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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 14:17







La Gnose et le Pardon


La gnose et le pardon
envoyé par baglistv

Posté par Adriana Evangelizt

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 14:13



La différence entre Satan et Lucifer


La différence entre satan et lucifer
envoyé par baglistv


Posté par Adriana Evangelizt

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 18:43




Les Mythes de l'Humanité : Jésus


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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 17:53

Un très beau documentaire en 11 videos sur l'Enseignement Gnostique de Yeshoua. Le Fils de l'Homme enfin réhabilité et qui peut se définir en ces quelques mots : Deviens ce que TU ES. Voilà l'Homme Nouveau qui fait tant gloser ceux qui n'ont rien compris. Mais l'Homme Nouveau n'est, en fait, que l'Homme Ancien que connaissaient toutes les grandes civilisations qui ont existé sur cette terre bien avant la nôtre... l'Enseignement s'est perdu comme la Parole... l'Homme a régressé et s'est enfoncé dans la Matière au lieu de s'élever vers la Lumière. Ce que Yeshoua traduisait par "Il faut choisir entre "Dieu" et Mamon." Il me semble que la crise financière actuelle montre qui règne sur notre monde.



Les Mythes de l'Humanité : Jésus


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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 16:53

Je n'ai pas oublié ce blog mais je suis dans une Grande Recherche et je vous livrerai sous peu le résultat de mes travaux. L'article "La Franc-Maçonnerie est-elle une secte" attire des commentaires d'un certain Agathon à qui j'ai répondu. Il emploie la même rhétorique que les mercenaires de l'Eglise Catholique Romaine. La plus grande secte du monde qui s'est accaparé du destin de Yeshoua trahissant son Enseignement et en faussant la portée. Si, à la base, nous avons posé cet article, c'était surtout pour faire réagir les intéressés. Mais pas pour qu'ils soient insultés. Car les insulter à eux, c'est aussi nous insulter à nous. Il y a dans la Franc-Maçonnerie, comme partout, des gens bien et des mauvais. Des êtres qui recherchent vraiment la Lumière et des Opportunistes. Chacun sera jugé à ses "oeuvres"... mais nous n'avons, en aucun cas, à être jugés par des ignares qui ne connaissent rien à rien. Tous les commentaires dépassant la décence seront systématiquement supprimés. Il y a des limites à la tolérance !




L'Oeil d'Horus

Les Mystères des Anciens Egyptiens depuis l'Atlantide


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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 11:12




Le quatrième jour de la Genèse 2/2


par André Savoret



CREATION DES LUMINAIRES


Voici d'abord le texte du Sepher ; « Et ALEYM dit : Il y aura des Luminaires (MAoRoTh) dans l'espace éthéré, pour opérer le partage entre le Jour ou lumière manifestée et la Nuit, ou ténèbre manifestée. Ils seront en signes à venir pour les « mois », les « jours » et les « années ». Et ils seront comme des sources lumineuses sensibles (MAOROTh) dans l'espace éthéré des cieux pour inciter la lumière (intellectuelle) à briller sur la terre. Et il fit cette gémination de Luminaires virtuels (MAOROTh), les grands : Le Grand Luminaire ou foyer lumineux principal pour présider symboliquement au Jour, le foyer lumineux secondaire ou Petit Luminaire, pour présider symboliquement à la Nuit, et l'ipséité des étoiles ».

    Naturellement, la tentation était grande de rendre les expression employées par Moïse, (Grand Luminaire, Petit Luminaire) par soleil et lune. On ne s'en fit pas faute, Ce point de vue terre-à-terre, géocentrique, ne pouvait être celui d'un initié de la trempe de Moïse. Fabre d'Olivet, souvent moins réticent, se cantonne ici dans un hermétisme prudent. Il faut l'avoir assez assidûment fréquenté pour se livrer au jeu périlleux de commenter à sa place. Sa pensée transparaît toutefois dans le bref passage où il explique « étoiles » (KOKaBYM) par « facultés virtuelles de l'univers ». Reprenons le fil du texte sacré. Nous y voyons l'Oeuvre de Résurrection entrer dans une nouvelle phase.

Le tourbillon chaotique de la partie de la création infernalisée, qui semblait vouée aux ténèbres immuables, va être par la sollicitude du Créateur, éclairé par des foyers lumineux sensibles (foyers virtuels et non matériellement visibles comme l'est notre soleil physique). Ces foyers virtuels, réfléchiront un peu cette Lumière intelligible (et non sensible) qui, avant la grande révolte, éclairait directement les créations spirituelles, maintenant dégradées et opacisées, tout en constituant des centres d'attraction qui atténueront le mal en transformant une chute sans terme dans un indéfini de ténèbres, en gravitation universelle. Tels sont les « luminaires » ou MAoRoTh. Si le singulier, MAOR, peut signifier « astre », c'est dans un sens bien restreint. L'auteur de la Genèse, toujours synthétique, emploie ce terme dans sa simplicité étymologique : Ma-AO.R, c'est - à - dire « foyer ou réflecteur de la Lumière du Verbe ». Et pour nous faire entendre qu'il a en vue les foyers virtuels des soleils physiques, il emploie deux fois le pluriel avec valeur collective, en ayant soin de remplacer la voyelle - mère O par le point - voyelle qui la représente « virtuellement » ; il en use de même pour la terminaison du pluriel : OTh, afin que nous sachions que cette pluralité de Luminaires n'est qu'implicite, « virtuelle », elle aussi.

Elohim déclare donc qu'il y aura des Luminaires dans l'orbe éthéré des cieux pour servir de moyen de séparation entre la lumière et les ténèbres. Ces luminaires, dit le texte, feront briller (la lumière spirituelle) sur la terre. Par « Terre » il faut entendre ici toutes les planètes prises collectivement, toutes les terres. Il est permis de supposer que ce ne sont pas seulement la chaleur et la lumière physique d'un soleil visible qui sont susceptibles de réveiller sur les globes la lumière spirituelle obnubilée par la Chute. La forme hiphil du verbe AOR « briller, éclairer », dont se sert Moïse ou ses transcripteurs en cette occasion, est dite factitive, incitative ou excitative : E-AYR. La préformante est l'affaiblissement du S- factitif de toutes les langues apparentées (3). Elle donne ici à ce verbe le sens de « rendre lumineux, inciter à briller » qui est d'ailleurs donné dans les dictionnaires les plus classiques.

    Nos soleils ne sont que les reflets amoindris d'un des Soleils spirituels qui sont les émanations et les répartiteurs des énergies du Grand Soleil central, pivot de tous les univers visibles et invisibles. Ainsi, le « mythe solaire », si mal entendu par les modernes, recèle, bien compris, une très haute vérité : Chaque soleil est non seulement un symbole expressif du Verbe - Lumière pour les terres qui lui ont été confiées, mais constitue le « Petit Luminaire », réfléchissant le « Grand Luminaire », centre virtuel et flambeau de la Lumière du Verbe pour la sphère qu'il a charge d'illuminer et de vivifier. 

Ainsi, pour peu qu'on veuille approfondir la pensée de Moïse et celle de Fabre d'Olivet - son meilleur interprète à ma connaissance, nonobstant les erreurs de détail qu'on peut relever chez lui - réduire les « Luminaires » aux seuls soleils qu'étudie l'astronomie, c'est rétrécir presque caricaturalement cette pensée. Et c'est la méconnaître bien davantage que faire de leur cortège planétaire d'anciens anneaux solaires détachés de leur masse en cours de refroidissement. Soleils et planètes ont des origines différentes, des fonctions différentes, et sont formés d'éléments en partie semblables, en partie différents. Revenons maintenant à la Genèse. Elle nous expose qu'ALEYM fit non point deux Luminaires mais deux catégories complémentaires et inséparables, ATh-SheNI, de Luminaires (création principielle indépendante en soi de tout nombre défini) ; Le Grand, pour régner sur le « Jour », et le Petit (en réciprocité du Grand) pour dominer sur la « Nuit ». Mais quelle est cette « Nuit » ? C'est notre misérable « jour », qui, sans les soleils physiques, ne serait que ténèbres immuables !

Donc, ALEYM crée, nous dit la Genèse, le principe d'une double catégorie de foyers lumineux ; ensuite, apparaissent les étoiles, KOKaBYM, selon les besoins des mondes en perdition, Ici, la préposition ATh, que l'auteur de la Genèse emploie assez systématiquement lorsqu'il s'agit d'une création potentielle ou principielle, a été omise.
Les étoiles ou les soleils sont des faits qui se développent et se posent dans des circonstances relatives et définies de temps et d'espace. Fabre d'Olivet a donné de leur nom une étymologie séduisante, de laquelle je m'écarterai peu. Je noterai seulement que KOKaBYM est le même mot que l'akkadien KAKKABY "les étoiles", forme à redoublement expressif syncopé *KOB-KOB- dont le radical, toujours en akkadien, s'applique dans l'adjectif KAB-TU à ce qui est important, grave, auguste.

Dans l'ensemble, il m'apparaît que le Grand Soleil Virtuel, centre des créations divines dans l'ordre ici considéré, reflète, ainsi qu'un prisme les couleurs, toutes les forces divines, toutes les énergies spirituelles, et les propage indéfiniment en multiples phénomènes. Il constitue le prototype des « Grands Luminaires » qui dépendent de lui directement. Les soleils visibles les réfléchissent ainsi que des miroirs, concentrant et propageant, à leur tour, telles ou telles de ces forces, suivant le rôle particulier qu'ils sont appelés à jouer dans le monde. Les soleils « obscurs » ou virtuels, centres de forces d'origine divine, peuvent évertuer chacun plusieurs univers différents. Ils servent donc d'intermédiaires, de relais, entre le Soleil central (Trône de la Trinité créatrice et les soleils plus ou moins distants du Grand Centre.

    Quant aux planètes, quelles qu'elles soient, il semble assez évident par ce qui précède qu'elles sont l'oeuvre de Lucifer, car la matière est un résidu, inerte par lui-même. Le Verbe l'a pénétrée et vivifiée, l'Esprít a soufflé sur elle, elle a donc pu produire et produira des formes, afin d'être évoluée, transmuée, par ceux-là même qui l'ont faite ce qu'elle est. Pour les y aider, le « Petit Luminaire » (qui est notre soleil, ou tout autre du même ordre) fut créé. Et fut le Jour ! Mais le globe opaque de matière, en révoluant devant son soleil, ne peut exposer à ses rayons qu'une partie de sa surface ; l'autre est dans l'obscurité. Et fut la Nuit ! Toutefois, ces planètes, reflètent elles aussi, en proportion de leur éloignement, la lumière solaire et répandent à leur tour clarté et force : Pâles clartés, forces souvent nocives, provenant de leur sombre origine !

Le « Petit Luminaire », dans la pensée de Moïse, si toutefois je l'ai à peu près saisie, n'est donc nullement la lune (que nous verrons nommée en une autre occasion, comme production symbolique de YaQTaN, dans la lignée de SeM. En fait, n'y a-t-il pas autant de « lunes » que de planètes ? Toutes ne réfléchissent-elles pas la lumière de leur soleil respectif ? Pour nous, terriens, ce moindre Luminaire est notre soleil ; Moïse, parlant toujours au collectif, c'est chaque Soleil, chaque « étoile », visible ou invisible, tirant son énergie d'un Soleil virtuel. Outre ce point, il est bon de noter que chaque astre visible, stellaire ou planétaire, comporte un « double » invisible et même (pour les soleils) plusieurs. Pour notre terre, ce double n'est autre que la TheBaH ou « Arche » dont il est question dans la Genèse à propos du Déluge (ou plutôt des trois cataclysmes diluviens que Moïse confond habilement en un seul, à savoir : le Diluvium du Proche - Orient ou déluge babylonien ; l'engloutissement d'Atlantis ; et, en dernier lieu, le plus important, ce déluge très spécial, analogue au Pralaya des textes de l'Inde).

    Chacun sait que les planètes décrivent une course elliptique autour d'un double foyer. L'un d'eux est occupé par notre soleil visible. Je tenterai de m'expliquer plus loin sur l'autre et, afin de ne pas rester entièrement dans le domaine de la spéculation pure, de tirer de là une déduction touchant l'astrologie pratique.

Pour l'instant, je noterai que les centres irradiants de lumière spirituelle réfléchie par les soleils tend à réveiller nos facultés supérieures engourdies et atrophiées. Ces influences stellaires sont d'un autre ordre que les influences planétaires. Les planètes nous renvoient la lumière et les énergies qu'elles ont reçues, mais viciées par leur propre ambiance, colorées, pour ainsi dire, par leurs virtualités propres, bonnes et mauvaises - en principe, plutôt mauvaises - au regard de l'esprit. Inversement, notre inadaptabilité actuelle à la vie véritable de l'esprit, rend souvent périlleuse pour nous l'influence stellaire. C'est ce qu'expose Ptolémée, d'une façon différente, lorsqu'il nous dit que les étoiles fixes promettent souvent des chances extraordinaires, payées très cher si les promesses de l'horoscope ne s'accordent pas avec les leurs.

J'ai essayé ici, bien maladroitement sans doute, de replacer l'oeuvre du « Quatrième Jour » dans la perspective générale de cette seconde « Création » ou « Résurrection » décrite par la Genèse. J'espère n'avoir pas trop trahi la pensée de son auteur, ni trop déformé celle de Fabre d'Olivet, dont je me suis, en somme, rarement écarté.

    J'en viens maintenant au double foyer des gravitations planétaires. Ce qu'on peut désigner pour simplification sous le vocable « second foyer » n'est pas exactement le même pour toutes les planètes de notre système. Ainsi, il y aurait multiplicité de foyers virtuels. En réalité, le vrai foyer virtuel n'est pas physiquement localisé dans notre espace. Toutes les forces destinées à évertuer l'ensemble des planètes s'y trouvent bien à l'état potentiel, mais ne s'actualisent physiquement qu'en élisant chacune un centre plus particulier de manifestation et de condensation. Sédir, qui fut en contact à un certain moment avec d'authentiques porteurs de la tradition rosicrucienne, écrit dans son « Histoire et Doctrines des Rose - Croix », ceci, qui pourrait être compris comme une élucidation du problème des foyers virtuels, chaque planète dépendant plus particulièrement d'un des centres de forces composant ensemble ce foyer : 
   
« La vie terrestre est fille du soleil jaune qui nous éclaire. Mais il y a six autres soleils qui font vivre la terre, soleils actuellement invisibles, mais qui, tour à tour, entreront dans notre arc de visibilité. Notre soleil jaune est préposé à l'assimilation des fonctions vitales. Au-dessous, il y a le soleil rouge préposé à l'agglomération des cellules de la vie terrestre. Ce soleil dirige les groupements en cristaux dans les molécules minérales ; il régit la morphologie, les affinités physiques et chimiques. Ce soleil rouge est l'habitat du génie, de l'ange, du dieu directeur de l'Institut des Rose - Croix, Elias Artiste. »

Il faut, évidemment, des circonstances particulières, très particulières même, pour entrevoir - non par les yeux physiques - l'un de ces soleils virtuels, chacun apparaissant avec sa couleur particulière, en concordance avec l'une des couleurs attribuées aux planètes. Le soleil rouge pourrait être défini, en employant une comparaison avec nos sensations colorées physiques, comme un rouge de carmin d'intensité moyenne (5° ton). Son disque apparent peut avoir les 2/3 de celui du soleil en diamètre. Quant aux autres, n'en sachant rien de précis, je n'en dirai rien. 

    De mes différentes recherches, lesquelles ne sont pas toutes d'un intérêt actuel, je veux, pour terminer, tirer une indication promise plus haut, La voici : Dans l'espace où s'échelonnent les systèmes et les constellations, notre soleil régente effectivement une zone qu'on pourrait représenter par un ovoïde ou mieux par un ménisque. Très puissante dans sa zone équatoriale, l'influence solaire décroît assez rapidement pour être pratiquement nulle dans la zone polaire.

    Cet effet est quantitatif et non qualitatif. Il ne s'agit que de l'intensité de ce qu'on peut appeler, plus ou moins justement, son « influx ». Si cette vue est juste, il s'en déduit naturellement que la latitude des planètes joue un rôle dans le dosage, toujours délicat, de l'intensité de leur influence dans un thème. Cette intensité doit donc décroître à mesure que la planète envisagée s'écarte de la latitude nulle.

Dans son petit pamphlet contre l'astrologie, l'astronome Couderc s'autorise du fait que les planètes ont des constitutions analogues pour décréter que des corps semblables ne peuvent avoir sur les affaires humaines des actions différentes et même contradictoires. Il se gausse de ceux qui admettent « que des blocs rocheux entourés d'une atmosphère agissent différemment parce qu'ils portent des noms de personnages de contes de fées ». Si, en effet, l'influence planétaire ne pouvait s'expliquer que par des phénomènes physico-chimiques, ou se traduire en vibrations ou en potentiel électro - magnétique, il aurait raison. Et trop d'astrologues qui se veulent « scientifiques » - au sens moderne du terme - lui tendent bénévolement les verges avec lesquelles il les fustige. En étudiant de mon mieux le texte de la Genèse, celui-ci m'a transporté sur un autre terrain. Et, si je ne m'abuse pas, c'est seulement sur ce terrain-là que l'astrologie peut trouver sa justification valable. Le « caillou appelé Mars » et le « caillou appelé Jupiter », pour identique que nous apparaisse leur composition, pour identique que soit également la lumière du soleil physique qui les éclaire, n'ont pas la même affinité pour chacun des soleils virtuels qu'il est permis de soupçonner, soleils dont les énergies ne sont pas du ressort des sciences qu'étudie et pratique M. Couderc, quelle que soit sa compétence dans leur domaine. Qu'on me passe une boutade pour terminer : M. Couderc et moi, sommes formés d'éléments matériels identiques à peu de choses près. Ce qui ne nous empêche nullement d'avoir des vues « différentes et même contradictoires » sur un même sujet !...

(l)  Notons déjà ici que c'est dans cet oeuf éthéré, RaQY'a, et non dans les Cieux  proprement dits, que s'effectuera au quatrième jour la création des Luminaires. Dons le nom des Cieux (ShaMaYM) on retrouve celui des Eaux (MaYM) et la racine SheM, affectée à toute supériorité, à toute glorification. L'hermétiste Khunrath avait senti la même vérité, en l'interprétant selon ses préoccupations propres : Shamaim - écrit-il dans son Amphithéâtre - est comme Esch v' Maim (feu et eaux).

(2)  « Du commencement à la fin »... Je note que Moïse emploie une expression apparemment contraire : Va YEY 'ReB, Va YEY BOQeR : « Et fut soir, et fut matin ».
    Voici pourquoi : eReB, presque l'Erebos des Grecs - encore que ce rapprochement ne soit pas forcément fondé sur une parenté linguistique - signifie « soir » dans le sens d'obscurité. BOQeR exprime, au contraire, un dégagement de lumière. Chacun des « jours » ou cycles lumineux décrits par Moïse constitue une nouvelle étape de la lutte victorieuse du Verbe - Lumière contre la Ténèbre infernale. Chacune de ces Périodes débute donc dans un stade relativement plus ténébreux que celui où elle se termine. Toute la narration est ainsi subordonnée aux phases de cette lutte entre la Lumière et les Ténèbres qui en est le noeud.

(3)  Par exemple, égyptien S-WSER « rendre vigoureux », auprès de WSER « vigoureux »; berbère marocain : GEN « dormir », S-GEN « faire dormir »


Sources Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 21:43


Le quatrième jour de la Genèse


par André Savoret



    I1 est un texte qui ne figure guère dans nos traités d'astrologie (si j'en excepte, autant qu'il m'en souvienne, celui d'Abel Haatan), est celui de la création des « Luminaires », oeuvre du quatrième « jour » de la Genèse.

    Sans doute est-il permis de l'estimer fort éloigné des préoccupations dominantes du lecteur qui ne vise qu'à apprendre ou à perfectionner les connaissances nécessaires à l'interprétation d'un horoscope ! J'en conviens volontiers, mais je veux m'adresser ici à une catégorie de chercheurs un peu plus restreinte : j'entends parler ici de ceux qui ne dédaignent nullement d'ajouter le savoir au « savoir faire ».

    Ceux-là savent aussi bien que moi quelles graves lacunes renferme ce qu'on est convenu d'intituler « la Tradition »; ils savent que les Anciens y compris Ptolémée, leur ultime écho, déjà affaibli se sont gardés de livrer les principes de leur science, n'en découvrant guère que les applications les plus extérieures. Leur cosmologie, même, se réduit le plus souvent à quelques énoncés symboliques ou à de sèches énumérations. En somme, il n'est point trop paradoxal d'énoncer que l'astrologie antique nous est connue, « grosso modo », comme nous le serait la chimie, réduite à quelques recueils d'expériences et à quelques procédés de manipulations !...

    Dans son remarquable ouvrage, qui a le courage de poser bien des problèmes occultes sans avoir la prétention de les résoudre tous, « L'Esotérisme de l'Astrologie », A. Volguine fait une constatation pénible : « De même que les manuels de vulgarisation ne font que recopier, d'une façon plus ou moins identique, les mêmes données sans faire un effort personnel, de même, depuis un demi - siècle, aucun élément nouveau n'a vu le jour en Astrologie Esotérique; aucune production de qualité n'est venue tenter sérieusement de forcer la porte de ce domaine ».
    Pourquoi cela ? Les causes en sont multiples et complexes. Mais - et ce n'est certes pas Volguine que me contredira - l'une des principales est que l'on ne peut pas plus aborder l'astrologie vraie avec une mentalité d'astronome moderne qu'on ne peut aborder avec fruit l'alchimie, par exemple, avec une mentalité de chimiste. Je veux préciser ma pensée sur ce point : lorsque je dis « mentalité », je n'entends nullement « science ». L'alchimiste qui ne saurait pas manipuler, et l'astrologue qui ignorerait les données de la cosmographie ne devraient pas tenir cette lacune pour un élément de succès !

    Je crois avoir déjà exposé des vues analogues dans ma modeste réplique à Couderc : « Preuves... et Epreuves de l'Astrologie », mais certaines redites sont nécessaires. Quoi qu'il en soit, parmi les méthodes ou les procédés, j'allais écrire « les tactiques » qui permettraient de pénétrer au coeur du sanctuaire, l'étude bien menée des cosmogonies antiques n'est pas à négliger, sous la réserve déjà formulée : Ne pas les aborder avec une mentalité trop étrangère à celle qui a procédé à leur élaboration ; ne pas exiger qu'un prophète de Zehwty (Thôth) ou qu'un Voyant d'lsraël pensent et écrivent dans le style d'un rationaliste moderne.

    Justement, il m'a semblé que le début de la Genèse en particulier l'oeuvre du Quatrième Jour, présentait pour un astrologue averti une vue cosmologique singulièrement suggestive. Je voudrais que l'esquisse que je vais en tenter, pour insuffisante qu'elle soit, inspirât à des chercheurs bien doués le désir d'aller plus avant dans l'élucidation d'un texte dont Antoine Fabre d'Olivet, génie admirable, presqu' aussi mal compris de nos jours que des siens, a levé les difficultés majeures. Je rappellerai seulement que sa « Langue hébraïque restituée » ne constitue que la charpente, la substructure d'un commentaire .dont les premières pages seules ont été publiées, sous le titre « Thédoxie universelle », et dont les éléments essentiels se rencontrent, habilement disséminés, dans ses autres écrits, parmi lesquels son « Caïn » et son « Histoire philosophique du Genre humain » sont d'une lecture à peu près indispensable. Certes, on a pu lui reprocher des étymologies parfois douteuses... et à juste titre. Mais la manie de son temps était justement l'étymologie (et quelle !) de même que la mode était au phénicien, depuis Court de Gébelin et ses émules. Il se plia donc à ces exigences pour se faire entendre, mais je crois pouvoir affirmer que l'étymologie fut pour lui, ce que les procédés cryptiques de la Quabbale furent pour d'autres : Un moyen d'enseignement et non un instrument de recherches !...
    L' « instrument » était autre - et incomparablement plus sûr...
    Ceci dit, abordons notre sujet.


ANTECEDENTS COSMOLOGIQUES

    Pour bien situer le texte du Quatrième Jour (création des Luminaires) dans l'ensemble de la Genèse ou Sepher Bereschith, il importe de situer exactement le point de départ de celle-ci.
    L'auteur de La Langue hébraïque restituée pensait que la cosmogonie proprement dite, de Moïse, était renfermée dans les dix premiers chapitres du Sepher, considérant le premier de ceux-ci comme le dixième de sa théogonie, et le dixième comme le premier de sa géologie. Moïse ne nous ayant pas laissé cette théogonie, force nous est de faire le point, afin de nous rendre compte si le début de la Genèse expose la création primordiale ou s'il a trait seulement à une création secondaire, dont l'intérêt résulte surtout du fait que nous lui appartenons.

    De fortes et multiples raisons nous entraînent à pencher pour cette seconde hypothèse : Le fait même des ressemblances de cette cosmogonie avec celles d'Akkad et de Sumer, la notion, sans doute implicite, mais nullement explicite,
de la chute des anges : l'omission de la création du monde angélique, sont déjà de bonnes présomptions en faveur de cette opinion. C'est dans ce sens que nous pourrions interpréter la phrase, lourde de signification, qu'énonce Fabre d'Olivet dans sa Théodoxie universelle : « Je vous dis que le développement de l'univers est une résurrection ».

    Si, comme le pensait Fabre d'Olivet, la cosmogonie du Sepher se renferme dans les dix premiers chapitres comme dans une Décade symbolique, il n'est peut-être pas trop osé d'affirmer que les dix premiers versets, décade de cette décade, en énumèrent tous les principes. Que la division en versets soit
due à Moïse ou qu'on l'attribue à Esdras, peu importe ; ce qui importe vraiment, c'est que cette division ait été intentionnelle, comme j'en ai la forte conviction.

    Ces dix versets nous offrent, groupés autour du Principe Central, ALEYM (Elohim), douze principes ou modifications de principes, dont voici la transcription littérale : ThEUM (l'Abime), MaYM (les Eaux), HOSheK (l'obscurité), RUaH-ALEYM (le Souffle divin), AOR (la Lumière), YQM (le Jour), LYLE (la Nuit), ShaMaYM (les Cieux), RaQY'a (le « Firmament »), .YMYM (les Mers), YBeShE l'Aridité), AReTS (la Terre).
    De ces principes, certains ne sont qu'un aspect particulier ou un développement des autres, et je ne crois pas m'égarer beaucoup en les hiérarchisant comme suit ;

1° - Principes primaires, relevant de la théogonie, ou, tout au moins, de la Création primitive (dont la Genèse ne s'occupe pas directement) :
ALEYM : la Divinité, conçue à travers l'Angélité ;
ThEUM : l'Abîme primordial, source passive des « possibles »;
RUaH-ALEYM : le Souffle divin, la puissance créatrice et ordonnatrice du Très-Haut,s'exprimant par et en le Verbe - Lumière, parole de IEVE.

2° - Principes seconds, sur lesquels va porter l'effort créateur, ou plutôt, pour parler comme Fabre d'Olivet, principes entrant en jeu dans « l' oeuvre de résurrection » :
            MaYM : les Eaux primitives, spécification de ThEUM, l'Abîme ;
            HOSheK : le Feu ténébreux, engendré par la« chute » de l'Archange.
3° - Principes particuliers ou médiateurs, destinés à remédier à l'état de choses conséquentiel à la rébellion archangélique :
            AOR : la Lumière verbale, manifestation de RUaH-ALEYM ; c'est l'Agent qui, exerçant son action sur les deux principes seconds, c. à d. sur les Eaux enténébrées, va s'opposer comme YOM (Jour) à HOSheK, l'Obscurité, réagissant comme LYLE (Nuit).

            De cette lutte vont naître :
a)  Des eaux (MaYM) séparées des Ténèbres :  
         ShaMaYM : les Eaux Spiritualisées, source des existences spirituelles ;
         RaQY'a : Les Eaux moyennes ou éthérées ; 

b) De la Ténèbre (HOSheK) se séparant des Eaux :          
            YBeShE ; l'Aridité, l'Aridisation, origine de :
            AReTS : la « Terre », source des formes matérielles.

    Ces distinctions opérées, il sera plus facile de saisir le sens interne des dix premiers versets du Sepher. Je ne veux transcrire ici que les versets 7 et 8, plus proches de nos préoccupations astrologiques, en m'excusant de rappeler que toute transcription de cet ordre demeure extérieure, donc partiellement illusoire et inadéquate sans l'illumination intérieure :

    - V. 7. - Et ALEYM effectua ce qui allait constituer RaQY'a (la raréfaction éthérée) afin de différencier les Eaux d'après ce moyen terme, préposé entre les, Eaux qui s'alourdissaient, se condensaient et celles qui s'allégeaient, se dilataient, par rapport à ce même orbe éthéré : et ainsi fut.

    - V. 8. - Alors, ALEYM caractérisa l'espace du nom de Cieux (ShaMaYM) ; Eaux glorifiées, libérées (1). Ainsi fut, du commencement à la fin, du « soir » au « matin » (2), le second Jour (ou seconde phase de l'OEuvre de Résurrection). Le lecteur aura déjà noté la nuance qui sépare les « cieux », proprement dits, de l'expansion éthérée, traduite tantôt par « Etendue », tantôt par « Firmament ».

    Il y aurait, évidemment, beaucoup à dire, si l'on voulait commenter un peu sérieusement les deux versets dont je viens de donner une transcription approximative. Mais pour rendre ce commentaire intelligible, il eût fallu d'abord transcrire les dix premiers versets et les commenter mot par mot.

    Je dois y renoncer pour l'instant. Ceux qui ont la bonne fortune de posséder les oeuvres maîtresses de Fabre d'Olivet pourront s'y reporter, ce qui simplifiera leur tâche.

    Il me suffira de résumer en quelques phrases les conséquences de ce qui précède : La Genèse, débute au moment où une catastrophe cosmique incommensurable, d'origine luciférienne, a fait d'une partie de la Création divine un Chaos. C'est sur ce chaos que va s'exercer l'activité restauratrice et rédemptrice de la partie de la Création non entraînée dans la « Chute ». La création particulière de l'humanité adamique, destinée à régenter ce Chaos et à en surveiller le retour à la norme salvatrice s'en déduira au sixième Jour. Le « firmament des Cieux » réalisera dans une portion croissante de ce Chaos un ordre relatif : des cycles temporels s'y dérouleront au sein d'un ovoïde spatial, et cette élaboration du monde « astral » sera l'oeuvre du quatrième Jour. Je dirai donc quelques mots rapides sur ce qu'on a appelé « la Chute des Anges » avant d'aborder la création des Luminaires dont ces vues préalables faciliteront un peu l'étude, du moins, je l'espère.


LA REBELLION LUCIFERIENNE

    Nous venons de voir que le Sepher, tel qu'il nous est parvenu, supposait la chute de l'Archange sans la décrire explicitement.
    Moïse parle bien des anges au cours de ses cinquante chapitres, mais il reste muet sur leur création qui, on le sent, ne fait pas partie de l'oeuvre des Six Jours. Autre remarque, en passant, dans l'énumération des espèces animales (cinquième Jour) il ne fait
pas mention des insectes. Ces omissions ne sont pas l'effet du hasard ni de l'inadvertance. Si, comme tout porte à le supposer, les insectes sont les créatures terrestres où le sceau satanique s'imprime le plus profondément, on comprend pourquoi l'auteur du Sepher préfère les passer sous silence.

    Ici, il n'est peut-être pas inutile de souligner que, dans la conception de l'auteur de la Genèse, la Ténèbre est la résultante générale, dans l'ordre cosmologique, de l'acte par lequel Lucifer se détache de Dieu, se pose en démiurge en face de lui et ose une création dont il puisse s'enorgueillir d'être l'auteur. Et ce n'est pas par pure coïncidence que Moïse se sert pour désigner la Ténèbre chaotique, HosheK, et le « Serpent » tentateur, Na-Hash, du même élément radical, Hosh, pour mieux nous pénétrer de leur commune origine.

    Je sais bien que, pour beaucoup de penseurs, Lucifer n'est rien d'autre qu'une froide abstraction sans réalité objective. Je ne discuterai pas cette vue, me contentant d'affirmer simplement qu'elle n'est nullement conforme à l'esprit du texte du Sepher.

    Quoique il soit bien difficile, presque impossible même, de mesurer à notre aune un être aussi gigantesque, aussi hors de proportions avec nos modes d'être, de sentir et d'agir, je vais essayer, très grossièrement, de tenter une esquisse de son acte et de ses conséquences. L'Archange Lucifer, l'ex-porte-lumière, a voulu s'égaler à son Créateur. Certes, sa puissance était immense, inconcevable pour notre entendement actuel ; il pouvait « créer », à son tour, des êtres spirituels, susceptibles à leur tour d'en « créer » d'autres à leur image. Cependant, malgré sa grandeur et l'éclat de ses attributs, Lucifer n'était qu'une créature, subordonnée à son Créateur, et toutes les créatures spirituelles émanées de lui étaient, comme lui, des « créatures de Dieu ». La VIE qui les animait et qu'ils transmettaient, quoique étant en eux, ne leur appartenait pas en propre.

    Lucifer, donc, se prétendant égal à son Créateur et s'étant dressé en rival devant son Père, s'éloigna de Lui, entraînant avec lui des légions de ses créatures, orgueilleuses comme lui. Dieu pouvait retirer à Lui le Souffle de Vie qui donnait l'être au Grand Révolté...
    Mais la justice de Dieu n'est pas celle des hommes aux horizons bornés, Il n'a ni foudroyé ni empêché Lucifer, car il veut laisser à sa créature la possibilité de revenir vers Lui, librement. Si Lucifer revenait, tel l'enfant prodigue de la parole évangélique, l'Enfer n'existerait plus. Car, telle semble bien l'origine des mondes infernaux ou infernalisés : Lucifer et les siens ont créé des formes, encore des formes, mais la Vie divine a toujours animé ces formes, car, si le Verbe (qui est la Vie) ne les avait animées, elles fussent demeurées à jamais inertes et insensibles. Pendant bien des Eons de temps, les créations réalisées par Lucifer et les siens furent d'autres créatures spirituelles ; mais, tout en s'éloignant de Dieu et par leur perversité même, leur spiritualité allait en décroissant. S'éloignant du Soleil lumineux, ces êtres devenaient de plus en plus sombres ; l'Abîme obscur les attirait : ils s'étaient flattés de l'éclairer de leur lumière propre, mais cette lumière n'était qu'un reflet et les Ténèbres n'en peuvent être illuminées. Rendons-nous compte, à ce point, qu'il est impossible à l'intelligence humaine de saisir et classer la totalité des formes innombrables du mal, dans le visible et l'invisible, depuis l'infinité des Sphères jusqu'aux vibrions.

    Les planètes, par exemple, sont, en partie, l'oeuvre de l'Esprit du mal; chacune d'elles a son "Prince de ce Monde", pour reprendre l'expression de l'Evangile. Et, si les cosmogonies antiques l'ont, le plus souvent, donné à entendre sans l'exposer ouvertement, quelques-unes, comme celle des Parsis, le disent crûment. A. Volguine (chap. V de « L'Esotérisme de l'Astrologie ») nous en donne quelques extraits suffisamment explicites.

    Je n'ai pas ici à rechercher pour quelles raisons ni de quelle façon l'humanité terrestre ou, plus largement, les humanités planétaires, apparurent sur leurs globes respectifs. Si la mission d'Adam fut, comme je le suppose, de ramener l'harmonie dans la partie de la création perturbée par Lucifer et les siens, il est fort probable que la chute de cet être collectif, dont nous sommes des sous-multiples quasi infinitésimaux dans notre phase individuelle présente, était de même nature que celle du Révolté et que, dès cet instant indescriptible, l
'Humanité, guide et gardienne des créations lucifériennes, perdit ses prérogatives, en devint l'esclave et se vit impliquée dans leur mécanisme implacable.
Si les créations lucifériennes avaient été abandonnées à elles - mêmes, elles ne seraient jamais sorties de ce stade, impensable pour nous, que nous désignerons sous le nom de « Chaos », ou sous celui de « Ténèbre », selon la cosmogonie à laquelle nous nous référerons. Nous venons de voir que chaque « jour », chaque « acte » de la Genèse correspondait à une phase évolutive amorcée sur la phase involutive à laquelle elle apportait le remède approprié, « en principe » d'abord, son efficience devant se déployer progressivement à l'aide du Temps.

Des ésotéristes du début de ce siècle, malencontreusement influencés par l'auteur de la « Mission des Juifs », ont fait du temps « le grand Centralisateur », l'assimilant à Caïn, C'est justement l'inverse qui serait logique. Et, puisque je m'appuie souvent sur Fabre d'Olivet, je tiens à faire remarquer que dans les notes explicatives de son « Caïn », ce dernier dit ouvertement que le temps est le moyen par lequel la Providence entend pallier, peu à peu, les conséquences de la chute d'Adam. Je dirai d'ailleurs ici que, si j'ai bien compris le philosophe de Ganges, Qaïn est ce qu'il nomme « Instinct universel » dans son Histoire Philosophique du Genre humain. Nous pouvons maintenant aborder l'oeuvre du Quatrième Jour.

A suivre...

Sources Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 20:35




La postérité d'Adam jusqu'à Noé,

selon les vues de Fabre d'Olivet

 


par André Savoret

 




Article en avant-propos du chapitre : "Quelques réflexions sur la Genèse de Moïse d’après la traduction de Fabre d’Olivet " de M. Heugel, dans l'ouvrage de cet auteur: En attendant les lis (1946)

 




Note préliminaire

Je tiens à souligner ici que la présente esquisse répondra strictement à son titre et que je ne chercherai pas à démêler quel sens Moïse attribuait aux personnages symboliques de la Genèse, ni dans quelle mesure Fabre d'Olivet avait pénétré la pensée profonde du grand Législateur des Hébreux. Je m'attacherai donc seulement, tâche suffisamment ardue, à expliciter dans la mesure du possible l’interprétation du théosophe de Ganges, en la dégageant des périphrases dont il l'a enveloppée. Comme les dites périphrases " louvoient " entre les trois sens principaux de chaque vocable, il nous faudra suivre cette marche nécessairement zigzaguante, soulevant le premier voile, écartant le second, mais respectant le troisième. Celui-ci en effet, ne peut être saisi pleinement par l'intellect que si ce dernier est illuminé par l'intuition, non une intuition quelconque, mais la Lumière du Verbe qui éclaire tout homme venant en ce monde, encore que tout homme ne soit pas apte à voir le soleil en plein midi !... Pour moi, n'ayant pas la prétention de tout savoir, on me pardonnera facilement si j'affirme, par voie de conséquence, n'avoir pas celle de tout dire.

Si je me permets de commenter Fabre d'Olivet, tout en sentant vivement ma petitesse en face de ce géant de l’intellection, c'est que d’autres l'ont déjà tenté pour leur compte, jetant dans le public des notions que je crois erronées et dénaturant ainsi la pensée de l'auteur. Or, c'est à cette pensée que je veux rendre hommage, dans la petite mesure où je crois l'avoir comprise.

Je viens d'affirmer que cette pensée avait été dénaturée. Un seul exemple : à la suite de Saint-Yves d'Alveydre, Papus, souvent inspiré, puis d’autres compilateurs décrivent Caïn comme étant " le temps centralisateur " et Abel comme " l'espace expansif ". C'est une opinion. Il serait abusif d'en rendre Fabre d'Olivet responsable.

Sa pensée est tout autre. Mais si l'on tenait absolument à voir le temps et l’espace dans les deux premières productions d'Adam, il faudrait de toute nécessité inverser leurs rapports. En effet, dans son Caïn, notre philosophe expose que le temps est justement le moyen employé par la Providence pour remédier aux tristes conséquences de la chute adamique. Et dans la Langue hébraïque restituée, il dit en substance que nous avons la notion sensible, matérielle, de l'espace, alors que nous avons du temps une notion intellectuelle.

Et l'espace, ainsi lié dans son raisonnement à la matière, est visiblement pour lui un élément centralisateur, oppressif, " caïnique ", alors que le temps se relie à l'activité providentielle ou verbale, libératrice et expansive.

Seul, F. Warrain, dans sa Synthèse concrète, sait demeurer dans le droit fil de Fabre. Il ne lui a manqué, pour rendre le présent travail superflu, qu’une base de départ plus assurée. C'est une telle base que je vise à rétablir, que les développements ultérieurs que je me permets de poser soient ou non entièrement fondés. Je dois dire tout de suite que cette base, Fabre d’Olivet en a disséminé les éléments, - avec quel art ! - à travers toute son œuvre. J'espère en fournir quelques exemples.

Injustement calomnié par quelques-uns de ceux qui l'ont démarqué sans l'avoir entièrement compris, camouflé en " suicidé " par ceux qui le firent assassiner, comme il ne serait pas impossible de le prouver, Fabre d'Olivet mérite, je crois, respect et admiration.

Si certaines de ses étymologies, surtout dans le domaine indo-européen, sont sujettes à révision, sa merveilleuse intuition, son instinct divinatoire du vrai, sa méthode transcendante d'exploration du passé demeurent intacts. Sachant ce que peu d’hommes de son époque et de sa race savaient, il ne se laissa pas entraîner par un orgueil quasi légitime, attitude qui contraste avec celle, toute de bluff et de hauteur, de certain geai paré de ses plumes.

Je ne puis terminer ce nécessaire préambule sans redire avec gratitude combien je suis son débiteur dans l'ordre intellectuel. Et c’est pour m'acquitter, bien imparfaitement et bien partiellement de cette dette que je me décide à l'exégèse qui suit si quelques erreurs ou lacunes s'y trouvent, elles m'appartiennent en propre. Je suis persuadé qu'avec l'aide du Ciel, l'intelligence du lecteur y remédiera aisément.

La lignée de Caïn.

Si l'on veut connaître les trois premières productions d'Adam telles que Fabre d'Olivet les entendait, il suffit de se rappeler qu'à l’exemple de nombre d'auteurs traitant de sujets réservés, l'auteur fournit la clé dans un autre ouvrage. Dans le cas qui nous occupe, c’est dans la Dissertation introductive à son Histoire philosophique qu’il convient de la chercher. Les trois éléments développés de la grande Tri-Unité et du grand Quaternaire humain sont l'Instinct, l’Animisme, l'Intellect, tissant, le premier, les éléments du corps, le second, ceux de l'âme, le troisième, ceux de l'esprit. Ces trois éléments, dans l'Homme Universel, Adam, seront donc : l'Instinct universel, l'Animisme universel, l'Intelligence universelle, - ou, nommément Caïn, Seth, Abel. Puisque chute il y a, dans le domaine où aboutit cette chute, c'est l’élément inférieur, instructif, Caïn, qui se montre le premier, comprimant, entravant, supplantant la manifestation des deux autres.

Et voici la " lignée " symbolique de cet Instinct universel, de ce centralisateur puissant, dont les deux pôles complémentaires sont jouir et posséder.

Hénok, c'est évidemment l'activité corporisatrice, la corporéité en général, grossière ou subtile (se reporter à la Dissertation déjà citée).

Cet Hénok fonde une ville, un circuit protecteur, ou plutôt c'est Caïn qui la fonde en lui donnant pour nom celui de son premier fils. C'est qu’il n'y a pas corporéité sans limitation spatiale. Nous avons là les conditions de la vie animalisée ou en voie d'animalisation. Dans une acception, on pourrait dire que Hénok représente, non plus l’Instinct universel, mais sa réflexion, l'Instinct individuel, pris collectivement.

Ainsi naît Whirad, " le tourbillon aveugle et désordonné " de la Sphère instinctive, le bouillonnement des appétits, l'instinct moteur, avec son double critère : posséder – jouir !

Apparait alors Mehuyaël, la plénitude physique, le développement organique. Le tourbillon instinctif a atteint la cadence où son vide va donner l'illusion du plein qui constitue la réalité sensible. (Identiques sont nos " pleins " matériels : des apparences suscitées par des centres énergétiques dont le mouvement est assez rapide pour donner l'impression sensorielle du " continu ".) Le verbe huya préfixé par le préformatif plastique et passif M-, signifie, comme l'indique avec soin Fabre d'Olivet, " annoncer, publier, rendre évident, palpable ".

Mais la contrepartie inévitable de cette prolifération de formes sensibles dominées par l'Instinct aveugle et tumultueux (lequel n’a encore ni l'Intelligence ni l'Animisme pour en régler la marche puisqu'il les a évincés sous les espèces du meurtre d'Abel), c'est leur dissolution inévitable. C'est là l'apparition de Methusaël, la mort-gouffre ! Toutes ces forces désordonnées, anarchisantes, qui veulent vivre égoïstement, chacune pour soi, de la vie de l'instinct, ne pouvant rien se concéder mutuellement, finissent par s’entre-dévorer et toute l'énergie caïnique ainsi dépensée en manifestation bruyante, ne pouvant s'anéantir au sens strict du mot, va retourner à l’état d'énergie latente, susceptible de se fixer ultérieurement sur un centre d'attraction moins éphémère. Si l'on me passe une image un peu forcée, ce sera le terreau qui ira engraisser la plante séthique.

Car subsiste, perpétuellement agissant, quoique insaisissable, le protéique Lamek....

Ici, il n'est peut-être pas sans intérêt de marquer une pause et de se rappeler que nous n'avons abordé qu'un seul des trois sens principaux de Caïn et de sa lignée et que nous ne lui avons donné qu’un seul de ses trois noms génériques. Un second sens n'est pas trop difficile à entrevoir. Caïn est, par exemple, le principe agglomératif agissant d'un corps céleste (et, analogiquement, d'une cellule, puisque tout est dans tout) non lumineux par lui-même. Je me suis étendu sur cette dernière précision dans un article de la revue Psyché, la Création des Luminaires. Hénok sera, dans ce cas, sphère gravitative ou le centre physique de celle-ci ; Whirad, son mouvement propre révolutif, et ainsi de suite. Il y a naturellement à ceci de multiples adaptations sociales ou individuelles, mais ce sont des adaptations. Rigoureusement parlant, l'homme " social " (ou sociable) est encore dans les limbes !...

Et nous revenons au très mystérieux Lamek, que nous avons fait semblant d'oublier afin de le mieux comprendre. Comme il est aussi simple à nommer que difficile à saisir dans son essence et dans ses opérations, je lui donne tout de suite les principaux noms qui conviennent, y compris ceux qui n'auront de raison d'être que pour le personnage du même nom que nous allons trouver bientôt dans la généalogie de Seth.

Lamek, " le lien qui arrête la dissolution, le flexible nœud des choses ", c'est, si l'on veut, le magnétisme (humain, terrestre, etc.), l’amour (instinctif ou autre, lien des sexes ou des contraires), la religion (au social), comme l'expose clairement notre auteur lui-même si l'on se donne la peine de relire ce qu'il dit des invasions des barbares et de leur christianisation, dans son Histoire philosophique, où il se sert, pertinemment, des mêmes termes par lesquels il caractérise la fonction de Lamek dans sa Langue hébraïque.

Ce Lamek a deux " épouses " ou facultés complémentaires : Whada et Tsila, l'" évidente " et la " voilée ".

Au sens planétaire que nous avons esquissé plus haut, et en nous restreignant à notre globe, Whada, l’Evidente, est la surface de la Terre (ou les forces qui vont y agir ; je préviens qu'il y a ici plus que je ne dis) ; Tsila, la Voilée, ce sont les entrailles du sol et leur géophysique. Au sens adamique ou anthropognosique, l'Evidente est la polarisation sexuelle masculine, tandis que la polarisation féminine est personnifiée par la Voilée.

La famille, la tribu, puis la société découleront plus tard de là, comme Fabre d'Olivet l'expose au commencement de son Histoire philosophique du Genre humain. Eloigné présentement de ma bibliothèque, je m'excuse de ne point produire le texte ou citer la page où notre auteur parle du rôle dévolu à Eros dans les cosmogonies antiques.

Dans son acception géophysique, l’Evidente développe les éléments plus légers de la superficie du globe (eau et air), source de toute fertilité, d'où pourront naître ultérieurement " labourage et pâturage ", culture et élevage, dont les débuts signaleront la fin de la vie purement sauvage et totalement instinctive de l'humanité. La Voilée diffuse la force centrale ou le " mercure des métaux " et préside à la métallisation même, germe de l'industrie et des recherches techniques. C'est là ce Thubal-Caïn, " père des forgerons " et des artisans de l'airain, puis du fer (intentionnellement ou non, la Bible respecte cet ordre, conforme à nos connaissances en préhistoire), dont les travaux étaient liés à ces " mystères " transmis dans les corporations cabiriques par ceux que l’antiquité grecque, pour ne parler que de celle-là, nous fait connaître - assez mal - sous les noms de Telchines et de Dactyles.

Dans le plan adamique, la spécification sexuelle particulière à l’humanité " engendre ", par Whada, Jabal, la transhumance, le nomadisme, la quête amoureuse, la recherche du perfectionnement (le mot propre est facile), et son frère qu'on pourrait qualifier de jumeau, encore que la Bible ne fournisse pas cette précision, Jubal, la musique, les arts, le chant amoureux, la notion du Beau, l'effort perfectif qui, utilitaire chez Jabal, devient désintéressé chez Jubal au moins dans son objet immédiat.

Le rôle de la Voilée, Tsila (ou l'éternel féminin), est instructif : Thubal-Caïn est la diffusion, le délayage des forces instinctives. (Ce nom curieux est formé de ceux de Caïn et d'Abel avec la préformante de réciprocité, th-.) Cette diffusion s'opère de deux façons : au moral, par la réaction opérée par la présence féminine dans les réflexes instinctifs masculins qu'elle modifie en mode involontairement mais nécessairement altruiste ; au matériel, parce que la multiplication des parturitions, donc des psychés instinctivées, diffuse et atténue l'énorme égoïsme instinctif fondamental, tandis que cette prolifération, cette subdivision de l'être instinctif en une foule d’émanations individuelles permet à la force contraire, longtemps comprimée par Caïn, Caïn de se détendre, de les baigner et d'en limiter l'activité néfaste, même malgré elles. Là encore, c'est ailleurs, dans son Caïn, que Fabre d'Olivet expose ses vues sur ce point (en note, si mes souvenirs sont exacts).

La " sœur " symbolique de Thubal-Caïn a nom Nawhama, la sociabilité, " le principe de la réunion en société ", comme dit à peu notre auteur, dont la mise en acte dépend, en effet, de la femme, et Fabre consacre un bon chapitre de son Histoire à cette démonstration !

Je n'aurai garde d'omettre, dans ce tableau des bases de la société primitive, le " frère " de Jabal, Maqena : la propriété, l’approbation.

En effet, dès que l’homme exerce son industrie par une activité rurale, pastorale ou autre, la notion de propriété prend corps et pose des problèmes dont la solution orientera dans telle ou telle voie la civilisation naissante.

Inutile d’aborder un plan plus subtil et de savoir ce qu'y peuvent représenter les personnifications que nous venons d'évoquer rapidement. Ce pourrait être présomption de ma part. J'ajoute que je n’ai nulle prétention mystagoqique ou initiatique et que je tiens à laisser ce rôle, périlleux à ceux qui s’estiment qualifiés pour le jouer, que ce soit à tort ou à raison.

Je passe sur le discours transparent de Lamek à ses " épouses ", qui se rapporte aux étapes de la manifestation du sens social dans l'humanité, pour aborder la lignée de Seth, non sans recommander à la sagacité du lecteur bien doué la note de la Langue hébraïque où Fabre d'Oivet rapproche nosha, " épouse ", du nom symbolique que nous allons bientôt rencontrer.

La lignée de Seth.

Si l’Instinct universel, Caïn, fonde la sphère instinctive (Hénok) pour tisser les éléments du corps périssable (Mehuyaël), il est logique de penser que Seth, l'Animisme universel, va travailler d'une façon analogue dans son domaine, selon les lois de sa fonction particulière et les circonstances spéciales que lui impose la manifestation préalable de Caïn.

Enosh, sa première production, sera l'homme corporel, individuel, comme le dit clairement le philosophe de Ganges. Trop clairement même, et ce n'est là que le sens le plus extérieur de ce terme. Car le Hénok de la lignée de Caïn est également, en un certain sens, l’homme corporel ou son armature, mais l'homme corporel qui a développé uniquement et au maximum ses seules facultés instinctives, sans que la sphère animique existante en germe et la sphère intellectuelle à plus forte raison interviennent. Elles restent à l’état de pures potentialités. J'ajoute que, dans la terminologie de notre auteur, " intellectuel " a un .sens plus vaste et plus haut que le sens usuel, quasi synonyme de " cérébral ".

Enosh est donc l'être individuel complet, l’âme incarnée dans une sphère instinctive développée, dans laquelle, par l'action de l'amour, d’abord bestial, puis progressivement épuré, la sphère animique se développe, s'actualise et tend à reprendre son emprise normal sur l’instinct. En naissant, nous sommes tous de petits Caïns, engoncés dans le pur instinct ; l'amour maternel, pour commencer, puis le reste, diffusent cette " force centrale ", et un temps arrive, dit " âge de raison ", où la force expansive animique devient susceptible de contrebalancer le poids de la concentration caïnique. Cet âge de raison, c'est 7 ans; 21 ans, 49 ans... ou jamais ! C'est un état d'être et non une date d'existence, le point d’équilibre où l’homme devient conscient de ses responsabilités et théoriquement capable d'affirmer sa volonté en modifiant en bien ou en mal sa destinée. Je note que le Destin est, sur le plan cosmique, l'équivalent de l'Instinct sur le plan humain. Toutes ces correspondances et ces généalogies symboliques nous semblent plus faciles à saisir si on les situe sur le schéma de la constitution humaine, éminemment transposable, tel que Fabre le pose dans sa Dissertation introductive.

Ce qui précède, pourquoi le dissimuler? - a un sens plus abstrait encore; ces différents sens s'entrelacent malicieusement sous la plume du maître, et le chemin que je puis essayer de parcourir à sa suite n'est qu'une série de détours ininterrompus. Seule, je le répète, la Lumière intérieure peut donner la vision unitive et synthétique des réalités vivantes. Ce qu'il est bon de taire (et Fabre d’Olivet n'a pas manqué à cette règle), c'est ce qui pourrait mettre des esprits plus curieux que qualifiés sur la voie de techniques psychurgiques ou hermétiques périlleuses.

Revenons à nos moutons. La production directe d’Enosh est Quïnan, c'est-à-dire un autre Caïn, multiplié en force et en nombre. Il est permis d'y reconnaître la prise de possession, " l'envahissement " par les facultés animiques, de chacune des facultés instinctives correspondantes. Cette transmutation psychique des désirs (et non leur anéantissement) est digne d'intérêt et a pour résultante une autre entité symbolique, Mahallaël, l'exaltation lumineuse. Le feu sombre du désir instinctif est transmué en la chaude lumière du désit animique. Ce mot, avec le préformatif M-, est bien éclairé par les vocables d’hébreu vulgaire construits sur la même racine, hilel, " splendeur, clarté ", nom de l’étoile du Matin (cf. Job), et helul, " exhaltation, glorification, actions de grâce ".

Cette transmutation, ou cette réversion de l'activité d'en bas vers la sphère supérieure, transforme l'activité désordonnée signifiée par Whirad en un mouvement harmonieux et durable, Ired, dont l’aboutissement sera un second Hénok, très différent par nature du premier fils de Caïn. Ce Hénok représente ici, si nous avons bien compris l'auteur, l'initiation effective, la seconde naissance. Un des nombreux sens de ce mot en hébreu est " initier, inculquer, commencer à se servir d'une chose pour la premiére fois " ; le féminin hénoka est la dédicace, l'inauguration, la consécration de quelque chose. Le premier Hénok introduisait, initiait l'être au mode le plus inférieur de son existence. Le second l'instaure dans un monde plus haut, le transplante dans son élément supérieur, et est, cette fois, l’ultime production séthique, comme l'autre était la première production caïnique (car ses deux fils Methusélah et Lamek représentent, le premier, une transition nécessaire, une simple modalité de son action, et, le second, un principe préexistant, déjà connu sous une autre forme). Methusélah, par opposition au Methushaël de la lignée caïnique, est bien la mort qui sert de conclusion à toute activité sensible individuelle, mais une mort qui restitue l'être à l'élément adamique, au monde glorieux et spirituel dont il s'était ségrégé. C'est pourquoi la Genèse mentionne que ce Hénok a cessé d’exister sans cesser d'être.

De cette mort même, laquelle n'est plus un gouffre où tout se dissout, sort un nouveau Lamek, -le même transformé, - un nouveau lien des choses : l'Amour rétablissant la communion entre la créature régénérée et le Verbe divin. Au sens social, ce lien est religion (en donnant à ce terme le sens qu'il avait autrefois), c’est-à-dire le moyen pratique, proposé implicitement à tous, mais utilisé en fait, de loin en loin, par quelques-uns, de réaliser le Grand Œuvre du Phénix.

Nous voici loin de la terre physique. Il nous faut y redescendre, car, en réalité, nous ne le savons que trop, la grande masse des émanations d'Adam n'est pas parvenue à " cesser d'exister sans cesser d'être ". Et cette masse est toujours à sauver. Mais, cette fois, l'Adamité réintégrée ou en voie de réintégration va venir au secours de l'Adamité déchue ou en voie de désintégration. Lamek (l’Amour) va déléguer, pour le salut de la Terre, une triple ambassade, une et triple : Noé (1), délégation locale de l'Adam réintégré (et, par lui, le Verbe rédempteur), Sem, Cham, Japhet (intelligence, instinct, animisme adamiques purifiés). Chacun de ces principes dominera plus spécialement dans une race terrestre, quoique aucune, parce qu'adamique, ne puisse être totalement dépourvue de l’un d'eux.

Dans un sens parallèle au premier, la triade émanée de Noé peut être assimilée à l'esprit, à l'âme et aux forces physiques de 1a Terre (ou plus exactement du binôme Terre-Lune).

Je dois ajouter à ce qui précède que les chapitres suivants vont prendre un caractère mi-symbolique, mi-hystorique, et ne sont pas en entier d'inspiration moïsiaque. Peu importe pour l'instant.

Je crois sage de m'en tenir aux quelques éclaircissements ci-dessus, sans les alourdir de considérations sur des problèmes intéressant la vie posthume et prénatale, par exemple.

Si j'ai pu établir que le meilleur exégète de Fabre d'Olivet était encore cet auteur lui-même, je n'aurai pas perdu mon temps, quelque opinion qu'on puisse professer par ailleurs sur la façon dont j'ai saisi ou non sa pensée véritable.

(1) Je ne crois pas faire trop fausse route en rapprochant la fonction noachique, dans une de ses acceptions, de celle qu'une certaine Ecole personnifie sous le vocable " Seigneur de la Terre ".

Sources :
Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 20:16


Le gui


Extrait de "Visage du druidisme"


par André Savoret 



 

 J'ai parlé déjà dans un précédent chapitre du nom sacerdotal du gui. Je n'y reviendrai pas, sauf pour dire que ce nom, très ancien, a fini par désigner toute espèce d'herbe à propriétés curatives, puis par devenir générique de n'importe quelle plante ou essence forestière. J'ai dit ailleurs (Revue Psyché, nov-déc. 1936) qu'un autre nom du gui était en Gaule Soli-Iacos "remède universel ", expression que nous retrouverons traduite chez Pline, et dont il existe un équivalent irlandais, an t-uil-ioc. Au même lieu, j'ai avancé une explication du nom de mois gothique et saxon où tombait la fête solsticiale du gui, par un mot signifiant "santé" et "salut", allusif à la fois au remède et à son inventeur. Par ces deux noms, nous savons que le gui (mot transmis du gaulois et non du latin viscum) était l'emblème de la Connaissance et, populairement, désigné comme " panacée ". 

   Le gui n'est autre que l'authentique Sôma, que l'Inde ne sait plus préparer et qu'elle a remplacé depuis bien des siècles par un substitut local. Les éloges adressées à Sôma (dont la mythologie a fait un dieu-lune, de même qu'elle a assiinilé l'amrita aux rayons lunaires), ces éloges, dis-je, s'adresse tantôt à la teinture, " remède universel ", tantôt à l'élixir, breuvage magique des initiés, tantôt, enfin, à la forme supérieure du symbole où le chêne est l'homme et le gui ou Sôma la Sagesse divine, la Lumière du Verbe. A considérer toutefois que dans une acception restreinte et limitée à la Gaule propre, chêne et gui représentent, au social, la puissance temporelle et l'autorité spirituelle, la subordination du collier d'or au collier d'ambre. 

   Les écrits canoniques de l'Iran, eux, nous avertissent que Haôma (équivalent iranien du Sôma) est double : blanc ou jaune, céleste ou terrestre, comme l'est le Mercure des Sages. Le jaune est la plante du sacrifice iranien, mais son prototype, le Haôma Blanc, appelé aussi Gaokerena (oreille ou céleste) se dresse sur le pic sacré Hara-Berezaithi, au centre de la mer Vurukasha "le large abîme". Non loin, croît son doublet, l'arbre Yadbesh (=chasse-maux). Ce Haôma céleste est personnifié sous les espèces d'un yazata ou génie bienfaisant. On lit dans le Yacna : "0 Zarathustra, je suis Haôma le pur, celui qui éloigne la mortalité." 

    Et Zarathustra de répondre : " Hommage à Haôma, saint parfait et très juste. Il guérit tous les maux; donne le salut... est le meilleur viatique pour l'âme... Il procure aux femmes stériles une brillante postérité, aux jeunes filles un époux juste et généreux... Honneur à Haôma qui rend le pauvre aussi grand que le riche, qui élève l'esprit du pauvre aussi loin que la sagesse des grands."

    C'est le sixième des Amesha-Cpenta ou "saints immortels", nommé Ameretât (=immortalité ambroisie) qui veille spécialelement sur Gaokarena. A la fin des temps, quand aura lieu la Résurrection générale (sur laquelle se tait la théologie de l'Inde), le suc de ce véritable " arbre de vie " conférera aux humains la vie éternelle. 

    Des siècles après Zoroastre, Pline parlera du gui en termes moins emphatiques, mais assez approchants quant au fond. Il mentionnera son rôle de remède universel, notera qu'il passait pour combattre la stérilité et qu'il était tenu pour la plante sacrée par excellence.

    Le gui de chêne et le rocher sont trois symboles étroitement associés par les druides. Trois symboles que ne désavouerait aucun hermétiste. Sous leur énigmatique simplicité se dérobent aux curiosités les vérités les plus profondes de la doctrine orthodoxe.

    Pour rester dans le domaine végétal, le gui et le chêne fournirent au druide davantage que des allégories incolores ou des symboles abstraits : Un arsenal thérapeutique, spagyrique et initiatique parfaitement objectif ! Au lecteur de démêler si c'est fortuitement que les symboles majeurs que je viens de rappeler ont pris place dans l'imagerie conventionnelle des hermétistes. Enumérer leurs ouvrages faisant allusion à certain chêne ou en reproduisant les frondaisons, ce serait en citer près des trois-quarts!

    Ce chêne, nous le rencontrons dans Flamel comme dans Cyliani dans l'ornementation des demeures philosophales de Bourges comme sur les peintures de l'athanor du Musée de Winterthur, chez Bernard Le Trévisan comme dans l'Amphithéâtre de l'éternelle sagesse. C'est l'arbre majestueux qui ombrage tout l'oeuvre hermétique ; c'est dans ses robustes branches que monte et descend l' "écureuil philosophique " d'un des médaillons du frontispice du Museum Hermeticum. Quant au gui, il me souvient que Paracelse, dans son Thesaurus Thesaurum alchimistorum, écrit, en traitant de la matière prochaine, qu'un des sujets minéraux " se trouve dans l'astre méridional et aussi sur la première fleur que le gui de la terre produit sur l'astre ". 

     Nombre d'auteurs font d'ailleurs allusion à certaine " herbe sans racines ", ou croissant sans le secours du sol, qui pourrait être, analogiquement, le gui. D'autres, il est vrai, précisent qu'il s'agit d'une algue qui a intrigué bien des chercheurs par son apparition quasi spontanée et sa disparition aux premiers feux du soleil, à de certaines époques de l'année. Algue verte et membraneuse, appelée Nostoch, Flos coeli, crachat de lune, archée céleste, chaos, - et j'en passe !… Noms prometteurs, qu'il faut se garder de prendre pour argent comptant, car les alchimistes, gens discrets, ne se servent jamais du mot propre lorsqu'il s'agit de leur magnésie, de leur feu ou de leur modus operandi.Toutefois, derrière ces appellations symboliques, gît peut-être un lièvre de belle taille.

    Pour en revenir au sujet végétal, dont la préparation présentait plus d'un point de contact avec le mercure des métaux, l'on peut dire, sans aller trop loin, que détaché au solsticê d'hiver, le gui de chêne était traité spagyriquement au cours du printemps suivant. Dans l'un et l'autre cas, une partie de l'oeuvre consistait a condenser une certaine énergie vivante (et je n'entends pas par-là le magnétisme humain) dans une substance que des purifications minutieuses rendaient apte à ce rôle de support. Du gui comme sujet et de la vigne comme moyen, les druides extrayaient les deux substances complémentaires de leur mercure végétal, animé par un agent sans lequel on restait dans l'ordre des manipulations chimiques. Au reste, le nom de Médecine universelle, donné en Gaule au gui est le même qu'emploient les herinétistes pour désigner leur élixir parfait. 
 

*
*  *

    Venons-en à la cérémonie de la cueillette de la plante sacrée. Pline la rapporte ainsi : " On ne peut omettre en parlant du gui la vénération dont il est l'objet dans toutes les Gaules. Les druides, - nom donné à leurs prêtres par les Gaulois, - ne connaissent rien de plus sacré que le gui et que l'arbre sur lequel il croît, à condition que ce soit un chêne-rouvre. C'est dans les bois de chênes-rouvres qu'ils ont leurs sanctuaires, et ils n'accomplissent aucun rite sans leur feuillage. Le nom des druides... fait peut-être allusion à ce culte des chênes... Ils pensent que tout ce qui croît sur ces arbres est d'origine céleste et que la présence du gui révèle la préférence de la divinité pour l'arbre qui le porte. Le gui se rencontre très rarement sur un chêne ; quand les druides en ont découvert, ils le cueillent en grande pompe. Pour ce rite, ils choisissent le sixième jour de la lune, jour qui leur sert à fixer le début des mois, des années, et de leur siècle de trente ans.

   Ils pensent que, dès ce jour-là, elle a acquis une grande vigueur... Ils donnent au gui un nom signifiant remède universel. Au pied de l'arbre porte-gui, ils préparent un sacrifice et un banquet. Ils y amènent deux taureaux blancs... Un prêtre vêtu d'une robe blanche monte sur l'arbre et coupe avec une faucille d'or le gui qui est recueilli dans un drap blanc. On sacrifie ensuite les victimes en demandant à la divinité que son don porte bonheur à ceux qui le reçoivent. Les Gaulois (il ne s'agit plus des druides) s'imaginent qu'un breuvage fait avec du gui peut rendre féconds les animaux stériles, et que le gui est un antidote contre tous les poisons. Tant il entre d'idées et de pratiques frivoles dans la religion de certains peuples. "

  M. Jules Toutain, qui a par ailleurs parfaitement saisi la haute importance de la cérémonie décrite par Pline et qui a montré que le sacrifice et le banquet sont inséparables de la cueillette proprement dite, rapporte à la lune l'expression " remède, universel ". Et, grammaticalement, je pense qu'il a parfaitement raison. Cependant, le fait subsiste que c'est bien le gui qui est encore désigné sous ce nom précis par des gens qui n'avaient nul besoin de Pline pour savoir comment se nommait chez eux la plante vénérée.

   L'erreur vient de Pline qui a mal saisi les indications qu'il recueillait sur une pratique qu'il qualifie de " frivole ". D'ailleurs, nous verrons bientôt, à propos du fameux "oeuf de serpents" qu'il n'était pas toujours bien informé, tant s'en faut !

    J'ai assez dit que les fêtes chrétiennes ont succédé aux gauloises. Noël est la fête de la venue du Christ, fête de l'Incarnation du Verbe en même temps que fête du solstice d'hiver et de la descente des gerrnes vitaux sur la terre. Pâques, inséparable de Noël, en un sens, fête solaire également (devenue luni-solaire pour de multiples raisons que je ne commenterai pas), correspondant à l'équinoxe de printemps et, selon l'enseignement antique, fête du départ des âmes lumineuses (que je ne commenterai pas non plus)... 

   Récolté cérémonieusement à Noël, dans une pompe tout exotérique, le gui était transformé en remède du corps et de l'âme au printemps : œuvre ésotérique, silencieuse, secrète, efficiente (2).

   Le calendrier de Coligny, axé sur un comput solaire pour ainsi dire normalisé ne pouvait porter mention d'une date qui variait avec chaque année. Il y avait bien une fête fixe du solstice d'hiver, chaque 7ème jour du mois Giamon, mais, justement parce que fixe, elle coïncidait bien rarement avec le solstice astronomique. D'autre part, les druides choisissaient chaque année non seulement le jour et l'heure de la fête rituelle du gui, mais de plus, ils en fixaient aussi le lieu. On sait que le gui ne se trouve pas souvent sur les chênes. est donc de simple bon sens d'admettre que, selon les découvertes et les circonstances, il se trouvait chaque année des régions où la cérémonie n'avait pas lieu, faute de son élément essentiel. 

   Je reviens au gui, envisagé cette fois comme " élixir du savoir ". 

   Je crois avoir mentionné que l'homéopathie en utilise les hautes atténuations dans nombre de dvsfonctions nerveuses et de troubles, psychiques (convulsions, somnambulisme, états choréiformes et épileptiformes). Il y a là une indication très nette que j'ai le devoir de souligner, en avertissant les imprudents qui se livreraient à des " expériences " avec des préparations plus ou moins " spagyriques " de cette plante, qu'ils courent des risques certains et graves. La quintessence tirée du gui, administrée dans certaines phases de l'initiation effective, favorisait au plus haut point certaines facultés dites " supra-normales " ou " paranormales " (malencontreuse qualification, qui dit, au fond, le contraire de ce à quoi je fais ici allusion). Comme le légendaire Elixir des Roses-Croix, dont elle se rapproche, cette liqueur était le medium de l'illumination pour ceux qui étaient aptes à la recevoir. Le revers de la médaille, c'était le danger d'hallucination, d'obsession ou de folie incurable pour quiconque eût osé s'en servir avant l'heure et sans une préparation, - même physiologique et diététique - suffisante. Inutile de souligner que, de cette heure, nul disciple n'était juge. Pour bon nombre d'entre ces derniers, n'ayant pas acquis la qualification jugée indispensable, l'élixir demeurait un symbole, et rien de plus. Et j'ai lieu de penser que les vrais druides - j'entends ceux parvenus au faîte de l'initiation effective - n'étaient guère plus nombreux parmi les Celtes que ne l'étaient les rares chênes porteurs du rameau d'or dans leurs vastes forêts.

   C'est pourquoi je ne m'étendrai guère sur la préparation de l'arcane (au sens paracelsique du mot), ni sur les conditions accessoires mais indispensables de son utilisation.

   Je dirai seulement que son élaboration commençait là où finissait celle du simple remède. Et qu'elle exigeait la réitération de certaines opérations précédentes , un peu à la manière des trois mercures successifs de l'alchimie métallique, quoique en un moindre temps.

   Plante soli-lunaire, avec la disposition de ses branches et de ses feuilles géminées, ses caractéristiques numérales et angulaires, divisant la sphère en sixièmes et douzièmes, lui donnent 2 et 6 pour nombres naturels : L'harmonie des complémentaires d'une part et, de l'autre, l'équilibre et la perfection attachés traditionnellement à la mesure du cercle. Le gui est donc le symbole de l'amour chaste, de l'union des pôles contraires dans tous les plans de vie, relevés ou triviaux, pouvant exprimer selon les cas et l'objet en vue l'union conjugale, l'inviolabilité du serment, les rapports du maître et du disciple, la communion du divin et de l'humain, l'insulfuration du mercure des sages, etc... selon l'adaptation envisagée et le degré de réceptivité de chacun.

   Que le gui ait été lié aux coutumes du mariage et, surtout, des fiançailles, c'est ce dont subsiste maint témoignage, ce qu'on retrouve dans mainte tradition populaire. Je ne puis me livrer à cette recherche, d'ailleurs facile. Mais je ne saurais quitter le gui sans dire quelques mots sur l'oeuf de serpents, dont cet excellent Pline a parlé au rebours du bon sens, comme cela lui arrive quelquefois. Il en donne la genèse suivante :
   En été se rassemblent et s'enlacent une multitude de serpents collés par leur bave et leur exsudat. Il en résulte une boule appelée " oeuf de serpent ". Les druides (ou réputés tels) le disent projeté à l'air par les sifflements de ces reptiles. Il faut le recevoir dans un sayon sans qu'il touche le sol et le ravisseur doit s'enfuir à cheval, poursuivi par les ophidiens jusqu'à ce qu'une rivière s'interpose entre eux et lui. Comme les mages sont ingénieux à frauder, ils prétendent qu'une certaine lune est à choisir pour se procurer cet oeuf, comme s'il dépendait de la volonté humaine de faire coïncider l'opération des serpents avec l'époque voulue. (3)

   Et Pline d'ajouter : " Pour ma part, j'ai vu un de ces oeufs fameux chez les druides ; il était gros comme une pomme moyenne, sa coque était dure et portait de multiples cupules comme celles des bras du poulpe. "

   Naturellement, à la suite de Pline, plus d'un s'est empressé de reconnaître un oursin pétrifié dans le fameux " oeuf ", mais cet oursin n'a été montré à notre curieux que pour lui donner le change. Ses prétendues " propriétés " sur quoi j'ai jugé inutile de m'appesantir, sont purement symboliques et analogiques, mais invraisemblables, prises au pied de la lettre. Symbolique également le rite du " passage de l'eau ". La bonne foi de Pline n'est d'ailleurs pas en cause.
  Il ignorait que certains secrets n'étaient confiés ni aux " druides " schismatiques, ni même à tous les autres, indistinctement.
  Les druides qui l'ont renseigné, s'il s'agit bien de druides, ne savaient eux-mêmes que la moitié des choses, sans toutefois ignorer que ce n'en était qu'une moitié. Et s'ils eussent été réellement au courant, c'est-à-dire suffisamment qualifiés, ils n'eussent pu lui tenir un langage bien différent !...

   Selon la tradition, même " exotérique ", du druidisme, ce ne sont pas les serpents, mais leur bave qui forme une boule... qu'il faut recueillir dans un sayon sans qu'elle touche le sol, modus operandi mentionné par ce même Pline dans la cueillette du gui !... Au risque de passer pour un doux maniaque ou pour un charlatan de l'occulte toujours prêt à se retrancher derrière " le secret de l'initiation " dès qu'on le serre d'un peu près, je dirai que le récit fait à Pline et rapporté fidèlement par lui, renferme un des secrets majeurs du sanctuaire sous son apparence de conte à dormir debout. Et que ce secret n'est pas de nature à être divulgué, galvaudé, à la légère ! Certains, je l'espère, comprendront mon allusion et approuveront ma réserve, fortement motivée. Je me contenterai de dire ce qui peut l'être :
  Dans la préparation très secrète du gui, en tant qu'élixir du savoir (et non en tant que remède), l'on pouvait opérer de deux façons : soit sur la plante totale, soit exclusivement sur les baies visqueuses lesquelles, en cours de travail, prenaient l'aspect d'un " bave " ou d'une écume blanchâtre. L'on utilisait de préférence l'élixir extrait des feuilles à l'intérieur et l'onguent obtenu par la sublimation des baies à l'extérieur, sur l'emplacement de certains plexus. L'on pouvait en outre, selon la limite qu'on entendait assigner aux facultés " psi " de certains disciples, se borner à l'onction épidermique, sans faire usage l'élixir, notablement plus actif.

   Le tout, c'était de " monter à cheval ", c'est-à-dire, de maîtriser son véhicule psychique, et, surtout, de " passer l'eau " sans encombre. De l'autre côté du " fleuve " on était hors de danger, et initié effectivement (non en formules creuses) au degré où l'initiateur responsable le permettrait, degré dépendant à la fois du dosage judicieux des substances mises en oeuvre, de la durée de la préparation physiologique, et de la qualification acquise par l'initiable. 

Sources
Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 18:53




Celtes et Atlantes

 

(extraits de la revue Psyché).

par André Savoret




La question de savoir si les Atlantes avaient puisé ou non dans une tradition antérieure étant réservée, il nous reste à envisager les possibilités d'un contact entre Celtes et Atlantes. Pour cela, nous nous appuierons sur certaines données traditionnelles, lesquelles éclaireront d'autre part les hypothèses formulées par quelques savants modernes.

 

La tradition de notre race veut, on le sait, que celle-ci ait occupé les régions aujourd’hui circumpolaires, longtemps avant la disparition définitive de l'Atlantide. Ces régions n’offraient en rien l'aspect désolé que nous leur connaissons de nos jours. Devenues polaires au sens réel du mot, il ne faudrait pas croire qu'elles se soient transformées, comme par enchantement, en un vaste linceul de glaces. Notons seulement qu'il serait difficile de tracer les limites précises de ce primitif habitat de nos pères.

Trop de bouleversements, de submersions et d'émersions successives ont rendu vaine, à tout le moins peu convaincante, une restitution de ce genre.

Notons seulement que ces terres et les îles qui en dépendaient se prolongeaient loin vers le Sud-Ouest (le Nord-Ouest actuel de l'Europe), lequel, par le promontoire breton plus étendu que de nos jours, dépassait largement entre l'Armorique et l'Irlande le 10e degré de longitude, pour s'infléchir, plus au Nord, vers le Groënland.

C'est dire que les terres atlantes étaient relativement peu éloignées de celles où vivaient nos ancêtres. Le moindre îlot intermédiaire devait rendre les communications éventuelles particulièrement faciles. (1)

D'ailleurs, longtemps avant que la Terre-au-Volcan ait été effacée de la carte, plusieurs clans celtiques s'étaient risqués à descendre vers le Sud, surtout dans l'Armorique actuelle, alors couverte d'assez hautes montagnes, ainsi que, par une autre voie, dans le nord de l'Asie.

Après le cataclysme, le gros de la race devait descendre à son tour vers l'Europe, tandis que le reste s'égaillait peu à peu se fiant à sa bonne étoile.

Des traditions encore vivantes nous montrent, à l'origine de cet exode, le brusque changement du ciel, dû à l'inclinaison de notre globe (2). C'était le second grand bouleversement inscrit dans la mémoire de nos ancêtres, le premier ayant été, quelques milliers d'années plus tôt, l'effroyable chute de pierres dont nous avons parlé ailleurs (3).

Ainsi, bien avant la disparition de l'île de l'Ouest, Celtes et Atlantes avaient très bien pu prendre contact, soit dans les terres hyperboréennes, soit dans la partie sud de ce que les savants nommaient le bouclier irlando-breton. Une Conséquence curieuse de cet ancien aspect des terres, c'est que la disposition actuelle des mégalithes celtiques n'est juste qu’en apparence. Sans parler des nombreux dolmens et menhirs de nos côtes, aujourd'hui affleurant à marée basse, mainte terre, mainte insula sacra de l'Atlantique, renfermant les témoignages émouvants de la plus ancienne civilisation celtique, est aujourd'hui engloutie - comme c'est le cas pou.r les fameuses Cassitérídes. - Ce qui nous semble la limite la plus extrême de la région dolménique doit, en réalité, être reporté bien plus à l'Ouest (4).

Quelle était la situatìon à l'époque de la disparition de l'Atlantide, époque qu'on s'accorde aujourd'hui à placer vers 7500 avant nore ère (5) ?

Les Atlantes avaient fondé, depuis un certain temps, des colonies en Afrique du Nord et dans tout le bassin méditerranéen. Là, entre le 20° et le 40° de latitude, se déploya leur effort d'expansion presque entier.

Plus au Nord, il ne semble pas qu'ils aient fondé de " colonies " à proprement parler. Ce qui n'empêche pas que des navigateurs durent avoir des relations plus ou moins sporadiques avec les terres de l'Etain. On s'est donné beaucoup de mal pour placer celles-ci sur nos cartes modernes. Débris du vieux massif irlando-armoricain disloqué, elles gisent sans doute aujourd'hui par quelque deux cents mètres de fond... Mais leur disparition complète ne remonte sans doute pas très loin et doit se placer vraisemblablement quelques siècles avant l'ère chrétienne.

Les druides voyageaient beaucoup. Il est donc possible que des contacts intersacerdotaux aient été pris par eux avec les Atlantes, avant la disparition de leur île et même longtemps après, si l'on admet que ces derniers pouvaient s’être installés à demeure dans les Cassitérides.

En outre, il se pourrait que des expéditions parties d'Afrique, vers la métropole engloutie, ayant croisé en pure perte sur l'Atlantique, aient fait demi-tour, rejoignant non plus leur point de départ, mais l'Ouest de l'Europe, Bretagne ou Portugal. La question de l'origine des Basques serait aussi à examiner de très près. Elle auraìt trouvé sans doute sa solution logique, si la plupart des chercheurs n'avaient confondu les Euskariens avec les Ibères (6).

Donc, pour en revenir aux représentants de l'Atlantide, nous voyons que ceux-ci fondent en Afrique une civilisation nilotique (7), et posent les bases de la civilisation Egéenne, dans le cul-de-sac méditerranéen, au sein de cette Egéide, elle aussi engloutie, dont la Crète semble le reste le plus important (8).

Ici sans doute se terminent les relations entre Celtes et Atlantes, en Europe du moins.

N’ayant joué chez les Celtes de l'Ouest qu'un rôle politique absolument insignifiant, les sages de l'Atlantide ont certainement contribué à l'édification du druidisme. Chaque groupe humain possédant sa tradition particulière, ou plutôt adaptation particulière à ses besoins et à sa fonction de la tradition universelle, il ne faudrait pas conclure à la légère, d'interpénétrations sacerdotales plausibles, que les Atlantes furent les instituteurs des druides, ou qu'on retrouverait dans la doctrine de ces derniers l'enseignement des prêtres de la race rouge.

 

 

(1). Il est infiniment probable que tout ou partie de l’Alaska a fait partie, à une certaine époque, des territoires hyperboréens, que les dislocations successives ont ensuite morcelés. Les Cassitérides furent les derniers " témoins " d'une époque où l'Hyperborée s'étendait depuis la mer Blanche et la péninsuie de Kola jusqu'au Groënland et à l'extrême-nord américain.

(2). L'extension des glaciations quaternaires a rendu, plus tard, cet exode total et définitif.

(3). Chaque cataclysme laisse des traces non seulement dans la mémoire des survivants, mais dans les traditions des peuples contemporains. Les Celtes se souvenaient de la destruction d'Atlantis, comme les Atlantes se souvenaient de celle de la Lémurie. Celle-ci disparut probablement à la fin de l'ère tertiaire, coïncidant sans doute avec la première des quatre glaciations qui ouvrent les temps quaternaires.

(4). Même pendant la plus forte glaciation, cette " passe de l'Ouest " avec ses nombreuses îles-relais dont rien ne subsiste aujourd'hui, sinon la tradition hindoue des " sept iles blanches ", ne fut jamais bloquée par les glaces. Ceci est à peser tout particulièrement. On est trop porté à admettre aujourd'hui un seul foyer de dispersion des Celtes, qu'on situe dans l'Europe centrale. Plus ancien nous semble 1e foyer atlantique (armorico-cassitéridien).

(5). Platon donne 9.000 ans ; M. Philipoff, 7.300 ans, en se basant sur un cycle précessionnel peut-être un peu court. En situant entre 7.500 minimum et 8.000 maximum avant Jésus-Christ cette disparition, il semble qu'on doive encadrer d'assez près sa date exacte. Cette fixation permet de l'articuler mille ans environ après la fin de la derniére extension glaciaire, dite de Wurm. La thèse émise par M. Ph. Negris au sujet d'un effondrement de l'Atlantique sous le poids des glaces nous semble donc sans fondement.

(6). En Espagne, la situation est ethniquement très embrouillée. Les recherches anthropologiques sont d'autant plus délicates qu'il est probable que la race atlante, comme on peut le déduire des circonstances américaines, était, comme la notre, dolichocéphale.

(7). Les égyptologues, dans leur ensemble, ne sont pas excessivement favorables à l'idée d'une colonisation de l'Egypte par les Atlantes.

Il est eependant nécessaire de remarquer que la colonisation de ces derniers est une chose, et que l'invasion venue de l'Est, la seule dont s'occupent directement les égyptologues, en est une autre.

C'est entre 3.500 et 3.200 avant notre ère que se situe l'incursion des Egyptiens proprement dits, venus soit du pays de Punt (sud de l'Arabie), soit d'Asie-Mineure. Nous les voyons écraser les Libyens et les Koushites installés avant eux sur le Nil. L'idée d'un vaste empire africain de peuples à peau noire, probablement autochtones, n'est pas repoussée par les savants actuels — encore que le terme " empire " ne corresponde probablement pas exactement aux faits.

Nous avons montré ailleurs que les Libyens ne seraient qu'un fort contingent de Celtes ou, si l'on préfère, d'Hyperboréens, déportés en Afrique par les peuples noirs, six mille ans peut-être avant notre ère.

La colonisation atlante en Afrique et ailleurs devant être nécessairement antérieure à la disparition de leur métropole, et cette disparition ayant été déterminée d'aprés les calculs de l'astronome Philipoff aux environs de 7.300 ou 7.500 si l'on évalue plus largement le cycle précessionnel), on peut dater l'implantation d'une civilisation atlante sur le Nil de 8.000 ans au moins avant notre ère, bien davantage sans doute.

De 8.000 à 3.500, cela fait 4.500 ans pendant lesquels il a dû passer beaucoup d'eau sous les ponts du Nil. L'ensemble de la question serait donc à reprendre.

On s'apercevrait vite que ce qui est véritablement acquis par les découvertes faites en Egypte ne s'oppose nullement aux données d'ordre traditionnel, lesquelles ont souvent le défaut d'être extrêmement difficiles à dater.

(8). La dislocation de l'Egéide correspond au déluge de Deucalion, dont les Grecs avaient gardé un souvenir assez vif. C'est vers 1.600 avant notre ère qu'ils situaient cette catastrophe et cette datation doit être proche de la vérité.

Voici quelques années, M. Négris rappelant les tremblement de terre et les inonations qui auraient sévi en Attique quand l'Atlantide disparut sous les flots (Platon, Timée), en concluait que l'effondrement de l'Égéide devait se placer à la même date. Nous ne le croyons pas ; il suffit de constater que, des deux traditions, l'une, la plus antique, était inconnue des Grecs jusqu'à Platon, lequel tenait ses renseignements de source égyptienne. La seconde était au contraire très vivante et " populaire " chez les Hellènes, qui en évaluaient la date, au moins sommairement, ce qui n'empêche pas l'explosion des volcans atlantes d'avoir provoqué celle des volcans grecs, comme elle provoqua un réveil de ceux d'Auvergne.

Sources :
Livres Mystiques com

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