maternel; la force de l'amour maternel, c'est qu'il est vivant; il faudrait que l'amour fraternel vive aussi fort.  Aucune science ésotérique ne vaut la prière.  Pardonnez-moi de me répéter sans cesse, mais vous ne savez pas encore, personne ne sait la valeur de la prière.

La prière est une rosée; elle mondifie, elle purifie, elle nourrit, elle panse, elle illumine, elle transfigure.  Priez donc sans cesse.  Priez si vous n'avez pas d'enfants; priez s'il vous en vient; priez quand ils s'annoncent; priez quand ils paraissent; priez avec eux quand ils exhalent leurs premières plaintes; prenez leur premier regard, leur premier sourire,  leur première parole et les offrez à leur Père véritable.  L'enfant est le grand maître de la prière.   

*

Notamment, les parents chrétiens devraient s'adresser à Dieu bien plus souvent qu'ils ne le font pour tout ce qui concerne leurs enfants futurs.  Presque toujours c'est le caprice, le hasard d'une circonstance banale, qui les fait aller à ce marché féerique où l'on achète les choux et les roses qui abritent les petits bébés.  Car, si le père ni la mère ne peuvent rien sur l'âme de leur futur enfant, ils peuvent beaucoup sur sa vie physique, sur sa sensibilité, sur ses qualités mentales ou psychiques.  Leur prière peut faciliter toute l'existence du petit être dont l'esprit flotte autour d'eux; elle peut faire descendre en lui un germe lumineux que son destin ne comportait pas, ils peuvent l'orienter vers le monde ou vers Dieu.  Au surplus, aucun acte de la vie, entre époux chrétiens, ne devrait être accompli sans la prière, sans la demande, sans le remerciement.  Vous vous rappelez que, selon Sa promesse, le Verbe Lui-même vient, lorsque deux êtres se réunissent en Son nom; or, le couple qui, par excellence, doit vivre au nom du Christ, n'est-il pas le couple conjugal ?

Durant la lente construction du corps de l'enfant, durant la longue élaboration dynamique qui la précède et la suit, que d'incidents possibles !  La porte par laquelle les âmes atterrissent ici-bas est surveillée, guettée, convoitée par des êtres peu scrupuleux; aussi ces mois d'attente devraient-ils s'écouler dans le calme, dans la parfaite entente, dans la société des chefs-d'oeuvre de tout ordre et sous le regard de la Vierge.  Je vous parlerai quelque jour de l'épouse du charpentier, de la mère du Christ, et tenterai de vous expliquer sa puissance sur ce monde et sa sollicitude envers nous; aujourd'hui il suffira de dire que toutes les femmes devraient prendre comme modèle sur elle; filles, épouses, mères, veuves, toutes trouveront en Marie l'exemple pratique et l'idéal.

Si la santé corporelle de la mère se reporte sur celle de  son enfant, sa santé morale et psychique influence encore bien davantage la personnalité en germe du petit être.  Durant ces longs mois descendent, se mêlent, s'entrecroisent, s'organisent autour de la future mère une foule de forces indiscernables et d'agents invisibles; il faudrait donc avant tout que tout ce travail s'effectue dans le calme, dans la sérénité; que les préoccupations anxieuses, les soucis, les hostilités n'aient pas de prise sur la mère; qu'elle prie sans cesse que de tout son être elle aspire la Beauté, la Bonté suprêmes, qu'elle en fasse descendre les effluves et les reflets jusque dans les profondeurs de sa vie corporelle.  

Le moment de la naissance est grave; de nombreux auxiliaires collaborent à ce passage pénible de l'esprit arraché aux affections anciennes qui jusqu'alors l'ont entouré, conduit sur un monde inconnu, et dont seules les effluves de l'amour maternel et les clartés jaillies de la prière peuvent rassurer les inquiétudes et raffermir le courage.  La religion est donc la bienvenue au berceau du nouveau-né; l'ondoiement et le baptême réconfortent son esprit dépaysé, et les parents qui, par rationalisme, par respect mal compris de son indépendance future, le privent de ces secours ne se doutent pas qu'ils lui infligent des souffrances superflues.

En effet, tout corps humain contient un esprit immortel, siège du moi, de la personnalité, de ses deux consciences psychologique et morale, et une âme éternelle qui est le germe encore imperceptible de sa filiation divine et de son salut.

Le corps du nourrisson doit être soigné avec prudence.  La coutume du maillot lui est souvent nuisible; cette tendre chair, en effet, toute neuve, ressent en entier les réactions des forces mystérieuses dont il procède.  Ce bébé est un voyant; il perçoit des choses auxquelles, plus tard, bien acclimaté à la matière terrestre, il deviendra insensible.  Des langes qui l'immobilisent augmentent ses effrois.  La mère devrait donc se contenter de le tenir dans un berceau d'où il ne puisse tomber; elle devrait aussi ne pas le laisser la nuit sans lumière; celle d'une veilleuse suffit; et orienter son petit lit la tête à l'est ou au nord. 

 

Troisième partie

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 15:05

 

Premier chapitre de la Mystique Chrétienne... Sédir nous dévoile le monde des âmes. Pourquoi se réincarne-t-on ? Et d'abord qu'est-ce que la Mort ? Après l'avoir frôlée de près au moins deux fois, je dis ce que j'en pense ICI... pour moi, la Mort n'existe pas. Lorsqu'un de mes amis s'en va, je n'éprouve pas de peine. Je sais que je le reverrai dans l'Autre Plan, lui et d'autres... ma mère, ma grand-mère adorée... tous ceux qui ont croisé ma route un jour et qui sont partis avant moi... S'incarner sur cette terre ou sur une autre, c'est signer un bail pour un certain nombre d'années. On a un travail à faire, une Mission peut-être... quelque chose d'utile mais si l'on se laisse entraîner à des actes répréhensibles, à des mauvais instincts, alors il faut revenir encore et encore jusqu'à ce que la leçon soit bien apprise, bien comprise et que l'on ne dévie plus de la Voie Royale de la Lumière...

Pour ceux que cela intéresse, voir ce que m'a inspiré la mort de Pinochet dans un roman de science-fiction... Angela Markus...  

 

L'INCARNATION DES AMES

 

par Sédir

 

1ère partie

      

 Chapître 1 de la Mystique Chrétienne

 

 

 

 

La Naissance et la Mort sont deux phénomènes réversibles et les deux aspects d'un même acte du drame cosmique de l'âme humaine, envoyée par le Père en voyage d'instruction parmi les mondes; écoles obscures ou éblouissantes de la Sagesse éternelle. 

Un voyageur s'embarque au Havre pour l'Amérique, au même moment où un autre quitte New-York pour venir en Europe; l'un disparaît de la France pour apparaître en Amérique, l'autre disparaît de l'Amérique pour apparaître sur les rivages français.  Ainsi une naissance sur la terre fait suite à une mort dans quelque planète indiscernable, et une mort sur cette terre inaugure une naissance à une forme de vie plus parfaite. 

Les religions occidentales ne nous renseignent que fort peu sur les existences extra-terrestres.  Si l'on est vraiment un chrétien, on approuvera ce mutisme, car le chrétien qui demande à comprendre avant de croire est-il un chrétien ?  Jésus nous a confirmé la tendresse et la miséricorde du Père; qu'avons-nous donc besoin de savoir, si nous nous fions entièrement à Lui ?  Et si notre confiance exige des explications, ce n'est plus une confiance, et nous ne sommes plus des chrétiens.  Jésus nous demande cette confiance; Il est venu pour nous faire passer du monde des effets au royaume de la cause première, pour nous faire franchir l'abîme réel qui sépare le fini de l'infini, le temps de l'éternité; nous devons pour cela sortir de nos propres limites, comprendre combien le savoir est précaire et nos pouvoirs impuissants.  Seule, la foi accomplit en nous cette transmutation miraculeuse; seul, le vrai chrétien, lorsqu'il ne comprend plus, adore et, lorsqu'il ne peut plus agir, demande à son Père céleste. 

Si donc je voulais observer avec rigueur la conduite évangélique, je ne vous parlerais pas de ces choses inconnues qu'il vous faudra accepter en prêtant confiance à mes dires.  Mais, à notre époque, et pour des raisons qu'il ne nous appartient pas de scruter en public, les êtres sont tels que, pour se décider à agir, ils ont besoin de comprendre ou, plus exactement, ils ont besoin de l'illusion de comprendre; c'est ainsi qu'une maman, pour que son petit enfant soit sage et fasse ses devoirs, répond à ses questions du mieux qu'elle peut et avec toute la prudence que lui inspire son amour. 

Le Ciel donc a bien voulu soulever un coin du voile de l'Au-Delà pour Ses serviteurs; c'est ce qu'ils ont aperçu que je vous transmets, espérant par là vous faire découvrir quelques aspects inconnus de la sagesse et de la bonté divines, et provoquer dans vos coeurs cette reconnaissance admirative seule capable de vous attacher à Lui et de vous faire Le servir par la prière et par la charité, ces deux formes de l'Amour. 

**

Le nombre des âmes humaines est limité, car la création est limitée.  Les voix diverses des plus vieilles traditions affirment ceci, et c'est un fait exact.  Chaque naissance demande une mort, ou plutôt deux morts : l'une sur quelque planète, l'autre sur cette terre, par la même raison que chaque mort se résout en une double naissance : une terrestre et une extra-terrestre.  Ainsi, toute souffrance n'est que le moyen d'une joie, belle en proportion; tout déchirement prépare l'éclat d'une fleur et la suavité d'un fruit précieux. 

Un pays, un continent, une planète peuvent bien voir leurs populations varier dans de larges limites; mais la population totale de l'Univers, quoique croissante, ne dépassera jamais le chiffre fixé par le Père en vue du dernier Jugement.  Nos exils auront une fin, croyez-le, fin d'autant plus triomphante qu'ils auront été plus précaires.  La route est longue, certes, qui nous mène à la vraie Ville éternelle; mais la Ville est là, immuable, magnifique mille fois davantage que nos rêves les plus splendides.  Avec quels transports n'en apercevrons-nous pas les remparts resplendissants ! 

 

En vérité, j'entends au point de vue absolu, il n'y a que deux sortes d'hommes : les enfants de la Nature et les enfants de Dieu. 

Les premiers sont tellement nombreux que, pour ainsi dire, ils composent les humanités universelles presque tout entières.  Ce sont les écoliers, les pèlerins, les évoluants, la foule entre des barrières, les sujets passifs du Destin.  Ils subissent, ils réparent, ils s'instruisent, ils prennent des forces.  Ils n'agissent pas, au sens réel du mot; ils ne peuvent pas, ni ne savent pas encore agir; leurs oeuvres sont d'argile; leurs paroles, des balbutiements; leurs volontés, des caprices.  Même les oeuvres des génies, les paroles des conducteurs de peuples, les vouloirs des héros, tout cela, ce sont des ébauches, car nous les regardons, n'est-ce pas ?  du point de vue de Dieu.  Les hommes avancent, certes, mais si lentement qu'il faut attendre des siècles pour mesurer leurs progrès.  Un jour cependant, ils découvriront les frontières du monde; leurs regards éblouis se rempliront des paysages éternels déployés tout près d'eux sur l'autre bord de l'abîme du Néant; un jour, le Verbe, avec Ses anges et Ses amis, paraîtra au détour du chemin et, par la vertu d'un baptême définitif, dans le silence total des créatures attentives, ces esclaves deviendront soudain des hommes libres; ces écoliers, des maîtres; ces piétons harassés, des athlètes calmes et forts.  On les vêtira de robes brillantes, on les saluera au titre d'Enfants de Dieu. 

Mais, pour maintenant, ces Enfants de Dieu sont rares : quelquefois, un par race; plus ordinairement, un seul par siècle, pour la terre entière. 

Le premier en date qui, dans la littérature initiatique, parle de ces mystères, c'est Jean le Vierge, car personne ne les avait pu soupçonner avant la révélation corporelle du Verbe; nul depuis, d'ailleurs, n'a non plus osé ou pu en dire un mot.  

 Voici ce qu'enseigne le Fils du Tonnerre : « Ceux qui ont cru deviennent, par une grâce du Verbe, enfants de Dieu; ceux-là ne naissent ni des sangs, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais par la volonté de Dieu.  »

Il ne faut pas entendre qu'on parle ici des âmes.  Les âmes sont la Lumière même; elles ne deviennent pas, elles demeurent; elles ne tombent pas, elles restent spectatrices et témoins; seul, leur éclat peut varier.  Jean parle du moi, de l'esprit individuel.  Le moi évolue, monte, descend, grandit, rapetisse, se salit, se purifie; il appartient au Naturel et l'âme au Surnaturel.  L'individualité est le produit de deux facteurs, l'enfant de deux parents; tout naît par un mariage.  Les parents, les véritables constructeurs de l'esprit, l'évangéliste les désigne comme pouvant être ou les génies de deux familles, ou un dieu avec une déesse de la matière, ou deux volontés exceptionnelles.  Le premier cas est le cas général.  Le second ne se présente que si, par exemple, telle forme de la matière va être assouplie à un ouvrage nouveau, parce que l'inventeur ne réussira que s'il possède une suprématie spirituelle sur les forces matérielles destinées à ce nouvel usage.  Le troisième cas est tout à fait rare : il a lieu quand un dévastateur doit venir sur terre en fléau de la Justice, ou lorsqu'un séducteur spirituel y descend, comme réponse aux égarements d'une race. 

Telle est la génération des esprits humains; on y retrouve la loi universelle qui exige, pour chaque progrès d'un inférieur, le sacrifice de deux supérieurs.  L'individualité a besoin, pour se construire, du double concours d'un génie qui s'exile et d'une âme qui s'enchaîne.  L'enfant ne peut naître que si sa mère a accepté de souffrir et si son moi veut bien se laisser conduire en prison. 

Dans l'intervalle de deux incarnations terrestres, ce qui, en nous, n'appartient pas à la terre passe le fleuve frontière du pays des ombres, et prend un repos durant lequel les poussières et les déchets se déposent peu à peu.  Toutes les parties de notre être bénéficient de ce calme, car en toutes, dans les plus matérielles même, scintillent des étincelles du Centre, des souffles de l'Esprit les traversent, des rayons de l'âme divine les illuminent.  Une alchimie délicate et mystérieuse règle cette opération.  L'ossature psychique de l'individualité demeure en l'état où les travaux de l'existence qui vient de finir l'ont amenée; tandis que les préjugés, les inutilités, les erreurs s'évaporent lentement au feu d'un soleil secret; car l'âme, parce qu'engendrée du Vrai, n'accepte et ne s'assimile que le Vrai. 

Avant de renaître, le moi retrouve donc ses organes de connaissance et d'action tels qu'il les a rendus à la Nature lors de son dernier départ.  Mais l'huile a été décantée, la lampe éclaire mieux, l'idéal apparaît plus net; l'élan inné de la vie améliore naturellement les canaux par où il descend à la rencontre de nos aspirations. 

Ici entre en jeu la loi des renaissances.  Faut-il accepter cette théorie ?  Les preuves philosophiques ou expérimentales, aussi bien que celles données comme inattaquables par les occultistes, sont impossibles à admettre rationnellement.  Il s'agit là d'une de ces nombreuses vérités dont l'intuition seule peut nous convaincre.  C'est une vérité consolante pour la foule des demi-spiritualistes qui ne croient pas d'une foi plénière et sereine à la bonté de Dieu, ni à Sa justice.  C'est une vérité inutile pour le disciple dans le coeur duquel palpite le sens du divin.  Les hommes, pour la plupart, pensent comme si les perfections divines étaient renfermées, bien à part, dans un coffret verrouillé, ne concevant pas qu'elles sont vivantes, réelles, mêlées au monde, ouvrières actives, forces positives.  Le disciple comprend ces choses d'une façon plus pratique.  La réincarnation lui paraît possible et logique, puisque tout est possible, et qu'il suffit que Dieu veuille pour que tout soit; mais il ne se préoccupe de rien que de son devoir immédiat.  Son coeur habite le royaume du Permanent.  Peu lui importe de prendre aujourd'hui le costume de l'ouvrier, demain celui de l'artiste, après-demain celui du prince; n'est-il pas partout avec son Seigneur, avec son Bien-Aimé ? 

Au reste, on ne découvre dans l'Évangile que des allusions à la pluralité des existences.  Toute l'antiquité y croyait, tout l'Orient y croit encore aujourd'hui.  Cette idée donne de l'espoir; elle peut aussi rendre indolent.  A l'inverse, la théorie catholique peut jeter le désespoir dans une conscience craintive, mais aussi elle fomente l'énergie des coeurs ardents. 

Quoi dire d'exact sur la réincarnation ?  Les vieux sages de l'Inde et de la Judée nous ont transmis quelques-unes de leurs recherches.  Mais ne savons-nous pas d'avance qu'elles sont approximatives et conditionnelles, au même titre qu'une expérience de laboratoire ?  Ne savons-nous pas que la venue du Verbe a bouleversé le Cosmos, détrônant les grands dieux, élevant les cohortes de l'abîme, peuplant les déserts, ruinant les populeuses cités de l'Invisible, mettant à gauche ce qui était à droite, et réciproquement ? 

Dès lors, sur quelles bases refaire les calculs des initiés ?  Comment guider nos voyants ?  Sur quelles cartes de l'Au-delà se conduire ?  Où élever l'observatoire pour l'immensité de la Création ?  Ne faudrait-il pas, au préalable, sortir de l'espace et s'abstraire du temps ?  Ne faudrait-il pas être, non seulement un délivré, mais encore un homme libre ? 

La réincarnation n'est pas un phénomène simple.  Une personnalité ne revient pas en bloc, telle quelle; elle subit des réductions et reçoit des additions.  Que sont ces changements, d'où viennent-ils, dans quel but ?  On ne peut pas le savoir.  Les adeptes même admis aux conseils des dieux ne savent que ce que ces dieux savent, ou ce qu'ils veulent bien leur dire.  L'homme ressemble à une grande ville où des voyageurs entrent sans cesse, tandis que d'autres en sortent.  Qui tiendra le registre de ces fluctuations ?  Dans certaines races, le moi garde constamment son destin; dans d'autres, plusieurs « mois » se relaient dans un ou plusieurs organismes; ailleurs, il y a des collaborations; ailleurs encore, l'esprit ne s'incarne pas, mais obombre le corps; et combien d'autres procédés ingénieux la Nature met en oeuvre !  Nous ne pouvons même pas les cataloguer. 

Il est plus digne de faire l'aveu de notre ignorance en nous jetant aux bras miséricordieux de l'Ami.  Ce serait Sa joie de nous promener dans les palais du Mystère, de merveille en merveille, et de secrets en secrets.  Mais nous ne saurions pas nous bien tenir, parmi les êtres resplendissants, les génies ailés, les gardiens taciturnes et magnifiques qui peuplent les salles de la Maison éternelle.  Regardons-nous; sachant à l'avance que dans une rue où un devoir nous appelle nous rencontrerons un créancier, combien d'entre nous ne remettront pas le devoir pour éviter l'ennui prévu ? 

Or, si nous connaissions nos existences antérieures, il serait facile de déduire à coup sûr les épreuves réparatrices qui nous attendent aujourd'hui; et personne, il faut bien l'avouer, ne serait assez courageux pour ne pas chercher à les fuir; de là s'ensuivraient, pour notre plus grand dommage, des retards considérables dans notre avancement spirituel.  

 Ce même exemple explique la raison profonde de toutes nos ignorances.  D'ailleurs, Jésus ne nous demande pas de devenir savants, mais bons.  

 

Deucième partie 

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 08:08

Il faut d'abord lire la 1ère partie...

 

 

 

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

 

CHAPITRE VI  

 

2ème partie

 

112. - Sujets de méditation.
113. - Ce qu'est la méditation.
114. - Le monoïdéisme.
115. - Comment méditer.
116. - Insuffisance de la méditation.
117. - L'Amour divin.
118. - Sujets de contemplation.
119. - Idem.
120. - L'extase.
121. - Applications.

CONCLUSION

122. - L'homme total.
123. - L'Idéal grandit en même temps que nous.
124. - L'étude de soi-même.
125. - Les grandeurs selon l'Esprit.
126. - Énergétique psychique.
127. - Objets du vouloir : le repos.
128. - La possessivité.
129. - L'obéissance à Dieu.
130. - Liberté et puissance.
131. - Petitesse de l'existence.
132. - Grandeur de l'existence.
133. - BIBLIOGRAPHIE.



 

- 112 Il y a trois grands sujets de méditation.

Celle du matin : sur les
intuitions nocturnes et les projets pour le jour qui commence.

Celle du soir :
examen de conscience et préparation au sommeil.

Celle de l'étude où on est sollicité, quand l'accomplissement de nos devoirs nous en laisse le temps.

Les deux premiers sujets sont pour tout le monde; le premier (sic) n'est utile qu'aux spécialistes.

- 113 - Les observations, les expériences, la lecture sont
l'aliment.

La méditation est une
digestion.

La pensée, une
procréation.

Car il y a
un corps mental, construit avec une substance éthérique et pourvu d'organes analogues à ceux de notre corps physique.

Il faut donc exercer ce corps mental, par la
concentration. Et le faire travailler, lui faire donner un rendement utile par la méditation.

- 114 - La concentration, comme le mot l'indique, consiste à fixer sur un seul objet, une seule perception,
toute la force mentale; c'est un développement de l'attention, donc une oeuvre de volonté.

Contre l'association des idées : il faut
ne pas la combattre avec brusquerie, ne pas contracter ses muscles, ramener doucement et patiemment l'attention, l'onde mentale sur l'objet choisi, jusqu'à ce qu'on en ait une perception nette, complète et exacte.

Ce résultat obtenu, il faut, toujours par le même procédé, rendre cette image immobile; car
la foule des images mentales antérieures et contemporaines tend à la chasser. Ici, la vue intérieure commence à prendre contact avec la forme invisible de l'objet contemplé.

Enfin, il faudrait pouvoir
chasser toutes les images formelles, et arriver à tenir une seconde, une fraction de seconde, l'attention en face de Dieu.

- 115 - Après quelques mois de pratique journalière, le mental peut devenir capable d'un travail méthodique. Ici, commence la méditation proprement dite. On peut la réduire à six opérations volontaires :

Un sujet étant donné :

1) L'intellect attentif le perçoit par individualisation.

2) Il le réfléchit par analyse.

3) Il le compare à d'autres par analogie et synthèse.

4) Il se le rappelle par classification méthodique.

5) Il l'assimile, le comprend, par induction et déduction.

6) Il en rapproche les dépendances par l'imagination, et crée sa pensée.

La durée d'une telle méditation ne peut pas être fixe.

- 116 - Arrêtons-nous un moment, une fois ce magnifique résultat obtenu : la création d'une pensée; il est bon de comprendre q
ue ce n'est qu'un provisoire. Car le mental conscient ne peut nous donner du non-moi qu'une connaissance proportionnelle :

A l'apparence de l'objet;

A l'état du milieu où se posent le percepteur et le perçu;

A la qualité individuelle du mental.

Nous arrivons à
la troisième école, la plus saine, la plus harmonieuse, la plus féconde, l'école de l'amour, l'école par excellence de la volonté; celui-là est la flamme et celle-ci la chaleur.


- 117 - L'amour
le plus haut est celui qui désire le plus haut objet : Dieu.

Le
plus pur, c'est celui qui s'oublie soi-même le plus.

Le
plus fort, c'est celui qui travaille, c'est-à-dire qui affronte le plus la souffrance.

Pour préparer cette ascèse, il faut une série d'entraînements progressifs des mobiles de nos actes. C'est la purification de la volonté : en voici un exemple; chacune des idées des neuf canevas qui suivent doit être apprise, réfléchie, contemplée sous toutes ses faces.

- 118 - 1) Dieu est le Père, le Vrai, le Beau, le Bien, le Puissant, le Permanent, le Réel.
Tout ce qui n'est pas Lui est une forme muable.

2) Tous les objets, toutes les sciences, toutes les existences
ne sont que des écoles. Inutile de s'y attacher, non plus qu'à soi, ni à ses propres désirs, ni aux résultats de nos actes. Devenir stable en Dieu. Pratiquer la vertu pour elle-même.

3) Que la pensée ininterrompue de Dieu ramène à Lui tous nos actes, toutes nos émotions, toutes nos cogitation
s. On gouvernera ainsi les impulsions des cinq sens, et les émotions, par la fixité du mental sur Dieu.

4) Le moi s'observant sans cesse sentir et agir, on obtiendra la maî
trise de ses mouvements psychiques, de ses paroles et de ses actes.

- 119 - Parti de l'idée d'Absolu pour arriver au contrôle de soi-même, c'est-à-dire à une réalisation individuelle de cette Unité première, nous allons essayer d'obtenir la même unité quant aux influences externes.

5)
Si tout n'est qu'une école, les formes, les rites, les systèmes sont vains : les quitter en soi, tout en les gardant selon la compréhension d'autrui. Accepter toutes les manières de voir : nos frères sont aussi dans les écoles; telle est la tolérance.

6) On devient donc impassible, endurant, patient, serein : on
supporte tout sans colère, sans envie, sans hâte.

7)
Garder cette constance dans l'épreuve; vaincre la tentation, par une fixité immobile; devenir incapable de sortir de la route : telle est l'origine de la foi.

8) Ayant conquis l'équilibre, s'enquérir de tout; trouver en tout le bien, le beau, le vrai qui s'y cachent.
Sentir que le Maître nous a pris par la main.

- 120 - 9) Ici
le Maître suscite dans le coeur du disciple le premier frémissement de son approche; le désir du Ciel se lève; le Maître est là; l'Amour s'allume; rien d'autre ne peut se dire.

Mais, je le répète, ces neuf exercices, qui d'ailleurs, pour être parfaitement suivis, peuvent prendre des années, et même des existences, ne sont qu'un exemple. Chacun peut se faire à lui-même son programme.

- 121 - Ces thèmes de méditation et de contemplation s'appliquent à toutes les circonstances de la vie, et à tous les états d'âme. L'acte n'est que leur conséquence logique et nécessaire.

Il n'y a donc pas, à proprement parler, des entraînements pour agir; ceux qui pensent
avec justesse et qui sentent avec noblesse agissent toujours bien.

D'ailleurs,
dès que nous générons le désir sincère de suivre la Loi du Ciel, il s'offre toujours à nous, même sans que notre conscience s'en aperçoive, une collaboration invisible, effective, et de plus en plus continue.

Jamais personne n'est seul.

CONCLUSION

- 122 -
L'homme désire toujours ce qu'il ne possède pas; ce qu'il possède, il en fait fi. C'est-à-dire que notre idéal à chacun est notre complémentaire analogique. Si, nous plaçant par l'imagination plus haut que le tourbillon de notre planète, nous embrassons d'un coup d'oeil la série des existences que subit une âme avant d'avoir peut-être appris complètement sa leçon terrestre, nous apercevons cette âme comme un soleil, et ses différentes personnalités comme des satellites de révolution qu'éclaire à tour de rôle la vie propre de ce globe terraqué. Ces satellites psychiques sont des aspects de l'âme centrale immobile; ils ont leur libre arbitre propre et par suite leur idéal particulier, avec lequel ils se fusionnent plus ou moins; et le système d'ensemble a aussi son idéal plus synthétique vers lequel il se dirige, comme notre soleil se dirige vers la constellation d'Hercule entraînant avec lui tout son cortège planétaire.

- 123 - Plus l'être humain évolue, plus il devient complet et complexe,
plus son idéal, c'est-à-dire son complémentaire invisible, monte aussi vers la perfection; plus il revêt un caractère vénérable et sacré, plus ces deux entités se rapprochent, et plus graves deviennent les conséquences des infractions à ce contrat hiératique qui relie l'homme au Dieu qu'il a élu. Mentir à son idéal est donc presque irréparable; cela ravale notre dignité, cela aveugle notre conscience, cela empoisonne en nous la source vive de l'Esprit.

Contemplez ici notre dignité à nous tous.

- 124 - Agissez d'abord selon la voix secrète et infaillible de la conscience. Ensuite cherchez le pourquoi de votre impulsion intime; enfin, quand l'action vous laisse du temps, méditez sur la cause de ce pourquoi, sur le fonctionnement de la faculté rationnelle. Telle est la marche qu'Epictète, écho inconscient de Sankaratcharya, recommande, pour découvrir les sommets de notre psychologie;
" Le vrai moi, dit-il, c'est notre volonté, tout le reste n'est pas nous ".

- 125 -
La grandeur réelle de l'homme selon l'Éternité, est l'inverse de sa grandeur apparente selon le Temps. Le roi, qui veut connaître le coeur de son peuple, dépouille pour parler avec le prolétaire, son costume d'apparat. Celui qui sait les mystères cache sa science sous la parabole; celui qui peut enveloppe sa puissance de l'humble manteau de la prière. Celui-là est terriblement fort : ne garde-t-il pas close, par amour, sa main remplie de perles ? Quel martyre pour cet Aîné, que son silence voulu !

- 126 - Connaissant que tout remue et bouge à l'infini, dans cet Univers, que tout s'interpénètre, qu'enfin
selon l'axiome hermétique, tout est dans tout, considérez l'homme qui oeuvre. Ses forces musculaires, sensorielles, nerveuses, magnétiques, passionnelles, intellectuelles sont mises en branle par une décision volontaire. Celle-ci à son tour est produite par sa volonté générale, qui se projette, se lance en avant, vers un point du futur matériel ou invisible. Cette flèche psychique entraîne avec soi dans sa trajectoire les facultés plus externes énoncées ci-dessus; et toutes réunies, actives et passives, subissent les mêmes péripéties, endurent les mêmes fatigues, reçoivent les mêmes clartés, vivent ensemble en un mot, selon les paysages invisibles que le roi Désir leur fait traverser dans ses recherches aventureuses.

- 127 -
De quels objets est-il possible que le désir, père de la volonté, s'inquiète ? Il y en a trois catégories. La première et la plus basse c'est la matière, le confort, la paresse, le repos, l'inertie, le sommeil, le non-agir en un mot, dans tous les plans, pour le corps, pour l'âme et pour l'intellect : c'est la couleur noire.

- 128 - La seconde,
c'est la soif de posséder, de conquérir, de jouir, de découvrir, de lutter, d'agir : c'est l'exaltation de soi-même; on travaille alors sans repos, on apprend à sacrifier une joie pour en obtenir une autre, dans le domaine religieux, social, économique ou individuel. C'est la couleur rouge.

- 129 - La troisième
ne se découvre qu'à l'aube grise de la satiété. Quand le moi sait que l'inertie est suicide, et l'activité propre une illusion, il cherche ailleurs la vie et le réel. Ayant connu que le travail lui est nécessaire et obligatoire, il s'enquiert d'un but éternel, puisque tous les buts temporels lui échappent plus ou moins vite; et il ne trouve ce but, en dehors de l'argent, de la puissance, de la gloire, de la science, de l'amour et des créatures, qu'en Dieu seul; telle est la couleur blanche, l'attitude du spiritualiste, la vraie trajectoire de la volonté.

- 130 -
C'est ici la liberté : plus de désirs personnels, ni pour des résultats terrestres, ni en vue d'un paradis ultérieur, ni pour paraître héros, ou saint, ou dieu; renoncer à soi et suivre l'Esprit : ainsi n'étant plus rien, on peut tout par la puissance de l'Amour.

- 131 - A la regarder du zénith,
tout est misérable dans l'existence humaine; la minute présente seule nous appartient; " petit est le coin de terre où nous la vivons, petite est la renommée qu'on laisse après soi, " même la plus durable; elle se transmet par une succession d'hommes de chétive nature, destinés à mourir bientôt, et qui, ne se connaissent pas eux-mêmes, bien loin de connaître celui qui est mort avant eux" ( Marc Aurèle.) .

- 132 - Mais à
regarder cette existence, du nadir, elle est magnifique, car elle s'ouvre sur l'infini, sur l'éternel, sur l'absolu. La fenêtre intérieure par où arrive en nous la Lumière incréée suffit, dès qu'aperçue, à ouvrir l'appétit mystérieux du divin; alors, dans notre âme, tout s'éclaire d'un jour nouveau; les images temporelles rentrent dans leur grise tonalité; les fruits de ce monde deviennent insipides; et chaque minute, chaque sensation, chaque geste, chaque parole, chaque parole, chaque idée, chaque rencontre enfin, est à l'ami de Dieu comme une ascension, un élargissement et une béatitude.

Telle est l
a vie selon l'Esprit, la vie dans la clarté, la vie dans la joie, la vie dans la bonté.

BIBLIOGRAPHIE

133 - Voici une liste de quelques ouvrages, pour certains faciles à trouver, et qui donnent, dans un langage simple, des méthodes et des directions pratiques pour l'édification du caractère. Cette courte énumération a été faite sans aucun esprit de chapelle; elle ne comporte que des oeuvres occidentales, écrites pour la mentalité européenne et libres, autant qu'il a été possible
, de toute tendance sectaire : n'importe quel homme, vivant de la vie ordinaire, peut en tirer son profit. Elles sont énumérées dans un ordre ascendant.

1. MARC-AURELE. - Pensées. Paris, Charpentier.
2. EPICTETE. - Manuel.
3. C. MARTHA. - Les Moralistes Romains, in-18. Paris, C. Lévy.
4. AMIEL. - Journal, Paris, Fischbacher, 2 vol.
5. SAILLANS. - Discours. Paris, Société biblique.
6. L'Action Morale. Paris, impasse Ronsin.
7. P. DESJARDINS. - Le Devoir Présent, in-16, A. Colin.
8. CARLYLE. - Le Culte des Héros, in 18.
9. EMERSON. - Les Surhumains, in-l 8.
10. MÆTERLINCK. - Le Trésor des Humbles. Paris, Charpentier.
11. S. AUGUSTIN. - De Magistro, in Opera. Paris, Oudin.
12. HELLO. - L'Homme. Paris, Palmé ou Perrin.
13. NICOLE. - Traités de Morale.
14. LE P. GRATRY. - Les Sources, in 18. Téqui.
15. BALZAC. - Le Médecin de Campagne.
16. Le Combat Spirituel.
17. L'Imitation de J.-C.
18. PASCAL. - Pensées.
19. St. FRANÇOIS DE SALES. - La Vie Parfaite. Tours. Mame.
20. BOSSUET. - Manière courte et facile de faire Oraison.
21. DE CAUSSADE. - L'Abandon à la Providence. Paris, Gabalda.
22. S. VINCENT DE PAUL - Maximes, chez Bray-Retaux.

Sources
Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 06:33

Le dernier chapître du Devoir spiritualiste. Sédir donne quelques méthodes pour parvenir à se rendre meilleur. Devenir un disciple du Christ, un Chevalier de Lumière... et il y a beaucoup de combats à mener ici bas contre l'Ombre, contre l'Obscurantisme... contre toutes les obscurités qui aveuglent l'Humanité. Mais le premier combat à mener est contre soi-même. Et pour celui qui y parvient s'ouvre un chemin lumineux.

Je vais maintenant vous expliquer pourquoi j'ai choisi Sédir comme maître à penser, comme guide... c'est parce que je me reconnais dans ce qu'il a dit ou écrit. J'ai moi-même navigué dans de nombreuses sphères -y navigue encore- Franc-Maçonnerie, Rose-Croix... les gens s'imaginent beaucoup de choses sur les Sociétés dites Secrètes... et lorsque vous possédez un esprit un peu éclairé, vous êtes forcément sollicité. Je ne ferai pas la liste de tous les corrompus qui sont au pouvoir et qui appartiennent à diverses loges. L'Idéaliste dira que de nombreux frères ont trahi l'Idéal de beaucoup de Sociétés Initiatiques qui n'ont plus d'Initiatique que le nom. La plupart sont devenues malheureusement davantage spéculatives et n'ont d'autres fonctions que d'être le réservoir d'ambitieux pensant davantage à leur propre ascension qu'à celles de leurs Frères crevant dans le besoin et la misère... ce n'est pas ainsi que je conçois le monde tant terrestre qu'immanent...

On se réunit... on parle... on fait de bons gueuletons mais où sont les actes ? Parler c'est bien beau... agir, c'est bien mieux... mais essayer de donner vie à l'Idéal que l'on porte au fond de soi, un Idéal Fraternel, c'est une des plus belles choses au monde. Tout le reste n'est que bla bla bla qui enfonce davantage l'humanité dans les ténèbres. Or, le temps nous est compté. Et les individus obscurs qui règnent sur cette planète en donnant des ordres iniques -tranquillement planqués dans leur forteresse du Pouvoir- n'ont rien à nous imposer et rien à exiger de moi, de nous... ils vont à contre-sens de ma conscience. Ils trahissent tous les prophètes et tous les Enseignements. Ils n'oeuvrent pas pour la Lumière. Ils travaillent pour l'Ombre bassement matérialiste, se complaisent dans le Crime et le sang... et chaque fois que quelqu'un meurt par leur faute, c'est le Galiléen qu'ils crucifient encore... devons-nous laisser faire ?

Je peux vous l'assurer... en traversant toutes les zones de turbulence au nom de l'Absolu que je cherchais sans même plus croire que je le trouverai un jour... je me suis retrouvée un jour comme Paul sur le chemin de Damas... j'ai eu la révélation. Je ne pouvais plus continuer à cheminer sur les voies pavées par l'Adversaire. Le Crucifié s'est imposé à moi comme une évidence. De son Epée de Lumière, IL a touché mon coeur... ouvert la Porte... S'y est installé et personne ne pourra L'en déloger. Ni gloire, ni honneur, ni argent, ni homme, ni femme. Le Miracle étant qu'en me montrant le chemin de mon âme, IL a aussi changé ma vie. Ce qu'explique Sédir dans La vie du Christ dans l'âme humaine. Et notamment dans ce passage : "Ici commence une période heurtée d'obscures inquiétudes, de dégoûts, de lassitudes, qui se termine soudain par l'intuition salvatrice de la miséricorde divine... Le repentir est un sentiment complexe où entrent des retours divers et imprévus. Il commence par le regret, souvent teinté de peine et de plainte; puis le remords, comme un regret plus incisif, frappe la conscience à coups redoublés; on dirait qu'un scalpel de Lumière incise et tranche les corruptions de notre personne morale." Pour expliciter un peu ces commentaires, je dirai qu'à un moment de mon existence, en proie à un intense mal de vivre que rien ne comblait, je ne pouvais plus supporter ni la vie que je menais, ni les gens qui m'entouraient. Il aura fallu un grave accident, quelques jours de coma et un voyage dans l'Autre Monde pour qu'à mon réveil le voile se déchire. C'est très curieux comme impression. On pourrait dire que c'est une sorte de prise de conscience. Non seulement défilaient dans ma tête les images de cet Ailleurs mais en me penchant sur mon passé s'est imposée une triste réalité... "Etait-ce bien moi, cet être qui avait fait n'importe quoi ?".  Pour un peu, je me serais reniée. Mais il m'a fallu faire ce que l'on nomme l'examen de conscience. Il s'est imposé à moi tout seul. Autant de coups de cravaches qui s'accompagnent de regrets, de remords pour une existence menée superficiellement au nom de son Ego et de son Egoïsme... ceci n'est pas la Voie droite. C'est une route qui sème beaucoup de malheur et de douleur aux êtres qui nous entourent. Tout est important, les pensées, les paroles, les actes...

Pour un monde meilleur, il faut se "réformer" soi-même... dès que vous faites un pas dans ce sens, il se produit encore d'autres miracles. On sent comme une force qui nous accompagne. On la sent tellement fort que parfois, des larmes de bonheur montent jusqu'à vos yeux. Votre fidélité à la Lumière est toujours récompensée. Aucun effort n'est vain. Je le dis en mots simples car, comme le Christ, c'est aux plus petits que je m'adresse. Pour qu'ils comprennent. Que peuvent comprendre les puissants qui oeuvrent pour le Prince de ce monde ?

J'en profiterais aussi pour remercier tous ceux qui m'écrivent... des personnes jeunes souvent touchées par les textes que je pose. Puissent ces textes ouvrir en Vous une porte de Lumière... car c'est par Vous que tout sera possible Demain. Vous êtes l'Avenir de ce monde et nous comptons sur Vous pour le changer... moi, j'ai hélas compris et pris trop tard le Sentier Lumineux... mais c'est volontairement que je reviendrai lorsque j'aurais achevé ce contrat terrestre...  

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir  

CHAPITRE VI

 

1ère partie

99. - Moyens d'entendre l'appel
100. - Règle.
101. - But de l'ascèse spiritualiste.
102. - L'homme conscient.
103. - La volonté.
104. - Ses hésitations.
105. - Méthode de sa détermination.
106. - Trois entraînements.
107. - Exemples antiques.
108. - Régimes psychiques.
109. - Leur danger.
110. - Comment le vaincre.
111. - Entraînement intellectuel.




- 99 - Il existe, disent les " Délivrés " indous, quatre moyens de connaître la direction qu'il faut suivre et entendre l'appel du Maître.

Le plus facile et le plus général, c'est la fréquentation des gens de bien, à l'exemple desquels on obéit peu à peu, et qu'on se met à suivre tout naturellement.

Le second, c'est l'étude de la Doctrine écrite, l'audition de l'enseignement oral d'un maître humain; un plus petit nombre d'hommes peuvent l'employer.

Encore moins peuvent se servir du troisième, qui est l'effort personnel et solitaire de la réflexion et de la demande intérieures.

Mais la méthode la plus certaine, la plus efficace et la plus saine, c'est la pratique de la vertu durant une longue suite d'existences antérieures.

- 100 - Or, pour donner un sens aux longues considérations des chapitres précédents, il semble convenable de les résumer en un code d'observances pratiques, où les trois premiers de ces moyens prennent place, et que le
spiritualiste sincère et désireux d'avancer puisse suivre jour par jour, et heure après heure.

Les pages suivantes sont l'esquisse d'une règle, encore à formuler, qui permettrait au laïque de jouir, dans le tumulte de la vie mondaine et malgré les soins qu'elle comporte,
de la paix intérieure et de l'aide surnaturelle que tant d'âmes ont cherchées sous les voûtes des cloîtres.

- 101 - Le but que le spiritualiste se propose d'atteindre, c'est :

 

Pour rendre cette étude tout à fait claire, ne prenons que les éléments psychologiques les plus simples. Il ne s'agit ici que du travail de la volonté sur l'être conscient, en vue d'une meilleure assimilation des lumières divines qui se présentent à lui par l'âme et ses enveloppes sur-conscientes; telle est la thèse mystique de la vie intérieure.

- 102 Dans cette sphère consciente, se distinguent, de bas en haut, de dehors en dedans, trois sphères circonscrites :

- 103 - Les tendances de ces trois sphères sollicitent la volonté, qui se détermine : ou bien au gré de la plus puissante, ou par le choix élaboré dans la méditation sereine, ou par l'élan d'un amour spirituel idéal

Il est évident que le spiritualiste ne se décidera que par le second ou le troisième motif.

- 104 - Chacune de ces trois sphères est soumise à deux tendances divergentes, centripète ou centrifuge,
individualisante ou universalisante, que l'on peut caractériser comme suit :

Pour la physiologie : La paresse, la sensualité, la gourmandise, - l'activité, la continence, la frugalité.

Pour le caractère : L'ambition, l'orgueil, la colère, - le contentement, la modestie, la bonté.

Pour l'intellect : Le préjugé, l'insensibilité, l'avarice, - la tolérance, la compassion, la charité.

Chacun de ces caractères a des répercussions dans l'organisme tout entier, mais ce ne sont là, qu'on le sache bien, que des exemples, en vue de fixer les idées.

- 105 - La physiologie, le caractère et l'intellect doivent donc être ramenés à l'unité de l'obéissance à Dieu : trois questions se posent dès lors :

1) Comment sentir ou aimer ?

2) Comment penser ?

3) Comment agir ?

Les deux premières demandes donneront la réponse à la troisième, soit ensemble, soit séparément; c'est ce que nous allons voir de suite.

- 106 - Or, on peut préparer les modifications morales et intellectuelles en
changeant le physique;

Effectuer
les modifications physiques et intellectuelles en changeant le moral; projeter les modifications morales et physiques en éclairant l'intellectuel.

De là, trois entraînements :

Un physiologique, de bas en haut.

Un intellectuel, de haut en bas.

Un moral, du centre ou pivot.

C'est
le dernier le plus normal et le plus efficace.

- 107 - Toutes les anciennes initiations ont reconnu cette vérité; les Brahmanes, par exemple, qui ordonnent
le premier de ces trois entraînements, l'inaugurent toujours par une observance éthique; et après la maîtrise de laquelle viennent seulement les régimes alimentaire, respiratoire, cinétique, magnétique, mental et enfin métapsychique.

Les prêtres égyptiens
faisaient de même, en imposant une règle de vie avant de commencer les périodes d'entraînement pour leurs opérations sacerdotales; les voici d'ailleurs, en substance.

- 108 - Pour augmenter la vie physiologique, l'étude des révolutions, des tempéraments indique des
aliments lourds, une respiration lente et superficielle; la musique facile et paisible; le travail du soir.

Pour développer la vie
animique, sensitive, passionnelle : la viande, le vin; respiration rapide; musc; musique vive; le travail de suite après le repas.

Pour enfin
faciliter le travail intellectuel : des fruits, des oeufs, du sucre, de l'eau; du café; la respiration lente et ralentie; l'encens, l'oeuvre d'art grave, le plain-chant; le travail à jeun.

- 109 - Ces entraînements, ou d'autres analogues, préparent
une qualité de force nerveuse concordante avec la qualité de l'énergie psychique, soit pour l'action, soit pour la sensitivité, ou l'enthousiasme, soit pour l'étude.

Mais
cette méthode, qui semble si rationnelle puisqu'elle paraît procéder du concret à l'abstrait et du matériel au spirituel présente deux inconvénients :

Comme nous ne connaissons que l'aspect physico-chimique de notre organisme, et non pas l'ontologie de nos cellules, leur qualité biologique, ni leur force de résistance,
ni leur destin spirituel, nous risquons de leur imposer un travail systématique, de les torturer, de les affaiblir, de les pervertir.

Et ensuite,
imposant à la vie corporelle une direction, la vie magnétique, la psychique et la mentale, si elles ne suivent pas une direction semblable - et nous n'avons pas de moyen de les contraindre, puisque c'est justement pour cela que nous effectuons l'entraînement physique - nous avons une partie de nous-mêmes dans un plan, et une autre partie ailleurs : d'où déséquilibres, dispolarisations, ingressus morbide.

- 110 - Donc, c
e dressage physiologique ne peut être que l'école élémentaire de la volonté; il faut le balancer par un entraînement d'indifférence aux régimes, et puis l'abandonner.

Par exemple, que l'on force l'enthousiasme en suivant le régime alourdissant; que l'on garde le calme intellectuel tout en usant des excitants, et ainsi de suite.

Il est donc préférable d'entraîner d'abord le centre intellectuel, lequel à son tour réagira sur les deux autres, successivement. Mais le mieux, c'est de gouverner de suite le centre animique qui, étant le pivot de toute la machine, communique aux autres sphères le mode qui lui est propre.

La seconde école sera donc d'apprendre à méditer; la troisième d'apprendre à sentir, ou si l'on préfère, à aimer.

- 111 - Ici, le travail devient plus délicat; il ne faut
ni hâte, ni perte de temps; ne faites rien à demi.

La première phase est l'habitude de la conscience : Apprendre à
regarder les objets, à observer.

- Il faut que cela se fasse sans effort, involontairement.

- Donner des réponses réfléchies au lieu de se contenter
des réflexes mnémotechniques ou habituels.

- Chercher l'idée sous l'objet et sous le fait.

- Chercher les rapports des idées entre elles.

Ceci doit se faire au cours et à l'occasion de la vie quotidienne.

La deuxième phase choisit une heure, un endroit, un régime (§ 108) pour la méditation.

La troisième phase
supprime ces commodités.


Deuxième partie 

 
Posté par Adriana Evangelizt

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 04:43

Avant dernier chapître donc du Devoir Spiritualiste... et ne l'est pas qui veut forcément. Ainsi, je le dirai sans ambages, nombre de gens que ce soit dans les milieux Esotériques, Franc-maçonnique, nombre de chrétiens, de juifs, de musulmans professant leur religion propre ne l'appliquent pas. Ils ont beau se congratuler en se nommant "Frères"... ils ne voient pas la Fraternité qui est en dessous-d'eux et qui a besoin d'eux. Car nous faisons tous partie du maillon d'une chaîne où les pensées, les paroles et les actes des uns rejaillissent sur les autres en bien ou en mal selon ce que vous aurez pensé, dit ou fait. Il n'y a qu'à voir les agissements de ceux qui gouvernent le monde et leurs répercussions. J'ai bien sûr en tête l'Irak, la Palestine, la Tchétchénie, le Soudan... la liste est longue. Celui qui donne un ordre entraînant des millions de malheurs et qui ose se réclamer du Christ, croit-il vraiment qu'il participe à la Fraternité ? A l'Amour du prochain ? Et ce qui se passe en haut, se passe aussi en bas. Qui n'a pas une mauvaise pensée pour son voisin parce que sa façon de vivre est différente ? Devenir bon ou s'améliorer n'est pas une mince affaire. Il faut se réformer totalement et désapprendre ce que nos éducateurs nous ont inculqué. Bien souvent, ils ignoraient leur Âme. Or, c'est elle qui fait tout... et c'est par rapport à elle qu'il nous faut vivre avec les autres et non avec notre Ego. Vaste chantier.

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

CHAPITRE V

 84. - Liens spirituels entre les hommes.
85. - Ne pas craindre le mal.
86. - Le devoir pour le devoir.
87. - Le stoïcisme.
88. - L'Union avec l'absolu.
89. - L'Adoration.
90. - L'essence du devoir.
91. - Alchimie psychique.
92. - Le héros et le saint.
93. - Le coeur, foyer de la vie.
94. - Importance de la pratique.
95. - Esthétique.
96. - L'acte matériel est nécessaire à l'amélioration psychique.
97. - L'âme et Dieu.
98. - L'oeuvre du Christ.




- 84 Le spiritualiste doit regarder l'indiscrétion, l'ingratitude, l'insolence, la fourberie, l'envie, l'agressivité, d'un oeil calme et bienveillant; mais non pas comme le recommande Senèque : " Ainsi que le médecin regarde ses malades ", car il sait qu'il ne peut pas guérir les autres par lui-même, mais bien par la vertu de l'Esprit dont il s'efforce d'être le truchement. Jusqu'à ce que le spiritualiste soit saturé de Lumière, jusqu'à ce que le mal extérieur lui soit devenu imperceptible, qu'il s'efforce au moins de voir en cet homme qui le blesse, son frère, non seulement parce qu'il provient de la même souche, parce que son corps, son sang, ses fluides, son mental même lui arrivent du corps, des fluides et de l'intelligence de la commune mère terrestre, mais aussi parce que tous deux participent à l'Esprit universel, tous deux sont identiques devant le Divin, tous deux sont des collaborateurs voués à une oeuvre mutuelle, tous deux enfin, qu'ils le sachent ou l'ignorent, sont les ouvriers d'un même Maître.

- 85 Que le spiritualiste ne craigne pas davantage
la contagion du mal; non qu'il se tienne pour impavide, mais il sait, il est persuadé que, puisqu'il le désire avec une ferveur active et incessante, l'Esprit le soutient, l'immunise et le rend invulnérable.

- 86 Tout ce qui arrive, arrive justement; soyons attentifs à saisir la seconde opportune pour pousser à la roue; que les yeux du corps, de l'intelligence, du mental, regardent sans cesse tout autour de soi;
que les yeux de notre puissance volitive fixent le but, sans jamais dévier. La médisance ne blesse pas notre moi essentiel, ni la louange ne l'orne; nous seuls pouvons quelque chose sur cette flamme royale et directrice ! Faisons notre devoir, sans autre considération que le souci d'obéir à l'impérieux attrait qui nous monte jusqu'à notre idéal.

- 87 Quant aux peines, si elles sont insupportables, " elles nous font périr sur le champ; si elles durent, c'est qu'elles sont supportables " (MARC-AURELE).

- 88 Mais comment faire pour être prêt sans cesse à secourir toute infortune, pour avoir toujours la parole qui réconforte, l'indulgence donneuse d'espoir au misérable repentant, le rayonnement de la force auxiliatrice ? Il faut se tenir soi-même en rapport ininterrompu avec la source de toute puissance, de toute science, de toute beauté, de toute bonté. Et
comment réussir cette évocation permanente de l'infini, du surnaturel, de l'Etre absolu en un mot ? En l'imitant de notre mieux, dans notre sphère minuscule, en vivant comme Lui, en oeuvrant comme Lui, en nous donnant comme Lui. Le serviteur de l'Esprit doit se souvenir toujours qu'il n'a rien à craindre de personne, que s'il veut, il peut; que s'il ose avancer contre l'obstacle, celui-ci s'évanouira.

- 89 Résumons les six devoirs du spiritualiste dans le septième qui les contient tous. Jésus a dit qu'une seule chose est nécessaire, et
tous ses prédécesseurs avaient déjà fait pressentir cette grande vérité. Le principe de l'Univers est un, le principe de l'homme est un, le principe des actes doit être également un. Ainsi nos sensations, nos pensées, nos sentiments, nos désirs, nos oeuvres demandent d'être ramenés à un seul but; et tous les buts possibles se fondent à leur tour dans une fin suprême qui est en même temps leur raison d'être. Nous hausser jusqu'à l'Éternel, exalter notre enthousiasme jusqu'à l'adoration, s'attacher à l'absolu par toutes les fibres, des plus grossières aux plus fines : telle doit être l'attitude de notre existence. Rien ne compte, même la mort, que comme un moyen d'approcher Dieu; il est tout, en nous et hors de nous; quoi de plus simple que de chercher tout en Lui.

- 90
Voilà la vraie religion, essence et principe de toutes les religions révélées. Elle est la simplicité même parce que et puisqu'elle est la vérité.

- 91 La véritable révérence que l'on doit rendre au Pouvoir suprême,
c'est l'accomplissement le plus complet de nos devoirs envers ses autres administrés. Si on le veut, tout est un hommage à ce plus sublime Idéal; il suffit de penser à Lui avant l'action, avant l'émotion, avant la méditation. Les traverses de la vie même lui peuvent être présentées. Car notre principe hégémonique, le vouloir, cet organe recteur que l'exercice développe, et dont, dans l'Invisible on pourrait saisir les formes et la croissance, est un feu qui s'alimente de tout ce qui ne lui est pas semblable. Nos fatigues, nos craintes, nos douleurs, nos opprobres, nos épreuves, tout cela, ce sont en vérité des substances réelles quoique imperceptibles; c'est, suivant le cas, des ordures, des brindilles, du minerai; le feu de la volonté les dévore, et en porte l'essence avec lui jusqu'au soleil divin vers qui sa flamme s'élève invinciblement.

- 92 Le philosophe fait
de la théorie; le héros fait de la pratique intermittente; le saint réalise continuellement : il atteint seul la stature humaine. Le héros est un saint laïque, comme le saint est un héros religieux; mais leurs opinions et leurs étiquettes importent peu; c'est dans leurs actes que réside leur force à l'un et à l'autre; c'est par leurs actes qu'ils entraînent des imitateurs, qu'ils subjuguent des hostiles, qu'ils sèment des graines fécondes aux quatre vents des coeurs, aux quatre coins des champs intellectuels; leurs actes sont les formes de matière où leur enthousiasme ardent force l'Idéal à s'incarner; leurs actes sont la nourriture de cet Idéal, par quoi il grandit et il s'acclimate au milieu des enfants des hommes.

- 93 Le travail indispensable,
c'est la culture morale. Aucune oeuvre ne remplace celle-là; c'est la clé de tous les mystères, le phare dans toutes les incertitudes, le soleil de toutes les actions. On peut bien faire quelque chose de remarquable dans l'industrie, dans la science, dans l'art, dans la politique, avec un moral frelaté, mais rien ne sera viable, ni fructueux, ni bénéfique. La netteté du jugement, l'énergie de la volonté, la santé physique même sont obscurcies, affaiblies, compromises par une bassesse du caractère. Notre sens moral est l'essentiel de nous-mêmes, et les Anciens savaient cela puisque tous, depuis Fo-Hi jusqu'à Vyasà, jusqu'au dernier Zoroastre, jusqu'à Gautama, à Orphée, à Moïse, à Pythagore, jusqu'à leur chef enfin : notre Jésus, tous ont donné à ce sens intime le nom de coeur. Cette vérité transparaît à toutes les périodes de l'histoire; c'est elle qui inspire Zénon, et Marc Aurèle et Boëce; c'est elle que les Pères de l'Église énoncent avec abondance et que les saints catholiques confirment de leurs ascétismes; c'est elle qu'exprime le dernier disciple de Platon, Marsile Ficin, lorsqu'il écrit à un jeune élève : " Ecoute-moi : je veux t'apprendre gratuitement et avec concision, ce qu'est l'éloquence, la musique et la géométrie. Persuade-toi de ce qui est honnête et tu seras parfait orateur; tempère les mouvements de ton âme et tu sauras la musique; mesure tes forces et tu seras un vrai géomètre ". C'est elle enfin qu'avouent comme malgré eux les plus modernes de nos psychologues matérialistes ( Cf. Les travaux de MM. Ribot et Payot)..

- 94 Il est bon d'avoir de la théorie; il est meilleur pour le monde d'avoir de la pratique, parce que celle-ci est plus proche de la chair vivante et souffrante.

- 95 Il est convenable de rechercher dans les choses et les êtres ce qu'ils contiennent de bien, de vrai, de beau. De
même que pour découvrir le bien hors de soi il faut l'avoir en soi, - que pour apercevoir le vrai, il faut l'avoir conçu, - pour devenir sensible à la beauté dans les oeuvres de la Nature, il faut avoir établi une harmonie entre la méditation, le sentiment et l'acte. Il n'y a point de beauté parfaite puisque tout se transforme sans cesse; cependant, les êtres les plus laids à première vue, un spectateur aimant et bénévole leur découvre toujours une grâce, une noblesse, une force. L'éducation de nos yeux, mieux encore l'inquiète ardeur de notre intelligence, et par-dessus tout la grave tendresse d'un coeur où vibre la sympathie sont les instruments indispensables à la recherche, à la compréhension de la Beauté.

- 96 De même que l'erreur s'évanouit de soi-même en face du Vrai, que le mal se transmue à la longue dans le Bien qu'il a poursuivi de sa fureur,
le laid, le banal, le joli même, s'épurent à force de vouloir la grâce, l'originalité, la beauté. Mais, gardez-vous, spiritualistes, de l'erreur commune à notre temps. Tout, chez l'homme, se tient par un rigide assemblage. Le philosophe qui se conduit bassement, en vient à ne plus penser juste; le réalisateur qui agit mal s'obscurcit la compréhension; l'artiste qui aime son art, mais ne s'abstient ni de paresse, ni de vulgarités, ni d'ignorance, voit l'idéal s'enfuir d'auprès de lui.

- 97
L'homme est le médiateur universel. Notre âme est l'épouse du Verbe. Il y a une centaine de siècles que ceci a été dit sur terre pour la première fois, et la cohorte des sages et des saints que cette formule mystique a nourris, est loin d'en avoir exprimé tout le suc. Les livres sacrés sont des torrents jamais taris, parce qu'ils prennent leur source à la fontaine de la vie divine; ce sont des trésors jamais épuisés, parce qu'ils communiquent avec le trésor de la Lumière éternelle; ce sont des combattants jamais vaincus, parce qu'ils tirent leur énergie de " la Force forte de toutes les forces ".

- 98 On a cru longtemps que ces livres ne sont susceptibles que d'interprétations morales, intellectuelles, métaphysiques, ésotériques; et voici cependant vingt siècles que
Quelqu'un est venu tout exprès pour rendre clair ce qui était obscur, manifeste l'occulte et tangible l'ineffable.

Ne rendons pas inutile ce prodigieux effort.

Sources
Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 20:05

 

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

CHAPITRE IV


72. - Gagner sa vie.
73. - L'héroïsme.
74. - Sa bonté familière.
75. - Lutter contre le mal.
76. - La charité doit être pure.
77. - Et prudente, et aimable.
78. - Ne pas se faire esclave de l'opinion.
79. - Donner de soi-même.
80. - La joie intérieure
81. - La science de la charité.
82. - Son principe divin.
83. - Sa raison humaine.




- 72 Notre devoir est d'exercer de toutes manières toutes les charités. Pour pouvoir donner, il faut avoir; pour avoir, il faut acquérir; pour acquérir, il faut travailler. Travailler, c'est fournir quelque chose au milieu, à tous les milieux; à la famille, à la société, à la patrie, à la religion, aux arts, aux sciences. Avant donc de songer à faire l'aumône, veillez à ce que les autres ne soient pas obligés de vous la faire. Ne craignez pas le travail matériel, ni l'humilité d'une petite profession.

- 73 Il n'y a jamais lieu de craindre d'ailleurs. Le dieu que vous avez choisi, vous, spiritualiste, n'est-ce pas l'Esprit ? N'est-ce pas le plus ancien, le premier, l'éternel, le plus fort, le plus savant, le meilleur ? Donnez-vous donc en entier à LUI, afin que, vous prenant dans sa main, vous aspirant avec le remous de ses ailes innombrables, il vous maintienne exalté par dedans, à une hauteur surhumaine. Soyez un héros.
" L'héroïsme est le triomphe éclatant de l'âme sur la chair, c'est-à-dire sur la crainte : crainte de la pauvreté, de la souffrance, de la calomnie, de la maladie, de l'isolement, de la mort. L'héroïsme est la concentration éblouissante et glorieuse du courage " (Amiel).

- 74 Ayez donc, même dans le martyre, même dans la défaite, ayez dans les yeux l'éclair du triomphe, et sur les lèvres le sourire de la toute-puissante douceur. Ainsi vous vivrez totalement, parfaitement, complètement, avec une simplicité plus expressive : mais soyez ainsi sans cesse dans la boutique, au bureau, avec les passants, avec la servante, avec tous les quelconques; essayez d'être bon.

- 75 Toutefois, quand le mal se déploie, s'y résigner en soupirant même s'il ne nous attaque point,
c'est de la paresse; s'en irriter est un manque de raison; il faut engager le combat avec franchise, avec calme, avec constance.

- 76 Exercez la juste compassion, soyez pitoyables avec une raison calme;
gardez-vous des entraînements d'une sensiblerie fumeuse; les vapeurs de la chair ont une inquiétante subtilité; elles pénètrent les chambres intérieures les mieux closes; redoutez par-dessus tout comme une bassesse, comme une avarice odieuse, de faire quelque profit sur le pauvre à qui vous êtes secourable. Que votre charité soit charitable : qu'elle soit un don. Vous avez le droit de demander un travail à celui que vous aidez; mais si vous sollicitez de lui une complaisance, vous souillez votre altruisme et vous légitimez son ingratitude. Gardez-vous des voix chuchotantes de la chair.

- 77
Faites attention comment vous donnez; car votre secours ne va-t-il point accroître chez le pauvre le désir de l'existence ? Ajoutez peu de paroles à votre aumône; salez votre offrande avec le sel de la gêne qu'elle vous occasionne; alors seulement elle sera pure, et n'engendrera point le trouble dans le coeur du malheureux. Si le don d'argent ne vous coûte rien, cherchez quelque chose en vous qui vous soit précieux pour l'ajouter à cet argent inerte.

- 78 Prenez en considération les étiquettes que les hommes ont collées sur les actes; sachez cependant que ce ne sont que des à peu près; ne craignez pas, si vous croyez bien faire, de porter vous-même un acte désigné d'un nom peu honorable : Celui qui voit le fond de votre coeur vous jugera;
l'opinion des créatures n'est qu'une vapeur volatile.

- 79 Le spiritualiste, en somme, se sent tenu de vivre
pour la collectivité et non pour lui-même. Qu'il offre à son prochain une aumône, un conseil, un remède, une consolation, un abri, un emploi, c'est toujours un peu de son propre bonheur qu'il sacrifie. Or, le don matériel n'est qu'un secours momentané si une ferveur morale ne le dynamise. Dès lors, si nous voulons offrir de la joie aux autres, il faut que nous la possédions d'abord en nous-mêmes.

- 80 La joie physique est un signe de santé physique.
La joie intérieure est un signe de santé morale. Tous les sages dont la sapience fut vivante, prêchèrent la gaîté. Voyez les statuettes chinoises des vieux ancêtres au front proéminent : ils sourient, et leurs rides sont aimables; voyez le dernier Bouddha, comme il recommande à ses mendiants d'avoir la sérénité dans le coeur et l'amabilité sur le visage; voyez notre Jésus, comme il accueille les rires des petits, comme il accepte la beauté, comme il ne parle que d'espérances; voyez le touchant François d'Assise, comme il sourit aux bêtes, aux plantes, aux astres et aux hommes. La joie est un rayonnement, et la force seule peut rayonner. Celui qui incarne un idéal est fort de toute la puissance de son Dieu; combien donc celui qui sert l'unique Créateur des dieux ne reçoit-il pas de paix et combien ne doit-il pas rayonner cette paix en lumière et en bonheur ?

- 81 Il est de règle que, si vous semez des bienfaits, vous récolterez l'ingratitude. Sachez-le d'avance afin de ne pas être surpris, de ne pas vous en décourager,
de ne pas accueillir le mépris envers vos débiteurs. Vivre pour les autres est facile à dire mais difficile à faire. Il faut d'abord savoir ce dont ils ont besoin, savoir comment le leur offrir, savoir comment il faut en profiter; c'est la théorie de l'altruisme. Ensuite il faut aimer autrui, comprendre ses errements, ses faiblesses, ses fautes, ses maladresses, et ses beautés aussi. Cela, c'est la réalisation intérieure de l'altruisme. Enfin, il faut pouvoir donner de la science, c'est-à-dire être instruit; il faut pouvoir donner des conseils, c'est-à-dire avoir vécu.

- 82 Si le sage antique " se montre facilement exorable, toujours prêt au pardon dès l'instant que ceux qui l'ont offensé veulent revenir à lui ", le spiritualiste chrétien peut, s'il est humble, si son coeur brûle, s'il aime son frère comme un autre soi-même, s'il se sent les entrailles déchirées au seul soupçon que ce frère va peut-être se pervertir davantage, - ce disciple de Jésus, dis-je, peut sans doute faire plus par la divine folie de l'Amour. Il n'attendra point l'offenseur, il ira à sa rencontre, lui affirmant sa persistante amitié, quitte à subir peut-être un refus injurieux,
ou l'hypocrite tyrannie d'une exploitation cynique de sa bonne volonté.

- 83 Si nous n'aimons pas assez Dieu pour trouver dans cet amour la force du pardon, que l'humaine sympathie tout au moins nous la procure. " S'il arrive à quelqu'un de pécher envers toi, réfléchis aussitôt à l'opinion qu'il a dû se faire du bien ou du mal pour manquer ainsi. A cette pensée tu auras pitié de lui; tu ne sentiras plus ni étonnement, ni colère. Ou, en effet, tu as la même opinion que lui sur ce qui est bien et sur ce qui est mal, ou tu as une autre opinion, mais analogue à la sienne. Tu dois donc pardonner. Mais si tu ne partages pas son opinion sur les biens et sur les maux, il te sera plus facile encore de te montrer indulgent pour un homme qui a si mauvaise vue ". (MARC-AURELE.) " Et, dit autrefois Antisthène à Cyrus,
c'est chose royale quand on fait le bien, d'entendre dire du mal de soi ".

Sources
Livres Mystiques

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 11:36

 

 

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

 

CHAPITRE III

 

2ème partie

 

55. - Accepter l'aide que le destin nous envoie.
56. - Principe vivant de l'association.
57. - Maladies sociales.
58. - Utilité de la guerre.
59. - La religion.
60. - Les religions.
61. - La morale comme unificatrice.
62. - L'ange gardien.
63. - Suivre
64. - En premier, faire l'effort moral.
65. - Choix de notre idéal.
66. - Critique de nos mobiles d'action.
67. - Devoirs envers le genre humain.
68. - L'aide divine, ses formes
69. - Aide-toi.
70. - La vie universelle.
71. - La religion, levier d'énergie.

 

- 55 Ne refuse pas, pour atteindre un but civique, social ou général, l'aide que d'autres hommes peuvent t'offrir. Des forces mises en commun sont puissantes en proportion géométrique et non arithmétique, sous-entendu que rien ne s'y mêle de vaine gloire, de suprématie ou d'égoïsme. Considère la promesse que le Verbe fait d'être au milieu de quelques-uns dès qu'ils se réunissent " en son nom ", c'est-à-dire, pas pour leur science, leur fortune ni leur gloire personnelles, mais pour concevoir plus clairement et réaliser plus sainement un idéal commun.


- 56 Toute association qui ne repose que sur la matière et qui ne se propose que la matière, se trouve condamnée à une prompte mort. Si la valeur essentielle d'un homme est en raison des objets qu'il affectionne, haussons le concept de famille jusqu'à la cité; haussons celle-ci jusqu'à la province, jusqu'à l'État, jusqu'à la race, jusqu'au genre humain terrestre, jusqu'au total des créatures. Plus les sujets de nos inquiétudes grandissent, plus aussi les avenues de notre esprit s'élargissent, les horizons de l'intelligence s'étendent, plus les flèches de la volonté portent juste et loin (1).


- 57 Il y a donc beaucoup à réformer dans l'ordre social. La politique, l'extérieure surtout n'est que ruses, cruautés, crimes, embuscades lâches; l'homme d'État ne peut plus se permettre le luxe d'une idée généreuse, d'une entreprise humanitaire. Les nouveautés actuelles sont des pièges, des nids de discorde. Le socialisme n'est qu'une déification de l'Etat-Trésorier, de la manie administrative. Le syndicalisme est une caricature impudente de la fraternité des anciens compagnonnages.
(1 ) Cf. Barlet :
Sociologie.

Le féminisme fonctionnariste est une aberration. Seuls nous restent quelques flambeaux, des enthousiasmes individuels, le désintéressement de l'inventeur, le travail inlassable du savant, la passion de l'artiste. On s'endort dans la torpeur du confortable. L'ouvrier n'est plus qu'une sorte de bourgeois dissipateur; la femme du peuple, ne croyant plus à rien, n'a d'attrait que pour les magasins de nouveautés; le bourgeois ne cherche qu'à faire des économies et à tromper le fisc.

- 58 Dans ces conditions, le révolutionnaire devient utile, et la guerre est un bien. Les peuples ont aussi des opérations chirurgicales nécessaires; ce n'est pas parfait, mais c'est ce qui se trouve de moins mal, quand la médecine est impuissante. La guerre est un excitant, un coup de fouet, une flambée d'énergies; et tant que dans le plus humble des hameaux, le voisin attaquera son voisin, elle sera inéluctable entre les provinces, les peuples et les races. Les pacifistes oublient qu'un palais se construit de bas en haut et pierre à pierre, mais non pas en commençant par le toit ni par les angles.


- 59 Quant à nos devoirs religieux, voyons d'abord qu'est-ce que la religion : " Ce matin les accents d'une musique de cuivre arrêtée sous mes fenêtres, m'ont ému jusqu'aux larmes. Ils avaient sur moi une puissance nostalgique indéfinissable. Ils me faisaient rêver d'un autre monde, d'une passion infinie, d'un bonheur suprême. Ce jour-là les échos du paradis dans l'âme, les ressouvenirs des sphères idéales dont la douceur douloureuse enivre et ravit le coeur. O Platon, ô Pythagore, vous avez entendu ces harmonies, surpris ces instants d'extase intérieure, connu ces transports divins ! Si la musique nous transporte ainsi dans le ciel, c'est que la musique est l'harmonie, que l'harmonie est la perfection, que la perfection est notre rêve, et que notre rêve c'est le ciel. Ce monde de querelles, d'aigreurs, d'égoïsme, de laideur et de misère, nous fait involontairement soupirer après la paix éternelle, après l'adoration sans bornes et l'amour sans fond. Ce n'est pas tant de l'infini que nous avons soif que de la beauté. Ce n'est pas l'être et les limites de l'être qui nous pèsent, c'est le mal, en nous et hors de nous. Il n'est point nécessaire d'être grand pourvu qu'on soit dans l'ordre. L'ambition morale n'a point d'orgueil; elle ne désire qu'être à sa place, et bien chanter sa note dans le concert universel du Dieu d'amour (AMIEL) ".


- 60 Une religion est un ensemble des règles instituées pour que telle fraction du genre humain puisse s'unir dans l'invisible à un aspect de Dieu et lui donner dans le visible une forme familiale, sociale, esthétique et intellectuelle. Toutes les religions sont donc bonnes si on en observe le principe essentiel et commun; mais toutes n'indiquent pas la même route ni n'offrent les mêmes secours.


- 61 Regardez les uns après les autres les divers systèmes de morale : les chrétiens, les stoïciens, les platoniciens et les vénérables orientaux, tous s'inaugurent par la fixation d'un but; il faut une cible, un centre, une cime; il faut ramener les modifications du non-moi et les tourbillons du moi à la commune unité d'un idéal.


- 62 Cet idéal est, comme toute chose, à la fois intrinsèque et extrinsèque; les anciens savaient que l'homme marche toujours en compagnie d'un invisible guide; Socrate et son daïmon forment un couple annonciateur de celui du catholique avec son ange gardien; ce génie est en dehors de nous, mais sa correspondance avec notre individualité, ses dialogues avec elle, lui donnent l'air d'en être un hôte.


- 63 Or puisqu'une religion est l'oeuvre d'une des puissances directrices du monde, cette puissance donne quelque chose à ceux qui naissent dans son empire terrestre, et par suite, ces derniers ont envers elle un devoir de reconnaissance. Il ne faut pas de moyen terme; ou bien on accomplira strictement tous les préceptes de son Église, ou bien on s'en abstiendra complètement, si l'on est incrédule; le mieux c'est d'agir selon l'opinion des gens avec lesquels on se trouve. Dieu nous voit, et Il nous a commandé de ne pas faire de scandale. Appliquons les règles suivantes.


- 64 Ne vous amoindrissez pas à observer un rituel de tenue et de contenance, comme les Jésuites l'imposaient à leurs novices; procédez du dedans au dehors; que notre extérieur soit l'expression libre et spontanée de notre interne : Celui qui n'a pas dans son coeur la bienveillance, le courage, la gravité, ne peut pas sans un mensonge visible, exprimer ces vertus sur son visage; qui porte en soi l'éternelle Beauté, ne peut pas ne pas être beau dans ses gestes et dans sa figure; qui utilise toutes les minutes, n'aura jamais de paroles oiseuses ni de rires puérils. Enfin, distinguez avec soin la religion et le cléricalisme; les ministres d'une foi sont des hommes, hélas, et non pas des saints. Ne chargez pas de leurs fautes le Dieu qu'ils représentent.


- 65 Non seulement il faut agir, réfléchir et aimer beaucoup; mais il faut faire tout cela le plus tôt possible; la quantité ne suffit pas; il faut que nos oeuvres soient de la meilleure qualité; choisissons dès lors parmi les centres de force, le plus profond, le plus haut, le plus immuable; notre effort nous modèlera à son image; et plus notre but sera proche de l'Unité primordiale, plus notre être reproduira cette Unité harmonieuse.


66 Passons nos mobiles à la pierre de touche. Nous voulons ne pas vouloir; mais cette abnégation peut être une paresse; nous voulons de notre chef, cette volonté propre peut être un héroïsme saint. Si notre obéissance, si notre martyre consenti tendent à notre salut personnel, ce sont des égoïsmes; et ces fruits à la belle apparence portent en eux leur ver rongeur. Prenons garde de subir la tyrannie au moyen du secret espoir d'être un jour tyrans. Prenons garde que l'épigramme de Nietzsche ne se vérifie par nous : " Celui qui s'abaisse veut se faire élever ". Prenons garde enfin; Jésus n'ordonna jamais que nous nous rendions les jouets inertes et passifs des circonstances et des caprices de nos voisins, mais tout le contraire : que nous agissions dès que nous avons envie de nous reposer, que nous prenions justement dans une alternative le parti qui nous déplaît, et que, quand l'action nous enivre, nous sachions nous arrêter pour une autre oeuvre plus prosaïque.


- 67 Ici, prennent place nos devoirs envers le genre humain total; ce sont les mêmes que tout à l'heure, leur horizon seulement devient plus vaste. Agir, se résigner, pardonner, c'est en cela que tout se résume.


- 68 D'abord, comprenez le sens de cette parole : " Aide-toi, le Ciel t'aidera ". Il faut remuer, il faut agir; il faut " ne pas se laisser aller, surtout devant soi-même " (Nietzsche). L'aide du Ciel vient ensuite, mais seulement alors; et elle peut prendre les formes les plus diverses; l'aspect d'un paysage, le mouvement d'un animal, la structure d'une fleur, le regard du passant, le hasard d'une parole, tout cela sont les voiles de la collaboration divine; tout cela c'est la Nature entière, les hommes y compris, qui nous offre son multiple concours. Le Non-moi imite l'attitude que le Moi prend avec lui.


- 69 Le plus essentiel des devoirs est de n'être que le moins possible à charge aux gouvernants de cet univers; et pour cela, il ne faut pas s'en retirer. " C'est un déserteur, celui qui se dérobe à l'empire des lois de la cité; un aveugle, celui qui a les yeux de l'intelligence fermés; est indigent, celui qui a besoin d'autrui; un abcès dans le corps du monde, celui qui s'en retire à cause des chagrins que lui font éprouver les accidents de la vie; un lambeau, celui qui a arraché son âme de la société a des êtres raisonnables ". (MARC-AURELE.)


- 70 Dire que le monde est un tout organisé ne frappe pas l'imagination; voyez le monde comme un animal, comme un homme immense, et d'une forme trop vaste pour que notre regard puisse l'embrasser tout entière; c'est ainsi que le comprenaient les anciens sages chinois, hindous et sémites. Voyez le cosmos, avec la diversité infinie des substances qui le composent, comme un être étonnamment complexe, mais vitalisé par une âme unique; voyez-en tous les modes d'existence comme des fonctions physiologiques et psychologiques, soumises à une loi centrale qui est la volonté de Dieu. Voyez cette créature immense en train d'accomplir un travail dont la nature nous échappe, comme le sens et le but d'une montre échappent à tel atome de l'index de l'horloger, et bien plus encore. Songez enfin, que vous pouvez coopérer à cet oeuvre inconnu; et que cette loi rectrice de l'animal cosmique dont vous êtes un ion infinitésimal, se manifeste à vous directement par votre conscience; et que ceci vous confère la noble attitude du soldat.


- 71 L'individu est uni à son milieu par des liens multiples et résistants; la lutte entreprise contre soi-même est aussi une lutte contre la contemporanéité, et inversement, une victoire sur soi-même est un triomphe sur le monde.

De sorte que l'on a pu écrire, avec quelque justesse, que la morale pusillanime de la foule est en somme une négation de la vie. On a eu le tort de n'apercevoir dans les religions que l'aspect purgatif, pénitentiel, immobilisant, terrorisant même; il faut découvrir aussi leur force d'énergie; il faut y voir des ferments d'activité, des encouragements vers un plus bel avenir; qu'elles soient le vin vieux qui chauffe nos enthousiasmes; que nous y trouvions l'ardeur des découvertes, le courage qui fait la victoire; que, par elles, notre espérance s'enflamme, que nous brûlions généreusement pour le succès de toutes les tentatives, aussi bien esthétiques que philosophes, que sociales, qu'industrielles. Qu'enfin, on ne se serve plus de la morale comme d'un soporifique, mais comme du plus sain et du plus fort des excitants. Telle doit être l'attitude du vingtième siècle.

Sources Livres Mystiques

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 08:27

Troisième chapître sur le devoir des parents envers les enfants pour qu'ils s'intéressent aux choses de l'Invisible... quand on voit effectivement, l'éducation que l'on a reçu, il n'est pas trop de dire qu'une sérieuse réforme et innovation dans le domaine s'impose. Qui nous parle de l'Âme dès notre plus jeune âge ? Qui nous dit que c'est par rapport à Elle qu'il faut vivre et non par rapport à son corps et donc au matériel ? Personne. Je n'ai qu'à prendre l'exemple de mes voisins, il n'est question que de sapes de marques et de play station...

Là, une fois encore on dirait que Sédir a prononcé ce discours hier tellement il est d'actualité. Que ce soit dans le domaine de la politique ou de la religion... tout  fout le camp, il n'y a plus de valeurs... il va falloir que l'Humanité se réveille, pour son plus grand bien.

Je suis obligée de couper ce chapitre en deux car lorsque les articles sont trop longs, ils n'entrent pas dans leur totalité sur le blog... c'est ainsi sur Over-Blog...  

 

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

 

CHAPITRE III

1ère partie

 

41. - Les devoirs familiaux.
42. - Nécessité d'y satisfaire complètement d'abord.
43. - L'état de mariage.
44. - L'âme-soeur.
45. - L'amour fraternel.
46. - Devoirs des parents.
47. - Éducation religieuse.
48. - Instruction religieuse.
49. - Bon exemple dû par les parents.
50. - Concorde et estime réciproque dans la famille.
51. - Rôles spéciaux du père et de la mère.
52. - Instruction scolaire.
53. - L'individu et la nation.

54. - La sagesse pratique.

 

- 41 L'entité la plus proche envers qui nous avons des devoirs, c'est notre famille. Que les enfants ne jugent pas leurs parents; les vieux codes religieux ont trouvé tous une formule parfaite de la conduite filiale : Honore ton père et ta mère. Et en fait, les roues des générations sont tellement enchevêtrées que celui-là qui, par extraordinaire, connaît quelque chose à l'ontologie secrète d'une famille, la prudence clôt ses lèvres, et la crainte de renverser le fragile édifice de la paix domestique lui commande de ne dire que le précepte général énoncé plus haut.


- 42 Ce n'est que plus tard, quand parents et enfants ont montré tour à tour leur affection réciproque en donnant leurs peines et jusqu'à leur vie les uns pour les autres, que commence l'application du conseil évangélique : quitter la famille pour suivre Dieu. Ne soyons pas vains; n'entreprenons pas un travail ardu parce qu'un plus commode nous est déjà insupportable; pas de présomption en nulle circonstance.

Quand les petits labeurs nous deviennent trop faciles, la Nature se charge bien de nous en apporter de moins agréables; et c'est à faux qu'une oeuvre nous paraît commune ou fastidieuse Si le Destin nous donne pour la millième fois la même tâche, il est hors de doute que les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf premières fois, nous ne l'avons pas assez bien faite. Notre altitude morale ne se mesure pas au retentissement de nos actes, mais à l'exaltation de notre coeur.


- 43 Le mariage aussi est une oeuvre difficile; voyez-le comme une collaboration, comme un colloque, comme un mutuel dévouement. La femme doit aimer l'homme à fond, qu'elle ne craigne rien; le beau rôle lui appartient si elle fait cela; qu'elle l'aime pour lui et non pour elle; les inquiétudes, les espoirs, les triomphes, les lassitudes du mari doivent être ses inquiétudes, ses espoirs, ses triomphes et ses lassitudes. Qu'elle surmonte ses craintes; qu'elle sache que la gêne matérielle est nécessaire à la réussite spirituelle; que ce soit elle qui élève le coeur de l'époux. Quant à celui-ci, qu'il demeure fidèle à sa parole, exact à son travail, attentif aux intuitions de son épouse.


- 44 Le mariage véritable serait l'union de deux êtres dans tous les modes de leur existence, dans tous les départements de leurs esprits, dans toutes les aspirations de leur coeur; cette utopie platonicienne n'est cependant, en réalité, qu'une vue de l'intellect; car tant que nous sommes quelque part dans la création, nous avons des corps; si beaux et si sublimes soient-ils, ce sont toujours des formes matérielles qui portent, par définition, l'indestructible ferment du mal et de l'égoïsme; Platon est le suprême effort de la raison humaine haussée jusqu'au seuil de l'Amour.


- 45 Le mariage est une étape avant de parvenir à la pure concorde, où rien de particulier ne subsiste, qui est l'atmosphère même du royaume de Dieu. L'homme et la femme sont des étrangers; le Destin les assemble, pour que, se connaissant, ils deviennent amis et unis, dans la mesure où ils perdront ce qui les constitua homme et femme.


- 46 Les parents ont envers leurs enfants trois sortes de devoirs : physiques, éducatifs, instructifs. En théorie, ils devraient les leur rendre eux-mêmes tous trois; en pratique, les nécessités de l'existence font qu'ils ne peuvent s'occuper que de la première de ces séries. Le prêtre est là, ou devrait y être, pour la seconde; et l'instituteur pour la troisième. Nous ne parlerons pas de l'assistance corporelle due par un couple à sa progéniture.

- 47 Quant à l'assistance morale, dans une société synarchique, elle appartiendrait au prêtre, parce que la religion est le principe réel de l'éducation. Chez nous, les parents doivent assumer cette charge, et ceci est peut-être un bien, car ils trouvent là un motif de reprendre leur attitude essentielle de ministres de Dieu à leur foyer, et d'intermédiaires naturels entre l'Idéal et l'organisme domestique. Ils ont ici un devoir grave et sacré; leur exemple est le plus efficace des enseignements.


- 48 L'enfant est imitateur : il obéit bien plus à ce qu'il voit qu'à ce qu'on lui commande. Si donc les parents ont, par la triple loi naturelle, civile et religieuse, pouvoir sur lui, il est préférable qu'ils s'attachent en outre à acquérir de l'autorité, c'est-à-dire à faire naître en lui le respect, l'admiration et l'amour. Ils arriveront à ceci en donnant le bon exemple. Il ne faut pas que ce petit trouve jamais chez eux la moindre contradiction; il ne faut pas qu'il les voie versatiles, impatients, capricieux; leurs actes et toutes leurs paroles doivent lui sembler parfaits. Que leur tendresse ne les entraîne pas; qu'ils sachent en rester maîtres, qu'ils la mesurent, qu'elle ne dégénère pas en sensibleries; qu'ils se surveillent sans cesse, car l'enfant est observateur attentif et psychologue pratique; il possède d'instinct la patience, la simplicité de vouloir, la ténacité qui lui feront obtenir ce qu'il convoite. Donc les parents doivent se montrer devant lui ce qu'ils sont dans l'Idéal : sages, parfaits, calmes et bons.


- 49 Les premières leçons à donner à l'enfance sont des leçons de choses, des commentaires aux phénomènes quotidiens, des comparaisons extraites de la vie des animaux, des pierres, des plantes; des rappels fréquents à la cause première, à l'action de l'Invisible, de quelque nom qu'on le désigne, des conclusions de morale pratique. L'enfant ne raisonne pas, il sent. Ce n'est donc pas des théories qu'il lui faut, mais des images dont on lui extrait la signification.


- 50 " Les affections les plus pures, dit Epictète, sont celles de la famille ". Mais à condition que les membres du foyer se purifient; surtout qu'ils apprennent à se connaître; rien n'est plus rare que les parents qui voient juste les aptitudes et les ressources morales de leur progéniture; et l'inverse est aussi vrai trop souvent.


- 51 Aucun soin n'est indigne ou superflu dans l'éducation des enfants; les moindres paroles, les actes les plus minces trouvent dans cette terre vierge une merveilleuse facilité de germination; le père et la mère doivent paraître comme ces deux aspects de Dieu, dont parle la Kabbale, et qui s'expriment par la libration perpétuelle de toutes choses. Le Pouvoir et l'Autorité, la Loi et la Grâce, la Justice et la Miséricorde, tels sont le père et la mère parfaits.


- 52 L'instruction des enfants exige de profondes réformes; la tendance actuelle qui recommande l'usage des leçons de choses est excellente; il faut noter et publier les louables et ingénieux efforts de M. Laisant dans cet ordre d'améliorations. M. Barlet, dans un livre trop peu connu, l'Instruction intégrale a élaboré un admirable système d'études, en cercles synthétiques, de plus en plus complets, où les matières des examens actuels sont réparties de telle sorte que l'élève puisse toujours sentir des vues d'ensemble et des notions générales organiques. Nos gouvernants devraient aussi s'inspirer des méthodes d'instruction que la Suisse et les États-unis emploient, et connaître les soins scrupuleux que demandent ces masses scolaires qui représentent l'espérance, l'avenir et la fleur d'un pays.


- 53 La règle d'un état libre est l'égalité naturelle de tous les citoyens et de leurs droits; les gouvernants doivent, comme première obligation, prouver qu'ils respectent la liberté de leurs administrés; ils sont leurs égaux; seule, la différence occasionnelle de leurs fonctions sociales les en distingue. Aussi, nos devoirs civiques sont des offices, au sens stoïcien du mot; des fonctions réciproques, comme celle de la polarité physique, de l'équilibre moléculaire, de la balance des orbes sidéraux. Nous sommes des atomes de l'état social; ce soleil nous entraîne dans sa course, et chacun de nous influe sur sa biologie générale. C'était un lieu commun de l'école de Zénon, c'est encore un principe inné de l'âme chinoise que cette dépendance du tout avec chacune de ses parties, et de chacune de ces dernières avec l'entité collective qui les agrège. Tout acte de l'individu " qui ne se rapporte pas, soit immédiatement, soit de loin, à la vie commune, met le désordre dans notre vie, lui ôte son unité, rend le citoyen factieux ". (MARC-AURELE.)


- 54 Il vaut mieux travailler pour sa famille que pour soi seul, pour ses amis, que pour sa famille, pour ses concitoyens inconnus que pour ses amis, pour l'humanité que pour sa patrie, pour Dieu que pour l'humanité. Mais on ne peut entreprendre raisonnablement le difficile qu'après avoir accompli le facile. Donnons donc à nos devoirs une hiérarchie, ou plutôt, comme nous ne connaissons pas les rapports mystérieux des choses, et que notre système, quelque sage qu'il soit, risque fort de les altérer, obéissons à l'ordre divin qui se manifeste sans cesse à nous par l'appel des événements, des circonstances et des rencontres que le hasard apparent place devant nos pas. Ceci est la sagesse la plus universelle.


Deuxième partie

 

 

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 07:01

 

 

Après la Morale, il est question ici du Devoir vis-à-vis de son Idéal avec des explications sur le processus de réincarnation de l'âme. Très intéressant. Il faut savoir que Sédir avant de devenir un mystique christique ou un christique mystique avait beaucoup lu, beaucoup étudié et beaucoup navigué dans les sphères de l'Occultisme notamment avec Papus et Guaita. Il s'affilia tant à l'Ordre Martiniste que celui des Rose-Croix et y acquit les différents grades. Dans l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, il devint docteur en Kabbale et, dans L'ordre martiniste, il fut membre du suprême Conseil.

Par l'entremise de Barlet, il devînt membre de l'H. B. of L. (
Hermetic Brotherhood of Luxor) dont Barlet était le représentant officiel pour la France. Cette association prétendait se rattacher à une tradition spécifiquement occidentale.

Plus tard Le Loup s'inféoda
au gnosticisme et fut consacré, sous le nom de T Paul, évêque de Concorezzo dans l'Église gnostique de Doinel. Par la suite, Marc Haven le fit entrer dans la « F. T. L. » dont il était un des fondateurs.

Avec Philipon
il rénova la Maçonnerie de Mizraïm. Et il fut membre du Conseil de la Société alchimique de France, de Jollivet-Castelot.

Lire une de ses biographies ICI.

Tout ça pour dire que si son cheminement l'amena au Christ, c'est qu'il en avait bien perçu tout l'Enseignement... et tout le Message...

Le devoir spiritualiste

 

par  Sédir

CHAPITRE II

16. - Continuité des séries ontologiques.
17. - Évocation de l'Idéal.
18. - Choix de l'Idéal.
19. - Union mystique.
20. - Pureté du désir.
21. - Conception spirituelle.
22. - Enfantement spirituel.
23. - Le culte du Moi.
24. - L'athéisme.
25. - Sa morale.
26. - Le devoir.
27. - Quels sont nos devoirs.
28. - Qu'est-ce qu'est l'homme ?
29. - Sa triplicité.
30. - Voyage de l'âme, les réalités.
31. - Nous sommes des intendants.
32. - Gravité de la vie terrestre.
33. - Devoir envers le corps.
34. - Cultiver le centre.
35. - La Nature aide l'homme actif.
36. - Valeur de l'activité et de la patience.
37. - Le balancement des activités. Le scrupule; la liberté d'esprit.
38. - La tentation et le sens de l'équilibre.
39. - L'alternance de l'inspiration et de la réalisation : la paix du coeur.
40. - La simplicité intérieure.

  


- 16 Car, à vrai dire, il n'y a réellement pas dans l'univers les classifications, les genres, les systèmes, par quoi les hommes essaient d'en rendre la compréhension plus facile. Les hiérarchies des êtres sont reliées les unes aux autres par des transitions insensibles; entre les sphères, entre les plans, entre les mondes, ont lieu de continuels échanges, des pénétrations, des fusions, des dislocations incessantes : rien n'est fixe de ce qui se trouve dans la limite de l'enquête humaine.

Les seuls cadres immuables, nous ne pouvons pas les percevoir; ils sont faits d'une substance trop subtile pour notre conscience actuelle. De sorte que ceux qui veulent avancer et s'agrandir ne doivent pas accorder aux mots une trop grande importance; qu'ils ne soient pas pusillanimes; qu'ils ne craignent point le nouveau, sans cesser d'avoir pour le traditionnel le respect qui lui est dû.


- 17 Mais par dessus tout l'effort indispensable à celui qui veut servir un idéal est de le désirer. Cela ne suffit pas de s'en ressouvenir de temps à autre quand le vide de l'existence nous opprime; un désir constant, toujours plus fort, qui creuse en soi, qui s'élance hors de soi, qui consume les autres inquiétudes, qui nous relève quand nous tombons, qui nous alimente : c'est par un tel feu que l'Idéal demande d'être honoré. Tous les soupirs de l'homme vont vers des êtres vivants; on ne peut rien pressentir, rien concevoir, rien souhaiter qui ne soit, sous son aspect essentiel, un individu intelligent, libre et responsable.
La débilité de notre coeur et l'obscurité de notre intellect nous empêchent d'écarter les voiles dont se couvrent ces anges; cependant, qu'ils revêtent une forme d'art, d'harmonie, de philosophie, de science, d'invention, de génie ethnique, de sentiment passionnel, d'aura magnétique, de substance corporelle, - si notre culte est pur et fervent, c'est-à-dire sans égoïsme ni paresse, - ces créatures idéales nous permettent de les découvrir, elles nous adoptent dans leur famille; comme l'a dit la vieille sagesse védique : tout dévot se transforme en l'être même du dieu qu'il adore.


- 18 Choisissez donc votre dieu, avec précaution, avec prudence, avec larmes, avec flamme.


- 19 Tout, dans cet Univers, est apparié, bien qu'il y ait des créatures qui se multiplient autrement que
par la fusion temporaire de deux en un. Notre mariage n'est que la plus grossière et la plus facile des nombreuses sortes d'union par lesquelles les êtres s'élèvent le long des chemins du Monde. Le vouloir humain est l'époux des êtres inférieurs, qui le suivent et qui l'adorent. La personnalité humaine est l'épouse plus ou moins fidèle d'êtres plus forts, qu'elle désire avec une ardeur presque toujours cupide.


- 20 Ayant choisi votre dieu, appliquez-vous donc à épurer les motifs de votre amour.


- 21 Quand la graine a germé dans le sein de la vieille mère commune, elle s'y nourrit du plasma qui l'entoure. Quand notre esprit a conçu une idée, il doit la nourrir de toutes ses forces environnantes, avant de pouvoir l'extérioriser. Cette période d'enfantement psychique s'appelle la compréhension; quant à l'intellect, c'est la méditation par quoi s'élaborent les pensées; dans le passionnel, c'est le désir inconscient qui aboutit à l'explosion de l'amour; dans le physique,
c'est le travail obscur de l'instinct qui prend par l'acte une forme sensible.


- 22 Une fois donc l'idéal compris et conçu, il faut le faire vivre; il faut qu'il s'exprime dans notre vie extérieure avec la même totalité qu'il sature notre vie intérieure. Nous l'enfantons ainsi; nous lui donnons des formes physiques; nous le matérialisons; et cela s'opère par l'accomplissement de nos devoirs.


- 23 Toutes les routes que suivent les créatures aboutissent à deux voies, toutes les méthodes d'éthique sont déduites de deux théories : la première est
le culte du moi, la seconde est la guerre contre le moi.

Les traités de Zénon, le système du " Je " de Fichte, le surhumanisme d'Emerson et de Nietsche, l'Unique de Stirner rayonnent une beauté
par l'autocratie où ils tendent, par leur convoitise de tout posséder, par leur rejet de toute influence extérieure, par leur liberté indomptable, par leur méthode originale de développement personnel; toutefois, ils conduisent à l'orgueil; ils érigent l'homme en dieu, et tyrannisent la portion du monde la plus grande possible. Ils oblitèrent le sens moral : celui qui se croit plus fort, se met au-dessus de la loi, et combien y a-t-il alors de chances pour qu'il se tienne dans le bien ? Enfin, et c'est là le plus grave tort de ces conceptions, elles tuent en nous l'idée de Dieu.


- 24 On se rend mal compte de la gravité de cette dernière tare. L'athéisme, vu du plan de l'Esprit, est réellement
une monstruosité et ravale l'homme au niveau de la brute ; je ne prétends pas que parce qu'on ne croit pas à l'existence d'une entité divine personnelle, rien de ce qu'on peut faire de bien, de beau et de vrai, ne soit plus valable. Au contraire, l'incrédule qui se conduit tout de même en honnête homme, offre un spectacle émouvant au premier chef et donne un exemple héroïque, que bien des gens à vagues religiosités, à molles aspirations, devraient regarder avec un respect admiratif.


- 25 De tels athées prouvent d'une façon irréfutable l'existence du Dieu qu'ils méconnaissent. Ils expriment pleinement la grandeur de l'âme humaine et sa noblesse originelle;
ils sont la noble fleur des générations qui les précédèrent; ils sont un reproche vivant à tous ceux qui croient et qui n'agissent pas; peut-être un jour, en seront-ils les juges. Vous donc qui avez choisi la seconde route, celle qui est une bataille incessante contre le moi, prenez garde que vous devez vous battre; prenez garde que vous devez à votre Maître de susciter l'admiration autour de vous; vous n'êtes plus seuls, vous avez une responsabilité formidable, celle d'être les représentants de votre idéal.


- 26 De quelque côté que l'on envisage la vie, nous sommes amenés à la conclusion que, si même il n'existait pas de Dieu personnel, si même, par impossible, il n'existait pas de cause première, le Devoir serait encore le mot de l'énigme, et l'étoile polaire sur laquelle nous conduisons notre marche.

Voyons maintenant quel est ce Devoir.

- 27 Logiquement, à cause de la faiblesse de notre état actuel, - car l'homme le plus fort reste tout de même très petit en face de ce qu'il sera dans sa perfection, - le premier être envers lequel nous avons des devoirs c'est nous-mêmes. Ensuite, et toujours proportionnant notre travail à notre force, c'est de notre famille qu'il faut nous occuper. Puis viennent les devoirs envers la cité et envers la patrie. Puis ceux envers la religion. Puis ceux envers le genre humain tout entier. Et enfin, nos devoirs envers Dieu achèvent, complètent et harmonisent l'ensemble des six premières oeuvres qui viennent d'être énumérées.


- 28 L'idée des devoirs auxquels on est tenu envers soi-même doit prendre sa source dans la conception suivante. L'homme réel n'est ni l'individu physique, ni la personne morale, ni même l'entité libre et volontaire à quoi les plus subtils philosophes assignent la première place dans le composé humain.
L'homme, selon l'absolu, est quelque chose d'extrêmement haut, de surnaturellement grand. Une minime fraction de cette vaste lumière arrive seule à se faire jour sur l'écran de la stase de vie terrestre : c'est ce qui constitue le champ de la conscience.

- 29 Pour la commodité du langage, j'appellerai
âme, l'homme éternel, idéal et absolu; j'appellerai esprit, l'homme très complexe qui développe ses activités dans le champ de la surconscience; enfin la portion de l'être que circonscrit le champ de la conscience se divisera tout naturellement en un foyer intellectuel, un foyer animique et un foyer physique. L'intellectuel évertue toutes les activités pensantes; l'animique rayonne tous les feux du désir, de la passion, du sentiment; le physique comporte toute la physiologie physico-chimique et fluidique.


- 30 Ceci posé, il faut concevoir que l'âme voyage à travers toutes les stases de la vie objective, en se vêtant, pour chacune d'elle
s, d'organismes qu'elle leur emprunte. Son arrivée dans une place du monde est une naissance; son départ y est une mort. Par suite, au point de vue de l'Absolu, l'âme détient seule la réalité permanente; mais, au point de vue des relatifs, chacun des modes d'existence qu'elle traverse est une réalité temporaire.


- 31 De là, et pour nous borner à cette vie terrestre, se déduisent deux conclusions. La première, c'est que
rien de nous n'appartient en propre au moi actuel : le corps, la sensibilité, les fluides, les affections, les facultés psychiques, intellectuelles et morales, ne sont que des instruments de travail prêtés par la Nature, pour une certaine période, dans un certain but. Nous sommes des intendants, des gérants, des commissionnaires.


- 32 La seconde conclusion, c'est que l'existence présente n'est pas illusoire, ni insignifiante. Elle est réelle, elle est grave, elle est pleine à éclater de semences vitales, qui n'attendent pour jaillir dans le champ du cosmos que la chaleur
de notre bon vouloir. Elle attend dans l'angoisse notre collaboration; nous sommes son Dieu, son sauveur, son messie; elle nous aime, elle nous vénère; elle nous prie, nous pouvons lui procurer sa béatitude.


- 33 Ainsi nous devons en premier lieu à notre corps la nourriture, le vêtement, l'abri, le sommeil, l'hygiène. Ce n'est pas le cas d'entrer ici dans le détail de ces devoirs; on a beaucoup écrit là-dessus ces dernières années; et la médecine préventive a été l'objet d'abondantes et d'ingénieuses vulgarisations. Il suffit de savoir qu'il faut rendre notre corps sain, robuste et beau, afin que l'idéal intérieur soit bien accueilli de nos frères : habillons-le d'un vêtement aimable et noble, que l'attitude et les traits soient le miroir véridique de la grandesse de nos sentiments, de l'élévation de nos pensers. " La beauté du corps, dit Marsile Ficin, ne consiste pas
dans l'ombre matérielle, mais dans la lumière de la forme; non dans la masse ténébreuse du corps, mais dans une lucide proportion, non dans la paresseuse lourdeur de cette chair, mais dans le nombre et la mesure ".


- 34 Écoutez un motif de Rossini, regardez une peinture de David; voici à côté un air analogue de Bach et une figure semblable de Giotto : les premiers sont jolis et corrects; les seconds nous émeuvent et nous transportent; ceux-là témoignent d'un métier parfait; ceux-ci portent la griffe sublime du génie. Ainsi l'externe obéit à l'interne; faites de même : que votre corps devienne beau à cause de votre beauté intérieure; mais que
votre âme ne subisse point l'influence de votre corps. Tout, dans la Nature, croît du centre à la circonférence, du dedans au dehors : suivez cette loi, dans votre culture et dans vos travaux.


- 35 " Pour la conduite de la vie, dit Amiel,
les habitudes font plus que les maximes, parce que l'habitude est une maxime vivante, devenue instinct et chair. Reformer ses maximes n'est rien, c'est changer le titre du livre. Prendre de nouvelles habitudes, c'est tout, car c'est atteindre la vie dans sa substance.

La vie n'est
qu'un tissu d'habitudes ".

Si je cite souvent cet écrivain, c'est que son modernisme rend sa pensée plus proche de la nôtre et plus compréhensible. La Nature, - ou Dieu, - nous prépare toujours à portée de notre main, tout ce qui nous est nécessaire.
L'homme le plus isolé, le plus pauvre, le plus ignorant, trouve à côté de lui, dans sa solitude, l'aide morale dont il a besoin, comme il lui arrive pour sa nourriture matérielle. Mais il est nécessaire de chercher.


- 36 Le travail est la condition sine qua non, non seulement de notre progrès, mais de notre existence même. Reconnaissons la valeur inestimable du temps que la Nature nous accorde.

Il ne s'agit
pas de s'impatienter, de s'énerver, de perdre la tête. Ayons de la présence d'esprit, c'est-à-dire une perpétuelle possession de nous-mêmes dans le calme de la prévoyance, la rapidité du jugement et l'énergie de la décision. En effet, cet art suppose une longue expérience préalable. Il faut avoir appris à connaître les choses, les besoins, les événements, les hommes; il faut sentir l'essentiel; il faut avoir de l'ordre dans les idées comme dans les actes; il faut savoir finir un travail avant d'en commencer un autre. Chaque jour est un oeuvre complet; c'est dans ce sens que Jésus dit : " A chaque jour suffit sa peine ", et que la sagesse païenne ajoute : " Hâte-toi lentement ".


- 37 On ne se repose pas dans une immobilité absolue, mais dans l'alternance des occupations. Une flânerie, une rêverie, ces récréations de la pensée, sont encore des travaux sains, si on ne se les permet pas trop souvent; il faut laisser des fenêtres ouvertes.

Ce n'est pas tant une analyse constante, minutieuse, approfondie, qui nous perfectionne, que l'effort pratique vers le devoir quotidien. Employer trop de soins à la critique de soi-même fait oublier
les besoins des autres et empêche d'agir. Etre consciencieux augmente l'énergie; avoir la maladie du scrupule anémie la volonté.

De plus, il faut se rappeler de temps en temps, que l'enfant ne marche pas à la suite d'un cours de mécanique et d'anatomie; c'est l'expérience qui le guide. Or, nous ne pouvons jamais raisonner que sur le connu;
l'inconnu échappe à notre examen mental; pour renouveler notre provision de concepts, d'idées, d'opinions, il est donc indispensable de ne pas nous construire de barrières et d'accueillir l'inconnu, l'improbable, l'inouï. C'est cette liberté intérieure qui assure la paix aux incubations de l'inconscient. Tout est possible; soyons hospitaliers, ouvrons toutes les chambres de notre esprit.


- 38
La tentation est en nous par le fait même que nous existons; elle y travaille par une fermentation analogue aux fermentations microbiennes; le commencement du mal, aussi bien psychique que physique, est presque imperceptible; c'est pour cela que les moralistes se montrent si méticuleux. Là encore, il faut que la résistance vienne du dedans, et que l'impavidité morale assure la stabilité physique. Nous sommes des créatures, et à cause de cela, notre perfection c'est l'équilibre. Tel est l'enseignement essentiel des sages de tous les temps et de toutes les races; si on nous dit qu'ils ont professé une autre doctrine, soyons certain que c'est une opinion fausse d'un commentateur trop hâtif. Et si un excès nous paraît indispensable, veillons à le balancer par un autre de sens contraire; réalisons l'harmonie dans chacun de nos principes et dans les relations réciproques de ces principes. C'est le meilleur moyen de ne pas donner prise aux ennemis visibles et invisibles.


- 39 Sachons que toute pratique est précédée d'une théorie; que
tout acte procède d'une pensée; que toute réalisation jaillit d'une contemplation. Si l'on contemple, l'esprit cherche et s'inquiète, mais le corps est dans le calme; si l'on réalise, le corps se passionne, mais l'esprit reste serein. Telle est la balance des activités dans le champ de la conscience mentale. Si l'on va plus profondément en soi, c'est une nouvelle vibration qui s'inaugure : le mental et le physique sont alors deux bielles qui travaillent alternativement, mais sans relâche; cependant qu'au fond de l'être, la source d'énergie demeure calme, immobile, sereine; c'est la paix du coeur.

Voilà l'attitude qu'il faut prendre pour ne rien perdre de la conversation de l'Idéal et pour réaliser avec force
les fruits de ce mystérieux colloque.

- 40 Si ingénieuses que soient
les théories psychologiques connues, sachons que toutes ne sont que des classifications, c'est-à-dire des analyses à un point de vue particulier. La science vraie de l'homme verra autre chose; ces strates que l'analyse sépare ont, comme les couches géologiques, des pénétrations, des causes et des prolongements inconnaissables à l'intellect, et que l'inspiration seule peut découvrir. Là donc encore, la clavicule, l'arcane, le mot de passe et le signe de reconnaissance, c'est la nudité du coeur pur, qui force les choses à se dévoiler. En d'autres termes, tous nos devoirs envers nous-mêmes se résument de la sorte : travailler pour l'idéal, soigner nos organes et nos puissances, de façon à ce qu'ils rendent le meilleur travail et le plus utile.

Sources
Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt


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Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
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