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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 00:03

 Salomon dans les moeurs donnait l'exemple... il aurait eu 700 femmes et 300 concubines...

 

 

Histoire de la prostitution chez tous les Peuples du monde

depuis l'Antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours

par P. L JACOB

Chapitre III

2ème partie

1ère partie

Un ancien commentateur juif des livres de Moïse ajoute beaucoup de traits de moeurs, que lui fournit la tradition, au chapitre xv des Nombres, dans lequel sont mentionnés les débordements des Israélites avec les filles de Moab. Ces filles avaient dressé des tentes et ouvert des boutiques (officinae) depuis Bet- Aiscimot jusqu'à Ar-Ascaleg : là, elles vendaient toutes sortes de bijoux ; et les Hébreux mangeaient et buvaient au milieu de ce camp de Prostitution.

Quand l'un d'eux sortait pour prendre l'air et se promenait le long des tentes, une fille l'appelait de l'intérieur de la tente où elle était couchée : « Viens, et achète-moi quelque chose? » Et il achetait; le lendemain il achetait encore, et le troisième jour elle lui disait : « Entre, et choisis-moi ; tu es le maître ici. » Alors, il entrait dans la tente; et là, il trouvait une coupe pleine de vin ammonite qui l'attendait : « Qu'il te plaise de boire ce vin ! » lui disait-elle. Et il buvait, et ce vin enflammait ses sens, et il disait à la belle fille de Moab : « Baise-moi! » Elle, tirant de son sein l'image de Phegor (sans doute un phallus) : « Mon seigneur, lui disait-elle, si tu veux que je te donne un baiser, adore mon dieu ? — Quoi ! s'écriait-il, puis-je accepter l'idolâtrie?—Que t'importe! reprenait l'enchanteresse; il suffit de te découvrir devant cette image. » L'Israélite se gardait bien.de refuser un pareil marché ; il se découvrait, et la Moabite achevait de l'initier au culte de Baal- Phegor. C'était donc reconnaître Baal et l'adorer, que de se découvrir devant lui. Aussi, les Juifs, de peur de paraître la tête nue en sa présence, conservaient leur bonnet jusque dans le temple et devant le tabernacle du Seigneur. Ces filles de Moab n'étaient peut-être pas trop innocentes de la plaie qui frappa Israël, à la suite des idolâtries qu'elles avaient sollicitées; car, après l'expédition triomphante que Moïse avait envoyée contre les Madianites, tous les hommes ayant été passés au fil de l'épée, il ordonna de tuer aussi une partie des femmes qui restaient prisonnières : « Ce sont elles, dit-il aux capitaines de l'armée, ce sont elles qui, à la suggestion de Balaam, ont séduit les fils d'Israël et vous ont fait pécher contre le Seigneur en vous montrant l'image de Phegor. » Il fit donc tuer impitoyablement toutes les femmes qui avaient perdu leur virginité (mulieres quae noverunt viros in coitu).

Moïse, dans vingt endroits de ses livres, paraît se préoccuper beaucoup de la virginité des filles : c'était là une dot obligée que la femme juive apportait à son mari, et l'on doit croire que les Hébreux, si peu avancés qu'ils fussent dans les sciences naturelles, avaient des moyens certains de constater la virginité, lorsqu'elle existait, et de prouver ensuite qu'elle avait existé. Ainsi (
Deuteron., ch. XXII), lorsqu'un mari, après avoir épousé sa femme, l'accusait de n'être point entrée vierge dans le lit conjugal, le père et la mère de l'accusée se présentaient devant les anciens qui siégeaient à la porte de la ville, et produisaient à leurs yeux les marques de la virginité de leur fille, en déployant la chemise qu'elle avait la nuit de ses noces. Dans ce cas, on imposait silence au mari et il n'avait plus rien à objecter contre une virginité si bien établie. Mais, dans le cas contraire, quand la pauvre femme n'en pouvait produire autant, elle courait risque d'être convaincue d'avoir manqué à ses devoirs et d'être alors condamnée comme ayant forniqué dans la maison de son père : on la conduisait devant cette maison et on l'assommait à coups de pierres. Moïse, ainsi que tous les législateurs, avait prononcé la peine de mort contre les adultères; quant au viol, celui d'une fille fiancée était seul puni de mort, et la fille périssait avec l'homme qni l'avait outragée, à moins que le crime eût été commis en plein champ ; autrement, cette infortunée était censée n'avoir pas crié ou avoir peu crié. Si la fille n'avait pas encore reçu l'anneau de fiancée, son insulteur devenait son mari pour l'avoir humiliée (quia humiliavit illam), à la charge seulement de payer au père de sa victime cinquante sicles d'argent, ce qui s'appelait l'achat d'une vierge.

Moïse, plus indulgent pour les hommes que pour les femmes, prescrivait à celles-ci une chasteté si rigoureuse, que la femme mariée qui voyait son mari aux prises avec un autre homme ne pouvait lui venir en aide, sous peine de s'exposer à perdre la main; car on coupait la main à la femme qui, par mégarde ou autrement, touchait les parties honteuses d'un homme; or, dans leurs rixes, les Juifs avaient l'habitude de recourir trop souvent à ce mode d'attaque redoutable, qui n'allait à rien moins qu'à mutiler la race juive. Ce fut donc pour empêcher ces combats dangereux, que Moïse ferma l'entrée du temple aux eunuques, de quelque façon qu'ils le fussent devenus (attrilis vel ampulatis testiculis et abscisso veretro. Deutéron.,
XXIII). Mais toutes ces rigueurs de la loi ne s'appliquaient qu'aux femmes juives ; les étrangères, quoi qu'elles fissent dans Israël ou avec Israël, n'étaient nullement inquiétées, et Moïse lui-même savait bien tout le prix de ces étrangères, puisque, âgé de plus de cent ans, il en prit une pour femme ou plutôt pour concubine.

C'était une Éthiopienne, qui n'adorait pas le Dieu des Juifs, mais qui n'en plaisait pas moins à Moïse. La soeur de ce favori de l'Éternel, Marie, eut à se repentir d'avoir mal parlé de l'Éthiopienne, car Moïse s'attrista et le Seigneur s'irrita : Marie devint lépreuse, blanche comme neige, en châtiment de ses malins propos contre la noire maîtresse de Moïse. Celui-ci, qui ne prêchait pas toujours d'exemple, eût été malvenu à exiger des Israélites une continence qui lui semblait difficile à garder. Il leur recommandait seulement la modération dans les plaisirs des sens, la chasteté dans les actes extérieurs. Ainsi, suivant sa loi, l'amour était une sorte de mystère, qui ne devait s'accomplir qu'avec certaines conditions de temps, de lieu et de décence. Il y avait, en outre, beaucoup de précautions à prendre dans l'intérêt de la salubrité publique : les femmes juives étaient sujettes à des indispositions héréditaires que l'abus des rapports sexuels pouvait aggraver et multiplier; les familles, en se concentrant pour ainsi dire sur elles-mêmes, avaient appauvri et vicié leur sang.

L'intempérance étant le vice dominant des Israélites, leur législateur, qui eût été impuissant à les rendre absolument chastes et vertueux, leur prescrivit de se modérer dans leurs désirs et dans leurs jouissances : «Que les fils d'Israël , dit le Seigneur à Moïse, portent des bandelettes de pourpre aux bords de leurs manteaux, afin que la vue de ces bandelettes leur rappelle les commandements du Seigneur et détourne de la fornication leurs yeux et leurs pensées. » (Nombr., xv.)

Les étrangères ou femmes de plaisir n'étaient pas si décriées dans Israël, que leurs fils ne pussent prendre rang et autorité parmi le peuple de Dieu : ainsi, le brave Jephté était né, à Galaad, d'une prostituée, et il n'en fut pas moins un des chefs de guerre les plus estimés des Israélites. Un commentateur des livres saints a pensé que Jephté, pour expier la prostitution de sa mère, consacra au Seigneur la virginité de sa fille unique. On a peine à croire, en effet, que Jephté ait réellement immolé sa fille, et il faut sans doute ne voir dans cet holocauste humain qu'un emblème assez intelligible : la fille de Jephté pleure, pendant deux mois, sa virginité avec ses compagnes, avant de prendre l'habit de veuve et de se vouer au service du Seigneur.

Quant au lévite d Éphraïm, il avait pris dans le pays de Bethléem une concubine qui paillarda chez lui, dit la traduction protestante de la Bible, et qui le quitta pour retourner chez son père. Ce fut là que le lévite alla, pour leur malheur, la rechercher : à son retour, il accepta l'hospitalité que lui offrait un bon vieillard de la ville de Guibha, et entra dans la maison de ce vieillard, pour y passer la nuit, avec ses deux ânes, sa concubine et son serviteur. Les voyageurs lavèrent leurs pieds, mangèrent et burent; mais, comme ils allaient s'endormir, les habitants de Guibha , qui étaient enfants de Jemini et appartenaient à la tribu de Benjamin, environnèrent la maison et, heurtant à la porte, crièrent à l'hôte : « Amène-nous l'homme qui est entré chez toi, pour que nous abusions de lui (ut abutamur co). » Le vieillard sortit à la rencontre de ces fils de Bélial et leur dit : « Frères, ne commettez pas cette vilaine action ; cet homme est mon hôte et je dois le protéger. J'ai une fille vierge et cet homme a une concubine : je vais vous livrer ces deux femmes et vous assouvirez sur elles votre brutalité; mais , je vous en supplie, ne vous souillez pas d'un crime contre nature, en abusant de cet homme. » Ces furieux ne voulaient rien entendre; enfin, le lévite d'Ephraïm mit dehors sa concubine et l'abandonna aux Benjamites, qui abusèrent d'elle toute la nuit. Le lendemain matin, ils la renvoyèrent, et cette malheureuse, épuisée par cette horrible débauche, put à peine se traîner jusqu'à la  maison où dormait son amant : elle tomba morte, les mains étendues sur le seuil. C'est en ce triste état que le lévite la trouva en se levant. Quoiqu'il l'eût en quelque sorte sacrifiée lui-même, il ne fut que plus ardent à la venger. Israël prit fait et cause pour cette concubine et s'arma contre les Benjamites, qui furent presque exterminés. Ce qui resta de la tribu coupable n'aurait pas eu de postérité, si les autres tribus, qui avaient juré de ne pas donner leurs filles à ces fils de Bélial, ne s'étaient avisées de faire prisonnières les filles de Jabès en Galaad et d'enlever les filles de Silo en Chanaan, pour repeupler le pays, que cette affreuse guerre avait changé en solitude.

Les Benjamites épousèrent donc des étrangères et des idolâtres. Ces étrangères ne tardèrent pas sans doute à rétablir le culte de Moloch et de Baal-Phegor dans Israël, comme le firent plus tard les concubines du roi Salomon. Sous ce roi, qui régnait mille ans avant Jésus-Christ, et qui éleva le peuple juif au plus haut degré de prospérité, la licence des moeurs fut poussée aux dernières limites. Le roi David, sur ses vieux jours, s'était contenté de prendre une jeune fille vierge qui avait soin de lui et qui le réchauffait la nuit dans sa couche. Le Seigneur, malgré cette innocente velléité d'un vieillard glacé par l'âge, ne s'était pourtant pas retiré de lui et le visitait encore souvent. Mais Salomon, après un règne glorieux et magnifique,
se laissa emporter par la fougue de ses passions charnelles : il aima, outre la fille d'un Pharaon d'Egypte, qu'il avait épousée, des femmes étrangères, des Moabites, des Ammonites, des Iduméennes, des Sidoniennes et d'autres que le dieu d'Israël lui avait ordonné de fuir comme de dangereuses sirènes. Mais Salomon se livrait avec frénésie à ses débordements. (His itaque copulatus est ardentissimo amore). Il eut
sept cents femmes et trois cents concubines, qui détournèrent son coeur du vrai Dieu. Il adora donc Astarté, déesse des Sidoniens ; Camos, dieu des Moabites, et Moloch, dieu des Ammonites ; il érigea des temples et des statues à ces faux dieux, sur la montagne située vis-à-vis de Jérusalem ; il les encensa et leur offrit d'impurs sacrifices. Ces sacrifices , offerts à Vénus, à Adonis et à Priape sous les noms de Moloch, de Camos et d'Astarté, avaient pour prêtresses les femmes et les concubines de Salomon.

Il y eut, en effet, pendant le règne de ce roi voluptueux et sage, un si grand nombre d'étrangères qui vivaient de Prostitution au milieu d'Israël, que ce sont deux prostituées qui figurent comme héroïnes dans le célèbre jugement de Salomon. La Bible fait comparaître ces deux femmes de mauvaise vie (meretrices) devant le trône du roi, qui décide entre elles et tranche leur différend sans leur témoigner aucun mépris.

A cette époque, la Prostitution avait donc une existence légale, autorisée, protégée, chez le peuple juif. Les femmes étrangères, qui en avaient pour ainsi dire le monopole, s'étaient même glissées dans l'intérieur des villes, et elles y exerçaient leur honteuse industrie publiquement, effrontément, sans craindre aucune punition corporelle ou pécuniaire.

Deux chapitres du Livre des Proverbes de Salomon, le VIe et le VIIe, sont presque un tableau de la Prostitution et de son caractère en ce temps-là. On pourrait induire de certains passages du chapitre v, que ces étrangères n'étaient pas exemptes de terribles maladies, nées de la débauche, et qu'elles les communiquaient souvent aux libertins, qui en étaient consumés (quando consumpseris carnes tuas) : « Le miel distille des lèvres d'une courtisane, dit Salomon ; sa bouche est plus douce que l'huile ; mais
elle laisse des traces plus amères que l'absinthe et plus aiguës que le glaive à deux tranchants... Détourne-toi de sa voix et ne t'approche pas du seuil de sa maison, de peur de livrer ton honneur à un ennemi et le reste de ta vie à un mal cruel, de peur d'épuiser tes forces au profit d'une paillarde et d'enrichir sa maison à tes dépens. » Dans le chapitre VII, on voit une scène de Prostitution,qui diffère peu dans ses détails de celles qui se reproduisent de nos jours sous l'œil vigilant de la police ; c'est une scène que Salomon avait vue certainement d'une fenêtre de son palais, et qu'il a peinte d'après nature avec les pinceaux d'un poète et d'un philosophe : « D'une fenêtre de ma maison, dit-il, à travers les grillages, j'ai vu et je vois les hommes, qui me paraissent bien petits. Je considère un jeune insensé qui traverse le carrefour et qui s'avance vers la maison du coin, lorsque le jour va déclinant, dans le crépuscule de la nuit et dans le brouillard. Et voici qu'une femme accourt vers lui, parée comme le sont les courtisanes, toujours prête à surprendre les âmes, gazouillante et vagabonde, impatiente de repos tellement que ses pieds ne tiennent jamais à la maison; tantôt à sa porte, tantôt dans les places, tantôt aux angles des rues, dressant ses embûches. Elle saisit le jeune homme, elle le baise, elle lui sourit avec un air agaçant : « J'ai promis des offrandes aux dieux à cause de toi, lui dit-elle; aujourd'hui mes vœux devaient être comblés. C'est pourquoi je suis sortie à ta rencontre, désirant te voir, et je t'ai trouvé. J'ai tissu mon lit avec des cordes, je l'ai couvert de tapis peints venus d'Egypte, je l'ai parfumé de myrrhe, d'aloès et de cinnamome. Viens, enivrons-nous de volupté, jouissons de nos ardents baisers jusqu'à ce que le jour reparaisse. Car mon maître (vir) n'est pas dans sa maison ; il est allé bien loin en voyage ; il a emporté un sac d'argent; il ne reviendra pas avant la pleine lune. » Elle a entortillé ce jeune homme avec de pareils discours, et, par la séduction de ses lèvres, elle a fini par l'entraîner. Alors il la suit comme le boeuf conduit à l'autel du sacrifice; comme l'agneau qui se joue, ne sachant pas qu'on doit le garrotter, et qui l'apprend lorsqu'un fer mortel lui traverse le cœur ; comme l'oiseau qui se jette dans le filet, sans savoir qu'il y va de sa vie. Maintenant donc, mes enfants, écoutez-moi et ayez égard aux paroles de ma bouche : Que votre esprit ne se laisse pas attirer dans la voie de cette impure, et qu'elle ne vous égare point sur ses traces ; car elle a mis à bas beaucoup d'hommes gravement blessés , et les plus forts ont été tués par elle. » Salomon, au milieu des orgies de ses concubines, célébrant les mystères de Moloch et de Baal, le grand roi Salomon avait probablement oublié ses Proverbes. Salomon néanmoins se repentit et mourut dans la paix du Seigneur.

Le fléau de la Prostitution resta toujours attaché, comme la lèpre, à la nation juive; non-seulement la Prostitution légale, que tolérait la loi de Moïse dans l'intérêt de la pureté des moeurs domestiques, mais encore la Prostitution sacrée qu'entretenait au milieu d'Israël la présence de tant de femmes étrangères élevées dans la religion de Moloch, de Camos et de Baal-Phegor. Les prophètes, que Dieu suscitait sans cesse pour gourmander et corriger son peuple, le trouvaient occupé à sacrifier aux dieux de Moab et d'Ammon sur le sommet des montagnes et dans l'ombre des bois sacrés : l'air retentissait de chants licencieux et se remplissait de parfums que les prostituées brûlaient devant elles. Il y avait des tentes de débauche aux carrefours de tous les chemins et jusqu'aux portes des temples du Seigneur. Il fallait bien que le scandaleux spectacle de la Prostitution affligeât constamment les yeux du prophète, pour que ses prophéties en reflétassent à chaque instant les images impudiques.

Isaïe dit à la ville de Tyr, qui s'est prostituée avec toutes les nations de la terre : « Prends une cithare, ô courtisane condamnée à l'oubli, danse autour de la ville, chante, fais résonner ton instrument, afin qu'on se ressouvienne de toi ! » On voit, par ce passage, que les étrangères faisaient de la musique pour annoncer leur marchandise. Jérémie dit à Jérusalem, qui, comme une cavale sauvage, aspire de toutes parts les émanations de l'amour physique : « Courtisane, tu as erré sur toutes les collines, tu t'es prostituée sous tous les arbres ! »

Jérémie nous représente sous les couleurs les plus hideuses ces impurs enfants d'Israël qui se souillaient de luxure dans la maison d'une paillarde, et qui devenaient des courtiers de Prostitution. (Maechati sunt et in domo meretricis luxuriabanlur; equi amatores et emissarii facti sunt.) Les Juifs, lorsqu'ils furent menés en captivité à Babylone, n'eurent donc pas à s'étonner de ce qu'ils y virent en fait de désordres et d'excès obscènes dans le culte de Mylitta qu'ils connaissaient déjà sous le nom de Moloch. Jérémie leur montre avec une sainte indignation les prêtres qui trafiquent de la Prostitution, les dieux qui y président, l'or du sacrifice payant les travaux de la courtisane, et la courtisane rendant aux autels le centuple de la solde qu'elle en a reçue. (Dant autem et ex ipso prostitutis, et meretrices ornant, et iterum, cum receperint illud  a meretricibus, ornant deos suos.)

Mais Israël peut maintenant, sur le champ de la Prostitution, en apprendre à tous les peuples qui l'ont instruit et qu'il a surpassés. Le prophète Ezéchiel nous fait une peinture épouvantable de la corruption juive. Ce ne sont, dans ses effrayantes prophéties, que mauvais lieux ouverts à tout venant, que tentes de paillardise plantées sur tous les chemins, que maisons de scandale et d'impudicité ; on n'aperçoit que courtisanes vêtues de soie et de broderie, étincelantes de joyaux, chargées de parfums; on ne contemple que des scènes infâmes de fornication. La grande prostituée, Jérusalem, qui se donna aux enfants d'Egypte à cause des promesses de leur belle taille, fait des présents aux amants dont elle est satisfaite , au lieu de leur demander un salaire : « Je te mettrai dans les mains de ceux à qui tu t'es abandonnée, lui dit le Seigneur, et ils détruiront ton lupanar, et ils démoliront ton repaire ; et ils te dépouilleront de tes vêtements, et ils emporteront tes vases d'or et d'argent, et ils te laisseront nue et pleine d'ignominie. » Il fallait que Jérusalem eût porté au comble ses prévarications, pour que le prophète la menaçât du sort de Sodôme. La Prostitution qui faisait le plus souffrir les hommes de Dieu, ce devait être celle qui persistait à s'abriter sous les voûtes du temple de Salomon. Ce temple, du temps des Machabées, un siècle et demi avant Jésus-Christ, était encore le théâtre du commerce des prostituées qui venaient y chercher des chalands. (Templum luxuria ci comessationibus gcntium erat plénum et scortanlium cum meretricibus.) On doit croire que cet état de choses ne changea pas jusqu'à ce que Jésus eut chassé les vendeurs du temple, et bien que les évangélistes ne s'expliquent pas sur la nature du commerce dont Jésus purgea la maison du Seigneur, le livre des Machabées, écrit cent ans auparavant, nous indique assez ce qu'il pouvait être. D'ailleurs, il est parlé de marchands de tourterelles dans l'Évangile de saint Marc, et l'on doit présumer que ces oiseaux, chers à Vénus et à Moloch, n'étaient là que pour fournir des offrandes aux amants. La loi des Jalousies, si poétiquement imaginée par Moïse, ne prescrivait pas aux époux ce sacrifice d'une tourterelle ; mais seulement celui d'un gâteau de farine d'orge.


Jésus, qui fut impitoyable pour les hôtes parasites du sanctuaire et qui brisa leur comptoir d'iniquité, se montra pourtant plein d'indulgence à l'égard des femmes, comme s'il avait pitié de leurs faiblesses. Quand la Samaritaine le trouva assis au bord d'un puits, cette étrangère qui avait eu cinq maris et qui vivait en concubinage avec un homme, Jésus ne lui adressa aucun reproche et s'entretint doucement avec elle, en buvant de l'eau qu'elle avait tirée du puits. Les disciples de Jésus s'étonnèrent de le voir en compagnie d'une telle femme et dirent dédaigneusement : « Pourquoi parler à cette créature? » Les disciples étaient plus intolérants que leur divin maître, car ils auraient volontiers lapidé, selon la loi de Moïse, une autre femme adultère, que Jésus sauva en disant : « Que celui qui n'a pas péché lui jette la première pierre! » Enfin, le Fils de l'homme ne craignit pas d'absoudre publiquement une prostituée, parce qu'elle avait honte de son coupable métier. Tandis qu'il était à table dans la maison du pharisien, à Capharnaum, une femme de mauvaise vie (peccatrix), qui demeurait dans cette ville, apporta un vase d'albâtre contenant une huile parfumée; elle arrosa de ses larmes les pieds du Sauveur, les oignit d'huile et les essuya avec ses cheveux. Ce que voyant le pharisien, il disait en lui-même : « S'il était prophète, il saurait bien quelle est cette femme qui le touche, car c'est une pécheresse. » Jésus , se tournant vers cette femme, lui dit avec une bonté angélique : «Tes péchés, si grands et si nombreux qu'ils soient, te sont remis, parce que tu as beaucoup aimé. » Ces paroles de Jésus ont été commentées et tourmentées de bien des manières ; mais, à coup sûr, le fils de Dieu , qui les a prononcées, n'entendait pas encourager la pécheresse à continuer son genre de vie. Il chassa sept démons qui possédaient cette femme, nommée Marie-Madeleine, et qui n'étaient peut-être que sept libertins avec qui elle avait des habitudes. Madeleine devint dès lors une sainte femme, une digne repentie; elle s'attacha aux pas du divin Rédempteur, qui l'avait délivrée; elle le suivit en larmes jusqu'au Calvaire ; elle s'assit, toujours gémissante, devant le sépulcre. Ce fut à elle que le Christ apparût d'abord, comme pour lui donner un témoignage éclatant de pardon. Cette pécheresse fut mise au rang des saintes, et si, pendant tout le Moyen-Âge, elle ne se sentit pas fort honorée d'être la patronne des  pécheresses qui n'imitaient pas sa conversion, elle les consolait du moins par son exemple, et, même au fond de leurs retraites maudites, elle leur montrait encore le chemin du ciel. (Remittuntur ei peccata multa, quoniam dilexit multum.)

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans RELIGION-INTEGRISME
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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 23:45

Et les moeurs des ancêtres comment étaient-ils ? Very hot. Très trivialement, nous dirons... ça "forniquait" dur ! Il est vrai que l'on en a quelques exemples dans la Torah. C'est pour cette raison que Moïse avait imposé des lois très strictes comme vous pourrez le lire. Les moeurs sexuelles étaient tellement dissolues que les ancêtres en avaient le sang vicié. C'est peut-être une des raisons qui fait qu'en Egypte on les avait relégués dans Avaris "à cause d'une maladie contractée"...

Ce chapitre étant très long, nous l'avons partagé en deux...

Histoire de la prostitution chez tous les Peuples du monde

depuis l'Antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours

par P. L JACOB

Chapitre III

1ère partie

Sommaire. Zarabri et la prostituée de Madian. — Les efféminés détruits par Moïse reparaissent sous les rois de Juda. — Asa les chasse à son tour. — Maacha, mère d'Asa, grande prêtresse de Priape. Les efféminés, revenus de nouveau, sont décimés par Josias. — Débordements des Israélites avec les filles de Moab. — Mœurs des prostituées moabites. — Expédition contre les Madianites. — Massacre des femmes prisonnières, par ordre de Moïse. — Lois de Moïse sur la virginité des filles. — Moyens des Juifs pour constater la virginité. — Peines contre l'adultère et le viol. — L'achat d'une vierge. — La concubine de Moïse. — Châtiment infligé par le Seigneur à Marie, soeur de Moïse. — Recommandation de Moïse aux Hébreux, au sujet des plaisirs de l'amour. — La fille de Jephté. — Les espions de Josué et la fille de joie Rahab. — Samson et la paillarde de Gaza. — Dalila.— Le lévite d'Éphraïm et sa concubine. — Infamie des Benjamites. — La jeune fille vierge du roi David. — Débordements du roi Salomon. — Ses sept cents femmes et ses trois cents concubines. — Tableau et caractère de la Prostitution à l'époque de Salomon , puisés dans son livre des Proverbes. — Les prophètes Isaïe, Jérémie et Ézékiel. — Le temple de Dieu à Jérusalem, théâtre du commerce des prostituées. — Jésus les chasse de la maison du Seigneur. — Mario Madeleine chez le Pharisien. — Jésus lui remet ses péchés à cause de son repentir.


Les Hébreux, qui étaient originaires de la Chaldée, y avaient pris les mœurs de la vie pastorale : il est donc certain que la Prostitution hospitalière exista dans les âges reculés, chez la race juive comme chez les pâtres et les chasseurs chaldéens. On en retrouve la trace çà et là dans les livres saints. Mais la Prostitution sacrée était fondamentalement antipathique avec la religion de Moïse, et ce grand législateur, qui avait pris à tâche d'imposer un frein à son peuple pervers et corrompu, s'efforça de réprimer au nom de Dieu les excès épouvantables de la Prostitution légale. De là cette pénalité terrible qu'il avait tracée en caractères de sang sur les tables de la loi, et qui suffisait à peine pour arrêter les monstrueux débordements des fils d'Abraham.

Le plus ancien exemple qui existe peut-être de la Prostitution hospitalière, c'est dans la Genèse qu'il faut le chercher. Du temps de Noé les fils de Dieu ou les anges étaient descendus sur la terre pour connaître les filles des hommes, et ils en avaient eu des enfants qui furent des géants. Ces anges venaient le soir demander un abri sous la tente d'un patriarche at ils y laissaient, en s'éloignant plus ou moins satisfaits de ce qu'ils avaient trouvé, des souvenirs vivants de leur passage. La Genèse ne nous dit pas à quel signe authentique on pouvait distinguer un ange d'un homme : ce n'était qu'au bout de neuf mois qu'il se révélait par la naissance d'un géant. Ces géants n'héritèrent pas des vertus de leurs pères, car la méchanceté des hommes ne fit que s'accroître; de telle sorte que le Seigneur, indigné de voir l'espèce humaine si dégénérée et si corrompue, résolut de l'anéantir, à l'exception de Noé et de sa famille. Le déluge renouvela la face du monde, mais les passions et les vices, que Dieu avait voulu faire disparaître, reparurent et se multiplièrent avec les hommes. L'hospitalité même ne fut plus chose sainte et respectée dans les villes immondes de Sodome et de Gomorrhe ; lorsque les deux anges qui avaient annoncé à Abraham que sa femme Sarah, âgée de six vingts ans, lui donnerait un fils, allèrent à Sodome et s'arrêtèrent dans la maison de Loth pour y passer la nuit, les habitants de la ville, depuis le plus jeune jusqu'au plus vieux, environnèrent la maison, et appelant Loth : « Où sont ces hommes, lui dirent-ils, qui sont venus cette nuit chez toi? Fais-les sortir, afin que nous les connaissions? — Je vous prie, mes frères, répondit Loth, ne leur faites point de mal. J'ai deux filles qui n'ont point encore connu d'homme, je vous les amènerai, et vous les traiterez comme il vous plaira, pourvu que vous ne fassiez pas de mal à ces hommes. Car ils sont venus à l'ombre de mon toit. » Loth, qui faisait ainsi à l'hospitalité le sacrifice de l'honneur de ses filles, n'eût-il pas accordé de bonne grâce à ses deux hôtes ce qu'il offrait malgré lui à une populace en délire? Quant à ses deux filles, que le spectacle de la destruction de Sodome et de Gomorrhe n'avait point assez épouvantées pour leur inspirer des sentiments de continence, elles abusèrent étrangement l'une après l'autre de l'ivresse de leur malheureux père.

C'est bien la débauche, et la plus hideuse, mais ce n'est pas encore la Prostitution légale, celle qui s'accomplit en vertu d'un marché que la loi ne condamne pas et que l'usage autorise. Cette espèce de Prostitution se montre chez les Hébreux, dès les temps des patriarches, dix-huit siècles avant Jésus-Christ, alors même que le chaste Joseph, esclave et intendant de l'eunuque Putiphar en Egypte, résistait aux provocations impudiques de la femme de son maître, et lui abandonnait son manteau plutôt que son honneur. Un des frères de Joseph , Juda, le quatrième fils de Jacob, avait marié successivement à une fille nommée Thamar deux fils qu'il avait eus avec une Chananéenne : ces deux fils, Her et Onan, étant morts sans laisser d'enfants, leur veuve se promettait d'épouser leur dernier frère, Séla; mais Juda ne se souciait pas de ce mariage, auquel les deux précédents, restés stériles, attachaient un fâcheux augure. Thamar, mécontente de son beau- père, qui s'était engagé vis-à-vis d'elle à la marier avec Séla, imagina un singulier moyen de prouver qu'elle pouvait devenir mère. Ayant su que Juda s'en allait sur les hauteurs de Tinnath pour y faire tondre ses brebis, elle ôta ses habits de veuvage, elle se couvrit d'un voile et s'en enveloppa, puis s'assit dans un carrefour sur la route que Juda devait prendre. « Qu.and Juda la vit, raconte la Genèse (ch. XXXVIII), il imagina que c'était une prostituée, car elle avait couvert son visage pour n'être pas reconnue. Et, s'avançant vers elle, il lui dit : « Permets que j'aille avec toi!   Car il ne soupçonnait pas que ce fût sa belle-fille. Elle lui répondit : «Que me donneras-tu pour jouir de mes embrassements? » Il dit : « Je t'enverrai un chevreau de mes troupeaux. » Alors, elle reprit : « Je ferai ce que tu veux, si tu me donnes des arrhes jusqu'à ce que tu m'envoies ce que tu promets? » Et Juda lui dit : « Que veux-tu que je te donne pour arrhes? » Elle répondit : « Ton anneau, ton bracelet et le bâton que tu tiens à la main. » 11 s'approcha d'elle et aussitôt elle conçut ; ensuite, se levant, elle s'en alla, et, quittant le voile quelle avait pris, elle revêtit les habits du veuvage. Cependant Juda envoya un chevreau, par l'entremise d'un de ses pâtres, qui devait lui rapporter son gage ; mais le pâtre ne trouva pas cette femme, entre les mains de qui le gage était resté, et il interrogea les passants : « Où est cette prostituée qui stationnait dans le carrefour? » Et ils répondirent : « Il n'y a point eu de prostituée dans cet endroit-là. Et il retourna vers Juda et lui dit : « Je ne l'ai point trouvée, et les gens de l'endroit m'ont déclaré que jamais prostituée n'avait stationné à cette place. » Peu de temps après, on vint annoncer à Juda que sa belle-fille était enceinte et il ordonna qu'elle fût brûlée comme adultère ; mais Thamar lui fit connaître alors le père de l'enfant qu'elle portait, en lui rendant son anneau, son bracelet et son bâton.

Voilà certainement le plus ancien exemple de Prostitution légale que puisse nous fournir l'histoire; car le fait, rapporté par Moïse avec toutes les circonstances qui le caractérisèrent, remonte au vingt-unième siècle avant Jésus-Christ. Nous voyons déjà la prostituée juive, cachée dans les plis d'un voile, assise au bord d'un chemin et s'y livrant à son infâme métier avec le premier venu qui veut la payer.

C'était là, depuis la plus haute antiquité, le rôle que jouait la Prostitution chez les Hébreux. Les livres saints sont remplis de passages qui nous montrent les carrefours des routes servant de marché et de champ de foire aux paillardes, qui tantôt se tenaient immobiles, enveloppées dans leur voile comme dans un linceul, et tantôt, vêtues d'habits immodestes et richement parées, brûlaient des parfums, chantaient des chansons voluptueuses, en s'accompagnant avec la lyre, la harpe et le tambour, ou dansaient au son de la double flûte. Ces paillardes n'étaient pas des Juives, du moins la plupart; car l'Écriture les qualifie ordinairement de femmes étrangères : c'étaient des Syriennes, des Égyptiennes, des Babyloniennes, etc., qui excellaient dans l'art d'exciter les sens. La loi de Moïse défendait expressément aux femmes juives de servir d'auxiliaires à la Prostitution qu'elle autorisait pour les hommes, puisqu'elle ne la condamnait pas. On s'explique donc comment les femmes étrangères n'avaient pas le droit de se prostituer dans l'enceinte des villes et pourquoi !les grands chemins avaient le privilège de donner asile à la débauche publique. Il n'y eut d'exception à cet usage que sous le règne de Salomon, qui permit aux courtisanes de s'établir au milieu des villes. Mais, auparavant et depuis, on ne les rencontrait pas dans les rues et les carrefours de Jérusalem ; on les voyait se mettre à l'encan, le long des routes. Là, elles dressaient leurs tentes de peaux de bêtes ou d'étoffes aux couleurs éclatantes.

Quinze siècles après l'aventure de Thamar, le prophète Ézéchiel disait, dans son langage symbolique, à Jérusalem la grande prostituée : « Tu as construit un lupanar et tu t'es fait un lieu de Prostitution dans tous les carrefours, à la tête de chaque chemin tu as arboré l'enseigne de ta paillardise, et tu as fait un abominable emploi de ta beauté, et tu t'es abandonnée à tous les passants (divisisti pedes tuos omni transeunti, dit la Vulgate), et tu as multiplié tes fornications. »

Le séjour des Hébreux en Egypte, où les moeurs étaient fort dépravées, acheva de pervertir les leurs et de les ramener à l'état de simple nature : ils vivaient dans une honteuse promiscuité, lorsque Moïse les fit sortir de servitude et leur donna un code de lois religieuses et politiques. Moïse, en conduisant les Juifs vers la terre promise, eut besoin de recourir à une pénalité terrible pour arrêter les excès de la corruption morale qui déshonorait le peuple de Dieu. Du haut du mont Sinaï il fit entendre ces paroles, que le Seigneur prononça au milieu des éclairs et des tonnerres : «
Tu ne paillarderas point! Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain! » Ensuite, il ne dédaigna pas de régler lui-même, au nom de Jehovah, les formes d'une espèce de Prostitution qui faisait essentiellement partie de l'esclavage. « Si quelqu'un a vendu sa esclave, dit-il, elle ne pourra quitter le service de son maître, à l'instar des autres servantes. Si elle déplaît aux yeux du maître à qui elle a été livrée, que le maître la renvoie : mais il n'aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger, s'il veut se débarrasser d'elle. Toutefois, s'il l'a fiancée à son fils, il doit se conduire envers elle comme envers ses propres filles. Que s'il en a pris une autre, il pourvoira à la dot et aux habits de son esclave, et il ne lui niera pas le prix de sa pudicité (pretium pudicilae non negabit). S'il ne fait pas ces trois choses, elle sortira de servage, sans rien payer? » Ce passage, que les commentateurs ont compris de différentes façons, prouve de la manière la plus évidente que chez les Juifs, du moins avant la rédaction définitive des tables de la loi, le père avait le droit de vendre sa fille à un maître, qui en faisait sa concubine pour un temps déterminé par le contrat de vente. On voit aussi, dans cette singulière législation, que la fille, vendue de la sorte au profit de son père, ne retirait aucun avantage personnel de l'abandon qu'elle était forcée de faire de son corps , excepté dans le cas où le maître, après l'avoir fiancée à son fils, voudrait la remplacer par une autre concubine. Il est donc clairement établi que les Hébreux trafiquaient entre eux de la Prostitution de leurs filles.

Moïse, ce sage législateur qui parlait aux Hébreux par la bouche de Dieu, avait affaire à des pécheurs
incorrigibles : il leur laissa, par prudence, comme un faible dédommagement de ce qu'il leur enlevait, la liberté d'avoir commerce avec des prostituées étrangères ; mais il fut inflexible à l'égard des crimes de bestialité et de sodomie. « Celui qui aura eu des rapports charnels avec une bête de somme sera puni de mort,» dit-il dans VExode (chap. XXII). «Tu n'auras pas de relation sexuelle avec un mâle, comme avec une femme, dit-il dans le Lévitique (chap. XVIII), car c'est une abomination ; tu ne cohabiteras avec aucune béte et tu ne te souilleras pas avec elle. La femme ne se prostituera pas à une bête et ne se mélangera pas avec elle, car c'est un forfait! » Moïse, en parlant de ces désordres contre nature, ne peut s'empêcher d'excuser les Juifs, qui ne les avaient pas inventés et qui s'y abandonnaient à l'exemple des autres peuples. « Les nations que je m'en vais chasser de devant vous se sont polluées de toutes ces turpitudes, s'écrie le chef d'Israël, la terre qu'elles habitent en a été souillée, et moi je vais punir sur elle son iniquité, et la terre vomira ses habitants.» Moïse, qui sait combien son peuple est obstiné dans ses vilaines habitudes, joint la menace à la prière pour imposer un frein salutaire aux dérèglements des sens : «Quiconque aura fait une seule de ces abominations sera retranché du milieu des miens ! » Ce n'était point encore assez pour effrayer les coupables ; Moïse revient encore à plusieurs reprises sur la peine qu'on doit leur infliger : « Les deux auteurs de l'abominatiou seront également mis à mort, lapidés ou brûlés , l'homme et la bête, la bête et la femme, le mâle et son complice mâle. » Moïse n'avait donc pas prévu que le sexe féminin pût se livrer à de pareilles énormités. Et toujours il mettait sous les yeux des Israélites la nécessité de ne pas ressembler aux peuples qu'ils allaient chasser de la terre de Chanaan : « Vous ne suivrez point les errements de ces nations, disait l'Éternel, car elles ont pratiqué les infamies que je vous défends , et je les ai prises en abomination (Lévit., xx). »

Le but évident de la loi de Moïse était d'empêcher, autant que possible, la race juive de dégénérer et de s'abâtardir par suite des débauches qui n'avaient déjà que trop vicié son sang et appauvri sa nature. Ces débauches portaient, d'ailleurs, un grave préjudice au développement de la population et à la santé publique.

Tels furent certainement les deux principaux motifs qui déterminèrent le législateur à ne tolérer la "Prostitution légale, que chez les femmes étrangères. Il la défendit absolument aux femmes juives. « Tu ne prostitueras pas ta fille, dit-il dans le Lévitique (chap.
XIX), afin que la terre ne soit pas souillée ni remplie d'impureté. » Il dit encore plus expressément dans le Deutéronome (XXIII) : « Il n'y aura pas de prostituées entre les filles d'Israël, ni de ruffian entre les fils d'Israël. » (Non erit meretrix de filiabus Israël nec scortator de filiis Israël.) Ces deux articles du code de Moïse réglèrent la Prostitution chez les Juifs, quand les Juifs furent fixés en Palestine et constitués en corps de nation sous le gouvernement des juges et des rois.

Les lieux de débauche étaient dirigés par des étrangers, la plupart Syriens; les femmes de plaisir, dites consacrées, étaient toutes étrangères, la plupart Syriennes. Quant aux raisons qui avaient décidé Moïse à exclure les femmes juives de la Prostitution légale, elles sont suffisamment déduites dans les chapitres du Lévitique où il ne craint pas de révéler les infirmités dégoûtantes auxquelle étaient sujettes alors les femmes de sa race. De là toutes les précautions qu'il prend pour rendre les unions saines et prolifiques. On ne s'explique pas autrement ce chapitre
XVIIIdu Lévitique, dans lequel il énumère toutes les personnes du sexe féminin, dont un juif ne découvrira pas la nudité (turpitudinem non discoperies), sous peine de désobéir à l'Éternel : « Que nul ne s'approche de sa parente pour cohabiter avec elle! » dit le Seigneur. Ainsi, tout Juif ne pouvait, sans crime, connaître sa mère ou belle-mère, sa soeur ou belle- soeur, sa fille-, petite-fille ou belle-fille, sa tante maternelle ou paternelle, sa nièce ou sa cousine germaine. Moïse crut utile d'établir de la sorte les degrés de parenté qui repoussassent une alliance incompatible et plus contraire encore à l'état physique d'une société qu'à son organisation morale. C'était par des motifs tout à fait analogues, que l'approche d'une femme, à l'époque de son indisposition menstruelle, avait été si sévèrement interdite, que la loi de Moïse la punissait de mort dans certaines circonstances. Le danger, il est vrai, était plus sérieux chez les Juives que partout ailleurs.

Ces Juives, si belles qu'elles fussent, avec leurs yeux noirs fendus en amande, avec leur bouche voluptueuse aux lèvres de corail et aux dents de perles, avec leur taille souple et cambrée, avec leur gorge ferme et riche, avec tous les trésors de leurs formes potelées, ces juives, dont la Sunamite du Cantique des Cantiques nous offre un si séduisant portrait, étaient affligées, s'il faut en croire Moïse, de secrètes infirmités que certains archéologues de la médecine ont voulu traiter comme les symptômes du mal vénérien. A coup sûr, ce mal-là ne venait ni deNaples ni d'Amérique. Il serait donc imprudent et bien osé de se prononcer sur un sujet si délicat ; mais, en tout cas, on ne peut qu'approuver Moïse, qui avait pris des précautions singulières pour sauvegarder la santé des Hébreux et pour empêcher leur progéniture d'être gâtée dans son germe. Selon d'autres commentateurs, peu ou point médecins, mais très habiles théologiens sans doute, il ne s'agit que du flux de sang et des hémorrhoïdes, dans ce
terrible chapitre xv du Lévitique, qui commence ainsi dans la traduction la plus décente : « Tout homme à qui la chair découle sera souillé à cause de son
flux, et telle sera.la souillure de son flux ; quand sa chair laissera aller son flux ou que sa chair retiendra son flux, c'est sa souillure. »
Le texte de la Vulgate ne laisse pas de doute sur la nature de ce flux, sinon sur son origine : Vir qui patitur fluxum seminis immundus erit; et tunc indicabitur huic vitio subjacere, cum per singula momenta adhaeserit carni ejus atque concreverit faedus humor. Et voilà pourquoi Moïse avait ordonné des ablutions si rigoureuses et des épreuves si austères, à ceux qui découlaient, suivant l'expression des traductions orthodoxes de la Bible.

Le malade, qui rendait impur tout ce qu'il touchait, et dont les vêtements devaient être lavés à mesure qu'il les souillait, se rendait à l'entrée du tabernacle, le huitième jour de son flux, et sacrifiait deux tourterelles ou deux pigeons, l'un pour son péché, l'autre en holocauste. Ces deux pigeons, que le paganisme avait consacrés à Vénus à cause de l'ardeur et de la multiplicité de leurs caresses, représentaient évidemment les deux auteurs d'un péché qui avait eu de si fâcheuses conséquences. Ce sacrifice expiatoire ne guérissait pas le malade, qui restait retranché hors d'Israël et loin du tabernacle de Dieu jusqu'à ce que son flux s'arrêtât. Moïse impose là de véritables règlements de police, pour empêcher autant que possible qu'une maladie immonde, qui altérait les sources de la génération chez les Hébreux, ne se propageât encore en augmentant ses ravages, et ne finît par infecter tout le peuple d'Israël.

Cette maladie cependant s'était tellement aggravée et multipliée pendant le séjour des Israélites dans le désert, que Moïse expulsa du camp tous ceux qui en étaient atteints (Nombres, chap. v). Ce fut par l'ordre du Seigneur que les enfants d'Israël chassèrent sans pitié tout lépreux et tout homme découlant. On peut penser que ces malheureux, à qui sans doute l'Éternel n'envoyait pas le bienfait de la manne céleste , périrent de froid et de faim, sinon de leur mal.

Il est permis-de rapporter encore à ce mal étrange et odieux la loi de Jalousie, que Moïse formula pour tranquilliser les maris qui accusaient leurs femmes d'avoir compromis leur santé en commettant un adultère dont elles avaient gardé les traces cuisantes. Des querelles inextinguibles éclataient sans cesse à ce sujet dans l'intérieur des ménages juifs. Le mari soupçonnait sa femme et cherchait la preuve de ses soupçons dans l'état de leur santé réciproque; la femme jurait en vain qu'elle ne s'était pas souillée, et elle imputait souvent à son mari les torts que celui-ci lui reprochait. Alors, mari et femme se rendaient devant le sacrificateur; le mari présentait pour sa femme un gâteau de farine d'orge, sans huile, nommé gâteau de jalousie ; les deux époux se tenaient debout devant l'Éternel ; le sacrificateur posait le gâteau sur les mains de la femme, et tenait dans les siennes les eaux amères qui apportent la malédiction : « Si aucun homme n'a couché avec toi, lui disait-il, et si, étant en la puissance de ton mari, tu ne t'es point débauchée et souillée, sois exempte de ces eaux amères; mais si, étant en la puissance de ton mari, tu t'es débauchée et souillée, et que quelque autre que ton mari ait couché avec toi, que l'Éternel te livre à l'exécration à laquelle tu t'es assujettie par serment, et que ces eaux-là, qui apportent la malédiction, entrent dans tes entrailles pour te faire enfler le ventre et faire tomber ta cuisse. » La femme répondait Amen et buvait les eaux amères, tandis que le sacrificateur faisait tournoyer le gâteau de jalousie et l'offrait sur l'autel. Si plus tard la femme voyait enfler son ventre et se dessécher sa cuisse, elle était convaincue d'adultère et elle devenait infâme aux yeux d'Israël. Son mari, au contraire, que tout le monde plaignait comme une victime exempte de faute, se trouvait justifié, sinon guéri; car, bien qu'il n'eût pas bu les eaux amères en présence du sacrificateur, il avait souvent la meilleure part des infirmités dégoûtantes et des accidents terribles que l'exécration faisait peser sur sa femme criminelle. Quand celle-ci avait manifesté son innocence par l'état prospère de son ventre et de sa cuisse charnue, elle n'avait plus à redouter les reproches de son mari et elle pouvait avoir des enfants.

Moïse, on le voit, ne s'occupait pas seulement de moraliser les Israélites : il s'efforçait de détruire les germes de leurs vilaines maladies , et il mettait ses lois d'hygiène publique sous la sauvegarde du tabernacle de Dieu. Mais les Israélites, en passant à travers les peuplades étrangères, Moabites, Ammonites, Chananéens, et toutes ces races syriennes plus ou moins corrompues et idolâtres, s'incorporaient les goûts, les usages et les vices de leurs hôtes ou de leurs alliés. Or, la Prostitution la plus audacieuse florissait chez les descendants incestueux de Loth et de ses filles.

La Prostitution sacrée avait surtout étendu son empire impudique dans le culte des faux dieux, que les habitants du pays adoraient avec une déplorable frénésie
. Moloch et Baal - Phegor étaient les monstrueuses idoles de cette Prostitution à laquelle le peuple juif s'empressa de se faire initier. Moïse eut beau sévir contre les fornicateurs, leur exemple ne fut pas moins suivi par ceux qui se laissèrent entraîner aux appétits de la chair. Ainsi, une foule de superstitions obscènes restèrent dans les mœurs des Hébreux, quoique les autels de Baal et de Moloch eussent été renversés et ne reçussent plus d'offrandes immondes. Moïse, dans le chapitre xx du Lévitique et dansle chapitre
XXIII du Deutéronome, a imprimé un stigmate d'infamie à ce culte exécrable et aux apostats qui le pratiquaient à la honte du vrai Dieu d'Israël : « Quiconque des enfants d'Israël ou des étrangers qui demeurent dans Israël donnera de sa semence à l'idole de Moloch, qu'il soit puni de mort : le peuple le lapidera. » Ainsi parle l'Éternel à  Moïse, en lui ordonnant de retrancher du milieu de son peuple ceux qui auront forniqué avec Moloch. Dans le Deutéronome, c'est Moïse seul qui condamne, sans toutefois les frapper d'une peine déterminée, certaines impuretés qui concernaient Baal plutôt que Moloch : « Tu n'offriras pas dans le temple du Seigneur le salaire de la Prostitution et le prix du chien, quel que soit le voeu que tu aies fait, parce que ces deux choses sont en abomination devant le Seigneur ton Dieu. »

Les savants se sont donné beaucoup de mal pour découvrir quels étaient ces dieux moabites, Moloch et Baal-Phegor ; ils ont extrait du Talmud et des commentateurs juifs les détails les plus étranges sur les idoles de ces dieux-là et sur le culte qu'on leur rendait. Ainsi, Moloch était représenté sous la figure d'un homme à tête de-veau , qui, les bras étendus, attendait qu'on lui offrit en sacrifice de la fleur de farine, des tourterelles, des agneaux , des béliers, des veaux, des taureaux et des enfants. Ces différentes offrandes se plaçaient dans sept bouches qui s'ouvraient au milieu du ventre de cette avide divinité d'airain , posée sur un immense four qu'on allumait pour consumer à la fois les sept espèces d'offrandes. Pendant cet holocauste, les prêtres de Moloch faisaient une terrible musique de sistres et de tambours, afin d'étouffer les cris des victimes.

C'est alors qu'avait lieu l'infamie, maudite par le Dieu d'Israël : les Molochites se livraient à des pratiques dignes de la patrie d'Onan, et, animés par le bruit cadencé des instruments de musique, ils s'agitaient autour de la statue incandescente qui apparaissait rouge à travers la fumée, ils poussaient des hurlements frénétiques, et, suivant l'expression biblique, donnaient de leur postérité à Moloch. Cette abomination se naturalisa tellement dans Israël, que quelques malheureux insensés osèrent l'introduire dans le culte du Dieu des Juifs, et souillèrent ainsi son sanctuaire. La colère de Moïse en fit justice, et il répéta ces paroles de l'Éternel : « Je mettrai ma face contre ceux qui paillardent avec Moloch, et je les retrancherai du milieu de mon peuple. » Ce Moloch, ou Molec, n'était autre que la Mylitta des Babyloniens , l'Astarté des Sidoniens, la Vénus génératrice, la femme divinisée. De là, les offrandes qu'on lui apportait : la fleur de farine, pour indiquer la substance de vie ; les tourterelles, pour exprimer les tendresses de l'amour; les agneaux, pour désigner la fécondité; les béliers, pour caractériser la pétulance des sens; les veaux, pour peindre la richesse de la nature nourricière ; les taureaux, pour symboliser la force créatrice; et les enfants, pour montrer le but du culte même de la déesse. On comprend que, par une honteuse exagération du zèle religieux, les fidèles adorateurs de Moloch, n'ayant pas d'enfants à lui offrir, lui aient offert une impure compensation de ce cruel sacrifice. Au reste, il semble que le culte de ce sale Moloch ait eu moins de vogue que celui de Baal-Phegor chez les Juifs.

Baal-Phegor ou Belphegor, qui était le dieu favori des Madianites, fut accepté par les Hébreux avec une passion qui témoigne assez de l'indécence de ses mystères. Ce dieu malhonnête balança souvent le Dieu d'Abraham et de Jacob; son culle détestable, accompagné des plus affreuses débauches, ne fut jamais complètement détruit dans la nation juive, qui le pratiquait secrètement dans les bois et dans les montagnes. Ce culte était certainement celui d'Adonis ou de Priape. Les monuments qui représentaient le dieu nous manquent tout à fait. C'est à peine si quelques écrivains juifs se sont permis de faire parler la tradition au sujet de Baal, de ses statues et de ses cérémonies. Nous nous bornerons à entrevoir derrière un voile décent les images scandaleuses que Selden, l'abbé Mignot et Dulaure ont essayé de relever avec la main de l'érudition. Selon Selden, qui s'appuie de l'autorité d'Ofigène et de saint Jérôme, Belphegor était figuré tantôt par un phallus gigantesque, appelé dans la Bible : species turpitudinis; tantôt par une idole portant sa robe retroussée au-dessus de la tête, comme pour étaler sa turpitude (ut turpitadinem membri virilis ostenderet) ; selon Mignot, la statue de Baal était monstrueusement hermaphrodite ; selon Dulaure, elle n'était remarquable que par les attributs de Priape. Mais tous les savants, se fondant sur les saintes Écritures et sur les commentaires des Pères de l'Église, sont d'accord au sujet de la Prostitution sacrée, qui faisait le principal élément de ce culte odieux. Les prêtres du dieu étaient de beaux jeunes hommes, sans barbe, qui, le corps épilé et frotté d'huiles parfumées, entretenaient un ignoble commerce d'impudicité dans le sanctuaire de Baal. La Vulgate les nomme efféminés (effœminati) ; le texte hébraïque les qualifie de kedesehim, c'est-à-dire consacrés. Quelquefois, ces consacrés n'étaient que des mercenaires attachés au service du temple. Leur rôle ordinaire consistait dans l'usage plus ou moins actif de leurs mystères infâmes : ils se vendaient aux adorateurs de leur dieu, et déposaient sur ses autels le salaire de leur Prostitution.

Ce n'est pas tout, ils avaient des chiens dressés aux mêmes ignominies ; et le produit impur qu'ils retiraient de la vente ou du louage de ces animaux, ils l'appliquaient aussi aux revenus du temple. Enfin, dans certaines cérémonies qui se célébraient la nuit au fond des bois sacrés, lorsque les astres semblaient voiler leur face et se cacher d'épouvante, prêtres et consacrés s'attaquaient à coups de couteau , se couvraient d'entailles et de plaies peu profondes, échauffés par le vin , excités par leurs instruments de musique, et tombaient pêle-mêle dans une mare de sang.

 

Voilà pourquoi Moïse ne voulait pas qu'il y eût des bocages auprès des temples ; voilà pourquoi, rougissant lui-même des turpitudes qu'il dénonçait à la malédiction du ciel, il défendait d'offrir dans la maison de Dieu le salaire de la Prostitution et le prix du chien. Les efféminés formaient une secte qui avait ses rites et ses initiations. Cette secte se multipliait donc en cachette, quelques efforts que fit le législateur pour l'anéantir ; elle survivait à la ruine de ses idoles et elle se propageait jusque dans le temple du Seigneur. L'origine de ces efféminés se rattache évidemment à la profusion de diverses maladies obscènes qui avaient vicié le sang des femmes et qui rendait leur approche fort dangereuse, avant que Moïse eût purifié son peuple en expulsant et en vouant à l'exécration quiconque était atteint de ces maladies endémiques : la lèpre, la gale . le flux de sang et les flux de tout genre.


Lorsque la santé publique fut un peu régénérée, les Juifs qui s'adonnaient au culte de Baal ne se contentèrent plus de leurs efféminés; et ceux-ci, se voyant moins recherchés , imaginèrent, pour obvier à la diminution des revenus de leur culte, de consacrer également à Baal une association de femmes qui se prostituaient au bénéfice de l'autel. Ces femmes, nommées comme eux kedeschoth, dans le langage biblique, ne résidaient pas avec eux sous le portique ou dans l'enceinte du temple : elles se tenaient, sous des tentes bariolées, aux abords de ce temple, et elles se préparaient à la Prostitution, en brûlant des parfums, en vendant des philtres, en jouant de la musique. C'étaient là ces femmes étrangères, qui continuaient leur métier à leur profit lorsque le temple de Baal n'était plus là pour recevoir leurs offrandes; c'étaient elles qui, exercées dès l'enfance à leur honteux sacerdoce, servaient exclusivement aux besoins de la Prostitution juive.

L'histoire de la Prostitution sacrée chez les Hébreux commence donc du temps de Moïse, qui ne réussit pas à l'abolir, et elle reparaît çà et là, dans les livres saints, jusqu'à l'époque des Machabées.

Lorsque Israël était campé en Sittim, dans le pays des Moabites, presque en vue de la terre promise, le peuple s'abandonna à la fornication avec les filles de Moab (Nombres , chap. xxv), qui les invitèrent à leurs sacrifices : il fut initié à Belphegor. L'Éternel appela Moïse et lui ordonna de faire pendre ceux qui avaient sacrifié à Belphegor. Une maladie terrible, née de la débauche des Israélites, les décimait déjà , et vingt- quatre mille étaient morts de cette maladie. Moïse rassembla les juges d'Israël pour les inviter à retrancher du peuple les coupables que le fléau avait atteints. « Voilà qu'un des enfants d'Israël, nommé Zambri, entra, en présence de ses frères, chez une prostituée du pays de Madian , à la vue de Moïse et de l'assemblée des juges, qui pleuraient devant les portes du tabernacle. Alors Phinées, petit-fils d'Aaron, ayant vu ce scandale, se leva, prit un poignard, entra derrière Zambri dans le lieu de débauche, et perça d'un seul coup l'homme et la femme dans les parties de la génération. » Cette justice éclatante fit cesser l'épidémie qui désolait Israël et apaisa le ressentiment du Seigneur. Mais le mal moral avait des racines plus profondes que le mal physique, et les abominations de Baal-Phegor reparurent souvent au milieu du peuple de Dieu. Elles ne furent jamais plus insolentes que sous les rois de Juda. Pendant le règne de Roboatn, 980 ans avant Jésus-Christ, « les efféminés s'établirent dans le pays et y firent toutes les abominations des peuples que le Seigneur avait écrasés devant la face des fils d'Israël. » Asa, un des successeurs de Roboam, fit disparaître les efféminés, et purgea son royaume des idoles qui le souillaient; il chassa même sa mère Maacha, qui présidait aux mystères de Priape (in sacris Priapi), et renversa de fond en comble le temple qu'elle avait élevé à ce dieu, dont il mit en pièces la statue impudique (simulacrum turpissimum). Josaphat, qui régna ensuite, anéantit le reste des efféminés qui avaient pu se soustraire aux poursuites sévères de son père Asa. Cependant, les efféminés ne tardèrent pas à revenir ; les temples de Baal se relevèrent ; ses statues insultèrent de nouveau à la pudeur publique ; car, deux siècles plus tard, le roi Josias fit encore une guerre implacable aux faux dieux et à leur culte, qui s'était mêlé dans Jérusalem au culte du Seigneur. Les temples furent démolis, les statues jetées par terre, les bois impurs arrachés et brûlés ; Josias n'épargna pas les tentes des efféminés que ces infâmes avaient plantées dans l'intérieur même du temple de Salomon, et qui, tissues de la main des femmes consacrées à Baal, servaient d'asile à leurs étranges Prostitutions. 

Voilà pourquoi Moïse ne voulait pas qu'il y eût des bocages auprès des temples ; voilà pourquoi, rougissant lui-même des turpitudes qu'il dénonçait à la malédiction du ciel, il défendait d'offrir dans la maison de Dieu le salaire de la Prostitution et le prix du chien. Les efféminés formaient une secte qui avait ses rites et ses initiations. Cette secte se multipliait donc en cachette, quelques efforts que fit le législateur pour l'anéantir ; elle survivait à la ruine de ses idoles et elle se propageait jusque dans le temple du Seigneur. L'origine de ces efféminés se rattache évidemment à la profusion de diverses maladies obscènes qui avaient vicié le sang des femmes et qui rendait leur approche fort dangereuse, avant que Moïse eût purifié son peuple en expulsant et en vouant à l'exécration quiconque était atteint de ces maladies endémiques : la lèpre, la gale . le flux de sang et les flux de tout genre.


Lorsque la santé publique fut un peu régénérée, les Juifs qui s'adonnaient au culte de Baal ne se contentèrent plus de leurs efféminés; et ceux-ci, se voyant moins recherchés , imaginèrent, pour obvier à la diminution des revenus de leur culte, de consacrer également à Baal une association de femmes qui se prostituaient au bénéfice de l'autel. Ces femmes, nommées comme eux kedeschoth, dans le langage biblique, ne résidaient pas avec eux sous le portique ou dans l'enceinte du temple : elles se tenaient, sous des tentes bariolées, aux abords de ce temple, et elles se préparaient à la Prostitution, en brûlant des parfums, en vendant des philtres, en jouant de la musique. C'étaient là ces femmes étrangères, qui continuaient leur métier à leur profit lorsque le temple de Baal n'était plus là pour recevoir leurs offrandes; c'étaient elles qui, exercées dès l'enfance à leur honteux sacerdoce, servaient exclusivement aux besoins de la Prostitution juive.

L'histoire de la Prostitution sacrée chez les Hébreux commence donc du temps de Moïse, qui ne réussit pas à l'abolir, et elle reparaît çà et là, dans les livres saints, jusqu'à l'époque des Machabées.

Lorsque Israël était campé en Sittim, dans le pays des Moabites, presque en vue de la terre promise, le peuple s'abandonna à la fornication avec les filles de Moab (Nombres , chap. xxv), qui les invitèrent à leurs sacrifices : il fut initié à Belphegor. L'Éternel appela Moïse et lui ordonna de faire pendre ceux qui avaient sacrifié à Belphegor. Une maladie terrible, née de la débauche des Israélites, les décimait déjà , et vingt- quatre mille étaient morts de cette maladie. Moïse rassembla les juges d'Israël pour les inviter à retrancher du peuple les coupables que le fléau avait atteints. « Voilà qu'un des enfants d'Israël, nommé Zambri, entra, en présence de ses frères, chez une prostituée du pays de Madian , à la vue de Moïse et de l'assemblée des juges, qui pleuraient devant les portes du tabernacle. Alors Phinées, petit-fils d'Aaron, ayant vu ce scandale, se leva, prit un poignard, entra derrière Zambri dans le lieu de débauche, et perça d'un seul coup l'homme et la femme dans les parties de la génération. » Cette justice éclatante fit cesser l'épidémie qui désolait Israël et apaisa le ressentiment du Seigneur. Mais le mal moral avait des racines plus profondes que le mal physique, et les abominations de Baal-Phegor reparurent souvent au milieu du peuple de Dieu. Elles ne furent jamais plus insolentes que sous les rois de Juda. Pendant le règne de Roboatn, 980 ans avant Jésus-Christ, « les efféminés s'établirent dans le pays et y firent toutes les abominations des peuples que le Seigneur avait écrasés devant la face des fils d'Israël. » Asa, un des successeurs de Roboam, fit disparaître les efféminés, et purgea son royaume des idoles qui le souillaient; il chassa même sa mère Maacha, qui présidait aux mystères de Priape (in sacris Priapi), et renversa de fond en comble le temple qu'elle avait élevé à ce dieu, dont il mit en pièces la statue impudique (simulacrum turpissimum). Josaphat, qui régna ensuite, anéantit le reste des efféminés qui avaient pu se soustraire aux poursuites sévères de son père Asa. Cependant, les efféminés ne tardèrent pas à revenir ; les temples de Baal se relevèrent ; ses statues insultèrent de nouveau à la pudeur publique ; car, deux siècles plus tard, le roi Josias fit encore une guerre implacable aux faux dieux et à leur culte, qui s'était mêlé dans Jérusalem au culte du Seigneur. Les temples furent démolis, les statues jetées par terre, les bois impurs arrachés et brûlés ; Josias n'épargna pas les tentes des efféminés que ces infâmes avaient plantées dans l'intérieur même du temple de Salomon, et qui, tissues de la main des femmes consacrées à Baal, servaient d'asile à leurs étranges Prostitutions.

Deuxième partie

Posté par Adriana Evangelizt


 

 

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans RELIGION-INTEGRISME
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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 23:28

Alors là, nous avons dégoté un vieux bouquin encore très intéressant... on commence par les Grecs...

Histoire de la prostitution chez tous les Peuples du monde

depuis l'Antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours

par P. L JACOB

CHAPITRE IV.


Sommaire. — La Prostitution sacrée en Grèce. — Les Vénus grecques. — Vénus-Uranie. — Vénus-Pandemos. — Fitho, déesse de la persuasion. —Solon fait élever un temple à la déesse de la Prostitution, avec les produits des dicterions qu'il avait fondés à Athènes. — Temples de Vénus-Populaire à Thèbes et à Mégalopolis. — Offrande d'Harmonie, fille de Cadmus, à Vénus-Pandemos. — Vénus-Courtisane ou Hétaire. — La ville d'Abydos délivrée par une courtisane. — Temple de Vénus-Hétaire à Ephèse construit aux frais d'une courtisane. — Les Simaethes. — Temple de Vénus-Courtisane, à Samos, bâti avec les deniers de la Prostitution. — Vénus Peribasia ou Vénus-Remueuse. — Vénus Salacia ou Vénus-Lubrique. — Sa statue en vif-argent par Dédale. — Dons offerts à Vénus-Remueuse par les prostituées.— Vénus-Mélanis ou la Noire, déesse de la nuit amoureuse. — Ses temples. — Vénus Mucheia ou la déesse des repaires. — Vénus Castnia ou la déesse des accouplements impudiques.— Vénus Scotia ou la Ténébreuse. — l'anus Derceto ou la Coureuse. — Vénus Mechanitis ou Mécanique.— Vénus Callipyge ou Aux belles fesses.—Origine du culte de Vénus Derceto. — Jugement de Paris. — Origine du culte de Vénus Callipyge. — Les Aphrodisées et les Âloennes. — Les mille courtisanes du temple de Vénus à Corinthe. — Offrande de cinquante hétaires, faite à Vénus par le poète Xénophon de Corinthe. — Procession des consacrées. — Fonctions des courtisanes dans les temples de Vénus. — Les petits mystères de Cérès. — Le pontife Archias. — Cottine, fameuse courtisane de Sparte. —Célébration des fêtes d'Adonis. — Vénus Leœna et Vénus Lamia.


La Prostitution sacrée exista dans la Grèce dès qu'il y eut des dieux et des temples ; elle remonte donc à l'origine du paganisme grec. Cette théogonie, que l'imagination poétique de la race hellène avait créée plus de dix-huit siècles avant l'ère moderne, ne fut qu'un poëme allégorique, en quelque sorte, sur les jeux de l'amour dans l'univers. Toutes les religions avaient eu le même berceau; ce fut partout la nature femelle s'épanouissant et engendrant au contact fécond de la nature mâle; ce furent partout l'homme et la femme, qu'on divinisait dans les attributions les plus significatives de leurs sexes.


La Grèce reçut donc de l'Asie le culte de Vénus avec celui d'Adonis, et comme ce n'était point assez de ces deux divinités amoureuses, la Grèce les multiplia sous une foule de noms différents, de telle sorte qu'il y eut presque autant de Vénus que de temples et de statues. Les prêtres et les poêles qui se chargèrent, d'un commun accord, d'inventer et d'écrire les annales de leurs dieux, ne firent que développer un thème unique, celui de la jouissance sensuelle. Dans cette ingénieuse et charmante mythologie, l'Amour reparaissait à chaque instant, avec un caractère varié, et l'histoire de chaque dieu ou de chaque déesse n'était qu'un hymne voluptueux en l'honneur des sens. Ou comprend sans peine que la Prostitution, qui se montre de tant de manières dans l'odyssée des métamorphoses des dieux et des déesses, devait être un reflet des moeurs grecques au temps d'Ogygès et d'Inachus. Une nation dont les croyances religieuses n'étaient qu'un amas de légendes impures pouvait-elle jamais être chaste et retenue?

La Grèce accepta, dès les temps héroïques, le culte de la femme et de l'homme divinisés, tel que Babylone et Tyr l'avaient établi à Cypre; ce culte sortit de l'île qui lui était spécialement consacrée, pour se répandre d'île en île dans l'Archipel, et pour gagner bientôt Corinthe, Athènes et toutes les villes de la terre Ionienne. Alors, à mesure que Vénus et Adonis se naturalisaient dans la patrie d'Orphée et d'Hésiode, ils perdaient quelque chose de leur origine chaldéenne et phénicienne; ils se façonnaient, pour ainsi dire, à une civilisation plus polie et plus raffinée, mais non moins corrompue. Vénus et Adonis sont plus voilés qu'ils ne l'étaient dans l'Asie-Mineure; mais, sous ce voile, il y a des délicatesses et des recherches de débauche qu'on ignorait peut-être dans les enceintes sacrées de Mylilta et dans les bois mystérieux de Belphégor.

Les renseignements nous manquent pour reconstituer dans tous ses détails secrets le culte des Vénus grecques, surtout dans les époques antéHeures aux beaux siècles de la Grèce ; les poètes ne nous offrent ça et là que des traits épars qui, s'ils indiquent tout, ne précisent rien; les philosophes évitent les tableaux et se jettent au hasard dans de vagues généralités morales; les historiens ne renferment que des faits isolés qui ne s'expliquent pas souvent l'un l'autre; enfin, les monuments figurés, à l'exception de quelques médailles et de quelques inscriptions, ont tous péri. Nous avons seulement des notions assez nombreuses sur les principales Vénus, dont le nom et les attributs se rattachent plus particulièrement au sujet que nous traitons. La simple énumération de ces Vénus nous dispensera de recourir à des conjectures plus ou moins appuyées de preuves et d'apparences. La Prostitution sacrée, en cessant de s'exercer au profit du temple et du prêtre, avait laissé dans les rites et les usages religieux la trace profonde de son empire.

La Vénus qui personnifiait, pour ainsi dire, cette Prostitution, se nommait Pandemos. Socrate dit, dans le Banquet de Xénophon, qu'il y a deux Vénus, l'une céleste et l'autre humaine ou Pandemos ; que le culte de la première est chaste, et celui de la seconde criminel. Socrate vivait, dans le cinquième siècle avant Jésus-Christ, comme un philosophe sceptique qui soumet les religions elles-mêmes à son jugement inflexible. Platon, dans son Banquet, parle aussi des deux Vénus, mais il est moins sévère à l'égard de Pandemos. « Il y a deux Vénus, dit-il : L'une très-ancienne, sans mère, et fille d'Uranus, d'où lui vient le nom d Uranie; l'autre, plus jeune, fille de Jupiter et de Dioné, que nous appelons Vénus-Pandemos. »

C'est la Vénus-Populaire ; c'est la première divinité que Thésée fit adorer par le peuple qu'il avait rassemblé dans les murailles d'Athènes; c'est la première statue de déesse qui fut érigée sur la place publique de cette'ville naissante. Cette antique statue, qui ne subsistait plus déjà quand Pausanias écrivit son Voyage en Grèce, et qui avait- été remplacée par une autre, due à un habile sculpteur, et plus modeste sans doute que la première, faisait un appel permanent à la Prostitution, Les savants ne sont pas d'accord sur la pose que l'artiste lui avait donnée, et l'on peut supposer que cette pose avait trait au caractère spécial de la déesse. Thésée, pour que ce caractère fût encore plus clairement représenté, avait placé près de la statue de Pandemos celle de Pitho, déesse de la persuasion. Les deux déesses disaient si bien ce qu'on avait voulu leur faire exprimer, que l'on venait à toute heure, de jour comme de nuit, sous ses yeux, faire acte d'obéissance publique. Aussi, lorsque Solon eut réuni, avec les produits des dicterions qu'il avait-fondés à Athènes, les sommes nécessaires pour élever un temple à la déesse de la Prostitution, il fit bâtir ce temple vis-à-vis de la statue qui attirait autour de son piédestal une procession de fidèles prosélytes.

 

Les courtisanes d'Athènes se montraient fort empressées aux fêtes de Pandemos, qui se renouvelaient le quatrième jour de chaque mois„ et qui donnaient lieu à d'étranges excès de zèle religieux. Ces jours-là, les courtisanes n'exerçaient leur métier qu'au profit de la déesse, et elles dépensaient en offrandes l'argent qu'elles avaient gagné sous les auspices de Pandemos.


Ce temple, dédié à la Vénus-Populaire par le sage Solon, n'était pas le seul qui témoignât du culte de la Prostitution en Grèce. Il y en avait aussi à Thèbes en Béotie et à Mégalopolis en Arcadie. Celui de Thèbes datait du temps de Cadmus, fondateur de cette ville. La tradition racontait que la statue qu'on voyait dans ce temple, avait été fabriquée avec les éperons d'airain des vaisseaux qui avaient amené Cadmus aux bords thébains. C'était une offrande d'Harmonie, fille de Cadmus; cette princesse, indulgente pour les plaisirs de l'amour, s'était plu à en consacrer le symbole à la déesse, en lui destinant ces éperons ou becs de métal qui s'étaient enfoncés dans le sable du rivage pour en faire sortir une cité. Dans le temple de Mégalopolis, la statue de Pandemos était accompagnée de deux autres statues qui présentaient la déesse sous deux figures différentes, plus décentes et moins nues. Ces statues de Pandemos avaient toutes une physionomie assez effrontée, car elles ne furent pas conservées quand les mœurs imposèrent des voiles même aux déesses ; celle qui était à Élis, où Pandemos eut aussi un temple célèbre, avait été refaite par le fameux statuaire Scopas, qui en changea entièrement la posture et qui se contenta d'un emblème très transparent, en mettant cette Vénus sur le dos d'un bouc aux cornes d'or.


Vénus était adorée, dans vingt endroits de la  Grèce, sous le nom d Eraipa: ou de Courtisane ou Hétaire; ce nom-là annonçait suffisamment le genre d'actions de grâce qu'on lui rendait. Ses adorateurs ordinaires étaient les courtisanes et leurs amants; les uns et les autres ne se faisaient pas faute de lui offrir des sacrifices pour se mettre sous sa protection. Cette Vénus-là, si malhonnête qu'elle fût dans son culte, rappelait pourtant un fait historique qui était à l'honneur des courtisanes, mais qui se rattachait par malheur aux temps fabuleux de la Grèce. Suivant une tradition, dont la ville d'Abydos était fière, cette ville, réduite jadis en esclavage, avait été délivrée par une courtisane. Un jour de fête, les soldats étrangers, maîtres de la ville et préposés à la garde des portes, s'enivrèrent dans une orgie avec des courtisanes abydéniennes et s'endormirent au son des flûtes. Une des courtisanes se saisit des clefs de la ville, où elle rentra par-dessus la muraille, et alla avertir ses concitoyens, qui s'armèrent, tuèrent les sentinelles endormies et chassèrent l'ennemi de leur cité. En mémoire de leur liberté recouvrée, ils élevèrent un temple à Vénus-Hétaire. Cette Vénus avait encore un temple à Éphèse, mais on ne sait pas si son origine était aussi honorable que celle du temple d'Abydos. Chacun de ces temples évoquait d'ailleurs une tradition particulière. Celui du promontoire Simas, sur le Pont-Euxïn, aurait été construit aux frais d'une belle courtisane, qui habitait dans cet endroit-là, et qui attendait au bord de la mer que Vénus, née du sein des flots, lui envoyât des passagers. Ce fut en souvenir de cette prêtresse de Vénus-Hétaire, que les prostituées s'intitulaient Simoethes, aux environs de ce promontoire qui conviait de loin les matelots au culte de la déesse, et qui leur ouvrait ses grottes consacrées à ce culte.

 

Le temple de, Vénus-Courtisane à Samos, qu'on appelait la déesse des roseaux ou des marécages, avait été bâti avec les deniers de la Prostitution, par les hétaires qui suivirent Périclès au siège de Samos, et qui y trafiquèrent de leurs charmes pour des sommes énormes, (lngentem ex prostitutâ forma quoestum fecerant, dit Athénée, dont le grec est plus énergique encore que cette traduction latine.) Mais quoique Vénus eût le nom d'Hétaire, les fêtes qu'on célébrait en Magnésie, sous le nom de Hétairidées, ne la regardaient pas; elles avaient été instituées en l'honneur de Jupiter-Hétairien et de l'expédition des Argonautes.


Ce n'était point assez que d'avoir donné à Vénus le nom des courtisanes qu'elle inspirait et qui se recommandaient à elle : on lui donnait encore d'autrès noms qui n'eussent pas moins convenu à ses prêtresses favorites. Celui de Peribasia, par exemple, en latin Divaricalriœ, faisait allusion aux mouvements que provoque et règle le plaisir. Cette Vénus était nominativement adorée chez les Argiens, comme nous l'apprend saint Clément d'Alexandrie, qui ne craint pas d'avouer que ce nom bizarre de Remueuse lui était venu à divaricandis cruribus. La Peribasia des Grecs devint chez les Romains Salacia ou Vénus-Lubrique; qui prit encore d'autres noms analogues et plus caractéristiques.

Le fameux architecte du labyrinthe de Crète, Dédale, par amour de la mécanique, avait dédié à cette déesse une statue en vif-argent. Les dons offerts à la déesse faisaient allusion aux qualités qu'on lui supposait. Ces dons, qui étaient parfois fort riches, rappelaient, en général, la condition des femmes qui les déposaient sur l'autel ou les appendaient au piédestal de la statue. C'étaient le plus souvent des phallus en or, en argent, en ivoire ou en nacre de perle; c'étaient aussi des bijoux précieux, et surtout des miroirs d'argent poli, avec des ciselures et des inscriptions. Ces miroirs furent toujours considérés comme les attributs de la déesse et des courtisanes. On représentait Vénus un miroir à la main ; on la représentait aussi tenant un vase ou une boîte à parfums : car, disait le poète grec, « Vénus n'imite point Pallas, qui se baigne quelquefois mais qui ne se parfume jamais. »

Les courtisanes, qui avaient tant d'intérêt à se rendre Vénus propice, se dépouillaient pour elle de tous les objets de toilette qu'elles aimaient le mieux. Leur première offrande devait être leur ceinture ; elles avaient des peignes, des pinces à épiler, des épingles et d'autres menus affiquets en or et en argent, que les femmes honnêtes ne se permettaient pas, et que Vénus-Courtisane pouvait sans scrupule accepter de ses humbles imitatrices. Aussi le poète Philétère s'écrie-t-il avec enthousiasme, dans sa Corinthiaste : « Ce n'est pas sans raison que dans toute la Grèce on voit des temples élevés à Vénus- Courtisane et non à Vénus-Mariée. »


Vénus avait en Grèce bien d'autres dénominations qui se rapportaient à certaines particularités de son culte, et les temples qu'on lui élevait sous ces dénominations souvent obscènes étaient plus fréquentés et plus enrichis que ceux de Vénus-Pudique ou de Vénus-Armée. Tantôt on l'adorait avec le nom de Mélanis ou la Noire, comme déesse de la nuit amoureuse : ce fut elle qui apparut à Laïs pour lui apprendre que les amants lui arrivaient de tous côtés avec de magnifiques présents; elle avait des temples à Mélangie en Arcadie ; à Cranium, près de Corinthe ; à Thespies en Béotie, et ces temples étaient environnés de bocages impénétrables au jour, dans lesquels on cherchait à tâtons les aventures. Tantôt on l'appelait Mucheia ou la déesse des repaires ; Castnia ou la déesse des accouplements impudiques; Scotia Ou la Ténébreuse; Derceto ou la Coureuse; Callipyge ou Aux belles fesses, etc.

Vénus, véritable Protée de l'amour ou plutôt de la volupté, avait, pour chacune de ses transformations, une mythologie spéciale, toujours ingénieuse et allégorique. Elle représentait constamment la femme remplissant les devoirs de son sexe. Ainsi, lorsqu'elle fut Derceto ou déesse de Syrie, elle était tombée de l'Olympe dans la mer et elle y avait rencontré un grand poisson qui s'était prêté à la ramener sur la cote de Syrie, où elle récompensa son sauveur en le mettant au nombre des astres : pour traduire cette fable en langage humain, il ne fallait qu'imaginer une belle Syrienne perdue dans un naufrage et sauvée par un pêcheur qui s'était épris d'elle. Le nom de Derceto exprimait ses allées et venues sur les côtes de Syrie avec le pêcheur qui l'avait recueillie dans sa barque.

Les prêtres de Derceto avaient donné Une forme plus mystique à l'allégorie. Selon eux, aux époques contemporaines du chaos un oeuf gigantesque s'était détaché du ciel et avait roulé dans l'Euphrate ; les poissons poussèrent cet œuf jusqu'au rivage, des colombes le couvèrent et Vénus en sortit : voilà pourquoi colombes et poissons étaient consacrés à Vénus; mais on ne sait pas à quelle espèce de poissons la déesse,accordait la préférence. Enfin, il y avait une Vénus Mechanitis ou Mécanique, dont les statues étaient en bois avec des pieds, des mains et un masque en marbre ; ces statues-là se mouvaient par des ressorts cachés et prenaient les poses les plus capricieuses.


Cette déesse était, sans doute, sous ses divers aspects, la déesse de la beauté : mais la beauté qu'elle divinisait, ce fut moins celle du visage que celle du corps; et les Grecs, plus amoureux de la statuaire que de la peinture, faisaient plus de cas aussi de la forme que de la couleur. La beauté du visage, en effet, appartenait presque indistinctement à toutes les déesses du panthéon grec, tandis que la beauté du corps était un des attributs divins de Vénus.


Lorsque le berger troyen, Paris, décerna la pomme à la plus belle des trois déesses rivales, il n'avait décidé son choix entre elles, qu'après les avoir vues sans aucun voile. Vénus ne représentait donc pas la beauté intelligente, l'âme de la femme ; elle ne représentait que la beauté matérielle, le corps de la femme. Les poètes, les artistes lui attribuaient donc une tête fort petite, au front bas et étroit, mais en revanche un corps et des membres fort longs, souples et potelés. La perfection de la beauté chez la déesse commençait surtout à la naissance des reins. Les Grecs se regardaient comme les premiers connaisseurs du monde en ce genre de beauté. Cependant ce ne fut pas la Grèce, mais la Sicile qui fonda un temple à Vénus Callipyge. Ce temple dut son origine à un jugement qui n'eut pas autant d'éclat que celui de Paris, car les parties n'étaient pas déesses et le juge n'eut pas à se prononcer entre trois. Deux sœurs, aux environs de Syracuse, en se baignant un jour, se disputèrent le prix de la beauté ; un jeune Syracusain, qui passait par là et qui vit les pièces du procès, sans être vu, fléchit le genou en terre comme devant Vénus elle-même, et s'écria que l'aînée avait remporté la victoire. Les deux adversaires s'enfuirent à demi nues.

Le jeune homme revint à Syracuse et raconta, encore ému d'admiration, ce qu'il avait vu. Son frère, émerveillé à ce récit, déclara qu'il se contenterait de la cadette. Enfin ils rassemblèrent ce qu'ils possédaient de plus précieux, et ils se rendirent chez le père des deux sœurs et lui demandèrent de devenir ses gendres. La cadette, désolée et indignée d'avoir été vaincue, était tombée malade ; elle sollicita la révision de la cause, et les deux frères, d'un commun accord , proclamèrent qu'elles avaient toutes deux également droit à la victoire, selon que le juge regardait l'une, du côté droit, et l'autre, du côté gauche. Les deux sœurs épousèrent les deux frères et transportèrent à Syracuse une réputation de beauté, qui ne fit que s'accroître. On les comblait de présents, et elles amassèrent de si grands biens, qu'elles purent ériger un temple à la déesse qui avait été la source de leur fortune. La statue qu'on admirait dans ce temple participait à la fois des charmes secrets de chaque sœur, et la réunion de ces deux modèles en une seule copie avait formé le type parfait de la beauté callipyge. C'est le poète Cercidas de Mégalopolis qui a immortalisé cette copie sans avoir vu les originaux. Athénée rapporte la même anecdote, dont le voile transparent cache évidemment l'histoire de deux courtisanes syracusaines.

Si les courtisanes élevaient des temples à Vénus, elles étaient donc autorisées, du moins dans les premiers temps de la Grèce, à offrir des sacrifices à la déesse, et à prendre une part active à ses fêtes publiques, sans préjudice de quelques fêtes, telles que les Aphrodisées et les Aloennes, qu'elles se réservaient plus particulièrement et qu'elles célébraient à huis clos. Elles remplissaient même quelquefois les fonctions de prêtresses dans les temples de Vénus, et elles y étaient attachées, comme auxiliaires, pour nourrir le prêtre et augmenter les revenus de l'autel. Strabon ditpositivement que le temple de Vénus à Corinthe possédait plus de mille courtisanes que la dévotion des adorateurs de la déesse lui avait consacrées. C'était un usage général en Grèce de consacrer ainsi à Vénus un certain nombre de jeunes filles quand on voulait se rendre la déesse favorable, ou quand on avait vu ses voeux exaucés par elle.

Xénophon de Corinthe, en partant pour les jeux Olympiques, promet à Vénus de lui consacrer cinquante hétaïres si elle lui donne la victoire; il est vainqueur et il s'acquitte de sa promesse. « 0 souveraine de Cypris, s'écrie Pindare dans l'ode composée en l'honneur de cette offrande, Xénophon vient d'amener dans ton vaste bocage une troupe de cinquante belles filles! » Puis, il s'adresse à elles : « 0 jeunes filles qui recevez tous les étrangers et leur donnez l'hospitalité, prêtresses de la déesse Pitho dans la riche Corinthe, c'est vous qui, en faisant brûler l'encens devant l'image de Vénus et en invoquant la mère des Amours, nous méritez souvent son aide céleste et nous procurez les doux moments que nous goûtons sur des lits voluptueux, où se cueille le tendre fruit de la beauté! » Cette consécration des courtisanes à Vénus était surtout usitée à Corinthe. Quand la ville avait une demande à faire à la déesse, elle ne manquait jamais de la confier à des consacrées qui entraient les premières dans le temple et qui en sortaient les dernières.

Selon Cornélien d'Héraclée, Corinthe, en certaines circonstances importantes, s'était fait représenter auprès de Vénus par une procession innombrable de courtisanes dans le costume de leur métier.


L'emploi de ces consacrées dans les temples et les bocages de la déesse est suffisamment constaté par quelques monuments figurés, qui sont moins discrets à cet égard que les écrivains contemporains.


Les peintures de deux coupes et de deux vases grecs, cités par le savant M. Lajard, d'après les descriptions de MM. de Witte et Lenormand, ne nous laissent pas de doute sur la Prostitution sacrée qui s'était perpétuée dans le culte de Vénus. Un de ces vases, qui faisait partie de la célèbre collection Durand, représente un temple de Vénus, dans lequel une courtisane reçoit, par l'intermédiaire d'un esclave, les propositions d'un étranger couronné de myrte, placé en dehors du temple et tenant à la main une bourse. Sur le second vase, un étranger, pareillement couronné de myrte, est assis sur un lit et semble marchander une courtisane debout devant lui dans un temple.

M. Lajard attribue encore la même signification à une pierre gravée, taillée à plusieurs faces, dont cinq portent des animaux, emblèmes du culte delà Vénus Orientale, et dont la sixième représente une courtisane qui se regarde dans un miroir pendant qu'elle se livre à un étranger. Mais ce qui se passait dans les temples et dans les bois sacrés n'a pas laissé de traces plus caractéristiques chez les auteurs de l'antiquité, qui n'ont pas osé trahir les mystères de Vénus.


Si les courtisanes étaient les bienvenues dans le culte de leur déesse, elles ne pouvaient se mêler que de loin à celui des autres déesses; ainsi, elles célébraient, dans l'intérieur de leurs maisons, après la vendange, les Aloennes ou fêtes de Cérès et de Bacchus. C'étaient des soupers licencieux qui composaient le rituel de ces fêtes, dans lesquelles les courtisanes se réunissaient avec leurs amants pour manger, boire, rire, chanter et folâtrer. « A la prochaine fête des Aloennes, écrit Mégare à Bacchis dans les Lettres d'Alcyphron, nous nous assemblons au Colyte chez l'amant de Thessala pour y manger ensemble, fais en sorte d'y venir. » « Nous touchons aux Aloennes, écrit Thaïs à Thessala, et nous étions toutes assemblées chez moi pour célébrer la veille de la fête. » Ces soupers, appelés les petits mystères de Cérès, étaient des prétextes de débauches qui duraient plusieurs jours et plusieurs nuits.


Il paraît que dans certains temples de Cérès, à Éleusis par exemple, les courtisanes, dont les femmes honnêtes fuyaient la vue et l'approche, avaient obtenu d'ouvrir une salle à elles, où elles avaient seules le droit d'entrer sans prêtres, et où une d'elles présidait aux cérémonies religieuses, que ses compagnes, comme autant de vestales, embellissaient de leur présence plus chaste qu'à l'ordinaire. Durant ces cérémonies, les vieilles courtisanes donnaient des leçons aux jeunes dans la science et la pratique des mystères de la Bonne Déesse.

Le pontife Archias, qui s'était permis d'offrir un sacrifice à Cérès d'Eleusis, dans la salle des courtisanes, sans l'intervention de leur grande prêtresse, fut accusé d'impiété par Démosthène, et condamné par le peuple.


Tous les dieux, comme toutes les déesses, acceptaient pourtant les offrandes que les courtisanes leur envoyaient, sans oser toutefois pénétrer en personne dans les temples dont le seuil leur était fermé. La fameuse courtisane, Cottine, qui se rendit assez célèbre pour qu'on imposât son nom au dictérion qu'elle avait occupé, près de Colone, vis-à-vis un temple de Bacchus, dédia en l'honneur d'un de ses galants Spartiates un petit taureau d'airain, qui fut placé sur le fronton du temple de Minerve Chalcienne. Ce taureau votif se trouvait encore à sa place du temps d'Athénée. Mais il était pourtant un dieu qui se montrait naturellement moins sévère pour les femmes de plaisir, c'était Adonis, déifié par Vénus, qui l'avait aimé. Les fêtes d'Adonis étaient, d'ailleurs, tellement liées à celles de la déesse, qu'on ne pouvait guère adorer l'un sans rendre hommage à l'autre. Adonis avait eu aussi, dans les temps antiques, une large part aux offrandes de la Prostitution sacrée, avant que son culte se fût confondu dans celui de Priape. Les courtisanes de toutes les conditions profitaient donc des fêtes d'Adonis, qui attiraient partout tant d'étrangers, pour venir exercer leur industrie, sous la protection du dieu et à son profit, dans les bois qui environnaient ses temples. « A l'endroit où je te mène , dit un courtier à un cuisinier qu'il va mettre en maison, il y a un lieu de débauche : une hétaire renommée y célèbre les fêtes d'Adonis, avec une nombreuse troupe de ses compagnes. » Les Athéniens, malgré la juste réprobation que leurs moralistes attachaient à la vie des courtisanes, ne les trouvèrent pas plus déplacées dans leur Olympe que dans leurs temples, car ils élevèrent des autels et des statues à Vénus Leoena et à Vénus Lamia, pour diviniser les deux maîtresses de Démétrius Poliorcète.

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 18:46

 

Un article pour la "jeunesse"... qu'elle apprenne la Jeunesse ! Qu'elle trouve le sens caché des choses et qu'elle comprenne. Qu'elle comprenne que l'humain n'est pas fait pour vivre en servitude. Pour vivre asservi par les religions et les idéologies. Et c'est parce qu'Adam et Eve avaient désobéi au Dieu Cerbère régnant sur le Jardin d'Eden qu'ils ont été virés. Jetés  au dehors du Jardin comme des malpropres avec juste un pagne pour les couvrir. C'est peu, direz-vous... mais ils n'avaient pas que ça, en fait. Ils possédaient aussi de grands pouvoirs dont il n'est pas parlé dans la Torah. Souvenez-vous, en Eden, ils possédaient déjà le pouvoir de parler et de s'approcher des animaux, même de ce que l'on nomme aujourd'hui "les plus féroces...". Ils possédaient aussi le pouvoir de faire tomber le feu du ciel. Science que connaissaient les Egyptiens et par là même les Lévites... il en est question ICI...

Zoroastre possédait ce pouvoir. Car du Connaissant en Eden à Ieschoua assassiné il y a deux mille ans, c'est toujours la même Grande Âme Universelle qui s'incarne pour porter son message de Libération aux hommes... Zoroastre, Hermès, Osiris et tant d'autres...

 

 

 

    

MAGIE DES MAGES

par Eliphas Levi

Chapitre II de "Histoire de la Magie"

 

       Sommaire du chapitre - Mystères de Zoroastre ou magie des mages.--La science du feu. - Symboles et enchantements des Perses et des Assyriens. - Les mystères de Ninive et de Babylone. - Domaine de la foudre. - Art de charmer les animaux. - Le bûcher de Sardanapale. 

 

       Zoroastre est très probablement un nom symbolique, comme celui de Thot ou d'Hermès. Eudoxe et Aristote le font vivre six mille ans avant la naissance de Platon; d'autres, au contraire, le font naître cinq cents ans avant la guerre de Troie. Les uns en font un roi de la Bactriane, les autres affirment l'existence de deux ou de trois Zoroastres différents. Eudoxe et Aristote seuls nous semblent avoir compris le personnage magique de Zoroastre en mettant l'âge kabbalistique d'un monde entre l'éclosion de son dogme et le règne théurgique de la philosophie de Platon. Il y a, en effet, deux Zoroastres, c'est-à-dire, deux révélateurs, l'un fils d'Oromase et père d'un renseignement lumineux, l'autre fils d'Arimane et auteur d'une divulgation profane; Zoroastre est le Verbe incarné des Chaldéens, des Mèdes et des Perses. Sa légende semble une prédiction de celle du Christ, et il a dû avoir aussi son antéchrist, suivant la loi magique de l'équilibre universel. 

       C'est au faux Zoroastre qu'il faut attribuer le culte du feu matériel et le dogme impie du dualisme divin qui a produit plus tard la gnose monstrueuse de Manès, et les principes erronés de  la fausse maçonnerie. Le faux Zoroastre est le père de cette magie matérialiste qui a causé le massacre des mages, et fait tomber le vrai magisme sous la proscription et dans l'oubli. L'Église, toujours inspirée par l'esprit de vérité, a dû proscrire sous les noms de magie de manichéisme, d'illuminisme et de  maçonnerie, tout ce qui se rattachait de près ou de loin à cette profanation primitive des mystères.

       L'histoire jusqu'à présent incomprise des templiers, en est un exemple éclatant. 

       Les dogmes du vrai Zoroastre sont les mêmes que ceux de la pure kabbale, et ses idées sur la divinité sont les mêmes que celles des Pères de l'Église. Les noms seuls diffèrent: ainsi il nomme triade ce que nous appelons trinité, et dans chaque nombre de la triade, il retrouve le ternaire tout entier. C'est ce que nos théologiens appellent la circum-insession des personnes divines. Zoroastre renferme dans cette multiplication de la triade par elle-même la raison absolue du nombre neuf et la clef universelle de tous les nombres et de toutes les formes. Ce que nous appelons les trois personnes divines, Zoroastre le nomme les trois profondeurs. La profondeur première ou paternelle est la source de la foi; la seconde ou celle du Verbe est la source de la vérité; la troisième ou l'action créatrice est la source d'amour. On peut consulter, pour se convaincre de ce que nous avançons ici, l'exposition de Psellus sur les dogmes des anciens Assyriens, dans la Magie philosophique de François Patricius, page 2, édition de Hambourg, 1593. 

       Sur cette échelle de neuf degrés, Zoroastre établit la hiérarchie céleste et toutes les harmonies de la nature. Il compte par trois toutes les choses qui émanent de l'idée, par quatre tout ce qui se rattache à la forme, ce qui lui donne le nombre sept pour type de la création. Ici finit l'initiation première, et commencent les hypothèses de l'école; les nombres se personnifient, les idées prennent des emblèmes qui plus tard deviendront des idoles. Voici venir les Synochées, les Télétarques et les Pères, serviteurs de la triple Hécate, puis les trois Amilictes, et les trois visages d'Hypézocos; puis les anges, puis les démons, puis les âmes humaines. Les astres sont les images et les reflets des splendeurs intellectuelles, et notre soleil est l'emblème d'un soleil de vérité, ombre lui-même de cette source première d'où jaillissent toutes les splendeurs. C'est pour cela que les disciples de Zoroastre saluaient le lever du jour, et passaient parmi les barbares pour des adorateurs du soleil. 

       Tels étaient les dogmes des mages, mais ils possédaient, en outre, des secrets qui les rendaient maîtres des puissances occultes de la nature. Ces secrets, dont l'ensemble pourrait s'appeler une pyrotechnie transcendentale, se rattachaient tous à la science profonde et au gouvernement du feu. Il est certain que les mages connaissaient l'électricité, et avaient des moyens de la produire et de la diriger qui nous sont encore inconnus. 

       Numa, qui étudia leurs rites et fut initié à leurs mystères, possédait, au dire de Lucius Pison, l'art de former et de diriger la foudre. Ce secret sacerdotal dont l'initiateur romain voulait faire l'apanage des souverains de Rome, fut perdu par Tullus Hostilius qui dirigea mal la décharge électrique et fut foudroyé. Pline rapporte ces faits comme une ancienne tradition  étrusque, et raconte que Numa se servit avec succès de sa batterie foudroyante contre un monstre nommé Volta, qui désolait les campagnes de Rome. Ne croirait-on pas, en lisant cette révélation, que notre physicien Volta est un mythe, et que le nom des piles voltaïques remonte au siècle de Numa ? 

       Tous les symboles assyriens se rapportent à cette science du feu qui était le grand arcane des mages; partout nous retrouvons l'enchanteur qui perce le lion et qui manie les serpents. Le lion c'est le feu céleste, les serpents sont les courants électriques et magnétiques de la terre. C'est à ce grand secret des mages qu'il faut rapporter toutes les merveilles de la magie hermétique, dont les traditions disent encore que le secret du grand oeuvre consiste dans le gouvernement du feu

       Le savant François Patricius a publié, dans sa Magie philosophique, les oracles de Zoroastre recueillis dans les livres des platoniciens, dans la théurgie de Proclus, dans les commentaires sur Parménide, dans les commentaires d'Hermias sur Phèdre, dans les notes d'Olympiodore sur le Philèbe et le Phédon. Ces oracles sont d'abord la formule nette et précise du dogme que nous venons d'exposer, puis viennent les prescriptions du rituel magique, et voici en quels termes elles sont exprimées: 

                          LES DÉMONS ET LES SACRIFICES.

 

       «La nature nous enseigne par induction qu'il existe des démons incorporels, et que les germes du mal qui existent dans la matière, tournent au bien et à l'utilité commune.  

       »Mais ce sont là des mystères qu'il faut ensevelir dans les  replis les plus impénétrables de la pensée.  

       »Le feu toujours agité et bondissant dans l'atmosphère peut prendre une configuration semblable à celle des corps. 

       »Disons mieux, affirmons l'existence d'un feu plein d'images et d'échos. 

       »Appelons, si vous le voulez, ce feu une lumière surabondante qui rayonne, qui parle, qui s'enroule. 

       »C'est le coursier fulgurant de la lumière, ou plutôt c'est l'enfant aux larges épaules qui dompte et soumet le coursier céleste. 

       »Qu'on l'habille de flamme et d'or ou qu'on le représente nu comme l'Amour en lui donnant aussi des flèches. 

       »Mais si ta méditation se prolonge, tu réuniras tous ces emblèmes sous la figure du lion; 

       »Alors qu'on ne voit plus rien ni de la voûte des cieux ni de la masse de l'univers. 

       »Les astres ont cessé de briller, et la lampe de la lune est  voilée. 

       »La terre tremble et tout s'environne d'éclairs. 

       »Alors n'appelle pas le simulacre visible de l'âme de la nature. 

       »Car tu ne dois point le voir avant que ton corps ne soit purifié par les saintes épreuves. 

       »Amollissant les âmes et les entraînant toujours loin des travaux sacrés, les chiens terrestres sortent alors de ces limbes ou finit la matière, et montrent aux regards mortels des apparences de corps toujours trompeuses. 

       »Travaille autour des cercles décrits par le rhombus d'Hécate. 

       »Ne change rien aux noms barbares de l'évocation: car ce sont les noms panthéistiques de Dieu; ils sont aimantés des adorations d'une multitude et leur puissance est ineffable. 

       »Et lorsque après tous les fantômes, tu verras briller ce feu incorporel, ce feu sacré dont les flèches traversent à la fois toutes les profondeurs du monde; 

       »Écoute ce qu'il te dira !» 

       Cette page étonnante que nous traduisons en entier du latin de Patricius, contient tous les secrets du magnétisme avec des profondeurs que n'ont jamais soupçonnées les Du Potet et les Mesmer. 

       Nous y voyons:

       1° d'abord la lumière astrale parfaitement décrite avec sa force configurative et sa puissance pour refléter le verbe et répercuter la voix; 

       2° La volonté de l'adepte figurée par l'enfant aux larges épaules monté sur le cheval blanc; hiéroglyphe que nous avons retrouvé sur un ancien tarot de la Bibliothèque impériale; 

       3° Le danger d'hallucinations dans les opérations magiques mal dirigées; 

       4° L'instrument magnétique qui est le rhombus, espèce de jouet d'enfant en bois creux qui tourne sur lui-même avec un ronflement toujours croissant; 

       5° La raison des enchantements par les paroles et les noms barbares

       6° La fin de l'oeuvre magique, qui est l'apaisement de l'imagination et des sens, l'état de somnambulisme complet et la parfaite lucidité. 

       Il résulte de cette révélation de l'ancien monde, que l'extase lucide est une application volontaire et immédiate de l'âme au feu universel, ou plutôt à cette lumière pleine d'images qui rayonne, qui parle et qui s'enroule autour de tous les objets et de tous les globes de l'univers. 

       Application qui s'opère par la persistance d'une volonté dégagée des sens et affermie par une série d'épreuves. 

       C'était là le commencement de l'initiation magique. L'adepte, parvenu à la lecture immédiate dans la lumière, devenait voyant ou prophète; puis, ayant mis sa volonté en communication avec cette lumière, il apprenait à la diriger comme on dirige la pointe d'une flèche; il envoyait à son gré le trouble ou la paix dans les âmes, communiquait à distance avec les autres adeptes, s'emparait enfin de cette force représentée par le lion céleste. 

       C'est ce que signifient ces grandes figures assyriennes qui tiennent sous leurs bras des lions domptés. 

       C'est la lumière astrale qui est représentée par ces gigantesques sphinx, ayant des corps de lions et des têtes de mages

       La lumière astrale, devenue l'instrument de la puissante magique, est le glaive d'or de Mithra qui immole le taureau sacré. 

       C'est la flèche de Phoebus qui perce le serpent Python.  Reconstruisons maintenant en esprit ces grandes métropoles de l'Assyrie, Babylone et Ninive, remettons à leur place ces colosses de granit, rebâtissons ces temples massifs, portés par des éléphants ou par des sphinx, relevons ces obélisques au-dessus desquels planent des dragons aux yeux étincelants et aux ailes étendues. 

        Le temple et le palais dominent ces entassements de merveilles; là se tiennent cachées en se révélant sans cesse par des miracles les deux divinités visibles de la terre, le sacerdoce et la royauté. Le temple, au gré des prêtres, s'entoure de nuages ou brille de clartés surhumaines; les ténèbres se font parfois pendant le jour, parfois aussi la nuit s'illumine; les lampes du temple s'allument d'elles-mêmes, les dieux rayonnent, on entend gronder la foudre, et malheur à l'impie qui aurait attiré sur sa tête la  malédiction des initiés! Le temple protége le palais, et les serviteurs du roi combattent pour la religion des mages; le roi est sacré, c'est le dieu de la terre, on se prosterne lorsqu'il passe, et l'insensé qui oserait sans ordre franchir le seuil de son palais, serait immédiatement frappé de mort ! 

       Frappé de mort sans massue et sans glaive, frappé par une main invisible, tué par la foudre, terrassé par le feu du ciel! Quelle religion et quelle puissance! quelles grandes ombres que celles de Nemrod, de Bélus et de Sémiramis! Que pouvaient donc être avant les cités presque fabuleuses, où ces immenses royautés trônèrent autrefois, les capitales de ces géants, de ces magiciens, que les traditions confondent avec les anges et nomment encore les fils de Dieu et les princes du ciel ! Quels mystères dorment dans les tombeaux des nations; et ne sommes-nous pas des enfants lorsque, sans prendre la peine d'évoquer ces effrayants souvenirs, nous nous applaudissons de nos lumières et de nos progrès ! 

       Dans son  livre sur la magie, M. Du Potet avance, avec une certaine crainte, qu'on peut, par une puissante émission de fluide magnétique, foudroyer un être vivant. 1

       La puissance magique s'étend plus loin, mais il ne s'agit pas  seulement du prétendu fluide magnétique. C'est la lumière astrale tout entière, c'est l'élément de l'électricité et de la foudre, qui peut être mise au service de la volonté humaine; et que faut-il faire pour acquérir cette formidable puissance ? Zoroastre vient de nous le le dire: il faut connaître ces lois mystérieuses de l'équilibre qui asservissent à l'empire du bien les puissances mêmes du mal; il faut avoir purifié son corps par les saintes épreuves, lutté contre les fantômes de l'hallucination et saisi corps à corps la lumière, comme Jacob dans sa lutte avec l'ange ; il faut avoir dompté ces chiens fantastiques qui aboient dans les rêves; il faut, en un mot, pour nous servir de l'expression si énergique de l'oracle, avoir entendu parler la lumière. Alors on est maître, alors on peut la diriger, comme Numa, contre les ennemis des saints mystères; mais si l'on n'est pas parfaitement pur, si la domination de quelque passion animale vous soumet encore aux fatalités des tempêtes de la vie, on se brûle aux feux qu'on allume, on est la proie du serpent qu'on déchaîne, et l'on périra foudroyé comme Tullus Hostilius. 

       Il n'est pas conforme aux lois de la nature que l'homme puisse être dévoré par les bêtes sauvages. Dieu l'a armé de puissance pour leur résister ; il peut les fasciner du regard, les gourmander avec la voix, les arrêter d'un signe,. et nous voyons, en effet, que les animaux les plus féroces redoutent la fixité du regard de l'homme, et semblent tressaillir à sa voix.  Les projections de la lumière astrale les paralysent et les frappent de crainte. Lorsque Daniel fut accusé de fausse magie et d'imposture, le roi de Babylone le soumit, ainsi que ses accusateurs, à l'épreuve des lions. Les animaux n'attaquent jamais que ceux qui les craignent ou ceux dont eux-mêmes ils ont peur. Un homme intrépide et désarmé ferait certainement reculer un tigre par le magnétisme de son regard. 

       Les mages se servaient de cet empire, et les souverains de l'Assyrie avaient dans leurs jardins des tigres soumis, des léopards dociles et des lions apprivoisés. On en nourrissait d'autres dans les souterrains des temples pour servir aux épreuves de l'initiation. Les bas-reliefs symboliques en font foi; ce ne sont que luttes d'hommes et d'animaux, et toujours on voit l'adepte couvert du vêtement sacerdotal les dominer du regard et les arrêter d'un geste de la main. Plusieurs de ces représentations sont symboliques sans doute, quand les animaux reproduisent quelques-unes des formes du sphinx; mais il en est d'autres où l'animal est représenté au naturel et où le combat semble être la théorie d'un véritable enchantement. 

       La magie est une science dont on ne peut abuser sans la perdre et sans se perdre soi-même. Les souverains et les prêtres du monde assyrien étaient trop grands pour ne pas être exposés à se briser si jamais ils tombaient; ils devinrent orgueilleux et ils tombèrent. La grande époque magique de la Chaldée est antérieure aux règnes de Sémiramis et de Ninus. A cette époque déjà la religion se matérialise et l'idolâtrie commence à triompher. Le culte d'Astarté succède à celui de la Vénus céleste, la royauté se fait adorer sous les noms de Baal et de Bel ou Bélus. Sémiramis abaisse la religion au-dessous de la politique et des conquêtes, et remplace les vieux temples mystérieux par de fastueux et indiscrets monuments; l'idée magique toutefois domine encore les sciences et les arts, et imprime aux merveilleuses constructions de cette époque un caractère inimitable de force et de grandeur. Le palais de Sémiramis était une synthèse bâtie et sculptée de tout le dogme de Zoroastre. Nous en reparlerons lorsque nous expliquerons le symbolisme de ces sept chefs-d'oeuvre de l'antiquité, qu'on appela les merveilles du monde. 

       Le sacerdoce s'était fait plus petit que l'empire, en voulant matérialiser sa propre puissance; l'empire en tombant devait l'écraser, et ce fut ce qui arriva sous l'efféminé Sardanapale. Ce prince, amoureux de luxe et de mollesse, avait fait de la science des mages une de ses prostituées. A quoi bon la puissance d'opérer des merveilles si elle ne donne pas du plaisir? Enchanteurs, forcez l'hiver à donner des roses; augmentez la saveur du vin; employez votre empire sur la lumière à faire resplendir la beauté des femmes comme celle des divinités! On obéit et le roi s'enivre. Cependant la guerre se déclare, l'ennemi s'avance.... Qu'importe l'ennemi au lâche qui jouit et qui dort? Mais c'est la ruine, c'est l'infamie, c'est la mort !... la mort! Sardanapale ne la craint pas, il croit que c'est un sommeil sans fin; mais il saura bien se soustraire aux travaux et aux affronts de la servitude... La nuit suprême est arrivée; le vainqueur est aux portes, la ville ne peut plus résister; demain c'en est fait du royaume d'Assyrie.... Le palais de Sardanapale s'illumine, et il rayonne de si merveilleuses splendeurs qu'il éclaire toute la ville consternée. Sur des amas d'étoffes précieuses, de pierreries et de vases d'or, le roi fait sa dernière orgie. Ses femmes, ses favoris, ses complices, ses prêtres avilis l'entourent; les clameurs de l'ivresse se mêlent au bruit de mille instruments, les lions apprivoisés rugissent, et une fumée de parfums sortant des souterrains du palais en enveloppe déjà toutes les constructions d'un épais nuage. Des langues de flamme percent déjà les lambris de cèdre... les chants d'ivresse vont faire place aux cris d'épouvante et aux râles de l'agonie.... Mais la magie qui n'a pu, entre les mains de ses adeptes dégradés, conserver l'empire de Ninus, va du moins mêler ses merveilles aux terribles souvenirs de ce gigantesque suicide. Une clarté immense et sinistre telle que n'en avaient jamais vu les nuits de Babylone, semble repousser tout à coup et élargir la voûte du ciel.... Un bruit semblable à celui de tous les tonnerres éclatant ensemble ébranle la terre et secoue la ville, dont les murailles tombent.... La nuit profonde redescend; le palais de Sardanapale n'existe plus, et demain ses vainqueurs ne trouveront plus rien de ses richesses, de son cadavre et de ses plaisirs. 

       Ainsi finit le premier empire d'Assyrie et la civilisation faite par le vrai Zoroastre. Ici finit la magie proprement dite, et commence le règne de la kabbale. Abraham, en sortant de la Chaldée, en a emporté les mystères. Le peuple de Dieu grandit en silence, et nous trouverons bientôt Daniel aux prises avec les misérables enchanteurs de Nabuchodonosor et de Balthazar

    

 1 - Du Potet, La Magie dévoilée, ou Principes de science occulte, 1852, 1 vol. in-4.

2 - Suivant Suldas, Cedrénus et la chronique d'Alexandrie, ce fut Zoroastre lui-même qui, assiégé dans son palais, se fit disparaître tout à coup avec tous ses secrets et toutes ses richesses dans un immense éclat de tonnerre. En ce temps-là, tout roi qui exerçait la puissance divine passait pour une incarnation de Zoroastre, et Sardanapale se fit une apothéose de son bûcher.

 

 Posté par Adriana Evangelizt

 

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 14:23

 Il y a donc eu corruption de l'Enseignement Originel. Et pourtant, le symbolisme que l'on retrouve dans la Genèse sans prendre au pied de la lettre les mots et les images, est très révélateur. N'oublions  pas... la Lettre tue... l'Esprit vivifie. Les Lévites en s'attachant à la lettre ont corrompu l'Enseignement, mieux, ils l'ont détourné. Dans quel but ? N'oublions pas que les premiers Lévites venaient d'Egypte, ils faisaient déjà partie de la caste sacerdotale Egyptienne.

 

 

      ORIGINES FABULEUSES

par Eliphas Levi

 tiré du Chapitre I de Histoire de la Magie

Origines fabuleuses - Le livre de la pénitence d'Adam - Le livre d'Hénoch. - La légende des anges déchus - Apocalypse de Méthodius - La Genèse suivant les Indiens - L'héritage magique d'Abraham, suivant le Talmud - Le Sépher Jezirah et le Sohar.

        « Il y eut, dit le livre apocryphe d'Hénoch, des anges qui se laissèrent tomber du ciel pour aimer les filles de la terre. 

        Car en ces jours-là, lorsque les fils des hommes se furent multipliés, il leur naquit des filles d'une grande beauté.

        Et lorsque les anges, les fils du ciel, les virent ils furent pris d'amour pour elles; et ils se disaient entre eux: «Allons, choisissons-nous des épouses de la race des hommes, et engendrons des enfants.»

       Alors leur chef Samyasa leur dit: «Peut-être n'aurez-vous pas le courage d'accomplir cette résolution, et je resterai seul responsable de votre chute.»

       Mais ils lui répondirent: «Nous jurons de ne pas nous repentir et d'accomplir tous notre dessein.»

       Et ils étaient deux cents qui descendirent sur la montagne d'Armon.

       Et c'est depuis ce temps-là que cette montagne est nommée Armon, ce qui veut dire la montagne du Serment.

       Voici les noms des chefs de ces anges qui descendirent: Samyasa qui était le premier de tous, Uraka-baraméel, Azibéel, Tamiel, Ramuel, Danel, Azkéel, Sarakuyal, Asael, Armers, Batraai, Anane, Zavèbe, Samsavéel, Ertrael, Turel, Jomiael, Arazial.

       Ils prirent des épouses avec lesquelles ils se mêlèrent, leur enseignant la magie, les enchantements et la division des racines et des arbres.

       Amazarac enseigna tous les secrets des enchanteurs, Barkaial fut le maître de ceux qui observent les astres, Akibéel révéla les signes et Azaradel le mouvement de la lune.»

       Ce récit du livre kabbalistique d'Hénoch, est le récit de cette même profanation des mystères de la science que nous voyons représenter sous une autre image dans l'histoire du péché d'Adam.

       Les anges, les fils de Dieu, dont parle Hénoch, c'étaient les initiés à la magie, puisque après leur chute ils l'enseignèrent aux hommes vulgaires par l'entremise des femmes indiscrètes. La volupté fut leur écueil, ils aimèrent les femmes et se laissèrent surprendre les secrets de la royauté et du sacerdoce.

       Alors la civilisation primitive s'écroula, les géants, c'est-à-dire les représentants de la force brutale et des  convoitises effrénées, se disputèrent le monde qui ne put leur échapper qu'en s'abîmant sous les eaux du déluge s'effacèrent toutes les traces du passé.

       Ce déluge figurait la confusion universelle où tombe  nécessairement l'humanité lorsqu'elle a violé et méconnu les harmonies de la nature.

       Le péché de Samyasa et celui d'Adam se ressemblent, tous deux sont entraînés par la faiblesse du coeur, tous deux profanent l'arbre de la science et sont repoussés loin de l'arbre de vie.

       Ne discutons pas les opinions ou plutôt les naïvetés de ceux qui veulent prendre tout à la lettre, et qui pensent que la science et la vie ont pu pousser autrefois sous forme d'arbres, mais admettons le sens profond des symboles sacrés.

       L'arbre de la science, en effet, donne la mort lorsqu'on en absorbe les fruits, ces fruits sont la parure du monde, ces pommes d'or sont les étoiles de la terre.

       Il existe à la bibliothèque de l'Arsenal un manuscrit fort curieux qui a pour titre: Le livre de la pénitence d'Adam. La tradition kabbalistique y est présentée sous forme de légende, et voici ce qu'on y raconte:

       «Adam eut deux fils, Caïn qui représente la force brutale, Abel qui représente la douceur intelligente. Ils ne purent s'accorder, et ils périrent l'un par l'autre, aussi leur héritage fut-il donné à un troisième fils nommé Seth.»

       Voilà bien le conflit des deux forces contraires tournant au profit d'une puissance synthétique et combinée.

       «Or Seth, qui était juste, put parvenir jusqu'à l'entrée du paradis terrestre sans que le chérubin l'écartât avec son épée flamboyante.» C'est-à-dire que Seth représente l'initiation primitive.

        «Seth vit alors que l'arbre de la science et l'arbre de la vie s'étaient réunis et n'en faisaient qu'un.»

       Accord de la science et de la religion dans la haute kabbale.

       «Et l'ange lui donna trois grains qui contenaient toute la force vitale de cet arbre.»

       C'est le ternaire kabbalistique.

       «Lorsque Adam mourut, Seth, suivant les instructions de l'ange, plaça les trois grains dans la bouche de son père expiré comme un gage de vie éternelle. Les branches qui sortirent de ces trois grains formèrent le buisson ardent au milieu duquel Dieu révéla à Moïse son nom éternel:

       L'être qui est, qui a été, et qui sera l'être.

          Moïse cueillit une triple branche du buisson sacré, ce fut pour lui la verge des miracles.

          Cette verge bien que séparée de sa racine ne cessa pas de vivre et de fleurir, et elle fut ainsi conservée dans l'arche.

         Le roi David replanta cette branche vivante sur la montagne de Sion, et Salomon plus tard prit le bois de cet arbre au triple tronc pour en faire les deux colonnes Jakin et Bohas, qui étaient à l'entrée du temple, il les revêtit de bronze, et plaça le troisième morceau du bois mystique au fronton de la porte principale.

       C'était un talisman qui empêchait tout ce qui était impur de pénétrer dans le temple.

        Mais les lévites corrompus arrachèrent pendant la nuit cette barrière de leurs iniquités et la jetèrent au fond de la piscine probatique en la chargeant de pierres.

       Depuis ce moment l'ange de Dieu agita tous les ans les eaux de la piscine et leur communiqua une vertu miraculeuse pour inviter les hommes à y chercher l'arbre de Salomon.

        Au temps de Jésus-Christ, la piscine fut nettoyée, et les juifs trouvant cette poutre, inutile suivant eux, la portèrent hors de la ville et la jetèrent en travers du torrent de Cédron.

       C'est sur ce pont que Jésus passa après son arrestation nocturne au jardin des Oliviers, c'est du haut de cette planche que ses bourreaux le précipitèrent pour le traîner dans le torrent et dans leur précipitation à préparer d'avance l'instrument du supplice, ils emportèrent avec eux le pont qui était une poutre de trois pièces, composée de trois bois différents et ils en firent une croix.»

       Cette allégorie renferme toutes les hautes traditions de la kabbale et les secrets si complètement ignorés de nos jours du christianisme de saint Jean.

       Ainsi Seth, Moïse, David, Salomon et le Christ auraient emprunté au même arbre kabbalistique leurs sceptres de rois et leurs bâtons de grands pontifes.

       Nous devons comprendre maintenant pourquoi le Sauveur au berceau était adoré par les mages.

       Revenons au livre d'Hénoch, car celui-ci doit avoir une autorité dogmatique plus grande qu'un manuscrit ignoré. Le livre d'Hénoch est, en effet, cité dans le Nouveau Testament par l'apôtre saint Jude.

       La tradition attribue à Hénoch l'invention des lettres. C'est donc à lui que remontent les traditions consignées dans le Sepher Jézirah, ce livre élémentaire de la kabbale, dont la rédaction suivant les rabbins, serait du patriarche Abraham, l'héritier des secrets d'Hénoch et le père de l'initiation en Israël.

       Hénoch parait donc être le même personnage que l'Hermès trismégiste des Égyptiens, et le fameux livre de Thot, écrit tout en hiéroglyphes et en nombres, serait cette bible occulte et pleine de mystères, antérieure aux livres de Moïse, à laquelle l'initié Guillaume Postel fait souvent allusion dans ses ouvrages en la désignant sous le nom de Genèse d'Hénoch.

       La Bible dit qu'Hénoch ne mourut point, mais que Dieu le transporta d'une vie à l'autre. Il doit revenir s'opposer à  l'Antéchrist, à la fin des temps, et il sera un des derniers martyrs ou témoins de la vérité, dont il est fait mention dans  l'apocalypse de saint Jean.

       Ce qu'on dit d'Hénoch, on l'a dit de tous les grands initiateurs de la kabbale.

       Saint Jean lui-même ne devait pas mourir, disaient les premiers chrétiens, et l'on a cru longtemps le voir respirer dans son tombeau, car la science absolue de la vie est un préservatif contre la mort et l'instinct des peuples le leur fait toujours deviner.

       Quoi qu'il en soit, il nous resterait d'Hénoch deux livres, l'un hiéroglyphique, l'autre allégorique. L'un contenant les clefs hiératiques de l'initiation, l'autre l'histoire d'une grande profanation qui avait amené la destruction du monde et le chaos après le règne des géants.

       Saint Méthodius, un évêque des premiers siècles du christianisme, dont les oeuvres se trouvent dans la bibliothèque des Pères de l'Église, nous a laissé une apocalypse prophétique où l'histoire du monde se déroule dans une série de visions. Ce livre ne se trouve pas dans la collection des oeuvres de saint Méthodius, mais il a été conservé par les gnostiques, et nous le retrouvons  imprimé dans le liber mirabili, sous le nom altéré de Bermechobus, que des imprimeurs ignorants ont fait à la place de l'abréviation Bea-Méthodius pour beatus Méthodius.

       Ce livre s'accorde en plusieurs points avec le traité allégorique de la pénitence d'Adam. On y trouve que Seth se retira avec sa famille en Orient vers une montagne voisine du paradis terrestre.

       Ce fut la patrie des initiés, tandis que la postérité de Caïn inventait la fausse magie dans l'Inde, pays du fratricide, et mettait les maléfices au service de l'impunité.

       Saint Méthodius prédit ensuite les conflits et le règne successif des Ismaélites, vainqueurs des Romains; des Français, vainqueurs des Ismaélites, puis d'un grand peuple du Nord, dont l'invasion précédera le règne personnel de l'Antéchrist. Alors se formera un royaume universel, qui sera reconquis par un prince français, et la justice régnera pendant une longue suite d'années.

       Nous n'avons pas à nous occuper ici de la prophétie. Ce qu'il nous importe de remarquer, c'est la distinction de la bonne et de la mauvaise magie, du sanctuaire des fils de Seth et de la profanation des sciences par les descendants de Caïn.

       La haute science, en effet, est réservée aux hommes qui sont maîtres de leurs passions, et la chaste nature ne donne pas les clefs de sa chambre nuptiale à des adultères. Il y a deux classes d'hommes, les hommes libres et les esclaves; l'homme naît esclave de ses besoins, mais il peut s'affranchir par l'intelligence.

       Entre ceux qui sont déjà affranchis et ceux qui ne le sont pas encore l'égalité n'est pas possible. C'est à la raison de régner et aux instincts d'obéir. Autrement si vous donnez à un aveugle les aveugles à conduire, ils tomberont tous dans les abîmes. La liberté, ne l'oublions pas, ce n'est pas la licence des passions affranchies de la loi. Cette licence serait la plus monstrueuse des tyrannies. La liberté, c'est l'obéissance volontaire à la loi; c'est le droit de faire son devoir et seuls les hommes raisonnables et justes sont libres. Or, les hommes libres doivent gouverner les esclaves, et les esclaves sont appelés à s'affranchir; non pas du gouvernement des hommes libres, mais de cette servitude des passions brutales, qui les condamne à ne pas exister sans maîtres.

       Admettez maintenant avec nous la vérité des hautes sciences, supposez un instant qu'il existe, en effet, une force dont on peut s'emparer et qui soumet à la volonté de l'homme les miracles de la nature? Dites-nous maintenant si l'on peut confier aux brutalités cupides les secrets de la sympathie et des richesses; aux intrigants l'art de la fascination, à ceux qui ne savent pas se conduire eux-mêmes l'empire sur les volontés ?... On est effrayé lorsqu'on songe aux désordres que peut entraîner une telle profanation. Il faudra un cataclysme pour laver les crimes de la terre quand tout se sera abîmé dans la boue et dans le sang. Eh bien! voilà ce que nous révèle l'histoire allégorique de la chute des anges dans le livre d'Hénoch, voilà le péché d'Adam et ses suites fatales. Voilà le déluge et ses tempêtes; puis,  plus tard, la haute malédiction de Chanaan. La révélation de l'occultisme est figurée par l'impudence de ce fils qui montre la nudité paternelle. L'ivresse de Noé est une leçon pour le sacerdoce de tous les temps. Malheur à ceux qui exposent les secrets de la génération divine aux regards impurs de la foule! tenez le sanctuaire fermé, vous qui ne voulez pas livrer votre père endormi à la risée des imitateurs de Cham !

       Telle est, sur les lois de la hiérarchie humaine, la tradition des enfants de Seth; mais telles ne furent pas les doctrines de la famille de Caïn. Les caïnistes de l'Inde inventèrent une Genèse pour consacrer l'oppression des plus forts et perpétuer l'ignorance des faibles; l'initiation devint le privilège exclusif des castes suprêmes et des races d'hommes furent condamnées à une servitude éternelle sous prétexte d'une naissance inférieure; ils étaient sortis, disait-on, des pieds ou des genoux de Brahma !

       La nature n'enfante ni des esclaves ni des rois, tous les hommes naissent pour le travail.

       Celui qui prétend que l'homme est parfait en naissant, et que la société le dégrade et le pervertit, serait le plus sauvage des anarchistes, s'il n'était pas le plus poétique des insensés. Mais Jean-Jacques avait beau être sentimental et rêveur, son fond de misanthropie, développé par la logique de ses séides, porta des fruits de haine et de destruction. Les réalisateurs consciencieux des utopies du tendre philosophe de Genève, furent Robespierre et Marat.

       La société n'est pas un être abstrait qu'on puisse rendre séparément responsable de la perversité des hommes; la société c'est l'association des hommes. Elle est défectueuse de leurs vices et sublime de leurs vertus; mais en elle-même, elle est sainte, comme la religion qui lui est inséparablement unie. La religion, en effet, n'est-elle pas la société des plus hautes aspirations et des plus généreux efforts?

       Ainsi, au mensonge des castes privilégiées par la nature, répondit le blasphème de l'égalité antisociale et du droit ennemi de tout devoir; le christianisme seul avait résolu la question en donnant la suprématie au dévouement, et en proclamant le plus grand celui qui sacrifierait son orgueil à la société et ses appétits à la loi.

       Les juifs, dépositaires de la tradition de Seth, ne la conservèrent pas dans toute sa pureté, et se laissèrent gagner par les injustes ambitions de la postérité de Caïn. Ils se crurent une race d'élite, et pensèrent que Dieu leur avait plutôt donné la vérité comme un patrimoine que confiée comme un dépôt appartenant à l'humanité toute entière. On trouve, en effet, dans les talmudistes, à côté des sublimes traditions du Sépher Jézirah et du Sonar, des révélations assez étranges. C'est ainsi qu'ils ne craignent pas d'attribuer au patriarche Abraham lui-même l'idolâtrie des nations, lorsqu'ils disent qu'Abraham a donné aux Israélites son héritage, c'est-à-dire la science des vrais noms divins; la kabbale, en un mot, aurait été la propriété légitime et héréditaire d'Isaac; mais le patriarche donna, disent-ils, des présents aux enfants de ses concubines; et par ces présents ils entendent des dogmes voilés et des noms obscurs, qui se matérialisèrent bientôt et se transformèrent en idoles. Les fausses religions et leurs absurdes mystères, les superstitions orientales et leurs sacrifices horribles, quel présent d'un père à sa famille méconnue! N'était-ce pas assez de chasser Agar avec son fils dans le désert, fallait-il, avec leur pain unique et leur cruche d'eau, leur donner un fardeau de mensonge pour désespérer et empoisonner leur exil?

       La gloire du christianisme c'est d'avoir appelé tous les hommes à la vérité, sans distinction de peuples et de castes, mais non toutefois sans distinction d'intelligences et de vertus.

       «Ne jetez pas vos paroles devant les pourceaux, a dit le divin fondateur du christianisme, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds et que, se tournant contre vous, ils ne vous dévorent.»

       L'Apocalypse, ou révélation de saint Jean, qui contient tous les secrets kabbalistiques du dogme de Jésus-Christ, n'est pas un livre moins obscur que le Sohar.

       Il est écrit hiéroglyphiquement avec des nombres et des images; et l'apôtre fait souvent appel à l'intelligence des initiés. «Que celui qui a la science comprenne, que celui qui comprend calcule,» dit-il plusieurs fois après une allégorie ou l'énoncé d'un nombre. Saint Jean, l'apôtre de prédilection et le dépositaire de tous les secrets du Sauveur, n'écrivait donc pas pour être compris de la multitude.

       Le Sépher Jézirah, le Sohar et l'Apocalypse sont les chefs-d'oeuvre de l'occultisme; ils contiennent plus de sens que de mots, l'expression en est figurée comme la poésie et exacte comme les nombres. L'Apocalypse résume, complète et surpasse toute la science d'Abraham et de Salomon, comme nous le prouverons en expliquant les clefs de la haute kabbale.

       Le commencement du Sohar étonne par la profondeur de ses aperçus et la grandiose simplicité de ses images. Voici ce que nous y lisons:

       «L'intelligence de l'occultisme c'est la science de l'équilibre. Les forces qui se produisent sans être balancées périssent dans le vide.

        Ainsi ont péri les rois de l'ancien monde, les princes des géants. Ils sont tombés comme des arbres sans racines, et l'on n'a plus trouvé leur place.

       C'est par le conflit des forces non équilibrées que la terre dévastée était nue et informe lorsque le souffle de Dieu se fit place dans le ciel et abaissa la masse des eaux.

       Toutes les aspirations de la nature furent alors vers l'unité de la forme, vers la synthèse vivante des puissances équilibrées, et le front de Dieu, couronné de lumière, se leva sur la vaste mer et se refléta dans les eaux inférieures.

       Ses deux yeux parurent rayonnants de clarté, lançant deux traits de flamme qui se croisèrent avec les rayons du reflet.

       Le front de Dieu et ses deux yeux formaient un triangle dans le ciel, et le reflet formait un triangle dans les eaux.

       Ainsi se révéla le nombre six, qui fut celui de la création universelle.»

       Nous traduisons ici, en l'expliquant, le texte qu'on ne saurait rendre intelligible en le traduisant littéralement.

       L'auteur du livre a soin, d'ailleurs, de nous déclarer que cette forme humaine qu'il donne à Dieu n'est qu'une image de son verbe, et que Dieu ne saurait être exprimé par aucune pensée ni par aucune forme. Pascal a dit que Dieu est un cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. Mais comment concevoir un cercle sans circonférence? Le Sohar prend l'inverse de cette figure paradoxale, et dirait volontiers du cercle de Pascal que la circonférence en est partout et le centre nulle part; mais ce n'est point à un cercle, c'est à une balance qu'il compare l'équilibre universel des choses. «L'équilibre est partout, dit-il, on trouve donc partout aussi le point central où la balance est suspendue.» Nous trouvons ici le Sohar plus fort et plus profond que Pascal.

       L'auteur du Sohar continue son rêve sublime. La synthèse du verbe formulé par la figure humaine monte lentement et sort des eaux comme le soleil qui se lève. Quand les yeux ont paru, la lumière a été faite; quand la bouche se montre, les esprits sont créés et la parole se fait entendre. La tête entière est sortie, et voilà le premier jour de la création. Viennent les épaules, les bras et la poitrine, et le travail commence. L'image divine repousse d'une main la mer et soulève de l'autre les continents et les montagnes. Elle grandit, elle grandit toujours. Sa puissance génératrice apparaît, et tous les êtres vont se multiplier; il est debout, enfin, il met un pied sur la terre et l'autre sur la mer, et se mirant tout entier dans l'Océan de la création, il souffle sur son reflet, il appelle son image à la vie. Créons l'homme, a-t-il dit, et l'homme est créé! Nous ne connaissons rien d'aussi beau dans aucun poëte que cette vision de la création accomplie par le type idéal de l'humanité. L'homme ainsi est l'ombre d'une ombre! mais il est la représentation de la  puissance divine. Lui aussi peut étendre les mains de l'Orient à l'Occident; la terre lui est donnée pour domaine. Voilà l'Adam Kadmon, l'Adam primitif des kabbalistes; voilà dans quelle pensée ils en font un géant; voilà pourquoi Swedenborg, poursuivi dans ses rêves par les souvenirs de la kabbale, dit que la création entière n'est qu'un homme gigantesque, et que nous sommes faits à l'image de l'univers.

       Le Sohar est une genèse de lumière, le Sépher Jézirah est une échelle de vérités. Là s'expliquent les trente-deux signes absolus de la parole, les nombres et les lettres; chaque lettre reproduit un nombre, une idée et une forme, en sorte que les mathématiques s'appliquent aux idées et aux formes, non moins  rigoureusement qu'aux nombres par une proportion exacte et une correspondance parfaite. Par la science du Sépher Jézirah, l'esprit humain est fixé dans la vérité et dans la raison, et peut se rendre compte des progrès possibles de l'intelligence par les évolutions des nombres. Le Sohar représente donc la vérité absolue, et le Sépher Jézirah donne les moyens de la saisir, de  se l'approprier et d'en faire usage. 

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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 22:51

  Pour couper un peu avant de poser la suite du livre sur la FM, un texte de Voltaire sur Bacchus qui fut sauvé des eaux dans un coffre, possédait une verge qui se transformait en Serpent, a écrit sa loi sur deux tables de pierre... et d'autres similitudes encore avec Moïse. Donc tout ce que l'on trouve dans la Genèse jusqu'à l'émergence de Moïse est emprunté à d'autres traditions...

De Bacchus

par Voltaire

Extrait du Tome VII des Oeuvres Complètes

XXVIII.

— Excepté les fables visiblement allégoriques, comme celles des Muses, de Vénus, des Grâces, de l'Amour, de Zéphyre et de Flore, et quelques-unes de ce genre, toutes les autres sont un ramas de contes, qui n'ont d'autre mérite que d'avoir fourni de beaux vers à Ovide et à Quinault, et d'avoir exercé le pinceau de nos meilleurs peintres. Mais il en est une qui paraît mériter l'attention de ceux qui aiment les recherches de l'antiquité : c'est la fable de Bacchus.

Ce Bacchus, ou Back, ou Backos, ou Dionysios, fils de Dieu, a-t-il été un personnage véritable ? Tant de nations en parlent, ainsi que d'Hercule; on a célébré tant d'Hercules et tant de Bacchus différents, qu'on peut supposer qu'en effet il y a eu un Bacchus, ainsi qu'un Hercule.

Ce qui est indubitable, c'est que dans l'Egypte, dans l'Asie, et dans la Grèce, Bacchus ainsi qu'Hercule étaient reconnus pour demi-dieux; qu'on célébrait leurs fêtes ; qu'on leur attribuait des miracles ; qu'il y avait des mystères institués au nom de Bacchus. avant qu'on connût les livres juifs.

On sait assez que les Juifs ne communiquèrent leurs livres aux étrangers que du temps de Ptolémée Philadelphe, environ deux cent trente ans avant notre ère. Or, avant ce temps, l'Orient et l'Occident retentissaient des orgies de Bacchus. Les vers attribués à l'ancien Orphée célèbrent les conquêtes et les bienfaits de ce prétendu demi-dieu.

Son histoire est si ancienne que les Pères de l'Église ont prétendu que
Bacchus était Noé, parce que Bacchus et Noé passent tous deux pour avoir cultivé la vigne.

Hérodote, en rapportant les anciennes opinions, dit que Bacchus fut élevé à Nyse, ville d'Ethiopie, que d'autres placent dans l'Arabie Heureuse. Les vers orphiques lui donnent le nom de
Misés. Il résulte des recherches du savant Huet, sur l'histoire de Bacchus, qu'il fut sauvé des eaux dans un petit coffre, qu'on l'appela Misem, en mémoire de cette aventure ; qu'il fut instruit des secrets des dieux ; qu'il avait une verge qu'il changeait en serpent quand il voulait ; qu'il passa la mer Rouge à pied sec, comme Hercule passa depuis, dans son gobelet, le détroit de Calpé et d'Abyla; que, quand il alla dans les Indes, lui et son armée jouissaient de la clarté du soleil pendant la nuit; qu'il toucha de sa baguette enchanteresse les eaux du fleuve Oronte et de l'Hydaspe, et que ces eaux s'écoulèrent pour lui laisser un passage libre. Il est dit même qu'il arrêta le cours du soleil et de la lune. Il écrivit ses lois sur deux tables de pierre. Il était anciennement représenté avec des cornes ou des rayons qui partaient de sa tête.

Il n'est pas étonnant, après cela, que plusieurs savants hommes, et surtout Bochart et Huet, dans nos derniers temps, aient prétendu que
Bacchus est une copie de Moïse et de Josué. Tout concourt à favoriser la ressemblance ; car Bacchus s'appelait, chez les Egyptiens, Arsaph, et, parmi les noms que les pères ont donnés à Moïse, on y trouve celui d'Osasirph.

Entre ces deux histoires, qui paraissent semblables en tant de points, il n'est pas douteux que celle de Moïse ne soit la vérité, et que celle de Bacchus ne soit la fable ; mais il paraît que
cette fable était connue des nations longtemps avant que l'histoire de Moïse fût parvenue jusqu'à elles. Aucun auteur grec n'a cité Moïse avant Longin, qui vivait sous l'empereur Aurélien, et tous avaient célébré Bacchus.

Il parait incontestable que
les Grecs ne purent prendre l'idée de Bacchus dans le livre de la loi juive qu'ils n'entendaient pas, et dont ils n'avaient pas la moindre connaissance : livre d'ailleurs si rare chez les Juifs mêmes, que sous le roi Josias on n'en trouva qu'un seul exemplaire ; livre presque entièrement perdu, pendant l'esclavage des juifs transportés en Chaldée et dans le reste de l'Asie ; livre restauré ensuite par Esdras dans les temps florissants d'Athènes et des autres républiques de la Grèce; temps où les mystères de Bacchus étaient déjà institués.

Dieu permit donc que l'esprit de mensonge divulguât les absurdités de la vie de Bacchus chez cent nations, avant que
l'esprit de vérité fît connaître la vie de Moïse à aucun, excepté aux Juifs.

Le savant évêque d'Avranches, frappé de cette étonnante ressemblance, ne balança pas à prononcer que Moïse était non seulement Bacchus, mais le Thaut, l'Osiris des Égyptiens. Il ajoute même, pour allier les contraires, que Moïse était aussi leur Typhon, c'est-à-dire qu'il était à la fois le bon et le mauvais principe, le protecteur et l'ennemi ,
le dieu et le diable reconnus en Egypte.

Moïse, selon ce savant homme, est le même que Zoroastre. Il est Esculape, Amphion, Apollon, Faunus, Janus, Persée, Romulus. Vertumne, et enfin Adonis et Priape. La preuve qu'il était Adonis, c'est que Virgile a dit (Églog. x, v. 18) :


« Et formosus oves ad flumina pavit Adonis.
Et le bel Adonis a gardé les moutons. »

Or, Moïse garda les moutons vers l'Arabie. La preuve qu'il était Priape est encore meilleure : c'est que quelquefois on représentait Priape avec un âne, et que les Juifs passèrent pour adorer un âne. Huet ajoute, pour dernière confirmation, que la verge de Moïse pouvait fort bien être comparée au sceptre de Priape.


Sceptrum Priapo tribuitur, virga Mosi.


Voilà ce que Huet appelle sa Démonstration. Elle n'est pas, à la vérité, géométrique. Il est à croire qu'il en rougit les dernières années de sa vie, et qu'il se souvenait de sa Démonstration, quand il fit son Traité de la faiblesse de l'esprit humain, et de l'incertitude de ses connaissances.

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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 14:55

Alors que s'est-il passé après la mort de Moïse ? La loi qu'il avait laissé aux Lévites fut-elle suivie à la lettre ? Il semble que non bien sûr. Ils ont rajouté des "mystères", histoire d'asservir toujours davantage le Peuple à leur religion. Ils ont rajouté les "anges" et les "chérubins" piqués à la tradition chaldéenne. Mieux on ne trouve pas trace de l'Enseignement Egyptien que Moïse a forcément reçu sur l'Astronomie, par exemple, tout comme suivant les écrits, jamais Moïse ne parle de l'âme. Vous pouvez chercher. Et pourtant les prêtres d'Osiris y croyaient. Nous sommes en train de taper un autre livre où la question de l'âme jamais évoqué par Moïse fait l'objet entier de l'ouvrage. Un vieux livre encore mais ô combien éclairant. Qui nous pousse encore et toujours à nous poser la question : Qu'est devenu le Véritable Enseignement de Moïse ? Il n'a laissé aucun écrit mais une tradition orale dont étaient dépositaires les Lévites. Qu'en ont-ils fait ?

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

10ème partie

9ème partie

8ème partie

 1ère partie

CHAPITRE VII.

1ère partie


Nouveaux mystères et emblèmes introduits chez les Lévites pendant lu captivité de Babylone. —Légende de Salomon et d'Hiram. — Fête de la parole innommable. — Pâque conservée. — Mystères juifs expliqués par les symboles pratiqués dans la Maçonnerie. — Vision d'Ainos. — La Bible explique les épreuves de l'initiation juive. — La Bible est écrite du temps de l'esclavage de Babylone. Privilèges anciens des Lévites. — Initiation lévitique, son premier ordre. — Le Soleil, base des mystères anciens.— Mort et résurrection d'Hiram, analogues aux solstices et aux équinoxes. — Sainteté de la parole innominable. — Hiram , allégorie du bon principe ; ses assassins du mauvais. — Institution de l'emblème de l'Acacia. Usage de cette branche mystérieuses chez les anciens. — Pourquoi les Lévites durent choisir Hiram pour le symbole du Soleil ; explication de cette allégorie dans differens rites maçonniques.— Pierre cubique et pierre angulaire.


Tout porte à croire que les Sacrificateurs et les Lévites, lors de leur esclavage en Babylone, tout en conservant les anciens mystères et dogmes apportés d'Egypte par Moïse, voulurent transmettre à la postérité les sentences de Samuel, leur deuil, et l'espoir qu'ils avaient d'une future rédemption. A cette fin ils instituèrent des nouveaux mystères, qu'ils réunirent à ceux qu'ils pratiquaient, en se proposant particulièrement de cultiver les sciences que Moïse et Salomon leur avaient prescrites, convaincus que c'était le seul moyen de pouvoir se remettre à la tête de leur gouvernement, une fois qu'ils auraient eu le bonheur d'être libres et de rentrer dans leur pays.

Ils choisirent donc un sujet et des emblèmes analogues à ces nouveaux mystères, afin qu'ils pussent leur servir de commémoration de leurs libertés et
de leurs biens perdus par l'institution des Rois, qui causèrent leurs malheurs et leur esclavage ; ils se proposèrent dans ces nouveaux travaux la réédification mystique du Temple de Salomon.

Aux anciens emblèmes apportés de l'Egypte
, ils en ajoutèrent de nouveaux ; ils établirent pour les premiers grades que les apprentifs ou les nouveaux initiés devaient dégrossir et ébaucher les pierres brutes avec des marteaux, comme en agissaient les Egyptiens ; ce qu'on déduira par le document qui existait dans le cabinet du père Albert que Montfaucon indique être une prêtresse égyptienne, et que nous croyons être une Isis, soutenant sur ses genoux, comme si elle tenait un enfant, la pierre brute à dégrossir.

Quelques écrivains pensent que les marteaux qui, dans nos travaux, s'appellent maillets,
rappellent le marteau de métal dont se servaient les Grands-Sacrificateurs pour frapper la victime ; d'autres croient qu'ils représentent cette croix baphométique tronquée des Gnosticiens, cette clef tautique et cruciforme qu'on découvre dans les symboles égyptiens, que les divinités portaient ; au bout de ces croix, on y avait attaché un anneau par lequel les personnages des hiéroglyphes la tenaient. Ce signe indiquait leur immortalité ; on le verra ci-après. Comme tout devait se rapporter à la réédification du Temple, on dût établir, pour être élevé à un ordre supérieur, le passage de l'équerre à l'aplomb, que nous conservons aussi dans le grade de compagnonnage. L'astronomie devait toujours représenter allégoriquement tous les mystères ; aussi Hiram , qui était la figure du Soleil et de l'Architecte, devait, comme le Soleil, mourir et ressusciter, ce qui devint le sujet des ordres supérieurs au compagnonnage. Aux anciennes épreuves de passer par les élémens , ils ajoutèrent des cérémonies pour rappeler qu'eux seuls avaient le droit exclusif de faire les sacrifices ; ainsi, ils préparaient le néophyte comme une victime, à l'instar des Egyptiens ; ce qui se pratique également dans notre institution.

Ces nouveaux mystères, cérémonies et emblèmes devaient rappeler l'époque la plus brillante de la nation juive, celle où Salomon avait relevé le culte du  Grand-Jéhovah ; ils servaient aussi à retracer la gloire qui rejaillissait pour lu
i de ce qu'il avait accordé les biens et l'autorité aux Sacrificateurs et aux prêtres, et d'avoir établi la marche des mystères ; ce qui a été très bien expliqué par D. F. Bagot, 4e édition, Paris, p. 39, où il donne la légende du Temple :

« Salomon rassembla ses chefs de travaux et leur proposa d'édifier, en l'honneur du Grand-Architecte de l'Univers, un Temple semblable en tout à celui qui  venait d'être bâti. Tous y consentirent, et les ouvriers manuels, hommes instruits et pieux, devinrent ouvriers spirituels; comme il importait de marquer la différence qui existe entre les dispositions aux vertus et à la possession de cette même vertu , Salomon caractérisa les grades.
Le 1er, l'apprentissage, renfermait
toutes les épreuves corporelles des mystères égyptiens; le 2me, de compagnonnage, comprenait les institutions données par les prêtres, et les conférences de ces prêtres avec l'aspirant dans la dernière partie de l'initiation ; le 3e la maîtrise, était la connaissance totale des mystères, mais il convenait à la prudence de Salomon, d'adapter à son système moral l'incident du maître assassiné par les vices attaquant, et quelquefois altérant la vertu. »

Ces mystères nouveaux, établis par les Lévites dans Babylone
, devaient entretenir chez la nation le désir de rentrer dans ses foyers, pour y rebâtir réellement le Temple Saint et recouvrer l'autorité et les biens perdus par l'ambition des derniers rois de Juda et d'Israël.

Les Lévites, dans ces mystères, conservèrent la fête du 10 de Thischri, ou
le mystère de la Parole perdue ; ce qui est consacré dans la maçonnerie de nos jours. Le seul Grand-Prêtre, une fois par année, retrouvait et prononçait ces mots sacramentels ( tous les rites en agissent encore de même), et si le rite français , pour se tenir à la valeur du mot innominable, a écarté dans ses mystères cette parole, il la conserve dans sa voûte sacrée, et y a substitué les mots Schem, Hame, Phoras, qui signifient nom bien prononcé.

Les Lévites chargés des mystères, criaient aussi au peuple ces mêmes mots, après que le Grand-Pontife avait prononcé la parole sacrée, innominable.

A la. suite de cette liturgie , les Israélites fêtaient
leur Pâque(52), qu'ils avaient empruntée, comme on l'a dit, des Egyptiens, chez lesquels elle avait lieu à la pleine lune, dans l'équinoxe du printemps.

Les prêtres de Memphis l'avaient établie en reconnaissance des avantages produits par le retour de la force du Soleil, s
ous le symbole et mystère du dieu Osiris, qui ressuscite et triomphe des ténèbres et du mauvais principe, ou des frimas ; ils l'appelaient le mystère de la Résurrection, ou de la Rédemption. Les Chrétiens ont aussi leur Pâque, et la résurrection de Jésus image du Soleil.

Quant au peuple hébreu, il a regardé cette fête comme
la commémoration de sa sortie d'Egypte et de la destruction des premiers nés des Egyptiens, leurs anciens maîtres, qu'ils regardaient comme des barbares.
 

Il est à observer que Moïse ordonna, comme cérémonie essentielle à cette fête, un banquet dans lequel on devait servir simplement un agneau mâle d'un an. Exode , ch. XXII, v. 5. C'est par cet emblème que Moïse voulut rappeler aux prêtres israélites l'Aries, signe du Zodiaque égyptien; différons rites maçonniques suivent encore cet usage ; nous en parlerons lors des cérémonies.

Ces
institutions mystiques étaient communes à toutes les religions de l'antiquité, et les prêtres des différentes nations les tenaient soigneusement secrètes.

Néanmoins les écritures sacrées des Juifs soulèvent de temps à autre le voile, et font voir
qu'ils célébraient leurs mystères sous la forme maçonnique. Il est dit, Psaume CXXVII : « Si l'Eternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain. » Et dans les Prophéties d'Amos, au ch. VII, v. 8, on lit un entretien fort curieux sur ces mystères entre le Seigneur éternel et ce prophète.

L'Éternel se présente à Amos sous la transfiguration analogue aux mystères que
les prêtres hébreux devaient avoir établis et pratiqués, c'est-à-dire sous la figure d'un Maître Maçon ; il demande à Amos :
« Quid vides ? Que voyez-vous?
Et le prophète répond :
« Je vous vois, ô mon Seigneur,
avec une Truelle à la main (53)
Le Seigneur lui réplique :
« Ecce ponam trullam in medio populi mei Israël, non adjiciam super inducere eum. »
Le prophète dit par là allégoriquement, que le grand Jéhovah ne voulait plus ,
à cause des péchés des Israélites, s'occuper à l'avenir de la réédification des murailles de Jérusalem, de son Temple saint, de ses mystères, ni de sa régénération future.

Ce texte mérite la plus haute considération de nos Frères éclairés.

Un autre texte autographe prouve les initiations établies chez les Juifs ; elles sont les mêmes que celles des Maçons. (Voyez la Bible de Louvain, 1550 ; Ecclesiaste, ch. IV, v. Lit. c. ) : « Elle marche par des chemins douteux avec lui, l'ayant élu entre les premiers. Elle fera naître en lui crainte , peur et appréhension, et se tourmentera
pour lui communiquer sa doctrine jusqu'à ce qu'elle le tienne dans sa manière de penser, et qu'il croie en son âme, et elle l'affirmera et conduira par le droit chemin de la sagesse, et le rassurera, lui découvrira ses secrets , et le fera riche en science et entendement. » II est hors de propos d'avertir que ce texte se réfère à l'initié et à l'initiant.

Les critiques de la Bible prétendent que, pendant cette captivité,
les Lévites avec les autres Israélites avaient appris la langue et l'écriture chaldéennes ; car c'est dans cette langue que la Bible est écrite ; ils supposent aussi avec raison , ce que les curieux pourront trouver dans la lecture des écrivains par nous cités (54), que ce livre est tout à fait mystérieux et allégorique ; qu'il fut composé par les prêtres Israélites du temps de leur esclavage à Babylone, ou après leur retour à Jérusalem. Ils regardent comme impossible qu'on puisse admettre que ce livre fût écrit du vivant de Moïse, car il donne l'histoire des Juifs bien postérieure à Moïse même, et à ce qu'on lui attribue ; et ils disent même qu'après les lois de Moïse, les prêtres devaient connaître les écritures sacrées et profanes, et qu'ils ne pouvaient et ne devaient en connaître d'autres que celles des Egyptiens et leurs hiéroglyphes ; car leur captivité en Egypte avait compté douze patriarches, qui s'étaient succédé, c'est-à-dire douze générations. L'histoire des Egyptiens dit qu'ils condamnaient aux travaux les criminels (55) et les esclaves.

Pendant leur esclavage, les Israélites furent employés à la construction des monumens égyptiens ; après de tels faits, il faut admettre que les Israélites devaient avoir la langue et l'écriture de leurs maîtres les Egyptiens, d'autant plus que Moïse avait été admis aux mystères des prêtres, et devait en connaître les hiéroglyphes et l'écriture sacrée.

Une des fortes raisons qui portent plusieurs auteurs à croire que la Bible
qu'on attribue à Moïse ne fut écrite qu'après la sortie des Juifs de Babylone, c'est qu'elle parle des bons et mauvais Anges, des Chérubins, et d'autres hiérarchies célestes, qui n'étaient aucunement adoptées dans les mystères égyptiens, et qui faisaient partie des emblèmes religieux des Assyriens.

Ainsi, les Anges ne purent être honorés chez le peuple Juif,
qu'après qu'il eût communiqué avec les Chaldéens et pendant sa captivité. Ce ne fut que par la suite que Maimonide et les Rabbins donnèrent aux hiérarchies d'Anges la plus grande extension ; ils en prirent les modèles même chez les lettrés chinois, qui, sous l'expression de bons et mauvais esprits, entendent les causes générales de la, nature avec leurs effets. Les Juifs donnèrent aux Anges tous les attributs de Dieu, et en même temps tous les penchans des hommes.

De Sacy, sur l'autorité des docteurs de l'Eglise, veut qu'Esdras ait corrigé les erreurs qui s'étaient glissées dans les livres saints, par la négligence des prêtres et ensuite par les fautes des copistes. Remarquons bien que De Sacy prétend qu'Esdras même changea les caractères de la première Bible, qui étaient samaritains ; il y substitua les chaldéens, comme mieux adaptés aux Juifs qui s'étaient familiarisés pendant leur esclavage avec cette langue. Il pense que ce changement eut aussi lieu pour que les Juifs n'eussent pas même le langage commun avec les Samaritains, lequel tenait beaucoup de celui des Egyptiens. Esdras regardait les Samaritains comme des schismatiques et des idolâtres. Les Samaritains de nos jours suivent le Pentateuque; ils ont même les quatre fêtes juives et sont circoncis : on peut les appeler les Réformés Juifs. Theodoret assure que, dans la version d'Aquila, le premier et le second livres des Rois n'en font qu'un , et que l'auteur de ces livres est bien postérieur au temps dont il écrivit l'histoire. Le même Theodoret croit que les livres des Rois ont été compilés par un auteur, après la captivité de Rabylone ; enfin , suivant l'opinion de bien des docteurs de l'Eglise, différens livres de la Bible furent modifiés au gré des commentateurs et de leurs copistes, ce qui porta saint Jude, Juif, à entreprendre la réforme connue sous le nom de Talmud; il regardait la Bible comme un livre de confusion.

Les plus modérés des éritiques sont d'avis que les Livres, la Loi et le Pentateuque, ne furent pas écrits par Moïse. Voici ce que dit St Clément, Homel. 2, $ 51 ; et Stromat. 3, § 42 : «
Car votre Genèse en particulier ne fut jamais l'ouvrage de Moïse. »

Volney, dans ses Ruines de Palmyre, à la note 28, croit que
la Bible contient des preuves qu'elle ne fut écrite qu'après le retour de la captivité de Babylone; malheureusement les critiques n'envisagent cet ouvrage uni au Nouveau-Testament, que d'après les hérésies qui en découlèrent ; ils le regardent comme la boîte de Pandore, d'où s'échappèrent tous les maux qui, en l'ouvrant, se sont répandus dans l'Univers.

Nous nous permettrons d'ajouter quelques réflexions à celles de saint Augustin, de saint Clément et des autres auteurs que nous avons cités, sur l'identité des oeuvres attribuées à Moïse, n'entendant aucunement disputer à ces Saints-Pères, le mérite d'avoir été les premiers à faire ces observations.

Diodore de Sicile, liv. , ch. 50  et plus particulièrement au chapitre 81 dit que les prêtres égyptiens tenaient une suite non-interrompue d'observations astronomiques, faite depuis les âges les plus reculés, sur les éclipses de la Lune, les tremblements de terre, les déluges et les apparitions des étoiles, que nous nommons planètes et comètes.

Les Hebraïsans, qui veulent
trouver l'origine de toutes les sciences dans la Bible et même de l'Astronomie, voient la tradition du Déluge juif consigné dans l'Arche de Deucalion, dans l'Autel de Thémis, dans la Colombe et dans la constellation du Corbeau ; mais. à dire vrai, il faut être visionnaire pour trouver toutes ces choses dans la Bible, et pour supposer que les Egyptiens et les Grecs les lui aient (56) empruntées.

Ce qu'il y a de certain, c'est que la Bible nous dit que Moïse était versé dans les sciences égyptiennes ; nous l'avons vu
élevé et instruit par les prêtres d'Isis : or, il devait connaître l'Astronomie ; s'il a laissé des notions astronomiques aux prêtres qu'il a établis, elles doivent se rapporter aux connaissances qu'il pouvait avoir acquises par son éducation et initiation. Or, aucune trace de cette science ne se trouve dans la Bible ; alors il faut croire que les vrais ouvrages de Moïse se sont égarés dans les déportations auxquelles les Israélites furent condamnés, d'autant plus que les dépositaires de ces ouvrages sacrés devaient les cacher au peuple, toujours enclin à l'idolâtrie : il importait de ne pas lui faire connaître la théorie du cours des astres et leurs signes, de peur qu'il ne retombât dans les erreurs du sabéisme dont étaient imbues toutes les autres nations voisines, qui honoraient l'agriculture.

Il est
impossible d'accorder la science qu'on donne à Moïse avec sa Genèse, qui défigure toute idée astronomique, où il est dit, par exemple, que le soleil et la lune dominent toutes les étoiles, que la lune est la plus grande des étoiles, que le firmament est solide, que les étoiles y sont fixées, que ce firmament soutient les eaux supérieures, que les nues sont des canaux par où les eaux sorties des réservoirs du firmament se répandent sur la terre ; que le troisième ciel où réside la Divinité est au-dessus du firmament et sur l'abîme des eaux.


Ce n'est pas dans l'Astronomie égyptienne que Moïse a puisé ces rêves ridicules avec lesquels les prêtres de Rome ont cru convaincre d'erreur Bruno, Galilée et Copernic. Mais revenons à notre sujet.

ONZIEME PARTIE

Notes

(52) Pâque veut dire passage; il faisait allusion à celui du Soleil.

(53) Cet emblème fait partie des rites maçonniques, et on peut dire qu'après cette légende, il doit occuper la première place. Il  sert dans l'Ecossais, dans le Ch.'. d'orient, et dans les grades de perfection.

(54) Fréreta mis en défaut la Chronologie biblique ; Boulanger, Voltaire, Dupuis , Leblond, ont remarque ses erreurs géographiques et historiques. Aux yeux de ces écrivains , la Bible est bien loin de prouver le caractère de divinité qu'on prétend lui avoir été imprimé.

(55) Les lois égyptiennes condamnaient les criminels à des travaux inutiles, comme à remplir des tonneaux percés et à porter des pierres sur le sommet d'une hauteur, et ensuite à les rouler en bas. Cette punition devait être accablante pour un être pensant; elle donna aux Grecs, qui puisèrent leur morale et leur doctrine en Egypte, l'idée d'une pareille punition aux enfers pour les hommes vils et cruels.

(56) Tel est l'ouvrage d'un Apostolique, imprimé à Liège en 1826 , le Voile levé. Il prétend que les Grecs furent instruits par des Juifs, ainsi que Pharaon par Abraham.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 19:35

Encore une partie intéressante... où l'on apprend les subterfuges qu'employaient les Lévites pour faire croire au Peuple que dieu faisait des miracles mais surtout pour le maintenir sous le joug de l'élite sacerdotale, n'oublions pas que cette caste vit des dons auquel le contribuable est assujetti au nom de Dieu.  Il est question ici aussi du Serpent d'Airain que Moïse avait ramené d'Egypte et qu'il vénérait ainsi que de l'Urim et du Thumin, figures hiéroglyphiques et mystérieuses, prises des Egyptiens qui se sont perdus avec le temps...

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

9ème partie

8ème partie

 1ère partie

CHAPITRE VI.


Les institutions théocratiques de Moïse sont conservées jusqu'à Samuel, Souverain-Pontife, qui s'opposa avec les prêtres juifs à la nomination d'un Roi pour gouverner les Israélites.— Les augures usités chez les Juifs. — Samuel fait élire, par le sort, Saül pour Roi des Israélites ; ce dernier ne répond ni à ses vues ni à celles du peuple. — Samuel substitue à Saül, David pour Roi. — David s'empare de Jérusalem, prépare la civilisation des Israélites ; Salomon lui succède; il bâtît et orna le Temple saint.— Dotation des prêtres. Salomon est commémoré dans les mystères maç.onn.'. Le Serpent, emblème juif. — Les Lévites l'emploient pour faire de l'argent et donner de faux oracles. Ce symbole conservé dans la Maçon.'. — Oracle du Saint-Esprit introduit par les prêtres Israélites. — Observations sur la nature du culte des premiers Rois d'Israël et de Juda. — Les successeurs de Salomon divisent le royaume en Juda et Israël ; ils causent la ruine des Juifs.


LES dogmes, mystères et institutions de Moïse se conservèrent jusqu'au temps de Samuel, qui fut le dernier Grand-Pontife et Roi. A cette époque, dit la Bible, quelqu'intrigant de la tribu de Juda, qui se trouvait mécontent des menées des fils de Samuel (prêtres très corrompus), suscita le peuple contre le régime des Anciens.

Les révoltés demandèrent à Samuel qu'il leur sacrât un Roi pour chef de la nation Israélite ; car
ils voulaient renverser le gouvernement théocratique. Ils demandèrent même qu'on établît le droit de succéder dans la royauté, ainsi qu'en agissaient les grands empires (49), en déléguant le choix à Samuel même.

Les
prêtres et Lévites, conservateurs du dogme, des lois civiles et religieuses, des sciences et de tout pouvoir, et qui s'étaient toujours trouvés à la tête du gouvernement, firent envisager les maux qui suivraient cette réforme, qui n'était, selon eux, ni analogue aux connaissances des Israélites, ni praticable à cause de la petitesse et de la pauvreté de leur pays aride et montagneux ; il aurait été, disaient-ils, impossible de fournir les impôts nécessaires à un tel régime, dans une région dépourvue de commerce, d'industrie et d'agriculture.

Ces prêtres
s'efforcèrent de persuader les Juifs que les peuples voisins étaient, par le gouvernement que l'on réclamait, en butte à toute espèce d'arbitraire, et par-là privés des droits et libertés civiles dont le peuple hébreu jouissait ; ils prophétisèrent les maux auxquels sa postérité serait exposée. Samuel, au 1er liv. des Rois, prédit que le gouvernement des Rois sera dur.

On peut remarquer
avec quel dépit les prêtres envisageaient ce mouvement populaire et cette insurrection; combien ils devaient regretter que l'on brisât la Verge d'Aaron, qui avait fleuri dans leurs mains depuis tant de générations, et qui leur avait valu tant de respect et de puissance !

Dans le premier livre de Samuel, au ch. VIII, § 7, Samuel parle au peuple israélite ; il lui annonce qu'il allait lui répéter
les paroles que le grand Jéhovah lui avait ordonné d'apporter de sa part aux Hébreux qui demandaient un Roi : « Obéis à la voix du peuple en tout ce qu'il te dira, car ce n'est pas toi (Samuel et les Sacrificateurs) qu'il regrette, mais moi (Jéhovah), afin que je ne régne pas sur lui. » Et au v. 11, Samuel poursuit, parlant toujours au nom de l'Eternel: «Voilà la manière avec laquelle vous traitera le Roi qui régnera sur vous : il prendra vos fils, il en fera des cochers et des palfreniers, les fera travailler à la terre et moissonner pour son compte ; il en fera des soldats ; il prendra vos filles, il en fera des parfumeuses, etc. Il prendra vos champs, vos vignes, vos oliviers, il les donnera à ses serviteurs; il prendra vos serviteurs, l'élite de votre jeunesse, et vos animaux, il les employera à ses œuvres ; il dimera vos troupeaux et vos esclaves. Après tant de désastres, vous crierez au Seigneur; mais il ne vous écoutera pas ce jour-là. »

Comme le peuple persistait dans ses projets, Samuel recourut à d'autres expédiens.

Nous lisons dans la Bible qu'Abraham (qui fut en Egypte), Moïse, Samuel, Salomon et autres
purent faire descendre le feu du ciel ; on y lit même que Moïse et Samuel faisaient tonner et éclater la foudre. Les prêtres de tout temps furent très actifs à employer tous les moyens pour se faire révérer et craindre par la multitude.

A Rome et à Delphes, on rallumait tous les ans le feu sacré avec les rayons du soleil , qu'on faisait
tomber sur du bois très sec ou du jonc, par le moyen d'un vase de bronze de forme triangulaire ; on ignore aujourd'hui comment on s'en servait.

Tout le monde connaît le miroir ardent d'Archimède ; on a perdu le secret de le reproduire, mais le souvenir s'en conserve. En général , on croit la chose impossible ; néanmoins, dans le dernier siècle, Kircher essaya d'unir le feu de cinq miroirs plats, et trouva que si l'on augmentait le nombre des foyers, l'activité en serait plus grande; Buffon, après lui, réunit par la réflection les rayons solaires de 168 miroirs; il enflamma du bois à deux cents pas, fondit du plomb à cent cinquante, et de l'argent à cinquante. Les
Anciens devaient connaître le phosphore ; car les Vestales allumaient le feu sans l'aide d'aucun instrument.

Pline nous indique, liv. II, ch. LIII, que les prêtres étrusques, moyennant certaines cérémonies et prières, pouvaient
forcer la foudre et obtenir qu'elle tombât; il dit que ces opérations étaient cachées sous le voile du mystère. Pline ignorait ce que Presteroon nous a prouvé, que les Anciens connaissaient l'électricité. Dans son ouvrage, page 658, édition de Thomas Gale, il rapporte un fait de Ctesias, qui, par un fer fiché en terre, détournait la foudre.

Quelques traces de cette science des prêtres étrusques se sont conservées de nos jours. Le P. Costa, de l'ordre de l'Oratoire, dans sa Minéralogie, page 71. édition in-4°, rappelle un fait qu'il a vu à Duino, château sur le bord de l'Adriatique, dans le Frioul : il y avait de temps immémorial , sur une espèce de bastion, u
ne pique plantée verticalement, la pointe en haut ; à l'approche d'un mauvais temps qui menaçait d'orage, un des habitans du château la touchait avec une hallebarde en fer, et lorsqu'il en sortait par le frottement des étincelles, ou que la pointe jetait une espèce de gerbe lumineuse, cet homme sonnait une cloche pour avertir les campagnards et les pêcheurs qui étaient en vue, qu'il y avait menace d'orage.

La preuve que
les prêtres égyptiens connaissaient l'art de tirer du feu du soleil, nous est fournie par un monument inséré dans les Oeuvres de Montfaucon. Un prêtre, devant un bûcher placé sur un autel, porte le bout du doigt à un rayon du soleil, comme pour en tirer le feu qui le devait allumer.

Une des sciences les plus cultivées par les prêtres et les Rois anciens, était celle
des augures par l'astronomie, par la physique, par la cabale, par le chant et le vol des oiseaux, etc. Dans l'Histoire universelle de Calmet, tome I, page 110, onlit que Protée, roi d'Egypte, avait une connaissance parfaite des vents, qu'il prédisait leurs commencemens, leurs progrès, leur fin et leur retour, parce qu'étant grand astronome, il découvrait, par les lumières de son art, les changemens de l'atmosphère et l'arrivée des météores. Par ce même moyen, les prêtres (49) israélites, qui devaient posséder, d'après les institutions mosaïques, la physique, l'astronomie et la divination, pouvaient prédire, à quelques heures près, la pluie et le beau temps; aussi mirent-ils ces connaissances en usage pour en imposer à leur peuple , qu'ils laissaient croupir dans l'ignorance.

On lit dans Samuel, ch. v. 17 et suivans, qu'après que
Samuel eût crié à l'Eternel, il « fit tonner et pleuvoir, et tout le peuple craignit fort l'Eternel et Samuel. »

Le culte du moteur éternel doit être aussi pur, aussi noble que lui-même. Si Samuel le connaissait réellement, il l'outrageait, en se servant de ses lumières pour tromper les Hébreux, à l'aide d'un enthousiasme factice, et en annonçant que Dieu même agissait selon ses vues ; de telles impostures obscurcissent la grandeur des perfections de Dieu, la font méconnaître, et les livres qui débitent de tels mensonges doivent être regardés avec le plus profond mépris. Samuel a voulu faire croire que les Grands-Prêtres avaient commerce avec l'Eternel; il en imposa au peuple, en voulant lui persuader que les élémens obéissaient à ses ordres, à ses prestiges et à ses intérêts.

Mais le peuple Israélite, prévenu par les chefs de la révolte, que
Samuel et les prêtres ne parlaient que dans leurs intérêts, n'écouta point leurs raisonnemens, et ne s'effraya plus de leurs prodiges. Samuel, en sa qualité de grand-prêtre, fut obligé de sacrer Roi Saül, le plus beau, le plus robuste de sa nation, qui bientôt ne répondit pas aux espérances que le peuple avait conçues, ni à celles de Samuel qui l'avait nommé.

Ce dernier,
pour conserver le pouvoir théocratique dans la personne de son élu, chercha un homme peu considéré pour en disposer plus facilement ; aussi l'élite de la nation témoigna-t-elle son mécontentement de cette élection, quoique Samuel aie voulu faire croire que le sort l'avait indiqué. Rois 1, v.9, 10,20, 27 et suivans.
 

Saül était persuadé que la suprématie du sacerdoce devait être unie à la couronne , car il se voyait le représentant des anciens patriarches qui avaient été sacrificateurs et gouverneurs des Israélites. Ainsi, un an après son élévation (voyez ch. XIII, v. 11 du 1er liv. de Samuel et suioans ), se trouvant à la tête de son armée, prêt à livrer bataille aux Philistins, dans l'absence alors de Samuel, « il offrit à Dieu des holocaustes et des sacrifices, pour la prospérité de ses entreprises. » Samuel arrive après le sacrifice ; et quoique l'oeuvre de Saül soit une œuvre de piété, Samuel l'accable de reproches, et lui annonce qu'à cause de cette faute, Dieu avait cherché un autre Roi d'une autre race et selon son cœur. De là vient l'adage de Rome : Melior est oledientia quam victima. « Obéir aux prêtres est plus agréable à la Divinité, que le culte de Dieu même. »

Samuel ( comme il est écrit au 1er liv. des Rois, v. 15 et 22 , et au XVI), dit à Saül :
« Parce que tu n'as pas obéi, tu ne seras pas longtemps Roi. » C'est en vain que Saül s'humilie, Dieu a déclaré à son prophète qu'il se repent de l'avoir élu, et lui ordonne, en parlant à Samuel, d'en élire un autre. Aujourd'hui, si la théocratie parvient à s'emparer du pouvoir suprême chez le peuple qui a le plus brillé à la fin du 18e siècle, elle adoptera le même langage que celui du Grand-Prêtre juif, qu'il disait lui avoir été transmis par la divine Providence.
 

Il paraît que les chagrins que Saül éprouva dans ce combat de suprématie au pontificat, troublèrent sa raison. L'Ecriture le peint ensuite comme étant la proie d'un esprit malin. Saül, ambitieux, inquiété par le sacerdoce avec lequel il ne voulait pas partager son pouvoir, termina sa vie par un suicide.

Chez les Grecs, à cette époque,
les Rois et les chefs des peuples faisaient les sacrifices. Homère , dans ses Cérémonies religieuses, ne nomme jamais les prêtres ; les Rois sont même les devins et les augures ; la royauté et le sacerdoce se confondent.

Dès que
des sociétés humaines ont admis qu'il fallait des intermédiaires pour communiquer avec leurs Divinités respectives, ces rusés médiateurs, dans toutes les différentes religions, se sont élevés et établis en castes privilégiées, comme s'ils étaient des favoris exclusifs des cieux ; ils ont empiété par là sur le pouvoir civil, et établi la toute-puissance théocratique.

Dès lors,
le pouvoir civil par eux appelé temporel, n'a plus été qu'un fantôme, que des ressorts cachés dans le sacerdoce faisaient mouvoir ; toutes les fois que ce simulacre de pouvoir voulût lutter contre le sacerdoce, il a été détruit par lui. Les Rois hébreux, les Rajaks indiens, choisis par les Dieux ou par les prêtres, tenant leurs droits de la bonté de ces Dieux et de leurs interprêtes privilégiés, ne furent que l'ombre de l'autorité publique.

David succéda à Saül par la toute-puissance de Samuel ; élu Roi par la tribu de Juda, les autres tribus d'Israël se révoltèrent contre lui, mais il les battit. Il s'empara ensuite de Jérusalem, qui appartenait aux Jébuséens, et y établit le siège de son gouvernement. On pourrait observer que David abusa de son pouvoir; que son règne fut souillé par des adultères et des assassinats ; malgré de tels aveux faits par la Bible, elle nous le montre pour un Roi dévot, qui releva la religion et le sacerdoce, que Saül avait avili. David se repentant de ses erreurs , composa les sept psaumes pénitentiels, exemple édifiant pour un Roi ; il prépara les matériaux nécessaires à ses successeurs pour civiliser les Israélites, et pour construire le Temple saint ; étant avancé en âge et avant sa mort , il désigna pour son successeur Salomon, fils chéri qu'il avait eu de Bethsabée. Remarquons , en passant, que ce Roi laissa, au dire des Juifs, quatre cents enfans.

Salomon est regardé comme
le plus sage, le plus juste, le plus puissant des Rois israélites.

Pour
se conformer au goût, au luxe et à la grandeur asiatique, il eut sept cents femmes, dont la première était fille d'un Pharaon, roi d'Egypte ; et de plus, trois cents concubines, comme on le voit au liv. III des Rois, ch. 3. On nous le représente comme un philosophe très sage , un juge très éclairé, un prince très politique, qui sut amasser des richesses immenses ; il bâtit le Temple de Jérusalem l'an 3000 après la création du Monde de l'ère juive ; selon les usages des Egyptiens, il l'orna de vases sacrés , qu'il fit travailler par Hiram, fils d'Ur.

Par l'Ecriture, Salomon donna le plan du Temple consacré à l'Eternel : il traça
lui-même l'autel et le sanctuaire, il ordonna à Hiram de l'orienter et d'y faire peindre le Soleil, la Lune, les astres et les élémens. Des deux colonnes qu'il fit élever à l'entrée du porche du Temple, l'une fut consacrée aux Vents, l'autre au Feu.

Les
anciennes Eglises chrétiennes en Italie ont leurs voûtes ornées des constellations célestes, des signes du Zodiaque (51) et des élémens , comme si elles fussent consacrées au Soleil et à l'Astronomie, malgré l'apparente légende de Jésus.

Le Temple de Salomon était orné de pommes de grenade et de fleurs de lis. L'union de ces deux symboles a toujours signifié
amitié pure ou société innocente. Le lis, qui appartenait à Vénus-Uranie, et le lotus d'Isis , furent transportés à la Vierge mère par les prêtres chrétiens, pour indiquer la candeur avec laquelle on devait se présenter dans ses Temples.

La grenade est aussi célébrée dans les anciens mystères. Cérès-Elusine en a mangé sept grains en allant chercher Sérapis. Ovid., Métam. v.
Des grenades ornent aussi les Temples maçonniques.
 

Salomon prodigua ses trésors aux prêtres : il leur accorda des immunités et une autorité secondaire, en leur prescrivant de s'occuper de l'instruction publique, de la conservation des mystères, de l'étude des sciences indiquées par Moïse. Il rendit aussi quelques lois en faveur du peuple, et tâcha de le rendre heureux. On remarque en lui de la tolérance en fait de religion : il sacrifiait à plusieurs Divinités.

Après sa mort, il y a toute apparence que
les prêtres d'Israël, en reconnaissance de ses bienfaits, firent son apothéose, et lui donnèrent la présidence allégorique dans leurs mystères, ce qui fut adopté depuis par tous les rites maçonniques.

On doit remarquer que l'établissement des Rois chez les Juifs
augmenta la corruption des prêtres et des sacrificateurs, dont les revenus étaient diminués. Cette assertion est fondée sur la Bible , qui (liv. IV des Rois, ch. 18) nous fait connaître que Moïse, parmi les emblèmes qu'il emprunta des Egyptiens, avait adopté le Serpent; que les prêtres, dans leurs hiéroglyphes, le représentaient en cercle unissant la queue à la tête, voulant par là exprimer la succession éternelle des êtres, ou la Divinité éternelle qui embrasse le passé, le présent et le futur.

Nos anciens Frères ont toujours cherché
d'unir ces anciens emblèmes égyptiens-juifs aux nouveaux du Christ, comme l'ancienne doctrine égyptienne juive à la chrétienne. Un ancien degré cabalitte avait adopté l'emblème tel que nous le donnons ici, pour exprimer le Dieu éternel égyptien SÉRAPIS , et le Dieu des Chrétiens comme il est dans l'Apocalypse, avec l'inscription de Jean , Ego sum Alpha et Oméga. Dans plusieurs rites maçonniques, on a adopté l'Union des Tables de la Loi ancienne avec celle de grâce de Jésus-Christ.

Ce fut
devant ce symbole du Serpent égyptien que Moïse ordonna que les Israélites adresseraient leurs prières à l'Eternel, pour être délivrés des Serpens qui les détruisaient dans le désert. Lors des premiers Rois, cet emblème devînt pour les Lévites un objet de trafic, et pour le peuple un objet d'idolâtrie. Les Lévites firent croire que ce Serpent rendait des oracles, et par cette raison ils lui donnèrent le nom de Nechuschthan, qui signifie Serpent de bronze qui rend des oracles. Ce mot se trouve dans un de nos degrés, comme tous les mots hébreux que nous citons.

La
cupidité des Lévites ayant été poussée trop loin, le Serpent de bronze perdit peu à peu de son crédit, et l'imposture ayant été tout à fait découverte avec le temps, Ezéchias, roi de Juda, le fit mettre en pièces.

Du vivant de Salomon, lorsque
les oracles du Serpent de bronze, multipliés et faciles à obtenir, perdirent une partie de leur célébrité, les prêtres et les Lévites cherchèrent à les remplacer par d'autres, soit pour leur propre intérêt, soit pour affermir la puissance de ce Roi.
 

Lors de la dédicace du temple, les Lévites firent croire au peuple que l'Esprit saint, qu'ils nommaient Sehekinah, était descendu du ciel, et s'était fixé sur le propitiatoire entre les ailes des chérubins, où ils lui firent rendre des oracles pendant quatorze ans.

De ce fait on tire la conséquence que
les Juifs, avant le dogme de la Trinité, vénéraient déjà le Dieu St-Esprit.

Dans la suite,
l'Esprit saint disparut par l'infidélité des Lévites, qui, avec Salomon, s'étaient adonnés à d'autres cultes, et avaient offert leur encens à des Dieux étrangers.

Cette faiblesse de Salomon se trouve commémorée dans les instructions et cérémonies d'un haut grade, où on rappelle à l'acolyte que
Salomon, enorgueilli de sa grandeur, fut, par cette raison , abandonné un instant de la Divinité ; et comme il n'était qu'un mortel, quoiqu'il fût le plus grand des Rois, il eut la faiblesse de sacrifier aux idoles profanes, et par là perdit la communication qu'il avait par l'Urim et le Thumin.

L'Urim et le Thumin étaient des figures hiéroglyphiques et mystérieuses, prises des Egyptiens, représentant les symboles de la Vérité et de la Justice ; elles se trouvaient cachées et renfermées dans le Rational, duquel était orné l'Ephod du Grand-Prêtre. Ces signes sont perdus ; on ne les connaît plus de nos jours ; selon la tradition biblique, ces figures servaient à celui qui les portait pour découvrir, par une lumière surnaturelle ,
les choses cachées et futures
. Lévit. XXI, v. 17-18.
 

M. Heeren, de Ideis II, 614, dit, après Diodore, que les Grands-Prêtres juifs portaient, pendue au col comme une décoration, l'image de la Vérité, à laquelle on supposait, comme à un talisman, le moyen de savoir l'avenir et de le deviner. Les deux mots Urim et Thumin se trouvent dans le degré du Maît.'. Elu d'un tel rite. Les Vénérables et très-sages Maîtres expliquent cette légende aux récipiendaires d'un rang élevé, pour leur rappeler qu'ils doivent toujours se laisser guider par la vertu, la raison, l'honneur, et ne jamais s'adonner à une vie efféminée ou à une superstition ridicule.

Nous conservons ce souvenir dans le degré du
Serpent d'Airain ; et dans le Sub.'. Eco.'., le Grand-Pontife de la Jérusalem céleste écrase les trois têtes du Serpent mystérieux, emblèmes de la superstition, de l'avarice et du despotisme ; hydre qui, jadis, ravagea la terre , étouffa toute lumière, répandant ses ténèbres. Dans certain rite, cette allégorie est aussi appliquée à la régénération de la Maçonnerie.

Les critiques prétendent trouver dans
l'adoration du Serpent, introduite par Moïse, celle du Soleil de Sérapis, de cet astre de lumière qui donne la vie et la santé à tous les êtres.

L'allégorie que présente cet emblème est loin d'être absurde. Le législateur n'aurait-il pas ordonné
l'adoration de Dieu dans le plus vil et le plus rampant des animaux, pour rappeler à l'homme qu'il n'est qu'un être infiniment misérable vis-à-vis du Dieu créateur, du Grand-Ouvrier, du Grand-Architecte de l'Univers ?

Nous aurons encore occasion de parler de cet emblème.

 

Si nous parcourons la Bible, on y remarque avec étonnement que des trois premiers Rois des Israélites, deux seulement suivent le théisme. Salomon courbât son front devant les idoles auxquelles il éleva plusieurs autels. Le royaume, après avoir été divisé sous les successeurs de Salomon, de vingt Rois qui régnèrent sur Juda, quatorze se livrent à l'idolâtrie ; de vingt-trois qui régnent sur Israël, dix-neuf sont idolâtres. Moïse même fait fondre le Serpent d'Airain. Aaron le premier Grand-Prêtre des Juifs, élève le Veau-d'Or, les Juifs l'adorent; par la suite, Israël remplace par deux Veaux-d'Or le Bœuf Apis ; il n'y a que quelques fidèles qui vont secrètement adorer le Dieu de Moïse dans le Temple de Jérusalem. Gédéon voue à ce Temple des ornemens idolâtriques qu'il avait fait avec les dépouilles des ennemis, et les Juifs en font l'objet de leur culte. (Voyez Paral., XII, 1 ; XV, 16 ; II, 24,  18, 26, i4, 23. Rois, XV, 13 ; IV, 18,4 ; IV ; XXI, 27; IV, 20 ; Juges, XVIII, 7 ; IV, 1.)

Chacun sait que la belle Rachel portait avec elle ses idoles, comme toutes les nations nomades. Observons aussi que Michas fit des idoles sans que le Dieu des Hébreux se fâcha.

Il est facile de concevoir, par toutes ces citations, que
le peuple et les Rois d'Israël étaient enclins à l'idolatrie; ils voient sa chute avec douleur et son retour avec joie. Les Juifs suivent le théisme avec Moïse, lorsqu'ils sont captifs ; lorsqu'ils sont devenus libres, ils courent aux pieds des idoles, et adorent des emblèmes astronomiques.

Après la mort de Salomon, les Israélites se divisèrent en deux royaumes, celui de Juda et d'Israël ; mais leurs Rois furent
loin de ressembler à David et à Salomon ; car, dans les Chroniques IV, ch. X, v. 1 à 14, on lit que Roboam, fils de Salomon, sollicité par le peuple pour alléger le fardeau que son père lui avait imposé, répond : « Si mon père a mis sur vous un joug pesant, moi je rendrai votre joug encore plus pesant » ; et dans les mêmes Chroniques et ch., on lit que Sisak, roi d'Egypte, cinq ans après Salomon, fit la guerre à Roboam, s'empara de Jérusalem, et emporta les trésors du temple.

Dans la suite,
les Sacrificateurs, les prêtres, les Lévites et le peuple furent soumis à des Rois médians, qui ne suivaient d'autres constitutions et statuts que leurs passions et volontés absolues ; ils ôtèrent aux prêtres le reste de leurs privilèges, embrassant même des dogmes étrangers; ils s'adonnèrent aussi à toutes les violences et à tous les genres d'ambition, établissant un gouvernement militaire, en opposition au caractère national ; enfin, ne pouvant plus alimenter leurs vices par les seules déprédations faites sur leurs sujets, ils furent obligés de faire des invasions chez leurs voisins où ils mettaient tout au pillage.

Cette conduite appela contre les Hébreux, les Assyriens et les Babyloniens. Les trônes de Juda et d'Israël furent renversés, Jérusalem et le Temple saint détruits, et le peuple conduit esclave à Babylone.

Qu'il nous soit permis ici de faire quelques observations sur le mot
Babylone, en suivant l'opinion de l'auteur du poème la Maçonnerie. Son vrai nom est Babel, qui a la même étymologie que Bel-bek ou Bal-bek, qui signifie, entre autre, soleil et est un radical de tous les mots orientaux qui signifient maison ou demeure.

Byblios, Héliopolis, Cusco, en Amérique, avaient le même sens que Babel ; toutes ces villes étaient consacrées au Soleil. Les anciens peuples , éloignés de la participation aux mystères,
firent du Soleil un homme par les symboles qu'ils lui consacrèrent, et par les allégories qu'ils croyaient lui être personnelles. C'est ainsi que Belus, qui n'est que le Soleil, a pu figurer dans la chronologie des Assyriens, Menés dans celle des Egyptiens, et Minos dans celle des Cretois. Ce qui contribua d'autant plus à maintenir les peuples dans l'erreur, c'est qu'à partir des âges héroïques, leurs anciens Rois prétendaient descendre de ces Divinités.

DIXIEME PARTIE

Notes

 

(48) Les commandemens de la Loi de Dieu sont dans le fait les préceptes du culte de Dieu, unis à ceux de la Loi naturelle : on peut les regarder comme communs à tous les hommes, si peu policés et de quelque croyance qu'ils soient. Leur universalité et leur sainteté firent qu'en Amérique, les Vénérables , instruits dans toute la science mac. •., ont renfermé dans le degré de la Royale Arche les instructions les plus savantes, l'ayant même établi chez plusieurs le nec plus ultra de leurs ordres. Comme la tolérance est la devise des Américains, on peut assurer qu'ils ne se ligueront pas pour faire la conquête de l'Arche, qui se conserve à Rome.

(49) Lors de l'élection d'un Roi chez ces puissances, pour parvenir au trône, il devait être initié , fût-il même de la caste des militaires.

(50) Les Augures de l'ancienne Rome étaient élus, ce qui fait voir que l'art, ou la faculté de prédire, n'était pas une inspiration divine , mais une science qu'on acquérait.
Les Aruspices de Rome étaient
envoyés eu Etrurie, pour y étudier cet art. Le commerce maritime des Etrusques les avait mis en rapport avec les Phéniciens et les Egyptiens, et autres peuples d'Orient; ce qui fit qu'ils rapportèrent chez eux une partie des mystères orientaux, et le goût pour les beaux-arts , qui fleurissaient en Egypte, et en Phénicie, ainsi qu'il est prouvé par une quantité de monumens et de restes de l'ancienne civilisation de cette partie d'Italie, que les Médicis surent recueillir et dont ils enrichirent leur Musée.
On observe , dans des médailles et monumens anciens, que
les Augures romains portaient un bâton recourbé par en haut, comme les crosses des évêques chrétiens, qu'ils appelaient Linius.

(51) On voit ces mêmes ornemens en Allemagne ; et l'Eglise de Notre-Dame, à Paris , a un Zodiaque sculpté sur un de ses portails.

DIXIEME PARTIE

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 16:27

 La main mise sur le Peuple se renforce avec les Lévites dont le véritable Enseignement n'est jamais transmis au commun du mortel maintenu sciemment dans l'ignorance pour mieux l'asservir. Similitude avec les autres religions et l'évocation d'une possible mort de Moïse différente de ce que l'on a déjà lu ou entendu...

 

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

8ème partie

7ème partie

6ème partie

 1ère partie

CHAPITRE V.

Dernière partie

C'est sur le Mont-Sinaï qu'on représente Moïse environné d'éclairs et de nuages épais, symboles du bon et du mauvais principe, recevant le nom ineffable du grand Jéhovah.

Dans
le degré de la Royale-Arche, le temple est figuré par le Mont-Sinaï.

Les prêtres juifs mirent tant d'importance à ce mot de Jéhovah, que les Israélites,
même les Lévites, ne le pouvaient prononcer ou écrire. C'était avec une grande cérémonie, qu'une fois par année, le seul Grand-Pontife le prononçait, le 10 du mois de Thischri (45).

Ce jour était un jour d'expiation ; pendant que le Grand-Prêtre était en prière, un peu avant qu'il ne prononçât ce nom,
les Lévites chargés des mystères excitaient le peuple à faire beaucoup de bruit dans le temple : comme la religion chrétienne a conservé beaucoup de vieilles cérémonies juives, elle a établi le même usage, à la même Lune, chez les chrétiens romains, lors des tristes liturgies chantées dans la semaine de la passion, à l'extinction de la dernière lumière.

L'on donnait pour raison de ce bruit,
que celui qui n'aurait pas eu le droit d'entendre ce mot et l'aurait cependant par hasard entendu, aurait été frappé de mort. C'était la parole sacrée que Dieu même avait donnée à Moïse pour expliquer son nom.

C'est par cette raison que
ce mot dans nos institutions ne peut être dit, que dans les seuls temples, et doit être épelé.

Ce mot, base de notre dogme et de nos mystères,
se trouve chez
tous les peuples de l'antiquité, parmi lesquels il formait le type radical du nom de Dieu. Voilà la raison pour laquelle ce nom fut dans la suite choisi par les prêtres juifs pour base de leurs mystères, et comme il passa dans les nôtres.

On pourrait faire un tableau comparatif de
tous les mystères, emblèmes et institutions de Moïse avec ceux des prêtres égyptiens, comme le sacrifice de la vache rouge, etc., etc. ; mais nous ne nous sommes attachés qu'à ceux qui ont un rapport particulier avec les mystères maçonniques ; ce qu'on en dit ici paraît suffisant.

Après que Moïse eut donné au peuple juif son dogme, ses mystères , ses lois civiles , il lui accorda
une ombre de pouvoir, dans l'intérêt même de son système théocratique ; il lui donna le droit d'élection de ses juges et anciens, comme il avait fait en Egypte ; mais il prescrivit en même temps que ces juges et ces anciens devaient être élus dans la caste des Lévites.

Nous conservons le souvenir de cette institution
par les dénominations que nous donnons dans différents rites à quelques-uns de nos ordres, comme à celui de Prévôt, de Juge , de Maître d'Israël , et de Chef des douze Tribus, etc.

Moïse, vers la fin de sa vi , avait fait
creuser un abîme dans un lieu solitaire ; il y allait de temps à autre, et disait qu'il communiquait avec la Divinité en secret et dans le mystère; au ch. IV, v. 21-22 du Deutéronome, il prédit sa mort. Ceux qui critiquent les choses, même les plus simples, prétendent que Moïse, déjà âgé et infirme, se jeta dans ce précipice qu'il avait préparé de longue main pour se faire croire immortel ; comme on n'aurait plus trouvé son corps, le peuple aurait pensé que Dieu l'avait enlevé pour le rendre égal à lui ; ils ajoutent qu'Hélias en fit autant, et que Xamolxis, Romulus, et même l'apôtre et évangéliste Jean , cachèrent leur mort pour éterniser leur nom.

On remarque quelque affinité entre les Hébreux et les premiers Romains,
entre Moïse et Numa. Les fondemens de Rome et de Jérusalem sont abreuvés de sang humain ; les deux peuples sont dévoués au pillage, au meurtre ; Moïse et Numa tiennent leurs regards fixés dans le ciel, et de là ils font descendre des lois pour civiliser des barbares.

Numa élève des autels, institue des danses, des jours de solennité, des sacrifices; il opère des prodiges. Moïse donne une religion aux Hébreux, règle les fêtes, les victimes pour les sacrifices ; il opère des miracles :
l'un et l'autre font descendre le feu du ciel. Numa a des révélations célestes ; Moïse parle à Jéhovah.

L'un et l'autre
élèvent la tête entre les Dieux, pour tenir les hommes à leurs pieds.

L'un et l'autre
donnent une loi orale : les vérités ne devaient être écrites ni connues du peuple.

Numa disparaît d'entre les Romains, Moïse d'entre les Juifs.

Chez plus d'un peuple, les Souverains-Pontifes, attaqués de maladies dangereuses, recouraient au suicide ou
recevaient secrètement la mort de la main d'un affidé, pour ne pas être soumis comme le vulgaire à cette fatalité de notre nature. Cet usage se trouve même chez des sauvages. (Avazzi, Relation de l'Ethiopie; Bosman, Voyage en Guinée, et autres.)

Dans le fait, lorsque Moïse disparut,
le peuple d'Israël le crut transporté au sein de la céleste gloire ; néanmoins, dans la Bible, il y a quelque variante sur ce fait. On lit dans l'Epître catholique de Judas, apôtre, ch. 9, que le Diable et Michel l'archange se disputaient son corps. Il paraît qu'on doit prendre ce texte dans le sens allégorique, pour la destruction et la régénération, et pour le conflit éternel de la nature entre la mort et la vie ; la Bible est remplie de ces doctrines mystiques, comme aussi les Evangiles, les Epîtres et l'Apocalypse.

L'Ecriture-Sainte donne de grandes louanges à Moïse
pour s'être instruit dans toute la sagesse des Egyptiens. (Actes des Apôtres, ch. VII, v. 22.)

Si les Juifs étaient
méprisés chez les différens peuples où ils se trouvaient, il n'en était pas de même de leur législateur qui était regardé avec estime. Tacite, Hist. liv. 5, ch. 3, le peint comme un homme qui savait profiter des occasions que le hasard lui offrait pour parvenir à ses fins. Diodore, liv. I,sect. 2, met Moïse au rang des illustres législateurs.

Moïse se trouve
commémoré dans plusieurs rites et grades maçon.'., dans celui de Swedembourg, dans celui de St.-Martin, dans l'ancien et le nouveau rite anglais, dans celui des Élus Coëns, chez lesquels le décors des Vénérables est relatif à Moïse, comme dans le degré du Serpent d'Airain, dans celui de Chef du Tabernacle, et autres.

Cagliostro, dans sa Haute Maçon.'. égyptienne, s'étaie de Moïse
en le créant son prototype. Les Vénérables devaient être habillés en costume sacerdotal de la religion mosaïque. Dans ce rite, lors de l'admission à la maîtrise, ou dans la consécration d'une Loge, Moïse était évoqué et consulté avec les anges et les bons génies; Moïse devait toujours paraître dans un nuage bleu, et déclarer au Pupille ou à la Colombe (46), que les travaux étaient agréables au Grand-Architecte de l'Univers.

Dans leurs premiers mystères,
les prêtres et les Lévites avaient adopté les emblèmes apportés d'Egypte (47) et gardés en partie dans le Tabernacle avec l'Arche ; observons que cette Arche renfermait les Tables de la Loi (48) et la Verge d'Aaron. Par-là, ils voulaient indiquer à la postérité que le pouvoir des prêtres devait marcher avant tout et devait être au moins aussi sacré que la Loi de Dieu. Voilà le type de la domination que les prêtres, dans tous les temps et dans tous les pays, ont cherché à établir, soit par la force, soit par la ruse.

Voilà
la cause de la vénération profonde que ces prêtres de Rome cherchent à inspirer pour la Bible et pour tout ce qu'elle contient, quoique dés à présent la plus grande partie en soit rejetée par les Talmudistes. Ce ne sont pas les préceptes de la Loi qu'ils mettent au grand jour ; ce sont les droits que Moïse leur donna gratuitement, sans consulter la volonté ou l'intérêt du peuple. Ce livre, qu'on ose à tout instant citer, est, disent les prêtres, le seul qu'on devrait conserver sur la terre; le calife Omar en disait autant de l'Alcoran.

Les prêtres israélites, comme les prêtres de Rome, firent et font un corps à part dans la société et dans l'Etat. Il est isolé, « il se croit établi lui-même pour gouverner les peuples par les maximes qu'il puise continuellement dans ce livre. » Pour maintenir son pouvoir, ni les Rois de la terre, ni leurs familles ne doivent être épargnés; et pour s'en convaincre, on doit seulement lire la bénédiction remarquable que Moïse donna avant sa mort aux prêtres et à la tribu de Lévi. (Deutéronome, XXXII, ch. 42. XXXIII.) Ce document doit mettre en garde pour leur propre sûreté tous les Princes de l'Univers.

Cette bénédiction est particulièrement
adressée par Moïse à ces prêtres et Lévites féroces, jaloux et avides de pouvoirs, qui mirent à mort tous ceux qu'ils rencontrèrent après l'adoration du Veau-d'Or , permise et même ordonnée par Aaron leur Grand-Prêtre, qui avait été sacré par Moïse pour diriger les croyances d'Israël.

Pendant ce massacre,
les prêtres et les Lévites, en égorgeant leurs pères et mères, leur disaient : « Nous ne vous connaissons pas » ; et à leurs frères : « Nous ne savons pas qui vous êtes. » Ils tiennent à leurs enfans le même langage. Moïse, applaudissant à cette action qui brisait les liens les plus sacrés, les cita comme les modèles des prêtres ; il dit, en parlant d'eux : « Ce sont ceux-là, Seigneur, qui offriront l'encens aux jours de votre fureur, et brûleront l'holocauste sur votre autel. Bénissez leur force , ô mon Dieu, et recevez les voeux de leurs mains. Chargez à dos leurs ennemis ; que ceux qui les haïssent tombent sans se pouvoir relever. »

Voilà
l'origine de certaines maximes qu'on trouve dans le Nouveau-Testament, et qui ont servi de base aux sermens des initiations des premiers Chrétiens et des jésuites, comme on le verra en temps et lieu.

Voltaire, qu'on ne saurait assez citer, dit à ces propos, vol. 35, pag. 342, édition de Baie : « Ouvrez vos yeux et vos cœurs, magistrats, hommes d'état, princes, monarques; considérez qu'il n'existe
aucun royaume en Europe où. les Rois n'aient pas été persécutés par des prêtres. On vous dit que ces temps sont passés, et qu'ils ne reviendront plus. Hélas! ils reviendront demain, si vous bannissez la tolérance aujourd'hui, et vous en serez les victimes, comme tant de vos ancêtres l'ont été. »

NEUVIEME PARTIE

Notes

 

 

(45) La dénominaton des mois hébreux est consacrée dans les actes Maç. .'.
Thischri . . Mars
Marchevan........Avril
Kisleu . . .Mai
Thebet . . .Juin
Schevet. . .Juillet
Adar. . . Aout
Nisan............Septembre
Har-ou Zio. . . Octobre
Sivan Novembre
Tamuz............Décembre
Ab.........Janvier
Elul...........Février

(46) C'étaient des enfans mâles ou femelles, dont Cagliostro se servait pour rendre ses oracles, et faire ses évocations. Le Pupille était un jeune garçon pour les assemblées d'hommes , et la Colombe, une jeune fille pour les assemblées de soeurs.

(47) La généralité de ces emblèmes est conservée dans la Mac.-.

(48) Les commandemens de la Loi de Dieu sont dans le fait les préceptes du culte de Dieu, unis à ceux de la Loi naturelle : on peut les regarder comme communs à tous les hommes, si peu policés et de quelque croyance qu'ils soient. Leur universalité et leur sainteté firent qu'en Amérique, les Vénérables , instruits dans toute la science mac. •., ont renfermé dans le degré de la Royale Arche les instructions les plus savantes, l'ayant même établi chez plusieurs le nec plus ultra de leurs ordres. Comme la tolérance est la devise des Américains, on peut assurer qu'ils ne se ligueront pas pour faire la conquête de l'Arche, qui se conserve à Rome.

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 16:04

 Suite de la saga de Moïse aux travers des rites venus d'Egypte et que l'on retrouve dans la FM, la Mer d'Airain, le chandelier à 7 branches, le Livre de la vraie Lumière, l'Autel des pains, l'Autel des parfums, la Navette, la Cruche d'or, la Mitre, et bien sûr les Colonnes, l'Arche et les Tables de la Loi.. l'Arche contenant les symboles ramenés d'Egypte... où l'on voit aussi comment le Sacerdoce règne sur le Peuple et sur les Princes de ce monde dans toutes les religions d'ailleurs... la Servitude des Peuples vient de la Religion...

 

La Maçonnerie

considérée comme le résultat

des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

par le Fr.°. Reghellini de Shio

1842

"Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

7ème partie

6ème partie

 1ère partie

CHAPITRE V.

1ère partie


Emblèmes égyptiens adoptés par Moïse, et de là passés chez les Maçons. — La Mer d'Airain égyptienne, grecque, juive , chrétienne et maç.-. , allégorie. —Du Candélabre, du Livre de la vraie Lumière et de l'Agneau. — Des Colonnes juives, égyptiennes et maçon.'.— De l'Arche et de la Table de la Loi. — Disparition de Moïse ; son parallèle avec Numa. — Cause des prétentions des Lévites et des Prêtres qui les représentent.


MOÏSE , dans ses mystères, et, après lui, Salomon, adoptèrent une grande partie des emblèmes égyptiens, que, d'après eux, nous conservons dans les nôtres. Nous allons les faire connaître.

La
Mer d'airain, chez les Egyptiens, servait à la purification des néophytes par l'eau ; elle représentait le symbole de l'année soutenue par douze bouvillons qui désignaient les douze mois, dont trois regardaient l'orient, trois le midi, trois l'occident, et trois le nord, faisant ainsi allusion aux quatre saisons. (Voyez planche 1ere, n." 40.)

Les Egyptiens célébraient les petits et les grands mystères pendant neuf jours, à la pleine lune de leur septième mois. Les initiés devaient, le second jour, se purifier dans la mer ; ainsi, pour les temples qui en étaient éloignés , ils établirent
un grand vase appelé la Mer d'Airam. Voilà d'où vient la Mer d'Airain de Moïse, et ensuite de Salomon, des Chrétiens et des Maçons. Cette purification, qui avait lieu aussi en Grèce dans la même saison et les mêmes jours qu'en Egypte, fut appelée Alade Mystai. Ce mot grec signifie Bain de Mer.

Moïse adopta cet emblème
, et dans l'Exode XXXVIII, v. 8, on voit que les femmes de la tribu de Lévi, qui passaient la nuit à veiller à la porte du Tabernacle, offrirent à Moïse leurs miroirs, qui étaient de cuivre ou d'argent, pour qu'il fît fondre une Mer d'Airain. Il paraît que les femmes de la tribu de Lévi devaient être initiées aux premiers ordres des mystères israélites. L'on prétend que cet usage explique l'adoption des Dames dans les odiernes mystères des Maçons.

Pour les bouvillons qui soutenaient la Mer d'Airain, outre l'allusion que nous avons marquée aux douze mois de l'année, Moïse voulut aussi
conserver la mémoire des douze patriarches par l'emblème du dieu Apis. Ces patriarches avaient précédé Moïse dans le gouvernement des Israélites, pendant leur captivité en Egypte. Moïse s'efibrçait de faire sentir que les lois qu'il établissait pour régir les Hébreux, étaient à peu près celles qu'avaient établies les patriarches pendant leur séjour en Egypte, et qui étaient appuyées sur les droits sacrés de la nature et du sacerdoce.

Le
Candélabre à sept branches et à sept lumières (planche 1ere, n° 25), était le symbole des sept planètes, des sept sciences auxquelles les prêtres devaient s'adonner, comme ceux de Memphis et de Thèbes , savoir : la grammaire, la rhétorique, la logique, l'arithmétique, la géométrie, la musique, l'astronomie.

L'autel des Pains de proposition (planche 1ère, n.° i) désignait la communauté de biens qui devait nécessairement exister entre tous les prêtres , ainsi que l'obligation d'une même communion et participation. Cette allégorie est conservée par les Maçons comme dans son institution.

L'autel des Parfums
(planche 1ere, n.° 7) indiquait aux Lévites, comme aux Maçons, que tous les voeux des mortels doivent s'adresser au Grand-Architecte de l'Univers ; qu'ils doivent être toujours purs et au-dessus des passions humaines. Les débris d'autels anciens qu'on observe dans quelques Musées , sont figurés ou en carré , ou en triangle, ou en cercle, et se rapportent, sous toutes ces formes, aux trois vérités indiquées, ou aux élémens , ou à la divinité ; ils étaient tous creusés dans la partie supérieure pour contenir le feu.

La
Navette renfermant l'encens (39). Elle nous rappelle , comme aux Lévites, le feu des vertus qui doit embraser le cœur d'un zélé Maçon. L'encensoir était en usage chez les anciens ; sa forme était une cassolette avec un couvercle troué, d'où sortait la fumée des parfums ; les Grecs la nommaient Thymiaterion, et les Romains anciens et modernes Thuribulum.

La Cruche d'or (40), ou le vase de la manne. Moïse l'avait fait renfermer dans le Tabernacle, pour désigner que les prêtres, afin de bien exercer leur ministère, devaient être nourris de la manne spirituelle , qui se trouvait renfermée dans les sciences dont l'étude leur était formellement ordonnée.

La
Mitre, ornement des prêtres d'Isis et d'Osiris , et qui fut aussi adopté par les mages ou prêtres de Mytra en Perse, par les prêtres de Jupiter à Athènes et à Rome. Elle a servi ensuite de coiffure aux demoiselles romaines qui vendaient leurs faveurs au bas du Temple de la Fortune (41) , à l'époque de la lutte de Cicéron et de Catilina. Cette même mitre, avec le temps, fut adoptée par les pontifes de Jésus-Christ, à Rome, par ceux de Mahomet à la Mecque, et par les Templiers anciens et modernes. Cette mitre avait une lame en or qui couvrait le front. avec ces mots : La Sainteté est au Seigneur. Osiris, qui représente le Soleil, a pour emblème la mitre. Ce bonnet conique orne la tête des Lamas.

La
Hupe dentelée, ceinture sacrée égyptienne , était l'emblème de l'Union qui doit régner clans l'ordre sacerdotal des Lévites. Cet emblème et ornement sacerdotal passa des Juifs aux Chrétiens, aux Croisés, aux Templiers et aux Maçons de tous les rites. (VoyezP/. II, w.°2.)

Le
Livre de la Vraie Lumière : la Loi et les Prophétes. Sur ce livre on voit appuyé, comme sur celui de l'Apocalypse, un Agneau qui quelquefois tient avec un pied du devant le drapeau du triomphe, le Stekenna, la croix de l'immortalité ; les prêtres égyptiens le regardaient comme le symbole de la résurrection, ou régénération du Soleil, à cause de sa victoire sur les frimas, qu'il obtenait dans le signe du Bélier, et par le renouvellement de la vigueur de cet astre dans cette constellation. Ce livre ne pouvait être lu, chez les Juifs, que par les prêtres, à cause des allégories, mystères et symboles qu'il contenait, dont on ne pouvait obtenir la connaissance que par l'étude des sept sciences indiquées et déjà désignées dans l'Apocalypse (42), par les emblèmes des sept sceaux qui y sont renfermés, et en particulier par l'Astronomie figurée par l'Agneau qu'elle supporte. Ces sept sceaux, dans quelques rites maçonniques, se rapportent aux sept Sacremens de Rome, comme aussi on a établi, pour le Livre de la Vraie Lumière, l'Apocalypse de saint Jean, qui est ornée de l'Agneau triomphant à sept cornes et sept yeux, qui ouvre les sept cachets du Livre emblématique, etc. etc.

Néanmoins, quoiqu'on en dise,
les Rois et les Sacrificateurs hébreux ne furent pas toujours guidés par le Livre de la Loi ; ce monument a été perdu pendant bien du temps, même lorsque ce peuple paraît avoir joui de quelqu'importance politique.

On lit dans le Liv. II des Rois, ch. XXII, que
Hilkija , le grand Sacrificateur sous le règne de Josias, avait retrouvé le Livre de la Loi, écrit de la main de Moïse , dans le temple du Seigneur.

Salomon n'avait pas consulté ce Livre
, lorsqu'il érigea à Hastoreth (DivinitéSidonnieune), et à d'autres idoles, des autels qui subsistèrent presque quatre siècles, et qui furent détruits par Josias, après qu'on lui eût donné lecture du Livre retrouvé, comme on a dit ci-dessus. (Voyez le Liv. II des Rois,ch. XXIII, v. 15.) Les critiques nous disent toujours que, plus on lit la Bible, et plus elle paraît faite après-coup et sans ordre ; qu'elle est bien postérieure à Moïse, malgré l'opinion de quelques savans, qui prétendent que la Bible est écrite dans deux langues, et que le style mosaïque se reconnaît dans la première.

Les
Colonnes. L'une, qui représente le nuage épais qui guidait Moïse pendant le jour, et l'autre le feu , qui le conduisit pendant la nuit à travers les déserts. Les prêtres égyptiens élevaient, sur les bords du Nil des colonnes couvertes d'hiéroglyphes consacrées à l'utilité publique : des sphinx se trouvaient gravés sur presque toutes ces colonnes, placées dans les endroits les plus fréquentés , pour avertir que les inondations du Nil arrivaient dans les signes du Lion et de la Vierge. Ces deux signes du Zodiaque réunis donnaient la figure du sphinx. Sur ces mêmes colonnes, on avait marqué, pour l'instruction des cultivateurs, le cours du Soleil, les phases de la Lune, les révolutions des saisons, et les mois figurés par différentes productions, ou par des animaux qui naissaient dans un temps plutôt que dans un autre, les animaux malfaisans, ceux qui les détruisaient, les plantes les plus utiles et les plus salutaires.

D'autres colonnes étaient placées dans les temples, couvertes d'hiéroglyphes et de figures symboliques ; elles servaient aux prêtres de documens pour leur histoire religieuse, pour l'explication théogonique des observations relatives au système solaire, nécessaires à suivre dans tout pays, principalement en Egypte.

Des colonnes se trouvaient aussi dans les pyramides figurées en cariatides représentant Isis et Osiris, dont l'une tenait en main une Règle ou Equerre, et l'autre une Discipline, qui rappelaient aux prêtres que toutes les actions humaines sont réglées, mesurées, récompensées, ou punies par la Divinité ; c'est encore pour cela que, par la suite, Salomon introduisit à la porte orientale de son temple et à son entrée,
les deux Colonnes Jakin et Bohaz , pour rappeler aux Lévites que toutes les actions des vivans sont mesurées par la Fermeté et la Force du grand Jéhovah.
 

II demeurera démontré à ceux qui observent les monumens anciens, que la consécration des deux colonnes qui ornent nos temples, se perd, pour ainsi dire , dans l'éternité des temps ; il paraîtrait, d'après ce qui nous reste des plus anciennes traditions, qu'à la suite du bouleversement général de la terre et de la dislocation de ses eaux, dont nos investigateurs ignorent encore la cause réelle (42), les hommes sauvés miraculeusement dans ce naufrage du globe, et à la suite de cet affreux désastre, lorsque les eaux se retirèrent et que l'équilibre se rétablit entre les corps bouleversés, observant que le Vent et le Soleil, dont l'action pour l'un est de dessécher, et pour l'autre d'échauffer, avaient rendu habitables les plaines , ces mêmes hommes élevèrent, par dévotion et reconnaissance , des monumens à ces deux causes de leur conservation. C'est pourquoi ils établirent pour symbole deux colonnes , qu'ils consacrèrent et élevèrent au milieu des champs. Lorsque la voûte du ciel servait à former celle du temple élevé au Dieu Créateur et Sauveur, ces deux colonnes devinrent sacrées ; et enfin, par suite du progrès de la civilisation , elles furent introduites dans le temple du Soleil, auquel la reconnaissance avait consacré un culte en Egypte et en Perse. Ces deux colonnes sacrées sont conservées dans plusieurs anciennes médailles et placées à la façade des temples, comme on peut le voir dans Dapper, Archipel, édit. holland. Les colonies grecques , à la suite des temps, transportèrent avec elles ces colonnes sacrées ; c'est cet usage qui fit naître chez les Romains les Dieux pénates placés près de leurs foyers, et qui ne représentaient que l'Air et le Soleil, l'un et l'autre appelés Dieux.

Joseph, qui vante toujours sa nation, veut que les Juifs aient été les conservateurs de l'Astronomie ancienne, et que
les enfans de Seth, sachant que deux déluges avaient ravagé la terre, l'un d'eau, l'autre de feu, aient consignés leurs observations astronomiques sur deux colonnes, la première de briques, qui aurait été ainsi conservée dans le cas d'un déluge de feu ; la seconde de marbre, qui aurait bravé les effets de l'eau. Il faut croire que l'Astronomie fut une science transmise oralement par Moïse, qui, par la négligence des prêtres, se serait perdue; car les Juifs ont été très-ignorans dans cette science.

L'Arche (43) et les Tables de la Loi (44). L'antiquité a toujours cru , avec fondement, que les inscriptions monumentales et hiéroglyphiques que les prêtres de Thèbes et de Memphis renfermaient dans des espaces elliptiques, contenaient des préceptes d'un ordre supérieur qui faisaient partie des premiers dogmes dela religion , et des plus anciennes maximes de la morale égyptienne.

Les anciens, soit qu'on parle des Romains ou des Grecs, avant qu'ils eussent connu le papier et les livres, se servaient d'inscriptions.

C'est par cette raison qu'on voit dans la Bible, Moïse descendant du Mont-Sinai, avec les deux Tables de la Loi, qui ont la
même configuration que les pierres monumentales égyptiennes ; voulant par-là indiquer que Moïse fut le premier législateur des Juifs, et que, le premier, il leur a donné les dogmes religieux et moraux, à l'instar de ceux qu'il avait appris à Héliopolis, et que, comme chez les Egyptiens, on les devait conserver dans une Arche emblématique, qui avait aussi une figure elliptique avec base.

Dans l'Exode, ch. XIX,, v. 9-25 , on voit que
les mystères les plus occultes environnaient Moïse, lorsqu'il recevait, sur le Mont-Sinaï, les Lois et la Parole ineffable : aucune personne, ni même les animaux, ne pouvaient approcher de la montagne ; ils auraient été tués. Dans le même Exode, ch. XXXIII, v. 2 , on lit : « Loquebatur autem Dominus ad Moïsem, facie ad faciem, sicut solet loqui homo ad amicum suum. » La facilité que Moïse avait de parler à Dieu, occasionna la jalousie d'Aaron et de sa sœur Marie. Aux Nomb. XII, ch. 1, 2, 5 ; ils disent aux Hébreux que le Seigneur n'avait pas parlé à Moïse seul, mais aussi à eux.

Tous les anciens législateurs égyptiens, grecs et romains tâchèrent de se faire croire inspirés par la Divinité ; on n'en excepte pas même Mahomet. Ils ont reconnu qu'on peut disputer contre les hommes et non contre les Dieux. Par cette raison, les lois d'Osiris, d'Hermès, d'Orphée, de Moïse, de Numa, n'éprouvèrent aucune contradiction ; on les respectait comme parole divin , comme des oracles.

A suivre...

Notes

(39) Planche I.rc, n.° 2.

(40) Une église de Madrid, située près la porte du Soleil, présente une analogie curieuse avec cette déesse : les Dames y prient pour avoir, dans le jour, quelqu'aventure galante. L'église s'appelle Nuestra-Signiora délia buena Fortuna.

(41) Planche I.«, n.° 5-

(42) II y en a qui attribuent cette révolution du globe à une comète.

(43) La queue de l'âne de Balaam et l'Arche d'alliance se conservent dans l'église de saint Jean-de-Latran à Rome.

(44) Planche 1ere n° 20-36.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
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