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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 17:02

 

Les éthiques originales

 



L'éthique sceptique

Le scepticisme éthique affirme qu'il est possible de parvenir à un état identique à celui du bonheur ( " ataraxie " visée par les épicuriens aussi bien que par les stoïciens). Pourtant il se distingue des autres théories grecques dans la mesure où il refuse d'admettre quelque principe de direction que ce soit. Le sceptique, en effet, considère que toutes les propositions de la raison (même si elles sont contradictoires) s'équivalent et qu'il n'y a pas à choisir l'une plutôt que l'autre. Ainsi sur la question de savoir si c'est la vertu au sens fort qu'il faut suivre pour parvenir au bonheur (thèse stoïcienne) ou le plaisir (thèse épicurienne), le philosophe sceptique estime que les deux propositions éthiques s'équivalent et qu'il n'y a donc pas à choisir entre elles. Pour lui les deux positions sont purement dogmatiques, elles sont le produit d'affirmations arbitraires de la raison.
Pour parvenir au bonheur (à la fameuse " ataraxie " visée par les grecs) le sceptique considère qu'il faut absolument mettre entre parenthèses les énoncés dogmatiques de la raison. C'est le seul moyen de parvenir à l'état " d'épochè ", c'est à dire d'
indifférence absolue par rapport à toute chose et par conséquent de ne plus souffrir de rien. Celui qui sait éviter les faux choix de la raison, les illusions du dogmatisme, se donne les moyens de parvenir au bonheur (compris comme abscence de souffrance) : il n'est plus touché par aucun problème puisque tous lui apparaissent comme indifférents.
Sextus Empiricus dans ses Hypotyposes pyrrhoniennes expose les principes du scepticisme en matière d'éthique. Ses différentes critiques des modes réflexifs et dogmatiques de la raison le conduisent à conclure à la vacuité des théories classiques du bonheur, du bien et du mal et lui font choisir le point de vue de l'ataraxie comprise comme synonyme d'épochè.
La conception sceptique a considérablement marqué l'histoire de la pensée philosophique. La morale provisoire exposée par Descartes dans la troisième partie du
Discours de la méthode mais aussi La Critique de la raison pratique de Kant sont des formes de réflexion à comprendre comme des tentatives de réponse au scepticisme.

L'éthique du progrès

Fondée sur l'idée que le monde évolue vers une direction qui ne peut qu'être la meilleure, les théories du progrès sont toujours des théories optimistes. Pour les philosophes qui pensent que le monde est régi par un esprit transcendant et une fin supérieure, l'histoire des hommes ne peut évoluer que dans un sens positif.
Elle est nécessairement régie par une pensée ou un être divin qui organisent l'univers de manière cohérente et le font tendre vers un idéal de perfection absolue. L'homme doit donc suivre l'ordre fixé par Dieu s'il veut progresser et ne pas désespérer de l'avenir qui lui est réservé. Il doit avoir confiance dans le sort qui sera le sien et suivre les commandements qui révèlent la parole de l'être divin.
Leibniz dans son Essai de théodicée exprime le point de vue de la métaphysique et de l'éthique optimiste avec la plus grande clarté. Il voit en Dieu le créateur du monde qui conduit l'univers et l'histoire des hommes en fonction du "principe du meilleur" (qui veut que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles). Il explique l'existence du mal dans le monde en le présentant comme quelque chose d'inévitable (ex : le péché originel) ou bien comme quelque chose qui peut être compensé par un bien (ex : je tombe malade mais j'évite de faire un voyage qui serait dangereux pour moi).
Pour l'auteur des
Principes de la nature et de la grâce, Dieu ,dont la pensée logique gouverne le monde, choisit entre différents mondes possibles pour réaliser le meilleur : il fait tendre l'univers à l'infini vers la perfection.
La pensée d'
Auguste Comte se distingue également par sa conception optimiste de l'éthique mais chez elle c'est la diffusion du savoir scientifique et non pas celle de la morale divine qui doit permettre aux hommes de progresser. Pour l'auteur du Discours sur l'esprit positif , en effet, la pensée métaphysique ne peut permettre de conduire sa vie de manière rigoureuse : elle ne propose que des modes d'explication trop abstraits et non fondés sur la rigueur de la loi. Seule la science (astronomie, physique, biologie, chimie, sociologie) est à même de permettre à l'homme de s'émanciper et de rentrer dans l'état socio-historique que Comte appelle de ses vœux et qu'il nomme " positif ".
"
Savoir pour prévoir et prévoir pour agir ", faire la synthèse de l'ordre et du
progrès, de la raison et des sentiments, tel est le fondement de la théorie positiviste en matière d'éthique. L'homme qui saura suivre l'ordre en toutes choses sera également celui qui aura l'existence la plus équilibrée.
Les conceptions optimistes n'ont pas survécu aux crimes nazis perpétrés contre les juifs pendant la seconde guerre mondiale ni au lancement de la bombe atomique sur les villes japonaises de Nagasaki et d' Hiroshima. Il n'en demeure pas moins intéressant sur le plan intellectuel de lire ces auteurs et d'essayer de penser de manière critique mais positive l'idée de progrès.

L'éthique pessimiste

Tous les philosophes n'ont pas sur le monde un regard joyeux et plein d'entrain. Beaucoup en effet ressentent le monde de manière douloureuse et se demandent quel peut bien être l'avenir de l'humanité.
Parmi eux
Arthur Schopenhauer est sans doute l'un de ceux qui aura le plus marqué la pensée pessimiste. Pour l'auteur du Monde comme volonté et comme représentation, l'homme n'est que le produit et en même temps le jouet d'une force qui le dépasse : la Volonté comprise comme force aveugle qui dirige l'univers de manière incohérente et destructrice.
Philosophe de l'absurde, Schopenhauer insiste sur l'idée que
le seul recours pour échapper au principe incohérent qui dirige le monde réside dans le retrait par rapport aux choses et la négation du désir, du " vouloir-vivre " qui se manifeste en nous.
C'est lorsqu'il parvient à nier en lui tout ce qui est de l'ordre du désir que l'homme peut accéder au " nirvana ", à l' " ataraxie " véritable. Loin des hommes et de leurs désirs imbéciles, le sage qui s'est libéré de l'absurdité du principe directeur et destructeur de la Volonté ne souffre plus de l'absurdité du monde. Très inspirée de la pensée indienne (Schopenhauer y fait souvent référence dans la quatrième partie du
Monde comme Volonté et comme représentation), l'éthique pessimiste qui suppose que le monde est dirigé par une force aveugle, un principe absurde, ne laisse d'autre choix aux hommes que de se réfugier dans l'idéal ascétique de la négation du désir.
Nietzsche a beaucoup admiré puis critiqué cette théorie comme " nihiliste ",
" symbole de la volonté de vengeance ", " émanation du principe du ressentiment qui veut nier les forces véritables de la vie ".

L'éthique révolutionnaire

A l'opposé des éthiques sceptiques et pessimistes, l'éthique révolutionnaire proclame qu'il faut non pas fuir le monde mais s'y engager pour le transformer. Le monde, en effet, même s'il est hostile et parfois source de souffrance doit être affronté et regardé en face plutôt qu'évité. Le philosophe révolutionnaire choisit donc de ne pas éviter le monde mais bien au contraire de le bouleverser : il adopte une attitude résolument active par rapport à lui, au contraire de l'homme de religion (qui préfère reporter tous ses espoirs dans un univers spirituel qui n'est atteignable qu'après la mort).
L'éthique révolutionnaire suppose donc
un engagement total de la personne dans l'activité sociale et politique. Pour autant il ne faudrait pas la confondre avec les éthiques mystiques ou les éthiques du sacrifice qui supposent un renoncement de soi absolu. Au contraire dans la perspective révolutionnaire, si l'engagement est total, la volonté de vivre ne l'est pas moins.
L'attitude révolutionnaire n'est pas en ce sens à confondre avec celle du missionnaire, il ne s'agit pas d'apporter la bonne parole ou d'évangéliser les masses. Il s'agit de transformer le monde en espérant faire de lui quelque chose de meilleur que ce qu'il est. On ne se bat pas là pour un paradis que personne n'atteindra jamais mais pour un monde nouveau qui est à vivre et à construire demain.
Marx mais aussi Bakounine et Sartre ont posé les bases de ce que peut et doit être une éthique révolutionnaire, une théorie de l'action au service des masses, une philosophie de l'engagement qui fait comprendre que l'on ne peut pas ne pas s'engager et que lorsqu'on croit ne pas le faire, on s'engage encore.

Sources Heraclitea

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans Existentialisme
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