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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 19:21

 

 

 

HISTOIRE DES INSTITUTIONS DE MOÏSE

 ET DU PEUPLE HEBREU

par Joseph Salvador

Tome II

1862

CHAPITRE IV


RÉPUDIATION, DIVORCE

 

 


D'après l'ancienne loi, un homme qui avait pris sa femme en aversion, à cause de quelque chose de honteux, lui remettait un écrit de divorce ainsi rédigé :

« Ce jour, moi, nommé tel, de tel lieu, je te renvoie et j'écris cet acte afin que tu sois libre d'épouser l'homme qui te plaira. »


Mais de graves discussions se sont élevées sur les mots
quelque chose de honteux. Le législateur voulut il désigner les vices physiques susceptibles d'inspirer du dégoût et de rendre la femme impropre à remplir sa destination ? C'est ainsi qu'il était défendu à l'homme privé de sa puissance d'épouser une fille d'Israël, et que la jurisprudence permettait à la femme de demander la séparation, lorsque le mari portait en lui quelque maladie susceptible de se propager, dont elle n'avait pas eu connaissance à l'heure du mariage. Deux écoles célèbres chez les Juifs se piquèrent de pousser à l'extrême les paroles de la loi. A la vérité, c'était dans les derniers temps de la république, à l'époque où des causes étrangères avaient déjà introduit de grands désordres. L'école de Schammaï compta parmi les motifs de répudiation toutes les actions contraires a la pudeur; l'école de Hillel, tout ce qui pouvait déplaire au moral comme au physique.

Mais jusqu'où allait le droit de la femme elle-même en matière de divorce? La loi ne lui défend pas d'une manière absolue l'initiative dans la répudiation directe : elle garde un silence éloquent ; car cette femme recevait sa dot du mari ; elle pouvait emmener ses enfants qui ne perdaient en rien leurs droits à l'héritage; elle pouvait allumer des haines terribles entre des rivaux; enfin la femme est douée d'une susceptibilité plus grande qui, sur le moindre sujet, l'aurait fait peut-être recourir à ce moyen. Nul doute que la conduite des maris romains ne fût très-reprochable, et que le désir de faire usage d'une liberté longtemps comprimée, n'occasionnât ce fâcheux entraînement; mais qu'arriva-t-il lorsque, malgré la loi de Romulus et la loi des douze Tables, les femmes furent autorisées à provoquer elles-mêmes la répudiation? « Bientôt aucune n'en rougit, dit Senèque, bientôt elles ne comptèrent plus les années par le nombre des consulats, mais par le nombre des maris; elles se mariaient pour répudier, et elles répudiaient pour voler à de nouvelles noces. » Il n'en fut pas de même chez les femmes grecques auxquelles la loi accorda cette permission, que la sagesse des magistrats sut mieux limiter.

Mais si la loi hébraïque ne semble pas laisser à la femme la répudiation directe, elle lui permet de réclamer l'intervention des anciens pour l'exécution de toutes les clauses du contrat. Après plusieurs remontrances, si l'époux persistait dans son injustice, il était censé ne plus l'aimer et la répudier de fait ; elle sortait libre comme si la lettre de divorce avait été réellement donnée. C'est ce qui résulte de ce principe déjà cité : « Quand un homme, après avoir épousé sa jeune servante, envers laquelle il s'est conduit selon le droit des filles, prend une autre femme, il ne doit négliger en rien la première, sans quoi elle sort libre de sa maison, emportant sa dot. »

Deux cas particuliers faisaient perdre à l'époux tout droit de répudiation : lorsqu'il avait séduit sa femme avant de l'épouser; lorsque, après l'avoir épousée, il l'avait accusée calomnieusement devant les juges. Ce scandale étant pour la femme un grand empêchement à trouver un autre époux, il ne pouvait s'en séparer de lui-même. Mais quelle confiance ne fallait-il pas avoir dans la puissance des mœurs et des magistrats, pour ne pas craindre les effets de son ressentiment contre elle ?

Ce qui s'était passé à Rome faillit se répéter en Judée. Salomé, sœur d'Hérode, jalouse d'imiter les dames romaines, expliqua à son profit le silence de la loi, et répudia de sa propre autorité Costobare, son époux, gouverneur de Pldumée. Cet exemple fut suivi par quelques autres femmes de distinction ; mais le mépris qu'elles inspirèrent arrêta les progrès du mal.

Il n'est pas besoin d'observer que le divorce avait lieu dans le cas d'incompatibilité mutuelle, physique ou morale. Peu importait de quelle part vînt la répudiation ; il suffisait qu'elle fût possible.

Quant au mode à suivre, les docteurs sont tous du même avis. Ils établissent en principe qu'on doit exiger tant de formalités compliquées et minutieuses, qu'avant d'avoir remis la lettre de divorce, si les raisons ne sont pas très-puissantes, on revient à de plus doux sentiments et on se réconcilie.

La femme répudiée emportait sa dot et tous les biens qu'elle avait au moment du mariage, ou qui lui étaient advenus depuis. D'après la tradition, le mari les aurait assurés en ces termes dans le contrat: « Je prends sous ma garde et garantie tous les biens dotaux et non dotaux que mon épouse a apportés, et tous ceux qu'elle pourra acquérir dans la suite. Je donne droit envers moi et mes successeurs et héritiers sur tout ce que je possède et tout ce que je posséderai, meubles ou immeubles, afin que mon épouse puisse rentrer dans la jouissance de ces biens pendant ma vie, comme à ma mort. En m'obligeant à ce que je viens de dire, je renonce aux avantages que la contexture particulière du contrat pourrait me fournir, et je m'en tiens à la force et l'effet ordinaire des contrats de mariage usités, parmi les Israélites, et conformément à la tradition et aux préceptes de nos docteurs de pieuse mémoires.» Les mêmes principes sont répétés dnns le Koran.

Lorsqu'une femme répudiée épousait un autre homme, elle ne pouvait plus revenir au premier, soit que le second mari mourût, soit qu'il la répudiât, « La loi des Maldives, dit Montesquieu, permet de reprendre une femme qu'on a répudiée; la loi du Mexique défendait de se réunir, sous peine de la vie. La loi du Mexique est plus sensée que l'autre; dans le temps même de la dissolution elle songeait à l'éternité du mariage, au lieu que celle des Maldives semble se jouer également du mariage et de la répudiation. » Mahomet alla plus loin: il permit de prendre deux fois la femme qu'on avait répudiée; mais à la troisième fois il fallait qu'elle eût passé dans la couche d'un autre époux qui l'aurait répudiée à son tour.

Je me garderais de présenter le divorce comme une simple concession de Moïse aux Hébreux et aux circonstances. Puisque, en principe, l'adultère était menacé de mort, voilà un cas irrécusable qui l'entraînait d'une manière absolue. On a dit qu'il ne fallait pas séparer ce que Dieu a uni: rien de plus juste. Mais on a appliqué cela au divorce, et la conséquence n'est pas exacte. Ce que Dieu a uni se distingue par la paix, l'ordre, le bonheur commun ; et ce n'est point h ces mariages-là que le divorce s'adresse, mais bien à ceux dont Dieu ne s'est pas mêlé, et sur lesquels un malin esprit a exercé son influence. Le législateur ne l'écrivit dans son code, qu'après l'avoir lu dans la nature des choses : et qui pourrait soutenir que sagement restreint par les lois, et surtout par les mœurs, le divorce ne fut pas aussi favorable aux intérêts privés qu'à la morale publique qui a tout à perdre dans les unions forcées et les séparations imparfaites? Une issue éloignée, quelque difficile et compliquée qu'elle soit et qu'elle doive être, rassure celui-là même qui n'a nul dessein d'y passer ; mais un labyrinthe plein de hasards et sans fil de salut peut effrayer l'âme la plus courageuse.

Posté par Adriana Evangelizt


 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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