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LE JUDAÏSME

Mardi 29 juillet 2 29 /07 /Juil 13:51

Je n'oublie pas ce blog mais je suis dans une intense recherche ce qui me laisse peu de temps pour copier les vieux livres mais leur suite ne va pas tarder à venir. Je pose le texte ci-dessous dans la "police Harrington" que je trouve très belle... si elle n'est pas lisible pour tout le monde, faites-le moi savoir, je la changerai. Merci.

 

 

 

Adam-Aenosh

 

par André Savoret



     Les traductions les plus « orthodoxes » de la Genèse nous assurent que l'homme fut tiré « du limon de la terre ». À la suite de Fabre d'Olivet, auquel il faut toujours se reporter, lorsqu'il s'agit d'étudier le sens spirituel de ce livre, nous devons nous inscrire en faux contre une pareille interprétation du texte biblique.

     En effet, on a traduit par « terre » deux mots hébreux que Moïse emploie toujours de façon distincte et dont il ne fait jamais deux synonymes.

     Le premier est ADaME, ou adamah, le second AReTs ou arz.

     Dans le récit de la création (vers. I) Moïse oppose visiblement arz (le principe du monde sensible), à shamaïm (celui du monde céleste et glorieux).

     Lorsqu'il est question de la création d'Adam, Moïse, au second chapitre de sa cosmogonie, relate que l'universel Adam n'existait pas encore en acte pour mettre en œuvre (wabod) l'universelle adamah que l'on traduit généralement par « sol » ou « limon ». Mais, adamah n'est pas arz. Quelle est donc l'étymologie et le sens de ces deux termes ? La question est d'importance, puisque toutes les conséquences métaphysiques que l'on peut tirer du texte biblique, concernant l'âme humaine, sont entachées d'erreur, par suite d'une traduction fautive.

     Le mot adamah, comme le mot Adam, dont il est tiré (car Adam ne vient pas plus d'adamah que chien ne dérive de chienne ou que homme, grammaticalement, ne dérive d'humanité, c'est l'inverse qui est vrai, étymologiquement et logiquement), le mot adamah, donc, porte sur un radical DaM, forme nasalisée de DaV, DaB, et qui possède un sens générique analogue dans les langues sémitiques et dans les langues celtiques, depuis l'irl. domun « le monde », le gall. dwfn « profond », le gaél. dobar « eau », domhan « l'univers », le flamand diepzin « sombre », « profond », « mystérieux », « abstrait », jusqu'à l'arabe damous « souterrain », « profondeur », « citerne », et à l'hébr. damm « se taire », « être immobile, indiscernable », dam « similitude », « homogénéité », damah « un lieu vide et désert » (1) .

     L'idée primitive est celle d'une chose indiscernable par son étendue, son silence, sa subtilité, sa profondeur ; d'une chose universelle ou universalisable. Le A initial d'adamah et d'adam, est une particule emphatique qui spiritualise encore le sens de ces deux vocables. l'Adam universel, l'homme spirituel, a donc été tiré non pas du limon de la terre, mais de la spirituelle et universelle substance adamique : la « terre spirituelle ».

     Au contraire, arz, terme qui a perdu le digamma initial W, (2) , et est très vraisemblablement pour WaRTs, se réfère directement au sanskrit warsha qui signifie « terre » et « continent ». En sanskrit, le même mot signifie pluie, comme il le signifie dans notre mot français averse, et comme il signifie « rosée » dans le grec erse pour F-erse. C'est le terme d'un processus involutif, la partie descendante d'un circuit, le résultat d'une déviation, d'une inversion, d'un renversement. Dans son sens de terre, le mot hébreu arz représente donc le point le plus bas de l'involution élémentaire, l'élément sensible, le maximum de condensation et de matérialité.

     Si Moïse avait voulu dire que l'homme fut tiré de la poussière de la terre, c'est de ce terme qu'il se serait servi. Mais, il l'a évité avec soin.
   L'homme terrestre, possède d'ailleurs un autre nom, que Moïse n'emploie jamais comme synonyme d'Adam c'est ANOSh, ou Enosh, et que nous avons rapproché (3) du sanskrit nara et de l'italique ner (pour nes). (4) .

     La différence entre la terre spirituelle (adamah) et la terre matérielle (arz) est encore faite formellement par Moïse (Gen. VII, 23), où il montre l'Éternel, au moment du déluge universel, « effaçant tout ce qui subsistait sur la face d'adamah » et le déluge effaçant, alors seulement, tout ce qui subsistait sur la terre (arz). Il est pourtant normal de saisir ici que Dieu agit directement sur le plan spirituel et que la répercussion de cette action spirituelle se fait sentir dans le monde temporel et élémentaire, par voie de conséquence, sous forme d'un cataclysme. C'est pour avoir voulu absolument traduire adamah et arz par un même mot que les modernes ont vu une « interpolation » ou un « remplissage » dans ce verset pourtant explicite : « Ainsi, il (Iaveh) effaça tout être qui était sur la face du sol », lisons-nous dans la Légende des Origines de l'humanité (Éditions Rieder), et la seconde partie du verset 23 est gravement déclarée être un remplissage. Le remplissage en question est celui-ci : « de l'homme au bétail, au reptile, à l'oiseau des cieux, ils furent effacés de la terre ».

Si l'auteur de l'ouvrage, précité n'avait pas pris adamah et arz pour des synonymes, non seulement il aurait évité de voir un remplissage, là où il n'ya qu'une précision, mais il n'aurait pas esquivé la portée métaphysique de cette pseudo-répétition.

     Dans un texte où pas un mot n'est superflu, il est inconvenant de vouloir procéder au découpage de ceux qui y voient deux textes « Iavistes », intercalés parmi les fragments d'un texte « Eloïste ». Ce sont là des fantaisies, d'autant plus dangereuses qu'elles sont revêtues, aux yeux du public, du prestige accordé à la science.

     D'autre part, la théologie et la philosophie scholastique, en tant qu'elles s'appuient sur des traductions fallacieuses, ne sont nullement qualifiées pour nous faire accepter des conclusions logiques, mais faussées par un point de départ erroné.

    Une de ces conclusions, c'est celle de l'âme créée postérieurement au corps qu'elle doit animer. Elle est juste en tant que conclusion, si l'on prétend identifier adamah, la terre spirituelle dont provient Adam, à arz, la terre matérielle. Elle est fausse cependant, dans la mesure où adamah diffère de arz. Mais l'erreur a la vie dure, elle subsistera sans doute jusqu'au jour où un théologien, au sens strict du mot, qui sera à la fois savant selon les hommes et inspiré par l'Esprit de Vérité, nous apportera une version du texte sacré, conforme à la pensée profonde de Moïse.

(1) Le radical primitif DaB, DaM, formé des signes de l'action extérieure (D) et de l'action Intérieure (B), exprime fortement la faculté d'adaptation de l'interne à l'externe, d'où les sens de similitude, d'homogénéité, d'image. À un point de vue à peine différent il exprime le sens d'universalité, de profondeur, d'insondabllité, réunissant en lui les deux idées de monde externe et de monde interne. La divergence progressive des sens particuliers dans les langues sémitiques et dans les langues aryennes n'a rien que de très logique et ne saurait militer contre l'origine commune de cette racine.
La racine Tam ou Tham n'en est qu'une modification. Elle diffère peu de la racine Thab, et il serait fructueux de comparer, par exemple, le théom ou Tiamat ,(l'abîme primordial où furent jetées les semences de l'univers) avec la Théba ou « arche » dans laquelle Nohé conserva les semences de notre cosmos.
(2) (3) Voir pour détails : Du Menhir à la Croix (Additif).
(4) En un certain sens on peut donc rapprocher Adam (l'homme « universel ») d'Adamah (la terre spirituelle) et Aenosh (l'homme individuel) d'Arz (la terre matérielle).

Sources Livres Mystiques com

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans : LE JUDAÏSME
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Dimanche 1 juin 7 01 /06 /Juin 21:08

Nous nous sommes lancés dans une recherche qui nous entraîne dans un domaine que nous ne soupçonnions pas. Et ce livre justement Aelohim, les dieux de Moïse est un des rares à aborder le sujet qui nous intéresse. A savoir que les premières lettres tracées par les hommes le furent par rapport aux constellations. Ainsi le langage que l'on a nommé hébreu était un ancien Egyptien et au départ, il n'avait que 12 lettres, chacune correspondant à une constellation du zodiaque comme le montre le tableau que nous avons posé ICI. Donc dans l'Ancien Testament, tous les nombres ou presque se rapportent à quelque chose de similaire. Les âges des patriarches notamment comme nous l'avons déjà dit. Ainsi Henok qui mourrut à 365 ans ne veut pas du tout dire ce qui est écrit. 365 correspond au Zodiaque. Il est à noter qu'Henoch équivaut à l'Initié. Ici, il est question de la Tour de Babel qui était un observatoire astronomique comme pratiquement toutes les pyramides. Ce n'était certainement pas les tombeaux des pharaons...

Nous posons tout de suite après une video pour montrer comment les Anciens ont tracé l'Alphabet...

 


AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

15ème partie

14ème partie

13ème partie

1ère partie

 

Tome I

ÉPOQUES HISTORIQUES.


L'ÉPISODE DE LA TOUR DE BABEL  (Genèse, ch. XI)

 

TRADUIT MOT A MOT

Selon le SENS VULGAIRE et selon le SENS INTIME.

 


Observations étymologiques.

1° - ARTz, TERRE, PAYS, LE LIEU, L'EMPLACEMENT OCCUPÉ PAR UN PEUPLE, PAR UNE VILLE. (Regio, Patria) «retourne dans ton pays, L-ARTz-C.»
2° - AED, premier. « Le premier du mois. » B-AED LEDÇh.
3° -  Le pluriel de UN est PEU, EN PETIT NOMBRE.  « Quelyues jours, IMIM AÈDIM. « Jacob servit sept ans pour Rachel, et ils ne parurent à ses yeux que comme quelques jours, CIMIM AEDIM.

NOTES.

Le sens de ce premier verset éclaire celui de tous les autres. La tradition y établit que très anciennement (MQDM au verset suivant) les hommes du pays dont on
a parlé (chap. X, vers 11, le pays de ShiNOR) usaient encore de leur langage primitif et que les mots de cette langue étaient en petit nombre.

La langue chinoise, qui remonte certainement à l'époque où l'on peut placer ce fait, n'est composée que de 330 ou 340 monosyllabes; le nombre de ses articulations est incomplet et son écriture est hiéroglyphique.

L'accroissement de l'alphabet hébreu, et par conséquent des mots de la langue hébraïque, eut lieu dans la Babylonie, dans le pays d'Assur, en Assyrie, lors de l'érection de la tour astronomique de Bel.


4° - Olim, ab antiquitate, ab initia.

5° - NSO, PARTIR, PASSER DANS on AUTRE HEU, vient de NS, une enseigne, un étendard. NSO signifie LEVER , ÔTER , EMPORTER ; c'est LEVER L'ÉTENDARD ET SE TRANSPORTER DANS UN AUTRE PAYS, FAIRE UNE MIGRATION, ÉTABLIR UNE COLONIE.

6° BQO vient de BG puis BQ, qui désigne UN ESPACE VIDE ET RESSERRÉ, UN LIEU RESTÉ OUVERT, UNE PLACE, UN PRÉ, UN CHAMP BORDÉ, ENTOURÉ
COMME UN JARDIN, par suite L'INTERVALLE produit par UNE DIVISION, par une SCISSURE.

Les Chaldéens étaient originaires de l'Egypte. Diodore, Livre 1, § 11, dit : « On prétend que les Chaldéens n'ont rendu les divinations astronomiques si célèbres à Babylone, que parce qu'ils étaient originaires de l'Egypte. »

Une colonie Egyptienne, conduite par des savants sortis des collèges sacerdotaux de l'Egypte, vint s'établir dans les environs de Babylone, alors appelée de sa forme ShiN-OR, la ville-double, et cette colonie s'étendit jusqu'en Assyrie, où Assur avait fait lui-même une expédition. Les chefs de cette migration y firent prospérer l'astronomie, et l'on remarque que le commencement des observations chaldéennes coïncide avec le temps où l'on peut placer la construction de Babel.

Ces Egyptiens reçurent le nom de CÇh-DIIM, qui veut dire amenés, conduits,-- de chus (DD, amener d'un lieu dans un autre ), amenésde l'Ethiopie ; les Egyptiens étaient Chussites d'origine.

Le nom de Babylone, ÇhNOR ou ShNOR, que l'on prononce Shinar ou Sénaar, est composé de ÇhN, double, répété, et de OR, ville. Babylone était en effet partagée par l'Euphrate et formait une ville de chaque côté du fleuve ; URBS AB UTROQUE LATERE EUPHRATIS, UT MEDIUS INTERFLUAT, AEDIFICATA (Diodore).

Dans le centre et sur le bord du fleuve était la place où les Egyptiens élevèrent l'oeil  ou l'observatoire de Bel, BB__BL, en un mot BABEL, dont le nom signifie aussi la Porte de Bel avec le sens que Bacchylide attache à ce mot Porte : PORTA VERBORUM OCCULTORUM (en grec ARRÊTÔN).

« Le centre de la ville, dit Hérodote, est remarquable par le temple de Bel-us... c'est un carré régulier fermé par quatre portes d'airain, lequel a deux stades d'étendue en tout sens. Au milieu de cette enceinte, on voit une tour massive, qui a un stade en longueur comme en largeur. » Ainsi, comme j'ai prouvé que cela résultait du mot OIR, le temple de Bel était un lieu fortifié, une citadelle.

Le mot ÇhM employé pour désigner le lieu mérite une explication.

Un lieu quelconque ne peut être désigné que par un signe, un signal, un monument, une érection, une forme, une configuration, qui le signale et le fait connaître. Le nom donné à ce signe, à ce signal, à cette construction, etc., est lui un signe phonétique qui s'adresse à l'ouïe, comme la transcription de ce nom en caractères alphabétiques est un symbole pour la vue. ÇhM employé à cette intention offre donc encore le sens de signe, signal ou symbole, et doit être traduit selon le besoin au signe, au signal du lieu dont on parle,

 

là.

7 - (NOMINE AIÇh QUOQUE APPELLANTUR MAGNI ET DUCES; UT, VIR BELLI i.e MAGNUS BELLO, AUCTOR BELLI). - « JÉOVÉ est le chef, le maître, le héros, le commandant, AIÇh, de la guerre. » JÉOVÉ VIR BELLI.

8 - RÔE, PASCERE, PASCI, PASTOR, PASCENS ; MALUS, MALIGNUS, etc.

9 - LÉB tient à IBB et à ÉB, le premier exprimant un CRI DE GUERRE, AVERTIT LE SOLDAT DE VEILLER, DE SE PRÉPARER, DE SE TENIR ÉVEILLÉ, PRÊT A AGIR. Le second répond à l'idée de veiller, de s'éveiller et de venir, d'être mis en mouvement.

_____________

 

Le mot AIÇh est pris collectivement pour désigner tous les chefs, les hommes de choix, commandants de chaque compagnie dont se composait la colonie envoyée d'Egypte. Ce qui le prouve, c'est le pluriel IAMROU. Ainsi ces hommes étaient déjà distribués sous des chefs particuliers, soumis eux-mêmes, comme nous le verrons bientôt, à un chef suprême portant le nom des chefs de l'initiation et du sacerdoce, ÉOVÉ, déguisé sous celui de J-ÉOVÉ, VIR BELLI, le maître, le héros de l'entreprise.

Il faut remarquer l'emploi du mot RÔÉ, pasteur, pour désigner un homme qui fait invasion, qui émigre, qui se porte d'un lieu dans un autre, et qu'un chef commande.

Les Egyptiens appelaient Pasteurs les hommes d'origine étrangère, qui semblables aux pasteurs nomades, s'introduisent dans un pays et s'en emparent. L'histoire
de l'Egypte ancienne est pleine du souvenir des Rois pasteurs ; des pasteurs phéniciens, hébreux , grecs ; de Thèbes, etc.
La haine et l'aversion que leur inspiraient ces usurpateurs a donné l'idée du drame cosmogonique dont les détails occupent les dix-huit premiers versets du 4ème chapitre de la Genèse.

 

Cette aversion antique se décèle dans le choix même du mot RÔÉ, car il désigne le mal, la méchanceté, l'intention malfaisante et scélérate ; l'action de tourmenter, de nuire, de corrompre, d'exterminer, de détruire.

 

10 - OIR NON MALÉ DICITUR AB ÔYR EVIGILARE. ÔR VIGIL, VIGILANS.— ARX. OIR DOUD, arx Davidis).

11 - AEDIFICATA EST. 3. H. SING. DO PARFAIT NIPHAL. Le MOT OIR est ici masculin. USURPATUR AUTEM UTROQUE GENERE. FÉMIN. GEN. 10. MASCUL. LEV. 26., etc.

12 - MGDL ShYNÉ, la Tour deSyène, (Ezéch. 29. 10), était aussi un monument astronomique.— Syène passait pour être sous le tropique, d'après une tradition immémoriale, et cette ville y était effectivement deux mille sept cents ans environ avant l'ère vulguaire. Voy. Jom. Sysl. mét. des Égyp., p. 167.
Le chaldaïque, l'arabe et l'hébreu emploient le mot tour, BRG, pour désigner un édifice saillant, élevé, et ce mot désigne
le Zodiaque, les signes mêmes du Zodiaque.

13 - RAÇh. Rab. Moses dit : Il y a une grande différence entre TÈLT, premier, commencement, et RAÇh, principe : le principe se dit d'une chose qui est le principe d'une autre, quoiqu'elle ne la précède pas par rapport au temps, etc.

14 - ÇhM, un signe, un monument. (Dict. de M. l'abbé Latouche, et les autres: rappelez-vous l'analyse de ce mot. )

Je n'ai pas beaucoup d'observations à faire sur ce verset si intéressant et dont les mots ont été analysés. Je ne puis cependant m'empêcher de faire remarquer que les ouvrages qu'on avait entrepris sont entièrement terminés ; que l'édifice, l'observatoire muré, la citadelle fort mal-à-propos appelée ville, est achevée de bâtir ; que la tour astronomique l'est aussi, et que les auteurs de ces travaux ont fait aussi pour diriger, pour accorder leurs observations en quelque lieu qu'on les envoie, le ciel constellé, le planisphère céleste dont ils avaient besoin; en sorte qu'ils ne s'occupent plus maintenant que de leur dispersion prochaine sur différents points du pays.

Ce sens si positif, si clair, si naturel, si différent du sens vulgaire où se trouvent tant d'absurdités, résulte du mot NBNÉ, avec lequel s'accorde UNOÇhÉ.


15 - J-ÉOVÉ l'Éternel — LUI, CE-LUI—qui est et qui sera, LE—étant, le-LUI, LUI, IL. (Voy. l'étym. deuxième Étude.)

16 - U-IRD futconvertibledeRDÉ, IMPERAVIT,  DOMINATUS EST, PRESEDIT, Voyez ce mot, ch. 1, v. 26, avec cette signification: dominer, exercer La puissance, présider, à laquelle le sens littéral fait ici violence pour maintenir la tradition allégorique.

17 - (AT, OBTINET, SIGNIFICATIONEM NOMINALEM , QUA essentiam VEL substantiam UT PLURIMUM PATIENTIS EXFRIMIT, QUASI ipseitatem, illud
ipsum
DIXERIS).

18 - Trois. pers. plur. du prétérit, AEDIFICAVERUNT et AEDIFICAVERANT.

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Il ne faut pas se laisser détourner du sens intime d'un récit hébraïque par la rencontre du nom de JÉOVÉ. L'abus que les écrivains sacrés ont fait de ce nom explique assez qu'il ne désigne pas toujours la présence de Dieu, mais qu'il se rapporte à l'action de celui que l'esprit du gouvernement théocratique ou que des fonctions sacerdotales font agir comme représentant JÉOVÉ lui-même.

J'ai déchiré le voile qui nous cachait depuis si longtemps l'origine mystérieuse de ce nom; il n'est plus possible de se méprendre, et d'attribuer à Dieu, dans plusieurs circonstances, ce qui n'appartient qu'à ceux que le sacerdoce a faits ses ministres.

Le nom de JÉOVÉ est souvent, très-souvent même, em ployé pour désigner le scribe, le prophète qui rédige ou profère en style poétique ou même historique des avertissements qu'il suppose émanés de Dieu même. Ainsi, par exemple, ce mot est employé incontestablement de cette manière par Esdras, 2eme livre des Chroniques, chapitre 23, 10, lorsqu'il dit que JÉOVÉ parla à Manassès et au peuple, mais qu'ils ne voulurent point entendre. La chose est impossible : quel homme et quel peuple résisteraient à la voix de Dieu si Dieu même leur adressait la parole ?

JÉOVÉ, dans la pensée d'Esdras, désignait donc le Grand-Prêtre ou l'un des chefs du Sacerdoce, ou même quelqu'un exerçant la mission de prophète, et préchant, haranguant le peuple.

Si le mot JÉOVÉ ne devait désigner que la Divinité, serait-il attribué à l'ARCHE ? Dans Josué, chapitre 4,12, il est dit que quarante mille hommes équipés pour le
combat passèrent devant JÉOVÉ ; et là,
JÉOVÉ c'est l'Arche restée au milieu du Jourdain jusqu'à ce que les Hébreux aient passé le fleuve ; après quoi l'Arche portée par les Prêtres passe elle-même.

Ce nom de JÉOVÉ serait-il donné non seulement à des anges, mais à des localités comme le mont Moriah appelé JÉOVÉ IRAÉ (Genèse, 22,14.), à des objets matériels comme l'autel érigé par Moïse après la défaite des Almalécites, JÉOVÉ NSI (Exode, 17,15).

Serait-il attribué à l'un des trois hommes qui apparurent à Abraham dans le bocage de Mamré (Genèse, 18,2, 10, 13,14, 15). Les deux derniers versets prouvent par leur rédaction que ce nom est donné à l'un de ces hommes parce qu'il parle, promet, blâme, condamne et agit enfin au nom de l'Eternel.

JÉOVÉ est donc souvent pour le chef suprême,- c'est l'adoni, le maître; c'est l'homme qui a le pouvoir d'attaquer, de surmonter, d'affliger, de consumer, de détruire, de battre (LÈM ); JÉOVÉ—AIÇh—MLÈMÉ, c'est-à-dire JÉOVÉ—est l'homme, SUMMUS-SACERDOS, FORTIS— de la puissance d'attaquer, surmonter, etc.

Il ne faut pas perdre de vue cette explication et celles qui ont été données précédemment : elles aplanissent bien des difficultés. Ainsi donc, JÉOVÉ est ici le chef-suprême de la colonie égyptienne, il en est le héros, le commandant, vir belli.

Cet ancien envoyé d'Egypte, ce premier Mosé, Musée ou Moïse, par l'invention de nouveaux signes ou caractères astronomiques, enrichit le langage écrit, et même !e langage vulgaire, d'un grand nombre de mots dont le premier effet fut de produire du doute ou de la confusion.

C'est lui qui par le lieu où s'effectua ce changement, fit donner dans la suite aux lettres hébraïques le nom de lettres assyriennes et à la langue pour laquelle elles furent choisies celui de langue assyrienne, langage assyrien, ÇhPhT AÇhR. C'est ce que nous verrons bientôt.

19 -  De OMM, ÊTRE OBSCUR, INCONNU, CACHÉ, COUVERT, MYSTÉRIEUX.

20 - EL, PROFANUM, COMMUNE. ELL, COMMUNEM FECIT.

21 - D'ÔÇhE, toute opération produite sous l'inspiration de la pensée et de l'intelligence ; d'ÔChOUT, pensée, et ÔÇhT-OUT, avec la terminaison fém. ÔChT et ÔÇhIT, Chald., il a pensé; — la tradition relative à Babel est chaldaïque.

On retrouve ici l'idée des anciens sur le danger de divulguer inconsidérément les choses mystérieuses, les choses saintes, et qui ne sont révélées que dans le sanctuaire, dans l'adyte, sous le voile du Saint des Saints des temples.

Des hommes dont les pensées et le langage ne s'élèvent pas au-dessus du langage primitif et des connaissances vulgaires ne peuvent que profaner la doctrine dont ils parlent, et corrompre les expressions qui lui sont consacrées. C'est pour cette raison qu'il n'était permis qu'aux Rois, qu'aux chefs du peuple, et aux Prêtres d'enseigner et d'instruire, d'user de figures et de paraboles. Le mot MÇhL nous donnera peut-être l'occasion d'expliquer cela.

D'un autre côté, comme on ne doit point cacher, enlever aux hommes, vendanger, BTyR, à leur préjudice, le bénéfice des découvertes que l'esprit humain a faites, la science ou celui qui la préside, le chef du sacré-collège, en un mot le JÉOVÉ de la colonie scientifique, obviera à cet inconvénient en enrichissant le langage du peuple par le surcroît de nouvelles expressions, par la divulgation des nouveaux mots dus à l'accroissement de l'alphabet zodiacal.

Néanmoins, il établira une langue secrète, une langue savante, dont les chefs du peuple, les hommes supérieurs, devront avoir connaissance et user entr'eux.

 

22 - De RDÉ, 1ere pers. plur. du futur. L'expression devient collective,  JÉOVÉ agissant par délibération et accord avec tous les chefs de l'expédition.

23 - AÇhR, AÇhOUR, AShUR, d'Assur, la langue du peuple désignée par la langue du chef; mais ce chef était absent, ASSUR était parti de Shinor et était allé fonder Ninive (Genèse X, 10 et 11).

24 - ÇhMO vient de ÇhM, ÇhMÉ, NOMMER, DIRE LE NOM, APPELER; ÇhMO, FAIRE ENTENDRE, DIRE, ANNONCER, PROFÉRER.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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Vendredi 11 avril 5 11 /04 /Avr 14:28


4 L'Égypte pharaonique, ou,

Histoire des institutions des Égyptiens sous leurs rois nationaux

 Par Dominique Marie Joseph Henry

1846

1ère partie

2ème partie

3ème partie

  PARTIE THÉOSOPHIQUE.


THÉOLOGIE.


CHAPITRE III.

 

Deux périodes dans l'histoire de l'Egypte. — Accord de la cosmogonie avec la géologie. — Transposition de versets dans le premier chapitre de la Genèse. — Idées cosmogoniques des Egyptiens communes aux peuples de l'Asie.

Nous avons présenté jusqu'ici les antédiluviens comme des hommes qui avaient su franchir les limites de l'intelligence vulgaire, se lancer dans les vastes champs des spéculations du génie, et arriver, à force de méditations, au plus haut point de ces connaissances qui dévoilent à l'entendement humain les voies mystérieuses dont la nature s'est servie pour produire nous les avons montrés comme les inventeurs de ces hautes sciences qui, se transmettant d'âge en âge , mais en s'affaiblissant toujours, en étaient réduites presque à leur seul nom, quaud une étincelle du même génie créateur de ces peuples primordiaux, rallumant, à une époque très-moderne, la dernière flamme de ce feu sacré, est venue rendre à l'intelligence tout son essor, a remis sur la route des découvertes perdues, et tend chaque jour à rendre à leur primitif éclat celles de ces connaissances que les ténèbres de l'ignorance avaient presque effacées du souvenir des hommes. Nous avons à justifier par des faits ce que nous n'avons appuyé jusqu'ici que sur des raisonnements : parler des connaissances des antédiluviens, c'est faire l'histoire de l'Egypte pharaonnique de la première période.

Il faut en effet reconnaître deux périodes très-distinctes dans l'histoire de l'Egypte sous ses rois nationaux : la première, commençant avec la monarchie et descendant jusqu'à la XVIIIe dynastie, période de troubles et d'agitation dans la vie politique, mais aussi période savante dans le calme et la paix des temples, et où les connaissances héritées des peuples submergés, brillantes de tout leur éclat, se soutinrent sans perdre considérablement ; la seconde, commençant avec la XIXe dynastie, et se traînant jusqu'à la chute de l'empire, période d'indivisibilité dans l'unité de la monarchie, mais aussi d'instabilité dans le sanctuaire, et pendant laquelle de grandes innovations en matière religieuse et de grands changements dans la politique suivie jusque là, amenant d'autres idées. Tout se matérialise dans la philosophie théognostique, et l'ignorance commence à se glisser au milieu des subtilités d'une mythologie astrologique, toute d'allégories, époque calamiteuse, où, de décadence en décadence, le sanctuaire avili et superstitieux finit par devenir la risée de ceux-là même dont les croyances étaient plus absurdes encore et plus extravagantes, des Romains, s'il faut le dire, qui se moquaient des chats divinisés en Egypte, eux dont la religion plaçait des dieux jusqu'au point le plus infect des cloaques.

L'histoire de la création suivant le système de Moïse, qui est celui de l'Egypte de la première époque ou de l'époque savante, n'est, avons-nous dit, que le résultat de l'étude suivie et comparée d'un grand nombre de terrains de formations différentes, que l'application de principes déduits de laborieuses explorations géognostiques : elle indique donc un état très-avancé des sciences physiques, chimiques et naturelles, et par conséquent des mathématiques.

En effet, si l'on porte une méditation attentive et sérieuse sur le premier chapitre de la Genèse, on ne peut pas sortir de cette alternative : Ou ce livre a été inspiré par l'auteur même de la création, ou celui qui en a décrit ainsi la marche n'a fait qu'analyser les connaissances acquises à la suite de nombreuses observations faites sur divers points du globe par des savants du premier mérite : nous avons déjà répondu à cette alternative. Vient ensuite le dilemme : C'est de l'Egypte que Moïse a tiré ce précieux résumé des sciences géognostiques; le sol de l'Egypte ne peut pas fournir la matière des observations qui ont servi à instituer cette doctrine et à en faire l'application : les Egyptiens les tenaient donc d'un autre peuple. Et si, dans le court intervalle qui sépare le grand désastre de la manifestation des sciences en Egypte, aucun peuple postdiluvien n'a pu fonder ce système, c'est donc aux peuples antérieurs à ce désastre qu'il faut le rapporter. C'est la solution de cet argument que les Égyptiens exprimaient sans doute par l'allégorie du second Thoth, transcrivant en caractères vulgaires les mémoires sur les sciences, écrits avant le déluge par le premier Thoth sur les colonnes de la terre de Seriad.

Le premier chapitre de la Genèse nous fait connaître le sentiment des Egyptiens de la première période et des savants antédiluviens sur l'origine de l'univers ; mais, pour comprendre les événements dont rend compte Moïse, on interrogerait vainement les versions si pauvres des Septante et de la Vulgate. Comment les auteurs de ces versions auraient-ils pu nous initier dans les secrets de sciences qui n'existaient plus de leur temps ? Dans l'examen que nous allons faire des vraies idées de l'auteur de ce livre immortel, nous ne pouvons en explorer le sens spirituel qu'en consultant, avec toute la prudence qu'exige le commentaire d'un tel écrit, la version littérale qu'en a donnée le docte mais trop systématique Fabre d'Olivet (La langue hébraïque restituée, partie II, Cosmogonie). « En principe de toutes choses, disait Moïse, OElohim (*) créa l'ipséité des cieux et de la terre. La terre était dans un état d'extrême diffusion et de rareté, et l'obscurité était sur la face de l'abîme, et le souffle d'OElohim exerçait un mouvement générateur sur la surface des eaux. —Et OElohim dit : La lumière sera faite, et elle fut faite. — Et considérant cette essence lumineuse comme bonne, OElohim détermina un moyen de séparation entre la lumière et entre l'obscurité. »

* Ce mot OElohim, rendu par celui de Dieu, est fondé sur la racine al ou oel, qui exprime l'élévation, la force, la puissance. Dans les langues de tous les peuples de l'Orient, le nom de Dieu était dérivé de l'élévation qu'on attribuait, tant au positif qu'au figuré, à cet être principe, auteur de l'univers. OElohim, OElion, OElh, Allah, sont les noms qu'on lui a toujours donnés dans l'Orient. Fabre d'Olivet.

Avant de passer outre, nous croyons devoir prévenir le lecteur qu'étranger aux langues orientales, toutes nos explications ou interprétations seront empruntées à Fabre d'Olivet, à Walton ou Arias Montanus dans la polyglotte, et à Edmond Castel dans son lexique heptaglotte. Nous aurons toujours soin d'indiquer celui de ces auteurs qui nous aura fourni l'interprétation.

Suivant la théorie la plus probable, et qu'a admise la science, au commencement une nébulosité très-diffuse dans l'immensité de l'espace, et renfermant en soi les éléments du calorique et de la lumière, se réunit, s'amoncelle, se condense, et forme un globe, qui, en conséquence de ses principes, répand une chaleur excessive et une très-vive lumière : c'est le soleil. L'extrême effervescence de cet astre produit une vapeur particulière qui s'étend très au loin, et qui, à mesure que cette effervescence le lui permet, se partage en plusieurs parties, par des divisions concentriques assujetties à certaines lois. La vapeur ainsi partagée se rapproche, se tasse, s'arrondit sous le mouvement de rotation et de révolution qui lui est imprimé; un noyau se forme au centre de cette masse et s'accroît, et la masse devient une planète. Telle est l'origine physique du soleil et des sphères qui se meuvent autour de lui, dans l'état actuel de la science (Laplace, Système de l'Univers.) : la terre produite ainsi ne fut d'abord qu'une masse ignée et fluide. Dans l'idée des auteurs du système cosmogonique des premiers peuples, comme dans la théorie de la science moderne, d'abord création ou concentration de la matière nébuleuse très-diffuse dans l'espace, de laquelle doivent sortir les globes de l'univers; matière dans laquelle nos astronomes reconnaissent les éléments du calorique et de la lumière, et que Moïse aussi qualifie d'essence lumineuse(*); ensuite, séparation de la lumière et de l'obscurité.

(*) « C'est un fait bien digne de remarque que le sens de calorique et celui de lumière se trouvent exprimés dans la Bible par un seul et même mot, comme étant une seule et même chose. On doit donc comprendre, dans le sens de l'hébreu, non-seulement la lumière, mais encore le calorique : il faut donc traduire le mot par lumière calorique, ce qui correspond à notre chimico-électro-magnétique pour ainsi dire née d'hier. La Bible était donc encore ici en avant de la science depuis plus de 3000 ans. On doit remarquer, parce que cela peut aider à concevoir ce que c'est que le phénomène auquel nous donnons le nom de lumière, que le mot pris dans son sens radical, porte avec lui l'idée d'un fluide sortant par effluves. » Éléments de Géologie, mis à la portée de tout le monde, etc., par L. A. Chaubard .

« Et déclarant sa volonté, OEIohim dit : II y aura une raréfaction au centre (du principe) des fluidités aqueuses; et il fit cette raréfaction ; et il fit exister une séparation entre les eaux qui étaient par en bas de l'espace éthéré, et les eaux qui étaient par en haut de cet espace; et ce fut ainsi. Et OElohim assigna à l'espace élhéré le nom de cieux (c'est-à-dire, les eaux vaporisées). »

Ces trois versets ( 6, 7 et 8 ), de la plus grande importance, appellent toute notre attention. Frappés d'une obscurité impénétrable dans le sens rapetissé des Septante et de la Vulgate, ils offrent, dans  le sens élevé que leur a donné Moïse, la preuve de connaissances en physique que ses interprètes ne laissent pas même soupçonner. Que signifie leur firmament, c'est-à-dire, un corps ferme et solide, transparent et de la nature du cristal, séparant les eaux d'en bas des eaux d'en haut? Il n'entrait ni dans les idées ni dans les doctrines des savants du monde primitif, que ce que nous appelons le ciel pût être une masse dure et solide; et quoique du temps de Xantes-Pagnino et d'Arias Montanus la physique fût encore celle qu'avaient transmise les Romains, ces savants n'hésitèrent pas, dans leur traduction littérale et consciencieuse de la Bible, à rendre par expansion des cieux le mot hébreu, si étrangement dénaturé par les Septante et saint Jérôme. Ce que produit la volonté créatrice, ce n'est donc pas un corps ferme et vitré, mais une dilatation, une raréfaction au milieu d'un corps élémentaire, afin d'en former deux corps nouveaux, ayant une origine commune et conservant ensemble les plus intimes affinités*.

* Pour l'intelligence de ce passage d'un si grand intérêt, nous devons puiser dans les notes de Fabre d'Olivet l'explication du mot maim, sur lequel repose tout le mystère. Ce mot hébreu, ainsi que la plupart de ceux dont se sert Moïse, est à double acception, c'est-à-dire qu'il a, suivant les expressions du savant grammairien, un sens hiéroglyphique ou allégorique, et un sens vulgaire; la phrase, mot à mot, est celle-ci : « Qu'il s'opère une expansion au centre de maim et qu'il se fasse une séparation entre maim envers maim. » Ce mot maim se trouve formé de deux racines : l'une ma, exprimant tout ce qui tend au développement de son être ; l'autre im, qui présente l'idée de toute multitude de choses de même espèce, et devient par là le signe du pluriel : cette dernière, dans un sens propre et restreint, signifie la mer, c'est-à-dire, la manifestation aqueuse universelle ( Fabre d'Olivet, Vocabulaire radical.)

Le mot composé de ces deux racines, qui, dans un sens vulgaire, exprime l'amas des fluidités aqueuses, des eaux, semble avoir reçu du sens hiéroglyphique l'idée de la réunion de principes élémentaires aqueux, convertibles en eau et en vapeur : c'est sous cette double forme qu'il se montre les deux dernières fois, dans cette phrase célèbre. Cette phrase équivaudrait donc à celle-ci : « Qu'il se fasse une séparation au centre de maim, principe des eaux, et qu'il se fasse une séparation entre maim, les fluidités convertibles en eau, et entre maim, les fluidités volatilisables en vapeur. » Ce même mot maim, précédé du même signe qui, phonétiquement, résonne i, devient le nom de l'immensité des eaux, les mers, i-maim, que par euphonie on prononce iammim ; précédé de la racine sham, qui entraîne l'idée de tout ce qui s'élève et brille dans l'espace, et, hiéroglyphiquement, d'une étendue circonférencielle  ( Fabre d'Olivet, Vocabulaire radical.). Le même mot forme sha-maim, traduit par cieux, mais qui, littéralement, signifie eaux élevées, sublimées ou vaporisées. Voilà le mystère des eaux d'en haut et des eaux d'en bas, d'au-dessus et d'au-dessous du firmament.

« Et OElohim dit : Les eaux tendront fortement, par en bas de l'expansion, vers un lieu déterminé, unique, et l'aridité paraîtra; et ce fut ainsi : et il assigna à l'aridité, iabascha, le nom de terre, arets ; et à la tendance des eaux il assigna le nom de mers, iammim. Et OElohim considéra cela comme bon. »

L'opération qui extrait d'un même principe provenant du feu, deux corps identiques par leur nature, mais à un état différent, les mers et les cieux, étant terminée, l'aridité est mise à découvert, et ce corps nouveau recoit le nom d'iabascha, dont la signification est celle d'un corps provenant du feu et continuant à brûler dans son intérieur, ce qui prouve que les antédiluviens avaient les mêmes idées que nous sur l'état d'incandescence du centre de la terre* : ainsi cette théorie du feu central, qu'ont rendue incontestable les expériences de Cordier et de Fourrier, se trouve déjà proclamée par les savants qui écrivaient peut-être cent siècles avant nous.

* « Tabascha, l'aridité. C'est une chose non-seulement aridisée par le feu, mais une chose que le feu continue à brûler intérieurement. » Fabre d'Olivet.
Cette théorie du feu central se perdit complétement avec toutes les autres sciences naturelles ; et dans les derniers temps la physique, au lieu d'admettre ce noyau toujours incandescent du centre du globe, lui substitua une masse de glace. Voyez Plutarque, De primo frigido.

En comparant la description que Moïse fait de la création avec les circonstances cosmogoniques sur lesquelles cette description est fondée, on ne peut s'empêcher de connaître qu'à une époque bien postérieure à celle du législateur des Hébreux, il y a eu un dérangement dans l'ordre que ce grand homme avait dû assigner à cette création. Cet ordre indique, après le dixième verset de ce premier chapitre de la Genèse, les versets quatorzième, quinzième, seizième, dix-septième et dix-huitième, complétant la formation des corps célestes, et ayant rapport au partage du temps. Ceux qui avaient su déduire de la science l'histoire de la composition mécanique de l'univers, n'avaient pas placé sans doute une alternance de jours et de nuits avant l'organisation des astres dont l'existence devait seule la produire. En faisant ce léger changement, rien n'interrompt plus l'harmonie parfaite qui règne entre le récit de Moïse et ce que nous apprend l'étude tant de la croûte du globe que de la mécanique de l'univers.

« Et OElohim dit : Il existera dans l'expansion éthérée des cieux des clartés extérieures pour faire le partage entre le jour et la nuit ; et elles seront en signes pour les divisions des temps. Et elles seront comme des lumières sensibles dans l'expansion des cieux, pour briller sur la terre : et ce fut ainsi. — Et Dieu fit ce couple de grandes clartés extérieures , la plus grande pour représenter le jour, et la plus petite pour représenter la nuit, ainsi que les étoiles. Et il les placa dans l'expansion des cieux, pour exciter la lumière à briller d'une manière sensible sur la terre. »

L'univers est organisé, les astres roulent dans leurs orbes, les temps s'écoulent, la matière du globe se refroidit, et sa croûte oxydée se forme. Les premiers phénomènes géologiques font sortir des montagnes du sein de l'Océan primitif universel : alors commence la création des corps pourvus d'organes. « Et OElohim dit : La terre fera végéter une herbe végétante germant son germe, substance fructueuse portant sou fruit selon son espèce, et ayant en soi sa propre semence : et ce fut ainsi. — Et OElohim dit : Les eaux émettront à foison des principes vermiformes, et le volatile volant rapidement au-dessus de la terre sur la surface de l'expansion descieux. Et Dieu créa l'existence des immensités corporelles (monstres marins), et celle de tout être animé se mouvant d'un mouvement reptiforme, dont les eaux émettaient à foison le principe, selon leurs espèces, et celle de tout volatile à l'aile forte et rapide, selon son espèce ; et il vit que cela était bon. « Et OElohim dit : La terre fera provenir une âme de vie (une animalité), suivant son espèce, ayant quatre jambes, se mouvant et vivant d'une vie terrestre, selon son espèce; et ce fut ainsi. — Et OElohim fit cette animalité terrestre, selon son espèce , et ce genre quadrupède, selon son espèce, et l'universalité de tout mouvement vital de l'adamah, selon son espèce ; et il vit que cela était bon. »

Après que la multitude des corps célestes a été organisée, et lancée dans l'espace par la main du Créateur, cette main divine s'occupe de l'organisation de la terre. D'abord doit pousser la verdure, sans laquelle rien de ce qui a vie ne peut exister : l'herbe couvre la terre , qui devient alors propre à recevoir les êtres qui viendront l'animer; ensuite commence l'existence animale, quand les moyens d'alimentation lui sont partout assurés*: les premiers individus du règne animal sont des poissons et des reptiles aquatiques; et cette observation de Moïse, ou plutôt de ceux dont il exposait la doctrine, est confirmée par les faits**. Les animaux vivant dans les eaux vaporisées, c'est-à-dire, dans les airs, accompagnent ces reptiles et ces poissons ; ainsi les mers et les cieux reçoivent les premiers habitants du globe. Pour assigner un pareil ordre à la création, les savants antédiluviens avaient-ils remarqué des débris fossiles de ces deux espèces zoologiques dans les couches les plus basses de certains terrains secondaires, ou n'attribuaient-ils ainsi aux oiseaux et aux poissons cette communauté d'origine dans le principe commun des fluidités aqueuses que par induction, sur la remarque des habitudes de déplacements périodiques auxquels sont assujettis quelques individus de ces deux espèces de l'animalité?

* « II est démontré que la vie, sur notre globe, a dû commencer par la végétation. Avant l'existence de toute animalité, la végétation, très simple, se composait principalement de fougères arborescentes, et de lépidodendrons qui avaient jusqu'à 20 et 25 mètres d'élévation, avec un diamètre de près d'un mètre à leur base, composant des forêts comparables à celles de nos sapins, mais dont les feuilles avaient quelquefois un demi-mètre de long, avec ces fougères et ces prêles étaient des cryptogrammes vasculaires très nombreuses. Ces plantes si simples et si peu variées, qui n'occupent qu'un rang très inférieur dans la végétation actuelle, constituaient, dans les premiers temps de la création des êtres organisés, la presque totalité du règne végétal. La rigidité des feuilles, l'absence des fruits charnus et des graines farineuses, les auraient rendus bien peu propres à servir d'aliment aux animaux; mais les animaux n'existaient point encore; les mers seules offraient de nombreux habitants. » L'auteur, après avoir fait remarquer que l'immense quantité de carbone accumulé dans le sein de la terre à l'état de houille, a dû être puisée par ces premiers arbres de la création dans l'acide carbonique, qui, existant en excès dans l'athmosphère, aurait rendu toute vie animale impossible, ajoute :

« Cet ensemble de végétaux si simples, si uniformes, aurait, en purifiant l'air de l'acide carbonique en excès qu'il contenait alors, préparé les conditions nécessaires à une création plus variée. « Elle semble (cette création) avoir eu pour but de préparer les conditions nécessaires à l'existence de l'homme, et d'accumuler ces immenses richesses de combustibles que son industrie devait plus tard mettre à profit. » Lecture faite par M. Ad. Brongniart à l'Académie des sciences, séance du 11 septembre 1837.

** Les poissons sauroïdes, ces reptiles gigantesques, premiers animaux vertébrés, et qui ont des rapports d'analogie si directs avec les crocodiles, se trouvent en effet avec les baleines dans les couches les plus anciennes ; et c'est une chose très digne de remarque, que la Genèse en place la création avec celle des immensités corporelles des eaux, suivant l'expression de Moïse, c'est-à-dire, avec celle des cétacés.

On sait en effet que, pendant que l'air renferme des oiseaux voyageurs, la mer contient des poissons qui, à des époques réglées invariablement par la nature, changent eux-mêmes de mers et de climat : dans l'un ou l'autre cas, il n'en est pas moins certain que cette doctrine est le fruit de l'étude et de l'observation.

Les eaux et les airs sont remplis d'êtres animés; Dieu s'occupe d'en peupler à son tour la terre. Mais ici il y a une remarque bien importante à faire sur la différence très -significative des termes qu'employait le sanctuaire égyptien pour exprimer le même objet, suivant la différence des circonstances. La terre, d'abord iabasha, matière aridifiée par le feu et continuant à brûler à l'intérieur, est devenue aretz quand la végétation est venue la couvrir pour la rendre habitable. Parvenue à cet état, elle perd ce nom d'aretz pour prendre celui d'adamah, le domaine adamique. Alors paraissent les reptiles terrestres, les quadrupèdes, tous les animaux qui complètent le règne animal. Enfin, quand tous les êtres irraisonnables ont pris consistance sur cet élément de l'homme, ce dernier être, dont les restes ne se trouvent en effet nulle part à l'état de fossile, vient couronner le grand acte de la toute-puissance du Créateur; cest l'Adam. S'il est vrai, comme nous pensons l'avoir logiquement démontré, que le système cosmogonique professé par Moïse nous vienne des peuples antédiluviens, les éléments doivent s'en retrouver plus ou moins conservés, plus ou moins matérialisés, plus ou moins obscurcis, chez les peuples les plus anciens du monde postdiluvien : c'est ce qui a lieu en effet. L'origine du monde, dans les idées des Phéniciens, suivant Sanchoniaton, des Chaldéens, suivant Bérose, des Perses, selon Zoroastre, n'est qu'une doctrine identique avec celle des Égyptiens, doctrine qu'on retrouve également dans les idées des Canadiens sur la création, au milieu des extravagances et des absurdites dont l'ignorance les a entourées.

On découvre pareillement un fond de doctrine identique avec la création de l'homme, selon la Genèse, dans un premier homme tiré de la boue, et dans l'ange armé de l'épée flamboyante pour chasser la race impie, suivant la cosmogonie des anciens Péruviens*; le dogme d'une âme immortelle, répandu dans tout le continent d'Amérique aussi bien que dans les îles de la mer du Sud ; l'idée d'une vie à venir avec des peines et des récompenses, établie chez les naturels des îles Sandwich et des îles des Amis, rattachent également toutes ces croyances à un principe commun ; et ce principe remonte nécessairement à des temps antérieurs à ceux où un grand désastre isola violemment ces peuples les uns des autres. C'est pour expliquer la conformité de principes tant sur la cosmogonie que sur la philosophie avant et après le déluge, qu'ils remarquaient entre la Bible et les écrits de certains moralistes de l'antiquité, conformité dont ils ne savaient comment se rendre compte, que des commentateurs de toutes les époques ont imaginé de faire puiser dans les livres des Hébreux, aussi inconnus hors du sanctuaire juif avant l'époque des Lagides que l'étaient à la même époque les livres du sanctuaire égyptien, leurs modèles, les Zoroastre, les Confucius,les Sanchoniaton, les Pythagore, les Platon, et même Orphée, quand on n'a pas contesté l'authenticité de ses fragments. Ce système cosmogonique, que Moïse avait recu de la caste savante de l'Egypte à une époque où le sacerdoce égyptien était encore imbu de la science des peuples primitifs, est bien différent de celui que donne Diodore ; mais, du temps de cet historien, il n'y avait plus, même en Egypte, unité dans la manière d'envisager l'origine des choses ; et ce dissentiment est pleinement confirmé par Porphyre, dans sa lettre au prêtre égyptien Anebon (In Jamblico).

* Garcilasso de la Vega dit que les Peruviens donnaient au premier homme le nom d'Apalcamasca, qu'il interprète par terre animée.

Les uns regardaient alors le monde comme éternel et incorruptible ; les autres croyaient à une création, mais la rendaient tellement obscure et matérielle qu'on a de la peine à en pénétrer le vrai sens. Toutes les notions scientifiques en sont effacées, et à leur place on ne voit plus qu'une émission d'insectes attribuée à la putréfaction, la sortie de terre d'animaux qui, après une sorte d'incubation solaire, rompent les membranes qui les retiennent, comme les foetus des crocodiles rompent, sous le soleil qui les a échauffés, la coque de leurs œufs, et se répandent sur le globe : ceux de ces animaux qui ont le plus participé à la chaleur de l'astre incubateur s'élèvent dans les airs; ceux en qui domine le principe terreux restent sur la terre ; ceux en qui prévaut la nature aqueuse se précipitent dans les eaux : la boue du Nil finit par donner aussi naissance aux hommes. Nous n'avons rien à dire sur un système aussi mesquin, tracé par Diodore comme appartenant à l'Egypte: à l'Egypte, oui, mais l'Egypte complétement dégénérée.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans : LE JUDAÏSME
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Jeudi 10 avril 4 10 /04 /Avr 22:42

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

14ème partie

13ème partie

12ème partie

11ème partie

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

ÉPOQUES HISTORIQUES.




Voici maintenant l'ensemble de la tradition relative à Babel, expliquée selon le sens intime. Je mets en garde la traduction de MM. l'abbé Glaire et Franck pour le sens vulgaire et convenu. J'aurais pu choisir celle de M. Cahen, qui est beaucoup plus littérale ; mais M. Cahen est israélite, et M. Glaire a si vivement critiqué cette traduction, qu'il faut croire celle de ces messieurs meilleure*.

 

* Fabre d'Olivet n'a point traduit l'épisode de Babel ; son livre hébraïque n'explique que les dix premiers chapitres de la Genèse.

Je placerai la version mot à mot et les notes à la fin de cette dissertation.

Remarquez d'abord et pesez la valeur, sous le rapport chronologique et religieux, de cette locution traditionnelle, échappée du temple de Jérusalem et trahie par Esaïe.

"Les Egyptiens reviendront vers JÉOVÉ ( UShBOU OD JÉOVÉ), il se laissera fléchir par leurs prières.

"Israël se joindra pour troisième à l'Egypte et à Assur (IN DIE ILLA ERIT ISRAEL TERTIUS AEGYPTO ET ASSUR). Et  JÉOVÉ bénira cette union en disant :

BENIS SOIENT

         L'EGYPTE,              mon peuple ;
         ASSUR,                  l'ouvrage de mes mains ;
    et ISRAEL,                  mon héritage.

 

 

Voilà donc comment s'opéra la divulgation de l'écriture alphabétique, voilà comment, par l'usage de cette écriture, le langage primitif qui jusqu'alors avait été borné à un petit nombre de mots, s'enrichit d'expressions nouvelles, qui d'abord purent produire quelque embarras, mais qui bientôt après enrichirent la pensée et donnèrent à l'entendement humain tout l'essor dont ilétait susceptible et qu'en effet il a pris depuis.

Ainsi s'explique également, d'une manière simple et raisonnable, et par la seule puissance des mots, la cause et l'intention qui firent ériger cette tour si célèbre et pourtant si mal connue. On n'a plus besoin d'un miracle préparé par une absurdité, justifié par une crainte qui dégrade l'idée que nous devons avoir de la puissance de Dieu, pour en expliquer les conséquences; c'est- à-dire pour comprendre la confusion, l'embarras introduit effectivement à cette époque dans le langage.

On entrevoit aussi, sans recourir aux citations et aux commentaires, la vérité de ces mots connus et qui ne sont qu'une tradition égyptienne : Tot, imitant le ciel, fit les caractères des lettres; ou : —l'antique chef du Sacerdoce égyptien symbolisé sous le nom de TOT (TAUT, les signes, à cause de l'invention des signes, fit, en imitant les signes des constellations, les caractères des lettres; — imitation qui remonte donc à Babel pour ce qui est relatif à l'alphabet zodiacal et à celui de seize lettres.

Il me semble que cette tradition historique, doit avoir produit la preuve que l'invention des signes célestes est antérieure à l'idée d'ériger un observatoire astronomique dans le centre de Shinôr, appelé depuis Babylone.

Comme l'alphabet que nous trouvons à Shinôr est celui de Phaleg ou Pelage, alphabet de seize lettres, il en résulte également que l'alphabet osiridien n'en ayant que dix, est antérieur; et de plus , que la division astronomique en douze signes zodiacaux a dû succéder à une division différente, et par dix. Il est probable que pour cette division on avait fait usage de ces dix lettres, puisque six d'entr'elles, Aleph, Lamed, Beth, Caph, Mim et Nun, sont pour le Taureau, le Lion, la Vierge, la Balance, le Verseau et les Poissons.

Ceci nous ramène à ce que j'ai dit de la division de l'année en mois de vingt jours; mais ce n'est pas le moment de nous y arrêter.

Les traditions attribuent à ShT, ou SeTh selon l'orthographe ordinaire, l'invention des signes astronomiques, et l'on parle de ST-èles, tables ou colonnes érigées par lui ou sur ses enseignements pour conserver les sciences de l'ancien monde.

Le nom de ce personnage est célèbre en Egypte comme nom de constellation. Suivant que les observations étaient relatives au cours annuel des astres ou aux révolutions qui ont lieu sur la terre par le changement des mois et des saisons, ce nom recevait une prononciation différente, on le prononçait SeTh, SeThos ou SoThis dans le ciel, c'est-à-dire lorsqu'il s'agissait de la science astronomique ou de la sainte doctrine. Son nom était ToTh, TeTh, TeThos, ou ToThès, ou même A- ToThès, sur la terre, c'est-à-dire lorsqu'il traitait des révolutions annuelles. Sous le nom de Sothis, il fermait, il finissait l'année, et c'est ce que signifiait ST, STY ou SoTY. Sous le nom de Toth ou de ToR, au contraire, il ouvrait l'année, il en était le portier, et c'était une des significations de son nomTÔR.

L'auteur de la Genèse a négligé ces traditions, qui sont fort anciennes et qu'il a dû connaître : elles n'étaient pas nécessaires à son plan, ou peut- être jugea-t-il qu'elles étaient suffisamment indiquées par les significations attachées au nom de SheT, et par l'ensemble du texte qui paraît expliquer ce nom.

Quoi qu'il en soit, Seth est connu dans l'histoire du langage et de l'invention des lettres. Pour se rendre compte de l'identité entre son nom et celui de Toth, il suffit de se rappeler le déplacement de la lettre Sh et son changement en T.

A côté de ce nom, sous celui d'Enosch, Moïse a placé cette observation :

AZ ÉOVÈL —QRA  B~ÇhM JÉOVÉ, tunc cœptum est ad invocandum in nominc Domini, dans laquelle se trouve le nom de JÉOVÉ, anachronisme manifeste et reconnu, erreur de rédaction, consentie pour remplacer un mot antique et oublié par un mot nouveau, par un mot nouvellement révélé aux Israelites, et sur lequel devait reposer tout l'esprit théosophique des lois mosaïques.

Cette phrase est connue sous le rapport des difficultés qu'elle présente ; car, indépendamment de l'anachronisme remarqué par tous les interprètes, ce mot JÉOVÉ avec ce qui précède, établit évidemment, selon le sens vulgaire, qu'avant Enosch les hommes n'avaient eu aucune idée de religion , de culte, de piété, de prière; et cependant, remarquez ceci, ce serait à partir de ces institutions religieuses que daterait l'excessive corruption des hommes, corruption tellement grande, qu'elle motive le déluge.

Il y a donc erreur, et très certainement, dans cette manière d'interpréter les mots de la phrase.

Voici la traduction de M. Cahen :

« Alors on commenca par nommer par le nom « de l'Eternel. »

MM. Glaire et Franck ont traduit :

« C'est de son temps qu'on commença a invoquer le nom de l'Eternel. »

Ces messieurs n'ont pas sans doute pensé à la conséquence fâcheuse d'une semblable traduction. M. Cahen a mieux choisi le sens de sa phrase. On voit cependant combien elle est obscure; elle ne présente réellement aucun sens positif : que veut dire on nomma par le nom de l'Eternel. Etait-ce donc un usage dans l'antiquité, de prodiguer ce nom et de l'attacher à tout? Ce n'est pas ce que Moïse a voulu dire, lui si fidèle au respect des initiés pour ce nom sacré, lui qui défend si expressément de prendre ce nom en vain, d'en user sans respect, LÇhOUA.

Pour retrouver le sens de cette phrase, il faut donc faire disparaître l'anachronisme, et voir sous le nom de JÉOVÉ le mot primitif AÉI, comme les Juifs y voient le nom du Dieu que leurs ancêtres adorèrent dans le désert, ADONI.

De l'aveu de Moïse, JÉOVÉ est un mot que n'ont point connu les patriarches, un mot que lui- même, lui si savant dans les lettres sacrées, eut mission et autorisation de divulguer pour remplacer AÉI, nom de l'Eternel, Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

Ce point établi il ne nous restera plus qu'à rendre au mot QRA sa signification primitive qui est lire à haute voix, et l'on aura cette phrase:

« Alors on commença à lire par le nom AÉI.

Ce nom, on se le rappelle, est composé des trois premières lettres de l'alphabet osiridien, alphabet sacerdotal; sans leur concours toute lecture s'adressant a l'ouïe est impossible. Commencer à lire par le motAÉI, revient à notre façon de parler, commencer à faire usage de l'ABC. Mais il exprime plus encore, puisqu'il explique un fait historique.

Jusqu'au temps d'Enosch, la lecture avait été pratiquée au moyen des signes symboliques et hiéroglyphiques qui ne frappent que la vue ; alors, on commença à faire usage, on découvrit l'usage qu'on pouvait faire des caractères astronomiques osiridiens pour suppléer à l'absence des signes figurés sur les monuments ; on concut l'idée de faire
pour l'ouïe ce qu'on avait fait pour les yeux.

On remarqua que les signes astronomiques figurés par les osiridiennes A, E et I, pouvaient bien être rappelés à la pensée par le son connu et caractérisé de ces lettres, et l'idée vint de les associer avec les sept autres signes osiridiens. On convint de marquer ces combinaisons par des articulations bien tranchées, et ces articulations furent, L, B, C, D, M, N, Sh.

Il n'était pas difficile de s'entendre pour cela : il ne s'agissait d'abord que des sept combinaisons LA, BA, ÇA, DA, etc., et enfin de quatorze autres. Ces combinaisons s'adressant à l'ouïe et à la vue en même temps, il ne fallait pas un grand effort de mémoire pour les retenir.

Voici ces vingt-et-un monosyllabes, les premiers mots alphabétiques que les hommes aient inventés et écrits: LA, LE, LI; BA, BE, BI; ÇA, CE, CI;DA, DE, DI; MA, ME, MI; NA, NE, NI; ShA, ShE, ShI. On serait tenté de demander s'il n'y aurait pas quelque rapport entre ces dénominations primitives et les vingt et une constellations septentrionales que les anciens comptaient hors du zodiaque (Voyez pag. 73, n. 4 el 5).

Ces vingt et un monosyllabes étant devenus familiers, on comprit la possibilité de créer de nouvelles combinaisons, qui parlassent comme les premières à l'ouïe ainsi qu'à la vue, et l'on eut bientôt une langue factice composée de cent mots scientifiques.

Ce fut la première langue alphabétique et l'origine de toutes les autres.

Cette langue si bornée s'accrut par l'invention qui eut lieu à Babel, et elle devint l'hébreu primitif, puis enfin l'hébreu de Moïse.

Les premières lettres de l'alphabet osiridien étaient le nom de l'Eternel.

Alors on commença à lire au moyen de ces lettres.

Il était donc bien vrai, bien exact de dire, comme Moïse : alors on commença à lire par le nom de l'Eternel; mais il fallait savoir quel était ce nom. Ce ne pouvait être JÉOVÉ, cette dénomination n'existait pas, c'était donc AEI.

Ce fut sous le fils de Seth, sous ENOSCH, que cette mémorable découverte eut lieu ; et c'est en effet à Enoch (par similitude du nom) qu'on attribue le premier, le plus ancien livre écrit; livre cité par saint Jude, par Tertullien, par Origène ; livre qui, dit-on, existe encore en éthiopien.

Remarquez enfin que ce mot ENOC signifie l'initié, l'initiateur, celui qui a reçu l'enseignement et celui qui le donne.

Ainsi, nous avons les époques précises de l'invention des deux premiers alphabets.

Le plus ancien, du temps d'Enosch, avant l'époque du grand cataclysme appelé le déluge.

Le second, après ce déluge, à l'époque où l'on met communément la tour de Babel et la confusion des langues.

On peut placer environ cinq siècles après Babel l'invention du troisième alphabet, celui dont les lettres furent nommées assyriennes, d'AÇhR. Il est plus ancien que Moïse, puisque, suivant Philon, Moïse apprit les lettres assyriennes en Egypte.

Cet alphabet fut donné aux Hébreux par Moïse avec la langue hébraïque. Les prêtres égyptiens qui l'avaient instruit, et dont il avait révélé les principes religieux et la langue sainte, l'appelèrent, de l'aveu de Manethon, prêtre égyptien lui-même, AShR-ShaPh, mot hébreu composé déjà vu, et qui signifie langue parfaite, parole de félicité et de bonheur.

Ce mot, échappé à un prêtre égyptien qui traite fort mal la population israëlite, et qui ment évidemment lorsqu'il donne les motifs de leur sortie d'Egypte, confirme ce que j'ai dit de la langue ambrique, la même que la langue hébraïque, et laisse entrevoir bien des mystères. Il resterait à déterminer historiquement cette troisième époque, mais elle importe peu maintenant et j'en réserve l'étude pour une autre occasion, si je dois continuer la version de la Génèse par le sens intime et rationnel.

Il résulte de ces alphabets, ainsi chronologi quement rapprochés, que les lettres Th, S, Ph, Tz, Q et R étant les dernières inventées, les mots où elles se trouvent sont modernes en comparaison des autres, et appartiennent à la troisième époque.

Que les racines ou mots écrits avec les seules osiridiennes appartiennent au contraire à la première époque.

Que les racines où ces lettres osiridiennes sont jointes aux caractères G, Y, Z, E, T et Ô, peuvent appartenir à l'alphabet zodiacal, ainsi qu'à la seconde et a la troisième époque.

Que les racines d'où sont banies les osiridiennes sont de la seconde ou de la troisième époque.

Et qu'enfin en poursuivant la racine monosyllabique d'un mot, il faut avoir égard à l'ordre successif et chronologique des caractères.
Chercher le mot par A, puis par Ô ;
par E, puis par E ;
par I, puis par Y ;
par B, puis par Ph ;
par D, puis par T et par Th ; ,
par C , puis par G et par Q ;
par L, puis par R ;
par M,
par N,
par Çh, puis par Z et par S et Tz.
Alors on trouvera :
100 racines de deux lettres pour 1ère époque,
156 idem — pour la 2ème époque,
228 idem — pour la 3ème époque.

En tout484 racines primitives de deux lettres. Si toutes ne sont pas usitées, elles ont pu l'être; mais il peut y avoir eu des rapprochements de lettres impossibles, comme, par exemple, celui de U première radicale avec toute autre lettre qu'elle même ; celui de l'A et de l'Ô, qu'on ne trouve que dans trois ou quatre mots orthographiés chaldaïquement.

Cette antipathie n'existe pas dans les mots soumis aux formes grammaticales, ce qui prouve que ces formes sont modernes, et qu'elles étaient primitivement des mots détachés, mis à côté de ceux sur lesquels elles devaient produire une action ou modification.

Quelle peut avoir été la cause de cette antipathie?

Provenait-elle de la signification radicale des caractères ?

En effet,
A peint le bruit, le son, l'éclat d'un objet;

É peint l'être, l'existence;

I peint la vue, la manifestation, l'indication d'un objet;

O ou A peint la voix, l'ouïe, la lumière;

E peint la vie, le mouvement vital;

Y, OU, peint la vue incertaine, le doute; l'indication vague, douteuse ; la situation entre plusieurs objets.

Enfin, il est très remarquable que toutes les inflexions grammaticales des verbes, que toutes les formes des pronoms postfixes ou préfixes, que les articles, prépositions et particules adjonctives ou conjonctives appartiennent toutes à l'alphabet de la première époque, et qu'il n'y ait d'exception que pour l'Y et pour le T, qui sont de la seconde :
Y, qui pour la forme hébraïque, pour la valeur et l'emploi, remplace si souvent et si facilement la lettre I de la première époque ;

T, qui figuré + dans l'hébreu ancien et sur les médailles, a pris cette forme du Çh ou Sh dans l'alphabet primitif; et qui remplace si facilement cette lettre Çh ou Sh dans une foule de noms devenus chaldaïques par ce changement.

Il y aurait quelques observations à faire sur l'usage du pronom préfixe Çh, que l'on dit postérieur au siècle de Moïse (Gramm. hébr. de l'Advocat. ) ; mais il suffit de considérer qu'AÇhR est un mot fort important, dont on n'a pu hasarder une abréviation que tard. La remarque est d'ailleurs inexacte : l'adverbe B-Çh-GM par-ce-que Genèse 6. 3. (sens littéral), est composé de B préposition, de Çh relatif et de GM; ainsi, la conséquence qu'on a tirée de l'absence de cette abréviation, pour prouver l'antériorité des livres de Moïse, tombe. Cette abréviation est au surplus fort rare, excepté dans les Psaumes, l'Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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Jeudi 10 avril 4 10 /04 /Avr 21:55





AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

13ème partie

12ème partie

11ème partie

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

ÉPOQUES HISTORIQUES.



BABEL

 


Nous laisserons à des curiosités tristement laborieuses, dit M. l'abbé Latouche, la tour de Babel et ses briques hiéroglyphiques. » Nous ne sommes pas si dédaigneux. M. l'abbé Latouche avait renoncé aux dénominations antiques des lettres de l'alphabet, et ces dénominations nous ont découvert l'existence d'un alphabet zodiacal. ll abandonne maintenant la tour de Babel : voyons, peut-être y trouverons-nous quelque chose.

 

Nous avons dit que le second alphabet, composé de seize lettres, est celui que les historiens ont appelé Pélagien. Le nombre de lettres de cet alphabet a varié plus tard.

Ce mot PeLaG ou PhaLeG doit nous apparaître maintenant comme une révélation entière.

En effet, ne suffit-il pas de ce mot pour rappeler à notre souvenir une époque célèbre dans l'histoire de la parole, et que l'auteur de la Genèse, quel
qu'il soit, a caractérisée par ce nom symbolique, BABEL?

Cette époque, c'est celle où la langue parlée d'un peuple primitif éprouva une révolution générale par le surcroît d'un grand nombre de mots nouveaux.

La signification de ces mots n'étant pas bien déterminée, ou n'étant pas comprise du vulgaire, il en résulta ce qu'on a appelé la confusion des langues.

On concevra sans peine qu'une langue dont jusqu'alors dix caractères avaient peint toutes les articulations, tous les sons, dut être prodigieusement changée ou rendue méconnaissable par le mélange de six nouveaux caractères qui peignaient tous des sons nouveaux et des articulations nouvelles ; qui créaient enfin des mots étranges, illisibles, ou n'offrant aux yeux qu'une espèce d'hiéroglyphes inconnus.

Ainsi, c'est à Babel, c'est à l'occasion de cette tour célèbre, consacrée alors comme depuis aux observations astronomiques, qu'eut lieu la première réforme de la langue sacrée, de la langue hébraïque primitive.

Examinons d'abord le verset principal de cette précieuse tradition, à laquelle l'auteur a donné littéralement le sens et la forme d'un fait miraculeux; nous étudierons ensuite l'ensemble et le sens intime ou rationnel du récit.

Selon l'interprétation vulgaire du texte, il n'y avait autrefois sur toute la terre qu'une seule langue, et les hommes n'avaient qu'une seule manière d'exprimer leurs pensées.

Quelques-uns étant partis de l'Orient, arrivèrent dans la plaine de Sénaar, et s'y établirent.

Ils préparèrent les matériaux nécessaires pour une construction gigantesque, — et ils se dirent ensuite :
BATISSONS-NOUS UNE VILLE ET UNE TOUR DONT LE SOMMET TOUCHE AUX CIEUX, FAISONS-NOUS UN SIGNAL : PEUT-ÊTRE SERONS-NOUS DISPERSÉS SUR LA TERRE.

Voici le texte avec la traduction interlinéaire.
ÉBÉ      NBNÉ    LNOU    ÔIR             U-MGDL U-RAÇhOU
agite, œdificamus nobis civitatemet turrim    et caput ejus
B-ÇhMIM,   U-NÔÇhÉ     LNOU     ÇhM      PhN
incoelum,   et faciamus   nobis     nomen    ne forte
NPhOUTz      ÔL     PhNI   CL     EARTz.
dispergamur super faciès omnis terrœ.

La traduction de M. Cahen est plus exacte que cette version, et cette exactitude tient à l'emploi du mot signal pour rendre l'hébreu ÇhM; elle est surtout supérieure a celle de MM. Claire et Franc, que voici : « Essayons de nous construire une ville et une tour dont le sommet s'élève jusqu'au ciel, ( nous rendrons par là notre nom célèbre, ) afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de la terre. »

Néanmoins la traduction de M. Cahen ne reproduit que le sens apparent et littéral du texte ; elle ne nous offre encore rien de relatif à l'objet réel de ce monument.

Pour avoir le sens intime de ce texte, il ne faut que rapprocher davantage de leur signification primitive les mots ÔIR, MGDL, RAÇh et ÇhM.

ÔR, ÔIR ET ÔYR.

OYR ne signifie une ville que secondairement, et par une application de la valeur qu'il a dans le sens intime de ce passage. Il veut dire veiller et tenir éveillé ; tenir les yeux ouverts pour observer dans les ténèbres, dans l'absence d'AYR, de la lumière, car ce mot, qu'on peut prononcer AYR, est évidemment la transcription d'AYR, AUR prononcé négativement.

ÔYR, ÔIR, employé pour désigner un monument, un édifice, une construction haute et fermée (arcem) ne peut donner d'autre idée que celle d'un lieu où l'on veille, où l'on observe pendant la nuit, en un mot d'un observatoire; et même ce sens d'observer se rapporte aux astres : ainsi, ÔYR est aussi l'esprit qui veille sur un des astres, et le pluriel ÔYR-IM, les intelligences qui dirigent le mouvement des astres.

Ce mot, appliqué à l'ensemble d'une quantité de monuments élevés par les hommes, a dû signifier une ville : il s'est écrit ÔR et ÔIR, et même alors il fait naître la pensée d'une surveillance exercée autour de soi, de nuit d'abord , de jour ensuite, dans une enceinte entourée de murs, ou fermée de toute autre manière.

Quant au changement de la lettre Y en I, il ne doit plus étonner ; ce changement est d'ailleurs fort commun dans la langue hébraïque. Il ne faut en tenir compte dans l'étymologie; on les voit disparaître ici pour laisser à nu la racine ÔR, qu'on retrouve dans le pluriel ÔR-IM. Il suffit de comparer la forme de ces deux lettres Y et I,ו י, en hébreu, pour s'expliquer comment indépendamment du son souvent le même, elles peuvent être employées l'une pour l'autre.

MGDL


Le mot MGDL qui suit ÔIR, et qui lui est joint par la conjonction U, explique l'objet pour lequel on veut élever et bâtir cet observatoire. M-GDL signifie bien une tour, mais ce n'est que dans un sens dérivé; et la preuve que l'idée d'une construction colossale de ce genre ne lui convient pas d'une manière absolue, c'est qu'il signifie tout aussi bien une chaire, une tribune de laquelle on peut haranguer dans un temple ou ailleurs. Nous l'avons vu employé dans ce sens, à l'occasion de la lecture du nouveau Pentateuque revu par Esdras.
 

Pourquoi donc ces significations si opposées?

C'estqu'en les attribuantau mot MGDL*, on n'a eu égard qu'à la forme des objets construits; c'est que le mot GDL, sur lequel il s'élève, appelle l'idée d'une chose tournée, ou qui entoure et fait le tour; d'une bande, d'un cordon, d'une zone, d'un ruban déroulé, en forme circulaire, ce que représentent en effet les bords d'une tribune, et en grand les murs d'une tour.

* Ce mot MGDL avait été pris dans le sens d'obélisque : c'est une erreur, quant à ce passage du moins. (Essai, p. 285. )

Enfin, le mot GDL avait probablement, lorsque, l'auteur de ce récit en fit usage, la signification qu'il a gardée dans l'arabe, et il désignait une table astronomique, un calendrier.

Les Coptes avaient conservé l'idée de tour pour désigner les signes du zodiaque.

En arabe BRG ou BRGA, une tour, désigne le zodiaque et les douze signes du zodiaque*.

* Voyez entr'autres le Lexicon Pentaglotton de Schindler.

Cette zone, cette bande rubannée et arrondie pour laquelle on veut construire un obervatoire, est donc un cercie astronomique, un calendrier dans le genre du grand cercle élevé sur le tombeau (EPI TOU MNÈMATOS) d'ISO-mandès ou OSl-mandès, d'Osimandias, personnage allégorique par son
nom même ; et c'est probablement ce cercle célèbre que l'auteur avait présent à sa pensée lorsqu'il rédigeait cette partie de la Genèse.

Le sens des mots du verset est donc jusqu'ici : bâtissons-nous un lieu d'observation, un édifice pour veiller et pour observer les astres ; ou bâtissons-nous un observatoire et une tour, un cercle astronomique.

Ce sens modifie celui des mots qui suivent ; RAÇh-OU B-ÇhMIM, sa tête est ou sera dans les cieux : ce qui ne signifie pas positivement dont le
sommet touche aux cieux.

RAÇh.

Le mot RAÇh désigne le chef, la tête, mais il les désigne comme principe dirigeant et d'où découlent les choses ; comme le principe ( non le commencement) des choses, la cause qui les génère.

La signification de ce mot, on le sent bien, suppose un mouvement directif agissant de haut en bas, du commandant au commandé, du supérieur à l'inférieur, et non de bas en haut comme le sens vulgairement adopté l'indiquerait nécessairement.

ÇhMIM.


Il ne nous reste plus qu'un mot à étudier, mais ce mot est de la plus grande importance, c'est le singulier de ÇhMIM, les cieux.

 

Ce singulier estÇhM, en arabe ÇhM-A, le ciel ; on le traduit : signe, signal, nom; c'est la racine du grec SèMA, un signe, une marque, un astre, un signe horaire, une lettre.

Il signifie SIGNE, parce que le ciel est la partie de l'univers pour laquelle les hommes ont primitivement fait usage de signes.

Il se rend par NOM, parce qu'un nom est un signe ; et parce que les hommes n'ont inventé les lettres, au dire formel des anciens, que par l'imitation
même de ces signes.

ÇhM est donc bien réellement le singulier de ÇhM-IM, les cieux, et sa signification littérale et précise, bien qu'on l'ait communément négligée après l'invention de l'alphabet de vingt-deux lettres, est un ciel, un ciel signifère,un ciel astronomique, parce que dans le vieux langage hébraïque et dans l'hébreu de Moïse, l'idée de ciel ÇhM-IM, est inséparable de celle de signe, ÇhM.

Conçoit-on que la signification radicale d'un nom sorte d'un pluriel ? et conçoit-on qu'elle reste étrangère au singulier de ce nom? Mais alors, pourquoi et comment le pluriel ? pourquoi le pluriel de tel nom plutôt que de tout autre ? ÇhM est donc bien réellement encore un ciel figuré par la main des hommes. Or, que peut être un ciel astronomique fait par la main de l'homme sur une bande circulaire, sur une tour, si ce n'est un zodiaque et un planisphère céleste ?

On s'explique maintenant la singularité de ce mot ÇhMIM, les cieux, au pluriel, pour un objet qui est un dans la nature et qui ne permet même pas l'idée d'une pluralité, comme le permettent les mots Dieu, soleil, car on peut avoir l'idée de plusieurs puissances, de plusieurs Dieux, de plusieurs soleils: l'espace semble pouvoir en contenir un grand nombre ; mais les hommes n'ont jamais pu concevoir naturellement plusieurs cieux*. On voit que cette singularité est due à la multiplicité des signes astronomiques, et aux tableaux de ces signes, on voit également que dans plusieurs circonstances
ÇhM-IM doit signifier les signes du ciel, les signes astronomiques, l'ensemble des constellations figurées, un planisphère céleste.

* Le caractère chinois de ciel est composé de deux hiéroglyphes qui signifient LE GRAND-UN , tant l'idée du ciel tient à celle d'unité.

On voit enfin que la création de ce mot ÇhM pour désigner le ciel, est encore un ouvrage, une production de l'esprit de l'homme, qu'elle est étrangère au langage donné, inspiré par la nature et l'organisation vocale de l'homme ; que cette création est postérieure à l'invention des signes astronomiques, et qu'elle n'est due qu'à ces signes.

La division du ciel en trois ciels, ou trois zones superposées, a une autre origine que nous trouverons quand nous en serons aux premiers versets du second chapitre de la Genèse.

ÇhM n'a pu désigner un nom, comme nous entendons ce mot, que tard et après la divulgation de l'écriture alphabétique. Or l'usage commun de cette invention a presque effacé du mot ÇhM, même la signification de signe, caractère, marque, symbole, hiéroglyphe, et ne lui a laissé que celle de nom.

Venons-en à l'origine de ce mot, un des plus importants de la langue hébraïque.

L'invention de l'écriture provient de l'imitation des signes célestes ; les traditions égyptiennes et phéniciennes nous le disent, et nos études l'ont déjà suffisamment montré. ÇhM était le nom qui désignait ces signes, puisque son pluriel  ÇhM-IM signifie les cieux. Mais pourquoi ce mot ÇhM et non tout autre ? Le voici, et cette étymologie, qui explique la cause du choix qu'on fait, prouve aussi que ce mot doit avoir au singulier la signification que l'usage moderne lui refuse, ou que le sens convenu lui a enlevé.

ÇhM est le mot antique de l'araignée, dont l'ouvrage suspendu dans les airs au milieu des campagnes et se détachant sur le ciel, est travaillé en forme circulaire et divisé en rayons et en zones comme le tableau du ciel ou des signes du ciel, comme les premiers planisphères célestes. De là seulement est venu pour ce mot ÇhM l'ensemble des significations qui lui sont ici restituées, et qu'il doit prendre souvent dans le texte de Moïse et dans les paraboles ou allégories relatives à des usages qui se rapportent aux premières époques de la civilisation humaine.

Je néglige les inductions qui expliqueraient enfin l'origine et le comment de l'idée qui fit imaginer ces planisphères célestes. Je dirai seulement, parce que le mot araignée peut avoir paru trop peu noble à quelques personnes, et pour justification historique, qu'Eudoxe, qui séjourna si longtemps en Egypte, fit connaître un cadran fameux que l'on appelait l'araignée, à cause des signes horaires et des courbes qui y formaient une sorte de réseau*.

* Voy. M. Jomard, Syst. métrique des Égyptiens, pag. 239

Ainsi donc, la traduction précise de la première partie du verset sera : bâtissons-nous un observatoire et une tour, un cercle astronomique, dont le principe sera dans les constellations du ciel.

Après cette première partie, maintenant connue, viennent ces mots, U-NÔÇhÉ LNOU ÇhM, que l'on traduit : faisons-nous un signal, ou rendons notre nom célèbre, et qui ne peuvent l'être ainsi.

Il a fallu évidemment la contrainte de l'habitude et du sens convenu pour traduire U-NÔÇhÉ par faisons-nous.

Le mot NÔÇHÉ est un futur convertible et non un impératif; il ne signifie pas non plus nous ferons, puisqu'il faut le tourner par le passé, mais nous avons fait; et comme s'être fait une chose c'est l'avoir, OÇhÉ signifie aussi avoir : dans cette phrase, U NOÇhÉ est donc pour: or, nous avons; or, nous nous sommes fait.

J'ai parlé de futur convertible ; ceci mérite, exige même une digression.

Ce mot futur convertible signifie entraîné du futur au passé. Ce mouvement a lieu par la force de la conjonction U ou Y, que l'on traduit communément par et, or, etc.

J'ai déjà dit quelque chose de la puissance de cette voyelle (page 83) ; un plus grand détail est nécessaire, parce que dans les traductions qui vont suivre on verra presque partout le futur prendre la signification du passé, par la seule puissance de cette lettre.

OU, que l'on transcrit aussi U et Y, est une voyelle dubitative, c'est-à-dire exprimant le doute, l'incertitude. Elle se place entre deux idées, ou deux mots ayant un sens différent. Quand elle ne peut faire douter de la signification de l'un par la signification de l'autre, elle s'attache aux deux ; également et en même temps, elle les lie entr'eux, elle opère un mouvement qui les rapproche, elle saisit l'un et n'abandonne point l'autre. Quand elle se joint aux verbes, elle entraîne le temps connu et désigné vers celui qui ne l'est pas; elle opère ainsi une conversion, et c'est pour cela qu'on dit
qu'elle est convertible.

Elle attaque donc le futur énoncé, le rend douteux et par cela seul elle le tourne au passé, car les verbes en hébreu n'ont que ces deux temps. Elle change de même le passé en futur.

Elle saisit l'objet que la pensée considère en état de repos, ou de matière, ou d'inertie, et frappant de doute cette manière d'être, elle le produit au mouvement et à la vie: ainsi, lorsqu'elle s'ingère dans un nom, elle lui donne un mouvement vital et le fait verbe. C'est ainsi qu'elle opéra sur tous les mots et monosyllabes qui avaient précédé sa création ; et comme il faut qu'elle saisisse deux objets à la fois, elle se plaça entre les caractères de ces
monosyllabes.

Cette lettre si singulière appartient à la seconde époque de l'alphabet, à l'époque même dont nous nous occupons dans ce moment. Son origine est donc à Babel : qu'on juge de la confusion que sa puissance opéra dans le langage écrit et probablement dans la langue parlée!

Son nom et sa forme ont été choisis pour exprimer cette propriété de saisir et d'attirer à soi : ו en hébreu, Y dans les caractères grecs, donnent l'idée d'un croc, d'une pince ; dans l'alphabet zodiacal elle est représentée par les pinces ou serres de l'écrevisse, dont le mouvement est censé rétrograde ou reporter en arrière.

Tout le mystère de sa force convertible résulte de cette signification dubitative et rétrocessive OU ; elle peint un mouvement de bascule entre l'un ou l'autre, avoir clé ou devoir être. Ainsi, placée devant devoir être de cette manière ou devoir être elle lui fera signifier avoir été. Placée devant avoir été, elle lui fera signifier devoir être.

A la fin des noms et des verbes elle saisit l'objet dont on parle et le désigne, lui, il, de lui, à lui.

Ses valeurs comme relation conjonctive sont une conséquence de la signification de doute et d'accrochement à tout. On la traduit ou, et, mais, cependant, or, alors, puis, après que, quand, c'est pourquoi, etc.

Elle ne peut être première radicale dans aucun mot, si ce n'est son nom formé des deux pinces de l'écrevisse (Voyez l'alphabet zodiacal.). On conçoit cette exclusion, la place qu'elle occupe à la tête des mots ne lui est accordée que pour l'exercice de ses fonctions grammaticales -, dans le corps des racines où elle se trouve, elle agit par usurpation et remplace la lettre I.

Considérée sous le rapport générant et général de sa signification matérielle cette lettre désigne : la vue incertaine, l'indécision ; l'indication douteuse, produisant le rapport, le rapprochement de plusieurs objets.

L'invention de cette lettre et sa puissance sont, comme on voit, une production de l'esprit et du raisonnement; sa présence dans l'alphabet zodiacal fixe son origine à Babel. Elle est tout un système grammatical; elle confirme ce que j'ai dit : les langues alphabétiques sont des langues créées par l'usage de l'alphabet même, et autres que le langage naturel de l'homme.

14e partie

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