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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 16:57

 

 

Les éthiques abstraites

 

 

L'éthique " scientifique " et métaphysique

Les penseurs idéalistes qui affirment que l'univers empirique et objectif n'est que l'image d'un univers idéél supérieur, composé d'Idées-modèles, sont peu enclins à considérer que la norme de l'action juste puisse être trouvée dans l'univers de la sensibilité. C'est pour eux au contraire dans le domaine de l'idée pure que se trouve la seule norme à laquelle il soit possible de se référer lorsque l'on veut bien conduire sa vie. L'aspect contingent et toujours en mouvement du monde sensible empêche, en effet, que la conduite humaine puisse être indexée sur une valeur sûre.

Platon est sans doute le premier a avoir su donner à la pensée idéaliste, un shéma éthique extrêmement rigoureux. Pour lui le monde des Idées dont les choses empiriques ne sont que le reflet est gouverné par une idée supérieure, l'idée de Bien. Toute la science du philosophe qui tend à contempler et à connaître les idées les plus hautes s'organise donc autour de l'idée éthique d'un Bien à connaître et à poursuivre.
Si à sa manière l'éthique platonicienne est une éthique scientifique qui repose sur l'usage de la méthode dialectique de recherche de la vérité, elle est surtout une éthique de l'idéalité qui trouve l'essentiel de ses concepts et de ses références dans un univers séparé. En réaction à cette philosophie idéelle du Bien, Aristote, le disciple de Platon, produira une théorie plus concrète de la recherche du juste qu'il expose dans
L' Ethique à Nicomaque.

L'éthique de la vertu

Dans la conception stoïcienne, c'est la vertu et non pas le plaisir (opposition directe à la philosophie d'Epicure) qui est le seul moyen de parvenir authentiquement à l'état de bonheur , " d'ataraxie ", visé par tout homme.
Pour le philosophe stoïcien
il y a d'un côté ce qui dépend de soi et qui peut être un bien ou un mal (à l'exemple de nos pensées ou de nos mauvais désirs) et d'un autre côté ce qui ne dépend pas de soi et ne peut être ni un bien ni un mal (à l'exemple de la mort, de la santé, de la richesse ou des honneurs). Est vertueux et peut parvenir au bonheur celui qui en toute occasion sait distinguer entre ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi. Il trouve en effet le moyen de ne pas souffrir de ce qui ne dépend pas de lui (même si cela lui est contraire) car il sait que cela ne peut être pour lui ni un bien ni un mal.
Très rigoureuse mais aussi fortement déterministe, la philosophie éthique des stoïciens se caractérise par sa dimension de contrainte mais aussi de conciliation. Très populaire à la fin de l'antiquité, elle était aussi bien partagée par les esclaves (ex :
Epictète) que par les empereurs (ex : Marc Aurèle).
Dans
La Critique de la raison pratique (cf dialectique de la raison pratique), Kant donne un bon exposé de l'opposition qui existe entre les conceptions épicuriennes et stoïciennes. Ne manquez pas sa lecture, elle vous permettra de mieux cerner également la conception kantienne du bonheur.

L'éthique de la rationalité et du devoir

A l'opposé des théoriciens empiristes ou sensualistes qui considèrent qu'il est possible de partir de la réflexion sur l'expérience pour éléver et construire un édifice de pensée éthique, les philosophes rationalistes considèrent qu'il faut partir de la raison, comprise comme faculté de production des idées, pour normer la conduite humaine. A cet égard leur réflexion se développe autour de l'idée de liberté car ce n'est que si l'homme est un être rationnel autonome et par conséquent qu'il se trouve être libre (au sens de non dépendant de l'expérience) qu'il est possible de penser une action morale véritable. Tant qu'il est dépendant soit des affections de la sensibilité soit d'idées extérieures transcendantes, il ne peut être absolument libre et son action ne peut avoir de signification authentiquement morale.
Kant est le premier à avoir développé une conception universelle de la morale qui fait de l'homme un être totalement libre et capable de bien agir par le recours à la seule puissance de sa raison.

Dans La Critique de la raison pratique il énonce la loi morale fondée a priori sur la raison " agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d'une législation universelle ". En tant que cette loi constitue le seul fondement possible pour une action individuelle juste, elle est la source véritable de l'acte moral, l'expression authentique du devoir que tout homme doit observer. Enoncée a priori, c'est à dire indépendemment de l'expérience, la loi universelle de la raison pratique constitue la norme de la distinction entre le bien et le mal, le juste et l'injuste.
Celui qui agit toujours en l'ayant à l'esprit agit véritablement par devoir et se donne ainsi les moyens de parvenir à une béatitude authentique.
Très critiquée par Hegel, la
morale ou l'éthique kantienne a fait beaucoup pour la fondation d'une morale rigoureuse et rationnellement fondée. Son influence se fait sentir encore aujourd'hui à travers les ouvrages de Habermas ou de John Rawls.

L'éthique spiritualiste

Fondée sur l'idée qu'il existe un esprit qui préside à la réalisation de toute chose en ce monde, l'éthique spiritualiste se confond le plus souvent avec la morale religieuse. Le discours moral inspiré par l'Esprit est révélé à l'individu par l'intermédiaire d'un texte religieux dont les énoncés s'imposent comme des lois intemporelles de détermination de la conduite humaine. L'homme pour être heureux et juste se doit d'obéir aux commandements de l'Esprit : il doit suivre le chemin que celui-ci a tracé de toute éternité pour lui en vue de parvenir à la béatitutde.
Saint-Augustin, Saint-Thomas, et à leur manière Hegel et Bergson, ont défendu un point de vue spiritualiste en matière d'éthique. Pour les deux grands docteurs de l'église, c'est Dieu comme être spirituel qui doit servir de norme à la conduite humaine. Pour l'auteur de
La Raison dans l'histoire, l'éthique se réalise véritablement dans l'obéissance à la loi et à l'Etat qui ne sont rien d'autres que des manifestations objectives de l'Esprit. Pour Bergson c'est dans la communion avec la dynamique imprimée par l'élan vital que se trouve la possibilité de constituer une morale et une religion véritablement ouvertes (seules sources possible d'accès à la béatitude).
Fruit de visions originales l'éthique spiritualiste manque d'expériences concrètes pour illustrer ses thèses et apparaît souvent comme le produit de rêveries poétiques : il n'en demeure pas moins intéressant de l'étudier (en évitant de sombrer dans les aspects mystiques qu'elle recèle intrinséquement en elle).

Sources Heraclitea

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans Existentialisme
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