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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 07:30

 Passage très important montrant les similitudes pour les ornements et parures adoptés tant par les Lévites que le sacerdoce chrétien, copiés sur la tradition Egyptienne. L'Ephod, par exemple, était un costume égyptien. Les idées de pureté et d'impureté passèrent des Egyptiens aux Juifs. Tout comme la circoncision, ne pas manger de la viande de porc ainsi que la flagellation que continuent certains ordres catholiques. La classe sacerdotale, d'autre part, étaient investie de secrets et mystères interdits au Peuple.  Les prêtres se disaient sacrés et inviolables, au dessus de toute loi humaine. On imagine sans peine les abus que tout ceci a dû entraîner. Les prêtres et les Lévites ne possédaient ni bestiaux ni terres, mais ils avaient des bénéfices immenses : ils formaient, aux dépens des autres, la tribu la plus riche d'Israël. Ce privilège leur fut contesté par les autres tribus , qui voulaient avoir aussi leurs sacrificateurs et leurs prêtres. Après beaucoup de combats et de massacres, Moïse fit prendre douze Verges, sur chacune desquelles il grava le nom d'une tribu, indiquant par-là qu'un égal droit appelait toutes les tribus au sacerdoce. Et comme par hasard, c'est celle de Aaron qui fleurit. Naïfs et crédules comme étaient les Ancêtres, on imagine là encore quel tour de passe passe on leur a joué en leur faisant croire que c'était l'oeuvre de l'Eternel.

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

6ème partie

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

 1ère partie

CHAPITRE IV.

Dernière partie


Les prêtres juifs devaient se raser le poil, même du corps. Entr'autres usages, les prêtres égyptiens avaient aussi celui de se raser la tête : cette coutume devint loi, et passa même aux Romains ; leurs Empereurs, qui exerçaient les fonctions de Souverains Pontifes, s'y soumirent. Spartien rapporte que Commode s'était induit à cette pratique : il en donne cette cause. Presque toutes les institutions monastiques dont les membres s'appellent par excellence le clergé régulier, ont adopté de se raser la tête, à l'imitation (26) des anciens prêtres égyptiens. Le clergé séculier et tous les prêtres de Jésus se font raser une partie de la tête en forme de couronne ; cette tonsure est un grade préparatoire au sacerdoce.

Cet usage est rappelé par Jérémie, au ch. XXV, v. 23, « A Dedan Tema et Buz », et à tous ceux qui se font couper les cheveux; et au ch. VI, v. 18 , des Nombres : « Et le Nazaréen rasera la tête de son nazaret à l'entrée du Tabernacle ».

La tonsure égyptienne représentait, comme chez les cénobites de nos jours, le disque du Soleil. Hérodote, liv. 3, rapporte que les Arabes se rasaient la tête d'après leur tradition, qui voulait que
Bacchus en eût usé de même.

L'usage de se raser la tête n'était pas commun à tous les prêtres égyptiens ; il variait suivant le culte et la classe auxquels ils appartenaient ; ainsi, les uns avaient les cheveux très courts et coupés en rond, tandis que d'autres les portaient
bouclés, avec une tonsure au milieu de la tête, comme on le peut voir dans un bronze cité par Montfaucon, ». 2, pag. 346, planche CXL, et qui existe dans la collection du comte Maffei, de Vérone.

Paw, et après lui Pierre Martir , nous assurent
qu'au Pérou on nommait les enfans à deux ans : il y avait, à cette occasion, une cérémonie sacrée ; le parrain coupait quelques cheveux de l'enfant, et tous les assistans en faisaient autant. L'on sait que le culte du Soleil était professé dans cette partie du Nouveau-Monde ; aussi l'on coupait les cheveux à ceux qu'on vouait à Dieu, ou à son emblème (27) le Soleil.

Les Musulmans adoptèrent la tonsure après les prêtres du Soleil : ils conservent une touffe de leurs cheveux, persuadés que l'Ange du Tombeau les enlève par là lorsqu'il les porte en paradis.

La robe des prêtres égyptiens était une large veste blanche sans plis :
les prêtres Israélites la portaient aussi dans le désert, serrée par une ceinture de différentes couleurs qui descendait jusqu'aux pieds (Exode XXVII).

Les
prêtres chrétiens en portent une pareille (28). Les Pontifes d'Isis ainsi que ceux de Moïse, devaient, par-dessus la robe blanche, en porter une seconde fort ample, la chape (29) , qui tombait jusqu'aux pieds, autour de laquelle étaient attachées trois cent soixante-cinq petites sonnettes en or, entremêlées avec des grenades de différentes couleurs et en laine : elles rappelaient les jours de l'année, et qu'ils étaient consacrés au Soleil ; chez les Egyptiens , elles étaient au nombre de soixante-douze, pour indiquer les soixante-douze meurtriers d'Osiris (30). Des Egyptiens, cet ornement passa aux Juifs, et de ceux-ci aux Grands-Prêtres chrétiens. On en voit encore de nos jours qui étaient jadis en usage, et on en conserve plusieurs dans le trésor de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, qui servirent au sacre de Charles V. Anciennement ces ornemens s'expliquaient ainsi : l'or pur figurait la sagesse, l'innocence, la justice ; et les sonnettes devaient avertir les Grands-Prêtres que tous leurs pas étaient observés, et qu'ils devaient vivre dans la sainteté de la vertu.

L'Ephod était un costume égyptien.
C'était une ceinture richement brodée, partant du col, descendant vers la poitrine, et retournant après par-derrière ; elle servait à ceindre la robe (31). L'Ephod se rapprochait sur le devant par deux agrafes, dans lesquelles était montée une pierre fine ; sur chacune étaient gravés les noms des six tribus ; par-dessus l'Ephod se trouvait placé le Pectoral, qui était aussi brodé et enrichi de douze pierres fines, sur chacune desquelles le nom d'une tribu se trouvait gravé ; une petite lame en or couronnait les pierreries avec la devise Doctrine et Vérité. L'Ephod se fermait par quatre chaînettes en or, dont deux passaient autour du col, et deux serraient la poitrine. Le Pectoral renfermait les signes symboliques et hiéroglyphiques de l'Urim et du Thumin, Vérité et Justice.

De
semblables ornemens furent en usage chez les premiers prêtres chrétiens, et sont adoptés par des rites maçonniques et en particulier par la haute Maçonnerie égyptienne.

Moïse prit aussi des prêtres égyptiens l'ornement du (32)
Rational, qui était composé de douze pierres fines toutes différentes , sur chacune desquelles était gravé un des douze grands noms de Dieu ; elles étaient, disposées, trois par trois, en quatre compartimens : cet ornement relatif au Soleil, indiquait les douze mois et les quatre saisons de l'année. L'Astronomie était le vrai sens caché du Nombre. Cet ornement et ce nom se conservent dans un grade du rite du Ch.'. de St-Martin.

Comme les Egyptiens, Moïse voulut que les Juifs se baignassent fréquemment pour les garantir des maladies de peau, auxquelles ils étaient exposés ; ces ablutions avaient du
rapport avec les mystères de Memphis, où le Pontife s'appelait Hidranos ou Baptiseur.

Les prêtres égyptiens avaient encore dans leur initiation des mystères, qui leur représentaient leurs privilèges, tels que
le droit de vie et de mort, comme si, dans le fait, ils eussent représenté l'Eternel et le Créateur. Moïse éleva au plus haut point le pouvoir des prêtres ; les croyances qui naquirent du culte hébraïque, héritèrent de ses institutions et de ses mystères.

Moïse ordonna,
comme chez les Egyptiens, qu'on fit l'expiation sur la tête de la victime, pour détourner sur elle les calamités dont le peuple pouvait être menacé.

Les prêtres égyptiens
vendaient aux étrangers la tête des victimes, et s'ils ne trouvaient pas d'acheteurs elle était jetée dans le Nil.

Les idées
de pureté et d'impureté passèrent des Egyptiens aux Juifs. Les prêtres égyptiens, avant de sacrifier un taureau, le faisaient examiner par un prêtre ad hoc.

Le bœuf étant debout ou renversé sur le dos , le prêtre lui tirait la langue
pour voir si des marques ne le rendaient pas immonde. Lorsque la victime était pure, on la scellait du sceau ; après qu'elle était sacrifiée, on en brûlait une partie avec certaines formalités et rites, pendant ce temps, les prêtres présens se fouettaient les uns les autres.

Les flagellations des pénitens
jusqu'au sang sont encore établies de nos jours parmi les sociétés jésuitiques ; elles répondent aux flagellations des prêtres consacrés à la déesse Bellone, à la déesse Egérie, au dieu Mars, qui toutes dérivent de la plus ancienne, savoir, de celle pratiquée par les Egyptiens, dans leurs sacrifices, et qui avait aussi lieu lorsqu'on se trouvait dans l'impuissance de satisfaire à quelque vœu fait à Isis.

Moïse, se modelant sur la doctrine égyptienne,
inspira aux Israélites le plus profond mépris pour les étrangers. Il savait qu'un Egyptien n'aurait jamais voulu embrasser un étranger, même un Grec , ni se servir de son couteau , de sa fourchette, de son assiette, de sa marmite. Les Juifs de nos jours qui suivent la Pentateuque, purifient par le feu les ustensiles de table dans les différentes auberges où leurs affaires les conduisent.

Moïse
emprunta des Egyptiens la circoncision et la défense de manger la chair du porc, que les Juifs regardèrent toujours (33) avec horreur. Il établit, d'après les prêtres d'Isis, la distinction des animaux purs et impurs , adopta , ainsi qu'eux, les jeûnes aux veilles des fêtes et la distinction des écritures sacrées et profanes, qui devaient, sans contradiction, alors être égyptiennes comme le matériel des lois religieuses et civiles. (Voyez la Bible, Tacite, Hist., liv. V, ch. 4; Diodore de Sicile, liv. II, V et VI ; Plutarque, Simp., liv. IV. ch. 7. )

D'après les Egyptiens et Ethiopiens, Moïse établit encore la caste des prêtres dans la tribu de Lévi, en instituant des épreuves pour leur adoption, et prescrivant des secrets impénétrables au peuple ; ce que les chrétiens adoptèrent, et ce que nous conservons dans nos mystères. Moïse chargea les Lévites de la garde des vases qu'il avait consacrés, et qu'il devait avoir enlevés aux Egyptiens mêmes ; car on ne dit point par qui ces vases furent faits. Les Lévites furent aussi chargés de la garde des lieux saints.

On lit dans Strabon XVI, et dans Arrien VII, que
les prêtres attribuaient l'établissement des castes privilégiées qui existaient en Egypte, aux institutions émanées de la divinité d'Isis même. Les Brames établirent leurs castes avec la création du monde. C'est Brama même qui créa de sa bouche un fils qui avait quatre bouches, qu'il appela Brahaman , duquel sont sortis les Brahamines, qui peut-être n'auront pas eu quatre bouches pour tout dévorer, comme leur Dieu père. Du bras droit de ce fils il sortit aussi un guerrier : voilà bien la seconde caste des notables distinguée. Une femme sortit du bras gauche, et de la cuisse gauche naquit un agriculteur, père des agricoles et des commerçans ; du pied droit il enfanta un fils, qui fut le père des hommes condamnés aux travaux et à l'esclavage : voilà la distinction des castes bien établie dans la création Bramine. (Voyez Potier, Myth. des Indes)

Partout
où les prêtres firent caste à part des autres citoyens, ils se dirent sacrés et inviolables, au-dessus de toute loi humaine. La Lonbeze II, 14, dit que les Siamois croient que Sommonocodom, leur divinité, souffrit un enfer pendant cinquante générations, pour avoir atteint d'une petite pierre un Talapoin, et l'avoir blessé. Dans les Indes , les prêtres ont pu être aussi sacrés que les Lévites. Il est à regretter que cette légende ne soit pas connue et traduite par quelque membre zélé de la caste sacerdotale de nos jours.

Les Lévites furent
sacrés par Moïse, selon les rites égyptiens, par l'imposition des mains ; ensuite il les fit entrer dans le Parvis du Tabernacle ; il les prit les uns après les autres, les éleva un peu au - dessus de terre , et leur fit faire des mouvemens d'agitation vers les quatre points cardinaux. Observons qu'avant cette cérémonie, le candidat devait rester sept jours sans sortir du Tabernacle, ce qui indique clairement qu'ils avaient des préparations, des épreuves à subir avant d'être admis. Voici ce que dit le Lévitique, ch. VIII , v. 33 : «Et vous ne sortirez point pendant sept jours de l'entrée du Tabernacle d'assignation, jusqu'au temps que les jours de vos consécrations soient accomplis; car on employera sept jours à vous consacrer. »   A l'Exode , ch. XL, v. 12 , il est dit: «Tu feras aussi approcher Aaron et ses fils à l'entrée du Tabernacle d'assignation, et le laveras avec de l'eau. » (34)
« Et
Moïse et Aaron avec ses fils lavèrent leurs mains et leurs pieds. »

Les élémens, c'est-à-dire
leurs emblèmes, étaient l'allégorie des mystères mosaïques. C'était par les sacrifices que se terminait la consécration. L'institution des Lévites était un fac-similé de la caste sacerdotale des Egyptiens ; et le bœuf émissaire des Egyptiens, fut le type du (35) bouc émissaire de Mendès chez les Israélites.

La consécration par
l'imposition des mains , arrivée jusqu'aux chrétiens de nos jours , nous vient aussi des Egyptiens. (Voyez la Planche II, au n.° 4, où l'initié a le même tablier que les récipiendaires Maçons. ) Spencer, de Leg. rit. Haeb I, 196 , dit trés-à-propos que Dieu paraît, dans l'institution des rites mosaïques, avoir été forcé et subjugué par une sorte de nécessité, à suivre ceux des Egyptiens, et qu'elle l'entraînait presque malgré lui.

Pour purifier les vases qui devaient servir au Tabernacle et les rendre aptes au service sacré du grand Jéhovah
, d'après les usages égyptiens, il composa une huile sainte, avec laquelle il oignit tous les vases destinés au culte. Ensuite il oignit les prêtres, en établissant la peine de mort pour ceux des Israélites qui oseraient faire, par la suite, un pareil usage de l'huile consacrée. Quelques degrés Mac.'., lors de la consécration du Souverain-Pontife, font usage de la même onction.

Moïse,
en reconnaissance des services rendus par Aaron en Egypte, le sacra Grand-Prêtre de la manière suivante : il fit sept aspersions de l'huile sainte, composée par lui, vers l'autel des Holocaustes ; il revêtit Aaron de tous les habits sacrés; ensuite il répandit de l'huile sainte sur sa tête ; il l'oignit et le consacra. Lévit. VIII,  1, 2 , 3 et 4. Telle est l'origine du sacre des Grands-Prêtres et des Rois juifs ; néanmoins, il paraît que la consécration du Grand-Prêtre était réservée au seul Moïse ; car on ne trouve aucune consécration postérieure. Les prêtres de Rome , qui se regardent, selon les Evangiles et l'Apocalypse , comme Rois et grands Sacrificateurs , ont conservé, dans leurs Ordres, différentes onctions pour la consécration de leurs initiés.

Dans le livre des Nombres, au ch. III , v. 38 , on lit que
tout profane qui aurait approché du Tabernacle serait tué ; et dans le Lévitique , au chap. VIII , qui traite de la consécration des prêtres, la peine de mort est prescrite contre les prêtres qui négligeraient de veiller jour et nuit à la garde du Tabernacle ; preuve du secret établi dans les mystères des Juifs , même du temps de Moïse, comme il l'était chez les Egyptiens. Cela se rapporte, dans nos travaux , à la garde du Frère-Terrible, et aux demandes qui sont faites lorsqu'on ouvre la Loge.

Moïse
chargea les prêtres de l'instruction publique : il était naturel , dans un gouvernement théocratique, que les prêtres seuls dussent, dans leur intérêt, instruire le peuple. Voilà le beau temps que les vrais croyans dans la Bible attendent tous les jours. Moïse chargea les prêtres de la conservation des mystères, de la pratique des cérémonies religieuses, prescrivant que nul ne pourrait parvenir au sacerdoce qu'après avoir acquis les sciences analogues et les sciences occultes, c'est-à-dire les doctrines orales qu'ils devaient cacher très soigneusement aux autres Israélites, afin de conserver ieur gouvernement sacerdotal ou théocratique.

Nous conservons des instructions (36) orales dans une quantité d'Ordres philosophiques, qu'on ne communique pas aux autres Frères. Ainsi nous avons la légende : Je garde et moi je cache.

Dans le Deûtér. XVIII, 10, 20,
Moïse défend aux Lévites de consulter les devins et augures, ceux qui usent des maléfices, des sortilèges, des enchantemens, ou ceux qui ont l'esprit de Python, ou qui interpellent les morts pour apprendre la vérité. Observons ici tout en passant que Moïse, pour exprimer le mauvais principe , est forcé, pour ainsi dire, de se servir du même mot dont les Egyptiens se servaient, Typhon; les lettres sont les mêmes comme le son ; il n'y a que la transposition de la première et de la troisième lettre.

Jusqu'au commencement du Christianisme, et malgré les défenses de Moïse d'évoquer les morts (37), les
prêtres juifs se laissèrent souvent séduire par des rêves, par des interprètes des volontés des morts, comme les Evangiles en fournissent la preuve : néanmoins Moïse, et disons-le à sa louange, s'opposa à. toute divination dé songes ; ainsi, dans le Lévitique XIX, v. 26, il est dit : « Vous n'aurez point d'augures, ni d'autre genre de divination. » Cette sage prescription fut détruite par l'établissement des prophêtes juifs qui arrivèrent en foule après lui.

Les prêtres et les Lévites ne possédaient ni bestiaux ni terres, mais
ils avaient des bénéfices immenses : ils formaient, aux dépens des autres, la tribu la plus riche d'Israël. Ce privilège leur fut contesté par les autres tribus , qui voulaient avoir aussi leurs sacrificateurs et leurs prêtres. Après beaucoup de combats et de massacres, Moïse fit prendre douze Verges, sur chacune desquelles il grava le nom d'une tribu, indiquant par-là qu'un égal droit appelait toutes les tribus au sacerdoce. La Verge (38) d'Aaron fleurit ; ce signe prodigieux lui valut le sacerdoce, ainsi qu'à la tribu de Lévi ; les fils d'Aaron furent établis les Sacrificateurs ou Princes, et les Lévites furent chargés de la garde du Tabernacle. Ainsi, le privilège de plonger le couteau dans le sein de la victime était réservé à la succession d'Aaron. (Voyez les Nombres, aux ch. 7 et 8.)

Les
prêtres de Jésus-Christ se sont souvent servis de ce texte pour soutenir l'égalité des droits à l'admission des bénéfices ecclésiastiques. Les droits divins et les immunités ecclésiastiques éta blis par Moïse, que les Lévites soutinrent avec leurs épées, et que les prêtres de Rome adoptèrent ensuite, tirent leur origine de l'Egypte.

On lit dans Diodore de Sicile, liv. 2, ch. 1 : « Que l
es prêtres égyptiens assuraient que la déesse Isis leur avait donné un tiers de son royaume ou de l'Egypte, afin de les engager à rendre les honneurs divins à Osiris son époux , après sa mort. »

Les
prêtres égyptiens avaient joui longtemps de ce droit de possession ; mais lorsque ce gouvernement passa dans les mains des Rois, ils obtinrent, en indemnité de la perte de ce tiers du royaume, non-seulement des dîmes, mais encore l'exemption de toutes charges publiques.

Les
prêtres égyptiens ne payaient aucuns tributs ; ils étaient seuls chargés de les recueillir.

On a remarqué qu'avant la révolution française,
les revenus ecclésiastiques, en Europe, excédaient ceux des souverains, et même des sujets. En Espagne, le clergé possédait bien plus que ce qu'Isis avait donné jadis à ses prêtres. Ce royaume, en 1800, comptait cinq cent mille ecclésiastiques, sur onze millions d'habitans ; et lors de l'invasion de Napoléon , le Roi ne soldait pas cinquante mille hommes de troupes de ligne.

  SEPTIEME PARTIE

(25) Planche 1ere , n.° 16.

(26) Planche II, n.» 11.

(27) Le culte du Soleil , en Amérique, paraît avoir été établi avant sa séparation du continent.

(28)  Planche I., n.° 8.

(29) Planche VIII, n.° 16.

(30) En suivant les instructions du degré de M.'. Charbonier, on trouve un autre rapprochement avec les meurtriers d'Osiris ; ces instructions portent le nombre des épines qui composaient la couronne de notre divin M.-. Jésus à soixante-douze , et ses disciples à pareil nombre.

(31) Planche I.re n.° 18.

(32) Planche I.ere, n.° 18.

(33) Anthiocus détestant la haine que les Juifs portaient à toutes les autres nations , comme le rapporte Diodore, fit sacrifier, sur l'autel du temple de Jérusalem, un cochon, et fit répandre le sang de cette victime abhorrée par les Juifs, sur leurs livres sacrés.

(34) 11 paraît que ce baptême a fait partie de l'ancien sacre des Juifs.

(35) Mendès veut dire producteur, et non bouc, comme quelque savant, par erreur, l'a cru. Si l'on parle métaphysiquement, il signifie Dieu mâle. Les Egyptiens avaient consacré un temple particulier à cet animal, le plus sale que l'on connût ; il s'accoupla avec les femelles de tous les quadrupèdes. On en a vu même s'accoupler avec des volatiles femelles , quand elles ne se refusaient point à ses caresses. ( Carli , Lett. Amer. )

(36) Le Concordat du 27 décembre 1813, entre les deux grandes Loges d'Angleterre, et que nous donnerons dans l'ouvrage, en est une preuve.

(37) Les Juifs sont forcés , dans leur religion, de suivre, comme les critiques l'observent, les institutions des peuples qui les précédèrent dans la civilisation ; malgré la précision de cette loi, la Pythonisse d'Endor évoque l'ombre de Samuel, tout comme Diane fait sortir Hippolyte du tombeau.

(38) Les évêques chrétiens ont remplacé la Verge de Moïse par la crosse ; cette Verge se voit dans les mains d'Osiris. (Voyez la Table Isiaque. )

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 06:25

 Nous entrons maintenant dans le vif du sujet en abordant le personnage de Moïse, initié du Sacerdoce Egyptien, et qui imposa les mêmes règles au Peuple Israélite vivant en Egypte. Il a emprunté le thème de la Création à la Tradition Phénicienne qui possède elle-même un Adam avec un fils nommé Caïn. Il façonna la nation Israélite selon le concept Egyptien, l'isola du reste des nations pour mieux la dominer... il était en même temps Prêtre, Législateur et Roi. Et chose importante -qui expliquerait peut-être pourquoi il a fui l'Egypte-, il pratiquait le culte d'Osiris. Or, Amenophis IV venait d'imposer le culte d'Aton, vouait aux gémonies les prêtres osiriaques. Voilà un détail important pour les chercheurs. Voilà certainement la raison pour laquelle Moses quitta l'Egypte. Il était, comme les autres, persécuté. Ceci n'est pas dit dans le texte mais on peut le sous-entendre vu que nombre de gens cherchent encore pourquoi le patriarche a quitté son pays. Les Israélites étant eux-mêmes relégués par Amenophis dans la ville d'Avaris, à cause d'une maladie qu'ils avaient contractés. Sous la conduite d'un prêtre d'Osiris, ils se seraient emparés de toute la région environnante. Ceci se passait avant Moïse. Ce qui implique donc que certains prêtres osiriaques avaient décidé de protéger et de veiller sur ce Peuple honni par les Egyptiens. Le tout est de savoir pourquoi ils l'ont fait ? Dans quel but ? Et si nous nous posons tant de questions, c'est que nous "planchons" sur l'origine de "la servitude du Peuple Juif" -nos ancêtres- qui pèse encore sur ceux étant asservis soit à la religion judaïque, soit à l'idéologie du Sionisme. Déjà, Moïse dans le désert ordonna que les prêtres soient nourris et entretenus par le "contribuable" en parlant dans le jargon d'aujourd'hui. Et pour se faire obéir, ils ont  prétexté que c'était pour l'Eternel. On voit là le gros subterfuge et la grosse escroquerie qui se répercute jusqu'à nos jours.

Autre fait important, le sacerdoce chrétien s'inspire de celui de Moïse donc de celui d'Egypte, grandes similitudes avec la Maçonnerie.

Le chapitre V étant particulièrement long, nous l'avons découpé en DEUX parties.

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

 1ère partie

CHAPITRE IV.

 


Moïse, sauvé des ondes, trouve grâce près de Thermutis ; est admis aux mystères égyptiens ; quelques traits de sa vie ; il se met à la tête des Juifs, à leur sortie de l'Egypte.— La civilisation israélite date du désert.— Moïse est cru auteur de la Genèse et autres livres. Quelques remarques sur l'inexactitude de ces écrits.— Moïse donne aux Juifs le dogme d'un Dieu unique et des deux principes. — Distribution du peuple par Moïse en tribus , diverses ordonnances , comme ornemens pontificaux, prêtres , sacrifices , qui se rapportent à la Maçonnerie du jour. — Moïse ordonne des épreuves pour être admis à l'initiation ; leur secret rapport avec celle des Maçons. Moïse sacre les Lévites comme les Egyptiens ; attributs des Lévites et histoire de la Verge d'Aaron.


L'HISTOIRE ÉGYPTIENNE nous dit que Pharaon Orus , voyant que les Juifs se multipliaient extraordinairement (ce qui par la suite aurait pu  compromettre la sûreté de son royaume), pour en diminuer le nombre, les chargea de corvées, leur fit exécuter des excavations de canaux, et construire des villes entières. Ces dispositions ne servirent, qu'à augmenter leur population. L'Ecriture Sainte nous dit aussi qu'Orus alors ordonna aux Juifs de jeter dans le Nil leurs enfans mâles.

En admettant le fait pour vrai ,
les Juifs auraient été traités par les Rois égyptiens plus cruellement que les nègres des colonies dans les Indes, et si nous admettons son exécution par ces mêmes Juifs, il faut convenir que ce peuple élu était alors au-dessous des brutes ; car la plus faible défend ses petits, au risque même de sa vie, et nous lisons qu'il y eut une obéissance aveugle, de la part même des mères juives ; il n'y a que la démence ou la stupidité, qui puisse exécuter de pareilles décisions, qui renversent toutes les idées qu'on se forme de la société, de la religion, de la nature.

Moïse, selon la Bible,
fut exposé à périr par suite de cette ordonnance ; déposé par sa mère sur les bords du Nil, dans un panier de joncs, enduit de bitume, il y serait mort, sans la compassion qu'il inspira à Thermutis, fille d'Orus, qui se promenant près de ce fleuve, avait entendu les cris de l'enfant.

A la mort d'Orus, Thermutis lui succéda; elle fit donner à Moïse l'éducation qu'elle eût donnée à son fils: c'est par cet événement extraordinaire qu'il fut appelé Moïse, ou Sauvé des ondes, et qu'il fut
admis aux mystères et dans l'ordre des prêtres égyptiens.

Thermutis étant morte, Moïse perdit la faveur dont il jouissait, et, comme on vint à savoir (telle est l'expression biblique ) qu'en cachette il avait tué un Egyptien, pour se soustraire à la punition, il se sauva dans l'Arabie-Pétrée, contrée limitrophe de l'Egypte.

Moïse, dans son exil,
se maria avec la fille d'un Sacrificateur de Madian, chef d'une tribu arabe ; cependant lorsqu'il devint législateur des Juifs, il leur défendit le mariage avec des femmes étrangères et idolâtres. Cette défense ne fut pas observée par lui-même, puisqu'il épousa dans la suite Sephora, qui était Madianite et idolâtre. Salomon et d'autres Rois suivirent cet exemple.

Moïse , sur l'invitation d'
Aaron son frère et de Marie sa sœur, qui étaient restés en Egypte, y retourna pour se mettre à la tête des Juifs lorsqu'ils furent chassés de ce pays, ainsi que les mêmes critiques croient le prouver.

L'opinion que
Moïse fut prêtre égyptien, et que les Juifs furent chassés d'Egypte, est rapportée par plusieurs écrivains anciens.

Joseph Thistorien, contra Apion (21), lie. 1, ch. 9, 11, 12, dit que Maneton et Chèremont, historiens égyptiens, rapportent que les Juifs furent
chassés de l'Egypte , parce qu'ils étaient infectés de la lèpre; qu'ils élurent pour chef un prêtre d'Héliopolis, nomme Moïse, et que cet événement eut lieu sous le régne d'Aménophis.

Le même Joseph , liv. V, ch. 34, apud Photium, nous dit que Lysimaque , l'historien, était de la même opinion.

Diodore de Sicile , liv. XXXIV, dit, suivant une infinité d'historiens, et d'après leur autorité, qu'il se répandit en Egypte
une tabet (peste) qui contaminait les corps ; le Roi d'Egypte demanda à l'Oracle d'Ammon un remède ; celui-ci lui ordonna de purger son royaume de cette race de gens infectés, et de les renvoyer dans des terres étrangères.

Le même Diodore , d'après l'autorité d'Antiochus Epiphanes, dit que
cette race de gens infectés était la nation juive.

Tacite, dans son Histoire, liv.V, ch. 3, dit, d'après Lysimaque, que les Juifs furent
chassés à cause de la lèpre, et qu'ils élurent pour chef Moïse, prêtre d'Héliopolis.

Justin, liv. XXXVI, ch. 2 , rapporte la même chose sans variation. Strabon dit simplement que les Juifs se retirèrent de l'Egypte, sous la conduite de Moïse ,
qui était prêtre égyptien.

La fuite des Hébreux peut avoir été volontaire, comme leur sortie peut avoir
été l'exécution d'un ordre supérieur des Pharaons. Il est très difficile de prononcer sur cette question ; car l'Exode, au ch. XII, dit que ce fut contre le voeu de Pharaon que les Juifs sortirent de l'Egypte. D'après une tradition ancienne rapportée par Joseph, les Juifs relégués par Aménophis dans la ville d'Avaris, se seraient emparés de tout le pays qui l'environne, sous la conduite d'un prêtre d'Osiris, nommé Tisither ; et plus tard, par Moïse, lorsqu'enfin chassés derechef de l'Egypte , ils adoptèrent une nouvelle religion et envahirent la Judée. Josephe, contra Apion, liv. I.

Ceux auxquels les calculs de statistique sont familiers, croient
impossible le nombre de combattans juifs sortis d'Egypte; on est fondé à croire qu'il y eut, dans les copistes de la Bible, erreur de chiffre, et que les Juifs auraient pu être 6000, au lieu de 600 000.

On attribue à Moïse, comme nous l'avons déjà dit, différens livres de la Bible : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres ; ces œuvres ont une grande ressemblance avec les instructions des prêtres égyptiens ; le sacerdoce y brille à toutes les pages : c'étaient des prêtres qui devaient gouverner , selon son esprit, la nation juive ; néanmoins il y a apparence qu'outre les livres égyptiens, Moise avait lu l'Histoire phénicienne de la Création, par Sanchoniathon, prêtre de Beryte, qui vécut 907 ans avant Moïse et Sémiramis.

Par les fragmens de Sanchoniathon , on voit qu'il avait
établi que les Phéniciens étaient le peuple élu par l'Eternel, et le plus ancien de la terre ; sa création t commence aussi par un Adam, et son premier né est un Caïn. Néanmoins il est prouvé que ces fragmens rapportés dans différons ouvrages par les Hébraïsans, sont en contradiction avec l'Histoire mosaïque.

Des savans prétendent que le mot Sanchoniathon veut dire savant et philosophe, et comme aucun prêtre ne pouvait être nommé auteur d'un ouvrage, il est probable que c'est sous ce nom qu'on écrivit telle ou telle autre Histoire.

Des critiques veulent que
quelques erreurs se soient glissées dans les livres juifs, ou qu'il s'en soit égaré quelques chapitres ; car , ils ne peuvent concevoir comment Caïn, le premier né d'Adam, premier père des hommes, bâtit une ville au nord d'Eden, et aurait pu lui , donner le nom de son premier né Hénoc, pour perpétuer le souvenir de ce fait ; on demande des éclaircissemens, s'il est possible d'en obtenir ; on voudrait savoir où Caïn a été chercher les maçons et les ouvriers pour bâtir la ville, et les hommes pour la peupler; car, on voit, au ch. III, v. 21 de la Genèse , qu'à défaut d'ouvriers, Dieu même « fit à Adam et à sa femme des robes de peau. »

Dans la même Genèse, abandonnant la postérité de Caïn,
suivant celle de Seth, troisième fils d'Adam , et arrivant à sa dixième succession, c'est-à-dire au fils de Noé, on compte 1536 ans ; en supposant que toutes ces générations se soient multipliées (chose presqu'inadmissible, car les premiers pères des hommes ne pouvaient encore avoir pris les précautions nécessaires à leur multiplication et conservation ), il en résulte une totalité de 2048 personnes. Or, au ch. VI de cette Genèse, il est dit que les fils des hommes, par Adam, étaient extraordinairement multipliés sur la terre , et qu'ils avaient des filles ; que les fils de Dieu ayant vu les filles des hommes, ils en prirent à leur fantaisie pour femmes ; et dans le ch. V, v. 4, il est précisément dit : « que de cette union il est sorti des hommes puissans qui de tout temps furent géans de renom. » Après cette distinction précise de fils de Dieu et de fils des hommes, ou Moïse a oublié de nous parler de la création et apparition des fils de Dieu, ou la partie de la Genèse, qui décrivait cette race, s'est égarée.

Les critiques disent
qu'on se perd dans les calculs, si on veut suivre la Bible ; car elle est tout à fait hyperbolique et orientale. Aux Nombres, v. 13 et 21, et au Psaume LXXVII, v. 19-20, il est dit, en parlant des cailles , que les Israélites ramassèrent dans un reste du jour et la nuit suivante : « Le peuple en prit autant qu'il voulut, et ceux qui en avaient le moins , en eurent dix chômers». » Or, selon Calmet, Hist. Univ. , liv. II, ch. 102 , le chomer est égal à deux mille neuf cent quatre-vingt-huit pintes de Paris, 2988.

La capacité de la pinte de Paris est de 46 pouces cubes, comme il est dit dans le Traité d'Arithmétique décimale de M. de Palaisseau, page ; quarante-six pouces représentent donc pour le moins sept cailles. Or, dix chomers faisant 29 880 pintes, représentent le volume de 209 160 cailles :
en accordant un appétit excellent aux consommateurs, ils eussent mangé douze cailles par jour ; en conséquence, comme tous les Israélites participèrent à cette chasse, chacun en aurait ramassé pour avoir de quoi vivre pendant quarante-sept ans.

Moïse, avant son départ de l'Egypte, selon l'usage des Egyptiens, institua la Pâque, de laquelle il sera parlé dans la suite de cet ouvrage ; après cette cérémonie, il sortit d'Egypte à la tête des Israélites. Il fut obligé de faire de longues et pénibles marches à travers des déserts arides et des sables ardens, pour parvenir à une terre qu'il annonça comme (22) promise par Dieu au peuple Israélite ; dans cet intervalle , il tâcha de policer les Hébreux , en leur donnant des lois ; il les gouverna en prêtre, législateur et roi ; il chercha, par ses préceptes, à isoler la nation juive, et pour mieux la dominer, il la remplit d'une idée flatteuse, qui pût beaucoup contribuer à son but ; il lui persuada que Dieu même l'avait établie pour son peuple élu et chéri, et par ce moyen il prépara son gouvernement théocratique : pour assurer de plus en plus sa domination, il inspira aux Juifs une méfiance, un mépris, et même une haine invincible pour toutes les autres nations, afin qu'ils ne fissent aucune alliance avec des étrangers et individus d'autres religions; ce que les Juifs, malgré les péripéties qu'ils ont souffertes , observent même de nos jours.

Moïse,
après les institutions reçues des prêtres égyptiens, donna aux Juifs, pour fondement de sa religion et de son dogme, le culte d'un Dieu unique, du grand Jéhovah. auquel devaient se rapporter tous les voeux du peuple ; il admit aussi pour subsidiaires le bon et le mauvais principe, que les Juifs, à la suite de la captivité de Babylone, changèrent dans les anges de la lumière et des ténèbres, qui, dans la Bible, président aux quatre élémens et aux planètes, et que l'Apocalypse , ch. XII, v. 7, range en bataille; ce que l'on doit regarder toujours comme une allégorie, pour nous expliquer le contraste du bien et du mal physique, ou des susdits principes.


Plusieurs religions de l'antiquité honoraient le bon et le mauvais principe par des sacrifices. Des victimes blanches et sans taches étaient choisies pour le bon principe, pour le Dieu auteur et conservateur de la nature, pour le Grand-Architecte de l'Univers. On sacrifiait des victimes noires et de couleur au mauvais principe et aux Dieux infernaux et destructeurs. (Voyez l'Antiquité expliquée, par B. Montfaucon.)

Au Psaume XC, v.1, il est dit des bons anges, qu'ils sont destinés (23) à servir de gardiens aux hommes et à les conduire dans toutes leurs voies. Dans Daniel VII, v. 10, leur nombre est infini, et l'Ecriture en fait une armée innombrable ; les nations et les monarchies ont leurs anges tutélaires ; la synagogue eut l'archange Gabriel.

Dans l'Apoc. XII, v. 78,
Michel et ses anges combattaient le dragon et ses anges ; mais ceux-ci furent les plus faibles, et depuis ce temps-là ils ne parurent plus dans le ciel ; le dragon, qui est appelé le Diable et Satan , fut précipité sur terre, et ses anges avec lui. Les critiques disent qu'il faut être visionnaire pour admettre la réalité de ces combats. On les regarde quelquefois comme des descriptions poétiques ayant pour objet l'astronomie. Les livres bibliques sont remplis de paraboles et de métaphores ; le sens caché en était réservé aux savans et aux initiés.

Jamais les prêtres égyptiens n'ont cru à la réalité de l'assassinat d'Osiris, ni qu'un veau et un oignon pussent être des Divinités ; ils n'ont jamais cru à la réalité de Typhon, ni à un Dieu qui naît, meurt et ressuscite. Ils n'y voyaient que le Soleil et les effets de la nature.

Moïse distribua son peuple
en douze tribus, en commémoration des douze Patriarches qui le précédèrent, et gouvernèrent les Israélites avant leur sortie d'Egypte (24).


Moïse ordonna que les prêtres fussent
nourris et entretenus aux dépens du public, comme chez les Egyptiens ; il voulut qu'ils fussent habillés de lin, et que le Souverain Pontife portât, suspendue au col, l'image de la vérité (25), ainsi appelée par les prêtres d'Isis, et qui devait être en saphir. Cet ornement était composé de trois rangs de trois pierres chaque, qui donnaient le nombre mystérieux de neuf, lequel figure souvent dans nos grades et rites, et fut adopté particulièrement dans le Kadosch pour ornement sacerdotal.

A suivre...

Notes :

(21) Apion, écrivain égyptien, est un de ceux qui ont le mieux dévoilé le fanatisme et les absurdités des Juifs. Flavius Joseph, Juif de nation, et de plus de la caste sacerdotale , défendit les principes théosophiques de sa nation , cause des controverses;

 (22) Ce fut par le massacre total des naturels du pays , que les Hébreux s'emparèrent de la Judée.

(23) Il paraîtrait, d'après ce passage, que les Psaumes furent écrits après la captivité de Babylone , et non par David.

(24) Beaucoup de rites et de grades commémoreront ce fait.

(25) Planche 1ere , n.° 16.

 SIXIEME PARTIE

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 01:41

 Alors là, il est question des premiers hébreux, d'Abraham. La civilisation Egyptienne est très avancée et ils sont esclaves, vivant à part. On notera la tenue des prêtres Egyptiens en tout point semblable à celle que Aaron et ses Lévites instaurèrent dans le désert, si l'on en croit la Bible. Il faut savoir qu'un Egypte, il y avait trois castes. Celles des Prêtres, celle des Guerriers et celle du Peuple. Cette dernière était considérée comme moins que rien, comme les Parias en Inde. On les faisait travailler comme des bêtes de somme, les maintenant dans une ignorance totale afin de mieux les asservir, les mystères étaient réservés aux seuls prêtres. Ceci est consigné dans un autre vieux livre que nous avons dégoté... avec aussi à venir Le livre des Egarés de Maimonide traduit par Salomon Munk, une merveille. Mais comme il est impossible de les copier-coller... patience..

On notera aussi que le déluge avait eu lieu bien avant l'époque relatée dans la Genèse. Je n'en dis pas plus, le prochain chapitre est consacré à Moïse...

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

4ème partie

3ème partie

2ème partie

 1ère partie

 

 

CHAPITRE III


La prétention des Hébreux à une plus haute antiquité que les Egytiens , bien qu'établie même par la Bible et Rollin , est reconnue mal fondée par les monumens égyptiens , par les Chinois , et par les auteurs anciens. — Les Juifs , suivant l'Ecriture, ne formaient encore qu'une famille , et déjà l'Egypte brillait par ses sciences et ses arts. — On lit aussi que les Hébreux , multipliés en Egypte , ne furent que des pâtres , et cette condition était méprisée par les Egyptiens.

Les philosophes les plus accrédités de l'antiquité, comme ceux de nos jours , admettent la Création des Mondes par le Grand-Architecte de la nature ; mais ils nient formellement que l'Adam de Moïse ait été le premier père des hommes. Sans compter que ce nom fut inconnu à tous les peuples de l'antiquité , si l'on excepte les Hébreux , d'après la chronologie de la Bible , Dieu aurait créé cet homme précisément lorsqu'il existait déjà des nations policées dans la Chine , dans l'Assyrie et dans l'Egypte.

Cette Bible nous dit que les Hébreux se partagèrent la terre pour la peupler; et Rollin fixe l'année 1815, après la Création du Monde , dans laquelle , suivant lui , Menés ou Misphraïm , fils de Cham , fut le premier homme qui s'établit en Egypte, et dont les enfans furent (comme il est dit dans la Bible) les Egyptiens,
peuple inférieur aux Israélites dans toutes les branches scientifiques, politiques et religieuses.

Il est vrai que les prêtres égyptiens ont cru et écrit qu'il y eut un Menés, qui fut le premier roi d'Egypte, lui donna un culte et régla les cérémonies des sacrifices ; mais le
Menés hébreu ne s'accorde nullement ni avec Hérodote, ni avec les anciens écrivains. Pour les critiques anciens et modernes qui comparent le dogme et les sciences égyptiennes , leurs monumens connus et ceux qu'on découvre tous les jours par les fouilles continuelles , ils s'efforcent de nous convaincre que les lois des Juifs sont imparfaites, et que les édifices transmis à la postérité par les traditions israélitiques sont infiniment inférieurs à ceux des Egyptiens.

Ces mêmes critiques observent qu'il est impossible de pouvoir admettre que Menés ait été le premier habitant de cette Egypte; ils appuient leur opinion sur ce que, selon les livres bibliques, il n'avait qu'une poignée d'hommes, et était dépourvu de tout moyen pour se fixer dans un pays marécageux, qui devait être couvert d'animaux nuisibles, et infecté par un air empesté, résultats de la stagnation des eaux du Nil.

Le ciel d'Egypte n'était certainement pas dans l'origine ce ciel pur et serein qu'on y trouve aujourd'hui. Aussi longtemps que ce pays fut couvert de marais, et avant que les eaux n'eussent été détournées par de nombreux canaux, l'athmosphère dut être humide et malsaine. Des exhalaisons meurtrières s'échappaient de la Basse-Egypte, surtout du lac Sorbonis; ce qui faisait que les habitans appelèrent ces vapeurs l'haleine de Typhon, ainsi qu'il est dit dans Plutarque , Vit. Anton. , ch. 3.

Ces critiques demandent comment l'Egypte aurait pu recevoir sa première culture par Menés , tandis qu'il ne se serait écoulé, selon cette tradition. que trente - deux siècles , lorsqu'Homère , qui vécut cinq siècles seulement, après Menés, annonce l'Egypte comme étant très policée, partagée en royaumes très florissans , couverts d'une infinité de villes, parmi lesquelles on comptait Thèbes aux cent portes, de chacune desquelles on pouvait faire sortir en temps de guerre dix mille hommes, et deux cents chariots armés ; ce qui suppose une population de plus de cinq millions d'habitans
dans cette seule ville. D'après les chronologistes qui suivent la Bible , et même selon Rollin , Thèbes fut bâtie 45 ans après que Menés alla en Egypte.

Paul Lucas donne la description des restes d'un temple de Tentyra, une des moindres villes de l'Egypte ; cet écrivain (15) le croit bâti du temps des Pharaons; il dit que ses colonnes peuvent à peine être embrassées par huit hommes ; donc elles devaient avoir cent vingt pieds de hauteur, y compris la base et les chapiteaux. Cet édifice était d'une très grande dimension, car ses décombres ont formé une espèce de montagne, où on découvre les débris d'une ville bâtie, à la suite des temps, par les Arabes. Nous avons des estampes qui nous représentent les restes magnifiques de cette cité.

Par une comparaison bien aisée à faire avec les grands édifices connus, on se demande ce que devaient être les temples de Saül, de Thèbes et de Memphis ?

Aucune autre nation a-t-elle pu élever et exécuter de semblables monumens ? Ce ne furent certainement ni les Grecs, ni les Romains qui purent atteindre cette grandeur ou même en approcher.

Les mêmes critiques disent qu'il est impossible
d'accorder la Bible avec les anciennes histoires profanes ; ils nous demandent comment on peut expliquer ce que dit Rollin d'un Osimandias, qui, 54 ans après Menés, aurait bâti entr'autres un tombeau d'une magnificence incroyable, entouré d'un cercle d'or de 355 coudées de circonférence , sur lequel le système solaire était expliqué. Comment se rendre compte de tant de sciences et de richesses existantes aussitôt après Menés, que quelques-uns croient même fils de Caïn ? Il faudrait convenir, ou que le Menés de la Bible n'a pas été le premier habitant de l'Egypte, ou que, s'il l'a été, alors l'histoire d'Osimandias, qui est prouvée par des monumens, ne serait qu'un conte.

Plusieurs zodiaques prouvent aussi la haute antiquité de l'Egypte ; celui de Denderat, qui est à Paris, est un document qui n'admet pas de réplique, et
qui détruit toutes les époques (16) juives.

La Bible dans sa chronologie est
en contradiction avec celle des Chinois; ils avaient dans leurs archives des livres qu'ils disaient dater de trois millions d'années et plus.

La science astronomique était portée à une grande perfection chez plusieurs peuples, tandis qu'on n'a
aucune preuve qu'elle fût connue et suivie par les Israélites. Dans la Chine, deux astronomes furent condamnés à mort pour n'avoir pas prédit une éclipse qui devait arriver 2169 ans avant l'ère chrétienne. Remarquons que sous l'empereur Schuen-Hio, on fixa le commencement de l'année (17) au premier jour du printemps. Les chroniques chinoises rapportent un événement astronomique arrivé dans cette année, savoir que cinq planètes se trouvèrent en conjonction le premier jour de la Lune qui ouvrait le printemps. Le père Mailla, jésuite, a prouvé, parle calcul le plus détaillé, que la Lune, Saturne, Jupiter, Mars et Mercure se trouvaient en conjonction dans un espace de 11 degrés 58 minutes 55 secondes, sur 7 degrés de latitude à 7 1/2 heures du soir après la nouvelle Lune, le 9 février, 2461 ans avant notre ère, ce qui correspond parfaitement au règne dudit empereur et avec les époques de l'astronomie chinoise.

Malheureusement pour les Hébraisans, l'époque qui donne cette conjonction aussi évidemment prouvée se rapporte
à 132 ans avant le Déluge (18) de Noé ; il est à observer de plus qu'on trouve dans les archives des Chinois une suite non-interrompue de leurs monarques et de leurs observations astronomiques, qui toutes sont d'accord avec celles de nos célèbres astronomes : alors ce Déluge, décrit avec autant d'exactitude par la Bible, doit être d'une date bien antérieure aux époques où cet empire était très peuplé, partagé en vastes provinces avec des lois et un commerce soutenu par la monnaie qui était déjà en circulation. Carli, v. 2. pag. 76. Let. Amer.

Mais ce qui fixe l'admiration de tous les savans, ce sont les Pyramides d'Egypte qui étaient des temples élevés en l'honneur du Soleil, lequel figure dans différentes légendes égyptiennes; leur forme, leur dimension, la manière dont on les a orientées indiquent le génie qui présida à leur construction. On a prétendu
faire croire que ces bâtimens avaient été construits à l'usage des tombeaux des Rois égyptiens, par là on a voulu jeter une sorte de défaveur sur l'objet de ces monumens ; les Grecs le crurent, les Egyptiens ont cherché à les désabuser de cette fausse opinion ; mais les préjugés des peuples sont difficiles à déraciner; les Grecs persistèrent dans leur erreur. Ce qui avait donné lieu à cette méprise, c'est que, dans le fond de la Grande-Pyramide et dans quelques autres, on avait observé un caveau qui semblait destiné pour contenir le corps d'un homme : les Grecs ignoraient que, dans ces retraites on représentait, par des mystères , la mort réelle d'Osiris, sa déposition au tombeau et sa résurrection , ou les effets de la nature qui se renouvelle.

Ces critiques disent qu'il est rapporté par Maneton, que l'Egypte avait deux cent cinquante canaux qui la coupaient en tout sens, et la fertilisaient : quelques-uns avaient jusqu'à cinquante milles de longueur ; pour leur excavation, il avait fallu des milliers d'ouvriers et un temps incalculable. Les mêmes auteurs .prétendent qu'il en existe encore quelques-uns, malgré les ravages auxquels ce pays a été en proie , sous le double rapport des révolutions de la nature et de la politique. Le susdit Maneton, qui était grand-prêtre d'Héliopolis, vécut 300 ans avant Jésus-Christ ; il écrivit un poème sur
le pouvoir des astres qui président à la naissance des bommes, ainsi qu'une histoire de l'Egypte, qu'il avait tirée des écrits qui se trouvaient sous sa garde : cet ouvrage s'est perdu ; Jules l'Africain, qui était chrétien et qui vivait dans le second siècle de l'Eglise, fit une chronique, où il rapporta des extraits de cette histoire. Ce dernier travail n'existe plus, et nous ne connaissons l'esprit dans lequel il a été fait que par quelques fragmens rapportés par Eusèbe.

Pour ce qui regarde Menés, les mêmes critiques le croient un être allégorique, d'autant plus que ce mot veut dire le Soleil, lequel, selon les anciens, était la première cause de toute génération et de vitalité : c'est de ce nom que
le rite de Misraïm tire son étymologie. Ces mêmes écrivains veulent contredire l'époque donnée par les livres juifs à l'origine des Egyptiens, en s'appuyant sur les Egyptiens qui comptaient 36 525 ans jusqu'à  Nectanebo; celui-ci vivait 15 ans avant Alexandre le Grand; bien entendu qu'on comptait les années de 365 jours.

Platon,
en parlantdes monumens de l'ancienne Egypte, dit formellement
qu'il y en avait dont l'origine remontait à une date plus ancienne , de dix mille ans; et, dans son Critias, il prétend que ses lois existaient pour le moins neuf mille ans avant Solon.

Diogène de Laërce compte 832 éclipses totales de la Lune, observées par les prêtres égyptiens ; or, une éclipse totale n'arrive qu'après
223 années lunaires, c'est-à-dire après 18 ans solaires, plus 15 jours et 8 heures; ce qui donne une époque de 15 013 ans avant cet écrivain.

Ces mêmes critiques s'appuient du même Hérodote, qui se rendit à Memphis , à Héliopolis, à Thèbes, pour vérifier
avec les prêtres, uniques dépositaires des traditions, les généalogies des Rois d'Egypte , et qui rapporte que tous comptaient 341 générations jusqu'à Setos, sous le régne duquel Sennacherib attaqua cet empire, ce qui donnait une ère de dix mille ans depuis la domination de ces Rois qui s'étaient succédés jusqu'alors, et dont les noms les plus célèbres étaient éternisés par des monumens : cette ère ne renfermait pas le temps où les Egyptiens vécurent sous la théocratie , qui fut leur premier gouvernement.

En quittant un instant ce sujet, nous rapporterons ce que Porphire a laissé écrit après Chèremont le stoïcien, qui a vu que les prêtres égyptiens, de son temps, étaient partagés en trois classes , dont la première s'occupait à observer les cieux, l'étude à laquelle ils adaptaient leur théologie. La deuxième classe était celle des historiens : ils consacraient dans leurs archives les événemens civils, politiques et militaires. Cicéron nous dit que, jusqu'au temps de Publius Mucius, souverain pontife , les prêtres étaient chargés, à Rome, de consigner dans leurs fastes tous les événemens de la république, et Macrobe dit clairement dans ses Saturnales, liv. III, ch. XI : « Pontificibus permista est potestas memoriam rerum gestarum in tabulas conferendi. »

La troisième classe des prêtres égyptiens , d'après Chèremont, était composée de
prêtres vêtus de longues robes : ils se consacraient aux fonctions religieuses. Ces prêtres étaient différemment vêtus, selon les différentes divinités et mystères qu'ils suivaient. Les prêtres chrétiens conservent aussi, dans la célébration de leurs mystères , cet usage ; ils prennent une robe blanche à la commémoration d'une vierge ou à celle du Créateur brillant de lumière ; noire, à la commémoration de sa mort ; rouge pour son martyre, etc. etc.

Les anciens gouvernemens des Rois-Pontifes (comme on le trouve dans les anciennes annales),
veillaient à imprimer aux peuples qui étaient rangés sous leur obéissance, l'idée d'un Être Suprême créateur, conservateur de l'Univers. Ils présentaient le Soleil comme la source des biens physiques, la cause de la fécondité de la terre et de toutes les productions végétales et animales. Moïse a regardé ce gouvernement comme le meilleur des gouvernemeus possibles, d'autant plus que les anciens Egyptiens avaient considéré leurs anciens Rois-Pontifes, à cause de leurs vertus, comme des divinités; leurs livres n'avaient d'autre but que le bien général et particulier. Une colonne dans le temple de Thèbes vouait à l'indignation des Dieux le prêtre qui, au lieu de s'appliquer aux sciences, se livrait à l'oisiveté et à la sensualité. Il est bien naturel que les peuples, d'après ces principes , fussent intimement persuadés qu'on ne pouvait manquer à l'obéissance due aux prêtres, sans être puni dans cette vie, tout aussi bien que dans l'autre.

Mais suivons les critiques : Hérodote, dans son L. II, page 143 , assure que ces mêmes prêtres, dans leurs archives, outre la généalogie de leurs Rois, comptaient une pareille succession
de leurs Grands-Prêtres (19) ou Sacrificateurs. Les critiques actuels croient à la haute antiquité de l'Egypte , d'après le grand ouvrage publié par Denon, vrai monument de la gloire scientifique française et de la munificence de son gouvernement, qui, par des efforts honorables, a favorisé son exécution , et dans lequel on remarque, à toutes les pages, que les Rois et les prêtres égyptiens ont gravé sur leurs palais, temples , tombeaux, colonnes, obélisques, les images de leurs Dieux et de leurs hommes illustres, et de plus le spectacle du ciel, la science de l'astronomie, les préceptes sacrés de leur culte, et ceux de la société civile. Toutes ces sculptures, qu'on croirait imparfaites, excitent le plus vif intérêt; car elles nous présentent les premières et les plus anciennes traces que l'homme a laissées, à notre connaissance, sur la terre, et qui ont précédé cette civilisation antique de l'Asie et de la Grèce, qui a poli l'esprit et fourni des matériaux à toutes les lois civiles, politiques et religieuses de l'Univers.

Cosmus l'Egyptien, dans sa Topographia Christiana, page 161, dit que les hiéroglyphes égyptiens, sans être des lettres, sont
des symboles de lettres qui, en général , signifient quelque chose. Hermapion, qui doit avoir été Egyptien , fit la traduction des hiéroglyphes de l'obélisque du grand cirque de Rome, qui a été élevé à la gloire de Romsate, et Ammien Marcellin en donne, après lui, une explication, dont on peut voir la traduction dans L'Antiquité expliquée, par Montfaucon, tome II, page 260.

Tacite, An. L. II, § 60, dit que Germanicus se fit expliquer les figures d'un autre obélisque ; il nous dit qu'elles désignaient
les tributs imposés à chaque province ou nation, le poids de l'or et de l'argent, le nombre d'hommes et de chevaux qu'on exigeait pour la guerre, enfin les présens qu'on devait faire aux temples, en ivoire, parfums , froment ; les instrumens et ustensiles que les peuples avaient à fournir. L'homme, à ces époques reculées, enfant de la nature et sous la direction des prêtres, n'avait de lois que celles du besoin réciproque , et pour religion qu'un théisme pur.

Les
symboles qu'on lui présentait n'étaient pas destinés à le tromper, mais bien à lui indiquer, par ce langage muet, ce qu'il avait à suivre pour satisfaire à ses devoirs et à ses besoins ; aucune divinité n'en était l'objet : tout se rapportait au Grand-Architecte ; et comme l'état du ciel se rapportait à celui de la terre, on avait combiné, par des symboles, ses influences avec ses travaux champêtres.

Dans la Pyramide découverte dernièrement par le Frère Belzoni, notre ami intime, et qui avait été construite par Psanamitide, on voit sculptés sur les murailles, dans le premier salon, ses entreprises et ses exploits ; il conduit
captifs les Ethiopiens et les Juifs ; d'après ces faits , on est induit à croire que les Juifs furent, par la suite, considérés en Egypte comme les autres esclaves. C'est par cette raison que, dans la Bible, on les voit forcés ou à de laborieux ouvrages ou à vivre dans une province séparée des Egyptiens, dans la contrée de Gopen, errans comme de nos jours les Arabes bédouins, abrités sous des tentes comme des pâtres, sous la conduite de leurs Grands-Prêtres, qu'ils appelaient patriarches, et qui se succédèrent jusqu'à Moïse, suivant la Bible.

Les gardiens des troupeaux étaient regardés par les prêtres égyptiens avec mépris ( Genèse XLVI , ch. 34. ) On dirait qu'ils étaient les Parias des Indes, aussi méprisés par les brames. Hérodote dit qu'ils ne pouvaient entrer dans aucun temple, et qu'ils ne s'alliaient jamais avec les individus des autres castes, qui en agissaient de même à leur égard.

Le vaste et montagneux pays qu'ils habitaient n'était qu'imparfaitement soumis aux Pharaons, et
l'assujettissement de ces hordes errantes était toujours incertain et précaire. Voilà ce qui explique l'aversion des Juifs pour les Egyptiens, aversion que les prêtres hébreux entretenaient avec soin, et qui a fini par s'étendre à tous les autres peuples de la terre.

L'Ecriture même nous fournit la preuve que le peuple hébreu ne faisait qu'une seule famille jusqu'au temps de Jacob. La famille d'Abraham vécut à la manière des pâtres. Lorsque ce patriarche se sépare de son neveu Loth, il lui dit : Séparons-nous en bons amis ; et si vous allez au nord, je m'en irai avec mes moutons au sud ; et si vous allez en orient, je m'en irai au couchant. Et au chap. XII de la Genèse , lorsqu'Abraham, pressé par la famine, se retira de la Mésopotamie, et
alla en Egypte avec sa femme Sara, qu'il eut la fraude pieuse de faire passer pour sa sœur, il n'était que pâtre, ce qui est indiqué par les dons qu'il reçut de Pharaon. Ce Roi, épris de la beauté de cette Israélite, se la fit amener dans son palais ; ayant su ensuite qu'elle était femme d'Abraham, il la lui rendit ; et la Bible , au dit ch. XII, v. 16-19, dit, en parlant de Pharaon qui avait retenu dans son palais Sara pour sa femme : « Lequel (Pharaon] fit du bien à Abraham à cause d'elle (Sara), de sorte qu'il en eut des brebis, des bœufs, des ânes, des serviteurs, des servantes, des ânesses etdes chameaux. Pharaon dit aussi à Abraham :
« Pourquoi as-tu dit :
c'est ma sœur ! car je l'avais prise pour ma femme ; mais maintenant voici ta femme, prends-la et t'en vas. »

Par ce fait on voit
la confiance que les anciens patriarches juifs mettaient dans la fidélité de leurs femmes ; l'on voit encore que, si les Rois d'Egypte avaient des palais et faisaient les galans , ils mettaient aussi de la justice à ne vouloir point garder ce qui appartenait à un autre.

Néanmoins quelques critiques ne peuvent pas accorder avec la décence (dont tous les écrits théosophiques doivent être accompagnés), l'histoire des deux patriarches Abraham et Loth, qu'on lit dans la Sainte Bible. Le premier,
pour quelques moutons et quelques ânes, prostitue sa femme à Pharaon, et Loth commet sans nécessité un double inceste, en abusant de ses deux filles dans une coupable et complète débauche. Néanmoins ce fut Abraham qui, pour se conformer aux usages des Égyptiens , introduisit dans sa famille la circoncision, quoique d'après la Bible même il fût idolâtre (20).

A bien examiner la Bible,
le peuple hébreu n'est devenu nation que pendant son esclavage en Egypte ; sa civilisation ne date que de sa sortie d'arides déserts, lorsqu'à la même époque l'Egypte était un empire riche et puissant, dirigé par des lois, et dont les rois et les grands avaient des palais magnifiques, tandis que les Juifs n'étaient à l'abri du soleil et des frimas, que sous des tentes.

 

A suivre...

(15) Voici comme s'explique sur ces ruines le Frère Belzoni : « Il est probable que le Prince qui a jeté les fondemens de la Bibliothèque d'Alexandrie, qui a institué la Société des Philosophes, des Muses , et qui a cherché à se faire chérir de ses sujets , a érigé cet édifice pour laisser aux Egyptiens un monument de sa munificence et enchérir sur les constructions des Rois ses prédécesseurs. »

(16) La généralité des temples anciens qu'on a découverts en Egypte, contient des zodiaques sculptés ou peints. (Voyez Denou , Belzoni, etc. etc. )

(17) Censorinus , de Die Natal, ch. XXVIII, page 130 , édition Linderbray, après les observations de Ptolémée, dit que les Egyptiens avaient fixé le premier jour de l'année au lever héliaque de Sirius , au solstice d'été. L'année était de 565 jours 6 heures ; pour revenir au jour héliaque de Sirius, avec le solstice d'été, il fallait 1460 ans, ce qu'on a appelé le cycle sothiaque , qui, dans la langue égyptienne, signifie chien ; et de là on a dénommé cette étoile la canicule, qui nous indique ici les grandes chaleurs.

(18) Ce document infirme l'événement du Déluge à l'époque donnée par la Bible.

(19) A Thèbes, 545 prêtres s'étaient succédés de père en fils, depuis Menés jusqu'au temps de Hécatée de Milet : cette succession n'a pas été attaquée dans sa source comme celle des Grands-Prêtres de Rome, qu'on établit à 255 Papes, en commençant de St Pierre jusqu'à Léon XIT. — D'abord, il y en a qui prétendent que St Pierre n'a jamais été à Rome; que par les actes des apôtres il était évêque d'Antioche, en Syrie, et qu'il n'a jamais quitté le pays ; d'autres vont plus loin, et soutiennent que saint Pierre n'a jamais existé, qu'il est un être allégorique, et qu'il remplace  entièrement Janus, le portier du ciel des Païens.

(20) Différens degrés Mac.°. en Amérique plus particulièrement, commémorent ce patriarche, et divers traits de son histoire.

 CINQUIEME PARTIE

 

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 22:44

 

 La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

3ème partie

2ème partie

 1ère partie

 


Les auteurs anciens paraissent confondre les noms des divinités égyptiennes et romaines ; nous verrons même qu'on a confondu le culte de Sérapis avec celui de Jésus-Christ, et que les allégories subirent les mêmes éventualités. Quelquefois Apulée nomme Isis Cybèle, et dans d'autres circonstances Minerve, Vénus, Diane , Proserpine, Gérés, Junon, Bellone, Hécate et Rhamnusia, ce qui donne lieu de l'appeler Myrionyme ou la déesse à dix mille noms. Voici comme s'explique cet auteur ; il fait parler Isis : « Je suis la Nature, mère de toutes choses, maîtresse des élémens, le commencement des siècles, la souveraine des Dieux, la première de nature céleste, la face uniforme des Dieux et des Déesses; c'est moi qui gouverne la multitude lumineuse des cieux, les vents salutaires des mers, le silence lugubre des enfers; ma divinité unique, mais à plusieurs formes, est honorée avec différentes cérémonies et sous différens noms. Les Phrygiens m'appellent la Pessinontienne, mère des Dieux ; les Athéniens, Minerve-Cecropienne ; ceux de Chypre , Vénus - Paphiane ; ceux de Crète, Diane-Dyctinne ; les Siciliens, qui parlent trois langues, Proserpine Stygiane ; les . Eleusiniens, l'ancienne Déesse Cérès ; d'autres Junon ; d'autres Bellone ; quelques - uns Hécate ; il y en a aussi qui m'appellent Rhamnusia. Les Ethiopiens, les Orientaux, les Ariens et ceux qui sont instruits de l'ancienne doctrine , je veux dire les Egyptiens, m'honorent avec des cérémonies, qui me sont propres, et m'appellent de mon véritable nom, la Reine Isis. »


Un marbre qu'on a trouvé à Capoue, avec une inscription rapportée par Montfaucon, t. II, la qualifie ainsi : « Déesse Isis, qui êtes une et toute choses, » Arrius Babinus vous fait ce vœu. »


Cette inscription démontre que les Romains, qui étaient initiés aux doctrines égyptiennes, regardaient cette Déesse comme l'emblème de l'unité de Dieu et de l'Univers.

Les prêtres égyptiens tenaient toujours occupés leurs néophytes par différens emblèmes et par les allégories des trois vérités , qui étaient le fondement de leurs mystères, et qui rappelaient
les effets éternels et successifs de la nature universelle :
1° Que
tout est formé par la génération;
2.° Que
la destruction suit la génération dans toutes ses œuvres;
3.° Que
la régénération rétablit sous d'autres formes les effets de la destruction.

Selon la doctrine la plus généralement adoptée chez les Chinois, que l'on croit le peuple le plus ancien du globe, l'homme est composé de divers élémens, dont
la séparation a lieu par la mort, et dont chacun rejoint la masse universelle (Leibnitz, OEuv. IV, 206). Le sacerdoce n'inventa rien, il a su profiter de ce qui a toujours existé, il a trouvé dans la nature le germe de toutes les doctrines et de toutes les religions qu'il a établies en se prévalant de la faiblesse du coeur de l'homme. Le sacerdoce n'a donc fait que diriger plus tôt un développement moral qu'un autre.

Les doctrines dont je viens de parler, se conservent encore aujourd'hui dans nos institutions et nos dogmes, et elles sont expliquées aux Frères par les Vénérables, instruits des sciences anciennes et qui savent les adapter aux circonstances.

Le Frère Delaunay, dans son Tuileur de l'Écossisme ancien et accepté, donne un savant extrait du système
de la génération universelle des êtres, suivant la doctrine symbolique des anciens. On ne saurait assez consulter cet écrit.

Les doctrines de la génération, de la destruction et de la
régénération se manifestent clairement dans le 3e grade de la Maçonnerie universelle, dans les mots sacrés M.'. B.'. qui, vulgairement, sont traduites par « la chair quitte l'os », quand littéralement ces mots signifient produit de la putréfaction ; ce qui donne l'idée de la condition nécessaire au développement d'autres êtres et aux principes des nouvelles existences.

Les mêmes doctrines allégoriques se manifestent dans
les emblèmes du Maître parfait et dans ceux du Chevalier du Soleil ; le cercle explique la succession éternelle des êtres alimentée par la mort et la vie ; et le carré se rapporte aux quatre élémens qui détruisent et régénèrent les êtres et qui produisent les nouveaux placés au centre du cercle, reproduisant ainsi tout autre être végétal et animal.

De semblables doctrines se trouvent dans le catéchisme de R.'. R.'.+.'.+.'. de Kilwining, et y sont bien faciles à apercevoir, si l'on fait attention aux trois points majeurs qui se trouvent dans ces branches d'instruction :
1.° la
Création du Monde;
2.° le
Déluge;
3.° la
Rédemption du genre humain.
L'introduction de ces événemens se rapporte aux allégories égyptiennes de la
génération, de la destruction et de la régénération.


Ces mêmes doctrines se trouvent développées dans les instructions d'une quantité d'autres R.'. R.'.+.'.+.'. , et par les lettres initiales I.'.N..'..R.'.!..'. qui dans tous les rites ont une seule explication; malgré cela, dans plusieurs rites, on leur en donne une seconde, relative au but et à la destination du rite en sa spécialité ; comme dans le rite qui s'occupe des sciences occultes et hermétiques, ces initiales sont adaptées aux quatre élémens Iamin, Nour, Rouach, Iebeschal, qui signifient l'eau, le feu, le vent, la terre ; et dans le rite qui s'occupe de la chimie ces mêmes initiales sont interprétées par Igne Nitrum Roris Invenitur, où on les explique par un autre aphorisme Igne Natura Renovatur Integra.


L'élément du feu joue un grand rôle chez les Israélites ; dans la Sainte Écriture il descend du ciel pour consumer l'holocauste d'Abel, ensuite pour consumer celui d'Abraham ; il brûle Sodôme et Gomorrhe ; après il descend du ciel dans le buisson, qui brûle sans se consumer. Un tel miracle annonce la vocation de Moïse pour chef du peuple de Dieu, et le destine à le délivrer de l'esclavage. (Exode, ch. 3.) Ce feu descend encore pour consumer le sacrifice d'Aaron ; ce feu sacré seul devait servir à allumer les encensoirs qui devaient brûler en l'honneur du Grand-Jéhovah. Nabab et Abiu , fils d'Aaron et prêtres, s'étant servis d'un autre feu profane, furent dévorés par le feu qui sortit soudain de l'autel des parfums. ( Lévït. X , v. 8 , 9.) Le feu descend du ciel à la dédicace du temple de Salomon, et après à celle du second temple bâti par Zorobabel. D'après les règlemens de Moïse, on devait veiller à la conservation du feu sacré(12), comme il était pratiqué par les prêtres de Mythra , et qu'il le fut ensuite par les vestales.

L'élément de l'eau détruit le genre humain par le déluge ; l'eau submerge les Egyptiens, et fait place aux Israélites dans leur passage de la Mer Rouge. Les élémens de l'air et de la terre figurent souvent dans la Bible : nous invitons les curieux à lire les Catéchismes des sept Ordres de la Royale- Arche , à l'usage de la Loge de Baltimore ; ils y trouveront tous les passages de la Bible, et une infinité d'autres auteurs que nous laissons par brièveté.

Dans l'Allemagne et l'Italie , les F.°.F.°., admis jadis au degré de R.'. R.'.
+.'.+.'. , ont toujours porté au doigtun anneau, soit en or, soit en argent, sur lequel éaient gravés les initiales I.°.A.°.A.°.T.°., Ignis , Aer, Aqua, Terra ; ils entendaient, par un tel mémento , référer leurs doctrines aux trois vérités enseignées par les prêtres égyptiens. Des doctrines pareilles passèrent des Egyptiens aux Grecs ; on trouve que le philosophe Empedocle attribuait tous les mystères de la nature aux quatre élémens ; même il les a divinisés, en démontrant qu'ils étaient révérés par bien des nations sous différentes formes.

Les mêmes doctrines se trouvent aussi dans le Gr.°. Ecc.°. Quatre de ces signes portent les noms des quatre élémens, et
le mot de passe (13) se réfère aux quatre anges qui, dans la Bible , président aux élémens : Asdurel, Casmaran, Tarliud , Furlac. Le premier préside au feu , le second à l'air, le troisième à l'eau , et le quatrième à la terre.

Ces mêmes doctrines nous les verrons aussi dans la haute Maç.°.égyptienne, et elles rappellent entièrement lesdites vérités.

On est forcé de reconnaître que les doctrines que l'on suit de nos jours dans nos temples philosophiques, tirent leur origine des mystères et des doctrines égyptiennes : nous en conservons toutes les traces dans nos réceptions, initiations, et dans certains Ordres.

Nous prévenons nos Frères que lorsque nous parlerons, dans la suite, des dogmes égyptiens, de leurs mystères , de ceux de Moïse , de Zoroastre et de Jésus Christ, ce n'est pas dans l'intention de donner, en aucune manière, notre opinion personnelle , et encore moins celle de notre Ordre : tout Frère, quelque peu instruit qu'il soit, sait que la Maçonnerie reçoit indistinctement dans son giron tout honnête citoyen, tout sujet dévoué à son gouvernement et aux lois de sa patrie, quelle que soit, d'ailleurs, la religion à laquelle il appartient, la tolérance universelle pour les opinions religieuses étant une des bases de notre doctrine.

Nous serons obligés d'entrer de temps à autre dans ces considérations, pour éclaircir les doctrines anciennes de notre dogme, qui ont
tiré leur origine de celles des Egyptiens, introduites après chez les Israélites. C'est par cette raison que nous nous permettrons d'en faire des tableaux comparatifs avec nos mystères et paroles sacrés ; toutes ces digressions sont nécessaires pour expliquer plausiblement notre dogme, notre histoire , pour mettre en évidence les calomnies débitées de nos jours contre les doctrines maçonniques, et pour démontrer notre thème ; elles serviront aussi à détruire toutes les insinuations sourdes jetées contre les Chevaliers Templiers lors de leur destruction ; d'autant plus que, d'après plusieurs savans, c'est à ces Chevaliers qu'on devrait l'introduction , en Europe, de la Maçonnerie.

Dans cet aperçu, on trouvera aussi des faits historiques qui, pris isolément, pourraient paraître oiseux et étrangers à la matière : nous prions nos Frères de suivre avec attention notre plan, et nous espérons qu'ils nous accorderont que toutes ces choses devenaient nécessaires à son développement. Nous déclarons aussi qu'il est impossible de constater tous les faits que nous introduirons par l'histoire. Chacun sait que l'Europe eut des siècles de ténèbres, et que les historiens les plus accrédités, en parlant de notre matière, allèrent en tâtonnant, privés de guides sûrs. Néanmoins, nous ne dirons rien que l'histoire puisse contredire. Il est notoire aussi que les motifs historiques qui, à différentes époques, établirent la chaîne de nos grades et de nos différens rites, sont encore dans l'obscurité ; ce qui fait que des Frères intelligens, admis aux grades et Ordres les plus éminens, n'ayant pu obtenir un précis historique clair, ni les instructions nécessaires, les regardent comme des choses indifférentes et même qui choquent leur raison.

Les
mystères du jour, image des anciens, conservent encore leur loi orale, qui en faisait et en fait toute la science, et cette partie la plus sacrée n'a jamais été écrite ; ainsi, n'étant pas communiquée à tous les accolytes. il se trouve des Frères qui se récrient contre l'institution même qu'ils ne connaissent aucunement.

C'est aussi avec crainte que nous nous sommes livré à un travail dans une langue qui nous est étrangère : nous espérons que nos efforts exciteront l'émulation des hommes lettrés qui sont admis dans notre Ordre; aidés des recherches par nous puisées dans une foule d'ouvrages imprimés et dans des manuscrits maçonniques , ils pourront développer nos idées et
déchirer le voile ténébreux qui couvre notre histoire, des premiers temps du christianisme jusqu'au XIIe siècle.

On a beaucoup écrit sur la Maçonnerie ; mais jusqu'à présent aucun écrivain n'a cherché à rattacher l'histoire de cet Ordre à celle des opinions théosophiques et de l'esprit humain. Le champ est vaste ; nous ne nous engageons pas à écrire tout ce qu'on pourrait dire de la Maçonnerie, mais nous chercherons, s'il est possible , à mettre en évidence qu'elle est une société religieuse dont firent partie les premiers chrétiens, et
qu'elle existait avant même le christianisme. En conséquence, nous nous sommes appuyé sur la Bible , sur les Evangiles et l'Apocalypse , dont une quantité de mystères, paroles et emblèmes s'allient avec les nôtres.

D'autre part, on sera obligé de rapporter les sentimens des critiques de la Bible, de l'Evangile, de l'Apocalypse , et
plus particulièrement de l'Ancien-Testament ; ils le regardent comme un livre écrit dans l'esprit de parti pour flatter la seule nation juive, et prétendent qu'il est en contradiction avec les histoires contemporaines, et inexact dans les faits qu'il rapporte (14), ne le considérant que comme un livre mystérieux. Ils s'appuient même de saint Augustin , qui , dans son ouvrage de Gen. contra Manicheos , liv. I , ch. i , dit qu'il n'y a pas moyen de conserver le vrai sens
des trois premiers chapitres de la Genèse, sans attribuer à Dieu des choses indignes de lui, et qu'il faut avoir recours à l'allégorie, si on veut expliquer le sens littéral ; ces critiques disent encore qu'on n'aura jamais une leçon de vérité dans la conduite d'Abraham en Egypte, ni de générosité dans les guerres de Josué, et encore moins un exemple de pudeur, si l'on s'en rapporte aux histoires de Loth, de David et de Salomon.

Pour nous, nous regardons la Bible comme un écrit contenant des élémens excellens, et qui, sous certains rapports, se rattachent à la civilisation politique et religieuse du siècle.

Notes 

 

(12) Lëfitique, ch. VI, v. 12 , et au v. 13 : « On tiendra le feu continuellement allumé sur l'autel, et on ne le laissera point éteindre. » En Egypte, en Perse, à Rome comme à Jérusalem > le feu sacré était perpétuel.

(13) Le mot de passe, c'est-à-dire, le mot qu'on est obligé de dire même pour être introduit en loge et pour passer ; c'est un terme de convention.

(14) Voici les noms des critiques qui ont regardé la Bible comme un œuvre controuvé, ou qui attaquent les Evangiles et l'Apocalypse :
Alembert (d'), Hobbes, Argens (marquis d'), Mercier, Bayle, Messier, Boulanger, Mettrie (La), Condorcet (Carli), Mirabeau, Diderot (Dupuis), Montesquieu, Freret, Morel (l'abbé), Harpe (La), Payne, Helvetius, Prades (l'abbé de), Raynal (l'abbé), Saint-Evremont, Schussembourg, commenté par Bolyngbroke, Spinosa, Voltaire, Waston, Yvon (l'abbé), etc. etc.

 QUATRIEME PARTIE

A suivre...

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 22:27

 


 La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

2ème partie

 1ère partie

 

On trouve que Néron, dans son voyage en Grèce, visita le temple d'Eleusis, et voulut participer aux mystères; mais la voix du crieur lui défendit de passer outre : il respecta l'ordre et se retira. — Ce même Néron passant ensuite par Delphes, voulut interroger l'Oracle. La Pythie l'accabla de reproches , le mit au rang d'Alméon et d'Oreste, meurtriers de leur mère. Néron, transporté de colère, voulant que l'Oracle cessât à l'instant, fit couler le sang de plusieurs hommes égorgés à l'embouchure du souterrain sacré ; après quoi il le fit combler.


Constantin qui cherchait tous les moyens pour faire taire les remords de sa conscience , demanda l'initiation à Eleusis ; mais il ne la put obtenir. Est-ce là une des causes de la persécution qu'il fit éprouver aux anciens adorateurs de Jupiter et de Sérapis ? c'est ce que l'on développera dans le cours de cet ouvrage.


Le Hiérophante des mystères égyptiens représentait le Créateur ; il portait en sautoir une plaque sur laquelle étaient gravés ces mots : Vérité, Sagesse, Science. Sa veste était de pourpre brodée ; un diadème éclatant de pierreries qui formaient des caractères expliquant la puissance de Dieu, ornait son front. Une robe de lin blanche, fermée par une ceinture de différentes couleurs, composait le vêtement dont il se servait dans ces cérémonies.

Lorsqu'un initié admis aux grands mystères était devenu prêtre, toute illusion cessait : les instructions consistaient à lui faire connaître la faiblesse humaine , « les opérations savantes de la nature, le cours des astres, et l'ordre de l'Univers.» Toutes ces connaissances portaient le candidat nécessairement à reconnaître le Grand-Architecte de l'Univers. Les prestiges des cérémonies mystérieuses cessaient d'abord ; l'acolyte n'était plus soumis qu'à l'explication des vérités sûres et générales, basées sur la philosophie la plus épurée. Un simple autel dans un jardin enrichi par les dons de la nature, environné d'arbres dont les cîmes se perdaient dans les cieux, était le nouveau temple où l'initié était introduit. Les prêtres, habillés d'un simple surplis, faisant un demi-cercle autour du candidat, semblaient, par leur simplicité, rougir de leur orgueil et des prestiges qu'ils venaient d'employer à son égard ; le néophyte concevait alors que les prêtres étaient obligés de se conduire ainsi, pour exercer leur empire sur un peuple ignorant, auquel la  saine politique, suivant eux , défendait de faire connaître la vérité ; c'était par cette raison qu'il fallait le tromper par des prestiges , des oracles et des divinations.


Dans tous les rites de la Maçonnerie, et particulièrement dans l'Ecossisme et les grades qui en dérivent, on a conservé les formalités des épreuves des mystères égyptiens ; l'enseignement est le même, le résultat auquel on prétend est le même , avec cette différence que les anciens prêtres initians faisaient partie du gouvernement, en étaient même le ressort et l'âme, et possédaient des emplacemens très vastes, annexés à leurs temples, où le peuple n'avait point le droit d'entrer. Les prêtres, à l'aide de leur puissance et des sciences physiques qu'ils exerçaient, pouvaient, de toute manière, s'assurer du caractère des néophytes ; car l'initiation était la base des religions anciennes, comme elle l'est de la Maçonnerie.

CHAPITRE II.


De l'ancienne initiation chrétienne; ses rapports avec l'égyptienne .— Parallèle des mystères égyptiens et chrétiens dans Hérodote. — De la moderne initiation de Rome. L'initiation égyptienne recherchée par les hommes les plus illustres de l'antiquité. Pythagore initié en Egypte ; les Carmes et les Juifs le veulent de leur communion. Xamolxis établit en Scythie les mystères égyptiens. — Hippocrate initié ainsi que Thémistocle. Sentiment des anciens philosophes et des Saints - Pères sur l'initiation. Marc - Antoine, Cléopâtre, Adrien , Antinous, initiés. Le Dieu des prêtres égyptiens. Leur doctrine sur la matérialité des êtres. — Doctrines des Chinois en rapport avec l'égyptienne et avec celle des Maçons du jour. — Les quatre élémens figurent dans les mystères anciens. — Quelque rapport des initiations égyptiennes et maçonniques. — La loi orale fait une partie de ces mystères.


Ce n'étaient pas les seuls prêtres d'Isis et de Cérès qui communiquaient les vérités philosophiques et les secrets de la nature, et qui en usaient de cette manière dans leurs dernières initiations aux grands mystères. Les Juifs suivaient la même marche (voyez L'Ecclétïaste, ch. IV, v. 100, édit. de Louvain, 1550), et Photius rapporte des fragmens de Jean Stobée, qui vécut au v.e siècle, où, en parlant de l'initiation aux mystères chrétiens , il la représente comme si elle était la fin de la vie profane et la mort du vice. Le néophite arrivé aux limites de cette vie ne trouve aux portes de l'initiation que craintes , marches pénibles et obstacles qui l'environnent ; mais ces travaux passés, une lumière céleste frappe ses yeux , il découvre autour de lui un spectacle enchanteur, une campagne riante ; des choeurs accompagnés d'une musique mélodieuse, flattent agréablement
ses oreilles ; des visions saintes lui apparaissent
, il est initié , il est revêtu du caractère d'élu par son admission, il n'est plus l'esclave des craintes ; il est couronné, il est triomphant, il est admis à la science sublime des doctrines sacrées (de la reproduction des êtres qu'on a couverte d'un voile par l'allégorie ) de la Résurrection.


Telles étaient à-peu-près les anciennes initiations chrétiennes originaires des prêtres Coptes , comme on peut le voir dans Diodore de Sicile, Pline, Jean Stobée et autres.


On trouve bien des rapprochemens marqués entre les mystères des anciens initiés égyptiens et ceux des Juifs-Chrétiens.


Hérodote, qui était initié lui-même, en parlant des mystères égyptiens, se garde de donner certaines explications; il parle d'un tombeau et d'un homme sacrifié dont il dit devoir taire le nom. Il décrit ce tombeau étant dans l'enclos du temple , où se trouvaient des obélisques et des figures symboliques et, en outre, devant le sarcophage, il y avait un lac circulaire environné d'un parapet : c'était là que les prêtres égyptiens célébraient leurs mystères secrets , en donnant la représentation des souffrances d'un Dieu fait homme qui était le simulacre du Dieu lumière , mis à mort par Typhon, prince des ténèbres ; il raconte ensuite qu'après sa mort le cadavre était déposé dans le tombeau, et que sa rérurrection réelle s'opérait immédiatement au milieu des éclairs et de la foudre , comme par enchantement.


Hérodote donne ces faits pour réels, quoiqu'ils ne fussent que des allégories du système solaire, et ce qu'il rapporte comme historique n'était qu'une fiction sur les saisons. Les souffrances étaient les courses du soleil pendant l'été; la mort, l'image de l'automne; le tombeau où on cachait le corps représentait l'hiver ; la résurrection du héros des mystères n'était autre chose que l'image du printemps. L'affliction était causée par la mort ou l'absence du dieu Soleil, comme la réjouissance était occasionnée par sa réapparition.


Ces mystères étaient communs aussi aux Perses : les prêtres criaient à la déposition de Mythra dans le tombeau : « Sa mort a fait votre salut. » Tels étaient les mystères d'Osiris , de Bacchus, d'Adonis ; les sacrifices qui se pratiquaient étaient une représentation de leur mort, de leur résurrection, et même de l'immortalité à laquelle ils étaient passés. Dans tous ces cultes divers le Soleil était donc l'objet de l'allégorie, qui fut dans la suite défigurée par la croyance à la mort et à la résurrection réelle du héros.


On est frappé de la ressemblance des mystères des initiés au sacerdoce de Rome chrétienne, avec ceux décrits par Hérodote ; mais ce qui les rapproche le plus, c'est que les initiés aux mystères égyptiens et chrétiens devaient et doivent, avant leur représentation, se soumettre à des épreuves de jeûnes et de macérations, ainsi qu'à une vie tout-à-fait contemplative.

Des philosophes et poètes étrangers se rendaient en foule en Egypte pour se soumettre à ces épreuves, et parvenir ainsi à ces initiations , convaincus qu'ils étaient de tout le prix des sciences et des mystères qu'on y apprenait : le dernier Grec illustre initié en Egypte fut Pythagore, de Samos, né 692 ans avant Jésus-Christ. Pour être admis aux grands mystères d'Isis, et pour pouvoir apprendre des prêtres égyptiens l'astronomie et la divination, il consentit à se faire circoncire ; il subit cette douloureuse opération déjà âgé, car il était Athlète (9). C'est en se soumettant à toutes ces rigueurs de l'initiation et en se faisant admettre aux mystères égyptiens, que Solon , Zoroastre, Platon, Moïse même, purent apporter dans leur patrie un culte et des lois qu'on voit frappées au coin de celles de Memphis et de Thébes.

En 1682, les Carmes à Beziers soutinrent dans des thèses publiques que Pythagore avait été moine et membre de leur Ordre. (Voyez les OEuvres complètes de Voltaire, édition de Baie, vol. 35, pag. 19, article Thérapeutes.)


Les Juifs, avant les Carmes, avaient prétendu que Pythagore avait voyagé en Judée, et qu'il s'était fait initier dans la secte des Esséniens.


L'abbé Terrasson, dans son second volume de Setos, édition de Barbier, à Paris, nous rapporte une foule de traits qui démontrent le rapport de la mythologie grecque avec l'égyptienne. Mais lorsqu'on eut perdu la signification des symboles, ces allégories devinrent obscures , car les théories des sciences étaient transmises par ces symboles ; ainsi, leur signification perdue, l'on a perdu la clef de ces connaissances. Les emblèmes Egyptiens étaient relatifs à leur astronomie, à leurs lois, à leur localité et à leur agriculture ; par conséquent, ces savans grecs ayant rapporté ces mêmes allégories mythologiques chez eux, elles devinrent obscures et inutiles, tandis qu'elles servaient au développement de la religion, des sciences et de l'agriculture en Egypte.


Nous ne rapportons que l'histoire fabuleuse de la Cérès grecque et de l'égyptienne, et on trouve la première dans les Métamorphoses d'Ovide : Neptune veut jouir de sa sœur Cérès, qui à la suite se cache honteuse dans une grotte. Pan, ou le Soleil, la découvre, va en avertir Jupiter qui envoie les Parques pour la consoler. En Egypte, Typhon jouit de sa sœur Isis : elle se cache, éplorée et fécondée, dans un souterrain; elle est découverte après par ses bienfaits et par sa gloire. Typhon, qui s'accouple avec Isis, est l'élément de l'eau qui rend féconde l'Egypte. Isis représente aussi le grain qui, après l'inondation du Nil, est ensemencé et caché pendant un temps déterminé, et qui, par son développement, cause les bienfaits qui consolent les hommes.


Les mystères égyptiens passèrent en Scythie. Xamolcis, Grec de nation, esclave de Pythagore, et qui l'accompagna en Egypte, rendu à la liberté, s'en retourna dans sa patrie : il y fit bâtir un temple souterrain , où, d'après le culte égyptien, il instruisit sa nation dans les mystères. Il fut le chef des Plytes (corporation mystérieuse ), que l'historien Joseph a comparés, pour leurs vertus, aux Esséniens.


Hypocrate ( suivant Saranus ) ayant délivré la ville d'Athènes de la peste qui la désolait pendant la guerre du Péloponèse, fut initié aux mystères d'Eleusis pour sa plus grande récompense ; ensuite il fut reçu citoyen par les Athéniens, qui lui accordèrent, ainsi qu'à ses descendans , une pension.
Thémistocle (10) fut initié
aux mystères et à la doctrine des Mages, qui, dans le fait, n'était qu'égyptienne.

Les auteurs les plus anciens conviennent que « le but » de l'initiation est de lier l'homme à Dieu et à l'ordre du monde. » Salluste Phil , c. 4 , — et Proclut in Tim. , prétend que « l'initiation sert à retirer l'âme de la vie matérielle , et à y répandre la lumière divine. »


Si l'on se rapporte aux Saints-Pères sur l'initiation , ils en parlent à double sens ; car lorsqu'ils donnent quelqu'indice sur la science des prêtres égyptiens , ils soutiennent que ces prêtres étaient des magiciens, et que s'ils faisaient des miracles, ils avaient recours aux esprits infernaux pour leurs opérations diaboliques. Il a fallu que le Dieu des Juifs opérât un miracle, pour que Moïse pût les surpasser.


Ce ne furent pas les seuls philosophes qui cherchèrent l'initiation égyptienne : au temps où ce royaume allait devenir province romaine, Marc-Antoine fut initié aux mystères d'Osiris , lesquels, comme ceux de Bacchus, représentaient le Soleil. Plutarque nous dit que Marc-Antoine fut appelé en Egypte le nouveau Bacchus ; le même historien nous apprend que Cléopâtre portait l'habit sacré d'Isis , ce qui est l'équivalent de dire qu'elle était sa prêtresse. Une médaille de Cléopâtre la qualifie de jeune Déesse Dea Neotera. Xilander , qui a interprété ce passage de Plutarque , dit que cette Reine prenait l'habit sacré d'Isis, et prononçait des oracles au nom de la nouvelle Déesse.


Adrien fit élever en Egypte des temples à Antinoüs, qu'on a dit s'être dévoué pour lui à la mort, et y institua en son honneur des prêtres et des mystères ; ce qui porte à croire que tous les deux y avaient été initiés, d'autant plus qu'Adrien rendait aussi des oracles dans les temples ; ce qui faisait dire aux Saints-Pères de ce temps-là, qu'il y avait tant de faux prophètes.

Les prêtres égyptiens enseignaient qu'un Dieu unique et suprême avait conçu le monde par son intelligence , avant de le former par sa puissance et par sa volonté.

Cette sublime idée de l'unité de Dieu, toutes les religions la doivent à la philosophie égyptienne, non au judaïsme, comme quelques écrivains l'ont imaginé, et comme nous le verrons par la suite.

Les prêtres égyptiens assuraient et démontraient à leurs néophytes que rien de ce qui est mortel ne peut être Dieu. Tel est le sentiment de Plutarque en parlant d'Isis et d'Osiris. Ce sentiment fut celui des philosophes grecs et romains, comme on peut s'en assurer dans Pythagore, dans Cicéron et dans Lucrèce, en son premier livre de Naturâ Deorum. Nous verrons les Ch.'. Templiers accusés de suivre cette doctrine.

Les mêmes prêtres admettaient que ce Dieu unique avait coordonné deux principes pour l'entretien du monde, la destruction et la régénération de toutes choses, la lumière et les ténèbres , le bien et le mal physique ; ce qu'on lit aussi dans Lactance, lequel, par une allégorie, explique que Dieu a partagé le monde à l'amiable avec le Démon; voulant par —là dire que Dieu est la source du Bien , que le Démon est la source du mal physique, et qu'il a établi un équilibre entre ces deux principes.

Les prêtres égyptiens bâtirent un temple dans lequel on adorait la divine Sagesse (11), où l'on ne pouvait pas humainement, selon eux , décider quelle était sa forme ou sa puissance ; et ils y placèrent, pour ce motif, cette mémorable inscription, qui pétrifie notre orgueil : « Je suis tout ce qui a été, ce qui est, ce qui sera, et jamais mortel ne percera le voile qui me couvre. » Voyez Plutarque, qui dit que cette inscription se trouvait sur le pavé d'un temple à Sais, dédié à Isis, qu'on nommait de son temps Minerve.

Nous rappelons cette importante vérité dans le degré de la Royale-Arche. Le précieux Delta est caché sous neuf arches, le quatrième s'appelle Ehieh , un des attributs que la Bible donne à Dieu , qui signifie : « Je suis, je serai. »

Notes :

(9) Voyez Clément d'Alexandrie et Dacier, Vie de Pythagore.

(10) Plut, in Themistoele.

(11) Un degré philosophique est appelé de la sagesse.

TROISIEME PARTIE

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 22:01

Il existe des tas de vieux livres qui nous apprennent beaucoup de choses. Beaucoup plus que ce que l'on peut lire actuellement. Le moins que l'on puisse dire c'est que les écrivains du 19e siècle, versés dans la Tradition et cherchant la Vérité, possédaient moins la langue de bois que ceux de notre époque. Le Fr.°. Reghellini de Shio prouve que la Franc-Maçonnerie s'est inspirée de la Religion Egyptienne qui a elle-même inspirée la Religion de Moïse et que la religion Chrétienne tient des deux. Un livre très intéressant, fourmillant de détails certainement ignorés par le plus grand nombre et où la "Jeunesse" apprendra beaucoup...

 

 La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

 1ère partie

La haine, que la Cour de Rome porte à la paisible et bienfaisante Fraternité des Maçons, est prouvée par plusieurs bulles papales, par quantité d'articles de journaux apostoliques, et enfin par tous ces ouvrages ténébreux et remplis d'inepties, que l'on imprime tous les jours.


Le plus audacieux, le plus injuste, le plus éminemment calomniateur et faux de ces écrits, est sorti des presses de la veuve Duviviers et fils, à Liège, à la fin de 1826, et porte pour titre : Le Voile levé pour les Curieux, ou Histoire de la Franche-Maçonnerie. Cet ouvrage dénonce, à l'aide de fausses mputations, les Frères Maçons à tous les Souverains de la terre, les calomnie de toute manière , les accuse d'être les auteurs de toutes les révolutions qui ont eu lieu en Europe ; il les déclare ennemis de tout gouvernement et de toute religion, auteurs de tous les crimes : et par ces imputations calomnieuses, il signale des victimes innocentes au glaive des despotes soupçonneux, aux foudres de Rome et aux poignards de ses Séides; il tente d'armer et de soulever le monde entier contre la Fraternité, et jette l'alarme dans toutes les classes de citoyens et dans tous les pays.

 

 

 

 

Cette étrange et scandaleuse production, tout en flétrissant l'honneur de cette Société, s'érige en panégyriste des Jésuites, se plaint des gouvernemens qui les bannissent, particulièrement de celui des Pays-Bas, qui, veillant au maintien de ses lois et de la tranquillité publique, refoule, sur le pays dont ils sont sortis, ces vampires religieux et politiques que l'on voit, à chaque instant, chercher à pénétrer clandestinement parmi nous, armés des brandons de la discorde, mais couverts du masque de l'hypocrisie, et cachant leurs coupables projets sous les apparences de la religion.

La charité de cet écrivain apostolique a passé sous silence tous les procès intentés contre les Jésuites par les différens Princes de l'Europe, et qui constatent l'esprit de rébellion qui les a toujours animés ; elle a oublié l'histoire , qui représente partout ces apôtres comme visant à la domination de la terre, en conseillant et confessant les Rois, dont plusieurs périrent victimes de leur ambition, et nous laisse ignorer leurs nombreux parricides, et entr'autres ceux commis par leurs affidés Gérard et Parane.

Après tant d'incriminations contre la Fraternité , il a été nécessaire de soulever un coin du voile qui couvre toutes les machinations des ennemis de notre Ordre. On a même été conduit à démontrer sur quoi se fonde le pouvoir de la Cour de Rome et de ses orgueilleux mandataires; on a été obligé de remonter à l'origine de ces Lévites établis pour gouverner quelques tribus errantes, et de prouver que le gouvernement des Hébreux, comme celui des peuples nomades et sauvages, fut celui du Sacerdoce, et que, si les Juifs ont eu des Rois, ceux-ci n'avaient qu'un simulacre d'autorité publique, n'étaient que le jouet des prêtres et des ressorts cachés qu'ils faisaient mouvoir suivant leur volonté et dans leur intérêt.

Comme l'un de nos statuts défend de discuter les matières religieuses, se fondant sur les doctrines évangéliques (1), « que si quelqu'un aime à contester, nous n'avons pas une telle coutume, ni les Eglises de Dieu » (St. Paul, Epît. aux Corinth., ch. XI, § 16), nous qui croyons, par notre dévouement à la morale de Jésus, que nous sommes les vrais Chrétiens et les enfans de l'Eglise de Dieu, et qui n'aimons pas les disputes, nous déclarons que ce n'est que pour défendre notre Fraternité que nous écrivons sur cette matière, que nous dévoilons le tableau des usurpations et des envahissemens du pouvoir de ces héritiers présomptifs d'Aaron, et que nous prouvons leur conspiration permanente contre le pouvoir civil.

Nofre exposé s'appuie sur l'Ancien et le Nouveau-Testament ; nous nous sommes bornés à rassembler une petite portion des faits qui condamnent l'usurpation mondaine de ces dispensateurs des grâces du Ciel et des trônes de la terre.


Nous avons été forcés de parler des mystères et des doctrines Egyptiennes, que les Hébreux adoptèrent en partie ; nous avons fait mention des doctrines, dogmes et mystères des premiers Juifs-Chrétiens, tels qu'ils les pratiquaient il y a dix-huit siècles ; nous avons été obligés d'exposer de quelle manière s'est établi le colosse sacerdotal de Rome armé de toutes ses foudres.


Nous avons indiqué que la morale de Jésus et la pratique des vertus qu'il ordonne, sont les fondemens de la Fraternité des Maçons ; l'histoire a été notre guide pour prouver que les évêques et les prêtres de Rome ont toujours été et sont encore intolérans, qu'ils étaient les persécuteurs des sociétés chrétiennes et philosophiques qui parurent aux premiers siècles de la chrétienté ; que ces sociétés, et leurs doctrines répandues en Europe, furent restaurées par les Chevaliers Croisés , qui les prirent en Syrie, en Egypte et en Palestine.

Notre seul but est de nous rendre utiles, même à nos plus implacables ennemis. Nous leur démontrons leur orgueil, ainsi que le ridicule de leur prétendue infaillibilité, et que lors même qu'on voudrait s'en rapporter au Nouveau-Testament, tous les Chrétiens sont prêtres et sacrificateurs, avec un droit égal au Sacerdoce. (Révélation, ch. 1er, § 6.)

La lecture des livres saints prouve que l'autorité papale n'est qu'une chimère; les prêtres cachent avec mystère la Bible qu'ils disent leur accorder tant de pouvoir ; mais consolons-nous; grâce à la Société Biblique, ce livre se répandra partout et finira par éclairer les Chrétiens sur les vérités qu'on cherche à leur cacher. Après avoir démontré, par l'histoire et les Ecritures, les abus et les innovations de Rome, ses persécutions envers les Chrétiens, qui suivent la doctrine primitive et au nombre desquels sont comptés les Maçons, nous donnons ensuite les conventions qui ont réduit à une parfaite unité tous les rites de la Maçonnerie, et nous en offrons une espèce de statistique.

Nous terminons par un aperçu des cérémonies des Chrétiens de Rome, comparées à celles qui ont lieu dans différens rites maçonniques, afin que l'homme le plus instruit puisse en faire l'analyse par des comparaisons qui seront très utiles pour affermir sa conscience, éclairer sa dévotion et enfin fixer son jugement (que nous nous gardons bien de donner par anticipation), sur la préférence que ces cérémonies méritent les unes sur les autres. Nous concluons par l'ancienneté des mystères maçonniques, par l'évidence de notre morale, et donnons la preuve que la Maçonnerie conserve en elle bien des emblèmes, signes et doctrines des Religions Egyptienne, Juive et Chrétienne.

 

LA MAÇONNERIE, CONSIDÉRÉE COMME LE RÉSULTAT
DES RELIGIONS EGYPTIENNE, JUIVE ET CHRETIENNE.


CHAPITRE I


Opinion des différans écrivains sur l'origine de la Maçonnerie. Le plus grand nombre est d'opinion qu'elle dérive des Egyptiens. — L'Egypte , berceau des sciences et des arts. — Origine des initiations chez les differens peuples. De celles des Égyptiens , comparées avec la maçonnique. L'initiation n'était pas accordée indistinctement chez les premiers Chrétiens et chez les Grecs. L'initiation refusée à Néron et à Constantin. — Les doctrines communiquées aux anciens initiés en Egypte sont conservées dans les initiations maçonniques.


Si un grand nombre d'écrivains ont donné des Mémoires sur l'origine de la Maçonnerie. plusieurs ont extravague dans leurs narrations; M. de Saint-Martin prétend que cette institution et sa science ont été créées avec l'Univers. Smitz veut qu'Adam ait été le dépositaire de la science maçonnique, et qu'à sa création il ait reçu de Dieu même ses institutions, c'est-à-dire la Loi naturelle.

D'autres veulent que la Maçonnerie ait été fondée par Romulus, à Rome ; quelqu'un prétend même qu'elle fut seulement établie dans cette ville du temps de Jules-César, tandis que d'autres ont cru qu'Auguste se fit initier à Athènes après la bataille d'Actium. Warburston et Bartholi ont cru voir une allusion à l'initiation maçonnique dans la descente d'Énée (2) aux enfers, et bien des commentateurs de l'Enéide trouvent à chaque pas Auguste sous les traits d'Énée. Il y a même des auteurs qui établissent cette légende ainsi qu'il suit : « Que cet empereur ayant remarqué les erreurs du calendrier romain , voulut les réformer; que pour parvenir à son but, il fut obligé d'appeler des sa vans d'Alexandrie, lesquels n'étaient que des prêtres Coptes qui avaient conservé leur ancien culte, leurs mystères et sciences, entr'autres, l'astronomie à laquelle ils s'étaient toujours adonnés, malgré les désastres des guerres d'invasion et la soif de l'or de leurs conquérans, qui, en détruisant le temple du Soleil à Héliopolis , avaient fait disparaître les observations astronomiques que ces prêtres avaient recueillies depuis plus de mille ans. On prétendit même que ces savans, appelés par Auguste à Rome pour rectifier le calendrier, y apportèrent avec l'astronomie les mystères égyptiens qui renferment ceux de la Maçonnerie.

Des auteurs ont cru que les rites maçonniques provenaient des cérémonies et anciens mystères qui , de l'Egypte et de la Phénicie, passèrent directement en Europe ; d'autres supposent que la Maçonnerie a pris naissance dans les écoles de Pythagore et de Platon ; quelques-uns ont cru voir dans la principale allégorie l'origine des mystères institués par Salomon.

Quelques autres ont prétendu que l'initiation maçonnique était très moderne, et ont très légèrement écrit que toutes ces histoires n'étaient que de simples suppositions inventées pour donner à la Maçonnerie de l'importance et du lustre.

Il y en a qui regardent la Maçonnerie comme une institution religieuse et chrétienne ; ils appuyent leur opinion sur le respect que les Maçons ont pour la Bible, sur le grand cas qu'ils font de l'Évangile et de l'Apocalypse de St-Jean; ce qui induit à le croire , c'est l'usage immodéré qu'en font les Frères anglais et ceux de l'Amérique du nord ; ces auteurs croient même le prouver par la vénération que tous les Frères portent à Salomon qui, indépendamment qu'il construisit le Temple Saint, écrivit plusieurs ouvrages dévots dont on se sert encore dans plusieurs grades et rites.

Quelques auteurs ont fait de la Maçonnerie une invention des Jésuites, entr'autres Bode, homme de lettres allemand, qui prétendit que Hiéram, tué par deux compagnons rebelles, n'était que l'allégorie de la hiérarchie romaine, détruite par Luther et Calvin; qu'on devait venger ce crime , et que la feuille de la branche d'acacia , si chère aux Frères Maçons, ressemblait exactement au signe épiscopal de Rome.


M. de Launay donne ainsi son opinion sur l'origine et l'ancienneté de l'Ordre, dans son Essai sur la Maçonnerie , édition de Paris, 1820 , chez Hubert, page 4 : « Quels que soient les doutes élevés par plusieurs écrivains sur l'ancienneté de la Franc-Mac.'. , nous ne persistons pas moins à croire qu'elle a son berceau dans les mystères égyptiens. Les trois grades connus sous le titre de Maçonnerie Bleue, justifient notre opinion ; mêmes épreuves, même enseignement, mêmes résultats, tout y est semblable, à la différence cependant des machines qu'avaient à leur disposition les prêtres initians de l'antiquité, du temps qu'ils employaient pour la préparation du néophyte, et de celui qui lui était nécessaire pour l'étude des sciences, dont on se borne dans l'initiation Mac.'., à donner la nomenclature. »


Des écrivains font naître la Maçonnerie de la tour de Babel; ils se fondent sur la légende de l'ordre des Noachites et sur les instructions du rite de la Royale-Arche.

Grandidier, et bien d'autres, prétendent qu'elle prit son origine lors de la construction de la cathédrale de Strasbourg : c'est dans l'année 1015 que ce monument fut commencé par l'évêque Wernher, et terminé en 1275. Deux ans après, en 1277 , Ervin de Steinbach commença la flèche , qui fut finie en 1439, et qu'on voit élevée à 436 pieds. (Voyez la planche II, n.° 8). L'on prétend que toutes les confréries de Maçons allemands qui se formèrent depuis, durent leur institution à celle de Strasbourg, ce qu'on expliquera ultérieurement.

Preston, Anderson et Lawrie ont laissé des ouvrages raisonnés sur la Maçonnerie, et on doit leur en savoir gré, quoiqu'une grande partie des Maçons ne partagent point leur avis concernant l'introduction de cette religion en Angleterre : ceux-ci ne peuvent pas admettre que saint Albain, en 289 de l'ère vulgaire, ait été le premier grand-maître de l'Ordre en Angleterre, tel qu'il est de nos jours, ni que saint Augustin en ait été le second en 557. Ils ajoutent qu'il leur est impossible de placer ces saints à la tête des Frères Maçons ; car leurs doctrines devaient se trouver en opposition avec la théosophie des Egyptiens, des Persans, de Zoroastre et de Mythra, de laquelle on est obligé de croire que notre religion tire son origine, modifiée par Moïse et confirmée par les doctrines de notre divin Maître Jésus-Christ.


Quelques Anglais font naître l'institution maçonnique de l'édification de l'église de saint Paul de Londres ; mais ces derniers n'ont écrit que l'histoire de quelques corporations, composées d'ouvriers qui bâtissaient des temples, des tours, des châteaux ; ils ne se sont pas occupés de chercher si le nom de l'Ordre n'était pas plutôt une allégorie empruntée par une ancienne société secrète vouée à des mystères et à des sciences occultes autant qu'à l'architecture. Ils ont cru que la Mac.'. était primitivement composée de coteries semblables à celles des charpentiers, tailleurs de pierres et d'habits, qui étaient dans l'usage de recevoir mystérieusement ceux qui avaient fini leur apprentissage ; et ce qui les engageait à le croire, c'est que beaucoup de ces corporations avaient des emblèmes qui portaient le caractère et la devise des Francs-Maçons, comme il a paru, entr'autres, par un sceau qu'on indique , décrit parmi ceux du moyen âge, lequel, d'après son travail, date du XIV.e siècle, et présente des instrumens maçonniques, avec la légende S. artis Muratorum Paetrajolorum (sceau des maçons et tailleurs de pierres).

Ces coteries subirent bien des péripéties sous différens gouvernemens, à cause de leurs cérémonies clandestines ; elles furent persécutées par l'église romaine, parce que leurs mystères et leurs initiations étaient une imitation du baptême, de la consécration des prêtres, et de l'histoire de Jésus. La conformité des cérémonies et des mystères de l'Ordre maçonnique, avec les cérémonies et mystères modernes de l'église de Rome, occasionna la même persécution, et cette cour s'est efforcée constamment de répandre et de faire croire que, si les Frères Maçons recommandaient à leurs adeptes bien des vertus, ils ne se servaient d'un tel moyen que pour miner le fondement de la religion catholique, par la célébration de mystères et de cérémonies chrétiennes, et qu'ainsi ils introduisaient dans leur secte un esprit d'indifférence sur les mystères et les doctrines les plus saintes de l'église de Rome, tâchant par-là d'inculquer la religion naturelle, sous la forme de celle de Jésus-Christ.


Toutes les conjectures et les systèmes qu'on en a tirés ne sont propres qu'à éloigner de la vérité, nous semble-t-il , parce que les écrivains qui les ont formés n'ont pas recherché l'histoire maçonnique dans ses grades, dans ses mystères, dans ses diflérens rites ; ils n'ont pas voulu voir que tout, dans cette histoire, tire son origine des mystères égyptiens , des mosaïques, de la Bible, de Jésus-Christ, du Nouveau-Testament, des différentes sectes philosophiques chrétiennes, des chevaliers croisés, des chevaliers templiers , et d'autres novateurs ou protecteurs de cet Ordre. C'est avec de telles données seulement qu'on peut se guider dans les ténèbres de l'antiquité et dans le dédale des écrits qui ont vu le jour dans les premiers siècles du christianisme et jusqu'aujourd'hui.


Tous les historiens anciens et modernes sont d'avis que l'Egypte fut jadis le berceau des sciences et des arts , et que les peuples contemporains y puisèrent leurs principes religieux et politiques, comme l'a démontré le savant Dupuis. Semblable à un arbre aussi ancien que le globe, l'Egypte a élevé sa tête majestueuse dans le chaos de l'éternité, et a enrichi de ses produits toutes (3) les parties de la terre; elle a poussé ses racines vers la postérité, sous différentes formes , défigurées et hétérogènes en apparence , mais constantes dans l'essence , faisant parvenir jusqu'à nous sa religion, sa morale et ses sciences.


Les mages de la Perse, les philosophes grecs, les prêtres juifs ou les douze Patriarches qui précédèrent Moïse, pendant la captivité en Egypte, apprirent des prêtres égyptiens leurs dogmes, leurs mystères et leurs sciences avec l'art de gouverner les peuples, selon leurs dispositions morales, leur civilisation et la nature de leur climat.

Ces mystères et ces sciences étaient sévèrement gardés et enseignés par les prêtres qui étaient exclusivement chargés de leur pratique; et pour empêcher que des hommes sans caractère, sans fermeté ni science, ne pussent jamais parvenir à y être admis, ils établirent que les initiés seraient tenus de se soumettre aux épreuves des quatre élémens, épreuves si épouvantables qu'on n'y croirait pas de nos jours, si l'on n'en trouvait des descriptions détaillées chez différens écrivains anciens et modernes. Ces épreuves avaient pour but de s'assurer du courage, de la moralité et de la science du néophyte, et de repousser les Ilotes et la lie du peuple; ce qui a fait dire à Horace :

Odi profanum vulgus et arceo.


Nous conservons dans les épreuves maçonniques d'aujourd'hui encore les noms anciens des voyages auxquels le récipiendaire était soumis, lors de son initiation aux mystères ; et nous conservons également l'inscription égyptienne qu'on lit sur le sarcophage d'Hiram dans le souterrain, lors de l'admission au sublime degré d'inquisiteur, grand élu Ch. Kadosk : « Quiconque aura fait ces voyages seul et sans crainte, sera purifié par le feu , l'eau et l'air, et ayant pu vaincre la frayeur de la mort, ayant son âme préparée à recevoir la lumière, il aura droit de sortir du sein de la terre et d'être ad- mis à la révélation des grands mystères (4). »


Les prêtres d'Héliopolis, lorsqu'ils sacrifiaient au Soleil, devaient déposer leurs bagues et ornemens d'or, ou de métal quelconque ; ils scellaient la victime avec un sceau qui était analogue à leur initiation. La Loi punissait de mort celui qui aurait immolé une victime qui n'aurait point été marquée du sceau sacerdotal. Ce sceau représentait un homme à genoux, les mains liées derrière le dos, ayant à la gorge la pointe d'un glaive pour montrer la punition à laquelle serait soumis celui qui aurait dévoilé les mystères de l'initiation.


Remarquons que l'initié était nu, ayant un tablier (5) sur le devant. Il était nu pour expliquer qu'il devait laisser voir sans détour ses secrètes pensées; il était dépouillé de tout ornement profane, comme de tout métal, et cette privation devait faire comprendre au néophyte que sou nouvel état réclamait de lui la pratique de la vertu: que l'or et les choses précieuses sont presque toujours les instrumens de la corruption humaine, comme le fer l'est de sa vengeance. Nous ne nous occuperons pas à faire des rapprochemens minutieux avec les initiations maçonniques ; tout Frère y trouvera notre type.

Nous espérons même qu'après toutes ces considérations, il conviendra que l'objet de nos réunions doit être tout autre que des repas somptueux, mais avoir pour objet un but utile et élevé aussi moral que théosophique.


Le néophyte, après avoir surmonté les premiers obstacles, après être descendu dans le puits mystérieux (6), après avoir parcouru la voûte sacrée, était encore maître de revenir sur ses pas ; mais il n'en était pas ainsi lorsqu'il avait passé la porte défendue par les trois gardes, qui étaient des prêtres couverts d'armes et ayant des casques représentant des têtes, symboles des mystères qu'on y célébrait : ces casques étaient ou la tête d'un coq ou celle d'un serpent, si ces mystères représentaient Osiris ou le Soleil ; celle d'un bœuf, si les (7) mystères étaient relatifs au dieu Apis, et enfin celle d'un chien (8), si les cérémonies avaient rapport au dieu Anubis.


Le néophyte, après avoir franchi cette.porte, s'engageait à ne plus reculer. Si la fermeté lui manquait dans les épreuves qu'il devait subir, il passait le reste de sa vie dans les appartemens attachés au temple, où il pouvait cependant, par son zèle, monter encore au rang d'officier subalterne.

Dans les épreuves maçonniques, qui sont une imitation fidèle de l'initiation égyptienne, il y a un instant où l'on offre au néophyte le choix de se retirer ou d'aller plus avant.


Tout homme pouvait se présenter pour la réception égyptienne, néanmoins tous n'étaient pas indistinctement admis ; règle qui fut adoptée par les Grecs, par les premiers Chrétiens et par les Maçons, quoiqu'il y eût de temps à autre des exceptions après la corruption sacerdotale.

Deuxieme partie

Notes :

(1)  Les premiers Chrétiens savaient que les idées métaphysiques en théologie étaient des opinions explicatives des phénomènes de la Nature ; par là, aucune d'elles n'est sans contradiction ; car, le caractère des vérités est d'être immuable. Les religions étant un composé d'idées métaphysiques formulées par des dogmes et un culte, elles changèrent, changent et changeront par nations et par siècles ; c'est pourquoi la Fraternité des Maçons a toujours admis dans son sein tout honnête citoyen , et adopte une tolérance parfaite à l'égard de tous les cultes.

(2) L'auteur du poème la Maçonnerie, a fait une savante application du même système.

(3) On a trouvé la conformité de la religion égyptienne en Amérique et en particulier au Mexique. (Voyez Carli, Lett. Amér. t. I, pag. 4go).

(4) C'était la même inscription que l'initié aux grand smystères de la déesse Isis trouvait à la fin de ses courses. (Voyez Setos, liv. III, pag. a4o). Apukjus dit que l'initiation est la résurrection à une nouvelle vie.

(5) Planche II, n.° 4.

(6) II existe encore de ces puits dans des anciens bâtimens de la Thébaïde, occupés par des prêtres Coptes. (Voyez les Voyages de Paul Lucas.) Un tel puits était entièrement configuré dans le modèle de la pyramide découverte par le Frère Belzoni, et qu'où voyait à Londres en 1820.

(7) On ne saurait autrement expliquer les têtes dont les quatre Évangélistes sont armés dans le plafond, peint par le bienheureux Angelico de Fiessole, et qu'on voit dans la galerie de Florence. Planche IV, n.°1.

(8) C'est d'après cette représentation que les Grecs établirent leur enfer, gardé par le Cerbère à trois têtes de chien.

DEUXIEME PARTIE

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 21:01

Alors la véritable histoire des Templiers... où se trouve-t-elle ? Elle est, en partie là, dans leur alliance avec les Johannites qui révélèrent à Hugues de Payens l'histoire de Ieschoua telle que décrite dans le Talmud... à savoir que son vrai père se nommait Pandira ou Panther... qu'il abusa de Mirjam... fut adopté par le rabbin Joseph... mais derrière l'histoire des Templiers se cache aussi ce qu'ils ambitionnaient... rebâtir le Temple de Salomon, déplacer l'Eglise en Orient... nous vous laissons découvrir...

 

 Les Templiers

par Eliphas Levi

Tiré de son ouvrage Histoire de la Magie écrit en 1880

Vous pouvez le lire en entier et le télécharger ICI...

 

Les sociétés de l'ancien monde avaient péri par l'égoïsme matérialiste des castes qui, en s'immobilisant et en parquant les multitudes dans une réprobation sans espérance, avaient privé le pouvoir captif entre les mains d'un petit nombre d'élus de ce mouvement circulatoire qui est le principe du progrès, du mouvement et de la vie.

Un pouvoir sans antagonisme, sans concurrence, et par conséquent sans contrôle, avaient été funestes aux royautés sacerdotales ; les républiques, d'une autre part, avaient péri par le conflit des libertés qui, en l'absence de tout devoir hierarchiquement et fortement sanctionné, ne sont plus bientôt qu'autant de tyrannies rivales les unes des autres. Pour trouver un milieu stable entre ces deux abîmes, l'idée des hiérophantes chrétiens avait été de créer une société vouée à l'abnégation par des voeux solennels, protégés par des règlements sévères, qui se recruterait par l'initiation, et qui, seule dépositaire des grands secrets religieux et sociaux, ferait des rois et des pontifes sans s'exposer elle-même aux corruptions de la puissance. C'était là le secret de ce royaume de Jésus-Christ qui sans être de ce monde en gouvernerait toutes les grandeurs.

Cette idée présida à la fondation des grands ordres religieux, si souvent en guerre avec les autorités séculières, soit ecclésiastiques, soit civiles ; sa réalisation fut aussi le rêve des sectes dissidentes de gnostiques ou d'illuminés qui prétendaient rattacher leur foi à la tradition primitive du christianisme de saint Jean. Elle devint enfin une menace pour l'Eglise et pour la société quand un ordre riche et dissolu, initié aux mystérieuses doctrines de la kabbale, parut disposé à tourner contre l'autorité légitime les principes conservateurs de la hierarchie, et menaça le monde entier d'une immense révolution.

Les Templiers, dont l'histoire est si mal connue, furent ces conspirateurs terribles, et il est temps de révéler enfin le secret de leur chute, pour absoudre la mémoire de Clément V et de Philippe le Bel.

En 1118, neufs chevaliers croisés en Orient, du nombre desquels étaient Geoffroy de Saint-Omer et Hugues de Payen, se consacrèrent à la religion et prêtèrent serment entre les mains du patriarche de Constantinople, siège toujours secrètement ou publiquement hostile à celui de Rome depuis Photius. Le but avoué des Templiers était de protéger les chrétiens qui venaient visiter les saints lieux ; leur but secret était la reconstruction du temple de Salomon sur le modèle prophétisé par Ezechiel.

Cette reconstruction, formellement prédite par les mystiques judaïsants des  premiers siècles, était devenue le rêve secret des  patriarches d'Orient. Le temple de Salomon rebâti et consacré au culte catholique devenait, en effet, la métropole de l'univers. L'Orient l'emportait sur l'Occident, et les patriarches de Constantinople s'emparaient de la papauté.

Les historiens, pour expliquer le nom de templiers donné à cet ordre militaire, prétendent que Baudoin II, roi de Jérusalem, leur avait donné une maison située près du temple de Salomon. Mais ils commettent là un énorme anachronisme, puisqu'à cette époque non seulement le temple de Salomon n'existait plus, mais il ne restait pas pierre sur pierre du second temple bâti par Zorobabel sur les ruines du premier, et il eut été difficile d'en indiquer précisément la place.

Il faut en conclure que la maison donnée aux templiers par Baudoin était située non près du temple de Salomon, mais près du terrain sur lequel ces missionnaires secrets et armés du patriarche d'Orient avaient intention de le rebâtir.

Les templiers avaient pris pour leur modèle, dans la Bible, les maçons guerriers de Zorababel, qui travaillaient en tenant l'épée d'un main et la truelle de l'autre. C'est pour cela que l'épée et la truelle furent les insignes des templiers, qui plus tard, comme on le verra, se cachèrent sous le nom de frères maçons. La truelle des templiers est quadruple et les lames triangulaires en sont disposées en forme de croix, ce qui compose un pantacle kabbalistique connu sous le nom de croix d'Orient.

La pensée secrète d'Hugues de Payens, en fondant son ordre, n'avait pas été précisément de servir l'ambition des patriarches de Constantinople. Il existait à cette époque en Orient une secte de chrétiens johannites, qui se prétendaient seuls initiés aux vrais mystères de la religion du Sauveur. Ils prétendaient connaître l'histoire véritable de Jésus-Christ, et, adoptant en partie les traditions juives et les récits du Talmud, ils prétendaient que les faits racontés dans les Evangiles ne sont que des allégories dont saint Jean donne la clef en disant "qu'on pourrait remplir le monde des livres qu'on écrirait sur les paroles et les actes de Jésus-Christ ;" paroles qui, suivant eux, ne serait qu'une ridicule exagération, s'il ne s'agissait, en effet, d'une allégorie et d'une légende qu'on peut varier et prolonger à l'infini.

Pour ce qui est des faits historiques et réels, voici ce que les johannites racontaient :

Une jeune fille de Nazareth, nommée Mirjam, fiancée à un jeune homme de sa tribu, nommé Jochanan, fut surprise par un certain Pandira, ou Panther, qui abusa d'elle par la force après s'être introduit dans sa chambre sous les habits et sous le nom de son fiancé. Jochanan, connaissant son malheur, la quitta sans la compromettre, puisqu'en effet, elle était innocente, et la jeune fille accoucha d'un fils qui fut nommé Josuah ou Jésus.

Cet enfant fut adopté par un rabbin du nom de Joseph qui l'emmena avec lui en Egypte ; là, il fut initié aux sciences secrètes, et les prêtres d'Osiris, reconnaissant en lui la véritable incarnation d'Horus promise depuis longtemps aux adeptes, le consacrèrent souverain pontife de la religion universelle.

Josuah et Joseph revinrent en Judée où la science et la vertu du jeune homme ne tardèrent pas à exciter l'envie et la haine des prêtres, qui lui reprochèrent un jour publiquement l'illégitimité de sa naissance. Josuah, qui aimait et vénérait sa mère, interrogea son maître et apprit toute l'histoire du crime de Pandira et des malheurs de Mirjam. Son premier mouvement fut de la renier publiquement en lui disant au milieu d'un festin de noces : "Femme qu'y-a-t-il de commun entre vous et moi ?" Mais ensuite pensant qu'une pauvre femme ne doit pas être punie d'avoir souffert ce qu'elle ne pouvait empêcher, il s'écria : "Ma mère n'a point péché, elle n'a point perdu son innocence ; elle est vierge, et cependant elle est mère ; qu'un double honneur lui soit rendu ! Quant à moi, je n'ai point de père sur la terre. Je suis le fils de Dieu et de l'humanité !"

Nous ne pousserons pas plus loin cette fiction affligeante pour des coeurs chrétiens ; qu'il nous suffise de dire que les johannites allaient jusqu'à faire saint Jean l'Evangéliste responsable de cette prétendue tradition et qu'ils attribuaient à cet apôtre la fondation de cette Eglise secrète.

Les grands pontifes de cette secte prenaient le titre de Christ et prétendaient se succéder depuis saint Jean par une transmission de pouvoirs non interrompue. Celui qui se parait, à l'époque de la fondation de l'ordre du temple, de ces privilèges imaginaires se nommait Théoclet ; il connut Hugues de Payens, il l'initia aux mystères et aux espérances de sa prétendue Eglise ; il le séduisit par des idées de souverain sacerdoce et de suprême royauté, il le désigna enfin pour son successeur.

Ainsi l'ordre des chevaliers du temple fut entachée dès son origine de schisme et de conspiration contreles rois.

Ces tendances furent enveloppées d'un profond mystère et l'ordre faisait profession extérieure de la plus parfaite orthodoxie. Les chefs seulement savaient où ils voulaient aller ; le reste les suivait sans défiance.

Acquérir de l'influence et des richesses, puis intriguer, et au besoin combattre pour établir le dogme johannite, tels étaient le but et les moyens proposés aux frères initiés. "Voyez, leur disait-on, la papauté et les monarchies rivales se marchander aujourd'hui, s'acheter, se corrompre, et demain peut-être s'entre-détruire. Tout cela sera l'héritage du temple ; le monde nous demandera bientôt des souverains et des pontifes. Nous ferons l'équilibre de l'univers, et nous serons les arbitres des maîtres du monde."

Les templiers avaient deux doctrines, une cachée et réservée aux maîtres, c'était celle du johannisme ; l'autre publique, c'était la doctrine catholique romaine. Ils trompaient ainsi les adversaires qu'ils aspiraient à supplanter. Le johannisme des adeptes était la kabbale des gnostiques, dégénérée bientôt en un panthéisme mystique poussé jusqu'à l'idôlatrie de la nature et la haine de tout dogme révélé. Pour mieux réussir et se faire des partisans, ils caressaient les regrets des cultes déchus et les espérances des cultes nouveaux, en promettant à tous la liberté de conscience et une nouvelle orthodoxie qui serait la synthèse de toutes les croyances persécutées. Il en vinrent ainsi jusqu'à reconnaître le symbolisme panthéistique des grands maîtres en magie noire, et, pour mieux se détacher de l'obéissance à la religion qui d'avance les condamnait, ils rendirent les honneurs divins à l'idole monstrueuse du Baphomet, comme jadis les tribus dissidentes avaient adoré les veaux d'or de Dan et de Béthel.

Des monuments récemment découverts, et des documents précieux qui remontent au XIIIe siècle, prouvent d'une manière plus que suffisante tout ce que nous venons d'avancer. D'autres preuves encore sont cachées dans les annales et sous les symboles de la maçonnerie occulte.

Frappé de mort dans son principe même, et anarchique parce qu'il était dissident, l'ordre des chevaliers du Temple avait conçu une grande oeuvre qu'il était incapable d'exécuter, parce qu'il ne connaissait ni l'humilité ni l'abnégation personnelle. D'ailleurs les templiers étant pour la plupart sans instruction, et capables seulement de bien manier l'épée, n'avaient rien de ce qu'il fallait pour gouverner et enchaîner au besoin cette reine du monde qui s'appelle l'opinion. Hugues de Payens n'avait pas eu la profondeur de vues qui distingua plus tard un militaire fondateur aussi d'une milice formidable aux rois. Les Templiers étaient des jésuites mal réussis.

Leur mot d'ordre était de devenir riche pour acheter le monde. Ils le devinrent en effet, et en 1312 ils possédaient en Europe seulement plus de 9000 seigneuries. La richesse fut leur écueil ; ils devinrent insolents et laissèrent percer leur dédain pour les institutions religieuses et sociales qu'ils aspiraient à renverser. On connait le mot de Richard Coeur de Lion à qui un ecclesiastique, à qui il permettait une grande familiarité, ayant dit : "Sire, vous avez trois filles qui vous coûtent cher et dont il serait bien avantageux de vous défaire : ce sont l'ambition, l'avarice et la luxure." "Vraiment ! dit le roi : eh bien ! marions-les. Je donne l'ambition aux templiers, l'avarice aux moines et la luxure aux evêques. Je suis sûr d'avance du consentement des parties."

L'ambition des templiers leur fut fatale ; on devinait trop leur projet et on les  prévint. Le pape Clément V et le roi Philippe le Bel donnèrent un signal à l'Europe et les templiers, enveloppés pour ainsi dire dans un immense coup de filet, furent pris, désarmés, et jetés en prison. Jamais coup d'Etat ne s'était accompli avec un ensemble plus formidable. Le monde entier fut frappé de stupeur, et l'on attendit les révélations étranges d'un procès qui devait avoir tant de retentissement à travers les âges.

Il était impossible de dérouler devant le peuple le plan de la conspiration des templiers ; c'eut été initier la multitude au secret des maîtres. On eût recours à l'accusation de magie, et il se trouva des dénonciateurs et des témoins. Les templiers, à leur réception, crachaient sur le Christ, reniaient Dieu, donnaient au grand maître des baisers obscènes, adoraient un tête de cuivre aux yeux d'escarboucle, conversaient avec un grand chat noir et s'accouplaient avec des diablesses. Voilà ce qu'on ne craignit pas de porter sérieusement sur leur acte d'accusation. On sait la fin de ce drame et comment Jacques de Molai et ses compagnons périrent dans les flammes ; mais avant de mourir, le chef du Temple institua et organisa la "maçonnerie occulte". Du fond de sa prison, le grand maître créa quatre loges métropolitaines, à Naples pour l'Orient, à Edimbourg pour l'Occident, à Stockolm pour le Nord et à Paris pour le midi. Le pape et le roi périrent bientôt d'une façon étrange et soudaine. Squin de Florian, le principal dénonciateur de l'Ordre, mourut assassiné. En brisant l'épée des templiers, on en avait fait un poignard, et leurs truelles proscrites ne maçonnaient plus que des tombeaux.

Laissons-les maintenant disparaître dans les ténèbres où ils se cachent en y tramant leur vengeance. Quand viendra la grande révolution, nous les verrons reparaître et nous les reconnaîtrons à leurs signes et à leurs oeuvres.

 Posté par Adriana Evangelizt

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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 20:34

 Les interlocuteurs de Jésus

par Emile Besson

Janvier 1957

 

 

Le message du Christ s'adresse à toute l'humanité, « du Nord et du Midi, de l'Orient et de l'Occident ». Mais il a été donné à une certaine époque, dans un certain milieu, et nous pensons que c'est faciliter l'intelligence de l'Evangile que de le placer dans son cadre historique.

Il est impossible, dans les limites de ce bulletin, de retracer l'histoire, les institutions, la mentalité du peuple juif au sein duquel naquit et oeuvra Jésus. Du moins nous proposons-nous d'esquisser la physionomie des groupements les plus importants qui dominèrent et inspirèrent la vie sociale et religieuse en Israël au début de l'ère chrétienne.

Quels furent donc les principaux interlocuteurs, c'est-à-dire quels furent les tendances, les courants d'idées, les besoins d'esprit et de coeur, les aspirations devant lesquels le Seigneur Se trouva lorsqu'Il entreprit Sa mission ?

Les
Hérodiens sont trois fois mentionnés dans l'Evangile (Marc 11, 6 ; XII, 13 ; cf. Matthieu XXII, 16.1). Ils ne constituaient pas une secte particulière ; ils étaient ralliés à l'hégémonie romaine et s'accommodaient du pouvoir exercé par la dynastie des Hérodes.

A l'opposé, il y avait le groupe fanatique des
Zélotes, stricts observateurs de la Loi de Moïse. Ils étaient les adversaires déclarés de toute domination étrangère. Ce sont eux qui fomentèrent les révoltes successives qui amenèrent la prise et la destruction de Jérusalem par les armées romaines en l'an 70 de notre ère.

Nous ne ferons que mentionner les Esséniens, parce que les Evangiles et les autres livres du Nouveau Testament ne les nomment pas une seule fois et ne leur font
aucune allusion directe. ( Nous ne connaissons les Esséniens que par des textes rares, s'ils sont détaillés et complaisants, de cinq écrivains de l'antiquité ; et toutes les descriptions que l'on a faites de leur secte, toutes les suppositions auxquelles ils ont donné lieu ont été tirées de l'un ou de l'autre de, ces cinq écrivains : Josèphe (La guerre juive, IL 8. 2-13 ; Antiquités judaïques XIII. 5. 9 ; XV. 10. 4-5 ; XVIII. 1. 5. ; Philon (Sur la liberté du sage, par. 12,13) ; Pline l'Ancien (Histoire naturelle, V. 17) ; saint Epiphane (Contre les hérétiques, XIX, 1, 2) et saint Hippolyte (Philosophoumènes, passim).


Parmi les groupements dont l'influence fut grande sur la société juive dans les temps qui précédèrent la venue du Christ, les
Saducéens et les Pharisiens occupent une place de premier plan.

Des personnes qui lisent l'Evangile sans préparation peuvent être tentées de voir dans ces Saducéens et ces Pharisiens
des êtres essentiellement malfaisants, des suppôts du démon. Une telle façon de voir est tout à fait inexacte.

Lorsque Jésus parut, les Saducéens et les Pharisiens avaient déjà derrière eux une longue histoire. Histoire qui, nous le verrons, n'a pas été, en certaines circonstances, sans grandeur.

Pour bien comprendre l'exposé qui va suivre, posons dès l'abord la distinction suivante : le Saducéisme est avant tout un parti politique ,
le Pharisaïsme est un parti exclusivement religieux. Mais tous deux sont sortis de ce qu'il y a de plus profond dans le Judaïsme .
(Cf. Edouard Montet : Essai sur les origines des Partis Saducéen et Pharisien.)

Le retour des Juifs de l'exil de Babylone (538 et 458 avant notre ère) fut marqué par un réveil de la foi et de la vie religieuse. La Loi de Moïse était devenue la règle incontestée de tout le peuple et le Temple de Jérusalem reconstruit était la source de la vie d'Israël.

Mais la conquête de la Palestine par Alexandre le Grand (332 avant notre ère) mit les juifs en contact avec la civilisation grecque. Celle-ci exerça sur la majorité des Israélites
une véritable fascination. Ils adoptèrent les coutumes des Grecs, ils se portèrent vers les villes grecques voisines de la Judée, d'abord sur la côte phénicienne et très vite bien au delà des frontières de la Palestine ; nombre de villes palestiniennes, nombre aussi de personnages importants échangèrent leurs noms sémitiques contre des noms grecs. L'hellénisme, avec sa littérature, son théatre, son idéal de vie facile exerça une influence profonde et pas toujours heureuse sur les moeurs israélites.

Parmi l'élite des juifs, les descendants de l'ancienne aristocratie d'avant l'exil, qui prirent par la suite le nom de Saducéens,
(En hébreu Sadoukim, parce qu'ils se rattachaient au prêtre Sadok ou Sadouk, qui joua un rôle important sous les rois David et Salomon), furent particulièrement perméables au génie grec. Ils formaient
la race sacerdotale; ils étaient les maîtres du Temple de Jérusalem et de ses institutions et disposaient de l'immense fortune que les offrandes des juifs apportaient au Temple. Ils étaient vraiment à la tête de la nation pour l'autorité et l'influence. C'est parmi eux que se recrutaient les souverains pontifes. Ambitieux et opportunistes, ils firent souvent preuve d'une grande intelligence pratique. Ils avaient de l'esprit de gouvernement et pouvaient fournir d'excellents généraux et surtout des diplomates consommés. Quant à eux-mêmes, ils n'estimaient pas que la satisfaction de leurs goûts mondains fût contraire à l'accomplissement de leurs obligations religieuses.

Deux siècles environ après le retour de Babylone,
Israël perdit son indépendance politique.. Les Saducéens entrèrent alors en relations avec les souverains des autres pays, afin d'aligner, comme on dit aujourd'hui, la politique juive sur la politique des grands voisins. En même temps ils satisfaisaient leurs ambitions personnelles. Ils perdirent ainsi de leur prestige aux yeux du peuple qui se rendit clairement compte que l'intérêt religieux n'était que la préoccupation secondaire du haut clergé.

Mais le parti saducéen releva la dignité du corps sacerdotal. En 168 avant notre ère, le roi de Syrie Antiochus Epiphane voulut établir l'uniformité civile et religieuse dans son empire. Il décida, entre autres mesures, que le Temple de Jérusalem serait désormais consacré à Jupiter Olympien. L'insurrection partit du sacerdoce. Le prêtre Mattathias, puis son fils judas Maccabée se mirent à renverser les autels grecs et à faire aux troupes syriennes une guerre de guérillas.

Certes, après la victoire de Judas Maccabée,
le parti sacerdotal continua de fréquenter les étrangers et de conclure avec eux des compromis. Il fit même une alliance avec les Romains dont les Syriens étaient les ennemis. Ainsi il obtint la paix religieuse, puis une certaine indépendance politique, qui fut complète sous les rois asmonéens. Le peuple revint alors aux Saducéens, car ils avaient restauré le royaume d'Israël, un état maître de ses destinées.

Mais surtout, par delà les excès de toute sorte qui ont marqué cette emprise du génie grec sur Israël, les Saducéens ont préparé la fusion future du monde religieux israélite avec le monde des arts, des sciences et des lettres. Et, dans cette fusion, c'est l'apport du monothéisme juif qui fut le plus important.

Parallèlement un immense effort fut fait pour résister à l'influence grecque,
pour maintenir la Pureté de la foi traditionnelle. C'est à cet esprit strictement juif que se rattachent les Pharisiens (en hébreu Perouschim = les Séparés). Les Pharisiens et les Saducéens devaient entrer en conflit ouvert. L'histoire des deux siècles qui précédèrent la venue du Christ est en somme l'histoire de l'antagonisme entre les deux grands partis.

Toutefois il est important de comprendre que leur conflit ne porta que très rarement et incidemment sur les opinions, sur les croyances.
Pour le juif, seul comptait le rite, l'acte à accomplir. On pouvait penser, croire ce qu'on voulait ; l'essentiel était de faire ce que la Loi ordonnait. Il n'y avait pas de croyances orthodoxes obligatoires, sauf évidemment la souveraineté absolue de Jahveh ; il y avait seulement des pratiques obligatoires. Les Juifs n'ont jamais reproché à Jésus ce qu'Il prêchait ; ils Lui ont reproché de ne pas accomplir la Loi, de violer le sabbat , seuls les Pharisiens lui ont reproché de se dire le Messie, le Fils de Dieu, non pas tant parce que cette prétention aurait porté atteinte à la souveraineté divine que parce qu'ils la considéraient comme usurpée.

Les Pharisiens représentaient, bien avant la venue de Jésus, la tendance rigoureusement juive ; ils s'attachaient exclusivement à la religion nationale. Pour eux, la Loi de Moïse était Dieu même, la science de la Loi était le tout de l'homme. Ils étaient tout d'une pièce, observateurs scrupuleux des préceptes de la Loi, les plus petits comme les plus importants.
Ils créèrent ainsi le rigorisme légal.


De là leur séparatisme ; il faut, pensaient-ils,
vivre à part pour se soumettre scrupuleusement à la Loi. De là aussi leur orgueil, leur autoritarisme, leur formalisme, leur justice rigoureuse et extérieure. De là également leurs invraisemblables arguties. Le Pharisien ne peut être qu'un interprète de la Loi, donc un savant, un scribe. Et cela alla très loin ; en effet la Loi n'envisage pas tous les cas qui peuvent se présenter : toute une casuistique se fonda donc sur les sentences des sages, sur les discussions des, scribes. Le peuple les admirait de loin, mais ne se sentait pas capable de les suivre. Toutefois leur influence sur la vie nationale fut grande.

Les Pharisiens attendaient le Messie, car, à leurs yeux, le Royaume messianique était vraiment le Royaume de Dieu sur la terre et le Messie devait délivrer Israël de toute impureté païenne. Quant aux Saducéens, absorbés par les affaires de l'État par les avantages qu'ils en retiraient, ils ne s'inquiétaient guère des espérances lointaines et vagues du Royaume messianique.

Aux espérances messianiques se relie directement
la foi à la résurrection. Ce dogme est essentiellement pharisien. Les Pharisiens se soumettaient à la Loi parce qu'ils espéraient une prochaine récompense. Les Saducéens au contraire niaient la résurrection. Ils disaient : « L'âme périt avec le corps ».

Par leur séparatisme, par leur intransigeance les Pharisiens protégèrent le monothéisme qu'Israël proclama longtemps avant tout autre peuple contre l'influence du polythéisme ambiant. Là est la mission, la légitime raison d'être du mouvement pharisien.

Les Evangiles nous montrent les Saducéens et les Pharisiens en présence de Jésus. Les Saducéens ne se rapprochaient pas de Lui
( Ils ne sont nommés qu'à deux reprises dans les Evangiles : Matthieu XVI, 1. 6. Il ; Matthieu XXII, 23-34 cf. Marc XII, 18 et Luc XX, 27.5).
Ces aristocrates n'estimaient pas cet ami des petites gens; ces conservateurs n'aimaient pas ce novateur. Jésus a dit : « Vous avez appris ce qui a été dit aux anciens, mais moi, je vous dis... » Les Saducéens s'en tenaient à ce qui a été dit aux anciens.

Il en a été
tout autrement des Pharisiens. Si un certain nombre d'entre eux ont été hostiles au Christ, tous ne l'ont pas été. Ils étaient divisés d'opinion sur Lui (Jean IX, 16,). Jésus a souvent été invité à prendre Ses repas chez les Pharisiens ( Luc VII, 36; XI, 37). Des Pharisiens l'ont averti qu'Hérode Antipas voulait Le faire arrêter (Luc XIII, 31.). Un Pharisien éminent, membre du Sanhédrin, était un secret partisan du Christ (Jean III, 1 ; VII, 50.)
Il ne faut pas oublier que, parmi les Pharisiens, il en est qui crurent au Christ et qui Le servirent ( Actes des Apôtres, XV, 5). Le plus illustre d'entre eux fut saint Paul
(Actes des Apôtres, XXIII, 6 ; Philippiens III).

Certes Jésus a prononcé de sévères paroles contre eux
(Matthieu XXIII, 1-36, cf, Luc XI, 39-52 ; Luc XX, 45-47). Mais
Il a flétri ceux qui étaient étroits, fanatiques, intolérants et surtout les hypocrites , au reste les Talmuds les ont également condamnés et pour les mêmes motifs. Jésus n'a pas désapprouvé leur enseignement . « Les Scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et gardez tout ce qu'ils vous disent, mais ne faites pas comme ils font ».

Les deux partis opposés et rivaux - Saducéens et Pharisiens - se sont parfois réunis lorsqu'un intérêt commun pouvait les rapprocher.
Ils se sont rassemblés en effet contre Jésus.

Dans une seconde chronique nous verrons comment, dans le procès de Jésus, les frères ennemis ont fait figure d'amis - ou plus exactement de complices.

Sources Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt


 

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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 20:26

 

Les cathares, clandestins... malgré eux

 

Par Anne Brenon





Ces "pasteurs de l'ombre" du XIe siècle, accusés de pratiques démoniaques opérées dans le plus grand secret, sont en réalité les représentants d'une Eglise organisée délivrant un culte public. C'est seulement sous la contrainte qu'ils ont dû se cacher. Récit.

La réputation de mystère des hérétiques vient de loin : des plus anciennes dénonciations religieuses qui les condamnèrent. Au Moyen Age, douze chanoines d'Orléans, probables précathares, sont les premiers connus à avoir été livrés au feu en 1022. Ils sont présentés par les chroniqueurs d'Eglise de leur temps comme de secrets serviteurs des ténèbres : « Ils adoraient le diable, qui leur apparaissait d'abord comme un nègre puis comme un ange de lumière... Lui obéissant, ils reniaient en cachette totalement le Christ et se livraient en secret à des abominations et des crimes qu'il serait honteux même de relater... », rapporte Adémar de Chabannes. Dénoncés au XIIe siècle, en Champagne et en Bourgogne, pour hanter lieux sombres et souterrains, exorcisés en Rhénanie par Hildegarde de Bingen pour pratiques démoniaques occultes, les cathares sont encore décrits, au début du XIIIe siècle, en Languedoc, par le théologien Alain de Lille, comme de ténébreux magiciens : « Dans leurs conciliabules, ils font des choses très immondes [...]. On les appelle cathares, de catus, car, à ce qu'on dit, ils baisent le derrière d'un chat. »

Si l'inanité de telles accusations de débauche et de sorcellerie a depuis longtemps fait long feu, le catharisme garde toujours l'image d'un culte de l'ombre réservé à de mystérieux adeptes, un ésotérisme d'initiés. Or, travaillant à partir d'une documentation abondante et diversifiée, l'historien a maintenant les moyens de bien connaître le catharisme, tant dans ses manifestations sociales ouvertes que dans ses ressorts religieux profonds ; et ce particulièrement dans les zones méridionales de l'Europe, comme l'Occitanie des XIIe-XIIIe siècles, où il put développer en paix ses structures avant d'être en butte à la répression religieuse.

On peut ainsi sans grande difficulté briser la carapace des mythes et situer la grande hérésie médiévale dans ses réalités ; où l'on constate que, loin de constituer une société secrète - secte, religion à mystère ou mouvement initiatique - le catharisme se présenta comme simple Eglise, publique et organisée, de « bons chrétiens » voués à la cure des âmes. L'Histoire montre aussi que ce fut le seul poids de la répression qui le contraignit à la clandestinité et fit de ses derniers bons hommes, traqués par l'Inquisition, des pasteurs de l'ombre.

Certes, le vocable « secte » fut abondamment appliqué au catharisme par ses adversaires, les clercs de l'Eglise de Rome, qui dénonçaient ainsi dans l'hérésie un ensemble de groupuscules sans légitimité religieuse. Mais au sens premier du mot hérésie - qui exprime une coupure, une faille, un processus de séparation - le catharisme ne peut-il apparaître comme une « secte », branche rebelle divergeant du tronc de l'orthodoxie ? Il est de fait que le catharisme appartient à la grande famille du christianisme et que sa manifestation historique, aux XIe-XIIe siècles, le situe clairement en rupture avec les nouvelles conceptions théocratiques et militantes mises en oeuvre par la papauté grégorienne. On peut voir historiquement, dans les cathares, des religieux chrétiens contestataires, refusant l'autorité du pape.

Mais eux-mêmes se définissent comme uniques héritiers légitimes des apôtres, formant la seule vraie Eglise chrétienne. C'est, selon eux, l'Eglise romaine qui est la « secte », celle qui anciennement a divergé. Ainsi l'exprimaient déjà les hérétiques brûlés à Cologne en 1143, face à leurs persécuteurs catholiques : « Les faux apôtres [...] vous ont fait dévier, vous et vos pères. Nous et nos pères, de la lignée des apôtres, nous sommes demeurés dans la grâce du Christ. » Il est de fait que la religiosité cathare manifeste des traits de christianisme archaïque.

Peut-on pour autant considérer la « sainte Eglise » des cathares comme une religion à mystère, prolongeant en plein Moyen Age de secrets enseignements mazdéens, manichéens ou simplement gnostiques ? La réponse est non. Les seules autorités du catharisme sont les Ecritures chrétiennes - le Nouveau Testament reçu en totalité, l'Ancien Testament presque entièrement, à l'exception de la Genèse.

La prédication des bons hommes, à l'intention de leurs fidèles et de leurs novices, est beaucoup plus proche qu'on ne le croit généralement de l'enseignement de leurs confrères catholiques ; elle s'en écarte toutefois sur quelques points, qui témoignent d'un ancien mode d'exégèse de ces Ecritures - dualisme marqué entre Dieu et ce monde, refus de l'Incarnation et exaltation de la personne divine du Christ, foi en la toute bonté du Père céleste et dans le salut universel de toutes les âmes humaines, anges tombés du Royaume.

Mais si l'espérance chrétienne du catharisme reflète assez globalement les anciens schémas gnostiques, c'est en les épurant de toute leur exubérante floraison mythologique, pour les inscrire dans la stricte rationalité d'un message évangélique. Le dualisme cathare n'est pas fondé sur des postulats manichéens mais, très largement, dans l'évangile et la première épître de Jean, ou sur la parabole du bon arbre et du mauvais arbre - qui ne peuvent porter que de bons et de mauvais fruits. « C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Matthieu 7, 20).

Au contraire d'une initiation « à mystère », cet enseignement religieux, défini comme « l'entendement du Bien », est par principe ouvert à tous, en vue de leur salut, et non réservé à une poignée d'élus. Ce n'est pas une révélation secrète, mais une prédication évangélique destinée à être partagée par le plus grand nombre, par tout le peuple chrétien. Ce n'est pas une gnose, mode de salut par diffusion au compte-gouttes d'une connaissance secrète, mais un processus d'évangélisation.

Il amène en effet à la pratique du salut chrétien par l'opération du Saint-Esprit, c'est-à-dire le consolament. Ce sacrement unique pratiqué par l'Eglise cathare, fondé en particulier dans les Ecritures de la Pentecôte, recouvre les fonctions de baptême, ordination, pénitence et extrême-onction. Il marque l'entrée en vie chrétienne consacrée, délie les péchés et ainsi sauve les âmes. Les croyants des villages occitans avoueront à l'Inquisition avoir cru que leurs « bons chrétiens » étaient « de bons hommes et de bonnes femmes, et qu'ils avaient le plus grand pouvoir de sauver les âmes... ».

« Toutes les âmes sont bonnes et égales entre elles, prêchaient ces bons hommes ; et toutes seront sauvées. » Nul ne sera exclu du salut de Dieu. L'universalisme de ce message, l'une des principales caractéristiques du christianisme cathare, est le gage de l'ouverture de ses structures d'Eglise.

Dans l'Europe du XIIe siècle, notamment en Champagne et en Rhénanie, l'hérésie - bien que caricaturée et réduite par la répression à la fuite perpétuelle et à la clandestinité - se révèle pourtant religieusement organisée. Les « pseudo-apôtres » brûlés à Liège et à Cologne dans les années 1135-1143, ont déjà leurs évêques. Bientôt, les documents révèlent des Eglises cathares bien structurées en Occitanie, puis en Italie. Elles y essaimeront en paix leurs maisons religieuses, protégées par une caste aristocratique tolérante - féodaux occitans, gibelins des cités italiennes - jusqu'à ce que la répression ne les rattrape, dans le courant du XIIIe siècle.

Quatre Eglises cathares, celles de l'Albigeois, du Toulousain, du Carcassès et de l'Agenais, se répartissent entre le comté de Toulouse, le comté de Foix et les vicomtés Trencavel ; vers 1225, est créée une cinquième Eglise, celle de Razès, autour de Limoux. Ce sont des Eglises épiscopales, groupées autour d'un évêque, successeur des apôtres et détenteur du pouvoir d'ordination, flanqué de deux coadjuteurs, le Fils majeur et le Fils mineur, et assisté d'un conseil d'Eglise. Cette hiérarchie est représentée au plan local par des diacres qui, chacun en sa circonscription, visitent les maisons religieuses de bons hommes et de bonnes femmes.

Ces établissements religieux sont innombrables, ouverts au sein des bourgades où ils jouent un rôle social non négligeable ; dirigés par un « ancien », ils se consacrent à la formation de novices, assurent une catéchèse de base à la population, reçoivent malades et miséreux. Couvents sans clôture, elles sont les bases omniprésentes d'une sorte de christianisme de proximité, qui ancre les Eglises cathares au sein d'une société médiévale ordinaire. Le plus souvent, les familles seigneuriales donnent elles-mêmes l'exemple de l'engagement dans les ordres cathares, à qui elles fournissent bons hommes et bonnes femmes.

Le culte est public, quasi officiel. Religieux et religieuses portent un habit régulier, de couleur noire, comme les bénédictins. La hiérarchie épiscopale, que les rituels cathares désignent sous le terme d'« ordre de sainte Eglise », monopolise les fonctions pastorales et sacerdotales ; évêques et diacres prêchent en chaire les dimanches et fêtes, sur l'évangile du jour ; ils sont aussi les ministres du sacrement, président les grandes cérémonies publiques des consolaments d'ordination où, devant une foule nombreuse de croyants et croyantes, les novices reçoivent l'imposition collective de tous les « bons chrétiens ».

Et le peuple chrétien des bourgades occitanes, qui voit bons hommes et bonnes femmes suivre ouvertement « la voie de justice et de vérité des apôtres », se persuade que telle sera aussi un jour, pour lui, la voie du salut de Dieu. Nulle rupture, nul fossé entre une caste sacerdotale et le monde laïque : chaque croyant est un « bon chrétien » en puissance.

La croisade contre les albigeois (1209-1229), prêchée par le pape contre les princes occitans protecteurs d'hérétiques et gagnée par le roi de France, change radicalement la donne, renversant le rapport de forces. Après la soumission des comtes et dynasties seigneuriales qui les soutenaient, les Eglises cathares, passent toutes dans la clandestinité ; mais, peu à peu, l'Inquisition, installée par la papauté à partir de 1233 sur le pays vaincu et épaulée par le pouvoir royal, va s'employer à les en débusquer par la persécution, démantelant ses réseaux de solidarité. Soutenue par une population croyante encore nombreuse et fervente, l'Eglise interdite résistera durant un siècle.

Après la chute de Montségur, forteresse pirate tenue par une poignée de chevaliers occitans rebelles, et le grand bûcher du 16 mars 1244 qui emporte dans les flammes la hiérarchie des Eglises cathares qui s'y était réfugiée, la clandestinité devient désespérée. Les derniers bons hommes et bonnes femmes errants battent la campagne de cache en cache, sous la protection de croyants terrorisés par l'Inquisition. C'est alors que se forge leur image de prédicants furtifs et clandestins. Les Eglises occitanes meurtries rassemblent des lambeaux de leur hiérarchie au refuge de l'Italie, où l'Inquisition peine à s'implanter - jusqu'à ce que la victoire définitive des partisans du pape (guelfes) sur ceux de l'empereur (gibelins), en 1269, n'ouvre la porte à la répression.

Dans la première décennie du XIVe siècle encore, l'extraordinaire tentative de reconquête cathare du midi de la France, opérée par Pèire Autier, montre combien l'hérésie, exsangue mais intacte, avait gardé souffle et grandeur après un siècle de persécution systématique. Seule la violence de la répression put en venir à bout. Sous la traque de l'Inquisition, avant d'être livré au bûcher avec tous ses frères, Pèire Autier prêchait encore pour la vraie Eglise chrétienne : « Car il y a deux Eglises ; l'une fuit et pardonne (Matthieu 10, 23) ; l'autre possède et écorche. » L'Eglise des bons chrétiens n'avait nulle vocation à cette dure clandestinité dont elle mourut.

Archiviste paléographe et diplômée en sciences religieuses de l'Ecole des hautes études, Anne Brenon est conservateur honoraire du Patrimoine de France. Elle a publié : Le Dernier des cathares, Pèire Autier (Perrin, 2006) et Les Cathares (Albin Michel 2007).

La symbolique

Le sud de la France, fief des comtes de Toulouse, voit se développer à la fin du XIIe siècle, une Eglise différente de l'Eglise catholique, où les prêtres-pasteurs se nomment "parfaits", où il n'existe qu'un seul sacrement, le consolament, une communauté nommée albigeoise, ou cathare. Pas de symbole, ni de lieu de prière, ni même une croix. En effet, la croix appelée, à tort, croix cathare, n'est autre que la croix de Toulouse (ou du Languedoc ou occitane) : une croix grecque à branches égales rectilignes, cléchée (ses extrémités sont en forme d'anneaux de clés) et pommetée d'or, dont les extrémités sont triplement bouletées et perlées. Il s'agit à l'origine d'une roue solaire à douze rayons, chaque anneau représentant un signe du zodiaque.

Repères

1167
Création des quatre évêchés cathares : Albi, Agen, Carcassonne et Toulouse.
1209
Début de la croisade contre les albigeois.
1210
Mutilation des habitants de Bram, chute de Minerve - où sont brûlés 140 cathares -, Termes et Puivert.
1215
Quatrième concile du Latran. Soumission de Toulouse face à Simon de Montfort.
1218
Mort de Simon de Montfort lors du second siège de Toulouse.
1226
Départ pour la croisade de Louis VIII.
1227
Les cathares deviennent clandestins.
1233
L'Inquisition est ordonnée par le pape Grégoire IX.
1243
Début du siège de Montségur.
1244
Fin théorique du catharisme.

Comprendre

Consolament
Appelé aussi "saint baptême de Jésus-Christ". Mariage mystique réalisé entre l'âme du fidèle et l'Esprit-Saint qui prend la forme d'un baptême spirituel transmis par l'imposition des mains.


Sources
Historia

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans RELIGION-INTEGRISME
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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 20:16

On voit effectivement ce qu'est devenu la kabbale à Hollywood... vendue à Mammon ! 

 

 

La Kabbale, du mont Sinaï à Hollywood

 

Par Alain Chouffan





Cette tradition mystique juive est récupérée aujourd'hui par une entreprise multinationale à la tête de laquelle se trouve le Rav Philip Berg de New York, un gourou qui jouit d'une grande popularité auprès des stars du show-biz.

Tout commence après la destruction du Temple de Jérusalem par les armées de Titus, l'an 70. En ces jours funestes, les Romains massacrent par milliers les juifs révoltés qui refusent le joug de l'Empire, et toute la terre d'Israël est en proie à la dévastation. Les archives sont perdues, l'administration comme l'enseignement sont désorganisés, et quelques survivants s'inquiètent de voir la mémoire juive s'altérer - et peut-être même disparaître - sous l'effet de la détresse, de la faim et du choc inimaginable qu'a représenté pour les juifs la disparition du Temple, coeur de leur nation et de leur culte, vers lequel les foules convergeaient trois fois par an lors des fêtes de Pessah, de Chavouot et de Soukkot.

En promettant aux autorités romaines de ne plus faire de politique, Yohanan ben Zakkaï et d'autres sages comme Akiva ben Yoseph obtiennent l'autorisation de quitter la ville en flammes, pour aller fonder une école à Yavné dont l'objectif sera de consigner d'urgence dans des livres tout ce que les juifs savent de leur histoire et se transmettent oralement dans le face-à-face de l'étude, entre maître et élève. Un véritable travail d'enquête est alors mené dans la mémoire des vivants comme dans les communautés et bibliothèques des pays voisins.

Que se transmettent donc d'essentiel les juifs de cette époque ? D'abord que Moïse a reçu de Dieu sur le mont Sinaï non seulement la Loi écrite (la Torah, ou Enseignement) mais aussi la Loi orale (le Talmud, ou Etude) « ainsi que les commentaires ésotériques se rapportant à cette loi ». De l'hébreu qabbala (réception, transmission, tradition), la Kabbale est donc cet ensemble de commentaires ésotériques transmis sans recours à un texte écrit, par crainte de voir se fossiliser le sens de cet enseignement. Jusqu'au IIe siècle, où un prestigieux élève de l'école de Yavné, rabbi Siméon bar Yochai, aurait consigné tous ces commentaires dans un manuscrit secret, le Sefer ha-Zohar (le Livre de la Splendeur). La légende raconte que le manuscrit aurait été caché dans une grotte près de Safed, ville qui reste aujourd'hui encore un haut lieu de la Kabbale en Israël même. D'autres livres d'inspiration kabbalistique apparaissent au long des siècles, comme le Sefer Yetsirah (Livre de la Création) ou le Sefer ha-Bahir (Livre de la Clarté) écrits au XIIe siècle, dont les auteurs sont inconnus, et qui sont des textes fondateurs de la Kabbale.

C'est finalement au XIIIe siècle que paraît le Zohar, désormais considéré comme un texte canonique au même titre que la Torah et le Talmud. Il est rédigé en araméen, certains disent par Moïse de Leòn (1240-1305), un kabbaliste espagnol de Guadalajara. S'estimant lui-même simple maillon de la chaîne des dépositaires de ce savoir ésotérique, il l'attribue à rabbi Siméon bar Yochai. Composé de 23 volumes, il est devenu l'instrument quotidien des kabbalistes (meqabelim) qui tentent de percer les secrets de la Torah et d'approfondir la compréhension des 613 mitsvot (les commandements). Ce mouvement va connaître un tournant décisif après l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492. Les kabbalistes espagnols contraints à l'exil vont se disperser autour de la Méditerranée ; un noyau de grands érudits se retrouve à Safed, en Galilée, et amorce au début du XVIe siècle un formidable renouveau doctrinal, élaboré au sein de confréries mystiques. Moïse Cordovero (1522-1570), auteur d'ouvrages fondamentaux, en est la première grande figure. Les enseignements de son disciple Isaac Louria (1534-1572), dit le Ari Z'al, le Saint Lion, sont recueillis par son élève Haïm Vital (1542-1620) et consignés dans divers ouvrages dont le Sefer Ets Hayyim (Livre de l'Arbre de vie). On leur doit l'élaboration de concepts essentiels comme le tsimstsoum (la contraction divine qui permet à la Création de se déployer), la chevirat hakelim (la brisure des vases) et le tiqqun (la réparation) incombant à l'homme qui, par sa conduite exemplaire, doit rassembler les étincelles emprisonnées dans les écorces, les klippot, pour réparer l'Unité divine.

Cette kabbale lourianique poursuit au XVIIIe siècle son odyssée en Italie, à Padoue, où Moshé Haïm Luzzato rend accessible, au fil d'une oeuvre monumentale, les textes du Ari'Zal au premier abord impénétrables. Ses textes poursuivent leur chemin vers le nord de l'Europe, et donnent naissance au XVIIIe siècle, par l'influence décisive qu'ils auront sur nombre de juifs troublés par le mouvement des Lumières juives (la Haskala), au mouvement hassidique créé par le Baal Chem Tov.

A la Renaissance, puis au siècle des Lumières, l'étude de la Kabbale connaît également un grand essor, bien au-delà des milieux juifs, notamment par le biais de kabbalistes chrétiens comme Pic de La Mirandole (qui trouve dans quelques aspects de la Kabbale une préfiguration et une explication de certains dogmes chrétiens, notamment celui de la Trinité), de Jean Reuchlin, de Guillaume Postel ou Jacques Gaffarel. On dit également que William Shakespeare et Isaac Newton l'auraient étudiée...

Réservée à l'origine à quelques érudits, et aux hommes de plus 40 ans, mariés et pères d'au moins deux enfants, la Kabbale questionne sans fin le rôle de la Volonté et de la Direction divines dans la Création du monde, comme celui de l'Homme, et l'oeuvre de « réparation » qui lui échoit. Cet enseignement explique le pourquoi de l'univers ainsi que son fonctionnement. Il consiste, on l'a vu, en une relecture au niveau le plus haut et le plus élaboré de la Torah. Le Zohar opère selon deux grands principes : « La Torah parle des choses d'en bas mais se réfère en réalité aux choses d'en haut. » Outre le sens littéral du texte (pschat), chaque mot possède un sens caché (sod), ésotérique, qu'il s'agit de dévoiler. Les kabbalistes prétendent que la Vérité ne peut être exprimée par les mots, ceux-ci dénotant simplement ce qu'éprouvent les sens humains et l'intellect. Pourtant, la Torah est écrite avec des mots. Et donc, disent les kabbalistes, ces mots doivent forcément receler la Vérité divine. Alors, comment la découvrir ? En essayant d'en dépasser le sens premier. Pour cela, ils s'appuient sur une des spécificités de l'hébreu, où chaque lettre correspond à un chiffre (aleph : 1, beth : 2, guimel : 3, daleth : 4, etc.). On peut ainsi calculer la valeur numérique d'un mot et rapprocher ainsi des mots de même valeur, ce qui ouvre des perspectives exégétiques passionnantes. L'écriture hébraïque étant consonantique, on peut donc vocaliser diversement chaque mot. Par ces techniques de permanente remise en mouvement du sens, les kabbalistes découvrent les significations cachées et infinies de la Bible. Ainsi entrent-ils en contact avec la Source, l'Infini (ain sof), l'Esprit divin qui a inspiré la Torah, qui en est la matérialisation. Pour les kabbalistes, le Dieu caché, celui qui n'est pas concevable par l'esprit humain, porte le nom d'Ain Sof (Infini). En revanche, Dieu se manifeste par des émanations : ce sont les dix sefirot.

Charles Mopsik, disparu en 2003, a consacré sa vie à l'étude de la Kabbale et tout particulièrement à la traduction en français du Zohar. Selon lui, les kabbalistes cherchent à pénétrer les mystères recelés dans ce texte biblique : « Les rabbins traditionnels, écrit-il, se posent la question du "comment", par exemple comment traduire en lois les 613 commandements bibliques. Les kabbalistes, eux, cherchent à percer les secrets des commandements. Ils veulent en connaître l'origine et la signification. Ils s'attachent au "pourquoi". Ils visent aussi la recherche des voies qui permettent d'accéder directement à un contact avec la divinité : rejoindre la Source est leur but ultime. Pour eux, la connaissance du monde divin est la clé de toute approche. »

Ainsi, la Kabbale tend à « désocculter l'occulte » et non à l'entretenir : les mystères sont faits pour être pénétrés, les voiles levés. Selon la mystique juive, il n'y a donc rien qui ne puisse être un jour mis au jour par l'homme. Est-ce possible ? « Oui, répond un rabbin qui tient à rester anonyme, car dans cette doctrine, tout est relié, du plus haut au plus bas, du plus raréfié jusqu'au plus dense. S'il y a une séparation, un court-circuit, c'est le désordre, la désorganisation, la dysharmonie. » La Kabbale est donc une doctrine d'échange dans laquelle l'homme est à la fois réceptacle et émetteur. Plus il reçoit, et plus il répond à sa raison d'être : donner. « Le courant devient continu. L'échange s'harmonise, s'étend, s'enfonce de plus en plus loin, de plus en plus haut et plus bas. L'intelligence cosmique s'incarne en lui jusqu'à s'identifier avec lui. Ce sont, très sommairement, les grandes lignes de cette mystique. »

Devant la somme de connaissances que requiert l'étude de la Kabbale - connaissance poussée de l'hébreu, du Talmud, du Midrash - on s'étonnera de la vogue incroyable qu'elle connaît actuellement aux Etats-Unis. Après le bouddhisme chic et la scientologie, la Kabbale est devenue la dernière tocade spirituelle à la mode, notamment dans les milieux du show-biz. Mais quelle Kabbale ? Celle du Rav Philip Berg ! Le coup de génie de cet ancien agent d'assurances américain reconverti dans le rabbinat en 1962 est d'avoir mis la Kabbale à la portée de tous en la dépouillant de toute sa complexité et de sa charge spirituelle pour la réduire à une batterie de maximes de sagesse correspondant aux attentes d'adeptes aussi naïfs que novices. Comme feu Ron Hubbard, ancien auteur de science-fiction devenu prophète autoproclamé de l'Eglise de scientologie, le Rav Berg ne pense qu'à développer son fonds de commerce. Pour convaincre, par exemple, les plus réticents d'acheter les 23 volumes du Zohar (350 euros) auxquels ils ne peuvent rien comprendre à moins de maîtriser parfaitement l'araméen et l'hébreu, il a inventé le scanning : « Passez vos doigts sur le texte ou regardez simplement ces lettres, cela peut vous apporter la paix », lit-on sur un prospectus de son Kabbalah Center. « Quand je ne comprenais pas, mon professeur me disait : "Tu scannes", c'est-à-dire tu photographies ce que tu lis et tu retiens. Ça s'imprime dans le cerveau », se souvient Bernadette, 48 ans, qui a quitté le centre il y a trois ans, après avoir répertorié toutes les incohérences de cet enseignement. Surfant sans scrupule sur la crédulité de ses recrues, le Rav Berg utilise aussi Internet (www.kabbalah.com). Cliquez sur store (magasin) et toute une liste de produits apparaît : livres du Rav Berg, calendriers, cartes de méditation, disques, colliers divers, bougies, encens, un bazar digne d'un sorcier de village. Ou d'un pro du marketing...

Le fameux ruban rouge, signe de ralliement des nouveaux disciples, est vendu sur le site 26 dollars ! Il est censé protéger des vibrations négatives. En vertu de quoi ? Explication d'un proche du Rav Berg, à Los Angeles : « Selon le Zohar, il est dit que Rachel protège contre le mauvais oeil. Nous nous rendons donc sur son tombeau à Bethléem pour charger ce ruban d'ondes positives. Puis on le met autour du poignet gauche, le bras gauche symbolisant pour les kabbalistes le désir. Le désir d'agir pour le mieux, de faire le bien, qui change tout... »

Mais l'atout maître de Berg, c'est Madonna. Depuis qu'elle est devenue citoyenne du Kabbalaland, la Material Girl a manifesté sa reconnaissance en donnant 6 millions de dollars au Kabbalah Centre de Londres, ouvert il y a sept ans et dirigé par Michael Berg, le fils du Rav, et 22 millions à celui de New York... La superstar, qui a troqué ses références coquines pour cette version new age de la Kabbale, n'accorde plus une seule interview sans évoquer cette doctrine qui, dit-elle, a chamboulé sa vie. Elle se fait désormais appeler Esther, observe le shabbat et écrit des contes à thèmes kabbalistiques pour enfants, dont trois recueils ont été traduits en 30 langues et vendus dans plus de 100 pays... dont la France.

Le club de Kabballywood (voir encadré), et surtout l'activisme commercial du rabbin-gourou exaspèrent les vrais kabbalistes. Quand on sait que plus de quatre millions de personnes ont déjà fréquenté les 50 centres de la Kabbale disséminés dans le monde, notamment en Israël, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Australie, au Japon et à Londres, on imagine les perspectives de développement d'un empire déjà évalué à 100 millions de dollars... Mais le plus grave, c'est que cette entreprise semble bien présenter toutes les caractéristiques d'une secte : prééminence d'un gourou ou maître, culte de la personnalité (dans chaque prière, le nom du Rav et celui de son épouse sont prononcés), emprise sur les adeptes, recours à des recettes de charlatan - on se soigne avec de « l'eau kabbalistique », car la Lumière du Créateur guérit -, utilisation abusive des textes sacrés, politique de recrutement intensive, et enfin manipulation des esprits fragiles. En Israël, ces centres kabbalistiques sont considérés comme sectaires et, en France, toutes les autorités rabbiniques les condamnent. Devant une telle caricature de l'esprit originel de la Kabbale, il serait temps que les érudits juifs fassent entendre leur voix. Mais en ont-ils simplement envie ?

La symbolique

Pour la Kabbale, Dieu se manifeste à l'homme par des "émanations", les sephirot, au nombre de dix sur le fameux Arbre des sephirot, matérialisés par des cercles. Vingt-deux voies, reliant les cercles entre eux, font partie du parcours initiatique du disciple. L'origine de l'Arbre est méconnue mais ses premières illustrations datent du XIIe siècle. Autre symbole, bien plus récent, le ruban rouge censé protéger des vibrations négatives.

Repères

70
Destruction du Temple de Jérusalem.
IIe siècle
En Galilée, le rabbin Siméon bar Yochai rassemble les commentaires ésotériques dans le Sefer ha-Zohar.
XIIe siècle
En Provence, parution du Sefer Yetsirah et du Sefer ha-Bahir.
XIIIe siècle
En Castille, publication du Sefer ha-Zohar par Moïse de Leòn. Le Zohar devient un texte canonique, comme la Torah et le Talmud.

Comprendre

Commentaires ésotériques
Le domaine de la connaissance ésotérique est désigné par les kabbalistes sous le nom de pardès (le verger, le paradis). Ce mot est formé des quatre consonnes P (pshatt, sens littéral), R (remez, sens allégorique), D (derash, sens figuré) et S (sod, sens secret).

Kabballywood

Madonna a entraîné à sa suite le Tout-Hollywood et autres jet setters : son mari Guy Ritchie, Britney Spears (à qui elle a offert une édition du Zohar du XIIe siècle), Demi Moore, Ashton Kutcher, Paris Hilton, Gwyneth Paltrow, Naomi Campbell, Winona Ryder, Barbra Streisand, Donna Karan, le couple Beckham, Elizabeth Taylor et Mick Jagger. L'ex-épouse de ce dernier, Jerry Hall, est la première à avoir craqué : elle a rompu avec le centre londonien, parce qu'elle en avait assez de « demander à ses amis de donner un dixième de leurs revenus annuels au Rav Berg »...

En complément

Comprendre la Kabbale, de Quentin Ludwig (Eyrolles, 2006).
Cabale et cabalistes, de Charles Mopsik (Albin Michel, 2003).
Les Grands Courants de la mystique juive, de Gershom Scholem (Payot, 2002).
Les Grands Textes de la Kabbale, de Charles Mopsik (Verdier, 1993).
Mystères de la Kabbale, de Marc-Alain Ouaknin (Ed. Assouline, 2002).

Sources Historia

Posté par Adriana Evangelizt

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